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mars 2011

Technique Agricole

Fauchage et prĂŠservation de la faune (p.15)


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n Editorial

n Sommaire

Les Champs-Elysées

TA Spécial Frais des machines réduits et succès d’entreprise ......... 5 Les coûts des machines et leur application dans la pratique .................................................................10

De retour du Salon de la machine agricole et après les reportages télévisés sur le sujet, on me demande si j’ai vu le président Sarkosy. Comme on le sait, son domicile de fonction, le Palais de l’Elysée, jouxte l’avenue des Champs-Elysées où tout ce qui porte nom et prestige (et a les moyens) s’y montre et donne le ton. Et puisque nous nous occupons de technique, mentionnons les constructeurs automobiles qui mettent en scène et sur les Champs-Elysées... leurs carrosses exclusifs. Les champs … un mot qui se rapporte aux cultures, aux jardins, un lieu où les hommes venaient se nourrir ou se réjouir… L’avenue a reçu son nom officiel au début de la Révolution française. Quoi qu’il en soit – et pour tout état-l’agriculture signifie fondement, implantation, mais aussi sécurité et épanouissement, même à notre époque. Ainsi, pas de surprise si les dirigeants et les membres de leur gouvernement apparaissent lors chaque exposition où il est question de sécurité alimentaire – et vantent leur patrimoine ! Bien entendu, le président français a recherché un peu de publicité à l’exposition agricole la plus prestigieuse de son pays, située en pleine ville. Pendant ce temps, l’auteur de ces lignes découvrait les toutes dernières nouveautés du monde agro-technique au Salon international de la machine agricole, au nord de Paris : les dernières nouveautés de tracteurs et machines agricoles n’y étaient pas moins impressionnantes que celles des constructeurs automobiles cités plus haut. Ici les « Champs Elysées » étaient placés sous le leitmotiv « Eco », dans une contradiction rassemblant écologie, protection des ressources, optimalisation des performances et gestion d’exploitation. En ce sens, ce type de contradictions nous accompagne tout au long de ce numéro qui commence par la rubrique « TA spécial ». Si la taille, la modernité et la force de frappe des machines sont mises en évidence, c’est plutôt le succès de l’exploitation qui va assurer le bénéfice et va, somme toute, indemniser le travail individuel de l’exploitant. Ensuite, la rubrique « Technique des champs » met à nouveau ces contradictions en lumière à propos de la technique moderne des fourrages et de la protection de la faune. Enfin... un peu de détente avec les nouvelles techniques présentées par VALTRA lors de son 60e anniversaire ! Ueli Zweifel

Nouvelles des sections Assemblées générales VS, VD ...................................12 SVLT « Ma première DeLuTA » ...........................................13 G40 ...........................................................................14 Technique des champs Garantir la qualité du fourrage, préserver la faune sauvage .....................................................................15

Swiss No-Till : semis direct prometteur ....................... 20 AgroSpot Paroi expérimentale optimisant la technique de traite ................................................ 21 Sous la loupe Des outils de classe mondiale .................................... 22

Technique et tracteurs VALTRA : de nouveaux modèles dans les séries T et A ................................................. 25

Marché des machines Tracteurs : les immatriculations 2010 ......................... 29 Rapport ART 735 Diviser la consommation d’énergie du chauffage et de la ventilation par deux et plus............................31 Impressum .............................................................. 30

Page de couverture : La meilleure qualité de fourrage grâce à un réglage parfait de la faucheuse. (Photo : Ueli Zweifel)

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TA spécial n

Lorsque l’on poursuit une stratégie de croissance, les investissements sont souvent élevés en raison des réserves de capacités concernant les bâtiments et les machines. Cela peut mettre en péril un revenu du travail suffisant.

Frais des machines réduits et succès d’entreprise L’augmentation du libre-échange – avec des pays dont les frais de production sont inférieurs - ainsi que les excédents dans notre pays et sur le marché mondial exercent une forte pression sur les prix du marché indigène. Les exigences posées aux standards de production, parfois de manière inutile, renchérissent de plus la production indigène. Une politique d’investissements bien réfléchie, assortie d’un maximum d’informations, constitue une contre-mesure possible.

Baisse des coûts des machines La baisse des coûts des machines peut constituer l’une des solutions pour produire meilleur marché. Dans le cadre d’un article en plusieurs volets consacré aux frais des machines, la façon de les analyser et de les influencer est décrite. Ces ré­flexions se fondent sur l’expérience accumulée par Ruedi Gnädinger durant sa longue activité de conseiller auprès d’Agridea.

Ruedi Gnädinger

La politique agricole actuelle vise, dans ce cas de figure, une stratégie de qualité et une baisse des coûts par le biais de l’adaptation des structures. Comme la stratégie de qualité n’a que peu d’effet sur la demande en produits suisses et que l’adaptation des structures ne se réalise que lentement dans les exploitations, les agriculteurs se voient contraints de rechercher d’autres solutions pour baisser les coûts.

Principaux facteurs de coûts Quant à ce qui influence le plus les coûts, la question s’avère déterminante, car il faut impérativement se concentrer tout d’abord sur ces facteurs. Dans le tableau  1 « Coûts d’une motofaucheuse adaptée à la pente », les coûts sont présentés de manière détaillée. Pour cette machine, les frais fixes se montent à 52 % des frais totaux. Si l’on considère l’ensemble d’un parc de machines, leur part va de 60 à 65 %. Cela permet de conclure que le chef d’entreprise exerce une influence déterminante sur les coûts des machines lors du choix de celles-ci.

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n TA spécial Les erreurs en la matière ne pourront plus être compensées ultérieurement. L’argument de dire « que l’on va les entretenir d’autant mieux et effectuer les réparations soi-même » est certes louable. Cela permet de limiter quelque peu, par un apport personnel, les aspects négatifs d’un investissement non rentable. Cependant, il ne faut pas se faire trop d’illusions, l’effet réel reste très limité !

Indications des comptabilités Les comptabilités ne tiennent en général pas compte de l’ensemble des coûts des machines. En effet, certains éléments comme les prestations propres, en termes d’entretien, ne sont pas directement liés à un flux financier. Par ailleurs, une répartition des frais, par exemple dans les bâtiments, serait très astreignante et de toute façon inexacte. Les éléments de coûts saisis dans la comptabilité sont les amortissements, les taxes des véhicules, les réparations (y compris l’achat annuel de petits appareils), les frais de carburant et de lu­ brifiant. Ces éléments de coûts sont également considérés dans la valorisation centrale des comptabilités par ART (voir tableau 2). Ces chiffres permettent de tirer les conclusions suivantes : • Etant donné l’augmentation de la taille des exploitations, les coûts par hectare diminuent, mais pas de manière aussi importante que l’espère la politique agricole. • Dans les exploitations laitières de ­plaine, cette régression des coûts ne se concrétise pas. La raison pourrait être la charge élevée de travail qui pousse ces exploitations à privilégier un degré de mécanisation plus fort en limitant ainsi la charge en travail. Les frais de carburant plus élevés trouveraient aussi leur explication par le fait que, dans de plus grandes exploitations, les travaux de transport se sont accrus vu l’éloignement plus important des champs ; les frais ne sont pas aisés à compenser par d’autres mesures de rationalisation. • Les grandes exploitations doivent également veiller aux coûts de leurs machines. • Les coûts des machines sont considérables, d’autant plus que ces chiffres ne comprennent pas de montant d’intérêts pour l’argent investi dans les

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Tableau 1 : Coûts d’une motofaucheuse adaptée à la pente avec barre de coupe de 1,9 m, dernière génération dans le rapport ART 733 « Coûts machines » Facteurs d’influence

Données

Prix d’achat moyen

CHF 21 500.–

Utilisation annuelle

40 ha

Durée d’amortissement (durée d’utilisation selon le temps) Intérêts (60 % du prix d’achat)

18 ans 4 %

Durée d’utilisation technico-économique

1’000 ha

Besoins en bâtiments (coûts = 15 CHF/m3 et année)

17 m3

Facteur réparation

1

Prix du carburant (charge moteur = 60 %, consommation spécifique =

1.70 CHF/litre

0,5 litre par heure de travail)

CHF 1.70/litre

Besoins d’entretien (CHF 28.–/heure de travail)

Calcul des coûts Amortissements

CHF/année

Intérêts

520

Coûts des bâtiments

260

Assurances et taxes Frais fixes

CHF/ha

1190

50 2020

50.50

Réparation, graissage, etc.

21.50

Carburant

10.20

Entretien

14.00

Frais variables

45.70

Coûts machine en CHF/ha (avec utilisation de 40 ha/an)

96.20

machines et les tracteurs, ni ce qui touche à leur entreposage dans les bâtiments, ou les prestations indivi­ duelles pour leur entretien. Un chef d’exploitation ambitieux comparera les résultats de sa comptabilité avec les valeurs moyennes et ne sera satisfait que s’ils se positionnent nettement audessus. Des valeurs supérieures ne seront acceptables que si les performances intrinsèques de l’exploitation sont également supérieures à la moyenne.

Planification et organisation de l’ensemble de l’exploitation Les coûts des machines sont bien entendu dépendants de l’équipement de l’exploitation, mais également de facteurs moins rationnels. Seul celui qui sait faire la relation entre la réalisation du

travail et l’utilité de coûts de machines réduits cherchera de lui-même des solutions économiques et les réalisera avec la ténacité indispensable. Le tableau 3 « Etapes de réduction des coûts des machines » montre un aperçu des en­ droits où agir. Il sert également au partage de cette série d’articles consacrée aux coûts des machines. Le thème « Planification et équipements globaux d’une exploitation agricole » a, au premier abord, assez peu de rapport avec les coûts des machines. Cela s’avère cependant trompeur, car ces décisions conceptuelles exercent déjà une influence déterminante sur les futurs coûts des machines. Un chef d’exploitation qui souhaite augmenter sa production en raison de la baisse des coûts à l’unité doit être attentif au fait qu’il sera


TA spécial n Tableau 2: Frais de machines (CHF/ha) Type d’exploitation

De plaine avec grandes cultures

Combinée de plaine

De plaine avec production laitière

Des collines avec production laitière

Grandeur ha

10-20

20-30

30-50

10-20

20-30

30-50

10-20

20-30

30-50

10-20

20-30

30-50

Surface ø

15.74

24.70

37.44

16.55

24.26

36.37

15.87

24.14

35.87

15.18

24.28

36.02

Amortissements

447

506

478

601

672

551

525

566

558

617

617

503

Taxes véhicules

22

21

12

26

21

16

19

16

15

24

19

19

Réparations/petit matériel

413

446

393

553

662

500

588

573

592

554

500

477

Carburant et lubrifiant

141

127

132

207

209

192

164

183

191

149

151

156

Part auto exploitation

192

183

162

187

138

119

197

148

120

244

178

133178

Travaux par tiers/ locations

871

700

586

771

746

684

438

499

581

326

378

359

2087

1982

1764

2345

2448

2062

1931

1985

2056

1914

1843

1647

Total

Source : Classeur de planification d’exploitation 2010 Agridea.

vraisemblablement contraint de faire face à l’augmentation de la charge de travail au moyen de machines et de procédés économisant le travail, soit en élevant son degré de mécanisation. Estce que, vu sous cet angle, l’ensemble de la stratégie de croissance se résume en fait à un jeu de dupes ? Mais le contraire peut aussi être réel, lorsque, par exem­ ple, on investit dans une niche très lucrative qui permet de rentabiliser aisément l’augmentation des coûts de machines par un meilleur revenu des produits.

• Les grandes exploitations sont souvent qualifiées comme « aptes» à affronter l’avenir. • Les investissements sont décrits comme des médicaments contre les crises de toute sorte. Les investisse-

ments à la rentabilité douteuse sont communiqués comme des « investissements pour l’avenir ». A noter que, par définition, les investissements ne sont guère réalisables pour le passé !

Evaluation personnelle Force est de constater qu’une stratégie de croissance n’est pas toujours fondée sur une réflexion rationnelle. La pression sur les chefs d’exploitation en faveur d’une stratégie de croissance est permanente et massive. Quelques exemples pour illustrer cela : • Chaque jour, on se voit confronté à des évolutions de structures effectives et nécessaires. Dans de nombreux cas, grandeur rime avec pro­fes­sionnalisme. • Les grosses machines reçoivent souvent des désignations élogieuses telles que Profi-Class, Premium, Diamant, alors que les petites se nomment Standard ou Junior. • Dans les reportages sur les exploitations, la taille de ces dernières est plutôt grande, alors que leurs résultats économiques sont souvent mis entre parenthèses.

Il n’est pas toujours justifié de mettre au niveau des entreprises en ce qui concerne les performances des machines et la complexité technique. Un professionnel habile peut très bien s’en sortir avec des moyens plus simples.

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TA spécial n La juste mesure Dans les grandes exploitations, un degré élevé de mécanisation avec une technique économisant le travail est souvent appliqué. Le travail se voit ainsi de plus en plus remplacé par le capital. Si de la technique non rentable est acquise (performances

ou taux d’uti­lisation), le revenu du travail est fortement réduit. Cette situation se rencontre souvent dans les exploitations à forte expansion qui investissent dans des réserves tant en ce qui concerne la mécanisation que les places destinées au bétail, ceci en anticipant l’avenir.

En matière d’équipements d’l’exploitation, la question des processus principaux doit être éclaircie. Nous allons aborder ce thème dans la deuxième partie « Coûts des machines réduits ».  n

Tableau 3: Etapes de réduction des coûts des machines Etapes/Objectifs principaux

Mesures et implications relatives

Compétences/moyens possibles

Planification/Budgets globaux pour l’exploitation avec résultat économique

Choix de l’orientation de l’exploitation et du plan de production, détermination du concept de mécanisation, clarification du financement des investissents, vérification de la charge de travail

Appréciation des forces et des faiblesses de l’exploitation, connaissance de l’économie d’entreprise, évaluation réaliste du marché, capacité de décision, budget d’exploitation technico-économique, calcul des coûts de processus

Plan d’investissement pour les machines/Besoins financiers moyens pour les investissements dans la mécanisation

Estimation sommaire de la machine qui devra être remplacée au moment opportun ainsi que du coût de l’opération

Appréciation technico-économique réaliste des machines disponibles (durée d’utilisation restante raisonnable/plan d’investissement)

Achat des machines nécessaires/ Limitation à des acquisitions rentables

Détermination des performances néces- Connaissances en technique, économie saires, choix selon l’offre concrète du du travail et économie d’entreprise, marché, calcul des variantes retenues appréciation des fournisseurs (service)/ méthode de calcul des coûts des machines (manuelle / informatique)

Utilisation rationnelle des machines Utilisation soigneuse, entretien et disponibles/grande utilité à faibles coûts maintenance optimums

Connaissances nécessaires pour planifier correctement l’utilisation des machines (besoin en temps, conditions de travail), routine d’utilisation, reconnaissance à temps des défectuosités des machines, compétences de base pour assurer des prestations personnelles de maintenance/indication de l’utilisation, l’entretien et les réparations des principales machines

Un concept de mécanisation clair, dépourvu de doublons, fait partie intégrante de l’équipement de l’exploitation.

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n TA spécial

Les travaux pour tiers comprennent : les coûts des machines et le temps de travail du tracteur et du chauffeur.

Les coûts des machines et leur application dans la pratique Les rapports ART sur le coût des machines constituent, de longue date, une constante dans notre édition de janvier et un important instrument de conduite de l’exploitation. Dans sa propre entreprise, il est inévitable de procéder à des calculs spécifiques. Cet article indique ce à quoi il faut faire attention.

Le programme ART... ... est un outil important pour calculer les coûts des machines sur sa propre exploitation, tout en tenant compte de la chaîne de machines; le programme ART « Coûts-machines » est à télécharger gratuitement sur www.maschinekosten.ch.

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Hansueli Hofmann, Inforama Rütti, Fritz Marti, HESA120

Prix d’achat et taux d’utilisation

Lorsqu’il faut calculer et faire des offres, les agriculteurs, les administrations communales, les agro-entrepreneurs et autres prestataires de service ou mandants se basent sur les documents de la station de recherche Agroscope ART Tänikon. A cela s’ajoutent les influences du marché, les tarifs et les modes de calculs. Leur valeur correcte s’avère parfois difficile à déterminer et peu claire. En principe, il s’agit d’observer quelques points essentiels et de les compléter par ses propres calculs, ceci afin de prendre en compte les spécificités de chaque exploitation.

De manière générale, les valeurs fixées par ART se fondent sur un taux d’utilisation supérieur à la moyenne. Selon les observations d’Agroscope ART Tänikon, seuls 25 % des machines atteignent le taux d’utilisation indiqué. Dans de nombreux cas, il est très difficile, voire impossible, d’atteindre ces taux d’utilisation élevés. Lorsque la prestation requise répond à un besoin urgent, le propriétaire de la machine doit contrôler le tarif en fonction du taux d’utilisation réel. Il convient également de répartir les frais fixes sur les unités de travail annuelles effectives. Par rapport aux indications ART, des valeurs inférieures ou supérieures peuvent résulter. Les calculs doivent naturellement se faire, en tenant


TA spécial n

Conditions d’utilisation : besoins en temps selon ses propres données ou celles d’ART

Aspects spécifiques au marché et à l’entreprise

De nombreux propriétaires de machines s’étonnent certainement de ne pas atteindre les temps de travail et les performances horaires mentionnés par la publicité et le rapport ART concerné. Cela tient au fait que ceux-ci ne prennent en compte ni les temps de déplacement, ni les travaux de préparation, ni les pannes et autres pertes de temps. Lors des calculs des coûts de processus, tels qu’ils sont nécessaires pour déterminer la valeur des prestations, un tracteur ou une machine automotrice est également intégrée. C’est pourqouoi l’on prend en compte les frais salariaux et de carburant pour les déplacements, la préparation route/champ et retour, les éventuelles réparations, ainsi que les temps d’attente liés à l’organisation du travail. Chaque entrepreneur souhaitant fournir à terme des prestations rentables devra considérer les coûts susmentionnés. De manière idéale, le temps de travail du

Frais de personnel, y ⇒ compris charges sociales

Coûts du processus

Suppléments pour les frais généraux ⇒ d’entreprise et évtl. TVA

Calcul de l’offre

Prix du marché et concurrence

Temps de travail et salaires des conducteurs

Chiffres du rapport ART Coûts-machines

⇒ ⇒

Tarif

Seconde calculation

La durée d’amortissement doit être fixée spécifiquement pour chaque exploitation. Concrètement, les machines utilisées de façon insenses doivent être amorties sur une courte durée, alors que les machines ayant un taux d’utilisation plus faible s’amortissent sur une plus longue période. ART postule que les machines ont en général une valeur résiduelle comprise entre 10 et 25 %. L’âge des machines n’a ici aucune importance. On peut cependant s’interroger quant aux réelles possibilités de réaliser sur le marché la valeur résiduelle déterminée par ART. Elle se concrétise le plus souvent dans le cadre d’une reprise, mais avec cependant un prix supérieur de la nouvelle acquisition. Le concept de valeur résiduelle ne doit pas mener, en cas de faible taux d’utilisation, à l’achat d’une nouvelle machine. Dans de tels cas, l’option location ou achat d’une occasion constitue certainement une meilleure solution.

Coûts fixes et variables Propres données quant des machines dans sa ⇒ aux frais des machines propre exploitation

Durée d’amortissement et valeur résiduelle

Schéma de calcul du tarif des prestations avec machines

compte également de la valeur à neuf de sa propre machine. Les valeurs ART se basent sur le prix moyen des dix dernières années. Un calcul spécifique s’avère indispensable, particulièrement lorsqu’un écart de prix important est constaté d’une année à l’autre.

Analyse de coûts de l’ensemble de l’exploitation

personnel comprendra non seulement le temps effectif, mais également le temps annexe. Pour cela, des programmes de valorisation existent ; ils pourront être installés sur des ordinateurs portables. L’expérience montre qu’en moyenne seulement 40 % du temps de travail disponible dans le cadre du temps de travail effectif est utilisé de manière productive. C’est pourquoi certains entrepreneurs pratiquent un prix intermédiaire tenant compte du prix de base et de la durée de travail. En matière de salaires, les coûts sociaux et administratifs sont aussi à considérer, é g a l e m e nt p o ur l e s t ravau x d’entretien. Il ne faut pas non plus négliger les coûts d’entreprise en général : il y a les coûts des installations de stockage, les frais de bureau et de communication, ainsi que ceux liés aux voyages, à la formation continue, à la voiture de fonction, au nettoyage, etc. Les valeurs ART comprennent un supplément de 10 % pour les risques et l’administration. Cela doit permettre de couvrir en bonne

partie des frais généraux liés à cette activité. En raison des différences en matière de grandeur et de forme des parcelles, de pente, de rendements, des conditions de travail et exigences qualitatives, etc. on constate de très importantes variations des machines. En conséquence, il est possible d’appliquer des tarifs différents, selon les régions. La concurrence entre les prestataires de service les contraint à suivre les progrès technologiques et à maintenir à jour parc de machines. Pour cela, il s’avère indispensable de bien maîtriser les coûts générés par les machines, de façon à apprécier si les performances de la machine concernée contribuent positivement à la pérennité de l’entreprise. La couverture des coûts ne suffit cependant pas : il est indispensable de réaliser un gain afin de parvenir à augmenter un tant soit peu son propre capital. Le schéma ci-dessus montre les facteurs entrant en ligne de compte pour le calcul du tarif.  n

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n Nouvelles des sections VS 60 ans au service des agriculteurs Lors de l’Assemblée annuelle à Viège de la section Valais, le président Dominik Salvati a relevé l’intérêt constant que les membres prêtent aux nouveautés du monde agricole. Si l’effectif des membres fléchit vu les cessations ou les regroupements d’exploitations, le comité de l’AVETA, une des sections de l’Association suisse pour l’équipement technique de l’agriculture (ASETA), a rajeuni, avec la présence de trois jeunes agriculteurs. Qu’il s’agisse de cours d’informatique ou d’atelier, du calcul des coûts, de conseils techniques ou de défense professionnelle, l’ASETA ne cesse de s’engager en faveur de l’agriculture. L’association continue à assumer ce rôle et se concentre ainsi davantage sur la formation continue. Les cours de conduite G40 en sont un exemple : les jeunes le suivent pour mieux maîtriser la conduite de tracteurs et de machines agricoles. En Valais, il se déroule une à deux fois par année, à Viège ou à Sion selon la demande. Dominik Salvati s’est plu à souligner l’engouement suscité par le nouveau cours organisé en 2010 portant sur la conduite des tracteurs et spécialement destiné aux femmes. Le président, Dominik Salvati, reste convaincu que l’ASETA et ses sections cantonales jouent un rôle important et peuvent apporter de bonnes idées au bon moment, afin que les agriculteurs ne se laissent pas submerger par des réglementations tous azimuts. Ces assises ont aussi été l’occasion de nommer un nouveau membre au comité. En remplacement de Freddy Coppey, l’assemblée a élu David Jacquemoud, un jeune agriculteur qui possède un domaine à Evionnaz. Après Joël Bessard en 2010 et Mathieu Vergères en 2009, c’est le troisième jeune agriculteur à être élu au comité de l’AVETA.

Sécurité Philippe Cossy, représentant du Service de prévention des accidents dans l’agriculture (SPAA), a ainsi rappelé aux membres de la section valaisanne les nouvelles prescriptions relatives aux feux de gabarit. Il a mentionnée que le SPAA était partie prenante d’une grande campagne de prévention organisée sur le plan suisse, en collaboration avec le Bureau de prévention des accidents (BPA) et la SUVA. Selon les statistiques d’accidents mortels ou conduisant à des invalidités graves, les métiers de l’agriculture sont les troisièmes plus dangereux de notre pays.

Extrait tiré de l’article de Brigitte Gabbud, publié avec l’aimable autorisation du journal Agri.

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VD Nouveau président Des changements sont intervenus au comité de la section vaudoise de l’Association suisse pour l’équipement technique de l’agriculture (ASETA). Un nouveau président a été élu le 16 février.

Olivier Gavillet et Williy Bachelard (président) ont quitté le comité. Longtemps, ils ont lutté aux côtés de l’ASETA pour obtenir - avec succès - des prescriptions facilitant la circulation des véhicules agricoles dans le trafic routier.

Plus de cent membres et invités ont participé mercredi 16 février, à Gollion, à l’Assemblée générale de la section vaudoise de l’ASETA, présidée pour la dernière fois par Willy Bachelard. Le comité a enregistré deux démissions, celle de Willy Ba- Deux nouveaux au comité: Steve chelard, en fonction depuis Bugon et Laurent Vernez 1994 et président depuis 2000, et celle d’Olivier Gavillet, en fonction depuis 1997. Ils ont été remplacés par Laurent Vernez, de Rovray, et Steve Bugnon, de Saint-Prex. Déjà membre du comité, c’est Michel Lugeon, de Daillens, qui reprend la Michel Lugeon de Daillens est élu présidence de la section, président de la section vaudoise comptant 1875 membres, un effectif stable. Tel est le fait marquant de cette assemblée qui a entre autres permis à Bertrand Dubois, du Service cantonal des automobiles, de présenter en salle et sur le terrain quelques modifications législatives concernant les machines et matériels agricoles, en particulier les nouvelles normes pour les feux de gabarit des remorques de travail et de transport. S’il est un problème récurrent, c’est bien celui de la mobilité des véhicules agricoles spéciaux, mobilité de plus en plus entravée par les rétrécissements de chaussées et autres chicanes en tous genres. Willy Bachelard, à deux reprises, a demandé aux membres de la section qu’ils communiquent au comité les aménagements routiers dont ils ont connaissance pendant le délai de mise à l’enquête, car passé ce délai, « il sera trop tard pour faire valoir nos droits en matière de circulation ». Parmi les autres informations données par le président, mentionnons que 85 jeunes vaudois (900 sur le plan suisse) ont suivi le cours pour le permis G40 en 2010, et que 232 contrôles de pulvérisateurs ont été effectués sur 16 sites, avec un taux d’échec de 9,1 %. Un point important a encore été rappelé par Willy Bachelard : « Il est désormais obligatoire de prévoir sur les pulvérisateurs l’installation d’un bac de rinçage. » Michel Pilet


Actualités n

Le rendez-vous incontournable pour les agro-entrepreneurs allemands.

Ma première DeLuTa En alternance avec Agritechnica, DeLuTa, organisée à Münster (Rhénaniedu-Nord-Westphalie), est devenue la Mecque des agro-entrepreneurs. Une délégation d’Agro-entrepreneurs Suisse a fait le déplacement. Nicolas Pavillard, membre du comité d’Agro-entrepreneurs Suisse, est ingénieur agronome et agro-entrepreneur dans le canton de Vaud. Il livre ses impressions à Technique Agricole.

Nicolas Pavillard

Les 1er et 2 décembre derniers, nous étions 36 personnes à participer au voyage à DeLuTa 2010, organisé par les Agro-entrepreneurs Suisse. Le rendezvous était fixé à 5 h, à l’aéroport de Zurich, pour embarquer à destination de Düsseldorf, puis rejoindre Münster où se déroulait pour la quatrième fois DeLuTa (journées techniques des agro-entrepreneurs allemands). Pour ma première participation, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Dès notre arrivée à la Münster Messe, j’ai très vite compris que DeLuTa n’est pas simplement une exposition de machines comme les autres… Il faut tout d’abord montrer « patte blanche » pour accéder aux halles d’exposition. Eh oui, n’entre pas à DeLuTa qui veut ! Cet événement se veut exclusif et réservé uniquement aux membres des agro-entrepreneurs allemands et à quelques associations partenaires des pays voisins, comme par ex. les agroentrepreneurs Suisses. Dès mes premiers pas à DeLuTa, je remarque immédiatement avec quel professionnalisme nos collègues allemands

organisent un tel événement ! Rien n’est laissé au hasard, et vu la taille de la manifestation, tant mieux ! Car DeLuTa 2010, c’est plus de 6000 agro-entrepreneurs et leurs collaborateurs, 180 exposants-partenaires, 70 conférences, 8 podiums de discussion... Les stands des exposants aussi ne sont pas standards, mais réduits au minimum : 1-2 machines par marque, 1 table, quelques chaises et 2-3 prospectus. Le marketing tape-à-l’œil est mis de côté pour laisser place à la technique et permettre un contact privilégié et direct entre utilisateurs et constructeurs. Super ! Une autre facette très intéressante de DeLuTa est son large programme de conférences. Chaque conférence dure au maximum une heure, et les sujets abordés sont très variés : techniques, économiques, politiques, organisationnels, relationnels... Chacun peut trouver des thèmes intéressants qui lui permettent d’approfondir ses connaissances. Pour clore de manière grandiose ce premier jour, la « DeLuTa-Party » est un autre moment incontournable de notre séjour à Münster. La fête débute à 19 h avec un buffet XXL pour tous les participants et se poursuit jusqu’au bout de la

nuit avec divers concerts et bars. Tous les ingrédients sont réunis pour passer une excellente soirée et permettre un contact privilégié entre agro-entrepreneurs... Le deuxième jour, après une bonne mais courte nuit, nous retournons à DeLuTa pour profiter, une matinée encore, des conférences et des discussions avec les exposants. Puis, en début d’après-midi, notre groupe prend le chemin du retour en Suisse, qui se prolongera de quelques heures suite à des problèmes de dégivrage d’avion à Düsseldorf. Mais là aussi, cette attente forcée nous a permis de poursuivre certaines discussions et partager entre collègues les impressions et expériences de ces deux jours. Après cette première visite, DeLuTa restera pour moi une excellente occasion pour les agro-entrepreneurs de divers horizons de se rencontrer dans un cadre privilégié, où technique, savoir-faire et divertissements se mêlent de manière idéale. Personnellement, j’ai aussi eu beaucoup de plaisir durant ce voyage à faire mieux connaissance avec mes collègues agro-entrepreneurs suisses-allemands. Je remercie toute l’équipe de Riniken, qui a parfaitement organisé ce séjour très agréable. Et rendez-vous à tous les intéressés pour DeLuTa 2012 ! n

Pour la première fois à DeLuTa : Nicolas Pavillard, ingénieur agronome et agroentrepreneur.

mars 2011 Technique Agricole

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n Cours de conduite G40 pour 2011 SVLT / ASETA 056 441 20 22

www. Après avoir réussi les examens des catégories F/G, les jeunes dès 14 ans peuvent suivre le cours G40. Inscrit dans le permis de conduire, le G40 autorise la conduite de tracteurs agricoles et de véhicules exceptionnels roulant à 40 km/h au maximum. Le G40 se déroule sur deux journées – 20 leçons au total – et le nombre de participants est limité à cinq. Grace à un enseignement intensif, les conductrices et conducteurs de tracteur acquièrent de bases solides qui leur assurent une bonne maîtrise de conduite. Les instructeurs sont au bénéfice de permis poids lourds et ont suivi une formation spéciale pour la conduite de véhicules agricoles. Pour suivre le cours : Un permis de conduire de cat. F / G La première journée : un tracteur roulant à 30 ou à 40 km/h, avec arceau de protection; les permis de circulation des véhicules, le document antipollution, la convocation au cours. La deuxième journée : le tracteur et une remorque agricole. La confirmation de l’inscription au cours G40 autorise les participants à s’exercer pendant un mois avec un tracteur roulant à 40 km/h, sans remorque.

Avec le soutien du Fonds de sécurité routière (FSR) Prix du cours : CHF 550.–. Le Fonds de sécurité routière ristourne une somme de CHF 100.–.

La Vaudoise Assurances versera un montant de CHF 100.– à la conclusion d’un nouveau contrat d’assurance véhicule à moteur à toute personne qui a suivi le cours G40 (ou à un autre membre de sa famille habitant à la même adresse). Ce bon est valable deux ans à compter de la fin du cours G40. Conditions générales Les participants reçoivent la convocation et la facture deux semaines avant le premier jour de cours. Pour une annulation intervenant après ces deux semaines, un montant de CHF 60.– sera perçu pour les frais administratifs. En cas d’absence injustifiée, l’ASETA se réserve le droit d’encaisser l’intégralité du montant de la facture. n

Inscription au cours G40 Lieu et date du cours Nom, prénom Date de naissance Adresse NPA, lieu No de tél.

Portable

Numéro du permis de conduire (Pos. 5) J’ai pris connaissance des conditions de ce cours Date et signature Signature du représentant légal ou du maître d’apprentissage Envoyer à : ASETA, case postale, 5223 Riniken, tél. 056 441 20 22, fax 056 441 67 31, courriel : info@agrartechnik.ch

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Lieux et dates 2011 Aarberg BE 07.04 + 12.04 14.07 + 19.07 10.06 + 14.06 18.08 + 23.08 Bazenheid SG 31.03 + 05.04 25.08 + 30.08 19.05 + 24.05 03.11 + 08.11 21.07 + 26.07 Biberbrugg SZ 07.04 + 12.04 11.08 + 16.08 30.06 + 05.07 27.10 + 31.10 Brunegg AG 14.03 + 22.03 21.07 + 26.07 05.05 + 10.05 29.09 + 04.10 01.06 + 06.06 03.11 + 08.11 Bülach ZH 17.03 + 29.03 07.07 + 12.07 12.05 + 17.05 04.08 + 08.08 Bulle FR 07.04 + 12.04 25.08 + 30.08 12.05 + 16.05 22.09 + 26.09 09.06 + 14.06 06.10 + 10.10 30.06 + 04.07 04.11 + 14.11 Claro TI auf Anfrage / sur demande Corcelles-près-Payerne VD 26.05 + 31.05 27.10 + 01.11 08.09 + 13.09 Courtételle JU 17.03 + 22.03 21.07 + 26.07 01.04 + 06.04 25.08 + 30.08 19.05 + 24.05 06.10 + 12.10 Düdingen FR 28.04 + 03.05 15.09 + 20.09 16.06 + 21.06 13.10 + 18.10 Frauenfeld TG 14.04 + 20.04 25.08 + 30.08 05.05 + 10.05 08.09 + 13.09 23.06 + 28.06 20.10 + 25.10 07.07 + 12.07 03.11 + 08.11 Gossau ZH 14.04 + 19.04 14.07 + 19.07 27.04 + 05.05 29.09 + 04.10 23.06 + 28.06 13.10 + 18.10 Hohenrain LU 30.06 + 05.07 20.10 + 25.10 25.08 + 30.08 Ilanz GR 10.08 + 18.08 13.10 + 18.10 Interlaken BE 19.05 + 24.05 25.08 + 30.08 Kägiswil OW 26.05 + 31.05 15.09 + 20.09 07.07 + 12.07 La Sarraz VD 31.03 + 05.04 23.06 + 28.06 07.04 + 12.04 28.07 + 02.08 12.05 + 17.05 22.09 + 27.09 Landquart GR 18.03 + 22.03 11.08 + 19.08 12.05 + 17.05 13.10 + 18.10 Langnau i.E. BE 17.03 + 22.03 04.08 + 09.08 24.03 + 29.03 11.08 + 16.08 14.04 + 19.04 18.08 + 23.08 29.04 + 03.05 15.09 + 20.09 09.06 + 14.06 06.10 + 11.10 07.07 + 12.07 27.10 + 01.11 28.07 + 02.08 Les Hauts-Geneveys NE 04.05 + 10.05 08.09 + 13.09 06.07 + 15.07 Lindau ZH 28.04 + 03.05 20.10 + 25.10 14.07 + 19.07 Lyss BE 15.09 + 20.09 20.10 + 25.10

Lyssach BE 31.03 + 05.04 01.09 + 06.09 07.04 + 12.04 13.09 + 18.09 12.05 + 17.05 13.10 + 18.10 26.05 + 31.05 20.10 + 25.10 16.06 + 21.06 Marthalen ZH 07.04 + 12.04 16.06 + 21.06 12.05 + 17.05 05.08 + 09.08 26.05 + 31.05 Mettmenstetten ZH 07.04 + 12.04 07.07 + 12.07 28.04 + 03.05 10.11 + 14.11 Moudon VD 24.03 + 29.03 23.06 + 27.06 28.04 + 03.05 25.08 + 30.08 26.05 + 31.05 Niederurnen GL 28.04 + 03.05 27.10 + 31.10 02.08 + 11.08 Nyon VD 31.03 + 05.04 17.11 + 22.11 08.09 + 13.09 Oensingen SO 23.06 + 28.06 01.09 + 06.09 11.08 + 16.08 13.10 + 18.10 Saanen BE 29.09 + 04.10 Salez SG 31.03 + 05.04 08.09 + 13.09 09.06 + 14.06 10.11 + 15.11 07.07 + 12.07 Schöftland AG 22.06 + 28.06 27.10 + 31.10 25.08 + 30.08 Schwarzenburg BE 25.03 + 29.03 28.07 + 02.08 20.04 + 26.04 01.09 + 06.09 12.05 + 17.05 29.09 + 04.10 30.06 + 05.07 20.10 + 25.10 Schwyz SZ 07.04 + 12.04 06.10 + 11.10 30.06 + 05.07 27.10 + 31.10 Sion VS 12.05 + 16.05 30.06 + 05.07 Sissach BL 14.04 + 19.04 06.10 + 11.10 14.07 + 19.07 Sitterdorf TG 17.03 + 22.03 15.09 + 20.09 21.04 + 26.04 13.10 + 18.10 30.06 + 05.07 27.10 + 01.11 04.08 + 09.08 10.11 + 15.11 01.09 + 06.09 Sursee LU 24.03 + 29.03 09.06 + 14.06 07.04 + 12.04 18.08 + 23.08 12.05 + 17.05 08.09 + 13.09 Tramelan JU 14.04 + 19.04 01.09 + 06.09 07.07 + 12.07 Tuggen SZ 08.04 + 13.04 05.07 + 14.07 22.06 + 28.06 04.08 + 09.08 Visp VS 12.05 + 16.05 30.06 + 05.07 Willisau LU 31.03 + 05.04 11.08 + 16.08 16.06 + 21.06 22.09 + 27.09 Zweisimmen BE 07.04 + 12.04 14.07 + 19.07 21.04 + 26.04 04.08 + 09.08 09.06 + 14.06 18.08 + 23.08 Zwingen BL 19.05 + 24.05 01.09 + 06.09


Technique des champs n

Une hauteur de coupe correcte évite que du sable et de la terre ne se mélangent au fourrage en trop forte quantité.

Garantir la qualité du fourrage, préserver la faune sauvage Des performances laitières élevées ne se réalisent qu’avec un fourrage de première qualité. Un bon réglage des dispositifs de fauche est essentiel pour assurer cette qualité. Le présent article l’explique en mettant également le doigt sur le problème sensible de la mort de jeunes animaux sauvages. L’une des mesures de protection consiste à recouvrir les éléments de fauche, ce qui s’avère assez compliqué. D’autres techniques ne sont disponibles que sous forme d’éléments rapportés.

Ruedi Hunger

Dans la spirale toujours croissante des performances, il convient de considérer que le maintien et l’amélioration de la qualité du fourrage grossier, respectivement de l’ensilage, sont tout aussi importants que les performances de fauche. On oublie souvent que l’augmentation des performances signifie aussi « souillure du fourrage ». Diverses études de la station de recherche Agroscope Reckenholz-Tänikon montrent que la qualité du fourrage souillé est moindre. Les études

de la chambre d’agriculture de WeserEms (D) ont également montré que du fourrage moins souillé, comprenant 2 % de sable, permet une augmentation de la rentabilité de 80 euros par hectare par rapport à un taux de 4 %. Le spécialiste en technique agricole Krone, basé à Enschede (Hollande), est arrivé à un résultat équivalent. Des essais ont été entrepris avec deux hauteurs de coupe différentes. Avec une hauteur de 3,5 cm (au lieu de 7 cm), la récolte comprenait évidemment davantage de matière sèche. Cependant, la moins bonne appétence de kg nourriture a entraîné

une baisse de productivité laitière équivalant à plus de 80 litres de lait par hectare. Une conclusion s’impose : il faut privilégier la qualité à la quantité. En ce qui concerne la fauche, cela signifie qu’une hauteur optimale permet de traire davantage de lait qu’une maximisation du rendement.

Hauteur de coupe et pression de travail La souillure du fourrage lors de la fauche dépend fortement, hormis la hauteur de coupe, de la pression exercée pendant l’opération. Le mode d’attelage du

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Technique des champs n ­ ispositif de coupe latéral joue égaled ment un rôle. Dans la classe supérieure, les faucheuses sont souvent fixées à la hauteur de leur centre de gravité (attelage central), comme par exemple avec le Krone Easy-Cut Balance-System DuoGrip. Une pression de travail adaptée réduit la traction latérale, donc la force de glissement et par conséquent la consommation de carburant. De plus, les dégâts à la couche herbeuse sont minimes, et le fourrage moins souillé. Le dispositif de décharge de nombreuses faucheuses se compose d’une combinaison de ressorts. Cela signifie que le poids de la faucheuse est reporté jusqu’à un certain point sur le tracteur. Kverneland/ Vicon utilise une série de ressorts de fortes dimensions sur sa combinaison de fauche pour agro-entrepreneur Extra

690 T. Pour la tension des ressorts et son adaptation, une vis de réglage est disponible, cette opération se réalisant à l’arrêt. Le résultat obtenu s’avère tout à fait satisfaisant. Une pression de travail de 60 à 70 kg peut être déterminée et maintenue sans problème. Pourtant, dans la pratique, la pression au départ n’est que rarement modifiée, ce qui ne permet pas une adaptation selon les besoins. C’est pourquoi les constructeurs développent maintenant des dispositifs de décharge hydropneumatiques, compte tenu des exigences croissantes en matière de qualité du fourrage. Ces dispositifs permettent de réagir rapidement aux changements de conditions, donc que le conducteur peut adapter la pression en continu ; cela implique cependant une certaine finesse de manipulation. Claas

Combinaison faucheuse frontale et conditionneuse arrière.

Les systèmes de décharge par ressort remplissent parfaitement leur rôle, mais offrent moins de confort et ne sont souvent pas réglés en cours de travail.

nomme son dispositif de décharge hydropneumatique ActiveFloat, Kuhn LiftControl-System. Fella propose également un système équivalent. Kverneland/ Deutz-Fahr offre une solution électrohydraulique fonctionnant à l’aide de capteurs. Pöttinger conduit son unité de fauche en douceur sur la couche herbeuse et avec une pression définie, de 75 kg par exemple, grâce à un dispositif de décharge hydraulique de la barre de coupe. Cette entreprise propose également, avec un système ISOBUS, une alternative avec un grand confort d’utilisation. Toutes ces nouveautés du domaine « dispositifs de décharge » exigent des compétences et une compréhension technique élevées de la part du conducteur. Il ne suffit effectivement pas de corriger un peu la pression au sol, mais bien de comprendre quelles seront les conséquences réelles de son adaptation.

Tracter ou pousser ?

Les faucheuses frontales, poussées, sont construites plus simplement, donc plus légères et, en général meilleur marché à l’achat.

La discussion à propos des faucheuses tractées ou poussées est aussi ancienne que les faucheuses frontales ellesmêmes. Différents tests pratiques donnent des résultats équivalents : les modèles tractés sont plus chers à l’achat et à l’utilisation, et aussi construits de manière plus complexe. Cependant, leur adaptation au sol est meilleure, ce qui diminue le risque de souillure du fourrage. C’est pourquoi une faucheuse tractée est mieux adaptée pour herber chaque jour qu’une faucheuse frontale. En revanche, ces dernières sont cons­ truites de manière plus simple, et leur

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n Technique des champs poids est inférieur, à largeur de travail égale. Comme leur centre de gravité se situe, en général, plus près du tracteur que celui des versions tractées plus complexes, la charge sur l’essieu avant est limitée. De plus, une faucheuse frontale plus lourde peut présenter des avantages lorsqu’elle s’utilise conjointement à une combinaison de fauche arrière large. En conséquence, la fauche d’une surface régulière peut sans autre être faite avec une faucheuse frontale plus légère et meilleur marché, pour autant que des performances élevées ne soient pas impératives. Si, au contraire, les performances à la surface importent et que le terrain n’est pas régulier, la variante tractée et plus onéreuse est à privilégier. La faucheuse frontale, en version tractée suspendue, convient bien en combinaison avec les deux faucheuses arrière.

La mort de jeunes animaux sauvages La charge de travail est toujours très forte durant mai-juin: foins, semis, soins aux cultures, traitements, etc., autant d’activités qui devront se faire quasiment en même temps. La pression du temps stressante, surtout si les conditions climatiques compliquent le déroulement et l’organisation du travail. La période maijuin est également un temps de grand stress pour les biches, car c’est la période de mise-bas. Souvent, deux faons d’environ un kilo naissent à des endroits différents. Les biches recherchent toujours les mêmes endroits pour ce faire, au calme et dans des lieux discrets, qui offrent aux faons la meilleure protection possible contre le soleil, le vent et les prédateurs. Les surfaces herbeuses ouvertes sont particulièrement prisées. La biche ne revient vers ses petits que pour les nourrir, afin d’éviter de guider les prédateurs. Ce comportement lors de la mise-bas peut constituer une fatalité si elle coïncide avec la récolte du fourrage. En effet, les faons ne possèdent aucun instinct de fuite jusqu’à l’âge de quinze jours. Ils comptent bien davantage sur leur pelage tacheté, se tapissent et restent immobiles lorsqu’un danger s’approche.

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Risque pour les ruminants La mort très douloureuse des faons doit être évitée bien entendu. Il arrive cependant qu’un faon soit broyé et tué par une faucheuse. Le risque de la présence de parties de cadavre dans le fourrage est la contamination par une toxine produite par le bacille botulique. Cette toxine conduit, selon sa concentration, à une baisse de la production laitière, voire à la mort des animaux nourris de ce fourrage.

Mesures La mise en place de drapeaux blancs ou de sacs d’engrais vides flottant sur des piquets est une mesure largement répandue. Des lampes clignotantes, telles qu’on les trouve aux abords des chantiers, constituent également une méthode efficace. Cele-ci fonctionne cependant qu’à court terme et ne doit pas être utilisée sur plusieurs jours, mais doit être mise en place le soir précédant la fauche.

par une personne, travaille de manière très fiable aux premières heures du matin et par ciel couvert. Ses performances de trois hectares à l’heure se situent cependant en retrait par rapport aux performances de fauche actuelles. Le détecteur de faune sauvage infrarouge DLR placé sur la machine a un taux de fausses alarmes assez élevé dans les prairies

Sens de marche Réflexion sur le sol

Capteurs radar

Antenne

Réflexion de l’objectif Dispersion dans l’herbage

Couche d’herbe

Faon

Sol

Capteurs infrarouges Depuis 1999, le détecteur de faune sauvage infrarouge DLR breveté est disponible sur le marché. Cet appareil, porté

Principe du double radar pouvant être utilisé comme capteur micro-ondes pour la recherche de faons


Technique des champs n 781 faons sauvés Afin de protéger les faons contre les risques liés à la fauche, la collaboration entre les agriculteurs et les chasseurs ou les gardes-faune est à saluer. C’est ainsi que l’année dernière par exemple, non moins de 781 faons ont été mis à l’abri et sauvés dans le canton de Berne (Berner Zeitung). Plusieurs techniques conduisent au succès. L’objectif poursuivi consiste à rendre les lieux de mise-bas et de séjour des nouveau-nés peu sûrs, de façon à ce que la biche emmène elle-même ses petits dans un endroit qui lui paraîtra mieux approprié en termes de sécurité. Les faucheuses-conditionneuses rotatives sont un piège mortel pour les faons.

ressant) s’approche arrivent aujourd’hui à leurs limites, compte tenu des vitesses de fauche actuelles. Pour les caméras actives dans le spectre de lumière visible, la vitesse de fauche de 15 à 20 km/h, assortie d’une hauteur de montage limitée et de vibrations inévitables, constitue d’importantes contraintes. Indépendamment de la faucheuse et de la vitesse de fauche, une plateforme volante a été utilisée pour la première fois en mai 2010 en Autriche (Oberösterreich), sous la forme d’un octoptère. Ceci a nécessité l’installation d’une caméra infrarouge. Le diagramme de chaleur a ensuite été envoyé au moniteur de commande à distance. Quatre faons ont ainsi été détectés sans équivoque d’une hauteur de 25 mètres. Les jeunes chevreuils sont grièvement blessés par les barres de coupe à doigts ; il faut finalement les achever pour abréger leurs souffrances.

­ nsoleillées. Aujourd’hui, on essaie de e mettre au point des méthodes de détection des animaux permettant au conducteur de situer de manière fiable l’emplacement des faons. Dans un programme commun des firmes Claas, Saulgau, isaIndustrieelektronik, de l’Institut de méthodique de détection à distance DLR et de l’Université technique de Münich, différents types de capteurs ont été testés. Des capteurs micro-ondes, de distance aux caméras infrarouges et autres caméras actives dans le spectre visible, sont autant de moyens techniques qui sont soumis à des tests.

Grâce aux micro-ondes, conduites en faisceau selon un angle bien défini par rapt au sol, les faons peuvent être détectés. L’angle de biais présente l’avantage que le sol ou des gouilles d’eau ne sont pas reflétés sur le détecteur. Seuls les faons couchés sur le sol sont détectés. L’adaptation pratique de ce système installé sur la faucheuse fera l’objet de tests à plus large échelle.

Le succès avec l’octoptère

Résumé L’augmentation des performances en général, et lors de la fauche en particulier, n’est pas facile à contrôler. Le risque de souillure du fourrage doit être contenu. De la même manière, les chevreuils et leurs petits font partie intégrante de la nature dans laquelle nous travaillons. Il s’agit donc d’entreprendre tout ce que nous pouvons pour éviter le sacrifice des faons lors de la fauche. Pour cela, une planification prévoyante et un contact avec les chasseurs et les gardes-faune s’avèrent nécessaires (voir également le rapport ART 724).  n

Des systèmes délivrant des images, équipés de caméras qui se déclenchent lorsqu’un «Point of Interest» (objet inté-

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n Technique des champs

Grand intérêt pour une technique culturale en constant développement.

Swiss No-Till : semis direct prometteur L’Association suisse pour une agriculture respectueuse du sol tenait son assemblée générale annuelle en janvier dernier sur le site des établissements pénitentiaires de Witzwil. La partie statutaire et les trois exposés qui ont suivi ont attiré une foule importante et intéressée par les développements des techniques de semis direct. En Suisse, les surfaces dépassent les 16 300 ha en 2010.

Gaël Monnerat

Geneviève Gassmann, directrice de l’Institut agricole du canton de Fribourg LID Grangeneuve, a présenté des pistes permettant de garder intacte, voire d’augmenter, la motivation des agriculteurs. En cette période d’incertitudes quant aux développements de la politique agricole, de l’entrée en vigueur des accords de libre-échange et des fortes pressions exercées sur les prix des produits agricoles, de nombreux exploitants se découragent, s’isolent ou se sentent abandonnés. Geneviève Gassmann a notamment relevé l’importance de la politique, de l’économie, des rapports sociaux, de la technologie, de l’écologie, de l’éthique et des lois dans la vie des agriculteurs, ainsi que les contradictions que certains de ces domaines entraînent. Pour rester motivé, l’agriculteur actuel doit parvenir à gérer tous ces paramètres et à satisfaire ses besoins et envies.

20

mars 2011 Technique Agricole

De manière générale, qui dit semis direct dit aussi herbicide total. Alfons Beerli, conseiller chez Syngenta Agro SA, est revenu sur l’utilisation des glyphosates en illustrant sa présentation par des photos d’essais de traitements.

D’une optique brésilienne... La principale intervention de la journée était celle de Dirceu N. Gassen, microbiologiste du sol, agronome et chef de la centrale de conseil en production végétale Cooplantio à Eldorado do Sul, au sud du Brésil. Cooplantio compte 44 filiales, et ses 160 conseillers techniques assistent plus de 17 000 exploitations spécialisées dans la culture du soja et du maïs. Les attentes envers les agriculteurs brésiliens sont claires : produire plus en dépensant moins. Ceci implique de trouver de nouvelles solutions, et l’une des possibilités est de s’ouvrir aux expériences réalisées ailleurs. Bien que les conditions climatiques, topographiques, politiques et économiques ne soient ja-

mais semblables, la discussion et l’étude des méthodes d’agriculteurs pratiquant avec succès le semis direct dans d’autres régions du monde apportent toujours des pistes pour l’amélioration des techniques locales. De manière générale, le succès du renoncement au labour passe par une révision complète de la rotation des cultures. De bons résultats ont été acquis en choisissant et en implantant des cultures de couvertures du sol. Ces engrais verts empêchent non seulement le développement des adventices, mais offrent de plus un environnement propice à la faune et la flore du sol. Afin qu’un sol demeure vivant, et donc productif, l’eau, la lumière, les nutriments présents et l’air sont nécessaires dans un certain équilibre. Les techniques appliquées par Cooplantio visent principalement à favoriser la fertilité chimique, physique et biologique du sol. Le sol est à considérer comme un athlète. Pour obtenir les meilleures performances, une bonne préparation tenant compte de tous les paramètres est nécessaire. Comme en sport, le succès d’un semis direct dépend souvent de détails.

... à la voie suisse Bien que les conditions brésiliennes ne correspondent en rien aux conditions suisses, il est tout de même bénéfique de s’intéresser aux raisons de ce succès. Il y a vingt ans, le semis direct était généralement considéré comme impossible en Suisse. Comme en témoigne l’augmentation des surfaces concernées, la réalité est aujourd’hui bien différente. Si le semis direct est possible en Suisse, sa mise en application passe par une adaptation des techniques et matériels utilisés ailleurs avec succès. Chaque exploitation est différente, les sols et le climat changent d’une parcelle à l’autre, impliquant d’adapter les méthodes de cultures et les réglages des machines. Les agriculteurs qui obtiennent de bons résultats constituent la meilleure source de savoir pour les autres. En agriculture comme ailleurs, on trouvera toujours meilleur que soi. Ceci permet de se fixer les buts nécessaires pour garder une motivation intacte. De plus, l’intérêt porté au travail des autres suscite des contacts sociaux qui brisent la monotonie du travail quotidien et apportent un enrichissement. Partant de là, la philosophie de Dirceu N. Gassen rejoint l’exposé de Geneviève Gassmann. n


AgroSpot n

Paroi expérimentale de traite. (Photo : Gabriela Brändle)

Paroi expérimentale optimisant la technique de traite Malgré des installations de traite modernes et conformes aux normes en vigueur, des problèmes de traite peuvent survenir. Par exemple, les vaches peuvent ne pas vouloir entrer dans le stand de traite, ne restent pas tranquilles ou urinent et défèquent souvent. Le comportement de traite change nettement, et la santé de la mamelle se dégrade.

Pascal Savary*

Une enquête de la station de recherches Agroscope Reckenholz-Tänikon (ART) a montré que 21 % des exploitations laitières suisses rencontrent des problèmes dans leur salle de traite. Les chefs d’exploitation interrogés expliquent ces difficultés par des émissions électriques (courant rampant ou vagabond). La plupart du temps, l’origine du mal ne provient pas d’un seul, mais de plusieurs éléments.

* Station de recherche Agroscope Reckenholz-Tänikon ART

La machine à traire joue entre autres un rôle déterminant. De précédentes recherches pratiques dans diverses exploitations ont déjà révélé qu’une relation peut exister entre le bruit, les vibrations et la santé de la mamelle. Un essai à ce propos a donc été conduit dans la salle de traite de ART. Du bruit et des vibrations ont été émis artificiellement au moyen de haut-parleurs, leurs effets sur les vaches en matière de comportement et de fréquence cardiaque étant relevés. Les effets observés étaient tellement minimes qu’il n’était pas possible de conclure à une péjoration de leur bien-être. Les problèmes de traite ne sont donc pas primairement dus au bruit et aux vibra-

tions, mais à leurs causes. Parmi celles-ci, les variations du vide dans les conduites d’air et de lait de l’installation de traite. Ces disfonctionnements se répercutent jusqu’aux extrémités des trayons, ce qui nuit au bien-être des vaches. C’est pourquoi ART a examiné l’influence de divers types d’installation et de montage (par exemple un revêtement en caoutchouc sous la pompe à vide) sur les conditions de vide de l’installation de traite. Cet essai a été réalisé au moyen d’une paroi de traite expérimentale. Ses dimensions sont équivalentes à celles d’une salle de traite de type « Side by side » à quatre places. Cette installation permet de simuler un processus de traite réel. En lieu et place de vaches, des simulateurs de flux de lait sont traits. Ils se composent de quatre trayons artificiels au travers desquels s’écoule de l’eau plutôt que du lait. Le débit d’eau peut être mesuré de manière très précise. Conjointement, la pression en divers endroits de l’installation de traite est mesurée. Afin de déterminer le vide à l’extrémité des trayons, l’un des trayons artificiels est équipé d’un capteur de pression. Avec ce projet « Paroi de traite expérimentale », ART effectue de la recherche fondamentale dans le domaine de la technique de traite, avec un fort accent sur les aspects liés à la pratique. Les résultats doivent servir de base afin de fixer les limites des paramètres définis. Pour cela, des essais complémentaires devront être impérativement menés dans la salle de traite expérimentale de ART, dans le but de définir les contraintes exercées sur les animaux. Les limites ainsi fixées devront ensuite être introduites, dans le cadre du standard de branche, au sein des directives relatives au montage des installations de traite (Standard de branche, annexe 3). La station de recherche Agroscope Reckenholz-Tänikon ART, grâce aux recherches qu’elle conduit, se positionne clairement comme le centre de compétence pour la technique de traite en Suisse et contribue grandement au maintien du bien-être des animaux et de la qualité du lait à un niveau élevé. n

mars 2011 Technique Agricole

21


n Sous la loupe

Le centre de production de FELCO aux Geneveys-sur-Coffrane : au fur et à mesure du développement de l’entreprise, de nouvelles extensions ont été construites.

Des outils de classe mondiale Depuis sa création en 1945, FELCO a révolutionné le marché des sécateurs et des outils de coupe. Exigeante envers elle-même et plaçant toujours l’utilisateur au centre de ses préoccupations, l’entreprise neuchâteloise a su allier performance, esthétisme et ergonomie pour s’imposer comme référence auprès de professionnels, mais aussi de bon nombre d’amateurs recherchant des outils de qualité.

Monique Perrottet

Felix Flisch, le créateur de FELCO, voulait faciliter la vie des travailleurs grâce à des outils plus ergonomiques et plus performants.

22

mars 2011 Technique Agricole

Environ un million de sécateurs sortent chaque année de l’usine FELCO sise aux Geneveys-sur-Coffrane, dans le canton de Neuchâtel, et sont vendus dans une centaine de pays. Cas très particulier dans le monde industriel, les sécateurs et outils de coupe FELCO sont entièrement fabriqués en Suisse. Le savoir-faire industriel, notamment en termes d’efficience et de méthodologie, ainsi que les compétences des différents centres de recherche actifs dans le domaine de la mécanique et de la microtechnique permettent, encore, de résister à la pression des pays à coût de production plus faible. L’innovation et l’efficience s’illustrent aussi en termes de productivité : ainsi, malgré une augmentation du nombre de sécateurs vendus, l’effectif du personnel reste stable, alors que le parc machine de l’entreprise s’étend et devient de plus en plus pointu. Pour le

directeur actuel, Laurent Perrin, l’innovation et le développement de nouvelles technologies doivent en tout premier lieu permettre de maintenir les emplois, secondairement d’en créer de nouveaux.

Produit complexe et de haute technologie Si vous demandez à un vigneron pourquoi il utilise un sécateur FELCO, il vous répondra très certainement que ce sécateur permet un travail de précision, limite la fatigue et qu’il est presque immortel ! Et ce sont là effectivement les forces que FELCO tient à cultiver : même si un sécateur peut être considéré comme un objet assez commun, FELCO veut en faire un bel objet, pratique, durable et ergonomique. La fabrication d’un sécateur nécessite plus de 100 étapes différentes ! De la création des manches jusqu’à l’aiguisage de la lame de coupe, chaque étape est pensée dans ses moindres détails : poids des matériaux, résistance à


Sous la loupe n

Pour Laurent Perrin concilier économie, écologie et responsabilité sociale n’est certes pas chose facile mais possible et très certainement même indispensable

l’usure, dureté, finesse des pointes de lames, angle de coupe et qualité d’aiguisage, effet démultiplicateur, qualité antiglisse des plastiques de protection, assemblage précis des divers éléments afin d’éviter tout « jeu » entre les éléments, facilité de remplacement des pièces d’usure… tous ces éléments vont se conjuguer non seulement pour faciliter le travail de l’utilisateur en limitant les efforts donc la fatigue et les risques de blessures, mais aussi pour améliorer la qualité et la précision de la coupe : pas d’écrasement, coupe nette, donc moins de plaies de taille permettant de réduire d’autant les portes d’entrée des maladies du bois ainsi que les faux-bois. Côté technologique, en 2010, une toute nouvelle entité a été créée dans une usine toute neuve : FELCO Motion, spécialisée dans la conception de solutions électriques innovantes.

Intégration, durabilité, qualité Concilier rentabilité économique, responsabilité sociale et responsabilité environnementale paraît bien souvent illusoire et utopique. Pourtant, Laurent Perrin veut croire la chose possible. Et il le prouve ! Ainsi, non seulement la production des sécateurs est effectuée entièrement en Suisse, mais, en plus, plusieurs personnes handicapées sont intégrées à l’équipe de production. L’entreprise collabore également avec un atelier protégé et offre plusieurs places de formation (stages ou apprentissage). Elle cherche également à favoriser l’implication de tous les collaborateurs dans

le processus de fabrication ; elle a ainsi créé des cercles de qualité incitant les collaborateurs à partager leurs observations, voire les problèmes rencontrés, afin non seulement d’améliorer la qualité, mais également de reconnaître et valoriser les compétences de chacun. Côté environnemental, les exigences posées aux entrepreneurs suisses sont sans commune mesure avec celles de leurs concurrents asiatiques. Souvent, lors de ses voyages en Asie, Laurent Perrin a pu observer le laxisme des entrepreneurs à l’égard de la protection de l’environnement. Le rejet d’eaux polluées directement dans la nature, à proximité immédiate de cultures vivrières n’est pas chose exceptionnelle. Quel sera le prix à payer dans quelques années tant en terme de santé humaine que de destruction de milieux vitaux ou encore d’image ? Ici aussi, l’innovation semble plus performante que l’attentisme et est économiquement rentable. Ainsi, FELCO a très récemment installé des panneaux solaires afin de produire l’eau chaude et réfléchit à une meilleure gestion des eaux usées provenant du lavage des sols, de l’usinage et du meulage, grâce à l’installation d’un bioréacteur. La durée de vie d’un produit est un élément percutant pour le consommateur : le fait de pouvoir facilement remplacer les différentes pièces usées est un réel avantage et permet d’allonger notablement son utilisation. Cet atout a toutefois un prix : lors de la conception et de la fabrication du produit, chaque élément doit être pensé et façonné en vue de son remplacement, et cela sans abîmer la pièce voisine. Chacun aura déjà constaté que nombre d’objets ne sont pas dotés de ces fonctions… Tous ces efforts ont certes une très grande valeur, mais celle-ci est difficile à

valoriser en terme monétaire. Comment faire valoir cette plus value auprès du consommateur ? Chacun a déjà été confronté à la comparaison entre trois articles similaires, mais dans des gammes de prix totalement différentes. Lequel choisir ? Que se cache-t-il derrière chaque produit ? Comment a-t-il été produit ? Quelle est sa fiabilité ? Il n’est pas toujours simple de trouver la réponse à toutes ces questions, et si généralement on se méfie du produit le meilleur marché, on pense aussi souvent que le prix du produit le plus cher est surfait. C’est pourquoi, peut-être, que la réputation et l’image d’un produit ou d’une marque revêt une telle importance…

Outils de coupe de tout type : précision, ergonomie, confort d’utilisation…

…jusqu’à l’assistance électrique ou pneumatique.

Copie et contrefaçon : la rançon du succès Leader mondial dans le secteur des sécateurs et des outils de coupe, FELCO, comme nombre d’entreprises suisses, voit ses produits et sa marque copiés et imités. Ainsi, des sécateurs à poignées rouges portant la marque Filco ou Filko, ou, plus fort, Felko, ont déjà été trouvés sur le marché. C’est le modèle-phare, le FELCO 2, qui est le plus copié, mais les autres modèles ne sont pas délaissés pour autant. La lutte contre ce fléau est très coûteuse et, en l’absence de règles internationales harmonisées, très difficile. FELCO mise sur une étroite collaboration avec ses importateurs, mais aussi sur la perspicacité des consommateurs, véritables victimes de ce trafic. Ainsi, certains clients de FELCO ont eu la très désagréable surprise d’apprendre que leur sécateur était une contrefaçon le jour où ils souhaitaient le faire réparer ! Alors, si vous avez un doute sur l’authenticité de votre sécateur FELCO, n’hésitez pas à envoyer une photo à l’entreprise, car finalement, la lutte contre les contrefaçons nous concerne tous ! n

mars 2011 Technique Agricole

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Partner Les nouveaux tracteurs N & T VERSU Les modèles N et T Versu sont équipés d’une transmission à cinq rapports sous charge. Ils sont reconnus pour leur facilité d’utilisation, ce qui améliore leur productivité. La nouvelle technologie de transmission offre de meilleures performances quelles que soient les conditions et ce pour de multiples travaux.

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Technique et tracteurs n

L’usine Valtra de Suolahti occupe 800 personnes. Une grande partie de l’usine a été équipée des toutes dernières techniques de montage et de mécatronique : coup d’œil dans la fabrication des modèles Versu et Direct, soumis à de minutieux contrôles préalables.

Valtra: De nouveaux modèles dans les séries T et A Si la Finlande n’est pas très riche en herbages et surfaces culturales, elle se distingue par ses forêts et ses lacs, et possède malgré tout – ou justement pour cette raison – sa propre marque de tracteurs mondialement connue : Valtra. L’entreprise vient de fêter son 60e anniversaire sur son site de production de Suolahti. Pour cet évènement, elle s’est offert non seulement de nouveaux modèles pour compléter ses séries T et A mais également un système de « plateforme de travail » au design de fourmi !

Ueli Zweifel

Valmet – issue des aciéries Valtrion Metallitehfaat, qui deviendra Valtra par la suite – a commencé la production de tracteurs après la Deuxième Guerre mondiale. Suite à une forte demande, le site se met alors à fabriquer des tracteurs au lieu d’appareils militaires. Les quinze premiers tracteurs Valtra voient le jour en 1951. Ce n’est que dix ans après que Valmet installe une usine de tracteurs à Mogi das Cruzes, au Brésil. La production des cinq premiers tracteurs Valmet 360 D se termine en décembre 1960. La décision courageuse et risquée d’établir une usine à l’autre bout du monde a, depuis, porté ses fruits : Valmet do Brasil est aujourd’hui l’un des piliers essentiels de Valtra.

En 1979, Valmet rachète le secteur tracteur du suédois Volvo BM. La première gamme de tracteurs Volvo BM Valmet 05 conçue de concert est lancée en 1982. L’usine de moteur AGCO Sisu Power de Linnavuori est étroitement liée à l’histoire de Valtra. Les tracteurs Valtra fabriqués à Suolahti ont toujours été équipés de moteurs AGCO Sisu Power, ou avec leurs prédécesseurs, les Sisu diesel et Valmet diesel. Les moteurs AGCO Sisu Power sont aujourd’hui fabriqués sur de nombreux sites dans le monde et équipent les machines tout-terrain de Valtra et de bien d’autres constructeurs. Du petit constructeur finlandais, l’entreprise est devenue une marque de tracteurs mondialement connue. En tant que membre du konzern AGCO, Valtra assure ses arrières grâce au soutien d’un des plus

grands groupe de technique agricole du monde.

Série T avec technique d’échappement SCR Selon les normes d’échappement actuellement en vigueur TIER 4interim, les modèles les plus puissants de la Serie T ont été améliorés : la puissance des nouveaux modèles Direct T 183 et T 203, de même que les modèles Versu et T 213, est délivrée par un moteur SCR de 7,4 l AGCO Sisu Power. Ce moteur consomme de 5 % à 10 % de carburant en moins, comparé à un moteur équivalent non doté de la technologie SCR, dit-on chez Valtra. Une technologie qui, en plus, permet de réduire le besoin de refroidissement du moteur, ce qui contribue à son efficacité. Les particules fines émises par les moteurs à technologie

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n Technique et tracteurs SCR ont été réduites de 97 % alors que les émissions Nox ont diminué de 85 % comparativement aux moteurs des précédentes générations. Valtra possède une expérience de plusieurs années dans l’utilisation de la technique SCR. En effet, la série S de Valtra, lancée en 2008, disposait déjà de cette technologie qu’elle a mise au service des tracteurs en tant que pionnière. Pour le conducteur, la technologie SCR ne pose aucun problème : la gestion électronique du système se charge du niveau d’injection. « Le conducteur a simplement besoin de remplir son réservoir d’AdBlue comme il remplirait le réservoir de carburant ou le récipient de lavage des essuie-glaces. » La part d’AdBlue consommée par le moteur s’élève à 3,5 % de la consommation totale (classe de toxicité TIER 4i). Si ces nouveaux moteurs sont légèrement plus puissants et profitent d’un couple en augmentation, le régime nominal a été réduit à 2100 t/min. Les valeurs de couple, avec le Transport Boost et le Sigma Power Boost, ont également été augmentés. Doté de 15 chevaux supplémentaires que son prédécesseur le T202 V, le T213 Versu devient le tracteur le plus puissant de la série T. Sur les modèles Versu et Direct, les courbes de puissance et de couple, de même que le réglage du moteur et de la transmission, ont également été améliorés. Avec leur nouveau software, les tracteurs équipés d’une transmission continue ou d’une transmission à passage sous charge à 5  paliers offrent au conducteur des performances optimales dans toutes les situations.

Nouveau vaisseau amiral de la série. Le T213 Versu délivre 15 Ch de plus que son prédécesseur, le T202V.

Confort d’utilisation Les nouveaux tracteurs de la série T3 proposent bien plus qu’une évolution technique de la motorisation. L’accoudoir Advance développé par Valtra est désormais doté d’un écran en couleur avec des positions « jour »/« nuit ». Les réglages des opérations de manœuvre en bouts de champ et du tempomat se font très précisément, également à l’arrêt. De plus, les valeurs du tempomat restent enregistrées même lorsque le contact est coupé. Le conducteur dispose de plusieurs possibilités d’enregistrement des opérations de manœuvre en bouts de champ. De plus, la gestion de la prise de force et l’engagement des 4 RM se font dorénavant depuis cet accoudoir ergonomique par le biais d’un interrupteur basculant.

Accoudoir avec écran couleur pour le jour et la nuit. (Photo d’usine).

La nouvelle série T proposée peut être équipée d’un pré-équipement AutoSteer ou d’un dispositif complet basé sur un guidage par satellite. Nouveaux modèles : ils complètent les Direct (transmission continue) et Versu (transmission à passage sous charge à 5 paliers) dans le segment de puissance supérieur.

Modèle

Standard

Boost

kW/Ch/Nm max. Direct

Coupe : aperçu du flux des gaz d’échappement avec le filtre à particules et la technologie SCR à capteur, ainsi que les buses d’injection de AdBlue permettant la neutralisation de l’oxyde d’azote.

26

mars 2011 Technique Agricole

Versu

T183

138/188/770

T203

150/204/800

148/202/820 158/215/850

T183

138/188/770

148/202/820

T213

158/215/850

166/225/900


Technique et tracteurs n Série A de niveau HiTech La série A, gamme dont la fiabilité n’est plus à démontrer, entre dans l’ère HiTech. En plus de l’inverseur hydraulique, cette série propose de nombreuses fonctionnalités. La précision de l’inversion du sens de marche facilite plus particulièrement les opérations avec chargeur frontal, ainsi que les travaux à l’intérieur ou encore les manœuvres en bout de champ. La nouvelle série A comprend également une prise de force à deux vitesses, commandée par un embrayage hydraulique multidisques. Un bouton situé en cabine permet d’engager progressivement la prise de force grâce à l’hydraulique. Il existe, en option, des boutons situés sur les ailes arrière permettant également de commander les fonctions liées à la prise de force. La motorisation de la série A, comme le reste de la gamme Valtra, est assurée par le moteur AGCO Sisu Power de 3,3 litres, équipé d’une injection à rampe commune. Un ventilateur visco et l’injection à rampe commune assurent une consommation de carburant réduite et des niveaux de bruit faibles. En relation avec la gestion électronique du moteur, le tempomat est proposé en option. AutoTraction, une fonction de Valtra qui permet au tracteur de rester immobile à un régime inférieur à 1000 t/min, sera également proposée sur la série A, ce qui facilite l’immobilisation et le démarrage. Un progrès notable a aussi été accompli en matière d’ergonomie. Le confort de la cabine de la nouvelle série A a été tout particulièrement soigné. Le bruit en cabine est en baisse, et l’ergonomie des boutons/commandes a progressé. Le nouveau pédalier facilite la conduite, et l’accès à la cabine a été amélioré. De plus, la place disponible en cabine est meilleure, tout en conservant les mêmes dimensions extérieures, les possibilités de réglage du volant et du siège étant plus larges. Une cabine forestière spécifique, au lieu de la cabine standard, n’est donc plus nécessaire.

Les nouveaux modèles HiTech HiTech

kW/Ch/Nm max.

A83

65/88/325

A93

75/101/370

Nouveau modèle de la série A à guidage électronique HI - et inverseur.

Vu les dimensions généreuses de la cabine standard de la série A, Valtra renonce à monter une forestière (photos d’usine)

Les nouveaux modèles de la série A HiTech, dotée de l’inversion mécanique, reprennent la même dénomination que les tracteurs plus puissants N et T. Les modèles actuels de la série A seront à l’avenir encore disponibles sous les appellations A72, A82 et A92 Classic.

Technique des moteurs améliorée pour la série S La technologie de motorisation de la série S connaît un changement en 2011, dans la mouvance des normes en matière de gaz d’échappement TIER 4i. En raison de ces nouvelles normes, Valtra introduit déjà la seconde génération du système de réduction catalytique sélective (SCR) dans ses modèles de la série S. Cette nouvelle technique améliore l’injection d’AdBlue dans les gaz d’échappement, permettant de ce fait de traiter plus efficacement les gaz via le pot catalytique. Ensuite, pour respecter TIER 4i, le régime

nominal sera réduit au niveau économique en carburant de 2100 t/min. Avec cette nouvelle technologie, la série S fait peau neuve et ouvre la voie à une nouvelle dénomination des modèles, S233, S263, S293, S323 et S353. Nouveauté dans la série S, l’intégration de la suspension Valtra AutoComfort de la série T. Grâce au réglage en continu de la pression d’amortissement, un confort de roulement est assuré en toute situation, ce qui limite la fatigue lors des longues journées de travail. Valtra propose un tracteur pour tous les besoins, particulièrement aussi pour les travaux forestiers, ceci dans les classes de puissance moyenne et supérieure. Cette promesse s’exprime par le slogan « Individually yours ». Cette adaptation aux divers besoins se retrouve également dans le vaste choix de couleurs à disposition. n

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n Marché des machines Tracteurs

Le marché des tracteurs est florissant dans toutes les gammes de puissance. John Deere en profite – de même que les autres marques – avec sa gamme de la Série 5. Cette marque est à nouveau en tête des immatriculations en Suisse, après une absence de quatre ans.

2010 – les tracteurs en hausse L’économie se porte à merveille, et les banques enregistrent à nouveaux de forts profits. Les prix du marché mondial des produits agricoles montrent une tendance à la hausse, avec en toile de fond la pénurie et la spéculation. L’agriculture et l’industrie des machines agricoles profitent de cet environnement positif ; en témoignent les immatriculations des tracteurs en 2010, avec une hausse 6,8 % par rapport à l’année précédente. Quant aux transporteurs, ils accusent néanmoins une perte de 20 %.

Ueli Zweifel

Alors qu’il y a quelques années encore se dessinait une tendance à la baisse pour les tracteurs, vu le changement des structures et la croissance du nombre de chevaux sous le capot, il semble que le besoin de remplacer les tracteurs avoi­ sine les 2000 unités par année. Examiné sous cet aspect, le résultat 2010 – qui a dépassé le record de 2008 – atteint les 2205 immatriculations et ainsi une aug­ mentation de 174 tracteurs : un résultat à qualifier de « décoiffant » ! En compa­ rant avec 2009, lorsque les prix des produits agricoles, et notamment celui du lait, étaient sous pression, il était plutôt logique de réfréner l’acquisition des machines et des tracteurs.

28

groupe professionnel E « Machines agricoles à moteur et tracteurs » de l’Association suisse de la machine agri­ cole. Pour sa part, le directeur de Matra, à Zollikofen, a expliqué l’ascension mas­ sive de sa marque « maison » (John Deere) par la Série 5, dans le secteur de puissances de 80 à 100 Ch. Nombreux sont les clients qui ont attendu ces mo­ dèles, classés selon diverses caractéris­ tiques bien précises. Les intéressés par cette classe de puissance sont en général

John Deere New Holland Fendt Deutz­Fahr Hürlimann MF Claas Steyr Case IH Lindner Valtra Mc Cormick Same Landini Kubota RigiTrac Zetor Carraro Tym Lamborghini DePietri Total

322 334 217 241 146 142 134 125 81 55 83 35 102 43 1 27 15 3

309 347 242 190 131 125 124 98 102 79 59 42 66 42 22 23 25 4

405 348 346 181 140 126 120 100 83 78 53 51 48 45 40 24 11 5 1

Comparaison 31,1 % 0,3 % 43,0 % –4,7 % 6,9 % 0,8 % –3,2 % 2,0 % –18,6 % –1,3 % –10,2 % 21,4 % –27,3 % 7,1 % 81,8 % 4,3 % –56,0 %

2 1 1 2109 2031 2205

8,6 %

plus rapidement prêts à acheter un nouveau tracteur qu’un autre d’une classe supérieure, où le marché de l’occasion fonctionne mieux. Après quatre ans d’absence, John Deere est à nouveau en première position. Fendt a également profité du développement de sa palette de tracteurs dans le segment de puissance inférieur, avec sa nouvelle Série 200 qui a conquis le marché en proposant nombre d’innovations, dont la transmission continue qui a fait fureur. Et c’est sans surprise que le directeur de GVS­Agrat, Ugo Tosoni, déclare, très, très satisfait « les ventes sont réjouissan­ tes, et pas seulement pour Fendt ! » Bien que les immatriculations des tracteurs du konzern SDF ne soient pas aussi brillantes, le chef des ventes de SDF Suisse, Karl Tanner, dépeint une image positive. Et d’ajouter que la marque avait

2008

2009

2010

CNH (Case IH, New Holland Steyr)

540

547

531

AGCO (Fendt, MF, Valtra)

442

426

525

John Deere

322

309

405

Tracteurs : et vive la joie !

SAME DEUTZ-FAHR

489

387

369

C’est donc maintenant que se manifeste un besoin compensatoire. Celui­ci a été accéléré par le faible cours de l’euro, constate Daniel Bernhard, président du

Claas

134

124

120

78

84

96

mars 2011 Technique Agricole

Les groupes

2008 2009 2010

ARGO (Landini, McCormickI)


Marché des machines n du retard par rapport aux modèles équipés d’une transmission continue. Maintenant que ceci est comblé, les clients disposent de tous les choix possibles. Pour New Holland, le chef des ventes, Ferdinand Smolders, constate avec phi­ losophie la perte de la première place. Il évoque que tous les tracteurs 2010 ont été vendus, et que tous les avantages en matière de change ont été répercutés aux clients. New Holland annonce ce­ pendant un bon départ des ventes pour janvier 2011.

Une certaine retenue pour les transporteurs Pius Kaufmann, gérant de la filiale Re­ form Agromont, est satisfait que les ventes des faucheuses à deux essieux soient restées au même niveau que l’année précédente. Davantage d’investissements dans la mécanisation interne et une adaptation des structures accrue dans les zones de montagne pourraient, selon lui, faire renaître le

Faucheuses à deux essieux

2008

2009

2010

Aebi

133

127

127

Reform

154

118

126

34

27

27

BCS

5

11

8

Pasquali

2

5

5

Ferrari

2

5

2

A. Carraro

Reform

Valpadena Total

Transporteurs

2008

2009

2010

118

103

87

Aebi

64

69

50

Lindner

31

32

27

Schiltrac

16

16

9

Caron

6

3

4

Total

235

223

177

1 330

294

295

marché des transporteurs. La raison du recul de 20 % des ventes pourrait bien être attribué au marché de l’occasion. Au lieu d’investir dans la toute dernière technique, il est aussi possible de s’équiper de capacités de transport sup­ plémentaires en acquérant un véhicule d’occasion en bon état. n

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Rapport ART 735

Diviser la consommation d’énergie du chauffage et de la ventilation par deux et plus Economiser de l’énergie dans l’étable est aussi important sur le plan écologique qu’intéressant sur le plan économique Octobre 2010

Auteurs Ludo Van Caenegem, Gallus Jöhl, Markus Sax, Alina Soltermann, ART Impressum Edition: Station de recherche Agroscope Reckenholz-Tänikon ART, Tänikon, CH-8356 Ettenhausen, Traduction Regula Wolz, ART Les Rapports ART paraissent environ 20 fois par an. Abonnement annuel: Fr. 60.–. Commandes d‘abonnements et de numéros particuliers: ART, Bibliothèque, 8356 Ettenhausen T +41 (0)52 368 31 31 F +41 (0)52 365 11 90 doku@art.admin.ch Downloads: www.agroscope.ch ISSN 1661-7576

Fig. 1: L’isolation thermique, la ventilation commandée par la concentration en CO2, l’utilisation de la géothermie et la récupération de chaleur permettent de réduire considérablement la consommation d’énergie pour le chauffage.

La consommation annuelle d’énergie dans les porcheries est estimée à 90 millions de kilowatt heures pour le chauffage et à 40 millions de kilowatt heures pour la ventilation. Des simulations et des essais pratiques à la station de recherche Agroscope Reckenholz-Tänikon ART montrent que

différentes mesures permettent de ré duire considérablement la consommation d’énergie. L’étude a porté sur le potentiel d’économie d’énergie de l’isolation thermique, de la régulation du débit de ventilation, de l‘utilisation de la géothermie et de la récupération de la chaleur de l’air

mars 2011 Technique Agricole

31


n Rapport ART 735 sortant des porcheries et des halles d’engraissement de volaille. Sachant que la ventilation est la principale responsable des pertes de chaleur, son potentiel d’économie d’énergie est plus important que celui de l’isolation thermique. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il faut renoncer à une excellente isolation thermique dans les nouveaux bâtiments. Celle-ci entraîne d’ailleurs peu de coûts supplémentaires lorsque la technique de construction est adaptée. La mesure d’économie d’énergie la plus simple consiste à ne pas aérer plus que nécessaire. Les essais montrent qu’une bonne régulation du CO2 permet d’adapter le débit de ventilation aux besoins du moment. D’autres économies significatives d’énergie sont possibles en utilisant la géothermie et en récupérant la chaleur con-

tenue dans l’air sortant. C’est la récupération de chaleur qui permet le plus de réduire les besoins de chauffage. La quantité d’énergie économisée dépend toutefois du rendement thermique de l’échangeur de chaleur dans les conditions pratiques. De plus, la consommation de courant des ventilateurs augmente car la résistance de l’air est plus importante. C’est pourquoi avec les échangeurs thermiques, il est recommandé d’utiliser uniquement des commandes de ventilateur économes. Les mesures d’économie d’énergie ne sont rentables que si les investissements nécessaires peuvent être amortis pendant la durée d’exploitation prévue. Cela suppose aussi que le potentiel théorique d’économie d’énergie puisse être exploité grâce à un dimensionnement, une réalisation et une manipulation corrects.

Problématique

saires au calcul du potentiel d’économie d’énergie de la ventilation commandée par la concentration en CO2, un essai pratique a été mis en place dans la porcherie de mise bas d’ART afin d’évaluer la précision de l’adaptation des débits de ventilation. La principale motivation pour mettre volontairement en pratique des mesures d’économie d’énergie tient à leur intérêt économique. C’est pourquoi il était indispensable de considérer la rentabilité des différentes solutions.

La consommation d’énergie des ventilateurs qui sont en service toute l’année dans la porcherie et des chauffages qui fonctionnent sur de longues périodes dans des bâtiments qui nécessitent des températures élevées, est inutilement élevée dans de nombreuses exploitations. Si les prix de l’énergie continuent à monter, la facture des coûts d’énergie pourrait être élevée dans de telles exploitations. C’est pourquoi pour éviter d’en arriver à ce stade, il est recommandé de prendre dès maintenant des mesures pour réduire la consommation d’énergie. Comme les mesures d’économie d’énergie sont liées à de gros investissements, il est important de savoir combien de temps il faudra pour les amortir, afin de pouvoir choisir la solution la plus avantageuse.

Le présent rapport compare différentes mesures permettant de réduire la consommation d’énergie à l’aide de simulations et présente les résultats d’essais pratiques. Une méthode dynamique a été développée spécialement pour les simulations. Elle permet de calculer la consommation annuelle d’énergie dans les conditions de la pratique. Une méthode de calcul spéciale a dû être développée car la méthode de calcul de la consommation d’énergie décrite dans la norme SIA 380/1 [1] ne peut, pour différentes raisons, être appliquée aux bâtiments d’étable. La température intérieure comme le débit de ventilation ne sont pas constants dans les étables, mais dépendent des animaux. Le dégagement de chaleur par les animaux, sensible et latent, qui dépend lui aussi de la température de l’étable, influe largement sur le bilan énergétique. Par ailleurs, il faut également prendre en compte les cycles d’occupation usuels pour chaque type d’étable. Les valeurs de consigne en matière de température et d’humidité relative, ainsi que les valeurs limites de concentrations en gaz ont été définies selon des recommandations reconnues au niveau international [2, 3]. Outre la consommation d’énergie pour le chauffage, on a également calculé la consommation de courant des ventilateurs de l’étable. Comme il manquait les données néces32

mars 2011 Technique Agricole

Simulations Mesures d’économie d’énergie Les simulations ont permis de calculer la consommation annuelle d’énergie de différentes variantes d’isolation thermique (I), d’utilisation de la géothermie (II) et de récupération de chaleur (III). L’étude a porté sur cinq type d’étables chauffées couramment rencontrées dans la pratique: porcherie de mise bas (16 boxes de mis bas), porcherie de sevrage (480 porcelets), porcherie de préengraissement (200 porcs), porcherie de finition (200 porcs), halle d’engraissement de volaille (12 000 poulets; fig. 2, tab. 1).

Tab. 1: Dimension des étables étudiées. Surface

Longueur

Paroi Toit m2

m2

Fenêtres/ Périmètre Portes m2

m

Porcherie de mise bas PMB

134

188

17

61

Porcherie de sevrage PS

155

293

27

76

Porcherie pré-engraissement PP

157

232

29

73

Porcherie de finition PF

199

313

29

79

Halle d’engraissement de volaille

623

979

89

159


Rapport ART 735 n I 2

0,56 W/m K 4 cm PUR

II

III

Sans utilisation de la géothermie

Sans récupération de chaleur Avec récupération de chaleur

Porcherie de mise bas

Abferkelstall

Porcherie de sevrage

Avec récupération de chaleur

Sans récupération de chaleur

Sans utilisation de la géothermie

Sans récupération de chaleur

Ferkelaufzuchtstall

Porcherie pré-engraissement Vormaststall

0,30 W/m2 K 8 cm PUR

Avec récupération de chaleur

Porcherie de finition Endmaststall Halle d’engraissement Geflügelmaststall de volaille

0,20 W/m2 K 12 cm PUR

Avec récupération de chaleur

Sans récupération de chaleur

Sans utilisation de la géothermie

Sans récupération de chaleur Avec récupération de chaleur

Sans récupération de chaleur

Avec récupération de chaleur

Pour l’isolation thermique des parois et du toit, trois valeurs ont été étudiées: 0,56 W/m2 K, 0,30 W/m2 K et 0,20 W/m2 K. Les coefficients de transmission thermique (U) correspondent à 4, 8 et 12 cm de polyuréthane (PUR) et sont disponibles sous forme de panneaux sandwich dans le commerce. Pour les fenêtres et les portes, on est parti d’un coefficient de transmission thermique de 2,5 W/m2 K pour toutes les variantes. Pour le périmètre, la valeur U linéaire est de 0,8 W/m K [4]. Les calculs de l’utilisation de la géothermie reposent sur les températures d’arrivée d’air, qui ont été enregistrées lors d’essais antérieurs avec un échangeur thermique à tuyaux ondulés d’un rendement thermique de 70 % en hiver et de 50 % en été [5]. La résistance supplémentaire de l’air dans l’échangeur thermique a été fixée à 30 Pa pour un débit de ventilation maximum. Dans la porcherie de mise bas où la densité des animaux est relativement faible, il est possible d’obtenir le même réchauffement de l’air d’amenée en hiver lorsque l’air provient d’une cavité située sous la porcherie [6]. Dans les autres types de porcherie, la surface d’échange avec la chaleur souterraine

Fig. 2: Simulations réalisées pour différents types de porcheries/halles et différentes mesures d’économie d’énergie.

sous le bâtiment est trop réduite par rapport à la masse des animaux. Pour la récupération de chaleur, un échangeur thermique à contre-courant refroidit l’air sortant de l’étable et réchauffe l’air venant de l’extérieur. Si la température de l’air sortant descend en dessous du point de condensation, de l’eau est évacuée. Grâce à la chaleur de condensation ainsi libérée, le rendement thermique de l’échangeur de chaleur peut théoriquement atteindre plus de 70 %. Cette valeur est loin d’être atteinte dans la pratique, à cause de l’encrassement, du manque d’étanchéité des canaux et de la commande imprécise des clapets. Les simulations se sont basées sur un rendement thermique de 50 %. On a admis que la résistance d’air causée par l’échangeur thermique s’élevait à 100 Pa pour un débit d’air maximum de 40 %. Lorsque le débit d’air est plus élevé, l’échangeur thermique est court-circuité côté entrée et sortie d’air. L’air frais vient directement de l’extérieur tandis que l’air sortant est évacué par une cheminée séparée. Lorsque l’échangeur thermique est hors circuit, la résistance totale de l’air tombe à 90 Pa pour un débit d’air de 100 % comme dans la variante sans échangeur thermique.

Bilan énergétique

Production de chaleur par les animaux

Paramètres:

Energie de chauffage

Pertes de chaleur Enveloppe du bâtiment

Pertes de chaleur Ventilation

Paramètres:

Paramètres:

Température de l’étable Effectif animal

Température de l’étable Température extérieure

Température de l’étable Température d’arrivée d’air

Performance des animaux

Isolation thermique Masse du bâtiment

Débit de ventilation

Effectif animal Teneur en eau de l’air extérieur Teneur en eau de l’air de l’étable Concentration en CO2 de l’air de l’étable Température de l’étable

Fig. 3: Paramètres déterminants pour le calcul du bilan énergétique. mars 2011 Technique Agricole

33


n Rapport ART 735 Tab. 2: Valeurs limites de la température de l’étable, humidité relative, concentration en CO2 et débits de ventilation pour les simulations des types de porcheries/halle étudiés. Porcherie de mise bas (16)

Porcherie de sevrage (480)

Porcherie pré-engraissement (200)

Porcherie de finition (200)

Halle d’engraissement de volaille (12 000)

Porcherie: 18 nids de porcelets 34 > 26

26 > 20 décroissant avec l’âge

18

16

34 > 20 décroissant avec l’âge

Température maximale autorisée 22 dans le bâtiment (°C)

26

22

22

Humidité relative maximale autorisée (%)

90 – température de l’étable

90 – température de l’étable

90 – température de l’étable

90 – température de l’étable

90 – température de l’étable

Concentration en CO2 maximale autorisée (ppm)

2000

2000

2000

2000

2000

Poids des animaux (moyenne) (kg)

Truie: 250 Porcelet: 1.5 > 8

8 > 25

40

80

0.04 > 2.2

Débit de ventilation maximal (m3/animal et h)

375

40

50

90

8.33

Température minimale de la porcherie/halle (°C)

* A partir de cette température, le débit de ventilation est maximal.

Calcul du bilan énergétique La consommation d’énergie du chauffage se calcule à partir du bilan énergétique. Le bilan énergétique compare la production de chaleur des animaux et l’énergie nécessaire au chauffage avec les pertes de chaleur dues à l’enveloppe du bâtiment et au renouvellement de l’air (fig. 3). Le débit de ventilation doit remplir trois conditions: la concentration en CO2 ne doit pas dépasser 2000 ppm (0,2 vol.-%), l’humidité relative doit être inférieure à «90 % moins la température de la porcherie» et la température de la porcherie ne doit pas dépasser la valeur maximale autorisée selon le tableau 2. Si la température maximale autorisée est dépassée, la ventilation passe à 100 % de la capacité maximale disponible. Pour la température et l’humidité relative de l’air extérieur, on a utilisé des séries temporelles avec des intervalles de demi-heures, séries qui ont été

Tab. 3: Consommation annuelle d’énergie pour le chauffage avec trois isolations thermiques différentes (PUR=polyuréthane).

Porcherie de mise bas (PMB) Porcherie de sevrage (PS) Porcherie préengraissement (PP) Porcherie de finition (PF) Halle d’engraissement de volaille (HEV)

34

Consommation d’énergie pour le chauffage [kWh] par an avec différentes isolations thermiques 4 cm 8 cm 12 cm % % PUR PUR PUR [8/4 cm] [12/4 cm] 19372 14100 11350 73 59 51114

42136

39031

82

76

26934

21048

19016

78

71

22684

16839

14702

74

65

193850 151814 137064

78

71

mars 2011 Technique Agricole

enregistrées lors d’un essai antérieur à Buckten (2005– 2006). La consommation d’énergie du chauffage et de la ventilation a été calculée pour chaque demi-heure. La somme de ces calculs donne la consommation énergétique annuelle pour chaque type de porcherie/halle et chaque variante de construction.

Résultats de calcul Isolation thermique Le fait de doubler l’isolation thermique (8 cm au lieu de 4 cm PUR) permet de réduire la consommation d’énergie pour le chauffage de 18 à 27 % selon le type d’étable (tab. 3). Une augmentation de l’isolation thermique de 4 cm supplémentaires réduit encore les besoins de chauffage de 7 à 20 %. Comme on pouvait s’y attendre, l’utilité marginale diminue autant en valeur relative qu’en valeur absolue lorsque l’isolation thermique augmente. Une isolation thermique encore plus épaisse de 16 cm PUR (U = 0,15 W/m2 K) ne réduirait le chauffage annuel de la porcherie de mise bas que de 970 kWh par rapport à une isolation de 12 cm PUR. La consommation électrique des ventilateurs augmente légèrement avec l’isolation thermique. Cela vient du fait qu’une plus grande quantité de la chaleur animale est évacuée par la ventilation du fait qu’il y a moins de pertes de transmission, ce qui implique un débit de ventilation plus important. Cette augmentation reste néanmoins négligeable par rapport à l’énergie économisée sur le chauffage. Utilisation de la géothermie L’utilisation de géothermie permet d’économiser entre 94 et 35 % de l’énergie de chauffage (tab. 4). La baisse relative du chauffage s’améliore plus l’isolation thermique est


Rapport ART 735 n Tab. 4: Consommation annuelle d’énergie pour le chauffage avec différentes isolations thermiques, avec ou sans échangeur de chaleur souterrain (ECS) ou récupération de chaleur (RC).

Tab. 5: Consommation annuelle d’énergie des ventilateurs avec différentes isolations thermiques, avec ou sans échangeur de chaleur souterrain (ECS) ou récupération de chaleur (RC).

Chauffage nécessaire [kWh] par an

Consommation d’énergie des ventilateurs [kWh] par an

Sans ECS Avec ECS Avec RC

Avec ECS Avec RC

Porcherie de mise bas 4 cm PUR

19372

11618

4748

Porcherie de mise bas 4 cm PUR

1312

1308

1565

Porcherie de mise bas 8 cm PUR

14100

6662

1572

Porcherie de mise bas 8 cm PUR

1351

1347

1598

Porcherie de mise bas 12 cm PUR

11350

5034

898

Porcherie de mise bas 12 cm PUR

1372

1374

1597

Porcherie de sevrage 4 cm PUR

51114

33392

8368

Porcherie de sevrage 4 cm PUR

2233

1932

3024

Porcherie de sevrage 8 cm PUR

42136

24969

3863

Porcherie de sevrage 8 cm PUR

2306

2002

3121

Porcherie de sevrage 12 cm PUR

39031

22110

2618

Porcherie de sevrage 12 cm PUR

2334

2022

3118

Porcherie pré-engraissement 4 cm PUR

26934

11256

2149

Porcherie pré-engraissement 4 cm PUR

2705

2973

3661

Porcherie pré-engraissement 8 cm PUR

21048

6282

653

Porcherie pré-engraissement 8 cm PUR

2781

3075

3747

Porcherie pré-engraissement 12 cm PUR

19016

4795

333

Porcherie pré-engraissement 12 cm PUR

2794

3120

3751

Porcherie de finition 4 cm PUR

22684

4181

581

Porcherie de finition 4 cm PUR

4150

4362

4816

Porcherie de finition 8 cm PUR

16839

1514

67

Porcherie de finition 8 cm PUR

4217

4520

4850

14702

954

16

Porcherie de finition 12 cm PUR

Porcherie de finition 12 cm PUR

4239

4567

4878

Halle d’engraissement de volaille 4 cm PUR

193850

85719

Halle d’engraissement de volaille 4 cm PUR

8630

12565

Halle d’engraissement de volaille 8 cm PUR

151814

54426

Halle d’engraissement de volaille 8 cm PUR

8783

12945

Halle d’engraissement de volaille 12 cm PUR

137064

48849

Halle d’engraissement de volaille 12 cm PUR

8863

13017

importante. Dans la porcherie de finition, il est possible de supprimer totalement le chauffage, sauf lors de l’installation des porcs dans la porcherie en hiver, lorsque l’enveloppe du bâtiment présente une isolation thermique de 8 cm PUR (0,3 W/m2 K). L’échangeur de chaleur souterrain augmente la résistance de l’air d’environ 30 Pa lorsque les ventilateurs fonctionnent à plein régime. D’un autre côté, lorsque les températures extérieures sont élevées, les débits de ventilation peuvent diminuer grâce au refroidissement. Ceci ne fait augmenter la consommation d’énergie annuelle des ventilateurs que de manière insignifiante (tab. 5).

0.2 W/m2 K

0.2 W/m   K ECS  

0.2 W/m2 K RC  

2

Consommation d’énergie pour le  chauffage

Récupération de chaleur Selon les simulations, le potentiel d’économie d’énergie de la récupération de chaleur est très élevé (tab. 4). Il n’est pratiquement pas nécessaire de chauffer les porcheries d’engraissement, lorsque le bâtiment est totalement occupé et que l’isolation ne dépasse pas un coefficient de transmission thermique de 0,56 W/m2 K (4 cm PUR). Il suffit de chauffer en hiver avant l’installation des porcs dans la porcherie. La chaleur qui se dégage des nids à porcelets suffit à compenser le déficit énergétique dans les porcheries de mise bas. Il devrait suffire de prévoir un petit chauffage pour l’élevage des porcelets. Ces affirmations ne sont toutefois valables que si l’échangeur thermique a un rendement d’au moins 50 %. Cette condition devrait être difficile à remplir dans les halles d’engraissement de volaille à cause du fort pourcentage de poussière dans l’air évacué et de la plage élevée de fluctuation des débits de ventilation.

0.56 W/m   2K

     

100% 80% 60% 40% 20% 0% PMB

PS

PP

PF

HEV

PMB = Porcherie de mise bas, PS = Porcherie de sevrage PP = Porcherie de pré-engraissement, PF = Porcherie de finition HEV = Halle d’engraissement de volaille

Fig. 4: Suivant le type d’étable, les différentes mesures d’économie d’énergie ont permis une baisse variable de la consommation d’énergie. mars 2011 Technique Agricole

35


n Rapport ART 735 lateur à hachage de phase (Ø 40 cm) ont consommé 1075 kWh, les deux ventilateurs ETAvent à contrôleur EC intégré (Ø 40 cm) seulement 366 kWh dans des conditions similaires.

Emissions de CO2 par les animaux (22.03–23.03.2010) 2

3

CO2 [Normm /h]

1.8 1.6 1.4 1.2 1 0.8 0.6 0.4

Ventilation commandée par la concentration en CO2

0.2 0 0

4

8

12

16

20

24

4

8

12

16

20

Heure du jour [h]

Fig. 5: Le CO2 émis par les animaux et par conséquent leur besoin en air frais fluctuent énormément tout au long de la journée.

Intervalle de mesure de la concentration en CO2: 16 min. (02.02–03.02.2010) 2200 2000

CO2 [ppm]

1800 1600 1400 1200 1000 0

4

8

12

16

20

24

4

8

12

16

20

Heure du jour [h]

Fig. 6: Si le débit de ventilation n’est régulé que toutes les 16 minutes, la concentration en CO2 dans l’étable varie considérablement (valeur de consigne 1600 ppm).

Intervalle de mesure de la concentration en CO2: 45 sec. (22.03–23.03.2010) 2200 2000

CO2 [ppm]

1800 1600 1400 1200 1000 0

4

8

12

16

20

24

4

8

12

16

20

Heure du jour [h]

Fig. 7: Une adaptation plus fréquente du débit de ventilation (intervalle de 45 secondes) permet un meilleur réajustement de la concentration en CO2 à la valeur de consigne (1600 ppm). Lors du dimensionnement de l’échangeur thermique, il faut non seulement veiller au rendement thermique mais aussi à la résistance de l’air. Cette dernière doit être la plus basse possible, pour que la consommation d’énergie des ventilateurs ne soit pas trop élevée (tab. 5). La combinaison d’une très bonne isolation thermique et de l’utilisation de la géothermie ou de la récupération de chaleur permet de diviser les besoins de chauffage par deux voire plus dans toutes les variantes (fig. 4). Comme dans ces installations, la résistance augmente pour les ventilateurs, il est important de n’utiliser que des appareils économes en énergie. Pendant l’essai (du 15.09.2009 au 31.05.2010), les deux ventilateurs commandés par un régu36

mars 2011 Technique Agricole

Dans les systèmes conventionnels, le débit de ventilation est commandé par la température de la porcherie. Le régime minimal des ventilateurs n’est pas variable, mais a une valeur fixe. Par conséquent, tant que la température définie n’est pas dépassée, le débit d’air reste constant, indépendamment du besoin réel d’air frais qu’ont les animaux. Or, celui-ci ne dépend pas uniquement de la densité d’occupation, mais aussi de l’activité des animaux. Pendant les phases de repos, (notamment la nuit), le débit de ventilation est trop élevé tandis qu’il est trop bas lorsque les animaux sont actifs. En hiver, cette situation se traduit par d’importantes fluctuations de la qualité de l’air et par une augmentation de la consommation d’énergie pour le chauffage, sachant que pendant la nuit, la température extérieure est généralement la plus basse, et les déperditions de chaleur sensible des animaux les plus faibles. Installation expérimentale Dans la porcherie expérimentale de la station de recherche ART, dans une des deux aires de mise bas, on a étudié l’influence d’un système de ventilation commandé par le CO2 sur la courbe quotidienne de concentration en CO2 et sur la consommation d’énergie pour le chauffage. L’aire de mise bas comprend huit boxes (type FAT2) avec des nids à porcelets isolés et commandés par la température. Elle est ventilée à pression équilibrée (2 ventilateurs ETAvent FC040-4IQ.4C.3). La commande de ventilation est basée sur la température et sur la concentration en CO2 (système Veng, fig. 1). Outre la température de la porcherie et la concentration en CO2, l’essai a également permis d’enregistrer les températures de l’air extérieur et de l’air entrant, la vitesse de l’air dans le canal d’arrivée, l’humidité relative de l’air entrant et de l’air à l’intérieur de la porcherie, la concentration en NH3 dans la porcherie et enfin la consommation d’énergie des ventilateurs, du chauffage des nids à porcelets et du chauffage de la porcherie. La concentration en CO2 et en ammoniac a été mesurée à l’aide d’un multicapteur avec préchauffage (VE 18). Les prélèvements d’air ont été obtenus par aspiration à travers un filtre, alternativement en provenance des deux aires et de l’extérieur. Le rinçage à l’air extérieur après chaque analyse de l’air de la porcherie permettait d’éviter que le capteur NH3 ne soit saturé. La précision des mesures de CO2 et de NH3 a été contrôlée à intervalles réguliers à l’aide de tubes Draeger. Le débit de ventilation est déduit à partir de la vitesse de l’air dans le canal d’arrivée. Tous les éléments sont reliés à l’ordinateur de gestion du climat (VE 108) et au PC via un système BUS. Résultats de mesure Avec une ventilation commandée par la concentration en CO2, le débit de ventilation est continuellement adapté


Rapport ART 735 n aux besoins momentanés des animaux. La concentration en CO2 mesurée en temps réel sert en effet à réguler le régime des ventilateurs. Si les émissions de CO2 par les animaux diminuent pendant les phases de repos, le débit de ventilation est automatiquement réduit, car la valeur limite définie pour la concentration de CO2 n’est pas atteinte. Selon la norme suisse sur le climat d’étable, la valeur limite est de 3000 ppm (0,3 vol.-%). Les expériences montrent toutefois que dans la plupart des cas, pour une concentration en CO2 de 3000 ppm, la concentration d’ammoniac dépasse la valeur limite (20 ppm). Il est donc recommandé de choisir une valeur limite plus basse (2000 ppm). Plus la commande de ventilation est efficace, plus les fluctuations de la concentration de CO2 sont réduites par rapport à la valeur de consigne. Dans la pratique, il est difficile d’éviter totalement les fluctuations de la concentration de CO2, car les animaux peuvent changer considérablement leur production de CO2 (fig. 5) en très peu de temps. Or, la correction du régime des ventilateurs est toujours décalée dans le temps, car elle se base sur la concentration en CO2 de la période antérieure. D’autre part, une augmentation des émissions de CO2 par les animaux ne se répercute que lentement sur l’augmentation de la concentration de CO2 dans la porcherie à cause de l’effet tampon du volume du bâtiment [7]. Pour toutes ces raisons, il arrive souvent que le débit de ventilation ne change qu’au moment où les émissions de CO2 commencent déjà à diminuer ou inversement. Par conséquent, il n’est possible de lutter efficacement contre les fluctuations de la concentration en CO2, que lorsque les mesures de CO2 et l’adaptation du régime des ventilateurs se font à très courts intervalles. Le réajustement à la valeur de consigne est nettement meilleur avec une fréquence de mesure de 45 secondes (fig. 7) qu’avec une fréquence de 16 minutes (fig. 6). Pour que les fluctuations de CO2 restent très basses, il ne suffit pas toutefois d’un court intervalle de mesure. Il faut aussi que le régime des ventilateurs et par conséquent, le débit de ventilation puissent être adaptés rapidement en fonction des écarts enregistrés dans la concentration de CO2. La valeur de réglage idéale doit être déterminée individuellement sur la base d’essais dans chaque porcherie. La question de savoir combien d’énergie la conversion à un système de ventilation commandé par la concentration en CO2 permet d’économiser dépend avant tout du système de ventilation utilisé jusque-là. Plus les exigences en matière de qualité de l’air étaient élevées et par conséquent,

plus les débits de ventilation minimaux étaient élevés et moins le régime minimal des ventilateurs devait être corrigé manuellement par l’éleveur, plus les économies d’énergie sont importantes après l’installation du système commandé par CO2. Pour exploiter totalement le potentiel d’économie d’énergie, la plage de régulation du ventilateur doit également être suffisamment grande. Dans les porcheries où l’effectif animal varie beaucoup, une plage de régulation de 1:5 ne suffit pas. Dans la porcherie de mise bas, le 24 mars, on a relevé une production maximale de CO2 de 1,62 Normm3/h pour un effectif de 8 truies et 78 porcelets allaités d’un poids moyen de 8,3 kg pendant la phase d’activité. Avant la mise bas, le 13 février, la production minimale de CO2 s’élevait à 0,12 Normm3/h pendant la phase de repos. La commande de ventilation par la concentration en CO2 a pour conséquence de réduire considérablement le débit de ventilation pendant les phases de repos des animaux. La crainte que cela puisse faire augmenter la concentration en ammoniac dans l’air de la porcherie, s’est avérée sans fondement pendant les essais. Dans la porcherie d’essai d’ART, dans la période comprise entre le 15.09.2009 et le 31.05.2010, l’économie d’énergie réalisée grâce au système de ventilation commandé par la concentration en CO2 représentait environ 35 % par rapport au système conventionnel.

Rentabilité La combinaison de différentes mesures permet de réduire considérablement la consommation d’énergie (tab. 6). Dans les bâtiments neufs, toutes les mesures sont possibles. Dans les bâtiments existants, l’isolation thermique ne peut souvent être améliorée qu’au prix de lourds investissements. En cas d’installation a posteriori d’un système de récupération de chaleur, il faut en général changer tout le concept de ventilation du fait de la nécessité de centraliser l’arrivée et la sortie de l’air. En revanche, le passage à un système de ventilation commandé par la concentration en CO2 est relativement simple à réaliser. Pour que les mesures d’économie d’énergie soient rentables, elles doivent pouvoir être amorties pendant la durée d’exploitation. Les coûts supplémentaires des panneaux sandwich sont d’environ Fr. 11.– par m2 pour une isolation thermique de 8 cm de PUR par rapport à 4 cm. Pour 12 cm, les coûts supplémentaires sont de Fr. 20.– par m2 par rapport à 4 cm. Avec un prix du kilowatt heure de Fr. 0.10, il

Tab. 6: Consommation d’énergie calculée dans les porcheries après amélioration de l’isolation thermique (U = 0,2 W/m2 K), après passage de la ventilation conventionnelle (Aconventionel) à la ventilation commandée par la concentration en CO2 (ACO2), avec utilisation de la géothermie (ECS) ou avec récupération de chaleur (RC). Type d’étable

U=0,6 W/m2 K Aconventionnel

U=0,2 W/m2 K Aconventionnel

U=0,2 W/m2 K ACO2

U=0,2 W/m2 K Aconventionnel ECS

U=0,2 W/m2 K Aconventionnel RC

U=0,2 W/m2 K ACO2 ECS

U=0,2 W/m2 K ACO2 RC

Porcherie de mise bas

100%

64%

45%

26%

5%

18%

3%

Porcherie de sevrage

100%

76%

53%

43%

5%

30%

4%

Porcherie de pré-engraissement

100%

71%

49%

18%

1%

12%

1%

Porcherie de finition

100%

65%

45%

4%

0%

3%

0%

mars 2011 Technique Agricole

37


n Rapport ART 735 Tab. 7: Période d’amortissement pour une isolation thermique supplémentaire avec panneaux sandwich dans différents types d’étable (prix de l’énergie: Fr. 0.10 par kWh, correspond à un prix du mazout de Fr. 1.00 par litre). Parois + plafond 8 cm au lieu de 4 cm PUR Investissements Economies supplémentaires d’énergie Fr.

Fr./an

Années

Fr.

Période d’amortissement

Fr./an

Années

Porcherie de mise bas

3542

527

6.7

6440

802

8.0

Porcherie de sevrage

4928

898

5.5

8960

1208

7.4

Porcherie de pré-engraissement

4279

589

7.3

7780

792

9.8

5621

584

9.6

10220

798

12.8

17622

4204

4.2

32040

5679

5.6

Porcherie de finition Halle d’engraissement de volaille

est possible d’amortir le doublage de l’isolation thermique (8 cm au lieu de 4 cm PUR) en l’espace de 4,2 à 9,6 ans en fonction du type d’étable (tab. 7). Une isolation thermique de 12 cm au lieu de 4 cm nécessite une période d’amortissement de 5,6 à 12,8 ans. C’est dans les halles d’engraissement de volaille et dans les porcheries de se vrage que l’amélioration de l’isolation thermique est la plus rentable, car les températures doivent être élevées dans ces bâtiments, ainsi que dans la porcherie de mise bas où, du fait d’une faible densité d’occupation, les déperditions de chaleur par l’enveloppe du bâtiment sont relativement élevées. Comme les investissements nécessaires pour les systèmes de ventilation commandés par la concentration en CO2, l’utilisation de la chaleur souterraine et la récupération de chaleur dépendent des fabricants et des porcheries/halles, il est difficile d’estimer la durée d’amortissement de ces mesures. C’est pourquoi on a calculé les investissements maximaux (limite d’investissement), économiquement raisonnables sur la base des économies d’énergie de chauffage attendues (tab. 4) et dans des conditions définies (taux d’intérêt et tarif des réparations, durée d’amortissement et prix de l’énergie) (tab. 8). La rentabilité de la commande par concentration en CO2 dépend avant tout du nombre de capteurs, nécessaires par étable. En vue d’obtenir un intervalle de mesure court, le même capteur ne doit mesurer que quelques secteurs. L’intervalle compris entre deux mesures ne devrait pas dépasser cinq minutes. Dans une halle d’engraissement de volaille, il n’est pas possible actuellement de calculer la limite d’investissement, car il règne encore une grande incertitude quant aux possibles économies d’énergie dans la pratique. De nombreux éleveurs de volaille luttent contre des problèmes d’humidité dans la litière et sont donc contraints de ventiler davantage que ce que la concentration en CO2 dans la halle nécessiterait. Comme le débit de ventilation total des 12 000 animaux peut être réglé avec un seul capteur et que les besoins de chauffage sont très importants, il suffit que l’économie d’énergie atteigne quelques pourcents pour amortir le système de ventilation commandé par la concentration en CO2. On constate que mise à part la porcherie de sevrage, la limite d’investissement de l’échangeur de chaleur souterrain (ECS) est supérieure à 38

Parois + plafond 12 cm au lieu de 4 cm PUR

Période Investissements Economies d’amortissement supplémentaires d’énergie

mars 2011 Technique Agricole

Tab. 8: Limite d’investissement par unité pour un système de ventilation commandé par la concentration en CO2, pour l’échangeur de chaleur souterrain (ECS) et la récupération de chaleur (RC, rendement 50 %) avec une isolation thermique de 0,2 W/m2 K et des économies d’énergie selon le tab. 4. Ventilation commandée par le CO2 Taux d’intérêt

Prix de l’énergie

RC

3%

Réparations Amortissement

ECS

3%

3%

3%

1%

3%

10 ans

25 ans

15 ans

0.1 Fr./kWh

0.1 Fr./kWh

0.1 Fr./kWh

Limite d’investissement Fr. Unité Box de mise bas

Fr./unité

Fr./unité 249

Fr./unité 582

490

Place de sevrage

22

52

57

Place de pré-engraissement

28

105

70

Place de finition

23

101

Place d’engraissement de volaille

?

55 5.5

celle de la récupération de chaleur. Les investissements économiquement rentables les plus élevés ne suffisent pas, et de loin, à financer un échangeur de chaleur souterrain à tuyaux ondulés. Une installation de ce type ne peut donc être rentable que si, outre les économies de chauffage, elle permet également d’obtenir de meilleurs rendements avec les animaux en été grâce à la climatisation. Les données calculées pour la récupération de chaleur doivent être consultées avec prudence. On dispose encore de peu d’expériences avec les nouveaux types d’échangeur de chaleur, qui disposent à la fois d’un nettoyage automatique, mais aussi d’un réglage Bypass. C’est pourquoi leur rendement pratique dans les conditions pratiques est encore incertain.


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