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Technique Agricole

septembre 2010

DĂŠlicate pomme de terre


n Editorial

n Sommaire TA spécial Des tubercules irréprochables ! ................................... 4

Confirmation

Technique des champs Utiliser le mulching à bon escient ................................ 9

Sur leur parcours d’adulte en devenir, la confirmation est un signe de confiance accordé aux jeunes qui nous sont confiés. Devenus majeurs, ils sont forts d’un vécu riche en expériences accumulées pendant leur enfance et leur adolescence (pour le meilleur et pour le pire !) avec le soutien de leurs parents, professeurs et autres personnes de référence. Ils ont appris à exister avec chacun d’eux et à prendre leur propre responsabilité. C’est justement entre 14 et 16 ans que « nous » transmettons aux jeunes des sections les éléments de base pour circuler dans le trafic routier par le biais des examens de conduite de catégorie F/G. Et c’est aussi grâce aux cours de conduite G40 organisés par l’ASETA qu’ils acquièrent suffisamment de maîtrise pour piloter des tracteurs agricoles roulant à 40 km/h. En cela, nous leur accordons notre confiance en sachant qu’ils ne transgresseront pas l’autorisation octroyée en suivant le G40, mais qu’ils circuleront au volant de leur véhicule, conformément aux prescriptions routières. Les cours de conduite G40 s’en portent garants comme aussi le détenteur du véhicule et le maître d’apprentissage qui évaluent l’aptitude de leurs jeunes conductrices et conducteurs (voir p. 27). De plus, comme on peut le lire dans le Rapport d’acrivités, p. 29 à 31, les cours de conduite G40 sont devenus un secteur important de la formation dispensée par l’ASETA.

Test de films extensibles .............................................14 Les paillettes, de nombreuses qualités redécouvertes .19 Ensilage de fourrage grossier : qualité et quantité ..... 36 Marché des machines Claas, Joskin, Althaus .................................................13 Nouveau porte-drapeau Claas....................................16 Viticulture Une spécialité : l’innovation ! .................................... 22 Portrait de section Entre lac, vallées et montagnes ..................................24 ASETA G40 .......................................................................... 26 Tout sur les véhicules spéciaux ...................................27 Rapport d’activités : bien équipés pour l’avenir .......... 29

Le Touring Club Suisse organise des cours juniors pour initier les jeunes à l’art de la conduite et en faire des futurs automobilistes compétents et responsables. Etant donné l’intensité de la préparation nécessaire pour atteindre ce but, le TCS plaide en faveur d’un abaissement du permis de conduite à 16 ans : ceci n’est qu’une question de temps. Une mesure assez logique en regard de la majorité qui, elle aussi, a été abaissée il y a quelques années. Confirmation sur le plan politique, le canton de Glaris accorde le droit de vote à ses jeunes de 16 ans lors de la Landsgemeinde.

AgroSpot Affourragement automatisé sous la loupe ................. 28

Ueli Zweifel

Forum énergie Photovoltaïque en agriculture ................................... 32

ART 722 Comparaison entre production intégrée et production biologique – essai de Burgrain .................................. 39 Page de couverture: Des tubercules traités avec soin contribuent grandement au succès de la récolte de pommes de terre. Photographie prise par Gaël Monnerat chez Schwab, agro-entreprise à Gals/BE

Impressum .............................................................. 38

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n TA spécial

La qualité des tubercules est directement influencée par la technique de récolte, mais un mauvais défanage ou un transport inadapté peuvent engendrer des baisses de qualité de la récolte (Photos de l’entreprise agricole Schwab GmbH à Gals, par Gaël Monnerat).

Des tubercules irréprochables! La culture des pommes de terre est exigeante, notamment en raison des demandes élevées des consommateurs et des transformateurs quant à la qualité des tubercules. Les efforts consentis pendant la période de végétation peuvent être réduits à néant si la récolte n’est pas faite soigneusement. Gaël Monnerat

Celui qui pense que la récolte des pommes de terre se limite à l’arrachage commet une erreur grave. Un arrachage optimal sera rapide et sans chocs pour les tubercules ; un défanage de qualité est nécessaire. Ce dernier stoppe le dé­ veloppement des plantes lorsque le rendement et la qualité recherchés sont atteints. L’accélération de la maturation ainsi provoquée améliore la résistance aux chocs et influence la capacité de conservation des tubercules. Un défa­ nage précoce des pommes de terre de consommation limite la teneur en ami­ don ainsi que la durée de conservation. Quatre méthodes de défanage sont couramment utilisées dans notre pays : le défanage chimique, mécanique, ther­ mique et les défanages combinés.

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Défanage chimique A la base, trois paramètres sont décisifs pour réussir un défanage chimique, soit le stade physiologique de la culture, la technique d’intervention et le type de défanant. Des variétés à faible vigueur, à feuillage peu abondant ou en fin de vé­ gétation facilitent le défanage, à l’inverse des variétés à forte vigueur, à feuillage abondant, en plein végétation, sous stress hydrique ou dont les fanes ont été écrasées par le tracteur qui sont plus difficiles à défaner. De manière générale, on préconise un déchiquetage préalable des fanes lors de situations difficiles. Il faut traiter de préférence le matin, avec de grande quantité d’eau (min. 300 l/ ha). En effet, des feuilles turgescentes et une forte humidité relative de l’air amé­ liorent l’absorption du produit. La répar­ tition du traitement sur deux passages

Arracheuse automotrice Contrairement à ce qui se passe dans les récoltes de betteraves, les arracheuses automotrices (de 2 à 4 rangs) peinent à s’imposer sur le marché européen. Ces machines très performantes sont également très exigeantes envers les conditions de récolte. Leur efficacité dépend de sols exempts de pierres et de mottes ; en plus, le triage de la ré­ colte par la suite peut être plus im­ portant qu’avec une récolteuse to­ tale traînée. Des études françaises et allemandes fixent des taux d’utilisation annuels à 200 ou 300 hectares pour être économiquement avantageux. De plus, les parcelles d’environ 3 hec­ tares avec des chaintres d’une quinzaine de mètres pour faciliter les manœuvres constitueraient un minimum. La logistique est elle aussi, un défi pour la mise en place d’un tel chan­ tier. En raison de leurs coûts, ces machines ne doivent pas perdre de temps. Si le chantier est mal orga­ nisé, l’évacuation des 100 à 120 tonnes de tubercules récoltés par heure limite la performance de l’arracheuse.


TA spécial n en sens inverse, espacés de 10 à 24 heures, améliore la répartition du pro­ duit. L’application d’un défanant sur des plantes souffrant de la sécheresse et subissant une pluie peu après le traite­ ment peut entraîner des altérations physiologiques des tubercules, telles la nécrose de l’ombilic ou la coloration des vaisseaux vasculaires. Tous les produits de défanage agissent par contact : ils ont une action soit partiellement systémique, soit dessiccative. Leur effet est générale­ ment accéléré par une forte exposition à la lumière, il est donc préférable de trai­ ter le matin, par temps ensoleillé.

Déchiquetage La destruction des fanes par broyage a l’avantage de faciliter la récolte en évi­ tant de recourir à la chimie. Toutefois, cette méthode est plus sensible envers à la météo, et le broyage nécessite des machines spéciales, capables de broyer entre les buttes ; cela exige alors des réglages précis pour épargner les tuber­ cules. Les limites de cette technique ap­ paraissent sur les parcelles en pente en raison du risque de glissement du trac­ teur. Le broyage des fanes demande une puissance accrue à la prise de force, gé­ nère d’importantes quantités de pous­ sière et risque de découvrir, voire de blesser les tubercules. Un réglage fin du broyeur et une conduite précise peuvent parer à tous ces inconvénients. En dépit des risques, cette solution reste intér­ essante au point de vue du coût et de la rapidité d’intervention.

Défanage thermique Le défanage thermique consiste à chauf­ fer les plantes à une température d’envi­ ron 70° au moyen de brûleurs au propane. Il présente l’avantage de ne pas générer de résidus, de limiter l’envahis­ sement par les adventices et le dévelop­ pement des spores de champignons. Ces qualités sont à mettre en balance avec le coût élevé de la méthode. Le débit du chantier est pénalisé par la faible vitesse d’avancement (env. 2,5 km/h) et les quelque 110 kg de propane nécessaires par hectare représentent aussi un coût relativement important. Il est clair que cette méthode, en plus du risque d’in­ cendie qu’elle représente, provoque des dégâts considérables à la faune du sol.

Combinaison broyage-traitement localisé Le broyeur, réglé pour laisser des fanes d’une longueur de 25 à 30 cm, est complété par deux buses de pulvérisa­ tion. L’association des deux méthodes permet de limiter la dose nécessaire de produit à environ 40 % de la dose usuelle. La combinaison broyeur-brûleur, contribue à restreindre les besoins en propane à moins de 70 kg/ha, mais exige deux passages, ce qui augmente la consommation de carburant et le temps nécessaire pour cette opération. Le fanage est suivi de la période de ma­ turation des pommes de terre. Cette période d’une vingtaine de jours est nécessaire au tubercule pour durcir son épiderme et améliorer sa résistance aux chocs. La maturation confère également aux tubercules une meilleure aptitude à la conservation. Il ne faudrait pas rac­ courcir le délai de vingt jours sur les parcelles atteintes de mildiou, ni le ral­ longer sur les parcelles présentant un risque d’attaque de limaces, de vers fil de fer ou de drycore.

Éviter les chocs

Détail d’une parcelle défanée en combinaison mécanique-thermique.

Les tubercules sont particulièrement sensibles aux chocs. Une chute de plus de 30 cm sur des surfaces dures fait ap­ paraître des taches plombées (ou taches bleues). Ces blessures accélèrent la respi­ ration, provoquent un réchauffement des tubercules et augmentent, en plus, le risque de pourriture. La hauteur de chute tolérée par les tubercules dépend de leur température. Les essais ont dé­ montré que pour des températures infé­

rieures à 15° C, le taux de tubercules endommagé augmente de 10 % par degré en moins, jusqu’à une tempéra­ ture de 5° C. Dans tous les cas, la tempé­ rature lors de la récolte et des manipula­ tions des tubercules devrait être supérieure à 12° C. En dessous de 8° C, aucune hauteur de chute n’est tolérable. Une fumure azotée importante et une teneur élevée en amidon leur confèrent aussi une moins grande tolérance aux chocs. Cette sensibilité a conduit les fabricants à développer des systèmes de nettoyage, de triage et de transfert particulièrement respectueux des tubercules. Pour être efficaces, ces systèmes seront continuel­ lement réglés en fonction des conditions de récolte. Les réglages sont optimaux lorsqu’une fine couche de terre parvient encore sur les derniers éléments du crible. Le soc d’arrachage devra donc travailler assez profondément pour éviter de blesser les tubercules, tout en adap­ tant la vitesse de travail des cribles. C’est pourquoi, la plupart des éléments de nettoyage des pommes de terre sont entraînés hydrauliquement. Toujours dans le but de réduire les chocs, les tapis de transfert en matière synthétique et des bordures souples sont venus équiper les arracheuses à pommes de terre. Ces éléments ont permis d’augmenter la vi­ tesse de transfert des tubercules sur la machine, ce qui augmente de manière significative le rendement des chantiers de récolte. Toutefois, les matériaux syn­ thétiques ne sont pas éternels et évo­ luent en fonction du contact de l’air, du rayonnement solaire et des variations de températures. Tout cela modifie les par­ ticularités des pièces concernées : elles peuvent perdre de leur souplesse ou devenir cassantes, ce qui supprime les effets d’amortisseur. Ces pièces seront changées suivant les recommandations des constructeurs. Même les machines ne récoltant que peu d’hectares subis­ sent les effets de vieillissement des pièces synthétiques. Les efforts des concepteurs pour limiter les chocs pendant le nettoyage, le cali­ brage et le tri peuvent être réduits à néant pendant les opérations de remplis­ sage et de vidange de la trémie. Sur les machines à trémie fixe, il est souvent utile de pouvoir limiter la hauteur de chute, surtout en début de remplissage.

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n TA spécial À cet effet, des systèmes d’entonnoirs ou de toiles sont dispo­ nibles. Pour simplifier ce passage, une majorité de machines est aujourd’hui équipée de trémie mobile. Ces trémies montées sur vérin hydraulique s’abaissent pendant le remplissage de manière à réduire cette fameuse hauteur de chute. Des sys­ tèmes automatiques ou à commande manuelle sont disponibles.

Transport Le défanage s’est bien déroulé, les pommes de terre sont récol­ tées avec une arracheuse réglée de manière optimale… il ne reste plus qu’à transporter les délicats tubercules à la ferme et à organiser la livraison. Le transport en vrac par remorques tend à disparaître au profit des paloxes. Bien que ces derniers ralentis­ sent un peu le chantier d’arrachage, ils facilitent la manipulation et le stockage. La règle de la hauteur de chute maximale de 30 cm est aussi valable lors du remplissage des paloxes et de la vidange pour le triage. À cet effet, il est nécessaire d’utiliser des entonnoirs équipés de paliers montés au bout de la trémie de l’arracheuse. D’autres systèmes de toiles posées dans les paloxes, qui sont ensuite retirées, évitent aussi les chocs de manière

Le chargement de remorque et les transports sont des moments délicats.

Kartoffel - und Technique pour des Gemüsebautechnik pommes de terre et des légumes

Les tapis de transfert doivent être réglés pour qu’une légère couche de terre subsiste encore en fin de tapis.

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Les machines modernes disposent de systèmes permettant de séparer efficacement les tubercules des fanes.

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TA spécial n efficace. Les tubercules seront protégés du soleil par une bâche opaque pour éviter le verdissement et conservés à une température supérieure à 8°–10° C (voir encadré « Eviter les coups de soleil » et « Acrylamide »). Le transport de pommes de terre indus­ trielles en conditions froides – tempéra­ ture inférieure à 10° C – demande des précautions particulières. Il est recom­ mandé de ne pas charger de camion le soir, sauf si le transporteur peut garantir

que le camion et son chargement passe­ ront la nuit dans un entrepôt suffisam­ ment chaud. Pour les transports par wagon, il est aussi fortement recom­ mandé de s’assurer de la date de déchar­ gement et d’éviter de remplir les wagons le jeudi ou le vendredi afin d’éviter le stockage sur voie de garage pendant le week-end. En raison de sa fragilité et des nombreux critères de qualité, la culture de la pomme de terre est particulièrement

Éviter les coups de soleil

La pomme de terre, comme toutes les plantes du genre Solanum, contient des glycoalcaloïdes toxiques. Il s’agit principale­ ment de l’α-chaconine et de l’α-solanine, qui représentent 95 % des glycoalcaloïdes totaux (GAT) chez les cultivars modernes. Ces molécules, aux propriétés très voisines et généralement regroupées sous le terme de « solanine », sont deux trisaccha­ rides d’un aglycone commun, la solanidine. Les glycoalcaloïdes sont présents dans toutes les parties vertes de la plante, parti­ culièrement dans les feuilles et les bourgeons, ainsi que dans les fruits et les fleurs ; dans ces dernières, leur concentration peut atteindre 500 mg/100 g. Dans les tubercules, la teneur moyenne ne dépasse généralement pas 10 mg/100 g, avec une distribu­ tion très inégale : la peau et les tissus immédiatement sousjacents, ainsi que les yeux ont des teneurs en GAT comprises entre 30 et 60 mg/100 g, tandis que la chair n’en contient que de 1,2 à 5 mg. Il existe de fortes variations selon les variétés. Du fait de cette distribution inégale de la solanine dans le tuber­ cule, la teneur moyenne est, pour une même variété, inverse­ ment proportionnelle à la taille du tubercule. Deux pommes de terre de 100 g ayant une surface plus grande qu’une pomme de terre de 200 g. D’autres facteurs peuvent aussi influencer le taux de GAT, comme le degré de maturité, certaines pratiques culturales, les conditions de conservation, les dommages phy­ siques subis par les tubercules. Le plus important est le verdis­ sement consécutif à l’exposition à la lumière. Le verdissement est dû à la formation de chlorophylle dans les couches externes du tubercule, qui s’accompagne d’accumulation de solanine. Les deux processus sont cependant indépendants.

Risques liés à la solanine Au-dessus d’un seuil évalué à 10 mg/100 g, les glycoalcaloïdes donnent à la pomme de terre un goût amer qui se transforme au-delà de 20 mg/100 g en sensation de brûlure, analogue à celle induite par les piments. La solanine n’est éliminée ni par la cuisson, ni par la friture, car elle n’est détruite par la chaleur qu’au-delà de 200° C (selon certains auteurs, la solanine commence à se décomposer à 243° C et son point de fusion se situe à 285° C; pour d’autres, le point de fusion est à 228° C).

exigeante. Chaque étape, de la préger­ mination à la livraison, influence soit le rendement, soit la qualité des tubercules, et peut avoir des conséquences impor­ tantes sur le résultat économique de la culture. La mise en œuvre de la meilleure technique permet d’atteindre les objec­ tifs fixés, toutefois, la culture de la pomme de terre nécessite un réel savoirfaire afin de maîtriser toutes les étapes menant à la livraison au consommateur de tubercules sans défaut.  n

Acrylamide La friture des pommes de terre peut entraîner, par la réaction de Maillard, la formation d’acrylamide, une substance irritante, toxique et potentiellement cancérigène, qui donne aux frites, et aux chips, une couleur foncée. Elle résulte de la dégradation de l’asparagine en présence de sucres réducteurs dans les tu­ bercules. Pour limiter la formation d’acrylamide, on peut contrôler la cuisson en évitant les températures trop élevées (au-dessus de 175° C) et les temps de cuisson trop longs, et minimiser la teneur des pommes de terre en sucres réducteurs (au-dessous d’un seuil estimé à 1 g/kg). L’amidon contenu dans les tubercules se dégrade en sucre à basses températures. Il est recommandé de ne pas transporter des pommes de terre de consommation à des températures inférieures à 8°–10° C.

Importations En principe, la surface actuelle de culture d’environ 11’000 ha suffit pour satisfaire aux exigences du marché. Selon les règles de l’Organisation Mondiale du Commerce, la Suisse doit garan­ tir une importation de 5 % de la consommation moyenne des années 1995 et 1996. Le contingent d’importation de base (importation minimale) se chiffre à 22’250 tonnes réparti ainsi : • plants de pommes de terre : 2’500 tonnes • pommes de terre de consommation : 6’500 tonnes • pommes de terre de transformation : 9’250 tonnes • produits à base de pommes de terre mi-finis : 1’500 tonnes • produits à base de pommes de terre finis : 2’500 tonnes Il est possible d’importer des pommes de terre et des produits à base de pommes de terre durant toute l’année, même en dehors des contingents douaniers. Ces importations sont sou­ mises à la législation du THC (tarif hors contingent). Pour cette raison, la majorité des importations passent par les contingents douaniers.

Exportations En dehors de quelques tonnes de pommes de terre de semence (à calibre particulier), la Suisse n’exporte pas de grandes quan­ tités de pommes de terre fraîches. Par contre, l’exportation des produits transformés (avec soutien du fonds d’exportation) a une certaine importance.

L’ingestion de solanine mène rarement à la mort, mais pro­ voque divers symptômes, des troubles gastro-intestinaux, des hémorragies, notamment à la rétine, et peut aller jusqu’à une paralysie partielle ou des convulsions. La sensibilité des per­ sonnes varie selon les individus, mais des doses de glycoalca­ loïdes totaux allant de 3 à 6 mg/kg de masse corporelle peuvent être létales.

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Techniques des champs n

Les machines à axe horizontal sont sur le marché pour le traitement des grandes surfaces.

Utiliser le mulching à bon escient La technique du mulching, appliquée correctement, accélère la décomposition, aplanit les champs, favorise la repousse et constitue surtout une mesure efficace contre le développement des insectes nuisibles et des maladies fongiques. L’introduction non souhaitée de nutriments et l’important dérangement causé aux petits organismes vivants du sol comptent parmi les éléments négatifs du mulching. Quels sont les méthodes à disposition et que peut-on faire contre les effets secondaires indésirables? Ruedi Hunger

Les broyeurs sont utilisés, selon leurs équipements et leurs types de construc­ tion, pour l’entretien des bords des champs et des haies, dans les chaumes de céréales et de colza, pour broyage des résidus de maïs, ainsi que dans les prai­ ries et les pâturages. En général, ces machines ne permettent pas l’enfouisse­ ment ou le mélange de substance orga­ nique dans la couche superficielle du sol. Elles ne sont pas non plus adaptées pour la récupération des résidus de récolte. Le matériau broyé reste donc à la surface du sol. Le broyage des plantes des rési­ dus de récolte accélère la décomposition et constitue une couche de litière qui protège le sol contre l’assèchement. Malheureusement, cette litière offre aussi un abri idéal aux limaces.

Nombreux fournisseurs et constructeurs Le marché est approvisionné par plus de 35 constructeurs qui proposent presque

tous des broyeuses à fléaux d’une lar­ geur de un à six mètres. De plus, il est possible de combiner des machines frontales et arrière, ce qui permet encore d’augmenter la largeur de travail. Pour l’entraînement des machines les plus grosses, une puissance atteignant 200 kW peut parfois s’avérer nécessaire. Une poignée de constructeurs offre des combinaisons triples pour tracteurs, at­ teignant des largeurs de neuf mètres et demi. Il est également possible d’équiper les faucheuses automotrices de grandes surfaces Claas et Krone d’un dispositif de mulching. Neuf fabricants mettent sur le marché des broyeuses munies de couteaux travaillant horizontalement. La palette est vaste, allant d’appareils de faible largeur destinés à l’arboriculture et la viticulture, à des unités tractées de grande largeur. Les machines travaillant entre les ceps de vigne sont souvent construites par des spécialistes. Selon les indications des fabricants, le secteur agricole utilise surtout des broyeuses d’une largeur inférieure à 3 m. Les exploitations agricoles suisses

moyennes utilisent essentiellement des broyeuses à fléaux de 2,5 m de large nécessitant des tracteurs d’une puis­ sance de 60 à 70 kW (80 à 95 ch.). Les broyeuses en bande (utilisées parfois entre les lignes des cultures sarclées) sont des produits de niche ou des constructions «maison».

Les outils déterminent la qualité du travail Les broyeuses à fléaux sont largement répandues et se trouvent sous diverses formes. La construction plate produit un effet d’aspiration plus important et peut aspirer les résidus légers. Les chaumes de maïs écrasés ne se redressent cependant pas! Par ailleurs, les fléaux sont équipés de manches plus ou moins longs. L’effet des broyeuses à fléaux sur les résidus de récolte et les chaumes est essentielle­ ment de battage. Un effet de broyage supplémentaire est atteint au moyen de peignes ou de rails de battage réglables. La firme Müthing, de Soest (Allemagne), équipe depuis peu ses broyeuses d’une baguette de broyage fin capable de

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n Techniques des champs Broyeuses

Rotation verticale

Broyeuse à bras

3-points arrière

Rotation horizontale

3-points avant

Pour buissons

Broyeuses à bras

Broyeuse latérale

3-points arrière

Grosses broyeuses tractées

Nettoyeuse sous cep Broyeuse interligne/de surface

Fig. 1: Machines de mulching selon type de travail et de construction.

travailler sans bourrage même en condi­ tions humides. Des broyeuses à rotation verticale sont souvent utilisées dans les résidus de maïs. Elles sont équipées de fléaux à couteaux en forme de Y par exemple. En raison de leur type de construction, leur effet est plutôt de coupe. Les chaumes et la paille de maïs sont ainsi mieux broyés. Les machines à rotation horizon­ tale (également désignées comme ton­ deuse) ont moins de couteaux par rotor. Ces appareils peuvent être équipés de

contre-couteaux disposés à différentes hauteurs afin de mieux broyer les restes de maïs.

Vitesse de travail et besoins en puissance D’une manière générale, les besoins en puissance dépendent fortement de la hauteur et de la vitesse de travail, de la masse de plantes et de la teneur en hu­ midité. Le type d’outil, son état et le ré­ glage des contre couteaux jouent égale­ ment un rôle prépondérant.

En cas de conditions de travail difficiles, c’est-à-dire en profondeur et avec d’im­ portants résidus de récolte, la vitesse de travail sera réduite, faute de quoi les besoins en puissance augmentent rapi­ dement. A l’inverse, les besoins en puissance diminuent si l’on travaille à plus de 4 cm de hauteur.

Les coûts élevés impliquent un taux d’utilisation en conséquence Les types de construction, les outils et l’équipement déterminent les coûts de manière prépondérante. Les coûts va­ riables dépendant essentiellement des coûts des outils. Par mètre de largeur de travail (m/LT), des coûts entre CHF 200.– et 550.– doivent être calculés pour les broyeuses à fléaux. Les broyeuses à couteaux coûtent entre CHF 140.– et 210.–, alors que le coût des tondeuses s’élève à CHF 250.– par m/LT. Les broyeuses s’avèrent bien appropriées pour une utilisation en commun, ce qui permet d’assurer un taux d’occupation correct. Dans le rapport FAT 717, l’in­ demnité pour une broyeuse à fléaux pour chenillette (matériel viticole), avec une utilisation de base de 60 heures par année, a été calculée. Sa valeur indica­ tive s’élève à CHF 16.50 par heure de travail, les coûts fixes étant d’environ CHF 12.–/h, alors que les coûts variables correspondent à CHF 4.–/h.

Soins aux prairies

Le mulching constitue une part intégrante des soins aux prairies pour de nombreuses exploitations. Groupes d’outils

Vitesse de travail

Hauteur de travail

Besoin en puissance

Outils à axe horizontal

Outils lourds: 8–9 km/h Outils légers: 6–8 km/h

Moins de 4 cm

22 à 38 kW/m

Outils à axe vertical

En général jusqu’à 15 km/h Conditions plus difficiles: 10 à 13 km/h

Moins de 4 cm

22 à 29 kW/m

Tableau 1: Besoin en puissance en fonction de la vitesse d’avancement et de la profondeur de travail.

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Lors des soins aux prairies, la quantité rési­ duelle est déterminante quant à savoir s’il s’agit d’utiliser une faucheuse pour couper l’herbe ou une broyeuse afin de «net­ toyer» le terrain. Il est préférable de fau­ cher les restes abondants, puis de les éva­ cuer. A défaut, la repousse de l’herbe peut être insuffisante, ce qui prétérite le com­ portement des vaches au pâturage ou la qualité de la coupe suivante. Les fau­ cheuses ne répartissent cependant que partiellement les déjections du bétail.

Prévention contre la fusariose En 2008, la surface de terres ouvertes s’élevait à 278  230 ha en Suisse. Plus d’un cinquième (22 %) de celles-ci était consacrée à la culture du maïs. Le maïs est cependant la céréale la plus fréquem­ ment contaminée par la fusariose (AGRAR FORSCHUNG 7/09). Les épis, les tiges et les racines du maïs sont touchés


Techniques des champs n Broyeuses à fléaux*

Largeur de travail cm

Poids kg

Poids par m de largeur kg

Prix indicatif par m CHF

Machines portées arrière mi-lourdes

180 à 220

500 à 560

250 à 280

3500.–

Broyeuses avant/arrière universelles

220 à 280

790 à 950

340 à 360

3300.–

Série pro. agro-entreprises

280 à 320

950 à 1150

340 à 360

4100.–

Broyeuse latéral 25° bas

120 à 160

300 à 360

225 à 250

5500

Broyeuse latérale combinée 65° vers le bas

180 à 220

630 à 700

320 à 350

5100.–

Broyeuse latérale professionnelle 65° vers le bas

220 à 250

780 à 880

350 à 360

6500.–

Tableau 2: exemples de matériel avec coûts par m. de largeur de travail. (*Valeurs moyennes d’un constructeur)

Coûts broyeur viticole (source : ART)

Fig. 2: La largeur de travail et le standard d’équipement déterminent, hormis le taux d’utilisation annuel, les coûts fixes et variables.

Coûts broyeurs portés et latéraux (source: ART)

Fig. 3: Les coûts fixes et variables augmentent avec la largeur de travail, mais les performances s’élèvent également jusqu’à 60 %.

Presque aucune chance de survie

Les fléaux broyent les résidus de récolte. De plus, le peigne monté sur l’angle du couvercle assure un broyage complémentaire.

Les couteaux de cette broyeuse travaillant horizontalement coupent à deux hauteurs différentes, ce qui améliore l’effet de broyage.

Les broyeuses sont de plus en plus utilisées dans le domaine de l’entretien du pay­ sage. Lors de la journée consacrée à la technique dans les régions alpestres des 5 et 6 mai 2010 à Feldkirch, Thomas Tra­ bold, de Sasbach (Allemagne), a évoqué quelques problèmes liés à l’utilisation de la technique du mulching. Le conférencier a souligné que la fauche était mieux ap­ propriée que le broyage du point de vue de la sauvegarde de nombreuses espèces de plantes. De plus, le mulching modifie les conditions locales, la litière restante provoquant un enrichissement en nutri­ ments et la couverture du sol. Par ailleurs, les broyeuses à axe vertical ou horizontal ne laissent quasiment aucune chance aux animaux (abeilles, insectes et autres) qui sont attrapés, grièvement blessés ou tués. «Dans la mesure du possible et dans l’in­ térêt de la nature et du paysage, il faudrait veiller à maintenir une hauteur de coupe de huit centimètres au moins», souligne Thomas Trabold.

septembre 2010  Technique Agricole

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n Techniques des champs Broyeuses à bras pour cas spéciaux …

Une broyeuse interligne permet aussi le semis en ligne de maïs dans une exploitation bio.

par cette maladie. Les champignons de la fusariose produisent divers produits toxiques, les mycotoxines, qui consti­ tuent un risque potentiel pour la santé des hommes et des animaux. Les toxines de fusariose produites avant la récolte du maïs d’ensilage ne se dégradent pas en cours de stockage (Wilkinson 1999). Les grains de maïs sont contaminés par les épis touchés. Durant les années 2005 à 2007, la station de recherches Agros­ cope Reckenholz-Tänikon ART* a pro­ cédé à des essais dans quatre endroits différents de Suisse quant à la fréquence des atteintes et au nombre d’espèces de Fusarium. Cela a permis de constater que les plantes de maïs pouvaient être touchées par 16 espèces de Fusarium différentes. Les spores des champignons survivent sur les résidus de récolte et contaminent les céréales suivantes lorsque les conditions sont favorables.

Hygiène du champ après le maïs Laisser des résidus de maïs sur le champ sans traitement adéquat provoque d’ex­ cellentes conditions aux champignons de Fusarium pour se développer dès le prin­ temps ou l’été sur la culture suivante. En conséquence, il s’agit de priver le cham­ pignon de son substrat. Les chaumes de maïs et autres résidus de récolte seront donc broyés de sorte à ne pas porter préjudice au processus de travail suivant. L’objectif principal consiste en leur broyage et à leur enfouissement. Les chaumes abîmés et broyés se décompo­ sent plus rapidement et la dégradation biologique est plus rapide. Le broyage des résidus de récolte jusqu’au niveau des nœuds inférieurs rend difficile, voire em­ pêche l’hivernage de la pyrale du maïs. *(Dorn; Forrer; Schürch; Vogelgsang)

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septembre 2010  Technique Agricole

Hormis les applications sur grandes sur­ faces, il existe toujours des cas où des outils spéciaux sont nécessaires. Il y a, par exemple, l’utilisation de machines en bords de routes ou pour les buissons et les soins des haies et autres cours d’eau. Divers constructeurs proposent des broyeuses à bras d’une largeur de travail allant de 120 à 250 cm. Ces bras peu­ vent non seulement porter une broyeuse, mais également être équipées d’outils les plus divers comme les brosses à mau­ vaises herbes, les sécateurs à branches et les scies circulaires, etc. Le système hy­ draulique est confronté à des exigences élevées. Des dispositifs indépendants, avec des pompes performantes débitant jusqu’à 100 litres par minute, ne sont pas rares.

… et pour une utilisation polyvalente Selon les indications des constructeurs, les ventes de broyeuses sur bras fixées à l’arrière du tracteur (le bras se déployant également vers l’avant) ne cessent de croître. Ainsi, la firme Berti propose un bras atteignant 2,70 m vers l’avant et 4,10 m latéralement. Dans la plupart des cas, ce n’est pas la plus grande ampli­ tude possible qui est souhaitée. Des broyeuses sur bras plus légères peuvent

également se fixer au 3-points du tracteur. Pour la majorité des machines à hautes performances, les constructeurs propo­ sent en revanche des cadres spéciaux, intégrant parfois le 3-points, et s’ap­ puyant directement sur l’essieu arrière. La même variante existe aussi avec un montage entre les essieux. Les bras frontaux de Dücker ou Fiedler par exemple sont disponibles avec ou sans dispositif télescopique (Dücker). Le champ d’action devant le tracteur cor­ respond à 270°. De plus, la plaque frontale offre la possibilité d’un déplace­ ment latéral de 1,5 m. Des bras plus modestes sont également disponibles pour le montage sur des chargeurs compacts. Confort pour un mulching sans fatigue De plus en plus, le guidage ou l’adapta­ tion au sol automatique sont sur la liste des désirs des clients lors du processus de choix. Kuhn propose, en option cepen­ dant, une commande par joystick. Le constructeur anglais McConnel fournit, pour 99 % des machines à guidage as­ sisté, un système EDS qui soulage le conducteur au point qu’il ne doit presque plus que tenir le volant. Ce système EDS informe le système hydraulique toutes les 30 millisecondes sur la position du rotor de fauche, ce qui permet un positionne­ ment automatique du bras. n

Sécurité ou minimiser le risque La vitesse de rotation des couteaux en Y se situe aux alentours de 150 à 200 km/h. Les fléaux les plus lourds pèsent jusqu’à 2 kg et constituent, avec en plus leur vitesse de rotation de 200 à 250 km/h, un grave danger potentiel qu’il ne faut pas sousestimer. Les rotors à axe vertical tournent à une vitesse de 280 à 320 km/h à la pointe des couteaux. Lors de la collision avec un obstacle (pierre, pièce métallique, bois, etc.), un éclatement dangereux peut se produire. Le fort effet d’aspiration des broyeuses plates entraîne quelquefois le soulèvement de petits éléments du sol et les projette au loin. Le manque de certaines parties du dispositif ou d’outils du rotor pro­ voque un fort déséquilibre. La consé­ quence est l’apparition de fissures de fatigue sur des parties importantes du point de vue de la sécurité, comme les couvercles de protection. Les broyeuses ne disposant pas d’éléments de sécurité en parfait état ne doivent en aucun cas être utilisées : elles constituent un grave danger. Selon les conditions d’utilisation, les broyeuses latérales ne sont pas tota­ lement couvertes lors de travaux dans les Les pièces métalliques ou les pierres buissons, ce qui peut provoquer des si­ projetées sont captées par un rideau de protection composé de plaques métalliques tuations à risque. pendantes (en noir sur la photo).


Marché des machines n Claas chargeur frontal C – une alternative simple Pour l’usager qui gère ses coûts, Claas propose dès maintenant un nouveau type de chargeur frontal. Sans devoir renoncer à un grand confort, la série C offre tout ce dont nécessite un chargeur frontal. Le parallélogramme mécanique sur le char­ geur frontal permet des prix plus avantageux. Le nouveau FL C est compatible pour tous les tracteurs Claas y compris les anciens modèles Celtis et Ares 507/607. Six mo­ dèles sont disponibles avec une hauteur de levage allant de 3,75 m à 4,15 m et une puissance de levage de 1030 kg à 1825 kg sur toute la hauteur (valeur mesurée à 60 cm sur le transpalette). Pour plus d’informations : Serco Landtechnik AG, Niedermattstrasse 25, 4538 Oberbipp 032/636 66 66, www.serco.ch, info@serco.ch

Joskin : bâche télécommandée « Telecover » pour les Silo-Space Le nouveau dispositif de bâchage télécommandé « Telecover » trouve son origine dans l’exigence de bâchage des marchan­ dises transportées, imposée par certains pays européens. Joskin fournit ce sytème breveté pour toutes les remorques d’ensilage Silo-Space. Contrairement aux bâches enroulantes ou aux dis­ positifs de recouvrement manuels, ce système est commandé depuis le tracteur. Il n’est donc plus nécessaire de grimper sur les remorques, ce qui réduit les pertes de temps et améliore la rentabilité des chantiers. Le mécanisme se compose de bras oscillants, de moteurs hydrauliques, de bâches et de ressorts de rappel. Le système ne nécessite aucun démontage ou déplace­ ment lorsque la porte arrière est actionnée. Par ailleurs, le Te­ lecover est doté de capteurs évitant les risques liés à l’utilisation simultanée de deux fonctions de la remorque d’ensilage. Par exemple, le bras d’articulation arrière se détache de l’ensemble et se met en position verticale pour permettre l’ouverture de la porte hydraulique. Le Telecover supporte aussi un chargement pouvant dépasser le bord de la machine jusqu’à 60 cm La fonction « tension de filet » adapte la tension de la bâche à la hauteur du chargement, réduisant ainsi la prise au vent. Pendant le déplacement à vide, la bâche s’enroule et se range sans encombrement dans les lignes de fuite de la remorque. Il est possible d’utiliser Telecover comme déflecteur afin d’éviter toute perte de matière lors du chargement. Un « kit d’équipement » est prévu pour les anciennes Silo-Space.

Promotion spéciale Althaus La faiblesse actuelle du cours de l’euro se répercute sur les ma­ chines agricoles importées. Dès maintenant, Althaus propose une remise euro de 5 % pour toute commande d’une machine neuve. Etant donné qu’Althaus importe principalement depuis la zone euro, presque tous les produits de l’assortiment sont concernés. Cette promotion s’applique même aux modèles spéciaux, comme la herse rotative Lion «Swiss Edition» de Pöttinger, et aux prix nets calculés au plus juste, comme sur les remorques Brantner Acc. Bref : les machines de travail du sol Pöttinger, les remorques Brantner, les tonneaux à lisier Joskin ainsi que les fendeurs et scies circulaires Posch sont proposés en ce moment à des prix incroyables, grâce au cours favorable de l’euro. Cette offre spéciale est valable jusqu’au 30 septembre 2010. Plus de renseignements : Althaus AG Ersigen, Burgdorfstrasse 12, 3423 Ersigen Tél. 034 448 80 00, www.althaus.ch

septembre 2010  Technique Agricole

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n Techniques des champs

Les films extensibles minces donnent également du bon ensilage. (photo : Reinhard Resch)

Test de films extensibles Les films synthétiques minces, de moins de 25 µm (microns) d’épaisseur, permettent d’obtenir une qualité d’ensilage équivalente à celle enrubannée dans les films standard. Le Centre de formation et de recherche agricoles FZ arrive à cette conclusion. *

* Cet article est paru dans la revue spécialisée autrichienne Fortschrittlicher Landwirt, est publié ici avec l’accord de la rédaction et de l’auteur Reinhard Resch, collaborateur au Lehr- und Forschungszentrum Raumberg-Gumpenstein (FZ).

Reinhard Resch

L’année dernière, ce centre a mené un essai précis sur des balles d’ensilage d’herbe avec cinq différents films exten­ sibles dans une exploitation agricole du Steiermark. L’effet de l’épaisseur du matériau sur la teneur en nutriments et en énergie, la qualité de fermentation et la microbiologie ont été analysés à cette occasion.

Du nouveau sur le marché des films extensibles Afin de produire des films extensibles, du matériau synthétique est pulsé au

travers de canaux ultrafins dans une buse d’extrusion, gonflé en forme de ballon, mis à plat, coupé et enroulé. L’épaisseur du film a été uniformément de 25 µm pendant des années. Grâce à de nouvelles méthodes de production et des matières premières spéciales, il est maintenant possible de réduire l’épais­ seur des films jusqu’à 17 µm. Les tests pratiques ont montré que les balles en­ rubannées avec des films plus minces présentent une surface parfaitement lisse et dépourvue de pli. En matière de gestion de l’ensilage et des déchets, l’utilisation de films plus minces est bienvenue : elle permet une nette économie de matériau. L’écono­ mie de film, qui se répercute également sur son élimination, correspond à 10 – 15 %.

Conditions d’essai La première coupe d’une prairie perma­ nente a été choisie pour cet essai. Le relevé botanique a permis d’identifier

Tableau 1: Description des variantes testées Variantes

14

Epaisseur [µm]

Couleur

Fabricant

SILOGRASS 750 (contrôle)

25

vert clair

ASPLA, Espagne

PROFESSIONAL 750

19

vert clair

ASPLA, Espagne

ECOPLUS 750

22

noir

ASPLA, Espagne

TRIO plus 750

19

vert clair

Trioplast, Suède

SILOTITE pro 750

17

vert clair

Formipack, Belgique

septembre 2010  Technique Agricole

40 espèces de plantes, dont 71 % de graminées (avoine, pâturin des prés, vulpin, ray-grass anglais, pâturin com­ mun, dactyle aggloméré), 18 % de légu­ mineuses (surtout du trèfle blanc) et 11 % d’herbes (dent-de-lion, pattes d’ours, etc.). Le fourrage, d’une hauteur de 46 cm, a été fauché le 17 mai 2009 vers midi, sans conditionneuse, puis étendu. La hauteur de coupe était de 6 cm. Le fourrage a été andainé le lendemain et conditionné au moyen d’une presse KRONE Vario 1500 (dispositif de coupe à 4 couteaux). Pour des raisons techniques liées à l’essai, l’enrubannage a été réalisé séparément au moyen d’une enruban­ neuse KVERNELAND, afin de limiter au minimum les différences de matière sèche entre les variantes et d’éviter ainsi les erreurs méthodologiques. Les films extensibles ont été utilisés dans tous les cas avec une tension préalable de 50 % et un enrubannage à 6 couches. Six balles rondes ont été produites avec chaque variante de film extensible (ta­ bleau 1), car deux échéances d’essai, ainsi que trois répétitions étaient prévues pour la mise en valeur statistique. Les balles, stockées sur la tranche, ont été recouvertes d’un filet de protection à mailles fines afin de limiter les effets de la chaleur et d’éviter les dommages dus aux animaux. Après 100, respectivement 239 jours, les balles ont été testées au moyen d’un prélèvement fait en diago­ nale avec une sonde. C’est ensuite le laboratoire de denrées fourragères de Rosenau (Basse-Autriche) qui a réalisé les analyses chimiques et microbiologiques selon les procédés standard d’analyse chimique humide.

Résultats de l’essai Le niveau général des nutriments (voir moyennes dans le tableau 2) de l’en­ silage d’herbe était bon d’un point de vue qualitatif. Selon les recommanda­ tions des bonnes pratiques agricoles, la teneur en MS était de ~400 g, soit juste dans les limites de référence pour l’en­ silage d’herbe (recommandations: 300 à 400 g MS/kg MF). La teneur en fibre était également convenable avec 256268 g/kg MS (recommandations : < 270 g/kg MS). La technique de fer­ mentation était optimale, la teneur en cendre étant de 80 g/kg MS (recomman­ dations : < 100 g/kg MS). La teneur en protéine brute, de ~154 g/kg MS, était également assez bonne compte tenu du


Techniques des champs n stade de développement du fourrage, la part de légumineuse de 18 % apportant certainement une contribution non né­ gligeable. La teneur en énergie de 6,23 à 6,37 MJ NEL/kg MS constitue une ex­ cellente valeur pour de l’ensilage d’herbe de la première coupe d’une prairie permanente. Le pH atteignait un niveau acceptable de 4,6 (recommandations : < 4,6). La quantité d’acides de fermentation se situait à ~36 g/kg MS, ce qui peut être considéré comme normal avec une teneur en MS de ~40 %. La fermenta­ tion lactique était fortement influen­ cée par l’acide butyrique, la part d’acide butyrique correspondant à 25 % de l’ensemble de la formation d’acides. La teneur en acide butyrique (7–12 g/kg MS) était largement audessus de la limite recommandée (< 3 g/kg MS). La dégradation des pro­ téines, avec 6-8 % d’azote NH 3 par rapport à l’azote total, était au-des­ sous de la limite de 10 %.

Les résultats de deux différentes échéances de prélèvement du tableau 2 montrent clairement, par tous les para­ mètres qualitatifs, que les films exten­ sibles d’une épaisseur de 17 à 22 µm permettent d’aussi bonnes qualités d’ensilage d’herbe en balles rondes que les variantes de contrôle ENSILAGE D’HERBE 750 avec 25 µm. Les diffé­ rences entre les valeurs moyennes ne peuvent être mises à la charge des films synthétiques et ne sont le fruit du hasard sur le plan statistique.

Résumé Dans des conditions équivalentes (maté­ riau de départ, préparation du fourrage au champ, pressage, prétension du film, nombre de couches, transport et stoc­ kage des balles), aucune différence qualitative significative n’a pu être constatée entre les balles d’ensilage d’herbe enrubannées avec divers types de films extensibles. Deux prélèvements décalés dans le temps ont été effectués.

Les éléments examinés ont été la teneur en nutriments, la teneur énergétique et le déroulement de la fermentation, ainsi que l’état hygiénique. Sur la base des résultats de cet examen précis effectué par le LFZ RaumbergGumpenstein, des films extensibles d’une épaisseur inférieure à 25 µm peu­ vent être recommandés pour la confec­ tion de balles rondes d’ensilage d’herbe, pour autant que les règles de base de l’ensilage soient respectées. Les pro­ blèmes fréquemment rencontrés avec les balles rondes ou quadrangulaires, comme la formation de moisissures ou la pourriture, ne sont qu’exceptionnelle­ ment dus au processus d’enrubannage. Les défauts de qualité sont principale­ ment dus à une récolte trop tardive, de mauvaises conditions de fanage (trop mouillé ou trop humide), du fourrage souillé, une densité de pressage insuffi­ sante, un entreposage des balles inadé­ quat et, naturellement, des dégâts aux films.  n

Paramètres

Echantillons après 100 jours (27.08.2009)

échantillon

Moyenne H2e

SILOTITE pro 750/ vert/17 µm

TRIO plus 750/ vert/19 µm

ECOPLUS L 750/ noir/22 µm

PROFESSIONAL 750/vert/19 µm

SILOGRASS 750/ vert/25 µm

échantillon

Moyenne H1e

SILOTITE pro 750/ vert/17 µ

TRIO plus 750/ vert/19 µm

ECOPLUS L 750/ noir/22 µm

PROFESSIONAL 750/vert/19 µm

SILOGRASS 750/ vert/25 µm

Produit/Couleur/ épaisseur de la feuille

Tableau 2 : Influence de différents films extensibles sur la teneur en nutriments, la qualité de fermentation et la microbiologie de balles rondes d’ensilage d’herbe après 100, respectivement 239 jours de stockage

Echantillons après 239 jours (12.01.2010)

Matière sèche [g/kg MF]

414a

407a

375a

395a

398a

398

416a

373a

374a

3854a

449a

400

Protéines brutes [g/kg MS]

149a

153a

156a

155a

156a

154

144a

154a

155a

161a

150a

153

a

a

a

a

a

268

a

a

a

a

a

256

Fibres brutes [g/kg MS]

272

264

a

a

274

a

a

266

251

254

a

a

a

81

80

71

76

256

265

a

252

77

80

a

80

86

74a

74a

73a

74a

73

75a

75a

75a

74a

75a

75

6,26a

6,28a

6,24a

6,13a

6,25a

6,23

6,45a

6,38a

6,38a

6,30a

6,35a

6,37a

4,5a

4,6a

4,5a

4,6a

4,6a

4,6

4,8a

4,6a

4,7a

4,8a

4,9a

4,8

Acide lactique [g/kg MS]

a

22

24

a

a

a

a

22

a

22

24

a

a

a

22

18

a

21

Acide acétique [g/kg MS]

6aw

Acide butyrique [g/kg MS]

7a

69

Digestibilité MO [%]

73a

NEL [MJ/kg MS] pH

Acides totaux [g/kg MS]

34

a

NH3: acide tot.[%]

7,8

Levures [UFC/g MF] Moisissures [UFC/g MF]

a

22

20

6a

5a

4a

5a

5

6a

6a

5a

4 aa

5a

5

8a

8a

11a

11a

9

9a

12a

12a

11a

8a

10

a

a

a

a

a

a

37

a

35

a

5,7

5,0

2667a

333a

0a

0a

a

35

a

24

75

a

87

Cendres brutes [g/kg MS]

78

261

40

a

36

36

a a

42

20

37

a

8,8

a

38

a

a

37

a

7,5

31

6,2

8,5

0a

800

0a

667a

0a

0a

0a

133

0a

0

0a

0a

0a

667a

0a

133

6,2

6,4

1000a

0a

0a

0a

8,0

4,5

7,5

UFC : unité formant des colonies par gramme de matière fraîche d’ensilage : aucun des paramètres étudiés dans les balles d’ensilage n’a démontré de différence significative par rapport aux autres échantillons.

a

septembre 2010  Technique Agricole

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n Marché des machines

La nouvelle série Lexion 750 Hybride, présentée avec le train de chenilles Terra Trac visiblement amélioré. (Photos : Ueli Zweifel)

Nouveau porte-drapeau Claas La nouvelle Lexion 770 Hybride est la plus grande moissonneuse Claas. Depuis 15 ans, Lexion occupe la première place en termes de performance de battage. L’entreprise basée à Harsewinkel (D) a présenté les nouveaux modèles 700 APS Hybride et 700 APS 5 et 6 secoueurs. Des nouveautés concernent aussi les presses et les machines de récolte des fourrages.

Ueli Zweifel

Le secteur du machinisme agricole, par­ ticulièrement en Allemagne, doit faire face à un recul significatif des ventes par rapport aux records atteints en 2008. Henning Paulsen, porte-parole de la di­ rection de Claas, impute ce résultat à la baisse des prix agricoles ainsi qu’à l’im­ pact tardif de la crise financière sur le secteur. Toute fois, le report des investis­ sements vers les besoins technologiques nécessaires au développement des sec­ teurs du biogaz et du photovoltaïque compense quelque peu ces baisses. Ce report d’investissement se traduit pour Claas par une augmentation des ventes d’ensileuses automotrices de près de

16

septembre 2010  Technique Agricole

25 %. Le constructeur allemand relève toutefois avec une certaine assurance, que la tendance semble s’améliorer pour tous les types de machines produites par l’entreprise. Cette embellie est aussi due aux meilleurs prix attendus suite à la baisse de rendement des cultures.

Cockpit pour de longues journées Claas a encore une fois amélioré les performances de ses machines destinées aux grandes exploitations. Ces meilleures performances ne sont pas dues unique­ ment à la motorisation, mais aussi aux progrès réalisés dans la gestion de la machine et l’aide à la conduite. De nom­ breux équipements et logiciels, jusqu’ici réservés aux ensileuses Jaguar et trac­

teurs Xerion, sont montés maintenant sur les moissonneuses-batteuses. La nouvelle cabine, largement dimension­ née, représente la modification la plus visible. Le chauffeur, installé dans ce nouvel habitacle, dispose d’un espace plus grand et d’une vision panoramique sur la barre de coupe et les alentours de la machine. Egalement bénéficiaire de cette amélioration, le siège du passager qui, confortable et rabattable, sert en­ core de table et de frigo. La nouvelle cabine intègre aussi les affichages et commande des éclairages latéraux. Ceux-ci se commandent de manière in­ tuitive, en fonction des besoins et pré­ sentent des automatismes, comme par exemple l’allumage des projecteurs lors de la vidange de la trémie.


Marché des machines n Centrale de commande pour forte performances L’appellation «Easy» pour «Efficient Agriculture Systems» regroupe les élé­ ments de commande et de contrôles usuels. Ces derniers permettent de conduire la moissonneuse-batteuse aux limites de ses performances et amélio­ rent ainsi sa rentabilité économique. Le levier multifonction agit notamment sur la vitesse de déplacement, la hauteur de la barre de coupe, le système de gui­ dage, l’ouverture et la fermeture de la vis de vidange de la trémie, la mise en route du couteau, la commande de la vidange de la trémie. Le chauffeur ne profite des performances de sa moissonneuse-batteuse qu’une fois que tous les systèmes sont réglés de manière optimale. «Easy» regroupe donc les nombreuses possibilités de ré­ glages, les avantages des systèmes de guidage ainsi que des logiciels agissant sur le système de battage. Tous les systèmes sont commandés di­ rectement depuis la cabine via le célèbre terminal « Cebis ». Ce dernier a bénéficié de profondes modifications puisqu’il af­ fiche en couleur les processus en cours et les informations indispensables récol­ tées par les capteurs installés sur la ma­ chine. Cebis prend en charge, selon les options, les systèmes Cruise Pilot, GPS Pilot, Laser Pilot et Auto Pilot. Le terminal « Cebis mobile » est compatible ISOBUS ; il est donc possible de l’installer sur les tracteurs et ensileuses. Telematics relève online les données nécessaires à la gestion de la flotte et détecte les erreurs et anomalies en vue des services et réparations. Cemos, ré­

La barre de coupe Maxflo : des tapis transportent la récolte vers le canal de transfert.

Lexion 700 Hybride (motorisation Mercedes-Benz et Caterpillar) Modèles

770 770 TT

760 760 TT

750 750 TT, M

740

Puissance max. (ECE R 120)

586 PS

530 PS

466 PS

431 PS

Trémie à grains (litres)

12 000

10 500

10 500 (9600 Montana)

9600

TT= Terra Trac, M = Montana

Lexion 600 (motorisation Caterpillar) Modèles

670 670 TT, 670 M

660

650

640

630 630 M

620

Puissance max. 431 PS (ECE R 120)

368 PS

339 PS

279 PS

339 PS

279 PS

Trémie à grains 10 500 (litres)

10 500/ 9600

9600/ 8600

8600

8600

8600/ 7800

Secoueurs

6

6

6

5

5

6

compensé d’une médaille d’or lors de la dernière Agritechnica, est un logiciel qui regroupe plus de 50 paramètres de la machine. Il a pour tâche de conseiller le chauffeur dans l’optimisation des ré­ glages de la machine afin d’en améliorer les performances. Une fois acceptées par le chauffeur, les propositions de Cemos sont appliquées automatiquement. Il faut souligner les avantages du logiciel qui permet d’utiliser les multiples possi­ bilités de réglage.

Deux systèmes pour un meilleur battage Les ingénieurs de Claas ont équipé la nouvelle gamme hybride Lexion 700 d’un système de battage «Accelerated Pre Separation» (APS) d’une largeur de 1580 mm pour un diamètre de 450 mm afin de permettre le passage des quelque 70 tonnes de matériel (paille et grains) récolté par les barres de coupes pouvant atteindre 12 mètres de large. Le système APS est combiné à 2 rotors (Roto Plus) indépendants de l’accélérateur. Un flux de matériel constant et aéré est néces­ saire pour un traitement respectueux de la récolte. La paille et les paillettes sont réparties sur toute la largeur de travail par des épandeurs supplémentaires. En fonction des conditions de récolte, la surface des rotors de battage peut être réduite pour ne pas pénaliser la qualité de la paille.

La Lexion 600 combine le système APS avec 5 ou 6 secoueurs. Logiquement, les aptitudes hydrauliques des nouvelles moissonneuses ont aussi été améliorées. La pression constante est passée à 200 bars (contre 180 auparavant) pour un débit de 120 l/min.

Deux stratégies pour le respect du sol Claas propose deux stratégies différentes pour les trains de roulement. D’un côté, l’entreprise allemande présentait en première les nouveaux pneumatiques de la série Ultraflex, développés en coopé­ ration avec Michelin, les XerixBib. De l’autre, Claas continue les efforts d’amé­ lioration de son train roulant à chenilles. Ce dernier assure une surface de contact jusqu’à 60 % supérieure que celle d’un train de pneus ainsi qu’une meilleure stabilité dans les pentes. Le nouveau train de chenilles Terra Trac, sorti de l’usine Claas de Paderborn, présente un roulement silencieux grâce à ses suspen­ sions hydropneumatiques indépendantes des roues motrices porteuses et des rouleaux d’appui. Le développement du train de chenilles Terra Trac a franchi une nouvelle étape en présentant une Lexion 750 qui se déplace à 40 km/h sur une place en dur. En plus des avantages en termes de préservation des sols, l’amé­ lioration de la vitesse de déplacement d’une parcelle à l’autre constitue un

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n Marché des machines a­ rgument supplémentaire en faveur des trains de chenilles high-tech.

Option pour maximiser la récolte Des améliorations concernent aussi les barres de coupe. La barre de coupe Vario avec table variable était accompagnée de la brillante et nouvelle barre Maxflo. Cette dernière est spécialement conçue pour les récoltes de faibles quantités. Les vis sans fin sont remplacées par des tapis roulants et deux vis spéciales qui dirigent la récolte vers le convoyeur. Moyennant quelques adaptations, Maxflo permet la reprise d’andain.

Montana, pour la pente L’option Terra Trac est prévue pour les trois plus grosse Lexion, les 770, 760 et 750. La 750 est remarquable, puisqu’elle est aussi disponible en version Montana (comme les 670 et 630). Le système Montana permet une compensation la­ térale de 17 % et longitudinale de 6 %. Le système Multi Contour commande la compensation ainsi que le positionne­ ment de la barre de coupe indépendam­ ment de la position des essieux, ainsi que toutes les fonctions déjà connues du système Auto Contour.  n

Les nouvelles faucheuses avec conditionneur à rouleaux et suspension hydropneumatique Active Float.

Les nouvelles presses à balles rectan­ gulaires Quadrant 3200 et 2200 RC équipées de 2, 13 ou 25 couteaux, ainsi que les modèles Variant 360 et

380 RC avec ou sans RotoCut dispo­ sent maintenant d’une trappe qui s’ouvre pour éviter les bourrages. Les couteaux et caissons retournent im­ médiatement en position initiale. Le broyeur à paille intégré Krassort, disponible dès 2011, travaille plus de 10 cm au-dessus du sol et aspire la paille. Cette particularité réduit le risque d’incendie. (Pour le moment, le broyeur à paille n’est disponible que pour le marché allemand.)

Technique Marché des machines Cours de formation continue Exposition Rapports ART ... chaque mois dans Les remorques combinées Cargos avec un tapis roulant à élévation de 50 cm. Pour les chantiers d’ensilage avec ensileuse automotrice, les éléments de chargement et de déchargement peuvent être démontés en 15 minutes. Un nouveau système de pesée est aussi disponible.

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Technique des champs n

La moissonneuse-batteuse des Etablissements de Bellechasse a été modifiée pour récolter les glumes et menues pailles dans le cadre d’un projet placé sous la direction de la Haute école suisse d’agronomie de Zollikofen.

Les paillettes, de nombreuses qualités redécouvertes Aujourd’hui, les glumes et menues pailles sont le plus souvent répandues par les moissonneuses-batteuses. Toutefois, ce déchet (qui n’en est plus un !) détient des caractéristiques intéressantes, notamment comme litière. Les paillettes constituent donc une nouvelle possibilité d’améliorer le rendement financier des cultures céréalières, sans concurrencer la production de nourriture.

Gaël Monnerat

Un partenariat efficace MS-Mechanik à Obersteckholz/BE et Erwin Bärtschi à Roggwil/BE sont les partenaires principaux. Ces entreprises sont chargées de la construction et de la commercialisation du récupérateur de

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La Haute école sise d’agronomie de Zol­ likofen (HESA) a lancé, en 2009, un projet ayant pour but de produire de la biomasse, sans entrer en concurrence avec la production alimentaire et fourra­ gère. Lors de la récolte des céréales, le grain et la paille sont généralement ré­ coltés alors que les paillettes restent sur le champ. Constituées de barbes, grains cassés, graines d’adventices et menues pailles, les glumes ou paillettes sont pourvues de caractéristiques intéres­ santes, notamment pour la confection de litière et la production d’énergie dans les centrales à biogaz ou le chauffage. La

HESA a constitué une équipe regroupant des entreprises spécialisées afin de mettre au point une technique apte à récupérer les glumes, à déterminer la valeur économique de ce procédé et à tirer son bilan écologique. Cet organisme est responsable de la gestion du projet, de la coordination et de la logistique. Elle étudie aussi le potentiel économique et le bilan écologique de la récolte des paillettes.

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n Technique des champs paillettes. Le financement du projet est assuré par Förderagentur für Innovation KTI et LANAT du canton de Berne. Les plans du système ont été dessinés par MCRS Engineering AG, BFH-TI, et la commande a été conçue par Landag à Wiler bei Seedorf/BE. Grunderco et les Etablissements de Bellechasse partici­ pent également au projet. Les glumes sont un « nouveau » produit issu de la culture céréalière. A ce titre, elles remplacent la paille, comme four­ rage ou cosubstrat dans les installations de biogaz. Les glumes constituent autant d’alternatives susceptibles d’apporter un revenu supplémentaire aux céréaliers. De plus, la récolte des paillettes a des consé­ quences directes sur les parcelles : les repousses de céréales et d’adventices sont moins nombreuses, la pression des maladies est réduite et la levée de la culture suivante lors de semis direct est améliorée. Les caractéristiques des paillettes n’étant pas connues, des tests portant sur la densité, la valeur fourra­ gère, la capacité d’absorption des li­ quides, la valeur calorifique et les inci­ dences sur les parcelles ont donc été menés.

Utilisations et particularités L’utilisation des glumes pour litières a notamment été testée dans les installa­ tions des Etablissements de Bellechasse.

Elles ont révélé des qualités particulière­ ment intéressantes, comme une excel­ lente capacité d’absorption des liquides, ce qui améliore la qualité de l’air dans les bâtiments d’élevage, un excellent confort de couchage et l’absence de bouchage des canaux à lisier ou des pendillards. Les capacités d’absorption des paillettes, supérieures à celles de la paille, sont à la base des avantages liés à l’utilisation des paillettes comme litières. Cette particularité réduit la quantité de litière nécessaire, ce qui se répercute di­ rectement sur les volumes d’engrais de ferme à évacuer. De plus, la structure des glumes améliore la décomposition des fumiers et facilite l’épandage. En aviculture, les paillettes présentent l’avantage, par rapport aux copeaux de bois, de n’occasionner aucune blessure aux pattes ou aux poitrines. Les glumes sont aussi utilisables comme ballast dans l’alimentation des animaux consommant des fourrages grossiers peu exigeants (les valeurs fourragères des paillettes de pois sont comparables à celles d’un foin écologique). Les glumes sont également avanta­ geuses par rapport à la paille hachée : pour le paillage des fraisiers par exemple, la meilleures structures des glumes améliore la répartition et facilite le net­ toyage des fraisiers, une économie de 10 à 20 unités de travail horaire par

Bernard Steit (HESA) a présenté les modifications apportées à la moissonneuse-batteuse.

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­ ectares. Quant à la production d’éner­ h gie, les glumes démontrent un meilleur rendement que la paille pour la combus­ tion et peuvent entrer dans la fabrication des pellets.

Problèmes logistiques En raison de la faible densité des paillettes, le transport sur de longue distance et le stockage de quantités im­ portantes exigent de pouvoir comprimer le matériel récolté. Depuis une année, Bellechasse teste une solution : les paillettes sont pressées et enrubannées avec une presse adaptée pour la confec­ tion de balles rondes d’ensilage de maïs. Ce procédé permet d’obtenir des balles d’un poids variable suivant la qualité et l’espèce récoltée et qui peut dépasser les 300 kg (environ 175 kg/m3). Sous cette forme, les paillettes deviennent commer­ cialisables. Pour le moment, aucun pro­ blème lié à cette forme de conservation n’a été détecté par les responsables de Bellechasse, où les paillettes enruban­ nées sont utilisées depuis près d’une année pour le paillage des logettes pour vaches laitières.

Technique Le prototype développé par la HESA et ses partenaires est installé sur la moisson­ neuse-batteuse New Holland CX 780 du domaine de Bellechasse. Les paillettes sont récupérées sous les grilles, juste avant la sortie de la machine par une vis entraînée par un moteur hydraulique, avant d’être aspirées et transférées dans la trémie réservée à cet effet. Le ventilateur est entraîné par le système qui commande le broyeur de paille de la moissonneusebatteuse. La commande du système de récupération des glumes est entièrement automatisée et ne nécessite aucune atten­ tion particulière de la part du chauffeur pendant le travail et la vidange de la tré­ mie. Cette dernière est constituée d’un filet à mailles fines et se replie hydrauli­ quement pour que la machine respecte les gabarits routiers. Les dimensions de la trémie à paillettes ont été calculées pour ménager une autonomie comparable à celle de la trémie à grains. La pratique a toutefois démontré que le volume des paillettes récoltées est très variable. Par rapport à 2009, les récoltes 2010 repré­ sentent un volume de paillettes nettement supérieur, ce qui nécessite des vidanges plus fréquentes et pénalise quelque peu le rendement de la machine.


Technique des champs n Expériences pratiques Après quelque 200 ha récoltés par ce système, les craintes liées au colmatage du filet par les poussières se sont révé­ lées infondées. La trémie ne demande aucun entretien particulier. Toutefois un accès à la trémie est prévu pour les éventuelles réparations du filet ou du système de déchargement. Pour faciliter la conception du système et notamment de la commande, l’ensemble est complè­ tement indépendant des commandes de la moissonneuse-batteuse, à l’exception de l’alimentation hydraulique et élec­ trique et de l’entraînement du ventila­ teur. Cette conception s’avère aussi im­ portante pour la polyvalence du système qui est ainsi adaptable sur d’autres marques de moissonneuse-batteuse. Le système est conçu de manière à laisser un bon accès aux secoueurs et autres éléments de la moissonneuse pour les réparations et l’entretien. Le récolteur à paillettes est encore à l’état de proto­ type, et le coût de CHF 40’000.–, que représente son installation sur une ma­ chine, n’est encore qu’une estimation.

Conclusion Alors que les prix des céréales n’attei­ gnent plus que deux fois la valeur de la paille, une nouvelle approche de la pro­ duction céréalière est nécessaire afin d’améliorer le rendement financier de la

Les paillettes récoltées sont utilisées avec satisfaction par les Etablissements de Bellechasse, depuis une année, pour le paillage des logettes.

culture. La récolte des paillettes repré­ sente une à deux tonnes de produit par hectare récolté, et les excellentes pro­ priétés de ce matériel permettent d’amé­ liorer le rendement financier de CHF 200.– à CHF 400.–/ha. De plus, les glumes offrent ainsi à l’agriculture suisse une possibilité de concurrencer les im­ portations de paille. Ce marché repré­

sente quelque 60 millions de francs par année. Les paillettes, avec les avantages qu’elles présentent pour la litière et le paillage, pourront certainement s’impo­ ser sur une partie du marché. La valeur des glumes constitue une alternative à la paille hachée, c’est donc avec les prix de celle-ci que doivent se faire les comparaisons.  n

En position de transport, le système de récupération des paillettes respecte les gabarits routiers.

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n Viticulture La stratégie de l’entreprise sur les mar­ chés étrangers n’est pas basée sur un réel réseau d’agences. Aucune exclusi­ vité n’est officiellement attribuée à un revendeur, même si Loeffel et Cie préfère les sociétés déjà connues. « On ne peut pas forcer un vigneron à traiter avec un revendeur qu’il n’apprécie pas », relève Mathieu Loeffel. L’entreprise commercia­ lise 10 à 15 chenillards par année. Bien que ces chiffres ne permettent pas de tirer de réelles statistiques, le construc­ teur de Boudry constate une certaine retenue sur le marché. L’ajournement de certains projets en raison de la situation économique témoigne des difficultés rencontrées par les viticulteurs. Le vignoble du littoral neuchâtelois est le berceau des tracteurs à chenilles Viti-Plus, développés et construits par l’entreprise Loeffel et Cie à Boudry.

Une spécialité : l’innovation ! Le vignoble suisse se caractérise par un morcellement important et une topographie parfois extrême. Les solutions techniques proposées par les grands constructeurs sont souvent inadaptées à ces conditions de travail aux exigences particulières. Les petits constructeurs suisses font preuve d’une capacité d’innovation remarquable pour satisfaire les attentes des vignerons. L’entreprise Loeffel et Cie à Boudry/NE participe activement à la mécanisation du vignoble suisse.

Viti-Plus Le Viti-Plus, premier modèle conçu par les frères Loeffel, est sorti des ateliers en 1989. Aujourd’hui, la gamme Viti-Plus se décline en trois variantes : 80 L et 95 L qui sont les modèles « légers » et le 95 B, sorti en 2004 qui représente la version lourde. Tous les modèles Viti-Plus sont équipés d’un poste de conduites réver­ sible, ce qui permet au tracteur de tra­ vailler dans les deux sens en fonction des outils attelés. Ainsi le chauffeur dispose d’une visibilité parfaite sur l’attelage trois points et l’outil. Le modèle 95 B, d’une puissance de 80 ch, peut être équipé de chenilles en acier pour les travaux de labours.

Viti-Star Gaël Monnerat

L’entreprise est aujourd’hui sous la direc­ tion de Jean-Pierre, Christian et Mathieu Loeffel. Ces spécialistes de la technique viticole ont développé leur premier tracteur viticole à chenilles en 1989 ; mais l’histoire de l’entreprise remonte au sortir de la Deuxième Guerre mondiale. À cette époque, l’entreprise familiale est spécialisée dans le commerce et la pro­ duction de sable destiné aux chantiers ferroviaires et au montage des lignes électriques. Les machines viticoles constituent une diversification supplé­ mentaire dès 1963, année durant la­ quelle les frères Loeffel vendent leurs premiers tracteurs viticoles à chenilles Lamborghini. Par la suite, les tracteurs articulés « Pierre » complètent l’assorti­ ment. Témoins de la volonté d’améliora­ tion du matériel viticole, les tracteurs

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« Pierre » étaient équipés, dans les ate­ liers neuchâtelois, d’une direction clas­ sique qui améliorait la manœuvrabilité du tracteur. Par la suite, une parcelle de vigne est plantée pour servir de terrain d’essai à leurs matériels.

Dynamisme Le dynamisme de l’entreprise du bord du lac s’est exprimé également au travers de sa participation à de nombreuses foires et expositions nationales et internationales. Les professionnels de la vigne français et italiens ont démontré un intérêt particulier pour les machines neuchâteloises. Les chenillettes proposées notamment par quelques constructeurs asiatiques se sont révélées être mal adaptées aux conditions européennes. Les machines de petits gabarits man­ quaient singulièrement de puissance, alors que les chenillettes puissantes étaient soit trop lourdes, soit d’un gabarit inadapté.

Le Viti-Star, une nouvelle gamme de 2 tracteurs à chenilles, arrive sur le mar­ ché en 2005. Le 668.V équipé d’un moteur 3 cylindres turbo de 2082 cm3 à injection directe et refroidissement à eau d’une puissance de 65 ch est disponible en trois modèles différents, caractérisés par une largeur du véhicule de 75 à 110 cm et des chenilles différentes. Il est ainsi possible de choisir le tracteur le mieux adapté à la configuration du vi­ gnoble et des espaces disponibles. Tous les modèles sont dotés d’une prise de force à entraînement hydraulique et de deux ou trois distributeurs hydrauliques à double effet, et d’un distributeur simple effet, débitant jusqu’à 25 litres d’huile par minute, et d’un relevage trois points. Les Viti-Star sont conçus pour travailler dans des pentes de 70 %. Le 680.V est le plus gros modèles pro­ posé par l’entreprise neuchâteloise. Équipé d’un moteur 4 cylindres turbo de


Viticulture n Immatriculations Législation Les chenillards sont considérés comme véhicules spéciaux (art. 26 OETV*) et disposent de quelques al­ lègements des exigences légales par rapport à un tracteur standard. Une cale pour assurer le freinage n’est pas nécessaire. De plus, sur les chenillards hydrostatiques ne dépassant pas les 30 km/h, «le frein auxiliaire servant aussi de frein de service ne doit pas être à action modérable lorsqu’il fonctionne automatiquement en cas de défaillance de l’entraînement». (art. 134 al 1 OETV*) Les petits transporteurs à chenilles conduits par un homme à pied sont considérés comme des voitures à bras et porteront une vignette de vélo. Les chenillards, en tant que véhicules spéciaux, reçoivent des plaques de contrôles brunes. Un permis G40 est donc nécessaire à la conduite de ces engins, bien que dans l’exemple des Viti-Plus, la vitesse ne soit limitée à 10 km/h. *Ordonnance concernant les exi­ gences techniques requises pour les véhicules routiers

80 ch, le 680.V est prévu pour les tra­ vaux les plus lourds comme le labour. Selon les besoins, sa largeur est variable de 95 à 140 cm. Motorisation et dimen­ sions misent à part, le 680.V dispose d’équipements et de performances hy­ drauliques identiques à ceux du 668.V. Le poste de conduite réversible, dispo­ nible sur tous les modèles développés à Boudry, améliore la polyvalence du tracteur et facilite notamment les travaux

de palissage et de prétaillage en libérant une vue dégagée sur l’outil et le travail réalisé.

Avantage à l’hydraulique Les tracteurs à chenilles Loeffel se carac­ térisent par leurs excellents systèmes hydrauliques. Cette particularité découle de l’intérêt des concepteurs pour les transmissions hydrostatiques et la sou­ plesse qu’offre un entraînement hydrau­ lique des outils. Bien que les pertes de puissance soient plus importantes qu’avec une transmis­ sion mécanique, les réglages des outils sont facilités, ce qui améliore directe­ ment la qualité du travail. Après plusieurs années de collaboration avec une entre­ prise française pour la fabrication des chenillards Viti, ces derniers sont à nou­ veau entièrement construits en terre neuchâteloise. L’acquisition par Loeffel et Cie d’un centre d’usinage et la colla­ boration avec des entreprises locales permettent en général d’honorer une commande dans un délai d’un à deux mois, pour autant que le véhicule ne s’éloigne pas trop des modèles de base. Ce retour de la production en Suisse a certes quelque peu renchéri le prix final des chenillards, mais la proximité amé­ liore la collaboration et facilite la logistique.

Assortiment et exportations Loeffel et Cie commercialise encore les prétailleuses et effeuilleuses Binger, Ero et Magnetto, les machines pour le travail du sol Braun, Gramegna, Belhomme et Rotomec. La pulvérisation est aussi un secteur important de l’entreprise, avec les marques Cima, Dragone, Fischer et Ideal. Enfin, on trouve les faucheuses de tous types pour l’entretien des inter-

Le Viti-Plus, conçu et fabriqué à Boudry.

rangs de leur propre fabrication, mais aussi des marques Dragone Braun, ETSGrenier, Rotomec et Hermes. Les acces­ soires pour la vigne sont complétés par les tracteurs Carraro, Pierre, Case, New Holland, les enjambeurs VSP et les ma­ chines à vendanger Ero. Les machines neuchâteloises seront présentées à la prochaine Vinitec de Bordeaux. Mathieu Loeffel reste optimiste pour le dévelop­ pement de son entreprise : les quelques clients, qui avaient acheté du matériel de la concurrence, sont revenus vers les VitiPlus et Viti-Star. De plus, les pressions sur les traitements réalisés par hélicoptère, notamment dans la région champenoise, ouvrent de nouvelles perspectives pour leurs puissants chenillards. A visiter : www.loeffel-fils.com n

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n Nouvelles des sections

Les participants à l’Assemblée des délégués découvriront les multiples facettes de l’agriculture neuchâteloise. (Photos: Gaël Monnerat)

Entre lac, vallées et montagnes La section neuchâteloise (ANETA), fondée en 1924, se propose de faire découvrir aux délégués de notre association les charmes de son canton. Entre la douceur du lac et la rigueur des montagnes, le comité de l’ANETA vous promet deux jours d’assemblée riches en découvertes. Gaël Monnerat

L’agriculture neuchâteloise est d’une grande diversité et fait preuve de dyna­ misme. Ces qualités se retrouvent dans le comité de l’ANETA – Association neuchâteloise pour l’équipement tech­ nique de l’agriculture – où, sous la hou­ lette de Bernard Stähli, chacun des membres représente l’un des districts du canton.

Collaboration L’ANETA n’est pas une très grande sec­ tion avec ses 500 membres. C’est pour­ quoi, elle attache une grande impor­ tance aux contacts avec les autres sections, même si Bernard Stähli constate un certains manque d’unité entre les différentes sections. Des liens particuliers se sont donc tissés avec le Jura/Jura bernois et Fribourg, notamment pour l’organisation de démonstrations de

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machines ou de journées à thèmes. L’ANETA essaie de défendre au mieux les intérêts des agriculteurs en entretenant des contacts privilégiés avec le Service cantonal des automobiles et de la navi­ gation (SCAN), la Police cantonale et la Chambre neuchâteloise d’agriculture et de viticulture (CNAV). Les rapports avec cette dernière sont en effet très étroits car le contrôle des pulvérisateurs in­ combe à la Chambre d’agriculture. L’ANETA participe à hauteur de 10 francs pour chaque pulvérisateur testé par ses membres.

Formation La formation et la prévention des acci­ dents constituent un point crucial dans les activités de la section neuchâteloise. Les cours préparatoires pour l’obtention des permis F/G sont dispensés par Gérald Brossard et attirent en moyenne quatrevingt candidats par année. La section accorde une ristourne de CHF 50.– à ses

membres dont les jeunes suivent le cours de conduite G40. Les conférences sur la circulation routière, avec la signalisation et le nouveau programme d’expertise des véhicules agricoles, ont commencé cette année dans le canton. A chaque fois, elles ont réuni un publique nom­ breux et intéressé. L’organisation des expertises sur différents sites répartis dans le canton et les informations trans­ mises aux agriculteurs constituent un excellent exemple de la bonne entente entre les services de l’Etat et l’ANETA. Les relations avec les autres organisa­ tions agricoles sont essentielles puisqu’elles favorisent l’obtention d’au­ torisations spéciales pour circuler sans plaque de contrôle sur la voie publique. Menées conjointement par la CNAV et la Société d’agriculture de la Chaux-deFonds, ces autorisations permettent aux détenteurs de véhicules sans plaque de contrôle, de circuler dans un rayon de 300 m autour de la ferme ou de rejoindre


Nouvelles des sections n un autre bâtiment de l’exploitation. Néanmoins, la demande doit inclure la liste complète des véhicules concernés, le plan du tronçon emprunté et une at­ testation d’assurance RC.

Précieux sponsors Le financement de l’ANETA souffre de la perte d’une trentaine de membres en 2009. Cette diminution s’explique d’une part, par la baisse du nombre d’exploita­ tions dans le canton (création de com­ munautés d’exploitations et cessation d’exploitations) et des démissions. L’ANETA fut la première à mettre en place un partenariat avec l’entreprise Blaser Swisslub pour vendre, avec un rabais, les lubrifiants aux agriculteurs. L’entreprise Margot Mazout à Bôle ap­ porte aussi un soutien financier bienvenu aux activités de l’ANETA. Se fixer des objectifs et d’autre part, se donner les moyens de les atteindre est la devise du comité. En organisant l’Assemblée des délégués, la section a pour but de faire découvrir la richesse du canton. Ce souhait sera exaucé grâce à la participation de nombreux sponsors dont le soutien permet l’orga­ nisation de visites variées ainsi que la découverte de quelques faces cachées du territoire neuchâtelois. Et tout cela sans faire grimper les coûts pour les participants.

Un comité dynamique

un domaine de 90 ha de SAU (céréales, colza, maïs et quatre variétés de pommes de terre en vente direct) et 0,8 ha de vignes. Pendant la belle saison, la cin­ quantaine de vaches laitières et autant de jeune bétail pâturent les 35 ha de prés d’estivage.

Werner Seiler, Brot-Plamboz Marié, quatre enfants. Depuis 14 ans, Werner est membre d’une communauté de trois exploitations. Sur les 220 ha de SAU de l’association et les deux pâturages d’estivage, les trois partenaires détiennent 80 vaches laitières, 220 génisses, dont une partie en contrat d’élevage. Autres activités : cultures de céréales, de pommes de terre et de maïs à ensiler.

Bernard Tschanz, Valangin Marié, deux enfants. Techno-imprimeur de formation, Bernard travaille dans une imprimerie, à Saint-Blaise. Il gère la sec­ tion neuchâteloise qu’il a reprise des mains de son père Robert.

André Steiner, Fenin Marié, deux enfants. André exploite un domaine de 34 ha (céréales, maïs d’en­ silage) et élève une trentaine de vaches allaitantes selon les labels SwissPrimBeef et Natura-Beef pour un total de 70 bêtes. De plus, il organise chaque année une quarantaine de randonnées accom­ pagnées par ses 13 lamas.

Bernard Stähli, Corcelles

François Rohrbach, La Chaux-de-Fonds

Marié, trois enfants. Bernard occupe la présidence de l’ANETA depuis dix ans. Associé à son frère depuis 1997, il gère

Marié, deux enfants. C’est en zone de montagne que François et son frère ad­ ministrent un domaine de 100 ha. Outre

une production laitière de 500’000 litres, les deux frères transportent le lait pour la Société de laiterie de la Chauxde-Fonds. François préside le Syndicat Holstein de la Chaux-de-Fonds.

Pierre-André Geiser, Enges Marié, deux enfants. Pierre-André gère une exploitation de 52 ha en zone de montagne comptant 13 ha de grandes cultures (céréales et maïs) et une quaran­ taine de vaches allaitantes. Il participe également au label Natura-Beef.

Simon Eschler, Fleurier Marié, deux enfants. Simon s’occupe de son domaine de 30 ha de grande culture et engraisse des veaux. Gérant d’une entreprise de travaux agricoles, il s’est lancé dans un projet de biogaz par méthanisation.

Jean-Bernard Burgat, Bevaix Marié, trois enfants. Il exploite un do­ maine mixte grandes cultures/engraisse­ ment de veaux. Depuis 23 ans au comité de l’ANETA, il est le plus ancien des membres.

L’agriculture neuchâteloise en chiffres Le canton de Neuchâtel regroupe 903 exploitations agricoles de plus d’un hectare, ce qui revient à un total de SAU d’environ 32‘600 ha, dont 27‘500 de surface herbagère. La production laitière occupe encore 57 % des exploitations, et le contingent moyen atteint à peu près 160’000 kg. Sur les 400 exploitations viti­ coles que compte le canton, seule une centaine dépasse l’hectare.  n

Le comité de l’ANETA, de gauche à droite : Bernard Stähli, président de la section NE; Werner Seiler; Bernard Tschanz, gérant; André Steiner; François Rohrbach; Pierre-André Geiser; Simon Eschler; Jean-Bernard Burgat. (Photo Gaël Monnerat)

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n ASETA

Lieux et dates 2010 Bazenheid/SG : 11.11 + 16.11. Biberbrugg/SZ : 01.10 + 12.10. Brunegg/AG. 23.09 + 28.09, 21.10 + 26.10. Bülach/ZH : 04.11 + 09.11. Bulle/FR : 21.10 + 26.10, 04.11 + 09.11. Claro/TI : 22.10 + 25.10. Corcelles-près-Payerne/VD : 07.10 + 11.10. Courtételle/JU : 28.10 + 02.11. Düdingen/FR : 04.11 + 09.11. Frauenfeld/TG : 14.10 + 19.10, 04.11 + 09.11. Goss­au/ZH : 01.10 + 13.10, 28.10 + 02.11. Hohenrain/ LU : 24.09 + 30.09, 04.11 + 09.11. Kägiswil/OW : 14.10 + 19.10. La Sarraz/VD : 13.09 + 21.09, 11.11 + 16.11. Landquart/GR : 14.10 + 19.10. Langnau/i.E./BE : 16.09 + 21.09, 14.10 + 19.10. Lindau/ZH : 21.10 + 26.10. Lyss/BE : 15.09 + 22.09, 21.10 + 26.10. Lyssach/BE : 09.09 +14.09, 23.09 + 28.09, 21.10 + 26.10. Mettmenstetten/ZH : 21.10 + 26.10. Moudon/VD : 16.09 + 23.09, 28.10 + 01.11. Niederurnen/GL : 30.09 + 05.10. Nyon/VD : 18.11 + 23.11. Oensingen/SO: 07.10 + 12.10. Saanen/BE : 07.10 + 12.10. Salez/SG : 21.10 + 26.10. Schwarzenburg/BE : 16.09 + 21.09, 19.10 + 25.10, 04.11 + 09.11. Schwyz/SZ : 23.09 + 28.09. Sissach/BL : 28.10 + 02.11. Sitterdorf/ TG : 30.09 + 05.10. Sursee/LU : 16.09 + 21.09, 28.10 + 02.11. Tramelan/JU : sur demande. Tuggen/SZ : 14.10 + 19.10. Visp/VS : sur demande. Zwingen/BL : 16.09 + 21.09. Autres lieux des courses : Aarburg/Be, Ilanz/GR, Interlaken/BE, Kägiswil/OW, Les Hautes-Geneveys/NE, Marthalen/ZH, Schöftland/AG, Willisau/LU, Zweisimmen/BE Il est déjà possible de s’annoncer maintenant pour la saison de cours 2011. Les informations avec dates et lieux des cours vous seront automatiquement transmises dans le courant du mois de janvier.

Inscription au cours G40 Lieu et date du cours Nom, prénom Date de naissance Adresse NPA, lieu Numéro de téléphone J’ai pris connaissance des conditions de ce cours Date et signature Signature du représentant légal ou du maître d’apprentissage Envoyer à : ASETA, case postale, 5223 Riniken, tél. 056 441 20 22, fax 056 441 67 31, courriel : info@agrartechnik.ch

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SVLT / ASETA 056 441 20 22

www. Avec le soutien du Fonds de sécurité routière (FSR)

acquièrent des bases solides qui leur as­ surent une bonne maîtrise de conduite. Les instructeurs sont au bénéfice de permis poids lourds et ont suivi une for­ mation spéciale pour la conduite de véhi­ cules agricoles.

  Prix du cours : CHF 540.–. Le Fonds de La Vaudoise Assurances versera un sécurité routière ristourne une somme de montant de CHF 100.– à la conclusion CHF 100.–. d’un nouveau contrat d’assurance Pour suivre le cours : véhicule à moteur à toute personne Un permis de conduite de cat. F / G qui a suivi le cours G40 (ou à un La première journée : un tracteur rou­ membre de sa famille ­habitant à la lant à 30 ou à 40 km/h, avec arceau de même adresse). Ce bon est valable protection ; les permis de circulation des deux ans à compter de la fin du cours véhicules, le document antipollution, la G40. convocation au cours. La deuxième journée : le tracteur et La Vaudoise Assurances remet un bon de 100.– valable en cas de conclusion d‘une une remorque agricole. nouvelle assurance véhicule à moteur. Après avoir réussi les examens des caté­ gories F/G, les jeunes dès 14 ans peuvent Conditions générales suivre le cours G40. Reporté dans le Les participants reçoivent la convocation permis de conduite, le G40 autorise la et la facture deux semaines avant le conduite de tracteurs agricoles et de vé­ premier jour de cours. Pour une annula­ hicules exceptionnels roulant à 40 km/h tion intervenant après ces deux semaines, au maximum. Le G40 se déroule sur un montant de Fr. 60.– sera perçu pour deux journées – 20 leçons au total – et le les frais administratifs. En cas d‘absence nombre de participants est limité à cinq. injustifiée, l‘ASETA se réserve le droit Grace à un enseignement intensif, les d‘encaisser l‘intégralité du montant de la conductrices et conducteurs de tracteur facture.   n


ASETA n Un cas spécial : les remorques Les remorques de transport, à l’opposé des remorques de travail, ne sont pas autorisées à dépasser la largeur de 2,55 m. Comme les tracteurs, les re­ morques de transport peuvent toutefois atteindre 3 m de large, pour autant que cette largeur provienne du montage de pneus larges. Cette exception concerne souvent les citernes à lisier et les épan­ deurs à compost et à fumier. Cela se justifie par leurs charges importantes et les impératifs de préservation des sols. Lesdites remorques ne sont toutefois tolérées que pour un usage agricole. Ainsi, une immatriculation industrielle n’est pas possible. La règle exigeant que la remorque ne soit pas plus large que le véhicule tracteur est valable. Dès qu’un véhicule ne respecte pas, de par ses dimensions, les conditions décrites par l’OETV*, il portera une plaque de contrôle brune. Ces véhicules spéciaux sont soumis à des conditions plus strictes.

Tout sur les véhicules spéciaux La largeur du véhicule est le principal critère de classement des véhicules agricoles dans la catégorie « véhicules spéciaux ». La Loi sur la circulation routière stipule que la largeur maximale d’un véhicule ne doit pas dépasser 2,55 m, avec une exception à 2,60 m pour les véhicules frigorifiques. Dominique Berner, SVLT

Moissonner, hacher, presser Les moissonneuses et les ensileuses au­ tomotrices sont les véhicules agricoles spéciaux classiques. En tant que chariot de travail d’une largeur inférieure à 3,50 m, les moissonneuses-batteuses sont immatriculées avec une plaque de contrôle brune. Les remorques de travail agricoles, une combinaison presse-enru­ banneuse par exemple, d’une largeur supérieure à 2,55 m sont aussi autorisées à circuler pour autant qu’elles ne dépas­ sent pas 3,50 m de largeur. La trémie d’une moissonneuse sera vidée pour circuler sur la route, et une presse ne peut servir au transport d’une balle de fourrage. * Ordonnance concernant les exigences tech­niques requises pour les véhicules routiers.

Les pneus larges Les agriculteurs et agro-entrepreneurs ont recours à des pneumatiques de grandes dimensions pour mettre en œuvre les techniques lourdes tout en préservant les sols. Par définition, un pneu est considéré comme « large » lorsque sa largeur représente au moins un tiers du diamètre extérieur du pneu. Un tracteur, ou une remorque, équipé de ce type de pneumatiques ne doit pas dépasser 3 m de large. Il faut alors immatriculer ces véhicules avec une plaque de contrôle brune pour autant que ce type de véhicule existe dans une configuration ne dépassant pas 2.55 m et que le dépassement de cette dimension ne soit dû qu’au montage de pneumatiques larges et des gardeboue ad hoc. Les châssis, essieux et cabines ne dépasseront en aucun cas 2,55 m.

Le permis ne suffit pas La conduite d’un chariot à moteur agri­ cole immatriculé avec une plaque de contrôle brune exige au moins un permis G40. Dans ce cas de figure, la vitesse maximale du véhicule ne joue aucun rôle. La personne, qui a obtenu son permis G40, est donc autorisée à con­ duire une moissonneuse-batteuse.  n

Commentaires La conduite de véhicules spéciaux dans le trafic ne doit pas être sousestimée. La conduite d’une moisson­ neuse-batteuse ou d’une ensileuse sur la chaussée exige une certaine expérience, du savoir-faire ainsi qu’une attitude responsable. Les propriétaires sont aussi concernés. Ils ne confieront la conduite de tels engins qu’à des personnes dont ils reconnaissent les capacités à ­conduire ce type de véhicules.

Véhicules spéciaux Les véhicules spéciaux sont des «véhicules qui, en raison de l’usage spécial auquel ils sont destinés ou d’autres motifs contraigants, ne peuvent répondre aux prescriptions concernant les dimensions, le poids ou le mouvement giratoire.» (OETV, art. 25 al. 1)

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n AgroSpot

Le robot d’affourragement installé à ART reçoit les quantités définies de chaque conteneurs d’attente et distribue des rations spécifiques à plusieurs groupe d’animaux, jusqu’à dix fois par jour.

Le remplissage des différents conteneurs d’attente (à l’arrière-plan) se fait au travers des parois ouvertes de l’étable. Le robot de mélange et de distribution est en position de parc.

Tänikon : affourragement automatisé sous la loupe Les détenteurs de bétail bovin attendent des systèmes d’affourragement automatiques, une réduction significative des astreintes ainsi que davantage de souplesse dans les travaux d’affourragement. Ces systèmes disposent d’un fort potentiel d’adaptation de la distribution des fourrages en fonction des besoins des animaux. Des essais avec un système d’af­ fourragement automatique (SAA) seront menés dès septembre prochain sur l’exploitation d’essai de Tänikon. Prévus sur trois ans, ils auront pour but de déterminer l’influence de ces installations sur l’éleveur et les animaux. L’étude prend en compte des paramètres définis ­concernant l’économie et le respect des besoins des animaux. Les paramètres ­suivants seront notamment étudiés : la consommation de fourrage, la production laitière, les teneurs du lait et d’hygiène des fourrages.

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L’affourragement constitue à lui seul 40% à 45% des coûts totaux de la production laitière et quelque 25% du temps de tra­ vail en production laitière (le deuxième poste après la traite). Le potentiel d’optimisation dans ce secteur est donc important. L’intérêt des producteurs de lait pour les SAA, en raison notamment des avantages liés à la distribution des rations totales ou partielles mélangées, augmente conti­ nuellement. En cette période économique difficile, nombre d’agriculteurs revoient leur stratégie et tentent d’obtenir une plus

forte production tout en maintenant les coûts au plus bas possible. Cet objectif n’est atteignable qu’avec un affourrage­ ment optimal, une détention respec­ tueuse et un troupeau en bonne santé. Malgré une part toujours plus importante de SAA en Europe, aucune donnée fiable n’est disponible concernant l’influence de ces systèmes sur la production laitière, la consommation de fourrage et le compor­ tement des animaux. L’essai d’ART a pour but de fournir les in­ formations de base pour permettre aux exploitations disposant de SAA de mettre en place des rations adaptées aux besoins et au comportement des animaux. Cet essai est réalisé par ART ReckenholzTänikon en partenariat avec le cons­ tructeur finlandais Pellon. Le SAA de l’essai est constitué d’un robot mélangeurdistributeur suspendu à un rail, de cinq conteneurs d’attente pour les composants de base de la ration et de trois vis de do­ sage pour les fourrages concentrés. La ration se compose d’ensilage d’herbe et de maïs, de pulpes de betteraves ensilées, de foin ainsi que de concentrés proté­ iques, énergétiques et de production. Le travail de l’agriculteur disposant de SAA consiste à remplir les conteneurs d’attente avec les différents fourrages, programmer le robot, surveiller les ani­ maux, évacuer régulièrement les restes de la crèche et entretenir le système.  n


ASETA n

Les largeurs de travail – sans cesse croissantes dans les champs – et la sécurité sur les routes ne doivent pas se concurrencer. L’ASETA s’investit pour cela. (Photos : Ueli Zweifel)

Bien équipés pour l’avenir C’est à Chézard-Saint-Martin, dans le canton de Neuchâtel que les délégués de l’Association suisse pour l’équipement technique de l’agriculture se réuniront le 11 septembre. Nous saisissons ici l’occasion de jeter un œil sur l’année écoulée. « L’an dernier aussi, l’ASETA a fourni de très nombreuses prestations à ses mem­ bres », constate le président central Max Binder dans l’éditorial du rapport d’activités 2009. Il rappelle en cela l’attention que l’ASETA porte aux nou­ veaux développements ainsi que son implication dans les révisions de pres­ criptions en cours. Elle est ainsi au ser­ vice d’une agriculture qui pense « entre­ prise » : « Aussi, l’ASETA continuera-t-elle de défendre les intérêts des agriculteurs contre les règlements excessifs relevant du domaine agro-technique. » Ici, le *Version abrégée : Pour de plus amples informations, consultez le Rapport d’activités à commander à l’ASETA, secrétariat, 5223 Riniken.

président parle clairement de la préven­ tion des accidents : « Dans ce secteur, la sécurité des familles paysannes, voire celle de la société, demeure pour nous une priorité absolue. » L’ASETA est bien équipée pour maîtriser les tâches à venir dans l’intérêt de l’agriculture. Pour cela, l’association s’appuie sur une équipe de collaboratrices et collaborateurs enga­ gés, sous la houlette du directeur Willi von Atzigen. Le bilan se conclut sur un total de recet­ tes de 1,8 million de francs avec un ­bénéfice de 100’000 francs. Ceci pro­ vient du fait que durant l’exercice écoulé, le nouveau poste prévu n’a pas été re­ pourvu et que le deuxième poste à la rédaction ne l’a été qu’à partir du mois de mai.

Des visages radieux lors de la signature du contrat chez Stämpfli Publications SA à Berne : Max Binder, président central; Willi von Atzigen, directeur, et Joseph Meyer, membre du Comité directeur et président de la Commission sectorielle 6 (Commission de rédaction)

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n ASETA L’obstination paie Dans le cadre de la défense des intérêts, les suggestions transmises à l’Office fédéral des routes ont œuvré pour que les ordonnances répondent aux besoins d’une agriculture productive. Une des tâches majeures de l’ASETA consiste, dans le cadre de la Loi sur l’aménagement du territoire, à trouver de bonnes solu­ tions – surtout économiques – en faveur des bâtiments des agro-entreprises et de leur infrastructure. Durant l’exercice écoulé, l’ASETA a parti­ cipé à deux auditions de l’Office fédéral des routes (OFROU) concernant les or­ donnances de la Loi sur la circulation routière (LCR). En 2009, la Station de recherche Agroscope Reckenholz-Täni­ kon ART a revu le barème des coûtsmachines. Dans ce but, l’ASETA et sa section Agro-entrepreneurs Suisse ont émis leurs avis et propositions dans la phase préparatoire.

Service technique L’ASETA est aussi active dans le groupe de travail *OETV au même titre que l’ASMA, le SPAA, ART et l’USM afin de trouver des solutions pratiques touchant la sécurité des véhicules agricoles dans la circulation routière et aux champs. C’est par le biais de diverses publications ci­ blées que l’ASETA informe ses membres. En ce sens, le service technique est à la source des informations transmises à ses membres et clients. Vu leur construction et leur vitesse, les véhicules agricoles se différencient passablement des autres véhicules et posent des questions épi­ neuses quant à leurs équipements, di­ mensions et immatriculations.

Périodique de l’association Chaque mois, Technique Agricole/ Schweizer Landtechnik – cartes de visite de l’association – sont en quelque sorte les hôtes de nos membres. La rédaction met tout en œuvre pour offrir à son lectorat un grand éventail d’articles trai­ tant de thèmes spécifiques et positionne ainsi ses périodiques sur le devant de la scène agricole. En mai, le Jurassien Gaël Monnerat a commencé son travail à la rédaction de Technique Agricole/Schweizer Landtechnik. En conséquence, les thèmes se focalisent davantage sur l’agrotechologie et, vu l’apport de textes originaux en français, Technique Agricole bénéficie sans conteste d’une plus-value.

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La préparation du premier cours pratique sur machines d’une durée de quatre semaines s’est déroulée durant l’hiver 2009. En janvier 2010, les sept premiers bénéficiaires ont suivi ce cours donné en allemand.

L’ASETA est l’un des maillons d’une longue chaîne d’organisations très diverses qui s’occupent de la sécurité routière et de l’agriculture : • ART : Station de recherche Agroscope Reckenholz-Tänikon • HESA : Haute école suisse d’agronomie Zollikofen • LBBZ : Services cantonaux de formation agricole • Agridea : Secteurs spécialisés « Construction » et « Agro-technique » • ASMA : Association suisse de la machine agricole • USM : Union suisse du métal, secteurs « Mécanique » et « Agro-technique » • AGIR/LID : Bureaux d’informations agricoles • OFROU : Office fédéral des routes • CSR : Conseil de la sécurité routière

L’ASETA siège dans les organisations suivantes : • SPAA : Service pour la prévention des accidents en agriculture (présidence de la Commission technique) • USP : Union suisse des paysans (Chambre Agricole, Grand Comité) • Routesuisse : Fédération routière suisse FRS (Comité) • SSM : Société suisse pour l’étude des carburants et lubrifiants (Comité)


ASETA n

Un public de connaisseurs attiré par des compétitions hors du commun : panachage entre le Championnat suisse de conduite de tracteurs, le Concours national de labour et la Fête des tracteurs des Amis des anciennes machines.

Manifestations Les sections s’engagent dans l’organisation de nombreuses dé­ monstrations de machines. La Fête des tracteurs de Gächlingen/SH fut l’un des évènements marquants de l’année. C’est en effet la première fois que le Championnat suisse de conduite de tracteurs et le Concours national de labour se sont déroulés sur le même site. Les Amis des anciennes machines agricoles de Suisse orientale ont su enthousiasmer le public avec leur cortège haut en couleurs. Quelque 9000 personnes se sont rendues à Herbe’09, à Oensingen/ SO, manifestation organisée par l’Association pour le développement de la culture fourragère. Co-parte­ naire de l’organisation, la section de l’ASETA Agro-entrepreneurs Suisse a profité de l’occasion pour mettre en lumière auprès du grand public l’importance des agro-entreprises dans la récolte de l’herbe.

Formation continue

Tests pour pulvérisateurs

Centre de formation Riniken : en 2009, ce centre a vu défiler une trentaine de cours. Toujours apprécié et bien fré­ quenté, le K25 (cours d’atelier sur 25 jours) a été donné à deux reprises. Après une longue interruption, le cours « Presse et enrubannage » a recueilli à nouveau un bon écho. Le taux de fré­ quentation pour les cours « Appareils à moteur » et « Soudure » était semblable aux années précédentes. Faute d’intérêt, le cours de construction n’a pas eu lieu, à l’inverse de celui sur les installations électriques.

Durant la saison 2009, 3173 pulvérisa­ teurs « grandes cultures » et 662 turbo­ diffuseurs pour l’arboriculture et la viti­ culture ont passé des tests. La plupart des appareils sont testés par les stations de contrôle des instituts agricoles ainsi que par les sections de l’ASETA. Les ateliers de machines agricoles contrôlent 45 % des pulvérisateurs « grandes cultu­ res » et 40 % des turbodiffuseurs.

Centre de formation Grange-Verney : La participation au cours de soudure a été remarquable­ ment stable, peut-on lire dans le rapport d’activités. Quant au cours de montage de cuves, il n’a suscité que peu d’intérêt. Le cours « Du neuf dans la maison » mis au programme en 2008 a été répété deux fois, avec une moyenne de 12 participantes. Une baisse de la participa­ tion a été aussi constatée dans le secteur informatique, vu que ces cours sont, depuis quelque temps déjà, intégrés à la formation de base des écoles d’agriculture .

Perspectives Comme toute autre organisation, l’ASETA doit aussi périodiquement revoir ses structures et son organisation interne en regard des conditions-cadres en constante évolution. Pour ce faire, un groupe de travail placé sous la houlette du vice-président de l’ASETA, Auguste Dupasquier, a été mis sur pied. « L’objectif premier de l’ASETA est de mettre en œuvre les ressources néces­ saires à la réalisation de nouvelles idées » écrit le directeur Willi von Atzigen. Pour conclure le rapport d’activités, le di­ recteur mentionne le nouveau position­ nement de la formation continue qu’il s’agisse du cours de conduite G40 ou des premiers cours de formation conti­ nue pour chauffeurs poids lourds.  n

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n Forum énergie

L’entreprise Solstis bénéficie d’une longue expérience dans la pose d’installation sur des toits agricoles. Elle a remporté plusieurs prix, dont notamment le « Prix solaire 2009 » pour la réalisation de l’installation Guggisberg à Zimmerwald/BE).

Photovoltaïque en agriculture En agriculture, même si le potentiel de couverture des toits pour la pose d’installation photovoltaïque est reconnu, la vocation initiale des bâtiments reste un facteur déterminant. Actif dans le domaine depuis le début des années 90, Pascal Affolter, codirecteur de la firme Solstis, a réalisé plusieurs installations photovoltaïques sur des exploitations agricoles. Il nous fait part de son expérience et des éléments à respecter pour l’exécution d’un tel projet.

Sylvain Boéchat

Peu gourmand en entretien et relative­ ment simple à mettre en œuvre, le photovoltaïque est intéressant pour plusieurs raisons. Pourtant, entre le choix des modules, les conditions de pose de ceux-ci et la présence ou non de bétail, plusieurs aspects seront pris en considé­ ration pour une intégration optimale de l’installation. En parallèle, nous ferons également le point sur les dernières adaptations concernant le rachat de l’électricité à prix coûtant (RPC). Les modules : une technologie en pleine évolution : actuellement, diffé­ rents types de modules sont sur le mar­ ché. Ceux-ci se partagent en deux gran­ des catégories : les modules cristallins et les modules dits « à couches minces ».

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Les modules cristallins : fabriqués à partir de silicium, ce sont les modules les plus commercialisés (environ 90 % de la part de marché). Deux types coexistent : les cellules monocristallines et les cellules polycristallines. Les cellules monocristallines, dévelop­ pées à partir d’un seul cristal de silicium, affichent une bonne efficacité (entre 13 et 18 %) mais leur coût reste plus élevé que celui des autres cellules. Les cellules polycristallines sont, quant à elles, fa­ briquées à partir de plusieurs cristaux de silicium. Leur efficacité (entre 12 et 15 %) est parfois inférieure à celle des cel­ lules monocristallines, mais leur coût est sensiblement plus bas. De plus, les cou­ ches antireflets proposées sur certains modules améliorent leur esthétique car leur forme strictement carrée leur per­ met de couvrir la surface entière du module.

Les modules à couches minces : cette technologie est basée sur la déposition d’un film très fin d’un matériau semiconducteur. Les produits qui en sont issus se divisent en sous-groupes. Les modules au silicium amorphe et les modules utilisant d’autres semi-conducteurs. Pour les modules au silicium amorphe : il s’agit de fines couches de silicium appliquées sur des supports rigides ou flexibles. Bien que leur efficacité soit re­ lativement faible (ente 6 et 9 %), ces cellules sont cependant meilleur marché et moins sensibles à la chaleur et au ­rayonnement diffus que les modules cristallins. Les technologies multicouches : il s’agit pour la plupart de cellules dévelop­ pées à partir d’autres éléments que le


Forum énergie n silicium comme, entre autres, le tellurure de cadmium, l’indium, le germanium. En fonction de leurs caractéristiques, le potentiel d’absorption du rayonnement solaire est élargi, ce qui permet d’augmenter le rendement des modules. C’est notamment à travers le développe­ ment de ces nouvelles technologies que les progrès attendus en matière de per­ formances et de baisse des coûts de production seront atteints.

Quels types de panneaux ? Quelles que soient leurs caractéristiques, le choix des panneaux dépendra princi­ palement : • du site retenu et des conditions liées (ensoleillement, orientation, etc.) • des garanties matérielles et de production • de leur fiabilité par rapport aux condi­ tions techniques du site (présence de bétail, besoins étanchéité) En l’état actuel des technologies com­ mercialisées, on constate que le prix est proportionnel à la puissance des pan­ neaux : quelle que soit la technologie choisie, les coûts rapportés au watt-crête (voir encadré) sont comparables. Afin de garantir la technologie la plus adéquate au site retenu, les installateurs disposent de logiciels qui déterminent le type de modules le plus adapté.

Les techniques de pose Plusieurs systèmes sont à disposition, pour la pose d’une installation sur la toi­ture. Sur un toit classique (à double pan), la technique de pose sera différen­ te selon que l’installation est intégrée ou ajoutée à la toiture. Dans la mesure où la production d’électricité bénéficiera de la RPC (voir ci-dessous), la solution retenue influencera le tarif d’indemnisation. Pour les systèmes intégrés, il faudra re­ courir aux modules de type « tuiles so­ laires ». Comme leur nom l’indique, ces modules, en plus de la production d’électricité, assurent le rôle de couver­ ture de la toiture. Dans la catégorie des installations intégrées, il existe également des modules insérés directement sur les tôles ondu­ lées destinées à couvrir le bâtiment. Si ces modules sont simples et pratiques à installer, il faut souligner que les perfor­ mances de l’installation seront nette­ ment moins élevées en raison de la perte de surface due aux cassures et reliefs des

supports. Certaines installations peuvent peser jusqu’à 20 kg/m2. Il faut s’assurer que le bâtiment est suffisamment résis­ tant pour supporter une telle charge. D’un point de vue statique, les installations photovoltaïques sont soumises aux normes SIA (SIA 232 et 261). Pour avoir un aperçu global des différen­ tes possibilités de pose des modules sur toiture, le département ISAAC de la HES du Tessin a recensé la plupart d’entre elles et les a répertoriées sur son site internet (http://www.bipv.ch/esempi_f. asp).

Les spécificités du bâtiment agricole Les surfaces de toit disponibles en agri­ culture sont particulièrement intéressan­ tes pour réaliser une installation photo­ voltaïque. Si cette dernière est destinée à un hangar agricole, sa mise en place ne nécessitera pas d’adaptation particulière. Par contre lorsqu’il y a présence de bé­ tail, certains points sont à considérer avec attention. Pascal Affolter nous en rappelle ici les principaux : L’aération du bâtiment : une ventilation suffisante est toujours à prévoir pour éviter la condensation à l’intérieur du bâtiment et limiter le développement de certaines maladies sur le bétail. L’aération se fait au moyen des méthodes tradition­ nellement utilisées (bardage, filet brise­ vent, faîtières et autres dispositifs). L’étanchéité de l’installation constitue un aspect primordial, tant pour sa longévité que pour le confort des animaux. En effet, une étanchéité insuffisante provo­ quera des nuisances aux différents composants de l’installation : l’humidité et l’ammoniac dégagés par les animaux auront un effet corrosif sur les panneaux, ce qui peut altérer leur fonctionnement. Pour y remédier, il est recommandé de prévoir une sous-toiture, les sous-cou­ ches (faces inférieures) des panneaux n’étant pas suffisantes. Selon les solutions retenues, la pose d’une sous-toiture permet également de favoriser une ventilation pour les panneaux en créant un courant entre la sous-toiture et la face inférieure du panneau. En cas de forte chaleur, la température des panneaux peut aller jusqu’à 65° C. La performance des panneaux diminue d’environ 0,4 % par

Assurer son installation Plusieurs types d’assurance sont possibles pour une installation pho­ tovoltaïque, elles couvrent notamment: • les dégâts élémentaires : incendie, eau, tempête, grêle • la responsabilité civile • les compléments éventuels : inter­ ruption d’exploitation, vol, bâti­ ment, bris de verre. Les pratiques diffèrent d’un canton et d’une commune à l’autre. Dans certains cas les installations intégrées doivent être ajoutées comme complément à l’assurance du bâtiment. Pour d’autres, les ins­ tallations raccordées au réseau (valable également pour la RPC) sont exclues de la protection par l’assurance cantonale du bâtiment.Il s’agira donc de vérifier ce qui est ef-fectivement couvert et d’éviter les doublons avec les assurances déjà existantes.

degré Celsius. Une ventilation sous les panneaux permet de limiter ces pertes. Les champs magnétiques générés par les panneaux sont faibles à condition que le câblage soit réalisé dans les règles de l’art. Par contre, l’onduleur (qui trans­ forme le courant continu en courant al­ ternatif) peut être à l’origine de l’apparition de champs magnétiques. Raison pour laquelle on recommande de le positionner à une distance suffisam­ ment éloignée du bétail et à l’écart des installations de traite. Du point du vue du câblage, il est préférable d’utiliser des canalisations (chemins de câble) métal­ liques en évitant de les faire passer trop près du bétail. Il est également recom­ mandé de ne pas câbler en boucle. Luminosité : il faudra également veiller à ce que l’installation ne prive pas le bétail de la lumière naturelle (pose de plaques translucides ou au moyen de bardages ajourés par exemple).

Ventes du courant Actuellement, la Loi sur l’énergie prévoit deux possibilités pour écouler la produc­ tion d’électricité : la rétribution du

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n Forum énergie

Lowensberg : l’entreprise Solstis a remporté plusieurs prix, dont notamment le « Prix solaire 2009 » pour l’installation Guggisberg à Zimmerwald/BE)

courant à prix coûtant (RPC) et la vente du courant sur le marché libre du courant vert ou alors par le biais des bourses solaires ou la vente de certificats garan­ tissant l’origine de la production.

Ruée sur la RPC Depuis le 1er janvier 2009, la Confédéra­ tion a mis en place le système de la Rétri­ bution à prix coûtant (RPC). Elle a pour but de rétribuer les installations de diffé­ rentes technologies. Ainsi, la force hyd­ raulique jusqu’à 10 mégawatts, le photo­ voltaïque, l’énergie éolienne, la géothermie, la biomasse et les déchets qui en proviennent sont indemnisés à des tarifs déterminés en fonction de leurs coûts de production. Le financement de la RPC est assuré par un supplément prélevé sur chaque kilowattheure con­ sommé. Actuellement limité à 0.6 ct./ kWh, il passera à 0.9 ct./kWh dès 2013. Pour le photovoltaïque, les tarifs sont définis (voir tableau ci-contre) selon la classe de puissance, mais aussi selon la catégorie de l’installation qui peut être soit : − intégrée = les panneaux font office de couverture − ajoutée = les panneaux sont posés sur une toiture existante − isolée = si l’installation est montée sur un site indépendant Le photovoltaïque a été la première technologie à atteindre le plafond qui lui était attribué, à savoir 5 % de l’ensemble

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Les modules solaires s’intègrent bien sur les bâtiments avicoles.

des moyens de la RPC. Début janvier 2010, l’on recensait plus de 6500 instal­ lations annoncées dont environ 1560 étaient déjà ou avaient été mises en service. Cependant, près de 5000 projets figurent encore sur la liste d’attente. Différentes mesures sont en cours d’adoption pour réduire la liste d’attente. La hausse du supplément maximal de 0.6 à 0.9 ct./kWh, permettra d’augmenter le plafond global et donc de la résorber dès 2011. Pour le photovoltaïque en particulier, la part des moyens de la RPC devrait passer de 5 % à 10 % ces pro­ chaines années, ce qui réduirait la liste d’attente d’environ un tiers durant 2011. Elle devrait être totalement résorbée au plus tôt en 2014. Les projets photovoltaïques, qui ne figu­ rent pas encore sur la liste d’attente ou annoncés à ce jour, doivent compter avec un délai d’attente d’environ quatre ans.

Les tarifs revus à la baisse… Début 2010, l’Ordonnance sur l’énergie qui définit les dispositions relatives à la RPC a été modifiée en vue d’apporter différentes adaptations relatives aux ta­ rifs et procédures à entamer. Pour le photovoltaïque, ces modifica­ tions ont consisté à revoir les tarifs de rétribution à la baisse. En effet, l’ordonnance prévoit une diminution annuelle des tarifs de 8 %. En parallèle, suite à une diminution de l’ordre de 20 % constatée sur le marché des pan­ neaux photovoltaïques, il a été décidé comme le prévoit l’Ordonnance sur

l’énergie, d’augmenter la baisse des ta­ rifs de 10 % supplémentaires. Dès 2010, la réduction totale du taux de rétribution pour les installations photovoltaïques s’élève ainsi à 18 %, au lieu des 8 % in­ itialement prévus. Le tableau ci-dessous présente les tarifs prévus selon l’année de mise en service. Rappelons cependant que le taux de ré­ tribution reste constant pour toute ins­ tallation sur la période durant laquelle elle y à droit, soit 25 ans.

Quel tarif pour quelle installation? Les tarifs de la colonne « Dès 2010 » ne s’appliquent qu’aux installations mises en service à partir de 2010. Le taux de rétribution défini pour une ins­ tallation dépend principalement de la date de mise en service et de la date à laquelle la réponse positive a été rendue : • pour les installations mises en service jusqu’en 2009 avec décision positive ou encore sur liste d’attente, en prin­ cipe : taux de rétribution complet (ta­ rifs colonne de gauche ci-dessus) ; • pour les installations avec décision positive en 2009, mises en service en 2010 : baisse de 8 % sur les tarifs de 2009 ; • pour les installations sur liste d’attente mises en service en 2010 : baisse de 18 % (colonne : tarifs dès 2010) ; • pour tous les autres projets sur liste d’attente ou non annoncés et mis en service dès 2011 : baisse annuelle de 8 % par rapport aux tarifs de 2010.


Forum énergie n Quand investir… aujourd’hui ou plus tard ? Etant donné l’annonce de la baisse des tarifs, il pourrait s’avérer judicieux de se lancer au plus vite dans un projet photo­ voltaïque, puisque c’est la date de l’annonce du projet qui fait foi pour dé­ terminer le tarif de rétribution. Même si un projet annoncé en 2010 était intégré à la RPC en 2014, il bénéficierait du tarif de référence de 2010 mais pour 21 ans (25 ans moins la durée de fonctionne­ ment hors contrat). Ainsi, ce n’est pas le tarif de 2014, qui sera au minimum in­ férieur de 32 % (4 * 8 %) à celui de 2010, qui s’applique. Il n’en reste pas moins qu’en parallèle, le coût des instal­ lations devrait également baisser au cours des prochaines années. Si la baisse constatée en 2009 était de l’ordre de 15–20 %, il reste difficile de prévoir si cette diminution sera plus ou moins constante pour ces prochaines années. La très forte reprise du marché photovol­ taïque en 2010, a même tendance à faire remonter les prix. Dans ces conditions, il reste difficile de déterminer quelle alter­ native choisir.

Les conditions de réussite Au vu de ce qui précède, les facteurs de succès d’un projet photovoltaïque dé­ pendent de plusieurs critères. En faisant abstraction du type de panneaux et de l’ensoleillement disponible, Pascal Affol­ ter explique les trois éléments décisifs à

Catégorie

Isolée

Classe de puissance

Jusqu’en Jusqu’en Jusqu’en Dès 2010 Dès 2010 Dès 2010 2009 2009 2009

Ajoutée

Intégrée

≤ 10 kW

65

53,3

75

61,5

90

73,8

≤ 30 kW

54

44,3

65

53,3

74

60,7

≤ 100 kW

51

41,8

62

50,8

67

54,9

> 100 kW

49

40,2

60

49,2

62

50,8

Tableau : pour les installations photovoltaïques (ct. par kWh).

ses yeux pour définir la faisabilité d’un projet : • La connexion au réseau Sur le principe, la législation spécifie que chaque gestionnaire de réseau est tenu de prendre en charge le courant élec­ trique issu des énergies renouvelables. La répartition des coûts de raccordement entre le producteur et le gestionnaire du réseau est défini dans l’Ordonnance sur l’énergie. Le producteur de courant doit prendre à sa charge les aménagements et /ou renforcements nécessaires jusqu’au point d’injection. Quant au gestionnaire du réseau, il assume les adaptations à apporter au réseau. Bien que les conditions de raccordements soient clairement spécifiées, il n’en reste pas moins que dans certains cas, leur coût peut être élevé, par exemple en raison de la distance à parcourir, et rendre impossible la réalisation d’un projet.

• Les possibilités de financement Selon la taille du projet, l’investissement à consentir peut représenter plusieurs centaines de milliers de francs. Rappe­ lons cependant que dans le cadre de l’Ordonnance sur les améliorations structurelles, des crédits d’investissement sont octroyés jusqu’à hauteur de 50 % des coûts du projet et pour un maximum de Fr. 200’000.–. • L’octroi du permis de construire constitue également une étape impor­ tante de la réalisation d’un projet. La Loi sur l’aménagement du territoire a été modifiée il y a quelque temps afin de faciliter les conditions d’autorisation pour la pose de panneaux solaires dans les zones à bâtir ainsi que dans les zones agricoles. Toutefois, si le projet devait se trouver dans un site naturel protégé, ou d’importance cantonale ou nationale, il aura peu de chance d’aboutir. D’où l’importance de s’assurer qu’aucun élé­ ment ne s’oppose à sa réalisation.  n

De quoi parle-t-on ? Watt-crête (Wc) : Unité de mesure correspondant à la puissance maximale délivrée pour un ensoleillement de 1000 watts par m2 à une température de 25° C. Puissance : Elle s’exprime en Watt-crête (Wc) par m2 et permet d’estimer la quan­ tité d’énergie produite (en kWh) selon les conditions (situation géo­ graphique, orientation, inclinaison).

Liniger : la faible pente du toit de ce hangar permet le montage de panneaux solaires sur les deux pans du toit

Rendement/efficacité : Le rendement de cellules photovol­ taïques exprime le pourcentage d’énergie lumineuse converti en électricité considérant un rayonne­ ment solaire moyen de 1000 W/m2.

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n Technique des champs

Andaineur-faneur : deux doigts d’intervalle depuis le sol assure un fourrage propre (Photos: Ueli Zweifel).

Ensilage de fourrage grossier : qualité et quantité Les hollandais sont connus pour la culture intensive de fourrage basée sur une production laitière non moins intensive. C’est pourquoi, le spécialiste des machines de récolte Krone a rencontré la presse verte sur une exploitation à Lievelde, dans la Gueldre. Thème de la rencontre : l’amélioration de la qualité et de la quantité de fourrage par l’utilisation professionnelle des machines.

Ueli Zweifel

Sur toutes les exploitations laitières pro­ gressistes de ce pays, on enfonce des portes ouvertes avec le message « qu’il serait préférable, en regard de l’estomac du ruminant et pour des raisons physio­ logiques, de produire le plus possible de lait provenant de fourrage grossier ». Cependant, on ne le répétera jamais assez : les coûts de production du four­ rage constituent un facteur de coûts considérable.

Une meilleure qualité de fourrage La spécialiste en fourrage Christine Kal­ zendorf de la Chambre d’agriculture de

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septembre 2010  Technique Agricole

Basse-Saxe met en exergue l’importance du meilleur moment de la coupe et prouve, suite à de nombreuses expérien­ ces et observations, que les fourrages fanés sont souvent ensilés plutôt trop secs que trop humides. Ceci prolonge la durée de la fermentation lactique. Le choix d’une hauteur de coupe adéquate contribue à prévenir les salis­ sures du fourrage. En fait, la fauche est souvent trop basse « en toute connais­ sance de cause ». Sur le moment, on peut espérer un plus grand volume de fourrage. Mais une règle générale dit qu’un centimètre de hauteur de coupe dans un peuplement dense, représente un quintal de masse sèche par hectare. Cette pratique repousse la croissance des graminées, ce qui favorise les adven­

tices. Les salissures ralentissent le proces­ sus de fermentation, ce qui aboutit à une formation non désirée d’acide acé­ tique et d’acide butyrique. En consé­ quence, l’appétence et le goût diminuent.

Mise en place de la technique La technique propose de nombreuses possibilités pour ensiler le fourrage fané à un taux de matière sèche idéal, soit de 22 à 25 %. Cela dit, les capacités des machines ont grandement augmenté ces dernières années et de plus en plus d’exploitations délèguent le fauchage aux agro-entreprises et autres commun­ autés de machines. Les combinaisons (parfois triples) de fau­ cheuses frontales et latérales attelées au


Technique des champs n tracteur ou à l’automotrice (Krone Big M, par ex.) sont la plupart du temps associées à un conditionneur. Lors de la démonstra­ tion, cinq méthodes possibles de mesures du taux d’humidité ont été présentées. Le graphique montre les méthodes et ten­ dances du processus de séchage. Les possibilités de combinaison ont pour but – tenant compte de la quantité et de la qualité du fourrage – de favoriser les meilleures conditions pour ensiler ou conditionner le fourrage. Cela va du dépôt du fourrage sur toute ou une partie de la surface jusqu’à la formation d’andains larges qui seront ensuite repris par des ensileuses, des presses ou des autochargeuses. Ces possibilités sont proposées par les combinaisons triples.

Une technique de fourrage bien réglée En raison des risques de salissures et une repousse retardée, il est préférable de faucher assez haut, soit à une hauteur d’environ 7 cm. Les couteaux seront ai­ guisés et intacts afin de diminuer la puissance nécessaire et de favoriser une repousse plus rapide. Faner un fourrage de qualité implique de régler avec précision l’angle et la hauteur de travail de la pirouette. Un espace de deux doigts entre le sol et les dents de la pirouette serait idéal. L’angle d’attaque de la pirouette est plus important pour les fourrages verts et les grands volumes que pour les fourrages préfanés destinés au séchage au sol ou en grange. Alors que la vitesse de fauche s’élève à 20 km/h, le fanage et la mise en andain pont des vavaux plus délicats, notamment pour les fourrages riches en structures et

comportant une forte proportion de feuilles. Vu que la vitesse de fauche est trois plus élevée que la vitesse de fanage, il faudrait – pour une dessiccation réguliè­ re et une répartition homogène du four­ rage – que la pirouette mesure trois fois la largeur de la faucheuse. De tels rende­ ments à la surface sont importants quant à la collaboration entre exploitants et à l’économie de main d’œuvre. Ceci prévaut également pour l’utilisation de l’andaineur qui s’adapte à la puissance des machines de récolte telles les ensi­ leuses, autochargeuses ou presses. Le travail de l’andaineur doit être effectué dans un temps qui permette d’assurer un taux de matières sèches uniforme sur toute la surface. Suite à cela, les andai­ neurs doubles sont apparus sur le mar­ ché et ont fait place, petit à petit, aux machines à 4 toupies et plus pour les très grandes exploitations.

Le M400 avec combinaison triple et conditionneurs illustre le dépôt du fourrage. Il faut signaler que suite à la démonstration, la repousse des plantes était faible vu le peu de précipitations.

Si pour les céréales, le maïs et les cultures sarclées, le rendement est clairement déterminé, il en va autrement des cultu­ res fourragères dont les frais de produc­ tion représentent une grande part des charges de l’exploitation. Il est important de récolter les fourrages grossiers avec le plus grand soin et d’utiliser les tech­ niques adaptées, la météo restant un facteur décisif.  n

Accident et mort de gibier pendant la fenaison Vu l’augmentation énorme de leurs performances, les techniques de fauche ont causé – et causent tou­ jours – de sérieux problèmes que l’on tend à ignorer. On constate en effet un nombre croissant de jeune gibier et d’oiseaux nichant à même le sol tués durant la fenaison. Comme les animaux ne peuvent pas s’enfuir, ils se cachent dans les her­ bes. Lors de la rencontre chez Krone, ce sujet a été débattu et reconnu comme étant un problème majeur. Même s’il n’existe pas de recette miracle pour y remédier, des moyens de dissuasion simples tels des dra­ peaux ou autre bâche les tiendront à distance. Toutefois, les animaux dissimulés dans une surface prête à être fau­ chée ont de fortes chances de s’en tirer si la machine commence au milieu et fauche vers l’extérieur. De toute façon, il ne faut pas faucher en escargot, de l’extérieur à l’intérieur.

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n ASETA Immatriculation 1re moitié 2010 : lutte très serrée aux trois premières places Les immatriculations de tracteurs, selon les statistiques de l’ASTRA, affi­ chent un léger recul de 2,5 % par rapport à la même période de l’année dernière. Les résultats des trois premi­ ères marques restent très serrés. Fendt (+41)*, qui confirme sa forte progres­ sion, ne dispose que de 7 unités Tracteurs Fendt John Deere New Holland DeutzFahr Hürli­ mann Claas MF Case-IH Lindner Steyr Landini McCor­ mick Same Valtra Kubota Rigi Trac Zetor Carraro Lamborg­ hini De Pietri Total

2008 134

2009 163

2010 204

196

187

202

198

224

197

146

116

117

90

83

88

90 94 51 30 82 24

57 94 69 46 60 29

78 69 50 50 50 32

21

28

29

67 48 13 8 1

39 36 13 15 18 4

27 24 19 8 4 2

1

1

1 1295

1282

d’avance sur New Holland (–27)*, qui a cédé la deuxième place à John Deere (+15)*. Plus bas dans le tableau, Mas­ sey Fergusson (–25)*, Case IH (–19)*, Zetor (–14)* enregistrent les plus fortes baisses par rapport à 2009. Il faut en­ core relever les excellents résultats de Claas, qui réalise 21 immatriculations de plus que l’année dernière à la même période. *différences 2010-2009 à la même période.

Groupes CNH (Case IH, New Holland, Steyr) AGCO (Fendt, MF, Valtra) Same Deutz-Fahr (Deutz-Fahr, Same, Lamborghini, Hürlimann) John Deere ARGO Transporteurs Reform Aebi Lindner Schiltrac Caron Total Faucheuses à deux essieux Reform Aebi A. Carraro BCS Ferrari Pasquali Valpadana Total

1250

2009

2010

%*

331

353

297

-15.9

276

293

297

1.4

304

239

232

-2.9

196 45

187 57

202 61

8.0 7.0

2008 77 38 20 11 4 150

2009 2010 78 68 42 28 22 22 10 5 1 152 124

2008

2009

2010

108 81 21 3

83 74 10 5 4 3 1 180

75 68 17 6 1 1 168

Bulletin de commande ASETA Combinaison enfants 100 % coton, bleu/rouge

Combinaison, rouge-noir, CHF 82.– 60 % coton, 40 % polyester Combinaison, rouge, CHF 60.– dans la limite des stocks disponibles 75 % coton, 25 % polyester Salopette, rouge, CHF 58.– 75 % coton, 25 % polyester T-shirt, gris chiné, CHF 18.– 100 % coton

Age Taille CHF Quantité Taille Quantité Taille Quantité Taille Quantité Taille Quantité

2 3 92 98 38.–

4 104

6 8 10 12 14 116 128 140 152 164 43.– 48.–

S = 44/46 M = 48/50 L = 52 / 54 XL = 56 / 58 44

46

48

50

54

56

58

44

46

48

50

52

54

56

S

M

Les frais d’envoi sont facturés en sus. Paiement dans les 30 jours, net. Nom

Prénom

Adresse NPA, Lieu Envoyer à ASETA, case postale, 5223 Riniken, fax 056 441 67 31

L

58 XL

7 octobre 2010 Les thèmes : TA spécial  Betteraves sucrières : technique d’arrachage, guidage, tassement des sols

Technique à la ferme  Chargeurs compacts et télescopiques: utilisations, normes et risques

2008

213

Le numéro 10/2010 paraîtra le

Technique des champs  Série d‘articles : utilisation communautaire de machines

Impressum 72e année Editeur Association suisse pour l’équipement ­technique de l’agriculture (ASETA), Willi von Atzigen, directeur Rédaction Ueli Zweifel : red@agrartechnik.ch Gaël Monnerat : g.monnerat@agrartechnik.ch Abonnement, changement d’adresse case postale, 5223 Riniken tél. 056 441 20 22, fax 056 441 67 31 internet : www.agrartechnik.ch Annonces Espace Media SA, Agro-Publications, Dammweg 9, case postale, CH-3001 Berne Barbara Gusset, tél. 031 330 30 17, fax 031 330 30 57 inserate@agripub.ch, www.agripub.ch Vente des annonces Daniel Sempach, tél. 034 415 10 41 e-mail : daniel.sempach@agripub.ch Daniel Banga, tél. 031 330 37 54 e-mail : daniel.banga@agripub.ch Tarif des annonces Tarif valable : 2010 Rabais de 25 % sur la combinaison avec Schweizer Landtechnik Imprimerie et expédition Stämpfli Publications SA Wölflistrasse 1, 3001 Berne Coordination de production Roberto Bruno Paraît 11 fois par an Prix de l’abonnement Suisse : CHF 107.– par an (2,3 % TVA incluse) Gratuit pour les membres ASETA Etranger : CHF 133.–, € 82,– Le numéro 10/ 2010 paraîtra le 7 octobre 2010 Dernier jour pour les ordres d’insertion : 17 septembre 2010


Rapport ART 722

Comparaison entre production intégrée et production biologique – essai de Burgrain Résultats de l’essai sur les systèmes de production à Burgrain de 1991 à 2008

Juillet 2010

Auteurs Urs Zihlmann, Werner Jossi, Caroline Scherrer, Heinz Krebs, Hans-Rudolf Oberholzer, Gregor Albisser Vögeli, Thomas Nemecek, Walter Richner, Ernst Brack, Lucie Gunst, Jürg Hiltbrunner, Marcel van der Heijden, Peter Weisskopf, David Dubois, Fritz Oehl, ART urs.zihlmann@art.admin.ch Ruedi Tschachtli, Centre de formation professionnelle Nature et Nutrition BBZN, Schüpfheim

Fig. 1: Le essais comparatifs avec différents systèmes de production, comme ceux mis en place sur le site de Burgrain de 1991 à 2008, s’intègrent très bien dans la formation professionnelle et continue des agricultrices et des agriculteurs (Photo: Urs Zihlmann, ART).

Andreas Nussbaumer, Exploitation agricole Burgrain, Alberswil Impressum Edition: Station de recherche Agroscope Reckenholz-Tänikon ART, Tänikon, CH-8356 Ettenhausen, Traduction Regula Wolz, ART Les Rapports ART paraissent ­environ 20 fois par an. Abonnement annuel: Fr. 60.–. Commandes d‘abonnements et de numéros particuliers: ART, Bibliothèque, 8356 Ettenhausen T +41 (0)52 368 31 31 F +41 (0)52 365 11 90 doku@art.admin.ch Downloads: www.agroscope.ch ISSN 1661-7576

L’essai sur les systèmes de production mis en place à Burgrain en 1991 dans des conditions proches de la pratique avait pour but d’étudier l’impact d’un apport réduit en éléments nutritifs et d’une protection phytosanitaire extensive dans les grandes cultures en quantifiant les performances environnementales et les rendements. Il s’agissait également d’évaluer la rentabilité de trois systèmes de production d’intensités différentes. Pour ce faire, les parcelles de l’exploitation mixte de Burgrain à Alberswil LU ont été divisées en trois bandes de 0,65 ha chacune et cultivées dans le cadre d’une rotation de six ans, grandes cultures – prairies temporaires. Trois systèmes de production ont été pratiqués: PIintensif (intensité d’exploitation locale habituelle, 2,3 UGBF/ha, PER), PIextensif (protection phytosanitaire ré­duite et apport réduit en engrais azotés,

culture Extenso, PER) et biologique (1,7 UGBF/­ha, selon les directives de l’agriculture biologique). Les principes de base de la production végétale ayant été respectés, une production de qualité a pu être obtenue autant dans les grandes cultures qu’en production fourragère, et ceci également avec les méthodes biologique ou extensive; toutefois, certaines années se sont caractérisées par une mauvaise formation du grain dans les céréales fourragères. La bonne qualité du sol sur le site d’essai et le savoir-faire des exploitants ont permis de réaliser de bons rendements Extenso et de très bons rendements Bio. Ce sont les céréales fourragères et le colza qui ont accusé les déficits de rendement les plus lourds par rapport au système PIintensif – jusqu’à 40 pour cent certaines années. Grâce aux paiements directs actuels pour l’agriculture biologique et


n Rapport ART 722 aux prix plus élevés des produits Bio, les marges brutes des grandes cultures Bio étaient nettement meilleures que celles des cultures PI intensives et extensives. Toutefois, la charge de travail était plus élevée dans la production Bio, notamment pour la lutte contre les rumex dans les prairies temporaires. Le semis direct des prairies temporaires dans le système Bio a permis de réduire considérablement cette charge de travail. Grâce aux bons rendements, l’analyse du cycle de vie des grandes cultures Bio et Extenso était également meilleure que celle du système PIintensif. L’intensité du travail du sol et les apports d’engrais de ferme

étant similaires dans tous les systèmes, on n’a observé aucune différence de qualité du sol. Il faut souligner que la présente évaluation des systèmes de production ne prend pas en compte la situation de l’exploitation dans son ensemble. Avant de se décider pour ou contre un système de production donné, d’autres facteurs doivent également être pris en considération, dont les coûts de structure (p. ex. coûts fixes pour les machines, coûts des bâtiments), directives de production dans le domaine des cultures spéciales et de la production animale, main-d’œuvre disponible, préférences personnelles.

Problématique

Description du site et de l’essai

Pratiquement toute la surface agricole utile de la Suisse est aujourd’hui (en 2009) exploitée selon les prestations écologiques requises (PER) exigées pour bénéficier des paiements directs fédéraux. Un dixième de cette surface est cultivée selon les règles de l’agriculture biologique. Qu’en est-il des rendements ainsi que des performances économiques et environnementales de ces modes de production? Quelles sont les répercussions d’une réduction de l’apport en éléments nutritifs et de la protection phytosanitaire dans les grandes cultures? La durabilité de l’exploitation s’en trouve-t-elle améliorée? La station de recherche Agroscope Reckenholz-Tänikon ART et la centrale de vulgarisation agricole du canton de Lucerne ont mis en place dès 1991 un essai sur les systèmes de production à Burgrain afin de répondre à ces questions. Les essais réalisés sur une exploitation mixte à Alberswil LU se caractérisent par un mode d’exploitation proche de la pratique et par l’étude de trois systèmes de production d’intensités différentes, avec toutes leurs interactions et leurs effets longue durée. Grâce à la collaboration entre les différents groupes de recherche d’ART et les conseillers sur le terrain, ainsi qu’à l’important engagement des exploitants, l’essai, qui a duré 18 ans, a permis d’approfondir la connaissance des systèmes de production étudiés sur le plan de la production, de la qualité et d’autres paramètres sélectionnés relatifs à l’environnement et à la rentabilité. Ces dernières années, les travaux ont bénéficié du soutien généreux de la fondation Agrovision Burgrain et de la fondation Hauser. Depuis le 1.1.2009, l’ensemble du domaine est exploité selon les règles de l’agriculture biologique dans le cadre du projet «Burgrain Bioplus». C’est pourquoi l’essai sur les systèmes de production s’est achevé avec les récoltes 2008.

L’essai sur les systèmes de production de Burgrain a eu lieu dans une exploitation mixte dont la structure est typique de la région de Suisse centrale (cf. encadré). Le site d’essai est caractérisé par un climat à précipitations abondantes. Sur les six parcelles d’essai, cinq se situent sur les anciens terrains alluviaux de la Wigger et la dernière – «Kastelen» – se trouve sur des dépôts morainiques sur un terrain légèrement en pente. Les sols profonds, mi-lourds et calcaires de la plaine alluviale (ancienne zone alluviale) présentent en moyenne 4 % d’humus et 22 % d’argile dans la couche arable. Le sous-sol est légèrement influencé par les eaux souterraines (remontée capillaire de l’eau). Ce sont des sols à bons rendements qui possèdent un fort potentiel naturel de minéralisation de l’azote. Le sol brun profond et

Exploitation Burgrain, Alberswil (canton de Lucerne) Elevage de vaches laitières (exploitation de pâture), élevage porcin et engraissement de poulets; grandes cultures avec production de semences de céréales Surface agricole utile Dont terres assolées (prairies temporaires comprises Altitude Précipitations annuelles moyennes Température annuelle moyenne

40

septembre 2010  Technique Agricole

40,5 ha 23,0 ha 520 m 1100 mm 8,5 °C

Tab. 1: Rotation de 1991 à 2008 dans l’essai sur les systèmes de production, Burgrain, Alberswil LU.

1ère année 2ème année 3ème année 4ème année 5ème année 6ème année

Rotation 1991–2002

Rotation 2003–2008

Pommes de terre* Blé d’automne ** Maïs-grains Orge de printemps Prairie temporaire Prairie temporaire

Maïs-ensilage Blé d’automne Colza Orge d’automne Prairie temporaire Prairie temporaire

* Couverture végétale avec de la moutarde jaune/moutarde de Sarepta ou des navettes ** Puis culture dérobée hivernante à base de ray-grass, de trèfle violet et de trèfle d’Alexandrie (mélange standard 210)

Remarque De 1991 à 2000, des relevés de rendement et de qualité ont été effectués sur six autres parcelles sur lesquelles la rotation était la suivante maïs-ensilage – avoine de printemps – orge d’automne – prairie temporaire – prairie temporaire – prairie temporaire. Des calculs de rentabilité ont également été réalisés. Les paramètres des cultures maïs-ensilage et orge d’automne figurant dans le présent rapport ART sont tirés de cette rotation. Les résultats des autres cultures ainsi que des grandes cultures qui n’ont été mises en place que de 1991 à 2002 (pommes de terre, maïs-grains et orge de printemps, cf. tab. 1) proviennent de la Schriftenreihe 52 de la FAL (Agroscope 2004).


Rapport ART 722 n Tab. 2: Caractéristiques des trois systèmes de production dans l’essai de Burgrain, Alberswil LU. Système de production

Caractéristiques

PIintensif

Intensité d’exploitation locale habituelle, PER fournies Protection phytosanitaire importante et apport d’engrais élevé PER fournies, forte importance de l’aspect écologique Réduction de la protection phytosanitaire et de l’apport d’engrais Production Extenso (y compris label PI-Suisse) de céréales et de colza Renoncement aux engrais minéraux et aux produits phytosanitaires chimiques de synthèse Exception («Low Input»): de 1991 à 1996 fongicides de contact de synthèse dans les cultures de pommes de terre et herbicide sélectif contre les germes de rumex dans les semis de prairies temporaires

PIextensif

Bio: agriculture biologique à l’échelle parcellaire à partir de 1997 (de 1991–1996 système «Low Input» semblable à la production Bio) PI = production intégrée PER = prestations écologiques requises

Fig. 2: Lorsque la même culture (colza par exemple) est cultivée avec des intensités différentes sur une même parcelle, il est très facile de voir l’influence du mode d’exploitation à partir de l’évolution des plantes (Photo: Urs Zihlmann, ART). légèrement acide de la parcelle «Kastelen» présente une teneur en humus de 2,6 % et en argile de 17 %, soit une composition semblable à de nombreuses terres assolées sur moraine et graviers sur le Plateau suisse. Cette parcelle se distinguait généralement des parcelles de la plaine alluviale en ce qui concerne les mesures relatives au sol (p. ex. paramètres microbiologiques du sol). La rotation de six ans comportait quatre années de grandes cultures et deux années de prairies temporaires (tab.  1). A partir de 2003, les pommes de terre ont été remplacées par du colza et l’orge de printemps par de l’orge d’automne. Pour la comparaison des systèmes de production (tab. 2), chacune des six parcelles a été subdivisée en trois bandes fixes d’environ 65 ares, répondant chacune aux règles d’un des trois modes de production (tab. 3; fig. 1). Des surfaces de référence homogènes et comparables d’environ 3 à 4 ares ont été définies sur chaque bande pour les besoins des analyses de sol. La quantité totale d’engrais de ferme épandus a été échelonnée entre les différents systèmes de production. Les 1,7 unités gros bétail fumure en moyenne par hectare dans le système Bio reflètent la charge en bétail relativement élevée dans les exploitations biologiques de cette région (systèmes PI: env. 2,3 unités gros bétail fumure par hectare). Dans le système PIintensif, le lisier a presque exclusivement été épandu dans les prairies temporaires; dans les systèmes

PIextensif et Bio, les grandes cultures ont reçu des apports de lisier réguliers. De 1997 à 2008, le total des intrants d’azote rapidement disponibles dans les grandes cultures et les prairies temporaires représentait 78 % du système PIintensif dans le système PIextensif, et 54 % dans la production Bio (tab. 3). Le niveau de la fumure azotée dans le blé et l’orge était plus bas (valeurs Nmin élevées, risques de verse). De 1997 à 2008, on a pratiqué en moyenne quatre traitements phytosanitaires par grande culture et par an dans le système PIintensif. Dans le système PIextensif, le nombre de traitements était encore de deux à cause de la culture Extenso des céréales et du colza (renoncement aux fongicides, insecticides et régulateurs de croissance). Dans la production Bio, on enregistre 0,6 traitement du fait de l’utilisation de cuivre dans les pommes de terre. A cause du mildiou, ce sont les pommes de terre qui ont nécessité le plus gros apport de produits phytosanitaires.

Résultats des essais Rendement et qualité des grandes cultures Les différences entre les trois systèmes PIintensif, PIextensif et Bio en ce qui concerne la quantité et la forme des apports azotés, l’utilisation de produits phytosanitaires, ainsi que les différences de travail du sol pendant la troisième rotation (2003–2008) avaient un impact très net sur les rendements des grandes cultures. Sur l’ensemble de la période d’essai de 1991 à 2008, les pertes de rendement moyennes du système PIextensif dans les quatre grandes cultures (maïs-ensilage, blé d’automne, colza et orge d’automne) représentaient 14,8 %, par rapport au système PIintensif, celles du système Bio 21,2 %. Les rendements des grandes cultures PIintensif correspondaient largement au niveau de rendement habituel des systèmes de production similaires dans la région (fig. 3). Les pertes de rendement des céréales d’automne (maladies, stockage) et du colza (méligèthes du colza) dans les systèmes PIextensif et Bio étaient nettement plus importantes que celles du maïs-ensilage. PIextensif, système aux rendements les plus stables Afin de pouvoir se prononcer sur la stabilité des rendements dans les grandes cultures, on a calculé dans quelle mesure les rendements annuels des différentes grandes septembre 2010  Technique Agricole

41


n Rapport ART 722 Tab. 3: Mesures d’exploitation des trois systèmes de production de 1997 à 2008 dans l’essai de Burgrain, Alberswil LU. PIintensif

PIextensif

Bio

Travail du sol

Utilisation de la charrue (à partir de 2003 labour hors sillon), préparation intensive du lit de semence; semis de la prairie temporaire sans labour

Utilisation de la charrue jusqu’en 2002 (1997–2002 labour hors sillon), à partir de 2003 sans labour/semis sous litière (cultivateur, semis en bandes fraisées, parfois semis direct), préparation plus extensive du lit de semence

Utilisation de la charrue (à partir de 1997 labour hors sillon), mise en place de la prairie temporaire parfois avec semis direct

Choix des variétés

Suivant les débouchés (production de semences de céréales)

Comme pour la PI, parfois avec des mélanges plus compétitifs pour prairies temporaires

Protection phytosanitaire Céréales Herbicides, fongicides, régulateurs de croissance, insecticides rares

Culture Extenso, parfois dose réduite d’herbicides

Aucun auxiliaire, hersage, parfois sans lutte mécanique contre les adventices

Colza

Herbicides, fongicides, insecticides

Culture Extenso

Aucun auxiliaire, pas de lutte mécanique contre les adventices

Pommes de terre

Herbicides, fongicides, parfois insecticides, destruction chimique des fanes

Sarclage, fongicides selon PhytoPRE, Sarclage, emploi de cuivre max. 4 kg défanage Cu/ha, défanage

Maïs

Herbicides sur toute la surface Pas de granulés

Traitement herbicide localisé Sarclage (sarcleuse-étoile) Sarclage à partir de 2003 semis en bandes fraisées (parfois semis direct) Pas de granulés

Prairie temporaire

Herbicides après le semis contre Herbicides après le semis contre les germes de rumex, traitement les germes de rumex, traitement chimique plante par plante chimique plante par plante

Arrachage des rumex à la main

Stratégie de fumure

Lisier pour les prairies temporaires

Lisier pour le maïs, le colza, les prairies temporaires et parfois les céréales Fumier pour les pommes de terre, Fumier pour les pommes de terre, le maïs et le colza le maïs et le colza

Lisier pour les grandes cultures et les prairies temporaires

Engrais minéraux azotés pour les Compléments avec des engrais grandes cultures minéraux azotés pour les grandes cultures

Pas d’engrais minéraux

148 kg/ha et an (100 %)

115 kg/ha et an (78 %)

80 kg/ha et an (54 %)

68 kg/ha et an

38 kg/ha et an

0 kg/ha et an

Azote rapidement disponible (en %), dont sous forme d’en­ grais minéraux azotés

PIintensif 100%

188 dt MS/ha 70 dt/ha

PIextensif

42 dt/ha

Fumier pour les pommes de terre, le maïs et le colza

Bio

73 dt/ha

80% 60% 40% 20% 0% Maïs-ensilage 42

Blé d’automne

septembre 2010  Technique Agricole

Colza

Orge d’automne

Moyenne

Fig. 3: Rendements moyens relatifs (PIintensif = 100 %, avec indications chiffrées du rendement) des grandes cultures dans les trois systèmes de production de 1991 à 2008 (colza 2003– 2008).


Rapport ART 722 n

Fig. 4: Mise en place de maïs avec semis en bandes fraisées dans le système PIextensif après deux années de prairie temporaire. Le rendement moyen du système PIextensif de 2003 à 2008 était inférieur de 10 % à celui du système PIintensif avec labour (191 dt MS/ ha). Le rendement moyen du système Bio avec labour et deux sarclages était 6 % en dessous (Photo: Bettina Nussbaumer, Burgrain). cultures déviaient de la moyenne annuelle des rendements de cette culture sur l’ensemble de la période d’exploitation, ce, pour chacun des trois systèmes de production. Dans le système PIextensif, les rendements annuels se situent dans 70 % des cas dans une fourchette de plus ou moins 10 % par rapport à la moyenne annuelle des rendements. Dans le système Bio, 64 % des cas se situaient dans cette fourchette et 54 % dans le système PIintensif. Par conséquent, le système PIextensif avait des rendements plus réguliers que les systèmes PIintensif et Bio. Dans le système PIextensif, on n’a relevé des rendements 25 % supérieurs et 25 % inférieurs à la moyenne annuelle des rendements que dans 4 % des cas; ce pourcentage était de 9 % dans le système Bio et de 13 % dans le système PIintensif. Maïs top dans tous les systèmes de production Le niveau très élevé des rendements de maïs-ensilage dans tous les systèmes de production est frappant. Les conditions qui caractérisent le site de Burgrain – sols profonds, riches en éléments nutritifs, précipitations régulières et suffisantes, climat doux – sont favorables à la culture du maïs. Le système PIintensif a obtenu en moyenne un rendement de 188 dt de MS/ha pour le maïs-ensilage (moyenne 1991–2008, fig. 3). Par rapport au PIintensif, le PIextensif a accusé un déficit de rendement de 4,4 % seulement. Le rendement du système Bio ne se situait que 2,8 % en dessous du système PIintensif et dépassait donc celui du système PIextensif. La culture du maïs Bio s’est généralement déroulée sans problème. La sarcleuse étoile utilisée a permis d’obtenir de bons résultats pour la régulation des adventices, avec généralement deux passages. Les problèmes de ray-grass d’Italie dans le maïs Bio ont disparu après modification de la rotation (à partir de 2003 culture précédente, prairie temporaire de deux ans MS 330 au lieu de la culture dérobée hivernante MS 210). L’apport en éléments nutritifs a été assuré sans problème avec les engrais de ferme (fumier et fumure de couverture à base de lisier épandu avec tuyaux souples). Le léger déficit de rendement du maïs PIextensif s’explique notamment par les fluctuations plus importantes des rendements durant la

troisième période de rotation (2003–2008) avec un travail du sol réduit (semis en bandes fraisées ou semis direct; fig. 4). En effet, l’exploitation de la culture précédente (prairie temporaire) et l’épandage de fumier ont conduit à une importante formation d’ornières les années où les précipitations étaient fortes au printemps. Dans ces conditions, le semis sur bandes fraisées et surtout le semis direct n’ont pas permis d’atteindre tout à fait le niveau de rendement obtenu avec le labour. Rendements élevés du colza Bio Durant les six années pendant lesquelles il a été cultivé (2003–2008), le colza a obtenu un rendement moyen de 42,4 dt/ha dans le système PIintensif. Du fait du renoncement aux insecticides et aux fongicides, le rendement du système PIextensif était en moyenne de 18,7 % inférieur, soit de 7,9 dt/ha. Ces pertes de rendement étaient essentiellement dues à l’infestation par le méligèthe du colza, principal ravageur de cette culture. La variété hybride utilisée, Talent, parvenait relativement bien à compenser les dégâts du ravageur, de sorte que des rendements d’au moins 28 dt/ha ont pu être atteints, même les années où l’infestation par le méligèthe du colza était très importante. L’infestation par la pourriture des tiges et du collet (Phoma; estimation de l’infestation des chaumes après la récolte) était toujours nettement plus forte dans les systèmes PIextensif et Bio que dans le système PIintensif et s’est traduite par des déficits de rendement supplémentaires pour cause de maturation précoce et de perte de grains. Dans le système PIextensif, le colza a été mis en place sans labour après le blé d’automne. En général, cette technique a donné de bons résultats, sauf la première année de culture du colza (2003), l’enfouissement insuffisant de la balle et des chaumes de blé ayant inhibé la germination du colza et entraîné des problèmes de développement. Comme le laps de temps disponible entre la récolte du blé et le semis de colza n’était pas suffisant certaines années sur le site de Burgrain pour enfouir correctement les chaumes de blé, les repousses de blé ont parfois dû être traitées avec un herbicide spécial dans le colza septembre 2010  Technique Agricole

43


n Rapport ART 722 80.9

80.4

PIextensif

Bio

80.2

70 67.2

kg/hl

60

63.5

63.5

50 40 30 20 10 0 Blé d’automne (Standard 77–79 kg)

Orge d’automne (Standard 64–67 kg)

Fig. 5: Poids moyens à l’hectolitre (kg/hl) du blé d’automne et de l’orge d‘automne dans les trois systèmes de production (1997–2008). Les valeurs supérieures ou inférieures aux valeurs standards entraînent des suppléments ou des déductions de prix. PIextensif. Les rendements du colza Bio fluctuaient largement entre 12,3 et 37,7 dt/ha (moyenne: 27,9 dt/ha). En moyenne, le rendement du colza Bio était inférieur de 34,3 % par rapport au colza PIintensif, soit 14,5 dt/ha. Par rapport aux céréales d’automne, la concurrence des adventices était nettement plus importante dans le colza à cause de la date de semis plus précoce. Les adventices – notamment ortie rouge et mouron des oiseaux – opposaient une forte concurrence au colza à l’automne et au printemps. Mais ces adventices mourraient en général avant la récolte du colza. Au printemps, le colza a besoin de beaucoup d’éléments nutritifs rapidement disponibles, notamment d’azote; dans la culture Bio, ces besoins n’ont souvent pu être que difficilement couverts par le seul apport de lisier (notamment à cause de la portance du sol dans la parcelle de colza). Pour compenser les pertes de plantes dues aux dégâts des ravageurs (limaces notamment), la quantité de semis a été augmentée d’environ 20 % dans le colza Bio par rapport au système PIintensif. Production Extenso: rendements plus stables dans le blé d’automne que dans l’orge d’automne La culture de céréales à Burgrain est marquée par une forte pression des maladies et par un potentiel élevé de minéralisation de l’azote dans les sols profonds et humides. Les déficits de rendement dans le système PIextensif (renoncement aux fongicides, aux insecticides et aux régulateurs de croissance, apports réduits en azote) par rapport au système PIintensif s’élevaient en moyenne à 9,3 dt/ha (–13,3 %) dans le blé d’automne et à 16,6 dt/ha (–22,9 %) dans l’orge d’automne. Les différences de rendement entre le système PIextensif et le système Bio étaient de 2,0 dt/ha pour le blé d’automne et de 3,1 dt/ha pour l’orge d’automne, ce qui est étonnamment peu. En raison de la bonne résistance aux maladies des variétés de blé d’automne utilisées (classe Top généralement), les déficits de rendement étaient nettement plus limités que pour l’orge d’automne. Les peuplements denses de blé Bio (rendement moyen 1991–2008: 58,6 dt/ha) sont généralement parvenus à bien refouler les adventices. Par conséquent, la concurrence exercée par les adventices est restée relativement réduite. Souvent, il a même été possible de 44

septembre 2010  Technique Agricole

renoncer à la régulation mécanique des mauvaises herbes. La fertilisation moins importante dans le système Bio que dans le système PIextensif (certaines années, on a même renoncé à tout apport d’engrais [cf. fig. 13]) n’a pratiquement pas causé de pertes de rendement sur les sols de Burgrain riches en éléments nutritifs, avec un potentiel élevé de minéralisation de l’azote. Par conséquent, dans de telles conditions, l’emploi d’herbicides et d’engrais minéraux azotés, de toutes façons très limité à cause du risque de verse, n’a apporté que des rendements supplémentaires marginaux dans le système PIextensif par rapport au système Bio. La grande stabilité des rendements du blé d’automne PIextensif et Bio est remarquable et témoigne de la robustesse des variétés de blé d’automne sélectionnées en Suisse. Le rendement de l’orge d’automne s’est considérablement accru durant la troisième période de rotation de 2003 à 2008 (rendement moyen PIintensif 85,9 dt/ha), sans doute grâce au précédent cultural (colza). La situation des parcelles dans la vallée de la Wigger et le site bien arrosé et relativement abrité du vent ont favorisé l’apparition des maladies fongiques (oïdium, rhynchosporiose, nécroses mou­chetées). Dans les systèmes PIextensif et Bio (tous deux sans fongicide), ces maladies ont conduit à une maturation précoce et donc à des pertes de rendement significatives par rapport à l’orge d’automne PIintensif traitée, elle, aux fongicides. La fumure azotée plus importante dans le système PIextensif que dans le système Bio n’a eu que peu d’impact positif sur les rendements dans ces conditions. Au contraire, elle a parfois entraîné des problèmes de verse plus importants dans l’orge Extenso. Etant donné l’absence de véritables adventices problématiques, le renoncement à la lutte chimique contre les mauvaises herbes dans le système Bio n’a pratiquement pas eu non plus de conséquences négatives sur les rendements par rapport au système PIextensif. L’intensité de culture influe sur le poids à l’hectolitre Le poids à l’hectolitre donne des informations sur la formation des grains. C’est un facteur de qualité important dans la production céréalière. Il dépend en grande partie des variétés. Le site, les conditions météorologiques et l’intensité culturale ont également un impact sur le poids à l’hectolitre. Le poids moyen à l’hectolitre du blé d’automne (variétés 1997–2008: six fois Runal, deux fois Titlis, deux fois Siala, PIintensif 14

14.7

14.4

PIextensif

Bio

14.2

12 10 %

PIintensif 80

10.5

10.7

10.5

8 6 4 2 0 Blé d’automne

Orge d’automne

Fig. 6: Teneurs moyennes en protéines (%) du blé d’automne et de l’orge d‘automne dans les trois systèmes de production (1997–2008).


Rapport ART 722 n

Fig. 7: Les différents apports de lisier dilué – PIintensif 164 m3 par ha et par an, PIextensif 139 m3 et Bio 87 m3 – ont eu peu d’influence sur les rendements annuels élevés des prairies temporaires à base de trèfles sur ce site fourrager et fertile (systèmes PI, chacun 160 dt MS/ha, Bio 150 dt MS/ha; moyenne 2003– 2008) (Photo: Ruedi Tschachtli, BBZN Schüpfheim). une fois Habicht et une fois Ludwig) était supérieur à 80 kg, et les différences entre les systèmes de production étaient minimes: PIintensif 80,9 kg, PIextensif 80,4 kg, Bio 80,2 kg (fig.  5). Le fait que les pertes aient été minimes dans les systèmes PIextensif et Bio par rapport au système PIintensif, est sans doute dû à la bonne résistance à la verse et aux maladies des variétés mises en place. La variété et les conditions météorologiques ont généralement eu nettement plus d’impact sur le poids à l’hectolitre que les différences de mode d’exploitation des trois systèmes. Dans les sols de Burgrain avec un potentiel élevé de minéralisation de l’azote, l’apport d’azote minéral entre la levée et l’épiaison n’a eu que peu d’effet sur le poids à l’hectolitre. Sur le site de Burgrain, où les précipitations sont importantes, le poids à l’hectolitre de l’orge d’automne a réagi nettement plus aux différences de mode d’exploitation que le blé d’automne (fig.  5). L’importance des maladies foliaires et des nécroses mouchetées dans les systèmes PIextensif et Bio s’est généralement traduite par une maturité plus précoce que dans le système PIintensif. Cela s’est traduit par une phase raccourcie de remplissage des grains et en fin de compte par des poids plus bas à l’hectolitre. Etant donné une résistance réduite sur ce plan, les peuplements Bio et PIextensif ont souvent eu des problèmes de verse, entraînant des répercussions négatives supplémentaires sur la formation de grains. Par rapport au système PIintensif dont le poids moyen à l’hectolitre est de 67,2 kg (1997–2008), les systèmes PIextensif et Bio ont perdu 3,7 kg. Le poids à l’hectolitre dans le système PIintensif n’est passé en dessous de la fourchette standard de 64 à 67 kg/hl qu’une seule fois en douze ans. Par contre, le système PIextensif n’a pas pu atteindre le poids standard à l’hectolitre cinq années sur douze et le système Bio quatre années sur douze, ce qui a eu des baisses de prix pour conséquences. Fortes teneurs des céréales en protéines Avec les variétés de la classe Top (Runal, Titlis, Siala) généralement mises en place, le potentiel élevé de minéralisation de l’azote dans les sols de Burgrain a eu un effet positif sur la teneur en protéine du blé d’automne: PIintensif

14,7 %, PIextensif 14,4 %, Bio 14,2 % (fig. 6). Dans le système PIintensif, on a généralement procédé à un apport d’azote minéral entre le stade dernière feuille et l’épiaison, ce qui influait de manière légèrement positive sur la teneur des grains en protéines. Les valeurs élevées en protéines du blé d’automne Bio sont étonnantes au vu de la faible quantité des apports d’azote, qui s’élevaient en moyenne seulement à 17 kg d’ammonium-N/ha sous forme de lisier (PIintensif 74 kg N/ha, PIextensif 53 kg N/ha). Mais elles peuvent venir également de la variété choisie et du potentiel élevé de minéralisation de l’azote des sols alluviaux des cinq parcelles. Lors de la mise en place de blé d’automne en 2007 sur la parcelle «Kastelen» dont le potentiel de minéralisation de l’azote est nettement plus faible, les teneurs en protéines du blé Bio se situaient 3 % en dessous de celles du blé PIintensif (en valeurs absolues). En ce qui concerne la teneur en protéines de l’orge d’automne, on n’a relevé que de légères différences entre les systèmes de production: PIintensif et Bio 10,5 %, PIextensif 10,7 % (fig.  6). Même les apports azotés nettement plus importants dans le système PIintensif ne sont pas parvenus à améliorer la teneur en protéines. Ils ont toutefois conduit à des rendements nettement plus élevés en combinaison avec l’emploi de fongicides et de régulateurs de croissance. Les fluctuations de la teneur en protéines du blé et de l’orge d’automne entre les années et les systèmes de production étaient essentiellement dues aux conditions météorologiques annuelles spécifiques et aux choix des variétés. Pour la production de semences, la capacité germinative des grains de céréales est capitale. De 1997 à 2008, l’orge d’automne présentait toujours une capacité germinative (PIintensif 93,6 %, PIextensif 95,0 %, Bio 95,3 %) supérieure à celle du blé d’automne (PIintensif 82,5 %, PIextensif 81,0 %, Bio 84,4 %). Ces résultats sont probablement dus au fait que les grains d’orge étaient généralement moins infestés par Microdochium nivale (pourriture des neiges) et par les espèces de Fusaries. Dans le blé d’automne, le labour après le maïs-ensilage a eu des effets positifs sur la faculté germinative des grains dans les systèmes PIintensif et Bio, car cette mesure a permis de septembre 2010  Technique Agricole

45


n Rapport ART 722 PIintensif 100%

161 dt MS/ha

PIextensif

172 dt MS/ha

Bio

160 dt MS/ha

163 dt MS/ha

80%

60%

Fig. 8: Rendements annuels moyens relatifs (matière sèche = MS) des prairies temporaires dans les trois périodes d’essai (PIintensif = 100 %, avec indications chiffrées du rendement).

40%

20%

0% 1991–1996

1997–2002

réduire l’infestation par les Fusaries. Les différences en termes de faculté germinative n’étaient cependant pas très marquées. Le temps de chute du blé d’automne permet de mesurer l’activité dans les grains de l’enzyme amylase qui décompose l’amidon. C’est également un indice indirect du degré de maturation. Ce temps est influencé en premier lieu par les propriétés des variétés et par les conditions météorologiques lors de la récolte. C’est pourquoi les différences entre les systèmes de production étaient négligeables. Deux années sur les dix-huit de l’essai, les temps de chute de tous les systèmes de production n’ont pas pu satisfaire les exigences du marché à la suite d’une constellation défavorable entre variété et conditions météorologiques. Pratiquement aucune différence de qualité pour le maïsensilage et le colza Pour le maïs-ensilage, la matière organique digestible (MOD), l’énergie nette lait (NEL), l’énergie nette viande (NEV), la teneur en matière azotée et en cellulose brute ne se distinguaient pratiquement pas entre les systèmes de production. Pour le colza (variété Talent), les teneurs en matières grasses ont été étudiées. La valeur moyenne était de 407 g/kg MS dans le système PIintensif. Les systèmes PIextensif (–4,5 g/kg MS) et Bio (–3,8 g/kg MS) se situaient au même niveau. Les teneurs en matières grasses fluctuaient consi-

2003–2008

Moyenne de 1991–2008

dérablement d’une année à l’autre, entre 374 et 466 g/kg MS dans le système PIintensif par exemple. Rendement et qualité fourragère des prairies temporaires Dans la rotation de six ans, l’orge a été suivie par une prairie temporaire avec un mélange à base de graminées et de trèfle blanc (généralement mélange standard 330) pour deux années principales d’exploitation. Dans les trois systèmes de production, le nombre d’utilisations annuelles était de quatre ou cinq (généralement fauche, parfois pâture en automne). L’exploitation des prairies temporaires variait entre les trois systèmes de production, surtout en ce qui concerne la quantité de lisier généralement répartie en quatre apports (fig. 7). De 1991 à 2008, la quantité de lisier dans les systèmes PIextensif et Bio était en moyenne de 15 %, respectivement 38 % plus faible que dans le système PIintensif typique de la région (quantité moyenne de lisier dilué par utilisation 37 m3/ha). D’autres différences de mode d’exploitation concernaient la lutte contre les rumex. Dans les prairies temporaires PI, on avait recours à des méthodes chimiques tandis que dans les prairies Bio, la lutte reposait sur l’arrachage des rumex à la main ou le choix de la méthode de semis (dans le système Bio de 1998–2007, huit fois semis direct). Dans tous les systèmes de production, le niveau de rendement des prairies temporaires (rendements bruts sans prise en compte des refus et des pertes de récolte) était

Tab. 4: Coûts spécifiques et coûts de machines imputables (coûts variables des machines, location de machines, travaux en régie) des trois systèmes de production par hectare et par an, basés sur les coûts du maïs-ensilage, du blé d’automne, du colza et de l’orge d’automne, valeurs moyennes de 2003 à 2008. Coûts spécifiques (Fr./ha) PIintensif

Coûts de machines imputables (Fr./ha) Bio

PIintensif

PIextensif

Bio

Maïs-ensilage

954

991

783

1211

1394

1289

Blé d’automne

900

585

555

  649

  596

  595

Colza

986

834

378

1029

  965

  919

Orge d’automne

937

581

403

  645

  598

  595

Moyenne

944

748

530

  883

–21 %

–44 %

Pourcentage relatif par rapport au système PIintensif

46

PIextensif

septembre 2010  Technique Agricole

  888

  849

+1 %

–4 %


Rapport ART 722 n PIintensiv

PIextensiv

Bio

12 10 8 MOh par ha

très élevé et se montait à plus de 150 dt de MS/ha et par an, car les conditions de croissance sur le site de Burgrain sont excellentes grâce aux précipitations importantes et régulières, et aux sols profonds et fertiles (fig. 8). Le pourcentage moyen de trèfle compris entre 10 et 40 % a permis un auto-approvisionnement des prairies en azote et a compensé les effets des apports limités en lisier dans les systèmes PIextensif et Bio. Par rapport au système PIintensif, les déficits de rendement annuels des systèmes PIextensif et Bio de 1991 à 2008 ne représentaient que 1,8 % en moyenne (–2,9 dt MS/ ha), respectivement 5,2 % (–8,6 dt MS/ha). Bien que de 2003 à 2008, la quantité de lisier ait été encore plus différenciée entre les systèmes de production que les années précédentes – système Bio: seulement 50 % de la quantité de lisier utilisée dans le système PIintensif – les différences de rendement ne se sont pas creusées.

6 4 2 0 -2

Maïsensilage

-4

Blé d’automne

Colza

Orge d’automne

Moyenne grandes cultures

Arrachage des rumex dans les prairies temporaires

Fig. 9: Temps de travail supplémentaire ou temps de travail économisé (en MOh) par hectare dans les systèmes PIextensif et Bio par rapport au système PIintensif, valeurs moyennes pour les quatre grandes cultures de 2003 à 2008 (prairie temporaire: MOh/ha et par an).

Avec des mélanges standards similaires et des dates de récolte identiques, les différences de qualité des fourrages entre les systèmes de production étaient minimes. La teneur moyenne du fourrage récolté en NEL (énergie nette lait) et en PAI (protéine absorbable dans l’intestin) avait certes tendance à être légèrement plus basse dans les systèmes PIextensif et Bio, mais les différences ne sont pratiquement pas significatives en termes de technique d’affourragement. Des différences de qualité des fourrages entre les systèmes de production ont essentiellement été constatées lorsque, dans le système Bio, on a employé certaines années des mélanges de graminées et de trèfles qui levaient très rapidement et étaient très compétitifs par rapport aux premières adventices, mais qui étaient moins souples en termes d’exploitation. Avec les mêmes mélanges, la composition botanique variait peu d’un système de production à l’autre. Les peuplements étaient généralement équilibrés (50– 70 % de graminées), voire riches en graminées. Etant donné les apports moindres en lisier dans les prairies PIextensif et Bio, on a souvent constaté des pourcentages de trèfle légèrement plus élevés dans ces deux systèmes par rapport au système PIintensif. Rentabilité des grandes cultures Les marges brutes ont été calculées afin d’évaluer la rentabilité des grandes cultures dans les trois systèmes de production. Le calcul se fait à partir du produit de la vente des récoltes, déduction faite des coûts spécifiques (semences, produits phytosanitaires, engrais minéraux, coûts du séchage, primes d’assurance anti-grêle) et des coûts des machines directement imputables (coûts variables des machines, locations de machines et travaux en régie). Les paiements directs liés aux surfaces et aux cultures ont été pris en compte dans le calcul des marges brutes. Les marges brutes servent à rémunérer la charge de travail et les autres coûts de structure (coûts fixes pour les machines, coûts des intérêts et des bâtiments, etc.). Les systèmes de

production se différencient surtout sur le plan de la charge de travail, tandis que les différences en matière de coûts de structure sont moindres. Comme les conditions cadres de l’économie agricole (prix, coûts, paiements directs) ont considérablement évolué durant les dix-huit années d’essai, nous ne nous référons ici qu’aux résultats économiques de la dernière période d’essai, de 2003 à 2008. Nous avons renoncé à calculer les marges brutes des prairies temporaires, car il est pratiquement impossible de déterminer les prix aux producteurs (très importantes fluctuations saisonnières et annuelles suivant la demande de fourrage grossier) et que le fourrage est valorisé sur l’exploitation même (livraison interne à la production bovine). Dans la production fourragère, les facteurs importants d’un point de vue économique sont surtout les baisses de coûts des apports de lisier dans les systèmes PIextensif et Bio du fait de la réduction des quantités épandues et le temps investi pour la régulation mécanique des rumex dans les cultures Bio. Etant donné les faibles différences de rendement entre les systèmes de production et les prix plus élevés des produits Bio, la production fourragère Bio est sans doute économiquement plus intéressante que la production fourragère PI sur le site de Burgrain. Coûts spécifiques et charge de travail: différences entre les systèmes Par rapport au système PIintensif, les coûts spécifiques des quatre grandes cultures (maïs-ensilage, blé d’automne, colza et orge d’automne) ont généralement pu être abaissés de 21 % dans le système PIextensif et de 44 % dans le système Bio (tab. 4). Le renoncement aux fongicides, aux insecticides et aux régulateurs de croissance dans la culture extensive des céréales a permis par exemple d’économiser Fr. 336.–/ha et par an. Les différences entre les systèmes étaient en revanche minimes en ce qui concerne les coûts de machines imputables (coûts variables des machines, locations de machines septembre 2010  Technique Agricole

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n Rapport ART 722 8000 PIintensif

7000

PIextensif

Bio

Fr. par ha

6000 5000 4000 3000 2000 1000 0

Maïs-ensilage

Blé d’automne

Colza

Orge d’automne

et travaux en régie) bien que les techniques employées aient été très diverses (p. ex. semis en bandes fraisées pour le maïs PIextensif). Les deux systèmes PI affichaient des coûts de machines imputables pratiquement identiques. Dans les cultures de céréales et de colza PIextensif, on a certes pu économiser en moyenne Fr. 50.– par hectare par rapport au système PIintensif, mais les coûts des machines du maïs PIextensif étaient plus élevés de Fr. 180.–/ha par rapport à ceux du système PIintensif à cause du temps plus important investi dans les apports de lisier et la régulation des adventices (deux traitements herbicides sont généralement nécessaires). Les coûts de machines fixes n’ont pas été pris en compte, car ces coûts dépendent des hypothèses posées en matière de degré d’utilisation et de durée d’amortissement.

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Moyenne

Fig. 10: Marges brutes (Fr./ha) du maïs-ensilage, du blé d’automne, du colza et de l’orge d’automne dans les trois systèmes de production ainsi que moyenne de ces quatre grandes cultures, valeurs moyennes de 2003 à 2008.

mentaire considérable. Dans les grandes cultures, il fallait compter en moyenne 4,7 heures en plus par hectare et par an par rapport au système PIintensif. C’est l’orge d’automne qui exigeait la charge de travail supplémentaire la plus importante, car les mauvaises herbes étaient arrachées à la main pour prévenir et réduire la prolifération des adventices dans la prairie temporaire suivante (notamment élimination des rumex formant des inflorescences). Dans les prairies temporaires Bio, il fallait consacrer en moyenne 9,8 heures/ha et par an à l’arrachage des rumex (période 1997–2002: 44 heures).

Dans le système PIextensif, du fait de l’utilisation réduite des produits phytosanitaires et des engrais minéraux, la charge de travail par hectare et par an était inférieure de 1,2 heures par rapport au système PIintensif (fig. 9). Le système Bio par contre exigeait un volume de travail supplé-

Production sous label avec marge brute élevée Les systèmes PIextensif et Bio ont renoncé à l’emploi des fongicides, insecticides et régulateurs de croissance, ce qui leur permettait de bénéficier des paiements directs Extenso pour le blé d’automne, l’orge d’automne et le colza (Fr. 400.–/ha). Le blé d’automne et le colza PIextensif respectant en plus les directives de production du label IPSuisse, ces cultures ont obtenu un prix plus élevé sur le marché que celles du système PIintensif. Par conséquent, le

Fig. 11: Malgré les déficits de rendement de 9,3, resp. 11,3 dt/­ha par rapport à la culture de blé dans le système PIintensif avec utilisation de fongicides et de régulateurs de croissance, les systèmes PIextensif et Bio ont obtenu des résultats supérieurs de 548.–/ha, resp. Fr. 3588.–/ha grâce aux prix des produits sous label et aux contributions (moyenne 2003–2008; Photo: Bettina Nussbaumer, Burgrain).

Fig. 12: Sur le site de Burgrain, on a constaté une fois de plus que le succès des cultures biologiques et extensives dépendait en grande partie des propriétés et du potentiel de mobilisation des sols, ainsi que de la qualité de sa structure. Il est recommandé de vérifier périodiquement cette dernière en faisant des tests à la bêche (Photo: Raphael Kottmann, BBZN Hohenrain).

septembre 2010  Technique Agricole


Rapport ART 722 n PIextensif sans apport d’azote

Nmin en kg/ha (0–100 cm) 250

PIextensif Bio

200

150

Fig. 13: Evolution de la teneur du sol en azote minéral dans le temps (Nmin; profondeur du sol: 0–100 cm) dans les systèmes PIextensif et Bio, ainsi que dans le système PIextensif sans engrais azoté sur la parcelle «Hexern Sud» de nov. 1999 à nov. 2001.

100

50

Prairie temporaire Jachère Pommes de terre

0

29.11.1999

Travail du sol: L: labour; C: cultivateur Fumure PIextensif Fumure Bio

F F

29.02.2000

L L

29.05.2000

Navettes 29.08.2000

NA NA L

Blé d’automne 29.11.2000

L

28.02.2001

Culture dérobée (MS 210) 29.05.2001

NA NA NA

29.08.2001

C

29.11.2001

28.02.2002

G

F: fumier; L: lisier; NA: azote minéral sous forme de nitrate d’ammoniac

système PIextensif était plus intéressant sur le plan économique que le système PIintensif, pour le blé d’automne comme pour le colza (blé d’automne : Fr. +548.–/ha; colza: Fr. +172.–/ha [fig. 10 et 11]). Pour l’orge d’automne, où la production sous label IPSuisse n’est pas possible, la contribution Extenso ne suffisait en revanche pas à compenser les lourdes pertes de rendement par rapport au système PIintensif (près de 30 kg­/a): le système PIintensif a obtenu en moyenne des marges brutes supérieures de Fr. 331.–/ha par rapport au système PIextensif. Pour le maïs-ensilage, le système PIintensif était également plus intéressant sur le plan économique, notamment grâce à des rendements plus élevés et à des coûts variables de machines plus bas (marge brute: Fr. +646.–/ha). Si l’on établit la moyenne des quatre grandes cultures, le système PIextensif ne perdait que Fr. 64.–/ha (–1,7 %) par rapport au système PIintensif. Grandes cultures Bio, intéressantes du point de vue éco­ nomique Durant toutes les années que l’essai a duré, les prix des produits des grandes cultures Bio étaient nettement supérieurs à ceux de la production intégrée grâce à la situation de la demande favorable sur le marché. De plus, les grandes cultures Bio bénéficiaient de paiements directs plus élevés. Les différences des quatre grandes cultures étaient en moyenne de Fr. +800.–/ha par rapport au système PIextensif et Fr. +1100.–/ha par rapport au système PIintensif. Grâce aux «subventions supplémentaires» et à des pertes de rendements relativement réduites sur le site de Burgrain, le système Bio a réalisé une marge brute supérieure de Fr. 3056.–/ha ou de 79 % par rapport au système PIintensif (moyenne des quatre cultures). L’avantage du système Bio par rapport au système PIintensif en termes de marges brutes était manifeste dans toutes les cultures: maïs-ensilage: Fr. +4120.–/ha; blé d’automne: Fr. +3588.–/ha; colza: Fr. +2100.–/ha; orge d’automne: Fr. +2415.–/ha. Pour pouvoir évaluer les répercussions sur le revenu agricole, il faudrait toutefois prendre en compte les coûts de structure des différentes cultures et notamment la charge de travail. C’est pourquoi il n’est pas possible de se prononcer sur ce point ici.

Les marges brutes élevées des grandes cultures biologiques sur le site de Burgrain sont la résultante directe des prix élevés des produits bio, associés à de bons rendements, des coûts de production réduits, et aux contributions octroyées par la Confédération à l’agriculture biologique. Des sols très fertiles, une rotation diversifiée, des engrais de ferme en suffisance et le savoir-faire des exploitants sont les principales raisons qui expliquent les hauts rendements de cultures Bio à Burgrain. Par conséquent, ces résultats ne peuvent pas être transposés directement à d’autres exploitations. Il ne faut pas oublier que la rentabilité de la production végétale, observée de manière isolée, n’est qu’un élément de la mosaïque lorsqu’il s’agit de comparer la rentabilité des systèmes de production dans leur globalité. En effet, à l’échelle de l‘exploitation, des facteurs comme la nécessité d’investir, la satisfaction de directives (p. ex. production animale, achat d’aliments pour animaux) ou l’accomplissement de la charge de travail plus élevée peuvent rendre difficile la conversion à l’agriculture biologique.

Aspects environnementaux Structure du sol Les prestations écologiques requises (PER), comme l’agriculture biologique ne fixent aucune exigence minimale relative à la qualité de la structure du sol, car cette dernière change en permanence (gonfle, se rétracte ou craque sous l’effet du gel). Mais l’enracinement, la couverture végétale du sol et l’activité des organismes qui y vivent influencent également la structure du sol, de même que la pâture et les mesures d’exploitation comme le travail du sol, le passage des machines et l’apport en éléments nutritifs. Les tests à la bêche (fig. 12) de 1992 à 2002 (au début de l’été) ont révélé des différences importantes au niveau de la qualité de la structure du sol, suivant l’année, la culture mise en place, le type et la date des mesures d’exploitation etc., mais pas de différences durables caractéristiques entre les systèmes. Le travail du sol et les passages des machines étaient les deux facteurs qui avaient le plus d’impact sur la qualité de la structure et de l’humidité septembre 2010  Technique Agricole

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n Rapport ART 722

Fig. 14: La population de vers de terre a été étudiée en octobre, lorsque ces derniers séjournent dans la couche superficielle du sol, sur six surfaces d’un quart de mètre carré dans chaque système de production. Les vers de terre ont été collectés à la main (Photo: Werner Jossi, ART). momentanée du sol. Les mesures de la stabilité des agrégats effectuées durant la même période que les tests à la bêche n’indiquent pas non plus d’effets inhérents aux systèmes. La stabilité de l’assemblage des particules du sol dépendait notamment de sa teneur en humus et en argile ainsi que de son approvisionnement en calcaire. La structure du sol des cinq parcelles sur terrains alluviaux dont les sols étaient calcaires et contenaient plus d’humus et d’argile, s’est avérée plus stable que celle de la parcelle «Kastelen» où le sol brun était limono-sableux et légèrement acide. L’abandon du labour dans le système PIextensif en 2003 a entraîné la disparition progressive de la semelle de labour qui existait partiellement jusque-là. Eléments nutritifs du sol et dynamique de l’azote La teneur du sol en éléments nutritifs, phosphore, potassium et magnésium, à une profondeur de 0 à 20 cm a fait l’objet de relevés périodiques. Pendant toute la durée de l’essai, aucun engrais minéral à base de phosphore et de potassium n’a été apporté. Au début de l’essai, les teneurs

en phosphore du sol se situaient dans les classe de fertilité D [«riche»] et E [«très riche»] (méthode CO2; Walther et al. 2001). Suite à la réduction de l’intensité de fumure à partir de 1991, les teneurs du sol en P ont baissé tout au long de l’essai pour atteindre la classe de fertilité C [«satisfesant»] à D [«riche»]. Les teneurs en potassium, également calculées à l’aide de la méthode CO2, sont restées dans la classe de fertilité C [«satisfesant»] pendant toute la durée de l’essai sur les six parcelles. Le sol brun de la parcelle «Kastelen» à base de moraines dolomitiques est celui qui affichait les teneurs les plus élevées en magnésium (classe de fertilité C [«satisfesant»]; méthode CaCl2). Les cinq parcelles situées sur du limon alluvial n’ont bénéficié que d’un approvisionnement «médiocre» en magnésium pendant les 18 années d’essai (classe de fertilité B). Aucune différence nette n’a été identifiée entre les trois systèmes de production en ce qui concerne l’évolution dans le temps des teneurs du sol en éléments nutritifs. Pour y parvenir, il aurait probablement fallu nuancer davantage l’input d’éléments nutritifs entre les systèmes. La teneur en azote minéral (Nmin) des terres assolées (0–100 cm de profondeur) est une valeur très dynamique (fig. 13). De nombreuses séries d’études de la dynamique de l’azote, réalisées sur plusieurs mois au fil de différentes années, parfois également dans une surface témoin sans fumure azotée, ont montré que les cultures principales mises en place et la transition entre les cultures (avec/sans culture dérobée; intensité du travail du sol) ainsi que la teneur du sol en humus avaient plus d’impact sur le niveau et l’évolution dans le temps de la teneur du sol en Nmin que les différents systèmes de production. Dans ces terres assolées, où le potentiel de minéralisation de l’azote est supérieur à la moyenne, les apports d’engrais azotés avaient une influence minime sur les teneurs du sol en Nmin relevées peu après la fumure. Dans le système PIextensif, la surface fertilisée avec de l’azote affichait cependant des teneurs en Nmin généralement plus élevées que celles de la surface témoin sans apport d’azote. L’évolution des courbes de Nmin montre que les valeurs Nmin mesurées étaient en général très élevées, et parfois même au printemps. La détermination des teneurs en Nmin (0–100 cm de profon-

250 PIintensif

PIextensif

Bio

Gramme par m2

200

Gros vers de terre vivant dans des galeries verticales profondes

150

100 Petits vers de terre vivant dans la couche superficielle du sol

50

0

50

Pommes de terre

Blé d’automne

Maïsgrains

septembre 2010  Technique Agricole

Orge de printemps

Prairie temporaire ère 1 année

Prairie temporaires ème 2 année

Fig. 15: Influence de la rotation avec labour sur la biomasse (g/m2) des vers de terre vivant en profondeur et dans la couche superficielle du sol; moyennes des systèmes de production de 1997 à 2002.


Rapport ART 722 n

Fig. 16: Semis direct de la prairie temporaire Bio après l’orge d’automne: par rapport au système de mise en place avec travail du sol, les germes de rumex étaient nettement moins nombreux, ce qui a permis de réduire le temps passé à l’arrachage des rumex dans les prairies temporaires Bio de plus de 50 à environ 10 heures par hectare et par an (Photos: Ruedi Tschachtli, BBZN Schüpfheim). deur) à la fin de la période de végétation en novembre (1992–2007) dans toutes les cultures a confirmé que le potentiel de minéralisation de l’azote des sols morainiques et des sols alluviaux était très différent: – teneur moyenne en Nmin en novembre sur sol morainique (parcelle «Kastelen»):  – t eneur moyenne en Nmin en novembre sur sol alluvial:

59 kg/ha 112 kg/ha

En revanche, les différences étaient minimes entre les valeurs Nmin des trois systèmes de production en novembre: – teneur moyenne en Nmin en novembre dans le système PIintensif:  – t eneur moyenne en Nmin en novembre dans le système PIextensif:  – t eneur moyenne en Nmin en novembre dans le système Bio: 

110 kg/ha 104 kg/ha 99 kg/ha

Conclusion: Le fort potentiel de minéralisation de l’azote des sols de Burgrain estompait les différences de la fumure azotée. De plus, ce «moteur à azote» performant était essentiellement responsable des bons à très bons rendements de tous les systèmes de production. Comme il est toutefois difficile de contrôler la minéralisation de l’azote par le sol, elle a parfois également eu des conséquences négatives dans les cultures céréalières biologiques et extensives (verse). Vers de terre Les conditions naturelles du site d’essai, climat relativement frais et humide et sols rarement desséchés, généralement bien approvisionnés en calcaire, sont favorables aux vers de terre (fig. 14). Dans le système PIintensif, on a constaté une densité inférieure de vers de terre au début de l’essai, parce qu’on utilisait un défanant toxique pour les vers de terre, dans les cultures de pommes de terre PIin-

Fig. 17: Tandis que le méligèthe du colza pouvait être combattu avec des insecticides dans le système PIintensif, les cultures Bio et Extenso ne disposaient pas de moyens appropriés. Les années de fortes infestations par le méligèthe, les rendements de colza Bio et Extenso se sont néanmoins maintenus à un niveau suffisant grâce à l’excellent approvisionnement en éléments nutritifs et au potentiel de compensation de la variété cultivée. tensif. Ce produit n’est plus autorisé aujourd’hui. De 1997 à 2002 dans le système Bio, la biomasse moyenne totale des vers de terre était supérieure de 13 % à celle du système PIintensif. Dans le système PIextensif, le pourcentage était de 12 %. On suppose que les espèces de vers de terre vivant dans les couches superficielles du sol, et le lombric qui creuse des galeries profondes (Lumbricus terrestris) ont profité de la prolifération plus importante des adventices dans les parcelles Bio et en partie dans les parcelles PIextensif et donc d’une nourriture plus abondante par rapport au système PIintensif. Pendant les quatre années de grandes cultures dans la rotation, la population des vers de terre vivant en galeries verticales profondes a diminué environ de moitié, de manière provisoire et dans tous les systèmes de production, sans doute des suites du travail du sol. Par la suite, durant les deux années de prairie temporaire, la population augmentait à nouveau pour retrouver sa valeur maximale de près de 200 g/m2 (= 2000 kg/ha) ou 170 vers par mètre carré (fig. 15). En revanche, le pourcentage de petits vers vivant dans les couches superficielles du sol est resté pratiquement stable à 50 g/m2 (= 500 kg/ha) durant toute la durée de la rotation. Le semis en bandes fraisées et sous litière pratiqué de 2003 à 2008 dans le système PIextensif n’a que légèrement accru la population de vers de terre par apport aux systèmes PIintensif et Bio avec labour hors sillon. Microbiologie du sol et mycorhizes De 1991 à 2008, nous avons étudié les effets des trois systèmes de production sur la quantité et l’activité des microorganismes du sol dans l’horizon de 0 à 20 cm de profondeur. Aucune différence statistiquement significative n’a toutefois pu être identifiée entre les systèmes jusqu’à la fin de l’essai. Les paramètres microbiologiques du sol ont davantage été marqués par les propriétés chimiques et physiques du sol des différentes parcelles. Ainsi, le sol morainique de septembre 2010  Technique Agricole

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n Rapport ART 722 la parcelle «Kastelen» présentait des valeurs similaires à celles de parcelles sur moraines et graviers du Plateau suisse. Les sols alluviaux relativement riches en humus et en calcaire des cinq autres parcelles affichaient en revanche des paramètres microbiologiques très élevés. La réduction des apports d’engrais de ferme par rapport au mode d’exploitation avec utilisation intensive du lisier au début de l’essai s’est traduite par une légère baisse de la respiration microbiologique du sol au cours de l’essai, ramenant les valeurs très élevées à des valeurs plus typiques du site. Durant la dernière année d’essai en 2008, nous avons relevé le taux de colonisation des racines par micorhization arbusculaire sur trois des six parcelles. Ces champignons du sol entretiennent une symbiose étroite avec la plupart de nos plantes cultivées (les betteraves sucrières et fourragères font exception, ainsi que les crucifères comme le colza). Les filaments du champignon (hyphes) font augmenter la surface des fines racines de la plante, ce qui améliore l’absorption d’eau et d’élément nutritifs du sol. En outre, le réseau des hyphes renforce la stabilité de la structure du sol. Dans les conditions du site de Burgrain, les études réalisées jusqu’ici n’ont pas révélé de différences dans le taux de colonisation de ces champignons auxiliaires qui seraient liées au système de production. Adventices Des relevés réguliers des peuplements d’adventices dans les grandes cultures et la détermination des réserves de semences d’adventices dans le sol ont permis d’étudier le succès de la lutte contre les adventices et le développement

PIintensif

PIextensif

des populations de mauvaises herbes dans les trois systèmes de production. La prolifération plus importante des adventices dans les parcelles Bio s’est traduite par des baisses de rendement d’abord dans le colza. Plus l’exploitation biologique durait, plus la diversité des adventices augmentait par rapport aux parcelles PI traitées aux herbicides. Les espèces problématiques notamment, comme le chiendent très difficile à éliminer, se propageaient de plus en plus dans les parcelles Bio. Les adventices rares ne sont pas réapparues même après dix-huit ans sans herbicide, ce qui n’est pas étonnant car ces mauvaises herbes étaient largement absentes au début de l’essai, aussi dans les parcelles voisines. Moins de germes de rumex avec le semis direct Les prairies temporaires Bio ont été mises en place par semis direct sans travail du sol à partir de 1998, huit années sur dix (fig. 16). Par rapport aux sols ameublis par la charrue ou le cultivateur dans les systèmes PI, cette méthode améliorait considérablement la portance des sols notamment l’année du semis. Toutefois, après une culture d’orge, le semis direct n’a pas été en mesure de surmonter les traces de passage de la moissonneuse-batteuse, ni d’évincer les adventices établies, notamment pâturins et rumex. Lorsque les traces étaient trop profondes, il fallut renoncer à la méthode du semis direct. Les prairies temporaires Bio mises en place par semis direct présentaient parfois par la suite un pourcentage plus élevé de plantes inopportunes, comme le pâturin commun et annuel, le chiendent et le pissenlit, ainsi que plus de zones lacunaires. En revanche, le nombre de germes

Bio

3500 Nombre d’auxiliaires (densité d’activité)

Colonisation par les auxiliaires (carabes, staphylinidés, araignées) 3000 2500 2000 1500 1000 500 0 50% 40%

Couverture moyenne du sol par les adventices en %

30% 20% 10% 0% Orge de printemps 1997, 2000, 2001 52

septembre 2010  Technique Agricole

Blé d’automne 1998–2002

Maïs-grains 1998–2002

Fig. 18: Densité d’activité totale des auxiliaires composés en moyenne de 57 % de carabes, 24 % de staphylinidés et 19 % d’araignées dans les trois systèmes de production en fonction de la couverture du sol par les adventices. Ces moyennes de plusieurs années sont basées sur cinq semaines de capture avec cinq pièges au sol par système de production pendant la période végétative principale de l’orge de printemps, du blé d’automne et du maïsgrains.


Rapport ART 722 n de rumex qui levaient était nettement inférieur qu’en cas de semis avec travail du sol. Par conséquent, le temps consacré à l’arrachage des rumex dans les prairies temporaires bi-annuelles diminuait et tombait de plus de 50 heures à environ 10 heures par hectare et par an. Dans les systèmes PIintensif et PIextensif, les semis de prairies temporaires ont été traités avec succès avec l’herbicide MCPB (4–6 l/ha) pour lutter contre les nombreux germes de rumex. Maladies des plantes, ravageurs et auxiliaires La protection des cultures céréalières PIintensif contre les maladies fongiques et la verse a eu des résultats très positifs sur le rendement sur ce site à fortes précipitations. Ce phénomène est très marqué dans l’orge et un peu moins dans le blé d’automne. De 2004 à 2008, le blé d’automne mis en place après le maïs-ensilage (variétés: Runal, Ludwig, Siala) a été étudié en détails à la recherche de maladies. Comme on pouvait s’y attendre, la mise en place du blé PIextensif sans labour a favorisé l’infestation par les Fusaries (notamment F. graminearum) et donc la contamination des cultures par la mycotoxine déoxynivalénole (DON). Par conséquent, le blé PIextensif affichait une teneur moyenne en DON (2006–2008) de 1,53 mg/kg de grains (valeur limite de DON: 1,25 mg/kg de grains) contre 0,44 mg dans le système PIintensif et 0,14 mg dans le système Bio. Pour pouvoir profiter des économies d’énergie liées à l’absence de labour, les transitions entre les cultures doivent être contrôlées pour éviter la transmission des Fusaries. En outre, il est recom-

mandé de sélectionner des variétés tolérantes aux Fusaries. Le méligèthe du colza était de loin le principal ravageur dans les grandes cultures mises en place. Il n’a pu être combattu que dans le colza PIintensif (fig. 17) et a causé de lourdes pertes de rendements dans les cultures Bio et Extenso, les années où il est apparu en masse. Les cultures n’ont connu pratiquement aucun problème de limaces, même pas le colza Bio. Ce n’est que lorsque le sol n’était pas travaillé sur toute la surface, comme dans le cas du semis du maïs en bandes fraisées, qu’on a pu observer des traces de limaces bien nettes, mais sans grandes conséquences sur les rendements. Dans les mois d’été de 1997 à 2002, nous avons étudié la présence de carabes, de staphylinidés et d’araignées dans l’orge de printemps, le blé d’automne et le maïs-grains à l’aide de pièges au sol. Parmi ces espèces d’insectes et d’araignées généralement ravageuses, se trouvent également de nombreux auxiliaires qui capturent différents insectes néfastes dans les cultures agricoles. La densité d’activité de ces auxiliaires était généralement plus élevée dans les parcelles PIextensif et Bio que dans les parcelles PIintensif. La prolifération plus importante des adventices dans les parcelles Bio notamment et parfois dans les parcelles PIextensif semble avoir stimulé la présence des auxiliaires (fig. 18). Sur les 53 espèces de carabes capturées, aucune ne faisait partie des espèces menacées (Liste Rouge). Analyse du cycle de vie

Tab. 5: Profil des points forts et des points faibles des trois systèmes de production sur le site de Burgrain. Critère

Culture / Caractéristique

PIintensif

PIextensif

Bio

Blé d’automne

++(+)

++(+)

+++

Céréales fourragères

++(+)

+(+)

++

Pommes de terre, colza

+++

++(+)

++(+)

Maïs, prairies temporaires*

+++

+++

+++

Blé d’automne

+++

+++

+++

Céréales fourragères

++

+

+

Pommes de terre

++

+(+)

+(+)

Colza, maïs, prairies temporaires

+++

+++

+++

Stabilité des rendements

Grandes cultures

++

++(+)

++

Marge brute

Grandes cultures

++

++

+++

Grandes cultures

++(+)

++(+)

++

Prairies temporaires

+++

+++

+(+)

Qualité de la structure du sol

++(+)

++(+)

++(+)

Activité microbiologique*

+++

+++

+++

Vers de terre*

++(+)

+++

+++

Diversité

++

++

++(+)

Pression des adventices

+++

++(+)

++

Auxilaires

Présence des carabes dans les grandes cultures

++

++

++(+)

Analyse du cycle de vie (ecobilan)

Consommation d’énergie et autres impacts environnementaux* (liés aux surfaces et aux produits)

++

+++

+++

Rendement brut

Qualité et part de produits commercialisés

Charge de travail

Sol

Flore adventice

* Par rapport à d’autres sites de grandes cultures en Suisse, les valeurs relevées sur le site de Burgrain sont particulièrement favorables. +++



Valeur favorable



Valeur moyenne



Valeur défavorable

++(+) ++ +(+) +

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n Rapport ART 722 La méthode d’analyse du cycle de vie SALCA d’ART a servi à analyser les impacts environnementaux des trois systèmes de production, tels que la consommation d’énergie, le potentiel d’effets de serre ou l’écotoxicité pour la période de 1997 à 2002 (Nemecek et al. 2005). Par hectare de surface cultivée, c’est dans le système PIintensif que la plupart des impacts environnementaux étaient les plus élevés et dans le système Bio qu’ils étaient les plus bas. Si l’on rapporte ces résultats à 1 kg de MS de produit récolté, les différences entre les systèmes étaient minimes, car l’intensité culturale inférieure des systèmes PIextensif et Bio s’accompagnait également de rendements réduits. Le passage à la technique de purinage par tuyaux a permis de réduire considérablement les émissions d’ammoniac. La consommation d’énergie était déterminée par l’utilisation des machines. Comme cette dernière était très semblable dans les trois systèmes, les différences d’intrants d’énergie étaient minimales entre les trois systèmes. Ce sont le maïsgrains et les pommes de terre qui affichaient la consommation d’énergie la plus élevée, le premier à cause du séchage des grains et les secondes à cause d’une utilisation intensive des machines et de la production de plants qui demande beaucoup d’énergie. La consommation énergétique par kg de MS de grains de blé s’élevait à 1,85 MJ dans le système PIintensif, soit la moitié de la valeur moyenne en Suisse, qui est de 3,7 MJ. La principale raison tient au potentiel élevé de libération des éléments nutritifs dans les sols de Burgrain, qui s’est traduit par un faible emploi d’engrais minéraux (p. ex. pas d’utilisation d’engrais minéraux à base de phosphore et de potassium). Ce potentiel, associé notamment à un travail du sol réduit, comme il a été pratiqué dans le système PIextensif de 2003 à 2008, a permis de réduire certains impacts environnementaux. Evaluation finale Les relevés effectués durant cet essai de longue durée sur le site de Burgrain permettent de dresser le profil des points forts et des points faibles des trois systèmes de production, présenté au tableau 5. Pour la durabilité des systèmes de grandes cultures, il est recommandé de tenir compte des éléments suivants: – mise en place des parcelles sur des sites appropriés (climat, sol, pente du terrain) –e  xploitations par des personnes possédant les connaissances spécifiques nécessaires et ayant un bon sens de l’observation –h  armonisation de la production animale et végétale (charge en bétail adaptée, production d’engrais de ferme, prairies temporaires dans la rotation) – r espect d’une rotation optimisée pour éviter la transmission des maladies – c irculation des machines et travail du sol respectueux du terrain, dans des conditions pas trop humides; si possible réduction de l’intensité du travail du sol –u  tilisation de variétés résistantes ou tolérantes aux maladies et aux ravageurs – s emis extrêmement précoces ou tardifs à éviter – f umure adaptée au site et aux plantes, épandage des engrais de ferme et des engrais minéraux avec le moins de pertes possible

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– utilisation de produits phytosanitaires ne présentant pas de risque écotoxicologique – peuplements de céréales résistants à la verse, pas trop denses Une grande partie de ces éléments étaient réunis dans tous les systèmes de production de l’exploitation mixte de Burgrain. Ces mesures doivent être systématiquement appliquées pour assurer une production végétale durable. De plus, il est recommandé de contrôler régulièrement la structure du sol, ainsi que les teneurs en éléments nutritifs, en humus et le pH. Les efforts consentis par la pratique agricole dans le domaine de la protection de l’environnement et de la durabilité devraient être soutenus et stimulés par la recherche, le conseil, la politique agricole, le commerce et les consommateurs.

Conclusions L’essai de Burgrain sur les systèmes de production a montré qu’en respectant les principes de base de la production végétale, il est parfaitement possible d’obtenir une production de qualité dans les systèmes biologiques et extensifs. Dans les conditions actuelles (paiements directs, niveau du prix des produits), les grandes cultures Bio à Burgrain sont plus rentables sur le plan économique que les systèmes PIextensif­et intensif. La supériorité économique du système Bio dans cette comparaison est due en grande partie à la qualité élevée du sol du site d’essai, au bon approvisionnement en éléments nutritifs et à la rotation diversifiée. Grâce aux bons rendements, les cultures Bio et Extenso obtiennent également de meilleurs résultats en termes d’impacts environnementaux par rapport aux grandes cultures PIintensif typiques de la région. Les bons rendements obtenus dans les trois systèmes de production sont la preuve que l’agriculture dépend de sols de haute qualité pour une production rentable et respectueuse de l’environnement.

Bibliographie – Agroscope Reckenholz (Hrsg.), 2004. Integrierter und biologischer Anbau im Vergleich – Anbausystemversuch Burgrain, Resultate aus 12 Jahren Forschung (1991–2002). Schriftenreihe der FAL 52, Forschungsanstalt Agroscope ReckenholzTänikon ART, Zürich. 92 S. – Nemecek T., Huguenin-Elie O., Dubois D., Gaillard G., 2005. Ökobilanzierung von Anbausystemen im schweizerischen Acker- und Futterbau. Schriftenreihe der FAL 58, Forschungsanstalt Agroscope Reckenholz-Tänikon ART, Zürich. 156 S. – Walther U., Ryser J.-P., Flisch R., 2001. Grundlagen für die Düngung im Acker- und Futterbau 2001. Agrarforschung 8 (6), 1–80.


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