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juin/juillet 2011

Technique Agricole

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n Editorial

n Sommaire TA spécial Autochargeuses montées sur transporteurs ................. 5

Dans le viseur La plupart du temps les journalistes agraires, comme d’ailleurs tout autre journaliste ou photographe, se trouvent derrière l’objectif, mais sont aussi quelquefois visés. Ils tiennent leur sujet, et c’est pour eux une tâche privilégiée que de rechercher, d’informer et de couvrir un évènement. Quant à l’objectivité comme but suprême, la nature humaine est, par essence, subjective… En qualité de lectrice et lecteur, ou d’auditeur, de bonne composition, je veux étendre mes connaissances, découvrir des nouveautés et, en plus, éprouver aussi quelque plaisir ! L’impact que fournissent les mots et les images soutient la réussite de l’article, comme la rubrique TA spécial nous le fait découvrir : dans l’objectif, divers modèles d’autochargeuses portées, des auxiliaires indispensables en zone de montagne. Comme suite à notre numéro d’avril, Ruedi Hunger a placé son objectif sur les presses à balles carrées, en expliquant leurs côtés pratiques (p. 11). En fait, Ruedi Hunger a signé plusieurs articles dans ce numéro : enseignant depuis de longues années au Plantahof, il dispose d’une vaste expérience et d’un savoir pratique confirmés, notamment dans la technique des champs. Les thèmes traités témoignent du grand engagement qu’il déploie pour Technique Agricole/Schweizer Landtechnik. La rédaction de notre périodique, renforcée par Dominique Senn, est maintenant à nouveau au complet. Pour son tout premier reportage, il a placé son objectif sur les Mécafourrages, manifestation devenu traditionnelle en France, et cette année en région Rhône-Alpes. Et pour conclure, le maître en la matière, Wolfgang Kutschenreiter, met l’accent sur les grands groupes agro-techniques européens qui tous croient en l’avenir. Et, preuve par l’exemple, les statistiques, qui récapitulent les ventes de tracteurs durant ce premier trimestre de l’année (p. 40). Ueli Zweifel

Technique des champs Presses à grosses balles carrées ..................................11

Films plastiques pour balles d’ensilage .......................14 Machines de déchaumage .........................................16 Réussir avec une culture intercalaire .......................... 20 Mécafourrages : « Pour gagner avec l’herbe demain » 23 ASETA Cours G40 ................................................................ 27 Echanges d’expériences et esprit d’équipe................. 28 Agro-entrepreneurs Suisse : Assemblée anuelle ......... 32 TA actualités Immatriculation des tracteurs du premier trimestre 2011 ..........................................18 New Holland FR9000 Limited Edition ........................ 30 Section VD Formation pour obtenir le permis G .......................... 31 Détention des animaux Les animaux de rente dans notre société ................... 33 Forum énergie Economiser le courant et diminuer les coûts, même combat .......................................................... 38 Marché des machines Michelin Ultraflex Constructeurs de technique agricole – Etat des lieux . 40

P.-S : Vous tenez entre vos mains l’édition juin/juillet de Technique Agricole. Le numéro d’août paraîtra le 4 août prochain.

Page de couverture : Transporteur et divers types d’autochargeuses sont les fers de lance de la mécanisation de zone montagne (Photo : Ueli Zweifel).

Rapport ART 743 Détention des vaches d’Hérens ..................................47 Impressum .............................................................. 46

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Simplicité grâce à des technologies de pointe : La nouvelle solution de multi-connexion à raccords rapides de CEJN

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CEJN présente Multi-X, une gamme de systèmes de multiconnexion d’utilisation aisée, conçus pour répondre aux besoins des applications hydrauliques mobiles les plus exigeantes et permettre de raccorder plusieurs circuits hydrauliques en une seule opération. Cette conception unique, développée dans le souci de l’utilisateur, offre une grande souplesse, avec des performances élevées, une simplicité d’installation et une grande fiabilité.

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TA spécial n

Performance et confort des transporteurs vont de pair avec les autochargeuses. (Photo d’usine)

Autochargeuses sur transporteurs En 1964 déjà, Rapid a construit la première autochargeuse automotrice et ainsi conforté les 30 ans de l’histoire des transporteurs. Aujourd’hui, l’invention géniale de l’autochargeuse portée fait partie intégrante de l’équipement de presque tous les transporteurs. Conception oblige, cette mécanisation comprend de nombreuses particularités qui sont décrites ici dans le détail.

Ueli Zweifel

Sur le marché des transporteurs pour la mécanisation de montagne, les marques suivantes sont représentées ci-après, dans l’ordre de leur chiffre d’affaires : Reform, Aebi, Lindner, Schiltrac et également Caron. Cela implique que cellesci proposent pour leurs véhicules l’ensemble de la palettes d’utilisation, domaine communal compris, ainsi que le montage d’une autochargeuse portée.

Niches de technique agricole en zone alpine L’usine Reform de Wels (A), représentée en Suisse par sa filiale Agromont, et Schiltrac Fahrzeugbau domiciliée à Buochs/NW construisent principalement elles-même les autochargeuses portées pour leurs véhicules. Cela n’est cependant pas indispensable, car il est bien connu qu’il existe des constructeurs spécialisés pour ce type d’équipement, tels Lüond Landmaschinen- und Fahrzeugbau à Unteriberg/SZ, ainsi que GVS-Agrar, Schaffhouse, mais aussi Otto

Gruber Landmaschinen Saalfelden dans la région de Salzbourg (A). L’entreprise Lüond est spécialisée depuis longtemps dans la construction d’autochargeuses portées. Le système de fixation de ses produits est adaptable à tous les types de transporteurs. La collaboration avec les marques Reform, Schiltrac et Lindner, comme avec le constructeur italien Caron mérite une mention toute particulière. Chez Aebi Maschinenfabrik à Berthoud, dont le siège a récemment été déplacé chez Aebi Schmidt Suisse à Hochdorf/LU,

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n TA spécial la décision stratégique de renoncer à la production dans sa propre usine et de sous-traiter la construction des autochargeuses portées, comme d’ailleurs celle de divers autres éléments, a été prise. Sur le nouveau site de Berthoud se concentrent l’entretien et le développement du porte-outils TerraTrac et des transporteurs, ainsi que le domaine spécial des monoaxes et les barres de coupe Aebi. Ces produits sont assemblés selon les principes de logistique et de montage les plus modernes dans les spacieux locaux nouvellement construits à proximité de Berthoud.

Les autochargeuses portées dans le détail Reform: quatre autochargeuses portées dans son programme. Comme les transporteurs, en tant que véhicules porteurs, peuvent être combinés avec différents outils, Reform a veillé

Système d’accouplement rapide : l’outil de travail se monte et se dépose sans outil ni arbre de transmission.

dans une mesure toute particulière à des systèmes permettant un changement rapide de machines. Les transporteurs Muli disposent d’un canal central avec entraînement du véhicule et de la prise de force intégrée. Cette dernière s’accouple automatiquement avec l’arbre de transmission du dispositif de chargement. Le dispositif de fixation de l’autochargeuse portée sur le châssis du véhicule se verrouille simultanément. Seules les deux fixations antérieures doivent

Adaptation parfaite au terrain grâce au guidage en parallèle des roues de jauge. Leur réglage en hauteur se fait sans outil.

Reform

Capacité*

Autochargeuse à coupe normale 6 couteaux et dispositif d‘alimentation en deux parties

15 m3

10 m3 (norme DIN)

18 m3

11 m3 (norme DIN)

Autochargeuse à 15 m3 coupe courte 12 couteaux et dispositif d‘alimentation en six parties avec contrôle du régime

10 m3 (norme DIN)

18 m3

11 m3 (norme DIN)

*Les capacités 15 m3 et 18 m3 se comprennent avec un empattement de 2725 mm, respectivement 3100 mm.

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Limitation réglable de l’angle d’ouverture de la porte arrière.

être manipulées. Ce système de verrouillage rapide éprouvé assure une liaison fiable et durable. Les raccords électriques et hydrauliques du fond mouvant et de la porte arrière (option) sont également actionnés manuellement. La surveillance du régime du dispositif de chargement, de série, garantit un contrôle continu de ce processus. Si le dispositif s’arrête, un signal acoustique retentit immédiatement dans la cabine, et un voyant s’allume. Le dispositif de chargement de l’autochargeuse multicoupe dispose d’une coupe en douze phases qui a fait ses preuves. Les coulisses partagées et les douze étapes de coupe garantissent une excellente densité de chargement, ainsi que le ménagement du fourrage. Une coupe exacte et régulière, ainsi qu’un fonctionnement constant de l’élément de chargement caractérisent l’autochargeuse Reform. Les couteaux se montent et se démontent en un temps record. Le système de tension rapide permet de libérer et de verrouiller les couteaux sans outil. Reform mise sur le pick-up traîné plutôt que poussé. Cela se justifie par l’angle extrême qu’il est possible d’atteindre et la garde au sol très importante qui s’ensuit. Cela peut s’avérer utile lors du remplissage de silos-tranchées. Par ailleurs, le guidage en parallèle des roues de jauge, réglable en hauteur sans outil, permet d’obtenir une excellente adaptation aux inégalités du terrain. Les travaux et les manœuvres dans les parcelles accidentées nécessitent une position relevée du pick-up la plus haute possible afin d’éviter les dégâts. Cela est aussi important lors de l’entrée dans le silo-tranchée. Reform attache une importance toute particulière au montage et démontage des éléments de chargement par des système d’attache rapide, en faisant même une image de marque. L’élément de chargement est ainsi séparé du fond mouvant et de l’autochargeuse en quelques manipulations simples. La construction modulaire garantit également une bonne rentabilité grâce à un entretien simple. Par ailleurs, la possibilité de changer au besoin l’élément de chargement seul, tout en continuant d’utiliser le fond mouvant et l’autochargeuse, est offerte.


TA spécial n Schiltrac monte le dispositif de chargement breveté EVO, pick-up poussé.

jauge. Le pick-up poussé assure également un chargement parfait de l’extrémité des andains. Alors que, chez les autres constructeurs, le fourrage passe sur les couteaux en étant entraîné dans le canal d’amenée jusqu’au volume de chargement, le dispositif EVO utilise le flux du fourrage assisté par le rotor à dents Rotocut. Le fourrage passe successivement au travers des couteaux, puis est forcé dans le volume de chargement par le rotor, où il est comprimé. Les rotors à dents sont Andreas Reber, agriculteur à Buchen/BE, est convaincu par le concept Schiltrac avec le pick-up poussé plutôt que traîné. plutôt recommandés pour l’ensilage étant donné leur agressivité, alors que les râteSchiltrac Capacité* leurs sont préférables pour le fourrage EVO 290* 21 m3 12,8 m3 (norme DIN) EVO 310* 23 m3 13,3 m3 (norme DIN) sec. Avec une forme des dents adaptée, *Empattement 290 et 310 cm. il est cependant possible de pratiquer un ramassage ménageant le fourrage. Schiltrac propose en option une paroi Les deux machines disposent, dans leur montée dans l’espace de chargement et version de base, de 3 à 15 couteaux. Ils qui assure une compression régulière se rétractent automatiquement jusqu’à lors du chargement et l’accélération de 16 cm lorsqu’un corps étranger pénètre du processus de déchargement. dans l’agrégat. Contrairement aux dispositifs de chargement classiques, le sysChaque transporteur Aebi est équitème EVO est poussé. Grâce à ce mode pé d’un LD 31 ou LD 38 compact et adapté au véhicule. de construction, le pick-up se trouve très près de l’essieu, ce qui assure une excellente adaptation au terrain. Le guidage précis du pick-up se voit encore amélioré par le biais de deux roues d’appui munies de pneus ballons et par une roue de

Exécution spéciale de l’autochargeuse Schiltrac : paroi mobile sur fond mouvant assurant une vidange rapide et complète.

Aebi

Capacité

LD 31K empattement 2,75 m

14 m3

Norme DIN 9,4 m3

LD 31L empattement 3,15 m

19 m3

Norme DIN 12,1 m3

AEBI LD 32 K et LD 32 L : dès cet automne, deux nouvelles autochargeuses portées de construction identique LD 32 K et L arriveront sur le marché. Aebi

Capacité

LD 38K empattement 2,75 m

17 m3

Norme DIN 9,6 m3

LD 38L empattement 3,15 m

20 m3

Norme DIN 11 m3

LD 38XL empattement 3,15 m

24 m3

Norme DIN 14 m3

Depuis deux ans, l’autochargeuse portée LD 31 est construite suivant les indications de la maison mère chez le constructeur d’autochargeuses Agrar (Flawil), plus précisément chez GVSAgrar à Schaffhouse. Le pick-up traîné est équipé de deux roues d’appui,

Concept de montage dernier cri de la nouvelle usine Aebi à Berthoud.

Modèle LD32, successeur du LD31, avec roues d’appui tandem.

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n TA spécial respectivement de deux roues de jauge. Particularité de ce système, le guidage parallélépipédique du dispositif de ramassage permet une parfaite adaptation sur terrain accidenté. L’organe de chargement peut être équipé sans outil de 13 couteaux au maximum. Grâce à leur longueur différente, ils forment deux niveaux de coupe. Ils assurent, avec les trois traverses d’amenée, un chargement parfaitement fluide. Pour la saison prochaine, une nouvelle série d’autochargeuses portées LD 32 sera lancée sur le marché. Une construction encore plus robuste, ainsi qu’un essieu tandem des roues d’appui, pour un guidage optimal du pick-up, sont annoncés. La plus grosse des autochargeuses Aebi LD 38 a depuis toujours été construite par le constructeur d’autochargeuses autrichien Gruber à Saalenfeld (A). Elle porte la désignation ALW 17, 20 et 24, et est construite de manière équivalente chez Lindner Fahrzeugen. Les quatre traverses d’amenée se chevauchant sont caractéristiques et veillent à un fonctionnement régulier et un chargement rapide avec une puissance constante. Avec les mêmes arguments que pour Schiltrac, la firme Gruber construit également les trois modèles d’autochargeuse portée ALW 217, 220 et 224 avec pick-up traîné, le transport du fourrage étant assuré par un système de traverses. Lüönd est le spécialiste des autochargeuses portées en Suisse. Tous les modèles d’autochargeuses portées disposent d’une double paire de roues d’appui qui font office de fixation tandem.

Chez Lüönd, quatre modèles de la série Swiss et un nouveau modèle Swiss Nova figurent au programme de vente. Les autochargeuses portées Lüönd se basent sur un système de construction standard, les dimensions différentes se remarquant surtout dans la largeur du pick-up. Les éléments d’alimentation sont équipés, selon les performances de chargement, de deux ou de quatre coulisses d’avancement articulées. La plupart des modèles disposent soit de parois droites, soit de parois incurvées qui augmentent la capacité de 10 % environ.

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Exécution droit 2,02

Exécution incurvé 2,28

Swiss Alpin et Swiss Leader 3770 mm

12 m3

13 m3

3970 mm

14 m3

16 m3

4170 mm

15m3

18m3

4370 mm

17m3

20m3

4570 mm

19 m3

21m3

Swiss Profi

droit 2,24

incurvé 2,50

3970 mm

18 m3

19 m3

4170 mm

20m3

22m3

4370 mm

21m3

24m3

4570 mm

23 m3

26m3

Swiss Elite 3970 mm

21 m3

4170 mm

23 m3

4370 mm

25 m3

4570 mm

27 m3

Swiss Nova

droit 2,02

incurvé 2,28

3660 mm

14 m3

16m3

3860 mm

15m3

18m3

4060 mm

17m

3

20m3

4260 mm

19 m3

21m3

Les autochargeuses portées Lüönd s’adaptent à tous les modèles de transporteurs grâce à des éléments de montage vissés.

Tous les pick up des autochargeuses portées Lüönd sont équipés de cinq rangées de dents. Les deux séries Swiss-Alpin et Swiss Leader sont étroitement apparentées. Elles ne se distinguent l’une de l’autre que par le nombre de traverses d’amenée (deux pour Alpin et quatre pour Leader), ainsi que par six, respectivement treize couteaux sur le pick-up de 1,68 m. La largeur du pick-up du modèle Swiss Profi correspond à 1,90 m. Il est équipé de 20 couteaux sur la génération de transporteurs de 100 Ch et atteint des performances à la surface de premier ordre. La série Elite, disponible seulement en exécution de pick-up de 2,12 m, est destinée surtout aux volumes de chargement importants. Les modèles Swiss Alpin, Leader, Profi et Elite sont les versions standard privilégiées du programme Lüönd-Programm. Cependant, l’entreprise propose également le Swiss Nova, un concept avec pick-up traîné-poussé.

Mécanisation chère

Autochargeuse Lüönd adatable pour tous les transporteurs.

Longueur de l‘autochargeuse

La construction de machines destinées à la mécanisation de montagne est une production de niche classique de la zone alpine, et donc de Suisse. Certes, le nombre d’autochargeuses est deux fois

Bague de fixation sans entretien du pick-up de l’autochargeuse Lüönd.

Graissage automatique de l’entraînement à chaîne avec un distributeur d’huile.

plus élevé que celui des véhicules de base nouvellement immatriculés, ceci en raison des besoins de remplacement. Cependant, le nombre d’unités reste très limité. Cela explique pourquoi, malgré une construction modulaire, les autochargeuses portées coûtent de Fr.  30 000.– à Fr. 40 000.–, un prix conséquent pour de la mécanisation de montagne de toute façon onéreuse. n


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Technique des champs n

Les presses à balles cubiques sont d’excellentes machines pour les agro-entreprises. (Photos : Ruedi Hunger)

Les particularités des presses à balles cubiques Le marché des balles cubiques est nettement plus modeste que celui des balles rondes. Cependant, le processus de pressage en continu, les performances de haut niveau et la plus grande facilité d’entreposage parlent en leur faveur.

Ruedi Hunger

balles cubiques sont essentiellement utilisées par les agro-entreprises.

Certes, la presse à balles cubiques connaît en Suisse comme en Europe, à l’exception de la Hollande, un succès plutôt mitigé dans la confection de balles d’ensilage. Cependant, la part des presses à balles cubiques se situe au environ de 20 % sur le marché européen global. Les secteurs d’utilisation sont principalement la récolte de foin, mais surtout de paille. Contrairement aux presses à balles rondes, les presses à

Dimensions du canal La grande variation des dimensions du canal de pressage est frappante. Alors que la largeur de canal de 80 cm a nettement perdu en importance, environ les deux tiers des presses à balles cubiques disposent aujourd’hui d’un canal de 120 × 70 cm. Claas est, selon ses propres indications, le seul parmi les constructeurs de presses à proposer 120 × 100 cm, Krone offrant 120 × 130 cm. Hormis les

dimensions du canal d’alimentation, les presses se différencient également par les variantes d’alimentation (Raffer, dispositif de coupe Packer ou rotatif, broyeur frontal). Chez Krone, il est possible de sélectionner la longueur des balles, par exemple, de 100 à 270 cm. Kuhn et Deutz-Fahr assurent le remplissage régulier du canal de pressage grâce à leur système d’antichambre PowerDensity. L’option Multibale constitue une spécialité de Krone. La possibilité de réunir plusieurs petites balles en une seule grosse peut s’avérer intéressante

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n Technique des champs pour les petites exploitations et les détenteurs de chevaux.

Pas court, mais plus court Les agro-entrepreneurs constatent, en Suisse comme à l’étranger, que leurs clients demandent de plus en plus de la paille courte. Claas, active depuis 22 ans sur le marché des presses à balles cubiques, propose les solutions suivantes pour les presses Quadrant : coupe courte avec 25 couteaux, FineCut avec 49 couteaux ou 180 couteaux avec le broyeur frontal SpecialCut. Les presses à balles cubiques CNH et Case sont à 80 % équipées de 33 couteaux ou directement d’un broyeur frontal. Davantage de couteaux coûtent plus cher, raison pour laquelle le client doit s’attendre à ce que ces coûts se répercutent dans un tarif plus élevé.

Broyeur frontal Par rapport aux dispositifs de coupe traditionnels, il faut compter avec un litre de carburant de plus par balle enrubannée avec l’utilisation d’un broyeur frontal. Les arguments en faveur d’un tel système sont une coupe plus exacte et la simplification du processus de pressage en tant que tel. De cette façon, la capacité d’alimentation en paille est augmentée. Pour la confection d’ensilage, la quantité de matériau pressé par balle est nettement supérieure. Le broyeur frontal augmente notablement la charge d’appui de la presse sur le tracteur. Il faut accorder une importance particulière à ce point. Il n’est pas rare qu’avec les presses à balles cubiques, les goujons d’attelage soient complètement usés après la deuxième saison. Un attelage à boule améliore à la fois sécurité et confort, tout en réduisant massivement l’usure.

Souffleur pour le nettoyage La paille fine et la poussière collent déjà après peu de temps à la presse. Plus l’on coupe ou hache finement, plus le problème s’accentue. Des difficultés de fonctionnement, des ennuis avec les bordiers et les passants – et aussi la police – en seront les conséquences si l’on roule avec une machine sale sur la route. De plus, la paille fine et la poussière dans et sur la presse accroissent le risque d’incendie. Pour les presses Krone, un « Compact Cleaner » est disponible. Dans sa version complète, ce système de

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juin/juillet 2011 Technique Agricole

Système de nouage simple Deering tel qu’il est disponible sur les presses haute densité John Deere.

Les noueurs doubles font un nœud de fermeture et un nœud de départ.

nettoyage coûte quelque 7500 euros. Il assure un nettoyage en continu des espaces intermédiaires, de l’entraînement, des arbres de transmission et des essieux. Le constructeur (LU Rubenbauer/ distributeur Müthing) souligne qu’une pression de 0,4 bar suffit, les deux ventilateurs soufflant environ 16 000 m3 d’air à l’heure.

Aucune concurrence avec les autochargeuses et ensileuse? Christoph Moriz, de la station de recherches Agroscope Reckenholz-Tänikon ART, a examiné la compétitivité de la presse à balles cubiques par rapport aux procédés ensileuse et autochargeuse pour la confection d’ensilage. Christoph Moriz arrive à la conclusion suivante : « Le procédé presse à balles cubiques offre de nets avantages en termes d’économie du travail par rapport à l’autochargeuse et à l’ensileuse. » Cela se vérifie particulièrement lorsque la distance entre la ferme et les champs est importante, le volume de transport étant notablement réduit en raison de la forte densité des balles. De plus, les balles ne doivent pas nécessairement être transportées immédiatement après l’enrubannage.

Etiquetage pour la traçabilité Quel jour, à quelle heure et à quel endroit une balle ronde précise a été confectionnée ? Avec un nombre limité

Caractéristique du noueur Deering : le petit reste de ficelle sur la balle.

de balles, ces données sont gérables par simple listage. Par contre, si des questions complémentaires telles que la teneur en eau du fourrage et le poids de la balle sont posées, la technologie habituelle ne permet pas de donner de réponses véritablement fiables. New Holland propose une solution : la presse à balle cubique de la série BB9000 est équipée d’un dispositif de saisie et d’étiquetage performant. Les données sont saisies par le biais d’un processeur Crop ID Precision Information, puis transmises au moyen d’un transponder (Tag RFID) pour une identification par radiofréquence dès que la balle quitte le canal de pressage. Plus tard, le Tag ID peut être lu en tout temps par scanner infrarouge, par exemple avant le chargement, le déchargement, le triage ou l’affoura-


Technique des champs n que la résistance des nœuds correspond en moyenne environ à 70 % de celle d’une ficelle usagée. Les ficelles plus résistantes ont des nœuds également plus résistants. Lorsque les ficelles sont entreposées au sec, à température constante et à l’abri du soleil, leur âge n’exerce aucune influence sur leur résistance. En revanche, des conditions de stockage défavorables (sol, humidité, rayons solaires, etc.) des balles cubiques ont un effet néfaste.

Résumé

Les rotors de coupe entraînent la matière à presser de manière régulière dans le canal de précompression.

gement. L’ « étiquette » ne doit pas forcément être visible pour la lecture des données.

Le noueur, un sportif de haut niveau Les deux américains Deering et Cormick, tous deux ayant développé leur propre système de liage, étaient présents. Aujourd’hui encore, l’on distingue les deux systèmes. Si un petit reste de ficelle subsiste sur la balle, le liage s’est fait avec le système Deering (Rasspe). Si la balle ne présente plus aucun reste de ficelle, le système Cormick (Claas, Lely/ Welger, etc.) a œuvré. Les presses à balles cubiques ont été soumises tout au long de leur histoire à une forte pression du point de vue des performances. La densité de pressage, le volume des balles, mais également la puissance d’entraînement n’ont cessé augmenté. Selon l’entreprise Rasspe Systemtechnik, de Wermelskirchen (Allemagne), les noueurs simples sont davantage sollicités que les doubles. Comme la ficelle de liage des noueurs doubles n’est pas maintenue par le noueur pendant le pressage, mais se trouve simplement placée sur la balle, elle ne subit aucune contrainte, contrairement aux noueurs simples. Lorsque le processus de liage est amorcé, les ficelles inférieure et supérieure du dispositif de liage sont tirées, ce qui permet la formation d’un nœud

de fermeture de balle et d’un nœud de départ de balle (d’où « noueur double »). Quand un liage défectueux se produit, la faute n’est souvent pas directement causée par le noueur. Dans 80 % des cas, une tension insuffisante de la ficelle ou des problèmes liés aux organes d’alimentation en sont responsables. Selon Rasspe, ce n’est qu’après 10 000 à 15 000 balles que l’usure augmente et que les problèmes surviennent.

Les presses à balles cubiques sont fabriquées en moins grand nombre que les presses à balles rondes. Elles sont surtout utilisées pour le pressage du foin et de la paille. Différentes variantes de coupe (broyeur frontal) raccourcissent le matériau à la longueur souhaitée. Une presse propre et un dispositif de liage fonctionnant correctement procurent davantage de satisfaction au travail. Si les ficelles de liage se rompent en cours de stockage, ce n’est pas forcément à mettre à la charge de la ficelle elle-même, mais plutôt aux conditions de stockage. n

Recherche de points faibles Lorsque la ficelle passe au travers de la presse, elle est soumise à des contraintes variables qui dépendent de la presse ellemême. A la station de recherches « FJ-BLT » de Wieselburg (A), la résistance des ficelles et des nœuds a été testée, ainsi que leur influence réciproque. La différence entre des ficelles neuves et usagées a également été vérifiée. Cet essai a démontré que la partie de la ficelle située au début du rouleau a une résistance un peu inférieure. Cela s’explique par le fait qu’elle est fortement pliée et déformée à cet endroit-là. Chose étonnante, sa résistance ne diminue que de 5 à 10% après une utilisation. En ce qui concerne la résistance des nœuds, le point faible se situe toujours au même endroit. Les nœuds se rompent là où la ficelle forme un angle aigu et où un effet de cisaillement plutôt que de traction s’exerce. A Wieselburg, l’on considère

Les dispositifs d’attelage à boule réduisent considérablement l’usure ave les presses à balles cubiques.

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n Technique des champs

Pour l’ensilage en balles rondes, une teneur en matière sèche de 30 à 40 % est recommandée. (Photo: Ruedi Hunger)

Films plastiques extraminces et résistants aux UV Les balles rondes d’ensilage doivent être enrubannées le plus vite possible après leur pressage afin de minimiser l’influence de l’oxygène environnant. Pour cela, on utilise un film en matériau extensible, indéchirable et résistant aux UV.

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Ruedi Hunger

Gonflés et extrafins

Le polyéthylène (PE) est produit à base de pétrole et constitue la matière première servant à la confection des films plastiques. Avant la production proprement dite, le PE se présente sous forme de granulés. Les stabilisateurs de protection contre les UV sont de première importance. De manière analogue à la protection offerte à la peau humaine par les crèmes solaires, le film est protégé contre les effets destructeurs de la lumière du soleil. L’intensité des UV s’est accrue ces dernières années, raison pour laquelle les fabricants ont augmenté l’indice de protection. Une protection contre les UV de douze mois est en général garantie.

Lors de la fabrication des films plastiques, du polyéthylène chauffé de 190 à 210° C est comprimé à travers les canaux extrafins d’une buse d’extrusion. Au moment du pressage hors de la tête d’éjection, de l’air est soufflé. Cela entraîne la formation d’un ballon qui peut atteindre la taille de 25 mètres. Celui-ci se refroidit et est disposé ensuite en un film plat. Que sa couleur soit blanche, noire ou de diverses nuances de vert, la base est toujours le PE. Les différentes couleurs sont obtenues par l’adjonction de granulés de couleur spécifiques. La coloration se fait au niveau de la buse, où plusieurs couches de film sont produites simultanément. Le matériau ne se mélange pas, mais les diverses couches extraminces se soudent de manière indéfectible. Cela

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La luzerne peut transpercer le film, ce qui entraîne un risque d’infiltration d’air dans la balle ronde.


Technique des champs n Films plastiques testés au LFZ (2009) Produit

Epaisseur

Couleur

Fabricant

Silograss 750 (Kontrolle)

25 µm

Vert clair

ASPLA/Espagne

Professional 750

19 µm

Vert clair

ASPLA/Espagne

Ecoplus 750

22 µm

Noir

ASPLA/Espagne

Trio plus 750

19 µm

Vert clair

Trioplast/Suède

Silotite pro 750

17 µm

Vert clair

Formipack/Belgique

Le film n’a pas d’influence

Emballage étanche grâce aux propriétés étonnantes des films plastiques: extensibles, indéchirables et résistants aux UV. (Photo: Ueli Zweifel)

explique pourquoi les films ne peuvent être colorés que d’un seul côté. L’épaisseur des films a longtemps été de 25 µm dans tous les cas. De nouvelles méthodes de production et des matériaux récents permettent aujourd’hui une épaisseur réduite à 19, voire 17 µm. L’avantage de ces films plus minces est essentiellement l’obtention de balles sans pli et parfaitement lisses. Avec ces nouvelles méthodes de production, il est possible d’épargner de 10 à 15 % de matière première.

Reinhard Resch, du centre de formation et de recherches «Lehr- und Forschungszentrum für Landwirtschaft LFZ», à Raumberg-Gumpenstein (Autriche) a testé cinq différents types de films lors d’un essai d’ensilage d’herbe réalisé en 2009 dans le Ennstal. Celui-ci portait essentiellement sur l’effet des différents films quant à la teneur en éléments nutritifs, la densité énergétique, la qualité de fermentation et la microbiologie de l’ensilage. En faisant des prélèvement en plusieurs étapes (100 et 239 jours) sur les balles, Reinhard Resch n’a constaté aucune différence due aux différents films. Les défauts souvent observés avec les balles d’ensilage rondes (et rectangulaires), comme la formation de moisissures et la pourriture, ne sont que rarement à mettre en relation avec les films. De tels défauts qualitatifs sont souvent causés par une récolte trop tardive ou un préfanage inadéquat. Il faut comprendre ici du fourrage trop humide ou trop sec. Pour les balles rondes d’ensilage, une teneur en matière sèche de 30 à 40 % est recommandée.

Les souillures du fourrage de toutes sortes et une densité de pressage insuffisante constituent également des causes de défauts des balles d’ensilage. En dernier lieu, le stockage des balles et les éventuels dégâts au film ont une incidence sur la qualité du contenu des balles.

Chaud à l’extérieur, mais presque pas à l’intérieur Rainer Frick, de la station de recherches Agroscope Reckenholz-Tänikon ART, s’est intéressé en 2004 à la problématique de l’échauffement du film, donc du fourrage sous le film. Des films de couleur blanche, vert clair, vert olive, vertbrun et noire ont été examinés. Conformément à ce que l’on pouvait attendre, les plus hautes températures ont été observées directement sous le film noir (jusqu’à 64° C). La différence de température entre le film blanc et le film noir était de 30° C. Cette différence diminuait cependant de moitié déjà à une profondeur de 5 cm, alors qu’elle se réduisait à 9° C à 15 cm. Dans le rapport FAT 615, des différences d’échauffement des films et du fourrage sont effectivement relevées. Rainer Frick souligne cependant que leurs effets restent minimes et que la qualité de fermentation n’est pas prétéritée.

Résumé

Des trous apparaissent quelquefois dans le film en raison d’une manipulation inadéquate, ce qui contrevient aux exigences de base de la conservation de l’ensilage.

Lorsque la protection contre les UV est insuffisante ou diminue progressivement, des signes d’affaiblissement du film apparaissent.

Un film plastique de bonne qualité peut être un peu plus mince tout en remplissant parfaitement son rôle et sans qu’aucune différence significative quant à la qualité et aux teneurs de l’ensilage ne soit constatée. La couleur du film n’a pas non plus d’incidence sur l’ensilage lui-même. Les balles rondes d’ensilage seront enrubannées le plus vite possible après leur pressage afin de minimiser l’influence de l’oxygène environnant. Pour cela, on utilise un film en matériau extensible, indéchirable et résistant aux UV. n

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n Technique des champs

Les effets positifs de la régulation des adventices dus au déchaumage demandent de la patience car il faut attendre la levée des mauvaises herbes et des céréales.

Machines de déchaumage Quand il s’agit de déchaumage, l’agriculteur se pose la question du pour et du contre du cultivateur ou de la herse à disques. Il n’est pas possible de dire quelle machine est meilleure ou moins bonne. Toutes les deux ont leurs forces et leurs faiblesses.

Ruedi Hunger

Le déchaumage se situe au premier rang de la liste des opérations à conduire après la récolte des céréales. Ce travail se réalise plutôt en superficie et se distingue ainsi clairement d’un travail du sol en profondeur. Les machines et les outils

utilisés pour le déchaumage se classent en deux groupes principaux. Hormis les cultivateurs, les herses à disques compactes occupent également le marché. Il est donc bien compréhensible que de nombreux agriculteurs se posent la question quant à savoir quel outil est le meilleur, le soc ou le disque ?

Les cultivateurs sont utilisables de manière universelle Ils se nomment entre autres Cenius, Kristall ou Vibrocat et travaillent soit en superficie, ce qui est souhaité pour le déchaumage, soit en profondeur pour un travail du sol plus complet. Plus le nombre de socs augmente, plus la distance interligne diminue, les risques de bourrage s’accroissant d’autant. La distance entre les barres, leur nombre et la hauteur du bâti sont en relation étroite et s’avèrent déterminants quant aux

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juin/juillet 2011 Technique Agricole

risques de bourrage. Si l’on choisit un faible écart entre les lignes – mais qu’un espace suffisant doit être maintenu – la machine « s’allonge ». La longueur d’un cultivateur, avec un dispositif d’aplanissement et un rouleau Packer, peut mener le tracteur à ses limites en raison du poids élevé de l’ensemble. Cela explique pourquoi les cultivateurs en version tractée rencontrent un succès croissant.

Le soc approprié est la clef du succès L’intensité du travail est déterminée par la largeur du soc et le nombre de dents. Les outils sont de diverses formes, de type patte d’oie, à ailettes, à dents ou à double cœur. Ces formes de soc très diverses ont une influence importante sur le résultat du travail, la consommation de carburant et l’usure du matériel. Les socs patte d’oie sont bien adaptés pour un déchaumage superficiel, dans un horizon de 4 à 8 cm au maximum : avec un écart déterminé entre les lignes, les centimètres supérieurs se travaillent sur l’ensemble de la surface. Quant aux socs à ailettes, l’horizon idéal du déchaumage superficiel est tendanciellement abandonné, car ils travaillent à une profondeur de 5 à 15 cm. Les socs à dent sont adaptés pour un travail en profondeur, comme les socs à double cœur.


Technique des champs n Cultivateur : quelques définitions • Distance entre socs : écart séparant les socs/dents sur une barre. • Distance interligne : distance entre les socs/dents mesurée après le passage de la machine sur les traces laissées par les socs/ dents (ou largeur de travail divisée par nombre de socs/dents). • Passage : distance entre la dent avant et la dent qui la suit sur la prochaine barre. • Hauteur du bâti : distance entre le cadre de la machine et l’horizon de travail (ex : 70 à 80 cm) • Attaque : l’attaque désigne le positionnement des socs par rapport à l’horizon de travail. • Rayon : expression de l’inclinaison du soc et des déflecteurs. Avec un rayon adéquat, la terre roule devant le soc (comme une machine à laver). Le rayon influence l’effet mélangeur des dents du cultivateur.

Le principe suivant est à observer : lorsque le cultivateur doit servir pour différents horizons de travail du sol (superficiel à profond), un changement de socs est nécessaire. Différents constructeurs proposent aujourd’hui des dispositifs de changement rapide afin de faciliter ces opérations.

Des outils d’aplanissement sont nécessaires Si l’on ne veut pas soumettre la technique de semis à des contraintes excessives, le cultivateur sera équipé d’outils de nivellement. Si les dents du cultivateur laissent des buttes (comme avec les

Retourner les chaumes avec le disque Les herses à disques en X ou en V existent depuis longtemps. Les herses à disques compactes, comme celle construite par le fabricant hollandais Evers au début des années 1990, sont en vogue depuis 10 à 15 ans maintenant. Elles sont courtes et fixées près du tracteur. En version repliable, leur largeur de travail peut s’étendre à 6 m avec un tracteur de dimensions acceptables. Les outils de travail sont des disques, grands ou petits, lisses ou crénelés.

L’angle correct est déterminant

Les socs patte d’oie sont bien adaptés, surtout pour le déchaumage en superficie. Ils sont cependant soumis à une forte usure.

Les dispositifs de changement rapide réduisent considérablement le temps nécessaire au changement de socs.

pommes de terre), un rouleau ne parvient pas à aplanir suffisamment la surface. L’effet n’est que partiel, les buttes étant excessivement tassées et les creux pas correctement raffermis. Les outils de nivellement comme les disques creux et les répartiteurs en étoile fournissent un excellent travail. La machine devient cependant vite très lourde. Les outils équipés de dents à ressorts réalisent un travail de qualité un peu inférieure à celui des disques creux, mais sont notablement plus légers et remplissent leur tâche correctement dans la plupart des cas.

Pour une fois, il est important que les disques soient placés de biais, ceci tant par rapport au sens de la marche qu’au terrain. Cela fonctionne parce que chaque disque est positionné et guidé individuellement, à l’opposé des systèmes en X ou V avec un axe traversant. Plus l’angle par rapport au sens de marche est ouvert, plus les disques travaillent de manière intense. La traction latérale s’accroît d’autant plus, comme d’ailleurs la résistance à la traction et la consommation de carburant. L’usure augmente aussi, comme les risques de bourrage. Le positionnement en biais par rapport à la surface du terrain est désigné par l’attaque. Plus l’angle d’attaque est faible, plus le disque tend à se comporter comme une roue sur le sol. La première rangée de disques peut très bien avoir un autre angle (17 à 19°) que le second rang (2 à 6° de moins). La raison de cette différence est de chercher à pénétrer dans une partie du terrain encore non travaillé, les risques de bourrage étant

limité après le passage des premiers disques. Il faut noter cependant qu’avec le positionnement en biais par rangées de disques, les herses à disques tendent à tirer latéralement de manière assez forte. Les constructeurs veillent à la neutralisation de cet effet dans la machine ellemême. Un réglage imprécis, c’est-à-dire un bras supérieur trop court ou trop long, peut entraîner une traction latérale. A l’extrême, le tracteur ne peut plus être conduit.

Le diamètre des disques détermine l’agressivité Le déchaumage superficiel nécessite des herses à disques d’un diamètre de 450 mm. Les disques peuvent être lisses ou crénelés. Les outils avec des disques de diamètre inférieur sont plus légers à largeur égale et coûtent moins cher. La règle est la suivante : plus lourd et sec est

Une attaque correcte et des disques fortement crénelés assurent une agressivité élevée.

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n Technique des champs le sol, plus grand doit être le diamètre des disques (par ex : 550 mm). Les disques crénelés travaillent de manière plus agressive. C’est pourquoi l’on peut sans autre équiper la herse de disques crénelés à l’avant. Cela permet une meilleure pénétration dans le sol. La deuxième rangée reprend alors le sol déjà ameubli et le mélange, ce qui demande moins d’agressivité.

férables aux versions ouvertes. Les disques de la herse brassent beaucoup de terre, ce qui entraîne des risques de bourrage des rouleaux suiveurs ouverts par conditions humides. Les outils suiveurs équipés de dents ou de peignes peuvent être plus problématiques par conditions humides ou en présence de résidus de récolte abondants, ce qui nécessite des possibilités de réglage simples.

Résumé Il est important que le déchaumage soit superficiel, sinon il ne s’agit plus d’un véritable déchaumage. Que seuls des socs, donc un cultivateur ou des disques, donc une herse à disques, soient utilisés reste secondaire. Il est important que toute personne qui guide l’engin connaisse bien les particularités du sol et celles de la machine. n

Un outil suiveur est nécessaire Les outils suiveurs augmentent le poids de la machine. Cela est nécessaire, car les herses à disques compactes imposent une vitesse plutôt rapide et commencent à « flotter » un peu dès que l’angle des disques augmente ; en d’autres termes, la profondeur de travail n’est plus respectée. L’un des objectifs de l’outil suiveur est de maintenir la stabilité de la herse à disques. Naturellement, la terre ameublie doit aussi être raffermie, de manière à offrir de bonnes conditions de germination aux reliquats de récolte et aux graines de mauvaises herbes. Les rouleaux packer de forme fermée sont pré-

Un outil suiveur est indispensable, mais des conditions humides causent toujours des problèmes.

n Marché des machines

Davantage de tracteurs et de faucheuses à deux essieux Durant le premier trimestre 2011, les chiffre de vente des nouveaux tracteurs et faucheuses à deux essieux se sont envolés: c’est ce que démontrent les dernières statistiques de l’Office fédral des routes (OFROU).

En Suisse, 686 tracteurs ont trouvé acquéreur entre janvier et mars, soit 145 de plus – donc plus qu’un quart – que l’année précédente. Fendt est en tête de peloton avec 117 unités, suivi de John Deere avec 112 et de New Holland avec 80 unités. En comparaison, et à la même

Aebi est en tête avec ses faucheuses à deux essieux ; ici le modèle TT210.

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époque en 2010, Same et Kubota ont quasiment triplé leurs chiffres, pendant que Case-IH et Valtra les ont presque doublés. MF atteint, pour sa part, un total de 59 unités contre 34 l’année dernière. Alors que New Holland du groupe CNH passe de la deuxième à la troisième place, McCormick, Hürlimann et Landini enregistrent de fortes pertes. Quant aux faucheuses à deux essieux, Aebi, Reform et A. Carraro occupent les marches du podium dans cet ordre, chacune des sociétés présentant une croissance non négligeable. Pour les transporteurs par contre, Reform passe la coupe à Aebi, et Schitrac se glisse à nouveau devant Lindner. Dominique Senn

Tracteurs Fendt Tracteurs John Deere New Holland Fendt Tracteurs MF John Deere Deutz-Fahr New FendtHolland Claas MF John Deere Hürlimann Deutz-Fahr New Holland Steyr Claas MF Case-IH Hürlimann Deutz-Fahr Kubota Steyr Claas Valtra Case-IH Hürlimann Lindner Kubota Steyr Same Valtra Case-IH Landini Lindner Kubota McCormick Same Valtra Rigi Trac Landini Lindner Zetor McCormick Same Carraro Rigi Trac Landini Total Zetor McCormick Carraro Rigi Trac Total Zetor Transporteurs Carraro Total Aebi Transporteurs Reform Schiltrac Aebi Transporteurs Lindner Reform Caron Schiltrac Aebi Total Lindner Reform Caron Schiltrac Total Lindner à deux essieux Faucheuse Caron Total Aebi Faucheuse à deux essieux Reform A. Carraro Aebi Faucheuse à deux essieux BCS Reform Pasquali A. Carraro Aebi Ferrari BCS Reform Valpadana Pasquali A. Carraro Total Ferrari BCS Valpadana Pasquali Total Ferrari Valpadana Total

2009 2009 2009

2009 2009 2009

2009 2009 2009

2010

2011

80 2010 90 94 80 41 2010 90 48 94 80 23 41 90 41 48 94 21 23 41 32 41 48 2 21 23 18 32 41 24 2 21 9 18 32 13 242 11 9 18 5 13 24 4 119 1 5 13 557 4 11 15 5574 2010 1 557 10 2010 15 3 10 2010 8 15 0 3 10 36 8 15 03 368 2010 0 36 26 2010 27 1 26 2010 3 27 2 1 26 2 3 27 1 2 621 23 12 622

90 2011 81 86 90 34 2011 81 55 86 90 34 34 81 44 55 86 19 34 34 16 44 55 11 19 34 15 16 44 21 11 19 6 15 16 14 21 11 15 6 15 0 14 21 2 156 1 0 14 544 2 15 10 5442 2011 1 544 12 2011 22 2 12 2011 8 22 0 2 12 44 8 22 02 448 2011 0 44 23 2011 16 6 23 2011 0 16 1 6 23 0 0 16 0 1 466 00 01 460

1 62

0 46

117 112 80 117 59 112 54 80 117 41 59 112 33 54 80 30 41 59 30 33 54 30 30 41 29 30 33 28 30 30 18 29 30 11 28 30 7 18 29 7 11 28 3 7 18 0 7 11 689 37 07 6893 0 689 19 18 5 19 2 18 1 5 19 45 2 18 15 452 1 45 38 25 12 38 2 25 1 12 38 0 2 25 0 1 12 78 02 01 780 0 78


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poids vendu est le facteur le plus significatif, très souvent négligé. La ficelle La Mouette peut avoir jusqu’à 26 % de plus de longueur que certains concurrents. Les types 130, 150, 250, 300 et 350 sont adaptés aux presses rectangulaires ; le type « La Jaune » est spécifique pour les très forts serrages de BigBalers ; enfin, les types 500 et 750 permettent de palisser les vignes. La facilité de bottelage, la résistance à la rupture et aux UV, la régularité de fabrication et le coût réel de ficellage inférieur expliquent pourquoi Grunderco importe les ficelles La Mouette depuis 50 ans. Déjà une belle histoire ! Grunderco SA Machines agricoles Rue de la Bergère 26 Case postale 1242 Satigny 1242 Satigny GE Tél. 022 989 13 30 Fax 022 989 13 31 info@grunderco.ch www.grunderco.ch


n Technique des champs

Des outils relativement simples sont proposés aujourd’hui, telles les combinaisons de travail du sol/semis et traitement avec engrais vert.

Réussir avec une culture intercalaire Lorsque le travail du sol et le semis se produisent directement après la moisson, on ne peut plus vraiment parler de déchaumage, car le temps ne suffit plus pour remplir certains objectifs propres à ce processus.

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Ruedi Hunger

Objectifs du déchaumage

Le déchaumage constitue la première mesure qui suit la récolte des céréales. L’agriculteur poursuit différents objectifs avec cette opération. Aujourd’hui, une forte tendance se fait sentir dans le sens de moissonner aujourd’hui, déchaumer demain et semer après-demain. Cela est bien sûr possible techniquement. Si l’état du sol le permet, la récolte est évacuée rapidement, et le champ semé à nouveau. Mais les objectifs essentiels du déchaumage ne seront pas atteints pour autant dans ce cas !

Selon l’enseignement classique figurant dans les manuels scolaires, le déchaumage doit permettre aux reliquats de récolte et aux graines de mauvaises herbes de germer. Ce processus demande un peu de temps pour que les graines et la semence sortent de leur dormance et germent dans de bonnes conditions. Dans le cas du cultivateur et par conditions favorables, un deuxième passage est nécessaire 10 à 14 jours après le premier. En production écologique, ce temps d’attente s’avère particulièrement favorable. Les mauvaises herbes endommagées par le premier

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passage et en phase de réparation sont définitivement anéanties au second passage. Les semences de mauvaises herbes ramenées à la surface ont germé entre-temps, sont déracinées et sèchent. Autre exemple classique démontrant que la patience vaut la peine : les résidus de colza. Lorsqu’ils sont enfouis profondément dans la terre directement après la récolte par les mesures de travail du sol, ils entrent en dormance absolue. Pendant plusieurs années, ils sont ensuite ramenés en surface par petites quantités et germent petit à petit.


Technique des champs n granulés anti-limaces accélère la levée des graminées. Il ne faut pas surévaluer la largeur de la machine, et une absence totale de vent est nécessaire. Avec cette méthode de semis, il faut se rappeler que les semences de graminées et de trèfle n’ont pas le même poids spécifique, leur longueur de projection respective n’étant pas donc équivalente.

Méthode de semis alternative

Herse à disque compacte avec semoir porté : le déchaumage classique est ici en grande partie inexistant.

Un nouveau semis réussi Le semis d’une prairie artificielle constitue toujours un moment très particulier. Le résultat de ce travail se répercute sur deux ans, voire davantage. Si le semis est réussi, l’exploitant profitera sur toute la période d’une prairie bien équilibrée. Si, au contraire, le succès n’est que partiel, il en sera affecté sur la même période. Le travail du sol, le lit de semences, la quantité de semences et la méthode de semis déterminent la réussite de la nouvelle prairie.

Préparation du lit de semences

La pression du soc doit le plus souvent être diminuée. • Il ne faut pas utiliser de « valeurs d’expérience» lors du réglage du semoir. Le semis en ligne est la méthode de semis la plus précise lorsque la semence est pesée correctement. • Une combinaison rouleau et semoir Krummenacher est une bonne solution sur le plan de la technique de travail, car ainsi, deux phases de travail sont effectuées simultanément. • Le hersage superficiel d’un semis au large avec distributeur d’engrais ou de

• Dans un sol bien sec sans trace de passage profonde, un semis direct peut être réalisé avec l’équipement approprié. • Le semis direct n’est pas simplement une autre méthode de semis, mais bien un autre système cultural nécessitant une approche totalement différente (www.no-till.ch). • Le semis direct offre la meilleure protection contre l’érosion et une excellente résistance du sol au roulement.

Résumé Le déchaumage n’offre pas un lit de semences prêt pour accueillir la culture suivante. Lors du semis, il est important de prendre en considération les besoins spécifiques de la semence. Une quantité importante de terre meuble induit un semis profond. Hormis le semis direct, il est conseillé d’utiliser un rouleau lors du semis ou après celui-ci, afin que la semence dispose de conditions de germination optimales. n

Le déchaumage ne sert pas à la préparation du lit de semences. Afin d’assurer la réussite du semis, un travail complémentaire s’avère nécessaire : l’intervention d’une combinaison de machines (herse/ semoir) ou des passages supplémentaires pour préparer le lit de semences. Dans l’intérêt de la rentabilité et de la préservation d’une structure du sol intacte, il convient de réduire les mesures de préparation au strict minimum. C’est pourquoi le semis direct constitue une alternative très intéressante sur le plan économique.

Méthodes de semis Lors du choix d’une méthode de semis, il faut considérer qu’un semis en superficie favorise le trèfle alors qu’un semis plus profond avantage les graminées (exception : pâturin des prés). • La profondeur de semis avec le semis en ligne doit être précisément vérifié.

Les combinaisons de semis peuvent être utilisées après déchaumage pour le semis de la culture suivante.

juin/juillet 2011 Technique Agricole

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9e Championnat suisse en sport d’abattage du bois des séries Stihl-timberSportS® les 18/19 juin 2011 en cette 10e année des séries Stihl-timberSportS® Suisse sur le prodap à Flumserberg, ce sont les 18 et 19 juin que les meilleurs sportifs en sport d’abattage du bois se disputeront le titre de champion de Suisse. C’est à travers 6 disciplines différentes avec hache, scie à main et tronçonneuse que se mesureront les sportifs. la force est décisive, mais c’est la précision qui l’emporte!

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Pour la première fois, en l’an 2002, ont été mis sur pied un camp d’entraînement ainsi qu’une démonstration sous forme de compétition. En 2003, a eu lieu le 1er Championnat de Suisse. L’année 2011 verra donc déjà le 9e champion­ nat suisse des séries STIHL TIMBER­ SPORTS®, classe reine des sports d’abattage du bois. Cette année encore, auront lieu aupa­ ravant des camps d’entraînement. Les sportifs seront initiés par des entraîneurs suisses et profiteront d’un entraînement complet dans les diverses disciplines. Des novices, comme des athlètes déjà aguerris à la pratique des compétitions, se promettent de retirer de nombreux conseils et trucs théoriques et pra­ tiques lors de ces camps. le signal de départ officiel de ce week-end de compétition débutera le samedi 18 juin 2011 à 10 h avec la qualification au Championnat suisse. Lors de la qualification, 28 sportifs s’affronte­ ront dans six disciplines différentes au cours d’une compétition acharnée et passionnante, pour obtenir l’une des 14 places de départ très convoitées. point culminant, le Championnat suisse 2011 en sport d’abattage du bois, qui aura lieu le dimanche 19 juin 2011 de 10 h à 16 h. Les 14 meilleurs athlètes suisses s’affronte­ ront dans 3 disciplines à la hache et 3 à la tron­ çonneuse en donnant le meilleur d’eux­ mêmes. Une attraction toute particulière et

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Technique des champs n

La faucheuse-faneuse articulée Kverneland Taarup 4332 LT, à 8 disques, avec une largeur de travail de 3,20 m. Sur cette conditionneuse à dents métalliques SemiSwing, les dents se replient vers l’arrière et franchissent des obstacles de 103 mm sans se briser. (Photos : Dominik Senn)

« Pour gagner avec l’herbe demain » C’est à Biol en Isère, dans un triangle situé entre Annecy, Lyon et Grenoble que se sont retrouvés cinquante exposants et une bonne vingtaine de « cumistes »* pour cette édition des « Mécafourrages 2011 ». Stands d’informations, démonstrations et ateliers ont su animer un public fort de 2000 personnes, intéressé aux dernières machines de récolte et techniques fourragères. Technique Agricole était aussi de la partie.

Dominik Senn

Les grandes surfaces agricoles du sudest de la France favorisent l’utilisation de faucheuses traînées et de combinaisons d’engins de fauchage. A Biol cependant, deux faucheuses frontales ont suscité un certain intérêt. Sur le même thème, Stoll a présenté une nouvelle version de sa conditionneuse tractée 3205 FLEX, dotée d’une largeur de travail de 3,15 m.

* membres d’une CUMA (cf.encadré).

Quelques modifications Si les neufs spécialistes les plus réputés du secteur « récolte de fourrage » ne présentaient pas de réelles nouveautés, leurs faucheuses à disques se sont tout de même distinguées par des modifications plus ou moins importantes. Ciaprès les faucheuses par ordre d’apparition : Pöttinger avec le Novacat 301 ED (Extra Dray) ; Vicon et son Extra 632 FT avec faucheuse à suspension hydraulique, largeur de travail de 3,2 m et compteur à rotor réglable ; Fella SM 310 FZ, faucheuse à disque frontale avec dispositif d’attelage à détection d’oscilla-

tions ; Fella SM 311 trans RC, une faucheuse à disque dotée d’un châssis transporteur avec conditionneuse à rouleaux ; Lely Splendimo 280 MC, d’une largeur de travail de 2,80 m, avec andain standard ou plus large, en option ; Kverneland Taarup 4332 LT, une faucheusefaneuse tirée articulée à 8 disques et 3,2 m de largeur de travail ; John Deere 730 avec timon central permettant un fauchage alternatif des deux côtés du tracteur, 6 disques, largeur de travail 3 m ; Claas Disco 3100 avec timon central qui peut pivoter à gauche ou à droite du tracteur, à choix : 3, 3,40 ou 3,80 m,

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n Technique des champs conditionneuse à dents ou à rouleaux ; JF-Stoll GMT 3205 Flex, faucheuse à timon central, largeur de travail 3,15 m avec tapis pour le dépôt de l’andain ; Kuhn FC 303 GLV, faucheuse-faneuse articulée, largeur de travail 3 m et 6 disques faucheurs.

Largeur de travail de 8,30 m Diverses faucheuses sont équipées d’éléments complémentaires pour le dépôt d’andains, tels Kverneland, Lely, Kuhn et Pöttinger. La nouvelle NOVACAT X8 collector de Pöttinger a suscité un intérêt particulier : cette combinaison de fauche est dotée d’une largeur de travail de 8,30 m et d’un tapis transversal monté en série. Grâce au passage spacieux entre le conditionneur et le tapis transversal, le fourrage est rapidement convoyé. Le Novacat X8 collector est disponible en version ED (Extra Dry) équipé du conditionneur à dents ou, pour la luzerne et autres fourrages à feuillage abondant, du nouveau conditionneur RC (Roller Conditioner) à double rouleau et d’un rouleau accélérateur.

La nouvelle presse à balle ronde Vicon Une nouveauté pour les presses à balles rondes chez Vicon, du groupe Kverneland. La Vicon RV 4216 et 4220 est conçue pour l’ensilage, le foin et la paille. Le fourrage est récolté au moyen d’un pick-up de 2,20 m équipé de cinq rangées de dents et tourne à un régime

élevé. Selon la densité du fourrage, la presse confectionne des balles d’un diamètre allant de 0,60 m à 1,65 m et même jusqu’à 2 m. Deux différents systèmes de coupe et d’alimentation sont disponibles. Grâce à la chambre de pressage, l’utilisateur peut choisir entre trois zones de densité (cœur, milieu et externe) selon le diamètre et le degré de compression. Il peut alors adapter la structure de la balle avec précision aux conditions de récolte prédominantes. Les balles sont alors compactes, et le changement de la bobine de filet s’effectue rapidement, explique Romuald Mestre, de Vicon, à Technique Agricole. D’autres modèles de presses sont également présentées par cinq constructeurs, à savoir : RP 445 Lely Welger, Claas (Variant 360 Pro), Feraboli Extreme 265 HAT, Krone (Comprima CF 155 XC) et Kuhn (VB 2160).

NOVACAT X8 collector Pöttinger.

Fourrages de base : herbe et maïs Dans l’Isère, le maïs et l’herbe sont les piliers de la production fourragère. Les collectivités du type CUMA (voir encadré) ont pour tâches principales de faciliter les diverses techniques de récolte (foin, ensilage et balles) en s’aidant d’un modèle coopératif. Les membres des CUMA se partagent les engins de récolte, exécutent ensemble des travaux, pour autant que faire se peut, et mandatent certaines tâches à des entreprises de travaux agricoles. L’objectif est de fournir une excellente qualité de four-

John Deere 730.

rage fauché au meilleur moment et à moindres frais. Pour le réseau des CUMA, encourager les développements technologiques est considéré comme une mission. Ainsi, chaque année lors des Mécafourrages, le réseau est en mesure de présenter à ses membres – et à un public averti – des machines ou chaînes de mécanisation abouties, déclare Didier Allibe, vice-président des CUMA de l’Isère. A Biol, lieu de la manifestation, le public a pu découvrir quatre ateliers techniques tenus par des experts issus de coopératives, d’instituts de recherche et des chambres régionales d’agriculture.

Les ateliers S’instruire en plein air : étudiantes et étudiants en agriculture, intéressés par les diverses espèces peuplant les prairies artificielles

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Le slogan des Mécafourrages 2011 « Pour gagner avec l’herbe demain » visait une production fourragère à la fois


Technique des champs n

Claas Disco 3100.

Kuhn FC 303 GLV.

Fella SM 311 trans RC.

Vicon RV 4216.

rentable et peu coûteuse. Deux ateliers ont traité l’amélioration des semis en mettant l’accent sur les meilleures conditions pour l’implantation des prairies artificielles et des prairies permanentes. Le troisième atelier a mis en évidence les techniques de récolte préservant le fourrage tandis que le quatrième abordait la question de l’efficacité pour gérer les pâturages. Le « Groupe Dauphinois », groupe coopératif agricole et partenaire de la manifestation, apporte aussi une contribution active dans la sélection des plantes. A noter qu’à partir du premier croisement, il peut s’écouler une quinzaine d’années avant d’obtenir une nouvelle espèce.

Des pâturages à moindres frais Dans l’un des ateliers, Monique Laurent, de l’Institut de l’Elevage Agrapole à

Lyon, a comparé les coûts réels des fourrages dans la région Rhône-Alpes : « En zone herbagère, lorsque la question du mode de récolte de l’herbe (ensilage, enrubannage ou foin) est éclaircie, l’éleveur peut déterminer les coûts globaux en comparant le coût des fourrages de la production jusqu’à la crèche, en intégrant les dépenses de production, récolte, stockage et distribution.» « On constate aussi sans surprise que le pâturage est le fourrage le moins coûteux pour l’ensemble des exploitations. Il est suivi par l’ensilage de maïs, le foin, l’ensilage d’herbe et les balles rondes enrubannées », ajoute aussi Monique Laurent. Et de souligner : « Toutefois, cette hiérarchie diffère selon le mode de culture, la situation pédoclimatique, le rendement et autres critères. Le choix ne peut pas se faire uniquement sur le coût,

mais partout où c’est possible, il faut privilégier le pâturage. » « La mécanisation pèse lourd pour tous les fourrage, y compris la pâture, soit au moins 50 % du coût total », ajoute Monique Laurent, en précisant : – de 55 à 65 % pour les ensilages ; – de 60 à 70 % pour le foin et les balles. Quant à la part de la traction sur le coût total, elle s’élève à : – 50 % pour l’ensilage de l‘herbe ; – 65 % pour les balles ; – 60 % pour le foin ; – 65 % pour la pâture . En ce qui concerne l’ensilage de maïs, le coût diminue lorsque les quantités augmentent. Pour l’herbe, le coût de la traction et les prairies de courte durée augmentent le coût. Quant aux balles, le

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n Technique des champs coût du matériel est amorti par de plus grands tonnages, donc un meilleur taux d’utilisation. Le total des frais se compose de production (travaux des champs, fumure, semences, etc.), de récolte (des champs à la ferme), de stockage (silo, hangar, grange) et de distribution (matériel et équipement). En moyenne, ils se répartissent comme suit : – récolte production : 75 à 90 %, – distribution : 15 à 20 % pour les ensilages, 5 à 12 % pour le foin et les balles ; – stockage : faible (lié au mode d’exploitation) n

CUMA : le collectif pour réduire les charges Une CUMA est, en France, une « Coopérative d’utilisation de matériel agricole » qui a pour but l’achat et l’utilisation de biens agricoles en commun afin d’abaisser le coût de production, et de faciliter – et d’améliorer – leur activité économique, explique Didier Veyron, président de la FdCuma Isère. L’adhésion est facultative. Les coopératives régionales (petites unités) se

rassemblent en associations ; la FdCuma Isère recense 130 CUMA et compte 2000 membres. A l’échelon départemental, ce regroupement est la Fédération Regionale Rhône Alpes (FrCuma) qui se compose de l’Isère et de sept autres associations ; elle totalise 900 CUMA. L’organe suprême des réseaux CUMA est l’Assemblée générale. Elle vient de se réunir à Paris les 31 mai et 1er juin dernier.

« Une excellente vitrine » Les Mécafourrages à Biol, dans l’Isère vus par diverses personnes

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Didier Allibe, Brion.

Romain Boulud, Lyon, accompagné par deux camarades.

Romuald Mestre, Mâcon.

L‘organisateur

L’agriculteur

Le conseiller de vente

Didier Allibe, agriculteur de 45 ans à Brion (Isère), est vice-président du CUMA de ce même département et président du Comité d’organisation des Mécafourrages 2011 à Biol : « Lors de cette manifestation, qui se place dans la continuité du Rallye de l’Herbe, les ateliers et démonstrations de machines ont fait la part belle à toutes les étapes de la culture fourragère, de l’implantation des prairies à la récolte jusqu’à la conservation des fourrages. Nous avons décidé d’organiser cette journée parce qu’elle s’est maintenant bien implantée en France. Une plateforme est ouverte aux visiteurs pour présenter les avantages des CUMA, leur mode de travail et leur manière d’investir dans les parcs de machines. »

Romain Boulud, 21 ans, étudie à Lyon où il passera bientôt son bac pour devenir agriculteur. « Je suis venu à Biol, au Salon Mécafourrages, pour découvrir les nouvelles et puissantes machines agricoles qui vont alléger le travail de l’exploitant. C’est aussi l’occasion de discuter avec les constructeurs pour constater l’absence ou la présence de certains éléments, et de voir si l’on peut apporter des modifications. J’ai été impressionné avant tout par les ateliers techniques qui traitaient la gestion et l’entretien des prairies, la variété des espèces et la croissances des plantes. »

Romuald Mestre, 32 ans, travaille comme conseiller de vente chez Vicon, Mâcon : « Le Salon des Mécafourrages est une excellente vitrine pour notre marque et un lieu idéal pour lancer notre nouvelle gamme de presse Kverneland dans le sud-est. Nous nous sommes engagés avec enthousiasme et plaisir à y participer. A Biol, une première pour les presses à balles rondes Vicon RV 4216 et les combinaisons faucheuse-conditionneuse Extra 632 T et Extra 632 FT, qui ont été accueillies avec succès par le public. »

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Cours de conduite G40 n

Lieux et dates 2011 Aarberg BE 14.07 + 19.07 18.08 + 23.08 Bazenheid SG 21.07 + 26.07 03.11 + 08.11 25.08 + 30.08 Biberbrugg SZ 30.06 + 05.07 27.10 + 31.10 11.08 + 16.08 Brunegg AG 21.07 + 26.07 03.11 + 08.11 29.09 + 04.10 Bülach ZH 07.07 + 12.07 04.08 + 08.08 Bulle FR 30.06 + 04.07 06.10 + 10.10 25.08 + 30.08 10.11 + 14.11 22.09 + 26.09 Claro TI auf Anfrage/sur demande Corcelles-près-Payerne VD 08.09 + 13.09 27.10 + 01.11 Courtételle JU 25.08 + 30.08 06.10 + 12.10 Düdingen FR 15.09 + 20.09 13.10 + 18.10 Frauenfeld TG 23.06 + 28.06 08.09 + 13.09 12.07 + 18.07 20.10 + 25.10 25.08 + 30.08 03.11 + 08.11 Gossau ZH 23.06 + 28.06 04.10 + 10.10 14.07 + 19.07 13.10 + 18.10 Hohenrain LU 30.06 + 05.07 20.10 + 25.10 25.08 + 30.08 Ilanz GR 10.08 + 18.08 13.10 + 18.10 Interlaken BE 25.08 + 30.08 Kägiswil OW 07.07 + 12.07 15.09 + 20.09 La Sarraz VD 23.06 + 28.06 22.09 + 27.09 28.07 + 02.08 Landquart GR 21.06 + 27.06 13.10 + 18.10 11.08 + 19.08 Langnau i.E. BE 21.07 + 26.07 15.09 + 20.09 28.07 + 02.08 06.10 + 11.10 11.08 + 16.08 27.10 + 01.11 Les Hauts-Geneveys NE 06.07 + 15.07 08.09 + 13.09 21.07+ 26.07 Lindau ZH 14.07 + 19.07 20.10 + 25.10

Lyss BE 15.09 + 20.09 20.10 + 25.10 Lyssach BE 08.09 + 13.09 20.10 + 25.10 13.10 + 18.10 Marthalen ZH 05.08 + 09.08 Mettmenstetten ZH 08.07 + 12.07 10.11 + 14.11 Moudon VD 23.06 + 27.06 25.08 + 30.08 Niederurnen GL 02.08 + 11.08 27.10 + 31.10 Nyon VD 08.09 + 13.09 17.11 + 22.11 Oensingen SO 22.06 + 28.06 03.11 + 08.11 01.09 + 06.09 Saanen BE 29.09 + 04.10 Salez SG 07.07 + 12.07 10.11 + 15.11 08.09 + 13.09 Schöftland AG 27.10 + 31.10 Schwarzenburg BE 30.06 + 05.07 29.09 + 04.10 28.07 + 02.08 21.10 + 26.10 01.09 + 06.09 Schwyz SZ 06.10 + 11.10 Sion VS 30.06 + 05.07 Sissach BL 14.07 + 19.07 06.10 + 11.10 Sitterdorf TG 30.06 + 11.07 13.10 + 18.10 04.08 + 09.08 27.10 + 01.11 01.09 + 06.09 10.11 + 15.11 15.09 + 20.09 Sursee LU 18.08 + 23.08 08.09 + 13.09 Tramelan BE 07.07 + 12.07 01.09 + 06.09 Tuggen SZ 22.06 + 28.06 04.08 + 09.08 05.07 + 14.07 Visp VS auf Anfrage/sur demande Willisau LU 11.08 + 16.08 22.09 + 27.09 Zweisimmen BE 14.07 + 19.07 18.08 + 23.08 04.08 + 09.08 Zwingen BL 01.09 + 06.09

SVLT / ASETA 056 441 20 22

www. Après avoir réussi les examens des catégories F/G, les jeunes dès 14 ans peuvent suivre le cours G40. Inscrit dans le permis de conduire, le G40 autorise la conduite de tracteurs agricoles et de véhicules exceptionnels roulant à 40 km/h au maximum. Le G40 se déroule sur deux journées – 20 leçons au total – et le nombre de participants est limité à cinq. Grace à un enseignement intensif, les conductrices et conducteurs de tracteur acquièrent des bases solides qui leur assurent une bonne maîtrise de conduite. Les instructeurs sont au bénéfice de permis poids lourds et ont suivi une formation spéciale pour la conduite de véhicules agricoles. Pour suivre le cours : Un permis de conduire de cat. F / G La première journée : un tracteur roulant à 30 ou à 40 km/h, avec arceau de protection ; les permis de circulation des véhicules, le document antipollution, la convocation au cours. La deuxième journée : le tracteur et une remorque agricole.

La confirmation de l’inscription au cours G40 autorise les participants à s’exercer pendant un mois avec un tracteur roulant à 40 km/h, sans remorque. La Vaudoise Assurances versera un montant de CHF 100.– à la conclusion d’un nouveau contrat d’assurance véhicule à moteur à toute personne qui a suivi le cours G40 (ou à un autre membre de sa famille habitant à la même adresse). Ce bon est valable deux ans à compter de la fin du cours G40. Conditions générales Les participants reçoivent la convocation et la facture deux semaines avant le premier jour de cours. Pour une annulation intervenant après ces deux semaines, un montant de CHF 60.– sera perçu pour les frais administratifs. En cas d’absence injustifiée, l’ASETA se réserve le droit d’encaisser l’intégralité du montant de la facture. n

Inscription au cours G40 Lieu et date du cours Nom, prénom Date de naissance Adresse NPA, lieu

Avec le soutien du Fonds de sécurité routière (FSR) Prix du cours : CHF 550.–. Le Fonds de sécurité routière ristourne un montant de CHF 100.–.

No de tél.

Portable

Numéro du permis de conduire (pos. 5) J’ai pris connaissance des conditions de ce cours Date et signature Signature du représentant légal ou du maître d’apprentissage Envoyer à : ASETA, case postale, 5223 Riniken, tél. 056 441 20 22, fax 056 441 67 31, courriel : info@agrartechnik.ch

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n ASETA

Les performances des essieux, placés les uns après les autres sur le banc de contrôle sont mesurées sur différents niveaux de chargement.

Echanges d’expériences et esprit d’équipe Depuis 10 ans au programme de l’ASETA, le cours de conduite G40 autorise les jeunes dès 14 ans à conduire des véhicules agricoles à 40 km/h. Venus de toute la Suisse, ces instructeurs se sont récemment retrouvés au siège de l’ASETA, à Riniken.

Dominik Senn

Les instructeurs du cours de conduite G40 sont détenteurs du permis de conduire catégorie II, d’un permis poids lourds et d’un certificat établi par le Conseil de sécurité routière. L’objectif du G40 est de transmettre aux jeunes conductrices et conducteurs de tracteur une formation complète, et met l’accent sur la façon de se comporter dans la circulation routière. Pour ce faire, l’ASETA encourage et soutient régulièrement ses instructeurs par des « Journées pour instructeurs ».

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juin/juillet 2011 Technique Agricole

« L’échange d’expériences et l’esprit d’équipe sont essentiels », souligne le directeur de l’ASETA, Willi von Atzigen. Au quotidien, la réalité montre que chaque instructeur est en effet très seul dans son travail. La partie administrative de la rencontre a été divisée en trois thèmes hautement intéressants analysés par le responsable de la formation continue à l’ASETA, Franz Nietlisbach : – Quels véhicules sont autorisés à circuler ? – Quelles sont les exigences nécessaires requises des participants ? – Quelles sont les courses autorisées au volant de véhicules agricoles ?

L’affichage analogue et numérique montre une différence de freinage considérable entre la roue gauche et la route droite. Après le test, un procès-verbal de freinage est établi comme la loi l’exige pour les remorques roulant à 40 km/h.


ASETA n la technique évolue ; c’est pourquoi nous introduisons toujours des thèmes actuels ou revoyons des sujets essentiels.

Willi von Atzigen, directeur ASETA : « Le cours de conduite G40 propose des expériences de conduite …palpitantes ! C’est en groupe de cinq participants au maximum que les jeunes apprennent à reconnaître les dangers et s’approprient cette façon de conduire dite « par anticipation. »

« Experts en freinage ! » « Dès le début, l’ASETA s’est consacrée à la connexion des freins hydrauliques équipés sur les véhicules agricoles ainsi qu’au développement des systèmes pneumatiques », explique Willi von Atzigen à l’issue de la « Journée pour instructeurs. » Technique Agricole lui a posé quelques questions sur le cours de conduite G40. Technique Agricole : Pourquoi les freins et les systèmes de freinage prennent-ils une si grande place lors de cette journée ? Willi von Atzigen : Dès le début, l’Association suisse pour l’équipement technique de l’agriculture a tout fait pour faciliter la circulation des véhicules agricoles. Les questions de sécurité ont toujours été primordiales. La juste estimation de la vitesse et du freinage joue, dans tous les cas, un rôle essentiel. De cette façon, nous pouvons transmettre nos observations relevées sur des systèmes utilisés en agriculture aux négociants et importateurs de machines agricoles. Voilà pourquoi ce thème est si important pour le cours de conduite G40. Et puis le quesPour sa part, Willi von Atzigen a parlé des divers systèmes de freinage pour tracteurs et remorques. Il a aussi fait remarquer que les défectuosités sont non seulement détectées sur les remorques mais aussi sur les tracteurs, et que la synchronisation de l’action des freins entre la remorque et le tracteur est en fait au cœur du problème. n

tionnaire rempli par les jeunes nous prouve aussi que les exercices de freinage sont très appréciés. Qu’apprennent les participants sur ce thème ? Nous approchons les exercices de freinage par étape pour aborder le freinage d’urgence. Chacun des participants est mis en situation et doit arriver à freiner à fond sur un terrain sécurisé. De ce cours, les participants s’en souviennent encore bien des années plus tard !Pour les remorques, nous enseignons une sorte de diagnostic rapide : comment faire une analyse grossière avec les moyens du bord, ou comment savoir si les freins fonctionnent ou non ? Dans ce domaine,

Focus sur le test de freinage L’après-midi a fait place aux tests de freinage sur le banc de contrôle mobile. Pour ce faire, les participants se sont rendus aux ateliers du constructeur de machines agricoles argovien Mäder AG, à Niederwil. « C’est ici que pour la première fois, un atelier de machines agricoles a utilisé l’une des premières installations de mesurage automatique pour contrôler les systèmes des freins de remorque », dit Andreas Kaspar, mécanicien sur ma-

Et le profit pour les participants ? Le G40 autorise à rouler à 40 km/h au volant de véhicules agricoles. Le cours est une prestation s’adressant à toutes celles et tous ceux qui veulent conduire un tracteur. L’ASETA le propose depuis 1998. Une fois le cours achevé, le Service automobile annote l’autorisation de rouler à 40 km/h dans le permis de conduire. Il me semble qu’après avoir suivi un G40, les jeunes passent plus facilement le permis de voiture que s’ils n’avaient jamais conduit de véhicule à moteur auparavant. Que signifie le G40 pour l’ASETA ? C’est une proposition de cours parmi d’autres pour les jeunes conductrices et conducteurs de véhicules. Qu’ils soient membres ou non de l’ASETA, nous pensons qu’il est important de proposer quelque chose où ils peuvent s’impliquer. Les jeunes filles qui le suivent sont aussi très motivées. Par le biais de ce cours, l’ASETA offre une expérience valorisante pendant l’adolescence, une période plutôt difficile à vivre. C’est aussi une façon de resserrer les liens avec les maîtres d’apprentissage, les agriculteurs et leur famille. Il ne faut pas non plus sous-estimer l’impact sur d’autres associations. L’ASETA est d’une taille à prendre au sérieux. Des centaines de jeunes viennent chez nous pour suivre ce cours, ce qui nous rend conscients de notre responsabilité envers l’éducation routière. Dans ce domaine, le G40 est en quelque sorte de certificat qui se définit par lui-même ! Interview Dominik Senn

chines agricoles qui prépare actuellement son diplôme fédéral dans cette discipline.

Andreas Kaspar, de la maison Mäder AG, Machines agricoles à Niederwil/AG, explique le procès-verbal de tests aux instructeurs du cours G40.

juin/juillet 2011 Technique Agricole

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n Actualités Système Variflow

Il y a trois ans, New Holland posait l’une des premières bornes dans le développement et la construction d’ensileuses avec la Serie FR 9000 (Photo Jan Ebinger) et …

Le système Variflow a été introduit lors du lancement de la FR9000 en 2007. Ce système permet de passer rapidement de la récolte d’herbe à celle du maïs. Si c’est de l’herbe qu’il faut ensiler, on retire les rouleaux d’aplatissement. La soufflerie prend la place du broyeur, ce qui permet de réduire de 60 % la distance avec le tambour à couteaux. Une trop grande distance entre la soufflerie et le tambour peut en effet engendrer des turbulences avec des bourrages comme conséquence, surtout lorsqu’on ensile de l’herbe de prairie. Le système Variflow comprend une position pour le maïs et deux positions pour l’herbe. Selon NH, une seule personne est en mesure, sans outils et en moins de deux minutes, de changer les deux positions du système. Lors du changement, la tension de la courroie ne doit pas être adaptée, et ce grâce à un dispositif bre-

NH FR9000 Limited Edition – Made in Belgium New Holland lance une série limitée, la « FR9000 Limited Edition ». L’usine de Zedelgem est le seul site au monde du groupe New Holland à construire des ensileuses automotrices. Jan Ebinger*

New Holland se lance dans la fabrication d’ensileuses automotrices en 1961 avec la SP 818, construite en Amérique du Nord. Cinquante ans plus tard, New Holland introduit une série limitée, la FR9000, réduite à 50 unités. Rappelons que la série FR9000 a été introduite en 2007 en remplacement de la série FX. La série FR9000 comprend cinq modèles de base, d’une puissance maximale de 424 à 824 Ch. Le journal belge Entreprise Agricole a eu l’occasion d’examiner la FR9000 « Limited Edition ». En voici les caractéristiques:

Tambour hacheur La série FR9000 est munie d’un tambour hacheur entièrement fermé. Sa largeur de 90 cm et son diamètre de 71 cm assurent un flux régulier de la matière végétale. Le tambour comprend deux * Rédacteur du journal belge Entreprise Agricole

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juin/juillet 2011 Technique Agricole

rangées de 8, 12 ou 16 couteaux dont la longueur de coupe peut varier de 3 à 44 mm. Le dernier tambour avec 2 × 16 couteaux et une longueur de coupe de 3 mm convient tout particulièrement au hachage du maïs pour les applications de biogaz. New Holland, en effet, ne cache pas son intérêt pour les débouchés des biocarburants, et le constructeur s’attend à une progression de 50 % du marché des ensileuses automotrices. Les couteaux sont affûtés grâce au procédé Adjust-O-Matic qui est commandé depuis la cabine. Ce système permet un réglage automatique de la distance entre le couteau et le contre-couteau. Grâce à la largeur des rouleaux ameneurs, la végétation est répartie en largueur en direction du tambour. Les rouleaux ameneurs sont à entraînement hydrostatique. Une seconde transmission hydrostatique est prévue en option lorsque l’on travaille avec un large bec à maïs. Cette disposition permet d’acheminer de la puissance supplémentaire vers le bec et de dissocier la vitesse de ce dernier et celle des rouleaux ameneurs.

…il y a 50 ans, le constructeur américain lançait le début de l’épopée pour l’ensileuse automotrice avec le modèle SP 818

veté. Le flux du matériel haché passe par un tuyau souffleur de 33 cm de large, qui peut travailler jusqu’à 6,40 m de haut et a un angle de rotation de 210°.

Système Power Cruise II Ce système adapte automatiquement le nombre de tours moteur et la vitesse de l’ensileuse, indépendamment des conditions de récolte. Lorsque le régime moteur est peu élevé, lors d’une manœuvre légère, le nombre de tours baisse, ce qui permet de réduire la consommation de carburant. Le moteur détecte la charge grâce au nombre de tours moteur et injecte précisément la quantité de carburant dont il a besoin. Le système Power Cruise adapte automatiquement la vitesse de déplacement aux sollicitations, ce qui permet à la machine de rouler


Nouvelles des sections n Moteur turbo compound

Limited editon : un design spécail agrémentà par les chromes et la couleur

constamment à sa capacité maximale. Le mode « conduite » réduit la consommation de carburant et les nuisances sonores, tandis que le mode « champ » accroît le rythme de travail.

IntelliFill avec caméra 3D Ce système a valu à New Holland l’obtention de l’Innovation Award 2010 au salon EIMA, la médaille d’or à Agritechnica 2009 et un Epi d’or à Agribex 2009. Ce dispositif permet au conducteur de remplir soigneusement la remorque d’ensilage sans gaspillage, même en cas de visibilité réduite. Une caméra 3D, qui se trouve sous la goulotte, contrôle le flux de la matière. Ce système permet le chargement homogène de la remorque ainsi que le réglage du flux de la matière, même par travail de nuit.

Tous les moteurs de la série FR9000 sont placés dans le sens de la longueur. La FR9060 (puissance maximale 591 Ch) est équipée d’un moteur FPT Cursor 13, pourvu de la technologie Turbo Compound, qui réutilise l’énergie contenue dans les gaz d’échappement au moyen d’une turbine supplémentaire nichée derrière le turbo conventionnel. Cette énergie est transmise au vilebrequin par l’intermédiaire d’un accouplement hydraulique et d’un engrenage. Ce transfert d’énergie renforce le couple du vilebrequin et diminue la consommation de carburant jusqu’à 8 %, à la même puissance moteur.

Cabine adaptée La cabine a été spécialement conçue pour l’ensileuse FR9000. Ce qui frappe surtout, c’est la bonne visibilité depuis le siège conducteur. Grâce à la forme du toit, le conducteur dispose d’une bonne visibilité sur le tuyau de déchargement. La différence avec une cabine de moissonneuse-batteuse est évidente. A l’inverse, la console montée du côté droit présente la même configuration que sur les modèles de moissonneuses-batteuses CX8000 et CX9000. La console, avec son moniteur IntelliView III, permet, par exemple, de détecter dans quelle section

Vaud Formation pour obtenir le permis G Jeunes conducteurs de tracteurs • Permis de conduire également reconnu pour la conduite d’un cyclomoteur; • Formation théorique valable pour la catégorie F (véhicule limité à 45 km/h). Sur la voie publique, pour conduire un tracteur dont la vitesse maximale est de 30 km/h, il faut avoir 14 ans révolus et être porteur du permis de conduire de cat. G. Il est possible de passer l’examen un mois avant l’anniversaire. Nos cours théoriques, d’une durée de deux après-midi (le mercredi de 13 h 30 à 16 h 30), contribuent à la réussite de l’épreuve. Les lieux des examens sont décentralisés en fonction des inscriptions et accueillent de 10 à 15 participants. Prix du cours membre ASETA-VAUD : non-membre :

des rouleaux ameneurs se trouve un objet métallique. L’écran affiche également un compte-rendu précis du rendement, grâce à des capteurs qui analysent le flux de matière dans les rouleaux ameneurs. Cela se fait en combinaison avec la vitesse de la machine. Toutes ces données sont imprimées sur l’ordinateur de bord. Tous les modèles sont dotés d’un siège accompagnateur et d’un frigobox. n

CHF 50.– CHF 100.–

La console, avec son moniteur IntelliView III à écran tactile et son levier multifonctionnel CommandGrip, se retrouve à la fois sur les séries de moissonneuses-batteuses et sur les nouveaux tracteurs New Holland T7 et T8.

Bulletin d’inscription à envoyer à : ASETA, A.-L. Amez-Droz, 1147 Montricher ou par courriel : alamez-droz@bluewin.ch Nom/prénom (du participant) Date de naissance

Membre ASETA-Vaud

oui

non

Prénom (du père) Téléphone

Portable

Adresse NPA, localité Demande de permis déjà adressée au Service des automobiles oui non

Lieu désiré :

Morges

Moudon

Yverdon

Période souhaitée : 2e semestre 2011

1er semestre 2012

2e semestre 2012

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n ASETA entre les deux parties règle les mandats tels que la fourniture de prestations administratives ou accompagnatrices de projets pour le compte d’Agro-entrepreneurs Suisse, explique Willi von Atzigen, directeur de l’ASETA.

Elections

Le comité dans sa nouvelle composition (de g. à d.) : Nicolas Pavillard, Willi Zollinger, Fritz Hirter, Daniel Haffa, Konrad Flury, Felix Horni, Thomas Estermann, Urs Büttikofer, Willi von Atzigen. (Photo : Ueli Zweifel)

Agro-entrepreneurs Suisse : Un maillon devenu indispensable Une fois encore, les membres d’Agro-entrepreneurs se sont retrouvés au Strickhof à Wülflingen ZH pour leur assemblée générale. C’est à tour de rôle qu’ils se réunissent pour ainsi dire « à la maison », et sont les hôtes l’année suivante de l’un ou l’autre collègue agro-entrepreneur.

Ueli Zweifel

A cette assemblée annuelle, le président Fritz Hirter a accueilli une soixantaine de membres, de nombreux invités, dont Max Binder président central ASETA et divers sponsors et donateurs de l’association. Dans son discours, il relève quelques vertus spécifiques aux agroentrepreneurs comme « leur capacité de faire face à des situations inhabituelles, de réagir rapidement vu la météo comme par exemple lors de la fête de Pentecôte 2010 : la longue période de mauvais temps s’étant prolongée jusqu’aux jours fériés, tous ont voulu commencer les travaux de printemps, ensemencer et ensiler en même temps et sans attendre, fériés ou non, de jour comme de nuit. » Sans agro-entrepreneurs, l’agriculture actuelle sera sans vie constate Fritz Hirter. « Mais cela peut aussi être le contraire ! » Sur le plan politique, l’association met le doigt sur la conformité des zones en faisant remarquer que « les agro-entrepreneurs sont devenus un maillon indispensable de la chaîne d’une agriculture productive ». Il est maintenant nécessaire

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juin/juillet 2011 Technique Agricole

de tenir compte de cette évolution dans le contexte de la révision de la Loi sur l’aménagement du territoire (LAT). « Personne ne peut rentabiliser une machine de récolte parquée onze mois durant sur des terrains à bâtir ! » affirme Fritz Hirter, qui a participé à la commission de l’USP pour la révision de la deuxième partie de la LAT. Les comptes annuels sont bouclés avec un bénéfice de 1800 francs. Agroentrepreneurs Suisse est une section de l’Association suisse pour l’équipement technique de l’agriculture. Un contrat

Conformément aux statuts, les élections sont à l’ordre du jour. Sont réélus au comité : Urs Bütikofer, Limpach/BE ; Thomas Estermann, Eschenbach/LU ; Konrad Flury, Halten/SO, ainsi que Fritz Hirter, président, Safenwil/AG et Nicolas Pavillard, vice-président, Orges/VD. Suite à des divergences d’opinions, Ueli Brauen, Suberg/BE, a démissionné prématurément du comité. De même, ont remis leur démission : Roland Sahli, Cressier, FR et Albert Brack, Stammheim/ ZH. Le président les remercie des services rendus aux agro-entrepreneurs. A part les candidats proposés par le comité, l’assemblée en présente également deux autres. Au terme de diverses tractations, le vote se poursuit à bulletins secrets. Finalement, l’assemblée décide d’élire au comité. Daniel Haffa, Andwil/TG ; Felix Horni, Bad Ragaz/SG et Willi Zollinger, Watt/ZH. Le président Fritz Hirter ainsi que Nicolas Pavillard, vice-président sont réélus par acclamations. Nicolas Pavillard entretient de bons contacts avec l’Association romande des entreprises de travaux agricoles, ARETA, ce qui crée des conditions favorables à une éventuelle collaboration renforcée avec Agro-entrepreneurs Suisse. n

Amélioration du sol par un apport de chaux liquide.


Détention des animaux n

Une détention conforme au bien-être animal, une réalité pour bon nombre d’exploitations agricoles de notre pays.

Les animaux de rente dans notre société Alors même que la consommation de viande fait de plus en plus débat et occupe régulièrement le devant de la scène médiatique, force est de constater que la place accordée à l’animal dans notre société s’est profondément modifiée ces trente dernières années en Suisse, avec pour corollaire de nouvelles exigences pour les agriculteurs ainsi que pour tous les acteurs de la chaîne, du transporteur au détaillant.

Monique Perrottet

La force des images

La Protection Suisse des Animaux (PSA) invitait récemment les représentants des offices fédéraux, des organisations agricoles ou de transport du bétail, de la distribution mais aussi des organismes de contrôle a faire le point, avec de nombreux participants issus des milieux de la protection des animaux, aussi bien sur l’évolution de la protection des animaux de rente que sur les défis à venir.

Dans les années 1970, l’opinion publique va découvrir, par le biais du film de Mark Rissi « De Grotzepuur », la réalité des fabriques d’animaux, notamment l’élevage de poules en batterie et de veaux anémiques produisant de la viande blanche. Si ce premier film n’a pas retenu l’attention de la télévision, celle-ci – comme l’opinion publique en général – va peu à peu regarder de manière plus critique les pratiques agricoles. Ces images ont exercé, à n’en pas douter, une influence

considérable sur la formation de l’opinion publique et ont certainement joué un rôle décisif dans l’acceptation de la Loi sur la protection des animaux en 1981. Entre 1995 et 1998, Erich Gysling et Mark Rissi, en collaboration notamment avec la SF et la PSA, ont produit une série télévisée, « Tier-Report ». Six épisodes ont été diffusés chaque année, portant sur des thèmes tels que transports d’animaux, mauvais traitements infligés aux animaux ou encore manquements dans la détention des animaux de zoo.

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n Détention des animaux Tab. 1 Participation au programme SST en 2009 UGB %

Exploitation %

Total bovins

39,9

38,8

Total équidés

76,2

40,5

Total caprins

33,4

14,9

Total porcs

63,8

45,1

Total volaille

85,7

19,7

Total toutes catégories

44,1

42,5

Tab. 2 Participation au programme SRPA en 2009 UGB %

Exploitation %

Total bovins

75,9

76,3

Total équidés

81,6

71,7

Total caprins

74,9

52,1

Total porcs

50,0

44,2

Total volaille

38,2

23,9

Total toutes catégories

71,6

77,8

Ces émissions ont parfois provoqué des polémiques, mais elles ont également eu des effets concrets comme, par exemple, l’interdiction de l’élevage des poules en batterie (1991) ou, plus récemment, de la castration des porcelets sans anesthésie.

Madame Anita Idel, médiatrice dans la  direction de projet Santé animale et agrobiodiversité, en affirmant que « la vache  n’est pas le tueur de climat qu’on croit », a  démontré que la question des émissions  de gaz à effet de serre devrait être examinée  sous  l’angle  de  la  quantité.  Elle  aborde  d’ailleurs  ce  thème  d’actualité  dans  son  livre  « Die  Kuh  ist  kein  Klima-Killer ». En dénonçant ainsi les mauvais traitements infligés aux animaux en Suisse mais aussi à travers le monde, Mark Rissi et Erich Gysling ont également cherché à responsabiliser le consommateur. Ce dernier ne pouvait plus dire « je ne sais pas ». Par ses achats, il pouvait clairement donner sa préférence à un mode de production plus respectueux du bienêtre animal, agissant ainsi sur toute la

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juin/juillet 2011 Technique Agricole

chaine, du producteur au distributeur. Alors, le consommateur est-il vraiment en accord avec le citoyen ? Autrement dit, est-ce que le discours correspond à l’acte d’achat ?

Attente du citoyen – réponse du législateur et de la distribution Si le respect de la législation sur la protection des animaux est obligatoire pour tout agriculteur, la participation aux programmes éthologiques (SRPA et SST) est, elle, volontaire (tab. 1 et 2). Le législateur veut, en le soutenant financièrement, inciter l’agriculteur à s’engager pour une meilleure protection des

Monsieur Manfred Bötsch, directeur de  l’OFAG, a profité de la journée d’information organisée par la PSA pour rappeler la  place importante accordée au bien-être des  animaux dans la politique agricole suisse. animaux. La distribution, en utilisant divers programmes de labellisation, va également contribuer au succès de la démarche en informant le consommateur, en lui offrant la possibilité de choisir,

Monsieur Christian Guggisberg, responsable des achats alimentaires chez COOP,  a évoqué le rôle que la labellisation joue  dans  l’information  au  consommateur  et  dans ses choix d’achat. Il admet, toutefois,  que le discours ne se traduit pas toujours  en acte d’achat… et, finalement, en accordant une plusvalue à l’agriculteur travaillant sous label. Selon une étude menée par Coop en 2009, 87 % des consommateurs disent attacher de l’importance à la protection des animaux de rente alors que 83 % des consommatrices (64 % des consommateurs) tiennent compte, au moment de leur achat, des labels liés à une détention respectueuse des animaux. Mais la cohérence entre les réponses à l’enquête et le comportement d’achat n’est pas parfaite. L’étude a aussi mis en évidence une autre attente du consommateur : il veut pouvoir choisir ! C’est pourquoi Coop propose quatre gammes de produits : Prix Garantie, Qualité & Prix, Naturafarm et Naturaplan, modulant ainsi le degré de protection des animaux.

Monsieur Hansueli Huber, directeur de la  section technique de la PSA, a fait part de  ses  craintes  de  voir,  en  cas  d’accord  de  libre-échange, le bien-être animal moins  pris  en  considération,  la  loi  suisse  étant  plus sévère que celle de l’UE. C’est donc, comme le relève Hansueli Huber, directeur de PSA, « bien la clientèle qui, par ses achats, décide des conditions d’élevage des animaux ». On estime que la part de la production qui peut être actuellement écoulée sous label est de 35 à 40 %. Une progression semble difficile, certains distributeurs ainsi que la gastronomie étant peu sensibles à la labellisation. La situation au niveau des œufs semble d’ailleurs en apporter la preuve : en effet, les œufs issus d’élevage de poules en batterie (qui


Détention des animaux n représentent entre 40 et 80 millions d’unités par an selon une estimation de la PSA) en Suisse sont utilisés presque exclusivement dans la gastronomie ou la transformation. Le consommateur ne peut donc pas en connaître le mode de production, d’autant plus que la labellisation ne concerne pas le produit transformé ! On relèvera ici le travail de pionnier que réalise Vitiswiss dans son projet de diagnostic de développement durable confié au bureau de management environnemental ecoLive de Ge-

Monsieur Albert Baumann, directeur de  Micarna SA, a fait part des recherches effectuées par Micarna en matière d’étourdissement. Il a également rappelé que le  consommateur de viande doit se rappeler  que le steak qui se trouve dans son assiette  provient d’une bête qu’il a fallu tuer ! nève. Comme le mentionne l’OFAG dans son rapport explicatif sur PA 2017, cette démarche implique toute la chaîne de valeur, et seul un vin qui satisfera à l’ensemble des exigences pourra porter le label Vinatura. Est-ce un exemple à suivre aussi pour les autres produits agricoles ? A chacun d’y réfléchir.

Transport Le transport est une étape importante, et les professionnels sont bien conscients de leur responsabilité. Comme l’a indiqué M. Carlo Schmid du syndicat des

Monsieur  Carlo Schmid,  président  du  Syndicat suisse des marchands de bétail, a  fait  part  du  souhait  de  son  organisation  d’être mieux intégrée dans les processus  de  mise  sur  le  marché,  notamment  des  animaux labellisés.  marchands de bétail (SSMD), d’ici fin 2012, plus de 90 % des transporteurs d’animaux auront suivi les formations, qui ne deviendront obligatoires qu’en automne 2013 ! Mais des potentiels d’amélioration ont également été identifiés, notamment lors du déchargement des animaux, période qui s’avère, avec le chargement, être la plus stressante pour les animaux. Pour M. Schmid-Sutter, seule une bonne collaboration entre les diverses organisations au sein de groupes de travail permettront de résoudre les difficultés encore existantes.

Prochains défis Des animaux sains et bien traités sont les garants d’une production quantitativement et qualitativement optimale, chacun en convient. Respecter les besoins des animaux a malheureusement aussi un coût : si de nombreux consommateurs semblent prêts à accorder leur confiance à un label et à payer plus, nous devons aussi constater que de plus en plus de gens cherchent à limiter leur dépense alimentaire. Des prix bas et une protection élevée ne sont pas compatibles.

D’autre part, la législation suisse est une des plus exigeantes en matière de protection des animaux. La concurrence, en cas d’ouverture des frontières, ne pourrait dès lors que s’en trouver fortement renforcée. Informer le consommateur sur ces réalités est donc primordial tout comme maintenir et développer le dialogue avec toutes les parties prenantes, associations de protection des animaux, de consommateurs et des transporteurs,

Monsieur Hans Wyss, directeur de l’Office vétérinaire fédéral, a souligné que le  rayonnement international des expériences  suisses en matière de détentions conformes  au besoin des animaux ne pourra qu’exercer une influence sur la qualité de la détention dans d’autres pays. distribution, mais aussi politiciens et administrations. Un autre défi de taille est à mentionner : le reproche fait à l’élevage en matière de protection du climat. Les attentes et objectifs parfois contradictoires des uns et des autres sont ici parfaitement illustrés : plus le système de détention est respectueux des animaux, plus les émissions nocives pour le climat sont élevées ! La complexité des problèmes auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés nécessite une réelle volonté de collaboration entre partenaires, même si, par la nature même de leurs attentes, ils ne partagent pas le même avis. n

juin/juillet 2011 Technique Agricole

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n Technique à la ferme

L’installation de récupération de chaleur sous le toit des porcheries et des poulaillers épargne beaucoup d’énergie et permet une meilleure gestion de la ventilation. (Photo : ART)

Economiser le courant et diminuer les coûts, même combat Economiser le courant et diminuer les coûts n’est pas nécessairement la même chose. Lors de l’assemblée des membres de l’Association suisse pour la construction agricole (ALB-CH), l’économie d’énergie en production animale était le sujet de deux exposés. Michael Götz

« Economiser le courant et diminuer les coûts n’est pas nécessairement la même chose. » Cette affirmation de Felix Düring, président de la section st-galloise de l’ASETA, laisse songeur. Celui qui veut économiser des frais d’électricité ne doit pas seulement économiser du courant, mais aussi connaître les structures tarifaires. Celles-ci varient selon le distributeur d’électricité et influencent grandement les coûts.

Le coût de l’électricité dépend de la puissance « Le coût de l’électricité est très variable dans les exploitations agricoles », indique Felix Düring, au bénéfice d’une formation d’électricien et d’agriculteur. Alors que les consommateurs modestes sont * Michael Götz LBB (Landw. BauberatungGmbH, Säntisstr. 2a, 9034 Eggersriet, tél : 071 877 22 29, e-mail : migoetz@paus.ch.

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juin/juillet 2011 Technique Agricole

grevés d’un forfait de base, les « gros » consommateurs voient l’application d’un calcul tenant compte du coût de la puissance utilisée. Cela signifie que le tarif dépend de la puissance consommée : plus celle-ci est élevée, plus son coût est important. Le distributeur mesure, par tranches de quart d’heure, les besoins d’électricité moyens de l’exploitation et prend la valeur la plus élevée comme puissance maximale. Cela influence grandement les coûts de l’électricité. Même lorsque l’exploitation s’efforce de limiter sa consommation, les pointes de puissance peuvent grever les coûts de l’électricité. Cependant, les tarifs hauts et bas s’appliquent, comme par le passé, tant aux gros qu’aux petits consommateurs.

Couper les pics de consommation Pour abaisser les coûts de l’électricité, le chef d’exploitation ne doit pas seulement réduire sa consommation, mais aussi couper les pics, par exemple en

arrêtant le séchoir en grange pendant la traite. Les minuteries constituent une aide précieuse dans ce domaine. Le principe consiste à éviter que plusieurs grandes installations fonctionnent de concert. Cela n’est pas toujours possible avec des installations existantes. Des échappatoires sont cependant possible en refroidissant, par exemple, le lait avec de l’eau froide. L’eau se refroidit ainsi entre les traites ou pendant la nuit, alors que les tarifs sont bas. Ainsi, aucune énergie électrique n’est nécessaire pour refroidir le lait pendant la traite ou le nettoyage de l’installation. Selon Felix Düring, le refroidissement du lait, le séchage du fourrage et la ventilation de l’étable fournissent un potentiel important pour économiser de l’électricité. En ce qui concerne l’éclairage, les agriculteurs sont en principe assez économes, puisqu’aujourd’hui déjà, les étables sont équipées de tubes fluorescents plutôt que d’ampoules à incandescence. Les pompes à chaleur permettent de récupérer pas mal d’énergie pendant


Technique à la ferme n le refroidissement du lait, une énergie utilisée ensuite pour la préparation d’eau chaude. Le potentiel d’économie avec les ventilateurs s’avère plus important, voire « énorme ». Ce potentiel est de 50 % si les pales du ventilateur ont la forme adéquate et qu’elles sont réglables en continu. L’une des raisons de pertes de rendement – et donc de consommation excessive de courant – provient de courroies mal tendues. Quant au séchage en grange, un système de gestion moderne peut contribuer à économiser de l’électricité. La température et l’humidité constituent des facteurs importants (voir rapport FAT 478).

reils de chauffage délivrent souvent une puissance élevée et ne disposent ni d’une minuterie, ni d’un thermomètre d’entrée et de sortie. Selon les expériences des praticiens, un tel dispositif n’est pas toujours indispensable. Il faut veiller à relier les abreuvoirs à la suite et à la même conduite. Attention : les abreuvoirs des vaches seront placés après ceux des génisses et des veaux. Comme les vaches consomment beaucoup d’eau, cette dernière reste en mouvement dans toute la conduite.

Alternative aux abreuvoirs chauffés

Les tuyaux « Sanipex » peuvent également empêcher le gel. Ce type de tuyaux se compose d’un tube intérieur conduisant l’eau, ainsi que d’un tuyau complémentaire l’entourant. La couche d’air entre les deux sert d’isolation thermique. Aucune exploitation n’étant semblable, le chef d’entreprise doit se poser la

Ludo van Caenegem et Markus Sax, de ART Tänikon, ont démontré à l’aide de modèles de calcul qu’une énergie importante peut être épargnée dans les porcheries et les poulaillers chauffés en gérant mieux la climatisation et en installant un système de récupération d’énergie. L’effet de l’isolation thermique se situe à 20 % seulement, alors que celui de la ventilation et de la récupération de chaleur peut s’élever jusqu’à 80 %. Felix Düring constate, comme les deux chercheurs précités, que le potentiel d’économie d’énergie dépend essentiellement de l’exploitation. La température souhaitée, le volume d’air et le rendement du système de récupération de chaleur sont différents d’une exploitation à l’autre et dépendent entre autres de l’espèce, du nombre et de l’âge des animaux. n

rent une certification par système « Systemnachweis » comme étant plus pertinent. Même sans amélioration de l’isolation thermique, la récupération de chaleur permet d’atteindre un standard plus élevé. La difficulté avec une certification par système est que, jusqu’à présent, aucune valeur limite n’est définie pour les étables. Les valeurs limites définies pour la construction d’habitation et de bâtiments industriels ne sont pas transposables aux étables chaudes, car la température, le volume d’air et les sources internes de chaleur – en l’oc-

currence le nombre et l’espèce d’animale – peuvent fortement diverger. ART travaille à la définition de telles valeurs limites, en considérant leur faisabilité technique et leur tolérance économique. Pour les étables également, il faut développer des concepts « minergie ». Dans les constructions neuves, de tels concepts peuvent être rentables, comme le montrent les premiers modèles de calcul. Dans les bâtiments existants cependant, de telles mesures d’économie à large spectre ne pourront être rentabilisées sans aide financière incitative.

Plus la circulation d’eau dans la conduite est importante, plus le risque de gel est faible. Il faut donc fixer les abreuvoirs à la même conduite, les uns derrière les autres.

Certification par système plutôt que par élément Aujourd’hui, tous les cantons exigent, dans le cadre de la construction de poulailler chauffés, une attestation par élément, certains d’ailleurs également pour les porcheries. Les maîtres d’ouvrage doivent démontrer que les valeurs d’isolation minimales sont atteintes par les divers éléments de construction. Le coefficient d’isolation thermique U doit être en moyenne inférieur à 0,2 W/m2K. Comme l’effet de l’isolation thermique ne correspond qu’à 20 %, comme déjà indiqué, les deux chercheurs considè-

Les tuyaux « Sanipex » disposent d’une couche d’air isolante entre le tube conduisant l’eau et le tuyau qui l’entoure.

Economies surtout avec la ventilation

En hiver, les installations de chauffage des abreuvoirs dans les étables froides sont dévoreuses en énergie. Les appa-

Le potentiel d’économie d’électricité se situe à 50 % avec les ventilateurs. (Photos : Felix Düring)

question de savoir où sont les pics de consommation et autres « dévoreurs de courant » dans sa propre exploitation, puis réfléchir aux possibilités d’améliorer la situation.

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n Marché des machines

Economies de carburant : des étudiants de la Haute école de Soest (Westphalie) font une tournée dans les campagnes (en Suisse également). Ils mettent en évidence la façon dont la technologie moderne en matière de pneumatiques permet d’économiser du carburant lors des lourds travaux du sol.

Le XeoBib remplace le MultiBib. Pour un changer aisément les roues, les étudiants utilisent un Twin-Carrier de Schaad, Subingen.

Dur au toucher, souple en action Michelin a récemment présenté à Bayreuth sa nouvelle technologie de pneumatiques Ultraflex pour l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse. Celle-ci promet, pour ses quatre types de pneus CerexBib, SpraBib, XeoBib et AxioBib, davantage de capacités de charge, de traction et une préservation du sol accrue. Par ailleurs, un pneu radial destiné aux chargeurs de ferme et autres véhicules de ce type a été présenté.

Ueli Zweifel

Si l’on organisait le concours du « pneu agricole de l’année », la probabilité serait forte de retrouver Michelin en pole position. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que ces pneumatiques « premium » se marient très fréquemment avec les jantes rouges d’une marque verte bien connue. L’entreprise française, dont la centrale pour les pays germanophones se situe à Karlsruhe, est réputée pour ses efforts incessants dans le domaine de la technologie des pneumatiques agricoles. Ils visent à davantage de vitesse, de capacités de traction et de charge, ainsi évidemment qu’à l’amélioration de la préservation du sol et de la durée de vie des pneus.

Technologie Ultraflex Les pneus disposant de la « technologie MICHELIN Ultraflex » se distinguent par la conception de leur carcasse : le mé-

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juin/juillet 2011 Technique Agricole

lange spécifique de gomme et de liants, ainsi que l’optimisation du profil du flanc les rendent particulièrement souples. Ainsi, la zone de flexion est maximisée, et la surface de contact augmentée. Une conception spécifique des barrettes permet de transmettre la traction de manière particulièrement efficace tout en ménageant le sol. Comme ces pneus ont un excellent effet d’amortissement et qu’ils fonctionnent à basse pression, ils préservent le sol avec une grande efficacité. De plus, la consommation de carburant baisse à prestation égale. Les particularités suivantes sont caractéristiques de la technologie Ultraflex : • échauffement réduit grâce à un mélange de gomme spécifique ; • silence de fonctionnement et préservation du sol grâce à un profil à sommet plat ; • surface de contact importante et confort de roulement élevé grâce à une zone de flexion optimisée ;

• réduction des contraintes mécaniques et résistance élevée grâce à des épaules renforcées. Actuellement, quatre modèles de pneus agricoles issus de la technologie MICHELIN Ultraflex sont sur le marché : • CerexBib pour les machines de récolte ; • XeoBib pour les tracteurs de 160 à 220 Ch ; • AxioBib pour les tracteurs de plus de 220 Ch ; • SprayBib pour les machines de traitement automotrices. Hormis un bon amortissement et une excellente capacité de charge, ces pneus permettent également une surface de contact au sol élevée et un « grip » de premier ordre.

Michelin CerexBib (VF = Very High Flexion) Le CerexBib a été développé spécialement pour les machines de récolte, en


Marché des machines n collaboration avec Claas. C’est le seul pneu sur le marché qui, avec une pression inférieure à 2 bars et une largeur de moins de 700 mm (pour une voie offrant davantage d’espace), peut supporter une charge supérieure à 22 tonnes. En comparaison avec des pneus classiques, comme par exemple le MegaXBib, le CerexBib propose de meilleures capacités de charge à pression égale, grâce à la technologie Ultraflex.

Dimensions disponibles Le CerexBib est proposé en set de rechange dans les dimensions suivantes : Dimensions VF 520/80 R 26 165 A8 VF 520/80 R 26 165 A8 VF 620/70 R 26 170 A8 IF 680/85 R 32 CFO 179 A8 IF 800/65 R 32 CFO 178 A8 IF 800/70 R 32 CFO 182 A9 IF 800/70 R 38 CFO 184 A8

Commerce spécialisé déjà disponible déjà disponible dès juillet dès juillet dès juillet dès juillet dès juillet

CFO : Usage cyclique en champs (Cyclic Field Operation). VF (Very high Flexion) : jusqu’à 40 % moins de pression des pneus à charge égale ou jusqu’à 40 % de charge en plus à pression égale par rapport aux pneu-

matiques habituels, comme le MegaXBib. IF (Improved Flexion) : jusqu’à 20 % moins de pression des pneus à charge égale ou jusqu’à 20 % de charge en plus, à pression égale. XeoBib est prévu pour la route et dans les champs, selon les informations du constructeur, avec une pression basse constante parfois inférieure à 1 bar. Dans ces conditions également, les réserves de sécurité, la précision de guidage et le confort de roulement sont garantis sur route. Le XeoBib est autorisé à rouler à une vitesse allant jusqu’à 60 km/h et pour des tracteurs de 80 à 220 Ch. Comme set de rechange, les dimensions VF 480/60 R 28 à VF 710/60 R 42 sont adéquates. AxioBib a été spécialement développé pour les tracteurs dès 220 Ch. Il combine une capacité de charge élevée avec une pression limitée : pour une charge de 6500 kg, il est gonflé à une pression inférieure de 0,8 bar comparativement à un pneu dépourvu de la technologie Ultraflex (comme le MachXBib). Lorsqu’il s’agit de préparer des sols lourds, les ameublir en profondeur ou les labourer, il faudra procéder de manière très soigneuse. A partir de septembre 2011, la

Les deux nouveaux pneus BibSteel All-Terrain et Hard-Terrain de Michelin propose la technologie radiale pour les chargeurs compacts (à direction par freinage ou articulation), ainsi que pour les chargeurs de divers types. Ces pneus sont prévus pour remplir différentes exigences sur route et dans le terrain. Les flancs renforcés de ces pneus contribuent à une meilleure stabilité du véhicule.

Expérience marquante : davantage de patinage signifie consommation de carburant accrue, ainsi que traces plus profondes.

nouvelle dimension IF 900/60 R 42 sera lancée sur le marché. Doté d’un diamètre de 2,15 m, il s’agit du plus gros pneu du spécialiste français qui a d’ores et déjà reçu son homologation pour la série Xerion de Claas, les Fendt 930 et 920, et pour les Massey Ferguson 8690. D’autres homologations sont en cours. SprayBib : Les pulvérisateurs automoteurs de nouvelle génération atteignent une envergure allant jusqu’à 50 m. Plus la largeur de travail est grande, plus lourde est la machine. Le SprayBib tient compte de ces évolutions : il est autorisé à circuler jusqu’a 65 km/h et supporter une charge atteignant 6500 kg. En comparaison avec les pneus de conception traditionnelle, le SprayBib supporte aussi davantage de charge à pression équivalente : un pneu de dimension 380/90 R 46 sans Ultraflex (comme AgriBib) nécessite une pression de 3,6 bars pour transporter une charge de 4400 kg jusqu’à 30 km/h. Quant au SprayBib, une pression de 2,3 bars lui suffit pour assumer cette charge. n

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n Marché des machines

Tracteur et charrue, signe de continuité. De fortes impulsions proviennent des secteurs alimentaire et énergétique qui ne veulent pas que les capacités d’innovation se limitent au travail du sol et donnent des ailes aux entreprises spécialisées en technique agricole et à leur chiffre d’affaires. (Photo : Ueli Zweifel)

Constructeurs de technique agricole – Etat des lieux Agritechnica: La plus grande foire agricole internationale se présente à notre porte. C’est pourquoi un état des lieux sur les entreprises leader de la technique agricole s’impose. Technique Agricole est heureuse de pouvoir offir une plate-forme à Wolfgang Kutschenreiter, grand maître de la branche. Son analyse complète, portant sur ces dix dernières années, se lit telle une « success story ».

Wolfgang Kutschenreiter

L’industrie européenne de la technique agricole a connu un développement fascinant lors de la première décennie de ce siècle – fascinant sous trois aspects : • Premièrement, le volume de production a environ doublé de 2000 à 2010 ; l’évolution du chiffre d’affaires des principaux constructeurs de technique agricole actifs en Europe l’atteste. • Deuxièmement, le plus important moteur de cette croissance est la rapide évolution biotechnologique ; celle-ci favorise le développement de l’agriculture de précision (precision farming) et assure à ceux qui l’appliquent en Europe et en Amérique des

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récoltes plus abondantes avec une mise à contribution inférieure des intrants, ainsi qu’une meilleure préservation du sol, de l’air et de l’eau. • Troisièmement, la demande de technique agricole européenne a fait que l’UE est devenue le plus important fournisseur sur le plan mondial, avec 38 % de la production, devant l’Amérique du Nord avec 28 %. Parmi les 27 pays membres de l’UE, l’Allemagne, l’Italie, la France et la Grande-Bretagne assurent plus de deux tiers de la production globale de technique agricole.

Du bonheur à la souffrance Le tableau 1 montre clairement l’augmentation du volume de production de

technique agricole de 2005 jusqu’à l’année record 2008, puis l’amorce de baisse causée par la crise financière et économique mondiale. Le fond de la crise a été atteint en 2010, avec une forte reprise se dessinant dès le début 2011. La nouvelle fragilité des marchés agricoles et des matières premières, avec une demande très volatile en denrées alimentaires et en matières premières renouvelables, entraîne également une demande variable en technique agricole. C’est pourquoi les constructeurs de technique agricole européens connaissant le plus de succès sont capables également d’une grande souplesse en matière de production. La sous-traitance lors de pointes de travail, une forte flexibilisation du temps de travail avec un


Marché des machines n compte individuel des heures des collaborateurs, des engagements de courte durée subventionnés par l’Etat par mauvaise conjoncture, tout cela fait partie de la batterie d’instruments de la flexibilisation de l’année dernière. La baisse de la demande de 30-35 % de 2009/2010 ainsi que la reprise inattendue de 2011 ont ainsi pu être assumées rapidement. Cependant, toute une série de constructeurs européens n’ont pas été en mesure de suivre les exigences croissantes quant à l’évolution rapide des produits. Ils ne disposaient d’ailleurs pas non plus du financement nécessaire pour pénétrer de nouveaux marchés en phase de croissance. Cela a conduit, et conduit encore, à des consolidations d’entreprises par le biais de fusions, acquisitions et autres alliances permettant un renforcement des entreprises en termes d’innovation et de capacité d’adaptation. La croissance du chiffre d’affaires des entreprises leader en Europe le montre à l’évidence. Nous avons classifié ces entreprises en cinq catégories (tableau 2). Cette récapitulation comprend les constructeurs qui publient leur chiffre d’affaires et atteignent plus de 50 millions d’euros par an, ceci uniquement dans le secteur de la technique agricole. Cela permet d’avoir un aperçu représentatif du développement des entreprises dans les divers secteurs de production. Ces entreprises ont leur siège en Europe et aux Etats-Unis.

Tableau 1

Longliner : les six grands Catégorie I

pour la première fois. Il s’agit d’une mutation interne de John Deere qui se place ainsi sur pied d’égalité avec ses concurrents intégrant de longue date ce secteur dans le chiffre d’affaires de la technique agricole. Par ailleurs, John Deere est nettement la plus importante entreprise de cette catégorie, et la plus rentable également. Les six grandes entreprises occupent ensemble plus de 80 % du marché mondial des tracteurs comme des ensileuses automotrices, et plus de 90 % de celui des moissonneuses-batteuses, ceci sur les plans mondial, européen et naturellement aussi helvétique. John Deere et Claas conduisent une stratégie de marque propre, alors que CNH, Agco, SDF et Argo adoptent une stratégie multimarque. Cet aperçu sur les marques des produits montre les différents secteurs et produits des six grands : 16 marques de tracteurs,

Les six constructeurs de tracteurs et de machines agricoles actifs sur un plan global ont plus que doublé leur chiffre d’affaires cette dernière décennie (1999-2009). Parmi eux, trois viennent des Etats-Unis et sont cotés en bourse. Il s’agit des groupes John Deere, CNH et Agco. Les Européens sont représentés par Claas, SDF et Argo. Ces six grands ont atteint ensemble en 2010 un chiffre d’affaires de quelque 30 milliards d’euros, soit plus de la moitié de la valeur de la production mondiale de tracteurs et de machines agricoles. La plus forte croissance du chiffre d’affaires a été réalisée par Claas avec 164 %, suivi de John Deere avec 149 %. Il faut observer, pour John Deere, que le secteur « Soins aux parcelles », avec les domaines communaux, paysagers et terrains de golf, a été pris en compte

Développement de la production globale de technique agricole Volumes de production au plan mondial

Répartition 2009

70 60 50

Union européenne 38 %

40

Autres 4 % Japon 3% Europe de l’Est 4% Inde 7% Chine 10 %

30

Amérique latine 6% 09

Etats-Unis 28 %

20

08 20

07 20

06 20

20

05

20

Source : VDMA, Eurostat, estimations propres.

L’objectif de la nouvelle série Claas Lexion IT consiste à optimiser l’utilisation des capacités de battage : l’électronique et les capteurs saisissent et régulent les fonctions déterminantes pour les performances.

9 marques de moissonneuses-batteuses, 7 marques de presses, 4 marques d’ensileuses automotrices, 4 marques de machines de récolte de fourrage, 2 marques de pulvérisateurs et 4 marques de chargeurs télescopiques, telle est la palette proposée par les six grands en Europe.

Fendt est le leader technologique du groupe Agco : transmission Vario dans toutes les classes de puissance, ainsi que VarioTronic avec Autoguide, liaison Isobus et saisie des données de travail, le futur en marche, aujourd’hui déjà.

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n Marché des machines Tableau 2 : Croissance des entreprises spécialistes en technique agricole 2010 (chiffre d’affaires dès 50 millions d’€ en 2009) (A gauche) Croissance du chiffre d’affaires à moyen terme en une décennie (2009 à 1999). (A droite) Croissance du chiffre d’affaires à court terme (2009 à 2010) en 5 catégories d’entreprises : * Catégorie I : longliner globaux, * Catégorie II : spécialistes des outils de production herbagère et de culture des champs, * Catégorie III : spécialistes des outils de grandes cultures, * Catégorie IV : spécialistes des outils de production herbagère, * Catégorie V : autres constructeurs d’Europe de l’Ouest de tracteurs et machines de transport et de technique de récolte Catégorie/ siège

Entreprise**

Chiffre d’affaires à moyen terme (technique agricole) million d’€ 2009

% Croissance 2009 : 1999

Chiffre d’affaires à court terme (technique agricole)

million d’€ 1999

% Croissance 2010 : 2008

million d’€ 2010

million d’€ 2009

14 091

13 039

Longliner globaux de tracteurs et machines de récolte Cat. I ***(US)A

John Deere

13 039

4 283

204

8

Cat. I ***(US)

CNH

7 671

4 580

67

8 173

7 671

7

Cat. I ***(US)

Agco

4 688

1 951

140

4 891

4 688

4 –15

Cat. I (D)

Claas

2 737

1 038

164

2 335

2 737

Cat. I (I)

SDF

876

812

8

E** 876

876

0

Cat. I (I)

Argo

524

347

51

420

524

–20

Spécialistes des outils de production herbagère et de culture des champs Cat. II (F)

Kuhn

630

346

82

617

630

-2

Cat. II (N)

Kverneland

418

457

–9

380

418

–9

Cat. II (A)

Pöttinger

224

99

126

182

224

–19

Spécialistes des outils de grandes cultures Cat. III (D)

Amazone

290

134

116

290

290

0

Cat. III (F)

Groupe Exel

364

127

187

284

364

–22

Cat. III (D)

Lemken

215

71

203

203

215

–6

Cat. III (S)

Väderstad

150

45

233

E**1 41

150

–6

Cat. III (I)

Maschio

130

69

88

E** 130

130

0

Cat. III (D)

Horsch

136

19

616

135

136

0 2

Cat. III (DK)

Kongskilde

67

n.i.*

68

67

Cat. III (A)

Vogel&Noot

71

n.i.*

n.a.*

71

Cat. III (D)

Rauch

56

n.i.*

49

56

–12

326

361

–10

E**100

E**100

0 6

Spécialistes des outils de production herbagère Cat. IV (D)

Krone

361

118

Cat. IV (NL)

Lely International

100

n.i.*

206

Autres constructeurs de tracteurs et machines de transport et de technique de récolte Cat. V (D)

Grimme

181

94

Cat. V (DK)

JF/Stoll

120

n.i.*

Cat. V (D)

Holmer

80

39

Cat. V (A)

Lindner

Cat. V (D)

Strautmann

93 105

190

181

n.a.*

120

109

80

65

n.i.*

n.a.*

65

n.i.*

n.i.*

51

63

38 –19

Légende : *Pas communiqué, pas (encore) disponible, **E = Estimate/estimations propres, ***Taux de conversion 2009 : 100 € = 139.00 US$. ***Taux de conversion 2010 : 100 € = 141.00 US$ ; 100 € = 748 DKK; 100 € = 897 SEK Commentaires relatifs aux chiffres d’affaires nécessitant des explications : John Deere : technique agicole, en 2009 pour la 1re fois avec les soins des parcelles et des pistes (turf), d’une valeur de 2,4 mia d’€ Lely International : chiffre d’affaires estimé de Lely préparation du fourrage + presses Lely/Welger Pressen + remorques Lely/Mengele Kongskilde : chiffres épurés avec seulement préparation du sol et technique de semis, taux de conversion 1 € = DKK 7.45 en 2009 Source : chiffres d’affaires publiés par les entreprises, mise en valeur et récapitulation par Wolfgang Kutschenreiter, sous réserve d’erreurs

Les trois constructeurs basés aux EtatsUnis produisent encore sur place toute une gamme d’appareils et de machines. Dès 2011, Argo ne compte plus au nombre des longliners globaux, ceci en raison de la vente du secteur de la technique de récolte Laverda à Agco

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mi 2010. Le président du groupe Argo, Valerio Carozza, a rendu public pour la première fois en mars de cette année, lors d’une interview, le fait qu’Argo souhaitait se recentrer sur son secteur de compétence premier : les tracteurs. Les réseaux de développement, production

et logistique des cinq constructeurs globaux de tracteurs et de machines agricoles restants couvrent l’ensemble de la planète. Dans les pays émergeants et de l’ancienne Europe de l’Est, des usines de montage régionales sont construites en collaboration avec des


Marché des machines n Tableau 3 Marques de 6 « longliners » européens de tracteurs et de machines agricoles Groupe

Tracteurs

Moissonneuses-batteuses

Presses

Ensileuses automotrices

New Holland Case IH Steyr

New Holland Case IH

New Holland Case IH

New Holland

John Deere

John Deere

John Deere

John Deere

John Deere

John Deere

Agco

MF Fendt Valtra Challenger

MF Fendt Laverda Challenger

MF Fendt Fella Challenger

Fendt

Fella

Claas

Claas

Claas

Claas

Claas

Claas

Claas

SDF

Deutz-Fahr Same Lamborghini Hürlimann

Deutz-Fahr

Deutz-Fahr

Deutz-Fahr

Deutz-Fahr

Argo

Valpadana Landini McCormick

CNH

Machines de récolte

Pulvérisateurs

Chargeurs télescopiques New Holland

John Deere MF Challenger

Source : W. Kutschenreiter, mai 2011

constructeurs locaux, ceci de plus en plus fréquemment. Cela permet de s’implanter plus aisément dans ces pays et d’éviter les barrières douanières.

Production herbagère et grandes cultures Catégorie II Kuhn, Kverneland et Pöttinger sont les trois principaux constructeurs d’appareils et de machines européens spécialisés dans les domaines de la production herbagère et des grandes cultures. Dans cette première décennie, Kuhn (F) a augmenté son chiffre d’affaires de 82 %. Avec son chiffre d’affaires de 617 millions d’euros en 2010, Kuhn est l’entreprise la plus importante parmi ces doubles spécialistes européens, son chiffre d’affaires se partageant en deux parts égales sur la production herbagère et les grandes cultures. Kuhn est réputée comme étant l’entreprise la plus solide du groupe Bucher sur les plans du chiffre d’affaires et de la rentabilité. Kuhn conduit une stratégie de croissance interne et externe équilibrée. De 2002 jusqu’à nos jours, l’enteprise a acquis trois constructeurs de machines basés sur le continent américains et le fabricant français de pulvérisateurs Blanchard. Par l’achat de l’usine Kverneland de Geltrop, Kuhn investit le secteur des presses de récolte. Le principe de base de l’entreprise consiste toujours à intégrer le secteur acquis dans la marque Kuhn, puis de le développer avec son propre savoir-faire.

Kuhn a repris la technique de pressage et d’enrubannage futuriste de Kverneland.

Le groupe Kverneland (NL) a crû for- de production déficitaire a été très coûtement lors de la dernière décennie du teux et finalement forcé Kverneland à se 20 e siècle, en devenant même le plus séparer en 2009 de son usine de Geldrop important constructeur de machines (NL), qui fonctionnait parfaitement, au européen en termes de chiffre d’affaires. profit de son concurrent Kuhn, ceci en Lors de la première décennie du 21e plein milieu de la crise économique. La siècle, sa croissance s’est stoppée, et son chiffre d’affaires a même quelque peu régressé. La stratégie consistant à conserver les usines de production achetées en tâchant de les rentabiliser ensuite n’a pas porté ses fruits. Au Kverneland/Vicon est un précurseur des combinaisons de fauche contraire, la ferme- « papillons » permettant une récolte économique et propre du ture tardive d’unités fourrage.

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n Marché des machines restructuration de la production, avec la concentration sur le secteur de la production herbagère Kerteminde (DK) et le travail du sol Kverneland (NL), est achevée dans ses grandes lignes, et l’entreprise s’attend, avec un carnet de commandes bien rempli, à une bonne année 2011. Pöttinger (A), entreprise familiale de quatrième génération, a obtenu la plus forte croissance du chiffre d’affaires de cette première décennie, parmi les trois double spécialistes européens de production herbagère et grandes cultures, soit 126 %. Plus des deux tiers du chiffre d’affaires proviennent de la production herbagère. Le chiffre d’affaires du secteur grandes cultures, avec les techniques de travail du sol et de semis, se développe continuellement. Les principaux marchés de l’entreprise se situent en Allemagne, Autriche, France, Suisse et Tchéquie. Pöttinger est un pionnier dans le domaine de la gestion électronique des machines.

Spécialistes de grandes cultures Catégorie III Les machines et appareils destinés aux cultures, que ce soit le travail du sol, le semis, la fumure minérale ainsi que les traitements phytosanitaires, restent essentiellement une affaire de spécialistes en Europe. Parmi les neuf constructeurs mentionnés ici, dont le chiffre d’affaires dépasse les 50 millions d’euros, tous sauf Kongskilde et Vogel & Noot sont des entreprises en mains familiales, avec une forte capacité d’innovation. En plus des entreprises nommées ici, il existe dans presque chaque pays des entreprises d’importance régionale actives dans ce domaine. Les constructeurs évoqués développent et produisent toute la gamme de la technique de travail du sol et de semis, certains d’entre eux offrant également des pulvérisateurs et des distributeurs d’engrais dans leur programme. Le meilleur spécialiste sur le plan du chiffre d’affaires en 2010 est Amazone (D) avec 290 millions d’euros. Amazone est le seul constructeur de ce groupe qui dispose des quatre lignes de produits pour les grandes cultures dans sa gamme. L’entreprise base sa stratégie sur des procédés adaptés les uns aux autres, ce qui favorise de meilleurs résultats. Amazone fait partie des fournisseurs

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Horsch, pionnier du travail du sol conservateur, propose maintenant des combinaisons de semis compactes et utilisables de manière universelle pour les exploitations agricoles.

européens principaux de distributeurs d’engrais et de pulvérisateurs. L’entreprise se concentre fortement sur le développement de systèmes de gestion, de commande et de mesure électroniques. Exel (F) propose, hormis ses compétences centrales en protection phytosanitaire, un programme plutôt régional dans le domaine des récoltes de cultures sarclées. Cette entreprise suit une stratégie multimarque bien pensée. Le dernier achat important date de trois ans avec la marque danoise Hardi. Les autres marques bien connues de Exel sont Technoma et Bertoud. Lemken (D) a connu une forte croissance. Ce constructeur innovateur et leader du marché de la technique de travail du sol et du semis a repris deux petits constructeurs de pulvérisateurs

lors de la dernière décennie et a poursuivi leur développement. Horsch (D) et Väderstad (S) font partie des entreprises de la catégorie III qui se sont le plus développées. Ce sont des précurseurs du travail du sol conservateur, des techniques de travail du sol et de semis combinées, rapides et légères, ainsi que de la technique de semis sous litière après travail du sol traditionnel ou conservateur. Kongskilde (DK) est une société anonyme danoise qui, hormis des silos à céréales, fabrique également de la technique de travail du sol et de semis sous sa propre marque, et en utilisant des marques achetées comme Överum (S) et Becker (D). Kongskilde a été reprise il y a quelques années à 100 % par DLG, société agricole danoise.

Exel est le leader européen dans le domaine des pulvérisateurs pour traitements phytosanitaires.


Marché des machines n Vogel & Noot (A) produit de la technique de travail du sol et de semis essentiellement en Europe de l’Est. Vogel & Noot est depuis quelques années la propriété d’un des plus importants constructeurs de machines agricoles russes.

Spécialistes de récolte de fourrage Catégorie IV Parmi les machines et appareils servant à la récolte du fourrage, l’on compte les faucheuses, conditionneuses, les faneuses et les andaineurs, ainsi que les presses, autochargeuses et ensileuses automotrices. Krone (D) est le seul constructeur, parmi les leaders de ce secteur, qui s’est exclu-

de Welger, ainsi qu’avec des remorques de transport avec l’acquisition récente de la technique Mengele. Grâce à ce programme, Lely souhaite gagner du terrain dans le secteur de la production fourragère européenne.

Les atouts des produits de niche En plus des principales catégories de constructeurs de tracteurs et de machines de récolte, ainsi que des spécialistes de la production herbagère et des grandes cultures, il existe toute une série d’entreprises européennes spécialisées dans des produits de niche. L’entreprise Grimme (D) par exemple, pour la récolte et l’entreposage des pommes de terre (chiffre d’affaires de 190 millions d’eu-

L’ensileuse Krone Big X côte à côte avec une remorque combinée ZX, remorque à rotor pouvant servir aussi au transport d’ensilage.

sivement spécialisé dans la récolte de fourrage et propose un assortiment complet de toutes les variantes et chaînes de procédés. L’entreprise Krone, en mains familiales, fait partie avec Claas des deux leaders du marché de ce secteur. Elle s’est profilée particulièrement par son travail de pionnier dans la technique de grande taille (BigLine), avec le triplement de son chiffre d’affaires, soit une très forte croissance. Les autres constructeurs principaux de technique de récolte du fourrage se trouvent dans la catégorie I, avec Claas, John Deere, Agco, Deutz-Fahr (par Kuhn/Kverneland) ainsi que dans la catégorie II, avec Kuhn, Kverneland et Pöttinger. De plus, Lely International (NL) a complété son secteur traditionnel de récolte du fourrage et de fauche par la technique de pressage et d’enrubannage

ros) ; Holmer et Ropa (D) pour les récolteuse totales à betteraves (chacune avec 100 millions d’euros de chiffre d’affaires) ; JF/Stoll (DK) pour les chargeurs frontaux et la mise en place du fourrage (environ 120 millions d’euros de chiffre d’affaires) ; Linder (A) pour les tracteurs compacts et les transporteurs, surtout en zone de montagne (chiffre d’affaires de 65 millions d’euros) ; Strautmann (D) pour la récolte de fourrage et les remorques de transport d’ensilage (51 millions d’euros de chiffre d’affaires). Ces spécialistes aussi sont principalement en mains familiales, excepté Holmer et JF. Ces firmes se caractérisent par leur force d’innovation et leur proximité de la pratique agricole.

Conclusion Indépendamment des variations de chiffre d’affaires des différentes entreprises actives dans le domaine de la technique agricole, leur succès durable dépend de leur concentration sur un noyau de compétences bien défini, une gestion financière rigoureuse, le développement de produits proches de la pratique agricole, un réseau de distribution et d’entretien fonctionnel, et une capacité d’adaptation rapide à l’évolution du marché. Le marché de la technique agricole reste bien vivant et il est animé, dans les entreprises, par des collaborateurs et des cadres capables de beaucoup d’enthousiasme et de créativité. n

Le Rootliner compact de Grimme permet une récolte moderne des pommes de terre, également pour les exploitations agricoles.

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n ASETA

Le numéro 8/2011 paraîtra le   4 août 2011

La rédaction : à nouveau au complet Début mai, Dominik Senn a repris le poste laissé vacant par Gaël Monnerat auprès de l’Association suisse pour l’équipement technique de l’agriculture. Affecté avant tout aux périodiques Technique Agricole et Schweizer Landtechnik, il effectuera également d’autres mandats pour l’association. Issu d’une famille paysanne, Dominik Senn habite à Frick, une bourgade du canton d’Argovie. Après une formation d’instituteur et quelques années de pratique, il a suivi des cours de journalisme (rédaction et reportages). Rédacteur à plein temps pour un grand titre de la presse quotidienne où il a tenu la rubrique locale, il a passé ces derniers quatre ans à la rédaction d’un périodique trilingue. Dominik Senn allie ses expériences acquises dans les domaines public, associatif et pratique à un style rédactionnel soigné. Il a pris connaissance des diverses missions de l’Association suisse pour l’équipement technique de l’agriculture et a étudié de près diverses questions techniques. Cette édition publie deux articles signés de sa plume. C’est avec plaisir que nous accueillons Dominik Senn au sein de l’ASETA et à la rédaction de Technique Agricole. Willi von Atzigen, directeur

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Impressum 73e année Editeur  Association suisse pour l’équipement technique de l’agriculture (ASETA), Willi von Atzigen, directeur Rédaction  Ueli Zweifel : red@agrartechnik.ch Dominik Senn : dominik.senn@agrartechnik.ch Abonnement, changement d’adresse  case postale, 5223 Riniken, tél. 056 441 20 22, fax 056 441 67 31 internet : www.agrartechnik.ch Annonces  Espace Media SA, Agro-Publications, Dammweg 9, case postale, CH-3001 Berne Barbara Gusset, tél. 031 330 30 17, fax 031 330 30 57 inserate@agripub.ch, www.agripub.ch Vente des annonces  Daniel Sempach, tél. 034 415 10 41 e-mail : daniel.sempach@agripub.ch Andreas Schwab, tél. 031 330 37 54 e-mail : andreas.schwab@agripub.ch Tarif des annonces  Tarif valable : 2011 Rabais de 25 % sur la combinaison avec Schweizer Landtechnik Imprimerie et expédition  Stämpfli Publications SA Wölflistrasse 1, 3001 Berne Coordination de production  Roberto Bruno Paraît 11 fois par an Prix de l’abonnement  Suisse : CHF 107.– par an (TVA incluse) Gratuit pour les membres ASETA Etranger : prix sur demande Le numéro 8/2011 paraîtra   le 4 août 2011 Dernier jour pour les ordres d’insertion :   15 juillet 2011


Rapport ART 743

Détention des vaches d‘Hérens Stabulation entravée avec sorties régulières et stabulation libre

mars 2011

Auteurs Isabelle Castro, Rudolf Hauser, Beat Wechsler, Office vétérinaire fédéral, Centre spécialisé dans la détention des ruminants et des porcs; ART rudolf.hauser@art.admin.ch Impressum Edition: Station de recherche Agroscope Reckenholz-Tänikon ART, Tänikon, CH-8356 Ettenhausen, Traduction: ART Les Rapports ART paraissent environ 20 fois par an. Abonnement annuel: Fr. 60.–. Commandes d‘abonnements et de numéros particuliers: ART, Bibliothèque, 8356 Ettenhausen T +41 (0)52 368 31 31 F +41 (0)52 365 11 90 doku@art.admin.ch Downloads: www.agroscope.ch ISSN 1661-7576

Fig. 1: Les vaches d’Hérens ont un caractère belliqueux marqué et se battent pour déterminer leur position hiérarchique dans le troupeau (photos: ART). 

Les vaches d’Hérens sont célèbres pour leur caractère belliqueux. C’est pourquoi les exigences de cette race, en ce qui concerne les sorties hivernales en groupes et la stabulation libre, sont complexes. Deux études expérimentales ont été réalisées dans des exploitations en Valais afin d’analyser d’une part l’effet de la durée de l’intervalle entre deux sorties (dans le cas de la stabulation entravée) et d’autre part l’effet de la durée de la séparation d’une vache d’avec le reste du troupeau (dans le cas de la stabulation libre) sur la combativité de l’animal et les blessures qui s’ensuivent. Les résultats montrent que l’intervalle entre deux sorties hivernales ne devrait pas dépasser trois jours pour les vaches d’Hérens. En stabulation libre, la fréquence des combats lors de la réintroduc-

tion d’une vache dépendait de la durée de sa séparation d’avec le troupeau. En conséquence, la durée de séparation doit être raccourcie autant que possible. Il est intéressant de noter que le stress des animaux pendant la phase de séparation était supérieur à leur stress au moment de leur réintroduction dans le troupeau. Une troisième étude a cherché à savoir si les conditions de détention des vaches d’Hérens pendant la période d’affourragement hivernal se répercutent sur leur combativité lors du mélange des troupeaux au début de la saison d’alpage. Il s’est avéré que ni les sorties régulières des animaux détenus en stabulation entravée, ni la stabulation libre n’avaient une influence négative sur les chances de remporter les combats au début de la saison d’alpage.

juin/juillet 2011 Technique Agricole

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n Rapport ART 743 Introduction Depuis l’époque romaine, la race d’Hérens est élevée, spécialement pour ses qualités de montagnarde, en Valais, dans le Val d’Aoste (I) et en Haute-Savoie (F). Avec sa taille et ses performances, c’est une race à deux fins bien adaptée à la végétation aride et aux terrains en pente. Une autre des caractéristiques de la vache d’Hérens est qu’elle a moins perdu son caractère originel d’animal sauvage que les vaches des races à lait ou à viande. Son comportement combatif est particulièrement connu. Lorsque deux vaches étrangères se rencontrent, il arrive très régulièrement et relativement rapidement qu’elles se menacent et luttent pour déterminer quel est l’animal dominant (fig. 1). Du fait de la petite structure des exploitations et de l’importance des combats de reines dans le patrimoine culturel, les vaches d’Hérens sont généralement détenues en petits troupeaux. Dans son rapport annuel, la Fédération suisse d’élevage de la vache d’Hérens (2009) recense 858 éleveurs pour un total de 7018 vaches et génisses portantes inscrites au herd-book. Cela correspond en moyenne à 8,2 animaux par propriétaire. Ce rapport montre également que pour la plupart des éleveurs de vaches d’Hérens, la détention de cette race représente une activité annexe et qu’en 2009, seulement dix pour cent des détenteurs tirent leur revenu principal de l’élevage de bétail. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que la majorité des vaches d’Hérens soient détenues en stabulation entravée pendant la période d’affourragement hivernal et parfois dans de vieux bâtiments situés au milieu des villages (fig. 2). En dehors de la période d’affourragement hivernal, la détention de vaches d’Hérens se caractérise par la garde au pâturage. Au printemps et à l’automne, les vaches paissent sur les pâturages proches des villages, tandis qu’elles passent l’été en grands troupeaux (80–100 bêtes) à l’alpage, où les animaux de différents troupeaux sont regroupés. Les combats hiérarchiques provoqués par le mélange des troupeaux pendant les deux premiers jours de la saison d’alpage attirent de nombreux spectateurs. De gros numéros peints sur les vaches permettent aux spectateurs de suivre le déroulement des combats et de voir quel résultat

Fig. 2:  Une  grande  partie  des  vaches  d’Hérens  sont  détenues en petits troupeaux. 48

juin/juillet 2011 Technique Agricole

les différentes vaches obtiennent et par conséquent quelle position hiérarchique elles occupent dans le troupeau nouvellement formé pour l’été (fig. 3). Le spectacle des combats est une partie importante de la tradition dans l’élevage des vaches d’Hérens. Au début de l’été, différentes manifestations avec des combats de reines sont en outre organisés (Preiswerk, 1986). Par rapport aux animaux de la race brune, la vache d’Hérens a davantage tendance à se montrer agressive, notamment lorsqu’il s’agit d’établir la hiérarchie (Plusquellec et Bouissou, 2000; Plusquellec, 2001). C’est probablement une des raisons pour lesquelles la tradition de la stabulation entravée perdure chez les vaches d’Hérens et que la détention de groupes en stabulation libre reste rare. Mais le comportement combatif de cette race se manifeste également en stabulation entravée. Pendant la période d’affourragement hivernal, de violents affrontements peuvent avoir lieu lorsque les animaux se rencontrent dans l’aire d’exercice extérieure après plusieurs jours à l’attache. Dans ce cas, les animaux peuvent se blesser. Leurs gardiens sont également exposés.

Problématique A la suite de la révision de l’Ordonnance suisse sur la protection des animaux, les exigences relatives aux sorties des bovins détenus en stabulation entravée ont été précisées en 2008. Selon l’Ordonnance, les vaches d’Hérens en stabulation entravée doivent elles aussi pouvoir sortir pendant au moins 30 jours pendant la période d’affourragement hivernal. En outre, il est précisé qu’elles peuvent rester au maximum deux semaines sans sortir. Les dérogations accordées à des exploitations individuelles seront supprimées après un délai transitoire de cinq ans, au plus tard en août 2013. Comme cela a été décrit plus haut, le regroupement des vaches d’Hérens détenues à l’attache lors des sorties hivernales stimule la combativité des animaux qui cherchent à redéfinir leur position hiérarchique dans le troupeau. Du

Fig. 3: A l’alpage, les vaches déterminent leur position hiérarchique dans les premiers jours en combattant.


Rapport ART 743 n

Fig. 4: Les vaches participant  à l’essai étaient habituées à  sortir régulièrement. 

point de vue de la pratique, il est intéressant de savoir si la durée des intervalles qui séparent les jours de sorties a ou non une influence sur le nombre des combats. Une expérience réalisée dans le cadre de la présente étude a permis de répondre à cette question. On s’attendait à ce que la fréquence des comportements agressifs s’accroisse avec la durée des intervalles et que le nombre et la gravité des blessures augmentent eux aussi. Pour éviter les comportements agressifs qui peuvent être lourds de conséquences, certaines exploitations ne font sortir les vaches de la stabulation entravée qu’une par une ou deux par deux. Cette solution ne répond cependant pas aux besoins sociaux des animaux et entraîne une lourde charge de travail. C’est pourquoi d’autres éleveurs appliquent une autre stratégie. Ils font sortir leurs vaches chaque jour en groupes, de sorte que les animaux n’éprouvent pas le besoin de rétablir la hiérarchie à chaque fois qu’ils sont réunis. Une autre des problématiques abordées dans la présente étude est la détention des vaches d’Hérens en stabulation libre. Comme cela a été mentionné plus haut, les stabulations libres sont rares dans l’élevage des vaches d’Hérens. De nombreux éleveurs pensent que de par leur caractère, les vaches d’Hérens ne sont pas faites pour la stabulation libre. Dans la détention en stabulation libre, deux moments sont particulièrement critiques: la séparation des vaches en chaleur pour garantir le calme du troupeau et la détention individuelle des vaches gestantes lors de la préparation à la mise bas. La réintroduction dans le troupeau des animaux séparés temporairement représente une situation semblable à celle des sorties des animaux détenus à l’attache. C’est pourquoi une autre expérience a permis d’étudier comment la durée de la séparation d’avec le troupeau se répercutait sur les manifestations de combativité et les blessures éventuelles des vaches. La dernière partie de l’étude a été consacrée à la question suivante: quel est l’effet des différentes formes de détention pendant la période d’affourragement hivernal sur la combativité des vaches d’Hérens lors de la réunion des

troupeaux au début de la saison d’alpage. Il s’agissait de savoir si dans cette situation, les vaches affichaient un comportement moins combatif lorsqu’elles étaient sorties régulièrement en groupes tout en étant détenues en stabulation entravée ou lorsqu’elles étaient détenues en stabulation libre.

Stabulation entravée avec sorties régulières Méthodes L’étude a été réalisée avec 51 vaches d’Hérens à cornes détenues en stabulation entravée pendant la période d’affourragement hivernale dans six exploitations valaisannes (taille des troupeaux 3–19 animaux) (Castro et al., 2010, 2011). Tous les animaux participant à l’essai avaient l’habitude d’avoir accès à une aire d’exercice extérieure en hiver (fig. 4), en général entre trois et sept jours par semaine. La surface disponible par vache dans l’aire d’exercice était différente dans chacune des six exploitations et s’élevait à 500, 300, 250, 143, 46 ou 26 m2. L’expérience a débuté à la fin de l’automne, peu après la fin de la période de pâture. Auparavant, les animaux de chaque exploitation étaient détenus ensemble au pâturage. On peut donc partir du principe que les rapports hiérarchiques étaient définis entre les vaches d’un même troupeau au début de l’essai. Avant l’expérience, les vaches sortaient tous les jours. Dans les phases successives de l’essai, la durée de l’intervalle entre deux sorties a été augmentée d’un à trois jours, puis à quatre et enfin à cinq jours. La prolongation progressive de l’intervalle était censée permettre une interruption anticipée de l’essai si les blessures s’étaient avérées trop importantes. Chaque durée d’intervalle a été appliquée deux à quatre fois dans une exploitation donnée, avant d’être augmentée. Le comportement des vaches était observé pendant 40 minutes à partir du moment où les vaches quittaient la stabulation entravée. Pour l’évaluajuin/juillet 2011 Technique Agricole

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n Rapport ART 743

Fig. 5: Exemples de blessures à la tête, à la mamelle et sur les flancs.  tion des données, le temps total d’observation a été subdivisé en quatre blocs de dix minutes chacun. Les comportements agressifs ont été relevés à l’aide d’observations directes. La fréquence des différents éléments caractéristiques du comportement (menace, poursuite, prise en chasse, coup de tête) a été enregistrée pour chaque vache. La durée des combats a également fait l’objet d’un relevé. Le résultat des comportements agressifs a permis de déterminer la place de chaque vache au sein de la hiérarchie. Afin de déterminer la présence de blessures en fonction de la durée de l’intervalle entre deux sorties, toutes les nou-

Comportements agressifs par vache

20

15

10

5

0 1 jour

3 jours

4 jours

5 jours

Intervalle entre deux sorties en jours Fig. 6: Comportements agressifs par vache en quatre blocs  de dix minutes à partir du début de la sortie, avec sorties hivernales quotidiennes et tous les 3, 4, ou 5 jours. Les lignes  rouges indiquent l’estimation du modèle statistique.

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velles blessures ont été répertoriées après chaque séjour dans l’aire d’exercice extérieure. Pour ce faire, on a distingué les zones suivantes: tête, mamelle/parties génitales et reste du corps (fig. 5). Chaque altération de la peau a été évaluée selon le schéma suivant: 1 = blessures légères telles que des égratignures (guéries en trois jours) 2 = blessure graves (dont la guérison dure plus de trois jours) 3 = blessures ouvertes 4 = intervention du vétérinaire nécessaire L’analyse statistique des données du comportement et des blessures des vaches a eu lieu à l’aide de modèles généralisés à effets mixtes. Résultats Comportements agressifs: La fréquence des comportements agressifs a augmenté de manière significative avec la durée des intervalles entre deux jours de sortie (+19 % par jour). A partir d’un intervalle de quatre jours, l’augmentation était plus importante (fig. 6). On a également observé une augmentation de la durée des combats lorsque les intervalles étaient longs. Par contre la fréquence des comportements agressifs diminuait au fil des quarante minutes passées dans l’aire d’exercice (–10 % d’un bloc de 10 minutes à l’autre; fig. 6). La position hiérarchique des vaches au sein du troupeau n’avait pas d’effet significatif sur la fréquence des comportements agressifs. Blessures: La part de vaches blessées à la mamelle ou sur le reste du corps a augmenté de manière significative avec l’augmentation de l’intervalle entre deux jours de sortie (fig. 7). Cet effet était renforcé à partir d’un intervalle de quatre jours. En revanche, le pourcentage de vaches blessées à la tête n’a augmenté que légèrement. La longueur de l’intervalle entre deux jours de sorties n’a pas eu d’influence significative à ce niveau. Aucune blessure n’a nécessité l’intervention d’un vétérinaire. Discussion D’après les résultats de l’expérience décrite ici, il semble indiqué de ne pas dépasser trois jours entre deux sorties lorsque les vaches d’Hérens sont détenues en stabulation


Rapport ART 743 n

Réintroduction des vaches en stabulation libre Méthodes L’essai a été réalisé dans une exploitation de vaches-mères dans deux groupes de 10 et 20 vaches ainsi que dans une exploitation de vaches laitières dans deux groupes de 18 et 21 bêtes. Toutes les vaches portaient des cornes. Elles

Influence de la stabulation hivernale sur la combativité Afin de savoir si, et à quel point, les conditions de détention en hiver ont une influence sur la combativité des vaches d’Hérens lors du mélange des troupeaux au début de la saison d’alpage, 218 animaux ont été observés sur cinq alpages valaisans. Parmi ces animaux, 111 vaches (6 troupeaux) avaient été détenues en stabulation entravée pendant la période d’affourragement hivernal précédente, en ayant accès pendant au moins 30 jours à une aire d’exercice extérieure, principalement une par une ou deux par deux. 27 vaches (4 troupeaux) ont également été détenues en stabulation entravée en hiver, mais sortaient chaque jour en groupe. 80 autres animaux (6 troupeaux) avaient passé l’hiver dans une stabulation libre. Les observations de comportement ont été effectuées au début des étés 2008/9 pendant les deux premiers jours d’alpage. Pendant ces journées, les vaches provenant des différents troupeaux ont été rassemblées dans une arène sous surveillance, pendant une à deux heures le matin et le soir. Elles s’y sont livrées à des combats afin de régler

0.25

Part de vaches blessées

entravée. Lorsque l’intervalle est plus long, les vaches règlent leurs rapports de dominance et leur place dans la hiérarchie du troupeau par des comportements agressifs plus fréquents et des combats plus longs. Chez les vaches tachetées suédoises, on a également observé une influence de la durée de l’intervalle entre deux sorties sur la fréquence des comportements agressifs. Loberg (2004) a rapporté que ces interactions agressives étaient plus fréquentes lorsque les vaches ne sortaient qu’une fois par semaine par rapport aux cas de figure où elles sortaient chaque jour ou deux fois par semaine. Dans l’expérience décrite ici, pendant une sortie, la fréquence des comportements agressifs a diminué avec la durée, ce qui correspond aux observations de Bouissou (1975) lors du regroupement de génisses. Apparemment les vaches d’Hérens étaient en mesure de régler rapidement leurs rapports de dominance au début des sorties. Comme les vaches luttent généralement tête contre tête (Bouissou, 1974), on pourrait s’attendre à ce que le nombre de blessures à la tête augmente avec la fréquence des comportements agressifs. Rien de tel n’a cependant pu être observé. Par contre, le pourcentage de vaches blessées à la mamelle et au reste du corps a augmenté de manière significative avec l’augmentation de l’intervalle entre deux jours de sortie. Ces blessures proviennent du fait que la vache de rang hiérarchique supérieur poursuit la vache de rang inférieur à la fin du combat et l’attaque par le côté.

0.2

Tête Corps Mamelle

0.15

0.1

0.05

0 1 3 4 5 Intervalle entre deux sorties en jours Fig. 7: Part de vaches blessées à la tête, sur le corps et à la  mamelle après sorties hivernales quotidiennes et tous les 3,  4, ou 5 jours.  étaient détenues sur de la litière profonde, avec des surfaces de repos de 5,4 et 5,9 m2, respectivement de 6,1 et 6,7 m2 par vache (fig. 8). Les deux groupes pouvaient se voir et s’entendre. Avant le début de l’essai, aucun nouvel animal n’avait été introduit dans le troupeau depuis au moins huit semaines, de sorte que l’on peut admettre que la structure du troupeau était définie. Pendant l’expérience, 38 vaches (18 vaches-mères et 20 vaches laitières) ont été séparées de leur groupe à deux moments différents pour une durée de 0,5 jour minimum à 3,5 jours maximum. Une des séparations était courte, l’autre plus longue. Pour chaque vache, la séparation longue durait au moins douze heures de plus que la courte. La séquence entre séparation courte et longue a été alternée

leurs rapports hiérarchiques. A chaque combat, les observateurs notaient les numéros de la gagnante et de la perdante. La mise en valeur des données a montré que la plupart des rapports hiérarchiques étaient réglés dès le premier jour. Seuls quelques combats avaient lieu le deuxième jour. Les conditions de détention pendant la période d’affourragement hivernal n’avaient aucune influence sur le nombre de combats auxquels participait une vache donnée. Le pourcentage de combats gagnés par une vache donnée n’était pas non plus influencé par ce facteur. Les résultats de l’étude permettent de conclure qu’aucun des trois modes de détention hivernale n’a d’impact négatif sur la combativité des vaches d’Hérens au début de la saison d’alpage. Les vaches détenues en stabulation libre ou en stabulation entravée avec sorties quotidiennes réglaient elles aussi leurs rapports hiérarchiques avec les animaux étrangers au troupeau par des combats et leurs chances de gagner le combat n’étaient pas plus faibles que celles de vaches qui avaient été détenues à l’attache en hiver avec un nombre de sorties minimal.

juin/juillet 2011 Technique Agricole

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n Rapport ART 743

Durée des comportements agressifs par vache réintroduite dans le troupeau (min/h)

Nombre de comportements agressifs par vache réintroduite dans le troupeau (nbre/h)

Fig. 8: Exemple d’une stabulation libre pour vaches d‘Hérens.

25 20 15 10 5 0 10 8 6 4 2 0

Heure Séparation

1

2

3

4

5

6

Courte

1

2

3

4

5

6

Longue

Fig. 9: Fréquence (en haut) et durée (en bas) des comportements agressifs montrés par les vaches réintroduites dans  le troupeau, en six blocs d’une heure à partir du début de  la réintroduction après une séparation de courte ou de longue durée. Les lignes rouges indiquent l’estimation du modèle statistique. 52

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au hasard entre les vaches. Pendant la séparation, les vaches entendaient les congénères de leur groupe, mais ne les voyaient pas. Lors de la réintroduction des animaux dans le groupe, le comportement des vaches préalablement séparées a été enregistré pendant six heures à l’aide d’une caméra vidéo. Avant les séparations, les conflits sociaux ont été relevés avec la même méthode que dans l’expérience sur les sorties hivernales. Ces données ont permis de déterminer la position hiérarchique de chaque animal dans le groupe. Dix heures après la réintroduction des animaux séparés, chaque vache a été examinée afin d’identifier les éventuelles nouvelles blessures. En outre, le stress des vaches pendant la séparation et pendant la réintroduction dans le troupeau a également été mesuré. Pour ce faire, on a prélevé des échantillons d’excréments, dans lesquels on a déterminé la concentration des produits de dégradation du cortisol, hormone de stress. Le cortisol dans le sang ou les produits de sa dégradation dans les excréments permettent d’évaluer l’état de stress de l’animal. Toutefois, il est plus facile de prélever des échantillons d’excréments que de faire des prises de sang. Les concentrations mesurées dans les excréments reflètent l’état de stress des vaches pendant les dix heures qui précèdent la défécation. Un premier échantillon a été recueilli pendant l’heure qui a suivi la séparation et indique donc le stress avant la séparation (valeur initiale). D’autres échantillons ont été prélevés dix heures après la séparation et puis toutes les douze heures pendant la phase de réintroduction dans le troupeau.


Produits de la dégradation du cortisol dans les excréments (ng/g)

Rapport ART 743 n 1000

100

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Heure

0

Phase

VI

Séparation

10 24 Séparation

10 24 36 48

0

Réintroduction

VI

Courte

Résultats Comportements agressifs: Comme lors des sorties dans le cas de la stabulation entravée, les comportements agressifs en stabulation libre ont eu lieu immédiatement après la réintroduction des vaches dans le groupe (fig. 9). La plupart des comportements agressifs ont eu lieu dans l’heure qui suivait la réintroduction, puis diminuaient pendant la deuxième et la troisième heure. En cas de séparation longue, le nombre et la durée des comportements agressifs étaient significativement plus élevés qu’en cas de séparation courte (fig. 9). Les vaches de rang hiérarchique supérieur ont lutté plus fréquemment, mais pas plus longtemps que les vaches de rang inférieur. En cas de séparation courte comme en cas de séparation longue, les luttes ont duré généralement moins d’une minute et rarement plus de trois minutes. Les comportements enregistrés sont très semblables chez les vaches-mères et les vaches laitières. Blessures: Les vaches réintroduites dans le troupeau présentaient moins de blessures à la mamelle et à la tête que sur le reste du corps. Dans l’ensemble, le pourcentage de vaches blessées était plus important après une séparation longue qu’après une séparation courte. Cortisol dans les excréments: La concentration des produits de dégradation du cortisol, hormone de stress, dans les excréments était plus basse dans les échantillons prélevés une heure après les séparations (valeur initiale) que dans les échantillons prélevés dix heures plus tard (fig. 10). Au-delà de ces dix heures, la concentration a diminué régulièrement pendant la phase de séparation. La réintroduction des vaches dans le troupeau n’a pas entraîné une hausse de la concentration et les valeurs ont continué à baisser pendant les heures suivantes. Le même schéma a pu être observé avec une concentration similaire en valeur absolue, que la séparation ait été courte ou longue.

10 24 36 Séparation Longue

10 24 36 48 Réintroduction

Fig. 10:  Evolution  en  heures  de  la  concentration  de  produits de dégradation du  cortisol dans les excréments  des  vaches  réintroduites  dans le troupeau. (VI = valeur  initiale  avant  la  séparation).  Les  lignes  rouges  indiquent  l’estimation  du  modèle statistique.

Discussion Les résultats de cette expérience montrent qu’en stabulation libre la durée de la séparation d’une vache d’Hérens devrait être la plus courte possible pour réduire au maximum les comportements agressifs lors de la réintroduction de l’animal dans le troupeau. Dans l’essai avec séparation longue, la fréquence des comportements agressifs a été multipliée par deux pendant l’heure qui a suivi la réintroduction. La durée totale des comportements agressifs a augmenté elle aussi de manière significative à quatre minutes par heure. Il est intéressant de comparer la situation de la réintroduction d’animaux dans la stabulation libre avec la situation des sorties des animaux détenus en stabulation entravée pendant l’hiver. En cas de séparation courte, pendant l’heure qui suivait la réintroduction, on comptait cinq comportements agressifs par vache (médiane), contre dix en cas de séparation longue. Dans le cas des sorties hivernales, on comptait dix comportements agressifs par vache et par plage de 40 minutes (médiane) avec un intervalle de quatre jours entre deux sorties. Cette comparaison montre que la réintroduction d’une vache dans le troupeau après une longue séparation a des conséquences similaires à une sortie en hiver après quatre jours passés en stabulation entravée. Les résultats de la concentration des produits de dégradation du cortisol, hormone de stress, dans les excréments montrent que pour les vaches d’Hérens, la phase de séparation d’avec le troupeau est plus pénible que celle de la réintroduction dans le troupeau. Par rapport à la valeur initiale, qui reflète l’état de stress avant la séparation, la concentration a augmenté pendant les dix premières heures de la séparation. Lors de la réintroduction en revanche, la concentration retombait au niveau de la valeur initiale dans les dix heures. juin/juillet 2011 Technique Agricole

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n Rapport ART 743

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Conclusions et recommandations

Bibliographie

Les résultats de l’expérience sur les sorties hivernales montrent que dès qu’elles ont passé quelques jours à l’attache, les vaches d’Hérens peuvent se montrer très combatives lorsqu’elles se retrouvent dans l’aire d’exercice. La fréquence des combats augmente de manière significative avec la durée des intervalles entre deux jours de sortie. Pour réduire le nombre des combats et le risque de blessures, l’intervalle entre deux sorties ne devrait pas dépasser trois jours. Cela signifie que les vaches d’Hérens détenues en stabulation entravée devraient de préférence sortir trois fois par semaine. Pour une période d’affourragement hivernal de cinq mois, cela représente au total 60 jours de sorties au lieu des 30 jours minimum que prescrit l’Ordonnance sur la protection des animaux. Lorsque les vaches d’Hérens détenues en stabulation libre sont séparées du troupeau pendant un à deux jours, il faut s’attendre à ce que des combats hiérarchiques, certes courts, aient lieu, essentiellement pendant la première heure. Pendant cette phase, les animaux devraient être surveillés par la personne qui en assume la garde. L’expérience a également montré qu’une durée de séparation plus longue d’avec le troupeau avait une influence significative sur la fréquence et la durée des combats lors de la réintroduction de l’animal dans le troupeau. C’est pourquoi il est recommandé de raccourcir la séparation au maximum. Lors de la réintroduction de vaches d’Hérens longtemps séparées de leur troupeau en stabulation libre, il faut compter avec un taux de comportements agressifs aussi élevé que dans le cas où les animaux, détenus en stabulation entravée en hiver, sortent tous les quatre jours. Les résultats sur la concentration des produits de la dégradation du cortisol, hormone de stress, dans les excréments permettent de conclure que la séparation d’avec leur troupeau stresse davantage les vaches d’Hérens que la réintroduction. Les expériences pratiques montrent toutefois qu’en stabulation libre, il est capital de séparer les vaches en chaleur pour éviter de trop grosses perturbations dans le troupeau. Pour que les animaux de rang inférieur puissent s’esquiver à la fin d’un combat, il est important que les vaches d’Hérens disposent de suffisamment d’espace lors des sorties en hiver comme en stabulation libre. Dans ce dernier cas, l’installation de séparations visuelles dans la stabulation peut permettre aux animaux de s’éviter plus facilement. Les observations du comportement de luttes des vaches d’Hérens durant les deux premiers jours de la saison d’alpage ont montré clairement que les conditions de détention pendant la période d’affourragement hivernal n’avaient aucune répercussion sur l’issue des combats. Par conséquent, les vaches détenues en stabulation entravée et sortant beaucoup en hiver, et les vaches détenues en stabulation libre, ont aussi de bonnes chances de se voir couronnées reines.

– Bouissou M.-F., 1974. Etablissement des relations de dominance- soumission chez les bovins domestiques: I. Nature et évolution des interactions sociales. Annales de Biologie Animale Biochimie Biophysique 14, 383–410 – Bouissou M.-F., 1975. Etablissement des relations de dominance-soumission chez les bovins domestiques: III. Effet de l‘expérience sociale. Zeitschrift für Tierpsychologie 38, 419–435 – Castro I.M.L., Gygax L., Wechsler B., Hauser R. 2010. Einfluss der Separationsdauer während des Winterauslaufs auf das Sozialverhalten von Eringerkühen. In: Forschungsanstalt Agroscope Reckenholz-Tänikon ART (Hrsg.), Nachhaltigkeit in der Wiederkäuer- und Schweinehaltung. 24. IGN-Tagung, Tänikon, 2010, Agroscope ART, S. 64–67 – Castro I.M.L., Gygax L., Wechsler B., Hauser R., 2011. Increasing the interval between winter outdoor exercise aggravates agonistic interactions in Hérens cows kept in tie-stalls. Applied Animal Behaviour Science 129, 59–66 – Loberg J., 2004. Behaviour and claw health in tied dairy cows with varying access to exercise in an outdoor paddock. Applied Animal Behaviour Science 89, 1–16 – Plusquellec P., Bouissou M.-F., 2000. Social behaviour and endocrine correlates during intrabreed pair encounters in a fighting breed (Hérens) and a dairy breed (Brune des Alpes) of cattle. In: Ramos A., Pinheiro Machado F., Hötzel M.J. (Hrsg.), Proceedings of the 34th International Congress of the ISAE, Florianópolis, S. 182 – Plusquellec P. (2001) Influence d’une sélection pour la combativité et l’aptitude à la dominance sur le comportement social et la réactivité émotionnelle des bovins domestiques femelles de la race d’Hérens. Thèse, Université de Paris XIII – Preiswerk Y. (1986) Vaches et reines: Gloire et passion des hommes. In: Preiswerk Y., Crettaz, B. (Hrsg.), Le pays où les vaches sont reines, Monographic SA, Sierre, S. 273– 410 – Fédération suisse d’élevage de la vache d’Hérens, 2009. Rapport annuel 2009. Homepage: www.raceherens.ch

juin/juillet 2011 Technique Agricole

Remerciements Le projet de recherche a été financé par l’Office vétérinaire fédéral, OVF (Projet n° 2.06.03). Les auteurs remercient vivement les éleveurs de leur avoir permis de procéder à des études dans leurs exploitations.


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