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avril 2010

Technique Agricole

Test de tracteur : tout sur le TTV 620


n Editorial coutsmachines.ch Génial : sous www.coutsmachines.ch, on arrive directement à la rubrique « Coûts machines 2010 ». Ce qui l’est moins par contre, c’est que le programme individuel pour calculer les coûts n’est disponible pour l’instant qu’en allemand… www. maschinenkosten.ch n’héberge pas encore la version française. Toute personne intéressée au calcul gratuit de ces coûts devra télécharger et utiliser la version allemande. Il a aussi fallu du génie pour mettre au point de nouvelles techniques de culture du maïs. En plus avec des avantages économiques et écologiques à la clef. Et le progrès continue, comme le confirment nos articles en pages 5 et 10. Au moment de l’acquisition de la bonne technique de semis, l’aspect économique est un critère capital. Bien entendu, cela sera aussi déterminant lors de l’achat d’un tracteur : lequel s’adaptera le mieux à l’exploitation privée, à l’agro-entreprise ? Le test de tracteurs ART fournit de précieuses indications sur le sujet. Lire en page 28 les résultats de l’Agrotron TTV 620 récemment testé. Filtre à particules La nouvelle offensive émanant de l’Office fédéral de l’environnement, qui vise à introduire les normes antipollution pour les tracteurs et machines de récolte avant qu’ils ne soient homologués par l’UE, a toutes les qualités… sauf celle qui tendrait à amoindrir les coûts. Il ne faudra plus mesurer les poussières fines d’après le modèle PM10, mais par une valeur limite basée sur le nombre de particules. Afin de remplir ces conditions, un filtre à particules pour suies de diesel deviendra, pour ainsi dire, inévitable. L’ASETA suivra le cours des évènements et n’hésitera pas à donner de la voix si la Suisse veut absolument ce régime spécial. L’anticipation des normes de l’UE obligerait le petit marché suisse à équiper les nouveaux tracteurs de filtres à particules. On en n’est pas encore là ! Mais il est tout de même possible d’estimer les frais que suscitent le postéquipement et l’entretien des filtres à particules grâce aux tableaux édités par www.coutsmachines.ch. A un moment où tout le monde force l’agriculture à abaisser les coûts de production, ces frais supplémentaires sont plutôt malvenus. Ueli Zweifel

n Sommaire TA spécial Les essentiels de la technique de semis du maïs........... 5 Le maïs n’a pas besoin de charrue...............................10

Agro-Spot Recherche pour des systèmes culturaux efficaces......... 9 Technique des champs Les éclateurs ? Oui, mais à certaines conditions !.........13

Prévention des accidents Des clôtures fiables.....................................................17

Forum tracteurs Tracteurs : Quo Vadis ?............................................... 20 Sous la loupe Une nouvelle page dans l’histoire des Knüsel..............24 Nouvelles des sections JU, NE, FR, Agro-entrepreneurs : comptes rendus des assemblées générales................. 26 Tracteurs et technique Technique éprouvée et transmission continue............ 28 Technique et marché dans le haut de gamme............ 36 ASETA Cours de conduite G40.............................................. 32 Nouvelle combinaison de travail................................. 40 Test de tracteurs Echos de la pratique : « Bilan Positif ».......................... 33 Impressum............................................................... 40 Nouvelle combinaison ASETA..................................... 40 Rapport ART 720 Bruit et vibrations lors de la traite................................41

Page de couverture : Rapport de test Agrotron TTV 620 : ses forces et ses faiblesses. (Photo : Gaël Monnerat)

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TA spécial n

Excellentes conditions de semis : structure du sol grumeleuse et suffisamment d’humidité à l’horizon de semis.

Les essentiels de la technique de semis du maïs La technique de semis monograine doit faire ses preuves dans différents types de cultures. La précision absolue de mise en place des graines est prépondérante. Le dépôt de la semence dans le sol occupe une place toute particulière dans l’ensemble des conditions de semis.

Ruedi Hunger

Durant ces cinq dernières décennies, la culture du maïs a occupé une place parfois presque invasive comme production agricole la plus importante, ceci en raison d’une stratégie de culture ciblée et de l’intensification qui s’ensuit. Des discussions quant à la culture du maïs étaient inévitables. En même temps, la lutte chimique contre les adventices a

pris un tel essor, particulièrement avec les herbicides spéciaux du maïs, que bon nombre de problèmes liés aux mauvaises herbes sont résolus par le maïs. Le maïs doit-il être cultivé de manière conventionnelle ou conservatrice ? Quelle est l’option appropriée ? Le labour, le semis sous litière ou le semis direct ? Le semis en ligne est-il nécessaire ou le semis large convient-il ? Avec le temps, on s’est aperçu qu’il n’y avait pas qu’une seule solution : il s’agit

de rechercher la meilleure méthode selon les conditions locales. L’antagonisme entre le sol comme support des plantes et le sol comme voie de circulation pour les machines et les véhicules de transport perdure cependant.

Le semis monograine assure une distance régulière La semence certifiée possède un taux de germination garanti de 95 % par exemple. Cela signifie que dans les conditions

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n TA spécial

Surface

Surface de maïs en Suisse

Technique de semis monograine traditionnelle : éprouvée des milliers de fois. (Photo : Ueli Zweifel)

Graphique 1 : En Suisse, après l’introduction des machines pour le semis, la protection des plantes et la récolte, la surface de maïs a été multipliée par 15 en quelques décennies.

En 2008, 62 328 ha de maïs ont été semés. La part d’ensilage de maïs a augmenté de 13 % ces dix dernières années, la surface de maïs grains diminuant quant à elle de 29 % dans le même temps (source : Rapport sur l’agriculture 2009 de l’OFAG). La culture du maïs doit principalement l’extension de sa surface à la mécanisation. Dans les années soixante, le semis monograine a fait sa place. Il a facilité un semis régulier et des populations de maïs équilibrées. Conjointement, la lutte chimique contre les adventices a permis, avec les herbicides spécifiques du maïs (ex : l’atrazine), de résoudre bon nombre de problèmes liés aux mauvaises herbes.

adéquates, 95 % des graines développent une plantule, puis finalement une plante de maïs. Quelle taille et quel rendement cette plante atteindra ? Les conditions climatiques dont elle bénéficiera seront déterminantes. Les nouvelles variétés de maïs ne peuvent valoriser leur potentiel que si la profondeur de semis et la distance entre les graines sont optimales. Pour tous les semis en ligne, la distance entre les rangées constitue un compromis.

Depuis 20 ans, le semis sur bandes fraisées a fait ses preuves (voir article à ce propos en page 10). (Photo : einer Oekosem)

De la distance fixe à la distance variable entre les rangs Il y a une cinquantaine d’années, lorsque la technique de récolte sur plusieurs rangs a été mise en place, une distance unique entre les rangs est devenue la norme. Aujourd’hui, l’adaptation rapide de l’espace entre les rangs est proposée. Les experts marketing de la branche soulignent clairement la nécessité de cette variation. Il semble qu’il s’agisse d’un besoin de la clientèle de pouvoir

Dans le semis direct, une fente est pratiquée dans le sol grâce à des socs à disques, cross slot ou piqueurs, puis refermée après le dépôt de la semence. (Photo : Hanspeter Lauper)

Méthode de semis monograine du maïs Méthode Conventionnelle

Semis sous litière avec préparation du lit de semences en bandes Semis direct

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Types de mécanisation Avantages Labour, préparation du lit de • Utilisation de sa propre mécanisation semences, semis monograine déjà disponible • Occupation optimale du chef d’entreprise Fraiseuse en bandes ou herse • Intervention au sol limitée à des rotative avec semoir bandes monograine combiné • Bonne protection contre l’érosion • Travaux par des tiers (temps et coût) • Fumure sous pieds Semoir avec socs ou à disques • Intervention minimale sur le sol • Préservation de la structure du sol • Bonne protection contre l’érosion • Travaux par des tiers (temps et coût)

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Inconvénients • Processus de travail séparés nécessitant beaucoup de temps et d’argent • Intervention massive sur l’ensemble de la surface • Combinaison spéciale de machines • Puissance élevée du relevage arrière • Risque lié au limaces

• Réchauffement plus tardif du sol possible • Dégâts par les limaces • Mauvaise fermeture des fentes de semis dans les sols collants ou mouillés


TA spécial n

A l’avenir, les semoirs monograine ne seront plus seulement désignés en fonction du nombre de rangs, mais davantage selon leur largeur.

adapter la distance entre les rangs le plus rapidement possible et sans devoir se servir d’outils. Dans le secteur des agro-entreprises, cette exigence est compréhensible. Alors qu’auparavant la distance entre les rangs était primordiale, les techniques de récolte actuelles favorisent une meilleure utilisation de l’espace disponible. Entre le semis et la récolte, la protection phytosanitaire et la fumure sont à effectuer. Il s’agit parfois de les conduire différemment, ce qui peut engendrer des coûts supplémentaires. La réduction par moitié de la distance entre les rangs, de 75 cm à 37,5 cm, améliore l’espace disponible pour les plantes, mais divise aussi par deux les performances à la surface lors du semis. Il convient donc de se limiter à une certaine retenue, compte tenu des conditions helvétiques. L’exemple du semis étroit de maïs montre que, lorsque les conditions climatiques conviennent et que la bonne variété de maïs est utilisée, un rendement supérieur de quelques pourcent est envisageable. Cela implique cependant un investissement technique et financier largement supérieur pour le semis et les soins. En considérant les conditions difficiles sur le marché, il semble prépondérant que le maïs soit produit en quantité et qualité convenables. Pour le reste, la culture du maïs doit se faire de manière économique en ménageant l’environnement.

A chaque grain de maïs sa chance Le soc de semis constitue un élément central des semoirs monograine. Les

Les chevauchements sont la plupart le temps le fait de mauvais réglages de la machine.

machines utilisées sur des surfaces préparées de manière conventionnelle (labour et préparation du lit de semences) sont équipées la plupart du temps de socs à disques plats ou ondulés. Ils conviennent dans des conditions bien « dégagées » et assurent une profondeur de semis exacte, car ils disposent de

Déflecteurs des semoirs monograine pour semis de maïs Les déflecteurs pour les semoirs monograine pneumatiques étaient sous les feux de l’actualité il y a une année. Au printemps 2009, de nombreuses machines ont été équipées ou adaptées en conséquence. Les fournisseurs de semences ont amélioré l’adhérence de leurs adjuvants, et le traitement des semences à la ferme, méthode bien connue, a été interdit, les produits ont été retirés du commerce. L’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) a donné le mandat d’effectuer un monitoring dans une population d’abeilles. Des essais pratiques avec des adjuvants contenant de la chlothianidine ont été réalisés à l’INFORAMA Rütti, Zollikofen (BE), avec des semoirs monograine spécialement équipés. L’analyse des résultats a montré que la mortalité naturelle des abeilles n’avait pas été dépassée et qu’aucun résidu de la clothianidine ne se trouvait ni dans les abeilles mortes, ni dans le miel. Cela démontre que, dans les conditions de cet essai, aucun effet négatif sur la santé des abeilles n’a été constaté.

roues porteuses et de roues de terrage. Le but consiste à obtenir une levée d’environ 90 %. Cette exigence est atteinte avec la technique de semis conventionnelle selon les essais en plein champ de la centrale d’essais de la DLG (brochure KTBL 38). Les valeurs obtenues avec le semis sous litière sont légèrement inféCependant, la clothianidine peut être détectée pendant 40 jours après le semis dans les exsudats (glutation) des plantes. C’est pourquoi des mesures de précaution se justifient. Selon les renseignements fournis par Olivier Félix de l’OFAG, les directives en la matière restent valables. Les contrôles sont du ressort des cantons. L’OFAG ne voit pour l’instant aucune raison de renforcer ces mesures.

Les déflecteurs sont censés dévier l’air aspiré par les semoirs monograine à proximité immédiate de la surface du sol.

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n TA spécial rieures et leur variation est plus large. La quantité et la nature de la couche de litière proche de la surface sont déterminantes. Cela doit parfois être compensé par une quantité légèrement supérieure de semence.

Protection contre les effets des intempéries Le semis sous litière consiste à maintenir le sol couvert de matériau organique le plus longtemps possible, de manière à le protéger contre les effets des intempéries. Le semis direct permet en outre de réduire au minimum les interventions dans le sol, ce qui préserve sa structure. L’importance croissante des semis directs et des semis sous litière se reflète dans la construction et l’équipement des éléments de semis. Ils sont équipés de disques simples ou doubles qui pratiquent une fente dans le sol, la semence étant ensuite déposée de manière contrôlée. La régularité du semis sous litière s’avère dépendante de la hauteur de chute du grain, celle-ci doit être la moins élevée possible. Plus la hauteur de chute est grande, plus le risque d’avoir un semis

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Semis en ligne comme alternative au semis monograine Semis en ligne Types de mécanisation • Charrue • Préparation du lit de semences, semoir

Avantages Inconvénients • Utilisation de la mécani­sa­- • Intervention massive sur tion propre déjà disponible l’ensemble de la surface • Pas de coût de travaux par • Répartition lacunaire de tiers l’espace disponible

irrégulier en raison de chocs latéraux augmente. Pour fonctionner sans bourrage, la distance entre le distributeur et les disques ouvreurs doit être la plus grande possible.

Semis en ligne comme alternative au semis monograine Dans les années soixante, avant que les semoirs monograine ne révolutionnent le semis de maïs, il était évident de semer le maïs avec les semoirs conventionnels. Le fait est que cette technique a accompli d’importants progrès depuis lors. Les éléments doseurs ont été améliorés, l’écart entre les socs s’est modifié et, grâce aux socs à disques, la semence de maïs peut être déposée à une profondeur suffisante. La répartition irrégulière

de la semence est cependant restée, avec une qualité de maïs d’ensilage potentiellement réduite (densité énergétique). L’exigence d’un lit de semences parfait est maintenue, ce qui va à l’encontre de la tendance à limiter le travail du sol. Une régulation mécanique des adventices n’est possible qu’à un stade très précoce et la fumure sous pieds s’avère irréalisable. Dans l’intervalle, on a compris qu’il n’existe pas qu’une solution, mais qu’il s’agit de choisir la meilleure stratégie de semis selon les conditions locales spécifiques. L’antagonisme entre le sol comme support de plantes et le sol comme voie de circulation pour les machines et les véhicules de transport perdure cependant.  n


Agro-Spot n

Le « Club du semis sur bandes fraisées », SWISS NO-TILL, la recherche agraire, les écoles d’agriculture et les services de conseils se chargent du transfert des connaissances. D’ailleurs, les agro-entrepreneurs et les entreprises jouent également un rôle important dans la transmission du savoir.

Recherche pour des systèmes culturaux efficaces Durant ces dernières décennies, les systèmes culturaux pour grandes cultures n’ont cessé ni de se transformer ni d’évoluer. Il s’agit donc d’optimaliser des processus et de pondérer des interrogations contradictoires. La pression des coûts, le lessivage des nitrates, l’érosion des sols et la fixation du carbone ne sont qu’une partie des mots-clefs. Thomas Anken*

« Le maïs, ce tueur de sol » un slogan qui a eu quelques belles heures dans les médias vers la fin des années quatrevingt. Erosion du sol, haute teneur en atrazine et en nitrate dans la nappe phréatique et des adventices résistantes faisaient partie, à l’époque, des difficultés à résoudre. Cela a donné un élan énorme aux nouveaux processus comme le semis sous litière, le semis sur bandes fraisées et le semis direct. C’est en s’unissant que la recherche et la pratique ont pu développer ces nouveaux systèmes. Là où naguère on déplorait les échecs, le succès allait s’installer à moyen terme. De nombreux progrès dans les systèmes * Station de recherches Agroscope Reckenholz-Tänikon ART

de préparation du sol, de la technique de semis, de la protection des plantes et de l’épandage se sont multipliés pour devenir des systèmes culturaux efficaces et écologiques. Les succès importants rassemblent les points suivants : • le paillage et les semis directs réduisent l’érosion au minimum • la qualité du travail touchant la préparation du sol et la technique de semis a été grandement améliorée • la possibilité d’abaisser les coûts avec ce processus est énorme. La pratique montre que même en Suisse, il est possible de produire à un niveau de coûts très bas • les pertes de rendement sont maintenant sous contrôle. Rouler avec précaution sur les sols est l’une des clefs pour réussir • des rotations durables s’avèrent gratifiantes – la chrysomèle et les adventi-

ces résistantes n’apparaissent quasiment pas en Suisse, contrairement aux pays voisins • de nouveaux herbicides assurent la régulation des adventices • le lessivage des nitrates diminue fortement grâce à l’enherbement • les effets négatifs des résidus de chaumes sur les futures cultures peuvent être évités par des étoiles chasse-paille et un déchaumage ciblé L’éventail des thèmes précités est un bon exemple qui montre l’importance de comprendre les systèmes culturaux dans leur globalité. Il ne suffit pas, par exemple, de maîtriser la technique si l’on ne contrôle pas la protection des plantes. Les mots-clefs tels que croissance démographique, disparition des surfaces cultivables, augmentation des prix de l’énergie et des engrais, fixation du CO2 dans les sols… Comme d’ailleurs les expériences avec les fusarioses, la chrysomèle et la mort des abeilles le montrent, la protection des plantes nous réserve toujours quelques surprises. L’avenir ne manquera pas de défis !  n

Le « Club du semis sur bandes fraisées » fête ses 20 ans Le 22 juin, le «Club du semis sur bandes fraisées» fêtera ses 20 ans d’existence. Après des débuts hésitants, les semis sur bandes fraisées ont réussi à faire leur place puisque les surfaces ainsi ensemencées atteignent quelque 4000 hectares. Il est aussi réjouissant de constater que ce type de semis a ouvert la porte au semis sous litière et au semis direct pour d’autres cultures. Un résultat très gratifiant pour la collaboration entre la recherche et la pratique ! Depuis la dernière assemblée générale de l’association « Agro-entrepreneurs Suisse », le Club fait partie officiellement de cette dernière. Prochain rendez-vous avec les « Semis sur bandes fraisées : l’aprèsmidi du 22 juin 2010, auprès d’Alt­ haus AG à Ersigen (BE) Pour le programme, consultez s.v.p. www.agrartechnik-agroscope.ch

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n TA spécial

Le semis sur bandes fraisées a réussi son entrée en Angleterre. En raison de dispositions strictes, il faut – comme en Suisse – cultiver le maïs en ménageant l’eau et en évitant l’érosion. (Photo : J. Wilson, Kent, GB)

Le maïs n’a pas besoin de charrue Le semis sur bandes fraisées s’est développé avec succès ces 20 dernières années. Il s’agit d’une méthode fiable qui assure aussi bien un développement juvénile rapide que de bons rendements. La méthode du « Strip-tillage », très répandue aux USA et apparue aussi en Allemagne, comprend le travail du sol en bandes et le semis en deux phases de travail. Ainsi, un nouveau procédé intéressant s’annonce avec cette méthode.

Thomas Anken*

Les essais conduits à la Station de recherches Agroscope Reckenholz-Tänikon ART montrent qu’avec une préparation en bandes, le réchauffement du sol n’est pas prétérité par rapport au labour. Cela est aussi valable pour le semis direct pour autant que la couverture du sol soit modeste. Le travail du sol et la technique de semis du maïs ont subi de profondes évolutions ces dernières années. Le travail minimal du sol et le semis direct ne constituent plus des exceptions et les techniques en la matière s’avèrent parfaitement maîtrisées dans la pratique. * Thomas Anken, Station de recherches Agroscope Reckenholz-Tänikon ART

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La couverture du sol détermine la chaleur du sol En tant que plante subtropicale, le maïs aime la chaleur. En conséquence, il faut s’assurer d’un rapide réchauffement du sol lors du semis du maïs. Dans les ré-

gions sensibles au froid, il convient de veiller à ce qu’il n’y ait pas de couverture excessive du sol par de la litière. Une couverture dense inhibe la chaleur. Plus la litière de moutarde jaune morte est épaisse, plus le sol se réchauffe lentement et ralentit le développement juvénile du maïs. Un réchauffement rapide s’avère cependant positif aussi sur les plans de la régulation des adventices et du risque de prolifération des limaces.

La structure du sol ne s’améliore pas avec des engrais Le semis direct a fait ses preuves avec une bonne structure du sol et se distingue par une excellente protection contre l’érosion et le lessivage, de faibles besoins énergétiques et des coûts limités. (Photo : T. Anken)

Le maïs, plante mésophile, pose des exigences élevées à la structure du sol. Dans les sols compacts, le réseau radiculaire des jeunes plantes de maïs peine à se développer à travers le terrain. La conséquence est que les plantes sont stressées, d’une couleur vert clair ou


TA spécial n jaunâtre, et que la croissance est ralentie. Si le compactage du sol se combine avec des températures fraîches, le stress des plantes augmente de manière marquante. L’aspect fragile des plantes n’est donc pas à mettre sur le compte d’un manque d’azote. Un apport supplémentaire d’engrais n’est d’aucune aide dans ce cas. Une fumure azotée sous pieds modérée lors du semis, combinée éventuellement avec du phosphore, favorise suffisamment le développement des plantes. Cependant, les effets d’une structure du sol favorable et de conditions de croissance adéquates s’avèrent bien supérieurs à ceux d’une fumure sous pieds. C’est pourquoi une fumure mesurée est recommandée, pas plus de 30 à 50 kg d’azote par hectare devant être épandus.

Le fraisage intensif des bandes offre des conditions particulièrement favorables au développement juvénile des plantes et le sol se réchauffe sans retard. Le cultivateur à socs à ailettes permet d’éviter la formation d’une semelle de fraisage et ouvre au maïs le chemin du sous-sol. Dans les sols fortement compactés, le travail du sol en bandes atteint cependant ses limites, des pertes de rendement s’en suivant. Les nombreuses expériences pratiques des 20 dernières années montrent pourtant que ces problèmes trouvent une solution. Les exploitations appliquant le semis sous litière et ménageant le sol en roulant obtiennent de meilleurs rendements sans labour.

Semis sur bandes fraisées – ­développement juvénile sûr

Les systèmes de guidage automatiques, qui permettent le déplacement du tracteur avec une précision de l’ordre du centimètre, prennent place en Suisse également. Le coût de ces systèmes dépasse encore les CHF 20 000.–. On peut s’attendre à la baisse de ces coûts en raison de l’émergence des GPS portables. Ces systèmes de guidage permettent d’ameublir le sol en bandes soit en automne, soit au printemps, le maïs étant semé ensuite dans un deuxième temps en respectant très précisément l’emplacement des bandes fraisées. Un bon séchage, un réchauffement rapide et une minéralisation continue de l’azote constituent les avantages de la préparation préalable du sol en bandes. Après le

Les sols souffrent malheureusement de tassements fréquents, le renoncement à un ameublissement entraînant des pertes de rendement. Dans les prairies, la récolte de trois à six coupes signifie que les surfaces supportent un nombre proportionnel de passage de véhicules. Même avec un terrain capable de supporter des charges, un sol compact et tassé dans sa partie supérieure en est souvent la conséquence. Si du maïs est planté là sans ameublissement préalable, il faut compter avec des pertes de rendement en conséquence. Le semis sur bandes fraisées s’est donc développé avec un succès tout particulier sur prairie.

Strip-tillage, nouvel essor grâce aux systèmes de guidage ?

Le test de la bêche le démontre avec clarté : les tassements du sol empêchent les racines de pénétrer régulièrement dans le sol. L’eau, l’oxygène et les éléments nutritifs sont peu disponibles pour les plantes, ce qui entraîne des pertes de rendement. (Photo : T. Anken)

Le strip-tillage a été mis au point aux USA et s’installe progressivement en Europe. Des bandes sont ameublies en automne ou au printemps. Le maïs est ensuite semé dans ces bandes. L’objectif consiste à assurer un réchauffement rapide du sol et de favoriser ainsi le développement juvénile du maïs. (Photo : Firme Horsch, D-Schwandorf)

grand succès de cette méthode aux USA, des essais de strip-tillage sont conduits à l’Université de Hohenheim à Stuttgart ainsi qu’à la LFL Weihenstephan à Munich. Cette méthode pourrait s’avérer intéressante en Suisse aussi, particulièrement pour des cultures intercalaires. Les premiers résultats obtenus par nos voisins du nord sont très prometteurs. Cette méthode est moins favorable sur prairie, l’intervalle de temps entre la récolte de l’herbe et le semis du maïs étant très restreint. Par ailleurs, le travail en un seul passage avec une combinaison semis sur bandes fraisées reste très efficace.

Volonté de durabilité récompensée Certes, les nouveaux procédés de semis de maïs nécessitent un doigté tout particulier, car ils ne se pratiquent pas de manière aussi simple que le labour. L’expérience rassemblée pendant plus de 20 ans montre que ces obstacles se laissent surmonter et que la culture de maïs avec un travail du sol réduit est aussi économique qu’écologique. L’époque des champs de maïs défoncés par l’érosion devrait définitivement être révolue ! Non seulement l’environnement profite de cela, mais les rendements également, favorisés par une structure du sol favorable. Un agro-entrepreneur s’exprimait comme suit : « Les betteraves semées après du maïs en bandes fraisées font régulièrement partie des plus belles ».  n

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Technique des champs n

Le système HydroLift de Kurmann offre de nouvelles possibilités de combinaison pour la ­fauche. (Photo : Kurmann)

Les éclateurs ? Oui, mais à ­certaines conditions ! Les conditionneurs font maintenant partie du parc de machines de presque toutes les exploitations. L’augmentation de la vitesse de séchage des fourrages produite par ces machines permet, dans certaines situations, de se passer de pirouette pour les ensilages. Pour être réellement intéressants, les conditionneurs doivent améliorer le temps de séchage et respecter le fourrage.

Gaël Monnerat

Principes La surface des feuilles est recouverte d’une couche de cire (cuticule) qui a pour but de limiter les pertes d’eau par évaporation lorsque la plante est vivante. Cette cuticule maintient son effet, même si la feuille est coupée. Le but du conditionneur et de blesser la cuticule afin de favoriser une évaporation plus importante de l’eau contenue dans la plante et ainsi d’accélérer le séchage. La subtilité du conditionneur vient de sa capacité à endommager cette cuticule sans toutefois détruire la plante, notamment les feuilles. L’utilisation d’un conditionneur diminue le temps de séchage de 25 à 30 % et, en cas d’utilisation correcte,

améliore la qualité du fourrage. Néanmoins, les fourrages éclatés sont plus sensibles à la pluie. Les blessures à la cuticule entraînent une perte plus importante de matières solubles (sucres et autres) en cas de pluie. De manière générale, l’utilisation d’un conditionneur exige une puissance supplémentaire de l’ordre de 5.5 Ch (4 kW) par mètre de largeur. Trois types de machines dominent actuellement le marché : les conditionneurs à fléaux à rouleaux et les conditionneurs intensifs à brosses.

tion du rotor et la position de la tôle déflectrice et du contre-peigne. Les conditionneurs à fléaux disposent de peignes fixes, généralement en matière synthétique et de doigts mobiles, le plus souvent en acier. La plupart des constructeurs offrent la possibilité de régler la position du peigne pour modifier l’intensité du conditionnement. La vitesse de rotation du rotor joue également un rôle

Réglage des conditionneurs à fléaux L’intensité de travail des conditionneurs à fléaux, est définie par trois éléments : la position du peigne, la vitesse de rota-

Principe du conditionneur à rouleau. (Photo : Kuhn)

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n Technique des champs

Les conditionneurs à fléau sont les plus répandus et les plus polyvalents. Une grande diversité de fléaux est disponible. (Photo : Fella et Agriott)

important dans l’intensité du travail. Toutefois, la tôle déflectrice est souvent l’élément le plus facile à régler et certainement l’un des plus utilisé pour modifier l’intensité de travail. Ces éclateurs sont les plus polyvalents, mais démontrent les meilleures qualités dans les praires naturelles et les stations riches en graminées. Pour les parcelles riches en légumineuses, le risque de perte par brisure est important. Toutefois, un réglage correct de la machine les limite. Les doigts en matière synthétique sont très répandus. Ceci afin de limiter le poids des conditionneurs à fléaux, surtout sur les modèles larges. Les rotors des conditionneurs Fella disposent de doigts à ressorts proches de ceux qui équipent les pick-up.

Conditionneurs à rouleaux Le fourrage est pressé entre deux rouleaux (métalliques, caoutchouc ou polyuréthane) à chevron. La qualité du conditionnement dépend de la pression exercée sur le fourrage par les rouleaux. Celle-ci varie de 4 à 7 kg par centimètre

de longueur des rouleaux. La pression est réglée par l’écartement entre les rouleaux et par la quantité de fourrage qui les traverse. Ces conditionneurs sont particulièrement recommandés pour les prairies riches en légumineuses et autres plantes. Les rouleaux évitent une grande partie des pertes par brisure des feuilles. Le principe des rouleaux, qui ménage particulièrement le fourrage, s’avère quelquefois d’une efficacité insuffisante, notamment pour les premières coupes riches en légumineuses. Il est nécessaire, pour travailler correctement, de répartir le fourrage de façon régulière sur toute la longueur du rouleau. Ceci est souvent difficile à obtenir avec des faucheuses à tambours. Pour cette raison, les conditionneurs à rouleaux sont le plus souvent intégrés aux faucheuses à disques.

Conditionneurs intensifs à brosse Le fourrage qui passe au travers d’un conditionneur à brosse est pris en charge par un rotor – à fléaux ou à barres mé-

talliques – qui dirige le fourrage vers une brosse située au-dessus du rotor. Ce type d’éclateur est qualifié d’intensif en raison de l’action combinée de la brosse et du rotor qui blesse la cuticule et presse les tiges en davantage d’endroits que les autres conditionneurs. Ce système, bien réglé, convient également aux légumineuses. Suite aux essais effectués, les conditionneurs intensifs conviennent particulièrement aux exploitations d’ensilage et améliorent significativement la vitesse de séchage du fourrage. Par contre, les pertes par brisures importantes qu’entraîne le passage de la pirouette altèrent la qualité du foin séché au sol. Les principaux inconvénients du conditionneur intensif résident dans son poids et son prix.

Répartition du fourrage Il est possible, avec la plupart des éclateurs, de former des andains plus ou moins larges, voire de répartir le fourrage sur toute la surface fauchée. Au cas où le tracteur ne doit plus circuler par-dessus le fourrage (faucheuse frontale ou

Tableau récapitulatif des différents conditionneurs traînés (données des constructeurs) Constructeur

Modèle

Kurmann

K 618 X

Type de conditionneur Rotor avec doigts en acier

Kurmann K 517 Kurmann K 618 X TWIN Conditionneur à brosse OTT Landmaschinen ROttAIR 1601 Mounty Rotor avec doigts synthétiques OTT Landmaschinen ROttAIR 1801 Rotor avec doigts synthétique Fella KC 275 D Rotor avec doigts à ressort

Vitesse du condi- Poids (kg) Puissance Prix CHF tionneur (t min -1) nécessaire (Ch) 540/1000 400   8–14   8 290.– TVA incluse 540 540/1000 640/830

290 540 310

  6–10 12–18  7

  6 460.– TVA incluse 13 180.– TVA incluse   6 460.–

640/830

350

10

  8 380.–

977 /1007

398

20

  6 450.–

Remarque: Ce tableau ne présente que les conditionneurs traînés disponibles. Les constructeurs proposent pratiquement toutes les combinaisons de faucheuses et d’éclateurs possibles. Les prix et les caractéristiques varient en fonction de la faucheuse à laquelle il est intégré.

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Technique des champs n combinaisons), une répartition sur toute la surface peut accélérer la vitesse de séchage du fourrage. Toutefois, cette réflexion n’est valable que si le sol est sec. En cas de sol humide, la dessiccation est ralentie par l’évaporation de l’eau du sol. Dans ce cas de figure, la formation d’andains et l’étalement sur toute la surface quelques heures plus tard (pirouette) permet au sol de sécher, ce qui se répercute positivement sur le temps

Faucheuse latérale portée Les faucheuses latérales portées souffrent du poids supplémentaire dû à la présence d’un conditionneur. Sur ce type de machine, le délestage de la roue droite du tracteur est essentiel en raison de l’important porte-à-faux latéral. Le choix d’un éclateur léger (fléaux synthétiques) est de mise. Ces faucheuses sont de plus en plus souvent utilisées en combinaison avec une faucheuse frontale. Pour permettre le conditionnement dans cette configuration, Kurmann a développé le système Hydro-lift : un châssis qui s’adapte aux faucheuses latérales. Ce châssis permet la combinaison d’un conditionneur traîné et d’une faucheuse latérale. En plus de favoriser l’utilisation de conditionneurs traînés qui délestent l’essieu avant du tracteur, la combinaison rapproche également le centre de gravité de la faucheuse latérale vers le tracteur, limitant les risques de déséquilibrer ce dernier.

Les conditionneurs intensifs à brosse démontrent la meilleure efficacité de séchage. (Photo : Kurmann)

leur utilisation entraîne des coûts importants, surtout en raison de leur prix d’achat et de la puissance supplémentaire nécessaire. Dans certains cas, l’utilisation erronée fait grimper les coûts

Les conditionneurs à rouleau exigent une bonne répartition du fourrage sur toute la largeur de travail pour développer tout leur potentiel. (Photo : Kuhn)

de séchage du fourrage. Sur les mêmes sols, le passage du tracteur sur le fourrage (faucheuse latérale ou traînée) provoque d’importantes souillures. Dans ce cas, la répartition du fourrage sur toute la surface nuit donc doublement à la qualité du fourrage.

Les combinaisons faucheuse frontale – conditionneur traîné sont très largement répandues, mais tous les éclateurs conviennent-ils à mon exploitation ? (Photo : Kurmann)

Faucheuses frontales

Faucheuse traînée

La plupart des constructeurs offrent la possibilité d’intégrer l’éclateur à une faucheuse frontale. Cette possibilité n’est toutefois pas la plus répandue, la majorité des agriculteurs préférant un conditionneur traîné lorsque l’on utilise une faucheuse frontale. Cette solution offre une excellente répartition du poids sur le tracteur, très appréciable sur les terrains en pente ou pour diminuer la charge sur l’essieu avant du tracteur. La combinaison d’un éclateur traîné et d’une faucheuse frontale rend possible l’étalement du fourrage sur toute la surface de la parcelle sans souillures dues au passage du tracteur.

L’utilisation du conditionneur est quasi la règle sur ces machines. La faucheuse traînée supprime presque tous les effets de l’éclateur sur le tracteur puisque la machine supporte totalement le surpoids qui en découle. Ainsi, cela facilite l’utilisation d’éclateurs lourds (fléaux en acier, rouleaux) sur des largeurs de travail importantes. Toutefois, il est primordial de pouvoir former des andains qui laissent un passage entre les roues du tracteur pour éviter de souiller le fourrage.

En résumé

« invisibles ». Les pertes par brisures que provoquent de mauvais réglages, une machine inadaptée à la composition botanique ou une utilisation inadéquate de la pirouette peuvent être importantes. Le choix d’un type d’éclateur se fera en fonction des prairies du domaine et du mode de conservation pratiqué par l’exploitant. Une machine coûteuse n’est pas forcément la plus adaptée à la situation. Pour être intéressant, un éclateur devrait supprimer au moins un passage de la pirouette et même de ne plus y recourir du tout pour les ensilages.  n

Le recours aux éclateurs accélère la vitesse de séchage du fourrage. Toutefois,

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Prévention des accidents n

Les clôtures fixes nécessitent des piquets d’angle solidement ancrés. (Photo : Ueli Zweifel)

Des clôtures fiables Pour de nombreuses raisons, les clôtures électrifiées attirent plus de sympathie que les fils de fer barbelés. Cependant, l’utilisation de courant électrique impose des normes de sécurité clairement définies. Ruedi Burgherr du Service de prévention des accidents dans l’agriculture (SPAA) donne ici un aperçu des règles à respecter.

Ruedi Burgherr, BUL Schöftland

Sécurité et dangers

Les animaux sont généralement imprévisibles, il est donc impossible de les laisser en liberté sans surveillance. La plupart du temps, on utilise une clôture ; il n’y a guère que les troupeaux de moutons qui sont gardés, sans clôture, par un berger. Il est toutefois illusoire de penser que le simple branchement d’un électrificateur de clôture assure une surveillance sans faille du troupeau. L’alimentation électrique, la mise à terre et la construction de la clôture sont en réalité plus importante que l’appareil électrique.

Les clôtures proposent la sécurité mais peuvent également devenir sources de danger, dans certaines conditions. La clôture représente la meilleure des préventions contre la fuite des animaux. Cette retenue est possible grâce au choix d’un électificateur adapté à la longueur de la clôture. En plus de la tension, l’énergie de décharge ou impulsion est un critère décisif. Une mise à terre correcte et une protection efficace contre la foudre protègent aussi le rural et les animaux. Les animaux en fuite représentent un danger réel pour le voisinage. Les cas

d’accidents graves qui impliquent des animaux fugueurs en témoignent. C’est là précisément que le SPAA intervient. Les clôtures (faites de planches et de fils de fer barbelés) s’avèrent dangereuses, notamment en cas d’accident de la circulation. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’utilisation de barbelés le long des routes est interdite en de nombreux endroits. Les clôtures électriques représentent aussi un véritable danger pour les enfants, surtout lorsqu’ils jouent tout près avec de l’eau ou des objets métalliques. Des normes sont donc prévues pour obtenir des installations adhoc ne présentant pas de dangers prévisibles.

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n Prévention des accidents de clôture, le matériel utilisé, la longueur de la clôture et l’espèce animale à contenir déterminent le choix de l’électrificateur. Les chevaux et les porcs, par exemples, sont très sensibles aux courants électriques. Pour les clôtures longues, la tension ne devrait pas descendre en dessous de 2000 volt. Les électrificateurs branchés sur le réseau, pour autant que la mise à terre soit correcte, sont les plus fiables du point de vue sécurité. Les normes précitées sont reconnues au niveau mondial et sont stables depuis plusieurs années.

Exigences envers le matériel de clôture (tresses, bandes, filets)

Une situation dangereuse ! Les clôtures indépendantes ne devraient être alimentées par des électrificateurs différents que si l’écart entre les deux fils est supérieur à 2 m.

• Résistance à la déchirure supérieure à 1000 N (100 kg) • R ésistance électrique inférieure à 550 Ohm/km (fil en acier) • Résistance à plus de 1000 pliages avant rupture des fils conducteurs des tresses et bandes • Matériau résistant aux UV pour les filets, bandes et tresses • Matériaux blanc, avec une couleur contrastante pour une bonne visibilité nocturne ou diurne

Exigences envers les fils en acier Les clôtures servent aussi à tenir à distance des cultures les animaux sauvages. Les bandes de couleur rouge ou orange sont peu visibles pour les animaux, surtout au crépuscule. L’absence d’animaux de rente dans les parcs augmente les risques pour les animaux sauvages de s‘empêtrer dans les clôtures. Quant aux hérissons et aux amphibiens, une décharge électrique leur est souvent fatale. De manière générale, les clôtures mal entretenues ont quelquefois des conséquences mortelles pour les animaux domestiques ou sauvages.

Electrificateur et clôture électrifiée Les normes de sécurité suivantes sont valables pour les clôtures électriques : • tension de sortie : 10 Kilovolt (kV) • durée maximale de l’impulsion : 0,1 s • énergie maximale de l’impulsion à 500 Ohm : 5,0 Joule • intensité du courant : 10 A • période durant laquelle l’intensité instantanée du courant dépasse 300mA : 1,5 ms Ces valeurs sont basées sur les normes européennes et les règles SEV. Le type

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• Résistance à la déchirure de 3000 N à 6000 N (300-600 kg) • R ésistance électrique inférieure à 50 Ohm/km • Haute résistance à la traction des isolateurs synthétiques ou céramiques Les clôtures actuelles varient en fonction de l’espèce animale, de l’utilisation et des conditions locales. Demander conseils peut être utile et évite des ennuis si, suivant les cas, des autorisations sont requises. Les experts de la prévention ainsi que les collaboratrices et collaborateurs spécialisés du SPAA se tiennent à votre disposition.

Montage et mise à terre dans les bâtiments Pour les bâtiments agricoles protégés par un paratonnerre, les électrificateurs de clôture seront reliés directement à la mise à terre du paratonnerre. En l’absence de ce dernier, il faut installer une mise à terre efficace. Important : un électrificateur ne peut être monté dans des locaux abritant des matériaux facilement inflammables comme du foin ou de la paille. Les chambres à lait, hangar à machines, garages ou avant-toit sont

Les fils d’alimentations longeant les bâtiments seront composés de fils à haute tension, tirés dans des tubes difficilement inflammables.

des endroits idéaux pour la pose d’électrificateur de clôture. En cas de montage sur support inflammable, une protection ignifugée (par ex. Pical 83, 10 mm ou El 30) dépassant l’appareil de 10  cm sur tout son périmètre sera posée entre l’électrificateur et le support (paroi, colonne, etc). • Les électrificateurs branchés au réseau électrique 230 Volt seront montés sur des supports ininflammables • Les fils d’alimentation de la clôture auront un diamètre de 1,5 mm. Ils seront gainés d’une isolation difficilement inflammable (par ex. KRFW, tubes synthétiques flexibles difficilement inflammables) • La mise à terre des électrificateurs aura une surface de 10  mm2 de cuivre brillant ; elle sera la plus courte possible (max 5 m.) • Les paratonnerres sont d’excellents supports pour la mise à terre des électrificateurs de clôture

Distance de sécurité Si la clôture électrique est installée à proximité d’éléments métalliques, il faudra prendre des mesures préventives pour empêcher les enfants de toucher simultanément deux conducteurs. En général, un intervalle vertical de 40 cm suffit. Il est aussi préférable de ne pas faire passer une clôture électrique audessus d’éléments métalliques reliés à la terre. Les électrificateurs et autres types d’alimentation de courant pour clôtures ne doivent pas être fixés aux pylônes et autres poteaux électriques. Les clôtures électriques distantes de moins de deux mètres seront alimentées par le même électificateur.


Prévention des accidents n Hauteurs des clôtures pour :

Les passages aériens au-dessus des routes seront solidement fixés, à une hauteur minimale de 5 m. Pour les passages souterrains, il convient d’utiliser des fils à haute tension 10 kV et des tubes synthétiques.

Clôtures et foudre Les clôtures électrifiées fixes, constituées de fils en acier et alimentées par un électrificateur installé dans un bâtiment, seront toujours équipées d’une protection contre la foudre entre la clôture et le bâtiment. Cette protection sera conforme aux indications du constructeur afin d’éviter le transport des surtensions atmosphériques dans les bâtiments. Il faudra aussi mettre en terre les câbles électriques à haute tension (10 kV) dans des tubes synthétiques à une profondeur de 60 cm. La hauteur minimale des passages aériens par-dessus les routes est de 5 m ; ils seront tendus correctement.

Clôtures fixes La sécurité d’une clôture dépend de sa surveillance : un contrôle régulier s’avère donc nécessaire. Les appareils détecteurs d’erreurs sont de précieux auxiliaires. Ils mesurent la tension de la clôture et des alimentations. Certains appareils indiquent même l’endroit et la direction de la défectuosité. L’idéal serait d’installer des clôtures fixes partout où la situation le permet. Robustes et résistantes à la brisure, elles demandent peu d’entretien lorsqu’elles sont conçues dans le respect des dernières normes. Auparavant, les clôtures fixes étaient constituées de piquets en bois et de fils de fer barbelés, des matériaux dépassés par les nouvelles tech­ niques. Les clôtures comportant des câbles, du treillis ou des câbles tendus par des ressorts ainsi que les clôtures électri-

Le SPAA à la BEA à Berne, halle 672 du 30.4 au 9.5. L’équipe du SPAA se réjouit de vous accueillir à son stand. Pour tout renseignement: www. bul.ch ou SPAA, Grange-Verney, 1510 Moudon, tél. 021 995 34 28 ou courriel : bul@bul.ch

Bovins et veaux   80 cm Génisses et bœufs 120 cm Chevaux 140 cm Petits chevaux, poneys 120 cm Moutons   90 cm Chèvres 110 cm Porcs   50 cm

quement chargées sont aptes à remplir les exigences les plus diverses. Le bon ancrage des piquets (chêne ou acacia) dans le sol détermine la durée de vie des clôtures fixes. Entre les poteaux d’angle, il est nécessaire de prévoir assez de piquets intermédiaires pour maintenir la hauteur des fils. Les fils résistant à une forte traction et offrant une faible résistance électrique par kilomètre sont particulièrement adaptés aux clôtures fixes. Les fils d’acier d’un diamètre de 2,5 mm et davantage sont à privilégier pour ces installations. Des fils bien tendus peuvent être pressés contre le sol et retrouver leur position initiale rapidement. De telles clôtures durent longtemps et demandent peu d’entretien. Aujourd’hui, plusieurs entreprises expertes s’activent dans la construction de clôtures. Quant aux grillages, ils sont très robustes ; ils sont également bien adaptés pour habituer les animaux à rester en clôture. L’écartement entre les mailles est de 10 cm au minimum. Par contre, pour de grandes surfaces, le montage et le prix des grillages sont très élevés.

2 fils 3 fils 3 fils 3 fils 4 fils 3 fils 3 fils

Le nombre de fils dépend de l‘espèce Un jugement du tribunal fédéral fait part d’une nouvelle réflexion concernant le nombre de fils nécessaires à empêcher l’accès des enfants aux pâturages. Ce jugement n’est que difficilement applicable. Il se base sur les normes des zones habitées et précise les exigences sous le terme « libre ». Ceci justifie l’application de cette mesure. Le SPAA recommande la pose de deux fils autour des pâtures de bovins à proximité de lieux fréquentés par des enfants. Les vendeurs de matériel pour clôtures proposent des nombres de fils et des hauteurs variables en fonction des espèces animales. Toute personne qui respecte ces recommandations dispose ainsi de solides arguments en cas de dommages.

Filets électrifiés Ce type d’installation ne sera utilisé que pour les situations déterminées, soit pour les pâtures temporaires, des troupeaux en déplacement ou des partages de grands parcs. Les filets sont efficaces lorsque la tension est correcte et le courant électrique suffisant. 2000 à 4000 volts sont nécessaires. Lorsque les animaux ne sont plus là, les filets seront impérativement retirés. Pour tout renseignement complémentaire, consultez la brochure 6A du SPAA « Installation correctes des clôtures électriques ».  n

Montage des électrificateurs : sur des supports ignifugés et correctement mis à terre.

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n Forum tracteurs

Les journées spéciales « Tracteurs » organisées par le VDI ont réuni un public important dans la nouvelle halle Fendt à Markt­oberdorf. (Photo : Ueli Zweifel)

Tracteurs : Quo Vadis ? Les 22 et 23 février derniers s’est déroulé à Marktoberdorf, sur le site de l’usine Fendt, la 9e conférence sous le thème Traktor – Quo Vadis ? Ce forum, destiné aux spécialistes de technique agricole provenant de l’industrie, des médias et de la pratique, a réuni près de 300 personnes. Technique Agricole était présente à l’évènement.

Gaël Monnerat

Organisées par la société VDI-MEG, les présentations avaient pour cadre le nouveau Fendt-Forum du site de Marktoberdorf. Cette manifestation est une occasion unique de faire le point sur les

Catégories de puissance   37 kW-P-56 kW   56 kW-P-75 kW

  75 kW-P-130 kW

130 kW-P-560 kW

1999

2000

2001 2002 Stage I 9.2 / 1.3 / 6.5 / 0.85 Stage I 9.2 / 1.3 / 6.5 / 0.85

Stage I 9.2 / 1.3 / 5.0 / 0.7 Stage I 9.2 / 1.3 / 5.0 / 0.54

développements et tendances de la technique agricole, dans le cadre de présentations de représentants des hautes écoles et de l’industrie. Nouvelles normes anti-pollution – effets sur les machines agricoles du point de vue des constructeurs (Kai Brandhof, responsable du secteur mo-

2003

2004

2005 2006 Stage II 7.0 / 1.3 / 5.0 / 0.4 Stage II 7.0 / 1.3 / 5.0 / 0.4

Stage II 6.0 / 1.0 / 5.0 / 0.3 Stage II 6.0 / 1.0 / 3.5 / 0.2

2007

2008

2009

2010 2011 Stage IIIA (7.5) / 5.5 / 0.6 Stage IIIA (4.7) / 5.0 / 0.4

Stage IIIA (4.0) / 5.0 / 0.3 Stage IIIA (4.0) / 3.5 / 0.2

teur des automotrices de récoltes Claas). Les nouvelles normes anti-pollution Stage III B et IV entreront en vigueur en 2011, respectivement 2014 en fonction de la puissance des moteurs. Ces nouvelles exigences ont pour but une nouvelle réduction massive des émissions de par-

2012

2013

2014 2015 2016 Stage IIIB (4.7) / 5.0 / 0.025 Stage IIIB Stage IV 3.3 / 0.19 / 5.0 / 0.025 0.4 / 0.19 / 5.0 / 0.025 Stage IIIB Stage IV 3.3 / 0.19 / 5.0 / 0.025 0.4 / 0.19 / 5.0 / 0.025 Stage IIIB Stage IV 2.0 / 0.19 / 3.5 / 0.025 0.4 / 0.19 / 3.5 / 0.025

Planification de l’introduction des nouvelles exigences envers les gaz d’échappement des moteurs agricoles en fonction de leur catégorie de puissance. NOx / HC / CO / PM – (g/kWh), (NOx + HC) / CO / PM – (g/kWh)

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Forum tracteurs n ticules fines et de NOx. Jusqu’à présent, les exigences de la norme III A pouvaient être remplies par des adaptations internes au moteur. La norme III B nécessite le développement de technologie de traitement des gaz d’échappement SCR (Selective Catalytic Reduction) ou l’utilisation de filtres à particules. Le niveau IV des nouvelles normes ne peut être atteint que par la combinaison des deux systèmes précédents, ce qui a une conséquence directe sur les fabricants de machines agricoles. L’optimisation des particules fines et des rejets de NOx par des adaptations internes au moteur sont contradictoires. Les particules fines résultent d’une combustion imparfaite, mais qui a l’avantage de ne former qu’une quantité limitée de NOx. La réduction des particules fines est obtenue par augmentation de la température de combustion. Malheureusement, cette température élevée favorise la formation des NOx. L’optimisation de l’un des deux paramètres se fait donc obligatoirement au détriment de l’autre. Deux stratégies sont suivies par les constructeurs et influencent la compo­ sition des gaz d’échappement après l’explosion : 1. Gaz d’échappement pauvre en NOx 2. Gaz d’échappement riche en NOx La première stratégie nécessite une recirculation des gaz d’échappement ainsi que l’utilisation d’un filtre à particules afin de limiter la quantité de particules fines. La deuxième stratégie repose sur une température de combustion plus élevée, qui limite la production des particules fines mais dégage plus de NOx. Cette stratégie impose le traitement des gaz d’échappement avec des urées (Ad Blue). Une réaction chimique transforme

Principe de fonction de la technologie SCR pour le traitement des gaz d’échappement.

les NO et NO2 en eau (H2O) et azote (N2) sous l’action de l’ammoniaque.

Conséquences pour l’agriculture Les nouvelles technologies nécessitent plus de place et alourdissent le véhicule. La recirculation des gaz d’échappement nécessite un système de refroidissement plus grand et le traitement des gaz à l’urée nécessite un réservoir supplémentaire pour le liquide « Ad Blue » (5 à 10 % du volume du réservoir à diesel). La norme d’émission III A favorise l’utilisation de carburant avec moins de 15 mg de souffre par kilo. Des teneurs supérieures engendrent des dommages aux catalyseurs, filtres à particules et radiateurs. Ceci est particulièrement le cas pour les moteurs à injection CommonRail et/ou la recirculation des gaz d’échappement. La stratégie pauvre en PM et riche en NO x est avantageuse en termes de consommation de carburant. Toutefois, il faut prendre en compte les frais du ­liquide Ad Blue. Celui-ci est particulièrement exigent envers le stockage. Ad Blue

Mesures pour atteindre les nouvelles exigences sur les gaz d’échappement.

est stockable 12 mois à une température moyenne de 25°C, sans dépasser les 30°C. Un dépassement de cette limite libère de l’ammoniaque et le produit perd son efficacité de manière drastique. Le liquide gèle à –11°C. En raison des conditions de travail rencontrées par les véhicules agricoles, un système de chauffe, respectivement de refroidis­ sement, du réservoir Ad Blue est nécessaire. L’utilisation de filtre à particules nécessite des périodes de régénération du ­filtre. Celles-ci s’effectuent à des températures et des flux de gaz définis. L’intervalle entre deux régénérations est influencé par de nombreux paramètres, notamment la capacité de stockage du filtre et le profil d’utilisation de la machine.

Tracteur-outil, un couple qui se comprend Jürgen Hollstein, usine John Deere, Mann­heim. Les tracteurs agricoles modernes comptent aujourd’hui plus de 20 systèmes de commandes électroniques décentralisés reliés entre eux. Ces systèmes sont répartis sur l’ensemble du véhicule et se composent d’une quantité de capteurs et commandes électriques et électrohydrauliques qui fournissent à la cabine un flot ininterrompu d’informations qu’il faut traiter et transmettre au conducteur. Ce réseau constitue le système nerveux du tracteur. Les outils ne sont pas en reste, dans ce domaine aussi, l’électronique et les automatismes se multiplient. Ces nouveaux éléments simplifient le travail et améliorent les performances de la machine en simplifiant les réglages ou en optimisant la position de la machine.

Une parfaite collaboration entre les différents constructeurs est nécessaire afin de standardiser les communications entre le tracteur et l’outil.

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n Forum tracteurs est une réalité bien connue. Dans la même tendance, les véhicules hybrides se multiplient sur les routes. Le recours à l’électricité touche également les tracteurs agricoles, notamment avec le développement de tracteurs et de machines à entraînement électrique. En raison de la facilité de répartition et de transmission de la force ainsi que leur rendement élevé, les moteurs électriques complètent à merveille les ­actuelles transmissions mécaniques et hydrauliques.

La fin de la prise de force Toujours plus de constructeurs proposent des outils à entraînement électrique entraînant le développement de la technologie électrique sur les tracteurs.

Avènement de l’ISOBUS Avec la généralisation des commandes électroniques, il est devenu nécessaire de permettre au tracteur et à la machine de communiquer entre eux. Les premières étapes ont été franchies dans les années 90 avec l’apparition de la « prisesignal » (ISO 11786). Un nouveau pas vers la standardisation des communications tracteur-outil a été réalisé avec l’introduction du système ISOBUS (ISO 11783). ISOBUS ne sert plus seulement de système d’information, il permet au tracteur et à l’outil d’interagir en fonction de ces informations. Ceci permet d’améliorer la productivité en optimisant par exemple la vitesse d’avancement ou le régime moteur en fonction de la phase de travail effectuée, à l’image des automatismes réalisés sur les presses à balles rondes ou les autochargeuses. Ces développements rapprochent toujours davantage le couple machine-tracteur d’une sorte de robot capable d’agir en

fonction de son environnement et des tâches à accomplir. La diversité des marques de matériel agricole présentes sur les exploitations européennes complique la communication entre le tracteur et l’outil. Cette particularité rend nécessaire une uniformisation des algorithmes de tous les systèmes afin de ne pas limiter la compatibilité des différentes marques entre elles. Pour ce faire, les constructeurs ont créé AEF, Agricultural Industry Electron­ ics Foundation, chargée de coordonner la standardisation des commandes et de la communication entre le tracteur et l’outil.

Optimisation des combinaisons tracteurs-outils par l’entraînement électrique Dr Norbert Rauch, Rauch Landmaschinenfabrik GmbH, Sinzheim. Le développement des entraînements électriques des machines stationnaires

En plus de la souplesse de montage et de réglage, les entraînements électriques permettent d’obtenir de nombreuses informations sur le fonctionnement de la machine. Cette particularité offre de nouvelles perspectives pour l’automatisme et l’amélioration de la productivité des machines. Toutefois, cette technologie n’en est encore qu’à ces balbutiements. Certes, les prototypes (semoir à engrais et pulvérisateurs notamment) existent, mais la généralisation d’une nouvelle technologie demande du temps ainsi qu’une uniformisation des systèmes afin de conserver la parfaite indépendance des machines envers les tracteurs. Bien que techniquement intéressante, la transmission électrique engendre de nouvelles exigences envers les services de réparation ainsi qu’en matière de sécurité contre l’électrocution. La traditionnelle prise de force n’est pas encore morte ! Les étapes avant la généralisation du système sont encore nombreuses, mais elle trouve ici un concurrent de poids.  n

Les entraînements électriques offrent plus de souplesse. Le système GEOseed de Kverneland permet un semis exact de chaque graine selon un plan précis.

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Autochargeuses Pöttinger – Sécurité en forte pente Aisance, puissance et adaptation à la pente sont les marques de fabrique du programme des autochargeuses Pöttinger. Fortes pentes, terrains vallonnés et grandes montées, sont les possibilités de mise en œuvre, du leader mondiale des autochargeuses, reconnu depuis des décennies. Un assortiment de modèles convaincant Pöttinger offre avec BOSS et EUROBOSS des produits attractifs pour les petites et moyennes exploitations. Tous les modèles de la série BOSS junior et BOSS LT sont des versions surbaissées; les EUROBOSS sont offertes aussi bien en version surbaissées que surélevées. Sur les versions surbaissées

le centre de gravité est plus bas, ce qui garanti un bon comportement en pente: les autochargeuses Pöttinger à coupe courte de 17 – 37 m3 «colle» en bonne et due forme à la déclivité et de ce fait apporte une sécurité au travail dans les fortes pentes. Le dispositif de coupe est équipé du système reconnu avec sécurité individuelle des couteaux. Tout spécialement chez Pöttinger et plusieurs fois primées les rampes de couteaux escamotable – EASY MOVE – pour un entretien simple et facile. Avec les commandes confort, toutes les fonctions de l’autochargeuse sont atteignables. Pour plus d’Informations Pöttinger AG CH-5413 Birmenstorf Tel.: 056 201 41 60 www.poettinger.ch


■ Sous la loupe

Unis pour réussir : Marlis et Sepp Knüsel dans la nouvelle halle de montage du Rigitrac. (Photos : Ueli Zweifel)

Une nouvelle page dans l’histoire des Knüsel En déménageant dans le nouveau bâtiment, « Rigitrac Traktorenbau AG », propriété de Marlis et Sepp Knüsel, les deux séries Rigitrac SKH 90 et 120 sont en voie d’achèvement. Ces deux séries, dont l’excellence est deux fois supérieure aux produits antérieurs, ouvrent une nouvelle page dans l’histoire de Sepp Knüsel.

Ueli Zweifel

Lors de l’exposition du Nouvel An, le public a pu admirer le nouveau bâtiment aux dimensions généreuses qui est venu agrandir le site de production. C’est à Fänn, dans la zone industrielle de Küssnacht am Rigi (SZ), que s’achève le montage du tout dernier modèle Rigitrac, le SKH 120. Depuis 1976, année où les premières remorques et pelles basculantes montées à l’arrière des tracteurs sont fabriquées dans la ferme familiale, la production n’a cessé de croître. Le personnel a suivi cette croissance en parallèle puisque Rigitrac Traktorenbau AG compte maintenant 34 employés. A cela s’ajoute égale-

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ment la représentation pour la Suisse des engins autrichiens SIP pour la récolte de fourrage. Toute entreprise digne de ce nom et qui se projette vers l’avenir se doit de consacrer un segment à la recherche. C’est d’ailleurs ce que fait Sepp Knüsel, toujours à l’écoute des spécialistes et praticiens qui lui transmettent impressions et suggestions. Le constructeur s’empresse ensuite de concrétiser ces idées qui aboutissent à de nouveaux concepts agro-techniques, avec une prédilection pour le secteur de l’affouragement

Exclusif : un tracteur Swissmade La série SKH est en voie de finition – basée sur les toutes dernières techni-

ques – dans les nouveaux locaux. Une nouvelle page a été tournée : la modeste production des débuts est maintenant devenue une fabrique suisse de tracteurs à part entière avec un standard de finition impressionnant. La clientèle potentielle se recrute dans les rangs d’utilisateurs dotés d’un sens aigu de la technique qui souvent doivent fournir des prestations spéciales (travaux dans les pentes, par exemple) ou travaillent dans les municipalités. « En Suisse, nous savons encore construire des tracteurs », dit Sepp Knüsel par bravade pour désigner la découverte géniale de son tracteur multifonctionnel. Basé sur un châssis rotatif, le véhicule hydrostatique est pourvu de toutes les possibilités de guidages imaginables.


Sous la loupe ■ Des gâteries techniques Sepp Knüsel ne serait pas un bon vendeur s’il ne vantait pas haut et fort les avantages de son produit ! C’est avec une certaine fierté qu’il parle du châssis, assez sophistiqué. Son produit bénéficie de systèmes de découpe laser ou au jet d’eau, des méthodes pratiquées par les deux centres Bystronic, « une entreprise suisse au format international », s’empresse d’ajouter Sepp Knüsel « Si nous ne fabriquons plus rien nous-mêmes, ce sera notre mort ! » Les dix châssis actuels SKH 120, encore empilés, sont graduellement équipés de divers composants, activés par systèmes CANbus. C’est uniquement lorsqu’ils seront connectés et fonctionneront sans accroc qu’ils répondront à la « norme Rigitrac SKH ». Tous ces éléments, qu’il s’agisse d’adaptations ou de raccords de finition, sont construits par Sepp Knüsel et son équipe. Le constructeur attache une grande importance à la qualité des essieux fabriqués par l’italien Dana. Un essieu identique à celui d’un télescopique garantit force de levage et stabilité lors des travaux avec des engins frontaux.

Objectifs de production Cette année, dans le cadre de l’anniversaire de la fondation de Rigitrac Traktorenbau AG, Marlis et Sepp planifient la construction de 40 tracteurs, soit deux séries : les SKH 120 et SKH 90. Un cinquième de leur production est exporté vers l’Autriche, le premier importateur de Rigitrac. Et Sepp Knüsel de souligner que des tests sont conduits par l’institut de recherche autrichien de Wieselburg La nouvelle faucheuse « Edelweiss » 3 m est fabriquée en série après avoir passée des tests complets. De nombreux détails ont été améliorés dont l’entraînement des disques faucheurs, placés au centre – un concept tout à fait nouveau – et la fixation de la barre de coupe entre le premier et le deuxième disque.

Les joyaux du rez-de-chaussée confèrent un effet positif – et magique – au constructeur dans son atelier de construction. Sepp Knüsel s’attèle fébrilement à sa nouvelle série SKH 90, et aux nombreuses adaptations exigées pour le respect de la norme IIIA.

afin de qualifier le Rigitrac de « fiable dans les pentes ». La réussite de ces tests permettra aux acquéreurs d’un Rigitrac en Autriche d’obtenir des subventions destinées aux faucheuses à deux essieux et transporteurs.

Perspectives A moyen terme, un changement de raison sociale – en une société anonyme – est à envisager. Pour l’instant, la « fabrique » de Sepp Knüsel est encore une entreprise familiale qui, partie d’un simple atelier, est devenue, pas à pas, une PME. Le couple Sepp et Marlis Knüsel a sans aucun doute contribué à sa prospé-

rité en unissant leurs forces pour donner le meilleur d’eux-mêmes à diriger l’entreprise. Il semble même que leurs filles sont prêtes à les rejoindre, laisse entendre Sepp Knüsel. Mais Sepp semble avoir encore d’autres tours dans son sac de pionnier… Il pense par exemple doter le tracteur d’un générateur électrique pour des besoins externes. Néanmoins, la toute dernière nouveauté touche la faucheuse Edelweiss avec transmission centrale du disque faucheur. ■

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n Nouvelles des sections Assemblées générales

Jura Distinction aux championnats suisses juniors La section Jura/Jura bernois a tenu son assemblée annuelle le 24 février dernier. Celle-ci s’est déroulée au fumoir de Champoz. L’année 2009 a été marquée par l’organisation du gymkhana dans le cadre de la fête des vieilles traditions à Grandfontaine et par le déplacement du comité à la fête des tracteurs de Gächlingen. Ce déplacement avait pour but non seulement

Neuchâtel Pleins feux sur les contrôles techniques Le 26 février dernier, les membres de la section neuchâteloise de l’ASETA se sont réunis en nombre à l’hôtel de la gare de Montmollin. En 2009, l’ANETA déplore une érosion importante de ses membres ; en cause, l’augmentation des cotisations, les cessations d’exploitation et les communautés d’exploitation. Pour l’année dernière, 60 jeunes ont obtenu le permis G et 16 ont participé aux cours G40. Il est à noter que ces cours ont permis de recruter quelques nouveaux membres. 2010 est une année chargée pour l’ANETA : en effet, la section organise la prochaine assemblée des délégués qui se déroulera les 10 et 11 septembre 2010 à la salle de la Rébatte à Chézard. Les tests de pulvérisateurs ainsi que quatre cours G40 sont également inscrits au programme 2010. Une démonstration de rampe à pendillards s’est aussi déroulée le 29 mars dernier à Boudevilliers.

Au championnat suisse de gymkhana, Fabien Guenat a totalise 1041 points et obtenu une belle deuxième place, à un point de la victoire en catégorie junior.

de soutenir des candidats jurassiens aux championnats suisses mais constituait également l’occasion d’observer le déroulement de la finale des championnats dans l’optique d’une organisation future par la section. Le voyage n’a pas été inutile, puisque Fabien Guenat de Courtedoux a obtenu la deuxième place du concours juniors à un point du vainqueur. Les différents rapports présentés ont témoigné de l’activité de la section. En 2009, 40 jeunes ont participé aux cours G40 et la plupart des pulvérisateurs testés ont obtenu des résultats satisfaisants. Concernant les pulvérisateurs, Ernest Müller a relevé le bon état des machines présentées et a tenu à rappeler l’obligation d’équiper tous les pulvérisateurs de bac de rinçage pour 2011. Les agriculteurs seront rendus attentifs à cette nouvelle obligation lors de la présentation des machines. Sur le plan moins officiel, Pierre Sommer a encore félicité Laurent Gerber et Guillaume Roy ainsi que leurs épouses Florence et Emilie pour leurs mariages célébrés l’année dernière et leur a transmis tous les vœux de la section pour l’avenir.

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La technique d’épandage du lisier était présentée à Boudevilliers.

L’actualité cantonale dans le domaine de la technique agricole est intense. Cette année a débuté avec la campagne d’expertise des véhicules agricoles. Le canton de Neuchâtel n’avait jusqu’ici jamais procédé à l’expertise des tracteurs, bien que ce contrôle soit obligatoire depuis 1992. La présence du Service cantonal des automobiles et de la navigation (SCAN) a motivé de nombreux agriculteurs à se déplacer afin de se renseigner sur le déroulement des expertises, ainsi que sur les points sensibles relevés lors des premières expertises. Les questions portaient principalement sur les immatriculations et dispositifs de sécurité. La séance s’est terminée par l’exposé d’un accident en lien avec le stationnement des tracteurs en terrains pentus par Etienne Junod du SPAA.


ASETA n Fribourg Grand chambardement au comité La section fribourgoise s’est réunie le 4 mars à Semsales. L’année 2009 a vu défiler 245 élèves pour l’obtention du permis G et 228 pulvérisateurs ont été contrôlés (dont 182 pour les membres ASETA). Les deux démonstrations de pendillards organisées par l’AFETA ainsi que la présentation du concept « friamon » ont reçu un accueil favorable de la part des mem-

SVLT ASETA

L’Association suisse pour l’équipement technique de l’agriculture – ASETA – représente les intérêts d’une agriculture productive – propose des cours de formation continue dans le domaine agro-technique – édite les périodiques « Technique Agricole / Schweizer Landtechnik » – fournit des prestations de services à ses sections et à tous ses membres. Suite à la création d’un nouveau poste de travail, l’ASETA sollicite vos compétences comme

responsable de la formation continue Votre mission • gérer le secteur formation permanente • élaborer des projets et les réaliser • coordonner formation permanente et service conseils • soutenir les activités de l’association Votre profil Nous recherchons pour ce poste une personne motivée, compétente et dynamique. Vous connaissez les méthodes actuelles d’enseignement. Vous faites profiter l’association de votre expérience professionnelle. Vous êtes flexible, autonome et vous disposez d’un sens inné de l’organisation. Vous parlez et écrivez couramment le français et vous avez de très bonnes connaissances de l’allemand, ou vice-versa.

Changement à la tête de l’AFETA, Auguste Dupasquier (à droite) cède sa place à Robert Zurkinden.

bres. Ces deux journées ont permis la présentation de neufs machines différentes à l’arrêt et au travail. La section fribourgeoise s’est encore illustrée lors de la fête des tracteurs de Gächlingen en remportant la finale suisse du gymkhana par équipe. Cette assemblée est également la dernière réunion placée sous la présidence d’Auguste Dupasquier : il quitte ses fonctions après 25 années passées au comité, dont 12 à la présidence de l’AFETA. Son remplaçant est Robert Zurkinden de Guin, jusqu’ici vice-président. Le comité reçoit encore la démission de Pierre-Alain Burnier de Sugiez. Hansrudi Kilchherr de Courlevon et Olivier Kolly d’Albeuve font leur entrée au comité de l’AFETA. Pour cette année, la section fribourgeoise prévoit un voyage d’étude dans le sud de l’Allemagne sur le thème des techniques et l’affouragement d’ensilage ainsi que des essais comparatifs de techniques d’épandage du lisier sur herbage et/ou maïs. Ces activités seront organisées en collaboration avec l’association fribourgeoise des ensileurs. En fin d’année, une séance de sensibilisation des agriculteurs aux problèmes et dangers dans la circulation routière est également programmée.

Nous vous proposons • un climat de travail agréable dans une petite équipe • un soutien compétent du secrétariat de l’ASETA • un salaire et des prestations sociales appropriés Renseignements : Willi von Atzigen, directeur télephone 056 441 20 22 Postuler : jusqu’au 20 avril 2010 ASETA, Ausserdorfstrasse 31, 5223 Riniken

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n Tracteurs et technique

Test de tracteur 1949/49 Agrotron TTV 620 de la station de recherche Agroscope ReckenholzTänikon ART * Rapport officiel au format pdf téléchargeable sur internet

Technique éprouvée et transmission continue Après une série de tracteur du groupe CNH, les experts de la station de recherche Agroscope Reckenholz-Tänikon ont passé sur le banc d’essai un Agrotron TTV 620 du groupe Same Deutz-Fahr. Technique agricole dévoile les résultats publiés dans le rapport de test 1949/09. Les résultats sont accompagnés de quelques explications.

Gaël Monnerat et Ueli Zweifel

Moteur Caractéristiques du moteur : Moteur Deutz TCD 2012 L06 4V avec injection directe Common-Rail et refroidissement d’air de suralimentation Alésage/course : 101/126 mm Cylindres/cylindrée : 6/6057 cm3 Refroidissement à eau, ventilateur à coupleur viscothermo­statique Réservoir à carburant : 300 litres

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Le TTV 620 a été lancé l’année dernière. Il est équipé du nouveau moteur Deutz Common-Rail et d’une nouvelle transmission. Le TTV 620, avec ses 165 Ch de puissance nominale, se situe entre le TTV 610 (157 Ch) et le TTV 630 (200 Ch). Sous l’effet du Power Boost, une puissance maximale de 184 Ch (135 kW) est délivrée (données du constructeur selon la norme 2000/25/EG, performance du moteur sans système de refroidissement). Les mesures de puissance effectuées par ART à la prise de force témoignent d’une puissance finale inférieure de 15 à 20 kW, en raison de la puissance absorbé par le ventilateur et la transmission.


Tracteurs et technique n Essai de la prise de force sans Boost

Essai de la prise de force avec Boost (ne fait pas partie du test ART)

Caractéristiques du moteur La courbe de couple évolue de façon remarquable, l’augmentation de couple est, malgré un niveau faible au démarrage (475 Nm), très rapide. Le couple maximal (567 Nm) est déjà atteint au régime de 1600 tours/min et reste ensuite stable jusqu’à 1900 tours/min. Les inconvénients d’un couple limité au démarrage sont compensés par la transmission continue. La courbe démontre toutefois une grande stabilité du couple entre 1400 et 1900 tours/min ce qui donne la souplesse nécessaire au moteur pour le travail à la prise de force à régime

réduit. La puissance quant à elle augmente beaucoup entre 2100 (régime nominal) et 2000 tours/min avant de dégringoler de façon quasi linéaire pour n’atteindre plus que 50 kW à 1000 tours/min. A 1700 tours/min, la puissance délivrée est équivalente à la puissance nominale.

Consommation et émissions Mesures à la prise de force (Tableau)

1) 2) 3) 4)

Puissance kW Ch 100,2 136,1 109,7 149,1 109,7 149,1 119,0 161,8

Régime (min -1) Moteur Pr. de force 2100 1069 1964 1000 1964 1000 1900 967

Connsommation l/h g/kWh 33,3 273 34,2 255 34,2 255 35,9 248

1) Régime nominal; 2) Puissance max.; 3) Régime normalisé, prise de force; 4) avec Boost

Consommation à charge partielle 42,5 % Prise de force min-1 : 319 g/kWh, Prise de force Eco 1000E min-1 : 290 g/kWh, Couple max. 567 Nm, à 1600 min-1 Augmentation de couple : 24 % Régime au ralenti maximal : 2195 min-1

18,2 l/h 16,6 l/h

La consommation au régime nominale est correcte (273 g/ kWh). Le régime moteur élevé à la puissance maximale pénalise la consommation (255 g/kWh). En mode Boost, celle-ci descend jusqu’à 248 g/kWh. Il est intéressant de constater une consommation stable entre 1600 et 2000 tours/min, mais malheureusement, celle-ci est accompagnée d’une baisse importante de la puissance dans cet intervalle. La consommation à charge partielle (42,5 %) mesurée par ART est de 319 g/kWh (18,2 litres/h). La prise de force économique permet de réduire cette consommation de près de 10 % à 290 g/kWh (16,6 litres/h). La consommation pendant le test (selon ISO 8178m C1) s’élevait à 287 g/kWh. De manière générale, la consommation est moyenne à bonne en comparaison avec les tracteurs récents de puissance équivalente.

Emissions Bruit à l’oreille du conducteur : 74,0 dB(A) Bruit lors du passage : 85,0 dB(A) Fumées noires : 1,8 SZ (BOSCH)

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n Tracteurs et technique Mesure des gaz d’échappement selon ISO 8178, C1 avec Boost Hydrocarbures (HC) 0,17 g/kWh* Oxydes d’azote (NOX ) 4,59 g/kWh* Monoxyde de carbone (CO) 0,82 g/kWh* Consommation pendant le test : 287 g/kWh* * par rapport à la puissance à la prise de force

Les valeurs limites des gaz d’échappement selon la norme 3A (NOX + HC max 4 g/kW) sont respectées si l’on tient compte que les mesures de puissance sont effectuées à la prise de force : les performances brutes du moteur, décisives pour les normes 3A) sont plus élevées. Les mesures du bruit dans la cabine et lors du passage sont d’un bon niveau.

Le capot et les panneaux latéraux s’ouvrent largement vers le haut et offrent un accès bien dégagé au bloc moteur et…

Transmission Continue, puissance répartie sur l’hydrostatique et la mécanique La transmission intégrale est enclenchable sous charge. L’essieu avant dispose d’une suspension oléopneumatique déclenchable. Vitesse de déplacement Avant et arrière en continue de 0,04 à 43 km/h Pneumatiques Avant 540/65 R28 largeur de voie 1880 mm Arrière 650/65 R38 (r = 875 mm) largeur de voie 1850 mm Système de freinage Freins à disque en bain d’huile sur l’essieu arrière, à commande hydraulique, enclenchement automatique de la traction intégrale Hydraulique Contenance en huile : 120 l, engrenage compris pour système hydraulique à distance max. 30 l Pression d’huile max. : 203,5 bar Débit : 121,5 l/min à 173,0 bar Max. : 127,5 l/min

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…aux différents éléments du système de refroidissement.

L’Agrotron TTV 620 dispose d’une transmission continue de 0,04 à 43 km/h en marche avant et arrière. Toute la série est équipée d’un inverseur hydraulique à embrayage multidisque à bains d’huile. La transmission de type ZF Eccom 1,5 est conçue pour atteindre la vitesse de 60 km/h. Cette particularité permet d’atteindre 43 km/h à 1450 tours/min. La partie hydraulique est limitée au minimum afin de garantir une efficacité maximale de la transmission. En effet, la transmission dispose de quatre rapports mécaniques. Toutefois, le passage d’un rapport à l’autre n’est pas ressentit lors de la conduite. Les TTV 610 à 630 disposent de quatre régimes de prise de force : 540, 540E, 1000, 1000E.

Les TTV disposent d’un système hydraulique load-Sensing. Le débit (121 l/min à 173 bars) et la pression maximale (203,5 bars) sont élevés et conformes aux performances annoncées par le constructeur. Ces qualités sont toutefois pénalisées par une quantité d’huile maximale pour l’hydraulique à distance limitée à 30 litres. Selon les informations de l’importateur, cette quantité passe à 40 litres en fonctionnement stationnaire. La force de levage arrière (7025 daN) se situe dans la moyenne supérieure pour un tracteur de cette puissance.


Tracteurs et technique n

Design et fonctionnalité aboutis à l’avant ...

... comme à l’arrière.

Attelage frontal Prise de force frontale : régime 1000 à raison de 1925 min-1 Système de levage : attelage trois points, catégorie 2 Force de levage continue : 2405 daN (~kp) Plage de levage : 745 mm (260 mm à 1005 mm) Porte-à-faux frontal à partir du volant : 3100 mm Attelage arrière Attelage trois points, catégorie : 3 Contrôle d’effort par bras inférieurs (EHR) Force de levage continue : 7025 daN (~kp) Plage de levage : 704 mm

Poids dimensions Poids Attelage frontal compris : avant : — kg 2930 kg (40 %) arrière : — kg 4430 kg, total : — kg 7360 kg Poids autorisé sur l’essieu avant : 4700 kg Poids autorisé sur l’essieu arrière : 8000 kg Poids total autorisé : 10 500 kg Charge tractée avec frein : 29 500 kg Dimensions Longueur : — mm attelage frontal compris : 5520 mm Largeur : 2520 mm, hauteur : 2920 mm Empattement : 2780 mm Garde au sol : 500 mm Diamètre de braquage : 12,2 m Le TTV 620, équipé d’un relevage frontal, 4 roues motrices et d’une cabine affiche un poids total de 7360 kg (dont 40 % sur l’essieu avant) ce qui représente près de 50 kg/Ch. Le mode Boost fait baisser cette valeur à un peu plus de 45 kg. Le TTV 620 n’est pas un tracteur léger, ces valeurs deviennent même très importantes pour le TTV 610, puisque les poids annoncés par le constructeur sont identiques pour une puissance nominale inférieure de 8 Ch. Le poids important du tracteur pénalise directement sa charge utile. Avec une capacité de 3140 kg,

celle-ci est restreinte. La charge tractée maximale avec freins (29 500 kg) constitue une autre faiblesse du TTV 620. La maniabilité est contrariée par un rayon de braquage de 6,1 m, malgré un empattement de 2,78 m. Les tracteurs de la même catégorie atteignent souvent des valeurs inférieures à 6 m pour des empattements comparables.

En résumé Deutz-Fahr dévoile un tracteur polyvalent d’un bon rapport qualité/prix. Le TTV 620 est facile à utiliser et démontre des qualités intéressantes, notamment pour le système hydraulique et des commandes de transmission. Le bon agencement de la cabine suspendue et le confort offert par la suspension du pont avant sont des avantages certains de ce tracteur pour les longues périodes d’utilisations. La fonction Stop Actif, les nombreuses possibilités d’automatisation, les performances du système hydraulique et le confort procuré par la suspension de l’essieu avant et de la cabine sont les points forts du TTV 620. Ses quelques faiblesses concernent la baisse rapide de la puissance en dessous des 2000 tours/min (compensée toutefois par la régulation automatique de la transmission et un couple très stable) et la capacité de charge tractée limitée. Ces quelques points sont toutefois nettement compensés par le confort d’utilisation, l’agencement de la cabine et l’accessibilité des éléments de l’entretien courant (huiles, radiateurs et filtres). De manière générale, DeutzFahr propose, avec le TTV 620, un véhicule de haute technologie à la fois confortable et simple d’utilisation. Le prix de base de l’Agrotron TTV 620 TVA non incluse se monte à CHF 189 789.–. Le rapport ART « Coûts des machines 2009/10 » donne les indications suivantes pour les tracteurs de 95 à 124 kW : indemnités à demander : CHF 71.–, frais fixes : CHF 17 123.–, frais variables : CHF 34.–. Dans ces conditions, l’utilisation de ce tracteur devient économiquement intéressante à partir de 550 heures de travail annuelles.  n

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Cours de conduite G40 pour 2010 n

Lieux et dates 2010

Nouveau lieu de cours: Sursee Aarberg BE 20.05 + 25.05 26.08 + 31.08 18.06 + 22.06 08.07 + 13.07 13.08 + 19.08 Bazenheid SG 06.05 + 11.05 11.11 + 16.11 17.06 + 22.06 05.08 + 10.08 Biberbrugg SZ 27.05 + 01.06 24.06 + 28.06 07.10 + 12.10 Brunegg AG 14.05 + 18.05 23.09 + 28.09 24.06 + 29.06 21.10 + 26.10 12.08 + 17.08 Bülach ZH 12.05 + 18.05 04.11 + 09.11 01.07 + 06.07 Bulle FR 15.04 + 19.04 26.08 + 31.08 29.04 + 04.05 09.09 + 14.09 20.05 + 25.05 21.10 + 26.10 17.06 + 21.06 04.11 + 09.11 22.07 + 27.07 Claro TI auf Anfrage / sur demande Corcelles-près-Payerne VD 06.05 + 10.05 07.10 + 11.10 05.08 + 09.08 Courtételle JU 20.05 + 25.05 09.09 + 14.09 08.07 + 13.07 28.10 + 02.11 Düdingen FR 22.04 + 27.04 26.08 + 31.08 17.06 + 22.06 04.11 + 09.11 Frauenfeld TG 06.05 + 11.05 05.08 + 10.08 10.06 + 15.06 23.09 + 28.09 01.07 + 06.07 14.10 + 19.10 15.07 + 20.07 04.11 + 09.11 Gossau ZH 15.04 + 20.04 23.09 + 28.09 18.06 + 22.06 28.10 + 02.11 22.07 + 27.07 Hohenrain LU 17.06 + 22.06 10.08 + 16.08 Ilanz GR 08.07 + 13.07 09.09 + 14.09 Interlaken BE 27.05 + 01.06 12.08 + 17.08 Kägiswil OW 03.06 + 08.06 14.10 + 19.10 La Sarraz VD 15.04 + 20.04 26.08 + 30.08 27.05 + 01.06 16.09 + 21.09 24.06 + 29.06 11.11 + 16.11 Landquart GR 22.04 + 27.04 12.08 + 17.08 20.05 + 25.05 09.09 + 14.09 08.07 + 13.07 14.10 + 19.10 Langnau i.E. BE 01.04 + 07.04 05.08 + 10.08 22.04 + 27.04 26.08 + 31.08 20.05 + 25.05 16.09 + 21.09 10.06 + 15.06 14.10 + 19.10 Les Hauts-Geneveys NE 09.04 + 13.04 29.07 + 03.08 27.05 + 01.06 02.09 + 07.09 Lindau ZH 29.04 + 04.05 26.08 + 31.08 22.07 + 27.07 21.10 + 26.10 Lyss BE 30.09 + 05.10 21.10 + 26.10 Lyssach BE 12.05 + 18.05 23.9 + 28.09 03.06 + 08.06 21.10 + 26.10 02.09 + 07.09 09.09 + 14.09

Marthalen ZH 20.04 + 28.04 24.06 + 29.06 20.05 + 25.05 15.07 + 20.07 03.06 + 08.06 12.08 + 17.08 Mettmenstetten ZH 15.04 + 27.04 10.08 + 19.08 04.06 + 08.06 21.10 + 26.10 22.07 + 27.07 Moudon VD 06.05 + 11.05 16.09 + 21.09 03.06 + 08.06 28.10 + 01.11 19.08 + 24.08 Niederurnen GL 29.04 + 04.05 08.07 + 13.07 24.06 + 29.06 30.09 + 05.10 Nyon VD 10.06 + 15.06 18.11 + 23.11 02.09 + 07.09 Oensingen 06.05 + 11.05 26.08 + 31.08 15.07 + 20.07 07.10 + 12.10 Saanen BE 07.10 + 12.10 Salez SG 17.06 + 22.06 21.10 + 26.10 26.08 + 31.08 Schöftland AG 10.06 + 15.06 02.09 + 07.09 Schwarzenburg BE 22.04 + 27.04 16.09 + 21.09 27.05 + 01.06 19.10 + 25.10 12.08 + 17.08 04.11 + 09.11 Schwyz 01.07 + 06.07 23.09 + 28.09 Sion VS 01.07 + 06.07 Sissach BL 15.04 + 20.04 19.08 + 24.08 20.05 + 25.05 16.09 + 21.09 01.07 + 06.07 28.10 + 02.11 Sitterdorf TG 22.04 + 27.04 29.07 + 03.08 12.05 + 18.05 19.08 + 24.08 27.05 + 01.06 30.09 + 05.10 08.07 + 13.07 Sursee LU 22.04 + 27.04 16.09 + 21.09 27.05 + 01.06 28.10 + 02.11 08.07 + 13.07 04.11 + 09.11 Tramelan JU 12.04 + 20.04 24.06 + 29.06 12.05 + 18.05 15.07 + 20.07 Tuggen SZ 14.04 + 29.04 11.08 + 17.08 01.06 + 10.06 14.10 + 19.10 20.07 + 29.07 Visp VS 07.07 + 14.07 Willisau LU 29.04 + 04.05 09.09 + 14.09 15.07 + 20.07 Zweisimmen BE 01.04 + 06.04 22.07 + 27.07 06.05 + 10.05 19.08 + 24.08 Zwingen BL 06.05 + 11.05 16.09 + 21.09

SVLT / ASETA 056 441 20 22

www. Après avoir réussi les examens des catégories F/G, les jeunes dès 14 ans peuvent suivre le cours G40. Reporté dans le permis de conduite, le G40 autorise la conduite de tracteurs agricoles et de véhicules exceptionnels roulant à 40 km/h au maximum. Le G40 se déroule sur deux journées – 20 leçons au total – et le nombre de participants est limité à cinq. Grace à un enseignement intensif, les conductrices et conducteurs de tracteur acquièrent des bases solides qui leur assurent une bonne maîtrise de conduite. Les instructeurs sont au bénéfice de permis poids lourds et ont suivi une formation spéciale pour la conduite de véhicules agricoles. La confirmation de l’inscription au cours G40 autorise les participants à s’exercer pendant un mois avec un tracteur roulant à 40 km/h, sans remorque.

Avec le soutien du Fonds de sécurité routière (FSR) Prix du cours : CHF 550.–. Le Fonds de sécurité routière ristourne une somme de CHF 100.–

Pour suivre le cours : Un permis de conduite de cat. F / G La première journée : un tracteur roulant à 30 ou à 40 km/h, avec arceau de protection; les permis de circulation des véhicules, le document antipollution, la convocation au cours. La deuxième journée : le tracteur et une remorque agricole. Conditions générales Les participants reçoivent la convocation et la facture deux semaines avant le premier jour de cours. Pour une annulation intervenant après ces deux semaines, un montant de Fr. 60.– sera perçu pour les frais administratifs. En cas d’absence injustifiée, l’ASETA se réserve le droit d’encaisser l’intégralité du montant de la facture.  n

La Vaudoise Assurances versera un montant de CHF 100.– à la conclusion d’un nouveau contrat d’assurance véhicule à moteur à toute personne qui a suivi le cours G40 (ou à un membre de sa famille h ­ abitant à la même adresse). Ce bon est valable deux ans à compter de la fin du cours G40.

Inscription au cours G40 Lieu et date du cours Nom, prénom Date de naissance Adresse NPA, lieu Numéro de téléphone J’ai pris connaissance des conditions de ce cours Date et signature Signature du représentant légal ou du maître d’apprentissage Envoyer à : SVLT, case postale, 5223 Riniken, tél. 056 441 20 22, fax 056 441 67 31, courriel : info@agrartechnik.ch

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avril 2010  Technique Agricole


Test de tracteurs n

Expériences positives Un tracteur sobre

Pierre-André Fague apprécie l’environnement de travail offert par la cabine.

Echos de la pratique : « Bilan Positif » Pierre-André Fague exploite avec son épouse Marie-Claude un domaine mixte d’une cinquantaine d’hectares avec grandes cultures et production laitière (340 000 kg de lait) à Trey, dans la Broye fribourgeoise. Les tracteurs Deutz-Fahr ont toujours été présents sur le domaine, en raison de leur fiabilité et de leur simplicité d’utilisation. L’Agrotron TTV a rejoint les deux petits frères déjà présents sur l’exploitation.

Gaël Monnerat

Pierre-André Fague est un utilisateur Deutz-Fahr de longue date. Alors qu’il cherchait un tracteur puissant pour les nombreux transports qu’il effectue ainsi que pour les semis direct de maïs et de betteraves qu’il effectue pour des tiers, son intérêt s’est naturellement porté sur un véhicule à transmission continue. Le fait qu’il ait souvent recours à des chauffeurs externes au sein de l’exploitation lui imposait de choisir un tracteur facile à conduire. Cette particularité fait la force, selon l’agriculteur fribourgeois, du TTV 620. Autre particularité du nouveau véhicule; ses dimensions compactes.

Prise en main rapide La prise en main du tracteur est rapide, ce qui représente un avantage pour les chauffeurs occasionnels. Toutefois, une

bonne lecture du manuel d’utilisation et les explications de l’agence sont recommandés afin de maîtriser les subtilités des nombreux automatismes du tracteur. Pierre-André Fague travaille le plus souvent seul, et pour lui une visibilité parfaite sur les attelages est primordiale. Malgré la vue dégagée sur l’arrière, le crochet piton n’est pas visible depuis la cabine. Pour palier à cette difficulté, l’agriculteur fribourgeois a installé un rétroviseur orientable sur la vitre arrière de la cabine. Cet accessoire améliore la vue sur l’attelage piton et facilite énormément l’accrochage des remorques. Le tracteur de Pierre-André Fague dispose d’un troi­ sième point hydraulique dont la manipulation était rendue difficile en l’absence de commande hydraulique extérieure et obligeait à de fréquents aller-retour en cabine pour ajuster la longueur du vérin. Ce handicap a été résolu par le montage d’un levier situé au-dessus du troisième point qui permet d’agir sur celui-ci.

Pierre-André Fague et son épouse Marie-Claude exploite une partie de leur domaine aux alentours de Payerne. Les transports, d’ensilage notamment, sont nombreux. Les récoltes de l’année dernière ont été l’occasion de constater le faible écart de consommation entre le TTV 620 et le 130 Ch présent sur l’exploitation, malgré une remorque supérieure de 10 m3. La transmission ZF Eccom du TTV offre trois modes différents : automatique, prise de force et manuel. En mode automatique, le chauffeur détermine la vitesse d’avancement maximale, et la transmission gère le régime moteur afin de délivrer la puissance nécessaire. Deux stratégies disponibles : Eco : le moteur travaille dans une plage de couple constant afin de limiter la consommation de carburant, et Power : le moteur développe une puissance maximale en permanence. En mode prise de force, le tracteur maintient son régime et varie sa vitesse d’avancement en fonction de la puissance demandée afin d’assurer une rotation constante de la prise de force. Combinée avec les 4 vitesses de rotation de la prise de force, ce mode permet de maintenir une consommation réduite lors des travaux à la prise de force et améliore la productivité des chantiers. Les systèmes « Stop Actif » équipent également le tracteur et se révèlent, selon l’utilisateur, très pratiques. Stop Actif est une régulation de la transmission qui permet l’immobilisation du tracteur, quelque soit la pente et la charge, sans utiliser les freins. Ce système pratique lors des travaux de transport, permet l’arrêt et le démarrage sans àcoups, sans avoir à jouer sur l’embrayage et les freins.

Une cabine ordonnée L’agencement de la cabine est bien organisé, sans luxe ni fioriture. Les différentes fonctions sont clairement différenciées par des codes de couleur. Le fort contraste des différentes couleurs (jaune pour la prise de force, vert pour le relevage, orange pour la transmission et les paramètres du tracteur et bleu pour les distributeurs hydrauliques) peut choquer

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n Test de tracteurs

La console de commande sur l’accoudoir droit et le joystick PoweerCom V sont conçus pour faciliter l’utilisation.

au premier abord. Cet effet d’optique permet au chauffeur débutant de trouver rapidement la commande souhaitée. Le siège pneumatique pivote de quelques degrés pour faciliter la sortie ou la surveillance du travail, et la cabine dispose d’un véritable accès par le côté droit. Un léger bémol est émis pour les montants latéraux de cabine relativement larges qui peuvent gêner la visibilité sur les côtés, par exemple avec des faucheuses latérales. Pierre-André Fague apprécie le cadre de travail de la cabine

Deutz-Fahr. Une possibilité d’amélioration viendrait toutefois de l’indicateur situé sur le montant avant droit de la cabine. La position de cet indicateur est ingénieuse, mais sa lecture, en raison de son éloignement et de sa petite taille, n’est pas toujours aisée.

Entretien Le capot s’ouvre largement vers le haut et dégage l’accès sur le moteur. Le système de dépliage des radiateurs facilite le nettoyage. L’emplacement des fusi-

Suspension hydropneumatique de l’essieu avant.

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La prise d’air à hauteur du toit de la cabine de série limite la quantité de poussières aspirées.

bles, en retrait des commandes sur la partie droite, est atteignable directement depuis le siège du conducteur. La batterie est située derrière le marchepied droit, sous la boîte à outils. En raison de cette position, l’utilisateur regrette l’absence de cosses externes facilitant le pontage. Pierre-André Fague admet une certaine puissance superflue de ce tracteur par rapport à ses réels besoins. Toutefois, il justifie cette puissance par un fonctionnement plus régulier des machines et une réserve suffisante pour faire face en cas de surcharge de travail. Le choix de l’Agrotron TTV 620 n’a pas déçu l’agriculteur, ses attentes, en termes de simplicité et de confort d’utilisation, sont pleinement remplies et le bilan après une année d’utilisation est très satisfaisant. La transmission continue, caractérisée par sa simplicité et les excellentes conditions de travail obtenues par la combinaison de la suspension de l’essieu avant et de la cabine, conforte l’agriculteur fribourgeois dans son choix.


Test de tracteurs n effectués sur route sont importants et le confort routier doit être optimal. Pendant l’hiver, ce tracteur est utilisé pour le déneigement de parking et voies de circulation dans une zone industrielle zurichoise. Pour ces travaux, le TTV 620 est équipé d’une ancienne lame à neige de l’aéroport, d’une largeur de 4 m.

Tout est visible, tout est sous contrôle

Le chauffeur et mécanicien Bruno Meier, l’agent Same Deutz-Fahr Max Benninger et l’entrepreneur et propiétaire Willi Zollinger sont séduits par le TTV 620.

Echos de la pratique : « Vraie commande intuitive » L’entrepreneur et agriculteur Willi Zollinger, membre du comité directeur de l’ASETA, fait partie des heureux propriétaires de tracteurs à transmission continue. Son nouveau tracteur remplace un Hürlimann XT913, relégué en deuxième position après 5000 heures de travail.

Ueli Zweifel

Le choix du nouveau tracteur s’est fait après de longues discussion entre Willi, son fils Daniel et Bruno Meier, employé de l’exploitation. Du point de vue technique, l’entrepreneur recherchait un tracteur dont l’utilisation par une tierce personne ne nécessitait qu’une rapide introduction. Désormais, il se déclare impressionné par l’utilisation du tracteur « beaucoup de processus se déroulent naturellement en suivant son intuition ». Le TTV 620 est doublement intéressant, parce qu’il conjugue la simplicité d’utilisation de la transmission avec de nombreuses fonctions utiles.

Bien qu’il se déclare satisfait de son ancien Hürlimann XT 913, le choix pour un tracteur ne s’est pas fait par fidélité au groupe SDF. L’argument principal réside dans la proximité de l’agence Deutz-Fahr, située dans le même village. Pour l’entrepreneur, la qualité et la proximité du service sont primordiales. La faible consommation est une des caractéristiques les plus remarquables du TTV 620. Selon Bruno Meier, lors de transport de compost à pleine charge (env. 29 tonnes), sur un parcours vallonné de 25 km, la consommation se monte à une quinzaine de litre par heure. Ce tracteur est principalement utilisé par l’entrepreneur pour l’épandage de compost ainsi que pour le chaulage. Les kilomètres

L’accès à la cabine par trois marches est confortable et sûr. L’accès par le côté gauche est également possible sans gêne. La cabine, équipée de série d’un toit vitré, offre un volume important et une place de travail confortable. Les éléments de commande sont idéalement disposés sur le côté droit et sur l’accoudoir du siège. On apprécie également la prise d’air haute du moteur, alignée sur le montant droit de la cabine. Elle permet une alimentation en air propre et contribue à la longévité des filtres. Bruno Meier apprécie les automatismes proposés et nous en fait la démonstration. Les fonctions de la prise de force et de l’hydraulique, notamment lors des demi-tours en bout de parcelle, se laissent enregistrer au moyen du joystick (PowerCom V). Ces fonctions sont affichables par simple action sur le levier multifonction (Confortip). Les paramètres de déplacements sont affichés sur l’écran situé dans le montant droit de la cabine alors que les indications concernant le travail sont affichées sur la planche latérale.  n

Pont arrière : Tous les éléments nécessaires pour le travail. Dans la partie supérieure de la photo : rétroviseur et commande supplémentaire pour le troisième point hydraulique.

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n Tracteurs et technique

Le Claas « Axion » : compact, maniable et avec une excellente répartition du poids.

Technique et marché dans le haut de gamme Le fait que les tracteurs équipés de puissants moteurs et que les grandes largeurs de travail des outils de culture aient un effet positif sur la préservation du sol et la consommation de diesel s’impose progressivement. De nouveaux systèmes combinant mécanique, hydraulique, électricité et électronique forment le progrès technique. Wolfgang Kutschenreiter résume ses observations faites à l’occasion d’Agritechnica 2009 dans le segment des tracteurs de forte puissance.

Wolfgang Kutschenreiter

Réduire les coûts en utilisant des combinaisons d’outils plus larges, en effectuant moins de passages et en réduisant la consommation de carburant contribuent à l’augmentation des performances à la surface. Celles-ci s’avèrent également d’actualité avec une agriculture de dimensions traditionnellement plus modestes, car les communautés ou les cercles de machines ainsi que les agro-entrepreneurs sont demandeurs d’une technique innovante.

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Fendt et John Deere se sont placés à la pointe de ce développement, suivi de Claas, Case IH, New Holland et DeutzFahr. C’est surtout dans le segment de puissance supérieur à 300 Ch que se trouvent des types de châssis originaux, comme les chenilles de John Deere (JD 8030/9030) et le Case IH Quadtrac, ainsi que le Claas-Trac Xerion comme machine de traction et de construction. De plus, on s’attend encore à un renforcement des activités dans le secteur des tracteurs à chenilles Challenger, dont 480 unités circulent aujourd’hui en Allemagne, Autriche et Suisse.

Immatriculations de tracteurs Les immatriculations de tracteurs constituent le reflet de cette évolution : en France, avec le plus fort marché des tracteurs européens, le nombre d’immatriculations de tracteurs de plus de 150 Ch a doublé de 2006 à 2008. En Allemagne, le nombre d’immatriculations a également doublé dans la même période pour le segment supérieur à 200 Ch ; il représente, déjà aujourd’hui, 14 % de parts de marché. En Autriche, une augmentation de 42 % a été constatée uniquement pour 2008 dans la classe de puissance de plus de 150 Ch,


Tracteurs et technique n avec une augmentation globale du marché limitée à 6,5 % cette même année. La Suisse suit également cette tendance à la hausse de puissance, bien que de façon plus modérée : en 2008, sur un marché global de 2119 tracteurs, 234 immatriculations ont été enregistrées dans le segment de puissance supérieur à 140 Ch (récapitulatif « Immatriculations de tracteurs 2008 »).

Nouvelles impulsions Les tracteurs des segments de puissance supérieurs amènent de l’animation dans la technique agricole et la construction de tracteurs. Cela se vérifie dans les trois domaines suivants : • Recherche et innovation : La poursuite du développement dans la perspective de rendements élevés à la surface et de performances en grandes cultures et en production fourragère, avec des engins portés et tractés, ­dépend de l’évolution de la puissance des tracteurs. La communication entre les constructeurs de tracteurs et la pratique agricole permet de déterminer et de faire évoluer les objectifs de développement. • Service clientèle : Des chaînes de récolte coûteuses, impliquant de gros tracteurs, ne peuvent rester immobilisées. Du côté de la distribution et du service après-vente, des compétences pointues, des appareils de diagnostic informatisés et l’entretien préventif s’avèrent indispensables. Des contrats d’entretien et de réparation suffisamment souples sont aussi nécessaires. Le thème de la « sécurité d’utilisation » des gros tracteurs est une composante déterminante du commerce spécialisé. Le service-conseils dispense des indications et instructions précises aux conducteurs. • Emotions : Le plaisir est assuré lorsque les attentes élevées en termes de performances et de précision se concrétisent de même que l’équipement et la fonctionnalité avec, en corollaire, un design réussi. L’émotion crée l’enthousiasme et donne l’élan pour de nouvelles activités. En matière de respect de la nature, le gigantisme trouve bien moins de compréhension que la production durable basée sur une fertilité du sol et une santé des plantes intactes. C’est pourquoi la technique « des grandes dimensions » doit contribuer à la durabilité et en tenir

Immatriculations en Suisse des tracteurs agricoles à forte puissance en 2008 Puissances Fendt MF Valtra Agco New Holland Case IH Steyr CNH Deutz-Fahr Hürlimann Same SDF Group John Deere Claas Andere Total

En tout   277   150    57   484   358    97   102   557   218   141    81   440   319   122   197 2119

Puissances A partir A partir A partir de 140 Ch de 160 Ch de 180 Ch 58 35 22 12 5 4 22 6 4 92 46 30 41 11 9 15 9 2 10 5 3 66 25 14 22 18 6 13 10 2 2 0 0   37   28  8   20   11  2   14    4  4    5    4  2 234 118 60

Sources : Chiffres collectés par W. Kutschenreiter

Part de marché des différents groupe et marques pour la Suisse (2008)

dès 160 Ch

Toutes catégories

Autres

Autres

dès 180 Ch

dès 140 Ch

Autres

compte. De nouveaux systèmes techniques sont développés dans cette perspective pour les tracteurs des classes de puissance supérieures. Ils sont ensuite transférés progressivement aux séries inférieures.

Stratégies d’entreprises Les stratégies des entreprises et l’offre variée des principaux fournisseurs sont exposées ici dans l’ordre de leur position sur le marché. L’aperçu des produits dans la classe de 200 Ch et plus provient directement des fabricants. Les séries dès

Autres

200 Ch sont décrites ci-dessous, car la plupart des innovations techniques les concernent. C’est aussi dans ce secteur que l’offre a le plus évolué. ■ Fendt : exigence de technique de pointe Cette entreprise concentre ses compétences sur la construction de tracteurs, en particulier dès 200 Ch Sa présence extraordinaire sur les plus grands marchés européens est le fruit d’un concept global tendant à une meilleure rentabilité par l’économie du travail et l’économie de carburant.

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n Tracteurs et technique

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John Deere 7430 « E Premium » et 7530 « E Premium » avec circuits électriques indépendants pour la ventilation, le refroidissement, le compresseur et autres appareils.

Consommation de carburant modérée avec la transmission Fendt Vario, ceci sur route comme dans les champs et les prairies.

Le Case IH « Puma » est très accessible : il permet d’économiser du temps grâce à de longs intervalles entre les services.

La série New Holland T 7000, avec son design très reconnaissable, offre une grande polyvalence.

Performances à la surface élevées et préservation du sol avec le tracteur à chenilles Challenger.

La série Agrotron, bien connue pour sa fiabilité et son excellent rapport prix/performances.

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Tracteurs et technique n Cinq nouveaux modèles de la série 800 disposant de la dernière version du « Variotronic » Fendt, du guidage « VarioGuide », du « VarioDoc » et capables de rouler à 60 km/h ont été dévoilés à Agritechnica. AGCO présentait également les véhicules à chenilles Challenger. GVS-Agrar se situe en première position dans le domaine des tracteurs dès 140 Ch et en tant qu’importateur de toutes les marques Agco, mais surtout avec la marque Fendt. n John Deere : le pionnier des systèmes intelligents Le leader mondial des fournisseurs de technique agricole propose, en Europe également, une offre très large de tracteurs de toutes classes allant de 50 à plus de 500 Ch. Il existe une grande variété de moteurs, de transmission ainsi que de nombreuses variantes de systèmes les plus divers. A cela s’ajoute une palette étendue dans les domaines de la technique de récolte et des pulvérisateurs. De plus, les systèmes de gestion agricole « Greenstar » de John Deere ont toujours été de véritables précurseurs. Dans les gros tracteurs dès 200 Ch, JD se situe en seconde position. A l’occasion d’Agritechnica, une série 8000 renouvelée a été présentée. Elle comprend cinq tracteurs Premium à pneus (série R) et trois tracteurs Premium à chenilles (série RT). Ils disposent de plus de puissance et d’un confort amélioré, en particulier grâce à leur nouvelle cabine « CommandView ». Les modèles « 8000 RT » sont équipés d’un nouveau système de suspension pneumatique qui améliore le confort et la rapidité de la conduite. John Deere attache une importance particulière au système « Intelligente Power Management » (IPM) permettant l’adaptation de la puissance délivrée par le moteur en fonction des conditions de charge. Matra, en tant qu’importateur John Deere dans le segment de puissance supérieure, a pu se renforcer encore quelque peu. n Claas : toujours plus fort dans la classe de puissance supérieure : Le leader européen dans le domaine de la technique de récolte a accompli un pas important dans le monde des tracteurs par l’acquisition, en 2004, des tracteurs Renault. Grâce à la densité de son réseau de distribution, de ses compétences en termes de vente et de service et à sa technique en constante évolution, le

succès a été au rendez-vous dans la gamme de puissance supérieure, en particulier en Allemagne et en France. L’offre entre 200 et 300 Ch est constituée chez Claas par la série « Axion », dont la conception a été entièrement renouvelée il y a quelques années ; elle comprend six modèles. Depuis 2009, trois d’entre eux disposent d’une transmission continue « CMATIC ». Dans le segment supérieur à 300 Ch, une forte pression a été exercée en 2009 avec le concept Xerion Trac. Lors d’Agritechnica, Claas a présenté en outre deux modèles Xerion supplémentaires de 480 et 520 Ch. Cela démontre que le Xerion – doté de la mobilité d’un tracteur traditionnel et de la capacité de traction d’un tracteur à chenilles – n’est pas seulement un simple tracteur polyvalent. Pour la « nouvelle » Serco Landtechnik AG, un potentiel supplémentaire se profile en Suisse dans le segment de puissance supérieure. n Case IH : marque spécialisée dans les grandes cultures professionnelles L’image et l’essor de cette marque CNH se sont concentrés sur les cultivateurs professionnels. Le tracteur doit être fiable, solide et rentable. Un design puissant, des performances de premier ordre avec le Power-Management (Boost), des variantes de transmission adaptées à la pratique et un entretien accessible sont autant de caractéristiques de cette marque. « Steyr », marque européenne régionale, propose les mêmes propriétés. Les Case IH « Puma CVX » et Steyr « CVT » à transmission continue, dans le segment de puissance de 195 à 250 Ch maximum, sont nouveaux dans l’offre et introduits depuis peu sur le marché. La série renommée « Magnum », dont la puissance va de 250 à 370 Ch, est équipée d’une transmission Powershift et d’une boîte automatique. Les trois tracteurs à pneus « Quadtrac » à articulation centrale complètent l’offre dans le segment de puissance de 430 à 600 Ch. Les tracteurs Case IH/Steyr sont distribués par le Case/Steyr Center du groupe Bucher à Niederweningen.

cibles de l’agriculture et des agro-entreprises. Le châssis des tracteurs ainsi que les éléments-clés comme le moteur, la transmission, l’hydraulique et l’électronique sont identiques ou semblables aux séries correspondantes Puma et Magnum. On constate cependant des différences notables dans le design, les caractéristiques de performances et les unités de commande. La série New Holland T 7000, d’une puissance de 240 et 250 Ch, ainsi que la série supérieure T 8000 avec une puissance allant de 280 à 360 Ch, sont les successeurs totalement remaniés de la série New Holland 7000 au succès mitigé. Avec cette nouvelle série, équipée de la transmission « Power Command » ou « Auto Command » (continue), respectivement « Ultra Command Powershift » de la série 8000, Bucher Landtechnik a l’opportunité de progresser dans le segment de puissance supérieure. n Groupe Same Deutz-Fahr Les séries Agrotron M, L, X et TTV, avec des puissances de 130 à 224 Ch et plus, sont produites dans l’usine de Lauingen (Allemagne). Same Deutz-Fahr Suisse SA se situe, surtout avec les marques Deutz-Fahr et Hürlimann, à la troisième place dans le segment supérieur du marché helvétique. La série éprouvée Deutz-Fahr « Agrotron » est un élément déterminant de ce succès.

Résumé Les tracteurs de la gamme supérieure sont les pionniers de la construction de tracteurs de toutes les catégories. Ils influencent positivement l’évolution de l’ensemble du secteur. Pourtant, dans la gamme de puissance supérieure à 200 Ch, le nombre d’unités augmente de manière plus que proportionnelle sur le plan européen. Si l’on veut se trouver aux avant-postes dans le segment des tracteurs de classe supérieure, il ne suffit pas de proposer des performances de pointe. Il est essentiel d’offrir également un réseau de distribution et d’entretien bien organisé et performant. Le segment des tracteurs de plus de 200 Ch est un marché prometteur pour l’avenir. n

n New Holland : marque de tracteurs polyvalents La marque CNH New Holland s’adresse en principe à l’ensemble des groupes-

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n ASETA

Le numéro 5 / 2010 paraîtra le 14 mai 2010 Les thèmes : TA spécial  Protection des cultures sarclées : procédés mécaniques et chimiques

Technique des champs  Tendance dans l’épandage de lisier  Pâture : systèmes pour l’affouragement et clôtures

Technique à la ferme  Affourragement automatique des bovins Annonces :  Espace Media AG, Fachmedien Agrar, 3001 Berne tél. 031 330 30 17, fax 031 330 30 57, inserate@agripub.ch

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72e année Editeur Association suisse pour l’équipement ­technique de l’agriculture (ASETA), Willi von Atzigen, directeur Rédaction Ueli Zweifel : red@agrartechnik.ch Gaël Monnerat : g.monnerat@agrartechnik.ch Abonnement, changement d’adresse case postale, 5223 Riniken tél. 056 441 20 22, fax 056 441 67 31 internet : www.agrartechnik.ch Annonces Espace Media SA, Agro-Publications, Dammweg 9, case postale, CH-3001 Berne Barbara Gusset, tél. 031 330 30 17, fax 031 330 30 57 inserate@agripub.ch, www.agripub.ch Vente des annonces Roland Kirchhofer, tél. 056 664 78 22 e-mail : roland.kirchhofer@agripub.ch Daniel Sempach, tél. 034 415 10 41 e-mail : daniel.sempach@agripub.ch Daniel Banga, tél. 031 330 37 54 e-mail : daniel.banga@agripub.ch Tarif des annonces Tarif valable : 2010 Rabais de 25 % sur la combinaison avec Schweizer Landtechnik Imprimerie et expédition Stämpfli Publications SA Wölflistrasse 1, 3001 Berne Coordination de production Roberto Bruno Paraît 11 fois par an Prix de l’abonnement Suisse : CHF 107.– par an (2,3 % TVA incluse) Gratuit pour les membres ASETA Etranger : CHF 133.–,  82,– Le numéro 5 / 2010 paraîtra le 14 mai 2010 Dernier jour pour les ordres d’insertion : 23 avril 2010


Rapport ART 720

Bruit et vibrations lors de la traite Effets sur l’homme et l’animal

Fevrier 2010

Auteurs Maren Kauke, Pascal Savary, ART E-mail: maren.kauke@art.admin.ch Impressum Edition: Station de recherche Agroscope Reckenholz-Tänikon ART, Tänikon, CH-8356 Ettenhausen, Traduction Regula Wolz, ART Les Rapports ART paraissent ­environ 20 fois par an. Abonnement annuel: Fr. 60.–. Commandes d‘abonnements et de numéros particuliers: ART, Bibliothèque, 8356 Ettenhausen T +41 (0)52 368 31 31 F +41 (0)52 365 11 90 doku@art.admin.ch Downloads: www.agroscope.ch ISSN 1661-7576

Le trayeur et les vaches doivent se sentir bien dans la salle de traite! (Photos: ART). Les mesures de rénovation des salles de traite visant à réduire le bruit et les vibrations permettent d’améliorer la santé de la mamelle et de faire baisser le taux de cellules somatiques dans le lait (rapport FAT n° 625, actuellement rapport ART). C’est pourquoi les «Directives concernant le montage des installations de traite» recommandent de ne pas dépasser des seuils de 70 dB(A) pour le bruit et de 0,3 m/s2 pour les vibrations (Standard de la branche, annexe 3, al. 7). Toutefois, on sait encore peu de choses sur les effets du bruit et des vibrations sur le bien-être de la vache et du trayeur. L’étude avait pour but, à l’aide de paramètres éthologiques et physiologiques appropriés, d’évaluer l’ampleur du stress causé à l’animal. Les effets sur le trayeur ont été étudiés sur la base d’interviews.

Le bruit de 80 dB(A) et les vibrations de 0,5 m/s2 au niveau des pare-bouses et de la structure tubulaire de la salle de traite, tout comme la combinaison des deux, ont conduit à un changement de comportement chez les animaux, ainsi qu’à une accélération de leur fréquence cardiaque. Néanmoins, les différences observées entre les variantes d’essai avec une intensité de bruits et de vibrations plus élevées et la variante de référence (70 dB(A), 0 m/s2) étaient si faibles en valeur absolue qu’elles ne permettent pas de conclure à un impact négatif sur le bien-être des animaux. Les trayeurs interrogés à Tänikon ont déclaré ne pas sentir les vibrations de 0,5 m/s2. Par contre, ils ont avoué trouver très désagréables le bruit d’une intensité de 80 dB(A) et ont constaté des répercussions négatives sur la qualité de leur travail.

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n Rapport ART 720 Problématique Même dans les salles de traite modernes et conformes à la norme ISO 5707, des problèmes peuvent se présenter dans les différences phases de la traite. Par exemple, les vaches ne se rendent pas de leur plein gré dans la salle de traite, elles sont agitées, elles urinent et défèquent plus fréquemment. Parallèlement, leur comportement pendant la traite change et l’état de santé de la mamelle se détériore. Nosal et al. (2004) ont montré que le bruit et les vibrations peuvent être la cause de ces problèmes (Rapport ART n ° 625). Dans leurs études, ils ont mesuré des valeurs sonores allant jusqu’à 70 dB(A) et des vibrations comprises entre 0,1 et 0,2 m/s² dans des exploitations présentant une bonne santé de la mamelle. Les exploitations à problèmes dont la teneur en cellules dépasse 200 000/ml de lait affichaient, elles, des valeurs de bruit supérieures à 70 dB(A) et des vibrations de plus de 0,3 m/s². En modifiant l’installation de traite de manière appropriée, il est possible de faire passer le bruit et les vibrations à un niveau inférieur à 70 dB(A), respectivement 0,1 m/s². Gygax et al. (2006) ont constaté une baisse significative du nombre de cellules après réduction des vibrations suite à l’amélioration technique de l’installation de traite. Alors qu’il existe des seuils limites de bruit et de vibrations pour les humains, il n’existe aucune indication à ce propos pour les animaux. Le projet avait pour but, à l’aide de paramètres éthologiques et physiologiques appropriés, d’évaluer l’ampleur du stress causé à l’animal par le bruit et les vibrations. L’étude a également porté sur le stress subi par le trayeur.

Structure de l’essai L’étude a eu lieu entre novembre 2004 et mai 2005 sur l’exploitation d’essai de la station de recherche Agroscope Reckenholz-Tänikon ART. Elle a porté sur dix vaches de la race «Brown Swiss» et cinq vaches de la race «Tachetées Rouges Suisses». Quatre des animaux étudiés se trouvaient en première lactation, les onze autres étaient entre leur deuxième et huitième lactation. Des systèmes de hautparleurs spéciaux (fig. 1) ont été mis en place dans une salle de traite autotandem de la maison Gea WestfaliaSurge (2×3 places, vide de traite: 42 kPa) afin d’obtenir des intensités définies de bruit et de vibrations. Les variantes décrites au tableau 1 ont été étudiées pendant trois semaines, tandis que la variante 0 (état d’origine) a servi de référence et a été appliquée à chaque fois à l’issue des variantes A, B et C. L’essai a été subdivisé en trois phases (I, II et III). Pendant les phases I et II, les températures extérieures

Définition du bruit et des vibrations Dans les milieux de spécialistes, on parle de bruit et de vibrations. Le bruit est créé par des oscillations et des ondes dans un milieu élastique comme l’air et mesuré en dB (A). Les oscillations et les ondes qui se diffusent dans un milieu solide à des fréquences de plus de 20 Hz sont des vibrations, mesurées en m/s2 (accélération).

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Fig. 1: Systèmes de haut-parleurs permettant de produire du bruit et des vibrations d’une intensité définie.

moyennes étaient comprises entre –1 et 2 °C, pendant la phase III, elles fluctuaient entre 11 et 15 °C. L’évaluation statistique des données a été effectuée à l’aide d’un modèle qui a pris en compte les mesures répétées sur les mêmes animaux, les variantes, les périodes, les temps de traite et les phases.

Réalisation des essais et résultats Paramètres de comportement Le comportement des animaux durant la traite a été saisi au moyen d’observations directes. Elles ont eu lieu pendant deux jours, soit un total de quatre traites par semaine d’essai. Le comportement des animaux participant à l’essai a en outre été enregistré une fois le matin et une fois le soir. Pour déterminer une situation de stress, les paramètres suivants ont été pris en considération: la vache n’entre pas de son plein gré dans la salle de traite, elle a la queue serrée entre les pattes arrières, elle donne des coups en direction de l’unité trayeuse, elle défèque et urine pendant son séjour dans la salle de traite. Enfin, on a également calculé la fréquence des «phases de piétinement» pendant la traite, c’est-à-dire le comportement qui consiste pour la vache à faire passer son poids d’une patte arrière à l’autre. Durant la phase III, à l’exception du refus d’entrer de plein gré dans la salle de traite, le pourcentage d’animaux qui présentaient un comportement laissant supposer une situation de stress, était plus faible que pendant les deux premières phases d’essai (fig. 2 et 3; le tableau 2 récapitule tous les résultats). La part de vaches ayant la queue serrée entre les pattes arrières était significativement plus élevée dans les variantes A, B et C que dans les variantes de référence 0 correspondantes (fig. 3). En principe, cela devrait vouloir dire que le bruit et les vibrations ont un impact négatif sur le bien-être des animaux. Il n’est toutefois pas possible d’interpréter catégoriquement ces résultats, aucune étude systématique n’ayant été effectuée jusqu’ici sur ce critère en relation avec le stress des vaches en salles de traite.


Rapport ART 720 n Phase Variante I II III

A 0 B 0 C 0

Bruit [dB(A)]

Vibrations [m/s2]

Période (Semaine)

70 70 80 70 80 70

0,5 0 0 0 0,5 0

46–48 (2004) 49–51 (2004) 2–4 (2005) 5–7 (2005) 17–19 (2005) 20–22 (2005)

Tab. 1: Résumé des intensités de bruit et de vibrations dans les différentes variantes d’essai.

Tab. 2: Moyennes (de toutes les traites et / ou animaux) et erreur-type des paramètres de comportement étudiés (part des animaux en % et / ou nombre de phases) en fonction des différentes variantes et phases d’essai. Paramètres de comportement Variante A

Phase II

I

III

70 dB(A) 0,5 m/s2

Variante 0 70 dB(A) 0 m/s2

Variante B 80 dB(A) 0 m/s2

Variante 0 70 dB(A) 0 m/s2

Variante C 80 dB(A) 0,5 m/s2

Variante 0 70 dB(A) 0 m/s2

Refus d’enter de plein gré [%]

16,9 (± 5,6)

30,0 (± 5,4)

25,8 (± 3,0)

20,0 (± 4,9)

28,9 (± 4,8)

28,9 (± 4,4)

Coups [%]

17,1 (± 2,9)

31,1 (± 3,3)

27,8 (± 2,9)

23,3 (± 2,3)

10,0 (± 3,8)

10,0 (± 1,5)

Queue serrée [%]

45,2 (± 11,9)

31,1 (± 4,4)

17,6 (± 2,7)

4,4 (± 1,4)

8,9 (± 3,3)

0,0 (± 0,0)

Défécation et urination [%]

20,5 (± 6,2)

27,8 (± 6,8)

19,4 (± 4,7)

13,3 (± 1,7)

16,7 (± 3,3)

7,8 (± 2,0)

Phases de piétinement [n]

5,2 (± 0,9)

5,7 (± 0,5)

4,9 (± 0,4)

4,3 (± 0,3)

3,2 (± 0,3)

2,9 (± 0,2)

Le bruit tout comme les vibrations n’avaient aucune influence sur le nombre de vaches qui n’entraient pas de leur plein gré dans la salle de traite, ni sur le nombre de phases de piétinement pendant la traite. Pour le pourcentage de vaches qui ont tapé au moins une fois pendant la traite, seules des différences contradictoires ont pu être

constatées selon les phases. Par ailleurs, la littérature montre que ce critère de comportement varie significativement en l’espace de deux jours déjà (Van Reenen et al., 2002). C’est la raison pour laquelle les différences enregistrées ne permettent pas de conclure à une situation stressante. Les trayeurs observent fréquemment qu’en cas de problèmes

Fig. 2: Pourcentage des vaches qui urinent et défèquent pendant la traite, suivant les variantes de bruit et de vibrations et suivant les phases d’essai. avril 2010  Technique Agricole

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n Rapport ART 720

Fig. 3: Pourcentage des vaches qui ont la queue serrée entre les pattes pendant la traite, suivant les variantes de bruit et de vibrations et suivant les phases d’essai.

lors de la traite, les vaches ont tendance à déféquer et uriner davantage. Dans les variantes B et C notamment, avec un volume sonore de 80 dB(A, les vaches déféquaient et urinaient plus fréquemment que dans les variantes de référence (fig. 2). Toutefois, contrairement à toute attente, les vaches étaient plus nombreuses à déféquer dans la variante de référence qui a suivi la variante A avec vibrations. En valeur absolue, les différences n’en restent pas moins relativement minimes. Dans un troupeau de 30 bêtes, une hausse significative de 13,2 pourcent du paramètre «queue serrée» ne représente par exemple que quatre vaches. Les différences constatées sont peut-être un signe de mal-être dû au bruit et aux vibrations, mais peuvent également être causées par d’autres facteurs. Les écarts relevés en phase III sont peut-être liés à la saison ou plus exactement aux températures; les phases d’essai I et II ont eu lieu en hiver tandis que la phase III a eu lieu au printemps, voire au début de l’été, alors que les températures étaient nettement plus chaudes. Les résultats de ces essais sont en contradiction avec les résultats de Nosal et al. (2004). Dans les études réalisées précédemment dans les exploitations, les animaux présentaient des déviations marquées du comportement comme par exemple le fait de déféquer, d’uriner ou de taper en direction des unités trayeuses, lorsqu’ils étaient exposés aux bruits et aux vibrations pendant la traite.

Fréquence cardiaque La fréquence cardiaque a été mesurée pendant dix traites par semaine à l’aide d’appareils de la marque Polar S810i, intégrés à des ceintures ventrales spécialement conçues à cet effet (fig. 4). La mise en valeur a porté sur les moyennes de cinq minutes de fréquences cardiaques relevées 15, 10 et 5 minutes avant la traite (AvT), pendant la traite, ainsi que 5, 10 et 15 minutes après la traite (ApT). Lorsque la durée de la traite dépassait cinq minutes, on a considéré les cinq premières et les cinq dernières minutes (traites 1 et 44

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2). Il y a donc eu des recoupements lorsque la durée de la traite était inférieure à dix minutes. Comme le montrent les résultats de la figure 5, les vaches présentaient des fréquences cardiaques significativement plus basses pendant la phase III que pendant les phases I et II. Ceci est peut-être dû aux températures plus élevées pendant la phase III, car la fréquence cardiaque baisse avec l’augmentation des températures (Bayer 1969, Miescke et al. 1978). De plus, pendant toute la durée de l’essai, on a relevé des valeurs plus basses pendant les traites du matin que pendant les traites du soir. Pendant toutes les phases d’essais I, II et III, la fréquence cardiaque augmentait légèrement avant la traite, baissait pendant la traite pour atteindre un niveau inférieur à la valeur initiale, preuve que les animaux se détendaient. Des résultats comparables obtenus par Hopster et al. (1998), Hopster et al. (2002) et Wenzel et al. (2003) confirment cette hypothèse. Après la traite, les vaches se rendent généralement à la crèche et la fréquence cardiaque augmente de nouveau. Avec un volume sonore de 80 dB(A) (variante B), on n’observe aucune différence de fréquence cardiaque par rapport à la variante de référence 0. Ces résultats se recoupent avec ceux obtenus dans d’autres études, dans lesquelles un volume sonore de 85 dB(A) lors de la traite se traduit certes par une accélération de la fréquence cardiaque, mais ceci seulement le premier jour de la phase d’essai. Par la suite, les vaches se sont acclimatées (Arnold et al. 2007). Même avec des vibrations d’une intensité de 0,5 m/s2 (variante A), les animaux ne présentaient aucune différence par rapport à la variante de référence. Par contre, lorsque bruit et vibrations étaient combinés (variante C), on a constaté une hausse statistiquement significative de la fréquence cardiaque déjà 15 minutes avant de pénétrer dans la salle de traite. Cependant, les différences entre les variantes C et 0 durant la phase III n’étaient pas supérieures à six pulsations par minute. Hopster et al. (1995) ont constaté une hausse de la fréquence cardiaque deux fois plus élevée lors de la séparation de la


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Fig. 4 a): Structure de la ceinture permettant d’enregistrer la fréquence cardiaque; 1) ceinture élastique; 2) fermeture avec 3) support en feutre; 4) éponge; 5) surface de contact supplémentaire; 6) gaine en tissus avec fil à l’intérieur; 7) cache en feutre; 8) boîtier en aluminium avec couvercle; 9) récepteur Polar S810i.

vache et de son veau, situation très stressante pour la vache. La hausse de la fréquence cardiaque constatée dans la présente étude permet donc supposer que les animaux appréhendaient la situation. Toutefois, les valeurs se situent encore dans la plage physiologiquement normale de 55 à 80 pulsations à la minute. Avec de telles valeurs, aucune modification du comportement de traite suite au stress n’est à craindre.

Santé de la mamelle Le paramètre utilisé pour déterminer la santé de la mamelle était la teneur en cellules somatiques. Une fois par semaine, un échantillon était prélevé sur la traite totale de chaque animal et analysé par la Fédération d’élevage de la race brune. Dans toutes les variantes, le nombre de cellules était inférieur à 60 000 /ml et donc en dessous du seuil limite de 100 000 /ml, considéré comme indicateur de mamelles en bonne santé. Aucune différence n’a pu être constatée entre les variantes d’essai et les variantes de référence. Par contre, Nosal et al. (2004) ont constaté une relation très nette entre l’intensité du bruit ou des vibrations et le nombre de cellules. Toutefois, ces études ont été réalisées dans des exploitations qui avaient dépassé les limites supérieures de bruit (70 dB[A]) et de vibrations (0,3 m/s2) et dont les salles de traite ont été par la suite rénovées selon les recommandations du rapport FAT n° 625. Après la rénovation, l’intensité du bruit et des vibrations a diminué et une nette amélioration de la santé de la mamelle a été constatée. Au contraire, dans le présent essai, le bruit et les vibrations ont été produits de manière artificielle, la salle de traite n’a subi aucune modification pendant les essais. On peut donc en conclure que ce ne sont ni le bruit ni les vibrations qui perturbent la santé de la mamelle, mais leur cause.

Fig. 4 b): Système de ceinture (prototype) sur l’animal.

Répercussions sur le trayeur L’enquête auprès des trayeurs a montré qu’ils n’étaient pas gênés par les vibrations ou qu’ils ne les percevaient pratiquement pas. Comme les vibrations ont été produites de manière artificielle, seuls l’armature de la salle de traite et le pare-bouse vibraient. Or, le trayeur n’entre pas en contact avec ces éléments ou seulement brièvement. Par contre, les deux trayeurs ont déclaré qu’un volume sonore de 80 dB(A) (variantes B et C) était très désagréable. Ils l’ont jugé supportable dans la mesure où la durée de ce désagrément avait dès le départ été fixée à trois semaines. Cette perspective rendait la situation supportable. Les deux trayeurs néanmoins n’accepteraient pas l’idée de travailler en permanence dans de telles conditions. Ils trouvent particulièrement gênant le fait que le volume sonore couvre le bruit naturel de la traite. Ils n’arrivaient par exemple plus à entendre les entrées d’air ou ne se rendaient même plus compte lorsque les unités trayeuses tombaient. Le niveau de stress n’était cependant jamais tel que les trayeurs ont réagi de manière agressive. Ceci s’explique par le fait que la fin de l’essai était en vue. D’autre part, dans la phase préliminaire aux essais, les trayeurs ont été prévenus de ne pas passer leur agressivité et leur irritation éventuelle sur les animaux. Les trayeurs ont donc été confrontés à la situation autrement que s’ils devaient la vivre en pratique. Aucune répercussion des conditions d’essais sur le comportement de traite n’a pu être observée. Les deux trayeurs n’ont pas non plus constaté de différences sur le plan du comportement des animaux.

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n Rapport ART 720

Fig. 5: Fréquence cardiaque en fonction des différentes variantes et phases, avant, pendant et après les traites, le matin et le soir. • (Vari­ ante 0, matin), • (Vari­ante A, B, C, matin), • (Variante 0, soir) et • (Variante A, B, C, soir) sont des moyennes avec erreurtype par animal, variante et temps de traite.

Conclusions Selon Nosal et al. (2004), après l’installation de nouvelles salles de traite qui présentaient des bruits et des vibrations d’une intensité élevée, les éleveurs ont souvent observé une modification très nette du comportement des animaux ainsi qu’une augmentation du taux de cellules somatiques dans le lait. L’essai standard dans lequel le bruit ou les vibrations étaient reproduits de manière artificielle dans une installation de traite, elle, inchangée, n’a pas permis de confirmer ces observations. Ce résultat permet de conclure que les effets négatifs sur le comportement de

traite, le bien-être et la santé des vaches ne sont pas dus aux bruits et aux vibrations eux-mêmes. Les problèmes décrits par Nosal et al. (2004) lors de la traite sont davantage dus aux causes du bruit et des vibrations (erreur d’installation et de montage). Les fluctuations de vide qui en résultent dans les conduites d’air et de lait notamment, ainsi que les fluctuations de vide qu’elles entraînent à l’extrémité des trayons semblent perturber le bien-être de l’animal. L’élimination des causes du bruit et des vibrations selon les recommandations du rapport FAT n° 625, a amélioré la stabilité du vide. L’intensité des bruits et des vibrations a considérablement baissé. On a également constaté

Fig. 6: Ni le bruit ni les vi­­­bra­ tions ne dérangent la traite de façon détermi­nante. 46

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Fig. 7: Une attente positive pour entrer dans la salle de traite.

une amélioration du comportement général des animaux, du comportement de traite et de la santé de la mamelle. C’est pourquoi les recommandations des conseillers devraient se concentrer sur la cause du bruit et des vibrations et y remédier; la mise en place de matériaux silencieux et amortisseurs dans le but de réduire le bruit et les vibrations ne suffit pas forcément à améliorer la santé de la mamelle et le bien-être des animaux. En cas de problème, la présence de bruit et de vibrations peut être le signe que l’installation de traite a été mal montée. En ce qui concerne les hommes, il est recommandé de réduire au maximum le niveau de bruit. Sinon, c’est la qualité du travail qui en pâtit sans oublier qu’un trayeur stressé exerce généralement une influence négative sur les animaux.

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Edition avril 2010