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BLANC Je dédie ce livre à celui que j’étais à vingt et un ans.


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UBIQUITÉ INTEMPORELLE

I

l est plutôt difficile de retourner dans le passé et repenser 7à quelque chose qui s’est achevé précipitamment, surtout quand vos entrailles vous disent que rien n’est fini; mais ça m’arrive souvent depuis que j’ai quitté Brighton. J’ai atterri en Angleterre le 24 Septembre 2011. J’en suis parti le 23 Juin 2012 ; et c’est à ce moment-là que mon cœur s’est brisé, et que j’ai commencé à me faire de fausses promesses: « je reviendrai bientôt, très bientôt ; je viendrai deux fois par an, pour revoir les gens que j’aime, et pour faire la fête et prendre le temps de vivre comme si je n’étais jamais parti ». C’était il y a déjà deux ans maintenant, et le 23 Juin 2012 est la dernière fois où j’ai vu Brighton. Cette ville m’a toujours parue familière. Aussi loin que je m’en souvienne, quand j’ai fait mes premiers pas dans la ville, je me suis senti chez moi. Et quand j’en suis parti, j’ai perdu une partie de moi. J’ai quitté des lieux, des habitudes, des gens, et des rêves.


J’ai perdu qui j’étais, j’ai quitté le jeune homme grandissant que j’étais devenu. A l’image de Viviane Sassen, photographe ayant vécu au Kenya lorsqu’elle était enfant, qui s’est toujours dit en déménageant en Hollande avec ses parents qu’une partie d’elle était restée au Kenya et continuait de vivre, et qu’elle la retrouverait un jour et que tout lui paraîtrait familier, puisqu’elle n’était en quelque sorte jamais partie. Maintenant, je suis un homme; et je ressens ce jeune moi de l’autre côté de la Manche faire les cents pas dans les rues, cherchant un endroit où s’arrêter, attendant mon retour, et attendant de savoir à quoi ça ressemble d’être un homme. Après une longue conversation, il me prendrait fort dans ses bras, me sourirait, et fermerait pour toujours ses yeux sur mon épaule. Mais j’ignore toujours quand viendra ce moment, et je sens la douleur empirer de jour en jour, sans savoir si je pourrai à un moment retourner à Brighton. Peut-être mourrais-je avant de pouvoir. Ou peut-être perdrais-je la vue après un accident de 8 voiture, qui sait ? Mais plutôt que de dire toutes ces choses cauchemardesques, je vais plutôt vous parler de ce qu’était le Brighton que j’ai connu il y a deux ans, pour que vous puissiez comprendre un peu ce que je ressens. Et pour cela j’ai décidé d’utiliser les meilleurs souvenirs que j’ai : des photos. J’ai pris des centaines et des centaines de photos là-bas, muni de mon appareil photo reflex, mais le plus souvent de mon téléphone, avec lequel je partageais quotidiennement des photos sur Instagram ; et c’est en regardant très souvent ces photos que j’ai compris pourquoi je pense si fréquemment à Brighton. Il y a des parties de cette ville sur mon chemin entre Marseille, Aixen-Provence, et Allauch, où vivent mes parents, et j’ai décidé de vous montrer que même si ma ville adoptive est loin d’ici et pas vraiment semblable aux villes françaises, il y a des similarités, parfois tirées par les cheveux, mais très souvent évidentes. Je me suis donc rendu


dans tous ces endroits où j’ai l’habitude de passer mes journées et mes week-ends depuis mon enfance, ou même plus tard, avec des photos que j’ai prises il y a deux ans, imprimées sur des faux Polaroids; et toujours avec mon téléphone, j’ai superposé deux villes l’une sur l’autre, mais aussi deux moments de ma vie : un tournant décisif à neuf cent trente-six kilomètres de Marseille, lorsque j’étais sur le point de finir ma licence d’Anglais, et ma vie aujourd’hui, en fin de deuxième année de communication visuelle, après la tornade. J’ai donc capturé les lignes et angles correspondants entre ces photos et l’univers dans lequel j’évolue en France, pour vous montrer pourquoi j’ai toujours ressenti que Brighton avait déjà sa place dans ma vie avant que je ne grandisse dans ses rues. Avec le recul, j’interprète ce projet comme une thérapie. Une manière de me rassurer que tout cela a bien existé, et que j’y retournerai un jour, même si j’ai toutes ces pensées tristes qui traînent et hantent 9 ma lucidité vis-à-vis de tout ça. Et je sais que tout s’est tellement bien imprimé dans mon esprit, au point que quand j’y retournerai, rien n’aura changé parce que les souvenirs seront tellement intacts que rien ne sera déformé. Il manquera juste tous les gens qui m’ont aidé à construire cette histoire; mais ces gens seront toujours dans les rues de la ville, même si physiquement ils auront pris une autre direction.

Je sais que tout cela n’aura pas grande signification à vos yeux, mais pour les miens, l’importance est énorme. Et si avec toute la neutralité contenue dans votre vision vous lisez vous aussi toutes les correspondances entre les lignes, alors tout ce projet sera la preuve que je ne suis pas fou.


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PLEASE MIND THE GAP

Brighton Station. C’est un des endroits les plus célèbres de Brighton, puisqu’elle accueille la majorité les étrangers qui viennent s’installer dans la ville, que ce soit de manière temporaire ou définitive. C’est aussi l’endroit où je me rendais tous les matins pour aller en cours, et où j’ai accueilli et dit au revoir à tous ceux qui sont venus de France 11 partager un petit bout de l’histoire avec moi. Le rapprochement avec la gare Saint Charles ne s’est pas fait seulement par les rails et l’architecture, puisque j’ai fait ma première année d’Anglais à l’Université juste à côté, et j’arrivais à la gare de Marseille tous les matins en métro.

Brighton Station / Gare Saint Charles, Marseille


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Royal Pavilion / Palais Longchamp, Marseille


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North Street / Canebière, Marseille


KEEP CALM & CARRY ON

Je déteste les zones touristiques, dans toutes les villes du monde. Oui, il faut visiter ces endroits pour sa culture au moins une fois, mais se retrouver au milieu d’attardés qui n’ont du respect pour personne et ne voient que par leur appareil photo est plus qu’agaçant. Les trois seules villes où j’ai appris à faire abstraction des touristes sont Marseille, Aix et Brighton, parce que j’ai grandi à Marseille, j’évolue à Aix, et qu’en allant vivre à Brighton, je me suis fait la promesse de m’adap14 ter à une culture. Et la culture de Brighton, ce sont ses lieux touristiques, puisque l’histoire de la ville et le patriotisme ambiant sont les influences majeures de toute la population, des plus jeunes aux plus vieux, contrairement en France, et particulièrement à Marseille où le patriotisme c’est pour les cons, et l’histoire de la ville s’axe autour d’un ballon, d’une église, d’un port et d’une bouteille de pastis - et il faut le dire, aussi autour d’un accent agaçant, puisque les gens ne connaissent que ça.


L’histoire de Marseille est très différente de celle de Brighton, mais les lieux iconiques où il fait bon vivre sont quasi similaires. À Brighton, on se balade dans les jardins autour de l’ancien palais d’été d’un roi; à Marseille, on bronze dans les jardins d’un château d’eau avec la beauté d’un palais. Côté anglais, on fait ses courses sur Queen’s Road, Western Road et North Street, les trois axes principaux traversant le centre de la ville; côté français, on fait des emplettes à la Rue Saint Ferréol, à la Rue de la République, et sur la Cannebière. Dans les deux villes, on savoure le Soleil d’été ou les décorations de Noël aguicheuses 15 au sommet de la Grande Roue. Quant à Aix, on ne peut pas résister à toutes ses petites rues dans lesquelles on se perd parfois; mais face à Brighton et ses petites rues de deux mètres de large appelées Lanes qui se croisent et se mélangent, dur de rivaliser. Les lieux touristiques me donnent parfois l’envie de vomir. Mais j’aime me couper du monde en me plongeant dans mes pensées et ainsi avoir la possibilité de voyager sans cesse d’une ville à l’autre en quelques secondes à travers ces lieux.

The Duke Lanes / Rue Bédarrides, Aix-en-Provence


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BN1 3AG

J’appelle toujours cet endroit mon «chez moi» quand je parle de ma vie anglaise. Situées à deux minutes à pied du centre-ville, à cinq de la mer, en plein quartier résidentiel pour familles modèles et belles voitures, deux petites maisons de l’époque victorienne, dans le même style que toutes celles qui sont autour au point qu’on les oublie. Deux maisonnettes occupées chacune par dix étudiants du monde entier toute l’année. J’habitais la chambre numéro deux, l’ancien salon au rez-de-chaussée du dix, Windlesham Road. Une cheminée, un plafond ornementé, un oriel, un petit bureau, un évier et quelques meubles. Et partout dans la 18 maison en plus des pièces communes, des vitraux, des escaliers en bois, et un jardin magnifique. Lorsque je me balade à Allauch sur ces routes où personne ne s’arrête, les maisons s’alignent dans des rues remplies de platanes. L’espace de quelques secondes, je regarde mes pieds sur les pavés, et je sens l’air marin réveiller mes narines, bien loin de la mer. J’entends le piano de l’école de musique d’à côté, et les filles qui traînent dans la cours de la High School derrière le jardin. J’imagine parfois que des écureuils vont traverser la route pour grimper dans les arbres à toute vitesse, mais à la place, les lézards parcourent les murs crépis pour savourer la chaleur bien loin de tout danger.

10, Windlesham Road / Avenue Salvador Allende, Allauch


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Front door, 10, Windlesham Road / Maison de mes Parents, Allauch


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Room 2, 10, Windlesham Road / Maison de mes Parents, Allauch


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THE NEXT STATION IS FALMER

Je pourrais parler des heures entières de tous mes souvenirs sur ce campus. Les cours quasi parfaits, les couloirs lumineux, les tableaux/ écrans tactiles, les crises d’estomac dans la supérette, les jours de marché, les soirées entre amis, les professeurs tatoués aux folles couleurs de cheveux, la verdure ambiante, les jours de neige ou de brouillard, les nuits à travailler à la bibliothèque... Tellement de choses qui sont gravées à jamais pour les trois petits français en échange Erasmus que nous étions. Là-bas, c’était beau, pas comme la fac de lettres d’Aix. On 23 était seulement trois, parfois on se sentait seuls, mais on a toujours su s’amuser et laisser dans nos esprits des traces indélébiles. Lorsque je balade dans les couloirs de mon école, j’ai parfois l’impression que je vais ouvrir une porte et vous revoir en train de m’attendre, comme toujours. J’entends parfois vos rires à travers les murs, puis je réalise que ce sont juste mes oreilles qui ne les ont pas oubliés.

Fulton Building, University of Sussex / ECV Provence, Aix-en-Provence


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Falmer Station / Gare d’Aix Centre, Aix-en-Provence


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Brighton Station, Platform 7 / Gare Saint Charles, Marseille


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HERE COMES THE SUN Je crois que l’endroit où j’ai pu passer beaucoup de mon temps à Brighton, c’est bien le bord de mer. Cela peut paraître fou, et nombreux sont les gens qui se moquent toujours de moi lorsque je dis ça; mais oui, il fait chaud et beau à Brighton. Pas tout le temps, comme le reste de l’Angleterre, c’est vrai. Mais lorsque ça arrive, nombreux sont les londoniens qui descendent tout droit de la capitale en maillot pour prendre des couleurs. Surtout du rouge, et sur la totalité du corps, sinon ce n’est pas drôle! Eté comme Hiver, j’ai souvent marché sur la plage, et à toute heure, toutes les boîtes et une grande partie des bars se trouvant sur le «front de mer» dit «seafront», l’appellation anglaise étant à mon goût plus jolie. Tout le long des étendues de sables sont logées dans les arches des petits restaurants et des glaciers, et les brightoniens se délectent 28 dans les galets, sur le Brighton Pier (célèbre ponton sur lequel se trouve une fête foraine permanente), sur l’avancée du donut (nom dû au fait qu’une énorme sculpture en forme de donut se trouve au bout), ou non loin des restes du West Pier, qui a brûlé en 2003; j’ai d’ailleurs toujours voulu me rendre à pieds à marais basse au milieu de la carcasse métallique du ponton, mais le récent effondrement d’une partie m’a bizarrement coupé l’envie. A Marseille, le bord de mer meurt chaque Hiver. On abandonne la plage pour vivre dans le centre. A Brighton, on y vit toute l’année. Ici, on construit un centre commercial, des boutiques de luxe et des musées hors de prix; là bas, on mange des glaces, des fish & chips, et on achète des cartes postales. Il faut croire que même si les bords de mer se ressemblent, les mentalités elles, sont beaucoup trop éloignées.

Seafront / Les voûtes de la Major, Marseille


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Big Wheel / Grande Roue du Vieux-Port, Marseille


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Brighton Pier / Plages du Prado, Marseille


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West Pier, aka ÂŤBurnt PierÂť / Plages du Prado, Marseille


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Brighton Station / Gare Saint Charles, Marseille


I DREAMED A DREAM

Lorsque je suis arrivé à Brighton, j’avais pour but de terminer ma licence d’anglais, mais pas seulement. Je m’étais fait la promesse de trouver du travail dans le graphisme, qui était à l’époque une simple passion. J’aurais aimé trouver une opportunité sur Brighton, ou éventuellement sur Londres, histoire de me faire un peu la main et développer mes contacts. Malheureusement, de Septembre 2011 à Janvier 2012, les seules raisons pour lesquelles je me suis rendu à Londres étaient pour du tourisme et de la consommation de masse. Et puis le mois de Février est arrivé, avec son lot de surprises. Alors que je venais de terminer de bosser sur un livret digital pour un artiste américain 33 seulement pour m’amuser et que je n’espérais plus une opportunité de travail, je reçois une demande pour travailler sur une compilation d’un label de musique et d’un blog d’actualité musicale de renommée mondiale... Tous deux se trouvant à Londres. Un mois plus tard, je me rends pour la première fois à Londres dans un cadre professionnel. Les mois suivants, j’y suis retourné plusieurs fois pour travailler sur un festival découlant directement de cette compilation, et pour photographier des concerts. Je ne suis pas croyant; mais il semblerait que quelque part, quelqu’un m’ait entendu malgré tout...

Oxford Circus Station, London / Station Estrangin,/Préfecture, Marseille


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LOVE LIFE, YOU COUNT

S’il y a bien un point que les anglais savent manier, c’est l’humour. Incompris par la plupart des français, et pourtant tellement évident, il s’appuie sur les petits rien de la vie quotidienne. Des phrases, des expressions, des sentiments, partout, tout le temps. L’humour n’est pas qu’entre amis ou à la télé, il est vraiment omniprésent: dans la rue, des les rayons du supermarché, dans la bouche du monsieur qu’on vient de bousculer sans faire gaffe sur un trottoir, dans les gestes de la 36 dame qu’on croise chez le coiffeur. Il est bon d’être anglais, parce que les anglais prennent le temps de vivre. L’humour sait aussi s’associer au street art envahissant, et devient une décoration qui vous donne le sourire en attendant que le feu piéton passe au vert. Oui, les anglais sont heureux, derrière leur apparence réservée. L’humour planant n’en ai qu’une infime preuve.

Waitrose Western Road / Monoprix Cours Mirabeau, Aix-en-Provence


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Crosswalk, Montpelier Place - Montpelier Terrace / Passage piĂŠton, Avenue Max JuvĂŠnal, Aix-en-Provence


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THE OTHER SIDE Salut Gael, Tu penses ne pas me connaître, moi en revanche je te connais très bien. N’aies pas peur, je te connais trop bien pour savoir anticiper tes réactions. Je ne savais pas en quelle langue t’écrire, mais j’ai choisi à contre cœur le français, pour des raisons de compréhension. La première fois que je t’ai vu, tu n’étais pourtant pas très flatteur, et même plutôt repoussant, pour être sincère. Tu emballais tes affaires dans ta chambre, silencieux. Des larmes coulaient le long des tes joues rouges, et les mots de Rihanna résonnaient entre les quatre murs de ton antre, prétendant depuis peu qu’elle avait trouvé un jour l’amour dans un endroit dénué d’espoir. J’étais là, et je t’ai donné la force nécessaire pour fermer ta valise et faire les neuf cent trente-six kilomètres que tu rêvais tant de faire. Je t’ai accompagné en silence, mais toujours dans la lumière, sans jamais te dire que j’étais là, car j’ai 41 grandi avec toi. Je t’ai appris à quitter tes amis, je t’ai mené dans tous ces nouveaux endroits, je t’ai aidé à te séparer de tout ce qui pouvait t’enchaîner à cette vie dont tu ne voulais plus. Je t’ai ouvert les yeux, et tu as pris conscience de cette chance que tu avais. Gael, je suis fier de toi. Tu ne le sais pas encore, mais tu m’as donné la chance d’être qui je suis aujourd’hui. Je sais que la vie à Brighton est difficile, car tu attends désespérément de pouvoir prendre ton envol. Les temps sont durs, tout le monde part dans un mois car ils ont tous fini leurs diplômes. Joanne, Steven, Roby, Francesca, Rachele, Chiara, Martin et les autres s’en vont enfin. L’an dernier, c’était Joe, mais il a fait la promesse de ne pas t’oublier. Et toi, tu es sur la plage, ou à Churchill Square, et tu passes tes week-ends à Revenge. Je suis vraiment désolé de t’avoir abandonné, et surtout de ne pas t’avoir dit que tout ce temps, moi aussi j’étais là.


J’espère que tu n’as pas trop froid au 10, Windlesham Road, et que tu continues d’aller t’aérer au Saint Ann’s Well Garden parmi les écureuils. Je suis malheureusement désolé pour toutes les peines de cœur que tu peux enchaîner et endurer aussi. Oui, je sais tout ça, car je te connais sur le bout des doigts. Et pour être honnête, c’est toi qui m’as aidé à exister, et atteindre la maturité que j’ai aujourd’hui. En fait, c’est toi qui m’as guidé; je n’étais que ton ombre, et tes mots et tes actes étaient aussi les miens. Mais moi j’ai pris cet avion pour rentrer, et aujourd’hui je suis loin de toi physiquement, mais pas mentalement. Pour t’expliquer un peu qui je suis, je dois te dire ce que je fais dans la vie. Je suis étudiant en communication visuelle à l’ECV Provence., en deuxième année. Je sais que tu aimes le dessin et le graphisme, et j’étais là lorsque tu as assisté à ton premier cours de modèle vivant, à 42 l’Université de Sussex. Moi, j’ai la chance de faire ça tous les jours, et d’aimer plus que tout. J’ai hâte de te montrer ce que j’ai pu faire, car je sais que tu n’attends que ça au fond de toi. Je ne sais pas quand j’aurai la chance de te revoir à nouveau, mais quand le moment sera venu pour toi de me rencontrer, tu le sauras au fond de toi. Tu sais déjà que les quais de la Brighton Station seront le point de rencontre de nos retrouvailles, je ne t’apprends rien. D’ici là, n’oublies pas que quelqu’un veille sur toi depuis le Sud de la France. Et n’oublie pas non plus le dicton écrit au-dessus du cabinet dentaire au croisement de Clifton Road: «Passion Beyond Reason». SPMA


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Jordan Naked on a paper sheet / Espace de travail personnel


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Twenty-one-year-old self, Room 2/ Mon reflet, ma salle de bain


UBIQUITÉ INTEMPORELLE

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PLEASE MIND THE GAP

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KEEP CALM & CARRY ON

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THE NEXT STATION IS FALMER

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HERE COMES THE SUN

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I DREAMED A DREAM

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LOVE LIFE, YOU COUNT

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THE OTHER SIDE

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BLANC Photos, textes et mise en pages: Gael Lapasset Imprimé à l’ECV Provence Merci à Sophie LAFAY pour sa main sur «Jordan Naked» SPMA.


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Here and There  

Suis-je fou ou existe-t-il un parallèle entre Brighton, ma ville adoptive, et Marseille, Aix-en-Provence, et Allauch, où j'ai toujours vécu?...

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