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Revue de presse


Revue de presse Rostam et Sohrâb Du 8 mai au 6 juin 2012 au Théâtre 13/Seine, Paris Du 26 septembre au 28 octobre 2012 au Théâtre de l’Épée de Bois, Paris •

L’Humanité : Travail de passeur au sens noble du mot, d’autant plus précieux que tout ce qui touche à l’Iran s’avance sous dehors de la crainte et de l’information hâtive née de la propagande. Il n’est donc pas négligeable de s’étoffer l’imaginaire devant une telle représentation, qui mêle hardiment l’âpreté du sens au chatoiement du style.

Figaroscope : Huit interprètes, en joutes oratoires comme en combats impressionnants nous racontent cette belle histoire, cruelle et fascinante. Musique, lumière, costumes, déplacement, jeu, rythme, tout ici séduit et enchante.

La Terrasse : Farid Paya, grand amoureux des mythes et des sagas, signe une tragédie épique d’après Le Livre des rois, du poète iranien Ferdowsi, rendant hommage et visibilité à cette œuvre immense. L’humilité revendiquée des moyens et la volonté d’un art sans affèteries confient aux comédiens la tâche de faire naître, par la seule puissance du jeu, l’univers merveilleux dont la scène devient le cadre.

La Revue du Spectacle : Un conte pour le plaisir des yeux et le régal des oreilles. Dans une mise en scène alliant simplicité et efficacité, Farid Paya a réussi le tour de force de marier Poésie et Action, Conte et Histoire, Geste et Parole, appuyé par un jeu d’acteurs de qualité. La poésie est autant corporelle que gestuelle avec des comédiens comme sortis tout droit d’un conte.

Télérama Sortir : La mise en scène, très belle esthétiquement (costumes chamarrés, toile de soie tissée en fond de scène), laisse le plateau nu, qui devient le lieu de combats de kung-fu magnifiquement réglés.

Théâtrauteurs : La Compagnie du Lierre encore nomade, hélas, que nous retrouvons ici avec bonheur est constituée d’artistes complets maîtrisant en plus du jeu bien sûr, le chant scénique ainsi que les arts martiaux et pratiquent résolument l’incarnation des personnages.

Le Quotidien du Médecin : Le monde de Rostam et Sohrâb est un monde de guerriers, mais la seule femme du spectacle, Marion Denys, impose sa belle personnalité. Dans les rôles-titres, David Weiss et Vincent Bernard sont athlétiques et nuancés. Le narrateur, Guillaume Caubel, possède une présence forte. C’est simple, beau comme un conte.

Les Trois Coups : Pour conserver l’esprit du poème, monophonique, Farid Paya ouvre son texte avec un narrateur-chanteur seul en scène. Sur la scène presque nue, essentiellement éclairée par les dorures des étoffes, ce dernier situe l’intrigue dans l’histoire millénaire de la Perse. La force narrative du récit et l’énergie des corps emportent l’adhésion.


Froggy’s Delight : Farid Paya fait la part belle au texte et à l’adresse des comédiens, véritables conteurs qui, tout à la fois, racontent l’histoire et incarnent leur personnage. Les chants et la musique de Bill Mahder, se mêlent aux dires afin d'exprimer ce qui dépasse la parole.

AgoraVox : Les acteurs sont très souvent à « la face » en s’adressant directement au public, comme des conteurs qu’ils sont. Quand ils se battent, les corps s’affrontent avec grâce et puissance… danse, cascade et arts martiaux tissés. Un spectacle d’une grande économie de moyens et d’une grande puissance évocatrice.

Reg’Arts : Les comédiens, tout autant chanteurs que danseurs nous font entrer peu à peu dans cette histoire : ils nous prennent par la main, comme les enfants que nous sommes restés, pour nous emmener où ils veulent, un palais ou un champ de bataille. On ne saurait oublier de mentionner le travail sur les costumes, faits de belles étoffes bigarrées, qui participent, avec les éclairages très travaillés, à la magie du spectacle.

Le 13 du mois : La mise en lumière, la musique, le décor et les costumes simples et chatoyants donnent du coffre à ce beau voyage dans le temps. On en ressort heureux d’avoir pris connaissance d’un mythe méconnu et pourtant fondateur de l’Iran.

France Culture : Une mise en scène sobre, juste un panneau qui change de couleur, les costumes en revanche sont fastueux. Il y a une présence du corps qui est extrême qui passe aussi par la voix.

France Musique : Une véritable saga, une épopée où il n’y a pas une seule baisse de tension. On est épaté par les huit acteurs, tous Français, qui chantent la musique quasiment iranienne de Bill Mahder. Vincent Bernard en jouant Sohrâb, un enfant de cinq ans, est étonnant. Signalons aussi la performance de David Weiss, un Rostam dur et invincible, bouleversant d’humanité. Il faut rendre hommage à Évelyne Guillin qui a fait la scénographie et les costumes. Ne ratez pas ce spectacle de la Compagnie du Lierre de Farid Paya.

Radio Libertaire : Rostam et Sohrâb est un travail vraiment magnifique sur la voix, sur le corps. Un spectacle sublime.

BBC Persian : Paya utilise les ressorts de la tragédie shakespearienne pour raconter cette légende iranienne. Les comédiens s’adressent directement aux spectateurs, abolissent le quatrième mur pour nous emporter au cœur du spectacle.


SEPTEMBRE 12 Mensuel OJD : 79345 Surface approx. (cm²) : 252

4 AVENUE DE CORBERA 75012 PARIS - 01 53 02 06 60

Page 1/1 THÉÂTRE DE L'ÉPÉE DE BOIS / D'APRÈS LE LIVRE DES ROIS, DE FERDOWSI ÉCRITURE ET MES FARID PAYA

ROSTAM ET SOHRÂB Farid Paya, grand amoureux des mythes et des sagas, signe une tragédie épique d'après Le Livre des rois, du poète iranien Ferdowsi, rendant hommage et visibilité à cette œuvre immense. Plateau nu, simple estrade en fond de scène pour suggérer le trône des rois ou le môle des batailles, bois brut, sur ce décor, se détachent la richesse des costumes chatoyants d'Evelyne Guillm et le magnifique tapis suspendu, aux broderies délicates, que Farid Paya a rapporté d'un de ses voyages en Inde Comme toujours, le metteur en scène jpue des contrastes pour évoquer le monde extraordinaire des légendes, dont il est un des plus précis spécialistes Malgré les déboires qu'il a subis avec courage, en dépit de la fermeture du Théâtre du Lierre, qui

Shâh-Nâmeh, celui où Sohrâb, l'enfant guerrier né de l'union entre Rostam, le soldat le plus valeureux, et Tahmineh, la plus sage et la plus belle des princesses, cherche son père dans les rangs de l'armée ennemie L'issue du combat singulier entre les deux champions offre au père une victoire amère, puisqu'il tue son fils Rostam, invaincu, est en même temps terrasse par la pire des douleurs celle qui inverse l'ordre du temps en faisant mourir la jeunesse avant l'âge mûr Les comédiens de la compagnie du Lierre incarnent les héros de

Vincent Bernard et Marion Denys dans Rostam etSohrôb.

l'a privé de son outil, Farid Paya, artisan entêté, continue obstinément son œuvre de créateur Adepte d'un théâtre fidèle à son essence, il raconte a la communauté assemblée l'histoire de ses origines et la nature de l'espèce humaine. L'humilité revendiquée des moyens et la volonté d'un art sans afféteries confient aux comédiens la tâche de faire naître, par la seule puissance du jeu, l'univers merveilleux dont la scène devient le cadre.

cette Perse mythique avec autant de précision que de fougue, faisant naître des tableaux captivants Face au récit de l'enfance du monde et a la tragédie de ce fils grandi trop vite et trop tôt trépassé, le spectateur retrouve la joie fascinée de sa propre enfance Farid Paya sait raconter des histoires. «Je raconterai de toutes les façons possibles car l'important pour moi est de raconter les choses aux autres, à ceux qui écoutent», disait Giorgio Strehler Catherine Robert

RETOUR AUX SOURCES

Après avoir pérégrmé parmi toutes les légendes du monde, de la Mésopotamie à la Grèce, Farid Paya s'empare cette fois-ci du ShâhNâmeh, Le Livre des rois, composé il y a dix siècles par le grand poète persan Ferdowsi, qui y a transcrit toute la mythologie iranienne Rostam et Sohrâb raconte un des episodes du LIERRE 9075353300504/XME/MAG/2

Théâtre de l'Épée de Bols, Cartoucherie, r LEU.

rr-,r- -de-Manœuvre, 75012 Paris.

BKl 2t st-piemore au 28 octobre 2012. B Du IT

li au samedi à 21 h ; le dimanche à 18h

Tél. 01 48 08 39 74. Durée: 2h. RÉs?rï"7 vntn> billet snt www ionmal-1atcrrasse.fr

Eléments de recherche : THÉÂTRE DU LIERRE : à Paris 13ème, toutes citations


10-16 octobre 2012

SPECTACLES - THÉÂTRE - CONTEMPORAIN - VISUEL

Rostam et Sohrâb ©

Farid Paya adapte Le Livre des rois du poète Ferdowsi, une tragédie épique fondatrice au même titre que L'Iliade et L'Odyssée. Un texte très connu dans tout le Moyen-Orient et l'Asie. Une histoire de filiation impossible, de guerre fratricide entre Irân et Tourân. La mise en scène, très belle esthétiquement (costumes chamarrés, toile de soie tissée en fond de scène), laisse le plateau nu, lequel devient le lieu de combats de kung-fu magnifiquement réglés. Les comédiens adoptent une gestuelle qui rappelle les miniatures persanes. On retrouve le beau travail vocal cher à la Compagnie du Lierre, mais on regrette que les comédienschanteurs-acrobates-combattants soient trop plats quand ils échangent simplement des répliques. Le spectacle y perd de l'âme. Sylviane Bernard-Gresh


THEATRAUTEURS Actualité théâtrale, chroniques 22/05/2012

Rostam et Sohrâb (Création) L'espace scénique est nu ou presque. Trois marches sur lesquelles un personnage est installé en position d'attente, c'est le narrateur. Il reviendra conclure à la fin quand le destin aura accompli son oeuvre. Derrière lui, accroché au mur une immense étoffe aux chaudes couleurs. Grâce à Farid Paya, Le livre des Rois va s'ouvrir pour nous. Deux personnages mythiques vont s'affronter sans se reconnaître, le père Rostam et le fils Sohrâb. Le premier est un illustre guerrier à la force invincible. Sohrâb fut conçu par lui il n'y a de cela que cinq années mais ( c'est là que le merveilleux fait son apparition ) sa stature est déjà celle d'un jeune adulte ayant la vaillance d'un lion. Ce sont donc en référence à la tradition antique, des demi-dieux. Rien ne leur est impossible ! Tahmineh a désiré ce fils et en a elle même choisi le père auquel elle reste fidèle en dépit de l'éloignement car ces êtres souvent furieux ont l'esprit noble. Ils sont imprégnés de la valeur de leurs ancêtres et fiers de leur ressembler. Sohrâb partait en guerre avec l'intention d'offrir un empire à son père quand il l'aurait retrouvé mais c'est la mort qui sera au rendez-vous, donnée de la main même de celui qu'il voulait combler car les dieux en ont décidé ainsi. La Compagnie du Lierre encore nomade hélas, que nous retrouvons ici avec bonheur est constituée d'artistes complets maîtrisant en plus du jeu bien sûr, le chant scénique ainsi que les arts martiaux et pratiquent résolument l'incarnation des personnages. Une fois de plus, ils nous conduisent en un autre univers par le biais d'un théâtre épique à l'indéniable efficacité qui nous transporte autant qu'elle les transcende. Et puisque une nouvelle équipe vient d'être nommée au Ministère de la Culture, souhaitons qu'elle ne soit pas aussi sourde que la précédente et leur accorde un écrin digne d'eux. Tous nos voeux les accompagnent. Simone Alexandre


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« Rostam etSohrâb », d'après Ferdowsi

L'art du conteur

Une épopée iranienne

en une œuvre de 120 DOO vers. L'épisode qui nous est narré parle de la naissance particulière d'un jeune héros fabuleux, qui, à 5 ans, est déjà un colosse. En quête de son père, il le combat sans le connaître. Le monde de Rostam et Sohrâb est UN PLATEAU dégagé, quèlques un monde de guerriers, mais la seule marches au centre, un grand pan- femme du spectacle, Marion Denys, neau décoratif. De très beaux cos- impose sa belle personnalité. Dans tumes, des lumières flatteuses, de la les rôles-titres, David Weiss et Vinmusique spécialement composée cent Bernard sont athlétiques et par Bill Mander et du chant. On re- nuancés. Le narrateur, Guillaume trouve dans ce spectacle de Farid Caubel, possède une présence forte, Paya tout ce qui a fait l'originalité et leurs camarades Cédric Burgle, de son esthétique, de sa manière de Xavier-Valéry Gauthier, Jean-Masaisir le théâtre pour raconter des thieu Hulin, Thibault Pinson défenhistoires. Il avait fait, dans un lieu dent le récit avec une énergie bien modeste du 13e arrondissement, un réglée, en mouvements chorégrafoyer original. Des années durant, il phiés et combats acrobatiques. a animé cet espace, il a formé un pu- C'est simple, beau comme un conte. blic. Et puis, d'un trait de plume, le Avec le temps, le spectacle pourrait théâtre du Lierre a disparu. « Ros- gagner en rythme sans perdre de sa tam et Sohrâb » marque le retour saveur. d'un artiste tourné vers le public. >A.H. Farid Paya a puisé dans une œuvre Théâtre 13-Seine (30, rue du Chevaleret, IS", issue de son pays, l'Iran, une épo- tél OI A5.86 50.83, pée très connue au Moyen-Orient www compagmedulierre com), à 19 h SO jeudi, samedi, à 20 h SO et jusqu'en Asie : « le Livre des rois » mardi, les mercredi et vendredi, à 15 h 30 le (« Shâh-Nâmeh »), du poète dimanche Durée 2 heures. Jusqu'au Ferdowsi, qui a transcrit il y a dix 6 juin Le texte est publié par L'Harmattan siècles la mythologie iranienne (11,50 euros). Farid Paya est un homme de théâtre qui a toujours aimé raconter des histoires en mêlant les mots et la musique. Il nous conduit du côté du pays de ses origines, l'Iran.

LIERRE 3973242300504/GCP/ALZ/3

Eléments de recherche : THÉÂTRE DU LIERRE : à Paris 13ème, toutes citations


18/05/2012

« Ferdowsi m’a apporté la paix » Lʼadaptation du grand poème perse « le Livre des rois » par la compagnie du Lierre, « Rostam et Sohrâb », est portée par un souffle épique énergique. Au programme sur la scène du Théâtre 13-Seine : langue versifiée, costumes impériaux et scènes acrobatiques. Soit, au‑delà de quelques petites imperfections, un beau moment théâtral. Si d’aucuns prennent le lierre pour un parasite – ce qu’il n’est pas –, c’est parce qu’il produit, le long de ses tiges, des petites ventouses sans fonction absorbante mais utiles pour s’agripper, et qu’il résiste à la déshydratation comme au grand froid. La compagnie du Lierre résiste, elle aussi : son théâtre, ouvert dans le XIIIe arrondissement parisien en 1980, a été détruit en 2011, avalé par les projets de réaménagement du quartier, faisant les frais des dissensions entre l’État et la Ville de Paris. Farid Paya, fondateur de la compagnie (et du feu théâtre), s’est alors agrippé au Livre des rois, œuvre du grand poète perse Ferdowsi (xe siècle), qui retrace l’histoire de l’Iran à l’arrivée de l’islam. Il a ensuite adapté une partie de cette épopée : la tragédie de Rostam et Sohrâb. Héros de l’empire d’Iran, Rostam a eu un fils d’une princesse de Samangân, un territoire ennemi. Leur enfant, Sohrâb, grandit vite, trop vite. Impatient de faire la guerre, curieux de connaître son père, il s’en va au combat, en vue de recréer un grand empire à la tête duquel il mettrait ses parents réunis… Pour conserver l’esprit du poème, monophonique, Farid Paya ouvre son texte avec un narrateur-chanteur seul en scène. Sur la scène presque nue, essentiellement éclairée par les dorures des étoffes, ce dernier situe l’intrigue dans l’histoire millénaire de la Perse. Le spectateur est plongé au cœur de l’une des mille et une nuits de Shéhérazade… Très vite, la pièce s’accélère, cadencée par la langue versifiée de Farid Paya, les chants a cappella des comédiens et leur gestuelle très travaillée. Élégance, souffle épique et questions métaphysiques Si certains des comédiens sont effectivement acrobates, danseurs ou pratiquants d’arts martiaux, tous évoluent dans l’espace élégamment, et leurs scènes de combat oscillent entre danse et cascades. Leurs petites imperfections de diction n’empêchent pas le public d’être happé par le souffle de cette tragédie ancestrale, qui fait se confronter un père et son fils. La force narrative du récit et l’énergie des corps emportent l’adhésion… « Il importe de dire que Ferdowsi m’a apporté la paix. Ce que nous, Iraniens, attendons de la poésie. » Ce que Farid Paya écrit dans la préface de Rostam et Sohrâb, le spectateur le ressent à la fin de cette soirée véritablement théâtrale qui l’a embarqué hors du temps. Cela lui rappelle, avec ardeur voire humour, quelques questions vitales et immémoriales : celles que posaient Œdipe, autre héros de tragédie – Quelle est ma lignée ? Qui suis-je ? – ou celle de notre poids sur terre : « Rostam : Voyez les rois, nos ancêtres, Djamshid ou Tahmouress. À terme, ces princes sont tous partis. La roue du ciel n’a pas changé le cours de sa ronde. Moi aussi, je dois suivre ce chemin. Aucun homme n’est immortel. » (Rostam et Sohrâb, Farid Paya, éditions L’Harmattan, p. 65). Marie Barral, Les Trois Coups


MAI 2012 Tragédie écrite et mise en scène par Farid Paya, avec David Weiss, Vincent Bernard, Cédric Burgle, Marion Denys, Guillaume Caubel, Xavier-Valéry Gauthier, Jean-Matthieu Hulin et Thibault Pinson. Après une période plutôt mouvementée qui a vu la fermeture du Théâtre du Lierre, Farid Paya, d'origine franco-iranienne, qui en était le directeur, investit temporairement la nouvelle antenne du Théâtre 13, côté Seine et revient en quelque sorte à ses racines puisqu'il adapte avec "Rostam et Sohrâb" une épopée perse, célèbre en Iran, tirée du Shâh-Nânem (Le Livre des Rois) écrit au Xème siècle par le poète iranien Ferdowsi. Le Livre des Rois, œuvre fleuve de plus de 120 000 vers, transcrit les légendes et mythologies iraniennes dans un style épique qui n'est pas sans rappeler les épopées d'un autre héraut, Homère. "Rostam et Sohrâb" est le récit d'une quête initiatique, celle de Sohrâb, enfant prodigieux qui à 5 ans est déjà capable de mettre en déroute une armée, mais ignore qui est son père. Fils de la princesse Tahmineh du royaume de Tourân, opposé depuis toujours au royaume d'Irân, il apprend de la bouche de sa mère que son père n'est autre que le plus valeureux des guerriers d'Irân, Rostam et part alors à la conquête d'Irân afin d'en offrir le trône à son père qu'il compte retrouver là-bas. Le sort en décidera autrement, amenant les deux hommes à s'affronter jusqu'à la mort. En choisissant cette œuvre mythologique plutôt méconnue en France à l'instar d'autres contes tels que les Mille et une nuits, Farid Paya a voulu rendre hommage à la culture de son pays, en découvrir ses bases fondatrices, mais a également mené une réflexion sur la transmission et la représentation des mythes et légendes. Il fait la part belle au texte et à l'adresse des comédiens, véritables conteurs qui, tout à la fois, racontent l'histoire et incarnent leur personnage. Les chants et la musique de Bill Mahder, se mêlent aux dires afin d'exprimer ce qui dépasse la parole. Farid Playa rappelle ainsi l'importance de la transmission orale qui va de paire avec l'écrit dans ce qu'elle est tout à la fois subliminaire et complémentaire. Il est cependant dommage que les chants ne soient pas en perse mais dans une langue imaginaire, qui a certes valeur universelle, mais enlève un peu du charme qui se dégage de l'ensemble. Farid Playa a sans doute voulu par ce biais ne pas tomber dans le folklore, choix compréhensible. Sur un plateau sobre, uniquement orné d'une toile de soie brodée et d'une estrade de trois marches en fond de scène, les comédiens évoluent dans un ballet savamment orchestré, dont la gestuelle est inspirée des arts martiaux orientaux. L'exubérance n'est pas dans le décor mais dans l'histoire elle-même, dense et riche. Cette sobriété ne se retrouve cependant pas dans les très beaux costumes, imaginés par Evelyne Guillin,, colorés et travaillés. Si la forme de l'épopée contée incarnée et chantée peut paraître à certains moments empesée et artificielle pour le spectateur contemporain, elle n'en demeure pas moins fascinante dans ce qu'elle permet de plonger au cœur de la culture persane et de découvrir une mythologie riche et, pour certains aspects, très similaire à notre propre culture occidentale, tragédie, guerres fratricides et parricides étant également au cœur de nos propres mythes. Cécile B.B. www.froggydelight.com


01/10/2012

Rostam et Sohrâb Rostam et Sohrâb, écrit et mis en scène par Farid Paya, d’après Le Livre des Rois du poète iranien Ferdowski se joue au Théâtre de l’Epée de Bois (à la Cartoucherie) jusqu’au 28 octobre 2012.

Rostam et Sohrâb est une tragédie à l’ancienne. On sait presque dès le début que la mort est au bout du chemin de l’un des deux, soit Rostam soit Sohrâb. Le père et le fils. Qui ignorent ce lien entre eux. Nous tirons la plupart de nos grands mythes de la Grèce ancienne ; sans doute manquons-nous d’humanité, nous sommes trop localisés. Ce mythe, écrit par Ferdo wsi, poète iranien du XXème siècle, vaut bien celui d’Œdipe qui nous occupe tant. La conception de Sohrâb est un mystère en soi. Rostam ne retrouve pas son cheval au réveil ! Pour un guerrier valeureux, que la légende porte aux nues, voilà qui est bien étrange. Il va le chercher chez le roi, voisin et ennemi ! Ce dernier lui offre l’hospitalité ! Dans la nuit, la jeune princesse rejoint le vaillant guerrier et lui demande un enfant aussi fort que lui ! Que de cadeaux ! Sohrâb nait de cette union miraculeuse (si j’ose dire). Il est le fils de deux empires ennemis. Il grandit très vite. A cinq ans, c’est déjà un jeune homme impatient : il veut faire la guerre ; il veut connaître son père. Il part conquérir l’empire d’Irân pour le réunir à l’empire de Tourân qui l’a vu naître et ainsi obtenir la paix en plaçant ses deux parents sur le trône. Il ne doute pas qu’il trouvera son père, au passage, dans cette épopée qu’il lance. Après une longue quête, quelques combats, quelques batailles… le fils et le père se rejoignent non loin du champ de bataille, en un combat singulier. Tout d’abord, le fils gagne sur le vieux, lui laisse la vie sauve pour des raisons mystérieuses, « obéissant » à son père à la suite d’une courte négociation, puis mourra des coups de ce père qui n’aura pas la générosité de lui donner une seconde chance en retour. La paix naîtra cependant de cette mort généreuse. Donner la vie, c’est donner la mort. Et recevoir la vie, c’est au moins encourager la mort ; prendre la place, à terme, des donneurs. Comme il est douloureux d’y penser, nous, occidentaux, organisons la séparation mentale des moments : le temps de la naissance, de la joie, de la vie et celui de la mort, pour plus tard ; et bien séparés l’un de l’autre, comme indépendants. Le parricide fut longtemps le pire des crimes ; Sohrâb ne prend pas le risque de commettre cet acte. Tuer son fils est d’un tout autre ordre (voir Isaac par exemple, à l’opposé d’Abel et de Caïn) : puisqu’on lui a donné la vie, il y semblerait qu’il y ait moins de dommage, moralement, à la lui reprendre… Le père n’est pas sensible à la ressemblance qu’il a avec son combattant. Le fils s’en inquiète et se retient peut-être malgré le démenti de son plus proche compagnon d’armes : « cette ressemblance est fortuite. » On peut voir dans ce conte mille et une autres choses que ce que je viens d’en dire. Farid Paya n’engage pas son spectacle du côté des interprétations, du sens ou des sens, de la philosophie. Il suggère, laisse le spectateur rêver son théâtre. Il est côté du plaisir de la narration. Sur scène presque rien. Une estrade de trois marches. En fond, une tapisserie, tissu de soie tendu, aux motifs géométriques très orientaux, au sens commun de ce mot, et aux reflets changeant selon la lumière. Les acteurs sont très souvent « à la face », s’adressant directement au public, comme des conteurs qu’ils sont. Quand ils se battent, les corps s’affrontent avec grâce et puissance… danse, cascade et arts martiaux tissés. Les acteurs chantent souvent, en entrée ou en fin des actions, comme des récitatifs… Le « clan » de chacun des combattants est marqué d’une couleur, bleu pour Rostam, plutôt à cour, mordoré pour Sohrâb, plutôt à jardin. Un spectacle d’une grande économie de moyens et d’une grande puissance évocatrice ; simplicité biblique, si j’ose dire. Aurélien Pér éol


octobre 2012

ROSTAM ET SOHRÂB Oh, le beau et profond spectacle que voilà ! C'est la Cie du Lierre (aujourd'hui, nous dit-on errante, faute de salle régulière) qui est à l'initiative de ce « Rostam et Sohrâb » (prononcer Sorob). Farid Paya a trouvé la matière de ce somptueux poème épique dans « Le livre des rois », (le Shâ-Namêh) une œuvre maîtresse de son pays, l'Iran. Il s'agit ici d'une quête initiatique, la recherche de son père par un enfant, très vite grandi. Rostam, guerrier farouche, héros de son peuple, a eu un fils qu'il ne connaît pas, Sorhâb. Celui-ci, vaillant guerrier du peuple ennemi, se met en tête de retrouver son père. Il y a des conseillers, des guerriers, un roi. De combats en combats, l'affrontement finit par avoir lieu. Sohrâb se laisse persuader que l'homme qu'il combat n'est pas son père. Nous n'en révèlerons bien sûr pas la fin. Tissée en vers musicaux par l'auteur, la fable se déploie magnifiquement, dans une mise en scène épurée. Côté décor, il y a tout au plus un panneau aux couleurs changeantes sur ce vaste espace. Les comédiens, tout autant chanteurs que danseurs nous font entrer peu à peu dans cette histoire : ils nous prennent par la main, comme les enfants que nous sommes restés, pour nous emmener où ils veulent, un palais ou un champ de bataille. Pour nous confronter au tragique de ces affrontements chorégraphiés au millimètre. David Weiss éclate dans le rôle de Rostam : puissant et solaire, il est l'homme idolâtré par un peuple qui se trouve confronté au double problème de la paternité et de l'âge, puisqu'un autre guerrier, plus jeune, vient le défier. Sa majesté, sa façon hiératique de bouger et ses regards de côté, emportent l'adhésion. En Sorhâb, Vincent Bernard a la jeunesse pour lui, justement. L'innocence lui colle à la peau et c'est à une vraie mue que l'on assiste, celle de l'enfant vers le héros. Tous les autres comédiens sont au diapason. Ils se mettent au service d'une histoire de guerre et de sang, une histoire aux arrière-plans philosophiques, bien sûr, une histoire où Shakespeare aurait pu puiser mille et une pièces. Citons aussi Guillaume Caubel, narrateur à la voix si prenante et, dans le rôle de la reine Tahmineh, Marion Denys. On ne saurait oublier de mentionner le travail sur les costumes, faits de belles étoffes bigarrées, qui participent, avec les éclairages très travaillés, à la magie du spectacle. Théâtre épique, donc, théâtre qui joue son rôle de transmetteur d'une fresque ancienne qui nous parle encore. Et comment ! Gérard Noël


Pas la peine de crier│11-

11111 par Marie Richeux

21.05.2012 - 16:00

Depuis le Livre des rois « Sobre

et fastueux. Il y a énormément d’action dans ce récit que

vous donnez à voir sur scène. Vous optez pour une mise en scène sobre, juste un panneau qui change de couleur, les costumes en revanche sont fastueux. Il y a une présence du corps qui est extrême qui passe aussi par la voix. » Marie Richeux


Les traverses du temps par Marcel Quillévéré, du lundi au vendredi de 19h08 à 20h

21 mai 2012 19:08

Farid Paya metteur en scène « J’ai adoré ce spectacle. Une véritable saga, une épopée où il n’y a pas une seule baisse de tension. Ce texte que vous avez traduit est tellement poétique. C’est rythmé du début jusqu’à la fin. Vous êtes un de ces rares metteurs en scène qui savent raconter des contes pendant deux heures et nous passionner. On ne s’ennuie pas un moment. Il se passe de tout sur scène : ils dansent, il y a des arts martiaux. On est épaté par les huit acteurs, tous Français, qui chantent la musique quasiment iranienne de votre compagnon de musique Bill Mahder. Un spectacle fait pour tous les âges. Il y avait des enfants à côté de moi qui, totalement pris, demandaient : « qu’est-ce qui va se passer, maman ? », et cela au milieu des cascades, de la musique, de la danse. Vincent Bernard en jouant Sohrâb, un enfant de cinq ans, est étonnant. C’est un acteur qui a beaucoup d’avenir comme tous dans la Compagnie. Signalons aussi la performance de David Weiss, un Rostam dur et invincible, il est sûr qu’il va gagner mais il est tellement bouleversant d’humanité. Citons aussi Guillaume Caubel qui a une voix magnifique, Marion Denys, Xavier Gauthier, Thibault Pinson, JeanMatthieu Hulin et Cédric Burgle. Il faut rendre hommage à Évelyne Guillin qui a fait la scénographie et les costumes. On dirait les enluminures de livres persans. Ne ratez pas ce spectacle de la Compagnie du Lierre de Farid Paya! »

Marcel Quillevéré


Mai 2012

« Un spectacle sublime. Rostam et Sohrâb est un travail vraiment magnifique sur la voix, sur le corps. Les acteurs ont un sens très aigu de la gestuelle, de la manière de la suspendre. Cela vient sans doute de votre rapport aux théâtres d’origine asiatique comme le Kathakali. » Thomas de Hambourg


mai 2012

BBC Persian

Paya utilise les ressorts de la tragédie shakespearienne pour raconter cette légende iranienne. Les comédiens s’adressent directement aux spectateurs, abolissent le quatrième mur pour nous emporter au cœur du spectacle.



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