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Je suis un chiffonnier, je suis constamment à la recherche d’objets recyclables divers depuis les déchets mélangés voire la décharge, aux dépôts, ou près du canal. On utilise l’expression « faire les poubelles » mais c’est ma façon de survivre. Je fais le tri, je déambule le long de la rue du marché de la Petite Vitesse pour avoir un client potentiel. Ici, je ne suis pas le seul à vouloir survivre de cette manière. Il crève de monde aux deux bords de la rue, plus de vendeurs que de clients. Ceux qui ont leurs emplacements rallongent leurs tables jusqu’au pavé, d’autres tiennent leurs marchandises dans leurs mains comme moi. Les clients quant à eux, ont un air méfiant, ils gardent leurs sacs contre eux de peur de se faire voler et sont toujours réticents avant de retirer de l’argent. Ce que je vends, dépend des matériaux que je trouve ; je suis assez doué pour transformer de simples choses en œuvre d’art. Malheureusement lors de la vente, les gens tournent leur dos dès qu’ils entendent le prix pourtant pas cher de mes articles. Il est dommage que les gens ignorent tout le travail passé à transformer les objets. Et je ne comprends toujours pas comment les objets des magasins de la gare arrivent à être vendus comme des petits pains malgré leurs prix exorbitants bien qu’ils ne diffèrent presque pas des miens. J’aurai aimé voir ces magasins de plus près mais je n’y ai pas accès à cause de mon statut. A la nuit tombée, je récupère les cartons abandonnés des autres marchands et je rencontre tout le temps les mêmes enfants de rue qui scrutent le sol en espérant trouver à manger. Je reconnais certains d’entre eux qui ont l’habitude de « faire les poubelles » et ils me reconnaissent eux aussi. Mes objets transformés les fascinent, ils en profitent toujours pour me demander comment j’arrive à les rendre ainsi. Je suis persuadé que ces enfants vont finir comme moi, je les consacre alors 5 minutes de mon temps pour les expliquer. Une fois le récit de mon savoir-faire fini, je rentre au point de dépôt au bord du canal, mon chez moi.

Je suis un chiffonnier, de temps à autre, je suis à la recherche d’objets recyclables divers depuis les déchets mélangés voire la décharge, aux dépôts, près du canal mais la plupart du temps je trouve des objets déjà triés dans l’entrepôt du marché. Auparavant on utilisait l’expression « faire les poubelles » mais maintenant j’ai une panoplie de choix dans l’entrepôt, cette activité a eu une autre tournure. Pourquoi choisir les déchets déjà triés ? Parce que je suis doué pour transformer les objets en œuvre d’art. Faire de l’artisanat est ma façon de survivre de ma passion. Ici, je ne suis pas le seul à transformer des objets, on est beaucoup à avoir cet art du savoir faire. Maintenant c’est beaucoup plus facile de nous exprimer car on a déjà une variété d’objets déjà triés à disposition. Il crève de monde, les gens sont présents non seulement pour acheter les objets mais aussi pour nous voir à l’œuvre. Ce n’est plus le marché qui existait autre fois, les gens sont beaucoup plus nombreux et souriants. Ils prennent leurs temps pour regarder les choses et se parler. Les gens ont conscience de l’effort que je fais pour confectionner mes produits, ils n’hésitent pas à en prendre plusieurs modèles. Dans les jours qui suivent, je vais exposer mes œuvres dans la salle d’exposition de La Gare Soarano. Ce sera l’occasion pour mes élèves de voir la Gare de plus près. Effectivement, j’enseigne mon savoir faire aux enfants qui habitent le bâtiment et il arrive qu’ils m’aident dans mon travail. J’apprend d’eux tout comme ils apprennent de moi. Les jours ne sont plus monotones comme avant, je rencontre de nouveaux visages, je trouve des matériaux différents, je peux maintenant penser à l’œuvre que je vais faire et ensuite chercher mes matériaux, et j’arrive à m’exprimer plus facilement sans avoir honte de mon statut.

Anais Gerard


Je me trouve au marché, là où je me suis rendu lors de mon voyage imaginaire. La première chose qui me frappe, c’est les couleurs des marchandises qu’ils vendent. Parfois un peu même trop colorée qui nous attire et fait ressortir notre curiosité. Je vois des vêtements, des artisanats des légumes, de la viande et pleins d’autres choses encore mais que je ne puisse distinguer. Apres les commerces et les produits, je vois les centaines de personnes qui inondent cette ruelle. Le pont qui traversent la rivière n’ai jamais vide et continue à accueillir le flux de gens. Le sol est l’un des éléments les plus importants dans ce contexte comme il n’est pas bitumé. C’est de la terre, mais pas aussi rouge qu’on penserait trouver ailleurs, une terre plus rocheuse avec une couleur plus grise qui me fait penser au trajet des gens qui ne cesse de prendre ce chemin. Une douce brise souffle pour rafraichir l’atmosphère mais en même temps, lève une fine fumée de poussière qui passe sous les genoux des gens. Certains ce cachent le visage, d’autres ne s’en préoccupent pas du tout. Les sons qui émergent d’ici pourraient être comparables à ceux qu’on entend quand il n’y a pas de professeur dans une classe. Des conversations qui commencent et qui se terminent sans que l’on ait le temps de comprendre la situation. Au loin, on entend les klaxons des véhicules sur la route principale numéro sept. Sur le point, une odeur désagréable s’installe, on veut juste s’évader de cette espace. La chaleur est ressentit plus facilement et on cherche rapidement un endroit de repos ou d’ombre pour s’abriter. De l’autre cote de la rive, on ne voit pas vraiment la même ambiance. Les gens sont presse et doivent impérativement compléter leur travail. Les petites conversations n’ont même pas lieu a l’arrêt d’autobus car il ne s’entende même pas penser avec tout ses vehicules qui passent devant eux. La chaleur est insupportable, la route est à une température tellement élevé qu’on pourrait y frire un œuf. Je préfère rester sous le parasol est vendre tranquillement les artisanats que j’ai créé tandis que de partir de l’autre cote pour se perdre dans cette jungle urbaine. Le seul souci, c’est l’absence des arbres que je ne vois guerre dans n’importe quelle direction. Un seul arbre pourrait produire un endroit de rassemblement ainsi que de repos que je cherche sans relâche depuis que je me promène.


Ils prennent toute la place. Ou Dans mes souvenirs cet est l’organisation, l’ordre la endroit était plus beau à Ça commence à faire propreté. voir beaucoup ! Mais bon… au moins sa emmène de la vie ici C’est triste et bien dommage que ce soit devenus comme ça. Je n’ose même pas m’y aventurer aujourd’hui.

Il se fait vieux ce fou ! C’est quand que son fils prend la relève ? Les routes ont pris une telle importance aujourd’hui. Enfin… tout est plus important, tout le monde est occupé ici.

le chemin se perds dans ce décors

Je ne porte même plus attention ; Ils sont ancrés dans le paysage. Mon regard est plutôt attiré par ce qui se passe au sol

les stands s'enpillent J'apercois le lac au loin

devant moi

Mon ami prepare son stand pour la journée

sur ma gauche

encore des batiments. .. que de batiments

Haha ! Ils me font rire ces gamins. Et dire qu’il fut un temps j’avais leur âge.

Les enfants cours pieds nu sur la route

Dans les yeux d'un grand-père

derrière moi

Les fenetres en hauteur me surveillent

Le temps m’a appris à ne plus me soucier. Les gens Le vrai danger vient de vivent leurs vies comme ils la rue… le souhaitent.

les quelques arbres me redonne de l'espoire

Ils ont bien grandi ses arbres. Imposant et vert… dommage qu’on leur donne si peu d’importance

le chemin est bondé de personnes

sur ma droite

La vie est présente mais la pollution me choque Des bâtiments se dressent

Je ne sais même plus quoi pensé. L’âge m’a rendu sage, indifférent de se qui me trouble.

Ah ils sont toujours là ces enfants dans les arbres

Certaines choses ne changent pas !

la circulation est bloqué

De toute façon je ne conduis plus, tant mieux !

Les jours passent et se ressemblent… j’ai bien fait d’abandonner l’idée de jours meilleurs

Mais quel désordre. En mon temps, y avait-il autant de pollution ? Je me demande…

Quel changement, quel développement. Le paysage a bien changé. Je m’y perds aujourd’hui.

Il y a eu du bien comme du mauvais avec l’arrivé de ses nouveaux chinois. Je reste mitigé.


Av ant Jesui sunor phel i n.J’ habi t esurl er ebor dd’ unl acnomméBehor i r i ka, av ecd’ aut r esenf ant s or phel i ns, mesami s.Onmar chel essent i er setl esr uesdel av i l l eenquêt edenour r i t ur e, que par f oi sl esgensnousdonnent , si nononr est eaf f amésdev antcesr est aur ant s…Aucaf édel a gar edeSoar ano, l est our i st esév i t entnot r er egar d, mêmesi onl eurv endunepai r edesav at t es, past r opabî mée.Mêmel eur senf ant s, etl esaut r esenf ant sdel av i l l e, ontpeurdenouspar l er … Si seul ementj ’ ét ai scommecesaut r esenf ant s, bi env êt us, qui sav entl i r e, qui ontpapaet maman. Surl ' av enuedel ' I ndépendance, quel quest our i st esnousachèt entdesj ouet squ' onar amassés pr èsducanal .Mesami shur l entàmoi " Raj ov o! !Vi ensv oi rc' estt onmusi ci enpr éf ér ésur l ' est r adeàl ' hôt el dev i l l e! "I l ét ai tl à, chant antetgr at t antsagui t ar eav ecf i er t é, etj echant e ensembl eav ecl ui j usqu' àl af i nduspect acl e, apr èsi l par t . . Etmoi j er et our nev er smonabr i , monchezmoi . .Mai sder r i èr el agar e, j ’ ent endsdest r ai nsmai s j enel esv oi sj amai s.Enl ongeantl ’ énor memursurl er ebor ddel ar ue, j ej et t euncoupd’ oei l di scr èt ementdansunedesent r éesetj ’ aper çoi sunt r ai n.Qu’ i l estbeau !Mai scommenti l r oul e  ? Commentçamar cheunt r ai n  ?Cependant , ent r et empsl egar di env i entmechasserdut r ot t oi r enpensantquej esui sundél i nquantetquej ev ai sj et erdespi er r esauxaut r esenf ant squi sont ent r aî ndej ouerav ecunbal l on.Mai sçat ombebi en, carj edoi sr ent r erpourr amasserl es car t onssi nonl epat r onnenousdonner apasunepi ècepournot r epai ndecesoi r … Apr ès " Raj ov o, r év ei l l et oi etv i ensmanger ! "ai nsi début emaj our néeparl av oi xdemar r ai neSophi e.En ouv r antl esy eux, j econt empl ecet t ev uesurcest r ai nsci r cul antàpet i t ev i t esse; del oi ni l s sembl entmi nuscul esmai si l sv i ennentenf or ce.Mesami ssontdéj àr év ei l l és; j er angemonl i t etj ef ai smat oi l et t e.Pui sondescendt ouspourmangercequel esmar r ai nesnousontpr épar é. Sophi eestcommel amamanquej ' ai j amai seu.El l emedonnedesv êt ement sr épasséset j ' assi st eauxcl asses.Auj our d' hui j ' appr endscommentmar chel ' él ect r i ci t éetonconst r ui tun ci r cui tpoural i ment erunel ampe.Ar r i v émi di , j emanget ouj our sauxcôt ésdemesami sà l ' ombr edesar br es, sousunki osqueetonj oueensembl e, mêmeav ecdesaut r esenf ant sv enus sepr omeneri ci .Tousl esj our sonr encont r edenouv eauxami sav ecqui onsepr omènecomme gui desdansl epar cdumuséedest r ai ns.Cesnouv eauxami setd' aut r esgensqui f l ânnentà t r av er sl esar cadesnousr egar dentdansl ' at el i er .Làonsepr épar epourl acér émoni ede l ancementdel acompét i t i onr égi onal eder ugby .C' estungr andj ourcarj ej ouer ai del agui t ar e dev antmonst ar !Quel ssontl essent i ment squem' év oquentcemonde?C' estnouv eau; est ce cel al ebonheurd' av oi runchezsoi ?D' av oi runef ami l l e?D' av oi renf i nunmondeoùj ' appar t i ent etj esui sai mé?Jer éal i sequ' auj our d' hui , j epeuxr êv er , r êv erder encont r eruni dol , mai saussi r êv erd' unav eni r .Etj ev oudr ai sdev eni ri ngéni eur , mai saussi unmusi ci enamat eurent emps par t i el !

Khushboor ani Beekawoo


CHOCOLATE FACTORY

Suffee Djamiil - ENSA Nantes Diagramme des mots clefs

MARKET

RETENTION POND

CULTURE

CANAL ANDRIANTANY ENERGY DISCIPLINE AGRICULTURE

ACCESS

ARTISANAL

CRIMES

HOMES

POVERTY

INSALUBRITY

WASTES

FLOOD

DISEASES

PETROLEUM

EDUCATION

COMMUNITY

FOKONTANY


GÉNÉRATIONNEL ÉTROIT SOIGNÉ COMMENT? FRAGILITÉ HABITAT MARCHÉ RÉCUPÉRATION IMMENSITÉ ÉCART IMPROMPTU PLURALITÉ TEMPORALITÉ CRÉATION TRANSITION BOUEUX INSTABILITÉ CIRCULATION LIEN DÉLICAT ÉPHÉMÈRE RECYCLAGE ODEURS ACIDES QU’EST-CE? CRÉATIVITÉ JOIE DE VIVRE TRANSMISSION SOLIDARITÉ SURPLUS ENCHANTEMENT DÉNIVELÉ FOKONTANY MIXITÉ POLLUTION MANQUE D’HYGIENE COMMUNAUTÉ APPROPRIATION NATUREL AUTONOMIE INFORMALITÉ

VISIONNAIRE DÉCHETS PAUVRETÉ EXPÉRIENCE ÉCOULEMENT ASSOURDISSANT EAU POTENTIEL INONDATION

INÉBRANLABLE

HUMAIN

VENTE D’OBJETS

PRÉCARITÉ

QUAND? DENSITÉ VIE COMMUNAUTAIRE SIMPLICITÉ FAUTE DE MOYENS ÉTALE SOURIRE MATIÈRE DÉCALAGE DÉBROUILLE PETITESSE FAMILLE TOUT À LA FOIS EN PERDISSION

FAIRE AVEC LE MINIMUM


Entrecroisement Mosqué Canal

Tremplin Le taxi me dépose à l’avenue de l’indépendance. Mais le chauffeur ne veut pas me déposer à Isotry qui se trouve, d’après mes contactes, à 500 mètres de cette grande avenue, il dit que “Isotry c’est chaud”. Mais moi, c’est bien là bas que je veux me rendre. Pour un migrant comorien comme moi, c’est le seul lieu d’accueil dans tout Tana. C’est justement cette image obscure de ce quartier qui permet à des pauvres gens comme moi de commencer une nouvelle vie à Tana . Suivant les rails depuis l’avenue de l’indépendance, je traverse ces 500m de foule, c’est une foule de marchands, de gens qui charrient des objets ramassés, de voitures et de camions qui essayent tous d’avancer dans cette ruche. Une chose est sûr, beaucoup suivent ces rails, tout comme moi. Et moi, tout ce que je sais, c’est qu’il faut suivre ces rails jusqu’au canal Andriantany. C’est là-bas que se trouve mon nouveau quartier, Isotry. Le chauffeur est fou! Je suis à Isotry et tout ce que je vois c’est un condensé de bâtiments et surtout, c’est bondé de gens! Les rues ne font même pas 2m mais cela n’empêche pas au gens de s’y installer pour vendre leurs objets de récupération. Mais quel bidonville parle ce chauffeur!? C’est un marché à ciel ouvert. C’est difficile de repérer la mosquée de mes compatriotes, tellement que ca bourdonne de monde! Je continue à suivre les rails, qui longe maintenant le grand canal Andriantany. Ça sent mauvais, l’eau est recouverte de déchets. Aah voilà mon ami Izy, au pied de la mosquée. Je serai son nouveau colocataire.

Marché Migrants Travail Déchets

Mobilité / sociale Densité

Made by Isotry Serré

Piéton

Echange

Traversé

Isotry Appropriation Rails Eau Place

Trié

Ady Gasy

Made in Isotry Pôle

Acceuil

Accessible Rencontre Plateforme

Divakar MOODHOO


La gare de Soarano maintenant et quelques années plus tard

“Je suis un simple habitant de Tananarive. J’aime me divertir, alors je me balade le long des arcades de l’Avenue de l’Indépendance et j’arrive à la frontière devant la façade de la gare de Soarano. Je me suis dit “Mais quelle magnifique façade!” C’est dommage que les guardiens n’autorisent pas des simples malgaches comme moi-même à y entrer; ces lieux sont fréquentés que par des personnes riches, majoritairement des touristes. La promenade le long de l’Avenue de l’Indépendance s’arrête brusquement à cause de cette frontière. Je peux voir les toitures des entrepôts à l’arrière; j’aimerai bien aller découvrir cet endroit, voir les trains de plus près et voir ce que les gens font. Mais d’après ce que je peux voir au loin à travers des ouvertures ou entre les arbres, il n’y a pas de vie. Tout cet espace pas assez exploité est une perte. Imaginez tout le potentiel qu’a ce site; son emplacement est parfait, avoir de la place n’est pas un problème et il y a beaucoup de facilités déjà présentes sur place.”

“Je suis un simple habitant de Tananarive. Pour me divertir, je longe l’Avenue de l’Indépendance et en arrivant à la façade de la gare de Soarano, je fais face à une entrée spectaculaire et accueillante. Ouvert à tous, le hall grouille de monde et de l’autre côté on arrive à un espace couvert où on attend que les camions et les trains passent avant de traverser pour arriver à un autre espace couvert dans un jardin immense. Mais que vois-je de l’autre côté de toute cette verdure? Un modèle réduit de l’Avenue de l’Indépendance? Oh, il y a même un petit train qui vient prendre les gens pour les emmener aux arcades, c’est sympa! Par contre j’aimerai bien suivre un de ces passages pour voir où il mène. Ah quel plaisir de marcher parmi toute cette nature et en même temps, découvrir des wagons qui sont exposés ça et là dans le jardin. Je me retrouve maintenant dans les arcades du modèle réduit de l’Avenue de l’Indépendance; c’est comme-çi l’Avenue continuait en fait. Une galerie, un théâtre, des dizaines de commerce: on retrouve bien la culture malgache. Cet endroit est devenu beaucoup plus plaisant et plus dynamique qu’auparavant et n’est plus un monde en soi, il est connecté avec son alentour. En marchant sous ses arcades, je remarque qu’il y a plusieurs ouvertures qui donnent sur plusieurs différents espaces de l’autre côté des arcades et ces petites découvertes donnent encore plus de plaisir et de divertissement à cette promenade qui se termine par un grand estrade, probablement pour des performances. De plus, les vues à l’étage sont magnifiques. Cet endroit a beaucoup de vie et va certainement attirer beaucoup de monde.” - Un simple Tananarivien

Irshaad Mungly


-Melting PotSitting at the bench of the river Ikopa on the green grass, I am surrounded by people who are unwinding themselves and having their lunch. I am emotionally moved by the atmosphere. How can a simple place be so alive and rich in terms of ambiance? I feel content and relaxed under the shade of a mango tree. It is a pleasant and peaceful scene. I can see and hear the flow of clear water. In addition, I can hear the crowd of the hungry customers in the nearby food court which is a serene and seductive space in itself. At a more prolonged distance behind me, I can sense the arrival of the trains by the comforting sound of the railways. On the opposite side of the river, I can see the colourful market place. I feel myself in a melting pot of different colours, cultures, exchange, meeting and sharing. A painting of Antananarivo whereby the scene of life is so lively and vibrant. A place where all senses come together: First and foremost, The Sight in terms of vivid and colourful view for the eyes. The materiality of local bricks and the skills of inhabitants can be seen in the construction style. Secondly, The Hearing whereby since ages the marketplace, food court and train station has been known to be a socializing place for making acquaintances and the loud shouts of the inviting merchants to the ear is a must. Thirdly, The Smell of the freshness of the vegetables, fruits, fish or meat market cannot be ignored. Fourthly, The Touch which is the sense used by people to feel the texture and examine the quality of products is also a main part of the marketplace. Finally, The Taste is also valued at this place where the flavours of the fresh, rich and healthy supplies with great taste to the tongue cannot be left unnoticed. Technically speaking, I am in a duality between industrial/organic, technology/landscape, city/river, machine/people and implemented/participative. But, the liveliness of the inhabitants and their activities take over my senses. The industrial zone and the technical side of water control of the river is unnoticeable. There is no trace of the past. The dead city without human interaction has faded with time. The flow of dirty water and the muddy dull river sight is no longer a reality. This intersection is not just a road with linear movement of vehicles now. It has become a hub, a public space, a meeting point where people stop, experience and live the spaces.

Gianish Lilloo S5 ENSA Nantes Mauritius


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LES RIZIERES ONT DISPARUS LEURS COULEURS VERDOYANTES

L’ODEUR DE LA TERRE

DES PLAINES VERTES

MON QUARTIER A CHANGE

QUAND JE MARCHE LE SOIR

POUR NOS GENERATIONS FUTURES

DE LA TRISTESSE

SAINE

DE LA PEUR

ACCEUILLANTE

JE ME RAPPELLE

L’ATMOSPHERE

JE SUIS BEBE NORINE

A PRESENT, JE RESSENS DES INONDATIONS RAVAGANT NOS MAISONS

DE LA JOIE SECURISEE MON QUOTIDIEN

MES LINGES SECHANT AU SOLEIL

DE LA COLERE

LES ENFANTS COURANT ATOUR DE MOI QUAND JE VOIS LA POLLUTION AUTOUR DE MOI

DE VOIR LES ENFANTS RIRIENT

Nellie Le Juge De Segrais


La vie en tant que marchande. Être une jeune adolescente de dix-sept ans à Ankorondrano est ni facile et ni plaisant à vivre. Notre repas quotidien est difficilement gagné. La misère pèse fort et la seule façon de s'en sortir est de travailler dès le plus jeune âge. Mon rêve de pouvoir apprendre et lire restera à jamais un rêve, car il est indispensable que je travaille avec mes parents pour les aider à vendre les marchandises qu'ils fabriquent. La Chine fabrique et après nous les recyclons pour créer de nouveaux objets. Mes parents sont dans ce domaine depuis très longtemps. La place où nous sommes pour vendre nos marchandises est très sale et avec l'odeur du canal Andriantany, ce n'est pas facile de rester là-bas une journée et dès-fois des larmes me viennent aux yeux quand je pense comment c'est difficile d'y vivre. Malgré, toutes les difficultés, j'aime bien le lien fort qu'il y a entre nous les habitant et notre solidarité envers chacun. La nature pour moi est plus un privilège à ceux qui ont de l'argent plein les poches. La raison pour laquelle j'ai ce sentiment est parce qu'avant nous avions accès libre au Lac Massy et toute nature qui viennent ensemble. C'était un lieu de rassemblement pour nous les jeunes et vieux. On était libre comme des oiseaux et pouvait ressentir la bénédiction de la mère nature sans dépenser des sous. De plus, je garde la foi qu'une lueur d'espoir va se déverser sur nous les habitants d'Ankorondrano. Et Après... Le nouvel emplacement qui est une bénédiction pour tous les marchands nous aident à mieux vendre nos marchandises. C'est aussi un lieu d'échange sociale qui nous rend plus proche et nous aide à tisser un lien invisible. Ce dispositif a donné la possibilité aux habitants à participer dans la démarche du projet et cela a été un facteur majeur de rassemblement. La chose qui m'a surpris était le fait que les touristes s'intéressaient à ce que nous, les malgaches avaient à vendre et ils les achetaient. Pour moi, cet échange entre les malgaches et les étrangers me réchauffe le cœur. Le revenu par jour a augmenté grâce à l'augmentation des gens qui y viennent pour des achats. Ça a facilité notre vie quotidienne et nous a rendu plus heureux. L'emprise de la nature mise en place dans ce site rend le lieu vivant et beaux. C'est un plaisir d'y partir et se détendre tout en rencontrant des camarades ou des connaissances. Maintenant, c'est une joie de vivre et je peux voir des sourires sur les visages des enfants qui jouent près du marché sous les arbres. Diveshka Sunnassee


Revenue Pr omenade

Nour r i t ur e Net t oyage

Li ber t é Enf ant

Pr opr e

Loi si r Rencont r e

Tour i st es Act i vi t és

Ri zi èr e

Déchet s

Nouveau Paysage

Tr avai l

Cul t i vat i on

Gest i on Eau usées

Encl os

Pr odui r e

Aut r e cul t ur e

Joi e

8ans

Agr i cul t ur e ur bai ne

Tr ai t ement

Eau pot abl e


Av ant

Apr és

Ts i r y , ay oungboywhovi s i t e dt hef okont anyandwhoe x pr e s s e shi sf e e l i ngsbe f or eandaf t e rt hepr oj e c t

LACKOFEQUI PMENT Noschool Nol i br ar i es Nohospi t al

Noi ndust r i es

POLLUTI ON

PUBLI C SPACES Nopubl i c i nf r ast r uct ur es

I mpr ov edhous i ng i nf r as t r uc t ur es

LEARNI NG I NSTI TUTI ON

Ai rpol l ut i on-smel lbad sewer agenet wor ki nt hechannel

ACCESS

NO GREEN SPACE

Noeducat i on

l ackoft r ees Nogar den unusabl esoi l

DENSE POPULATI ON

ATTRACTI VE ENVI RONEMENT

DANGER Fl oodi ng

J OBS

Thi efandcr i me

RUPTURES TheCanal

Ther ai l way

PUBLI CLI BRARY

Notat t r act i ve

Br i caBr acShops Smal lGr ocer y Themar ket

ManyHouses Notsomuchspaces Noconst r uct i onr ul es

NEW ROAD I NFRASTRUCTURE

DEVELOPPED

Noj obs Nodecenthouses

Pl aygr ound

Educat edpeopl e

RoadAccessonl yf orpesdest r i an Noaccesst opot abl ewat er

POVERTY

Shar i nggr een s pac esbet ween t het wof ok ont any

OUTDOORTHEATER NO MOREPOLLUTI ON

Resi dent i el Zone I ndust r i es Roads

Recycl i ng

Compost

Wor k i ngs pac es

wor kshop Ski l l sdevel opment

Sewer agenet wor k s Fac i l i t i esofel ec t r i c i t y andwat er ShaneelJogoo


MON FOYER

composée de mes cinq enfants. La vie est difficile sans lui mais elle continue, j’ai l’espoir en mes enfants.

…Cinq mois plus tard

Reveil à Ankorondrano Mes yeux s'ouvrent lentement, couverts d'un fin voile se dressant entre le sommeil et l’éveil. Je sens mon ventre gronder et j'entends le bruit étouffé de l'eau qui coule sur le tapis en vinyle, possiblement de la pluie la veille qui coule du toit abîmé. Je me réveille du matelas et je prends ma pandiculation matinale. Il est quatre heures, marquant le début d’une autre journée habituelle à Ankorondrano. Du gallon jaune, je prends un peu d'eau dans un gobelet pour me laver la bouche et le visage. Je change mes vêtements et je porte ma jupe rouge et ma chemise blanche. Je prends deux gallons d'eau et une cuvette remplie de vêtements pour me rendre au lavoir. J'ouvre lentement la porte pour éviter le craquement grinçant de réveiller les enfants; Fionoana, Adrianna, Riantsoa, Rakoto et Nalah. La cuvette tenue par mes bras, appuyant sur mes hanches, je me faufile rapidement à travers les petites ruelles sombres pour aller au lavoir à côté du petit canal. Après avoir lavé les vêtements, je les essore pour les faire sécher. Pendant ce temps, je fais la queue à la borne fontaine pour remplir les gallons d'eau. Dans la file d'attente, les bavardages avec les autres dames du quartier sont accompagnés d'éclats de joie; c'est mon petit moment heureux de la journée. Après avoir payé et rempli les gallons, je fais la queue aux toilettes publiques. Ensuite, je retire les vêtements à moitié secs de la corde et je rentre vite à la maison pour préparer la journée pour la famille. Je dois préparer Rakoto et Nalah pour aller à l'école, pendant que leurs deux sœurs aînées Riantsoa et Adrianna s'occupent de la maison. La plus grande travaille comme servante dans la jolie maison en brique rouge à proximité, tout comme moi. Mon mari vous demandez? Il n'est plus. Il est mort de la tuberculose il y a quatre ans et ma seule famille est

Le soleil de l'après-midi frappe fort, il est 15 heures. De la rue animée de voitures, j'entre dans la petite allée pavée de pierres pour me rendre chez moi. La ruelle, plus large qu’avant, n’est plus jonchée de déchets. Je salue les habitants qui bavardent à l'ombre des arbres qui bordent l'allée. J'arrive presque chez moi et je vois un camion qui débarque des briques et des sacs de ciment chez mon voisin; il ajoute une extension à sa maison. Je dépose mes sacs à la maison et je vais aux toilettes dans l’arrière-cour. Comme c'est l'été, les nénuphars fleurissent bien dans le bassin de traitement des eaux domestiques. Ensuite, je remplis un seau d'eau du réservoir sur le toit et l'amène à ébullition. Soudain, j'entends un cri indistinct à côté. Je sors rapidement et je réalise que les cris proviennent de ma voisine, Mme Mananjara. Je me dirige vers sa maison et je la trouve sur le sol au bas de l'escalier avec du sang barbouillé. J'appelle rapidement l'ambulance depuis mon téléphone portable. En attendant, je l’arrose légèrement d’eau et elle est toujours consciente. J'essaie lentement de la soulever, de la faire basculer contre le mur et je lui offre de l'eau. Quinze minutes se sont écoulées et l'ambulance est enfin arrivée devant sa maison. Les ambulanciers l'aident pour l’apporter dans l'ambulance pendant que sa nièce l'accompagne ; ils sortent par l’accès sud du quartier. Dans ce moment je réalise que sans les accès et chemins qui ont été aménagés dans le quartier il n’y a pas beaucoup de temps, cette situation serait beaucoup plus compliquée. Navneesh Sharma Ramessur


Adr i enMa l l a c S i m


SE PROJETER À TANA

Je marche dans la peau d’un père de famille. Je marche pied nu sur cette voie remplit de déchets et d’eau polluée. Je reste positif car cet endroit est magnifique, pleine de vie. Les gens s’y sont habitués, habitués également au fait de ne pas avoir d’argent pour se nourrir. Cet endroit est toutefois un lieu où j’ai grandi, le lieu où j’ai appris à vivre. Mes enfants ne partent pas à l’école, ils partent à la recherche des déchets que nous allons utiliser pour fabriquer des objets. Ces objets, moi je les vends, pour pouvoir avoir un peu d’argent. Je vends mes articles sur la rue devant des immense bâtiments industrielles et des bureaux. Je regarde des gens très riches qui retournent chez eux avec leurs voitures de luxe. Je sais bien que je ne vais jamais être à leur niveau mais c’est pas grave. Car mon seul but c’est de trouver de la nourriture pour satisfaire mon appétit de hier et celui de toute ma famille. Je ne veux pas être riche, je veux juste vivre. Je retourne dans mon quartier. L’odeur atroce et des piles de déchets à l’entrée rendent cet endroit pas accueillant. Mais cet endroit-là c’est bien mon monde. Maintenant que je suis un vieil homme je vois ce lieu autrement, il y a des arbres, des simples arbres qui change l’espace complètement. Ces voies qui mènent à un espace de rencontre, un espace où tout le monde peut enfin jouer, s’amuser et passer des moments agréables. J’aperçois que l’endroit est beaucoup moins pollué. En marchant j’aperçois un peu plus loin, des lieux de travail, il y a des grandes surfaces de plantations où les gens peuvent travailler et se nourrir. Il y a aussi un espace où nous pouvons vendre nos articles, un endroit sous l’ombre. Les enfants ont un espace où ils peuvent jouer. Ils ne sont pas riches mais ils profitent quand même de leur vie. Il y a une harmonie qui règne dans mon quartier. Nous nous sentons libre, libre d’être ce que nous somme .

SHRISH MANGAR


The boy on the other side of the reality of life. Walking along the National road seven, i can see the amount of people entering and leaving my beloved tana. The condition of this road is much better than where I live. The rich are all around me, going about in their cars, entering the huge supermarkets to buy food. Some are good, others are fools, for they are just thinking of their luxurious lifestyle. What will happen if the people of my surrounding get nothing? What will happen if all the people will live in such poverty. I have heard stories of people who do not need to wash themselves once a week. They are always taking a bath, sometimes two times a day!! Some even have the dignity to shit in a closed box. We had one, it is now so dirty that it hurts me to know I have to use it. Imagine a place where people are shitting on other’s shit, and that splashing on our bums. I am the person who lives this reality every day. My mother, my sisters, my aunties, all have lost their dignity? Lost? Well its more like never had one. People are living around me, they are thinking of their future plans, what am I doing? Simply surviving! Everyday is a fight to stay alive! AMAZING!! This bare land, so huge that I would love to be here. As I cross the road to come to that area, I can clearly see the huge space being available to do several things. Why not toilets? My family needs it. The sun is scorching yet this is my sun and my skin colour, so dark, is made to endure it. My muscle flexes and my eyes squint as I try to look at the other end of the land. Yes!! There it is, the Canal d’Andriantany. The unused railway too is there. Poufff!! My thought just went away, I need to dump my excrement! Well, my house is far on the other side of the river, and there also there is no proper toilet. Being dirty is not a consequence of being poor but all about a mindset. If I had toilets, I would have made an effort to go back, but now I guess the canal’s bank is the place to go. Once there, the breeze is gently touching my skin. As I take my pants down, I wonder how my sister will feel right here. Someone may be watching me, someone who would watch my sister. How about the rapes? Oh my god, if you do exist, end my misery! Or end my life!! I plunged my hand in the water and rubbed my butt with it. I know it’s bad, but that’s the norm here. I just started to walk back towards the road, feeling tired. Why is there no shade? Not one single place to sit on this whole bare land. Far to the right I see some lines of greenery. Going in that direction, I smell the air, thick and dry at the same time. Oh, my beautiful Madagascar! I love you more that what you think but what can I do? Ariary is eating the mind of the people! And government is chewing their souls! Mitsangàna Mada! Manampy ahy andriamanitra !! Vonjeo ny fireneko !! vonjeo ny vahoakako !! (Rise up Mada! Help me god!! Save my country!! save my people!!)


The boy after seeing the change Life is no longer the same. My prayers were heard and even more than that. People who were rotten by Ariary can no longer influence us. What we were throwing away is now being kept for use. My mother, my sisters, my aunties, all have a place to excrete securely and with dignity. I have now got the feel of how people are showering twice a day with hot water. Last week, me and my fiends went to the bank of the river Ikopa and collected all the waste along the banks. We have to keep it at the new place where it will help us to use toilets. We have tickets there and we are no longer having trouble in making a business out of waste. My family is always there working in the huge workshop, producing a lot of things which will be used by others. My area is not only cleaner but also greener!! We have a little park where families and neighbours are coming and enjoying social life together. My parents just learned to build objects and we are earning a little extra in the area. Well, sometimes it does smell a little bad, especially when the compost makers are opening the hanger where it is done but its just for an hour or two. Comparing it to the other times when it was the smell of people defecating on the ground, now it is better to smell bad for something good. We are surely not having a luxurious life but it is surely an improvement in our lifestyle. I get to wear clean cloth which is being washed by filtered water from Ikopa.


VOYAGEONS DANS NOTRE IMAGINAIRE 05/12/2018

SHEKINA MOOTANAH

“ Je suis fatiguée de devoir vivre comme ça. Nous avons des rizières mais nous ne pouvons pas les utiliser et nous ne gagnons rien d’elles. ”

Je vais tous les jours dans cet endroit avec mes voisines. Nous nous retrouvons tous les jours, sans exception, entourées de ces murs en briques. Mais peu importe leur matériau, tout ce dont j’ai besoin c’est de l’eau pour laver les vêtements de ma famille et d’un endroit pour les mettre à sécher. Ah, je vois mes enfants qui me rejoignent. Ils vont pêcher ! J’espère qu’ils auront des poissons et qu’ils pourront les vendre pour qu’on ait un peu d’argent pour plus tard. J’ai tellement faim. Je ne peux pas imaginer ce que mes enfants ressentent. Il y a une odeur omniprésente et les déchets sont partout. On les voit, on les sent, on les ressent. Mon mari essaie de travailler pour ramasser des sous pour qu’on puisse subvenir à nos besoins mais c’est tellement difficile. On n’a pas d’eau propre. Nous lavons nos vêtements dans l’eau polluée des rizières. Nous utilisons des savons que nous fabriquons pour les nettoyer. Nous faisons comme ça depuis des années maintenant et j’en ai assez. Nous ne pouvons pas nous permettre d’aller faire notre lessive dans les lavoirs et nous ressentons que nous sommes délaissés. Rien n’est fait pour nous aider ! Ce n’est pas normal. Je suis fatiguée de devoir vivre comme ça. Nous avons des rizières mais nous ne pouvons pas les utiliser et nous ne gagnons rien d’elles. Nous ne demandons qu’à travailler.

Je vais tous les jours dans cet endroit avec mes voisines. Nous nous retrouvons tous les jours sans exception, entourées de ces murs en briques. Cet endroit a changé du tout au tout. Je m’y sens bien. C’est un endroit vivant, nous avons tous du travail. Nous avons une raison d’aller à cet endroit. Je peux laver mes vêtements avec une eau propre, mes enfants y pêchent, et mon mari a trouvé du travail. Il y a tellement de nouvelles activités présentes dans cet endroit. Je me sens encouragée pour avancer. C’est un lieu d’activité, j’aime y aller et c’est un vrai passage vers l’autre partie de la ville. Le marché plus loin est l’endroit où nous pouvons vendre nos légumes. Nous plantons tellement de choses aujourd’hui. Avoir le marché juste à côté est un vrai atout pour nous qui voulons nous diriger vers l’agriculture. Avec tout le développement dans nos alentours, nous ne pensions pas pouvoir y bénéficier. Je suis surprise de voir que ça marche. Je n’y croyais pas. Je ne pensais pas qu’un jour, ma vie aurait pu changer à ce point. Mais c’est vrai. Aujourd’hui, mes enfants sont heureux, nous avons du travail. Nous avons de quoi vivre et nous vivons. Je n’avais jamais trouvé cette partie des rizières belle. Je ne les regardais pas avant. J’y allais tous les jours sans voir. J’avais une visière sur le visage qui me privait d’une beauté incomparable. C’est un endroit frais et utile. Je vois aujourd’hui de quoi nous sommes capables. J’ai foi aujourd’hui en ce lieu. J’ai foi en nous.

“ J’avais une visière sur le visage qui me privait d’une beauté incomparable. C’est un endroit frais et utile. ”


LE BIDONVILLE D’ISOTRY, LA MAISON DES ARTISTES Caviardage Isotry est la maison d’un groupe d’artisans qui transforment le recyclage en un art. Donnaient les un vieux tas de fils électriques, des pneus usagers et un radiateur cassé, ils transformeront tout ça en chaussure neuves, ustensiles de cuisines et autres mobiliers à prix abordable. Les rues du bidonville sont quotidiennement envahies par un entremêlât dense de passants. Isotry est une véritable galerie d’art à ciel ouvert. Les artistes-artisans s’installent à même la rue. Les clients s’agglomèrent autour des étales pour acheter les dernières oeuvres d’art recyclés. Circuler dans la rue est pénible. Il faut savoir jouer des coudes pour avancer tout en évitant les camions qui tranchent la foule. Isotry est un labyrinthe. Retrouver son chemin au milieu d’un tel enchevêtrement de constructions anarchiques n’est pas évident. La nuit tombe. Le bidonville cessent d’hurler. La rue se vide. Pour les enfants, il est l’heure de rentrer à la maison. Les derniers rayons d’une longue journée caressent les façades en briques rouges des maisons. Le dernier train passe et le bidonville s’embrume lentement dans une fumée rosâtre.

Texte complet Isotry est la maison d’un groupe d’artisans qui transforment le recyclage en un art. Donnaient les un vieux tas de fils électriques, des pneus usagers et un radiateur cassé, ils transformeront tout ça en chaussure neuves, ustensiles de cuisines et autres mobiliers à prix abordable. Les rues du bidonville sont quotidiennement envahies par un entremêlât dense de passants. Isotry est une véritable galerie d’art à ciel ouvert. Les artistes-artisans s’installent à même la rue. Les clients s’agglomèrent autour des étales pour acheter les dernières oeuvres d’art recyclés. Circuler dans la rue est pénible. Il faut savoir jouer des coudes pour avancer tout en évitant les camions qui tranchent la foule. Isotry est un labyrinthe. Retrouver son chemin au milieu d’un tel enchevêtrement de constructions anarchiques n’est pas évident. La nuit tombe. Le bidonville cessent d’hurler. La rue se vide. Pour les enfants, il est l’heure de rentrer à la maison. Les derniers rayons d’une longue journée caressent les façades en briques rouges des maisons. Le dernier train passe et le bidonville s’embrume lentement dans une fumée rosâtre.

Alban Salaün


Ma vie n’est pas simple. Je suis parmi ceux qui habitent dans le marché. Le marché est devenu ma maison. J’aimerais tant avoir une maison, une vraie maison ou mes parents m’attendraient au seuil de la porte. Mais je sais au fond de moi que cela ne sera jamais le cas. Je ne suis pas le seul qui vit dans cet espace mais on ne se plaint pas, pourquoi se plaindre, cela ne changera rien. Je suis content de pouvoir me reposer ici car à Mada la journée est longue. On se lève très tôt, et le matin, avant de partir au boulot, j’aime bien errer entre les différents stands. Il est très difficile pour moi de marcher avec tout ce monde et tellement de marchand. Mais ce moment me fait oublier mes problèmes car ce que je vois, c’est une multitude de couleur et d’odeur. On peut tout trouver dans ce marché, des épices, des légumes, des fruits. Je suis toujours émerveillé par tout ce qu’ils font avec de simples objets comme une bouteille ou une canette. Quand je serai grand, je voudrai être un marchand d’artisanat, comme eux. Je continue ma marche et je me dirige vers mon stand préféré. C’est un stand d’artisanat ou on fabrique des objets avec du métal recyclé. J’adore les petites voitures miniatures. J’aimerai tant en avoir une. J’y ai déjà pensé d’en voler une, qu’une seule afin de pouvoir jouer avec le soir mais je n’ai jamais eu le courage de le faire. Il est l’heure de partir au boulot. Je repars dans le sens inverse et je marche le long du chemin. Il semblait que je n’avais jamais quitté le marché avec tous ces marchands qui travaillaient le long de la route. Je dois beaucoup marché pour arriver dans mon lieu de travail. Ce lieu se trouve près du canal où se situe une tonne d’ordure. Toute la journée, mes amis et moi, recherchons des objets qu’on pourrait revendre afin de pouvoir acheter à manger. A la fin de la journée on est satisfait du travail effectué. Avec nos sacs bien rempli, on part dans le quartier de Voro Damba revendre les objets trouvés et avoir un peu d’argent. J’achète un peu de nourriture et je retourne dans a mon lieu de résidence qui ai en effet le marché de la Petite Vitesse, satisfait de ma journée. Le soir je continue à rêver d’une autre vie… Les temps ont changé. Je suis plus l’enfant que j’étais mais au fond de moi je suis le même. Beaucoup de choses ont changé au marché. J’ai réussi a réalisé mon rêve de gosse, de devenir marchand en artisanat. La vie est bien plus facile. J’ai mon propre emplacement au marché. Le marché est l’un des plus visités d’Antananarivo. Maintenant les gens n’ont plus peur pour leurs sécurités et il y a beaucoup de monde qui vient voir les objets réalisés. Le marché est plus accessible et toutes les marchandes et tous les marchands ont leurs places dans le marché. Chacun a son emplacement et c’est plus facile d’avoir accès a tous les stands. Les matières premières pour la transformation qui est transporté par le train qui passe derrière le marché et qui sont ensuite stocké dans un entrepôt rendant le travail de transformation plus efficient. La transformation et la préparation des objets qui étaient parmi les ordures peuvent être vu par les visiteurs. J’aime ma vie. Le soir j’achète les objets récupérés par les enfants dans l’entrepôt. Cela leur permet maintenant d’avoir un logement mis à leurs dispositions à côtés du marché et en même temps cela leur permet d’apprendre le métier de l’artisanat. Les petites voitures sont alors fabriquées afin d’être revendu le matin. Mes objets sont très convoités. Je réalise que tout a changé. Le regard des gens sur le marché a changé et maintenant, notre travail est valorisé. Notre travail est devenu un art.

Nicolas Juste


LE

MARCHE POCHARD

L’ainé de la famille, dès l’âge de neuf ans, j’accompagne mon papa au travail. Il est un artisan qui fabrique et qui vend des sacs en Raphia tous les jours dans le marché Pochard. Ce quartier, Behoririka, est connu comme étant le quartier Chinois d’Antananarivo. Ça fait déjà deux ans que je pars là-bas, mais j’arrive toujours à me perdre. Les stands mal placés, et mal organisés me rendent confus. C’est comme mettre les pieds dans un labyrinthe. Au cours des années, j’ai été témoin de multiples cas de vol dans les passages entre les stands sombres. Puisque le marché grouille de monde, les voleurs en profitent pour faire les poches des clients et des marchands. Malheureusement, la toile qui me protège d’habitude du soleil ne m’est pas utile les jours de pluie dû à sa perméabilité. A plusieurs reprises j’ai dû ramasser tous les objets exposés sur l’étale à cause de l’accumulation de l’eau. En sortant des stands, je me retrouve dans un espace où la nature est absente, où je me sens minuscule entre les bâtiments à plusieurs étages. J’aimerai bien que cet espace devient agréable car ce n’est pas qu’un marché, mais aussi un espace de vie, d’échange et sécurisé.

Maintenant que je suis moi-même père de deux filles, j’ai pris la relève de mon père concernant le travail comme artisan. Beaucoup de choses ont changé au fil du temps, surtout le marché que j’ai aidé à construire. C’est une chose dont je suis fier. A présent, je me sens plus en sécurité dans le marché car les passages sont bien structurés et larges. Des arbres endémiques de Madagascar, alignent les passages en les donnant une esthétique et un air frais. C’est beaucoup plus agréable de déambuler dans le marché et de prendre son temps. La clientèle est beaucoup plus nombreux qu’avant, on aurait dit que les clients n’ont plus peur d’acheter les produits du marché. Est-ce dû à l’insécurité qui ne règne plus aujourd’hui ? Tout le long du passage menant jusqu’au lac artificiel du quartier ; touristes, malgaches et commerçants s’échangent un regard, un sourire et des bribes de mots. Ce quartier n’est plus regardé comme une place chaotique mais c’est vu comme étant une extension du centre-ville où c’est en activité constante.

Rutnamrish Yash Bungshee.


Taaseen Munsoor ENSA Nantes-Mauritius 05.12.18

Expression corps et espace- Antananarive Etat des lieux A première vue, la commune de Tanjombato qui se trouve au sud d'Antananarivo, donne l'impression d'être une ancienne entrée de ville. Cela se relate à la forte présence des flux et des zones industrielles. On y trouve une mixité prépondérante avec les divers flux tel que la route nationale 7, la rivière Ikopa, la voie ferrée et le canal Andriantany. Cette mixité donne lieu à un important mouvements de flux au sein de la commune. Il y a aussi le mouvement des gens qui sont omniprésent, car la traversée entre les deux communes ; séparés par la rivière Ikopa est une activité constamment pratiquer. Nombreux sont les gens qui traversent cette rivière pour accéder ensuite au centre-ville. Le quartier est aussi prompt pour ses usines multifonctionnelles et on peut tout de suite apercevoir une diversité dans la typologie du bâti. Les boites à chaussure prennent une place considérable à l'échelle du quartier et on constate aussi une étendue de verdure qui normalement est consacré à la culture du riz. L'eau est présente tout autour de Tana, mais c'est également le cas pour notre quartier avec la présence de la rivière et le canal. L'endroit dégage une lourde atmosphère, on peut constater la forte chaleur qui se dégage à travers l'asphalte et également l'humidité dans l'air ajoute au malaise. La misère, le mal-être et la souffrance se fait ressentir quand on arrive dans la zone défavoriser. Le chagrin et le désarroi alors prend le dessus quand on constate dans quelle situation vis aujourd'hui ces gens. On peut apercevoir aussi la séparation entre les maisons luxueuses et les maisons précaires, car les deux sont à proximité ; donc la comparaison est flagrante. La plupart des résidents travaillent dans les usines du quartier et d'autres dans leurs petits ateliers bricoler ; il y a également des gargotes qui longent les routes. Le vent fait aussi parler de sa présence et on peut également entendre l’écoulement de la rivière. Projections Future Concernant la projection future je pense travailler davantage sur cette traversée de la rivière. L’idée est de faire traverser autrement les gens. L’utilisation des barges sont quotidiennes dans ce secteur de la rivière, car le pont passerelle à proximité se trouve à plus de 200m. Du coup, les habitants préfèrent traverser directement la rivière Ikopa que faire le détour. Couper le fleuve donne accès direct à la Route National 7, qui lui donne une facilité de transport aux résidents pour se diriger au centre-ville. Traverser la rivière peut s’avérer risquant et aussi les barges sont limitées en nombres de places. Alors, pourquoi ne pas faire un projet sur cette traversée si périlleuse et venir en aide aux habitants. On peut également venir hybrider un espace de loisir et de divertissement, ou même un espace sportif, car on ressent un manque dans ce quartier. De ce fait inciter les gens à venir traverser à cet endroit précis.

Mots-Clés : Traverser, Mouvement, Flux, Transport, Traffic, l’eau, industrielle, résidentielle, habitants, rizière, paysage, réseaux, contexte, commune, cadrage, piétons, pauvreté, bâtis, chaleur, atmosphère, vent.

Texte et diagramme pour loic  
Texte et diagramme pour loic  
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