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Les P’tites Nouvelles www.sttlhl.org Avril 2015 (Vol. 42, no.2)

Sommaire Austérité, négociation et mobilisation

Les réformes Barrette

Cap sur l’automne! Les syndicats, le CIUSSS et la loi 10

Et maintenant, que se passe-t-il? Privatisation de la santé

Le loup dans la bergerie 17 mai 2015

Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie Loi de la promotion

Les techniciens en assistance sociale et les éducateurs reconnus Psychologues

Prime de rétention Hausse du salaire des cadres

La CSN dénonce l’austérité à géométrie variable

Rapprocher les soins des citoyens !


Les P’tites Nouvelles, avril 2015

Austérité, négociation et mobilisation

Cap sur l’automne! Par Éric Clermont Plusieurs d’entre vous se demandent, avec raison, où en est la mobilisation contre un gouvernement qui ne cesse d’annoncer des attaques constantes contre les acquis sociaux et des compressions sévères dans les services à la population. Entre les grèves étudiantes contre l’austérité (et autres causes?), les compressions budgétaires dans la santé et l’éducation, la loi 10 et la négociation du secteur public, le mouvement semble se chercher. Tentons d’y voir clair. Pourtant, les manifestations ne manquent pas. Il n’y a pas une semaine qui passe où il n’y a pas une cause dans la rue. Mais comment faire converger l’ensemble des luttes en un vaste mouvement social? Faire la grève dans le réseau de la santé et des services sociaux n’est pas chose simple. Nous sommes nécessairement soumis à la loi sur les services essentiels et des délais serrés pour remettre à la commission des relations de travail une entente sur les services en cas de grève. Ainsi, pour être prêt à l’automne, nous allons devoir rapidement déclencher une assemblée générale en mai pour aller chercher nos mandats de grève.

Sortir en grève dès ce printemps était impossible dans le contexte où la négociation en est encore à sa première phase . L’outil de la grève doit servir à mettre de la pression sur le gouvernement lorsqu’il y a impasse dans la négociation. C’est un geste stratégique. Par contre, le Front commun considère qu’à l’automne nous devrions avoir l’heure juste sur l’état et les intentions réelles du gouvernement. Entre temps, ça ne veut pas dire que nous restons les bras croisés. Le syndicat local a organisé le 22 avril une importante manifestation (très visible) au-dessus de l’autoroute 25. Une autre aura lieu le 1er mai dans le cadre de la Fête internationale des travailleurs, et cela,

partout à travers la province. Les manifestations doivent se poursuivre afin d’envoyer un message clair à un gouvernement qui ne fait qu’à sa tête.

L’IUSMM et le CIUSSS La « lutte des places » se poursuit dans l’attribution des postes administratifs dans le CIUSS de l’Est de Montréal. Il règne actuellement une sorte d’atmosphère d’attente, car il est impossible de savoir comment les services administratifs vont se déployer dans chacune des installations. Sur le front syndical, nous continuons à vous représenter comme avant jusqu’à nouvel ordre (voir texte à la page 3).

Fermeture de La Petite-Patrie « Les compressions n’affecteront pas les services à la population », enchaînent en cœur les bonzes idéologiques du gouvernement Couillard. Et pourtant, ici même à l’IUSMM, les effets sur les utilisateurs de service sont bel et bien concrets. Après l’abolition des soins spirituels, les loisirs, des services à l’Avancée et la baisse constante de la qualité de la nourriture, voilà que nous optimisons nos services avec la fermeture de la résidence La Petite Patrie pour la fin juin. Dix-huit (18) places de moins pour une clientèle très vulnérable qui va devoir aller voir ailleurs pour des services. Le syndicat appréhendait depuis deux ans ce genre d’annonce. Pourtant, la DSIS osait nous dire que tout allait bien et que ces services étaient reconnus et performants. Cette direction vit sur une autre planète depuis longtemps. D’ailleurs, comment expliquer que la DSIS n’a pas révisé son taux d’encadrement comme l’ensemble des directions de l’IUSMM?

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Les syndicats, le CIUSSS et la loi 10

Et maintenant, que se passe-t-il? Par Éric Clermont Lors du dernier Conseil syndical du 2 avril 2015, nous avons présenté un état de situation sur l’avenir de la représentation syndicale dans le CIUSSS de l’Est de Montréal. Nous allons tenter ici de reprendre cette présentation sous la forme de question/réponse afin de bien saisir la réalité actuelle. Au fur et à mesure de l’avancement des travaux, le syndicat s’engage à vous informer et consulter sur l’ensemble des étapes à venir. Est-ce que je vais changer de syndicat prochainement? Non. Si nous additionnons l’ensemble des délais prévus à la loi 30 sur la fusion des accréditations syndicales il n’y aura pas de vote d’allégeance syndicale avant le printemps-été 2016. Nous avons donc un an pour nous préparer. Les conventions collectives locales vont donc continuer de s’appliquer jusque-là. Nous y reviendrons lorsque nous aurons des échéanciers précis. Ainsi, d’ici là, vous avez droit aux services syndicaux actuels du lundi au vendredi avec les mêmes représentants élus par vous l’automne dernier. Avez-vous rencontré les syndicats FSSS-CSN du CIUSSS de l’Est de Montréal? Oui. Il y a eu deux rencontres afin de bien saisir les réalités de chacun des groupes; dont la composition, le nombre de membres et d’officiers, les comités, la vie syndicale, etc. Plusieurs autres rencontres sont à prévoir prochainement. Quelle sera la structure syndicale à l’avenir? La structure syndicale doit-être déterminée par l’ensemble des syndicats FSSS-CSN. À la CSN, les syndicats sont « autonomes ». C’est à nous de

décider de la forme de syndicat que nous voulons et de la structure qui sera la plus représentative pour nos membres et qui offrira les meilleurs services. Les discussions entre les syndicats FSSS-CSN en sont encore au stade préliminaire. Néanmoins, nous constatons qu’il y a beaucoup de différences entre les syndicats tellement les missions sont multiples. Par exemple, un syndicat dans un CSSS fonctionne déjà sur plusieurs sites alors que les centres hospitaliers offrent une vie syndicale plus centralisée. Nos réflexions doivent tenir compte de plusieurs paramètres. Nous vous rappelons que notre CIUSSS couvre plus d’une cinquantaine de sites. Par contre, il ne faut pas oublier une chose : la structure syndicale qui sera  proposée doit passer le test du « vote d’allégeance » pour qu’elle voit le  jour. L’un ne va pas sans l’autre. Ainsi, selon nous, la définition d’une nouvelle structure syndicale doit tenir compte de trois enjeux incontournables : 1. Maintenir des services de proximité par “installation” et l’expertise locale;

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2. Respecter les missions (ex. : santé mentale) de chacune des installations; 3. Répondre aux besoins et sensibilités des différents groupes de travailleurs. Quels sont les autres syndicats du CIUSSS de l’est de Montréal? Dans l’ensemble du CIUSSS de l’Est de Montréal, la FSSS-CSN a des syndicats dans les catégories 2, 3 et 4. Nous retrouvons deux autres formations syndicales FTQ (SCFP et SQEES). La CSN n’a aucun syndicat dans la catégorie 1. Vais-je pouvoir travailler comme liste de rappel ou postuler sur un poste dans les autres installations du CIUSSS? La fusion des listes ne sera pas effective avant 18 mois, dans les meilleurs délais. Lors de la création des CSSS en 2005, cela a pris plusieurs années. Pour l’instant, lorsqu’une personne voit son poste aboli et qu’il n’y a pas de possibilités de replacement dans l‘installation, la personne peut être replacée sur un poste vacant dans le CIUSSS. Au fond, le CIUSSS de l’Est de Montréal remplace le service régional de main-d'oeuvre (SRMO) qui s’occupait de replacer les personnes dans la région de Montréal.


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Privatisation de la santé

Le loup dans la bergerie Par Philipe Leroux Le 2 avril dernier, un conseil syndical élargi s'est réuni. Élargi, car certains participants n'étaient pas forcément des délégués de service, mais des travailleuses et travailleurs invité(e)s qui avaient exprimé le désir d'en savoir plus sur les affaires syndicales dans le contexte du projet de loi 10 et des mesures d'austérité. Un des moments forts du conseil fut la présentation de Philippe Crevier, conseiller syndical à la FSSS. Un aspect très inquiétant de sa présentation réside dans la menace, de plus en plus présente, de la privatisation de notre système de santé. Cette perspective nous touche à tous les égards, tant comme utilisateurs que comme travailleurs de notre système de santé public. Le secteur privé est déjà solidement implanté dans le réseau de santé. Le réseau d'hébergement et de soins de longue durée pour personne âgée est déjà vampirisé par des hommes d'affaires sans scrupules comme Eddy Savoie qui traite ses travailleurs(euses) comme des moins que rien et traine en justice les familles qui osent se plaindre de la qualité des soins prodigués dans ses résidences (il vient heureusement d'être débouté en Cour Supérieur du Québec). Le privé s'est aussi introduit dans l'imagerie médicale, dans le placement de main d'œuvre dans les services auxiliaires et le secteur métier, la prestation de service de professionnels et de spécialistes et les constructions en PPP (une étude de l’IRIS - Institut de recherche et d’informations socio-économique - démontre qu’on pourrait récupérer 4 milliards de $ en rachetant les contrats des CHU). Tous ces services offerts par le privé sont plus chers pour la simple et bonne raison qu'ils doivent dégager des profits. Ici, à l'Institut, dans le secteur des travailleurs spécialisés, l'employeur a enfin compris que, par exemple, ses plombiers étaient plus rentables à taux supplémentaires que des tra-

vailleurs des agences à taux régulier qui, en plus, ne connaissent pas l'établissement. Les travailleurs(euses) du secteur public coûtent moins cher et sont plus performants que ceux du privé, car ils connaissent leur milieu et ils n'ont pas à générer de profits. Mais les politiques néo-libérales, l'austérité en est une, prônent un désengagement massif de l'État des services publics. Le gouvernement souhaite ainsi se soustraire à ses responsabilités sociales envers l’ensemble de la population, réduire ses dépenses et aménager des baisses d'impôts qui profitent davantage aux plus riches de la société. Cette iniquité dans la redistribution de la richesse ne cesse de s'accroître depuis les années 80 alors que la part des plus riches, 1% de la population, ne cesse d'augmenter et celle des autres, 99% de la population, ne cesse de s'amenuiser. (voir page 18, 19,20 et 21 de la présentation de Philippe Crevier sur notre site sttlhl) Le Québec, souvent présenté comme un état social-démocrate par les chantres de la droite démagogue, est la province du Canada qui dépense le plus en soins de 4

santé privés! Et, on veut faire porter au modèle québécois traditionnel tous les maux de notre système de santé? Le pire est à venir: la privatisation du financement C'est le plus grand danger qui menace notre système de santé. Et le premier ministre Couillard s'y prépare depuis 2006. À sa première année comme ministre de la Santé du gouvernement Charest, M. Couillard fait voter la loi 33, une loi qui a ouvert la porte aux compagnies d'assurances privées dans le secteur de l'assurance maladie, contrevenant aux Lois sur l'assurance hospitalisation et celle sur l'assurance maladie. Dorénavant, un particulier peut souscrire à une assurance maladie privée pour quelques interventions chirurgicales comme celles des hanches, des genoux et des cataractes. En 2007, M. Couillard a allongé la liste des interventions pouvant être couverte par les assurances privées à une cinquantaine d’interventions. Ces interventions se font dans des Centres médicaux spécialisés et bientôt, dans les super cliniques prévues par gouvernement Couillard.


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Ces interventions seront de plus en plus pratiquées par des médecins désaffiliés de la RAMQ, donc aux frais des particuliers qui n'auront pas souscrit à une assurance privée. On voit l'engrenage; embourbé dans l'implantation du projet de loi 10, diminué par les compressions budgétaires et affaibli par le projet de loi 15 sur le contrôle des effectifs, les listes d'attentes de notre réseau public s'allongeront encore plus et le privé deviendra un passage obligé. " Le système de la santé du Québec serait alors une immense occasion d'affaires pour les compagnies d'assurances et les cabinets privés de médecins dont profiteraient certes les médecins spécialistes et les actionnaires de compagnies d'assurances, mais certainement pas à nous. À quel prix pour la population se fera la privatisation de notre réseau?" ( Voir page 33 de la présentation de Philippe Crevier sur notre site sttlhl.org.) À terme, on se dirige vers un système de santé à plusieurs vitesses, du même type que celui qui sévit aux États Unis, le système de santé le plus coûteux par habitant en proportion du PIB parmi des pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) et un des plus inéquitables. Les résultats de santé populationnelle sont désastreux et la maladie est une des principales causes de faillite. (Voir page 14 de la présentation de Philippe Crevier sur notre site internet.) La privatisation du financement de la santé est extrême dangereuse et elle est l’objectif du gouvernement Couillard. Son mépris envers les travailleurs(euses) du secteur public dans ses offres sec-

torielles et salariales est un signe de plus de la volonté de ce gouvernement. Avec de telles offres salariales (0%, 0%, 1%, 1% et 1% sur cinq ans et les attaques sans précédent en ce qui a trait à nos conditions d’accès à la retraite), il est fort à parier que notre réseau de santé connaisse une autre saignée de son personnel comme ce fut le cas en 1998 lors des mises à la retraite massives - 33 000 travailleurs permanents avaient quitté le réseau - du gouvernement Bouchard. Notre réseau pourrait connaître un chambardement tout aussi important, sinon plus important, ce qui le fragiliserait et le déstabiliserait encore plus. Le recours au privé serait alors présenté comme l’unique alternative. Partout en Occident, le recul du pouvoir des syndicats s’est traduit par un accroissement des inégalités sociales. Ce recul s’est amorcé au début des années 1980 aux États-Unis (conflits des contrôleurs aériens, 1981) et en GrandeBretagne (conflits des mineurs, 1984 et 1985) et n’a cessé de prendre de l’ampleur. Depuis, même des économistes du FMI (Fond Monétaire Internationale, un organisme qui n’est pas réputé être de gauche, bien au contraire) le reconnaissent; l’augmentation de la part des revenus des gens les plus fortunés est liée à la baisse du taux de syndicalisation. (Voir le Monde diplomatique d’avril 2015). C’est vers quoi ce gouvernement nous dirige : une augmentation des inégalités sociales, une disparité de richesse toujours plus grande entre les individus, un appauvrissement collectif, un rétrécissement toujours plus grand du filet de sécurité sociale et la privatisation de nos services pu5

blics. Les Québécois(oises) ont-ils voté pour ça? Que faire pour éviter ce piège dans lequel nous pousse le gouvernement Couillard. La CSN offre des alternatives aux mesures d’austérité. (Voir page 35, 36, 37 et 38 de la présentation de Philippe Crevier sur notre site internet.) Nous y reviendrons prochainement. Notre seule arme collective demeure la mobilisation. Il faut démontrer clairement à ce gouvernement, qui ose nous dire sans rire que ses politiques d’austérité sont mises en places pour le bien collectif alors qu’elles profitent qu’à une minorité, que nous nous opposons au démantèlement de nos services publics. Avec une augmentation de budget pour la santé et l’éducation qui ne couvre même pas les coûts de système (1, 2% pour la santé et 0, 4% pour l’éducation) pour la prochaine année, ce gouvernement ne peut plus continuer à nous dire qu’il ne coupe que dans les dépenses administratives. On en a la meilleure preuve ici, à l’Institut, dorénavant le CIUSSS de l’Est, avec la fermeture de La petite Partie. On coupe directement dans les services à la population. Ce n’est que le début d’une nouvelle vague de compressions, il faut réagir, il faut se mobiliser. Nous organisons une action de visibilité, ici, le 22 avril 2015 et une autre le 1 er mai 2015. Par la suite, nous continuerons à mettre de la pression. Mais, peu importe, le type d’action que nous allons mener, seul on ne peut rien, il nous faut l’appui de chacun d’entre vous. C’est important, c’est de la société dans laquelle nous vivons qu’il s’agit.


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17 mai 2015 Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie Le dimanche 17 mai 2015, le Conseil Central du Montréal Métropolitain organise une activité de jeux de quilles pour amasser des fonds pour un organisme en grande difficulté qui se nomme Astérisk. L’Astérisk est un lieu de

rassemblement et d’information pour les jeunes LGBT (lesbiennes, gais, bisexuels et transgenres) de 25 ans et moins. Divers services y sont offerts, dont une ligne d’écoute téléphonique, du soutien individuel, un centre de soir et des

Par Éric Clermont activités sociales diverses. Cet organisme offre des services pour les jeunes de plusieurs régions. Pour en savoir plus, consultez le site de l’organisme; lasterisk.com et du Conseil Central du Montréal Métropolitain; ccmm-csn.qc.ca.

URGENT! Entente de boucles de vacances Par Philippe Bérubé L’entente boucles de vacances est sur le point d’être renouvelée. Il est important que celles et ceux qui veulent en bénéficier se présentent aux bureaux des activités de remplacement le plus rapidement possible afin de modifier votre disponibilité.

Loi de la promotion Les techniciens en assistance sociale et les éducateurs reconnus

Par Pierre Nadeau

Dorénavant, l’employeur a décidé d’appliquer les articles 1. 04 et 8. 04 de la convention collective en ce qui a trait à la promotion sur un titre d’emploi de Travailleur social et de Psychoéducateur. 1.04 : Promotion Désigne la mutation d’une personne salariée d’un poste à un autre, comportant une échelle de salaire dont le maximum est plus élevé. 8. 04 : La personne salariée promue reçoit au départ, dans son nouveau titre d’emploi, le salaire prévu à l’échelle de ce titre immédiatement supérieur à celui qu’elle recevait dans le titre d’emploi qu’elle quitte. Si dans les 12 mois de sa promotion, la personne reçoit dans son nouveau titre un salaire moindre que celui qu’elle aurait reçu dans le titre d’emploi qu’elle a quitté, elle reçoit, à compter de cette date et jusqu’à son avancement d’échelon à la date anniversaire de sa promotion, le salaire qu’elle aurait reçu dans le titre d’emploi qu’elle a quitté. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à communiquer avec nous au 2886

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Le gouvernement prend à la légère des décisions qui affecteront l’accès aux soins psychologiques pour le public Dans une décision qui ne tient pas la route, le gouvernement a choisi de mettre fin unilatéralement à la prime de rétention des psychologues dès le 30 mars 2015, sans même disposer de données probantes sur les impacts de son introduction en janvier 2012. Une décision prématurée puisque le bilan du groupe de travail formé pour étudier cette question était prévu pour janvier 2016. Des mots mêmes du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), il est pour l’instant impossible de bien cerner les effets de la prime sur l’attraction et la rétention des psychologues dans le réseau. Pour ce faire, les actuaires du MSSS auraient besoin de données pour la prochaine année, ce qui sera irréalisable puisque la prime est retirée! Une prime qu’il avait lui-même mise en place, reconnaissant alors le besoin criant de retenir les psychologues dans le réseau public. Inquiètes de cette annonce, les organisations syndicales de la santé et des services sociaux du Front commun (APTS, F4S-CSQ, FPCSN, FSSS-CSN, SQEES-298FTQ et SCFP-FTQ) ont demandé à rencontrer le sous-ministre adjoint au MSSS, pour mieux comprendre ce qui motivait le gouvernement à prendre une décision aussi grave et qui aura certainement des répercussions sur la disponibilité des soins psychologiques pour une clientèle souvent très vulnérable. Cette rencontre s’étant déroulée le 23 mars 2015 aura permis de clarifier une chose : le MSSS prend cette décision sur un coup de tête, motivé uniquement par l’obsession des coupes à tous vents. En effet, le ministère n’était pas en mesure de justifier l’intérêt de l’abolition de cette prime ni les impacts qu’elle pourrait avoir. Une rencontre du comité de pénurie de main-d’œuvre (PMO) des psychologues prévue dans les

jours suivants devait servir à faire la lumière sur cette situation. Encore une fois, impossible d’obtenir un portrait des impacts potentiels, et pour cause, le MSSS est incapable d’en faire l’évaluation maintenant puisque les travaux du comité ne seront complétés qu’en janvier 2016. Une prime avec des effets positifs Pourtant, cette prime avait été implantée par la partie patronale elle-même, qui cherchait en 2012 un moyen de retenir les psychologues dans le réseau public. Sans cette prime, la partie patronale reconnaissait alors que les psychologues se tourneraient vers le privé, entraînant du même coup une inévitable baisse de disponibilité de l’accès aux soins psychologiques publics et une importante perte d’expertise dans le réseau. De plus, à la suite de l’instauration de la prime, les représentants

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ministériels au comité de PMO des psychologues avaient confirmé que l’exode prévu des psychologues vers le privé n’avait pas eu lieu, ce qui tend à démontrer que la prime a eu des effets positifs sur la rétention. Constatant l’importance de cette prime, les syndicats ont d’ailleurs réclamé qu’elle soit reconduite au moins jusqu’à la conclusion de la ronde de négociation 2015. L’annonce cavalière et irréfléchie de l’abolition de cette prime s’ajoute à une série de mesures qui affecteront les employé-es du secteur public. Mais les vrais perdants seront les gens qui, chaque jour, ont besoin de l’expertise et du travail de qualité des psychologues du réseau public. Face à cette situation, les organisations n’auront d’autre choix que d’amplifier leurs actions au courant des prochaines semaines. (Source FSSS)


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Hausse du salaire des cadres

La CSN dénonce l’austérité à géométrie variable C’est avec un grand étonnement que la CSN apprend aujourd’hui l’intention du ministère de la Santé et des Services sociaux de majorer le salaire des nouveaux cadres du réseau de 10 % en moyenne par année, 34 % dans certains cas, alors même que le réseau subira en 2015-2016 des compressions à hauteur d’un milliard de dollars. La CSN constate que l’austérité est à géométrie variable selon si l’on est travailleurs, travailleuses ou patron. Au moment même où le gouvernement annonce un gel salarial de deux ans et des augmentations méprisantes de 1 % pour les trois années suivantes pour l’ensemble des travailleurs et travailleuses du secteur public, il annonce qu’il fera ce cadeau aux nouvelles directions. La CSN déplore le fait que le fossé entre les travailleurs, les travailleuses et les cadres du système de santé se creuse davantage. « Il faudrait constamment que les salarié-es démontrent leur

bonne volonté et fassent leur juste part, à coup de gel salarial et de coupes d’effectifs, alors que les dirigeants et dirigeantes sont avantageusement considérés par le gouvernement, ce qui se traduit par une hausse de rémunération, sans parler de leurs généreuses indemnités de départ quand leur mandat se termine », s’indigne Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN. Le ministère semble justifier cette hausse par l’augmentation de la charge associée à ces nouvelles fonctions. « Les travailleurs et les travailleuses subissent une surcharge de travail sans cesse croissante au fil des compressions et tout ce qu’on leur propose c’est de s’appauvrir. Avec ces augmentations de salaire pour les nouveaux PDG, le gouvernement nous indique surtout le peu de considération qu’il a pour le personnel du secteur public », se désole Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux

(FSSS-CSN), qui regroupe près de 130 000 membres dont plusieurs sont touchés par les récentes fusions des établissements de santé et de services sociaux. « Plusieurs nouveaux grands patrons de ces CISSS proviennent des agences régionales de santé et de services sociaux où des centaines de leurs anciens employé-es sont dans l’incertitude la plus complète sur leur avenir comme professionnels. Il semble plus urgent pour le ministre Barrette de donner des augmentations à sa nouvelle garde rapprochée », déplore Michel Tremblay, président de la Fédération des professionnèles (FP-CSN), qui représente notamment 850 professionnel-les qui étaient affectés aux Agences qui ont été supprimées le 1er avril dernier. Source: Jonathan Aspireault-Massé, Service des communications de la CSN

1er mai 2015 Fête Internationale des travailleuses et travailleurs

Piquetage National à l’IUSMM 8


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