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Les P’tites Nouvelles www.sttlhl.org Mai 2014 (Vol. 41, no.3)

Sommaire L’Institut et l’Agence Le démantèlement

L’Institut sous tutelle déguisée?

Négociation 2015 Le choix des armes Entretien sanitaire La table à « nénettes » Soutien d’intensité variable Intervention au CA

Conseil syndical Participatif et dynamique PVAA et TPT Qu’est-ce que c’est?

Agence de la santé de Montréal


Les P’tites Nouvelles, mai 2014

L’Institut et l’Agence de la santé de Montréal

Le démantèlement

Par Éric Clermont

L’Agence de la santé de Montréal ne cesse d’imposer sa loi aux établissements de santé sans trop se soucier des impacts “réels” de ses décisions sur la population. Le rouleau compresseur est en marche et rien ne semble vouloir l’arrêter. Que ce soit pour l’abolition du service de soutien d’intensité variable (SIV) et le transfert de personnel vers les CSSS ou encore la diminution du coût/repas selon des paramètres qui ne tiennent aucunement compte de notre réalité. L’IUSMM est-elle encore autonome dans son développement? Les services alimentaires subissent des attaques vicieuses depuis de nombreuses années de la part de l’Agence. L’an passé, elle établissait la moyenne d’un coût/repas par jours à 7,56$ (nous étions à 8,23$). Cette moyenne provenait d’établissement comparable en psychiatrie. Alors que nous sommes à la veille d’atteindre ce chiffre, principalement par des abolitions de postes, un joyeux technocrate de l’Agence (qui cherchait sans doute quoi faire) a eu une idée merveilleuse d’établir la moyenne de coût/repas en jumelant CSSS, CHSLD et les CH psychiatriques. Notre technocrate est arrivé à un coût/repas de 6,42$. Wow! L’Agence n’a fait ni un ni deux et impose cette nouvelle cible sans tenir compte des différentes clientèles. Cela se traduit pour l’IUSMM a des compressions supplémentaires de 900 000$ s’ajoutant au 800 000$ de l’an passé. Sauve qui peut! Cette tutelle déguisée de l’Agence entraîne une démobilisation généralisée et les cadres ne font pas exceptions à cette règle. Ces derniers temps, nous avons eu des annonces de départs surprenantes: Linda Fortier (directrice DSC), Léo Fortin (directeur DSIS), Frédéric Doutrelepont (directeur des services multidisciplinaires), Paquerette Gendron (chef de discipline en travail social), Chantale Roger (chef du secteur remplacement), Sabrina Payette (chef intérim entretien sanitaire), Sylvain Ratel (chef de service DSIS) et combien d’autres?

Il est difficile d’entrevoir un avenir radieux lorsque l’on perd toute “autonomie”, non seulement sur nos budgets, mais aussi sur des services que nous avons développés avec au fil des ans. Et ce n’est pas fini. Bien sûr, nous attendons le développement d’autres services (psychiatrie légale liée à la fermeture des UTO, hôpital à domicile (psychogériatrie) lié à la fermeture du 402, création d’une équipe de suivi intensif PACT) mais l’Agence dans son infinie sagesse laisse poireauter l’IUSMM sur ces projets tout en accélérant le processus de démantèlement d’autres services. Des projets à financer Ainsi, le nerf de la guerre c’est l’argent qui pourra assurer la transformation de nos services et l’avenir de l’IUSMM. Mais son financement est loin d’être assuré. Faut-il souligner que l’Agence considère toujours l’IUSMM comme trop riche, alors qu’elle accapare 30% du budget de santé mentale sur l’île de Montréal. Si l’Agence ne devait pas répondre positivement aux projets sur la table, c’est encore plus de 4 millions de dollars que nous devrions remettre à l’Agence. De la maudite belle argent dans un contexte où il en manque partout. Car la réalité, c’est que les CSSS sont en manque de ressources financières pour développer ses services de 1re ligne en santé mentale. Perspective inquiétante. Rappelons que le développement des équipes de 1re ligne dans les CSSS s’est fait sous une énorme pression financière. Le résultat est simple et désastreux;

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leurs équipes ne sont toujours pas constituées à 100% et l’expertise n’a pas été développée. Il semble que le développement de services de 2e ligne n’est carrément pas une priorité à l’Agence. Il est à craindre que les projets de l’IUSMM demeurent lettre morte et que l’Agence presse l’établissement de fermer les unités 108-208-204 et 402. Nous ne le souhaitons pas, car la pérennité de l’IUSMM et de nos jobs passent dorénavant par ces projets et le maintien de nos services actuels. L’Avancée… en arrière À la mi-mai, nous apprenions que le programme des habilités sociales au service l’Avancée était abolie et que le programme vocationnel était partiellement amputé de son personnel (8 postes abolis pour l’instant). Encore une fois, c’est encore un service de proximité et de 2e ligne que l’Agence nous force à démanteler en sabrant, cette fois-ci, dans les budgets de l’Institut. Qui suis-je? L’IUSMM a un sérieux problème d’identité. Plusieurs services développés avec les années sont menacés. Nous sommes de plus en plus relégués à un rôle de figurant dans un réseau en pleine mutation où la santé mentale est carrément sous-financée (6% du budget global de la santé et des services sociaux).


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Dans ce contexte, l’IUSMM souffre d’une double contrainte. Appliquer des compressions année après année comme l’ensemble des établissements du réseau et financer la 1re ligne (CSSS). L’expertise acquise avec les années et les services que nous avons déve-

loppés sont appelés à être démantelés au profit d’autres acteurs (CSSS et communautaire) qui prendront des années avant d’atteindre notre niveau d’expertise. Ça… c’est la réalité.

Couillard, qui a déjà annoncé son “austérité”, pourrait encore faire gonfler ce chiffre. Dans ce contexte, difficile d’entrevoir un Institut ayant les moyens de ses ambitions.

Cette année, c’est 3,4 millions que l’IUSMM anticipe couper dans son budget. Mais attention! Le budget

À suivre…

Négociation 2015

Le choix des armes

Par Philipe Leroux

Nous sommes à quelques mois d’entamer une nouvelle ronde de négociation dans le secteur public afin de renouveler notre convention collective nationale qui vient à échéance le 31 mars 2015. Certains travailleuses et travailleurs en seront à leur première négo, d’autres à leur dernière. Ces derniers vous diront que c’est un temps pour affirmer notre solidarité où la mobilisation est notre seule arme de persuasion. Nous aurions beau avoir les négociateurs les plus aguerris et l’argumentaire le plus solide, cela signifie bien peu sans la mobilisation massive des travailleur(euse)s que nous sommes.

Cette année encore, les travailleur(euse)s CSN que nous sommes formeront un Front commun avec ceux et celles de la FTQ et du SISP. La seule centrale syndicale à faire cavalier seul est la FIQ, qui n’a pas encore compris qu’elle n’a jamais rien gagné de plus, autant à la table centrale qu’aux tables sectorielles, en s’isolant de la sorte. La FIQ fait encore le pari (jamais gagné) qu’elle possède un capital de sympathie plus grand que les autres centrales des services publics. Mais derrière ce pari isolationniste se cachent des motivations beaucoup plus corporatives. En effet, en s’excluant du Front commun, la FIQ s’affranchit du pacte de non-maraudage qui y est inhérent. Ainsi, autant à l’Hôpital Sainte-Justine qu’à celui du Sacré-Cœur, la FIQ est passée à l’offensive en maraudant les travailleuses de la catégorie 1 affiliées à la CSN. Cette agression de la FIQ entraînera inéluctablement une riposte de la CSN dans d’autres établissements, créant ainsi une logique d’affrontement alors que la solidarité devrait être le maître mot à l’aube du bras de fer que nous entreprendrons avec le gouvernement Couillard. Ce dernier ne s’attendait certainement pas de se voir offrir cet

inestimable cadeau de division du mouvement syndical de la part de la FIQ. Quoi qu’il en soit, les autres centrales syndicales du secteur public sont unies et solidaires. Cette solidarité recherchée par le Front commun est d’autant plus nécessaire en regard de la priorité de négociation qu’a donné les travailleur(euse)s de la base à leurs dirigeants syndicaux. Cette priorité est le salaire. Les syndiqué(e)s du secteur public n’ont eu de cesse de voir leur pouvoir d’achat régresser au cours des dernières années. Le but de l’exercice est de rattraper l’écart qui nous sépare des secteurs privé, municipal et fédéral. À peine rendu public, nos revendications salariales de 13,5% sur 3 ans ont été décriées par les ténors de la droite néolibérale se faisant les perroquets sans imagination de tous les Claude Monmarquette du Québec qui ne jurent que par le gel de nos salaires et par des coupures draconiennes dans les programmes sociaux. La plupart de leurs arguments sont purement démagogiques et s’appuient en fait sur des idées préconçues tels que celle qui veut que l’on soit des privilégiés en regard de

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notre sécurité d’emploi. Ils omettent sciemment de dire que plus de 190 000 travailleurs sur les 400 000 du secteur public (près de 50%) sont des travailleur(euse)s à temps partiel ou à statut précaire. De plus, la sécurité d’emplois ne coûte absolument rien au gouvernement. Dans le secteur de la santé et des services sociaux, aucun travailleur(euse) n’est payé chez lui à ne rien faire. Bien au contraire, le réseau est plutôt en carence de personnel. Le manque d’attraction et de rétention du personnel étant un fait établit et qui s’explique en grande partie à nos salaires nonconcurrentiels. Mais si le réseau de la santé et des services sociaux veut se renouveler suite au départ massif à la retraite qui se prépare dans les prochaines années (les babyboomers sont à l’âge de la retraite), il devra se montrer plus attractif. Cette attractivité passe sans l’ombre d’un doute par la revalorisation de nos salaires. Il faut toutefois faire attention de ne pas sacrifier nos conditions de travail au nom du salaire. D’autres revendications seront avancées aux différentes tables de négociations et nous vous en tiendrons au fait tout au long des négociations.


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L’aventure que la prochaine négociation nous réserve ne sera pas une simple ballade, elle sera tumultueuse. Avec le premier budget Couillard qui promet d’être d’une austérité peu commune, nous nous attendons à ce que notre réseau de

santé soit encore mis à mal et que cela donne le ton aux négociations. Une frange importante de la classe politique et de la société civile est prête à sacrifier les travailleuses et travailleurs qui tiennent à bout de bras notre réseau public de santé sur

l’autel de la sacro-sainte lutte au déficit. Les ‘’spins doctors’’ de la droite ont commencé leur boulot. À nous de riposter, avec nos armes; le travail, la mobilisation, la solidarité et notre vision de la justice sociale.

Lexique des expressions et des acronymes des négociations dans le secteur public Ø Table centrale de négociation : C’est à cette table nationale que se négocie les salaires, les régimes de retraite, les droits parentaux et les disparités régionales Ø Tables sectorielles : les secteurs de la santé, de l’éducation et de la fonction publique ont chacun une table sectorielle distincte. La sécurité d’emploi, les régimes d’assurances collectives, le partage des frais d’arbitrage et les congés à traitement différé sont des exemples de sujets négociés aux tables sectorielles Ø Les tables locales : Chacun des 269 établissements de santé et de services sociaux du Québec a une table locale. On y négocie les 26 matières locales, dont l’ancienneté, les procédures de mutation et d’affectation, la notion de postes et de modalité d’application, etc. Ces négociations sont subséquentes à la signature de la convention nationale Ø Ø Ø Ø Ø Ø Ø Ø

Front commun : Regroupement de négociation syndical du secteur public regroupant la CSN, la FTQ et le SISP CSN : Confédération des syndicats nationaux FSSS : Fédération de la santé et des services sociaux (CSN) SISP : Secrétariat intersyndical des services publics qui regroupe la CSQ, le SFPQ et l’APTS CSQ : Centrale des syndicats de Québec SFPQ : Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec APTS : Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux CCSPP ou C2SP2 : Comité de coordination des secteurs public et parapublic. Comité qui coordonne les négociations pour les 4 fédérations de la CSN impliquées dans le renouvellement de la convention nationale Ø MSSS : Ministère de la santé et des services sociaux Ø ASSSM : Agence de la santé et des services sociaux de Montréal Ø CPNSSS ou CPN3S : Comité patronal national de négociation du secteur de la santé et des services sociaux

La table à ‘’nénettes’’ Il était une fois l’histoire d’une table à ‘’nénettes’’ qui servait aux travailleuses et travailleurs du service d’hygiène et salubrité pour plier les torchons et préparer leur chariots. Cet outil de travail, pertinent et utile pour les travailleur(euse)s était là depuis des années, sans déranger personne.

Il y a quelques semaines, le gestionnaire du service d’hygiène et salubrité décréta que cette table n’avait pas d’affaire là et bang! La table a disparu, comme ça, sans consultation aucune, plus de table, c’est le boss qui décide et le boss a décidé que la table ne servait à rien. Devant le refus du gestionnaire d’entendre les commentaires 4

des travailleur(seue)s, ces derniers ont communiqué avec le syndicat pour lui faire part de la situation. Le syndicat est intervenu aux relations de travail, les travailleur(euse)s ont même fait une pétition. Tout ça en vain. Tout ça pour une table à ‘’nénettes’’. Voilà un gestionnaire qui a le sens des priorités.


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Soutien d’intensité variable (SIV)

Intervention au conseil d’administration du 13 mai 2014 Madame la présidente, Nous sommes ici ce soir pour informer le Conseil d’administration des conséquences de la décision de l’Agence de la santé de Montréal d’abolir le service du Soutien d’Intensité Variable (communément appelé le SIV) et le transfert de 4 intervenants dans les CSSS de notre territoire. Le SIV couvre 3 programmes : les troubles anxieux et de l’humeur, les troubles psychotiques et la gérontopsychiatrie. L’équipe SIV est composée de 7 infirmières et de 7 éducateurs spécialisés. Ces intervenants suivent près de 270 personnes dans la communauté en offrant de multiples services et travaillant avec de multiples problématiques. Par exemple : vérification de la médication, engager des usagers réfractaires dans un suivi, réadaptation, accompagnements divers, application des ordonnances de traitement. Nous agissons sur des difficultés multiples telles que la toxicomanie, difficultés d’ordre nutritionnel, l’isolement social, etc. Les intervenants du SIV effectuent de 2 à 7 visites par mois par client et plus selon les besoins, ce qui est très fréquent. Ils fonctionnent par requête émise par les psychiatres et interviennent à l’intérieur d’une équipe multidisciplinaire. Nous convenons que dans la littérature le SIV est un service de 1re ligne, mais notre réalité est tout autre car nous travaillons bel et bien avec une clientèle de 2e ligne. Malheureusement, l’Agence de la santé de Mon-

tréal, dans sa haute tour technocratique, en a décidé autrement et met en péril un service qui a fait ses preuves avec les années. Un service qui a évité assurément de multiples hospitalisations et ré-hospitalisations et permis pour plusieurs usagers une réappropriation de leur estime de soi à travers le rétablissement et la réadaptation. Nous croyons qu’il est totalement irréaliste que les CSSS puissent offrir et reprendre le flambeau, car nous constatons leur incapacité d’offrir des services à la hauteur avec ce type de clientèle. Ces dernières années, de multiples exemples démontrent que les CSSS ont souvent refusé de suivre et de prendre en charge notre clientèle prétextant qu’elle était trop lourde. Nous savons tous que le passage entre la 2e et la 1re ligne demeure difficile et que oui, une partie de notre clientèle stagne dans nos « case load » faute de services et de répondants en 1re ligne. D’ailleurs, ce constat ne concerne pas uniquement les SIV mais l’ensemble des activités cliniques de l’Institut. La réponse à cet état de fait est simple. L’Institut et son équipe SIV possèdent le savoir-faire et l’expertise pour maintenir la qualité des services dans la communauté à cette clientèle hautement vulnérable, réfractaire et persistante. L’efficacité de nos équipes et cette proximité entre les psychiatres traitants et les intervenants SIV et l’ensemble des professionnels offrent une cohésion que nous risquons de perdre avec des intervenants de l’extérieur qui ne possèdent

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pas l’expertise d’une clientèle suivie actuellement par le SIV. Nous croyons que l’Agence a agi de façon précipitée sans mesurer concrètement les conséquences de sa décision qui nous semble improvisée et déconnectée de la réalité. Faut-il vous rappeler que cette décision est tombée sans échéancier et qu’aucun titre d’emploi n’a été ciblé pour le transfert de personnel dans les CSSS. Cette incertitude place nos intervenants dans une situation intenable quant à leur avenir professionnel à l’Institut. Malgré l’incertitude, nous demeurons professionnels. Pendant ce temps, sachez que les intervenants SIV ne prennent plus de nouvelles requêtes à la demande de la direction des services cliniques et que ce sont les travailleurs sociaux et autres professionnels qui doivent prendre le relais par-dessus une tâche déjà fortement encombrée. À cet égard, nous craignons que plusieurs usagers se retrouvent en rupture de service en ne recevant pas les services que requiert leur condition. Nous demandons donc à l’Institut de défendre à tout prix ce service et de ramener l’Agence à la réalité afin de maintenir le service SIV auprès de la population. Les conséquences de sa décision sont extrêmement graves. Dans ce contexte, est-il imaginable que les usagers puissent recevoir la même qualité de service avec la même expertise? Nous avons toutes les raisons de croire que non.


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Compte-rendu du Conseil syndical du 30 avril 2014

Participatif et dynamique Le premier mai dernier nous avons tenu notre Conseil syndical printanier, nous étions 46 délégué(e)s et membres de l’exécutif pour discuter et débattre des enjeux qui agitent l’Institut. Nous avons de plus abordé le dossier complexe de la santé mentale à Montréal en plus de de faire une présentation de la conjoncture national en vue de la prochaine négociation dans le secteur public. Par Philipe Leroux Dès le départ, nous avions précisé aux délégué(e)s que leur prise de parole était prioritaire et que nous voulions les entendre en premier lieu, quitte à ne pas passer à travers de notre ordre du jour. La journée a débuté avec la présentation de la mise à jour du plan de travail 2012-14 du syndicat. Et dès le premier point, notre souhait d’entendre nos délégué(e)s c’est réalisé avec le dossier des services alimentaires. C’est une véritable histoire d’horreur qui nous a été conté. La piètre qualité de la nourriture, des portions frugales, autant pour les repas que les collations, toujours les mêmes, distribuées au compte-goutte, les clients se plaignent aux intervenants terrain sans pourtant le faire aux instances officielles pour des raisons qui leur sont propres (peur de passer pour ‘’encore plus fou’’, savent que leur plainte ira nulle part, etc.). Sans parler des clients qui se volent entre eux, se tournent vers la malbouffe et qui font même des menaces de morts aux préposé(e)s aux services alimentaires qui livrent les chariots. Une travailleuse nous a même dit qu’elle doit avoir recours à Fondation de l’Institut afin d’acheter du sucre et du lait pour le café qu’elle sert à la clientèle qui la visite à son bureau tellement ces denrées sont rares et rationnées. Quand on pense que l’Institut est si fière de sa machine à 14 M $ qu’il fantasme sur le projet de vendre sa production alimentaire ailleurs dans le réseau… Plusieurs autres débats ont eu lieu sur des éléments de notre plan de travail,

particulièrement sur les éternels surplus de clientèle dans les unités. Des lits dans les corridors, des chambres d’isolement occupées de façon permanente, mixité de clientèles notamment en déficience intellectuelle, ce qui remet en question la pertinence des soins. Le problème de surplus est aussi présent dans les ressources externes. La formation est aussi un sujet sensible chez les délégué(e)s. Des travailleur(euse)s de la pharmacie et des services auxiliaires nous ont clairement indiqué(e)s leurs besoins de formation. Leur travail les amène souvent à être en contact avec la clientèle à l’intérieur des unités, or ces travailleur(euse)s n’ont généralement aucune formation en santé mentale, contrairement à ce qui ce qui passait auparavant quand le CIAB (cours initiation à l’approche aux bénéficiaires) était dispensé à l’ensembles des travailleur(euse)s de l’établissement. Rappelons que depuis 2005, l’employeur n’a plus le devoir conventionné de dispenser cette formation. La semaine de 4 jours a aussi suscité bien des commentaires. D’abord une revendication des professionnelles de la catégorie 4 (qui ont déjà bénéficié de cette formule à Institut), cette revendication c’est étendu aux deux autres accréditations que nous représentons et de nombreux délégué(e)s se sont levés pour nous le faire savoir. La balle est dans le camp des ressources humaines et surtout dans celui du comité de direction de l’Institut, c’est lui qui prendra la décision

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finale. L’employeur vous veut heureux au travail? Il se targue d’être un employeur de choix. Qu’il passe de la parole aux actes. Nous avons ensuite abordé le vaste sujet de la santé mentale à Montréal. Les problèmes de mouvement (manque de fluidité) entre les première et deuxième lignes. celui de l’hébergement spécialisé qui est insuffisant et la spécificité de Montréal, qui est, selon nous sous-financé alors que le MSSS (ministère de la santé et des services sociaux) prétend le contraire. Nous avons présenté les orientations de notre comité stratégique mis sur pied l’an dernier pour étudier la question. Ces orientations seront arrimées au nouveau comité sur la santé mentale mis à place par la FSSS (Fédération de la santé et des services sociaux) sous notre impulsion. Ce comité en est au début de ses travaux. Nous vous entretiendrons plus en profondeur de ce dossier névralgique dans les mois à venir. La négociation dans le secteur public afin de renouveler notre convention collective qui vient à échéances le 31 mars 2015 a bien sûr été abordée. A ce stade-ci, nous savons que la priorité sera mise sur les salaires afin d’effectuer un rattrapage salarial avec les secteurs privés, municipal et fédéral. Avec les retraites massives qui sont à nos portes, le réseau de la santé et des services sociaux pourrait connaître une sérieuse pénurie de main d’œuvre étant donné son manque d’attractivité.


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Nous avons terminé la journée en parlant de santé et sécurité et en présentant les projections budgétaires pour l’année en cours. Notons en terminant que les délégué(e)s ont été élu de leur

pairs (Noémie Bismuth-Dubois et Pierre-Yves Renaud) afin de compléter la délégation du STTLHL qui assistera au 64e Congrès de la CSN à la fin du mois de mai à Québec.

PVAA et TPT

Qu’est-ce que c’est? Les PVAA sont des postes vacants après affichage. Ce sont des postes qui ont été à l’affichage et qui n’ont pas trouvés preneurs. Ces postes sont disponibles à tous ceux qui ont les qualifications requises et qui sont en mesure de répondre aux exigences normales de la tâche. La liste de ces PVAA est disponible sur l’Intranet de l’employeur et est affichée au service de dotation. Par contre, la liste sur l’intranet n’est pas nécessairement à jour. Il est préférable de consulter le syndicat afin de connaitre la situation réelle. Les TPT, temps partiels temporaires, sont en fait des affectations de surcroit de travail. L’employeur crée généralement ce type de remplacement quand un besoin ponctuel se fait sentir dans un service. Au 1er avril 2014, on recensait plus de soixante postes de ce type dans le fichier poste de

l’employeur. Le syndicat ne s’élève pas nécessairement contre ce genre de pratique quand elle est employée de façon ponctuelle. Quand le remplacement dépasse 6 mois, il ne s’agit plus, selon nous, de besoins ponctuels, mais bien de besoins réels et il devrait être soumis au processus d’affichage de postes. Or sur le total de ces temps partiels temporaires, plus de la moitié sont des remplacements de plus de 6 mois, parfois mêmes plus de 10 ans. La situation est particulièrement alarmante au service des archives, au 5e Bourget et au programme des troubles psychotiques professionnels. La problématique existe aussi au Riel malgré l’affichage massif de postes lors de la fusion du 3e et 4e Riel.

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Par Philipe Leroux La logique derrière cette technique de camouflage de besoins réels est bien simple; l’employeur préfère avoir des travailleuses et travailleurs dont il peut se débarrasser quand il le veut et recréer une demande de remplacement 3 jours plus tard si le cœur lui en dit. De plus, rien n’empêche l’employeur de créer des horaires atypiques et faire travailler les travailler(euse)s quand bon lui semble sans obligation aucune . Tout cela entraine de l’insécurité et de l’instabilité pour les travailleur(euse)s. Voilà pourquoi nous favorisons la titularisation par les voies normales de l’affichage quand un TPT est créé depuis plus de 6 mois. Si vous occupez un de ces postes et que vous vous sentez lésés, passer au bureau syndical où votre situation sera évaluée.


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Pique-Nique syndical Non! Pas le 11 juin!!

T’es pas coupé toi?

Mercredi 11 juin 2014 Travailleurs(euses) de nuit dès 8h Muffins & café

10h à 19h Hot-dogs, chips, breuvages… Terrain en face des garderies (Bourget) 8

2014-PN-Vol41-no3  
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