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Les P’tites Nouvelles Mai 2013 (Vol. 40, no.2)

Institut universitaire en santé mentale de Montréal Animé par le désespoir

Le Restaurant et les Loisirs, des espaces citoyens à conserver Fermeture de l’unité 402 Des vœux pieux

Pétition Encore un effort!

Abolition de la couturière Qui fera la job?

Visibilité médiatique Au-delà des bananes


Les P’tites Nouvelles - Mai 2013

Le désarroi de l’Institut Par Philipe Leroux La dernière tentative de fermeture du restaurant remonte à 2004. Cette tentative s’était durement heurtée non seulement à la mobilisation générale des travailleuses et des travailleurs, mais aussi à la colère des clients de l’Hôpital qui ont été nombreux à aller directement se plaindre à la Direction générale. Le seul argument de l’employeur qui tenait la route en 2004 était que le restaurant n’était pas rentable (selon les chiffres de l’employeur). Aujourd’hui, le restaurant est plus que rentable, il fait des profits. En 2004 ce sont les travailleuses du resto et le syndicat qui avaient élaboré paritairement un nouveau menu qui est à l’origine de ce succès. Avec le choix de ce dernier de retirer les frites du menu (pour notre santé, merci Boss!), nous sommes prêts à refaire ce même travail. Pour ce qui est de la fermeture du service des loisirs, l’Institut oublie complètement sa clientèle de Déficience intellectuelle et aussi celle des UTI et UTRI qui n’est pas toute en cure fermée. Ces clientèles font usage des Loisirs, autant qu’elles fréquentent le Restaurant. L’Institut ne veut plus faire d’hébergement, pourtant il en fait encore, les UTO sont loin d’être fermées. L’Institut a et aura toujours une clientèle pour qui ces services sont nécessaires et indispensables. Il a beau se vanter de ses volets de recherche et de formation, il n’a pas le droit d’oublier que nous travaillons toutes et tous pour des êtres humains qui ont des besoins. L’Institut se vante sur toutes les tribunes de vouloir s’ouvrir à la communauté, il a plusieurs projets

dans ses cartons en ce sens, tel un jardin communautaire, il tente également de promouvoir une psychiatrie citoyenne. Mais ce qu’il donne d’une main il le reprend de l’autre. Il y a deux espaces citoyens à l’Institut, (mis à part des toilettes citoyennes!); Le Restaurant et les Loisirs. L’Institut veut les sacrifier afin d’économiser quelques dollars, somme insignifiante dans l’effort budgétaire de 4 millions demandé par l’Agence de la santé et services sociaux de Montréal. Un technicien en loisir, qui verra son poste et son service abolis à l’automne si l’employeur s’entête, nous évoquait une image bien triste mais terriblement véridique. Celle d’un client d’une UTI qui obtient enfin une heure de sortie après des semaines d’hospitalisation et qui erre dans les corridors de l’Institut, corridors qui ressemblent plus à des corridors d’usine à cause de toute cette signalisation massive, blafarde, inutile et ridicule, qu’à un milieu de santé mentale et de rétablissement. Où ira ce client s’il n’y a plus d’espaces citoyens au cœur même de l’Institut? Ce technicien en loisirs et son collègue nous expliquaient aussi que leur travail n’était pas que d’organiser les loisirs et d’animer des activités, ils intervenaient aussi directement auprès de la clientèle dans leur questionnement sur leur avenir en société, dans la supervision de leur recherches internet pour se réintégrer dans la société après leur hospitalisation, etc. Qui fera ce travail d’accompagnement dans les corridors de l’Institut? Et notre clientèle de Déficience intellectuelle, parent pauvre de la 2

santé mentale qui est elle même est le parent pauvre de la santé? Que fera-t-elle de ses longs après midi et soirées? Les unités de DI sont beaucoup trop lourdes pour refiler ce travail aux éducateurs. Et il n’est pas question que des bénévoles viennent faire ce travail spécialisé à notre place. Nous avons déjà fait cette lutte et sommes près à la refaire. Pour celles et ceux qui s’inquiètent de l’avenir de la cadre des Loisirs, Josée Colette, qui est aussi responsable des services spirituels et du bénévolat, cessez de vous angoisser, elle vient d’hériter d’un beau parachute doré : ``Conseillère santé-culture et citoyenneté``, oui vous avez bien lu. Donc l’Institut ferme deux services pour faire des économies de bouts chandelles, économies improbables car des mécanismes de la Convention collective protègent heureusement nos travailleuses et travailleurs. Par contre il crée un poste budgétaire supplémentaire de cadre. Vous comprenez quelque chose? Nous, nous comprenons que le nouvel Institut n’a visiblement pas les moyens de ses ambitions, qu’il coupe dans des services directs à la clientèle. Qu’il est incapable de défendre ses dossiers et ses budgets face à l’Agence de santé et services sociaux de Montréal. Qu’il refuse obstinément de sabrer dans son encadrement pharaonique, ses syndicables non syndiqué(e)s, ses conseiller(ère)s et chargé(e)s de projet en tous genres. Et ce à l’encontre des directives du Ministère de la santé et des services sociaux et de la loi 100. Bref, qu’il est en plein désarroi.


Les P’tites Nouvelles - Mai 2013

Fermeture de l’unité 402

Des vœux pieux Nous traitons différemment le dossier de la fermeture du 402. Les fermetures d’unités de soins à l’Institut (à HLHL) ont étés historiquement nombreuses. Rappelons pour les plus jeunes que dans les années 70, il y avait plus de 70 unités de soins à Louis-H Lafontaine. Mais nous avons souvent étés impuissants face à ces fermetures car le syndicat s’était imposé comme partenaire obligé dans le processus de désinstitutionnalisation (il était incontournable et nécessaire) dans le but d’en restreindre les

effets négatifs sur les travailleuses et travailleurs et sur la clientèle. Nous considérons cette fermeture comme de la désinstitutionnalisation (tout comme les fermetures du Resto et des Loisirs). Mais si elle permet à l’Institut de couper 1,5 millions de dollars, elle nous apparait comme une mesure d’improvisation totale et fort improbable. En effet, la clientèle du 402 est destinée au réseau des CHSLD de Montréal. Mais ce dernier est complètement saturé et les listes d’attentes sont interminables. De

plus, l’Institut prétend, à tord et à raison, que cette clientèle est ``psychiatriquement stabilisée``. Mais elle est toujours potentiellement agitée et violente. Cette clientèle n’est donc pas recherchée par les CHSLD réguliers, il sera donc fort laborieux de lui trouver des lieux appropriés pour aller ``vieillir et mourir`` comme l’affirme sans aucune retenue notre Directrice générale dans les pages du Journal de Montréal du 17 mai dernier.

Abolition de la couturière

Qui fera la job? Finalement, l’abolition du poste de couturière, une infime goute d’eau dans les 4 millions $ demandés par l’Agence, entraîne une question.

Qui fera le marquage et les d’altérations des vêtements des bénéficiaires et des uniformes du personnel? L’article 29 de la con-

vention collective interdit à l’employeur de couper un poste afin de faire appel à un contrat extérieur.

Pétition resto & loisirs

Encore un effort! Nous avons déjà recueilli plus de 700 noms pour notre pétition qui s’oppose à la fermeture du Restaurant et des Loisirs. Nous invitons

tous celles et ceux qui ne l’ont pas encore signée à le faire, elle est disponible au Restaurant et au bureau syndical. Nous la déposerons

au Conseil d’administration de l’Institut le 11 juin 2013.

Dépôt de la pétition lors du Conseil d’administration du 11 juin à 18H00 SOYONS NOMBREUX!!! 3


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Visibilité médiatique

Au-delà des bananes Le STTLHL a connu un printemps médiatique chargé. La Presse a parti le bal avec un article sur les moisissures (``Coûteuses moisissures à HLHL`` le 20 mars 2013) dans lequel, Éric Clermont, Viceprésident du syndical intervient. Éric récidive le 26 mars 2013 dans La Presse (``Tension à HLHL``) et sur les ondes de LCN. Le 17 mai 2013, l’Institut fait la une du Journal de Montréal sur le dossier des

compressions budgétaires. C’est Jocelyn Houle, Président du STTLHL qui est cité dans l’article en plus d’intervenir sur les ondes de V-télé et de CJAD, une radio anglophone. Ce qui nous a agréablement surpris, c’est que les journalistes de l’écrit avaient consulté notre site Internet pour approfondir leur recherche. Notre site commence à prendre de l’ampleur et à bâtir sa

crédibilité. Ainsi, les médias sont mieux informés de nos positions et plus critiques envers les romances des portes-paroles de l’Institut. Vous êtes près de 300 travailleuses et travailleurs à être inscrits à votre site Internet, un chiffre fort impressionnant pour un syndicat local d’un établissement de santé au Québec. Donc, afin de recevoir des infos de votre syndicat en direct :

INSCRIVEZ-VOUS! STTLHL.ORG

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