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La crise, conséquence des aléas unitariens

Combien de temps l’euro-feuilleton peut-il

encore durer?

La crise de l’euro prend des proportions dramatiques. Les leaders européens viennent à peine de développer un plan d’urgence, que de nouvelles tempêtes s’annoncent. L’actualité des derniers mois a été dominée par un seul sujet: la crise de l’euro, causée par la spéculation sans bornes et la gestion douteuse de certaines institutions financières de premier plan. Quelle issue pour l’Eurozone?

Jan Callant

Executive summary La crise en Europe domine l’actualité depuis plusieurs mois. Des plans de sauvetage en tous genres entretiennent l’espoir pour être aussitôt mis en doute par des communiqués négatifs. Nous ne sommes pas au bout de nos peines et on peut se poser la question s’il est possible de s’en sortir tant que le joug unitarien de l’euro empêche une approche détaillée. En somme, allonsnous devoir décider si oui ou non le véhicule ‘euro’ vaut bien toutes ces crises?

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L’accord sur l’euro a comme but, surtout dans un premier temps, de s’attaquer à la crise. En effaçant une partie de la dette grecque et en augmentant le fonds d’urgence à 1000 milliards d’euro, on apporte des solutions à court terme. En effet, la faillite grecque hypothèquerait l’existence même de l’Euro-groupe (lisez de l’Europe). Mais qu’en est-il à présent de l’Italie, de l’Espagne et du Portugal ? La Grèce est placée sous curatelle. La France et l’Allemagne vont lui dicter la loi (financière) afin de remettre le pays sur les rails. Les Grecques n’ont d’autre choix que celui de subir, mais la question est de savoir si l’Italie, l’Espagne ou le Portugal sont disposés à accepter le même sort. Les semaines à venir devraient apporter leur lot de réponses: ou ça passe ou ça casse. Ou bien doit-on dévaluer l’euro comme cela se faisait jadis avec la monnaie lorsque des pays se trouvaient en crise? Vu le caractère unitaire de la monnaie, cela est désormais devenu impossible. Ou bien faut-il brider le système boursier? La spéculation a pris des formes qui s’apparentent à la criminalité. Dans ce domaine aussi, un contrôle direct et une limitation du ‘pouvoir’ devraient être instaurés. Sinon l’euro risque de ne pas obtenir gain de cause.

Dexia Un autre sujet brûlant qui domine l’actualité financière est sans aucun doute l’affaire Dexia. Nous n’allons pas refaire tout le récit, mais il apparaît qu’ici aussi que la spéculation maniaque ait eu de lourdes conséquences. A noter que la branche française du groupe bancaire porte la plus grande responsabilité dans cet échec, alors même que la France veut dicter les règles de l’assainissement financier de l’Europe.

L’Allemagne, la chancelière Angela Merkel en tête, joue un rôle principal dans la tentative de maîtriser la crise de l’euro.

Meg Whitman a fait analyser la stratégie de son prédécesseur et décida d’annuler le projet de se défaire de plusieurs divisions.

Cela paraît cynique, presque ridicule, mais c’est pourtant la réalité. Une fois de plus, c’est la spéculation qui est à l’origine des difficultés. Dexia a communiqué ouvertement à propos de problèmes ‘internes’. Dans la foulée on a vu baisser les actions de tous les groupes financiers. La bourse est malade, maniacodépressive. Il s’ensuit qu’elle contamine tous les acteurs en périphérie. Nous avons clairement besoin de critères objectifs afin de pouvoir procéder à des évaluations correctes tout en se passant des caprices boursiers.

Et entre-temps, dans le monde des entreprises… Bon nombre d’entreprises ont entamé le trimestre de clôture de l’année financière 2011. Une année stigmatisée par les suites de la crise (financière ou non). On guette les pronostics et un nombre d’avertissements sur le résultat. Car c’est ce à quoi l’on pourrait s’attendre. Notre tâche consiste alors à déterminer combien d’entreprises utilisent la crise comme prétexte pour pratiquer des assainissements et/ou des fermetures et à situer cette donnée dans une analyse chiffrée réaliste. Espérons que les entreprises soient nombreuses a avoir le culot qu’à eu Hewlett-Packard. Sous la direction du CEO Leo Apotheker, la décision a été prise de se défaire de la division PC et tablettes. Ce faisant, Apotheker mettait un terme à l’une des activités principales de HP et signait par la même occasion la fin de sa carrière au sein du géant informatique. Son successeur s’est donné la peine de faire analyser cette stratégie et est arrivé à la conclusion que le coût de la restructuration ne se justifiait pas par rapport à la facture qui résulterait du maintien des divisions. La décision fut vite annulée. Un exemple de disposition positive et de culot. Un exemple à suivre.

December 2011 - january 2012

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