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POURBOIRE : CE N’EST PAS DÛ, MAIS PAYEZ QUAND MÊME…

Les Mauriciens sont réputés pour leur gentillesse. Mais lorsqu'il s'agit de leur porte-monnaie, le sourire peut rapidement disparaître des visages. Pas étonnant, donc, s’ils quittent les restaurants en ne laissant pas de pourboire. Est-ce une question de culture ? Edition 153 – Mercredi 30 octobre 2013

LA DIFFÉRENCE, C’EST LE CONTENU

Votre hebdomadaire à Rs 15

UNITED INVESTMENTS LTD

SANJIV MIHDIDIN,

TERRA RACHÈTE LA PART DES LAGESSE À RS 340 MILLIONS

« IL FAUT ATTIRER PLUS DE CAPITAUX ÉTRANGERS »

CEO FORESITE PROPERTY

Le secteur de l'immobilier mauricien doit passer à une étape supérieure. Pour le CEO de Foresite Property, l'investissement ne peut se résumer à de lourds emprunts bancaires auprès d'institutions locales. Décrit comme le point noir de l'économie depuis 2008, l'immobilier peut aussi se révéler être providentiel sur le plan de l'investissement direct étranger. Et cela, sans pour autant noyer le pays dans une masse de béton...

Elle deviendra l'un des gros actionnaires de United Investments Ltd (UIL) si certaines conditions suspensives imposées par les régulateurs concernés sont respectées. Terra Mauricia Ltd a en effet annoncé, lundi, le rachat des 24% d'actions détenues par le Groupe GML au sein de UIL

TAKEOVER

SICOM DANS LE VISEUR D’UN CONGLOMÉRAT

ECONOMIC INDICATORS

INVESTMENT

FOR MAURITIUS, NUMBER ONE JUST ISN’T GOOD ENOUGH…

MAURITIUS SEEN AS A ‘LOWER RISKS, LOWER REWARDS’ COUNTRY


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ACTA PUBLICA

MERCREDI 30 OCTOBRE 2013 CAPITAL | EDITION 153

TAX INFORMATION EXCHANGE

CLOSING LOOPHOLES AND IMPROVING COMPLIANCE

Information is a key element when doing business and the basic difficulty in getting information out of Africa, especially tax information, has made it difficult for organisations to do business in Africa. On top of this, African tax authorities are becoming far more sophisticated, making it extremely important to have a unified system in the region ▼ H.L-B

A

FRITAC South is organising a seminar on the Exchange of Information from the 28th to the 31st of October, the 3rd seminar of its kind to be organised by the institution, During these four days, the participants, mainly from Africa, will look at specific aspects relevant to countries in the region. For instance, they will study the need and sources of information, and how they can be used by taxation bodies to be more effective in collecting taxes. The ultimate goal is to reduce opportunities for scrupulous persons to evade tax. According to the International Monetary Fund (IMF), many countries can improve their revenue collection for sustainable development and

poverty reduction. For those present on the opening day of the seminar, tax information exchange has become important in the context of capacity building relating to revenue mobilisation. Therefore, good information sharing is an element of success. In the region, explains Vitaliy Kramarenko, Coordinator of AFRITAC South, unified revenue authorities have been established at national level, which are responsible for collecting all the taxes. For this to be effective, there needs to be efficient information sharing between different units of any national revenue authority. When exchange of information takes place, revenue collection from compliant tax payers is made easier. Trade is also facilitated, in particular when customs are aware of the

Stephen Mendes

information available about taxpayers. The focus of the seminar, he says, is more about organising the IT part of it, because different tax authorities collect tax differently. “It's all catalogued and filed in different IT systems. So it is important to make sure that the IT system possesses these

Vitaly Kramanenko

information effectively, but also that the structure is tailored to share the information so that various departments within the tax organisation know about the communication channels,” he explains. According to Stephen Mendes, of the AFRITAC South Centre based in Mauri-

SBM : TROISIÈME DISTINCTION EN DOUZE MOIS POUR LA deuxième année consécutive, la State Bank of Mauritius (SBM) a été élue « Best Bank in Mauritius » par le magazine anglais Capital Finance International (CFI). Dans le milieu de la banque, on attribue ce succès au facteur suivant : le retour des pionniers de la banque, notamment Muni Krishna Reddy en tant que Chairman (2010) et Jayraj Sonoo en tant que Chief Executive (2012). Il est un fait indéniable que la construction même de la banque a été l'œuvre de ces deux hommes, indiquent certains membres du Senior Management. Pour rappel, c'est la troisième fois que la banque mauricienne reçoit une telle distinction en douze mois. En effet, en novembre 2012, la SBM fut la première banque à Maurice à recevoir cette reconnaissance de CFI. En juillet dernier, ce fut au tour de l’« Euromoney Awards for Excellence 2013 » d'élire la SBM « Best Bank in Mauritius ».

Jairaj Sonoo, Chief Executive Banking (Indian Ocean Islands) de la SBM

A travers cette distinction, CFI a tenu à saluer les progrès constants réalisés par la SBM pour se maintenir dans le peloton de tête des institutions financières du pays. Selon les

commentaires du CFI Awards Judging Panel 2013, « The State Bank of Mauritius, one of the country’s largest financial institutions, is strengthening its leadership position year by year. Noting the bank’s excellent results, the CFI Judging Panel was unanimous in naming SBM as Best Bank Mauritius for the year 2013. The judges pointed to the bank’s outstanding growth record, its innovations and its obvious concern for all stakeholders. SBM was the CFI award winner in the same category last year and the panel congratulates both management and staff on this impressive achievement. Quality of service is at the heart of the SBM proposition and this is reflected in an extensive branch network and a reputation for accessibility, security and technological excellence ». Capital Finance International est un journal de renom qui publie aussi des rapports en ligne sur le monde du business et de la finance et dont le siège social est situé à Londres.

tius, the difficulty in the past has been that customs, VAT, and income tax were separate islands. The challenges were therefore to make sure that the different kinds of information that they generate are shared, so that life can be made easier for tax payers. “Speaking frankly, someone acting dishonestly in regards to the VAT is also probably dishonest with the customs or income tax. The exchange of information tries to cover these loopholes and opportunities,” he adds. The risks for not doing so are real. Only recently, as reported in the press, a number of international organisations doing business in Africa have suffered severe damage (and reputational damage) from not paying attention to the increased sophistication of tax authorities in the region.

UIL : TERRA RACHÈTE LA PART DES LAGESSE À RS 340 MILLIONS

ELLE DEVIENDRA l'un des gros actionnaires de United Investments Ltd (UIL) si certaines conditions suspensives imposées par les régulateurs concernés sont respectées. Terra Mauricia Ltd a en effet annoncé, lundi, le rachat des 24% d'actions détenues par le Groupe GML au sein de UIL, soit 36 357 632 actions ordinaires. Une première estimation de la transaction par certains acteurs du milieu des affaires se chiffre à Rs 340 millions. Il en ressort également qu'investir dans UIL, c'est investir dans le leasing, portfolio que ne possède pas encore Terra Mauricia. Selon le site de GML, les principaux actionnaires de UIL sont des membres de la direction des sociétés dans lesquelles a investi le Groupe. UIL est engagée dans plusieurs secteurs tels les services financiers, le manufacturier à travers le Groupe Island Fertilizer, le commerce à travers Pelagic Process Ltd, les technologies informatiques avec Megabyte Ltd et le tourisme, grâce à Attitude Resorts Ltd. Pour l'année financière 2012, UIL a enregistré un chiffre d'affaires de Rs 1,6 milliard.


FINAL REPORT

MERCREDI 30 OCTOBRE 2013 EDITION 153 | CAPITAL

▼ RUDY VEERAMUNDAR

L

a réputation de la State Insurance Company of Mauritius (Sicom) sur la place financière est montée d'un cran depuis quelques années, alors qu'Air Mauritius - où l'État est actionnaire majoritaire – a accusé parallèlement une baisse de performance constante. Ce qui a valu à la Sicom d'être le nouveau joyau des corps paraétatiques. Pas qu'aux yeux du gouvernement, mais également à ceux du secteur privé. Dans les coulisses de la haute finance, les tractations entre le Groupe Mon Loisir (GML) et la Sicom, l'année dernière, pour un éventuel partenariat sur le projet Azuri, n'étaient plus du domaine du secret. Dans ce projet, GML voyait en la Sicom un patenaire solide sur le plan de l'investissement, plus précisément en termes de 'cash flow'. Si les discussions étaient arrivées à un stade très avancé, le conseil d'administration de la maison d'assurance de l'État devait finalement décider de ne pas donner suite au projet. GML étant 'out' depuis un bon moment, c'est un autre conglomérat listé qui voit depuis peu, en la Sicom, une poule aux oeufs d'or. Il ne s'agit pas, cette foisci, de faire de la Sicom un partenaire stratégique, mais d'en devenir l'actionnaire majoritaire. Il nous revient que tout un mécanisme a été mis en place par ce conglomérat de taille dans le secteur de la construction et qui aurait bien planifié son coup à travers une campagne subtile de par ses « payroll boys » au sein des médias locaux. La stratégie, à travers quelques papiers, est d'envoyer un ballon-sonde et de convaincre l'opinion publique du bien-fondé du projet. Selon certaines sources proches du dossier, le conglomérat serait considéré comme étant politiquement puissant, notamment de par sa réputation d'être un bailleur de fonds loyal des deux principaux partis politiques du pays. D'après les informations disponibles sur le marché, le groupe se serait montré intéressé à prendre le contrôle de la Sicom à la suite de deux déceptions. L'un des projets en question, qui n'a jamais abouti de par les mouvements de résistance d'une certaine école de pensée, aurait quand même coûté gros en termes d'investissement. L'autre projet a aussi connu son lot de polémiques, ce qui ne l'a toutefois pas empêché d'aboutir. Le problème, ici, est qu'il ne serait pas considéré comme rentable eu égard à l'investissement initial et aux frais constants que doit encourir le conglomérat pour son opération. C'est dans ce contexte négatif que le conglomérat estimerait n'avoir pas eu « sa part de gâteau », bien que bon nombre de contrats publics lui aient été octroyés ces dernières années dans le domaine de la construction. Ces derniers, semble-til, ne seraient pas suffisants. Ainsi, les services financiers, à travers la Sicom, seraient considérés comme étant une « compensation adéquate ». Comment le groupe compte-t-il prendre le contrôle de la Sicom ? Pour le com-

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TAKEOVER

SICOM DANS LE VISEUR D’UN CONGLOMÉRAT

Le bon élève de l'État attire les convoitises de plus d'un depuis ses profits records de l'année dernière. Un puissant conglomérat émergent du privé, ayant une solide réputation dans le secteur de la construction, ambitionnerait de prendre le contrôle de la State Insurance Company of Mauritius (Sicom) prendre, il est important de jeter un coup d'oeil sur le 'shareholding structure' de la maison d'assurance. Les principaux actionnaires sont comme suit : Development Bank of Mauritius (23%), Sugar Insurance Fund Board (20%), State Bank of Mauritius Investments Ltd (20%), State Investment Corporation Ltd (12,5%), Port-Louis Fund Ltd (12,5 %) et National Investment Trust Ltd (12%). Selon certaines sources, l'option principale du conglomérat serait d'acquérir les actions détenues par la State Investment Corporation (SIC) – dont le Managing Director est Iqbal Mallam-Hassam – et celles de la SBM. Dans un tel scénario, le conglomérat se verrait en possession de 35,5%. Certains observateurs soulignent qu'une telle démarche déclencherait automatiquement un 'takeover', dans la mesure où la Sicom est une compagnie listée. Il faudrait également ajouter à cette équation les parts de la Development Bank of Mauritius (DBM), dont les actions seraient aussi dans le viseur du groupe en question, qui bénéficierait ainsi d'une marge de manoeuvre confortable (58,5%). Pour y parvenir, selon certains renseignements en provenance du marché, à défaut des actions de la DBM, le conglomérat se rabattrait sur les 12% de la National Investment Trust (NIT). Si pour le conglomérat, les dés sont bel et bien jetés, du moins par rapport à l'intention, au sein de la Sicom, les avis sont partagés. On comprend mal que celle-ci soit appelée à servir de « béquilles » financières pour un groupe du privé... PROFITS DE RS 559 MILLIONS Les récents chiffres de la Sicom démontrent la parfaite santé de cette compagnie, d'où l'intérêt affiché par le conglomérat. Un communiqué officiel de la Sicom, émis la semaine dernière, expliquait ainsi que « les profits avant impôts du Groupe pour l’année ont atteint Rs 559 millions, comparé à Rs 474,4 millions pour la période correspondante de l’année 2012, alors que les profits avant impôts de la Compagnie ont atteint le chiffre record de Rs 492 millions, contre Rs 365,9 millions avant impôts en 2012. « Le pôle financier du Groupe a également généré des résultats probants puisque les dépôts auprès de la SICOM Financial Services Ltd ont atteint 3,2 milliards au 30 juin 2013. Avec l’accent sur le leasing financier, l’investissement total en faveur des projets de leasing a augmenté de 50,2 % pour atteindre Rs 186,6 millions. Les profits avant impôts ont subi une légère baisse, passant à Rs 38,4 millions pour l’année en cours, contre Rs 42,7 millions l’année dernière. Cette baisse est due à la baisse des taux d’intérêts pendant l’année en cours. » Selon Karuna Bhoojedhur-Obeegadoo, CEO du Groupe, « cette progression constante s’explique par les bons résultats de l’ensemble des compagnies subsidiaires, qui ont toutes affiché des performances notables en dépit d’un environnement compétitif, une augmentation de revenus d’investissement et une maîtrise accrue des coûts opérationnels.

Selon certaines sources proches du dossier, le conglomérat serait considéré comme étant politiquement puissant, notamment de par sa réputation d'être un bailleur de fonds loyal des deux principaux partis politiques du pays


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INSIDE

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▼ HERRSHA LUTCHMAN-BOODHUN

D

ans l'ombre de la finance internationale, de grosses sommes d'argent franchissent régulièrement les frontières. Le tout sous couvert de transactions officiellement enregistrées et sans recourir aux outils mentionnés dans les manuels d'économie. Ce qui a poussé, cette année, deux auteurs – Léonce Ndikumana et James K. Boyce – à s’atteler à l’écriture de « La Dette Odieuse de l'Afrique ». Un ouvrage d'avant-garde qui devrait être lu par tous ceux soucieux de connaître les causes du sous-développement en Afrique. Selon les auteurs, l'endettement et la fuite des capitaux ont saigné le continent. Ainsi, en quarante ans, plus de USD 854 milliards ont été transférés, de manière frauduleuse, à partir du continent. Le Nigéria, l'Egypte, l'Algérie, le Maroc et l'Afrique du Sud figurent en tête du classement des cinq pays africains ayant effectué le plus de transferts financiers illicites entre 1970 et 2008.

854 milliards de dollars Somme transférée de manière frauduleuse à partir du continent, entre 1970 et 2008, selon « La Dette Odieuse de l'Afrique », œuvre de Léonce Ndikumana et James K. Boyce Maurice, à en croire le Global Financial Integrity (GFI) Report, rendu public en mai de cette année, et intitulé « Illicit financial flows from Africa: Hidden Resource for Development », y a également contribué. Ce rapport, produit en collaboration avec la Banque africaine de développement (BAD), prend en compte des données dévoilées par les Etats africains à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international (FMI), ainsi que des estimations des transferts de capitaux illicites et non-enregistrés selon des papiers de recherches et d'analyses. Il en ressort que ce sont les pays subsahariens qui ont perdu le plus de ressources pendant la période de 39 ans analysée dans ledit rapport, mais que la tendance serait en train de s'inverser avec le Nord du continent. Cependant, plus loin, on peut lire que « In Southern Africa, capital flight is mainly dominated by South Africa, Mauritius and Angola… » En termes de volume des flux financiers illicites, le Nigéria, l’Egypte et l’Afrique du Sud sont en haut du classement. En Afrique de l’Ouest et en

FUITE DE CAPITAUX

MAURICE PARTICIPE À LA SAIGNÉE…

Notre île a décidément beaucoup en commun avec l’Afrique du Sud. Si l’objectif avoué des deux pays est de devenir le portail préféré des investisseurs en Afrique, il existe une autre similarité très peu avouable. Elle concerne la fuite des capitaux, dont Maurice et son voisin sud-africain sont deux des acteurs majeurs sur le continent Afrique centrale, les sorties de capitaux illicites se font surtout, dans cet ordre, du Nigéria, de la République du Congo et de la Côte d’Ivoire, tandis qu’en Afrique du Nord, on retrouve l’Egypte, l’Algérie et la Libye. Le rapport, qui est le résultat de plus de huit mois de recherches, est d'autant plus accablant parce qu’elle révèle que

l'Afrique perd, depuis 1980, autant d'argent à cause des flux financiers illicites qu'elle en reçoit de l'extérieur, toutes sources confondues. Ce qui a fait du continent « un créditeur net du reste du monde pendant des décennies », selon Raymond Baker, président de GFI, organisation basée à Washington. Entre 1980 et 2009, les transferts nets

de ressources financières de l'Afrique vers le reste du monde ont tourné entre USD 597 millions et 1,4 milliard par an, alors que les transferts illicites, sur la même période, sont estimés à entre USD 1,2 milliard et 1,3 milliard, note le rapport. Les chercheurs sont partis du principe que les flux de capitaux non enregistrés sont illicites par nature. Ces derniers font


INSIDE

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Le cas Associated British Foods (ABF)

AFRICA: REAL ILLICIT FINANCIAL FLOWS [IMF + WORLD BANK METHODS] – 1970-2008 (USD MILLIONS 2004 DEFLATED) YEARS Mauritius South Africa

1970-75

1976-80

1981-85

1986-90

1991-95

1996-2000

2001-2005

2006-2008

TOTAL

5.60

89.60

93.00

313.80

538.30

540.00

354.20

42.70

1,978.1

-

-

-

-

-

5,218.10

24,378.60

52,243.00

81,840

Angola

3.00

-

6.80

746.90

1,543.00

2,831.90

11,231.20

12,583.70

29,500.10

Nigeria

36.10

5,560.10

7,689.60

23,630.10

8,914.60

8,372.20

54,003.00

109,532.20

217,738.10

Sources: Global Financial Integrity estimates & Ndikumana and Boyce, 2008

référence aux transferts d'argent obtenus via la corruption, les pots-de-vin, l'évasion fiscale, les activités criminelles et de contrebande. Idem pour les fonds légaux générés suite à des activités légales, mais transférées à l'extérieur, en violation de la réglementation sur le contrôle de change. L’OFFSHORE VISÉ Un travail de recherche abattu par la United Nations Commission for Africa et le Comité de Haut Niveau sur ‘Illicit Financial Flows from Africa’, en juin de cette année, cible les banques offshore. « These offshore banking centres also operate in Africa, in the Seychelles, Mauritius and Liberia, and to some extent Botswana, which provide offshore financial services to a variety of domestic and international clients. To what extent these offshore financial centres facilitate outflows of illicit funds from the continent will need further research. But it would be safe to state that these facilities are run with the assistance of or in conjunction with established European banks and therefore, are in a good position to attract a large number of customers from African countries. After all, soliciting customers, based on the unique services these institutions provide, is one of the stalwart characteristics of offshore banks », peut-on y lire. La première ONG de développement en France, CCFD-Terre Solidaire, va plus loin. Dans un rapport qu'elle a rédigé en août 2013, appelé « Scandale de l'évasion fiscale et des paradis fiscaux », elle éclaire sur les chiffres disponibles sur les flux financiers illicites. Dans les chiffres officiels, selon elle, la part des pays en développement dans les flux d'Investissements Directs Etrangers (IDE) est de plus en plus importante. Soit 52% en 2010 sur les flux entrants et 25% en ce qui concerne les flux sortants. Mais ces données, poursuit l'ONG, sont affectées par le rôle de miroir déformant des paradis fiscaux et de leur utilisation massive par les entreprises multinationales. Elle constate ainsi que les 50 premières entreprises multinationales européennes ont en moyenne 21% de leurs filiales dans des paradis fiscaux (26% pour les banques), que 71% des investissements directs étrangers en Chine proviennent de 5 petits paradis fiscaux (les îles Vierges britanniques, Singapour, Hong Kong, les îles Caïmans et Maurice), tandis que 43% des IDE en

1995, L’ANNÉE QUI FUYAIT DE PARTOUT… Loin derrière l'Afrique du Sud et l’Angola en ce qu’il s’agit des fuites de capitaux en Afrique subsaharienne, Maurice est cependant frappé par ce phénomène depuis plus longtemps que le pays de Mandela. Alors que les fuites de capitaux n’ont été enregistrées qu’à partir de 1996 en Afrique du Sud, chez nous, bien que minimes, celles-ci étaient connues dès 1970. Ainsi, de 1970 à 1975, on note une somme de USD 5,6 millions. En 1972, le chiffre enregistré n’est que de USD 0,6 millions, comparé au USD 0,2 million en 1970 et 1971 respectivement. En 1976, soit l'année où le MMM remporte la majorité des sièges aux élections législatives, mais ne forme pas le gouvernement, ce chiffre

Selon le Global Financial Integrity (GFI) Report, rendu public en mai de cette année, l’Afrique perd, depuis 1980, autant d’argent à cause des flux financiers illicites qu’elle en reçoit de l’extérieur, toutes sources confondues

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monte en flèche pour atteindre USD 59,8 millions. Bien qu’elle se stabilise à des niveaux plus bas par la suite (USD 7,9 et USD 7,2 respectivement en 1982 et 1983), elle connaît à nouveau un pic en 1987, avec USD 63,4 millions. En 1990, soit une année avant les élections législatives, la fuite de capitaux est estimée à USD 87,5 millions, soit le double de 1991, qui verra la victoire de l’alliance MMM/MSM. A ce jour, 1995 reste l’année ayant vu les plus importantes fuites de capitaux, avec USD 256,9 millions. Cette année-là, le PTr et le MMM briguent les suffrages. Après cela, les flux financiers illicites chutent dramatiquement, atteignant même 0,0 de 2005 à 2007.

Inde proviennent de notre île. Qui dit vrai en ce qui concerne Maurice ? Si certains experts sont d’avis que notre pays complète le podium de ceux qui favorisent la fuite des capitaux, d’autres ne partagent pas le même avis. La situation est similaire pour l’Afrique du Sud. Dans ‘New Estimates of Capital Flight from Sub-Saharan African Countries : Linkages with External Borrowing and Policy Options’, rendu public en avril 2008, les deux auteurs, Léonce Ndikumana et James K. Boyce, expliquent: « Over the 1970s period, a number of countries appear to have experienced episodes of capital flight reversal, that is, net outflows followed by net inflows. But in the period as a whole, outflows more than outweigh inflows for all but seven countries – Benin, Comoros, Mali, Mauritius, Niger, Senegal, and Togo. […] The results indicate that financial development has no impact on capital flight. The evidence does not support the presumption that the development of the financial system, and the ease of conducting transactions that accompany it, may facilitate the export of capital. Indeed, the Sub-Saharan countries with the most developed financial systems have relatively low levels of capital flight, for example Kenya, Mauritius, Seychelles and South Africa. »

Au début de l’année, l’ONG Action Aid a publié un étonnant rapport intitulé « Sweet Nothings : The Human Cost of a British Sugar Giant Avoiding Taxes in Southern Africa ». Un document qui a fait réagir la compagnie pointée du doigt : Associated British Foods (ABF), multinationale agroalimentaire britannique qui aurait recours à des moyens, légaux certes, mais permettant de contourner la fiscalité et de faire passer, par exemple, un tiers de ses bénéfices avant imposition dans des paradis fiscaux. Tout cela à travers Zambia Sugar, qu’ABF aurait racheté à Illovo Sugar en 2007. Outre l’Irlande et les Pays-Bas, Maurice est également cité dans le rapport. Le directeur financier d’AFB, John Bason, est venu de l’avant pour défendre la compagnie. Il a expliqué, dans la presse internationale, que le non-paiement d’impôt était lié au montant de £ 150 millions investi dans la construction de la plus grande raffinerie de sucre du pays. Quant aux versements faits à Maurice et en Irlande, il a précisé que c’était en rétribution du « vrai travail fait par des gens en chair et en os » dans ces pays.

Un énorme manque à gagner La fuite des capitaux représente un fardeau plus lourd en Afrique que dans d’autres régions. Les experts s’accordent à dire que les flux financiers illicites sont un manque à gagner qui auraient pu être utilisés autrement. Cet argent, s’il était convenablement enregistré et taxé dans le pays d’origine, pourrait contribuer à un développement considérable. Il pourrait apporter une différence majeure dans le combat contre la pauvreté. Or, la fuite illicite des capitaux supprime les investissements, réduit la perception des taxes, aggrave les différences de revenus fiscaux, blesse la compétition, mine le commerce et draine les réserves de monnaie, tout en faisant grimper l’inflation. En sus des revenus fiscaux, d’autres gains pourraient être réalisés si la fuite illicite des capitaux pouvait être arrêtée. S’il n’avait pas été possible d’échapper aux taxes et de faire de grands bénéfices grâce à ce mécanisme, une partie de l’argent aurait pu rester dans les pays d’origine. S’il avait été réinvesti, il aurait pu contribuer à créer des emplois et à favoriser la croissance.


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ENTRETIEN

MERCREDI 30 OCTOBRE 2013 CAPITAL | EDITION 153

Le secteur de l'immobilier mauricien doit passer à une étape supérieure. Pour le CEO de Foresite Property, l'investissement ne peut se résumer à de lourds emprunts bancaires auprès d'institutions locales. Décrit comme le point noir de l'économie depuis 2008, l'immobilier peut aussi se révéler être providentiel sur le plan de l'investissement direct étranger. Et cela, sans pour autant noyer le pays dans une masse de béton...

SANJIV MIHDIDIN, CEO FORESITE PROPERTY

« IL FAUT ATTIRER PLUS DE CAPITAUX ÉTRANGERS »

▼ HERRSHA LUTCHMAN-BOODHUN

❚ Vous avez investi Rs 1,2 milliard

depuis l'année dernière. N'est-ce pas un investissement risqué dans le contexte actuel? Depuis quelques années, la division immobilière de Rogers (Foresite Property et Ascencia) a été la plus profitable, avant la scission avec CIM l'année dernière. Ce dernier a représenté, pendant longtemps, le portfolio le plus important du groupe. Mais je dois dire qu'on m'avait posé la même question trois ans de cela, lors de la rénovation du Centre commercial de Phoenix. Les résultats sont très positifs. Le centre commercial se situe dans un lieu stratégique. On est à la croisée de toutes les autoroutes à Maurice, que ce soit du sud, du nord, le Phoenix-Beau Songes link road, le Terre Rouge-Verdun link road... On est très confiant que ce sont des investissements qui assureront un bon retour. ❚ Selon les statistiques, le ministère

des Finances et la Banque de Maurice, le secteur de la construction connaîtra un ralentissement en 2014. Cela affectera-t-il l'immobilier ?

Attention, quand on parle de l'immobilier à Maurice, on a toujours tendance à penser aux nouveaux centres commerciaux, appartements, IRS/RES. L'amalgame est fait avec le secteur de la construction. Or, ce sont deux secteurs différents. Chez Foresite Property et Ascencia, on a basé notre 'business model' sur de l'existant. Le portefeuille de Rogers comportait des bâtiments existants. On a racheté les immeubles du groupe Casinos, donc c'est de l'existant. Il ne faut pas oublier que le secteur immobilier, c'est aussi l'immobilier existant ! Ce n'est pas le secteur de la construction. J'estime que l'immobilier existant représente 90% des activités immobilières à Maurice. Là, on parle aussi du re-développement et de la rénovation. Nous faisons du 'property development' et du 'property management' différemment des autres, qui sont entrés directement dans le développement et qui ont fait les choses sans savoir ce que veulent les clients. Puis il y a l'animation au quotidien et les loisirs. Cela a été notre 'competitive advantage' par rapport à eux. Tout cela pour vous dire qu'il y a une grande nuance à faire entre la construction et l'immobilier. Le nouvel aéroport est de l'immobilier maintenant. Donc, l'im-

mobilier est du 'built-up environment' principalement, mais concerne aussi les nouveaux projets de développement. On a basé notre modèle dessus. La construction connaîtra une décroissance cette année. Par contre, l'immobilier connaîtra une croissance, quoique les deux secteurs soient liés. Lorsque de nouveaux projets immobiliers font surface, cela dope le secteur de la construction. Mais pour moi, ce n'est pas la même chose. ❚ Donc, venir dire que l'immobilier

sera en difficulté n'est pas tout à fait vrai ? Je crois qu'on est vraiment pessimiste. Il ne faut pas oublier que le secteur de l'immobilier à Maurice a besoin davantage d'incentives. D'ailleurs notre association a soumis un mémoire dans le cadre du Budget, y compris au Board of Investment. Nous demandons certaines choses qui permettront de faciliter les affaires et augmenter le volume. Ceci étant dit, il ne faut pas venir étouffer ce secteur. C'est celui qui a apporté le plus d'investissements directs étrangers (IDE) à Maurice durant les cinq dernières années. Si on vient maintenant, à travers des mesures restrictives, l'étouffer, il n'y aura pas que

Des gens ont cru pendant un moment que si Ascencia faisait bien dans ce secteur, ils le pouvaient également. L'erreur a été qu'il fallait faire des centres commerciaux adaptés à la clientèle, au marché et réfléchir à comment les bâtir


ENTRETIEN

la construction qui en souffrira. Le secteur immobilier mauricien a quand même dopé la croissance d'une façon assez significative. Il faut au contraire le booster. Beaucoup de gens sont employés dans la construction, tout comme dans l'immobilier. Il faut booster la consommation, revoir la taxe... Si les gens consomment à nouveau, les centres commerciaux feront bien et vont même s'agrandir, comme nous l'avons fait. Le contracteur aura un travail, ainsi que les consultants, les architectes et tous ceux associés à de tels projets. C'est une chaîne, et ça dope la croissance. De petits pays comme Dubaï ont bâti leur réputation sur l'immobilier. Il y a eu un certain déclin avec la crise, mais la reprise est là. On est en fin de cycle de crise, et quand vous avez déjà le 'built-up environment', il est très facile de poursuivre. Il faut être prêt – et c'est ma théorie personnelle – quand le cours reprendra à Maurice. Maintenant, si on a des choses en décrépitude, les Mauriciens n'iront pas. Ils voyagent, voient beaucoup ce qui se fait ailleurs et ont acquis un niveau de vie agréable. A Foresite Porperty, nous ne nous laissons pas guider par les architectes. C'est nous qui les guidons par rapport à nos besoins.

PHOTOS : NICHOLAS LARCHÉ

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❚ Quelles sont vos attentes par rap-

port au Budget? Ce qu'on demande principalement, c'est qu'il y ait un Real Estate Investment Trust Framework (REIT). Pourquoi? Ascencia est un fonds immobilier coté en Bourse. Le REIT est un cadre reconnu à l'international avec un régime fiscal assez spécial. Cela fait cinq ans que je suis en train de parler avec le ministère des Finances, la Financial Services Commission et le Board of Investment sur le sujet. Le Kenya, l'Afrique du Sud, la Tanzanie et le Botswana possèdent déjà ce cadre. Ils ont débuté bien après nous dans l'immobilier, mais ils sont en avance sur cet aspect. A Maurice, quoiqu'une brève mention en ait été faite lors d'un des exercices budgétaires précédents, rien n'a été fait. On a relancé cela. Ascencia est prête à être 'converted to REIT' le jour où cela deviendra réalité. Un REIT attirera les capitaux étrangers pour l'immobilier à Maurice au moment même où la Banque de Maurice a demandé de ne pas prêter à ce secteur. Il faut donc trouver d'autres moyens de financer. Prenons l'exemple d'un investisseur hongkongais qui souhaite investir en Afrique. Il reconnaît un REIT, alors qu'Ascencia est encore une 'property company'. Malgré les retours et notre réputation, il hésitera à mettre son argent ici, car il ne comprendra pas ce modèle. Le jour où il voit un REIT, il reconnaît le modèle et la fiscalité autour. Il viendra alors automatiquement vers nous. Il lui sera plus facile de décaisser ses fonds. Nos partenaires africains ont été plus rapides à mettre ce cadre sur pied, alors même que Maurice est un centre financier reconnu au niveau international. On a été innova-

teur dans l'offshore, avec tout ce qu'il implique comme législation. Il est temps de faire un REIT pour passer à l'étape supérieure. On a aussi demandé à ce qu'on harmonise les taxes dans tout ce qui est vente et achat, en introduisant une 'flat tax' de 5%. Aujourd'hui, j'achète une maison en payant 5% d'impôts. Si je décide de la vendre après une année (au lieu d'attendre cinq ans), je dois payer 10% de taxe et l'acheteur 5%. Cela n'a pas de cohérence. On a aussi demandé de revoir la TVA sur les projets résidentiels sur lesquels les promoteurs n'arrivent pas à récupérer la TVA. Quand on achète une maison, on ne paie pas la TVA. Si le 'end user' ne paie pas, alors que le promoteur a dû payer quand le projet a démarré, le promoteur passe la TVA aux clients. Ces derniers devront payer 15% plus cher. Quand le prix grimpe, la demande tombe. Donc, il y a moins de taxe pour le gouvernement et moins de profits pour les promoteurs. On souhaite voir une formule pour régler cela. Au niveau de la Mauritius Revenue Authority (MRA), les locataires sont, de par la loi, obligés de s'acquitter de la 'Tax deducted at Source' à hauteur de 5% de la valeur de la location. Pour que nous – qui sommes dans le business lo-

catif – récupérions cette taxe, il nous faut attendre que le locataire remette un certificat à la MRA. Les gros locataires, comme Courts, ont la logistique pour le faire, mais c'est compliqué pour les petits locataires. Et tant que ces derniers ne remettent pas de certificat, nous n'arrivons pas à récupérer notre argent. ❚ Certains de vos compétiteurs n'ont

pas su comment construire et gérer un centre commercial. Qu'est-ce qui, selon vous, fait votre succès? Revenons sur ce qu'est le secteur des centres commerciaux à Maurice. Le succès de ces centres dépend des produits, c'est-à-dire que notre équipe ne s'est pas lancé dans la construction des centres commerciaux que pour la forme. Le design de ces centres est une science qu'il faut maîtriser. Ce n'est pas simplement demander aujourd'hui à un architecte de mettre sur pied un bâtiment pour vous. Il y a eu plusieurs cas, mais je ne vais pas citer de noms, où les produits ont été mal conceptualisés. Le 'tenant mix' développé autour de l'immobilier est réfléchi de façon à ce qu'il reflète ce que le marché demande. Par exemple, nous avons bougé l'entrée de Phoenix pour la ramener plus au milieu. La façon dont les gens arpentent maintenant Phoenix est telle qu'ils

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doivent passer devant les magasins pour accéder à Jumbo, qui est la locomotive du centre. Le food court, qui était petit comparé à la concurrence, deviendra une « Gourmet avenue » et doublera de capacité. Nous avons mené une étude du marché à trois niveaux; en parlant aux clients, en s'adressant à TNS Analysis et en constatant ce qui se fait à l'étranger. On est membre de la South African Property Owners Association et du South African Council of Shopping Centres. Les trois niveaux convergent vers le 'food offering', qui est important pour les clients. Nous avons mené un autre 'survey' et on a compris qu'il y avait un problème de parking. Nous avons donc aménagé une entrée près du parking. On ne fait pas un centre commercial où on va directement vers la locomotive principale, sans passer par les magasins. C'est fondamental ! Certains l'ont fait, et ça n'a pas marché... C'est toute une science de comprendre le marché et d'offrir des trucs innovateurs. Nous avons été les premiers à introduire les 'jumping jet fountains' à Phoenix, ainsi qu'un terrain de jeux. Pareil pour Riche-Terre, où on a mis beaucoup d'accent sur le 'landscaping'. On a voulu créer un effet d'oasis dans un endroit assez sec, en mettant environ 2 000 fleurs et dattiers en terre. Nous avons construit une nouvelle galerie et introduit plus de magasins. Nous en avons aussi profité pour changer nos lumières – à Phoenix et Riche-Terre – pour passer en LED. Ce qu'on a osé faire - et c'est un peu notre signature - c'est d'introduire un 'water feature' à l'intérieur du centre, à côté d'un Kids' Corner, ainsi qu'un deuxième 'foodcourt'. Cela nous permet d'élargir le 'foot trafic', qui était auparavant dirigé principalement vers le 'foodcourt'. Nous avons aussi réfléchi au 'tenant-mix'. C'est ainsi que la première franchise d'Angel Berry se retrouve à côté de ce 'water feature'. La réflexion du design en général a été faite selon une étude de marché. Nous avons aussi renforcé la sécurité à Riche-Terre avec une quarantaine de caméras CCTV et pensé à mettre des voiturettes électriques à la disposition des gardiens de sécurité pour circuler sur les parkings. Tout cela fait que nos centres commerciaux marchent mieux que d'autres. Riche-Terre est 'fully let', ainsi que Phoenix. Nous y avons enregistré une demande pour 4 000 mètres carrés de magasins, mais on n'a plus de terrain ! ❚ Qui dit centres commerciaux dit

consommateurs, mais aussi pouvoir d'achat, inflation... Une réflexion à ce sujet ? Oui. Il y a une baisse au niveau de la consommation. Les études le démontrent aussi. C'est là qu'on devient plus vigilant encore. Les locataires réagissent par rapport au contexte. Vous avez dû voir que nous avons récemment été très agressifs par rapport à notre politique de prix. Le marketing s'adapte aussi à cette baisse de la consommation. Nous


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ENTRETIEN

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sommes à l'écoute et nous motivons nos partenaires pour bouger dans ce sens. On fait du E-marketing et on tient des promotions en partenariat avec nos locataires pour attirer plus de gens dans un contexte qui devient de plus en plus difficile et concurrentiel. C'est ce qu'on a fait depuis 2008, et c'est l'un des aspects qui nous a permis de maintenir la tête hors de l'eau à Ascencia. ❚ Certains experts sont d'avis que les

centres commerciaux poussent comme des champignons à Maurice. Est-il approprié de parler de saturation? Si on regarde de près, les experts... c'est peut-être nous ! Après le rapprochement avec ENL Property, on est de ceux qui gèrent aujourd'hui les plus grands centres commerciaux à Maurice. Il est vrai que dans certaines régions, il existe une saturation par rapport au 'catchment area' et au pouvoir d'achat. Des gens ont cru pendant un moment que si Ascencia faisait bien dans ce secteur, ils le pouvaient également. L'erreur a été qu'il fallait faire des centres commerciaux adaptés à la clientèle, au marché et réfléchir à comment les bâtir. Une équipe de Foresite Property a été à Kuala Lumpur, par exemple, pour une formation sur le 'tenant coordination', c'est-à-dire la coordination entre les locataires, les contracteurs et nousmêmes pour le 'fitting out' des magasins. C'est une expertise. Ce n'est pas tout le monde qui le fait. Nous avons fait nos centres de façon très professionnelle, et avec l'expérience. Ceux qui ont bâti des centres autrement en voient les résultats. Vu la saturation, il est plus important de gérer ce qu'on a déjà et de pérenniser le business. Celui qui connaîtra le succès est celui qui saura gérer ses affaires de manière professionnelle.

❚ Nous avons constaté un manque

accru de planification à Maurice, et d'esthétisme aussi. Trouvez-vous cela normal? Nous avons mis beaucoup d'accent sur le 'landscaping' à Riche-Terre. Il faut planifier et non faire n'importe quoi. Si vous prenez des pays comme Singapour, il est vrai qu'il y a beaucoup de béton, mais vous voyez dans l'infrastructure qu'il y a un 'holistic thinking'. Les autres suivent derrière. Ce qui nous manque à Maurice, c'est justement ce 'holistic thinking'. On fait beaucoup plus de 'piece-meal'. Il faut qu'à un moment, dans le 'planning policy' pour une île Maurice durable, il y ait ce type de planning. Que ce soit Foresite Property, Ascencia, ENL Property ou la Real

Estate Association Mauritius Ltd, dont je suis le président, nous avons fait comprendre à nos décideurs qu'on est prêt à apporter notre expertise devant un 'steering committee' avec les parties prenantes pour développer un 'planning policy' cohérent. Le 'piece-meal' va gâcher Maurice, surtout que nous n'avons pas beaucoup d'espace. Il faut être très prudent dans ce que nous faisons. Surtout l'esthétisme ! C'est très important pour un pays à vocation touristique. Planter des arbres ne nous rapporte rien en termes de revenus directs, mais cela amène un plus. Tout le monde ne possède pas ce réflexe. Il y en a qui vont mettre du béton partout. Cela enlaidit le paysage !

'VALUE UNLOCKED' Jeudi dernier, Foresite Property a été récompensé pour ses travaux de ré-développement au Riche Terre Mall. L'occasion idéale pour Sanjiv Mihdidin, le Chief Executive Officer, de faire un tour d'horizon sur ses projets. Chez Rogers depuis presque dix ans maintenant, ce dernier a été recruté comme Property Manager afin de « unlock value from property portfolio ». Le groupe ayant à l'époque accumulé suffisamment de biens immobiliers, explique-t-il, la direction avait jugé nécessaire de les rentabiliser. Il se remémore qu'à l'époque, le groupe était présent dans plusieurs secteurs, dont l'industriel et la vente et la location de voitures, ainsi que l'ingénierie. Si au fil des restructurations, Rogers vend certains actifs, comme par exemple dans ingénierie à Taylor Smith, tout ce qui est 'property' est par contre conservé. Ce portfolio comprend entre autres les bâtiments des Cascades et Montebello, ainsi que le Rogers Industrial Park à Riche-Terre. Le groupe s'est ainsi retrouvé avec un portefeuille assez conséquent. « J'avais pour objectif de définir ce qu'on pouvait faire avec ce portefeuille intéressant, qui avait tout de même un certain potentiel de location », explique Sanjiv Mihdidin. Ainsi, malgré une certaine résistance, Rogers décide de rehausser ses tarifs de location pour les ramener au niveau du marché. Puis, en 2007, le groupe a l'opportunité de racheter le bâtiment abritant l'hypermarché Jumbo, qui appartenait au groupe Casinos de France, ainsi que Spar. En 2008, l'accord est conclu à travers une filiale basée à La Réunion. Cette transaction, en combinaison avec les autres propriétés qui génèrent des revenus locatifs intéressants, permet à Rogers d'avoir une taille critique, Si le nouveau 'business model' est intéressant pour le groupe en termes de rentabilité, d'autres changements sont nécessaires. « On a tout remis au sein d'une compagnie immobilière. Pour pouvoir 'unlock value', la décision stratégique est prise de coter cette compagnie, baptisée Ascencia, sur la Bourse de Maurice en décembre 2008. La compagnie devient alors le fonds immobilier du groupe », explique notre

interlocuteur. Cinq mois avant, Sanjiv Mihdidin avait été chargé de créer une division immobilière bâptisée Foresite Property, le 'single shareholder' d'Ascencia. Mais lorsque Ascencia entre en Bourse, ce sont plus de 200 actionnaires qui en prennent le contrôle. Bien leur en a pris, puisque depuis son entrée en Bourse, ils ont connu des retours sur investissement de l'ordre de 59%, « ce qui n'a pas été le cas pour beaucoup de compagnies. » Ascencia connaîtra d'ailleurs une nouvelle vie après le rachat de trois 'properties' d'ENL Property dans le cadre d'un rapprochement. L'objectif du groupe est alors d'avoir une meilleure force de frappe pour explorer la région, des opportunités se présentant déjà à La Réunion et en Afrique de l'Est. A partir de là, les choses suivent tout naturellelment leurs cours. En 2010, le groupe entreprend la rénovation du Centre commercial de Phoenix, sa deuxième plus importante, après celle de Rogers House en 2007. La rénovation est un succès, y compris sur le plan technique, ce qui vaudra au groupe une récompense internationale. Le tout, malgré un contexte économique difficile, à Maurice comme à l'étranger. « Nous ne nous sommes pas reposés sur nos lauriers depuis 2010. Nous avons poursuivi nos investissements à hauteur de Rs 1,2 milliard, soit Rs 500 millions dans le Centre commercial de Riche-Terre et Rs 700 millions à Phoenix », détaille Sanjiv Mihdidin. Preuve en est que la deuxième phase du Centre commercial de Phoenix est en construction, l'ouverture étant prévue en décembre. Quant à celui de de Riche-Terre, les travaux tirent à leur fin et la réouverture devrait se faire fin novembre. Notons également que jeudi dernier, Foresite Property a été primé, pour le Riche Terre Mall, à Dubai. « C'est une fierté pour l'équipe d'avoir obtenu des récompenses pour deux projets de rénovation. Nous avons obtenu un prix au niveau local deux ans de cela, et le deuxième au niveau de l'Afrique », ajoute Sanjiv Mihdidin.

Ce qu'on demande principalement, c'est qu'il y ait un Real Estate Investment Trust Framework (REIT). Pourquoi? Ascencia est un fonds immobilier coté en Bourse. Le REIT est un cadre reconnu à l'international avec un régime fiscal assez spécial. Cela fait cinq ans que je suis en train de parler avec le ministère des Finances, la Financial Services Commission et le Board of Investment sur le sujet


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First in several categories and rankings on the African continent, Mauritius is all set to be the number one financial center in the region, if it is not already. Yet, despite all the attractive points, our country might not be as rewarding as other African countries like Rwanda for would-be investors

ECONOMIC INDICATORS

Lower risks, lower rewards… ▼ HERRSHA LUTCHMAN-

BOODHUN

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he growing objective of becoming the preferred gateway to Africa and Asia, coupled with attractive fiscal benefits, make of Mauritius the favorite base for many international companies and investors. And why should not it be so? After all, the country has climbed five positions from its previous ranking of 24th in the Doing Business 2012 report, and has topped – once again – Africa's Sub-Saharan countries. Clearly, Mauritius attracts investors, and we know why. Corporate and income tax at 15%, extensive network of Double Taxation Avoidance Agreements, various Investment Promotion and Protection Agreements, no exchange controls, trade barriers or quotas, no inheritance tax and capital gains tax, social and political stability... We have all possible factors to please the business community. ‘LOWER RISKS’: MAURITIUS LEADS THE PACK According to an Ernst & Young report entitled 'Africa by Numbers: Assessing Market Attractiveness in Africa', countries such as Botswana, Mauritius, Namibia, Ghana and South Africa consistently outperform many other emerging markets on global risk, corruption and governance-related indices. It further reports that Mauritius heads the pack on the risk index, the country being at the top for 'Lower risks', thus underlining its potential as an investment gateway into the rest of the continent. We are followed by Botswana, South Africa, Rwanda and Namibia as the countries presenting the least risks. In its 2013 Attractiveness Survey, Ernst & Young further explains that investment into North Africa has largely stagnated because of political turmoils. However, FDI projects into Sub-Saharan Africa have grown at a compound rate of 22% since 2007. Among the star performers attracting grow-

38th Mauritius’s rank in Africa in terms of opportunity, according to the ‘Africa by Numbers: Assessing Market Attractiveness in Africa’ 2012 report

ing numbers of projects are Ghana, Nigeria, Kenya, Tanzania, Zambia, Mozambique, Mauritius and South Africa. As the 2012 report points out, the relative risk profile of different markets need to be balanced against the potential rewards on offer in these markets. And this is where Mauritius lags behind, ranking 38th in terms of opportunity among

54 African countries. “Countries such as Mauritius, Botswana and Namibia all (certainly in a Rapid Growth Market context) provide stable and relatively developed markets to invest in and do business from. However, economic growth rates are on the lower side (although still higher than most developed markets), market sizes are small and levels of competition will often be quite high,” state the authors of the report. BEWARE OF RWANDA Gerald Lincoln, the Country Leader, who makes a brief presentation of Mauritius in the report, says that “Looking forward over the next five years (Editor’s note: 2017), Mauritius is expected to receive only modest amounts of Foreign Direct Investments (FDI). Larger opportunities elsewhere, in particular in countries with high natural resource endowments, will be more

attractive to investors.” He also stresses the fact that the FDI during the period 2003-2011 has amounted to only USD 4.4b, which, for him, is not insignificant because of the market size, but does not make us “one of the major players in this sense in Africa.” On the other hand, Rwanda – a country Dr Rama Sithanen has talked about in good terms in international conferences on at-least two occasions – is making big progress. It is one of Africa's emerging stars, not because of its economic growth, but because it is creating a favorable environment in which to invest and do business, says the Africa by Numbers report. And although it is firmly in the Lower Risk category, Rwanda still makes it to ‘Moderate Opportunity’, just like Namibia, whereas Mauritius only presents ‘Lower Opportunity’. As an in-

dication, only South Africa makes it to ‘Higher Opportunity’ category. Things, though, remain positive. In the 2013 report, Asad Aslam, Regional Director of the World Bank, is all praises for Mauritius. “There are several African countries that have risen up the ranks of the World Bank's Doing Business indicators. Mauritius is a leader – number 19 in the most recent assessment. […] The recent successes of Mauritius break through so many stereotypes such as the notion that a lot of African countries are small and, therefore, cannot grow. Mauritius has dispelled that by going global and opening up its borders. Another notion is that African countries are stuck in a trap of undiversified economies and are not creating jobs – but Mauritius has shown that jobs can be created, particularly for youth and women,” he says.


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ECONOMIC INDICATORS

FOR MAURITIUS, NUMBER ONE JUST ISN’T GOOD ENOUGH…

Every week, dozens of economic surveys and indicators are released, with potentially huge impact on the markets. Some economists and finance professionals, however, believe the figures put forward do not reflect reality. Mauritius, frequently placed on the highest steps of reports and surveys on Africa, can be a victim of this, says former Bank of Mauritius Governor Dan Maraye ▼ JAMIROUDDIN YEADALLY

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or the sixth consecutive year, Mauritius ranked first in the Ibrahim Index of African Governance (IIAG) 2013. 53 countries in total were surveyed and rated by the Mo Ibrahim Foundation and Mauritius scored the highest overall mark of 82.9 points, while Somalia came last, registering a 8.0. The four categories of governance as assessed by the Index comprise Safety and Rule of Law, Participation and Human Rights, Sustainable Economic Opportunity and Human Development. Beyond the numbers however, one can ask if the country’s ranking is a true reflection of reality. To answer that question, we must first understand what economic indicators are and why they are important for a country and investors. Simply put, an economic indicator is a statistic such as unemployment rate, Gross Domestic Product (GDP) or inflation rate, which indicates how well the economy is doing and how well the economy is going to do in the future.

The role economic indicators play can have a huge impact on the market; therefore, knowing how to interpret and analyse them is important for all investors as they would use all the information at their disposal to make decisions whether or not to invest in a country. For example, if a set of economic indicators suggest that the economy is going to do better or worse in the future than they had previously expected, they may decide to change their investing strategy Economic reports and indicators are those often-voluminous statistics put out by government agencies, non-profit organizations and even private companies. They provide measurements for evaluating the health of an economy, the latest business cycles and how consumers are spending and generally faring. Various economic indicators are released daily,


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RANKINGS LOVE MAURITIUS

weekly, monthly and/or quarterly. The role economic indicators play can have a huge impact on the market; therefore, knowing how to interpret and analyse them is important for all investors as they would use all the information at their disposal to make decisions whether or not to invest in a country. For example, if a set of economic indicators suggest that the economy is going to do better or worse in the future than they had previously expected, they may decide to change their investing strategy. Corporate earnings and news, political news, and general market sentiment can all move the market. But economic factors have the most influence on longterm market performance. However, in the past, experienced professionals and economists have had an advantage in receiving this data in a timely fashion. Fortunately, the emergence of the internet has changed this situation by giving everyone access. “REGIONAL INDICATORS: A MISLEADING FACTORS FOR INVESTORS” There is a lot of economic data available on the Mauritian economy, and almost every day, some economic report or another is being released. Of all the economic indicators, the three most significant for the overall stock market are inflation, GDP, and labour market data. While it is important to keep a pulse on the economy, most analysts or economists wade through or simply disregard this massive volume of data. Simply because they believe it does not reflect the reality of an economy or that it cannot be used to compare the performances of countries. For example, the former Governor of the Bank of Mauritius, Dan Maraye, says that “regional indicators barely impress me as they are not a fair comparison.” He believes that Mauritius cannot be compared to countries on the African continent for the simple reason that regional indicators could be misleading investors: “Today, we are talking about a globalized economic world. It is no longer in the interest of a country like Mauritius to continue comparing itself on a regional basis. In fact, the island should compare itself on a global scale as opposed to a regional scale, for the simple reason that people will better understand where the country is situated. Comparing Mauritius with countries in the African region is like telling people that you are a champion of a 100 metre race when actually you are racing against athletes who have got a single limb. I strongly believe that being top of regional indicators is worthless for Mauritius. I frequently ask myself the question: ‘Are regional indicators not a misleading factor for investors in Mauritius?” Dan Maraye further adds that nowadays, investors are not interested in looking at Mauritius as a ‘list topper’ in regards to indicators in the African region. He believes it would be much more meaningful for investors if ever the island was to be listed in the top 10 or 20 on a global level. “This would probably give a

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Mauritius has a laudable track record in terms of ratings by international bodies. For example, it stood in 2nd place in the Corruption Perception Index of watchdog Transparency International (TI). The Doing Business Report 2013 placed the country in 19th position in Africa in its ‘Ease of Doing Business’ rankings, while it was placed 8th out of 177 economies in the Index of Economic Freedom published last year. The island also ranked 1st in Africa and 45th out of 148 economies across the world in the World Global Competitiveness Report 2013-2014 of the World Economic Forum (WEF).

stronger indication as to where Mauritius stands, and thus channel more foreign investments in the country,” he states. However, when it comes to good governance, the former Governor of the Bank of Mauritius says that our country must pay particular attention to its position compared with African countries. Dan Maraye believes that Mauritius’ ranking as number one in Africa in that

respect is an insult to the continent itself and detrimental to the image Africa projects on an international level. “We have all kinds of problems in Mauritius, ranging from corruption to preferential treatment, and despite these, we manage to get ourselves a place on the podium. If that is the case for us, then, what is happening in the other 57 countries on the continent?” he asks.

NOT A MERE FOOL’S GOLD…

Economic indicators are statistics based on multiple factors, but if they do not reflect the reality of the society and the well-being of the population, it means that there is a problem somewhere and thus, that they do not fulfil their purpose. For independent international affairs professional Vijay Makhan, indicators are simply good to drive analysis in various institutions, but we should not let ourselves be fooled by statistics. “At the end of the day, the mass should benefit from those indicators, which have as purpose to reflect the well-being, as well as the ill-being of the population”, states Mr Makhan, who goes on to say there is a “disconnect” somewhere in those indicators, which are showing us a picture that we do not really see on the ground. He explains that indicators allow political leaders to flaunt their achievements when in fact, the overall mass of the population is sinking into the abyss of poverty. “This leads us to ask if we are not using figures to fool ourselves,” he asks. Despite this, Mr Makhan believes that indicators are essential to investors, as well as to the government, as they are helpful in reviewing policies and deciphering what is going on in an economy. “Good economic indicators must have the power to draw particular attention to weaknesses and help readjust policies,” he adds.

As such, he is convinced that regional indicators like the Ibrahim Index of African Governance and others are causing much more harm than good to Mauritius, simply because political leaders in power have gotten used to gargle on those “laudable performances” which, to him, are not worth the dough. If Mauritius has indeed made considerable economic progress when compared to many countries around the world since it achieved independence in 1968, Dan Maraye believes it would benefit the island to judge itself by Singapore’s light. “Do not compare Mauritius with countries it cannot be compared to, like African countries, which are at least ten times bigger than the island,” he urges. He is also critical of international rating agencies like Moody's and Standard and Poor. For example, he states, these agencies were giving AAA ratings to countries in Africa whose economies, after barely a few months, tumbled. “We have lived these moments and time has now come for us to question these ratings agencies. It could be dangerous for us if the International Monetary Fund (IMF), as well as the World Bank, take time to realise that those types of comparisons are not valid. The IMF and World Bank should possibly take a close look at the way they compare countries,” he says.


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PLEIN RÉGIME

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Investir en Afrique

Maurice troisième sur les 10 pays les plus attractifs Investir en Afrique. C'est le mantra des investisseurs depuis quelque temps. Mais où investir ? Le fDi Intelligence de Financial Times a compilé une liste de 10 pays africains les plus économiquement attractifs en termes d'investissements directs étrangers. Maurice y figure à la troisième place

▼ JESSEN SOOPRAMANIEN

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ualifiant l’Afrique de 'Hopeless Continent' en mai 2000, le journal The Economist a dû rectifier le tir onze ans après. « Africa Rising », publiait en Une le magazine anglais, dans son édition du 3 décembre 2011. Mais ses nombreux lecteurs lui ont facilement accordé le bénéfice du doute : Au moment des faits, c’est-à-dire de la rédaction du dossier de mai 2000, les indicateurs, les statistiques et l’environnement économique ne permettaient pas une autre lecture. L'Afrique, c'est donc le continent d'avenir. L’avenir, c’est l’Afrique. Le monde des affaires est unanime sur les potentialités et opportunités qu'offre le continent noir. Mais sur les 54 pays que compte le continent, quels sont ceux les plus attractifs économiquement ? Le département fDi Intelligence du Financial Times a compilé un dossier sur les 10 destinations africaines en termes d’investissements directs à l’étranger. C'est l'Afrique du Sud qui arrive à la première place de ce classement. Maurice est troisième, derrière Le Maroc. Ce classement intitulé 'African Coun-

tries of the Future 2013/14' a été rendu public en août dernier. Cette analyse détaillée porte sur six critères : le potentiel économique, 'labour environment', 'Cost-Effectiveness' (efficacité ou productivité), les infrastructures, le climat des affaires et la 'FDI Strategy'. MAURICE EN BONNE POSITION L’étude de Financial Times indique que près d'un cinquième du montant des investissements directs étrangers du continent en entier passe par la juridiction sud-africaine. C'est déjà plus que le double de son plus proche adversaire africain, le Maroc. En 2012, avec des investissements directs étrangers en Afrique du Sud de l'ordre de 4 milliards de dollars, près de 14 000 emplois ont pu être créés. Les FDI constituent l’un des principaux indicateurs de l’attractivité économique d’un pays. “In the five years or so since the financial crisis, global FDI remains 20% lower than figures recorded in 2008. Any hints of global recovery in FDI in 2010 and 2011 have been over-shadowed by the 14.3% decline in 2012. In the context of this decline, the number of investments into the African continent fell to a lesser extent than other world regions, down 7.9% in 2012. However fig-

ures for the first five months of 2013 signal that FDI into Africa is falling at about the same rate as global averages, down 27% compared to 28% globally. Unrest, corruption and severe income disparities persist in Africa, though an emerging middle class with increased disposable income, a marked improvement in governance and the availability of natural resources present an attractive opportunity for investors”, note Jacqueline Walls, Senior Investments Analyst à fDi Intelligence. Mais le pays de Nelson Mandela a d'ailleurs su défier la tendance mondiale en 2011 et 2012, surpassant les statistiques d’avant la crise de 2008. Actuellement, l'Afrique du Sud se classe à la 16ème position dans les destinations d'investissements directs étrangers dans le monde. Après s’être trouvé sur la plus haute marche du podium de fDi Intelligence, en 2011, le Maroc a dû céder une marche en 2012. Explication : une baisse de 17% de ses investissements directs étrangers. Laquelle baisse, toutefois, n’est pas con-

sidérée comme dramatique, ce pays ayant quand même attiré 8,3 % de tous les investissements en Afrique en 2012. Maurice garde sa troisième place de ce classement avec Rs 12,7 milliards de FDI l'année dernière. La majeure partie des FDI est dirigée principalement vers les secteurs suivants : l'immobilier, les activités financières et l'assurance, la construction, l'hôtellerie, la restauration et la manufacture. Le rapport de fDi Intelligence donne d’intéressantes indications sur l’état de l’économie mauricienne. Sous le chapitre Potentiel Economique, Maurice se classe sixième. Cette rubrique comprend tout ce qui est relatif au Gross Domestic Product, les projets relatifs au FDI, le niveau d'importation et d'exportation, entre autres. Un score jugé honorable, mais les observateurs les plus avertis sont d'accord pour dire que Maurice ne réalise pas pleinement son potentiel économique. Le dernier MCB Focus en fait d'ailleurs mention.


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PLEIN RÉGIME

In the five years or so since the financial crisis, global FDI remains 20% lower than figures recorded in 2008. Any hints of global recovery in FDI in 2010 and 2011 have been over-shadowed by the 14.3% decline in 2012. Jacqueline Walls, Senior Investments Analyst à fDi Intelligence Le critère 'Labour Environment' qui englobe le Human Development Index, Global Peace Index, le Literacy Rate, le Quality of life score, et le Life expectancy place Maurice en haut du classement. Le territoire mauricien offre, selon l’étude de Financial Times, le meilleur environnement de travail de tout le continent. Maurice est cinquième sous la rubrique 'Cost-Effectiveness', indicateur base sur le Annual rent, le Cost of electricity, le Minimum wage, le Cost of establishing a business, le Cost of registering a property, le Cost to export & import, le Corporation Tax Rate et le Total Tax Rate . ROOM FOR IMPROVEMENT Le critère 'Infrastructure' pose un sérieux problème à Maurice qui ne figure même pas dans le classement des Top 10. Ce critère concerne la connectivité de l'internet, le Total Cargo Volume of top 12 African ports, le Liner Shipping Connectivity Index, le Logistics Performance Index, entre autres. Du pain sur la planche, pourrait-on dire. Maurice est à la troisième position pour ce qui est du 'Climat des affaires'. Ce critère englobe les indicateurs suivants: Proportion of companies within the knowledge-based sector, Number of jobs created by inward FDI, Inward FDI projects, Corporation tax rate, Days taken to start a business, Firing costs, Ease of doing business index, Index of economic freedom, Corruption Perception Index et Strength of Investor Protection Index. Can improve, dirait peut-être le secteur privé local, souhaitant toujours une simplification des procédures et moins de ‘red tapes’ pour plus de 'Ease of Doing Business'. “Africa has experienced significant growth in the past decade. However this growth should be viewed in context – the countries on the continent are expanding from a low base and living standards as well as business environments often do not measure up to other world regions. Yet this represents an opportunity for future growth. If the region continues in its efforts to tackle poverty, corruption, inadequate infrastructures and political issues, Africa’s competitiveness on a global scale can only get better”, conclut le rapport fDi Intelligence de Financial Times.

FAITES VOUS ACCOMPAGNER, ON NE SAIT JAMAIS... L'herbe est plus verte ailleurs, dit l'adage. L'immense prairie africaine, disent les experts de partout, présente, en matière de croissance économique, d'immenses potentialités. Mais que les investisseurs qui se le jouent solo prennent garde. Les réalités du terrain sont souvent bien loin de ce qui se dit dans les discours officiels. « Il faut agir avec beaucoup de précaution si on est un investiseur individuel intéressé et attiré par l'Afrique. Les opportunités existent, certes, mais il ne faut pas s'emballer jusqu'à ignorer les principes de base de la prudence, il faut aussi voir l'autre face de la médaille. On connaît des cas où des investisseurs individuels se sont fait arnaquer ; perte de marchandises ou émission de chèque en bois, entre autres », commente, pour Capital, un officier du ministère des Affaires étrangères, sous le couvert de l'anonymat. Selon le fonctionnaire, il n'est pas recommandé d'investir en Afrique tout seul, à moins d'avoir de solides contacts et une bonne connaissance des rouages. En principe, les petits investisseurs feront affaire avec des petites compagnies. Mais souvent, celles-ci disparaissent dans la nature, étant souvent des compagnies fictives. La confiance est primordiale en affaire. Mais les petits investisseurs sont très à risque. Il est donc conseillé à ces derniers de solliciter l'aide des organismes tels la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI), Enterprise Mauritius (EM) ou encore l'ambassade mauricienne dans le pays en question. Le ministère des Affaires étrangères s'est retrouvé plusieurs fois en présence de plaintes d'investisseurs individuels victimes d'arnaque en Afrique. « L'investisseur individuel prend un grand risque en allant prospecter un pays africain. Et il ne faut pas oublier que l'Afrique est immense, il faut donc savoir dans quel domaine investir. Un exemple: l'agriculture est présenté comme un secteur florissant dans le continent noir. Soit. Mais un tel investissement est-elle recommandé à Madagascar ? Impossible, le pays étant instable », poursuit notre interlocuteur. Il faut donc un travail de fourmis au préalable sur le secteur visé, il faut s'informer sur la situation sociale du pays en question et des lois en vigueur. En cas de litige ou de problème, il faut savoir à quelle porte frapper. Quelles sont les structures légales ? L'insécurité est aussi un facteur qu'il ne faut pas prendre à la légère. C'est surtout des groupes solides comme IBL, qui vient de conclure un contrat avec le Gabon pour développer son industrie marine, qui peuvent contempler sérieusement une aventure africaine, smble dire notre interlcouteur. Ces enterprises dites 'solides' abattent un 'groundwork' avec leur réseau de contacts, avant d'y aller. Une grosse compagnie fera affaire avec une grosse compagnie. Un petit entrepreneur mauricien ne pourra 'attain' ces marchés à lui seul. Bien sûr qu'on a eu deux ou trois petites « individual success stories », mais elles ne sont pas légion et ce n'est jamais possible de « cut and paste ». Les foires et autres marchés de prospection sont souvent organisées par Enterprise Mauritius, il faut en prendre avantage. « Les conférences sur des possibilités d'investissements en Afrique se succèdent. Mais il faut faire attention à ne pas donner de faux espoirs aux petits investisseurs individuels. Il faut que ce soit un espoir mesuré. Il faut qu'ils n'hésitent pas à prendre contact avec la MCCI et EM par exemple, et non pas se fier à tout ce qu'on dit dans les discours d'ouverture des conférences ou ce qu'on peut trouver sur le net. Un renforcement des capacités des ambassades africaines est également souhaité », suggère le cadre des Affaires étrangères.

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POST SCRIPTUM

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CHÔMAGE, VIOLENCE ET DÉLIQUESCENCE MORALE OPINION JEAN-PIERRE LENOIR

ET SI LES FEMMES...

I

l y a aujourd'hui des questions que personne n'ose poser. Les schémas de fonctionnement de la société ont depuis belle lurette installé, au sein de celle-ci, plusieurs choses qui, parce qu'elles ont été politiquement acquises, ne sont jamais remises sur le tapis de la réflexion. Je sais que mes propos d'aujourd'hui vont faire hurler plus d'un et surtout plus d'une. J'en ai fait le test avec quelques amis l'autre jour. Lorsque j'ai posé le problème sur la table, le volcan s'est allumé. Dix minutes plus tard, il avait perdu de son intensité, car j'avais réussi, dans la foulée de la question qui fâche, à vite esquisser des arguments qui, sans être déterminants, avaient le mérite de faire comprendre que la question n'était pas aussi saugrenue que ça. Et qu'elle valait la peine qu'on s'y arrête un instant... Il s'agit du travail des femmes ! Deux raisons à cette question ; (i) le chômage et (ii) la déliquescence morale de la société. On a toujours brandi le spectre de l'égalité pour défendre bec et ongles le fait que les femmes doivent travailler. J'ai pris le cas de la France, que je connais mieux, pour illustrer mon propos. Là-bas, les femmes n'ont pas toujours travaillé pour un salaire. Il y a très longtemps, dans l'économie rurale, elles étaient essentiellement agricultrices sur l'établissement familial, participant ainsi à l'économie de leur foyer. Au XIXe siècle, elles se sont mises ensuite à être nourrices, domestiques ou encore ouvrières, avec un salaire très peu développé et un statut pas du tout flatteur pour elles. Progressivement, cependant, les femmes ont évolué vers des métiers plus valorisants. Durant les années trente, pendant la grande crise économique, des mesures avaient été prises pour que les femmes, devenues entre-temps fonctionnaires, abandonnent leur métier au profit des hommes. Après la Seconde Guerre mondiale, le déclin démographique de la France force les pouvoirs publics à développer une très forte politique d'allocations familiales pour inciter les femmes à rester chez elles, pour faire plus d'enfants. Rendue furieuse par la fringale des arts ménagers, qui relèguent la femme au rang de... ménagère, Simone de Beauvoir publie, en 1942, le livre culte de la femme en recherche d'égalité - Le Deuxième Sexe. Ce n'est que le 13 juillet 1965 qu'une loi promulgue que la femme française a le droit de travailler sans l'accord de son mari, qu'elle peut gérer librement ses biens, qu'elle peut avoir un compte bancaire à son nom, etc. Le salariat rend alors le travail féminin plus visible et permet à la femme d'accomplir la première et plus importante partie de sa « libération ». En 1962, la population active française était constituée de 13 millions d'hommes pour 6,6 millions de femmes, contre 14,7 millions d'hommes et 13,4 millions de femmes en 2010. En 1962, le taux d'activité des femmes de 25-49 ans était de 40%, contre 85% en 2010. On constate donc

qu'on a assisté, pendant cette période de cinquante ans, à une formidable transformation sociale qui a assis de façon durable cette « libération » de la femme. Que s'est il passé dans le même temps ? La société a été la victime de deux problèmes majeurs que sont le chômage et la déliquescence morale de son fonctionnement. On ne va pas s'étendre sur les causes structurelles et conjoncturelles du chômage. Disons simplement qu'il touche à peu près 3,5 millions de personnes en France aujourd'hui. Quant à la déliquescence morale qui touche aujourd'hui des jeunes et des moins jeunes, je reste persuadé que l'absence chronique des mères de leurs foyers pour cause de travail à l'extérieur est une des causes majeures des dégradations des mœurs. Notons aussi, au passage, que la grande majorité des femmes ne s'arrêtent pas de travailler après qu'elles aient eu un ou plusieurs enfants. Et si pour une fois on mettait de côté l'éternel politiquement correct qui nous fait courir comme des moutons de Panurge dans la même direction ? Si nous essayions plutôt d'introduire dans le débat d'autres concepts que la libération et l'égalité des sexes pour suggérer que les femmes pourraient peut-être s'arrêter de travailler pour réduire le chômage et redevenir dans le même temps la pièce maîtresse de l'éducation de leurs enfants ? Je ne comprends toujours pas ce qu'il y a de dégradant pour une femme de choisir la noblesse de l'éducation des enfants au détriment du travail. N'a-t-on pas oublié un peu vite que la femme a été faite femme parce qu'elle est dotée du sexe enfanteur et des seins nourriciers pour ces

merveilleuses fonctions d'enfanter, de nourrir, mais aussi d'élever ses enfants, étape sans laquelle les deux premières fonctions ont un goût d'inachevé... Ne me faites pas dire que toutes les femmes devraient arrêter de travailler et qu'une fois celles-ci au foyer, les problèmes du chômage et de la déliquescence morale de la société seraient réglés comme par magie. Bien sûr que non. Il s'agira alors d'entamer un long processus qui intégrerait une politique salariale différente, probablement assortie d'allocations familiales plus spécifiques dans les cas des foyers où l'homme serait de nouveau le seul agent économique à pourvoir aux besoins de la famille. Ces propos ne sont qu'une ébauche de réflexion à laquelle il ne faudrait pas opposer les sempiternels droits acquis qui nous empêchent souvent de voir plus loin que le bout de notre nez. Nous savons quelles sont les formidables capacités de la femme à être aussi, sinon plus performante, que les hommes dans beaucoup de domaines professionnels. A ce titre, elle a accompli son émancipation intellectuelle. Mais il y a un domaine où elle est irremplaçable et qui lui a été donnée par sa féminité au sens noble du terme : sa capacité à élever ses enfants et à être le socle incomparable de la famille qui bénéficie, à travers sa présence, de la douceur d'une mère qu'aucun homme au monde n'arrivera à égaler. Il s'agit là d'une loi naturelle contre laquelle aucune féministe ne pourra rien. Ces qualités naturelles ont depuis belle lurette été enfouies sous des tonnes de droits destructeurs, qui ont peut-être fait de la femme autre chose que ce à quoi elle était peut-être destinée...


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FIL CONDUCTEUR

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Les Mauriciens sont réputés pour leur gentillesse. Mais lorsqu'il s'agit de leur porte-monnaie, le sourire peut très rapidement disparaître des visages. Pas étonnant, donc, s’ils quittent les restaurants ou salons de coiffure en ne laissant pas de pourboire. Est-ce une question de culture ou d’absence de moyens ? Sous prétexte d’aller boire une bonne bière à Lambic, Capital est parti aux nouvelles

POURBOIRE

CE N’EST PAS DÛ, MAIS PAYEZ QUAND MÊME… ▼ DOROTHY BONNEFEMME

PATRICE BRETTE

A

lors que nous nous prélassons devant une bonne bière chez Lambic, à PortLouis, nous notons que nos voisins quittent leur table après avoir laissé un pourboire à la serveuse. Et pas que Rs 10, puisque c’est toute souriante qu’elle remercie ses deux clients qui, à leur accent, sont certainement des Français. La satisfaction semble être de mise des deux côtés. C’est alors que surgit chez nous cette petite réflexion : les Mauriciens ont-ils la culture des pourboires ? Oscar Olsen, le directeur de Lambic et de Flying Dodo, nous répond d’un « non » catégorique. Ou alors, dit-il, certains laissent la différence après avoir réglé la note. La question est la suivante : la population mauricienne est-elle radine ? Ou alors laisser des pourboires ne serait-il tout simplement pas dans ses coutumes. Ou est-ce, plus banalement, une question de manque de moyens ? Tout est une question de respect, affirme Oscar Olsen. En Europe, par exemple, un serveur ou une serveuse, c'est une personne qui a fait des études universitaires. Cet employé peut être votre voisin, votre frère… Et vous allez le traiter différemment. Or, tel n'est pas le cas à Maurice. La majorité des employés qui sont en salle n'ont pas un parcours académique reluisant. Parfois, ils n'arrivent pas à s'adresser comme il se doit aux clients, créant ainsi des soucis. Et il va de soi qu’un client mécontent ne laissera pas de pourboires. BOÎTE COLLECTIVE Mais revenons à notre serveuse – Christelle Vert – qui a reçu un joli pourboire. Un employé de salle s'occupant en moyenne de dix tables par jour, si chaque client laisse un généreux pourboire, la somme peut vite grimper pour représenter un joli pactole à la fin du mois. Mais est-ce le cas ? Cela justifierait-il que nous changions de métier, puisque le journaliste, lui, n’a pas de pourboire, ni d’heures supplémentaires d’ailleurs… Avant de prendre une telle décision, nous décidons de nous enquérir des tenants et des aboutissants de la chose. Ainsi, lorsque Christelle, vêtue de sa blouse blanche, sa jupe noire, ses chaussures à talon et son joli sourire, revient à notre table, nous engageons la conversa-

CULTURE. « Les Mauriciens donnent souvent la différence provenant de leur pourboire », déclare Christelle Verte

tion. Cette habitante de Quatre-Bornes, âgée de 31 ans, nous raconte qu'elle est serveuse depuis 12 ans. « J'ai choisi ce métier car j'adore le contact avec les gens. C'est aussi une manière de rencontrer les touristes, car j'ai toujours rêvé de parler une langue étrangère », nous confie-t-elle. Passant ensuite à ce qui nous intéresse vraiment, nous lui posons la question du pourboire, qui nous brûle la langue depuis un moment. « Les Mauriciens ne laissent pas vraiment de pourboires. S'ils le font, c'est rarissime que la somme dépasse Rs 50. En général, le ‘tip’ tourne autour de Rs 20 à Rs 25. Sur dix clients, seuls quatre laissent un pourboire, et souvent, c'est la différence qui reste après qu'ils aient réglé la note. Les étrangers sont plus généreux. Ils offrent en moyenne Rs 100. Quelquefois Rs 200, mais c'est exceptionnel », explique la jeune femme. Quelque peu refroidis, on en conclut malgré tout, après avoir fait les comptes, que ça peut malgré tout faire une coquette somme à la fin de la journée. Pas forcément, intervient Oscar Olsen. Ce dernier nous déclare qu’à Lambic, les pourboires sont gérés différemment. Ils sont en effet versés dans une boîte collective. Car si le client est satisfait, c’est

UN P’TIT VERRE EN RÉCOMPENSE Le pourboire trouverait ses origines dans un restaurant en Angleterre dont le patron, au 18e siècle, mit en place une pratique originale. Il installa sur son comptoir un pot comportant les inscriptions « To Insure Promptness ». Ce pot était destiné à recevoir quelques pièces des clients pressés qui désiraient être servis plus vite. Les initiales de cette expression restèrent et formèrent le mot ‘tip’, signifiant désormais pourboire en anglais. En France, cette pratique s'est développée plus tard, au 19e siècle, pour récompenser les cafetiers et restaurateurs d'un service de qualité. Le pourboire signifiait, comme son nom l'indique, un verre qu'on offrait en remerciement d'un service rendu ou un sou pour s'offrir ce verre. De la même manière, en Allemagne, se dit ‘Trinkgeld’, littéralement « argent pour boire », tout comme le mot portugais Gorjeta. En espagnol, la ‘Propina’ vient d'une ancienne coutume qui consistait à boire la moitié d'un verre après avoir trinqué à la santé de quelqu'un’ puis offrir à cette personne la fin du verre. Au fil du temps, cette habitude s'est diversifiée et le pourboire s'est vu versé comme une faveur accordée par un client reconnaissant aux ouvreurs de cinéma et de théâtre, aux coiffeurs, aux chauffeurs de taxis, au personnel hôtelier et plus largement à de nombreux prestataires de services quotidiens ou ponctuels (livreur à domicile, dépanneur, guide touristique, déménageur, bagagiste, coursier etc.).

parce que l'équipe au complet, allant des serveurs aux cuisiniers, a fait du bon travail. Ainsi, à la fin de chaque mois, les pourboires sont comptabilisés et partagés entre les employés. Néanmoins, précise Christelle Verte, « parfois le client me remet un pourboire et me dit que c'est pour vous personnellement. » Ce n'est qu'alors que le billet se retrouve immédiatement dans son porte-monnaie. Pour inciter les clients à mettre la main à la poche, la jeune femme met tout en œuvre pour leur plaire. Outre le

service, qui doit être impeccable, elle doit aussi les conseiller sur leur choix de bières et des amuse-gueules qui pourront le mieux les accompagner. Comme elle le fait avec nous. C’est pourquoi après quelques minutes, nous prenons congé en remerciant Christelle Verte de ses conseils et de son témoignage, tout en lui remettant un joli pourboire avant de partir. Pour l’instant du moins, l’idée de devenir sa collègue de travail ira dormir au frigo…


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FIL CONDUCTEUR

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KOOMAREN CHETTY, DIRECTEUR DU RESTAURANT LE CAPITAINE

« Le pourboire aide à sourire »

Propriétaire des restaurants Le Capitaine à Grand-Baie et Le Capitaine du Port au Caudan, Koomaren Chetty évolue dans le domaine de la restauration depuis des lustres. Tout en faisant le procès du tourisme et de son évolution à Maurice, il explique également que bien que le pourboire joue un rôle important, il ne fait pas encore partie de nos mœurs ▼ DOROTHY BONNEFEMME

nées. Cela me fait mal au cœur. Je pense que tout le monde doit obtenir sa part du gâteau », ajoute-t-il. Concernant le tourisme, Koomaren Chetty estime que le gouvernement fait fausse route. L’industrie, selon lui, n'a nullement besoin de ‘showmen’, mais plutôt de techniciens qui comprennent la réalité. Il égratigne au passage la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA), qui « doit se renouveler car elle donne l'impression d'être dépassée. » Quoi qu’il en soit, Koomaren Chetty ne compte pas baisser les bras. Il a d’ailleurs des raisons de croire en ses restaurants. Le Capitaine est en effet réputé pour sa bonne cuisine, ses produits frais, son service et ses plats servis à quelques mètres de la plage. D'ailleurs, une nouvelle carte de menu sera bientôt proposée dans ce restaurant qui emploie une trentaine de personnes, dont certaines depuis l’ouverture de l’établissement.

«T

out est une question de culture. A Maurice, remettre un pourboire ne fait pas partie de nos traditions. Par contre, en Amérique, il existe même un ‘service charge’ pour les employés. C'est d'environ 10%. Il va de soi que les étrangers sont plus enclins à laisser des pourboires intéressants. » Tel est l’avis de Koomaren Chetty, le propriétaire des restaurants Le Capitaine à Grand-Baie et au Caudan. Ce dernier reconnaît toutefois que les Mauriciens sont de plus en plus nombreux à faire des efforts dans cette direction. Pourquoi laisse-t-on un pourboire? Les raisons sont diverses. D'abord, c'est peut-être parce que le client est content du repas ou encore du service. C'est pour cela que chez Le Capitaine, la règle veut que la personne en salle remette 50% de son pourboire au cuisinier. Cependant, dans certains cas, le client spécifie que l'argent est uniquement destiné au serveur. Dans certains pays, il s’agit d’une obligation. Ainsi, lorsque les touristes venant de ces pays viennent chez nous, il est tout à fait logique pour eux de laisser des ‘tips’. A Maurice cependant, cela ne fait pas vraiment partie de notre culture. A cela, il faut également ajouter que les Mauriciens disposent bien évidemment de moins de moyens pour se permettre de laisser un pourboire. L’HOSPITALITÉ MAURICIENNE EN JEU Pour Koomaren Chetty, les serveurs travaillent beaucoup, et souvent pour un salaire de misère. Le pourboire est en quelque sorte une incitation à continuer à servir avec le sourire et aide, selon lui, à promouvoir l'une des forces de notre île : l'hospitalité mauricienne. « La restauration joue en effet un rôle important dans le secteur touristique. Ce sont les gens de la classe moyenne qui côtoient les étrangers, leur parlent de notre île, leur font découvrir nos trésors. L'Etat aurait, de ce fait, dû donner plus d’incitations et plus d'encadrement aux gens de la restauration », estime Koomaren Chetty. Ce dernier ajoute qu’obtenir un permis d'opération est un parcours du combattant pour ceux voulant ouvrir un restaurant. Ces derniers font aussi régulièrement face à des inspections, tandis que ceux ouvrant des petits

Concernant le tourisme, Koomaren Chetty estime que le gouvernement fait fausse route. L’industrie, selon lui, n'a nullement besoin de ‘showmen’, mais plutôt de techniciens qui comprennent la réalité. Il égratigne au passage la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA), qui « doit se renouveler car elle donne l'impression d'être dépassée »

ATTITUDE. Koomaren Chetty pense que c’est aussi une question de moyen financier

snacks n'ont pas autant de mal. C'est, selon lui, une concurrence malsaine. Koomaren Chetty pointe aussi du doigt la formule ‘All Inclusive’, qui fait que les touristes n'ont pas vraiment l'occasion de connaître l'île Maurice. « De plus, elle met des bâtons dans les roues des propriétaires de taxi, de magasins... », déplore notre interlocuteur. Heureusement, dit-il, que les restaurants Le Capitaine arrivent à garder la tête hors de l'eau. Tel, en effet, n’est pas le cas pour de nombreux commerçants. « Ils gagnent difficilement leur vie. Ils souffrent beaucoup. Certains font de lourdes pertes après avoir bossé dur pendant de longues an-

GROS EFFORTS Koomaren Chetty est fier de son parcours : « Si la famille se porte bien, si le business marche bien, je pense que je dois être heureux. Et je le suis. Je tiens d'ailleurs à remercier ma famille et ma mère, Anba Chetty. » L’homme d'affaires est d’autant plus satisfait qu’il n'a pas tout reçu sur un plateau. Il nous confie d’ailleurs que son père est décédé à 49 ans, alors qu'il venait de quitter l'école. Il n'avait pas encore 20 ans à l’époque, mais en tant qu’aîné d'une famille de cinq enfants, il a dû réfléchir à la façon de subvenir à leurs besoins. « Mon père avait déjà une boutique. A sa mort, nombreux sont ceux qui m'approchaient pour acheter son emplacement. Certains y mettaient même le prix fort », explique-t-il. Koomaren Chetty réalise alors qu'il détient un petit trésor. Sollicitant les conseils de son entourage, ce jeune homme lance, en 1989, le restaurant Le Capitaine. « Mon père caressait le projet de créer un restaurant proposant des mets végétariens. J’ai réalisé une partie de son rêve. » Depuis, Koomaren Chetty n'a cessé de multiplier ses efforts, ce qui a porté ses fruits. Ainsi, en 2010, Le Capitaine du Port voit le jour au Caudan Waterfront. Si dans ce nouveau restaurant, c’est surtout du ‘quick service’ qui est proposé aux clients, notre interlocuteur regrette de ne peut pas pouvoir y offrir les même services qu'à GrandBaie. Peut-être à l’avenir, qui sait…


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GREEN BUSINESS

ardy Henry, entreprise leader dans le 'pest control', vient de lancer un produit anti-termites respectueux de l'environnement. Baptisé le Kordon, il a pour objectif de protéger les constructions de tous types. Selon Sébastien Hardy, Managing Dierctor de la firme, le climat à Maurice étant très humide, une maison sur quatre a des problèmes de termites. Contrairement à la technique traditionnelle consistant à répandre le produit chimique au niveau des fondations, le Kordon est constitué d'une matière active contenu entre deux fibres plastiques qui protègent le produit chimique de la pluie et des UV, entre autres. Avec cette technique de protection, même lorsqu'il pleut, le produit reste actif et ne pénètre pas les nappes phréatiques. Il n'y a, par conséquent, pas de pollution. « Le traitement anti-termites Kordon a été développé par Bayer, en Australie, le

HSBC Team out in the Community to clean Islets

Kordon : l’arme écologique anti-termites

pays le plus affecté par les termites. Les méthodes conventionelles, c'est-à-dire les 'sprays', ont des limites, sont très polluants et ne durent pas plus de 10 ans. Le taux de réinfestation est très élevé avec ces techniques. Nous avons donc cherché des techniques qui vont tenir plus longtemps et qui sont plus 'eco-friendly'. Nous avons testé Kordon depuis 2008. Les résultats sont très positifs. On a donc emmené ce produit à Maurice

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pour offrir un service qui va durer plus de 10 ans, sans pour autant polluer et compromettre le procédé de construction », a expliqué Sébastien Hardy lors du lancement de Kordon, jeudi dernier, à l'hotel Le Labourdonnais. De plus, le produit est adapté aux constructions à Maurice, ayant fait ses preuves dans des pays avec des conditions climatiques similaires au nôtre.

INSPIRED BY the ongoing National Clean Up Mauritius campaign, a team of 40 volunteers from HSBC including the CEO, Alastair Bryce, and the Chief Finance Officer, Giovanna Viscione, was at Ile de la Passe and Ile au Phare on Friday 25 October for a day-long cleaning operation. A staunch advocate of sustainable development and environmentfriendly policies, HSBC responded spontaneously to the national call, which aims to improve environmental quality for Mauritian residents and visitors alike. HSBC’s clean-up operation was facilitated by the Mauritian Wildlife Foundation, an NGO to which HSBC provides long-time support for the conservation of Mauritius’ unique biodiversity, especially that of endemic birds such as the Mauritian Fody. Mission Verte, another NGO, assisted in the operation by collecting waste for recycling (plastic bottles and aluminum cans) after it was brought to shore by the HSBC volunteers. Mission Verte also services the HSBC Head Office in Ebene’s Cybercity, supporting the bank’s newly established office waste recycling pro-

gramme. Equipped with gloves and refuse bags HSBC’s volunteers braved the scorching sun and sweltering heat, sleeting about their task as soon as they reached Ile de la Passe. If the island at first sight looked quite tidy, the volunteers were soon shocked by the amount of litter that had been left by visitors, in stark contrast with the spectacular view. The situation was worse at Ile au Phare where broken glass and other items of trash littered the historic lighthouse. The litter bins outside the lighthouse seemed to be acting more as markers for dumping, as the volunteers collected plastic bottles, broken glass and general waste from underneath and alongside the bins. Alastair Bryce, for his part, pointed out that if such modest contributions can assist the process of making Mauritius a better place, and more importantly in raising public awareness of the need to do so, then he and his staff are ready to repeat this exercise as often as necessary. He adds; “As a bank committed to Mauritius, our community involvement is underpinned by a genuine sense of responsibility”.

La croissance verte au cœur des préoccupations de la BAD LA TROISIÈME conférence annuelle sur les Changements climatiques et le Développement en Afrique (CCDA-III) s'est tenue du 21 au 23 octobre à Addis-Abeba, en Ethiopie. « Africa needs to change its development trajectory in order to win its fight against both poverty and climate change”, a exhorté le vice-président de la Banque africaine de Développement (BAD), Aly Abou-Sabaa. Quelque 500 participants, dont des responsables gouvernementaux, des décideurs politiques, des universitaires, des scientifiques, des chercheurs, des représentants de la société civile, les médias et ainsi que des agriculteurs ont participé à cette convention placée sous les auspices du Programme sur le Climat et le Développement en Afrique (ClimDev-Africa). « Africa on the rise: Can the opportunities from climate change spring the continent to transformative development? ” en était le thème. Le vice-président de la Banque africaine de développement (BAD) a pour sa part réitéré l’engagement de la BAD à soutenir des projets et des partenariats stratégiques visant la résilience climatique sur le continent. « Africa has the opportunity to leapfrog rather than re-invent,” devait-il dire en préconisant que le continent doit saisir cette occasion pour utiliser les technologies rentables et efficaces déjà éprouvées sur le terrain

afin de répondre aux différents défis auxquels il est confronté dont les besoins énergétiques d'une population sans cesse croissante, la problématique de la réduction des gaz à effet de serre, les besoins en services urbains adéquats et durables pour des villes en forte croissance entre autres. À cet égard, a soutenu Aly Sabaa, la BAD prévoit d’investir quelque 10 milliards de dollars entre 2011 et 2015 au titre de son Plan d'action sur les changements climatiques. Ces ressources seront levées sur sa propre capacité de financement, sur les ressources des fonds fiduciaires bilatéraux qu’elle gère et des instruments de financement climatique auxquels elle a accès. Il est bon de souligner que l’investissement actuel de la BAD dans le changement climatique représente 4,3 milliards de dollars pour 2011 et 2012. D'autre part, la BAD prévoit de canaliser à travers le programme Clim-Dev Africa quelque 800 millions de dollars sur les dix années à venir pour favoriser la résilience climatique en Afrique. Le programme Clim-Dev Africa vise à renforcer les capacités des institutions africaines travaillant sur les questions climatiques pour leur permettre de générer et de diffuser à grande échelle des informations climatiques utiles et utilisables. JAMIROUDDIN YEADALLY


GREEN BUSINESS

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L’Université de Québec à Rimouski (UQAR), au Canada, a fait don au Rotary Club de Phoenix d’un kit capable de générer de l’énergie « verte » renouvelable, grâce à des panneaux solaires et à une éolienne intégrés. Ceux-ci bénéficieront à l’association Maison Familiale Rurale et aux jeunes recalés du CPE que l’organisme encadre

ECO SCHOOL

L’énergie verte fait école VINGT ANS DE PRÉSENCE

▼ DOROTHY BONNEFEMME

D

eux ans. C’est le temps mis par Drishty Ramtohul pour mener à terme son projet d’énergie renouvelable. Le Mauricien, bénéficiaire d’une bourse d’étude à l’Université de Québec à Rimouski (UQAR), a réussi à obtenir de cette institution qu’elle fasse donation au Rotary Club de Phoenix d’un kit permettant de générer de l’énergie verte renouvelable, tout en servant à faire de la formation. Après avoir visité plusieurs écoles et centres, le Rotary Club de Phoenix a décidé de travailler avec la Maison Familiale Rurale, installée dans le nord de l’île, pour la mise en place d’un projet ayant nécessité des investissements de Rs 1,2 million. C’est ainsi que la semaine dernière, la première ‘Eco School’ a vu le

jour à Calebasses. Depuis jeudi dernier, une vingtaine d’élèves peuvent profiter de leur laboratoire, qui est autonome en énergie. Active depuis 1993, la Maison Familiale Rurale s’occupe de la formation et de l’accompagnement de jeunes. Chaque année, ce centre accueille quelques 25 jeunes recalés du CPE âgé de 14 à 18 ans en vue de les former à l’agriculture bio et d’assurer leur insertion sociale et professionnelle. C’est également grâce à Audace Technologies que le projet a pu se concrétiser. Nitish Joyram, représentant de cette compagnie à Maurice, explique que la maison-mère, qui se trouve au Canada, a fondé, en 2010, avec l’UQAR, le premier laboratoire en énergie renouvelable. Baptisé EcoUQAR, il s’appuie sur les expertises des membres du Laboratoire de Recherche en Energie

Eolienne de l’université et de l’équipe d’employés d’Audace Technologies pour favoriser la réalisation de projets étudiants. A la Maison Familiale Rurale, la structure qui servira de salle de classe aux futurs élèves a été conçue dans un conteneur, habitacle connu pour être biodégradable, et sera entièrement autonome en termes d’approvisionnement en énergie. De type évolutif, il sera fait de matériaux recyclables et résistants aux intempéries. « Les ordinateurs, les projecteurs, les lumières… tout fonctionne grâce à l’énergie renouvelable », précise Nishal Joyram en nous indiquant les deux panneaux solaires et l’éolienne qui se trouvent sur le toit du laboratoire. De façon à en optimiser l’utilisation, la Maison Familiale Rurale pense dispenser des cours du soir pour adultes.

Depuis son ouverture en 1993, la Maison Familiale Rurale, qui dispense une formation alternative aux jeunes en difficulté scolaire, a vu défiler plus d’un millier d’étudiants. Quatre centres existent à Maurice, soit à Calebasses, Bel-Ombre, Bambous et Rodrigues, alors qu’à travers le monde, 1500 antennes sont actives. Ceux fréquentant les centres à Maurice sont formés principalement sur la socialisation, l’orientation et l’insertion professionnelle. Les cours se déroulent par alternance, un temps en entreprise et un temps à la Maison Familiale Rurale. Les étudiants sont répartis en trois groupes et apprennent l’hôtellerie, la mécanique et l’agriculture.

SOUTENIR LES PROJETS ÉTUDIANTS L’Université de Québec à Rimouski (UQAR) favorise le développement régional en assurant non seulement la formation de personnels hautement qualifiés, mais en accompagnant aussi l’émergence des nouvelles connaissances et l’innovation dans le cadre entrepreneurial. C’est avec cette vision que la Fondation de l’UQAR encourage et finance des projets visant le développement des connaissances et l’établissement de partenariats à travers son fonds de soutien aux projets étudiants. Annuellement, près de 100 000 dollars sont offerts, à travers des bourses, pour des projets étudiants para-académiques.

Venir à bout des moustiques tigres... écologiquement LES MOUSTIQUES tigres sont porteuses du chikungunya. Ces insectes sont aussi connus comme étant les plus invasifs. Biogents leur déclare la guerre tout en respectant l'environnement. Le Biogents Moustiquaire, c'est un petit appareil 100% bio qui réduit de 85% les moustiques. Il est respectueux de l'environnement car il ne nécessite aucune utilisation d’insecticides ou de pesticides. Il n’attrape pas d’insectes bénéfiques. Son fonctionnement : le piège utilise une combinaison brevetée de signaux visuels, génère artifi-

ciellement des panaches d'air imitant des courants de convection d'un corps chaud humain et libère un imitateur d’odeur de peau humaine à 3 composants appelé le Sweetscent. Autre avantage, le Biogents Moustiquaire, ne consomme que 4 Watts Adapté pour une utilisation en intérieur, dans un jardin, sur un balcon ou dans une cour extérieure. Ce piège est sans usage de CO2. Biogents Moustiquaire est développé et produit par la société allemande Biogents AG et a nécessité plus de quinze années de recherche.

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La Cybercité mise à propre Plus d’une centaine de personnes travaillant dans la Cybercité d’Ebène, dont une soixantaine d’employés de Emtel, ont conjugué leurs efforts, tout un aprèsmidi afin de nettoyer cette région de l'île. « Clean up Ebene Cybercity ». C'est avec cet objectif en tête que plus d'une centaine de personnes travaillant dans la Cybercité d'Ébène se sont retrouvées jeudi dernier, à l'invitation d'Emtel, en collaboration avec Business Parks of Mauritius Ltd (BPML). Cette opération, fait écho à la campagne « Clean up the World », qui s’est tenue en septembre dernier dans 130 pays de la planète, sous le thème « Notre région – notre planète – notre responsabilité ». Ce geste citoyen et volontaire prend son impulsion dans la volonté de Emtel Green Initiatives d’apporter une contribution concrète à l’amélioration de la qualité de l’environnement. Pour les besoins de l'opération, la Cybercité a été divisée en huit zones, avec une équipe d’une quinzaine de personnes affectée à chacune d’elles. Les déchets collectés ont été triés en deux catégories : plastique et autres. Cela a permis de récupérer le plastique à des fins de recyclage. « Nous sommes interpellés par le manque de propreté constaté à travers le pays et devons soutenir les efforts entrepris pour remédier à la situation », explique le CEO d’Emtel, Shyam Roy, qui a également participé à l’opération avec d’autres membres du management de la compagnie et des employés de tous les niveaux de l’entreprise. « A travers cette action symbolique entreprise à Ebène, Emtel, en collaboration avec BPML et d’autres compagnies implantées dans la Cybercité, souhaite démontrer sa préoccupation et sa volonté de changer la situation pour tous les habitants de l’île, Mauriciens ou non. Ce n’est pas une action ponctuelle, mais un effort qui doit être entrepris régulièrement pour nous assurer de toujours maintenir l’ordre et la propreté, ainsi que de préserver notre pays de toute pollution. »


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ENTREPRENDRE

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ORLANE LACAZE, DIRECTRICE D’ISLOOM

AUX CROCHETS DE SON TALENT

Après avoir touché un peu à tout, Orlane Lacaze s’est perfectionnée dans le crochet et a lancé son entreprise, qu’elle a baptisée Isloom. Au-delà de l’aspect commercial, c’est toute la créativité de la Française qui trouve à s’exprimer en ces objets – utiles ou décoratifs – qui prennent vie du bout de ses doigts ▼ DOROTHY BONNEFEMME

«J

e suis avant tout un artisan. » Orlane Lacaze, la directrice d’Isloom le clame haut et fort. Cette Française qui s’est installée à Maurice raconte qu’elle peut parfois enchaîner des heures de travail, même s’il lui arrive de s’accorder des journées sabbatiques. Avec un petit sourire en coin, elle nous confie même que si un client lui commande un objet qu’elle ne souhaite pas fabriquer, elle trouve toujours le moyen d’arriver à ses fins. Pour elle, l’essentiel c’est de prendre du plaisir dans ce que l’on fait. C’est peut-être aussi pour cette raison que ses poufs et autres créations sont prisés. Pour Orlane Lacaze, le crochet est le fil d’Ariane de sa vie. C’est dans cet univers qu’elle a grandi et qu’elle a appris, très tôt, ce qui deviendrait son métier. Ce qui n’avait rien d’évident, car faire du crochet demande beaucoup de patience. Pour monter les mailles, on doit réaliser une « chaînette », c’est à dire une succession de boucles, et cette technique demande du temps, de la dextérité

et de la passion. Artisane de crochet depuis 30 ans, les mailles serrées, demi-brides et brides n’ont plus de secret pour elle. Si elle affirme volontiers ne pas avoir « inventé la roue », notre interlocutrice a fait travailler ses méninges pour proposer autre chose que des macramés ou des napperons. Elle le dit d’ailleurs sans détours : « Les petits chapeaux, les petits sacs à main… ne sont pas vraiment ma tasse de thé. » ELLE TRANSFORME TOUT EN OBJET DÉCORATIF Alors, au bout de ses doigts de fée, le fil de coton se transforme en une panoplie d’objets originaux qu’elle met en vente à travers Isloom. Orlane Lacaze travaille beaucoup sur commande et promeut une culture du ‘sur-mesure’. Toutefois précise-t-elle, « j’ai une âme d’artiste. Une fois, une cliente m’avait demandé de réaliser un produit, mais cela ne m’enchantait guère. Je lui ai alors réclamé un prix exorbitant, et au final, elle a décommandé. Même si je ne suis pas riche, ce n’est pas grave. » Pour l’instant, Orlane Lacaze ne souhaite pas fabriquer d’objets en masse.

Je mange, je discute et je crochète en même temps Orlane Lacaze

En créant Isloom – nom qu’elle a trouvé en ajoutant les deux premières lettres du mot ‘island’ au mot ‘loom’, qui veut dire métier en anglais – il y a deux ans, elle voulait surtout redonner au crochet ses lettres de noblesse. Le tout premier objet que l’artiste a fabriqué à Maurice, était un pouf. « Je récupérais des morceaux de tissus d’une benne provenant d’une usine textile dans le nord de l’île et j’ai ressenti le désir de réaliser un pouf avec des techniques de crochet », explique-t-elle. En alliant créativité et récup, Orlane Lacaze a donné naissance à un objet déco tendance qu’elle a adoré. Idem pour son entourage. Avec beaucoup d’humour, elle nous confie : « Vous auriez dû voir le bureau de mon époux. Il y avait des tissus partout, car j’avais eu des commandes pour cet ouvrage. » Très vite, l’âme d’artiste de notre interlocutrice va resurgir. Orlane Lacaze reprend alors les crochets pour recouvrir des cailloux, qui peuvent, suite à cette transformation, être utilisés comme objets de décoration ou cale-porte. La première décoratrice à lui faire confiance sera Jacky Joy. « Elle a exposé tous mes produits dans sa boutique à Tamarin. Les


ENTREPRENDRE

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Maurice, île d’adoption… Il y a trois ans, Orlane Lacaze voulait changer d’air. Sa famille et elle ont alors effectué des recherches sur internet et sont tombés sur Maurice. « J’avais vaguement entendu parler de l’île. Je pensais qu’il n’y avait que des palmiers et des hôtels. Je ne savais pas qu’il y avait des habitants », dit-elle en riant. Lorsqu’Orlane Lacaze découvre qu’elle peut venir y vivre, son mari et elle décident de se jeter à l’eau. « Nous n’avons mis qu’une quinzaine de jours pour prendre notre décision. Nous avons entamé les démarches et six mois après, nous étions à Maurice. » Une décision qu’elle ne regrette pas. « J’adore votre île, le soleil et les gens. Je me sens hyper bien ici. J’espère que notre permis sera renouvelé et que je pourrai profiter de votre île tout en agrandissant ma petite entreprise », poursuit-elle.

Un destin crocheté d’avance

PROJET. Isloom veut accroître sa production

clients ont aimé et cela m’a permis de me lancer. Malheureusement, après quelque temps, elle a fermé boutique », nous confie-t-elle. La directrice d’Isloom poursuit quant à elle son petit bonhomme de chemin, grâce à des clients qui, pour certains, sont des amis ou encore les amis de ses amis. Le marketing d’Isloom se fait surtout de bouche à oreille, même si de temps à autre, Orlane Lacaze participe à des foires de Noël ou à d’autres rendezvous qui permettent aux artisans de promouvoir leur savoir-faire. En outre, ses produits sont exposés chez l’Antiquaire, à Curepipe. PASSION, PATIENCE, PERSÉVÉRENCE Si elle est heureuse de sa situation actuelle, la Française concède toutefois qu’elle rêve de pouvoir agrandir son entreprise, ce qui n’est pas évident. « Cela me suffit, car pour l’instant, je suis seule maître à bord. Je ne peux pas me permettre de vendre tous les jours un tapis, car je ne peux pas en créer un au quotidien. Pour réussir dans cet art, il faut de la passion, de

la patience et de la persévérance, car les points, une fois ratés, il faut les défaire et recommencer », explique-t-elle. Ainsi, parfois, Orlane Lacaze met des jours et des jours pour réaliser un produit. Mais ce n’est pas pour autant qu’elle jette les armes, parce que ce métier compte aussi de nombreux avantages. Elle peut mieux gérer sa vie de famille car on peut crocheter n’importe où, à la plage, devant la télé et même lors de sorties. « Je mange, je discute et je crochète en même temps », nous confie-telle avec un large sourire. Invitée à parler des matières premières qu’elle utilise, Orlane Lacaze fait ressortir que depuis quelque temps, elle ne peut plus compter sur la récup. En outre, déplore-t-elle, il est difficile de trouver les matières premières à Maurice. Heureusement, en faisant du lèche-vitrine dans la capitale, elle est tombée sur un magasin qui met en vente ce dont elle a besoin. « Lorsque j’en ai acheté, le vendeur m’a regardé d’un air surpris. J’en ai pris un seul. Puis je suis revenue pour en prendre 20, et depuis, il est bien sympa-

thique envers moi », ajoute-t-elle. A ce jour, Orlane Lacaze travaille aussi le nylon et des produits plus nobles, à l’exemple du bambou, du lin ou encore du coton. « L’entretien du nylon est plus facile. Ainsi, je privilégie cette matière pour les tapis d’extérieur. Si le client veut des produits plus doux, plus ‘cozy’, j’opte pour le lin ou encore le jute ou le bambou », explique notre interlocutrice. Concernant le prix de ses produits, Orlane Lacaze estime qu’il y en a pour toutes les bourses. Par exemple, un pouf peut coûter dans les Rs 450, alors que certaines créations peuvent se vendre jusqu'à Rs 6 500. « Les prix varient parce que je travaille beaucoup sur commande », avance Orlane Lacaze. Et ce ne sont pas les commandes qui manquent. D’ailleurs, c’est installée dans un long fauteuil noir et les doigts travaillant dur sur l’une de ses créations qu’elle a partagé avec nous son amour pour le crochet. Si ça ce n’est pas de la passion !

Entre Oriane Lacaze et le crochet, l’histoire d’amour a commencé très tôt. « Cette passion m’a été insufflée par ma mère Katia, à la fois artiste, peintre et artisane de crochet. Contrairement aux autres enfants, les vacances d’été, chez nous, n’étaient pas synonyme de fête, mais de cours de crochet avec maman. A 10 ans, je confectionnais des marionnettes avec elle. On avait d’ailleurs monté un spectacle », nous confie la directrice d’Isloom. Si par la suite, elle a suivi des études en lettres et civilisation anglaise, son retour à ses premiers amours montre qu’on ne défait pas aisément les fils crochetés par les doigts du destin…

D’origine inconnue… La technique du crochet consiste à fabriquer avec un fil et un simple crochet une étoffe formée de boucles entrelacées. Si ses origines sont mal connues, elles pourraient prendre leur source très loin dans le temps. Selon certains, le crochet proviendrait en effet de techniques traditionnelles chinoises, tibétaines ou arabes. On retrouve des traces de techniques approchantes datant du MoyenAge en Europe, lorsque la broderie au tambour s'effectuait en mailles, avec du fil de soie et une fine aiguille recourbée. Pour les historiens cependant, le crochet est une technique contemporaine et n'aurait pas existé avant 1800.


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GROS PLAN

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GLOBAL BRAND EXCELLENCE AWARDS 2013

La BAI rafle trois trophées DE QUOI célébrer. Le groupe British American Investment (BAI) rafle trois distinctions aux Global Brand Excellence Awards 2013. La soirée des récompenses a eu lieu au Taj Lands End Hotel, à Mumbai, en Inde, la semaine dernière. En effet, les filiales du groupe mauricien, la Bramer Bank et l'hôpital Apollo Bramwell ont obtenu le Global Brand Excellence Award dans leur domaine respectif. Ces prix récompensent les compagnies pour leur excellence dans le branding et le marketing. Global Brand Excellence Award a été mise en place pour récompenser les organisations innovatrices et les professionnels d’environ une cinquantaine de pays. Dans la catégorie destinée aux individus, le vice-président Media & Communications de la British American In-

vestment, Javed Bolah, se voit récompensé en tant que PR Professional of the Year 2013. « Nous sommes fiers de voir que nos compagnies et nos employés sont reconnus par une plate-forme internationale et cela nous encourage davantage à créer des marques emblématiques. Ces récompenses sont une fierté pour le groupe et pour Maurice », devait déclarer le Chairman de la BAI, Ashford-Hodges. Si l'Assistant Vice Président – Marketing de la Bramer Bank, Ali Mamode, ainsi que Javed Bolah, ont fait le déplacement à Mumbai pour recevoir leur trophée, c'est Saloni Jhaveri, représentante du groupe en Inde, qui a récupéré le prix pour l’hôpital Apollo Bramwell.

JAMIROUDDIN YEADALLY

PERFORMANCE. Javed Bolah, Ali Mamode et Saloni Jhaveri ont récupéré les prestigieuses distinctions pour la BAI à Mumbai

GRANT THORNTON BUSINESS SCHOOL

Des stages en Angleterre pour les élèves mauriciens

LES ÉTUDIANTS de la Grant Thornton Business School peuvent désormais acquérir une expérience professionnelle de trois mois dans des entreprises anglaises. C'est ce qu'a annoncé le Chief Executive Officer Sattar Hajee Abdoula auprès des employeurs potentiels lors d’une visite organisée de l’institut installée à Ebène, jeudi dernier. Sattar Hajee Abdoula a affirmé que la qualité de l’éducation dispensée par l’institution est très importante dans le choix de l’employeur souhaitant investir dans la formation de ses employés. « La qualification ACA est considérée comme une qualification de prestige et elle est très sollicitée dans le monde des affaires. Pour que Maurice devienne une référence dans les services financiers, elle aura besoin de professionnels ayant acquis une formation de qualité et une expérience internationale », a-t-il déclaré. L'initiative est soutenue par le haut-commissaire britannique à Maurice, Nick Leake, selon qui « la Grande-Bretagne est connue pour son centre financier, et acquérir une expérience professionnelle dans un environnement britannique peut renforcer davantage les aptitudes des diplômés. » Notons également que la Grant Thornton Business School dispose de salles de classe munis de tableaux interactifs, d'un centre d’examen dernier-cri et d'un environnement propice à l'interaction avec les enseignants mauriciens et étrangers. D'ailleurs, les employeurs potentiels ayant pris part à la visite ont eu l’occasion de voir le centre d’examen, où les étudiants sont assistés par ordinateur.


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DES HOMMES D’AFFAIRES PAKISTANAIS BIENTÔT CHEZ NOUS

U

SALON. 800 visiteurs étrangers se sont rendus au salon Expo Pakistan 2013

Mauritius could host 2014 Russian Golf Tournament

MINISTER OF Tourism and Leisure Michael Sik Yuen met with representatives and journalists from the eight most famous golf magazines from Russia and Ukraine on October 21, 2013. They discussed the possibility of organising a prestigious golf tournament in Mauritius in April and May 2014, where more than 100 golfers from Russia and Ukraine are expected to participate. “This initiative will undoubtedly increase the visibility of Mauritius in the CIS countries (Commonwealth of Independent Countries), especially the niche golf market segment, and will also target the high profile travellers and businessmen,” said Minister Sik Yuen. This press trip was co-organised by MTPA in collaboration with Constance Hotels, Beachcomber, Four Seasons, Sun Resorts, Renaissance Tours Russia and Sega Tours, with the aim of showcasing Mauritius as an exclusive golf destination in Russia.

ne forte délégation d'hommes d'affaires du Pakistan sera prochainement à Maurice et dans d'autres pays du continent africain. C'est ce qui ressort de la réunion de haut niveau entre Shehzad Ahmed, le président de la Mauritius-Pakistan Joint Business Council, Rashad Daureeawo, haut-commissaire de Maurice au Pakistan, Ismail Zakaria, consul honoraire de l'île, Zubeir Ahmed Malik, président de la Federation of Pakistan Chambers of Commerce and Industry (FPCCI), ainsi que d'autres membres de cette fédération. La réunion a été organisée dans le cadre d'Expo Pakistan 2013, salon qui s'est tenu à Karachi du 26 au 29 octobre, et à laquelle ont

La MCB lance un « Knowledge Centre» pour les entrepreneurs LA MAURITIUS Commercial Bank (MCB) a procédé, lundi, au lancement d'un « Knowledge Centre » en ligne (www.mcb.mu/ knowledgecentre), destiné aux clients du Business Banking, le segment dédié aux petites et moyennes entreprises (PME). Réalisé avec le concours d’Ernst & Young, ce centre de documentation a pour objectif d’accompagner efficacement l’entrepreneur à tous les niveaux de son développement. Pour Kewal Bhuruth, Manager de MCB Business Banking, « le lancement du Knowledge Centre, une première dans le paysage bancaire de Maurice, vient confirmer notre dévouement aux entrepreneurs. A travers ce centre virtuel accessible 24h/24, nous leur proposons des outils pertinents qui leur permettront d’amplifier leur business intelligemment et d’atteindre leurs objectifs, quelle que soit la taille de leurs opérations. »

Rama Valaydon veut un référendum dans le port « LA SITUATION dans le port est grave. » C'est ce qu'a déclaré Rama Valaydon, le président de la Port Louis Harbour Docks Workers Union (PLHDWU), lors d'une conférence de presse tenue le jeudi 24 octobre dernier. Selon lui, le secteur portuaire aura à faire face à un avenir sombre si rien n'est fait pour redresser sa situation économique. « Notre sécurité d'emploi est menacé, car la situation dans le port est grave. Le Management de la Cargo Handling Corporation (CHC) est en train de jouer un rôle qui pourra coûter leur emploi à 1400 employés opérant dans ce secteur », a affirmé Rama Valaydon. Pour ce dernier, la direction de cet organisme perdrait son temps à semer la division entre les syndicats du port, plutôt que de s'atteler à augmenter les transactions portu-

participé une délégation de 30 membres du Mauritius-Pakistan Joint Business Council, dans le but d'explorer les voies de coopération entre les deux pays. Outre la visite prochaine des businessmen pakistanais, la réunion a, entre autres, permis de s'accorder sur un renforcement de l'accord commercial préférentiel et la nécessité d'améliorer les services de fret pour faciliter les affaires. La partie mauricienne a aussi mis l'accent sur le fait que Maurice peut permettre au Pakistan de bénéficier d'un meilleur accès aux marchés européens et africains, ainsi qu'aux Etats-Unis et à la Turquie. Quant aux représentants de la FPCCI, ils ont évoqué la possibilité d'organiser une foire commerciale à Maurice.

aires, qui auraient chuté. « Les clients ont tendance à aller transborder leurs marchandises à Madagascar plutôt qu'à Maurice, à l'instar des compagnies Maersk et Evergreen, qui ont déjà cessé leurs activités chez nous », a déclaré le président de la PLHDWU. L'idéal, ajoute-t-il, serait qu'un référendum ait lieu afin de solutionner le « désordre total » qui règnerait dans le port. Le président de la National Trade Union Confederation (NTUC), Toolsiraj Benydin, devait de son côté souligner que le dialogue social dans le port est en train de stagner. « Le port est le poumon même de Maurice et il est prioritaire de rétablir la situation et de cesser les discriminations envers la PLHDWU », a-t-il affirmé.

Pêche illégale : la COI patrouille EN 14 JOURS en haute mer, le patrouilleur réunionnais Osiris a contrôlé 23 navires de pêche et servi des avertissements à plusieurs d'entre eux pour des infractions légères. Un navire a aussi reçu un procès verbal pour trafic d’ailerons de requins, dossier qui sera transmis aux autorités mauriciennes. L'action du patrouilleur fait partie de la vaste campagne lancée, le 8 octobre dernier, par la Commission de l'océan Indien (COI) contre la pêche illégale dans l'espace maritime de ses Etats membres, et qui se poursuivra au moins jusqu’en février 2014. « Pendant la mission, nous étions parfois en inspection pendant 18 heures d’affilée, grâce aux embarcations rapides du patrouilleur. Nous

étions prêts à procéder à l’arraisonnement d'un navire de pêche si l’ordre nous en avait été donné », confie un membre d’équipage de l'Osiris. L’Union européenne et les Etats membres de la COI co-financent le Plan régional de surveillance des pêches. Les centre de surveillance des pêches de Madagascar et la Seychelles Fishing Authority ont reçu 600 000 euros de subvention, sous le projet Smartfish, pour accompagner cette stratégie régionale de lutte mise en œuvre depuis 2007. Ainsi, c’est le patrouilleur malgache le Tendromaso qui a pris le relais de l'Osiris le mardi 22 octobre, et il sera lui-même immédiatement remplacé par un patrouilleur de haute mer de la Seychelles Fishing Authority.


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WIDE ANGLE

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HR EXCELLENCE AWARDS 2013

La MRA et Accenture en HR Champions

Raj Auckloo, et Dhananjay Ramful et Shamshuddin Durgauhee, respectivement directeur, président et vice-président du HRDC

La Mauritius Revenue Authority (MRA) et Accenture sont les grands gagnants des HR Excellence Awards 2013 du Human Resource Development Council (HRDC). Les gagnants ont été proclamés lors d'une soirée de gala, à Le Meridien, Pointe-Aux-Piments. La MRA s'est vue octroyer le prix du HR Champion dans la catégorie du secteur public alors que dans le privé, c'est la compagnie Accenture qui décroche la palme d'or. 'Special Jury Mention' pour Airport of Rodrigues Ltd et l'Organisation nongouvernementale Link 2 Life. Les HR Excellence Awards visent à reconnaître et à récompenser les professionnels et entreprises qui ont su intégrer les meilleures pratiques en gestion de ressources humaines dans leur stratégie de développement. 126 candidatures ont été reçues des organisations et professionnels des ressources humaines de Maurice et de Rodrigues.

Mukesh Gopal, Council member du HRDC, Dr. Ulrich Schmitt de Knowcations, Dr. Logan Gavender de l'University of Kwazulu-Natal, South Africa et Dan Bundhoo, Corporate Adviser

Dr. Audrey Chui Wan Chong OSK, Dr. Michael Ah Tow, CSK, Dr. Patrick Chui Wan Chong GOSK de la Clinique de Grand-Baie et Sudhamo Lal, directeur général de la Mauritius Revenue Authority

Roshan Seetohul, Vice-President Corporate Affairs chez EUROCRM et Percy Laxade, HR et Administrative Director chez Total Mauritius Ltd

Kavi Oogarah d'Harel Mallac, Luvinska Golam, Lecturer et Clive Chung, Head HR chez SIM Global

Krishan Deeljore, Human Resources Director d'Accenture recevant le prix

Sudhamo Lal de la MRA


MARKET

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EXCHANGE RATES

BANK OF MAURITIUS EXCHANGE RATES TUESDAY, OCTOBER 29, 2013

MARKET OVERVIEW

EUR/USD

BUYING

On the currencies side, the euro slid off twohear highs against the dollar as we embarked on the new week after data revealed that output at U.S. factories, mines and utilities beat expectations in September. The Federal Reserve reported on Monday that U.S. industrial production rose by a 0.6% last month, above expectations for a 0.4% rise and the fastest increase in seven months. The news gave the dollar some support, though investors remained cautious ahead of the Fed's upcoming policy meeting later in the week. A string of disappointing economic reports has cemented expectations that the central bank will maintain the current pace of its USD85 billion in monthly asset purchases into early next year. Asset purchases aim to spur recovery by driving down long-term borrowing costs, weakening the dollar in the process. Still, the upbeat industrial output number gave investors some hope that sooner or later, the Fed will begin to taper the pace of its stimulus program, which would give the dollar support afterwards. Elsewhere, industry data revealed that U.S. pending home sales fell 5.6% last month, down for the fourth consecutive month and well below market calls for a gain of 0.1%, which capped the dollar's advance somewhat.

STERLING We also saw the pound edging lower against the dollar after the release of data on the U.S. factories, mines and utilities. Meanwhile in the U.K., Bank of England policymaker David Miles said Monday that raising interest rates before there was a “meaningful” reduction in the unemployment rate would be "pretty catastrophic," which softened the pound. Elsewhere, the pair shrugged off a Confederation of British Industry report that found just 2% of retailers reported an increase in sales in October, down from 34% in September.

THE MUR Two weeks back, it looked like the party was over with EUR dropping against the USD? However, smiles came back last week with EUR rising as high as USD 1.3832. This week it seems to be coming off its perch but we see MUR 41 prevailing till Thursday before we take a break for the long weekend. That would mean USD still to be seen at attractive levels for our buyer friends..…… have fun….

cash siphoned back into their pockets. Here we go friends…… BP Plc kicked I read BP shares climbing 4.8 per off the results season for top global cent to 473 pence after the results, oil firms beating profits and a dose supporting other stocks in the secof what the industry's investors tor. Exxon Mobil, Chevron, Royal want, a dividend hike, plans for Dutch/Shell and Total report results asset sales, and later this week. BP's a promise to underlying replacekeep a lid on ment cost net profit spending. The for the third quarter world No. 5 of 2013 was $3.692 among investor billion compared to with controlled supplied consensus oil and gas analyst forecast of groups world$3.170 billion. The wide is scaling figure was sharply back its guidlower than the $5.017 ance on capital billion a year earlier, spending next mainly because of year to $24-$25 much weaker refining billion compared The Report has been prepared margins, divestment to previous guidby Nishal Babooram of refineries and reance of $24-$27 Island Premier Foreign duced income from billion for the Exchange (www.iptfx.com) its Russian business, years up to but it was more than 2020. the second quarter's $2.712 billion BP raised its quarterly dividend by when a big Russian tax charge hit 5.6 per cent to 9.5 cents a share and the bottom line. said it would sell $10 billion of assets over the next two years, return- Rosneft, the state-controlled Russian company into which BP folded ing most of the proceeds to its Russian business last year in exshareholders — a higher rate of dischange for a 19.75 per cent stake, posals than previously promised delivered $808 million of the profunder a programme aimed at jettiits. It also reported quarterly results soning $2 to $3 billion dollars worth on Tuesday. Good to note that BP of assets per year until 2020. has already sold $38 billion of asShareholders throughout the sector sets — mainly to pay for the 2010 have been worried that rising costs Gulf of Mexico oil spill of 2010 — will allow spending to balloon, but asset sales have become a crimping cash flow should oil prices theme throughout the sector as it drop, and reducing the industry's struggles with rising costs and eyes ability to offer them returns. They potentially lower oil prices in future. want spending controlled and spare

AIR MTIUS LTD ALTEO LIMITED BRAMER BANKING ENL LAND LTD GAMMA CIVIC H.MALLAC IRELAND BLYTH LTD LUX ISLAND MCB MAURITIUS UNION ASSURANCE NMH OMNICANE ROGERS SBM SUN RESORTS TERRA CIM FINANCIAL DEM BLUELIFE LIMITED CIEL INVESTMENT CIEL TEXTILE CONSTANCE HOTEL DEEP RIVER INVESTMENT ENL INVESTMENT UNION FLACQ LTD UNION SUGAR ESTATE UNITED INVESTMENT

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12.80 36.40 6.10 49.15 30.00 108.00 98.00 32.25 206.00 122.50 89.00 86.00 194.00 1.03 35.40 40.90 7.90

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7.08 3.48 25.00 23.20 52.00 51.50 7.90 9.36 36.80

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2.86 -

VOLUME

VALUE

"1,000.00" "13,000,00" "4,801,00" "1,056,00" "10,000,00" 153.00 "19,036,00" "43,607,00" "78,724,00" "2,000,00" "295,180,00" "8,614,00" "4,100,00" "29,036,400" "14,258,00" "57,400,00" "153,300,00"

"12,800,00" "473,200,00" "29,286,20" "54,894,00" "300,000,00" "16,630,00" "1,865,478,00" "1,377,395,85" "15,351,921,50" "245,000,00" "26,192,012,50" "732,890,00" "795,400,00" "29,336,692,00" "504,718,20" "2,339,380,00" "1,211,254,00"

"39,362,00" 400.00 "16,190,00" 45.00 500.00 300.00 "5,900,00" 200.00

"276,259,24" "1,383,00" "404,750,00" "1,046,25" "26,000,00" "15,400,00" "45,786,00" "1,872,00"

SELLING

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Currency

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AUSTRALIA CANADA EMU JAPAN NEW ZEALAND SINGAPORE SOUTH AFRICA SWITZERLAND U.K. U.S.A.

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27.9882 28.1966 40.9085 30.1978 24.3638 23.7652 2.9988 32.8047 47.8009 29.7497

27.8188 28.0146 40.7367 29.8931 24.2177 23.6472 2.9606 32.628 47.6119 29.6573

27.5344 27.8026 40.5753 29.4794 23.9474 23.5337 2.9065 32.4025 47.4115 29.6177

TT/DD/Notes

29.2378 29.439 42.0935 31.5515 25.4582 24.8839 3.1526 34.2286 49.1927 30.6263

GOLD COINS TUESDAY, OCTOBER 29, 2013

OIL, TIME FOR RESULTS

MARKET SHARES – TUESDAY, OCTOBER 29, 2013 COMPANY

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Denomination

Weight(gm)

Diameter(mm)

Price (Rs)

100 250 500 1000

3.41 8.51 17.03 34.05

16.5 22 27 32.69

5710 13875 27595 54870

MARKET ACTIVITY TUESDAY, OCTOBER 29, 2013 Market Capitalization

51,608,452,467.27

Total Volume Traded

145,426

Total Value Traded

2,890,039.49

TOP 5 – OFFICIAL MARKET Symbol Open GO LIFE (USD)* 0.03 MCFI 23.00 LUX ISLAND 31.00 PBL 190.00 NIT 29.30

Latest 0.04 24.15 32.25 195.00 30.00

MOST ACTIVE – OFFICIAL MARKET Symbol SBM GO LIFE (USD)* NMH CIM FINANCIAL NIT

Volume 29,036,400 422,000 295,180 153,300 134,300

TOP GAINERS - DEM Symbol SOAP & ALLIED BHARAT TELECOM UNITED INVESTMENT ENL INVESTMENT BLUELIFE LIMITED MOST ACTIVE – DEM Symbol ENL LTD (P) BLUELIFE LIMITED CIEL TEXTILE LTD LIVESTOCK (O) EDUCOS

Open 28.60 53.25 9.10 51.00 7.02

Latest 31.50 58.00 9.36 51.50 1.08

% Change 33.33 5.00 4.03 2.63 2.39

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Volume 57,300 39,362 16,190 14,252 6,077

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Une publication de Channel13 8, rue Mère Barthelemy, Port-Louis Tel : 213 1555 - Fax : 213 1552 Email : info@channel13.mu Imprimé par Yukondale Ltd - Plaine Lauzun

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WIDE ANGLE

MERCREDI 30 OCTOBRE 2013 CAPITAL | EDITION 153

ACCA Mauritius fête ses lauréats ▼ JAMIROUDDIN YEADALLY

L’

ACCA (Association of Chartered Certified Accountants) a récompensé ses meilleurs élèves mauriciens de la cuvée décembre 2012juin 2013, vendredi, en présence de Roy Gill, Managing Director du London College of Accountancy (LCA). Laquelle cuvée compte 33 High Achievers sur un total de 7 000 partici-

pants, tous à leur première tentative. Les High Achievers sont ceux classés premiers dans chaque module, ainsi que les trois premiers au niveau national. « Nous sommes très heureux de féliciter et d’honorer ainsi les meilleurs étudiants aux examens ACCA. Chaque année, les Mauriciens qui épousent une carrière de comptable et qui font l’effort de se former pour une certification internationale, choisissent l’ACCA pour la plupart. La qualifi-

cation ACCA est très appréciée par les étudiants et par les spécialistes de la finance et de la comptabilité. Les programmes de formation sont hautement structurés et pertinents pour le secteur. Nos qualifications sont reconnues à travers le monde entier », soutient le Head de ACCA Mauritius, Madhavi Ramdin. Le Managing Director de LCA, Ravi Gill, devait pour sa part déclarer que ; « L’ACCA est une qualification mondiale.

Les 33 nouveaux affiliés de l'ACCA posant fièrement avec leur trophée

Le Managing Director du LCA, Ravi Gill en compagnie de deux membres et experts de l'ACCA

Kovi Goinden, assistant-président du département de Finance and Control de la Bramer Bank remettant un trophée à Muhammad Yaseer Assot-Ally, candidat aux examens de l'ACCA 2012-2013

Melvina Cunjamalay, classé premier dans le classement général des examens de l'ACCA 2012-2013 est ici en compagnie de ses parents et son fiancé Le MD du LCA, Ravi Gill remettant un trophée à Melvina Cunjamalay

Nous sommes très reconnaissants à l’ACCA pour le soutien qu’elle offre à la London College of Accountancy et nous avons une collaboration étroite et fructueuse. Je note aussi avec plaisir que cette année encore, les élèves de LCA Mauritius figurent parmi les meilleurs au niveau national ». Melvina Cunjamalay, sortie première dans le classement général, dit sa fierté d'avoir « un diplôme reconnu par un organisme aussi prestigieux que l'ACCA ».


GROS PLAN

MERCREDI 30 OCTOBRE 2013 EDITION 153 | CAPITAL

L

e rapport final de la mission d’observation de la COI lors du premier tour des présidentielles malgaches, vendredi, sera rendu public le lundi 4 novembre. C'est ce qu'a indiqué la Commission de l'océan Indien (COI) qui avait dépêché 20 observateurs des Etats membres dans 220 bureaux de vote à Antananarivo et sa périphérie. Les deux principaux candidats à ce premier tour étaient, Jean-Louis Robinson, soutenu par l'ex-président Marc Ravalomanana, et Hery Rajaonarimampianina, du camp d'Andry Rajoelina. A l’issue du scrutin, la mission d’observation de la COI s'est félicité du bon déroule-

PRÉSIDENTIELLES MALGACHES

Le rapport de la COI attendu le 4 novembre ment de ce premier tour. Elle salue le comportement exemplaire des électeurs malgaches qui ont exercé leur droit civique dans le calme, la discipline et la dignité. RENFORCER LES MESURES La mission d’observation a d'ailleurs noté que les élections se sont déroulées dans la transparence et dans un climat apaisé. Elle considère que les manquements notés ne sont nullement de nature à compromettre la pleine crédibilité de

l’exercice. Depuis le début de la crise malgache, la COI a participé de façon soutenue aux réunions organisées par la communauté internationale. Les médiations internationales mandatées par l’Union africaine et le travail mené en parallèle par les présidents successifs de la COI et par son secrétaire général, ont abouti le 17 septembre 2011, à la signature de la feuille de route de sortie de crise. Dans le cadre de son appui pour renforcer les mesures et actions d’accompag-

nement au processus électoral de sortie de crise, la COI a procédé à l’ouverture, le 22 mars dernier, du bureau de liaison à Madagascar dirigé par l’ambassadeur Claude Morel des Seychelles. Le secrétaire général de la COI, Jean-Claude de l'Estrac a procédé à la signature de Convention de financement avec la coordinatrice du Système des Nations unies à Madagascar pour le projet d’appui au cycle électoral à Madagascar PACEM pour un montant d’ 1 million de dollars.

MANUEL CARTIER

« Soyons à l’écoute de signaux faibles annonciateurs de grandes secousses à venir »

Manuel Cartier est Maître de Conférences en management stratégique à l’Université Paris- Dauphine. Il connait bien Maurice puisqu’il y est venu y enseigner à plusieurs reprises au cours des dix dernières années. Dans un premier temps, il collabore avec Analysis Institute of Management à Maurice comme enseignant et depuis 3 ans, il agit comme coordonnateur du programme MBA International Paris (MBA IP), délivré conjointement par l’Université Paris-Dauphine et l’IAE de Paris Panthéon Sorbonne et organisé à Maurice par Analysis Institute of Management(AIM). Nous l’avons rencontré brièvement lors de son dernier passage chez nous à la mi- septembre 2013 lors des sélections de la huitième promotion du MBA IP ❚ Le monde d’aujourd’hui passe par de profondes mutations. Une entreprise inapte à saisir le sens des grands bouleversements économiques, des avancées technologiques et/ou des changements écologiques... afin d’être mieux à même de faire face à leurs prolongements dans son environnement immédiat, national ou régional, aura du mal tôt ou tard pour assurer sa survie. Vous dites qu’il faut anticiper les « Cygnes Noirs » à travers les « signaux faibles »... Ce sont quoi les « Cygnes Noirs » ? Selon Nassim Nicholas Taleb (2007), les « Cygnes Noirs » sont les évènements les plus improbables qui présentent deux caractéristiques : (a) ce sont des « aberrations » en ce sens que rien n’indique au préalable leur occurrence ; (b) leur impact sur l’existence des individus et des organisations est extrêmement fort. Les Cygnes Noirs peuvent concerner des évènements personnels, comme un coup de foudre amoureux, historiques comme les attentats du 11 septembre 2001, technologiques comme l’avènement d’Internet ou économiques comme la faillite de la banque d'affaires LehmanBrothers. Ces évènements vont bouleverser le fonctionnement de la société dans son ensemble et des entreprises en particulier. Tels quels, les «Cygnes Noirs», toujours selon Taleb « expliquent pratiquement tout dans ce monde ».Déjà, dans le contexte du choc pétrolier de 1973 qui avait frappé de plein fouet des industries consommatrices d’énergie, Ansoff (1975) parlait de surprise

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stratégique («strategic surprise»), qu’il décrivait comme « des changements soudains, urgents, inconnus dans la perspective de la firme, qui menacent ses profits ou lui font perdre une opportunité majeure ». C’est pourquoi une démarche d’intelligence économique tournée vers l’anticipation de cygnes noirs doit non seulement qualifier la discontinuité à fort impact mais encore reconstruire le chaînage d’événements qui y conduit, à travers le repérage de signaux faibles.

❚ Qu’entendez-vous par un signal faible ? Comment le reconnaitre ? Quels sont ses caractéristiques ? Un signal faible est une agglomération de données non structurées qui préfigure des changements dans l’environnement. En gros et paradoxalement, les signaux faibles annoncent par des éléments apparemment mineurs l’occurrence d’événements de magnitude importante. La recherche sur les signaux faibles peut permettre aux organisations de se « préparer de façon à ce que les discontinuités stratégiques perdent de leur soudaineté, de leur urgence et de leur mystère » (Ansoff, 1975).

❚ Et il est facile et aisé de les repérer, ces signaux faibles ? Sont-ils toujours audibles à celui qui veut bien les écouter ? Alors, justement, c’est là le problème pour de nombreuses entreprises. Car les signaux faibles sont incertains, généralement noyés dans du bruit, imprécis et fragmentaires. Par « bruit » ici, il faut comprendre toute une multitude d’information inutile, ambiguë,

voire insaisissable. Bref, une profusion d’informations qualitatives qui ne « sauraient être constituées de chiffres extrapolant le passé ou extrapolant à partir du passé » (Lesca, 1996). Aujourd’hui le monde est très complexe. Et comme le soulignait Edgar Morin, la complexité a deux aspects : il y en a plusieurs éléments d’un côté et puis il y a les interconnections entre tous ces éléments de l’autre...

❚ Comment identifier et restituer les signaux faibles du dédale de tant de complexité et de turbulences ? N’est-ce pas de l’utopie ? Que peuvent les entreprises face à tous ces bouleversements ? Certes ce n’est pas chose facile. Avec un environnement en perpétuelle mutation et un monde tellement interconnecté, l’instabilité et l’incertitude sont endogènes. C’est la métaphore du château de cartes. Il est donc plus que vital pour les entreprises de mettre en place des stratégies de gestion stratégique de l’incertitude. C’est faisable.

❚ Cela ne frise-t-il pas la paranoïa ? L’Histoire de l’Humanité ne passet-elle pas toujours par de grands changements à intervalles réguliers, cycliques... ? Une telle démarche ne relève pas de la paranoïa. Ou alors et comme le soulignait Andy Grove, le PDG d’Intel, « seuls les paranoïaques survivent ». Grove a bien entendu les signaux faibles and anticipé les Cygnes Noirs dans son secteur. Il n’est pas resté les bras croisés. Intel contrôle aujourd’hui 80% du marché mondial des micro-

processeurs. Aujourd’hui, les industries aux importants effets de réseaux, comme les secteurs des télécommunications ou des logiciels, sont soumises à des effets déstabilisateurs. Ainsi, un avantage concurrentiel peut durer une centaine d’année comme quelques heures. Google, valorisée à près de 300 milliards de dollars, a été fondée en 1998. L’émergence de la photographie numérique a entraîné en dix ans la division par trente de la valorisation boursière de Kodak. La nature des changements des dernières décennies est telle qu’un simple battement d’aile peut déclencher une tornade à l’autre bout du monde. C’est l’ « effet papillon ».

❚ Concrètement, que peuvent faire les entreprises ? Les entreprises doivent se résoudre à mettre en place des processus de veille. Et pour cela, elles ne doivent pas se contenter des compétences internes – il leur faudra se tourner vers des experts qui viennent hors des entreprises concernées. Ces experts sont en fait des tireurs d’alarme. A l’Université ParisDauphine, nous travaillons étroitement avec de grandes entreprises, notamment Total, PSA, Sogeti et Sanofi. Nous tentons de leur apporter un regard neuf, parfois naïf, sur les turbulences auxquelles elles doivent faire face.

❚ On connait la fameuse phrase de John Maynard Keynes. « A long terme, nous serons tous morts ! » Mais est-ce que certaines entreprises n’ont pas une vision limitée

Recevant le rapport des observateurs, le secrétaire général de la COI, présent à Madagascar, a déclaré : « Nous n’avons jamais douté de la capacité de la commission électorale indépendante nationale de transition à honorer avec rigueur son mandat. Et surtout nous avons continué à faire confiance aux institutions de Madagascar, même si nous sommes parfaitement conscients que les prochains dirigeants du pays auront le redoutable défi de renforcer et de recrédibiliser ces institutions ».

au profit immédiat ? C’est exactement ça. La culture dans certaines entreprises rentre en contradiction avec un environnement en évolution rapide. Trop de concentration sur ce qui est rentable explique leur aveuglement. Pour survivre et progresser sur des marchés très compétitifs, les entreprises doivent tolérer des « friendlyfights », ou le droit à des avis divergents. Toyota demeure un bon exemple de remise en question permanente, d’amélioration continue, en stimulant les contradictions qui l’animent. Il faut ajouter que cette vision à court terme chez certaines entreprises s’appuie aussi sur ce qui est mesurable – des indicateurs quantitatifs comme le ROI par exemple – aux dépens de ce qui ne l’est pas. Or, des chercheurs comme Lesca et Lesca (2011) considèrent que seules les données qualitatives peuvent constituer des signaux faibles. Il y a bien d’autres facteurs qui freinent l’écoute attentive des signaux faibles. Pour ne citer qu’un autre de ces péchés capitaux dont sont coupables bien des entreprises, le «paradoxe d’Icare» ou l’habitude d’avoir raison mène à la complaisance et au dogmatisme. Les responsables de haut niveau disposent d’un pouvoir qui produirait une maladie nommée hybris (Bibard, Thevenet, Bourion, 2008), en ce sens que ces responsables filtrent les signaux faibles à partir de représentations totalement incapables d’intégrer une remise en cause. On l’a vu chez IBM, Polaroid, Texas Instruments, Chrysler ou DomePetroleum. PROPOS RECUEILLIS PAR NOOR ADAM ESSACK SEPTEMBRE 2013 ILE MAURICE

A PROPOS DU MBA INTERNATIONAL PARIS Depuis 2006, le MBA IP est devenu la formation par excellence de futurs dirigeants dans l’Océan Indien, le seul executive MBA délivré en présentiel. Une formation exigeante (300 heures de cours en face-à-face) avec une équipe pédagogique parmi les meilleures en France et en Europe. Une formation régionale (40% des participants viennent de la région océan indien) et internationale car le MBA IP a été déployé dans 7 pays. Pour plus d’informationwww.mbaip.comou telephone au 202 0055.


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WIDE ANGLE

MERCREDI 30 OCTOBRE 2013 CAPITAL | EDITION 153

Les touristes ainsi que les invités ont gouté au fameux 'Rougaille Bomli', plat typique de l'île Maurice

Des danseuses ont charmé tout le public mauricien à l'hôtel

MERVILLE BEACH CÉLÈBRE LA CRÉOLITÉ ▼ JAMIROUDDIN YEADALLY

L

es touristes résidents de Merville Beach ont mangé, chanté et dansé créole, la semaine dernière. « Chez LUX*, la culture est au cœur de nos valeurs. Nous avons profité de la semaine créole pour faire découvrir à nos résidents les mille et une facettes de cette magnifique culture », déclarait, satisfait et heureux, le directeur général de l'hôtel, Tony Duval, samedi. Jeux d'antan, initiation au séga, pudding de maïs ou de vermicelle au petit-déjeuner, plats typiques créoles comprenant une variété de rougailles, chutney aux fruits et légumes tropicaux ; le tout au rythme de musiques locales, Alain Ramanisum clôturant la semaine comme il se devait, samedi. Pour Tony Duval, la culture créole a toujours été partie intégrante dans la vie de l'hôtel : « Déjà par notre architecture, mais aussi à travers notre cuisine et nos divertissements. Nos clients ont adoré cette semaine créole, certains nous ont même suggéré une deuxième édition ». Mais, en matière de culture, il faut surtout parler de diversité à Maurice. Roshni Mooneeram, Group Public Relations Manager de LUX* : « Les touristes viennent aussi pour rencontrer les gens dans leur culture, nous avons toujours accordé une grande place aux différentes couleurs de l'arc-en-ciel mauricien ». Et d'annoncer que Merville Beach accueille le célèbre chanteur de Bollywood, Adnan Sami, cette semaine, dans le cadre de la fête de Divali. Sans oublier de mentionner que l'hôtel vient de passer de la onzième à la cinquième place dans le classement TripAdvisor, sa « politique culturelle » contribuant certainement pour beaucoup dans cette progression.

Des différents chutney aux fruits et légumes tropicaux ont titillé les papilles des étrangers

La fête était à son comble au Merville Beach

Alain Ramanisum et Laura Beg ont émerveillé les invités présents de par leur talent pour le séga typique

Tony Duval, directeur du Merville Beach (4ème de la gauche) en compagnie de l'équipe Marketing et Relations publiques de l'hôtel


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PSYCHO

MERCREDI 30 OCTOBRE 2013 CAPITAL | EDITION 153

ANGOISSES FAITES ÉTANCHÉITÉ

Vos angoisses vous suivent tout au long de la journée, si bien que vous finissez par vous y habituer. A les confondre avec votre propre pensée et à les prendre en compte dans vos décisions. Sachez les mettre de côté, faites étanchéité

S FANNY BAUER-MOTTI Directrice de Think&BE Ltd Psychologue, psychanalyste ● Spécialiste de l’individu au cœur des fonctionnements d’entreprise ● Coach professionnel et privé ● ●

Tel : 403 4414 Mob : 5478 5778 Email : fannybauermotti@gmail.com

phère privée et sphère professionnelle sont bien souvent envahies par leurs lots d’angoisses journalières. Et souvent le professionnel déborde sur la vie privée et le privé sur la vie professionnelle. Si au travail, pris dans des tâches cognitives, nous arrivons plus ou moins à nous concentrer, de retour à la maison notre esprit, sans catalyseur, vogue d’une pensée anxiogène à une autre. « Je ne vais pas finir mon travail à temps » ; « je n’atteindrai pas mon target » ; « j’ai de mauvais rapports avec untel » ; « j’ai un salaire insuffisant » ; ou toutes les autres angoisses relatives à votre vie personnelle : « Je ne suis pas satisfait de ma vie » ; « j’aurais dû… je n’aurais pas dû… » ! Ces pensées qui vous suivent jusqu’à la fin de votre journée, vous poursuivent jusqu'à l’intérieur de votre intimité.

Si votre temps est découpé entre le temps passé au bureau et celui passé chez vous, le temps du psychique, lui, est constamment pris dans votre flot d’angoisses. C’est ce qui vous use, vous épuise, et contribue à votre incapacité à gérer stress et pression. Pour maîtriser vos angoisses, investissez vos moments de transition. MOMENTS DE TRANSITION Les moments de transition sont ceux où l’on passe d’un état à un autre. Le matin avant d’aller au travail, le soir lorsque vous quittez votre lieu professionnel. A l'heure de la pause-déjeuner. La nuit avant de vous endormir, ou le matin au réveil. Tous ces petits moments pourraient être un sas mais ils deviennent vite le réceptacle de vos angoisses. Du coup le soir vous êtes mutique devant

votre télé, vous fuyez les discussions. La communication avec vos proches tourne autour de bricoles de la vie quotidienne, tandis que ce qui vous tracasse reste au fond de vous, bien tranquille à tourner en rond. Lorsque vous sentez que des pensées vous préoccupent ou que vous n’êtes pas tranquille, prenez un temps pour vous, durant une de ces phases de transition, pour couper d’avec votre travail et vous attarder sur une autre activité. Par exemple, lorsque vous finissez votre boulot, prenez quelques minutes pour lire le journal, jouer sur une application de votre smartphone, écouter de la musique. Si vous avez plus de temps, faites un sport, ou une activité relaxante. Mais ne rentrez pas directement chez vous si vous sentez que votre lot d’angoisses journalières vous suivra.


PSYCHO

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Les angoisses sont toujours issues de votre vécu. Si vous angoissez continuellement à l’idée de conduire, ce n’est pas parce que vous raisonnez sur la réalité mais parce que, dans votre vécu, vous raccrochez la voiture à quelque chose de dangereux

CASSEZ VOS ROUTINES Les angoisses sont des pensées subjectives qui spéculent généralement sur un possible problème à venir, sans objet précis ; contrairement à la peur, qui est « peur de ». On en a tous. Plus ou moins fortes, plus ou moins lucides. Parfois c’est notre être entier qui est anxieux, et c’est cette anxiété, cette énergie diffuse, qui se dépose à peu près partout dans nos vies. La première étape est de les repérer. Le contexte dans lequel elles se développent, les moments de la journée où vous vous sentez le plus embourbé dans des pensées de ce type. Si vous repérez qu’un moment de la journée est plus anxiogène qu’un autre, cassez votre routine. Souvent nous avons tendance à répéter les mêmes choses jour après jour et cela même lorsque l’on sent que ce comportement est fruit de l’insécurité. Vous vous sentez mal le matin, au lever, sans savoir pourquoi ? Changez vos routines de réveil. Prenez le petit-déjeuner dehors, lisez un livre qui vous passionne, levez-vous plus tôt et allez courir avec votre chien. Tous les moments qui revêtent pour vous une tournure anxiogène sont autant de scénario à modifier, jusqu'à ce que vos pensées soient moins infiltrées par vos angoisses. Il ne s’agit pas de fuir, au contraire, il s’agit d’être actif. Car on est là où l’on a décidé d’être. Si vous continuez jour après jour à rentrer directement du bureau angoissé par votre journée et par celle qui s’ensuit, ou que vous choisissez de vous réveiller tous les matins dans la même routine, c’est vous et vous-même qui choisissez de suivre un chemin qui favorise l’apparition de vos angoisses. VOS ANGOISSES ONT UNE HISTOIRE Les angoisses sont toujours issues de votre vécu. Si vous angoissez continuellement à l’idée de conduire, ce n’est

pas parce que vous raisonnez sur la réalité mais parce que, dans votre vécu, vous raccrochez la voiture à quelque chose de dangereux. Les liens qui vont ont mené à cette association sont dans votre histoire de vie psychique. Tout comme quelqu’un qui angoisse à l’idée d’un meeting. Ce n’est pas la réunion et les enjeux objectifs qui lui fournissent ce stress mais l’idée qu’il se fait de son possible échec. Et l’idée de son possible échec liée au meeting est aussi issue de son histoire de vie psychique. Pourquoi psychique ? Parce que la réponse ne se trouve pas forcément dans votre vie concrète jour après jour, mais dans ce que vous avez vu des autres (vos parents, vos amis d’enfance, des professeurs, l’université). Vos associations se sont faites dans toutes les sphères que vous avez fréquentées, ou seulement côtoyées, depuis que vous avez ouvert les yeux sur ce monde. Cette femme qui ne veut pas conduire associe peut-être « voiture » et « danger » parce que, petite, elle a été témoin d’un accident de l’autre côté de l’autoroute. Elle n’accède pas à ce souvenir puisqu’il a été traumatique, et pourtant il régit un petit bout de sa vie. Idem pour cet homme qui est stressé à l’excès à l’idée des meetings. Il n’en a jamais raté un, mais pour lui toute réunion est le risque de s’y prendre mal, car, dans son inconscient, il existe cette association entre « les autres », comme une masse indistincte, et « l’échec ». Pour remonter le fil de vos associations, pensez à la situation qui génère angoisse pour vous et notez toutes les pensées qui s’enchaînent durant les cinq minutes qui suivent. Même si cela vous semble déconnecté ou sans lien, notez tout sur un papier. Dans cette avalanche de mots que vous coucherez sur le papier, se trouvera un peu de ces connexions qui vous habitent sans que vous en ayez conscience.

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REGARDEZ VOS ANGOISSES BIEN EN FACE, NE LES FUYEZ PAS Une fois que vous aurez repéré le contexte qui favorise l’apparition de vos angoisses, ne luttez pas contre ces pensées. Ne cherchez pas à les évacuer d’un « je n’y pense pas », car elles seront toujours bel et bien en vous. Au contraire, laissez vos pensées anxiogènes vous traverser, et analysez-les. Ne les combattez pas, domptez-les. Si par exemple le matin des pensées à teneur négative vous envahissent, prenez-en note et cherchez à mettre des mots sur ce que vous craignez. Puis, dans le déroulement de la journée, il y a fort à parier que jamais la situation ne dégénérera comme vous l’aviez imaginé. Car l’idée que l’on se fait des choses est toujours pire que la réalité. Le soir prenez conscience qu’aucune de vos craintes, de vos attentes ainsi construites, ne s’est déroulée comme vous l’aviez imaginé. Ce travail vous aidera, à la longue, à ne plus vous fier à vos angoisses et à comprendre qu’elles ne sont jamais un pressentiment, elles n’ont pas le pouvoir de déclencher quoi que ce soit, mis à part celui d’inhiber votre personnalité si vous y prêtez une attention particulière. Si cette stratégie ne marche pas sur vous, apprenez alors à les affronter, ces pensées, ces angoisses, à travers la méditation. Lorsque vous sentez que vos angoisses toquent à la porte de votre conscience, interrompez d’emblée avec un exercice de méditation simple. Respirez une dizaine de fois en suivant le déroulement de votre souffle. Créez-vous une imagerie mentale positive. Bref, concentrez votre esprit sur une activité intérieure qui vous aidera à couper avec le brouhaha anxiogène de votre pensée. Evitez dans ces moments la télé ou autre support visuel qui ne vous aide pas à faire le vide, au contraire, et donne l’occasion à vos angoisses de continuer à s’installer sans que vous en ayez conscience.

Vous vous sentez mal le matin, au lever, sans savoir pourquoi ? Changez vos routines de réveil. Prenez le petitdéjeuner dehors, lisez un livre qui vous passionne, levez-vous plus tôt et allez courir avec votre chien


Capital Edition 153  

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