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PLUS DE 25 000 VISITEURS À L’ENGEN SHOW

De jeudi à dimanche dernier, l'Engen Motor Show a accueilli une dizaine de concessionnaires et quelque 25 000 visiteurs au Swami Vivekanda International Conference Centre, à Pailles. Des agences de prêt et des assureurs y étaient aussi présents LA DIFFÉRENCE, C’EST LE CONTENU

Edition 151 – Mercredi 16 octobre 2013

BOISSONS ALCOOLISÉES

SANS PUB, LES VENTES CHUTENT

On dit du Mauricien qu’il est un grand buveur de bière. Pourtant, depuis la décision prise, en 2009, d’interdire toute publicité sur les boissons alcoolisées, les chiffres de vente ne mentent pas : ils chutent! Résultat : des brasseurs aux commerçants en passant par le porte-monnaie de l’Etat, tout le monde, ou presque, perd au change

Votre hebdomadaire à Rs 15

ANNE-BRIGITTE SPITZBARTH,

MANAGING DIRECTOR DE LAFARGE (MAURITIUS)

« A QUAND LA CONCRÉTISATION DES PROJETS PUBLICS ? » La première partie de 2013 a été positive. Mais on ne peut en dire autant pour la deuxième, ni pour 2014, à cause d'un manque de visibilité. La Managing Director de Lafarge (Mauritius) Cement Ltd, Anne-Brigitte Spitzbarth, dresse un bilan de sa première année au sein de la compagnie. Pour elle, le secteur est en manque de souffle

AFFAIRE KROSS BORDER

LA LETTRE INTÉGRALE DE KOLANDA REDDY À LA FSC

BUDGET 2014

SEPARATION OF POWERS

« LE CHÔMAGE DEVRAIT ÊTRE LA PRIORITÉ DES PRIORITÉS »

WHO IS GOING TO BE OUR LALU PRASAD?


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ACTA PUBLICA

MERCREDI 16 OCTOBRE 2013 CAPITAL | EDITION 151

Les perspectives économiques de l'Afrique pour 2013 et 2014 sont prometteuses : elles confirment tant sa résilience face aux chocs internes et externes que son rôle comme pôle de croissance dans une économie mondiale atone. De quoi attirer les hommes d'affaires à la recherche de nouvelles avenues profitables. Le monde en développement des affaires sur le continent ne doit cependant pas se faire sans prendre en considération la population. C'est le message essentiel que le Mauritius Institute of Directors (MIoD) veut faire ressortir lors de sa conférence de trois jours, qui débute aujourd'hui

AFRICA RISING CONFERENCE

Pour développer l’Afrique, développons l’Africain... ▼ HERRSHA LUTCHMAN-

UN RÉSEAU, DE MULTIPLES OBJECTIFS

BOODHUN

V

oir l'Afrique autrement. C'est ce que promet de faire le Mauritius Institute of Directors (MIoD) à travers la conférence 'Africa Rising: Governance for Sustainability – The Road Map for Value Creation', en partenariat avec l'Institute of Directors South Africa (IoDSA). Plusieurs intervenants, du continent noir et d'ailleurs, devraient partager des points de vue intéressants qui serviront à dresser une feuille de route. Les Africains feront-ils partie des développements à venir ? En bénéficieront-ils ? Ces développements seront-ils durables, sachant que la durabilité tient compte de l'impact économique, social et environnemental ? Telles sont les questions que se poseront ceux présents, dont des personnalités européennes, asiatiques et africaines, du 16 au 18 octobre, au Hilton Resort, à Flic-en-Flac. LANCEMENT D’UN NOUVEAU RÉSEAU Différents thèmes seront abordés, y compris la réalité africaine, l'investissement sur le continent, les bénéfices pour la population africaine, comment créer une culture de bonne gouvernance, les institutions paraétatiques ou encore le type de leaders qu'il faudrait pour mener l'Afrique à bon port... L'ouverture de la conférence sera marquée par le lancement officiel d'un nouveau réseau – l'African Corporate Governance Network (ACGN). Celui-ci se fera en présence du Dr Arvin Boolell, ministre mauricien des Affaires étrangères, de la Baronne Lynda Chalker, présidente d'Africa Matters Ltd, et de Darrin Hartzler, directeur mondial pour la bonne gouvernance au sein de l'International

Les objectifs principaux de l'ACGN, tels qu’inscrits dans la Constitution du réseau, seront l’échange de savoir, d’information, d’outils et de ressources sur les meilleures pratiques, ainsi que de démontrer une pratique de la bonne gouvernance au sein des pays membres. Le but sera aussi de créer une plateforme commune pour plaider et promouvoir un message cohérent sur toutes les questions contemporaines et modernes touchant à la bonne gouvernance en Afrique. Afin d’étendre son réseau d’influence sur le continent, l'ACGN devra forger des partenariats stratégiques avec des organisations telles que l’IFC. En renforçant la pérennisation et la capacité des pays membres, l'ACGN leur permettra d’accroître le nombre de leurs membres et adhérents, permettant, du même coup, au réseau d’atteindre ses objectifs. L'ACGN représente, par définition, les vues des directeurs africains sur les questions de bonne gouvernance et participe aux dialogues avec d’autres institutions au niveau national, bilatéral et multilatéral. Il commandite également des études sur des sujets ayant trait à la bonne gouvernance et au leadership en Afrique.

A ce stade critique de la croissance en Afrique, l'adoption des meilleures pratiques internationales de bonne gouvernance est un moyen important pour attirer les investissements directs étrangers AMBITION. « Je suis confiante que le Réseau trouvera bientôt une place de choix en tant qu'organisation majeure pour la bonne gouvernance dans cette partie du monde », soutient Jane Valls

Finance Corporation (IFC), le bras d'investissement de la Banque mondiale. L'initiative de l'ACGN fait suite à deux réunions tenues en début d'année. Le réseau est pour l'instant composé de 10 pays africains, soit Maurice, le Kenya, le Malawi, le Maroc, le Mozambique, l'Afrique du Sud, la Tanzanie, l'Ouganda, la Zambie et le Zimbabwe. Quant au Nigeria et au Sénégal, ils ont déjà indiqué leur intérêt de siéger à titre de membres. Le lancement officiel fera suite à la première réunion du comité exécutif, qui élira le président et le vice-président de ACGN. Le comité se réunira en présence des Instituts de Directeurs fondateurs, ainsi que de la Fondation des Affaires NEPAD, qui a accepté d'héberger le secrétariat du réseau.

Jane Valls, Chief Executive Officer du MioD, se dit honorée de faire partie des signataires fondateurs de la nouvelle Constitution de l'ACGN, qu'elle considère être une importante initiative africaine. « Je suis confiante que le Réseau trouvera bientôt une place de choix en tant qu'organisation majeure pour la bonne gouvernance dans cette partie du monde », soutient-elle. Chinyere Almona, directrice du Programme africain de bonne gouvernance de l'IFC, abonde dans le même sens : « A ce stade critique de la croissance en Afrique, l'adoption des meilleures pratiques internationales de bonne gouvernance est un moyen important pour attirer les investissements directs étrangers (IDE) sur le continent. L'IFC soutient l'ACGN pour promouvoir l'adoption de la bonne gouvernance à travers

Chinyere Almona, directrice du Programme africain de bonne gouvernance de l'International Finance Corporation l'Afrique afin d'accroître la confiance des investisseurs, promouvoir le développement du secteur privé et créer des entreprises durables pourvoyeurs d'emplois et réduire la pauvreté. » Quelques-uns des principaux orateurs de la conférence 'Africa Rising' sont : Mohamed Adam (Corporate Counsel & Divisional Executive – Eskom), la Baronne Chalker of Wallesey (Chairperson – Africa Matters Ltd) et invités d'honneur de l'événement, Lynette Chen (CEO – NEPAD Business Foundation), John Colvin (CEO & MD – Australian Institute of Company Directors), Firdhose Coovadia (Director – Essar Capital Ltd), Steven Dimitriyev (Banque mondiale), Peter Goss (PricewaterhouseCoopers South Africa), Dr Azar Jammine (Director & Chief

Economist – Econometrix South Africa), Prof. Bruce Kogut (Bernstein Professor of Ethics & Leadership – Columbia Business School), Dr Christopher Kolade (Ancien ambassadeur du Nigeria aux Nations unies), Guy Lundy (Futurist), Dr Yuri Maltsev (Professeur d'Economie), Connie Mashaba (MD – Black Like Me Pty Ltd), Andrew Mwenda (Strategy & Editorial Director – Independent Publications Ltd), Prof Deon Rossouw (CEO – Ethics Institute of South Africa), Isaac Shongwe (Barloworld Ltd) et Simon Walker (Institute of Directors – UK). Quant aux interlocuteurs mauriciens, ils seront Ken Poonoosamy, du Board of Investment (BoI), Ben Padayachy, d'AfrAsia Bank, et Deva Armoogum.


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FINAL REPORT

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AFFAIRE KROSS BORDER

La lettre intégrale de Kolanda Reddy à la FSC A l'heure où le débat sur la fusion de la Banque de Maurice (BoM) et de la Financial Services Commission (FSC) est de nouveau dans l'actualité, la FSC est encore une fois citée dans une affaire peu glorieuse. Le rôle du régulateur des services financiers fait l'objet de critiques de la part d'un investisseur indien ▼ RUDY VEERAMUNDAR ET

HERRSHA LUTCHMANBOODHUN

L

'affaire Kross Border Corporate Services est dans l'actualité depuis peu. Et pourtant, elle ne date pas d'hier, puisque Capital l'avait déjà évoquée dans son édition en date du 24 juillet 2013. Selon nos recoupements d'informations, l'investisseur indien Kolanda Reddy aurait informé la Financial Services Commission (FSC) que Kross Border Corporate Services aurait agi « in clear breach of the regulatory guidelines... on round tripping » depuis le 14 août 2012. Selon Reddy, au centre du problème figurait un actionnaire de nationalité indienne, qui serait directement concerné par le cas de 'round tripping'. Au mois de septembre de la même année, les représentants légaux de Kolanda Reddy avaient ainsi été convoqués à une réunion par la commission, en vue de donner plus de détails. Plusieurs correspondances, émanant de l'homme d'affaires, ont par la suite été adressées au régulateur. Mais dans une déclaration à Capital, l'investisseur indien s'est dit consterné par l'attitude de la FSC. « I left so many countries where I could have invested and chose Mauritius because I thought things would be easier, more regulated, and that everything would be in order. But it’s more trouble here! Why do you encourage us to invest when you do not protect us.

If Kross Border is wrong, then suspend their license. If I am wrong, then tell me that I am wrong! At least give me an answer to my complaints! You are not telling me anything, you are not telling Kross Border anything, so what are you doing ?» a-t-il soutenu. Cette affaire débute en 2008. Le groupe Velankani met sur pied Velankani Mauritius Limited (VML) et Velankani Holdings Mauritius Ltd (VHML), ainsi que d’autres entités, où Kolanda Reddy est actionnaire et directeur. Or, les choses se dégradent au fil du temps. Suite à une dispute interne au sein du groupe qu'il dirige, l'investisseur perd le contrôle de la branche indienne - Velankani Information Systems Pvt Ltd (VISPL). Selon la version de Kolanda Reddy, ses associés auraient pris le contrôle du conseil d’administration, dont il ne serait plus, maintenant, membre. Les problèmes rencontrés par Kolanda Reddy sont liés à la branche mauricienne - Velankani Mauritius Ltd (VML). Selon ce dernier, certains directeurs ont été nommés au sein de la compagnie sans que les procédures légales ne soient proprement suivies. Des malversations alléguées l’ont également poussé à loger deux cas en cour et à solliciter la Financial Services Commission (FSC) pour des éclaircissements. Parmi ses griefs, il liste un chapelet de contraventions légales qui découlent directement des failles de gestion de Kross Border Corporate Services (KBCS), société de gestion (management com-

Au début, la FSC a écrit pour dire qu’elle enquêtait sur cette affaire, mais vu qu’il y a une enquête parallèle de la police, elle ne peut dire grand-chose. Que dois-je faire ? Entre-temps, les employés de Kross Border opèrent toujours déplore l'homme d'affaires indien pany) dont la licence est octroyée par la FSC. Le 13 juillet 2012, Kolanda Reddy avait en effet demandé une injonction de la cour suprême afin d'empêcher Kross Border Corporate Services d'agir en tant que 'company secretary' au nom des compagnies suivantes : Velankani Holdings Mauritius Ltd et Velankani Mauritius Ltd. Cette demande

d'injonction devait être rejetée le 7 août de la même année. Ce qui ne découragea pas Kolanda Reddy de faire une nouvelle demande, suite à laquelle il devait, cette fois, obtenir un ordre intérimaire en sa faveur. Le 6 septembre 2012, l'investisseur indien décidait d'être plus frontal dans son action en logeant un 'main case' devant la cour suprême contre Velankani Holdings Mauritius Ltd, Velankani Mauritius Ltd et Kross Border Corporate Services, tout en insistant que la FSC et le Registrar of Companies soient appelés à témoigner dans cette affaire. Le businessman reproche à KBCS les irrégularités suivantes : documents falsifiés par rapport aux 'board meetings' et résolutions écrites des compagnies du groupe Velankani, 'roundtripping', anomalies dans les accords de prêts entre les compagnies, nominations nonconformes aux dispositions légales et émission suspecte d'actions. En gros, il considère que KBCS - opérationnel depuis 1993 après s'être séparé du groupe KPMG - a failli à son devoir de professionnalisme et de compétence en tant que 'company secretary', comme l’exigent les normes internationales et les conditions d’octroi de licence par la FSC. Selon Kolanda Reddy, la police aurait procédé à l’arrestation d’une employée de Kross Border dans cette affaire, et saisi plusieurs dossiers. La personne en question, sur qui pèse une

charge provisoire, aurait par la suite été relâchée sous caution. « La police a certes arrêté une personne, et les investigations continuent. Mais devant ces arrestations, je trouve incroyable et inacceptable qu’il n’y ait pas de réaction de la part de la FSC. Je n'ai eu d'autres choix que de loger deux cas en cour suprême », lance l'homme d'affaires. Une question le taraude : comment une Management Company qui a failli dans sa tâche peut-elle poursuivre ses activités ? « L’autorité régulatrice n'aurait-elle pas dû prendre des sanctions et lui retirer sa licence ? » se demande-t-il. « Au début, la FSC a écrit pour dire qu’elle enquêtait sur cette affaire, mais vu qu’il y a une enquête parallèle de la police, elle ne peut dire grandchose. Que dois-je faire ? Entretemps, les employés de Kross Border opèrent toujours », déplore-t-il. Pour l'investisseur, la FSC devrait réagir au plus vite. Il se dit « surpris » qu’elle ne le fasse pas, surtout qu’il est l'actionnaire majoritaire de la branche mauricienne de Velankani. A défaut de prendre des actions, il dit s’attendre à ce que la FSC vérifie si ses propos sont véridiques. « Si toute cette affaire avait eu lieu en Amérique, les choses auraient évolué rapidement. Les autorités auraient déjà pris des actions. Je peux en dire de même pour l’Inde », lance-t-il. Nous reproduisons, ci-contre, l'intégralité de la lettre adressée par l'investisseur indien à la FSC pour déplorer l'inaction du régulateur


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FINAL REPORT

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8th April 2013 The Chief Executive Financial Services Commission FSC House 54 Cybercity Ebene, Mauritius For the attention of Mrs. Clairette Ah-Hen Dear Madam, Re: Complaint against Kross Border Corporate Services (KBCS) (1) Velankani Holdings Mauritius Ltd (VHML) (2) Velankani Mauritius Ltd (VML) (3) Velankani Renewable Energy Mauritius Ltd (VREML) I refer to my following complaint letters against KBCS and addressed to you which have to date remained unanswered: (a) 11th September 2012 (b) 3rd October 2012 (c) 23rd October 2012 (d) 2nd November 2012 Copies of the said letters are attached for ease of convenience. I also refer to my personal meeting with you on or about 24th August 2012 and the meeting held at your premises with your offers on 22nd March 2013. I wish to express my deep concern, as a customer of financial services, at the unsatisfactory manner in which the FSC is handling my above complaint against one of its licensees. On numerous occasions I have highlighted the following irregularities being practised by KBCS which as at date the FSC has failed to look into: 1) Forged documents (board meetings and written resolutions of the companies). I understand that the CCID has attended the office of KBCS with a search warrant, documents have been confiscated and provisional charges have been levelled on one of the staffs of KBCS; 2) Roundtripping; 3) Irregularities pertaining to loan agreements wherein substantial sums of monies have been loaned from and to the above mentioned companies; 4) Wrongful appointment of directors of VML; and 5) Improper issue of shares. I am informed that the law requires the FSC, where possible, to give a reply to a complainant within 3 months as from the date it receives the complaint. It is now almost 7 months since I filed my complaint, and I have not even received a written acknowledgement to date. Furthermore, at my meeting of the 22nd March 2013 with your colleagues, I was shocked to see that no real progress had happened â&#x20AC;&#x201C; fundamental issues had not been addressed and it would seem that even a basic inspection of the relevant documents had not been effected. Since you were available to receive me throughout the whole past week I spent in Mauritius, I have no alternative than to record in writing the numerous glaring wrongdoings and irregularities which have been, and are still being, carried out by KBCS, with the clear blessing of the FSC, in view of its refusal to exercise its legal obligations. Since I am left with a distinct impression that the FSC does not know how, where and what to investigate, I shall endeavour to assist the FSC in directing it to the areas of investigation, which are already very clear in my above correspondences. Please therefore find attached a detailed explanation of each and every matter which the FSC should have already investigated into. As a foreign investor having substantial funds involved in investments held by the above companies, I believe that I have a right to be informed as to whether the regulator has taken heed of my very serious complaints, and what was the outcome of its investigations? Instead, I am being sent from pillar to post, with vague responses to my questions, and a repetition of the same stale questions each time I ask for answers. I am informed that the FSC has wide powers under Mauritian law to regulate the soundness of global business activities. I am also informed that KBCS as a licensee, is totally answerable to the FSC and that the latter may not only require remedial action but may also take severe sanctions, conduct inspections and investigations, as may be necessary. As an observer, I can only say that I cannot help drawing my own conclusions as to why the FSC should refuse to take any action in my case. I am copying this letter to the parties below, because my faith in your institution is seriously shaken. The prejudice I continue to suffer as a result of the unchecked abuses of KBCS, is immeasurable; I shall hold your institution and your jurisdiction responsible for this state of affairs and am minded to freely express my plight in the international media should you decide to continue playing a passive role and encouraging disrepute to the financial services centre in Mauritius. I shall be grateful if my above mentioned queries could be addressed by Friday the 19th April 2013 failing which I shall consider myself free to initiate any such legal action as I may be advised. Yours truly, Kolanda C Reddy


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BUDGET 2014 ASHOK AUBEELUCK, ÉCONOMISTE

▼ JESSEN SOOPRAMANIEN

« Le chômage devrait être la priorité des priorités »

QUEL GASPILLAGE ! Dernières statistiques disponibles : 52 000 chômeurs. Soit un taux de 8%. Autant de ressources sous-utilisées, gaspillées, trouve Ashok Aubeeluck. « Cela n'est pas sans incidence sur la croissance économique et le niveau de la pauvreté. L'économie ne roule pas à son point d'éfficience et bien en-dessous de son Production Possibility Curve », fait observer l'économiste. Un des moyens d'absorber ces chômeurs est de réaliser un taux de croissance variant entre 5 à 6%. Le potentiel est là, estime Ashok Aubeeluck, mais encore faut-il créer le sentiment de confiance à tous les niveaux, au niveau des jeunes comme au niveau des entrepreneurs. Dans un premier temps, l'ancien directeur du budget propose le concept de Community Work qui pourrait absorber un grand nombre de jeunes en leur inculquant, en même temps, la notion du service de la communauté. Ce concept, poursuit l'économiste, doit être une politique d'inclusion et doit se concentrer sur les problèmes sociaux et l'environnement. Les chômeurs devraient être appelés à faire des travaux d’intérêt général. Mais il faut qu'ils soient formés par des professionnels. Ainsi, ils seront exposés au monde du travail et pourront devenir des entrepreneurs. Ce concept a un effet multiplicateur. Si les 50 000 chômeurs trouvaient de l'emploi, leur contribution serait autour de 0,5% à la croissance du pays, explique notre interlocuteur. Cette idée est déjà mise en pratique dans d'autres pays, nous apprend Ashok Aubeeluck. Ainsi, à partir d'avril de l'année prochaine en Angleterre, les chômeurs de longue durée devront consacrer 30 heures par semaine à des travaux d’intérêt général (ramasser les ordures dans la rue, cuisiner pour les personnes âgées ou travailler dans une organisation caritative...) afin de continuer à toucher leurs allocations chômage. DU NOUVEAU, DU NOUVEAU La pauvreté ne reculera que si le chômage diminue, explique Ashok Aubeeluck, ces deux aspects étant intimement liés. La base est pourtant là : d'abord l'éducation gratuite, puis l'accessibilité aux universités ajouté au voeu du ministre de l'Enseignement superieur d'un gradué par famille. Mais les structures de planification ne sont toujours pas en accord avec les réalités du marché du travail, remarque notre interlocuteur. Ce dernier propose la création de nouveaux secteurs. Par exemple le secteur de l'énergie, dont le potentiel est reconnu de tout le monde.

DETTES : SOUTENABLE Selon l'ancien directeur du budget, le niveau de la dette publique (52% du PIB) n'a rien d'alarmant. Un tel score

S'il trouve le niveau de la dette « soutenable » et le déficit budgétaire « pas dramatique », l'économiste et ancien directeur du budget Ashok Aubeeluck ne cache pas son inquiétude quant à la concentration du FDI dans l'immobilier vers l'éfficacité des institutions. Il faut aussi des incitations aux entrepreneurs et des mesures pour rendre plus compétitives nos exportations. « Le prix de nos billets d'avion devrait être plus compétitif. Par ailleurs, le concept 'all-inclusive' est néfaste pour la croissance économique du pays. Certes, c'est avantageux pour un groupe, mais certainement pas pour le pays et la population en général », commente l'ancien directeur du budget qui recommande également l'utilisation des divers fonds pour ne pas 'laisse cash dormi'.

Singapour a pratiqué une ouverture de son économie. Tant mieux. Mais ce pays n’est pas propriétaire de sa richesse. Il vaut mieux que nous soyons endettés du moment que notre richesse nous appartient. Le développement doit se faire avec la participation de la population est en parfaite conformité avec le traité de Maastricht (UE 1992) qui stipule que la dette publique d'un Etat endessous de 60% est soutenable. Un domaine où Ali Mansoor, a excellé, avance Ashok Aubeeluck. « Le développement passe par l'emprunt, donc des dettes sont inévitables. Les politiciens jouent sur les chiffres et dramatisent trop les choses. On fait déjà mieux que Singapour dans ce

registre. C'est ce qui nous a permis d'être à la 8e place à l'Economic Freedom Index 2013 publié par la Heritage Foundation en collaboration avec le Wall Street Journal », commente l'économiste. DÉFICIT BUDGÉTAIRE : PAS DRAMATIQUE « Un déficit budgétaire de l'ordre de 2.5% est idéale pour un pays comme Maurice avec le niveau de développement propre à nous. Nous avons suffisamment de fonds et la situation n'est pas dramatique. Mais il nous faut un peu cet interventionisme de l'Etat, car il ne faut pas dépasser la barre de 3.5% », soutient Ashock Aubeeluck. CROISSANCE : L'économiste est d'avis qu'une croissance au-delà de 5% est réalisable. Pour cela, il faut de gros projets d'infrastructures et d'environnement. Mais il suggère également la fermeture de plusieurs institutions financées des fonds publics et qui ne sont pas productives. Une meilleure croissance audelà des 3 ou 4% enregistrés ces dernières années sera réalisable qu'à tra-

FDI : OÙ VONT NOS RICHESSES ? En ce qu'il s'agit du Foreign Direct Investment (FDI), Ashok Aubeeluck se dit partagé sur la question. S'il dit reconnaître que l'entrée de fonds dans le pays est porteur, néanmoins il s'inquiète que la richesse du pays demeure entre les mains des étrangers. La majeure partie des FDI est canalisée vers l'immobilier, soit la terre qui est une ressource limitée à Maurice. Conséquence : le prix des terres monte en flèche. Avec une concentration des SudAfricains dans l'ouest du pays, les gens dans la région s'appauvrissent, selon Ashok Aubeeluck. « Singapour a pratiqué une ouverture de son économie. Tant mieux. Mais ce pays n'est pas propriétaire de sa richesse. Il vaut mieux que nous soyons endettés du moment que notre richesse nous appartient. Le développement doit se faire avec la participation de la population », insiste l'économiste. Il faut aussi penser à augmenter le taux d'intérêt à l'épargne, il faut inciter les gens à épargner et favoriser une plus grande compétition entre les institutions bancaires au profit des consommateurs. AFFAIRES : ENCORE PLUS D'INCITATIONS « Le climat des affaires n'est pas ce qu'il devrait être. Et cela se réflète sur l'investissement des entrepreneurs. Ce qui résulte en un taux de croissance plus bas. L'investissement, la croissance et l'épargne sont trois variables qui sont inter-connectées. Il faut donner des incitations à la communauté des gens d'affaires, leur donner des facilités de financement à des taux d'intêret compétitifs. Une révision du cadre régulateur s'impose également pour l'Ease of Doing Business », soutient l'ancien directeur du budget.


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BUDGET 2014 DR YOUSOUF ISMAEL, ECONOMIST

“A permanent Electoral Campaign is damaging for Business” Too many projects do not suffice to make a good budget, economist Yousouf Ismael says. He calls for a proper and honest debate on issues of national interest, and observes that what we need most is vision and leadership

Government, private sector and us Mauritians are indebted. On the personal side we have a 50% level of over indebtedness. Companies are heavily indebted and government must avoid using monetary policy to assist them but allow debt restructuring. Government should focus on injecting capital in these companies, encourage private equity and other financial instrument. I expect to see some measures on this aspect

▼ JESSEN SOOPRAMANIEN

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he country is in need of a proper vision and long term planning. An integrated plan consists of ensuring we look at a holistic view of how Mauritius would look like in 2045”, Dr Yousouf Ismael stated to Capital. The economist is of opinion that we need to look at the broader picture, of how we want to perceive the country in 30 years' time. And for this, there is urgent need for an overhaul of measures on all aspects : a plan for urbanization, water, energy, economy, environment, pension, transport, education. Government even mentioned about an Economic transformation team which should work on this plan and implement it. This is a priority and for which we need leadership, says Dr Yousouf Ismael. According to the economist, we need to use the limited resources in a planned and organized manner to ensure we meet our objectives. In each budget speech the objectives of the precedent one should have been achieved. “Too many projects do not suffice to make a good budget, as very often we find that we do not have the resources. So duly planning is important,” says Dr Yousouf Ismael. A WA IT AND SEE POLICY The economist apprehends that the public debt continues to grow to reach Rs 206 billion in July 2013 (58.2% of GDP) which is not far from the 60% safety barrier. If it goes above this level, the credit rating agencies, according to him, will have no choice but downgrade Mauritius and borrowing will cost more. On the other hand, Dr Yousouf Ismael notices that private sector debt has reached an alarming level specially where most of these debts went into a speculative property sector, like the IRS and RES. The economist is of the opinion that the Ministry of Finance should focus on that aspect on the forthcoming budget. “Government, private sector and us Mauritians are indebted. On the personal side we have a 50% level of over indebtedness. Companies are heavily indebted and government must avoid using monetary policy to assist them but allow debt restructuring. Government should focus on injecting capital in these companies, encourage private equity and other financial instrument. I expect to see some measures on this aspect. So far it is the public sector investment that has

created a growth of 3.2% and each time there is a delay in implementing projects, growth rate is slashed. Private sector growth and growth through consumption is negligible as neither private sector nor Mauritians are spending because of their respective debt. “Worse, public sector investment is creating jobs for foreigners and not for Mauritians. Just have a look at the Bagatelle Dam, Airport, roads etc. It is the chinese firms that are benefiting, where on the other hand Singaporians will now benefit from the ID card”, Dr Yousouf Ismael stated. With revenues going down and expenses on the increase, the economist warns that government must ensure that Mauritians get value for money. Projects are poorly monitored and lessons are not learnt. Government must focus on project monitoring to ensure public money is well spent and projects are completed within time. Dr Ismael is of the opinion that there is an urgent need to review the role of parastatal and other government offices. Too many duplications of services, according to him, end up giving poor services to the public. On the other hand, most of the funds go to pay salary and wages and a negligible amount goes to projects and services improvement and delivery. Dr Ismael proposes that government merge some agencies according to their objectives; Board of Investment (BOI), Entreprise Mauritius (EM) and SMEDA; AREU and FARC. With the construction sector in trouble, Dr Ismael fears that with a decline in growth by 9%, the economy will be affected in terms of unemploy-

ment, as the construction sector has the highest spill over effect on the economy. Moreover, the economist believes that the SME sector, which employs 55% of the workforce, needs to be given a boost with tax relief and other incentives. So far, he says, the measures implemented have not been successful because banks continue to avoid taking risk with SME and the rates are also very high. Thus, the Ministry of Finance needs to take appropriate measures to ensure procedures be fast tracks and that civil service adapts to the needs of SMEs. On the revenue side Dr Ismael calls for a proper and honest debate about fiscality (tax policies) and redistribution of wealth. There are too many hidden taxes which are affecting the poor people. Government is dependent on these indirect taxes; VAT, tax on Fuel, text messages, excise etc. Tax collection from the informal economy needs to be improved. What is also worrying is the decline in savings rate over time, degrading from 24% of GDP to 14%. Thus there is a reliance external funds which can be very volatile. Government needs to look into that matter”, Dr Ismael urges. “We are eternally on a pre-election mood. This is damaging to business environment I would expect Government and Opposition to work closely on issues of national interest. Business needs to have clear economic visibility to invest and create jobs. We do not have coherent and clear economic policies to give business confidence. Everyone is on a wait and see policy. There is a certain morosity at present”, Dr Yousouf Ismael deplores.


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BUDGET 2014 TONY LEUNG SHING, DE PRICEWATERHOUSECOOPERS

« Privilégions les petites mesures moins douloureuses »

« Quelle stratégie pour le budget 2014 ? ». A cette question, Rajiv Servansingh, directeur du cabinet de conseils MindAfrica, Tony Leung Shing, Tax Partner chez PricewaterhouseCoopers et Geerish Bucktowonsing, président du Mauritius Council of Social Services (MACOSS) ont été invités à proposer quelques éléments de réflexion au 96e Business Forum, de la Jeune Chambre Internationale (JCI) de Port-Louis, mercredi dernier ▼ JESSEN SOOPRAMANIEN

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ctualité oblige, Eric Ng, modérateur du forum, n'a pas manqué de se demander si le départ d'Ali Mansoor, comme secrétaire financier, serait synonyme de changement dans la politique économique du pays ou encore si la trésorerie nationale pourra supporter le prochain budget. Rajiv Servansingh a fortement souligné l'importance d’une cohérence soutenue dans les mesures budgétaires au fil des années. Un budget, explique-t-il, vient chaque année orienter les mesures économiques vers une stratégie sur le moyen terme au moins. Or, cette stratégie est déjà définie dans le manifeste électoral et puis dans le programme gouvernemental. D’où l’importance d’avoir une homogénéité et une cohérence dans les budgets. « Entre 2005 à 2010, il existait un fil conducteur dans les budgets élaborés par Rama Sithanen, ministre des Finances et Ali Mansoor, secrétaire financier. C'est ce qui explique le succès des réformes économique de ce tandem », fait ressortir le directeur de MindAfrica. S’OUVRIR AUX COMPÉTENCES ÉTRANGÈRES Dans cette même logique, ce dernier dit s'attendre à ce qu'il y ait « une suite aux premières réformes introduites depuis 2005 ». Comme améliorer l'environnement des affaires afin de promouvoir les affaires et la croissance économique. Autre proposition de Rajiv Servansingh: la compétitivité et la productivité des entre-

Ce sont les entreprises qui créent la richesse. Donc il faut se préoccuper en permanence à leur compétitivité et à leur productivité Rajiv Servansingh, directeur de MindAfrica prises. « Ce sont les entreprises qui créent la richesse. Donc il faut se préoccuper en permanence à leur compétitivité et à leur productivité. Il faut revoir l'accès aux financements des entreprises, surtout celles de petite et moyenne taille, il faut favoriser l'accès à de nouvelles technologies, la formation en technique de gestion et en système de bonne gouvernance », suggère le directeur de MindAfrica. Plaidant pour sa chapelle – bien sûr, sans que cela ne soit vu comme déplacé – Rajiv Servansingh a déclaré que l’Afrique devrait également retenir l’attention des

rédacteurs du discours du budget 2014. Le positionnement de Maurice vis-à-vis de l'Afrique représente un potentiel inestimable, d'autant que pendant les dix dernières années, le continent noir a enregistré, en moyenne, une croissance de 5% : « Il est impératif que Maurice s'accroche à ce mouvement. Le budget devrait faire provision pour des incitations fiscales en vue d’encourager les opérateurs à s'ouvrir aux opportunités d'affaires en Afrique et à améliorer notre chiffre d'exportation en Afrique ». Le secteur financier demande également un petit

coup de fouet, selon l’analyse du directeur de MindAfrica. Il appelle à une diversification des produits et à des mesures pour encourager les entreprises à lever des capitaux sur la bourse. Mais aussi ouvrir le pays aux compétences étrangères. SE CONCENTRER SUR LE DÉVELOPPEMENT SOCIAL Déplorant un manque de cohérence de la part des opérateurs pour sortir de la crise qui affecte l’industrie du tourisme, le directeur de MindAfrica propose à ce qu'il y ait deux stratégies : l'une pour notre marché traditionnel et l'autre consacrée aux pays émergents. Tony Leung Shing, Tax Partner de Pricewaterhouse Coopers, s’est préoccupé, pour son intervention, des recettes de l’Etat. Sur ce chapitre, il dit privilégier « des petites mesures fiscales sur la consommation ». Des mesures qui ne soient pas controversables et sans gros effets sur le portemonnaie du consommateur, mais qui peuvent alimenter les caisses de l'Etat. D'autant que 60% de ces recettes, explique-t-il,

proviennent des taxes indirectes, principalement de la TVA et des droits de douane. Petite illustration pour démonter comment des « petites mesures peuvent rapporter gros » : une taxe de 10 sous sur les SMS et MMS, en 2012, a rapporté Rs 120 millions, alors que l'introduction d'une taxe de 2 sous sur chaque gramme de sucre dans les boissons en 2013 va rapporter Rs 200 millions. Le secteur de la construction, qui peine avec une décroissance de 9,4% pour cette année, mérite, selon Tony Leung Shing, une attention toute particulière. L’abolition des droits de transferts et des droits d'enregistrement pour les First Time Buyers et le rapprochement des régimes IRS et ERS sont à considérer. De l'administration fiscale, Tony Leung Shing propose que le ministère des Finances vienne avec des mesures en vue d’encourager l'informatisation des services publics pour plus d’efficacité et de productivité. Geerish Bucktowonsing, président du Mauritius Council of Social Services (MACOSS), a lui déclaré qu'il ne faut pas uniquement se concentrer sur le PIB mais aussi le développement social. Il a dit beaucoup s’inquiéter du nombre de pauvres qui ne cesse d'augmenter d’année en année, malgré notre état providence. Pour que les Organisations non-gouvernementales (ONG) puissent apporter leur contribution aux programmes de lutte contre la pauvreté, dit-il, il leur faut un meilleur accès aux financements et à la formation, espérant que le budget 2014 s’y penchera.


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ANNE-BRIGITTE SPITZBARTH, MANAGING DIRECTOR DE LAFARGE (MAURITIUS)

« A QUAND LA CONCRÉTISATION DES PROJETS PUBLICS ? »

La première partie de l'année a été positive. Mais on ne peut en dire autant pour la deuxième partie de 2013, et pour 2014 à cause d'un manque de visibilité. La Managing Director de Lafarge (Mauritius) Cement Ltd, Anne-Brigitte Spitzbarth dresse un bilan de sa première année au sein de la compagnie. Pour elle, le secteur est en manque de souffle, et espère que l'investissement public prendra les devants avec les projets suivants : Métro-léger, Neotown, Jinfei et le barrage de Rivière-des-Anguilles entre autres ▼ HERRSHA LUTCHMAN-BOODHUN ❚ Il est prévu que les secteurs de la

construction et du tourisme seront en recul l’année prochaine, en sus d’une année 2013 peu accommodante. Comment Lafarge (Mauritius) se prépare-t-il pour affronter une telle situation? Dans l’ensemble, 2013 est une année difficile pour le secteur de la construction avec un recul de 7% attendu. A priori, l’année 2014 ne se présente pas mieux. mais à ce stade, nous ne pouvons fournir de statistiques quant au recul de l’année prochaine. Toutefois, comme beaucoup d'opérateurs du secteur, nous attendons le budget prochain, en espérant qu’il apporte plus de visibilité sur la concrétisation de projets dans le secteur en 2014. En ce qui concerne nos deux activités ciment [La-

farge (Mauritius) Cement Ltd] et béton [Pre-Mixed Concrete Ltd], sur la première partie de l’année, nous avons plutôt bien résisté, et ce pour plusieurs raisons. D’abord, nous avons mis l’emphase sur l’innovation qui nous a permis de naviguer quand le temps n'était plus si calme. Nous avons en effet lancé des produits et services adaptés aux besoins de nos clients; Chronolia, un béton à prise ultra-rapide qui permet de respecter les délais de chantier et Hydromedia, un béton draînant, qui permet de résoudre les problématiques d’accumulation d’eau en facilitant le remplissage des nappes phréatiques. En ce qui concerne notre activité ciment, nous avons réduit le temps d’attente de nos clients de 30% au niveau du palettiseur, leur permettant ainsi d’améliorer la rotation de leurs camions et de faire des

économies. Puis, nous avons mis l’accent sur la formation de nos équipes en insistant sur trois domaines de compétence: la vente, la technique et la safety. Pour résister, nous sommes surtout resté à l’écoute de nos clients. On peut citer à cet égard le projet Azuri, qui est le plus grand projet RES au nord de Maurice. Nos clients y avaient les besoins particuliers en matière de qualité et de respect des délais, puisqu’il s’agit là de produits high-end. Que ce soit les contracteurs ou les clients finaux, ils demeurent en effet extrêmement attentifs à la qualité du produit final. Sur le projet Azuri, nous avons fourni nos matériaux à trois contracteurs parmi les quatre qui travaillaient sur le chantier. Au fur et à mesure du chantier, ils nous communiquaient leurs problé-

matiques et nous y répondions par des solutions adaptées comme ce fut le cas avec le Slantia, un béton adapté aux dalles en pente . Nous avons également pu répondre à leurs attentes pour un béton qui a, au toucher, une consistance, une couleur et une finition supérieures. Au-delà d’Azuri, Lafarge (Mauritius) a participé aux projets emblématiques de Maurice tels que le Citadelle Mall, qui est la plus grande tour de Port-Louis, ou encore quelques infrastructures liées au nouvel aéroport entre autres. Dans le cas du Citadelle Mall, fournir du béton à Port-Louis n’a pas été une mince affaire! Les rues sont étroites, en sus des contraintes de circulation et de sécurité. Nous sommes fiers d’avoir contribué à ce projet cette année. On constate par ailleurs un frémissement positif en ce moment à


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Maurice: les entrepreneurs aussi bien que les particuliers sont davantage ouverts à la nouveauté. Le marché mauricien est en train de changer car il doit aussi s’adapter à la crise et trouver d’autres types de solutions: cela va nous permettre d’exprimer notre savoir-faire! ❚ Si la première partie de l’année

s’est écoulée sans grand heurt, qu’appréhendez-vous dans la deuxième partie? La deuxième partie de l’année se présente moins bien, les grands projets sont finis et peinent à se renouveler. Maurice a aussi bien évolué durant les dernières années sur certains types d’équipements, notamment les centres commerciaux. L’île semble à présent bien équipée sur ce plan et cette année, le secteur est plutôt favorable aux travaux de rénovation. Pour ce qui est de 2014, nous attendrons, comme beaucoup d’acteurs du secteur de la construction, le Budget avec une certaine impatience. ❚ Pourquoi cela?

Parce qu’en période de crise, davantage que d’habitude, ce sont les infrastructures publiques qui donnent le ton pour l’ensemble du secteur. Nous souhaitons ainsi avoir des précisions sur des projets emblématiques pour Maurice. Un certain nombre de projets prend fin alors que d’autres sont attendus, notamment le PPP qui doit arriver et qui devrait porter ses fruits plutôt en 2015 en ce qui nous concerne. Quand ces projets démarreront-ils exactement? Quelle sera la part des entreprises installées à Maurice dans ces projets pour les matériaux, la main-d’œuvre, la construction? On ne le sait pas encore précisément. Le barrage de Rivières-des-Anguilles va se faire? Le projet métro-léger va-t-il se concrétiser? D’autres projets d’infrastructures publiques seront-ils annoncés? Nous pensons également à Neotown ou Jinfei. Sur ces deux projets toutefois, ce n’est pas le Budget qui nous donnera la réponse. Nous avons aussi des interrogations sur un segment qui a porté le secteur de la construction, à savoir les RES/IRS. C’est un segment qui est important pour nous et qui dépend des financements privés. Il a connu un ralentissement cette année. Au niveau du Board of Investment (BoI), environ 50 projets étaient attendus alors que moins d’une dizaine s’est concrétisée. Ce segment est lié au climat économique mondial et Maurice a plutôt bien résisté à la crise dans le secteur, même si la capacité de résilience n’est pas sans limites. En effet, les investisseurs sur ce type de projets attendent à présent d’avoir vendu une partie significative des espaces avant d’aller de l’avant. Nous sommes donc dans l’expectative et il est vrai que les perspectives ne sont pas des plus brillantes. Nous misons donc sur notre approche in-

novante pour réussir à proposer des solutions nous permettant, ainsi qu’à nos clients, de résister davantage au climat peu favorable. ❚ Est-ce donc votre message pour

l’exercice du Budget qui approche? Comme je le mentionne plus haut, nous attendons de cet exercice plus de visibilité sur la concrétisation de projets publics permettant de redynamiser le secteur de la construction. ❚ Vous avez évoqué l’importance de

l’investissement public. Or, selon le gouverneur de la Banque de Maurice, c’est tout le contraire qui s’est produit à Maurice. Le public est en recul depuis plusieurs années au lieu d’agir comme relanceur économique. Face à ce constat, attendrez-vous toujours un signe du public? Je renouvelle mon commentaire: le gouverneur a fait ce constat qui lui appartient, de notre côté, nous attendons des signes positifs au moment de la présentation du Budget, notamment des annonces sur de nouveaux projets d’infrastructures. ❚ Lafarge a pu résister pendant la

première partie de 2013 à cause de l’innovation. Pouvez-vous justement nous parler des produits qui vous ont permis de souffler? L’innovation se manifeste tant sur les produits que sur les services. Quand nous parlons béton, nous songeons tous au béton gris, basique qui souffre d’une image mitigée. Le béton est apprécié pour la solidité des constructions, ce qui est important vu l’enjeu climatique: L'île Maurice a beaucoup souffert des cyclones dans les années précédentes et le béton est une excellente solution. Toutefois, nous avons essayé d’apporter un renouveau dans le béton, avec deux lancements de produits et un renforcement. Nous avons en effet renforcé la gamme Artevia, qui donne une allure contemporaine au béton gris traditionnel auquel nous sommes habitués. Quand on apporte des choses nouvelles, en particulier dans le secteur de la construction, les

Nous attendrons le Budget avec une certaine impatience gens sont souvent réfractaires car ils sont face à l’inconnu. Sur Artevia, nous bénéficions des innovations du Groupe Lafarge, mais aussi de la capacité d’un produit à répondre à une demande qui évolue sur le marché local. Le béton décoratif coloré Artevia -rouge, jaune, ocre et plus encore - répond quelque part à une tradition mauricienne. Artevia a embelli des endroits tels que le Gymkhana Club et Cascavelle pour n’en citer que deux. Il y a des secteurs, ainsi que des segments types tels le RES (Real Estate Scheme) ou IRS (Integrated Resort Scheme)qui s’intéressent plus à Artevia. Puis, certaines de nos innovations concernent plus particulièrement les performances techniques des produits, et les avantages que nous pouvons apporter à nos clients, comme pour Hydromedia (Ndlr: Voir la rubrique Green Business). Chronolia, est autre exemple dirigé spécifiquement vers la problématique des entrepreneurs. Il s’agit d’un béton à prise ultra-rapide qui permet de tenir les délais, facteur clé des projets de constructions. Le retard d’un chantier mène à des pénalités. Or Chronolia offre une solution et permet au client d’augmenter les rotations sur les chantiers. Pour vous donner une idée de ce qui est l’un des éléments de performance cruciaux du béton, il faut parler de la résistance. Elle se mesure en méga pascal. Si vous prenez un béton moyen traditionnel, il atteindra une résistance moyenne de 25MPa au bout de 28 jours. Avec Chronolia, nous parlons de 48 heures! Nous avons fourni ce béton, avec succès, notamment sur les chantiers de Creolia Hotel, et de Crystal River. Par

ailleurs, Chronolia permet de faire des économies sur le coffrage et moins on utilise de coffrages, moins on dépense. C’est une nouveauté de 2013, nous croyons en ce produit et pensons qu’il va progresser davantage. En matière d’innovation, nous avons donc fait très fort chez Premixed Concrete Ltd depuis une année. D’habitude le démarrage des produits est un peu difficile, mais .les besoins du marché font que la réaction est bonne. ❚ Vous êtes à la tête de la compag-

nie depuis une année maintenant. Quels sont les changements que vous avez apportés, et pourquoi étaient-ils importants? Une des installations importantes pour notre activité ciment en septembre 2012 est le palettiseur qui permet d'emballer deux tonnes de ciment en sacs avec une housse en plastique. C’était un investissement opérationnel qui a apporté un vrai bénéfice aux clients. Le ciment ne peut être stocké indéfiniment. Si vous laissez un sac de ciment dans un coin pour revenir quelques mois plus tard, il n’est plus utilisable. Donc votre ciment, il faut le protéger. Il ne faut pas qu’il soit en contact avec le sol ou avec la pluie. Mais, avec le ciment palettisé, il est complètement entouré d’une enveloppe protectrice, ce qui est pratique pour les camionneurs car c’est hermétique. Le chargement d’un camion de deux tonnes prend 16 minutes. Grâce au palettiseur, nous avons pu réduire de 30% le temps de chargement. Ainsi, les chauffeurs attendent moins et peuvent augmenter la rotation des voyages, et donc réaliser des gains. Les quincailliers, eux, ont plus de temps pour décharger. Auparavant il fallait l’effectuer à la main. Aujourd’hui, il peuvent investir dans un ‘forklift’ et accélérer le processus. Dans tout cela, la sécurité est aussi très importante. Nous accordons donc une attention minutieuse aux chargements. Les sacs sur palettes et sous housse répondent directement aux problèmes de chute des sacs sur les trajets. Outre les changements liés à la Suite en page 12 n


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gestion de la performance, nous prévoyons d’injecter 200 millions de roupies à Maurice dans les deux ans à venir, malgré des perspectives plutôt ternes. Ces investissements nous permettront de soutenir notre stratégie d’innovation. Ce qui change pour nous est que notre projet de ciment mélangé qui ne progressait pas depuis 2 ans est maintenant en bonne voie et devrait aboutir durant le deuxième semestre de l’année prochaine. Il permettra de mettre sur le marché mauricien un ciment moins cher, attendu par nos clients, fabriqué en partie avec un matériau local auquel nous offrirons une solution de récupération. De plus, il permettra une réponse plus adéquate à certain types de besoins comme les travaux de finition. Ce projet représente un investissement de 90 millions. Nous mettrons également l’accent sur la rénovation de nos centrales à béton et l’upgrading de notre laboratoire ce qui nous permettra de poursuivre nos innovations produits. Ce qui a également changé, c’est une perspective renouvelée sur l’utilisation de nos investissements: nous avons ainsi affiné le processus lié au palettiseur, un projet d’environ 60 millions concrétisé en septembre 2012 et que nous avons fait évoluer pour répondre aux besoins des clients. Grâce à cela, nous avons pu réduire le temps d’attente de nos clients de 30% au terminal: il faut aujourd’hui seulement 16 minutes pour charger plus de 30 tonnes de ciment. Les chauffeurs attendent moins et peuvent augmenter la rotation des voyages, et donc réaliser des gains. Les quincailliers, eux, ont besoin de beaucoup moins de temps pour le déchargement qui ne se fait plus à la main: autant de temps et d’argent économisés.. Aujourd’hui, nous sommes les seuls à offrir un ciment palettisé emballé hermétiquement dans du plastique, ce qui permet de mettre le produit à l’abri des intempéries et de l’humidité: c’est un grand plus en terme de stockage et de préservation de la qualité du produit. L’emballage permet aussi d’éviter les vols sur les chantiers. Enfin, l’aspect sécurité est aussi très important: les sacs sur palettes et sous housse répondent directement aux problèmes de chute des sacs sur les trajets. ❚ Et au niveau de la compagnie

elle-même? L'entreprise a beaucoup changé depuis un an. Nous avons réuni sous une seule tête nos activités ciment [Lafarge (Mauritius) Cement Ltd] et béton [Pre-Mixed Concrete Ltd]. Cela a été un élément de transformation important pour l’entreprise et ses effectifs. Le premier élément marquant a été le rapprochement des deux équipes. Les postes fonctionnels sont aujourd’hui communs au ciment et au béton. Ces rôles opèrent selon une structure de services

partagés, ce qui nous permet de créer des synergies, de faire des économies et de gagner en efficacité. Un autre élément de transformation important est la gestion de la performance. Nous avons mis en place des outils de pilotage qui nous permettent de mieux la mesurer et de mieux la contrôler. Ces outils permettent une meilleure identification des poches de réduction de coûts (matière première, transport, etc.) et des leviers de revenus. Précédemment, nous étions davantage dans le flou quant à la performance de nos business respectifs, nos centrales respectives. En terme d’efficacité business, cela nous a permis d’économiser des millions de roupies. Ce n’est évidemment pas uniquement un changement à la tête, mais un changement que la tête peut impulser avec le reste de l’équipe de direction car il s’agit d’abord d’un travail collectif. Ce qui est important c’est que les équipes sont parties prenantes dans cet exercice et que cette transition s’effectue dans les meilleures conditions. Nos équipes sont davantage attentives et sensibles à la performance et suivent les marges de manière plus serrée. Cette prise conscience et cet engagement sont pour nous source de motivation. ❚ La reprise de l’activité de Pre-

Mixed Concrete de United Basalt Products (UBP) a-t-elle eu un impact sur votre business? Pre-Mixed Concrete Ltd, pionnier dans le béton, est présent depuis 1967 à Maurice et compte aujourd’hui six centrales qui sont réparties sur le territoire. C'est l'acteur du secteur qui a le plus de centrales à béton: il a contribué à construire Maurice depuis des années et il nous offre sa solidité en héritage. Lafarge lui a toutefois apporté quelques plus, dont une particularité importante. Il se démarque car il va au-delà du béton gris classique. et met l’accent sur les bétons à valeur ajoutée, que l’on appelle aussi bétons techniques et qui apportent différents avantages aux clients. Nous avons évoqué Hydromedia, Chronolia et Artévia,

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Slantia sans parler du leight weight: autant de bétons qui apportent des solutions à nos clients, que ce soit en termes de performance mécanique, énergétique, esthétique, ou économique. Notre béton décoratif Artevia a aussi montré que le béton pouvait se prêter à des applications variées en restant compétitif et très esthétique, contrairement aux idées reçues: on peut l'intégrer dans les allées, les trottoirs, les rebords de piscine, les parkings, les fronts de mer, les terrasses Nous sommes les seuls à pouvoir offrir au marché autant de solutions produits. Nos deux activités réunies comptent aujourd'hui plus de 140 employés. Les grands bâtiments à Maurice sont pour beaucoup faits de Lafarge Baobab et du béton de Pre-Mixed. Je crois que les employés s'enorgueillissent de ce fait, d’autant plus que nous avons participé à des projets qui étaient parfois des défis. Il faut bien maîtriser son ciment pour faire du bon béton, nous avons la chance d’en posséder l’expertise et de pouvoir nous reposer sur le savoir-faire du leader mondial des matériaux de construction. Lafarge (Mauritius), aujourd’hui leader local dans ses deux activités, ne compte d’ailleurs pas s’arrêter là dans sa démarche vers l’innovation. ❚ Que comptez-vous apporter de

plus l’année prochaine, vu que 2013 a été placée sous le signe de l’innovation? L’innovation demeure le maître mot chez Lafarge (Mauritius). L’année prochaine nous insisterons davantage sur l’amélioration de notre service client par le biais de processus communs au ciment et au béton. C’est en effet plus avantageux pour le client d’avoir un seul interlocuteur en face de lui. Il économise du temps sur les négociations, peut faire des économies d’échelle et peut plus facilement dialoguer pendant la durée du projet. On a commencé à le faire, mais on accélérera le pas l’année prochaine. Nous allons également l’étendre à d’autres partenaires, le tout, pour le bénéfice du client. L’innovation est aussi liée à notre lien plus direct et plus fluide avec le Groupe Lafarge. Ce sont bien nos équipes locales qui connaissent le marché, qui savent comment il fonctionne, et quels sont ses besoins. Ce n’est pas le Groupe qui vient dire comment il faut faire: Mauritius is in the driver seat. En revanche, ce dont nous bénéficions par ce lien au Groupe, c’est d’une capacité renforcée d’innovation. notamment grâce au soutien du plus grand laboratoire de recherche au monde sur les matériaux de construction qui tourne avec un budget de 120 millions d’euros par an. Nous pouvons donc nous appuyer sur cette expertise mondiale et en faire profiter le marché mauricien.. Ce sur quoi nous allons insister

l’année prochaine, c’est justement l’orientation client. C’est en étant attentifs à nos clients, (particuliers, gros ou petits contracteurs) et à leurs besoins que l’on arrive à développer les produits ou les services adaptés. Cela passe par un dialogue approfondi avec eux.

La qualité de l’habitat et des infrastructures peut avoir un impact important, positif ou négatif sur le développement de l’île ❚ Quelle est votre analyse de la

qualité de construction dans le pays? Vous êtes quand même un fournisseur de matériaux importants. Sont-ils utilisés à bon escient à Maurice ? Cela dépend des segments auxquels on s’intéresse. Il existe des constructions de grande qualité à Maurice. Celles-ci ont souvent un prix et impliquent une bonne harmonie entre les différents acteurs présents tout au long de la chaîne: si vous voulez avoir une construction de bonne qualité, il vous faut, à tout le moins, sur un projet simple, un bon architecte, un bon contracteur et de bons matériaux. Mais la qualité dépend aussi des systèmes constructifs et tout ne réside pas dans le prix. On peut bâtir des constructions de bonne qualité à un prix intéressant, et je pense là au concept d’‘Affordable Housing.’ Le but n’est certainement pas de construire des édifices à bon marché, laids et qui ne tiennent pas la route. L’idée est de construire quelque chose de durable, d’esthétique et peu chère. Il existe un potentiel en la matière et sur lequel nous espérons apporter des réponses en ligne avec la philosophie de Maurice Ile Durable. N’oublions pas que la qualité de l’habitat et des infrastructures peut avoir un impact important, positif ou négatif sur le développement de l’île, tâchons de faire en sorte qu’il soit positif. Il y a également un sujet sur lequel on peut progresser de manière collective à Maurice. C’est celui des normes de construction. Lafarge peut apporter une expertise dans ce domaine mais il faut un dialogue entre les différents acteurs pour une ‘sustainable construction'.


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BOISSONS ALCOOLISÉES

SANS PUB, LES VENTES CHUTENT

On dit du Mauricien qu’il est un grand buveur de bière. Pourtant, depuis la décision prise, en 2009, d’interdire toute publicité sur les boissons alcoolisées, les chiffres de vente ne mentent pas : ils chutent ! Résultat : des brasseurs aux commerçants en passant par le porte-monnaie de l’Etat, tout le monde, ou presque, perd au change PHOTOS : NICHOLAS LARCHÉ

▼ DOROTHY BONNEFEMME

GERVAIS RAMBERT, MAÎTRE BRASSEUR CHEZ PHOENIX BEVERAGES

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oëlle Constantin-Ramen, Brand Manager de Phoenix Beverages Ltd, n’y va pas par quatre chemins. Sans publicité, la vente des boissons alcoolisées est affectée. Or, depuis 2009, les autorités mauriciennes ont interdit les pubs sur les boissons alcoolisées. « C’est une prise de position drastique et il y a définitivement une chute dans la vente. C’est vrai que c’est une bonne initiative pour essayer de combattre certains fléaux, mais la décision aurait pu être plus souple. Dans d’autres pays, les autorités ont trouvé d’autres formules. Ils n’ont pas banni la publicité pour de bon », affirme-t-elle. De plus, comme l’explique le maître brasseur Gervais Rambert : les bars ne sont plus autorisés à ouvrir 24 heures sur 24. De ce fait, depuis environ cinq ans, la vente patauge. Malgré tout, comme elle le fait depuis toujours, Phoenix Beverages Ltd n’a cessé d’investir, notamment dans des technologies anglaises et allemandes. Après des investissements initiaux de Rs 4 millions, une nouvelle ligne d’embouteillage trois fois plus grande a été lancée en 1968, suivi, en 1976, d’une autre avec une capacité de 28 000 chopines par heure. En 1987, Phoenix Beverages a fait l’acquisition de sept cuves de fermentation en acier inoxydable, au coût de Rs 12 millions de roupies. En 1996, la brasserie se dote également de sa première ligne de fabrication de canettes. RÉCOMPENSES À LA PELLE En termes de produits, cette société ne cesse de proposer des nouveautés. Ce qui fait qu’à ce jour, elle compte plus une cinquantaine, qui vont bien au-delà de la bière. Il y a en effet des limonades, des boissons gazeuses, des boissons aromatisées, ainsi que les eaux plates et pétillantes… Phoenix Beverages, c’est aussi les vins et les spiritueux « koté vins ». Rien n’est fait au hasard. « Ici, c’est énormément de recherches, un travail de titan. Les maîtres brasseurs sont des professionnels qui travaillent souvent dans le secret », explique Gervais Rambert. Un travail reconnu à sa juste valeur, puisque la liste des récompenses reçues est très longue. Plus de 10 médailles d’or et 2 distinctions Grand Or attribuées par des organi-

« Rs 2,7 milliards d’investissements…» La réputation de la bière Phoenix a franchi les frontières mauriciennes. Elle est exportée vers plusieurs pays du monde. Gervais Rambert, maître brasseur de Phoenix Beverages nous en parle ❚ Vers quels

LA BIÈRE AU SERVICE DES MAURICIENS Phoenix Beverages Limited est l’une des plus grandes entreprises de l’île. Cotée à la Bourse de Maurice, la compagnie a un chiffre d’affaires de plus de 3 milliards de roupies et compte plus d’un millier d’employés. Avec une production moyenne de 1,2 million d’hectolitres de boissons alcoolisées et non alcoolisées, elle assure la livraison de ses produits à plus de 9 000 points de vente. Phoenix Beverages, qui s’engage aussi sur le plan social, a axé sa stratégie de responsabilité sociale et environnementale des entreprises sur quatre zones d’intérêt : le sport, l’éducation, la santé et l’environnement. De plus, depuis le 8 septembre 2010, la Fondation Phoenix a été incorporée comme entreprise privée limitée sous garantie. Depuis juillet 2011, toutes les activités CSR de la compagnie sont pilotées par la fondation.

sations internationales telles que Brewex au Royaume-Uni, l’Australian International Beer Awards, ou encore Monde Sélection en Belgique. D’ailleurs, en 2012, au Monde Sélection d’Athènes, la bière Phoenix en logements de 650 ml et 330 ml ont obtenu la médaille d’or, cette dernière raflant également l’International High Quality Trophy 2012. Pour cette société, ces récompenses sont le résultat du labeur, du dévouement, du savoir-faire et des compétences du personnel, mais aussi de l’utilisation d’ingrédients sélectionnés avec soin pour la fabrication des produits. Et c’est pour au-

tant de raisons que cette société, créée par une poignée de Mauriciens et placée sous la responsabilité de Pierre Hugnin et du maître brasseur Robert Ledoux, continue à être florissante. Phoenix Beverages, la première entreprise mauricienne à posséder une brasserie, a lancé son produit phare, la bière Phoenix, en 1953. C’est avec les consommateurs, explique Joëlle Constantin-Ramen, que la compagnie marquera l’anniversaire de cet événement. Phoenix Beverages prévoit en effet d’utiliser les réseaux sociaux comme outil de communication et d’offrir divers cadeaux aux clients.

pays la bière Phœnix est-elle exportée ? Nous exportons vers l’Angleterre, l’Afrique du Sud, la Chine, Madagascar et l’île de La Réunion, où nous détenons 8% du marché. Nous exportons plus de 250 conteneurs par an, soit environ 10 à 15% du volume total de production. ❚ Quels sont les produits qui sont

exportés ? Nous avons toute une gamme de produits, par exemple le Maloya pomme et le Maloya poire, une boisson sans alcool et qui ressemble à notre Pearona local. Puis nous avons bien sûr la bière Phoenix qui sont dans des logements en plastiques. ❚ Qu’en est-il de l’investissement en termes

d’équipements ? Au tout début, l’investissement se chiffrait à Rs 4 millions. Au fil des années, il a continué à croître, et en 2013, il a atteint Rs 2,7 milliards. ❚ Qu’en est-il de l’hygiène ?

Les bouteilles subissent deux types de contrôles. Une fois qu’elles sont lavées, elles passent par une inspectrice électronique de bouteilles, une machine performante et sensible au contrôle. Puis, une fois remplies, les bouteilles passent par un contrôle visuel pour un double contrôle de qualité. De plus, grâce à un système de traçabilité, chaque boisson qui quitte la brasserie peut être identifiée.


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Elle attire toujours !

Elle fête cette année ses 50 ans. Pourtant la bonne bière Phœnix, n'a rien perdu de sa saveur. La belle blonde suscite encore beaucoup d'intérêt et de passion chez les amateurs

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1 – La belle blonde n'est pas préparée en un clin d'œil. Elle est exigeante. Les maîtres brasseurs doivent multiplier leurs efforts pour trouver les matières premières haut de gamme. C'est avec rigueur qu'ils sélectionnent malt, mouture, eau, houblon pellet, houblon extrait, levure... 2 – Le broyage c'est une des étapes importantes pour

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que la belle blonde soit au top. Phoenix Beverages Ltd a ainsi investi dans les machines dont les unes sont plus surprenantes que les autres 3 – Pour pouvoir savourer la belle blonde, il faut faire preuve de patience. Sa fermentation dure 6 à 7 jours et se fait entre 10 et 15° 4 – Enfin elle est prête !

Phoenix Beverages Ltd vous propose sa belle blonde en pression pour les bars, restaurants... ou l'autre version en cannette ou en bouteille 5 – Or avant d'arriver sur le marché la belle blonde doit être vêtue élégamment. Machines et employés vérifient si les bouteilles sont sans reproche et que l'hygiène est respectée

6 – Place maintenant à l'embouteillage qui se fait à la vitesse de l'éclair : 22 000 bouteilles sont remplies par heure 7 – Ceux qui préfèrent les cannettes en auront aussi pour leur argent. Depuis 1996, la brasserie s'est dotée de sa première ligne de fabrication de canette à Maurice


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Se rafraîchir en dégustant une bonne bière Phoenix. Avec l’été qui s’annonce, c’est ce que rêvent de faire bon nombre de Mauriciens. Dans le cadre des 50 ans d’existence de la première brasserie à Maurice, Capital vous invite à une visite guidée pour découvrir les secrets d’une fabrication qui requiert dextérité et savoir-faire

PHOENIX BEVERAGES LTD

50 ANS, BLONDE, IRRÉSISTIBLE… ▼ DOROTHY BONNEFEMME

U

n parfum de malt qui embaume l’air. Des caisses qui s’entrechoquent sur le tapis roulant pour être lavées. Le remplissage des bouteilles, leur empaquetage... Chez Phoenix Beverages Limited, qui vient de célébrer ses 50 ans, l’univers de la bière est impressionnant. Le professionnalisme des brasseurs et des employés, les investissements massifs dans les équipements, la qualité et la passion pour le métier ne le sont pas moins. En poussant la porte qui mène au concassage, (après avoir mis une casquette et enlevé les bijoux), la première senteur qui vient titiller nos narines est celle, familière, qui accueille les automobilistes empruntant le rond-point de Pont Fer. Mais à notre grand étonnement, quelques mètres plus loin, elle a disparu. LES DIFFÉRENTES ÉTAPES AVANT LA FERMENTATION Le monde où nous sommes alors plongés est constitué de machines les unes plus imposantes que les autres. Fort heureusement, notre guide, le maître brasseur Gervais Rambert, est fidèle au poste. Il a disposé, sur des caisses, les ingrédients qui au final donneront de la bière, et tel un professeur, explique à quoi sert chacun d’entre eux. On apprend ainsi que la première étape dans la fabrication de la bière est le choix des matières

premières, notamment l’orge, qui devient le malt, et l’eau, qui, chez Phoenix Beverages, provient d’un forage considéré comme idéal par les spécialistes. Quant au houblon, une plante grimpante dont la femelle est utilisée, elle apporte de l’amertume à la bière. Après cette parenthèse, le chef brasseur de Phoenix nous parle du concassage et du brassage. Ici, il est question de l’empâtage de la farine, qui subit une hydrolyse à température contrôlée pour être transformée en sucre. « Après l’obtention du moût sucré, on sépare les en- et contrairement aux autres est plus volumineuse que d’orveloppes et autres particules en salles, on peut y respirer un peu dinaire, et une autre bière « tunsuspension par filtration du moût. d’air frais. D’une voix pleine de nel » pasteurisée, qui est Le moût sucré est porté à ébulli- passion, Gervais Rambert ex- normalement vendue en tion et additionné de houblon plique que chacune des cuves bouteille ou en canette. pour être aromatisé. Ensuite, le peut stocker 100 000 litres de moût, qui a subi une heure bières et que la capacité totale de L’ÉTIQUETAGE ET MISES EN CAISSES Après cette petite pause d’ébullition, est refroidi, aéré et stockage de la brasserie est de rafraîchissante, Gervais Ram400 000 hectolitres. filtré », explique-t-il. Si la demande est là, c’est que bert nous invite à ressortir du Gervais Rambert nous emmène ensuite dans une autre la bière n’a jamais perdu en pop- bâtiment. Direction la section salle, où se déroule l’étape de ularité auprès des Mauriciens. de mise en bouteille. Dans un fermentation après que la levure Des journalistes non plus. hangar, sous l’œil de deux employés, défilent des récupérée des brassins dizaines de caisses remprécédents ait été addiplies de bouteilles. tionné au moût. La ferComme l’explique notre mentation dure 6 à 7 guide, elles viennent jours et se fait à une temd’être récupérées auprès pérature entre 10 et 15 La capacité de stockage de la des commerçants et degrés. En fin de ferdoivent être lavées et mentation, la levure est brasserie de Phoenix Beverages stérilisées avant de pourécupérée pour être ense- Ltd voir à nouveau servir. mencée dans le brassin Chaque bouteille est inspecsuivant. Elle est transformée en D’ailleurs, lorsqu’un peu plus alcool, qui devient ensuite loin, une petite dégustation tée sous toutes les coutures par nous est proposée, les amateurs une machine qui produit 40 éthanol. Place maintenant à la matu- ne se font pas prier, surtout 000 photos digitales par heure. ration. Celle-ci se fait dans une après une vingtaine de minutes Si quelque chose cloche, la salle séparée, à zéro degré, pen- de marche dans les antres de la bouteille est automatiquement dant 21 jours. Ici, on peut voir brasserie. Au menu : une bière rejetée par le convoyeur. La de grandes cuves en aluminium, flash pasteurisée, où la mousse bière est alors soutirée et les

400 000 hectolitres

bouteilles remplies et capsulées par des machines à une vitesse vertigineuse. La majorité des équipements sont chauffés à la vapeur, d’où la raison pour laquelle le thermomètre affiche plus de 32 degrés. Il fait si chaud qu’à un moment, nous sentons que nous sommes sur le point de nous évanouir. Heureusement qu’à l’entrée, pour contrer le plus bruit assourdissant, on nous a remis des bouchons auditifs ! Une fois ce petit moment d’émotion passée, la visite continue. La bière est pasteurisée, et à la sortie, les bouteilles sont étiquetées et mises en caisses, avant d’être placées sur des palettes. 22 000 bouteilles d’un litre sont ainsi produites par heure, alors que pour celles de 330 ml, ce chiffre grimpe à 28 000. Ainsi s’achève le parcours de la boisson préférée des Mauriciens, qui ne restera pas longtemps sans trouver preneur. Mais ça c’est une autre histoire, à raconter autour d’une bonne bouteille…


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SEPARATION OF POWERS

WHO IS GOING TO BE OUR LALU PRASAD?

Mauritius shares many cultural affinities with India. We also suffer from the same illnesses plaguing the subcontinent. Corruption is one of them. While India has shown the way forward by condemning, at the beginning of the month, Lalu Prasad, ex Chief Minister of Bihar, our country stumbles when trying to follow its lead. Political networks and interests, and an imperfect separation of powers make the leap to convicting politicians a distant dream

▼ ARVIN MOOTOOCURPEN

“D

reams and impatience have always driven men in power to draw on the ressources of others - be it slaves, the inhabitants of occupied lands, or their own children yet to be born - in order to carry out their schemes, to consolidate power, to grow their own fortunes,” said economist Jacques Attali, commenting on what he calls the 'tyranny of public debt'. What he missed out on is that the same words may very well apply to the men in power, who enjoy the privileges given to them by the high level public office they hold. Many of them have committed gross crimes of fraud and corruption, but still go unpunished. In India, they have broken the jar by convicting, one of the

most 'colourful' politicians of his time, 'Bihari' Chief Minister Lalu Prasad. Here, in Mauritius, since independence, there have been many corruption scandals to which politicians have been linked, but all of them have evaded the jaws of justice. If politicians are not above the law, Mauritians rightly ask themselves who is going to be their Lalu Prasad. While the common belief is that power corrupts politicians, the case can be made that, in fact, politicians are the ones who corrupt the institutions of power. Those individuals seek power, wealth and status. Once in power, they take the next step, which is devising schemes that enable them to commit fraud, while acting like a disinterested leader struggling for the public cause. Their plan is to siphon off vast amounts of money from the public

The risks exist because political nominees are given the legal authority to interfere and block proceeds by providing legal excuses

funds. In order to realize this plan, they need help. So they make secret pacts with like minded individuals to enrich themselves once in power, and grant them key posts to operate and facilitate shadow transactions. So it is difficult to gather evidence against them as they do not act alone. And if need be, one of their 'protégés' will ensure that the evidences against them are destroyed. Or at least this is what happens most of the time. The State of Bihar has demonstrated that beyond the cultural ties it shares with us, it is diseased by corruption and fraud, which are holding back its economic progress. Corruption is organised at a high level. But for it to work smoothly, every level in the chain of command has to be infiltrated. A network has to be created. Thus, if most in-


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stitutions are corrupted, it is because the leaders themselves are. Leaders who, like Lalu Prasad, were young activists who aimed to be voted in power one day, with the design of taking advantage of the system. The case of Manoj Kumar Jha, a trickster arrested and charged for impersonation, provides an answer to why such people enter politics. A college drop-out, Mr Jha was an independent candidate for a seat on Bihar's Babu Barhi assembly. He later earned his life by posing as a High Court Judge, a politician or a bureaucrat, depending on the circumstances, and through their name and power, obtained undue favours. Jha ran out of luck recently when he got caught by Delhi police. An officer in charge of the case explains why Jha chose this path. « During this phase (as a candidate contesting for an assembly seat), he came in touch with politicians. Jha observed that politicians often used influence to get things done. This gave him the idea of impersonating others to get things done for himself, » he explained. He was fascinated by the power that politicians hold, whether it be of hiring or firing people, or giving out contracts, grants or subsidies to some while denying others. He understood that holding such power creates great fear and respect among public servants and entrepreneurs looking for government contracts. He wanted a similar power to fulfill his own personal dreams. THE FODDER SCAM Fulfilling the dream of becoming India's Prime Minister was on the agenda of Lalu Prasad Yadav. He started his career as an activist in the Bhar student movement of the early 1970's, before being nominated as a Janata Dal candidate for a Lok Sabha election in 1977. He climbed up the ladders and became Chief Minister of Bihar in 1990. As such, he was in charge of the socioeconomic policies of that state. Supported by the dalits - the lower castes - and the Muslim community, he reinstated English as a subject in the school curriculum, and was lauded by the World Bank for his work on the economic front during his time in charge. When Congress came to power in 2004, he was appointed as Railway Minister, a post in which he achieved a minor miracle in turning the crippled Indian Railways into a profit making organisation in the space of two years. His political career was interrupted following the exposure of the “fodder scam”, a corruption scandal that involved the embezzlement of USD300 million from the government treasury of the State of Bihar. The scheme involved the fabrication of "vast herds of fictitious livestock" for which fodder, medicines and animal husbandry equipment was supposedly procured. The case revealed the involvement of an extensive nexus between bureaucrats, elected politicians and businesspeople. It is referred to as the “mafia raj”, whom it is believed has penetrated several state-run sectors in

India. So far, more than 500 accused have been convicted and punished by various courts. On 27 January 1996, deputy commissioner Amit Khare, acting on information, conducted a raid on the offices of the Animal Husbandry department. The documents his team seized indicated a large scale embezzlement by an organised mafia of officials and business people. The news was broken by a journalist - Ravi S Jha - who named Lalu Prasad as having implicit involvement in the scam. Ravi Jha, who found evidence that there was a widespread involvement of the Bihar government machinery, revealed how earlier governments were also taking advantage of a shoddy system, where top government officials, along with ministers, were flouting norms to make money illegally. SEPARATION OF POWERS Lalu Prasad reacted by ordering the constitution of a committee to probe the irregularities. However, there were fears that the state police, which is accountable to the state administration, and the probe committee would not seriously investigate the case. Demands were made to transfer the case to the Central Bureau of Investigation(CBI), which is under federal rather than state jurisdiction. Allegations were made that several of the probe committee members were themselves complicit in the scam. A public interest litigation was filed with the Supreme Court of India, which led to the court's involvement. Based on directions issued by the Supreme Court, the Bihar High Court ordered that the case be handed over to the CBI. Links were discovered to Chief Minister Lalu Prasad, and as an Income Tax Investigation also blamed Lalu for the scam, the CBI made a formal request to the federally appointed Governor of Bihar to begin prosecution against him. The governor was accountable to the federal government, but the federal government itself was led by a newly appointed Prime minister, I. K. Gujral, whose coalition was dependent on the support OF federal legislators affiliated with Lalu for its survival. So there was a moment of uncertainty on whether the prosecution would begin, because of the close political connections. Indeed, the Indian Constitution gives a State governor the power to grant or refuse permission to begin prosecution on the basis of evidence strength. This is where separation of powers is vital to avoid relying on government officials and political nominees to make decisions on issues concerning judicial matters. What happened to finally move forward the Lalu case is that the High Court intervened. It questioned the tactic of the CBI in asking for the governor's permission, for it had the authority to force a prosecution if it suspected a delaying tactic. The governor then complied and gave permission for Lalu and his affiliates to be prosecuted by the CBI. Raids were conducted on Lalu's residence on fears that documentation essential in exposing the scam was being

ESCAPING TYRANNY Montesquieu, in the 'Spirit Of Laws', insisted on the separation of powers as a necessity to stop the ruling body having a hand on all the limbs of power; the executive, the legislative and the judiciary, as this would enable it to exercise tyranny. “When legislative power is united with executive power in a single person or in a single body of the magistracy, there is no liberty, because one can fear that the same monarch or senate that makes tyrannical laws will execute them tyrannically. “Nor is there liberty if the power of judging is not separate from legislative power and from executive power. If it were joined to legislative power, the power over the life and liberty of the citizen would be arbitrary, for the judge would be the legislator. If it were joined to executive power, the judge could have the force of an oppressor. “All would be lost if the same man or the same body of principal men, either of nobles, or of the people, exercised these three powers: that of making the laws, that of executing public resolutions, and that of judging the crimes or the disputes of individuals. »

In Mauritius, according to our laws, customs and practices, the Prime minister, through his control of the cabinet, has the authority of making public resolutions. Because he has complete control over the ruling majority, he also has the ability of making laws. And as he has powers of nomination of ICAC members, according to the Prevention of Corruption Act 2002, and powers of being consulted by the President in appointing the Chief Justice, doesn't he have the power to indirectly interfere with the affairs of the judiciary ?

destroyed. A charge sheet against Lalu was filed, who in turn filed in an anticipatory bail petition that was rejected. The Supreme Court also rejected his appeal and on the 30th of July 1997, Lalu was jailed. The crucial part played by the judiciary's independence was highlighted by the allegations made by the CBI director

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that the Prime minister attempted to block the scam investigation from proceeding. To understand this reasoning, it is important to note that I. K. Gujral was dependent on legislators from Janata Dal, Lalu Prasad's party, to maintain a ruling coalition. Indeed, the governor of the state of Bihar was himself nominated by the Prime minister. Thus, to avoid any interference, the CBI director tried to keep him in the dark about the prosecution. This was not without consequence, as on 30th June 1997, the CBI director was transferred to the Home Ministry as a Special Secretary on the orders of the federal government, which had the effect of removing him from the investigation. There was also a move to transfer the regional CBI director who led the investigation, but it failed as the High Court intervened to discourage it. THE INDEPENDENCE OF MAURITIAN INSTITUTIONS In the Lalu Prasad case, where institutions of power were clearly interlinked, there was a risk that malpractices at the highest level could be kept hidden from the public eye. In such a case, journalists and police officers investigating can be curtailed by various means, proceeds of contempt of court or by being withdrawn from the investigation or transferred to another body. The risks exist because political nominees are given the legal authority to interfere and block proceeds by providing legal excuses such as finding evidences not strong enough. Very often, those nominees are named by the head of government, who in a way depends on them for the survival of his regime. In Mauritius, according to our laws, customs and practices, the Prime minister, through his control of the cabinet, has the authority of making public resolutions. Because he has complete control over the ruling majority, he also has the ability of making laws. And as he has powers of nomination of ICAC members, according to the Prevention of Corruption Act 2002, and powers of being consulted by the President in appointing the Chief Justice, doesn't he have the power to indirectly interfere with the affairs of the judiciary ? Even when it comes to the Head of State, who appoints the president? According to section 2(a) of Chapter IV of our constitution, the president is elected by the general assembly on a motion made by the Prime minister, supported by a simple majority vote. As the Prime minister already has a majority of deputies on his side, this constitutes a clear breach of the original doctrine of separation of powers in the sense that he chooses the person who chooses the head of the judiciary, thus creating a potential network of interests and undermining the independence of our institutions. At the end of the day, our institutions themselves are accountable to the Prime minister's office, whether directly or indirectly. So how do we frame a Lalu Prasad in Mauritius? The answer is we don't.


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« Sur le plan du transport aérien, les choses avancent dans la bonne direction car certais Etats, y compris Maurice, sont déjà en discussion et en négociations avec un éventuel partenaire stratégique ». Le secrétaire général de la Commission de l'océan Indien (COI) se veut confiant et optimiste quant à la concrétisation d'un de ses projets les plus chers : une compagnie régionale d'aviation

RÉGION

'Air Océan Indien' en mode take off J

ean-Claude de l'Estrac parlait sur le commerce et la connectivité régionale lors d'un point de presse annonçant le 9ème Forum économique des Îles de l'océan Indien (FEIOI), devant se tenir du 21 au 23 octobre courant, à Le Méridien, à Pointe-aux-Piments. Le FEIOI, qui en est à sa neuvième édition (la première avait eu lieu à Madagascar en 2005), se tient à Maurice pour la deuxième fois. Les objectifs de cette manifestation sont : faciliter les discussions entre les acteurs du développement ainsi que les échanges entre les îles de l'océan Indien et la promotion des investissements au niveau de la région. Cet évènement qui est une plate-forme pour les B2B, a aussi pour objectif d’apporter des réponses concrètes aux problématiques posées lors des précédentes éditions. Entre

autres thèmes qui seront débattus durant cette réunion : Le Commerce et la Connectivité Régionale ; l'Économie Bleue ; l’Arbitrage et la Résolution des conflits ainsi que les Énergies Renouvelables. Cette 9ème édition prendra toutefois une nouvelle dimension. A l’issue des ateliers, il est attendu que des plates-formes sectorielles soient mises en place afin d’établir et de travailler sur des programmes concrets. Pour le président de la MCCI, Ganesh Ramalingum, « cette manifestation est devenue incontournable au fil des années pour les décideurs et opérateurs ayant un intérêt pour la région. La FEIOI se veut être une plateforme de réflexion et de concertation pour faciliter les discussions entre les acteurs du développement, pour faciliter les échanges et promouvoir les investissements au

niveau de la région ». Le secrétaire général de la COI en a profité pour élaborer sur les sujets et projets actuellement à l'attention des Etats membres. Ainsi, concernant le transport maritime qui sera d'ailleurs discuté lors de ce forum, le secrétaire général de la

Récompense : et de deux pour Duval

POUR LA deuxième année consécutive, Xavier-Luc Duval se voit décerner le prix de « Ministre des Finances Africain » un titre décerné par l'African Investor, groupe international spécialisé dans l’investissement et la communication. Le ministre des Finances a reçu son prix lors d'une cérémonie, à Washington, en marge des réunions annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI). Parmi les critères de sélection figure la capacité de promouvoir l’Afrique comme destination d’investissement. « Le monde entier et le continent africain ne cessent de reconnaître les efforts de Maurice pour diversifier son économie, démocratiser l’accès aux finances, résister à la crise et intensifier les efforts pour ac-

compagner le développement en Afrique », devait réagir Xavier-Luc Duval après avoir reçu son trophée. Par ailleurs, profitant de cette plateforme, le ministre des Finances mauricien a rencontré son homologue togolais, afin de renforcer la coopération économique entre les deux pays. A ce sujet, Xavier-Luc Duval a signifié à Adji Otéth Ayassor l'intention de Maurice de signer prochainement un accord de protection des investissements, un autre de non-double imposition, tout en espérant la mise en place rapide d’une commission mixte. Parmi les discussions, ont aussi été évoqués la création de l’Office Togolais des Recettes (OTR), qui sera calqué sur la Mauritius Revenue Authority (MRA).

COI devait souligner que l'organisme a fixé une réunion en novembre prochain à Pékin avec une des plus grosses compagnies mondiales de navigation maritime pour discuter d'une éventuelle collaboration. Le secteur des TIC est aussi une priorité pour les pays mem-

bres de la commission. Des projets ont été présentés aux principaux bailleurs de fonds ainsi que des conférences organisées. « Nous avons donc des raisons de penser que ce projet sera considéré avec attention par l'Union européenne car c'est absolument fondamental pour nous », à dit Jean-Claude de l'Estrac. Parlant sur l'approche régionale du tourisme, le secrétaire général de la COI devait ajouter que ; « les choses avancent très rapidement au niveau des îles Vanille. Nous voyons se développer une véritable stratégie de synergie de vendre la région comme une région globale avec des multiples portes d'entrées ». La COI profitera de l'occasion de ce forum pour présenter publiquement un de ses projets phares ; le projet des énergies renouvelable, financé à hauteur de 15 millions d'euros par l'UE.

RESTRUCTURATION DES INSTITUTIONS FINANCIÈRES EN VUE

NAVIN RAMGOOLAM multiplie les rencontres de haut niveau afin de restructurer nos institutions financières face au nombreux cas d'escroquerie calqués sur le modèle Ponzi. De retour de la 68e session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York la semaine dernière, le Premier ministre a fait escale à Londres. Navin Ramgoolam s'est entretenu avec des experts britanniques pour se pencher sur les moyens de restructurer et de consolider nos institutions financières. Cette démarche fait suite au rapport de Mark Thomas, chef de la Proceeds of Crime Division du Serious Fraud Office le 28 juin dernier. Ce dernier avait recommandé, entre autres, la mise sur pied d'une seule autorité qui serait à la tête d’une équipe pluri-disciplinaire pour lutter contre les crimes économiques. Cette entité devrait inclure des enquêteurs, avocats, analystes des renseignements et des professionnels ayant des compétences judiciaires numériques. D'ailleurs, dans sa réponse à la question parlementaire de Mahen

Jhugroo le 16 juillet dernier, Navin Ramgoolam avait souligné l'importance de cette aide étrangère : « (…) I approached the UK Government and they agreed to my request for an experienced Senior Forensic Accountant from the Serious Fraud Office to come to Mauritius to assist in the inquiry; not only to assist in the inquiry, but also to look at the whole method because today we are not in the 1970s; we have very sophisticated (…) methods that are being used by defaulters, » avait répondu le Premier ministre. Une quinzaine de jours plus tard, lors d'une mission officielle en France, Navin Ramgoolam avait eu une session de travail avec Manuel Valls, ministre de la Justice. L'aide de la France fut sollicitée pour la mise en place d'une 'Fraud Squad' à Maurice. Si à ce jour, 2 031 victimes d'arnaques financières se sont déclarées pour un montant de Rs 769 millions, il se peut que le préjudice causé ait atteint plus de Rs 1 milliard, avec l'hésitation de certaines victimes à se montrer à visage découvert.


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WORLD BANK REPORT

Tourism in Sub-Saharan Africa costlier than elsewhere Studies commissioned by the World Bank in October found that airfares to SubSaharan Africa were almost 50% more expensive, and charter tours 20-30% more expensive than to comparable destinations elsewhere. Mauritius, along with seven African countries, is categorized as a successfully established tourism destination ▼ HERRSHA LUTCHMAN-

BOODHUN

33.8 million

I

n its October issue entitled 'Tourism in Africa: Harnessing Tourism for Growth and Improved Livelihoods', the World Bank report states that even though tourism is one of the key industries driving the current economic growth in Sub-Saharan Africa (SSA), the region will have to address a number of existing constraints to achieve its full potential. Among these are the fact that airfares to Sub-Saharan Africa are almost 50% more expensive, and charter tours 2030% more expensive than to comparable destinations elsewhere. From a small base of just 6.7 million visitors in 1990, SSA attracted 33.8 million visitors in 2012. However, as regards accommodation, the report says that just 10% of the region's 390,000 hotel rooms are estimated to meet international standards, and South Africa has about half of this stock. If Kenya, Mauritius and Seychelles have established hotel investment/development markets and Nigeria, Senegal, Tanzania and Zambia have maturing hospitality markets, unbranded guest

Number of visitors to Sub-Saharan Africa in 2012

houses and lodges make up the largest share of accommodation facilities. “High hotel costs are primarily due to high hotel development costs and the cost of debt financing”, adds the report. The study categorizes African countries according to a typology of SSA destinations by level of tourism development. The typology produced four distinct groups of countries, namely PreEmerging, Potential/Initiating, Emerging/Scaling Up and Consolidating/ Maintaining and deepening success. Mauritius falls into the last category, together with

Kenya, Tanzania, Cape Verde, Ghana, Botswana, Namibia and South Africa. “These eight countries are working on deepening and sustaining tourism success, have relatively mature tourism sectors, are committed to tourism and have the highest economic and tourism performance in SSA. The management quality and capability of the private sector is reflected in the accolades that selected hotels receive”, specifies the report. There is also a list of constraints which need to be addressed. These include land availability, investor access to finance, taxes on tourism in-

vestments, low levels of tourism skills, lack of security, safety and high crime, public health, visa requirements, red tape and bureaucracy. For other critical constraints, according to the report, the resolution is dependent on the actions of government and of external service providers, include air transport. “SSA's distance from source markets creates an acute need for higher quality and more competitive air access. Despite having 15% of the world's population, the continent is served by only 4% of the world's scheduled air service seats (…) Aviation has been slower to liberalise than other sectors in SSA, but further liberalisation of all forms of air transport will be essential to improve the accessibility of the region for tour operators.

Certification « Halal » : Jumbo-Phoenix veut être plus rigoureux à l'avenir ENGAGEMENT CLAIR : « Afficher clairement les certificats « Halal » à la vue des clients, exiger des fournisseurs les certificats de conformité, toujours respecter la règle de séparation des produits et établir un dialogue avec les instances régulatrices locales afin de s’assurer que toutes les mesures soient respectées ». Ce sont là des objectifs que la direction de Jumbo de Phoenix s'est fixé après une réunion tenue samedi dernier avec les représentants des consommateurs

musulmans, après qu'un client de foi musulmane ait porté plainte envers la direction du supermarché concernant la certification « Halal » des barquettes de cerf en rayon le jeudi 10 octobre. Dans un communiqué émis lundi soir, la direction de Jumbo indique avoir retiré toutes les barquettes de cerf comportant le label «Halal» de ses rayons. Cette décision fut prise après des doutes exprimés quant à la certification « Halal » de la viande de cerf en vente.

« Notre bonne foi a été trompée. Nous avons toujours eu à cœur de répondre aux attentes de tous nos clients. C’est la raison pour laquelle nous avons mis en place des ateliers de découpage et de préparation séparés pour les produits halal et non-halal, et ce depuis des années. Cela étant dit, nous reconnaissons qu’il y a eu un manquement, mais nous tenons à faire ressortir que nous n’avons en aucun cas tenté d’induire nos consommateurs en erreur », indique le communiqué de Jumbo.

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Frédéric MartinMilon, nouveau GM de MSM

CHANGEMENT DE direction à la Mauritius Stationery Manufacturers (MSM) : Hervé Duranton laisse sa place de General Manager, qu'il a occupé pendant deux ans, à Frédéric Martin-Milon. Ce dernier est en poste depuis le 1er septembre. Frédéric Martin-Milon investit dans sa propre imprimerie à l’âge de 25 ans dans les Côtes d’Armor. Au bout de cinq années d’opération, il prend un poste de Responsable Gestion et Fabrication dans une imprimerie parisienne pour 3 ans. Cap ensuite sur l’Afrique où il occupe successivement des postes de directeur d’Imprimerie pour une entreprise de 50 personnes au Gabon (2 ans), pour une entreprise de 70 personnes au Cameroun (7ans) et enfin pour une petite entreprise familiale de 50 personnes, en Côte d’Ivoire, qu’il va développer en une entreprise de 130 personnes pendant les 15 ans qu’il y a passé. Frédéric Martin-Milon a exprimé son souhait de continuer sur la voie tracée par son prédécesseur, Hervé Duranton : « Connaissant MSM depuis 20 ans maintenant, je suis fier d’avoir intégré cette entreprise pour partager plus de 30 ans d’expérience dans un métier qui me passionne toujours autant et ce, dans un pays aussi chaleureux que Maurice. Les axes sur lesquels je compte travailler sont notamment le service-clientèle, la révision des process en interne en vue de donner un service hors-pair à nos clients ».

Taux d'inflation de 3,7% pour 2013

D'APRÈS UN rapport publié hier matin par Statistics Mauritius, le taux d'inflation pour Maurice se situera autour de 3,7% en 2013. Prévision basée sur l'évolution de l'indice des prix à la consommation de janvier à septembre 2013. Le taux d’inflation pour les douze mois se terminant au 30 septembre 2012 était de 4,4 % comparé à 6,2 % pour la même période se terminant fin septembre 2011. Dans son rapport, Statistics Mauritius note une baisse de 0,9% au tableau des produits alimentaires et des boissons non-alcoolisées. Pour ce qui est des produits d'habillement, le bureau des statistiques révèle une progression de 1,9% contre +0,4% pour les restaurants-hôtels. Par ailleurs, une augmentation de 0,2% a été notée dans les frais de scolarité.


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GREEN BUSINESS

B

ien que cela fasse maintenant dix ans que les autorités ont annoncé leur volonté de supprimer les sacs en plastique en introduisant les sacs en papier, la bataille est loin d’être gagnée Selon un superviseur d’une chaîne de supermarchés, le taux d’utilisation de sacs en plastique a très peu baissé. « Nos sacs en papier sont moins vendus que les sacs en plastique. Pourtant le prix est le même. Là ou le bât blesse, c’est dans l’aspect pratique », explique le jeune homme. « La majorité des Mauriciens viennent au supermarché pour acheter plusieurs produits. Souvent, à cause du poids, ils ne peuvent utiliser le sac en papier, qui est trop fragile et sans manche. Nous proposons aussi des sacs en d’autres matières, mais vu qu’ils sont plus coûteux, les consommateurs hésitent. » LE POLLUEUR-PAYEUR Toutefois, ce responsable dit avoir noté que les clients qui repartent en voiture après les courses optent souvent pour les boîtes en carton pour les gros achats, et les sacs en papier pour les plus légers. Peut-être faudra-t-il faire comme en Côte d’Ivoire, où depuis le mois de mai, la production, la

SACS EN PLASTIQUE

Maurice à la traîne

vente et l’usage des sachets plastiques est interdit sur le territoire national. En cas de non-respect de la loi, les autorités ivoiriennes appliqueront le principe du pollueurpayeur. Si ce pays veut prendre des actions musclées, c’est que des millions de sacs en plastique y sont utilisés chaque jour pour des besoins commerciaux ou domestiques. Souvent, ils sont laissés à l’abandon et jonchent les rues, les

sols, les arbres… Or, le plastique, à base de pétrole, peut mettre jusqu’à 400 ans avant de se décomposer. Sa légèreté l’amène également à intégrer tous types de milieux naturels : champs, rivières, montagne, mer. En banissant les sacs en plastique, la Côte d’Ivoire rejoint ainsi le Rwanda, précurseur en la matière, mais aussi le Maroc et le Ghana. Au total, ils sont une dizaine de pays africains à avoir choisi cette voie.

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Monaco Yacht Show 2013 : Sik Yuen chez les super riches

LE MINISTRE du Tourisme, Michael Sik Yuen qui était en France dans le cadre du salon Top Resa la semaine dernière, s’est également rendu au Monaco Yacht Show 2013, le plus grand rendez-vous au monde des « superyachts ». Il y a évoqué, avec le Prince Albert II de Monaco, le tourisme durable et l’environnement. Le ministre en a profité pour affirmer que le « tourisme durable et la protection de l’environnement sont des priorités absolues des autorités mauriciennes ». La veille, la délégation mauricienne avait été reçue à déjeuner, à l’initiative du consul de Maurice, par le gratin de Monaco. Etaient présents, entre autres, à ce déjeuner : Mireille Pettiti, directeur général du Département des Relations Extérieures, Thierry Orsini, directeur général du Département des Finances et de l’Economie et Jonathan Mace, chargé de la protection des océans, rattaché à la Fondation Prince Albert II de Monaco et à l’Institut océanographique. Lors de son séjour à Monaco, Michael Sik Yuen a également rencontré Noursoultan Nazarbayev, président de la République du Kazakhstan, qui était l’invité officiel du salon nautique. Le Monaco Yacht Show, qui en est à sa 23e année, est l'évènement le plus important de l’industrie de la grande plaisance et a attiré, encore une fois, des centaines de millionnaires. Du 25 au 28 septembre, au port Hercule, plus de 100 yachts de luxe étaient ainsi proposés à la location ou lancés sur la scène internationale par les chantiers navals comme vitrine de leur savoir-faire. L’île Maurice, destination haut de gamme, pourrait à l’avenir tenir un pavillon au Monaco Yacht Show.


GREEN BUSINESS

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LAFARGE

▼ HERRSHA LUTCHMAN-BOODHUN

D

e plus en plus de surfaces sont recouvertes de matériaux imperméables aujourd'hui, ce qui engendre des risques d'inondation, et par conséquent des couts d’investissements liés aux infrastructures favorisant l’évacuation des eaux. Pour pallier à ces problèmes, une surface plus perméable serait souhaitable. C’est donc dans cette optique que le département de Recherche et de Développement (R&D) du Groupe Lafarge à Lyon, également le plus grand laboratoire de recherche au monde dans les materiaux de construction, a conçu un béton draînant, Hydromedia. Ce produit existe depuis 2011 en France et pénètre le marché mauricien il y une année environ, en y apportant une solution durable.

POUR UNE SOLUTION DURABLE Quand on parle d'Hydromédia, on parle d'un béton perméable, c'est-à-dire un béton qui laisse passer l'eau. C'est le seul du genre à Maurice. «Ce produit n’est pas encore très connu à Maurice, quoique nous ayons fait des belles réalisations dernièrement. Quand il va pleuvoir, Hydromedia permet d’éviter l’accumulation d’eau en surface et, à travers ses propriétés poreuses, facilite l’absorption vers les nappes phréatiques. C’est étonnant à voir», explique Anne-Brigitte Spitzbarth, Managing Director de l'entreprise. Notre aire de stationnement au siège de Pre-Mixed Concrete Ltd a fait l’objet de démonstrations régulières du produit, en diverses couleurs et densités, « On prend un seau d’eau et on le verse sur la surface et l’eau disparaît à travers le béton poreux. C’est saisissant comme effet. Nous sommes fiers de ce produit pour ses caractéristiques uniques, particulièrement adaptées aux besoins de l’île.» Anne-Brigitte Spitzbarth évoque, à cet effet, les problèmes de gestion de l’eau qui vont dans les deux sens à Maurice. D'une part il y a la sécheresse, alors que, d’autre part, nous faisons face à «un trop plein d’eau». L’accumulation pose de nombreux problèmes, poursuit la Managing Director, notamment d’insalubrité puis également de sécurité tant pour les voitures en étant source d’accident que pour les piétons qui peuvent glisser. Enfin, elle ac-

LE SECTEUR cimentier mauricien a été, pendant longtemps, un marché mono produit. Mais Lafarge (Mauritius) ne cesse d’innover. L'année prochaine, l'entreprise va concrétiser son projet de ciment mélangé. Il répondra à une vraie demande et sera fabriqué en partie avec un matériau local. Le ciment 42,5 commercialisé à Maurice provient principalement de la Malaisie et de Taiwan. Le ciment mélangé, un 32,5, sera en partie fabriqué localement. «Nous intégrerons au ciment de la poussière de

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PAS QUE DU BÉTON !

Lors des périodes de pluies, vous ne souhaitez plus avoir des flaques d'eau dans votre allée ou votre parking? Lafarge (Mauritius) vous propose une solution à travers ‘Hydromédia'. Présent depuis 2012 sur le marché mauricien, ce produit, pure innovation de Lafarge (Mauritius) par son activité béton Pre-Mixed Concrete Ltd reste à se faire connaître davantage du public pour sa capacité à répondre à une vraie problématique locale. Il se veut en effet le produit apte à la résolution des problèmes d’accumulation d’eau en permettant d'améliorer le remplissage des nappes phréatiques

POUDRE D'OR. Fini l'accumulation d'eau sur ce track avec Hydromedia

célère l’érosion et peut endommager les infrastructures. Ce béton innovant résout ces problèmes. Grâce à cette caractéristique draînante, les sols en Hydromédia permettent de limiter l'imperméabilisation des sols en zone urbaine et rurale, et donc de réduire les risques d'inondation tout en facilitant l'alimentation des nappes phréatiques. Ce système permet de ce fait d’économiser sur les infrastructures de collecte d’eau telles que les caniveaux. Ce système peut être utilisé en souscouche ou en revêtement pour de multi-

ples aménagements extérieurs, que ce soit des aménagements publics comme des trottoirs et des parkings ou des espaces privés comme des terrasses ou des plages de piscine. «Nous avons refait le front de mer à Roches Noires et à Poudre d'Or avec de l’Hydromedia. Cela permet de répondre au problème d’érosion de sable. A Roches Noires, nous avons placé du béton Hydromedia de couleur ocre, très esthétique et arborant un superbe finish. Nous avons également participé à l’embellissement de Poudre d’Or sur une grande surface qui sert

Ciment mélangé: Un produit mauricien plus durable et moins cher

roche basaltique qui a plusieurs avantages. Le processus permet de fournir solution de récupération de ce produit local», soutient Anne-Brigitte Spitzbarth. En diminuant la proportion de ciment dans le produit final, on réduit aussi, par voie de conséquence, l’émission de CO2 à la source. L'empreinte carbone de ce nouveau ciment sera donc moins importante, ceci étant en ligne avec l’en-

gagement du groupe Lafarge en la matière. «Le ciment mélangé (32,5) à Maurice aura sa propre identité. Il sera vendu moins cher, et sera plus adapté à certains types de besoins.» Le 42,5 à Maurice est un ciment qui garanti un niveau de résistance élevé. On l’utilise pour tous les usages: construction de ponts, barrages, grands immeubles, maisons, fabrication des blocs,

aussi de piste de jogging,» soutient notre interlocutrice. Ce produit allie technique et esthétisme et nous permet d’apporter de la couleur aux paysages. Lors de l’inauguration du nouveau front de mer de Roches Noires, l’Hydromedia ocre en a surpris plus d’un, se démarquant du béton gris habituel. «Nous proposons un produit doté d’une performance technique qui est vraiment intéressante pour Maurice et qui représente une solution durable pour nos clients. Je pense qu’on va en voir davantage à Maurice dans les années qui viennent.»

etc…. Or, poursuit-AnneBrigitte Spitzbarth, on n’a pas besoin d’utiliser un ciment à forte résistance pour effectuer des travaux non structurels ou édifier de petits bâtiments. On peut utiliser un autre type de produit, comme le ciment mélangé, pour des travaux de maçonnerie aussi bien que pour la construction de maisons. «Ce produit aidera également à réduire les problèmes de fissures.» C’est l’un des grands plans d’investissement que Lafarge a pour Maurice sur 2014-15. L'entreprise a prévu

d’investir Rs 200 millions dans ses activités, dont Rs 90 millions pour ce projet de ciment mélangé. Avec le reste, elle renouvellera deux de ses centrales à béton, ainsi que son laboratoire pour être plus performant et répondre au mieux aux besoins de nos clients en matière de temps et de qualité. «De gros projets pour Maurice à un moment où le secteur ne connaît pas forcément une santé resplendissante. Mais on a confiance en Maurice, et on investi dans le long terme», conclut AnneBrigitte Spitzbarth.


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POST SCRIPTUM

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HÔTELLERIE ET TOURISME

Un nouveau modèle économique ?

S

i tous les secteurs d’activité ont fortement évolué avec le développement de la digitalisation et des systèmes de communication, l’hôtellerie et le tourisme sont parmi les industries les plus fortement impactées. Le boom et la sophistication des systèmes de Revenue Management ont transformé les systèmes de réservation, de tarification et d’évaluation financière de l’ensemble des prestations. La qualité de la relation client, élément clé pour ces secteurs d’activités, s’élabore et s’enrichit grâce à des outils de CRM de plus en plus affinés. Les transactions s’opèrent en instantané avec les fournisseurs, de plus en plus souvent au travers des GDS comme Amadeus ou Galileo/ Worldspan. L'Internet a été un séisme de grande amplitude pour l’hôtellerie et le tourisme. Toutefois, l’amplitude du séisme provoqué par la révolution digitale resterait modérée si on occultait un de ses effets majeurs : l’explosion du marché du etourisme. Les tour-opérateurs ont vu ainsi tout un pan de leur activité partiellement disparaître et leur mod-

èle économique remis en question. De leur côté, les prestataires hôteliers ou de transport doivent se positionner « on-line », en direct ou auprès des « pure players » de l’e-tourisme que sont Expedia, Lastminute ou hôtels.com. Mais le développement du numérique n'est pas l’unique composante de la transformation que connaît actuellement ce secteur. La conjoncture économique actuelle pousse les clients, qu’ils soient particuliers ou entreprises, à rechercher les prix les plus attractifs. Il ne faut pas non plus négliger l’effet « achat malin » qui comporte une dimension ludique. De plus, au-delà du prix, les clients sont surtout motivés par l’envie de personnaliser leurs voyages, de construire du sur-mesure qui corresponde au plus près à leur mode de vie et à leurs centres d’intérêt. Cela concerne d’ailleurs tout autant les catégories les plus jeunes de la population que les « silver surfers », ces seniors actifs sur la toile et grands consommateurs de produits touristiques. Cette envie de personnalisation se retrouve également dans les

prestations hôtelières et de transport. Pour preuves, l’attractivité des hôtels « de charme », des « boutiques hôtels » ou la multiplication des offres différenciées dans les établissements appartenant à de grandes chaînes. Entre on-line et off-line, prix attractifs et personnalisation, comment envisager l’avenir pour l’industrie hôtelière et touristique ? Il semble aujourd’hui inéluctable d’innover, d’imaginer un nouveau modèle de développement qui conjugue processus artisanal pour satisfaire un client qui se veut unique, et processus industriels et technologiques pour assurer la performance économique. Un grand défi à relever certes, mais dans un secteur qui, sur le plan mondial, affiche un des plus forts taux de croissance dans les dix années à venir...le jeu en vaut bien la chandelle ! BÉATRICE COLLIN, ACADEMIC DEAN - MSC HOSPITALITY & TOURISM MANAGEMENT

IMMOBILIER

LES ULTRA-RICHES PRÉFÈRENT LA CÔTE D’AZUR ENTRE 2009 et 2012, le nombre d’ultra-riches a bondi de 34 % dans le monde, selon les experts de Wealth-X. On est ultra-riches lorsque l’on dispose d’un patrimoine disponible, autrement dit une somme d’argent à placer, supérieur à 30 millions de dollars. Conséquence, la progression rapide du nombre des UHNWIs (Ultra-highnet-worth individuals) a entraîné une forte hausse de la demande pour des maisons ou appartements d’exception dans des enclaves privilégiés en Europe, aux Etats-Unis, dans les Caraïbes ou dans l’océan Pacifique. La société d’immobilier britannique Savills vient d’ailleurs de publier le palmarès de ces enclaves dans son rapport de rentrée : le Candy GPS. « Nous pointons les endroits où les ultrariches achètent des maisons « additionnelles » un peu partout dans le monde », expliquent les auteurs de l’étude qui placent La Côte d’Azur en première position, devant la Côte d’Emeraude en Italie et Saint-Barth

dans les Caraïbes. Dans ces endroits préservés, une propriété (appartement ou villa) typique de cinq chambres se négocie entre 5 millions de dollars (Venise) et 28,5 millions d’euros sur la Côte d’Azur, sachant que l’enquête ne porte que sur quelques lieux particuliers comme Saint-JeanCap-Ferrat, ce qui explique le prix très élevé retenue par le groupe immobilier... Si la Côte d’Azur apparaît en première position, Monaco se classe 5ème. Mais les îles ont aussi beaucoup de charme aux yeux des ultra-riches, pas seulement pour le soleil, mais aussi pour le calme et la sécurité qu’elles procurent. Outre SaintBarthélemy (3e enclave préférée), les riches sortent leur chéquier pour s’offrir de splendides villas, voir des îles entières à La Barbade (6e), aux Seychelles ou aux Maldives. Dubaï, une destination récente, se classe, elle, 13e.

SOURCE : INTERNET


POST SCRIPTUM

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AU FIL DE NOTRE ACTUALITÉ...

OPINION JEAN-PIERRE LENOIR

J

e me suis amusé d'abord à lire et ensuite à analyser une page de journal consacrée le samedi matin à des petites nouvelles glanées ça et là au fil des rencontres des oreilles de ceux qui remplissent les colonnes de nouvelles dites brèves. Ces nouvelles qui sont en fait des faits divers et variés de nos comportements, sont un miroir parfois très amusant mais souvent aussi très dérisoire de nos manières de vivre la vie qu'on nous a prêté pour quelques dizaines d'années en nous recommandant d'en faire le meilleur usage qui soit pour nous et pour les autres... ❚ C'est ainsi que j'ai appris par exemple que dans un poste de police de notre chère île - j'espère que ce n'est pas celui de ma localité - les policiers noblement affectés à la surveillance des malfrats, avaient plutot décidé d'ouvrir les yeux sur l'un de leurs collègues soupconné de gratter des avantages indus qui étaient fatalement obtenus à leur détriment ! Que continuent de courir les malfrats pourvu que charité bien ordonnée commence chez soi... ❚ J'ai appris dans une autre colonne - il ne faut pas mélanger les serviettes et les torchons - qu'à chaque fois qu'il était interpellé par un journaliste, dont c'est le rôle, le ministre interrogé répliquait à la question posée par ...une autre question sur les diplômes de son contradicteur. Si j'étais le journaliste en question, j'aurais re-répondu par la question de savoir si ce noble serviteur de l'Etat avait fait l'ENA (Ecole Nationale d'Administration) qui forme la plupart des grands serviteurs de l'Etat en France et qui, dans son cas, pourrait bien être l'Ecole Nationale des Abrutis... ❚ Il semblerait que le commissaire de police part actuellement en guerre contre ces policiers qui font du " part-time " dans leur temps prétendument libre. Il a raison de protester notre bon commissaire. D'abord parce qu'il n'est pas bon que nos fiers représentants de l'ordre deviennent ...prisonniers de leur temps ...libre ! Mais je pensais surtout que dans toute cette affaire on pourrait aussi négocier avec les malfrats pour qu'ils exercent , comme les policiers, leur art à mi-temps, ce qui, si le " deal " était réalisable et bien ficelé pourrait, à nous aussi, nous ménager quelques plages de non méfiance à mi-temps seulement. A savoir : pouvoir parier, par exemple, sur un certain nombre de courses négociées d'avance avec les malfrats sans souci de savoir si le jockey a été payé ou non et si le Sanatogen amélioré a son influence dans la performance d'un cheval ; pouvoir se promener dans les rues et sur les plages de notre île la nuit à jours et heures négociées avec les malfrats qui les courent...Mais faudrait-il encore que le temps libre des uns corresponde au

POLICE. Il n'est pas bon que nos fiers représentants de l'ordre deviennent ...prisonniers de leur temps ...libre !

temps libre des autres. Non, je crois que c'est trop compliqué. ❚ Ambassadeur boxeur ou boxeur diplomate ? Il semblerait qu'un des dignes représentants de notre paradis à l'étranger s'en soit pris physiquement à un de ses collaborateurs. On m'a toujours dit que la diplomatie consistait souvent à dire les plus vilaines choses qui soient de la façon la plus élégante qui soit. Mais quand même ! Il semble que dans son cas la vilenie l'ait emporté sur toute la ligne. Je pense que notre ambassadeur devrait plutôt se faire officiellement boxeur. Les coups portés le seraient en toute légitimé. De plus, comme beaucoup de nos ministres sont devenus les rois de l'esquive, celui-là éviterait les coups avec le même art que les questions... Que notre homme ne voit pas ...rouge ; je ne faisais juste que plaisanter en passant sur les sentiers de la dérision...sans laquelle on ne pourrait plus discourir des mérites des goûts et des couleurs et de nos petits travers qui, après tout valent beaucoup mieux que la perfection absolue ! Dire que tout est parfait, que tout va bien n'intéresse hélas personne. Il s'agit de la normalité. C'est pour ça qu'on a toujours dit avec raison dans ce métier de journaliste qu'un chien qui mord un homme ne constitue pas une information mais que, par contre, un homme qui mord un chien est plus digne d'intérêt... Ne me faites surtout pas dire qu'un policier qui "policerait" ou un ministre qui administrerait seraient moins dignes d'intérêt que le contraire. Je vous vois venir amis lecteurs avec vos idées préconçues et vos "hidden agendas". Vous me connaissez, je plaisantais.

P.S IMPRESSIONS DE CAPE TOWN Six heures après avoir quitté nos diplomates boxeurs, nos policiers part-timers et nos ministres ENA, je me trouve à CapeTown où je vais passer 10 jours tous les deux ans. Cinq heures et des poussières de poulailler seulement contre onze pour la vieille Europe, il n'y a pas photo, comme dirait l'autre... Les chauffeurs de taxi sont les meilleures entrées en matière lorsqu'on arrive dans un pays. Celui-là est féru de politique et de rugby. Je le sens désespéré par les deux sujets. Le président Zuma, sa clique et sa famille sont corrompus jusqu'à la moelle des os et, me dit-il, "they must f...off". J'acquiesce du menton et du regard à sa grande satisfaction, mais il retombe tout de suite dans son noir pessimisme car, me dit-il, il va corrompre tous ceux qui vont se mettre au travers de sa route pour rester au pouvoir... On quitte la politique pour le rugby. En tout Sud-Africain il y a a un sélectionneur qui sommeille et mon chauffeur me refait la défaite des Springboks devant les All Blacks et passe les joueurs en revue par leurs prénoms comme si ils avaient pris l'apéritif chez lui la veille. Cape Town est propre comme un sou neuf et notre homme, un Cape Coloured, métis du Cap, ne tarit pas d'éloges sur celle qui est devenue aujourd'hui gouverneur de la province du Cap, Helen Zille, du D.A (Democratic Alliance), adversaire principal de l'ANC de Zuma. Il la voit même Premier ministre un jour ou l'autre, si ,me dit-il, Zuma n'adopte pas les mêmes méthodes que son ami Mugabe de l'autre côté de la frontière... Nous arrivons à l'hôtel où il me dépose à regret, pensant probablement que lui et moi nous aurions trouvé la solution pour Zuma, les Springboks et Helen Zille...


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WIDE ANGLE

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Plus de 25 000 visiteurs à l’Engen Show Inauguré par le Premier ministre, jeudi dernier, l'Engen Motor Show a tenu le « Paving the way to Road safety » jusqu'à dimanche. Le principal sponsor de l'événement, Engen Petroleum a mis un accent particulier sur la conduite préventive. Mais c'est surtout pour les voitures et les deux roues exposées par la dizaine de concessionnaires que les quelque 25 000 visiteurs ont fait le déplacement vers le Swami Vivekanda International Conference Centre, à Pailles. Des compagnies de pièces détachées et d'accessoires y avaient également leurs espaces. Et puisqu'il n'est pas donné à tout le monde de pouvoir s'offrir une voiture cash, les agences de prêt étaient en grand nombre, de même que les assureurs, une police d'assurance étant obligatoire pour la mise sur route de tout véhicule

Le Motor Show a été agrémenté de numéros de Salsa

Le Premier ministre essayant une Harley Davidson La Mercedes Benz E Class est commercialisée par Iframac

(De gauche à droite) Rouben Kistnen- CEO d'Emboss, Rudy Ramsamy-pilote de rallye et Duan Coetzee, président d'Admakers International

La nouvelle Proton Suprima S, du concessionnaire Raouf Dusmohamed Motors

L'équipe de Toyota Mauritius fière de la Toyota FT86

(De gauche à droite) Farhan Ghanty, Senior Sales Executive, Iframac, Kerima Rawat, directrice de Seaton Investment et Javed Bolah, vice-président Media and Communications, BAI

La célèbre Royal Enfield est commercialisée par la société Iframac

11 concessionnaires de voitures ont répondu présents à l'appel d'Engen Motor Show 2013


MARKET

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BANK OF MAURITIUS EXCHANGE RATES TUESDAY, OCTOBER 15, 2013

Mo Ibrahim african Leaders Prize unclaimed again

BUYING

The prize committee for the Ibrahim prize for achievement in African leadership have decided that no one merited the award for the second year in a row ▼ H. L-B

F

or a second consecutive year, no leader has been deemed worthy of the $5 million Ibrahim Prize for Achievement in African Leadership. The foundation's prize committee announced Monday that it had decided not to award the prize -- the fourth time there has been no winner in its sevenyear history. A committee member said the group looked "for excellence in governance but in leadership also". Winners must be democratically-elected leaders who have stepped down in the past three years after serving their constitutionally mandated term, and

GOVERNANCE. Mauritius ranks first according to the 2013 Ibrahim Index of African Governance released on Monday

have demonstrated "excellence in office." The previous winners were President Pedro Verona Pires of Cape Verde in 2011, Joaquim Chissano of Mozambique in 2007 and Festus Mogae of Botswana in 2008. Nelson

GOVERNANCE: MAURITIUS RANKS FIRST AGAIN The 2013 Ibrahim Index of African Governance (IIAG), released on Monday, reveals that Mauritius ranks first out of 52 African countries in terms of overall governance. Our country is one of eight countries to have remained consistently in the IIAG's top ten since 2000, along with Botswana, Cape Verde, Seychelles, South Africa, Namibia, Tunisia and Ghana. The report states a widening gap between the best and worse governed countries on the continent. This year, Mauritius has achieved scores which are ten times higher than Somalia, the worst performing country. Mauritius’s performance is considered across four categories of governance: Safety & Rule of Law, Participation and Human Rights, Sustainable Economic Opportunity and Human Development. According to the report, 94% of Africans – including Mauritians – live in a country that has experienced overall governance improvement since 2000. Mauritius ranks first in the category of Sustainable Economic Opportunity and first in the sub-categories Personal Safety, Business Environment and Welfare. Amongst other Mauritius’s performance in the 2013 IIAG : Scores 82.9 (out of 100), higher than the continental average (51.6); scores higher than the regional average for Southern Africa (59.2); has improved by +7.3 since 2000; ranks 1st (out of 12) in the Southern African region; ranks its highest in the category Sustainable Economic Opportunity (1st out of 52); ranks its lowest in the categories: Safety & Rule of Law, Participation & Human Rights and Human and Development (2 out of 52 in all three); and ranks its lowest in the subcategory Gender (11 of 52).

Mandela was made the honorary inaugural Laureate in 2007. In 2009 and 2010 there was no winner, but in 2012 the foundation awarded Archbishop Desmond Tutu a one-off $1 million special prize for his lifelong commitment towards "speaking truth to power." Overall, Ibrahim believes that across Africa governance is improving. His eponymous foundation produces an annual report, also launched on Monday, which ranks African countries in terms of governance, where governance is seen as a function of improved safety and rule of law, participation and human rights, sustainable economic opportunity and human development. His report has found that 94 per cent of Africans have experienced improved governance since 2000, but that while human rights, economic growth and human development have all got better across the continent, personal safety and the rule of law is deteriorating. According to his report, Mauritius, Botswana and Cape Verde experienced the best governance, while Eritrea, DRC and Somalia are the worst governed countries. While Liberia showed the best improvement in governance this year, Libya fared the worst. The foundation launched the prize in an attempt to encourage African leaders to leave power peacefully. The $5m prize is spread over 10 years and is followed by $200,000 a year for life.

MARKET SHARES – TUESDAY, OCTOBER 15, 2013 COMPANY AIR MTIUS LTD ALTEO LIMITED BRAMER BANKING ENL LAND LTD GAMMA CIVIC H.MALLAC IRELAND BLYTH LTD LUX ISLAND MCB MAURITIUS UNION ASSURANCE NMH OMNICANE ROGERS SBM SUN RESORTS TERRA CIM FINANCIAL DEM BLUELIFE LIMITED CIEL INVESTMENT CIEL TEXTILE CONSTANCE HOTEL DEEP RIVER INVESTMENT ENL INVESTMENT UNION FLACQ LTD UNION SUGAR ESTATE UNITED INVESTMENT

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12.80 36.30 6.20 48.00 29.00 110.00 98.00 29.10 195.50 125.00 85.00 85.00 195.00 1.00 34.65 40.10 8.00

0.50 0.10 -1.00 3.00 -1.00 3.00 0.05 0.10 -

1.75 0.34 -0.79 3.66 -1.16 1.56 0.14 0.25 -

500.00 "120,986.00" 500.00 "15,000.00" "10,335.00" "13,153.00" "1,010.00" "6,600.00" "16,896.00" "29,453.00" "5,253,200.00" "2,947.00" "20,000.00" "8,000.00"

"6,400.00" "4,390,802.00" "24,000.00" "435,000.00" "300,552.00" "2,571,398.25" "126,260.00" "553,300.00" "1,439,610.00" "5,739,676.00" "5,277,429.00" "101,991.20" "802,000.00" "64,000.00"

10.00 10.00 1.00 1.00

7.12 3.47 24.60 23.00 54.00 47.00 7.00 52.00 9.00

7.12 3.47 24.50 23.00 54.00 47.00 7.00 52.00 9.00

-0.10 -

-0.41 -

"18,100.00" "2,500.00" 400.00 -

"62,807.00" "61,250.00" "18,800.00" -

SELLING

Country

Currency

TT

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Notes

AUSTRALIA CANADA EMU JAPAN NEW ZEALAND SINGAPORE SOUTH AFRICA SWITZERLAND U.K. U.S.A.

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TT/DD/Notes

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Diameter(mm)

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MARKET ACTIVITY TUESDAY, OCTOBER 15, 2013 Market Capitalization

200,261,205,380.31

Total Volume Traded

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Total Value Traded

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TOP 5 – OFFICIAL MARKET Symbol

Open

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85.00

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GAMMA CIVIC

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Open

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-

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MAURICE-GABON

ENTRE VISITE D’ÉTAT ET OPPORTUNITÉS…

Avec un taux de croissance de 6,1% pour 2013, qui confirme la tendance à la hausse des ces dernières années, le Gabon est une économie à suivre. La visite du président Ali Bongo Ondimba renforcera les relations liant Maurice et le Gabon depuis les années 1980. Le père de l’actuel président avait d’ailleurs effectué une visite officielle dans l’île à cette époque ▼ JAMIROUDDIN YEADALLY

R

enforcement des échanges économiques et commerciaux, séance de travail avec le Premier ministre mauricien, signature de plusieurs accords bilatéraux dans les secteurs économique et diplomatique, ainsi que des réunions avec les hommes d’affaires mauriciens et gabonais. Ce sont là quelquesuns des items au programme de la visite du président du Gabon, Ali Bongo Ondimba, qui sera à Maurice à partir d’aujourd’hui, et ce jusqu’au 18 octobre. Cette visite renforcera les relations liant les deux pays depuis les années 1980. D'ailleurs, Omar Bongo, le père de l'actuel président du Gabon, avait effectué une visite officielle dans l'île à cette époque. Cette amitié a vu, durant ces trois dernières décennies, la signature et la ratification de nombreux accords. La dernière en date étant un accord de non-double imposition et de protection des investissements, signée en juillet 2013. Le Gabon, situé sur la côteouest de l'Afrique, convoite de très près le savoir-faire de Maurice, notamment concernant le modèle de tourisme que l'île a su développer et faire évoluer. Les autorités du pays avaient ainsi formulé, en 2012, le souhait de bénéficier de l’expertise mauricienne afin de mieux vendre la destination gabonaise sur le marché européen. Le Gabon a, pour cela, des atouts Indiscutables : faisant 130 fois la taille de Maurice avec ses 800 kilomètres de côtes sur la façade atlantique, le pays ne compte que 1,5 million d’habitants, soit une densité inférieure à 6 habitants au kilomètre carré. ECHANGES COMMERCIAUX Malgré les accords commerciaux liant les deux pays, Mau-

Malgré les accords commerciaux liant les deux pays, Maurice importe peu de commodités du Gabon, à l’exception du bois. En 2011, les importations totalisaient Rs 488 920, avant d’atteindre Rs 3 172 639 en 2012. Au cours des deux premiers trimestres de 2013, Maurice a importé pour Rs 1 547 878 de produits VISITE. Agenda chargé pour le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba lors de son séjour dans l’île

rice importe peu de commodités du Gabon, à l’exception du bois. En 2011, les importations totalisaient Rs 488 920, avant d’atteindre Rs 3 172 639 en 2012. Au cours des deux premiers trimestres de 2013, Maurice a importé pour Rs 1 547 878 de produits. Les chiffres sont un peu mieux au niveau de nos exportations vers le Gabon. Ceux-ci sont passés de Rs 2 068 079 en

2011 à Rs 4 528 326 pour les deux premiers trimestres de 2013. Les principaux produits exportés comprennent des médicaments, notamment des antibiotiques, des produits hormonaux, des alcaloïdes et des vitamines, ainsi que des manuels, des bulldozers et des lames pour travaux de terrassement. Le même déséquilibre se retrouve au niveau des investissements. Ainsi, pour l’an-

née 2012, alors que l’investissement direct étranger du Gabon vers Maurice se chiffrait à un million de dollars américains, Maurice investissait quelque 30 millions de dollars américains au Gabon. Des chiffres qui demeurent faibles dans les deux sens, et ce malgré la volonté affichée par Maurice de devenir une importante plateforme d’investissement vers l’Afrique. Maurice ne profite pas non

plus du marché touristique gabonais, bien qu’avec l’accord qui sera signé lors de la visite, il est attendu que ce secteur prenne de l’essor. Mais il y a du chemin à faire quand on sait qu’en 2007, Maurice n’avait accueilli que 34 touristes gabonais. Un chiffre qui a grimpé à 92 en 2012, alors que de janvier à août 2013, ils étaient 147 à fouler le sol mauricien.


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La visite de la délégation gabonaise chez nous indique la volonté du pays d'élargir les domaines de coopération et de commerce avec Maurice. Pour y parvenir, il faudra cependant trouver une solution aux problèmes de corruption et d’insécurité affectant le Gabon, qui écornent l’image du pays et rendent hésitants certains investisseurs. En 2012, avec une note de 3,5, le pays se retrouvait ainsi au 102e rang sur 180 au classement établi par l'organisation non-gouvernementale Transparency International par rapport à la perception de la corruption au niveau de la population. Maurice, lui, se retrouvait en 43e position, avec une note de 5,1. L’aspect sécurité demeure un autre sujet délicat. Selon une enquête publiée en mai 2013 par l’agence internationale de sondages Gallup, le Gabon occupe la 5e place, sur 134, au classement des pays où les gens se sentent le moins en sécurité. L’enquête, intitulée « Global States of Mind – New Metrics for World Leaders », a été menée, en 2012, dans divers domaines, entre autres le droit et l’ordre, l’alimentation et le logement, la fiabilité du cadre institutionnel et la qualité des infrastructures de base. Selon les données présentées, seuls 35% des Gabonais se sentent en sécurité chez eux. La vaste majorité (62%) craint pour sa vie quand elle se déplace seule la nuit. De

DIPLOMATIE. L’hôtel du gouvernement brille aux couleurs des drapeaux Maurice-Gabon

plus, les Gabonais témoigneraient d’une grande méfiance envers les forces de sécurité et le système judiciaire. Tout cela fait qu’en 2012, le Gabon s'est classé à la 165e position sur 185 économies dans le rapport Doing Business de la Banque mondiale, tandis que Maurice figurait, la même année, au 24e rang. Selon le dernier rapport de cet organisme sur la croissance et l'emploi, paru en juin 2013, le taux de chômage au Gabon reste également élevé, malgré une croissance économique soutenue, largement basée sur le pétrole, ces 40 dernières années. Le taux général de chômage est

de 16%, ce qui équivaut à 150 000 chômeurs. Un chiffre largement supérieur aux 52 500 chômeurs mauriciens enregistrés au début de 2012. Selon Statistics Mauritius, le taux de chômage dans l’île est ainsi passé de 7,9% en 2011 à 8,1% en 2012. Malgré cela, d'après la Banque Africaine de Développement (AFD), la croissance au Gabon va progresser de près d’1% cette année. En 2013, elle devrait ainsi atteindre 6,1%, contre 5,3% en 2012. La bonne santé du secteur secondaire et tertiaire explique, en grande partie, cette progression. Les tendances récentes montrent

que l’économie réelle du Gabon a plutôt bien traversé la crise financière et ses implications. Après une récession de près de 1,5 % en 2009, l’économie a su garder un niveau de croissance tournant autour de 6 % ces trois dernières années. En 2010, le Gabon est même devenu le seul pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) à respecter l’ensemble des critères de convergence macroéconomique de la région : solde budgétaire primaire positif, inflation inférieure à 3 %, dette publique inférieure à 70 % du PIB et absence d’accumulation d’arriérés de paiement.

Donner une impulsion aux relations bilatérales LA COOPÉRATION économique sera au cœur de la visite d’Etat du président gabonais Ali Bongo Ondimba. Ce dernier, ainsi que sa délégation comprenant ministres et hommes d'affaires, auront plusieurs rencontres et réunions avec leurs homologues mauriciens dans le but de promouvoir les relations bilatérales et faciliter les échanges économiques. Parmi les accords qui seront signés figurent un accord général de coopération et un accord-cadre de coopération en matière d’agroindustrie et de sécurité alimentaire. Du côté de la diplomatie, on verra la signature d’un ‘Memorandum of Understanding’ entre les ministères des Affaires étrangères des deux pays, portant sur la création d’un mécanisme de consultations diplomatiques. Un protocole d’accord visant à promouvoir le tourisme international et le tourisme entre les deux pays sera également signé. Il prévoit, entre autres, une coopération

pour le développement de projets communs. Le Board of Investment et l’Agence de Promotion des Investissements et des Exportations du Gabon (APIEX) signeront quant à eux un protocole d’accord sur la coopération mutuelle. Pour son séjour chez nous, le président Ali Bongo Odimba sera à la tête d’une délégation de plus de 70 personnes, comprenant le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, de la Francophonie, chargée du NEPAD, et de l’Intégration régionale - Emmanuel Issoze Ngondet, le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage, de la Pêche et du Développement rural - Julien Nkoghe Bekale, et le ministre de la Promotion des Investissements, des Travaux publics, des Transports, de l’Habitat et du Tourisme, chargé de l’Aménagement du territoire et des hommes d’affaires gabonais - Magloire Ngambia.

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Quant à Maurice, le taux de croissance pour 2013 a été calculé à 3,2%. Un chiffre qui est légèrement à la baisse par rapport à 2012 (3,4%). En ce qui concerne le PIB par habitant, avec USD 17 052 en 2013, le Gabon dépasse largement Maurice, avec USD 6711,16 pour la même année. En ce qui concerne le commerce extérieur, les exportations gabonaises, dont le total s’élève à 4872,6 Mds FCFA, sont concentrées autour de trois secteurs, que sont les industries pétrolière, minière et forestière. Elles ont ainsi été stimulées, en 2011, par la remontée des cours mondiaux du pétrole et du manganèse. En effet, les prix du brut gabonais se sont appréciés, passant, en moyenne annuelle, de 79 USD le baril en 2010, à 104 USD en 2011. De même, le cours du manganèse, de 184,2 USD la tonne en 2010, est passé à 294,4 USD en 2011. Si Maurice, dont la balance commerciale accuse, selon Statistics Mauritius, un déficit de Rs 81 milliards en 2012 (en hausse comparé aux Rs 74,2 milliards de 2011), peut trouver des avenues de coopération avec le Gabon, ce marché demeure cependant un défi. Il faudra, entre les promesses d’une économie à forte et constante croissance, et les risques liés à la corruption et à l’insécurité, trouver la bonne voie.

LE GABON ÉMERGE Le Gabon est entré dans une ère de changement grâce à la politique de reformes menée depuis l'élection d’Ali Bongo Ondimba, fils de feu Omar Bongo, qui a régné pendant 42 ans en tant que président du Gabon. Des réformes s’appuyant sur les exportations de matières premières tels le pétrole et les minerais afin de diversifier l’économie gabonaise La stratégie de développement durable adoptée, baptisée « Gabon Émergent », repose sur trois piliers. Le « Gabon Vert » valorisera durablement le formidable écosystème gabonais – 22 millions d’hectares de forêt, 1 million d’hectares de terres agricoles exploitables, 13 parcs nationaux, 800 kilomètres de littoral maritime – à travers l’industrie du bois, l’agriculture et l’écotourisme. Le « Gabon Industriel » valorisera l’utilisation locale des matières premières, l'exportation de produits à forte valeur ajoutée et la diversification de l’économie nationale. Enfin, Le « Gabon des Services valorisera les ressources humaines gabonaises avec l’objectif de devenir une référence régionale dans les services financiers, les nouvelles technologies de l’information, les métiers de l’économie verte, de l’enseignement supérieur et de la santé.


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MCB

TI MAMBO REVIENT

Ti Mambo, l’émission des petits aux grands talents, revient à la télévision dans le cadre des célébrations marquant les 175 ans de la Mauritius Colmmercial Bank (MCB). Les inscriptions ont déjà commencé le 10 octobre dernier pour cette nouvelle saison qui débute en mars de l'année prochaine sur la première chaîne de la télévision nationale

T

i Mambo est une émission dédiée aux enfants de moins de 13 ans (à juin 2014) qui veulent démontrer leurs talents de chanteurs ou de danseurs, seuls ou en groupe, à la télévision. Pour participer, il suffit de s’inscrire via la page Facebook de la MCB (fb.me/mcbgroup) ou en appelant le 52 92 61 61. La saison 2014 Ti Mambo comprendra un total de 13 émissions. Les sélectionnés des neuf éliminatoires seront répartis dans les trois demi-finales d'où émergeront les finalistes. « La nouvelle édition de Ti Mambo sera une vitrine pour artistes en herbe. Elle permettra aux meilleurs talents de la jeune génération de s’exprimer sur scène

et d’éblouir tout Maurice », devait dire le Chief Executive du Groupe MCB, Pierre Guy Noël. RICHESSE CULTURELLE L’émission sera présentée par Linzy Bacbotte, qui elle-même, a fait ses débuts à la télévision au cours d'une émission pour enfants, il y a vingt-cinq ans de cela. L'ancienne animatrice de Sofe Ravann marque ainsi son grand come-back à la télévision. Les jeunes talents seront jugés par un jury constitué de Sandra Mayotte, Nazima, Bruno Raya, Stéphane Bongarçon et Lionel Permal, entre autres. Pierre Guy Noël devait ajouter que pour les 175 ans de la MCB, la banque a voulu

offrir un événement spécial aux Mauriciens : « Notre choix s’est porté sur Ti Mambo car c’est une émission qui parle à toute une

COMMERCE

Maurice intéresse les Japonais LES DIRIGEANTS de la Chambre de Commerce et d’Industrie japonaise en Afrique du Sud étaient en mission officielle à Maurice la semaine dernière. Ils ont eu une rencontre avec le Premier ministre, jeudi, au Bâtiment du Trésor. Tomoyuki Akamatsu, président de la Chambre, a déclaré que « Maurice regorge d’opportunités d’investissements. Notre délégation se charge de voir dans quels secteurs d’activités les entreprises japonaises pourront investir afin d’accroître leur présence sur le continent africain ». Les investisseurs japonais, explique-t-il, veulent

également tirer profit de l’environnement fiscal favorable que Maurice offre à travers son réseau d’accords de non double imposition (DTAA). Face à la crise internationale qui perdure actuellement, Tomoyuki Akamatsu s'est dit très impressionné par le succès économique de notre pays, nous comparant même à des pays tels que Singapour et l’Afrique du Sud. La délégation japonaise a montré un intérêt particulier vers le secteur de la pêche, le secteur financier et le « retail and distribution ».

génération et qui fait la part belle aux enfants, les adultes de demain ». Les participants de Ti

Mambo pourront s'exprimer dans une catégorie de leur choix : chant ou danse. L’émission sera, une nouvelle fois, un reflet de la richesse culturelle de Maurice. Les artistes en herbe pourront s’exprimer dans la langue ou la danse de leur choix. Les émissions, d’une durée de 60 minutes chacune, seront enregistrées à l’auditorium du Mahatma Gandhi Institute. Elles seront diffusées les vendredis soirs à 21 heures sur MBC 1 de mars à juin 2014. Au fil des émissions, les participants décrocheront de nombreux cadeaux, mais leurs yeux resteront rivés sur le gros lot de chaque catégorie : un compte d’épargne de Rs 50 000 à la MCB.

Hé Réyoné, maryé zot plito à Maurice ! POURQUOI ALLER chercher bien loin, alors que la clientèle est là, tout juste à côté ? Bonne nouvelle pour les amoureux réunionnais souhaitant sceller leurs liens sous les cieux mauricien. Le ministre du Tourisme et des Loisirs, Michael Sik Yuen, a annoncé à la presse réunionnaise, venue pour un séjour de découverte, que pour tout mariage comprenant un groupe d’invités d’un minimum de 25 personnes en provenance de la Réunion, l’Office du Tourisme offrira gratuitement le séjour des nouveaux mariés incluant l’hébergement, les billets d’avions et une visite en catamaran ou un tour en hélicoptère. Cette démarche de la MTPA en partenariat avec les hôteliers locaux et Air Mauritius vise à augmenter le nombre de touristes en provenance de l’île sœur à Maurice. L’île Maurice veut avant tout se positionner comme une destination idyllique et l’endroit de rêve pour la célébration des noces. Toujours dans l’optique d’attirer plus de touristes régionaux à Maurice, Michael Sik Yuen a aussi annoncé la tenue d’un concert à l’hôtel Ambre le samedi 26 octobre prochain avec comme vedette, l’artiste mauricien Alain Ramanisum, très populaire à l'île Soeur. Pour l’occasion, des vols additionnels seront mis

à la disposition des Réunionnais. Le ministre du Tourisme a aussi déclaré qu’il est également en pourparlers avec l’Office du Tourisme de la Réunion pour une collaboration sur une éventuelle possibilité d’introduire des « packages » reliant la Chine, Maurice et la Réunion sur Air Mauritius ainsi que la France, la Réunion et Maurice sur Air France et Air Austral. Cet apport permettra aux touristes chinois de découvrir la Réunion gratuitement en passant par Maurice et vice-versa pour les touristes français. Les journalistes réunionnais qui étaient en tournée à Maurice travaillent pour TV kreol, Kanal Austral, Journal l’île de la Réunion (JIR), Télémag, 7 Magazine et RunCity.974. Cette visite a été rendue possible grâce a la collaboration d’Air Mauritius, Veranda Leisure and Hospitality, Heritage Resorts, Attitude, Lux Resorts, Concorde, Mautourco et White Sand Tours.


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CARDIOLOGIE

FORTIS-DARNÉ SE DOTE D’APPAREILS DERNIER CRI La Fortis Clinique Darné (FCD) a inauguré, vendredi dernier, une salle de cathétérisme destinée à apporter des solutions mieux adaptées aux exigences diagnostiques et thérapeutiques des maladies cardiaques

L

a mise en place de l'appareil a été fait sous la supervision du Chairman de Fortis Escorts Heart Institute de New Delhi, le Dr. Ashok Seth. Maillon essentiel au sein du dispositif de soins en cardiologie interventionnelle, le laboratoire de cathétérisme est la dernière génération de la gamme de systèmes d’imagerie interventionnelle mini-invasive proposés par le célèbre équipementier Siemens. Dotée d’une définition encore plus pointue, l’imagerie procure un excellent niveau de précision dans le diagnostique. PORTER MAURICE AU FIRMAMENT DE L’EXCELLENCE DE SOINS DE SANTÉ Autre atout, la procédure génère, à la fois pour le personnel médical et le patient, un risque de radiation nettement moindre que les modèles antérieurs. A savoir que l’imagerie par cathétérisme interventionnelle consiste à introduire, par ponction dans la circulation sanguine, de fines sondes ou « cathéters », le tout sous contrôle assisté par caméra à rayons X. « En introduisant le dernier-né de la gamme d’imagerie en radiologie,

Fortis Clinique Darné répond à un besoin accru pour des soins cardiaques intégrés multidisciplinaires », affirme le Dr. Simmardeep Gill, Chief Operating Officer de l’établissement. Et de souligner l’attention que porte la clinique dans le traitement des maladies cardiovasculaires. Une prévalence qui représente un lourd fardeau en matière de santé au sein de la société mauricienne : les maladies cardiovasculaires sont responsables de plus de 30% de décès, toutes

Premiers bénéficiaires de l’ABC Scholarship Scheme

ANNONCÉ OFFICIELLEMENT le 8 octobre dernier, la Sir J.Moilin AhChuen Foundation a déjà identifié une vingtaine de jeunes étudiants à bénéficier de l'ABC Scholarship Scheme. Quelque 100 jeunes, issus de milieux modestes, avaient répondu à l'appel de candidature. Les heureux bénéficiaires sont tous des étudiants à plein temps. « Nous accordons beaucoup d’attention au développement intellectuel et académique des jeunes. Nous voulons que les étudiants que nous sommes en train de soutenir puissent parvenir à briser le cycle de la pauvreté dans lequel ils se trouvent par le biais de l’éducation. Avoir la possibilité d’entreprendre des études tertiaires est un moyen primordial de mobilité socioprofessionnelle », soutient David Ramsay, CSR Officer

du Groupe ABC. Le scholarship Scheme a aussi eu une pensée spéciale pour la fillière technique et professionnelle. Cinq étudiants du collège technique StGabriel se sont ainsi vus attribuer des bourses par la Sir J.Moilin AhChuen Foundation. Ledit collège, opérant sous l'égide du diocèse de Port-Louis, se trouve tout près du siège de ABC Motors. ABC Group comprend 5 divisions stratégiques dans l’automobile, la distribution et la production alimentaire, les services financiers, le shipping et la logistique et les services bancaires. Fondé en 1931, et comptant aujourd’hui 1200 employés, ABC est classé cette année 22e dans le classement des Top Hundred Companies à Maurice.

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Maisons et jardins au Salon

LE GRAND SALON de la Maison et du Jardin, du 30 octobre au 3 novembre, au Centre Swami Vivekananda, à Pailles, accueillera plus de 120 exposants. Le Salon de la Maison et du Jardin s’est toujours distingué par sa capacité à innover. Pour cette édition 2013, les pépiniéristess, au nombre de 5, y tiendront la vedette, de même que les piscinistes qui exposeront leurs nouveaux modèles. Sinon, l'innovation, la modernité, la fonctionalité seront également au rendez-vous chez les fabricants et les importateurs de meubles, de luminaires, d’ouvertures, de parquets, de fer forgé, d’électroménagers, de cuisines, de systèmes d’alarmes, de linge de maison, de matelas etc. Le Salon de la Maison et du Jardin signé PubliPromo depuis 1991 s’est agrandi et sophistiqué au fil des ans pour répondre à l’attente des visiteurs et mettre en valeur les produits et services des exposants, accompagnant le développement du confort et de la décoration des maisons mauriciennes. Le salon sera ouvert de 10H00 à 19H00. L’entrée est à Rs 40 pour les adultes et à Rs 20 pour les enfants.

tranches d’âge confondues. Les soins cardiovasculaires font partie des services dans lesquels Fortis Clinique Darné entend faire retentir son niveau d’expertise. Alors qu’il célèbre, cette année, ses soixante ans d’existence, l’établissement de Floréal se dit déterminé à engager les innovations et consentir les investissements nécessaires pour porter Maurice au firmament de l’excellence de soins de santé dans la région, voire au-delà.

Le Tecoma Award à Vincent d’Arifat LE MAGAZINE l'Eco Austral a désigné Vincent d'Arifat l'Entrepreneur de l'Année 2013. L'AfrAsia Tecoma Award a été remis au directeur général de précigraph, vendredi dernier, au Vivéa Business Park, à StPierre. Forte de sa capacité à innover sans cesse, l’imprimerie familiale Precigraph est devenue une référence à Maurice, voire au-delà puisqu’elle réalise 40% de son chiffre d’affaires en dehors du pays. L’AfrAsia Tecoma Award vient rendre hommage à 40 ans d'histoire, a déclaré Vincent d'Arifat, après avoir reçu le trophée des mains du Chief executive d'AfrAsia bank, James Benoit. De sept employés à ses

débuts en 1974, Precigraph est passé à 105 salariés aujourd’hui. Son chiffre d’affaires a atteint 125 millions de roupies en 2012. Des agendas personnalisables Precidiary en 1981 aux services d’impression numérique Precisprint en 2011 ou encore aux albums myphotobook, Precigraph n’a cessé de

se démarquer. Vincent d'Arifat est aussi actif sur le plan « engagement personnel citoyen » : C'est sous sa présidence, l'année dernière, que l'Association of Mauritian Manufacturers (AMM) a initié le projet Made in Moris. Il est présentement président de la Mauritius Employers’ Federation (MEF). Les quatre autres nominés à l'AfrAsia Tecoma Award 2013 étaient, nommément : Vikramsing Bhujun (Pro Design Construction), Yusuf Goburdhun (Metal Casting & Pressing Ltd - Trophées et médailles), Lynda Kok Shun (Magilyn Ltée - Commerce et export) et Clarel Michaud (MC Easy Freight Co Ltd Transitaire et logistique).


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Du diamant pour la clinique Darné A

u départ, il y avait la clinique Darné, celle du Docteur François Darné, fondée en 1953. Le plus vieux établissement de santé privé qui a toujours été à l'avant-garde de la technologie médicale, fête ces jours-ci son soixantième anniversaire. Mais la clinique de Floréal est aujourd'hui connue comme Fortis Clinique Darné (FCD), suite à une prise en charge par le géant asiatique Fortis Healthcare en partenariat avec le conglomérat mauricien CIEL Group, en 2009. La célébration officielle de ce jubilé de diamant a eu lieu vendredi dernier, au Château Labourdonnais, en présence du Premier ministre. Une occasion pour ses directeurs de rappeler le rôle prépondérant de l'institution dans l'histoire de la Santé à Maurice. « Fidèle à notre vocation d’avant-gardiste dans le domaine des soins de santé, nous comptons à brève et à moyenne échéance développer de

PIONNIER. Le Dr François Darné une figure clé du secteur de la santé

nouveaux centres d’excellence dans les disciplines neurologiques et orthopédiques. Nous sommes aussi en train d’élargir notre palette de traitements dans les sciences cardiaques », explique le Chief Operating Officer, le Dr Simmardeep Singh Gill. Pour le Chairman, Ashish Batia, le transfert des connaissances continu de Fortis Healthcare reste un facteur déterminant dans le développement de l’hôpital. « FCD a joué un rôle de pionnier

dans plusieurs traitements et procédures cliniques, et nous comptons apporter d’autres révolutions dans le secteur de la santé à Maurice », dit-il. Dans le cadre de ce jubilé de diamant, la FCD avait organisé, jeudi dernier, le FCD Health Summit 2013, une conférence destinée à favoriser le transfert des connaissances

en matière de soins de santé à Maurice. La conférence a vu la participation d’éminents médecins et chirurgiens et des cardiologues de renom international. A également été lancé un livre grand format intitulé « Il était une fois – Un ACTEUR, Un TEMOIN ». Il s’agit d’une publication qui retrace les grandes étapes de l’évolution des services de santé à Maurice depuis le milieu du 20ème siècle à ce jour, avec FCD en tant qu’acteur et témoin de ces développements. Le Dr François Darné a été une figure clé du secteur de la santé, mais aussi un diplomate respecté. Il servit comme premier ambassadeur de Maurice en France de 1972 à 1982. Il fut pendant de nombreuses années le doyen des ambassadeurs du Commonwealth à Paris. En 1970, il fonda, sous l'impulsion du Général de Gaulle, l'Association FranceMaurice. Le Dr Darné décède en 2003.

Bramer Bank ouvre une succursale à Ebène

LA BRAMER Bank a ouvert sa 20ème succursale la semaine dernière au rez-dechaussée de la Bramer House, un bâtiment de 14 étages situé au cœur du monde des affaires, à Ebène. Se rapprocher de ses clients, qui pour la plupart, travaillent ou vivent dans les alentours. Tel est le but de cette nouvelle succursale, selon le Vice-Chairman de la Bramer Bank et Group President & CEO de la Bramer Corporation, Tarun Ghulati. « La Bramer Bank continue à se concentrer sur ses clients et à maintenir l’excellence en matière de service clientèle. La nouvelle succursale d’Ebène offrira une expérience bancaire unique et je vous encourage tous à la visiter et à découvrir la différence », déclare Tarun Ghulati.

Récompense internationale pour Azuri

La nouvelle succursale sera sous la responsabilité de Yogen Pillay Murday, qui a plus de 14 ans d’expérience dans le secteur bancaire. « La nouvelle succursale offrira une large gamme de produits et de services bancaires aux employés et investisseurs présents dans le triangle des affaires d’Ebène, soit, des comptes d’épargnes, courants ou à terme, différentes solutions de financement, la gestion de trésorerie, les services bancaires associés au ‘International Banking’ et ‘Private Banking’ ou encore les cartes de débit et de crédit VISA », fait pour sa part ressortir le CEO, Ashraf Esmael. La Bramer House a nécessité des investissements de plus de Rs 500 millions et dispose de plus de 12 000 mètres carrés

AZURI S'EST distingué aux International Property Awards région Afrique 2013. « Cette reconnaissance africaine est pour nous une fierté. Nous brillons non seulement localement, avec le plus grand projet résidentiel jamais entrepris à Maurice, mais nous sommes aujourd’hui plébiscités par des professionnels du secteur au niveau africain », explique Murray Adair, CEO d’IOREC (Indian Ocean Real Estate Company). Stuart Shield, président de l’Inter-

d’espace pour les bureaux et de 147 aires de stationnement. Le bâtiment associe harmonieusement des caractéristiques modernes et classiques, notamment une proéminente façade en verre et une chute d’eau à l’entrée. La Bramer House s’est déjà distinguée aux Green Africa Awards dans la catégorie “Green Design, Building, Development and Land Use grâce à l’application d’éléments ‘ecofriendly’, surtout ceux ayant trait aux installations mécaniques et électriques. Le bâtiment possède, entre autres, un système de ‘rain water harvesting’ qui permet de récolter, de traiter et d'utiliser l’eau de pluie pour les toilettes et les tours de refroidissement, ce qui représente la moitié de la consommation en eau.

national Property Awards, a déclaré suite à cette récompense : « Les entreprises lauréates des African Property Awards améliorent le paysage de leur pays avec des propriétés magnifiques, modernes et innovantes qui contribueront à améliorer la croissance et le développement économique du continent. Les agences immobilières et consultants en immobilier gagnants aident avec succès les résidents africains dans l'achat de maisons et à gravir les échelons de la propriété ».

Terra remet Rs 10M à trente ONG

TERRA FOUNDATION, la branche CSR du groupe Terra qui célèbre cette année les 175 ans de ses origines, a remis une série de chèques d’une valeur totale de Rs 10,3 millions à trente ONG vendredi dernier. La fondation était représentée par Daniel Nairac et Cyril Mayer, respectivement président du conseil d’administration et Managing Director de Terra et Louis Denis Koenig, président du CSR Committee. A travers la remise de ces dons, allant de Rs 10 000 à Rs 899 000, Terra Foundation souhaite réitérer son soutien à différentes ONG et ainsi affirmer son engagement pour l’aide sociale, la santé et l’éducation. Pour Marie Annick Auguste, CSR Officer de la fondation, cette remise de chèque s’inscrit, pour Terra, dans la continuité de son engagement vers une île Maurice durable. « Le slogan ‘A rock solid partner’ démontre la volonté de la fondation de maintenir son soutien à moyen et long terme aux ONG, afin de s’assurer du progrès et de la durabilité des projets que nous parrainons », à-t-elle expliqué. Parmi les bénéficiaires de la solidarité de Terra : ARISE (thérapies psychologiques pour trois enfants) ; SAFIRE (formation d'une trentaine d'enfants vulnérables et de femmes au foyer de la Cité Mère Teresa à Triolet) ; T1 (financement d'équipements médicaux et de sessions de sensibilisation pour une meilleure prise en charge de la maladie pour les enfants atteint du diabète de type 1 et leurs parents).

Les African Property Awards font partie des prix établis depuis plusieurs années déjà par l’International Property, la plus grande compétition au monde en ce qu’il s’agit de la valeur des projets en compétition. Le logo est reconnu comme un symbole d'excellence dans l'industrie mondiale. Les African Property Awards se classent parmi les plus prestigieuses reconnaissances dans le secteur de l'immobilier résidentiel et commercial.


GLOBE

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ECONOMIE

Le « shutdown » américain expliqué à ceux qui ont raté le début S’il avait duré une journée, le « shutdown », décrété le 1er octobre, aurait été un épisode folklorique de plus dans la vie politique américaine. Il aurait été conclu par un accord permettant aux républicains et aux démocrates de sortir la tête haute. Mais la fermeture partielle des administrations fédérales dure depuis quatre jours et menace de se télescoper avec un autre épisode récurrent de la vie politique américaine : la renégociation du plafond autorisé pour la dette publique. Si la crise n’est pas résolue avant ce télescopage, elle peut dégénérer en grave crise économique. Faut-il se faire peur? 1 – C’EST QUOI, CE BORDEL? Lorsque le Congrès ne parvient pas à se mettre d’accord avant le 30 septembre (fin de l’année fiscale) pour accorder à l’administration le budget nécessaire à son fonctionnement, l’exécutif doit prendre des mesures : il met alors au chômage technique les fonctionnaires des administrations qui ne sont pas indispensables. Sont fermés les parcs nationaux ou les zoos, et bien d’autres services. Nous avons par exemple cherché une photo sur le site de la Nasa ce vendredi matin, mais elle était inaccessible, le service des archives étant fermé... Quelques 800 000 fonctionnaires (sur 4 millions) sont au chômage technique depuis le début du mois, sans savoir quand ils reprendront le travail. Mais les services essentiels (poste, armée, écoles...) continuent de tourner. 2 – QUI EST RESPONSABLE DE LA SITUATION? La discussion budgétaire a buté, à la Chambre des représentants, sur le financement du plan de couverture maladie (Affordable Care Act, surnommé « Obamacare »). La Chambre est dominée par les républicains, qui sont eux-mêmes sous la pression du Tea Party. Même si ce mouvement très conservateur, qui se bat pour un gouvernement fédéral réduit au minimum, compte peu de représentants à la Chambre, il exerce une influence importante sur les élus républicains, surtout ceux qui entendent se faire réélire. Dans de nombreuses circonscriptions, en effet, l’élection la plus difficile à emporter n’est pas celle qui oppose les républicains aux démocrates : c’est la primaire, qui oppose les candidats d’un même parti entre eux. Très souvent, le Tea Party est en mesure de faire basculer le scrutin des primaires dans un sens ou dans un autre. Obamacare pas concerné Une campagne contre un « Rino » (Républican In Name Only) Le Tea Party menace donc de ne pas soutenir les élus républicains qui s’éloigneraient de ses propres orientations. Ses animateurs tiennent une comptabilité précise des votes et des déclarations des représentants. Lorsque l’un d’entre eux prône l’arrêt du « shutdown », il est aussitôt brocardé sur les réseaux sociaux comme un « Rino

LE PLAFOND DE LA DETTE FÉDÉRALE DEPUIS 1940

» (« Republican In Name Only », Républicain de nom seulement) et les tea-partisans sont invités à le pourrir de coups de téléphone. La Chambre des représentants a donc envoyé au Sénat des budgets dans lesquels le financement d’Obamacare était diminué ou retardé. Mais le Sénat, à majorité démocrate, a refusé d’abandonner la réforme emblématique du Président. Pour les sénateurs, la loi Obamacare a été votée, elle a été jugée constitutionnelle, il n’y a aucune raison de la renégocier. A noter que Obamacare n’est pas concerné par le « shutdown » : il fonctionne normalement. 3 – LA SITUATION PEUT-ELLE DURER? La dernière fois qu’un tel « shutdown » a eu lieu, en 1995, il a duré près d’un mois. Le responsable de la Chambre (« speaker ») était alors Newt Gingrich, grand rival de Clinton. Pour que la situation cesse, il faut trouver un arrangement. Des pourparlers ont lieu en coulisse. Républicains et démocrates se regardent en chiens de faïence : le premier qui cligne de l’œil a perdu. Un peu comme dans le « Chicken Game » de « La Fureur de vivre ». Les démocrates arguent que c’est un coup sévère pour l’économie (faire

baisser les dépenses publiques, n’en déplaisent aux plus orthodoxes, nuit à l’activité). La confiance des ménages a déjà commencé à plonger. 4 – OBAMA VA-T-IL SORTIR GRANDI DE L’AFFAIRE? C’est le pari que font de nombreux analystes. Le « shutdown » n’est pas populaire du tout, et à lire les sondages, les Républicains sont considérés comme ceux qui ont déclenché cette drôle de guéguerre par leur refus d’avaliser le budget. Le « big business », dans cette affaire, soutient aussi Obama, par peur que toute cette affaire ne dégénère. Les républicains eux-mêmes semblent aujourd’hui en position de faiblesse : certains mendient une porte de sortie, une petite concession. Le représentant de l’Indiana Marlin Stutzman, par exemple, a déclaré : « On ne nous manquera pas de respect. Nous devons obtenir quelque chose de tout ça. » Obama peut gagner s’il reste ferme sur ses positions. Le pari que font les républicains, c’est qu’il canera, par peur de voir la situation s’envenimer. Le Président s’est, de fait, montré peu offensif dans cette bataille. Il a même commis l’erreur de défendre Obamacare, plongeant dans le débat que veulent justement soulever les républicains...

Ce serait une arme beaucoup plus efficace, argue l’ancienne plume de Bush, Marc Thiessen, dans une tribune publiée par le Washington Post. Le « shutdown » ne sert à rien, juge-til, en dégainant sur image forte : « Les républicains mettent un pistolet sur leurs propres têtes et menacent d’appuyer sur la détente si les démocrates ne capitulent pas. » « FALAISE DE LA DETTE » En revanche, Barack Obama ne peut selon lui se payer le luxe de déclencher une crise économique de l’ampleur de celle 2008-2009, avec la perte de « millions d’emplois ». C’est ce qui se passerait si les républicains refusaient de relever le plafond de la dette et envoyaient l’Etat fédéral au bas de la « falaise de la dette » (« fiscal cliff »). Il faut menacer de le faire pour pousser Obama à négocier avec le parti républicain, juge-t-il. Barack Obama a répété qu’il n’entendait pas négocier avec les républicains pour obtenir le relèvement du plafond de la dette. Mais ce qui encourage les plus durs du parti républicain, c’est que le jeu du « fiscal cliff » a déjà été disputé, et qu’Obama a déjà accepté de négocier pour éviter le pire. Il semble d’ailleurs qu’il soit plus préoccupé par la situation qu’au premier jour du « shutdown » : alors qu’il narguait samedi dernier les républicains en jouant au golf avec flegme, Obama a annulé sa tournée prévue en Asie... Les durs risquent d’être pourtant déçus : le président de la Chambre des représentants, John Boehner, a promis qu’il n’y aura pas de défaut de paiement de l’Etat fédéral. OLIVIER BERRUYER

Afin de démontrer qu’ils ne sont pas à l’origine des difficultés imposées à de nombreux Américains avec ce « shutdown », les républicains votent des lois rouvrant les services fédéraux un par un, sachant pourtant pertinemment que le Sénat démocrate refusera cette approche au compte-goutte. 5 – Y A-T-IL UN SCÉNARIO CATASTROPHE? Si les républicains tiennent bon sur leurs positions, le « shutdown » peut durer jusqu’à ce que la dette américaine atteigne son plafond autorisé de 16 700 milliards de dollars : le 17 octobre. C’est une autre particularité du folklore budgétaire américain : la fixation de plafonds autorisés pour contenir la dette, plafonds qui sont relevés sans cesse.


Capital Edition 151  

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