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FINAL REPORT

MERCREDI 18 SEPTEMBRE 2013 EDITION 147 | CAPITAL

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Une troisième option serait aussi à l'étude : trois institutions contrôlant séparément les secteurs bancaire, financier et de la consommation, le tout sous la supervision d'un Ombdusman des Finances, qui assurerait un 'overview'. Une formule qui, encore une fois, butte contre un problème de « high skilled competences », qui ne seraient pas courant sur le marché local communications de la FSC dans le sillage de cette affaire. Il serait sans doute aussi utile de faire mention de l’article 5 (e) de la Financial Services Act, qui stipule que la FSC a pour devoir « to ensure, in collaboration with the Bank of Mauritius, the soundness and stability of the financial system in Mauritius. » Pour en revenir au Joint Coordination Committee FSCBoM, des observateurs ont tenu à ajouter que la FSC avait l’option de convoquer ce board au lieu de crier sur tous les toits qu’elle n’avait pas le pouvoir d’agir. A noter également cette remarque ironique, mais pertinente, à l'effet qu’il ne faut que quelques secondes à la FSC pour savoir si la compagnie, rapportée par un consommateur, détient une licence ou pas. LES POUVOIRS DE LA FSC D’où la perception négative de la volonté de la FSC de « get fully involved or not ». Ce qui nous amène à une déclaration du directeur de communication de l'organisme, et une autre du Chief Executive Officer, insistant que la FSC n’a pas de pouvoir sur les ‘non licencees.’ Un argument réfuté par certains experts du secteur, pour qui la loi fait justement provision pour que la FSC agisse contre les compagnies opérant sans licence dans le secteur financier. Autrement, selon ces mêmes personnes, le législateur aurait laissé une faille énorme dans son intention de protéger le secteur financier. A ce stade, il serait bien de noter que l’intention de cet article n'est pas de faire le procès des dirigeants actuels de la FSC. L'objectif est simplement de permettre un débat sain à travers nos colonnes. Un débat dans le

droit fil de l’appel lancé par Papa Madiaw Ndiaye, l’invité d’honneur de la conférence Private Equity Mauritius, lors de son discours prononcé jeudi dernier. Le ‘founding partner’ et ‘chief executive’ d'Advanced Finance & Investment Group a en effet exprimé le souhait que les expertises et l’expérience de la FSC de Maurice soient mises à la disposition de l’Afrique pour la mise sur pied d’un cadre légal de standard mondial par rapport au secteur financier. La FSC étant ainsi le porte-drapeau de notre secteur financier, l’erreur n’est pas permissible. Au cas contraire, c’est le pilier en devenir qui est à risque sur le plan de la perception internationale. Ainsi, à travers des témoignages émanant de certains acteurs importants du secteur financier local, dont aucun ne s’intéresse au poste de Chairman ou de CEO de la FSC, nous véhiculons le ‘mood’, la perception et les appréhensions qui prévalent au sein de la finance mauricienne. Pour la plupart d'entre eux, il est très important « that we get things right » dans ce domaine, où nous parlons avant tout de « high skilled jobs ». Un critère par rapport auquel le personnel local ne fait pas forcément le poids. D’où, selon les observateurs, l'importance capitale que la FSC participe pleinement au développement du secteur, et ce en dépit du débat sur le rôle d'un régulateur dans la promotion du secteur financier. L’article 5 de la Financial Services Act fait d’ailleurs la mention suivante : « The objects of the Commission shall be (d) to study new avenues for development in the financial services sector, to respond to new challenges and to take full advantage of new oppor-

tunities for achieving economic sustainability and job creation. To work out objectives, policies and priorities for the development of the financial services sector and global business and to make recommendations to the Minister (Ndlr : le ministre des Finances). » Mais nous devons aussi nous rendre à l’évidence que Maurice est un petit pays et que nous ne sommes pas nombreux à comprendre le secteur. Qui d’autre qu’une institution comme la FSC pour avoir un regard clair et net en ce qu’il s’agit des services financiers ? A force de prendre exemple sur Singapour, ne faudrait-il pas commencer à agir comme Singapour, du moins dans ce que ce pays a fait de bien ? Ce sont là des questions qui émergent après la conclusion de certains observateurs au sujet de la Monetary Authority of Singapore. Cette dernière n’hésiterait pas, selon eux, à être proactive, bien qu’elle soit un régulateur. La FSC de Maurice ne peut pas être un « silent spectator », affirment certains. D'autant que ce n’est pas le personnel qui manque, du moins en nombre. De 2008 à 2013, la masse salariale de la FSC est en effet passée de Rs 54 millions à un peu plus de Rs 133 millions par année. POUR UN MEILLEUR CONTRÔLE Il nous revient pourtant que la possibilité de fusionner la Banque centrale et la FSC est revenue sur le tapis, en grande partie, selon certaines sources dignes de foi, parce que « the case has been made by the FSC for it to be so », de par ses manquements. Il semblerait en effet, que l'intention, dans les coulisses de la haute finance mauricienne, est de suivre la tendance mondiale. A Maurice, l'exercice d'inté-

gration se résumerait à une fusion de la Banque centrale et de la FSC, un projet annoncé en 2010, mais qui, à ce stade, est toujours au niveau de l'évalutation. Pour la simple raison que, selon les observations d'une école de pensée, la perception d'un affaiblissement possible de la FSC serait une conséquence non négligeable. Depuis 2001, on a cru bon de séparer le secteur bancaire de celui des services. Une formule qui, selon les experts, avait fait ses preuves jusqu'à ces dernières années, comme cela a été le cas sur la scène internationale. Il était ainsi nécessaire pour les entreprises pratiquant dans les deux domaines d'avoir deux types de licences. Le but étant de permettre aux deux institutions d'avoir un meilleur contrôle à travers une supervision constante, et ainsi d'assurer, contre vents et marées, la bonne réputation du secteur financier mauricien. Or, nous avons témoigné à Maurice, l'année dernière, du premier test de 'takeover' à travers une Offre Publique d'Acquisition (OPA). De graves accusations ont été en effet Portées contre la FSC dans cette affaire. Il y a aussi les cas des 'Ponzi schemes' qui ont été une véritable douche froide pour le secteur. Dans les deux cas, le reproche fait à la FSC est similaire : « La FSC n'a pas agi alors qu'elle avait le pouvoir et les moyens de le faire. » A l'exemple de l'intérêt porté par l'US Securities Exchange Commission, lors de son passage à Maurice, à la façon dont le scandale des chaînes de Ponzi a été géré, certains événements ont fait sourciller et ont remis sur la table la possibilité d'une fusion BoM-FSC. Une option où la

Banque centrale retrouvera les pleins pouvoirs sur le secteur financier, alors qu'il reviendra au Board of Investment d'assurer, seul, comme c'est déjà le cas, la promotion de Maurice en tant que destination financière. POURQUOI PAS UN OMBUDSMAN DES FINANCES? Après avoir essayé le modèle centralisant les pouvoirs de régulation entre les mains de la Banque centrale, nous avons eu droit à une séparation des services bancaires et financiers. Maintenant, selon nos recoupements, une troisième option serait aussi à l'étude : trois institutions contrôlant séparément les secteurs bancaire, financier et de la consommation, le tout sous la supervision d'un Ombdusman des Finances, qui assurerait un 'overview'. Une formule qui, encore une fois, butte contre un problème de « high skilled competences », qui ne seraient pas courant sur le marché local. Alors que l'on se penche toujours sur la formule à adopter, les choses évoluent rapidement dans le secteur financier. Le secteur offshore du pays implique des échanges d'importants volumes d'argent, alors même que le poids de l'offshore banking dans le secteur bancaire local interpelle certains experts. D'où l'urgence, selon eux, de revoir le système actuel de régulation et d'avoir un régulateur unique de supervision. Le tout pour assurer la crédibilité du secteur financier de l'île. Concluons sur le conseil de Papa Madiaw Ndiaye, qui s'exprimait sur le positionnement du Rwanda et de la Gambie comme des destinations d'investissement de haute facture : « Mauritius should not rest on its laurels ! »

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