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ACTA PUBLICA

MERCREDI 18 SEPTEMBRE 2013 EDITION 147 | CAPITAL

CIEL INVESTMENT – MADAGASCAR

Le rachat controversé de BNI Le consortium Indian Ocean Financial Holdings Ltd (IOFHL), composé de Bank One, Ciel Investment Ltd et de Trielite Group Ltd – basée aux Iles Vierges Britanniques, aurait finalement obtenu le feu vert des autorités pour le rachat des 51% d'actions du Crédit Agricole dans BNI-CA, Madagascar. Une transaction diversement commentée, voire critiquée ▼ HERRSHA LUTCHMAN-

BOODHUN

L

a nouvelle circule depuis quelques semaines. Un consortium comprenant le groupe mauricien Ciel Investment, qui s'était mis en avant pour le rachat de 51% du capital de la banque BNICA Madagascar, aurait reçu l'approbation des autorités concernées pour aller de l'avant avec la transaction. En juillet déjà, les journaux avaient annoncé que les dernières conditions suspensives étaient en train d'être levées, le Crédit Agricole (CA) étant pressé de se débarrasser de ses parts. Pourtant, dans la Grande île, cette transaction financière ne plairait pas à certains. Dans un premier temps, la Commission de Supervision Bancaire et Financière (CSBF) avait ainsi signifié son refus, les autorités souhaitant que le Crédit Agricole demeure comme actionnaire de référence de BNI-CA Madagascar, à hauteur de 33% du capital. Cette condition aurait

été levée le 9 septembre, permettant ainsi à Ciel Investment/Bank One, à travers Ocean Financial Holdings Ltd (IOFHL) et Trielite Group, de Hassanein Hiridjee, homme d'affaires français résidant à Madagascar, de procéder à l'acquisition. « VENTE PRÉCIPITÉE » Les autorités étaient d'avis que la maison-mère Crédit Agricole apportait une certaine valeur à BNI, étant une banque de référence interna-

tionale. Ce qui ne serait plus le cas avec le consortium dont fait partie Ciel Investment. Certains médias, à l'instar du magazine Madagasikara, ont également répercuté l'opinion que le consortium n'aurait pas l'envergure nécessaire. Quant au refus initial, elle est lié au fait que le nom de Bank One aurait « fait tiquer plus d'un au sein du conseil d'administration de BNI-CA », car la banque ne serait pas « une banque de référence au sein du système financier mauricien.

» En d'autres termes, elle n'occuperait pas une grande part du marché local. Ce qui fait que certains ont parlé de « vente précipitée ». Le départ de Crédit Agricole est évoqué depuis 2012. Après des mois de refus et de conditions imposées, le groupe obtient, en juin 2013, l'approbation de son conseil d'administration pour la cession de ses 51% d'actions dans BNICA Madagascar. L'avis de l'Etat malgache demeure quant à lui négatif. Ainsi, dans une lettre datée du 7 juin, la Direction Générale du Trésor réitère que le repreneur doit être une banque de référence internationale. Le 22 août dernier, le groupe essuie un nouveau refus. Cette fois-ci, c'est face à la CSBF, qui évoque la raison mentionnée plus haut. Survient alors un coup de théâtre le 4 septembre dernier. En l'absence du directeur général du Trésor, les membres du CSBF auraient décidé de revenir sur la décision du 22 août, pour approuver le principe de cession.

AFRICAN BUSINESS OF THE YEAR

GML PARMI LES NOMINÉS LE GROUPE mauricien GML, qui brasse un chiffre d'affaires de 27 milliards, joue dans la cour des grands. Au même titre que Dangote Cement ou de multinationales comme DHL ou Siemens, Cluster Africa, GML a été nominé aux African Business Awards, dans la catégorie « African Business of the Year ». La prestigieuse distinction sera remise au grand gagnant le 20 septembre prochain, à l'hôtel Mandarin, à New York, en présence notamment de chefs d'Etats, de dignitaires, et d'entrepreneurs africains. Cette récompense a pour objectif de célébrer les réalisations et les réussites de ceux qui ont apporté une contribution exceptionnelle au développement du continent, aux aspirations

économiques de ses citoyens et à la transformation de l'image de l'Afrique sur les marchés internationaux. Les entreprises plebiscitées doivent aussi avoir affiché des normes élevées de bonne gouvernance et de responsabilité sociale et environnementale. Arnaud Lagesse, CEO de GML, a exprimé sa fierté de voir que la qualité du travail du groupe, ces dernières années, lui a permis de se retrouver, aujourd'hui, dans la même catégorie

que de grosses pointures du continent africain, telles que Dangote Cement. Cette nomination prouve, selon lui, que GML a su grandir de manière soutenue, tout en mettant en place des systèmes de travail de niveau international. « C’est également une reconnaissance du travail des 15 000 employés, qui donnent le meilleur d’eux-mêmes chaque jour pour faire avancer le groupe. Je tiens à les remercier pour le travail accompli jusqu’ici, et ensemble, je sais que nous pouvons aller encore plus loin. Au-delà du groupe, c’est l’île Maurice entière qui rayonne sur le devant de la scène internationale, et si nous gagnons, ce sera une grande victoire pour tous les Mauriciens », soutient Arnaud Lagesse.

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Hôtellerie: Le groupe FAIL essuie des pertes de Rs 19 millions

MALGRÉ LE « good operational performance » du Hennessy Park Hotel, le groupe Food & Allied Industries Ltd (FAIL) a connu des pertes de Rs 19 millions en raison d'un ralentissement des opérations. C'est ce qui ressort du bilan financier pour la période prenant fin au 30 juin 2013. C'est en juillet 2011 que Tropical Paradise Co Ltd, affiliée au groupe Food & Allied Industries Ltd, (FAIL) fait l'acquisition de The Link Ebène City Hotel (ex-Sheraton) au coût de Rs 600 millions. Depuis rebaptisé Hennessy Park Hotel, à la suite d'une rénovation et d'un exercice de rebranding, il est devenu un lieu incontournable pour les conférences, mais aussi en tant qu'hôtel d'affaires en plein cœur de la cybercité. Outre Henessy Park Hotel, l'ouverture de Le Suffren Apart Hotel and Wellness Centre, en juin 2012, a aidé à hausser le chiffre d'affaires de Rs 20 millions. Mais la rude compétition en termes de chambres disponibles et de restauration a eu un impact sur le taux d'occupation et la consommation. Même les contributions additionnelles venant du Marina Hotel n'ont pas suffi à améliorer la performance financière.

Maurice et l'Éthiopie discuteront de non-double imposition MAURICE ÉTUDIE la possiblilité de signer un 'Preferential Trade Agreement' et un 'Double Taxation Avoidance Treaty' avec l'Éthiopie. Ce sera l'un des objectifs de la mission officielle du ministre de l'Industrie, Cader Sayed-Hossen, dans ce pays, du 19 au 20 septembre. La délégation qu'il dirigera sera notamment composée du Chairman d'Enterprise Mauritius, d'officiers de cet organisme, ainsi que de plus de 30 représentants d'entreprises locales. Cette mission officielle, espère-t-on ainsi, pourra trouver des débouchés intéressants pour les exportateurs mauriciens dans ce pays d'Afrique qui, selon une étude de marché réalisée par l'organisme chargée de la promotion de notre secteur manufacturier, est très prometteur. De plus, l'Éthiopie a plusieurs atouts : un taux de croissance annuel de 10 %, une population jeune et le statut de membre du COMESA. Reste cependant la dure réalité : en 2012, Maurice n'a exporté que pour Rs 4 millions de produits vers l'Éthiopie.

Capital Edition 147  

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