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GREEN BUSINESS

MERCREDI 18 SEPTEMBRE 2013 CAPITAL | EDITION 147

RECYCLAGE

RVE donne une nouvelle vie à vos déchets électriques et électroniques

L’absence d’un cadre légal pour le traitement des Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques fait que c’est une activité encore méconnue à Maurice. Barbara Lopez, General Manager de Recyclage Valorisation Environnement (Mauritius) Ltd, trouve que c’est un retard que la pionnière du développement durable dans la région océan Indien, se devra de combler ▼ LEENA GOORAYA

I

ncorporée à Maurice depuis 2010, RVE (Mauritius) Ltd a débuté ses activités fin 2011. Le temps d’obtenir tous les permis et autorisations nécessaires des ministères des Collectivités locales et de l’Environnement et du Développement durable pour opérer en tant que « Local Recycler of E-waste ». RVE (Mauritius) Ltd est une filiale du groupe réunionnais RVE Sarl fondé en 2006 et spécialisé dans la collecte, le traitement et la valorisation des Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques (DEEE). Barbara Lopez fait observer que les problématiques en termes de gestion de déchets sont sensiblement les mêmes entre les îles sœurs, pour ne pas dire entre toutes les îles de la zone océan Indien. Précisant, toutefois, qu’à La Réunion, la directive européenne de 2005 a bouleversé le secteur du recyclage en considérant que les déchets électriques et électroniques ne devraient plus être considérés comme des déchets en fin de vie et devraient être recyclés. Un principe qui ne devrait pas tarder à arriver jusqu’à Maurice, souligne-t-elle, en se référant à la mise en place du projet Maurice île durable (MID).

Pour l’heure, la branche mauricienne de RVE compte cinq personnes, la création d’emplois évoluant avec le volume de déchets traités. A titre d’exemple, « RVE Sarl avait débuté ses activités avec 2 personnes, aujourd’hui l’effectif a franchi la barre des 100 salariés. L’objectif à terme à Maurice serait donc de parvenir à reproduire le même schéma qu’à la Réunion », avance notre interlocutrice. VIVIER D’EMPLOIS VERTS Étonamment, RVE Maurice n'a pour l’instant fait l’acquisition d’aucune machine, le processus de démantèlement est réalisé manuellement par des techniciens formés aux diverses procédures de tri et séparation de matières. Alors que La Réunion dispose de machines pouvant traiter les câbles, les poudres cathodiques contenues dans les vieux écrans CRT, un compresseur pour matière plastique, etc. « Mais le tour de Maurice viendra et l’investissement pour l’acquisition de ce genre de machine est déjà à l’étude », indique Barbara Lopez. Quels dangers courons-nous lorsque nous abandonnons les DEEE dans la nature ? La plupart des DEEE sont considérés comme « Hazardous Waste », donc néfastes pour l’homme comme pour l’environnement.

La directrice de RVE Maurice explique : les composants et objets électriques et électroniques appartiennent à une catégorie de produits dont l’empreinte écologique est très élevée en raison d’importantes quantités de ressources en eau, métaux, et énergies mobilisées par leur conception, leur fabrication, leur transport, et leur utilisation. « Par ailleurs, les DEEE contiennent des métaux précieux (argent, or, palladium, cuivre et indium en particulier) qui sont source potentielle d'emplois, certes, mais d'emplois dangereux s'ils ne sont pas réglementés par des législations et pratiques prenant en compte que certains composants des DEEE sont aussi des déchets hautement toxiques, » ajoute-telle. En effet, ces déchets peuvent contenir plomb, zinc, arsenic, mercure, lithium et autres substances dangereuses. Un moniteur, par exemple contient du baryum et du phosphore, des éléments toxiques pour l'environnement et la santé humaine. En revalorisant nos déchets DEEE, cela peut créer de nouvelles opportunités. Le recyclage des déchets DEEE constitue à lui seul une triple opportunité. D’une part, il permet à une entreprise de se différencier en termes d’image vis-à-vis de ses concurrents,

RVE Sarl avait débuté ses activités avec 2 personnes, aujourd’hui l’effectif a franchi la barre des 100 salariés. L’objectif à terme à Maurice serait donc de parvenir à reproduire le même schéma qu’à la Réunion Barbara Lopez, General Manager de Recyclage Valorisation Environnement (Mauritius) Ltd

PHOTOS : PATRICE BRETTE

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