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CONFLITS AU TRAVAIL : INÉVITABLES, MAIS GÉRABLES

Le contexte professionnel est un cadre qui produit rivalité, jalousie et compétition. S’ajoute à cela notre propre individualité, nos défauts, nos qualités, notre perception du monde. Fort de ces deux constats, on peut conclure que les conflits sont inévitables, mais gérables LA DIFFÉRENCE, C’EST LE CONTENU

Edition 141 – Mercredi 7 août 2013

AMÉDÉE DARGA,

CHAIRPERSON D'ENTERPRISE MAURITIUS

« IL N’Y A PAS DE REGISTRE OFFICIEL DE PME » Il est difficile de se faire une idée exacte du secteur des Petites et moyennes entreprises. Elles ne fonctionnent sous aucune autorité légale et sont définies tantôt d'après leur chiffre d'affaires, tantôt par leur nombre d'employés. Mais toujours est-il qu'on compte beaucoup sur elles pour résorber le chômage

Votre hebdomadaire à Rs 15

MICHÈLE TSANG PING VERSUS MCB

LES ZONES D’OMBRE L'affaire opposant la Mauritius Commercial Bank (MCB) à Michèle Tsang Ping, ex-Head of SWIFT Services de la banque, revient dans l'actualité avec l'interrogatoire – manqué – de la Head of Staff Accounts Roxanne Potié. Une occasion pour Capital de revenir sur les faits, ainsi que les zones d'ombre, de cette affaire

SOUS-ÉVALUATION DOUANIÈRE

LES DESSOUS DE L’AFFAIRE CHÔMAGE ET PMES

LE GRAND CONSTAT

Une formation mieux en adéquation avec l'offre, un meilleur accompagnement des PMEs et une révision des mécanismes qui déterminent les salaires. Ce sont les recommandations de base pour combattre le chômage n pages 6-13


FINAL REPORT

MERCREDI 7 AOÛT 2013 EDITION 141 | CAPITAL

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SOUS-ÉVALUATION DOUANIÈRE

LES DESSOUS DE L’AFFAIRE

«Conspiracy to defraud revenue.» C'est la conséquence d'un achat de voiture estimée à environ Rs 16 millions, qui impliquerait trois personnes, dont l'homme d'affaires Thierry Lagesse. Et pour cause : les autorités soupçonnent une transaction douteuse dans cette affaire. Capital vous propose les dessous de l'histoire... ▼ RUDY VEERAMUNDAR

aurait remis la voiture à Thierry Lagesse «for recreational purposes. » D'autres faits intriguent le CCID : Si la voiture est bien assurée au nom d'Ashis Kumar Seeburrun, l'adresse fournie est celle de City Brokers Ltd, 'holding company' dont le conseil d'administration est présidé par Thierry Lagesse. Enfin, les enquêteurs se demandent si Ashis Kumar Seeburrun est en mesure de payer les Rs 315 251 nécessaires par an pour le remboursement des emprunts au sujet du véhicule.

N

ous sommes en 2011 lorsqu'une Mercedes SLS AMG débarque à Maurice, en provenance d'Angleterre, pour le compte d'un dénommé Ashis Kumar Seeburrun. Ce Mauricien, âgé de 34 ans, fait valoir ses droits de 'returning resident' et bénéficie d'une réduction de frais de douane, comme le lui permet la loi. Mais, il s'avère que le véhicule est ensuite mis à la disposition de Thierry Lagesse, qui en fait usage personnel. Ce qui ne manque pas d'attirer l'atttention de la Mauritius Revenue Authority (MRA). Dans une lettre en date du 28 septembre 2012, sous la signature de l'officier Ramburuth, l'homme d'affaires Thierry Lagesse est informé des faits suivants : « Following an investigation on vehicle cleared from customs at a concessionary rate of Excise Duty, it was found that the said vehicle cleared from Customs was in your possession and put to use for purposes other than that in respect of which the exemption has been granted... » La Mercedes SLS AMG est ainsi saisie par la MRA, qui est d'avis que les taxes auraient été, dans ce cas précis, sous-évaluées. TRANSFERT DE 89 995 LIVRES STERLING Vive réaction d'Ashis Kumar Seeburrun qui décide d'entrer une action en chambre, devant la cour suprême. La MRA a mal agi et doit remettre le véhicule à son propriétaire, estime-t-il. Il est à noter, ici, qu' Ashis Kumar Seeburrun a jugé utile de chercher réparation en cour 'in presence of Thierry Lagesse'. Le premier nommé est représenté par Me Jason Harel alors que Lagesse retient pour sa part les services de Me Iqbal Rajahbalee. Selon nos recoupements d'informations, les hommes de loi de Seeburrun et Lagesse auraient, à un moment donné, signifié au juge en référé de l'intention de leurs clients de bien vouloir accepter de « compound ». Ce qui implique qu'ils auraient accepté de payer la totalité des frais douaniers, sans exemption, comme l'aurait demandé la MRA. Une motion qui n'a eu pour effet que d'inciter les représentants légaux de la MRA à maintenir leur position. Pourquoi vouloir « compound » alors qu'Ashis Kumar Seeburrun avait intialement réclamé ses droits d'exemption, se demandent-ils ? Le dossier est référé à la police. Il nous revient également que

l'homme d'affaires Thierry Lagesse a rencontré une importante personnalité après la saisie de la voiture. La décision de «compound» fait-elle suite à cette rencontre ? Dans le camp de Thierry Lagesse, on affirme que ni lui, ni Ashis Kumar Seeburrun n'aurait eu l'intention de se plier à la demande de la MRA. Selon nos informations, Ashis Kumar Seeburrun aurait concédé avoir remis la voiture à Kalua Management Ltd, représenté par Thierry Lagesse, pour une période de quatre ans à partir du 20 février 2011. Soit deux jours après le dédouanement du véhicule. L'autre point saillant demeure, selon les autorités, un transfert de 89 997.84 livres sterling d'un

compte de Thierry Lagesse au bénéfice de SS Motor, le 5 janvier 2011. Cette compagnie appartient au fait à Dhaniwsar Toolsee, le représentant mauricien de Houston Motor Cars, qui a vendu la Mercedes SLS AMG. Deux jours plus tard, c'est la somme de 89 995 livres sterling qui est transférée sur le compte de Houston Motor Cars Ltd de la part de SS Motors. Question : Pourquoi revenait-il à Thierry Lagesse de payer l'importateur du véhicule si celui-ci avait été acheté par Ashis Kumar Seeburrun ? C'est la question que tente d'élucider les enquêteurs du Central Criminal Investigation Department (CCID), alors qu' Ashis Kumar Seeburrun explique qu'il

LE ‘TIP OF THE ICEBERG’ Le dossier repose essentiellement sur un point : Un 'returning resident' n'a pas le droit de vendre un véhicule ayant benéficié de certaines exemptions douanières avant quatre ans. Ainsi, il est exigé de ces 'returning residents' de certifier chaque année qu'ils sont bien à Maurice et font usage du véhicule en question. Dans un communiqué émis par Thierry Lagesse hier, l'homme d'affaires explique qu'il ne peut commenter cette affaire sur les conseils de ses hommes de loi, avant de préciser qu'il s'agit d'une affaire privée, n'impliquant nullement le Groupe Mon Loisir (GML) dont il préside le conseil d'administration. Dans l'entourage du principal concerné, on explique que la voiture ne lui appartiendrait pas et qu'il n'aurait en aucun cas enfreint la loi. Pour la police toutefois, l'énigme demeure entière : La compagnie de Toolsee importe la voiture, le paiement est fait par Thierry Lagesse, la voiture arrive à Maurice au nom d' Ashis Kumar Seeburrun et c'est Thierry Lagesse qui roule la Mercedes. Alors que Seeburrun et Toolsee sont interrogés par le CCID, Thierry Lagesse, actuellement à l'étranger, sera lui entendu à son retour à Maurice. « L'affaire Thierry Lagesse », comme il convient déjà de l'appeler, ne serait en fait que le 'tip of the iceberg.' Un habitant du Nord serait dans le viseur de la police. Selon nos recoupements, il serait considéré comme étant le cerveau derrière un « business » de voitures de luxe importées sous le nom de 'returning residents'. « Donnez-moi Rs 7 ou Rs 8 millions et je vous file une bagnole qui en vaut le double. Je connais le secret ». Un slogan qui aurait séduit plus d'un. L'enquête qui ne fait que démarrer pourrait lever le voile sur un énorme réseau où certains 'big boss' ont pu s'approprier certains bolides...sans en être véritablement le propriétaire.


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ACTA PUBLICA

MERCREDI 7 AOÛT 2013 CAPITAL | EDITION 141

L'affaire opposant la Mauritius Commercial Bank (MCB) à Michèle Tsang Ping, ex-Head of SWIFT Services de la banque, revient dans l'actualité avec l'interrogatoire – manqué – de la Head of Staff Accounts Roxanne Potié. Une occasion pour Capital de revenir sur les faits, ainsi que les zones d'ombre, de cette affaire

MICHÈLE TSANG PING VERSUS MCB

LES ZONES D’OMBRE ▼ JESSEN SOOPRAMANIEN

lors qu'elle devait se présenter au Central CID hier, Roxanne Potié, Head of Staff Accounts de la Mauritius Commercial Bank aurait fait faux bond aux enquêteurs. Ces derniers souhaitaient l'interroger dans le cadre de la plainte logée par Michèle Tsang Ping contre la MCB, dans une affaire qui remonte à septembre 2011. En 2004, les amies d'enfance Michèle Tsang Ping et Patricia Smith, toutes deux des employées de la MCB à l'époque, avaient ouvert trois Joint Accounts à la banque. Il est à noter que le frère de la défunte Patricia Smith est parenté à l'ancien Chairman de la banque, Yvan Lagesse, pour avoir épousé la soeur de ce dernier. Partageant de solides liens d'amitié, elles avaient opté pour des comptes de type 'either or / Survivor Type', qui permettaient à l'une d'avoir accès aux comptes et d'en prélever des sommes sans que l'approbation de l'autre ne soit nécessaire. Cependant, suite à la mort de Patricia Smith le 11 août 2011, la banque refuse, le 15 septembre, de suivre certaines instructions de Michèle Tsang Ping relatives aux comptes en question, sur lesquelles se trouve une somme de Rs 4 173 795.

Ping, l'enjoignant à rembourser lesdites sommes « and thereby resolve the highly embarassing situation in which you have placed the bank ». Estimant qu'elle n'a rien fait d'illégal, Michèle Tsang Ping charge Me Siv Potaya, alors son représentant légal, de répondre à la MCB. Ce dernier, dans une correspondence adressée à Anthony Withers le 22 mars, s'appuie sur les dispositions légales pour justifier les retraits de sa cliente. « Ces comptes ne sont pas des comptes indivis, soit où toute opération de retrait requiert le consentement de l'ensemble des indivisaires, mais des comptes joints avec la solidarité active permettant ainsi à chacun des cotitulaires et créanciers du banquier pour l'intégralité de la somme disponible et il peut, par conséquent, effectuer toute opération de retrait jusqu'à l'épuisement du crédit. Ainsi que l'exprime l'article 1197 du Code Civil, le paiement fait à l'un des créanciers solidaires libère le débiteur. La solidarité active a été surtout à propos des comptes joints bancaires, comptes ouverts à plusieurs personnes successibles les unes des autres, mais en fait alimentés par une seul d 'entre elle; au décès de cette dernière, les autres retiraient la totalité des sommes déposées afin de les soustraire au droît de succession », argue Me Potaya.

SOLE HEIR Comment l'expliquer ? Un premier problème selon certains, concerne l'existence même des comptes. Un circulaire de la banque interdit en effet aux employés de détenir ce type de compte avec des clients et en explique les inconvénients. Cependant, si les comptes en question allaient à l'encontre des règles de la banque, comment expliquer que celles-ci aient pu être ouvertes ? D'autant plus que selon nos recoupements, un département spécifique est chargé de la supervision des comptes des employés. De plus, de par la nature même des comptes 'either or / Suvivor Type', en cas de décès de l'un des détenteurs, l'autre en devient normalement le seul propriétaire légal. La seule situation où la banque peut interdire un retrait de ce type de compte, c'est dans le cas d'une objection d'un éventuel héritier du codétenteur du compte joint. C'est précisément ce qui s'est passé dans cette affaire. Dans une correspondance adressée à Anthony Withers, Chief Executive Banking de la MCB, en date du 9 mars 2012, Vanessa Louise Brown, la nièce de Patricia Smith, se présentant comme la « sole heir to the estate of my aunt », affirme que les sommes déposées sur les comptes joints représentaient les

OBLIGATION LÉGALE L'homme de loi s'apesantit également sur une des clauses figurant sur le 'Savings Account Form' rempli par Michèle Tsang Ping et Patricia Smith à l'ouverture du compte d'épargne joint, le 2 mars 2004. « On the death of one or any one of us (as the case may be), the balance standing to the credit of the account shall be payable to the survivor as the bank's sole creditor for the said balance without prejudice, however, to any rights the bank may have in respect thereof, arising out of any lien, mortgage, charge, pledge, set off, counter claim or otherwise whatsoever and also subject to compliance with the law », peut-on lire dans la correspondance. Me Siv Potaya affirme ainsi que sa cliente n'a aucune obligation légale de respecter la demande de restitution des sommes mentionnées, puisqu'elle est désormais la seule titulaire de ces comptes, après la disparition de l'ancienne « cotitulaire » . C'est là que les choses deviennent floues. Le 30 mars, soit 8 jours plus tard, une correspondance portant la signature d'Eddy Jolicoeur, Group Head of Human Resources de la MCB, et adressée à Michèle Tsang Ping, explique que Vanessa Brown a fait comprendre à

A

Me Siv Potaya affirme ainsi que sa cliente n’a aucune obligation légale de respecter la demande de restitution des sommes mentionnées, puisqu’elle est désormais la seule titulaire de ces comptes, après la disparition de l’ancienne « cotitulaire »

économies de sa tante, et que Michèle Tsang Ping avait reconnu ne pas y avoir contribué. De plus, elle demande ce qu'il est advenue d'une somme ayant été prélevée des comptes. « I have now learnt that a sum of about Rupees 1 800 000 had been withdrawn, in my absence and without my authorization, from my aunt's savings account on 11 November 2011. I wish to be informed how come this transaction has been done and where the money has gone », ajoute-t-elle dans la correspondance. En fait, le 9 novembre 2011, Michèle Tsang Ping s'était enregistrée au service d'Internet Banking de la MCB, avant d'effectuer un premier transfert de Rs 100 sur son compte personnel à la banque. S'ensuit, le 11 novembre, le transfert de Rs 1 873 000. Suite à la correspondance de Vanessa Brown, le 20 mars 2012, Anthony Withers adresse une lettre à Michèle Tsang


ACTA PUBLICA

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Dans une correspondance adressée au Chairman du Disciplinary Committee de la MCB, en date du 24 octobre 2012, Me Jean Claude Bibi, l'avocat de Michèle Tsang Ping, fustige la banque commerciale et sa vision de l'éthique. « You can be sure of one thing: their ethics, whatever they are, and however imprecise and self-serving they are, are not mine. Ironically, from my perspective, (…) unwittingly complimented me when he thought he was insulting me by depicting me as 'unethical'. I am somewhat grateful that he reminded me of what is now obvious to all: my humble self is very different (…) » Ainsi conclut-il sa correspondance, dont nous vous proposons quelques morceaux choisis :

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ME JEAN CLAUDE BIBI, AVOCAT DE MICHÈLE TSANG PING

« THEIR ETHICS ARE NOT MINE... »

1. At the last sitting of the Ctee held on 18 October 2012, I produced a letter I had addressed to Mr. Jolicoeur of the MCB's Department of Human Resources requesting clarification of the second additional charge levelled against my client. A copy of the previous letter I had written to the Board of the MCB was enclosed to establish since what date the MCB had been made aware therein of the fact that my client complained to the police. 2. (…) made gratuitous allegation at some point that it was not “ethical” for Counsel for Mrs. Tsang

reject his portrayal of me as “unethical” but I do not propose to chastise him. And I will not seek any remedy. Let us call it “Dilo lor bredsonz”. I let go as, just like him, I hope for a more serene atmosphere for our proceedings without, however, tolerating for one minute the arrogant abuse of my patience by some insolent witnesses during cross-examination.

Ping to write to her employer since there were and still are disciplinary proceedings going on 3. I protested vehemently and demanded that the allegation be withdrawn. I do

la banque que les deux femmes avaient trouvé un terrain d'entente en novembre 2011, et qu'il n'y avait plus de contentieux entre elles. « Furthermore, it has come to light, after reviewing all exchanges between parties that (i) it was indeed the intention of Mrs Vanessa Louise Brown to give you a share in the proceeds of the Estate of late Patricia Smith in March 2012 and same had been agreed with you since November 2011. Whereas you had previously been made to undertsand that the monies held in the name of Late Patricia Smith should be kept in abeyance until Mrs Vanessa Louise Brown comes back to Mauritius in March 2012 to undertake the final settlement of the Estate of late Mrs Patricia Smith, you have taken advantage of your Managerial position at the Bank and unilateraly appropriated funds which were held in the custody of the Bank as from November 2011: you have successfully withdrawn firstly Rs 100 and then

not think he did. He is, after all, entitled to express his own opinion and/or that of his clients. Our Constitution gives him the right to do so. It is a matter of regret that he chose to abuse of it. I

Rs 1,873,000 from the Joint Account and transferred same to your personal account, on the 10th and 11th November 2011; « (ii) You have put your employer, the Bank, in a very embarassing situation towards Mrs Vanessa Louise Brown to whom the comfort and assurances were given that the funds were safely held and you are fully aware of the consequences of your doings in this particular regard; (iii) in so doing, you have, from an ethical point of view, violated the basic parameters of the relationship of trust expected of an employee of your standing and your position thereby causing prejudice to the Bank as your employer », soutient Eddy Jolicoeur. Michèle Tsang Ping est alors suspendue et est appelée à comparaître devant un comité disciplinaire au siège de la MCB, afin de s'expliquer sur toute cette affaire. Entre-temps, Me JeanClaude Bibi remplace Me Siv Potaya comme représentant légal de Michèle

5. (…) I wrote to the MCB Board as counsel for a customer who is complaining about the criminal and unethical acts of the MCB, her Banker not her employer. Again, my client complained to the Bank of Mauritius in her capacity as a customer just as she complained to the Police. It is also as a customer and as a citizen that she has filed a claim for damages before the Supreme Court against her Banker's criminal and unethical acts. It is my considered opinion that all customers are entitled to complain and denounce the criminal turpitude of Bankers who transgress the Banking Act. (…). 6. I took great care in the preamble to the said letter to

[...] You have successfully withdrawn firstly Rs 100 and then Rs 1,873,000 from the Joint Account and transferred same to your personal account, on the 10th and 11th November 2011

make this distinction very clear and I specifically mentioned that the present disciplinary proceedings will NOT be discussed. I did so to forestall the very insulting attack that (...) has deemed fit to launch against my humble person at a time when his client is mounting fresh and vicious attacks against the constitutional right of my client to have to access to the police, the auxiliary of our criminal justice system. This is not mere coincidence. It is part and parcel of the original policy to intimidate, to harass and to disparage under the cover of “more elegant language”! (...)

13. (...) I have learned that oppressors have a cynical inclination to impose their own dubious ethics upon those they have the power oppress and even beyond. They should expect resistance to their oligarchical pretensions just as I expect them to do their worst by abusing of their power to crush mercilessly the resistance they provoke. They are used to winning. I am used to fight back. An old habit of mine. The identity, the might and the cruelty of the enemy are irrelevant.

Tsang Ping. Le comité disciplinaire donnera finalement tort à cette dernière, qui recevra sa lettre de licenciement le 27 novembre 2012. En attendant que la police poursuive son enquête dans cette affaire, certaines questions restent sans réponse. La MCB reproche elle à son ex-employée d'avoir agi illégalement ou de mettre la banque dans l'embarras, comme le laissent entendre plusieurs de ses correspondances ? Si la politique de la banque interdit ou déconseille aux employés de détenir des comptes joints avec des clients, pourquoi a-t-on permis à Michèle Tsang Ping et Patricia Smith d'ouvrir trois différents comptes en 2004 et de les opérer durant toutes ces années, tout en sachant qu'une situation pareille pourrait survenir ? Et alors que Vanessa Brown n'avait pas encore manifesté son opposition en septembre 2011, pourquoi la décision de ne pas permettre à Michèle Tsang Ping de disposer des comptes joints a-t-elle été prise, et par qui ?


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FEU ROUGE

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CHÔMAGE

COMMENT SE DÉBARRASSER DU MAUVAIS SORT

Le problème du chômage à Maurice est complexe. Si, prises en isolation, des mesures peuvent aider, comme une formation mieux en adéquation avec l'offre, un meilleur accompagnement des Petites et Moyennes Entreprises, ou encore une révision des mécanismes qui déterminent les salaires, une solution globale passera par une réforme du marché du travail. C'est ce que laissent comprendre trois documents d'experts du FMI ▼ HERRSHA LUTCHMAN-BOODHUN

L’ÉDUCATION N’EST PAS UNE PANACÉE

L

Les gouvernements ont tendance à interférer sur le marché de l'emploi dans le but de réduire l'inégalité et promouvoir l'emploi. Une telle interférence, selon Nathan Porter, a souvent des conséquences négatives, dont la compression des salaires et les restrictions sur la façon dont les entreprises exploitent les capacités de leurs employés. Cependant, elle affecte principalement les travailleurs peu qualifiés. Dans son rapport intitulé « Wage Compression, Employment Restrictions and Unemployment : The Case of Mauritius », publié en 2004, l'expert du FMI est d'avis que même une interférence relativement mineure peut considérablement fragiliser les emplois et étendre la durée du chômage :

e chômage inquiète ! Ayant atteint 8,1 % en 2012, ce qui représente plus de 48 000 personnes, rien n'indique que les choses vont rapidement s'améliorer. Selon le Fonds monétaire international (FMI), le taux n'accusera qu'une baisse d'un point, dans quatre ans, à condition que la croissance dépasse la barre des 4%. Actuellement aux alentours de 3 %, les prévisions de la Banque mondiale la situent à 3,4 % pour 2013. Pour sortir du tunnel, il sera donc impératif de passer par une réforme du marché de l'emploi. Le dernier rapport du Fonds monétaire international (FMI) - « Article IV Consultation », rendu public en avril 2013, présente une analyse pertinente de la situation :

(i)

(i) Le chômage demeure un fléau structurel qui affecte principalement les travailleurs n'ayant pas bénéficié de formation et les femmes. […] La forte demande de travailleurs compétents et qualifiés dans les services financiers, la technologie informatique, les services de santé et le tourisme ont, en partie, permis de compenser les pertes d'emplois dans les secteurs du sucre et du textile, où la maind'œuvre ne possède pas de qualification ou de formation. Cependant, cette demande n'a été que partiellement satisfaite, ce qui témoigne de l'inadéquation entre la compétence et un faible niveau d'éducation. (ii) Des réformes au niveau du marché de l'emploi pourra croître l'élasticité entre l'emploi et la croissance. Si nous assumons une croissance de 4,1%, nous pouvons déduire que le chômage pourrait baisser d'un pourcent uniquement d'ici 2017. (iii) Les décideurs devraient cibler en priorité l'emploi des jeunes peu qualifiés grâce à une formation subventionnée, comme déjà envisagée par les autorités. Mieux aligner le programme d'enseignement pour répondre aux exigences de l'industrie et accroître la participation du secteur privé dans l'enseignement professionnel – en

As in many countries, unemployment is primarily experienced by low-skill workers. […] In the face of strong economic growth, such an increase in unemployment suggests that the root of the problem could lie in Mauritius' labor market institutions. These institutions – which compress the wage distribution and limit the ability of employers to redeploy their workers – may have seriously impaired the functioning of the labor market. While they may not have resulted in significant unemployment in earlier decades, the increasing importance of (high-wage) service sectors in Mauritius, which have increased the impact of cross-market wage compression, as well as the gradual decline in the demand for low-skill workers, has probably exacerbated the impact of these institutions.

(ii) The government establishes a separate set of labor market regulations, called Remuneration Orders (RO), for each industry. These regulations specify the exact duties of every type of worker in the firm in great detail. With these regulations being aggressively enforced by the Ministry of Labor, worker redeployment is extremely difficult. Therefore, wages and conditions do not reflect the productivity or circumstances of individual firms. (iii) Although education is often seen as a solution to poor labor market outcomes in many countries, ignoring institutions that inhibit the demand for labor can have significant consequences. While the Mauritian government has embarked on a bold and necessary series of educational reforms, general labor market reform remains crucial. These educational reforms will undoubtedly help Mauritius move into other high-tech fields, but will not be able to assist all low-skill workers. First, these educational reforms will take some time to bear fruit. Second, with only 7.3% of Mauritians having their higher school certificate, it will take considerable time before these new endeavors can absorb much of Mauritius' low-skill labor force. Therefore, as in many countries, educational reform can, at most, be only a partial solution to unemployment problems.

Table 2 - Number of registered Unemployed and In Employment jobseekers by EIC and sex, as at end of May 2013 UNEMPLOYED

IN EMPLOYMENT

TOTAL

EIC1

Male

Female

Both Sexes

Male

Female

Both Sexes

Male

Female

Both Sexes

Curepipe Flacq Mahebourg Mapou Port Louis Quartier Militaire Quatre Bornes Riviere des Anguilles Riviere du Rempart Rose Belle Rose Hill Triolet Vacoas Total

214 524 274 386 796 245 260 330 226 494 338 334 460 4,881

391 2,567 862 1,085 1,044 906 719 850 740 1,372 588 1,031 795 12,950

605 3,091 1,136 1,471 1,840 1,151 979 1,180 966 1,866 926 1,365 1,255 17,831

455 2,335 950 1,549 999 972 715 705 765 1,187 485 1,326 585 13,028

299 997 420 820 515 500 627 445 374 643 327 914 353 7,234

754 3,332 1,370 2,369 1,514 1,472 1,342 1,150 1,139 1,830 812 2,240 938 20,262

669 2,859 1,224 1,935 1,795 1,217 975 1,035 991 1,681 823 1,660 1,045 17,909

690 3,564 1,282 1,905 1,559 1,406 1,346 1,295 1,114 2,015 915 1,945 1,148 20,184

1,359 6,423 2,506 3,840 3,354 2,623 2,321 2,330 2,105 3,696 1,738 3,605 2,193 38,093

1

Employment Information Centre


FEU ROUGE

La forte demande de travailleurs compétents et qualifiés dans les services financiers, la technologie informatique, les services de santé et le tourisme ont, en partie, permis de compenser les pertes d’emplois dans les secteurs du sucre et du textile, où la main-d’œuvre ne possède pas de qualification ou de formation Extrait du rapport « Article IV Consultation » du FMI, publié en avril 2013 particulier pour les jeunes qui ne se retrouvent pas dans le système traditionnel – serait également important. Soutenir les entreprises, principalement les Petites et Moyennes Entreprises (PME), dans la conception de leurs besoins d'emplois pourrait aussi être utile. Un 'earned income tax credit' pourrait encourager les travailleurs percevant un bas salaire à prendre des emplois au moyen desquels ils pourront acquérir davantage de compétences. Enfin, les mécanismes qui déterminent les salaires doivent être revus dans le but d'aligner les salaires réels avec la productivité, qui s'est améliorée. Si ce document demeure la plus pertinente vu qu'il vient d'être rédigé, plusieurs rapports contenant des opinions en ce sens existent depuis dix ans. Dans un document de travail publié en 2003 et intitulé « Mauritius: Unemploy-

PLANT & MACHINERY OPERATORS & ASSEMBLERS

ELEMENTARY OCCUPATIONS

TOTAL

1 0 1 0 1

1 0 0 0 2

5 0 2 0 6

13 2 4 5 6

34 3 0 0 1

0 0 0 0 0

125 0 7 0 70

132 0 53 0 15

67 0 58 0 14

378 5 125 5 115

4 5 0 2 2 1

4 0 1 1 5 13

6 5 101 82 106 5

5 6 2 36 146 114

5 55 21 30 126 0

0 0 0 0 0 0

39 1 14 0 0 0

88 4 20 0 0 0

4 15 0 0 12 0

155 91 159 151 397 133

3 5 1

0 48 1

3 3 13

1 0 0

3 1 0

0 0 0

0 0 0

0 0 0

1 0 0

11 57 15

0 0

9 0

6 0

2 0

8 5

0 0

0 0

3 1

13 6

41 12

25

85

341

336

289

0

249

263

132

1,720

ment and the Role of Institutions », deux experts du FMI, Calvin McDonald et James Yao, soulignent que la centralisation des conditions salariales est un facteur majeur décourageant la création d'emplois, que ce soit dans les secteurs primaire, secondaire ou celui des services. Leur analyse est la suivante : (i) Les institutions qui déterminent les rémunérations au niveau national sont le Comité Tripartite, le National Remuneration Board (BRB) et le Pay Research Bureau (PRB). […] Dans notre thèse, nous arguons que le chômage découle de deux raisons majeures. En premier lieu, le système de centralisation salariale à Maurice limite le 'skill premium', ce qui entraîne une réduction des emplois dans le secteur traditionnel et d'autre part une création insuffisante dans de nouveaux secteurs. Le système éducatif s'avère être l'autre facteur qui accentue le fléau du chômage. Il n'a pas réussi à donner aux travailleurs n'ayant aucune formation poussée la compétence requise et nécessaire pour être inclus dans les secteurs émergents. Ce qui a pour résultat d'agrandir l'inadéquation entre l'offre et la compétence. (ii) La croissance des secteurs qui nécessitent des travailleurs qualifiés et compétents, couplée aux rigidités du marché de l'emploi, peut expliquer la tendance du taux de chômage. Les décideurs peuvent améliorer les perspectives d'emplois s'ils investissent non seulement dans l'éducation afin de réduire l'inadéquation entre l'offre et la compétence, mais aussi en mettent sur pied une réforme des institutions qui règlent les rémunérations. Un an plus tard, soit en 2004, Nathan Porter, toujours du FMI, avait rédigé le

CRAFT & RELATED TRADES WORKERS

SKILLED AGR., FORESTRY & FISHERY WORKERS

TOTAL

SERVICE WORKERS & SALES WORKERS

Textiles Wearing Apparel Electricity, gas and water supply Construction Wholesale & retail trade; repair of motor vehicles, motorcycles & personal and household goods Hotels & restaurants Transport, storage & communications Financial intermediation Real estate, renting and business activities Information technology Public administration and defence; compulsory social security Education Health and social work Other community, social and personal service activities Private households with employed persons

CLERICAL SUPPORT WORKERS

Manufacturing of which:

TECHNICIANS & ASSOCIATE PROFESSIONALS

INDUSTRIAL GROUP

PROFESSIONALS

Table 16 Number of vacancies notified in the press and in EICs by industrial group and skill level, May 2013

<7

MANAGERS

MERCREDI 7 AOÛT 2013 EDITION 141 | CAPITAL

Table 17 - Change in number of vacancies notified in the press and in EICs by industrial group, April 2013- May 2013 INDUSTRIAL GROUP Agriculture, hunting, forestry & fishing Manufacturing of which: Textiles Wearing apparel Electricity, gas and water Construction Wholesale & retail trade; repair of motor vehicles, motorcycles, personal and household goods Hotels & restaurants Transport, storage & communications Financial intermediation Real estate, renting and business activities Information technology Public administration and defence; compulsory social security Education Health & social work Other community, social and personal service activities Private households with employed persons TOTAL

rapport « Wage Compression, Employment Restrictions and Unemployment : The Case of Mauritius ». Il y est principalement question des 'wage setting mechanisms' et du redéploiement du 'low-skilled labour', qui demeure l'une des faiblesses constantes du marché de l'emploi. L'expert note que Maurice n'est pas différent des autres pays du monde, car le chômage y affecte les travailleurs n'ayant bénéficié d'aucune formation. Quant aux réformes enclenchées à l'époque dans le système éducatif, il estimait qu'ils ne seraient pas nécessairement d'une grande aide pour résoudre le problème. Le rapport explique aussi qu'en sus du taux de chômage relativement élevé, les chômeurs sont confrontés à des périodes d'attente exceptionnellement longues. Conformément à la nature stagnante de ce fléau, Maurice compte un flux de travail relativement faible, c'est-à-dire le mouvement de travailleurs « into and out of unemployment », ce qui fait que les chômeurs sont obligés d'attendre longtemps avant de trouver un emploi.

APRIL 2013

MAY 2013

CHANGE

6 620 20 225 0 369

0 378 5 58 5 115

-6 -242 -15 -167 5 -254

227 236 10 53 354 3

155 91 159 151 397 133

-72 -145 149 98 43 130

62 32 23 24 5

11 57 15 41 12

-51 25 -8 17 7

2,024

1,720

-304

Dans notre thèse, nous arguons que le chômage découle de deux raisons majeures. En premier lieu, le système de centralisation salariale à Maurice limite le ‘skill premium’, ce qui entraîne une réduction des emplois dans le secteur traditionnel et d’autre part une création insuffisante dans de nouveaux secteurs Extrait du document de travail « Mauritius: Unemployment and the Role of Institutions », par Calvin McDonald et James Yao


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EMPLOI

Une formation au chômage

Lundi, à l’heure de la reprise des cours à l’Université de Maurice, certains étudiants en dernière année se sont peut-être demandés où ils seraient l’année prochaine. Si certains trouveront de l’emploi, d’autres iront grossir les rangs des 21,9 % de jeunes qui n’y arrivent pas. Entre le coût élevé du travail, qui rend attirante une main-d’œuvre étrangère bon marché, et l’inadéquation continue entre l’offre de formation et la demande du marché de travail, leur avenir s’annonce incertain ▼ HERRSHA LUTCHMAN-BOODHUN

L

es chiffres ne disent pas tout. Pour autant, si on se concentre sur les statistiques du chômage à Maurice, on se rend compte que le problème existe et qu’il affecte en premier les jeunes. Bien que le taux de chômage chez ces derniers ait légèrement reculé, passant de 22,5% en 2010 à 21,9% en 2011, il était presque trois fois supérieur à la moyenne nationale, qui était pour la même année, selon l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), de 7,9%. Pourtant dans le Global Competitiveness Report (GCR) 2011-2012 du World Economic Forum, Maurice se situe à la 67e place – soit dans la moitié supérieure du classement établi – en ce qu’il s’agit de l'efficacité de son marché du travail, « ce qui montre que ce pays ne souffre ni d'une grande rigidité de l'emploi, ni de coûts de licenciements élevés ». SITUATION PRÉOCCUPANTE DU MARCHÉ DE TRAVAIL À MAURICE Le dernier rapport de Statistics Mauritius sur l’emploi, intitulé « Labour Force, Employment & Unemployment based on the results of the Continuous Multi Purpose Household Survey – Year 2012 », rendu public en mai 2013, démontre d’ailleurs que le nombre d’emplois a augmenté de 8 100. En l’espace d’une année, le nombre d’employés est quant à lui passé de 582 800 à 593 100, soit 10 300 de plus (Ndlr: voir tableau 1). Ça c’est pour les chiffres. Au-delà des statistiques, la situation du marché du travail est préoccupante à Maurice pour plusieurs raisons. Le coût du travail local est relativement élevé et est en augmentation, ce qui a pu freiner la création d'emplois. D’autant plus que les travailleurs étrangers constituent une réserve potentielle de main-d'œuvre moins chère pour les entreprises locales. De plus, la tertiarisation du pays, traditionnellement spécialisé dans le sucre et le textile-habillement, vers les activités de la finance et du tourisme, n'a pas été suivie d'une évolution parallèle de la qualification de la main-d'œuvre. Aussi, le marché du travail local manque-t-il aujourd'hui de personnels correspondant à ses besoins ? S'étale ainsi au grand jour l’inadéquation entre l’offre et la demande, qui rend effectivement difficile de trouver du personnel qualifié. Une situation que l'OCDE, dans le volet mauricien du rapport intitulé « Perspectives Économiques

CHIFFRES DE L’EMPLOI (2009-2012) 2009

2010

2011

2012

Labour force Change

566,300

581,300 +15,000

582,800 +1,500

593,100 +10,300

Employment Change

524,800

536,100 +11,300

536,700 +600

544,800 +8,100

41,500

45,200 +3,700

46,100 +900

48,300 +2,200

Unemployment Change

TABLEAU 1

en Afrique 2012: Promouvoir l'emploi des jeunes », considère comme un frein à la compétitivité du pays. D’ailleurs, le GCR 2011-2012 estime que des six piliers relatifs à l'efficacité du marché du travail, Maurice enregistre son deuxième plus mauvais score en enseignement supérieur et formation, où le pays n’est classé qu’à la 68e place sur 142 économies. « Il (Ndlr : Maurice) devra peut-être reconsidérer son budget d'éducation. A 3,2% du Produit Intérieur Brut (PIB) et 11,4% de ses dépenses publiques totales en 2009 selon les indicateurs de développement dans le monde, les dépenses d'éducation du pays se révèlent en effet durablement inférieures à la moyenne des pays à développement humain élevé et, en proportion du PIB, stagnent depuis 2006 », lit-on dans le rapport.

Bien que Maurice connaisse un taux de scolarisation de presque 100% dans l'enseignement pré-primaire et primaire, de gros problèmes subsistent. Ainsi, près de 0,5% des enfants abandonnent l'école chaque année dans le primaire et 1,5% des élèves du secondaire quittent le système avant d'avoir atteint la quatrième année. LA COTE DE L’UNIVERSITÉ DE MAURICE EN CHUTE LIBRE Des chiffres qui correspondent à celles du chômage (Ndlr: voir tableau 2, en page 9). Pour l’année 2012, environ 56% des sans-emplois – soit 27 100 personnes – ne possédaient pas le Cambridge School Certificate (SC). 17% d’entre eux se sont arrêtés au School Certificate (SC) et 7,5% au Higher School

Certificate (HSC). 7% ne détenaient que le Certificate of Primary Education (CPE) – l'examen marquant la fin des études du cycle primaire – alors que 17% n’avaient pas obtenu ce certificat. Chose frappante: la situation de chacune des catégories mentionnée plus haut s’est améliorée depuis 2009, quand 65% des 27 300 sans-emplois n’avaient pas obtenu le SC et 20% le CPE, alors que ceux ayant réussi le SC et le HSC comptaient respectivement pour 21% et 8% des sans-emplois. En fait, pour trouver d’où viennent les nouveaux chômeurs, il faut chercher du côté du tertiaire. Alors qu’en 2009, seules 2 500 personnes au chômage avaient obtenu un diplôme d’un établissement d’enseignement supérieur, ce qui correspond à 6%, trois ans plus tard, soit en 2012, ce chiffre a presque quadruplé pour atteindre 9 600, soit 20% des sansemplois! Le tertiaire, avec la prolifération d’institutions d’enseignement et une Université de Maurice dont la cote en Afrique vient de brutalement chuter (de la 29e à la 97e place) selon le classement établi par le site de l’International College and Universities, n’augure ainsi rien de bon pour les diplômés qu’elle produit et qui devront affronter un marché du travail plus que jamais incertain.


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LE SECTEUR TERTIAIRE PLUS GROS EMPLOYEUR Le secteur tertiaire demeure la principale source d’emplois à Maurice. Entre 2002 à 2012, le nombre de postes dans le tertiaire est ainsi passé de 245 400 à 351 400, alors que les chiffres des secteurs secondaire et primaire ont chuté au fil des années. Ainsi, dans le secteur agricole, le nombre d’emplois est passé de 50 800 à 41 800, tandis que le déclin du manufacturier a vu ses chiffres passer de 170 600 à 151 600 en une décennie. Le tertiaire, qui comprend principalement, selon le Labour Force, Employment & Unemployment based on the results of the Continuous Multi Purpose Household Survey – Year 2012, les «trade, accommodation and food service activities, transportation and storage and all the other service industries », comptait pour 69,9% du Produit Intérieur Brut (PIB) en 2011, tandis que le secondaire et le primaire se situaient à 26,5% et 3,5% respectivement. A noter que le secteur secondaire a trait au «manufacturing, electricity, gas, steam, air conditioning supply, water supply, sewerage waste management, remediation activities and construction», tandis que le primaire inclut l’agriculture, la foresterie, la pêche, l’activité minière et extraction. En ce qui concerne les salaires, le rapport explique que « Monthly income from employment, which includes income from paid work and income from business activities, amounted to Rs 15,300. The average monthly income for an employer was Rs 25,100 against Rs 11,200 for an own-account worker, while that for an employee stood at Rs 15,200 ». Là encore, le tertiaire fait mieux que les autres. Ainsi, sur chaque dix employés, il fournit de l’emploi à six d’entre eux, tout en garantissant une base salariale plus élevée. A l’exception du secteur primaire (Ndlr: voir tableau), la rémunération a évolué en parallèle avec l’importance du secteur et du poste concerné. Ce sont principalement les directeurs généraux, les hauts officiers, les législateurs, les professionnels et les techniciens/ingénieurs qui sont les mieux rémunérés. Leur contribution au nombre total d’employés a d’ailleurs augmenté de 14,5% (2002) à 20,4% (2012). Ils sont suivis par le corps clérical et les ‘support workers’, qui représentaient 21,2% des employés en 2012, et ceux qui perçoivent le moins, c’est-à-dire les personnes engagées dans des travaux principalement manuels, dont le pourcentage est passé de 39,5% en 2011 à 31,9% en 2012. SALAIRES MOYENS (RS) Secteurs/Postes

2010

2011

2012

Tertiaire

15,800

16,300

17,100

Secondaire

11,200

11,700

12,300

Primaire

8,600

10,100

9,800

Hauts cadres

29,600

30,300

30,600

Clérical

14,000

14,300

14,800

Travaux manuels

7,800

8,100

8,100

<9

POURCENTAGE DU TOTAL DE CHÔMEURS À MAURICE NIVEAU D’ÉDUCATION

2009

2010

2011

2012

Pas de CPE

20%

19%

19%

17%

CPE

10%

11%

8%

7%

Pas de SC

65% (27 300)

62% (28 000)

60% (27 700)

56% (27 100)

SC

21%

20%

17%

17%

HSC

8%

10%

7%

7,5%

Etudes supérieures

6% (2 500)

8% (3 600)

16% (7 200)

20% (9 600) TABLEAU 2

Il (Ndlr : Maurice) devra peut-être reconsidérer son budget d'éducation. A 3,2% du Produit Intérieur Brut (PIB) et 11,4% de ses dépenses publiques totales en 2009 selon les indicateurs de développement dans le monde, les dépenses d'éducation du pays se révèlent en effet durablement inférieures à la moyenne des pays à développement humain élevé et, en proportion du PIB, stagnent depuis 2006 Extrait du Global Competitiveness Report (GCR) 2011-2012 du World Economic Forum

SECTEUR PUBLIC : UNE MASSE SALARIALE À 5,6% DU PIB

1,3% suite à l’application des recommandations du rapport 2013 du Pay Research Bureau (PRB), elle a, en fait, graduellement baissé sur les dix dernières années, comme le montre le tableau suivant :

Le secteur public, le premier employeur à Maurice, compte pour 20% de la formation de capital et 25,1% du Produit Intérieur Brut (PIB). La masse salariale de la fonction publique, selon l’Organisation

de Coopération et de Développement Economiques (OCDE), a atteint Rs 26,89 milliards (0,88 milliard USD) en 2012, ce qui représente 5,6% du PIB. Bien qu’elle doive augmenter d’environ

Année

2003

2005

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

8,2

6,3

6,4

5,3

6,1

5,9

5,6

5,6

5,5

Salaires (% du PIB)

Ils ne veulent pas travailler

Les femmes rattrapent les hommes

Parler des sans-emplois est une chose, mais parler des personnes inactives en est une autre. La différence fondamentale entre les deux catégories est que la première ne travaille pas, mais est disposée à le faire, tandis que la seconde ne travaille pas, ne cherche pas d’emploi et n’est pas disposée à travailler. Dans la catégorie des personnes inactives, on regroupe tous ceux âgés de plus de 16 ans et qui ne font pas partie de la maind’œuvre. Ainsi, en 2012, alors que 400 400 personnes (118 200 hommes et 282 200 femmes) ne faisaient pas partie de la main-d’œuvre, seules 7 800 étaient classés comme étant inactifs. « About 59% of these inactives did not look for work because they either believed that suitable jobs were not available or did not know where to look for work », lit-on dans le rapport Labour Force, Employment & Unemployment based on the results of the Continuous Multi-Purpose Household Survey – Year 2012.

Le rapport de Statistics Mauritius sur l’emploi – « Labour Force, Employment & Unemployment based on the results of the Continuous Multi Purpose Household Survey – Year 2012 » – explique qu’en l’espace de dix ans (2002-2012), l’emploi des femmes a connu une croissance plus rapide que celui des hommes. Ainsi, bien que ces derniers demeurent plus actifs sur le marché du travail, l’écart diminue. Les hommes représentent en effet 72% de la population employée dans la tranche d’âge de 30 à 50 ans et les femmes près de 40%. A noter également que la majorité de la main-d’œuvre à Maurice (66,4%) est constituée de personnes mariées, alors que les célibataires ne comptent que pour 26%. Quelques 80% sont des employés, tandis que 18% travaillent pour leur propre compte.


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ENTREPRENEURIAT

SECTEURS À EXPLOITER, SECTEURS À ÉVITER

Créer son entreprise et devenir son propre patron est une idée bien dans l’air du temps. Le gouvernement en a d’ailleurs fait son cheval de bataille. Toutefois, pour ne pas être vaincu d’avance, celui qui se lance dans l’aventure de l’entrepreneuriat doit connaître les secteurs d’avenir et ceux qui sont saturés. Indira Seebun directrice de la SMEDA, et Vijay Ramgoolam, qui a occupé ce poste par le passé, nous éclairent ▼ DOROTHY BONNEFEMME

L

es chiffres font rêver. Les petites et moyennes entreprises (PME) emploient 307 000 personnes à Maurice, soit 54% des employés du pays, et contribuent 40% à notre Produit Intérieur Brut (PIB). Leur importance est également reflétée par le fait que pas moins de 22 219 PME sont enregistrées, selon le ministère de l’Entreprise et des Coopératives, auprès de la Small Medium Enterprises Development Authority (SMEDA), bien que 2 311 sont considérées comme ‘dormant’. S’il n’y a pas de saturation à ce niveau, il est néanmoins important pour tout petit entrepreneur de savoir quels sont les secteurs dont l’avenir s’annonce prometteur. Pour Vijay Ramgoolam, ancien directeur de la SMEDA, une vingtaine de secteurs ont le vent en poupe. « J’ai effectué un sondage alors que j’étais à la tête de la SMEDA. Les experts ont identifié au moins 25 secteurs dans lesquels les entrepreneurs peuvent se lancer », explique-t-il.

CHOIX. Même si un secteur est saturé, certains entrepreneurs peuvent y réussir, selon Vijay Ramgoolam

que nous importons », dit-il. Quant à Indira Seebun, la directrice actuelle de la SMEDA, elle estime que les secteurs en ébullition sont le textile, la restauration, l’aluminium, la décoration intérieure, la construction, et l’artisanal, qui bénéficie depuis peu du label Made in Mauritius. Selon notre interlocutrice, la bijouterie a aussi le vent en poupe depuis la baisse du prix de l’or.

les petites et moyennes entreprises. « Les décideurs politiques pensent faire de notre île une Duty Free Island. Ils rêvent. Ils doivent comprendre que les touristes ne viennent pas à Maurice pour faire des achats volumineux. La preuve concrète est le fiasco du shopping Fiesta de Sik Yuen. Si les étrangers cherchent du textile en grande quantité, ils se rendent en Indonésie, pour les biDUTY FREE ISLAND : UN RÊVE joux, c’est Dubaï. Alors, en élimiL’un d’eux est la fabrication nant la taxe, le de serviettes hygiéniques, gouvernement mène les pedont les importations détites et moyennes entreprises passent, selon Vijay Ram- LES SECTEURS D’ACTIVITÉ à leur mort. Prenez par exgoolam, Rs 100 millions. « DES PME ENREGISTRÉES emple les entreprises de corJ’avais déjà entamé des dé- AUPRÈS DE LA SMEDA donnerie. Combien ont marches auprès de l’Inde et SECTEUR NOMBRE fermé leurs portes depuis trouvé les équipements nécesFood and Beverages 749 que la taxe a été enlevée ? » saires. », déplore-t-il. Leather and Garments 1230 demande-t-il. L’ancien directeur de la Wood and Furniture 310 Dans la même foulée, SMEDA parle également des Paper Products and Printing 77 Vijay Ramgoolam conbrosses à dents et du ‘packag- Chemical, rubber and plastic 59 seille aux entrepreneurs ing’, une filière capitale dont Handicraft, pottery and ceramic 686 d’éviter de se lancer dans beaucoup de sociétés n’ont Jewellery and related items 83 cette filière. Indira Seepas encore compris l’impor- Fabricated metal products 298 bun, qui considère que tance. « J’avais décidé de créer Profession, vocation & occupation 914 2115 l’abolition de la taxe sur une entreprise spécialisée dans Trade and Commerce les chaussures importées a ce domaine et les compagnies intéressées auraient pu faire appel Pour Vijay Ramgoolam, au- fait baisser les prix, au détriment à elle pour obtenir un emballage delà du choix judicieux du des cordonniers locaux, qui digne de ce nom », ajoute-t-il. secteur à exploiter, les petits en- doivent, quant à eux, importer Autre secteur qui a de l’avenir trepreneurs ont aussi besoin que des matières premières coû: l’élevage. « C’est vrai que le gou- les autorités prennent les bonnes teuses, n’est pas forcément du vernement a arrêté de parler de décisions. Contrairement, même avis. Selon elle, les corsécurité alimentaire. Mais ce n’est comme l’affirme notre inter- donniers se tournent surtout pas pour autant que ce n’est plus locuteur, à ce qu’elles ont fait en vers la production de savates d’actualité, vu le nombre de éliminant la taxe sur certains bon marché, pour lequel il y a cabris, de bœufs et autre animaux produits, ce qui, selon lui, tue une grande demande.

D’autres peuvent produire pour l’exportation, fait ressortir la directrice de la SMEDA : « Le marché mauricien est restreint. Les micro-entreprises peuvent se contenter du marché local, mais les autres doivent aller sous d’autres cieux. Tous les hommes d’affaires doivent prendre des risques, sinon ils font piétiner ». Elle estime d’ailleurs que les Mauriciens sous-estiment leur savoir-faire. « La semaine dernière, nous avons reçu la visite d’une délégation africaine et ils ont été étonné devant le talent débordant des Mauriciens », nous confie-t-elle. LA FINANCE, UN GROS PROBLÈME Cependant, comme l’explique Vijay Ramgoolam, même si un secteur est saturé, certains peuvent y réussir : « Lorsque j’étais à la SMEDA, quelqu’un m’a exprimé son désir de commercialiser du ‘massala’. Sceptique, je lui ai demandé si c’était un bon choix. Il m’a répondu que je devais d’abord goûter le sien. Il avait raison. D’ailleurs, son entreprise continue à prospérer », nous confie-t-il. Pour lancer une nouvelle entreprise, rappelle notre interlocuteur, il faut avoir le savoir-faire, la technologie, les matières premières… ainsi que l’aide du gouvernement. Le plus gros problème des petits entre-

preneurs est, en effet, la finance, car présenter les garanties nécessaires pour pouvoir emprunter n’est pas évident. « C’est pour cette raison que j’avais introduit le ‘Booster Loan’ », indique Vijay Ramgoolam. « Je pense cependant que le plafond doit être rehaussé, le taux d’intérêt ramené à 5% et les charges bancaires revues. » Autre problème : le marketing. « La foire de la SMEDA, que j’organisais, connaissait du succès. Les entrepreneurs remplissaient leur carnet de commandes et promouvaient leurs produits. Or, organiser cet événement coûte dans les Rs 2 millions. Vu le budget restreint de la SMEDA, de telles foires ne sont plus tenues. Il ne faut pas oublier que le ministère donne de l’argent à la SMEDA uniquement pour payer les employés », déplore l’ancien directeur de l’organisme. Malgré tout, Vijay Ramgoolam salue l’initiative visant à encourager les entrepreneurs à participer à des foires internationales. Toutefois, ajoute-t-il, il faut bien cibler les événements de leur niveau, et non pas ceux où un ‘stand’ coûte Rs 200 000. Parmi les autres problèmes que rencontrent les PME, ce dernier identifie le fait que certains supermarchés ne paient leurs fournisseurs qu’après deux à trois semaines. Indira Seebun, pour sa part, demande aux entreprises qui font face à des difficultés de ne pas continuer à s’empêtrer sans chercher de l’aide. « Le plus souvent, les problèmes rencontrés par les petits entrepreneurs ont trait au marketing ou à la finance. La SMEDA est présente pour les aider et les encadrer. Par exemple, nous pouvons les aider à revoir leur système commercial, à négocier avec la banque de développement, ou le Mauritius Business Growth Scheme. Je veux que ces petites et moyennes entreprises voient grand », explique la directrice de la SMEDA. D’ailleurs, en ce moment, nous confie-t-elle, « nous rencontrons les entrepreneurs, secteur par secteur, pour faire le point sur leur situation et voir comment nous pouvons les aider à mieux prospérer ».


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Selon les rapports de Statistics Mauritius, l'écart en termes de volume d'emplois entre le secteur privé et le secteur public ne cesse de croître année après année. En l'espace de deux ans, soit entre 2010 et 2012, le nombre d'emplois dans la fonction publique a régressé par 2 100. Principale rasion pour expliquer cette baisse : le nombre de fonctionnaires qui prennent leur retraite. Pour la même période, le privé voit le nombre de ses employés augmenter par 12 800

LE GOUVERNEMENT NE REMPLACE PAS SES RETRAITÉS E ▼ LEENA GOORAYA

n effet, en 2010, le secteur privé recensait 462 300 travailleurs, soit 366 500 employés de plus que le secteur public. Deux ans plus tard, cet écart atteint 381 400 (475 100 – 93 700). Normal, analyse Vishal Ragoobar, Senior Economist à la Mauritius Employers' Federation (MEF) : « C'est tout simplement parce que le secteur privé est beaucoup plus vaste, comprenant les industries manufacturières, les hôtels, la construction, les banques, les cliniques, les services, la communication etc, etc, alors que le secteur public ce n'est que des bureaux. D'ailleurs, c'est la tendance partout ailleurs ». Il ne faut pas chercher à comparer ce qui n'est pas comparable, poursuit-il. Le secteur public offre des services de base à la population : eau, électricité, soins de santé, éducation,

infrastructures publiques, prestations sociales etc. Il agit également comme facilitateur pour la production des biens et des services par le privé. Le privé produit, le privé fait du business. Pour Narendranath Gopee, président de la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU), la fonction publique est en manque de main-d'oeuvre. « Le gouvernement central - les ministères et leurs départements - compte actuellement 50 000 employés, alors qu'il en requiert 95 000 », déplore-t-il. Le syndicaliste fait aussi ressortir que dans le 'government policy' pour les deux années qui suivent, aucune disposition n'a été faite pour de nouveaux recrutements. « Le Pay Research Bureau préconise de combiner différents grades, ce qui fait qu'il y aura inévitablement réduction du nombre d'employés », soutient-il. Narendranath Gopee interpelle le ministère

EMPLOYMENT IN THE PUBLIC AND PRIVATE SECTORS, MARCH 2010 – 2012 Public sector

General Government

Total

Private sector

Total (public and private sector)

95,810 95,001 90,984

206,287 208,649 210,069

302,097 303,650 301,053

Central Government

Government Extra Local Public Ministries/ Budgetary Government Enterprises Department Unit

Year

2010 2011 2012

Both sexes Both sexes Both sexes

56,864 56,593 52,965

10,392 10,356 10,463

6,740 6,585 6,381

21,814 21,467 21,175

Data above are for large establishment only (employing more than 10 persons)

des Finances sur la responsabilité gouvernementale à contribuer dans la lutte contre le chômage. « Il y a actuellement un manque d'employés dans plusieurs départements, le gouvernement devrait recruter. Dans l'éducation, pour ne citer qu'un exemple, où on continue à faire appel à des supply teachers », plaide le président de la FCSOU.

TOTAL EMPLOYMENT Year

Public

Private

Total

2010

95800

462300

558100

2011

95000

464700

559700

2012

93700

475100

568800

AMÉDÉE DARGA, CHAIRPERSON D'ENTERPRISE MAURITIUS

« Il n’y a pas de registre officiel de PME »

▼ JESSEN SOOPRAMANIEN

Les PME existent dans pratiquement tous les secteurs de l’économie. Quand on parle de PME, on parle d'une catégorie d’entreprises, pas d'un secteur.

❚ Quelle a été l'évolution du secteur

des PME ces cinq dernières années ? Commençons par dire qu'il y a une grande confusion conceptuelle et de définition de ce qu’est une petite et moyenne entreprise. La Small and Medium Enterprises Development Authority Act définit une petite entreprise comme ayant un chiffre d’affaires de moins de Rs 10 millions, et une entreprise moyenne entre Rs 10 à Rs 50 millions. Le Bureau des statistiques, pour sa part, n’a pas changé sa définition et continue à faire les recensements sur la base d’une ancienne définition qui est celle des entreprises ayant moins de dix employés. Les PME n’ont pas l’obligation légale de s’enregistrer comme telle auprès d’aucune autorité à Maurice. Donc il n’y a pas de relevé statistique crédible à propos des PME comme défini sous la SMEDA Act. Il n’y a pas de registre officiel de PME. La seule statistique officielle et crédible concerne les entreprises employant moins de dix personnes. Encore que ce recensement n’est fait que chaque cinq

❚ Les autorités semblent beaucoup

ans, ce qui ne permet pas aux décisionnaires de l'administration publique ou du privé de suivre sérieusement l’évolution de cette catégorie d’entreprises. Il faut dire que les micros, petites ou moyennes entreprises ont toujours existé. Que ce soit un atelier de tourneur, de menuiserie, de fabrication de margarine, un salon d’esthétique, un commerce alimentaire, une tabagie, un magasin de vêtements, un bureau d’architecte, ce sont tous des PME.

compter sur les PME dans sa lutte contre le chômage... 48 500 emplois ont été créés de 2007 à 2012 par les petites entreprises de moins de dix personnes, soit une augmentation de 23,2%. Selon le recensement de 2007 du Bureau des statistiques, 38% des petites entreprises opèrent dans les domaines du commerce et de la réparation des véhicules, 17% dans le domaine du transport et la communication, 14% dans le secteur manufacturier, 10% dans le secteur de la construction et 8% dans le tourisme et la restauration. Le recensement de 2012-2013 n’étant pas encore publié, on ne sait pas comment les secteurs ont évolué en termes d’emplois. ❚ Les entrepreneurs sont-ils assez

'débrouillards' ou, comme le disent certaines critiques, ils attendent trop du gouvernement ?

La grande majorité des petits entrepreneurs sont 'débrouillards', comme vous dites. Mais il est aussi normal qu’ils attendent l’aide du gouvernement - et le gouvernement leur apporte beaucoup d’aide à travers une large panoplie de dispositifs. Il faut cependant accepter qu’il est normal qu’un certain pourcentage de petites entreprises échouent ou éprouvent des difficultés dues à la competition entre elles-mêmes, à la faiblesse de leur stratégies de marketing, ou encore de leurs gestion. ❚ Quelle est votre vision 2020 de

cette « catégorie d'entreprises » qu'on appelle « petites ou moyennes » ? Les PME continueront à connaître une croissance dans les prochaines années. Il est probable et même souhaitable qu’il y ait plus d’émergence de PME dans des créneaux de services tels le soutien domestique, l’informatique, l’agro-alimentaire, l’ingénierie légère et la micro mécanique. Il faut aussi inciter plus de jeunes et de compétences techniques à créer des PME.


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ENTREPRENEURIAT

Jeunes des îles en synergie

La Commission de l'océan Indien cible plusieurs publics de ses Etat membres. Parmi, les jeunes entrepreneurs sont appellés à travailler en réseau pour contribuer au développement socioéconomique de leur pays et de la région ▼ DOROTHY BONNEFEMME

P ENTREPRISE. Poonam Gopaul aspire à se lancer dans un business profitable

oonam Gopaul s’est mise sur son 31 en ce samedi matin. Légèrement maquillée, affichant un air timide, elle a pris place à côté de Deeksha Puttun, dont elle vient de faire la connaissance, dans la vaste salle du Mahatma Gandhi Institute, à Moka. Elle est arrivée depuis près d’une heure et attend impatiemment que démarre l’Atelier de discussionpartage d’expérience sur l’entrepreneuriat jeune. Se mettre à son propre compte a toujours été un rêve pour cette jeune habitante de Belle-Terre, Phoenix. Pour l’instant, Poonam ne sait pas encore dans quel domaine se lancer, elle se dit « en recherche ». On comprend alors facilement son enthousiasme à répondre à l’appel de Synergie Jeunes, samedi. Une belle occasion, s'est-elle dit, « de voir un peu plus clair, de mieux comprendre l'environnement de l'entrepreunariat avant d'investir ». Aider les jeunes entrepre-

neurs potentiels à voir plus clair, les confronter aux réalités de l'entreprise autour de discussions libres en faisant témoigner des jeunes qui se sont déjà jetés à l'eau ; c’était le but premier de la rencontre de samedi, initiative soutenue par la Commission de l'océan Indien (COI). Synergie Jeunes existe, donc, dans chacune des îles membres de la commission (voir hors-texte). L’ASPECT FINANCIER ET LES À-CÔTÉS Apprendre des échecs et des réussites des autres, Poonam Gopaul en avait bien besoin. Riche d'une formation au Marion Hair Club, elle a aménagé un petit salon de coiffure, annexé à son domicile. Mais, elle doit l'admettre, les affaires ne marchent pas comme elle l’aurait souhaité. « Les Salons de coiffure poussent comme des champignons, je pense que je ne pourrai pas me fier à ce métier pour gagner ma vie », analyse-telle, froidement. Poonam est venue chercher les raisons de son échec auprès de Synergie jeunes. Mauvaise intuition ?

Marché saturé ? Marketing mal ciblé ? Notre jeune entrepreneure en devenir ne veut pas répéter les mêmes erreurs de sa première tentative. « La coiffure, peut-être à temps partiel, mais il me faudra trouver un autre créneau où investir », confie-telle, convaincue que cette rencontre lui permettra d'avoir de nouvelles idées et que les expériences des autres lui seront de bon conseil. Elle est particulièrement attentive aux informations en termes de possibilités de financement. Sa voisine, Deeksha Puttun, semble être dans son monde. Agée d’une trentaine d’années, elle est déjà diplômée en Style Textile de l’Université de Maurice. Elle poursuit actuellement ses études en vue d’obtenir un Master en Project Management, car elle est passionnée de mode et aspire sérieusement à lancer son entreprise : « Je suis actuellement responsable de planning dans une entreprise spécialisée dans la confection de vêtements pour enfants. Je souhaite obtenir un maximum d’expérience avant d’ouvrir ma boîte ». Cette habi-

JALOUX DE LEUR INDÉPENDANCE

ENGAGEMENT. Herland Cerveaux invite les jeunes à se préoccuper des poblèmes de la région

Herland Cerveaux, assistant chargé de mission des affaires économiques auprès de la COI, rappelle que Synergie Jeunes avait déjà été mis en place quelques années de cela, mais n’a pas pu fonctionner convenablement. C'est depuis 2011 que Jessen Murden, le président de la plateforme, cherche le soutien de la COI pour pouvoir se libérer des tentatives de contrôle politique. « Il a voulu travailler avec nous, car il souhaite une indépendance. De plus, vu que nous sommes actifs dans l’océan Indien, Synergie Jeunes pourrait bénéficier d’un rayonnement régional », souligne Herland Cerveaux. Après plusieurs mois de discussion, le souhait de Jessen Murden s’est réalisé. Synergie Jeunes peut voler librement d'une île à l'autre. Parmi les projets à court terme, Synergie Jeunes mettra à la disposition des entreprises en phase de création ou encore celles qui ont moins de trois ans d’existence, le service d'un consultant. « Dans de nombreux cas, il n’y a pas que l’aspect économique, mais également le social. Par exemple, la femme entrepreneure qui n’est pas soutenue par sa famille ou qui n’a personne pour veiller sur ses enfants. La COI veut aller au plus profond des choses et faire ressortir de grandes possibilités d’entreprises pour les jeunes qui sont la force de demain », affirme Jessen Marden.

La COI croit en la valorisation des aptitudes des jeunes à l’entrepreneuriat, car ils représentent non seulement la prochaine génération de dirigeants mais aussi des acteurs essentiels du présent. Aujourd’hui les Etats membres de la COI rassemblent 25,5 millions d’habitants et plus de la moitié a moins de 20 ans. Il est donc primordial de donner à cette jeunesse les moyens de s’épanouir et de contribuer pleinement à la construction de l’espace indianocéanique compétitif de demain. Ainsi, la jeunesse de la région est appelée à s'intéresser aux enjeux touchant à l’indianocéanie. Parmi ces enjeux, la COI fait de la sécurité alimentaire une des priorités. Les objectifs spécifiques d'un programme de sécurité alimentaire pour la région, sont les suivants : promouvoir la coopération régionale à travers la diffusion et les échanges d'informations dans le domaine des bonnes pratiques agricoles ; intensifier la production de riz, de maïs, d’oignons et de grains à Madagascar tout en promouvant l'agroécologie et en organisant la production ; développer les échanges commerciaux régionaux tout en assurant la qualité et les normes de production ; et mettre en œuvre des approches fédératrices qui impliquent toutes les parties concernées.


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tante du Nord, ajoute que devenir entrepreneur n’est pas facile, mais pas impossible. Il n’y a pas que l’aspect financier qui demeure la plus grosse difficulté, mais il y a aussi plusieurs autres points qu’il faut considérer avant de se lancer. « J’ai déjà mon business plan, j’ai calculé d’ores et déjà les dépenses, la structure a été faite. Cependant il me manque un peu d’infrastructures. J’avance lentement mais sûrement », ajoute-elle avec confiance. Deeksha Puttun indique qu’elle pense ouvrir son atelier l’an prochain. Et en ce samedi matin, elle a tenu à être présente à l’atelier discussionpartage sur l’entrepreunariat jeune, car elle compte rencontrer d’autres jeunes qui ont la même aspiration. PARTAGE D’IDÉES En effet, le président de Synergie Jeunes, Jessen Murden, fait ressortir que les objectifs principaux de l’association est d’assurer, parmi ses membres, une transmission interactive, une circulation d'informations et une confrontation d'expériences et un partage d'idées.

Synergie Jeunes bénéficie du soutien de la COI. Zaona Rabetsitonta, son Public Relations Officer, fait ressortir qu’elle veut agir comme facilitatatrice, pour encourager les jeunes des îles à lancer leur entreprise. L'une des prochaines actions sera l'organisation d'un concours régional à l'intention des jeunes entrepreneurs. Deux jeunes entrepreneurs seront sélectionnés par pays pour la grande finale. « Nous voulons voir émerger une Indianocéanie entreprenante et innovante sur la base de la coopération », souligne Jessen Marden. LES JEUNES, LA FORCE DE DEMAIN De plus, cette plateforme fera désormais office d’interlocuteur privilégié de la COI pour ses activités visant la promotion de l’entrepreunariat jeune. C’est donc une impulsion supplémentaire à la coopération entre ses pays membres que la COI a donné en facilitant la création de cette plateforme. Prenant la parole à l'ouverture de l'atelier de samedi, Raj Mohabeer, chargé de la mission à la COI, a

soutenu que son organisme veut mobiliser les jeunes, car ils représentent la force de demain : « Nous sommes avec vous pour vous aider à construire l’avenir. Nous souhaitons favoriser l’entrepreunariat et améliorer le cadre à la création d’entreprises ». Il a ajouté que les chiffres concernant le chômage à Maurice parlent d’eux-mêmes et les jeunes s’interrogent, avec raison, sur leur avenir. N'ayant aucunement la prétention de pouvoir résoudre ce problème, la COI veut simplement y apporter sa petite pierre en accompagnant les jeunes qui ont des idées d'entreprise. L'atelier de samedi s'est voulu un pas dans cette démarche. Comme Poonam Gopaul, notre jeune de Belle-Terre, la soixantaine de participants à la rencontre de Synergie jeunes se sont séparés sur une note unanime d'appréciation du partage d'idées et d'expériences entre aspirant entrepreneurs et entrepreneurs actifs. Synergie réussie entre jeunes partageant les mêmes aspirations et confrontés aux mêmes réalités.

LE BUZZ DES JEUNES ENTREPRENEURS SEYCHELLOIS

Nous sommes avec vous pour vous aider à construire l’avenir. Nous souhaitons favoriser l’entrepreneuriat et améliorer le cadre à la création d’entreprises Raj Mohabeer, chargé de la mission à la COI

Des moyens et des dispositions ont déjà été pris pour encourager les jeunes à l’entrepreneuriat aux Seychelles. Les programmes et mécanismes mis en place par le gouvernement ont permis la création de plusieurs dizaines de micros entreprises. Récemment le gouvernement seychellois a doublé le budget de l’Agence de financement des petites entreprises qui est passé de 20 à 40 millions de roupies. Parallèlement, les banques ont été encouragées à faciliter l’accès au crédit, et le montant du crédit que l’Agence peut désormais accorder à un jeune entrepreneur a doublé, passant de 150 000 à 300 000 roupies seychelloises. De ce fait, 684, soit 37% des petites et moyennes entreprises qui sont enregistrées à la Small Enterprise Promotion Agency, sont tenues par des jeunes. En outre, le Conseil National de la jeunesse organise chaque année, une foire pour les jeunes entrepreneurs. Cette année, le Conseil National de la Jeunesse a prévu une foire plus importante qu’il a baptisé le Youth Buzz. Son but sera d’assurer la promotion des jeunes entrepreneurs, et elle se tiendra pendant le Festival de la jeunesse prévu du 30 août au 1er septembre prochain.

NAISSANCE AUX SEYCHELLES C'est aux Seychelles qu'avait eu lieu, du 2 au 4 avril dernier, l'assemblée générale constituante de la plateforme régionale Synergie Jeunes. Une trentaine de jeunes venant des pays membres de la Commission de l'océan Indien, y ont validé les statuts du nouveau groupement. Un bureau provisoire bénéficiant d’un mandat d’un an a également été élu. Jean-Paul Adam, ministre des Affaires étrangères seychellois, avait donné le coup d’envoi des travaux en soulignant l’importance de la jeunesse et de l’entrepreunariat des jeunes pour la prospérité de l’économie indianocéanique. L’initiative de cet atelier de la COI honore les Seychelles qui s’emploieront, avec la collaboration des autres Etats membres, à en faire une réussite. « Car nous sommes convaincus que si un jeune doit se battre pour mériter la chance qu’on lui donne, il ne doit pas se battre pour avoir une chance », avait-il déclaré. Pour Jean-Paul Adam, cette initiative s’inscrit dans un contexte économique difficile. Le taux de chômage dans la région touche en premier les jeunes et ne cesse de grimper. Le ministre seychellois a fait ressortir qu’aujourd’hui, la situation sociale et économique difficile de notre monde globalisé justifie amplement que l’on prête une attention spéciale à la jeunesse. « C’est non seulement une nécessité morale mais un impératif de notre développement. Mieux, c’est une chance. Car l’énergie propre à la jeunesse peut rallumer une économie qui vacille et redonner de l’espoir », avait déclaré Jean-Paul Adam, affirmant sa foi et sa confiance dans la jeunesse des îles de l'océan Indien.

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PROJET. Deeksha Puttun souligne qu’être entrepreneur c’est pas facile, mais pas impossible INNOVATION. Synergie Jeunes met en réseau les jeunes entrepreneurs de la région


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ANDREW BLOMLEY, SENIOR TECHNICAL ARCHITECT AT MOTOROLA SOLUTIONS

“SMES ARE THE BIG ENTERPRISES OF TOMORROW” Providing technology solutions to businesses is the core activity of Motorola Solutions. As such, the Mauritian business sector presents interesting markets. Andrew Blomley, Senior Technical Architect at Motorola Solutions, talks to us about the company’s expanded solutions, notably in wireless networking, enhancing data security and boosting performance and revenue

▼ JESSEN SOOPRAMANIEN

must be more secured when we are designing technologies for the military services. From all of these networks that we have designed, we also have taken the latest technologies and put them all into our system for much more enterprise-focused solutions.

❚ In which ways can Motorola sup-

port the growing needs of the developing Mauritian business sector? First of all, I wish to point out that Motorola has a long history in developing niche markets within the enterprise sector. We have the ability to target the individual in a vertical manner. The fact that we have a large number of retail products, starting from a handheld barcode scanner to a mobile computer, allows us to attract a wide range of customers. Nowadays, we even provide the wireless network service. It is good to note that if you want to design something for a particular sector, there is a need to put emphasis and focus on that sector. One impressive factor that Mauritius has is the massive investment in the field of Information Technology since the last few years, which is still ongoing. Moreover, I notice the island has a strong, willing young workforce, which is another important comparative advantage. I believe these two aspects can be worked together to offer technology in a more efficient way to the public. As a result of efficiency in the sector, this will further boost investment. Furthermore, Mauritius has many opportunities within the tourism industry and one of them, which Motorola provides, is the Customer Care service. All of our products are designed to enhance customer care using our communication tools and the ability to do surveys and deliver services on time. ❚ In which areas of the African mar-

ket are there opportunities to be tapped? Motorola itself sees Africa as an expanding market. In fact, we view it as a very different market place for us, as we are very much focused on Northern America. We see that Africa has different needs. A good example would be Wi-Fi networks. We supply mesh network within Barcelona. We could take this technology and install it, quickly and simply, into a metropolitan area within Mauritius, Africa and so on. This is a cheap, effective, high bandwidth network, which is also easy to maintain. Its other attributes are that it is flexible in terms of power requirements. Typical infrastructure like GSM networks requires guaranteed power for example, which is not important for

❚ How do technology solutions boost

revenue generation in enterprises? By improving efficiency, reducing the amount of stock that you need to have, by ensuring where the product will definitely bring more revenue… You can guarantee what is going to be delivered and when. All these save costs. It is to be noted that we have done time stock control systems for medicines. This system allows us to know exactly what medicines are in the compartment and also gives us an indication about the expiry date. Therefore, these processes lead to a quicker and more efficient delivery of service. ❚ How can Motorola help in achiev-

One impressive factor that Mauritius has is the massive investment in the field of Information Technology since the last few years, which is still ongoing

the Wi-Fi network. With our technologies, we have done it where it is powered by wind and solar energy. All these technologies can be easily put here and easily installed and cover entire metropolitan areas with good quality network coverage.

ing high returns on investment? Some of our returns on investments take less than three months. We have put technology into solutions where high value items might have gone missing or be out of date. So we have been able to track them to within centimetres of where they are. The return on investment is very quick. The reduction in losses, for example, in the medical facilities, is huge. Our main goal is to address efficiency and drive things forward.

❚ Which sectors of the Mauritian

economy will find your products useful in improving their businesses? We can integrate in any sector starting from commerce, for example, or the banking sector, where we can offer very secure network connectivity, to the hospitality sector, where we can offer high speed internet services for guest access. We also have the ability to deliver payment solution where we can take payment device to the person and take payment at that point, thus speeding up the transactions services. Everything that we do is to improve speed and efficiency. Since financial services are the rising trend in Mauritius, it is good to know that Motorola is well known for designing secure networks. Our portfolio comprises of the military, as well as the emergency services. We

❚ How about Small and Medium En-

terprises (SMEs)? According to me, SMEs are the big enterprises of tomorrow. Motorola has the ability to take the technology that we provide through a wireless networking from a single Access Point (AP) to 24 Aps, without changing the licensing model. We also have the capacity to offer home working solutions where we can have enterprise quality voice at home without any other infrastructure, apart from an AP and the handset. We can take technology such as our mobile computer range and deliver stock control systems to SMEs, which is very cost effective. If SMEs make use of these systems, they will be able to move their businesses to a higher level. ❚ How can Motorola help the Mau-


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ritian government in addressing security issues? Security is all about risk management. If you design a secured network, and that goes from your wireless network to payment solutions, we can assist in these aspects. It does not even have to be Motorola's infrastructure. We have technologies like AirDefense, which is an overlay technology to wireless network. AirDefense delivers the ability to ensure that an existing wireless network is PCI compliant (Payment Card Industry standards) to make sure that a credit card transaction is secured while it is within the wireless domain. We have the ability to make sure that every transaction is monitored. Payments and security have to be secure from transaction beginning to transaction terminated, as it is crucial to safeguard business data. ❚ Demand for smartphones, tablets

and ‘phablets’ is on the rise in the business world. How does Motorola Solutions position itself in regards to that? BYOD (Bring your Own Device). This is where we take a device to install wireless certificates on it to move it to a secure wireless network. The objective is to be able to take that device and

L'UN DES principaux fournisseurs mondiaux de solutions technologiques et services de communication de pointe consolide ses opérations commerciales à Maurice. Motorola Solutions a en effet lancé, la semaine dernière, ses nouveaux produits de mobilité. Parmi, on trouve le nouveau SB1 smart badge, le MC40 Enterprise Assistant et le MC45 mobile computer. En plus de ces nouveaux produits, Motorola Solutions proposera un portefeuille de solutions de dernière génération incluant des ordinateurs portables à haute robustesse et des Smartphones pour entreprises, des solutions de scanner mobile et d’imagerie de pointe, une gamme de scanners de codes-barres et de lecteurs RFID (Radio Frequency Identification), ainsi que la gamme de solutions WLAN pour entreprises. Carlos Ferraz, General Manager de Motorola Solutions pour l’Afrique, soutient que le renforcement des opérations à Maurice vise à répondre aux besoins des secteurs d’activité en développement du pays. Maurice, a-t-il souligné, présente des arguments solides pour l'investissement, comme une économie forte et diversifiée, axée sur l'innovation. De plus, le secteur des Technolo-

TWO GIANTS TEAM UP In 2011, Motorola split into Motorola Solutions and Motorola Mobility, which was acquired by Google in a $12.5 billion deal. One year later, Motorola Solutions, which sells communications equipment to government and corporate customers, completed its buyout of Psion – the inventor of the personal digital assistant (PDA) – for about $200 million. Motorola Solutions which offers rugged products, including smartphones and tablets, said at the time of the deal that Psion, which sells enterprise mobility products such as the organizers used mostly in enterprises and vertical sectors, would help boost its mobile-computing portfolio and deepen its presence in its current global markets.

make sure that it is running with the latest generation of wireless protection on it. If the person decides to leave that company, then that information, which is business critical, is removed from that device. We are at the forefront of delivering secured and wireless technology to the masses. ❚ How to you address security issues

on Wi-Fi networks on a very large scale? We deliver city-wide wireless products. We have done it within Barcelona, where we have the ability to have mul-

tiple networks running on a single infrastructure. We offer public Wi-Fi, which is the drive going forward, for example in the United Kingdom, where it is paid for and sponsored by the retail shops. This is because they want to attract people back to the high streets (primary business streets of towns or cities in the UK), which is crucial. The UK has suffered its worst recession for many years, but we have seen recovery now. However, it is to be highlighted that it is the retail part which is driving that recovery process. The interesting thing is that retail areas that are offering Wi-Fi services for free are growing at a faster rate than traditional high street. ❚ What is your assessment of the Wi-

Fi system in Mauritius? Currently in Mauritius, there are hotspots. By the very nature of the word, you have a spot where there is Wi-Fi coverage. You go to Tel Aviv, in Israel, and you can roam almost seamlessly and still be connected all the way through. Same thing in Chester, where you drive through the city centre and are connected free of charge. Barcelona is where the big growth is. To deliver that is not as easy as just bolting an access point to a lamppost. First of all, you need to have the right access point,

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which must be designed to be environmentally sealed, hurricane-proof, or shall we say ‘cyclone-proof ’ in Mauritius' case. The process is therefore difficult. This is exactly what Motorola is doing to design mission critical wireless networks for towns’ Wi-Fi systems, to ensure that every individual can connect whenever they want to. We also design Wi-Fi networks for stadiums where there are more than 20 000 people. ❚ Would you say that our hotspot sys-

tem is working conveniently? I am afraid I have to say that is not the case. I believe that Mauritius has good communication and an impressive fibre backbone within the country, but the endpoints let you down. An investment in Wi-Fi network within Port-Louis would return with many faults. This is because you have a larger number of people coming to this country. You would also find this number increasing, as there are people updating their Facebook accounts and checking emails without being concerned about roaming charges. There is an advantage to being a small country like yours in the sense that you can connect throughout the whole country by WiFi, without having hotspots.

COMMUNICATION

LES HÔTELS SANS WI-FI IRRITENT

CONNECTIVITÉ. Le Wi-Fi est aussi important que l’eau et l’electricité selon Andrew Blomley, Senior Technical Architect de Motorola Solutions (à droite)

gies de l’Information et de la Communication (TIC) connaît depuis ces dernières années une croissance annuelle de 10 %, alors qu'il y a une croissance régulière de 3% dans les activités commerciales.

Bien que la compagnie ait été active sur le continent noir depuis plusieurs années, Carlos Ferraz regrette néanmoins que Motorola Solutions n'ait pas exploité l'Afrique subsaharienne depuis longtemps. “Africa

is not new to us. We have been active in the continent for 45 years, as well as on the enterprise perspective for many years. But we certainly did not treat sub-Saharan Africa as an important key market. This

has changed for us about a year ago, as we wanted to expand on African markets strongly. Presently, Motorola Solutions is active in Nigeria, Kenya and Ghana, markets which are all growing at rapid rates », précise le General Manager de Motorola Solutions pour l’Afrique. Andrew Blomley, Senior Technical Architect de Motorola Solutions, qui a présenté les solutions Wifi pour entreprises, souligne que ce système de connexion est très demandé. « After electricity and water, Wi-Fi is now seen as the third utility, and it has to work all the time. It has to deliver to the customers. People nowadays want to have access to free Wi-Fi wherever they go, be it in a store where they can check prices. The number one complaint in hotels today is no access to Wi-Fi. This is how the world is changing », a-t-il déclaré. A noter que c'est le distributeur Westcon Africa qui commercialise l’ensemble des solutions de Motorola Solutions sur le marché local.


POST SCRIPTUM

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ZIMBABWE OPINION JEAN-PIERRE LENOIR

Encore une fois, l’élection de Mugabe s’est jouée sur trois éléments. La falsification des listes électorales, l’intimidation et le bourrage des urnes. On estime que plus d’un million de nouveaux électeurs n’ont pu voter, leurs noms ayant mystérieusement disparu des listes

LE CLOWN A ENCORE FRAPPÉ...

C

lown ! Est-ce le mot juste pour qualifier cet horrible personnage qui, élection après élection, fraude ouvertement sans que rien ni personne n'y puisse grand-chose ? La farce électorale qui vient de se dérouler au Zimbabwe a encore une fois mis en évidence l'impuissance des grands pays, gendarmes de notre monde globalisé, à faire prévaloir ne serait-ce qu'un minimum de transparence dans le comportement du gouvernement de ce pays. La SADC (Southern African Development Community), le premier gendarme de proximité, a, encore une fois, failli à sa tâche. Celui qui dirigeait la mission d'observateurs lors de ces élections, Bernard Membe, a déclaré de façon gênée, à ceux qui l'interrogeaient sur la validité de la consultation, que les élections de par le monde ne sont jamais parfaites et que les perdants devaient en accepter les résultats... Rappelons pour la petite histoire que cette même SADC avait supplié le leader de l'opposition, Morgan Tsangvirai, de faire partie d'un gouvernement d'unité nationale en 2009, alors que celui-ci qui venait de remporter les élections et avait été privé de sa victoire par Mugabe, qui avait usé de grotesques subterfuges administratifs pour se déclarer vainqueur. Le leader du MDC s'était plié à cette directive, la mort dans l'âme, en espérant que... Mais c'est mal connaître le dictateur zimbabwéen. D'urnes bourrées et intimidations en tous genres, Mugabe est en train d'asseoir son pouvoir de façon non seulement grotesque, mais aussi éminemment dangereuse pour l'Afrique subsaharienne. Avant cette énième élection, il était évident pour tous les observateurs impartiaux que Mugabe et son Zanu/Pf n'avaient strictement aucune chance de gagner cette élection à la régulière. A part quelques bastions dans le Mashonaland, où il est né, Mugabe est de plus en plus détesté dans l'ensemble du pays, sans par-

ler de la capitale Harare, où la plus grande sophistication du corps électoral le cloue au pilori à chaque consultation électorale. Encore une fois, l'élection de Mugabe s'est jouée sur trois éléments. La falsification des listes électorales, l'intimidation et le bourrage des urnes. On estime que plus d'un million de nouveaux électeurs n'ont pu voter, leurs noms ayant mystérieusement disparu des listes. 8,7 millions de bulletins de vote ont été imprimés pour un corps électoral de 6,4 millions d'électeurs inscrits ! Comme cela se passe régulièrement depuis maintenant treize ans, chaque consultation électorale est l'occasion pour les fameux ‘war vets’, les nervis du pouvoir, de se répandre dans tout le pays et de menacer violemment les partisans de l'opposition au MDC. Le gouvernement a fait appel, cette année, à une société israélienne, Nikuv International Projects, afin « d'aider » à la mise sur pied des listes électorales dans le pays. Dirigée par un certain Emmanuel Antebi, cette société, présente au Zimbabwe depuis 1994, avait été traduite en justice en 1996 après avoir effectué en Zambie, pour le compte du gouvernement zambien, le même travail de mise sur pied des listes électorales. Il faut savoir que ces élections avaient été largement entachées de fraudes ... Morgan Tsangvirai, leader de l'opposition et ex-partenaire forcé de Mugabe dans le précédent gouvernement, a d'ores et déjà annoncé qu'il rejetait totalement le résultat de ces élections et qu'il n'était pas question pour son parti de participer au prochain gouvernement. Londres et Washington ont dénoncé l'irrégularité de ce scrutin et les fraudes constatées sur le terrain par les rares observateurs indépendants présents. Il faut savoir que les journalistes occidentaux n'ont pas obtenu d'accréditation pour assister, sur le terrain, aux opérations de vote. Ceux qui essayaient malgré tout d'entrer dans le pays ont été arrêtés et expulsés.

Il y a longtemps qu'on s'est résigné à cette comédie de démocratie mugabienne. Le plus grave dans toute cette affaire, c'est que les observateurs de la SADC ferment pudiquement les yeux. Le jour de l'élection, Tendai Biti, ministre des Finances MDC dans le gouvernement d'union nationale, avait emmené un observateur de la SADC à Mount Pleasant pour qu'il constate de visu les fraudes sur le terrain. Le ministre en question fut arrêté pour cela et l'observateur fit comme s’il n'avait rien vu... Quant aux Chinois, de plus en plus présents dans le pays, ils ont financé sans état d'âme la totalité des opérations électorales sans se préoccuper le moins du monde des fraudes. L'important, pour eux, ce sont les mines de diamant de Marange, dans l'est du pays, et les jointventures mis sur pied entre des sociétés chinoises et des compagnies paragouvernementales zimbabwéennes pour l'exploitation de ces mines, dont le produit finance, à hauteur de 20%, le budget de l'Etat. L'agriculture du pays étant exsangue, celui-ci vit essentiellement sur ce pactole, qui pourrait être beaucoup plus grand si, au passage, d'énormes « prélèvements » n'étaient pas effectués par les tenants et aboutissants du régime. Après cette élection, le Zimbabwe s'installe le plus normalement et naturellement du monde dans le paysage politico-electoralo-géographique de la région comme le champion toutes catégories de la fraude institutionnalisée... Le seul qui ait applaudi des deux mains cette élection grandiose, c'est le président sud-africain Jacob Zuma, qui observait la scène électorale du fond de sa nouvelle villa de 24 millions d'euros, récemment construite avec l'argent des contribuables d'un pays dont on commence à penser que ses dirigeants sont en train de prendre le même virage mégalomaniaque que les p'tits copains de l'autre côté de la frontière.


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Mauritians have a vital stake in ensuring that we use our ocean resources in a way that protects valuable ecosystems and the services they provide for present and future generations

OCEAN ECONOMY

OPPORTUNITIES FOR MAURITIUS?

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auritians are a coastal people. The ocean is integral to our food, culture, livelihoods, leisure, and our very identity. It supports a rich, complex web of marine and coastal ecosystems on which we all depend. While the ocean environment offers tremendous economic opportunities, it also faces considerable challenges from pollution, climate change, and the resulting threats to marine and coastal species. The ocean sector encompasses all individuals and entities that rely on the ocean – to conduct operations, extract raw materials, transport goods and services, pursue leisure activities, and derive non-use benefits like the enjoyment of natural scenery and wildlife conservation. Key private sectors involved in marine-related activities are: seafood, forestry, ship and boat building, marine construction, high technology, recreation and tourism, and transportation. The ocean is an important contributor to our economy. Marine-based activities create jobs and wealth through the

people and businesses directly involved in these activities. They also give rise to substantial economic spin-offs as goods and services are purchased from other sectors and wages are very good. These “multiplier” ripples (indirect and induced effects) mean that the ocean sector, as a whole, makes twice the contribution to total economic measures of its direct impacts alone.

AQUACULTURE PRODUCTION The Ocean economy concept is often dubbed as a potential engine of economic growth. There are significant opportunities to grow the Mauritian economy. Companies and universities in the region have developed world-class expertise in marine research, technology, and services. Innovation and new infrastructure are also helping to transform and enliven traditional subsectors such as seafood and marine transport. Ocean high tech, marine recreation, and ports and shipping are expected to continue as fastgrowing areas over the next decade. This growth will be driven by global technology demands, Mauritius strategic location on the Indian Ocean Rim, and greater awareness of our

Antimicrobial resistance has been identified by the WHO as one of the three greatest threats to human health, so finding new strains to develop drugs is high priority. The complex marine ecosystem with its large number of yet undiscovered microbial species presents a rich and largely untapped resource base

ocean amenities among citizens and visitors. In addition, the ocean offers exciting potential for the development of renewable energy sources, such as wind, wave, and tidal power, to help fuel our economic future and address climate change Over the next decade aquaculture production is projected to expand by a third, reaching almost 80 Mt by 2021. But the overall annual growth rate is likely to slow, from 5.8% in the previous decade to 2.4% over the next ten years. However, global demand for seafood is expected to continue to rise over the following decades, raising concerns that production may fall well short of required levels and drive up prices as a consequence. Indeed, there are many constraints affecting the prospects of aquaculture production. These include the growing scarcity of suitable water, limited opportunities for sites for new operations along increasingly crowded, multipleuser coastal areas, limited carrying capacity of the environment for nutrients and pollution, and more stringent environmental regulations. Most of the future expansion in aquaculture production ca-

pacity will probably occur in the ocean, with some of it moving increasingly off-shore to escape the constraints of coastal waters. To ensure that the expanding aquaculture sector does not significantly aggravate environmental problems (degradation of coastal waters and marine habitats, endangered biodiversity due to escapees and lower resistance to economically costly fish diseases) and continues to expand strongly as a food source for the world’s burgeoning population, a number of challenges and obstacles will need to be addressed. MARINE BIOTECHNOLOGY Marine biotechnology has the potential to address a raft of major global challenges such as sustainable food supplies, human health, energy security and environmental remediation, and to make a significant contribution to green growth in many industrial sectors. At the same time, marine bio-resources also provide a number of important ecosystem services for the planet and its inhabitants which must be maintained. Notwithstanding difficulties of definition, the global market for marine biotechnology products


POST SCRIPTUM

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ing in both the Arctic and Antarctic are utilising self-imposed (and often unharmonised) guidelines to enhance marine operations and visitor safety, and provide environmental and cultural protection. This interplay of stakeholder interests, regulations and controls will require careful balancing if the polar regions are to see marine tourism expand in sustainable ways.

As UNEP (2009) indicates, the main conceptual challenge is to resolve the conflict between the benefits ocean tourism can bring to the national and local economies, its impact on the physical environment and the pressure it may exert on the social environment and processes is a significant and growing opportunity. It is currently estimated at around USD 2.8 billion and, on the basis of quite conservative assumptions, is projected to grow to around USD 4.6 billion by 2017. A RICH SOURCE OF DRUGS On the health front, there has been increasing interest in marine microbes, particularly bacteria, with studies demonstrating that they are a rich source of potential drugs. Antimicrobial resistance has been identified by the WHO as one of the three greatest threats to human health, so finding new strains to develop drugs is high priority. The complex marine ecosystem with its large number of yet undiscovered microbial species presents a rich and largely untapped resource base. In 2011 there were over 36 marine derived drugs in clinical development, including 15 in the cancer field. One area in which marine biotechnology may make a critical contribution is the development of new antibiotics. Other promising areas include biomedical products such as anti-bacterial and anti-fungal properties, as well as nutraceuticals and cosmeceuticals. Marine biotechnology has also displayed widespread commercial potential in industrial products and processes, and in the life sciences industry as a novel source of enzymes and polymers. It is providing a source of synthetic substitutes for many high-value chemicals derived from fossil raw materials, and is being extensively applied in environmental monitoring, bioremediation and prevention of bio-fouling. Despite these successes, limited knowledge of marine genetic diversity still constrains the potential development of industrial applications and innovations.

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On the energy front, algal biofuels appear to offer promising prospects. According to the Marine Board of the European Science Foundation (2010) a theoretical production volume of 20 000 â&#x20AC;&#x201C; 80 000 litres of oil per hectare per year can be achieved from microalgal culture, whereby only the lower end of the band seems to be achievable with the current technology. (This is nonetheless considerably higher than biofuel from terrestrial crops.) Costcompetitive, high volume algae biofuel production is still some way off and will require much more long-term research, development and demonstration. And even when the technologies have been developed, there is still the risk that limited global resource availability may hamper production (Energy Biosciences Institute, 2010). Hence, in order for all three marine biotechnology strands to develop further, challenges will need to be addressed and constraints overcome. CONTRIBUTION TO ECONOMY In many regions of the world, coastal and ocean-related tourism (including island-based tourism) has grown considerably in importance in recent decades. Its contribution to the national economy and national employment is significant, as is its value to local communities. Coastal communities in particular are expected to benefit from this growth through the creation of employment opportunities, rising incomes and revenues. Non-economic benefits may also be substantial â&#x20AC;&#x201C; e.g. improvements in health and safety standards, quality of life, and growing national and international recognition and valorisation of their culture and natural environs, which in turn help leverage investment in environmental protection. Despite a long history, cruise

tourism remains a relatively small sector. However, in recent years, it has shown itself to be the fastest growing sector in the leisure travel industry, with the number and size of ships, passengers, ports and profits all on the rise. Between 1970 and the mid-2000s the number of people taking cruises increased 24fold, and by 2011 some 16 million people were boarding ocean liners. Overall, average annual passenger growth rates are in the region of 7.5%, and passenger expenditures are estimated in the order of 18 billion USD a year. The industry is thought to be still a long way from maturity. Against a global background of rising incomes, ageing populations, growing leisure time, and the declining image of cruises as the preserve of the wealthy, the long-term prospects for ocean cruise tourism appear healthy. However, there are concerns that the cruise industry is already placing considerable strains on the environment (pollution, threats to biodiversity, intensive energy consumption) and in some cases on local communities (erosion of traditional lifestyles, competition for coastal space with other ocean-based industries). As UNEP (2009) indicates, the main conceptual challenge is to resolve the conflict between the benefits ocean tourism can bring to the na-

tional and local economies, its impact on the physical environment and the pressure it may exert on the social environment. MARINE TOURISM That challenge stands to intensify in the future as the ocean cruise industry seeks not only steadily to expand its business in traditional waters but also in new destinations. Polar marine tourism (Arctic and Antarctica) is one such example. In the Arctic, it is expected that the number, size and variety of tourist vessels visiting the area, the range of locations and time spent in the region, will all grow in the coming years. On the positive side, there are clearly opportunities to raise local incomes, strengthen and enhance local marine infrastructures, and improve living standards of local communities. The concern, however, is that without taking the appropriate steps, the Arctic environment, community infrastructures, social institutions and cultural values will be increasingly vulnerable. Managing ocean tourism in the polar regions is likely to prove challenging, with the relevant nations enacting and enforcing numerous and differing laws and regulations governing marine operations and pollution, albeit on the basis of international law. Similarly, many countries with expedition cruise ships operat-

There are many constraints affecting the prospects of aquaculture production. These include the growing scarcity of suitable water, limited opportunities for sites for new operations along increasingly crowded, multiple-user coastal areas, limited carrying capacity of the environment for nutrients and pollution, and more stringent environmental regulations

DEEP-SEA ADVENTURE Looking a couple of decades ahead, there is the question not only of new destinations but also of new forms of ocean-related tourism. Underwater hotels and sea-floor/floating resorts already exist in places as far-flung as Florida, China, and Fiji, and many more are currently in the planning stage. Deep sea tourist expeditions are another such activity with significant potential. Several companies around the world already offer mid-range dives of between 500 and 1000 metres, and one specialist operator organises dives of up to 10 000 feet. Target venues range from famous shipwrecks to mid-Atlantic hydrothermal vents and other especially attractive deepocean eco-systems. With technological advances in submersible vehicles that can reach depths of 5 000 metres and offer increased underwater manoeuvrability, experts believe that the advent of deep-sea adventure tourism is within reach. There are unanswered questions though to the above: Given the complexities of regulating ocean tourist activities in environmentally sensitive areas (at both the national and international level), what examples of best practice are emerging? What role is there here for selfregulation by the industries involved? While financing does not seem to be a serious potential impediment for the future of the ocean cruise industry, even with respect to new destinations, the development of new types of ocean tourism infrastructure and activities clearly face bigger risks and greater difficulties in securing financial backing (e.g. underwater hotels): Where are the new sources of financing and economic instruments supporting stronger growth for such activities? What are the business models most likely to promote their successful development? How likely is it that investment in new forms of ocean tourism will be private-sector led? What role could there be for government?


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AUTOSUFFISANCE ALIMENTAIRE

« LE MANQUE DE FINANCEMENT FREINE LES PROJETS » Notre île n’est pas assez grande, son sol et son climat inadaptés et ses coûts de production trop élevés pour produire tous les aliments qui composent le quotidien des assiettes mauriciennes. Pour le National Economic and Social Council (NESC), qui a publié un rapport sur le sujet, notre sécurité alimentaire ne sera assurée que si la production dans d’autres pays de la région est envisagée et l’investissement étranger encouragé NICHOLAS LARCHÉ

▼ LEENA GOORAYA

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ultiver ailleurs ce qu’on ne peut cultiver ici. C’est, en résumé, le message essentiel du 24e rapport du National Economic and Social Council (NESC), qui a été rendu public jeudi dernier. Intitulé « Food Security, The Challenges for Mauritius », il contient une série de constats et de recommandations sur l’industrie agroalimentaire. Lors d'une conférence de presse, Radhakrishna Sadien, président du NESC, a expliqué que si les recherches démontrent que Maurice n’est pas en mesure de produire certains produits agricoles spécifiques, il serait intéressant de connaître la faisabilité de la production de ces aliments à l’étranger. « Maurice devrait se pencher sur les possibilités qui sont au-delà de ses frontières. Ce faisant, le pays peut augmenter sa production et devenir autosuffisant », affirme-t-il. PROFESSIONNALISER L’INDUSTRIE AGROALIMENTAIRE Bien que de telles initiatives soient complexes et nécessitent des sommes énormes, le NESC est d'avis que Maurice devrait promouvoir ce type d'investissement. Toolsiraj Benydin, membre du conseil, a d’ailleurs évoqué l’exemple de la production du riz. Le pays importe environ 56 000 tonnes de riz par an, et bien que cette céréale soit cultivée localement, la production est minime et peu compétitive, puisqu’elle est plus coûteuse que le riz importé. Afin de minimiser tout risque de pénurie de riz, qui demeure l’aliment de base à Maurice, le syndicaliste recommande que le pays capitalise sur l’Afrique, notamment le Mozambique, le Zanzibar et Madagascar, à travers la Southern African Development Community (SADC) et le Common Market for Eastern and Southern Africa (COMESA), où la

OBJECTIF : 33% D’AUTOSUFFISANCE Le gouvernement a lancé un premier plan sur la sécurité alimentaire en 2008, et un deuxième en 2013. Le Food Security Strategic Plan pour la période 2013-2015 tient compte du fait qu'il est impossible d'atteindre une autosuffisance totale dans la production alimentaire à Maurice. Toutefois, le plan estime qu'un objectif de 33 pourcent est possible en 2015. Pour y arriver, il propose l’exploitation de 1075 hectares de terres agricoles pour augmenter la production d’oignon, de pomme de terre, d'ail, de maïs, de fruits, ainsi que pour des pâturages servant à l’élevage et la production de viande et de lait. L'investissement total requis pour la mise en œuvre du plan s'élève à Rs 1086 millions, soit Rs 915 millions pour Maurice et Rs 171 millions pour Rodrigues.

56 000 tonnes La quantité de riz importé chaque année à Maurice

production de riz a plus que doublé au cours de ces dernières années. Radhakrishna Sadien pense quant à lui qu'il faut attirer des investissements étrangers dans le secteur agricole local, les agriculteurs locaux n’ayant pas les fonds nécessaires pour profiter des dernières avancées technologiques dans le domaine. « Souvent, les projets ne peuvent pas être mis en œuvre ou sont arrêtés en raison du manque de financement. Par conséquent, il est nécessaire d'attirer les investisseurs étrangers afin qu’ils puissent partager leur savoir-faire dans des secteurs comme le riz et le maïs »,

explique-t-il. Dans cette même logique, le NESC estime que les accords commerciaux internationaux que nous avons avec différents pays peuvent aider Maurice à acquérir un soutien technique et financier pour moderniser et professionnaliser l'industrie agroalimentaire. UTILISATION EXCESSIVE DE PESTICIDES Le dernier rapport de l’organisme estime également que les autorités devraient encourager la production locale de lait et créer un mécanisme qui permettrait de leur assurer un marché garanti. Celui-ci devrait, selon Radhakrishna Sadien, prendre la forme d'une industrie de la transformation du lait bien structuré, qui absorberait toute la production locale pour fabriquer divers produits, dont du yaourt. Le rapport recommande ainsi qu'une étude soit réalisée pour analyser l'offre et la demande de lait (en poudre et liquide), ainsi que des produits laitiers, sur le marché local, et déterminer les mécanismes ap-

propriés à être mis en place. Le rapport, qui s’est aussi penché sur l’impact de l’utilisation de pesticides, souligne que Maurice a importé environ 2100 tonnes de pesticides pour la somme de Rs 355 millions en 2011. Une quantité importante quand on sait que la recherche médicale a prouvé le lien entre la prévalence élevée de certains types de cancer, ainsi que la maladie d'Alzheimer, aux pesticides utilisés dans la production agricole. D’autant plus que selon une analyse menée par le Food Technology Laboratory, en 2012, sur des légumes, 50 pourcent d’entre eux contenaient des résidus de pesticides. Le NESC explique d’ailleurs qu’un plan d'action concernant l'utilisation de pesticides biologiques est actuellement en préparation. Cela aura pour objectif de réduire l'utilisation de pesticides conventionnels en vue d’améliorer la qualité des légumes et réduire les risques environnementaux. Radhakrishna Sadien estime en effet qu'il est nécessaire de passer à des pesticides biologiques : « Des campagnes agressives devraient être déployées pour sensibiliser les agriculteurs sur les dangers de l'utilisation excessive de pesticides ». Une autre recommandation du rapport s’adresse principalement aux jeunes, qui ne sont pas suffisamment nombreux à voir en l'agriculture un secteur d’avenir. Le NESC estime que les jeunes intéressés, âgés entre 16 et 24 ans, pourraient être encouragés à participer à la production, la transformation et la commercialisation de produits agroalimentaires. « Les petites et moyennes entreprises pourraient engager un certain nombre de jeunes dans leurs activités. Ils pourraient être formés et incités à devenir des agriculteurs et des entrepreneurs », souligne le président de l’organisme. Une initiative qui aiderait à réduire le taux de chômage alarmant chez les jeunes, qui est actuellement de 25 pourcent.


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▼ LEENA GOORAYA

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his year, UNESCO has given young people the chance to make their voices heard on the issues of sustainable development and Small Island Developing States (SIDS). Delegates Karuna Rana, Shelby Emilien, Vellan Sornum, Sarvesh Lutchmun and Krishna Appadoo, and two facilitators, Meghna Raghoobar and Xavier Koenig, were selected by the organisation to represent Mauritius at the meeting of the Africa, Indian Ocean, Middle East, and South China Sea (AIMS) region. The 5day workshop was held in Seychelles to prepare the Third International Conference on Small Island Developing States, which will take place in Samoa in 2014. The young Mauritians worked alongside other youth from the AIMS region, including Seychelles Comoros, Maldives, Guinea-Bissau, Cape Verde and Rodrigues. During the conference, according to Xavier Koenig, every delegate came forward with one proposal and through several brainstorming sessions and envisioning exercises, the youth identified some common problems faced by the AIMS countries. These are linked to climate change, infrastructure and practices which do not support our ecosystems, management of wastes, ocean and coastal resources, food and energy security, youth unemployment, outdated education systems and sexual violence.

Our approach will be based on ‘educating for change’ Krishnee Appadoo As for Krishnee Appadoo, she believes that it is important to encourage the youth to be more engaged in environmental protection and sustainable development strategies. “Climate changes are being felt all over the world through changing weather conditions, flash floods and droughts. Our actions aim to bring a concerted approach to tackling this problem. What needs to be changed is the mindset of people, by inculcating a culture of recycling,” she claims. In this respect, she says, the team aims to collaborate with the public, private and Non-Governmental Organisation sector to implement recycling campaigns across the country, launch education programmes on the environment and also create a platform where the youth can bring their forces together to design and see through environmental projects. “Our approach will be based on ‘educating for change’,” she states.

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As part of the Third International Conference on Small Island Developing States (SIDS), which will be held in Samoa in 2014, a preparatory regional meeting of the Africa, Indian Ocean, Middle East, and South China Sea (AIMS) region took place from 11th to 16th July, in Seychelles. Capital met with some of the Mauritian delegates, who gave an overview of the outcomes of the conference

3RD INTERNATIONAL CONFERENCE ON SIDS

MAURITIAN YOUTH READY TO DRIVE CHANGE

Krishnee Appadoo

Meghna Raghoobar, for her part, is of subsidies, which would lead to an increase economy, reducing reliance on imports the opinion that there is a need to re- in the price of these types of fuels. However, and promoting decent, green jobs for vamp the education system by introduc- this should be done in a structured manner youth, to reduce unemployment. However, lack of funds might act as a ing environmental education, self- and after consultation with members of the development, creativity and arts, and so civil society, trade unions of petrol station major obstacle in achieving these goals. Therefore, they have planned to on. “If the educational system itcreate a Youth Entrepreneurship self lays more focus on the growth COMMON CHALLENGES, Development Fund /Green of the individual by focusing on COMMON ACTIONS Business Fund, set up national what we are proposing, it will Small Island Developing States (SIDS) are low-lying coastal business incubators infrastruchelp a lot in the HDI (Human countries that face a multitude of common challenges and ture and compulsory youth Development Index). However, if characteristics such as growing population, susceptibility to chapters in regional organisawe keep on concentrating and asnatural disasters (floods, droughts and tsunamis), limited resources, excessive dependence on international trade, and tions such as the IOC and the sessing students on parrot-learnfragile ecosystems. As such, the SIDS were recognized as a disIOR-ARC. “We are confident ing, this will certainly not bring tinct group at the UN Conference on Environment and Developthat with the proper structure and them anywhere in the short term, ment in June 1992 in Rio. The Barbados Programme of Action a good leadership, we will be able as well as the long term,” she says. (BPOA), in 1994, identified sustainable development as a holistic solution to the challenges of SIDS. The Mauritius Strategy, to see our projects through,” they The Mauritian SIDS youth which was adopted in 2005, reinforced the status of SIDS say. advocate for more dialogue and worldwide with its elaboration of a wide range of actions on Another challenge raised is interaction between governnatural and environmental disasters, coastal and marine rethe mobilisation of the youth ments and the strengthening of sources, tourism resources, management of wastes, inter alia. and their participation in such current networks. They also inThe Report of the Rio+20 Summit in 2012 further reiterated the global community’s “commitment to take urgent and concrete initiatives. “It is a fact that many tend to contribute to the phasaction to address the vulnerability of small island developing of the youth in the current genering out of global fossil fuel States, including through the sustained implementation of the ation are quite apathetic and subsidies by lobbying the govBarbados Programme of Action and the Mauritius Strategy.” complacent in the face of the ernment to change its take on many problems affecting their the matter. For example, active campaigning and lobbying tools will be operators and also the private sector,” they community. If there is a change of mindset among the Mauritian population regardused to reignite the debate about the ef- point out. Moreover, following the conference, ing the environment, especially among the fect of fossil fuel subsidies on the potenthe SIDS youth should be able to collec- youth, then it will be a better place to live tial of introducing green energy. “We think that the government should tively and effectively access funds, whilst in,” they say. be encouraged to reduce diesel and petrol contributing to a green and ocean-based


RENDEZ-VOUS

▼ DOROTHY BONNEFEMME

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e n’ai plus goût à rien. Je fais tout de travers au bureau. Je suis lasse. » Depuis deux semaines, Claire n’arrête pas de rabattre les oreilles de ses collègues de ses lamentations. Malgré ce gros coup de fatigue, cette mère de famille se rend au travail chaque matin. Ce n’est que lorsqu’elle commence à souffrir de diarrhée qu’elle décide de consulter un médecin. Le verdict de celui-ci est limpide : Claire souffre de ‘burnout’, c’est-à-dire d’épuisement professionnel. Après l’avoir mis en arrêt maladie pour une semaine, le médecin lui conseille de reprendre ses activités tout en lui recommandant de faire régulièrement de l’exercice, de manger sain, et surtout, de se reposer. Il lui prescrit également des médicaments à base de magnésium, de fer et de ginseng. Un cocktail qui, de son propre aveu, s’avérera plus au moins satisfaisant. Comme Claire, ils sont nombreux, selon Marie Vieillesse, consultante en psychologie du travail, à souffrir de ‘burnout’. Il y a quelques années, avant que le phénomène ne soit identifié, on parlait de stress. Maintenant, les professionnels de la médecine vont plus loin et parlent spécifiquement d’épuisement professionnel.

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BURNOUT

LE TRAVAIL, CE N’EST PLUS LA SANTÉ…

Au-delà du simple stress se cache une affliction qui prend parfois plusieurs années pour se révéler. Le ‘burnout’, ou épuisement professionnel, est une maladie qui frappe de plus en plus, souvent sans que ceux qui en sont atteints puissent mettre un nom sur ce qui les ronge. Marie Vieillesse consultante en psychologie du travail, nous aide à faire le point PHOTO : NICHOLAS LARCHÉ

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STRESS CHRONIQUE Ces deux maux ne sont pas à confondre. Pour Marie Vieillesse, le stress fait référence à l’ensemble des manifestations physiques et psychologiques qui s’opèrent en nous, en réponse à l’action d’un stresseur en particulier et tout ce qui peut déclencher une réponse d’adaptation de la part de notre système nerveux. Il peut s’agir d’un bus manqué, d’un téléphone portable qui tombe en panne…. Nous percevons ces stress comme des agressions pouvant porter préjudice, soit à notre confort, soit à notre sécurité, et notre corps se met alors dans une sorte d’état d’alerte pour assurer sa protection. Le ‘burnout’, lui, va plus loin. C’est comme un stress chronique. Ainsi, selon la consultante en psychologie du travail, on retrouve souvent les mêmes causes pour le ‘burnout’ que pour le stress. Dans les deux cas, la tension ressentie par un individu résulte des exigences d’une situation et de l’incapacité d’y répondre. STAGNATION ET DÉSESPOIR Cependant, tandis que le stress désigne la tension ressentie à n’importe quel moment de la vie, le ‘burnout’ est lié au travail. Il prend ainsi en considération les relations interpersonnelles et l’autoévaluation du travail. De même, alors que le stress peut être ressenti devant une situation aiguë, le ‘burnout’ résulte d’une exposition à un stress chronique et ne

PSYCHOLOGIE. « Le Burnout, c’est comme un stress chronique », déclare Marie Vieillesse

s’installe que progressivement (1 à 5 ans). Avant d’être victimes de ‘burnout’, les employés passent par plusieurs étapes. Marie Vieillesse explique que tout d’abord, le professionnel est enthousiaste. C’est la phase dite « lune de miel », où il est plein d’espoir et a de nombreuses attentes. Il se surinvestit, travaille de longues heures six ou sept jours par semaine, et rapporte du travail chez lui en prenant sur son temps libre. Malheureusement, après quelque temps, survient la stagnation. Le travailleur réalise, peu à peu ou brutalement, que le travail ne comble pas tous ses besoins. Il désire, par exemple, avoir plus de temps pour profiter de sa famille et de ses amis, avoir un loisir, recevoir un salaire à la hauteur de son investissement… Il devient alors frustré par ce qu’il perçoit comme une incapacité à changer le système (manque ou excès de responsabilités, manque de pouvoir décisionnel, etc.). Il devient irritable, se replie sur luimême, doute de sa compétence, éprouve un sentiment d’échec personnel, se plaint de troubles divers. Certains quittent leur emploi, alors que d’autres luttent pour améliorer leur situation ou glissent dans l’apathie. Là, l’employé se désintéresse de plus en plus de son travail et s’en détache émotionnellement. Il se protège en évitant les conflits et en fournissant le moins d’efforts possibles. Il ne se préoccupe plus que de sa propre santé physique et mentale. C’est alors que survient le désespoir, qui est la phase ultime du ‘burnout’. Le professionnel perd tout espoir de voir la situation évoluer de façon positive et perd confiance en l’avenir. « La perte du sentiment d’accomplissement dans le travail en est une manifestation », explique Marie Vieillesse. EPUISEMENT ÉMOTIONNEL Selon elle, un individu atteint de ‘burnout’ présente trois symptômes. Il y a d’abord l’épuisement émotionnel, qui se manifeste par une perte d’énergie, de l’asthénie (fatigue morbide résistant au


RENDEZ-VOUS

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repos) un épuisement mental, de la démotivation, de la frustration, etc. Puis, il y a la dépersonnalisation. Elle est caractérisée par une perte d’empathie à l’égard d’autrui et entraîne également de la méfiance et du pessimisme. Dans les cas les plus graves, elle peut mener à la déshumanisation de la relation à l’autre (rejet, maltraitance, cruauté, etc.). Autre symptome : la diminution de l’accomplissement personnel, c’est-à-dire la dévalorisation du travail par un doute par rapport à sa valeur professionnelle, un reniement des accomplissements passés, un sentiment d’incompétence, de l’auto-dévalorisation, des sentiments de culpabilité... Qui sont les plus touchés par ce mal ? En guise de réponse à cette question, Marie Vieillesse nous confie qu’Herbert J. Freudenberger, psychothérapeute et psychiatre américain, attribue essentiellement ce phénomène à des aspects personnels. Les personnes animées par un idéal élevé (vocation, désir de réussite, etc.), dynamiques, dotés d’une compétence de haut niveau et dont les centres d’intérêt se limitent au travail, sont davantage à risque de développer un tel syndrome. La consultante en psychologie du travail ajoute qu’au début des années 80, Christina Maslach, une chercheuse en psychologie sociale, a réalisé une étude sur les professionnels du monde médical, avant de l’élargir aux avocats et à d’autres professions. Elle a constaté que le phénomène de ‘burnout’ est répandu chez les personnes qui s’investissent dans des relations interpersonnelles. LES SYMPTÔMES DU BURNOUT Les professions qui favorisent le ‘burnout’ sont notamment celles où la personne est fortement sollicitée mentalement, émotionnellement et affectivement, et où elle assume des responsabilités liées au management et aux ressources humaines. Les professionnels qui sont confrontés à des objectifs irréalistes et à un déséquilibre entre les besoins de ses tâches professionnelles et les moyens dont elle dispose pour les réaliser, tant d’un point de vue personnel (manque de ressources personnelles, telle qu’une bonne estime de soi, un sentiment d’efficacité et de maîtrise, résistance au stress, etc.), qu’organisationnel (surcharge de travail, absence d’encadrement, formation insuffisante, budget insuffisant, etc.). Fort heureusement, dans la majorité des cas, on peut en venir à bout, car il existe, en premier lieu, de nombreux instruments d’évaluation du ‘burnout’.

Alors que le stress peut être ressenti devant une situation aiguë, le ‘burnout’ résulte d’une exposition à un stress chronique et ne s’installe que progressivement (1 à 5 ans) Marie Vieillesse nous parle ainsi du questionnaire de Freudenberger et Richelson, le S-MBM de Shirom-Melamed, le « Staff Burn Out scale for health professionnals » de Jones, le « Cherniss Burnout Measure » de Burke et Deszca, ou encore du « Teacher Burnout Scale » de Seidman et Zager. Ces instruments évaluent principalement l’état physique et psychique d’un individu et ont une validité statistique limitée. Un autre instrument de mesure ayant également une bonne validité statistique et utilisé dans 5% des études, est le ‘tedium measure’ (Ndlr : tedium signifie lassitude en anglais) ou ‘burnout’ measure, élaboré par Pines et Aronson en 1988. Il évalue surtout la composante de l’épuisement émotionnel. L’échelle d’autoévaluation du Burn Out la plus utilisée est le MBI (Maslach Burn Out Inventory).Il en existe plusieurs versions : le MBI-HSS (Human service survey), le MBI-ES (Educational Survey) et le MBI-GS (General Survey). Ces échelles ne sont applicables que pour des personnes au travail et en contact avec le public ou des collègues. De plus, C.Maslach a mis en place une grille d’analyse qui permet d’évaluer le niveau de Burn Out (faible, modéré ou élevé), en explorant les trois symptômes que sont l’épuise-

ment émotionnel, l’accomplissement personnel et la dépersonnalisation. Le MBI se présente sous la forme d’un questionnaire contenant 22 items cotés selon leur fréquence, allant de 0 (jamais) à 6 (chaque jour). Un test simple qui peut vous permettre de savoir si vous souffrez, ou pourriez souffrir, de ‘burnout’.

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BURNOUT ET DÉPRESSION Le terme ‘burnout’ a fait son apparition dans les années 70, dans la littérature scientifique (Freundenberger, 1974). Il est défini comme un processus pathologique provenant de l’utilisation répétée de mécanismes adaptatifs pour améliorer la résilience au stress au travail. Si les premières études ont été menées dans des services de santé et d’éducation, le concept de ‘burnout’ a par la suite été étendu aux professions excluant une relation d’aide avec le public, ce qui a considérablement contribué à l’éclaircissement du concept et à son évaluation. On a ainsi appris qu’au cours du ‘burnout’, des sentiments dépressifs peuvent exister. Plus le ‘burnout’ est élevé, plus il y a risques qu’une dépression survienne, bien que les sentiments dépressifs se limitent souvent, dans ce cas, au secteur professionnel. Ce n’est en fait que lorsque le ‘burnout’ est très sévère qu’il peut y avoir des répercussions sur la vie privée et prendre la forme d’une véritable dépression.

DES CHIFFRES… STRESSANTS Aujourd’hui, la santé au travail est devenue un enjeu public majeur en Europe, aux Etats-Unis et en Asie. A titre d’exemple, le stress au travail concerne 208 000 à 230 000 personnes en France, alors que les pathologies liées au stress représentent un coût total d’environ 9 millions d’euros par an. Le nombre de suicides liés aux conditions de travail se situe, quant à lui, entre 300 et 400 par an, soit environ un suicide par jour. Un fait qui a alerté les entreprises à la nécessité de s’intéresser au bien-être de leurs salariés, certains allant même jusqu’à mettre en place des cellules d’écoute pour les professionnels qui rencontrent des difficultés dans l’exercice de leurs fonctions.

JUSQU’À LA MORT ! Les Japonais ont leur propre terme pour parler de ‘burnout’ : le Karoshi. Ce mot signifie mort subite par épuisement nerveux ou mort par excès de travail. Il est essentiellement dû à une surcharge de travail extrême (longues heures de travail, travail intellectuel continu) dans un pays où l’employé modèle travaille 24 heures sur 24. Les causes de décès sont souvent l’hypertension artérielle, l’hémorragie cérébrale, l’infarctus cérébral et l’infarctus du myocarde. Le premier cas de ‘Karoshi’ a été enregistré en 1969, alors que le conseil national de défense du Japon évalue le nombre de ses victimes à 10 000 par an !


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GROS PLAN

MERCREDI 7 AOÛT 2013 CAPITAL | EDITION 141

Veillez sur vos conteneurs par SMS L a Mauritius Revenue Authority (MRA) souhaite réduire au maximum le fardeau administratif et le temps d'attente à la douane pour connaître l'évolution du déplacement des conteneurs. Le “SMS Facilities Service to Economic Operators” a été lancé lundi, à la Customs House, à Mer Rouge. Ce nouveau service, sous la gestion du Mauritius Network Service (MNS), informera les abonnés - importateurs et exportateurs – des différentes étapes du mouvement de leurs marchandises à la douane : 'import customs declaration' et 'Customs Clearance'. Selon D Rajcoomar, Acting Director de la douane, ce service réduirait le risque de toute 'malpractice'. “The SMS facility is aimed at ensuring that communication is done using the right medium, flow to the right people, at the right time and in the right manner, indeed keeping confidentiality as a highest priority. This trade facilitation initiative

is in line with the promotion of e-Customs and e-Business and will have a direct impact on cargo dwell time and on the costs of trading across borders”, devait souligner. D Rajcoomar. De son côté, Sudhamo Lal, Director General de la MRA est d'avis que, “l'Innovation for Customs progress”, thème de la World Customs Organization (WCO) cette année, cadre parfaitement avec la stratégie de la MRA pour l'amélioration continue des procédures dans le but de fournir des services de classe mondiale. “The MRA Customs Department has implemented since january 2012, the E-Customs project. This system benefits importers, exporters and the trading community in general, enables the electronic submission of scanned copy of specified documents and thus ensuring a real time processing of customs declarations resulting in reduction of costs in doing business and decrease in dwell time”, soutient Sudhamo Lal.

COMMUNIQUE SCHOLARSHIPS FOR DIPLOMA/DEGREE COURSES – 2013 UNDER THE SUGAR INDUSTRY - VRS/ERS SCHOLARSHIPS SCHEME Applications for the award of scholarships are invited from children of retired workers of the Sugar Industry under the Voluntary Retirement Scheme (VRS)/Early Retirement Scheme (ERS) and who have been admitted to any recognised Post Secondary Educational Institution in Mauritius in January 2013. 2.

(MCIA) and inform the sugar company /MCIA of any change; (ii)

submit their progress reports to their respective Sugar Estate; and

(iii)

inform the MCIA and their respective Sugar Estate of the completion date of (iii) their courses. In the event a candidate dis continues with his/her course, he/she shall inform the MCIA and sugar estate giving the reasons thereof.

Course of Study

Preference will be given to candidates whose Fields of Study are specific to the prevailing scarcity areas and market demands of the country and to courses appearing on the List of Indicative Priority Fields of Study available for consultation at the Scholarships Section, Ministry of Education and Human Resources and at Ground Floor, MITD House, Phoenix, or on the following website:

4.

Mode of application

(i)

Applications must be made on the prescribed form available at the Scholarships Section, Ministry of Education and Human Resources, 1st Floor, MITD House, Phoenix and can also be downloaded from the Ministry’s website on:

http://ministry-education.gov.mu 3.

General conditions

http://ministry-education.gov.mu

(a)

Only two candidates will be eligible per Sugar Estate.

Along with their applications the candidates should also submit certified copies of the following documents:-

(b)

Priority will be given to candidates who have enrolled for a full-time undergraduate course (Diploma/Degree).

(c)

(d)

(i)

http://citizen.gov.mu However, applicants should submit certified copies of all supporting documents after the application for the scholarship on line, which should not be later than the closing date specified below.

(a)

(b) Scholars will receive a yearly allowance of (c) Rs 18,000 for a maximum of four years. The modalities of payment will be mutually agreed upon between the student and the respective Sugar Estate. (d) (e) Selected candidates will be required to (f) sign a contract with the sugar estate to the effect that they will: (ii) submit documents as and when required by the Mauritius Cane Industry Authority

Their Birth Certificates and National Identity Cards; Birth Certificates and National Identity Cards of Parent(s); Copy of signed option form and “Quittance” of Parents having retired under VRS/ERS Scheme; SC or GCE ‘O’ Level Certificate; HSC or GCE ‘A’ Level; and Evidence of enrolment in a recognized Post Secondary Institution in Mauritius.

Candidates should ensure that certified copies of certificates, transcripts of final university results/marksheets and all other relevant documents relating to their qualifications are submitted to the Scholarships Section by the closing date. Non-submission of these docu ments on time will result in their elim ination from the selection exercise. Certification of documents may be done at the Scholarships Section of the Ministry or at the Career Guidance Service in Rose Hill.

(iv)

The completed Application Forms along with all supporting documents should be returned to the Scholarships Section, 1st Floor, MITD House, Phoenix by 16 August 2013 at 14.00 hours at latest.

5.

Candidates are strongly advised not to wait for the last day to submit their application. Candidates who have not been informed of their nomination within two months as from the closing date for application should consider that they have not been selected. A Communiqué will be placed on the Website in due course to inform applicants that the selection exercise has been completed.

6.

7.

Applicants may equally submit applications online on the following website: 01 August 2013

Ministry of Education and Human Resources MITD House, Phoenix


MARKET

MERCREDI 7 AOÛT 2013 EDITION 141 | CAPITAL

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BANK OF MAURITIUS EXCHANGE RATES TUESDAY, AUGUST 6, 2013

LOCAL FRONT

BUYING

SELLING

Country

Currency

TT

DD

Notes

AUSTRALIA CANADA EMU JAPAN NEW ZEALAND SINGAPORE SOUTH AFRICA SWITZERLAND U.K. U.S.A.

AUD 1 CAD 1 EUR 1 JPY 100 NZD 1 SGD 1 ZAR 1 CHF 1 GBP 1 USD 1

26.9293 29.0702 40.29 30.6627 23.5521 23.736 3.0636 32.4083 46.6339 30.415

26.7694 28.8872 40.1379 30.38 23.4101 23.6211 3.0247 32.2386 46.4572 30.3285

26.4773 28.6649 39.9773 30.0026 23.1428 23.4975 2.9678 32.0175 46.2585 30.2787

TT/DD/Notes

28.1176 30.3286 41.4798 32.0462 24.6154 24.8489 3.218 33.7954 48.0052 31.2911

GOLD COINS TUESDAY, AUGUST 6, 2013

NEW MAURITIUS HOTELS: FALL IN REVENUE BY 2.7% For the nine months ended 30 June 2013, New Mauritius Hotels (NMH) has recorded a drop of 2.7% in its total revenue, in relation to last year's corresponding period. The loss incurred for that same period amounted to Rs 218 millions, against Rs 172 million last year. The group has also recorded a drop of 7.4% in the number of guest nights whilst average revenue per guest dropped by 2.1%. However, states the board, based on its forward bookings recorded as of date for the first quarter of the next financial year, “a marked improvement is anticipated in the Group's market share, particularly in the up market segment.” As regards its Marrakech project, the soft opening is scheduled in December this year. The company has already raised Rs 1.2 billion in the form of secured multicurrency notes in private placement. About Rs 800 million will be transferred to Marrakech to ensure the financing of works that remain to be completed up to December 2013. Loans from Moroccan banks should be finalised by the end of March 2014 and will allow the reimbursement of the short term facilities obtained in Mauritius. The remaining Rs 400 million will be used to finance renovation works at the Royal Palm.

SUN RESORTS: GROWTH IN REVENUE OF 12% Despite a difficult local tourism industry, the Sun Resorts group has experienced a growth of 28% in room nights available, and managed to increase its market share of tourist arrivals by 38% in the quarter. Thus, the Group's revenues for the quarter and half year ended 30th June 2013 has grown by 12% to Rs 771 million. However, the first year of operation of Ambre has affected materially the overall results, while the resort in Maldives experienced a difficult quarter due to the reduction in arrivals from the European markets. Thus, states the board, with operations at Ambre being sluggish, operating

loss amounted to Rs 162 million, against Rs 102 million in 2012. The net loss for the quarter stood at Rs 213 million against Rs 146 million in the corresponding quarter of 2012.

GBOT: SILVER CONTRACT NOW AVAILABLE The Global Board of Trade (GBOT), the first international multi-asset bourse from Mauritius has announced that the GBOT Silver Spot CFD contract has gone live for trading on Monday, 29th July 2013. This precious metal CFD contract, launched three months after GBOT became the 1st exchange in Africa to have successfully introduced exchange traded CFDs, signifies the exchange’s commitment towards product innovation. The GBOT Silver CFD contract is benchmarked against silver spot prices and has a contract size of 50 Troy ounces. This new contract will allow market participants to hedge their silver exposure and further enhance retail market participation by attracting participants with a small trading and investment threshold. This standardized GBOT Silver CFD contracts will offer enhanced transparency, no counterparty risk, high return potential, low entry threshold and no levy of overnight rollover and open interest charges. Participants can take advantage of both rising and falling markets. Rinsy Ansalam, Managing Director and Chief Executive Officer of GBOT, stated: “In the near past, silver has been one of the most volatile commodities and with the launch of Silver CFD, we are offering market participants in Africa and across the world with an efficient and sophisticated risk management platform for silver price hedging. With the introduction of Silver CFD, we have enhanced our precious metal offering and we invite traders, investors, jobbers and hedgers to take advantage of this small sized product with narrow spreads and low transaction charges.”

MARKET SHARES – TUESDAY, AUGUST 6, 2013 COMPANY AIR MTIUS LTD ALTEO LIMITED BRAMER BANKING ENL LAND LTD GAMMA CIVIC H.MALLAC IRELAND BLYTH LTD LUX ISLAND MCB MAURITIUS UNION ASSURANCE NMH OMNICANE ROGERS SBM SUN RESORTS TERRA CIM FINANCIAL DEM BLUELIFE LIMITED CIEL INVESTMENT CIEL TEXTILE CONSTANCE HOTEL DEEP RIVER INVESTMENT ENL INVESTMENT UNION FLACQ LTD UNION SUGAR ESTATE UNITED INVESTMENT

NOMINAL

LAST CLOSING PRICE

LATEST

CHANGE

% CHANGE

VOLUME

VALUE

10.00 1.00 10.00 10.00 10.00 10.00 10.00 7.50 10.00 1.00 10.00 -

13.60 33.80 6.30 42.00 29.40 115.00 86.00 22.05 191.00 120.00 66.00 80.00 176.00 1.02 28.50 40.20 6.44

13.50 33.90 6.40 42.50 29.00 115.00 86.00 22.25 191.00 120.00 67.00 79.75 176.75 1.02 28.50 40.15 6.80

-0.10 0.10 0.10 0.50 -0.40 0.20 1.00 -0.25 0.75 -0.05 0.36

-0.74 0.30 1.59 1.19 -1.36 0.91 1.52 -0.31 0.43 -0.12 5.59

"12,155.00" "17,755.00" "16,952.00" "9,440.00" "7,500.00" "13,912.00" "56,372.00" "6,300.00" 500.00 "2,100.00" "1,472,500.00" 61.00 "10,400.00" "1,088,500.00"

"164,170.25" "601,039.00" "108,070.72" "401,180.00" "217,500.00" "307,793.30" "10,770,995.00" "422,100.00" "39,875.00" "370,350.00" "1,498,110.00" "1,738.50" "418,070.00" "7,120,490.00"

10.00 10.00 1.00 1.00

6.16 2.99 23.75 22.00 49.00 40.00 6.60 52.00 8.24

6.40 2.99 23.75 22.00 49.00 40.00 6.60 52.00 8.24

0.24 -

3.90 -

"5,300.00" "1,047.00" "5,000.00" "3,013.00" 100.00

"33,490.00" "24,868.60" "245,000.00" "120,520.00" 824.00

Denomination

Weight(gm)

Diameter(mm)

Price (Rs)

100 250 500 1000

3.41 8.51 17.03 34.05

16.5 22 27 32.69

5550 13495 26840 53360

MARKET ACTIVITY TUESDAY, AUGUST 6, 2013 Market Capitalization

190,664,357,887.37

Total Volume Traded

3,488,933

Total Value Traded

23,891,478.81

TOP 5 – OFFICIAL MARKET Symbol CIM FINANCIAL BRAMER BANKING NMH ENL LAND LTD LUX ISLAND

Open 6.44 6.30 66.00 42.00 22.05

MOST ACTIVE – OFFICIAL MARKET Symbol SBM CIM FINANCIAL GO LIFE (USD) MCB ALTEO LIMITED TOP GAINERS - DEM Symbol MORNING LIGHT BLUELIFE LIMITED ENL LTD (P) MOST ACTIVE – DEM Symbol EUDCOS SODIA BLUELIFE LIMITED DEEP RIVER INV ENL INVESTMENT

Open 40.20 6.16 28.00

Latest 6.80 6.40 67.00 42.50 22.25

% Change 5.59 1.59 1.52 1.19 0.91

Volume 1,472,500 1,088,500 748,167 56,372 17,755

Latest 42.00 6.40 28.90

% Change 4.48 3.90 3.21

Volume 493,336 211,000 5,300 5,000 3,013

DISCLAIMER: Publication of the above figures has been done with reasonable care and diligence. However, Capital makes no representations, gives no warranty and disclaims all liability in respect thereof and shall not be held liable for any damage, loss or costs incurred resulting from any error in the information or any use of the said information. Appropriate independent advice should be obtained before making any investment decision.

Une publication de Channel13 8, rue Mère Barthelemy, Port-Louis Tel : 213 1555 - Fax : 213 1552 Email : info@channel13.mu Imprimé par Yukondale Ltd - Plaine Lauzun

RÉDACTEUR EN CHEF Rudy Veeramundar DIRECTEUR EXÉCUTIF Rajen Valayden CHEF D’ÉDITION Clency Lajoie RÉDACTION Herrsha Lutchman-Boodhun, Dorothy Bonnefemme, Jamirouddin Yeadally, Jessen Soopramanien, Leena Gooraya PHOTOGRAPHE Nicholas Larché COLLABORATEUR Jean-Luc Balancy CONCEPTION GRAPHIQUE Knivel Goonmeter, Ibrahim Atchia CHEF DE PRODUCTION Roland Nicolas Cheneya ADMINISTRATION Nishta Salandy, Essane Auleear RESPONSABLE PUBLICITÉ Steeven Pumbien Mob : 788 5025 Email : steeven.p@channel13.mu


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GROS PLAN

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MTML baisse ses tarifs internationaux A près avoir introduit en avril dernier le UniPlan, le tarif mobile unique de Rs 1.15 la minute pour tout appel sortant d’un portable Chili vers n’importe quel réseau fixe ou mobile, Mahanagar Telephone (Mauritius) Ltd (MTML) revient cette fois avec une baisse des tarifs internationaux. L'annonce a été faite, mardi, en présence du ministre des Technologies de l’information et de la Communication (TIC), Tassarajen Pillay Chedumbrum, au Hennessy Park Hotel à Ebène. 100 000 ABONNÉS DE MTML Les abonnés au réseau Chili peuvent désormais appeler n’importe quel

OBJECTIF. Aider à réaliser des économies en matière de télécommunications, c’est le but que s’est fixé MTML

numéro, fixe ou mobile, aux USA, au Canada, en Chine et Inde, ainsi que n’importe quel numéro fixe sur l’ensemble du

A&A CONSTRUCTION LTD

97% de réservataires veulent que le projet résidentiel aboutisse

LA QUASI-TOTALITÉ des réservataires / créanciers, soit 97 %, ont voté pour le DOCA (Deed of Company Arrangement) proposé par les administrateurs de la compagnie A&A Construction Ltd, lors de la réunion tenue au Centre Social Marie Reine de la Paix, le mardi 30 juillet dernier. L’option validée, soit la continuité des projets sous le DOCA, permettra aux réservataires de régulariser leurs titres de propriété, ce qui leur permettra de devenir enfin propriétaire de leurs biens. Ces derniers auront jusqu’au 15 octobre 2013 pour solder la balance restante d’après leur contrat originel. Quant au supplément de 32% au-delà du montant stipulé dans leur contrat de réservation, il sera payé au fur et à mesure que les travaux progressent. Georges Chung, administrateur d'A&A Construction Ltd, a par ailleurs affirmé que « nous ferons tout notre possible pour réduire au maximum ce pourcentage ». Les réservataires/créanciers qui ne souhaitent pas aller de l’avant avec leur achat seront invités à trouver quelqu’un d’autre pour les remplacer dans la transaction. S'ils n'y parviennent pas, ils ne pourront exercer leur droit au titre de propriété et seront remboursés à hauteur de 50% du montant de leur créance. Quant aux 38 employés de la compagnie, les administrateurs veilleront à ce qu'ils soient payés aussitôt que les montants demandés aux créanciers seront reçus.

continent européen pour Rs 2.00 la minute. Cette baisse des tarifs coïncide avec la numérotation des portables à 8

chiffres qui entrera en vigueur dans moins d'un mois. « Nous pensons que c’est le moment ou jamais de s’abonner à Chili et de

réaliser de sensibles économies en matière de télécommunications », dit Sanjay Garg, le Chief Executive Officer.

De son côté, Ramapatee Gujadhur, membre du conseil d’administration de la compagnie soutient que depuis son lancement en novembre 2011, Chili a nécessité un investissement total de Rs 1 milliard et la compagnie continue d’améliorer ses infrastructures. « Le succès a été au-delà de nos attentes et notre mission est d'offrir des produits de qualité à un prix accessible », a-t-il déclaré, ajoutant que le réseau MTML compte plus de 100 000 abonnés. Le nouveau bâtiment de MTML actuellement en voie d'achèvement à Ebène, sera opérationnel dans deux semaines. Il aura coûté Rs 150 millions.

L’A380 d’Emirates dans le ciel mauricien à partir de décembre L'A380 D'EMIRATES desservira Maurice quotidiennement à partir du 16 décembre prochain. La destination mauricienne viendra s'ajouter à la vingtaine déjà desservies par l'A380, incluant Londres, Rome, Moscou, Hong Kong, Bangkok et Auckland. « Cinq années se sont écoulées depuis qu’Emirates a changé le paysage du voyage aérien avec cet appareil remarquable », déclare Tim Clark, président d’Emirates Airline : « Sa popularité est maintenant solidement ancrée sur les 6 continents de notre réseau et nos passagers demeurent enthousiastes pour nos produits : la tranquillité de cet appareil gigantesque, un sentiment unique d’espace en classe économie, des sièges reconvertis en lits dans la classe affaires et le sanctuaire des suites privées en première classe avec accès à deux spas à bord ».

Emirates coïncide les 5 ans de son appareil avec son association à Google pour le lancement du premier ‘Street View’ de l'A380. De ce fait, l'on peut bénéficier de nombreux avantages du plus grand avion commercial au monde. L'on peut maintenant explorer les suites en classe Première, les cabines de la classe Affaires, les ‘Onboard

Lounges’, les ‘shower spas’, le cockpit et l'accès au WIFI. Il y a ce jour un total de 7 000 employés de cabine à la flotte des 35 A380 et 670 personnels technique. Etant le plus grands opérateur de l'A380, Emirates en a commandé encore 55 autres qui viendront s'ajouter aux 35 appareils déjà en opération.

New Tax Regime to be implemented soon AS PART of the implementation of the new tax regime in Mauritius in 2014 namely the Foreign Account Tax Compliance Act (FATCA), the government will sign an intergovernmental agreement with the Internal Revenue Service (IRS). One implication of this agreement is that many Mauritian financial

companies will have to register online with the U.S. IRS through the portal FATCA. FATCA is part of U.S. law since 2010 and generates multiple global implications as long as the nature of the legislation exceeds the traditional single-country barriers. Tax authorities generally im-

pose requirements on individuals and companies in their own country, but this legislation is going beyond the national territory and demand entities in other countries to comply. The total cost generated by this law has been estimated at around $ 6 billion. In this context, Grant Thornton Mauritius is organising a

workshop on 14 August next to allow non-bank financial institutions to better control requirements about FATCA before online registration is launched. George Palmer, Tax Manager at Grant Thornton UK, will lead the session at Hennessy Park Hotel.


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MERCREDI 7 AOÛT 2013 EDITION 141 | CAPITAL

Le nouveau bateau-patrouilleur mauricien mis à l’eau LE CGS Barracuda, nouveau bateau-patrouilleur, a été mis en mer vendredi dernier. C'est à Kolkata, en Inde, en présence de Doreen Fong-Weng Poorun, ‘Senior Chief Executive’ au Bureau du Premier ministre, et du haut-commissaire de Maurice en Inde, le Dr Arye Kumar Jagessur que le lancement a eu lieu. Long de 75 mètres, le bateau-patrouilleur, construit par la firme indienne « Garden Reach Shipbuilders and Engineers Ltd», est aussi doté d'un contrôle anti-pollution et d'une helisurface. Les travaux d’aménagement interne d’infrastructure et de mise en place des équipements électroniques seront complétés d'ici un an. Le CGS Barracuda sera opérationnel en septembre 2014. C’est lors d’une mission officielle en Inde, en octo-

Le CGS Barracuda aura pour tâche de surveiller nos côtes

bre 2005, que le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, avait sollicité l’aide du gouvernement indien pour l’acquisition d’un patrouilleur moderne doté d’équipements de pointe afin de renforcer notre sécurité maritime. C’est ainsi que l’Inde a mis à notre disposition une subvention de USD 10 millions et d’une ligne de crédit de USD 48.5 millions pour l’achat du CGS

Barracuda. Un accord de principe fut alors signé entre les deux pays en mars 2011. Le CGS Barracuda sera utilisé comme un bateau de surveillance et de sauvegarde mais sera aussi engagé dans la lutte contre la drogue, la piraterie, la pêche illégale et la contrebande. Il aura aussi la charge de transporter des vivres et du carburant aux habitants des îles.

Insurance Company adopts a more standardised System

NEW INDIA Assurance Company Ltd presents the PAN Mauritius project, a web-based software developed in order to achieve seamless integration between the functions of accredited agents offices and the head office in PortLouis. KanakandlaVenkatesh, branch manager pointed out at a press conference on Friday that the group has 26 accredited agents across the island and 1 in Rodrigues, excluding the salespersons. These agents are authorised to issue certificates of insurance for motor policies to the customers at their end. However, each agent is handling the business in his own style. “By introducing the PAN Mauritius system, we want to standardise the entire operation and bring in uniformity,” he explained. The software developed by the insurance company has an entirely automated motor tariff built-in along with entire structure, guide-

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lines and practices of underwriting motor insurance. With this, the errors caused due to misunderstanding or misinterpretation of the tariff are eliminated. The premium that the customer will get will be uniform in any other offices. Bharat Barahate, chief operating officer believes that this system will bring more transparency in the way transactions are carried out. He stated that the project eliminates the confusion that might exist sometimes with respect to acceptance of vehicles on make, model , age etc. he further explained. Customers can go to the agents office to find out about their status of claim or claim amount being paid. The accredited agents will be able to provide the information by just clicking a button. According to the branch manager, with the benefits associated with the new system, the agents can study his business gain, loss, credit management, and also gives more time to concentrate on marketing. He also recalled that the accredited agents have already gone through extensive training to be able to use the system efficiently.


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GROS PLAN

MERCREDI 7 AOÛT 2013 CAPITAL | EDITION 141

APIOI

Le plan d’actions 2013-2014 validé L’ Association des Ports des îles de l'océan Indien (APIOI) a tenu les 1er et 2 août, son assemblée générale annuelle et son conseil d’administration à La Réunion. Le plan d’actions 2013-2014 y a été validé et un rapport de sa mise en oeuvre est attendu des pays membres l'année prochaine. Créée en 2007 à Tamatave à Madagascar et enregistrée à La Réunion où elle a établi son siège social, cette association a pour objectif de donner aux ports qui la composent, les moyens de faire face à la mondialisation des échanges maritimes, et de promouvoir à travers le monde la région océan Indien comme zone d’échanges commerciaux, de croisière et de pêche.

Les réflexions engagées ont porté sur le développement de la pêche, la préservation des ressources halieutiques, la politique des échanges inter-îles, la lutte contre la piraterie, le développement durable et la gestion des déchets, ou encore la formation maritime et portuaire. L’association a également entériné la composition de ses instances. Le président actuellement en poste, le Mauricien Shekur Suntah a été reconduit pour une deuxième année. L’arrivée de nouveaux membres représentants le Grand Port Maritime de La Réunion (GPMDLR) nommément Alain Gaudin et Stéphane Raison, ainsi que Patrick Guillou, directeur du port d’Ehoala (Fort Dauphin) a été officialisée.

ASSEMBLÉ GÉNÉRALE. Plusieurs thèmes liés à la mer ont été discutés à La Réunion

HÔPITAL APOLLO BRAMWELL

NOUVEAU TERMINAL PASSAGER

Une chirurgie à haut risque sauve une petite Malgache LA VIE de Tania, une petite Malgache de quatre ans, a été sauvée grâce à une chirurgie à haut risque à l’hôpital Apollo Bramwell. La fillette soufrait d'un énorme abcès au foie et aux poumons. Transportée d’urgence à Maurice il y a quelques semaines, elle a été prise en charge par le Dr. Kevin Teerovengadum, Paediatric Surgeon, et le Dr. Faeza Soobadar, Senior Consultant Paediatrician and Neonatologist. « L’état de santé de Tania était très grave lorsqu’elle a été emmenée à l'hôpital. Elle souffrait d'une forte fièvre et ne pouvait plus respirer correctement. Elle a été immédiatement placée à l’unité de soins intensifs de l'hôpital », explique le Dr Kevin Teerovengadum. Après l’avoir examiné, les médecins ont découvert que l’abcès avait un diamètre de 10 à 12 centimètres, et qu'il était donc plus gros que le diagnostic fait à Madagascar ne le laissait comprendre. Ce qui compliquait davantage l’intervention.

« Lorsque nous avons vu Tania, l'abcès s’était propagé, atteignant ses poumons, et son abdomen était très distendu. Nous devions d'abord confirmer le diagnostic à travers une procédure non-invasive guidée par échographie. Nous avons également dû vider l’abcès », ajoute le Dr Soobadar.

Suite à l'intervention chirurgicale, Tania a nécessité des soins intensifs. Mais au bout de quelques semaines, son foie avait retrouvé sa taille normale et l’abcès dans ses poumons avait disparu. Elle n’avait plus besoin d’oxygène pour aider sa respiration et pouvait manger normalement.

Décollage en septembre Ça y est presque. Le nouveau terminal passager de l’aéroport international Sir Seewoosagur Ramgoolam est prévu pour entrer en service en septembre prochain. Une série de tests opérationnels est actuellement menée par ATOL (Airport Terminal Operations Limited), compagnie en charge de l’exploitation du nouveau terminal, pour tout peaufiner avant le jour J. C'est ainsi qu'une centaine d’élèves, de professeurs et de cadres de l’Ecole Hôtelière Sir Gaëtan Duval avaient, fin juillet, participé à des simulations de départ et d'arrivée. Etapes indispensables avant l’ouverture et la mise en opération prochaine du nouveau terminal, la trentaine de tests sont préparés depuis des mois dans le but de mettre en situation réelle une série d’équipements techniques. TESTS CONCLUANTS Le responsable de l’équipe Operations Readiness Airport Transfer (ORAT), Jean-Louis Maurel, explique qu'il s'agit de « mettre à l’épreuve chaque procédure et installation qui font partie d’un processus intégré où nous testons le flux des passagers et nous permettons aux 'stakeholders' de l’aéroport de se familiariser avec leur outil de travail. C’est une occasion pour ATOL d'identifier les ajustements possibles avant l’ouverture. Nous nous assurons par exemple que l’ensemble des Baggage Handling Systems (BHS) sur le nouveau terminal réponde aux normes requises en termes de sûreté, mais aussi de qualité de service

pour les passagers ». Selon le responsable du département informatique, Manjari Gungoosing, toutes les installations informatiques du nouveau terminal ont aussi été testées. « Les systèmes fonctionnent et nous continuons à travailler avec les compagnies aériennes pour affiner le paramétrage afin que le parcours du passager dans le terminal, de son entrée au 'check-in hall', son passage au comptoir d’enregistrement, jusqu’à l’embarquement, se fasse sans complication », dit-il. ATOL procède également à des tests au niveau de chaque poste avion, permettant aux différents types d’avions de se mettre en contact avec les passerelles télescopiques du nouveau terminal. Trois tests sur les postes avions 11, 12 et 13, avec des avions d'Air Austral et de South African Airways, ont déjà eu lieu.


ACTA PUBLICA

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BANQUES

L

Barclays lorgne les millionnaires africains

a transaction a été complétée le 31 juillet dernier, après que les régulateurs des activités bancaires dans neuf des onze pays où Barclays est présent – Botswana, Ghana, Kenya, Maurice, Seychelles, Afrique du Sud, Tanzanie, Ouganda et Zambie – ont marqué leur accord pour cette opération. En vertu de l'accord, Barclays renonce à la gestion de ses opérations en Afrique au profit d'Absa, troisième banque commerciale d'Afrique du Sud, en échange d'une participation à hauteur de 62,3% dans son capital. C'est ainsi que depuis vendredi, Absa n'est plus listée sur

C’est un moment privilégié pour Absa et Barclays Wendy Lucas-Bull, présidente de Barclays Africa Group

Du nouveau dans le paysage bancaire régional. Le groupe Absa a reçu l'approbation du régulateur sud-africain des marchés financiers pour l'acquisition des activités africaines du groupe bancaire britannique Barclays PLC

la Bourse de Johannesburg. Il a été remplacé par Barclays Africa Group – entité qui gère maintenant les opérations dans les neuf pays africains. La nouvelle entité gérera près de 14,4 millions de clients à travers un réseau de 1300 branches et plus de 10 400 ATM, ainsi que plus

de 43 000 employés. Wendy Lucas-Bull, présidente de Barclays Africa Group a déclaré à l'occasion que « c'est un moment privilégié pour Absa et Barclays. Pour Absa, il contribuera à améliorer les perspectives de croissance dans le long terme, tandis que Barclays mise

TRAINING PROGRAMME

AVOIDING FINANCIAL DAMAGES HOW CAN we best tackle and avoid financial issues and damages? Or, really can we? These are questions to which only the United States Securities and Exchange Commission (SEC) has the answers or could eventually provide solutions to as they undertake a Regional Training Programme on these issues at the FSC (Financial Services Commission) House in Ebène. Four representatives of the U.S. are in the country since last week in a bid to provide practical solutions to Mauritian as well as to foreign delegates on how to tackle financial issues and avoiding damages on the financial market. The programme conducted under the theme; “Effective Oversight of Capital Markets: Compliance, Examinations, Investigations and Prosecutions of Securities Fraud and Abuse” was initiated by the FSC in collaboration with the SEC. Delegates from 13 regulatory bodies of countries like: Angola, Seychelles, Maldives, Singapore, Kenya, Sri Lanka and officers of the FSC attended a presentation by the Assistant Director in the Office of International Affairs, U.S. SEC, Scott Birdwell on Thursday August, 1st. The Branch Chief of the U.S. SEC, Erin McCartney as well as Kurt Gresenz, responsible for

international enforcement at the SEC and David Woodcock, Regional Director SEC are the facilitators of this programme which aims at emphasizing practical solutions to common market problems and abuses as well as how to address pyramid and Ponzi schemes. BREACH OF SECURITY LAW “The programme is a very good opportunity for us as well as regulators in the region to increase capacity in terms of regulation and supervision of the securities market as well as in combating financial frauds”, stated Chief of the FSC, Clairette Ah-Hen. This forum is believed to allow the exchange of best practices in the development and regulation of capital markets presented through a series of discussions and case studies as participants will have the opportunity to identify elements of successfully investigating and prosecuting pyramid schemes and related fraud. They will also be able to learn from the U.S. Regulatory experiences in dealing with Ponzi schemes and appropriate remedies for breach of security law and alongside get to network and forge the relationship among regulators in the region.

sur les opportunités qu'offrira l'Afrique en tant qu'un des piliers de croissance à l'avenir ». « UNE OPPORTUNITÉ ATTRAYANTE » Qui dit nouvelle entité dit aussi nouveaux objectifs. S'appuyant sur son expertise en 'pri-

vate banking' en Afrique du Sud, Barclays South Africa veut maintenant rapidement conquérir une position de premier plan en matière de gestion de fortune de millionnaires africains, dont les actifs sont estimés à USD 1400 milliards. Maria Ramos, présidente du groupe, citée par Bloomberg, a affirmé que cette expansion est encore soumise aux autorités de régulation de certains pays comme le Kenya, le Ghana et Maurice. « C'est une opportunité très attrayante », a-t-elle fait ressortir. Le nombre d'Africains qui compte des actifs de USD 1 million, soit plus de 30 millions de roupies, a grimpé de 9,9% en 2012 pour atteindre 140 000. Les chiffres ont été rendus publics dans un rapport publié par Cap Gemini et la Royal Bank of Canada. « That was the fastest rate of increase outside North America as the economies of countries such as Nigeria and Ghana grew at more than 5 percent last year », souligne le rapport.

TÉLÉCOMMUNICATIONS

Selon Tassarajen Pillay, MT ne suit pas la vision du gouvernement TASSARAJEN PILLAY n'en n'a pas fini avec Mauritius Telecom. Le ministre des Technologies de l’information et de la communication (TIC), trouve « vraiment triste que MT ne s'engage pas dans l'innovation », a-t-il dit hier. Le ministre intervenait, hier, à la présentation des nouveaux tarif internationaux de Mahanagar Telephone (Mauritius) Ltd (MTML) (voir information p 26). Il va sans dire que le ministre a été fort élogieux à l'égard de la compagnie indienne. « Vraiment impressionant de voir la contribution de MTML à rendre le secteur des TIC un pilier majeur de l'économie. Cette innovation est en ligne avec la vision du gouvernement. MTML a rejoint le marché des télécommunications que

récemment, et je suis heureux de voir ses efforts continus pour rendre les coûts des appels téléphoniques nationaux ou internationaux très compétitifs », a-t-il déclaré. « Si MT ne suit pas la même tendance, je ne peux pas le forcer », a dit le ministre. Tassarajen Pillay s'est également réjoui que le secteur des TIC soit devenu le troisième pilier économique après l'industrie du tourisme et les services financiers. En ce qui concerne la migration qui sera effective à partir du 1er septembre, le ministre a assuré que toutes les dispositions nécessaires sont en cours afin que la transition vers la numérotation à 8 chiffres se passe sans aucun inconvénient. LEENA GOORAYA


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PSYCHO

MERCREDI 7 AOÛT 2013 CAPITAL | EDITION 141

CONFLITS AU TRAVAIL

Inévitables, mais gérables Le contexte professionnel est un cadre qui produit rivalité, jalousie et compétition. S’ajoute à cela notre propre individualité, nos défauts, nos qualités, notre perception du monde. Fort de ces deux constats, on peut conclure que les conflits sont inévitables, mais gérables. Voici les grandes lignes pour avoir des relations sereines au travail

L FANNY BAUER-MOTTI Directrice de Think&BE Ltd Psychologue, psychanalyste ● Spécialiste de l’individu au cœur des fonctionnements d’entreprise ● Coach professionnel et privé ● ●

Tel : 403 4414 Mob : 478 5778 Email : fannybauermotti@gmail.com

a première règle d’or à retenir, peut-être même la plus importante, est la suivante : sur votre lieu de travail, vos relations doivent justement, avant tout, être professionnelles. Car ce qui différencie vos liens au travail de la sphère privée, c’est que vous avez des enjeux, un but, et parfois une hiérarchie en commun. Un climat peu favorable aux liens stables. Pour gérer les conflits de la bonne manière, vous devez identifier les enjeux. Il n’en est pas de même selon que les tensions soient au sein des équipes, vers la hiérarchie ou vers le personnel. La seule donnée universelle que vous devez toujours avoir à l’esprit, c’est un positionnement qui se situe dans l’estime et non dans l’affect.

LE BON POSITIONNEMENT Où que vous soyez sur l’échelle sociale de votre entreprise, votre positionnement est fondamental. Il est normal de vouloir apprécier et être apprécié,mais ne vous

N’ayez pas peur de dire non si l’on vous impose un volume horaire, un taux de travail, ou des conditions qui ne vont pas dans le sens de ce pourquoi vous avez été embauché. Pour ce faire, vous devez avoir une profonde connaissance de vos droits et de votre contrat. Ainsi, vous serez à même de connaître les points forts sur lesquels prendre appui

trompez pas d’indicateur. Cherchez à estimer et à être estimé, et non à aimer. Lorsque l’on cherche trop à copiner sur son lieu de travail, on ouvre la porte de son moi profond aux autres. Ces autres qui, on ne sait jamais, se transformeront peut-être un jour en rivaux, ou en traîtres. Vous ne devez pas laisser l’accès à vos faiblesses, ou à vos craintes. Donnez à voir à vos collaborateurs uniquement votre visage professionnel. Le reste, gardez-le à part, sauf si vous vous savez de manière sûre lié d’amitié avec l’un de vos collègues, auquel cas cela ne doit pas être perceptible, cela doit rester très discret. En priorité, de manière générale, soyez avant tout professionnel dans vos relations avec autrui. Cela évite deux écueils : dans les conflits, vous serez à l’abri de tout jugement de valeur sur votre personne. En effet, si l’on connaît peu de vous, on aura peu à vous reprocher à part les événements factuels et on n’aura pas de prise. On ne pourra pas vous déstabiliser en se référant à votre sphère privée. Deuxièmement, n’exprimez pas des avis trop profonds sur des sujets qui créent discorde : politique, religion, communauté… vos avis vous appartiennent, les laisser entrevoir est générateur de conflit. Vous en serez acteur et cela pèsera dans la balance de vos équipes et de vos collaborateurs si un conflit éclate. Le mot d’ordre, donc, pour un bon positionnement, est le silence. Mieux


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vaut en dire le moins possible pour avancer sereinement. CONFLIT AVEC VOS COLLÈGUES Les conflits, tensions, désaccords entre collègues sont inhérents au monde du travail. Parce que chacun d’entre vous a ses propres idées, avis et rapport au monde, la confrontation des points de vue et des intérêts est très présente. La compétition aussi est source de discorde, tout comme le stress, car plus que par la raison, chacun est guidé par ses émotions. Depuis petit, on nous apprend qu’il y a un meilleur et un moins bon. On ne nous apprend pas à être bon, mais à vouloir être meilleur que les autres. Devenus adultes, on continue à fonctionner ainsi et une pensée nous suit en toile de fond : « Il n’y a qu’une place pour la réussite ». A partir de ces constats, il est facile de comprendre que les conflits sont inévitables. Et si vous ne pouvez pas changer vos collègues, vous pouvez changer, vous, de positionnement, et être le moins possible acteur de conflits. Si un conflit éclate, il y a essentiellement deux comportements à éviter. Ne vous écrasez pas, paralysé par la peur d’être jugé ou de ne plus être aimé. Eviter le conflit est une chose, le fuir en est une autre. Ne répondez pas non plus, sur le même ton, au taquet, prêt à répliquer encore plus fort à l’offensive que vous avez subie. Retenez bien que celui qui crie le plus fort a toujours tort aux yeux des observateurs. Sachez identifier ce qui est générateur de conflits. Des problèmes relationnels d’ordre individuel ? Des enjeux ? De la rivalité ? Une fois que vous avez identifié la source du problème, cherchez à vous en distancier. Soyez toujours ferme et courtois dans vos prises de position, et jamais insultant. Si la personne vous entraîne dans un raisonnement où vous finissez toujours par avoir tort, reprenez très calmement, un à un, les points sur lesquels vous divergez.Parlez toujours en votre nom, ne citez jamais vos collègues ou votre boss pour justifier vos propos. Les « tout le monde pense comme moi » ou « même le boss le dit », pour argumenter, cela risque de se retourner contre vous et indique votre propre incapacité à argumenter votre opinion seul face à votre interlocuteur. Si vous avez été ferme sur votre positionnement et que les tensions s’apaisent, ne vous montrez pas rancunier. Sachez prouver que la situation peut revenir à la normale. Pour autant, gardez constamment une petite réserve, une petite distance infime qui empêchera les prochains débordements, surtout avec les collègues que vous sentez toujours partants pour conflit et discorde. Et retenez bien que, plus qu’ailleurs, au travail, chacun agit dans son propre intérêt. La confiance est donc à utiliser avec parcimonie. Enfin, évitez de vous excuser à tout bout de champ. Lorsque l’on s’excuse, on valide un comportement qui n’aurait pas été le bon. Préférez des phrases du type :

« Je suis désolé que cela t’ait blessé », plutôt que « Je suis désolé des mots que je t’ai dits ». Ne validez pas les reproches que l’on vous fait ouvertement, tout en sachant les écouter, les analyser et éventuellement en prendre bonne note. CONFLIT AVEC LES HIÉRARCHIES Ces conflits sont les plus complexes, car les enjeux sont anxiogènes pour qui les vit. La principale source de conflit est la divergence entre l’intérêt individuel et celui de l’entreprise. Là aussi, vous devez apprendre à prendre position de manière ferme. Beaucoup d’entre nous croient que questionner la hiérarchie, ou exiger

Si vos équipes se sentent en face d’un patron calme et serein, qui sait qu’il a raison et où il va, vous avez de grandes chances que la situation se calme

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d’autres conditions de travail, comporte un risque pour sa propre carrière. Pourtant, lorsque l’on exige de la bonne manière, on dit quelque chose de soi qui pousse au respect. N’ayez pas peur, donc, de dire non si l’on vous impose un volume horaire, un taux de travail, ou des conditions qui ne vont pas dans le sens de ce pourquoi vous avez été embauché. Pour ce faire, vous devez avoir une profonde connaissance de vos droits et de votre contrat. Ainsi, vous serez à même de connaître les points forts sur lesquels prendre appui. Les règles d’or, ici, sont les suivantes : ne dites jamais un mot plus haut que

tendez le brouhaha du mécontentement. Soit il s’agit de conflits au sein de vos équipes, et si tel est le cas, laissez-les régler les conflits entre eux sans chercher à vous en mêler. Soit il s’agit de conflits vous visant, vous, directement dans vos activités de leader ou de décideur. Là, à vous de maintenir une position de patron. Ne hurlez pas, ne cherchez pas à faire taire à toute force les murmures d’incrimination, mais au contraire, sachez les entendre, les reprendre s’il le faut. Ainsi, grâce à votre manière de communiquer,si vos équipes se sentent en face d'un patron calme et serein, qui sait qu’il a raison et où il va, vous

l’autre, sachez rester calme et faites passer les messages avec diplomatie. Cependant,dites et manifestez votre désaccord ou votre opinion.Si vous ne le faites pas, vous risquez d’être continuellement oppressé. Le rapport de force est inhérent au contexte professionnel. Celui qui cède une fois s’annonce susceptible de céder toujours. Soyez les garants de votre propre tranquillité. Soyez totalement respectueux de votre hiérarchie et exigez de même en retour. Ne tolérez pas que l’on vous parle de manière agressive ou vulgaire. Le principal obstacle à cela est votre peur. C’est votre anxiété qui vous immobilise et vous fait accepter plus que ce pour quoi vous êtes payé. Travaillez dessus et retenez une vérité universelle : on prend moins de risque à exiger qu’à accepter, car si l’on ne demande rien, on ne reçoit rien. Chacun agit dans son propre intérêt.

avez de grandes chances que la situation se calme. Mais si vous choisissez d’être un patron despotique, vous risquez d’unir vos équipes contre vous, car vous rendrez tout le monde témoin de vos prises de position musclées, avec pour effet de souder entre eux les individus qui travaillent pour vous. Entre eux… et contre vous. Dans tous les cas, si vous sentez un climat de discorde, vous devez regarder les faits en face et les affronter en terme de communication et de prise de position, car si vous les ignorez, vous risquez un beau jour de vous trouver à diriger des équipes désinvesties, sans aucun sentiment d’appartenance à votre entreprise. Globalement, le mot d’ordre est de gérer sa propre communication. Dans votre profession, ne soyez pas spontané. Soyez raisonné, car l’image que vous donnez de vous dessine vos rapports aux autres.

CONFLIT AVEC VOS EMPLOYÉS Vous faites partie de la direction, et c’est au cœur de vos équipes que vous en-



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