Page 1

LE CONGO : UN MOTEUR POUR NOTRE ÉCONOMIE Le président Sassou N’Guesso, s’est engagé à moderniser son pays avec le soutien financier de divers pays. Maurice peut en tirer profit et se positionne EDITION 34 – MERCREDI 13 JUILLET 2011

LA DIFFÉRENCE, C’EST LE CONTENU

Votre hebdomadaire à Rs 15

« C’EST À MANSOOR DE RÉPONDRE SUR LES DÉPENSES ! »

CT POWER : LE PROCÈS DÉMARRE

TRIBUNAL DE LA SADC : LA RÉVOLTE D’ARIRANGA PILLAY

Kadress Pillay, ancien directeur de l’Audit, critique le système où opère cette institution et souligne la responsabilité du secrétaire financier

C'est devant le magistrat Patrick Kam Sing que le ministère de l'Environnement devra justifier son refus d'accorder un permis EIA à CT Power

La dissolution du tribunal de la SADC a provoqué la colère de l’ancien chef juge mauricien, qui en assurait la présidence

AFFAIRE MEDPOINT

YODHUN BISSESSUR : « LE PM NE M’A JAMAIS APPELÉ » Maya Hanoomanjee convoquée « under warning » Paul Bérenger dans l’obligation de s’expliquer à l’Icac

Six propositions pour verdir et fleurir le pays | Harassment : Workplace Discrimination | Bureaux de deuil : on peut enfin mourir heureux


NOUVEAU DG POUR AIR MADAGASCAR

2

CAPITAL

Après la nomination des nouveaux membres du conseil d’administration de la compagnie nationale malgache Air Madagascar, il avait a été annoncé que la nomination d’un directeur général de l’entreprise, un des fleurons des entreprises nationales, ne saurait tarder. Il s’agit bien d’un

Edition 34

ACTA PUBLICA MERCREDI 13 JUILLET 2011

élément sorti des rangs de la compagnie. Effectivement, celui à qui échoit le poste de directeur général de la compagnie Air Madagascar n’est autre que le commandant Hugues Ratsiferana, qui a toujours exercé au sein de la compagnie en tant que commandant de bord.

TRIBUNAL DE LA SADC

La révolte de l’ancien chef juge Pillay La décision prise lors du sommet de Windhoek soulève des vagues. En attendent la mise en oeuvre d’une autre cour de justice pour les droits humains dans les pays d’Afrique subsaharienne, le tribunal de la SADC a été dissoute. Ce qui a provoqué la colère du président du défunt tribunal, qui n’est autre que l’ancien chef juge mauricien Ariranga Pillay | RUDY VEERAMUNDAR

LA DISSOLUTION du tribunal de la South African Development Community (SADC) fait actuellement l’objet de l’attention de la communauté internationale. D’autant plus que les juges qui siégeaient sur le panel, menés par l’ancien chef juge de la cour suprême de Maurice, Ariranga Pillay, sont actuellement dans une bataille sans relâche contre la SADC. Le juge Pillay ne mâche pas ses mots et, selon un article de Voice of America, il est catégorique : la dissolution est intervenue après une décision décrétant illégales certaines actions de l’Etat du Zimbabwe. Selon le juge Pillay, c’est cette décision qui aurait poussé la SADC à dissoudre le tribunal. Cette instance avait conclu que : « A group of white farmers evicted from their land since 2000 were victims of racial discrimination. » Le tribunal avait aussi décidé que l’expulsion de certains propriétaires de fermes n’était pas en règle et que ceux qui s’étaient vu contraints d’évacuer leurs fermes devaient être compensés par l’Etat du Zimbabwe. La plus haute instance judiciaire du pays pointé du doigt devait toutefois affirmer que le tribunal de la SADC n’avait pas la juridiction appropriée pour décider de ce qui se passe au Zimbabwe. L’Etat de Robert Mugabe devait ensuite aller plus loin, en demandant à ce que les pouvoirs

du tribunal de la SADC soient revus. Au mois de mai de cette année, lors du sommet de Windhoek, la décision pour dissoudre le tribunal de la SADC devait être prise. Il a été noté que le président de l’Afrique du Sud, Jacob Zuma – qui agit comme médiateur au sujet de la crise politique de Zimbabwe – n’a pu se rendre au sommet de Windhoek lorsque la SADC a pris la décision de mettre un terme au contrat d’Ariranga Pillay et de trois autres juges africains à la suite de la dissolution du tribunal. Pour le juge mauricien, cette décision est illégale et dans une déclaration au secrétariat de la SADC, il devait même préciser que « although the tribunal is now « defunct », its decision on Zimbabwe’s farmers is not. » La dissolution du tribunal est, selon lui, « the worst possible signal to investors, donors and the international community that the highest authorities of SADC only pay lip service to human rights, democracy and the rule of law. » Ariranga Pillay a aussi informé le secrétariat que ses trois collègues et lui vont chercher réparation concernant la décision de la SADC qui, selon lui, a mis un terme à leur contrat de manière « high handed and imperious. »

ESCROQUERIE

LA JUSTICE MALGACHE HÉSITE À INCULPER UNE HAUTE PERSONNALITÉ FRANÇAISE Le directeur général de la Bank of Africa (BoA) a été impliqué dans une affaire d’escroquerie mais depuis une semaine, pas de trace du principal concerné | LEEVY FRIVET JACQUES DILET est un homme respectueux dans la Grande île. La banque qu’il dirige participe à de nombreuses contributions de ce pays en crise politique. Néanmoins, Jacques Dilet s’est retrouvé malgré lui dans une affaire d’escroquerie. Cela fait suite à un litige entre la compagnie de textile Haysma et la BoA. L’affaire remonte principalement au mois de novembre de l’année dernière et concerne une dette estimée à 5 milliards d’ariary, soit 1,8 million d’euros, que la société textile devait à la banque. En clair, la Hasyma reproche à la banque d’avoir continué à procéder à la saisie

de ses avoirs immobiliers, alors qu’un accord a déjà été établi entre les deux entités pour suspendre cette procédure et qu’un « dépôt » de 850 000 euros a déjà été effectué par Geocoton (actionnaire de

la Hasyma), à la Banque marocaine pour le commerce extérieur (BCME Bank), actionnaire de la BoA. Les terrains qui ont fait l’objet d’une adjudication se trouvent dans plusieurs régions de Madagascar. Du côté de la BoA, on soutient que « la Hasyma est débitrice de la BoA Madagascar. On a pu être payé à la suite de vente aux enchères des biens immobiliers de la Hasyma en raison du non remboursement effectué par cette dernière ». Alors qu’un règlement à l’amiable semblait être acquis, la BoA aurait ignoré ses engagements pour enfoncer encore davantage Hasyma. Elle

est allée au bout de la procédure de saisie. Certaines usines de Hasyma auraient même été vendues à une compagnie chinoise dans l’illégalité la plus totale ! D’après nos informations, Geocoton aurait déposé plainte contre Jacques Dilet, directeur général de la BOA, et contre la BoA, pour escroquerie. Depuis, la justice semble cibler Jacques Dilet. Mais malgré des procédures judiciaires enclenchées, la justice malgache semble se retenir. Pourtant, des mandats d’arrêt ou d’interdiction de sortie venant du procureur de Tananarive avaient déjà été émis mais sont restés sans suite.


L’UNION AFRICAINE PAS PRESSÉE SUR LE CAS DE MADAGASCAR

4

CAPITAL Edition 34

ACTA PUBLICA MERCREDI 13 JUILLET 2011

La réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine le 6 juillet dernier devait prendre des décisions sur le cas de Madagascar. Pourtant, une semaine après ce sommet, aucune nouvelle n’a été reçue de ce

conseil. Aucune décision n’a été prise sur le cas de Madagascar, ce qui va perturber tout le planning de Leonardo Simao. En effet, l’émissaire de la SADC, avant son départ de la Grande île, a prévu la tenue d’une réunion du

Groupe international de contact (GIC) dès le lendemain du sommet du CPS de l’Union africaine. Etant donné que le sommet n’a adopté aucune résolution sur Madagascar, cette réunion du GIC se trouve à son tour reportée.

Le régime de transition de Madagascar mené par Andry Rajoelina semble difficilement pouvoir contenir le trafic de bois de rose. Un trafic qui est arrivé sur nos côtes fin juin. Maurice n’est pas un client mais se trouve sur le tracé de cette caravane illégale. Une nouvelle cargaison à destination de Maurice a été saisie vendredi | LEEVY FRIVET

COMMERCE ILLÉGAL DE BOIS DE ROSE

UNE AUTRE CARGAISON ÉTAIT DESTINÉE À MAURICE PERSONNE AU gouvernement malgache ne croit que Maurice est un client du fameux et précieux bois de rose qui, depuis plusieurs années, est sauvagement exploité dans le nord de Madagascar. Cette exploitation a eu des effets négatifs sur l’écosystème malgache, menaçant les lémuriens, des espèces animales uniques au monde. Le conteneur saisi à Maurice fin juin était destiné à la Chine, selon les enquêteurs malgaches. Un membre du Conseil supérieur de Transition, qui fait office de Parlement, a été écroué dans cette affaire. Le ministre de l’Environnement malgache s’était personnellement rendu à Maurice dans le cadre de cette saisie. Les Malgaches ont un respect pour la douane mauricienne et son intransigeance face à ce genre de trafic. Le gouvernement malgache est ravi que Maurice ait pu bloquer le conteneur de bois de rose en transit pour la Chine.

Les 43 conteneurs interceptés étaient en cours d’embarquement sur le navire « Kiara » à destination de l’Inde avec un transit prévu à Maurice. Ce qui suppose que les documents relatifs à l’embarquement de ces marchandises au nom de la Société Mamilaza, domiciliée à Sambava, ont été remplis au niveau de la douane et au niveau de la compagnie maritime Le ministre de l’Environnement de la Grande île, Herilanto Raveloharison, a annoncé lors d’un point de presse la semaine dernière que les six conteneurs de bois de rose saisis par la douane mauricienne vers la fin du mois de juin seront bientôt rapatriés à Madagascar. De retour dans la Grand île, il a expliqué pourquoi les conteneurs sont toujours à Maurice. « Contrairement aux Comores, Maurice n’a signé aucun accord juridique avec Madagascar, ce qui a prolongé la procédure de rapatriement de ces bois

TRAFIC. Cet or vert dont regorge le nord de la Grande île suscite la convoitise des trafiquants en tous genres, dont certains utilisent Maurice comme port de transit

précieux », a-t-il précisé. Les dossiers administratifs ont donc été transférés au ministère des Affaires étrangères malgache. Le conteneur était en transit à l’île Maurice, selon les explications du ministre de l’Environnement malgache, avec comme destination la Chine. Une fausse déclaration découverte à l’issue d’un contrôle de routine mené par la douane mauricienne a permis la saisie des cargaisons en question. Les enquêteurs malgaches tentent de mettre la main sur le vrai cerveau de ce trafic qui nuit à la réputation de la Grande île. Les douaniers malgaches envisagent quant à eux une grève générale, estimant qu’on leur attribue toujours la faute pour ce genre de trafic. Une menace qui fait peur aux industriels mauriciens car toute grève sera catastrophique pour le secteur du textile déjà menacé par la suspension de l’AGOA et les sanctions économiques. Maurice se retrouve malgré elle sur la route de ce commerce sauvage. La Chine reste, à ce jour,

le plus grand importateur de ce bois précieux. LES TRAFIQUANTS PERSISTENT Malgré la saisie à Maurice, les trafiquants de bois de rose ne semblent pas vouloir cesser leurs activités. Rien qu’en fin de semaine et suite à une à une information bien recoupée, et après avoir mobilisé la force mixte chargée de l’assainissement de l’exploitation de bois de rose (forces armées, gendarmerie nationale, sécurité intérieure et environnement) en mission de sécurisation des aires protégées dans les régions de Sava et d’Analanjirofo, le Premier ministre malgache s’est rendu, samedi, au Port de Vohémar dans le nord du pays pour constater de visu et assister à la perquisition des 43 conteneurs saisis par la force mixte, avec la collaboration de la gendarmerie locale, dont six contenaient des rondins de bois de rose. Les 43 conteneurs interceptés étaient en cours d’embarquement sur le navire « Kiara » à destination de l’Inde avec un transit prévu à Maurice. Ce qui suppose que les documents relatifs à l’embarque-

ment de ces marchandises au nom de la Société Mamilaza, domiciliée à Sambava, ont été remplis au niveau de la douane et au niveau de la compagnie maritime. Face à cette situation, le chef du gouvernement malgache, Camille Vital, a tenu une réunion de travail avec le chef de la région de Sava et les principaux responsables de la Force mixte dépêchés sur place ainsi que les représentants des forces de l’ordre locales. « Cette fois-ci, des mesures drastiques seront prises à l’encontre de ceux qui, sans exception, continuent à exploiter la filière malgré les dispositions prises par le gouvernement pour lutter contre le trafic de bois précieux, en l’occurrence le bois de rose », a souligné le Premier ministre. Les enquêtes concernant les trafics de bois de rose avancent. Le chef du gouvernement ne lâchera pas tant que les principaux acteurs et responsables de ce réseau de trafiquants ne seront pas traduits en justice. « Personne n’est au-dessus de la loi », a réitéré Camille Albert Vital.


GARANTIR UNE MEILLEURE PARTICIPATION FÉMININE AUX MUNICIPALES La chose politique n’est certainement pas qu’une affaire d’hommes. Les femmes ont montré qu’elles en avaient autant que les hommes, sinon plus, pour participer aux exercices de prise de décisions dans l’intérêt du

pays. Pas étonnant donc que les ONG Women in Networking et Gender Links aient accueilli favorablement l’annonce d’un amendement à la Local Government Act afin de garantir la participation d’au moins 33 % de can-

didats féminins aux élections municipales et villageoises. L’amendement sera présenté par le ministre Hervé Aimé à la prochaine rentrée parlementaire, prévue pour le mois d’octobre 2011.

Edition 34

5

ACTA PUBLICA MERCREDI 13 JUILLET 2011

| Billet de RAJEN VALAYDEN |

CT POWER

DÉBUT DU PROCÈS CONTRE L’ÉTAT Le procès qu’intente CT Power au ministère de l’Environnement dans le rejet de sa demande pour un permis EIA, débute, ce jeudi, devant le Tribunal de l’environnement que préside le magistrat Patrick Kam Sing. Le projet CT Power consiste à construire une centrale à charbon d’une capacité de 2 X 55 megawatts | RAJEN VALAYDEN

CAPITAL

DANS UNE lettre en date du 18 janvier 2011, la directrice de l’Environnement, Mme Lan Ng Yun Wing, avait évoqué le principe de précaution pour justifier le rejet de la demande du promoteur malaisien. Le ministère avait fait mention de ; i) inconvenance du site pour un tel développement, ii) les nuisances sur les zones résidentielles et les inconvénients causés à la circulation routière et iii) les probables menaces sur la santé des riverains et sur l’environnement immédiat. Mauritius CT Power Ltd, représentée par Mme Babita Jowaheer, fut incorporée le 15 mars 2006 et obtint une ‘letter of intent’ du Board of Investment (BOI) le 16 avril 2006 pour la mise en place d’une centrale à base de charbon d’une capacité de 3 X 55 MW. Pour soutenir sa demande pour l’obtention d’un permis EIA, Mauritius CT Power Ltd avait effectué plusieurs études

dont : l’impact sonore, le fond marin, les risques à la navigation, les transports routiers, la hauteur des cheminées, les conséquences sur la qualité de l’air, l’impact visuel, l’impact socio-économique, la canalisation de l’eau, le traitement des déchets et le traitement des cendres. SÉRÉNITÉ AFFICHÉE Dans le cadre de ce procès, les dirigeants de CT Power ont fait le déplacement accompagnés de leurs hommes de loi et affichent une sérénité quant à un éventuel revirement de situation, surtout après les déclarations du Premier ministre, Navin Ramgoolam, lors des célébrations du Nouvel an tamoul le 14 avril dernier. Plusieurs organisations socio-culturelles étaient aussi montées au créneau pour accorder leur soutien au promoteur principal, Subramaniam Sundaram Mariappan. Le dossier CT Power fut également évoqué à plusieurs reprises au Parlement par le leader de l’opposition qui, à la fois, désapprouvait le projet, tout en exprimant son inquiétude sur une possible pénurie d’énergie. Du côté des opposants, principalement les mouvements écologistes et les riverains d’Albion, on est aussi confiant de l’arrêt du projet, convaincus que le concept Maurice Ile Durable (MID) a fait son chemin et qu’un tel projet y serait contraire. L’engagement de l’Etat mauricien, signataire du Protocole de Kyôto visant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la réduction de la consommation d’énergies fossiles, dont le charbon, est aussi évoqué.

Le dossier CT Power fut également évoqué à plusieurs reprises au Parlement par le leader de l’opposition qui, à la fois, désapprouvait le projet, tout en exprimant son inquiétude sur une possible pénurie d’énergie

Lumière obscure

L

e poids d’une confrérie ne repose pas sur la valeur que l’organisation affiche ou s’accorde elle-même, mais sur l’appréciation de la société civile locale et internationale. L’intérêt grandissant des médias pour la franc-maçonnerie et les autres regroupements du même genre, démontre la fascination des audiences pour ces sujets enrobés de mysticisme. Bien que j’accueille favorablement tout regroupement d’hommes et de femmes qui militent pour l’avancement de l’humanité, j’ai essayé de comprendre le pourquoi de toutes ces confréries, alors qu’il incombe à tout être partageant cette terre de contribuer à sa survie. Hélas, j’avoue n’avoir rien trouvé. Peut-être que j’étais intoxiqué par les histoires sordides que je n’ai cessé d’entendre depuis mon enfance, ou peut-être que c’est trop limpide pour être compris par le simple mortel que je suis. Mais ce qui me préoccupe, en tant que fervent défenseur de la cause africaine, c’est cette étrange coïncidence qui fait que la grande majorité des hommes à la tête de leur pays, se retrouvent dans les loges maçonniques. Cette observation amène une réflexion sur le développement de l’Afrique ellemême. Est-ce que le développement en Afrique est bien réel, ou est-ce plutôt le succès d’un club très sélect ? Les dirigeants comme Pascal Lissouba, Denis SassouN’guesso, Omar Bongo Ondimba, Idriss Déby, François Bozizé, Abdoulaye Wade, Blaise Compaoré, Amadou Toumani Touré, Mamadou Tandja et Boni Yayi et le nouveau patron de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping, portent tous le tablier et ont « reçu la lumière » alors que leur peuple continue à broyer du noir. Cela fait penser que, contrairement aux principes avancés, ces confréries ne sont pas si différentes des multinationales qui appauvrissent l’Afrique. En témoigne, ce document de la VIIe REHFRAM, (Rencontres humanitaires et fraternelles africaines et malgaches) qui regroupe les francs-maçons d’Afrique francophone et qui se rencontrent chaque année pour faire la synthèse de sujets mis à l’étude pendant l’année dans leur loge respective. L’intitulé du document, « Comment assurer la création et le juste partage de la richesse en Afrique ? », est fort éloquent. Certains des projets énumérés donnent ainsi cette fausse perception de gauche moderne (« Le destin de l’Afrique est dans la destruction d’un ordre international qui l’opprime »). Mais d’un autre côté, il faut remonter l’histoire pour se rendre à l’évidence qu’à l’exception d’une infime minorité, à l’instar de Victor Schœlcher, les autres frères étaient antiabolitionnistes et membres du Club de Massaic. Ce regroupement de quelques colonialistes français avait réussi à faire suspendre dans les colonies françaises l’application de la Déclaration des droits de l’homme dont les principes abolissaient l’esclavage. Les temps ont certes changé, mais la propagation des confréries a atteint un tel point que l’un de nos confrères de la presse africaine a pu écrire : « En Afrique, accéder au pouvoir sans se faire initier, relève de l’exploit, mais qui ne saura durer ». Loin d’éclairer l’esprit, l’initiation est devenue un tremplin vers le pouvoir et la richesse. Ce qui me rappelle les paroles d’un ami, originaire d’un petit village du Kerala, qui me disait ceci : « Pour survivre dans ce monde devenu une jungle, on va bientôt devoir se convertir ou se faire initier. Car le point commun chez les maçons, les rotariens, les lions et autres confréries, c’est que tu vois jamais de prolétaires comme nous ».


BRITAK COTÉE À LA BOURSE DE NAIROBI

6

CAPITAL Edition 34

FEU ROUGE MERCREDI 13 JUILLET 2011

La filiale de la British American Investment au Kenya, Britak, a fait son entrée à la Nairobi Stock Exchange, au prix de 9 shillings l’action. La vente de 650 millions d’actions de la société via une OPI (Offre Publique Initiale) sur la

Bourse de Nairobi a été approuvé par le Capital Markets Autho-rity du Kenya. Cette introduction en bourse représente une excellente opportunité pour la compagnie d’avoir des rendements élevés sur investissement. La

vente d’actions s’ouvrira le 12 juillet. La Britak devrait utiliser une bonne partie de cette levée de fonds pour approfondir son empreinte sur le marché immobilier, qui est en plein essor au Kenya.

L’ancien directeur de l’Audit est critique envers le système qui régit cette institution, mais déplore surtout la responsabilité du secrétaire financier. Kadress Pillay pointe du doigt Ali Mansoor pour les dépenses, gaspillages et abus des fonds publics. Dans un autre volet, il souhaite un amendement à la Finance & Audit Act pour accorder plus de pouvoirs au directeur de l’Audit afin que ce dernier puisse faire des commentaires sur la performance des ministères | HERRSHA LUTCHMAN-BOODHUN

Kadress Pillay « C’EST À MANSOOR DE RÉPONDRE SUR LES DÉPENSES ! »

❚ Quel regard portez-vous sur le

J’ai l’impression que ça se détériore au niveau des dépenses et gaspillages des ministères. Donc, là, j’en viens au secrétaire financier. Il faut que Monsieur Mansoor vienne nous dire exactement quelle est sa responsabilité en tant que secrétaire financier par rapport aux dépenses gouvernementales, et par rapport aux critiques de l’Audit

dernier rapport de l’Audit ? J’ai jeté un coup d’œil. C’est la même chose, les critiques classiques. Forcément, le rapport d’aujourd’hui est différent de celui d’avant, parce qu’à l’époque nous n’avions pas la même somme d’argent, les mêmes problèmes ou contraintes. D’année en année, je regarde comment les choses évoluent. J’ai l’impression que ça se détériore au niveau des dépenses et gaspillages des ministères. Donc, là, j’en viens au secrétaire financier. Il faut que Monsieur Mansoor vienne nous dire exactement quelle est sa responsabilité en tant que secrétaire financier par rapport aux dépenses gouvernementales, et par rapport aux critiques de l’Audit. Qu’est-ce qu’il entend faire pour améliorer la situation ? On ne l’entend pas, il ne dit rien ! Mais c’est pourtant lui le chef suprême des finances à Maurice !

gré tout, il n’y a aucune amélioration d’année en année… Je pense que notre système de contrôle est totalement dépassé, et qu’il faut introduire une notion de sanction dans le système d’accountability. La loi ne prévoit pas de sanction. Il faut donc changer le cadre légal dans lequel nous opérons. Il faut que le Public Accounts Committee (PAC) soit réformé complètement et il faut qu’il y ait des experts qui donnent des conseils au PAC. Il faut que ce dernier puisse recommander des sanctions.

❚ Quelle est justement sa fonction ?

Il gère le budget du gouvernement. Il est responsable de toute la politique fiscale et budgétaire de Maurice. Cela inclut la gestion des dépenses publiques. Il a tout un cadre de soutien, dont les finance officers qui travaillent dans les différents ministères. Ils sont directement liés à ce monsieur. Quand il y a des critiques, ce ne sont pas des officiers des ministères qui sont les premiers responsables, mais les officiers du ministère des Finances sous Ali Mansoor qui n’ont pas répondu à l’appel de l’Audit. Les critiques sont finalement dirigés vers Mansoor. Il doit répondre ! Je ne le connais pas trop, mais d’après ce que j’entends, il est un peu un demi-god à Maurice. ❚ Dans ses rapports, le directeur de

l’Audit fait des recommandations.

Souvent, toutefois, elles ne sont pas mises en pratique. Quel en est l’impact ? Cela a trait à ce que la presse est en train de faire en donnant beaucoup de publicité aux manquements de la bureaucratie nationale. Au niveau de l’Audit, nous accomplissons un travail important, mais nous ne pouvons tout faire. Nous n’avons pas le droit de tout faire. Nous agissons dans un cadre légal qui nous donne un pouvoir défini qu’on ne peut outrepasser. Pourquoi les recommandations ne sont-elles pas suivies ? Il y a un

laisser-aller possiblement, des incompétences ou une mauvaise culture dans le service public. Ou alors les gens s’en moquent carrément. Ce sont des problèmes qui se posent par rapport au directeur de l’Audit, mais il continue à accomplir son travail. Est-ce qu’il y a de la volonté politique à mettre de l’ordre dans les finances publiques ? C’est une autre question qui mérite d’être posée. ❚ C’est tout de même contradic-

toire de voir que l’Audit fait son travail avec des critiques et recommandations, mais que, mal-

❚ Justement, Alan Ganoo estime

qu’on n’accorde pas suffisamment de pouvoirs au PAC. Il a donc raison ? Le Public Accounts Committee (PAC) est un Select Committee du Parlement. Or, aujourd’hui, nous avons un budget qui dépasse facilement Rs 70 milliards. J’insiste pour que ce soit un comité qui siège à plein temps, que ce soit un Standing Committee, au lieu d’un Select Committee. Il faut que les membres du Parlement soient rémunérés pour ce travail, et qu’ils soient assistés par des experts en la matière. Il faut


ÉDUCATION : UN NOUVEAU CAMPUS À MONTAGNE-BLANCHE L’éducation est primordiale. C’est en substance ce qu’a déclaré le Premier ministre Navin Ramgoolam lors de la cérémonie de la pose de la première pierre pour un nouveau campus universitaire à Montagne-Blanche. Le

également leur accorder le pouvoir de sanction. Par exemple, si vous êtes convaincu que quelqu’un, par négligence ou incompétence, ne répond pas aux exigences du ‘public accountability’, qu’il soit sanctionné. La sanction ne peut se faire par le PAC, mais par la Public Service Commission (PSC). Il faut ainsi que le comité puisse recommander à la PSC de le faire. ❚ Quelles sont, au final, l’utilité et

l’importance du rapport de l’Audit ? Dans toute forme de légitimité représentative – quand on vous nomme pour représenter, que ce soit dans le privé ou le public – et qu’il y ait une minorité qui dirige une majorité, cela veut dire que one does not go without the other, et que si vous avez cette représentativité, vous êtes accountable. Alors l’Audit se trouve dans cette notion très démocratique d’accountability. Donc, procéder à l’Audit est un exercice démocratique incontournable. Ainsi, ce travail d’accountability pour le peuple, c’est le directeur de l’Audit qui le fait.

chef du gouvernement a souligné l’importance de l’éducation et a parlé du projet du gouvernement d’ouvrir sept nouvelles universités, pour un investissement total de Rs 1 milliard, afin de promouvoir l’accès à l’éduca-

Bien sûr. Ils ont les livres, les documents, les dossiers. Il y a beaucoup d’explications que les départements nous donnent. S’il nous manque des renseignements, ils nous en fournissent. C’est quand même 4 à 5 mois de travail, où toute l’équipe de l’Audit est mobilisée. Il faut bien vérifier les renseignements puisque le rapport risque de faire beaucoup de dégâts. Le gouvernement devient très impopulaire avec ce rapport. Ce dernier a tendance à influencer l’opinion publique, et c’est justement la raison d’être du rapport. Avant toute chose, il faut une volonté politique. Personne ne peut parler de bonne gouvernance s’il n’y a pas de moralité.

❚ Les officiers de l’Audit arrivent à

vérifier toutes les informations par rapport aux transactions ?

Mais ce sont des exceptions. Si on refuse de donner cela à un jeune, à ce moment c’est le directeur qui prend la relève et voit le chef de département. On ne va pas demander à un jeune d’aller voir le commissaire de police pour demander pourquoi il a dépensé tant d’argent. Nous avons quand même des principes, une manière de faire à l’Audit. ❚ Pourquoi procède-t-on par min-

istère et non par thème ? N’aurait-il pas été plus simple ? Il y a un budget spécifique à chaque ministère, donc on est obligé de travailler ainsi. Mais finalement, à partir des constats, on peut créer des thèmes. C’est tout à fait possible. Par exemple, on pourrait regrouper certains chiffres sous les thèmes gaspillage, contrôle interne, voyages/missions ou fraude, si cela concerne cinq ministères. J’aurais souhaité qu’il y ait des thèmes, ce qui ne nous empêche pas de faire des commentaires sur les ministères. ❚ Et pourquoi pas un ‘performance-

❚ Il y a des procédures à suivre pour

aboutir au rapport. Expliqueznous comment cela se passe. J’ai quitté l’Audit depuis longtemps, mais le principe doit être le même. Nous avons des groupes qui sont constitués, et à qui on confère un certain nombre de ministères, de corps paraétatiques et de municipalités. Ces groupes font un travail de planning avec les départements dont ils sont responsables, et ils font l’audit sur une base d’échantillonnage qui est assez scientifique. Nous n’allons pas couvrir toutes les transactions, mais dépendant de l’importance des transactions, l’Audit a un système d’échantillonnage. Pendant toute l’année financière, il y a des officiers de l’Audit qui travaillent dans les différents départements du gouvernement. Ils font des rapports qu’ils envoient à ces départements bien avant. Ils donnent l’occasion de répondre. L’Audit vérifie les réponses qui sont envoyées, surtout si elles sont bonnes et acceptables à l’Audit. Lorsque ce n’est pas le cas, les réponses sont inclues dans le rapport annuel de l’Audit. Ce que vous voyez, c’est le sommet de l’iceberg. Ce qui veut dire qu’il y a eu beaucoup de commentaires de tous les officiers de l’Audit qui ont été ramenés à l’essentiel dans le rapport. Par exemple, je peux écrire au ministère des Finances avec 50 commentaires, et celui-ci décide de m’envoyer ses réponses. Si le directeur n’est pas satisfait, il rend ces réponses publiques.

tion. De plus, il a mentionné dans son discours qu’il tient à faire de Maurice une nation d’entrepreneurs. Pour ce faire, il a dit son intention de transformer la Banque de développement en une banque dévouée aux PME.

L’Audit vérifie les réponses qui sont envoyées, surtout si elles sont bonnes et acceptables à l’Audit. Lorsque ce n’est pas le cas, les réponses sont inclues dans le rapport annuel de l’Audit. Ce que vous voyez, c’est le sommet de l’iceberg

❚ Au cours de la préparation du

rapport, quels sont les obstacles ou contraintes ? On n’a pas vraiment de souci. Il y a seulement des gens qui n’aiment pas être critiqués. C’est humain, mais cela demande du caractère, une certaine expertise puisque c’est un travail énorme et difficile. Je ne crois pas avoir rencontré de grands obstacles lorsque j’ai été à l’Audit. ❚ Pourtant dans les rapports, on

note souvent que certains ministères n’ont pas répondu… Ils ne répondent pas parce qu’ils n’ont pas de réponse. Ils n’ont pas de commentaires à faire. A ce moment, cela est inclus dans le rapport.

based report’ de chaque ministère et ministre? Ce n’est pas le rôle de l’Audit de faire des commentaires sur les ministres. Nous avons une gouvernance où il y a des chefs de cabinet qui sont les Permanent Secretaries (PS). Ce sont des gens nommés sous la Constitution de Maurice. Ils ont des pouvoirs solides. En même temps, ce sont des accounting officers. Même si le ministre donne des ordres qui pourraient déboucher sur une critique de la part de l’Audit, c’est au PS de lui dire non. Un ministre ne peut tirer un sou de la caisse du gouvernement si le PS n’accepte pas. Donc, s’il y a une dépense exagérée d’un ministère, c’est que le PS a donné son aval, et c’est à lui qu’incombe la responsabilité de répondre. Il ne faut pas politiser le travail de l’Audit. Malheureusement, le pouvoir de l’Audit est assez limité par rapport à la performance. Il y a deux types d’audit. Il y a ce qu’on appelle le Regulatory Audit, où vous travaillez uniquement dans un cadre légal, et le Performance Audit. Je ne crois pas que la loi a été amendée récemment. Le gouvernement doit donc amender la Finance & Audit Act pour donner plus de pouvoirs au directeur qui pourra alors faire des commentaires sur la performance des ministères. Vous devez noter que tous les pays du Commonwealth ont changé pour le Performance Audit, sauf Maurice. ❚ Pourquoi ne l’avons-nous pas fait

❚ Au niveau des auditeurs, quelles

sont les limites ? Il n’y a pas de limite en tant que tel. Certainement, il y a des renseignements très confidentiels ou l’aspect sécurité qui posent problème.

jusqu’à présent ? Vous savez, c’est culturel. Nous avons hérité d’un système d’audit où l’accent était plus sur le cadre régulateur. Ce sont des civil servants qui dirigent les ministères. Ils ne sont pas

CAPITAL

Edition 34

7

FEU ROUGE MERCREDI 13 JUILLET 2011

trop contents d’accorder trop de pouvoirs au directeur de l’Audit. Mais on ne peut pas parler de performance des ministres. Ils ne sont que des policy makers. Dans n’importe quel cas de figure, vous allez vous attaquer au Permanent Secretary. ❚ Combien de temps avez-vous oc-

cupé le poste de directeur de l’Audit ? J’ai été directeur pendant cinq ans pratiquement. J’ai débuté à l’Audit à un très jeune âge, 24 ans. J’ai fait pratiquement tous les échelons de l’Audit pour finalement devenir directeur en 1978. ❚ Quelles sont les compétences

requises pour devenir directeur de l’Audit ? Dans la Constitution, on prévoit un directeur de l’Audit. Mais, aucune mention n’est faite des qualifications requises, comme pour tous les grands postes. Il y a six ou sept postes constitutionnels tels celui de commissaire de police, de DPP, d’Ombudsman, de juge… Mais certainement quelqu’un qui aspire à devenir directeur de l’Audit doit avoir au moins comme qualification de base une spécialité en finance publique, en sus de l’expérience sur le tas. J’ai été le premier Mauricien, après l’indépendance, à être le directeur de cette institution. On m’avait choisi bien avant l’indépendance pour être formé pour ce poste. ❚ Qu’en est-il des auditeurs ?

De manière générale, tous les auditeurs aujourd’hui sont obligés d’avoir une qualification en matière de finance et de l’expérience en finance publique. Cela dépend des échelons aussi. Si vous commencez petit, c’est peut être un premier diplôme dans la comptabilité et finance qui est requis. Puis, à mesure que vous grimpez les échelons, il vous faut être un expert-comptable. ❚ Et ce doit forcément être des per-

sonnes qui ne sont pas partisanes, politiquement ? De manière générale, tous les civil servants doivent être indépendants de la politique dans leurs fonctions. Mais cela s’applique beaucoup plus pour l’Audit, puisqu’ils sont appelés à faire des commentaires qui pourraient refléter mal la classe politique. ❚ Donc, il en est beaucoup plus

pour le directeur... Et comme je vous l’ai dit, le directeur, poste défini par la Constitution, a le statut d’un juge. Alors, il est obligé de protéger ce statut, et de rester indépendant. Personne ne peut venir lui dicter son travail, son rapport et ce qu’il faut mettre dans le rapport. Ce qui lui permet de dire ce qu’il a envie de dire.


CHIEN DE GARDE DES DÉPENSES PUBLIQUES

8

CAPITAL Edition 34

FEU ROUGE MERCREDI 13 JUILLET 2011

La Cour des comptes est une juridiction financière chargée principalement de contrôler la régularité des comptes publics, de l’État, des établissements publics nationaux, des entreprises publiques, de la sécurité

sociale, ainsi que des organismes privés bénéficiant d’une aide de l’État ou faisant appel à la générosité du public. Elle informe le Parlement, le gouvernement et l’opinion publique sur la régularité des comptes. Les rap-

ports de la Cour des comptes n’ont pas de caractère contraignant, comme c’est également le cas à Maurice. Une évolution positive est le suivi des actions entreprises de façon glissante d’un rapport au suivant.

RAPPORT DE L’AUDIT

EN ATTENDANT... RANGEZ DANS LE TIROIR À cette période de l’année, l’attention des médias est braquée sur le rapport du National Audit Office, sur les gaspillages de fonds publics qu’il met en exergue et sur les recommandations peu ou pas appliquées. Pourtant, cet exercice, aux yeux de beaucoup de Mauriciens, semble vain. Rares sont les ministères qui s’attardent sur les conclusions du bureau de l’Audit et certains vont même jusqu’à dire que c’est « beaucoup de bruit pour rien… » | ROY NEERAYE

DÉPENSES. De nombreux ministères et départements publics ne respectent pas le budget qui leur est alloué au cours d’une année financière

LE RAPPORT de l’Audit 2011, long de 275 pages, contient son lot de « révélations » sur les largesses ayant cours dans certains ministères. Si certains l’emportent sur d’autres en termes de « gaspillage » des fonds publics, un fait demeure : entre les missions et déplacements officiels, les dépenses difficiles à justifier, les contrats mal ficelés et les « faveurs » distribuées à droite et à gauche, la fonction publique se présente comme une lourde machinerie dont le fonctionnement engloutit chaque année des millions de roupies tout droit sorties des poches des contribuables. L’audit des comptes de l’État

est un exercice obligé dans toute démocratie, et d’autant plus dans les pays qui prônent la transparence dans la gestion des fonds et des biens publics. Mais, année après année, une coutume semble s’être installée : on chasse trop souvent d’un revers de la main le rapport du National Audit Office, en faisant peu de cas de ses conclusions. Au-delà de ce que certains pourraient appeler les remontrances du directeur de l’Audit se cache une réalité malsaine, avec des fonctionnaires, à divers échelons de la hiérarchie, qui profitent des biens de l’État en toute impunité, sachant que les sanc-

tions ne sont que trop tardives, si jamais elles sont appliquées. Et c’est là où les critiques s’interrogent : finalement, le rapport de l’Audit n’est-il pas qu’un coup d’épée dans l’eau. PER DIEM MIROBOLANTS Le rapport du National Audit Office requiert de longues heures de travail de la part du personnel affecté à ce département. Il s’agit de compiler les chiffres provenant des différents ministères et départements publics et d’essayer de déchiffrer des registres pas toujours à jour, comme le souligne le rapport 2011 sur l’utilisation des véhicules de l’É-

Pour mettre un frein à toutes les irrégularités dont il fait mention dans son rapport, le directeur de l’Audit recommande que les audiences du PAC soient publiques. Actuellement, le PAC travaille dans une certaine opacité


LA COUR DES COMPTES FÂCHE LES ÉLUS UMP La Cour des comptes a relevé dans son dernier rapport de nombreuses imperfections dans l’organisation et la gestion des forces de sécurité publique, provoquant la colère du ministre de l’Intérieur Claude Guéant. Elle sou-

ligne dans un rapport les défauts de l’appareil statistique, la mauvaise répartition des personnels par rapport à la géographie de la délinquance et l’insuffisant pilotage des conséquences des baisses d’effectifs et de budgets.

La Cour, qui parle de résultats “contrastés” en termes de lutte contre la délinquance, prône en outre une meilleure formation des policiers municipaux et une meilleure mise en oeuvre de la vidéosurveillance.

en croire Alan Ganoo. « En Grande-Bretagne, le Public Accounts Committee existe depuis 1861. Tous les Parlements des pays du Commonwealth disposent d’un tel comité. Mais force est de constater que seul le PAC instauré à Maurice n’a pas connu d’évolution », dit-il. Ce comité, dont le fonctionnement est régi par les Standing Orders de l’Assemblée nationale, est présidé, par convention, par un membre de l’opposition parlementaire. Son fonctionnement bute toutefois sur un manque de ressources en termes d’effectifs. « Il nous faudrait plus de ressources humaines avec des techniciens et des comptables, entre autres », dit Alan Ganoo. Valeur du jour, le PAC est assisté par un ‘clerk’, qui n’est pas attaché à plein temps au comité. « Un ‘clerk’ à plein temps qui travaillerait que pour le PAC serait déjà un grand pas de l’avant », ajoute notre interlocuteur.

tat. Souvent, une simple mention, sans signature aucune, est faite dans le livre des registres pour justifier certains déplacements. Une surutilisation des véhicules de l’État sur laquelle il n’y a presque aucun contrôle de la part des ‘Transport Officers’ affectés aux différents ministères. La situation se gâte avec les déplacements à l’étranger, souvent appelés missions officielles, où certains membres de telle ou telle délégation empochent des ‘per diem’ mirobolants, injustifiés dans de nombreux cas. PARADOXE Sur ce chapitre, l’Audit souligne également une pratique peu orthodoxe concernant l’achat des billets d’avion, qui semble se faire au petite bonheur, en dépit des règles de transparence auxquelles est sujette l’administration publique. D’irrégularités en irrégularités, le rapport de l’Audit dresse un portrait peu reluisant d’une fonction publique où tout semble permis et sur laquelle personne ne semble avoir de contrôle. Ici, c’est le Public Accounts Committee (PAC) qui entre en scène. Le Public Accounts Committee, actuellement sous la présidence du député de l’opposition Alan Ganoo, est chargé de passer en revue le rapport de l’Audit et de convoquer les responsables des ministères qui ont fait l’objet des critiques du National Audit Office pour des irrégularités dans leurs comptes. Le PAC s’attelle alors à chercher des détails qui lui permettent de compiler, à son tour, un rapport qui est ensuite déposé à l’Assemblée nationale. « C’est là où le bât blesse », déclare Alan Ganoo. Car, le rapport du PAC finit trop souvent dans un tiroir de l’Assemblée nationale. « Il y a un consensus au niveau de la classe politique pour des pouvoirs accrus au PAC. D’ailleurs, le directeur de l’Audit lui-même préconise plus de pouvoirs au PAC », dit notre interlocuteur. Mais, la volonté politique demeure encore un réel obstacle à toute tentative de muscler le Public AccountsCommittee. « Pour mettre un frein à toutes les irrégularités dont il fait mention dans son rapport, le directeur de l’Audit recommande que les audiences du PAC soient publiques. Actuellement, le PAC travaille dans une certaine opacité », ajoute Alan Ganoo. Ce qui, pour une institution censée mettre de l’ordre dans les finances publiques, est assez paradoxal. Alan Ganoo va plus loin en

RESSOURCES. Le Public Accounts Committee opère actuellement dans des conditions très contraignantes, déclare Alan Ganoo

expliquant que le PAC doit être habilitée à enquêter sur les collectivités locales et sur les corps paraétatiques. « En outre », dit-il, comme le souligne le directeur de l’Audit dans le rapport 2011, « il faudrait aussi que les conclusions du PAC fassent l’objet de débats parlementaires ». Le tout dans un souci de transparence et de redevabilité envers les citoyens. Les suggestions du directeur de l’audit, il va sans dire, vont dans le sens de ce que le PAC réclame depuis un bon bout de temps déjà. « Vous savez, dans de nombreux cas, les dépenses de l’État ne sont pas clairement reflétées vu que les compagnies de l’État ne sont pas concernées par cet exercice. Or, il faudrait que les compagnies privées financées par l’État soient soumises aux investigations du PAC, comme cela se fait déjà ailleurs », explique Alan Ganoo. Pour le président de ce comité, qui est une émanation du Parlement, le PAC est à la traîne. S’il est vrai qu’au niveau de la représentativité, tous les ingrédients sont réunis pour que le PAC opère de la manière la plus démocratique possible, l’évolution est loin d’être au rendez-vous à

Notre PAC est basé sur le système de Westminster. Ce système a très bien marché ailleurs. Ce n’est qu’à Maurice qu’il n’arrive pas vraiment à faire ses preuves. Pour la simple et bonne raison que la volonté politique est absente quand il s’agit de faire avancer les choses. Aussi longtemps que le Premier ministre, qui est le ‘Leader of the House’, ne se décide pas, le PAC restera là où il en est actuellement. Tout relève d’une volonté politique

SANCTIONS Ne serait-il pas temps pour Maurice de disposer d’une Cour des comptes, comme c’est le cas en France, où des magistrats passent en revue les dépenses publiques et peuvent, outre des mesures correctives, recommander des sanctions ? « Notre PAC est basé sur le système de Westminster. Ce système a très bien marché ailleurs. Ce n’est qu’à Maurice qu’il n’arrive pas vraiment à faire ses preuves. Pour la simple et bonne raison que la volonté politique est absente quand il s’agit de faire avancer les choses. Aussi longtemps que le Premier ministre, qui est le ‘Leader of the House’, ne se décide pas, le PAC restera là où il en est actuellement. Tout relève d’une volonté politique », déclare Alan Ganoo. En attendant la préparation de son prochain rapport, le président du Public Accounts Committee estime qu’il est encore possible de faire bouger les choses afin de rassurer la population et d’asseoir sa confiance dans nos institutions. Ainsi, il estime qu’il serait temps que le PAC ait le pouvoir de recommander des sanctions, à la Public Service Commission, contre tout fonctionnaire coupable de gaspillage des fonds publics. Le rapport du PAC sur les conclusions de l’Audit pour les 18 mois de juillet 2008 à décembre 2009 sera bientôt prêt. Dès que le rapport sera prêt, le PAC s’attaquera au rapport 2011 de l’Audit en espérant que ses recommandations n’iront pas finir aux oubliettes du Parlement.

CAPITAL

Edition 34

9

FEU ROUGE MERCREDI 13 JUILLET 2011

UN MÉCANISME ESSENTIEL Le Public AccountsCommitte de Grande-Bretagne est un comité spécial de la Chambre des communes. Il est chargé de superviser les dépenses du gouvernement afin de s’assurer qu’ils sont efficaces et honnêtes. Le PAC est perçu comme un mécanisme essentiel pour assurer la transparence et la responsabilité dans les opérations financières du gouvernement, après avoir été décrite par le professeur Peter Hennessy comme « la reine des comités restreints ... [qui] ... de par sa nature même, agit comme un agent de nettoyage dans tous les ministères du gouvernement. » La recommandation pour la création d’un comité pour superviser les comptes du gouvernement a d’abord été proposée en 1857 par un petit groupe de députés intéressés dirigé par Sir Francis Bearing. La structure et la fonction du PAC remonte aux réformes initiées par William Ewart Gladstone, quand il était chancelier de l’Échiquier britannique dans les années 1860. Le premier Comité des comptes publics a été créé en 1861 par une résolution de la Chambre des communes britannique. Un tel comité a depuis été institué dans presque tous les pays du Commonwealth et dans de nombreux autres pays. Un ministre du Trésor de Sa Majesté siège sur le comité, mais, par convention, n’a pas le droit d’assister aux audiences. Le Comité est assisté par le Contrôleur et Vérificateur général, qui est un témoin permanent lors de ses audiences, avec son personnel du National Audit Office, qui fournit des briefings sur chaque rapport et aide à la préparation des rapports du PAC.


UN ICT ACADEMY POUR REDYNAMISER LE SECTEUR

10

CAPITAL

Lors de l'inauguration du nouveau siège d'Accenture à Ebène, Tassarajen Pillay Chedumbrum, le ministre des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), a annoncé la création

Edition 34

FEU ROUGE MERCREDI 13 JUILLET 2011

d'une ICT Academy. Il souligne que l'industrie des TIC nécessite l'utilisation de ressouces humaines qualifiées en vue de devenir plus compétitif et de positionner Maurice à la tête des pays de la

région africaine. « L’ICT Academy répondra au manque de professionnels dans le domaine des TIC. L’académie redynamisera le secteur tout en rassurant les investisseurs », a dit le ministre.

Capital a procédé à une étude comparative des deux derniers rapports du Bureau de l'Audit. Il en ressort, et cela n'est pas nouveau, que les recommandations de l'Audit ne sont guère prises en compte et que les mêmes problèmes se répètent rapport après rapport : Dépenses exagérées, procédures d'allocation de contrats pas suivies, manque de planification et de transparence dans la gestion financière des projets, contrats alloués sans étude des besoins, appels fréquents aux Finances pour une réallocation de fonds, incapacité et manque de volonté pour réduire les dépenses | HERRSHA LUTCHMAN-BOODHUN

RAPPORTS COMPARÉS

UNE LITANIE SANS FIN LES SPECIAL FUNDS FONT FI DE LA LOI Tous les Special Funds tombent sous le Finance and Audit Act, ce qui fait qu’ils opèrent sur la base d’une année fiscale. De ce fait, ils doivent soumettre leurs comptes au Bureau de l’Audit. Toutefois, on note que certaines de ces instances ne l’ont pas fait, alors que ces comptes doivent être déposés à l’Assemblée nationale. Pour l’année financière 2010, ils sont quelques 12 Special Funds à n’avoir pas respecté cette disposition de la loi, contre 14 pour l’année prenant fin juin 2009. Les comptes de 19 de ces instances ont déjà été certifiés, mais pas déposés à l’Assemblée nationale. Dans le rapport de 2009, le directeur a fait ressortir que 9 de ces organisations étaient irrégulières dans la soumission de leurs rapports financiers, alors que 136 avaient été certifiés, mais pas déposés. Dans la liste des non-soumissionnaires, on retrouve une nouvelle fois le Trust Fund for Social Integration of Vulnerable Groups, De Chazal Maternity Home Fund, le Co-operatives Development Fund, le National Pensions Fund et le Tourism Fund. DETTE PUBLIQUE EN HAUSSE Dans le domaine de la dette publique, la situation s’est détériorée. Alors qu’en décembre 2009 elle tournait autour de Rs 168 553 667 188. elle a augmenté pour atteindre Rs 172 814 286 623. en 2010. Les dettes au niveau des Agencies-Extra Budgetary Units, du Local Government et des Public Enterprises ont baissé, alors que celle du gouvernement a connu une hausse. En juin 2009, la dette publique était à Rs 160 902 506 318. La dette gouvernementale globale, qui était à Rs 113,1 milliards en juin 2006, a constamment enregistré une hausse au fils des années pour finalement atteindre Rs 150,7 milliards en décembre de l’année dernière. La hausse totale pendant les 5 dernières années fiscales est de l’ordre de Rs 37,6 milliards, soit 33%. Pour l’année 2010, la dette domestique a atteint Rs 128 636 953 500. alors que le External Debt se situait à

Rs 22 094 455 260. contre Rs 125 892 273 500. et Rs 16 695 923 934. respectivement en décembre 2009. Selon le ministère des Finances et du Développement économique, la hausse de la dette publique est le résultat de plusieurs facteurs, dont des conditions d’emprunts élevées et une baisse des revenus due à l’implémentation de l’Additional Stimulus Package en décembre 2008. LA JUDICIAIRE SOUS LES PROJECTEURS Le rapport de 2009 ne comportait pas réellement de détails par rapport au domaine du judiciaire. Cette foisci, le directeur y consacre tout un volet. Le contrat de 18 mois pour le ‘e-Judiciary project’ a été alloué à une firme privée locale en mars 2010, pour la somme de USD 3 millions. Le projet devrait être prêt en août de cette année. Une grosse partie du coût devait être fournie par un bailleur de

L’achat des passeports et la maintenance du Passeport Personalisation System (PPS) ont coûté Rs 40 millions environ. La raison : il y a eu une rupture de stock (à cause d’un non-renouvellement de contrat), et le département s’en est procuré 12 000 passeports en urgence à 50% plus cher

fonds étranger, soit USD 2,3 millions, tandis que le gouvernement mauricien devait y contribuer à une hauteur de USD 0,7 million.Toutefois, il s’est avéré que, contrairement au Public Procurement Act de 2006, le judiciaire n’a pas respecté les procédures d’appels d’offres avant de faire appel au service de la firme privée locale. Il apparaît même que cela était l’une des conditions imposées par le bailleur de fonds, alors que cette information ne figure pas dans l’accord signé. Par ailleurs, l’Audit soulève la question des frais de déplacement des huissiers, surtout vers les avocats privés. Ces derniers ne payent pas pour ces déplacements. Ce qui est contraire au Court Ushers Act. Entre juillet 2008 et décembre 2010, seul le coût de déplacement payé aux huissiers atteint Rs 12,8 million. Ce qui représente un manque à gagner


DES ÉQUIPEMENTS PRÉNATAUX AU SEIN DES DISPENSAIRES Les dispensaires à travers l'île seront bientôt munis d'appareils sophistiqués servant aux examens prénataux. Lors d’un atelier de travail dans le cadre de la Journée mondiale de la Population, lundi, la ministre de la Santé, Maya Hanoomanjee, a mis l'accent sur l'importance d'avoir des examens prénataux accessibles

dans les dispensaires. Ce service permettra surtout de décongestionner les hôpitaux publics. De plus, les dispensaires compteront au minimum un équipement servant à l’échographie, aux tests sanguins sur les futures mamans et d’autres appareils pour des examens cardiaques sur les bébés.

été signé pour Rs 2,115,000. Une enquête de l’Audit en février 2010 à la Special Mobile Force avait constaté que quelques 3 000 paires d’une valeur de Rs 1.4 millions étaient conservées dans un conteneur depuis 5 ans, et qu’elles étaient hors d'usage. Idem pour 25 000 paires de chaussures en cuir qui ont été fournies pour Rs 10.2 millions en 2008, et qui n’étaient finalement pas en cuir.

Les deux vols commis à la National Transport Authority (NTA) ont suscité l’intérêt de l’Audit. Ils ont eu lieu pendant les deux dernières années. Une somme de Rs 6 830 290 (Rs 3 520 385 en cash et Rs 3 309 305 sous forme de chèque) a été emportée, et ce malgré les services de sécurité d’une firme privée débourser un montant de Rs 136,9 millions sur la réparation et la maintenance de ses véhicules, entre octobre 2008 et décembre 2010. L’achat des passeports et la maintenance du Passeport Personalisation System (PPS) ont coûté Rs 40 millions environ. La raison : il y a eu une rupture de stock (à cause d’un non-renouvellement de contrat), et le département s’en est procuré 12 000 passeports en urgence à 50% plus cher. Dans son rapport de 2009, l’Audit avait épinglé le département de la police pour plusieurs gaspillages. En 2004, un contrat pour la fourniture de 3 00 paires de training shoes avait

Edition 34

ENERGIE ET UTILITÉS PUBLIQUES : LES DÉLAIS FONT GRIMPER LES COÛTS Le rapport de l’Audit a épinglé le projet Jinfei et la Wastewater Management Authority (WMA). Le rapport souligne qu’une extension du délai a été approuvée pour une période d’environ cinq mois, qu’elle était importante pour un projet d’une durée contractuelle initiale de 10 mois. La prolongation du délai a été accordée à l’entrepreneur en raison de la suspension des travaux à cause de la relocalisation des poteaux électriques et tuyaux, situés le long de l’alignement. En conséquence, des paiements additionnels de Rs 8,2 millions ont été faits à l’entrepreneur.

Par ailleurs, le rapport revient une nouvelle fois sur deux projets d’assainissement, à savoir celui de Baiedu-Tombeau et celui des Plaines Wilhems, qui avaient déjà fait l'objet de critiques dans le précédent rapport. Les coûts des deux projects ont été revus à la hausse en raison des travaux additionnels. Dans le rapport 2009, le directeur souligne : « The Baie du Tombeau Sewerage projet underwent an increase of 61.1% over original contract value (Rs 464.1 million) while an increase of 50.3% was noted in respect of the trunk sewer in the Plaine Wilhems Sewerage Project. » De ce fait, le coût pour le projet de Baie du Tombeau a atteint Rs 750 millions, alors que celui de Plaine Wilhems est passé de Rs 886.2 millions à Rs 1 332,2 millions. Dans le cadre de ce dernier projet, l’Audit note qu’il n'y a eu aucune enquête au niveau des maisons qui devaient être connectées au réseau. De ce fait, une réclamation de 284,2 millions par les contracteurs est certes substantielle, mais elle doit être tout de même vérifiée par le consultant. Pour ce qui est de Baie du Tombeau, dans son nouveau rapport, le directeur de l'Audit souligne que certains travaux additionnels ont été faits sans l’aval du Central Procurement Board, de la Waste water Management Authority et du ministère de tutelle. « A Committee has been set up to enquire into the variations works and as at April 2011, its report has not yet been finalised », peut-on lire dans le docu-

MERCREDI 13 JUILLET 2011

FINANCES ET DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE : LES ARRIÉRÉS DES RECETTES ONT AUGMENTÉ La tendance est à la hausse, et ce d’année en année. «In my previous Audit Reports, I have drawn attention to the large amount of money which was due to the Registrar General’s Department and which has been increasing over the years », lit-on dans le rapport 2009. Les arriérés se situaient alors à Rs 171,1 millions en juin et à Rs 181.1 millions en décembre. En 2010, les chiffres ont atteint Rs 195,7 millions. De ces chiffres, un montant de Rs 29,8 millions demeure irrécupérable, les débiteurs ayant décédé ou demeurent introuvables. En 2009, le directeur avait lancé que le « Debt Recovery System » devait être revu pour assurer la prompte récupération des dettes. Il réitère ses propos : « In my previous Audit reports, I have drawn your attention to the poor system put in place to recover the arrears with the result that the percentage of recovery for each of the last four fiscal periods was as low as 3 to 9% of the total arrears. » L’Audit critique également le ministère pour le manque de données relatives aux dossiers des débiteurs. Le projet d’informatisation des services du ministère est également décrié, vu qu’il date de septembre 1992 et n’a pas encore été complété après 18 ans. A la fin de l’année fiscale 2010, les dépenses totales liées au projet sont de Rs 45 millions, dont Rs 4,7 millions ont trait aux heures supplémentaires pour l’informatisation des données manuelles. Entre 2004 et 2007, le projet devait connaître une phase de quasi ralentissement. En juin 2008, un Project Monitoring Committee et un Steering Committee ont été mis sur pied pour le bon déroulement des opérations. Aucune réunion n’a eu lieu depuis décembre 2010. En guise de réponse, le ministère a soutenu qu’entre 2004 et 2006, le projet a été gelé puisqu’on évoquait que le département puisse être mis sous l’égide de la Mauritius Revenue Authority et que les systèmes pourraient être incompatibles. L’Audit déplore aussi les fonds non-utilisés. Pendant les trois dernières années, un montant de Rs 11.5 milliards a été crédité en faveur de sept Special Funds. Toutefois, ces fonds ont été peu utilisés, alors que suite en page 12

11

FEU ROUGE

ment. En ce qui concerne les retards sur les acomptes, l’Audit met en garde la Waste water Management Authority contre la signature des accords et contrats où les termes et conditions ne sont pas clairement spécifiés. Autrement, cela risque d’augmenter les coûts des projets.

pour le judiciaire. L’absence d’un monthly time-sheet y est aussi pour quelque chose. De plus, les recettes arriérées tournent autour de Rs 90,9 millions, contre Rs 95,3 millions en décembre 2009. Le directeur de l’Audit déplore le manque d’un mécanisme de contrôle sur les débiteurs. On note également le point suivant : « No improvement was seen regarding stores management at the Judiciary despite my adverse report in June 2010. Store ledgers were not properly maintained. The asset register is not being updated since 2006 in some Courts. » PRIME MINISTER’S OFFICE : ET DE TROIS POUR LA POLICE Un des départements qui tombe sous l’égide du Bureau du Premier ministre, et qui n’échappe pas aux critiques de l’Audit en termes de gaspillages, est la police. C’est la deuxième année consécutive que ce département est égratigné. Cette fois-ci, l’Audit pointe du doigt l’acquisition de 48 véhicules, en décembre, qui tourne autour de Rs 36,7 millions. Selon le directeur de l’Audit, plusieurs procédures n’ont pas été respectées. Alors qu’un fournisseur qui n’a pas été invité à soumettre une offre s’est vu allouer le contrat quand il a soumis son offre, on a fait l’impasse sur des spécifications par rapport aux véhicules. De ce fait, 13 véhicules ont dû être modifiés pour répondre aux besoins des utilisateurs, ce qui a engendré un coût additionnel de Rs 8.1 millions. Trois camions, au coût de Rs 2,7 millions, ont été achetés sans leurs accessoires. Quatorze mois après l’achat, ils n’étaient toujours pas opérationnels. Après la fermeture de son Mechanical Workshop, le département a dû

CAPITAL


OPERA 2012 N'AURA PAS LIEU

12

CAPITAL

Les sponsors pour la chose culturelle se font rares. Paul Olsen, fondateur d'Opera Mauritius, a du prendre la décision “difficile” de reporter le festival Opera Mauritius à septembre 2012. « Nous avons acquis une belle réputation dans le monde des arts scéniques, l'absence d'importants

Edition 34

FEU ROUGE MERCREDI 13 JUILLET 2011

d’autres fonds ont été dissous pour donner lieu à de nouveaux fonds tels le Business Growth Fund, avec Rs 5,2 milliards. TOURISME : UNE PAJERO QUI FÂCHE Voilà bien un achat qui reflète un gaspillage de fonds. Le ministère du Tourisme a, en octobre 2010, fait l’acquisition d’une jeep, soit une Mitsubishi Pajero de 3200 cc pour la modeste somme de Rs 2 563,765, suivant des procédures restreintes. Pour cet achat, le ministère des Finances a dû débourser une somme additionnelle de Rs 2,6 millions le 25 octobre 2010, en puisant du Contingency and Reserve Fund. La jeep devait être utilisée pour des site visits dans des régions montagneuses, ou considérées comme peu accessibles. L’Audit stipule que depuis l’acquisition de ce véhicule, les visites ont été effectuées, mais principalement vers des plages. « The jeep was also very often used for the conveyance of staff who stayed after office hours”, souligne le rapport. Pour le directeur, un 4x4 aurait coûté moins cher et aurait été tout aussi efficace. «This is an abusive expenditure of public funds of Rs 2,6 million.» Dans ses explications, le ministère concerné s'en défend : « In view of the

nature of the activities being carried out by the Ministry and the site visits that are normally effected, we consider that the investment made regarding the purchase of the vehicle is justified. I also wish to point out that, since only seven months have elapsed since the Ministry has purchased the new Pajero, it would be premature to assess its usefulness, at this stage ». En 2009, le ministère devait également faire face à un manque de finance pour certains projets majeurs, dont des projets d’infrastructure à Bel Ombre et à St Félix. Le coût de ces deux projets avait été estimé à Rs

236,1 millions à être financé par les 7 hôtels promoteurs des projets à hauteur de Rs 173,9 millions (estimation). Ce qui devait représenter un manquement de Rs 62,2 millions. En 2004, le ministère du Tourisme devait faire appel au ministère des Finances. Ce dernier a déboursé Rs 62 millions, tandis que le ministère des Infrastructures publiques a offert Rs 3.6 millions. Toutefois, les promoteurs ont pu parvenir à Rs 273.8 millions en 2008. Le Tourisme a été sommé de rembourser le ministère des Finances. INFRASTRUCTURES PUBLIQUES : DEUX CONTRACTEURS PRIVILÉGIÉS L’histoire se répète. Dans le récent rapport, l’Audit avance qu’en juillet 2010, la National Development Unit (NDU) avait lancé des appels d’offres pour certains travaux d’une durée de 18 mois, dans les 4 zones. Alors que les contrats pour les Zones 2 et 3 ont déjà été alloués à deux différents entrepreneurs, ceux pour les zones 1 et 4 n’ont pas encore été finalisés. L’Audit fait ressortir qu’il n’y avait pas de ‘annual zonal contractors’ qui travaillaient pour la NDU entre avril et octobre 2010. D’autre part, les contracteurs ont pris beaucoup de temps pour compléter certains projets, dépassant même les dates butoirs. Ce qui a coûté encore plus.

No improvement was seen regarding stores management at the Judiciary despite my adverse report in June 2010. Store ledgers were not properly maintained. The asset register is not being updated since 2006 in some Courts

sponsors ne nous permet pas de maintenir cette année le niveau que nous avons réussi à imposer lors des deux premières éditions du festival », a-t-il laissé entendre. De ce fait, les amateurs devront se contenter du seul « Hansel et Gretel », dont la première est prévue le 26 prochain.

Il est d’autant plus intéressant de noter que durant l’année fiscale 20082009, la NDU a alloué le contrat de 329 travaux à uniquement 2 contracteurs, pour deux zones chacun. « In the past, such works were awarded to more contractors. For example, during fiscal years 2006-07 and 2007-08, five and four contractors respectively, did the jobs for NDU”, stipule le rapport. Vu qu’uniquement deux contracteurs se sont partagé les travaux, plusieurs projets ont pris des retards. A décembre 2009, seulement 123 projets des 329, ont été complétés. Les deux vols commis à la National Transport Authority (NTA) ont suscité l’intérêt de l’Audit. Ils ont eu lieu pendant les deux dernières années. Une somme de Rs 6 830 290 (Rs 3 520 385 en cash et Rs 3 309 305 sous forme de chèque) a été emportée, et ce malgré les services de sécurité d’une firme privée. A mai 2011, un montant totalisant Rs 5 387 840 n’a pas encore été récupérée. Un rapport a été soumis par le Departmental Board of Enquiry en janvier 2011, mettant en exergue plusieurs failles au niveau du service de sécurité. Le cas est toujours en suspens. A noter qu’en 2009, la NDU tombait sous l’égide de l’Environnement.

AFFAIRES ÉTRANGÈRES : YEUX BRAQUÉS SUR LONDRES Les travaux de réhabilitation et rénovation du bâtiment abritant le haut commissariat basé à Londres ont également retenu l'attention de l’Audit. En décembre 2009, le contrat est alloué à une firme britannique pour un Fixed Lump Sum de £ 40,537. Toutefois, selon l’Audit, cette firme n’aurait pas dû être retenue pour cause de contradictions dans les bid documents : « During the technical evaluation, the Bid Evaluation Committee completely overlooked the conditional fee information, that is ‘the fee

proposal is based on a construction contract sum of up to £ 500 000.” Le coût du projet a dû être révisé à la hausse. Le ministère a dû effectuer un paiement de £ 114,562 au lieu de la valeur contractuelle de £ 40 537. D’autre part, il en ressort qu'un haut cadre du haut commissariat a bénéficié d’une advance de Rs 832,500 en décembre 2008 pour l’achat d’une Mercedes. Pour l’Audit, aucune des conditions n’a été respectée dans l'octroi de cette facilité. Dans un autre volet, l’Audit avance que le ministère ne respecte pas ses propres règlements. Alors qu’en 2002 une circulaire soutenait que le personnel recruté localement (Londres) engendra moins de dépenses au niveau gouvernemental, la pratique n'a pas suivi. Il semble qu’un assistant administratif local obtient un salaire mensuel de £ 1 221.38, tandis qu’un envoyé de Maurice coûterait plus cher, outre son salaire. Pour l’année 2009, l’Audit avait tiré à boulets rouges sur les heures supplémentaires de ce ministère, au coût de Rs 8,4 millions. Selon les explications fournies à l'Audit, c'est le déménagement vers Newton Tower qui a occasionné de telles dépenses. LOGEMENT ET TERRES : TERRES DE DISCORDE Une fois acquises par l’Etat et des projets identifiés, ces terres ne doivent pas rester inoccupées. C’est la deuxième année consécutive que l’Audit souligne ce point. En 2009, le gouvernement avait dépensé Rs 134,4 millions pour l’acquisition de terres. Le National Audit Office (NAO) avait alors identifié 49 terrains sousdéveloppées tout en mettant en exergue le manque de données sur ces terres. Depuis, le ministère a pris les actions nécessaires pour utiliser judicieusement ces terres dès l’acquisition. Pourtant, encore une fois, l’Audit relève le fait qu’à décembre 2010, des 63 projets, 30 étaient gelés. ARTS ET CULTURE : LA NUMÉRISATION DES ARCHIVES SE FAIT TOUJOURS ATTENDRE Cela fait deux ans depuis que le contrat pour la numérisation des archives nationales a été signé, soit le 26 juin 2009. Ce contrat incluait des coûts pour l’approvisionnement, l’installation et la mise en service des équipements, l’application des programmes ainsi que l’exercice de scannage, le tout pour une somme de Rs 17 912 003. La livraison, l’installation et la mise en service de l’infrastructure et de l’équipement étaient attendues pour le 2 juillet 2009, alors que le scannage, l’indexation et le téléchargement des fichiers scannés devaient être complétés en mai 2012. A décembre 2010, un montant de Rs 9 704 239 a été versé à la compag-


DÉGRAISSAGE DANS L'INDUSTRIE SUCRIÈRE La Private Notice Question du leader de l'opposition, hier, était axée sur l'industrie sucrière, plus particulièrement sur la restructuration de six entreprises du secteur sucrier. De ce fait, le nombre d'employés

nie. De février 2010 à mai 2011, seulement 140 000, de quelques 530 000 pages ont été scannées. Vu cette tendance, il y a de fortes probabilités que l’exercice de scanning aille au-delà de mai 2012. Selon le ministère, un Monitoring Committee a été mis sur pied pour le suivi du projet et suite à des actions correctives, il est maintenant attendu que l’exercice de scanning prenne fin d’ici décembre. INFORMATION ET TECHNOLOGIE : BÉNÉFICES MINIMES Les propos se ressemblent en ce qui concerne le Microsoft Enterprise Agreement (MEA). Déjà dans le rapport de 2007-2008, l’Audit en avait fait mention et avait précisé que l’accord a été signé pour un montant de Rs 223 070 542, mais qu’aucune étude n’a été menée pour déterminer les besoins du gouvernement en terme de produits Microsoft. Dans le récent rapport, on note : « Optimum use was not being made of the licences issued to departments. Almost three years after the signature of the MEA, limited benefits have been obtained from the products acquired. » FONCTION PUBLIQUE : LE NOMBRE D'INTERDICTED OFFICERS EN HAUSSE Les cas de ces interdicted officers remontent à 2007-08. Dans le nouveau rapport, le directeur a repris les lignes des deux rapports précédents pour démontrer qu’il n’y a pas eu de grands progrès. « Mention was made of the costs incurred on interdicted officers and the time taken to finalise cases of interdiction. In order to manage more efficiently and economically the cases, recommendation was made to consider the setting-up of a Public Service Tribunal and to revisit the legal provisions for disciplinary procedures”, lit-on dans les rapports de 07-08, 08-09 et 2010. Il avait même évoqué le Fast Track Mechanism pour en finir avec ces situations. Cependant, aucune amélioration

dans ces établissements passera de 900 à 500. Ce dégraissage s'inscrit dans le cadre de la restructuration qui renvoit à l'une des conditions imposées par l'Union européenne pour que Maurice puisse être éligi-

n'a été notée à mars 2011. Au contraire, le nombre a augmenté. Il est passé de 258 (février 2010) à 275 (mars 2011). En termes de salaires, le gouvernement a déboursé Rs 157,4 millions, contre 137,5 millions en 2009. Autre aspect pointé du doigt est le manque de coordination et l'absence de base de données: «There was no coordinated effort to produce a proper database of all interdicted officers. Important data which have been submitted were not readily available. Lack of these information has limited the scope of our audit. » EMPLOI ET RELATIONS INDUSTRIELLES : LOIS PAS RESPECTÉES Ce ministère ne figure pas dans le rapport de l'Audit de 2009. Dans son rapport 2010, le directeur avance que certaines clauses des nouvelles lois de travail n'ont pas été respectées, surtout en ce qui concerne le Sub-Programme. On avait prévu 1 800 ins pections sous ce programme, mais durant l'année écoulée, il n'y en a eu que 775, soit 43% de la totalité prévue. Certains termes et conditions n'ont également pas été respectés, ce qui pourrait être au détriment des employés. Le coût élevé de location d'un bâtiment depuis novembre 2000 par le ministère est également décrié dans le rapport. À la suite d'un renouvellement du contrat à partir de novembre 2006, le ministère a dû payer la location plus chère qu'initialement prévu, soit un coût additionnel de Rs 2.3 millions. La location pourrait même atteindre Rs 4,7 millions d'ici juin 2012, prévient l'Audit. EDUCATION ET RESSOURCES HUMAINES : LES MANUELS TOUJOURS EN RETARD Le délai accordé pour la livraison des manuels n'a pas encore une fois été respecté. Pour 2010 et 2011, les contrats d'impression et de fourniture ont été alloués à trois sociétés privées, pour un montant de Rs 23,17 millions et Rs 31,71 millions respective-

ble aux mesures d'accompagnement en faveur des pays ACP. Le ministre Satish Faugoo a aussi annoncé que des propositions seront faites aux employés qui risquent de perdre leur emploi.

ment. Toutefois, le retard a été au niveau du ministère qui n'a pu délivrer les matériels pré-presse à temps. Les délais ont varié entre 2 et 189 jours, ce qui a eu un impact énorme par la suite. La situation avait été la même en 2009 quand le contrat avait été alloué au Government Printing Office (GPO) et deux sociétés privées pour un coût total de Rs 17,7 millions. La livraison des manuels pour le Standard I avait eu lieu 7 à 13 semaines après la reprise des classes. D'autre part, pour l'année 2010, le ministère avait bénéficié du Stimulus Package de Rs 200 millions pour des travaux de maintenance dans les écoles primaires et secondaires. De ce budget, seulement Rs 88 millions ont été dépensées sur des projets mineurs. En 2009, des travaux d'extension aux établissements secondaires, alloués à 2 contracteurs, avaient coûté la bagatelle de Rs 146 218 177. JEUNESSE ET SPORTS : A FOND LES HEURES SUPPLÉMENTAIRES On ne pourrait certainement pas avancer que la situation s'est améliorée au niveau du ministère de la Jeunesse et des Sports. Surtout en ce qui concerne les heures supplémentaires. Alors que pour 2008-2009 un budget de Rs 6,6 millions avait été identifié pour les heures supplémentaires, le ministère devait débourser Rs 15,6 millions pour cet item. L'aide des Finances, à hauteur de Rs 8,9 millions, fut même sollicitée. 2010 a vu les chiffres augmenter significativement, pour atteindre Rs 25,3 millions. Le directeur de l'Audit tire une nouvelle fois la sonnette d'alarme sur le fait que le ministère n'a pas pris en compte ses précédentes recommandations. En premier lieu, les passage costs coûtent beaucoup : Rs 17,9 millions en 2009 et Rs 12,9 millions en 2010. L'Audit avait suggéré que le ministère lance un système d'appels d'offres pour l'achat des billets d'avion.

CAPITAL

Edition 34

13

FEU ROUGE MERCREDI 13 JUILLET 2011

La hausse de la dette publique est le résultat de plusieurs facteurs, dont des conditions d’emprunts élevées et une baisse des revenus due à l’implémentation de l’Additional Stimulus Package en décembre 2008 Les fédérations sportives, de leur côté, note le bureau de l'Audit, ne respectent pas le Sports Act 2001. “Further to Audit Report 2008-09, it was again noted that, as of end May 2011, most Federations have not yet submitted their financial statements for the years ended 31 December 2009 and 31 December 2010 to the ministry”, écrit le directeur. En 2009, 8 fédérations n'avaient pas soumis leurs rapports. Pendant la même année, le ministère avait dépensé Rs 53.8 millions en faveur de 41 fédérations sportives et Rs 43,4 millions en 2010. AGRO-INDUSTRIE ET SÉCURITÉ ALIMENTAIRE : BAISSE DRASTIQUE DANS LA PRODUCTION DE SEMENCES Selon les données recueillies par l'Audit, à mai 2011, la production de semences a atteint 3 236 kg, contre 4 726 kg en 2008. Ce qui représente une baisse significative par rapport à 2004 où on avait atteint 13 697 kg. De ce fait, la production se situe bien au-dessous des besoins annuels de 80 000 kg, ce qui nous amène à dépendre davantage sur les importations. Le directeur réitère sa demande : “In the Audit report for the period ending 31 December 2009, I drew attention to various shortcomings, including inadequate seed production and inappropriate storage conditions. I reiterate the need for the services of the Barkly Experimentation Station to be reviewed so as to ensure an inadequate and timely supply of good quality seeds.”


JENSON V. EVELETH TACONITE CO

14

CAPITAL

In 1975, Lois Jensen was one of the first women hired to work in Eveleth iron mine in northern Minnesota. She and her female co-workers suffered harassment from the men who still believed

Edition 34

CORPORATE MERCREDI 13 JUILLET 2011

that women should stay at home. The harassment became intolerable. Jenen filed a complaint in 1984. It took years for her to find an attorney to move the case. Eventually more

women joined in her lawsuit. In 1998, the women settled with the company for $3.5 million. This was the first sexual harassment class action lawsuit in the United States.

In one of his first speeches as Attorney General in July 2005, Rama Valayden had defined ‘Discrimination’ as ‘involving the making of a prejudicial distinction between individuals or groups, which results in the experience of some type of harm or prejudice or imposition of benefits’. He further stated that this is something which is recurrent in Mauritius. “You can feel it, you can sense it, but everybody will deny it”, he said. In fact today workplace discrimination is regarded as the most common form of harassment | R.V

HARASSMENT

WORKPLACE DISCRIMINATION WORKPLACE DISCRIMINATION is usually defined as, unwelcome verbal or physical conduct based on race, colour, religion, sex (whether or not of a sexual nature and including same-gender harassment and gender identity harassment), national origin, age, disability (mental or physical), sexual orientation, or retaliation (sometimes collectively referred to as “legally protected characteristics”). It constitutes harassment when: 1. The conduct is sufficiently severe or pervasive to create a hostile work environment; or 2. A supervisor’s harassing conduct results in a tangible change in an employee’s employment status or benefits (for example, demotion, termination, failure to promote, etc.).

WHAT IS HARASSMENT? Harassment occurs when someone is made to feel intimidated, insulted or humiliated because of his/her race, colour, national or ethnic origin; sex; disability; sexual preference; or some other characteristic specified under antidiscrimination or human rights legislation . It can also happen if someone is working in a ‘hostile’ – or intimidating – environment. Harassment can include behaviour such as: • telling insulting jokes about particular racial groups • sending explicit or sexually suggestive emails • displaying offensive or pornographic posters or screen savers • making derogatory comments or taunts about someone’s race or religion • asking intrusive questions about someone’s personal

SEXUAL HARASSMENT, WOMAN ON WOMAN : JURY HITS R.J. REYNOLDS FOR $800,000 Most people think of sexual harassment and hostile work environments being caused by piggish men sneering and commenting about women. But this is not always the case. The case of Victoria McCarthy and Katherine Schmitt now stands as a reference as they won a jury verdict of $800,000 against R.J. Reynolds Tobacco Co., who according to their website is the “second-largest tobacco company in the United States.” In addition to making Camel cigarettes, they also apparently tolerate sexual harassment – so the jury found. McCarthy and Schmitt averred that their female supervisor, Michelle Madsen engaged in “outrageous and inappropriate conduct,” including sexual harassment, gender discrimination and obscenity-laden tirades. The women employees also averred that Madsen made comments suggesting that employees’ job performance was related to their sexual activity. It appears that after McCarthy and Schmitt reported the offending conduct to human resources office, human resources officials convened a meeting of employees that the offending Madsen supervised. In my humble opinion, that is just asking to be hit with punitive damages. According to filings with the Court, other employees voiced similar concerns about Madsen’s behaviour at this meeting and signed a document attesting to her sexual harassment of employees in the workplace. Instead doing anything to fix the problem, they let Madsen engage in a series of retaliatory actions, which lead to the end of the plaintiffs’ employment. The $800,000 verdict was comprised of $150,000 in compensatory damages and $250,000 in punitive damages to each plaintiff.

life, including their sex life. A claim of harassment generally requires several elements, including: 1. The complaining party must be a member of a statutorily protected class; 2. She/he was subjected to unwelcome verbal or physical conduct related to his or her membership in that protected class; 3. The unwelcome conduct complained of was based on his or her membership in that protected class; 4. The unwelcome conduct affected a term or condition of employment and/or had the purpose or effect of unreasonably interfering with his or her work performance and/or creating an intimidating, hostile or offensive work environment.


DEEPAK CHOPRA V. JOYCE WEAVER Writer, doctor and spiritualist Deepak Chopra was involved in a set of hearings and a trial case instigated by former employee Joyce Weaver, who claimed “that she was wrongfully terminated because she had accused Chopra of sexual harassment.” After only 10 minutes, a

THE NATURE OF HARASSMENT/ DISCRIMINATION Harassing behaviour can range from serious to less serious levels, however one-off incidents can still constitute harassment. Also, where continued, such behaviour can undermine the standard of conduct within a work area, which may erode the well being of the individual or group being targeted and lead to lower overall staff performance. The absence of complaints is not necessarily an indication that no harassment or discrimination is occurring. The person subjected to harassing or discriminating behaviour does not always complain. This is not necessarily because the act is trivial, but because the person may lack the confidence to speak up on their own behalf or feel too intimidated or embarrassed to complain. HOSTILE WORKING ENVIRONMENT Employers also need to be aware of their responsibilities to ensure that the working environment or workplace culture is not sexually or racially ‘hostile’. Examples of a potentially hostile working environment are where pornographic materials are displayed and where crude conversations, innuendo or offensive jokes are part of the accepted culture. A person has the right to complain about the effects of a sexually or racially hostile working environment, even if the conduct in question was not specifically targeted at them. Hostile work environment harassment occurs when unwelcome comments or conduct based on sex, race or other legally protected characteristics unreasonably interferes with an employee’s work performance or creates an intimidating, hostile or offensive work environment. Anyone in the workplace might commit this type of harassment – a management official, co-worker, or non-employee, such as a contractor, vendor or guest. The victim can be anyone affected by the conduct, not just the individual at whom the offensive conduct is directed. WHAT IS WORKPLACE BULLYING? One definition of workplace bullying is “the repeated less favourable treatment of a person by another or others in the workplace, which may be considered unreasonable and inappropriate workplace practice. It includes behaviour that intimi-

dates, offends, degrades or humiliates a worker”. Bullies usually utilise power attributed to their status, skills or position in the workplace, and both men and women can be the targets and/or the perpetrators. Workplace bullying can occur between a worker and a manager or supervisor, or between co-workers. Bullying behaviour can range from very obvious verbal or physical assault to very subtle psychological abuse. This behaviour may include: • physical or verbal abuse • yelling, screaming or offensive language • excluding or isolating employees • psychological harassment • intimidation • assigning meaningless tasks unrelated to the job • giving employees impossible jobs • deliberately changed work rosters to inconvenience particular employees • undermining work performance by deliberately withholding information vital for effective work performance WHAT IS NOT HARASSMENT? The anti-discrimination statutes are not a general civility code. Thus, the law does not prohibit simple teasing, offhand comments, or isolated incidents that are not extremely serious. Rather, the conduct must be so objectively offensive as to alter the conditions of the individual’s employment. The conditions of employment are altered only if the harassment culminates in a tangible employment action or is sufficiently severe or pervasive to create a hostile work environment. Discrimination occurs when someone, or a group of people, is treated less favourably than another person or group because of their race, colour, national or ethnic origin; sex, pregnancy or marital status; age; disability; religion; sexual preference; trade union activity; or some other characteristic specified under anti-discrimination or human rights legislation. Workplace discrimination can occur in: • recruiting and selecting staff • terms, conditions and benefits offered as part of employment • who receives training and what sort of training is offered • who is considered and selected for transfer, promo-

CAPITAL

jury dismissed the case and found Chopra innocent. Chopra himself commented that “maybe it is my karma to dismantle the corruption in the San Diego judicial system”, a system which he often referred to as “one of the most corrupt in the country”.

Edition 34

15

CORPORATE MERCREDI 13 JUILLET 2011

SEXUAL HARASSMENT Sexual harassment constitutes any unwelcome behaviour of a sexual nature. It’s not about fun or friendship but about the abuse of power. It is also worth bearing in mind that many people respond to situations in different ways. What may seem like an innocent action or remark to one person may be deemed offensive by another and the law sides with the ‘victim’ not the ‘perpetrator’. Since there is no single definition, the test is how the recipient feels about the behaviour. Whilst men can also be subject to sexual harassment, the vast majority of cases have been by women against men. It doesn’t just happen to women who work in large offices or those who work within a predominantly male working environment; it can happen to people in any occupation, to any age group and from every community. It can take place in many forms which can broadly be categorised in 3 groups:

VERBAL • • • • •

tion, retrenchment or dismissal. Workplace harassment or discrimination must not be confused with legitimate comment and advice (including relevant negative comment or feedback) from managers and supervisors on the work performance or work related behaviour of an individual or

group. The process of providing feedback to staff during a formal performance appraisal, or counselling staff regarding their work performance, will not always be free of stress. Managers should manage these processes with sensitivity, but they should not avoid their responsibility to provide full and frank feedback to staff.

Comments about appearance, body or clothes Indecent remarks Questions or comments about your sex life Requests for sexual favours Sexual demands made by someone of the opposite sex, or even your own sex Promises or threats concerning a person’s employment conditions in return for sexual favours

NON-VERBAL • •

Looking or starring at a person’s body Display of sexually explicit material such as calendars or magazines

PHYSICAL • •

Physically touching, pinching, hugging, caressing or kissing Sexual assault


VILLAS À ROCHES-NOIRES

16

CAPITAL Edition 34

GREEN BUSINESS MERCREDI 13 JUILLET 2011

Le projet Roches-Noires Résidences, a été présenté par le promoteur Saeed Currimjee, jeudi dernier. Ce dernier est à son second projet immobilier après “Les Mariannes Hills”.

Roches-Noires Résidences est un ensemble de huit villas de luxe, de trois chambres à coucher, dessiné par l’architecte Salim Currimjee. Les villas s’étalent sur une superficie de 1,25

arpent. Roches-Noires Résidences Management Company proposera les villas à des prix variant de 250 à 450 euros avec des ‘packages’ et des tarifs spéciaux pour les Mauriciens.

CONSTAT

Six propositions pour verdir et fleurir le pays Les forêts rétrécissent à mesure que les constructions gagnent du terrain. Un phénomène mondial qui n’épargne aucun pays. Le National Economic & Social Council (NESC) dit s’inquièter du manque de verdure à Maurice. Et appelle autorités et civils à agir LE NATIONAL ECONOMIC AND SOCIAL COUNCIL (NESC) a présenté, mercredi de la semaine dernière, un état des lieux de l’environnement à Maurice. Le rapport a été préparé par sa Commission sur l’infrastructure, les ressources physiques, l’environnement et le développement durable. Dans son rapport, le président de ladite commission, Toolsyraj Benydin, avance que Maurice n’est pas épargnée par la situation qui touche le monde entier. Les champs de cannes, qui représentent traditionnellement la couverture verte du pays, ont vu leur superficie diminuer de plus de 22% ces vingt dernières années. Deux raisons sont avancées pour expliquer ce recul : l’abandon des activités liées à la canne à sucre qui ne sont plus aussi profitables, et la conversion des terres autrefois occupées par la canne en des projets de développement infrastructurel (projets résidentiels et commerciaux). Le NESC dresse un constat alarmant sur l’état de nos forêts. Entre 1995 et 2005, la superficie en forêts est passée de 57 000 hectares à 47 200 hectares, alors que l’espace occupé par les constructions est passé de 40 400 hectares à 51 000 hectares. Toolsyraj Benydin estime également que « des efforts ont certainement été faits à tous les niveaux pour que l’environnement soit protégé, mais la situation est malheureusement grave. Les défis sont importants afin d’atteindre une harmonie entre le développement et le respect de l’environnement ». Marc Hein, président du NESC, a soutenu que « le but de ce rapport et du NESC est d’amener les Mauriciens, de manière générale, à prendre conscience de la situation et les motiver pour agir. Des initiatives fortes doivent être prises et des changements apportés afin que notre attitude envers les arbres et l’environnement soit responsable et reflète notre souhait d’un développement durable à tous les niveaux. » Il avance également que pour contrer la sècheresse, il nous faut maintenir notre couverture verte, vu que la pluviométrie est directement liée à la surface plantée de l’île. Face à cette situation, le NESC met en avant six propositions, non pas pour freiner le développement, insistent les rédacteurs du rapport, mais pour que la

DÉVELOPPER PAR CONSENSUS Le NESC a été mis en place en 2002 après l’entrée en vigueur du NESC Act 2001. Cet organisme a pour but d’encourager le consensus à travers le dialogue entre les partenaires sociaux, incluant la société civile. Ce conseil représente un forum pour une plus grande participation de la société civile au processus de prise de décision au niveau national et donne la chance à toutes les composantes de la société de participer à l’édification de la nation. Le NESC s’appuie sur trois commissions composées de 8 à 12 membres et présidées par un commissaire élu par le NESC. Ces commissions sont : La Commission sur les affaires économiques, la Commission sur l’infrastructure, les ressources physiques, l’environnement et le développement durable et la Commission sur les affaires sociales et le développement des ressources humaines.

Marc Hein, président du NESC, a soutenu que « le but de ce rapport et du NESC est d’amener les Mauriciens, de manière générale, à prendre conscience de la situation et les motiver pour agir. Des initiatives fortes doivent être prises et des changements apportés afin que notre attitude envers les arbres et l’environnement soit responsable et reflète notre souhait d’un développement durable à tous les niveaux. » conservation de l’environnement soit une partie intégrante de la croissance dans tous les secteurs. Ces propositions sont : ● Incorporer l’aménagement paysager dans les projets de développement : Autant que possible, un aménagement paysager devrait être fait sur les terres de l’Etat qui sont inutilisées, dans les espaces publics ou encore les espaces autour des quartiers résidentiels. Un plan national devrait être mis sur pied afin d’avoir des espaces verts dans tous les quartiers résidentiels, particulièrement dans les régions pauvres. De plus, l’aménagement paysager devrait être une composante obligatoire de tout projet de développement. ● Planter des arbres et arbustes le long

des routes : Ces arbres permettraient non seulement de rendre le paysage plus agréable aux automobilistes, mais également de les sensibiliser sur la nécessité d’avoir des espaces verts. ● Développer des vergers : Les autorités devraient, en mettant en place des mesures motivantes, encourager les propriétaires de terres inutilisées à les transformer en verger. Sur le long terme, ces vergers seront une source de revenus pour leurs propriétaires tout en assurant la production de fruits. ● Encourager les initiatives et politiques d’embellissement : En plus de relancer la compétition « Fleurir Maurice », un plan visant à encourager les gens à planter des arbres devrait être mis sur pied. Parmi les recommandations du

NESC, relevons la création de « jardins à papillons » (butterfly gardens), afin de favoriser la diversité des insectes pollinisateurs et propager certaines espèces de plantes rares. Pour promouvoir la propagation des arbres, le NESC propose la création d’un « National Tree Planting Day ». Une journée dédiée aux arbres et à leur mise en terre devrait également faire partie du programme scolaire. ● Populariser les arbres de manière durable : Un « conservatoire agricole » devrait être créé, accessible aux écoliers, pour montrer l’importance de l’agriculture et des arbres dans la vie de chaque Mauricien. La popularisation des arbres et leur propagation devrait faire partie d’une politique pour augmenter le nombre d’arbres dans les zones bâties. ● Le besoin d’eau, l’érosion et les animaux errants à Rodrigues et dans les îles : Le reboisement de Rodrigues et la capture des eaux devraient être prioritaires. Pour y arriver et maintenir cet équilibre, un plan devrait être mis en place pour que les espaces verts soient clôturés, les animaux n’aient plus le droit de paître n’importe où, le terrassement soit mis en pratique pour éviter l’érosion, les ressources en eau soient améliorées et que les filaos et les cocotiers soient propagés.


DES BÉNÉFICES IMPRESSIONNANTS Les projets financés à travers le Green Loan permettront aux entreprises et au pays de réaliser d’importantes économies d’énergie tout en réduisant les émissions de CO2.

LES SIX premières entreprises qui ont pu donner vie à leurs projets à travers le plan MCB-AFD sont : Sun Resorts, Evapo, New Mauritius Hotels, Optical Lens, Dry Cleaning, et IBL-Winners. Leurs projets ont abouti à une meilleure utilisation des énergies renouvelables, entraînant des gains en efficacité énergétique et une amélioration de la performance environnementale. « Avec le niveau de vie qui s’améliore, la demande en ressources devient plus pressante. Le gouvernement n’a pas toutes les solutions, mais la responsabilité incombe à chacun de nous. Il nous faut prendre des mesures favorables à l’écologie. Il s’agit aussi, souvent, de prendre des mesures économiquement viables, même si ça prend du temps », a fait ressortir Philippe Forget, asssistant directeur général de la banque. Le Green Loan fait partie de l’Initiative 175, plan de mesures lancé par la MCB en mars 2009. Le plan vise à encourager les entreprises à investir davantage dans des technologies moins polluantes, leur contribution au développement durable est récompensée par un remboursement de 12 % de la somme « verte » investie dans tout projet approuvé par l’AFD. ENGAGEMENT SUR 4 PILIERS DE SUN RESORTS Le Long Beach, benjamin des hôtels Sun Resorts, est un exemple en matière de développement durable, selon Nicolas de Chalain, le directeur général. « Notre engagement repose sur quatre piliers : la construction et rénovation de Long Beach avec des technologies durables, la formation du personnel sur la réduction du flux de déchets et la consommation d’énergie, inciter la clientèle à suivre notre philosophie et conservation de la biodiversité », a-t-il déclaré lors du point de presse. Les actions durables et environnementales entreprises par Sun Resorts sont multiples. La chaleur produite par le système de climatisation est captée et réutilisée pour chauffer l’eau. L’huile des cuisines est recyclée pour être réutilisée comme carburant dans les véhicules de l’établissement. De l’ozone est utilisé pour le blanchissage, ce qui contribue à une économie d’énergie. Un Building Management System (BMS) gère la température des chambres de façon intelligente. Utilisation d’énergie solaire (panneaux photovoltaïques), éclairage LED, moniteur d’éclairage, traitement d’eau de piscines,

La MCB avance les chiffres suivants : économie d’électricité de 9 551 MWh par an, une économie d’eau de 169 225 mètres cubes par an, 256 912 litres en terme d’économie de

diesel, et 103 210 kilos de gaz par an. On prévoit également la réduction des émissions de CO2 de 12 807 tonnes par an, en sus de 2 500 trajets de camions en moins par an.

CAPITAL

Edition 34

17

GREEN BUSINESS MERCREDI 13 JUILLET 2011

GREEN LOAN

LES PROJETS ÉCOLOS PRENNENT FORME

Le Green Loan de la Mauritius Commercial Bank (MCB) porte déjà ses fruits. Des discours aux actions concrètes, son premier bilan, après deux ans, est qualifié de « prometteur » par ses initiateurs. La présentation des projets bénéficiaires a été faite, jeudi dernier | HERRSHA LUTCHMAN-BOODHUN poussière.

INITIATIVE. La MCB s’est pleinement engagée dans une stratégie qui vise la promotion de l’écologie dans les activités économiques de ses clients

récupération de l’eau de pluie pour l’irrigation et les toilettes… La biodiversité a été conservée grâce à la plantation de multiples arbres et arbustes, ce qui réduit l’érosion de la plage. FERTILISANT ORGANIQUE D’EVAPO Island Fertiliser existe depuis 2004, et compte 5 subsidiaires, dont Island Renewable Fertiliser qui a été formé en 2006. Alors qu’Island Fertiliser occupe 55 % du marché des fertilisants minéraux, son subsidiaire mise sur l’organique. Arnaud Leclézio a expliqué la raison d’être d’Evapo, entreprise qui a été créée en partenariat avec Harel Frères (Grays) et qui a bénéficié de l’aide de l’AFD. L’unité d’Evapo située à BelleVue permet de recycler la vapeur basse pression produite lors de la distillation d’alcool par Grays. Cette vapeur est ainsi utilisée pour chauffer la vinasse, communément appelée « écume », produit dérivé de la mélasse. « Ce procédé permet de débarrasser la vinasse de son contenu acide qui est nocif à l’environnement. Le résultat est une vinasse plus riche appelée Concentrated Molasses Stillate (CMS) qui est mélangée à des fertilisants utilisés

dans les champs de cannes. » Le CMS remplace efficacement la chlorure de potassium, un produit chimique importé, dans la composition de fertilisants. Etant plus léger, le CMS est transporté plus facilement et permet de réduire le nombre de trajets effectués par des camions, donc la consommation de diesel. Par ailleurs, Arnaud Leclézio a annoncé la mise sur pied prochaine d’Island Renewable Energy : « Avant d’évaporer la vinasse, on peut la méthaniser et produire 1,2 mégawatt d’énergie ». NMH SUIT LE PAS « Nous faisons plus ou moins les mêmes choses que Sun Resorts », a laissé entendre Malenn Oodiah. New Mauritius Hotels (NMH) s’est engagé dans une vaste campagne pour économiser de l’énergie de manière intelligente. La société a bénéficié de Green Loans pour la réalisation de plusieurs projets dont l’installation de chauffeeau solaires au Paradis et au Dinarobin, le remplacement des ampoules électriques conventionnelles par des ampoules LED, ainsi que l’acquisition de matériels offrant une meilleure efficacité énergétique au Shan-

drani, au Dinarobin et à Plaisance Catering. NOUVELLE TECHNOLOGIE POUR VERRES OPTIQUES Optical Lens de Shafiq Hossen est une entreprise d’une dizaine d’années engagée dans la fabrication de verres optiques avec des abrasifs chimiques. Mais depuis une année, le directeur a créé un nouvel environnement, moins polluant pour ses employés, grâce à de nouvelles technologies, avec un investissement de 275 000 USD. « Nous avons opté pour un matériel dernier cri qui consomme moins d’électricité, d’eau et de produits chimiques. Le laboratoire est déjà en place », a indiqué Shafiq Hossen. Le nouvel équipement lui permet de collecter toute la poussière de verre produite au cours des diverses étapes de fabrication de verres optiques, ce qui permet au personnel de bénéficier d’un meilleur environnement de travail. Le nouveau laboratoire qui est en place permet également des économies énormes sur les factures. Ainsi, avance le directeur, la facture d’électricité a baissé de 25%, de même que l’eau par 1 225 mètres cube, et 70% de réduction d’émission de

UNE STATION DE RECYCLAGE POUR DRY CLEANING Selon Jean-Marc Sauzier de Dry Cleaning & Steam Laundry, l’entreprise est de facto un gros consommateur d’énergie de base, avec cinquante tonnes de linges par jour. Afin d’être plus économique en terme d’énergie, la société a investi dans une machine qui recyclera 80% des eaux usées produites par sa blanchisserie industrielle de Bell-Village. Ainsi, l’eau recyclée sera réutilisée lors de plusieurs cycles de lavage. « Cette station spécifiquement conçue pour ce type de recyclage provient des Etats-Unis. Elle nous a été livrée mercredi dernier, elle sera opérationnelle à partir du mois d’août», a expliqué Jean-Marc Sauzier. L’eau utilisée dans une blanchisserie doit normalement être chauffée à 65 degrés. Mais comme l’eau recyclée utilisée à Dry Cleaning & Steam Laundry est déjà disponible à la température souhaitée, l’entreprise réalise ainsi des économies d’énergie. PANNEAUX PHOTOVOLTAÏQUES POUR WINNERS Nicolas Merven, de la chaîne de supermarchés Winners (IBL), a soutenu que les engagements green sont mulitiples. Elle a recruté et formé un green leader dans chaque supermarché sur l’économie d’énergie et d’eau. La chaîne propose également des sacs en papier, pour éviter les sacs en plastique. Elle encourage aussi le tri-sélectif. Autre aspect intéressant : le supermarché Winners de Coromandel fabrique sa propre électricité à partir de l’énergie solaire grâce aux panneaux photovoltaiques installés sur le toit. Le supermarché de Port-Louis a, quant à lui, remplacé ses vieux appareils de réfrigération par des équipements offrant une meilleure efficacité énergétique.


« LES CIGARES DU PHARAON »

18

CAPITAL Edition 34

BLING BLING MERCREDI 13 JUILLET 2011

C’est le titre du quatrième album des « Aventures de Tintin », célèbre bande dessinée du Belge Hergé. En croisière vers l’Extrême Orient, Tintin rencontre un égyptologue. Arrêté par deux agents de

sûreté, nul autre que Dupond et Dupont, Tintin sera, à tort, maintenu prisonnier pour trafic de cocaïne. Lorsque le bateau fait escale en Egypte, Tintin arrivera à s’évader, avec Milou. En route, ils ren-

contrent l’égyptologue qu’ils accompagnent dans le tombeau de Kih-Oskh où ils découvrent de mystérieux cigares. Au final, ils découvriront que les cigares contenaient de l’opium.

LIFESTYLE

Le cigare, c’est tout un art On n’en rencontre pas souvent à Maurice, les amateurs de cheroot qui déambulent dans les rues, leur cumulus de fumée masquant un regard churchillien ou révolutionnaire, selon le penchant. Pourtant, à en croire les rares connaisseurs, le cigare est très apprécié de ceux pour qui ce cylindrique rouleau de tabac est signe de distinction, quand il n’est pas signe extérieur de richesse | SINDY MOONESAWMY DÉGUSTER. Voilé ce qu’on doit dire lorsqu’on parle de fumer un cigare. Contrairement à la cigarette, il n’est pas nécessaire d’en inhaler la fumée. On la garde dans la bouche pour mieux la savourer. Et comme pour le vin, il faut de l’expertise pour arriver à reconnaître et apprécier un bon cigare. C’est la première chose que nous livre Jay Vithaldas, grand amateur de cigares depuis une quinzaine d’années. Ce bijoutier de Port-Louis nous parle de son premier cigare. « C’était un ‘Davidoff ’, mais je dois dire que je n’ai pas vraiment apprécié à cause de son goût âcre ». Petite déception qui ne l’a pas empêché de poursuivre cette « initiation-découverte ». Le deuxième, un ‘Danmann’ -marque allemande- réussit à le convaincre que son ami Bheeka, qui l’avait initié à la chose, ne l’avait pas entraîné sur un mauvais chemin. Il trouva le ‘Danmann’ « léger et fort agréable ». En connaisseur, Jay Vithaldas nous apprend que les cigares sont classés en ‘modules’. Ce terme définit, en fait, la taille du cigare et son diamètre. Le diamètre et la longueur du cigare influencent directement le goût du cigare. Chose essentielle à savoir ; les gros cigares se fument généralement plus facilement que les petits, contrairement à ce que l’on pourrait croire. En matière de modules, c’est le ‘Churchill’ qui est reconnu comme roi avec ses diamètres entre 17,7 mm et 19 mm et sa longueur supérieure à 160 mm. Notre

invité en profite pour citer d’autres marques, parmi les plus réputées ; le Robusto, le Panatella, le Corona, entre autres. A noter également que les modules peuvent varier d’un terroir à un autre. PRÉCISION ET RÉGUALRITÉ On ne fume pas le cigare comme on fume une cigarette. Il y a tout un rituel à observer. Il y a tout d’abord la coupe. Sa petite guillotine coupe-cigare, Jay Vithaldas l’a acheté en Angleterre. On insère le cigare dans un trou puis on fait activer une lame pour le couper. Le coupe-cigare en forme de dièdre donne une coupe aux deux côtés en forme de V, alors que la guillotine fend la tête horizontalement.On peut aussi utiliser des ciseaux spéciaux, une lancette ou un canif. Mais n’allons pas croire que c’est un jeu d’enfants ! L’exercice demande une grande précision et régularité, sinon onrisque d’effilocher le cigare et d’en faire pâtir le goût. Les coupe-cigares guillotines donnent des coupes douces et sont très faciles à manier alors que les ciseaux à cigares exigent une certaine dextérité, car ils ont une double lame. Mais là encore, il y a couper et couper. La taille de la coupe, qui dépend de la dimension du cigare, influe sur la saveur, le tirage et la combustion. Elle joue, donc, un rôle important. En fait, une ouverture trop grande peut causer un goût amer dans la bouche, une chaleur trop importante

et une combustion trop rapide. Tandis qu’une ouverture trop petite peut entraîner un mauvais tirage, une quantité minimale de fumée et un goût altéré dû à la concentration de nicotine et de goudron. Des connaisseurs vous indiqueront que la coupe parfaite doit être d’un diamètre légèrement inférieur à celui du cigare. Elle doit être rapide et précise.

Les coupe cigares guillotines donnent des coupes douces et sont très faciles à manier alors que les ciseaux à cigares exigent une certaine dextérité, car ils ont une double lame. Mais là encore, il y a couper et couper. La taille de la coupe, qui dépend de la dimension du cigare, influe sur la saveur, le tirage et la combustion. Elle joue, donc, un rôle important.

SOUPLESSE ET TEXTURE « Normalement, lorsqu’on allume un cigare, on ne le met pas directement dans la bouche comme pour la cigarette », nous explique encore Jay Vithaldas. En effet, pour maîtriser le ‘savoir fumer’ et en tirer le « maximum de plaisir », il y a quelques règles à suivre, des étapes à respecter. D’abord, il faut apprécier le cigare au toucher et au regard, en le palpant. On sent sa souplesse et sa texture, comme pour anticiper le plaisir. Pendant ces ‘préliminaires’, le connaisseur peut savoir si le cigare est trop sec ou pas. Il est dit, à ce chapitre, que si un cigare est jugé trop sec, les Cubains en plongent la tête dans un verre de rhum. Ainsi, l’humidité se propage sur la longueur du cigare. Même si cette pratique est considérée comme radicale, il s’avère qu’elle soit plutôt efficace. On palpe le cigarre pour trouver les vides, bûches ou nœuds, car un cigare doit être bien rempli pour être fumable. L’esthétique du cigare est importante pour certains fumeurs, même si elle n’influe pas sur la qualité gustative. Les


LE CIGARE DANS LES LIVRES Plusieurs livres parlent du cigare. Parmi les plus récents, on trouve « Les meilleurs cigares du monde, L’art du cigare », en deux volumes, paru en 2001, signé Gérard Vahé. Dans le pre-

mier volume, il élabore sur la récolte et la fermentation alors que dans le deuxième, on peut trouver des fiches de dégustation illustrées des 100 meilleurs cigares du monde. En 2008, il

publie aussi « Cigares ». D’autres ouvrages connus sont : « Le havane, cigare de légende » par C.DelTedesco, et « Le cigare, De la culture à l’art », par D.Houvenaghel.

CAPITAL

Edition 34

19

BLING BLING MERCREDI 13 JUILLET 2011

EINSTEIN, MADONNA ET LES AUTRES

couleurs de la cape (feuille qui enrobe le cigare) varient du ‘jaune clair’ (claro claro) au « brune très foncée » (presque noire – oscuro), en passant par le ‘brune or’ (colorado claro), qui sont les nuances les plus fréquentes. Il est utile de souligner qu’il ne faut pas juger la qualité du cigare en fonction de la teinte, car celle-ci est déterminée par la nature de la feuille et sa fermentation. De même, il est faux de croire que les cigares sombres seront plus forts que les clairs. En deuxième lieu, il faut humer le cigare, en sentant sur sa cape pour l’« apprivoiser ». Puis vient la coupe. A chacun, bien sûr, sa méthode de coupe, mais il est conseillé de viser la tête à l’endroit où les feuilles sont enroulées horizontalement. La phase suivante, souvent négligée, c’est de fumer à cru, c’est-à-dire tirer sur le cigare sans l’allumer. Cette phase procure son lot de bonheur et met le fumeur en appétit. Place, finalement, à l’allumage, qui peut être effectué avec un briquet à cigare ou une longue allumette. Le but est de rendre le tabac incandescent. Le cigare est incliné vers le bas avec le pied proche de la flamme,

en roulant le cigare sur lui-même. Le cigare est prêt lorsque le pied devient rougeoyant sur tout le diamètre. La dégustation peut alors commencer. En douceur, sans se presser. Prendre le temps. En faisant durer le plaisir. Pour Jay Vithaldas, la dégustation dure, au minimum, une trentaine de minutes. Il explique qu’il ne faut pas ‘avaler’ la fumée, il faut la « gargariser en quelque sorte », c’est-a-dire faire tourner la fumée dans la bouche avant de la souffler.Dépendant des marques, différents arômes existent, tels que le boisé, l’épicé, le mielleux, le floral, etc. Dans les cigares de qualité, les arômes se déclinent dès les premières bouffées. La dégustation est un moment de pur bonheur pour le fumeur de cigare. D’où l’importance de bien choisir le moment et le lieu. Chez soi, on aménagera son coin selon ses goûts et son style. En dehors de chez soi, il existe des endroits spécialement conçus pour fumer le cigare, il y a des « cigar lounge » dans presque tous les hôtels.Ailleurs, des « nuits des fumeurs » sont organisées dans des restaurants. Il y a même des clubs de fumeurs de cigare. A Maurice, le choix de marques se résume à ‘Cigarello’, peu apprécié par les fumeurs raffinés. « C’est une question de goût », nous dit Jay Vithaldas, qui nous confie trou-

ver au Duty Free de Dubai tout ce qu’il aime. « Le choix est inépuisable et le prix abordable, c’est un vrai paradis pour les fumeurs de cigares », dit-il. COMME LE BON VIN Outre le coupe-cigare, d’autres outils sont liés à la consommation du cigare. Il y a la cave à cigare ou ‘humidor’, une boîte hermétique dans laquelle on peut conserver les cigares dans les meilleures conditions, soit à la bonne humidité. L’intérieur doit être en bois de cèdre d’Espagne. Comme le bon vin, le cigare peut se conserver pendant de nombreuses années. On peut aussi avoir des accessoires comme un étui en cuir, un briquet et un fume-cigare, dans lequel on peut insérer le cigare afin de le fumer sans qu’il ne touche les lèvres. Pour fumer, on aspire à travers l’embout du fume-cigare. Côté santé, vu que le fumeur n’inhale pas la fumée, certains avancent qu’il est moins ‘dévastateur’ que la cigarette. Cependant, même si le cigare n’affecte pas les poumons, il est connu qu’il contient plus de nicotine. Pour Jay Vithaldas, « pu mor bizin mor, pourquoi ne pas profiter des plaisirs de la vie », en soutenant qu’il n’y a pas que le cigare qui tue. Ajoutant même qu’un grand fumeur comme Winston Churchill, qui a été Premier ministre d’Angleterre (1940-1945, 1950-1955), est mort à l’âge de 91 ans. Depuis quelques temps, Jay Vithaldas ne jure que par le « Villiger », une marque hollandaise, qu’il juge « léger et raffiné » et qu’il déguste deux ou trois fois par semaine. Il ajoute qu’il a déjà fumé ‘la havane’ (aussi dit « habanos », des cigares cubains considérés comme les plus fins, les plus complexes, en terme de dégustation, et de qualité incomparable), mais que c’est un luxe qu’il ne peut s’offrir souvent, vu le prix prohibitif. Comme quoi, les fumeurs de cigare font aussi face au coût de la vie.

Sans doute le personnage au cigare le plus facilement reconnaissable, Ernesto Guevara, autrement dit le « Che », aurait, selon la légende, demandé à ce qu’on lui roule un ‘Especiale’ long d’un pied quand son médecin lui imposa un régime d’un genre un peu particulier : le révolutionnaire argentin n’aurait plus droit qu’à un cigare par jour. Au-delà du mythe, le cigare a étendu son empire à travers le monde et on le croise, à différents moments de l’histoire de l’humanité, vissé aux lèvres de ces hommes et femmes qui ont marqué leur temps. Ainsi, la rumeur veut que John F. Kennedy, président des Etats-Unis, demanda en 1962 à un officier de lui trouver de toute urgence une quantité importante d’environ un millier de cigares (il s’agissait de Petit Coronas Upmanns) de Havane. Quelques heures après l’obtention de ceux-ci, Kennedy signa le décret instaurant l’embargo sur Cuba. On retrouve ainsi de nombreux personnages célèbres amateurs de cigares. Parmi lesquels, Albert Einstein illustre physicien américain d’origine allemande, ou Sigmund Freud, qui avoua que le tabac était l’indispensable adjuvant de l’élaboration de son oeuvre. Le personnage historique fumeur de cigares le plus connu est sans conteste Winston Churchill pour son action politique, ses célèbres discours et sa forte personnalité. Grand amateur de cigares, il est mort à l’âge de 91 ans, bien que fumant depuis l’âge de 20 ans environ 4 000 cigares par an. Son cigare favori était le double Corona de 19 mm de diamètre qui porte désormais son nom. Le seul gros fumeur de cigares ayant dépassé la longévité de Churchill est George Burns, qui commença à fumer à l’âge de 14 ans et qui fuma son dernier cigare peu après avoir fêté ses cent ans. Bill Cosby, célèbre acteur américain, est un adepte du cigare également depuis de longues années et est l’auteur de la citation « une chose à ne jamais oublier en sortant de chez soi, un cigare ». Il apprécie tout particulièrement le double corona Hoyo de Monterry. Certaines femmes aiment aussi le cigare et ne se cachent plus pour le fumer. En effet, pendant longtemps, celles-ci ont fumé jusqu’au XIX, où le changement de moeurs dû à l’influence occidentale, a réservé cet usage aux hommes. La seule femme connue de cette époque fumant le cigare, est George Sand, admirable femme de lettres, éprise de liberté et méprisant les conventions de l’époque. De nos jours, on retrouve de nombreuses femmes connues qui fument le cigare comme Madonna, Whoopi Goldberg, Christine Ockrent… Arnold Schwarzenegger, autre grand amateur de cigares, est copropriétaire du club privé des amateurs de cigares de Beverly Hills,« The Havana Room ». On ne peut pas dissocier, non plus, Jacques Dutronc, « le gentleman chanteur », de son éternel cigare à la bouche.


TRÈS NOURISSANT

20

CAPITAL Edition 34

ENTREPRISE MERCREDI 13 JUILLET 2011

Le manioc (Manihot Esculenta) est originaire d'Amérique du Sud. Il est introduit en Afrique centrale au début du XVIIe siècle par les Portugais. Cette denrée con-

stitue l’alimentation de base de nombreux pays africains. Avec une production annuelle de 200 millions de tonnes, le manioc occupe le 5e rang parmi les plantes alimentaires

mondiales après le maïs, le riz, le blé et la pomme de terre. La farine de manioc est un aliment très riche en fécule (75 % d’amidon et de sucres), mais pauvre en protéine (2%).

SUNNYTASTE

BIENTÔT, LE MANIOC DANS TOUS SES PLATS Sur la route des épices, les entrepreneurs novateurs savent trouver le bon filon. Leurs recettes voyagent à travers les cuisines d'ici et d'ailleurs. Et s'ils font appel aux traditions, c'est pour les mettre au goût du jour et au service de leurs contemporains


FAIRE LA DISTINCTION Depuis toujours la distinction entre épices et aromates a été difficile à établir. Mais grâce aux avancées de la science, et en particulier aux analyses chimiques, il est devenu possible de

PRÉPARER UN briani en une quinzaine de minutes. Impossible diraient certains. La compagnie NDUM a prouvé le contraire. Depuis 2007 elle propose des épices tout préparés mis en sachet et accompagnées de la recette pour réaliser son briani-maison en un tourne-main. Et il n'y a pas que les briani. Cette petite entreprise a concrétisé plusieurs idées innovantes pour permettre aux fins gourmets de retrouver le plaisir de la cuisine, sans y faire le pied de grue. « Les Mauriciens ne peuvent plus se permettre de passer des heures dans la cuisine. De plus, la saveur mauricienne d'antan se perd peu à peu. Et quand les gens sont pressés, ils se tournent vers le fast food ou vers les menus congelés qui proviennent principalement d'Europe. Nous avons voulu changer la donne, tout en participant au sauvegarde du patrimoine culinaire national », explique l'entrepreneur Dumée Duval. Le nom de l'entreprise NDUM est composé de la première lettre du prénom de son épouse, Noëlette, des deux premières lettres du prénom et du nom de l'entrepreneur et de la première lettre du prénom du premier fils du couple, Mathieu. La marque Sunnytaste, proposée par une agence de financement, fait local et illustre la philosophie de l'entrepreneur. Le premier produit NDUM est on ne peut plus local : Une préparation pour gâteaux piments déshydratée. « La plupart des personnes achètent les gâteaux piments chez les marchands aux coins de rue ou au marché. On trouve aussi, dans les grandes surfaces, des gâteaux tout préparés et congelés que l'on fait frire chez soi. Nous avons voulu aller plus loin en y ajoutant le plaisir de préparer soi-même la pâte et de les faire frire. C'est une version en poudre », explique Dumée Duval. FAIRE LES MAURICIENS RETROUVER LE PLAISIR DE CUISINER Rien de plus simple, en effet. Un verre d'eau qu'on verse sur le contenu pour faire la pâte, du piment et des queues d'oignon, on laisse reposer une trentaine de minutes, on fait des petites boules que l'on fait frire dans de l'huile chaude. Une boîte de 425 grammes, au coût de Rs 30 donne une cinquantaine de petits gâteaux à apprécier comme amusegueules ou « gajacks ». La version déshydratée des gâteaux piments comprend de nombreux avantages, explique le directeur de NDUM, entre autres, sa conservation qui est d'une année et les normes de sécurité alimentaire assurées. De plus, ils sont facilement « transportables » ; ce qui fait la joie des touristes et des expatriés qui aiment rapporter un peu du pays dans leurs valises. Le Sunnytaste rayonne ainsi en Europe, au Japon, en Australie, aux Etats-Unis. Autre produit de NDUM qui fait un tabac, façon de parler : la poudre de halim en boîte. Celle-ci contient deux sachets, l'un comprenant les grains secs et l'autre les épices. Pour son halim-maison

les classer d'après des critères rigoureux. Pour simplifier à l'extrême et faire la distinction entre elles, il est possible de dire que les caractéristiques des épices relèvent d'abord du goût et de la

Ce féculent possède de nombreuses vertus. De plus, les autorités ont permis sa consommation dans les écoles. Depuis deux ans, avec deux amis, nous travaillons sur un projet pour produire différents plats à partir du manioc. On pourra prendre le manioc au p'tit déj, comme entrée, plat principal ou dessert. Nous voulons faire de ce produit du terroir un produit de consommation courante. Les expéricences ont été très concluantes, la présentation est pour très bientôt. Nous allons proposer du manioc pour tous les goûts et pour tous les moments de la journée

saveur. De plus, elles sont exclusivement d'origine végétale. Tandis que les aromates exhalent en priorité un parfum agréable grâce à des essences volatiles beaucoup plus fragiles.

on fait sauter les épices, on rajoute de l'eau et on laisse bouillir. On verse ensuite les grains secs qu'on a mis à tremper entre-temps. Un bon halim comme soupe en hiver, qui dit mieux ? Le contenu d'une boîte de halim Sunnytaste, toujours au coût de Rs 30. est pour sept personnes. L'une des grandes innovations de la compagnie NDUM demeure sa variété d'épices pour riz. Les fins gourmets peuvent, par exemple, choisir le riz safrané, le riz cantonnais, le moo fan, le riz fricassé à la mode d'antan, le pilau. Rappelant que le but de son entreprise est de « faciliter la vie des Mauriciens en leur faisant retrouver le plaisir de cuisiner », Dumée Duval indique que pour ces recettes de riz, il suffit de faire sauter les épices et d'y laisser cuire le riz avec la quantité d'eau nécessaire. Le chemin n'a pas été sans embûches avant que la marque Sunnytaste ne trouve sa place dans les grandes surfaces et dans les familles mauriciennes. Au début, raconte l'entrepreneur, les sachets d'épices étaient placés dans des sacs en plastique : « Ce qui ne convenait pas aux supermarchés. On a dû alors investir dans des boîtes en carton ». UN PRODUIT DU TERROIR Une entreprise, ça évolue aussi. Ainsi la famille Duval a quitté tout récemment la région de Le Bouchon, dans le Sud, pour venir s'installer à Eau-Coulée. « Nous sommes venus au centre du pays pour pouvoir mieux répondre aux besoins de la clientèle. C'est aussi un moyen pour diminuer nos dépenses, il faut être cost effective. Les frais de déplacement sont à minimiser ». A Eau-Coulée, la famille a construit un grand bâtiment. « Jusqu'à présent nous avons tout fait par nous-mêmes, fabrica-

CAPITAL

Edition 34

21

ENTREPRISE MERCREDI 13 JUILLET 2011

tion, marketing, emballage. Chacun, si l'on peut dire, mettant la main à la pâte. Dans un proche avenir, nous envisageons de devenir une vraie entreprise. Nous pourrons alors recruter des employés, produire davantage et concevoir d'autres produits, toujours dans la même philosophie ». Ah, s'il parle de nouveaux produits, c'est qu'il mijote déjà quelque chose. Après insistance de notre part, il accepte de lever le voile sur une idée qui a fait son bout de chemin et qui rejoindra bientôt la gamme Sunnytaste. Le manioc ! « Ce féculent possède de nombreuses vertus. De plus, les autorités ont permis sa consommation dans les écoles. Depuis deux ans, avec deux amis, nous travaillons sur un projet pour produire différents plats à partir du manioc. On pourra prendre le manioc au p'tit déj, comme entrée, plat principal ou dessert. Nous voulons faire de ce produit du terroir un produit de consommation courante. Les expériences ont été très concluantes, la présentation est pour très bientôt. Nous allons proposer du manioc pour tous les goûts et pour tous les moments de la journée », nous confie Dumée Duval. Ce projet, signé DCF Roots Company - les explications du sigle viendront plus tard - a intéressé plusieurs organismes, dont le Mauritius Standard Bureau, le Mauritius Research Council et l'Université de Maurice. Un projet en ligne directe avec le concept Maurice Ile Durable. «C'est un produit local et nutritif qui peut être préparé sans aucun ajout de matière première importée». Ce projet de transformation du manioc a aussi trouvé grâce aux yeux de l'Union européenne qui y accorde à DCF Roots Company un financement de soutien. Les explications du sigle de la nouvelle compagnie viendront plus tard.


DES FLEURS POUR LE DEUIL

22

CAPITAL

Un fleuriste de deuil peut réaliser un bouquet de fleurs de deuil en fonction du message que souhaite exprimer le client. Les compositions funéraires comprennent des fleurs blanches qui rappellent la pureté et l’innocence, et conviennent dans le cadre du décès d’une jeune personne. Des fleurs pour un

Edition 34

ENTREPRISE MERCREDI 13 JUILLET 2011

enterrement dans les tons violets expriment la tristesse et les regrets ressentis. La forme de la composition funéraire peut également être très expressive, par exemple, en forme de cœur ou de croix, afin d’offrir au défunt un bouquet de fleurs de deuil porteur d’un dernier hommage.

Le deuil suivant le décès d’un proche est l’un des moments les plus pénibles et bouleversants de la vie. Dans la majorité des cas, l’endeuillé se préoccupe des choses qu’il aurait pu faire pour le défunt et décide de lui offrir des funérailles nobles en faisant appel aux pompes funèbres | SINDY MOONESAWMY

BUREAUX DE DEUIL

On peut enfin mourir heureux « LES HISTOIRES de cercueils, c’est triste et pas joli », disait Jacques Prévert, célèbre poète et scénariste français. A son époque, c’était peut-être vrai mais, aujourd’hui, ce n’est plus le cas avec les entreprises funéraires qui proposent, désormais, divers services liés aux funérailles. Certes, tout cela n’efface guère la peine de l’endeuillé mais, il est dit que faire des funérailles contribue à passer le cap du deuil car c’est un moyen d’expression aidant à atténuer la douleur dans le sens que l’événement de la mort est commémoré. Lorsque survient un décès, la personne proche du défunt passe par une des trois étapes du deuil où elle se retrouve dans un état de torpeur ou de choc. Il est, donc, difficile pour cette personne de faire les démarches qui suivent un décès ou de s’occuper des funérailles. D’où le besoin de faire appel à un bureau de deuil qui s’occupe de tout. Capital fait incursion dans ce monde, en compagnie de ‘La Faucheuse’, vêtue de son manteau noir à capuche et son sablier, en allant à la rencontre de deux bureaux de deuil réputés. SERVICES COMPLETS ‘Moura Undertakers and Company Ltd’ nous accueille à Rose-Hill, là où les cercueils sont « stockés ». Le bureau est petit et encombré de cercueils. L’atmosphère est lourde, presque sinistre. Benjamin Moura nous explique que le bureau mère se situe à St Patrick et que son frère, Richemond, passera nous prendre pour nous y emmener. Aussitôt dit, aussitôt fait. On quitte les lieux sans se faire prier, rassurés d’en être sorti vivants. ‘La Faucheuse’ rigole devant notre visage pâle. Dans sa Hyundai Tuscani, aussi blanche que la pâleur de la mort, Richemond nous relate qu’à St Patrick, on rencontrera sa fille, Daphney, et son fils, Didier, qui s’occupent, avec lui et son frère, du commerce. « C’est une entreprise familiale », nous

avec les sociétés de deuil du pays ou faire venir le corps d’un Mauricien décédé ailleurs. Dans ces cas, il faut avoir l’approbation de l’ambassade… Beaucoup de démarches à faire…D’ailleurs, je dois souligner que ‘Moura Undertakers and Company Ltd’ est le seul bureau de deuil qui est au service des Rodriguais ».

HISTORIQUE. Chez Elie & Sons, c’est la troisième génération qui gère le business créé en 1930

dit-il, avec un air sérieux. Le bureau mère se présente comme une société de deuil typique. Les murs sont peints en violet, les vitrines sont remplies d’articles funéraires tels que des plaques mortuaires et tombales avec des fleurs violettes et le bureau est rempli de cercueils en tous genres. ‘La Faucheuse’ se réjouit de voir les chiffres ‘4’ dans les numéros de téléphone de la compagnie puisque, comme nous le savons déjà, le ‘4’ est relatif à la mort à Maurice. Daphney, qui y travaille depuis 6 ans déjà, nous propose un café noir avant de nous conter l’historique du business. « C’est mon grand-père, Marcel Moura, qui a ouvert ce bureau de deuil dans les années 1915. Au départ, il était coiffeur. Puis, un jour, il y a eu un décès et en voulant rendre service, il a fait son premier cercueil. Dès lors, il en a fait son métier et c’est même devenu une passion, pour lui ». Benjamin et Richemond ont succédé et ce dernier a, lui, débuté à l’âge de 16 ans. La relève d’aujourd’hui, c’est Daphney et Didier, qui ont, aussi, un autre frère, Eric. Avec plus de neuf décennies d’expérience et trois générations qui

LA MORT EN COULEURS Les couleurs ont toujours eu une symbolique qui varie selon les cultures. Ainsi, en divers endroits du globe, le deuil est représenté par différentes couleurs. Dans les sociétés occidentales, c’est le noir qui représente le deuil. D’ailleurs, le port de vêtements noirs a longtemps été une coutume réservée à la période de deuil. La raison pour laquelle le noir est la couleur la plus associée au deuil est qu’elle renvoie à l’idée de l’obscurité. Curieusement, le blanc est également une couleur de deuil dans la symbolique asiatique et africaine. Il peut être associé au noir, comme au Japon, ou au rouge, comme en Chine. Le blanc, lui, évoque la pâleur liée à la mort ou la lumière. Le gris peut également être une couleur de deuil. On le retrouve dans nombre d’articles funéraires, tout comme le violet. Ce dernier est considéré comme une couleur « de transition » dans la coutume de deuil ; il évoque la période entre le grand deuil et la fin du deuil. C’est aussi la couleur liturgique de la messe des morts. De plus, certaines personnes avancent que les fleurs violettes poussent dans les cimetières et c’est pourquoi on associe cette couleurà la mort.

s’occupent du métier, ‘Moura Undertakers and Company Ltd’ offre aujourd’hui des services funéraires complets, du décès jusqu’au cimetière. Que fait une société de deuil? Daphney nous éclaire : « Outre le fait que l’on fournit des cercueils, on s’occupe aussi de la toilette du défunt, de l’embaumement, de l’habillage, du canapé pour la veillée mortuaire, du corbillard, de la chapelle ardente ou ‘kitlock’ pour la communauté chinoise… » et s’interrompt pour prendre un appel. « Encore un mort », nous signalet-elle avant de poursuivre : « On s’occupe aussi de toutes les démarches administratives, rapatriement, mise en terre et la crémation. Bref, tout ». QUALITÉ ET CLASSE Elle observe un moment de silence, avec Didier. Pour la personne décédée ? Non. Pour écouter attentivement les avis de décès, à la radio. Ensuite, elle va écrire sur un ‘whiteboard’ l’emploi du temps du jour, tout en nous expliquant qu’ils font deux types de rapatriement. « Il y a le ongoing et ingoing, c’est-à-dire, envoyer le corps d’un étranger dans son pays en collaboration

L’historique nous renvoie en 1930, année durant laquelle le grand-père, James Elie, lance ce business. A l’époque, c’était comme une société funéraire typique, avec les cercueils et le « strict nécessaire ». Ensuite, Roger Elie a repris le flambeau familial en apportant des innovations aux services proposés. James Elie décède en 1968 mais, Elie and Sons continue Autre appel, un nouveau mort. A ce sujet, Daphney nous confie qu’il y a des morts tous les jours et qu’une fois, ils ont même eu huit morts dans un jour. « Ce n’est pas évident », nous dit-elle. « Parfois, il y a des enfants qui meurent et il faut fournir des petits cercueils à leurs tailles. Il faut être solide pour faire ce travail. Pour Didier, qui va sur le terrain, c’est encore plus dur d’assister à l’enterrement d’un enfant. D’ailleurs, lorsqu’il rentre, il est en pleurs ». Revenons à l’aspect ‘business’. Combien coûte un cercueil ? « Rs 8500 à monter », nous explique Daphney, qui s’empresse d’ajouter que cela dépend aussi du « package ». Puisque faire des funérailles, c’est comme un dernier merci au défunt et un dernier adieu ; la qualité compte beaucoup et de nombreux clients sont prêts à dépenser pour offrir des funérailles de classe à la personne décédée.Daphney ajoute


LA MORT PERSONNIFIÉE

aussi que « ce n’est quand même pas un business où les prix sont fixes car ce métier demande beaucoup de social aussi. Il y a des personnes qui ne peuvent même pas payer le minimum. Là, on s’arrange selon les moyens et des fois, on négocie avec les clients qu’on connaît sur le paiement qui peut être effectué dans un délai qui n’est, cependant, pas précis ». « UN MÉTIER QUI MÉRITE SON HONNEUR » Lorsqu’on demande à ces deux jeunes entrepreneurs, âgés de 26 et 28 ans respectivement, s’ils aiment leur métier, Didier répond aussitôt que oui. Ce dernier y travaille depuis 10 ans et il a toujours su qu’il y travaillerait. « C’était automatique ». Pour Daphney, après ses études COÛT. Le prix des cerceuils varie en fonction du matériau utilisé et des décorations choisies au Lorette de St-Pierre, elle a le maquillage, car rendons-nous à fournit aussi le quadricolore nacommencé à travailler comme mage au proche défunt. L’historique nous renvoie en l’évidence que la peau du défunt tional là où c’est requis. Ils ont ‘Customer Care’, mais a fini par travailler pour l’entreprise fa- 1930, année durant laquelle le devient pâle, blême et se déshy- une large gamme de fleurs et miliale. Cette jeune femme grand-père, James Elie, lance ce drate. On redonne une touche de d’autres articles funéraires tels nous avoue : « Nous sommes là business. A l’époque, c’était vie et cela peut rendre les endeuil- que des vases mortuaires, des pour aider les personnes qui ont comme une société funéraire lés moins tristes puisqu’ils verront plaques tombales, des gerbes et perdu leur proche, c’est un métier typique, avec les cercueils et le l’image de la personne comme couronnes mortuaires et du qui mérite son honneur et j’aime « strict nécessaire ». Ensuite, quand elle était encore en vie, un ruban imprimé sur la pièce le faire. » Elle nous raconte aussi Roger Elie a repris le flambeau visage positif. On l’habille, on ef- funéraire. De plus, pour les qu’il y a beaucoup de person- familial en apportant des inno- fectue l’embaumement. On fait le familles qui souhaitent rendre nalités qui ont fait appel aux vations aux services proposés. transfert du corps à la résidence de un dernier hommage de qualité services de’Moura Undertakers James Elie décède en 1968 mais, la personne. On prend en charge au défunt, Elie and Sons proand Company Ltd’, comme Elie and Sons continue. Au- toutes les procédures administra- pose les ‘Five WhiteLadies’, de Kaya, le fameux chanteur jourd’hui, les trois fils de Roger tives. Il y a un staff d’accompag- même qu’une limousine pour participent à l’histoire de la so- nement et des porteurs costumés. huit personnes. Ils ont même mauricien. Daphney est la seule femme ciété. Wesley et Eric vont être On offre la chorale, la chapelle ar- un « grave tent » (marquise) qui y travaille, avec une quin- témoins de l’innovation qu’ap- dente… ». On nous énumère pour protéger la famille du soleil zaine d’autres employés. Ils nous portera leur bureau de deuil. tous les services que propose la dans les cimetières. Pour les société. clients de foi hindoue, ils offrent confient, ensuite, qu’il Elie and Sons même un service de ‘palanquin’. y a huit véhicules et livre aussi des S’il y a des réceptions qui qu’ils sont quatre perfleurs. On nous suivent l’enterrement, la société sonnes à bouger, y C’est mon grand-père, Marcel Moura, qui a laisse entendre que, peuvent offrir un service-traicompris, Didier, ouvert ce bureau de deuil dans les années généralement, les teur. De plus, il y a aussi la lorsqu’il y a un enterrement à organiser ou 1915. Au départ, il était coiffeur. Puis, un jour, fleurs doivent être musique selon la demande. livrées en avance « Fini l’aspect morbide des obune veillée. Encore le il y a eu un décès et en voulant rendre pour la décoration sèques ». Elie and Sons compte fameux chiffre ‘4’. Le service, il a fait son premier cercueil. du salon funéraire toujours moderniser ses services. visage de ‘La Dès lors, il en a fait son métier et c’est car cela rend moins Aussi, les cercueils que présente Faucheuse’ s’illumine même devenu une passion, pour lui tristes les moments Elie and Sons peuvent être perd’un sinistre sourire. de recueillement sonnalisés. Wesley nous partage Cap à présent sur Roches Brunes où les employés Non seulement vont-ils pro- lors des visites auprès de la même qu’un jour, une dame a de la société ‘Elie and Sons’ poser des cercueils sur chariot dépouille du défunt. Aussi, demandé à avoir un cercueil nous accueillent. Loin du cliché mais, ils vont prendre en charge Wesley nous renseigne qu’ils ont avec les couleurs rouge, jaune et du bureau de deuil typique en toute l’organisation des pompes un ‘lowering machine’ qui fait verte pour son jeune fils ‘rasta’ violet ou noir, Elie and Sons funèbres pour « soulager la descendre le cercueil dans la qui était décédé. On avait enreprésente la nouveauté avec un famille endeuillée et donner un fosse, mais que cela demande terré ce dernier avec sa « bible décor sophistiqué à l’aspect service complet ». Ils accompag- beaucoup d’espace car il y a de Rasta ». Non seulement offre-ton des « coffins » mais aussi des plutôt « vivant », en orange. neront la famille, depuis le l’herbe artificielle sur les côtés. « caskets », en bois massif. Au Prenant place dans le bureau de transfert de l’hôpital jusqu’à la départ, ces « caskets » coûtaient Wesley et Jérôme Elie, ‘La mise en terre. SERVICES MODERNISÉS Wesley nous explique qu’en Faucheuse’ se met à transpirer, ‘Elie and Sons’ dispose d’une Rs 50 000 mais, comme le prix malgré l’air frais que dégage le 1982, Roger était parti en Aus- ambulance privée pour le trans- n’était pas abordable pour la climatiseur, car l’atmosphère tralie pour s’instruire sur les en- fert du corps et de neuf corbil- moyenne des Mauriciens, Elie semble moins morbide. On ne terrements et c’est ainsi qu’ils lards. Avec un esprit de and Sons a décidé de les imvoit même pas les cercueils ou ont décidé de diversifier leurs professionnalisme, ils font, porter d’Afrique du Sud et les autres objets qui rappellent la services et d’apporter une autre aussi, le rapatriement. Ils ont un commercialise désormais à Rs mort. On nous explique, en- touche à cette entreprise. staff formé, dont une cinquan- 32 000. Les services chez Elie and suite, que parce qu’un deuil est « Lorsqu’une personne décède, on taine d’employés qui travaillent une période difficile, Elie and fait le transfert du corps dans nos avec beaucoup de compréhen- Sons sont à partir de Rs 4500. Sons accompagne ses clients mortuaires, ici. On prépare la sion car cela est nécessaire dans Même s’ils travaillent « pour pour rendre un dernier hom- personne. On lui donne le bain, ce domaine. La compagnie toutes les bourses », ils offrent des

CAPITAL

toge noire à capuche. À une époque où la peste noire faisait des ravages, La Faucheuse représentait un être terrifiant venu happer les vivants d’un coup de lame. Les allégories de la mort ont été reprises maintes fois dans des œuvres telles que le tableau de Pieter Bruegel, « Le Triomphe de la Mort ».

Edition 34

23

ENTREPRISE MERCREDI 13 JUILLET 2011 PHOTOS : MANOJ NAWOOR

Personnage fictif dans plusieurs mythologies et cultures populaires, La Faucheuse est l’une des allégories de la mort. Son travail consiste à mener les âmes des morts récemment dans l’au-delà. Souvent représentée sous forme de squelette, elle est vêtue d’un grand manteau à capuche ou d’une robe, une

cercueils aux SDF et d’autres personnes dans le besoin, en s’assurant que ces personnes ne sont vraiment pas en mesure de faire les paiements. Elie and Sons a des bureaux à Mahébourg, Curepipe (où ils ont la chapelle ardente), PortLouis, Grand-Baie et RochesBrunes. Dans trois mois, ils vont ouvrir d’autres succursales pour faciliter les clients. Ils nous informent également qu’ils ont le projet d’avoir leur propre crématoire et leur propre cimetière. A noter que les obsèques de plusieurs personnalités mauriciennes ont été effectuées par Elie and Sons, comme celles de Gaëtan Duval et de James Burty David.

Parfois, il y a des enfants qui meurent et il faut fournir des petits cercueils à leurs tailles. Il faut être solide pour faire ce travail. Pour Didier, qui va sur le terrain, c’est encore plus dur d’assister à l’enterrement d’un enfant. D’ailleurs, lorsqu’il rentre, il est en pleurs

Autre nouveauté chez Elie and Sons depuis la mi-mars, c’est le ‘Funeral Scheme’, une première à Maurice. Comme les compagnies d’assurance-vie de Maurice ne proposent aucun financement en prévision des obsèques, Jérôme Elie offre le ‘Funeral Scheme’ avec le slogan « In difficult times, with difficult questions : Elie & Sons is the answer ». Ce dernier nous explique que, bien qu’une personne songe rarement à son décès, il est important de s’y préparer et de bien planifier. Le ‘Funeral Scheme’ offre un plan spécial, avec deux ‘forfaits’. Ainsi quand survient le décès, la famille n’a aucun besoin de se stresser avec les dépenses pour les funérailles. Dépendant de l’âge, la cotisation est entre Rs 100 pour les personnes entre 18 et 24 ans et Rs 600 pour les personnes ayant 75 ans ou plus. Avec tous les services que proposent les bureaux de deuils existants et d’autres qui vont peut-être émerger, nous pouvons, désormais, mourir en paix. Ou dans le luxe. ‘La Faucheuse’ considère sérieusement son habit et décide de s’acheter un nouveau manteau ‘Prada’. Même la mort s’adapte aux nouvelles tendances.


PARUTION DU CENTIÈME NUMÉRO DE ‘LALIT DEKLAS’

24

CAPITAL Edition 34

GROS PLAN MERCREDI 13 JUILLET 2011

Le mouvement politique Lalit a lancé, cette semaine, la 100e édition de sa revue, ‘Revi Lalit Deklas’ qui est publié entièrement en kreol depuis 35 ans. Au début, ils étaient seulment douze à travailler cette revue, qui a vu le jour

en 1976. Cette revue contient des articles rédigés par des syndicalistes, des fonctionnaires ou des employés du secteur privé. C’est un tremplin pour les Mauriciens de s’exprimer et de montrer leurs divergences d’opinion

avec le gouvernement. Sans publicité et à but non lucratif, la revue de Lalit, existe toujours grâce à la volonté de ceux qui y contribuent à travers les articles ou qui soutiennent financièrement la parution de cette publication.

CASINOS

UNE GESTION QUI « NUIT AUX EMPLOYÉS » Mauvaise gestion, manque de vision, insuffisances au niveau du marketing... Tels sont les maux dénoncés par la Casino Employees’ Union (CEU) concernant les casinos et les maisons de jeux à travers le pays. Le CEU demande à la State Investment Corporation(SIC) de remédier à la situation le plusrapidement possible | DK « UN CRI du coeur pour une gestion saine,efficace et performante ». C’est ce qu’ont lancé, la semaine dernière, les représentants des employés des casinos du pays. Les membres de la Casino Employees’ Union s’étaient réunis au centre social Marie Reine de la Paix, à Port-Louis, afin de dénoncer la mauvaise gestion des casinos par la State Investment Corporation, notamment le casino de Caudan et le casino du Domaine les Pailles, dont la société est actionnaire majoritaire. Les solutions aux problèmes qui guettent les casinos et maisons de jeux sont nombreuses, diront les membres de la CEU. Brady Ponnusami, président de ce syndicat, est d’avis qu’il faut « baisser les taxes dans le but de donner un nouveau souffle aux casinos ». « La façon de gérer les casinos laisse à désirer. De plus, les hauts cadres du management de la SIC ne veulent pas investir et innover », déplore le syndicaliste. PRIVATISATION ÉGALE À LICENCIEMENTS Selon lui, les casinos doivent retrouver leur éclat d’antan et redevenir profitables. Déjà, le ministre des Finances a récemment revu à la baisse le plafond d’imposition sur les casinos et autres maisons de jeux décidé dans le budget 2011. Une telle décision, estiment les représentants des employés des casinos, permettra d’attirer de nouveaux clients et, par la même, de renflouer les caisses de l’État. « Toutefois, je crains qu’il y ait

lieu de faire la promotion des casinos. « Il y a un manque de vision car rien n’est fait pour apporter des améliorations aux casinos. Il n’y a pas d’investissement dans les équipements, par exemple », affirme Brady Ponnusami.

INJUSTICE. Les membres de la Casino Employees’ Union déplorent le manque de vision de la SIC et la politique de copinage au sein des casinos gérés par l’État

un partenaire stratégique qui se dissimule derrière cette décision de revoir à la baisse les taxes auxquelles sont sujets les casinos », devait pour sa part affirmer JayenMoorghen, négociateur de la CEU. Une telle éventualité n’est guère rassurante pour la CEU, qui est d’avis qu’avec une privatisation des casinos, il risque d’y avoir des licenciements et la perte des droits acquis. Un autre fait dénoncé par le syndicat est le manque de vision et l’absence d’une bonne stratégie marketing qui, à

en croire la CEU, est inexistante à ce jour. Le personnel affecté au marketing, déclare le syndicat, ne fournit pas l’effort nécessaire, alors même que ces personnes bénéficient de salaires mirobolants. Les résultats étant en-dessous de ceux escomptés, il y a des répercussions sur le personnel de ces maisons de jeux. Selon le président de la CEU, certains membres du personnel de l’équipe marketing passent le plus clair de leur temps à leurs loisirs, en jouant au ‘carrom’ ou aux cartes avec les autres employés au

« PROTÉGÉS POLITIQUES » La fermeture du casino de Trou-auxBiches fait partie des doléances de la CEU. De nombreux employés ont été licenciés alors que d’autres ont été redéployés dans les casinos du Domaine les Pailles et du Caudan Waterfront. Pour la CEU, cette situation provoque un ‘overstaffing’ sur le lieu de travail. De plus, la Casino Employees’ Union estime qu’il faut réagir et prendre des actions afin d’implanter des casinos dans le nord de l’île ou dans la région de Flacq avant que des casinos privés ne viennent leur faire concurrence. Investir davantage dans la main-d’œuvre est une autre voie préconisée par la CEU. Certains employés se disent en outre victimes car des promotions ne leur ont pas été octroyées alors qu’ils comptent 25 à 30 années de service au sein des casinos. D’autres cependant, que la CEU décrit comme des « protégés politiques », ont été promus et perçoivent des salaires qui ne reflètent pas leurs capacités. « Au sein de la SIC, il y a un système qui vise à protéger certaines catégories d’employés », affirme la CEU, qui voit là un cas flagrant d’injustice.

Air Mauritius vivement critiquée par le Forum Citoyen Libre LE FORUM Citoyen Libre (FCL) dénonce l’injustice dont sont victimes les parents d’enfants malades car ils ne peuvent obtenir des billets gratuits pour les accompagner durant leurs séjours à l’étranger. Dans cette optique, Georges Ah Yan, président du FCL, n’écarte pas la possibilité d’une manifestation devant le bâtiment d’Air Mauritius ce jeudi « 51% des actions appartiennent à l’État et par conséquent, indirectement, à la population mauricienne. Notre organisation mène une lutte en vue d’offrir à ces familles l’opportunité d’obtenir des billets gratuits », a affirmé Georges Ah Yan, lors d’un point de presse la semaine dernière.

Suite à la demande de Georges Ah Yan à Air Mauritius en vue d’obtenir 200 billets d’avion pour 200 enfants malades, la compagnie nationale d’aviation a agréé sa requête, mais n’a accordé qu’une remise de 20 % sur les billets d’avion pour les parents accompagnateurs. Georges AhYan se dit outré par le refus d’Air Mauritius d’apporter un soutien plus conséquent aux personnes en détresse alors que la société fait des profits de plusieurs millions de roupies. « Les hauts cadres ainsi que les employés ne sont pas les personnes qui doivent bénéficier de ces traitements de faveur avec des billets gratuits pour aller en vacances. C’est une

injustice. Il faut se battre pour la santé de nos jeunes », devait lancer le président du FCL. MOBILISATION CITOYENNE Un autre volet de sa rencontre avec la presse était axé sur le dernier rapport de l’Audit, qui souligne qu’il y a un surstockage de médicaments dans les hôpitaux, ce qui coûte énormément à l’État. Pour Georges Ah Yan, il faut savoir gérer les ressources en vue de ne pas faire de gaspillage, et utiliser l’argent ainsi économisé pour subventionner les billets d’avion de ces personnes nécessiteuses. Une série de mesures, a annoncé le

porte-parole du FCL,seront prises en vue de défendre la cause de ces personnes. Parmi figurent une rencontre avec des chefs religieux en vue de mobiliser les citoyens et la poursuite de la lutte pour que la compagnie nationale d’aviation apporte son aide et soutienne ces familles en détresse. Cependant, si aucune action n’est prise par Air Mauritius, le FCL compte organiser des meetings et des rencontres avec la presse afin de sensibiliser les gens à cette cause et de « dénoncer les agissements d’Air Mauritius » à l’égard de ces personnes.


MIEUX CONSIDÉRER LES ENFANTS VULNÉRABLES Le ministre de l’Intégration sociale, Xavier-Luc Duval, sensible aux nombreux cas d’agression contre les enfants ces derniers mois, organise, le lundi 18 juillet, un espace de rencontre et de dialogue entre des ONG et des

ACCENTURE, ENTREPRISE internationale de conseil en management, technologie et externalisation, présente dans 120 pays, a procédé, le vendredi 8 juillet, l’ouverture officielle de son centre de développement technologique situé dans une des tours Nexteracom, à Ebène. Tassarajen Pillay Chedumbrum, ministre de l’Information et de la Technologie informatique, Shakeel Mohamed, ministre du Travail, des Relations industrielles et de l’Emploi, ainsi que Yves Bernaert, directeur des centres technologiques d’Accenture en Europe-Afrique, étaient parmi les invités de marque. INTERACTIONS ET BIEN-ÊTRE Cette inauguration a été une occasion pour la direction d’Accenture de présenter le nouvel environnement de travail des 520 employés de l’entreprise. Un environnement qualifié de « Great Place to Work » suite à un programme visant à motiver les employés, améliorer la performance en en créant un cadre agréable, collaboratif et stimulant. La nomination de John Malepa, nouveau directeur du centre, a aussi été rendue officielle au cours de cette soirée inaugurale. Répartis sur quatre étages, les espaces de travail et les modes de communication entre les dif-

entreprises en vue d’aider les enfants en détresse. La priorité de cette initiative est de prendre en considération le sort des enfants des rues, abusés et battus, les enfants vulnérables et les handicapés, mais aussi les filles-

mères. Cette rencontre aura lieu au Port franc, à Mer Rouge, et permettra aux ONG qui oeuvrent en faveur des enfants vulnérables d’obtenir une assistance financière pour leur entreprise.

Edition 34

25

GROS PLAN MERCREDI 13 JUILLET 2011

SERVICES

ACCENTURE, “A GREAT PLACE TO WORK”, À EBÈNE En plein essor, avec un chiffre d’affaires de 21,6 milliards de dollars au cours de la dernière année financière, Accenture International voit grand. La firme vient d’installer le siège social de sa branche mauricienne à Ebène | DK

BIEN-ÊTRE. Pour le groupe Accenture, un cadre de travail agréable contribue grandement à la performance des employés

férents départements ont été revus en vue de satisfaire les attentes croissantes des employés en terme de connectivité, de mobilité et de collaboration. Les interactions et le bien-être des employés ont été privilégiés et ils se voient, par conséquent, attribuer des salles de réunion équipées des dernières technologies de pointe (notamment un système de vidéoconférence panoramique 360° permettant de travailler avec des équipes à distance), des salles dédiées à la formation ou encore des espaces de détente. D’autre part, des formations axées sur la technologie et le management font également partie du cadre de ce programme. John Malepa a travaillé pendant plusieurs années chez Accenture. Dans une allocution

Grand-Baie La Croisette attire de prestigieuses enseignes A quinze mois de son ouverture, Grand-Baie La Croisette affiche un taux de remplissage de 75 %. Les enseignes Nando’s et Food Lover’s Market viennent de confirmer leur réservation Grand-Baie La Croisette (GBLC) est un projet qui a nécessité, selon ses promoteurs, un investissement de près de deux milliards de roupies. Cet espace commercial de 24 000 mètres carrés, avec un parking couvert de plus de 1 000 places, est organisé en ‘clusters’ et comprend ainsi des espaces dédiés à la mode, à la restauration, aux produits pour la maison, aux loisirs , aux services bancaires et financiers, ou encore au bien-être et aux soins médicaux. Les promoteurs, MaxCity Real Estate Properties, la Société de Sottise et MCB Capital Partners, visent à promou-

CAPITAL

voir un style de vie urbain à Maurice tout en attirant les touristes. Ils ont également prévu des appartements et des bureaux. CONCEPT NOVATEUR « GBLC sera un concept novateur et des plus enthousiasmants pour le nord de Maurice, car il offrira une grande variété de services que ce soit en termes de shopping, de loisirs, d’espaces bureaux ou de résidences. Nos clients nous demandent d’amener le meilleur poulet grillé peri-peri dans le Nord et nous sommes heureux de pouvoir le faire avec MaxCity et GBLC ! », lance Mark Elsbury, di-

recteur général de Kilmun Holdings Ltd, propriétaire de la franchise Nando’s. Le Food Lover’s Market, dont le promoteur est le Sudafricain Fruit & Veg City Ltd, proposera tout ce que la distribution alimentaire peut offrir comme produits frais, avec des rayons boucheriecharcuterie, boulangerie ou encore poissonnerie selon le concept de «Theatre of Food», ce qui constituera une toute nouvelle expérience de «food-shopping». L’un des fondateurs de Food Lover’s Market, Mike Coppin, dira que faire partie de ce projet est un immense plaisir. « Nous sommes en

mesure de proposer une nouvelle offre sur le marché de l’alimentation. Nous suivons constamment nos compétiteurs internationaux afin de nous assurer que nous apportons toujours le meilleur à nos clients en termes de gamme de produits et d’expérience d’achat en général », souligne-t-il. « Notre projet est une combinaison unique de différents types de magasins rassemblés au sein d’un immeuble à usage mixte », explique Danny Fon Sing, directeur de Sottise Development Ltd et de MaxCity Properties, les promoteurs du projet GBLC.

suite à l’annonce de sa nomination, il a déclaré que « la démarche d’Accenture à Maurice s’inscrit dans la durée et nous souhaitons continuer à poursuivre notre contribution au développement économique du pays. Je suis fier de ce que nous proposons à nos collaborateurs : un environnement de travail épanouissant, des formations et de nombreuses opportunités de carrière ».

Cette inauguration a été une occasion pour la direction d’Accenture de présenter le nouvel environnement de travail des 520 employés de l’entreprise

Les plaisanciers de l’Est crient au braconnage LES PLAISANCIERS de l’est crient à la concurence déloyale. Ils ne sont pas contents que d’autres opérateurs enregistrés dans d’autres régions viennent braconner sur leur territoire. Le Front commun Trou d’Eau Douce, Ile aux Cerfs et Grande Rivière Sud Est, comprenant une centaine de membres, demande que la loi de 2006 concernant le ‘embarkment point’ des opérateurs, soit strictement appliquée. « Nous sommes entièrement d’accord avec cette loi et nous coopérons pleinement avec la Mauritius Tourism Authority (MTA) », affirme Rishi Barosat, président de l’association. Les régions de Trou d’Eau Douce et Grande Rivière Sud Est comprennent chacune trois points d’embarcation, et l’île aux Cerfs une embarquation. Les opérateurs de ces trois régions accusent les autorités de fermer les yeux sur les activités de « plaisanciers sans permis venus d’ailleurs et qui viennent casser les prix ». « Nous demandons à ce que tous les plaisanciers respectent la loi du ‘embarkment point’ dans le but d’éviter des conflits dans le futur. N’importe qui ne peut travailler là où il veut », avertit le président de l’association, Rishi Barosat.


PLUS DE RS 3 MILLIARDS POUR LE BAGATELLE DAM

26

CAPITAL Edition 34

GROS PLAN MERCREDI 13 JUILLET 2011

Les travaux du Bagatelle Dam démarrent en décembre prochain. C’est la société chinoise, China International Water and Electric(CIWE) qui s’est vue allouer le contrat d’un montant de Rs 3 332 343 087.67 exactement. Un appel d’offres limité à un

unique contracteur avait été lancé en décembre 2010. Cette condition a été imposée par le gouvernement chinois qui finance ce projet à travers un prêt à un taux d’intérêt fixe de 2 %, de la Banque d’Etat de Chine, l’Exim Bank.

VISITE D’ETAT

Denis Sassou-N’guesso évoque les potentialités du Congo Attirer les investissements nécessaires pour que la République du Congo puisse développer son économie. Tel était le fil conducteur du président congolais lors de la rencontre avec les hommes d’affaires mauriciens qui a eu lieu, à Grand-Baie, ce lundi. Denis Sassou-N’guesso a parlé des secteurs prometteurs de son pays et a énuméré les avantages qu’il peut offrir aux investisseurs étrangers | HERRSHA LUTCHMAN-BOODHUN

PHOTOS : MANOJ NAWOOR

OPPOTUNITÉS. Le président du Congo Denis Sassou-N’guesso a mis en exergue les domaines dans lesquels les Mauriciens pourraient investir

ENRICHISSANT. C’EST ainsi qu’on peut qualifier le rendez-vous d’affaires qui s’est tenu au centre de conférences de Grand-Baie dans le cadre de la visite d’Etat du président de la République du Congo, Denis Sassou-N’guesso. Son séjour dans l’île - du 8 au 11 juillet – avait pour but d’approfondir les relations économiques existant entre Maurice et ce pays, dans le cadre de son objectif de diversifier l’économie congolaise. Les entrepreneurs locaux ont ainsi pu mieux connaître le Congo et les opportunités et facilités qu’il offre aux investisseurs étrangers. « Je vous invite à tirer avantage des po-

tentialités dont regorge le Congo », a d’ailleurs proclamé Denis SassouN’guesso. Il existe, en fait, principalement cinq domaines d’investissement que la République du Congo propose aux étrangers. L’un d’eux est l’agro-industrie et l’agriculture. Le pays disposant d’une grande superficie de terres agricoles, il souhaite davantage développer ce secteur. « Nous avons de bonnes terres agricoles. De plus, le gouvernement vient de lancer la mécanisation de l’agriculture », a affirmé le président du Congo. Le secteur forestier offre également un important potentiel d’investissements. Selon Denis Sassou-N’guesso,

Il existe, en fait, principalement cinq domaines d’investissement que la République du Congo propose aux étrangers. L’un d’eux est l’agro-industrie et l’agriculture. Le pays disposant d’une grande superficie de terres agricoles, il souhaite davantage développer ce secteur

c’est 20 millions d’hectares de forêts que le gouvernement gère de façon rationnelle. Ainsi, le bois destiné à l’exportation doit être certifié par un organisme d’Etat avant de quitter le pays. AVANTAGES COMPARATIFS Dans le cadre de son projet d’industrialisation, le gouvernement congolais mise également sur le secteur manufacturier, ainsi que sur le tourisme. Pour développer ce dernier, Denis SassouN’guesso a exprimé le souhait de bénéficier de l’expérience mauricienne. « Nous souhaitons développer l’écotourisme. C’est un secteur important pour


LE MEF MANAGEMENT SCHOOL OUVRE SES PORTES La Mauritius Employers Federation, en collaboration avec le Chartered Institute of Management Accountants (CIMA), organise une journée portes ouvertes le jeudi 14 juillet, de midi à 18

heures, à son siège à Ebène, en vue d’annoncer l’injtroduction de nouveaux cours. Les étudiants intéressés pourront s’y inscrire le même jour auprès du MEF Management School. Le CIMA est le

plus grand organisme mondial de formation de professionnels en comptabilité et gestion financière. Il compte plus de 183 000 étudiants et membres dans 168 pays.

CAPITAL

Edition 34

27

GROS PLAN MERCREDI 13 JUILLET 2011

QUATRE ACCORDS SIGNÉS

nous, et il faut qu’il produise 10% de notre produit intérieur brut (PIB), a-t-il ajouté. Ce dernier a également mis l’accent sur la possibilité d’exploiter les mines du pays. « Nous avons une réserve très importante de potasse, de fer, de cuivre, de zinc et de diamant », a-t-il laissé entendre aux hommes d’affaires mauriciens. Lors de la séance interactive, le président congolais a aussi souligné que l’enseignement est un domaine très ouvert au Congo. L’enseignement, libéralisé depuis les années 90, y est gratuit jusqu’à l’âge de 16 ans et il existe déjà des centres de formation gérés par des étrangers. « Il y a des procédures et des règles établies. A part cela, nous ne voyons pas d’obstacles pour ceux qui désirent investir », a affirmé Denis SassouN’guesso. Idem pour le secteur de gestion des déchets, le pays favorisant l’implantation de sociétés qui souhaiteraient investir dans le domaine. Lors de ce rendez-vous d’affaires, l’instabilité politique a également fait l’objet de discussions. À une question d’un investisseur mauricien, Denis Sassou-N’guesso a affirmé que depuis 1991, le pays n’a pas totalement retrouvé ses repères. « On voit certes des signes d’instabilité de temps en temps, mais on continue à vivre et à se développer », a expliqué le président congolais. Ce dernier a également saisi l’occasion pour dresser le tableau des avantages comparatifs qu’offre le Congo aux investisseurs. Il y a d’abord sa position géographique, qui lui confère une vocation naturelle de pays de transit en Afrique centrale. Le pays dispose aussi d’un réseau de navigation par voie fluviale, notamment dans la partie nord, lequel rend possible des mouvements de marchandises en direction des pays frontaliers. AVANTAGES FISCAUX « Notre pays se dote d’infrastructures aéroportuaires lui permettant de faire face à un accroissement du trafic tant à l’intérieur que vers l’extérieur », a-t-il lancé. L’autre atout évoqué tient à l’important potentiel de production d’énergie électrique, principalement de source hydraulique et, dans une moindre mesure, à partir du gaz. « Valorisant progressivement ce potentiel, nous venons de mettre en production les installations d’un barrage hydroélectrique de 120 mégawatts dans la partie nord du pays et celles d’une centrale à gaz d’une puissance de 300 mégawatts dans la partie sud », a affirmé Denis Sassou-N’guesso. Le gouvernement congolais compte également porter l’offre électrique à

Deux importants accords ont été signés au cours de la récente visite du président congolais. Ils portent sur les zones franches et sur les technologies de l’information et de la communication. « La signature, dimanche, d’un accord historique entre nos deux pays, portant sur la création de quatre zones économiques spéciales qui vont être réalisées en étroite collaboration avec le gouvernement de Singapour, marque un tournant dans nos relations. Effectivement, le partenariat économique entre l’île Maurice et le Congo est appelé à se développer concrètement », a avancé le ministre mauricien des Finances, Pravind Jugnauth, à l’occasion de la signature des contrats. Cette coopération Congo-Maurice est une déclinaison logique de la nouvelle stratégie économique de Maurice, qui vise à encourager des investissements vers la région à partir de Maurice et ce pour élargir la base économique du pays et promouvoir le développement de l’Afrique, « un continent d’avenir ». A noter que Port-Louis et Brazzaville s’étaient déjà accordés, en décembre 2009, sur des cadres de protection réciproque des investissements, de lutte contre l’évasion fiscale et de prévention de la double imposition.

VERS UNE COOPÉRATION BILATÉRALE RENFORCÉE

VISITE. Denis Sassou-N’guesso accueilli par Navin Ramgoolam à son arrivée

Lors de ce rendez-vous d’affaires, l’instabilité politique a également fait l’objet de discussions. À une question d’un investisseur mauricien, Denis Sassou-N’guesso a affirmé que depuis 1991, le pays n’a pas totalement retrouvé ses repères. « On voit certes des signes d’instabilité de temps en temps, mais on continue à vivre et à se développer », a expliqué le président congolais

Denis Sassou-N’guesso a également mis l’accent sur la possibilité d’exploiter les mines du pays. « Nous avons une réserve très importante de potasse, de fer, de cuivre, de zinc et de diamant », a-t-il laissé entendre aux hommes d’affaires mauriciens

1000 mégawatts d’ici à 2016, avec la poursuite du programme de construction d’autres barrages. « En même temps que le Congo résorbe progressivement son déficit infrastructurel, il met en place, avec le concours des partenaires au développement, les dispositifs appropriés pour faciliter les procédures de création des entreprises, renforcer la stabilité des contrats comme lois des parties, protéger les investissements, garantir la propriété privée, assurer le libre rapatriement des bénéfices régulièrement réalisés par les investisseurs étrangers et renforcer le système juridique et judiciaire de l’environnement des affaires. « Nous avons, par ailleurs, mis en place un cadre formel pour la promotion du dialogue entre le secteur public et le secteur privé. Une charte des investissements donne à tous les investisseurs nationaux et étrangers, qui en remplissent les conditions, des avantages fiscaux et douaniers importants. Les signataires des conventions d’établissement avec l’Etat bénéficient, par exemple, des exonérations sur une période allant de trois à cinq ans, des importations de biens d’équipement, ou d’une fiscalité très allégée pour l’implantation de nouvelles industries jugées stratégiques. « Dans notre vision du développement à moyen et long terme, et compte tenu du positionnement géostratégique du Congo sur le continent, nous avons pris l’option de créer quatre zones économiques spéciales, chacune en fonction des potentialités spécifiques à son lieu d’implantation », a renchéri le président Denis Sassou-N’guesso.

Dans son allocution lors du rendez-vous d’affaires, le ministre des Finances Pravind Jugnauth a souligné que les deux pays sont appelés à développer une « coopération bilatérale plus forte » que celle déjà en place. Pour ce faire, une récente mission du Board of Investment (BOI) au Congo a permis d’identifier des opportunités d’investissements. « Etant un petit pays insulaire, et ayant une petite population, notre espace économique est restreint. Les acteurs de notre secteur privé sont à la recherche de potentiel de croissance dans la région. La République du Congo, j’en suis certain, offre ce genre de potentiel, avec une économie stable, de vastes étendues de terres, une main-d’œuvre qualifiée et une immense variété de dépôts de ressources minérales , a-il évoqué. Pour le ministre, la République du Congo se trouve également à la croisée d’un énorme marché, le pays ayant pour voisins la République démocratique du Congo, le Gabon, le Cameroun et l’Angola. Par ailleurs, Pravind Jugnauth a exprimé le souhait que la prochaine visite du secteur privé mauricien au Congo soit plus importante et que les visites d’affaires soient également plus fréquentes entre les deux pays. Pour le ministre, à l’instar de PortLouis, Brazzaville peut aussi devenir un centre financier pour l’Afrique de l’Ouest, et la possibilité d’une coopération avec la Bourse de Maurice est bien réelle. « Nous serons heureux d’aider votre gouvernement à faire de Brazzaville la capitale financière de cette région », a affirmé Pravind Jugnauth au président congolais. Pour Maurice Lam, président du Board of Investment (BoI), les liens entre le Congo et Maurice sont le fruit d’un effort concerté entamé il y a 15 mois de cela. Toutefois, pour que les relations se renforcent et les développements s’accentuent, il faut, selon lui, créer une agence d’investissement au Congo. « Cette agence sera l’interlocuteur principal de vos projets avec les entrepreneurs mauriciens et étrangers. Le Congo a la possibilité d’être un modèle économique durable pour l’Afrique. J’ai déjà été au Congo, et je suis convaincu de la potentialité de votre pays », a-t-il affirmé.


ACCORD ENTRE LE CONGO ET ERICSSON

28

CAPITAL Edition 34

PLEIN RÉGIME MERCREDI 13 JUILLET 2011

La société Ericsson s'engage à accompagner le Congo dans un projet à long terme devant permettre la relance de l’Ecole des postes, des télécommunications et des TIC, afin de former les spécialistes en télécommunications fixe et mobile haut débit et des experts en gestion

des fréquences. Le Congo est en quête de financements pour l’élaboration, la mise en œuvre et l’installation de technopôle où seront développées des activités de recherche et de développement dans les TIC, d’où la signature de cet accord.

Depuis son retour au pouvoir en 2002, le président Sassou N’Guesso s’est engagé à diriger son pays vers la prospérité et la modernité. Avec le soutien d'institutions financières et des pays tels que la France, la Chine, le Singapour, la République du Congo consent des efforts en faveur de la bonne gouvernance, la saine gestion des ressources naturelles et le développement des secteurs manufacturiers et services. Maurice peut en tirer profit et se positionne | RAJEN VALAYDEN

LA NOUVELLE LOCOMOTIVE DE NOTRE ÉCONOMIE AFIN DE reduire sa dépendance sur le pé trole, le régime du président Sassou N’Guesso s’engage dans un programme de diversification de l’économie. Il prend un certain nombre de mesures pour susciter l’éclosion d'autres secteurs d’acti vités. La période 2002 – 2009 a vu la mise en chantier de plusieurs projets de construction d’infrastructures sociales et économiques : routes, ports, hôpitaux, aéroports, etc, de même que des infrastructures publiques dans les différentes régions du pays, cela dans le cadre d'un programme de municipalisation mis en place par le gouvernement. Bien que certains secteurs, tel que le bois, furent durement touchés par la crise économique et financière de 2008-2009, les efforts de construction entrepris dans le pays n’ont jamais faibli. Avec un budget de plus de 2 800 milliards de francs CFA en 2010, le gouvernement de Sassou N’Guesso entend conforter les actions menées en concrétisant son ambitieux programme «Chemin d’Avenir », portant sur l’industrialisation et la modernisation du pays. Ce programme se trouve encore à sa première année d’exécution et l’on peut déjà parler de quelques réalisations : la construction d'hôtels de grand standing ; la modernisation de l’aéroport Maya-Maya, doté désormais de deux pistes d’atterrissage ; la construction de 1 000 logements sociaux à Kintélé et d’autres à Brazzaville et Oyo ; la relance du secteur agropastoral avec le projet de nouveaux villages qui bénéficie de l’expertise israélienne ; la

Le code d’investissements garantit : ◗ la liberté d'importer et d'exporter les

◗ ◗ ◗ ◗

connexion du pays au câble sous-marin à fibre optique de la côte occidentale de l’Afrique ; les efforts en faveur de l’assainissement de Brazzaville et PointeNoire avec l’appui de la France, de la Banque africaine de Développement (BAD) et de la Banque mondiale. INCITER L’INVESTISSEMENT La mise en place d’un nouveau code des investissements, d’un nouveau code des marchés publics et d’un nouveau

code minier servira certainement à réglementer les procédures et incitera davantage l’investissement. Le code des marchés publics a permis de corriger les dérapages dans l’attribution des marchés de l’Etat, alors que le code des investissements a attiré les investissements privés et aide à faciliter les exportations, les importations et le rapatriement des fonds. Le gouvernement a également prévu des mesures spécifiques d'incitation fiscalodouanière.

matières premières ou consommables, les produits semi-ouvrés, les biens d'équipement, les matériels et outillages nécessaires aux activités économiques ; la liberté de choisir ses clients et ses fournisseurs et de fixer les prix ; le libre transfert des capitaux ; le libre accès aux devises étrangères ; les droits de propreté liés aux services, aux immeubles, aux matériels d'exploitation, aux biens mobiliers, aux valeurs mobilières et à la propriété intellectuelle ; l'exemption d'impôt pour les entreprises naissantes au cours des trois premières années d'exploitation ; la réduction de 50% de l'impôt sur les entreprises existantes au cours des trois premières années suivant des investissements ; l'allègement de la fiscalité en faveur des entreprises qui réalisent des investissements à caractère social.

Les secteurs qui intéresseraient les entreprises mauriciennes sont le tourisme, l’énergie, le textile, l’agroalimentaire, le diamant, la construction, les Tics et les services. Suite à la visite du président Sassou N’Guesso, plusieurs visites de prospection et de suivi sont prévues avant la fin de l'année. Selon certains recoupements, si tout se passe comme prévu, il serait même question qu'Air Mauritius atterrisse à Brazzaville bientôt.

POINTE-NOIRE, LE PHARE DU CONGO MAILLON ESSENTIEL de l’économie congolaise, le port de Pointe-Noire a bénéficié de campagnes de dragage, suivies d’un programme de modernisation des infrastructures en vue de renforcer sa compétitivité. En même temps, les travaux de construction de la route lourde Pointe-NoireBrazzaville ont démarré en 2006. L’œuvre de construction enclenchée se poursuit avec le désenclavement du département de la Cuvette-Ouest à travers la construction des routes Obouya-Boundji-Okoyo-Léketyfrontière Gabon, Boundji-Ewo et EtoumbiMakoua qui débouchera sur la nationale 2 (Brazzaville-Ouesso). Ces infrastructures auxquelles s’ajoutent celles d’eau et d’élec-

tricité, sont construites à base des ressources du secteur pétrolier qui connaît une embellie ces dernières années. Avec la coopération chinoise, le barrage hydroélectrique d’Imboulou (120 mégawatts) est en construction dans le département du Pool avec les lignes de transport et le centre de dispatching du courant, la deuxième usine d’eau potable de Djiri à Brazzaville, des routes et plusieurs édifices publics à travers le pays. Une centrale à gaz de 300 à 450 mégawatts se construit à Pointe-Noire avec l’aide de la société pétrolière Eni Congo. Toujours en matière d’énergie, la coopération sino-congolaise a procédé à la révision du barrage de Moukoukoulou dans la Bouenza.


RAZZIA JAUNE La Chine est le principal bailleur de fonds du Congo. Les invesstisseurs chinois ont investi dans le BTP, la téléphonie, le bois, le pétrole et même les petites commerces. Les nombreux petits commerces tenus

par des ressortissants chinois qui animent la capitale, mais aussi les sièges de grandes entreprises chinoises sont de plus en plus visibles à Brazzaville. Ce rapprochement, favorisé par

BON À SAVOIR Ressources naturelles : Pétrole, bois, potasse, zinc, Uranium, cuivre, phosphate, calcaire, diamant, or, gaz naturel...

CAPITAL

l’accord de partenariat stratégique conclu entre les deux pays en juin 2006, prévoyait une enveloppe de l’ordre de 1 milliard de dollars d’investissements pour réaliser divers grands projets.

Edition 34

PLEIN RÉGIME MERCREDI 13 JUILLET 2011

RICHESSES ❚ Pétrole (4e producteur africain), bois, manganèse, gaz naturel, or, fer, diamant, plomb, cuivre, potasse, zinc...

FORMES JURIDIQUES Neuf types de formes juridiques sont disponibles pour la création d'une société :

❚ Les réserves de potasse représentent 800

❚ la société en nom collectif (SNC),

milliards de tonnes. Celles de fer : 1 milliard de tonnes.

❚ Réserves de gaz : 120 milliards de m3. ❚ Gisements d'or en exploitation : 100 t/an sur 30 ans.

❚ Agriculture : le manioc (tapioca) représente 90 % de la production alimentaire (sucre, riz, blé, arachides, légumes divers, café, cacao). La terre cultivable au Congo représente 8,2 millions d'hectares (soit 25% environ de la superficie du pays).

❚ Le taux de mise en valeur des terres cultivables représente 10 %.

❚ Forêt : La forêt couvre une superficie de 22,2 millions d'hectares, soit environ 70% du territoire national. Il s'agit du deuxième massif forestier du continent, après la République démocratique du Congo.

❚ La production potentielle de bois est de 2 millions de m3 par an.

❚ Les principales essences forestières sont : le limba, l'okoumé, le teck, l'acajou, le sapelli, le sipo, le bahia, l'eucalyptus.

❚ Infrastructures de communication : Deux routes nationales principales, ainsi que deux voies ferrées, relient la capitale Brazzaville, d'une part, à l'extrême sud (Pointe-Noire), et d'autre part à l'extrême nord. Le pays dispose de deux aéroports internationaux et cinq aéroports de classe B.

❚ Potentialités hydroélectriques : plus de 2 500

29

❚ la société en commandite simple (SCS), ❚ la société anonyme à responsabilité limitée (SARL),

❚ la société à responsabilité limitée unipersonnelle (SARL unipersonnelle),

❚ la société anonyme (SA), ❚ la société anonyme unipersonnelle (SA unipersonnelle),

❚ la société de fait (SF), ❚ la société en participation (SP), ❚ le groupement d'intérêt économique (GIE). COMMENT CRÉER UNE SOCIÉTÉ AU CONGO Les démarches pour la création d'une société ont été très simplifiées, et regroupées au sein d'un seul et même organe de l'Etat, le CFE (Centre de formalités administratives des Entreprises). Le CFE regroupe l'essentiel des administrations impliquées dans la création d'une société :

❚ le greffe du tribunal de commerce, ❚ la direction départementale des impôts, ❚ la direction départemental le du travail, ❚ la direction départementale du commerce, ❚ la caisse nationale de sécurité sociale (CNSS),

❚ la chambre de commerce, d'industrie, d'agriculture et des métiers.

mégawatts.

❚ Production pétrolière : 10 à 15 millions de tonnes par an. Les réserves demeurent importantes. OPPORTUNITÉS Le Congo dispose de nombreux atouts et offre de multiples opportunités aux opérateurs économiques. Les secteurs propices à l'investissement sont en priorité :

❚ l'agriculture, l'élevage et la pêche, ❚ le bâtiment et les travaux publics,

Le CFE est placé sous la tutelle du ministère des Petites et Moyennes Entreprises avec pour but de simplifier la création, le transfert, l'extention ou la modification d'une société, à travers une démarche et un formulaire unique. TAXES ET CHARGES SOCIALES Les taxes et charges sociales sont à payer auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Elles représentent 24,28% du salaire brut et se répartissent comme suit :

❚ charges salariales : 4%

❚ les forêts,

❚ charges patronales : 8%

❚ les mines,

❚ allocations familiales : 10,03%

❚ l'énergie,

❚ accidents de travail et maladies profession-

❚ l'industrie,

nelles : 2,25%

❚ le tourisme et l'hôtellerie, ❚ les télécommunications, ❚ la santé et l'habitat, ❚ l'éducation, ❚ les banques, les assurances et la microfinance,

MINIMA SOCIAUX Il n'existe pas de législation établie en matière de minima sociaux tels que : le salaire minimal, le nombre d'heures minimales de travail journalier ou mensuel, les congés payés etc. (Ces éléments sont à la discrétion de l'employeur)

❚ les services, ❚ l'immobilier (marché quasiment vierge avec une demande galopante).

LE CONGO fait partie de l'Organisation des Nations unies (ONU) depuis le 20 septembre 1960. Il participe à toutes les institutions spécialisées de l'ONU : UNESCO, PNUD, UNICEF, OMS, FAO... Le Congo est également membre des institutions économiques et financières internationales : Fonds monétaire international (FMI), Banque mondiale, Organisation mondiale du Commerce, ASECNA... Il fait partie des pays ACP (Afrique-CaraïbesPacifique) liés à l'Union européenne par des accords de coopération. Sur le plan régional, le Congo fait partie de l'Organisation de l'unité africaine (OUA). Il appartient également aux institutions spécialisées telles que la Banque africaine de Développement (BAD), le Con-

POLITIQUE EXTÉRIEURE DROITS DE DOUANE Les taux du droit de douane applicables aux produits des pays tiers importés dans l'UDEAC/CEMAC sont fixés comme suit : TYPE DE PRODUITS

CATÉGORIE

DROITS DE DOUANE

Biens de première nécessité Matières premières et biens d'équipement

Catégorie I

5%

Catégorie II

10%

Biens intermédiaires et divers

Catégorie III

20%

Biens de consommation courante

Catégorie IV

30%

seil africain et malgache de l'enseignement supérieur (CAMES), l'Union panafricaine pour la science et la technologie (UPST). Au niveau de l'Afrique centrale, le Congo est membre fondateur de l'Union douanière et économique des Etats d'Afrique centrale (UDEAC), de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) et de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC). Brazzaville est le siège régional de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l'Afrique, de l'Association des pays producteurs de pétrole d'Afrique (APPA), de la Banque de Développement des États de l'Afrique centrale (BDEAC), ainsi que de la Banque des États d'Afrique centrale (BEAC).


GBOT AND WESGRO ENTER STRATEGIC ALLIANCE

30

CAPITAL

Global Board of Trade (GBOT) has entered into a strategic alliance with Wesgro, the official Investment and Trade Promotion Agency for Western Cape, South Africa. Through the alliance, GBOT endeavours to make its

Edition 34

MARKET MERCREDI 13 JUILLET 2011

state-of-the-art financial market platform available to the members and affiliates of Wesgro to enable them to mitigate their risks and access the emerging markets of the world. It also aims to facilitate knowledge and cre-

ate awareness on the financial market risk mitigation techniques for the benefit of the members of Wesgro and of market participants from the Western Cape region.

EXCHANGE RATES

Weekly Overview USD

EUR

Last week, the Department of Labor said that U.S. nonfarm payrolls rose by just 18,000 in June, far below the 89,000 increase forecast by economists, with employers hiring the fewest workers in nine months, while the unemployment rate rose to 9.2%, the highest level this year. Expectation on the non-farm payroll report was high following the impressively strong ADP report. But, investors were hit back to reality after the data release. May's data was also revised down to 25k while April’s figure was revised down slightly to 217k. May and June together were the worst two months since last August and September. The poor job data reignited talks on the prospect of QE3. A former BoE policy maker, now a professor at Dartmouth College commented on the US situation and said "QE3 looks increasingly on the table. What are they going to do, let unemployment start rising again?"

The Euro opened last week by holding onto its gains after Greece’s payout provided respite from political tensions and clashes with central bankers. However, the EUR traded lower as Moody’s credit rating agency cut Portugal’s rating to junk status, warning that a second bailout would be needed. The EUR currency held on to its losses as Senior European officials criticized Moody’s decision to downgrade Portugal, threatening new regulatory action against all three major rating agencies and as the market awaited the expected rate increase of 0.25% by the ECB, which it had already priced in. Following the rate hike, a busy day saw the Euro being sold. On the same day, Asian Central Banks came in and bought Euros at the lows. The currency was pushed higher and was further supported with comments from Trichet on the fact that the ECB will suspend its minimum credit rating threshold for Portugal after the downgrades.

TERM OF THE WEEK

MONETARY RESERVE A government's stockpile of foreign currency and precious metals. Monetary reserves are useful both for settling transactions involving foreign counterparties and for undertaking trading in foreign exchange and commodity markets. In general, the larger the monetary reserve, the better the country is able to engage in transactions with foreign countries. That reserve hence enables the government to influence foreign exchange rates and to manage its transactions in the international marketplace. For example, a country with a large reserve of US dollars is in a position to make a significant investments in US markets. Monetary reserves are used to back up the national currency and to provide a cushion for executing central banking functions like adding to the money supply and settling foreign exchange contracts in local currencies.

COMMODITIES

BANK OF MAURITIUS EXCHANGE RATES TUESDAY, 12 JULY 2011 Country AUSTRALIA CANADA EMU JAPAN N.ZEALAND SINGAPORE S. AFRICA SWITZERLAND U.K. U.S.A.

Denomination

WEEKLY HIGHLIGHTS OIL INVENTORIES – AN UPDATE

NATURAL GAS

TT 29.5267 28.6408 38.8048 34.7305 22.7955 22.6464 4.0558 33.1498 44.1268 27.7946

Selling Notes TT/DD/Notes 29.0021 31.0234 28.0052 30.1251 38.3111 40.6273 33.546 36.5174 22.2648 23.914 22.2295 23.8137 3.9255 4.2941 32.7102 34.7715 43.7614 46.2163 27.6302 29.0977

DD 29.3176 28.4283 38.5743 34.3928 22.6448 22.5258 4.0117 32.9439 43.9191 27.7052

GOLD COINS TUESDAY, 12 JULY 2011 100

The report showed a moderate rise in US petroleum stock along with a moderate increase in crude oil prices during last week. U.S. Petroleum and oil stocks inclined last week by 477 thousand barrels, or by 0.03%. For the week ending on July 1st crude oil stocks reached 1,792 million barrels, falling by 0.889 million barrels to 1,085 million barrels; U.S. Ending Stocks of Total Gasoline also declined by 0.30% compared with last week’s stocks and reached 212.53 million barrels.

Buying Currency AUD 1 CAD 1 EUR 1 JPY 100 NZD 1 SGD 1 ZAR 1 CHF 1 GBP 1 USD 1

Weight(gm)

Diameter(mm)

Price (Rs)

3.41

16.5

6175

250

8.51

22

15010

500

17.03

27

29850

1000

34.05

32.69

59335

MARKET ACTIVITY TUESDAY, JULY 12 2011 Market Capitalization

Rs 188,900,946,311.20

Total Volume Traded

646,487

Total Value Traded

Rs 29,654,146.28

TOP 5 Symbol

Open

Latest

% Change

Natural gas prices rose on Friday to recover some of Thursday’s losses after the EIA report on inventories showed a bigger than expected rise. Nonetheless, weather forecasts suggest that temperatures next week will be higher than their average for this time of the year in Midwest of the United States, which pushed natural gas prices higher on Friday. Expectations of warm weather conditions could push natural gas prices even higher, since it will increase speculations of rising demand for power-plant fuel to meet cooling demand.

GAMMA CIVIC

435.00

455.00

4.60

SHELL

168.00

170.00

1.19

6.65

6.75

1.50

Symbol

Open

Latest

% Change

AIR MTIUS LTD

18.90

18.50

-2.12

GOLD

SBM

98.00

96.00

-2.04

MOROIL

28.00

27.50

-1.79

NIT

37.50

37.00

-1.33

NMH

103.00

102.00

-0.97

Gold prices were continuing their 4% gain from last week as a rush to safety hit markets. The lackluster jobs number in the U.S. on Friday, Greek debt issues with speculation growing that Greece might be allowed to default on some of its bonds, Italian banks getting slammed on Italy's own debt problems and the hotly anticipated meeting at the White House Sunday between Democratic and Republican leaders yielding no results on the debt ceiling are all adding up to make gold and silver a safe place to put cash. BASE METALS Base metals struggled to attract buyers on Monday morning, with fresh European sovereign debt concerns and still-high Chinese inflation figures curbing investor appetite. The bearish mood carried over from Friday, with the release of the nonfarm employment data. This report has been prepared by Nishal Babooram of Island Premier Traders FX Ltd.

(FOR MORE INFORMATION, PLEASE VISIT OUR WEBSITE: HTTP://WWW.ISLANDPREMIERTRADERS.COM)

MLC CO LTD

BOTTOM 5

MOST ACTIVE Symbol INNODIS LTD MDIT AIR MTIUS LTD SUN RESORTS MCB

Volume 291,843 62,300 37,050 30,342 24,300

DISCLAIMER: Publication of the above figures has been done with reasonable care and diligence. However, Capital makes no representations, gives no warranty and disclaims all liability in respect thereof and shall not be held liable for any damage, loss or costs incurred resulting from any error in the information or any use of the said information. Appropriate independent advice should be obtained before making any investment decision.


CISCO POURRAIT SUPPRIMER 10 000 EMPLOIS L'équipementier télécoms américain Cisco pourrait supprimer 10 000 postes, soit 14% de son effectif. 7 000 emplois seraient menacés d'ici à la fin du mois, et 3 000 départs seraient atteints par le biais de départs anticipés

à la retraite. Cisco espère réduire ses dépenses d'un milliard de dollars sur son exercice 2012. Les investisseurs ont perdu confiance dans la stratégie de l'entreprise, qui s'est récemment, à la surprise générale, débarrassée de

CAPITAL

sa division grand public contenant les mini-caméras Flip. Sur le Nasdaq, Cisco a perdu 24% de sa valeur cette année.

Edition 34

31

GLOBE

SOURCE : INTERNET

MERCREDI 13 JUILLET 2011

ZONE EURO

Les bourses en chute libre Après un lundi noir, les marchés financiers sont repartis à la baisse mardi en raison de l'incapacité de la zone euro à trouver une solution à la crise grecque. Le risque de contagion menace les banques du Vieux continent LES MARCHÉS financiers continuaient à dégringoler mardi matin, faute d'accord trouvé à Bruxelles sur la Grèce, les banques s'effondrant dans un climat généralisé de méfiance envers la zone euro alors que les risques d'une contagion de la crise grecque s'accentuent. Selon le ministre néerlandais des Finances, Jan Kees de Jager, la zone euro n'exclurait plus un défaut partiel de la Grèce. Mardi matin, après la sévère chute de la veille, les Bourses européennes perdaient toutes au moins 2% dès leur ouverture. L'Italie, la plus attaquée sur le front obligataire avec des taux qui sont montés en flèche, était en tête des pertes, Milan cédant plus de 4%. Lisbonne et Madrid abandonnaient respectivement 4% et 3,5%, Francfort cédait 2,75%, Londres près de 2% et Paris plus de 2%. Les valeurs financières figurent parmi les plus touchées - avec par exemple Axa (3,37%) et Credit agricole (-3,30%) à Paris - mais les valeurs industrielles souffrent également beaucoup.

« Les responsables européens ont une fois de plus fait des promesses et le marché ne peut plus se contenter de cela », a commenté un analyste parisien sous couvert d'anonymat. Les responsables

économiques européens ont promis lundi soir de renforcer la force de frappe du Fonds de secours financier européen et de le doter de nouveaux moyens face au risque d'une contagion qui mettrait l'Union monétaire en péril. Rien n'a été en revanche annoncé sur les modalités de participation des créanciers privés. « Plus que jamais, nous sommes dans le psychologique et la clef reste dans la gestion de l'exposition du secteur privé en cas de difficulté financière d'un pays européen », souligne Christian Parisot, analyste pour le courtier Aurel. « Une perte de confiance durable risque de s'enclencher sur les marchés si un certain nombre de mesures ne sont pas prises rapidement », avertissent de leur côté François Duhen et Benoît Rodriguez du Crédit Mutuel-CIC. Lundi soir, Wall Street avait fini en nette baisse (le Dow Jones a lâché 1,20% et le Nasdaq 2,00%) et hier matin les places asiatiques n'étaient pas mieux loties avec Tokyo qui a terminé en recul de 1,43%, et celles de Hong Kong qui a

perdu plus de 3% à la clôture, craignant une contagion de la crise de la dette grecque à d'autres pays européens notamment l'Italie et l'Espagne. Sur le front obligataire, la tension était encore plus significative avec des taux italiens sur dix ans se rapprochant des 6% (5,906%) et ceux de l'Espagne déjà au-delà des 6,22%, des niveaux considérés par les spécialistes comme intenable sur le moyen-long terme pour continuer à rembourser leur dette. Sur le marché des changes l'euro symbole de la zone euro, continuait aussi à chuter et évoluait sous la barre de 1,40 dollar, atteignant son plus bas niveau depuis quatre mois. Comme d'habitude en période de crise, le franc suisse était le grand gagnant, jouant à plein sôn role de valeur refuge. Mardi matin la monnaie helvétique s'échangeait à 1,163 franc pour un euro, battant le record établi la veille. SOURCE : INTERNET

FMI : Lagarde met en garde contre le risque d’un défaut de paiement des États-Unis La nouvelle patronne du FMI juge que les négociations sur la dette américaine doivent absolument aboutir d'ici au 2 août LA DIRECTRICE générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, n'a pas attendu longtemps après sa prise de fonctions pour intervenir dans le débat politique sur la dette aux États-Unis. Dans un entretien diffusé dimanche par la chaîne de télévision américaine ABC, Christine Lagarde a dit l'inquiétude que suscitait au FMI le blocage actuel des négociations entre démocrates et républicains en vue de relever le plafond légal de la dette publique américaine. Cette limite (14 294 milliards de dollars) a été atteinte à la mi-mai, et le département du Trésor ne cesse de répéter qu'il aura épuisé le 2 août tous les expédients dont il a pu user jusque-là pour éviter de se retrouver acculé à ne plus pouvoir honorer en temps et en heure ce qu'il doit aux détenteurs de ses obligations. « Nous sommes inquiets et nous espérons vraiment qu'un

compromis sera trouvé avant la date limite », a-t-elle dit au cours de cet entretien enregistré vendredi et dont les questions ont porté essentiellement sur la situation américaine et celle au sein du FMI après le départ précipité de son prédécesseur, Dominique Strauss-Kahn. Christine Lagarde, qui a pris la tête du Fonds mardi de la semaine dernière, a validé en quelque sorte les arguments du gouvernement américain, dont le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner a redit dimanche matin que le pays n'avait pas le choix : faute d'un accord d'ici au 2 août, il sera forcé de s'exposer aux conséquences « catastrophiques » d'un défaut de paiement. Cette affirmation est remise en question par certains républicains ou des économistes. RISQUE DE CHOC Selon eux, le Trésor pourrait

très bien s'acquitter du service de la dette pendant un certain temps encore en choisissant par exemple de surseoir au paiement de certaines factures pour affecter prioritairement les rentrées fiscales au paiement des intérêts ou du capital dus aux porteurs d'obligations d'État américaines. Sans entrer véritablement dans ce débat, Christine Lagarde a estimé que si les négociations n'aboutissaient pas d'ici au 2 août, ce serait un « véritable choc » et « une mauvaise nouvelle pour l'économie américaine » et le reste du monde, dont la nouvelle patronne du FMI avait jugé mercredi 6 juillet la situation encore précaire. Les obligations du Trésor américain sont une valeur refuge par excellence sur les marchés financiers, où elles sont perçues grosso modo comme étant aussi sûres que l'or. La perspective d'un défaut de paiement proche des États-Unis

risquerait d'ajouter de l'incertitude alors que la situation financière de la planète dans son ensemble est encore très instable. La patronne du FMI a dit ne pas imaginer « une seule seconde que les États-Unis fassent défaut ». « J'espère que les responsables politiques américains des deux bords seront suffisamment intelligents pour comprendre le défi qui se pose aux États-Unis et au reste du monde. » « Si l'on

déroule le scénario complet d'un défaut de paiement », a-t-elle dit, cela donne « des hausses de taux d'intérêt, des contrecoups énormes sur les Bourses, et des conséquences véritablement déplorables, pas simplement pour les États-Unis, mais aussi pour l'économie mondiale dans son ensemble. » « Cela irait clairement à l'encontre des buts et de la mission du FMI », at-elle ajouté. SOURCE : INTERNET


Capital Edition 34  

La différence, c'est le contenu

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you