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FEMME LIBÉRÉE : NE LA LAISSE PAS TOMBER

L’histoire de l’émancipation de la femme est révolue même si la liberté n’est pas totalement acquise. Place maintenant à la ‘doña’ libérée et moderne

EDITION 32 – MERCREDI 29 JUIN 2011

LA DIFFÉRENCE, C’EST LE CONTENU

Votre hebdomadaire à Rs 15

GRAVES ALLÉGATIONS CONTRE LESAGE

HAREL FRÈRES : LA FRONDE DES ACTIONNAIRES

MCB-MUA : ENCORE DES QUESTIONS

Vijay Lutchmun, directeur exécutif de la NATReSA, accuse son président d'user de son pouvoir pour défier les règles de bonne gouvernance

Certains dénoncent l’opacité entourant les prises de décision, les risques de conflits d'intérêts et l’absence de nouveaux projets

Malgré un accord à l’amiable avec la MCB, des propos du président du board de la Mauritius Union sont venus créer une certaine confusion

CP vs PWA

LES EXCÈS DU COMMISSAIRE “In what circumstances and why the second plot of land in Port-Louis has been purchased from Mr Harry Sookun?”, se demande le commissaire. L’acquisition du terrain en question avait été discutée et approuvée lors d’une assemblée générale de la Police Welfare Association, dont l’un des membres n’est autre que le commissaire lui-même

Produits halal : un sacré business… | Cédric de Spéville : « La crise est loin d’être derrière nous » | Management Gurus : The New Wave


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DAN CALLIKAN ENTENDU MARDI

CAPITAL

Les travaux du comité d’enquête chargé de faire la lumière sur les circonstances entourant le licenciement de Rehana Ameer se sont poursuivis ce mardi. Denis Vellien, qui préside le comité, a entendu Dan Callikan et

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FINAL REPORT MERCREDI 29 JUIN 2011

Claude Narain, respectivement directeur général et chairman de la MBC. Pour rappel, la présidente de la Mauritius Broadcasting Staff Association (MBSA) avait été licenciée le 5 août 2010, soit la vieille de ses 25 ans

de service. La station de radio-télévision nationale lui reprochait d’avoir fait circuler un tract diffamatoire sur la direction et d’avoir divulgué des informations sur son fonctionnement de la MBC.

CP VERSUS PWA

LES EXCÈS DU COMMISSAIRE Pour certains, c’est une guérilla aux Casernes centrales. Pour d’autres, c’est une situation des plus confuses et malsaines au sein de la force policière. Le commissaire de police a formellement menacé la Police Welfare Association par rapport à une transaction immobilière qu’il juge douteuse. Qu’en est-il au fait ? Capital apporte des éléments de réponse | RUDY VEERAMUNDAR ALORS QUE le commissaire de police s’interroge sur la décision de la Police Welfare Association (PWA) d’acquérir un terrain à Port-Louis, il s’avère que l’assemblée générale avait été mise au courant de la transaction avant de ratifier cette décision. Le procès-verbal est entre les mains des enquêteurs du Central Criminal Investigation Department (CCID). Qui plus est, un document certifiant l’évaluation du terrain en question par des ‘Qualified Valuer’ avait été présenté et circulé aux membres. A ce jour – après une année d’enquête - la firme qui a conduit l’exercice d’évaluation n’a pas encore été interrogée, alors que trois arrestations ont déjà été effectuées sur des allégations de transactions suspicieuses à propos dudit terrain. Capital produit, dans ce numéro, le reçu du paiement effectué à Alan Tinkler and Associates qui ne se trouve pas encore dans le dossier des enquêteurs. De quoi se poser des questions sur la façon dont cette enquête est menée et s’interroger sur les intentions à faire disparaître la PWA. Le commissaire de police, Dhun Iswar Rampersad, livre en effet actuellement une bataille sans relâche contre la Police Welfare Association (PWA) et cette affaire est loin d’être un simple fait divers. Ce bras de fer entre le numéro un des Casernes centrales et les officiers de police a pour toile de fond un budget de Rs 1 milliard. Sans compter deux portions de terrain, évaluées à plusieurs millions de roupies (voir détails plus loin), dont l’un est à l’origine des graves secousses au quartier général de la force policière. Dans le but d’avoir une image claire, Capital a mené son enquête et se retrouve en présence de plusieurs éléments perturbants révélés à travers des documents, dont certains ne sont même pas entre les mains du Central Criminal Investigation Department (CCID), qui avait pour-

tant initié une enquête contre la PWA il y a un an à la suite d’une déposition du sergent Buljeeon, qui est actuellement secrétaire de la PWA, soutenu par le président de la fédération, l’inspecteur Maudarbaccus. “A FAMOUS NAME” L’enquête des hommes de l’assistant commissaire de police Pregassen Vudamullay – le numéro un de la brigade criminelle – porte sur l’achat d’un terrain par la PWA à Port-Louis que le commissaire juge suspicieux et même illégal. Trois officiers de police avaient été arrêtés dans cette affaire l’année dernière sous une charge provisoire de collusion. Dans une correspondance signée par le commissaire lui-même, en date du 23 juin dernier, Dhun Iswar Rampersad pose la question suivante : «In what circumstances and why the second plot of land in Port-Louis has been purchased from Mr. Harry Sookun ?» avant de préciser aussi que ledit Harry

Sookun est «now a famous name in Mauritius.» Selon nos informations, l’achat du terrain en question avait été discuté et approuvé par l’assemblée générale de la PWA, dont le commissaire de police est également membre, ce qui lui a permis, à ce titre, de contracter des emprunts auprès de la PWA. Lors de l’assemblée générale tenue le 28 mars 2009 au Junior Police Officers Mess, au quartier général de la police, l’item de l’achat du terrain de Harry Sookun figurait à l’agenda et avait été communiqué à tous les membres à travers une lecture faite par le trésorier, le sergent Buljeeon. Capital vous propose un extrait de la lecture du sergent lors de l’assemblée générale : «The proposal of the purchase of the plot of land opposite to Line Barracks, Port-Louis, was made last year before the AGM 2008. In my last Treasurer’s report, I went on this subject and listed its purpose in your presence to which there was no op-

position. Subsequently, the land was purchased in June 2008 for the sum of Rs 23 million. The land is to obtain huge amount of loans from financial institutions both for the granting of higher ceiling loans to members and to erect a 10-15 storey building on it and to let most of the floors in order to receive more income for the PWA...» DEVANT TÉMOINS Il est donc un fait que l’acquisition n’a pas été faite en catimini. Mais, Capital a voulu aller plus loin afin de savoir si PWA avait eu recours à un actuaire avant de se lancer dans des transactions foncières. Il s’avère que les services de MBM Ltd, Finance and Risk Management Consultancy, situé à Curepipe, avaient été retenus par la PWA. Dans un rapport portant la signature de Mariam Maudarboccus et de Michael Arnold, les conclusions sont comme suit : «We have been requested by the Mauritius Police Federation to

carry out a study in order to determinate the cost of providing, under a new plan and on a benevolent basis, retiring benefits on the normal retirement date of members of the Police Force and to make recommendations where necessary. We, now, have pleasure in reporting therein (…) We would suggest that for the time being a large proportion of the contribution and investment income is applied to the purchase of long term fixed interest securities with a small proportion being held on deposit. When the fund has grown to a sufficient size, it may then be appropriate to use part of the fund for the purchase of porperty.» Après cette étape, la PWA s’est-elle tournée vers des professionnels afin d’évaluer le terrain de Port-Louis et seraitelle en mesure d’expliquer le chiffre Rs 23 millions ? Il a été porté à notre attention qu’après l’aval de l’assemblée générale, le ‘Managing Committee’ de la PWA devait retenir les services d’Alan Tin-


RODRIGUES : LES NOUVEAUX ÉLUS PRÊTENT SERMENT L’Assemblée régionale de Rodrigues a accueilli, hier, quatre nouveaux membres élus aux élections partielles du 21 juin dernier. Ils s’agit d’Annecy Rose et de Marie Thérèse Agathe, du Mouvement Rodriguais (MR), qui avaient été

kler et d’un certain Ramlagun, ‘Qualified Valuer’, et le rapport de ces derniers devait être communiqué aux membres de la PWA et au Registrar of Associations. Pour l’acquisition du terrain, la PWA avait eu recours aux services du notaire Patrice Avrillon. Une somme de Rs 13 600 devait être versée à Alan Tinkler et Capital produit le numéro de chèque utilisé pour la transaction (voir facsimilé cicontre). La question qui se pose maintenant est pourquoi, après une année d’enquête, le CCID n’a-t-il pas encore interrogé MBM Ltd, Ramlagun ou le notaire Avrillon ? Les enquêteurs ont-ils été en présence de ces documents avant de procéder à des arrestations ? Et pourtant, Harry Sookun a été interrogé à deux reprises avant de ressortir libre du QG de la police. «In what circumstances and why the second plot of land in Port-Louis has been purchased from Mr. Harry Sookun ?», se demande bien le commissaire de police. A cette question, une source devait nous déclarer : «Après l’achat du terrain, il y a eu des réunions dans le bureau du commissaire à maintes reprises entre lui et les membres de la PWA. Le commissaire était donc au courant de l’achat du terrain de Port-Louis et il y a des témoins.» L’autre interrogation de Dhun Iswar Rampersad est la suivante : «Whether PWA is moving out of Line Barracks to

| Billet de MORDICUS |

L

élues à Grande Montagne, et de John Anderson Raffaut et Alex Flore, du Front Patriotique Rodriguais (FPR), élus, eux, à Baie-aux-Huîtres. A noter que lors de la cérémonie de prestation de serment, Johnson Roussety,

CAPITAL

leader du FPR et ancien Chef commissaire de Rodrigues, a porté une motion de blâme contre Gaëtan Jhabeemissur, l’actuel titulaire du poste, à qui il a demandé de « step down ».

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FINAL REPORT

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missaire de police », affirme-t-on dans certains milieux.

occupy a private office at the cost Rs 90,000/- monthly as rent and with which money the rent will be paid and whether this has been approved by PWA Special General Assembly?». Sollicité pour une réaction, un membre devait expliquer que cette histoire de sortir du quartier général de la police remonte à 1987 car la PWA était consciente qu’en étant une association privée, en-

registrée au Registrar of Associations, elle ne pouvait pas élire éternellement domicile aux Casernes centrales. « Le commissaire de police, en tant que membre, a le droit de demander des explications. Autrement, il n’est pas en mesure de le faire de par son statut de commissaire de police. La PWA est une association privée tombant sous la tutelle du Registrar et non sous celle du com-

DÉVELOPPEMENTS À VENIR Par ailleurs, il est aussi un fait que le commissaire veut éliminer la PWA et la Police Federation, de par la déclaration suivante, en date du 23 juin : «It would be in the interest of all members of the PWA and the Force if those who have directly or indirectly contributed the Police Association and the Police Federation to the current state of affairs could stay away from these bodies.» Selon certaines explications recueillies par Capital, démissionner de la Police Federation est contraire à la loi car il n’y a pas de règlement à ce sujet. «Un policier est duty bound selon la Police Act de faire partie de la fédération puisque celle-ci est un ‘disciplined body’. On ne démissionne pas quand on veut. Ce n’est pas un club. Que se passera-t-il si

publics, aussi bien que dans les cliniques privées, sont victimes de négligence médicale à divers degrés. A l’exemple de cette journaliste, dont la mère était pourtant ‘charge nurse’, mais qui a quand même failli y laisser sa vie. Un chirurgien maladroit lui avait endommagé le foie. Qui plus est, une deuxième chirurgie pratiquée par un autre médecin pour réparer les dégâts n’avait rien donné. Après plusieurs mois de souffrances, c’est en Inde, à l’hôpital Apollo de Chennai, que des chirurgiens ont pu réparer le foie défaillant. Dommage que la journaliste et/ou ses proches n’aient pas traîné les médecins et l’Etat en justice pour réclamer réparations. Quant à l’efficacité de l’Ordre des médecins, il suffit de rappeler la frivolité avec laquelle un cas de négligence médicale avait été traité par cette instance, à la fin des années 90. Un jeune couple qui avait perdu un bébé s’était plaint de la désinvolture du gynécologue. L’Ordre des

tout le monde démissionne ?», se demande-t-on. L’article 15 de la Police Federation Regulations, tombant sous la Police Act, stipule : «The seat of every member of a Committee shall become vacant upon – (a) his death ; (b) his interdiction, resignation, dismissal, or retirement from the Police Force ; his change of rank, or (d) transfer to, or from the Special Mobile Force.» La mention de démission volontaire n’est pas faite. La question de «stay away» se révèle donc pertinente. La correspondance du commissaire de police intrigue en effet plus d’un aux Casernes centrales. Un hebdomadaire dominical faisant état, en long et en large, des menaces du commissaire de police prévoit des développements majeurs dans les jours à venir. Ce pourrait être bien le cas...

Band Baja Baraat

Right to live

a nouvelle a fait le tour du monde la semaine dernière. Un jeune chirurgien orthopédique britannique s’est donné la mort par pendaison. Le médecin ne pouvait accepter qu’une négligence de sa part ait pu aggraver le cas d’un patient au point de causer sa mort. Nous ne souhaitons certes pas un tel extrême pour tout professionnel qui se respecte et qui respecte son métier. Toutefois, cet épisode devrait nous amener à nous poser des questions quant au peu de cas que l’on fait ici, à Maurice, des négligences médicales. « Dogs never eat dogs ». C’est ainsi qu’un ancien ministre de la Santé avait résumé l’esprit corporatiste qui existe à Maurice, et qui fait qu’aucun médecin n’a jusqu’ici été sanctionné par la justice, ou encore par l’Ordre des médecins. Il serait injuste de blâmer tout le corps médical, mais le fait demeure que bon nombre de patients qui se font soigner dans nos hôpitaux

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médecins, qui fut saisi, à juste titre, par l’époux, blâma le gynécologue après enquête. Ce dernier contesta le verdict de ses pairs devant la Cour suprême. Il eut gain de cause. Il n’avait pas bénéficié d’un ‘fair hearing’ dans la mesure où l’Ordre des médecins n’avait pas jugé bon d’écouter ses explications. Quel amateurisme ! Après avoir durant quelques années dénoncé les manquements dans nos hôpitaux et cliniques privées, le Comité d’Action pour la Santé (CAS) de Serge Rayapoullé ne se fait plus entendre. Pourtant, ils sont nombreux les patients qui, quotidiennement, se plaignent sur les ondes des radios privées, des ‘botched surgeries’. Il est grand temps qu’une organisation non gouvernementale, composée de gens sérieux, et qui soit à même de mener des enquêtes sérieuses, se manifeste pour prendre la défense des malheureux patients. La défense de leur ‘right to live’.

LA DAME en question qui est la sœur d’un député a postulé pour une position supérieure au sein d’un organisme public. Le seul hic, c’est que cette dernière ne possède pas les qualifications requises et compte sur l’appui d’un des membres du conseil d’administration qui est nul autre que son époux.

RÉDACTEUR EN CHEF Rudy Veeramundar CONSEILLER À LA RÉDACTION Manoj Nawoor CHEF D’ÉDITION Clency Lajoie RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT Roy Neeraye RÉDACTION Herrsha Lutchman-Boodhun Sindy Moonesawmy Dorina Krammer CONCEPTION GRAPHIQUE Knivel Goonmeter Ibrahim Atchia DIRECTEUR EXÉCUTIF Rajen Valayden RESPONSABLE DE MARKETING Cécile Antonio CHEF DE PRODUCTION Roland Nicolas Cheneya ADMINISTRATION Nishta Salandy Essane Auleear Vishesh Koonjobeeharry Une publication de Channel13 8, rue Mère Barthelemy, Port-Louis Tel : 213 1555 - Fax : 213 1552 Email : info@channel13.mu - Site web : www.channel13.mu Imprimé par Yukondale Ltd - Plaine Lauzun


LA WISH LIST ORANGE

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CAPITAL Edition 32

ACTA PUBLICA MERCREDI 29 JUIN 2011

C

ertains pourraient être tentés de parler de revanche de l'histoire. Le rédacteur en chef de l'express dimanche, Rabin Bhujun, vient dêtre récompensé du CNN Francophone General News award. Le jeune journaliste a été primé pour un dossier intitulé « Le vrai pouvoir des castes », publié en septembre de l'année dernière. Revanche de l'histoire ? Car, pour certains mouvements « socio-culturels » hindous, Rabin Bhujun avait commis là un sacrilège. Oser écrire sur les castes ! On ne parle pas de ces choses-là ! Tabou ! Du passé, dépassé. Et quand c'est la presse qui en parle, et bien on brûle le journal. C'est ce qu'avait fait le président de la Mauritius Sanathan Dharma Temples Federation, Somduth Dulthummun, à un point de presse convoqué pour la circonstance. Le « profanateur » reconnu et ré-

Le retard dans les nominations au sein des corps parapublics serait dû à un manque de compétences. Selon les traditions établies par notre démographie locale, les candidats doivent satisfaire la matrix composée des exigences professionnelle, politique, com-

munale et castéiste. Ce retard agace énormément la direction orange qui s’est même permis d’accorder un ultimatum au grand chef. Au cas contraire, elle prendra les devant en annonçant publiquement les nominations. La fameuse liste orange

Shabaash Rabin compensé à un concours ouvert aux journalistes de plus de quarante pays, n'est-ce pas là une belle revanche de l'histoire ? Mais ce n'est pas pour marquer l'histoire, pour se venger de X ou pour marquer des points contre Y, que le journaliste observe les faits de société, commente l'actualité et exprime ses opinions sur les êtres et les événements. Le journaliste participe, à sa façon, par ses idées, ses réflexions, ses questionnements, au débat démocratique. Et par là, apporte sa pierre à la construction du pays. Et voilà, autre clin d'oeil de l'histoire, qu'au moment même où le journaliste mauricien est applaudi par ses pairs africains, l'actualité locale met en lumière une autre absurdité de notre mode de fonctionnement : le Mahatma Gandhi Institute (MGI) qui postule que rendre public des informations

contiendrait, entre autres, les noms de Yogida Sawmynaden (State Investment Corporation) Ravi Yerigadoo (Gambling Regulatory Board), Bobby Hurreeram (Mauritius Duty Free Paradise) et Clairette Ah Yan (Financial Services Commission).

J’observe de CLENCY LAJOIE sur les castes et les religions des premiers immigrés indiens « pourrait causer des émeutes dans le pays et briser l'unité nationale ». Mais de quoi a-t-on peur ? Qu'est-ce qu'il y a à cacher et qu'est-ce qu'on cherche à préserver ? Jusqu'à quand allons-nous vivre dans le mensonge, envers nousmêmes et envers les autres, et continuer à faire semblant ? Jusqu'à quand allons-nous continuer à entretenir nos complexes, nourrir nos mythes, cultiver nos préjugés et faire obstacle à la construction du citoyen mauricien ? Qu'il faille faire attention quand on travaille avec des données historiques pouvant affecter, d'une manière ou d'une autre, des contemporains, dans leur chair et dans leur être, on comprend et on accepte. Par ailleurs, aucune recherche de la vérité historique ne se fait sans douleurs.

Mais de là à craindre que ces douleurs vont déclencher des émeutes dans le pays … Non, vraiment ! Nos dirigeants politiques ne cessent de nous rabâcher, à chaque fête religieuse ou culturelle, la nécesité de nous rappeler notre histoire. « Un peuple qui ne connaît pas son histoire est comme un navire sans gouvernail », aime philosopher le Premier ministre. Et bien, prenonsle au mot. Un pays que l'on veut « moderne » ne cherche pas à cacher les vérités de son histoire. Quand aux journalistes qui aiment mettre en lumière ce que d'autres tentent à tout prix de cacher, ils ne sont sûrs que d'une chose. Ils ne pourront effacer le passé. Mais ils peuvent écrire et construire l'avenir. C'est ce qui leur donne la force, le courage et l'ardeur de continuer. Avec ou sans récompense.

NATRESA

Graves allégations contre Lesage LES RELATIONS entre le directeur exécutif et le président de la National Agency for the Treatment & Rehabilitation of Substance Abusers (NATReSA), qui n'ont jamais été au beau fixe, se sont détériorées au cours de ces dernières semaines. Vijay Lutchmun accuse Gérard Lesage d'user de son pouvoir pour défier toutes les règles de bonne gouvernance. Véritable réquisitoire contre son président que la lettre adressée par le directeur, Vijay Lutchmun, aux membres du conseil d'administration de la NATReSA. Il accuse même ce dernier d'être responsable d'un vol commis en 1995 au Centre d'Accueil de TerreRouge. Il affirme que Gérard Lesage lui tient personnellement rancune pour toute cette affaire, car il était, à l'époque, General Manager du Trust Fund pour la réhabilitation des toxicomanes. Vijay Lutchmun accuse également le Chairman d'user de langage vulgaire à son égard et de ne pas suivre les procédures dans certains cas : “(...) when I asked that all correspondence be dealt with the Registry rather than by the Confidential Secretary to the Executive Director. The Chairman reacted by instructing not to change what was in practice since long.” Le directeur parle aussi de politique de deux poids deux mesures, soit des règles pour le staff et d'autres pour le

Gérard Lesage

Chairman. Ce dernier, estime Vijay Lutchmun, aurait un ‘hidden agenda’, car lorsque les décisions prises ne sont pas à son goût, il se fait entendre en adressant des correspondences officielles, sans l'aval du Board. “May I remind the members, that he is only the Chairman of the Board, not the Board itself, nor is he above the Board”, fait ressortir Vijay Lutchmun dans sa lettre de trois pages. Des copies de laquelle ont été remises au Prime Minister's Office et au ministère de la Santé.


THIERRY MONTOCCHIO, DIRECTEUR DE CIRCUS, EST DÉCÉDÉ Thierry Montocchio, directeur général des agences de communication et de publicité Circus Advertising à l’île Maurice et Circus Publicis Réunion, est mort, à 42 ans, d'une tumeur au cerveau hier matin. Il avait reçu, en 2008, le Tecoma Award récompensant le meilleur entrepreneur mauricien

de l'année. Thierry Montocchio, qui souffrait de la maladie depuis 2007, chose qu'il n'a d'ailleurs jamais caché, laisse derrière lui sa femme, Sophie, et ses deux filles, Camille et Ophélie, âgées de 15 et 12 ans respectivement. Ses funérailles ont eu lieu à l’église St-Pierre.

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ACTA PUBLICA

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MCB-MUA

Encore des questions Malgré un arrangement à l'amiable, le dossier Mauritius Commercial Bank-Mauritius Union n'est pas près d'être clos. Des propos du président du conseil d'administration de la compagnie d'assurance sont venus créer davantage d'incompréhension et de confusion chez les actionnaires L'ACQUISITION DE 1 449 168 actions par Dominique Galea, président du conseil d'administration de la Mauritius Union Assurance Company Ltd (MUA), n'a pas été sans soulever certains commentaires parmi les actionnaires. En effet, dans le rapport financier de 2010, il est mentionné que plusieurs directeurs ont acheté des actions de la compagnie, dont Dominique Galea, à hauteur de Rs 2,1 millions environ (sur une base moyenne de Rs 149 en décembre 2010), alors que Jacques de Navacelle, qui devait démissionner comme Chief Executive Officer, a vendu 32 100 actions. Il est à noter que Dominique Galea détient 7,23% des actions de la compagnie. CONFUSION Dans son Chairman's review 2010, Dominique Galea met l'accent sur le litige qui opposait la MUA à la Mauritius Commercial bank (MCB) : “On the 8th of April 2011, the Company issued a cautionary announcement informing its shareholders and the public at large that it had reached an out-of-court settlement in respect of various actions lodged before the Supreme Court of Mauritius by the MCB in connection with losses suffered by it as a result of certain frauds committed to its detriment as well as a counterclaim made by the Company against MCB. The aggregate value of the claims including interest and legal costs exceeded Rs 1.4 billion. The Company, since 2004, devoted considerable time and effort in defending the claim and incurred considerable expenses in the conduct of its defense before various courts in Mauritius and England. The Company remains satisfied that all appropriate steps were taken to ensure the proper conduct of its defense in the various actions brought against it by MCB. However, these actions would have taken time and, until resolved, would have perpetuated the market's perception of uncertainty due to the potential liability of the Company to MCB thus impeding the optimal development of the Company. Following consultations with its financial and legal advisors, the Board reached the conclusion that it would be in the interests of the shareholders to accept an outof-court settlement with MCB.” D'autre part, le président du conseil d'administration de la MUA, a tenu à préciser, toujours dans son review 2010, qu'il y a eu un ‘out-of-court settlement’ avec la MCB après la fermeture des comptes pour 2010. Plus loin, il ajoute

CONFUSION. Les propos de Dominique Galea ont fait de nombreux mécontents, dont Jacques de Navacelle, qui a quitté la Mauritius Union

que “The Board is satisfied that the settlement will not impact negatively on the solvency of the Company or on its ability to make dividend payments. The full impact of the settlement has been accounted for in the accounts being laid before you.” Ce qui rend confus bon nombre d'actionnaires. Comme notre interlocuteur, qui ne s'explique pas comment « on peut dire que l'arrangement avec la MCB a été fait après la fermeture des comptes de 2010, tout en affirmant que le ‘full impact’ de l'arrangement a été pris en compte dans ledit rapport. Je ne comprends pas. C'est très ambigu. Que s'est-il passé vraiment ? » RENONCIATION On peut aussi lire, dans le rapport, que les deux parties se sont engagées à mettre fin à toute action judiciaire, donnant à chacun une décharge complète, ainsi que la renonciation par rapport aux réclamations. Le ‘settlement’ a été soumis à certaines conditions, dont l'approbation des actionnaires quant à l'émission des ‘preference shares’. Cette approbation a été obtenue lors d'une assemblée générale extraordinaire des actionnaires le 11 mai dernier. D'autre part, le rapport fait clairement mention que ce “settlement does not concern the claim made by MCB against MUA in connection with losses sustained following a robbery at the head office of MCB in February 2005. The

The Company, since 2004, devoted considerable time and effort in defending the claim and incurred considerable expenses in the conduct of its defense before various courts in Mauritius and England. The Company remains satisfied that all appropriate steps were taken to ensure the proper conduct of its defense in the various actions brought against it by MCB. However, these actions would have taken time and, until resolved, would have perpetuated the market's perception of uncertainty due to the potential liability of the Company to MCB thus impeding the optimal development of the Company

matter is pending before the Supreme Court.” Un autre élément qui a intrigué bon nombre d'actionnaires est la phrase suivante : “This settlement is for a global sum of Rs 250 million, of which Rs 50 million will be recovered from the Reinsurers. Rs 100 million would be settled by an issue by the Company of redeemable preference shares to MCB.” Il est clairement fait mention ici que des Rs 250 millions qui doivent être versées à la MCB par rapport à l'affaire MCB/NPF, un montant de Rs 50 millions sera pris en charge par les réassureurs. Notre observateur fait ici référence au jugement de la Cour de Londres dans un procès qui opposait les réassureurs à la MUA et à la MCB : « Without prejudice to the claimants' claim in respect of non-disclosure and misrepresentations, the Claimants have no liability to MUA pursuant to the excess Reinsurance on account of any of the facts and matters relied on in the Mauritian proceedings or the Mauritian Fraud proceedings because any loss which the MCB may prove it has suffered falls outside the scope of cover ot that Excess Reinsurance. » Question de notre interlocuteur : si la Cour de Londres a déjà donné gain de cause aux réassureurs, comment Dominique Galea peut-il parler de récupérer ces Rs 50 millions ?


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L'ORANGE MALGACHE DÉÇOIT

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ACTA PUBLICA MERCREDI 29 JUIN 2011

La société Harel Frères est actionnaire au sein d’Orange Madagascar. Selon le dernier rapport financier publié, le chiffre d’affaires de cette compagnie a été en-deçà de celui escompté. Cette mauvaise performance se justifie par la situation politique instable

dans la Grande Ile et la baisse du pouvoir d’achat des Malgaches. Mais les prévisions pour l’année en cours s’annoncent favorables aux actionnaires, avec les nouveaux produits lancés par le géant des télécommunications français, Orange.

HAREL FRÈRES

La fronde des actionnaires

Comment un géant du privé plus que centenaire peut-il se faire détrôner par un nouveau venu ? C'est ce que se demandent certains actionnaires de Harel Frères Ltée, qui dénoncent l'absence de transparence dans les prises de décision, les risques de conflits d'intérêts, la léthargie du groupe en matière de nouveaux projets et la disproportion entre les dividendes et le salaire de certains haut cadres | RAJEN VALAYDEN FONDÉE EN 1960, les origines de Harel Frères Ltée remontent en fait à 1883. Ce qui fait d’elle l’une des plus anciennes sociétés de notre pays. Ce conglomérat basé à l’île Maurice opère dans plusieurs pays de la région, dans des secteurs tels que la production d’énergie, l’alcool, la grande distribution, le développement foncier, la construction, les services financiers, et bien sûr, l’industrie cannière. Il possède ainsi 7 000 hectares de terres, dont 6 000 sous culture de canne à sucre, et est le principal propriétaire de terres de la région du nord. Le groupe a récemment connu une hausse de ses chiffres d’affaires, qui sont passés de Rs 3,2 milliards en 2008 à Rs 3,6 milliards en 2010, avec des profits de Rs 400 millions. Mais ces chiffres ne sont pas du goût de certains actionnaires, qui dénoncent une opacité dans la prise de décision stratégique,

qui a occasionné, selon eux, un net recul du groupe Harel Frères par rapport aux groupes concurrents du pays. Les critiques sur la transparence au sein de la société s’attardent aussi sur le rôle des directeurs, qui jouissent de privilèges qui font sourciller les actionnaires. « Il est inconcevable que les actionnaires soient traités avec une telle vulgarité et que toutes nos questions demeurent sans réponses », affirme même l'un d'eux. LE RÔLE DE JEAN HUGUES MAIGROT DÉCRIÉ Le statut du président du conseil d’administration de la société Harel Frères est aussi décrié. Jean Hugues Maigrot occuperait, semble-t-il, plusieurs fonctions au sein du groupe. Ce qui, selon certains actionnaires, irait à l'encontre des principes élémentaires de bonne gouvernance. Ce dernier, qui avait été désigné directeur non éxécutif indépendant depuis 2003, a vu

son titre être modifié pour devenir directeur non éxécutif dans le dernier rapport financier du groupe. Le fait que le président ne soit plus indépendant poussent certains actionnaires à penser que ce dernier n’est peut-être pas la personne idéale pour veiller aux intérêts du groupe. Il sème également le doute quant aux décisions prises depuis son accession à la présidence. Un des actionnaires historiques de la société s’est même permis de s’adresser aux autres membres par le biais d’une lettre qui énumère les conflits potentiels, apparents et avérés. « Enfin, quand l'administrateur occupe une fonction ou entretient une relation d'affaire ou financière avec une autre société concurrente, que cette relation pourrait raisonnablement laisser à penser qu'elle affectera la neutralité de son jugement, le 'conflit d'intérêt', cette fois, est réel », écrit-il. On laisse même entendre que le doute sur la loyauté de


LE MASSACRE DE BELLE VUE HAREL Dans la lutte contre l’oppression pré-indépendance, le 13 septembre 1943 restera un jour gravé dans l'histoire mauricienne. Suite à l’accord signé par Harryparsad Ramnarain et Sharma Jugdambee,

Jean Hugues Maigrot envers les actionnaires s’installe davantage de part sa proximité avec l’un des concurrents directs du groupe, qui en dépit d'être relativement nouveau, a su largement devancer Harel Frères Ltée pour devenir un des groupes les plus prospères de l’île à travers ses opérations dans le textile, l’hôtellerie, le développement foncier et les services financiers. Hormis Jean Hugues Maigrot, certains actionnaires dénoncent aussi le rôle du Managing Director, Cyril Mayer, qui touche un joli pactole de Rs 22 000 000 par an pour ses prestations, alors que les actionnaires, eux, perçoivent ce qu'ils considèrent être « des miettes ». EN PANNE DE PROJETS Inspirés par le succès de Médine, CIEL, Omnicane ou le Groupe Mon Loisir (GML), les actionnaires désabusés de Harel Frères nourrissent le souhait de voir le groupe repartir de l'avant. Selon eux, le dernier projet d’envergure a été la Centrale Thermique de Belle-Vue, et depuis, Harel Frères est en panne d’inspiration. Ils évoquent également un projet, au coût de 350 millions, qui aurait

en leurs noms, avec la direction de Belle Vue Harel, une grève est décrétée par les employés de l'usine sucrière. Celle-ci débouche sur une fusillade où des policiers ne font preuve d'aucune retenue. Parmis les

morts se trouvent Kistnasamy Moonesamy, 29 ans, Moonsamy Moonien,12 ans, Marday Ponapen, 16 ans, et Soondrum Patvatdram, 32 ans, connue comme Anjalay Coopen, qui était enceinte.

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ACTA PUBLICA

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LA LETTRE ENVOYÉE AUX ACTIONNAIRES Monsieur le Président, Messieurs,

Le groupe a récemment connu une hausse de ses chiffres d’affaires, qui sont passés de Rs 3,2 milliards en 2008 à Rs 3,6 milliards en 2010, avec des profits de Rs 400 millions. Mais ces chiffres ne sont pas du goût de certains actionnaires, qui dénoncent une opacité dans la prise de décision stratégique, qui a occasionné, selon eux, un net recul du groupe Harel Frères par rapport aux groupes concurrents du pays

Je souhaiterais, Messieurs, assumer mes responsabilités sur ce conseil dans le respect des règles qui nous gouvernent, « The Companies Act » et « The Principle of Corporate Governance » à tout le moins. L'exercice impartial et objectif des fonctions ou des responsabilités est un exercice délicat, l'appartenance à cette communauté d'intérêt crée des obligations, chacun doit observer un comportement qui ne contrarie en rien l'intérêt commun. Par conséquent toutes mes réflexions et suggestions sont guidées par la seule considération de l'intérêt légitime de la Société. L’un des sujets qui me tient à cœur est celui d’évoquer avec vous les possibles « conflits d’intérêts ». Je souhaiterais vous donner ici la définition du « conflit d’intérêts » tel que Transparence International France l’énonce. La notion de « conflit d’intérêts » peut être définie plus ou moins largement selon les acteurs. « Un « conflit d’intérêts » nait d’une situation dans laquelle une personne nommée ou employée par un organisme public possède à titre privé des intérêts qui pourraient influencer ou paraître influencer la manière dont elle s’acquitte de ses fonctions et des responsabilités qui lui ont été confiées ». On peut identifier 2 sortes de « conflits d’intérêts », suivant la nature économique, financière, politique, professionnelle, confessionnelle… du directeur. I. « Conflit potentiel »

capoté en Côte d’Ivoire. Dans un sursaut, un de nos interlocuteurs devait même affirmer qu'il ne « faut pas être un génie en administration pour savoir qu’on n'investit pas dans un pays à la veille des élections…. surtout en Afrique ». Mais loin d’être des défaitistes, ces actionnaires comptent bien se faire respecter. Rendez-vous est donc pris pour demain, jeudi 30 juin 2011, à la rue Edith Cavell.

Révéler un « conflit potentiel d’intérêts », c’est faire connaître qu’une personne détient en sus de son intérêt dans la société un intérêt personnel opposé au premier. La preuve de la révélation de l’existence d’un « conflit potentiel d’intérêts » résulte de la connaissance de cette situation par tous. La véritable indépendance et transparence consiste donc à révéler les liens et à affirmer qu’ils ne portent pas atteinte à l’indépendance, à la loyauté et à l’intégrité de son jugement. En effet, celui qui est légalement ou contractuellement tenu d’une obligation particulière d’information, de résultat ou d'arbitre doit rapporter la preuve de la non-existence du « conflit potentiel d'intérêts ». La charge de la preuve de son indépendance revient à celui qui pourrait potentiellement être influencé ou paraître influencé par ses intérêts contradictoires. Si l'on part du postulat selon lequel chaque administrateur représente les intérêts de tous les actionnaires, il s'impose que l'administrateur en « conflit potentiel d'intérêts » ne peut à la fois remplir son devoir et voter. Ou bien il vote et trahit sa fonction ou sa charge, ou bien il vote en affirmant qu'il défend l'intérêt de tous les actionnaires : cette profession de foi ne garantit toutefois pas l'exercice d'un jugement libre, indépendant et impartial, ou bien enfin il s'abstient et justifie son abstention par son « conflit d'intérêts ». Cette dernière attitude est toutefois nette. II. « Conflit apparent/avéré » Quand l’actionnaire d’une société cumule les fonctions d’administration, ou de surveillance et/ou de direction, le conflit est apparent. L’administrateur représente les intérêts de tous les actionnaires. Il ne peut donc à la fois remplir son devoir d’actionnaire et exercer une fonction opérationnelle… En effet, il y a « conflit d’intérêts » entre les salariés administrateurs, les administrateurs non salariés et indépendants. Enfin, quand l'administrateur occupe une fonction ou entretient une relation d'affaire ou financière avec une autre société concurrente, que cette relation pourrait raisonnablement laisser à penser qu'elle affectera la neutralité de son jugement, le « conflit d'intérêts », cette fois, est réel. Même s'il n'y a aucune preuve d'actes préjudiciables, un « conflit d'intérêts », qu'il soit potentiel, apparent ou avéré, crée une apparence d'indélicatesse susceptible de miner la confiance.

Conclusion Les 'Principles of Corporate Governance' sont nés d’un besoin de repenser le modèle sociétaire libéral et de la nécessité de l’adapter afin de permettre d’instaurer un véritable contrôle de la gestion sociale sans en entraver la liberté. Mais les 'Principles of Corporate Governance' ne sont pas que cela : elles ont en effet pour utilité concrète et immédiate de clarifier et de préciser les règles de fonctionnement des conseils d’administration. Elles n’ont aucune force contraignante mais elles ont une vocation unificatrice afin de maintenir un équilibre « à la loyale » entre l’intérêt des actionnaires, des dirigeants et celui de la société. La situation de conflit doit donc être examinée à l’aune du devoir de loyauté. A la différence du devoir de diligence, qui exige qu’un dirigeant agisse dans le meilleur intérêt des actionnaires, sans pour autant tirer personnellement profit de ces décisions, le devoir de loyauté doit s'appliquer en toutes circonstances, quel qu'en soit le prix à payer par tous (directeur, actionnaire, dirigeant). 4 types de mécanisme peuvent aider à prévenir ces situations : a) la mise en place d’un régime d’incompatibilités, telle que l’interdiction ou la limitation du cumul des mandats. b) la création d’un organe de contrôle et de prévention d’indépendance des administrateurs. c) établir des règles déontologiques internes. d) La mise en place d’une déclaration d’intérêts qui contiendrait le détail des fonctions, des responsabilités et des rémunérations de chacun des administrateurs. (Déclarer et non prohiber). En ouvrant cette réflexion, je souhaiterais M. le Président, Messieurs, que le sujet fasse l'objet d'un débat, et que nous mettions en œuvre, ensemble, une politique commune à l'égard des « conflits d'intérêts » au sein de ce conseil, car le conflit d'intérêts est un Janus à combattre. La transparence dissipe le soupçon.


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LES SIX PILIERS DE FAIL

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Le Food and Allied (FAIL) Group est solidement implanté à Maurice dans six secteurs d’activités complémentaires, soit la production animale, l’industrie, le commerce, les ‘business services’, l’hôtellerie et le transport maritime. Au niveau régional, le groupe est aussi présent à La Réunion, à Madagascar, ainsi

qu’en Afrique du Sud, via FTL. « La politique du groupe est de continuer à innover et à investir pour pouvoir offrir des produits de grande qualité aux prix les plus compétitifs possibles. Notre nouvelle équipe arrive avec beaucoup d’idées, d’énergie et d’envie », affirme Cédric de Spéville.

Le groupe Food and Allied Industries (FAIL) a su gérer les récentes difficultés du marché mondial grâce à une politique de gestion efficace. Mais les répercussions des récentes crises économique et alimentaire sont bien réelles. Dans l’entretien accordé à Capital, Cédric de Spéville, CEO du groupe, et président de la Chambre de Commerce et d’Industrie, avance qu’il faut redoubler d’efforts afin d’assurer notre sécurité alimentaire et saisir les opportunités d’investissement qui se présentent en Afrique | HERRSHA LUTCHMAN-BOODHUN

CÉDRIC DE SPÉVILLE

❚ Six mois après sa présentation,

quelle est votre appréciation du budget ? Le ministre des Finances a présenté un budget de continuité, qui était dans la même mouvance que le précédent. Il a privilégié trois axes majeurs, à savoir : un rééquilibrage de la croissance, accompagné d’un changement de stratégie reflétant le nouvel ordre économique mondial, l’amélioration de la productivité et l’intégration sociale. Il y a des mesures qui ont été prises très rapidement, comme annoncé par le ministre à sa prise de fonction. Par exemple, l’abolition de la taxe résidentielle ou encore l’abolition de la taxe sur les intérêts. Par contre, les ‘policy measures’ prennent un peu plus de temps à être appliquées. On garde espoir que ça aboutira. Ceci étant dit, nous nous attendons à un taux de croissance qui va tourner autour de 4,5 %. Vu le contexte dans lequel nous évoluons, c’est encourageant, mais pas suffisant. Par ailleurs, nous constatons aussi qu’en 2010, le taux de croissance était de 4,4 %, mais malgré cela, nous avons eu une hausse du chômage passant de 7,3 % en 2009 à 7,8 %. Nous devons atteindre un taux de croissance de 6 % pour assurer le plein emploi. Tous les experts à Maurice, au vu de la structure de notre économie, affirment qu’on peut atteindre ce taux. ❚ Et vous, pensez-vous qu’on peut

l’atteindre ? Jamais je ne dirai non. Je suis de nature extrêmement optimiste. Il faut que tout le monde continue le travail et vienne avec des idées pour faire avancer les choses. Je pense que le plus dangereux quand on passe par des périodes difficiles, c’est de faire des choix à court terme qu’on devra payer sur le long terme. Il faut toujours garder le cap à long terme, et arriver à une économie compétitive qui peut rivaliser avec le monde.

PHOTOS : MANOJ NAWOOR

« LA CRISE EST LOIN D’ÊTRE DERRIÈRE NOUS »


MAURICIENS DEPUIS 1790 Cédric de Spéville est un grand voyageur. Rien que pour ses études en économie et en finance, il a fait Paris, Londres et New York. Avant de rentrer à Maurice, de façon définitive, en juillet 2007 ». Un retour nécessaire. « Je le répète sans cesse : j’aime l’île Maurice. J’adore ce qu’on fait, la chance

qu’on a de contribuer au développement du pays. C’est exceptionnel de pouvoir le faire », souligne-til. Avant d’ajouter, pour qu’il n’y ait aucun doute quant à son attachement pour son île : « Ma famille est à Maurice depuis 1790. Je suis à 100 % Mauricien ».

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CONSOMMATION. Selon un récent rapport de la FAO, le prix des produits agricoles va continuer à grimper, un défi que le groupe FAIL s’attelle déjà à relever

des produits agricoles vont continuer à grimper… Forcément. Je n’ai pas eu l’occasion de voir le rapport, mais qu’un résumé… C’est du bon sens. La première loi dans toute économie, c’est l’offre et la demande. La capacité du monde à offrir est limitée, que ce soit par les problèmes d’espace, de ressources financières ou alors climatiques. La demande n’arrête pas d’augmenter. On mange plus de viande, et le bétail a besoin de maïs pour grandir. Nous, au groupe FAIL, en tant que producteur local très proche de toutes ces réalités, nous ne voyons pas de recette miracle pour inverser la tendance.

❚ Depuis quelques années, le

est quand même tributaire de ce qui se passe dans le monde car on achète sur des marchés mondiaux. Si on achète à un prix élevé, on est obligé, à un moment donné, de répercuter ces hausses exogènes sur le prix final. Cela a eu un réel impact sur notre groupe et sur les consommateurs.

monde fait face à de multiples crises. Quelles en sont les répercussions sur le plan local ? Par rapport à la récente crise économique, il faut dire que Maurice s’en sort plutôt bien et cela pour deux raisons principalement. C’est grâce, d’une part, au dynamisme du ❚ Les consommateurs n’arrivent secteur privé local et, d’autre part, à pas à comprendre cette équala cohérence des choix de notre polition… tique économique. En ce qu’il s’agit C’est pour cela qu’on explique, de la crise alimentaire qui dure dans différents forums, que Maurice depuis 2008, les prix des matières n’est pas isolé. Mais je peux conpremières ont atteint des sommets. cevoir qu’il soit incompréhensible En parallèle, la demande des pays pour un consommateur qui a du mal émergents ne cesse de croître, alors à joindre les deux bouts de voir, du que la production ne peut suivre le jour au lendemain, le prix des promême rythme. Il en va de même ❚ Comment la crise a-t-elle impacté duits de base augmenter. C’est compour les ressources énergétiques. Or, pliqué. sur les produits agronous sommes tributaires de la situaalimentaires ? tion internationale et il est clair que Les hausses des prix des matières ❚ Le gouvernement veut promoucela a un impact au niveau local. premières nous ont forcé, en 2010 et voir la sécurité alimentaire. Mais En ce qu’il s’agit de la crise au début de l’année 2011, à faire cerles résultats se font attendre… économique, on s’en sort relativetains ajustements de prix sur certains La sécurité alimentaire n’est pas ment bien. Nous n’avons pas ressenti de nos produits, notamment le un concept nouveau. Notre groupe de grands effets parce que nos banpoulet. Pour cette année, nous avons est né de ce rêve : on ne peut se perques sont bien régularisées. Mais très peu de visibilité sur l’évolution mettre, en tant que petite île au minous sommes une économie 100 % des prix des matières premières sur le lieu de l’océan, de ne rien produire. reliée à l’économie mondiale On a voulu produire de la et nous avons bien sûr manière la plus efficiente ressenti les chocs de la pépossible pour que les riode post-crise sur le plan du La demande n’arrête pas d’augmenter. On Mauriciens s’approvisiontourisme, du textile… nent à Maurice même. Ce mange plus de viande, et le bétail a besoin Puis il y a eu la fameuse est au cœur de de maïs pour grandir. Nous, au groupe FAIL, concept crise alimentaire, et le redénotre business. La sécurité en tant que producteur local très proche de alimentaire, c’est aussi les marrage de la demande des pays asiatiques au niveau de légumes. J’ai entendu dire toutes ces réalités, nous ne voyons pas de la consommation, alors qu’en recette miracle pour inverser la tendance qu’il y a problème d’irrigamême temps, il y avait des tion, que le prix des chocs sur l’offre (sécheresse, pommes d’amour risque inondation…), et la spéculation. plan international. Par conséquent, il d’augmenter… Ce sont des activités Tout cela a fait qu’en quelques seest très difficile pour nous de prédire qui ne sont pas faciles. Aujourd’hui, maines, on s’est retrouvé avec des ce qui va se passer à l’avenir. Mais en j’ai quand même l’impression que produits alimentaires vendus deux à tant qu’entreprise responsable et beaucoup de gens ont pris conscience trois fois plus chers à Maurice qu’au- citoyenne, nous essayons tant bien du problème, y compris les grands paravant. C’est un challenge qu’on que mal de contenir les prix, même si groupes. Médine, par exemple, s’est essaie de relever. ce n’est pas toujours évident. lancé dans la diversification agricole. On fait ce qu’on peut pour la pro- Chez FAIL, en dehors des autres activités du groupe, nous essayons, à duction des produits de base à Mau❚ Le rapport de la FAO, ‘Outlook notre manière, de sensibiliser les rice, mais cela reste très limité et on 2011-2020’, prévoit que les prix

Mauriciens à cet enjeu. Comme vous le savez, la Fondation Solidarité du groupe Food and Allied, avec le support de l’Agricultural Research & Extension Unit (AREU), a lancé un concours national de jardinspotagers, « Nou plante, nou manze ». Le projet répond à un double ob-

Je crois qu’il y a un grand intérêt des groupes mauriciens pour l’agroindustrie en Afrique. Pour ne citer que quelques-uns, il y a le groupe CIEL en Tanzanie, le groupe Ramphul Ltd au Mozambique, et bien d’autres encore, comme la BAI jectif : d’une part, valoriser la production de légumes par les familles mauriciennes, et d’autre part, éveiller la conscience de chacun sur la nécessité de produire ce que nous mangeons, et créer une émulation sur ce thème à l’échelle nationale. ❚ Comment le groupe FAIL gère-t-

il les effets de l’instabilité du prix du pétrole, de la hausse des coûts du fret ou encore de la fluctuation de la roupie ? Au niveau du groupe, nous avons su traverser la crise sans trop de conséquences pour nos opérations grâce à une politique de gestion prudente et rigoureuse. Mais la crise est loin d’être derrière nous. Il faut donc rester attentif et vigilant. Historiquement, et encore aujourd’hui, nous sommes un groupe entrepreneur, qui affiche une certaine rigueur de gestion. Personnellement, je suis satisfait que ces qualités nous aient permis de gérer la crise sans trop de répercussions. On a su maintenir notre croissance. Ce qui a drastiquement changé, suite en page 10


LE RAVENAL : LOGO INSPIRÉ DE LA NATURE

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Le ravenal, ou arbre du voyageur, est endémique de l’océan Indien. Son nom lui vient de l’entrecroisement de ses feuilles, qui lui permet de recueillir l’eau de pluie, offrant au voyageur à la fois un abri et de quoi étancher sa soif. Cet arbre est symbolique de l’image du groupe Food &

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Allied et de ses valeurs intrinsèques que sont le professionnalisme, l’intégrité et l’honnêteté. Un tronc solide, représentant l’activité avicole des débuts, et des feuilles harmonieusement entrelacées incarnant la cohésion des entreprises dans la diversification des services.

VOLATILITÉ. Les incertitudes sur les marchés de matières premières rendent la tâche des producteurs beaucoup plus difficile

en dehors du niveau des prix, c’est la volatilité sur les marchés des matières premières : les horizons deviennent plus courts, les risques augmentent et cela rend la gestion des approvisionnements beaucoup plus complexe. Il arrive qu’on se réveille le matin et que pendant la nuit, le blé est monté de 20 dollars. Cela nous force à ne plus être que des producteurs, mais à comprendre les instruments financiers et les outils complexes de couverture, les marchés à terme, etc. Nous avons ainsi une unité qui se concentre dessus pour être sûr qu’on arrive à comprendre ce qui se passe dans le monde. Cela donne une autre dimension au business. ❚ Maurice est largement dépendant

de ses importations. Nous ne sommes donc pas à l’abri de l’inflation. Comment celle-ci va-telle évoluer ? Depuis quelques mois, nous connaissons une poussée inflationniste marquée par la hausse des prix des matières premières et, par extension, des denrées alimentaires. Ces ajustements sont liés à la hausse de la demande, principalement venant des pays émergents, mais aussi et surtout de par la rareté de plus en plus évidente des matières premières. Les différents observateurs tablent sur une inflation d’environ 6 % pour l’année, ce qui est loin d’une inflation à deux chiffres. Il ne faut pas oublier que notre pays a connu par le passé une inflation à deux chiffres, soit 13,5 % en 1990, 10,5 % en 1993 et presque 10 % plus récemment, soit en 2008. Entre 1975 et 2010, la moyenne du taux d’inflation a été de 8,6 % par an. De plus, dans la dernière décennie d’avant la crise, la moyenne du taux d’inflation était de 6,4 % par an. Il faut malgré tout accompagner les personnes les plus vulnérables pour les aider à franchir cette évolution brutale du fonctionnement de

Jamais je ne dirai non. Je suis de nature extrêmement optimiste. Il faut que tout le monde continue le travail et vienne avec des idées pour faire avancer les choses. Je pense que le plus dangereux quand on passe par des périodes difficiles, c’est de faire des choix à court terme qu’on devra payer sur le long terme. Il faut toujours garder le cap à long terme, et arriver à une économie compétitive qui peut rivaliser avec le monde

l’économie mondiale. De plus, le taux de chômage approche dangereusement la barre des 10 %. Selon le dernier rapport de l’OCDE, le risque majeur quant à la reprise économique reste le taux de chômage élevé de par le monde. La priorité reste donc la lutte contre le chômage, et ce n’est pas une politique restrictive qui permettra de créer des emplois. Toutes les décisions de la Banque centrale sont donc très attendues, puisqu’elles peuvent avoir des effets sur l’économie. Il s’agit de trouver le bon équilibre. ❚ Votre groupe investit massive-

ment à Madagascar et au Mozambique. L’Afrique est-elle porteuse d’espoir pour les entrepreneurs mauriciens ? Nous sommes effectivement présents à Madagascar depuis une quinzaine d’années, soit depuis 1995. Nous avons trois sociétés solides dans la Grande île et on y emploie un peu plus de 400 personnes. Elles fonctionnent bien et contribuent plus d’un milliard de roupies au chiffre d’affaires du groupe. Le groupe a su s’intégrer de manière responsable, en nous assurant que les bénéfices soient partagés avec les Malgaches à chaque étape de notre développement. On a commencé très lentement, et ensuite, chaque phase de développement, nous l’avons fait en collaboration avec des Malgaches Parallèlement à Madagascar, nous avons des intérêts commerciaux au Mozambique, où nous sommes actionnaires d’un groupe, mais pas promoteurs. Nous notons aussi, avec les Seychelles, La Réunion et certains pays d’Afrique de l’Est, un courant d’affaires grandissant. Je crois qu’il y a un grand intérêt des groupes mauriciens pour l’agroindustrie en Afrique. Pour ne citer que quelques-uns, il y a le groupe

CIEL en Tanzanie, le groupe Ramphul Ltd au Mozambique, et bien d’autres encore, comme la BAI. Il y a de plus en plus de groupes mauriciens qui souhaitent y être présents, car il y a des opportunités. Quel est le continent le moins développé au monde ? L’Afrique. Il y

Il y a des mesures qui ont été prises très rapidement, comme annoncé par le ministre à sa prise de fonction. Par exemple, l’abolition de la taxe résidentielle ou encore l’abolition de la taxe sur les intérêts. Par contre, les ‘policy measures’ prennent un peu plus de temps à être appliquées. On garde espoir que ça aboutira

a tout à critiquer : pas de routes ou d’aéroports. Mais ce sont autant d’opportunités à saisir, même si l’Afrique demande, bien sûr, un peu plus de prudence que si on investit dans d’autres marchés. Notre priorité, au groupe FAIL, c’est Maurice, et contribuer à sa croissance avec de bons produits. Maintenant, il y a des opportunités de développement ailleurs. C’est pourquoi on a d’autres projets à Madagascar, et qu’on regarde actuellement vers l’Afrique de l’Est. ❚ L’instabilité politique à Madagas-

car a-t-elle eu un impact sur les opérations du groupe dans la Grande île ? Fort heureusement, l’instabilité politique n’a pas eu beaucoup d’effets sur nos activités. Cependant, je souhaite vraiment que les choses aillent mieux à Madagascar, car c’est une île extraordinaire avec un peuple formidable, et qui a un potentiel de


LEADER DE LA FILIÈRE AVICOLE Grace à l’expansion de son unité de Processing et à la certification Hazard Analysis at Critical Control Points (HACCP), Food and Allied Industries Ltd a consolidé sa position comme le leader de la filière avicole intégrée, as-

surant toutes les étapes de l’élevage. Aujourd’hui, l’entreprise opère un nombre de fermes réparties à travers le pays pour des raisons de biosécurité. Elle propose aussi un partenariat de production à des ‘contract growers’

pouvant assurer la rigueur de l’élevage industriel de qualité. Enfin, par le truchement de la Maison du Petit Aviculteur, FAIL assure également un service conseil et de fourniture de poussins aux éleveurs.

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développement énorme. Il y a une certaine interdépendance entre la société malgache et notre groupe, ce qui fait qu’on est solide là-bas. C’est pourquoi, pour des raisons émotionnelles et d’affaires, nous souhaitons tous que la crise malgache soit résolue. Quant à nous, on ne peut qu’y poursuivre nos affaires. ❚ Selon le Board of Investment

(BoI), la coopération triangulaire Maurice-Singapour-Congo ouvrira la voie aux entreprises mauriciennes… Oui, définitivement. Cela va aider les entreprises mauriciennes. Nous avons beaucoup à apprendre de Singapour dans de nombreux domaines. La visite du président de Singapour à Maurice a permis de raffermir les liens entre les deux pays. C’est une excellente chose. Il y a des liens qui se sont tissés. Maintenant, il faut que les choses avancent. Le modèle triangulaire imaginé avec le Congo est un ‘test case’ intéressant qui pourrait, s’il apporte les résultats souhaités, ouvrir la porte à des partenariats similaires avec d’autres pays d’Afrique. Si cela porte ses fruits, c’est un modèle qu’on pourra répliquer pour d’autres pays d’Afrique. On peut être les ‘masterminds’ derrière une zone économique exclusive au Congo, parce qu’on a le savoir-faire. Même si on n’est qu’une île au milieu de l’océan, on est aussi au centre des flux financiers pour les investissements en Afrique. Je suis cependant convaincu qu’on ne peut pas dire qu’il faut tout copier sur Singapour. Il y a beaucoup de choses à apprendre d’eux : leur efficience, la qualité de leur service public… They mean business. Mais c’est aussi une autre culture et une autre réalité géographique. ❚ Quelles sont les difficultés, en

termes de logistique et d’infrastructures, que vous rencontrez en Afrique ? Il est vrai qu’il y a certains problèmes d’infrastructures en Afrique. Notamment au niveau des routes et de l’accès aérien. Par exemple, il n’y a pas de vols directs vers le Mozambique ou la Tanzanie. Il y a aussi un problème dans la fourniture d’eau et d’électricité. Mais je crois que, petit à petit, les choses s’améliorent. Les difficultés existantes sont en fait des opportunités pour le business. Il reste beaucoup à faire et je n’ai aucun doute que l’Afrique sera bientôt le nouveau pôle qui tirera la croissance mondiale vers le haut. Tout ça, c’est aussi une question d’opportunité : qu’est-ce qui arrive avant ? Faut-il résoudre tous ces problèmes et démarrer le business ? Ou alors ces problèmes sont-ils justement les raisons pour lesquelles le business

Les hausses des prix des matières premières nous ont forcé, en 2010 et au début de l’année 2011, à faire certains ajustements de prix sur certains de nos produits, notamment le poulet. Pour cette année, nous avons très peu de visibilité sur l’évolution des prix des matières premières sur le plan international. Par conséquent, il est très difficile pour nous de prédire ce qui va se passer à l’avenir

AJUSTEMENTS. Malgré un contexte difficile, le groupe FAIL travaille sur des stratégies pour maintenir un bon équilibre en termes des prix de ses produits

Ce qui a drastiquement changé, en dehors du niveau des prix, c’est la volatilité sur les marchés des matières premières : les horizons deviennent plus courts, les risques augmentent et cela rend la gestion des approvisionnements beaucoup plus complexe

arrive ? ❚ Abordons maintenant un autre

volet : les Mauriciens ont-ils su profiter de l’AGOA pour exporter sur le marché américain ? Maurice a bénéficié pleinement de l’AGOA à travers le textile. La dérogation concernant les ‘Third Country Fabrics’ nous a permis d’exporter de manière considérable nos produits textiles aux Etats-Unis. Il faut aussi savoir que l’AGOA ne touche pas que le textile. Il y a d’autres produits qui peuvent être exploités. ❚ Maurice bénéficie-t-elle toujours

de l’AGOA ? Maurice est toujours éligible à bénéficier de l’AGOA. Si je ne me trompe, nous allons demander une extension de la dérogation du ‘Third Country Fabric’, qui va arriver à expiration fin 2012. Tous les pays de l’Afrique subsaharienne vont sûrement faire du lobbying à ce sujet.

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❚ Comment voyez-vous la diversifi-

cation de nos marchés, et par la même, l’émergence des pays BRICS ? Je crois qu’il est essentiel de diversifier nos marchés. Comme je l’ai dit auparavant, dans le dernier budget, le ministre des Finances a donné un signal clair à ce sujet. Il est évident qu’il faudra compter sur les pays comme l’Inde ou la Chine durant les prochaines années. Mais n’oublions pas nos grands partenaires commerciaux, l’Europe et les Etats-Unis, qui continueront à l’être. Il ne faut pas renier le passé, mais être équilibré. Je pense que c’est ce que le ministre des Finances a voulu dire dans son budget en parlant de « rebalancing ». Toutefois, il faudra résoudre le problème de l’accès aérien. Aujourd’hui, il n’y a pas de suffisamment de vols sur certaines destinations. Et sans accès aérien facile, les choses ne vont pas s’arranger.


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ENERGIE : PLAN D’ACTION REMIS À LA COMMISSION EUROPÉENNE

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Le plan d’action de l’Energie 20112025 sera soumis à la Commission européenne, dans le cadre du décaissement des fonds en vertu du General Budget Support Programme. Le plan prévoit, entre autres, la mise

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GREEN BUSINESS MERCREDI 29 JUIN 2011

LES PLANTEURS ont déjà donné l’avertissement : la dure sécheresse qui sévit affectera la production. Répercussion donc inévitable sur les prix au marché. Le concours national « Nou plante, nou manze », une initiative du Food and Allied Group of Companies (F&A), à travers sa Fondation Solidarité, répond à un double objectif. D’une part, valoriser la production de légumes par les familles mauriciennes, et, d’autre part, éveiller la conscience, tout en créant une émulation sur ce thème à l’échelle nationale. F&A souhaite promouvoir et valoriser le jardin potager familial. « Nou plante, nou manze » est ouvert à tous les Mauriciens, professionnels exclus. Trois catégories sont proposées : les potagers existants, les nouveaux potagers et les potagers situés sur le toit, sur la terrasse ou en conteneur. Pour les deux premières catégories, la surface minimum cultivable est de 5 mètres carrés. Le concours, qui s’étalera sur trois mois, bénéficie du support de l’Agricultural Research & Extension Unit (AREU) du ministère de l’Agro-industrie. Le coup d’envoi est prévu pour le 20 juillet. CONSEILS PRATIQUES Ceux désirant y participer ont jusqu’au 11 juillet pour s’inscrire. Les organisateurs précisent que « pour des raisons pratiques et logistiques, seuls les 1 000 premiers inscrits seront retenus ». Les bulletins de participation seront publiés dans la presse et seront également disponibles dans les bureaux

en place d’institutions telles que l’Observatoire de l’Energie, les mécanismes de renforcement des capacités ainsi que d’autres mesures visant à accroître l’efficacité énergétique et le développement des éner-

gies renouvelables. La vision derrière ces mesures est d’assurer que Maurice puisse subvenir à 35 % de ses besoins en énergie sous forme d’énergie renouvelable d’ici à 2025.

SÉCURITÉ ALIMENTAIRE

Mille jardins potagers pour un concours

On n’y échappera pas : les légumes se feront de plus en plus rares et leur prix n’arrêtera pas de grimper. De nombreuses voix continuent à plaider pour un retour à la tradition du jardin potager. L’un des pionniers de l’industrie locale de l’alimentation a décidé de joindre le geste à la parole. | HERRSHA LUTCHMAN-BOODHUN

des conseils de villages. Pendant toute la durée du concours, les techniciens de l’AREU prodigueront des conseils pratiques aux candidats en se rendant à leur domicile. Au total, trois visites par candidat sont prévues. Pour mener à bien le projet, tous les participants du concours « Nou plante, nou manze » recevront un « starter kit ». Il comprendra les items suivants: semences, boutures et plantules (carottes, haricots, laitue,

patate douce, tomate, thym, persil, céleri), outils, arrosoir, fertilisant, de même qu’un livret édité par l’AREU intitulé « Produisons ce que nous consommons. » Les résultats seront connus en novembre. Le premier prix pour les trois catégories est un bon d’achat d’équipements de jardinage d’une valeur de Rs 20 000. Le deuxième prix est un bon d’achat d’une valeur de Rs 15 000, alors que le troisième prix est un bon

d’achat de Rs 10 000. « Nous espérons que cette initiative va permettre de vulgariser le concept du jardin potager à Maurice. C’est notre objectif, d’où d’ailleurs le partenariat avec l’AREU. Par ailleurs, la formation des familles aux méthodes de plantation leur permettra d’avoir accès de manière pérenne à des légumes de qualité. Cette production leur assurera une partie de l’alimentation familiale », déclarent les organisateurs.

Des enfants de Briquetterie nettoient la réserve de Rivulet LES ACTIVITÉS autour de l’environnement ont été légion au cours de ce mois de juin qui s’achève. Une soixantaine d’écoliers de la cinquième et de la sixième de l’école primaire de Briquetterie, à Port-Louis, ont participé, la semaine dernière, à une journée de nettoyage de la réserve d’oiseaux de Rivulet, à l’estuaire du ruisseau de Terre-Rouge. L’initiative en revient à Holcim (Mauritius) Ltd, qui a organisé une journée de nettoyage autour de ce sanctuaire unique à Maurice. Une activité qui vient renforcer la politique sociale du groupe dans le domaine de l’environnement. La cimenterie a voulu sensibiliser les jeunes sur la nécessité de réduire la pollution et de protéger les habitats naturels des oiseaux migrateurs.

Le Managing Director d’Holcim (Mauritius) Ltd, Alexandre Jeker, a souligné que « la mission de notre entreprise est de construire les fondations pour la société de demain, et pour cela, nous devons chaque jour œuvrer davantage à la protection de l’environnement. Cette année, nous avons voulu marquer l’année internationale des forêts pour sensibiliser les jeunes en procédant à une activité de nettoyage. Les jeunes d’aujourd’hui représentent l’avenir et il est donc important pour nous d’aller vers ces derniers pour les sensibiliser à la protection de l’environnement. » Le Rivulet Bird Sanctuary couvre une superficie de 26 hectares et est visité chaque année par plus d’un millier d’oiseaux migrateurs qui fuient l’hiver prévalant dans l’Hémisphère nord. Holcim

(Mauritius) trouve que c’est un endroit qui mérite une attention particulière, car il est un important refuge pour des oiseaux tels que le ‘Grey Plover’, le ‘Ruddy Turnstone’ et le ‘Little Green Heron’. Selon la Coordinatrice CSR de Holcim (Mauritius), Priscille Noël, « cette journée symbolique a été organisée car nous avons remarqué, qu’après la saison des pluies, l’estuaire de Terre-Rouge, qui est un site protégé, était rempli de déchets. Cette activité est donc l’occasion de conscientiser la communauté locale à la nécessité de protéger cet habitat naturel. A travers des activités et des discussions pendant cette journée, nous sommes confiants de pouvoir éduquer ces enfants afin qu’ils agissent, à leur tour, comme modèles en sensibilisant leurs proches à l’importance de protéger l’environnement. »

Maurice célèbre l’Année internationale des Forêts

LE LANCEMENT officiel a eu lieu à la réserve de Monvert, à Forest-Side, en présence du ministre de l’Environnement, Deva Virahsawmy, et du ministre de l’Agro-industrie, Satish Faugoo. Dans son discours de circonstance, ce dernier a souligné l’importance des arbres et des forêts, tout en affirmant que les activités de ce genre ont pour objectif de sensibiliser l’opinion sur la nécessité de renforcer la gestion, la conservation et le développement de tous types de forêts pour les générations présentes et futures. Lors de cette journée, des posters et pamphlets ont été distribués, ainsi qu’un livret sur l’inventaire de la faune de Maurice. Un clip vidéo préparé par le Forestry Service a également été présenté.

Les jeunes s’intéressent au tourisme durable

UN ATELIER de travail de quatre jours a eu lieu la semaine dernière pour débattre du tourisme durable, à QuatreBornes. Le thème en était : «Agissons maintenant pour promouvoir les emplois verts et le tourisme durable dans l’océan Indien». L’atelier a été organisé conjointement par le ministère de la Jeunesse et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Une trentaine de jeunes dans la tranche d’âge 18 à 30 ans, venant des Seychelles, des Comores, de Djibouti, de Maurice et de Madagascar, y ont participé. Les sujets abordés lors de ces journées étaient le tourisme durable, le développement durable (causes, conséquences et stratégies liées au changement climatique), les emplois verts ainsi que les méthodes de conscientisation. Décision a été prise, à la fin de l’atelier, de produire un film sur le sujet afin d’y sensibiliser davantage les jeunes.


W. EDWARD DEMING : THE FATHER OF CONSULTING

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Deming (1900–93) was a mathematical physicist, a teacher, and a management consultant. He had a significant impact on business managers, first in Japan and then in the United States. He was an advocate of quality control

MANAGEMENT GURUS

THE NEW WAVE THE GREAT Mughal emperor Akbar set up an inner council of nine advisors known as ‘Navaratna’, which in Sanskrit means ‘Nine Jewels’. Mahesh Das Bhat, commonly known as Raja Birbal, was the grand vizier of the Navaratna, and was considered as one of the world’s most intelligent administrator of the medieval era. The fact that every display of virtue and wisdom by poets and scholars was rewarded with gold and princely gifts depicts the thirst of the ruler to nurture his knowledge. Today’s world is no different, with our political and business leaders on the constant lookout for inspiration and stimulation. But the new configuration has led to successful businessmen detaining power and scholars being replaced by management gurus. The new management gurus trot the globe selling their theories and performing in an industry which relates now more to entertainment. As CEOs flock to attend any bit of impresario, others follow in attempts to build network which often run futile. Using lively examples, telling your audience what they like to hear, relating stories which the attendees have lived, giving a message of hope, all these have the combined effect of relieving the stressed boss who has in fact just spent some good time relaxing, away from work. Obviously, for many, the next day is always back to normal. For the technocrats, it’s another theory to which employees shall have to adhere. And of course, for the organizers, it’s been good money.

methods and industrial production. Deming’s 14 points, referred to as “A System of Profound Knowledge”, are a basis for transformation of industry. They can apply to small and large organizations, to the service industry

as well as to manufacturing. Deming brought together ideas from many sources and emphasized the importance of human factors in achieving excellence and the importance of continuous improvement.

In ancient civilizations, rulers were obsessed by the thirst to know more on the tales and experience of people outside their kingdom. To acquire more knowledge, the rulers were always surrounded by learned scholars who traveled beyond the kingdom and returned with stories which at times would inspire admiration or even trigger war. Have we evolved or are today’s trends merely old wine in a new bottle?

THE WORLD’S MOST RESPECTED MANAGEMENT THINKERS (IN ALPHABETICAL ORDER): 1.

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Gary Becker, winner of the 1992 Nobel Prize in Economics for his work on Human Capital Michael A. Cusumano, author of “Competing on Internet Time” Peter Drucker, billed the father of modern management, author of “Concept of the Corporation” Daniel Goleman, author of the best seller “Emotional Intelligence” Gary Hamel, author of “Leading the Revolution” Michael Hammer, co-author of “Reengineering the Corporation” Charles Handy, author of “The Age of Unreason and Age of Paradox” Robert Kaplan, author of “The Balanced Scorecard: Translating Strategy into Action (also with D. Norton)” John Kotter, John P. Kotter on “What Leaders Really Do” Philip Kotler, co-author of “Marketing Moves: A New Approach to Profits, Growth & Renewal” Kenichi Ohmae, author of “The Invisible Continent: 4 Strategic Imperatives of the New Economy” C. K. Prahalad, co-author of “Competing for the Future: Breakthrough Strategies for Seizing Control of Your Industry and Creating the Markets of Tomorrow” Michael E. Porter, author of “Competitive Strategy: Techniques for Analyzing Industries and Competitors” Edgar Schein, inventor of the term “Corporate Culture" Peter Senge, MIT professor and author of “The Fifth Discipline: The Art and Practice of the Learning Organization” HONORABLE MENTION

16. Alvin Toffler, author of “Future Shock” and “The Third Wave” 17. Tom Peters, author of “In Search of Excellence” 18. Ken Blanchard, author of “One Minute Manager” 19. Anthony Robbins, author of the “Personal Power” series 20. Stephen Covey, author of “The Seven Habits of Highly Successful People”


C. K. PRAHALAD’S FIRST LESSON Coimbatore Krishnarao Prahalad was considered one of the world’s top 10 management thinkers. His theory “fortune at the bottom of the pyramid” is followed by many corporations in emerging markets. The story goes

THE BILLION DOLLAR INDUSTRY The re-engineering craze is merely the latest, most potent example of the bewildering power of management gurus throughout this century. Interest in management theory went into overdrive in the 1980s as the rich world, and America in particular, tried to come to terms with the rise of Japan, the spread of computers, and radical changes in working patterns. For a new breed of increasingly evangelical management theorists, led by Tom Peters, the accompanying corporate self-analysis proved a bonanza. In the summer of 1982, Peters and another consultant from McKinsey, Robert Waterman, published “In Search of Excellence”, which boldly (and correctly) told American businessmen that they were in better shape than they thought. The book turned its authors into millionaires. Ever since “In Search of Excellence”, the guru industry has boomed. The gurus themselves are only the most visible tip of a much larger management iceberg that incorporates business schools, management consultancies, and much of the business press. American firms alone now spend $20 billion a year on outside advice. Even in cynical Britain, some 40 companies provide adventurebased management training courses in which fat merchant bankers and balding bond traders swing across rivers and tell their colleagues what they really think about them. STRESS ERA Wherever management theory has been invoked, fear and stress seem to have followed. Despite their invariable presence at the scene of the crime, the gurus have not yet been rounded up for questioning. In one way, this is right. The underlying reasons why people have lost their jobs (or feel more insecure in them) have to do with competition, technological change, and government budgets. However, it is not quite enough for the management gurus to claim that they were the servants of macroeconomic forces beyond their control. Management theory has played an enormous role in how those forces have affected people. While most other academics - even scientists and economists - have to wait decades to see their work have any practi-

that Prahalad learned his first management lesson at Union Carbide, which he joined in 1960, when he was only 19. After noticing that many temporary workers were using old or torn gloves (managers gave out new gloves

according to seniority), Prahalad argued for distributing new gloves to the workers who handled the most dangerous stuff. His manager was impressed and began mentoring him by bringing him business books.

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THE MANAGEMENT A-LIST

Peter Drucker

cal impact, the gurus’ ideas are often tested immediately. Yet, this intellectual discipline is far from respectable. As Peter Drucker puts it, people use the word “guru” only because they do not want to say “charlatan”. The most common criticism of management theory focuses on the fourth charge: its faddishness. True, management theorists have a passion for permanent revolution that would have made Leon Trotsky or Mao Zedong green with envy. But, such complaints miss the point. The real problem is that management theory is pulling institutions and individuals in conflicting directions. Most management theorists have not worked out whether it is important to be global or local, big or small, to be run in the interests of shareholders or stakeholders. Usually, they end up telling managers to do both. One of the more fashionable words in management theory is “trust”. This, the theory holds, will keep “knowledge workers” loyal and productive. Yet the gurus also preach “flexibility”, usually shorthand for firing people.

GURUS’ FOOTPRINT KENNETH BLANCHARD Dr. Kenneth Blanchard is a business writer, consultant, and co-founder of the Ken Blanchard Companies of Escondido, California. He has made many contributions in the field of human resources development and formulated the situation leadership model and several management styles. Blanchard is most famous for coauthoring the book “The One Minute Manager” (1981). This book shows how managers can set goals and give feedback to employees

Kenneth Blanchard

Wherever management theory has been invoked, fear and stress seem to have followed. Despite their invariable presence at the scene of the crime, the gurus have not yet been rounded up for questioning with advice such as “Everyone is a winner” and “Catch someone doing something right.” The book states that one should look at the goals set and then look at performance to see if performance matches goals. Managers should praise employees for what they are doing right and, if they are doing something wrong, tell them how to fix it and reaffirm them. Kenneth Blanchard also coauthored “Management of Organization Behavior: Utilizing Human Resources”. STEPHEN COVEY Stephen Covey is a lecturer, author, and founder of the Covey Leadership Center in Provo, Utah. He focuses on subjects including leadership and personal and organizational effectiveness. He has a unique style of personal development teaching that involves promoting individual development, discipline, and self-control, and he challenges organizations to treat their employees more holistically as a way to achieve greater productivity. In “The Seven Habits of Highly Effective People” (1989) Covey states: 1. Be proactive. Be responsible and take the initiative. 2. Begin with the end in mind. When you start any-

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thing such as a day at the office or a meeting, make a mental image of an outcome that conforms to your values. Put first things first. Discipline yourself to subordinate your feelings, moods, etc. Think win/win. Seek first to understand, then to be understood. Listen with the intent to empathize, not with intent to reply. Synergize. Create a whole that is greater than the sum of its parts. Sharpen the saw. Engage one’s mental, emotional, physical and spiritual capabilities.

Stephen Covey is also the author of “How to Succeed with People” (1971), “Principle-Centered Leadership” (1991), and “Daily Reflections for Highly Effective People” (1994). PETER DRUCKER Peter Drucker was a management consultant, economist, author, and teacher specializing in strategy and policy for businesses and nonprofit organizations and in the work and organization of senior management. One of the most influential writers and speakers on organization and management, Drucker thinks management is an important component to all organizations in society. “The Essential Drucker” summarizes key points from Drucker’s works from 1954 to 1999. It covers such topics as management in the organization, society and management, and management and the individual. Highlights of Drucker’s thoughts on management include: • Management is about human beings. It makes people

The International Institute of Management’s (IIM) Management Society recognizes and honors the work of the world’s top management thinkers. A team of IIM researchers conducted the study. Researchers’ criteria for accepting nominations included the importance of published work, media coverage and recognition within the consulting, academic and international management communities. The list is provided in alphabetical order (by last name), and it does not provide a quantitative ranking of the nominees. However, the most respected groundbreaking works were from Michael E. Porter, followed by Robert Kaplan. The most recognized names were Stephen Covey and Anthony Robbins, and the most quoted criteria for nomination were their publications.

capable of making their weaknesses irrelevant and their strengths effectual - this is what an organization is about and what makes management important. • Management is a part of culture. It deals with uniting people in a common venture. • An enterprise or business does not exist unless there is a commitment to common goals and shared values. • Training and development must be ongoing for businesses and enterprises so that their members can grow as needs and opportunities change. • Every business or enterprise should be built on individual responsibility and communication amongst its members. • In addition to the amount of output and the bottom line, productivity, market standing, development of people, and good financial results are important to an organization’s performance and survival. • One of the most important results of a business is a satisfied customer. Other books by Peter Drucker include “The Concept of the Corporation” (1946), “The New Society: The Anatomy of the Industrial Order” (1950), “The Practice of Management” (1954), “The Effective Executive” (1967), “Management Challenges for the 21st Century” (1990) and “The Executive in Action” (1996)


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KASHER : VERSION JUIVE DU HALAL

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En hébreu, le mot « kasher » signifie « propre à la consommation ». Comme le halal, il renvoie à une loi alimentaire, la « kashrout ». Il s’agit de l’ensemble des prescriptions alimentaires rituelles du judaïsme, tel qu’en-

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seigné dans le Lévitique, livre de l’ancien testament. Parmi les lois figure l’interdiction de consommer le sang et les animaux qui se nourrissent d’autres animaux, ce qui exclut les animaux de proie comme les lions

et ceux qui parcourent les fonds des mers à la recherche des déchets laissés par les autres. Le lait et la viande ne peuvent non plus être consommés au cours d’un même repas.

PRODUITS HALAL

UN SACRÉ BUSINESS… A l’origine, déclarer halal un produit voulait dire qu’un musulman pouvait l’acheter ou en consommer. Le commerçant, lui, y voyait une fastidieuse obligation. Plus maintenant : le marché des produits halal explose, ouvrant de nouvelles perspectives d’investissement à Maurice comme ailleurs | SINDY MOONESAWMY MANGER SAIN, ce n’est pas uniquement avoir une alimentation équilibrée. Pour les personnes de foi musulmane, il s’agit aussi de choisir la nourriture dite « halal ». Ce terme, qui signifie littéralement « permis », définit ce qui est autorisé au musulman. A l’opposé, tout ce qui est « haram » est interdit. Ne pas obéir à cette loi est considéré comme un péché. Ce serait peut-être aussi un péché, d’un autre genre, que de ne pas exploiter le potentiel du marché mondial du halal. Ainsi, pas plus tard que le 26 avril dernier, un protocole d’accord a été signé entre le Halal Research Council, un organisme international, et le Halal Council de la Jummah Mosque, pour la promotion de l’industrie, de la recherche et de l’enseignement halal, ainsi que pour l’exportation des produits halal mauriciens. Lors de la cérémonie qui a eu lieu à Quatre-Bornes, Zubair Mughal, CEO du Halal Research Council, et Nisar Ahmed Ramtoola, président de la Jummah Mosque, ont signé le protocole d’accord en présence de nombreuses personnalités connues, dont Cassam Uteem, ancien président de la République de Maurice, et Shakeel Mohamed, ministre du Travail et des Relations industrielles. Dans son discours, Muhammad Siddique, haut-commissaire du Pakistan à Maurice, a déclaré qu’il y a un marché considérable pour les produits halal, et que ce protocole d’accord entre le Pakistan et Maurice peut jouer un rôle vital dans le développement d’une véritable industrie halal. Il a ajouté que « the volume of halal market is 2.3 trillion dollars at this moment, which includes halal food, halal banking and finance, halal tourism, halal cosmetics and halal logistics... ».

Avec un marché mondial constitué de plus de 2,6 milliards de consommateurs et estimé à 560 milliards de dollars, l’intérêt pour les produits et services certifiés halal, dont l’habillement et les produits pharmaceutiques, continue d’augmenter, faisant de ce qui est au départ une loi religieuse, une ‘market force’ non négligeable. BIEN TRAITER LES ANIMAUX Si les termes halal ou haram peuvent s’appliquer à tous les aspects de la vie du musulman, à Maurice, on l’entend surtout prononcé en lien avec la nourriture. Il en va ainsi, par exemple, pour tout ce qui est chair animale. Siddick Emrith est imam de la mosquée de Stanley, connue comme la « Masjid Fatima », depuis huit ans. Pour qu’une viande soit halal, nous expliquet-il, « il faut d’abord que l’animal soit égorgé vivant et qu’il ait la tête tournée vers La Mecque quand on le vide de son

Avec un marché mondial constitué de plus de 2,6 milliards de consommateurs et estimé à 560 milliards de dollars, l’intérêt pour les produits et services certifiés halal, dont l’habillement et les produits pharmaceutiques, continue d’augmenter, faisant de ce qui est au départ une loi religieuse, une ‘market force’ non négligeable

sang. Il faut lui couper la trachée, l’œsophage et les principales artères et veines situées dans la région du cou, tout en prononçant les paroles sacrées, le Tasmia ». Cet homme, vêtu d’une kurta traditionnelle de couleur kaki et de son bonnet islamique, nous apprend que la bien traiter les animaux (Ihsan) est chose importante dans l’islam : « Le Prophète a beaucoup insisté sur le fait de ne pas abuser des animaux qu’on utilise et qu’on côtoie. D’après l’islam, l’homme a certes le droit de tirer profit des ressources de la terre, mais il a le devoir de le faire en bonne intelligence et avec bonté, puisque les animaux souffrent au même titre que l’homme ». C’est dans ce même esprit que la chasse n’est autorisée que pour se nourrir. Selon l’association Islamic Concern for Animals, pour qu’une viande soit halal, il ne suffit pas que la viande soit issue d’un processus obéissant à certaines règles strictement alimentaires :


LE SECRET DU SOUFISME Le soufisme est un mouvement de l’islam qui combine mysticisme et ésotérisme. C’est une recherche de Dieu qui est représentée par des pratiques secrètes, variables selon les maîtres qui l’enseignent. L’islam traditionnel le con-

sidère avec méfiance, bien que cette doctrine se veut rigoureusement musulmane. Elle se base sur l’amour de Dieu et le développement de la compassion, et se caractérise par une forme de renoncement aux biens matériels.

Fidèles à leurs pratiques, les soufis soutiennent que le prophète Mohamed aurait reçu, en même temps que le Coran, des révélations ésotériques qu’il n’aurait communiquées qu’à certains de ses compagnons.

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LA PIONNIÈRE

CERTIFICATION. Tout produit ou restaurant doit respecter à la lettre certains critères établis par les autorités musulmanes afin de pouvoir utiliser le label ‘halal’

Qu’en est-il des autres compagnies qui clament que leurs produits sont ‘halal’ sans avoir obtenu la certification de l’autorité islamique ? La Jummah Mosque s’en dissocie simplement, comme l’indique la notice suivante que l’on peut lire sur son site : « Sans vouloir causer de préjudice légal ou commun à qui que ce soit, la Jummah Mosque se dissocie donc avec toute(s) autre(s) personne(s), compagnie(s) ou organisation(s), y compris les restaurants et « fast-foods » qui clament que leurs produits sont certifiés HALAL ». il faut aussi que le traitement de l’animal vivant suive les principes musulmans. Ainsi, pour l’association, il n’est pas halal d’élever un animal comme une machine (en élevage intensif, par exemple). ABATTAGE RITUEL Une règle pas toujours respectée, et qui passe au second plan devant celles régissant l’abattage. Un habitant de Plaine-Verte, qui travaille dans un abattoir, nous explique ainsi qu’il y a « certaines règles et normes d’hygiène et de sécurité à respecter lors de tout abattage rituel ». Il nous explique que ces exigences concernent notamment l’hygiène corporelle et vestimentaire des employés de l’abattoir, la propreté des locaux et la prévention des risques sanitaires. « Je dois souligner qu’avant le sacrifice, tout le matériel qu’on utilise doit être nettoyé. Il doit aussi être gardé propre durant les opérations », ajoute-t-il. Ainsi, le couteau destiné à l’abattage rituel doit être réservé exclusivement à cet usage. Il doit être bien aiguisé avant chaque saignée. Il faut aussi que le couteau soit rigide et résistant à la corrosion et la lame doit être adaptée à la taille de l’animal. Après l’abattage, l’éviscération doit être effectuée sans délai, pour éviter le

passage de germes intestinaux qui risquent de contaminer l’animal. La manipulation des carcasses doit également être réalisée dans une hygiène parfaite, et aucun récipient, découpe ou carcasse ne doit entrer en contact direct avec le sol. Malgré toutes ces règles, certains musulmans restent sceptiques sur l’authenticité de l’étiquette halal sur les produits commerciaux. « En environnement industriel, le nombre d’intervenants et la multiplication des manipulations augmentent le risque d’erreurs, voire de fraudes », nous affirme Zaafirah, une jeune étudiante de l’Université de Maurice. D’autres jeunes, remarquant notre présence sur les lieux, ajoutent que « beaucoup de choses ne sont pas respectées et, à la fin, nous ne consommons plus d’aliments ‘halal’ ». Pour eux « bann procédure lamem pa bon. » Parmi les abattoirs qui sont certifiés halal par le Jummah Masjid Halal Council, figurent ceux de compagnies telles que Margarine Industries Ltd, Innodis, Otwo Processing Ltd, Sophalco Ltd, Butter and Dairy Enterprises Ltd, Mauritius Oil Refineries Ltd, Amaury Food Industry, Fresh and Ready Limited, Creasim Limitée, Poulet Arc-en-ciel Ltée, Debonairs, Steers et Food & Allied Industries Ltd (FAIL).

Qu’en est-il des autres compagnies qui clament que leurs produits sont « halal » sans avoir obtenu la certification de l’autorité islamique ? La Jummah Mosque s’en dissocie simplement, comme l’indique la notice suivante que l’on peut lire sur son site : « Sans vouloir causer de préjudice légal ou commun à qui que ce soit, la Jummah Mosque se dissocie donc avec toute(s) autre(s) personne(s), compagnie(s) ou organisation(s), y compris les restaurants et « fast-foods » qui clament que leurs produits sont certifiés HALAL ». NUL DOUTE PERMIS Comme ce commerçant des PlainesWilhems qui nous avoue qu’il abat luimême ses volailles selon les rites prescrits, mais sans passer par la Jummah Mosque. Cela le gêne-t-il dans ses activités ? Nullement, répond-il. De toute façon, fait-il remarquer, le musulman ne doit jamais douter du produit dit « halal », il doit faire confiance à celui qui l’affirme sans poser de questions. Notre interlocuteur va plus loin dans ses observations pour avancer que l’on ne peut être sûr à cent pour cent que le produit vendu comme ‘halal’ l’est vraiment, car les représentants de la Jumah Mosque ne peuvent être dans tous les abattoirs 7 sur 7 et 24h sur 24. « Si l’on veut être sûr à cent pour cent, l’idéal serait d’accomplir les rites soimême, de ses propres mains sur les animaux que l’on veut consommer », insiste-t-il. Il nous est aussi indiqué que des représentants de la Jummah Mosque effectuent des visites surprises régulières dans les abattoirs des compagnies susmentionnées, que les employés qui font le « Zabah » sont autorisés par la Jummah Mosque et que tout est exécuté d’après les conditions et rites islamiques approuvés par le Mufti de la mosquée.

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Food & Allied Industries Ltd a vu le jour en 1966, devenant la pionnière dans l’industrie de la volaille et de la production de poulets de table. Elle a ainsi permis au pays de réduire ses importations alimentaires. Food & Allied Industries Ltd a constamment élargi ses activités au fil du temps, allant d’une production hebdomadaire de 400 poulets, à près de 150 000 aujourd’hui. Le groupe a investi dans d’autres secteurs d’activités pour atteindre, aujourd’hui, plus d’une trentaine d’entreprises. Le Food and Allied Group of Companies est aujourd’hui présent dans une diversité de secteurs : hôtellerie, fret, services d’affaires, commerce, etc. Au fil des années, les sociétés du groupe ont mis en place un certain nombre d’accords avec de très grandes marques internationales pour leurs produits fabriqués à Maurice. Parmi, Yoplait, Candia, Miko et KFC. Quant aux marques affiliées les plus connues, elles sont Chantecler, Chantefrais, Perette, Blédor, Régal, Farmstead et Cuisto. Au coeur du Food & Allied Group of Companies, la Management & Development Company Ltd (Madco) coordonne la gestion, et supervise le développement des performances et des stratégies des différentes sociétés du groupe. Le groupe collabore avec les autorités islamiques locales depuis plus d’une trentaine d’années et les représentants de la Jummah Mosque visitent ses abattoirs régulièrement.

Les procédures à suivre pour obtenir un certificat halal commencent avec l’enregistrement de la compagnie. Le « business registration » en main, il faut se rendre à la Jummah Mosque, où l’on peut rencontrer les « halal auditors ». Ces personnes feront des visites régulières à l’abattoir concerné. Une fois le suivi effectué, et prenant en compte des critères telles les normes d’hygiène, ces derniers décident alors si le demandeur peut obtenir ou non le certificat. Chez Pizza dotkom et Mac N Ben, à Beau-Bassin, les employés nous montrent quelques-uns des certificats qui proviennent des différentes compagnies desquelles ils achètent leur viande. L’un des employés nous explique que « la population de Beau-Bassin est composée à 30 % de musulmans, et avoir un certificat ‘halal’ nous permet d’avoir cette clientèle. Et puis, aujourd’hui, nous mangeons tous ‘halal’, même si on n’est pas musulman... C’est pour la sécurité et l’hygiène ».


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LA PASSION DE LA SCÈNE

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« Mauritius » est une pièce de théâtre plutôt sombre et mystérieuse, écrite par Theresa Rebeck. Deepa Bhookhun y jouait le rôle de Jackie, protagoniste féminin. L’histoire : Après des années, Jackie et sa demi-soeur Marie

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BLING BLING MERCREDI 29 JUIN 2011

(Nathalie Ahnee) se rencontrent pour régler la succession de leur mère. Très vite, elles réalisent que cet héritage inclut de précieux timbres et Jackie voit tout de suite l’opportunité de se construire une nouvelle vie, en vendant ces

timbres. Cela entraînera des conflits, les vieilles rancunes referont surface et trois collectionneurs - Philippe (Robert Furlong), Félix (Pascal Lagesse) et Maxime (Fabien de Commarmond) vont se joindre à l’intrigue.

MODE D’EMPLOI

FEMME LIBÉRÉE NE LA LAISSE PAS TOMBER L’histoire de l’émancipation de la femme est révolue même si, à Maurice, la liberté n’est pas totalement acquise. Mais, la mode pour la ‘doña’ libérée et moderne qui travaille fait un tabac avec la « business class attitude » | SINDY MOONESAWMY

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TRAVAILLER, C’EST bien. Mais être belle et ‘trendy’ en le faisant, c’est mieux. Ainsi pense la doña de nos temps qui est présente dans quasiment tous les secteurs du monde de l’emploi. Sa façon de vivre reflète les valeurs du jet set et sa vie se conjugue donc avec argent, mode, apparence et même un soupçon d’extravagance. Alors qu’autrefois, la femme moderne, qu’on appelait aussi « femme active », représentait celle qui arrivait à concilier vie personnelle, vie sociale et vie professionnelle, celle d’aujourd’hui est « éduquée, classe, indépendante » et le travail est obligatoire pour elle, comme l’explique Eva Marie, qui occupe le poste de formatrice à Outremer Telecom. Cette dernière est l’une des quatre femmes que nous avons rencontrées. Les trois autres étant Deepa Bhookhun et Karishma Beeharry, deux fortes personnalités du monde des médias, et Me Warda Dulmar Ebrahim, jeune avocate. Pour accéder au titre de femme ‘corporate’, mis à part son boulot, certaines vont fréquenter des restaurants huppés et aller à des ‘happy hours’ ou même dans des clubs privés ou pubs branchés. Elle n’hésite pas à commander de la vodka tonic, un vin ou « un simple

WARDA DULMAR EBRAHIM : « J’AI VOULU PASSER PAR LE CHEMIN LE PLUS DUR » 25 ans et cette jeune femme est déjà avocate confirmée depuis janvier 2011. Il s’agit de Me Warda Dulmar Ebrahim. Ex-élève du « Loreto College Port-Louis » et du « Loreto College St-Pierre », elle a étudié le ‘business management’, la comptabilité et l’économie en HSC et a même été classée 3ème en ‘business management’ lors de ces examens. Ensuite, au lieu d’aller étudier le droit à l’étranger, Warda a choisi de faire ses études à Maurice car c’est le chemin le plus difficile pour devenir une bonne avocate. En 2009, elle passe ses examens de barreau où elle fait partie des trois candidats sur cent qui réussissent cet examen. Elle nous raconte son parcours d’études en se remémorant les sacrifices qu’elle a dû faire pour en arriver là, aujourd’hui. Trois ans d’études à l’Université de Maurice, un an au « Council Of Legal Education », qui est géré par la Cour suprême, sous l’égide du Juge Paul Lam Shang Leen. Ensuite, place au « pupillage », qui est, en fait, un stage, avec Jean Christophe Ohsan Bellepeau, G. Bhanji Soni et Eric Ribot SC. Warda s’est investie à fond dans ses études et a toujours voulu être avocate. Aujourd’hui, avec beaucoup de modestie, elle se dit fière et contente de faire ce métier. Son premier cas a été une plaidoirie, dans une affaire au civil mais, elle aimerait bien se lancer plus tard dans le domaine criminel. Ce métier lui procure une satisfaction personnelle car elle arrive à aider les gens et « it’s a blessing in disguise » de pouvoir aider. Ce qui compte, c’est la justice, toujours. Cette jeune femme habite avec ces parents à Port-Louis, mais elle a aussi « cinq chats et un chien », souligne-t-elle, avec un sourire qui démontre qu’elle adore les animaux. La qualité la plus importante selon Warda, c’est la simplicité et le savoir-vivre. Ayant une ceinture orange en karaté, elle aime la musique et le cinéma et surtout sortir avec sa mère les samedis. Le livre qui l’a marquée récemment, c’est « The Monk Who Sold His Ferrari » de Robin Sharma. Fan de films d’horreur qui lui procurent des sensations fortes, elle dit avoir aimé le film ‘Le Rite’. Aimant le rose, elle dit aimer aller à la mer et marcher dans le sable et voir le coucher du soleil...


UNE PRESSE FÉMINISTE VIEILLE DE 180 ANS La première publication féministe date des années 1830, en France métropolitaine. Jeanne-Désirée Veret et Marie-Reine Guindorf lancent une petite feuille militante « La femme libre », en 1832, et sollicitent l’aide de Suzanne Voilquin pour la 2ème édition. Cette publication n’aura pas beaucoup de

succès. Le premier journal féministe est lancé par Eugenie Niboyer à Lyon, qui 3 ans plus tard sortira à Paris sous le nom de « La Gazette des femmes ». En 1897 naîtra « La Fronde », lancé par MargueriteChralotte Durand. Faute d’argent, « La Fronde » disparaîtra en 1905.

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KARISHMA BEEHARRY : ‘CARPE DIEM’

Phoenix Cider ». Elle se vante de ne plus être la « femme ordinaire » mais d’être celle qui est libérée du carcan de la mère parfaite. INDÉPENDANCE A ce sujet, d’ailleurs, Deepa Bhookhun soutient : « Si j’avais un enfant, je serais devenue folle » car elle n’a « pas le temps ». Haut perchée sur ses talons noirs, elle nous raconte sa journée qui se résume à aller travailler dès 7 h 30 sans connaître l’heure du retour. Pour Karishma Beeharry, la journée débute par une séance de yoga, incontournable avant le travail. Eva Marie, de son côté, pense que pour pouvoir vivre librement, la femme doit être indépendante ou avoir un homme très compréhensif dans sa vie. La femme ‘corporate’ fait de la gym, de l’aérobic ou même du ‘zumba’ et va au club de fitness pour garder la forme et aussi la ligne. Être belle fait partie de ses atouts de femme nouvelle. Aussi, dans le domaine de la beauté, les principes de base que sont la manucure, le pédicure, l’épilation, le ‘brushing’ et le maquillage sont scrupuleusement respectés. C’est un ‘french manucure’ que l’on voit chez la très sympathique Warda Dulmar Ebrahim, qui porte des verres de contact, alors que du côté de nos deux divas de la presse, c’est le vernis à ongles qui semble avoir les faveurs. Pour Eva Marie, l’habillement est essentiel car « c’est la société pour laquelle on travaille que nous représentons ». L’idéal

Même du côté de la lingerie, la marque compte. Autoritaire, sexy, classe et intelligente, la femme moderne doit être griffée de la tête aux pieds. La « business class attitude » est son style. L’image qu’elle projette est capitale. Il lui faut, donc, soigner son apparence méticuleusement

serait donc d’être chic et formelle. Mais, elle s’empresse de rajouter que ce n’est pas uniquement l’habillement qui compte. L’attitude a aussi son mot à dire. Elle nous déclare que beaucoup d’hommes se sont sentis frustrés d’avoir une femme qui les dirige. « On dit que je suis féministe », nous ditelle avec un sourire modeste. Deepa Bhookhun nous confie à quel point elle est choquée par ces jeunes journalistes qui vont travailler en jeans et savates alors que pour une journaliste, il faut

18 ans. C’est l’âge auquel Karishma Beeharry fait ses débuts dans le monde du travail, en présentant la météo à la MBC (Mauritius Broadcasting Corporation). Elle a entamé des études de droit mais comme elle s’est vue entraîner dans le monde de la presse, elle en est devenue quasi accro, et a choisi de faire des études de communication. Elle a eu une brève expérience dans la presse écrite, mais elle finira par travailler à la radio. Passionnée par ce métier, elle sera même rédactrice en chef de Radio One, où elle a travaillé entre 2003 et 2009. Actuellement, elle travaille à Radio Plus et s’occupe aussi du business familial. Comment gère-t-elle tout cela à son âge ? Cette jeune femme coquette et sympathique, qui préfère le bleu turquoise, nous explique que le secret c’est d’avoir un agenda organisé. Ayant perdu son père il y a deux ans, elle en souffre toujours mais le courage ne lui manque pas. Un bon planning et un fort caractère étaient le cocktail parfait pour l’aider. Née un 6 juin, elle fait du yoga, ce qui l’aide pour maintenir l’équilibre et « pour plus de focus ». De plus, elle adore la lecture, surtout les bio-

être formelle au cas où elle doit aller couvrir une activité quelconque. Ce sont quatre femmes soigneusement maquillées que nous rencontrons lors des entretiens. Mais, n’oublions pas qu’avant le maquillage, il faut bien effectuer ce qu’on appelle les soins du visage. Le kit contient des produits purifiants, tonifiants et nourrissants pour la peau avec, d’abord, lait démaquillant et lotion tonique qui sont utilisés pour éliminer les impuretés en douceur.

graphies de ce gens qui ont marqué leur époque et les grands moments de l’histoire. Même si sa plus grande inspiration et admiration a été son père, elle avoue avoir apprécié la biographie de Margaret Thatcher, celle qui dit que « c’est le coq qui chante mais c’est la poule qui pond les oeufs ». Karishma aime aussi la musique, avec un goût varié allant de la ‘musique de méditation’ au ‘sly’, en passant par l’opéra. Sa devise, c’est « carpe diem », c’est pourquoi elle prend le temps de vivre sans avoir de regrets. C’est une femme épanouie, qui aime passer du temps avec sa famille, surtout sa mère, avec qui elle habite, et ses cousins et cousines. Son but c’est de réussir sa vie, non seulement du côté matériel, mais aussi au niveau personnel, c’est-à-dire réaliser ce que son père a voulu accomplir. Karishma a toujours affronté ses peurs car, dit-elle, « la vie est une perpétuelle lutte » et cela ne sert à rien d’avoir peur. Si elle trouve la personne idéale, la journaliste se mariera peut-être, mais pour le moment, c’est le travail et être avec sa famille qui compte le plus.

La femme moderne actuelle est, certes, très « successful » et « affranchie », peut-être pas féministe mais elle est libérée

Le maquillage est un exercice qui demande de l’expertise, comme la « lessive à la rivière », pour les femmes d’autrefois. Un fond de teint qui donne un effet velours à la peau et unifie le teint, un coup de pinceau correcteur contre les cernes et un peu de blush sur les joues. Place à présent aux yeux : ombre à paupières, crayon à paupières, stylo pour les yeux, crayon à sourcils, mascara waterproof, verres de contact… Tout pour souligner et donner de la personnalité au regard. Viennent ensuite les lèvres. On peut les dessiner, non seulement avec du rouge à lèvres (il n’y a pas que le rouge, il y en a de toutes les couleurs, même le noir), mais aussi avec du gloss et le crayon pour les lèvres. Pour le corps, la crème et le talc parfumé sont indispensables. COQUETTERIE À LA CARTE La coquetterie est à la carte mais pas uniquement ; la griffe aussi n’est pas de refus. « Plus on a de l’argent, plus on dépense », est l’explication d’Eva Marie à ce sujet. Plus le salaire augmente, plus le niveau de vie « s’améliore ». Différentes marques sont à la portée de la femme d’aujourd’hui ; entre Avon et Yves Rocher, la liste est inépuisable. Côté parfum, le nouveau credo : fini le temps du ‘déo’, place à présent au ‘Mado’. La parfumerie raffinée devient un choix indispensable pour celle qui ne fait plus partie « des suite en page 20


UN GÉANT DES TÉLÉCOMS

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Le groupe Outremer Telecom a été fondé en 1986 et s’est imposé comme l’un des opérateurs de télécommunication dans les régions françaises d’outre-mer. Présent dans deux zones géographiques, les Antilles françaises (Martinique, Guadeloupe,

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elle est commercialisée sous la marque « Only », avec des téléphones et des forfaits. A Maurice, Outremer Telecom vend des cartes qui permettent d’appeler dans plusieurs pays étrangers à des prix compétitifs.

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Guyane) et l’océan Indien (Réunion et Mayotte), il fournit des prestations de téléphonie fixe et mobile, l’accès à Internet et des chaînes télévisées. Le groupe distribue ces offres à travers un réseau de plus de 80 magasins. Concernant la téléphonie mobile,

EVA MARIE : « IL Y A ENCORE DES CHOSES À FAIRE POUR L’ÉMAN-CIPATION DE LA FEMME À MAURICE »

Pour Eva Marie, l’habillement est essentiel car « c’est la société pour laquelle on travaille que nous représentons ». L’idéal serait donc d’être chic et formelle. Mais, elle s’empresse de rajouter que ce n’est pas uniquement l’habillement qui compte. L’attitude a aussi son mot à dire femmes au foyer d’antan ». Souvent, la femme ‘corporate’ opte pour un parfum non seulement pour la fragrance, mais aussi pour la présentation. Elle cherche un parfum qui corresponde à sa personnalité : fruité, boisé, aux fleurs, aux herbes aromatiques… Un luxe nécessaire pour la femme « fashion » qui travaille car elle peut, désormais, se permettre d’être entièrement dévouée à ses propres plaisirs. Elle peut aussi choisir un parfum d’ambiance pour mettre dans sa voiture car elle conduit. Même si, comme Deepa, elle préfère se faire déposer par un chauffeur, elle aime bien le fait de conduire sa propre voiture. Cette journaliste s’est vu offrir, par sa compagnie, une belle Fiat, couleur jaune, en 2010. FEMME BRANCHÉE Comme la femme moderne doit porter avec elle ses trousses de maquillage (pour les retouches), brosse à cheveux, agendas et autres accessoires importants, le sac à main se montre fort utile. Les magasins de marque ne sont pas passés à côté de la tendance. Ils proposent tous les styles, classiques, extravagants, sac d’affaires… Mais, l’idéal reste le sac griffé.Julien R, Hémisphère Sud et Crocod’ile, entre autres, pour les marques mauriciennes. Sinon, Dior, Prada, Gucci et Dolce & Gabbana font l’affaire. Côté bijoux, le choix de la

Formatrice des ‘chargés de clientèle’ à Outremer Telecom, à Ébène, Eva Marie est une femme qui inspire l’autorité et la liberté. Cela fait plus de six ans que cette jeune habitante de Rivière du Poste travaille pour cette société française, qui est un opérateur téléphonique de renom dans les départements et territoires d’outre-mer. Eva a débuté en tant que chargée de clientèle après ses études. En l’espace de six mois, elle devient « Expert Client » et 2 années plus tard, elle devient superviseur de plateau. Six mois plus tard, on lui confie la tâche de « Desk Manager » et depuis le mois d’octobre 2010, elle devient formatrice. Se disant fière d’avoir été promue parce qu’elle le méritait et non par « piston », cette femme élégante nous déclare que son passe-temps actuel c’est la danse. Elle pratique la salsa, le tango, le ‘modern jazz’ et la rumba. Outre le fait qu’elle admire sa maman, elle avoue être une grande admiratrice de Beyoncé. D’ailleurs, elle nous raconte, les yeux brillants, comment cette chanteuse a su dès l’âge de 5 ans, ce qu’elle voulait faire et a réussi, au fil des années, à faire tout ce dont elle rêvait. Derrière cette allure ferme et courageuse se cache aussi une femme sensible, qui déteste les films d’horreur. Les employés d’Outremer Telecom disent d’elle une « femme équitable, raffinée et perfectionniste ».

femme moderne porte inéluctablement sur la singularité. Elle va favoriser des pierres précieuses et semi-précieuses. La plus prisée est la perle. Rien n’est négligé : boucle d’oreilles, chaînes et colliers, pendentifs, bracelets, montres, bagues, verres et lunettes de soleil, et peutêtre même le piercing. Autre accessoire essentiel : le téléphone. Généralement de couleur noire ou rose, il est très « customisé », avec la sonnerie branchée et le fond d’écran personnalisé. Elle peut en avoir deux. L’un professionnel et l’autre personnel. Si elle a un BlackBerry, c’est encore mieux. Ou même un Galaxy Tab, qui peut s’avérer avantageux. De temps en temps, pour s’offrir un petit moment sans stress, elle écoute de la musique sur son iPod en tirant sur une cigarette. Pour les cheveux, elle peut se rendre dans un salon de coiffure pour une nouvelle coupe ou se colorer les mèches. Elle se fait


PREMIÈRE FEMME-AVOCATE DE FRANCE Même si ce fut Jeanne Chauvin qui eut le courage et le mérite de se battre pour obtenir le droit d’exercer la profession de ‘femme-avocate’ en France, c’est Olga Petit, une Russe, qui prêta serment le 6 décembre 1900, soit 24 heures après la promulgation à L’Officiel de la loi. Un avocat présent et journaliste au Figaro fit l’éloge

dans son article du 6 décembre 1900 à l’élégance de la robe de Madame Petit, qu’elle avait confectionnée elle-même, et à son émotion quand elle prononça d’une « voix légèrement étranglée par l’émotion », le « je le jure ». Jeanne Chauvin prêtera, elle, serment le 19 décembre 1900.

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mettre un sérum pour les cheveux et non seulement y a-til l’après-shampooing, mais aussi le baume réparateur ou un ‘conditionner’. De temps en temps, elle va aux saunas ou aux salons de massage. Côté vêtements, le ‘dress code’ c’est d’être toujours « sobre et formelle » comme nous le dit Deepa Bhookhun ou même « chic et pratique » selon Karishma Beeharry, ou alors « originale et discrète » selon Warda Ebrahim et finalement, « élégante et classique » d’après Eva Marie. VÊTEMENTS ASSORTIS Les vêtements doivent être sagement assortis aux accessoires et aucun pli n’est autorisé sur le tailleur, avec peut-être un string discret pour ne pas abîmer tout l’esthétique de la parure. Même du côté de la lingerie, la marque compte. Autoritaire, sexy, classe et intelligente, la femme moderne doit être griffée de la tête aux pieds. La « business class attitude » est son style. L’image qu’elle projette est capitale. Il lui faut, donc, soigner son apparence méticuleusement. Son langage est souvent imprimé de sarcasme, de cynisme parfois, et il s’agit d’un langage très urbain. Lorsqu’elle rentre chez elle, elle termine son travail sur son laptop ou ‘ordi’, avec un repas bio préchauffé ou un thé vert qui revitalise. Souvent, elle se ‘log’ sur MSN ou sur son compte Facebook ou sur son blog pour ‘upload’ ses nouvelles photos ou ‘chat’ avec des amis – que, souvent, elle n’a jamais rencontrés. Des fois, elle se met devant sa télé à écran plat, haute définition, sur des chaînes telles que « Canal + » et fait du zapping jusqu’à ce qu’elle tombe sur un documentaire intéressant ou une série captivante comme « Sous le soleil » ou même « L Word ». Avant de se mettre au lit, elle lira peut-être un bouquin ou prendra un bain moussé dans sa baignoire ou son jacuzzi. Sinon, elle se couchera tard dans la nuit et se réveillera tôt. Et, pour cacher ses cernes, à nouveau une séance de maquillage. La femme moderne actuelle est, certes, très « successful » et « affranchie », peut-être pas féministe mais elle est libérée. Elle affirme sa personnalité et lutte sur tous les fronts. Elle n’a aucun tabou et aucun complexe. Digne d’admiration comme les femmes d’autrefois, elle inspire un bon nombre de personnes et fait tourner les

Comme la femme moderne doit porter avec elle ses trousses de maquillage (pour les retouches), brosse à cheveux, agenda et autres accessoires importants, le sac à main se montre fort utile. Les magasins de marque ne sont pas passés à côté de la tendance. Ils proposent tous les styles, classiques, extravagants, sac d’affaires… têtes autour d’elle. Comme Condoleeza Rice, elle incarne l’autorité, le charme, l’influence et le pouvoir. La chanteuse Zazie, elle, est5 d’un autre avis. Elle chante « … plein d’ambitions, belle voiture et belle maison […] j’avance avance à reculons et je tourne en rond, je tourne en rond... » pour critiquer la société de consommation. De même, certains avancent que bien que la femme se dise « émancipée » et libérée, elle est devenue prisonnière de la mode et de la société de consommation.

DEEPA BHOOKHUN : PERSUADÉE D’AVOIR ÉTÉ LA REINE VICTORIA DANS UNE VIE ANTÉRIEURE Journaliste de renom à l’express, Deepa Bhookhun écrit sur une variété de sujets, généralement peu conventionnels, sur des questions qualifiées de ‘délicates’ qui suscitent de vives critiques chez certains lecteurs. Cependant, elle est très appréciée par beaucoup de lecteurs qui voient en elle une « chroniqueuse qui ne dit que la vérité, n’en déplaise à certains ». Elle fait aussi des interviews diffusées sur Radio One. Ayant fait des études de droit et passé six ans en Grande-Bretagne, elle entre dans le monde de la presse en 2003. « C’est un métier qui s’apprend sur le tas », nous dit-elle, en nous avouant qu’au début, c’était plutôt dur. Bien qu’on s’attende à ce qu’une femme écrive sur

des sujets dits « soft », comme le social, Deepa a préféré écrire sur la politique, soutenant que cela « dépend des centres d’intérêt ». Elle avoue avoir reçu « un ticket du Premier ministre Navin Ramgoolam en 2005 », qu’elle a refusé car « le pouvoir me fait peur », ditelle. Consciente qu’il y a des gens qui ne l’aiment pas, elle se qualifie, malgré tout, de « journaliste crédible et respectée ». Sa plus grande peur, c’est de perdre ses parents et les gens qui lui sont proches et sa phrase ‘wisdom’, c’est : « Everything happens for the best ». Croyant dans le karma et la réincarnation, cette femme ‘scorpion’ qui dit avoir un ins-tinct, est « persuadée d’avoir été la reine

Victoria » dans une vie antérieure. Elle se dit chanceuse d’avoir toujours eu le support de ses parents, en avouant qu’elle a eu les mêmes libertés et opportunités que son frère. Refusant catégoriquement de se dire féministe, elle affirme n’avoir aucun complexe. Le boulot c’est sa vie, « ma passion », dit-elle. Et ses passe-temps, c’est le théâtre, la musique et la lecture, avec une préférence pour les livres fiction et ‘détective’, en anglais. Même si elle aime le noir, couleur dans laquelle elle s’habille pour aller au travail, Deepa a un péché mignon pour le rose qu’elle qualifie de « léger et fun ». D’ailleurs, elle nous confie que sa chambre est peinte en rose !


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DOMINIQUE BARRET EN CONCERT

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Geda Music présentera, le samedi 3 septembre prochain, le concert du chanteur Dominique Barret, au J&J auditorium de Phoenix. De retour chez nous pour la première fois depuis 2008, le chanteur réunionnais sera accompagné d’artistes mauriciens avec lesquels,

tour à tour, il reprendra ses tubes incontournables tels « Pou ou Mamzel » ou « Mon cœur épris ». Le concert, qui démarrera à 20 heures, durera 2 heures. Les prix des billets sont comme suit : première : Rs 500 (Adhérent Otayo : Rs 450), seconde : Rs 400 et latérale : Rs 300.

GÉRARD LOUIS

RECULER POUR MIEUX SAUTER Ses talents de chanteur, de musicien, de compositeur, d’arrangeur musical et de producteur ont fait de Gérard Louis un des pivots du paysage musical mauricien. Rencontre avec un artiste qui a décidément plusieurs cordes à... sa guitare | DB CELA FAIT 19 ans que Gérard Louis évolue dans le monde de la musique. Cet artiste qu’on ne présente plus a eu, en maintes occasions, la chance d’évoluer à l’étranger, que ce soit en solo ou en compagnie des artistes de Geda Music ou du groupe Cassiya. Dans ce parcours jalonné de succès, 2011 est une anomalie, l’artiste ayant décidé de prendre une année sabbatique pour se ressourcer et se réinventer. « Le monde musical à Maurice est devenu monotone. Tous les ségas ont les mêmes sonorités. Alors, j’ai décidé de faire une pause et de faire mon come-back l’an prochain avec une nouvelle résonance », nous confie Gérard Louis. Histoire de surprendre les mélomanes qui se sont un peu trop habitués au style de l’artiste.

L’aventure musicale de Gérard Louis commence en 1992. « C’est le chômage qui m’a incité à me tourner vers la musique. A l’époque, j’étais garnisseur. Je possédais mon atelier mais les affaires n’étaient guère florissantes », raconte-t-il. Comme notre interlocuteur adore la musique, il se tourne tout naturellement vers sa passion pour arrondir les fins de mois : « J’étais déjà guitariste au sein de la chorale de l’Immaculée Conception. Alors, j’ai décidé d’aller jouer dans les hôtels ». Bien qu’il s’y connaisse déjà, Gérard Louis ne veut pas faire dans l’amateurisme. Il achète ainsi sa première guitare et suit des cours dispensés par Claude Armandine. Cette formation s’avère très enrichissante pour lui. Quelque temps après, voilà

Le monde musical à Maurice est devenu monotone. Tous les ségas ont les mêmes sonorités. Alors j’ai décidé de faire une pause et de faire mon come-back l’an prochain avec une nouvelle résonance

notre guitariste qui lance le groupe Windblows. Cependant ce n’est qu’une année plus tard, soit en 1993, que sa carrière prendra son envol, avec son deuxième groupe, Cassiya, ainsi baptisé parce qu’entre-temps, Gérard Louis s’était marié et installé à Cassis. TRIOMPHES RÉPÉTÉS En tant que directeur du groupe Cassiya, Gérard Louis mène ses troupes avec succès sur les scènes locale et internationale. Pendant dix ans, le groupe connaît des triomphes répétés avec des albums tels « Séparation », « Naryé pas effacé », « Racine la Vie » et « Avoyé Séga ». Le groupe donne également plusieurs concerts en Europe et dans d’autres pays. Cependant,


UNE MUSIQUE AUX ORIGINES MÉCONNUES Bien qu’il soit admis qu’elle puise ses sources en Afrique, les origines du séga sont méconnues. Loin de leur pays d’origine, les esclaves de différentes contrées se réunissaient. Ils ne parlaient pas la même

UNE RÉFÉRENCE POUR LES ARTISTES Au cours de cette même année, Geda Music met sur le marché « Makalapo ». Cet album de Sandra Mayotte fait un tabac. Ce n’est pas l’inspiration qui fait défaut à Gérard Louis. Quelque temps après, c’est « Peros Vert », de Ton Vié, qui fera danser plus d’un. Ces succès, auxquels viendront s’ajouter d’autres, feront rapidement de la boîte une référence dans le giron des artistes. Parmi les artistes et groupes que Gérard Louis, en tant que producteur, aidera à faire carrière, on note Negro Pou Lavi, Natty Jah, Ton Vié, Marcelino Chaton, Roger Clency, Gérard Bacorilall, Bruno Malcolm, Jenny L’Etourdi, Joël Vigne, Babalé et Linzy Bacbotte. Mais sa carrière de chanteur solo n’est pas chose du passé. Son premier album, « Pourtant Tou Rekoumansé », sort ainsi en 2004. Une sortie qui coïncide avec les 40 ans de l’artiste. Pour marquer l’évènement d’une pierre blanche, l’écrivain et journaliste Sedley Assonne lui consacre d’ailleurs un livre. Un deuxième album solo, « Si to kapav vini », sort en mars 2008, avec « Gâté » comme titre phare. Suivra un troisième, « Galé Galé », en 2010. En tout, ce sont trois albums et un opus

que les esclaves chantaient et dansaient. Ces derniers créaient des instruments de fortune confectionnés avec les ressources disponibles, notamment des peaux, du bois, des cailloux…

instrumental qui ont marqué la carrière solo de Gérard Louis. Ce dernier affirme que pour lui, la musique est un ami qui l’accompagne tout le temps. C’est peut-être la raison pour laquelle il s’est lancé dans l’organisation de spectacles. On se souvient qu’en mai dernier, Geda Music avait présenté le concert « 50 ans du séga ». Jean Claude Gaspard, Roger et Marie Josée Clency, Sandra Mayotte et Mary Jane Gaspard, entre autres, avaient donné l’occasion au public de vivre des moments nostalgiques.

Quand je chantais à l’hôtel au début de ma carrière musicale, je quittais la maison à 17 heures. Je rentrais à 2 heures du matin. Je faisais mes devoirs pour mes cours de musique jusqu’à 4 heures du matin. Ce n’est qu’à ce moment-là que j’allais me coucher. A 8 heures, je reprenais déjà le chemin de mon atelier de garnissage

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quand il est question de musique, le pays fétiche de Cassiya est l’île de La Réunion. C’est d’ailleurs làbas que le groupe a donné son premier concert à l’étranger. C’était en 1994. A partir de là, l’île sœur deviendra une patrie d’adoption pour le groupe. « Nous passions plus de 150 jours par an à l’île de La Réunion et cette situation a duré pendant huit ans. A l’époque, le dicton ‘nul n’est prophète en son pays’ nous allait comme un gant. Les Réunionnais adoraient nos concerts. Cassiya, pour eux, était un mythe », nous confie le chanteur. Les choses allaient si bien que personne ne pouvait prévoir ce qui allait se produire en 2003. L’aventure Cassiya, qui avait fortement marqué la musique locale au cours de la dernière décennie, allait prendre fin. N’ayant pas froid aux yeux, Gérard Louis décide alors de poursuivre, seul, son petit bonhomme de chemin. Ayant quitté Cassis pour s’installer à Albion en 1998, il choisit alors d’installer son studio dans cette localité. C’est ainsi que Geda Music, sa boîte de production, fait son entrée sur la scène musicale.

langue mais ils se retrouvaient autour de la danse et du chant. Puis la langue créole est apparue, s’est fondue dans la musique et le séga est né. Le séga que nous connaissons aujourd’hui est loin de celui

ÉVÉNEMENTS EN SÉRIE Auparavant, toujours sur le même thème, le directeur de Geda Music avait déjà mis sur pied « Nostalgie, les légendes du séga mauricien », « Nostalgie, la reconnaissance » et « Nostalgie 80-90 ». Pour ce qui est des évènements à venir, le 3 septembre, la boîte proposera le concert de Dominique Barret. Si, durant sa longue carrière, Gérard Louis a connu de nombreux moments de gloire, son plus beau souvenir demeure, dit-il, son passage à l’Olympia : « C’était en 1996 et Cassiya figurait parmi les groupes qui devaient monter sur scène. Je devais aussi m’occuper de l’arrangement musical de quelques-uns des meilleurs titres de l’océan Indien. J’ai travaillé avec des grands du domaine et cela m’a apporté beaucoup de satisfaction ». Invité à jeter un regard sur son parcours, Gérard Louis nous avouera en être très fier. Surtout quand il se souvient des nombreux sacrifices qu’il a dû faire pour pouvoir enfin connaître un tel succès. « Quand je chantais à l’hôtel au début de ma carrière musicale, je quittais la maison à 17 heures. Je rentrais à 2 heures du matin. Je faisais mes devoirs pour mes cours de musique jusqu’à 4 heures du matin. Ce n’est qu’à ce moment-là que j’allais me coucher. A 8 heures, je reprenais déjà le chemin de mon atelier de garnissage », nous confie-t-il, un brin rêveur. Un train de vie qu’il mènera pendant deux ans d’autant plus durs qu’il était déjà marié et père de famille. Mais tous les sacrifices consentis ont fini par porter leurs fruits. Gérard Louis est devenu aujourd’hui un homme d’affaires et un artiste de renom dont l’histoire d’amour avec la musique n’est pas prête de prendre fin.

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L'EWF FAIT SA PUB Pour marquer ses 20 ans d’existence, l’Employees Welfare Fund (EWF) a organisé, le jeudi 23 juin, une journée portes ouvertes à son siège à la Moorgate House, Port-Louis. Environ 2 500 personnes ont pu découvrir les facil-

ités proposées par l'organisme. Les projets en cours de réalisation, tels le Sodnac Leisure Park ou la production textile à Rodrigues visant à encourager l’entrepreneuriat féminin, ont retenu l'attention. Ceux-ci ont eu la

possibilité de participer à un tirage au sort, avec comme prix, un week-end pour quatre personnes en pension complète à l’hôtel Calodyne Sur Mer. La chance s'est portée sur Eshan Mohaungoo, un habitant de Rose-Belle.

SÉCURITÉ

LAFARGE VEILLE À L’ENTRETIEN DES PNEUS « Le pneu est l'instrument qui lie le véhicule à la route. Par conséquent il faut en prendre grand soin car il est l'un des facteurs clés de la sécurité routière », soutient Vincent Lenette, Chief Executive Officer de Lafarge-Maurice | DK LA CIMENTERIE clôture, cette semaine, son «Health and Safety Month». Parmi les activités organisées dans le cadre de ce mois, un «Tyre Safety Day» a eu lieu mercredi dernier. Présent à cette journée de causerie et de démonstrations, Ben Buntipilly, conseiller spécial en matière de sécurité routière auprès du Bureau du Premier ministre, devait déclarer que «les accidents causent un tort immense aux victimes et à leurs familles», saluant « les efforts conjugués du secteur privé et du gouvernement pour plus de sécurité sur nos routes et dans nos lieux de travail». Il devait indiquer qu'environ 200 000 conducteurs sont verbalisés pour excès de vitesse ou le mauvais entretien de leur véhicule, entre autres délits. Abordant le volet de la législation, Ben Buntipilly a souligné que plusieurs projets de loi sont actuellement à l'étude et a annoncé que le permis à points entrera bientôt en vigueur. De plus, la législation conçernant les poids lourds sera revue.

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Holcim ouvre une crèche à Cité la Cure

HOLCIM (Mauritius) Ltd montre sa solidarité envers les enfants habitant la région de la Cité la Cure en y faisant construire une crèche. «Rainbow Kids» est le fruit d’un partenariat entre la cimenterie, la National Empowerment Foundation et le ministère de l'Intégration sociale et de l’Economic Empowerment. Elle sera gérée par une ONG locale qui bénéficiera d'un fonds initial de Rs 500 000. L’inauguration a été faite, mercredi dernier, en présence du ministre Xavier-Luc Duval. Le Managing Director d’Holcim (Mauritius), Alexandre Jeker, a souligné qu’ «une telle initiative va de pair avec la vision d’Holcim qui est de fournir des fondements pour l'avenir de la société et de s'engager dans le développement durable. Cette année, nous avons décidé de faire le bien-être des enfants des communautés où nous opérons une priorité de notre programme de responsabilité sociale. Nous nous engageons donc à soutenir financièrement cette nouvelle crèche afin que les enfants qui viendront dans cet établissement soient bien encadrés et aient le confort nécessaire à leur développement.» Cette crèche accueillera une quarantaine d'enfants âgés de 3 mois à 3 ans sous la charge de sept puéricultrices.

La Balise Marina, ça avance CULTURE. Pour Lafarge la sécurité fait partie d’un ensemble indissociable

Toujours dans l’optique de promouvoir une culture de qualité chez ses employés, et ce à tous les niveaux, Lafarge exigera bientôt le port de la ceinture de sécurité pour avoir accès dans la zone portuaire. Une opération de vérification des pneus des poids lourds a également eu lieu au cours du «Tyre Safety Day». Un rapport d'évaluation, avec des conseils, sera remis aux chauffeurs. Lafarge, qui se dit consciente et

soucieuse de la sécurité, avait déjà produit un DVD sur la conduite des poids lourds. Des équipements de protection individuel, comme des casques et des gilets réfléchissants, ont aussi été remis aux chauffeurs de camions. «Les conducteurs sont les codirigeants de l'entreprise et doivent, par conséquent, assumer pleinement leurs responsabilités et être des modèles pour la société », devait aussi déclarer Ben Bentipilly.

Protocole d’accord Maurice-France contre les activités illicites UN PROTOCOLE sur l'échange d'informations en matière fiscale à l'égard de l'accord de non-double imposition (Double Taxation Avoidance Agreement - DTAA) entre Maurice et la France a été signé la semaine dernière par le ministre des Finances, Pravind Jugnauth, et l'ambassadeur français, Jean-François Dobelle. Ce protocole, qui donnera une incitation supplémentaire à l'évolution positive des relations économiques entre les deux pays, permettra une plus grande cohésion en matière fiscale pour les hommes d'affaires, tout en précisant les droits fiscaux de Maurice et la France sur toutes les formes de revenus provenant des activités transfrontalière entre les deux pays. Le protocole mettra également à jour les normes en ce qui concer-

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ne l'échange d'informations en matière fiscale.

LIENS ÉCONOMIQUES S'exprimant à cette occasion, Pravind Jugnauth a déclaré que « la signature du protocole ne servira pas seulement à confirmer l'adhésion des deux pays aux meilleures pratiques internationales, mais améliorera également les liens économiques bilatéraux et commerciaux.» Selon lui, l'échange d'informations en matière fiscale est important dans la lutte contre la corruption, le blanchiment d'argent et le terrorisme. Le ministre a ajouté que Maurice avait déjà revu ses systèmes financiers et juridiques pour les rendre conformes aux normes internationales en vue de consolider la réputation du pays comme un centre financier crédible.

Pour sa part, l'ambassadeur français Jean-François Dobelle a qualifié le protocole comme un pas en avant dans les liens de coopération économique et sociale entre les deux pays, insistant que cela renforcera la lutte contre le blanchiment d'argent et autres activités illicites transfrontalières. Le DTAA entre Maurice et la France a été signé en 1980. L'article 27 de l'accord prévoit déjà l'échange d'informations dans des domaines spécifiques. Avec les modifications apportées, les normes existantes de l'article 27 seront en ligne avec les normes internationales de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Pour rappel, Maurice a déjà signé 39 accords de non-double imposition avec plusieurs pays.

A MESURE qu'avancent les travaux, les promoteurs de La Balise Marina, à Rivière-Noire, mettent en place leurs structures d'aide sociale à la communauté environnante. Lors d’une réunion mercredi dernier, il a été question d'un centre d’information et d'un plan de formation. L'objectif principal de ces réunions - une première avait eu lieu en mars dernier - est de réunir les principaux acteurs sociaux de la région en vue de les informer de l'avancée du projet et de créeer une plate-forme d'échange d'idées avec les forces vives et les travailleurs sociaux de la localité pour l'élaboration d'une politique sociale. Le budget social du projet La Balise Marina tourne autour de Rs 24 millions, dont Rs 11 millions seront consacrées à la formation. Une première tranche, à hauteur de Rs 4 millions, sera dédiée, cette année, aux projets favorisant l’intégration sociale et économique des habitants de Rivière-Noire. Le budget social sera étalé sur une période de trois ans.

IBL : une fusion « activ »

BIEN PLUS qu’une tendance, la fusion est devenue synonyme de compétitivité pour les entreprises. Pour affronter la nouvelle économie et ses impératifs, plusieurs entreprises ont pris la voie du rapprochement, la dernière en date dans le pays étant IBL Consumer Goods et IBL Frozen Foods, qui opèrent désormais sous le nom IBL BrandActiv. Une soirée mémorable pour un événement que le groupe IBL considère comme un tournant de son existence. Le lancement de la nouvelle entité, IBL BrandActiv, vendredi, a été l’occasion pour les directeurs du groupe de mettre l’accent sur la nouvelle orientation que doit prendre une entreprise dans le contexte économique actuel. BrandActiv regroupera désormais les activités de deux entités phares du groupe, IBL Forzen Foods et IBL Consumer Goods, avec toute la panoplie de marques et produits que représentent ces deux sociétés. À ce propos, Jean Michel Rouillard, General Manager de BrandActiv, soulignera dans son discours que la nouvelle société se voit aujourd’hui « davantage comme une entreprise qui donne vie aux marques », avec l’objectif d’en faire les marques préférées des Mauriciens.


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FRAPPÉE PAR LA SÉCHERESSE, L’EST DE L’AFRIQUE APPELLE À L’AIDE

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Neuf millions de personnes ont besoin d'aide humanitaire dans les pays de la corne de l'Afrique frappés par la sécheresse, a déclaré mardi le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires. Quelque

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3,2 millions de personnes au Kenya, 3,2 millions en Ethiopie, 2,6 millions en Somalie et 117 000 à Djibouti ont besoin d'aide, a précisé à Genève Elisabeth Byrs, porte-parole du Bureau des Nations unies pour la coordination

des affaires humanitaires. Les taux de malnutrition chez les enfants atteignent 15 % dans certaines régions, a-t-elle souligné. L'Est de l'Afrique connaît l'une de ses pires sécheresses depuis les années 1950.

MADAGASCAR

AMNISTIE POSSIBLE... sauf pour Ravalomanana

Alors que la Grande île a célébré dans la liesse populaire le 51ème anniversaire de son indépendance ce week-end, politiquement tout reste bloqué. La grâce amnistiante accordée par Andry Rajoelina touchera bon nombre de prisonniers et exilés, y compris des hommes politiques, mains pas son prédécesseur à la tête de l’Etat malgache | LF et MANOHISOA LA FÊTE a duré toute une semaine à Madagascar, qui célébrait le 51ème anniversaire de son accession à l’indépendance. Mais la crise politique risque de durer encore longtemps. Pour preuve, Andry Rajoelina, président de la Haute Autorité de la Transition de Madagascar, a confié dans son discours à la nation malgache qu’il est prêt à gracier l’ancien président Didier Ratsiraka, mais pas Marc Ravalomanana. Un affront d’autant plus important quand on considère que tous les prisonniers politiques, mais aussi les criminels de droit commun âgés de plus de 65 ans et ayant été condamnés pour de simples délits, profiteront également de la grâce amnistiante. A part ceux ayant commis des crimes de sang, ces prisonniers bénéficieront de l’« effacement et/ou réduction » de leur peine. La décision prise par le numéro un de la Haute Autorité de la Transition semble cibler certaines personnalités, surtout à la veille de la sortie de crise. En effet, sur le plan politique, une grâce amnistiante réjouira les uns, mais décevra forcément les autres. Parmi les premiers devrait se trouver l’ancien président de Madagascar, l’amiral Didier Ratsiraka, condamné sous le régime de Marc Ravalomanana en 2002 pour détournement d’argent au niveau de la Banque centrale de Tamatave, principal ville portuaire du pays. Il avait écopé d’une peine de 10 ans de travaux forcés. Pierrot Rajaonarivelo, ancien ministre de Ratsiraka et actuellement ministre de l’Industrie, est un autre de ces poiliticiens qui pourrait bénéficier de cette grâce amnistiante. Ce dernier, qui a récemment célébré ses 65 ans, avait été accusé de complicité d’usurpation de fonction en mars 2003, au temps de Marc Ravalomanana.

RIVALITÉ. Andry Rajoelina (photo de gauche) est prêt à accepter un éventuel retour de Didier Ratsiraka, mais pas celui de Ravalomana

Trouvé coupable, Pierrot Rajaonarivelo devait écoper de cinq ans d’emprisonnement ferme. La décision du président de la Haute Autorité de la Transition viendrait ainsi effacer les peines auxquelles il avait été condamné, ce qui devrait lui permettre de participer, sans condition, aux prochaines élections. NON À RAVALOMANANA Ce qui est certain, c’est que la décision quant aux bénéficiaires de la grâce amnistiante reviendra, au final, au seul Andry Rajoelina. Ce dernier avait déjà, quelques jours plus tôt, en se référant à un communiqué de la SADC, insisté sur le fait que Ravalomanana ne pouvait rentrer à Madagascar. L’article 16 du communiqué de la SADC insistant sur le retour au pays des exilés volontaires, stipule que « le Sommet a exhorté également la Haute Autorité de la Transition (HAT) de permettre à tous les Malgaches en exil pour des raisons politiques de retourner au pays sans conditions, y compris M. Marc Ravalo-

manana ». De ce fait, il est clair que les médiateurs, notamment la SADC, reconnaissent qu’il est du pouvoir des autorités transitoires d’autoriser ou non le retour de ces exilés volontaires. Force est de noter qu’il incombe non seulement à la présidence de la Transition, mais aussi aux différentes institutions compétentes de la Haute Autorité de la Transition, notamment le Congrès et le Conseil Supérieur de la Transition, d’en décider. Il a d’ailleurs été évoqué dans la Feuille de route que l’amnistie a clairement exclu ceux qui ont commis des crimes de sang et sur ce, personne ne peut obliger la Haute Autorité de la Transition ni imposer quoi que ce soit allant à l’encontre du texte en vigueur. Pour ce qui est du retour au pays de l’ancien président Didier Ratsiraka, il n’y a aucun problème. Par contre, concernant particulièrement le cas de Marc Ravalomanana, il ne faut pas oublier que la justice malgache l’a condamné pour plusieurs dossiers et que la HAT ne veut aucunement cautionner

l’impunité. « Le régime actuel déploiera tous ses efforts et apportera ses aides et soutiens à la CENI (Ndlr : Commission Electorale Nationale Indépendante) pour des élections indiscutables, libres, justes et transparentes. En effet, tous les membres de la CENI et des autres Institutions de la Transition sont sollicités à prêter main forte au régime transitoire afin de tenir, très prochainement, les élections. Des équipements matériels seront ainsi remis à la CENI pour qu’on puisse organiser les prochaines élections avec nos propres moyens. Si la communauté internationale nous apporte son aide, tant mieux. Toutefois, on ne peut pas attendre plus longtemps. Nous sommes déterminés à avancer vers des élections indiscutables et acceptées par tous », a déclaré Andry Rajoelina dans son discours. MESSAGES AUX PARTISANS Bien que le texte qui confirmera définitivement l’entrée en vigueur de la grâce amnis-

tiante se fait attendre, il est donc plus que probable que Marc Ravalomanana ne fasse pas partie des heureux élus. Au cours de son intervention téléphonique à ses supporters à l’occasion de la célébration du 51ème anniversaire de l’Indépendance, l’ancien chef de l’Etat a commenté la présence de certains représentants diplomatiques lors du défilé de l’ensemble de l’armée au stade muncipal de Mahamasina. Marc Ravalomanana a estimé qu’« il ne faut pas confondre l’armée et l’Etat. Dans ce sens, il ne faut pas s’étonner de la présence des diplomates à cette occasion. Ils sont venus pour l’armée ». Il faut cependant préciser que les quelques diplomates qui sont venus assister à ce défilé ont aussi honoré la célébration de la fête de l’Indépendance au palais d’Etat d’Iavoloha.. Par ailleurs, Marc Ravalomanana n’a pas manqué de passer quelques messages à ses partisans, comme il le fait chaque année. Ainsi, il a encouragé les manifestants à poursuivre leur mouvement.


JOURNALISTE, UN MÉTIER RISQUÉ EN RDC Le 21 juin 2011, Kambale Musonia, journaliste congolais, a été abattu par trois individus à bout portant. Ce meurtre vient allonger une funeste liste de journalistes assassinés en République démocratique du Congo

(RDC), le dernier avant lui étant le militant des droits de l’homme Floribert Chebeya. En quatre ans, ce sont neuf journalistes qui ont été tués en RDC. Traduisant l’angoisse qui étreint la profession, le bi-hebdomadaire

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Congo News écrivait dans son édition du 22 octobre 2010 que « tout le monde a peur, à commencer par la presse ». La RDC figure à la 148e place sur 178 du classement mondial de la liberté de la presse publié par RSF en 2010.

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CONGO : L’ESPOIR FAIT VIVRE Les habitants de la République démocratique du Congo ont encore de l’espoir pour leur pays déchiré par la guerre, alors que personne d’autre n’y croit. Un optimisme qui commence à porter ses fruits APRÈS PLUS d’un siècle d’abus en tous genres, la République démocratique du Congo est sûrement le pays le plus dysfonctionnel de la planète. Il a entamé le XXe siècle sous le joug du roi belge Léopold II, qui supervisa la mort de millions de personnes victimes d’exploitation et de maladies dans ce qui était alors son fief personnel, l’État indépendant du Congo, tyrannie rendue célèbre par le roman de Joseph Conrad Au cœur des ténèbres. L’indépendance, en 1960, fut suivie d’une guerre civile brutale et, peu après, du règne soutenu par la CIA de Mobutu Sese Seko, l’un des dirigeants les plus kleptocrates de l’histoire de l’humanité. La présidence de Mobutu s’est achevée en 1997, au milieu d’un nouveau conflit civil qui, au cours de la décennie qui suivit, fit entre 1,8 million et 5,4 millions de morts (le chiffre est sujet à controverse (PDF). La désintégration sociale qui a accompagné cette guerre confine au médiéval. Dans la province du Sud-Kivu l’année dernière, quelque 40 femmes ont été violées chaque jour, parmi lesquelles une sur dix a été contaminée par le virus du sida. Mi-juin, le pays a été classé à la deuxième place des pires endroits du monde pour les femmes (juste après l’Afghanistan) par TrustLaw, une ONG qui étudie les gouvernements et le respect des droits des femmes. DÉCROISSANCE ET PAUVRETÉ Vu cet historique, il n’est sans doute pas surprenant qu’à en croire des don-

nées fournies par feu l’économiste Angus Maddison, le pays soit l’un des trois seuls au monde à avoir vu son économie décroître au cours des 40 dernières années (les deux autres étant la Corée du Nord et l’Irak). La production nationale était de 16,7 milliards de dollars (11,8 milliards d’euros) en 1970 et de 16,6 milliards en 2008. Dans l’intervalle, la population augmentait, passant de 22 à 67 millions d’âmes, réduisant son revenu par habitant à un tiers de ce qu’il était en 1970. Rien qu’entre 1990 et 2007, selon les données de la Banque mondiale, la proportion de la population vivant avec moins d’un dollar par jour —c’est-à-dire, dans une pauvreté absolue— est passée de 60% à 71%. Aujourd’hui, le revenu moyen tourne autour de 68 cents par jour, ce qui signifie que la plupart des

L’ambassadeur mauricien Gérard Lemaire présent aux célébrations PAR RAPPORT à l’année dernière, les membres du corps diplomatique résidant à Madagascar ont répondu présents à l’invitation qui leur avait été adressée pour assister à la cérémonie de prise d’armes au stade de Mahamasina, à l’occasion de la célébration de la fête nationale. Maurice y était représenté par son ambassadeur, Gérard Lemaire. Au total, ils étaient 12 ambassadeurs et 5 consuls à être présent aux premiers rangs : Ambassadeurs : Jean-Marc Châtaignier (France), Ruidi Wo (Chine), César Coly (Sénégal), Amar Mohammad (Maroc), Vladimir Borisovich Gorachenko (Russie), Younis Bashia A. Alamouri (Lybie), Azad Singh Toor (Inde), Ercumünd Ahmet Enc (Turquie), Ernest Gérard Lemaire (Maurice), Mokgheti Monaisa (Afrique du Sud) et Abdelaziz Benali Chérif (Algérie). Consuls : Panayotis Taloumis (Grèce), Yavarhoussen Abdulrassoul (Pakistan), Cyril Juge (Monaco), Malas Ralison (Espagne) et Frédéric Rabesahala (Portugal). Par ailleurs, l’équipe de la SADC qui séjourne actuellement dans le pays y a également assisté. Elle était conduite par son chef de file, Leonardo Simao.

gens vivent une semaine avec l’équivalent du prix d’un Happy Meal de chez McDonald’s. En fait, les estimations de Maddison laissent penser que depuis 1820, aucun endroit du monde n’a jamais été aussi pauvre que le Congo ces dernières années. Impossible dans ces conditions de croire que le cœur des ténèbres soit un peu moins cauchemardesque qu’il ne le fut autrefois. Et pourtant, au cours de cette même période allant de 1990 à 2007 qui a vu une amplification de la pauvreté, la Banque mondiale affirme que le taux de mortalité infantile a chuté, passant de 15 à 9 %. Certes, ce chiffre reste atrocement élevé, mais cela signifie qu’un enfant dans le Congo d’aujourd’hui a de meilleures chances de survie qu’un enfant de Corée du Sud ou du Mexique n’en avait en 1960.

Maniema, la province qui a obtenu les pires résultats de l’enquête, a un taux de mortalité infantile de 13 %, un chiffre inférieur à la moyenne nationale de 1990, et à ceux du Pérou et du Maroc en 1960. La proportion d’enfants au poids insuffisant a décliné. La mortalité maternelle a elle aussi chuté. Même la prévalence du VIH a baissé, passant de 4,2 à 3,4 % de la population. Ces améliorations sont liées en grande partie à la mise en œuvre de services de santé de base. Des études récentes montrent que presque les deux tiers des enfants du pays sont vaccinés contre la diphtérie, la coqueluche et le tétanos, et que plus de la moitié des ménages protègent leur lit avec une moustiquaire imprégnée d’insecticide. Plus de quatre enfants sur dix montrant des symptômes de pneumonie sont soignés par antibiotiques, et ceux qui sont atteints de paludisme reçoivent des traitements antipaludéens à peu près dans les mêmes proportions. Il y a quarante ans, quand le revenu moyen du Congo était trois fois ce qu’il est aujourd’hui, ces taux de traitement étaient proches de zéro. Et il ne s’agit pas seulement de la santé. Le niveau d’éducation progresse aussi à pas de géants. Treize millions de Congolais ont été inscrits à l’école en 2007, et le pourcentage d’écoliers du primaire est passé de 64 à 84% rien qu’entre 2006 et 2008. Le pourcentage d’enfants scolarisés au Congo aujourd’hui est considérablement plus élevé qu’il y a vingt ans —ou, d’ailleurs, qu’au Koweït ou au Honduras en 1980.

Camille Vital confiant en la reconnaissance internationale

LE PREMIER ministre malgache est d’avis que la présence des diplomates étrangers est une indication que la communauté internationale va reconnaître le régime de transition. « Je trouve que le président a tout dit sur ses intentions. Les remises de peine à certains détenus de droit commun sont des décisions plus ou moins classiques. Je salue toutefois, en tant que militaire, la décision qu’il a annoncée concernant les revendications des forces armées. « A ma connaissance, aucun des dirigeants qui se sont succédé n’a jamais pris au sérieux ces revendications, qui sont tout à fait fondées. Tel que je connais le président de la Haute Autorité de la Transition, je pense qu’il tiendra sa parole concernant ces retenues sur les salaires

des militaires. « En ce qui concerne les élections et particulièrement les listes électorales, je pense qu’il faut surtout mettre en commun les efforts de tout un chacun pour arriver à des listes fiables. Ce n’est pas uniquement l’affaire de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Les uns et les autres doivent y contribuer autant que

faire se peut. « Quant à la présence des ambassadeurs et du Dr Leonardo Simao de la SADC à cette célébration de la fête nationale, je pense que la communauté internationale commence à bien comprendre les réalités du pays. La cérémonie de Mahamasina n’a rien de politique, mais leur présence a une signification importante et, à mon avis, c’est une sage décision. « Concernant particulièrement le Dr Simao, ce n’est pas la première fois qu’il vient à Madagascar. Mais pour sa mission actuelle, d’après ce qu’il m’a dit, il est venu pour tenter une ultime démarche auprès des différentes entités politiques, notamment du côté des trois mouvances, afin de les convaincre d’adhérer à la feuille de route ».


LE TRIANGLE DE RÉDUIT BIENTÔT ACCESSIBLE

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La semaine dernière a vu une joyeuse animation au salon d’honneur et dans les jardins de la State House. C’était, en effet, le temps de la remise des insignes aux citoyens honorés par la République à l’occasion de la Fête nationale, le 12 mars dernier. Chaque jour a vu défiler, fièrement, devant le président Sir Anerood Jugnauth, des Mauriciens, certains connus du grand public pour leur contribution au développement du pays, d’autres anonymes, mais riches d’accomplissements dans leur domaine professionnel ou parcours social respectif. Mais tous accompagnés de leurs proches, venus partager leur joie et profiter de l’occasion pour une photo souvenir avec le couple présidentiel. Capital y était également, vendredi dernier

L’inauguration du triangle de Réduit se fera aujourd’hui par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et le ministre des Infrastructures publiques, Anil Bachoo. Les travaux, estimés à Rs 355 millions et effectués par la firme Colas, ont pour but de réduire la

congestion routière en un lieu stratégique, ce qui rendra plus accessible la route menant aux établissements se situant dans les environs, tel l’hôpital Apollo Bramwell, le collège Mahatma Gandhi et les sièges de sociétés socio-culturelles.

RECONNAISSANCE

LA RÉPUBLIQUE HONORE SES FILS


VISITE DU PRÉSIDENT DU CONGO-BRAZZAVILLE Le président de la République du Congo (Congo-Brazzaville), Denis Sassou-Nguesso, effectuera une visite à Maurice du samedi 9 au lundi 11 juillet. Durant sa visite, le président congolais aura des discussions sur des ques-

tions d’ordre économique et commercial. Il sera particulièrement question de la mise en place d’une zone économique spéciale au Congo-Brazzaville, avec l’aide de Maurice et de Singapour, ainsi que de projets touristiques.

Denis Sassou-Nguesso est l’homme fort de son pays depuis 1997, quand il a retrouvé le pouvoir après l’avoir occupé, une première fois, de 1979 à 1992, quand le pays s’appelait encore République populaire du Congo.

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PHOTOS : MANOJ NAWOOR


GOLD PRICES POST BIGGEST DECLINE

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Last week saw gold prices post their biggest weekly decline in two months, as a broadly stronger U.S. dollar and easing concerns over oil-led inflation reduced the appeal of the precious metal. On the

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MARKET

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Comex division of the New York Mercantile Exchange, gold futures for August delivery settled at USD 1,503.15 a troy ounce by close of trade on Friday, dropping 2.4% over the week.

Prices fell below the psychologically important level of USD 1,500 an ounce for the first time in five weeks, hitting USD 1,499.15 a troy ounce, the lowest price since May 20.

ISLAND PREMIER TRADERS FX LTD

EXCHANGE RATES

A Weekly Overview USD

Comments from the Federal Reserve Chairman Ben Bernanke that the bank was winding up its monetary easing program at the end of this month and that further easing was unlikely provided support to the USD. However, Bernanke added there was “uncertainty” about how much of the recent U.S. slowdown was permanent or transitory. The Fed also cut its 2011 economic growth forecast for the U.S. to a range of 2.7% to 2.9%, down from a previous estimate of 3.1% to 3.3%, while policymakers cut their outlook for growth in 2012 and raised estimates for unemployment. U.S. data showed that the number of people in the filing for initial jobless benefits rose to a seasonally adjusted 429,000 in the week ending June 18, from 414,000 the previous week, confounding expectations for a decline to 410,000. EUR Having seen the Euro rally during the course of Friday 17 June after pressure from the IMF on the French and German leaders to push for an agreement on Greece, over the weekend, Euro-Zone leaders failed to agree on a Greek aid payout until Greek Prime Minister Papandreou could deliver further austerity cuts. The EUR

TERM OF THE WEEK

Guaranteed stock

Preferred or common stock of one corporation whose dividends are guaranteed by another corporation. Since the dividends are guaranteed, investors are generally willing to pay a higher amount for the stock than if the stock was not backed up by a guarantee. How valuable the actual guarantee is will depend on the guarantor's financial and credit history. The guaranteed stock arrangement has frequently been used by railroads. On the other hand, Common stock is a security that represents ownership in a corporation. Holders of common stock exercise control by electing a board of directors and voting on corporate policy. Common stockholders are on the bottom of the priority ladder for ownership structure. In the event of liquidation, common shareholders have rights to a company's assets only after bondholders, preferred shareholders and other debtholders have been paid in full. In the U.K., these are called "ordinary shares".

dropped and was further down with news that the Euro Zone exposure was significantly reduced by some of the U.K.’s leading banks. The Euro was also influenced by Greek Prime Minister Papandreou facing a confidence vote in parliament. Markets expected him to be backed. However, the crucial test was as to whether the firm austerity policies pressured on Greece by the IMF and Euro leaders could be passed over the next two weeks. It would be a crucial few weeks not only for Greece but for the Euro also as failure to pass would result in a Greek default. Markets also remained extremely nervous and prone to short term moves based on headlines.

GBP Sterling was weaker versus the Euro after Bank of England policymaker Paul Fisher struck a more dovish tone and kept alive more quantitative easing as a possibility in the UK, despite an improvement in UK public sector borrowing. At the same time, the UK currency traded in a tighter range against the USD, with selling interest was rumored at close to USD 1.6300 levels. Sterling was also hit hard after the MPC minutes were released. The votes were 7-2 in favour of keeping rates on hold and although this was expected, acknowledgement that growth had been weak was another reason for the market to sell Sterling.

WEEKLY HIGHLIGHTS Despite recent decreases in crude oil prices and concern over the pace of economic growth in the Organization for Economic Co-operation and Development (OECD) countries, supply and demand fundamentals underlying the oil market remain strong. Far from reducing their expectations of global oil demand growth for 2011, the U.S. Energy Information Administration's (EIA) ShortTerm Energy Outlook and other forecasters have recently raised their demand projections. EIA is currently projecting global oil demand to average 88.4 million barrels per day (bbl/d) in 2011, 1.7 million bbl/d higher than in 2010. Of that increment, China alone is expected to account for some 700 thousand bbl/d. Why? In fact, despite uncertainties about overheating, inflation, and potential policy measures by Beijing to slow down the pace of expansion, economic forecasters continue to expect remarkably

Country AUSTRALIA CANADA EMU JAPAN N. ZEALAND SINGAPORE S. AFRICA SWITZERLAND U.K. U.S.A.

Buying Currency AUD 1 CAD 1 EUR 1 JPY 100 NZD 1 SGD 1 ZAR 1 CHF 1 GBP 1 USD 1

TT 29.0296 28.1644 39.6058 34.3589 22.3342 22.3558 4.0265 33.1824 44.2552 27.7257

Selling Notes TT/DD/Notes 28.5024 30.5162 27.5408 29.6272 39.0879 41.5177 33.184 36.1291 21.8106 23.4304 21.939 23.5101 3.8963 4.2666 32.7295 34.8034 43.8656 46.3923 27.5638 29.0601

DD 28.8108 27.9458 39.3725 34.0138 22.1861 22.2287 3.9818 32.9674 44.047 27.6364

GOLD COINS TUESDAY, 28 JUNE 2011 Denomination

Weight(gm)

Diameter(mm)

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MARKET ACTIVITY TUESDAY, JUNE 28 2011

COMMODITIES OIL – CHINESE DEMAND

BANK OF MAURITIUS EXCHANGE RATES TUESDAY, 28 JUNE 2011

steep growth from China. Recently, the International Monetary Fund cut its forecast of global economic growth by 0.1 percentage points to 4.3 percent, but kept its forecast of Chinese growth at 9.6 percent.

Market Capitalization Total Volume Traded

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Total Value Traded

Rs 46,165,471.35

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NATURAL GAS Natural gas prices reached close to a fiveweek low last week. However, the decline in prices then created bargain buying opportunities and prices were soon up again. Forecasts showing aboveaverage temperatures in the U.S. this week also supported prices. The U.S. Energy Information Administration said in its weekly report that natural gas storage in the U.S. rose by 98 billion cubic feet last week, surpassing expectations for a buildup of 91 billion cubic feet. Stocks rose by 81 billion cubic feet in the same week a year earlier, while the five-year average change for the week is an injection of 86 billion cubic feet.

This report has been prepared by Nishal Babooram of Island Premier Traders FX Ltd. (FOR MORE INFORMATION, PLEASE VISIT OUR WEBSITE: HTTP://WWW.ISLANDPREMIERTRADERS.COM)

Rs 189,137,765,104.40

IRELAND BLYTH

BOTTOM 5

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DES PORTABLES DANS DES BOÎTES À BISCUITS Le groupe allemand de chimie Evonik oblige ses dirigeants à mettre leurs téléphones portables dans une boîte à biscuits en fer blanc, par peur de l’espionnage industriel. « Les experts nous ont dit que les téléphones porta-

bles étaient de plus en plus souvent sur écoute, même quand ils étaient éteints », a expliqué une porte-parole. « La mesure s’applique principalement quand des sujets sensibles sont à l’ordre du jour, surtout de recherche et

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développement », a-t-elle poursuivi. La méthode est efficace parce que le fer blanc bloque les radiations électromagnétiques, empêchant toute ingérence extérieure ou communication téléphonique.

RAPPORT ANNUEL

La BRI tire la sonnette d’alarme sur la dette

Edition 32

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GLOBE

MERCREDI 29 JUIN 2011

FMI

La Chine soutient Christine Lagarde

La Banque des règlements internationaux (BRI) a appelé ce dimanche les économies avancées à assainir au plus vite les « finances publiques et privées » pour éviter une « nouvelle catastrophe », avertissant les pays émergents des risques d’endettement et de surchauffe immobilière. Et elle a indiqué que la liste des banques d’importance systémique à l’échelle mondiale, à qui des exigences supplémentaires pourraient être appliquées, n’est pas encore fixée « IL EST grand temps d’assainir les finances publiques et privées », avertit la BRI dans son rapport annuel présenté lors de son assemblée générale à Bâle, dimanche. « Les autorités budgétaires doivent prendre au plus vite des initiatives énergiques, avant qu’une nouvelle catastrophe n’arrive », insiste-t-elle. Mais, alors que les manifestations contre les plans de rigueur se multiplient dans les pays européens, comme en Espagne et en Grèce, la BRI - la « banque centrale des banques centrales » - estime que les mesures d’austérité ont peu de chance de se révéler « contreproductives en étouffant la croissance ». Les économistes de la BRI estiment toutefois que « plus vite les économies avancées abandonneront le modèle de croissance tirée par l’endettement, qui a précipité la récente récession, (...) plus vite elles renoueront avec une croissance durable ». « Dans de nombreuses économies avancées, la dette pèse encore lourdement sur les ménages comme sur les établissements financiers et non financiers, et l’assainissement des finances publiques est à peine amorcé », déplorent-ils. ACQUIS SOCIAUX ONÉREUX Ramener la dette à des niveaux « supportables » ne sera pas aisé. Cette tâche doit notamment prendre en compte, selon le rapport, « le fait que, étant donné le vieillissement démographique, les régimes de retraite et autres acquis sociaux sont tout simplement trop onéreux pour pouvoir être maintenus ». D’autres défis attendent les gouvernements, prévient la BRI , constatant que « les déséquilibres financiers mondiaux resurgissent ». Elle redoute particulièrement un retour de l’inflation, estimant que les risques ont globalement augmenté sous « l’effet conjugué d’une diminution des capacités inutilisées et d’un renchérissement des denrées alimentaires, de l’énergie et des autres produits de base ». En conséquence, « les politiques monétaires très accommodantes vont rapidement devenir une menace pour la stabilité des prix », craint-elle. Pour la BRI , le danger inflationniste menace désormais les économies

PRÉCAUTIONS. La Banque des règlements internationaux estime qu’il est grand temps d’assainir les finances publiques et privées

avancées et renforce les arguments en faveur d’un relèvement généralisé des taux directeurs des banques centrales qui « risquent de devoir le faire à un rythme plus rapide que lors des phases de resserrement précédentes ». Les pays émergents ne sont pas exempts de risques, selon la BRI , qui prévoit que « les pays dans lesquels l’endettement alimente l’envolée des prix immobiliers et l’explosion de la consommation risquent de voir se creuser des déséquilibres semblables à ceux dont souffrent aujourd’hui les économies avancées ». « Ainsi, les prix de l’immobilier progressent à un rythme effréné dans certains cas, tout comme l’endettement du secteur privé », fait-elle valoir. Malgré tout, la BRI se veut confiante face notamment à la « croissance robuste » des économies émergentes. « Le pessimisme ayant fini par lasser, l’optimisme reprend pied. Reste à savoir (...) si l’optimisme est justifié ». BANQUES SYSTÉMIQUES Par ailleurs, la liste des banques

d’importance systémique à l’échelle mondiale, à qui des exigences supplémentaires pourraient être appliquées, n’est pas encore fixée, a indiqué dimanche le directeur général de la BRI, Jaime Caruana. « Le nombre de banques dépendra des consultations », a-t-il expliqué à la presse. Et « je ne pense pas qu’au début l’intention soit de publier les noms des banques », a-t-il ajouté. Il s’est en revanche félicité du document adopté samedi par le Conseil des gouverneurs des banques centrales sur des exigences supplémentaires à appliquer aux banques systémiques, jugeant « important » d’avoir trouvé un accord sur la nouvelle méthodologie visant à évaluer l’importance systémique des banques. Ce texte, qui prévoit aussi de relever le ratio de solvabilité des banques systémiques jusqu’à 2,5 %, doit encore être soumis à consultation auprès du Conseil de stabilité financière (FSB). Ses conclusions seront connues fin juillet. SOURCE : INTERNET

LA CHINE a exprimé un « soutien assez appuyé » à la Française Christine Lagarde pour prendre la tête du Fonds monétaire international (FMI), a déclaré lundi 27 juin à l’agence Dow Jones le gouverneur de la banque centrale chinoise, Zhou Xiaochuan. C’est la première fois que Pékin exprime publiquement son soutien à la ministre française de l’Economie pour prendre la succession de Dominique Strauss-Kahn, démissionnaire après avoir été accusé d’agression sexuelle sur une femme de chambre d’hôtel à New York. Christine Lagarde est en compétition avec le gouverneur de la banque centrale du Mexique, Agustin Carstens, pour le poste de directeur général du Fonds. La Chine, qui a reçu les deux candidats, avait souhaité fin mai que la désignation du directeur du FMI se fasse « de manière ouverte, transparente et sur la base du mérite, (de façon à) mieux représenter les marchés émergents et mieux refléter les changements dans la structure économique mondiale ». Augustin Carstens a tenté de rallier derrière sa candidature les pays émergents. « Bien sûr, nous ne connaissons pas encore l’issue » de la course entre Mme Lagarde et M. Carstens, a déclaré M. Zhou à l’agence Dow Jones, ajoutant toutefois « qu’actuellement, il n’y a rien qui ne paraisse pas clair », alors que la Française est largement donnée favorite. Le conseil d’administration du FMI se réunit mardi pour départager les deux candidats. SOURCE : INTERNET



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