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IPOD TOUCH : PLUS QUE DE LA MUSIQUE… L’évolution des supports en matière de musique a abouti à l’iPod. Sa dernière mouture, la ‘touch’, fait encore mieux : place au tout-en-un ! EDITION 30 – MERCREDI 15 JUIN 2011

LA DIFFÉRENCE, C’EST LE CONTENU

Votre hebdomadaire à Rs 15

OMNICANE : « L’ÉTHANOL , UN PROJET NATIONAL »

STC : UN RAPPORT ACCABLANT

LA STANDARD BANK LUI RÉCLAME PLUS DE RS 64 M

Dirigeants politiques et sucriers sont sur la même longueur d’onde concernant l’orientation à donner à l’industrie de la canne

Bien avant les scandales actuels, le rapport de la commission d’enquête Moollan avait révélé, en 1996, les failles de l’organisme

Edgar Razafindravahy, considéré comme l'une des plus grosses fortunes de Madagascar, n'aurait pas remboursé ses emprunts

LA HAUTE COUR DE LONDRES

“MCB AND MUA MADE FALSE REPRESENTATIONS”

La visite du président de Singapour sera-t-elle suivie par celle des enquêteurs de NTAN ? Quoi qu’il en soit, le Premier ministre avait exprimé le souhait de faire la lumière sur l’affaire MCB-NPF. Capital revient sur le litige MCB-Mauritius Union Arab Town... je t’aime trop | Sultans of Spin : Doctoring opinion | Artcade fait le plein de soleil


SÉANCE DE TRAVAIL PRAVIND JUGNAUTH - CHRISTINE LAGARDE

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Lors de la réunion annuelle de la Banque africaine de Développement (BAD), tenue le vendredi 10 juin à Lisbonne, au Portugal, une séance de travail a eu lieu entre le ministre des Finances mauricien, Pravind Jugnauth, et son homologue français, Christine Lagarde. Cette

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ACTA PUBLICA MERCREDI 15 JUIN 2011

| Billet de MORDICUS |

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dernière est pressentie pour devenir la nouvelle directrice du Fonds monétaire international et a été classée 17e femme la plus puissante du monde, en 2009, par le magazine Forbes, ainsi que « meilleur ministre des Finances de la zone euro » par le Financial Times.

Central Drought Authority ?

crivant dans le Telegraph d’hier, Boris Johnson, le maire de Londres, affirme ceci : « Oublions la pluie de juin, concentrons-nous plutôt sur la sécheresse de ces derniers mois ». La Grande-Bretagne, comme la France, fait face, comme on le sait, à une des pires sécheresses du printemps. La situation là-bas est aussi grave qu’à Maurice, avec des clichés de Mare-aux-Vacoas qui rappellent le désert du Sahel. Il pleut dans le pays depuis lundi. Pas assez, ont prévenu les météorologues, pour qu’on puisse demander à la Central Water Authority (CWA) d’ouvrir les vannes. Nous devons oublier cette pluie hivernale passagère pour réfléchir plutôt à une solution

durable à ce problème de manque d’eau. Car de la Central Water Authority à une « Central Drought Authority », il ne reste qu’un pas. Dans sa chronique, Boris Johnson fait une série de propositions pour la mise en place d’une nouvelle ‘water grid’ pour la Grande-Bretagne, qui permettrait de prendre de l’eau là où il y en a en abondance pour approvisioner les endroits les plus secs. Ce qu’il appelle, lui, le ‘North-South divide’. C’est dans cet esprit que le Midlands Dam a été construit. L’eau captée dans les hauts est transférée vers le Nord, grâce à un canal, pour irriguer les plantations de la région. Le maire de Londres va même plus loin. Il demande que l’on réfléchisse à la mise

en place d’un réseau de canaux pour acheminer de l’eau vers les localités qui sont traditionnellement déficitaires en eau. Ce que Boris Johnson propose n’est pas de la ‘rocket science’. L’un des problèmes auxquels Maurice fait face actuellement est un déficit au niveau de notre université, d’où très peu de propositions émanent depuis quelques années. Nous nous serions attendus à ce que la faculté d’ingénierie du campus de Réduit vienne avec des propositions pour aider les autorités à mettre en place un nouveau ‘water grid’ à Maurice. Transférer de l’eau de Mare Longue vers Mare-aux-Vacoas ne peut être qu’un palliatif. La construction de deux barrages, à Bagatelle et à Rivière-desAnguilles, va certainement ré-

gler pendant quelques années notre problématique de stockage et de distribution d’eau. Mais il faut aussi réléchir aux moyens d’assurer que les réservoirs dans toutes les régions soient alimentés quand tombent les pluies diluviennes. C’est là où la proposition de Boris Johnson pour la mise en place d’un réseau de canaux nous paraît très intéressante. D’autant plus que l’un des reproches qu’on entend souvent quand Maurice est copieusement arrosée est que nous laissons cette précieuse denrée aller ‘down the drain’. Les Singapouriens proposeront certainement des solutions pour régler notre gestion calamiteuse de stockage et de distribution d’eau. Mais rien n’empêche l’univer-

sité de Maurice et le ‘Council of registered professional engineers’ du pays d’apporter leur contribution à travers des propositions pour la mise en place d’un nouveau ‘water grid’. En Grande-Bretagne, le Pr Roger Falconer, de l’université de Cardiff, proposera dans quelques semaines, à la ‘Royal Academy of Engineering’, une réflexion sur ce sujet. Le Mauritius Research Council et l’université de Maurice pourraient aussi songer à convoquer une réunion semblable, avec Roger Falconer comme invité. Une bonne occasion pour le ministre Rajesh Jeetah de prouver que Navin Ramgoolam a eu raison de lui confier le portefeuille de l’Education tertiaire et de la Recherche !


L’IATA LÈVE LES SANCTIONS CONTRE AIR MADAGASCAR La suspension, par la direction générale de l’Association internationale du transport aérien (IATA), de l’agrément permettant à la compagnie nationale d’assurer la distribution de ses billets d’avion auprès des agences de voyages et tour-opérateurs en France et à l’île de La Réu-

EDGAR RAZAFINDRAVAHY est un puissant homme d’affaires très influent dans son pays. Cependant, c’est à Maurice qu’il s’est installé pour tout gérer. Ce qui explique que c’est avec la Cour commerciale de Port-Louis qu’il a quelques démêlés pour un prêt de 3 565 170 euros contracté auprès de la Standard Bank en 2008. La lettre de crédit avait été octroyée au groupe Prey (Maurice) Ltée, maintenant placée sous administration judiciaire. Les Receiver Managers en sont Michel Chan Sui Ko et Paul Gérald Lincoln de la société Ernst and Young. Quant à la chaîne de boulangerie Mouf ’rey, elle est enregistrée comme une « société anonyme » selon les lois malgaches. Les conditions du prêt étaient claires, les boîtes appartenant à d’Edgar Razavindravahy ne pouvaient utiliser plus de 1,7 million d’euros. L’intérét avait été fixé à 3,2 % par an et le taux calculé sur le London Interbank Offered Rate. Selon la Standard Bank, le remboursement était étalé sur une période de cinq ans, avec une période moratoire d’une année. Engagement que l’homme d’affaires n’a pu respecter. Malgré des rappels de la banque, Edgar Razafindravahy a

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nion, a été levée. Ladite suspension était due à un non respect des normes. Avant cette levée de sanction, les vols de la compagnie étaient toutefois disponibles auprès des plate-formes de billetterie électronique Hahn Air et Heli Air Monaco.

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COUR COMMERCIALE

La Standard Bank réclame plus de Rs 64 M à Edgar Razafindravahy Considéré comme l’une des plus grosses fortunes de Madagascar, Edgar Razafindravahy n’aurait pas remboursé ses emprunts contractés auprès de la Standard Bank de Maurice. Il est également en affaire avec un groupe de presse mauricien | LF joué à l’abonné absent. L’affaire a été entendue une première fois le mercredi 8 juin et sera de nouveau appelée le 22 courant devant le juge Paul Lam Shang Leen. Tout indique cependant que le puissant homme d’affaires malgache ne compte pas accepter un accord mais va se battre contre la plainte de la Standard Bank. Cette dernière a retenu les services de l’avocat Ravind Chetty et l’avoué Rajesh Bucktowonsing.

Edgar Razafindrahavy aurait soutenu le putsch à Madagascar

PARTENAIRE DE LA SENTINELLE Edgar Razavindravahy a été longuement l’ennemi économique du président actuellement en exil, Marc Ravalomanana. Son entrée dans le paysage commercial a été une menace pour le monopole de

« l’empire Ravalomanana » sur le marché des denrées alimentaires. Il fut, en effet, confronté à d’énormes difficultés dans la conduite de ses affaires, sous le régime Ravalomanana. Certains observateurs estiment que c’est Edgar Razafindravahy qui aurait dû prendre la place de Ravalomanana à sa sortie du pouvoir par la force. D’autre avancent qu’il a soutenu Rajoelina dans le putsch. Hypothèse très propable, car Andry Rajoelina l’a nommé président de la Délégation Spéciale de Tananarive. C’est, officiellement, sa première fonction en politique. Tout comme Ravalomanana, Edgar a son empire économique, soit le groupe Prey qui gère plusieurs sociétés dans l’agro-alimentaire, les services et les médias : Mouf ’rey, ecoprim,

Radio One : Sir Hamid Moollan objecte à la motion de La Sentinelle La Sentinelle n’a toujours pas digéré la perte de contrôle de Radio One, dont le conseil d’administration vient d’accueillir de nouvelles têtes. Sa demande que la firme Accacias Ltd soit considérée comme partie dans l’affaire qui l’oppose à un groupe d’actionnaires est contestée SIR HAMID Moollan, QC, représente les intérêts de Farook Hossen, patron d’Evanston Ltd, société qui détient 20,52 % d’actions de Viva Voce, compagnie propriétaire de Radio One. Sir Hamid Moollan a justifié son objection à une telle demande en arguant qu’elle n’a pas été formulée de manière formelle, soit à travers un affidavit. Chose que Me Nuvin Proag, qui paraissait pour La Sentinelle, a déclaré qu’il allait faire. En attendant, le juge Paul Lam Shang Leen a demandé aux deux parties de revenir en cour demain. La tentative de faire intervenir Accacias Ltd dans le litige s’explique par la volonté de La Sentinelle de reprendre le contrôle de la radio de la rue BrownSéquard. RHT Media avait vendu ses parts ( 25,66 %) à Accacia Ltd. Transaction que contestent les plaignants, avec en tête de liste La Sentinelle. Valeur du jour, Viva Voce est composé d’Evanston Ltd (20,52 %), RHT Media (25,66 %) et Interaction.com (6,41 %). La Sentinelle, pour sa part, ne dispose que de 19,99 %, MADCO, une filiale de FAIL, 6,59 %, Rogers, 12,82 % et Sunil Banymandhub, 8,03 %.

sitram, kobama, ‘l’express de Madagascar’ (en partenariat avec La Sentinelle de Maurice), groupe RTA et Radio antsiva. Le groupe RTA contrôle une chaîne de télévision et deux stations de radio à Tananarive et une station de radio et une chaîne de télévision à Majunga et à Tamatave, deux autres grandes villes du pays. Le groupe est également derrière la création de ‘L’Hebdo’ de Madagascar, fruit d’un partenariat avec La Sentinelle de Maurice, et ‘Ao raha’, quotidien d’actualité malgache. A la tête de la RTA, on retrouve un Mauricien, Selven Naidu, qui a été, quelques années de cela, directeur général de la Mauritius Film Development Corporation (MFDC).

Deux en un LE BANQUET d’Etat tenu en l’honneur du président singapourien Sellapan Ramanathan a vu la participation de plusieurs personnalités. Rien de surprenant à cela, sauf la présence de certains politiciens mis à l’écart par Navin Ramgoolam lors des législatives de 2010. Dans certains milieux, on estime que ce revirement cadre avec la tenue prochaine des municipales. Le chef aura profité du banquet pour dégeler les relations avec certains et pallier le manque d’attention dont souffrent d’autres.

RÉDACTEUR EN CHEF Rudy Veeramundar CONSEILLER À LA RÉDACTION Manoj Nawoor CHEF D’ÉDITION Clency Lajoie RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT Roy Neeraye RÉDACTION Herrsha Lutchman-Boodhun Sindy Moonesawmy CONCEPTION GRAPHIQUE Knivel Goonmeter Ibrahim Atchia DIRECTEUR EXÉCUTIF Rajen Valayden RESPONSABLE DE MARKETING Cécile Antonio CHEF DE PRODUCTION Roland Nicolas Cheneya ADMINISTRATION Nishta Salandy Essane Auleear Vishesh Koonjobeeharry

LITIGE. Les actionnaires de Viva Voce, société à laquelle appartient la station de radio, ne sont décidément pas sur la même longueur d’onde

Une publication de Channel13 8, rue Mère Barthelemy, Port-Louis Tel : 213 1555 - Fax : 213 1552 Email : info@channel13.mu - Site web : www.channel13.mu Imprimé par Yukondale Ltd - Plaine Lauzun


INFINITY : L'AFFIDAVIT DE BOUILLAUD ATTENDU

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FINAL REPORT MERCREDI 15 JUIN 2011

| Billet de RAJEN VALAYDEN |

La danse du lion

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our arriver à comprendre le scénario politique local et ce qui se dessine à l’horizon, il faut d’abord maîtriser la compréhension du personnage central de la scène, qui est Navin Ramgoolam. Son discours au temple de Tookay, dimanche dernier, révèle sans aucun doute son état d’esprit quant à certains membres de son parti, sa politique de démocratisation de l'économie et surtout sa stratégie à venir. Le mystère qui entourait l’alliance avec le MSM s’éclaircit et on constate que le soutien accordé à Pravind Jugnauth à la partielle de la circonscription No. 8, Moka/Quartier-Militaire, était en effet le prélude d’une longue épopée politique déjà conçue. Une alliance à risques, d’autant que les partisans sont issus du même bassin et que les largesses consenties pour rendre confortable le MSM étaient uniquement un leurre. Le traitement accordé à Soodhun, les multiples attaques des députés travaillistes dans la sombre affaire MedPoint et les pouvoirs accrus conférés à Michael Sik Yuen sont les preuves de la virtuosité du maestro à ‘cut down to size’ le MSM. Fervent adepte du laisser-faire, il a su patienter suffisamment pour que les relations entre le MMM et le MSM se détériorent et atteignent un point de nonretour avant d’enclencher les grandes manœuvres. Sa force, il la puise des gênes de son père, qui avant lui, s’était imposé en véritable stratège, maîtrisant la gestion de l’information et profitant des faiblesses de ses adversaires. La comparaison s'arrête là. Navin Ramgoolam est une version nettement améliorée, qui, de par ses actions, laisse apercevoir qu’il ambitionne de non seulement marquer son époque, mais aussi de surpasser tous ceux qui sont venus avant lui. Malgré les circonstances difficiles, il joue gros en pariant sur l’investissement massif dans nos infrastructures. Des projets à faire rougir beaucoup de pays riches du continent noir. Bien que la dégradation sociale ne soit pas inhérente au régime en place, Navin Ramgoolam risque de se trouver en difficulté si tous les projets en chantier ne rapportent pas les fruits escomptés. Si l’opposition attend fermement les échéances municipales pour rétablir le rapport de forces, Navin Ramgoolam semble, lui, ne pas s’en inquiéter, car la gestion des collectivités locales ne lui ont rapporté que des ennuis. Il pourrait donc simplement déléguer ses partenaires dans l’arène. Mais l’enjeu est capital et risque d’avoir un effet domino, si ce n'est qu'au niveau de la perception publique. De plus, Navin Ramgoolam a pris goût à la victoire, et depuis la défaite de 2000, il s’assure que chaque bataille se termine en sa faveur. Comme tout homme, il possède cependant des faiblesses. Il semble actuellement souffrir de la solitude, un sentiment renforcé par le départ de ses fidèles lieutenants, James Burty David et Christian Rivalland, et le manque de cadres dignes de confiance. C'est d'ailleurs lui qui a tenu à dire qu’il avait gagné les dernières législatives seul. Mais la chance de ce dernier est sans doute la maladresse de ses adversaires, qui, au fil du temps, se sont spécialisés dans l'art de se tirer dans les pieds. Des adversaires qui craquent aux moindres yeux doux, et qui souhaitent uniquement se retrouver au pouvoir, même si ce n’est qu’une dernière fois...

Le ressortissant français Gérald Bouillaud n'a toujours pas soumis son affidavit à la cour commerciale. Le juge Paul Lam Shang Leen a souhaité à ce que cela soit fait dans les plus brefs délais. Il a

renvoyé l'affaire au 28 de ce mois. Entre temps, l'ordre Mareva contre Jean Suzanne et Gérald Bouillaud est maintenu. L'ancien patron d'Infinity BPO réclame toujours, cependant, l'ac-

cés à son compte bancaire gélé par l'ordre Mareva du juge. L'ordre est aussi applicable sur tous les avoirs et biens du Français, ancien directeur général d'Infinity BPO.

HAUTE COUR DE LONDRES

“MUA and MCB made false representations” L’intention de la Mauritius Union Assurance de signer un chèque de Rs 250 millions à l’intention de la Mauritius Commercial Bank a-t-elle été communiquée aux actionnaires de la MUA ? C’est la question que se posent certains. Capital revient sur le jugement de la Haute cour de Londres dans le litige qui opposait la MCB à la MUA | RUDY VEERAMUNDAR LA VISITE du président de Singapour sera-t-elle suivie par celle des enquêteurs de la firme singapourienne Nicky Tan? Occupant de nouveau le poste de Premier ministre en 2005, c’était le voeu de Navin Ramgoolam : le retour de Ntan ! Le chef du gouvernement a ensuite évoqué la possibilité d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur le méga-scandale MCB-NPF, concernant le détournement de Rs 890 millions de la banque commerciale. En attendant que les intentions du gouvernement se précisent, il s’est, entre-temps, passé trois événements importants liés au scandale en question. La décision du directeur des Poursuites publiques (DPP) de poursuivre la MCB au criminel, un jugement de la Cour commerciale tenant l’ex Chief Manager de la banque, Robert Lesage, comme étant le principal responsable de la fraude (Ndlr : ce dernier veut contester le jugement au Conseil privé de la reine) et l’accord entre la MCB et la Mauritius Union Assurance (MUA). La banque poursuivait, en effet, la MUA en Cour suprême en raison de la réticence de celleci à dédommager la MCB par rapport au détournement de Rs 890 millions. Un procès qui fêtait ses huit ans cette année et a finalement été résolu à travers un « accord commercial ». Dans une interview accordée à un hebdomadaire, le nouveau président du conseil d’administration de la MUA, Dominique Galéa, devait expliquer la motivation de sa compagnie derrière cet accord de Rs 250 millions avec la banque commerciale. « (...) Nous avons dépensé plus de Rs 100 millions en frais légaux sur cette période (Ndlr : huit années) et l’affaire principale n’a toujours pas été entendue. Il faut savoir que les montants en jeu étaient très importants, soit plus de Rs 1 mil-

ARRANGEMENT. Les deux protagonistes ont opté pour un ‘out of court settlement’ au lieu de continuer à perdre de l’argent dans le procès

liard à ce jour, les intérêts compris, sur lesquels nous n’avions presque pas de réassurance. (…) Un arrangement entre les parties est toujours plus rassurant, car elle met fin à toute incertitude capable de nous affecter dans le temps. (…) La situation de litige avec la MCB, un client traditionnel de la MUA, n’était pas vraiment satisfaisante et saine. Guidés par ces principes, nous avons négocié avec la MCB pour arriver à cet arrangement. » FRAIS LÉGAUX Rs 250 millions à la MCB. Était-ce la seule solution ? Se basant sur le jugement de la Haute cour de Londres en 2007 dans un procès opposant les réassureurs à la MUA et la MCB, certains observateurs expliquent qu’il était très difficile pour la MUA de perdre le procès intenté par la MCB en Cour suprême de Maurice. Les conclusions de la cour de Londres étaient claires : « For all the reasons set out above, and without prejudice to the Claimants’ claim in respect of non-disclosure and misrepresen-

tations, the Claimants have no liability to MUA pursuant to the Excess Reinsurance on account of any of the facts and matters relied on in the Mauritian Proceedings or the Mauritian Fraud Proceedings because any loss which MCB may prove it has suffered falls outside the scope of cover of that Excess Reinsurance. » « Ce n’est pas qu’une question de sortir gagnant d’un procès. Il y a les frais légaux à tenir en compte. Si la MUA a déboursé Rs 100 millions, on peut imaginer ce qu’il en est pour la MCB et ses nombreux procès, dont celui contre Teeren Appasamy en Grande-Bretagne. Quand nous mettons les choses dans une balance, c’était à l’avantage des deux parties de conclure à un ‘out of court settlement’, même si la MUA était sûre de remporter la partie avec le jugement de la division commerciale de Londres », explique une source proche du dossier. Dans un communiqué à ses actionnaires en 2007, la MUA était pourtant confiante et devait clairement expliquer qu’elle ne


MMM : LA RELÈVE Voilà bien des années que les mauves sont à la recherche d'un Moïse qui pourra les guider vers la terre promise. Depuis quelque temps, plusieurs noms sont cités pour remplacer l’emblématique Paul Bérenger. Il y a, parmi, Alan Ganoo, Steve

comptait pas céder. Capital vous propose de lire le communiqué en question : « 1. Between June 30, 2002 and June 30, 2003, The Mauritius Union Assurance Company Limited (MUA) underwrote insurance for The Mauritius Commercial Bank Ltd (MCB). MUA issued three insurance policies (the ‘Insurance Policies’) to MCB, namely one primary policy and two excess policies. The primary policy covered a number of risks including infidelity, premises and transit. The first excess policy covered various risks including infidelity, but excluded cover for premises and transit. The second excess policy (the ‘Second Excess Policy’) covered losses relating to premises and transit under an ‘All risks of Physical Loss or Damage’. The Second Excess Policy contained a ‘condition’ which extended coverage ‘to include infidelity – 72 hour discovery period’. The Second Excess Policy contained an excess of Rs 50,500,000 per loss. 1. 2. MUA fully reinsured each of the above risks with reinsurers (the ‘Reinsurers’) in the London market. The wording of each reinsurance contract between the MUA and the Reinsurers replicated that of the insurance contracts between MUA and MCB. 2. 3. On February 14, 2003, MCB announced that it had discovered a large-scale fraud which had resulted in the misappropriation of funds over a period of some 11 years between 1991 and 2002. 3. 4. On September 30, 2004, MCB began proceedings in the Supreme Court of Mauritius against MUA claim-

Obeegadoo, Kavi Ramano et le Dr Satish Boollel. L’ancien médecin légiste semble avoir la cote parmi les intellectuels, alors que les jeunes, qui sont en quête d’un renouveau, soutiennent Kavi Ramano. Bien que certaines réalités locales fassent de

ing losses of Rs 737 million under the premises cover under the Second Excess Policy. 4. 5. On February 3, 2005, the Reinsurers entered an action before the High Court of London seeking declarations that they were not liable under the reinsurance contracts in respect of the losses pleaded by MCB before the Supreme Court of Mauritius for the following reasons: 5. (a) the losses averred did not qualify as losses relating to premises under the excess ‘All Risks of Physical Loss or Damage’ policy (the ‘Excess Reinsurance’); 6. (b) the losses were not discovered within the ‘72-hour discovery period’ applicable to losses covered by the Excess Reinsurance; 7. ( c) with the exception of one loss, none of the losses over the 11-year period exceeded the excess of Rs 50,500,000 applicable to each loss relating to premises under the Excess Reinsurance. » D’autres se demandent aussi si l’intention de conclure un accord de Rs 250 millions avec la MCB avait été communiquée aux actionnaires avant qu’une décision finale ne soit prise. « On parle aujourd’hui de Rs 100 millions comme dépenses en frais légaux mais ce chiffre était-il à l’agenda lors de l’assemblée générale ? » se demande un actionnaire. Selon le Financial Statement de 2007 et 2008, les frais légaux de l’affaire MCB s’élevaient à Rs 14,9 millions pour la MUA. En 2005 et 2006, les frais légaux étaient de Rs 20,9 millions et de Rs 70,6 millions respectivement. Dans les quatre cas, on

Satish Boollel une victime de ses racines ancestrales, il y a toutefois le précédent Prem Nababsing. Quant à l’arrière-garde, elle ne se soucie guère de la relève, estimant que Paul Bérenger a toujours la pêche nécessaire pour triompher.

explique clairement, dans une note glissée dans les différents rapports financiers, qu’il s’agissait du « legal cost related to MCB case and have been disclosed separately due to the materiality of the amount involved. » Capital, vous propose, cidessous, des larges extraits du jugement de la Haute cour de Londres, dans le procès intenté par les réassureurs contre la MUA et la MCB. “The Reinsurers assert that MUA knew or ought to have known of two broad facts or allegations against MCB. These are (paragraph 34): categories of "(a) That there was history of significant and serious banking irregularities at MCB, amounting to much more than loose or idle rumours, including widespread and large scale irregular and/or unauthorised withdrawals from, and deposits into accounts held at MCB. (b) Of MCB’s participation, and that of Board members of MCB, in a very large fraud involving a national airline, Air Mauritius..." “This pleading and the evidence in support of the application for permission to serve the proceedings out of the jurisdiction draw heavily on a report prepared by Tan Corporate Advisory PTE Limited ("the Tan Report"). Tan are forensic accountants based in Singapore. In March 2003, the Bank of Mauritius, which is the Central Bank of Mauritius, engaged Tan to prepare a report on MCB and to make recommendations. It was intended that this should be a private report. However on 19th March 2005 the newspaper "Le Mauricien" published

the final version of the Tan Report as a supplement to its regular edition. The Tan Report is referred to in the draft Amended Pariculars of Claim in relation to serious irregularties within MCB and MCBFC. The pleading also refers extensively to allegations, made in Mauritius, of impropriety by senior staff of MCB and Air Mauritius. It is also alleged that, because of senior board level links between MCB and MUA, MUA had or ought to have had knowledge of the irregularities at MCB. “The misrepresentations of MCB and MUA which are relied upon are all based on answers to the Proposal Form. It is said that MCB and MUA (in using the Proposal Form as the basis of the presentation to Reinsurers) made false representations in respect of questions 5, 18 (a), 18(c), 21 (b)(i), 22 and 23(d)(i). In summary, it is said that misrepresentations were made on the following topics: (1) that its banking business was perfectly orthodox, whereas it included a significant degree of unorthodox business or business that was not properly recorded in the appropriate bankers’ books. (2) that it had a General Instructions Book, a Security Manual and various User Guides to govern its work, whereas this was not the case and there were in fact internal control weaknesses in its credit administration and credit decision process; no operating guidelines for the issue of office cheques; and nothing to prevent Mr Lesage acting alone unsupervised. “The Reinsurers seek two

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FINAL REPORT MERCREDI 15 JUIN 2011

sets of relief in their Pariculars of Claim. As against MUA the Reinsurers seek (1) a declaration that the Reinsurance has been validly avoided for non-disclosure and/or material misrepresentation; (2) a declaration that the Reinsurers are not liable on the Reinsurance because the events (even if proved by MCB) fall outside the scope of the Reinsurance; (3) damages for misrepresentation pursuant to the Misrepresentation Act 1967. “The Reinsurers assert that the governng law of their claim against MCB is English law, pursuant to sections 11 and 12 of the Private International Law (Miscellaneous Provisions) Act 1995, "since the events constituting the tort occurred in London" or "the most signifcant element or elements of those events occurred in London" so it is substantially more appropriate for English law to apply to the tort. It is alleged that MCB owed the Reinsurers a duty of care and that MCB knew that the Reinsurers would rely on the information set out in the Proposal Form to decide whether to participate in the proposed Reinsurance and if so on what terms. It is said that the contents of the Proposal Form constitute statements of fact by MCB, made with the intention that the Reinsurers would rely on them. It is alleged that MCB knew that the representations made were false. “The Reinsurers claim against MCB damages for deceit or for negligent misstatement. In particular, the Reinsurers say that if they are liable to MUA on the Reinsurance, then they are entitled to recover those sums from MCB as damages. »

ENTERPRISE MAURITIUS

La candidature de Prakash Beeharry rejetée A PEINE a-t-il pris les rennes d’Enterprise Mauritius que le ministre Michael Sik Yeun aura fort à faire pour contenir la nouvelle bataille à distance qui s'annonce entre Prakash Beeharry et Amédée Darga. En effet, suite à l’appel de candidatures pour le poste de Chief Executive Officer, plusieurs candidats avaient postulé, dont l’ancien CEO Prakash Beeharry.

Selon certains cadres du ministère de l’Industrie, un exercice en catimini était prévu, deux semaines de cela, afin de précipiter la nomination d’un économiste du privé à la tête d’Enterprise Mauritius. Mais l’évincement du ministre Soodhun allait remettre en cause cet exercice. L’exercice de présélection des candidats, lui, a été fait par le président du Conseil d’ad-

ministration et l’acting officer in charge, S. Aboobakar. Parmi les noms retenus, on note la présence d'un haut cadre du Board of Investment, ainsi que deux anciens cadres ayant servi Enterprise Mauritius. Un des postulants a confirmé que les entrevues se tiendront le lundi 20 juin. La candidature de Prakash Beeharry, quant à elle, n’a pas été retenue. Actuellement

auprès de sa famille à Londres, ce dernier a tenu à dire qu’il a toujours été pour la transparence et un exercice de sélection, cela dans l’intérêt du pays. Néanmoins, il est d’avis qu’il possède les compétences requises et qu'il ne peut, en aucun cas, être évincé d’un exercice de présélection, surtout si on prend en compte qu’il a dirigé l’organisme pendant quatre ans.

Prakash Beeharry affirme également qu’il s’en remettra à la décision de Navin Ramgoolam. Tout porte malgré tout à croire, selon certains, que la trêve qui aurait existé entre Prakash Beeharry et Amédée Darga lors de la guerre avec le ministre Soodhun a expiré.


LA CONCURRENCE ARRIVE

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FEU ROUGE MERCREDI 15 JUIN 2011

Selon le rapport sur l’étude de marché du ciment à l’île Maurice réalisé par la Compétition Commission en avril 2011, l’entrée en action de deux nouveaux opérateurs, nommément Binani Cement (Mauritius) et la Mauritius

Chemicals and Fertilizers Industry Ltd (MCFI), serait imminente. Le rapport indique en effet que la firme indienne Binani aurait déjà obtenu un terrain à bail de la Mauritius Ports Authority (MPA).

STATE TRADING CORPORATION

LE RAPPORT ACCABLANT DE LA COMMISSION MOOLLAN Bien avant les scandales entourant le hedging, l’importation de riz et de gros pois, l’allocation du contrat des produits pétroliers à Betamax et l’Automatic Pricing Mechanism, un rapport publié en août 1996 avait diagnostiqué le mal dont souffre la STC et proposé des remèdes. Capital vous en propose les grandes lignes DEPUIS SON entrée en activité en janvier 1983, la State Trading Corporation (STC) a essuyé de nombreuses critiques, les unes plus virulentes que les autres. Ces attaques répétées allaient provoquer un événement majeur en 1996. Suite aux interpellations parlementaires faisant état de nombreuses irrégularités dans les transactions de la STC, et en respect d’une promesse électorale de l’alliance PTRMMM lors de la campagne électorale lui ayant permis de prendre en main le destin du pays, Navin Ramgoolam décide d’instituer une Commission d’enquête présidée par l’ancien chef juge Sir Cassam Moollan. Dans le rapport qu’il soumet en août 1996, Sir Cas-

sam Moollan s’attarde sur la gestion des ressources humaines, la polémique entourant certaines nominations, le favoritisme, le sectarisme et l’ingérence des ministres. Le rapport dit d’ailleurs, sans ambages, que « our conclusion, as far as the ministry is concerned, is that the officials danced to the minister, who in turn screened himself behind the Cabinet ». Le rapport Moollan va même plus loin en dénonçant un laisser-aller délibéré afin que cette situation perdure : « It is our considered view that if the STC had been properly structured and managed, without outside improper interference, it would have been able to recruit worthwhile officers, who could have prevented the damages at the STC, which have

MÉNAGE À TROIS L’île Maurice consomme 650 000 tonnes de ciment par an, soit 500 kg par habitant. Son importation est assurée par la State Trading Corporation, Lafarge (Mauritius) Ltd et Holcim (Mauritius) Ltd. Le tableau ci-dessous montre l’évolution de la répartition du marché. Année

STC

Lafarge (Mauritius)

Holcim (Mauritius)

Avant 1984 1984 1985 – 2000 2000 – 2003 2004 – 2005 2006 2007 - 2011

25% 50% 50% 25% 33% 50%

100% 75% 50% 25% 37.5% 33.5% 25%

25% 37.5% 33.5% 25%

We feel that Mr de Spéville’s former association with the STC may give ground to think that he has been advantageously served when the Government, in its wisdom, took the decision to hand over the project to the private sector

been the outcome of inefficient management and in some cases, as from 1988 onwards, of dereliction of management, purely and simply ». La commission d’enquête identifie des faits troublants concernant la nomination de Michel de Spéville, CBE, au conseil d’administration de la STC, de 1983 à 1987. Il s’avère ainsi que l’Etat avait commandité un rapport (SATEC/SIT) de faisabilité pour la construction d’une minoterie, au coût de Rs 2 millions. Ce projet serait par la suite abandonné pour des raisons politiques, avant d’être repris par une firme privée, notamment Les Moulins de La Concorde, qui débutera ses opérations en 1989, avec comme président Michel de


LE QG TRAVAILLISTE AMÉNAGÉ EN FACE DE CELUI DU MMM Le nouveau quartier général du Parti travailliste sera bientôt aménagé en face du quartier général du MMM, à la rue La Poudrière, Port-Louis. Cette démarche s’inscrit dans la logique d’un nouveau bâtiment flambant neuf de

plusieurs étages qui sera construit sous peu au Square Guy Rozemont, à Port-Louis. L’ancien bâtiment, vieux d’un demi-siècle a fait son temps et se trouve actuellement dans un état délabré. L’histoire du PTr se résume

en quelque sorte au Square Guy Rozemont, d’où d’importantes décisions politiques furent prises. Afin de garder la même architecture, la direction du PTr a porté son choix sur une maison en bois de plusieurs pièces.

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DES RECOMMANDATIONS SANS LENDEMAIN

It is our considered view that if the STC had been properly structured and managed, without outside improper interference, it would have been able to recruit worthwhile officers, who could have prevented the damages at the STC, which have been the outcome of inefficient management and in some cases, as from 1988 onwards, of dereliction of management, purely and simply Spéville. Dans son rapport, l’ancien chef juge déclare ceci : « We feel that Mr de Spéville’s former association with the STC may give ground to think that he has been advantageously served when the Government, in its wisdom, took the decision to hand over the project to the private sector ». Les analyses des décisions prises à la fin des années 80 sont tout aussi limpides : « We must say that, in a number of instances, we have noticed that the decisions arrived in at the late 80’s were motivated more by political considerations and advantages than on principles. Our investigation in many cases had to stop at the threshold of the Cabinet and we had to leave the ultimate responsibility to those in whose hands final decision rested ». BAKCHICH Le rapport de la Commission d’enquête déterre également de graves révélations sur les pratiques obscures liant la STC et certains opérateurs. C’est le député Clarel Malherbe, alors le parlementaire le plus critique à l’égard de la compagnie paraétatique avec l’ancien leader de l’opposition, Prem Nababsing, qui révéla certaines pratiques liées aux

Alors que le rapport de la Commission d’enquête de 1996 affirme que « land discharging equipment is essentiel to bring down cost of cement », la State Trading Corporation a été incapable d’investir dans les équipements nécessaires, et ce malgré des profits qui se chiffraient en milliards. De plus, la STC s’est refusé à considérer l’option d’utiliser le Kovako d’un des opérateurs, Holcim. Le Kovako, un ‘onshore unloader’, facilite le transbordement et l’empaquetage. Selon certains cadres du Commerce, l’utilisation du Kovako par la STC aiderait à réduire le coût du ciment, mais le fait qu’un seul des opérateurs ait investi dans cette technologie pénaliserait les deux autres, qui utilisent toujours des bateaux pneumatiques, car il créerait une situation de monopole dans le transbordement.

Dans le rapport qu’il soumet en août 1996, Sir Cassam Moollan s’attarde sur la gestion des ressources humaines, la polémique entourant certaines nominations, le favoritisme, le sectarisme et l’ingérence des ministres. Le rapport dit d’ailleurs, sans ambages, que « our conclusion, as far as the ministry is concerned, is that the officials danced to the minister, who in turn screened himself behind the Cabinet frais de transbordement. A ce sujet, le rapport mentionne que « they had to add something to distribute among ‘friends’ ». Clarel Malherbe expliqua aussi comment il avait soumis des documents au Premier ministre d’alors, sir Anerood Jugnauth, avant qu’il ne soit lui-même nommé ministre des Collectivités locales. Quant aux recommandations de la commission, elles contenaient deux points saillants : augmenter la capacité de stockage afin de prévenir des pénuries de produits pétroliers, et investir dans des équipements de transbordement du ciment afin d’en réduire le coût.


HUILE COMESTIBLE : L'APEC VEUT LA SUSPENSION DE LA TAXE DE 10%

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Dans une lettre ouverte addressée au Vice-Premier ministre Pravind Jugnauth, le président de l'Association for the Protection of the Environment and Consumers (Apec), Suttyhudeo Tengur, propose

plusieurs mesures, dans le cadre de la Consumer Protection Act, visant à combattre le coût élévé de la vie. Parmi, il y a la suspension immédiate, et ce durant 6 mois, de la taxe de 10% qui frappe l'importation de

l'huile comestible. « Cette mesure entraînera une compétition à l'intérieur du marché, qui sera bénéfique au consommateur », affirme Suttyhudeo Tengur dans la correspondance.

RESPONSABILITÉ. Ils ont occupé le portefeuille du Commerce : Jayen Cuttaree, Mahen Gowressoo, Rajesh Jeetah et Showkutally Soodhun

LE TRADING ARM DU GOUVERNEMENT Du « riz ration », à sa fondation en 1982, au Petroleum Pricing Committee, en passant par le dossier du « hedging » sur les produits pétroliers, l'année dernière, la State Trading Corporation a joué un rôle vital dans l'importation des commodités de base de la population LA STATE Trading Corporation (STC) est un corps paraétatique établi par l'Acte No. 24 du parlement de 1982, précisément le 24 octobre. Le nouvel organisme devait reprendre les activités du Department of Supplies, qui s’occupait principalement de l’importation et de la vente du riz « ration » et de la farine de blé. Devenue opérationnelle en janvier 1983, elle constitue le ‘trading arm’ du gouvernement et opère actuellement sous l’égide du Ministère des Affaires, des Entreprises, du Commerce et de la Protection des consommateurs. Aujourd’hui, l’organisme est responsable de l'importation de produits de base essentiels tels les produits pétroliers, un quart de la demande de ciment, le riz, la farine et le Gaz de pétrole liquéfié (GPL). La STC doit s’assurer que l'approvisionnement de ces commodités se fasse à des prix subventionnés, mais aussi du marketing, de la distribution, et de l’offre pour la vente en gros et au détail. La STC est aussi souvent sollicitée par le gouvernement pour intervenir en cas de mauvais fonctionnement du marché, y compris dans l’importation et l’approvisionnement de fruits, de lait en poudre,

d'engrais, et de produits anti-moustiques. LES PRODUITS PÉTROLIERS Vu que les produits pétroliers importés jouent un rôle stratégique au niveau de l'économie et qu'ils impactent largement sur la balance commerciale, le gouvernement a décidé, en 1983, qu'il devait y avoir un certain contrôle de leur importation. Par conséquent, la STC devait recevoir des directives du gouvernement afin de prendre en charge l'importation de 25% des besoins du pays. Puis, en l'espace d'une année, ce pourcentage a atteint les 50%. La STC a, par la suite, été sollicitée dans le but de prendre en charge l'importation de la totalité des produits pétroliers servant aux commerces intérieur et extérieur. Comme les cargaisons de produits pétroliers atteignent l'île Maurice tous les vingt jours, si la STC reçoit une citerne d'essence et de gasoil durant un mois, le mois suivant, il en reçoit deux. Ces produits pétroliers sont alors stockés, à titre individuel ou conjointement par les compagnies pétrolières présentes sur le marché mauricien, telles Shell Ltd, Total

Mauritius Ltd, Caltex Oil Ltd et Indian Oil Ltd. Ils sont par la suite commercialisés et distribués aux détaillants, avant d'être vendus aux consommateurs. Afin de déterminer le prix auquel les produits pétroliers doivent être vendus, la STC a mis sur pied, il y a presque sept ans, l’Automatic Pricing Mechanism (APM). Les prix de vente au détail de l’essence et du gasoil étaient alors fixés sur une base trimestrielle. En novembre 2008, le Petroleum Pricing Committee (PPC) a été introduit afin de remplacer l'APM, à la suite de divergences d'opinion sur le fonctionnement de ce dernier. Le PPC, qui tombe sous la présidence de Kai Suet Li Fa Cheung, permet de rapidement prendre des décisions concernant l'impact des prix des produits pétroliers sur l'ensemble des consommateurs mauriciens. Le Petroleum Pricing Committee doit aussi se réunir au moins une fois tous les quatre mois afin d'étudier les données concernant l'achat et la vente de pétrole, l'évolution des prix sur le marché mondial, ou tout autre élément pertinent et décider s'il est nécessaire de revoir les prix.

COMPÉTITIVITÉ SUR LE MARCHÉ DU CIMENT Depuis 1957, Lafarge (Mtius) Cement Ltd (ex-Mauritius Portland Cement Co Ltd) avait le monopole de l'importation et de la distribution du ciment Portland à Maurice. Pour relancer la compétitivité sur le marché du ciment et en faciliter l'importation, le gouvernement a estimé qu'il était dans l'intérêt du pays d'avoir plus d'un importateur. En 1984, il a donc confié la responsabilité d'importer 25% du ciment requis sur le marché local à la STC. Comme pour les produits pétroliers, un an plus tard, soit en 1985, la part de la STC atteint les 50%. Mais elle n'ira pas plus loin. Au contraire, en 20042005, la part de ciment importé par l'organisme paraétatique retombe à 25% (représentant environ 150 000 M tonnes). Durant l'année 2006, ce pourcentage remonte cependant à environ 33%. Le ciment importé par la STC est vendu en vrac à Lafarge SA (Mtius) et Holcim (Mtius) Ltd (ex-Ciment de l'océan Indien Ltd), qui a installé son propre terminal de ciment à Port-Louis en 2000 et partage de ce fait le marché


LE MIOD ORGANISE DES ATELIERS DE TRAVAIL Du 7 au 8 juin, le MIoD (Mauritius Institute of Directors) a organisé deux ateliers de travail au Link Hotel. Deux thèmes ont été abordés. Le premier mettait l'accent sur la composition, les procédures et le rôle du conseil d’ad-

ministration. Bien qu’il soit aujourd’hui difficile, selon les formateurs, d’avoir des directeurs indépendants à Maurice, comme le recommande le code de bonne gouvernance, l’indépendance est, pour Danielle

Lagesse, « une façon de penser qui doit contribuer à l’intérêt de la compagnie ». Le deuxième thème était l'importance d’être précis et transparent dans ce que la compagnie divulgue.

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SUTTYHUDEO TENGUR : « TROP DE NOMINÉS POLITIQUES »

Megh Pillay et Ranjit Soomarooa, actuel et ancien directeurs de la STC, respectivement et Ah Fat, membre du Conseil d’administration

avec Lafarge. Ces deux entreprises sont responsables de la commercialisation et de la distribution du produit. Notons que le contrat pour la fourniture de 80 000 tonnes de ciment pour la période allant du 1er janvier au 30 juin 2011 a été décerné à Marine Cement Ltd et que le prix du ciment a été récemment révisé à Rs 162.80 le sachet de 50 kg. UNIQUE IMPORTATEUR DE RIZ « RATION » En ce qui concerne l'approvisionnement en riz, peu de temps après sa création en octobre 1982, la STC a repris la totalité des activités de l'ancien ministère de l'Approvisionnement, qui était principalement responsable de l'importation et de la vente du riz « ration » et de la farine de blé. Toutefois, au début des années 1990, alors que le niveau de vie de la population s'était amélioré, la STC s'est engagée dans le marché du riz de haute qualité (principalement le riz basmati et le riz parfumé thaïlandais), provenant principalement du Pakistan, de l'Inde, de la Chine et de la Thaïlande. Suite à la libéralisation du commerce du riz en 1997, l'importation de riz de haute qualité a été abandonnée. Par conséquent, l'organisme paraétatique s'est de nouveau tourné, exclusivement, vers le riz « ration », dont il demeure à ce jour l'unique importateur. Le prix de cette commodité est stable car contrôlé par le ministère du Commerce. Toutefois, la subvention qui existait jadis sur le riz « ration » a été supprimée le 3 juillet 2006. Au 19 avril dernier, son prix était estimé à Rs 5.40 la livre à Maurice, et Rs 6.05 la livre à Rodrigues. LES MOULINS DE LA CONCORDE La totalité de la farine consommée localement était importée jusqu'en 1989, année au cours de laquelle Les Moulins de la Concorde (LMLC) a été créée. A partir de cette date, un exercice d'appel d'offres est effectué afin d'at-

Vu que les produits pétroliers importés jouent un rôle stratégique au niveau de l'économie et qu'ils impactent largement sur la balance commerciale, le gouvernement a décidé, en 1983, qu'il devait y avoir un certain contrôle de leur importation. Par conséquent, la STC devait recevoir des directives du gouvernement afin de prendre en charge l'importation de 25% des besoins du pays. Puis, en l'espace d'une année, ce pourcentage a atteint les 50%. La STC a, par la suite, été sollicitée dans le but de prendre en charge l'importation de la totalité des produits pétroliers servant aux commerces intérieur et extérieur tribuer les contrats d'approvisionnement de 50% de la quantité totale de farine requise à Maurice (type A et B). LMLC se charge de fournir les 50% qui restent, à condition que le prix proposé par ce dernier corresponde à la meilleure offre obtenue suite à l'appel d'offres. Si tel n'est pas le cas, l'importation de la totalité des besoins du pays en terme de farine de blé est confiée au meilleur soumissionnaire. Depuis son entrée en opération en 1989, l’entreprise Les Moulins de la Concorde Ltée a joué un rôle très important à Maurice dans le domaine de la sécurité alimentaire. Avec ses 16 silos d’une capacité de stockage de 40,000 tonnes de blé, l’entreprise s’assure que le pays possède des stocks de farine, produit qui a remplacé le riz comme denrée de

base. Depuis sa création, LMLC a non seulement apporté aux Mauriciens des produits essentiels mais a également permis à la STC de réaliser des économies de Rs 708 millions, résultant des prix inférieurs côtés par LMLC. Au 19 avril 2011, le prix de la farine est de Rs 5.85 le demi-kilo à Maurice et Rs 6.85 le demikilo à Rodrigues. MANQUE D'INFRASTRUCTURES DE STOCKAGE En 2002, le gouvernement a décidé qu'il devait y avoir une intervention publique dans le marché du Gaz de Pétrole Liquéfié (GPL). Par conséquent, la Société a été chargée par le gouvernement de prendre en charge, à partir de 2003, les besoins totaux du pays, soit 47 000 Mt. Mais la STC ne dispose pas de l'infrastructure technique de stockage nécessaire pour ce genre de produits. Ce qui fait qu'elle doit immédiatement vendre ses produits, en vrac, dès leur arrivée à Maurice, à des entreprises locales de GPL. A noter que le prix du GPL est actuellement estimé à Rs 300 le cylindre de 12 kg. LES PRODUITS CERTIFIÉS Pour assurer la qualité de ses produits, la State Trading Corporation exige de ses importateurs la présentation de certains certificats de qualité fournis par l'exportateur. Il en est ainsi, par exemple, pour chaque cargaison d'huile arrivant au pays. Une autre série de tests est alors effectuée par le Mauritius Standards Bureau (MSB). Concernant le GPL, les spécifications du produit sont testées par la Société Générale de Surveillance (SGS) et ITS Caleb Brett. La vérification de la conformité aux spécifications du riz est effectuée par le MSB à l'arrivée de la cargaison. La SGS, quant à elle, effectue un test d'échantillon de ciment avant chaque expédition et transmet les résultats de l'analyse qui décideront de l’obtention ou non des certificats de qualité.

Le président de l'Association pour la protection de l'environnement et des consommateurs (APEC) est catégorique : la mauvaise gestion de la State Trading Corporation (STC) est la cause de la chute de l'organisme. « C'est toujours le même scénario, avec la mauvaise personne à la bonne place. De plus, 90% des employés sont des nominés politiques. Ce sont eux la véritable gangrène de l'organisme », avance Suttyhudeo Tengur. Ce dernier estime que la STC a, au fil des années, dévié de son objectif et de sa vocation première : « Aujourd'hui, nous avons des personnes qui sont censées prendre des décisions, mais qui ne maîtrisent pas les dossiers, ni les réalités du commerce. Regardez le cas du hedging. Les décideurs n'ont pu prendre les mesures qui s'imposaient », s'insurge le président de l'APEC. Suttyhudeo Tengur trouve qu'il est impératif de revoir la raison d'être, l'objectif et le fonctionnement de la State Trading Corporation. Le monde du business étant dynamique et en constante évolution, dit-il, il est plus que temps de revoir la STC Act pour l'adapter aux réalités du jour.

L'APM, LE DÉTESTÉ Depuis le début de l'année, l'Automatic Pricing Mechanism (APM) qui déterminait le prix de l'essence, du diesel et de l'huile lourde, a été remplacé par le Petroleum Pricing Committee (PPC). Depuis son introduction, l'APM se réunissait chaque début de mois pour fixer les nouveaux prix. Ces réunions mensuelles causaient énormément de stress à la population avec l'éternelle question : « Pou monter, pou baisser ? » D'autre part, les syndicalistes critiquaient le manque de transparence au niveau du mécanisme, arguant que les prix fixés ne reflètent pas le cours mondial. Ce qui ajoutait à la confusion du côté des consommateurs. Depuis, le PPC, qui se veut être plus transparent dans son fonctionnement, se réunit au moins une fois chaque quatre mois, si le besoin de revoir les prix se fait sentir.

MANGALORE, LA CONTROVERSÉE C'est la firme indienne Mangalore Refinery and Petrochemicals Ltd qui approvisionne Maurice en carburant pour la période 2010 à 2013, pour un volume annuel de 1,2 million de tonnes métriques d’une valeur de deux milliards de dollars. Le contrat a été renouvelé l'année dernière, malgré une opinion contraire de Showkutally Soodhun, alors ministre du Commerce. Par ailleurs, le gouvernement s'est toujours refusé à publier le contrat qui lie la STC à Mangalore pour des raisons de confidentialité commerciale. Ce qui a eu pour effet d'alimenter davantage la polémique Mangalore. D'autant plus que plusieurs voix avouent ne pas comprendre les « liens privilégiés » avec la firme indienne qui ne cesse de rafler les contrats d'approvisionnement en carburant à Maurice. En mai de cette année, le cas de contamination d'une cargaison de 1 000 tonnes de carburants, s'élevant à une perte de Rs 40 millions (selon l'Association des consommateurs de l'Ile Maurice), fait surface. La partie indienne nie alors toute responsabilité dans cette affaire, affirmant même que c'est la STC qui devait assumer les pertes encourues. Toutefois, une étude de la SGS devait conclure que ladite cargaison ne présentait aucune trace de contamination.


LE PROFESSEUR ROBERT LOUIS GARRON À MAURICE A l’invitation de la ‘Law Reform Commission’, le Professeur Robert Louis Garron, Professeur Honoraire à l’Université Paul Cézanne (Aix-Marseille III), sera à Maurice du 14 juin au 1er juillet 2011. Durant sa visite, le Professeur Garron se penchera sur les

OMNICANE

Jacques d’Unienville : « L’éthanol sera un vrai projet national » Dirigeants politiques et sucriers sont sur la même longueur d’onde concernant l’orientation à donner à l’industrie de la canne. C’est ce qui ressort des principales interventions lors de la cérémonie de prières, dimanche, à l’Amma Tookay Kovil de Camp-Diable, dans le Sud. Une tradition vieille de près d’un siècle à chaque début de récolte sucrière INTERVENANT À la cérémonie après les prières traditionnelles, Jacques d’Unienville, Chief Executive Officer d’Omnicane, devait exprimer les ambitions de son groupe à faire de son projet de production d’éthanol un « vrai projet national ». Cela, devait-il ajouter, avec « le soutien et la vision du Premier ministre, et avec comme partenaires les planteurs, le Sugar Investment Trust et les sucriers ». Il a appuyé son engagement en se réjouissant de l’intérêt démontré par les nombreux visiteurs, la plupart des étudiants et universitaires, au stand d’Omnicane à la récente exposition nationale dans le cadre de la Journée moàndiale de l’Environnement. Le sucrier a également fait référence à la déclaration du Premier mi-nistre, à l’ouverture officielle de l’African Round

Table 2011, sur une étude commanditée sur la production d’éthanol comme carburant. RÉUSSIR LA RÉFORME Parlant de la réforme sucrière en cours, Jacques d’Unienville a soutenu que « nous sommes en passe de la réussir et l’Union européenne nous a aidés

financièrement pour cela. Notre client est satisfait de la qualité du sucre raffiné. Notre raffinerie est même en phase d’agrandissement afin d’augmenter la production. Nous avons également obtenu l’autorisation d’importer une certaine quantité de sucre à cette fin. » Le Premier ministre a également exprimé sa confiance

Alpha Group devient un ‘one-stop shop’ LA SOCIÉTÉ Alpha Group, pionnière dans le domaine des services généraux (Faci-lities Services) à Maurice, célèbre cette année les 25 ans d’existence de sa filiale Alpha Cleaning Ltd. Elle se positionne désormais en un ‘one-stop shop’ pour le multiservice. Le groupe vise maintenant une expansion régionale. L’externalisation des services généraux a pris de l’ampleur ces deux dernières décennies. Les entreprises sont de plus en plus nom-

breuses à faire appel aux professionnels pour la gestion globale des fonctions de support de l’entreprise afin de se concentrer sur leurs activités principales. Alpha Group a pris de essor grâce à Alpha Cleaning, son unité de nettoyage et d’entretien de bâtiments. Il est intéressant de noter qu’avec un chiffre d’affaires de Rs 175 millions, la compagnie enregistre une progression de 15 % à 20 % annuellement.

PROGRESSION. Alpha Group brasse un chiffre d’affaires annuel de Rs 175 millions

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questions relatives à la révision de plusieurs lois, dont le ‘Criminal Code’, le ‘Code Civil Mauricien’, le ‘Code de Procédure Civile’ et le ‘Code de Commerce’. Il donnera également des conférences sur le droit pénal et le droit de la famille.

dans la nouvelle industrie de la canne qui prend forme petit à petit. « Je souhaite que tout le monde devienne partie prenante de cette industrie. Il existe un accord historique avec la Mauritius Sugar Producers’ Association. Nous souhaitons ouvrir l’actionnariat des producteurs indépendants d’électricité. Nous devons arriver à un principe qui soit juste et où tout le monde sorte gagnant », a soutenu Navin Ramgoolam. Le premier ministre a aussi longuement fait référence à la prospérité et à la stabilité de l’industrie sucrière, résultat de « choix purement politiques » initiés depuis les années 70 et portant la signature de feu Sir Seewoosagur Ramgoolam. Orientation qu’il a suivie et qu’il entend suivre en tant que chef du gouvernement soucieux de l’avancement du pays et de la population.

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Le projet ‘Hauts Champs’ démarre

‘LES HAUTS Champs’, un développement immobilier résidentiel de l’Indian Ocean Real Estates Company (IOREC), est en chantier. Le contrat de construction a été alloué à la compagnie Super Construction Ltd. La première phase concerne la construction de 20 unités sur les 37 du projet. Les promoteurs ont préféré ne pas attendre la vente d’un certain nombre d’unités pour démarrer le projet. L’acheteur potentiel pourra ainsi se rendre compte, de visu, de la qualité et de l’environnement des maisons des Hauts Champs. « Acheter sur plan comme la plupart des projets clés en main est souvent une décision difficile. Nous souhaitons, à travers ce premier projet résidentiel d’IOREC, créer un lien de confiance avec nos clients en leur donnant toutes les garanties liées à la bonne conduite des travaux. Sous le régime de vente en état futur d’achèvement (VEFA) s’applique également une garantie de fin d’achèvement des travaux (GFA) », avance Hugues Lagesse, Project Executive chez IOREC. Les prix des maisons se situent dans une fourchette variant entre Rs 8 millions et Rs 12 millions, en fonction de la superficie de la maison et celle du jardin privatif, soit de 150m² à 190m² de superficie habitable pour 300m² à 600m² de terrain. Les travaux des Hauts Champs dureront une année.

Helen Brand décorée par l’empire britannique LA CHIEF Executive de l’Association of Chartered Certified Accountants (ACCA), Helen Brand, s’est vue décerner le titre d’Officer of the Order of the British Empire (OBE), lors d’une cérémonie officielle le 11 juin. « Je suis ravie d’être honorée de cette façon. C’est venu comme une surprise totale, très agréable, mais une surprise tout de même. Je crois vraiment que cet honneur est une reconnaissance du succès de l’ACCA. Je suis extrêmement fière d’avoir joué un rôle aux côtés de ses membres, des étudiants et du personnel à travers le monde », a-t-elle déclaré à l’issue de la céré-

RÉCOMPENSE. Helen Brand, Chief Executive de l’ACCA depuis 2008, a reçu l’insigne d’OBE samedi

monie. Helen Brand est à la tête de l’ACCA depuis septembre 2008. Helen Brand est particulièrement intéressée par le développement de la profession de comptable dans les économies émer-

gentes à travers le monde. Elle a une longue et riche expérience ainsi que de grandes connaissances sur les 170 marchés sur lesquels opère actuellement l’ACCA à travers le monde.


SPIN DOCTORING V/S PROPAGANDA

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Spin doctoring is not propaganda. Propaganda campaigns do not simply seek to convince through rebranding by a spin doctor, but add the deceptive element of "psychological warfare." Black propaganda is propaganda that is made to look like it came from the enemy and so protects its sources if and when the

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lie ever becomes exposed. Grey propaganda occurs when the true source is omitted as in the example of Radio Free Europe. It was introduced as a platform run by free democratic voices against communist propaganda. But it was later revealed to be a propaganda program run by the CIA.

SULTANS OF SPIN

DOCTORING OPINION

On October 21, 1984, following the debate between Ronald Reagan and Walter Mondale in the press room of the Kansas City municipal auditorium, The New York Times, in an article headed “The debate and the spin doctors”, used a phrase which has now become so ubiquitous: “A dozen men in good suits and women in silk dresses will circulate smoothly among the reporters, spouting confident opinions. They won't be just press agents trying to impart a favorable spin to a routine release. They'll be spin doctors” | RV THIS WAS to be the first time the word “spin doctor” was used. It is one of those terms, like "politically correct", people use to describe others, while no one aspires being one. True to journalistic jargon, its meaning is vague. We presume the New York Times wanted to underline a common practice of the media; that is portraying politics as a strategic game rather than focusing on real political issues. If we control the spin, or direction, of an object, we are showing sides of it we want to show while not shedding light on the rest. A spin doctor uses spin control to emphasize or exaggerate the most positive aspect of something. For ex-

ample, cigarette companies sell products known to be harmful, which can make them look bad. However, if they also provide funding for charitable events, or build community playgrounds, this can make them look good. Such examples of 'corporate social responsibility' give corporate spin doctors positive aspects of the cigarette company to promote to the public through the media. Some public relations firms list spin doctoring outright as one of the services they offer, while others use terms such as "transformation strategy" or "image transformation." This is comparable to the "rebranding" that is done with products

If we control the spin, or direction, of an object, we are showing sides of it we want to show while not shedding light on the rest. A spin doctor uses spin control to emphasize or exaggerate the most positive aspect of something

that are not selling well in order to sell them. Companies and political organisations also need a spin doctor to 'sell' their mission and ideas to the public.

tion that the public could consider negative. According to seasoned PR professionals, there are four activities which are central to the spinning, namely:

TRENDS AND PERCEPTIONS A spin doctor must keep track of all publicity, such as newspaper articles, of the organization he or she is representing. Information about public trends and perceptions is helpful to a spin doctor in assessing potential public reaction to an event. Time management is absolutely crucial to a spin doctor as an event must be publicized in a positive way before someone else can get to it first and report any informa-

■ Background briefings

The term originally meant to give anonymous guidance about the "real meaning" of public events, shaping the interpretation of success and failure - to give the flow of ambiguous moments the desired shape and political definition. ■ Catering to media de-

mands, in particular the orchestration of photo opportunities and sound


ROOSEVELT’S SUNDAY Prior to the coining of the phrase "spin doctor", early in the 20th century, US president Theodore Roosevelt claimed he had "invented Sunday". He knew reporters needed something for their papers on Monday mornings, but there was not much news happening. So he knew he would get prominent coverage of any announcement he gave them on a Sunday.

bites Spin doctors know how the news media work and, knowing media demands and routines, seek to enhance favourable news coverage and reduce the impact of negative news. Media advisers are usually former journalists and are employed to know the news cycles and the best times to release good news and bury bad news and to have a strong sense of what will become a headline, and what will be the key phrase used in a sound bite. It is getting customary, now, during recent election campaigns, to have an intensive exercise in orchestrating photogenic occasions that would show candidates in a good light and, just as importantly, save them from embarrassment. ■ Use of public opinion

polling as a tool to shape the presentation and even substance of policy stances The famous Bill Clinton "war room" in his successful 1992 presidential campaign was getting new public opinion data every day, and using it to fine-tune phrasings and emphases. This polling data is not just to let the spin doctors know the shape of public opinion, but the degree to which different themes resonate, which face of an issue to highlight, and to know which parts of public opinion are hard and immovable and which are soft and ambivalent. ■ Media monitoring and

rapid rebuttal The term "rapid rebuttal" was first used by Tony Blair's New Labour in Britain, during its rise to power. The aim was to contest damaging charges as soon as possible and not to let accusations run uncontested. However, the aim of media monitoring is not just to inform defensive spin operations, but to provide the ammunition for offensive actions. Governments, in particular, are searching for statements by opposition figures to target. One of the main tactics in contemporary elections is the relentless zeroing in on any weakness seen in the other side. In the spin-doctoring industry, the whole is more important than the sum of its parts. What is amazing is the intensity of the enterprise; the huge amount of resources de-

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CONFESSIONS OF A SPIN DOCTOR The following are the words of Eric Sparling, a former PR representative, which first appeared in an essay the author wrote for the Toronto Star, Canada's largest newspaper I owe you an apology. I've lied, cheated and swindled. Yeah, I know. You've done that, too, but I did it professionally. I spent this past year working in a public relations agency. Let me boil it down for you. The job had one goal: make you care about the things my clients cared about, even if they were inconsequential to your life. Unfortunately, I often succeeded. I didn't work for Hitler or anything, just huge corporations with one common purpose: make money for their shareholders. You see, only giant corporations can afford to hire PR agencies. With only one year's experience to my credit, my boss was billing me out to clients at US $120 per hour. With that kind of cash changing hands, you can bet that only one perspective was going to be represented by me: the one that had serious financial backing. Business is booming. We outnumber journalists and the gap is increasing. The reason is simple: public relations works. We write stories that our clients want us to write, send them to newspapers, magazines or TV stations, and journalists write their stories using our information. Often they'll get another perspective on the topic by contacting another source and call that "balanced reporting." Sometimes they won't. We really liked it when that happened. It meant that our message wasn't diluted by an opposing opinion. If we were lucky, the journalists we contacted would be lazy or overworked. That way, they wouldn't have the time or energy to come up with their own story angles, quotes or research, and they'd just use ours - our quotes, our research, our priorities. Every day began with scanning the papers to find stories about our clients. Then a fax would come through from a company that monitors the airwaves, letting us know whether anything about our clients was broadcast during the previous week. Once we got hold of the news stories, we'd scan them to see if our "story" made it into the journalist's piece. Sometimes the headline we wrote in our news release would be the headline of the article in the newspaper. Sometimes the article was our news release, the only change being the addition of a reporter's name at the top. When voted to the effort, the integrated and professional approach to it, and the capacity for speedy action and response. What used to be done casually and sporadically and slowly is now done professionally and systematically and immediately. There has never, in history, been anything to parallel this

that happened, it was called a "good hit," and we'd send it through to the client as justification of our exorbitant fees. Why should you care? Simple. I promise you that you have read a spin doctor's words as you've scanned through your daily newspaper. The quote that is attributed to the CEO of the company in that front page article? He never said it: a PR guy created that quote and faxed it to the journalist in a news release. The editorial letter from the irate president of the union? A PR guy wrote it, it passed through the hands of six bureaucrats, and the president finally gave his seal of approval. Whole sentences, sometimes entire paragraphs, will be pulled directly from a news release and reprinted in a newspaper, words that were written by guys like me with the specific intent of convincing you to be a customer of my client. Look, if the most important news actually made it into the paper, every day the front-page headline would read, "The developing world still isn't using condoms, the industrial world is living beyond the planet's means, and none of us will care how our stocks are doing when we're on our death beds." That's the stuff that matters, but no one has figured out how to make money out of it, so PR agencies don't represent it. Instead, we read about a cool new soft drink. I did it for a year before I was utterly disgusted. I didn't tell too many lies and I don't think I was responsible for any environmental catastrophes. Some of my former colleagues might not speak to me after they

effort. The rise of spin is a direct response to the demands of the political environment, in which the battle for media coverage and public opinion are so central. Its growth is irreversible. The rise of spin is a real problem for democracy - not so much in election campaigns, where the two sides are

read this. I guess I'm letting the cat out of the bag. Well, it had to be done, because every day you are being lied to by guys like me. Don't believe it when you read a story about heart disease and the statistics they use come from a pharmaceutical company, even if they quote a doctor (they're on the payroll too). Well, I've burned that bridge. I've joined the ranks of the great unemployed masses. One thing I'll say for public relations: it paid well. I guess that's how they get people to do it. (Courtesy - PR watch) OUT OF CONTROL In his book Stay on Message, Paul Ritchie underlines the seven most common mistakes of a spin doctor in a crisis: 1. Not asking for help – I Can do this alone 2. Underestimating the danger 3. Throwing out your quality control 4. Using weasel words 5. Providing false assurance 6. Not accepting responsibility 7. Getting caught flat-footed

roughly matched in their spin resources, but more in areas where one side has a huge resource advantage over the other. Spin-doctoring is mainly practiced by firms operating in sectors subject to controversy. The cries of journalists parallel this: "We can't overcome the capacity of spin doctors to

dominate the news because they save us so much work by putting stories in our hands". The crucial issue is not spin doctor activity, but news media passivity. But like most black magic, the power of spin-doctoring will be much reduced when it is subjected to close and constant scrutiny.


ILS VEULENT SAUVER NOS LÉZARDS

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Des scientifiques du Durrell Wildlife Conservation Trust, un centre de conservation des animaux sauvages, ont ramené en Grande-Bretagne 22 scinques à queue orange, une espèce de lézard que l'on trouve à l'île Plate et menacée de disparition. « Nous avons pour objectif final de

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Nouvelle loi contre l’abattage des arbres Il faut sauver les arbres de l'abattage sauvage. Une loi en ce sens est actuellement en voie d'élaboration. Sa promulgation sera précédée d'une campagne de sensibilisation. 2011, comme on le sait, a été décrétée Année internationale des Forêts, autour du thème « Forests : Nature at your service ». Lors du lancement d’une exposition qui s’est tenue du 6 au 11 juin, le ministre de l’Agro-industrie, Satish Faugoo, a déclaré que la protection et la conservation de ces richesses naturelles ne sont pas uniquement de la responsabilité de son ministère ou de celui de l’Environnement ou encore des organisations non-gouvernementales. Il incombe, devait dire le ministre, à chaque individu d’en faire sa préoccupation personnelle.

Les jeunes nettoient la rue St-Georges

Une trentaine d'élèves de l'école Oasis de Paix ont marqué la Journée mondiale de l'environnement à leur manière, le 6 juin. Devenus éboueurs d'un jour, c'est dans la bonne humeur qu'ils ont participé à un ramassage de déchets le long de la rue St-George, sous le patronnage de la Fondation Joseph Lagesse, du groupe Mon Loisir. Munis de panneaux arborant des messages sur l’environnement, ils ont également distribué des pamphlets sur « dix éco-gestes à faire pour protéger notre planète » dans les nombreux bureaux présents dans cette rue. Parmi ceux-ci se trouvent l’ambassade de France, le ministère de l’Environnement, le collège Bhujoharry, la cure de l'église Immaculée Conception, le quotidien le mauricien ou encore l’hôtel St-Georges. Plusieurs autres activités ont été organisées pendant la semaine du 6 au 11 juin dans les différentes écoles ANFEN (Adolescent Non Formal Education Network) qui accueillent essentiellement des élèves qui n’ont pas réussi aux examens du CPE à la fin du cycle primaire.

MAURICE EST en train de finaliser la mise en oeuvre d'un cadre de prévention des risques biotechnologiques dans le cadre du National Biosecurity Programme. Cette initiative bénéficie de l'appui du Programme des Nations unies pour l'environnement et de l'Organisation des Nations unies pour le développement.

réintroduire l’espèce dans l’île », déclare Andrew Terry, responsable du programme. Le scinque à queue orange a été découvert uniquement sur l’Ile Plate, en 1995. Sa survie est en danger en raison de la forte présence dans l’île de petits rongeurs carnivores.

Le Plan d'action de l'énergie 2011-2015 a été présenté, lors d'un atelier consultatif, jeudi dernier, au Domaine Les Pailles. L'objectif principal de la vision du gouvernement est d'arriver à fournir 35% de ses besoins énergétiques à travers des sources d’énergie renouvelable d’ici 2025 | HERRSHA LUTCHMAN-BOODHUN

ENERGIE

L’Electricity Act 2005 promulguée cette année PRENANT LA parole à l'ouverture de l'atelier, le Vice-Premier ministre, aussi en charge de l'Energie et des Utilités publiques, devait rappeler que les changements dans le secteur de l’énergie se font déjà sentir, en ce qui concerne l’accessibilité, la sécurité et le prix, en particulier dans le sillage de la crise en cours dans les pays arabes et la récente catastrophe au Japon. « Face à cette situation, le programme d’énergie renouvelable pour Maurice doit être abordé dans les meilleurs délais et une feuille de route devient nécessaire. Il est également important de maîtriser la technologie liée aux énergies renouvelables et de développer une main-d’œuvre qualifiée », a fait ressortir Rashid Beebeejaun. Le Vice-Premier ministre a aussi exhorté à un changement dans le mode de vie de la population en utilisant, par exemple, des équipements économes en énergie, soutenant qu'il faut surtout agir sur la demande. Rs 1,4 MILLIARDS Le Plan d'Action de l'énergie 2011-2025 a été présenté à toutes les parties concernées ; ministères, organismes parapublics, institutions universitaires, ONG, secteur privé et agences de financement. À la lumière des discussions, le plan d'action sera mis à jour avant d'être soumis à l'Union européenne d'ici la fin du mois de juin. La présentation du document représente une des conditions nécessaires pour le décaissement, cette

année, de la tranche fixe de 36,452 millions d'euros (Rs 1,4 milliards) dans le cadre du Programme d'appui budgétaire général, conformément à l'entente de financement avec l'Union européenne en vertu de la « promotion du développement durable et équitable ». L'un des premiers objectifs à atteindre, d'ici fin 2011, sera la promulgation de l'Electricity Act 2005. La non promulgation de ladite loi jusqu'à ce jour s'explique par le fait qu'elle ne peut l'être sans la mise en place de la Utility Regulatory Authority qui sera le pivot de toute la politique énergétique nationale. La chairperson du nouvel organisme sera nommée par la présidence de la République sur l'avis du Premier

PRÉVENIR LES RISQUES BIOTECHNOLOGIQUES Ainsi, l’International Centre for Genetic Engineering & Biotechnology (ICGEB), en collaboration avec la faculté d’Agriculture de l’Université de Maurice et de l’Agricultural Research Council, a tenu un atelier de travail de trois jours la

semaine dernière. Le thème de la rencontre était : « Biosafety Risk Communication ». La biotechnologie, un secteur en pleine croissance, est un terme qui englobe une large variété d'activités scientifiques dans plusieurs sphères, telles que

les aliments, la santé et l'agriculture. Elle inclut l'utilisation d'organismes vivants, ou de parties d'organismes vivants, pour engendrer de nouvelles méthodes de production et la fabrication de nouveaux produits. L'atelier de travail a été une

ministre et après consultation avec le leader de l'opposition. Fin 2011 devra voir aussi la mise en place de l'Energy Efficiency Management Office, ce qui impliquera également la promulgation d'une partie de l'Energy Efficiency Act. L’autre instance prévue dans le cadre du Plan d'Action 2011-2025 est l'Observatoire de l'énergie qui sera chargé de la collecte des données en matière de demande, de fourniture et d'utilisation et ce par toutes les catégories de consommateurs. L'assistance de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) de la Réunion a été sollicitée pour la mise en place de cet organisme.

occasion pour les différents acteurs (chercheurs, développeurs, constructeurs, régulateurs) et les décideurs des pays d'Afrique subsaharienne d'interagir et de partager leurs expériences tout en abordant les défis en matière de biosécurité, les dernières stratégies de communication et les risques liés aux activités dans la région.


COOPÉRATION MARINE MAURICE-CHINE Le Mauritius Oceanography Institute et le Second Institute of Oceanography de Chine procéderont prochainement à la signature d'un Memorandum of Understanding (MoU) en vue

ARTCADE DEVELOPMENT Ltd offre toute une panoplie de solutions portant sur les énergies renouvelables telles que le solaire, le thermique et les systèmes L.E.D. Le 11 mai dernier, la société a tenu une journée d'information sur ses produits et services, à laquelle était invité, pour l'ouverture officielle, le ministre de l'Environnement et du Développement durable, Deva Virahsawmy. Les principaux partenaires d’Artcade Developement Ltd sont Sunlux, Solcrafte et Sun Power System. Pour le ministre, Artcade est « en ligne avec le projet Maurice Ile Durable que souhaite promouvoir le gouvernement mauricien. » Artcade Development intervient dans les domaines des énergies renouvelables en proposant des services et des produits permettant une optimisation et une réduction des consommations électriques domestiques, tertiaires, hôtelières et industrielles. SYSTÈME RÉVOLUTIONNAIRE « Nous intervenons dans la vente et l'installation des systèmes et des produits 'green', et nous opérons également un service conseil », a expliqué JeanChristophe Gentric, le Chief Executive Officer (Ceo). « Nous sommes engagés à 100% pour le développement durable. Nous proposons des solutions d'optimisation énergétique en améliorant le confort et en actualisant les performances énergétiques des maisons, des bâtiments publics et des projets », a-t-il ajouté. Les techniciens d'Artcade ont présentée le chauffe-eau de la marque Solcrafte comme un système révolutionnaire à capteur et à ballons intégrés qui articule compacité, simplicité et

d'une politique de coopération dans le domaine de la science et de la technologie marines. L'accord comportera un volet d'échange d'informations scientifiques dans des secteurs d'intérêt mutuel et un

programme de développment de projets de recherche conjointe dans la région sud-ouest de l'océan Indien. Il conduira aussi à la mise sur pied d'un Mauritius-China Joint Ocean Research Forum.

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Artcade Development Ltd se dit « engagée à 100 % dans le développement durable ». Opérant depuis février 2010, elle est aussi exigeante dans le choix de ses partenaires. Son stand, à l'exposition nationale tenue, dans le cadre de la Journée mondiale de l'environnement, a été très visité | HERRSHA LUTCHMAN-BOODHUN

GREEN TECHNOLOGIES

ARTCADE FAIT LE PLEIN DE SOLEIL économie : « Il fournit de l'énergie gratuitement partout où le soleil brille, car celui-ci ne vous présentera pas de facture ! » A l'intérieur, le chauffe-eau solaire contient des tubes en inox alimentaires, tandis que le 'nid d'abeille' est en cellulose de bois. Construit en aluminium, il ne fait pas de bruit. Le chauffe-eau Solcrafte est disponible en trois dimensions ; 200, 150 et 100 litres. Les prix sont respectivement de Rs 56 000, Rs 42 000 et Rs 32 000. Sunlux Eclairage, partenaire français d'Artcade, présente la gamme Eco Life aux hypermarchés, mais aussi aux particuliers. Ses produits, vantent le matériel publicitaire, permet-

tent de réaliser des économies d’énergie de l’ordre de 30 % par rapport à des éclairages conventionnels. Eco Life représente toute une gamme de luminaires (projecteur, encastré fixe ou orientable et downlight). Développée sur la base du nouveau système à LED Fortimo de Philips , elle répond à toutes les nouvelles attentes des acteurs du bâtiment tertiaire. « Ces produits ne nécessitent aucune maintenance, ont une durée de vie exceptionnelle, donnent un éclairage économe en énergie et sont respectueux de l'environnement. Avec une durée de vie de 50 000 heures, soit 20 ans d'exploitation d'un bâtiment tertiaire, on peut effectuer une économie moyenne

de 3 relampings par rapport à des éclairages traditionnels », devait indiquer Jean-Christophe Gentric à la présentation. RARE ESTHÉTIQUE Les techniciens d'Artcade sont également plein éloges pour le Sun Power System (SPS) de l'Afrique du Sud, « d'une très haute qualité, mais également d’une rare esthétique ». Bien accueilli par la presse ainsi que par les consommateurs, le SPS a déjà conquis le marché européen. « Tous les Sun Power Systems sont conçus avec des panneaux monocristallins. Ils existent en version Standard ou BiModule. Les Sun Power Systems sont des centrales électriques so-

laires cohérentes. Complets à la construction, ils sont prêts à l’emploi immédiat. Tous les éléments sont adaptés et ne nécessitent aucun rajout (sauf fusible de ligne) », expliquent les techniciens d'Artcade. « Les cellules solaires permettent de transformer la lumière du soleil en électricité. Même quand il y a une forte nébulosité, les panneaux produisent suffisamment d’énergie. L’utilisation simultanée d’une batterie assure une source d’énergie disponible où on veut et quand on veut », renchérit Jean-Christophe Gentric. Les panneaux thermiques solaires trouvent des acheteurs principalement dans les hôtels et les projets Real Estate Scheme (RES).

GAAM 2011 : Sotratech récompensé pour son engagement écologique L’ENTREPRISE SOTRATECH Ltd, fondée en 1997 par Didier Philogène, s’est distinguée à la seconde édition des Green Africa Awards Mauritius (GAAM). Son application, à FUEL, d'un système de recyclage d'eau glacée industrielle lui a valu un Outstanding Award. L’engagement écologique de cette entreprise spécialisée dans des produits et solutions énergétiques en lien avec le développement durable, a été longuement ovationné lors de la soirée de remise des récompenses, jeudi dernier, à l'hôtel Le Labourdonnais. Les groupes de froid à absorption, dont la technologie permet de produire du froid à partir de rejets de chaleur, ont été implantés avec succès, début 2010, à la raffinerie sucrière de l’établissement de l’est. D’une capacité de 714 kilowatts, le système permet des économies d’énergie électrique de près d’un millier de MWh (mégawatt/heure), ce qui représente, pour l’utilisateur industriel, une réduction de facture con-

séquente. L’apport environnemental se traduit par une diminution de 507 tonnes d’émission de CO2 par an. En 2010 déjà, Sotratech avait été primée dans la catégorie Innovative Eco-Products pour sa réalisation dans le domaine des centrales solaires thermiques avec, comme référence, plus de 2000 collecteurs (5000 m2) dans pas moins de six hôtels de luxe. Ces hôtels s’alimentent en eau chaude à l’aide de ces centrales solaires installées à leur établissement, leur permettant une économie de 70% sur leur facture d’énergie pour ce poste. « Cette distinction vient récompenser nos efforts visant à inscrire une écologie active et responsable au cœur de nos opérations. Elle témoigne aussi de la qualité du label Sotratech qui combine les objectifs de notre activité au développement durable qui est pour nous le moteur de l’innovation », devait affirmer Didier Philogène à l’issue de la cérémonie.


A PARIS, AUSSI…

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La Foire de Paris est organisée au parc des expositions de la Porte de Versailles depuis 1923. Avant cette date, chaque année, à Paris, et dans chaque quartier, se déroulait une foire qui ne voulait

pas dire son nom, où chaque corps de métier présentait ses produits. Mais avec le succès grandissant, le Comité des Expositions de Paris décide de donner un lieu fixe à l'évènement. Chaque année, elle

ROSE-HILL

ARAB TOWN...

je t’aime trop

Dans une société qui pousse à la surconsommation, les foires sont là pour répondre aux besoins du petit peuple. Une mission pas toujours facile à remplir face aux grandes surfaces et autres magasins qui chaque jour se font plus nombreux. Cette semaine Capital a décidé de vous emmener dans l’une des foires les plus connues de l’île | SINDY MOONESAWMY

regroupe une vingtaine de salons sous ces thèmes : Maison, Environnement, Bien-être, Loisirs et Cultures du monde. Cette année, elle a eu lieu du jeudi 28 avril au dimanche 8 mai.

MANOJ NAWOOR

« TROIS TORCHONS RS 25 », hurle un des marchands à l'entrée d’Arab Town. Difficile de ne pas se faire bousculer alors que le lieu est toujours bondé de gens. Même s'ils ne sont pas là pour faire des achats, certains y passent pour aller prendre le bus. Ce qui fait qu’il y a toujours de la vie dans ce lieu connu de la plupart des Mauriciens. Khemraj, qui travaille en face de cette foire, nous propose une petite pause histoire. « Arab Town existe depuis très longtemps, depuis 1957 je crois. Avant, c'était un chemin de fer...oui, les trains de marchandise passaient par ici. Ensuite, je me rappelle, c’est devenu un parking. Dans le parking, certains marchands ambulants venaient vendre leurs produits. La municipalité a finalement décidé de faire d’Arab Town ce qu'il est aujourd'hui, c’est-à-dire une foire avec des petits magasins en tôle », nous raconte notre interlocuteur, d’un air nostalgique. James Yong, surtout connu sous le nom « d’ Amen » à la foire, y travaille depuis sa création.Il vend des paillassons, des sacs, des objets en plastique, des tabliers et des ustensiles de cuisine entre autres. Peu bavard, il nous parle malgré tout de la fois où les lieux avaient brûlé, et les marchandises détruites par les flammes. C'était vers 1982. Les marchands ont dû reconstruire leur business en recommençant à zéro. « C'était dur pour certains, mais ils n'avaient pas vraiment le choix », se désole-t-il, comme si l'événement s’était produit hier. Amen, qui n'emploie qu'une seule personne, est d’avis qu'il y a trop de marchands et de supermarchés aujourd'hui, et que du coup, le travail ne marche plus très bien à la foire, contrairement à autrefois. Toujours dans l’allée du vieil Arab Town, nous rencontrons Anwar, qui nous accueille chaleureusement et nous livre sa part d’histoire. Cet habitant de Rose-Hill nous déclare d’emblée qu’« ici nou vend zis tout » depuis plus de 35ans. Difficile de ne pas le croire :


D’INSPIRATION ARABE L’Arab Town ressemble aux souks arabes, un marché forain généralement hebdomadaire. C’est aussi un lieu de transactions commerciales. Il est presque toujours en plein air, exception faite de certains souks des médinas qui sont parfois couverts. Il existe des souks ruraux et des

souks urbains. On y trouve tout ce dont les populations d'une société traditionnelle ont besoin. Les commerces y sont généralement organisés par quartiers et par branches commerciales : alimentation, habillement, équipement, produits ruraux bruts et artisanat rural.

où que l’on regarde, on voit en effet des sacs, des ustensiles de cuisine, des objets en plastique pour la cuisine, des réveils, des boîtes de bijoux… La liste est inépuisable. MARCHANDISES UTILES Le père d’Anwar occupait les lieux avant lui, et ce dernier dit fièrement que« nou, nou héritiers ». Notre héritier ne dissimule pas le fait qu’avant l’incendie « tou ti enn bric a brac », et qu’avec la rénovation qui a suivi, aujourd’hui, « li pli prop ». Le seul souci d’Anwar, c’est la rude concurrence qu’il rencontre : « Rose-Hill in tro evoluer, partou magasin in ouvert. Lerla, nou, nou bizin vend pli bomarse pou atir bann clients ek fer face a sa competition la ».

Rose-Hill in tro evoluer, partou magasin in ouvert. Lerla, nou, nou bizin vend pli bomarse pou atir bann clients ek fer face a sa competition la A côté d’Anwar, nous rencontrons un homme qui préfère garder l’anonymat. Ce dernier nous confie qu’il a repris l’étal de son père, qui le tenait depuis l’année même de l’incendie. Heureusement, à l’époque, celui-ci avait été épargné par les flammes. Ce sont surtout les étals qui se trouvaient à l’entrée du vieil Arab Town qui avaient brûlé. Chez lui également, on peut trouver de tout. D’ailleurs, lorsqu’il voit un client, il ne tarde pas à prononcer ces paroles devenues pour lui une sorte de mantra : « Ki ou bizin madam ? Mo kapav aid ou misie ? » Peu importe ce que désire le client, neuf fois sur dix, il y trouvera ce qu’il est venu chercher. Cet habitant de Port-Louis se dit fier de travailler à la foire : « Arab Town pa zis unique dans Maurice, mais li unique dans le monde ». Avant d’ajouter qu’ici « moins cher ki partou, tout dimounn connait sa. Arab Town inn fer pou aide dimounn miser. D’ailleurs, ou pou remarquer, 90% bann zafer ki nou vender ici, c’est bann kitsoz ki dimounn servi tou le zur. Ki pauvre servi. Apre, nou nou travail lor ti prix. Dimounn pena bokou kas, lavi cher. Arab Town, li la pu bann ti dimounn, kouma nou dir. » Ganessen Arnassalon, aussi connu comme « Raja », nous confie quant à lui qu'il travaille à Arab Town depuis plus d’une vingtaine d'années. Tout en servant des verres d'alouda ou de jus frais à ces clients, cet habitant de SteAnne nous raconte, comme les autres, le fait marquant de l’histoire de la foire ; l’incendie, s'interrompant à chaque fois qu'approche un client. Il nous confie aussi que ses ventes ont diminué avec la concurrence des « snacks » qui pullulent maintenant à Rose-Hill. Une raréfaction des clients encore plus visible durant les mois hivernaux.

TRADITION. Les gestes du marchand d’alouda se répètent depuis des lustres

Mais les gens qui le connaissent, ceux qui ont leurs petites habitudes, et ceux qui travaillent à la foire viennent régulièrement étancher leur soif chez Raja. Ganessen n’est pas le seul marchand d’alouda de la foire. Chez « Boire frais », le propriétaire, Reaz Adam, en vend depuis plus de 25 ans déjà. Une activité familiale puisqu’il travaille avec son père. Son constat n’est pas différent de celui de son confrère : « En hiver, travail la pas tro marse. Travail diminuer 50%. Sinon l’été korek, kapav debrouiller ». « DOUCEMENT DOUCEMENT » De l’autre côté de l’allée, Boodhoo, lui, vend des vêtements. Un travail qu’il a repris de son père, et qu’il fait depuis maintenant plus d'une trentaine d'années. Il vend principalement des vêtements en coton, des sousvêtements, des nuisettes, des pyjamas, des pantalons, des chemisiers, etc. Ses prix sont moindres que ceux pratiqués en magasin. Il vend ainsi des t-shirts à Rs 50, alors qu'en magasin, on peut se procurer les mêmes à Rs 200. Mais il se plaint malgré tout de la compétition et ajoute que « travail la marse doucement doucement ». Heureusement qu'avec sa voix perçante, il arrive malgré tout à attirer des clients. « Enn top Rs 50 », lance-t-il après chaque phrase. Il nous laisse alors regarder ses produits pendant qu'il parle d’un

Toujours dans l’allée du vieil Arab Town, nous rencontrons Anwar, qui nous accueille chaleureusement et nous livre sa part d’histoire. Cet habitant de Rose-Hill nous déclare d’emblée qu’« ici nou vend zis tout » depuis plus de 35ans. Difficile de ne pas le croire : où que l’on regarde, on voi ten effet des sacs, des ustensiles de cuisine, des objets en plastique pour la cuisine, des réveils, des boîtes de bijoux… La liste est inépuisable chemisier à une dame. « Oui madame, numéro 44 pu zis lor ou, pa gagn traka ou », lance-t-il, avec un sourire. Boodhoo connaît son travail : amusée par le charme et l'accueil du vendeur, la dame achète le chemisier. Ayant remarqué notre présence, elle nous confie qu'elle préfère acheter ses vêtements de travail à Arab Town parce qu'en magasin, c'est beaucoup plus cher. D’ailleurs, Arab Town se trouve sur sa route, alors difficile de ne pas se laisser tenter par quelques achats. Nous décidons alors de faire un petit

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tour chez Dewa. Nul besoin de présentation : Dewa est une institution à Maurice en matière de dhollpuris. Il a d’ailleurs remporté le titre de « meilleur dhollpuri de Maurice » décerné par la Municipalité de Beau-Bassin/Rose-Hill il y a une dizaine d’années. Nous y rencontrons Sudesh, dont le père et le grand-père avaient lancé le business. Ce père de famille nous confie que la relève ne sera peut-être pas assurée, puisque ses trois jeunes enfants, dont le plus grand est actuellement en Form 5, ne semblent pas vraiment intéressés par le métier. Malgré la renommée de Dewa, Sudesh est conscient que les ventes ont baissé. Cet habitant de Rose-Hill explique les choses ainsi : « La vie inn vinn cher aster, ek dimoun passe zot letan zoue dans casino ek perdi zot kas laba, ek lerla zot pli pena kas enkor ». Abdullah Mandary, lui, ne peut parler de changement. Le jeune homme de 19 ans travaille à Arab Town depuis à peine 5 mois. L’emplacement où il vend, avec sa tante, des chaussures, savates et autres vêtements, appartenait auparavant à un dénommé Jamalkhan, qui vendait, lui, du briani. Cet habitant de Rose-Hill nous confie que d’autres membres de sa famille travaillent aussi à la foire, à différents étals. Malgré son jeune âge, Abdullah semble plutôt inquiet de l’avenir du commerce dans lequel il vient de se lancer. Il est conscient que la concurrence que constituent les magasins devient de plus en plus contraignante. « Selma, nou, nou met promotion pou gagne client », affirme-t-il comme pour se donner du courage. « MONOPOLE » Kisna Ramiah, père de quatre enfants, tien un étal à Arab Town depuis plus de 50 ans. Il se dit d’ailleurs fier d’être le premier marchand de la foire. Cet habitant de Rue Boundary, à Rose Hill, vendait, au début, des journaux. Mais c’était sous la « licence de vente de journaux » d’une autre personne. Il a ensuite commencé à vendre des billets de loterie. D’ailleurs, ajoute-t-il, sous sa belle moustache blanche qui lui donne un air de sage : « Kot moi, ena tou loterie ki ou penser ». Mais pas que. En effet, il vend aussi des cuillères, des piles, des brosses à dent, des casquettes, ou encore des tabliers. Ses clients le connaissent et il ne se passe pas une minute sans que quelqu’un ne le salue. L’un d’eux nous confie d’ailleurs, en douce, que « Gouvernement boycott li. Avan limem ti devan dan Arab Town. Aster zot in monte enn lot emplacement devan li. Ek zot pa laisse li vend zournal nanie. Ena monopol lorla ». La tête pleine de bruits et d’histoires, nous sortons finalement d’Arab Town avec les cris de Boodhoo dans les oreilles. « Rs 50 T-shirt, oui mamzel ! » Impossible, après ça, de nous en aller sans faire des achats. Encore heureux que les prix soient abordables…


LA PRÉHISTOIRE DE LA PHOTOGRAPHIE

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BLING BLING MERCREDI 15 JUIN 2011

Le philosophe grec Aristote découvre que la lumière entrant dans une pièce sombre par un petit trou projette sur le mur d’en face l’image inversée des objets placés devant l’orifice. On est au IVème siècle avant Jésus Christ.

Puis, au Moyen-âge, des alchimistes constatent que les sels d’argent exposés à la lumière noircissent. Plus tard, ces mêmes sels d’argent seront utilisés comme surface sensible dans la fabrication des films (ou pellicules

photo). En 1100, Hassan ibn al Haitham (mathématicien arabe), décrit le principe de la chambre noire et précise que l’image sera d’autant plus nette que l’ouverture sera petite.

IL FUT un temps où prendre une photo n’était l’apanage que des artistes. Pour que l’image ait un tant soit peu de qualité, il fallait maîtriser son appareil. Puis est arrivé le numérique, qui a eu sur l’image l’effet que l’imprimerie typographique de Gutenberg a provoqué dans le monde de l’écrit. Depuis, tout un chacun est capable d'immortaliser son quotidien et d’en voir le résultat dans la seconde qui suit. Ce qui lui permet de recommencer autant de fois qu’il faut si la photo n’est pas bonne. Si certains appareils sont abordables, d'autres coûtent les yeux de la tête. L'abondance des modèles peut déboussoler même les plus aguerris et les mieux informés. Et c'est sans compter les publicités. Car à peine a-t-on arrêté son choix sur un modèle qu'on apprend que son remplaçant, forcément meilleur, est déjà sur le marché.

Comme vous l'avez sûrement remarqué, la résolution de votre appareil se mesure en millions de pixels, ou mégapixels. Contrairement à une idée répandue, il ne s'agit pas là d'un critère essentiel pour la qualité d'image. Les appareils se démarquent surtout par leur capacité à détecter et à atténuer le bruit numérique tout en conservant une grande finesse de détail Et là, dilemme. Que faire ? Attendre quelques mois pour bénéficier d'une version améliorée de l'appareil, ou bien rester sur son premier choix ? Bref, il est important de trouver des repères pour bien choisir son appareil photo. Commençons d’abord par les caméras professionnelles, dont la fourchette de prix est de 300 000 à 600 000. Jean Alain Lapérotine, photographe professionnel, a déjà trouvé chaussure à son pied. Son coup de cœur du moment est le Canon 1Ds Mark II, de 16.1 mégapixels, dont le capteur est du même format qu'un appareil photo de pellicule 135. « J'adore cet appareil, car il donne les résultats que je souhaite. Les images sont d'une qualité exceptionnelle. Il m’a coûté environ Rs 135 000 », souligne-t-il. FIABILITÉ ET ROBUSTESSE Dans cette catégorie professionnelle, il y a aussi le Nikon D3X. C'est le nouveau reflex numérique haut de gamme de la firme japonaise. Elaboré en s'appuyant sur la fiabilité, les commandes et la robustesse de son prédécesseur, le D3, qui ont été plusieurs fois primées, le D3X offre un capteur d'image d'une définition nettement supérieure à celui de son homologue, établissant de nouvelles bases en termes de qualité

APPAREILS PHOTOS NUMÉRIQUES

LA QUALITÉ PASSE PAR LE BON CHOIX Si on ne s’y connaît pas, choisir le bon appareil photo numérique relève de l’impossible. Entre la flopée de marques disponibles, les types de caméra, l’optique, le boîtier, et ces mégapixels dont le nombre ne cesse de grimper sans qu’on comprenne à quoi ça sert, il y a de quoi se perdre. Capital a essayé d’y voir plus clair | D.B


SEITZ PHOTOTECHNIK AG : 160 MÉGAPIXELS ! La firme suisse Seitz a développé un appareil photo de 160 mégapixels. Avec des captures de 307 à 922 Mo (en format non compressé), les photos apparaissent plus réelles que jamais. Le Seitz est particulièrement adapté aux prises de vues panoramiques. Il s'agit en pratique d'une

technologie de type ‘scan back’, qui fonctionne à la manière d'un scanner. Cependant, l’appareil n'est pas vraiment discret. Ses dimensions : 495x175x95 mm. Enfin, son poids oscille entre 2,6 kg pour la version portable et 2,8 kg pour le modèle studio.

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BLING BLING MERCREDI 15 JUIN 2011

d'image. De plus, avec son nouveau capteur CMOS, de 24,5 mégapixels, cet appareil est la solution parfaite pour les conditions de prise de vue les plus diverses, en studio comme en extérieur. Selon Jean Alain Lapérotine, cet appareil ‘Full Frame’, qui coûte Rs 235 000, est particulièrement apprécié des photographes exigeants dans les domaines de la photographie de la nature, du travail en studio et de la mode.

Si certains appareils sont abordables, d'autres coûtent les yeux de la tête. L'abondance des modèles peut déboussoler même les plus aguerris et les mieux informés. Et c'est sans compter les publicités Ceux qui adorent les belles photos peuvent également se tourner vers le Nikon D300S. Principal attrait : sa haute vitesse d'exécution. La D300S a en effet la capacité de prendre plus de sept images par seconde. Cependant, même si le capteur CMOS DX de 12,3 mégapixels évolue un peu et gagne en sensibilité, il ne permet pas encore de filmer en FullHD. C’est ce qui explique, entre autres, son prix moindre que les deux autres, soit environ Rs 55 000. Jean Alain Lapérotine nous parle ensuite de la lentille unique reflex numérique, connu comme le reflex numérique, ou Single Lens Reflex (SLR) en anglais. C'est un appareil photographique qui utilise un capteur numérique et possède une visée reflex. Initialement destiné aux photographes professionnels, ce type d'appareil trouve de plus en plus preneur chez les amateurs passionnés. Son prix relativement bas y est pour quelque chose : on peut en effet trouver un SLR à partir de Rs 18 000. GROS INCONVÉNIENTS Vient ensuite le ‘point-and-shoot’, ou ‘compact’, appareil photo qui occupe une large part du marché numérique. On en trouve chez la plupart des firmes, qu’il s’agisse de Fujifilm, Sony, Canon ou Nikon. On peut maintenant en trouver dans des tailles extrêmement petites, ce qui rend le ‘point-and-shoot’ très pratique. Il est ainsi idéal pour les vacances. Cependant, la taille constitue également l'un des gros inconvénients de ce genre d’appareil. Les caméras sont si petites que le flash est généralement très proche de l'objectif. Cela provoque l'effet « yeux rouges » si caractéristique de nombreuses petites caméras numériques. Parmi les autres options, on retrouve le Range Finder de Leica. C'est un appareil photo télémétrique de 35 mm qui vous permettra d’obtenir des images de bonne qualité. Ce modèle sied à tous les événements. Ainsi, contrairement à

ZOOM. Avec les numériques, l’image est « grossie » par un logiciel et perd en qualité

d'autres appareils télémétriques, il fonctionne bien même dans des conditions de faible luminosité. Son coût : environ Rs 15 000. Et en tout dernier ressort, pour ceux qui préfèrent les appareils photos intégrés aux téléphones portables, Nokia et Sony proposent des modèles intéressants, mais rien ne remplace un bon appareil dédié à la photographie. Si vous cherchez un appareil photo, ils sont en vente un peu partout à travers l’île, y compris dans les magasins 361. Autre bonne adresse : Alhambra Studio, qui se trouve à Médine Mews, à Port-Louis. Ce magasin est spécialisé dans la vente des appareils des marques Nikon et Olympus. Point intéressant : il prend aussi en main l'importation de vos coups de cœur. FAITES LE BON CHOIX Ceux qui souhaitent acheter un appareil photo doivent savoir que la résolution est déterminée par les dimensions de son capteur et le nombre de pixels dont il dispose. Les compacts proposent des capteurs aux dimensions plus petites que ceux des appareils photos argentiques. En général, seuls les reflex proposent des capteurs plein format. Ainsi, chez certains appareils ultracompacts, dont la taille des capteurs est très réduite, la qualité d'image n'est pas au rendez-vous. Comme vous l'avez sûrement remarqué, la résolution de votre appareil se mesure en millions de pixels, ou mégapixels. Contrairement à une idée répandue, il ne s'agit pas là d'un critère essentiel pour la qualité d'image. Les appareils se démarquent surtout par leur capacité à détecter et à atténuer le bruit numérique tout en conservant une grande finesse de détail. Concernant le zoom, certains disent qu'il est parfois préférable d'avoir un boîtier bas de gamme avec une bonne optique qu'une optique bancale montée sur un excellent boîtier. Le choix d'un appareil photo dépend beaucoup du système optique et de l'usage que vous souhaitez en faire. C'est en effet lui qui déterminera la précision et la luminosité de l'image. Plusieurs caractéristiques sont à considérer : le système optique,

l'ouverture, la distance focale et le coefficient de zoom. Le coefficient de zoom est une caractéristique parfois utilisée de manière abusive : ne vous fiez pas au zoom numérique car le grossissement est effectué par un logiciel, ce qui induit une dégradation de l'image. Si vous attachez une grande importance à l'amplitude du zoom, optez pour un bridge ultra-zoom. Si vous aimez photographier des paysages ou faire des plans larges, optez pour un zoom possédant un focal grand-angle. Tandis que si vous voulez photographier en gros plan et à grande distance, vous aurez besoin d'un zoom de forte amplitude, allant par exemple jusqu'à 300 mm. Choisir le bon système optique est également déterminant si vous avez besoin d'objectifs interchangeables. Seules les optiques des appareils reflex le sont. DES ÉVOLUTIONS À VOUS COUPER LE SOUFFLE La technologie en matière d’appareils photos ne cesse d'évoluer. Ainsi, certaines fonctions qui auparavant étaient seulement disponibles sur les modèles haut de gamme, sont aujourd'hui proposées sur une large gamme d'appareils. Certains constructeurs ont ainsi intégré dans leurs appareils un système de stabilisation de la prise de vue. Ce système assure des images nettes même lors de pauses longues ou de l'utilisation d'un angle de champ réduit. Autre technologie : le système anti-poussière, qu’Olympus a été la première à proposer. Il est aussi question du mode vidéo. La plupart des compacts en sont équipés, ce qui leur permet d'enregistrer des vidéos avec son, mais dont la résolution sera inférieure à celle des photos. Certaines marques font des efforts en la matière, ce qui donne des appareils qui filment directement au format DivX. La qualité des films ne cesse de s'améliorer, même si on rencontre rapidement des problèmes de saturation de mémoire. Maintenant que vous avez un aperçu de ce qu’il faut prendre en considération, la balle est dans votre camp. Il ne reste plus qu’à choisir l’appareil qui vous permettra de faire les photos dont vous rêvez.


ROBIN SHARMA, POUR COMMENCER…

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PARCOURS MERCREDI 15 JUIN 2011

La diversification est un des maîtres-mots du Rézo Otayo. C’est pour cela que la société a fait le choix d’assurer, outre les évènements culturels, la billetterie pour des conférences. Elle fera

d’ailleurs son baptême du feu avec celle de Robin Sharma. Le gourou international du ‘leadership’ et auteur de plusieurs bestsellers animera, le vendredi 22 juillet prochain, à l’hôtel Le Méridien,

Pointe-aux-Piments, un atelier de travail sur le thème « Lead without a title ». L’événement est organisé par la Whitefield Business School et les billets sont disponibles sur le Rézo Otayo.

VÉRONIQUE MONGELARD

La femme sur tous les fronts De Marketing Officer chez Courts à directrice du Rézo Otayo, Véronique Mongelard a gravi les échelons de sa vie professionnelle. Depuis sept ans, elle est aussi maman. Deux rôles à plein temps qu’elle assume sans faille. Rencontre | DB

L’OISIVETÉ N’A pas sa place dans la vie de Véronique Mongelard. D’abord, parce qu’elle doit assumer, chaque jour, son rôle de mère. Ensuite parce que, loin de la famille, elle enfile aussi son manteau de directrice du Rézo Otayo, une société de billetterie et de gestion de publics. Ce poste exige qu’elle soit présente aux concerts, expositions et autres spectacles. En outre, elle aime s’occuper de sa maison, dont elle a récemment pris en main la rénovation, pour des travaux qui ont duré trois mois. Malgré tout, elle gère son emploi du temps de main de maître. « Quand je me fixe des objectifs, je me bats bec et ongles pour les atteindre. Je reconnais cependant que ces dernières années, je me suis beaucoup consacrée à mon travail. Mais je fais tout mon possible pour concilier mon boulot et mon rôle de mère. Car sans l’un, l’autre n’est rien », explique Véronique Mongelard. RELEVER LE DÉFI Alors, chaque matin, elle tient à déposer personnellement son fils à l’école. Direction ensuite son entreprise où, depuis fin 2009, elle occupe le poste de directrice que lui a légué Paul Olsen. « Nous avons travaillé ensemble chez Parabole Maurice, Réunion et Madagascar de 2000 à 2004. J’assumais le poste de chef de projet et de formatrice. En août 2004, Paul Olsen m’a proposé de le suivre lorsqu’il a mis sur pied le Rézo Otayo », dit-elle de ce dernier. Véronique Mongelard décide de franchir le cap et de relever ce nouveau défi : « Je suis détentrice d’un diplôme en création d’entreprise et en gestion de projet innovant. Etre entrepreneur me plaît bien. C’était donc l’occasion de vivre une nou-

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AYO’CULTURE : LE 16E NUMÉRO DISPONIBLE Dans cette présente édition, l’équipe rédactionnelle a choisi de donner quelques pistes de réflexion sur la crise culturelle que connaît le pays. Dans son éditorial, Véronique Mongelard souligne que

« ce n’est pas facile d’être reconnu dans le monde culturel et événementiel, mais avec l’aide et le soutien de chacun, il y aura du changement pour les artistes, pour les acteurs de ce domaine… nous y croyons ». La

rubrique « Portrait » vous invite, elle, à faire la connaissance du groupe local Mulaëo. Parmi les autres événements présentés, on note l’opéra pour enfants, ‘Hansel et Gretel’.

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PARCOURS

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Avec le Rézo Otayo, fini les billets faits en imprimerie et non sécurisés. Le service de billetterie fonctionne en effet à partir d’un serveur informatique pour prendre et annuler les réservations des billets. La technologie est la même que celle utilisée à l’Olympia ou à la Tour Eiffel, à Paris, ou encore par l’équipe de football allemande du Bayern Munich

ÉCLECTIQUE. Le parcours professionnel de Véronique Mongelard est à l’image de cette femme aux mille facettes

velle expérience. J’ai d’ailleurs un parcours professionnel bien éclectique ». Véronique Mongelard a en effet démarré son parcours professionnel chez Courts. En 1992, elle rejoint Panagora Marketing, comme responsable de produits. Quelque temps après, elle prend un poste à la distillerie de Médine comme Marketing Manager des ‘Punch Chatel’. Ensuite, elle passe chez Parabole Maurice, embauchée par Paul Olsen qui donnera par la suite une nouvelle tournure à sa carrière. Lorsqu’elle fait ses premiers pas au sein du Rézo Otayo, Véronique Mongelard occupe le poste de chargée des opérations. Cinq ans après, soit en 2009, Paul Olsen décide de se retirer des opérations de la société et lui propose d’en prendre les rênes. « J’ai tout de suite accepté la proposition », avoue-t-elle. Cette habitante de Moka est d’avis que si Paul Olsen lui a confié ce poste de responsabilité, c’est qu’elle avait acquis suffisamment d’expérience dans le domaine. De plus, elle montrait déjà un vif intérêt pour le métier, car elle dit adorer la culture sous toutes ses formes. LIEN ENTRE PUBLIC ET PRODUCTEUR Ainsi, lorsqu’elle assiste aux événements culturels, c’est une façon de joindre l’utile à l’agréable. « Le Rézo Otayo vend des billets pour les soirées et l’équipe doit être présente pour s’assurer que le client est satisfait », ajoute-t-elle. Lorsqu’un client-producteur contacte sa compagnie, son équipe ou elle-même s’assure qu’il obtient tous les renseignements nécessaires : « Vu que nous proposons un service de billetterie, nous le conseillons sur la hauteur de scène, la salle et même les tarifs et catégories. Nous faisons souvent le lien entre le public et le producteur. Nous nous assurons que tout se passe comme sur des roulettes ». C’est d’ailleurs pour l’une des raisons pour lesquelles l’entreprise a investi dans

la technologie de pointe. Avec le Rézo Otayo, fini les billets faits en imprimerie et non sécurisés. Le service de billetterie fonctionne en effet à partir d’un serveur informatique pour prendre et annuler les réservations de billets. La technologie est la même que celle utilisée à l’Olympia ou à la Tour Eiffel, à Paris, ou encore par l’équipe de football allemande du Bayern Munich.

Sans parrainage, les artistes ne peuvent produire des spectacles, des livres, des créations. Or, regrette Véronique Mongelard, dans le CSR (Corporate Social Responsibility), il n’y a pas de place pour les activités culturelles : « La culture risque une mort imminente. Le gouvernement doit revoir sa position. Il faut intégrer la culture en général car une population a besoin de musique, de danse, d’humour »

PROMOUVOIR LA CULTURE Ayant toujours à cœur le professionnalisme, lorsqu’il y a une annulation, le Rézo Otayo, qui emploie cinq personnes, s’occupe du remboursement. Elle opte alors pour le virement bancaire, qui est le moyen le plus transparent. Mais le Rézo Otayo ne se contente pas d’être un service de billetterie. Véronique Mongelard et son équipe ont à cœur la promotion de la culture, d’où la création du premier magazine culturel gratuit de l’île Maurice : ‘Ayo’Culture’. La publication existe depuis deux ans sous sa forme actuelle. « Elle ne se contente pas d’informer les lecteurs sur les événements vendus par le Rézo Otayo, mais sur tout ce qui se passe dans l’île », avance-t-elle. Dans ‘Ayo’Culture’, qui paraît tous les deux mois, les lecteurs trouveront, entre autres, les rubriques suivantes : Patrimoine, Plein Air, A table, Portrait d’artistes, Un métier de la scène, ainsi que la liste des concerts et expositions à venir. Une façon de garder vivant l’esprit des débuts. Lorsque la compagnie a vu le jour en 2004, elle s’occupait aussi de l’organisation d’activités culturelles. « A l’époque, il n’y en avait pas beaucoup. Puis, petit à petit, le calendrier des manifestations artistiques s’est étoffé. Mais en 2008, nous avons préféré nous retirer de l’organisation, car nous ne voulions pas concurrencer nos clients producteurs », affirme Véronique Mongelard. Le Rézo Otayo encadre en effet les

artistes et producteurs, les conseille sur les lieux et les tarifs et joue le rôle de facilitateur sur tout ce qui concerne la partie administrative des projets. A ce titre, il ne peut se permettre d’être un concurrent. PÉRIODE DE CRISE La société, qui existe depuis sept ans, joue aussi un rôle primordial concernant la diffusion d’informations à propos des activités culturelles du pays. « Nous essayons de devenir un 150 dans le domaine culturel, car le public n’arrête pas de nous téléphoner pour demander des renseignements. Dans ce cas, même si nous ne sommes pas concernés par l’activité en question, nous faisons de sorte de le guider », affirme notre interlocutrice. Pour répondre à cette demande croissante, Rézo Otayo a aussi un site Internet. Celui-ci est constamment actualisé pour permettre aux internautes de tout connaître sur les événements à venir. Cependant, tout n’est pas rose dans le domaine de la culture. Véronique Mongelard estime ainsi que la culture vit une période de crise. Sans parrainage, les artistes ne peuvent produire des spectacles, des livres, des créations. Or, regrettet-elle, dans le CSR (Corporate Social Responsibility), il n’y a pas de place pour les activités culturelles. « La culture risque une mort imminente. Le gouvernement doit revoir sa position. Il faut intégrer la culture en général car une population a besoin de musique, de danse, d’humour », déclare la directrice du Rézo Otayo. Pour sa part, cette mordue de jazz, de vaudeville et de musique contemporaine continuera à promouvoir les talents locaux. La jeune femme se fait en effet un devoir d’assister à leurs premières prestations. Ainsi, ce n’est souvent que fort tard qu’elle rentre chez elle. N’empêche que le lendemain, Veronique Mongelard sera debout de bonne heure pour pouvoir déposer son fils à l’école à 8 heures.


SONY : LA NOUVELLE CONSOLE SERAIT TROP CHÈRE

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Après les critiques liées à sa mauvaise communication au sujet de la cyber-attaque dont son portail interactif PlayStation Network (PSN) a été victime en avril, le groupe japonais d'électronique se voit reprocher le prix trop élevé de sa nouvelle console de jeux portable. La PlayStation

Vita coûtera en Europe 249 euros (Rs 9960 environ) au minimum, et 299 euros (Rs 11 960 environ) pour la version équipée d'une connexion 3G, a annoncé Sony à l'occasion de l'E3, plus grand salon annuel du jeu vidéo, qui s’est tenu à Los Angeles du 7 au 9 juin.

iPOD TOUCH

BIEN PLUS QUE DE LA MUSIQUE… La cassette a remplacé le vinyl. Le cd a remplacé la cassette. Le lecteur mp3 a remplacé le cd. Ainsi va l’évolution des supports en matière de musique. Puis est arrivé l’iPod, qui a mis à la retraite tous les autres. Sa dernière mouture, l’iPod touch, fait encore mieux : fini le temps du support dédié à la musique et place au tout-en-un FIN, LÉGER, avec un design incurvé, l’iPod touch, qui ressemble à s’y méprendre à l’iPhone, ne fait que 7,2 millimètres d’épaisseur. Il est plus puissant et économe en énergie que son prédécesseur, car il bénéficie de la puce A4, qui équipe déjà l’iPhone 4 et l’iPad 2. Mais la ressemblance ne s’arrête pas là. Alors que l’iPod est avant tout un lecteur de musique, avec le touch, il est facile de l’oublier tant il existe d’autres fonctionnalités qui retiennent l’attention. Une fois en main, avec son verre renforcé sur la face et son acier inoxydable au dos, il est doux au toucher. Brillant dehors comme dedans, il suffit de l’allumer pour être ébahi par l’éclat de son écran. Il y a plein de raisons pour lesquelles on ne peut s’empêcher d’aimer ce gadget : les images et les graphismes sont particulièrement éclatants et captivent dès le premier regard. Grâce à l’écran Retina, il est impossible de distinguer chaque pixel individuellement, ce qui rend l’image des jeux, des vidéos, ainsi que les photos plus saisissantes. Le texte des livres, des pages web et des e-

mails, quel qu’en soit le format, a également l’air parfaitement clair et net. Quant aux applications, sur l’iPod touch, elles sont toujours ludiques. L’appareil propose ainsi une fonctionnalité d’appel vidéo au complet. Il suffit d’appuyer sur un bouton pour faire un petit coucou aux proches ou aux amis à l’autre bout du monde, faire un brin de causette, ou montrer son nouveau tatouage. Le tout grâce au Wi-Fi. SIMPLE, RAPIDE ET FUN Des éléments qui risquent de convaincre beaucoup de Mauriciens, à l’image de Hans, qui vient de se procurer une iPod touch chez l’iShop, au Caudan. « J’ai économisé mes sous pour pouvoir me l’acheter. J’en rêvais depuis quelques mois déjà. Ce qui me plaît, ce sont les deux caméras intégrées. Une à l’avant, au-dessus de l’écran, pour FaceTime, l’appel vidéo et l’autre, à l’arrière, pour que l’autre puisse visionner ce que je vois devant moi. C’est simple, rapide et fun », nous confie-t-il. FaceTime permet en effet de voir son interlocuteur en direct, plutôt que de se contenter de lui envoyer des LOL,


APPLE : UN CAMPUS EN FORME DE VAISSEAU SPATIAL Steve Jobs a annoncé, le 7 juin dernier, devant le conseil municipal de Cupertino (Californie), le lancement d'un projet de construction d'un nouveau campus sur la commune. Le nouveau complexe pourra accueillir

près de 12 000 employés. Construit sur la base d'une forme ronde, comme « un vaisseau spatial », selon les termes du patron d'Apple, le campus sera doté d'un jardin d'un total de 6000 arbres. Le site sera résolument

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écologique, puisqu'il permettra une réduction de 30% en empreinte carbone par rapport aux précédents locaux. La construction devrait débuter l'année prochaine pour se terminer en 2015.

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BLUETOOTH GAME-GRIPPER : LE JOYSTICK POUR SMARTPHONE Avec ce joystick Bluetooth, fini les combinaisons de touches fastidieuses ou les gros doigts qui font des déplacements dans le jeu une catastrophe. Cette manette fonctionne comme un clavier Bluetooth. Le Bluetooth Game Gripper est compatible avec tous les jeux qui prennent en charge la personnalisation des touches. Avec un système de support coulissant, cette manette

Autre attrait de l’iPod touch : il existe des dizaines de milliers de jeux et d’applications pouvant la transformer en console portable la plus populaire au monde. A partir du moment où il se connecte au Game Center, l’utilisateur a accès à des titres tels Asphalt 5, Skater Nation ou encore Worldly Wings

s’adapte à tous les types et formes de terminaux sous Android. Le Bluetooth Game-Gripper est aussi compatible avec l’iPhone, iPad 4, le Droid X ou encore le Galaxy Tab. Seul petit hic : pour le moment, la manette n’est qu’au stade de prototype. L’entreprise Game Gripper est en effet à la recherche de financement pour une production à l’échelle industrielle.

MDR, ou des smileys dont raffolent les accros aux SMS ou autres chats. Autre attrait de l’iPod touch : il existe des dizaines de milliers de jeux et d’applications pouvant la transformer en console portable la plus populaire au monde. A partir du moment où il se connecte au Game Center, l’utilisateur a accès à des titres tels Asphalt 5, Skater Nation ou encore Worldly Wings. Il peut dès lors inviter ses amis à jouer avec lui, ou alors se mesurer à des adversaires aux quatre coins du globe. Autre application intéressante : celle du guide touristique personnel de Lonely Planet. Avec elle, plus besoin de trimballer des bouquins avec soi avant de se lancer dans l’aventure. Pas même besoin, si on veut pousser le bouchon plus loin, d’avoir les moyens de se payer un billet d’avion pour s’envoler vers de nouveaux horizons. Si vous avez besoin d’un moment d’évasion pour échapper au train-train quotidien, cette application vous permet de tout voir en restant chez vous. Que ce soit une vue panoramique au sommet de l’Everest, une vue latérale du

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Une fois en main, avec son verre renforcé sur la face et son acier inoxydable au dos, il est doux au toucher. Brillant dehors comme dedans, il suffit de l’allumer pour être ébahi par l’éclat de son écran. Il y a plein de raisons pour lesquelles on ne peut s’empêcher d’aimer ce gadget : les images et les graphismes sont particulièrement éclatants et captivent dès le premier regard

VERSATILE. Avec l’iPod Touch, on est loin du banal lecteur mp3

Sphinx, en Egypte, ou des détails de la grande muraille de Chine, c’est où vous le voulez, quand vous le voulez. BrainPOP, IncrediBooth, Bloom et American Airlines

sont autant d’applications, parmi des milliers d’autres, qui ne laisseront sans doute pas de place à l’ennui. Avec l’iPod touch, même plus besoin de se soucier de ne plus avoir de

connexion internet chez soi. Avec les réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter ou Yahoo Messenger gratuitement installés, il n’est plus nécessaire d’avoir un ordinateur pour rester en permanence en contact avec tous ses amis ou connaissances virtuels. OVNI ET SATELLITES Et puisqu’il faut, malgré tout, parler de musique quand on parle d’un iPod, on va parler d’un gadget qui ira bien avec. Pour ceux qui n’étaient pas au courant, l’iShop met en vente le JBL de Spyro, des ‘speakers’ au look plutôt futuriste, avec un ‘subwoofer’ qui a l’aspect d’un ovni et les deux enceintes qui ressemblent, quant à elles, à des satellites. Pour l’utiliser, il suffit d’y brancher l’iPod, une console portable comme la PSP, ou son ordinateur grâce au câble fourni. Avec délicatesse, car les connecteurs XLR des deux enceintes peuvent vite se tordre si on y va trop fort. L’opération effectuée, on peut dès lors laisser la bête, qui allie esthétique et puissance, cracher des sons à travers la pièce ou l’on se trouve ! Une chose à ne pas oublier

cependant : pour ce qui est du contrôle du volume, c’est le simple contact du doigt sur une commande tactile qui augmente ou diminue le son, alors qu’un autre permet de mettre le tout en mode silencieux. Le JBL de Spyro est disponible en noir et orange et vous coûtera Rs 4368. Et quand l’envie vous prend, vous aussi, de chanter, l’application Glee Karaoke vous permettra, l’espace de quelques chansons, de faire de la concurrence aux stars. Ou alors de faire fuir vos amis… Si vous êtes convaincus par ses multiples possibilités, sachez que l’iPod touch est disponible en trois modèles, dépendant de la mémoire. Celui de 8Gb coûte Rs 9690, le 16Gb Rs 12990 et celui de 32 Gb est à Rs 16990 à l’iShop. Tout y est dans ce petit bijou de technologie : divertissements, musiques, jeux… L’iPod touch, en fait, a tout pour prétendre à être l’un des gadgets de l’année à Maurice. On craque tellement pour lui que notre seul regret, c’est de n’avoir pas plus de dix doigts pour parcourir toutes les fonctions en même temps…


L’ARCHITECTE PAYSAGISTE

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C’est un professionnel issu d’une formation supérieure en paysagisme. Il est à la fois un analyste, un concepteur et un aménageur de l’espace, son champ d’intervention pouvant aller du jardin de particuliers à de très grands

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GROS PLAN MERCREDI 15 JUIN 2011

territoires, en passant par des projets urbains (places, entrées de villes, écoquartiers), des projets d’infrastructures (routes, etc.) ou des espaces ruraux (parc, aménagement d’une base de loisirs…).

ENTREPRENEURIAT

L’IST : savoir faire et savoir être MANOJ NAWOOR

« Le business plan au second plan ! » Celui qui le dit s’appelle Gérard Lemoine, directeur de l’Institut de la Francophonie pour l’Entrepreneuriat. Au-delà de l’approche technique, soutient-il, il importe de faire montre de créativité

SAVOIR-FAIRE ET SAVOIR-ÊTRE

FORMATION. A l’Institut supérieur de Technologie, les cours ont pour vocation de pousser l’étudiant à libérer son potentiel créatif

L’INSTITUT SUPÉRIEUR de Technologie (IST), sis à Camp Le Vieux, Rose-Hill, avait intéressé sa soixantaine d’élèves de deuxième année, au monde de l’entreprenueriat, le temps d’un atelier de travail, qui s’est tenu la semaine dernière. L’idée de cette activité, organisée avec la collaboration de l’Institut de la Francophonie pour l’Entrepreneuriat, indique Gérard Lemoine, est « d’inculquer l’esprit d’entrepreneuriat chez les jeunes, faire prendre conscience à chaque jeune qu’il peut créer sa propre entreprise ». Directeur adjoint de l’IST, Vijayen Valaydon renchérit : « Les étudiants de cette université sont régulièrement impliqués dans des activités extrascolaires, car l’accent n’est pas mis uniquement sur le savoir-faire, mais aussi sur le savoir-être ». Les participants à l’atelier avaient été divisés en dix groupes en fonction des quatre filières enseignées. Chaque groupe avait à présenter un projet, à la lumière des cours et des études de cas présentés par les facilitateurs. Lesquels projets font actuellement l’objet d’une évaluation à être présentée ensuite au grand groupe pour analyse et confrontation de commentaires. BILAN POSITIF Harvey Migale, chargé de cours en gestion, dresse un bilan positif de cet atelier. Il y a apprécié l’esprit d’équipe et l’esprit d’initiative, voire d’autonomie dont ont fait

preuve les participants. « Nous étions là en tant que facilitateurs, apportant l’encadrement et les conditions nécessaires en termes de ressources et de logistiques. Les participants ont assuré eux-mêmes l’organisation. Je suis convaincu qu’ils en sont sortis grandis ». Ce qu’approuvent unanimement les participants Nishid Rambocus (DUST Informatique Appliquée), Deepsingh Ramjeeawon (GEII), Perinne Jean Karl (MAI) et Adeelen Seerungen (GC), qui avaient à présenter un projet d’aménagement paysager. Venant de différentes filières, ces jeunes, âgés entre 21 et 23 ans, disent avoir réussi à mettre leurs idées en commun. La répartition des tâches effectuée, ils se sont documentés sur le sujet et ont appris beaucoup de choses sur cette activité très peu pratiquée à Maurice. Ils ont opté pour une présentation active et dynamique. « C’était une bonne leçon en matière de gestion, d’organisation, cela nous a permis d’avoir confiance en nous-mêmes », avance Deepsingh, s’exprimant au nom du groupe. « Une expérience enrichissante », s’exclame Rajiv Sammalia d’un deuxième groupe qui avait choisi comme projet la création d’un site web pour les artistes mauriciens d’ici et d’ailleurs. Ce qui était, selon les dires des autres membres du groupe, Kinsley Nulliah, Deenoo Dishipal et Rutaibah Teemul,

un véritable défi, car « cela englobait chanteurs, musiciens, artistes-peintres, humouristes, bref tout ce qui touche à l’art en général. C’était un peu comme un YouTube local ». Concédant que ce n’était nullement leur domaine de prédilection, ils expliquent leur choix car « c’est un projet novateur ne nécessitant pas beaucoup d’investissement ». ORIGINALITÉ Ce qui amène Gérard Lemoine à observer qu’à Maurice, en matière de création d’entreprise, l’accent est trop souvent mis, surtout de la part des agences de financement et de prêt, sur le business plan. Or, soutient-il, sans banaliser cet aspect dans tout montage de projet, « le plus important c’est la créativité de celui qui veut se lancer, l’originalité dans ce qu’il veut faire ». Il relègue donc le business plan au second plan. Malgré les tâtonnements du début, les responsables de cet atelier se disent plus que satisfaits du ‘response’ des participants : « Ils ont vite integré le programme et la participation a évolué positivement au fil des jours ». Une participation active et entousiaste qui invite la direction de l’université à considérer l’inclusion de cette activité dans le calendrier scolaire car, conclut Harvey Migale, « la compétence ne se limite pas à la performance individuelle, mais comprend aussi la capacité à travailler en équipe ».

L’IST( Institut supérieur de Technologie) existe depuis 1998 et recrute des etudiants, garçons et filles, titulaires d’un HSC/GCE ‘A- Level’ ou d’un Baccalauréat. Cette université propose quatre filières : le génie civil, (GC), le génie électrique et informatique industrielle (GEI), le maintenance et automatisme industriels (MAI) et le Diplôme universitaire supérieur de Technologie en informatique appliquée (DUST). Les diplômes de l’IST sont délivrés par l’Université de Limoges, en France, et l’Université de Technologie de Maurice, en accord avec le Mauritius Examination Syndicate. L’enseignement est prodigué en francais, selon la pédagogie française, où l’accent est mis non seulement sur le savoir-faire (théorie et application) mais aussi sur le savoirêtre. Les qualités telles que la créativité, le sens pratique, la polyvalence, l’autonomie, le travail d’équipe, la discipline et la communication sont fortement valorisées. La formation se veut avant tout professionnelle et les débouchés sont nombreux. Par exemple, un diplômé en génie civil peut trouver de l’mploi dans les ministères, les corps parapublics, les cabinets d’architectes, le secteur de l’ingénierie, l’industrie du bâtiment, etc. Un détenteur du DUST, quant à lui, peut chercher dans les sociétés de services d’ingénierie informatique, les services bancaires, le secteur éducatif, etc. Les diplômes de l’IST permettent aussi de poursuivre des études dans des universités internationales, les meilleurs éléments optant pour une université française pouvant même aspirer à une bourse.


FORUM INTERNATIONAL SUR L’INVESTISSEMENT Le Board of Investment organise, aujourd’hui et demain, une conférence internationale sur l’investissement à Maurice. D’éminents intervenants y sont attendus : les professeurs Gary Martin, d’Australie, Paul Romer, des

ILS SONT quelque 90 000 touristes sud-africains à visiter Maurice chaque année. Pour la majorité d’entre eux, Maurice n’est qu’une destination touristique, sans plus. Une image que le Board of Investment (BOI) et le Progressive Business Forum (PBF) veulent changer. Pour le porte-parole du PBF, Renier Schoeman, Maurice a un potentiel indéniable pour attirer l’investissement sud-africain. Ayant officié en tant que ministre sous les présidents de Klerk, Mandela et Mbeki, il se rappelle de sa première visite à Maurice en 1993, quelques années après le démantèlement du système d’apartheid : « C’est magnifique de voir comment les relations entre nos deux pays ont évolué au cours de ces deux décennies. Maurice a tout pour être un partenaire économique privilégié de l’Afrique du Sud. Tout en étant avant tout une superbe destination touristique, je suis convaincu que Maurice a beaucoup plus à offrir en termes de relations avec l’Afrique du Sud ». POTENTIEL ÉCONOMIQUE Les participants sud-africains au séminaire BOI/PBF sont unanimes à reconnaître le potentiel économique de Maurice Mais de nombreuses questions les préocupent. « Les routes sont petites, c’est un pays en pleine expansion et la circulation routière n’est pas assez fluide. Maurice a besoin de se fixer sur le plan routier et infrastructurel. L’Afrique du Sud a l’expertise dans ce domaine et serait prête à aider », nous a déclaré un investisseur sud-africain. Les représentants de la partie mauricienne, Dev Chamroo, directeur Planning & Policy au BOI, Amédée Darga, président d’Enterprise Mauritius, Karl Mootoosamy, directeur de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA), et Barlen Pillay, Manager de la Chambre de Commerce et d’Industrie, ont présenté aux hommes d’affaires sud-africains les moyens et facilités dont dispose Maurice

Etats-Unis, Peter Ondiege, de la Banque africaine de développement, Phera Ramoeli, du secrétariat de la SADC, ainsi que Xie Li, General Manager de la Mauritius JINFEI Economic and Trade Cooperation Zone

Co Ltd. Les discussions porteront sur la renaissance de l’Afrique sur le plan économique en lien avec les nouvelles opportunités en Europe et les investissements chinois et indiens.

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INVESTISSEMENT

MAURICE VEUT ATTIRER LES SUD-AFRICAINS

Le Progressive Business Forum d’Afrique du Sud et le Board of Investment de Maurice ont étudié les opportunités de partenariat entre les deux pays, ces deux derniers jours. Les deux parties se sont lancé des invitations | LF MANOJ NAWOOR

Maurice et l’Afrique du Sud peuvent se lancer dans des partenariats mutuellement bénéfiques

pour les acceuillir : législations, infrastructures, systèmes financiers et bancaires, logistiques de communication, main-d’oeuvre, stabilité sociale, etc. Tout cela en présence du Dr Mathews Phosa, chef du PBF qui, dans son allocution, a qualifié le continent noir de « Continent of Promise ». Le tourisme demeure le secteur le plus attrayant et prometteur du point de vue sud-africain. Karl Mootoosamy a rappelé que c’est le secteur privé qui avait pris les initiatives de développer ce secteur qui a joué un rôle prépondérant dans l’économie nationale. « Certains avaient dit, au départ, qu’on ne pourrait pas acceullir plus de 200 000 touristes, mais aujourd’hui on en acceuille plus de 900 000

JUSTICE NAVIN RAMGOOLAM VEUT ENCOURAGER LA MÉDIATION

et on est confiant de passer la barre d’un million très bientôt », devait indiquer Karl Mootoosamy. FORTE PRÉSENCE SUD-AFRICAINE Le ministre des Finances par intérim, Vasant Bunwaree, a parlé de la stabilité sociale du pays, rappelant qu’il y a déjà de nombreuses entreprises sudafricaines qui opèrent dans l’île. Il a cité, entre autres, Game, Shoprite, Nando’s, Sun Resort, Investec, Standard Bank et Engen. La vice-ministre du Tourisme sud-africain, Tokozile Xasa, a pour sa part affirmé que son pays mise sur le tourisme pour augmenter son produit intérieur brut. Maurice est renommée dans ce secteur, a-t-elle ajouté.

LA COUR de médiation fonctionne depuis quelque temps déjà. Sa vocation est d’amener les protagonistes de conflits légaux à chercher des arrangements grâce à la médiation. Pratique que le Premier ministre dit encourager fortement, car il y voit « une solution pragmatique et avant tout économique ». Procédant au lancement officiel de la nouvelle instance, lundi, Navin Ramgoolam a rappelé les

C’est magnifique de voir comment les relations entre nos deux pays ont évolué au cours de ces deux décennies. Maurice a tout pour être un partenaire économique privilégié de l’Afrique du Sud. Tout en étant avant tout une superbe destination touristique, je suis convaincu que Maurice a beaucoup plus à offrir en termes de relations avec l’Afrique du Sud

nouvelles législations introduites par son gouvernement en vue de moderniser le système judiciaire et l’administration de la justice. Il a notamment fait référence à la nouvelle loi sur le divorce et à l’Asset Recovery Act. De janvier à mars de cette année, la cour de médiation, qui a son siège à la Happy World House, a traité 154 affaires. Un accord a été trouvé dans 25 % des cas.

Elle a également parlé de l’importance d’un partenariat solide entre les deux pays. « Un rapprochement entre l’Afrique du Sud et l’île Maurice est important dans le secteur touristique qui est en croissance en Afrique du Sud et surtout dans le cadre du concept des Iles Vanilles ». L’Afrique du Sud, a précisé la ministre, est le cinquième plus gros investisseur étranger dans l’île, « une position qu’il faut toutefois consolider ». Les hommes d’affaires sudafricains ont pour leur part estimé que «les Mauriciens ont l’expertise nécessaire pour venir investir chez eux, en particulier dans le domaine de l’agriculture, le pays disposant de vastes étendues de terre qui ne demandent qu’à être développées».


PERFORMANCE PLUS QU’HONORABLE

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Le Bureau central des statistiques prévoit une croissance de 4,5 %, alors que la Banque de Maurice prévoit qu’elle sera audelà de 4,6 %. Le secteur d’exportation reste positif, et le

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premier trimestre de cette année a même établi un record de Rs 15 milliards. De plus, le tourisme semble également sur la voie d’un record avec 988 000 arrivées, et pourrait même dé-

passer la barre d’un million. Tous les facteurs sont réunis pour établir que la performance de l’économie mauricienne « est plus qu’honorable », estime le Gouverneur de la Banque centrale.

FOREIGN DIRECT INVESTMENT

La tendance à la baisse inquiète Bheenick LE FOREIGN Direct Investment (FDI), qui était de l’ordre de Rs 4,5 milliards pour le premier trimestre de 2010, ont chuté à Rs 1,4 milliard pour le premier trimestre 2011, selon les chiffres publiés par la Banque de Maurice (BM). Cette baisse drastique risque d’avoir des conséquences graves pour l’économie en général, surtout si la tendance persiste. C’est ce qu’a fait ressortir Rundheersing Bheenick, Gouverneur de la banque, lors d’un point de presse, mardi. Le pays ne possède, au final, qu’un quart de ce qu’il avait à la même période l’année dernière, alors que nous dépendons majoritairement du flux de FDI pour maintenir la balance de paiements, soit le ‘visible trade balance’, qui est déficitaire. « Si cette tendance persiste, nous risquons de grosses difficultés plus loin. Elle affectera les fondamentaux de l’économie de façon drastique, ce qui pourrait avoir des répercussions sur la valeur de la roupie », a indiqué Rundheersing Bheenick. Ce sera alors une source d’inquiétude, non seulement pour la Banque centrale, mais pour le pays en général et les autorités concernées. D’où l’urgence, a-t-il ajouté, de redoubler d’efforts pour attirer plus d’investissements, pour atteindre les chiffres avancés par le Board of Investment, soit Rs 16 milliards. MAUVAISE POSTURE Sur le plan international, la crise étant toujours présente, certaines économies se retrouvent encore en mauvaise posture. De ces économies, quelques-unes sont importantes pour Maurice, en particulier le marché américain : « Il semblerait que cela créera plus de volatilité par rapport à la valeur du dollar. La vigilance est donc de mise en ce qui concerne la valeur de la roupie qui risque de grimper avec l’affaiblissement probable du dollar. » Rundheersing Bheenick avance, dans le

Rundheersing Bheenick joue franc jeu. Quand les chiffres parlent, cela ne sert à rien de les cacher ou de se cacher derrière. Et quand ils deviennent source d’inquiétude, raison de plus pour appeler à la vigilance | HERRSHA LUTCHMAN-BOODHUN

VIGILANCE. Selon les dirigeants de la Banque de Maurice, la valeur de la roupie pourrait grimper avec l’affaiblissement du dollar

même ordre d’idées, que les problèmes de la zone euro continueront de plus belle. Le Gouverneur a aussi commenté les indicateurs dans d’autres secteurs. Ainsi, il faut se parer à une éventuelle hausse des prix des produits pétroliers et des denrées alimentaires. « Nous savons tous que la dernière réunion de l’Organisation of the Petroleum Exporting Countries (OPEC) n’a pas donné grand chose. Encore moins de consensus sur l’augmentation de la production. Mais si le taux de croissance de l’économie globale est trop élevé, et la production pétrolière n’augmente pas, Maurice devra faire face à une hausse du prix du pétrole, ainsi que celui des denrées de base », avertit Rundheersing Bheenick. Mais le financier se dit « rassurant »

par rapport à une situation de stagflation. Maurice est encore loin d’une telle situation, observe-t-il. Plusieurs facteurs doivent concourir pour parvenir à la stagflation : il faut avant tout que l’économie soit elle-même stagnante, que le taux d’inflation soit à deux chiffres et qu’il n’y ait pas de création d’emploid. Or, tel n’est actuellement pas le cas. Le pays connaît un taux de croissance élevé de 4,6 %. L’inflation est à 4,8 % (selon le Consumer Price Index), et 7,8 % (yearon-year). Ce qui fait que Maurice est loin de l’inflation à deux chiffres. De plus, la Mauritius Employers Federation, optimiste, prévoit la création de 15 000 emplois. « Oublions le risque de stagflation à Maurice », a rassuré le Gouverneur. Commentant la décision du Mone-

tary Policy Committee, qui s’est réuni lundi, d’augmenter le taux directeur de 25 points de base (le repo rate passe ainsi de 5,25 points à 5,5 points), Rundheersing Bheenick avance que le comité a pris en considération les réalités de l’économie mauricienne. Certaines écoles de pensée soutiennent qu’il fallait maintenir le taux. Toutefois, la pression inflationniste a pesé sur la récente décision. «Nous ne disons pas que lors de la prochaine réunion nous ne prendrons pas une nouvelle décision à la hausse. Pour l’instant, si la pression inflationniste persiste, nous allons poursuivre sur la même voie », a fait comprendre le Gouverneur. Toutes les mesures sont bonnes pour essayer de contrôler la poussée inflationniste.

Environnement : la MEXA veut promouvoir la ‘Low Carbon Economy’ Le Blue Carbon Award a été instauré par la MEXA en vue de promouvoir le concept ‘Maurice île durable’. «Il faut proagir au lieu d’agir et de réagir », a exhorté sa directrice, en lancant la deuxième édition du concours, mardi | DK

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LA MEXA veut sensibiliser et responsabiliser les employés des entreprises sur l’impact négatif de l’émission de carbone sur l’environnement. Elle veut, de plus, promouvoir les technologies d’énergies renouvables permettant de réduire le niveau de CO2. « L’émission de carbone influence notre quotidien et contribue significativement aux changements climatiques. Cela devient l’affaire de tout un chacun car nous participons tous à la dégradation de l’environnement », a affirmé Danielle Wong, directrice de l’association. Le ‘carbon footprint’ se mesure d’après plusieurs critères : bilan comptable, facture d’électricité, quantité de fuel utilisé, entre autres. Le ‘carbon footprint’ peut-être utilisé comme stratégie commerciale. « Il faut être à l’avant-garde et utiliser les technologies qui consomment moins d’énergies », a déclaré Danielle Wong. « Ce n’est pas seulement une récompense. Il faut que les entreprises puissent appliquer et utiliser le concept sur le long terme et non uniquement durant le concours », a encore affirmé la di- La MEXA est d’avis qu’en termes d’utilisation rectrice de la MEXA. Le prix sera décerné en mars 2012. d’énergie, il faut être à l’avant-garde


OIL SLIPS TO $97 AMID GLOBAL ECONOMY FEARS Oil prices slipped to $97 a barrel on Tuesday on concern a weakening global economy is undermining crude demand. By early afternoon in Europe, benchmark oil for July delivery was down 29 cents to $97.01 a barrel in

electronic trading on the New York Mercantile Exchange. The contract dropped $1.99 to settle at $97.30 on Monday following a fall of $2.64 on Friday. Some analysts expect crude prices to fall over the next few months

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as political upheaval in the Middle East and North Africa eases. Brent will likely drop to between $105 and $110 at the end of this year, said David Carbon, head of economic research at DBS bank in Singapore.

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MARKET

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ISLAND PREMIER TRADERS FX LTD

EXCHANGE RATES

A Weekly Overview USD The negative U.S. job data on Friday 03 June led to further USD weakness and a growing concern about the U.S. economy causing market analysts to predict that rates may remain lower for longer than anticipated. Further weakness was on the cards after the Fed Chairman Bernanke stipulated that record monetary stimulus would still be needed to boost a “frustratingly slow” U.S. recovery. At the same time, New York Fed President William Dudley said the recent rebound remains “distinctly subpar.” Comments from a Chinese official during the past week about the risks of excessive USD holdings and expectations that the USD will weaken versus major currencies brought further downward momentum to the greenback. EUR Comments from German Chancellor Merkel indicate that the euro region will “emerge strengthened” from the current crisis when meeting President Obama in Washington underpinned the currency. The euro also managed to shrug off comments from EU official Juncker that the euro is overvalued as the ACB reserve management buying continues unabated.

TERM OF THE WEEK

EQUITY

Ownership interest in a corporation in the form of common stock or preferred stock. It also refers to total assets minus total liabilities, in which case it is also referred to as shareholder’s equity or net worth or book value. In real estate, it is the difference between what a property is worth and what the owner owes against that property (i.e. the difference between the house value and the remaining mortgage or loan payments on a house). In the context of a futures trading account, it is the value of the securities in the account, assuming that the account is liquidated at the going price. In the context of a brokerage account, it is the net value of the account, i.e. the value of securities in the account less any margin requirements.

However, although the ECB hinted a July rate rise on inflation concerns, the Greek nightmare has returned to spook markets. President Trichet rejected any direct participation in a second bail-out for Greece, escalating a clash with governments as they rush to craft a solution involving investors. Should Greece default, ratings agencies hinted that further downgrades for Greece as well as Ireland and Portugal would be more than likely. Further Euro losses took place as the week closed. Greek debt issues and weaker U.S. job growth saw the USD strengthen and stocks fall as global risk was reduced. GBP The general euro buying has seen the pound trade at its recent lows around EUR 1.1200 despite the IMF endorsing the UK government’s deficit reduction plans. Sterling remained weak as economic growth expectations are deemed to be lower than government forecasts. The currency did rally against a basket of currencies. However, the rally also stalled with a downbeat economic report on the U.K., as well as disappointing sales results from major high street retailers leading to trades below the USD 1.6300 support level. U.K. rates are also expected to remain low; this is, however, being viewed positive at present for the U.K. economy.

WEEKLY HIGHLIGHTS World benchmark crude oil prices, which reached their highest level this year at the end of April, fell by more than 10 percent by May 9 and have since moved in a relatively narrow range. A slowdown in the pace of U.S. and global economic recovery and recent increases in crude oil and gasoline inventories in the United States and elsewhere seemed to suggest softening market conditions in what is often the weakest time of the year, as have recent U.S. demand data, suggesting slowing gasoline and jet fuel consumption compared to last year. The U.S. Energy Information Administration’s (EIA) Short-Term Energy Outlook (STEO), released Tuesday, forecasts world consumption of petroleum and other liquids during the third quarter of 2011 to be 1.3 million barrels per day (bbl/d) above the second quarter level and 1.7 million bbl/d above the year-ago level. Crude oil and liquid fuels consumption is expected to remain high throughout the remainder of the year,

Country AUSTRALIA CANADA EMU JAPAN N. ZEALAND SINGAPORE S. AFRICA SWITZERLAND U.K. U.S.A.

Buying Currency AUD 1 CAD 1 EUR 1 JPY 100 NZD 1 SGD 1 ZAR 1 CHF 1 GBP 1 USD 1

TT 29.0882 28.0714 39.3839 34.0532 22.3873 22.1705 4.0308 32.6516 44.8009 27.2927

Selling Notes TT/DD/Notes 28.5728 30.5798 27.5495 29.532 38.8864 41.2887 32.9127 35.8131 21.8623 23.4888 21.7647 23.3172 3.8651 4.2719 32.2245 34.2454 44.4207 46.9652 27.1309 28.6118

DD 28.8835 27.8667 39.1514 33.7246 22.2389 22.0531 3.9871 32.4555 44.5904 27.2048

GOLD COINS TUESDAY, 14 JUNE 2011 Denomination

Weight(gm)

Diameter(mm)

Price (Rs)

3.41

16.5

5950

100 250

8.51

22

14465

500

17.03

27

28770

1000

34.05

32.69

57200

MARKET ACTIVITY TUESDAY, JUNE 14 2011

COMMODITIES OIL

BANK OF MAURITIUS EXCHANGE RATES TUESDAY, 14 JUNE 2011

with demand for the year as a whole averaging 1.7 million bbl/d above the 2010 level. GOLD

Market Capitalization

Rs 188,787,419,519.90

Total Volume Traded

598,471

Total Value Traded

Rs 31,750,049.30

TOP 5 Symbol

Open

Latest

% Change

AIR MTIUS LTD

19.30

20.20

4.66

1.95

2.00

2.56 1.56

CAUDAN

32.00

32.50

Gold pulled lower but still remains supported by low global interest rates and ongoing economic gloom. By late Friday on the London Bullion Market, gold eased to USD 1,529.25 an ounce from USD 1,540 the previous week. The metal is likely to remain somewhat supported, however, as any dips below USD 1,500 are likely to be met with bargainhunting.

NAIADE RESORTS GAMMA CIVIC

375.00

380.00

1.33

PAD

102.00

103.00

0.98

Symbol

Open

Latest

% Change

UNITED DOCKS LTD

117.00

111.00

-5.13

ASL

131.00

125.00

-4.58

SHELL

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BASE METALS

MOST ACTIVE

Industrial metals prices were pressured by fears over the strength of demand from key consumer China. According to some preliminary data, China’s imports continued to decline for May, according to preliminary data. It is believed that the complex is likely to remain under pressure for the summer months.

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BOTTOM 5

162.00

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FINCORP

26.20

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Symbol SBM CAUDAN AIR MTIUS LTD POLICY MCB

Volume 136,490 125,500 114,965 60,000 46,006

DISCLAIMER: Publication of the above figures has been done with reasonable care and diligence. However, Capital makes no representations, gives no warranty and disclaims all liability in respect thereof and shall not be held liable for any damage, loss or costs incurred resulting from any error in the information or any use of the said information. Appropriate independent advice should be obtained before making any investment decision.


HILLARY CLINTON APPELLE À LA VIGILANCE

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PLEIN RÉGIME MERCREDI 15 JUIN 2011

La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, actuellement à Lusaka, Zambie, dans le cadre d’une tournée de 5 jours en Afrique, a invité le continent à prendre garde au « nouveau colonialisme » incarné par la Chine. « Nous ne voulons pas voir un nouveau colonialisme en Afrique », a-t-

elle déclaré, poursuivant en expliquant que « nous commençons à observer beaucoup de problèmes » en Chine, qui, selon elle, n’est pas forcément un exemple à suivre. « Il y a plus de leçons à tirer des Etats-Unis et des démocraties », n’a-t-elle pas manqué d’ajouter.

AFRIQUE

COOPÉRATION

Ouverture d’un marché commun Est-Sud

L’Inde offre cinq milliards de dollars de crédit à l’Afrique

La création d’un marché englobant les pays membres du Comesa, de la SADC et de l’EAC est une première en Afrique de par son ampleur LES DIRIGEANTS de 26 pays d’Afrique de l’Est et du Sud ont décidé de créer un immense marché commun impliquant toute la moitié orientale du continent, et ambitionnent de couvrir un jour toute l’Afrique. Il s’agit de former une très vaste zone de libre échange englobant le Marché commun des Etats d’Afrique australe et de l’Est (Comesa), la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), trois ensembles très hétérogènes, et qui se chevauchent en partie. Le produit intérieur brut des régions concernées est entre 875 et 1 000 milliards de dollars, selon les estimations, soit 58 % de la richesse produite en Afrique. ÉCONOMIES DÉVELOPPÉES Cette « zone de libre échange tripartite » comprendra l’Afrique du Sud et l’Egypte, les économies les plus développées du continent, mais aussi celles qui croissent le plus vite, notamment l’Angola et l’Ethiopie. La Libye, partie prenante à cette initiative, était représentée par son ambassadeur en Zambie. « Nous nous rencontrons pleinement conscients de la responsabilité collective que nous portons envers les pères fondateurs de l’Afrique de créer un seul marché continental de grande

SELON UN rapport de la Banque mondiale, la croissance économique de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) en 2011 devrait être inférieure à ce qui était précédemment prévu. L’économie de la région devrait marquer en 2011 une croissance globale de 3,6 %, selon le rapport intitulé « Perspectives économiques régionales : la région MENA face aux défis et aux opportunités ». Ce taux de croissance annoncé est inférieur de 1,4 point de pour-

valeur économique », a déclaré le président sud-africain Jacob Zuma. Bien que le projet de zone de libre échange tripartite ait été approuvé lors d’une première conférence en octobre 2008, à Kampala, les leaders africains ont accordé trois ans à l’implémentation de la « feuille de route » qu’ils ont adoptée. Ils ont également insisté sur la nécessité de renforcer les infrastructures et ont appelé les bailleurs de fonds à les aider à construire des corridors estouest venant renforcer le corri-

dor nord-sud lancé en 2009 lors d’une conférence à Lusaka. A noter que les trois blocs régionaux concernés ont déjà lancé leurs propres projets de marché commun (en 2005 pour l’EAC, 2008 pour la SADC et 2009 pour le Comesa). Mais ces projets sont rongés par le retard pris dans leurs programmes d’ouverture des frontières : les tracasseries douanières et les barrières non tarifaires, autant d’obstacles jugés nuisibles à la compétitivité par les économistes.

LORS DE la cérémonie d’ouverture du deuxième sommet Afrique – Inde, à Addis Abeba, le Premier ministre indien, Manmohan Singh, a annoncé que l’Inde fournirait d’ici trois ans des lignes de crédit de l’ordre de cinq milliards de dollars à destination de l’Afrique. Manmohan Singh a également fait savoir que l’Inde offrirait 700 millions de dollars supplémentaires pour établir de nouvelles institutions et implémenter des programmes de formation, suite à des consultations avec l’Union africaine, ainsi que 300 millions de dollars pour la construction d’une ligne ferroviaire entre l’Ethiopie et le Djibouti. Dans la même foulée, le président de la Commission de l’Union africaine (CUA), Jean Ping, a déclaré que la coopération entre l’Afrique et l’Inde existait déjà dans de nombreux domaines, mais pouvait encore être développée. Selon lui, le 2ème sommet du Forum marque une étape importante pour améliorer la coopération entre l’Inde et l’Afrique. A l’issue du 1er sommet du Forum Afrique-Inde à New Delhi, en 2008, les relations entre l’Afrique et l’Inde avaient été renforcées afin de faire face à des problèmes d’intérêt commun aux niveaux régional et continental. « Notre sommet d’aujour-

MENA : croissance en baisse

centage à celui donné par les estimations de la Banque mondiale en octobre 2010. Ce rapport souligne que les perturbations économiques actuelles dans les pays de la région MENA se traduisent par un ralentissement de la croissance sur le court terme, mais que les opportunités sur le moyen terme offrent un nouvel espoir de développement partagé et durable que ne con-

naissait pas cette région auparavant. « Il y a des opportunités historiques de plus grande ouverture et de participation des citoyens dans l’économie dans toute la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA). Opportunités qui, si elles sont gérées efficacement lors de la période de transition qui s’annonce, pourraient constituer un puissant moteur de croissance économique et

d’amélioration du niveau de vie sur le moyen terme », a déclaré cette organisation de prêt internationale de 187 membres. Ce rapport conclut qu’à la fin de 2010, les pays MENA s’étaient dans une large mesure remis de la crise financière mondiale, et que les taux de croissance devaient, selon les prévisions antérieures, revenir à leur niveau d’avant la crise au cours de 2011.

PARTENAIRE. La Grande péninsule veut renforcer sa coopération avec l’Afrique

d’hui marque une étape majeure de notre partenariat, après la coopération intense que nous avons eue entre les deux parties depuis notre toute première réunion en avril 2008, qui a réellement posé les bases de notre coopération », a déclaré Jean Ping. Selon lui, le 1er sommet du Forum a été un succès et a posé les fondations d’une coopération de bénéfice mutuel prenant en compte les réalités de ces pays, ainsi que la nouvelle réalité du village mondial. Les secteurs prioritaires de ce partenariat sont l’industrialisation, le développement des infrastructures, l’agriculture, le capital humain, la technologie et les connaissances, ainsi que l’accès aux marchés.

La Banque mondiale note également que les événements de début 2011, qui ont conduit à un changement de régime en Tunisie et en Égypte, et qui continuent de troubler le Bahreïn, la Libye, la Syrie et le Yémen, ont affecté les perspectives macroéconomiques sur le court terme, ainsi que l’état et la cadence des réformes économiques dans la région.


MAURICE NE RECONNAÎT PAS ANDRY RAJOELINA Il faut savoir que Maurice n’a jamais reconnu le régime d’Andry Rajoelina. Une situation rendue confuse au vu de certaines visites ministérielles mauriciennes dans la Grande île. Selon Arvin Boolell, chef de la diplomatie mauricienne, Maurice ne reconnaît pas le régime de la transition,

mais approuve la feuille de route de Rajoelina, qui est liée à une éventuelle sortie de crise, et non à une reconnaissance régionale. Le ministre avait même évoqué la possibilité que Port-Louis aide financièrement Tananarive à tenir des élections libres et justes.

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PLEIN RÉGIME MERCREDI 15 JUIN 2011

MADAGASCAR

La SADC en faveur du retour de Marc Ravalomanana Ni la réunion de Gaborone, ni celle de dimanche, à Sandton, en Afrique du Sud, ne semblent avoir donné l’assurance que la crise malgache, qui dure depouis 2009, va prendre fin. Personne ne veut céder. Excédée, l’Union européenne a réclamé des sanctions contre le gouvernement d’Andry Rajoelina. La SADC, elle, reste conciliante | LF LA SADC n’a pas chômé dimanche, à Sandton, en Afrique du Sud, où 14 chefs d’Etat de ce bloc régional avaient été conviés pour une énième réunion extraordinaire sur la crise politique à Madagascar. Maurice était représentée par le ministre des Affaires étrangères, Arvin Boolell. Le but de cette réunion était de faire le constat des progrès accomplis lors du sommet de Gaborone, qui s’est tenu la semaine dernière, dans les efforts visant à mettre fin à la crise malgache. Celle-ci dure maintenant depuis trois ans, durant lesquels le désaccord entre le régime de transition dirigé par Andry Rajoelina et les trois mouvances d’opposition menées chacune par trois anciens présidents de la Grande île n’a fait que grandir. Le bilan de cette réunion qualifiée d’extraordinaire est plutôt mitigé. Alors que les Malgaches s’attendaient à ce que la SADC se montre ferme, celle-ci s’est surtout contentée de féliciter toutes les parties concernées pour les efforts consentis jusqu’ici. La réunion, quant à elle, a été académique. A noter cependant que le bloc régional a demandé aux trois mouvances majeures de l’opposition à Madagascar (Ratsiraka, Ravalomanana et Zafy) de parapher la feuille de route d’Andry Rajoelina pour faciliter une sortie de crise et un retour à la démocratie constitutionnelle. La SADC demande également à Rajoelina de laisser revenir tous les exilés politiques, y compris Marc Rava-lomanana. Une demande qui réjouit ce dernier. « Je peux rentrer à Madagascar sans aucune condition et je peux participer à toutes les activités politiques du pays » a-t-il déclaré. Mais si Rajoelina a précisé qu’il n’y a aucun problème à ce que Didier Ratsiraka retourne au pays après neuf ans d’exil, il n’a pas dit un seul mot sur le cas Marc Ravalomanana. Pas question cependant pour la mouvance de ce dernier de signer la feuille de route si le droit au retour de son chef n’est pas garanti. A noter également que la mouvance réclame le poste de Premier ministre au sein

RAKOTOARIVELO VEUT ÊTRE PM C’était sans doute l’information de la semaine. Mamy Rakotoarivelo, fidèle lieutenant politique de Marc Ravalomanana, a déclaré qu’il revendique le poste de Premier ministre dans le gouvernement Rajoelina. Il a également insisté, avant tout, sur le retour de son chef exilé en Afrique du Sud depuis 2009. Rakotoarivelo, ancien vice-président du sénat malgache, avait été récemment arrêté et emprisonné plusieurs jours pour avoir ordonné un attentat contre le cortège présidentiel. Il a toujours clamé son innocence.

CONTESTATION. L’ancien président malgache Marc Ravalomana dirige l’une des trois mouvances opposées au régime de transition d’Andry Rajoelina

du gouvernement transitionnel qui serait mis en place. POUVOIR « ILLÉGAL ET ILLÉGITIME » Andry Rajoelina avait fait part de sa décision d’ouverture en nommant plusieurs membres de l’Opposition dans son gouvernement, mais le poste de Premier ministre est resté à Camille Vital, qui est issu du même groupe que lui. Un fait qui va à l’encontre de l’idée de gouvernement inclusif, a insisté jeudi le parlement européen, qui a fustigé Andry Rajoelina et réclamé l’extension des sanctions économiques déjà infligées par Bruxelles à Tananarive. Une résolution en ce sens a été adoptée à l’unanimité par les députés européens. Celle-ci affirme également que le régime de Rajoelina, qui a pris le pouvoir de manière inconstitutionnelle, ne doit pas être habilité à organiser les élections futures. Le pouvoir en place à Madagascar a ainsi été qualifié d’« illégal et

illégitime ». Tout en rappelant qu’Andry Rajoelina avait annoncé ne pas vouloir se présenter aux prochaines élections présidentielles, la résolution lie la crédibilité des élections au fait que l’ensemble des mouvements et dirigeants politiques puissent y participer librement et sans conditions, et avoir un véritable accès aux médias. Les députés européens ont invité les Etats membres de l’UE, ainsi que le Conseil de sécurité des Nations unies, « à poursuivre et élargir les sanctions contre le régime », et notamment à étendre à l’ensemble des pays membres l’interdiction de visa édictée par l’Union africaine. Le Parlement européen, qui « condamne les multiples violations de droits de l’homme et exactions » commises à Madagascar, a « exigé » par ailleurs la « libération immédiate de tous les prisonniers politiques » et demandé une « enquête indépendante » sur ces actes qui devrait déboucher sur la traduction en justice des auteurs.

Tout en demandant à la communauté internationale l’accroissement de l’aide humanitaire en faveur du peuple malgache, le Parlement européen affirme que le rétablissement progressif des programmes de coopération avec Madagascar doit être conditionné par le respect intégral des principes démocratiques et des libertés fondamentales. Face à la résolution européenne, la réaction de Camille Vital, Premier ministre malgache, a étonné plus d’un. Il a en effet déclaré que Madagascar ne dépendait pas de l’Union européenne. Quant aux responsables des trois mouvances de l’opposition, il se sont se réjoui de la fermeté des Européens, et ont demandé à la SADC de faire preuve de la même attitude. Mais le bloc régional préfère, elle, se montrer conciliante et optimiste quant à la possibilité que toutes les parties concernées trouvent un accord et que Madagascar aille aux urnes dans la transparence.


AU SON DU SILENCE

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MAIN COURSE MERCREDI 15 JUIN 2011

Sans doute le restaurant le plus insolite qui soit, le Sounds of Silence, en Australie, est devenu en peu de temps un lieu incontournable pour les gourmets. Il s’agit d’un concept où l’on se rend dans un lieu isolé en plein désert

qui sert de cadre au repas, et vous savourerez du champagne au son des didgeridoos, tandis que le soleil se couchera lentement derrière les monts Olga et l’Ayers Rock. Le dîner est un barbecue gastronomique de

spécialités australiennes comme le kangourou, le barramundi, le crocodile et l’émeu, servis avec des condiments de la brousse, dont le chutney de tomates de brousse, la myrte citronnée et la menthe indigène.

LE PETIT JOURNAL

Pour ceux qui prennent le temps de vivre Imaginez un resto convivial, où la chaleur des lieux se dépeint en tonalités de jazz. Où tout, des murs aux tables, transpire la culture et sent bon le passé. Imaginez un resto qui vous invite à oublier que vous êtes là, après tout, pour manger. Maintenant ouvrez les yeux : ce lieu existe et Capital vous y emmène | CÉCILE ANTONIO MANOJ NAWOOR

Le menu est à cheval entre les cuisines créole et indienne, assaisonné ici et là de mets italiens, à l’instar de cette Bruschetta réinventée aux saveurs locales. La cuisine mauricienne d’antan est d’ailleurs bien mise en valeur

IL EST 13 heures. Salle comble. En couple ou entre amis, ils sont nombreux à avoir choisi de venir déjeuner au Petit Journal, bistrot français établi à Curepipe. A l’image de cet homme d’affaires qui, dans un coin, peaufine son travail tout en déjeunant. Du côté de la cuisine, trois employés s’affairent à la préparation des plats commandés. A notre arrivée, une odeur d’omelette envahit déjà généreusement les lieux. Le Petit Journal, qui a ouvert ses portes le 17 février 2010, est, au-delà d’un simple resto, un lieu qui respire la culture. Le menu, déjà, a la particularité de donner des noms de journaux aux pains servis par l’établissement. On retrouve ainsi le Figaro, L’Humanité, Paris Match, le Daily Telegraph et La Tribune. Et puisque la presse mauricienne ne saurait être négligée, les salades ont été baptisées Le Matinal, l’express et Le Mauricien. Le menu, lui, est à cheval entre les cuisines créole et indienne, assaisonné ici et là de mets italiens, à l’instar de cette Bruschetta réinventée aux saveurs locales. La cuisine mauricienne d’antan est d’ailleurs bien mise en valeur. Notons également que certains plats rares sont à l’ordre du jour, comme le gratin de palmiste, la mousse de marlin, la côte d’agneau au jus de menthe ou le rôti de langue de bœuf. Même variété au niveau des desserts : îles flottantes, marquises au chocolat, crèmes brûlées, profiteroles au chocolat, mascarpone aux fruits de la passion ne sont que quelques-uns des délices proposés. Les prix, eux, restent abordables : il faut compter entre Rs 80 et Rs 650 pour un plat, alors que les desserts vous coûteront entre Rs 100 et Rs 190. Bien que les clients aient leurs habitudes, le restaurant, loin de rester statique, innove chaque mois en proposant de nouveaux plats et desserts. Le dernierné chez les douceurs de fin de dîner est une crème expresso, à base de café de la marque Lavazza. Nous sommes d’ailleurs tombés sur un client qui s’est déplacé rien que pour gouter à cette glace. Malheureusement pour lui, comme ce dessert connaît un franc succès depuis son apparition, il n’y en avait plus. Le gérant, Jean Bernard Astruc, lui a donc conseillé de revenir le lendemain. Question décor, ce qui frappe, c’est cette fusion perpétuelle entre les cultures mauricienne et européenne. Ainsi, les tables portent le nom de grands écrivains ou philosophes tels Camus, Pythagore, Epicure, Socrate ou Labourdonnais, qui agit, lui, en trait d’union entre l’ici et l’ailleurs. Et comment rater le buste de


UN DÎNER DANS LES NUAGES Décidément hors normes, Dinner in the Sky est un restaurant à thème belge qui a la particularité de proposer des repas à 45 mètres au dessus du vide. En effet, son unique table est entièrement suspendue par une grue. Ce

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restaurant opère dans différents pays. Le magazine américain Forbes l’a désigné comme l’un des dix restaurants les plus insolites. A déceonseiller cependant aux personnes sujettes au vertige.

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MAIN COURSE

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Il est 13h45 lorsque le restaurant se vide petit à petit, histoire de nous rappeler que l’heure du déjeuner est presque passée. C’est le moment où Jean Bernard Astruc fait son entrée. Il salue tout le monde. L’accent, au restaurant, est mis sur l’accueil. Tous y participent, du proprio aux sept employés de la maison

AMBIANCE. Le sourire, dans ce restaurant hors du commun, fait incontestablement partie de l’accueil

Molière, qui trône à l’angle du restaurant ? Le Petit Journal, c’est aussi des clins d’œil lancés au passé. Comme ces chaises très tendance, en noir et blanc, qui selon Sophie Astruc, nous prolonge dans les temps anciens. Les photos qui ornent les murs de l’établissement ont le même effet : on y retrouve l’île Maurice d’antan, avec ses marchands de journaux, les films alors à l’affiche, les vieilles boutiques ou encore les rues de la capitale. La thématique s’étend jusqu’à la sélection musicale. On se laisse ainsi bercer par du jazz, des chansons d’Andrea Bocelli, ou encore quelque notes tout droit sorties des années 80. Et depuis fin mai, Clifford Cousnapa et ses amis assurent, les samedis, entre 20 et 21 heures, une partie musicale où prédominent guitare classique et flûte. Le tout s’harmonisant pour assurer aux clients des moments agréables passés entre amis ou en famille. Et si la musique, ce n’est pas votre truc, peut-être que les livres le sont. Au Petit Journal, les livres que vous apercevrez à l’entrée sont mis à la disposition des clients, le temps d’une lecture sur place. Vous pouvez même convenir de certains arrangements avec le gérant si vous voulez poursuivre la lecture chez vous. Lorsqu’on lui demande pourquoi son époux et elle ont choisi Curepipe pour installer leur restaurant, Sophie Astruc répond que c’était pratique, puisqu’ils habitent la ville. Mais elle ajoute aussi qu’ils voulaient donner un peu d’espace aux Curepipiens pour qu’ils aient un coin agréable où se détendre. Ils ont tellement bien réussi leur mission que le bouche à oreille est toute la pub qu’il leur faut. Car un client satisfait revient toujours, entraînant avec lui sa famille et ses amis, et propage la nouvelle qu’il existe à Curepipe une adresse qui mérite une visite. Une visite qui parfois s’étire. Il est 13h45 lorsque le restaurant se vide petit à petit, histoire de nous rappeler que l’heure du déjeuner est presque passée. C’est le moment où Jean Bernard Astruc fait son entrée. Il salue tout le monde.

Question décor, ce qui frappe, c’est cette fusion perpétuelle entre les cultures mauricienne et européenne. Ainsi, les tables portent le nom de grands écrivains ou philosophes tels Camus, Pythagore, Epicure, Socrate ou Labourdonnais, qui agit, lui, en trait d’union entre l’ici et l’ailleurs

L’accent, au restaurant, est mis sur l’accueil. Tous y participent, du proprio aux sept employés de la maison. Patricia, la serveuse qui prend les commandes, s’assure d’ailleurs, sourire aux lèvres, que tout va pour le mieux à chaque table. Si les commandes sont honorées dans un court laps de temps, pas question, au Petit Journal, de se presser. La raison d’être de ce lieu est d’abord et avant tout d’être un point de rencontre, un havre de paix. C’est un voyage dans le temps : voyage des saveurs, voyage humain. L’ambiance y est familiale, et pour Sophie Astruc, chaque culture, sans distinction, peut s’y retrouver. Ou s’y perdre, d’ailleurs, comme cette confectionneuse de pralines que nous avons croisée et qui, tout à son bonheur d’être plongée dans l’univers si particulier du restaurant, avait tout simplement oublié que son mari l’attendait. Comme le dit si bien Jean Bernard Astruc, « le temps s’arrête pour celui qui veut bien prendre son temps ». On s’y est plié. On a pris du temps, et ce qu’on a découvert, c’est un endroit qui mérite forcément le détour, parce qu’il a une âme. L’accueil, la chaleur humaine, le décor, le bon café qu’on y sert, tout vous y retient et vous commande d’y revenir…

AUX HORAIRES HABITUELS Le Petit Journal est ouvert du lundi au jeudi de 8h30 à 17h30, le vendredi de 8h30 à 22 heures, et le samedi de 10 heures à 22 heures. Le restaurant ouvre également en soirée pendant la semaine en cas de réservation pour plus de quinze personnes. La réservation doit cependant se faire une semaine à l’avance. Le restaurant reste fermé le dimanche. A noter que les heures de pointe sont de midi à 14 heures. En matinée, les clients sont surtout des habitués du coin qui passent prendre le café. Mais la clientèle – essentiellement féminine – évolue constamment, ce qui fait que le restaurant peut être rempli à midi, ou calme le soir.


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