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DO RÉ MI... À LA SAUCE MAURICIENNE Délaissé par les autorités, l’art n’a pourtant jamais autant attiré les Mauriciens. Pour preuve, les écoles spécialisées ne désemplissent pas

EDITION 20 – MERCREDI 6 AVRIL 2011

LA DIFFÉRENCE, C’EST LE CONTENU

Votre hebdomadaire à Rs 15

ESTHÉTIQUE : DE MÈCHE AVEC LE SUCCÈS

DIVORCE À L’AMIABLE : PLUS RAPIDE, MAIS PAS MOINS CHER

« IL NOUS FAUT UNE ÎLE MAURICE INTELLIGENTE »

Onze ans après sa clinique de greffe de cheveux, Gérard Guidi est aujourd’hui à la tête du Centre de Chirurgie Esthétique de l’océan Indien

Progressiste de par son contenu et la simplification des procédures, le Divorce and Judicial Separation Bill n’amènera pas une baisse des coûts

Nouvellement élu président de la MEXA, Guillaume Hugnin estime qu’il faut une révision de nos méthodes et habitudes de travail

AFFAIRE MEDPOINT L’arrestation du Chief Government Valuer Yodhun Bissessur est-elle l’épilogue ou l’avant-propos de l’enquête de l’Icac ? Capital met en perspective les options du témoin principal

Me Ajay Daby

« JE DOIS DÉCODER L’INTENTION DE L’ICAC » Elegance Yacht Services : invitation au voyage | Voitures anciennes : Old is gold | Consoles de jeux : tant qu’on aimera jouer


LE CAS DE FCC ENTERPRISE EN SUSPENS L’entreprise a été placée sous ‘receivership’ vers la fin de l’année dernière, faute de moyens. Si les employés ont bénéficié de leur prime de fin d’année, les créditeurs seraient toujours dans le flou. Dans une lettre

adressée au Receiver Manager de FCC Enterprise Ltd, l’Export & Other Enterprises Employees Union demande une réunion urgente des créditeurs: « Despite several claims... there is still a complete darkness in connection to

sales of assets... and the future of the said company […] Being a creditor to FCC Enterprise Ltd, there remains no other alternative than requesting you to reschedule an urgent creditors’ meeting ».

Vox populi

A

L

sumé innocent en attendant le verdict d’une instance juridique, l’on se souvient bien que le président américain Richard Nixon avait, lui, choisi de démissionner de ses fonctions à la suite de l’affaire Watergate, parce qu’il se savait déjà condamné par l’opinion publique. Celle-ci reste la plus grande force dans une démocratie. Maurice est également une démocratie. Mais les choses, ici, ont l’air d’être différentes, très différentes même. Le leader de l’opposition du jour a beau réclamer à chaque occasion qui lui est donnée - conférence de presse, rassemblement public, réunion nocturne, intervention au Parlement - que X ou Y « steps down pending enquiry », il ne se passera rien. On reste solidement boulonné à son poste. On peut même compter sur le soutien des forces ethniques ou castéistes, quand elles ne sont pas occultes, toujours promptes à menacer, tapageusement ou silencieusement, selon leur culture : « Pas touss nou dimounn ». Peu importe si leur « dimounn » a fauté ou non. Et pourtant, fraîchement arrivé au pouvoir en 1995, Navin Ramgoolam avait bien essayé de se plier aux

normes internationales de la bonne gouvernance. S’appuyant sur l’opinion des éditorialistes et sur la pression populaire, il avait sacrifié deux de ses ministres, Vishnu Bundhun et Kishore Deerpalsingh, qui s’étaient retrouvés au banc des accusés à la suite d’une enquête menée par le défunt Economic Crime Office (ECO). Pour le nouveau leader du Parti travailliste, c’était alors tout simplement vox populi, vox dei. Mais la réalité de Maurice est tout autre et l’opinion publique se galvanise uniquement pendant la campagne électorale. Si, dans son cacul, le leader des rouges espérait que sa politique de « nettoyage » allait lui rapporter des dividendes aux législatives de 2000, il n’en fut rien. C’est la logique électorale qui a primé. Le MSM a été perçu comme une alternative « rassurante » au PTr, vu que les leaders des deux partis ont le même profil : hindou et ‘vaish’. Ramgoolam a retenu la leçon. Dans l’affaire MedPoint, par exemple, il laisse les institutions faire leur travail d’enquête. Lui, il fait voeu de silence. Silence stratégique, s’entend. L’opinion publique, il l’a appris, c’est une affaire de campagne électorale.

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ACTA PUBLICA MERCREDI 6 AVRIL 2011

‘accounting officers’ du secteur public. Force est de constater, toutefois, que la fonction publique mauricienne a perdu de son lustre d’antan. Il sont très peu nombreux, aujourd’hui, les hauts fonctionnaires devoués qui sont à même de perpétuer la tradition léguée par leurs prédecesseurs, que feu Kher Jagatsingh qualifiait jadis de « patriotes inconscients ». La plupart des hauts fonctionnaires sont davantage intéressés par les jetons de présence qu’ils peuvent gagner en siégeant au sein des conseils d’administration des ‘blue chip companies’ où l’Etat est actionnaire telles Air Mauritius, Airports of Mauritius Ltd, State Bank of Mauritius, Business Parks of Mauritius Ltd, Mauritius Duty Free Paradise Ltd, Cargo Handling Corporation, State Investment Corporation, State Insurance Company of Mauritius, aussi bien que des institutions comme l’Information

Quelques personnes vont vociférer leur mécontentement sur les ondes des radios privées pendant quelque temps ; d’autres feront des commentaires à la gare d’autobus le matin ; les discussions de salon vont s’animer un peu plus que d’habitude ; quelques-uns vont s’exprimer sur les forums ou les sites web des journaux. Mais à la fin de la journée, ce sera toujours un 3-0 pour Navin et ses deux colistiers à Pamplemousses/ Triolet. Une leçon de psychologie électorale que n’ont pas encore apprise Anil Bachoo et Pravind Jugnauth. Ces deux ministres se sont empressés de se défendre dans l’affaire MedPoint, en croyant faire retourner l’opinion publique en leur faveur. Une réaction typique de la mentalité mauricienne : « Ki dimunn pu dire? » L’affaire MedPoint finira par lasser. Rares sont les Mauriciens qui se passionnent longtemps pour une affaire et la suivent jusqu’au bout. Ce n’est pas l’opinion publique qui décide du sort des politiciens à Maurice. A Maurice, on est avant tout vaish, tamoul, blanc, sinomauricien, population générale, musulman.

Un transfert pas clair

Fat cats

e ministre des Affaires étrangères, Arvin Boolell, a récemment dénoncé, au cours de l’assemblée générale de la Chambre de Commerce et d’Industrie, l’attitude des ‘fat cats’ du secteur privé. Le ministre n’a pas tort. Mais il aurait eu encore plus de mérite s’il avait fait preuve du même courage et franc-parler pour dénoncer également ceux du secteur public. En effet, la gestion des finances nationales est dénoncée année après année par le directeur de l’Audit. Mais les rapports se suivent et se ressemblent et la situation reste inchangée. Par ailleurs, les différents rapports du ‘Pay Research Bureau’ ont bien tenté de combler le fossé entre les cadres du privé et ceux de la fonction publique. Mais une amélioration des conditions de travail implique aussi davantage de responsabilités et d’‘accountability’ de la part des

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éditorial de RUDY VEERAMUNDAR

ffaire Amsterdam Boys, affaire Piou-Piou, affaire Rustum Banker, affaire Bacha, affaire ‘molleton’, affaire Kaya, affaire Gorah Issac, affaire Air Mauritius, affaire Vanessa Lagesse, affaire Palmar-Choonee, affaire Teeren Appasamy, affaire Deelchand, affaire Dulull-Bel-Air Sugar Estate, affaire ‘azaan’, affaire Subutex Connection, affaire Siddick Chady, affaire MedPoint... Chacun de ces « scandales » a vu les journaux doubler, voire tripler leurs tirages et leurs ventes, tant que la chose passionne l’opinion publique. Le directeur du groupe Le Mauricien, Jacques Rivet, racontera sans doute un jour comment les groupes de lecteurs patientaient, jusqu’à la tombée de la nuit devant les ‘tabagies’ des coins les plus retirés du pays, pour l’édition de son journal traitant du scandale ou de l’affaire du jour. C’était avant l’ère des radios privées. La belle époque de la presse écrite. Les affaires et les scandales passionnent toujours l’opinion publique. Bien que tout le monde soit pré-

| Billet de MORDICUS |

CAPITAL

and Communication Technologies Authority, la Mauritus Ports Authority, la Mauritius Revenue Authority et la Gambling Regulatory Authority pour ne citer que celles-là. Un audit effectué par le ministère des Finances en 1996 avait permis de mettre au jour un véritable scandale de jetons de présence au sein de la fonction publique et à la State Investment Corporation, le bras d’investissement de l’Etat, où certains percevaient des jetons de présence supérieurs à leurs salaires ! Ce qui avait amené nombre de commentateurs à se poser la question de savoir si, avec un si grand nombre de ‘boards’ au sein desquels ils siégeaient, ces hauts fonctionnaires et autres hauts cadres de la SIC avaient le temps de se consacrer à leurs ‘core duties’. Au vu des abus financiers allégués commis par la direction générale d’Infinity BPO, la deputée Nita

Deerpalsingh a eu le bon réflexe de demander ce que faisait le secrétaire financier Ali Mansoor sur le comité censé s’assurer de la bonne gestion de l’argent des contribuables dépensé dans le cadre du ‘stimulus package’. Il faut savoir qu’outre ses responsabilités comme secrétaire financier, qui doivent normalement lui bouffer beaucoup de son temps et de son énergie, Ali Mansoor trouve encore le temps et les ressources physiques et intellectuelles pour siéger au sein de plusieurs conseils d’administration. Avec autant de dossiers sur les bras, Ali Mansoor était-il la personne idéale pour co-présider le MTSP ? Nous osons espérer que les membres de cet organisme n’ont pas perçu de jetons de présence. Si tel était le cas, et vu la présence d’Amédée Darga au sein de ce même comité qui a traité du cas d’Infinity, alors là franchement, ce serait le scandale dans le scandale.

APRÈS PLUSIEURS années comme Confidential Secretary au ministère du Logement, elle a été est mutée au ministère des Finances, sans explication aucune. Et elle ne comprend pas. Il semble que c’est au niveau de son ancien ministère que la décision a été prise, le 23 février dernier, pour un ‘immediate transfer’. Le Go-vernment General Services Union suit de près ce cas, et a même adressé une lettre au ministère de la Fonction publique réclamant une annulation de ce transfert. Certains évoquent même un cas de traffic d’influence en ce qui concerne cette décisions prise sans raison plausible.

RÉDACTEUR EN CHEF Rudy Veeramundar CONSEILLER À LA RÉDACTION Manoj Nawoor CHEF D’ÉDITION Clency Lajoie RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT Roy Neeraye RÉDACTION Herrsha Lutchman-Boodhun Abdallah Goolamallee Zaahirah Atchia Sindy Moonesawmy Sarah Tandrayen CONCEPTION GRAPHIQUE Knivel Goonmeter Ibrahim Atchia DIRECTEUR EXÉCUTIF Rajen Valayden RESPONSABLE DE MARKETING Cécile Antonio CHEF DE PRODUCTION Roland Nicolas Cheneya ADMINISTRATION Salandy Hemeeta Essane Auleear Visesh Koonjobeeharry Une publication de Channel13 8, rue Mère Barthelemy, Port-Louis Tel : 213 1555 - Fax : 213 1552 Email : info@channel13.mu - Site web : www.channel13.mu Imprimé par Yukondale Ltd - Plaine Lauzun


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SITUATION DIFFICILE POUR LA CARGO HANDLING CORPORATION

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ACTA PUBLICA MERCREDI 6 AVRIL 2011

| Billet de RAJEN VALAYDEN |

Les otages

E

n 1982, les militants furent offusqués par la présence des agents de la CIA qui, semble-til, étaient venus prêter main forte au Premier ministre d’alors, Sir Seewoosagur Ramgoolam. Les noms de plusieurs collaborateurs locaux furent associés au fameux Eric Eckvall dans cette vaine tentative de préserver le régime en place. Quelque temps après, on associa le nom de Premsing, diplomate indien en poste à Maurice, à la fameuse bande des quatre, architectes de la prise de pouvoir. La contribution d’un million de livres sterling faite à l’Illois Welfare Fund par Indira Gandhi allait également démontrer l’attachement de la Grande péninsule au peuple mauricien. Le grand amour entre nos deux pays s’épanouira d’ailleurs sous le diktat de Sir Anerood Jugnauth. Celui-là même qui n’avait pas attendu pour exprimer son agacement suite aux propos de l’ambassadeur francais Philipe Petit, qui avait profité de l’ouverture d’une bergerie à Salazie pour remettre en question les relations entre la France et l’île Maurice suite à un contrat alloué par l’Etat mauricien à une société japonaise. Quelques jours plus tard, Philipe Petit fut rappelé à Paris. Les régimes successifs ont tous fait face aux tractations des grandes puissances qui, dans leur finalité, réclament uniquement la sauvegarde des intérêts des conglomérats qu’ils représentent. On se souvient aussi des divers lobbies des deux grands constructeurs aéronautiques qui se sont battus pour décrocher le contrat symbolique de deux appareils que l’île Maurice voulait s’offrir. Les valses répétées de nos Premiers ministres, tantôt en France, tantôt en Inde, en Chine, ou encore aux Etats-Unis, nous font parfois pitié. Mais on est loin d’imaginer à quel point l’île Maurice et son territoire maritime sont une source de convoitise pour ces grandes puissances, qui se permettent toutes les indécences afin de sauvegarder leurs intérêts économiques. Alors que les grands titres ont commencé, ces dernières semaines, a évoquer la colère des puissances occidentales quant au traitement de faveur dont bénéficierait la Grande péninsule, personne ne semble se soucier du fait que ce sont justement ces grandes puissances qui occupent illégalement nos territoires et qui pillent nos ressources. Quant aux décisions stratégiques de nos dirigeants, tout est préfabriqué, programmé. Sans compter une ingérence non conforme aux principes fondamentaux du droit international, auxquels ces mêmes pays se disent fiers d’adhérer. Le comble, c’est que divisés par nos racines ancestrales et nos problèmes quotidiens, nous sommes loin d’imaginer que nos sommes tous, en fait, des otages. Quant à nos ravisseurs, ils s’agit de ces quelques privilégiés qui, après un copieux dîner, discutent, cigare et cognac à la main, de l’avenir de nos enfants.

Selon nos recoupements d’information, la Cargo Handling Corporation (CHC) effectuerait des emprunts afin de payer le salaire de ses employés. Certaines sources laissent entendre que ce ne serait pas la pre-

mière fois : « La question qui se pose est si la CHC emprunte au gouvernement ou à ses actionnaires. Selon nos informations, c’est une pratique courante d’emprunter à ses actionnaires. N’empêche que le corps para-

étatique fait face à un découvert bancaire, donc à un manque de finances ». D’autres sources parlent de situation financière difficile, mais disent ne pas croire qu’il y a problème de liquidités.

DEVA VIRAHSAWMY

« L’EAU NE SERA PAS PRIVATISÉE »

Des rumeurs persistentes parlaient d’une privatisation de la gestion de l’eau. Mais le 26 mars dernier, Deva Virahsawmy, le ministre de l’Environnement, a affirmé, lors du congrès annuel du Government Services Employees Union (GSEA), que le gouvernement ne songeait pas à prendre une telle décision. Si cette affirmation est passée presque inaperçue, elle n’en demeure pas moins significative venant de l’ancien secrétaire général du Parti travailliste | HERRSHA LUTCHMAN-BOODHUN MANOJ ANWOOR

CE N’EST pas dans la vision du gouvernement actuel de privatiser la gestion de l’eau. C’est ce qu’aurait laissé entendre le ministre de l’Environnement, Deva Virahsawmy, durant le congrès annuel du Government Services Employees Union (GSEA), tenu le 26 mars dernier. Le sujet fait débat ces jours-ci, surtout après l’annonce faite par Rashid Beebeejaun quant à une éventuelle hausse du prix de l’eau. Deva Virahsawmy était l’invité d’honneur de ce congrès qui a réuni des délégués syndicaux locaux, ainsi que des représentaux d’organismes internationaux. Dans son discours, Radhakrishna Sadien, président du GSEA, a demandé au ministre de faire en sorte que le gouvernement n’aille pas de l’avant avec la privatisation de la gestion de l’eau. RÉORGANISATION La réaction a été immédiate. Bien que cet item ne figurait pas dans son discours officiel, Deva Virahsawmy a voulu se montrer rassurant vis-à-vis de l’assistance. « Le ministre a affirmé que le gouvernement ne compte pas aller dans cette direction, bien qu’il y aura une certaine réorganisation du secteur », affirme Radhakrishna Sadien. Deva Virahsawmy a également soutenu qu’il est impensable qu’il y ait trois organisations qui s’occupent de la gestion de l’eau, à savoir la Central Water Authority (CWA), la Wastewater Management Authority et l’Irrigation Authority. D’où le projet de regrouper ces trois organismes afin d’assurer une meilleure gestion. Le ministre a également donné l’assurance que des experts singapouriens seront bientôt dans le pays pour aider à établir un plan de réorganisation. Cette déclaration vient atténuer quelque peu les craintes de la population et des syndicats par rapport aux rumeurs qui circulaient quant à une éventuelle privatisation de la ges-

CRAINTES. Des rumeurs faisaient état il y a peu d’une éventuelle privatisation de la gestion de l’eau dans le pays.

Les raisons principales évoquées quant à une éventuelle majoration sont liées à la nécessité pour la Central Water Authority de moderniser son réseau de distribution, surtout par rapport au remplacement de vieux tuyaux afin de réduire le problème des pertes engendrées par les fuites. Autre raison avancée : les tarifs sont restés inchangés depuis plus de huit ans

tion de l’eau à Maurice. Les rumeurs concernant une hausse des tarifs pour la fourniture d’eau semblent quant à elles se préciser. Un comité ministériel composé de Rashid Beebeejaun, Xavier-Luc Duval, Nando Bodha, Satish Faugoo et Showkutally Soodhun a été institué afin de se pencher sur cette éven-

tualité. Il se pourrait ainsi que les nouveaux tarifs entrent en vigueur ce mois-ci. Les raisons principales évoquées quant à une éventuelle majoration sont liées à la nécessité pour la Central Water Authority de moderniser son réseau de distribution, surtout par rapport au remplacement de vieux tuyaux afin de réduire le problème de pertes engendrées par les fuites. Autre raison avancée : les tarifs sont restés inchangés depuis plus de huit ans. PROBLÈMES FINANCIERS Dans un entretien paru dans l’édition de Capital du 12 janvier 2011, Harry Booluck, directeur sortant de la CWA, avait soutenu que l’organisme faisait effectivement face à des problèmes financiers, et qu’une majoration des tarifs d’eau était recommandable. « L’eau est un problème très sensible politiquement. Il faut savoir que la CWA ou encore la Water Resources Unit ne disposent pas des moyens nécessaires pour entreprendre des projets d’envergure. Pour obtenir des fonds, il faut augmenter les tarifs », avait-il souligné.


MENACE NUCLÉAIRE Le tremblement de terre du 29 mars dernier dans les archipels des Chagos provoque de vives inquiétudes au sein des mouvements écologistes. Selon les services météorologiques américains, le tremblement de terre a eu lieu à

16h58, heure locale, à 583 km au nordouest de Diego Garcia et à 634 km au sud-ouest des Iles Maldives. Pour certains animateurs de mouvements écologistes, les événements tragiques du Japon doivent être suffisants pour

sensibiliser non seulement les Mauriciens, mais aussi tous les îliens sur les dangers que représentent les sous-marins nucléaires basés à Diego Garcia, sans compter l’arsenal stocké sur l’archipel des Chagos.

CAPITAL

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FINAL REPORT MERCREDI 6 AVRIL 2011

ME AJAY DABY

« JE DOIS DÉCODER L’INTENTION DE L’ICAC » Après 14 jours d’interrogatoire, la brigade anti-corruption passe les menottes aux poignets de deux suspects, des fonctionnaires. Seront-ils les seuls prévenus dans le « scandale du siècle » ? Quels étaient leurs intérêts ? Affaire à suivre... | RV ET HB L’ARRESTATION DU Chief Government Valuer Yodhun Bissessur est-t-elle l’épilogue ou l’avant-propos de l’enquête de la commission anti-corruption au sujet de l’achat de la clinique du Dr Krishan Malhotra ? Dans cette présente édition, Capital met en perspective les prochaines étapes de l’affaire MedPoint. En effet, il est maintenant reproché à l’officier du gouvernement d’avoir utilisé sa position pour favoriser l’un des soumissionnaires qui voulait vendre son terrain et son bâtiment à l’Etat, pour le projet d’hôpital gériatrique. La clinique MedPoint avait d’abord été évaluée à Rs 75 millions avant que ne soit effectué un deuxième exercice. Qui a donné les instructions pour qu’une deuxième évaluation soit faite ? Etant sur le point d’entrer dans cette phase de l’enquête, la brigade anti-corruption décide qu’on doit à ce stade suivre les procédures et arrêter le Chief Government Valuer alors que ce dernier parlait aux enquêteurs depuis plus de 14 jours. Va-t-il continuer à le faire maintenant ? Est-ce une bonne stratégie de la part de la commission anti-corruption d’arrêter un suspect alors qu’il est sur le point de cracher le gros morceau ? ÉTAPE CRUCIALE « Je sais qu’à partir de demain, mon client sera en congé. Que cela paralyse le Valuation Office n’est plus notre problème maintenant. Jusqu’ici, mon client collaborait avec les enquêteurs. On leur a même fourni des documents, avec des explications claires et nettes. Ce matin (Ndlr : hier), nous avions rendez-vous avec l’Icac et il était toujours de notre intention d’apporter des éclaircissements sur les procédures et soudain, on nous informe que Monsieur Bissessur devait être arrêté alors que nous sommes à une étape cruciale de cette affaire. Je prendrai bien du temps à décoder l’intention de l’Icac. Mon client va-t-il poursuivre sa collaboration ? Cela dépendra de lui. Tout ce que je peux avancer, c’est que nous avons un autre rendez-vous avec l’Icac ce mercredi. Attendons voir », nous a déclaré Me Daby. Il faut d’abord faire ressortir qu’il y avait deux choix pour Yodhun Bissessur dès le premier jour de sa convocation par l’Independent Commission

STRATÉGIE. Me Ajay Daby et son client Yodhun Bissessur étudient la marche à suivre

against Corruption (Icac). Primo, il invoque son droit constitutionnel de garder le silence et deuzio, il accepte de tout déballer, bien que son interrogatoire allait être sous avertissement. Sur les conseils de son homme de loi, Me Ajay Daby, le fonctionnaire décide de raconter l’histoire d’une évaluation qui allait passionner l’opinion publique. Il concède que le Deputy Acting Director du Valuation Office, Roshnee Bissessur, avait d’abord fait une évaluation du terrain et du bâtiment de MedPoint à hauteur de Rs 75 millions. Le ministère de la Santé devait ensuite demander qu’un autre exercice soit conduit. Roshnee Bissessur est cette fois-ci accompagnée d’un autre officier, en la personne d’Anerood Jeebodhun. Il est à noter que ce dernier a également été arrêté sous la même charge que le Chief Government Valuer. Yodhun Bissessur devait admettre qu’il est celui qui a donné ces ordres mais voulait bien expliquer le pourquoi de cette deuxième évaluation. Il devrait ensuite le faire hier mais à cause de son arrestation, il est prévu qu’il donnera des explications aujourd’hui. Reste maintenant à savoir s’il va le faire. Selon certain observateurs, l’ar-

restation de Yodhun Bissessur peut être interprétée sous trois angles. Premièrement, que la commission anticorruption a craqué sous la pression des médias et a fini par procéder à deux arrestations, pour démontrer que rien n’est laissé au hasard dans cette enquête. D’autre part, des interrogations sont soulevées si la stratégie n’est pas mauvaise car elle risquerait de provoquer le suspect-témoin à maintenant être réticent à poursuivre sa déposition. Si tel est le cas, basta l’affaire MedPoint. Troisièmement, Bissessur est-il maintenant conscient qu’il s’agit ici d’une affaire politique et qu’il ferait mieux de se taire et que l’arrestation n’est qu’un premier avertissement ? Remontant la chronologie des choses, si Bissessur parle, les personnes suivantes devraient être mentionnées et susceptibles d’être interrogées : le Permanent Secretary O. K. Dabidin, son assistant Hauroo, la ministre Maya Hanooanjee et le Financial Secretary Ali Mansoor. CHARGE ABUSIVE Pour l’homme de loi, un ‘provisional charge’ n’était pas nécessaire puisque cela bloque un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions : « Pour

moi, à ce stade, la charge provisoire est excessive, voire abusive. Mon client a fait son travail et on lui reproche cela. On ne peut être accusé en aidant sur un dossier aussi sensible. Il n’y avait pas de raison de traiter mon client en tant qu’accusé, puisque tous ceux liés, de près ou de loin, à ce dossier sont suspects. Cette charge est injuste et déraisonnable. Nous irons à l’Icac ce mercredi pour des explications ». L’avocat avoue ne plus comprendre ce qui se passe. Il a pris connaissance de la charge retenue contre son client, mais trouve bizarre le fait que le nom du soumissionnaire qui aurait bénéficié de tout cet exercice n’y figure pas. Il soutient même que la commission anti-corruption n’a pas jugé nécessaire de demander à Yodhun Bissessur le(s) nom(s) de celui ou ceux qui lui auraient donné les instructions pour le deuxième exercice d’évaluation. Le Chief Government Valuer a été arrêté avant cela. L’homme de loi et son client ne comptent pas baisser les bras. Il reste à définir la marche à suivre, mais ils continueront à déposer devant la commission anti-corruption. « Nous n’avons pas peur d’eux. Peu importe le nombre de charges qu’ils comptent loger ! », conclut Me Ajay Daby.


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PETIT AU PARADIS

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ENTRETIEN MERCREDI 6 AVRIL 2011

Suite au limogeage de Shakeel Dyall, exChief Executive Officer, et l’arrestation de Joy Beeharry, le président du conseil d’administration, c’est Serge Petit, directeur général d’Airports of Mauritius, qui s’occupe de la gestion quotidienne de

Mauritius Duty Free Paradise. Toutefois, Serge Petit fait l’objet de nombreuses critiques sur le nombre de voyages effectués durant cette courte période et aussi sur certains recrutements obscurs qu’aurait fait l’organisme d’Etat.

GUILLAUME HUGNIN, PRÉSIDENT DE LA MEXA

« Il nous faut arriver à une île Maurice intelligente » Nouvellement élu président de la Mauritius Export Association (MEXA), Guillaume Hugnin, dans un entretien accordé à Capital, revient sur les difficultés que doivent surmonter les opérateurs, en particulier dans certains secteurs. Il parle de la synergie gouvernement-secteur privé et estime qu’il faut une révision des méthodes et des habitudes de travail dans le pays. Bref, un profond remaniement pour permettre à l’économie de reprendre son souffle | SARAH TANDRAYEN & ROY NEERAYE PHOTOS : MANOJ NAWOOR

❚ Guillaume Hugnin, vous vous

retrouvez à la tête de la MEXA depuis peu. Quelle est votre évaluation du secteur de l’exportation mauricienne ? Je vais procéder par un constat. Le secteur de l’exportation n’est pas quelque chose de facile. Ni pour les opérateurs, ni pour l’Etat d’ailleurs. Cela dit, certains domaines font bien, comme le textile. Il en est de même pour le ‘seafood’. Cette performance ne peut cependant se faire qu’à condition qu’il y ait des accords. De ce point de vue, il y a une vraie synergie entre les opérateurs et les autorités. Mais, certains domaines rencontrent d’énormes difficultés. J’en veux pour illustration celui de l’agro-industrie. Ces difficultés se situent au niveau de la production et au niveau des marchés. ❚ Comment peut-on surmonter ces

difficultés ? Comme pour toute chose, il s’agit d’abord d’identifier ces difficultés, d’en comprendre le mécanisme. Ensuite, il faut travailler étape par étape en tentant de trouver les moyens d’en venir à bout. Vous savez, les difficultés ne sont pas statiques ; elles changent au quotidien même. Donc, il faut savoir comment s’y prendre pour arriver à les éliminer une à une. ❚ Qu’est-ce qui explique les difficultés

que rencontre l’agro-industrie en particulier ? Il existe des opportunités dans le secteur de l’agro-industrie que les opérateurs n’exploitent pas pleinement encore. Les opérateurs doivent savoir adapter leurs produits aux exigences du marché. Il faut aussi, bien entendu, un cadre propice pour permettre aux entrepreneurs de pleinement se développer. Pour les PME, c’est la même chose. Si un opérateur n’arrive pas à s’adapter au marché, il ne pourra faire long feu dans l’exportation. Mais, une fois encore, il lui faut un cadre approprié qui favorisera l’émergence de produits qui répondent mieux à la demande du marché.

MANDAT. Guillaume Hugnin veut amener les autorités à mettre sur pied un bureau de validation des normes digne de ce nom


BB-RH, VILLE DE L’ÉCRITURE Ville autrefois réputée pour ses activités culturelles, BeauBassin/Rose-Hill est devenue, durant ces cinq dernières années, un véritable champ de bataille avec des dénonciations à coups de tracts,

quand ce n’est pas, dans certains cas, de dépositions formelles. Selon une source proche de l’Icac, on compterait plus d’une centaine de lettres dénonçant les abus de certains cadres de la mairie.

❚ Est-ce à dire que le niveau de pro-

duction est trop faible ? Attention ! Il ne faut pas confondre agriculture et agro-industrie. Je pense qu’en termes d’agriculture, Maurice s’en sort plutôt bien. L’agro-industrie, par contre, regroupe tous les processus de transformation de produits alimentaires. Pour cela, les opérateurs peuvent utiliser des matières premières disponibles localement ou alors se tourner vers l’importation des matières premières qui sont transformées ici. Pour être rentable, un entrepreneur doit donc offrir un produit qui réponde à une certaine demande, sans compter qu’il doit s’agir d’un produit ayant une durée de vie assez importante pour pouvoir être exporté. Et c’est là malheureusement que le bât blesse. Il y a un gros travail à faire pour repenser les stratégies dans ce secteur. ❚ Quels ont été les défis que le secteur

de l’exportation a eu à relever au cours de l’année écoulée ? L’année écoulée s’est révélée dure pour l’économie. Et il ne fait aucun doute que le secteur de l’exportation n’a pas été épargné. C’est une année qui a été riche en surprises et riche en difficultés aussi. Cette crise a remis beaucoup de choses en question pour le secteur de l’exportation, notamment pour ce qui est des opérations. Mais il s’agit de situations qui sont au-delà de notre contrôle. Rien que pour prendre un exemple, les événements politiques à Madagascar et dans la région en général ont bouleversé notre secteur import-export, sachant que Madagascar est l’un des marchés vers lesquels nous exportons le plus. Pour surmonter les difficultés, je pense qu’il faut un travail rigoureux et, surtout, méthodique. ❚ Les exportateurs se plaignent sou-

vent de la roupie forte. Est-ce un frein de plus à ce secteur ? Là n’est pas la question. Le débat ne peut porter sur une roupie forte ou une roupie faible. Ce qui fait défaut, c’est un manque de visibilité sur l’avenir. Il y a ceux qui pensent qu’une roupie forte peut permettre de contrôler l’inflation. C’est le point de vue de la Banque de Maurice, par exemple. Mais il y a aussi ceux qui pensent qu’une roupie forte n’a qu’un effet minime sur le taux d’inflation. Il y a certainement d’autres mesures à prendre pour contrôler l’inflation. Un exemple serait la gestion des finances de l’Etat. Si l’Etat est trop dépensier, bien évidemment, il sera difficile de circonscrire une inflation trop élevée. ❚ Toujours est-il que la roupie forte

provoque des grincements de dents… Vous savez, il y a un trop fort décalage entre les taux d’intérêt pratiqués à Maurice et ceux des autres pays. Ce fort taux d’intérêt engendre un phénomène appelé ‘hot money’. Il s’agit

CAPITAL

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ENTRETIEN MERCREDI 6 AVRIL 2011

voyez, ce que le Brésil a fait, c’est donner une valeur ajoutée à un produit en apparence banal. A Maurice, il faut que les entrepreneurs amènent une certaine créativité qui sera source de valeur ajoutée pour leurs produits. Et ce, dans tous les secteurs concernés par l’exportation. J’aimerais ici ouvrir une parenthèse. Vous avez mentionné l’Afrique du Sud. Sachez que le textile mauricien s’exporte beaucoup en Afrique du Sud. C’est d’ailleurs l’un de nos plus gros importateurs. Le textile a su se construire une image au fil des années en visant le haut de gamme. Du coup, il n’a aucun mal à percer sur des marchés exigeants.

Je n’ai pas les moyens, moi, de le faire. Mais, je souhaite que le pays puisse devenir une source d’approvisionnement pour la région. Il y a certaines difficultés administratives qui empêchent les pays de la région à s’approvisionner chez nous. Nous avons établi un port franc dans le pays mais il a du mal à réaliser ses objectifs. Certains préfèrent aller s’approvisionner ailleurs. Il faut réfléchir à la manière dont nous pouvons attirer ces pays à venir s’approvisionner chez nous de l’argent qui entre dans le circuit monétaire pour profiter des taux d’intérêt élevés. Mais il ne s’agit pas d’investissements. Cet argent n’est qu’en transit dans le pays. Un tel mécanisme vient donc dérégler les fondamentaux économiques du pays. Il n’y a pas que ça. Prenons l’exemple d’une marchandise vendue en dollars. Si on vend la marchandise aujourd’hui, les revenus ne sont perçus qu’au bout de 60 ou 90 jours. Une roupie forte, entre-temps, peut signifier un manque à gagner par rapport au prix calculé le jour de la vente. Pour toute transaction commerciale, les opérateurs étudient de près toutes les sources de coûts par rapport aux revenus. Les opérateurs ne décident pas des prix, c’est le marché qui dicte. Forcément, un manque à gagner n’est jamais bien accueilli. ❚ La logistique à Maurice répond-elle

aux besoins des opérateurs ? A Maurice, vu que nous ne disposons pas, hormis le sucre, de matières premières, nous sommes contraints de les importer dans leur grande totalité. Ce qui fait défaut, et là on n’y peut rien car il s’agit de la situation géographique du pays, c’est le temps que mettent les matières premières à arriver. Mais au niveau domestique également, le pays est essoufflé. On se dé-

❚ Cette créativité serait-elle lacunaire

place avec beaucoup de difficultés dans le pays à certaines heures de la journée. Et ces aléas du transport routier provoquent encore plus de retard, sans compter les coûts additionnels que cela entraîne. Pour arriver à une meilleure logistique, il faut investir au niveau des infrastructures. Or, on a accusé du retard au niveau de la mise en chantier de projets de développement routier. Certains projets, notamment le métroléger, tardent à se mettre en place et les embouteillages demeurent un réel souci. Ce n’est cependant pas la seule solution. Il faudrait aussi penser à revoir les méthodes et les habitudes de travail. Il nous faudrait adopter des mesures pour faciliter le mouvement des marchandises et des personnes. Ce n’est pas le cas cependant, quand vous voyez les rues de la capitale obstruées par des marchands ambulants. Pour illustrer mes propos, je peux prendre pour exemple la rue La Reine, à Port-Louis. On pourrait autoriser le stationnement que d’un côté de cette rue. De plus, il faudrait peut-être interdire les livraisons à certaines heures de la journée. Dans les régions rurales, la situation est identique. Les voies d’accès sont souvent trop étroites pour permettre une circulation fluide. Il est temps, je pense, d’arriver à une île Maurice intelligente qui sache adopter des approches méthodiques différentes de celles auxquelles nous sommes habitués actuellement. ❚ Cela implique un changement

d’habitudes. Le Mauricien est-il prêt à changer ses habitudes ? Oh que oui ! Le Mauricien est prêt à changer ses habitudes. Ce qu’il faut, c’est une réflexion de fond par rapport à la manière de vivre à Maurice. ❚ Il y a cette tendance chez les expor-

tateurs à privilégier certains marchés. Pourquoi ne se tournentils pas vers les marchés émergents comme la Chine, le Brésil et l’Afrique du Sud, pour écouler leurs produits ? On a bien ici des savates fabriquées au Brésil… Vous faites sans doute référence aux savates de la marque ‘Ipanema’. Vous

dans d’autres secteurs, notamment dans l’agro-industrie ? Le problème à Maurice, c’est que les opérateurs n’ont jamais vraiment pensé ou modulé leurs produits par rapport à un marché d’exportation. La plupart des entrepreneurs produisent pour le marché domestique et ne pensent qu’après à l’exportation. De ce fait, ils ne peuvent que proposer des produits qui ne correspondent pas forcément à la culture des marchés visés. Dans l’agro-industrie, si on prend l’exemple des produits en conserve, ceux produits ici n’ont qu’une durée de vie limitée. Or, sur les marchés étrangers, il faudrait être capable de proposer des produits qui pourront durer deux ans ou plus sur les rayons de supermarchés. Pour y arriver, à mon avis, une mise aux normes rationnelle des produits que nous souhaitons exporter est essentielle. Et pour cela, il nous faut des structures tels des laboratoires. Or, nous notons certaines lacunes au niveau des laboratoires de contrôle. Les laboratoires du privé existent pour ce genre de choses, mais leur prix est trop élevé. Le Mauritius Standards Bureau doit faire plus dans ce domaine. Il faudrait, par exemple, un bureau de validation des normes digne de ce nom et je m’attellerai, durant mon mandat à la tête de la MEXA, à attirer l’attention des autorités afin qu’elles arrivent à combler ces lacunes. ❚ Dans votre discours à l’assemblée

générale annuelle de la MEXA, vous avez parlé de faire de Maurice un ‘hub’ d’approvisionnement pour la région. Comment comptez-vous vous y prendre ? Je n’ai pas les moyens, moi, de le faire. Mais, je souhaite que le pays puisse devenir une source d’approvisionnement pour la région. Il y a certaines difficultés administratives qui empêchent les pays de la région à s’approvisionner chez nous. Nous avons établi un port franc dans le pays mais il a du mal à réaliser ses objectifs et à atteindre sa vitesse de croisière. Certains préfèrent aller s’approvisionner à Dubaï ou en Inde. Il faut réfléchir à la manière dont nous pouvons attirer ces pays à venir s’approvisionner chez nous.


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PRB : LES DRH SE PRÉPARENT

CAPITAL

Les directeurs des ressources humaines (DRH) de la fonction publique se sont retrouvés en atelier de travail, le 31 mars dernier, en vue de finaliser les propositions à être présentées au Pay Research Bureau (PRB) en se basant sur les expériences passées. Par la même occasion, ce séminaire visait à

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GROS PLAN MERCREDI 6 AVRIL 2011

offrir un forum pour des discussions approfondies entre ces officiers et les représentants du PRB et du ministère de la Fonction publique. Pour le ministre Ashit Gungah, la gestion des ressources humaines dans la fonction publique doit être repensée pour pouvoir répondre aux exigences du 21e siècle.

INDUSTRIE SUCRIÈRE

Harel Frères prévoit une baisse de production de 8 %

MANOJ NAWOOR

Les conditions climatiques qui prévalent depuis l’année dernière, notamment la sécheresse d’octobre à janvier, ont des effets négatifs sur les plantations. Harel Frères prévoit une baisse de 8 % au niveau de sa production pour l’année 2011 | HERRSHA LUTCHMAN-BOODHUN LE GROUPE Harel Frères Ltd vient de publier son rapport financier pour l’année 2010. Malgré des conditions économiques difficiles, le groupe a pu présenter un bilan positif : hausse de 12 % du ‘turnover’ et profits nets de Rs 400 millions. Les coûts financiers du groupe ont baissé, passant de Rs 218,1 millions en 2009, à Rs 158,9 millions l’année dernière. Selon ce rapport, le secteur sucre du groupe a bénéficié de l’impact positif d’une bonne coupe et de la conversion de la quasi-totalité de sa production en sucres spéciaux. Toutefois, le prix bas du sucre sur le marché mondial, la crise de l’euro ainsi qu’une hausse significative du coût de la main-d’oeuvre n’ont pas été sans conséquences sur le bilan

chiffré. Performance également satisfaisante dans les autres secteurs d’activités du groupe, à savoir l’énergie, la production et la commercialisation d’alcool. Evoquant les perspectives pour 2011, la direction du groupe ne cache pas son pessimisme: “Regarding sugar, it is estimated that production will face a drop of about 8% owing to the severe drought which prevailed from October 2010 to mid January of this year. We are however cautiously optimistic that the ensuing drop in revenue will be partially mitigated by an improved sugar price, provided that the Euro/Rupee exchange rate does not deteriorate”, peut-on lire dans le rapport financier.

CONSÉQUENCES. La sécheresse risque d’avoir des effets néfastes sur la production sucrière en 2011 selon les dirigeants du groupe Harel Frères

BANQUES

Le CAMEL rating publié deux fois l’an AUCUNE DES institutions bancaires n’a obtenu la note 1, soit excellente, pour la période prenant fin le 30 septembre 2010. La notation CAMEL sera désormais rendue publique sur une base bi-annuelle La notation CAMEL est un système international qui vise à noter les banques sur leurs performances financières, opérationnelles et de gestion, comme représenté par l’acronyme CAMEL : Capital adequacy, Asset quality, Management quality, Earnings et Liquidity. La décision de divulguer les évaluations vise à encourager les banques à doubler d’efforts. La BoM a introduit la notation CAMEL en 2004. Dans un premier temps, les

PERFORMANCE. La plupart des institutions bancaires du pays sont bien notées sur la grille CAMEL

résultats furent communiqués aux banques exclusivement, mais jamais au grand public. La note est calculée en fonction des informations communiquées

par les banques ellesmêmes. L’évaluation des quatre éléments – capital, actifs, gains et liquidité – est basée sur des données fournies par les banques à

travers leurs résultats financiers, tandis que l’évaluation de ‘management quality’ est basée sur les résultats de la dernière inspection sur place. Une note allant de 1 à 5 (1 pour “excellent”, +2 et -2 pour “satisfaisant”; +3 et -3 pour “passable”; 4 pour “marginal”, et 5 pour “insatisfaisant”) est attribué à chacun des composantes du sigle, ainsi que la performance globale des banques. [voir tableau ci-contre] La notation CAMEL sera désormais publiée sur une base bi-annuelle, soit en juin et en décembre de chaque année. La notation pour la période se terminant au 31 décembre 2010 sera publiée en juin prochain.

CBC, nouveau visage dans le secteur bancaire LA PREMIÈRE institution financière islamique mauricienne est entrée en opération le 31 mars dernier. La Century Banking Corporation est le fruit d’un partenariat stratégique entre des investisseurs du Qatar, à travers Domasol Limited et la BAI. Cette nouvelle institution vise le ‘wholesale banking’, la trésorerie et la gestion des finances (‘treasury & wealth management’), et compte aussi incorporer les pratiques financières islamiques dans le paysage bancaire mauricien. Dans son discours prononcé à l’occasion de la cérémonie d’ouverture, le ministre des Finances, Pravind Jugnauth, a qualifié de nouveau défi l’émergence de la finance islamique dans le secteur financier du pays. De plus, estime le ministre, cela aidera à positionner Maurice en tant que ‘hub’ pour les activités financières islamiques dans la région. Cette nouvelle activité, a encore dit le ministre, a le potentiel nécessaire pour une croissance considérable à Maurice, puisque selon les statistiques, la finance islamique connaît une croissance de 1 5% à 20 % par an au niveau mondial.


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UN DIVORCE À 1,5 MILLIARD D’EUROS

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Sumner Redstone, patron de Viacom et CBS , est à la tête de l’une des 100 plus grosses fortunes du monde d’après le magazine Forbes. Il a épousé Phyllis Gloria Raphael en 1944 et a divorcé 55 ans plus tard, à 76 ans.

L’épouse accusait son mari de la tromper avec une femme plus jeune. Elle a obtenu 1,5 milliard d’euros de la part de son ex-mari ! Une somme astronomique qui fait de ce divorce le plus cher de l’histoire

DIVORCE À L’AMIABLE

PLUS RAPIDE, MAIS PAS FORCÉMENT MOINS CHER

S’il se veut progressiste, de par son contenu et la simplification des procédures qu’il apporte dans son sillage, le Divorce and Judicial Separation Bill ne fait pas l’unanimité. Aucune provision n’a été faite pour une baisse des coûts élevés engendrés par le processus de divorce | ZAAHIRAH ATCHIA LORSQUE LE 22 mars dernier, à la reprise parlementaire, l’Attorney General Yatin Varma présenté, en troisième lecture, le Divorce and Judicial Separation Bill, la loi est votée sans amendement aucun. Un fait qui en dit long sur le consensus qui semble s’être dégagé autour des nouvelles provisions que le document apporte au droit de la famille. La nouvelle loi constitue une réforme sur deux plans en droit de la famille : une évolution substantive du droit portant sur le divorce et une simplification procédurale de ce même processus. L’évolution substantive se traduit par l’addition de deux nouvelles bases légales pour justifier une demande de divorce, ainsi que la réduction du délai minimum pour valider la rupture de vie commune comme cause de divorce, alors que la simplification procédurale est davantage axée sur la rapidité du processus. EVOLUTION Deux bases limitativement définies par la loi constituaient les seules avenues possibles pour obtenir un divorce avant que la nouvelle loi ne soit votée, notamment en cas de faute et de rupture de vie commune. L’avouée Anjali Saraswati Bundhun-Cheetoo nous explique d’abord le divorce pour faute : « En cas de faute, l’époux demandeur doit prouver les faits imputables à l’autre conjoint lorsque ces faits constituent une violation grave ou renouvelée des devoirs et obligations du mariage, par exemple en cas de violence conjugale, d’alcoolisme ou d’adultère. De plus, le divorce peut être demandé lorsque l’autre a été condamné à une peine criminelle d’au moins 5 ans de servitude pénale », explique-t-elle. C’est sur l’article 230 du Code Civil mauricien que se fonde une demande de divorce pour faute, précise Pramila Pat-

RUPTURE. La nouvelle loi contient certaines clauses qui assurent le respect de l’institution qu’est le mariage

L’évolution substantive du droit portant sur le divorce se traduit par l’addition de deux nouvelles bases légales pour justifier une demande de divorce, ainsi que la réduction du délai minimum pour valider la rupture de vie commune comme cause de divorce, alors que la simplification procédurale est davantage axée sur la rapidité du processus

ten, avocate qui a été l’une des conceptrices de la réforme du droit de la famille à Maurice. Pour ce qui est de la rupture de vie commune, elle se fonde sur l’article 235 du code et s’appliquait, avant la nouvelle loi, lorsque les époux étaient « séparés de fait depuis 5 ans ». La nouvelle loi est venue ajouter deux nouvelles raisons pouvant permettre d’obtenir un divorce. Il s’agit de l’acceptation du principe de la rupture de vie commune et du divorce par consentement mutuel. « Dans le cas de l’acceptation du principe de la rupture de la vie commune, le divorce peut être demandé par l’un des époux ou par les deux conjointement, lorsque les deux acceptent le principe de rupture de vie commune sans tenir compte des faits ayant mené à la

Il faut toujours, malgré la nouvelle loi, se trouver un avoué et un avocat pour pouvoir divorcer. Chaque partie doit se prévaloir des services d’un tel duo, sauf en cas de divorce par consentement mutuel, dans lequel cas le couple peut solliciter les services du même avoué

rupture, mais en considérant les conséquences du divorce. Le juge qui statue sur la demande joue un rôle de médiateur et de conciliateur et s’assure que tous les efforts de réconciliation ont été faits. Suite à cela, le juge prononce le divorce et statue sur les conséquences. Le divorce, dans ce cas, ne peut être demandé qu’après 24 mois de mariage », explique Me Cheetoo. Cette condition est également de mise pour obtenir un divorce par consentement mutuel. « Le même principe s’applique et le délai est le même », affirme Me Cheetoo. Pramila Patten explique pour sa part que ce garde-fou légal assure le respect pour l’institution qu’est le mariage. « Dans le cas du divorce par consentement mutuel, les deux sont d’accord sur


LIZ HURLEY DEMANDE LE DIVORCE Il espérait parvenir à récupérer sa magnifique épouse, mais Arun Nayar n’a plus que ses yeux pour pleurer, alors qu’Elizabeth Hurley vient de déposer une demande de divorce officielle à la Cour supérieure de Londres.

C’est en décembre dernier que l’actrice annonçait être séparée de son époux après avoir été surprise en plein flirt avec un joueur de cricket. A l’époque, Arun Nayar espérait encore pouvoir sauver son mariage.

Un impératif légal qui est loin d’être négligeable étant donné les honoraires des juristes en matière de divorce. Une petite enquête menée par Capital nous a permis de constater que les honoraires pratiqués par les hommes de loi débutent à Rs 10 000 et peuvent même aller, dans certaines circonstances, jusqu’à Rs 200 000 bafoueraient les intérêts des enfants du couple ou de l’un des conjoints ? « Si le juge constate que la convention ne préserve pas suffisamment l’intérêt des enfants ou celui d’un des époux, le juge peut refuser l’homologation et ne pas prononcer le divorce ou alors modifier ou supprimer les clauses qui y paraissent contraires », explique Me Cheetoo. Si l’essence du divorce pour rupture de vie commune est inchangée dans la nouvelle loi, il importe de préciser que le délai de 5 ans a été ramené à 3 ans. Dans la même logique d’accélérer le processus, la nouvelle loi prévoit l’abolition de la conversion du décret provisoire de divorce en décret permanent, la cour prononçant directement le décret pour le divorce sur les

deux bases légales additionnelles.

un article paru sur le site web du groupe Lalit, le 25 mars dernier.

La procédure actuelle s’organise en plusieurs étapes, ce qui a tendance à retarder le processus. Me Cheetoo nous en résume les principales étapes : « D’abord, l’avoué, sur instruction de son client, loge une demande de divorce en Cour suprême. L’affaire est alors appelée une première fois, et on procède à la présentation de la pétition de divorce. Le demandeur doit être présent en cour pour soutenir sa demande, alors que le défendeur est quant à lui appelé à informer la cour de son intention quant à ladite demande. Ce dernier peut être représenté par un avoué. L’étape suivante est le ‘preliminary hearing’, où le défendeur soumet sa défense. La date pour la prochaine étape est alors fixée. C’est alors que le divorce est pris sur le fond. Le jugement peut être rendu le même jour, ou ultérieurement ». Si la durée de la procédure a été raccourcie par la nouvelle loi, force est de constater que celle-ci ne rend pas forcément le divorce plus abordable pour les bourses modestes. Rajni Lallah l’a d’ailleurs fait ressortir dans

Ecrivant au nom du Muvman Liberasyon Fam (MLF), elle ne fait pas dans la dentelle pour décrier certaines lacunes dans la nouvelle loi : « What we really deplore in the new divorce law is that nothing has been done to decrease the costs of paying for an attorney and advocate which makes a divorce out of reach for most women and men.(…). The voted law provides no reasonably-priced divorce ». MODÈLES ALTERNATIFS Sans tomber dans le piège de la critique non-constructive, l’activiste du MLF cite des modèles alternatifs étrangers pour palier à cette carence législative : « This is possible in many countries. You can fill out a form and swear an affidavit and register it, in Australia for example. Or in China you can go to the very same Civil Status Office that for a small fee registered your marriage and solemnly declare, for another small fee, that your marriage is irretrievably broken down because it is no longer ‘harmonious’ ». Il faut toujours, malgré la

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Mais en moyenne, combien coûte un divorce ? « C’est difficile à chiffrer, mais il faut prévoir environ Rs 30 000 », explique un avoué. Or, comme Rajni Lallah en fait état dans son article, réunir une telle somme n’est pas à la portée de tous : « (… ) women earning between Rs 5,000 and, say, Rs 25,000 (which is the vast majority of women) find it very difficult to produce Rs 20,000 ». D’autant plus qu’il faut toucher un salaire inférieur à Rs 5 000 ou n’avoir à son actif aucun bien immobilier pour bénéficier de l’aide légale de l’Etat. Pour réduire l’impact de ces frais considérables, Rajni Lallah estime que la nouvelle loi « at the very least should have included the possibility for anyone seeking divorce to be allowed to take either an attorney or an advocate, and not be required to take both ». Surtout que les dépenses ne s’arrêtent pas une fois que le divorce est prononcé. « L’époux contre lequel le divorce est prononcé a ses torts exclusifs. Il est obligé de subvenir aux besoins de l’autre et des enfants nés de ce lit. Idem pour l’époux qui demande le divorce sur la base de rupture de vie commune », explique Me Anjali Cheetoo. Pramila Patten précise quant à elle que la loi est ‘gender-neutral’, de sorte que les mêmes principes s’appliquent à l’homme et à la femme. Ne pas verser la pension alimentaire est un délit. « Au civil, la cour peut ordonner un ‘attachement’, c.-a.d un ordre de la cour permettant de prélever le montant de la pension alimentaire directement du salaire du conjoint devant la payer », explique Me Cheetoo, qui ajoute qu’au pénal, la justice peut intervenir sur la base de l’article 261 du Code Pénal.

le divorce, aussi bien que sur les modalités du divorce, à savoir la pension alimentaire, la jouissance du logement familial, le partage des biens, le partage du patrimoine en général et la garde de l’enfant ou des enfants », affirme Me Patten. L’INTÉRÊT DES ENFANTS Aussi, contrairement au divorce par l’acceptation du principe de la rupture de la vie commune, dans le cas du divorce par consentement mutuel, la demande de divorce doit impérativement être faite par les deux époux conjointement. « Les parties doivent soumettre à l’approbation du juge une convention réglant les conséquences du divorce. Le juge prononce le divorce et homologue par la même décision la convention », explique Me Cheetoo. Mais que se passe-t-il si les conséquences prévues dans la convention et décidées par le couple en instance de divorce

CAPITAL

nouvelle loi, se trouver un avoué et un avocat pour pouvoir divorcer. Chaque partie doit se prévaloir des services d’un tel duo, sauf en cas de divorce par consentement mutuel, dans lequel cas le couple peut solliciter les services du même avoué. « Si les deux parties sont d’accord sur le divorce et les modalités, et qu’il n’y a pas lieu de négocier, on peut faire une demande conjointe de divorce par consentement mutuel. Un seul avoué va alors rédiger la convention qui sera déposée en cour », explique Me Patten. L’avocate ajoute cependant qu’il est malgré tout plus judicieux pour chaque partie d’avoir ses propres hommes de loi « afin de protéger au mieux leurs intérêts respectifs ». Un impératif légal qui est loin d’être négligeable étant donné les honoraires des juristes en matière de divorce. Une petite enquête menée par Capital nous a permis This is possible in many countries. de constater que les honoraires You can fill out a form and swear an pratiqués par les affidavit and register it, in Australia hommes de loi for example. Or in China you can go débutent à Rs 10 to the very same Civil Status Office 000 et peuvent même aller, dans that for a small fee registered your certaines circon- marriage and solemnly declare, for stances, jusqu’à another small fee, that your marriage Rs 200 000. « Cela dépend de la is irretrievably broken down because notoriété des avo- it is no longer ‘harmonious’ cats et des avoués, mais surtout de la tournure que va prendre l’affaire. Par exemple, s’il y a des contestations à tout bout de champ, il faudra payer plus », nous confie un avocat.


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PREMIER DIVORCE GAY AU MEXIQUE

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Il fallait bien s’y attendre. Le 23 janvier dernie, la ville de Piedras Negras dans l’Etat de Coahuila a été le théâtre du premier « divorce » homosexuel, Mlles Maria Marcela Orozco, 38 ans, et Sandra Elvira Nava Jimenez, 45 ans,

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ayant mis un terme au pacte civil de solidarité où elles s’étaient engagées dès l’approbation de cette forme d’union par Coahuila en janvier 2007. Adieu droits aux pensions, aux testaments assortis d’avantages fiscaux et

civils et autres bénéfices quasi-matrimoniaux accordés à la couple… Madame et Madame se crêpaient le chignon. Le monde entier sera donc au courant de leurs accusations d’infidélité et de gaspillage.

JANE VALLS, WOMEN IN NETWORKING

« Ne pas faire obstacle à ces réformes conséquentes » ❚ Quel regard porte Women in Networking

sur le Divorce and Judicial Separation Bill ? WIN est convaincue que cette loi est hautement louable dans la mesure où elle simplifie les procédures de divorce et qu’elle prévoit une réduction du délai minimal pour que la séparation de fait débouche sur un divorce, ledit délai étant passé de 5 à 3 ans. Bien sûr, idéalement, le divorce doit survenir seulement après que le couple ait fait tout son possible pour tenter de sauver son mariage. Mais s’il y a un accord mutuel que le mariage est irrémédiablement brisé, les gens ne doivent pas être contraints par la loi ou par faute de provisions légales appropriées de rester ensemble. Car il faut souligner que certains mariages sont malheureusement violents et psychologiquement éprouvants pour les partenaires. ❚ Selon les chiffres du Central Statistics

Office, le taux de divorce est en hausse à Maurice. Est-ce judicieux, dans ce contexte, d’introduire le divorce par consentement mutuel ? Oui, certainement. Lorsque les deux conjoints sont d’accord que leur mariage est irrémédiablement brisé, il n’est pas juste de prolonger leur supplice. Il devient donc primordial que le contentieux puisse se régler avec rapidité. ❚ A Maurice, le coût du divorce est con-

séquent. Or, si la nouvelle loi veut simplifier les procédures, elle ne prévoit pas

« JE ME demande toujours pourquoi mon mariage n’a pas marché, alors que je conseillais toujours les plus jeunes sur le leur ». Après six années de mariage, Salim, a dû se résoudre à divorcer. C’était il y a cinq ans. Depuis, de son propre aveu, il n’est plus la même personne. La décision de divorcer, même après mûres réflexions, a été très difficile à prendre. Mais s’accrocher à un mariage en perdition l’était encore plus. « Le mariage, c’est se mettre à deux pour résoudre des problèmes qu’on n’aurait jamais eu si on était résté tout seul... Difficile de se convaincre que pendant des années, on s’est laissé tromper par le regard que l’autre posait sur nous. On finit par y croire et on se remet en question en permanence. Jusqu’ au jour où on se réveille, et on ne sait pas pourquoi, à cet instant précis, la situation n’est plus supportable », confie Salim. Pour lui, divorcer n’était malgré tout pas la meilleure solution, car il était toujours amoureux de sa femme. Ils ne s’étaient marié qu’après avoir vécu 7 ans de concubinage, et ce bien qu’ils n’étaient

formellement des mesures pour réduire les frais légaux. Pensez-vous qu’une réforme soit souhaitable à ce niveau ? On ne doit pas faire obstacle aux réformes légales proposées par la nouvelle loi, car la réforme qu’elle entraîne est déjà conséquente, car elle rime avec modernisation et développement pour le pays. Mais bien entendu, on doit prendre en considération le contexte social et dans cette optique, la Legal Aid Act mérite d’être revue. ❚ Qui sont les véritables victimes du

divorce : les divorcés ou les enfants nés de leur mariage ? Les deux en souffrent, qu’il s’agit des divorcés ou des enfants. Voilà pourquoi lorsqu’un mariage est brisé à un point de non retour, et qu’il y a un commun accord pour divorcer, les procédures légales pour la séparation et le divorce doivent être aussi simples et fluides que possible afin que les dommages psychologiques et la souffrance ne soient pas execerbés par des délais superflus dans le processus légal. ❚ Outre de revoir les provisions de l’aide

légale, quelle autre réforme souhaiteriezvous voir par rapport au droit de la famille ? Plusieurs en fait : les droits de paternité, la légalisation de l’avortement dans certaines conditions … Mais on aimerait surtout voir, à Women in Networking, la promulgation de l’Equal Rights Act, ainsi que celle de l’Equal Pay Act.

TÉMOIGNAGE

« Un jour, la situation n’est plus supportable... » Après 13 ans de vie commune, dont cinq ans de mariage, Salim (nom fictif) n’en pouvait plus des disputes incessantes. Alors il a décidé de divorcer. Les procédures ont pris deux ans, durant lesquelles il n’a pu voir ses deux enfants. Un traumatisme dont il porte encore aujourd’hui les stigmates | ST pas de la même religion. Par amour pour sa femme, il avait même accepté d’aller vivre chez ses beaux-parents. C’est là, selon lui, que les problèmes ont commencé. Son épouse a commencé à laisser apparaître un trait autoritaire et les disputes sont devenues monnaie courante. Lasse de cette vie, il décide alors d’entamer la procédure de divorce. Pendant toute la durée de celle-ci, les deux enfants nés de cette union, un

garçon et une fille, âgés de 7 et 3 ans respectivement à l’époque où il en a eu la garde, sont restés avec leur mère, qui lui interdisait de les rencontrer. Décider de qui aurait la garde des enfants n’a pas été aisé. D’abord réticente de se séparer d’eux, la mère a finalement cédé juste avant la prononciation finale du divorce. « J’ai l’impression de revivre, car ma vie n’a pas été de tout repos pendant la procédure de divorce. J’ai dû subir les mensonges, le harcèlement moral et la malhonnêteté.

J’avais l’impression qu’on voulait m’arracher mes enfants. Il a fallu deux années d’allers-retours incessants dans le cabinet de mon avocat et une dizaine de parutions en cour », poursuit Salim, dont le récit est entrecoupé d’hésitations. Dans cette épreuve, Salim, qui travaille dans l’entreprise familiale, a pu compter sur le soutien des siens. Désormais débarassé du fardeau d’un mariage qui sombrait, il dit ne vivre que pour ses deux enfants.


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THE “KING OF LOBBYING”

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CORPORATE MERCREDI 6 AVRIL 2011

IN THE United States, although the courts have given business a wide variety of rights to political speech and petitioning, business operators are gaining greater consideration and the rivalry is strangely between lobbying capabilities of industries. In this ultimate power game, US industries spend millions in lobbying, which is considered as a clean activity with figures reported. In 2009 the Pharmaceutical Research and Manufacturers paid over $ 6 million while US defence manufacturers spent more than $ 17 million. The lobbying of these industries are significant in the decision making process at the highest level of the state. In other big players such as India, corporate lobbying, in the form of intensive briefings and presentations to ministers and senior civil servants, is expanding; the current political climate also makes ministers, officials, and legislators more receptive to it. Lobbying works out marvelously well for big business and researches indicate a high positive correlation between lobbying and financial performance, and lobbying by firms or by lobbying agencies often producing tailored policies to the requirements of businesses. FINANCIAL SCANDAL One of the debates provoked by the scam labeled as the 2G spectrum leading to a whopping loss of Rs 1.76 trillion to the Indian coffers, is that of the legal aspect of corporate lobbying. Financial and criminal investigations concur on the leading role played by Nira Radia, a well known corporate lobbyist who has been the nexus of what is known as India’s biggest financial scandal. Nira Radia has amidst her portfolio names of business stalwarts Ratan Tata and Mukesh Ambani, first row politicians A. Raja ( Federal Telecommunications Minister ), Ananth Kumar (Civil Aviation Minister 1998-99) and Ranjan Bhattacharya (son-in-law of former Prime Minister Atal Bihari Vajpayee) and various star journalists. In Europe, corporate lobbying is regarded as the main source of public frustration. The economic financial crisis which led to civilians taking to the streets and governments seeking to bail out their respective economies resulted in the famous stimulus packages. These incentives gave a fresh momentum to corporate lobbying, in

Born in 1814 in New York City into a banking family that boasted of colonial governors and other influential officers, Sam Ward stands as the most influential lobbyist having ruled over Washington. Though he made and lost

many fortunes, Sam Ward, rightly nicknamed the “king of lobbying”, never lost his sense of humour and is known to have always got his way, swaying movers and shakers with his legendary food, wine and charm.

free THE

LUNCH

How far is corporate lobbying legal?

Once seen as a highly unethical practice, corporate lobbying has since the early eighties seemed to be accepted as a recognized art, forming part of success building process of business organisations. Generally defined as advocacy of concepts or projects in the best interest of the organisation implying interaction at various levels, namely political, administrative and grassroot, corporate lobbying finds its roots in the American capitalist governance system greatly influenced by the diktat of business corporations. Today corporate lobbying has grown global | RAJEN VALAYDEN

which powerful companies spent tens of millions of euros ensuring that legislation and policy are drafted to favour their area of business. The negative influence is such that civilians, whistle blowers and members of NGOs took to the streets of Brussels in December 2010 to list out the worst EU lobbyists of the year. In their ranking citizens across Europe rated German energy giant RWE’s as the worst lobbyist with 58% of votes for claiming to be green while lobbying to keep its dirty coal and oilfired power plants open. The other losers are Goldman Sachs and derivatives lobby group ISDA, nominated for aggressive

lobbying to defend their ‘financial weapons of mass destruction’, Royal Bank of Scotland nominated for secretly lobbying in Brussels and for exploiting insider contacts. Hedge funds and private equity lobby groups AIMA and EVCA for deceptive lobbying to block regulation of damaging speculation in the financial sector Nina Katzemich, representative of the organisers of the 2010 Worst EU Lobbying Awards, stated: "These awards show that people around Europe are fed up with deceptive lobbying practices used by big business when it comes to climate regulation. RWE claims to be green but has pulled out all the stops to keep its dirty power plants open, promoting their profits over public interests. If the European Commission is serious about tackling climate change, it must stop listening one-sidedly to corporations. It

can make a new start – now, in Cancun.” PRIVILEGED ACCESS Paul de Clerc, another active member of the movement increased the pressure on the European Movement by declaring: “Despite the unprecedented crisis following the financial meltdown, intense lobbying by large banks and investment firms continues to delay and seriously water-down much-needed regulatory reforms. While people around the world are suffering severe consequences, corporate lobbyists are blocking any measure that could limit the massive profits of banks. This is unacceptable. We call on the European Commission to put an end to the privileged access granted to big business, for instance limiting their access to EU advisory groups on future financial regulation.” The above leads us to ponder on how far is corporate lobbying legal? When questioned on this issue, Indian Corporate Affairs Minister, Salman Khurshid, recently stated that corporate lobbying within legit-

imate limits is not illegal, but requires a more transparent model. Our remote and tiny island of Mauritius has not been spared by the corporate lobby bug. Over the past two decades we have experienced various attempts of which many have succeeded in influencing strategic decisions regarding privatisation of flourishing public companies, energy projects and activities related to the tourism industry. Some of these lobbies have failed mainly during change of government regimes, whereas other have resisted. However, it remains a fact that the mass in general are kept in the dark deliberately by an even more corporate media. Another interesting aspect of lobbying prevalent in Mauritius is the state lobbying whereby various governments seek interests against funding of particular key projects so meaningful to the people and economy that often leads to the political leaders of our sovereign State being mere hostages.


LOBBYING FOR A CAUSE Greenpeace has been one of the world’s most influential lobbyists over the last three decades. The political unit based in the UK works with politicians, businessmen and grassroots people around the world. At Green-

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peace, lobbying is used particularly while seeking large scale changes. Although considered a nongovernmental organisation Greenpeace wields enough power to influence key decisions of many governments.

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CORPORATE MERCREDI 6 AVRIL 2011

Alter Globalisation Movements SEEK REFORMS Various alter globalisation movements in Europe are seeking serious reforms within the European commission. These reforms relate mainly to: ■ CLOSING THE REVOLVING DOOR Clear and effective limits must be introduced to avoid conflicts of interest when Commissioners and Commission officials move into new jobs, including posts that may involve some lobbying. A cooling-off period of at least two years is needed for Commissioners and for high-level officials (i.e. those officials with policy-making responsibilities) moving into industry jobs that involve potential conflicts of interest. Equally, strict ‘reverse revolving door’ rules are needed to prevent the appointment of Commission officials who may have conflicts of interest. ■ EFFECTIVE CONFLICTS OF INTEREST RULES In addition to stricter ‘post-employment’ rules, the Commission needs clearer and stricter rules to prevent a wider range of possible conflicts of interest, particularly regarding gifts and hospitality offered by lobbyists. As with the revolving-door rules, this will require an ambitious overhaul of both the Code of Conduct for Commissioners and the Commission’s Staff Regulations.

CSR V/S LOBBYING The emergence of Corporate Social Responsibility (CSR) links up strangely to the objectives of lobbying. CSR is seen by the critical eyes as a lure to front lobbying activities geared at influencing grassroot and government opinion. Legislation to ensure minimum standards of protection for the consumer, and good conduct on the part of companies, has been a part of the landscape for centuries. In most developing and developed countries there are rules that govern the permissible and illegal actions of companies and wealth creation in general. But one ground reality however remains, that there is no such thing as free market. It is understandable and legitimate that Business organisations seek continuously to influence governments in the nature of these rules. After all, any stakeholder in a piece of legislation ought to be able to make representation. But one way of corporate lobbying has been through the perceptive use of CSR activities.

Those appointed to act as Special Advisers to European Commissioners must be free of conflicts of interest. In particular, Special Advisers must not be permitted to advise on issues where they have a financial self-interest or in other ways represent commercial interests that undermine their independence.

■ PRO-ACTIVE TRANSPARENCY In addition to the transparency register through which lobbyists report on their activities, the European Commission should pro-actively report on who has been consulted in preparing legislative proposals. This should include legislative footprint reports that are appended to legislative proposals and also when a rapporteur presents a draft resolution, including a list of all the stakeholders with whom they have met or corresponded. The Commission should move away from the often far too narrow interpretation of access-to documents legislation and provide online transparency about meetings and correspondence between Commission officials and lobbyists.

■ ENFORCEABLE ETHICS RULES FOR LOBBYISTS Both the European Commission and the European Parliament need far stricter ethics rules on the issue of lobbying, together with external oversight and effective sanctions. The current codes of conduct are entirely voluntary, far too weak, and lack an independent complaints mechanism and sanctions, thereby making them utterly ineffective in preventing unethical lobbying. New rules should prevent lobbyists from exercising undue influence via offering money, gifts, or inappropriate hospitality to decision makers. Sanctions should be introduced for serious cases of false reporting and for lobbyists who encourage decision makers to break the ethics rules of the EU institutions.

■ CITIZENS’ DEMOCRACY VERSUS CORPORATE CAPTURE In order to adequately fulfil its obligation to act in the general interest (outlined in the EU Treaty), the European Commission must introduce major changes in its decision-making practices in order to prevent privileged access and policy capture by industry lobby groups. Also, a far more active commitment by decision makers, including MEPs, is needed to defend public-interest concerns against the constant pressure from numerous, well-resourced commercial lobbyists. Rolling back undue industry influence requires a broader democratisation that empowers the engagement of EU citizens’ groups in decision making.


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ATELIER SUR LA PROTECTION DE L’ÉCOSYSTÈME MARIN

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Un atelier d’une journée sur le « Draft Regional Strategy and Action Plan for the Conservation of Marine Ecosystems and Fisheries in the Western Indian Ocean Islands of the Marine Eco-Region – WIOMER » a eu

lieu, jeudi dernier, au Albion Fisheries Research Centre de Petite-Rivière. Le projet de stratégie régionale représente une collaboration multinationale pour protéger efficacement la biodiversité et gérer les pêches de

façon durable à l’avenir. Le principal objectif de cet atelier d’une journée était d’élaborer une stratégie régionale commune en vue de sauvegarder les écosystèmes marins et le secteur de la pêche.

LAND-BASED OCEANIC INDUSTRY

LE PROJET BUTE SUR L’ABSENCE DE PROMOTEURS Depuis l’initiative annoncée par le gouvernement pour la mise sur pied de la Land-Based Oceanic Industry (LBOI), le dossier n’a pas beaucoup progressé. Dans son édition du 9 mars, Capital avait identifié le manque d’investisseurs comme la pierre d’achoppement du projet. Rashid Beebeejaun a confirmé cette théorie lors de la séance parlementaire du 29 mars | HERRSHA LUTCHMAN-BOODHUN IL ÉTAIT une fois le projet de LandBased Oceanic Industry. Puis, on n’en a plus trop entendu parler. Pour cause, celui-ci est resté au stade embryonnaire. C’est le vicePremier ministre et ministre des Energies qui l’a confirmé lors de la séance parlementaire du 29 mars. Rashid Beebeejaun a également informé la Chambre que les fonds publics alloués au projet ne seront pas utilisés ailleurs en attendant le transfert de capital par un éventuel promoteur valable, ajoutant que depuis peu, un nouveau partenaire s’était manifesté. Le projet de Land-Based Oceanic Industry (LBOI), qui consiste à exploiter l’eau froide de la mer à une certaine profondeur à des fins commerciales a été initié en 2006. Mais il n’y a eu aucune soumission au premier appel de propositions lancé en 2008. En conséquence, le contenu du projet a été revu en 2009 pour inclure

l’exploitation de cette eau sur la côte ouest de l’île, principalement pour le refroidissement d’un centre de données de 10 000 m2. La LBOI a été placée sous la direction du Mauritius Land Based Oceanic Park Ltd (MLOPL), un partenariat public-privé, qui devrait opérer sur un terrain de 56,5 hectares à Flic-en-Flac. Jusqu’ici cependant, les formalités pour l’acquisition des terres n’ont pas été remplies. ENQUÊTE POLICIÈRE Le député Alan Ganoo, qui voulait avoir plus de détails sur le projet, a également demandé si l’un des promoteurs avait fait l’objet d’une enquête policière. Question à laquelle le vice-Premier ministre a répondu par l’affirmative. En effet, suite à un avis d’appel à manifestation d’intérêt (call for expression of interest) lancé en juin

2009, le MLOPL devait retenir la candidature de Thompson Chalon & Associates, en partenariat avec Total Sites Solutions, des EtatsUnis. Le 10 mars 2010, un accord de partenariat devait même être signé entre Total Sites Solutions (Mauritius) Ltd, représenté par le Chief Executive Officer et le directeur, et la State Trading Corporation (STC). Toutefois, l’évolution du projet devait prendre une nouvelle tournure. A la suite d’une déclaration d’un officier du Prime Minister’s Office, Trevor William Chalon, l’un des promoteurs du projet, a été arrêté par la police le 2 février 2011, sous une charge provisoire d’envoi de courriel frauduleux, en violation de l’Information & Communication Technologies Act. A la suite de quoi le contrat de partenariat a été résilié. L’enquête policère dans cette affaire se poursuit.

INTÉRÊT. Le projet de Land-Based Oceanic Industry peine à attirer les investisseurs

GREEN LOAN

La MCB rend les systèmes photovoltaïques plus accessibles L’ÉNERGIE VERTE devient accessible et profitable avec la MCB Green Loan. Dans le cadre du plan « Initiative 175 », la banque a en effet décidé d’étendre son ‘Green Loan’ à l’acquisition de systèmes photovoltaïques, rendant ainsi plus accessible la production d’énergie verte. Soutenu par l’Agence Française de Développement (AFD), ce prêt de la MCB finance désormais jusqu’à 85% du coût de l’acquisition d’un système photovoltaïque. Son principal attrait est qu’il récompense ceux qui s’y souscrivent pour leur contribution au développement durable. En effet, les promoteurs de projets approuvés par l’AFD

bénéficient d’un remboursement de 12% du montant du prêt accordé par la MCB. Un système photovoltaïque est un moyen simple de produire de l’électricité grâce au soleil, source d’énergie renouvelable. L’énergie produite étant bien souvent trop importante pour la consommation d’une maison ou d’une entreprise, l’excès peut être revendu au Central Electricity Board (CEB) selon le ‘Feed-In Tariff’ officiel. 175 ANS En se souscrivant à un Green Loan de la MCB pour faire l’acquisition d’un système photovoltaïque coûtant environ Rs 400 000, un particulier ou

LES RÉALISATIONS DE L’INITIATIVE 175 ❚ Exposition gratuite de Yann Arthus-Bertrand au Caudan (La Terre Vue du Ciel : avril à juin 2010) au Caudan – 400 000 visiteurs ❚ Concours national de photos et peinture « Maurice Vue par ses Enfants », en 2010 ❚ Parrainage de UnisVert, série de 26 émissions TV (MBC 1) en 2010 ❚ Parrainage d’Eco TV, émission quotidienne (MBC 1) depuis décembre 2010

❚ Economie de papier en facturant les imprimés aux guichets automatiques (les deux premiers imprimés sont gratuits chaque mois, facturation à partir du troisième) + migration des clients à l’Internet Banking (plus besoin de statements) ❚ ❚ ❚ ❚ ❚ ❚ ❚

Recyclage de papier et cartouches d’encre en interne Construction du premier bâtiment vert à Saint Jean Distribution d’une plante à chaque employé en 2009 Les stylos MCB sont biodégradables Création d’un Green Club en interne Sponsorship du Moka-Flacq Environment Award Campagnes de sensibilisation (grand public)

une entreprise devrait pouvoir amortir ses investissements en seulement sept ans. Après cette période, la production de l’énergie verte ne ferait que générer des revenus. Le Green Loan fait partie de l’Initiative 175 de la MCB, un plan d’actions concertées, soutenues et multiples en faveur de l’environnement, de l’économie d’énergie, de la production d’énergie renouvelable et du développement durable. Initiative 175 a été lancé le 6 mars 2009. Les actions entreprises dans ce cadre s’étaleront au final sur plus de quatre ans, et culmineront le 1er septembre 2013, date du 175ème anniversaire de la MCB.


CADRE NATIONAL POUR LA BIOSÉCURITÉ Le Food and Agricultural Research Council, qui opère sous le ministère de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire, a tenu, le 25 mars dernier, un atelier d’une journée sur le Public Information & Participation. Cet atel-

S’ASSURER DE l’utilisation efficace de l’énergie dans le pays. C’est la raison-d’être du projet de loi sur l’efficacité énergétique qui a été voté, mardi dernier, au parlement. Lors de son discours parlementaire, le ministre des Energies et des Utilités publiques, Rashid Beebeejaun, a rappelé que l’Energy Efficiency Bill est en ligne avec le programme 2010-2015 du gouvernement et fait partie de la National Energy Strategy, qui vise une réduction de 10% de la consommation d’énergie d’ici 2015. L’Energy Efficiency Bill prévoit, entre autres, la mise en place d’un Energy Efficiency Management Office (EEMO). Cet organisme sera responsable de la formulation et de la mise en oeuvre de stratégies en ce qui concerne les mécanismes financiers novateurs, tels l’application des crédits de carbone, ainsi qu’en matière de sensibilisation et d’éducation. DEMANDE EN HAUSSE Il aura également pour tâche d’améliorer la coopération régionale et internationale, ainsi que de travailler sur les réglementations pour le matériel importé, sur la base de leur niveau d’efficacité énergétique. Selon le ministre Beebeejaun, les normes visant les appareils comme les congélateurs, les climatiseurs, les fours électriques et les chauffeeau électriques seront définies par l’EEMO. « Le gouvernement vise à promouvoir une culture d’efficacité énergétique. De ce fait, le Building Control Bill est en cour de révision pour intégrer des caractéristiques d’efficacité énergétique lors de la construction des maisons. Des ‘guidelines’ sont aussi en cours d’élaboration pour des maisons éco-énergétiques pour des groupes à faibles revenus », a lancé Rashid Beebeejaun. D’autre part, dans le but de surmonter tout obstacle vers l’efficacité énergétique dans les bâtiments résidentiels et nonrésidentiels existants et à venir, le United Nations Development Programme et le Global Environment Facility sont en train de financer le projet ‘Removal of Barriers to Energy Efficiency’, au coût de Rs 30 millions Parmi les autres initiatives en phase avec le projet de loi, on note entre autres le financement des ampoules à basse consommation pour les ménages et l’éclairage des rues, les chauffe-eau solaires, les panneaux de signalisation LED, les audits énergétiques dans les bâtiments

ier, qui bénéficiait de l’appui du Programme des Nations unies pour l’environnement et du Global Environment Facility, visait à concevoir et mettre en œuvre un Cadre national de Biosécurité pour l’île Maurice. L’objectif était

aussi de familiariser les participants avec les différents aspects de la biotechnologie et la biosécurité, afin qu’ils puissent participer efficacement aux processus de prise de décision futures.

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ENERGY EFFICIENCY BILL

Pour une consommation énergétique raisonnée Il manquait au projet Maurice Ile Durable une loi visant la réduction de la consommation d’énergie. Avec l’adoption de l’Energy Efficiency Bill à l’Assemblée nationale mardi dernier, cette lacune sera bientôt comblée. La future loi vise, entre autres, à réduire de 10 % la consommation énergétique du pays d’ici à 2015 | HERRSHA LUTCHMAN-BOODHUN

L’Energy Efficiency Bill prévoit, entre autres, la mise en place d’un Energy Efficiency Management Office (EEMO). Cet organisme sera responsable de la formulation et de la mise en oeuvre de stratégies en ce qui concerne les mécanismes financiers novateurs, tels l’application des crédits de carbone, ainsi qu’en matière de sensibilisation et éducation publics, les campagnes de sensibilisation sur l’utilisation efficace de l’énergie, le programme de décongestion routière et la modernisation des centres de fitness. Selon le ministre des Energies, la demande en électricité a connu « une average annual cumulative rate » d’environ 5% au cours de la dernière décennie. Le Central Electricity Board (CEB) prévoit également que la production d’électricité devra augmenter d’environ 30% au cours des dix prochaines années, principalement en raison de la de-

ALTERNATIVES. Le gouvernement veut favoriser une adoption plus répandue des sources d’énergies renouvelables

mande d’énergie pour la climatisation et la ventilation mécaniques des bâtiments commerciaux et résidentiels. D’après les statistiques, la consommation d’électricité dans le secteur domestique constitue actuellement 33 % de la demande totale, tandis que les secteurs commerciaux et industriels représentent quant à eux 34 % et 31 %, respectivement. SYSTÈME DÉCENTRALISÉ Selon le rapport de 2009 du Central Statistics Office, la concommation d’énergie par les ménages a augmenté de 2,7 %, passant de 110 Ktoe en 2008 à 113 Ktoe en 2009. Les principales sources d’énergie pour les ménages sont l’électricité et le Liquid Petroleum Gas (LPG). Les deux représentaient, en 2009, respectivement 52 % et 41% de l’énergie totale utilisée par les familles mauriciennes. La consommation d’électricité a augmenté de 4,3 %, et celle de LPG de 2 %, au cours de la même année. Afin de parvenir à la réduction de 10 % de l’utilisation énergétique d’ici 2015, tel que ciblée par l’Energy Efficiency Bill, il faudra d’abord freiner

progressivement la croissance de la demande. « L’efficacité énergétique, à travers une réduction de la demande et ce qu’on appelle la maîtrise de la demande d’énergie, va de pair avec les énergies renouvelables. Le tout fait partie d’une politique énergétique durable qui vise à réduire les émissions de CO2, ainsi que notre dépendance des combustibles fossiles. Ces démarches concernent chaque citoyen de ce pays », a déclaré Rashid Beebeejaun. L’efficacité énergétique s’applique à l’ensemble de la chaîne, de la production à la distribution, ainsi qu’à son utilisation, a fait ressortir le ministre des Energies. Selon ce dernier, la production d’énergie comprendra, avec le temps, un système d’énergies renouvelables décentralisé. La transformation d’énergie solaire en électricité devra également connaître une efficacité accrue. Cependant, a expliqué Rashid Beebeejaun, les nouvelles technologies pour le stockage sont toujours, à l’heure actuelle, coûteuses, encombrantes, voire commercialement non-viables. Des ‘smart grids’ ou ‘smart metering’ seront éventuellement

mis en place suite à des changements fondamentaux qui interviendront dans le secteur de l’électricité. L’Energy Efficiency Bill propose aussi la mise sur pied d’un Energy Efficiency Management Committee, qui guidera les pas de l’Energy Efficiency Management Office. Ce comité comprendra des représentants de divers ministères et départements qui sont directement ou indirectement concernés par ce projet de loi, ainsi que des professionnels du secteur privé. Rashid Beebeejaun a également émis le souhait qu’un représentant du ministère de l’Environnement siège sur le Comité. CRÉATION D’EMPLOIS Pour que ce projet de loi se transcrive dans la réalité, des actions nécessaires s’imposent déjà. A cet effet, le gouvernement a déjà lancé un programme de formation de 50 auditeurs en énergie, et de cinq formateurs du Mauritius Institute of Training and Development. Ce programme, qui débutera en mai de cette année, sera dirigé par des consultants du Programme des Nations unies pour le développement. « Cela encouragera le développement d’Energy Service Companies et la création d’emplois dans le secteur », a fait comprendre Rashid Beebeejaun. Ce dernier dit par ailleurs compter sur la collaboration de l’Université de Maurice pour son expertise technique dans la mise en oeuvre du projet de loi. Le leader de l’Opposition a, lui, souligné qu’il est urgent d’adopter des moyens plus efficaces et respectueux de l’environnement. « Nous sommes déjà dans le rouge. Lorsque le CEB demande de réduire considérablement la consommation énergétique , nous sommes déjà en difficulté. Je pense que nous sommes dans une situation d’urgence », a lancé Paul Bérenger.


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BLING BLING MERCREDI 6 AVRIL 2011

De la marque Princess 50, l’Unique est, comme son nom l’indique, le seul bateau de ce genre dans le pays. Acquis en 2007 par la société Elegance Yacht Services, le bateau sert essentiellement à des croisières autour de l’île, mais

également pour des sorties sur commande. Ainsi, le bateau peut faire le taxi pour des touristes qui préfèrent se tenir à l’écart de la circulation routière dans le pays et qui trouvent la voie maritime autrement plus sûre.

ELEGANCE YACHT SERVICES

PHOTOS : MANOJ NAWOOR

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UN TAXI DES MERS

CÉLÉBRATION. On peut aussi se marier à bord de l’Unique

INVITATION AU VOYAGE Cette semaine, Bling Bling prend le large pour vous emmener à la découverte d’un “bateau” assez inhabituel. Car ici, pour reprendre Baudelaire, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe calme et volupté... | RN IL EST là, majestueux et digne malgré l’amarre qui le retient à la jetée. Ce yacht de la société Elegance Yacht Services, baptisé l’Unique, un nom qu’il ne saurait démentir, est ce qu’on pourrait appeler un hôtel flottant. Ajay, le capitaine du yacht, nous accueille à bord. Votre serviteur ainsi que notre photographe ne sont guère rassurés, le clapotis de l’eau en ce vendredi ensoleillé faisant tanguer légèrement l’embarcation. Mais Ajay et son second, Kamal, sont là pour dissiper toute crainte. Une crainte qu’on aura tôt fait d’oublier d’ailleurs, une fois à l’intérieur du yacht. Et c’est là que le nom Unique, ainsi que le nom de la société, se dessine. Fasciné, notre photographe court dans tous les sens, voulant immortaliser chaque recoin de ce qui semble, le clapotis de l’eau mis à part, une chambre richement aménagée, à l’instar d’une suite royale d’un hôtel de luxe. Nous ne pouvons nous empêcher de lever le voile sur cet


LE PIED MARIN Taillé comme un culturiste, Ajay, le skipper de l’Unique, est un homme de la mer. Il est le capitaine de ce yacht depuis deux ans déjà. Formé à l’île soeur, Ajay, originaire de Triolet, a auparavant officié sur d’autres bateaux de renom, notam-

ment la goélette Isla Mauricia. C’est à 17 ans que ce loup de mer entend l’appel du large, Depuis, sa vie à Grand-Baie n’est qu’une escale entre deux sorties dans un univers qu’il a appris à aimer et à appréhender sur le tas.

PUISSANCE. L’Unique peut atteindre une vitesse maximale de 15 noeuds en mer calme

intérieur stylé, digne des plus grands banquets. “Nous accueillons en effet des clients qui louent le yacht pour des réceptions. Nous y avons d’ailleurs déjà célébré un mariage”, nous dit Dave Soockeea, du cluster ‘Hospitality’ du groupe BAI. Le yacht peut accueillir jusqu’à treize personnes, soit dix convives et trois membres d’équipage comprenant Ajay, le skipper, son second Kamal et Huguette, ‘la’ majordome qui vient de... Chemin Grenier. Cet équipage, qui a en commun la passion de la mer, s’arrange contre vents et marées pour rendre les sorties agréables. UNE BALADE À RS 80 000 La société qui gère l’Unique propose divers types de sorties, dont certaines taillées sur mesure pour les clients. Le forfait de base, à 1 800 euros, taxes comprises, comprend une sortie pour six personnes qui dure une journée. Si le prix paraît élevé, il faut savoir qu’il comprend tout le service à bord, y compris les collations accompagnées de boissons en tous genres. Notre visite est comme une succession de surprises. Tout d’abord, Ajay nous fait découvrir la chambre principale, avec lumière tamisée, idéale pour les jeunes mariés en lune de miel. Car, les sorties peuvent aussi durer plusieurs jours, avec des escales de ravitaillement, pour ceux qui le désirent. Cette chambre principale est sans conteste la meilleure illustration du luxe que renferme le bateau. Les portes sont finement sculptées et la salle de bains attenante atteste de cet accent sur le beau. Plus loin, une autre porte

cache une cabine, plus modeste en apparence, mais dont le style reflète, une fois encore, ce goût du luxe. Une troisième cabine, disposant de lits superposés, peut accueillir les enfants. Les trois marches qui mènent aux cabines cache une machine à laver. "Il nous arrive d’accueillir des familles à bord. C’est pourquoi nous mettons à disposition des clients toutes les facilités", nous explique Ajay. Dans la salle de pilotage intérieure, une cuisine a été aménagée, avec réfrigérateur et four à micro-ondes ainsi qu’une plaque vitrocéramique. Celle-ci n’est utilisée que pour réchauffer les plats servis à bord. "Nous ne faisons pas de cuisson car cela risque d’abîmer le revêtement intérieur du yacht", précise le skipper. Pour la détente, un salon, équipé d’un téléviseur plasma et d’une platine CD-DVD, occupe l’entrée du yacht. L’intérieur nous ayant conquis, votre serviteur s’étant même offert le luxe de s’installer au poste de pilotage, petit tour sur le pont, qui comprend un autre poste de pilotage ainsi que des espaces aménagés pour ceux et celles qui veulent se dorer au soleil. Un ‘lounge’ extérieur accueille ceux qui préfèrent se prélasser au soleil tout en dégustant les bons petits plats concoctés par le service-traiteur Bramwell, le même qui assure le menu de l’hôpital Apollo Bramwell ou déguster une bonne petite liqueur locale, celle-ci faisant partie des prestations que comprend le forfait de base. Les sorties en mer se font, nous explique l’équipage, au gré des demandes des clients, mais

aussi en fonction du temps. Une mer démontée est synonyme de sérieux risques pour les équipements électroniques du bateau et, en homme de mer avisé, le capitaine se réserve le droit de mettre fin à une sortie et de rentrer à quai. Car, malgré sa taille et son impressionnant poids de 17 tonnes, l’Unique peut difficilement résister aux caprices de Neptune, et il s’agit de maintenir en état ce yacht de presque Rs 40 millions qui nécessite un

entretien régulier d’une fréquence de huit mois. Depuis trois ans que le bateau est en service, il en a vu des réceptions et autres mondanités. Le capitaine nous confie que le yacht a effectué une centaine de sorties. Et vu l’engouement de certains touristes, en particulier les Arabes et les Russes, pour le luxe, il serait de bon augure de souhaiter bon vent à cet esquif qui sillonne les mers du pays comme un bijou sur un tapis d’émeraude...

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Le yacht peut accueillir jusqu’à treize personnes, soit dix convives et trois membres d’équipage comprenant Ajay, le skipper, son second Kamal et Huguette, ‘la’ majordome qui vient de... Chemin Grenier. Cet équipage, qui a en commun la passion de la mer, s’arrange contre vents et marées pour rendre les sorties agréables

UN JOYAU NAVAL DE RS 40 MILLIONS

EXIGENCES. L’intérieur stylé du yacht répond aux goût du luxe souvent prononcé des touristes russes et arabes

Fabriqué par le constructeur britannique Princess Yachts International en 2007, l’Unique est un ‘motor yacht’ de 50 pieds de long. Disposant de deux moteurs Volvo pouvant développer 575 chevaux chacun, le bateau peut atteindre des vitesses de 15 noeuds sur mer calme. Deux générateurs de 24 et 220 volts assurent la fourniture en énergie électrique. Avec un tel équipement, l’Unique a une autonomie de quelque 250 kilomètres, soit la traversée Maurice-Réunion. A ce jour, toutefois, le plus long trajet entrepris par le yacht est le tour de l’île. Le yacht, qui pèse quelque 17 tonnes, est entièrement conçu en fibre de verre. L’aménagement intérieur comprend du bois vernis et de la moquette au sol. Les cabines sont entièrement climatisées, tout comme le salon principal. De plus, l’équipage dispose d’une cabine séparée, située sous le pont du bateau. Le poste de commande, équipé des dernières technologies en matière de navigation, ressemble au cockpit d’un avion. Sur le pont supérieur, le poste de pilotage extérieur reprend à quelques détails près les mêmes équipements.


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VOYAGER POUR SE REFAIRE UNE BEAUTÉ

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PARCOURS MERCREDI 6 AVRIL 2011

Le tourisme médical a pour but de donner l’occasion aux patients de se faire soigner ou de s’embellir à moindre coût dans un pays autre que celui dans lequel ils résident. C’est devenu un phénomène d’ampleur mondiale.

L’île Maurice suit la tendance. Greffes de cheveux, traitements esthétiques et fécondation... Il est possible d’avoir recours à ces services, et tant d’autres encore, tout en profitant du soleil de l’île Maurice. Les établissements de

santé privés accueillent de plus en plus de touristes. Un des facteurs qui les motive, c’est le coût. Actuellement, c’est Singapour qui vole la vedette dans le secteur du tourisme médical.

Débutant avec sa ‘petite’ clinique de greffe de cheveux en 2000, Gérard Guidi, en homme d’affaires avisé, a connu une ascension significative au cours de la décennie écoulée. Aujourd’hui à la tête du Centre de Chirurgie Esthétique de l’océan Indien, l’homme démontre que la réussite ne signifie pas forcément se couper les cheveux en quatre | DB

CLINIQUE DE CHIRURGIE ESTHÉTIQUE

DE MÈCHE AVEC LE SUCCÈS POUR GÉRARD Guidi, la réussite est forcément à visage humain. Ce professionnel de la greffe de cheveux explique qu’en plus de la touche humaine, il faut savoir se montrer prévoyant. En quelque sorte, ‘ouvrir le parapluie’ au bon moment afin d’éviter les mauvaises surprises. C’est en 2000 que Gérard Guidi atterrit sur nos côtes. Son domaine de prédilection étant la greffe des cheveux, il n’a pas été chercher midi à quatorze heures et a souhaité proposer ses services dans ce domaine: « Lorsque j’ai quitté la France, j’ai travaillé quelque temps à l’île de la Réunion. J’ai ensuite voulu changer d’air. J’avais le choix entre les Seychelles et l’île Maurice. Et c’est votre pays qui m’a conquis. » Après moult démarches, la Clinique de Greffe de Cheveux ouvre finalement ses portes. Depuis, les interventions se sont succédé. Avant d’en arriver là, toutefois, les choses n’ont pas été de tout repos pour le directeur de cette clinique. « Je devais promouvoir mes services à l’étranger. » La clientèle majeure de la clinique demeure en effet les touristes. D’abord, ce sont les clients de l’île soeur qui ont adopté ses services, ensuite ceux des pays francophones. Gérard Guidi avoue avoir investi gros dans la publicité. Certaines réclames ont trouvé leur place à bord des avions, d’autres dans des magazines ou des journaux étrangers. Ces publications se réfèrent aussi à ce centre lorsqu’elles parlent de tourisme médical dans leurs pages. Des documentaires ont aussi été réalisés sur le travail effectué dans ce centre.

Vu que notre interlocuteur se démène comme un fou pour promouvoir sa clinique, ses efforts ont fini par être récompensés. Son centre attire une bonne clientèle. Même les Sud-Africains se laissent tenter.

SÉRIEUX COUP DE JEUNE Avec cette clientèle variée, le directeur décide alors d’élargir son champ d’action. En juillet 2010, le Centre d’Esthétique de l’océan Indien voit le jour. Il propose des soins dentaires et des interventions chirurgicales. Toutefois, les clients ne CHARME. Le capital cheveux de l’homme est un atout viennent pas en masse de séduction indéniable au centre. Avant d’effectuer un voyage pour procéder à une greffe de cheveux ou se faire poser des Cette réputation résulte du implants, le client réfléchit mûrement, souligne notre interlocuteur. Fort fait que nous sommes une nombreux sont ceux équipe de professionnels. Les heureusement, qui vont jusqu’au bout de leur désir et employés sont passionnés et à en croire les commentaires des soudés. La plupart d’entre eux clients sur le site officiel du centre, les travaillent à la clinique depuis affaires se portent plutôt bien. C’est d’ailleurs avec fierté que Gérard son ouverture et nous nous Guidi, nous fait voir la vidéo de faisons un point d’honneur Bernard Saverot, 54 ans. Il s’est fait greffer 5021 cheveux. Il a subi une qu’il n’y ait aucun souci chirurgie de paupières sans oublier les 13 implants dentaires et la pose de 11 couronnes. Au vu des photos prises avant et

après les interventions, le patient semble avoir pris un sérieux coup de jeune. Les soins proposés par le Centre de Chirurgie Esthétique de l’océan Indien lui ont donné une nouvelle vie. Pour ce client réunionnais, « ce centre est comme une maternité. Il vous donne droit à une nouvelle naissance. Le résultat, c’est que du bonheur ». Gérard Guidi est également heureux. Son objectif initial est atteint. Il est d’avis qu’un de ses atouts demeure son savoir-faire : « Cette réputation résulte du fait que nous sommes une équipe de professionnels. Les employés sont passionnés et soudés. La plupart d’entre eux travaillent à la clinique depuis son ouverture et nous nous faisons un point d’honneur qu’il n’y ait aucun souci. » Cette excellente réputation leur a par ailleurs permis de participer au 4ème Congrès Mondial des Recherches et Solutions contre la chute des cheveux qui s’est tenu le 20 mars dernier, au Carrousel du Louvre. « Des chirurgiens du monde entier étaient présents. Notre clinique a un peu volé la vedette. Plusieurs journaux de France ont parlé de nous. Cet événement a été pour nous un énorme succès sur le plan de la publicité. D’ailleurs, ils ont évoqué la possibilité d’organiser le prochain congrès chez nous, car nous avons des outils très performants. Le Centre de Chirurgie Esthétique de l’océan Indien est d’ailleurs considéré comme étant parmi les dix meilleurs au niveau de la structure. » Un des ingrédients qui a amené le centre à connaître autant de succès est, selon le directeur, son approche hu-


PERDRE PLUS DE 100 CHEVEUX QUOTIDIENNEMENT EST ANORMAL En dermatologie, l’alopécie désigne l’accélération de la chute des cheveux. Le terme vient du grec alopex (renard) à cause de la chute annuelle, au début du printemps, des poils d’hiver de cet animal. Une personne possède en

moyenne 100 000 cheveux, il est donc normal qu’elle en perde environ 50 à 100 par jour, avec des pointes pouvant grimper jusqu’à 175 durant les changements de saison. En effet, c’est durant cette phase que les cheveux se

renouvellent le plus. Une chute de cheveux est considérée comme anormale lorsqu’une personne perd plus de 100 cheveux par jour pendant une assez longue période pouvant aller jusqu’à deux mois.

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ÉVÉNEMENT. Le prochain Congrès Mondial des Recherches et Solutions contre la chute des cheveux pourrait se tenir à Maurice

position tous les équipements nécessaires. Mais ils seront responsables de leurs patients. De cette façon, nous ouvrons le parapluie », dit-il, ajoutant que ce projet aura aussi des retombées positives sur le secteur touristique mauricien.

maine. « Dès qu’un client nous contacte, nous sommes présents pour le guider, le conseiller et l’encourager. Quand vous arrivez ici vous n’êtes pas traité comme un malade », dit-il CHIC ET SEREIN D’ailleurs, la structure du centre parle d’elle-même. Aussitôt arrivé devant la clinique, on tombe sous le charme de ce bâtiment. Votre regard est ensuite attiré vers la cour. Elle est immense. Le gazon est des plus verdoyants. Ici et là poussent des arbres qui appellent à la quiétude. Des deux côtés de l’entrée qui mène au bâtiment des cours d’eau ont été aménagés. Une petite cascade a aussi été construite. Bref, c’est un environnement chic et serein. A l’accueil, le silence est roi. Souriante et courtoise, la réceptionniste vous invite à patienter. Dans cette salle, c’est le mobilier qui frappe. Haut de gamme, il cadre parfaitement au lieu. D’ailleurs, en visitant la clinique, on note que toute la décoration donne dans du ton noir, blanc et écru. Toutes les autres pièces du centre ont également été décorées avec soin et aménagées de manière réfléchie. Par exemple, chacune des salles d’attente est fermée à clé et donne sur un magnifique jardin. « Nous ne voulons pas que les clients se rencontrent. Tout ici se fait dans la discrétion la plus absolue », nous explique notre interlocuteur. Avec le professionnalisme et la discrétion, la rigueur est de fait le maître mot de ce centre. « Nous n’avons pas droit à l’erreur. Le moindre faux pas peut nous être fatal. En quinze jours, dix ans de travail bien fait peuvent être détruits. C’est la raison pour laquelle, même après le traitement, nous ne lâchons pas le patient pendant au moins une année », explique le directeur de

“ ce centre où la qualité l’emporte sur la quantité. Ayant à cœur la qualité du service, le centre a investi 450 000 euros sur les appareils dentaires. Parmi figure le plateau technique de pointe. « En France il n’en existe qu’une vingtaine et le centre en possède un. Grâce à cet équipement, vous pouvez profiter de soins rapides et immédiats. Tout est robotisé et informatisé et vous aurez l’occasion de faire entre autres des soins de blanchiment, de facettes, de couronnes et d’implants. Les patients de ce centre n’ont plus besoin d’aller chez le dentiste en cinq ou six occasions ; une seule fois suffit. Les services dentaires du centre sont assurés par deux spécialistes français et un Mauricien. Bientôt, un autre Mauricien se joindra à cette équipe. Pour les soins dentaires, les patients sont à 100 % des étrangers », ajoute Gérard Guidi. Tel n’est cependant pas le cas pour la chirurgie plastique. « Nous préférons proposer des soins chirurgicaux plas-

tiques ultra-légers. Comme service nous offrons la liposuccion en ayant recours à la méthode ‘body jet’. Parfois, si c’est la volonté du patient, on récupère la bonne graisse et on la réutilise. Par exemple, nous pouvons retirer de la graisse dans les jambes et les placer dans les seins. Autre avantage de cette méthode, les chirurgiens peuvent facilement travailler entre les cuisses et dans le genou. Ce sont des petits gestes qui peuvent améliorer le physique de l’individu et nous préférons les soins légers pour ne pas prendre de risques », ajoute notre interlocuteur. Question risques, le centre travaille en ce moment sur un excellent moyen de rester prudent tout en augmentant sa clientèle. Gérard Guidi nous explique le concept : « L’île Maurice est connue pour sa discrétion et la qualité de ses services. Ainsi, nous allons ouvrir notre centre aux chirurgiens étrangers. Ces derniers pourront venir chez nous avec leurs clients. Or, ce sera à eux d’ausculter leurs patients, les opérer et ensuite faire le suivi. Nous mettrons à leur dis-

Nous préférons proposer des soins chirurgicaux plastiques ultra-légers. Comme service nous offrons la liposuccion en ayant recours à la méthode ‘body jet’. Parfois, si c’est la volonté du patient, on récupère la bonne graisse et on la réutilise. Par exemple, nous pouvons retirer de la graisse dans les jambes et les placer dans les seins. Autre avantage de cette méthode, les chirurgiens peuvent facilement travailler entre les cuisses et dans le genou. Ce sont des petits gestes qui peuvent améliorer le physique de l’individu C’est avec des idées semblables que Gérard Guidi espère consolider son centre. Il souhaite également conserver cette image positive et continuer ce travail sérieux. « Après la greffe de cheveux, nous avons mis 10 ans avant de proposer d’autres services. Car je pense qu’il ne faut pas brûler les étapes et faire en sorte que le parapluie reste ouvert tout en continuant à investir dans la bonne publicité », ajoute-t-il. D’ailleurs un documentaire est en préparation. D’une durée de 26 minutes, il mettra l’accent sur les services et le succès du centre. Ce documentaire sera diffusé sur une chaîne internationale.


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NOTES HISTORIQUES

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Le code du système musical occidental s’est développé au Moyen Âge et est appelé solfège. Le support qu’il utilise, la partition de musique, décrit le système en lui associant des symboles caractérisants la durée et la

hauteur d’un son. Les autres composantes musicales ne peuvent se transcrire sur la partition que par des symboles « ouverts », dont l’appréciation reste confiée à l’interprète. La notation évoluera progressivement à

partir du XIIIe siècle, pour poser les neumes sur 4 lignes de portée. Le tout premier système de notation basé sur les notes de la gamme moderne Do-Ré-Mi, etc., a été élaboré par Guido d’Arezzo.

ECOLES DE MUSIQUE

Do Ré Mi... à la sauce mauricienne

Le paradoxe est frappant. Délaissé par les autorités et proposant à ses disciples un avenir professionnel plus qu’incertain, l’art n’a jamais autant attiré les Mauriciens. Pour preuve, les écoles spécialisées en musique ou en danse ne désemplissent pas. Capital vous y emmène | SM L’ART N’EST pas un métier. C’est un passe-temps qui passe au second plan dès lors que l’on doit travailler pour gagner sa vie. A cause de cette vision très répandue dans la société mauricienne, beaucoup de talents ont été obligés d’abandonner leur passion. Si certains ont persévéré, c’est bien malgré l’apathie du gouvernement et le manque de structures dans le domaine artistique. Pourtant, tout n’est pas sombre. Témoins de l’intérêt porté par les Mauriciens à la musique et à la danse, les écoles d’enseignement spécialisées connaissent actuellement un grand succès. « Aujourd’hui, il y a plus d’intéret au niveau de la musique, que ce soit chez les jeunes ou chez les adultes », nous confie Dean Nookadu. Ce pianiste très connu se produit régulièrement au Vaneron Garden Centre, à Trianon, avec son groupe ; The Dean Nookadu Jazz Trio by Five, où l’accompagnent Denis Serret (Basse), Gerard Ravat (Batterie), Nel Bucktowar (Saxophone) et Patrick Desveaux (Guitare). Il y a dix ans, Dean Nookadu a ouvert une école privée ; le Conservatoire de musique Frédéric Chopin, avec à ses côtés la pianiste russe, Lilia Poustovoytova. L’école, qui se trouve à Quatre-Bornes, ainsi que l’antenne située à Pereybere, accueille au total quelque 200 élèves. Les techniques de base qui y sont enseignées sont adaptées des tech-

niques russes. TRANSMISSION Selon Dean Nookadu, si la plupart des élèves apprennent la musique comme un passe-temps, d’autres le font car ils veulent en faire leur profession. Ce qui n’est n’est pas chose facile, et ce pour plusieurs raisons. Il y a tout d’abord beaucoup de compétition dans le domaine, alors que le métier d’artiste, en musique comme ailleurs, rapporte très peu à Maurice. Il faut également ajouter à cela que les instruments de musique de qualité coûtent cher. D’autres élèves se sont lancés dans la musique parce qu’une telle activité peut leur permettre, plus tard, d’avoir une place dans des universités de renom, tel Harvard. En effet, même si vous comptez étudier la physique ou l’économie, une qualification en musique peut jouer en votre faveur si vous cherchez à être

LA « SYMBIOSE » DE LA MUSIQUE Même si le kathak est une danse traditionelle indienne, Anna Patten dit apporter une couleur mauricienne à chacune de ses postures. La culture mauricienne influençant toujours ses pas, elle a d’ailleurs parlé, en Inde, de « Mauritian Kathak ». La danse, dit-elle, est un mélange. Une symbiose. Elle préfère d’ailleurs ce terme à celui de « fusion », qu’on entend souvent prononcé en matière de musique. « Fusion », pour elle, est trop proche de confusion. C’est un « collage », alors que la « symbiose » est plus méticuleuse. Un exemple de cette symbiose est le festival Katha’zz, organisé par Art Academy et ses partenaires en juillet dernier. Un festival qui a vu le mariage des techniques de base du kathak, des tonalités musicales du jazz et du blues, des chanteurs d’opéra et des pas du flamenco. Pour Anna Patten, la liberté qu’elle avait lors de la conception du spectacle en a fait l’un des meilleurs moments de sa carrière.

admis dans ces universités. Tel n’est malheureusement pas le cas à l’université de Maurice. Afin de faire connaître ses éléments et de leur permettre de s’aguérir, le Conservatoire de musique Frédéric Chopin donne des concerts gratuits, deux fois par an, en juin et en décembre, à l’Alliance Francaise de l’île Maurice, à Bell-Village. Beaucoup d’élèves participent également à des concours internationaux, notamment à Singapour et en Australie. Autre école, autre histoire. L’Atelier Mo’zar a ouvert ses portes à Roches-Bois en 1996, sous la houlette du saxophoniste José Thérèse, qui y supervise tous les cours. L’objectif de départ de l’Atelier Mo’zar était de donner une nouvelle chance aux jeunes qui ont été rejetés par le système scolaire mauricien. Il s’agit donc d’un véritable alternatif aux écoles « académiques ». Les élèves participent régulièrement aux con-


UNE ORIGINE RELIGIEUSE Dans le nord de l’Inde, le kathak (danse pure et narrative) a d’abord été interprété par les hommes. Le kathak évolua durant la période islamique vers une forme plus divertissante ; le kathak actuel est ainsi une

cours de jazz de l’Institut Français de l’île Maurice (IFM), et sont inscrits aux examens de la Royal School Of Music ; en avril pour la théorie et en octobre pour la pratique. S’il a bénéficié d’une aide de Rs 250 000 de l’Etat pour démarrer le projet, l’école est autofinancée, surtout grâce à ses ‘performing shows’. N’empêche que les instruments de musique que doivent acquérir les étudiants sont très chers, surtout en ce qu’il s’agit des instruments à vent.

Art Academy, qui se situe à Sodnac, compte environ 150 élèves. Mais si on ajoute les ‘performing artists’, ils sont 300 au total à y suivre des cours. L’école est autofinancée grâce aux revenus enregistrés lors des spectacles qu’elle organise. 50% de l’argent que touche Art Academy est investi dans les costumes et les accessoires, qui viennent de l’Inde La danse, comme la musique, a ses écoles. A Maurice, l’Art Academy reste une référence dans le domaine. Cette école spécialisée dans l’enseignement du kathak - danse classique indienne -, a été créée en 1996. Elle est dirigée par Sanedhip Bhimjee et Anna Patten. Cette dernière nous confie que ce qu’elle transmet à ses élèves, c’est ce qu’elle a appris, en Inde, de ses gurus. Le pandit Durgalal lui a enseigné la vitesse et les techniques, alors que le pandit Birju Maharaj lui a transmis l’art des expressions. Le mélange des deux lui a permis d’être une danseuse complète. Ce que reflètent d’ailleurs le raffinement et l’élégance de ses chorégraphies. Art Academy, qui se situe à Sodnac, compte environ 150 élèves. Mais si on ajoute les ‘performing artists’, ils sont 300 au total à y suivre des cours. L’école est autofinancée grâce aux revenus enregistrés lors des spectacles qu’elle organise. 50% de l’argent que touche Art Academy est investi dans les costumes et les accessoires, qui viennent de l’Inde. Les cours, qui sont accessibles à tout le monde, coûtent quant à eux entre Rs 500 et Rs

synthèse de deux sources : sacrée et séculière. Le nom ‘kathak’ est dérivé du mot sanscrit qui signifie ‘histoire, et ‘katthaka’ en sanskrit signifie qu’il/elle qui raconte une histoire. Le nom est correctement ‘katthak’, mais

1 000, dépendant des jours choisis par l’élève. Ces derniers sont de tous âges. Certaines ont à peine deux ans et demi, alors que d’autres ont la soixantaine bien entamée. Même certains handicaps n’empêchent pas de danser. Sanedhip Bhimjee nous a d’ailleurs confié qu’une trisomique avait étudié le kathak à Art Academy. Par contre, il ne faut pas oublier que tout le monde n’a pas « le rythme », comme nous l’a dit Anna Patten. Danser, pour elle, c’est comme un cadeau, un don. POÉSIE VISUELLE A l’école, la danse est enseignée à travers des jeux pour les plus jeunes, alors que pour les grands, le travail est plus axé sur les différentes techniques. Les chorégraphies, quant à elles, s’inspirent de poèmes et de la mythologie hindoue. Le kathak, d’ailleurs, est souvent qualifié de « poésie visuelle ». Les pas de danse racontent l’histoire et les émotions ressenties par les protagonistes de l’histoire. Davantage de Mauriciens pourront ressentir les mêmes émotions lorsque le nouveau projet d’Art Academy verra le jour. Sanedhip Bhimjee nous a en effet confié qu’une nouvelle école ouvrira ses portes à Mesnil. Outre le kathak, on y donnera aussi des cours de TaÏ Chi, de danse moderne et de Bharat Natyam. Sanedhip Bhimjee y enseignera également la ‘Dance Therapy’, qu’il a lui-même inventée. Pour ce dernier, qui à l’instar d’Anna Patten, avoue être plus danseur et chorégraphe qu’enseignant, « la danse est la maîtrise de la psychologie humaine ». Ainsi, il croit fermement que la danse a des pouvoirs de guérison et qu’elle aide à contrôler le stress. Il avoue également vouloir, à travers la danse, transformer le pays en « Stressfree Mauritius ». « La danse, c’est un outil de tous les jours pour être heureux », ajoute Sandhip Bhimjee. La musique et la danse ne sont que deux expressions de cet art qui n’est pas suffisamment reconnue à Maurice. Pour cela, il faudrait un véritable changement de mentalité. Du gouvernement comme de la population en général. Mais restons optimiste. Malgré les embûches, comme le dit Eric Triton, « l’art vaincra ».

il a depuis simplifié pour ‘kathak’. Les conteurs (‘kathakara’) étaient attachés aux temples dans l’Uttar Pradesh, où naquit Krishna. Les textes sacrés étaient chantés et mimés pour être transmis à un public illettré.

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LES ACCESSOIRES, FAUT Y PENSER !

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Qui dit consoles de jeux dit accessoires. L’un ne va pas sans l’autre. Stylets multicolores (Nintendo DS Lite), sacoche de transport étanche (Nintendo DS XL), casque d’écoute (Nintendo DS), adapteur, protecteur d’écran tactile,

CONSOLES DE JEUX

tournevis Triwing ou Joystick PSP Fat, la liste n’est pas exhaustive. Ce sont les éléments indispensables pout tout amateur de consoles de jeux. Même si les prix, qui varient de Rs 80 à Rs 500, peuvent paraître prohibitifs...

TANT QU’ON AIMERA JOUER

RÉALISME. Même sur le petit écran de la PSP, les matches de foot semblent plus vrais que nature

Nintendo DS, PSP, Wii, Xbox 360, PS3... Nous sommes devant les consoles de jeux. Un réel phénomène de société, un secteur très animé et toujours novateur. Voyage dans un univers de fantaisie, d’aventures et de divertissement... | MS

EXTERMINER DES ‘aliens’ à l’aide d’un fusil laser, faire le fou, ou la folle, au volant sans se soucier du code de la route, se battre contre des lions dans une jungle, devenir styliste et changer de tenue vestimentaire en deux temps, trois mouvements. Non, nous n’avons pas perdu la tête et vous ne rêvez pas ! Il est révolu le temps où les enfants occupaient leurs vacances de bruyantes parties de billes ou de cachecache. Technologie oblige, ce sont maintenant les consoles de jeux qui font briller les yeux de nos petites têtes brunes ! Et qu’on ne s’y trompe pas, même de grands enfants se laissent tenter et s’y prêtent au jeu, question peut-être, de ne pas paraître vieux-jeu. « Clic... clic... tac... toc... clic... » Les doigts parcourant à une vitesse incroyable les touches de sa PlayStation portable (PSP), fronçant les sourcils, se mordant les


INTERDIT AUX MOINS DE 6 ANS Nintendo, le géant nippon du jeu vidéo, affiche, sur son site, les précautions à prendre pour la santé des yeux. L’avertissement précise qu’il est déconseillé de laisser les enfants de moins de six ans jouer avec la 3DS. Il est conseillé de prendre des pauses d’au moins deux minutes après chaque

demi-heure de jeu. Rappelons, toutefois, qu’il n’est pas nécessaire de porter des lunettes spéciales pour jouer sur la Nintendo 3DS, car grâce à la technologie de la stéréoscopie, deux images, chacune destinée à un oeil, peuvent être affichées simultanément.

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PHOTOS : MANOJ NAWOOR

CATALOGUE. Le nombre de titres disponibles pour les consoles de jeux ne cesse d’augmenter d’année en année

lèvres, le regard complètement absorbé, seul un tsunami pourrait tirer cet adolescent, assis complètement au fond de l’autobus, de sa concentration. Ce qui le met dans cet état ? Un match de foot sur son écran. « Zut ! J’ai failli marquer contre ma propre équipe » Pardon pour le dérangement jeune homme, vous pouvez retourner au stade. DERNIÈRES NOUVEAUTÉS Chez Micromania, magasin spécialisé en jeux vidéo et en accessoires électroniques, à Rose-Hill, il n’y a pas à dire, c’est la fièvre des jeux. Garçons et filles, seuls ou en groupe, ils sont au courant de tout, des dernières nouveautés, des caractéristiques de tel ou tel jeu, posent toutes sortes de questions aux vendeuses. Ce n’est pourtant pas Noël, mais l’on voit constamment défiler des parents accompagnant leurs enfants, s’attarder devant un rayon, poser deux ou trois questions aux vendeuses avant de sortir le porte-monnaie. Preety, 8 ans, fait la liste de jeux qu’elle voudrait avoir pour sa Nintendo DS. Ses yeux pétillent de joie quand sa maman lui achète le jeu ‘Dream Day Wedding’ au coût de Rs 25. Jetons un coup d’oeil sur les prix justement. Une Nintendo Ds Xl ne coûte pas moins de Rs 8 800, alors qu’une PSP se trouve dans les Rs 3 000. Le responsable de Micromania nous annonce la venue de la PSP 2 de Sony d’ici la fin de l’année. Elle se distinguera de son prédecesseur par son écran tactile, pouvant afficher une résolu-

« Clic... clic... tac... toc... clic... » Les doigts parcourant à une vitesse incroyable les touches de sa PlayStation portable (PSP), fronçant les sourcils, se mordant les lèvres, le regard complètement absorbé, seul un tsunami pourrait tirer cet adolescent, assis complètement au fond de l’autobus, de sa concentration. Ce qui le met dans cet état ? Un match de foot sur son écran. « Zut ! J’ai failli marquer contre ma propre équipe » tion de 960x554 pixels. Elle sera dotée de deux caméras ainsi qu’un micro intégré et sera compatible avec le wi-fi, le 3G et le bluetooth. JEUX DE TÊTE Vous n’êtes toujours pas convaincu et selon vous, jeux vidéo riment avec guerre, sang, violence et cela vous révolte ? Ne désespérez pas, il y a aussi des jeux qui sollicitent le sens de la logique ou le quotient intellectuel. Puzzles ou labyrinthe, plongez en plein coeur de l’Angleterre à l’ère victorienne avec ses mystères, cherchez la vérité en compagnie du détective Pr Layton pour

résoudre quelques énigmes. Ce jeu est disponible sur la Nintendo DS. Côté nouveautés, on annonce que la Wii va passer à la haute définition ou à la technologie 3D. Elle a beaucoup évolué la petite fée qui avait fait forte sensation avec ses jeux privilégiant le mouvement et la cadence. Les mois à venir devraient nous en dire plus. Réel divertissement familial, après vous avoir permis de jouer à Super Mario, au golf ou au tennis chez vous, comme si vous étiez sur le terrain, Nintendo accueille son tout nouvel accessoire: la tablette Udraw, de la firme THQ. Grâce à ce nouveau jeu, réveillez en vous les talents cachés d’artiste en dessinant sur l’écran. Parmi les jeux disponibles de Udraw, figurent Pictionary, un jeu de gribouillage fort divertissant. Disponible depuis mars, la Udraw coûte Rs 2 750. Parmi les consoles les plus prisées actuellement, on nous cite la Xbox 360, la Nintendo DS, la PSP ou la PS3. Alors qu’une nouvelle version, plus légère, plus silencieuse et plus fiable, la Xbox 360 S, est sortie en juillet 2010 en Europe, à Maurice la Xbox 360 avec ses fonctions multimédias est toujours très demandée. Si cette console de jeux disponible en noir ou en blanc chez nous coûte dans les Rs 10 000, sa manette est elle vendue dans les Rs 1 500. Les jeux les plus appréciés sur la Xbox 360 sont Guitar Hero, World Tour, Halo 3, Call of Duty, World at War et Gears of War 2. Alors, à vos manettes et vos consoles !

ORANGE CIBLE LES JEUNES ET LES TOUT JEUNES Orange a prévu une ‘gaming zone’ et un espace ‘Kids World’ pour la troisième édition de son salon informatique, qui se tiendra du vendredi 8 au dimanche 10 avril prochain, au Centre international de conférences Swami Vivekananda, à Pailles. Cet événement, on le sait, attire un grand nombre d’enfants et de jeunes. Parmi les principales attractions cette année, le Learn Cube, avec ses 10 mètres de haut, 10 mètres de large et 20 mètres de long, comprendra une salle de classe numérique avec un tableau interactif et des tablettes de logiciels numérisés destinés spécialement aux étudiants. L’entrée y sera gratuite pour les moins de 12 ans.

2011 SE LA JOUE 3D ! Mais où est-elle la Nintendo 3DS ? Sortie le 26 février au Japon, le 25 mars en Europe, le 27 mars en Amérique du Nord et le 31 mars en Australie, la Nintendo 3DS se fait attendre à Maurice. Les importateurs demandent aux Mauriciens de patienter encore quelque temps avant de pouvoir enfin tenir la plus jeune console de la gamme Nintendo en main. La Nintendo capable de produire un procédé autostéréoscopique (effets en 3D sans avoir besoin d’aucun verre spécial) est, pour l’instant, uniquement commercialisée en deux coloris : bleu lagon et vert cosmos.


L’AFRIQUE APPELÉE À PASSER AU VERT Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) encourage l’Afrique à se tourner vers une économie plus respectueuse de l’environnement que celle des pays développés. Une opportunité que le

continent doit saisir car il a tous les atouts pour réussir ce défi, estime le représentant régional du Bureau Afrique du PNUE, Mounkaila Goumandakoye, qui participe à la quatrième réunion annuelle conjointe de l’Union

africaine et de la Commission économique pour l’Afrique. Une réunion qui a débuté lundi à AddisAbeba. Il a alors appelé les pays d’Afrique à s’engager dans la voie du développement durable.

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SOMMET DE LA CEDEAO

Assujettissement volontaire à l’Occident Les chefs d’Etats de l’Afrique de l’Ouest sont une fois de plus critiqués. La prise de position collective à la Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), tenue les 23 et 24 mars dernier à Abuja, divise. Les Africains s’indignent du contenu aseptisé et de l’assujettissement volontaire aux ex-colonisateurs affiché par les chefs d’Etats ; une évidence illustrée par le communiqué de 37 points ayant bouclé la conférence | ZAAHIRAH ATCHIA LORS DES deux jours de travaux consacrés à cette 39ème session de la Cedeao, plusieurs questions ont été abordées. Parmi figurent les performances économiques des pays membres, les institutions régionales, la paix et la sécurité régionale, le thème de la démocratie dans la région et, inéluctablement, la « situation » en Libye. Or, si les sujets sont des plus pertinents, en revanche le dénouement des tables rondes l’est moins. La critique principale gravite autour du penchant pour le suivisme affiché ouvertement et presque indécemment par ces chefs d’Etats. Les points figurant dans le communiqué publié à l’issue de ce sommet en apportent d’ailleurs la double preuve : ce même communiqué se contente de produire une série d’auto-félicitations aux membres les plus puissants de la Cedeao et d’affirmer son allégeance aux forces occidentales. La litanie de félicitations est de taille. Citons à titre d’exemple le fait de féliciter les Etats membres pour les mesures prises pour contrer la crise financière de 2009. Certes, elles sont justifiées d’autant plus que la commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) a salué la reprise économique de l’Afrique (sa croissance moyenne est passe de 2,3 % en 2009 pour atteindre 4,5 % en 2010). Or, à aucun moment, le communiqué ne fait mention de mise en garde contre le fait que cette croissance est mal répartie dans la région car, à l’évidence, ce sont les pays exportateurs de pétrole tels que le Nigeria qui ont enregistré une croissance plus forte par rapport aux autres. De plus, que vaut cette croissance si elle ne s’est pas traduite par une baisse du chômage et la pauvreté, dont les taux ont atteint respectivement 18 % et 63 % en 2010 ? Flatterie d’envergure également dirigée vers les Etats

membres par la conférence qui « félicite (…) la Guinée, le Burkina Faso, le Niger et le Bénin d’avoir organisé et réussi, au cours de ces derniers mois, des élections libres et transparentes ». Pourquoi tant de fanfare pour saluer une victoire si incomplète ? Il y a deux semaines, les forces de l’ordre ont du faire usage de gaz lacrymogène et rouer de coup de bâtons une foule de 5 000 personnes qui protestaient contre la réélection du président Boni Yayi au Benin. SERVITUDE Ce qui agace le plus toutefois, ce n’est pas cette auto-flatterie outrancière, mais plutôt le fait que la conférence affiche une allégeance quasi-totale à l’Occident, une allégeance étatique pas partagée par la population et encore moins par l’élite intellectuelle de ces pays membres. Une illustration de cette servitude : le sommet a « salué la maturité politique du peuple nigérien et de tous les acteurs politiques pour leur détermination et engagement aux idéaux démocratiques » suivant le communiqué émis. La Cedeao a également souligne son engagement à « offrir à l’Union européenne une ouverture de marché à hauteur de 70 % au maximum sur une période de 20 à 25 ans ; et à tout mettre en oeuvre en vue de l’obtention de ressources financières additionnelles auprès de l’Union européenne pour le financement du Programme de Développement des APE ». Le but : « solliciter l’appui des partenaires techniques et financiers afin de mobiliser les ressources complémentaires destinés à boucler le financement de ce programme important » qu’est l’APE (l’Accord de Partenariat Economique). Une ouverture qui évoque une mendicité presque, mais une mendicité peu réfléchie étant donné la diversité des partenaires stratégique qui lorgnent la région, en l’occurrence la

RÉUNION. Le sommet de la Cedeao s’est tenu à Abuja, au Nigeria

Chine, l’Inde, le Brésil et la Turquie. Ce que les intellectuels de ces pays ne digèrent pas bien, c’est le pourquoi de cette allégeance démesurée à des partenaires qui n’ont pas su faire profiter de manière équitable l’exploitation des ressources africaines à leurs économies et aux économies des pays africains. RICHESSES Car l’Afrique est toujours un continent bondé de richesses et de potentiel. Adrien Macaire Lemdjam, journaliste du Journal du Cameroun, en donne plusieurs exemples : « A titre d’exemple, la région du golfe de Guinée recèle à elle seule des réserves estimées à un peu plus de 24 milliards de barils d’or noir. Un potentiel qui fait du golfe de Guinée la première région pétrolifère africaine. Aussi, cette zone produit à elle seule pas moins de 5 millions de barils de pétrole sur les 9 millions que le continent

Ce qui agace le plus toutefois, ce n’est pas cette auto-flatterie outrancière, mais plutôt le fait que la conférence affiche une allégeance quasi-totale à l’Occident, une allégeance étatique pas partagée par la population et encore moins par l’élite intellectuelle de ces pays membres

extrait quotidiennement. » David Beylard, auteur de rapports d’intelligence économique sur cinq sociétés minières qui se partagent l’essentiel des concessions du sous-sol camerounais en Afrique, a, suite à cette recherche, dressé ce constat : « Lorsqu’on dit que l’Afrique est riche, ce n’est pas un vain mot. Selon nos calculs, la valeur financière des gisements de matières premières du continent peut être estimée à 46 200 milliards de dollars ! Il suffirait de 12% de cette valeur totale pour doter tout le continent d’infrastructures du même niveau que celles des pays développés. Avec une telle richesse sous nos pieds, allons-nous encore longtemps nous comporter comme un continent pauvre ? » N’est-il donc pas grand temps que cet assujettissement volontaire et des relations politico-économiques plus mutuellement bénéfiques prennent fin pour le salut du peuple africain ?


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DÉFILÉ DE 'HAUTE' VOITURE

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FAST LANE MERCREDI 6 AVRIL 2011

Son nom est surtout associé à l'univers de la mode. Mais Ralph Lauren est aussi un fervent collectionneur de belles voitures. D'ailleurs, notre photo le montre s'installant au volant de sa Porsche 997 GT3 RS. La collection du sieur Lauren comprend plusieurs pièces rares et uniques. Il est

également l'heureux propriétaire de 'l'autre' Bugatti 57SC Atlantic de 1936, première voiture sur notre liste. Parmi les modèles les plus rares de sa collection, on retrouve une McLaren F1 LM ainsi qu'une Mercedes 300SL Gullwing et une Bentley de 1929, entre autres.

Notre pilote ayant décidé de prendre un repos sabbatique de durée indéterminée, ses fidèles collaborateurs vous présentent cette semaine ces petits insolites de l'industrie automobile qui font rêver. A commencer par une Bugatti de 1936 qui inaugure une série de cinq voitures parmi les plus chères au monde | RN

VOITURES ANCIENNES

OLD IS GOLD PHARAONIQUE. Ne vous fiez pas aux apparences... Cette voiture ne vaut pas moins de Rs 1 milliard

ALLURE. Malgré la curieuse combinaison d'orange et d'aluminium, cette Rolls montre qu'en matière d'automobile, les Britanniques ont encore une suprématie

UNE FOIS n'est pas coutume, Fast Lane quitte la voie rapide pour s'engager dans l'univers glamour de l'automobile. Avec, à la clé, strass et paillettes, mais surtout, des comptes en banque ayant une forte surcharge pondérale. En mai 2010, lors d'une vente aux enchères, une Bugatti 57SC Atlantic trouve preneur à 24 millions d'euro. Ce n'est pas une faute de frappe et, pour ceux qui s'y connaissent, ce prix est tout à fait justifié, même si la voiture date de 1936. Il s'agit du premier modèle réalisé dans cette gamme qui n'en comprend que deux. Ces ancêtres de l'automobile valent de l'or. Pourtant, ils se révèlent souvent difficiles à entretenir, et leur conduite n'égale en rien celle que peut offrir une petite citadine venant de Chine ou de Corée. Qu'est-ce qui explique donc ces prix vertigineux ? Les voitures de collection ont plusieurs caractéristiques. D'une part, elles sont rares, voire très rares dans certains cas. Souvent, ces voitures n'ont été produites qu'en peu d'exemplaires. Ensuite, il s'agit de voitures d'exception, avec toujours ce petit plus, niveau carrosserie ou équipements de série, qui fait la différence. Dans cette dernière catégorie, on retrouve la Rolls-Royce Phantom II Continental, produite en seulement 281 exemplaires, et qui présente la particularité de disposer de... 14 phares, dont un qui pivote avec le volant. La voiture, assemblée spécialement pour le

Maharajah de Rajkot en 1934, a été adjugée lors d'une vente aux enchères à 9 millions d'euros. D'autres, moins vieilles, feront presque aussi bien et les deux suivantes viennent des unités d'assemblage de l'Italien Ferrari, dont la réputation en matière d'automobiles est bâtie sur des étiquettes prix à donner le tournis au simple mortel. En 2009, une Ferrari 250 Testa Rossa a été vendue à un Italien pour 9 millions d'euros. Ce bolide, l'un des 22 modèles assemblés, date de 1957. Autant dire un jeunot sur cette liste d'anciens. La Ferrari 250 Testa Rossa est surtout connue pour ses dix victoires sur 19 courses courues entre 1958 et 1961.

RARES APPARITIONS Les Italiennes dominent incontestablement cette liste, sur laquelle on retrouve, en quatrième position, une Ferrari 250 GT California Spyder. Un modèle de ce véhicule, qui allie savamment berline et sportive, a été acquis, au coût de 7 millions d'euros, par un présentateur de radio britannique, Chris Evans. La voiture, décidément une voiture de vedette, a auparavant appartenu, 25 ans durant, à l'acteur James Coburn. Pour clore cette liste, retour à Molsheim, en France, siège de Bugatti. Une anecdote comme on en aime dans l'univers souvent austère de l'automobile entoure l'achat de ce véhicule

mythique, une Bugatti 57S Atalante. Il n'en a été produit que 17 exemplaires de ce véhicule en 1937, et c'est dans un garage, où il croupissait depuis belle lurette, que cette voiture a été redécouverte en 2009. Vendue aux enchères, cette Bugatti a coûté à son acquéreur anonyme la bagatelle de 3,4 millions d'euros. Ce qui n'est pas cher payé quand on sait que le véhicule a appartenu à Francis Richard Henry Penn Curzon, pilote britannique, vainqueur des 24 heures du Mans en 1931. La voiture sera vendue à 895 livres sterling, en 1955, à un certain Harold Carr, qui la range dans un garage quelques années plus tard. Ce n'est qu'après sa mort en 2007 que la famille d'Harold Carr découvrira cette antiquité qui vaut de l'or avant de décider de la mettre aux enchères au salon Retromobile, à Paris. Pour la petite histoire, le neveu d'Harold Carr trouvera dans ce garage d'autres merveilles de l'automobile, dont une Aston Martin classique et une Jaguar type E. A Maurice, quelques voitures anciennes circulent encore paisiblement sur nos routes. Les heureux propriétaires, fins connaisseurs, on s'en doute, les conservent jalousement. Ces voitures font quelques rares apparitions publiques, notamment lors de shows consacrées à la vieille garde automobile, histoire de montrer que les ancêtres, même s'ils ont perdu sur le terrain de la vitesse, valent encore leur pesant d'or.


INVESTISSEMENT : MAURICE BIEN PLACÉ Le Board of Investment (BOI) a participé au 4e Forum d’Investissement organisé conjointement par le Comesa-RIA et la Chambre de Commerce de Dubaï du 19 au 24 mars dernier. L’institution en a profité pour

positionner Maurice en tant que plateforme d’investissement international. Une série de réunions a eu lieu avec des investisseurs potentiels de la région. Pour le BOI, le pays est bien placé pour attirer de nouvelles entre-

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prises et des investisseurs de la région en raison de son emplacement stratégique, son climat politique et économique favorable à l’investissement et son vaste réseau avec l’Afrique.

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GROS PLAN MERCREDI 6 AVRIL 2011

MAURITIUS EXPORT ASSOCIATION

Guillaume Hugnin : « Priorité au secteur manufacturier » La Mauritius Export Association (MEXA) a un nouveau président. Guillaume Hugnin insiste sur le besoin de consolider le secteur manufacturier, qui contribue grandement à la croissance de l’économie. L’association a tenu son assemblée générale annuelle le 31 mars dernier | ST « LA CROISSANCE d’un pays est fortement dépendante de la force de son secteur manufacturier. Prenons le cas de Singapour. Malgré un contexte économique difficile en 2010, ce pays a affiché une croissance impressionnante de 14,5 %, ce qui est probablement la plus élevée au niveau des pays développés. Cette performance s’explique essentiellement par la croissance dans le secteur manufacturier », déclare Guillaume Hugnin. Le nouveau président de la MEXA a eu une séance de travail avec Prakash Manthoora et son équipe du Board of Investment (BOI) pour revoir les stratégies et les mesures à prendre. ÉLARGIR L’ESPACE ÉCONOMIQUE Le BOI viendra bientôt avec une série d’initiatives visant un élargissement de l’espace économique, surtout en ce qui concerne les ‘technology-driven activities’. L’accès aux marchés demeure une des priorités des entreprises manufacturières mauriciennes.

MANOJ NAWOOR

SYNERGIE. Gouvernement et secteur privé doivent travailler de concert afin de surmonter les obstacles qui guettent le pays

« Les différents accords commerciaux signés doivent être examinés de près afin de faire pleinement usage des possibilités offertes. Simultanément, nous devons examiner tous les aspects visant à réduire les coûts », a soutenu Guillaume Hugnin aux membres de l’association. Le nouveau président a également déclaré que la MEXA étendra le projet de ‘carbon footprint’ à toutes les

sociétés, souhaitant que le pays devienne une référence en matière de développement durable. SOURCE D’APPROVISIONNEMENT La Mauritius Export Association accordera, d’autre part, une attention spéciale au développement des ‘agro-processing industries’, et engagera des efforts nécessaires pour transformer Maurice en une plate-forme

d’approvisionement dans la région. « Mon point de vue s’accorde avec l’objectif du gouvernement qui ambitionne de positionner Maurice en tant que ‘Duty Free Island’, donc non seulement une destination shopping pour les touristes, mais aussi une source d’approvisionnement pour la région », a conclu Guillaume Hugnin. Présent à cette assemblée générale, le ministre de l’Industrie et du Commerce a exprimé son optimisme quant à une bonne croissance en 2011. Showkutally Soodhun a salué les efforts conjugués du gouvernement et du secteur privé, ce qui a permis au pays, grâce à des mesures de soutien, de faire face à la crise économique mondiale. « Les entreprises exportatrices ont montré une bonne résilience aux chocs extérieurs, comme en témoigne la forte croissance de l’ordre de 6 % et un chiffre record des exportations de 40 milliards de roupies », a expliqué le ministre, ajoutant que l’économie na-

tionale sera en mesure de maintenir la dynamique de croissance cette année également. NOMBREUX DÉFIS Selon Showkutally Soodhun, nos entreprises doivent faire face à de nombreux défis tels une baisse de la compétitivité en raison de la hausse des salaires, de même qu’une baisse de la productivité, entre autres. « La récente ‘duty free access’ des pays moins avancés vers le marché de l’Union européenne, en vigueur depuis janvier, exerce une pression supplémentaire sur nos entreprises, de même que la mondialisation et la libéralisation qui menacent la survie de nos entreprises », a avancé le ministre. Le gouvernement, a dit le ministre, a déjà réagi en introduisant diverses mesures en vue de porter les exportations à Rs 50 milliards en 2013, comme prévu dans l’‘Export Development Plan’ de trois ans élaboré en collaboration avec Enterprise Mauritius.

Le secteur de l’assurance doit s’améliorer, estime le ministre des Finances

Le secteur des assurances a encore du progrès à faire afin d’être plus en phase avec le rééquilibrage que prône le gouvernement, a déclaré le ministre des Finances, lors de l’assemblée générale annuelle de l’association des assureurs, la semaine dernière LES SECTEUR des assurances a deux fonctions principales au sein d’une économie. Il doit, en premier lieu, répartir les risques plus équitablement dans l’économie, afin de permettre aux entreprises de croître. Bien conseiller les entreprises sur la façon de gérer les risques, existants et futurs, est aussi d’une grande importance. Pravind Jugnauth a longuement parlé du processus de

rééquilibrage de l’économie actuellement en cours. « Cette phase est cruciale pour la croissance et la création d’emplois. Elle est vitale pour réaliser notre vision d’un Produit intérieur brut (PIB) d’un milliard de roupies, avec un revenu de 20 000 USD par habitant avant la fin des années 2020 », a dit le ministre des Finances. S’il s’avère que le secteur des assurances est resté stable tout au long de la crise, tant au niveau

mondial qu’à Maurice, il faut néanmoins mettre davantage l’accent sur les risques systémiques, a encore dit le ministre. Selon Pravind Jugnauth, la stabilité économique dans le monde dépendra largement de la façon dont les pays vont gérer les risques qui se présenteront. « Je n’ai pas besoin de souligner que le secteur de l’assurance aura un rôle important à jouer », a conclu le ministre.

Pravind Jugnauth pense que le pays a les atouts pour résister à la crise

Cette phase est cruciale pour la croissance et la création d’emplois. Elle est vitale pour réaliser notre vision d’un Produit intérieur brut (PIB) d’un milliard de roupies, avec un revenu de 20 000 USD par habitant avant la fin des années 2020


LE CHIMISTE SOLVAY S’OFFRE RHODIA Le groupe belge Solvay va lancer une offre publique d’achat amicale sur Rhodia, valorisant son concurrent français à 3,4 milliards d’euros. Le prix proposé est de 31,60 euros par action en numéraire. Ce montant est de 50 %

supérieur au cours de clôture de l’action Rhodia vendredi dernier. Solvay financera la transaction « intégralement » par sa trésorerie et assure que sa structure financière va rester « solide » après l’opération. La société

belge dispose d’une cagnotte de 5,2 milliards d’euros tirée de la cession de sa division pharmacie à l’américain Abbott. Solvay espère boucler l’opération fin août. SOURCE : INTERNET

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GLOBE

MERCREDI 6 AVRIL 2011

FUSIONS-ACQUISITIONS

La fièvre acheteuse gagne les groupes des pays émergents Selon le consultant A.T. Kearney, les rachats d’entreprises de pays développés par des sociétés émergentes ont rebondi de 28 % en 2010

HISTORIQUE. En 2008, pas moins de 635 accords portant sur des fusions ou acquisitions ont été recensés

L’APPÉTIT DES entreprises des pays émergents s’aiguise et devrait s’ouvrir encore davantage. Selon un rapport du consultant en stratégie A.T. Kearney, les achats d’entreprises des pays industrialisés réalisés par des sociétés issues de pays émergents ont rebondi de 28 % en 2010 pour atteindre 493 transactions, contre 386 opérations en 2009. La page de la crise financière n’a pas été tout à fait tournée, le record historique de 2008 avec 635 « deals » conclus restant inégalé. Mais David Weill, associé et vice-président du bureau de Paris d’A.T. Kearney prévient : « Cette étude confirme la tendance lourde du basculement progressif des forces économiques et le processus va s’accélérer. Nous prévoyons que 50 % du Produit intérieur brut mondial sera réalisé par les pays émergents à l’horizon 2024 », ajoute le responsable, ce qui ne manquera pas de renforcer les moyens et les ambitions des sociétés de ces régions. Sur la période 2002-2010, les entreprises acquéreuses issues des « turbo-économies » sont originaires pour 23,8 % d’Inde, 16 % de Chine et 11,7 % de Malaisie. Des données compilées par Thomson Reuters pour La Tribune confirment le dynamisme retrouvé des entreprises émergentes en matière d’acquisitions. Au premier trimestre 2011, elles ont réalisé ou annoncé 200 rachats dans les pays développés contre 178 pour la période correspondante de 2010. Le montant collectif de ces achats a atteint 34,15 milliards de dollars, contre 13,16 milliards de dollars au premier trimestre 2010. LES SERVICES ATTIRENT Vendredi, la Commission européenne a autorisé le conglomérat chimique China National Bluestar à racheter le producteur norvégien de

silicium Elkem. Cette opération avait été annoncée en janvier pour un montant de 2 milliards de dollars. Le conglomérat Quinenco vient pour sa part de reprendre les activités dans l’aval du groupe pétrolier Shell pour 614 millions de dollars. Et, d’après le Wall Street Journal, le géant américain TPG s’apprête à céder 5 % de son capital au fonds souverain singapourien GIC et au koweïtien KIA. Selon A.T. Kearney, le secteur des services a représenté 15 % des acquisitions réalisées par les émergents dans les économies mûres entre 2002 et 2010, contre 14 % pour celui de la grande consommation et de la distribution, autant pour celui de l’informatique et de l’électronique. L’énergie et les industries de transformation ne pèsent que 11 % dans le total, et les exploitations minières, 4 %. « On constate une véritable diversification des intérêts, notamment vers les sociétés de services informatiques, l’automobile ou l’industrie du câble », relève David Weill. « Les opérations restent parfois motivées par le souhait d’acquérir des technologies, mais beaucoup moins que par le passé », affirme le responsable. « Les rachats ont surtout vocation à aider les acquéreurs à occuper rapidement une taille significative sur un marché, en gagnant l’accès aux forces de vente et de marketing des sociétés visées ainsi qu’à leurs grands clients », ajoute-t-il. Autre motivation : « Le rachat de marques prestigieuses afin de nourrir son marché intérieur, comme l’a fait le constructeur automobile chinois Geely en reprenant Volvo ». A.T. Kearney s’attend à ce que, à l’avenir, les fusions-acquisitions se renforcent dans la banque et l’assurance, les services informatiques et la sous-traitance en recherche et développement. SOURCE : INTERNET

Vivendi rachète la part de Vodafone dans SFR pour 8 milliards d’euros LE GROUPE de médias et de télécoms Vivendi détient désormais la totalité de l’opérateur téléphonique SFR, après le rachat pour 7,95 milliards de la part minoritaire du britannique Vodafone. SFR était détenu à 56 % par Vivendi et à 44 % par Vodafone. Les dirigeants de Vivendi n’avaient jamais caché leur souhait de monter à 100 % au capital de cette filiale stratégique. La transaction a été signée dimanche et porte sur un montant de 7,95 milliards d’euros. Cette somme comprend 7,75 milliards, « correspondant à 6,2 fois l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) 2010 de SFR (3 973 millions d’euros) », ainsi

qu’une « somme forfaitaire de 200 millions d’euros, au titre de la génération de trésorerie entre le 1er janvier 2011 et le 1er juillet 2011 », détaille le groupe dans un communiqué. « L’accord est sujet à l’approbation des autorités de la Concurrence. La transaction devrait être finalisée à la fin du mois de juin 2011 », précise Vivendi. COOPÉRATION COMMERCIALE En outre, SFR et Vodafone vont prolonger leur coopération commerciale pendant les trois prochaines années, précise Vivendi. Vivendi a empoché fin janvier 5,8 milliards de dollars (environ 4,2

milliards d’euros) en cédant sa participation dans le groupe américain NBCU, une opération alors perçue comme le dernier verrou au rachat de la totalité de SFR. Le groupe français n’exclut pas de racheter par ailleurs les 20 % qui lui manquent dans le groupe de télévision payante Canal+ France, détenus par Lagardère. Le groupe Lagardère, qui prévoyait initialement de mettre en Bourse en avril cette participation de 20 %, a décidé de différer l’opération en raison de l’instabilité des marchés après les catastrophes récentes survenues au Japon. SOURCE : INTERNET

CHANGEMENT. SFR, deuxième opérateur français de téléphonie mobile, passe sous le contrôle total de Vivendi



Capital Edition 20 - 06.04.11