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L’ÉVÈNEMENTIEL DANS LA PEAU

La pétillante Géraldine Mamet organise, en avril prochain, la cinquième édition du Salon du Bien-être. Capital a rencontré l’ex-Miss Mauritius EDITION 17 – MERCREDI 16 MARS 2011

LA DIFFÉRENCE, C’EST LE CONTENU

Votre hebdomadaire à Rs 15

L’ESSENCE : LES RAISONS DE LA HAUSSE

« LA TVA RAPPORTE RS 21 MILLIARDS À L’ETAT »

AGOA : LE FIL DU SALUT AFRICAIN

Le prix du carburant flambe et le spectre du hedging refait surface. Les observateurs pointent du doigt les décideurs politiques

Après plus de Rs 42 milliards en 2010, la MRA prévoit une progression en terme de recette pour 2011. Sudhamo Lal explique

L’AGOA arrive à terme en 2015. Une nouvelle prolongation est peu probable et l’Afrique n’est pas prête. Quel avenir pour le continent noir

DEV VIRAHSAWMY

« QUE RAMGOOLAM FASSE ATTENTION... » ●

Inadmissible que 75% de la richesse de l’île se retrouve entre les mains d’une minorité capitaliste, composée de 7 ou 8 familles

Parler de démocratisation de l’économie sans parler de nationalisation, je trouve que c’est prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages. Veut-on vraiment démocratiser ? Nationalisez d’abord les terres et s’il faut payer des compensations, faisons-le The eyes and the ears of the board | ‘Ride and Drive’ : une journée d’ABC Motors | L’éolienne chez nous cette année


ENTERPRISE MAURITIUS ACCUEILLE DES ACHETEURS ÉTRANGERS Une dizaine d’acheteurs, dans le domaine du textile et de l’habillement, sont en ce moment à Maurice dans le cadre d’une visite professionnelle organisée par Enterprise Mauritius. Ces acheteurs, qui viennent de pays

tels les Emirats Arabes Unis, l’Afrique du Sud, ou l’Espagne, enchaînent depuis lundi les rencontres avec une quarantaine d’entreprises locales, dont un nombre important de Petites et Moyennes Entreprises. Le but de

CAPITAL

cet « Inward Buying Mission », qui cadre avec « Origin Africa Fibre to Fashion 2011 » - un événement réunissant stylistes et producteurs de vêtements du continent africain -, est d’encourager les exportations.

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FINAL REPORT

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Dev Virahsawmy : « Que Ramgoolam fasse attention... » C’est aujourd’hui le 69ème anniversaire de Dev Virahsawmy, celui qu’on ne présente plus sur la scène intellectuelle, sociale et politique. Dans cet entretien accordé à Capital, il explique qu’il y a urgence de se délier du système néolibéral et néocolonial face au danger de la crise alimentaire. Il est catégorique sur le fait que Maurice doit commencer à produire et pour cela il faut des terres. « Si on doit nationaliser les terres, il faut le faire. Comment peut-on parler de démocratisation quand quelques familles de grands blancs contrôlent l’économie », déclare-t-il | RUDY VEERAMUNDAR « Le monde meilleur se fera s’il y a des gens qui se mobilisent contre la dictature, l’arbitraire et surtout contre l’espri dominer, comme on dit ici. Ceux qui ont des terres aujourd’hui construisent des villas qu’ils vendent aux étrangers et certaines personnes me disent qu’à travers ces villas, se construit une nouvelle forme d’apartheid à Maurice »

❚ Pendant la campagne électorale,

Navin Ramgoolam avait été clair. Il avait précisé que c’était une campagne entre Paul Bérenger et lui. Qu’est-ce qui peut justifier cela ? Parlant de la campagne électorale, c’était en effet une campagne entre Ramgoolam et Bérenger dans le sens que Paul Bérenger avait une politique néolibérale et Navin Ramgoolam une politique sociale-démocrate. Cela est très clair. Paul Bérenger, au pouvoir, avait démontré son orientation économique. Pour moi, ce n’est pas une question de blanc contre noir, quoiqu’à Maurice, nous savons que 75 % de la richesse nationale sont entre les mains de sept ou huit familles de grands blancs. L’aspect racial est resté un élément clé ; il n’y a jamais vraiment eu de démocratisation de l’économie. Donc, quand Navin Ramgoolam parle de démocratisation de l’économie, il fait vibrer des cordes très sensibles dans le coeur des Mauriciens en général parce que nous sommes tous témoins de cette minorité qui a accaparé les richesses nationales. Chose qui n’a jamais été dénoncée par Bérenger. Enfin, il le faisait quand le Mouvement militant mauricien (MMM) était un parti de gauche, mais depuis 1982-1983, il n’en parle plus et a commencé à chevaucher le cheval néolibéral. Donc, c’est tout à fait normal qu’il y ait eu ce jeu de faire le choix entre « moi, social-démocrate » et « lui, néolibéral ». C’est logique, c’est juste. Mais la question que l’on devrait se poser est la suivante : que se passe-t-il vraiment maintenant ? Je pense que la démocratisation de l’économie est encore trop timide et que Ramgoolam donne l’impression qu’il est aussi attiré par les sirènes du néolibéralisme, car de plus en plus, il présente Singapour comme un modèle. Or, nous savons tous que Singapour est ce que nous appelons le porte-drapeau du néolibéralisme, un pays où il n’y a pas l’Etat-providence, un pays très oppressif où on utilise toujours comme méthode

PHOTOS : MANOJ NAWOOR

Il est inadmissible que 75 % de la richesse de l’île se retrouvent entre les mains d’une minorité capitaliste composée de 7 ou 8 familles ❚ … et la 19ème année de la

République ! Tou sa la bann grimace sa... Ce que je veux que l’on réalise, c’est qu’en 1967, c’était faux de dire que la lutte était entre l’indépendance et le colonialisme. C’était un attrape-nigaud parce que la Grande-Bretagne avait décidé de lâcher ses colonies de l’Est, c’est-à-dire l’Afrique de l’Est, l’île Maurice, etc., et les élections de 1967 étaient pour savoir qui allait gagner. Il y avait un choix : d’une part, un parti qui prônait la justice sociale et qui utilisait un langage socialisant mais qui, en fait, allait produire à Maurice ce que nous pouvons appeler une indépendance néocoloniale. D’autre part, les liens du colonialisme étaient toujours là et il n’y avait pas cette mobilisation populaire pour casser les liens, rompre avec le passé pour construire le présent. Mais, vis-à-vis du Parti travailliste, il y avait un danger pire encore. Les grands blancs qui soutenaient Gaëtan Duval avaient un projet clair : construire

de punition le ‘public caning’, la méthode ‘rotin bazar’, qui reste une méthode barbare et sauvage. Est-ce cela que nous allons imiter maintenant ? Il y aussi le voeu du Premier ministre de réintroduire la peine capitale, qui est une erreur fondamentale. La peine capitale n’a jamais résolu les problèmes d’un pays. Donc, d’une part, Navin Ramgoolam aime parler de démocratisation de l’économie mais les richesses

sont toujours entre les mains d’une minorité. Il parle de justice et de liberté mais en même temps il parle de Singapour comme modèle. Je suis d’avis qu’il s’est empêtré dans des contradictions. Il faut qu’il fasse attention, les Mauriciens ne sont pas des imbéciles. Je voudrais préciser que nous célébrons le 43ème anniversaire de notre indépendance...

RÉDACTEUR EN CHEF Rudy Veeramundar CONSEILLER À LA RÉDACTION Manoj Nawoor CHEF D’ÉDITION Roy Neeraye JOURNALISTES Herrsha Lutchman-Boodhun Zaahirah Atchia CONCEPTION GRAPHIQUE Knivel Goonmeter Ibrahim Atchia DIRECTEUR EXÉCUTIF Rajen Valayden RESPONSABLE DE MARKETING Abdallah Goolamallee CHEF DE PRODUCTION Roland Nicolas Cheneya ADMINISTRATION Ouma Pillay-Rungapen Essane Auleear Une publication de Channel13 8, rue Mère Barthelemy, Port-Louis Tel : 213 1555 - Fax : 213 1552 Email : info@channel13.mu - Site web : www.channel13.mu Imprimé par Yukondale Ltd - Plaine Lauzun


L’ICAC PREND LE BUS

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La commission anticorruption s’intéresse de près à l’achat d’autobus par la compagnie nationale de transport. Cela fait suite aux allégations émises par certains employés sur la qualité des autobus de la marque TATA dont la compagnie aurait fait l’acquisition sans que les spécifications de l’appel d’offres n’aient été respectées.

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FINAL REPORT MERCREDI 16 MARS 2011

l’apartheid à Maurice. Il ne faut pas oublier qu’à cette époque, il y avait l’apartheid en Afrique du Sud et en Rhodésie du Nord. Déjà, dans deux pays africains, il y avait l’apartheid et les grands blancs d’ici voulaient, avec l’aide des agents politiques, instaurer l’apartheid à Maurice. Donc, clairement, entre ces deux, le choix était facile. Choisir entre l’apartheid et une indépendance néocoloniale, c’est tout de même un pas, même petit. Quand on célèbre le 43ème anniversaire de l’indépendance et la 19ème année de la République, ce sont des trucs assez formels qui, au sein du peuple, dans le coeur des gens, n’ont pas une grande valeur émotionnelle et cela nous amène à deux problèmes. Il y a d’abord la crise que traverse le capitalisme occidental, c’est-à-dire la récession économique. Bien qu’on nous dise que c’est du passé, c’est derrière la porte, ce n’est pas vrai. Les Etats-Unis souffrent toujours de la récession, l’Union européenne est toujours prise dans le piège de ce système et donc l’île Maurice, qui a construit son avenir sur des liens néocoloniaux, doit maintenant revoir sa politique et le système électoral, en disant qu’on va retracer le chemin économique. Mais, tous finir comme Salvador Allende. nous avons une chance. Les pays qu’on Mais, aujourd’hui, nous avons une appelle BRICS (Ndlr : Brésil, Russie, autre vision des choses. On a vu ce qui Inde, Chine et Afrique du Sud). Trois s’est passé avec Lula, au Brésil, avec de ces pays sont nos amis et nos voisins. Chavez, au Venezuela. Chavez aussi, on Il y a l’Afrique du Sud, l’Inde et la avait voulu le renverser. Il y a eu un Chine. Ces pays peuvent nous aider à coup contre Lula. Mais que s’est-il briser les chaînes qui nous empêchent passé ? Le peuple est descendu dans la de nous libérer de l’emprise néocoloniale. Les Etats-Unis et l’Union européenne veulent à Parler de démocratisation de l’économie tout prix, à travers la World sans parler de nationalisation, je trouve Trade Organisation (WTO), contrôler l’économie mondiale. que c’est prendre les enfants du bon Dieu Il nous faut maintenant, à trapour des canards sauvages. Veut-on vers nos liens, tracer une voie vraiment démocratiser ? Nationalisez différente de celle qui a été tracée dans le passé. Je ne dis d’abord les terres et s’il faut payer des pas par cela que les nouvelles compensations, faisons-le puissances ne vont pas essayer de nous bouffer comme cela a été le cas avec les anciennes puissances. Je dis rue. Donc, il y a quelque chose de noutoujours que le prix de la liberté est la veau. Voilà un leader qui arrive au pouvigilance. voir mais qui est soutenu par un peuple qui est très vigilant et qui reste mobilisé. Nous voyons la même chose en ❚ Justement, vous dites qu’il faut reBolivie. Morales, qui dix ans de cela tracer le chemin économique et on n’avait aucun pouvoir, parce que son a noté qu’il est beaucoup question pays était contrôlé par des super riches, de Maurice île durable depuis les alliés des Etats-Unis, dirige avec brio quelques années. Sommes-nous aujourd’hui. Il est en train de redessiner dans le bon chemin ? la politique. Par exemple, il a convoqué Les problèmes sont entiers et il va falloir que nos politiciens comprennent une conférence mondiale sur le climat cela. Le néo-libéralisme nous a menés à et il a eu le courage de le faire. Il s’agit là d’une autre façon de faire de la polila crise mais bien plus, il nous a menés à une situation où la planète est en dan- tique, une autre façon de lutter contre le capitalisme mondial et aujourd’hui, ger, avec le ‘global warming’. Essayons le monde arabe nous montre beaucoup de trouver notre voie. Est-ce qu’il y a de choses. A chaque pays sa réalité mais des possibilités ? Oui, il y en a. Dans le passé, on hésitait à parler de socialisme. nous avons vu comment des jeunes qui se sont dit, s’il faut mourir, on va On croyait, avec tout ce qui s’est passé au Chili, où les Etats-Unis ont soutenu mourir, mais on va lutter pour notre liberté. Mais la chose la plus impressiondes fascistes qui ont renversé Salvador nante, et à Maurice on n’en parle Allende, que le système social-démocpresque pas, ce sont les femmes qui rate n’avait pas sa raison d’être. Il ne faut jamais oublier cela. La gauche avait sont descendues dans la rue. On nous a toujours dit que les femmes musultout le temps un peu peur de cela, avec

deux-là sont ces moteurs qui font marcher l’économie du système néolibéral. La fameuse globalisation, c’est toujours le néolibéralisme. La globalisation veut dire quoi ? Ne pas faire ce que les pays riches ont fait dans le passé pour pouvoir devenir riches alors qu’ils veulent maintenant imposer de nouvelles conditions qui vont leur permettre de devenir plus riches. Donc, tu n’as pas le droit de protéger ton économie mais eux sont en train de subventionner leur agriculture et de jeter leurs produits à bas prix, le dumping, dans les nouvelles économies émergentes ou sous-développées. Quand on écoute parler Lula, Chavez, les jeunes et les femmes dans cette révolte qu’il y a eu dans le monde arabe, on sent l’émergence de nouvelles valeurs : la solidarité et le partage, qui sont le contraire du néolibéralisme. Je pense que cela pourrait devenir la base de cette nouvelle démocratie participative mais aussi d’un plan de survie contre le réchauffement de la terre. ❚ Quel va être, selon vous, l’impact de

manes ne voudront jamais mener la lutte contre la dictature, mais nous avons vu autre chose récemment. Le travail que font les femmes en Tunisie, dans le monde arabe en général, va jusqu’à pousser vers une nouvelle interprétation de la façon dont le Coran est perçu. Il y a des articles très intéressants par des musulmanes, qui sont des révolutionnaires, qui sont en train de revoir comment le Coran a été interprété par les hommes. Et pour ces femmes, le Coran est ‘gender conscious’, le Coran croit en l’égalité entre l’homme et la femme. C’est une chose extraordinaire qui se passe dans le monde. Maurice peut apprendre de tout cela. Avant, on copiait tout ce qui se passait en Angleterre et en France. Aujourd’hui, on a d’autres modèles, pas pour imiter mais pour étudier et cela pour apprendre à tracer notre chemin. ❚ Quel genre de modèle économique

doit-on donc suivre ? Il n’y a pas de recette miracle. Ce qui est le plus important aujourd’hui, c’est le développement de la démocratie participative et non une démocratie représentative néocoloniale. Il nous faut une ‘grass root democracy’. C’est l’avenir. Et là, je pourrais dire avec conviction et certitude que l’avenir va être un socialisme démocratique. Dans les détails, qu’est-ce que cela va être ? Chaque pays va créer son système mais dans les grandes lignes, on n’aura plus une petite minorité de très riches qui s’enrichissent et une masse de pauvres qui s’appauvrissent. Mais, il va falloir construire une société plus juste, plus humaine et surtout qui repose sur des valeurs nouvelles. Le néolibéralisme repose sur deux valeurs totalement cruelles : (1) la gourmandise, pour l’argent facile et (2) la cupidité et l’égoïsme. Ces

ce phénomène à Maurice? Que veut dire le réchauffement de la terre ? Cela veut dire qu’en temps et lieu, il y a aura la fin du tourisme. Avec la montée des eaux, tous les hôtels autour de l’île vont être sous l’eau. Ce ne sera plus une question de pied dans l’eau mais de cou dans l’eau et il faut revoir cette politique de tourisme. Et, je pense que Navin Ramgoolam a tort de parler de sa vision de 2 million de touristes pour l’île Maurice. On ne peut pas avoir une situation où le nombre de visiteurs est le double de sa population. Il y a un pays qui l’a fait, la Jamaïque, et ce pays a connu un désastre et il faut être vraiment aveugle pour essayer de rééditer cela. Je crois que là, le Premier ministre est mal inspiré, mal conseillé, en mettant autant de poids et d’emphase sur le grand tourisme. On peut avoir un autre type de tourisme. Ça, c’est à discuter. Avec le réchauffement de la terre, il y aura aussi le problème du transport. Vous voyez, la globalisation repose sur deux choses : (1) ‘easy means of transport’ et (2) la paix. Dans la situation actuelle, la question de paix est remise en question. Concernant le transport, voyez vous-même ce qui se passe avec la montée du prix du pétrole. Et là, ouvrant une parenthèse, pourquoi les Américains veulent-ils renverser Kadhafi ? C’est le pétrole de la Lybie qui les intéresse. Je ne dis pas que Kadhafi est un saint, mais Obama non plus n’en est pas un. Obama est un agent du grand capital américain. ❚ Pour en revenir à Maurice ?

Alors, premièrement, les piliers de l’économie sont sérieusement menacés et deuxièmement, il faut voir les choses en face. Nous importons 75 % de nos produits de consommation. Et si nous n’avons pas de devises pour payer cela, nous n’aurons plus de nourriture. Nous sommes aujourd’hui en train de parler


PILOTE CONFIRMÉ AUX COMMANDES Tout semble indiquer que la direction de la compagnie nationale d’aviation sera confiée à l’actuel acting CEO, le SudAfricain Andries Viljoen. Un contrat de deux ans renouvelable lui sera proposé très bientôt. A noter que ce poste attire la

de la vie, etc., mais ce que nous voyons n’est en effet que le prélude de la catastrophe qui se profile à l’horizon. Cela deviendra en effet de plus en plus dur parce qu’avec la crise économique, la difficulté de développer le tourisme, la difficulté de produire le textile et maintenant les pays acheteurs qui n’achètent plus, à qui va-t-on vendre ? Avec l’Inde, producteur de textile ? Avec la Chine, producteur de textile ? Avec l’Afrique du Sud, producteur de textile et de sucre ? Aussi longtemps qu’on a eu une politique néocoloniale, cela a marché mais aujourd’hui, tel n’est plus le cas. Donc, il faut trouver autre chose. Il faudra ainsi penser à une économie qui reposerait en premier lieu sur la production alimentaire. C’est-à-dire qu’il faut retourner vers l’agriculture mais cette fois-ci vers une agriculture moderne, qui ne vise pas qu’à produire que des ‘cash crops’ mais qui vise à produire ce dont a besoin une population pour se nourrir. Et là, la grande question est la suivante : que font ceux qui sont les grands propriétaires des terres ? Que ce soient grands planteurs ou moyens planteurs, qu’est-ce qu’ils font ?

fermes intégrées à Maurice. On peut aussi penser à des fermes qui produiront des oeufs, du poulet, de la viande, du poisson dans des bassins, etc. Il y a toute une panoplie de possibilités. ❚ Et l’industrialisation dans tout

cela ? Je ne dis pas par cela qu’il faut que nous abandonnons l’industrialisation complètement mais il va falloir qu’il y ait des industries pour produire des produits que nous consommons d’abord et il va falloir qu’il y ait des lois qui empêchent les firmes étrangères de

convoitise de plusieurs agents rouges, dont certains à l’intérieur même du Paille-en-Queue court. Mais le bilan positif et sans histoire de Viljoen semble avoir été suffisant pour convaincre Navin Ramgoolam de ce choix.

multinationales ? C’est ce que je crains le plus. Parce que les corporations, les multinationales, quand elles veulent entrer dans un pays, elles achètent pratiquement tous les décideurs et à partir de ce moment, elles font ce qu’elles veulent. Il y a une corporation qui s’appelle Bechtel et qui avait acheté les droits de collecter de l’eau de pluie en Bolivie. L’eau de pluie appartenait par conséquent à Bechtel. Il ne manquerait plus qu’à acheter l’air que l’on respire. C’est ça le but des corporations : faire un maximum de profit en peu de temps. Quid à rendre la vie des gens invivable. Heureusement qu’en Bolivie,

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tion alimentaire et c’est à partir de là que l’on pourra contrer les grand capitalistes. N’ayons pas peur de le dire : s’il y a nécessité, de par la politique alimentaire, de nationaliser des terres, il faut nationaliser ! Parler de démocratisation de l’économie sans parler de nationalisation, je trouve que c’est prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages. Veut-on vraiment démocratiser ? Nationalisez d’abord les terres et s’il faut payer des compensations, faisons-le. ❚ N’allons-nous pas vers un deuxième

‘Illovo deal’ avec cette formule de compensation ? Ecoutez, je ne veux pas entrer dans des polémiques. Je veux qu’on trouve une solution à tous ces problèmes. Vous savez, dans la Constitution il y a une chose : «If the purchase of something is national interest, the government should have the power to do so...». Si les jeunes ne se mobilisent pas et si les politiciens ne se reposent pas sur cette mobilisation, le grand capital va toujours régner. Il faut tout reprendre en main. Mais, avons-nous des leaders politiques capables de faire cela ?

❚ Que préconisez-vous?

Le problème fondamental pour Maurice sera celui de la sécurité alimentaire. Et là, ce n’est plus question de produire ce que nous avons l’habitude de manger. Bien qu’il y ait eu des progrès technologiques dans la production alimentaire. Par exemple, la production de riz ne pouvait se faire s’il n’y avait pas de marécages mais maintenant cela a changé. Mais, on pourrait produire ce que l’on doit consommer. Moi je crois que nous avons de la chance d’avoir une institution qui s’appelle l’Areu (Ndlr : Agricultural Research and Extension Unit) et on doit aller plus vers le concept : « Mangeons ce que nous produisons et produisons ce que nous mangeons ». Cela devrait devenir une devise nationale. J’ai souvent parlé de ça et nous avons un arbre miraculeux à Maurice, le fruit à pain. Il y beaucoup de choses qu’on peut faire à partir du fruit à pain : de la farine, des frites et plein d’autres choses et Tou sa la bann grimace sa... Ce que je veux cet arbre pousse n’imque l’on réalise, c’est qu’en 1967 c’était faux porte où. S’il y a de la recherche qui se fait, je de dire que la lutte était entre l’indépenpense qu’il serait possi- dance et le colonialisme. C’était un attrapeble d’avoir un tel arbre nigaud parce que la Grande-Bretagne avait qui rapporte tout au décidé de lâcher ses colonies de l’Est, c’estlong de l’année. Cela à-dire l’Afrique de l’Est, l’île Maurice, etc., pour dire qu’il ne faut plus aller dans la et les élections de 1967 étaient pour savoir logique du néolibéralisme, c’est-à-dire pro- qui allait gagner duire uniquement ce qui rapporte de l’argent et faire de sorte venir faire du dumping à Maurice. Ce que la population y participe. Un arbre que je dis est simple : il faut avoir le de fruit à pain dans la cour de chaque droit d’aller contre les règlements de Mauricien et encore faut-il apprendre à l’Organisation mondiale du commerce. protéger cet arbre. Il n’y a pas que le Il faut avoir le courage. Est-ce que nous fuit à pain, il y a le maïs, la pomme de avons des politiciens qui ont ce courage terre, l’arrouille, etc. Mais, il faut aussi ou est-ce qu’ils vont se laisser bouffer penser à travers une coopération, à des par les grosses firmes, les corporations

❚ Voyez-vous des jeunes ou autres se

mobiliser ici ? Ecoutez, il faut d’abord se demander s’ils ressentent la nécessité de se mobiliser. Avec le problème de réchauffement de la terre, de famine, de société, de stabilité, de pouvoir vivre normalement, avec tous ces problèmes, si on leur donne une indication, ils vont savoir où se trouvent leurs intérêts. Je ne parle pas d’un manifeste à la veille des élections, je parle de ‘grass root mobilisation’. Des leaders qui sont à la base de la société, dans les quartiers, les champs, les usines, partout où les gens travaillent. On parle de démocratisation. Pourquoi on n’a toujours pas une loi stipulant que dans chaque endroit où les gens travaillent, il doit y avoir un comité d’entreprise, une loi pour rendre obligatoire l’actionnariat, une loi pour que dans les board de direction, il y ait des représentants des employés ? les gens se sont battus et Bechtel a été obligé de plier bagage. ❚ Vous disiez quelque chose à propos

des propriétaires des terres... Le monde meilleur se fera s’il y a des gens qui se mobilisent contre la dictature, l’arbitraire et surtout contre l’espri dominer, comme on dit ici. Ceux qui ont des terres aujourd’hui construisent des villas qu’ils vendent aux étrangers et certaines personnes me disent qu’à travers ces villas, se construit une nouvelle forme d’apartheid à Maurice. ❚ Faites-vous référence à la région de

l’Ouest? C’est à vous d’aller vous renseigner. Aujourd’hui, le petit peuple doit se dire qu’il sera partie prenante de la nouvelle économie qui se basera sur la produc-

❚ Avons-nous des leaders non

néolibéraux et non néocoloniaux ? On a des leaders qui sont toujours présents dans les médias. Les médias ont une part de responsabilité. Que font-ils ? Il y a des jeunes ou des travailleurs qui s’organisent pour empêcher les licenciements, il y a des travailleurs qui luttent, est-ce que les médias sont présents ? Est-ce que les médias sont intéressés par le combat des femmes ? Ils ne sont pas intéressés à couvrir ces idées nouvelles parce que les médias aussi sont dominés par la culture néolibérale. Ce que les petits journaux peuvent faire, ça c’est une chose mais les grands journaux, excusez-moi, toujours guidés par l’idéologie néolibérale, ne sont pas intéressés. C’est pas commercial, c’est pas rentable. Il faut le dire, c’est comme ça.


AMÉLIORER LE SERVICE PUBLIC AFRICAIN

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CAPITAL

Le ministre de la Fonction publique et des réformes administratives, Ashit Gungah, a rencontré ce mardi M. Mulundwa, représentant du « All Africa Public Sector Innovation Awards » (AAPSIA). Cette visite s’insère dans le cadre de l’organisation de la prochaine cérémonie de

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ACTA PUBLICA MERCREDI 16 MARS 2011

remise de prix, qui aura lieu cette année, lors du sixième sommet du Pan African Ministers of Civil Service Meeting, qui doit se tenir au Kenya. L’AAPSIA vise à promouvoir l’innovation afin d’améliorer le service public dans la région africaine.

Arrêté pour un deuxième cas d’escroquerie EN DEUX semaines, c’est la deuxième fois qu’il se fait prendre pour une autre affaire d’escroquerie. Mais pour cette deuxième affaire, Satyadev Bissoo, plus connu sous le nom de ‘Pradeep’, n’a pas obtenu la liberté conditionnelle. C’est au poste de Stanley, qu’un certain Rajeshen Naiken, 28 ans, habitant Surinam, a déposé une plainte contre Satyadev Bissoo pour vente de terrain fictive. La présumée victime raconte : « En 2008, j’ai voulu acheter un terrain à Surinam de Pradeep Bissoo, qui a son bureau à Rose-Hill. Le prix convenu était Rs 375 000. Il m’a demandé de faire un dépôt de Rs 110 000 mais après avoir ACCUSÉ. Pradeep, l’escroc présumé (au centre), se rendant en Cour négocié, j’ai pu verser Rs 50 000. Une fois le L’enquête suit actuellement son cours sous la supervipaiement effectué, j’e nentends plus parler de lui. Linn roul mwa pandan 2 ans ! Ce n’est que par la suite que j’ai appris sion de l’inspecteur Rajesh Moorghen et son équipe. Cette affaire est aussi suivie de très près par l’association qu’il a vendu le même terrain à un certain Lee Chee ». Pour rappel, comme rapporté dans notre édition du 2 Sale by Levy and Justice, dont le principal animateur, mars, la police avait déjà arrêté Satyadev Bissoo pour un Cangayen Pillay, dit apporter tout son soutien à Ouma cas “d’embezzlement” quand il avait vendu un terrain Beehary qui aurait pris un emprunt auprès d’une banque situé à Hermitage, qui appartenait, en fait, à une certaine pour faire l’acquisition du terrain d’Hermitage, car elle Nicole Dupré (décédée deux semaines avant la vente), au risque maintenant de perdre sa maison qu’elle a mise en hypothèque. couple Beehary de Grand-Bois.

| Billet de MORDICUS |

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Disaster Management

eux tremblements de terre en l’espace d’un mois en Nouvelle-Zélande et au Japon devraient interpeller les autorités quant à la capacité du pays à faire face à des cataclysmes aux effets désastreux. Quand des désastres naturels frappent, ils peuvent même mettre à genou la troisième puissance économique mondiale au point de la contraindre à demander l’aide internationale. En 1984, après le passage du cyclone Bakoly, le Premier ministre d’alors, sir Anerood Jugnauth, avait très fièrement décrété que Maurice n’allait pas faire appel à l’aide internationale. Il avait foi en la capacité du pays à se relever, plus particulièrement les services d’utilité publique (eau, électricité et téléphone) à réparer les dégâts. Il faut cependant ajouter que la force de Bakoly n’avait rien à voir avec Carol, Gervaise ou Claudette de triste mémoire. Toutefois, quand le pays fut frappé par Hollanda en 1994, le leader de l’Opposition et l’actuel Premier ministre s’émut à l’Assemblée nationale, lors de sa Private Notice Question, que les secours à bord d’un blindé de la Special Mobile Force ne purent atteindre à temps un couple âgé de Tranque-

bar qui avait été grièvement blessé après qu’un arbre se soit abattu sur sa demeure. Le même sir Anerood Jugnauth fut cette fois sur la défensive. Presque deux décennies après, Navin Ramgoolam peut-il avoir la garantie du Commissaire de police que les secouristes de la police peuvent éviter un tel drame parce qu’ils sont mieux équipés et formés ? Nous assistons depuis peu à des scènes presque identiques à chaque fois que des pluies diluviennes s’abattent sur le pays. Routes coupées, cours et maisons inondées et, des fois, nous passons tout près d’un drame comme ce car avec des gosses et l’assistante qui restèrent bloqués à cause des torrents. Et pour envenimer les choses, certains habitants de Sainte-Croix pensent qu’ils ont droit à une compensation financière supérieure à celle de leurs autres compatriotes affectés. La faute est aux Mauriciens qui ont construit n’importe comment et n’importe où mais aussi aux autorités pour avoir toléré de tels actes. Mais quelqu’un, quelque part est-il en train de réfléchir sur les conséquences dramatiques qui pourraient survenir si jamais le pays devait faire face à quinze jours de précipitations continues comme ce fut le cas en 1980 dans le sillage

du cyclone Hyacinthe ? Il semble que les leçons de mars 2008 n’ont pas été bien apprises. Le mécanisme mis en place pour le ‘disaster management’ comporte encore des faiblesses. Le drame, c’est que des personnes qui occupent des postes de responsabilité abdiquent trop souvent. Prenons le cas des pluies torrentielles de la semaine dernière. Il y avait forcément quelqu’un à la station météorologique qui ne voulait pas décréter l’alerte le matin mais qui a attendu plusieurs heures pour le faire. Pourquoi ? Prendre une telle décision, qui aurait eu pour résultat la fermeture de toutes les écoles du pays, est une énorme responsabilité que peut-être le fonctionnaire n’était pas prêt à prendre à six heures du matin. Suresh Seebaluck, l’actuel Chef de la Fonction publique, est un haut fonctionnaire très capable, honnête et intègre. Il a assumé jusqu’ici le rôle de coordonnateur du comité sur les désastres naturels avec brio. Mais le pays a besoin de bien plus qu’un comité ad-hoc. Il nous faut un ‘disaster management centre’ qui fonctionne en permanence. Pas seulement durant la saison des pluies diluviennes. Mais aussi quand les réservoirs sont asséchés et si d’aventure le pays était affecté par une marée noire.

| Billet de RAJEN VALAYDEN |

Jaidé (Laisse faire)

L

e chef de l’Etat, sir Anerood Jugnauth, se fait du souci à propos de la flambée des prix et de la spirale de l’endettement, alors que le Premier ministre, Navin Ramgoolam, se lance dans une campagne afin de préparer la population à affronter les mesures inévitables que le gouvernement sera appelé à prendre incessamment. Autre message ayant retenu l’attention cette semaine, celui de l’Evêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, qui, dans son mandement de carême, s’est appesanti sur l’importance de conscientiser la population face aux défis écologiques. Ces trois discours sonnent comme un refrain auquel nous nous sommes habitué au fil des années. Ils nous ramènent une fois de plus au point de départ, c’est-àdire au modèle de société que nous avons choisi en connaissance de cause. Alors que nous consacrons nos dettes à financer les infrastructures qui semblent nous procurer une vie meilleure, elles ont un impact irréversible sur notre environnement. Les rapports successifs du Management Audit Bureau, la dette publique que porte chaque nouveau né, soit Rs 61 000, et les scandales qui s’entassent, qu’importe le régime en place, sont les preuves irréfutables que nous sommes toujours de piètres gestionnaires et que nos plus beaux discours sont très souvent creux et dénués de toute sincérité. Ce peuple si admirable, qui a su surmonter l’époque du « patate, manioc ek dipain sardine », est certainement bien équipé pour comprendre les enjeux mondiaux et les nouveaux paramètres économiques. Mais ce qui inadmissible, c’est cette demande de sacrifice qui intervient alors que d’autres, avec une arrogance déconcertante, se soucient surtout d’accroître leur patrimoine familial en se servant, en toute impunité, des caisses publiques. Il s’agit de ceux-là même qui viendront plus tard prêcher la bonne parole et nous forcer à comprendre que notre salut dépend des partenaires stratégiques auxquels nous confierons nos institutions les plus rentables. Les événements internationaux de ces dernières semaines ne suffissent-ils pas à nous faire prendre conscience de la nature fragile de la vie et de la futilité de la démagogie ? Y a-t-il un discours plus puissant que ces images effrayantes qui défilent quotidiennement sur nos écrans ? Mais une fois de plus, nous resterons de marbre, croyant que ça n’arrive qu’aux autres. Nous continuerons donc à abattre les arbres, à brader nos terres, à endetter nos enfants, à nous battre à cause de nos différences ancestrales et à piller nos propres poches. Après tout, c’est bien cela que certains trouvent admirable chez nous.


CERTAINS PRIX VONT BAISSER C’était hier la Journée internationale des droits des consommateurs. Le ministre Showkutally Soodhun a annoncé, à cette occasion, une baisse de prix de certains produits alimentaires. C’est un total de 64 produits

alimentaires qui verront leurs prix revus à la baisse de Rs 2 à Rs 3. Le riz, le lait, l’huile, les grains secs et les céréales y figurent. Léger soulagement pour les consommateurs, d’autant plus qu’il s’agit de denrées

de base. La démarche du ministre fait suite à l’appel qu’il avait lancé à 8 gros importateurs pour qu’ils acceptent de baisser les prix de ces produits pour aider les ménages à faire face à la crise.

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ACTA PUBLICA MERCREDI 16 MARS 2011

Le Petroleum Pricing Mechanism a tranché. Depuis mardi, les consommateurs doivent débourser Rs 2.80 et Rs 4.50 de plus pour l’essence et le diesel, respectivement. Il fallait s’y attendre. Mais tous ne sont pas sur la même longueur d’onde quant aux analyses

ESSENCE : LES RAISONS DE LA HAUSSE UNE ÉNIÈME hausse vient s’ajouter à la cascade d’augmentations qui donne le vertige aux familles mauriciennes depuis quelques semaines. Le panier ménager s’alourdit chaque semaine davantage. Même s’il serait exagéré de parler de panique des consommateurs, il faut bien se rendre à l’évidence que la préoccupation des ménages est bien réelle face à la valse des étiquettes. La hausse des prix des commodités de base est devenue sujet de conversation courante, cela d’autant plus que certains produits alimentaires qui ont subi des hausses de prix conséquentes depuis le début de l’année, représentent une part importante et incompressible des budgets familiaux. La frustration et la colère est palpable face à cette hausse des prix. IMPACT SÉVÈRE L’économiste Eric Ng Ping Chung, Managing Director de Pluriconseil Ltd, est d’avis que cette hausse du prix du carburant était inévitable et engendrera sans doute un impact mondial sévère. Mais celui-ci ne serait toutefois pas comparable à la crise de 2008. « Revoir la structure des prix et reconsidérer l’idée de la TVA sur le pétrole pourraient être des mesures qui aideraient à amortir le coût de la vie des consommateurs », avance l’économiste. Li Kwong Wing Kee Chong, le responsable du dossier économique au Mouvement militant mauricien (MMM), est catégorique : ce ne sont pas les facteurs extérieurs qui sont à l’origine de l’augmentation du prix des produits pétroliers, mais la mauvaise gestion des décideurs politiques et des personnes à la tête de la State Trading Corporation (STC) qui ont mené le pays à des pertes de plus de Rs 4,7 milliards. Selon lui, l’appréciation

des prix. Pour ce qui est de la récente hausse du prix du carburant, Ashok Subron ne passe pas par quatre chemins pour critiquer la politique du gouvernement sur le ‘hedging’ et conclure que « les consommateurs sont en train d’éponger le hedging, faute d’une mavaise politique du transport. » Et de rappeler qu’une manifestation est prévue le 2 avril prochain à Port-Louis pour dénoncer la politique économique du gouvernement.

LES AMÉRICAINS S’ÉTAIENT PRÉPARÉS Les Etats-Unis puisent désormais de ses réserves. Les digireants américains avaient bien fait ressortir, depuis un bon bout de temps déjà, que si la situation persiste (la tendance haussière du prix du pétrole), le pays devrait se tourner vers ses réserves. Si dans un premier temps, et à court terme, le Japon va contribuer à faire baisser le prix du pétrole, la tendance sera inversée à long terme dans le sillage du tsunami et de ses conséquences. Tel est, du moins, l’observation de plusieurs économistes. Une spéculation des plus crédible, étant donné que le pays du Soleil levant est le troisième consommateur de pétrole au monde derrière la Chine et les Etats-Unis. Soulignons que les capacités de raffinage du Japon ont été réduites de 1,3 million de barils par jour, soit 29% des capacités totales, selon les données de l’Association pétrolière japonaise. Résultat : le Japon devra importer du pétrole, ce qui exacerbera davantage la défaillance de l’offre par rapport à la demande et qui impactera sur le prix forcément.

de la roupie a aidé à amortir une hausse beaucoup plus conséquente qui se serait située autour de 10 %. Le député soutient également que le prix historique de l’essence est dû à une combinaison de mauvaises décisions, notamment le hedging, la TVA sur les produits pétroliers et surtout l’Excise Duty de 10 % introduite par Pravind Jugnauth dans le budget 2011. POLITIQUE INFLATIONNISTE Mais le comble, selon le député de l’opposition, serait que cette logique est incompréhensible vu que les cours du pétrole avaient déjà atteint les $112 le baril en octobre 2008 et que le prix était alors de Rs 46.80. Le MMM maintient que la politique inflationniste de Pravind Jugnauth, qui prône un ‘More Tax Budget’, et les décisions comme le prélèvement de 47 % sur les prix des produits pétroliers pour financer la Road Development Authority et le MID Fund, entre autres, alors qu’on devrait en faire

provision dans le budget, sont autant de facteurs qui ont provoqué cette augmentation historique. Le MMM réclame des sanctions à l’encontre des personnes responsables de cette situation qu’il juge catastrophique et sans précédent. Il demande également des mesures pour venir en aide à ceux qui sont les plus touchés par cette crise. Quant au syndicaliste Ashok Subron, de la Confédération des syndicats de gauche, il se dit très inquiet face aux diverses augmentations des prix, résultat de la mauvaise politique du gouvernement. « Je crois que les mauvaises mesures budgétaires ont encouragé la flambée des prix. Après l’augmentation des tickets d’autobus et celle de l’électricité, suivie des denrées alimentaires, le gouvernement a prouvé son incompétence face au contrôle des prix ». Le syndicaliste ajoute que ces augmentations ne sont nullement en faveur de la classe des travailleurs qui sont les premiers à subir le choc de la flambée

SURTAXE Le président de l’Association pour la protection de l’environnement et des consommateurs (APEC), Suttyhydeo Tengur, déplore également la hausse du prix de l’essence, qui est passé à Rs 51.30 le litre alors que le diesel se vend à Rs 43.50 le litre depuis mardi. Il insiste que l’Etat doit s’assurer que ces majorations ne pénalisent pas les consommateurs. « On ne peut faire payer un ‘inflated price’ aux consommateurs alors que le prix réel du pétrole est significativement inférieur. Si le prix actuel est de Rs 51.30, il s’agit bien d’un prix gonflé d’environ Rs 3 – conséquence d’une surtaxe prônée par le gouvernement sur l’essence », tempête le syndicaliste. Suttyhydeo Tengur estime qu’il faut revoir toute la politique de taxation des carburants afin de protéger l’intérêt des consommateurs. « Par exemple, il ne faut pas que la STC continue à pénaliser les consommateurs en utilisant l’argent provenant de ces surtaxes pour construire des ‘strategic reserves’ de pétrole dont le coût est estimé à environ Rs 600 millions. Si le gouvernement décide d’aller de l’avant avec ce projet, autant le faire avec l’argent provenant du Consolidated Fund ! »


LE DIRECT TAX CODE DÉCORTIQUÉ

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ACTA PUBLICA MERCREDI 16 MARS 2011

Le projet de Direct Tax Code (DTC) entamé par le gouvernement indien est une combinaison d’importants allégements fiscaux et de l’élimination de ‘tax-exempted benefits’. Il est prévu que le DTC inaugure un nouveau

régime fiscal dans la Grande péninsule et incite à plus de transparence et de conformité. Les objectifs du DTC sont, entre autres, d’introduire des niveaux modérés de la fiscalité, d’élargir la recette fiscale et de réduire les litiges. Il

existe plusieurs dispositions clés du DTC qui seraient d’importance capitale pour Maurice, surtout pour ceux qui véhiculent leur investissement, à travers Maurice, vers l’Inde.

OFFSHORE

REZA UTEEM : « UN SECTEUR COMPLÈTEMENT DÉLAISSÉ »

Depuis quelque temps déjà, l’offshore mauricien se retrouve sous le feu des projecteurs. Les scandales et autres rumeurs, qui font état de cas de corruption, de blanchiment d’argent, ou encore des sommes que le clan Kadhafi aurait à Maurice, nuisent à sa réputation. Reza Uteem, avocat d’affaires et député du MMM, est revenu, pour Capital, sur les lacunes du secteur, nos liens fragilisés avec l’Inde et l’absence dommageable d’un ministère dédié au secteur financier | HERRSHA LUTCHMAN-BOODHUN LE GOUVERNEMENT mauricien désire positionner Maurice en tant que ‘financial hub’ dans la région de l’océan Indien. Pourtant, le secteur financier est sujet à des remous. Récemment, le gouvernement indien a demandé certaines informations aux autorités mauriciennes par rapport à un cas soupçonné de fraude dans le secteur de la téléphonie et qui impliquerait l’offshore mauricien. Nos liens avec la Grande péninsule pourraient d’autant plus se fragiliser que, dans son Budget 2011 présenté récemment, le gouvernement indien a fait comprendre que tout pays qui n’est pas disposé à procéder à des échanges d’informations financières sera sujet à des « anti-avoidance measures whereby the Government can notify such country or territory as a Notified Jurisdiction ». RÉPERCUSSIONS NÉFASTES Si Maurice devait recevoir une telle notification, cela risquerait d’avoir des répercussions néfastes sur la réputation du pays. Or, les autorités mauriciennes n’ont pas encore donné suite aux demandes d’informations venant de l’Inde. Les autorités indiennes ont d’ailleurs adressé un ‘reminder’ en ce sens à leurs homologues à Maurice. Reza Uteem, dont le cabinet - Uteem Chambers -, a assisté à l’enregistrement de sociétés offshore à Maurice, est catégorique à ce sujet : l’offshore mauricien demeure l’enfant pauvre du gouvernement. Il a été, selon lui, complètement délaissé et les lacunes se font de plus en plus sentir dans le secteur. Pour le député du MMM, le secteur est à un tournant et a plus que jamais besoin du soutien du gouvernement. A cet effet, il souligne le fait que le gouvernement indien a introduit une législation de Direct Tax Code (DTC), qui entre en

CONSTAT. Pour Reza Uteem, l’offshore mauricien n’a pas connu de grands développements récemment

vigueur en avril 2012. Cette loi permettrait aux autorités indiennes de taxer des entités mauriciennes si elles estiment que la structure a été mise sur pied dans le but de ne pas payer d’impôts en Inde. Et ce malgré le traité de non-double imposition liant nos deux pays. « Les investisseurs sont très nerveux, et cela a un impact négatif sur le secteur. Dans de telles conditions, celui-ci s’attend à ce que le gouvernement mauricien discute avec les autorités indiennes afin de sauvegarder nos intérêts. On aurait aussi pu s’attendre à ce que le gouvernement s’engage dans une campagne internationale afin de trouver de nouveaux marchés pour diminuer notre dépendance sur le traité existant avec l’Inde ». Pour l’avocat d’affaires, l’offshore mauricien n’aura pas récemment connu de grands développements, à l’exception de quelques scandales. Le secteur aurait même, sous certains aspects, régressé. Il prend pour exemple l’agence dédiée exclusivement à la promotion du secteur et à la formation des professionnels. Celle-ci aurait été dissoute par le gouvernement sans qu’il y ait de raison valable à cela. La promotion de l’offshore mauricien a par la suite été confiée au Board of Investment

(BOI). Cet organisme, selon Reza Uteem, n’a rien fait depuis cinq ans, à part quelques conférences, pour promouvoir le secteur financier à Maurice. « Ils n’ont pas un directeur responsable du secteur. Les fonctions de la BOI sont incompatibles avec la promotion du ‘global business’, car la BOI attire les investisseurs qui veulent investir à Maurice, alors que le secteur offshore concerne les investisseurs qui veulent investir, à travers Maurice, dans d’autres pays, tels l’Inde ou la Chine », lance-t-il. LÉGISLATIONS INSUFFISANTES Reza Uteem juge également insuffisantes les législations qui régissent le secteur : « En 2005, j’avais même rédigé un projet de loi pour la mise en place des Limited Liability Partnership, mais il est resté au frigo, sans raison valable ». En 2009, le directeur d’alors de la Financial Services Commission (FSC) avait pourtant, dans une conférence internationale, annoncé l’adoption imminente du projet de loi. Lors des consultations budgétaires avec le ministère des Finances, des représentants du secteur avaient fait plusieurs recommandations, dont l’exonération complète d’impôts pour les fonds d’investissement, afin, affirmaient-ils, que Mau-

rice puisse concurrencer d’autres centres financiers, tels les îles Caïman. Mais une fois de plus, rien n’a été fait. « Pour vous montrer à quel point le gouvernement se moque royalement du secteur offshore, cela fait déjà trois mois, depuis le départ de Milan Meetarbhan pour Washington, que la FSC, organisme régulateur du secteur, est sans Chief Executive Officer », avance le député mauve. Ce dernier soutient également que l’absence d’un ministère dédié au secteur financier accentue

davantage les lacunes notées. Malgré les manquements du secteur, ou peut-être à cause d’elles, Maurice est souvent perçue comme un pays qui incite à l’évasion fiscale ou encore à l’’illegal routing of funds’. Une réputation que n’arrangent pas les récents scandales financiers. Reza Uteem avance toutefois que le pays a les législations et les réglementations nécessaires pour combattre le blanchiment d’argent, et ce « même si dans la pratique, l’Independent Commission against Corruption n’est pas aussi efficace qu’elle aurait dû l’être. Ceci dit, Maurice est considérée comme une jurisdiction propre et n’est pas ‘blacklisted’ par les organisations internationales ». Reza Uteem concède aussi qu’il est difficile d’empêcher des personnes d’utiliser le secteur offshore pour de mauvaises raisons. C’est là, concède l’avocat, que les Management Companies et les banques ont un rôle important à jouer par rapport aux investisseurs et aux mouvements d’argent, puisque toute affaire impliquant Maurice dans un cas de blanchiment d’argent est mauvaise publicité.

ORGANISMES RÉGULATEURS : UNE FUSION À CONTRE-COURANT Le dernier budget prévoit une possible fusion de la Bank of Mauritius (BoM) et de la Financial Services Commission (FSC) dans le but de réglementer davantage le secteur de l’offshore et d’en avoir un meilleur contrôle. Cette possibilité avait déjà été entrevue lorsqu’entre 2000 et 2001, le gouvernement avait mis sur pied un ‘steering committee’ chargé de revoir la réglementation du secteur financier. Ce comité avait recommandé qu’il y ait deux organismes régulateurs différents : la Bank of Mauritius, pour réglementer le secteur bancaire, et la Financial Services Commission, pour réglementer le secteur nonbancaire. Le comité avait aussi recommandé la fusion de ces deux organismes pour qu’il n’y ait éventuellement qu’un seul régulateur, une ‘Monetary Authority’, comme c’est le cas à Singapour. Mais depuis, des scandales comme Enron, qui avait ébranlé les EtatsUnis, ainsi que la crise de liquidité (‘credit crunch’), ont changé la donne. Selon les experts, la tendance internationale va à l’encontre d’une fusion d’organismes régulateurs. D’ailleurs, malgré ses promesses électorales, une fois au pouvoir, le parti conservateur, en Angleterre, a dû préserver l’indépendance des conseils d’administration de la FSC et de la Banque centrale britannique. « Je pense qu’il serait dangereux de centraliser trop de pouvoirs entre les mains de la Banque centrale », explique Reza Uteem.


UN COMBAT PERMANENT

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Le directeur général de la Mauritius Revenue Authority (MRA) est catégorique : le combat contre l’évasion fiscale et la fraude est un combat permanent. Ainsi, une Intelligence Unit a été mise sur pied au sein du Fiscal In-

vestigation Directorate afin de recueillir des informations sur les contribuables coupables d’évasion fiscale. Plusieurs autres institutions aident à cette collecte d’informations, à l’instar de la Motor Registration Authority.

Les données concernent principalement les achats et ventes, les intérêts et les dividendes entre autres. Ces données sont ensuite vérifiées et contre-vérifiées pour détecter d’éventuelles anomalies.

La Mauritius Revenue Authority accorde une extension d’une quinzaine de jours, au-delà de la date butoir du 31 mars, aux contribuables qui opteront pour la voie électronique pour leur déclaration et leur paiement. Elle promet même un tirage au sort avec, comme récompense, un premier prix Rs 50 000. Mais ce n’est pas du “gambling”, explique Sudhamo Lal, son directeur général | HERRSHA LUTCHMAN-BOODHUN

SUDHAMO LAL

« La TVA rapporte Rs 21 milliards à l’Etat »

PHOTOS : MANOJ NAWOOR

Les paiements se font actuellement en espèces ou par chèque à nos comptoirs, à Port-Louis. Les gens sont habitués à ce mode de paiement. La transmission électronique des déclarations (E-Filing), il convient de le dire, ne résout pas certains problèmes. Donc, nous avons pensé, pour faciliter les contribuables, leur proposer le paiement par l’Internet Banking. Et beaucoup ont commencé à en prendre avantage. Très important à savoir, les banques ne facturent pas leurs clients pour cette transaction. Les 8 principales banques du pays ont accepté de faire l’intermédiaire entre leurs clients et la MRA

PERSPECTIVE. Pour Sudhamo Lal, le fisc doit évoluer pour être au diapason des réalités actuelles

❚ Vous insistez beaucoup sur

l’usage de l’électronique dans les relations contribuables-MRA. Quelle évaluation faites-vous dans ce domaine ? Le EFiling fait-il plus d’adeptes ? Absolument. La première année, nous avions eu 1 300 contribuables qui avaient pris avantage de ce nouveau mode de déclaration d’impôt. L’année dernière, ils étaient 45 000 individus et 13 000 entreprises à opter pour le EFiling. Notre objectif est d’atteindre le chiffre de 60 000 cette année. La voie électro-

nique est sûre, et le logiciel calcule lui-même la taxe à payer. Par conséquent, les contribuables n’ont pas à se déplacer pour venir à notre bureau, à Port-Louis, et passer des heures à faire la queue. Pour la MRA, le système est efficace et précis. C’est aux contribuables d’en profiter. ❚ Est-ce un signe que la

population est de plus en plus éduquée en informatique ? Je crois que oui. Maintenant, presque chaque famille mauricienne possède un ordinateur. Pour ceux qui

ne possèdent pas d’ordinateur, nous en fournissons à notre centre. Il y a aussi le service Internet. Nos agents sont également disponibles pour les aider. Par ailleurs, le 26 et le 27 mars, soit le dernier week-end du mois, nous serons présents dans une quinzaine d’endroits à travers l’île. Et nous serons équipés d’ordinateurs et d’Internet haut débit. Les contribuables auront un maximum d’informations et un maximum d’aide pour leur déclaration par voie électronique. Au-delà de ces facilités, nous avons pensé récom-

penser les contribuables qui optent pour la voie électronique. Les personnes qui déposent leur déclaration par voie électronique participeront automatiquement à un tirage au sort. Une vingtaine de contribuables seront récompensés. Le premier prix sera Rs 50 000. ❚ Mais il n’est pas nécessaire

de maîtriser l’informatique pour opter pour le E-Filing ? Nous pensons que 90 % de nos contribuables sont familiers avec l’outil informatique. Mais il reste à changer


REÇU, S’IL VOUS PLAÎT Commerçants et consommateurs n’ont qu’à bien se tenir et se conformer aux règles. Depuis plus d’un mois, la MRA a lancé une campagne de sensibilisation visant principalement les commerçants. Une campagne dont l’objectif est de mettre un frein aux pratiques malhonnêtes aux-

les mentalités. Nous offrons un service à portée de main. Une personne peut être experte en informatique, mais ne sait toujours pas comment remplir le formulaire et calculer la taxe. Notre système fait automatiquement le calcul. Le logiciel vous demande votre nom et votre numéro de contribuable. Après cela, il pose des questions sur votre salaire, vous demande des renseignements sur votre situation, puis il calcule et émet un reçu. Il est plus facile de faire une déclaration par voie électronique que par voie manuelle. Vous n’avez même pas besoin de déposer de document. ❚ Combien rapportent les

taxes à l’Etat ? Quelles sont vos prévisions en termes de recettes de la TVA ? En fait, pour les salariés mensuels, les taxes sont déjà prélevées par l’employeur. Les salariés font leur déclaration, mais tous n’ont pas forcément à payer la taxe. La recette totale provenant de l’impôt sur le revenu se situe autour de Rs 4 milliards. Quant à la TVA, qui est une taxe sur la consommation, elle nous rapporte une somme de l’ordre de Rs 21 milliards. De ce montant, 50 % proviennent des marchandises importées et taxables à hauteur de 15 %. L’Excise Duty tourne autour de Rs 9 milliards. C’est une taxe sur les produits de luxe, mais qui concerne également plusieurs produits, dont le tabac, l’alcool, les grosses voitures, les produits pétroliers et en plastique. La taxe sur le plastique, il faut le souligner, vise à changer le comportement des gens en vue de décourager l’usage de ce matériau qui est un gros pollueur. Il s’agit d’une taxe verte. Les sociétés, quant à elles, versent environ Rs 8 milliards dans les caisses de l’Etat à travers la Corporate Tax. ❚ Vous faites un tirage au

sort pour récompenser les contribuables optant pour le E-Filing. Vous encouragez donc le gambling ? Oh, ce n’est pas la même chose, car ils n’ont pas à payer quoi que ce soit ou investir dans quoi que ce soit. La seule chose, c’est de leur faire comprendre qu’ils peuvent faire leur déclaration par voie

dustrie du jeu rapporte beaucoup aux caisses de l’Etat... Je dois tout d’abord préciser que c’est une industrie fortement taxée. Les casinos doivent payer une taxe, mais il n’y a pas de taxe sur les paris. De même, il y a une taxe sur les courses hippiques. La Gambling Regulatory Authority (GRA) impose la taxe et la MRA perçoit la taxe. Ainsi, les casinos paient 50 % de leurs chiffres d’affaires. Pour les courses hippiques, le pourcentage passe de 8 % à 10 %. En termes de fiscalité, nous avions projeté Rs 1,1 milliard pour 2010. Nous avons recueilli Rs 1,5 milliard. ❚ Avez-vous eu des diffi-

vient de l’avant avec le EPayment. Il est donc possible aujourd’hui de vous payer avec des cartes de crédit ? Dites-nous, comment ça marche ? Les paiements se font actuellement en espèces ou par chèque à nos comptoirs, à Port-Louis. Les gens sont habitués à ce mode de paiement. La transmission électronique des déclarations

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Nous pensons que 90 % de nos contribuables sont familiers avec l’outil informatique. Mais il reste à changer les mentalités. Nous offrons un service à portée de main. Une personne peut être experte en informatique, mais ne sait toujours pas comment remplir le formulaire et calculer la taxe. Notre système fait automatiquement le calcul

❚ Toujours est-il que l’in-

❚ Après le E-Filing, la MRA

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électronique et qu’il existe une possibilité d’obtenir une petite récompense. Ce n’est pas un jeu en tant que tel, loin de là.

cultés à vous adapter aux changements apportés par le gouvernement central, concernant par exemple la taxe sur les intérêts, l’abolition de la National Residential Property Tax (NRPT) ? Le principal changement a été l’abolition de la NRPT. Cela ne crée pas de difficultés administratives pour nous. En ce qui concerne la taxe sur les intérêts, il a été annoncé que l’annulation prend effet à compter du 1er janvier 2010. Jusqu’ici, il n’y a pas eu de problème. Toutefois, il y a des gens qui ont été soumis à des déductions fiscales, surtout ceux qui avaient des dépôts bancaires dépassant Rs 2 millions. Mais depuis, tout se passe pour le mieux. La taxe déjà déduite par les banques doit être remboursée, et il faut faire ressortir que ces impôts seront ajustés à la taxe payable l’année prochaine, en 2012, et en 2013.

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quelles s’adonnent les opérateurs dont les revenus annuels dépassent le seuil de Rs 2 millions. Selon les officiers de cet organisme, certaines personnes parviennent toujours à éviter le paiement des impôts en ne délivrant aucun reçu lors de leurs transactions.

FUTUR. La MRA privilégie de plus en plus les déclarations et le paiement par voie électronique

(E-Filing), il convient de le dire, ne résout pas certains problèmes. Donc, nous avons pensé, pour faciliter les contribuables, leur proposer le paiement par l’Internet Banking. Et beaucoup ont commencé à en prendre avantage. Très important à savoir, les banques ne facturent pas leurs clients pour cette transaction. Les 8 principales banques du pays ont accepté de faire l’intermédiaire entre leurs clients et la MRA. Et nous insistons, il n’y a aucun frais à payer sur le E-Payment. En ce qui concerne le paiement par les cartes de crédit, il y a d’autres implications, il y aura des frais que les contribuables aussi bien que la MRA auront à payer. Valeur du jour, c’est une question que nous ne sommes pas en mesure de résoudre. Espérons que cela se fera dès l’année prochaine. ❚ Il y a un bon nombre de

cas devant l’Assessment Review Committee (ARC). La MRA y a remporté un bon nombre d’affaires... La MRA a des agents qui

la représentent au niveau de l’ARC. Il y a une audience informelle avant que le cas ne soit déposé. Dans la plupart des cas, les contribuables viennent avec des documents qu’ils n’avaient pas présenté au stade initial. Les trois parties entament alors une procédure formelle et nous passons à l’étude de ces documents. Si le contribuable est prêt à payer la taxe, nous lui accordons un certain délai. Cette approche a aidé la MRA à collecter plus de recettes que dans le passé. Avec la réduction de contentieux inutiles, nous avons réussi à améliorer notre image, en tant qu’institution qui tient compte des difficultés des contribuables. ❚ Pendant les six dernières

années, le gouvernement a tenté de structurer le secteur informel. Quand un marchand de dhollpuri accepte de vous payer Rs 3 millions d’impôt, vous devez être plus que satisfait... Quand on parle du secteur informel, dans de nombreux pays, c’est aussi grand que le secteur formel, sinon plus.

Dans certains pays, le taux d’imposition est de 35 % à 40 %. Ce qui signifie que le secteur informel est dominant. A Maurice, nous avons un taux d’imposition de seulement 15 %, et notre ratio impôts/PIB dépasse 18 %. Lorsque nous parlons de secteur informel, c’est vaste. A titre d’exemple, une personne qui achète des marchandises en provenance de Chine pour les vendre sur le trottoir doit déjà payer un frais à la douane. Puis, elle les vend dans la rue et ne paie pas d’impôt sur son revenu. Supposons, d’autre part, qu’une personne achète d’un grossiste local. Ce dernier, en tant qu’importateur, a déjà payé la taxe. Le champ du secteur informel à Maurice est vaste, il concerne également, par exemple, les enseignants qui donnent des leçons particulières, les vendeurs de dholl-puri et de kebab entre autres. Dans un cas, un vendeur de kebab a accepté de verser Rs 3,1 millions. Dans deux autres cas, ils ont payé Rs 2,7 et 1,5 millions. Quand certains commencent à se faire prendre, d’autres commencent à se conformer aux règles. Ils commencent à déclarer leurs revenus. Ils comprennent le signal, et c’est tant mieux. En ce qui concerne les enseignants, nous en avons identifié quelque 172 qui donnent des leçons particulières. Nous avons procédé à une évaluation serrée en étudiant le secteur, en recueillant des informations à leur sujet auprès de leur établissement. Dans un cas, un enseignant a été sommé de payer Rs 900 000.


COMMUNICATION FULL SWING La Mauritius Revenue Authority favorise la communication avec tous ses partenaires. C’est dans ce but que l’organisme d’Etat met en place un mécanisme qui va faciliter une interaction régulière avec les représentants de la presse et assurer

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qu'il y ait un 'level playing field' dans la dissémination d'informations afin de toucher l'ensemble des contribuables. Ce sera aussi l’occasion de passer en revue les actions entreprises jusqu'ici par la MRA.

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RAPPORT FMI

La bonne note de la MRA La Mauritius Revenue Authority (MRA) a reçu le sceau d'approbation du Fonds monétaire international (FMI). Un rapport de cet organisme parle de la bonne performance de la MRA et de l'amélioration de ses services, tout en exprimant quelques réserves quant aux mécanismes d'appel

L'un des éléments positifs relevés par le FMI dans son rapport concerne l’investissement de la MRA dans le renforcement de ses capacités internes à travers une formation continue, l'implémentation de nouvelles conditions de travail et l’encadrement des employés, qui auraient contribué, de façon significative, à l’efficacité de l'organisme

DANS SON « Public Expenditure and Financial Accountability Report » publié en février 2011, le Fiscal Affairs Department du Fonds monétaire international (FMI), a salué les progrès accomplis par la Mauritius Revenue Authority (MRA) depuis sa création en 2006. Selon ce rapport, « Mauritius tax laws and regulations are overall of high quality. A significant number of publically available clear tax rulings contain Mauritius Revenue Authority’s interpretation of the law upon which taxpayers may rely. MRA was established since 2006 and has achieved significant progress in many areas including the establishment of Large and Medium size taxpayer departments, functional organisation, risk based audit and taxpayer education ». L’ARC PAS INDÉPENDANT L’institution internationale salue aussi l’efficacité et la transparence de la Mauritius Revenue Authority quant à l’application des mesures budgétaires. Les critères clés de cette évaluation sont la maîtrise et l’interprétation des

Mauritius tax laws and regulations are overall of high quality. A significant number of publically available clear tax rulings contain Mauritius Revenue Authority’s interpretation of the law upon which taxpayers may rely. MRA was established since 2006 and has achieved significant progress in many areas including the establishment of Large and Medium size taxpayer departments, functional organisation, risk based audit and taxpayer education

nouveaux cadres d’impôts, l’accès à l’information, les procédures administratives et les mécanismes d’appel. Si on note une nette progression dans les trois premiers critères par rapport à l’évaluation 2007 du FMI, par contre beaucoup reste à faire au niveau des mécanismes d’appel, où la MRA piétine toujours. L'Assessment Review Committee (ARC), qui a remplacé l’ancien Tax Appeals Tribunal en 2003, est couvert par les provisions de la MRA Act, alors qu’il doit impérativement être indépendant. EN CRÉOLE AUSSI On déplore aussi un certain manque de transparence dans les cas d’appel et un manque de moyens pour la révision des décisions de l'Assessment Review Committee, alors que 80% des décisions prises par ce comité sont en faveur de la Mauritius Revenue Authority. Le rapport du FMI fait cependant l’éloge des mesures prises pour conscientiser et éduquer les contribuables, ainsi que les efforts entrepris pour informatiser

le système de la MRA afin d’assouplir les étapes administratives. L'équipe d'experts ayant rédigé le rapport, composée de Peter Murphy, Jason Harris, Irina Luca, Patrick Kabuya et Maarten De Zeeuw, recommande par ailleurs l’introduction de matériel de communication en français et en créole afin de faciliter la compréhension de tous. L'un des éléments positifs relevés par le FMI dans son rapport concerne l’investissement de la MRA dans le renforcement de ses capacités internes à travers une formation continue, l'implémentation de nouvelles conditions de travail et l’encadrement des employés, qui auraient contribué, de façon significative, à l’efficacité de l'organisme. En ce qui concerne le niveau comparatif des législations fiscales en vigueur et les règles relatives aux impôts, le FMI se dit satisfait, d’autant plus que l'île Maurice est signataire d'accords de nondouble imposition avec 36 pays de la région, ainsi que de dix traités spécifiques avec d’autres Etats partenaires. Quant à la direction de la MRA, elle se dit encouragée par le contenu du rapport du Fonds monétaire international et croit fermement que le mesures actuellement implémentées aideront à faire de cette institution un partenaire incontournable des contribuables. A l’hôtel du gouvernement, on affiche également une grande satisfaction par rapport au travail abattu par la MRA, surtout après la révision de certaines lois fiscales lors du dernier budget. Ce qui a d’ailleurs été repris par les auteurs du rapport, qui affirment que les « Budget execution systems are strong and comprehensive ».


TANA MISE À L’ÉCART

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INSIDE

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Madagascar rejoint la liste des Etats ne faisant plus partie des pays éligibles à l’AGOA au même titre que d’autres pays africains tels que la Guinée et le Niger. De par cette rupture des accords commerciaux

provoquée principalement par le non-respect de la démocratie, ces pays ne peuvent plus bénéficier des avantages stratégiques que ce partenariat leur procurait. Du coup, ces pays sont aussi exclus des

autres supports de coopération, tels l’USAID et la Millennium Challenge Corporation. Cette remise en question a contraint des géants comme Jordache à fermer leurs portes dans la Grande île.

AGOA

LE FIL DU SALUT AFRICAIN

Conçue comme une alternative au principe existant de l’aide au développement, en 2000, par le président américain Bill Clinton, l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) arrive à terme en 2015. Une nouvelle prolongation est peu probable. Et l’Afrique n’est pas prête | RAJEN VALAYDEN LE BUT de l’AGOA est aussi de promouvoir le développement des économies africaines en favorisant les échanges commerciaux entre les Etats-Unis et les pays africains. Ce qui a d’ailleurs permis, depuis son entrée en vigueur en 2001 et son prolongement jusqu’en 2015, à 41 pays d’Afrique subsaharienne d’exporter pas moins de 6 800 produits naturels et industriels en franchise de douane et sans restriction de quotas. L’AGOA est ouvert aux pays qui sont dans une démarche de libéralisation et pratiquant une ouverture de leur économie, tout en établissant une économie de marché, garantissant le pluralisme politique et la protection de la propriété intellectuelle. Le principe de l’AGOA pousse aussi les Etats africains à travailler ensemble vers la transformation locale de leurs matières premières en vue d’avoir des produits finis de haute qualité et à forte valeur ajoutée à exporter. SAVOIR-FAIRE ASIATIQUE Les exportations sous le cachet AGOA sont dominées principalement par les produits textiles. Mais les pays africains deviennent dépendant du savoir-faire asiatique aussi bien que de certaines matières premières, ce qui les empêche COMMERCE. Privée d’AGOA, l’Afrique risque de souffrir face à l’Asie de progresser vers l’autosuffisance. Depuis sa mise en application, l’AGOA sance et les possibilités en Afrique, se la création d’emplois, la promotion des a aidé à la création de plus de 300 000 tourne vers une nouvelle politique exportations et la croissance à la fois en emplois en Afrique et porté les recettes économique et commerciale visant à Afrique et aux Etats-Unis. d’exportation à environ 300 milliards de développer les relations avec, non seuledollars. ment l’Afrique, mais aussi d’autres pays LOURDE MENACE Si l’Afrique a su se battre pour que du monde. Les nouvelles propositions Le nouveau projet du congrès améril’AGOA soit étendue jusqu’en 2015, il pour l’Afrique, intitulées « Entreprises cain vise surtout à étendre les franchises est peu probable que cet accord soit pro- pour le développement : une nouvelle ap- de frais douaniers aux pays pauvres nonlongé davantage. Même si ce proafricains, ce qui représente une gramme a permis de susciter un lourde menace pour les économies engouement commercial sans du continent noir. Ce nouveau précédent, on peut déjà dire que Le textile africain est sérieusement menacé système, présenté par un des pères l’Afrique n’est pas prête à faire par les réformes proposées. Jusque-là, seuls fondateurs de l’AGOA, le représentant démocrate Jim Mcface à de nouveaux concurrents les pays bénéficiaires d’une exemption de Dermott, vise à une intégration sur le marché. Mais la pression taxes sur les exportations, comme le du présent système à la structure exercée par les pays asiatiques préférentielle de l’Organisation comme le Vietnam, le Cambodge Kenya, l’île Maurice, le Lesotho ou même mondiale du commerce (OMC), et le Laos, qui se sont regroupés le Swaziland, qui ont profité de l’AGOA plus connue comme le Genepour faire valoir leurs intérêts à pour dynamiser leur industrie de textile, ralised System of Preferences Washington par l’entremise de se voient menacés par l’émergence (GSP). Ce qui est sûr, c’est que divers lobbys, indiquent déjà que l’AGOA ne connaîtra pas de surl’après AGOA n’est pas loin. In- des pays asiatiques comme le Cambodge, sis. Le prochain sommet de capables de se rallier autour d’un le Bangladesh et le Vietnam l’AGOA est prévu pour les 7 et 8 intérêt commun, les pays africains vont beaucoup souffrir, surtout proche politique à l’égard de l’Afrique », juin prochain en Zambie. L’engouement de Washington à harqu’ils n’ont pas encore su profiter de préconise de maintenir l’accès libre et l’AGOA et qu’ils ne peuvent faire enten- sans quota des produits africains au moniser les multiples programmes de marché américain, mais aussi des poli- préférence tarifaire ne se limite pas à rendre leur voix à Washington. Le congrès américain, celui-là même tiques pour renforcer les entreprises lo- dre plus faciles les tâches administratives, qui avait, en 2000, voté la loi sur la crois- cales en Afrique et des mesures favorisant mais surtout à contrer la présence accrue

des produits de certains pays du BRICS, surtout le Brésil et l’Inde, qui ne cessent d’inonder le marché américain. Le textile africain est sérieusement menacé par les réformes proposées. Jusque-là, seuls les pays bénéficiaires d’une exemption de taxes sur les exportations, comme le Kenya, l’île Maurice, le Lesotho ou même le Swaziland, qui ont profité de l’AGOA pour dynamiser leur industrie de textile, se voient menacés par l’émergence des pays asiatiques comme le Cambodge, le Bangladesh et le Vietnam. Ces derniers, il convient de le souligner, arrivent, sans aucun accord préférentiel, et même handicapés lourdement par une restriction de quota de 50 %, à produire plus que la capacité totale de l’Afrique. Une autre menace vient de la catégorisation des pays les moins avancés (PMA). Des pays tels que la Namibie, le Botswana, les Seychelles, le Nigeria, l’Afrique du Sud, le Ghana et même l’île Maurice sont victimes de leur succès économique et courent le risque de se voir exclus des pays bénéficiant de l’aide américaine.


LÉGÈRE REPRISE DES EXPORTATIONS Nos exportations vers les Etats-Unis commencent à se stabiliser après une baisse significative depuis 2006. En effet, nos exportations en 2006 étaient de 187 millions de dollars avant de chuter lourdement en 2009 pour arriver à USD 126 843 000 en

LES ENTREPRISES mauriciennes participent régulièrement à des salons professionnels aux Etats-Unis afin de promouvoir le savoir-faire mauricien. Si le textile et l’habillement sont déjà présents dans les grandes surfaces américaines, les autres secteurs tels l’agroalimentaire et la bijouterie y sont encore méconnus. Les deux évènements phares qui intéressent les entreprises mauriciennes sont le Magic Show à Las Vegas et le New York Fancy Food Show qui se tiennent deux fois l’an. Le Magic Show de Las Vegas réunit les plus grandes marques du textile et de l’habillement, ainsi que des grossistes et détaillants américains. Le salon s’est positionné comme une destination incontournable du ‘sourcing’ américain. Le New York Fancy Food Show propose plus de 180 000 produits de 2 500 exposants venant de 81 pays. Cet évènement suscite un engouement de la part des chaînes de distribution d’Amérique du Nord et le nombre de visiteurs professionnels a dépassé le cap de 25 000. Des produits mauriciens ayant connu un franc succès sont le thé aromatisé, les sucres spéciaux, les épices, les achards, le rhum agricole, les boisons alcoolisées et les produits de mer à forte valeur ajoutée. Ces salons sont l’occasion aussi pour les entrepreneurs mauriciens de parfaire leurs connaissances sur les tendances mondiales et de négocier des partenariats avec des fournisseurs de matières premières. A noter que depuis ces trois dernières années, des espaces sont réservés aux pays exemptés de taxes douanières sous l’AGOA.

2009. Les dernières indications sont quand même encourageantes, avec une augmentation de USD 16 657 000 en 2010. Cette augmentation est aussi due à une diversification et une adaptation de nos produits par rapport au marché américain.

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VITRINES DU MONDE

LE BLUES DE L’OR BLANC INTRANT INDISPENSABLE dans l’industrie du textile, le coton subit actuellement une crise sans précédent qui vient se rajouter aux autres facteurs affectant l’économie mondiale. Les fluctuations du dollar et la politique de l’Euro fort de Bruxelles, et surtout la flambée du prix de pétrole, forment une pression néfaste aux pays producteurs de coton. Des pays dont l’économie repose sur la production en région rurale souffrent déjà d’une précarité extrême. Avec aucun signal d’espoir à l’horizon, pour inverser la tendance, les paysans, principalement ceux des pays d’Afrique, sont laissés à leur sort par la classe politique qui se contente de réclamer plus de compétitivité par un maintien du niveau de production et une révision à la baisse des coûts. A titre d’exemple, le remplacement d’engrais chimiques jugés trop chers au profit de la fumure organique, ce qui selon les paysans, n’aidera pas à améliorer leur sort. La révision du prix d’achat du coton, comme réclamée par

les producteurs, n’est certes pas à l’agenda, ce qui confirme la perception que l’Afrique est toujours un réservoir de matières premières pour les industries des pays développés. La possibilité de passer de la culture de coton classique au bio est intéressante, d’autant plus que le coton bio rapporte beaucoup plus et comporte moins de risques sanitaires. A noter que, contrairement à la culture du coton bio, la production du coton classique requiert l’utilisation de puissants pesticides et autres substances chimiques, nuisibles à la santé. Mais cette conversion comporte aussi son lot de risques, surtout financiers, comme l’investissement massif requis, l’acquisition de technologies et la nature instable du marché. Selon des observateurs, la seule avenue à explorer est l’investissement dans la valeur ajoutée et la production de produits finis qui va réduire la dépendance vis-à-vis d’un marché international de plus en plus féroce.


CHALLENGES FOR CUPID

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Nearly one in three people in the UK have been in a relationship that has suffered because of work pressures, according to a poll released by the Institution of Occupational Safety and Health. The poll of 2,000 people was conducted in the run-up to Valentine’s

Day and explored how poor work-life balance can drive a wedge between couples. Of the 29% who said they had been in a relationship adversely affected by a poor work-life balance, the two main problems were long working hours and high workloads.

BOARD COMMITTEES The growing attention on committees as the governance mechanism in view of regulating complex matters has virtually if not officially brought with it greater responsibility for committee members. Let’s find out | RENDHEE VEEREN

THE BOARD manages the company and it also keeps an eye on performance and maybe, more importantly reviews or decides on the company’s strategic direction. Modern boards have a central role in advising on the company’s strategy, endorsing key investments, ensuring that key risks are recognised and monitored, nominating the CEO and approving succession plans and senior management remuneration. Nevertheless, generally, a constitution of a company, and then the Companies Act 2001, allow delegation of any of its powers to a board committee. The organisation of a board and the scheduling of the board’s activities are fundamental components to successful governance. Establishing committees is one way of managing the work of the board, thereby reinforcing the board’s governance function. In general, board committees focus on specific areas, thus allowing the board to concentrate on broader and strategic ‘big picture’ matters. CONSIDERABLE SHIFT The world of committees, especially that of the audit committee, is shifting considerably. With the legal status of the National Code on Corporate Governance (the Code), those who are being requested to sit on the audit committee of a company are recognising how imperative they are to the

Eyes Ears & of the board

THE

THE

Although the function of board committees presents definite advantages, the shortcomings may be significant as well and they should be borne in mind

company's interest. They are also realising that board committee's duty implies considerable time and effort and calls for liability when things go bad. In the post global crises era, boards are being encouraged by better understanding of best practices, and actions of investor activists to ask as many questions of as many people as it takes for them to totally appreciate the company's business, risks, and controls. Any bits and pieces of the old "rubber stamp" mind-set should be long gone. An outgrowth of this rising

requirement for information is and shall likely lead to committee meetings that require more time and prior groundwork. Traditionally, committees would meet for a few hours before the board meeting. Committees are gradually meeting the day before the full board meeting to allow sufficient time for free, thorough discussions and full interface between the committee and management, the external and internal auditors. Furthermore, following September 11, committees, mainly through the setting up of risk committees, have raised

their need to spend more time administering the risks of physical and technical safety, over and above to narrowly examine organisational procedures for evaluating, reducing and screening major business risks. RELEVANCE The overriding principle, as laid down in the Code, is that boards must establish committees that are responsive and relevant to the nature of the company’s business and where direct involvement of directors, particularly non-executives, is necessary. It is the


REGULATORS CLOSE SMALL BANKS IN WISCONSIN Regulators on Friday shut down small banks in Oklahoma and Wisconsin, lifting to 25 the number of U.S. bank failures this year after economic distress and soaring loan defaults brought down 157 banks in 2010. The

responsibility of the board to consider the committees appropriate for its purposes. Our Companies Act 2001 expressly recognises that the directors may delegate their powers to a committee of directors. Once entrusted, each director is accountable for the use of the power by the delegate as if the directors themselves had exercised the power unless the directors can establish that the committee was reliable and competent in relation to the power delegated. The Code, in turn, goes further to state that “there should be a formal procedure for certain functions of the board to be delegated (describing the extent of such delegation) to enable the board to properly discharge its duties and responsibilities and to effectively fulfil its decisionmaking process.” EFFICIENT OPERATION The Code also recommends that all companies should have, at a minimum, an audit committee and a corporate governance committee. But of course companies may and are encouraged to set up other committees, such as nomination, remuneration and risk committees, depending on their corporate need and in view of enabling them to operate efficiently.

Our Companies Act 2001 expressly recognises that the directors may delegate their powers to a committee of directors. Once entrusted, each director is accountable for the use of the power by the delegate as if the directors themselves had exercised the power, unless the directors can establish that the committee was reliable and competent in relation to the power delegated Another major premise of the Code points out that “board committees should, as far as possible, only comprise members of the board. It may be necessary, where certain board committees fulfil a specialised role, to co-opt specialists as permanent members of

Federal Deposit Insurance Corp. seized First National Bank of Davis $90.2 million in assets and $68.3 million in deposits; and minorityowned Legacy Bank in Milwaukee, also with one office, with $190.4

such committees but this should be the exception rather than the rule and they should comprise a minority on the committee. Of course, in order to ensure its effective functioning, a committee will of necessity from time to time have to call on specialised skills to assist it with its deliberations and decisions. Such co-opted persons should contract not to disclose confidential information.” For the purpose of this paper and in view of the increasing importance of audit committee, we shall emphasise mainly on perusing the relationship between the audit committee and the board while taking into account that the other board committees are as important as the audit committee. The audit committee has a direct relationship with the board as it reports to it on a quarterly or more frequent basis on such things as audit plans and audit findings. The role of the audit committee has significantly spread out in recent years. Realising this, the board has started to move some of the audit committee’s responsibilities to distinct committees to produce a balance of duties and ensure that they are effectively carried out. These additional committees have often included a remuneration committee, nominating risk and corporate governance committee. The audit committee’s purpose has developed over the years and now it is regarded as an oversight function of cor-

million in assets and $183.3 million in deposits. Pauls Valley National Bank, based in Pauls Valley, Oklahoma, agreed to assume all the deposits and $28.5 million of the loans and other assets of First National Bank of Davis.

porate governance, financial reporting procedures, internal control system, and audit functions. The audit committee is allowed to function, on behalf of the board, by playing an essential oversight role intended to defend investors and ensure corporate accountability. Indeed, supporters of the obligatory audit committee reporting argue that such reports will improve integrity, quality, reliability, and transparency of financial reports because the report indicates that financial statements are valuable and reliable; the audit was detailed; and the auditors have no deliberate conflicts of interest. This should decrease the information risks that may be connected to audited financial statements. SIGNIFICANT SHORTCOMINGS Although the function of board committees presents definite advantages, the shortcomings may be significant as well and they should be borne in mind. First, agreeing on membership on the different committees can generate problems. How should the committee be composed? Should it be fully constituted of independent directors? Another concern would be the type of the committees’ relationship with management, auditors, actuaries, lawyers and other external advisers to reach the committee's objectives. Second, the committee may entail supplementary costs that may be important. For instance, the committee would

require the employment of personnel and outside specialists to work with management in the drafting of disclosures. Normally, it may be improper for in-house staff to counsel the committee, first because an insider’s allegiance will obviously lie with management and second because they may be the very workers the committee is expected to be supervising. Nonetheless, the real difficulty with board committees is the risk of liability for their members. There is an actual likelihood that committee members may be exposed to a higher standard of care. Taking into account the impending liability involved and the time and expense of defending unnecessary claims, albeit indemnified or insured at company expense, this heightened standard is one that few directors may be willing to accept. For instance, more specific to the audit committee though, the usefulness of the binding reporting by the audit committee has been challenged. Detractors claim that such a compulsory reporting requirement by the audit committee will enhance the audit committee’s liability which will in the end give rise to either higher fees for audit committee members or fewer qualified directors willing to serve on audit committees.

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tive decision making. For example, occasionally, the objective of the remuneration and the audit committees diverge. The goal of remuneration committees is to give CEOs remuneration packages corresponding to their performance. However, these remuneration packages might entail incentives that could induce CEOs to sway the financial reporting process in order to display improved performance, raising the danger of reduced quality financials. Conversely, the aim of audit committees is to watch over the quality of the financial reports and the process that generates them. PROMOTING GOOD PRACTICE Notwithstanding the potential drawbacks associated with board committees, it is a fact today that the latter act as the eyes and the ears of the board and play a critical role in assisting companies in promoting good business practice and detecting and precluding corporate collapse. Corporate failures have kicked off strong worldwide changes in the business environment that may prompt new governmental, regulatory, or private sector oversight of many groups, including audit firms, accounting standard setters, financial analysts, financial rating services and corporate directors. These changes will unques-

The role of the audit committee has significantly spread out in recent years. Realising this, the board has started to move some of the audit committee’s responsibilities to distinct committees to produce a balance of duties and ensure that they are effectively carried out Other commentators argue that the financial reporting supervision role of the audit committee has its limitations in the sense that management is primarily accountable for fair presentation of financial statements; auditors are responsible for giving reasonable assurance regarding fair presentation of financial statements; and the audit committee is not effectively resourced and competently staffed to shoulder the tedious legal responsibility of reliability of financial statements. We should also keep in mind that the diverse purposes of each committee could lead to conflicting interests, which in turn could result in ineffec-

tionably lead to attention to committee responsibilities for monitoring of risk management and the processes of governance, as well as concerns about control systems. As the bulk of material regarding corporate grows, so does the level of responsibility and liability of committee members. A committee member must be mindful of the added responsibilities that flow from membership of a committee of the board. These responsibilities are likely to be applied to membership of all kinds of committees, including audit, risk and nomination to name but a few that might turn ‘hot’.


LE WEBDESIGNER QUI DESSINE DES MEUBLES

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BLING BLING MERCREDI 16 MARS 2011

Né en 1974, Stefano Bigi a grandi entre la France et l’Italie. De cette double culture, il en a retiré le goût du chic et des belles choses. Après des études d’arts plastiques, il se lance dans le

webdesign au sein d’une entreprise privée, puis se met à son propre compte. Cependant, pendant près de dix ans, il ne cessera jamais de dessiner des canapés, des chaises (son obses-

sion) et divers objets. Et ce n’est qu’à 31 ans qu’il décide de vivre sa passion : le design de meubles et d’objets. En 2005, il s’installe à Milan et fonde sa société : Helldesign di Stefano Bigi.

QUALITY LIVING CENTRE

La maison du grand luxe

Rien que de grandes marques et de prestigieuses signatures : de la magie du cristal de la célèbre maison Lalique aux meubles du renommé designer Stefano Bigi, Quality Living Centre dit trouver clientèle pour le luxe venant d’Europe, mais aussi de Chine | ABDALLAH GOOLAMALLEE DES HAUTEURS de Castel, juste avant l’entrée de Curepipe, Quality Living Centre (QLC) le clame haut et fort : il donne dans le haut de gamme, le très haut de gamme même. « Nous travaillons avec les meilleurs designers européens. Nous sommes au diapason des dernières tendances européennes », lance d’emblée, Selina Tirvengadum, General Manager de cette filiale du groupe British American Investment (BAI) implantée depuis 2005. A l’accueil, un décor de poutrelles en bois et d’éclairage tamisé, pour apaiser et mettre à l’aise, avec toujours ce souci de la nature invitée et mise en scène. QLC est spécialisé dans l’intérieur : ameublement, décoration et électroménager. Côté ameublement, difficile de ne pas se référer au designer Stefano Bigi qui ne cesse de mettre son énergie et sa créativité au service de la fonctionnalité et de l’esthétisme dans le

DESIGN. A QLC, tout a le goût de l’élégance et de la classe

renouvellement de ses produits, postulant que « les meubles sont faits pour êtres vécus et éprouvés». ÉLÉGANCE INDISCUTABLE Parmi les meubles Bigi en expo-vente au QLC, les regards se posent inévitablement sur la table basse Infinity (bois et

verre). Un beau design contemporain, d’une simplicité évidente, mais d’une élégance indiscutable. Un côté brut tout en étant raffiné, sophistiqué mais en même temps dépouillé. Le pied, oui un seul pied, très travaillé est fait de deux boucles de bois qui s’entremêlent pour

symboliser l’infini. Le plateau de verre diffuse et contrebalance la lumière, donnant une variation de tons subjuguante, magnifiés par le jeu des courbes. Infinity reflète parfaitement la pensée de son célèbre concepteur Stefano Bigi qui a, depuis toujours, affiché un goût prononcé pour le chic et les objets fastueux. Prix : Rs 107 246. De la table Infinity, c’est le vase Tourbillon jaune qui attire notre regard. En verre soufflé et porcelaine, l’ouvrage, tout en poésie et délicatesse, est signé du maître-verrier René Jules Lalique. Un savoir-faire nourri par une lignée d’artistes, un univers qui se décline des arts de la table à la décoration, aux bijoux, accessoires et parfums. Lalique allie, dans ses créations, tradition et modernité, prestige et avant-gardisme, simplicité et élégance. Chaque vase Lalique est un produit unique, il doit passer avec succès plusieurs tests

intermédiaires avant d’être signé à la main, signe de son authenticité et de qualité. Le Tourbillon jaune de Lalique, qui peut trouver sa place dans un salon au design classique aussi bien que contemporain, est à Rs 126 716. Sa forme et sa brillance apportent une note originale à l’intérieur. DIVERSITÉ DES PRODUITS Pour illustrer la diversité des produits proposés par QLC, nous choisissons de parler, après la table Infinity et le vase Tourbillon jaune, de la valise Rimowa. Formée d’un cadre monobloc, Rimowa fait partie de la ligne haut de gamme Salsa Deluxe. Les prix varient entre Rs 7 000 et Rs 12 000, dépendant des spécificités. Sa devise est on ne peut plus claire : « Elegance Outside, Intelligence Inside ». Très souple et facile à manier, le côté pratique étant toujours primordial dans tout article de voyage. Le système de


‘INFINITY’ À L’HEURE DU REPAS Cette table-repas au design surprenant est réalisée en noyer massif. Elle met en oeuvre le travail d’un bois raffiné et un assemblage de très haute qualité. Le designer a fait un mélange de matières très réussi entre la structure en noyer massif, le piètement de la

table en métal chromé, ainsi que le plateau en verre. Placée au milieu d’une salle à manger ou d’un séjour, voire dans un bureau contemporain, elle apportera, par son design, une ambiance raffinée à son environnement.

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RIMOWA, POUR VOYAGER TRANQUILLE

rangement intérieur, entièrement amovible, garantit aux vêtements délicats de ne pas être froissés, grâce à des sangles de maintien. Et même si le sac n’est pas plein, aucun risque que quelque chose glisse. En polycarbonate quasi-indestructible, la Rimowa retrouve sa forme originale dès que la pression est relâchée. Elle est pourvue d’un système de ‘Dual Drive’ qui permet à son utilisateur de la faire rouler s’il est fatigué de la porter et pour plus de sécurité, elle est munie d’une serrure à combinaison TSA. SOPHISTICATION DU MODE DE VIE Bien que QLC visait, au départ, essentiellement une clientèle d’expatriés, Selina Tirvengadum dit accueillir, « avec grande satisfaction », des Mauriciens également. Elle attribue cela à la sophistication du mode de vie, à l’aspiration au luxe et au prestige d’une certaine tranche de la population, de

plus en plus nombreuse. La General Manager soutient que le département marketing est en contact permanent avec les meilleurs designers européens. Elle nous apprend également que QLC a développé un partenariat avec la célèbre maison française d’ameublement et de décoration intérieure ‘Arcasa’. Mais le luxe ne se trouve pas qu’en Europe. Diversité veut aussi dire diversité de styles. La clientèle étant cosmopolite, il est essentiel d’offrir le plus large choix possible. « Nous avons été en Chine et après avoir travaillé avec ce pays durant plus de deux ans, nous avons constaté qu’il y avait trois produits qui se vendent bien ici : l’ameublement en cuir, les salles de bains et les chaises de bureau. On a retenu ces produits, tout en développant les accessoires. Il faut répondre aux besoins et aspirations de la clientèle », ajoute Selina. Tirvengadum.

❚ Pratiquement indestructible – haute résistance à l’impact, très résistante à l’usure, extrêmement légère ; ❚ Faite à 100 % de polycarbonate pur, 100 % recyclable ; ❚ Flexible sous la pression – résistante aux cassures ; ❚ Système Multiwheel à roulement à bille breveté (le meilleur de l’industrie) avec jante en alliage ; ❚ Cadenas à combinaison TSA conforme aux normes de sécurité pour voyager aux États-Unis ; ❚ Avec un porte-sac supplémentaire intégré et rétractable, pour ajouter une valise, une serviette, etc. ; ❚ Un système de rangement ajustable garde les objets en parfaite condition ; ❚ Fermeture éclair YKK haut de gamme hydrofuge et auto-réparante ; ❚ Intérieur en polyjaquard de nylon haut de gamme ; ❚ Fabriquée fièrement au Canada, avec garantie de 5 ans.

«LALIQUE», L’UNIQUE

Pour illustrer la diversité des produits proposés par QLC, nous choisissons de parler, après la table Infinity et le vase Tourbillon jaune », de la valise Rimowa. Formée d’un cadre monobloc, Rimowa fait partie de la ligne haut de gamme Salsa Deluxe. Les prix varient entre Rs 7 000 et Rs 12 000, dépendant des spécificités. Sa devise est on ne peut plus claire : « Elegance Outside, Intelligence Inside »

La célèbre marque Lalique émane du maître-verrier et bijoutier français René Lalique, considéré comme l’inventeur de la joaillerie moderne. Aujourd’hui encore, les gammes de verrerie, cristallerie, sculptures et bijouterie de la marque s’inspirent de son style tout à fait unique. Il s’est rendu célèbre par ses créations étonnantes de bijoux, puis de bouteilles de parfum, de vases, chandeliers, horloges et, à la fin de sa vie, de cabochons de voitures. Son nom est resté attaché à la créativité et à la qualité, car il a toujours su dessiner des objets fastueux mais discrets. En 1900, Lalique triomphe à l’Exposition universelle de Paris, et en 1905 il ouvre un magasin Place Vendôme. En 1910, il crée pour le parfumeur François Coty, qu’il a rencontré en 1908, le flacon pour Ambre antique.


EOLIENNES ET VENTS CYCLONIQUES

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La météorologie de la région est d’importance capitale dans tout projet de parc éolien. Les éoliennes qui seront installées à Plaine des Roches sont anticycloniques. En cas d’alerte, la partie avant des nacelles et les pales sont simplement

descendues pour être mises en sécurité au sol. Elles y sont amarrées grâce à des supports spécifiques. Après le passage du cyclone, les nacelles sont rapidement remontées et les éoliennes peuvent tourner à nouveau.

Le projet de parc éolien de Plaine des Roches, un projet d’Aérowatt Mauritius Ltd, continue à susciter le mécontentement des habitants de la région. La maison-mère d’Aérowatt, basée en France, nous répond par l’intermédiaire de Cyril Oudin, responsable du dossier à Maurice

PARC ÉOLIEN DE PLAINE DES ROCHES

Coup d’envoi prévu cette année ❚ Où en êtes-vous avec le projet de

parc éolien à Plaine des Roches ? Avez-vous déjà obtenu le permis EIA ? Le projet est en phase terminale concernant les aspects administratifs et nous avons déjà obtenu notre EIA Licence depuis décembre de l’année dernière. ❚ Qu’en est-il des protestations des

habitants de la localité face à ce projet ? Nous avons eu quatre personnes qui ont objecté lors de notre ‘Environment Impact Assessment’ (EIA). Nous avons tenu compte de leurs points de vue en modifiant certains aspects de notre implantation. Nous n’avons pas de litige avec le tribunal d’appel de l’environnement. Je peux vous dire que nous avons pris des précautions au-delà de ce qui est déjà prévu par les lois afin de ne pas gêner les riverains. Par contre, nous ne pouvons cacher les éoliennes comme certains le souhaiteraient. Nous sommes au contraire très fiers d’apporter une nouvelle façon de produire de l’électricité renouvelable à Maurice. Ce sera un symbole fort de la volonté du Premier ministre d’avancer sur la voie du programme Maurice île Durable. ❚ Pourriez-vous nous donner un

exemple d’une modification apportée au projet initial ? Nous respections déjà largement les normes établies en plaçant les éoliennes à 304 mètres de la première habitation, mais nous avons souhaité répondre aux inquiétudes des plaignants en éloignant à 510 m la première éolienne, cela pour les rassurer davantage. Dans cette optique, nous avons fait le choix de nous éloigner au-delà des normes fixées pour les zones résidentielles. Cependant, je voudrais rappeler le fait que la zone choisie pour ce parc éolien a déjà une vocation industrielle (futur aéroport) avec toutes les contraintes correspondantes. Certains oublient cet élément majeur dans leur analyse. Après 20 ans d’opération, nous aurons l’obligation d’enlever les éoliennes afin que les autorités puissent récupérer ce terrain pour la construction d’un aéroport. ❚ Des études au Canada ont dé-

montré que les éoliennes peuvent

ÉNERGIE. Maurice devra produire 35 % de ses besoins en électricité à partir de sources renouvelables d’ici à 2025

PRODUCTION ATTENDUE POUR 2013 Le projet Maurice île Durable implique que le pays se détourne des énergies fossiles au profit des énergies renouvelables, avec pour principal objectif que les énergies propres devront couvrir 35 % des besoins en électricité à Maurice d’ici à 2025. La ferme éolienne de Plaine des Roches, selon ses promoteurs, répond parfaitement à cet engagement. Elle comportera 18 GEV HP (Générateurs Eoliens Vergnet de Haute Puissance) de 1 000 KW. Aérowatt Mauritius sera le maître d’ouvrage via sa filiale Eole Plaine des Roches. Aérowatt a réalisé l’ensemble des études du vent et s’engagera pour une durée de 20 à 25 ans pour la location du terrain de l’Etat sur lequel sera construite la centrale éolienne. Le financement est assuré par un apport en fonds propres d’Aérowatt et des prêts bancaires.

causer des problèmes de santé aux personnes qui résident à moins de deux kilomètres des installations. Une quarantaine de médecins québecois ont même signé une pétition demandant au gouvernement provincial de mettre un terme à tout projet éolien à proximité des zones habitées. Votre commentaire ? Nous nous basons sur la législation en vigueur à Maurice et en France où la réglementation est la plus stricte en Europe, notamment sur le plan des inconvénients sonores. Notre projet répond à tous ces critères, notamment à ceux de l’AFSSET (Agence française de sécurité sanitaire, de l’environnement et du travail) qui est un établissement public de l’Etat français placé sous la tutelle des ministères chargés de la Santé, de l’Ecologie et du Travail. ❚ Si tout va bien, quand

débuteront les travaux ? Peut-on avoir une idée de l’aspect financier du projet ? Nous pensons donner le premier coup de pioche avant la fin de l’année. Ce projet nécessite Rs 1,6 mil-

liard, un investissement basé sur une technologie anticyclonique qui garantit la survie des turbines sur 20 ans, car nous sommes malheureusement dans une zone cyclonique intense de plus de 280km/h. De plus, le changement climatique montre une augmentation significative de la puissance des dépressions dans la région. ❚ La production d’énergie est at-

tendue pour 2013. Quel sera l’impact si jamais il y a un retard au niveau du projet ? Aujourd’hui, tous les indicateurs du projet nous poussent au contraire à croire que nous serons effectivement opérationnels à cette échéance. Ce sera une première dans l’océan Indien avec ce type de configuration. De plus, nous allons aussi intégrer un volet social important au projet en proposant une maison témoin des énergies renouvelables en collaboration avec l’université de Maurice, une ouverture très significative du capital au public, la mise en application du ‘crédit carbone’ pour le CEB, ainsi qu’une participation des habitants de la région dans le projet.


UNE BASE DE DONNÉES SUR LES PARCS ÉOLIENS The Wind Power est une base de données sur les parcs éoliens et les éoliennes. La base contient des données relatives aux parcs, machines, constructeurs, développeurs et opérateurs

éoliens. Ainsi, nous retrouvons une base de données de 10 421 parcs éoliens (185,4 GW), de 1 170 développeurs, de 1 810 opérateurs, de 130 constructeurs, et de 741 machines. Maurice est aussi inclus

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dans la liste des pays qui comptent développer ce type de parc. The Wind Power met régulièrement à jour ses données, et a ainsi une vue d’ensemble sur ce qui se passe dans le monde, dans ce domaine.

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CONFÉRENCE INTERNATIONALE

ECOBUILDING OU COMMENT BÂTIR UNE ÎLE MAURICE PLUS VERTE La première édition ‘d’ecobuilding’, conférence internationale organisée en 2010, a été un succès. Pour cette deuxième tentative, les organisateurs misent sur la participation de plusieurs acteurs dans le but de consolider davantage les discussions pour une île Maurice plus verte. L’événement se tiendra les 17 et 18 mars prochain au centre de conférences Swami Vivekananda | HERRSHA LUTCHMAN-BOODHUN LA DEUXIÈME édition d’ecobuilding est placée sous le thème ‘Urban Planning and Building Design in a Tropical Climate’. L’idée est lancée. Dans les pays tropicaux, adopter le concept vert n’est pas une mince affaire. Mais les opportunités ne manquent pourtant pas. Pour les architectes, les prescripteurs et les décideurs, la conférence ‘ecobuilding’ est l’occasion de se réunir afin de trouver une nouvelle manière d’orienter l’immobilier en marge avec la préservation de l’environnement. Les organisateurs, Alive2Green, une agence de communication sud-africaine spécialisée dans la sensibilisation à la construction environnementale, ont très bien compris la direction dans laquelle le pays se dirige dans le développement durable et ‘ecobuilding’ en est le reflet. Cette conférence de deux jours est le lieu de rencontre des professionnels de l’architecture et de la construction d’espaces habitables respectueux de l’environnement. De nombreux produits et services sont égale-

ment mis de l’avant ainsi que de nombreuses thématiques pour arriver à trouver une solution. Elle représente également un salon professionnel où la performance énergétique et le développement durable des bâtiments sont abordés. Ainsi, ‘ecobuilding’ a pour mission de faire connaître aux professionnels du cadre bâti (architectes, ingénieurs, promoteurs immobiliers, maîtres d’ouvrage public et privé...) les techniques de construction et d’aménagement permettant de freiner la consommation d’énergie dans nos

OUTRE LE fait que ce projet contribuera à améliorer le secteur de la construction en proposant des matériaux nécessaires, le promoteur du projet met aussi l’accent sur le fait que c’est un projet sans danger pour les alentours, et les nouvelles unités contribueront à un processus zérodéchet. Pourtant, la conception du projet n’a pas été sans polémique. Il semblerait que l’usine de concassage existante à Beemanique a opéré sous un EIA Licence temporaire, qui a été délivré au nom de R. Ramgutty Co Ltd en 1999. La propriété a été par la suite acquise par Leekanand Seepaul, désormais le promoteur du projet. Ce dernier a décidé de reprendre les activités de l’usine existante. Vu la demande croissante dans le secteur de la construction, le promoteur propose de mettre sur pieds trois autres unités adjacentes à l’usine existante, à savoir une unité de fabrication de parpaings, de bitume et de béton.

bâtiments. EXPERTISES Lors de cette conférence de deux jours, des experts venant de plusieurs pays et ayant un parcours impressionnant mettront de l’avant la réalité derrière la conception du bâtiment vert, soit son impact à long et à court termes, ainsi que le facteur coût, qui est essentiel. Parmi ces professionnels, nous retrouverons Kevin Scholl, qui est connu pour son expérience dans la planification et la conception des structures respectueuses de

l’environnement dans les zones urbaines à travers le monde. Figure aussi sur la liste des participants Ashock B. Lall, architecte indien qui s’est fait un nom lorsqu’il s’agit de l’architecture durable. Parmi les intervenants plusieurs autres sommités seront présentes : Duangrit Bunnag, architecte thaïlandais, Laurence BretonMoyet, de l’Agence française de Développement, Manfred Braun, du SA Green Building Council, Dr Teddy Libelle, de l’université de La Réunion, Mike Beaven, spécialiste de l’architecture green de GrandeBretagne. Ils seront rejoints par plusieurs professionnels locaux, dont Tony Lee, du Green Bulding Council of Mauritius, Gérard Romain, de Sun Resorts, et Osman Mahomed, du projet Maurice île Durable. Le premier intervenant sera Ashok Lall, qui est le directeur de la firme d’architecture Ashok B. Lall, et professeur à l’université Guru Gobind Singh Indraprastha (GGSIU) de New Delhi. Il a été le doyen de la faculté de l’École d’études TVB

Habitat, jusqu’à sa fusion avec le GGSIU en 2007. Sa firme d’architecture a remporté de nombreuses récompenses, surtout dans le domaine de l’architecture environnementale, telle qu’elle est prônée dans le projet Maurice île Durable. En plus des nombreux conférenciers, il y aura aussi plusieurs stands d’exposition sur des éléments du ‘green building’ présentés par plusieurs firmes mauriciennes. Et, tout comme l’année dernière, cette conférence regroupera la majorité des acteurs du secteur de la construction et de l’ingénierie locale et régionale. Il s’agira d’une occasion unique de poser des questions, de trouver des solutions et de nouvelles façons de faire face à la vague verte. Il demeure un fait que les bâtiments mal conçus sont beaucoup plus coûteux à faire fonctionner, et que la demande pour les espaces verts est en hausse. Maurice a tout de même quelques exemples remarquables de ces édifices totalement respectueux de l’environnement.

NOUVELLE USINE DE FABRICATION DE BITUME À NOUVELLE FRANCE

La région de Beemanique, Nouvelle France, abritera bientôt une usine de béton et de bitume. C’est l’entreprise La Rocaille Ltée qui est derrière ce projet. Elle avait soumis le projet au ministère de l’Environnement pour être approuvé, et le 28 février dernier, elle a pu obtenir son ‘Environment Impact Assessment’ (EIA) Licence Selon le concept du projet, les trois unités seront dépendantes l’une de l’autre pour la fourniture des matériaux finis. Ainsi, l’usine de concassage sera alimentée avec des pierres provenant des carrières. Les produits finis de l’usine seront utilisés en tant que matières premières pour les autres unités. Les agrégats seront utilisés dans la fabrication du ciment, alors que le ‘rocksand’ servira à l’unité de

bitume. La poussière des pierres concassées alimentera la fabrication de parpaings. Selon les recherches menées avant l’obtention du EIA Licence, le site a été précédemment utilisé à des fins agricoles avant la mise sur pied de l’unité de concassage. Les recherches font également mention du fait qu’aucune espèce endémique na été identifiée sur le site, et

que ni la flore, ni la faune ne seront menacées. Le site se trouve le long du « Chemin de l’Eglise Madras », qui est une bretelle de la Vigie ‘trunk road’, vers le rond-point de Nouvelle France. Pour le promoteur, l’ensemble proposé aboutira à un processus de zérodéchet. Tous les produits seront acheminés sur le marché local.


ESPIONNAGE : ÇA CAPOTE CHEZ RENAULT

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La prétendue affaire d’espionnage qui a conduit Renault à licencier trois de ses cadres s’est dégonflée encore un peu plus ce week-end. Après quarante-huit heures de garde à vue, Dominique Gevrey, l’un des responsables de la sécurité du construc-

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teur à l’origine des accusations, a été mis en examen dimanche soir pour « escroquerie en bande organisée » et placé en détention. Cette décision clôture l’enquête préliminaire ouverte pour le même motif par le procureur de Paris et confiée aux

contre-espions de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). De source proche de l’enquête, celle-ci a acquis la certitude que les comptes en Suisse et au Lichtenstein attribués par la direction aux trois cadres n’existent pas.

‘RIDE AND DRIVE’

Une journée d’ABC Motors

Elles étaient toutes là, à attendre le verdict sans ménagement de notre pilote. A quelques rares exceptions, elles ont toutes réussi les épreuves de la route auxquelles elles ont été soumises. Le tout avec la bénédiction d’ABC Motors | ROY NEERAYE LES INCONDITIONNELS de Soljenitsyne auront compris la référence au roman de l’écrivain russe. A la différence qu’il ne s’agit pas cette fois de la vie dans un Goulag, mais d’un essai routier quelque peu particulier, du genre que ne peut désavouer un ‘autophile’ digne de ce nom. C’est à Rose-Hill que démarre cette journée particulière placée sous le signe de l’auto. L’équipe d’ABC Motors, sous la houlette du sympathique JeanPierre, dont le sens de l’humour n’aura d’égal au cours de la journée que la puissance de la Murano, a aligné les voitures selon la gamme et la capacité du moteur pour un ‘Ride and Drive’ mémorable. Le temps de quelques photos et d’un briefing sur l’itinéraire, et voilà notre pilote au volant de la Nissan Teana. En voilà une automobile qui respire la classe et l’élégance. Deux éléments que ne saurait démentir une conduite presque parfaite. La Teana, successeur de la Cefiro, est à Nissan ce que la Rolls est à l’industrie automobile. Pour ceux qui jugeront déplacée la comparaison, il suffit de voir le comportement de la voiture sur route. Une parfaite adhérence, une maniabilité rarement égalée sur une Japonaise et, surtout, un confort à toute épreuve. A la fois voiture de cadre et berline de grande

classe, la Teana fait tomber toutes les idées reçues sur les Nissan. Notre pilote se régale au volant de cette automobile le temps que dure le trajet jusqu’à la prochaine étape, au cours de laquelle il fera connaissance avec une certaine Murano. Le moteur V6 de 2,5 litres de la Teana ronronne docilement sous les coups d’accélérateur, sans jamais s’emballer. La boîte automatique ajoute un plus au confort qu’offre l’habitacle. Les charmantes dames qui voyageront en compagnie de notre pilote

garderont un excellent souvenir de cette petite balade à destination de Trianon. MASTODONTE MÉCANIQUE C’est ici que notre pilote, qui s’était amusé à photographier la Murano plus tôt, embarquera à bord de ce mastodonte mécanique signé Nissan. Une représentante d’ABC remarquera à juste titre que c’est le genre de voiture qui correspond au gabarit de notre pilote, et l’essai, sur autoroute, viendra confirmer ces propos. Un seul mot vient en tête

quand on s’installe au volant de ce SUV : puissance. Car, dans la Murano, tout a été pensé pour les férus de vitesse : bonne prise en main, stabilité et, surtout, moteur survitaminé de 3,5 litres, le même qui équipe les 350 Z de Nissan. Autant dire que la Murano, malgré ses allures, cache une sportive qui sait se démener. Il aura fallu le rappel à l’ordre de Vimala, la représentante d’ABC Motors, pour que notre pilote se contente de 120 malheureux kilomètres par heure sur ce tronçon de l’autoroute en direction du

Sud. La Murano réagit promptement aux coups d’accélérateur et le passage du 0 à 100 km/h se fait tellement subtilement que notre pilote, d’habitude concentré, ne pourra compter les secondes qu’il aura fallu au véhicule pour réaliser cette prouesse. Lancée à vive allure, dans la limite de la vitesse autorisée s’entend, la Murano présente un excellent freinage et un rayon de braquage tout aussi remarquable. Notre pilote s’étant trompé d’itinéraire, il aura l’occasion d’essayer les deux pour confirmer les dires de Vimala qui, visiblement, n’est pas rassurée de voir un tel mastodonte de ferraille entre les mains de notre pilote casse-cou, la décence nous interdisant de rajouter une succession de lettres qui donneraient un tout autre sens à ce terme… Pour calmer les ardeurs de notre pilote, l’équipe d’ABC Motors l’installe au volant d’une « petite » AK12. La March, sans vilain jeu de mots, présente une bonne marche, même équipée d’une boîte automatique. Evidemment, aucune comparaison avec la Murano que notre pilote a abandonnée à contrecoeur. Mais, la March s’en sort, même si, pour doubler, notre pilote a dû appuyer à fond sur le champignon, au point de


TOYOTA FERMENT SES USINES AU JAPON QUELQUES JOURS Le constructeur automobile Toyota a annoncé la suspension de sa production au Japon pendant au moins quelques jours à la suite du séisme et du tsunami qui ont durement frappé le nord-est du pays vendredi. Les titres

du groupe ont dévissé à la Bourse de Tokyo, chutant de 7,93 %, faisant encore moins bien que l’indice Nikkei 225 qui a plongé de 6,18 %. Les autres constructeurs ont également fortement reculé, à l’image de Nissan, qui a

perdu 9,52 %. Toyota, premier constructeur automobile japonais, a annoncé lundi son intention de suspendre l’ensemble de sa production au Japon au moins jusqu’au 16 mars.

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presque briser la corde vocale du moteur 1,2 litre qui équipe le modèle d’essai. Préférant ne pas s’éterniser au volant de la March, notre pilote demande à s’installer au volant de la Tiida. Berline compacte de cinq portes, aussi légère que vivace, la Tiida récoltera les suffrages de notre pilote, bien que le souvenir de la Murano soit encore frais dans sa tête. Le convoi, qui fait tourner des têtes sur l’autoroute, se dirige à présent à Saint-Félix, la prochaine étape, où notre pilote se verra confier la 4x4 JMC, seule Chinoise présente à cette journée. MOTEUR TONITRUANT A première vue, rien ne distingue la JMC des autres 4x4 qui sillonnent le pays, si ce n’est ses origines. Equipé d’un moteur Isuzu, le 4x4 évoque le fameux sketch de Coluche, « L’autostoppeur », dans lequel le personnage parle d’un moteur bruyant. Et c’est là où le bât blesse. Autant la JMC a tous les notre pilote par son excellente atouts pour plaire, son moteur tenue de route, que vient contonitruant risque de refroidir firmer un virage négocié à plus de 60 km/h, et, surtout, par une certains. L’autre petit inconvénient excellente reprise, la voiture vient du fait que la pédale de n’ayant eu aucun mal à doubler l’accélérateur est trop petite et un autobus précédé d’un trop rapprochée de la paroi de camion. Pour un prix avoisinant les l’habitacle pour notre pilote, digne descendant de Berthe aux Rs 750 000, la Grande Punto grands pieds. Ce qui fait dire au présente un excellent rapport représentant d’ABC Motors qui qualité-prix, sans compter qu’il accompagne notre pilote que s’agit d’une Italienne parfaite« les Chinois ont de petits pieds ». ment dessinée et dont la calanChose que viendra confirmer dre a ce petit air mesquin prouesse pour un véhicule celle qui a accompagné notre pi- distinctif. lote tout au long de cette Retour maintenant sur les équipé d’un si « petit » moteur. journée. Nissan avec la Qashqai, qui sera, La Qashqai se distingue par une Le petit cours d’anatomie asi- du moins pour notre pilote, la allure très occidentale pour une atique terminé, notre pilote se voiture de la journée. Confort et Nippone, avec un accent particulier sur la stabilité et laisse gagner par les le confort. qualités de la JMC. L’habitacle vient Au final, le moteur renforcer cette idée et bruyant mis à part, La Giuletta embarque un moteur MultiAir la Qashqai chevauche ce 4x4, surtout qui lui permet d’assurer puissance et sans rougir plusieurs pour son prix, vélocité tout en limitant la consommation conjuguant trouvera sans nul de carburant, un atout certain dans cette ère segments, voiture familiale et doute sa place dans véhicule tout chemin le parc automobile où le beau est décidément vert. Le passage à tous les temps, au local. Pas étonnant, en sixième permet à notre pilote de sens littéral comme d’ailleurs, que les constater que l’aiguille du compte-tours au figuré. forces de l’ordre Notre pilote ont déjà passé reste en dessous des 2 000 alors que la délaisse la Qashqai commande pour voiture prend de la vitesse pour la NV200 de une quinzaine de stabilité caractérisent ce Nissan. Successeur de la Grand JMC. La prochaine voiture confiée crossover équipé d’un moteur Livina, la NV200 est le véhicule à notre pilote est la Fiat Grande de 1,6 litre. Notre pilote aura polyvalent par excellence. Punto, sortie en 2005. Alors beau chercher à pousser la Equipée du même moteur que que les Fiat jouissent d’une Qashqai à bout, celle-ci ne s’en- la Qashqai, la NV200 présente réputation peu enviable à Mau- combrera d’aucun embarras face cependant quelques inconrice, la Grande Punto vient con- aux essais pas toujours régle- vénients vu qu’elle dispose d’une boîte automatique et non firmer l’expertise et le mentaires de notre pilote. Une boîte manuelle à rap- manuelle. Elle arrivera cepensavoir-faire des Italiens en ports courts permet à notre pi- dant à doubler une longue file matière d’automobile. Dotée d’un moteur 1,4 litre, lote de passer de 0 à 100 km/h de véhicules, avec toutefois la Grande Punto surprendra en moins de dix secondes, une quelques hésitations. Notre pi-

lote se contente alors d’une conduite plus docile, histoire de ne pas trop pousser ce véhicule qui s’apparente à la Renault Master. Vient alors la vedette incontestée de la journée, la voiture la plus photographiée du jour et celle qui excitera tous les instincts de ceux présents à ce ‘Ride and Drive’. Chez Alfa Romeo, la Giuletta est sans doute la plus iconoclaste des véhicules. Cette voiture de 5portes, à l’allure sportive, se montrera à la hauteur de toutes les attentes. Le modèle d’essai est équipé d’un moteur 1,4 litre et d’une boîte manuelle à six rapports. Une fois installé, notre pilote se permet de se délecter du confort de l’habitacle tout en tentant de comprendre le tableau de bord, déroutant pour un premier venu. CONDUITE EN TROIS MODES Mais notre pilote en a vu d’autres et en peu de temps, il démarre la voiture et s’engage en direction de Flic-en-Flac. La charmante Sharon, représen-

tante d’ABC Motors qui nous accompagne, vante les mérites de la voiture, un effort superflu dans la mesure où notre pilote est déjà conquis. La Giuletta embarque un moteur MultiAir qui lui permet d’assurer puissance et vélocité tout en limitant la consommation de carburant, un atout certain dans cette ère où le beau est décidément vert. Le passage en sixième permet à notre pilote de constater que l’aiguille du compte-tours reste en dessous des 2 000 alors que la voiture prend de la vitesse. Un sélecteur permet de passer en trois modes de conduite, la sportive étant celle qui a le plus séduit notre pilote. Le trajet vers le Domaine Anna, où les participants à ce ‘Ride and Drive’ ont été conviés à partager « un repas chaud », est des plus agréable. La circulation peu dense dans cette partie du pays permet à notre pilote d’apprécier les prouesses de la Giuletta, qui vient confirmer la suprématie de la marque au trèfle à quatre feuilles en matière d’automobile de tourisme. La journée s’achève sur une panse bien remplie et le retour à Rose-Hill s’effectue à bord de la Fiat 500. Cette petite curiosité du monde automobile a de quoi surprendre. Malgré un habitacle relativement petit, qui la destine à un public plus féminin, la Fiat 500 sait se montrer robuste. Et, sous la pluie inquiétante de ce mercredi après-midi, notre pilote a su se débarrasser de sa vilaine habitude de juger un véhicule par sa taille…


FRAPPES AÉRIENNES : LES G8 SE CONCERTENT

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PLEIN RÉGIME MERCREDI 16 MARS 2011

Les ministres des Affaires étrangères du G8 se réuniront à Paris lundi et mardi pour discuter des soulèvements en Libye. Le président français Nicholas Sarkozy avait déclaré, jeudi dernier, que les frappes aériennes

contre le dirigeant Mouammar Kadhafi ne sont pas à écarter dans les jours qui viennent. La France et la Grande-Bretagne ont déjà élaboré un projet de résolution pour le Conseil de sécurité des Nations unies pour faire

respecter une zone d’exclusion aérienne sur la Libye. Un projet qui ne fait pas l’unanimité, car la Russie et la Chine ont des réserves, alors que l’Allemagne et l’Italie se montrent prudentes.

ZONE FRANC CFA

LA FRANCE,

PROTAGONISTE RÉTRÉCI ?

C’est dans un silence presque gênant que se déroule la semaine de la francophonie à Maurice, voire dans la région. A l’origine, non pas une carence médiatique ni un défaut de bonne foi de la part des instances de la diplomatie française installées en Afrique, mais plutôt un affaissement du néo-colonialisme français dans la région qui se manifeste par une réclamation de souveraineté réelle des pays africains de la zone franc (PAZF) | ZAAHIRAH ATCHIA d’ailleurs aux perturbations des échanges commerciales engendrées par la crise post-électorale en Côted’Ivoire que la banque de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) attribue les majorations des prix de l’essence et des aliments.

SI LA polémique suscitée en Afrique par le franc CFA ne constitue aucune nouveauté, son intensification parmi les intellectuels africains en revanche, en est une. Alors que la fréquence des prises de position croît, cette déflagration de sentiment anti néo-colonialiste n’intervient certes pas au moment le plus propice pour la France, étant donné, d’une part, l’imminence de la journée internationale de la francophonie (20 mars) et, d’autre part, l’intensification de la crise de l’euro suivant les événements dans certains pays producteurs de pétrole, surtout la Libye. Or, pour les champions de la souveraineté des Africains, le contexte est des plus justifiés au vu des recettes économiques catastrophiques par la politique monétaire actuelle.

Reconnaissons que c’est la France qui a élaboré le système, la Françafrique, pour garder la mainmise sur nos États afin de mieux les piller. Reconnaissons que c’est la France qui a imposé aux États africains des dirigeants dépourvus de sens et de facultés de réflexion. Reconnaissons que c’est la France qui a entretenu avec ceux-ci des relations basées sur le diktat, le mépris, la terreur, le chantage, la torture, la violence, le meurtre En effet, le taux d’inflation a atteint des proportions alarmantes pour les huit États d’Afrique de l’Ouest faisant partie de la zone franc CFA. Selon les chiffres officialisés le 7 mars dernier, sur le site web de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), le taux d’inflation est passé de 3,9 % en décembre

COLONIALISME. Certains dirigeants africains agissent comme des membres d’un conseil d’administration présidé par la France

dernier pour atteindre 4,1 % un mois plus tard, soit en janvier 2011. Selon la BCEAO, dont le siège est à Dakar, au Sénégal, l’inflation dans cette zone économique de huit pays (le Bénin, le Burkina Faso, la Côte-d’Ivoire, la

Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo) utilisant le franc CFA comme monnaie nationale s’explique par la hausse des coûts des aliments, des transports, du logement et de la communication. C’est

BOURDE SUR BOURDE Si la crise en Côte-d’Ivoire se pose comme détonateur de ce mouvement revendicateur de la souveraineté monétaire, il importe de souligner qu’il existe et grandit depuis quelques années déjà. A l’évidence, ils sont de plus en plus nombreux parmi l’élite intellectuelle des pays africains de la zone franc (PAZF) à revendiquer la souveraineté sur leur monnaie. Trois notions clés expliquent cette tendance : la baisse de forme politique, diplomatique et économique de la France, la non- réciprocité des bénéfices à maintenir une politique monétaire basée sur le franc (et en conséquence de son entrée dans l’Union européenne, sur l’euro à présent) et l’attrait de partenaires stratégiques plus puissants, à l’instar de la Chine. Abordons d’abord l’affaissement diplomatique hexagonal. Les échecs de la diplomatie française ont dominé l’actualité récemment. D’abord, citons le cas de Michèle Alliot-Marie, diplomate en chef éjectée de ce fauteuil par Sarkozy dans une tentative de sauver la face du gouvernement français. Celle-ci a commis bourde sur bourde en pleine crise dans le monde arabe : elle donne le feu vert à la vente des outils de répression au régime tunisien aux abois, elle affiche des relations cordiales avec les dictateurs, elle voyage en jet privé aux frais des amis du clan Ben Ali. Son compagnon, Patrick Ollier (ministre chargé des Relations avec le Par-


DOMENECH À LA RÉUNION L’ancien sélectionneur de l’équipe de France animera un stage “jeunesse” à Saint-Denis jusqu’à la fin de la semaine. Il ne se consacrera qu’à sa mission “bénévole”. Raymond Domenech nous avait habitué aux déclarations

lement), évoque sa proximité avec Mouammar Kadhafi lors d’une interview datant du 12 décembre 2007 et dont la vidéo a été remise au grand jour par Europe 1. En Tunisie, son tout nouvel ambassadeur, Boris Boillon, provoque des manifestations dans les rues pour ses prises de position en faveur de Kadhafi. A l’évidence, ces épisodes récents relèvent du dénouement inéluctable d’une défaillance chronique générale de la politique étrangère de la France. Une défaillance qui a ses origines dans la mentalité colonialiste des Français qui veulent éviter un effritement de la Françafrique par des soulèvements semblables au Moyen-Orient - ce qui explique l’intérêt de la France dans la ‘victoire’ des dictateurs sur les insurgés. Résultat : la France perd progressivement sa crédibilité sur le plan international. UNE IDÉE DE DE GAULLE La situation politique de l’Hexagone n’est pas en forme non plus. Le coupable pour plusieurs observateurs : sa politique domestique jonchée de xénophobie, de lois et de mesures discriminatoires vis-à-vis des étrangers, d’un financement avare des ambassades… De tout cela, il ressort que l’image externe de la France est ternie jusqu’au Japon ou en Chine, sans parler des pays arabes et africains. Face à ces réalités, couplées à la crise de l’euro qui s’exacerbe avec la tendance haussière du prix de l’or noir suivant les soulèvements au Moyen-Orient, la France maintient toutefois une certaine arrogance avec la confirmation le 8 mars dernier par la Banque de France qu’une croissance de 0,8 % de l’économie française est prévue au premier trimestre 2011 ! La politique monétaire profiterait à la France seule, et non aux pays africains. Cette conviction gagne du terrain en Afrique. Un journaliste camerounais a explicitement déclaré dans un article paru sur camer. be que : « En réalité, les racines du mal de notre continent, c’est la France. » Pour étayer cette déclaration, il se réfère à la politique monétaire de la France dans la zone franc CFA : « Reconnaissons que c’est la France qui, à travers le franc CFA, a systématiquement paralysé le développement économique de notre continent. C’est bien l’un des pires crimes économiques qu’ait connus le monde moderne. Reconnaissons qu’à travers l’aide au développement, la France endette et détourne mille fois plus l’argent des Africains que les dirigeants africains ne l’ont fait. » Plus loin, le journaliste met en lumière la « machination française » pour garder la mainmise sur les ressources des pays africains : « Re-

fracassantes, désopilantes à désarçonner les observateurs les plus chevronnés. Neuf mois après son dernier passage à la Réunion, et après l’avertissement reçu avec frais surtaxés par les Chinois, Raymond

Domenech pose de nouveaux ses valises dans l’île. Malgré la surprenante défaite au stade Michel-Volnay qui allait augurer des jours terribles pour les tricolores, l’ancien sélectionneur y avait apprécié son séjour.

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PLEIN RÉGIME MERCREDI 16 MARS 2011

sont de surcroît considérés comme des PPTE (pays pauvre très endetté). Au Tchad, l’extraction du pétrole a rapporté 653 milliards de dollars aux compagnies anglo-américaines, françaises et malaisiennes alors que le pays reste pauvre, avec des réserves maigres en or noir, soit 62 millions de dollars pour le Tchad. Au Nigeria, deuxième producteur de pétrole d’Afrique après l’Angola, avec des réserves estimes à 2 500 millions de barils, 80 % de la population vit avec moins d’un dollar par jour ! D’autre part, les économies agricoles comme celle du Cameroun génèrent des citoyens affamés. INSPIRATION CHINOISE Si l’Afrique a besoin d’un partenaire stratégique, autant opter pour une économie plus stable et avancée, selon une grande partie de l’élite africaine. Deux candidats ont le proconnaissons que c’est la France qui a lui fournissant les ressources na- fil à première vue, les États-Unis et la élaboré le système, la Françafrique pour turelles dont son économie a besoin Chine, le premier et le second géant garder la mainmise sur nos États afin ou en d’autre mots, assurer la survie économique mondial, respectivede mieux les piller. Reconnaissons que de la France ! A ce jour, cette idée ment. Si l’accession d’un noir, en c’est la France qui a imposé aux États originelle de de Gaulle profite à la africains des dirigeants dépourvus de France comme le prouve la dépen- l’occurrence Barack Obama, à la sens et de facultés de réflexion. Recon- dance de la France pour des produits présidence des États-Unis aurait pu naissons que c’est la France qui a en- dont le poids dans la balance com- constituer un avantage sur le tretenu avec ceux-ci des relations basées merciale est très lourd (pétrole, compétiteur chinois, en revanche, sur le diktat, le mépris, la terreur, le cuivre), mais aussi des produits deux facteurs jouent en faveur de la chantage, la torture, la violence, le stratégiques (manganèse, silicium, Chine : son casier quasiment vierge meurtre. Ces élèves très idiots ont tout platine, chrome, molybdène, éponge en Afrique de par sa non-ingérence dans la politique africaine et plus de même bien assimilé leurs leçons et les de titane, cobalt, entre autres). important, les résultats. méthodes inhumaines de l’usage du Car ceux-ci sont les plus éloqupouvoir. Le triste constat est que ces CITOYENS AFFAMÉS présidents nullards ont, à leur tour, apMais quid de la survie des États ents : depuis le milieu des années pliqué les mêmes méthodes à leurs pro- africains ? Rien ! Une parfaite illus- 1990, les économies africaines se sont pres populations. » tration serait le pillage du pétrole en ouvertes à la Chine de sorte que le Petite précision historique pour Afrique au vu et au su des dirigeants volume global du commerce entre le faire le point ici. La « Françafrique », africains qui agissent moins en tant continent et la Chine s’élève à plus de tel qu’envisagée par 100 milliards de dollars. Par François-Xavier Verschave, contraste, les Etats-Unis, qui se définit comme « une détiennent le principal pounébuleuse d’acteurs Si l’accession d’un noir, en l’occurrence voir de vote à la Banque économiques, politiques et Barack Obama, à la présidence des Étatsmondiale et au Fonds monémilitaires, en France et en taire international, ont Afrique, organisée en réseaux Unis aurait pu constituer un avantage sur répondu à la crise de la dette et lobbies, et polarisée sur l’ac- le compétiteur chinois, en revanche, deux de l’Afrique dans les années caparement de deux rentes : les facteurs jouent en faveur de la Chine : son 1980 en exécutant des polimatières premières et l’aide tiques d’ajustement struccasier quasiment vierge en Afrique de par publique au développement. turel. Ces dernières sont loin La logique de cette ponction son non-ingérence dans la politique africaine de faire l’unanimité chez les est d’interdire l’initiative hors et plus important, les résultats Africains car elles ont condu cercle des initiés. Le système tribué à fragiliser les infraautodégradant se recycle dans la crimi- que tel et davantage en tant que structures sociales, à dévaluer nalisation. Il est naturellement hostile membre d’un conseil d’administra- irréversiblement les monnaies locales, à la démocratie ». tion présidé par la France. Alors que et à privatiser des entreprises naOr, ce système de réseau, c’est le les multinationales du pétrole illus- tionales. Le fait que l’histoire général Charles de Gaulle qui en a été trent clairement un processus de so- économique de la Chine s’apparente le ‘mastermind’ en 1958. Son but pri- cialisation des pertes et de davantage à celle des pays africains est maire : converger les anciennes privatisation et capitalisation des également un atout certain. Car colonies dans un ensemble d’accords profits, on constate que les Africains moins de trente ans de cela, la Chine de coopération politique, s’appauvrissent, financièrement et en étaient un pays sous-développé au économique et militaire qui les pla- termes de ressources naturelles. Le même titre que ces pays noirs ! Or, cent entièrement sous tutelle. Un sys- Gabon et le Congo-Brazzaville, mal- son « success story » phénoménal en tème qui débouche sur la création du gré leur pétrole abondamment ex- si peu de temps ne peut qu’inspirer franc CFA. L’intérêt de ceci : rendre ploité par Total, n’ont jamais eu de les Africains. compétitive l’économie française en véritable démarrage économique et


STEVIA : ÉDULCORANT NATUREL ET MIRACLE DE LA NATURE

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C’EST DANS le cadre chic du Link Ebène City Hotel (ex-Four Points) que se tiendra le mois prochain, soit les 9 et 10 avril, le Salon du Bien-être 2011. A la base de cette manifestation, une reine de beauté reconvertie en figure de proue de l’évènementiel. Elle, c’est Géraldine Mamet, figure incontournable de la mode dans les années 90. L’organisation de ce salon constitue l’un des points forts d’une carrière improbable entamée en 1987. Fraîchement émoulue d’une scolarité secondaire honorable, Géraldine Mamet ne savait dans quel sens orienter sa carrière, n’ayant pas les moyens de poursuivre des études supérieures S’ensuivra une courte période d’indécision. Alors qu’elle étudie les options qui s’offrent à elle tout en travaillant pour une compagnie d’assurances, la jeune fille, consciente de sa taille mannequin, décide de s’inscrire au concours Miss Mauritius 1987. Pari gagné. Auréolée du titre de Miss Mauritius, c’est toute une succession d’opportunités qui se présentent alors à Géraldine Mamet.

Parmi les exposants au Salon du Bien-être 2011, figure La Maison du Stevia. Le Stevia est un produit que l’on dit révolutionnaire. De cette herbacée (Stevia rebaudiana Bertoni) on extrait un édulcorant,

le Rebaudioside A. Or, le Rebaudioside A pur ne contient pas de sucre et constitue un édulcorant naturel très puissant (300 fois plus sucré que le sucre). Le Rebaudioside A est donc une alternative 100 % naturelle

absolument parfaite pour les personnes au régime et les diabétiques, souhaitant limiter ou éliminer l’utilisation d’édulcorants, de sucre ou de de produits chimiques dans leur alimentation.

GÉRALDINE MAMET

Chanceuse et douée. En dehors de la mode, son oeil pour la beauté s’exprime aussi par la passion qu’elle cultive pour le dessin et la peinture. Elle confectionne en effet, à ses heures libres, des tableaux qu’elle offre en cadeau à ses proches Des contrats de séances photos pleuvent et la jeune fille devient, du jour au lendemain, ambassadrice de grandes marques. Car, en sus d’être belle, il est impératif que le mannequin soit bien proportionné pour les photos. « La taille n’est pas aussi importante que les bonnes proportions pour les photos. C’est là ma force, car j’ai des proportions optimales pour les besoins de la photographie », précise l’ex-mannequin. À L’AVANT-SCÈNE DU MONDE GLAMOUR Si la mode l’a propulsée à l’avantscène du monde du glamour, son expérience au sein de la compagnie d’assurances n’aura pas été sans incidence sur son parcours professionnel. Elle en conserve, à ce jour, un goût prononcé pour la vente et le marketing. « J’aime la vente. Je m’y débrouille plutôt bien. Je dirais qu’il s’agit d’un talent caché que mon expérience au sein de la compagnie d’assurances m’a permis de développer », explique-t-elle. Elle s’essaiera même à la vente du prêt-à-porter avant de prendre la décision de se consacrer davantage à son autre domaine de prédilection, la mode. C’est dans l’optique de vivre à fond cette passion qu’elle lance l’agence

L’ÉVÈNEMENTIEL DANS LA PEAU

Ex-Miss Mauritius, elle a connu le mannequinat avant de se lancer dans l’organisation évènementielle avec Glitter Co Ltd, société qu’elle a fondée en 2005. La pétillante Géraldine Mamet organise, en avril prochain, la cinquième édition du Salon du Bien-être. Capital l’a rencontrée | ZAAHIRAH ATCHIA


PEUGEOT 3008 AU WELLNESS FESTIVAL Peugeot se veut «eco-friendly». C’est dans cette optique que la Peugeot 3008 sera exposée au Salon du Bien-être 2011. Cette initiative s’inscrit dans la politique verte que mène la firme française

de mannequinat « Coco » dans les années 90. Sélective dans ses choix, elle établit des critères stricts. « Il faut faire au moins 1m70. Pour Maurice, c’est la taille minimale acceptable. A l’étranger, il faut être bien plus grande. Il faut également être bien proportionnée et avoir une silhouette élancée », avance notre interlocutrice. Mais le physique ne fait pas tout. Car selon Géraldine Mamet, un véritable mannequin digne de ce nom est quelqu’un qui aime la mode et qui sait se mettre en valeur : « un mannequin doit représenter des marques, souvent pour les vêtements. Il s’agit donc de mettre ces vêtements en valeur. Pour cela, il faut soimême être au top ». PAUSE SABBATIQUE Cette méticulosité dans le choix de ses mannequins, doublée de son talent à dénicher des contrats, font de la boîte de Géraldine Mamet un véritable succès. C’est à cette étape de son parcours professionnel qu’elle commence à développer un penchant pour l’organisation évènementielle. Elle est souvent amenée, de par la nature de ses contrats pour l’agence, à organiser, entre autres, des défilés et des castings pour des marques à renommée internationale telles Lacoste et Burda. « Je m’occupais de tout ; casting, chorégraphie, costumes, maquillage. Mais c’était pour moi une expérience agréable », nous confie-t-elle. Une expérience qu’il lui faudra malgré tout arrêter lorsqu’elle se résigne à fermer l’agence pour vivre sa maternité à plein temps. Une pause sabbatique qui prendra fin en 2005, l’année où elle décide de retourner vers l’évènementiel. Elle fonde alors la société Glitter Co Ltd. « Au départ, il s’agissait d’une boîte de marketing. On aidait les firmes peu connues à se faire valoir auprès de leurs clients potentiels », fait-elle ressortir. Mais avec le temps, et en fonction des sollicitations de sa clientèle, les opérations de la société vont résolument se tourner vers l’évènementiel. C’est avec une certaine affection qu’elle retrace le parcours de la société : « J’ai commencé par le Salon du Mariage et des Bébés, qui a été un véritable succès. On a ensuite évolué en organisant le Salon du Loisir et du Jardin ». “PERSONAL GROOMING” L’idée de cette manifestation est venue à Géraldine Mamet lorsqu’elle a décidé de réunir les trois thématiques qui lui tiennent à cœur au sein d’un même événement. « J’ai voulu réunir la beauté, le fitness et la diététique. Et quoi de mieux comme thème, pour ce faire, que celui du bien-être ? C’est ainsi qu’est né le concept du Salon du Bien-être », nous confie-t-elle. L’esthétique, le fitness et la diététique, on les retrouve également dans le quotidien de Géraldine Mamet. Son

sous le programme “Blue Lion” qui, d’ailleurs, a déjà fait ses preuves : en 2007, 40 % des voitures privées Peugeot enregistrées en Europe ont émis moins de 130 grammes de dioxyde de carbone

(gaz à effet de serre) par kilomètre. De plus toutes les voitures de la marque Peugeot sont fabriquées dans des usines ayant un certifiat ISO 14001 et sont recyclables à 95 %.

DEUX JOURS DE SOINS ET DE CONSEILS Le Wellness Festival 2011, ou le Salon du Bien-être, s’étalera sur deux jours, notamment les 9 et 10 avril, de 10 heures à 19 heures, au Link Ebène City Hotel. Entre 10 000 et 15 000 visiteurs, tous âges confondus, sont attendus à ce salon qui gravite autour du triple thématique Beauté/Fitness/Diététique. « Une trentaine d’exposants mettront à la portée des visiteurs leurs connaissances. Des conseils axés sur la beauté, le fitness et la diététique seront dispensés. D’autres activités sont également au programme », explique Géraldine Mamet, directrice de l’agence évènementielle Glitter, organisatrice du salon. Par cette initiative, celle-ci souhaite encourager les Mauriciens à prendre en main leur ‘look’, et surtout leur santé. Parmi les exposants, la Maison du Stevia fera le bonheur des adeptes de la diététique en expliquant les bienfaits de sucrer les boisons avec des produits naturels sans sucre. Health Solutions proposera pour sa part des dégustations d’Organic Tulsi Tea et d’une variété de produits alimentaires bio. Les visiteurs soucieux de ce qu’ils consomment pourront aussi goûter aux délicieux pains olive/fromage et aux brioches au chocolat et aux fruits 100% bio fabriqués de manière artisanale par la boulangerie La Provençale. Ceux à la recherche de conseils en matière de bien-être physique pourront s’adresser aux représentants de HarmonyConcept, le spécialiste de

l’élimination de la cellulite. Aussi prévu dans ce sens, le lancement d’une salle de gym IMotion, au bâtiment Nexteracom, à Ebène, qui proposera des démos de fitness. Au programme : Stretching, Body Combat, et la danse connue comme la Zumba. Pour les accros de l’esthétique voulant parfaire leur image ou oser un nouveau look, Danila Lacoste, spécialiste du relookage, donnera des conseils personnalisés sur la tenue vestimentaire et le maquillage. Le lancement de deux spas sont aussi prévus dans cette optique. Le Five Elements Spa, qui ouvrira ses portes à QuatreBornes, proposera en exclusivité des soins de la franchise suisse Phytobiodermie, leader mondial en soins énergétiques et holistiques. L’autre spa, le Rituals, sera également situé dans le bâtiment Nexteracom et proposera un nouveau programme d’amincissement et de tonification musculaire. La médecine douce sera une autre thématique forte du salon. Le chiropracteur Munesh Tulsidas vous proposera, à travers des radios, de vérifier l’état de votre colonne vertébrale, alors que le podologue de la franchise internationale Bastien Gonzalez proposera des soins de manucure et de pédicure. La BAI offrira également ses conseils de spécialiste en assurance médicale. Précisons finalement que si l’entrée est à Rs 50 pour les adultes, elle sera gratuite pour les enfants.

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‘look’ en témoigne de façon éloquente. Plus de vingt ans après son couronnement au concours de beauté, et malgré la maternité, sa plastique n’a visiblement rien de vestiges d’une période de gloire lointaine. Notre interlocutrice a toujours une taille de guêpe, une peau éclatante, une chevelure qui ferait pas mal de jalouses et une allure de star. STYLE DE VIE SAIN Géraldine Mamet insiste que sa beauté intemporelle, elle la doit à un style de vie sain. Son secret : de l’exercice au quotidien et une nutrition soignée. Concernant la place qu’elle accorde aux activités physiques, elle nous confiera que « chaque matin, je consacre 45 minutes au fitness, faute de quoi je me sens mal dans mon assiette. Je pratique aussi une série de sports, à l’instar de la marche, du tennis et de la natation ». Cette dernière activité sert non seulement à la tonifier, mais lui permet également d’évacuer le stress et de se ressourcer.

L’idée de cette manifestation est venue à Géraldine Mamet lorsqu’elle a décidé de réunir les trois thématiques qui lui tiennent à coeur au sein d’un même événement. « J’ai voulu réunir la beauté, le fitness et la diététique. Et quoi de mieux comme thème, pour ce faire, que celui du bien-être ? C’est ainsi qu’est né le concept du Salon du Bien-être », nous confie-t-elle Nous nous hasardons alors à lui demander si le sport aide à avoir une démarche de mannequin. « La grâce du mannequin est innée. Soit on naît avec, soit on ne l’a pas. De ce côté, j’estime que j’ai été chanceuse », affirme Géraldine Mamet Chanceuse et douée. En dehors de la mode, son oeil pour la beauté s’exprime aussi par la passion qu’elle cultive pour le dessin et la peinture. Elle confectionne en effet, à ses heures libres, des tableaux qu’elle offre en cadeau à ses proches. Avec tous ces atouts en poche, c’est un regard empreint d’optimisme que jette Géraldine sur l’avenir. Les idées plein la tête, elle nous confie qu’elle s’active déjà sur la mise en place d’un autre projet axé sur la beauté. Il s’agit d’un projet visant à permettre aux jeunes filles de réussir leurs entretiens professionnels et leur parcours sur le marché du travail en leur offrant une formation sur le ‘personal grooming’ et le développement personnel. Cette formation, dont le ‘blueprint’ reste encore à être finalisé, viserait également à leur donner confiance en elles.


LIBERTÉ D’EXPRESSION SUR INTERNET : LA FRANCE SOUS SURVEILLANCE

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La France a fait une entrée remarquée, samedi 12 mars, dans la liste des pays placés ‘sous surveillance’ en matière de liberté d’expression sur Internet, par Reporters sans frontières. « Il est important pour nous de regarder les

pratiques des pays répressifs, mais aussi ce que font nos démocraties, et en l’occurrence il y a un certain nombre de choses qui nous ont inquiétés sur la France », a résumé, lundi, Lucie Morillon, responsable du bureau Nouveaux

Médias à Reporters sans frontières (RSF). « Evidemment la France n’est pas la Chine ni l’Iran, mais on se posait depuis plusieurs mois cette question de placer la France sous surveillance », a-telle souligné.

RÉSEAUX

LA RENAISSANCE D’INTERNET

Internet est mort. Mais pas d’affolement. Le réseau des réseaux change de protocole de communication, et renaît dans une nouvelle mouture rendue nécessaire par la saturation des adresses IP version 4. Avec l’IPv6, c’est un nouvel Internet qui voit le jour. Sans pour autant dérouter l’utilisateur | RN NÉ DANS sa forme actuelle au début des années 1970, Internet est à l’origine destiné aux applications militaires. Au fil des années, Internet connaîtra diverses évolutions, tant au niveau de sa structure qu’au niveau du contenu. L’Internet peut aujourd’hui en effet se targuer d’être cette autoroute de l’information qui est son sobriquet au milieu de la première décennie 2000. Le passage à l’IPv6 (pour Internet Protocol version 6) marque une autre étape dans l’histoire d’Internet. Pour les non-initiés, l’Internet Protocol est le mode de communication qui permettent aux machines (ordinateurs, téléphones mobiles, tablette numériques, etc.) de se connecter à des réseaux locaux, ou à Internet, et également de communiquer entre elles.

En Afrique, vu la demande relativement faible pour des nouvelles adresses IP au cours des dernières années, AfriNIC sera le dernier RIR avec des adresses IPv4. Mais, il s’agit d’assurer d’ores et déjà une transition fluide et efficace vers l’IPv6 Les adresses basées sur l’Internet Protocol, comme l’ont fait ressortir l’AfriNIC lors d’un point de presse la semaine dernière, sont essentielles pour le fonctionnement d’Internet ou de tout réseau d’échange de données. Allouer des adresses IP aux appareils individuels et aux systèmes sur les interfaces réseau, c’est favoriser un échange d’information adéquat en faisant un va-etvient entre eux. Sans adresse IP, donc, aucune communication sur un réseau n’est possible. La croissance rapide d’Internet a engendré la saturation des adresses IP, du moins dans la version 4 de ce protocole. Les adresses IPv4 sont

PRÉVOYANCE. Pour les dirigeants d’AfriNIC, il vaut mieux prendre les devants en ce qui concerne le passage de l’IPv4 à l’IPv6

encore disponibles, mais selon les opérateurs et les registres Internet régionaux (ou RIR) tel AfriNIC, elles devraient s’épuiser d’ici à la fin de l’année. D’où le passage à l’IPv6 qui, contrairement à son prédécesseur, dispose d’un espace d’adressage bien plus important. Cette quantité d’adresses considérable permet une plus grande flexibilité dans l’assignation des adresses. La capacité de l’IPv6 offre un potentiel immense pour la connexion de nouveaux appareils et pour les utilisateurs, ainsi qu’une efficacité optimisée pour l’orientation du trafic Internet, fait ressortir l’AfriNIC. TRANSITION FLUIDE En Afrique, vu la demande relativement faible pour des nouvelles adresses IP au cours des dernières années, AfriNIC sera le dernier RIR avec des adresses IPv4. Mais, il s’agit d’assurer d’ores et déjà une transition fluide et efficace vers l’IPv6. Ce nouveau protocole, dont les

bases ont Ce nouveau protocole, dont les bases ont été jetées à la fin des années 1990, présente de nouvelles opportunités pour le continent Noir. Dans la pratique, la transition vers l’IPv6 s’est déjà opérée, mais le protocole ne représente encore qu’un faible pourcentage des utilisateurs d’Internet – entre 0,25 et 1 % selon les chiffres disponibles. De plus, dans la mesure où l’implémentation de l’IPv6 peut se faire sur les infrastructures existantes, la transition devrait se faire en douceur, d’autant que le protocole a déjà été adopté par les systèmes informatiques, y compris les systèmes d’exploitation, certains progiciels et les logiciels, à commencer par les navigateurs. Pour l’utilisateur donc, le passage à l’IPv6 ne bouleversera en aucun cas ses habitudes et on sera loin des scénarios-catastrophe dont raffolent les adeptes des conspirations mondiales…


INTERNET EXPLORER 9 : LANCEMENT REPORTÉ AU JAPON La situation au Japon provoque des retombées imprévues. Microsoft, qui a lancé mardi la version finale d’Internet Explorer 9, a annoncé que le départ officiel de son navigateur au Japon était repoussé

L’HISTOIRE D’INTERNET remonte au développement des premiers réseaux de télécommunication. L’idée d’un réseau informatique, permettant aux utilisateurs de différents ordinateurs de communiquer, se développa par de nombreuses étapes successives. La somme de tous ces développements conduisit au « réseau des réseaux » que nous connaissons aujourd’hui en tant que l’Internet. Il est le fruit à la fois de développements technologiques et du regroupement d’infrastructures réseau existantes et de systèmes de télécommunications. Les premières versions mettant en place ces idées apparurent à la fin des années 1950. L’application pratique de ces concepts commença à la fin des années 1960. Dès les années 1980, les techniques que nous reconnaissons maintenant comme les fondements d’Internet moderne commencèrent à se répandre autour du globe. Dans les années 1990, sa popularisation passa par l’apparition du World Wide Web. VASTE RÉSEAU MONDIAL L’infrastructure d’Internet se répandit autour du monde pour créer le large réseau mondial d’ordinateurs que nous connaissons aujourd’hui. Il se répandit au travers des pays occidentaux puis frappa à la porte des pays en voie de développement, créant ainsi un accès mondial à l’information et aux communications sans précédent ainsi qu’une fracture numérique. Internet contribua à modifier fondamentalement l’économie mondiale, y compris avec les retombées de la bulle Internet. L’abondante diversité des méthodes de communications réseau amena un besoin d’uniformisation. Robert E. Kahn

LE WORLD Wide Web, littéralement la « toile (d’araignée) mondiale », communément appelé le Web, parfois la Toile ou le WWW, est un système hypertexte public fonctionnant sur Internet qui permet de consulter, avec un navigateur, des pages accessibles sur des sites. L’image de la toile d’araignée vient des hyperliens qui lient les pages web entre elles. Le Web n’est qu’une des applications d’Internet. D’autres applications sont le courrier électronique, la messagerie instantanée et les réseaux sociaux, par exemple. Le Web a été inventé plusieurs années après Internet, mais c’est lui qui a rendu les médias grand public attentifs à Internet. Depuis, le Web est fréquemment confondu avec Internet ; en particulier, le mot Toile est souvent utilisé dans les textes non techniques sans qu’il soit clairement exprimé s’il désigne le Web ou Internet. Le nom du projet originel était WorldWideWeb. Les mots

à une date ultérieure, sans précisions. La raison invoquée est simple : la sortie d’un nouvel Internet Explorer provoque de nombreux téléchargements. Or, l’éditeur estime que ce n’est absolument pas le

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moment de solliciter les infrastructures réseau et internet du pays, tant la bande passante disponible doit le rester pour des raisons plus vitales, sans parler des dégâts sur l’infrastructure matérielle.

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Restons connectés

recruta Vinton G. Cerf de l’université Stanford dans le but de travailler ensemble sur ce problème. En 1973, ils avaient déjà réalisé une reformulation profonde, dans laquelle les différences entre les protocoles s’estompaient par l’utilisation d’un protocole de communication : au lieu d’asseoir la fiabilité du réseau sur les connexions, comme avec l’ARPANET, les hôtes en étaient maintenant responsables. Vinton G. Cerf attribua à Hubert

Zimmerman et Louis Pouzin (développeurs du réseau Cyclades) un important travail de développement. Avec le rôle du réseau physique réduit à son strict minimum, il devint alors possible de fusionner à peu près tout type de réseau sans tenir compte de leurs caractéristiques et ainsi résoudre le problème que s’était posé Robert E. Kahn à ses débuts. La DARPA accepta de financer le développement du logiciel prototype,

DE L’INTERNET AU WEB

SERVEUR. L’ordinateur, de la marque NeXT, qui a hébergé le tout premier site web au monde est toujours en opération au CERN

et après plusieurs années de travail, la première démonstration quelque peu rustique de ce qu’était alors devenu le TCP/IP eut lieu en juillet 1977. Cette nouvelle méthode se répandit au travers des réseaux, et le 1er janvier 1983 les protocoles TCP/IP devenaient officiellement le seul protocole sur l’ARPANET, remplaçant le précédent protocole NCP. SOURCE : INTERNET

ont été rapidement séparés en World Wide Web pour améliorer la lisibilité. Le nom World-Wide Web a également été utilisé par les inventeurs du Web, mais le nom désormais préconisé par le World Wide Web Consortium (W3C) sépare les trois mots sans trait d’union. Bien que « mondial » s’écrive world-wide ou worldwide en anglais, l’orthographe World Wide Web et l’abréviation Web sont maintenant bien établies. En inventant le Web, Tim Berners-Lee avait aussi pensé à d’autres noms, comme Information Mesh (maillage d’informations), Mine of Information ou encore The Information Mine (la mine d’informations, dont le sigle serait Tim). Le sigle WWW a été largement utilisé pour abréger World Wide Web avant que l’abréviation Web ne prenne le pas. La prononciation laborieuse (en français comme en anglais) de WWW a sans doute précipité son déclin. Les lettres www

restent cependant très utilisées dans les adresses Web et quelques autres usages formels ou techniques, bien que cela ne réponde à aucune contrainte technique. Dans la seconde moitié des années 1990, alors que les réseaux étaient engorgés par la popularité grandissante du Web, une blague répandue prétendait que WWW signifiait World Wide Wait, soit « attente mondiale ». WWW est parfois abrégé en W3, abréviation qu’on retrouve dans le sigle W3C du World Wide Web Consortium. Pour écrire « le web », l’usage de la minuscule (« le web ») est de plus en plus courant. L’Office québécois de la langue française préconise la majuscule, le Journal officiel français préconise « la toile d’araignée mondiale ». Cet article fait la distinction entre « le Web » et « un web », aussi la majuscule est toujours utilisée pour désigner le Web. SOURCE : INTERNET


UN PROJET DE LOI POUR LES ARCHITECTES

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Le métier d’architecte devrait être mieux réglementé dans un proche avenir. Le ministère des Infrastructures publiques travaillerait en effet sur le Professional Architects Council Bill. Ce projet de loi

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prévoit, entre autres, des sanctions à l’encontre des architectes pour tout manquement à leur profession. Celles-ci vont jusqu’à la suspension de leur permis d’opération pour une période

de deux ans ou leur radiation pure et simple de la liste des architectes. Le projet de loi prévoit également que les architectes étrangers seront autorisés à opérer à Maurice.

NPF/NSF

Bilan positif pour les investissements

Les décisions prises par le comité chargé des investissements des surplus des deux fonds au cours de l’année écoulée ont permis au National Pensions Fund (NPF) et au National Savings Fund (NSF) d’engranger des profits intéressants. La diversification du portefeuille d’investissements reste cependant une priorité | HERRSHA LUTCHMAN-BOODHUN GRÂCE À un portefeuille diversifié, les investissements des fonds du National Pensions Fund (NPF) et du National Savings Fund (NSF) ont rapporté gros. C’est ce qu’a révélé le NPF-NSF Investment Committee, vendredi, lors d’un point de presse. Au cours de l’année écoulée, les fonds du NPF ont atteint Rs 7,3 milliards, et ceux du NSF Rs 1,8 milliard. Pendant le point de presse, l’achat des bâtiments Altima et Ebène Heights est revenu sur le tapis. A cet effet, le secrétaire financier, Ali Mansoor, qui assure la présidence du comité, a déclaré: « Investir dans l’immobilier comporte des risques, mais en retour, les rendements sont élevés. Nous considérons ce type d’investissement comme une option ouverte, même à l’avenir, et il se pourrait qu’il y ait davantage d’investissements dans l’immobilier ». Ce dernier a aussi souligné que l’achat des deux bâtiments s’est fait en toute transparence, à travers des appels d’offres, dans le but d’optimiser les fonds du NPF. « Outre l’immobilier, nous tenons en compte d’autres domaines dans lesquels nous pouvons investir, tel l’or. Toutefois, l’or représente un domaine d’investissement plus risqué que l’immobilier, car on estime que d’ici 5 ou 6 ans, le prix de l’or pourrait connaître une baisse », a soutenu Ali Mansoor. ASSURER LA RENTABILITÉ Le secrétaire financier a également fait ressortir que les acquisitions d’Altima et d’Ebène Heights ont été faites après maintes consultations, afin de s’assurer qu’ils seront rentables à la longue. La décision a ainsi été prise par le comité, et l’ensemble du processus, y compris l’appel d’offres et le temps de ‘due diligence’ a pris neuf mois. Le NPF-NSF Investment Committee, un comité tripartite composé de neuf membres (trois représentants des employeurs, trois des employés et trois du gouvernement), a pour objectif de prendre des décisions quant aux investissements du surplus des fonds du NPF et du NSF. Afin d’atteindre ses objectifs, le comité d’investissement mise sur un portefeuille bien diversifié. Mais les

COMPTE-RENDU FLATTEUR DU PR JOSEPH STIGLITZ DE RETOUR aux Etats-Unis, le Professeur Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, a donné un compte-rendu très flatteur de Maurice. Dans un article intitulé « The Mauritius Miracle » et écrit pour le groupe Project Syndicate, il affirme que « many countries, not least the US, could learn from its experience ». Pour le Professeur Stiglitz, qui était à Maurice en février pour animer une conférence sur la crise financière mondiale, bien que notre pays ne soit pas particulièrement riche, « il a néanmoins consacré les dernières décennies à la construction d’une économie diversifiée, d’un système politique démocratique, et d’un filet solide de sécurité sociale ». Il a également souligné le fait que le Produit Intérieur Brut (PIB) de l’île a connu une croissance de 5 % par an depuis presque 30 ans. « Certes, vous pensez peutêtre que cela découle d’une astuce, ou encore que le pays doit être riche en diamants, pétrole ou autre produit de valeur. Mais Maurice ne possède pas de ressources naturelles exploitables », a-t-il ajouté. Finalement, le prix Nobel d’économie a mentionné, dans son article, qu’en venant chez nous, il voulait mieux comprendre ce qui avait conduit certains à parler du ‘Mauritius Miracle’, et les leçons que d’autres pourraient en tirer. « Il y a en effet de nombreux enseignements que doivent prendre en considération les politiciens américains et européens dans leur lutte budgétaire », a-t-il souligné.

Navin Ramgoolam : « Notre avenir repose sur une meilleure éducation »

Outre l’immobilier, nous tenons en compte d’autres domaines dans lesquels nous pouvons investir, tel l’or. Toutefois, l’or représente un domaine d’investissement plus risqué que l’immobilier, car on estime que d’ici 5 ou 6 ans, le prix de l’or pourrait connaître une baisse

‘local government bonds & bills’ continuent d’être les investissements les plus importants pour les fonds du NPF et du NSF. Lors du point de presse, les membres du comité ont également fait ressortir que les rendements issus de ce type d’investissement ont enregistré une baisse de 1 % à 2 % en comparaison à l’année 2009, vu que la demande a augmenté plus rapidement que l’offre. Pour le comité, si la situation persiste, il faudra continuer à chercher d’autres opportunités d’investissement. Etant donné la situation actuelle, et les projections futures, il espère que le rendement des différents composants du portefeuille connaîtra une hausse au cours des prochains mois.

L’ÉDUCATION EST la clé de l’avenir. C’est ce qu’a déclaré le Premier ministre lors de sa rencontre avec les lauréats de la cuvée 2010 du HSC, à la State House, jeudi, en présence de sir Anerood Jugnauth. Reprenant le discours du Professeur Joseph Stiglitz sur Maurice, Navin Ramgoolam a affirmé que le pays ne disposant pas de ressources naturelles importantes, il doit surtout miser sur l’éducation. Navin Ramgoolam a également évoqué certains points qui méritent une attention particulière : « Nous devons nous assurer de maintenir des normes élevées, et que notre programme national réponde à nos besoins, afin que vous soyez en mesure de relever les défis de ce monde globalisé. Nous nous sommes rendu compte que nous avons besoin d’accroître l’accès à l’enseignement supérieur. En l’an 2000, notre taux de scolarisation supérieure n’atteignait que 15 %, alors qu’il est passé à 47 % à la fin de 2010. Nous ambitionnons d’atteindre les 70 % d’ici à 2015. »


LE JAPON BIEN ARMÉ FACE AU CHOC ÉCONOMIQUE L’agence de notation Moody’s a estimé lundi, dans une note, que le Japon est bien armé pour faire face aux conséquences économiques du séisme de vendredi, notamment en raison de

l’importance de son épargne, qui pourra être mobilisée pour financer la reconstruction du pays. Pour l’agence, le Japon, dont l’économie pèse 6 000 milliards de dollars, soit « les économies alle-

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mande et italienne réunies », a la « capacité d’absorber le choc dans le temps. En général, les économies riches ont prouvé qu’elles étaient en mesure de faire face à des catastrophes naturelles ».

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GLOBE

MERCREDI 16 MARS 2011

JAPON

L’économie en sous-régime

De nombreuses industries du Nord-Est du pays, centre de la catastrophe, ont cessé leurs activités. Mais d’autres régions tournent au ralenti, notamment dans l’automobile et l’électronique C’EST UN début de semaine en sous-régime qu’a vécu l’économie japonaise. Les économistes sont encore partagés sur l’impact à moyen et long termes des dommages matériels et économiques de la plus grave catastrophe naturelle de son histoire récente. Mais trois jours après l’événement, le Japon a dû limiter, voire cesser, sa production dans de nombreux secteurs d’activité, particulièrement dans la région du Nord-Est, lieu d’origine du séisme. Cette région, qui pèse environ 8 % de l’économie du pays, compte notamment des usines automobiles, de l’électronique et des télécoms. Sony a ainsi gelé l’activité de sept sites, la plupart dans le nord-est, où l’une de ses usines de disques Blue-Ray a été inondée. La région de la métropole de Sendai, la plus proche de l’épicentre du séisme et submergée par une vague géante vendredi, est un centre industriel important non seulement pour l’électronique, mais aussi les télécommunications et les machines-outils, la pétrochimie. Mais les difficultés de transport et d’approvisionnement ont aussi entraîné des ralentissements et des arrêts de production dans d’autres régions et d’autres secteurs d’activité.

Aucun véhicule automobile se serait sorti ce lundi des chaînes de Toyota, Honda et Nissan, dans tout le pays. Certaines de ces usines se trouvent dans les zones du Nord-Est dévastées par le tremblement de terre et le tsunami de vendredi. Mais les sites du Kanto (région de Tokyo et alentour), touchés par le séisme de façon moins violente, tout comme ceux de l’ouest et du sud du Japon, épargnés, n’ont pas ouvert non plus. PRODUCTIONS EN SUSPENS Nissan a annoncé que sa production de Tochigi et d’Iwaki était suspendue au moins jusqu’au vendredi 18 mars. Dans les unités d’Oppama, de Kyushu et de Yokohama, ainsi que sur le site de Nissan Shatai Co, moins proches de l’origine de la catastrophe, les chaînes d’assemblage sont suspendues jusqu’à mercredi seulement. La filiale (à 44 %) de Renault assemble plus de 80 000 véhicules par an au Japon, soit 22 % de sa production totale. La compagnie d’électricité Tepco, qui gère notamment les centrales nucléaires en difficulté, a dû cesser d’alimenter temporairement plusieurs villes des préfectures d’Ibaraki (nord de Tokyo) et de Shizuoka (sudouest de Tokyo), une mesure ex-

LES FOURNISSEURS d’énergie nucléaire et les services aux collectivités sont très pénalisés en Bourse, face à la crainte d’un scénario à la Tchernobyl. Le bond des banques après l’accord sur le Pacte pour l’euro ne suffit plus à limiter les pertes sur les indices La tentative de rebond des marchés boursiers, lundi matin, a échoué. Après le séisme qui a dévasté le Japon, la crainte d’un scénario à la Tchernobyl pousse les investisseurs à vendre en masse les valeurs des fournisseurs d’énergie nucléaire et de services aux collectivités. En conséquence, la Bourse de Paris s’enfonce au plus bas depuis deux mois. A 15h, le CAC 40 cède 0,7 % et évolue au seuil des 3 900 points. EDF accuse une des plus fortes baisses de l’indice parisien (-4,5 %), et le certificat d’investissement du groupe nucléaire Areva plonge de plus de 9 %. A Francfort, le Dax glisse de 1,5 % : E.ON est la plus forte perte de l’indice Dax (-5,3 %),

ceptionnelle annoncée à l’avance et qui pourrait se prolonger par intermittence dans la région jusqu’à la fin avril. TRAFIC PERTURBÉ Sur le front des transports, le trafic ferroviaire, bien sûr inopérant dans le nord-est, restait très perturbé dans la mégapole de Tokyo, le coeur économique du pays, fort de 35 millions d’habitants et de milliers de sièges sociaux, usines et commerces. La compagnie East Japan Railways, qui exploite de nombreuses lignes empruntées par les habitants des banlieues, n’a été en mesure que d’assurer 20 % du trafic.

Pour ne pas aggraver la situation dans les gares bondées, le gouvernement a conseillé à la population de limiter ses déplacements au minimum, tandis que de nombreuses firmes demandaient à leurs employés de ne pas venir travailler. Cela n’a pas empêché, ce lundi, les rues de Tokyo de « ressembler à un lundi », constate Yann Rousseau, correspondant des Echos à Tokyo. « Il y a peut-être un peu moins de monde, mais c’est, apparemment, loin d’être une journée chômée. Les gens ont hâte de retrouver une activité, et, par ailleurs, l’état d’esprit de la majorité de la population est de faire confiance aux déclarations

du gouvernement sur les conséquences de la catastrophe, et de tenter de se projeter vers l’avenir ». La Banque du Japon a débloqué l’équivalent de 130 milliards d’euros pour détendre les marchés financiers et prévenir toute crise de liquidité. La compagnie d’électricité de Tokyo tentait d’assurer une distribution suffisante dans des conditions difficiles, et les entreprises de chemin de fer tentaient d’améliorer les dessertes. SOURCE : INTERNET

Le risque nucléaire pèse sur les marchés RWE la deuxième (-4,5 %). Certains analystes estiment que les dégâts de la catastrophe sont si importants et le coût potentiel si élevé - une évaluation l’a chiffré à plus de 170 milliards de dollars dans la seule zone directement touchée - que cela pourrait replonger le Japon dans la récession. Une hypothèse qui fait vaciller assureurs et réassureurs, comme le secteur du luxe, l’archipel étant le troisième marché du luxe dans le monde. A Paris, Axa lâche 1,3 % et Scor 2,3 %. LVMH perd 2,6 %, PPR 2,1 % et Hermès 2,5 %. A Londres, Burberry perd 4,1 %. Les Allemands Allianz et Munich Re abandonnent respectivement 1,8 % et 3,2 %, le Suisse Swiss Re, numéro deux mondial, plie de 4,2 %. La hausse des valeurs bancaires ne suffit plus à compenser la glissade de ces

valeurs. Les établissements financiers, dont les titres sont fortement corrélés aux évolutions de la crise de la dette de la zone euro, sont soutenus par l’accord intervenu vendredi, à l’issue d’un sommet des 17 Etats de la zone, sur la pérennisation et l’extension du mécanisme de stabilité financière. SOULAGEMENT VISIBLE A 15h, Société Générale gagne 2,2 %, Crédit Agricole 4 %, BNP Paribas 2,2 % et Natixis 2,8 %. L’Espagnole Bankinter bondit de 6 %, la Belge Dexia de 5,1 %. A Francfort, Deutsche Bank prend 0,9 %. Sur les Bourses des pays périphériques, le soulagement est visible. Les places de Madrid (+0,7 %), de Lisbonne (+1,5 %) et d’Athènes (+5,6 %) se distinguent nettement à la hausse.

Au Japon, l’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a terminé sa première séance depuis le séisme dévastateur sur un plongeon de 6,18 %, dans un volume des transactions historique. L’action de la compagnie d’électricité Tokyo Electric Power, qui exploite des centrales nucléaires en difficultés, a dévissé de 23,6 %. La Banque du Japon a procédé à la plus importante injection de liquidités de son histoire pour assurer la stabilité des marchés financiers. Une telle opération a pour effet de diluer la valeur d’une devise. A 15h, le yen montait légèrement (+0,2 %) face au dollar, après avoir atteint son plus haut niveau depuis plus de quatre mois face au billet vert. SOURCE : INTERNET



Capital Edition 17 - 16.03.11