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GOLF : LE GREEN CHERCHE SPECTATEURS Le golf a toujours été perçu comme un sport de riches d’un certain âge jouant en cercles fermés. Mais petit à petit, le ‘green’ gagne du terrain EDITION 16 – MERCREDI 9 MARS 2011

LA DIFFÉRENCE, C’EST LE CONTENU

Votre hebdomadaire à Rs 15

DANIELLE WONG : « RELIABLE MAURITIUS »

ALIMENTATION : LA CRISE EST INÉVITABLE

STILL NO LIGHT AT THE END OF THE TUNNEL

Danielle Wong, directrice de la MEXA, signe un nouveau slogan pour la promotion de l’île Maurice au Moyen-Orient

« Il faut voir la réalité en face. » Les observateurs tirent la sonnette d’alarme : la flambée des prix perdurera lors des mois à venir !

Most companies are aware that they have too few women at board level, yet the gender inequality goes on. Time for women to make some noise?

GROUPE MON LOISIR

DE SUCRERIE À MONSTRE ÉCONOMIQUE

Une vision originale, couplée à une stratégie proactive de diversification, a fait de GML (Groupe Mon Loisir), un colosse de l’économie mauricienne en moins d’un demi-siècle. Le plus grand groupe mauricien, avec des actifs de Rs 55,4 milliards, contribue à hauteur de 9,1 % au PIB national. Capital revient sur les secrets de ce succès Femme Africaine : l’âme du continent noir | Oceanic Eco-park : les investisseurs se font attendre | Montblanc : des stylos au sommet de l’art


MADAME « EMBARRASSÉE » L’affaire MedPoint n’est pas sans incidence sur le Mouvement socialiste militant (MSM). Si le leadership du parti n’est pas remis en cause, par contre la position de la ministre de la Santé fait l’objet de

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ans quelques jours, l’île Maurice célébrera sa 43ème année d’indépendance et cela fera aussi 19 ans depuis qu’elle est passée au statut de république. Bien entendu, pendant quelques jours, le quadricolore (rouge, bleu, jaune et vert) ornera notre joli petit pays, du Nord jusqu’au Sud, d’Est en Ouest, à la ville comme à la campagne, des quartiers huppés jusqu’aux bidonvilles. Le côté «mauricianiste» de tout un chacun se réveillera comme chaque année à cette même date – le 12 mars – et, dans une ambiance festive, on sera tous d’accord que le séga est notre musique nationale et que la beauté de notre île réside dans sa population pluriethnique. On se souviendra aussi que le tigre de l’océan Indien est en fait gentil et non agressif, l’incarnation même de la paix, un exemple pour le reste du monde. Et après le 12 mars ? Suffit-il de chanter ou de fredonner l’hymne national une fois par an pour faire de nous des patriotes à part entière ? Mis à part les coups de fouet reçus par les esclaves pour bâtir Maurice, l’exploitation des coolies dans les champs de cannes, la lutte de sir Seewoosagur Ramgoolam et ses pairs pour obtenir l’Indépendance de

| Billet de MORDICUS |

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divers commentaires. Des voix commencent à se faire entendre pour dire qu’il est péférable pour Maya Hanoomangee de « step down » car ce serait « elle la cause de tous ces embarras ». Pour cer-

tains, c’est même « un conseil », car les questions parlementaires – la rentrée c’est pour très bientôt – risquent d’être « insoutenables » pour la députée de Savanne/ Rivière-Noire.

Glory to thee… Maurice – le tout démontré lors des spectacles culturels pour célébrer l’Indépendance –, on oublie souvent de mentionner que si notre petit pays a su tirer son épingle du jeu jusqu’à présent en termes de stabilité, c’est grâce à la tolérance, à la persévérance et à la responsabilité. Il semblerait que dans une société de plus en plus individualiste, ces trois maîtres mots commencent à perdre leur sens et même à remettre en question la culture de tolérance et de compréhension vis-à-vis des autres. Après l’apparition de plusieurs « voix » (Ndlr : ‘Voice of Hindu’, ‘Voice of Tamil’, ‘La Voix Kreol’, la ‘Voix des sans voix’, ‘Voice of Zamzam’, etc.) et l’importance accordée à celles-ci durant ces dernières années, il nous faut nous rendre à l’évidence que le sectarisme est en train de gagner du terrain sur le patriotisme. De quelle façon ces nombreuses « voix » ont-elles leur raison d’être ? Sir Seewoosagur Ramgoolam avait-il eu recours à ces « forces » dans son combat pour obtenir l’indépendance ? Si la réponse est non, c’est simplement parce qu’il avait fait confiance à une seule voix : celle venant d’un peuple uni, puisant sa force dans le patriotisme.

faires en 2000 à la faveur d’une alliance de dernière minute conclue avec le MMM, un partage à parité des investitures et aussi du mandat du PM sur une base 60-40 %.Tout ceci pour éviter une joute triangulaire qui, de l’aveu de SAJ et au vu des résultats de ces mêmes élections, aurait vu le triomphe des travaillistes. Le gouvernement MSM-MMM compléta son mandat. Ainsi, le MSM a été aux commandes en tant que partenaire majoritaire depuis 1983, sauf entre 1995-2000. En juin 1983, alors que le MSM nouvellement formé célébrait le premier anniversaire du premier 60-0 de l’histoire politique mauricienne, SAJ s’en était pris à feu James Burty David qui, le même jour dans une interview, avait déclaré que le Ptr devrait être la locomotive de toute alliance politique. « Je suis favorable à une alliance avec les travaillistes mais ‘sa

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éditorial de RUDY VEERAMUNDAR En ces temps de misère et de récession économique, ce peuple avait les objectifs suivants : appartenir à un pays libre, progresser économiquement et vivre sans crainte de discrimination. Qu’en est-il aujourd’hui ? Il n’y a qu’à faire un constat des lobbies ethniques et castéistes. Avant les élections, c’est pour un ticket et après, c’est pour une nomination ici ou là. Les postes sont répartis en fonction de majorités ou de minorités, de castes et sur une base de quotas. Que chacun en ait pour son compte et que tout le monde soit content. Tout le monde ? Enfin, le terme est peut-être fort. Il faut aussi savoir si on a les critères politiques purs : travailliste, militant ou Jugnauth, dépendant pour qui on a travaillé ou quel parti on a soutenu pendant la campagne électorale, et qui s’occupe ensuite du pouvoir. Un calcul très compliqué pour remplir les postes au détriment de la compétence et, pire, au détriment de l’avenir du pays. Ils sont nombreux aujourd’hui dans l’attente d’une nomination, en étant déjà sûr d’être du bon bord politique et jouant à fond sur leur profil ethnique. On se demande aujourd’hui si on travaille pour son

La patience de Ramgoolam

a cohésion de toute alliance politique dépend de la capacité des différents leaders à se faire respecter, à contrôler leurs troupes et aussi à faire des compromis. Feu sir Seewoosagur Ramgoolam l’avait appris avant même les élections pour l’Indépendance pour passer maître dans l’art de diriger une alliance au point de former un gouvernement postélectoral en 1976 et compléter son mandat jusqu’à la dernière semaine. Après avoir connu des atermoiements de juin 1982 à mars 83, sir Anerood Jugnauth passa lui aussi maître dans l’art de diriger des alliances, allant même jusqu’à en conclure une autre par anticipation en 1990 alors que son gouvernement, composé de ministres et députés de la précédente alliance, était toujours en place ! Après une disette de 5 ans, le MSM revint aux af-

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banne cozer locomotive-la bizin arreter’ », avait dit le chef du MSM. SAJ savait de quoi il parlait. Au sein d’une alliance gouvernementale, c’est le partenaire majoritaire qui ‘sets the agenda’. Notre système ‘wetsmisterien’ accorde d’immenses pouvoirs au chef du gouvernement. Le Premier ministre contrôle l’appareil d’Etat et tente, autant que faire se peut, de diriger par consensus mais le dernier mot lui revient. Pravind Jugnauth, qui a pris la relève de son père, sait très bien ce que veut dire être un partenaire minoritaire au sein d’une alliance gouvernementale. Pour avoir fait partie du gouvernement MSMMMM, il ne peut ignorer le sort réservé aux Verts fraternels et au défunt Mouvement républicain au sein du gouvernement. Certains au parti du Soleil éprouveraient-ils des difficultés à effectuer la transition partenaire

majoritaire-partenaire minoritaire ? Le MSM qui a, durant toute son existence, dirigé ou codirigé des alliances gouvernementales digère-til mal le fait de ne pas contrôler pas l’appareil d’Etat alors qu’il est au pouvoir ? De l’avis des observateurs politiques, Navin Ramgoolan s’est montré plus que généreux envers le MSM lors du partage des investitures l’année dernière. Il l’a aussi été lors de la formation du Cabinet au point d’essuyer des reproches des caciques rouges. Dans le souci de préserver la cohésion gouvernementale, le PM a récemment rappelé à l’ordre ses troupes. Le MSM gagnerait à ne pas trop tirer sur la corde. La patience de Navin Ramgoolam avec les mauves au gouvernement n’avait duré que 18 mois. Autant Navin Ramgoolam peut-être un gentleman, autant il peut se montrer impitoyable !

pays ou tout simplement pour se remplir les poches grâce son importance ethnique. A qui se sent-on redevable aujourd’hui : son pays ou son ethnie ? A-t-on vraiment la conviction qu’il faut suer pour Maurice ? Tolérer la culture de son entourage est une chose, tolérer des imbéciles qui menacent à chaque fois de faire usage du démon communal et mettre la stabilité du pays en péril en est une autre. Tolérer des politiciens sensés est une chose, tolérer des politiciens arrivistes aux propos incendiaires en est une autre. Il y aura des citoyens qui prendront la peine de colorer le visage de leurs enfants aux couleurs du quadricolore mauricien samedi, qui se rendront au Champ de Mars par une chaleur écrasante, qui resteront debout pendant des heures, qui accompagneront l’orchestre de la police en chœur quand celui-ci fera résonner l’hymne national pour la 43ème fois un 12 mars et certains verseront même des larmes de joie et d’émotion quand le drapeau mauricien sera hissé en haut du mât. Si certains se donnent la peine d’inculquer une culture de patriotisme à leurs enfants, que d’autres, qui seront aussi présents en ce jour de fête, suivent exemple…

Qui fera entendre ‘La Voix Kréol’ ?

ILS SONT deux blocs à vouloir prendre en main la gestion de ‘La Voix Kréol’, fondée par feu Mario Flore. D’un côté se trouvent un journaliste-lobbyiste et son entourage, et de l’autre, le clan Modeliar, famille de l’ancien activiste. Un bras de fer qui risque de déboucher sur la fermeture de cette publication qui milite pour l’intérêt de la communauté créole. Mais un troisième larron n’a pas caché son intérêt pour reprendre le flambeau de Flore. Il s’agit de la Fédération Créole Mauricien, de Jocelyn Grégoire, dont la publication, ‘Le Réveil’, n’a pas tenu plus de six mois.

RÉDACTEUR EN CHEF Rudy Veeramundar CONSEILLER À LA RÉDACTION Manoj Nawoor CHEF D’ÉDITION Roy Neeraye JOURNALISTES Herrsha Lutchman-Boodhun Zaahirah Atchia CONCEPTION GRAPHIQUE Knivel Goonmeter Ibrahim Atchia DIRECTEUR EXÉCUTIF Rajen Valayden RESPONSABLE DE MARKETING Abdallah Goolamallee CHEF DE PRODUCTION Roland Nicolas Cheneya ADMINISTRATION Ouma Pillay-Rungapen Essane Auleear Une publication de Channel13 8, rue Mère Barthelemy, Port-Louis Tel : 213 1555 - Fax : 213 1552 Email : info@channel13.mu - Site web : www.channel13.mu Imprimé par Yukondale Ltd - Plaine Lauzun


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L’APPÉTIT VIENT EN MANGEANT

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Après le contrat signé entre la STC, Mangalore Refinery et Betonix Ltd pour le transport des produits pétroliers pour une durée de 15 ans, au coût de plusieurs milliards, les tractations vont bon train pour

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décrocher le contrat de stockage stratégique des carburants. Selon certains, un petit entrepreneur serait favori pour décrocher le jackpot, et cela dans un souci de « démocratisation de l’économie ». On se souvient que

Vikram Bhunjun, un proche d’un Senior Minister, a incorporé en avril 2010 la Beta Oil Terminal Ltd, avec un capital d’une roupie. On ne fait pas plus petit que ça...

POLÉMIQUE

Le mémo qui dérange

Drôle de situation dans un boardroom d’une des plus vieilles institutions étatiques du pays. Chagriné par la condamnation d’un des board members, le ministère responsable de l’organisme en question a décidé que l’officier incriminé devait continuer à toucher son salaire, sur une base humanitaire, et ce en dépit de l’opinion contraire des autres membres du conseil d’administration LE BACKING accordé à un membre d'un board gouvernemental fait jaser. Il avait été arrêté et poursuivi pour conflit d'intérêt, ayant siégé sur le board alors qu'une décision devait être prise par rapport à un contrat, où l'un des soumissionnaires n'était autre que son épouse Comme c'est normalement le cas, en attendant le jugement du tribunal, l'homme en question avait continué à toucher son salaire, et cela pendant plusieurs années. Une fois le jugement rendu et le fonctionnaire condamné, la question du salaire fut abordée. Contre toute attente, le board se trouva en présence d'un mémo émanant du ministère de tutelle, intimant que le board member condamné devait continuer à percevoir son salaire « on humanitarian ground ». Le document en question porte la signature d'un haut fonctionnaire dudit ministère.

Pris au dépourvu, les membres du board devaient toutefois répliquer au ministère en question en soutenant : « Sur base humanitaire, d'accord, mais pour une période définie. » Condition qui a été approuvée. Cette décision donne toutefois lieu à de nombreux mécontentements, certains parlant de « pratique intolérable », d'autres de « pratique qui va à l'encontre de la bonne gouvernance ».

Dans son jugement dans l’affaire de conflit d’intérêt, la Cour intermédiaire, écrit : « The accused parties in the present case stand charged under section 2 of the Prevention of Corruption Act 2002 as amended by section 4 of Act 1/2006 for the offence of 'conflict of interests' which read as follows; 'Where a public official or a relative or associate of his has a personal interest in a decision which a public body is to

take, that public official shall not vote or take part in any proceedings of that public body relating to such decision.' And 'relative' in relation to a person is defined under the said Act as (a) a spouse or conjugal partner of that person; (b) a brother or sister of that person […] The Fundamental principle remains that any proceeding before any Board has to be conducted in a fair and just manner and has to be perceived to be fair and just by any onlooker. The fact that accused no 1 was the Chairman of the Board and accused nos 2 and 3 were members of the Board and they remained on the Board when the recommendations of the Ad Hoc Committee in relation to the applications of their relatives were being tabled and ratified before the Board cannot be perceived to be manifestly just and fair in as much as they might have affected the tenor of the debates by their mere presence. »

Vague de départs à la SBM

PLUSIEURS CADRES de la State Bank of Mauritius (SBM) ont soumis leur lettre de démission. Parmi, Moonesar Ramgobin, Divisional Leader - International Banking & Global Business, et Stéphanie Domingue, Team Leader Corporate, International and Investment Banking. Ces départs seraient liés à la mise à pied de Raj Ramdaursingh comme président du conseil d’administration. D’autres départs sont attendus, principalement au sein du département commercial. « Ces mouvements sont normaux, surtout avec la compétition féroce existant dans le monde bancaire à Maurice et le ‘poaching’ constant des compétiteurs. Les cadres en partance ont reçu des propositions alléchantes et nous ne pouvons que les remercier pour leurs contributions et leur souhaiter bonne chance dans leurs carrières respectives. La SBM demeure l’un des meilleurs employeurs, non seulement à Maurice, mais aussi dans l’océan Indien », affirme un préposé de la direction. Il s’avère par ailleurs que le nouveau président, Munikrishna Reddy, compte présenter très bientôt son nouveau plan, qui vise à consolider les parts de marché acquis au niveau local et se développer d’avantage dans la région. La mise en action de ce plan nécessitera des compétences nouvelles, ce qui implique une évaluation des performances des cadres actuels, ainsi que des recrutements qui, selon un directeur, va accentuer des mouvements qui ne peuvent qu’être bénéfiques pour la banque. A noter que le retour de Munikrishna Reddy a été jusqu’ici bien accueilli par les opérateurs du privé, qui s’attendent à des mesures d’accompagnement concrètes, surtout en ces moments difficiles.

| Billet de RAJEN VALAYDEN |

République des aveugles

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es grands progrès technologiques accomplis par l’homme n’ont pu empêcher les crises que nous avons connues en ce début de siècle. Menaces terroristes, débalancement écologique provoquant tsunamis, tremblements de terre, inondations, sécheresses et cyclones, crises agroalimentaire, économique, financière, pétrolière et révolutions en cours en Afrique du Nord et au Moyen-Orient... Tous ont eu un effet combiné désastreux sur l’ensemble de l’économie mondiale, impactant sur la vie de chaque espèce partageant la planète. Dans toute cette pagaille, notre petite île au milieu de nulle part peut s’estimer heureuse d’être toujours vivable. Mais la question qui se pose

est la suivante : pour combien de temps encore ? Nous sommes tous unanimes à reconnaître que l’unique atout de l’île Maurice demeure ses ressources humaines. Mais celles-ci semblent s’épuiser au fil du temps, principalement à cause d’une panne de vision commune, une économie trop longtemps en pilotage automatique et qui peine à se réinventer, et surtout le désengagement total des citoyens de leurs responsabilités individuelles et communes. La sous-traitance de ces mêmes responsabilités aux politiciens, aux institutions et aux organisations non gouvernementales, démontre clairement la montée de l’individualisme et l’effritement d’une nation déjà fragile. Comme disait l’éminent écrivain français Jacques de

Lacretelle, « une démocratie ne vaut et ne dure que si elle sait refondre constamment dans la communauté nationale l’individualisme qu’elle fait naitre » . Notre démocratie, à l’opposé, est dépourvue de toute concertation pourtant indispensable dans un modèle participatif. Notre pays a aujourd’hui profondément besoin de se nourrir de la participation citoyenne pour répondre aux aspirations des habitants et faire face à la complexité croissante des politiques publiques. Mais la participation citoyenne actuelle se limite principalement à inonder le cyberespace (blogs, sites des médias, Facebook...) de critiques ou de déverser ses frustrations sur les ondes des radios privées. Il faut que le citoyen mauricien

s’implique de façon active et fréquente car il est le seul à détenir l’expertise d’usage. Les défis qui se dessinent à l’horizon seront insurmontables sans l’apport du citoyen, une synchronisation parfaite avec l’Etat et une discipline rigoureuse. Cette participation doit surtout se faire, dans la concertation, précédant les projets et durant leur exécution. Le citoyen doit se battre de façon indéfectible pour se retrouver au centre de tout développement. L’histoire de humanité nous apprend d’ailleurs qu’une vraie révolution ne se limite pas à remplacer un régime qui aurait duré trop longtemps, mais provoque une remise en question quotidienne de nos pensées et de nos actions.


GANDHI EN GUERRE Les nominations au sein de plusieurs institutions étatiques, tant attendues par les nombreux agents des partis au pouvoir, sont prévues dans les semaines à venir. L’une des institutions les plus demandées est le Mahatma

Gandhi Institute, qui emploie un nombre impressionnant de personnes proches du pouvoir. Certains se démènent comme de beaux diables pour remplacer le président actuel du Board, Ravind Dwarka. Plusieurs let-

tres anonymes circulent ainsi sur ses agissements, notamment qu’il abuserait de son autorité à des fins personnelles. On déplore, entre autres, les corvées ménagères dont le personnel serait chargé.

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OFFSHORE

UN SCANDALE LIÉ À LA FORMULE 1 ÉGRATIGNE MAURICE Une somme de 25 millions de dollars, venant de la défunte First Bridge Holding Limited, qui opérait dans l’offshore mauricien, aurait été versée à Gerhard Gribkowsky. Ce dernier était chargé, à la banque allemande Bayerische Landesbank, de la vente des actions qu’elle détenait dans la ‘holding company’ de la Formule 1. Or, l’argent versé appartiendrait à Bernie Ecclestone, qui est redevenu, à la suite de cette opération, le grand patron de la Formule 1 | ABDALLAH GOOLAMALLEE LA COMPAGNIE First Bridge Holding Limited, qui opérait dans l’offshore mauricien, serait mêlée à une affaire de corruption impliquant la Bayerische Landesbank (Bavarian State Bank), connue comme la « BayernLB », et CVC Capital Partners, société de conseil en investissement. Cette affaire relève des circonstances entourant l’acquisition, en 2005, des actions que détenait la Bayerische Landesbank au sein de SLEC Holdings, qui gère les droits audiovisuels et autres revenus commerciaux de la Formule 1. Cette opération redonnait à Bernie Ecclestone, à travers la compagnie Alpha Prema, dont il est le Chief Executive, le contrôle de la Formule 1. POT-DE-VIN DE USD 50M Des allégations devaient par la suite surgir à l’effet que Bernie Ecclestone aurait donné un potde-vin de 50 millions de dollars à Gerhard Gribkowsky, qui occupait le poste de ‘Risk Manager’ de la Bayerische Landesbank et était en charge du dossier de la cession des actions détenues par la banque bavaroise dans SLEC Holdings. Le paiement d’une partie de cette somme – 25 millions de dollars –, qui aurait été puisée de comptes bancaires offshore appartenant à Bernie Ecclestone, aurait été fait en plusieurs tranches, depuis Maurice, entre 2006 et 2007, par la compagnie First Bridge Holding Limited. Celle-ci avait été enregistrée à Maurice le 22 février 2006. Arrêté le mois dernier, Gerhard Gribkowsky se trouve actuellement en prison à Munich, en Allemagne. Des soupçons de corruption, de fraude fiscale et d’abus de confiance concernant son rôle dans l’affaire pèsent sur lui. Gerhard Gribkowsky dispose en effet d’une société de conseil,

GG Consulting, inscrite au registre du commerce autrichien. C’est cette société qui a bénéficié, selon les enquêtes, du virement de 50 millions de dollars. Une première tranche de 16 millions d’euros aurait été versée sur le compte de la société conseil, via la First Bridge Holding, neuf mois après le rachat par CVC Capital Partners des parts de Bayerische Landesbank dans SLEC Holdings, le 25 novembre 2005. Cette somme aurait par la suite été placée à la fondation Sonnenschein, en Autriche. Selon le journal allemand Süddeutsche Zeitung, la société GREP Salzbourg GmH, une filiale de la société GG Consulting, a envoyé une lettre privée et confidentielle le 14 décembre 2007 qui serait à l’origine du paiement occulte. Les récipients étaient la First Bridge Holding Limited, à Maurice, ainsi qu’une société nommée Lewington Invest, basée dans les Iles Vierges. Selon certaines informations, la fameuse lettre indique qu’une partie de la rémunération convenue n’avait pas été transférée dans le délai convenu et qu’il manquait une somme de 2 229 139 dollars. Dans cette lettre, la GREP se plaint que la somme due avait perdu de sa valeur depuis 2006, en raison de la baisse du dollar. De son coté, CVC Capital a demandé qu’un audit soit effectué pour faire la lumière sur l’affaire Gribkowsky. Le fonds d’investissement anglais aurait confié la tâche au cabinet Ernst & Young et aux avocats de Freshfields Bruckhaus Deringer d’enquêter sur Delta Topco, la nouvelle ‘holding company’ de la Formule 1, dont le directeur n’est autre que Gerhard Gribkowsky, ainsi que sur le rachat, en novembre 2005, des parts de Bayerische Landesbank dans SLEC Holdings par CVC

SERVICES. Le centre financier mauricien est souvent pointé du doigt dans des affaires de corruption

Une première tranche de 16 millions d’euros aurait été versée sur le compte de la société conseil, via la First Bridge Holding, neuf mois après le rachat par CVC Capital Partners des parts de Bayerische Landesbank dans SLEC Holdings, le 25 novembre 2005. Cette somme aurait par la suite été placée à la fondation Sonnenschein, en Autriche

Capital Partners. Renseignement pris auprès du Registrar of Companies, la société First Bridge Holding Limited n’est plus enregistrée et est considérée comme défunte. Nous avons alors contacté Denis Sek Sum, le Managing Director de la First Island Trust Company Ltd (FITCO), compagnie opérant dans la comptabilité et l’audit, et qui était le « Registered Agent » de la First Bridge Holding Ltd. CONFORME AUX RÈGLES Ce dernier devait nous dire qu’il avait été mis au courant de cette affaire et que sa compagnie n’avait rien à voir avec ce scandale, car elle avait, selon le cadre légal, joué son rôle de « Registered Agent ». Denis Sek Sum a également précisé que les « Managing Companies » qui incorporent des compagnies étrangères à Maurice le font en se conformant aux règles de l’incorporation. Ce qui se passe par la suite,

affirme-t-il, ne dépend pas d’eux, et constitue les « risques du métier ». D’alleurs, Denis Sek Sum n’a pas voulu en dire plus sur cette affaire, arguant l’importance de la confidentialité professionnelle. Par ailleurs, au niveau de la Financial Services Commission (FSC), un haut cadre devait nous dire que, en raison des principes de confidentialité, cet organisme n’était pas en mesure de divulguer certaines informations à moins qu’il y ait une requête officielle, en ce sens, du gouvernement. Répondre à nos questions aurait constitué, selon lui, un « breach of confidentiality law ». Nous avons aussi contacté, dans le cadre de cet article, le journal allemand Süddeutsche Zeitung, qui avait mis au jour le scandale, ainsi que la banque allemande Bayerische Landesbank. Mais à l’heure où nous nous mettions sous presse, nous étions toujours dans l’attente d’une réponse.


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L’INFLATION À 6,8 % EN FÉVRIER

CAPITAL

Le Central Statistics Office (CSO) confirme le vécu des consommateurs : en un mois, soit de janvier à février, le coût de la nourriture et du transport a subi une augmentation de 1,2 % et de 2,2 %, respectivement. Le taux d’infla-

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INSIDE

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tion est pour sa part passé de 6,4 % à 6,8 % pour la même période. Une tendance, pourrait-on dire, qui vient confirmer les prévisions de la Banque centrale, qui l’estime à 7 % en juin. Comment l’institution monétaire en-

visage-t-elle de remédier à cette montée inflationniste ? Réponse le 28 mars prochain, date à laquelle se réunira à nouveau le ‘Monetary Policy Committee’ de la Bank of Mauritius.

ALIMENTATION

LES PRIX VONT FLAMBER

L’avalanche des augmentations des prix des produits de consommation courante qui frappe actuellement les ménages ne serait qu’un prélude. Les observateurs avertis se montrent de plus en plus pessimistes. Le pire est à venir, prédisent-ils | ZAAHIRAH ATCHIA ET HERRSHA LUTCHMAN-BOODHUN MANOJ NAWOOR

LA HAUSSE des prix des produits ménagers, particulièrement ceux des commodités de base, commence à faire mal. Si on parle d’inflation au niveau international, le phénomène a vite gagné Maurice et la classe syndicale a déjà tiré la sonnette d’alarme. La Confédération des syndicats du secteur privé a mobilisé des centaines de manifestants à Rose-Hill, samedi dernier, pour protester contre la vie chère. L’économiste Eric Ng Ping Cheun fait comprendre que le pire est à venir et que la menace de stagflation est bien réelle. « Si le chômage augmente d’ici le début de l’année prochaine, ou même à la fin de 2011, on peut s’attendre à ce que Maurice soit touchée de manière conséquente », a-t-il déclaré à Capital. La stagflation, explique-t-il, est la situation d’une économie qui souffre simultanément d’une croissance économique faible ou nulle et d’une forte inflation, c’est-à-dire une croissance rapide des prix. Et cette situation est souvent accompagnée de chômage. MENACE DE LA CRISE ALIMENTAIRE Outre la stagflation, le pays est également menacé par une crise alimentaire que l’on dit inévitable et qui sera désastreuse pour les consommateurs à faibles revenus, voire la classe dite moyenne. Nous avons certes connu une atténuation des conséquences de la situation post-2008, année pendant laquelle la crise alimentaire avait atteint le “peak”. Le gouvernement avait alors pris des mesures nécessaires pour pallier la situation en encourageant la production locale, vu que Maurice est un pays hautement dépendant de l’importation pour les denrées de base. Mais il s’avère que, sur le plan de l’autosuffisance, la situation est loin de s’améliorer. Selon certaines indications des milieux concernés, le pays fera une nouvelle fois face à une crise alimentaire. Elle sera inévitable. Les denrées seront disponibles, mais les prix con-

Selon certaines indications des milieux concernés, le pays fera une nouvelle fois face à une crise alimentaire. Elle sera inévitable. Les denrées seront disponibles, mais les prix continueront à prendre l’ascenseur. Selon certains prévisionistes, cette situation sera de plus en plus récurrente, « les prix augmenteront tout le long de l’année, voire pendant les années à venir » HAUSSES. Le panier de la ménagère commence à peser de plus en plus lourd sur le budget familial

tinueront à prendre l’ascenseur. Selon certains prévisionistes, cette situation sera de plus en plus récurrente, « les prix augmenteront tout le long de l’année, voire pendant les années à venir ». La crise alimentaire mondiale de 2007-2008 avait pour origine une forte hausse du prix des denrées alimentaires de base, plongeant certaines économies dans un état de crise. Parmi les hausses les plus significatives, on avait relevé le prix du marché international du blé qui avait quasi doublé entre février 2007 et février 2008, atteignant le prix record de plus de 10 dollars américains le boisseau. Le prix du riz avait atteint son niveau le plus élevé depuis dix ans. Dans certains pays, les prix du lait et du pain avaient plus que doublé et le soja avait atteint son prix le plus élevé depuis 34 ans. Le prix du maïs avait également augmenté de façon significative. Ces dernières années toutefois, la hausse du prix des denrées alimentaires était principalement liée aux conditions météorologiques. Aujourd’hui, elle est la conséquence de tendances des deux côtés de l’équation offre et demande.

PIERRE DINAN POUR LIMITER LA CASSE Le ministre de l’Industrie et du Commerce Showkutally Soodhun a nommé l’économiste Pierre Dinan pour présider un ‘Advisory Committee’ chargé de d’élaborer une politique des prix et des stratégies à adopter concernant les produits essentiels importés et fabriqués localement. Selon Pierre Dinan, ce comité réunit tous les stakeholders, que ce soit du côté des producteurs et des consommateurs : « A travers cet Advisory Committee, nous allons essayer de trouver des moyens pour permettre à la population de faire face aux conséquences des hausses des prix, sur lesquelles nous n’avons malheureusement pas de contrôle ». Pour l’économiste, « nous sommes déjà dans une période de crise alimentaire, il s’agit désormais de trouver des moyens pour adoucir la situation, surtout pour ceux qui sont au bas de l’échelle et qui seront grandement affectés ». Quant au ministre Soodhun, il dira « qu’il faut trouver des solutions rapides pour stabiliser les prix et s’assurer qu’il n’y ait pas de pénurie de certains produits de base dans le pays ».

Côté demande, les principaux responsables sont l’accroissement de la population, l’augmentation du niveau de vie dans de nombreux pays, dont Maurice, et les carburants élaborés à partir de céréales. Côté offre, il existe des facteurs naturels tels l’érosion des sols, le changement climatique et les désagréments liés au réchauffement du climat. Il existe même une théorie du célèbre économiste britannique Thomas Robert Malthus (1766-1834), connu pour ses travaux sur les rapports entre les dynamiques de croissance de la population et de la production. Robert Malthus explique, dans ses analyses, que « la population augmente de façon exponentielle ou géométrique (par exemple, 1, 2, 4, 8...), tandis que les ressources croissent de façon arithmétique (1, 2, 3, 4...) ». Ainsi, les deux croissances ne suivent pas la même longueur d’onde, l’offre ne pourra jamais satisfaire toute la demande. Par ailleurs, une des études les plus anciennes, datant de plus de 150 ans mais toujours d’actualité, démontre que nous avons atteint l’apogée concer-

nant, par exemple, la production de blé. Se basant sur les conclusions de cette étude, des chercheurs ont procédé, dans les années 60, à une expérience. Ils ont cultivé du blé à l’état pur, c’est-à-dire sans produits chimiques, sur un arpent de terre, et sur un autre arpent en utilisant des fertilisants et autres produits chimiques (Green Revolution). Le résultat : une récolte de 1 tonne/an et 5 à 6 tonnes/an respectivement. Dans les années 90, avec l’avancée technologique, les chercheurs ont pu atteindre une récolte de 10 tonnes/an. Mais ce fut le summum. Malgré d’autres développements technologiques, on n’arrivera jamais à produire plus de 10 tonnes/an. Entre-temps, la population continue de croître. BAISSE DE L’OFFRE La transformation de certaines récoltes de céréales en carburant pour automobile est une autre source principale de la croissance de la demande et d’une baisse au niveau de l’offre. L’investissement massif de certains pays dans les distilleries d’éthanol commence à provo-


QUATRE AVIONS EN PANNE Une fois n’est pas coutume, les pannes se succèdent à Air Mauritius. Selon certaines indications, la semaine dernière, la compagnie nationale d’aviation a dû faire face à quelques obstacles, dont 4 avions, sur

les douze que compte Air Mauritius, qui étaient tombés en panne. Bien que la compagnie ait pu remédier à la situation, il s’avère qu’un avion, prêt à décoller, avec tous les passagers à bord, est resté cloué au sol pendant

quelques heures. La porte de l’avion ne se fermant pas correctement, celui-ci ne pouvait quitter la piste de décollage. Les passagers, quant à eux, ont dû prendre leur mal en patience.

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FUEL SURCHARGE quer une rivalité directe entre hommes et véhicules pour l’accès aux récoltes de la planète. En Europe, où une grande partie du parc automobile roule au diesel, la demande en biodiesel, élaboré à partir d’huile de palme ou de colza, est de plus en plus forte. Le bilan est des plus lourds : la consommation mondiale de céréales a doublé, passant de 21 millions de tonnes par an pour la période 1990-2005, à 41 millions pour les années 2005-2010. Dans un commentaire à Capital au cours de la semaine, Danielle Wong, directrice de la Mauritius Export Association (MEXA), préconise un retour vers la terre. «Une réforme pour redynamiser l’agriculture à Maurice, en s’inspirant de nos origines agricoles, est souhaitable pour l’économie dans la conjoncture actuelle dominée par les majorations touchant les produits alimentaires », estime-t-elle. « On importe déjà trop de produits de base, il faut encourager la production locale, cela permettra au pays de faire de grosses économies en important moins », plaide Danielle Wong.

PRIX SOUS OBSERVATION L’Observatoire des prix sera bientôt une réalité. C’est une initiative du ministère en charge de la protection des consommateurs. « Cet observatoire aidera à baisser le coût de la vie. Ce mécanisme a porté ses fruits à travers le monde et ceux qui sont contre devraient vérifier son succès à travers le monde », répond le ministre à ses détracteurs. Pour Michael Sik Yuen, un tel observatoire assure plus de transparence et permet plus concurrence, protégeant ainsi le pouvoir d’achat des consommateurs.

SUTTYHUDEO TENGUR : « LA CRISE EST DÉJÀ LÀ » Le président de l’Association pour la protection de l’environnement et des consommateurs (APEC), Suttyhudeo Tengur, juge la situation “alarmante”. Outre l’inflation qui s’accroît, il évoque aussi le fait que Maurice se trouve déjà en pleine crise alimentaire. « Gouverner, c’est prévoir. Or, le gouvernement ne prévoit rien. Nous avons l’auto-suffisance uniquement dans la production de pommes de terre. Les mesures annoncées par le gouvernement sont insuffisantes. Ce qu’il faudrait faire, c’est pour encourager la production locale », a-t-il déclaré à Capital.

Donald Payen : « Une nouvelle hausse est envisageable » L’évolution du prix du baril de pétrole demeurant incertaine, Air Mauritius pourrait décider d’une nouvelle hausse du surcharge carburant (fuel surcharge) après celle intervenue le mois dernier. D’autant plus que le contrat de hedging de la compagnie, lui assurant un prix fixe, a pris fin en août 2010. Donald Payen, Executive vice-President, et responsable des ventes et de la communication de la compagnie d’aviation fait le point | HERRSHA LUTCHMAN-BOODHUN MANOJ NAWOOR

❚ Air Mauritius a-t-elle une

stratégie pour prévoir comment évoluera le prix du baril de pétrole ? Comme toutes les compagnies, nous suivons de près l’évolution du prix du baril. Nous avons déjà revu à la hausse notre surcharge carburant et une autre augmentation est envisageable si le prix reste au niveau actuel.

LE HEDGING CONTRE LES VOLATILITÉS DU MARCHÉ Au cours de l’année 2008, le pays a été témoin du scandale des pertes encourues par Air Mauritius en raison d’un exercice de hedging désastreux. Le prix du baril du pétrole ayant atteint, à un certain moment, USD 140, la compagnie avait effectué une opération de hedging en prévision que celui-ci atteindrait les 200 dollars. Mais le prix du baril devait par la suite baisser considérablement. C’est dans le sillage de ce « mauvais calcul » que Sanjay Buckory, qui occupait alors le poste de Chairman, démissionne. À l’époque, un actionnaire de la compagnie avait adressé une lettre au Chief Executive Officer demandant certaines réponses. En voici un extrait, suivi des réponses reçues :

❚ Quelle serait la situation

pour Air Mauritius si le prix du baril, au niveau mondial, atteignait plus de USD120 ? Nous devrons ajuster notre surcharge carburant comme le font toutes les compagnies aériennes. ❚ Et quelle aurait été la si-

tuation avec un exercice de hedging ? Difficile de répondre. Le hedging vous garantit un prix fixe. ❚ A quel prix la compagnie

achète-t-elle le baril actuellement ? Au prix du jour. Le prix de référence, ce matin, était de USD 117 le baril de Brent. ❚ Air Mauritius a-t-elle tou-

jours un contrat de hedging ? L’ancien contrat est arrivé à terme en août 2010. ❚ Pour l’année financière

2008/2009, 75 % du fuel acheté était concerné par le hedging, dans le but de parer à toute éventualité au niveau du prix du baril. Peut-on s’attendre à un chiffre similaire (75%) s’il y a un nouveau contrat de hedging ? Le hedging effectué par la compagnie est bien moins important dans une situation de volatilité. Nous faisons du

OPTIMISME. Selon Donald Payen, porte-parole d’Air Mauritius, la compagnie prend des mesures pour minimiser les effets de la crise

hedging, mais bien moins qu’auparavant. ❚ Quelque part, le hedging

est une bonne chose... C’est une interprétation. Tout dépend du risque que les sociétés sont prêtes à prendre et des conditions du marché. ❚ Il existe trois types de

stratégies de hedging : ‘swaps / futures / forwards’, ‘call options’ et ‘collars’. Lequel a choisi Air Mauritius ? Air Mauritius a choisi une série d’instruments dans le cadre de ses procédures, telles que définies par les instances compétentes du Conseil d’administration. ❚ Avec les incertitudes qui

s’installent sur le marché international, que réserve l’avenir pour notre com-

pagnie d’aviation ? Nous avons mentionné, lors de la publication de nos comptes du troisième trimestre, que nous sommes d’un optimisme prudent. ❚ La crise affecte-t-elle la

compagnie ? La crise affecte toutes les compagnies aériennes, et Air Mauritius ne fait pas exception. Mais nous prenons des mesures afin de minimiser les effets de la crise. Le redressement de notre compagnie au cours de ces dernières années est une indication de notre ténacité. ❚ Abordez-vous déjà les

stratégies à adopter au niveau d’Air Mauritius ? Nous avons une veille permanente sur ce sujet et nous nous tenons prêts à toute éventualité.

« In a letter I adressed to the CEO of Air Mauritius (AM) as a capacity of a small shareholder dated 04 August 2008, I put the following questions : ❚ « In view that AM is risk averse, has AM carried out a cost/benefit analysis for the last three years in respect of the extra costs involved in hedging versus no hedging at all ? » ❚ « When the CEO mentions (in the last AGM) that 75% of its fuel is hedged, could he please elaborate ? » Air Mauritius was very courteous and answered my queries as follows : ❚ « Financial markets move up and down and it is difficult to predict which way the market is going and at which point trends get reversed. This is the reason why all major airlines have a defined hedging policy in order to protect them from the uncertainties and volatilities of the financial markets ». ❚ « This means that for the FY08/09, we have fixed the prices of 75% of our fuel expenses ».


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TIC : NOUVEAU PARTENARIAT MAURICE-MADAGASCAR

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ACTA PUBLICA MERCREDI 9 MARS 2011

❚ Dans le contexte économique

actuel, quels sont les secteurs porteurs pour les exportateurs mauriciens ? Tout d’abord, le textile. Comme je le dis souvent, le textile est à l’industrie manufacturière ce que le sucre est à l’agriculture. Le poisson et les bijoux s’exportent bien également. On a ensuite des « one-off opportunities » qui méritent d’etre saisies dans divers secteurs, la peinture par exemple. ❚ On lui prédisait une mort lente

mais certaine, mais le textile connaît, en dépit de la crise de la zone euro, une légère reprise. Quelles sont les perspectives de ce secteur ? Je suis convaincue que 2011 sera l’année du textile. Le fait même que Maurice organise la deuxième édition d’«Origin Africa » qui a pour thème, cette année, « Fiber to Fashion », constitue une preuve de la résilience de ce secteur. Huit pays africains, dont Maurice, y participent. Ce sera l’occasion pour les acheteurs américains et européens de mieux communiquer leurs exigences aux participants et aussi, pour ces derniers, de faire un marketing d’envergure. On est en train de progressivement bouger « upmarket ».

La compétitivité a certes bénéficié de la baisse du ‘Repo Rate’. Mais le taux de change directeur n’est en aucun cas le seul paramètre pour rehausser la compétitivité. Il faut adopter une approche globale et tenir compte des considérations plus pratiques. Pour être davantage compétitifs, les exportateurs ont intérêt à minimiser leurs frais. Par exemple, quand le coût des matières premières devient excessif, ils doivent chercher des fournisseurs alternatifs Cette évolution vers le « upmarket » a été dictée par la baisse de compétitivité avec l’émergence des compétiteurs asiatiques. La baisse du ‘Repo Rate’ de la roupie a donc été bien accueillie par les exportateurs. La compétitivité a certes bénéficié de la baisse du ‘Repo Rate’. Mais le taux de change directeur n’est en aucun cas le seul paramètre pour rehausser la compétitivité. Il faut adopter une approche globale et tenir compte des considérations plus pratiques. Pour être davantage compétitifs, les exportateurs ont intérêt à minimiser leurs frais. Par exemple, quand le coût des matières premières devient excessif, ils doivent chercher des fournisseurs alternatifs. La transportation mérite aussi une considéra-

Un partenariat Maurice-Madagascar a été officialisé le 25 février dernier. Le Groupement des opérateurs en technologies de l’information et de la communication (GOTICOM) et son équivalent mauricien, l’Outsourcing and Telecommunications Association of Mauritius (OTAM), ont signé un

protocole d’accord-cadre. Le document porte sur l’échange d’informations entre les deux pays et des projets à mettre en place pour assurer la visibilité de l’océan Indien en termes d’investissement des entreprises de technologies de l’information et de la communication (TIC).

EXPORTATIONS

DANIELLE WONG : « RELIABLE MAURITIUS » En voilà un slogan tout trouvé pour le branding de Maurice. Signé Danielle Wong, directrice de la Mauritius Exports Assocation (MEXA), pour qui la situation au Moyen-Orient constitue, en elle-même, une confirmation de notre « fiabilité » pour les investisseurs potentiels. Mais un slogan n’est pas tout | ZAAHIRAH ATCHIA MANOJ NAWOOR

tion soutenue. La compétitivité se joue aussi au niveau de la rapidité. Rapidité de livraison, de procédures, etc. Le gouvernement peut, par exemple, automatiser certaines procédures. ❚ Justement, en parlant de rapidité

de livraison, on ne peut faire impasse sur l’importance des logistiques. Les marchés africains, souvent enclavés, ont un problème à ce niveau, il arrive que les marchandises se perdent en cours de route. Quelles solutions préconisez-vous ? Il faut étudier les diverses possibilités. Pour les produits à grande valeur ajoutée, on peut envisager le transport aérien. Il importe toutefois de préciser que ce moyen coûte plus cher. ❚ Le secteur des fruits de mer est en

croissance depuis l’année dernière. A quoi attribuez-vous cette croissance ? Le cadre régulateur de Maurice y est pour quelque chose. Si les EtatsUnis nous accordent des facilités alors que la Commission européene nous propose des dérogations pour l’exportation du poisson, c’est en grande partie grâce au fait que Maurice a mis en place des normes spécifiques. Non seulement on respecte les normes sanitaires internationales, mais on peut aussi être fier du fait que Maurice s’abstient de toute pêche «Illegal, Unreported and Unregistered» (IUU). ❚ Quels sont les obstacles auxquels

se heurtent les exportateurs à Maurice ? Il existe deux types de barrières à l’exportation, notamment les barrières tarifaires et les barrières non-tarifaires. Souvent conséquentes pour les « Companies with High Potential for Export », les CHIPEX comme je les appelle, les barrières non-tarifaires présentent la difficulté pratique à certains entrepreneurs de procéder à une mise à niveau aux normes internationales, possiblement faute de maind’oeuvre adéquatement formée. Précisons cependant que le textile ne connaît pas ce genre de problème.

potentiels. Maurice a-t-elle suffisamment pris d’initiative pour tourner en sa faveur l’instabilité politique au Moyen-Orient ? Le problème au Moyen-Orient constitue en lui même une confirmation tacite de notre « reliableness » devant les investisseurs potentiels. On peut en tirer profit éventuellement. Mais cela ne se fera pas du jour au lendemain.

nos marchés, en Afrique par exemple. Le fait que l’on exporte vers l’Europe et les Etats-Unis peut, dans ce cas, constituer une bonne publicité pour le pays au regard des marchés potentiels africains. Ces derniers seront plus confiants quant à la qualité de nos produits et de nos services. Souvent les gros exportateurs ne veulent pas prendre de risques. Ils sont déjà dans une « comfort zone ». Mais les petites CHIPEX sont plus audacieuces.

❚ De par sa dépendance sur le brut

❚ Est-ce qu’on exploite suffisam-

libyen, l’Europe risque de voir perdurer pour encore longtemps la crise de l’euro. Confrontée à cette réalité, pensez-vous que Maurice doit devenir moins eurocentrique en termes d’exportations en privilégiant une diversification de ses marchés ? Ce n’est pas aussi évident de se trouver de nouveaux marchés fiables. On ne peut pas se précipiter et négliger hâtivement le marché européen malgré la crise de l’euro. Mais je ne suis pas contre une diversification de

ment les marchés que nous offrent notre position géographique et notre diversité diplomatique ? On les exploite certes, mais peutêtre qu’on peut et qu’il faut se mobiliser davantage. Par exemple, en faisant l’acquisition de « feeder vessels ». Il faut tout de même être prudent et considérer la stabilité politique avant de se lancer. La mauvaise expérience avec Madagascar en témoigne d’ailleurs : nous y avons perdu 20 millions de pièces en 2003.

❚ Parlons à présent des investisseurs


L’IMMOBILIER MAURICIEN À CANNES DU 8 AU 11 MARS Cette année, Maurice misera sur les développements les plus avenants de l’île, du 8 au 11 mars, au Palais des Festivals et des Congrès de Cannes, lors du Marché International des Professionnels de l’Immobilier (MIPIM). Il

s’agit de l’un des salons les plus importants pour le marché de l’immobilier. Des entreprises IRS et RES, ainsi que des promoteurs immobiliers de l’île, feront partie de la délégation du Board of Investment (BOI), afin de

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présenter leurs projets devant un parterre de plus de 17 000 professionnels venant de 81 pays, d’identifier des avenues profitables et, éventuellement, de conclure des affaires.

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FINANCIAL STABILITY REPORT

Les risques liés à la croissance pourraient s’intensifier Le document de la Banque de Maurice pour le second semestre 2010 parle d’une croissance meilleure que prévue en début d’année, tout en insistant sur les risques posées par la situation économique difficile dans la zone euro, la faiblesse de l’investissement privé et l’inflation MAURICE ÉTANT une économie ouverte, avec d’importants liens économiques avec l’Europe, les risques liés à la croissance pourraient s’intensifier vu les évolutions défavorables dans cette région, émanant principalement de la crise dans la zone euro. C’est ce qui ressort du Financial Stability Report publié par la Banque de Maurice, au début du mois de mars, pour le second semestre 2010. D’autant plus que l’Europe représente environ 65 % de nos exportations et des arrivées touristiques. De ce fait, d’autres turbulences dans la zone euro auraient un impact conséquent sur le secteur de l’exportation, auxquelles viendrait s’ajouter un taux de change défavorable. OPTIMISME EN LÉGÈRE HAUSSE Les auteurs du document, qui met l’accent sur les questions de stabilité financière mondiale et nationale, avancent que l’optimisme des entreprises mauriciennes est en très légère hausse, et reflète en grande partie une conjoncture mondiale demeurée vague, y compris avec le problème d’endettement au sein de la zone euro. Par conséquent, l’investissement privé et les dépenses semblent être insuffisants pour soutenir la croissance. La production et l’emploi, deux indicateurs importants, reflètent la faiblesse de l’investissement privé, ce qui ne permet pas d’espérer de meilleures perspectives de croissance dans un avenir proche. L’autre risque lié à la croissance est la menace grandissante de l’inflation. Avec la hausse des prix des matières premières et le taux d’inflation qui continue de grimper en Asie, les profits des entreprises sont menacés, ce qui pourrait en-

L’autre risque lié à la croissance est la menace grandissante de l’inflation. Avec la hausse des prix des matières premières et le taux d’inflation qui continue de grimper en Asie, les profits des entreprises sont menacés, ce qui pourrait engendrer de nouvelles hausses des prix. Par conséquent, la compétitivité des produits mauriciens risque, dans une certaine mesure, d’être affectée

CROISSANCE. L’inflation se pose comme une mance grandissante à notre économie

Les auteurs du document, qui met l’accent sur les questions de stabilité financière mondiale et nationale, avancent que l’optimisme des entreprises mauriciennes est en très légère hausse, et reflète en grande partie une conjoncture mondiale demeurée vague, y compris avec le problème d’endettement au sein de la zone euro

gendrer de nouvelles hausses des prix. Par conséquent, la compétitivité des produits mauriciens risque, dans une certaine mesure, d’être affectée. Malgré cela, tous les voyants ne sont pas au rouge. Ainsi, selon les Programme-Based Budgeting Estimates, le déficit global pour l’année budgétaire est estimé à 4,5 % du PIB pour 2010. Un chiffre qui, selon les prévisions, devrait baisser pour atteindre 4,3 % en 2011 et 4,1 % en 2012. PROGRESSION D’ailleurs, malgré un environnement économique difficile, tant au niveau national qu’international, le taux de crois-

sance de l’économie mauricienne est estimé à 4,2 % pour 2010, en comparaison aux 3,1 % enregistrés en 2009. Les estimations du Central Statistics Office (CSO) ont également démontré que tous les secteurs économiques ont crû en 2010, à la différence de 2009, année durant laquelle certains secteurs clés se sont contractés. Le Gross Domestic Product (GDP) a, quant à lui, augmenté de 5,2 % au troisième trimestre 2010, comparé à la période correspondante de l’année précédente. Les secteurs de la construction, de l’immobilier, de la location et des services aux entreprises ont été les principaux contributeurs à cette progression

Investissement : le Comesa fait son show AFIN DE réduire sa dépendance de ses marchés traditionnels, l’île Maurice en cherche de nouvelles, avec de forts potentiels d’investissement. Les pays africains constituant des options sérieuses, le 4e Forum de l’Investissement du Common Market for Eastern and Southern Africa (Comesa),

qui réunira, du 23 au 24 mars, à Dubaï, des décideurs politiques, des chefs d’entreprise et des cadres supérieurs des entreprises les plus florissantes du continent, constitue une occasion à ne pas manquer. Lors de ce Forum, les participants comptent dévoiler de nouveaux projets, tout en met-

tant en valeur le potentiel des entreprises et les opportunités existant au sein des 19 Etats membres du Comesa. Les représentants présents seront invités à évoquer leurs ‘success stories’ et les modèles d’affaires qu’ils ont adoptés afin de ma-ximiser le potentiel des investissements dans la ré-

gion. Ils discuteront également des moyens de contribuer à la croissance économique, à long terme, de l’Afrique, grâce à l’étroite collaboration entre les investisseurs locaux et étrangers, ainsi que le secteur public. Le 4e Forum de l’Investissement du Comesa, parrainé

par le Comesa Regional Investment Agency et la Chambre de Commerce et d’Industrie de Dubaï, se tiendra sous le patronage de Son Altesse Sheikh Mohammed Bin Rashid Al Maktoum, viceprésident et Premier ministre de Dubaï.


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DEEP RIVER BEAU CHAMP AFFICHE LA FORME

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La performance financière de la société Deep River Beau Champ Limited (DRBC), filiale de GML, au 30 juin 2010 constitue un record. Le chiffre d’affaires s’élève à Rs 4,6 milliards alors que le profit après taxe a aug-

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menté de 39 % sur l’année par rapport à l’année précédente. Ce partenaire d’Anahita, important projet d’Integrated Resort Scheme (IRS), a également étendu ses opérations dans le secteur sucre en Afrique, plus precisé-

ment dans la région du Kilimanjaro, en Tanzanie, sur une propriété de 7 700 hectares sous cannes qui vient s’ajouter aux 4 000 hectares de cultures sous cannes dans l’Est de Maurice.

GROUPE MON LOISIR

De simple sucrerie à géant économique Une vision originale, couplée à une stratégie proactive de diversification, a fait de GML (Groupe Mon Loisir), un colosse de l’économie mauricienne en moins d’un demi-siècle. Le plus grand groupe mauricien, avec des actifs de Rs 55,4 miiliards, contribue à hauteur de 9,1 % au PIB national. Capital revient sur les secrets de ce succès | ZAAHIRAH ATCHIA

PHOTOS : MANOJ NAWOOR

FLASHBACK. Nous sommes en 1939. La Seconde Guerre mondiale éclate, entraînant dans son sillage des aléas socioéconomiques pour la population de la colonie britannique qu’est alors l’île Maurice. C’est pourtant en ces temps incertains qu’un visionnaire, Joseph Lagesse, décide de reprendre une sucrerie du Nord du pays. L’aventure du groupe GML (Groupe Mon Loisir), qui le mènera au sommet des entreprises mauriciennes les plus importantes, venait de commencer. Ses débuts, cependant, ressemblent à un pari risqué. Car, lorsque Joseph Lagesse fait l’acquisition de la sucrerie située sur un terrain de 650 hectares, à Rivière-du-Rempart, et appartenant alors à la famille Gujadhur, il fait impasse sur la fréquence des intempéries climatiques et les incertitudes de la guerre mondiale. CENTRALISATION AGRESSIVE La Mon Loisir Sugar Estate Factory avait, grâce à la centralisation agressive des opérations sucrières, récupéré les activités d’une dizaine d’usines de la region Nord-Est du pays. Mais loin de se contenter de redynamiser l’usine, vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, profitant du courant de modernisation auquel n’échappe pas Maurice, Joseph Lagesse va étendre ses activités commerciales, investissant progressivement à mesure que les opportunités se présentent. Cette première phase d’expansion durera jusqu’au milieu des années 60, quand son fils Cyril Lagesse prend la relève. Durant la décennie suivante, les prémices d’un groupe se dessinent sous la forme de deux

VISION. Cyril et Thierry Lagesse, respectivement directeur et Chairman de GML, portent haut le flambeau transmis par le fondateur du groupe

holdings : la Compagnie Desmen Limitée et la Compagnie d’Investissement et de Développement Limitée (CIDL) sont alors créées. La diversifiaction du groupe, telle qu’envisagée au départ, prend également une portée géographique plus étendue : au fil du temps, CIDL étend ses investissements dans différents secteurs porteurs de l’économie mauricienne, mais aussi dans plusieurs pays de la région, à l’instar de Madagascar, du Mozambique, de la Réunion, du Sri Lanka et des Maldives. Ce n’est toutefois que dans les années 1990 que le ‘brand’ Groupe Mon Loisir voit le jour, sous la présidence de Cyril Lagesse, et ce avec la contribu-

tion d’Arnaud et de Thierry Lagesse. Quinze ans plus tard, le Groupe Mon Loisir devient GML. Un exercice de rebranding qui s’inscrit dans la continuité, et qui suit le principe de « faire du neuf avec du vieux ». L’exercice a un double objectif : d’une part celui de consolider le sens d’appartenance des 10 000 employés et des 22 000 actionnaires du groupe et d’autre part, de faciliter la reconnaissance du groupe, tant sur le marché national et régional, qu’international. Suite au rebranding, les deux compagnies holdings du groupe Mon Loisir Compagnie Limitée et CIDL – ont fusionné en 2007 et s’appellent depuis GML Ineo Ltée et GML Investisse-

Ses débuts, cependant, ressemblent à un pari risqué. Car, lorsque Joseph Lagesse fait l’acquisition de la sucrerie située sur un terrain de 650 hectares, à Rivière-du-Rempart, et appartenant alors à la famille Gujadhur, il fait impasse sur la fréquence des intempéries climatiques et les incertitudes de la guerre mondiale

ment Ltée respectivement. Après avoir démarré ses opérations avec une seule usine sucrière, le groupe a su, en à peine plus de 70 ans d’existence, capitaliser sur les secteurs porteurs du pays pour se hisser au sommet du Top 100 des entreprises mauriciennes. Pour mieux comprendre son importance dans le secteur privé mauricien, il suffit de se dire que GML contribue à hauteur de 9,1 % au Produit Intérieur Brut (PIB) national. ACTIFS DE RS 55,4 MILLIARDS Un chiffre impressionnant, mais qui ne détonne pas des autres indicateurs financiers du groupe. Ainsi, GML affiche un chiffre d’affaires de Rs 18,2 mil-


LE PROJET ‘CIRCLE SQUARE’ EN CHANTIER Créée en janvier 2009, Indian Ocean Real Estate Company (IOREC), filiale de GML axée sur l’immobilier, a d’ores et déjà un cahier des charges bien rempli. Un des projets sur lequel travaille actuellement cette entreprise

liards pour l’année financière 2009-2010. Au 30 juin 2010, le groupe avait des actifs à hauteur de Rs 55,4 milliards et des capitaux propres s’élévant à Rs 24,7 milliards, pour des dettes de seulement Rs 13 milliards. La diversité de ses opérations explique également, dans une mesure appréciable, la place du groupe au sommet des entreprises mauriciennes. Comptant environ 300 filiales ou entreprises associées, GML est présent dans de nombreux secteurs d’activités. Son portefeuille, au 30 juin 2010, se décline comme suit : les compagnies d’investissement (2,6 % ), l’immobilier (3,9 %), l’hôtellerie et le tourisme (15,4 %), les services financiers (15,4 %), l’industrie (17,4 %), le commerce (28,1 %) et l’agroindustrie (17,25 %). Les filiales de GML sont les suivantes : AfrAsia Bank Limited (ABL), Flacq United Estates Limited (FUEL), GML Fondation Joseph Lagesse (GML FJL), GML Management Ltée, GML Trésorerie Ltée (GML TL), Ireland Blyth Limited (IBL), Indian Ocean Real Estate Company Ltd

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est le Circle Square Retail Park, sur l’autoroute M2, dans le Nord. Ce complexe vise à créer une destination de luxe pour du shopping tout en offrant d’autres services. Les travaux ont débuté en janvier dernier.

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(IOREC), Mauritius Stationery Manufacturers Limited (MSM), Naïade Resorts Ltd (NRL), Phoenix Beverages Limited (PBL) et Robert Le Maire Limited (RLM).

DIVERSIFICATION. GML opère dans plusieurs secteurs allant du commerce aux activités bancaires, en passant par le tourisme

La diversifiaction du groupe, telle qu’envisagée au départ, prend également une portee géographique plus étendue : au fil du temps, CIDL étend ses investissements dans différents secteurs porteurs de l’économie mauricienne, mais aussi dans plusieurs pays de la région, à l’instar de Madagascar, du Mozambique, de la Réunion, du Sri Lanka et des Maldives

IMPLANTATION RÉGIONALE La liste des entreprises associées n’est pas moins impressionnante : Abax Holding Ltd, Alcohol & Molasses Export Co. Limited, United Investment Ltd (UIL), City Brokers Ltd (CBL), Deep River Beau Champ Limited (DRBC), Freight & Transit Co Ltd (FTL), et la United Basalt Products Ltd (UBP). Une autre liste mérite mention car elle illustre l’implantation régionale (océan Indien Afrique - Asie) des filiales de GML : FUEL est ainsi présente au Mozambique, Naïade Resorts Ltd aux Maldives et à la Réunion, PBL à Madagascar, à la Réunion et au Sri Lanka, RLM à la Réunion, à Madagascar, en Afrique du Sud, en Inde et au Bangladesh, AfrAsia Bank Limited en Afrique du Sud, DRBC en Tanzanie et UBP à Madagascar et au Sri Lanka.

LES DIRIGEANTS DU GROUPE ET DES FILIALES Ils sont huit à siéger au conseil d’aministration de GML. Thierry Lagesse en est le Chairman, alors qu’Arnaud Lagesse est le Chief Executive Officer (CEO) du groupe depuis sa nomination en 2005. Les autres membres du conseil d’administration sont Cyril Lagesse, Jan Boullé, Jacques Giraud, Jean Claude Harel, Jean Lagesse, Robert Lagesse et Anne Rogers. Cette dernière est également la présidente de la GML Fondation Joseph Lagesse. Quant à la liste des CEO des fililaes du groupe, elle inclut les suivants : Chan Chakravarti (IOREC), Didier V. Descroizilles (MSM Ltd), James Benoît (AfrAsia), Joseph Vaudin (FUEL), Nicolas Maigrot (IBL), Paul Jones (Naïade Resorts Ltd), Richard Wooding (Phoenix Beverages Group) et Roger Koenig (Robert Le Maire Limited).

Une santé financière à toute épreuve groupe peut se targuer d’avoir, par exemple, réussi à réduire son endettement de Rs 600 millions. La valeur des investissements est passée, elle, de Rs 7,1 milliards en 2008-2009 à Rs 8,2 milliards, soit une hausse d’environ 20 %. GML a également procédé à certaines acquisitions importantes en 2009-2010. La plus retentissante a été la prise de contrôle d’IBL, un important conglomérat. Cette opération a permis au groupe de détenir 10 pour cent d’actions au sein de Sun Resorts Ltd, de par la participation de 29,4 % d’IBL dans ce dernier.

NI LA crise du crédit de 2008, ni son successeur, la crise de l’euro, qui s’est manifestée pour la première fois en 2009, n’ont eu raison du Groupe Mon Loisir. La plupart des ses filiales se montrent résilientes, affichant même, pour certaines, une progression. Seules deux filiales, en l’occurrence MSM Ltd et Naïade Resorts Ltd (NRL), n’ont pas été épargnées par la crise. Dans les deux cas, des opérations de sauvetage ont du être menées par le groupe. MSM Ltd a ainsi reçu une injection de capital à hauteur de Rs 140 millions, ainsi que des fonds – environ Rs 45 millions – du Stimulus Package. Ses dettes ont également été restructurées. Après cet exercice, le ‘percentage holding’ de la compagnie est passée de 55,29 % à 75,24 % au 30 juin 2010. RENFLOUAGE DE NAÏADE L’autre renflouage a été celui de Naïade Resorts Ltd (NRL). Une restructuration a permis d’émettre 27 777 778 nouvelles actions ordinaires, au prix de Rs 18 par action, ainsi que l’émission de 50 000 000 obligations de Rs 10 chacune, convertibles en actions ordinaires et rémunérées au taux de 9 %. Par ailleurs, le ‘top management’ de la compagnie a été revue, Paul Jones devenant le nouveau Chief Operating Officer de Naïade.

STABILITÉ. La plupart des filiales du Groupe Mon Loisir ont montré une excellente résilience aux crises qui secouent en ce moment l’économie mondiale

Ces deux mauvais élèves mis à part, pour l’année financière 2009/2010, et ce malgré la crise, les filiales de GML ont réussi des performances plus que satisfaisantes. Parmi, on note la bonne tenue d’AfrAsia Bank Ltd. Un succès davantage rehaussé par l’entrée au capital de la banque, avec 9,14 % des actions, d’un

actionnaire important, en l’occurrence Proparco (bras d’investissement du secteur privé français). Parmi les autres filiales à succès, IBL, PBL, RLM, FIDES et FUEL ont toutes beneficié d’une progression constante. Ce qui fait que malgré le nouveau paradigme macroéconomique mondial, le

CESSIONS D’ACTIONS Le groupe a aussi entrepris une série de cessions d’actions au sein de diverses entreprises. GML a ainsi vendu 28,94% des actions qu’il détenait dans CIEL Investments Ltd, pour la somme de Rs 1,26 milliard. De plus 20,78 % de ses actions dans CIEL Textile Ltd, qu’il détenait via Beau Champ Holding Company Ltd, ont été cédées par le groupe. Ce qui a permis des dividendes exceptionnelles de Rs 176 millions. L’action était hautement symbolique, puisqu’elle a mis fin à la participation de GML dans le textile. Notons également que le groupe a aussi cédé sa participation de 11,64 % dans la holding du groupe Swan – Intendance Holding Ltée – pour Rs 104 millions.


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GML MISE SUR LA PETITE ENFANCE

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La GML Fondation Joseph Lagesse, société privée à but non lucratif, voit le jour en 2005, de la volonté de GML de mettre en œuvre sa responsabilité sociale, avec accent particulier sur l’éducation des composantes démunies de la population mauricienne. Les inspirateurs de la

fondation se disent convaincus que plus tôt l’éducation des enfants est prise en charge, meilleur sera leur avenir et meilleure sera la société de demain. La Fondation Joseph Lagesse, financée par les filiales de GML, a donc fait de la petite enfance sa grande priorité.

JAMES BENOÎT

« C’est notre attitude ‘can-do’ qui fait notre réussite » Le Groupe Mon Loisir (GML) a décidément plus de chance dans le secteur bancaire qu’en hôtellerie. C’est ce que laisse voir la résilience affichée par AfrAsia Bank, dont le groupe est actionnaire majoritaire, face à la crise financière mondiale. Mieux encore, la banque vient d’être désignée ‘Best Private Banking Services Provider’ à Maurice par le 2011 Euromoney Private Banking Survey | ZAAHIRAH ATCHIA

❚ Cette récompense d’Euromoney

Private Banking Survey, est-ce une surprise ou vous y attendiez-vous un peu ? Cela a été une grande surprise. D’être reconnue et récompensée, non seulement par l’industrie, mais également par la communauté internationale, en si peu de temps, plus précisément en l’espace de trois ans d’opération seulement, cela relève de l’exploit. Mais même si cela a été une surprise, il faut dire qu’on était confiant qu’une telle récompense allait venir tôt ou tard. Disons qu’elle est venue très tôt. Cette confiance s’explique facilement par la multiplicité et le côté unique de nos offres. Celles-ci comprennent des solutions novatrices pour les investissements, que privilégie notre lien solide avec AXYS Capital Management. Nos offres intéressantes découlent de notre partenariat exclusif avec British Airways et nous avons aussi toute une série de produits bancaires simples mais efficaces. Plus important encore, cette confiance doit aussi être attribuée à notre équipe exceptionnelle de banquiers qui oeuvrent pour tisser des relations privilégiées avec nos clients, en leur fournissant des conseils financiers des plus judicieux, des produits bancaires novateurs et des « wealth management solutions » soigneusement travaillées, soit un ensemble complet pour satisfaire les besoins et les attentes de la clientèle privée. Le fait que le grand gagnant soit AfrAsia, une banque basée à Maurice, est également évocateur d’une tendance mondiale vers la proximité des services : les clients veulent se prévaloir du savoirfaire et de solutions à portée de main. OPÉRATION. AfrAsia a étendu ses activités à la région avec l’ouverture d’une troisième branche en Afrique du Sud récemment


AFRASIA CONTRE LE GASPILLAGE que les ressources de la compagnie soient utilisées judicieusement. Ainsi, le personnel de la banque est appelé à minimiser l’utilisation du papier, de l’eau et de l’électricité. Les employés sont

aussi amenés à encourager les clients à se faire envoyer leur relevés de comptes par courriel, ce qui évite des dépenses en termes d’enveloppes, d’imprimés et de frais postaux.

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PHOTOS : MANOJ NAWOOR

La protection de l’environnement est un des soucis d’AfrAsia Bank Limited. Elle s’assure non seulement que son personnel soit conscient de l’urgence de la protection de l’environnement, mais aussi

Plus important encore, cette confiance doit aussi être attribuée a notre équipe exceptionnelle de banquiers qui oeuvrent pour tisser des relations privilégiées avec nos clients, en leur fournissant des conseils financiers des plus judicieux, des produits bancaires novateurs et des « wealth management solutions » soigneusement travaillées, soit un ensemble complet pour satisfaire les besoins et les attentes de la clientèle privée.

JAMES BENOÎT, FINANCIER D’EXPÉRIENCE Co-fondateur d’AfrAsia Bank Limited, James Benoît en est le Chief Executive Officer (CEO) depuis un peu plus de quatre ans. Il cumule, en parallèle, d’autres fonctions importantes : Chairman et Directeur de Asia Corporate Finance pour Cape Town, Chairman et Directeur de AXYS Capital Management Limited et président de la Society of Chartered Financial Analysts - Mauritius. Diplômé en ‘Finance and Business’ de la prestigieuse université d’Alberta, également Chartered Financial Accountant, James Benoît a eu une longue expérience dans le secteur financier international. De1988 à 2006, il a servi le groupe HSBC en tant que Global Management Executive. Il y a grandement contribué à l’implantation et au développement du groupe dans plusieurs régions, dont Maurice, la Chine, le Canada et le Moyen-Orient.

ZOOM SUR AFRASIA

❚ Quels sont les services spécifiques

d’AfrAsia ? Notre ‘private banking suite’ comprend l’unique Titanium Mastercard qui présente de nombreux avantages ainsi qu’un ‘deposit package’ méticuleusement conçu avec des tarifs exceptionnels. En partenariat avec AXYS Capital Management, nous venons de lancer le tout premier fonds ‘Retail India Fund’ opérant de Maurice. Nous avons aussi lancé plusieurs produits d’investissements en partenariat avec JP Morgan. De plus, nous sommes la seule banque à Maurice ayant un lien solide avec une compagnie aérienne, notamment la British Airways. Ce qui donne à nos clients utilisant nos cartes de crédit la possibilité d’avoir accès à de nombreux bénéfices, dont des billets gratuits. ❚ Le groupe a débuté ses opérations

en 2007, s’est installé en Afrique du Sud depuis deux ans; après Cape Town et Johannesburg, une filiale vient d’être inaugurée à Durban. A quoi attribuez-vous ce rayonnement ? A une stratégie claire, précise et ciblée, couplée d’une attitude positive de « can-do » de notre équipe ainsi que la confiance de nos clients. Notre stratégie est facile à comprendre. Le nom AfrAsia est d’ailleurs très éloquent; on fonctionne sur la base d’un modèle d’affaires unique organisé autour de trois axes : services bancaires pour particuliers, pour les entreprises et services internationaux. On capitalise sur la portée géographique stratégique de Maurice pour en faire une passerelle pour servir le commerce toujours croissant et les flux d’investissement entre deux continents, notamment l’Afrique

FINANCIER. James Benoît, CEO d’AfrAsia, a derrière lui une longue expérience dans le domaine bancaire acquise à l’étranger

et l’Asie. ❚ Avez-vous d’autres projets d’’expansion après la filiale de Durban ? Certainement, mais ils seront communiqués au fur et à mesure de leur finalisation. Nous envisageons aussi de consolider davantage notre secteur « retail market funds », avec un accent particulier sur l’Afrique. D’autres possibilités ayant trait aux actifs régionaux seront également mises à la portée de nos clients en 2011. Fort de nos offres uniques, à l’instar des Titanium Cards, des « savings packages » novateurs et des solutions d’investissements et de ce prestigieux prix, nous sommes bien placés pour tirer pleinement avantage desdits plans d’expansion dans la région. ❚ Alors que la crise financière mon-

diale a affecté les performances de nombreuses banques commerciales à travers le monde, AfrAsia semble non seulement avoir résisté à ces difficultés, mais elle a même prospéré. Est-ce le résultat d’une approche prédictive ou d’un réajustement opportun face à la conjoncture économique ? C’est le résultat d’une approche très

disciplinée et d’une prise de décision locale. Notre stratégie s’inspire de notre nom et explique notre résilience : en mettant l’accent sur la croissance rapide des économies africaines et asiatiques comme l’Inde, nous avons évité le chaos financier mondial. En parlant de crise financière mondiale, il faudrait peut-être parler davantage de crise financière des Etats-Unis et de l’Europe. Nous travaillons également nos produits afin d’être en mesure de les déployer d’après un calendrier bien établi. Nous proposons des solutions d’investissement pour toute une année, pas seulement quand un certain marché devient le « flavour of the month ». Nos clients ‘corporate’ sont, par ailleurs, rassurés par le fait que l’on ait notre siège central à Maurice, que les décisions sont prises ici, à Port-Louis. Ils savent qu’ils peuvent compter sur nous pour les accompagner et les soutenir dans leurs projets et leurs transactions sans avoir à attendre des ordres de Hong Kong, de Johannesburg ou de Mumbai. Le secteur bancaire vit à l’ère des banques régionales. C’est précisément ce que nous sommes, nous n’avons qu’à respecter notre stratégie et notre vocation.

Incorporée à Maurice le 14 janvier 2007 par le Groupe Mon Loisir (GML) et Loita Capital Partners, le premier étant actionnaire majoritaire, AfrAsia Bank Limited s’inscrit dans les annales du secteur financier à Maurice en se constituant comme la seconde institution bancaire privée de la nation. Le lancement a lieu le 2 octobre 2007, avec pour ‘Mission Statement’ : « AfrAsia will be the reference point for Corporate, Wealth Management and Partnership Banking solutions linking Mauritius and the Africa Asia trade corridor. We will be recognized as passionate partners with a disruptive approach, a can-do attitude and working as a genuine team ». Si la portée géographique des opérations décline davantage des visées africaines, l’actionnariat est à majorité asiatique. Au depart, GML et Loita Capital Partners, une compagnie sudafricaine, s’étaient constitués actionnaires fondataires, GML étant l’actionnaire majoritaire. L’actionnariat a évolué au fil du temps, pour confirmer et renforcer la stratégie du départ de la banque, soit établir une passerelle entre les deux continents : l’Afrique et l’Asie. Valeur du jour, l’actionnariat se configure comme suit : le ‘anchor shareholder’ GML, Intrasia Capital de Singapour, Dale Capital Group d’Afrique du Sud et PROPARCO de France. Cette stratégie d’ouverture en direction de capitaux diversifiés – 20% à des ‘private equity firms’ d’Afrique du Sud et de Singapour, 10 % à la branche du secteur privé de l’Agence Française de Developpement, en l’occurrence PROPARCO, fait qu’elle se prévaut de partenaires stratégiques d’envergure ainsi que d’alliances solides pour réaliser ses objectifs. Pari gagné, car les opérations n’ont cessé de croître. Les chiffres en témoignent : AfrAsia a significativement augmenté son capital de base, passant de Rs 250M au début de ses opérations en octobre 2007, à Rs 654M au 30 juin 2010. Pour l’année 2010, le ‘net profit after tax’ a connu une hausse importante de 82%, se chiffrant ainsi à Rs 37,3M. Le conseil d’administartion d’AfrAsia a pour Chairman Arnaud Lagesse. Y siègent également, en qualité de directeurs, Thierry Lagesse, James Benoît et Brett Childs, entre autres.


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COMPULSORY RETIREMENT AGE ABOLISHED

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The UK government has confirmed that the Default Retirement Age (DFA) will be abolished this year. “Retirement should be a matter of choice rather than compulsion. The DFA will be phased out be-

tween the 6 April and 11 October 2011. People deserve the freedom to work for long as they want and are able to do so,” said Edward Davey, Minister of Employment Relations, recently.

year 2009 on the state of compliance with the code of corporate governance in Mauritius disclosed that our boards of directors are highly dominated by male representatives, with an average of nine males for one female. It was also found that there was a lower representation of women at executive directors’ level and women are more likely to occupy the post of non-executive directors within the boards.

ON THE occasion of the International Women’s Day, it is pertinent to consider the role of board diversity, mainly the involvement of women directors in corporate governance. A clear and unfortunate fact persists: women in company boardrooms keep on being an exception rather than the rule. Companies need to address the current problem of underrepresentation of women in the boardrooms. With women representing half the population and composing just under half of the workforce, their ongoing underrepresentation at board level remains deplorable. In fact, there is solid global evidence to advocate that companies with more diverse boards have a tendency to perform better than others.

Indeed, it is worth pointing out that gender quotas shall generate a situation where women will be reaching their senior positions not through merit, but only because of their gender. True, targets and quotas for attaining diversity at the top may remedy the gender discrepancy but such measures will not change the mindset or workplace behaviours which are at the root of inequality So far as Mauritian corporate governance is concerned, the question of gender board diversity is yet to obtain some acknowledgment. There has been very little discussion on the subject matter and our National Code on Corporate Governance surprisingly does not provide any coverage of this topic. It appears however premature at this stage to impose a mandatory requirement of appointing a minimum number of women directors here, especially because the existing empirical evidence is not clear, yet it is definitely advisable for companies and their nomination committees especially to set down a framework concerning gender board diversity that could be applied while making board appointments. A survey conducted in the

Most companies are aware that they have too few women at board level, yet the gender inequality goes on. Time for women to make some noise? | RENDHEE VEEREN

WOMEN IN THE BOARDROOM

AT THE END OF THE TUNNEL

MORE BOARD DIVERSITY Following the corporate scandals at the beginning of this decade, such as Enron, Worldcom in the US and Parmalat, Ahold in Europe, many commentators worldwide have called for more board diversity. Some countries like Norway, Denmark and Sweden have tackled this concern by imposing particular requirements for women directors in their corporate governance regulations. The Nordic European countries have somehow shown the way to the world. In fact, a fierce debate has surfaced in the Nordic countries concerning the benefits and drawbacks of better gender diversity. This has made the region particularly interesting for empirical testing of the impact of board diversity. In Norway, the gender equity contention has become law, and since 2006, Norwegian public companies are required to have a 40% minimum board representa-

So far as Mauritian corporate governance is concerned, the question of gender board diversity is yet to obtain some acknowledgment. There has been very little discussion on the subject matter and our National Code on Corporate Governance surprisingly does not provide any coverage of this topic tion from each gender. If a company does not meet this requirement within due time forced deregistration of the firm will result. The French government has also taken the bulls by the horns by passing legislation to raise the representation of women on the boards of listed


FACEBOOK NOT OPEN TO US INVESTORS The much-awaited private share offering from Facebook will not be open to US investors. Despite being based in US, the company is concerned that the intense media coverage of the $ 1.5 billion private fund

companies. Such companies are called upon gradually, over a period of six years, to guarantee that the representation of each gender equals at least 40% and penalties for noncompliance include the suspension of directors’ fees. In the UK, a recent report from Cranfield University has found that women hold only 12.5% of board positions and that there had been little change in this proportion over the last years. More precisely, there were 135 female directors out of 1,076 people on FTSE (Financial Times Stock Exchange) 100 companies, or 12.5%. The figure was 12.2% in 2009 and 12% in 2008, suggesting that the situation has remained unchanged. The research also looked at FTSE 250 companies, where 52.4% (131) of companies have no women on their boards. The Cranfield report goes a step further by recommending that the Financial Reporting Council alters the UK Corporate Governance Code’s section on diversity so that a company whose board and board committees are made up of less than 20% women should be compelled to give details why this is the case, by way of a statement from its chairman. Besides, the report argues that this 20% limit be revised in three years’ time, so as to raise it to 30%. OPPOSITION TO GENDER QUOTAS The British Institute of Directors (IOD) has nevertheless clearly expressed its opposition to that proposed imposition of gender quotas. The Director General of the IOD explained that: “They (gender quotas) would be demeaning for many aspiring and existing female directors and, far from increasing the legitimacy of boards, would actually undermine the credibility of female directors. Female directors would be tainted with the suspicion that they had been appointed in order to fulfill regulatory requirements, not on the basis of merit or ability”. Indeed, it is worth pointing out that gender quotas shall generate a situation where women will be reaching their senior positions not through merit, but only because of their gender. True, targets and quotas for attaining diversity at the top may remedy the gender discrepancy but such measures will not change the

raising could lead the company to breach Securities and Exchange Commission rules. Goldman Sachs, the bank that is handling the fund raising, said that it “believed this is the most prudent path to take.”

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CORPORATE

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drop in company performance. Instead the motive happens to be investor partiality, particularly among institutional shareholders holding fairly small number of shares. Dobbin also discovered that following the appointment of women to a company board, “blockholders” institutional shareholders, each holding 5% or more of a company’s share capital augment their shares, but small-holding investors decreased their shareholding.

mindset or workplace behaviours which are at the root of inequality. Requesting employers to merely nominate more women directors is not the answer. Conversely, assisting employers in their endeavour to be familiar with the talent women may bring to business and working with companies to improve the recruitment, progress and support given to women, may probably be a better way out in the long run. Making diversity an aspiration does not water down the quality of board members. Indeed, an ample pool of diverse talent exists if companies are keen to rummage around. Yet, what are the barriers to better diversity on boards? Whilst in the past it was unproblematic to state that there was a shortage of talent, this contention has become harder to uphold when more than half of the Mauritian student population is female and women are well represented within the professions. However, recognition may be a more complicated problem to solve.

Peninah Thomson, a partner of Praesta Partners LLP, the UK's leading executive coaching firm and co-author of “A woman’s place is in the boardroom” *, highlights the eight tests for women seeking to pose themselves as reliable candidates for executive and nonexecutive directorships: 1. taking the decision to engage; 2. appreciating how boards function; 3. learning about board dynamics; 4. spotting organisations of interest and looking at their boards; 5. developing board qualities; 6. creating a “personal marketing plan” based on one’s own selling points; 7. identifying areas for personal learning from feedback and engaging in behavioural change; and 8. building experience for the top.

Other commentators argue that nomination committees of companies have a crucial role to play in promoting gender diversity in boardThey (gender quotas) would rooms. It is believed that it is imperative to assess be demeaning for many what the companies reaspiring and existing female quire, before considering what individual directors directors and, far from desire. For example, it is increasing the legitimacy claimed that since roughly of boards, would actually half the population is female, and women make undermine the credibility of female directors. Female the majority of household buying decisions, is it not directors would be tainted reasonable to translate this with the suspicion that they fact in the composition of had been appointed in order a retail firm’s board of dito fulfill regulatory require- rectors? Companies may also ments, not on the basis of question what they undermerit or ability take to give confidence to

women to wish to assume the responsibility of board directorship. If women share the view that the board is a “gentleman’s club” where they will mechanically feel odd, it is dubious that they will provide the time, effort and loyalty to the company to attain the most senior positions.

After having answered the question “How can we have more women on boards?”, it is also relevant to query why should we have more women on boards? Studies in US indicate that organisations with high number of women directors on their boards do significantly better at three levels, namely on return on equity, return on sales, and return on invested capital, than companies with a small number or no women directors. Thus, the Harvard sociologist Professor Frank Dobbin has studied companies’ share performance after women are appointed as directors and found that in the year after the number of women on a board increases, share price is likely to fall to some extent. It was also found that this is not the result of any

BETTER PERFORMANCE Other researches indicate that companies that have more women in senior positions attain better financial performance. For instance, surveys performed by the US research firm Catalyst and management consulting firm Mc Kinsey disclosed that financial outperformance occurs when women represent at least 30% of the team. Given that diversity boosts

profitability, increasing diversity in the boardroom is good for business and good corporate governance. Companies that undertake to depart from the status quo and play the game for varied talent will achieve a clear-cut strategic lead in this progressively diverse global economy. I recently came across a quote in an article and I guess it is more than pertinent today: “Now is the time to be a first-mover to create better balance in the boardroom by tapping the enormous pool of talented women and minorities.” Note: * P Thomson and J Graham with T Lloyd, A Woman’s Place is in the Boardroom: The Business Case, Palgrave Macmillan, 2005.


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LES TRÉSORS CACHÉS DES OCÉANS

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LE CONCEPT de Maurice Ile Durable s’étend sur plusieurs secteurs. Il ne s’agit pas simplement de faire du pays une île verte en plantant des arbres ou en promouvant l’économie d’énergie. Il implique également la recherche et l’exploitation de nouveaux domaines qui aideront le pays à satisfaire ses besoins en énergie. C’est dans le cadre de cette vision des autorités qu’est venue l’idée du LandBased Oceanic Eco-Park. Ce projet est basé, en grande partie, sur le pompage de l’eau de mer à une profondeur d’environ mille mètres. Cette eau sera ensuite utilisée dans des domaines aussi divers que le refroidissement de systèmes de climatisation, la fabrication de produits pharmaceutiques ou cosmétiques, ou encore dans la culture de perles. Le Land-Based Oceanic Eco-Park bute toutefois sur un obstacle majeur. Alors qu’on en parle depuis 5 ans et que Pravind Jugnauth a annoncé le démarrage du projet pour cette année, les investisseurs se font rares à cause du coût d’investissement élevé. Une nouvelle qu’a confirmée Vassen Kauppaymuthoo, océanographe et ingénieur en environnement. « Le principal frein à ce projet demeure le manque d’investisseurs. C’est un projet high-tech, basé majoritairement sur la recherche et le développement. L’un des effets de la crise qui a affecté le monde est que les gens ne veulent plus investir en prenant des risques. Ils veulent d’abord s’assurer que ce soit un projet rentable. Le pays

Cuivre, zinc, argent, cobalt, fer, manganèse… pullulent au niveau des zones d’accrétion, soit le lieu de naissance de la croûte océanique, telles que les dorsales et dans les grands fonds à des centaines de mètres de profondeur. Ces minerais sont très recherchés pour leur valeur

économique. Les réserves minérales océaniques sont considérées comme étant très importantes, seulement 1 % des grands fonds ayant été exploré en détail. Il faut également ajouter à cela que d’autres trésors gisent dans les océans, à l’exemple des diamants.

LES INVESTISSEURS SE FONT ATTENDRE LAND-BASED OCEANIC ECO-PARK

Plus de 5 ans après avoir jeté les bases du Land-Based Oceanic Eco-Park, et malgré l’annonce du coup d’envoi du projet par le ministre des Finances lors de la présentation du Budget 2011, les autorités attendent toujours que des investisseurs se manifestent | HERRSHA LUTCHMAN-BOODHUN


LES JAPONAIS MONTRENT LA VOIE L’eau de mer profonde et son utilisation ne concernent pour l’instant que les pays développés : Japon, EtatsUnis, Norvège, Corée et sans doute bientôt la Chine et l’Inde. Le Japon est le premier pays à avoir étudié, à la fin

des années 70, les potentialités de l’eau de mer issue des profondeurs. Il a été suivi par Hawaï, actuellement deuxième producteur d’eau profonde. La commercialisation d’eau profonde en bouteilles est un véritable succès

au Japon : sur les 10 eaux les plus vendues, 3 sont issues de l’eau profonde. Leur prix est pourtant beaucoup plus élevé : 4 euros la bouteille d’eau profonde contre 1 euro pour la bouteille « traditionnelle ».

étant déjà trop endetté, le gouvernement mauricien ne possède pas, quant à lui, les moyens d’investir dans un tel projet. » Selon notre interlocuteur, les coûts d’un tel projet sont jugés trop élévés. Une première estimation de USD 100 millions, soit plus de 3 milliards de roupies, ne concernerait ainsi que l’installation des tuyaux nécessaires pour le pompage de l’eau de mer à 1 000 mètres de profondeur. Les diverses autres composantes du projet représenteraient ainsi un coût additionnel, pour lequel l’investissement requis n’a pas encore été calculé. GROS INVESTISSEMENTS « Nous savons tous que c’est un projet très technique qui demande de gros investissements. Nous avons même appris qu’une firme française, qui était intéressée à investir dans l’une des composantes du projet, et qui avait déjà émis une ‘letter of intent’, s’est retirée par la suite », lance Vassen Kauppaymuthoo. Pour l’océanographe et ingénieur en environnement, la mise sur pied du Land-Based Oceanic Eco-Park comporte autant de promesses que de risques. En principe, explique-t-il, le projet devrait être bénéfique à l’ensemble du pays, tant qu’on ne touche pas à la vie marine et qu’on ne pollue pas l’océan.

Ce projet est basé, en grande partie, sur le pompage de l’eau de mer à une profondeur d’environ mille mètres. Cette eau sera ensuite utilisée dans des domaines aussi divers que le refroidissement de systèmes de climatisation, la fabrication de produits pharmaceutiques ou cosmétiques, ou encore dans la culture de perles Par exemple, on compte se servir de l’eau de mer froide dans des systèmes de climatisation et rejeter par la suite de l’eau chaude, ce qui risque de causer une pollution thermique. Un risque d’autant plus conséquent que, selon lui, nous avons déjà pollué la surface de l’océan jusqu’à une profondeur de 30 mètres, principalement avec les eaux usées. « Il ne faudrait pas, maintenant, aller polluer l’océan à 1 000 mètres de profondeur au nom du développement ! » lance-t-il. Malgré ces appréhensions et le problème d’investissements, le projet a accéléré l’année dernière. Le mercredi 10 mars 2010, la State Investment Company (SIC) et Total Site Solutions (Mauritius) Ltd ont signé un accord d’actionnariat pour la création de la Mauritius Land-Based

INFRASTRUCTURES : DES INVESTISSEMENTS MASSIFS À VENIR Lors d’un atelier de travail, le 24 février, sur le Fonds Européen de Développement, le ministre des Affaires étrangères, Arvin Boolell, a souligné l’importance de se tourner vers de nouveaux horizons pour assurer le développement durable du pays : « Nous devons faire des investissements massifs dans les infrastructures pendant les 20 prochaines années pour soutenir notre programme de développement. Cela comprend l’investissement dans des routes pour réduire la congestion routière, améliorer l’approvisionnement en électricité en mettant l’accent sur les énergies renouvelables, garantir un approvisionnement d’eau 24/7 pour la consommation domestique, atténuer les effets négatifs du développement sur l’environnement et assurer un bon réseau d’évacuation des eaux usées. »

Oceanic Park Ltd (MLBOP), société responsable du développement et de la gestion du Land-Based Oceanic Eco-Park. Celui-ci devrait être établi sur un terrain de 56 hectares dans la région côtière située entre Albion et Flic-en-Flac. L’accord de partenariat devait introniser Total Site Solutions comme partenaire majoritaire de MLBOP, avec 75 % des actions de la compagnie, les 25 % restants revenant à la SIC. Total Site Solutions, une société subsidiaire du géant américain Fortress International Group, est engagée dans la planification, la conception et la construction d’installations spécialisées, tels que

des ‘data centres’ et des centres d’appels. Elle fournit également les services de maintenance nécessaires à ces infrastructures spécialisées. Le gouvernement a également choisi plus de 300 hectares de terrain, qui seront transformés en parc océanique. Le parc offrira toutes les infrastructures nécessaires aux éventuels locataires, afin de les aider à créer des entreprises florissantes. Selon les autorités, les produits développés dans le parc seront entièrement bio, respectueux de l’environnement, naturels et uniques au niveau de la marque de produits « Deep Indian Ocean Water, Mauritius ». NOUVELLE INDUSTRIE Le parc, qui utilisera des sources d’énergie renouvelables (solaire et éolienne), accueillera également des visiteurs, dont des touristes, pour des journées qui comprendront le spa et la thalassothérapie, la visite des aquariums et des boutiques de perles, ainsi que le déjeuner dans les restaurants de fruits de mer. La proposition de la mise en place d’une Land Based Oceanic Industry (LBOI) jette ainsi les bases d’une toute nouvelle industrie basée sur l’exploitation commerciale de l’eau profonde de notre zone économique exclusive. Elle pourrait, à terme, générer de nouvelles richesses et fournir des emplois directs et indirects au cours des cinq années suivant sa mise sur pied. Les produits de ce nouveau secteur seront destinés principalement à l’exportation, mais bénéficieront également aux touristes

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et au marché local. Le modèle d’affaires de cette industrie océanique s’appuie sur une technologie utilisée avec succès à Hawaï. Plus de 1000 mètres sous la surface de la mer, des courants profonds traversent continuellement le monde. L’île Maurice serait idéalement placée pour exploiter l’eau de ces courants, dont certains ne passent en effet qu’à quelques kilomètres des côtes mauriciennes. Si le projet aboutit, Maurice sera le premier pays au monde à pomper de l’eau de mer à une telle profondeur. Les propriétés scientifiques de cette eau ont été prouvées par des recherches menées par le Mauritius Research Council. Les analyses ont confirmé que cette eau est pure, exempte de pollution de surface et d’autres contaminants, et est riche en minéraux et propriétés nutritives. De ce fait, les utilisations de cette eau sont multiples : embouteillage de l’eau rendue potable après désalinisation, aquaculture ou encore thalassothérapie. Ces produits ou activités à base d’eau de mer sont déjà exploités dans certains pays, et le potentiel existe pour que l’île Maurice se fasse une place sur un marché mondial où la demande pour ce type de produits connaît une forte croissance. EN GRANDE DEMANDE La thalassothérapie ou spa nécessite très peu d’investissements et est un service-créneau en grande demande par les touristes européens. L’eau riche en éléments nutritifs peut également être utilisée pour l’aquaculture. Selon la FAO, le marché mondial pour l’aquaculture est d’environ 55 milliards de dollars, avec une croissance annuelle de 10 %. L’eau peut aussi être utilisée pour la climatisation de nos hôtels le long de la côte et d’autres grands bâtiments situés non loin de celle-ci. Une possibilité intéressante quand on considère que l’air conditionné représente 40 % de la facture d’électricité de la plupart des hôtels. En vue de la démocratisation de l’industrie, grandes, petites et moyennes entreprises pourraient être autorisées à exploiter commercialement les différentes possibilités de l’eau de mer profonde. La première vague des applications commerciales sont prévues dans les secteurs tels les produits alimentaires et boissons, la santé et le bien-être, les produits agrochimiques, et les énergies renouvelables. A souligner finalement, que dans le cadre de cet article, Capital a vainement essayé d’obtenir des informations du Board of Investment (BOI) et du Mauritius Research Council (MRC), deux institutions qui s’occupent du dossier LandBased Oceanic Eco-Park.


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ADAMAS : LE GÉANT MAURICIEN DU DIAMANT

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BLING BLING MERCREDI 9 MARS 2011

Ouverte en 1987, Adamas Ltd (qui signifie diamant en grec), est devenu depuis le pilier de la bijouterie hors taxes de Maurice. Le plus grand diamantaire du pays expose chaque jour en moyenne 12 000 diamants et

pièces de bijoux dans ses trois points de vente, situés à Grand-Baie, Floréal et au Caudan Waterfront, à Port-Louis. La compagnie commercialise des oeuvres de plusieurs grands noms internationaux de la

bijouterie, donc Luca Carati,d’Italie, Mastoloni, pour les perles, et Leo Schachter, Michael Werdiger et Louis Glick, connus aux Etats-Unis pour leurs collections spéciales de diamants.

MONTBLANC

DES STYLOS AU SOMMET DE L’ART

Une plume, c’est une plume. Sauf quand il s’agit d’une Montblanc. La qualité, le style, le design, les matières précieuses utilisées et le travail minutieux des maîtres artisans suisses en font alors un chef-d’oeuvre portant la signature hors pair de la marque | HERRSHA LUTCHMAN-BOODHUN A PREMIÈRE vue, les stylos Montblanc ne possèdent pas la majesté du massif alpin dont ils portent le nom. De taille normale et de forme classique, il en émane pourtant une présence imposante. En plaqué or ou platine, ces bijoux portent la fameuse « étoile » qui sert de logo à la marque. Parfois, celle-ci est composée de diamants incrustés dans le stylo. De quoi, au final, éblouir les amateurs du haut de gamme. A Maurice, c’est Adamas Ltd qui commercialise les stylos Montblanc. Notamment dans sa boutique hors taxes à Floréal. Un petit tour des locaux vous fera découvrir l’un des stylos les plus chers en stock, qui coûte $ 1 285, soit environ 36 900 roupies

mauriciennes. Particularité du spécimen en question : il est incrusté d’un diamant ayant la forme du sommet enneigé de la montagne. Symbole de pureté et d’éternité, ce diamant unique, taillé à la forme de l’emblème Montblanc, transforme l’instrument d’écriture en une parure d’exception. DANS LA LÉGENDE Les stylos Montblanc sont réparties en plusieurs collections, dont la Meisterstück (chef-d’oeuvre en allemand). Si elle est entrée dans la légende, c’est surtout pour sa ligne intemporelle et créative, qui fera des spécimens de la collection les stylos fétiches de nombreuses célébrités.

Parmi, le Meisterstück 149. Façonné à la main, le légendaire stylo plume, en or 18 carats, avec un corps et un capuchon en résine précieuse noire, est doté d’un mécanisme à piston. Inventé en 1924, il s’agit de l’un des instruments d’écriture les plus connus et les plus appréciés de la marque. Toujours dans la collection Meisterstück, Montblanc a voulu rendre hommage au célèbre compositeur Frédéric Chopin en créant un stylo plume aux lignes pures et affinées. Le corps du Chopin classique est en résine précieuse noire et la symbolique étoile de la marque est incrustée au sommet du capuchon. La plume, en or 14 carats avec incrustation de platine, est munie

d’un convecteur qui permet de puiser l’encre de la couleur de son choix et fonctionne également avec des cartouches d’encre Montblanc. Avec de tels attributs, pas étonnant que ces chefs-d’oeuvre connaissent un tel succès. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, serait même à compter parmi les adeptes du Chopin classique, qu’il n’hésiterait pas, d’ailleurs, à offrir en cadeau. Pour arriver au produit fini que nous voyons exposé en boutique, les stylos Montblanc demandent tout un travail minutieux. Chaque plume subit ainsi, durant le processus de fabrication, plus de 100 étapes de travail. Tout commence par un


CENT ANS DE STYLOS Le stylo plume à est l’origine des activités de la marque Montblanc. En 1906, deux entrepreneurs allemands, August Eberstein et Alfred Nehemias, reviennent d’un voyage aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Là-bas, ils ont été fascinés par un nouveau stylo plume pas encore totalement

développé. Ils s’en inspireront pour lancer, en 1909, leur premier stylo plume, baptisé « Montblanc ». Le nom Montblanc sera par la suite enregistré comme marque déposée et figurera à partir de ce moment sur chaque instrument d’écriture produit par la société.

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ECRIRE AVEC UN GANDHI Les éditions limitées Montblanc rendent hommage à l’excellence du travail des maîtres artisans, au raffinement des matériaux, et sont dédiées au monde des arts et de la culture. Un des stylos phares demeure celui dédié au Mahatma Gandhi, l’un des principaux leaders politiques et spirituels de l’Inde et du mouvement pour l’indépendance de la Grande Péninsule. Le design caractérisant cette édition rend hommage à sa vie et ses accomplissements. La forme du haut du capuchon et du cône est inspirée par le fuseau que Gandhi utilisait pour filer le coton. La couleur blanche symbolise la vérité et la paix, alors que le grenat mandarin évoque la couleur orange, l’une des trois couleurs du drapeau indien. Montblanc rend aussi hommage à la reine Elizabeth I, qui fit de l’Angleterre du 16ème siècle une véritable puissance mondiale et posa les fondements d’une ère culturelle qui marquera son histoire. L’édition limitée Mécène d’art Elizabeth I est limitée à 4 810 stylos plume tandis que l’autre édition ne compte que 888 exemplaires. La laque brillante de ces deux instruments d’écriture rappelle les atours royaux d’Elizabeth I et les insignes royaux. En outre, les mots « Video et taceo », gravés sur la bague du capuchon, rappellent le principe suprême du gouvernement de la reine Elizabeth I.

Un petit tour des locaux vous fera découvrir l’un des stylos les plus chers en stock, qui coûte $ 1 285, soit environ 36 900 roupies mauriciennes. Particularité du spécimen en question : il est incrusté d’un diamant ayant la forme du sommet enneigé de la montagne

L’HEURE DE RESPIRER

MINUTIE. Tous les produits portant la griffe Montblanc sont le fruit d’une attention particulière aux moindres détails au cours du processus de fabrication

ruban d’or de 18 carats. Le matériau est mou, élastique et flexible – des attributs qui ne peuvent caractériser une plume parfaite. Le ruban d’or est donc durci par un procédé de laminage, puis mis en forme en sections de 18 mm de long, plus épaisses à la pointe de la plume, plus fines à l’autre extrémité. Un processus d’une précision extrême à peine visible à l’oeil nu. Lors de la deuxième étape, une machine frappe la forme de base de la plume à partir du ruban d’or. La plume est alors percée d’un coeur, qui constituera l’extrémité de la fente de la plume et permettra un écoulement régulier de l’encre. Une presse hydraulique donne ensuite à la future plume son dessin caractéristique. Cette étape consiste à graver l’étoile Montblanc, le nombre de carats d’or et le numéro 4810, qui évoque la hauteur du plus haut sommet d’Eu-

rope : le Mont-Blanc. La plume acquiert ensuite sa forme définitive dans une presse hydraulique de 25 tonnes : elle est à présent semi-circulaire, stable tout en étant souple. Au toucher, sa surface semble avoir été polie. Mais toute écriture avec la plume est exclue à ce stade. Le précieux matériau s’userait rapidement lorsque la plume molle glisserait sur le papier. Une goutte d’iridium - un matériau plus résistant et plus précieux que l’or - est donc appliquée à la pointe de la plume. Le diamètre de la petite perle d’iridium déterminera la largeur de la plume. CONCENTRATION EXTRÊME La perle d’iridium est ensuite soumise à plusieurs étapes de polissage à la main, permettant à la plume de glisser en douceur sur le papier. Le processus requiert une concentration extrême. Si la plume n’est pas travaillée assez

Si pour beaucoup, une montre Montblanc est à couper le souffle, pour les fabricants, c’est surtout la respiration qu’elle coupe. Quand les horlogers suisses travaillent minutieusement sur une montre, ils retiennent en effet leur respiration, car le moindre souffle d’air peut faire voler les parties les plus délicates. Une attention aux détails qui confère à ces créations un prix hors de portée du commun des mortels. Une des montres les plus chères, pour les hommes, chez Adamas Ltd, coûte environ $ 5 300, soit 152 950 roupies mauriciennes. Cette montre en acier fin de 41,5 mm de diamètre, avec mouvement automatique, dispose d’un cadran guilloché anthracite, d’un fond de boîtier en glace saphir et d’un bracelet en acier fin doté d’un fermoir triple déployant.

délicatement, elle peut accrocher. Si elle est trop arrondie, l’écoulement de l’encre peut en être perturbé. Une fois polie, la plume est délicatement recouverte de platine. Pour conserver aux éléments de l’ensemble leur couleur dorée, un masque lui est minutieusement appliqué. Les portions non recouvertes sont par la suite galvanisées avec du rhodium. Cette étape requiert, outre une concentration extrême, une patience infinie. Les stylos sont ensuite soumis à des tests. Une fois le test d’écriture réussi, on procède à une vérification visuelle. Si les maîtres artisans décèlent la moindre anomalie, même infime, ils exigeront que la plume soit retravaillée. Montblanc propose 8 tailles de plumes différentes. Pour les gauchers, des plumes obliques sont également disponibles. Selon

Sébastien J. Denton, le directeur d’Adamas Ltd, les stylos de la marque ont une clientèle fidèle : « Il y a des gens qui connaissent la marque Montblanc et les particularités qui font de ces stylos des chefs-d’oeuvre. Nous avons une bonne clientèle étrangère, mais également locale. Il y a même des gens qui en font collection ». Faut-il encore en avoir les moyens. Car la complexité du travail abattu pour arriver, au final, à des pièces uniques qui font rêver, signifient que les stylos Montblanc coûtent cher. Mais comme la qualité n’a pas de prix...

Pour arriver au produit fini que nous voyons exposé en boutique, les stylos Montblanc demandent tout un travail minutieux. Chaque plume subit ainsi, durant le processus de fabrication, plus de 100 étapes de travail


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RESPONSABILITÉ SOCIALE ET TRANSPARENCE

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Les heureux gagnants de la premiere édition (2010) des BDO CSR Awards ont été la Mauritius Glass Gallery Ltd, la SBM, Barclays Bank PLC et Airports of Mauritius Ltd. « Ce sera désormais un évènement annuel. Les entreprises

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mauriciennes sont très conscientes de leur responsabilité envers la société. Nous voulons, à travers cet award, encourager les entreprises à être plus professionnelles et transparentes dans leur projets et activités de Corporate Social

Responsibility (CSR). A travers cette récompense, BDO espère valoriser la qualité des contributions CSR », indique le Chief Executive Officer Yacoob Ramtoola.

YACOOB RAMTOOLA

UN HOMME DE CHIFFRES TRÈS SENTIMENTAL Il a beau aimer les chiffres, passer plus d’une trentaine d’années à éplucher les bilans financiers, auditer les comptes des compagnies les plus puissantes de la région africaine, les mots viennent du coeur quand Yacoob Ramtoola parle de son premier employeur, dont il est aujourd’hui un « Senior Partner » | ABDALLAH GOOLAMALLEE

PHOTOS : MANOJ NAWOOR

YACOOB RAMTOOLA a toujours baigné dans un ‘business environment’. C’est vers la fin du dix-neuvième siècle que la famille Ramtoola, originaire du Gujerat, débarque à Maurice avec, pour objectif, de s’engager dans le commerce. Ils ne vont pas tarder à se faire un nom dans le milieu du business de l’alimentation avant de s’engager, des années plus tard, dans l’importation et la distribution de ‘stationery’, avec enseigne dans la capitale. Suivant l’évolution et le développement économiques du pays, la compagnie Ramtoola se mettra au diapason en investissant dans le port franc. Ramtoola est aussi connu comme le représentant de Nestlé à Maurice. DÉBUTS LONDONIENS Né a Port-Louis dans une famille de huit enfants, Yacoob Ramtoola entame sa scolarité primaire à l’école « centrale », à Port-Louis. Ses années d’adolescence se passeront au John Kennedy College, à BeauBassin. Un bon Higher School Certificate (HSC) en poche, il met le cap pour le Royaume-Uni pour des études en comptabilité. Après avoir décroché un « diploma » en comptabilité, il entame des études auprès de l’Association of Chartered Accountants à Londres. Tout en étudiant, il trouve de l’emploi à temps partiel dans la prestigieuse firme de comptabilité Coopers and Lybrand. Les études terminées, et riche d’une expérience de trois années, il décide de retourner au pays en 1980. « J’ai toujours voulu travailler et vivre à Maurice, l’envie d’émigrer ne m’a jamais effleuré. Il fallait, il est vrai, faire

FORMATION. C’est au Royaume-Uni que Yacoob Ramtoola fera ses premiers pas dans l’univers de la compatibilité


AUDIT : BIG FIVE MINUS ONE Les Big Four des cabinets d’expertscomptables sont : • Deloitte, anciennement Deloitte Touche Tohmatsu (DTT) • Ernst & Young (E&Y) • KPMG

• PricewaterhouseCoopers (PwC) Ils succèdent aux Big Five, qui comprenaient, outre les quatre citées, la firme Arthur Andersen, qui a disparu en 2002 dans le sillage de l’affaire Enron. Andersen avait pris la cinquième place

suite à la fusion de Coopers & Lybrand et de Price Waterhouse en 1998. Le manque de concurrence, toutefois, inquiète et fait planer la peur d’une hypothétique “nouvelle affaire Enron”.

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Tout le monde doit progresser et s’épanouir dans une entreprise, vous apportez votre compétence et votre expérience pour faire avancer l’entreprise, mais il faut que ce soit un ‘two-way trafic’. Il faut surtout que l’entrepise vous donne l’espace pour vous réaliser. DCDM m’a permis de me réaliser, cette compagnie fait partie de ma vie

rouler le business familial, mais au fond de moi, je me suis toujours vu vivre et travailler dans mon pays », confie-t-il. Le destin le fera rencontrer aussi, dans son pays, celle qui allait devenir son épouse. De cette union, vont naître trois enfants, deux filles et un garçon, tous trois étudiant actuellement à l’étranger. Ses premiers salaires à Maurice, il les percevra de la firme De Chazal du Mée (DCDM) en tant que Manager, avant d’êre promu, seulement quelques années plus tard, ‘Senior Partner’. Depuis l’année dernière, DCDM est devenu BDO (Binder Dijker Otte). Il en est aujourd’hui le Chief Executive Officer ainsi que le responsable de l’audit. TRANCHE DE VIE Yacoob Ramtoola devient très sentimental quand il parle de la firme où il a passé une trentaine d’années de sa vie professionnelle. Une tranche de vie où il a donné le meilleur de lui-même, accompagnant le groupe dans son évolution jusqu’à devenir un des leaders en Afrique. Ce qui a été pour lui source de progrès et d’épanouissement. « Tout le monde doit progresser et s’épanouir dans une entreprise, vous apportez votre compétence et votre expérience pour faire avancer l’entreprise, mais il faut que ce soit un ‘twoway traffic’. Il faut surtout que l’entrepise vous donne l’espace pour vous réaliser. DCDM m’a permis de me réaliser, cette compagnie fait partie de ma vie », observe notre invité. « BDO emploie environ 300 personnes et nous recrutons entre 25 et 30 personnes annuellement. Nous donnons priorité aux diplômés tout en leur offrant la formation pour se qualifier ACCA ou ACA », nous dit Yacoob Ramtoola. En effet, BDO-Maurice comprend une douzaine de partenaires et offre un service intégré et complet sur l’audit et le ‘consultancy’. Très focalisé également sur le « corporate finance », BDO se charge de la levée de capitaux pour ses clients investisseurs. « Nous avons aussi une clientèle très importante provenant du global business, c’est-à-dire l’offshore », ajoute Yacoob Ramtoola. BDO, qui vient en cinquième position au niveau mondial après les

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EXPÉRIENCE. Yacoob Ramtoola prend de l’emploi à De Chazal du Mée peu après son retour à Maurice

«big four» que sont Deloitte, Ernst & Young, KPMG et PricewaterhouseCoopers, est implanté dans plus d’une centaine de pays. BDOMaurice contrôle les bureaux régionaux des Seychelles, de Madagascar et ceux de l’Afrique de l’Est. « C’est un vaste réseau, cela démontre la capacité de Maurice et la qualité de ses professionnels », indique le CEO de BDO-Maurice. PRIORITÉ DES PRIORITÉS BDO, nous dit encore Yacoob Ramtoola, a fait de la formation de son personnel la priorité des priorités : « C’est la clé du succès, nulle entreprise aujourd’hui, de n’importe quel secteur, ne peut faire l’économie de la formation. Former son personnel, ce à tous les échelons, c’est investir dans la personne, un investissement à long terme, cela rapporte. Et à la personne et à l’entreprise. Le secteur de l’audit est un secteur très compétitif et très exigeant, il faut être de vrais professionnels, se mettre constamment à

jour. Nous travaillons avec les firmes les plus réputées, des compagnies parmi les plus puissantes au monde, il n’y a pas de place pour l’amateurisme, le service doit être irréprochable, tout est rigueur ». Toujours sur le plan de la formation, une pratique courante chez BDO, c’est l’envoi des cadres en Angleterre où ils travaillent pour une période de six à dix-huit mois. « Ce frottement avec les professionnels britanniques est inestimable », estime Yacoob Ramtoola. Mais toute la formation du monde et toutes les compétences acquises ne servent à rien si on ne les met pas au service de la clientèle. « La proximité avec le client est primordiale, à part l’audit à proprement parler, il faut anticiper, identifier les besoins du client pour ensuite lui proposer des solutions taillées sur mesure. Nous avons même un département spécialisé pour des problèmes d’ordre structurel. Le chiffre d’affaires de BDO-Maurice tourne autour de Rs 400 millions. »

DCDM N’EST PLUS, VIVE BDO De Chazal du Mée (DCDM) est fondée à Maurice en 1930, en association avec Arthur Andersen and Co. DCDM a connu, au fil des décennies, un développement rapide dans la région d’Afrique de l’Est et dans l’océan Indien. Cependant, ce qui manquait à ce rayonnement, c’était la représentation exclusive d’une des grandes firmes internationales de comptabilité et d’audit. Et comme BDO International cherchait, en même temps, un partenaire stratégique de renom pour pénétrer le marché africain, le partenariat a vite pris forme en 2009. Jusqu’en décembre 2010, DCDM était officiellement connu comme BDO-DCDM, pour ensuite finalement prendre le nom BDO. C’est d’ailleurs le cas partout où BDO contracte des alliances.


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PSA POURRAIT RÉSERVER SES VENTES ‘LOW COST’ À INTERNET

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L’offre "low cost" que le groupe PSA Peugeot Citroën pourrait lancer à son tour, sous une nouvelle marque et avec l’un de ses partenaires chinois, pourrait être vendue en Europe après 2012 mais exclusivement sur

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internet, a déclaré le directeur des marques du constructeur, au salon de l’automobile de Genève. PSA est toujours absent d’un marché où Renault se taille un franc succès depuis 2005 avec la gamme Dacia,

mais il réfléchit aujourd’hui à l’idée d’entrer sur ce segment, à condition que cela n’entre pas en conflit avec la stratégie de montée en gamme de ses deux marques Peugeot et Citroën.

Est-ce Jacques Lantier aux commandes de la Lison ? Ou est-ce la dernière trouvaille de notre imprévisible pilote qui, allant à l’encontre de toute idée reçue sur ses préférences automobiles, tombe finalement amoureux des Japonaises ? L’heureuse élue a pour nom ASX et sort tout droit de l’imagination des designers de chez Mitsubishi | ROY NEERAYE

bête

MITSUBISHI ASX

LA URBAINE

TAILLÉE COMME un Hercules monté sur roues, l’ASX de Mitsubishi constitue un véritable météore dans une catégorie déjà iconoclaste, celle des crossovers. La première impression de notre pilote face à l’ASX est empreinte de surprise. Et les surprises ne manqueront pas au cours de la virée qui mènera notre pilote dans le Nord du pays, dans une terre quelque peu inhospitalière où il va tenter de percer tous les secrets de l’ASX. Tout tient parfois dans le nom. Avec l’ASX (pour ‘Active Sports Crossover’), c’est une théorie qui se confirme. Le tout chemin se comporte comme on s’y attendait, avec une allure cadencée agréable sur l’asphalte, et une poussée de testostérone sur les parcours rocailleux qui mènent vers La Nicolière. ÉPREUVE RÉUSSIE Au sortir de Port-Louis, alors qu’il s’engage sur la Nationale, notre pilote tente une première manoeuvre, en faisant vrombir le moteur sur le rondpoint de Mer Rouge. Une première épreuve réussie, pour le plus grand bonheur de notre pilote qui, sourire aux lèvres, sait qu’il tient entre les poignes un véhicule qui n’a rien à envier à ses frères japonais et encore moins à rougir face à ses cousins européens ou américains. Le passage en troisième annonce déjà les capacités de la « bête ». Un petit coup d’accélérateur, et le voilà parti dans les 110 km/h, réduisant à néant les efforts des autres usagers pour le rattraper. L’ASX devient bolide et semble parti pour une belle infraction à la limitation de vitesse. Notre pilote décide, en raison du


LES VOITURES DE DEMAIN S’EXPOSENT À GENÈVE Alors que le secteur affiche encore une relative prudence pour 2011, Genève accueille, jusqu’au 13 mars, quelque 700 000 personnes ainsi que 260 exposants venus de 31 pays et représentant 700 mar-

ques au Salon de l’Auto. Le salon de Genève étant très orienté luxe, le constructeur espagnol GTA Motor, spécialisé dans la course automobile, figure parmi les nouveaux exposants de cette 81e

édition. Et, après neuf ans d’absence, la marque italienne De Tomaso, qui propose des modèles haut de gamme aux allures très sportives, profitera de Genève pour faire son grand retour.

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trafic assez dense, d’accorder un répit au véhicule, le temps de rallier un terrain d’essai moins exposé. Ce qui sera chose faite à l’entrée de La Nicolière, après ce qui fut une longue balade durant laquelle notre pilote apprend à mieux connaître et à mieux apprécier les mille et une qualités de sa belle. MANIABILITÉ HORS PAIR Sous le capot repose un moteur à essence de 1,6 litre qui répond promptement à toutes les sollicitations de notre pilote. Les 117 chevaux de l’ASX se développent à un rythme constant, donnant à la voiture une maniabilité hors pair. La boîte ALLURE. Le Mitsubishi ASX arbore un look viril rassurant pour ses occupants manuelle à cinq rapports se révèle particulièrement efficace sur les ter- nous avons essayé voici quelques teur et c’est l’heure du retour chez rains accidentés sur lesquels notre pi- mois. Idéal donc pour la famille, Iframac. Et c’est là que l’ASX se révèle lote s’engage, en faisant rugir le comme pour les longues balades en dans toute sa splendeur. La circulamoteur. Les virages dans les sentiers solitaire ou en amoureux, selon les tion est nettement moins dense et l’essai sur le bitume se révèle partijonchés de cailloux qui culièrement concluant. Notre pilote coupent à travers champ s’amuse à faire grimper le tachymètre. sont du plus bel effet Il lui faut quelques secondes, moins dans ce véhicule qui con- Les virages dans les sentiers jonchés de dix selon sa montre, pour atteinjugue merveilleusement de cailloux qui coupent à travers champ dre les 100 km/h. Deux coups d’acbien sport et confort. sont du plus bel effet dans ce véhicule célérateur plus tard, voilà l’aiguille qui A l’ombre d’un flam- qui conjugue merveilleusement bien s’affole. Pas moyen de trop pousser boyant, notre pilote marl’ASX toutefois, les ronds-points se que la deuxième pause de sport et confort rapprochant à toute vitesse. la journée, histoire A l’entrée de Port-Louis, les red’examiner la belle sous toutes les envies. Le coffre offre un espace de coutures. Vu de dehors, l’habitacle ne rangement important. Notre pilote a gards se tournent vers la calandre, qui semble pas si spacieux. Et c’est là pu y abriter tout son attirail, qui com- reprend celle de la Lancer EX, en plus l’une des surprises dont regorge prend en général deux ou trois ordi- musclée. Notre pilote décoche un l’ASX. A l’intérieur, le confort ne nateurs portables, ainsi qu’une pile de sourire aux charmantes automotrahit en rien l’appartenance à la magazines et de journaux qu’il garde bilistes qui jettent un regard plein famille des crossover. Notre pilote se jalousement. Et de la place, il y en d’envie sur sa belle. Il sait alors qu’il a permet le luxe d’allonger ses longues avait, tant qu’on aurait sans doute pu là la dulcinée qu’il a passé tant d’anjambes, sans pour autant ressentir la y ranger notre chef de production, nées à chercher. Dommage que l’hisgrand amateur de voitures, malgré sa toire d’amour avec l’ASX n’a duré que moindre gêne pendant la conduite. le temps d’un essai… L’espace qu’offre l’ASX est compa- taille. Les kilomètres défilent au comprable à celui de la Peugeot 3008, que

LA NANO POURRAIT DÉBARQUER EN EUROPE D’ICI 2013

Les automobilistes européens pourraient économiser d’ici peu. L’indien Tata Motors a en effet évoqué une possible commercialisation de la Nano dès 2013 sur le marché européen. C’est en tout cas ce qu’a fait savoir le directeur général du groupe au Frankfurter Rundschau, dans une interview publiée samedi. Carl-Peter Forster a en effet déclaré qu’elle pourrait arriver dans l’UE d’ici « deux ou trois ans » tout en insistant sur le fait qu’aucune décision n’avait été prise pour le moment. La Nano est la voiture la moins chère au monde. Le modèle se vend en effet à 1 430 euros. Le véhicule rencontre un franc succès : ses ventes ont doublé en février 2011, pour atteindre 8 262 véhicules écoulés dans le mois. SOURCES : 20MINUTES.FR

RENAULT : UN DES CADRES LICENCIÉS DEMANDE RÉPARATION Michel Balthazard, l’un des trois cadres supérieurs de Renault licenciés après des accusations d’espionnage, demande que l’entreprise reconnaisse publiquement qu’il est innocent des accusations portées contre lui. « Je veux que l’entreprise reconnaisse publiquement mon innocence », déclare-t-il. « Je n’ai rien fait, jamais commis le moindre délit, la moindre faute vis-à-vis de Renault », ajoute Michel Balthazard dans un entretien publié par Le Figaro. L’affaire, qui touchait au projet phare de véhicule électrique de Renault – un enjeu colossal pour le groupe qui y a investi 4 milliards d’euros avec son allié japonais Nissan – a abouti au licenciement de trois cadres soupçonnés d’espionnage et à une plainte judiciaire de Renault. Mais, pour la première fois depuis le début de l’affaire, qui a éclaté début janvier, le constructeur a reconnu vendredi dernier, par la voix de son numéro deux, le directeur général délégué de Renault, Patrick Pélata, qu’un « certain nombre d’éléments » l’amenaient à « douter » désormais d’une affaire d’espionnage. Michel Balthazard entend bien demander réparation à Renault. « Je vais demander une compensation financière à la hauteur de l’épouvantable préjudice que j’ai subi », a-t-il dit. « Après 33 ans de carrière, je suis sorti de Renault avec 389,51 euros pour solde de tout compte », s’indigne M. Balthazard – qui était membre du comité de direction de Renault – et à ce titre, était rémunéré « environ 300 000 euros par an, primes comprises ». Michel Balthazard affirme en outre qu’il ne pourrait jamais réintégrer la société. « Retravailler dans ce cadre-là, avec des gens qui ont affirmé leur conviction que j’étais coupable, m’est tout simplement inimaginable », dit-il. SOURCES : LE FIGARO


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GOLFEURS PÈLERINS

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WIDE ANGLE MERCREDI 9 MARS 2011

C’est en 1764 que naquirent les règles du golf. Ces dernières furent rédigées au golf de StAndrews en Écosse, le fameux Royal and Ancient. Ce golf (la Mecque des golfeurs) reste aujourd’hui encore une référence et nombreux sont les golfeurs qui s’y rendent pour faire

« un pèlerinage ». Il convient de réserver son départ plus d’un an à l’avance. En France, le parcours le plus ancien est le parcours de Pau. Ce parcours a été créé en 1856 et n’est pas seulement le premier parcours de France, mais également le premier parcours européen.

SPORT DE LUXE

LE GREEN CHERCHE SPECTATEURS A MAURICE, le golf se joue presque clandestinement, sans ravane ni djembé. Les joueurs se retrouvent seuls face à eux-mêmes, sans applaudissements. Puisqu’il n’y a aucun aménagement pour les spectateurs. La complexité dans le geste du golfeur pour faire voler la balle à sa destination peut faire sourciller. Le but est pourtant simple, il suffit de la mettre dans un trou ! Ce sport qui peut se jouer en solitaire ou en équipe de deux à quatre joueurs, est connu pour son sérieux et ses règles très strictes. Il fut un temps où les dames étaient interdites aux pratiques du golf, selon une vieille légende, le mot golf signifierait ‘Gentlemen Only Ladies Forbidden’. Le charme du golf, c’est avant tout la discipline et la rigueur. Les golfeurs disent tous épouser une certaine façon de vivre. Le golf est peut-être le seul sport qui vous guide vers votre destination. Comme dirait l’Anglais : « Aim at the target », tout en évitant les obstacles, parfois si subtils mais combien importants pour bien calculer sa force de frappe, afin de ne pas aller trop loin du but. La solitude et la patience du joueur donnent une force de caractère. Le golfeur est un joueur qui réfléchit beaucoup, qui médite presque et prend son temps avant de faire partir la balle sur le green. Mettre la balle dans un trou ? Pas si facile que ça ! Le putting (frappe légère), qui à première vue semble être un jeu d’enfant, peut vous réserver plein de

Le golf a toujours été perçu comme un sport de riches d’un certain âge jouant en cercles fermés. La cherté des équipements et les frais du green découragent plus d’un. Mais petit à petit, le ‘green’ gagne du terrain. Le swing n’est pas si compliqué que ça | MANOJ NAWOOR (TEXTE ET PHOTOS ) surprises. Même à quelques centimètres, il n’est pas dit que c’est dans le trou. Si la balle ne veut pas entrer, elle s’arrêtera à un millimètre du trou. A Maurice nous avons sept parcours de golf de 18 trous sur une superficie de 6 000 km aux normes internationales. Le plus ancien n’est nul autre que le Gymkhana Club, à Vacoas. Ce club, autrefois réservé aux officiers britanniques en poste dans l’île, est le quatrième plus ancien club de l’hémisphère sud, Maurice ayant été le troisième pays à pratiquer le golf après l’Angleterre et l’Inde. Le club vacoassien reste donc le berceau du golf mauricien, avec plus de 150 ans d’histoire.

Il faut toujours jouer en toute simplicité et modestie. Bien tenir son club, se concentrer et lancer la balle avec précision sur le green, c’est déjà une belle satisfaction. Peu importe les marques des équipements, le golfeur doit savoir que le golf est avant tout une passion

LES HÔTELIERS S’Y METTENT Depuis ces dernières années, les promoteurs du tourisme ambitionnant de faire de Maurice une destination golfique, les grands hôtels de l’île ont ajouté le golf à leur package, la plupart offrant des parcours de 18 trous. D’autres établissements, moins étoilés, offrent des parcours de 9 trous. Les parcours longeant les côtes, avec vues pittoresques, tels l’île-aux-Cerfs, Belle Mare Plage, le Château de Bel Ombre, le Tamarina et Anahita ont commencé à se faire un nom chez les golfeurs internationaux. Mais les autres parcours ne déméritent pas pour autant, puisque


LE SUD-AFRICAIN SABBATINI S’ASSAGIT Sixième victoire en carrière de Rory Sabbatini. L’ex-méchant du PGA Tour semble avoir trouvé la rédemption dans la paternité. Dans chaque sport, on trouve un méchant. Un type soit mal élevé, soit violent, soit tricheur.

Voire les trois à la fois. Dans le golf, il y a eu les gentilles frasques de John Daly et les jets de clubs de Tommy Bolt, dans les sixties. Mais même les ‘bad boys’ des greens s’assagissent, dirait-on. Le Sud-Africain Rory Sabba-

tini vient de “planter” le Honda Classic, un des plus gros tournois de la saison. C’est lui, en 2005, qui osa attaquer directement Tiger Woods, en déclarant : « Woods est plus que jamais prenable ». On connaît la suite.

PARCOURS. Plusieurs promoteurs touristiques ambitionnent de faire de Maurice une destination golfique

chaque terrain de golf possède ses spécificités techniques et ses charmes particuliers. Billy Narraina arpente les différents parcours de golf, à commencer par le légendaire Gymkhana, depuis plus de trente ans. « J’ai commencé à l’âge de quatorze ans comme caddy boy (un aidegolfeur qui accompagne le joueur et transporte les équipements), le golf m’a appris la discipline et le sérieux », raconte-t-il. Aujourd’hui titré d’un PGA (Professional Golfers Association), ce qui lui donne droit de participer à des concours internationaux, il conseille à ceux qui voudraient pratiquer ce sport à s’inscrire dans un club, leur promettant « qu’après une quinzaine de leçons et des pratiques régulières, on peut se considérer golfeur ». Amateur s’entend ! PRÉCISION Mais qu’on soit amateur ou professionnel, « il faut toujours jouer en toute simplicité et modestie. Bien tenir son club, se concentrer et lancer la balle avec précision sur le green, c’est déjà une belle satisfaction. Peu importe les marques des équipements, le golfeur doit savoir que le golf est avant tout une passion », ajoute Billy Narraina, qui est aussi PGTI (Professional Golf Tour of India). Notre golfeur a remporté plusieurs championnats toutes catégories. Ce qu’il aime surtout avec le golf, nous dit encore Billy Narraina, c’est que « c’est un sport avec le moins de risques de blessures ou d’accidents, ce qui explique a popularité chez toutes les tranches d’âge. C’est un sport avec une dimension inter-générationnelle que l’on ne

trouve pas dans les autres disciplines sportives ». Mais il serait exagéré de parler de zéro risques. Quelques précautions sont à prendre. Comme toute la force exercée réside dans le poignet, il y a des risques de dégâts tissulaires, osseux et vasculaires. Parmi les affections les plus courantes, la tendinite demeure le cauchemar de tous les golfeurs du monde. La tendinite est une inflammation des tendons. Les facteurs qui peuvent contribuer à une augmentation des risques de tendinite sont soit une mauvaise technique de swing, soit une prise en main trop serrée du club. D’autre part, un bon swing commence sans doute avec les pieds qu’il faut bien positionner comme une grue. La tenue vestimentaire compte beaucoup pour un golfeur. Pour se faire remarquer comme un pro, certains imitent leurs idoles, Tiger Woods ou Jim Furyk, avec polo-shirt, pantalon clair, chaussures blanches aux motifs assortis, le tout un dans un style cadencé par les faits et gestes. Le touriste-golfeur qui vient sans ses équipements ou celui qui est venu sans intention de jouer mais qui se laisse séduire par le green près du bleu des lagons trouvera ce dont il a besoin dans la « pro shop » de son hôtel. C’est la boutique spécialisée en accessoires pour le golf. Un sac de golf s’achète à partir de Rs 15 000 et on y trouve tout le nécessaire : balles, chaussures, casquettes, gants, sans oublier les lunettes solaires.

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LE MYTHE DES ‘NANAS-BENZ’

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Ces vendeuses du marché de Lomé, illettrées mais rusées, qui ont fait fortune dans le commerce et affichent leur réussite au volant d’une Mercedes, sont une source d’inspiration pour beaucoup de femmes

africaines. De véritables femmes indépendantes qui se sont enrichies grâce à leur travail acharné. Le mythe des ‘nanas-benz’ persiste aujourd’hui même si la donne économique est autre. Leurs affaires ont souvent

tourné court au début des années 90. Les problèmes politiques du Togo et les difficultés de succession à la tête de leurs empires commerciaux sont les principales causes de cette situation.

FEMME AFRICAINE

L’ÂME DU CONTINENT NOIR 16 ans déjà se sont écoulés depuis la déclaration et le programme d’action de Beijing adoptés par consensus et signés par 189 Etats, les exhortant à mettre en oeuvre tous les moyens vers une réelle égalité homme-femme en veillant à ce qu’une « perspective sexospecifique » soit appliquée à toutes les politiques aux niveaux national, régional et international | RAJEN VALAYDEN EN 2011, aucun pays africain n’a pu respecter le seuil minimum de 30 pour cent de participation des femmes aux décisions politiques au Parlement, prescrit par la plateforme d’action de Beijing. Malgré les milliards investis à travers les initiatives des Nations unies, plus précisément les Objectifs du millénaire pour le développement, surtout en ce qui concerne l’égalité des sexes, la femme africaine souffre de plus belle. Véritable socle de ce vaste continent, la femme africaine est la seule et unique raison de la survie de millions de familles sur le continent noir. Selon une étude de la Banque mondiale, les femmes africaines constituent plus de 70 pour cent de la force agricole du continent noir. Ces femmes produisent à elles seules environ 90 pour cent de toutes les denrées alimentaires et devancent nettement leurs consœurs des autres continents au niveau de la force du travail assurant la production de biens économiques.

Malgré tous ces traitements inhumains, la femme africaine est celle qui se sacrifie pour la famille et pour le développement de tout un continent. Petit à petit, les femmes intellectuelles africaines s’engagent davantage dans le combat pour le changement Les femmes africaines constituent aujourd’hui moins de 8,5 pour cent des salariés dans les secteurs non agricoles et ce, en raison de l’accès insuffisant aux ressources, principalement l’éducation. Ce qui explique en partie le taux problématique de l’analphabétisme sur le continent avec seulement 60 % de femmes ayant accès à la scolarisation en primaire. Les progrès en termes de mortalité maternelle sont aussi un des soucis alarmants avec 866 décès pour 100 000 grossesses, dus en partie à l’état lamentable des services médicaux, considérés comme les pires au monde. Un autre problème persistant est la polygamie,

qui est très répandue en Afrique avec 28 pour cent des filles déjà mariées au moins une fois avant leur 20e anniversaire et cela sans bénéficier des mêmes droits de propriété foncière. On dénombre plus de 14 millions de filles impubères contraintes au mariage chaque année. INSTABILITÉ POLITIQUE Bien que les instances telles que l’Union africaine (UA) et le Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) ont établi leur engagement pour un changement radical en faveur de la femme en Afrique, rien de concret n’a pu être réalisé de par le fait que les pays africains sont plongés dans des guerres civiles à répétition ou des conflits larvés à l’intérieur. L’instabilité politique qui gangrène le continent empêche l’instauration de la démocratie, seul gage de la paix, si indispensable pour l’établissement des droits de la femme africaine. Les femmes sont les premières victimes des conflits africains et sont souvent réduites à des objets sexuels, victimes de sauvageries innommables, d’où également le pourcentage élevé de femmes contaminées par le VIH/sida. Les jeunes femmes et les

adolescentes sont souvent emportées au même titre que tous les butins de guerre. La violence contre les femmes et les filles prend des proportions alarmantes avec 70 pour cent qui subissent des violences physiques et sexuelles. Ces actes de barbarie dévastent des vies, fracturent les communautés et freinent le développement. Le viol comme méthode tactique de guerre en Afrique a occasionné les viols de 500 000 femmes au cours du génocide rwandais et plus de 200 000 au Congo. Ces femmes doivent vivre cette violation de l’intégrité de leur être, tout simplement parce qu’elles sont femmes. JEUNE GÉNÉRATION Malgré tous ces traitements inhumains, la femme africaine est celle qui se sacrifie pour la famille et pour le développement de tout un continent. Petit à petit, les femmes intellectuelles africaines s’engagent davantage dans le combat pour le changement. On dénombre plus de femmes qui prennent la parole, d’autres leurs plumes afin de sensibiliser leur entourage sur l’histoire noire de la femme africaine. Ces intellectuelles influencent aussi la

jeune génération, qui est un appui majeur dans la propagation de la notion d’égalité homme-femme. Bien que tenues à l’écart des processus décisionnels politiques, les femmes ont su surmonter de leur propre chef leur histoire pour se retrouver dominantes dans les secteurs informels de l’économie africaine. Le peu de pays connaissant une certaine stabilité politique et sociale prennent des mesures qui incitent les parents à envoyer leurs filles à l’école tout en assurant que ces dernières poursuivent des études supérieures ou qu’elles suivent des formations professionnelles au même titre que les garçons. Certes, beaucoup reste à faire et le véritable défi est l’appel des femmes, qui comptent pour plus de 55 pour cent de la population africaine, à occuper des postes à responsabilité tout en leur donnant les moyens de mener des politiques adéquates car seule une volonté politique réelle et appliquée permettra de faire reculer les frontières de l’inégalité tout en accentuant les efforts nécessaires sur la parité en matière d’éducation et surtout d’autonomisation économique des femmes.


GROSSESSE ADOLESCENTE, LA NOUVELLE LUBIE DES ÉLÈVES SUD-AFRICAINES En Afrique du Sud, le phénomène des grossesses précoces inquiète. Et pour cause : c’est la nouvelle mode lancée par des jeunes filles de Johannesburg. D’après les intéressées, « c’est plus cool » d’être enceinte pendant le collège ou le lycée.

« Les grossesses précoces, qui concernent les jeunes filles âgées entre 12 et 19 ans, ont atteint une proportion inquiétante [...] Ce qui prouve que nos enfants ont des relations sexuelles non protégées, attitude qui les rend plus vulnérables. » Cet appel à préserver les

jeunes filles d’une sexualité précoce fait front à une véritable tendance. En témoigne une collégienne enceinte sur le forum interactif Afrik.com, d’après qui « tu as l’air d’une imbécile si tu n’es pas encore tombée enceinte ».

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LA PREMIÈRE DAME D’AFRIQUE

PERSÉVÉRANCE. Malgré la persécution dont elle a été victime, Wangari Mathaai a su lutter pour ses convictions

La fierté d’un continent Fille de fermiers appartenant à une tribu kényane pauvre, Wangari Muta Maathai est la première femme africaine à recevoir le Prix Nobel de la Paix, en 2004, pour « sa contribution en faveur du développement durable, de la démocratie et de la paix » BIOLOGISTE, ELLE fut la première femme d’Afrique de l’Est à passer un doctorat, à devenir professeur et à diriger un département de l’Université de Nairobi. Elue écologiste au parlement kényan depuis décembre 2002, devenue en janvier 2003 ministre-adjoint à l’Environnement, aux Ressources naturelles et à la Faune sauvage, elle fut également à la tête du plus grand projet de reboisement d’Afrique, le « Green Belt Movement » (Mouvement Ceinture Verte) depuis sa création en 1977. Cette organisation, qui se donne pour but de

promouvoir la biodiversité, de créer dans le même temps des emplois et de donner aux femmes une identité plus forte au sein de la société, a planté plus de trente millions d’arbres pour prévenir l’érosion du sol. Wangari Maathai est aussi une ardente avocate des droits de l’Homme, ce qui lui a d’ailleurs valu d’être harcelée, calomniée et emprisonnée par le régime autoritaire de l’ancien président Daniel Arap Moi dans les années 80. Ses actions pacifiques pour contrer le projet de construction de la maison luxueuse

d’Arap Moi, qui nécessitait l’abattage de plusieurs centaines d’arbres, lui vaudra une renommée mondiale. Wangari Muta Maathai, qui est membre du conseil consultatif pour les questions de désarmement auprès du secrétaire général des Nations unies, a reçu jusque-là 14 distinctions internationales, dont le prestigieux Right Livelihood Award. Ce prix, attribué par une fondation suédoise et souvent baptisé « Prix Nobel alternatif », lui a été décerné en reconnaissance de sa « contribution au bien-être de l’Humanité ».

LE 16 janvier 2006, Ellen Johnson Sirleaf prête serment pour devenir la présidente de la République du Liberia. Des milliers de civils ainsi que de nombreux dirigeants africains et étrangers assistent à l’investiture de la première femme élue à la présidence d’un pays africain. Diplômée en économie, Ellen Sirleaf s’est bâti une réputation de gestionnaire intraitable ayant la capacité de rassembler son peuple, y compris ses adversaires politiques. Cette militante des droits des femmes s’est aussi démarquée de par ses analyses pointues, surtout lors du colloque « Nouveau Monde », à Paris en janvier 2009, où, parmi tous les chefs d’Etats participant, elle était l’unique femme. Ses analyses sur la chute du capitalisme avaient été acclamées, surtout le passage touchant à la déréglementation : « Mais bien souvent l’enthousiasme pour la déréglementation et les solutions de marché intégral sont allées trop loin. La crise financière de l’Asie a démontré le risque qu’une déréglementation trop rapide des marchés financiers et des flux de capitaux fait courir aux pays ne disposant pas d’institutions assurant une surveillance prudente et appropriée des banques et des établissements financiers… Dans de nombreux pays, la privatisation intégrale de l’électricité, de l’eau et autres services publics n’a fait que substituer des monopoles privés à des monopoles publics, privant nombre de foyers à faibles ressources d’un accès aux services élémentaires. Et la crise financière actuelle montre que, même dans les pays les plus riches, les marchés entièrement libres n’engendrent pas toujours davantage d’efficacité et d’équité mais d’amples régressions et des dégradations généralisées. »

L’ONU-FEMMES DÉVOILE SON NOUVEAU LOGO L’ORGANISATION DES Nations unies-Femmes dispose désormais d’un nouveau logo. En marge du 16ème sommet de l’Union africaine, tenu à Addis Abeba, le logo a été dévoilé par le secrétaire-général de l’Onu Ban Ki-moon et la directrice de l’Onu-Femmes, Michelle Bachelet. Selon le secrétaire-général des Nations unies, cette initiative vise à rendre autonomes les femmes africaines qui guident l’économie de tout un continent. Ban Ki-moon est d’avis que l’énorme potentiel de l’Afrique sera enfin libéré lorsque les femmes africaines pourront occuper des po-

sitions de responsabilité. Créée en juillet dernier, l’Onu-Femmes est le fruit de la fusion de quatre entités : le bureau de la Conseillère spéciale pour la Parité entre les sexes, la division de la Promotion de la femme, le Fonds de développement des Nations unies pour la femme et l’Institut international de recherche et de formation pour la promotion de la femme. L’entité devra, entre autres objectifs, aider le système des Nations unies à rendre compte de ses engagements sur l’égalité des genres et à effectuer un suivi régulier des progrès de tout le système.


RÉFUGIÉS TUNISIENS EN ITALIE Depuis le début de l’année, environ huit mille Tunisiens ont migré chez leurs voisins italiens. La petite île de Lampedusa, située à une centaine de kilomètres des côtes tunisiennes, les accueillent pour trois jours au maximun avant qu’ils

soient pris en charge par la Croix-Rouge, l’Ordre de Malte et le Haut-commissariat aux Réfugiés de l’Onu. Les Tunisiens sont alors conduits dans le centre d’accueil de l’île pour les besoins d’identification et de repos.

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Le choc pétrolier est là. A l’origine, les tensions dans les pays producteurs. Mais une étude approfondie de la politique internationale suggère toutefois une toute autre lecture de cette envolée du prix de l’or noir. Et si ce qui se passe au Moyen-Orient découlait d’une machination bilatérale Etats-Unis - Arabie saoudite ? | ZAAHIRAH ATCHIA

La flambée du prix du pétrole :

UNE MACHINATION ? RÉALITÉ ET évidence. Quels que soient les développements en Lybie, que Khadafi parte ou reste, le prix du pétrole flambera encore. Membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), la Libye est le troisième plus grand producteur de pétrole d’Afrique après l’Angola et le Nigeria, avec 1,8 million de barils par jour et des réserves évaluées à 42 milliards de barils. Or, en principe, le pétrole libyen alimente à près de 85 % l’Europe. Andy Lipow, de Lipow Oil Associates, une société de conseil basée au Texas et spécialisée dans l’analyse des tendances du marché pétrolier, l’a clairement fait ressortir en début de semaine : « Les divisions semblent s’accentuer. Les perturbations d’approvisionnement vont se poursuivre pendant plusieurs mois », ceci juxtaposé au fait que la Libye représente une offre importante pour le monde, dans un environnement où la demande ne

Y aurait-il donc eu connivence entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite pour relancer l’économie américaine en essayant de contrôler l’or noir ? cesse d’augmenter. D’autre part, une situation alarmiste prévaut d’ores et déjà dans certains pays regorgeant de pétrole, notamment l’Iraq, le Bahrein, voire le Nigeria. Or, dans l’éventalité d’une baisse de production au Nigeria, le déficit du brut léger - pour lequel on comptait sur la Lybie - sur le marché international va s’amplifier. Implication : le marché du pétrole n’est pas au bout de ses peines et qu’importe le sort de la Lybie, une longue periode d’instabilité géopolitique s’an-

INSTABILITÉ. La crise dans les pays du Golfe risque de perturber le marché pétrolier mondial

nonce déjà, avec comme répercussion une montée inévitable du prix. Ce qui se passe aujourd’hui peut, à la surface, ressembler à ce qui s’est passé en 2008, dans la mesure où, dans les deux cas, il y avait une pénurie de pétrole sur le marché suivant un déséquilibre entre la demande et l’offre. En 2011, tout comme en 2008, ce déséquilibre est toujours là. Mais à la différence que cette fois-ci, le centre du problème n’est pas la demande mais l’offre. CRAINTE MAJEURE Aujourd’hui, l’offre reste la crainte majeure, car c’est la production même qui est menacée. Une firme italienne, principale productrice de pétrole en Lybie, aurait subi une baisse de 50 % de sa production, qui est passée de 280 000 barils/jour à 120 000 barils/jour. Il n’est pas improbable, selon les observateurs, que le prix du baril atteigne USD 200, voire USD 220 d’ici quelque temps.

Mais déjà, même sans une propagation de fièvre révolutionnaire au Moyen-Orient, l’actualité régionale tend à indiquer une contingence noire: l’incertitude plane sur les pays qui ont connu des soulèvements, soit la Tunisie, la Libye et l’Egypte. Sans gouvernement actuellement, la Tunisie est régulièrement secouée par des émeutes. La Libye flirte avec une guerre civile. L’Egypte vit un affaissement économique, avec la bourse du Caire close depuis le 27 janvier. Bref, un cocktail de facteurs qui alimentent la tendance haussière du prix du pétrole de sorte que, même en l’absence d’une contagion de la fièvre révolutionnaire, le cours du pétrole est déjà à la limite du supportable. Ce choc contribuera à hausser le prix des vivres de 10 % selon des estimations de la Barclays, ce qui provoquera une récession mondiale. Une éventualité sombre que certains veulent eviter à première vue. Parmi, l’Arabie

saoudite, le plus grand exportateur. Lundi dernier, l’Etat arabe a déclaré dans un communiqué qu’il tient à la stabilité du marché du pétrole face aux troubles et manifestations que connaît la Libye. Une proposition de rescousse peu convaincante, l’Arabie saoudite n’étant elle-même pas à l’abri de troubles politiques. Elle ne pourra pas, non plus, à elle seule palier la carence du brut libyen sur le marché. RÉACTION SAOUDIENNE Mais pourquoi cette réaction de l’Arabie saoudite qui, jusqu’à présent, a prôné une exploitation contrôlée de ses réserves ? Bonne foi ou courtage pour les Etats-Unis ? Pour certains observateurs, ce n’est pas la stabilité du marché que le royaume saoudien veut sauver, mais celle du dollar. En effet, les tentatives des Etats-Unis pour sauver le dollar n’ont pas manqué ces derniers temps : mission de charme auprès de Hu Jintao, pour l’amener à déprécier le

yuan, dénonciation de la politique de dévaluation persistente des Chinois lors de sommets du G20 et, plus récemment, la décision, comme par hasard, des EtatsUnis de contempler la possibilité de puiser dans ses réserves stratégiques (727 millions de barils) de pétrole pour contribuer à juguler l’envolée des cours de l’or noir. Une initiative qui laisse perplexe car en principe, le fait de puiser dans les réserves stratégiques est une pratique relativement rare ; on y a recours uniquement en cas de rupture prolongée de l’approvisionnement. Or, on n’en est pas encore à ce stade cataclysmique ! Comment donc expliquer la ‘bonne foi’ démesurée des alliés saoudiens et américains ? La réponse est peut-être à chercher auprès de Wikileaks. Un diplomate américain en poste en Arabie saoudite, citant un géologue, avait écrit en 2007 que les réserves de ce grand pays auraient été surestimées de 40 % (ou 300 milliards de barils). Si c’est le cas, les Saoudiens et les Americains sont donc conscients depuis belle lurette que le prix du pétrole allait inéxorablement grimper. Aussi, le dernier câble dévoilé par WikiLeaks ajoute que les besoins croissants en électricité de l’Arabie saoudite pourraient limiter ses exportations de pétrole. Y aurait-il donc eu connivence entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite pour relancer l’économie américaine en essayant de contrôler l’or noir ? Un plan aurait-il été concocté par les deux géants pour créer la situation chaotique au Moyen-Orient rien que pour sauver le dollar en brandissant les réserves americaines comme réponse à la crise du brut, mais tout en donnant à l’Oncle Sam le contrôle de l’or noir ?


LVMH PRENDRA LA MAJORITÉ DU CAPITAL DU BIJOUTIER BULGARI Le groupe français LVMH va prendre la majorité du capital du bjoutier italien Bulgari. Un accord a été conclu « durant le week-end » avec la famille Bulgari, actionnaire majoritaire du joaillier, dont l’origine remonte à

1884, et a été approuvé par le conseil d’administration de LVMH dimanche soir. Pour acheter cette participation majoritaire, LVMH va émettre 16,5 millions d’actions, pour rémunérer les 152,5 millions d’actions apportées

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par la famille. Cette transaction valorise cette part de Bulgari (51 %) à 1,84 milliard d’euros au cours de clôture de l’action LVMH vendredi soir (111,55 euros) à la Bourse de Paris.

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GLOBE

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CONSOMMATION

Les Chinois vont-ils sauver le monde ? Le monde va-t-il pouvoir compter sur le moteur tant attendu du consommateur chinois ? Le douzième plan quinquennal de Pékin, qui sera dévoilé ce samedi, vise en tout cas à favoriser la consommation locale plutôt que les exportations. Les déséquilibres économiques entre pays qui engrangent les excédents et ceux qui creusent leurs déficits pourraient du coup être stabilisés et la croissance mondiale dynamisée L’ÉCONOMIE MONDIALE attend beaucoup de son nouveau héros: le consommateur chinois. Grâce à lui, les déséquilibres économiques entre les pays qui engrangent des excédents et ceux qui creusent leurs déficits pourraient être stabilisés. Cela permettrait de renouer avec une croissance de l’activité bénéfique à toute la planète. La consommation représente à peine un tiers du PIB chinois, contre 70 % aux États-Unis et deux tiers dans la plupart des pays. Ce scénario idéal sera au coeur du 12e Plan quinquennal (2011-2015) dévoilé à l’occasion de ce temps fort de la politique chinoise que constitue la réunion annuelle de l’Assemblée nationale populaire, laquelle débute samedi.

portefeuille de ses clients américains et européens, Pékin connaît le danger de ne dépendre que des exportations pour soutenir son activité. Sans compter que les ÉtatsUnis et l’Union européenne, mais aussi le Brésil ou l’Inde, ne manquent jamais une occasion d’accuser la République populaire de manipuler la valeur de sa devise en la maintenant artificiellement faible par rapport aux autres monnaies, dollar en tête, ce qui lui permet, grâce à ses exportations compétitives d’engranger des excédents colossaux aux dépens de ses partenaires commerciaux. ÉLÉMENT DE DÉSTABILISATION Mais abandonner le modèle mercantiliste s’avère plus facile à dire qu’à faire. Changer radicalement l’orientation du deuxième paquebot économique mondial sur lequel vivent plus de 1,3 milliard d’habitants ne se fait pas en un jour, ni même en un plan quinquennal. L’urgence, pour Pékin, qui a réagi plutôt brutalement aux timides appels à une révolution du Jasmin dans le pays, est de répondre à une grogne sociale qui ne fait que progresser, en raison de la croissance des inégalités entre les individus, entre les régions,

CHUTE DE LA CONSOMMATION Pékin n’a pourtant pas attendu 2011 pour agir. « Mais ces dix dernières années, ils ont échoué dans cette entreprise. Déjà, dans leur dernier plan, ils avaient annoncé que la consommation devrait croître par rapport au PIB. Or elle est au contraire passée de 42 % du PIB à 37 % aujourd’hui », explique l’économiste Nouriel Roubini. Mais depuis la crise des subprimes, qui avait mis à mal le

entre les secteurs, le tout sur fond de corruption. La hausse des prix, qui pourrait atteindre 6 % cette année selon de nombreux analystes, est un élément de déstabilisation, dans un pays où le pouvoir reste concentré entre les mains des quelque 70 millions de membres du Parti communiste. Les mesures, qui ont déjà filtré, d’un plan prévoyant une croissance annuelle moyenne de 7 %, basée sur la qualité et non la quantité, selon les mots du Premier ministre Wen Jiabao, vont dans le bon sens : relèvement du seuil d’imposition pour alléger la charge fiscale des bas et moyens revenus, taxe sur les véhicules, majoration des revenus dans l’agriculture, hausse des retraites, amélioration de la couverture sociale. En effet, tant que les Chinois ne bénéficieront pas d’une véritable protection sociale (la part de la Sécu financée par le gouvernement était en effet à peine de 47 % en 2007 et les caisses de retraite sont pauvres), leur premier souci restera l’épargne de précaution... SOURCE : INTERNET

Bangladesh : les avocats de Yunus dénoncent un « règlement de compte » LES AVOCATS de Muhammad Yunus ont dénoncé lundi devant la Haute cour de Dacca le limogeage de leur client à la tête de la banque spécialisée dans le micro-crédit Grameen Bank, dont la fondation lui a valu le Nobel de la paix, évoquant un règlement de compte personnel Le pionnier du microcrédit et « banquier des pauvres », âgé de 70 ans, a été limogé mercredi par la banque centrale du Bangladesh. Celle-ci affirme que Yunus n’a pas demandé son autorisation lorsque son mandat de directeur général

a été renouvelé en 2010 et qu’il occupe donc cette position de manière illégale. L’affaire a été portée devant la Haute cour de Dacca. COMPÉTENCE MISE EN CAUSE « Les avocats de Yunus vont s’interroger sur les intentions de la Banque centrale », a indiqué à l’AFP Tanim Hussain Shawon, l’un de ses défenseurs. « La Banque centrale a inspecté la Grameen Bank durant les 12 dernières années. Durant toutes ces années, elle n’a jamais remis en question le renouvellement de son mandat (de directeur

général). Cela donne des raisons de soupçonner qu’il s’agit d’un règlement de compte personnel contre Yunus », a ajouté M. Shawon. Les avocats de M. Yunus ont également remis en cause dimanche la compétence de la Haute cour pour juger leur client. Une loi encadrant le secteur bancaire, datant de 1991, donne de larges pouvoirs à la Banque centrale, y compris celui de mettre un terme aux fonctions des dirigeants des établissements du secteur privé. Mais les ennuis de Muhammad Yunus semblent

avoir commencé en 2007, lorsqu’il créa son propre parti politique, qui fit long feu. Le Premier ministre Sheikh Hasina s’était alors pour la première fois opposée au « banquier des pauvres ». En janvier, M. Yunus avait comparu devant un tribunal du Bangladesh pour une affaire de diffamation datant de 2007. Peu avant, le gouvernement avait ordonné une enquête sur les pratiques financières de la Grameen Bank, signe des frictions persistantes entre lui et le Premier ministre. SOURCE : INTERNET


Capital Edition 16 - 09.03.11  

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