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date de publication : lundi 03/04/2006

BRESIL CARPENTIER Steve Lula se retrouve plus affaibli et isolé que jamais. POLITIQUE. Un tiers des ministres du président brésilien ont quitté leur poste pour se lancer dans les législatives d'octobre prochain. SANTA CATARINA, correspondance spéciale.

Malgré les efforts déployés par Luiz Inacio « Lula » da Silva pour les retenir à leurs maroquins, 8 ministres sur 25 ont finalement décidé hier d'abandonner leur poste. Ils avaient jusqu'à fin mars, conformément à la loi électorale, pour faire savoir au chef de l'État s'ils quittaient le gouvernement pour concourir aux élections générales d'octobre prochain. C'est d'abord la garde rapprochée du chef de l'État qui a décidé de jeter l'éponge, avec le départ de José Alencar, vice-président et ministre de la défense, de Saraiva Felipe (santé), Ciro Gomez (intégration nationale) et Jacques Wagner (relations institutionnelles). À cette érosion ministérielle, il faut ajouter par un mauvais hasard de calendrier le départ précipité d'Antonio Palocci. Après trente-neuf mois aux commandes du ministère des finances, l'homme fort du gouvernement, jusqu'ici potentiel successeur de Lula, vient de démissionner de ses fonctions après avoir passé huit mois à nier les accusations portées contre lui. Il est impliqué dans une sombre affaire de pots-de-vin du temps où il était maire de Ribeirao Preto (État de Sao Paulo), soit jusqu'à sa nomination ministérielle fin 2002. Des fonds récoltés en échange des contrats passés avec des entreprises locales auraient servi de caisse noire au Parti des travailleurs (PT), actuellement au pouvoir. Guido Mantega, proche conseiller de Lula, jusqu'alors président de la Banque nationale de développement économique et social, le remplace au pied levé. Pour Lula, l'affaire Palocci est de très mauvais augure à l'approche du scrutin présidentiel du 1er octobre. Car Antonio Palocci était l'éminence grise du président brésilien et l'artisan de la bonne santé économique du pays. Venu à la politique par l'extrême gauche via le mouvement trotskiste Liberté et Lutte (Libelu), il est nommé ministre des finances dès l'arrivée de Lula au pouvoir en janvier 2003. Il est rapidement parvenu à rassurer les marchés financiers avec la mise en place d'une politique économique qualifiée d'orthodoxe et récemment encore saluée par le secrétaire général du FMI Rodrigo De Rato. Palocci va être entendu par la police fédérale sur les charges de crime en bande organisée, détournement de fonds et corruption passive. Palocci fait désormais partie de la longue liste des personnalités politiques touchées par la série de scandales politico-financiers qui décime depuis plus d'un an l'entourage direct du président Lula. Après les départs l'an passé de José Dirceu, ancien chef de la Casa Civil (équivalent du premier ministre), et de Luiz Gushiken, ministre de la communication, tous deux impliqués dans l'affaire des mensualités, la fin du règne de Palocci met à découvert le chef de l'État, qui subit là une des crises les plus graves de son mandat. Si Lula n'a pour l'heure pas été inquiété par les diverses commissions d'enquête parlementaires créées pour faire la lumière sur les affaires de corruption, il n'en sort pas moins très affaibli. Il doit en effet mettre rapidement en place sa stratégie de campagne pour assurer sa réélection le 1er octobre prochain. Et il apparaît plus seul que jamais, ne cachant pas son isolement suite à la sortie groupée de ses ministres et à la démission sans gloire du principal d'entre eux. D'autant qu'il a défendu jusqu'au bout son ministre des finances, dépeint aujourd'hui par l'opposition comme le « docteur Jekyll et Mr. Hyde de la politique ». Une opposition accusée de jeter de l'huile sur le feu pour faire échouer la réélection de l'actuel locataire du Palais du Planalto. STEVE CARPENTIER

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17/2/2009

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