Issuu on Google+

- la-Croix.com

Page 1 of 1

Imprimer cet article

date de publication : jeudi 10/05/2007

Les Brésiliens attendent d'être réconfortés dans leur foi. CARPENTIER Steve Dix ans après Jean-Paul II, la visite du pape sera très suivie dans un pays où le nombre de catholiques a fortement reculé en dix ans. Sao Paulo, de notre correspondant.

Pour son premier voyage en Amérique latine, Benoît XVI est arrivé hier au Brésil avec un agenda chargé et une mission bien définie : réaffirmer l'identité de l'Église dans le plus grand pays catholique du monde. S'il vient officiellement au Brésil pour ouvrir la 5e conférence générale du Conseil épiscopal latino-américain et des Caraïbes (Celam), qui se tiendra jusque fin mai à Aparecida, sa première visite pastorale sur ce qu'il qualifiait récemment de « continent de l'espérance », est avant tout un signal fort transmis aux 140 millions de catholiques brésiliens. Dix ans après la dernière venue de Jean-Paul II, Benoît XVI parlera d'abord à ceux qui, au Brésil, sont tentés de délaisser la religion catholique pour rejoindre les mouvements évangéliques. Et ils sont nombreux : déjà 18 % des Brésiliens appartiennent à l'une ou l'autre des 2 000 Églises évangéliques recensées dans le pays. Il y a vingt ans, ils n'étaient que 6 % à s'en réclamer. L'arrivée du pape coïncide avec la publication, il y a quelques jours, d'une étude sur le pourcentage de catholiques au Brésil. Celui-ci se serait stabilisé depuis 2003 autour de 74 % de la population, contre près de 90 % dans les années 1980. Une interruption de l'hémorragie, donc, pour le moment, mais pour combien de temps ? Actuellement, ceux que le Saint-Siège qualifie de « sectes » évangéliques disposent de quatre fois plus de pasteurs que l'Église catholique n'aligne de prêtres. Dans la périphérie des grandes métropoles, la situation est catastrophique, comme à Rio de Janeiro où évangéliques et catholiques sont désormais au quasi coude-àcoude. C'est aussi le cas à Sao Paulo, où l'Église catholique a déserté les quartiers les plus pauvres de la ville. Au défi de contrer la stratégie d'encerclement des Églises pentecôtistes et néopentecôtistes, s'ajoute pour Benoît XVI celui d'affronter les réalités de la société brésilienne. Et notamment les débats vifs qui la parcourent actuellement, tels ceux sur la légalisation de l'avortement, le mariage homosexuel ou la recherche sur les embryons humains. Après la récente dépénalisation de l'avortement par la ville de Mexico, Benoît XVI viendra rappeler le droit à la vie, notamment lors de sa rencontre, prévue aujourd'hui, avec le président Luiz Inacio Lula da Silva. Le chef de l'État brésilien, fervent catholique - il ne manque jamais d'évoquer dans ses discours la « main de Dieu » -, ne souhaite pas évoquer avec son hôte les sujets qui fâchent. Favorable aux unions de personnes de même sexe ainsi qu'à la recherche sur les embryons, il reste toutefois opposé à une loi plus large sur l'avortement, l'actuel texte l'autorisant uniquement en cas de viol ou lorsque la grossesse met en danger la vie de la mère. Lula a cependant affirmé haut et fort que l'État ne pouvait ignorer « un problème de santé publique », ouvrant la possible voie à un référendum sur le sujet. Il faut dire que chaque année plus d'un million d'avortements clandestins sont pratiqués au Brésil. Mais les Brésiliens demeurent dans leur grande majorité opposés à la légalisation. Des Brésiliens qui attendent beaucoup d'être réconfortés dans leur foi, dans un pays où le catholicisme demeure très fortement ancré dans la vie quotidienne.

http://www.la-croix.com/sdx/alc/imprimer.xsp?id=20070510-7389483.xml&base=c

17/2/2009


http://www.la-croix.com/sdx/alc/imprimer