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LA TERRE DE CHEZ NOUS, 29 octobre 2014

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Un cahier de La Terre de chez nous - Juillet 2014

assant

Le

SPÉCIAL LA TERRE DE CHEZ NOUS

MOT DU PRÉSIDENT - PAGE 2 DéfiFRAQ : UNE 4e FINALE ENDIABLÉE - PAGE 4 DES PRIX ET DES BOURSES POUR LA RELÈVE - PAGE 5

MOT DU PRÉSIDENT – PAGE 2

UNE 2.0, PREMIÈRE INTERRÉGION  A FRAQ L POUR LA FRAQ ÇA CONTINUE! – PAGE2.0 3 - PAGE 6

REPORTAGE – PAGES 6-7

+

 Une initiative de

Découvrez les Les NOUVELLES JOURNÉES RECRUES de la FRAQ FRAQASSANTES

À lire en pages 4 et 5

PRÉPARÉ EN COLLABORATION AVEC LA FÉDÉRATION DE LA RELÈVE AGRICOLE DU QUÉBEC DEPUIS 2009


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MOT DU PRÉSIDENT

La terre de chez « eux » Eh oui, c’est maintenant rendu chez moi, dans la belle région du Kamouraska! Et non, je ne parle pas de la gelée automnale, mais bien de l’arrivée d’un fonds d’investissement. Je parle plus précisément de Pangea. PASCAL HUDON Président de la FRAQ

MERCI À NOS PARTENAIRES

Cette société prévoit, selon les dires de plusieurs, acheter 4 000 acres entre Montmagny et Rivière-du-Loup. Est-ce que cela me surprend de la voir acquérir des terres dans ma région? Non, pas vraiment… Avec le vent d’inaction actuel, c’était inévitable. Mais je me pose plusieurs questions, et je compte bien vous en faire part. Nos municipalités régionales de comté (MRC) ont eu le mandat de réaliser des plans de développement de la zone agricole (PDZA) en travaillant en concertation avec le milieu agricole, notamment. La relève est d’ailleurs fortement sollicitée pour être partie prenante dans ces discussions. Il va falloir des jeunes allumés capables d’exprimer nos craintes à l’endroit des fonds d’investissement dans notre secteur. Mais le vrai enjeu n’est pas là. Il faut plutôt se demander si le message va passer en région. Est-ce que nos élus municipaux se rendent compte que dans 4 000 acres, on peut installer environ 7 familles agricoles? Des familles qui contribuent pleinement à la vie économique de leur milieu, et dont les

enfants vont à l’école du village. C’est cela, un milieu rural dynamique. Les pouvoirs publics donnent des milliers de dollars par année, par l’entremise des pactes ruraux, pour conserver de vieilles granges et préserver les paysages. Mais en parallèle, on accepterait de la monoculture et l’abandon de nos prairies ainsi que de nos pâturages? Soyons lucides, nous ne devons pas nous attendre à un miracle cette année du côté de notre gouvernement. C’est ce que j’ai retenu de ma rencontre avec le ministre de l’Agriculture, qui a eu lieu dernièrement à ma ferme. J’en arrive à croire que les belles paroles du premier ministre Couillard lors de l’assermentation du ministre Paradis n’étaient que du vent… Que doit-il se passer pour que notre ministre intervienne? Car nous le savons, il peut annuler une vente si cela s’avère nécessaire. L’hiver passé, l’Union des producteurs agricoles (UPA) a commencé une tournée pour présenter ce qui pourrait être une société d’aménagement et de développement agricole du Québec (SADAQ), à la suite d’une étude pilotée par l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC). Malgré une résolution

du Congrès général de l’UPA demandant au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) de travailler de manière prioritaire à la mise en place de mesures législatives et d’un organisme d’intervention, les producteurs restent divisés sur la question. Sous la pression de certains groupes, l’UPA a dû retourner à la planche à dessin. Est-ce que les producteurs sont conscients que pendant qu’on tente de contenter tout le monde, des investisseurs acquièrent notre précieux patrimoine, bâti au fil des siècles? On cherche tellement à protéger le moindre intérêt personnel qu’on en oublie la pérennité de notre agriculture familiale. Exactement comme lorsqu’on a voulu mettre un plafond sur le quota laitier. Malgré tous ces questionnements, je reste optimiste. Je reste optimiste, car je constate parmi mes pairs une réelle inquiétude sur la situation des terres. Serons-nous assez combatifs pour aller au bout de vos convictions? L’action collective sera-t-elle assez forte pour qu’il y ait aussi un demain pour la relève de la relève? Cela va prendre une bonne dose de courage politique et syndical, et nous sommes rendus là.

Visages de la relève agricole, les jeunes agriculteurs à l’honneur! Visages de la relève agricole, c’est une plateforme Web qui met à l’honneur les jeunes qui font de l’agriculture leur métier, leur mode de vie et qui nourrissent le Québec! MARIE-EVE ARBOUR Coordonnatrice interrégionale Est de la FRAQ

Pour une cinquième année, La Terre de chez nous et la Fédération de la relève agricole du Québec s’associent pour publier cette édition spéciale du FRAQassant. Une belle occasion de faire connaître les réalisations et les enjeux de la relève agricole.

Le lancement officiel de la plateforme se fera au début du mois de décembre, lors du congrès annuel de l’UPA. Au départ, les régions de Chaudière-Appalaches, du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie-Les Îles seront visibles en ligne et l’ensemble de la province sera bientôt représenté sur cette plateforme. Tout d’abord, on y retrouvera un répertoire qui regroupe les fermes gérées totalement ou en partie par des gens de moins de 40 ans. L’internaute pourra repérer la relève agri-

cole de sa région et soutenir l’agriculture de demain en sachant où acheter ses produits! Pour les jeunes aspirants agriculteurs, cet outil permettra de réseauter et de faire de nouvelles connaissances. Pour faire partie du répertoire, deux minutes suffisent, le temps de remplir le questionnaire accessible à l’adresse suivante : www.surveymonkey.com/s/HYP9YKF. D’autre part, plusieurs jeunes ayant démarré ou repris une exploitation agricole auront la parole. On les appelle les ambassadeurs. Ils œuvrent chacun dans des productions variées, ont un parcours inspirant d’établissement et

livrent leur message aux jeunes qui aspirent pratiquer un jour le métier de producteur. Bref, Visages de la relève agricole, c’est une opportunité de faire la lumière sur l’établissement des jeunes en agriculture, et prouver que c’est possible avec une bonne dose de courage et de détermination. C’est également l’occasion de démontrer que, bien que la relève soit diversifiée et multiple, les jeunes qui la composent ont en commun une véritable passion.


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DE LA FRAQ

La FRAQ 2.0, ça continue! Québec. Ils travailleront étroitement chacun avec trois syndicats régionaux de relève agricole, tout en maintenant un lien fort avec le provincial.

de consultation sans précédent, la FRAQ s’est donné les moyens de ses ambitions par l’ajout de ressources humaines au service de la relève en région. Quatre coordonnateurs interrégionaux se partageront à terme les régions du

Une première

FRAQ

Il y a maintenant plus de trois ans que la Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ) repense sa structure afin de mieux répondre aux besoins de ses membres. Munie d’un mandat clair et guidée par un processus

LA FRAQ AU SOMMET MONDIAL DES JEUNES AGRICULTEURS

L’interrégion Nord prête à recevoir leur nouvelle ressource dédiée 100% à la relève.

La structure visée par la FRAQ 2.0 Secrétaire DG C.E. C.A.

La FRAQ et ses membres

La première coordonnatrice interrégionale, Marie-Eve Arbour, œuvre depuis janvier 2014 dans l’est du Québec, soit avec les régions de Chaudière-Appalaches, du Bas-Saint-Laurent et de Gaspésie-Les Îles. Ses mandats sont principalement orientés vers la recherche de financement, le recrutement de nouveaux membres, les communications internes et externes, ainsi que le soutien des administrateurs dans la création d’activités et de formations adaptées aux besoins des membres. L’entrée en fonction de la deuxième ressource est prévue pour décembre 2014. L’équipe de la FRAQ s’agrandit! Ce sont les régions de la Capitale-Nationale–Côte-Nord, de la Mauricie et du Saguenay–Lac-Saint-Jean qui auront le bonheur d’être soutenues par un professionnel dédié 100 % à la relève!

Alex Berthiaume, membre du Conseil exécutif de la FRAQ, représentait la relève québécoise au Sommet mondial des jeunes agriculteurs qui s’est tenu du 3 au 5 septembre derniers, à Bordeaux, en France. De jeunes producteurs de plus de 60  pays ont débattu d’enjeux communs  : établissement, accès au foncier et au capital, place et rôle de la relève dans le développement de l’agriculture familiale. Qualifié d’exceptionnel, l’événement a donné lieu à la signature du Manifeste international des jeunes agriculteurs  : «  Faire de l’agriculture familiale une ­solution d’avenir. » Ce document réclame la reconnaissance du métier d’agriculteur par l’Organisation internationale du travail, la création d’un mécanisme de représentation des producteurs au sein du comité sécuritaire alimentaire de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) et l’organisation d’un groupe de réflexion de la profession agricole pour réagir aux enjeux discutés par le G20. En plus de sa présence au sommet, Alex a contribué aux échanges en participant à une table ronde. « J’ai eu la chance de faire partie d’un panel avec cinq jeunes de différents pays – Italie, Indonésie, Philippines, Kenya – et de présenter la réalité québécoise devant 200  participants. Ce passionnant échange était axé sur la reconnaissance sociale, économique et juridique des agriculteurs familiaux. Par exemple, au Kenya, 80 % de la population vit de l’agriculture, mais ce n’est pas du tout reconnu, car les paysans sont pauvres. Aux Philippines, la punition d’un enfant à l’école est d’aller désherber le potager et, du coup, le métier d’agriculteur est considéré comme une sanction. Le contexte italien ressemble à celui du Québec. L’agriculture n’est pas considérée comme un métier “cool”. Donc les jeunes souhaitent moins se tourner vers cette profession, même si, aujourd’hui, on peut bien en vivre. » Alex a partagé son expérience unique avec les membres de la FRAQ aux dernières journées FRAQassantes à LacMégantic.


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JOURNÉES FRAQASSANTES

Discussions et regard vers l’avenir L’augmentation de la valeur des terres a alimenté les discussions de la quarantaine de membres de la relève agricole réunis à l­ ’occasion de la 4e édition des Journées FRAQassantes à Lac-Mégantic. La Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ) s’est également tournée vers l’avenir en proposant des moyens de faire rayonner son organisation dans le paysage agricole québécois. ÉTIENNE DUPUIS Journaliste

Bien que le ministre de l’Agriculture, Pierre Paradis, ait abandonné l’idée d’instaurer une société d’aménagement et de développement agricole du Québec (SADAQ), la relève agricole n’a pas l’intention de lâcher prise dans le dossier de la valeur des terres agricoles. Le président de la FRAQ, Pascal Hudon, a d’ailleurs annoncé que le prochain congrès de la relève agricole, en Gaspésie, se déroulerait sous le thème « Priorité à la terre ». « Nous discuterons de toute la question des cédants, qui est très importante pour nous, mentionne-t-il. Nous croyons qu’une retraite bien préparée facilite le transfert des fermes. » La tenue d’un congrès thématique répond à une résolution adoptée l’an dernier qui demandait à la FRAQ d’organiser un congrès plus axé sur les discussions. Le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau, est venu s’adresser aux jeunes producteurs lors de la première journée d’activité. Il les a félicités pour la petite annonce publiée sur le site Kijiji qui dénonçait l’augmentation de la valeur des terres agricoles. Il leur a demandé de continuer à faire valoir leurs arguments de façon aussi originale. Pour sa part, Catherine Brodeur, la directrice du développement des études économiques du Groupe AGÉCO, s’est entretenue avec les membres de la FRAQ sur l’état des terres agricoles au Québec. Chiffres à l’appui, elle a démontré que la valeur des terres agricoles était plus élevée au Québec qu’aux États-Unis. Selon elle, cette situation pourrait s’expliquer entre autres par la qualité des filets de sécurité du revenu chez nous. « Un acheteur sera prêt à payer un actif plus cher si le risque est moins élevé », a-t-elle noté.

régionale de l’Est-du-Québec de la FRAQ, Marie-Eve Arbour. Il y aura également une carte interactive des entreprises qui ont de la relève. » Pour la coordonnatrice, il s’agira d’un bon outil de réseautage. Il permettra également de montrer la vigueur de la relève agricole, souligne-t-elle. Le projet Visages de la relève sera d’abord implanté dans l’Est-duQuébec, mais la FRAQ prévoit le déployer à travers tout le Québec plus tard. Nombre de membres

La Fédération veut redoubler d’efforts pour accroître son nombre de membres. Elle en compte actuellement 1 138 et vise à franchir le cap des 2 000 d’ici la fin 2014. Les représentants de chacune des régions ont été appelés à partager leurs initiatives locales pour recruter de nouveaux membres. Les membres de la FRAQ présents ont également présenté leur vision d’avenir de l’organisation. La relève agricole désire entre autres que celle-ci devienne une école du syndicalisme agricole. D’autres ont souhaité que l’adhésion à la FRAQ devienne obligatoire pour tous les étudiants en agriculture. Tous aspirent à ce que la Fédération soit une référence dans le milieu agricole. Sur une note humoristique, certains membres ont indiqué vouloir que la FRAQ développe une gamme de vêtements à son effigie et qu’elle loue une limousine pour son président.

Une quarantaine de membres de la FRAQ ont partagé leur vision d’avenir pour la relève lors des Journées FRAQassantes.

Plusieurs producteurs de la relève des quatre coins du Québec ont échangé sur les moyens de faire rayonner leur organisation.

Il a été aussi question du projet Visages de la relève, une plateforme Web qui devrait normalement être lancée au Congrès de l’UPA en décembre. « On retrouvera sur cette plateforme des vidéos qui montrent le parcours d’établissement de la relève dans certaines entreprises, indique la coordonnatrice inter-

PHOTOS : ÉTIENNE DUPUIS/TCN

Visages de la relève

Les membres de la FRAQ ont réfléchi à la façon de recruter de nouveaux membres.


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ÉVÉNEMENT

Une relève dynamique ÉTIENNE DUPUIS Journaliste Le Méchoui de la relève agricole

Le 30 août dernier, La Relève agricole de la Chaudière-Appalaches (LARACA) organisait une soirée méchoui sur le terrain de la ferme Bradion, à Saint-Gervais. En plus de déguster de la viande cuite à la broche, les 150  personnes réunies ont pu participer à plusieurs activités organisées dans l’après-midi, comme le changement d’une roue sur un wagon à foin, la fameuse souque à la corde ou la levée du plus grand nombre de briques.

Le Rendez-vous de la relève agricole du Bas-Saint-Laurent

Pour sa part, l’Association de la relève agricole du Bas-Saint-Laurent (ARABSL) tenait, le 12 juillet dernier, son traditionnel Rendez-vous de la relève agricole. Cette année, l’événement qui se déroulait à Saint-Narcisse-de-Rimouski prenait la forme d’olympiades. Les quelque 100 personnes réunies ont ainsi participé, en équipe, à des épreuves manuelles. La journée s’est terminée par une remise des prix et un souper méchoui.

Trouver une ferme grâce à Facebook

L’été dernier, la FRAQ a publié sur sa page Facebook le message d’un producteur laitier qui cherchait à trouver une relève pour sa ferme. La Fédération appelait ses membres à « partager » largement cette publication. Après près de cent partages, le copropriétaire de la ferme, Yves

Gratton, a reçu une quinzaine d’appels, dont quatre seraient très sérieux. Un transfert non apparenté serait donc amorcé pour la Ferme des Grandes Baies, située à Plaisance, près de Gatineau. « Il y a plus de relève qu’on le pense en agriculture au Québec  », a affirmé Yves Gratton à la FRAQ.

Table régionale sur l’accaparement des terres

L’ARABSL tiendra, le 14 novembre prochain, une table régionale sous le thème de l’accaparement des terres. Conférences et discussions autour de cette problématique seront au rendez-vous lors de cet événement qui devrait se dérouler à Sainte-Flavie.

FRAQ

La FRAQ a tenu plusieurs ­rassemblements festifs durant l’été. Pour la relève agricole, ces événements constituent des occasions pour se réunir et réseauter.

La Relève agricole de la Chaudière-Appalaches a organisé une soirée méchoui sur le terrain de la ferme Bradion, à Saint-Gervais.


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REPORTAGE

Cultiver l’innovation Jeune femme de défis, Audrey Bogemans prend la relève de ­l’exploitation familiale spécialisée en grandes cultures. Ses plaines de la Montérégie s’avèrent un terreau fertile pour ­l’esprit ­d’entreprise et l’innovation. JULIE MERCIER Journaliste

Amélioration continue

Aujourd’hui, la Ferme Bogemans s’étend sur 500 hectares. On y cultive du maïs, du soya et du blé pour la consommation humaine. La ferme produit également du soya et du blé de semence. Les Bogemans réalisent des travaux à forfait pour d’autres agriculteurs, principalement du séchage et de l’entreposage de grains. La famille peut compter sur Stéphane, un fidèle

employé depuis près de 30 ans, en plus d’un ouvrier saisonnier. L’entreprise se veut à la fine pointe de la technologie. Elle possède sa propre station météo, qui relaie toute l’information colligée sur les téléphones intelligents des actionnaires. Dès le début, Vincent et Audrey ont entamé plusieurs chantiers. Les cahiers de champs ont tous été refaits. Les terres ont été nivelées au laser et tout le drainage est en voie d’être renouvelé. Ils ont planté près d’une dizaine de kilomètres de haies brise-vent. De plus, ils ont mis en place une nouvelle technique de récolte du blé d’automne. Ce dernier est battu plus vert et entreposé en silo-séchoir, ce qui permet d’obtenir un grain de meilleure qualité. En 2013, au tout début des récoltes, deux silos en rénovation se sont affaissés sur le séchoir à grains. En une semaine, les Bogemans ont réussi à installer un séchoir temporaire afin d’accommoder tous leurs clients. Dès la

PHOTOS : JULIE MERCIER/TCN

SAINT-SÉBASTIEN — Audrey a pris la relève de la ferme fondée par ses grands-parents paternels, Louis et Léontine, débarqués de Belgique à l’aube des années 1950 pour s’installer en Montérégie. Audrey ne se destinait pourtant pas à suivre leurs traces. Cette diplômée en gestion du Collège Champlain ne se voyait pas prendre la tête, toute seule, d’une entreprise d’une telle envergure. En effet, le troupeau de vaches laitières d’origine a fait place à une vaste exploitation de grandes cultures et un centre de grains, grâce au travail des parents d’Audrey, André et Madeleine. « J’ai

toujours été impliquée dans la ferme, sauf pour l’aspect mécanique; mais faire ça toute seule, ça ne m’était jamais venu à l’idée », confie la jeune femme. «  On ne pensait pas avoir de relève, ajoute Madeleine, sa mère. On misait plutôt sur nos petits-enfants. » La rencontre de Vincent Goudreault, un mécanicien de métier, est venue changer ses plans de carrière et …amoureux! Audrey et Vincent ont dû faire leurs preuves avant de devenir actionnaires de la Ferme Bogemans. Ils y ont donc travaillé comme ouvriers pendant un an. Cette « période d’essai » s’est avérée concluante. « Ils ont toujours été sérieux », insiste Madeleine. Le jeune couple est même allé décrocher un diplôme d’études

professionnelles en grandes cultures pour approfondir ses connaissances agronomiques. Le transfert a débuté en 2011. Madeleine et André tenaient à inclure tous leurs enfants dans le processus. Ils ont ainsi eu recours à la firme SynerAction pour les assister. Les trois sœurs d’Audrey œuvrent d’ailleurs en agriculture. Julie, l’aînée, et Jessie, la cadette, possèdent respectivement une entreprise porcine et un complexe horticole. Pour sa part, Christine travaille pour ses trois sœurs.

Audrey et Vincent se complètent parfaitement. La jeune femme s’occupe de la gestion tandis que son mari se sent bien à l’aise au volant de la moissonneuse-batteuse.


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REPORTAGE

dépasse les 6 000 tonnes et devrait augmenter au fil du temps. Ce centre régional des grains possède un crible industriel et offre le service de classement. Les actionnaires souhaitent ajouter des silos et changer la balance. Les plans d’une nouvelle maison sont aussi dans les cartons. « C’est le début de la relève, des nouveaux grands projets », sourit la jeune entrepreneure, qui est également nouvelle maman. Elle et Vincent sont en effet les fiers parents de deux jumeaux de trois mois et quelques poussières : Adriel et Dex. Projets d’envergure

La Ferme Bogemans fait office de centre de grains régional.

fin de la saison, les quatre actionnaires se sont lancés dans la reconstruction d’un plan de séchage neuf. Tout y est passé, même les élévateurs. D’une capacité de 25 tonnes/ heure, la technologie choisie génère moins de grains cassés, ce qui améliore la qualité du

produit. Le vaste chantier s’est étiré tout l’été. « Le séchoir et les silos sont arrivés en pièces détachées. Ce sont comme de gros meubles IKEA qu’il faut assembler », illustre Audrey. Ce nouveau plan de séchage la remplit de fierté. La capacité de séchage de la Ferme Bogemans

Malgré sa jeune vingtaine, Audrey fait preuve d’une grande maturité. Elle se charge de la mise en marché des grains, un mélange de contrats à la Bourse et de ventes locales. La productrice est aussi responsable des relations avec les clients, de la coordination, des achats d’intrants, « de la paperasse et de la gestion en général ». Vincent manie le volant, que ce soit pour les battages ou les semences et il s’occupe de l’en-

tretien de toute la flotte. André et Madeleine donnent un solide coup de pouce à leur relève. « On a de bons mentors », insiste Audrey. Chaque midi, les quatre actionnaires se réunissent pour partager le repas et discuter boulot. « Ça nous a vraiment aidés à apprendre. Mon mari travaille beaucoup avec mon père et moi avec ma mère », explique Audrey. « C’est important pour nous qu’ils partent sur des bases solides », poursuit Madeleine. Jeune femme de défis, Audrey s’implique dans sa communauté. Envers et contre tous, elle a réussi à confondre les sceptiques et à réunir les partenaires nécessaires à l’implantation d’un comité agroalimentaire à la Chambre de commerce du Haut-Richelieu. « Ça donne aux agriculteurs une voix de plus pour faire valoir leurs points de vue, leurs enjeux  », explique celle qui occupe la vice-présidence de la Chambre de commerce. Elle a également été administratrice au syndicat de la relève d’Iberville-Missisquoi. À travers tout ça, Audrey trouve un peu de temps pour faire du bateau l’été et du ski l’hiver !


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