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Tropical Saint-Barth Saison 2018 / 2019 - n°28

tropical S A I N T- B A R T H LIFESTYLE AND DESTINATION MAGAZINE

Saint Barth la Magnifique, serait-ce un petit bout de Terre préservée ? dans une Biosphère qui se meurt !

Magnificent St Barts Can this small corner of the Earth be preserved … in a dying biosphere?


Une île entre le ciel et l’eau La relation à la nature est trop souvent semblable à certaines relations entre hommes et femmes : on aime pour ce que l’autre nous apporte, sans se soucier réellement des besoins et des particularités de cet autre. Force est de constater que l’immense majorité des individus aime la nature selon le même schéma et ne prend conscience de son importance que lorsque la rupture est accomplie et que l’on en mesure enfin toute la perte. Combien faut-il encore de catastrophes naturelles, de dévastations animales et végétales, pour que l’homme réalise enfin qu’il est partie intégrante de la biosphère et que détruire les différents écosystèmes, c’est à brève échéance, autoprogrammer sa propre destruction, une sorte de suicide collectif lamentable. Jacques Brel, dans les dernières années de sa vie, s’était réfugié aux Marquises, là où le temps s’immobilise, où la vie retrouve un rythme naturel, là où les relations avec les polynésiens se tissent simplement, dans l’échange et la coopération. Je pense souvent aux îles de Polynésie et pour certaines, sortes de paradis perdus où les hommes et les femmes vivent en totale harmonie avec leur environnement ; pourtant des systèmes économiques existent aussi, mais ils ne prennent jamais le pas sur la nature qui reste l’élément essentiel de leur existence. Mais revenons à St-Barth, cette île exceptionnelle de beauté, où il est encore possible de maîtriser un certain développement, ou plus exactement et prioritairement, de restaurer certains éléments naturels, appelés aussi écosystèmes, de diminuer une consommation énergétique bien trop importante, d’adapter l’activité touristique à un projet de développement maîtrisé, durable et donc pleinement bénéfique pour l’île et ses habitants. Pour cela, la sagesse est de mise et un juste équilibre est à trouver, entre développement économique, essentiellement touristique et la préservation d’un patrimoine exceptionnel : naturel et culturel. Dans ce nouveau numéro de Tropical qui vous permettra d’écouter le chant des baleines à bosse, de découvrir qu’une plongée en mer peut effacer un stress traumatique, qu’un nouveau mode d’habitation peut s’intégrer parfaitement dans un espace naturel préservé, que les artistes et les manifestations fleurissent sur l’île, comme autant de respirations nouvelles… la nature est toujours présente et les îlets qui entourent notre île, deviennent des espaces uniques pour préserver cette biodiversité, tellement menacée dans le reste du monde. Saint-Barth, une île entre le ciel et l’eau, peut devenir une exception et une extraordinaire référence en matière de protection des sites et de sa biodiversité, lieu d’histoire et d’une culture exceptionnelle, une vraie Félicité, comme le nom de ce Domaine qui nous le rappelle. L’avenir de St-Barth est entre les mains de sa population et les Assises de l’Environnement qui s’ouvrent ont une impérieuse nécessité de préservation.

JEAN-JACQUES RIGAUD Directeur de la publication

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Gustavia - T. +590 590 27 73 13 - boutique@fabiennemiot.com www.FabienneMiot.com fabiennemiotcreation


An Island Between Sea and Sky Our relationship with nature is all too often similar to certain relationships between men and women – a selfish love based on receiving, with little thought for the needs and particularities of the other person. This is clearly the type of love that the vast majority of people have for nature; they are only conscious of its importance when there is a breakdown and the extent of the loss is realized. How many more natural disasters, or devastations of flora and fauna, are needed for us to finally acknowledge that we are an integral part of the biosphere and that destroying the different eco-systems is rapidly leading to our own self-destruction – a type of dismal collective suicide. The renowned Belgian singer and actor, Jacques Brel, took refuge in the Marquesas in the last years of his life – a place where time stands still and life follows a natural rhythm, and where Polynesian relationships are based on exchange and cooperation. I often think about the islands of Polynesia, considered by some to be a sort of lost paradise, where men and women live in total harmony with the environment. Nevertheless, economic systems are still present, but they do not take precedence over nature, which remains the essential element of their existence. But let us return to St Barts, this exceptional island of beauty, where it is still possible to control certain types of development or, more precisely and primarily, to restore certain natural elements, otherwise known as ecosystems. It is equally conceivable to reduce the excessive energy consumption, and to adapt tourism according to a structured and sustainable development plan, fully beneficial for the island and its residents. This calls for good sense and an appropriate balance between economic development, principally tourism, and the preservation of an outstanding heritage, both natural and cultural. This new edition of Tropical resonates with the song of humpback whales, whilst leading you to discover a cure for post-traumatic stress through dive therapy, as well as a new way of living that fits perfectly into a preserved natural space. It equally reveals the artists and events that flourish on the island, together with many new breaths of creativity … Nature is forever present, and you will find out how the small islands surrounding St Barts are becoming unique sites for conserving its biodiversity, highly endangered in the rest of the world. St Barts, an island between sea and sky, has the potential to become an exclusive and extraordinary point of reference for the protection of natural sites and biodiversity … this place of history, exceptional culture and true bliss (‘félicité’), which is beautifully recounted in ‘Domaine Félicité’. The future of St Barts lies in the hands of its population, and the imminent Environmental Conference is an absolute necessity for its preservation.

JEAN-JACQUES RIGAUD Publisher

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LA D DE DIOR SATINE COLLECTION Steel, diamonds and mother-of-pearl.


ST-BARTH

VIE DE VILLAGE Village Life

Dream Island 9

Le Sereno Plus ça change, plus c’est la même chose … just better than ever! 18 HQE The Dynamics of Paradise

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Tristan Auer

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Photo Stéphane de Bourgies

L’ingrédient humain The Secret to Your Dream Vacation

Le Village Saint Barth

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Domaine Félicité Two Centuries of St Barts’ History

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Artists of Saint Barth

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Saint B’ART

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La FRANCE

PLANETE TERRE Planet Earth Chronique Wake-Up Call

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Histoire d’eau Tales of Water

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Monsieur Paul, parti pour régaler les anges Paul Bocuse, Now Regaling the Angels in Heaven

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Homage à Monsieur Paul From 10th January to 10th February 2019

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EDF and Energy Transition

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La mer pour apaiser une mémoire traumatique Turning the Tide of Trauma 141

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Sur la route des baleines à bosse The Migratory Route of Humpback Whales

SANTÉ & BIEN-ÊTRE Health, & Well-Being Alexandra Albanell & Nicolas Gurley

Photo Alain Licari

Les Îlets de Saint-Barthélemy The Small Islands Around St Barts

LIP So Much More Than a Watch … “It’s Magical”

Peinture Robert Danet - Villa Néo

Heritage and Know-How

Le succès de Nectar The Success of Nectar

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VERBATIM

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Couverture : Alessandra Sublet. Photo : Michael Gramm. Graphisme : Florence Voix. Magazine : Tropical St Barth, annuel ; publication de ABL éditions, immeuble Courtois n°4, Marigot, BP 1124 – 97015 St-Barthélemy Cedex, Tel : 0590 29 61 47, GSM : 0690 502 836, Email : contact@abledition.com Site : www.tropical-mag.com. Directeur de publication/Rédacteur en chef : Jean-Jacques Rigaud. Rédacteurs : Vladimir Klein, Jean-Jacques Rigaud, Olivier Raynaud, Michel Vély, Nils Dufau, Géraldine Danon, Arlette et Alain Magras, Michel Magras, Vincent Meurice. Ray Linnington. Traduction : Rachel Barrett-Trangmar. Photographes : Rebecca Field, Jean-Jacques Rigaud, Michael Gramm, Laurent Benoît, Gérald Tessier, Christian Oth, Jacques Zolty, Pierre Carreau, Jean-Philippe Piter, Amaury Laparra, Starface Photo, Géraldine Danon, Philippe Poupon, St-Barth Flycam, Karl Questel, Stéphane De Bourgies, Sébastien Véronèse, Guillaume Tranquard, Emily Labourie, Loana Junco. Direction artistique et technique : ABL éditions. Photogravure et impression : Manufacture Deux-Ponts.

Nous remercions pour leur collaboration : Fabienne Miot, Christophe Simon, Marie-Laure Belzic, Nils Dufau, Fabrice Danet, Ernest Brin, Olivier Raynaud, Michel Vély, Steeve Ruillet, Rudi Laplace, Sylvain Vidal, Guillaume Ripodas, David Gramm, Benoît Meesemaecker, Pascale Minarro Baudouin, Olivier et Frédérik Dain, Tristan Auer, Luis Contreras, Géraldine Danon, Jérôme Patrouix, Marie Juh, Arlette et Alain Magras, Emmanuel Leprince, Vincent Meurice, Guy Blateau, Michel Magras, Ray Linnington, Catherine Charneau, Tom Gallant, Vincent Leroux du restaurant Paul Bocuse, les Chefs de cuisine pour la rubrique Gastronomie et Hommage à Paul Bocuse. Et tous nos partenaires annonceurs, sans lesquels ce magazine ne serait pas possible. Merci également au CTTSB pour la diffusion de ce magazine, sur toutes les manifestations extérieures, dans le cadre de notre partenariat. Merci également à toute l’équipe de l’ATE.

Toute reproduction, même partielle, des articles et des photos publiés dans Tropical Saint-Barth, sans accord de la société éditrice, est interdite, conformément à la loi de 1957 sur la propriété littéraire et artistique.

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Les portes de la mer et du ciel sont grandes ouvertes pour vous accueillir !

M. Ernest Brin Directeur du Port


The Doors to the Sea and Sky of St Barts Are Wide Open to Welcome You!

M. Fabrice Danet Directeur de l’Aéroport


BIJOUX DE LA MER TAHITIAN AND AUSTRALIAN PEARLS Sold only at Bijoux de la Mer Gustavia - Rue de la République Saint-Barthélemy +590 (0) 590 52 37 68 Bijoux@epilog.com bijouxdelamersbh.com


L’ingrédient humain, le secret de votre séjour de rêve

The Human Element – the Secret to Your Dream Vacation Rédaction : Vladimir Klein – Photos : Laurent Benoît – Traduction : Rachel Barrett-Trangmar

« Nous voulons que votre séjour soit exceptionnel à tout point de vue. Alors nous ne faisons pas que louer des maisons de rêve, sur notre île nous vous proposons la sérénité, une invitation à vous ressourcer dans un véritable art de vivre ».

‘We want your vacation to be exceptional in every possible way. So, we are not simply offering dream homes, but the promise of serenity on our island, inviting you to relax and enjoy an authentic style of living’.

Le fait que St. Barth Properties/Sotheby’s soit unanimement reconnu comme le spécialiste de l’extraordinaire, n’a rien d’un hasard. Son statut privilégié est dû, d’une part, aux synergies de son association avec Sotheby’s International Realty, sur le marché américain et international, et d’autre part à la compétence et l’exceptionnelle disponibilité de son équipe.

It is no coincidence that St. Barth Properties/ Sotheby’s is commonly recognized as a specialist in the extraordinary. Its elite status is partly due to the synergies of its association with Sotheby’s International Realty, in the American and international market; and it is equally by virtue of the competence and exceptional availability of its team.

Si notre portefeuille de villas de rêve soigneusement sélectionnées, propose un choix qualitatif et diversifié, garantissant le bien-être attendu, c’est l’ingrédient humain qui rendra inoubliable votre séjour dans la villa qui vous aura été proposée.

While our portfolio of carefully selected dream villas, offering a qualitative and diverse choice, guarantees a desired level of comfort, it is the human element that will make your stay totally unforgettable in your chosen villa. www.tropical-mag.com

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L’excellence de l’équipe qui vous accompagne pendant votre séjour manifestera en toute discrétion son sens de l’anticipation, sa prévenance et sa connaissance irréprochable de l’île. Ces qualités rendent le service de conciergerie cinq étoiles de St. Barth Properties particulièrement attrayant, que vous passiez votre séjour en groupe d’amis ou en famille, il est capable de prendre en compte les besoins et les intérêts les plus divers, que ce soit ceux des enfants ou de leurs grands-parents. Aucune demande n’est trop ambitieuse ou trop négligeable pour notre service de conciergerie. Nous savons à quel point il est important que tous les détails de votre séjour soient pris en compte et nous vous offrons l’assistance inestimable de notre personnel expérimenté, discret, avenant et qui prendra le temps pour vous aider à personnaliser vos vacances.

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The excellent team, assisting you during your stay, will discreetly show a sense of anticipation, thoughtfulness and irreproachable knowledge of the island. It is these qualities that make St. Barth Properties’ five-star concierge service particularly appealing; and whether you choose to spend your holiday with your family or friends, we are able to accommodate the most diverse needs and interests – from children through to grandparents. No request is too challenging or too insignificant for our concierge team. Knowing how important it is that all the details of your stay are taken care of, we offer you the invaluable assistance of our experienced, discreet and friendly staff, who will take time to personalize your vacation.


Un supplément d’âme

That Extra Special Touch

Tout d’abord, nous ne nous contentons pas de vous proposer une de nos villas exclusives, soigneusement choisies en espérant simplement que tout se passera bien. Nous prenons le temps de sélectionner un éventail de villas qui répondra à vos critères pour finaliser celle qui correspondra parfaitement à vos besoins et à ceux de vos invités.

First and foremost, we do not simply offer you our exclusive and carefully selected villas with the hope that all will be fine. We take time to select a range of villas that will meet your criteria, in order to find one that perfectly matches your needs, as well as those of your guests.

Vous pourrez vous prélasser dans une villa à la fois spacieuse et intime et profiter de tous les services tel un Hôtel de luxe, comme le ménage quotidien, l’entretien de la piscine et les jardins. Cette première étape réussie, nous vous proposons un large choix de services conçus pour vous permettre de profiter pleinement de votre séjour parmi nous.

Your spacious villa will equally allow you to bask in total privacy, to enjoy all the services of a luxury hotel, such as daily housekeeping and maintenance of the pool and gardens. In addition to serving all your primary needs, we also offer an extensive choice of services specially designed for you to fully enjoy your stay with us. The key to our philosophy is making sure that we are www.tropical-mag.com

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DREAM VACATION

La clé de cette philosophie ? Nous prenons le soin d’être entouré d’une équipe qui vit sur l’ile depuis plusieurs années, et qui est capable de vous renseigner sur toutes les activités possibles et les services les plus appréciés pour les mettre à votre disposition.

Du sur-mesure qui commence avant votre arrivée Que vous ayez besoin d’un chef privé, d’effectuer des courses personnalisées, de dénicher le meilleur millésime de votre vin préféré, de leçons de surf ou d’une personne qui assure la garde de vos enfants tout en leur proposant des activités captivantes, notre service de conciergerie saura anticiper vos attentes, un travail sur mesure qui fait la différence. Par exemple, nous vous proposerons une liste de courses que vous pourrez améliorer, celle-ci sera exécutée le jour de votre arrivée, ainsi petits et grands pourront profiter de leurs vacances dès les premières minutes. Notre personnel expérimenté issu du secteur hôtelier haut de gamme saura répondre aux demandes des services cinq étoiles, il restera attentif à vos besoins et saura vous proposer une panoplie de services

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surrounded by a team that has been living on the island for several years, and therefore has the knowhow to tell you about all the activities and most popular amenities available at your disposal.

Personalization That Begins Before Your Arrival Whether you need a private chef, personalized grocery shopping, help in finding the best vintage of your favorite wine, surfing lessons, or a babysitter offering interesting activities for your children … our concierge team will meet your desires, with a personalized service that makes all the difference. For example, we will offer a suggested shopping list, which you can tailor to fit your taste and needs. Your requests will be met the day of your arrival, so that both young and old can enjoy their vacation from the very first minute. Our experienced staff are from the high-end hotel sector and are thus most competent in meeting the demands of a five-star service. They will be attentive to your needs while offering you a wide range of specialized services – which they have equally pre-tested.


So, whether you have an urgent package to send, a computer problem to fix, or a surprise birthday party to organize, our team will be ready to advise you. Why cook when you can relax by the pool while professional staff, recommended by our concierge, take pleasure in making your day perfect? In addition to the classics of French and Mediterranean cuisine, a private chef will enjoy introducing you to the exotic and contrasting flavors of the Creole dishes of the Caribbean. We can equally organize a multitude of other special services, such as tennis or diving lessons, yoga classes, a massage on board a yacht, or a boat trip to visit a nearby island … Our 24/7 availability will make your stay more than just perfect.

spécialisés ; services qui auront été testés au préalable par le même personnel. Ainsi, que vous ayez un envoi express à faire, un souci informatique à résoudre, ou un anniversaire surprise à organiser, notre équipe sera prête à vous conseiller. Pourquoi cuisiner et renoncer à vous détendre au bord de votre piscine alors que des professionnels, conseillés par notre concierge, se feront un plaisir de rendre votre journée parfaite ? En plus des classiques de la cuisine française et méditerranéenne, un Chef vous fera découvrir les saveurs exotiques et contrastées des plats créoles de la Caraïbe. Nous pouvons également organiser une multitude d’autres services particuliers, comme des leçons de tennis ou de plongée, des séances de yoga ou un massage en mer ou une balade en bateau pour visiter une île voisine… Notre disponibilité 24h/24, 7j/7 rendra votre séjour plus que parfait.

Pour la réalisation de ce reportage, nous tenons à remercier: Tradewind Aviation, Fille des Iles, Pascal Cook, Villa Vitti, Atmosphere Pilates, Quiksilver St Barth, Body+Soul, Laurent Benoît Photographe, MG Studio, Vénus Health & Beauty Spa, St Barth Sailor.

Rue Samuel Fahlberg, Gustavia Harbour, St-Barthélemy Tel. +590 590 29 75 05 - www.stbarth.com stbarthoffice@stbarth.com ou/or St-Barth Properties USA 1-508-528-7727 - 1-800-421-3396 reservations@stbarth.com www.tropical-mag.com

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Crédit photo : Axelle CAPELLI

PERLE

SAINT JEAN

Pour ceux qui sont à la recherche d'une propriété de premier ordre à St. Jean avec une vue imprenable, ne cherchez pas plus loin ! La villa Perle est une villa contemporaine et luxueuse de trois chambres. Elle comprend au niveau principal une pièce de vie avec salon et salle à manger et une cuisine ouverte, un deuxième salon avec puits de lumière et une cave à vin avec un coin bar et salon pour une parfaite dégustation. La chambre principale ainsi que la deuxième chambre possédant chacune sa salle de bains, sont sur ce même niveau. La troisième chambre qui se trouve au niveau inférieur est aménagée en suite avec un salon et sa propre terrasse. Une pièce additionnelle pourrait servir à plusieurs utilisations. La longue piscine chauffée est le point central de l'espace extérieur qui comprend un jacuzzi et une terrasse couverte. Au niveau intermédiaire, une terrasse offre un endroit tranquille pour profiter du soleil et de la vue.

Buyers looking for a prime St. Jean location with a stunning view need look no further. Contemporary and luxurious three-bedroom Villa Perle is the ideal choice. An island with seating separates the sleek kitchen from the dining and main living area. A skylighted salon is perfect for entertaining. A wine grotto has a sommelier’s bar. Oenophiles will be in heaven. The master suite and one en suite guest bedroom are on the main level. The third bedroom, also en suite, is housed in a lower level suite with a living area and its own terrace. A bonus owner’s room could serve several purposes. A long heated pool is the focal point of the outdoor living space that includes a Jacuzzi and a shaded area. A mid-level terrace provides a quiet spot to sunbathe and take in the view. www.sbpeurope.com/orientation/orientationre.asp?CODE=PERLL

Credit photo : Sotheby’s

O MY

MONT JEAN

Située dans le lotissement privé de Mont Jean, cette villa exceptionnelle de cinq chambres bénéficie d'une vue sur l'île de la Tortue face au lever du soleil et sur la baie de Marigot. De style moderne, elle est constituée d'un bâtiment principal avec une pièce de vie et une cuisine équipée ainsi qu'une chambre principale avec sa salle de bains. Une deuxième chambre se trouve dans un bungalow séparé et deux chambres jumelles se situent dans le jardin, face à la longue piscine à débordement. Une cinquième chambre est accessible sur l'arrière du bâtiment principal. Une salle de gym est aménagée en contrebas de la piscine et un chemin permet de descendre jusqu'à la mer.

Located in the exclusive gated community of Mont Jean, the five-bedroom Villa O My is an exceptional property boasting stunning views of Tortue Island and Marigot Bay. A sleek kitchen is located a few steps above a dining area which flows into a spacious, air-conditioned living room. Five en suite bedrooms include two spacious master suites with sea views. One is off the living area; the other is in a separate pavilion. Two additional bedrooms with views of the sea are behind the villa’s courtyard. The fifth en suite bedroom, located at the rear of the main building, has a garden view. A spectacular heated infinity pool – it appears to merge with the sea – is the focal point of the expansive outdoor living space featuring a BBQ and a covered dining area. An air-conditioned fitness room has a striking view. www.sbpeurope.com/orientation/orientationre.asp?CODE=OMY

Villas à la vente / Villas for sale


Crédit photo : Sotheby’s

ROSALIA

GUSTAVIA

Cette magnifique propriété de style caribéen de quatre chambres est le choix idéal pour les amoureux de Gustavia ! La vue sur le port est magnifique et permet de regarder les yachts entrer et sortir du port. La chambre principale avec salle de bains attenante est située d'un côté de la villa tandis que de l'autre côté se trouvent deux chambres avec une salle de bains partagée. La pièce de vie dispose d'un salon confortable et spacieux, d'une cuisine entièrement équipée et d'un coin repas. La grande terrasse couverte propose à la fois une salle à manger extérieure et un agréable coin salon. Quelques marches mènent à la piscine en contrebas. Un bungalow, situé en décalé de la villa, offre une très grande chambre, une salle de bains, un dressing ainsi qu'une terrasse couverte avec cuisine extérieure. Vous pourrez vous rendre à pieds à la boulangerie, aux restaurants, dans les boutiques et à la plage de Shell Beach.

This four-bedroom West Indian-style villa is the perfect choice for Gustavia lovers! The view across the harbor is beautiful, and the owners will love watching the yachts sail in and out of the port. The master bedroom, with its en suite bath, is on one side of the villa, while the other side features two bedrooms that share a bath. The fourth bedroom, with a covered terrace and kitchenette, is in a separate pavilion. The spacious living area, kitchen and dining area are in the main building. A second covered terrace features dining and sitting areas. Steps lead down to the large pool that is perfect for swimming laps. Convenient to shops, restaurants and a bakery, Villa Rosalia is also within walking distance of popular Shell Beach. The property includes five parking spaces. www.sbpeurope.com/orientation/orientationre.asp?CODE=ROSAI

Crédit photo: Gérald TESSIER

HENRI BAY

POINTE MILOU

Cette très belle villa de quatre chambres située à Pointe Milou bénéficie d'une superbe vue panoramique sur la mer. Le salon principal et la cuisine sont dans un grand pavillon qui se trouve à côté de la piscine. Un autre pavillon avec un salon TV/salle à manger, un bureau et une salle de bains se trouve sur l'arrière de la villa. Les quatre chambres avec salles de bains offrent une vue sur l'océan. Deux sont situées de part et d’autre de la piscine et deux sont au niveau supérieur. A ce même niveau est aménagée une grande salle de jeux avec terrasse privée. Les extérieurs proposent une terrasse couverte et des espaces détentes. La conception architecturale en bord de falaise offre intimité et protection contre le vent.

Cliffside in desirable Pointe Milou, this four-bedroom, five-bathroom villa compound is built on two levels and architecturally designed – via multiple glass walls – to showcase the stunning view of the sea and offer protection from the wind. The main living room, gourmet kitchen and dining area are in a large glass-enclosed pavilion. The swimming pool and covered dining terrace are adjacent. Behind the pool, there is an additional air-conditioned living room, an office and a full bath. Two master bedrooms with en suite baths and lovely views are located on either side of the villa's main level. Two more en suite bedrooms with sea views and a playroom are on the upper level. The land below the villa is in a Green Zone, ensuring Villa Henri Bay's privacy and spectacular views. www.sbpeurope.com/orientation/orientationre.asp?CODE=HENRI


Le Sereno – Plus ça change, plus c’est la même chose … just better than ever! Photos : Christian Oth, Jacques Zolty, Pierre Carreau et Jean-Philippe Piter - Traduction : Vladimir Klein

Tropical Magazine : A l’image de l’île, Le Sereno a subi d’importants dommages pendant le cyclone Irma. Pouvez-vous partager les détails de la rénovation entreprise, comme par exemple l’équipe design-artisanat-hôtellerie avec qui vous avez collaboré ? Luis Contreras : Nos bâtiments ont plutôt bien résisté aux vents, mais comme nous sommes situés au bord de l’eau et qu’il y a eu une marée de tempête exceptionnelle, Luis Contreras plus de la moitié de l’hôtel s’est retrouvée sous des mètres d’eau. Compte tenu des dommages occasionnés par la tempête et l’ampleur des travaux et investissements nécessaires à remettre l’hôtel en état opérationnel, nous avons décidé d’en démolir de grandes parties pour les rebâtir entièrement. Nous voulions faire mieux que réparer et réhabiliter, nous voulions l’améliorer ! Depuis le départ, cela a été une course contre la montre. Nous avons accompli en une année un travail qui serait normalement programmé sur quatre ans. Cela a été très intense, mais nous avons réussi notre pari ! Nous avons une équipe formidable, de remarquables artisans, une équipe design, les autorités locales et toute une communauté qui ont travaillé ensemble pour réaliser tout cela. Alors voilà, nous avons un hôtel tout neuf qui n’a pourtant pas change de d’ambiance, de feeling, nos hôtes fidèles se sentiront à nouveau comme à la maison. L’hôtel est neuf et rappelle pourtant ce que nous avons connu et aimé… C’est une version positive de “plus ça change, plus c’est la même chose! », car nous nous sommes surpassés. C’est l’équipe d’origine, qui a créé Le Sereno, que nous avons reconstituée pour cette reconstruction de fond en comble, ce qui a permis de garder intacte l’essence de l’esprit du lieu. Nous n’avons pas voulu changer une chose aussi iconique, qui fonctionnait si bien et qui était tant aimé par nos clients. A l’arrivée nous avons un mix d’un design nouveau griffé Le Sereno incorporant de subtiles améliorations sur ce que nous connaissions. De plus, la qualité de notre ameublement et construction à base d’essences tropicales est si formidable, que je défie quiconque de distinguer le neuf de ce qui incarne dix ans d’histoire ! Le deck original de la fameuse piscine du Sereno est aussi de retour, alors qu’il est tout neuf. Nous avons

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Tropical Magazine: Did Le Sereno undergo a lot of damage during Hurricane Irma? Can you share some details about the renovations, including which designer/architect they worked with? Luis Contreras: Our buildings stood strong against the wind, but unfortunately since we are on the water’s edge, and there was a very large storm surge, well over half of the hotel was several feet under water. Seeing the damage from the storm, and the large amount of work and investment needed to make the hotel operational again, we made the decision of actually demolishing a substantial part of the hotel and rebuilding it from scratch, not just to repair, but to improve it! It has been a race against the clock from the beginning. We are doing what normally takes four years in less than a year. It has been intense, but we made it! Our great team, the fantastic artisans that rebuilt the hotel, the design team, the local authorities and community, everybody worked hard to make this happen. So now we have a brand-new hotel, but at the same time our loyal guests will feel at home when they come back; the hotel is new, but looks similar to what it was before … plus ça change, plus c’est la même chose … just better than ever! The original team that created Le Sereno was reassembled to undertake a complete rebuild, while keeping the essence of the hotel intact. We didn’t want to change something that was iconic, that was working very well and that was loved by our clients. We have a mix of new design, inspired by Le Sereno, coupled with subtle improvements on the existing designs. And the quality of our tropical wood furniture and buildings is so great that we dare anyone to tell what is new and what has been there for over ten years! And even though it is actually all new, Le Sereno’s iconic pool deck is back. And we had to haul the stones all the way from Indonesia to replace the old ones, but our great pool is also back. What impressed you the most after seeing the destruction from the hurricane? Probably other people in this magazine will say the same thing, but the way the island came together after the storm was inspiring. It sounds like a cliché, but that doesn’t make it less true! It is amazing how fast St Barts started to bounce back, how quickly the authorities took control, provided basic services and allowed the people of the island to start rebuilding.


dû chercher les pierres jusqu’en Indonésie pour remplacer celles perdues, mais cela a permis de faire revivre cette superbe piscine. Après l’état des lieux d’après-catastrophe, qu’est-ce qui vous a le plus impressionné ? Sans doute d’autres personnes interrogées dirontelles la même chose, mais ce qui nous a tous inspiré, c’est la manière dont toute l’île a serré les rangs après le cyclone. Cela relève du cliché, mais c’est entièrement vrai. Cela a été fascinant de vivre à quelle vitesse Saint-Barth a rebondi, comment les autorités ont assumé leur rôle et ont assuré les services de base, tout en laissant aux particuliers un espace d’initiative dans la reconstruction. Quels seront les points forts du nouveau Sereno et à quoi ses hôtes peuvent-ils s’attendre ? Grâce à l’importance que nous accordons aux détails et à un design respectueux d’une certaine éthique, traits qui font la renommée de nos hôtels, le nouveau Le Sereno met en avant le fait que tout en respectant les contraintes des permis de construire, l’ensemble bungalows-piscines a été entièrement reconstruit en intégrant de substantielles améliorations. Nous avons résolu une équation complexe, intégrant les essences tropicales dans les structures des plafonds alors que le dallage en pierre crema luna italienne est du plus bel effet. Grande nouveauté, la toute nouvelle Family Suite, composée de suites ayant chacune sa piscine privative. Les chambres de la Grande Suite Plage Sud en front de mer ont été entièrement reconstruites, avec

What will the new Le Sereno feature and what can guests look forward to? With the high level of attention to detail and designdriven ethos that Sereno Hotels is known for, the new Le Sereno will deliver marvelous features throughout the grounds. While remaining within the constraints imposed by our building permits, the entire Bungalow Piscine room category has been built from the ground up; these new rooms are really a big improvement. We flipped the equation and have the exotic wood in the ceiling structure and the floors are white; we used Italian crema luna stone to great effect. We have a brand-new Family Suite option that includes private pools for each suite. All-new waterfront Grand Suite Plage Sud rooms were built from the ground up, featuring a larger bedroom and private garden with outdoor bathtubs. A completely redesigned restaurant with new bar, lounge and a fantastic all-new beach restaurant extension, where guests can dine with their feet in the sand and the sky over their heads, protected from the sun by coconut trees. Le Sereno’s much-loved oak roof was rebuilt, and amazing views of the lagoon remain intact. The brand new spa and fitness facility comes with new treatment rooms and new fitness equipment. A new garden space leads up to the Grand Suite Plage rooms, which will retain their classic look with new interiors. And to round it all off, we have a new on-site retail boutique in partnership with Larusmiani of Via Montenapoleone, Milan.

Luis Contreras et sa famille sur la plage du Sereno, 3 mois après le passage d’Irma. Luis Contreras and his family walking on Le Sereno’s beach 3 months after hurricane Irma.

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une chambre de maître plus spacieuse et un jardin privatif mariant intimité et baignoires à ciel ouvert. Nous avons revu la conception du restaurant, intégrant un nouveau bar, un lounge et une nouvelle, fantastique extension du restaurant de plage, où nos hôtes pourront dîner les pieds dans le sable, à ciel ouvert, sous l’ombre des cocotiers. Le tant admiré plafond de chêne a été reconstruit et le panorama de la baie lagunaire reste inviolé. Nous avons aussi profité de l’occasion pour créer un spa tout neuf et un espace fitness et des salles de soins à la pointe de l’art. Un nouvel espace paysager mène aux chambres de la Suite Grand Plage qui marient leur ambiance avec de nouveaux intérieurs. Pour parfaire le tout, une nouvelle boutique, en partenariat avec Larusmiani, adresse exclusive de la Via Montenapoleone à Milan, vient parfaire le tout. Vous voulez bien nous dire un peu plus sur les améliorations du Restaurant Le Sereno et le nouveau Restaurant de la Plage ? Le Restaurant Le Sereno a fait robe neuve tout en conservant son ameublement signé Christian Liaigre et son magnifique panorama à 180 degrés du Grand Cul de Sac. Avec son ouverture à l’extérieur il exploite pleinement son environnement, offrant aux dîneurs une vue imprenable sur les eaux de la baie. Le Chef Alex Simone est de retour avec un menu époustouflant qui marie les classiques du restaurant avec la fraîcheur de nouvelles créations. Un nouveau bar, occupant le centre du restaurant, servira des cocktails de création, travaillant des ingrédients frais et inattendus, offrant une liste de vins et spiritueux et un service de jus frais où nos hôtes pourront déguster des élixirs de santé et détox, répondant ainsi à une demande toujours plus forte. Quant à la nouvelle ambiance du Restaurant de plage, elle s’étend à quelques pas des eaux cristallines du Grand Cul de Sac. A proximité du restaurant principal, ce nouvel espace vous permet de dîner en toute décontraction, les pieds dans le sable, à l’ombre des cocotiers, devant une vue à un million de dollars de la barrière de corail du Grand Cul de Sac. C’est l’endroit rêvé pour siroter des cocktails et se prélasser en dégustant des mets gastronomiques sans renoncer aux plaisirs de la plage. Dites-nous un peu plus sur le nouveau Spa et comment sa refonte l’a amélioré. Le Spa Le Sereno a été agrandi et comprend désormais trois salles de soins avec le pavillon de front de mer, convoité par tous, un espace de relaxation et l’unique salle de soins adjointe à la plage de l’île. Nous offrons également des services spa dans l’intimité de votre chambre. La nouvelle salle de fitness offrira les équipements et la technologie les plus récents. Les deux espaces, spa et fitness, sont liés par un nouveau jardin, idéal pour la pratique du yoga ou la méditation. Comment cette refonte du Sereno a-t-elle pris en compte l’impact environnemental ? Nous avons entièrement reconçu et reconstruit les systèmes d’énergie et d’eau et la plateforme technologique de l’hôtel. De nouveaux panneaux solaires

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How has the iconic Restaurant Le Sereno changed and can you tell us more about the new Beach Restaurant? Restaurant Le Sereno will unveil a new look, while still maintaining the dramatic 180-degree views of Grand Cul de Sac and its Liaigre furniture. A fully open-air concept, the space takes full advantage of its surroundings to provide guests with a sea view from every angle. Executive Chef Alex Simone returns to Le Sereno and will unveil a new menu for the restaurant that features signature dishes seamlessly integrated with updated favorites. A new bar, centrally located in the restaurant, will serve craft cocktails made with the freshest ingredients, and an extensive list of wines and spirits as well as a new juice station, where guests can order freshly squeezed wellness and detox elixirs - a need we are consistently seeing among our guests. The new beach restaurant experience will also debut just a few steps away from the crystal-clear waters of Grand Cul de Sac. Located adjacent to the main restaurant, the entirely new space offers casual dining under the shade of coconut trees, where guests can have their feet in the sand and a million-dollar view of Grand Cul de Sac’s protected reef. The restaurant is the perfect spot to sip on cocktails and enjoy a laid-back meal without having to leave the serenity of the beachfront location. Tell me more about the changes to the Spa and how the redesign has affected this space. The Spa at Le Sereno has partnered with the Swiss cosmetic company Valmont and has been expanded to now include three full treatment rooms, including the guest favorite waterfront pavilion - a coveted space for relaxation and the island’s only beachfront treatment room. In-room spa services are also available. The new fitness room will boast the latest fitness technology and equipment. In between the spa and fitness facilities is a new


Y a-t-il eu un effet Saint-Barth sur les hôtels Sereno ? Sereno Hotels est une entreprise familiale, et personne d’entre nous aurait pu deviner à quell point Saint-Barth allait changer la vie de notre famille élargie. Aujourd’hui, je travaille exclusivement pour nos hôtels et j’ai déménagé en Italie pour me rapprocher de notre site sur le Lac de Côme. C’est mon frère qui a construit le premier Le Sereno, ma sœur n’a pas hésité à déménager à Saint-Barth pour plusieurs années et ses enfants y ont grandi, fréquentant les écoles locales. Quant à mes parents, ils ne cessent de prodiguer leurs conseils pour améliorer l’opération. Cette île magique nous a transformé et amélioré nos vies et celles de la nouvelle génération qui a grandi au Sereno.

garden that provides a serene space for guests to practice yoga or meditation. How has Le Sereno’s redesign taken environmental impact into account? We rebuilt all of the systems, energy, water and technology platform for the hotel. New solar panels heat the water and generate electricity, state of the art air conditioners reduce energy consumption, and heat exchangers use the heat emanating from the air conditioners to heat the pools and the water. Coupled with new low power lighting, this allows the hotel to offer new amenities to guests while significantly lowering energy consumption throughout the property. All of the new construction is made with sustainably sourced wood and stone. The entire property is outfitted with new windows and insulation designed to reduce energy consumption. Le Sereno also features on-site water desalinization capability and grey water is treated and reused for irrigation, which allows the property to be completely “off the grid” from scarce city water resources. How has Sereno Hotels developed since you first came to St Barts? Sereno Hotels is a family company, and none of us could have guessed how much St Barts would change the life of our extended family. I now work exclusively in the hotels and moved to Italy to be near the Lake Como operation; my brother built the original Le Sereno; my sister actually moved to St Barts for several years, where her children grew up going to the local school; and my parents are always providing advice on how we can improve the operation. This magical island has touched and improved all of our lives, and the lives of the next generation that have grown up at Le Sereno.

LE SERENO

génèrent l’électricité et le chauffage de l’eau, des climatiseurs à la technologie de pointe réduisent la consommation d’énergie et des échangeurs thermiques utilisent l’air chaud rejeté par les climatiseurs pour chauffer l’eau courante et la piscine. Ajoutez à cela le nouvel éclairage basse consommation et vous avez un hôtel qui offre à ses hôtes tout ce qui peut contribuer au bien-être tout en baissant la consommation d’énergie du site dans son ensemble. Tous les éléments de la reconstruction, pierres, roches, essences de bois, proviennent de sources durables. Toute la propriété est équipée de fenêtres et de matières d’isolation qui permettent de réduire la consommation d’énergie. Le Sereno se targue également de ses unités de dessalement d’eau de mer et du traitement et recyclage dans l’irrigation des eaux usées, ce qui lui permet d’être complètement « hors réseau », indépendant des maigres ressources du réseau d’eau municipal.


HQE,

ou la dynamique du paradis or the Dynamics of Paradise Rédaction: Vladimir Klein - Photos: Archives - Traduction: Rachel Barrett-Trangmar

D

ans toutes les mythologies du monde, nous retrouvons des gardiens aux portes du paradis. Car, par définition, le paradis est menacé. Peutêtre que les hommes qui ont imaginé nos mythes fondateurs ignorèrent-ils l’identité du plus grand ennemi du paradis : le temps. Celui dont on dit qu’il passe. C’est l’ennemi immatériel et pourtant omniprésent, silencieux et impitoyable. Peu à peu l’Homme a découvert que les paradis, si l’on n’y prend garde, sont éphémères. Fort heureusement, avec l’avènement de la science, nous avons non seulement de mieux en mieux compris le monde qui nous entoure, nous avons aussi appris, un peu tardivement sans doute, que les seuls gardiens efficaces du paradis, c’est nous. Depuis une centaine d’années cela a donné naissance, lentement d’abord, puis de manière de plus en plus aigüe depuis une quarantaine d’années, à la réalisation que nous devons agir de façon décisive et décidée pour préserver la vie sur terre, et à plus forte raison, les paradis qui, par ci, par là la parsèment.

Parfois, sans que nous le lui demandions, la nature, grâce à tel ou tel phénomène de dimension catastrophique vient nous rappeler notre fragilité fondamentale face à sa majesté. A Saint-Barthélemy le souvenir d’Irma ne s’estompera pas de si vite. Peut-être avionsnous besoin de cette piqûre de rappel, peut-être la vie fut-elle trop belle, trop tranquille, même après que les turbulences de la sur-financiarisation de l’économie mondiale aient éclaboussé nos plages.

Saint-Barth, un modèle de résilience Toujours est-il qu’aujourd’hui les Saint-Barths, de souche et d’adoption, donnent une nouvelle preuve de

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n all the mythologies of the world we find a guardian at the gate of paradise. This is because, by its very nature, paradise is under threat. Maybe those who first imagined our founding myths were unaware of the greatest enemy of paradise – time. That is, the time that passes; it is an intangible enemy, and yet omnipresent, silent and ruthless. Man has gradually realized that, if we are not on our guard, this paradise is ephemeral.

Fortunately, with the advent of science, we not only have an increasingly better understanding of the world around us, but we have also learned, perhaps somewhat belatedly, that the only effective guardian of paradise is mankind. For the past hundred years, this has given rise (first slowly, then more and more acutely over the last forty years) to the realization that we must act decisively and decidedly in order to preserve life on earth and, more importantly, the paradise that is scattered here and there. From time to time, and without our asking, nature reminds us of our fundamental fragility relative to its grandeur – notably in the event of a catastrophic phenomenon. On St Barts, the memory of Irma will certainly take time to fade. Perhaps we needed this reminder; maybe life was too beautiful, too tranquil – even after the turbulence of the global economic crisis had crashed against our shores.

St Barts – a Modal of Resilience However, the people of St Barts (both native and adopted citizens) have once again demonstrated their resilience, forged by their love of this eight square mile gem of a rock, encircled by diamond white sand and set in rippling emeralds. A paradise www.tropical-mag.com

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leur résilience, forgée par leur amour pour ces vingt et un kilomètres carrés de rocher ourlés de sable blanc, incrustés dans un tapis ondulant d’émeraude. Un paradis qui a failli disparaître, déchiqueté par les forces infernales d’un cyclone nommé Irma. Dans le calme après la tempête, tout en parant au plus pressé, beaucoup d’entre nous ont trouvé le temps de réflexion permettant de tirer les premières conclusions non seulement de la destruction subie, mais aussi et surtout, pour répondre intelligemment aux nouvelles modalités de notre rapport avec la nature, le climat, et l’exploitation de nos ressources. Souvenons-nous qu’à l’aube de la découverte de sa vocation de destination touristique, il y a cinquante ans – déjà ! – les habitations sur l’île étaient dispersées, plutôt modestes, reflétant en cela parfaitement son statut économique. Puis avec l’évolution touristique, de grandes et belles maisons ont été construites, souvent à destination de locations saisonnières, suscitant la création de structures commerciales, pour les promouvoir et les gérer. Observant cela, c’est tout naturellement que les habitants de Saint-Barth, fort de cet essor économique, ont voulu rentabiliser au maximum leurs terrains. On a ainsi vu fleurir sur une même parcelle plusieurs petites habitations de facture plus ou moins médiocre, dans la seule optique de bénéficier d’une rentabilité locative croissante. Indéniablement c’est encore trop souvent le cas, le corollaire le plus regrettable de ce phénomène étant la dispersion urbanistique qui en résulte et qui impacte considérablement l’environnement, d’autant que pour chaque maison construite, cela implique d’autres aménagements et infrastructures (accès à l’eau, à l’électricité, voies d’accès, espaces de parkings obligatoires). Un chantier permanent, avec toutes les nuisances que cela suppose. Confronté au défi de l’après Irma, par le truchement de son Conseil exécutif la Collectivité territoriale de Saint-Barth a fait preuve de sa volonté d’embrasser l’avenir. Elle a récemment opté pour une approche qui allie la responsabilité collective qu’elle incarne avec le désir d’excellence en quête d’un avenir durable. Notamment, cela s’est traduit par l’adoption de tout ce que représente le sigle HQE : Haute Qualité Environnementale. Développée parallèlement aux normes LEED aux Etats-Unis, le concept HQE, une démarche initiée en France en 1996, quasiment en même temps que le modèle américain, a été validé par une certification AFNOR en 2005. La HQE, intégrée dans les offres d’architecture et d’ingénierie, vise à maîtriser les impacts sur l’environnement d’une opération de construction (ou de réhabilitation) immobilière en stipulant des objectifs qui regroupent un ensemble d’exigences ou cibles environnementales portant sur le respect et la protection de l’environnement extérieur ainsi que la création d’un environnement intérieur sain, qui, aussi luxueux qu’ils puissent être, s’inscrivent dans une ergonomie écologique de consommation de ressources naturelles, de gestion des déchets et de nuisance sonore, entre autres.

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that almost disappeared when torn to shreds by the infernal forces of a hurricane called Irma. In the calm after the storm, whilst tending to our most urgent needs, many of us equally found time for reflection, allowing some initial conclusions to be drawn. The focus was not only on the destruction endured, but also, and above all, how we should respond intelligently to the new modalities of our relationship with nature, the climate and the exploitation of our resources. We should remember that when St Barts first discovered its role as a tourist destination – already fifty years ago! – the houses on the island were dispersed and rather modest, perfectly reflecting its economic status. Then, with the evolution of tourism, big and beautiful villas were built, commonly for seasonal rental, which led to the formation of commercial businesses to promote and manage them. On witnessing this, together with the economic boom, it is only natural that the inhabitants of St Barts wanted to maximize the profitability of their land. Subsequently, groups of small houses sprang up on a single plot of land, at a reasonable cost and for the sole purpose of benefiting from an increasing rental return. Undeniably, and it is still too often the case, the most regrettable outcome of this phenomenon is the resulting urban expansion, which has a considerable impact on the environment. This is principally because, for every house built, other facilities and infrastructure are required – access to water, electricity, roads, and mandatory parking spaces. The island has become a permanent building site with all the disturbance which that entails. When faced with the challenges after Irma, the Collectivity of St Barts, through its Territorial Counsel, demonstrated its commitment to embrace the future. It has recently opted for an approach that combines its characteristic collective responsibility with the desire for excellence, in pursuit of a sustainable future. Notably, this has led to the adoption of a new concept, ‘High Environmental Quality’, represented by the acronym HQE (Haute Qualité Environnementale). Developed concurrently with the standards set by LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) in the United States, the term HQE is an approach initiated by France in 1996, approximately the same time as the American model. It was then validated and certified by the French association for standardization, AFNOR, in 2005. The HQE, which is integrated into architecture and engineering proposals, aims to control the environmental impact of a real estate construction project, or renovation, by stipulating certain objectives. These include a set of environmental requirements and targets regarding respect for and protection of the exterior environment, as well as the creation of a healthy interior environment. As luxurious as a property may be, it still has to adhere to certain environmental ergonomics for the consumption of natural resources, waste management, and noise pollution, amongst others.


Haute Qualité Environnementale (HQE)

High Environmental Quality (HQE)

La charte de chantier HQE prévoit la prise en compte des 14 cibles suivantes pour une meilleure qualité environnementale des bâtiments. Les cibles d’écoconstruction (1 à 3) : Relation harmonieuse des bâtiments avec leur environnement immédiat, Choix intégré des procédés et produits de construction, Chantier à faibles nuisances. Les cibles d’éco-gestion (4 à 7) : Gestion de l’énergie, Gestion de l’eau, Gestion des déchets d’activités, Entretien et maintenance Les cibles de confort (8 à 11) : Confort hygrothermique, Confort acoustique, Confort visuel, Confort olfactif. Les cibles de santé (12 à 14) : Conditions sanitaires, Qualité de l’air, Qualité de l’eau.

The HQE building charter includes the following 14 targets to improve the environmental quality of buildings: Eco-Construction Targets (1 to 3): Harmonious relationship between buildings and their immediate environment. Integrated choice of construction methods and materials. Minimum disturbance by the construction site. Eco-Management Targets (4 to 7): Energy management. Water management. Waste management of building activities. Upkeep and maintenance. Comfort Targets (8 to 11): Hygrothermal comfort. Acoustic comfort. Visual comfort. Olfactory comfort. Health Targets (12 to 14): Health and safety conditions. Air quality. Water quality.

La HQE n'est pas un label mais une démarche globale faisant appel à une approche multicritères. Pour qu’un projet soit certifié il devra atteindre au minimum 7 cibles avec au moins 4 cibles au niveau performant et 3 au niveau très performant. La certification HQE pousse à faire preuve d’ingéniosité. Les bâtiments HQE démontrent souvent des innovations techniques, de hauts niveaux de performance énergétique, un confort plus élevé, une grande réduction de l'impact environnemental du bâtiment. Ils bénéficient à leurs propriétaires et occupants mais aussi à la communauté. C’est pourquoi si l’on peut certes y voir l’occasion de montrer son engagement public, partant des communes délivrant les permis de construire, tous les acteurs de la filière comprennent aussi que c'est une option financièrement viable qui offre un bon rendement du capital investi. Nous parlons d’une plus grande durabilité, d’économies d’énergie de 30% à 70%, d’une consommation d’eau jusqu’à deux fois moins élevée, d’un confort et d’une qualité de l'air intérieur accrue, d’une meilleure valeur de revente.

La mise à l’épreuve d’un concept novateur Très clairement, ce moment charnière dans le développement de notre île, et c’est ce que la Collectivité territoriale a reconnu, est une chance pour SaintBarth, que nous ne pouvons pas nous permettre de manquer. Il ne s’agit pas « que » d’architecture ou de développement immobilier, les implications de la démarche HQE constituent en réalité une réponse pragmatique au développement global de notre île. Plus qu’un outil technique, la Haute Qualité Environnementale est la traduction d’une philosophie d’avenir. Il est rare que l’impulsion d’une telle innovation, qui rompt avec le confort des habitudes prises pendant les années grasses, vienne d’un seul acteur, d’un pionnier visionnaire et charismatique. En réalité c’est plus souvent la rencontre, la confluence de réflexions menées de part et d’autre qui finit par mettre au jour une évidence cachée en pleine vue. Ainsi, la Collectivité territoriale a été particulièrement sensible au

HQE The HQE is not a label, but a comprehensive multicriteria approach. For a project to be certified, it has to meet at least 7 targets, with at least 4 targets at a high performance level and 3 at a very high performance level.

The HQE certification is a source of ingenuity. HQE buildings often display technical innovations, high levels of energy performance, increased comfort, and a large reduction in the environmental impact of the building. Such buildings not only benefit their owners and occupants, but also the community. Thus, while this can clearly be seen as an opportunity to demonstrate social responsibility, within a community issuing construction permits, all the stakeholders involved will also realize that it is a financially viable option offering a good return on capital investment. We are talking about greater sustainability, energy savings of 30% to 70%, up to 50% less water consumption, increased comfort and air quality, and a better resale value.

Testing an Innovative Concept

Without doubt, this pivotal moment in the development of our island is an opportunity that St Barts cannot afford to miss, and one that has been recognized by the Collectivity. It is not simply a question of architecture or real estate development, the implications of the HQE approach are actually a pragmatic response to the overall development of our island. It is more than just a technical tool; High Environmental Quality represents a philosophy for the future. It is rare that the impulse of such innovation, breaking with the comfortable habits formed during the boom years, comes from a sole player, a visionary and charismatic pioneer. In reality, it is more often a combination of thoughts and ideas from various sources, which ends up revealing something that was already self-evident. The territorial Collectivity was thus particularly sensitive to the project ‘Val de Flamands’, presented by the consultancy ODP, which has designed and created a number of beautiful and prestigious projects on the www.tropical-mag.com

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VAL DE FLAMANDS

projet Val de Flamands présenté par l’agence ODP, auteur de nombreuses prestigieuses et belles réalisations sur l’île. Ce sera le premier projet réalisé à Saint-Barth répondant aux normes LEED/HQE. Depuis une dizaine d’années déjà, le cabinet d’Olivier Dain a mis en œuvre et prouvé la validité de solutions technologiques novatrices qui concilient les exigences d’ergonomie écologique avec la conception de villas luxueuses dotées chacune d’une personnalité affirmée. Avec Val de Flamands, ODP propose de développer cette philosophie de la maison individuelle exclusive à une échelle inédite, une solution élégante de tout point de vue, dont le nom technique mériterait cependant d’être plus séducteur : l’habitat groupé. C’est ainsi que les techniciens du secteur désignent un groupement d'au moins trois maisons assemblées dans un projet, avec une conception aussi individuelle que collective. Suivant sa philosophie éprouvée de conjugaison des talents, ODP – bureau d’études techniques spécialisé depuis plus de 20 ans dans la construction ou la rénovation de villas très haut de gamme – a invité l’agence bordelaise Hobo Architecture à dessiner ce projet et à le développer sous la direction artistique de Tristan Auer. Celui-ci, ancien collaborateur de Christian Liaigre et Philippe Starck, développe depuis la fondation de sa propre agence une vision empreinte de classicisme vivant et réinventé, brillamment traduite, notamment, dans l’hôtel cinq étoiles Le Crillon, Place de la Concorde, mais aussi dans des villas superbes comme à Moustique.

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island. This will be the first project on St Barts that adheres to the standards of the LEED/HQE. For over a decade, Oliver Dain’s consultancy has implemented and proven the validity of innovative technological solutions, which combine the requirements of environmental ergonomics with the design of luxury villas, each one endowed with a distinct character. With Val de Flamands, ODP is proposing to develop a philosophy of exclusive individual homes on an unprecedented scale. An elegant solution from all aspects; however, its technical name, ‘grouped housing’, deserves to be more seductive. It is basically the specialist technicians’ designation for a group of at least three houses, assembled together in a project, whose design is both individual and collective. ODP, an engineering and design consultancy, has been specializing for more than twenty years in the construction and renovation of high-end villas. In adhering to its tried and tested philosophy of combining talents, ODP invited Hobo Architecture, an agency from Bordeaux in France, to design this project and to develop it under the artistic direction of Tristan Auer. A former collaborator of Christian Liaigre and Philippe Starck, Tristan Auer has since founded his own agency whose vision is marked with a spirited revival of classicism, which is skillfully expressed in projects such as the five-star Hotel de Crillon in Place de la Concorde, Paris; and superb villas in places such as Mustique. The Hobo Architecture agency, managed by Frédérik Dain, is organized around six architects and approximately fifteen associates, working within the framework of specific ongoing Research and Development.


While Frédérik Dain has developed a particular expertise for high-end projects for villas and residential hotels, his knowledge of the particular surroundings of the island of St Barts, gleaned over twenty years, allows him to understand the distinctive context of the island and its new challenges of density and protection in constructed areas. For St Barts, the most significant advantage of grouped housing is the reduction of its ecological footprint. For example, in the case of Val de Flamands, and speaking of the public and collective dimension of the project, there are four building sites – but let us not mince words, this means four sources of disturbance, which may well be temporary, but never appreciated. However, these four in fact merge into one; so the four potential access roads, taking up space and of little benefit to the landscape, are reduced to one. In an area as restricted as our ‘little rock’, as rugged as can be, it is considerably advantageous for the ground levelling and structural works to be concentrated on a single site, instead of being multiplied by four.

L’agence Hobo Architecture dirigée par Frédérik Dain est organisée autour de six architectes et une quinzaine de collaborateurs au total, travaillant dans une logique de Recherche & Développement spécifique et permanent. Si Frédérik Dain a développé une expertise spécifique pour les programmes de luxe destinés aux villas et hôtels résidentiels, sa connaissance du cadre particulier de l’île de Saint-Barth depuis plus de 20 ans lui permet d’appréhender le contexte spécifique de l’île et ses nouveaux enjeux de densité et de protection du cadre bâti. Pour Saint-Barth, l’avantage le plus appréciable d'un habitat groupé est la réduction de son empreinte écologique. Dans le cas de Val de Flamands, par exemple, et parlant de la dimension publique et collective du projet, ce sont quatre chantiers – et n’ayons pas peur des mots, quatre sources de nuisances, temporaires mais jamais appréciées – qui se fondent en un seul, quatre voies d’accès potentielles, mangeuses d’espace et peu valorisantes pour le paysage, qui se réduisent à une seule. Sur un terrain aussi contraignant que peut être notre « caillou », accidenté à souhait, c’est un avantage considérable, les travaux de terrassement et le gros-œuvre se trouvant concentrés sur un seul site au lieu d’être multipliés par quatre. Comme l’explique l’architecte Frédérik Dain, « arrêter définitivement l’urbanisation dans un monde en croissance et en particulier ici à Saint-Barth, compte tenu de l’attractivité justifiée de l’ile, n’est qu’une pure utopie. Alors il nous faut inventer des solutions à l’étalement urbain, à l’imperméabilisation des sols et au recul progressif des zones naturelles tout en

As architect, Frédérik Dain, explained, “… to stop urbanization totally in a growing world, particularly here on St Barts given the island’s authentic appeal, is nothing but a utopian dream. So, we have to come up with solutions to urban sprawl, soil sealing and the progressive decline in the number of natural areas, while continuing to welcome visitors with the same level of quality. The solution is to create ‘positive densities’, which are based on sharing versus competition. It is a principle used by nature in times of stress, to choose collaboration of organisms over competition … In urban planning, this means that four villas do not engender four roads, four carparks, four cisterns, four generators or four water treatment systems”. This approach necessitates “a frame of reference that requires each decision to be evaluated and shared with the design team and the client; the choices therefore have to be weighed. Furthermore, it is ultimately a way of keeping the Collectivity informed, who, through its administrative authorization, places its trust in the professionals working on the island”. What is equally exemplary is the awareness of the national low-carbon strategy, whose target objective is the reduction of greenhouse gas emissions by 75% before 2050 – taking into account that the building sector is the most emissive (ahead of transport), producing 27% of total emissions. Low-carbon buildings are the future for construction; and the BBCA label, complementary to the HQE philosophy, facilitates the evaluation and promotion of buildings with an exemplary carbon footprint.

Between Challenge and Desire Frédérik Dain spoke about the challenges of the project, “As architects, we also believe that no villa or building www.tropical-mag.com

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continuant à accueillir avec autant de qualité. La solution est de créer des ‘densifications positives’ qui sont basées sur la mutualisation et non la compétition. C’est un principe que la nature utilise quand en cas de stress elle choisit la collaboration des organismes à la place de leur mise en concurrence… En urbanisme cela veut dire que quatre villas n’ont pas besoin de générer quatre routes, quatre parkings, quatre citernes, quatre groupes électrogènes, ou quatre stations d’épuration ». Cette démarche impose « un référentiel qui oblige à évaluer chaque décision et à partager ces décisions avec l’équipe de conception et le client, les choix auront donc été pesés. C’est aussi au final une manière de rendre compte à la collectivité qui accorde par l’autorisation administrative sa confiance aux professionnels qui œuvrent dans l’île ». Exemplaire aussi, la prise en compte de la stratégie nationale bas-carbone, qui vise l’objectif d’une division par quatre des émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2050, sachant que le bâtiment est le premier secteur le plus émissif devant les transports avec 27% des émissions. Le bâtiment bas carbone est l’avenir de la construction et le label BBCA, complémentaire à la philosophie HQE, permet de mesurer et de valoriser les bâtiments à l’empreinte carbone exemplaire.

Entre défi et désir Les enjeux du projet font dire à Frédérik Dain que « Notre position d’architecte est aussi qu’à SaintBarthélemy aucune villa ou aucun bâtiment ne doit chercher à marquer à lui seul le paysage. Ici il faut éviter les egos trop développés et accepter de participer avec humilité à l’harmonie d’un tout. Ce qui est unique dans cette ile c’est qu’elle constitue un paysage global extrêmement fragile ou les collines vertes ponctuées de toitures de tôle rouge regardant une mer bleue azur forment une signature reconnaissable entre toutes, chaque tentative de se signaler par un geste dans ce paysage est une altération inutile à l’ensemble. Nous avons donc cherché à fondre le projet dans le paysage, une part du programme est pour ainsi dire immergée, comme le sont les quatre-cinquièmes d’un iceberg… Seul le chantier de terrassement va révéler pour un temps le programme. Mais Il faut noter que les terrassements, bien qu’importants, restent bien en dessous des terrassements qu’auraient nécessités quatre villas sur quatre terrains isolés dispersés dans les collines ». « Enfin l’enjeu majeur de ce projet est que la discrétion de la construction vue de l’extérieur est inversement proportionnelle à la qualité des intérieurs dessinés par Tristan Auer. Ici le luxe est discret, caché et ne se révèle qu’aux visiteurs et à leurs hôtes. Chaque villa est un lieu unique bénéficiant d’une vue unique ». Le caractère individuel et exclusif s’exprime pleinement au niveau des volumes, des surfaces, des ouvertures et de l'aménagement intérieur des

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on St Barts should seek to make an impression on the landscape. Here on this island, we must avoid overinflated egos and accept to participate with humility in the harmony of a whole. What is unique on this island is that it constitutes an extremely fragile global landscape, where the green hillside, punctuated with red tin roofs, overlooking an azure sea, creates an easily recognizable signature. Any attempt to make yourself noticed in this landscape needlessly changes its whole aspect. We have therefore tried to blend the project into the landscape; part of the structure is virtually immersed, like four-fifths of an iceberg … Just the earthworks of the project will be temporarily visible, but such works, while significant, will be far less than those required for four villas on four individual plots of land dispersed on the hillside”. “Finally, the major challenge of this project is that the discretion of the construction, when viewed from the outside, is inversely proportional to the quality of the interiors, designed by Tristan Auer. This is where the luxury is discreet, hidden and only revealed to visitors and their guests. Each villa has a unique character together with a unique view”.


Val de Flamands, Salon bois - Tristan Auer

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VAL DE FLAMANDS

Vue de la terrasse

maisons, l'inscription des jardins, terrasses et piscines dans le terrain faisant de chaque villa un véritable clos : un domaine privé niché au creux de la colline dominant la baie de Flamands, à deux minutes à pieds de la plage mythique de Flamands où est situé l’hôtel Cheval Blanc et les villas pieds dans l’eau les plus convoitées de SaintBarth, répondra en tout point à cette attente, offrant un confort, un style et une ambiance uniques au milieu d’une végétation luxuriante. Orientées nord-nord-ouest sur un terrain à flanc de la colline verdoyante, les quatre villas feront face aux îles qui donnent leurs noms à chacune d’elles : Bonhomme, Frégate, Toc Vers et Grenadiers. L’accès aux différents niveaux de la résidence se fera par un escalier central et un ascenseur partant du parking de 16 places situé en sous-sol. Les matériaux nobles et naturels (pierres, bois, végétaux) habilleront les façades et les terrasses de telle sorte que la résidence s’intègre en se fondant dans la colline et en assurant une totale intimité à ses occupants. De larges terrasses avec piscine privative permettront de profiter de la vue, de la brise et au final de “l’art de vivre” unique de Saint-Barth. D’évidence, avec Val de Flamands, Saint-Barth est bien parti pour poser un marqueur, une référence non seulement pour la gestion de l’urbanisation de l’île, mais une preuve de la volonté des Saint-Barths d’assurer la pérennité d’un paradis reçu en cadeau de la nature, dont ils sont les gardiens.

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This exclusive individuality is fully expressed by the volumes, surface areas, openings and the interior design of the houses. This, together with the setting of the gardens, terraces and pools in the grounds of the property, makes each villa a veritable asset. This private residence, nestled in the hillside overlooking the bay of Flamands, and just two minutes’ walk from its mythical beach – where you equally find the Cheval Blanc hotel and the most sought-after beachfront villas on St Barts – will meet all expectations, offering unique comfort, style and ambiance in the midst of lush vegetation. Oriented north-north-west on a green hillside, the four villas face the islands which are their namesakes: Bonhomme, Frégate, Toc Vers and Grenadiers. Access to the different levels of the residence will be via a central staircase and an elevator from the carpark in the basement, with sixteen parking places. The highgrade and natural materials (stone, wood and plantbased) will be used for the facades and terraces, in order that the residence harmonizes with the hillside, ensuring total privacy for its occupants. The large terraces around the private pool are perfect for enjoying the view and cool breeze, and ultimately the unique art of living on St Barts. It goes without saying that, with Val de Flamands, St Barts is all set to be a point of reference; not just for the management of the island’s urban development, but to prove how the people of St Barts wish to ensure the perpetuity of this paradise – a gift from nature of which they are the veritable guardians.


Tristan

Auer

Passe-muraille entre design et décoration

Pushing the Boundaries Between Design and Decoration

Enfant de la Provence, il est né à Metz et a grandi à Aix, Tristan Auer est devenu Parisien à 19 ans en entrant à Ecole Penninghen, référence internationale du design et de l’architecture intérieure. Fort de cette double appartenance au lieu et d’une curiosité insatiable, moins de trente ans plus tard, il est devenu une icône de la création d’intérieurs, mariant dans un même scénario les exigences du design avec le réconfort de la décoration, s’exprimant dans un néoclassicisme brodé de subtiles provocations, traversé par des éclairs espiègles.

Tristan Auer started his life in Provence, where he was born in the town of Metz and raised in Aix. He then moved to Paris at nineteen, enrolling at the Penninghen Design School – an international reference for design and interior architecture. With a dual sense of place and insatiable curiosity, it was less than thirty years later that Tristan became an icon in the world of interior design. He cleverly combines the demands of design with the comfort of decoration, together in the same setting; creatively incorporating neoclassicism adorned with subtle allure and interwoven with hints of mischievousness.

Doté, de son propre aveu, d’un grand intérêt pour la mode, il en a adopté le sens des relations, de la mise en scène et du branding personnel. Avec un succès certain. Rien qu’en 2017 il a été élu Homme de l’Année par le magazine GQ et Créateur de l’Année par le salon international de référence en matière de design et décoration, Maison & Objet, où en septembre 2017 il a été invité à mettre en scène un espace dédié à son travail.

Tristan admits to a great interest in fashion, and thus embraces networking, showcasing and personal branding – with significant success. In 2017 alone, he was voted one of the ‘Men of the Year’ by the French GQ magazine; and ‘Designer of the Year’ by ‘Maison & Objet’ – the renowned international trade fair for design and decoration, where he was invited to showcase his creations in an exhibit dedicated to his work, in September 2017.

Val de Flamands, Salon blanc - Tristan Auer www.tropical-mag.com

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Mais cela n’est qu’un aspect du personnage, peutêtre une simple soupape pour l’énergie et la quête du travail bien fait qui manifestement l’habitent. Diplômé de l’Ecole Penninghen en 1996, Tristan Auer travaille sous la direction de deux patrons qui représentent des options opposées dans le monde du design : Christian Liaigre, créateur d’une distinction néoclassique dépouillée, soucieuse d’harmonie et de bon goût, et Philippe Starck, tourbillonnant inventeur dès les années 1980 d’un French Design en rupture avec les conventions respectueuses et friand d’innovations techniques. D’eux, il dit, « Aux antipodes l’un de l’autre, ils m’ont tout appris. Le goût de l’excellence et la rigueur des lignes pour l’un ; la rapidité, le foisonnement, la fantaisie, sans hésiter à casser les codes, pour l’autre ». Starck le vire au bout de quatre ans, ce qui lui paraît comme « une sage décision, aujourd’hui je lui dis merci !». Rencontrée à cette époque, c’est Andrée Putman, sensible aux affinités de leurs approches du métier, qui l’encourage à s’émanciper de ces « pères », à défricher sa propre trace.

However, that is just one aspect of his character; perhaps it is simply a way of releasing energy and a quest for work well done – both distinct personality traits. After graduating from Penninghen Design School in 1996, Tristan Auer worked under the direction of two bosses, who epitomize opposite poles in the world of design. Firstly, Christian Liaigre, creator of simple neoclassical elegance, focused on harmony and style; followed by Philippe Starck, unbridled creator of French design since the 80s, breaking with respectful convention, and a lover of technical innovation. Tristan relates how “These ‘polar opposites’ taught me everything. From one, I learned a taste for elegance and the rigor of lines; and from the other, it was speed, abundance, fantasy and to not shy away from breaking the rules”. Starck fired Tristan after four years, which Tristan realizes was “a wise decision, for which I now thank him!”. It was at that time that he encountered Andrée Putman, who was aware of the affinities of Starck and Liaigre’s professional approach, and encouraged Tristan to break away from these ‘fathers’ to make his own mark.

L’envol

Taking Flight

En 2002, Tristan Auer fonde son agence Izeu qui bientôt multiplie les projets à travers le monde, de Paris à New York, de Londres à Oman, de Beijing à Mustique, de Moscou à Caracas. Selon le magazine

In 2002, Tristan Auer founded his agency ‘Izeu’, which soon led to a large number of projects across the world – from Paris to New York, London to Oman, Beijing to Mustique, and Moscow to Caracas. According to the American magazine ID, he has “perfected a certain kind of Parisian chic: airy, elegant and understated”. This creative success is the result of his meticulous selection of ideas and ambiances prior to projects, combined with a perfect understanding of the demands and constraints of luxury – interpreted in the spirit of Leonardo da Vinci’s famous quote, “Simplicity is the ultimate sophistication”. As artistic director of Wilson Associates since 2015, Tristan has also been running the Paris office of this interior design company, internationally renowned for its luxury hotel designs. In an interview with Hubert Magazine, he stresses the importance of sensitivity and understanding throughout

Appartement 8AA

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© Amaury Laparra


américain ID, il a « perfectionné un certain chic parisien aux accents frisquets : léger comme l’air, élégant et enjoué, qui ne force jamais ses effets ». C’est le résultat d’un alliage du méticuleux travail de défrichage des idées et des sensations en amont des projets et d’une parfaite compréhension des exigences et des contraintes du luxe, interprété dans l’esprit de la fameuse phrase de Léonardo, « la vraie sophistication c’est la simplicité ». Depuis 2015, en tant que directeur artistique de Wilson Associates, il dirige parallèlement le cabinet parisien de ce spécialiste mondialement connu de l’hôtellerie de luxe. Dans une interview avec Hubert, il met l’accent sur l’intention d’intelligence sensible qui gouverne son travail : « Je n’ai pas de style à proprement dire. Mon travail se base sur du sur-mesure… Ma prestation se Tristan Auer construit en fonction de la personnalité de mon client, de son identité, ses envies. Cela his work, “I have no style to speak of. My work is funcommence par une étude sociologique en quelque damentally made-to-measure … My service is created sorte. Même si tout évolue, naturellement ». according to the personality of my client, their identity, Plus loin, « Ce sont les choses les plus intimes qui their desires. It begins with a type of sociological amènent à la création. Toute cette culture que l’on study. Even if it all changes later, of course”. ingurgite, tout ce magma, ce n’est pas contrôlable […] l’inspiration, c’est la magie de l’accident. Etre un bon créateur c’est être poreux, se mettre en danger, explorer plein de choses, l’inspiration est partout ». Dans un autre entretien il déclare que « La maison est un vêtement que l'on adapte à la psychologie mais aussi à la morphologie du client. Comme un tailleur. Je suis un tailleur d'intérieur ». Cependant, son talent et appétit de créateur ne se contentent pas des espaces théâtrales que sont les palaces, ni des intérieurs taillés, habillés sur mesure dans un mélange audacieux de références classiques et de design d’avant-garde qui font son style, sa signature. De grands éditeurs de mobilier – de Pouenat à Ozone en passant par Contardi, Holly Hunt, Taillardat, ou Christophe Delcourt – le sollicitent pour le renouvellement de leurs gammes, de grandes marques – telles Cartier ou Heidsieck – lui confient la création d’écrins qui magnifient leur image.

Storyboard Cette approche du métier rêvé puis choisi, que l’on pourrait presque qualifier d’holistique, s’inspire aussi, bien entendu, de nourritures plus terrestres – encore que – les voyages, la littérature, la BD, la musique – qu’il aime écouter dans sa tanière de douze mètres carrés, espace de retraite, intime, sans fenêtres, aménagé au milieu de son appartement de Pigalle. Il dit aussi pouvoir lâcher prise assis dans un train ou un avion, se déconnecter du monde et penser, laisser sédimenter impressions et sensations qui lui permettent d’entendre l’harmonie et le rythme d’une prochaine création, comme dans une partition musicale. Tristan Auer reconnaît élaborer ces plans tels les storyboards d’un réalisateur, multipliant les croquis, les prises de notes sur des feuilles de brouillon, portant

He then adds, “These are the most intimate things that lead to creation. All this culture that we absorb, all this magma, it is not controllable […] inspiration is the magical result of an accident. To be a good creator, you have to be porous, face danger and explore many things – inspiration is everywhere”. In another interview, he states, “A house is like a garment that one adjusts to fit both the psychology and morphology of the client – like a tailor. I am a tailor of interiors”. However, his talent and creative appetite is not simply limited to vast dramatically designed palaces, or interiors tailor-made in an audacious mélange of classical references and avant-garde designs – which mark his style and signature. He is equally called upon to create new ranges for luxury design houses – from Pouenat to Ozone, including Contardi, Holly Hunt, Taillardat and Christophe Delcourt. And major brands, such as Cartier and Heidsieck, entrust him with the creation of presentation boxes promoting their image.

Storyboard This approach to a dream and chosen profession, that could be termed holistic, is of course also inspired by fruits of an earthlier kind, albeit travel, literature, comics, and music – which he loves to listen to in his 130 square foot windowless private retreat, set in the middle of his Pigalle apartment. Tristan also relates how he is able to switch off on a train or plane, to detach himself from the world and reflect; letting impressions and sensations sink in, allowing him to hear the harmony and rhythm of his next creation, like a musical score. Tristan Auer reveals how he develops his ideas like a film director’s storyboard, making multiple sketches and www.tropical-mag.com

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Suspendre le temps… en mouvement Son expression la plus personnelle, peut-être, Tristan Auer la réserve pour sa passion des voitures classiques que depuis de nombreuses années il collectionne, en conducteur et hédoniste assumé. Pour lui, la voiture est tout sauf un lieu anodin, ce serait plutôt une invitation à suspendre le temps. Espace d’entre-deux, son habitacle est un refuge, le théâtre intime de nos émotions et de nos sensations. « Car Tailoring » est né de l’envie de Tristan Auer de partager sa vision d’une expérience totale, poussant à l’extrême l’idée de personnalisation. L’architecte d’intérieur envisage ces habitacles comme une maison, miroir de son propriétaire, de ses goûts, de ses habitudes. Il personnalise l’intérieur des belles cylindrées, comme il le fait pour un hôtel ou une résidence privée : intérieur des vide-poches en cachemire, plafond en nubuck, tableau de bord en cuir mat, sacoches coordonnées, pour vivre de véritables émotions à chaque instant, révélateurs des désirs et états d’âmes de ses clients complices. Pour chacun, il conçoit un scénario, et imagine un style spécifique, des objets et des accessoires surmesure, afin de créer pour chaque « cabine de luxe » un univers multi-sensoriel, unique en son genre, réalisé grâce au concours d’artisans qui partagent son amour du savoirfaire français. En s’investissant dans la direction artistique de ces espaces, Tristan Auer transpose dans la voiture - demain dans un bateau ou dans un avion - l’émotion qui fait la qualité et l’originalité de ses décors. Il met sa passion et son expertise d’ensemblier contemporain au service d’une expérience d’élégance et d’intensité, pour un nouvel art de vivre en mouvement.

Suspend Time … in Motion Perhaps Tristan’s favorite form of creative expression involves his passion for classical cars, which he has been collecting for many years – both as driver and brazen hedonist. For him, a car is anything but a trivial place, it is more an invitation to suspend time. A space just for two, its interior is a refuge, the intimate theater of our emotions and our sensations. ‘Car Tailoring’ was born from Tristan Auer’s desire to share his vision of a complete experience, pushing to the extreme the idea of personalization. This interior designer considers the in- Citroën DS Crillon © Photo Amaury Laparra side of a car like a house, a reflection of its owner, their taste and habits. He customizes the interiors of these beautiful motors, just as he does for a hotel or a private residence – lining the inside pockets with cashmere, the ceiling in nubuck, the dashboard in matte leather, with matching luggage … to experience the true emotions at every moment, revealing the desires and state of mind of his fellow clients. For each one, he conceives a scenario and imagines a specific style, with bespoke objects and accessories, in order to create a multisensory universe for each ‘luxury cabin’, unique for its kind, and produced by artisans who share his love of French know-how. Tristan Auer’s personal involvement in the artistic direction of these spaces, transposes into a car – tomorrow, a boat or a plane – the emotion that marks the quality and originality of his interior decoration. As a contemporary interior designer, he dedicates his passion and expertise to an experience of elegance and pure pleasure, for a new art of living in motion. Ferrari Dino 308 GT4 © Photos Amaury

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son attention sur les cadrages et le rythme des découpages. Pour composer ces espaces sur-mesure, dignes de la haute-couture, Tristan Auer s’entoure des meilleurs artisans au savoir-faire unique et prêts à participer à toutes les expériences, pour installer l’harmonie tout en donnant leur singularité à ses réalisations au service du bien-être de ceux qui y vivent : le fondement même de l’art de vivre. Cela ne va pas sans goût du risque. Au contrôle et à la perfection, l’architecte d’intérieur avoue préférer les désordres et les vilains petits canards qui bousculent le processus créatif. « Dans mon métier, on se trompe une fois sur deux et souvent la beauté naît de l’erreur ! », se réjouit-il. « Une agence multiculturelle comme la nôtre puise dans une grande variété d’expériences et de vécus pour créer un lien culturel », l’encourageant à enchaîner les projets aussi variés que possible, car « c’est en quittant sa zone de confort que l’on apprend », dit-il. Désormais assisté d’une dizaine de collaborateurs et d’une foisonnante “matériauthèque” – les bureaux regorgent d’échantillons de matières improbables – il aime inviter ses nouveaux clients à plonger la main, les yeux fermés, dans des paniers remplis d’échantillons texturés pour laisser parler leurs émotions et orienter leurs choix. « L’équilibre vient des mélanges d’époques, de styles, entre références classiques et design d’avant-garde, et ne saurait exister sans notes dissonantes ! », observe-t-il.

notes on rough paper, while focusing his attention on the framing and order of the cuts. To design his bespoke haute couture-like interiors, Tristan Auer surrounds himself with the best artisans, who have unique knowhow and are willing to be involved in the whole process. They thereby provide coherence and individuality to his creations, favoring user experience and well-being – the very essence of the art of living. However, this is not without an element of risk. In terms of control and perfection, this interior designer admits to a preference for disorder and the ugly duckling that jostles the creative process. “In my profession, half the time you get it wrong, but beauty is often born from such mistakes!”, Tristan adds positively. “A multicultural agency like ours draws on a wide variety of experiences to create a cultural connection”, thereby encouraging a series of projects as varied as possible, because “it’s on leaving one’s comfort zone that one learns”, he adds. Now assisted by a dozen collaborators and an abundant ‘library of materials’ – the offices are overflowing with samples of quite extraordinary materials – he likes to invite his new clients to close their eyes and plunge their hands into baskets of textured samples, to let their emotions flow and guide their decisions. “Balance comes from a mélange of eras and styles, between classical references and avant-garde design, and could not exist without discordant notes!”, he remarks.

Ne vous méprenez pas pour autant. Derrière le poète se cache un homme rigoureux, qui dit l’horreur que lui inspirent « … les délais dans la réalisation concrète d’un projet. Je trouve cela inacceptable. La construction doit être aussi précise que la mécanique d’une montre suisse ».

However, do not be mistaken, behind this poet hides a rigorous man, who frankly expresses what he cannot abide, “The delays during the construction phase of a project. I feel that it’s unacceptable. The construction should be as precise as a Swiss watch”.

Et maintenant, Saint-Barth

And Now, St Barts

Pour Tristan Auer, le sur-mesure, la culture de la singularité, c’est le vrai luxe. Et quand on lui demande quel projet lui inspire de la fierté, il répond invariablement « le prochain » ! Dans son univers, les créations sont objets de transmission plus que de spéculation. Ainsi, c’est armé de convictions Cotton House éprouvées sur les scènes majeures qui l’accueillent depuis plus de 15 ans maintenant, que ce passeur entre architecture, design et bienvivre s’installe pour un temps à Saint-Barth pour participer, avec Olivier et Frédérik Dain, à la réalisation de Val de Flamands, projet innovant d’un habitat groupé grand-luxe, qui sera empreint des qualités qui ont fait la renommée de ce « tailleur d’intérieurs» au service de l’art de vivre.

For Tristan Auer, made-to-measure – the culture of individuality – is the true luxury. And when asked which project fills him with pride, he invariably responds, “The next”! In his universe, creations are objects of transmission versus speculation. Thus, armed with over fifteen years’ experience of major projects, pushing the boundaries between architecture, design and wellbeing, Tristan Auer has settled on St Barts for a while, where he is collaborating with Olivier and Frédérik Dain in the development of ‘Val de Flamands’. This innovative project is a collection of luxury villas, which will be imbued with the same qualities that have contributed to the renown of this ‘tailor of interiors’ – devoted to the art of living. www.tropical-mag.com

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE

28.08.2018

THE FOUNDATION FOR NATURE AND MANKIND L’écologie perd son unique allié au Gouvernement

Ecology Has Lost Its Only Ally in the Government

La Fondation pour la Nature et l’Homme a appris ce matin la démission de Nicolas Hulot de ses fonctions de Ministre de la transition écologique et solidaire. Elle salue l’engagement et la sincérité de son fondateur, ainsi que sa volonté sans relâche de faire avancer la cause de l’écologie.

The Foundation for Nature and Mankind (‘La Fondation pour la Nature et l’Homme’) learned this morning of the resignation of Nicolas Hulot from his role as France’s Minister for the Ecological and Inclusive Transition. It praises the commitment and sincerity of its founder, as well as his relentless drive to advance the cause of ecology.

La Fondation déplore que le gouvernement n’ait toujours pas répondu à l’urgence de la situation, ni pris les grandes mesures propres à faire de la transition écologique et solidaire le socle de toutes les politiques publiques. La Fondation pour la Nature et l’Homme appelle le chef de l’Etat, le gouvernement et les parlementaires à prendre en compte immédiatement cet électrochoc politique : • En inscrivant la lutte contre le changement climatique, la préservation de la biodiversité et le principe de non-régression à l’article premier de la Constitution. • En concrétisant l’interdiction du glyphosate d’ici 3 ans. • En actant la fermeture de plusieurs réacteurs nucléaires d’ici la fin du quinquennat, en plus de ceux de la centrale de Fessenheim. • En rejetant le CETA, le JEFTA et tous les accords de commerce du même type qui font primer les intérêts commerciaux sur l’enjeu climatique. • En privilégiant le développement du rail à celui du tout-routier. • En démultipliant les moyens pour accompagner les ménages dans la rénovation énergétique des logements.

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The Foundation deplores the fact that the French government has still not responded to the urgency of the situation, nor has it taken the necessary steps to make the ecological and inclusive transition the basis for all its public policies. The Foundation for Nature and Mankind calls on the head of state, the government and the parliamentarians to immediately take into account this political electric shock: • By adding the fight against climate change, the conservation of biodiversity and the principle of nonregression to Article One of the French Constitution. • By implementing a ban on glyphosate within three years. • By approving the closure of several nuclear reactors by the end of the five-year term, in addition to those at the Fessenheim plant. • By rejecting the CETA, the JEFTA and all similar trade agreements that prioritize commercial interests over the issue of climate change. • By choosing the development of railways over roads. • By increasing the financial support to households for energy efficiency renovation.

Les orientations du prochain budget de l’Etat devront démontrer l’ambition du gouvernement, sa prise de conscience et sa volonté de la traduire par une politique efficace et juste.

The direction of the next state budget must demonstrate the government's ambition, and its awareness and willingness to signify this through an effective and fair policy.

La Fondation et sa présidente Audrey Pulvar poursuivent avec détermination leur mission pour une transformation profonde de nos modes de vies, un monde plus respectueux du vivant et plus équitable.

The Foundation and its President, Audrey Pulvar, are resolutely pursuing their mission for a radical change in our lifestyles, and a world that is more equitable and more respectful of life.

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CHRONIQUE

WAKE-UP CALL Avec le départ de Nicolas Hulot du gouvernement et au-delà de ce que chacun peut en penser en fonction de ses options politiques, cela révèle une évidence s’il en était besoin, c’est que la mise en place urgente et impérieuse d’une réelle politique environnementale est, bien malheureusement, tout à fait incompatible avec ce que nous connaissons d’un gouvernement porteur et promoteur d’une économie libérale non encadrée, qu’elle soit de gauche, de droite, ou d’ailleurs. Les convictions de Nicolas Hulot ne peuvent, raisonnablement, soulever le moindre doute quant à son engagement et sa volonté à faire évoluer les choses, à faire avancer la cause de l’écologie ; mais se battre seul contre tous, dans un gouvernement qui n’a pas pleinement conscience de l’urgence de la situation et qui, à ce jour, n’a pas pris les grandes mesures propres à faire de la transition écologique et solidaire, le socle de toutes les politiques publiques, est une voie sans issue. Néo-libéralisme et humanisme sont inconciliables, tout autant que le pouvoir et la cupidité le sont de la sagesse.

The departure of Nicolas Hulot from the French Government, regardless of what anyone may think of this decision in relation to his political options, demonstrates an obvious fact, if proof were needed, that the urgent and imperative adoption of a real policy for the environment is, unfortunately, totally incompatible with a type of government that supports and promotes an unregulated liberal economy – be it from the left, right or elsewhere. Nicolas Hulot’s convictions cannot possibly raise the slightest doubt as to his commitment and desire to bring about change or to advance the cause of ecology. However, to fight alone against the world, in a government that is not fully aware of the urgency of the situation and which, to date, has not taken the necessary steps to make the ecological and inclusive transition the foundation of all its public policies … is simply a lost cause. Neo-liberalism and humanism are irreconcilable, just as power and greed are discordant with wisdom. Thus, faced with this contradiction of nature, which is essentially a morbid blockage of the political world, we should turn to those who put such representatives in power (in a somewhat skewed democracy), namely www.tropical-mag.com

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Alors, face à cette contradiction de nature qui n’est au fond qu’un blocage maladif du monde politique, on doit se tourner vers ceux qui mettent au pouvoir, dans une démocratie quelque peu biaisée, de tels représentants, à savoir la société elle-même, dite civile, de plus en plus présente au travers d’associations, de groupements, de collectifs, de fondations. Il y a donc une nécessité urgente à décentraliser la démocratie et mener des actions régionales, de terrain, pour transformer en profondeur nos modes de vie et espérer lucidement en un monde plus respectueux du vivant, des équilibres de la nature, un monde aussi plus équitable et apaisé, comme celui que pouvait vivre les indiens d’Amérique du nord, avant que le « progrès» ne s’abattent sur eux et comme sur d’autres d’ailleurs.

Les Assises de l’Environnement qui s’ouvrent, sont un espoir fantastique qui ne doit pas être déçu et il faut espérer que les suggestions faites par la population, les associations, les groupements, collectifs, et portées sous forme de dossiers, par les responsables locaux, trouveront des solutions réelles, concrètes et créatives. Il s’agit là d’un enjeu primordial et historique pour notre île et pour lequel, tous les responsables et dirigeants locaux, privés et institutionnels, doivent avoir la plus grande attention, car il n’y aura pas d’épreuve de rattrapage et les phénomènes induits sur une île de 21 km2 sont beaucoup plus rapides qu’à l’échelle d’un territoire comme la France.

society itself, or rather ‘civil society’, which is increasingly present through associations, groups, organizations and foundations. There is, therefore, an urgent need to decentralize democracy and to carry out regional action on the ground, in order to completely transform our way of living and to realistically hope for a world that is more respectful of life and the balance of nature, as well as a world that is more equitable and peaceful – similar to the traditional culture of the North American Indians before they were hit by ‘progress’, like so many others. This brings me to a pertinent point regarding our island, which cannot be excluded from an in-depth analysis of its future, both economic and environmental, because these two aspects, far from being opposed, are and must be inseparable in any forthcoming choices and decisions. Our island’s autonomous status is a valuable advantage in exploring avenues and possible options within an economic, social and, of course, environmental framework. And whilst we do not have any nuclear power plants to dismantle, we must reconsider the consumption of energy that is produced on our island and the pollution that it generates. Biodiversity is also a major issue for the future of the island, including tourism. The imminent Environmental Conference offers great hope that must not be dashed. It is anticipated that the suggestions made by the public, associations, groups and organizations – presented in the form of dossiers by local decision-makers – will find real, concrete and creative solutions. This is a vital and historic issue for our island, and to which all the local, private and institutional leaders and decision-makers must pay the utmost attention … Because this is not a dress rehearsal, and the phenomena experienced by an eight square mile island happen much more quickly than in a country the size of France.

Jean-Jacques Rigaud

Jean-Jacques Rigaud

Ceci m’amène à une remarque d’actualité pour notre île, laquelle île ne peut s’exonérer d’une réflexion en profondeur sur son devenir, à la fois économique et environnemental, car ces deux dimensions, loin d’être antagonistes, sont et doivent être indissociables, dans les options et arbitrages à venir. Notre statut d’autonomie étant un précieux avantage pour les pistes à explorer et les options possibles à prendre en matière d’économie, de social et bien sûr d’environnement ; et si nous n’avons pas de centrales atomiques à démanteler, nous devons cependant reconsidérer la consommation énergétique qui est faite sur cette île et les phénomènes de pollution qu’elle engendre. La question de la biodiversité est aussi un enjeu majeur pour le devenir, y compris touristique, de l’île.

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Les Oiseaux du Banc d’Anguilla Birds of the Anguilla Bank

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A reference book produced by the A.P.O. The Association for the Protection of Birds. To be published in the first half of 2019

Ouvrage de référence, produit par l’A.P.O. Association pour la Protection des Oiseaux. À paraître au premier semestre 2019 Il s’agit d’un ouvrage de référence, réalisé par des professionnels, chacun expert dans son domaine d’activité, comme l’ornithologie, la géologie, l’environnement et les écosystèmes, la photographie animalière ou encore l’illustration des comportements de l’avifaune. Ce livre, à la fois documentaire et pédagogique est le résultat de plus de trois années de travail, de recherches, de missions ornithologiques, d’inventaires de l’avifaune sur chacune des trois îles qui forment ce que nous appelons le "Banc d’Anguilla". Nous avons besoin de partenariats, car pour l’association A.P.O, la première édition est un enjeu financier très important, c’est pourquoi l’Association sollicite différentes aides et subventions et, par ailleurs, propose pour les entreprises et les institutions, un prix de souscription, tout à fait préférentiel : - Prix public : 35 € - Prix de souscription : 22 €, pour un minimum de 200 exemplaires

This is a reference book produced by a group of professionals, each one an expert in their field; namely, ornithology, geology, the environment and ecosystems, wildlife photography, and the illustration of bird life behavior. This book, both informative and educational, is the result of more than three years’ work, including research, ornithological missions, as well as bird inventories on each of the three islands that form what is known as the ‘Anguilla Bank’. We are in need of partners for this first edition, which represents a substantial financial commitment for the A.P.O. The Association is thus seeking assistance and financial support, and equally offering a special subscription price to enterprises and institutions. - Retail price: €35 - Subscription price: €22, for a minimum of 200 copies. All profits generated will ultimately be transferred to the A.P.O., in order to carry out additional operations in relation to the Association for the Protection of Birds and the ecosystems upon which bird life depends.

A terme, les profits dégagés, seront intégralement reversés à l’A.P.O. afin de mener à bien d’autres opérations, dans le cadre de cette Association pour la Protection des Oiseaux et des écosystèmes dont ils dépendent. Association pour la Protection des Oiseaux. The Association for the Protection of Birds. BP 1124 Saint-Jean - 97015 Saint-Barthélemy Email : contact@apo-stbarth.com Tel : (+59) 0590 29 61 47 - Cell : (+59) 0690 502 836 - www.apo-stbarth.com Banque : Cepac Gustavia Intitulé du compte : Association pour la Protection des Oiseaux IBAN : FR76 1131 5000 0101 9610 8941 606

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Histoires d’eau Reflets, réflexions et visions Rédaction: Vladimir Klein - Photos: Jean-Jacques Rigaud Traduction: Rachel Barrett-Trangmar

A première vue, l’eau est la ressource la plus renouvelable de notre planète. Elle tombe du ciel sous forme de pluie, elle nous entoure dans les océans qui couvrent près des trois quarts de la surface de la planète, elle est présente dans les calottes polaires et les glaciers de nos montagnes. Elle est la source de la vie sur Terre et vraisemblablement au-delà. La découverte de traces d’eau sur la planète Mars a provoqué une grande excitation simplement parce que ce fut la première indication d’une vie possible ailleurs que sur la Terre.

Comment l’eau est-elle arrivée sur Terre ? Dans l’univers, l’eau est aussi abondante qu’inaccessible. Avec le carbone, l’eau est source de toute vie sur Terre, c’est pourquoi elle fascine. Les dépôts d’anciennes roches sédimentaires témoignent qu’elle est présente depuis au moins 3,8 milliards

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Tales of Water

Reflections and Visions Ostensibly, water is the most renewable resource on our planet. It falls from the sky in the form of rain, it surrounds us in oceans that cover nearly three-quarters of the world’s surface, and it is found in polar ice caps and mountain glaciers. It is the source of life on Earth and most probably beyond. The discovery of traces of water on the planet Mars caused much excitement, simply because it was the first indication of the possibility of life somewhere other than Earth.

Where did the Earth’s water come from? In the universe, water is as abundant as it is inaccessible. Together with carbon, water is the source of all life on Earth, which is why it is so fascinating. The deposits of ancient sedimentary rocks prove that water has been present for at least 3.8 billion years. But how did it come to be on Earth? Via comets and asteroids or perhaps


Expédition de "Fleur Australe » dans le Grand Nord - Géraldine Danon, Philippe Poupon

volcanoes? Geoscientists continue to debate this question. The inaccessibility of water in the universe is not only due to light years that separate us from it, but to the fact that it is most often trapped beneath the surface of celestial bodies.

d’années. Mais comment est-elle arrivée sur Terre ? Comètes et astéroïdes ? Volcans ? Les géo-scientifiques continuent à débattre. L’inaccessibilité de l’eau dans l’univers n’est pas seulement due aux années-lumière qui nous en séparent mais au fait qu’elle est le plus souvent piégée sous la surface des corps célestes. Deux théories prévalent aujourd’hui. La première fait le jeu des astéroïdes et des comètes, les voyageurs de l’espace gorgées d’eau et originaires des confins du système solaire. Cela s’est passé il y a environ 4,5 milliards d’années, au début de l’Histoire du système solaire. Selon l’autre théorie, l’eau a toujours été présente dans les roches du manteau de la Terre depuis sa formation pour ensuite être progressivement libérée à la surface par les volcans. Pressée en grossissant, un peu à la manière d’une éponge gorgée d’eau, la Terre s’est mise à rendre la vapeur de H2O et des gaz tels que le dioxyde de carbone. Lorsque les roches du manteau ont fondu, l’eau s’est dissoute

Two theories prevail today; the first claims that water-rich asteroids and comets, from the depths of our solar system, acted as galactic water-delivery vehicles. This apparently happened approximately 4.5 billion years ago, at the beginning of the history of our solar system. According to the other theory, water has always been present in mantle rocks since the formation of the Earth, and has been progressively released to the surface by volcanoes. As it grew in size, the Earth was compressed, rather like a sponge full of water, and began to produce water vapor and gases such as carbon dioxide. When the mantle rocks melted, the water dissolved into the magma, cooling as it rose to the surface. As a result of a reduction of pressure, the water was subsequently released in the form of vapor through vents in the Earth, otherwise known as volcanoes. The Earth then gradually cooled and the water vapor condensed into liquid. Over several million years, abundant rainfall submerged the Earth’s crust, thereby forming the first oceans. Today, approximately 70% of the Earth’s surface is covered in water and the quantity of water on the planet is constant. Protection from radiation by the atmosphere has sustained the world’s water up to this point in time. Yet, being so widespread across the surface of the Earth, water remains an enigma. In nature, water is the only liquid known to man, under normal conditions for pressure and temperature at ground level. All other liquids are mixtures of water and other compounds.

Source of All Life Life, all forms of life on our planet, originates from water. This we know, yet we are still trying to understand its extraordinarily complex journey. The most commonly accepted model is based on the following theoretical sequence of events. 1) Formation of a ‘primordial soup’: plausible prebiotic conditions led to the creation of simple organic molecules, which were the basic foundations of life. The reactions of organic syntheses, leading to the formation of catalysts favorable to these same syntheses, benefited from a selective advantage; which was followed by 2) the division and compartmentalization of the reactive medium, the products of which were able to constitute the reagents of a subsequent phase of metabolism, namely 3) the replication of molecules, each fulfilling a specific role. Subsequent to this process, the enzymes capable of self-replication constituted a primary form of genome; protocells were therefore present. The overall metabolism allowed the elementary compartments to maintain a stable chemical composition and metabolism, and to duplicate the molecules that regulated this medium, allowing the separation of an initial cell into two functionally equivalent cells. 4) Ribonucleic acid (RNA) enzymes resulted, after several transformations, in the biosynthesis of proteins, made possible by virtue of the transcription of coding sequences of certain RNA molecules. Then www.tropical-mag.com

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dans le magma refroidissant en montant vers la surface. Grâce à la pression réduite, l’eau a enfin été libérée sous forme de vapeur à travers les soupapes de la Terre que sont les volcans. La Terre s'est ensuite progressivement refroidie et la vapeur d'eau s'est condensée sous forme liquide. Durant plusieurs millions d'années, des pluies abondantes ont immergé la croûte terrestre, formant ainsi les premiers océans. De nos jours, environ 70 % de la surface de la Terre est recouverte d'eau, et la quantité d'eau présente sur la planète est constante. Protégée des radiations par l’atmosphère, l’eau a pu se maintenir jusqu’à aujourd’hui. Pourtant, si répandue à la surface de la Terre, l’eau reste une énigme. Dans la nature, c'est le seul liquide qu'on connaisse dans les conditions habituelles de pression et de température qui règnent au sol. Les autres liquides ne sont que des mélanges d'eau et d'autres composés.

Source de toute vie La vie, toutes les formes de vie sur notre planète, prend ses origines dans l’eau. Cela nous le savons. Pourtant, son cheminement est d’une extraordinaire complexité, que nous tentons encore et toujours de comprendre. Le modèle le plus couramment accepté est fondé sur l'enchaînement supposé des événements suivants : 1) Formation de la « soupe primitive ». Des conditions pré-biotiques plausibles entraînent la création de molécules organiques simples, qui sont les briques de base du vivant. Les réactions de synthèses organiques conduisant à la formation de catalyseurs favorables à ces mêmes synthèses bénéficient d'un avantage sélectif, ce qui est suivi par 2) le cloisonnement et compartimentation des milieux réactifs, dont les produits peuvent constituer les réactifs d'une phase suivante du métabolisme, 3) la réplication de molécules remplissant un rôle bien précis, un processus au bout duquel des enzymes capables de se dupliquer constituent une première forme de génome, nous sommes alors en présence de proto-cellules. Le métabolisme d'ensemble permet aux compartiments élémentaires de

5) Deoxyribonucleic acid (DNA) appeared, which replaced RNA in its role supporting the genome; at the same time, ribozymes were supplemented by proteins. This represented the beginning of the present organization of living organisms, whose traces have been found in several parts of the globe. This process took approximately 4.55 billion years after the formation of the planet 13.5 billion years ago. The earliest known fossils on the Earth are bacterial marine microorganisms, dating back approximately 4 billion years. Moreover, dating from the same era, carbon compounds, with compatible isotope ratios of biogenic origin, have been identified by researchers working west of Greenland. Alongside water, carbon is an element equally indispensable to the beginning of life. And the rest is history.

Water and Civilization Every human society has been influenced by their relationship with their most essential resource. From the Ancient Greeks to the Roman Empire, majestic aqueducts were built to supply water to cities; and in China, emperors formed armies of labor in their thousand-year struggle to control mighty rivers. Historians recognize three distinct epochs; the first of which lasted for thousands of years, during which time water was scarce and at best unpredictable. It was an element so precious that it was considered sacred by practically all cultures. At the dawn of the industrial revolution, the ingenuity of man succeeded in supplying water to the most arid of lands. This was the second epoch; water was no longer a mysterious and mystical force, worthy of a cult of adoration, but became an exploitable resource. We are now entering the third epoch of water, a time when the world’s ancient aquifers are drying up, whilst its ever increasing population will soon reach 9 billion. There is a growing concern for the depletion of our water resources, yet our water requirements continue to increase. We should thus relearn humility and even a certain reverence for this vital liquid. To resolve an imminent water crisis, we may have to readopt the ethics of our ancestors.

Teetering at the Water’s Edge The problem is that the majority of the Earth’s fresh water resources are just as inaccessible as they would be on Mars, and accessible resources are not distributed equally. It is difficult to transport water over long distances, and our agricultural and industrial needs continue to grow. Everything that we do requires water – drinking, personal and domestic hygiene, agriculture, the food industry, industrial processes, manufacturing and construction. Currently, 844 million people, equivalent to one in nine, do not have access to clean affordable water within 30 minutes of their home. In addition, each year nearly 300,000 children, less than 5 years old, die from diarrhea caused by unsafe drinking water and unhygienic conditions. According to the World Bank, the provision of safe water and proper hygiene, to all those to whom it is currently

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Eau et civilisation Toutes les sociétés humaines ont été marquées par leur relation à notre ressource la plus essentielle. De

HISTOIRES D’EAU

maintenir une composition chimique et un métabolisme stables, de dupliquer les molécules qui régulent ce milieu, autorisant la séparation d'une cellule initiale en deux cellules fonctionnellement équivalentes. 4) Ces enzymes ARN aboutissent, après plusieurs transformations, à la biosynthèse des protéines, rendue possible grâce à la transcription de séquences codantes de certaines molécules d'ARN. Alors 5) apparaît l’ADN, qui remplace l'ARN dans le rôle de support du génome, dans le même temps les ribozymes sont complétés par des protéines. C'est l'apparition de l'organisation actuelle des organismes vivants dont les traces ont été retrouvés en plusieurs points du globe. Ce processus prend environ 4,55 milliards d’années depuis la formation de la planète il y a 13,5 milliards d’années. Les fossiles les plus anciens connus sur Terre sont des micro-organismes marins de type bactérien, datant d’environ 4 milliards d’années. Parallèlement, et datant de la même époque, ce sont des composés carbonés présentant des rapports isotopiques compatibles avec une origine biogène qui ont été mis en évidence par des chercheurs travaillant à l'ouest du Groenland. Le carbone étant, à côté de l’eau, l’autre élément indispensable à la naissance de la vie. Le reste, c’est de l’Histoire.

lacking, would require an investment of $23 billion whilst generating economic gains of $70 billion per year. Providing water to those in need is not only essential for their health and safety, but it equally provides important social and economic benefits. Easily preventable illnesses are the cause of absence from school and the workplace. Girls and young women in developing countries are the most severely affected; they are often forced to stop their schooling in adolescence, for lack of a minimum standard of sanitation and hygiene. Furthermore, girls and women who have to walk many miles to collect water, or defecate in the open air, are invariably targets of violence. The provision of safe and affordable water saves lives and reduces public health costs, whilst freeing up economic resources. Every dollar invested in safe water gives back at least $4 for the economy, according to the non-governmental organization WaterAid. The World Health Organization estimates that 5 gallons of water per person per day is the minimum amount necessary to meet fundamental needs in terms of hygiene and hydration. A supply of 12.5 gallons is sufficient to live decently, and anything above 25 gallons per person per day provides an optimal level of comfort. While all the so-called developed countries are well above these thresholds, it is still estimated that 2 to 4 billion people in the world do not have continuous access to safe drinking water. There is not a global system of governance for water. Water is generally managed locally and often poorly. The technology allowing water to be used efficiently and www.tropical-mag.com

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la Grèce ancienne et l’Empire romain, de majestueux aqueducs ont fourni l’eau aux cités, en Chine les empereurs ont réuni des armées de main d’œuvre dans une lutte millénaire pour domestiquer des fleuves puissants. L’historien distingue trois époques : pendant la première, qui a duré des milliers d’années, l’eau fut rare et au mieux imprévisible, un élément si précieux qu’il a été considéré comme sacré par presque toutes les cultures. A l’aube de la révolution industrielle, l’ingénuité de l’Homme avait réussi à faire couler l’eau jusque dans les contrées les plus arides. Ceci fut la seconde époque de l’eau : l’eau n’était plus une force mystérieuse et mystique, digne d’un culte l’entourant de soins, elle était devenue une ressource à exploiter. Aujourd’hui nous entrons dans la troisième époque de l’eau : alors que la population mondiale atteindra bientôt 9 milliards d’individus et tandis que les aquifères anciens s’assèchent, nous devrons réapprendre l’humilité, et pourquoi pas une certaine révérence, devant ce liquide vital. Pour résoudre les crises d’eau d’un avenir proche, nous devrons peutêtre nous réadapter à l’éthique d’eau de nos ancêtres. Or, notre inquiétude sur l’épuisement de nos ressources en eaux augmente au rythme de l’accroissement de nos besoins en eau.

L’inquiétude à fleur d’eau Le problème c’est que la plus grande partie des

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equitably does exist, but is rarely put into practice. Many governments and privatized water companies focus their attention on affluent areas, prioritizing agriculture and industry to the detriment of poorer populations, whilst turning a blind eye to those who pollute and those who abuse subterranean water resources. Equitable access to water requires good governance, strict regulation, investment and means of implementation – a group of qualities that are scarce in regions of the world that are the poorest and the most lacking in water.

What happens to the world’s water? When we ask this question, we obviously immediately think of the water we use in our daily lives. In doing so, we all too often forget that the accessibility to water is a privilege that confers responsibility! At the end of 2010, 89% of the world’s population, or 6.1 billion people, were using drinking water from improved water sources. Nevertheless, in some countries, less than 50% of the population have direct access to drinking water, and it is often non-continuous – available only at certain times and occasionally cut for several days. This is the situation in Afghanistan, Angola, Ethiopia, Madagascar, Mauritania, Niger, Papua New Guinea, the Democratic Republic of the Congo, Somalia and Chad. Thus, in many towns and cities in Africa, the daily use remains less than 5 gallons of water per person. In contrast, developed countries, with continuous access to good quality drinking water, can stabilize or even


reduce consumption through user awareness, household appliances and the modernization of supply networks. Depending on the country, consumption varies between 35 gallons and more than 65 gallons per person per day. Let us look at it from a different perspective. How do we hold 35 gallons of water in a cup? Fill it with coffee! Growing coffee requires a lot of water, as does cotton – there are 2,600 gallons of water in one pair of jeans and 650 gallons in one T-shirt. Agriculture consumes 70% of all the fresh water on the planet. Corn, avocados, almonds, even plastic water bottles, consume a lot of water in their cultivation or production. Thus, approximately a fifth of the water consumed in the world is ‘virtual’ – the water exchanged between countries in the form of agricultural or industrial products (see the box).

Climate Change – the Challenge of Droughts and Floods Climate change is accompanied by droughts and extreme heat waves across the globe, as well as floods and rising sea levels. Floods have harmful consequences, not only for agriculture but also for towns and cities, particularly those on the coast that are threatened by rising tides and sea levels, as well as storm surges. A prime example is Miami, Florida.

ressources en eau douce de la Terre sont aussi inaccessibles que si elles étaient sur Mars, et que les ressources accessibles sont réparties de manière inégale. Il est difficile de transporter l’eau sur de longues distances et nos besoins agraires et industriels ne cessent de croître. Tout ce que nous faisons nécessite de l’eau, boire, se laver et laver nos possessions, l’agriculture et l’industrie alimentaire, les processus industriels, la manufacture, la construction. A l’heure actuelle, 844 millions de personnes, soit une personne sur neuf, n’a pas accès à l’eau propre à un coût abordable dans un rayon de 30 minutes de leur domicile, et chaque année près de 300 000 enfants de moins de cinq ans meurent de diarrhées provoquées par l’eau impropre à la consommation et des conditions hygiéniques dangereuses. Selon la Banque Mondiale, fournir de l’eau salubre et une hygiène correcte à tous ceux qui en manquent actuellement, nécessiterait un investissement de 23 milliards de dollars tout en générant des gains économiques à hauteur de 70 milliards dollars par an. Fournir de l’eau à ceux qui en ont besoin n’est pas seulement essentiel à la sûreté de vie et la sécurité des personnes, mais procurerait également d’importants bénéfices sociaux et économiques. Les maladies facilement prévenues sont la cause d’absences scolaires et sur le lieu de travail. Les filles et jeunes femmes dans les pays en voie de développement sont le plus durement touchées, souvent obligées d’arrêter leur scolarité à la puberté par manque du

The World Bank estimates that urban flood damage could exceed $1,000 billion by 2050, if towns and cities do not take adequate measures to protect themselves from these natural events. Strengthening our resilience to floods is not simply a matter of building dikes and dams, even if this is partly true. More and more, urban planners are developing coastal management policy concepts based on the notion of ‘water space development’ and the improvement of natural protection. In tropical regions, more than a fifth of all coastal mangroves have been destroyed to make room for agriculture and aquaculture. The restoration of mangroves provides multiple benefits, most notably protection from rising water and storm surges. Mangroves equally serve as a nursery for fish, promoting the regeneration of species and consequently the sustainability of fish. Numerous countries have already implemented mangrove regeneration projects, such as Bangladesh, Indonesia, the Ivory Coast and Surinam. Natural reservoirs of water are also provided by wetlands and floodplains, where the ground acts like a sponge gradually releasing water. In order to conserve such areas, particularly from hostile farmers who consider them potentially arable, it would be wise for governments to offer compensation. This is the case in England, where the National Trust foundation financially supports the preservation of sites of community interest. In many remote areas of Sub-Saharan Africa, there are possibly sufficient groundwater reserves, but there has been inadequate investment in the distribution and management of water supply services to guarantee reliable access for the population. www.tropical-mag.com

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minimum sanitaire et hygiénique. Les filles et femmes qui doivent marcher des kilomètres pour puiser de l’eau ou déféquer à ciel ouvert sont invariablement une cible de violences. Fournir de l’eau salubre à un prix abordable sauve des vies et réduit les coûts de santé publique tout en libérant des ressources économiques. Chaque dollar investi dans l’eau propre rapporte au moins 4 dollars à l’économie, selon l’ONG WaterAid. L’OMS estime à 20 litres d’eau par jour et par personne le minimum vital pour répondre aux besoins fondamentaux des personnes en termes d’hygiène et d’hydratation. À partir de 50 litres, l’approvisionnement est suffisant pour vivre décemment et au-delà de 100 litres par jour et par personne, on peut parler de réel confort. Si tous les pays dits développés se situent bien au-delà de ces seuils, on estime toujours que 2 à 4 milliards de personnes dans le monde ne disposent pas d’un accès continu à l’eau assainie. Il n’existe pas de système de gouvernance globale de l’eau. Typiquement, l’eau est gérée au niveau local, et souvent mal gérée. La technologie qui nous permettrait d’utiliser l’eau de manière efficace et équitable existe, mais est rarement mise en œuvre. Beaucoup de gouvernements et sociétés d’eau privatisées concentrent leurs efforts sur les zones nantis et accordent une priorité à l’agriculture et l’industrie au détriment des populations plus pauvres, tandis qu’ils ferment les yeux sur les pollueurs et ceux qui abusent des ressources d’eau souterraines. Partager l’accès à l’eau de manière équitable exige de la bonne gouvernance, une réglementation stricte, des investissements et des moyens de mise en œuvre, un ensemble de qualités qui se font rares dans les régions du monde les plus pauvres et les plus en manque d’eau.

Où va l’eau ? Quand nous posons cette question, nous pensons évidemment tout d’abord à la consommation d’eau la plus immédiate, celle de notre vie quotidienne. Ce faisant, nous oublions trop souvent que l’accès à l’eau est un privilège qui confère des responsabilités ! Fin 2010, 89% de la population mondiale, soit 6,1 milliards d’habitants, utilisaient des sources d’approvisionnement en eau potable améliorées. Cependant, dans certains pays, moins de 50% de la population a accès à l’eau potable et souvent de façon discontinue : eau disponible qu’à certaines heures, possiblement coupée pendant plusieurs jours… C’est le cas de l’Afghanistan, de l’Angola, de l’Éthiopie, de Madagascar, de la Mauritanie, du Niger, de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, de la République démocratique du Congo, de la Somalie, du Tchad. Ainsi dans beaucoup de villes d’Afrique, l’utilisation quotidienne reste inférieure à 20 litres d’eau par personne. A contrario, les pays développés, disposant d’un accès à l’eau potable en continu et de bonne qualité, permettent de stabiliser les consommations voire à les baisser grâce à la modernisation des réseaux, aux appareils électroménagers et à la sensibilisation

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Water, Water Everywhere … The oceans, our largest source of water, represent 97% of the world’s water and are certainly in no danger of drying up. So, why not make seawater safe to use and even drinkable? The most obvious technique is the distillation of water, an ancient process that is almost as old as fire. Distillation basically involves boiling water to a gaseous state (water vapor), which is collected and condensed into liquid form. Distillation is more easily carried out in small quantities, when it can be readily purified to remove any possible impurities, including salt. However, on a large scale, such as supplying a whole town or city with drinking water, this procedure consumes a considerable amount of energy – even when using modern methods, such as low pressure chambers to lower the boiling point. Another method, incorporating an alternative energy supply, is to pass electric currents through water to isolate the salt and other minerals. There is also reverse osmosis, whereby water is forced through a thin semipermeable membrane at high pressure, which filters out the salt and impurities. However, these methods also consume an excessive amount of energy, so are consequently expensive; and they even produce emissions contributing to the greenhouse effect. The pumping of seawater is


des utilisateurs. Selon les pays, leur consommation varie entre 130 et plus de 250 litres /jour/personne. Changeons d’angle. Comment faire tenir 130 litres d’eau dans une tasse ? Remplissez-la de café. La culture du café demande beaucoup d’eau, tout comme celle du coton – il y a 10 000 litres d’eau dans une paire de jeans, et 2500 litres dans un T-shirt. L’agriculture consomme 70% de toute l’eau douce du globe. Maïs, avocats, amandes, même les bouteilles pour le conditionnement de l’eau, sont tous des entreprises très gourmandes en eau. Ainsi, environ 1/5e de l’eau consommée dans le monde est virtuelle. Il s’agit d’eau échangée entre pays sous forme de produits agricoles ou industriels (voir notre encadré).

Le changement climatique : le jeu des sécheresses et inondations Le changement climatique s’accompagne de sécheresses et vagues de chaleur extrême partout sur le globe, ainsi que d’inondations et d’une progression du niveau des mers et océans. Les inondations ont des conséquences néfastes non seulement pour l’agriculture mais aussi pour les villes, en particulier les villes côtières, menacées par la montée du niveau des mers et des marées et houles de tempête. Miami, en Floride, en est un flagrant exemple.

not only fatal to stray fish, but also damages coastal ecosystems. The residue, produced by these industrial plants, creates other problems due to its high salinity, which is toxic to marine life and therefore requires specific management. Most of the countries, which have tried such techniques, have given up on account of the exorbitant costs – this factor has largely limited such experimentation to arid fossil fuel rich countries of the Middle East. Nevertheless, the severity of the water crisis, in certain parts of the world, has left cities with little alternative. Cape Town, for example, has recently put its first desalination plant into operation, after resolving major problems related to the operational budget. China, Pakistan and India are exploring options to set up new desalination plants. If these plants are able to use a renewable energy supply, their impact on climate change will be reduced.

Conserving Water Resources Growth in human activity is inevitably accompanied by an increasing amount of pollutants. In developing and emerging countries, 90% of wastewater is discharged, without any treatment, into the natural environment, causing damage to both health and the environment. France has sufficient water resources to meet its needs. Practically 100% of French households are connected to a sanitation system (collective or individual); and 93% of

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water used in the home is for the purpose of hygiene and domestic cleaning, while 7% is for eating and drinking. Leakage in the water supply can significantly increase the quantity consumed and can represent up to 15 to 20% of household use.

TALES OF WATER

The best ways to manage water resources are often the simplest. Individual water meters used in developed countries are often a source of controversy. However, they give clear information on the amount of water consumed by the user, thereby encouraging efficient and nonwasteful use, particularly as water saving in the household is relatively simple. For example, repairing holes in water pipes, installing efficient dual-flush toilets, and low flow faucets and showerheads. A single dripping tap can result in a loss of 75 gallons of water per year.

La Banque Mondiale estime que les dommages urbains dus aux inondations pourraient dépasser les 1000 milliards de dollars d’ici 2050 si les villes ne prennent pas les mesures adéquates pour se protéger contre ces événements naturels. Renforcer la résilience aux inondations ne se résume pas à la construction de digues et barrages, même si cela en fait partie. De plus en plus, les urbanistes développent des concepts de politiques de gestion côtière autour de la notion de « l’aménagement d’espace pour l’eau » et de la revalorisation des protections naturelles. Dans les régions tropicales, par exemple, plus d’un cinquième de toutes les mangroves côtières ont été détruites pour laisser la place à l’agriculture et l’aquaculture. La restauration des mangroves crée de multiples bienfaits : elles protègent les terres auxquelles elles s’adossent des montées d’eau et des tempêtes, et elles servent de nurserie aux poissons, favorisant le renouvellement des espèces et par conséquent la durabilité de la pêche. De nombreux pays ont déjà mis en œuvre des projets de renouvellement de leurs mangroves, comme le Bangladesh et l’Indonésie, la Côte d’Ivoire et le Suriname. Les zones humides et plaines inondables offrent également un réservoir naturel d’eau, leur sol agit

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As a result of human activity, the pollution of freshwater reserves and underground aquifers is getting worse. Farmers, constrained by productivity requirements, often have no alternative but to use groundwater. Fertilizers release great quantities of nitrates into the soil, making the water unfit for both consumption and irrigation. Irrigation has allowed dryland farmers to cultivate a wider variety of plants. However, certain irrigation methods are not very effective; for example, in hot climates, water sprayed on crops evaporates before reaching the plant roots. Even drip irrigation, which provides water directly to the roots of plants, is not exempt from wastage. Soil sensors, relatively low in cost, represent an important step forward, indicating to the farmer the areas lacking irrigation, thus allowing a more precise calculation of water requirements. In addition, scientific research has been carried out on the plants themselves; biologists are developing, by natural selection, varieties that are more drought resistant, occasionally resorting to genetic modification. However, science and technology cannot do everything. For the majority of water issues, the critical question is management and equitable access. In the absence of good management, this can have catastrophic effects as the depletion of resources affects the entire local community. Deterioration in the quality of water represents a significant risk; thus certain types of substandard water are excluded from the production of drinking water. Moreover, for water to meet regulatory standards, the remedial treatments incur a substantial increase in the cost of water and sanitation services. We should therefore ‘clean’ our wastewater to minimize the pollution of our water reserves found in rivers, lakes and groundwater.

St Barts – Limited Perfection The beauty of our island hides its great vulnerability. St Barts is a dry island without any natural freshwater resources. Generations of St Barts residents have been forced to be self-sufficient, utilizing all their ingenuity for the collection and filtration of rainwater, in addition to importing barrels of fresh water from St Martin – an unreliable and short-term supply. While water technology and its supply to households is now under control on the


comme une éponge qui relâche l’eau graduellement. Si les agriculteurs y sont parfois hostiles, les considérant comme des terres potentiellement arables, il serait sage que l’État offre une compensation pour garantir leur conservation. C’est le cas en Angleterre, par exemple où la fondation National Trust finance la préservation de sites d’intérêt collectif. Dans beaucoup de régions isolées de l’Afrique subsaharienne, il est probable qu’il existe des réserves d’eau souterraines suffisantes, mais on n’a pas suffisamment investi dans la distribution et la gestion des services d’approvisionnement pour assurer aux populations un accès fiable à l’eau.

Que d’eau ! Notre plus grande source d’eau, les océans, qui représentent 97% de l’eau sur la planète, ne risque pas de tarir. Alors pourquoi ne pas la rendre salubre, voire potable ? La technologie la plus évidente a été utilisée presque depuis aussi longtemps que le feu : la distillation, soit le procédé par lequel on porte l’eau à ébullition, la récupère en état gazeux, la vapeur, et condense celleci pour reformer l’état liquide. C’est facile à faire en petites quantités et offre l’avantage de purifier l’eau d’éventuelles impuretés, y compris le sel. Mais à grande échelle, comme dans le but de fournir l’eau potable pour une ville entière, ce procédé est extrêmement calorivore, consommant une masse d’énergie considérable, même en recourant à des méthodes modernes comme les cuves bassepression, dans le but d’abaisser le point d’ébullition. Il existe des énergies alternatives mettant en œuvre les courants électriques, qui en traversant l’eau isolent le sel et d’autres minéraux. L’osmose inverse aussi, pendant laquelle l’eau sous pression passe à travers des membranes qui retiennent le sel et les impuretés. Mais ces méthodes restent excessivement calorivores et par conséquent coûteuses, sans pour autant épargner les émissions contribuant à l’effet de serre global. L’aspiration de l’eau de mer est non seulement fatale aux poissons égarés mais endommage également les écosystèmes côtiers. Les résidus produits par ces installations créent d’autres problèmes, car leur haute salinité, toxique pour la vie marine, exige une gestion précise.

island, its sustainability is still a problem, especially as demand continues to grow. Given the supply constraints of the island, sanitation, otherwise known as decontamination, is an essential step in the conservation of water resources, as it allows used household water (wastewater) to be re-cycled. Please note that water treatment is a process that makes water suitable for household use. The sanitation of wastewater treats household water after it has been used. These two processes are carried out in completely separate treatment plants. The sanitation service is thus a considerable part of our daily lives. Notably, it has an important role in protecting the health of the local population; and it equally makes a key contribution in maintaining the quality of the environment and water-related activities, be it for tourism or other sectors reliant on water for their development. Thanks to the thorough treatment of wastewater, our seawater is protected from the presence of viruses or bacteria that can spread diseases, thereby making it safe for swimming. The French law for water (established on 3rd January 1992) demands a secondary treatment of wastewater in urban areas of more than 2,000 inhabitants. It also provides for the use of individual systems when the commissioning of a collective sanitation system is too difficult or too costly. The decontamination of wastewater, related to different urban activities, is the responsibility of individual municipalities. They are required to choose the way in which sanitation is managed (collectively or individually); to decide on the type of management (public or delegation of the public service to a private company); to control the water discharged into the natural environment, after decontamination, from collective sanitation; and to ensure close monitoring of individual sanitation systems.

La plupart des pays où ces technologies ont été expérimentées a capitulé devant leurs coûts exorbitants, ce qui les a largement limités aux pays arides et riches en énergie fossile du Moyen Orient. Néanmoins, la sévérité de la crise de l’eau dans certaines régions du monde n’a guère laissé d’alternative à des villes comme Cape Town, dont la première usine de dessalement vient d’entrer en service après la résolution d’importants problèmes de budget opérationnel. La Chine, le Pakistan et l’Inde étudient les options de nouvelles centrales de désalinisation. A condition de pouvoir fournir ces usines en énergies renouvelables, elles permettront de réduire leur impact sur le changement climatique. www.tropical-mag.com

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Préserver la ressource en eau

Making Water – Watermaker

Le développement des activités humaines s'accompagne inévitablement d'une production croissante de rejets polluants. Dans les pays en développement ou émergents, 90 % des eaux usées sont rejetées sans aucun traitement dans le milieu naturel, entraînant des dommages sanitaires et environnementaux.

Perfection is not of this world; nevertheless, St Barts strives to reach such a goal. Renowned for attracting culinary artisans, it can now also boast its water-making skills. ‘Saint-Barth Watermaker’ is a company specializing in the desalination of seawater, as well as the treatment of wastewater and the purification of household water – particularly for individual systems, be it for a private villa or a grouped residence.

La France dispose d’une quantité de ressources suffisantes en eau pour satisfaire ses besoins. Presque 100 % des foyers français sont raccordés à un système d’assainissement des eaux usées (collectif ou individuel). 93 % de l’eau que nous utilisons à la maison sont dédiés à l’hygiène et au nettoyage et 7% à l’alimentation. La quantité d’eau utilisée peut fortement s’accroître en raison des fuites. Celles-ci peuvent représenter 15 à 20 % de l’utilisation faite par les ménages. Les meilleures manières de gérer les ressources d’eau sont souvent les plus simples. Les compteurs d’eau individuels utilisés dans les pays développés ont souvent fait l’objet de controverses. Cependant, ils donnent des renseignements clairs sur la consommation d’eau de l’abonné, l’encourageant par là à ne pas gaspiller l’eau, d’autant qu’y remédier est assez simple, par exemple en bouchant les trous des conduits d’eau, en installant des toilettes à double-chasse, robinets et pommes de douche à faible débit. Un seul robinet qui goutte peut résulter en une fuite de 300 litres d’eau sur une année. Conséquence des activités humaines, la pollution des réserves d’eau douce et des aquifères souterrains s’aggrave. Les agriculteurs, tributaires de l’obligation de productivité, n’ont souvent d’autre solution que de puiser dans les eaux souterraines. Les fertilisants lâchent des quantités de nitrates dans le sol qui rendent l’eau impropre à la consommation aussi bien qu’à l’irrigation. L’irrigation a permis aux agriculteurs des zones arides de cultiver une plus grande variété de plantes. Cependant, certaines méthodes d’irrigation sont peu efficaces – dans les climats chauds, l’eau vaporisée s’évapore avant d’atteindre la racine des plantes. Même l’irrigation goutte à goutte, qui dispense l’eau directement à la racine des plantes, n’est pas exempte de gaspillage. Les senseurs de sol, d’un faible coût unitaire, sont une avancée importante, indiquant à l’agriculteur les endroits en manque d’irrigation et permettant de calculer plus finement les besoins d’eau. Et la science s’est également penchée sur les plantes elles-mêmes, et les biologistes développent par sélection naturelle des variétés plus résistantes à la sécheresse, recourant parfois à des modifications génétiques. Néanmoins, la science et la technologie ne peuvent pas tout. Dans la majorité des problèmes d’eau, la question critique est celle de la gouvernance et de l’accès équitable. En l’absence d’une bonne gouvernance, cela peut avoir des effets catastrophiques car l’épuisement des ressources affecte toute la communauté locale.

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Commonly, the term ‘water treatment’ is used for both the sanitation of wastewater and the purification of water to make it fit for household use. The process is carried out in three stages, known as the primary treatment, secondary treatment and tertiary treatment. For this process, Saint-Barth Watermaker employs ecological technology involving the scientific laws of physics and biochemistry, without using any chemical agents or other pollutants. On St Barts, there are two main systems of sanitation: the wastewater treatment plant and the septic tank. The key component of the wastewater treatment system is the ‘Topaze’ micro-station, consisting of an accumulation basin, an aeration basin, a clarifier and a solids storage basin – the contents of which are collected and discharged separately. All the household wastewater will flow through a screen via a main collector. This process separates all floating waste – such as baby-wipes, paper towels,

Villas au Domaine du Levant Stations d’épuration, système fibre de coco Wastewater treatment plants, using a coconut fiber system

Le Guanahani Station d’épuration pour habitation du personnel 30 EH (Équivalent Habitant), et local technique / Wastewater treatment plant for staff housing, 30 PE (Population Equivalent), and mechanical room


C’est dans la détérioration de sa qualité que réside un risque non négligeable. Certaines catégories d’eau ne répondant pas à certaines normes sont exclues de la production d’eau potable. De plus, la réglementation impose avec raison que l’eau de consommation respecte des normes, ce qui engendre une augmentation notable des coûts des services d’eau et d’assainissement pour la mise en œuvre de traitements curatifs. C’est pourquoi il faut «nettoyer» les eaux usées pour limiter le plus possible la pollution de nos réserves en eau : rivières, lacs et nappes souterraines.

Les limites de l’Exceptionnel : Saint-Barthélemy La beauté de notre île cache bien sa grande vulnérabilité : Saint-Barth est une île sèche, sans aucune ressource naturelle d’eau douce. Des générations de Saint-Barths ont vécu dans une autosuffisance forcée, déployant toute leur ingéniosité pour la collecte et le filtrage d’eaux de pluies, important des tonneaux d’eau douce de Saint-Martin aussi, réserve fragile et de courte durée. Si la technologie de l’eau et de sa distribution aux foyers est maintenant maîtrisée sur l’île, sa durabilité pose toujours problème, d’autant que la demande ne cesse d’augmenter. Compte tenu des contraintes d’approvisionnement de l’île, l'assainissement, autrement appelé dépollution,

diapers, packaging etc. – from the grey water. The wastewater is then collected in (1) the accumulation basin where the material to be treated is homogenized before it is transferred to (2) the aeration basin, during which large diameter particles are removed by a filter in the pump. The biological treatment takes place in this aeration basin using purifying bacteria, whose growth is promoted by a supply of oxygen from a fine bubble diffuser. The mixture of sludge and treated water is then transferred by a second pump to (3) the clarifier. Its role is to separate the solids by decantation into (4) the sludge storage tank, while the clean water goes into a collection tank via an overflow. A recirculation process allows the system to maintain an optimal balance, thus reducing any unpleasant odors. In this collection tank, a suction booster pump forces the clarified water through the filters, then through the ultraviolet to be discharged via the drip irrigation system. Any excess water will pass through an overflow into an underground infiltration system, which also serves as a back-up in the event of a power failure. The last stage of water treatment uses light, versus air, specifically ultraviolet (UV) radiation – the very same UV rays that people seek on the beaches of St Barts. In this case, it is not for suntanning, but to utilize its bactericidal power. These rays irradiate the living cells contained within the liquid passing through the system. The UV radiation, from mercury vapor lamps, has a sterilizing effect by disrupting the chemical structure of the parts of a living cell and, consequently, its functioning.

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ST-BARTH WATERMAKER

est une étape essentielle de la préservation des ressources en eau, permettant de dépolluer l’eau potable qui, après son utilisation, devient une eau usée. Note : Le traitement des ressources en eau sert à les transformer en eau potable. L’assainissement des eaux usées traite l’eau potable après son utilisation. Ces deux opérations se font dans des installations absolument différentes. L’apport au quotidien du service d’assainissement est donc considérable : Il joue un rôle important dans la protection sanitaire des populations. Et il constitue une contribution décisive au maintien de la qualité de l’environnement et des activités liées à l’eau, qu’il s’agisse de tourisme ou d’autres activités qui ont besoin d’eau pour assurer leur développement. Grâce au traitement complet des eaux usées, les eaux de baignade sont protégées de la présence de virus ou de bactéries qui peuvent propager des maladies. La loi française sur l’eau (du 3 janvier 1992) impose un traitement secondaire des eaux usées dans les agglomérations de plus de 2000 habitants. Elle prévoit aussi l’utilisation de systèmes individuels lorsque la mise en service d’un réseau d’assainissement collectif est trop difficile ou trop coûteuse. La dépollution des eaux usées liées aux différentes activités urbaines est de la responsabilité des communes. Elles ont l’obligation de choisir la manière dont sera géré l’assainissement (collectivement ou individuellement), de décider du mode de gestion (régie ou délégation du service public à une entreprise), de contrôler les eaux rejetées dans la nature après dépollution dans le cas de l’assainissement collectif, d’assurer une haute surveillance des installations d’assainissement individuel.

Faiseur d’eau : Watermaker La perfection n’étant pas de ce monde, Saint-Barth a néanmoins l’ambition d’être à la pointe du déve-

Hôtel Villa Marie Saint-Barth Local technique pour station 200 EH (Équivalent Habitant) Mechanical room for the wastewater treatment plant, 200 PE (Population Equivalent)

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Depending on the amount of UV energy received, the living cell will either be sterilized (bacteriostatic effect – inability to reproduce) or destroyed (bactericidal effect). Microbes, viruses and bacteria are particularly sensitive to UV rays; while lower nonvascular plants such as algae, mold and their spores are affected by higher doses of UV radiation. The second sanitation system offered by Saint-Barth Watermaker is that used for the septic tank. All the household wastewater will flow into the tank via a main collector. The pre-filtering of all primary treatment water will ensure the collection of separable suspended and floating material. The pre-treated effluent flows into an optimized supply system, consisting of a tipping trough and perforated plates that distribute the effluent sequentially. The filter is equipped with its own ventilation, a system that manages water and air (oxygen) to process this treated water under aerobic conditions, using a bacterial system fixed in the filtration media – which is simply coconut fiber. The water is poured consistently onto the distribution plates, placed above the coconut filtration media. As it percolates through this media, the residual organic matter is retained by the microbial system within the coconut. To ensure the microorganisms in the filtration media receive a sufficient amount of oxygen, a flow of air is directed at both the surface and the base of this media. Air circulation throughout the system is provided by convection from the primary ventilation of the residence (or from an independent vent) via a supply line and the septic tank. The water will then flow through pipes into the underground infiltration system. At the risk of stating the obvious, in order to recycle wastewater, we need to have a supply of water … On a dry island such as St Barts, it requires ingenuity and a lot of resilience to manage such a need. Thankfully, we now have the aid of technology, namely Saint-Barth Watermaker, at the forefront of development, offering seawater desalination units based on the principal of reverse osmosis. This consists of applying pressure (at least twice as high as the osmotic pressure of salt water) to salt water placed in a compartment delimited by a semipermeable membrane. Desalinated water flows through the membrane and is collected in a second compartment. This process has made great progress through the development of new types of membranes. After being

Hôtel Villa Marie Saint-Barth Vérification des cuves de traitement de la station d’épuration Inspection of the treatment tanks of the wastewater treatment plant


loppement dans ce domaine. Renommée pour attirer les artisans de bouche, désormais elle peut aussi se vanter d’un faiseur d’eau : Saint-Barth Watermaker, société spécialisée aussi bien dans le dessalement de l’eau de mer que dans le traitement des eaux usées et la purification de l’eau potable, en particulier pour les installations individuelles, que ce soit la villa privative ou l’habitation groupée. Communément, on regroupe l’assainissement des eaux usées ou résiduaires et la purification de l’eau pour la rendre potable, propre à la consommation humaine, sous le terme de traitement de l’eau. Suivant les étapes du processus on parle de traitement primaire, secondaire et tertiaire. Pour ce faire, « Saint-Barth Watermaker » propose le recours à des technologies écologiques, faisant intervenir les lois scientifiques de physique et biochimie, sans aucun recours à des agents chimiques ou autre polluant. Dans le cas de Saint-Barth, nous devons distinguer principalement deux systèmes d’assainissement : la station d’épuration et la fosse septique. La pièce maîtresse du système d’épuration est la micro-station « Topaze », comprenant un bassin d’accumulation, un bassin d’aération, un clarificateur et un bassin de stockage des solides, qui seront récupérés et évacués séparément. Toutes les eaux usées en provenance de l’habitation viendront se déverser dans un dégrilleur via un collecteur principal. Ce dispositif permet la séparation de tous les déchets flottants, tel que les lingettes, les serviettes, les couches, les emballages, etc. des eaux ménagères. Ensuite, les eaux usées arrivent dans (1) le bassin d’accumulation, qui permet une homogénéisation des matières à traiter avant leur transfert vers (2) le bassin d’aération tout en retenant les particules de gros diamètre grâce à une crépine associée à la pompe. Dans le bassin d’aération a lieu le traitement biologique par bactéries épuratoires grâce à l’apport d’oxygène effectué par le diffuseur fines bulles. Le mélange boue/eau épurée est ensuite transféré vers (3) le clarificateur par une seconde pompe. Son rôle

pumped from the sea, then pre-filtered, the seawater feeds a high-pressure pump, which forces it to the production stage containing the semipermeable membranes. The desalinated water, known as permeate, is tested continuously and is automatically directed to the storage tank if it passes quality testing. The brine concentrate is discharged into a dedicated tank and eventually back into the sea. The desalination system is equipped with operational functions for rinsing and cleaning the membranes, as well as mechanisms for dechlorination and the injection of sequestering agents. If necessary, a separate postchlorination treatment can be added. Given the very high cost of mechanical energy in the desalination of seawater, many systems provide for energy recovery; for example, by expansion of the brine over a hydraulic turbine generator, which supplies some of the energy for the high pressure pump. As mentioned at the beginning of this article, water is ostensibly the most renewable resource on our planet. However, if we are not careful, we will lose this precious resource. In view of the global ecological situation and the need to act quickly and decisively, this dry island of St Barts is at the forefront of the struggle for water. It should therefore dutifully respond to the call for innovation, which addresses the civil responsibility of each and every one of us. This is why Saint-Barth Watermaker, at first glance an economic player like many others, is in fact a corporate citizen in responding to an age-old challenge of this exceptional island.

Cantine scolaire de Gustavia Système de dégraissage, avec séparation des graisses par micro bulles, puis récupération / Degreasing system using micro-bubble fat separation, followed by collection

Hôtel Villa Marie Saint-Barth Dégraisseur automatique, en sortie des évacuations des cuisines Automatic degreaser, connected to the discharge outlet of the kitchen

Hôtel Manapany Unité de dessalement, capacité 60m3 par jour, avec traitement aux UV des eaux de sortie, pour désinfection anti-bactérienne / Desalination unit, capacity 16,000 gallons per day, with UV treatment of outlet water for anti-bacterial disinfection

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Eau virtuelle et empreinte eau

Virtual Water and Water Footprint

En réalité, nombre de pays développés exportent leur eau sous forme de ce que les experts appellent « l’eau virtuelle » ou « l’eau invisible ». Cela concerne de la manière la plus évidente les produits agricoles des récoltes gourmandes en eau, mais également un grand nombre de biens manufacturés qui consomment de grandes quantités d’eau. Quand les pays et régions qui connaissent des pénuries d’eau dirigent cette eau au bénéfice de produits d’exportation, il peut sembler qu’ils assurent un profit, mais sur le long terme leur dépendance aux ressources décroissantes leur portera dommage. Cela revient à déplacer le besoin en eau d’un pays consommateur et en stress hydrique vers un pays producteur possédant un surplus d’or bleu. Depuis lors, on a cherché à calculer la teneur en eau virtuelle de chaque produit agricole et industriel. Ainsi, nos échanges économiques ont-ils été quantifiés en volume d’eau au niveau global où pays riches et pauvres en eau, s’échangent la ressource « virtuellement ». Ainsi, les grands pays exportateurs de produits agricoles comme le Canada, les États-Unis, l’Australie, le Brésil et la France deviennent exportateurs d’eau virtuelle. A l’opposé, les principaux importateurs en eau virtuelle, sont les États du Proche et du Moyen Orient ainsi que la Chine, déficitaire en produits agricoles, mais aussi les pays de l’Afrique sub-saharienne. Les problématiques environnementales occupant une place grandissante dans notre société, l’utilisation d’outils mesurant l’impact de nos habitudes consommatrices sur l’environnement, dans un schéma économique, ne cesse de s’affiner : empreinte écologique, bilan carbone… « L’empreinte eau » est un indicateur de l’usage direct ou indirect de l’eau par le producteur ou le consommateur, qui se calcule du point de vue, soit du producteur – l’empreinte eau de production – ou du consommateur – l’empreinte eau d’un produit de consommation (bien ou service), égale au volume total d’eau douce utilisé directement ou indirectement pour produire le produit (alimentaire ou industriel), dans toutes les phases de sa fabrication, de sa transformation. A l’échelle mondiale, l’empreinte eau de consommation d’un humain s’élève à 1243 m3 d’eau par personne et par an (au total 7452 milliards de m3/an), avec les États-Unis en tête (plus de deux fois et demi la moyenne) aux pays sub-sahariens (moins d’un dixième de la moyenne) en passant par la Chine (un peu plus de la moitié de la moyenne).

A number of developed countries actually export their water in the form of ‘virtual water’ or ‘invisible water’, as it is commonly known in the trade. This most obviously refers to agricultural products from water-hungry crops, but equally a large number of manufactured goods that require large quantities of water. When countries and regions, subject to water shortages, direct their water supply towards export goods, they may think that they are making a profit, but in the long run they will suffer through their dependence on dwindling resources. This has the effect of shifting the water shortage of a water-stressed consumer country to a producing country with a surplus of this blue gold.

Eau-delà de l’horizon

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In recent years, attempts have been made to calculate the amount of virtual water in each agricultural and industrial product. Thus, our economic trades have been quantified in terms of water volume at a global level, where countries with a rich or poor water supply trade the resource ‘virtually’. Therefore, the major agricultural exporting countries such as Canada, the United States, Australia, Brazil and France are becoming exporters of virtual water. Conversely, the main importers of virtual water are the states of the Middle East, as well as China (deficient in agricultural products) and the countries of Sub-Saharan Africa. Given that environmental issues are becoming increasingly important in our society, the tools used to measure the impact of our consumer habits on the environment, within an economic framework, are constantly being refined and redefined – ecological footprint and carbon footprint, for example. The ‘water footprint’ is an indicator of the direct or indirect use of water by the producer or consumer, which is calculated from the point of view of either the producer – water footprint of production – or the consumer – water footprint of a consumer product (good or service) – equal to the total volume of fresh water used, directly or indirectly, to produce the product (food or industrial), at every stage of its manufacturing or its ‘transformation’. At a global level, the water footprint for human consumption is 330,000 gallons per person per year (a total of 2,000 trillion gallons per year). The United States consumes the most water, at more than two and a half times the average, relative to Sub-Saharan countries consuming less than a tenth of the average; and China consumes just over half the average.

Water Beyond the Horizon

L’objectif de développement durable numéro (ODD) six des Nations Unis concerne l’eau, demandant l’accès à l’eau salubre et à l’assainissement soient réalisés dans le monde entier à l’aube de 2030. Cependant WaterAid constate qu’au rythme actuel, certains pays manqueront ce délai de… quelques siècles. Les gouvernements mondiaux doivent se rencontrer dans un avenir très proche pour évaluer les progrès vers ce but.

The United Nation’s Sustainable Development Goal, number six, calls for access to safe water and sanitation around the world by the dawn of 2030. However, given the current rate of progress, WaterAid predicts that some countries will miss this deadline by a few centuries. World governments are due to meet at the United Nations, in order to assess the progress towards this goal.

Selon James Famiglietti, l’un des co-auteurs de l’étude Grace de la Nasa, certaines régions les plus vulnérables ont déjà atteint leur « point de bascule de la durabilité », au vu de la baisse rapide de leurs plus importants aquifères. C’est notamment le cas dans la Péninsule Arabe, les plaines du nord de la Chine, l’aquifère Ogallala qui s’étend sous les grandes plaines des USA, l’aquifère Guarani en Amérique du Sud, le système saharien d’aquifères du nord-ouest du continent africain, et beaucoup d’autres. Il pose la question fatidique : « Quand ces aquifères ne pourront plus fournir de l’eau – sachant que certains, comme la moitié sud de l’aquifère Ogallala, seront sans doute asséchés d’ici 2050 – où ferons-nous pousser nos récoltes et d’où viendra l’eau ? »

According to James Famiglietti, co-author of NASA's study based on the Gravity Recovery and Climate Experiment (GRACE), some of the most vulnerable regions have already reached their ‘tipping point of sustainability’, in view of the rapid decline of their major aquifers. This is particularly the case for the Arabian Peninsula, the plains of northern China, the Ogallala aquifer (under the Great Plains of the USA), the Guarani aquifer in South America, the North-Western Sahara aquifer, and many others. He has raised the fateful question, "When these aquifers can no longer supply water – and some, like the southern half of the Ogallala, may run out by 2050 – where will we be producing our food and where will the water come from?"

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Le second système d’assainissement proposé est celui de la fosse septique. Toutes les eaux en provenance de l’habitation viendront se déverser dans la fosse via un collecteur principal. Le préfiltre de toutes eaux du traitement primaire assure le piégeage des matières décantables en suspension et des flottants. L’effluent prétraité arrive dans un système d’alimentation optimisé, composé d’un auget basculant et de plaques perforées qui distribuent par séquence, l’effluent. Le filtre est équipé de sa propre ventilation, un système qui gère l’eau et l’air (oxygène) pour traiter les eaux usées épurées en conditions aérobie à l’aide du système bactérien fixé dans le média filtrant, qui n’est autre que le coco. L’eau est déversée de manière uniforme sur les plaques de distribution placées au-dessus du milieu filtrant coco à travers lequel elle percole, tandis que la matière organique résiduelle est consommée par le système microbien présent dans le coco. Pour assurer une présence suffisante d’oxygène pour alimenter les micro-organismes du milieu filtrant, un flux d’air est dirigé sur ce milieu à la fois en surface et à la base. La circulation de l’air dans l’ensemble du système est assurée par convection, à partir de la ventilation primaire de l’habitation (ou d’un évent indépendant) via la conduite d’alimentation et la fosse septique. Les eaux se déverseront ensuite dans le système d’infiltration en sous-sol, fait avec des tunnels. Notre Seigneur de La Palisse intérieur nous rappelle qu’avant d’avoir de l’eau usée à recycler il faut avoir de l’eau… Sur une île sèche comme la nôtre, il a fallu de l’ingénuité et beaucoup de résilience pour gérer ce

ST-BARTH WATERMAKER

L'action stérilisante est due à la perturbation apportée par les radiations UV des lampes à vapeur de mercure dans la structure chimique des constituants de la cellule vivante, et par suite, de leur fonctionnement. Suivant la quantité d'énergie UV reçue, la cellule vivante sera soit stérilisée (effet bactériostatique, elle ne pourra plus se reproduire) soit détruite (effet bactéricide). Les microbes, virus, bactéries, seront donc particulièrement sensibles aux rayons UV, et puis pour des doses plus fortes les végétaux inférieurs tels que les algues, les moisissures et leurs spores.

besoin. Aujourd’hui, la technologie nous vient en aide, et « Saint-Barth Watermaker » est là aussi à la pointe du développement, proposant des unités de dessalement d’eau de mer utilisant le principe de l’osmose inverse. Celui-ci consiste à appliquer à l'eau salée placée dans un compartiment délimité par une membrane semi-perméable une pression au moins deux fois supérieure à la pression osmotique de l’eau salée. De l'autre côté de la membrane apparaît un débit d'eau dessalée. Ce procédé a fait de grandes avancées grâce à l’apparition de nouveaux types et de nouvelles formes de membranes. Après avoir été pompée à la mer, puis préfiltrée, l’eau de mer alimente une pompe haute pression qui la refoule vers les étages de production qui contiennent les membranes semiperméables. L’eau dessalée, le perméat, est testé en continu et dirigé automatiquement vers le stockage si sa qualité est correcte. La concentrât de saumure est évacué au rejet et au final à la mer. L’installation est munie de fonctions opérationnelles de rinçage et nettoyage des membranes et de dispositifs de déchloration et d’injection de séquestrant. En cas de besoin, on peut y ajouter un sous-ensemble de post-chloration. Étant donné que le dessalement de l'eau de mer exige une dépense en énergie mécanique très élevée, de nombreuses installations prévoient une récupération d'énergie par détente, par exemple, de la saumure extraite sur un turbogénérateur hydraulique qui fournira une partie de l'énergie de pompage haute pression. A première vue, disions-nous d’entrée, l’eau est la ressource la plus renouvelable de notre planète. Mais si nous n’y prenons garde, elle se dérobe. Au vu de la conjoncture écologique mondiale et de la nécessité d’agir rapidement de façon décisive, Saint-Barth, île sèche, se retrouve à la pointe du combat pour l’eau et se doit donc de répondre à l’appel de l’innovation, qui s’adresse à la responsabilité civique de chacun d’entre nous. C’est ainsi qu’un projet comme «Saint-Barth Watermaker », à première vue un acteur économique comme les autres, fait œuvre d’entreprise citoyenne pour répondre au défi séculaire d’une île exceptionnelle. © M-image

est de séparer les solides par décantation dans (4) le bassin de stockage des boues, tandis que les eaux claires rejoignent par surverse le milieu récupérateur. Un système de recirculation permet de maintenir un équilibre optimal du système, réduisant ainsi les nuisances olfactives. Dans cette cuve, une aspiration à surpresseur pompe l’eau clarifiée, pour la faire passer dans les filtres, puis dans l’ultra-violet pour s’évacuer par le réseau d’arrosage en goutte à goutte. Les eaux excédentaires passeront par trop plein dans le système d’infiltration en sous-sol qui servira aussi de rejet de secours, en cas de panne électrique. La dernière étape d’épuration ne fait plus appel à l’air mais à la lumière, plus précisément au rayonnement UV (ultraviolette), celui que vient chercher le monde entier sur les plages de Saint-Barthélemy. Seulement, ici il ne s’agit pas de bronzage mais de mettre en œuvre son pouvoir bactéricide. Ces rayons irradient les cellules vivantes contenues dans le liquide traversant l'appareil.

SAINT-BARTH WATERMAKER Désalinisation Traitement des eaux usées Épuration collectif et particulier Jérôme Patrouix - Cell : 0690 58 80 81 Email : contact@stbarthwatermaker.com www.tropical-mag.com

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Olivier Raynaud, directeur de l’ATE

Gros Îlets

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LES ÎLETS DE SAINT-BARTHÉLEMY les derniers bastions de la bio-diversité à sanctuariser

The Small Islands Around St Barts A Real Opportunity to Create Genuine Sanctuaries, Vital for the Protection of Biodiversity Rédaction : Olivier Raynaud Photos : Jean-Jacques Rigaud - archives de l’Agence Territoriale de l’Environnement et photos drone StBarth FLYCAM Traduction : Rachel Barrett-Trangmar

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Frégate

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La faune et la flore indigène de Saint-Barthélemy, malmenées par le développement de l’île, ont la chance de bénéficier d’espaces encore propices à leur conservation ; à savoir la vingtaine d’îlets satellites entourant Saint-Barthélemy. Loin de l’activité de l’île principale, ces îlets font office de sanctuaires où les pressions sont moindres pour des espèces qui sont soit vulnérables soit menacées sur l’île.

The indigenous flora and fauna on the island of St Barts, harmed by the development of the island, have the chance to benefit from areas more conducive to their conservation; namely the twenty or so small islands surrounding St Barts. Far away from the activity on the main island, these smaller islands serve as sanctuaries, where there is less stress on species that are either vulnerable or endangered on St Barts.

Ces 18 îlets et groupes de petits îlets vont d’une taille d’à peine plus de 500 mètres carrés pour Roches Roubes à plus de 50 hectares pour l’îlet Fourchue. Leur couverture végétale varie donc aussi considérablement ; 135 espèces végétales ont été recensées sur l’îlet Bonhomme, alors que sur Les Fourmis aucune plante ne pousse. En conséquence, l’occupation de ces îlets par la faune fluctue ; 67 espèces animales ont été

These eighteen small islands and groups of islets range in size from Roches Roubes, at just over 5,000 square feet, to Fourchue at more than 125 acres. The vegetation cover of the islands also varies considerably; 135 plant species have been recorded on Bonhomme, whereas the small island of Les Fourmis has no plant growth at all. As a result, there is a difference in fauna on these islands; sixty-seven

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Boulanger

Bonhomme

Île Fourchue

Île Pelée

Île le Boulanger

Île Frégate

Eric Gaba – Wikimedia Commons user: Sting

Île Petit Jean

Île Toc Vers

Île Bonhomme (Ile Chevreau)

Âne Rouge

Les Gros Ilets Le Pain de Sucre

inventoriées sur l’îlet Fourchue, quand on ne compte qu’un seul animal terrestre sur l’Ane Rouge. Les îlets de Saint-Barthélemy constituent en premier lieu un sanctuaire pour les oiseaux marins ; six espèces différentes nichent sur les Gros Îlets par exemple, et certaines populations (comme les fous bruns, Sula leucogaster) peuvent atteindre plus d’une centaine d’individus sur un unique rocher. Certains de ces îlets constituent même les derniers sites de reproduction dans les Antilles françaises pour certaines espèces, comme c’est par exemple le cas pour la sterne royale (Thalasseus maximus) sur l’îlet Tortue ou le fou à pieds rouges (Sula sula) sur Petite Islette. Sur l’île principale, les chats et chiens constituent des prédateurs de premier plan pour l’avifaune, mais ces « meilleurs amis de l’homme » ne sont pas présents sur les îlets offshores, ce qui garantit la tranquillité de

Les Petits Saints

Les Fourmis Île Coco

Roches Roubes

animal species have been recorded on Fourchue, whilst there is only one terrestrial animal on the small island of L’Ane Rouge. The small islands around St Barts are primarily a sanctuary for seabirds; six different species nest on Les Gros Ilets, for example; and certain populations (such as the Brown Booby, Sula leucogaster) can number up to more than a hundred individuals on one rock. Furthermore, some of these small islands are the only breeding grounds left in the French Caribbean for certain species; for example, the Royal Tern (Thalasseus maximus) on the island of La Tortue, and the Red-Footed Booby (Sula sula) on La Petite Islette. On the main island of St Barts, cats and dogs are the principal predators for birdlife, but ‘man’s best friends’ are not present on the offshore islands, which guarantees undisturbed reproduction and the survival of www.tropical-mag.com

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4

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Alsophis rijgersmaei (Couresse du Banc d’Anguilla)

Mabuya powelli (Scinque du Banc d’Anguilla)

Iguana delicatissima (Iguane des Petites Antilles

Sphaerodactylus parvus (Sphéro du Banc d'Anguilla)

Pelecanus occidentalis (Pélican brun)

Phaethon aethereus (Phaéton à bec rouge)

Phaethon lepturus (Phaéton à bec jaune)

Sula leucogaster (Fou brun)

Sula sula (Fou à pieds rouges)

Leucophaeus atricilla (Mouette atricille)

Anous stolidus (Noddi brun)

Onychoprion anaethetus (Sterne bridée)

Onychoprion fuscatus (Sterne fuligineuse)

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Sterna hirundo (Sterne pierregarin)

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Thalasseus maximus (Sterne royale)

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Puffinus lherminieri (Puffin d'Audubon)

FAUNE & FLORE des îlets

Progne dominicensis (Hirondelle à ventre blanc)

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Ipomoea sphenophylla (Patate de Saint-Eustache)

Psychilis correllii (Orchidée des îles du nord)

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Espèces prioritaires pour les programmes de conservation. ©Karl Questel/ATE


la reproduction et la survie des oiseaux marins migrateurs ou résidents. En l’absence de prédateurs introduits par l’homme, ce sont les prédateurs naturels et historiques, la Crécerelle d'Amérique (Falco sparverius) ou encore le Faucon Pèlerin (Falco peregrinus) qui régulent et maintiennent le taux de reptiles, d’oiseaux et d'insectes tolérables sur chaque îlet.

migratory or resident seabirds. However, in the absence of predators introduced by man, the natural historical predators – notably the American Kestrel (Falco sparverius) and the Peregrine Falcon (Falco peregrinus) – regulate and maintain a sustainable number of reptiles, birds and insects on each small island.

De plus, comme cela a été décrit dans l’article «L’Effet Cabri !» (Magazine Tropical n° 27), les caprins ont été éliminés des îlets Fourchue, Frégate et Bonhomme dans les années 2000. Ce qui a permis le retour du couvert végétal, et ainsi tout un ensemble de conséquences positives en cascade : restauration des habitats terrestres, rééquilibrage des chaines alimentaires, limitation de l’érosion et donc amélioration de la qualité des eaux côtières et des écosystèmes marins.

In addition, as described in the article ‘The Goat Effect!’ (Tropical Magazine N°27), goats were removed from the islands of Fourchue, Frégate and Bonhomme in 2000. This has allowed the vegetation cover to return, which has led to a series of positive consequences: the restoration of terrestrial habitats, rebalancing of food chains, limitation of erosion, and thus an improvement in the quality of coastal waters and marine ecosystems. www.tropical-mag.com

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Fourchue

PelĂŠe et Boulanger

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L’équipe de l’ATE

Si le dérangement et le dérèglement des écosystèmes sont moindres sur ces îlets offshores, la protection de ces sites reste indispensable car les îlets restent notamment vulnérables aux espèces exotiques envahissantes (comme le papillon invasif, Cactoblastis cactorum – réel fléau pour les populations de cactées – ou le rat noir, Rattus rattus). Une gestion adaptée de ces oasis pour la biodiversité de Saint-Barthélemy est indispensable pour permettre la conservation de lieux et de conditions favorables à la survie et à la reproduction d’espèces animales terrestres menacées. Alors que la conservation d’espèces sub-endémiques ou menacées telles que la couresse du Banc d’Anguilla (Alsophis rijgersmaei), l’orchidée des îles du nord (Psychilis correllii) ou encore le Puffin d'Audubon (Puffinus lherminieri) est compromise à court ou moyen terme sur l’île principale, c’est bel et bien sur les îlets de SaintBarthélemy que leur sort se joue désormais !

While the disturbance and disruption to the ecosystems are less on these small offshore islands, the protection of these sites is still essential as they remain particularly vulnerable to invasive non-native species, such as the Cactus Moth (Cactoblastis cactorum) – a veritable plague for cactus populations – or the Black Rat (Rattus rattus). It is thus essential to manage appropriately these oases of biodiversity for St Barts, in order to conserve these sites and the favorable conditions for the survival and reproduction of endangered terrestrial animal species. The conservation of subendemic and endangered species – such as the Leeward Island Racer (Alsophis rijgersmaei), the Lesser Antillean Pink Orchid (Psychilis correllii) and Audubon’s Shearwater (Puffinus lherminieri) – may be compromised in the short or medium term on the main island, but it is certainly on the small offshore islands where their destiny now lies! www.tropical-mag.com

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solutions concrètes pour faire des économies d’énergie Practical Solutions for Saving Energy

Choisissez votre électroménager performant à l’aide des étiquettes-énergies

La consommation d’énergie d’un appareil de classe A+++ représente environ 60% de moins qu’un appareil de classe A. Un coup d’œil sur l’étiquette-énergie permet de sélectionner les appareils les plus économes (efficacité de lavage, de congélation...). Les réfrigérateurs et congélateurs représentent environ 11% des consommations d’électricité d’un foyer moyen. S’équiper d’appareils moins énergivores peut donc permettre de diminuer significativement la facture d’électricité.

Choose Efficient Electrical Appliances with the Help of Energy Labels The energy consumption of a class A+++ appliance is approximately 60% less than a class A appliance. Reading energy labels will help you to select the most energy-efficient appliances (efficient in washing, freezing etc.). Refrigerators and freezers account for approximately 11% of electricity consumption for the average household. Choosing less energy-intensive appliances can therefore allow you to significantly reduce your electricity bill.

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Isolez votre logement pour améliorer votre confort au quotidien

Près de 30% des consommations d’électricité aux Antilles sont liés à la climatisation. L’isolation contre la chaleur du soleil est le meilleur moyen pour améliorer la qualité thermique d’un logement. L’isolation thermique se traduit par une température intérieure plus fraîche (gain d’environ 5 °C), réduisant d’autant le besoin de climatisation.

Insulate Your Home to Improve Your Daily Comfort Almost 30% of electricity consumption in the French Caribbean is linked to air conditioning. Insulation against the heat of the sun is the best way to improve the thermal quality of a home. Thermal insulation reduces the interior temperature by approximately 5°C (8°F), so equally reduces the need for air conditioning.

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Privilégiez les ampoules LED pour l’éclairage intérieur/extérieur

De nouvelles technologies sont récemment arrivées sur le marché : les ampoules LED à vis. Une ampoule LED dure plus longtemps (de 15 000 à 40 000h) et consomme près de 20% de moins qu’une LBC. La LED est donc idéale pour remplacer un spot halogène.

Choose LED Bulbs for Interior Lighting New technology has recently arrived on the market: LED screw bulbs. An LED bulb lasts longer (from 15,000 to 40,000 hours) and consumes approximately 20% less energy than a compact fluorescent light bulb (CFL). The LED is thus a perfect replacement for a halogen spotlight.

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Choisissez le bon chauffe-eau

Chauffe-eau solaire Les capteurs récupèrent l’énergie du soleil et la transfère vers le ballon d’eau. Les jours de faible ensoleillement, l’isolation thermique du ballon permet d’avoir de l’eau chaude. Un chauffe-eau solaire peut couvrir 100% des besoins toute l’année. Chauffe-eau thermodynamique Le chauffe-eau thermodynamique capte l’énergie présente dans l’air afin de chauffer l’eau à l’aide d’une pompe à chaleur aérothermique. Solution intermédiaire entre un chauffe-eau solaire et un chauffe-eau électrique, il permet de réaliser jusqu’à 70% d’économie d’énergie par rapport à un chauffe-eau électrique. Il nécessite néanmoins un minimum de place pour disposer l’installation dans un local spécifique.

Choose the Right Water Heater Solar Water Heater Solar panels capture energy from the sun and transfer it to a water tank. On cloudy days with little sunshine, the thermal insulation of the water tank keeps the water hot. A solar water heater is able to cover 100% of your hot water needs all year round. Thermodynamic Water Heater The thermodynamic water heater captures energy present in the air, in order to heat water using an aerothermal heat pump. It is an intermediary solution between a solar water heater and an electric water heater, offering up to 70% energy saving compared to an electric water heater. This appliance nevertheless requires a minimum amount of space in a dedicated room.

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EDF vous accompagne pour vos projets d’économies d’énergie

Pour vous aider à équiper votre maison en chauffe-eau solaire, en isolation thermique, ou à remplacer d’anciens climatiseurs par du matériel performant, EDF vous accorde une aide financière par le biais du réseau de partenaires Agir Plus d’EDF. Pour des projets un peu plus complexes et pour de grandes surfaces, une équipe de chargés d’affaires est à votre disposition pour vous proposer des solutions adaptées.

EDF Offers Assistance for Your Energy Saving Projects To help you equip your home with a solar water heater, thermal insulation or to replace old air conditioning systems with efficient appliances, EDF can offer you financial assistance through one of its network partners – Agir Plus d’EDF. For rather more complex projects and for large areas, a team of professional project managers is at your disposal to offer you appropriate solutions.

Pour plus d’infos / For more information

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Sur la route des baleines à bosse The Migratory Route of Humpback Whales Rédaction : Michel Vély - Photos : Michel Vély, Jean-Jacques Rigaud - Traduction : Rachel Barrett-Trangmar

Le 30 juin, la première saison de migration Post Irma des baleines à bosse dans les iles françaises de Saint Barthélemy et de Saint Martin se termine. Les baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) ou mégaptères se caractérisent par de grandes pectorales (mega veut dire grandes et ptera ailes) qui leur donnent l’impression de voler dans le bleu des eaux de la Caraïbe. Surtout que les pectorales bien blanches propres à leur population de l’Atlantique Nord produisent des jeux de bleus extraordinaires et trahissent la présence des baleines sous l’eau à distance des embarcations. L’ouragan Irma malgré sa puissance et sa dévastation sur terre et sous l’eau n’aura pas à priori changé le rythme millénaire des baleines à bosse qui viennent hiverner dans nos iles, non pas pour se nourrir mais pour se reproduire, de janvier à juin avec un pic d’affluence en mars avril. Elles n’ont pas besoin de ressources alimentaires dans nos eaux. Elles viennent chercher les eaux chaudes et peu profondes de ce plateau qui relie Saint Barth, Saint Martin et Anguilla. Ces eaux dont la profondeur varie entre 30 et 60 m permettent aux mâles de chanter pour séduire les femelles, aux mâles et aux femelles de s’accoupler et aux mamans de mettre bas et de materner leur baleineau loin des prédateurs, avant le grand voyage vers les zones froides du Nord où elles iront s’alimenter ainsi que leur progéniture qu’elles accompagneront à nouveau dans les aires de reproduction pour le sevrage de cette dernière.

The 30th of June marked the end of the first migratory season, post-Irma, of the humpback whales in the French islands of St Barts and St Martin. Humpback whales (Megaptera novaeangliae) are characterized by their large pectoral fins (mega means large and ptera means wings), which give the impression that they fly through the blue waters of the Caribbean. The brilliant white pectorals, peculiar to the population of the North Atlantic, produce an extraordinary mix of blues, betraying the presence of the whales beneath the water to boats at a distance. Despite the powers and destruction of Hurricane Irma, on land and under the sea, it does not seem to have had any effect on the age-old migratory routine of the humpback whales, which winter around our islands for the purpose of breeding (versus feeding) – from January to June, with a peak in March and April. They have no need for food from our waters during this period. They come in search of the warm and relatively shallow waters of the plateau connecting St Barts, St Martin and Anguilla, known as the Anguilla Bank. The depth of these waters, between one and two hundred feet, is favorable for the whale song that the males use to attract the females; it is equally conducive to mating, and allows the females to give birth and nurse their calves free from predators. The whales and their offspring then embark on their long journey to the cold areas of the North, where they go to feed. The mothers subsequently accompany their young back to the breeding grounds, where the latter are weaned. www.tropical-mag.com

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Et où vont-elles quand la saison de reproduction est terminée ?

And where do they go at the end of the breeding season?

En fait on sait, depuis quelques années, leur destination précise dans les eaux froides ; vers les aires d’alimentation de la Norvège, de l’Islande et sans doute du Groenland pour nombre d’entre elles. Certaines passent également par la République Dominicaine (Banc d’Argent) et les Iles Vierges Britanniques pour rejoindre à priori la côte Est des Etats-Unis et le Canada.

In fact, for some years now, we have known the precise destination of the humpback whales in the cold waters – namely, the feeding grounds of Norway and Iceland, and possibly Greenland for many of them. Some of the whales equally pass by the Silver Bank of the Dominican Republic and the British Virgin Islands, presumably en route to the east coast of the United States and Canada.

Comment savons nous tout cela ?

How do we know all this?

C’est grâce à la face inferieure de leur caudale dont les patrons de coloration et les caractéristiques du bord de fuite permettent une reconnaissance individuelle. Une photo prise au moment précis où la baleine sonde, permet d’établir l’identité de l’individu et ensuite le jeu consiste à le retrouver sur la planète. Smart et simple Non ? On parle de photo-identification. Les équipes scientifiques, les membres des associations de protection des cétacés comme MEGAPTERA (www.megaptera.org) suivent la migration de ces baleines sur les sites de reproduction, dans les aires d’alimentation, voire sur leurs trajets de migration entre ces sites importants (c’est le cas des Açores, des Bermudes et des Shetlands). Et toutes ces équipes sont en contact. L’Observatoire des Mammifères Marins de l’Archipel Guadeloupéen (OMMAG) centralise ces données pour les iles françaises du sanctuaire Agoa. Un catalogue est ainsi créé, qui s’enrichit chaque année et qui est comparé à la fois avec les catalogues de la région (Porto Rico, République Dominicaine, etc.), mais aussi avec ceux des zones où les baleines se nourrissent. Les personnes qui comparent les photos sont appelées «matcheurs (ses) ». Un grand merci pour le travail difficile qu’ils fournissent et qui porte ses fruits petit à petit. Vous pouvez contribuer à l’enrichissement de notre catalogue dans les iles françaises en envoyant vos photos comme le fait, parmi d’autres, Agnès depuis de nombreuses années depuis Saint Martin. Cette année grâce à une de ses photos (Mn 424 – Catalogue OMMAG), nous savons qu’une des baleines venues hiverner dans nos eaux avait déjà été photo identifiée en Islande en 2015.

It is possible to identify individual humpback whales by virtue of the color patterns on the underside of their caudal (tail) fin, and the characteristics of the trailing edge of the fluke. The identity of an individual can be established by taking a photograph at the precise moment that the whale dives into the water; and then the challenge is to spot it again on the planet. This rather smart and simple idea is known as photo-identification. Teams of scientists, members of cetacean conservation associations like Megaptera (www.megaptera.org), follow the migration of these whales to the breeding sites, feeding grounds, and even on their migration routes between these important sites (namely off the Azores, Bermuda and the Shetland Islands); and all these teams remain in contact with one another. The Observatory of Marine Mammals of the Guadeloupe Archipelago (OMMAG) consolidates this data for the Agoa marine sanctuary of the French Caribbean islands. A catalog of photographs is thus created, which is augmented every year, and which is also compared to other catalogs in the region (Puerto Rico, Dominican Republic etc.), and equally with those zones where the whales go to feed. The people who compare the photographs are called ‘Matchers’; their hard work is very much appreciated and is gradually showing results. You can contribute to our catalog of the French islands, by sending us your photographs; just as Agnès, amongst others, has been doing for many years from St Martin. This year, thanks to one of her photographs (Mn 424, OMMAG Catalog), we found that one of the whales wintering in our waters had already been photo-identified in Iceland in 2015.

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Grâce à la photo-identification nous avons pu démontrer également que nous partageons certaines baleines à bosse avec la Guadeloupe. En effet deux baleines d’un groupe compétitif de 5 individus – c’est à dire groupe au sein duquel des mâles se disputent les faveurs d’une femelle – photographiées cette année entre Tintamarre et Fourchue avaient déjà été photo identifiées en Guadeloupe en 2014 et 2017 pour Mn 209 – Catalogue OMMAG et en 2013 pour Mn 321 – Catalogue OMMAG. Cette information est importante car elle permet de montrer les échanges entre nos îles et vient compléter le puzzle. Car il apparaît avec de plus en plus de certitude que deux populations distinctes, viennent migrer dans la Caraïbe ! Leurs existence, distribution et échanges respectifs ne sont pas simples à définir, ni à mettre en évidence de manière précise. Aussi est il besoin d’utiliser en complément à la photo identification d’autres techniques qui permettent de compléter nos connaissances : la télémétrie satellitaire, la génétique et l’acoustique.

La technique et la génétique, pour une meilleure connaissance Nous avons employé la télémétrie satellitaire avec succès, dans le cadre du projet MEGARA (MEGA pour mégaptère, RA pour reproductive area), porté par la Réserve naturelle nationale marine de Saint Martin, en collaboration notamment avec l’Agence territoriale de l’environnement de St Barth et les iles voisines (Anguilla, Saint Eustache, Saba et Sint Maarten), lors de la saison 2014 ; 5 balises satellites parmi les 8 déployées nous ont montré les échanges avec Barbuda par exemple et les directions prises par les baleines, soit directement en ligne droite vers la Norvège et l’Islande, soit via les Iles Vierges Britanniques et le Banc d’Argent en République Dominicaine et les Bermudes vers la côte nord-est de l’Amérique du Nord. Plus récemment une équipe scientifique dano norvégienne a démontré le lien entre la Norvège et la Caraïbe (lien qui avait été aussi démontré par une équipe franco américaine depuis la Guadeloupe en 2012) Cette technique qui nécessite des moyens plus importants, une plus grande technicité (nous faisons appel à des spécialistes danois du Greenland Institute), est plus onéreuse et ne peut pas se pratiquer dans des mers agitées ; c’est pour cela qu’en 2017 et 2018, l’équipe MEGARA n’a pas pu déployer de balises sur les baleines, au vu des conditions climatiques en avril. La génétique qui consiste à biopsier les baleines à l’aide d’une flèche équipée d’un embout adéquat pour prélever un échantillon de peau, permet de définir avec certitude le sexe des individus, car chez les baleines à bosse il est difficile de différencier un mâle d’une femelle si elle n’est pas suitée d’un baleineau ou si le mâle ne chante pas Elle permet également de définir des appartenances à des populations ou sous populations différentes. Par exemple les biopsies faites en 2014, au cours du projet MEGARA, démontrent le lien qui existe entre les baleines de nos eaux et celles du Cap Vert. C’est enfin avec l’acoustique que nous pouvons apporter des informations complémentaires. Soit en posant des sondes acoustiques au fond qui enregistrent les chants des mâles comme l’a fait la NOAA à Saint

The photo-identification equally shows that we share certain humpback whale sightings with Guadeloupe. In fact, two whales of a competitive group of five individuals – that is, a group in which the males compete for a female – photographed this year between the islands of Tintamarre and Fourchue, had already been photographed off Guadeloupe in 2014 and 2017 (Mn 209, OMMAG Catalog), and in 2013 (Mn 321, OMMAG Catalog). This information is important as it shows the exchanges between our islands and helps to complete the puzzle. Notably, it appears, with more and more certainty, that two distinct populations come to winter in the Caribbean! Their existence, distribution and respective exchanges are not simple to define, or to prove with precision. It is therefore necessary to use other techniques alongside the photo-identification, which help to complete our knowledge, such as satellite telemetry, genetics and acoustics.

Technology and Genetics for Improved Knowledge We successfully used satellite telemetry as part of the Megara project (‘Mega’ for Megaptera and ‘ra’ for reproductive area) during the season of 2014, which was carried out by the National Marine Nature Reserve of St Martin, in collaboration with the Territorial Environmental Agency of St Barts and the neighboring islands (Anguilla, St Eustatius, Saba and Sint Maarten). Five satellite beacons, out of the eight deployed, showed exchanges with Barbuda, for example. They also showed the directions taken by the whales, which were either in a straight line

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Martin en 2017. Grâce à ces enregistrements on sait que nos eaux sont les plus importantes après celles de la république dominicaine, en terme de fréquentation de baleines à bosse dans la Caraïbe. L’hypothèse à confirmer est que le plateau St Barth St Martin Anguilla est un site majeur pour la reproduction avec une majorité de mâles chanteurs présents. Ce qui explique qu’on ne voit pas toujours les baleines dans nos eaux du fait que les mâles peuvent chanter sous l’eau pendant de longues périodes et ne remontent que brièvement à la surface pour respirer, par séquences sous-marines de 20 mn environ. Pour étudier et enregistrer ces chants la technique est simple. Il suffit d’immerger depuis une embarcation à l’arrêt un micro étanche ou hydrophone au plus près du mâle chanteur et d’enregistrer son chant. Ensuite ces chants sont comparés sur les différents sites de reproduction de la région caraïbe. Cette année les mâles ont émis des chants comportant des aboiements répétitifs caractéristiques que nous avons entendu à la fois en Guadeloupe et à Saint Barth. Nous pensons donc que nous partageons, au moins en partie, les individus d’une même sous population ; ce qui vient confirmer le résultat de la Photo ID. Il faudra bien sûr de plus amples analyses de ces chants pour confirmer scientifiquement notre affirmation. Le travail est en cours et nous préparons activement la prochaine saison Si cette aventure vous tente venez nous rejoindre et contactez nous. Les baleines actuellement dans le Nord arriveront dans nos eaux à partir de janvier 2019 et nous serons prêts, avec vous.

https://www.youtube.com/watch?v=fWHVFne2RsI Production: SCIENTIFILMS - Réalisation: Jérôme GRENECHE Montage: Jérôme GRENECHE et Julien GRAPPE

towards Norway and Iceland, or via the British Virgin Islands, Dominican Republic’s Silver Bank, and Bermuda towards the north-east coast of North America. More recently, a Dano-Norwegian team of scientists demonstrated the link between Norway and the Caribbean (a link that had also been demonstrated by a Franco-American team from Guadeloupe in 2012). This technology, which requires greater resources and technical skills (for which we called upon Danish specialists of the Greenland Institute), is more expensive and cannot be carried out in rough seas. This is why, in 2017 and 2018, the Megara team was not able to deploy satellite beacons to monitor the whales, due to the weather conditions in April. The genetic studies, which involve taking a biopsy of the whales using a special dart to collect a skin sample, accurately determine the sex of the individuals. It is generally difficult to differentiate between a male and female humpback whale, if the female is not accompanied by a calf or if the male is not singing. The genetic studies also make it possible to define the relationships between different populations and subpopulations. For example, the biopsies carried out in 2014, during the Megara project, demonstrate the link that exists between the whales in our waters and those of the Cape Verde islands. We are able to acquire additional information through the use of acoustics; for example, acoustic probes can be placed on the sea bed, in order to record the male whale song. This was carried out in St Martin, in 2017, by the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA). These recordings show that our waters are the most important after those of the Dominican Republic, in terms of the presence of humpback whales in the Caribbean. The hypothesis, yet to be confirmed, is that the plateau between St Barts, St Martin and Anguilla is a key breeding site with a major presence of singing males. This explains why the whales are not always spotted in our waters, because the males can sing under water for long periods, only emerging to the surface to breathe, at approximately twenty minute intervals. A rather simple technique, to record and study this whale song, is the submergence of a waterproof microphone or hydrophone (from a stationary boat), placed as closely as possible to the male whale to record it singing. These songs are then compared to those of the different breeding grounds of the Caribbean. This year, this whale song was characterized by repetitive barking, which was heard in both Guadeloupe and St Barts. We thus think that we share, at least in part, individuals from the same population, which has confirmed the result of the photo-identification. It is obviously necessary to carry out further studies of these songs, in order to confirm our assertion scientifically. The work is ongoing and we are actively preparing for the next season. If you are tempted by this adventure, please get in touch and join us. The whales, which are currently in the North, will arrive in our waters from January 2019, when we will be ready and waiting – hopefully you will be too. .

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Rejoignez MEGAPTERA Saint-Barth ! Come and Join MEGAPTERA St Barts! Depuis 2014, l’association française à but non lucratif, MEGAPTERA, pour la connaissance, l’observation et la conservation des mammifères marins et du requin baleine, intervient dans le cadre du projet MEGARA pour étudier la biologie et les mouvements des baleines à bosse dans les eaux de Saint-Barth. Il est temps de se préparer pour la saison de migration des baleines 2019, afin de rendre compte du maximum d’observations faites dans les eaux de Saint-Barth, pendant la période de janvier à juin 2019. C’est demain et il faut s’organiser ! L’idée est d’impliquer le plus grand nombre de volontaires dans l’aventure, que les observations se passent depuis la terre ou lors d’embarquements en mer. Qu’on soit jeune ou moins jeune, qu’on ait ou pas un appareil photo performant, qu’on dispose ou non de formation scientifique, qu’on puisse ou non proposer un embarquement sur un navire pour une après-midi, une journée, une semaine… tout le monde est bienvenu ! MEGAPTERA par l’intermédiaire de son président Michel Vély et de son représentant sur l’île de Saint-Barth, Steeve Ruillet, proposera, dès septembre, une première conférence sur les baleines à bosse et les cétacés à SaintBarth. Ensuite des réunions périodiques seront organisées pour préparer la « saison baleines » de façon à ce que l’équipe « Saint-Barth MEGAPTERA », soit opérationnelle pour accueillir les baleines en 2019. Bien évidemment MEGAPTERA s’intéresse à tous les cétacés : dauphins, baleines, cachalots, orques, globicéphales… qui croisent dans les eaux de Saint-Barth. De façon à faire un inventaire plus précis, rejoignez-nous, ou envoyez-nous vos infos. MEGAPTERA intervient à Saint-Barth en étroite collaboration avec l’Agence Territoriale de l’Environnement (ATE), le projet MEGARA porté conjointement par le Réserve de Saint-Martin et l’ATE, le projet CARI’MAM porté par le Sanctuaire Agoa, l’association Mon École ma Baleine et l’Observatoire des Mammifères Marins de l’Archipel de Guadeloupe (OMMAG).

Megaptera is a French non-profit association for the conservation, observation and raising awareness of marine mammals and whale sharks. Since 2014, MEGAPTERA has been involved in the Megara project to study the biology and movement of humpback whales in the waters around St Barts. Now is the time to start preparing for the whale migration season 2019, in order to maximize the number of whale sightings in the waters of St Barts, during the period from January to June 2019. Time is running out, so we had better get organized! The idea is to involve the greatest number of volunteers in this adventure, be it for sightings from land or sea; whether you are young or old, with or without a great camera or a scientific background; and whether or not you can offer a boat trip for an afternoon, a day or a week – everyone is welcome! In September 2018, through the impetus of its president, Michel Vély, and its representative on the island of St Barts, Steeve Ruillet, MEGAPTERA held its very first conference on humpback whales and cetaceans here on St Barts. This is being followed by regular meetings to prepare for the ‘whale season’, so that the ‘Megaptera St Barts’ team will be up and running to welcome the whales in 2019. Of course, MEGAPTERA is equally interested in all the other cetaceans – namely dolphins, sperm whales, orcas, pilot whales, and other whale species – which pass through the waters of St Barts. To help us improve our whale inventory, please join us or send us your contact details. MEGAPTERA works in close partnership with the Territorial Environmental Association (ATE) on St Barts; in addition to the Megara project jointly supported by the National Marine Nature Reserve of St Martin and the ATE of St Barts. Megaptera is equally involved in the CARI’MAM project (Caribbean Marine Mammals Preservation Network) initiated by the Agoa Sanctuary. It also collaborates with the association ‘Mon École, Ma Baleine’ (My School, My Whale), together with the Observatory of Marine Mammals of the Guadeloupe Archipelago (OMMAG).

Michel Vély megapteraone@hotmail.com Tél : 0690 62 12 71 Michel Vély

Steeve Ruillet

Steeve Ruillet techmer.sbh@gmail.com Tél : 0690 71 90 07

Villa Idéali, Camaruche 97133 Saint-Barthélemy Site web : www.megaptera.org - Facebook : Megaptera et Megaptera suivez les baleines

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Un instant de grâce A Moment of Grace

Traduction: Rachel Barrett-Trangmar Photos réalisées lors de l’expédition de « Fleur Australe » Géraldine Danon, Philippe Poupon

Ce texte est tiré du très beau livre que vient d’écrire Géraldine Danon «La nuit n’est jamais aussi noire qu’avant l’aube». A bord de « Fleur Australe », remontant en direction de l’extrême nord, le spectacle des baleines à bosse s’offre à la famille. Géraldine raconte, au chapitre 9 – Dans les eaux groenlandaises. « Un jour, alors que je suis de quart, j’aperçois une troupe de baleines à bosse. Je réveille Philippe qui enfile sa combinaison étanche et plonge dans l’eau glaciale. Elles dansent autour du bateau pendant plus d’une heure. On pourrait passer sa vie à les admirer. Juste ça. Rien de plus. Elles vont et viennent. Ne ressortent jamais là où on les attend. Leur souffle puissant fait vibrer la mer. Elles émergent des profondeurs dans un souffle de vie. Offertes au ciel, l’espace d’un instant de grâce. Curieuses, généreuses, elles laissent les hommes les approcher et on peut nager parmi elles sans courir de risque, malgré leur taille colossale. C’est la force tranquille des océans. Leur puissance, la grâce étrange de leur ballet, leur présence magnétique, font de ces rencontres des moments inoubliables. Des moments qui paraissent presque comme un rêve, aussitôt le

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This is an excerpt from Geraldine Danon’s latest, beautifully written book: ‘The Darkest Hour is Before Dawn’. Whilst heading to the Far North on board their boat, ‘Fleur Australe’, the family was entertained by a group of humpback whales. Géraldine recalls this scene in chapter nine – In the Waters of Greenland. ‘One day, whilst on watch, I spotted a pod of humpback whales. I excitedly woke up Philippe who put on his dry suit and plunged into the icy water. The whales danced around the boat for more than an hour. You could spend a lifetime admiring them – simply that, nothing more. They kept coming and going, never reemerging where we expected. Their powerful breathing made the sea vibrate. They emerged from the depths in a breath of life … like an offering to heaven, a moment of grace. Both curious and generous, they let you get close to them and, in spite of their colossal size, you can swim amongst them without any risk. They are the silent strength of the oceans. Their power, their strangely graceful ‘ballet’, their magnetic presence … make such encounters unforgettable moments, which seem almost dreamlike when the last breath of these magnificent creatures disappears into the horizon. The mystery remains intact, but the joy continues, vibrant, palpable … … The whales came back again. I could spot their powerful breathing from afar, spraying a cloud of pearls


dernier souffle de ces magnifiques créatures disparu à l’horizon. Le mystère est intact mais la joie est là, vibrante, palpable… … Les baleines sont de retour. De loin je repère leur souffle puissant qui vaporise un nuage de perles d’eau dans l’air calme du matin. Elles viennent ici se nourrir de krill et de plancton. Trois baleines à bosse se rassemblent dans un mouvement en spirale qui part du fond et remonte jusqu’à la surface. Les poissons, crevettes ou calamars emplissent leur grande bouche ouverte. A travers leurs fanons, elles éjectent l’eau et retiennent tous ces petits poissons qui vont les nourrir. Nous les suivons à distance pour ne pas les gêner. Elles nagent, respirent et prennent leur souffle pour une apnée de quelques minutes. Elles plongent nous dévoilant d’abord leur dos arrondi, puis leur queue qui ruisselle encore de cette eau qu’elles vont percer jusqu’aux abysses. Elles cheminent ainsi et se nourrissent en prévision des longs mois d’abstinence qui vont les mener sur les lieux de reproduction, dans la mer des Caraïbes. Ce sont de grandes voyageuses à travers l’Atlantique. J’aime à penser que nous les avons peut-être croisées cet hiver durant notre expédition dans les Grandes Antilles. Je sais qu’on peut les identifier de manière individuelle, à leur nageoire caudale qui est un peu leur empreinte digitale. Heureusement pour elles en mer, il n’existe pas de contrôle aux frontières ».

into the tranquil morning air. They were coming to this area to feed on krill and plankton. Three humpback whales were swimming together in a spiral motion, from the depths to the surface. Fish, shrimp and squid filled their large open mouths; they were ejecting water through their baleen, keeping hold of these small fish to feed upon. We followed at a distance so as not to disturb them. They were swimming, breathing and would then take a large breath to dive below the surface for a few minutes. As they dived, they first exposed their rounded back and then their tail, still dripping with the very same water they would pierce into the abyss. They roam the ocean in this fashion, feeding in anticipation of the long months of abstinence, when they go to their breeding grounds in the waters of the Caribbean. They are great voyagers crossing the Atlantic. I would like to think that our paths had already crossed this winter, during our expedition in the Caribbean. I know they can be individually identified through the markings on their caudal fin, which is rather like their fingerprint. Luckily for them, there is no border control at sea’. www.tropical-mag.com

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INE est une association créée par un groupe de jeunes locaux, souhaitant agir bénévolement sur le terrain, en apportant une force humaine, destinée à soutenir les projets environnementaux de Saint-Barthélemy. Notre mission s’organise en trois étapes : 1- La validation des projets, en partenariat avec les différents acteurs : Collectivité de Saint-Barthélemy, Agence Territoriale de l’Environnement, Associations. 2- Le recrutement des bénévoles, sélectionnés en fonction de leurs formations et de leurs expériences et qui viendront travailler sur les « chantiers nature », quatre jours par semaine, pendant deux mois. La préparation des missions, avec les chefs de projets : échange avec les partenaires, pour valider le cahier des charges, l’approvisionnement de l’outillage et du matériel. 3- Le travail sur site, avec les équipes bénévoles, encadrées par leur chef de projet. A ce jour, deux sessions ont été organisées : * de septembre à octobre 2017 : le planning a été modifié, suite au passage du cyclone IRMA, et les bénévoles sont intervenus pour le nettoyage des espaces naturels; plus de 20 tonnes de tôles et de débris dans les mornes.

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INE is an Association created by a group of young local island residents, wanting to actively volunteer by offering their physical strength to support environmental projects on St Barts. Our mission is divided into three stages: 1- The approval of the projects carried out in conjunction with the different partners: the Collectivity of St Barts, the Territorial Environmental Agency (Agence Territoriale de l’Environnement, ATE), and other local Associations. 2- The recruitment of volunteers, chosen according to their training and experience, and assigned to work on the ‘natural sites’, for four days a week for a period of two months. The preparation of assignments with project leaders: meetings with our partners to approve the project specifications, and the supply of tools and equipment. 3- On-site work with the volunteer teams, supervised by their respective project leaders. To date, two sessions have been organized: *From September to October 2017: the schedule was reorganized as a result of Hurricane Irma, and the volunteers took part in the clearing of the natural areas – more than twenty tons of tin roofing and debris were cleared from the hillsides.


* de février à avril 2018, nous avons agi sur trois chantiers distincts : - L’aménagement des sentiers : création d’un sentier sur la presqu’île de Grand Cul de Sac, réalisé en partenariat avec l’ATE et le Guanahani. Une convention a été signée entre la Collectivité et le Guanahani, afin de rendre ce sentier accessible au public. - La création et la restauration du récif corallien : actions d'aide au projet de Ouanalao Reef, pour la création d’un récif artificiel de type Biorock, à Pointe Milou (www.ouanalaoreef.com). - L’entretien et la préservation d’espaces naturels : plantation de palétuviers autour de l’étang de SaintJean, en partenariat avec Jim Boos et l’ATE. Nettoyage sur l’île Fourchue : ramassage des débris, démontage d’un catamaran échoué sur l’île, lors du passage du cyclone IRMA. Relevé et capture de cabris sur des zones naturelles, menacées par leur impact.

*From February to April 2018, we worked on three different projects: - Creating trails: creation of a trail on the Grand Cul de Sac peninsula, carried out in association with the ATE and ‘Le Guanahani’ hotel. An agreement was signed between the Collectivity and Le Guanahani, in order to make this trail accessible to the public. - Creation and restoration of a coral reef: assisting the ‘Ouanalao Reef’ association in creating an artificial ‘Biorock’ reef off Pointe Milou (www.ouanalaoreef.com). - The maintenance and conservation of natural areas: the mangrove plantation around the St Jean pond, in association with Jim Boos and the ATE. Island clean-up on Ile Fourchue: clearing and removal of debris, including a grounded catamaran, shipwrecked during Hurricane Irma. Monitoring and capturing goats in the rural areas, damaged by their impact.

La prochaine session bénévole est en préparation au dernier trimestre 2018 ; il est prévu de continuer à travailler sur ces trois mêmes axes. Les locaux souhaitant apporter leur aide sur ces chantiers, peuvent nous rejoindre sur le terrain, chaque samedi. Certains chantiers sont ouverts aux enfants (accompagnés d’un parent), afin de les sensibiliser à leur environnement.

The next volunteering session is currently being planned for the last quarter of 2018, and will follow the same three stages. Any local residents, wishing to assist with our projects, are welcome to join us on-site every Saturday. Certain project sites are open to children (accompanied by a parent), which helps to raise their awareness of environmental protection.

Soyez INE ! Et rejoignez-nous, pour agir sur notre environnement. Come and join INE to protect our environment! Facebook: Island Nature St Barth Experiences Email: contact@instbarthexperiences.com Website: www.instbarth.com www.tropical-mag.com

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et la transition énergétique Interview par le magazine Tropical, du directeur EDF Guadeloupe et Îles du Nord: Sylvain Vidal Traduction: Rachel Barrett-Trangmar - Photos d’archives

Pouvez-vous nous présenter les missions d'EDF en Guadeloupe et pour les îles du nord ? Sylvain Vidal : En Guadeloupe, comme dans les départements et la plupart des territoires d’Outre-mer, EDF est l'opérateur du système électrique, l'acheteur unique de la production d'électricité, le gestionnaire du réseau de distribution d'électricité, le fournisseur de tous les clients, un acteur essentiel de l'efficacité énergétique.

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Could you please explain the role of EDF in Guadeloupe and the northern French Caribbean islands? Sylvain Vidal: In Guadeloupe, as in the French overseas departments and the majority of the French overseas territories, EDF is the operator of the electricity system, the sole purchaser of electricity generation, the manager of the electricity distribution network, the supplier of electricity to all clients, and a key player in energy efficiency.

Quelle est votre stratégie en matière de transition énergétique ?

What is your strategy in terms of energy transition?

Sylvain Vidal : Les Outre-mer font face à un enjeu environnemental et énergétique majeur : la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte fixe l'objectif ambitieux de l'autonomie énergétique d'ici 2030, notamment pour chaque DOM. Cet enjeu offre à chaque territoire la maîtrise de son destin énergétique par la collaboration d'une PPE (programmation pluriannuelle de l'énergie) entre l'État et la collectivité

Sylvain Vidal: Overseas France (French-administered territories outside Europe) faces a major energy and environmental challenge: the law in respect of energy transition for ‘green growth’ has set an ambitious goal for energy autonomy by 2030. This objective offers each territory control over the future of its energy via a multi-year energy program (programmation pluriannuelle de l'énergie, PPE), drafted by the French

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EDF and Energy Transition territoriale compétente, la Région pour la Guadeloupe et les iles du Sud, les Collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint Martin pour les Iles du Nord avec l'accompagnement d'acteurs tels qu'EDF. EDF est confrontée à un défi : l'intégration d'un maximum d'énergies nouvelles et renouvelables sur le réseau suppose une véritable révolution technologique misant sur des innovations de rupture avec l'ancien modèle, essentiellement basé sur les énergies fossiles. Cette révolution passe par les technologies digitales, faisant de la transition énergétique aussi une « transition numérique » vers des métiers nouveaux autour de l'innovation, de la valorisation des données, du système électrique pour lequel les Outre-mer et les Iles de l’Archipel Guadeloupe en particulier constituent des territoires d'expérimentation. EDF participe à l'émergence d'une économie digitale performante en Guadeloupe à travers plusieurs initiatives : des partenariats avec la Région et l'UDE MEDEF Guadeloupe sur le développement et l'innovation digitale, un challenge « Open innovation » avec l'association Guadeloupe-

Sylvain Vidal

government in collaboration with the relevant regional authorities: the Region of Guadeloupe and the southern French Caribbean islands; and the Collectivities of St Barts and St Martin for the northern French Caribbean islands – in conjunction with players such as EDF. EDF is facing a challenge; namely, the fact that the integration of a maximum level of new and renewable energies on the network requires a real technological revolution, which relies upon innovations breaking with the old model, essentially based on fossil fuels. This revolution involves digital technologies, which means that energy transition is equally a ‘digital transition’ towards new businesses related to innovation, data collection, and the electrical system – for which Overseas France, particularly the islands of the Guadeloupe Archipelago, constitutes areas for experimentation. EDF is participating in the development of a successful digital economy in Guadeloupe through several initiatives. These are namely, partnerships with the regional government and the local UDEMEDEF business association, for digital development www.tropical-mag.com

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Tech. Le numérique est incontournable pour l'insertion accélérée des énergies décarbonées dans le mix énergétique, sans altérer la qualité de la fourniture d'énergie. Pour y parvenir, les « smart grids », ou réseaux intelligents devront prendre une part beaucoup plus importante sur le territoire. Le développement de la mobilité décarbonée est également une certitude : le véhicule électrique apparaît comme une solution intéressante, si son développement est conduit de manière énergétiquement responsable. EDF engage le déploiement de compteurs électriques numériques, évolution indispensable à la simplification des services aux clients et à la transition énergétique.

and innovation; and an ‘Open Innovation’ challenge with the Guadeloupe-Tech association. Digital technology is essential for an accelerated integration of carbonfree energies into the energy mix, without changing the quality of the energy supply. To achieve this, the ‘smart grids’ will have to play a more important part in the different territories. The development of low-carbon transportation is also an inevitability; the electric vehicle appears to be a favorable solution, if its development is directed in an energy conscious way. EDF is launching the installation of digital electricity meters – a vital step towards simplifying services to clients and towards energy transition.

Quelles sont vos perspectives ?

What are the future plans for EDF?

Sylvain Vidal : Je reviendrai sur les conséquences dramatiques des ouragans Irma et Maria, qui ont frappé les Iles du Nord et la Guadeloupe en septembre 2017 : la mobilisation exemplaire des salariés du groupe EDF a permis de faire face à ces situations d'urgence dans des conditions extrêmement difficiles.

Sylvain Vidal: Reflecting back on the dramatic consequences of hurricanes Irma and Maria, which impacted the northern French Caribbean islands and Guadeloupe in September 2017; it was thanks to the exemplary mobilization of EDF’s employees that made it possible to cope with these emergency situations under extremely difficult conditions. We must now prepare for the future and see this natural disaster as an opportunity to rebuild this group of French islands to be more resilient, practical and efficient in terms of energy. Reducing our carbon footprint is a necessity that should guide us for future generations. The challenges for the public electricity services of tomorrow are therefore: to be more flexible, more resilient, more efficient, more innovative, to serve the energy and digital transition, to show solidarity and be a value creator for each territory. It is in this constructive spirit that we have been working with the services of the Collectivity of St Barts, for a number of months now, in order to develop renewable energy and the management of energy demand in the months and years to come.

Nous devons maintenant préparer l'avenir et faire de cette catastrophe l'opportunité de rebâtir un archipel plus résilient, sobre et efficace sur le plan énergétique. La diminution de notre empreinte carbone est une nécessité qui doit nous guider pour les générations futures. Ce sont les défis du service public de l'électricité de demain, d'être à la fois plus agile, plus résilient, plus performant, plus innovant, au service de la transition énergétique et numérique, solidaire et créateur de valeur pour chaque territoire. C’est dans cette esprit constructif que nous travaillons depuis de nombreux mois maintenant avec les Services de la Collectivité de Saint Barthelemy pour développer dans les mois et années à venir les énergies renouvelables et la maitrise de la demande d’énergie.

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En 1980, Raymond Laplace, le père de Rudi, créa son entreprise « Laplace Raymond Electricité ». Rudi, dès l’âge de 15 ans, rejoint l’équipe et s’immerge dans cette profession. Quelques années plus tard, il décide de faire des études d’électricité. Diplômé en électrotechnique et domotique, il revient sur l’île et reprend en 2009 l’entreprise familiale qu’il restructure, élargissant les compétences, notamment en domotique. Aujourd’hui LAP’ELEC compte 12 personnes, l’entreprise est spécialisée en photovoltaïque et propose des systèmes innovants et performants. LAP’ELEC, avec un retour d’expérience de 7 années et de multiples installations en fonctionnement, donne la preuve incontestable que l’énergie photovoltaïque est la solution d’avenir pour l’île, avec des équipements fiables, rentables et éco-responsables. Les applications proposées par LAP’ELEC peuvent se concevoir en complément du réseau EDF, pour une meilleure gestion de l’énergie sur l’île, mais aussi pour l’autonomie énergétique totale d’une habitation, sous condition bien sûr d’en étudier les composantes architecturales et le dimensionnement des équipements, avant sa réalisation. Pour une meilleure efficacité énergétique du projet, LAP’ELEC accompagne le client et offre ses conseils dans le choix d’équipements moins gourmands en consommation électrique. Une fois les équipements déterminés, un bilan prévisionnel de consommation est réalisé. Ce bilan, permet de dimensionner au plus juste l’installation photovoltaïque. Rudi Laplace, attentif au développement de son île et soucieux d’une économie durable, s’investit sur des projets environnementaux via l’association INE (Island Nature St Barth Experiences) ; il fait partie de ces quelques chefs d’entreprises, trop rares, pour lesquels le métier et l’engagement de vie doivent être en cohérence.

In 1980, Raymond Laplace, Rudi’s father, established his own company ‘Laplace Raymond Electricité’. At the age of fifteen, Rudi joined the team and fully immersed himself into this profession. A few years later, he decided to pursue a course of study in electricity. After graduating with a qualification in electronic engineering and home automation, Rudi returned to the island and then took over the family business in 2009. He subsequently restructured the company to expand its areas of expertise, notably in home automation. Currently, with a team of twelve employees, LAP’ELEC specializes in photovoltaics, offering innovative and efficient solar energy systems. With the benefit of seven years’ experience in this area, including numerous on-site installations, LAP’ELEC provides indisputable proof that photovoltaic energy is the way forward for the island, utilizing equipment that is reliable, cost-effective and eco-friendly. The solar energy systems offered by LAP’ELEC can be used in addition to the local electricity network (EDF), in order to improve the management of energy on the island. They can equally offer total energy independence to a home, subject of course to a study of the architectural features and the size calculations of the equipment, before its implementation. To maximize the energy efficiency of a project, LAP’ELEC assists the client by offering advice in the choice of less energy-intensive appliances. Once the appliances have been determined, a forecast of energy consumption is carried out. This assessment makes it possible to calculate the size of the photovoltaic system as accurately as possible. Rudi Laplace, mindful of the development of the island and in favor of a sustainable economy, is actively involved in environmental projects through the INE Association (Island Nature St Barth Experiences). He is one of those all too rare business entrepreneurs whose work and personal objectives have to be compatible.

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Une technique de fixation des panneaux solaire qui a fait ses preuves face à l’ouragan Irma Première installation avec fixation standard : 133 panneaux installés, 23 arrachés et 6 impactés. Seconde vague d’installation avec fixation renforcée : 139 panneaux installés, 0 arraché et 12 impactés. Pour quelle raison nos installations ont mieux résisté que dans les autres îles : • Nous utilisons des systèmes de fixation renforcée par rapport aux préconisations standard : plus de points de fixation, de la boulonnerie et des ancrages de sections plus importante. • Les panneaux sont installés le plus souvent sur les toits terrasses : fixation sur béton et moins exposée au vent. • Nous avons adapté l’inclinaison des panneaux pour une meilleure intégration et diminuer la prise aux vents.

A Solar Panel Mounting System – Stronger Than Irma First installation with a standard mounting system: 133 panels installed, 23 displaced and 6 impacted. Second installation phase with a reinforced mounting system: 139 panels installed, 0 displaced and 12 impacted. Why our installations are more resistant relative to other islands: • We use reinforced mounting systems compared to standard models. These stronger systems have more mounting points, more bolts and larger anchorage sections. • The panels are most often installed on terrace roofs – mounted onto concrete and less exposed to the wind. • We have adapted the angle of the panels for better integration and to decrease the wind factor.

Réalisation villa: Bureau PRD

LAP’ELEC Rudi Laplace Office : 0590 27 16 19 - Cell : 0690 57 51 49 - contact@lapelec.fr www.tropical-mag.com

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PLUS QU’UNE MONTRE, So Much More LIP, « C’EST MAGIQUE »

Than a Watch … “It’s Magical” Rédaction: Vladimir Klein - Photos: d’ archives, avec le concours du service de communication de LIP Traduction: Rachel Barrett-Trangmar

En 2018, trois ans après son véritable retour sur la scène française et internationale, Lip marque les esprits.

In 2018, three years after its major comeback to the French and international scene, Lip is making an impression.

En vérité, « marquer les esprits », c’est ce que les montres Lip ont toujours fait depuis la création par Emmanuel Lipmann de l’atelier d’horlogerie à Besançon sous le nom de Comptoir Lipmann en 1867. Natif de Neuf-Brisach dans le Haut-Rhin, Emmanuel est né en 1844 et se passionne très tôt pour l’horlogerie et la mécanique de précision. C’est avec ses fils Ernest et Camille qu’il va bâtir la réputation d’exception du Comptoir et en 1893, l'atelier devient la Société Anonyme d'Horlogerie Lipmann Frères. L’on y fabrique également des mécaniques de précision pour d’autres industries, mais en 1896 c'est le lancement du premier chronomètre et la création de la marque de la manufacture horlogère, même si ce n’est qu’à partir de 1908 que «Lip» figurera sur tous les cadrans des montres. Ernest Lipmann, esprit innovateur, demande à Pierre et Marie Curie de trouver un moyen pour pouvoir lire l’heure dans l’obscurité. Grâce au radium, qu’ils ont découvert en 1898, en 1904 ils inventent pour Lip les premiers cadrans phosphorescents.

In reality, ‘making an impression’, is what Lip watches have always done, ever since Emmanuel Lipmann established his watchmaking workshop in 1867, under the name ‘Comptoir Lipmann’, in Besançon, France. Born in 1844, in Neuf-Brisach in the Upper Rhine region of France, Emmanuel showed great interest for watchmaking and precision mechanics from a very early age. It was with his sons, Ernest and Camille, that he built up the exceptional reputation of the Comptoir; and in 1893, it became ‘Société Anonyme d'Horlogerie Lipmann Frères’ (Lipmann Brothers Watchmakers). Lip equally produced precision mechanics for other industries; however, in 1896, the spotlight was on the launch of the first stopwatch, and the creation of the brand name ‘Lip’ for this watch manufacturer – although it was not until 1908 that ‘LIP’ would feature on all their watch dials. Ernest Lipmann, an innovative spirit, asked Pierre and Marie Curie to find a way to read the time in the dark. It was thanks to the discovery of radium, in 1898, that they invented the first luminous dials for Lip in 1904.

En 1910, toujours porté par cet esprit novateur des débuts, les montres Lip sont les premiers produits de l’industrie horlogère française à être promus avec une campagne publicitaire via magazines et affiches murales. Offrant désormais une garantie nationale, cette publicité a pour but premier la promotion du réseau de distribution des représentants exclusifs qui vendent les montres à un prix imposé. Une véritable révolution pour l’époque. Toute l’histoire de la marque sera frappée de cet esprit précurseur. L'entreprise en plein essor au début de la

In 1910, still driven by their initial innovative spirit, Lip watches were promoted by an advertising campaign via magazines and posters – the first of its kind in the watchmaking industry of France. Offering a national guarantee, the primary aim of this campaign was the promotion of a distribution network of exclusive agents, who sold the watches at a fixed price – a veritable revolution at that time. The entire history of this brand has been marked by

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Grande Guerre emploie 150 horlogers et fabrique les premières montres bracelets pour les officiers artilleurs de l'armée française. En 1935 elle fabrique des montres de bord pour l’aéronautique qui équiperont notamment « La Croix du Sud » du pionnier de l’aéropostale, Jean Mermoz, suivi peu de temps après par l’aviation de combat française. Après la guerre, le modèle T18 en forme tonneau avec son compteur secondes excentré – révolutionnaire pour l’époque – se trouvera au poignet de Sir Winston Churchill. Il ne sera pas le dernier homme d’état à porter une Lip. Toujours prêts à relever un défi, les montres Lip équipent les expéditions françaises en Himalaya au début des années 1950. Maurice Herzog la portera lors de l’ascension, première mondiale, de l’Annapurna. Les Lip Himalaya sont les prémisses de la montre de sport que l’on retrouvera massivement quelques années plus tard chez toutes les grandes marques. Dans le même esprit il y aura en 1967 la Nautic-Ski, étanche à 200 m de profondeur, adoptée par Eric Tabarly et l’équipe du Commandant Cousteau. Mais avant, en mars 1952, Lip présentera Electronic, la première montre électrique (commercialisée en 1958, elle est dite électronique à cause de sa diode), fruit d’un investissement important réalisé par l’entreprise dans cette nouvelle technologie. Les premiers modèles sont portés par le Général de Gaulle et le Président Eisenhower. Au début des années 1960, Lip passe des accords commerciaux avec Breitling et Blancpain et reçoit de nombreuses récompenses pour la précision de ses mouvements et le design de ses montres. En 1971, alors que les difficultés financières se profilent de plus en plus nettement – voir notre encadré – Lip présente ses premiers prototypes de montre à quartz, dont la production sera lancé deux ans plus tard, en pleine tourmente.

Le retour en grâce Après la liquidation de la marque au terme de « l’affaire Lip », plusieurs entrepreneurs se succéderont, avec un succès mitigé, à la tête de structures changeantes, jusqu’à ce qu’en 2015 JLB Brand, société d’un homme d’affaires français établi au Canada, accorde une licence d’exploitation à la Société SMB (Société de Montres Bisontines) de Châtillon-le-Duc, dirigé par Philippe Bérard, par ailleurs associé avec un important fabricant de montres en Chine. Plus importante entreprise horlogère de France avec 140 salariés, 1 million de montres commercialisées par an et 30 millions d’euros de chiffre d’affaires, SMB a consacré ces trois dernières années à rendre à Lip son prestige d’antan. La première étape de son retour en grâce fut le rapatriement de la marque dans son berceau historique, non pas dans les ateliers d’origine de Besançon,

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this pioneering spirit. With its booming trade, the company employed 150 watchmakers at the beginning of the First World War, and produced the first wristwatches for the artillery officers of the French army. In 1935, the company produced aeronautical dials, notably for the ‘Croix du Sud’, the aircraft of the airmail pioneer Jean Mermoz; followed shortly thereafter by French combat aircraft. After the war, the barrel-shaped T18 with its offset second hand, which was revolutionary for the time, found itself on the wrist of Sir Winston Churchill – and he would not be the last statesman to wear a Lip. Always ready for a challenge, in the early 50s, Lip watches equipped French expeditions in the Himalayas; and the mountaineer Maurice Herzog wore a Lip watch for the world’s first ascent of Annapurna. The Lip Himalaya watch became the premise for sports watches, widely imitated by top brands some years later. In 1967, in the same spirit, the Nautic-Ski (waterproof to 650 feet) was worn by the yachtsman Eric Tabarly, as well as Jacques Cousteau and his crew. However, before that time, in March 1952, Lip introduced the ‘Electronic’ – the first electronic watch, so named on account of its diode. It was first sold in 1958, and was the successful result of the company’s significant investment in this new technology. The first models were worn by General de Gaulle and President Eisenhower. In the early 60s, Lip entered into commercial agreements with Breitling and Blancpain, and received numerous awards for the precision of its movements and the design of its watches. In 1971, whilst financial difficulties were becoming increasingly obvious (see boxed text), Lip introduced its first prototypes of quartz watches, the production of which was subsequently launched two years later, in the midst of turmoil.

The Return to Grace After the liquidation of the brand at the end of the ‘Lip Affair’, the company was taken over by a number of different entrepreneurs, who experienced mixed success at the helm of changing structures. This was until 2015, when JLB Brand (a company established in Canada by a French businessman) granted a license to the company SMB (Société de Montres Bisontines) of Châtillon-le-Duc, managed by Philippe Bérard, who was working in association with a large watch manufacturer in China. SMB has spent the last three years restoring Lip to its former glory and is now the largest watchmaker in France, with 140 employees, 1 million watches sold per year and a turnover of 30 million euros.


1867 CRÉATION DU PREMIER ATELIER Le fondateur de la marque LIP, Ernest LIPMANN, ouvre son atelier d’horlogerie au 14 Grande Rue, à Besançon, capitale de l’horlogerie Française et ville voisine de la Suisse.

CREATION OF THE FIRST WATCHMAKING WORKSHOP Ernest Lipmann, the founder of the Lip brand, opened his first watchmaking workshop in the city of Besançon, known as the French watchmaking capital, near the border with Switzerland.

1904 LIP INVENTE LES PREMIERS CADRANS PHOSPHORESCENTS... Ernest LIPMANN demande à Pierre et Marie CURIE, qui viennent de découvrir le radium, de trouver une matière pour pouvoir lire l’heure dans l’obscurité.

LIP INVENTS THE FIRST LUMINOUS DIALS … Ernest Lipmann asked Pierre and Marie Curie, who had just discovered radium, to find a way to read the time in the dark.

1935 1952

LA CROIX DU SUD DE JEAN MERMOZ

LA PREMIÈRE MONTRE ÉLECTRIQUE AU MONDE EST UNE LIP !

Dès 1935, LIP fabrique des montres de bord de l’aéronautique, dont « la Croix du Sud » piloté par le légendaire Jean MERMOZ pendant l’aventure de l’aéropostale.

Le 19 Mars 1952, LIP présente la première montre-bracelet électrique au monde, et dépose le brevet de fonctionnement du mouvement « Électronique ». Véritable révolution technologique, le Général De Gaulle se fait immédiatement offrir celle qui deviendra « la montre des Présidents ». Il la porte à son poignet pour démontrer le savoirfaire et la capacité d’innovation du Made in France. Fred LIP fait dessiner les index et les aiguilles très voyants de la GDG, afin de pallier la mauvaise vue de l’homme d’état.

JEAN MERMOZ’S ‘CROIX DU SUD’ In 1935, Lip started producing aeronautical dials, notably for the ‘Croix du Sud’, the aircraft of the pioneer Jean Mermoz during his airmail adventures.

LIP PRODUCES THE FIRST ELECTRONIC WATCH IN THE WORLD!

1946 CHURCHILL T18 Produit dès 1935, le T18 fut le premier calibre français à être fabriqué de série, et en très grand nombre. Sa très grande fiabilité lui valut d’être choisi par le gouvernement français pour l’offrir à Sir Winston CHURCHILL en 1948 en remerciement des services rendus à la France.

On 19th March 1952, Lip launched the first electronic wristwatch in the world, known as ‘Electronic’, and filed a patent for its movement. Considered a veritable technological revolution, General De Gaulle received it as a gift from Lip, and it was subsequently known as ‘the watch of Presidents’. De Gaulle wore it to demonstrate the know-how and innovative capacity of products ‘Made in France’. Fred Lip had the indices and hands made extra large to allow for the President’s poor eyesight.

CHURCHILL T18 Created in 1935, the T18 was the first French barrelshaped watch to be mass-produced. Impressed by its reliability, the French government presented it to Sir Winston Churchill in 1948, in appreciation of services rendered to France.

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1954 RECORD MONDIAL : LA LIP HIMALAYA SUR LE TOIT DU MONDE ! LIP établi une record mondial, grâce à Maurice HERZOG qui réussit l’exploit d’être le premier homme à gravir un sommet au dessus de 8000 mètres : L’Annapurna, avec à son bras une LIP HIMALAYA équipée d’un mouvement R23.

WORLD RECORD: THE LIP HIMALAYA AT THE TOP OF THE WORLD! Lip set a world record, thanks to Maurice Herzog who succeeded in being the first man to climb a summit above 26,000 feet – Annapurna – whilst wearing a Lip Himalaya watch with an R23 movement.

1967 LA LÉGENDAIRE NAUTIC-SKI Pour le centenaire de l’entreprise, Lip dévoile la Nautic-ski, première montre française étanche à 200 mètres. Dotée d’une révolutionnaire lunette interne réglable permettant de mesurer facilement le temps de plongée, elle est immédiatement adoptée par les plus grands navigateurs.

THE LEGENDARY NAUTIC-SKI For the centennial anniversary of the company, Lip launched the Nautic-Ski, the first French watch that was waterproof to 650 feet. With its revolutionary inner rotating bezel, accurately timing dives, it was immediately adopted by world renowned sailors.

1973

Puisqu’on vous dit que c’est possible ! Dans les années 1970, le pionnier et fleuron de l’horlogerie française se retrouve, à son corps défendant, au centre de « l’affaire Lip ». L’affaire, c’est un enchaînement d’événements déclenché par une des premières restructurations spéculatives. Dès le début des années 1960, la situation financière de Lip se dégrade face à la nouvelle concurrence, américaine et japonaise, des montres électroniques à bas coût, ce qui en 1967 force l’entreprise à céder un tiers de ses parts, puis la majorité, au consortium horloger suisse qui deviendra le Swatch Group. En 1971, Fred Lipmann, petit-fils du fondateur de la petite horlogerie de Besançon créé en 1867, s'en va. Deux ans après, Lip dépose le bilan. Les 1300 salariés ne baissent pas les bras, occupent les lieux, séquestrent les administrateurs judiciaires, mettent la main sur le «trésor de guerre» : un stock de 65 000 montres, vendues dans la rue pour payer les salaires. Les passants achètent, manifestant leur solidarité avec un mouvement inspiré des idéaux de mai 68. Cette aventure ouvrière et sociale tient la France et l’Europe spectatrice en haleine entre 1973 et 1976. La grève, puis l’occupation de l’usine et l’expérience d’autogestion de l’entreprise par les employés et ouvriers fait rêver des millions de personnes partout dans le monde. Comme toutes les histoires d’amour, celle-ci finit mal, comme dit la chanson. Quand les espoirs enfin s’éteignent, dans un sursaut d’orgueil, devant les caméras de télévision, l’un des ouvriers opposés à la liquidation de l’entreprise lance cette phrase magnifique d’impuissance : « Puisqu’on vous dit que c’est possible ! ». Quarante ans après, un constat : en son temps, l’affaire Lip, qui a inspiré trois importantes lois sociales, a préfiguré les conséquences de la mondialisation économique à venir et mis en évidence le problème du chômage et de ses incidences sur la vie quotidienne. Quarante ans après, cette histoire d’amour entre une région et un métier noble connaît enfin une issue heureuse, donnant un nouveau sens au cri « On vous dit que c’est possible ! ». Trois ans après avoir racheté la licence des modèles historiques de la marque, Philippe Bérard, patron de SMB, où 15 salariés sur 120 sont dédiés à Lip, observant la progression tranquille de son défi d’entrepreneur, a le sourire. « Lip, c’est magique », lâche-t-il.

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“We told you it’s possible!” In the 70s, the pioneer and flagship of French watchmakers found itself, reluctantly, at the center of the ‘Lip Affair’. The affair was a chain of events triggered by one of the first speculative restructurings. In the early 60s, Lip’s financial position deteriorated when faced with new competition (American and Japanese) from low-priced electronic watches. This forced Lip to sell a third of its shares in 1967, followed by the majority, to a Swiss watch consortium that later became the Swatch Group. In 1971, Fred Lipmann – grandson of the founder of the small watchmakers in Besançon, created in 1867 – left the company. Two years later, Lip filed for bankruptcy. The 1,300 employees did not give up; they occupied the premises, held the judicial administrators prisoner and seized the ‘war chest’ – a stock of 65,000 watches, sold in the streets to pay their salaries. Purchasing passersby showed their solidarity with a movement inspired by the ideals of May 1968. This workers and social adventure had France and Europe on the edge of their seats between 1973 and 1976. The strike, followed by the occupation of the factory and the self-management of the company by the employees and workers, inspired millions of people across the world. Like all love stories, it ended badly – as the song goes. When hopes were finally lost, in a burst of pride in front of television cameras, one of the workers (opposed to the liquidation of the company) made this great statement of helplessness: “We told you it’s possible!”. Forty years later, it was remarked that, in its time, the Lip Affair, which inspired three important social laws, had heralded the consequences of the subsequent economic globalization and highlighted the problem of unemployment and its effects on daily life. Forty years later, this love story between a region and a noble profession has finally had a happy ending, giving a new meaning to the cry: “We told you it’s possible!”. Three years after having bought the license for the brand’s classical models, Philippe Bérard, the head of SMB (where 15 out of 120 employees work for Lip), bears a smile on observing the steady progress of his entrepreneurial challenge, and states “Lip, it’s magical”.


complètement transformés depuis son départ, mais à proximité, à Châtillon-le-Duc. Environ 100 personnes travaillent au quotidien sur le site de Lip, et si en 2016 Lip ne représentait que 10% des 30 millions de chiffre d’affaires de SMB, la volonté de continuer sa croissance est bien présente. Plus de 15 personnes ont été embauchés récemment. Distribuée dans plus de 600 points de vente en France, 150 au Japon, et avec l’ouverture du premier magasin en propre à Hong Kong, Lip affiche son ambition de redevenir la grande marque française qu’elle a été pendant de nombreuses années. Aujourd’hui, Lip utilise son passé historique pour se construire un présent, réédite ses modèles emblématiques et réinterprète ses classiques sans oublier d’innover avec la première création « made in Besançon » depuis plus de 40 ans, la Lip Marinier. Toute la production des montres Lip est réalisée à Besançon et certifiée « Made in France ». La majorité des composants utilisés provient de Suisse ou de France, il n’y a guère que les boîtes en acier qui sont importées d’Asie, où il existe un véritable savoir-faire. Toutes les montres sont ensuite montées et réglées chez Lip, par les horlogers maison. Signe que ce retour en grâce ne sera pas un feu de paille, l’engouement que suscite la marque Lip chez une nouvelle génération de designers. Après la «bande» que le visionnaire Fred Lipmann réunit autour de Baschmakoff et Roger Tallon dans les années 1960, ce sont aujourd’hui des noms comme Christophe Lemaire – originaire de Besançon – et Morgane Sézalory qui ont jeté leur dévolu sur les modèles emblématiques de la maison afin de les proposer en édition limitée. L’esprit Lip est bel et bien ressuscité, il a d’ores et déjà touché un nouveau public. Au public historique d’amateurs de belles montres, qui a connu Lip dans sa jeunesse, s’est rallié un public « hipster » beaucoup plus jeune et branché, qui a fait de cette très ancienne marque française sa nouvelle marque d’horlogerie préférée. Aussi la renaissance des montres haut-de-gamme de Lip, rééditions de modèles historiques comme nouvelles créations qui revisitent une signature esthétique à nulle autre pareille, a trouvé à Gustavia une ambassadrice naturelle, Fabienne Miot, bijoutière dont le travail repose, lui aussi, sur une originalité revendiquée, dont sa clientèle internationale se délecte. De « ses » montres elle parle avec le même enthousiasme que de ses bijoux, elle sait en raconter l’histoire et en dessiner l’âme. Chez Fabienne Miot, avec Lip, on achète plus qu’une montre.

The first step of its return to favor was the restoration of the brand to its birthplace; not to its original workshop in Besançon, completely transformed since its departure, but nearby in Châtillon-le-Duc. There are approximately 100 people working daily on the Lip premises. Even if Lip only represented 10% of SMB’s 30 million euro turnover in 2016, its determination to continue its growth is quite evident. More than 15 employees were hired recently, and the brand is sold at more than 600 retail outlets in France and 150 in Japan. With the opening of its first store in Hong Kong, Lip is clearly showing its ambition to become the great French brand that it was in former years. Today, Lip uses its historical past on which to build a present, reissuing its iconic models and reinterpreting its classics; not forgetting its first creation ‘Made in Besançon’ forty years ago – the Lip Marinier. All the Lip watches are manufactured in Besançon and certified ‘Made in France’. The majority of the components come from Switzerland or France. It is only the steel cases that are imported from Asia, where there is genuine expertise. All the watches are assembled and adjusted by Lip’s in-house watchmakers. A sign that this return to grace is not just a flash in the pan, is the excitement for the Lip brand amongst a new generation of designers. After the team that the visionary Fred Lipmann gathered around De Baschmakoff and Roger Tallon in the 60s, today there are names like Christophe Lemaire (from Besançon) and Morgane Sézalory, who have set their sights on offering Lip’s iconic models as limited editions. The Lip spirit has been well and truly resurrected, and has already reached a new audience. Alongside the long-standing lovers of beautiful watches, who knew Lip in its youth, there is a new much younger and more trendy ‘hip’ audience, which has made this old French brand its favorite choice of watch. In addition, the renaissance of Lip’s high-end watches – the reissue of classical models as new creations with a unique aesthetic signature – has found a natural ambassador in Gustavia. This is none other than Fabienne Miot, a jeweler whose work is based on acclaimed originality, much to the delight of her international clients. She speaks about ‘her’ watches with the same enthusiasm as her jewelry, relating their history and drawing their soul. A Lip watch purchased from Fabienne Miot is so much more than just a watch.

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Gustavia - T. +590 590 27 73 13 - boutique@fabiennemiot.com www.FabienneMiot.com fabiennemiotcreation

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N’EST PAS LIPSTER QUI VEUT


Monsieur Paul, parti pour régaler les anges

Now Regaling

the Angels in Heaven Rédaction : Vladimir Klein Traduction : Rachel Barrett -Trangmar - Photos : confiées par Vincent Leroux, directeur du restaurant Paul Bocuse, à Collonges et que le magazine Tropical remercie chaleureusement. Photographes : Stéphane De Bourgies, Sébastien Véronèse, Guillaume Tranquard.

Paul Bocuse, « l’Empereur » des artisans de bouche, s’est éteint quelques jours avant de fêter ses 92 ans. Il est mort là où il était né au Pont de Collonges le 11 février 1916. Mais son étoile continuera à briller grâce à la réussite de son œuvre de transmission de l’art culinaire français dans le monde entier. Il a non seulement laissé entre de bonnes mains les trois étoiles de l’Auberge du Pont de Collonges, qui continueront à briller comme elles le font depuis 1965 – du jamais vu – mais surtout il a inculqué l’amour du travail bien fait à plusieurs générations de cuisiniers.

Paul Bocuse, ‘Emperor’ of the culinary world, passed away just a few days before celebrating his 92nd birthday. He died in Pont de Collonges, where he was born on 11th February 1916. But his star continues to shine, thanks to his success in ‘exporting’ the art of French cuisine throughout the whole world. He not only left in good hands the ‘Auberge du Pont de Collonges’, whose three Michelin stars will continue to shine, as they have done since 1965 – an unprecedented phenomenon – but above all, he has instilled his love of a job well done to many generations of chefs.

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I

ssu d’une longue lignée de cuisiniers – depuis 1765 ! – il commence son apprentissage avec son père Georges, et à huit ans réussit son premier plat « sérieux », un rognon de veau avec une purée de pommes de terre, dont il a gardé le goût jusqu’à la fin. A seize ans il se présente au Col de la Luère, à 16 kilomètres de chez lui, où Eugénie Brazier cuisine si impeccablement des classiques régionaux qu’elle a été récompensée de trois étoiles (en réalité, et pour les puristes, trois toques) par le Guide Michelin. Le voyant entrer chez elle, la légendaire Mère Brazier demande au gamin comment il est arrivé là. « A vélo », dit-il, et elle de répondre, « Ah, t’es pas un fainéant, toi, je te garde ».

Après avoir rejoint la Résistance, pris une balle et se fait tatouer un coq sur l’épaule gauche par des GI’s en Normandie, la France libérée, il reprend son apprentissage chez la Mère Brazier, puis la quitte pour travailler un moment au Lucas Carton de la Place Madeleine sous les ordres de Gaston Richard et à côté des frères Troisgros, qui le suivront quand il rejoint Fernand Point à La Pyramide de Vienne, près de Lyon, où il restera six ans. « A cette époque, la plupart des restaurants affectionnaient une cuisine traditionnelle, dans le style d’Escoffier, où les pièces baignent dans des sauces lourdes, servant les mêmes plats soir après soir », se rappela Bocuse plus tard. « Point était un perfectionniste qui voulait mettre en valeur et crédibiliser les meilleurs ingrédients qu’il pouvait trouver ». C’est chez Point que Bocuse devient cet artisan minutieux et rigoureux, maîtrisant toutes les techniques classiques à la perfection, les exécutant avec sûreté à une vitesse qui impressionnera tous ceux qu’il formera par la suite. Bocuse est ainsi le dernier d’une lignée de chefs immortels, incarnations de la haute cuisine, qui partant de Taillevent (13101385) passe par Marie-Antoine Carême (1784-1833), Brillat-Savarin (1785-1826), Auguste Escoffier (1846-1935) et son maître Fernand Point (1897-1955). À la fin des années 50, Paul Bocuse rejoint son père dans l’Auberge familiale, homonyme. À l'époque, le restaurant n’est qu'une guinguette. Les toilettes sont dans la cour, et les clients mangent sur des nappes en papier, à l'aide de couverts en inox. Avant que son père ne meure, Paul lui permettra de voir son nom au palmarès du Guide Michelin. « L’effet Bocuse », c’est qu’il est le premier à être perçu comme une star, à devenir vedette d’une culture populaire assoiffée d’icônes médiatiques. Il apparaît sur la couverture

C

oming from a long line of chefs – since 1765! – Paul Bocuse began his career with his father, Georges. He was just eight years old when he made his first ‘serious’ dish of veal kidneys with potato purée – his alltime favorite. At the age of sixteen, he traveled ten miles from his home to Col de la Luère, where the chef Eugénie Brazier was creating impeccable classical regional cuisine – earning her three Michelin stars (or, for those purists among us, three ‘toques’/chef’s hats, to be precise). On seeing him arrive at her home, the legendary ‘Mère Brazier’ asked young Paul how he had traveled there; when he replied “By bike”, she said “Ah, you’re not a slacker, I’ll hire you”. After having joined the French Resistance, taken a bullet, and tattooed with a rooster on his left shoulder by the GIs in Normandy … once France was liberated, Bocuse resumed his apprenticeship with Mère Brazier. He then left for the Lucas Carton restaurant in the Place de la Madeleine in Paris, where he worked for a while under Gaston Richard, and alongside the Troisgros Brothers. The Brothers then joined him when he went to work for Fernand Point at La Pyramide, in Vienne near Lyon, where he remained for six years. “Back then, the majority of restaurants favored traditional cuisine in the style of Escoffier, with ingredients swimming in heavy sauces, serving the same dishes night after night”, recalled Bocuse some time later. “Point was a perfectionist who gave value and credibility to the finest ingredients he could find”. It was working with Fernand Point that Bocuse became a meticulous and rigorous artisan, mastering all the classical techniques to perfection, executing them with confidence at a speed that impressed all whom he would later come to train. Bocuse was thus the last in a line of immortal chefs, incarnations of haute cuisine that began with Taillevent (1310-1385), followed by Marie-Antoine Carême (1784-1833), Brillat-Savarin (1785-1826), Auguste Escoffier (1846-1935), and then his mentor Fernand Point (1897-1955). At the end of the 50s, Paul Bocuse joined his father in their family-run ‘auberge’ (hotel-restaurant, equally known as the ‘Auberge’). At that time, the restaurant was just a simple bistro where the clients would eat off paper tablecloths with stainless steel cutlery, and the restrooms were across the courtyard. Paul’s father lived to see his son’s name listed in the Michelin Guide. ‘The Bocuse-Effect’ was the way in which Paul Bocuse was the first chef to be seen and become a celebrity, a star of a popular culture thirsty for media icons. He appeared on the cover of the New York Times Magazine in 1972, followed by Newsweek in 1975, under the title ‘Food: The New Wave’. At the same time, the restaurant guide Gault & Millau called him an inventor of ‘Nouvelle Cuisine’, and subsequently gave him the name ‘Chef of the Century’ in 1989 – together with Frédy Girardet and Joël Robuchon – a title confirmed by The Culinary Institute of America in 2011. Monsieur Paul never fell into the trap of Nouvelle Cuisine at its extremes, ridiculed by one discerning

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Volaille de Bresse cuite en vessie

Monsieur Paul n’est jamais tombé dans les travers de la « Nouvelle Cuisine » moquée par un critique perspicace d’outre-manche. Chez lui, pas de portions comiquement diminutives, pas de légumes quasi crus, pas de combinaisons bizarrement « exotiques ». L’étiquette Nouvelle Cuisine finit par l’irriter. En 2011 encore il est obligé de préciser au Wall Street Journal : « Ce n’est pas vrai que Paul Bocuse [il avait pris l’habitude de parler de lui-même à la troisième personne avec une pointe d’autodérision] a inventé la Nouvelle Cuisine. Il y a eu un allègement de certains plats, certes, mais ce qu’il y avait sur l’assiette n’avait rien d’une Nouvelle Cuisine… ».

Parlons cuisine La tournure de phrase traduit une modestie fondamentale, celle du Meilleur Ouvrier de France – il fut le premier artisan de bouche à être récompensé par ce titre en 1961 – celle qui lui permet de partager ses recettes, de ne jamais hésiter à soutenir les jeunes talents et de dire du bien d’estimés collègues. Il aurait pu faire sienne la phrase de Coco Chanel : «Chic, je suis copié !» Modestie non feinte, encore, quand il dira du Vaudois Frédy Girardet, aussi discret que lui-même

critic across the Channel, claiming that where he came from there were no comically small portions, half-cooked vegetables or bizarrely ‘exotic’ combinations.

PAUL BOCUSE

du New York Times Magazine en 1972 et sur celle de Newsweek, qui titre « Food: The New Wave » (Cuisine : la nouvelle vague) en 1975. A la même époque le guide gastronomique Gault & Millau l’identifie comme inventeur d’une « nouvelle cuisine » puis le nomme « chef du siècle » en 1989 – en compagnie de Frédy Girardet et Joël Robuchon – titre confirmé par The Culinary Institute of America en 2011.

However, Paul Bocuse eventually found the Nouvelle Cuisine label rather irritating. In 2011, he was still having to justify himself to the Wall Street Journal: “It is not true that Paul Bocuse (he commonly spoke about himself in the third person, with a hint of self-derision) invented Nouvelle Cuisine. There were certainly some lighter dishes, but what you found on the plate was anything but Nouvelle Cuisine …”.

Let’s talk about cooking This turn of phrase reflects a fundamental modesty of the ‘Meilleur Ouvrier de France’ (Best Artisan of France), who was the first in the culinary trade to be awarded this title in 1961. His modesty allowed him to share his recipes, to never hesitate to support young talent and to always speak well of his esteemed colleagues. He could have easily adopted Coco Chanel’s line, “Chic, I am copied!”. But his was an unfeigned modesty, even when speaking about the Swiss chef Frédy Girardet, claiming “Girardet, he’s the best”. Frédy Girardet, from Vaud in Switzerland, was as private as Bocuse was in the media spotlight, albeit with the same discipline and devotion to his trade. Monsieur Paul was a great advocate of the ‘Haute Cuisine’ tradition, and was equally an innovator and creator. While some of his renowned dishes remained www.tropical-mag.com

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for decades on the menu of the Auberge – such as the black truffle soup created for the celebratory dinner when he was awarded the ‘Légion d’Honneur’ by President Valéry Giscard d’Estaing, in 1975 (the only other person in the culinary trade honored with this distinction, after Escoffier in 1919; and Bocuse was awarded the even higher accolade of Commander by Jacques Chirac, in 1986) – he often gave the great classics his personal touch before inventing new ones. His Bresse chicken poached in a pig’s bladder or roasted in a coarse sea salt crust; his truffle soup, together with his sea bass en croute or red mullet decorated in potato ‘scales’ … are just some of the many dishes that have now become famous in the world of gastronomy, and which have allowed the rest of the world to discover the riches of the French terroir. To have ’passed through the hands of Bocuse’, to have once been one of his apprentices, is a source of pride for a great number of top chefs of France and Navarre in Spain. And of those who have not had this privilege, many have been to the Culinary Institutes that he established in Ecully, near Lyon, and in New York. Le restaurant de Collonges

Loup en croute

était médiatique mais faisant preuve de la même rigueur et de la même fidélité à son terroir, qu’il « est le meilleur d’entre nous ». Monsieur Paul est resté un grand défenseur de la tradition «haute cuisine» doublé d’un innovateur, d’un créateur. Si certains de ses plats renommés sont restés au menu de l’Auberge pendant des décennies, comme la soupe aux truffes noires créé pour le dîner de fête le jour de la remise de la Légion d’Honneur par le Président Valéry Giscard d’Estaing en 1975 – seulement le second artisan de bouche à être ainsi honoré, le premier fut Escoffier en 1919, et il sera fait Commandeur par Jacques Chirac en 1986 – il a souvent su donner aux grands classiques sa note personnelle avant d’en inventer de nouveaux, la poularde de Bresse pochée dans une vessie de porc ou rôti en croûte de gros sel, sa soupe aux truffes, son loup en croûte, ses rougets en écailles de pommes de terre sont autant de plats devenus aujourd'hui incontournables dans le paysage gastronomique mondial, et qui ont permis au monde entier de découvrir les richesses du terroir français. Etre « passé par Bocuse », avoir été un moment son apprenti, est une raison de fierté pour nombre de chefs étoilés de France et Navarre, et parmi ceux qui n’ont pas eu ce privilège, beaucoup sont passés par les Instituts Culinaires qu’il a créés, à Ecully près de Lyon ou à New York.

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Kevin Thornton, chef of the two-star Thornton restaurant in Dublin, who had a two-month paid position at the Auberge in the summer of 1987, fondly recalls, “His encouragement of me as a chef hugely strengthened my confidence and self-belief … His brigade worked with mesmerizing precision and the efficiency of the operation was military-like … When he wasn’t in Japan, or another one of his restaurants, he spent a lot of time in the kitchen in Lyon. He was the Chef de cuisine. He would greet each member of the brigade on his arrival in the kitchen, and while he was strict he was also very fair … One day, when the restaurant staff couldn’t understand an English-speaking client, I was summoned by Paul Bocuse, ‘Come here, young Irishman’. I duly translated the client’s praise and he was happy with their remarks; I then returned to my work. The next evening, I was invited to dine at Monsieur Paul’s table with his senior chefs – it was a rare privilege. Before I left the Auberge, he told me that I had ‘special hands’, and we had a photograph taken together … A few years later, he remembered me when I represented Ireland at the ‘Bocuse d’Or’ competition. I subsequently met him when representing Ireland at a Panel of Chefs event in South Africa. I was unaware that he had noticed me at all. Back at my hotel that night, I received a note under my bedroom door from one of his team, inviting me to have breakfast with him the following morning”. “For me, Paul Bocuse was my Escoffier; and I feel privileged to have spent time in his kitchen”. Of course his many clients equally share wonderful memories of meals at the Auberge. On the occasion of Monsieur Paul’s funeral, major newspapers across the world not only published glowing obituaries, but also thousands of letters and comments from readers sharing their emotion and gratitude. Bocuse had in fact specified not to ‘make a meal’ of his passing; thus his family declined a national memorial service at Notre Dame Cathedral, Paris. Nevertheless, thousands of great chefs spontaneously attended his funeral in Lyon, many travelling from afar. Others expressed their sentiments via Instagram and other


Kevin Thornton, chef du deux-étoiles Thornton à Dublin, passé à l’Auberge pour un remplacement de deux mois pendant l’été 1987, se souvient : « Ses encouragements ont énormément renforcé ma confiance, il m’a aidé à croire en moi… Sa brigade fonctionnait avec une précision fascinante, avec une efficacité quasi militaire… Quand il n’était pas au Japon ou dans un autre de ses restaurants, il passait tout son temps à Lyon. Il était le Chef. Lors de son arrivée dans la cuisine il saluait individuellement chaque membre de son ‘équipage’, et tout en étant très stricte il était aussi très fair-play… Un jour, le personnel de salle ne réussissant pas à comprendre un client anglophone du restaurant, Bocuse m’a appelé : ‘Viens ici, petit Irlandais.’ J’ai traduit les éloges du client, il était très content, je suis retourné à mon travail. Le lendemain soir, j’ai été invité à partager le repas à la table de Monsieur Paul avec ses principaux chefs, c’était un privilège rare. Avant que je ne quitte l’Auberge, il m’a dit que j’avais ‘des main spéciales’ et il a posé avec moi devant la caméra… Quelques années plus tard, il s’est souvenu de moi quand j’ai représenté l’Irlande au Bocuse d’Or. Plus tard encore, je l’ai croisé lors d’un événement réunissant un panel de chefs en Afrique du Sud. J’ai d’abord cru qu’il ne m’avait pas remarqué, mais le soir même on a glissé un mot sous la porte de ma chambre d’hôtel, m’invitant à prendre le petit-déjeuner avec lui le matin ». « Paul Bocuse, c’était mon Escoffier, j’ai eu le privilège d’avoir passé du temps dans sa cuisine ». Bien sûr les hôtes gardent eux aussi d’éblouissants souvenirs des repas à l’Auberge. A l’occasion des obsèques de Monsieur Paul, les grands journaux du monde entier ont non seulement publié des nécrologies élogieuses, mais aussi des milliers de lettres et de commentaires de lecteurs partageant leur émotion et leur gratitude. Bocuse lui-même ayant demandé qu’on ne fasse pas « tout un plat » de son décès – sa famille a refusé une célébration nationale à Notre-Dame de Paris – des centaines de grands chefs se sont néanmoins spontanément rendus à Lyon pour ses obsèques, venant souvent de loin. D’autres se sont exprimés sur Instagram ou d’autres réseaux sociaux. Certains, comme le Brésilien Alex Atala ou Anthony Bourdain, ont reposté l’image iconique de Bocuse tirant sa veste de chef au col tricolore de Meilleur Ouvrier de France pour montrer à la caméra le coq tatoué sur son épaule gauche. Toute la brigade de l’étoilé norvégien Maaema a posé l’épaule gauche dénudée en hommage au chef vénéré ! Tous, une « Bande à Bocuse » élargie, ont témoigné de leur amour – de Joël Robuchon à Alain Ducasse, en passant par Régis Marcon, Anne-Sophie Pic, Alain Chapel, Marc Veyrat, Pierre Gagnaire, Martin Berasategui, René Redzepi, Jean-Georges Vongerichten ou Daniel Boulud – avec une phrase qui revient en refrain : « Nous sommes tous orphelins… ». Pour Arnaud Lallement, triple étoilé rémois, « Il y a un avant et un après Paul Bocuse. Il a tout révolutionné : il a fait sortir le chef de la cuisine pour aller vers les convives. Avant Monsieur Paul, dans les années 1950, le cuisinier était au sous-sol et c'était le service qui avait tous les honneurs. Monsieur Paul a inversé la tendance : le chef de cuisine est devenu la personnalité du restaurant. Il était d'une générosité extrême, il était passionné, avec son franc-parler, jamais avare d'une bonne anecdote. Il était vif ». Et Jacques Pépin de renchérir : « Il ne fait pas de doute qu’il a fait plus que tout autre chef du monde pour nous gagner la salle, rendre la profession respectable et faire de nous ce que nous sommes aujourd’hui. Grâce à lui, désormais les chefs sont des stars. Nous avons tous une dette envers lui ».

social media. Some, such as the Brazilian Alex Atala and Anthony Bourdain, reposted the iconic image of Bocuse taking off his chef’s jacket (adorned with its Meilleur Ouvrier de France tricolor collar) to show the camera his tattoo of a rooster on his left shoulder. In homage to this esteemed chef, the whole brigade of the Michelin-star Norwegian restaurant, Maaemo, posed for the camera bearing their naked left shoulders. An extended ‘Bande à Bocuse’ demonstrated their love – from Joël Robuchon to Alain Ducasse, including Régis Marcon, Anne-Sophie Pic, Alain Chapel, Marc Veyrat, Pierre Gagnaire, Martin Berasategui, René Redzepi, Jean-Georges Vongerichten and Daniel Boulud – with a resounding cry, “We are all orphans”. For Arnaud Lallement, triple Michelin star chef from Rheims, “There was a before and after Paul Bocuse. He revolutionized everything: he encouraged the chef de cuisine to leave the kitchen in order to meet the clients. In the 50s, before Monsieur Paul, the cook was in the basement and it was the restaurant staff who received the praise. Monsieur Paul reversed this trend – the chef de cuisine became the personality of the restaurant. Paul Bocuse was incredibly generous, passionate and equally frank, and he was never short of a good anecdote. He was full of life”. And Jacques Pépin goes further, saying “Without a doubt, he did more than any other chef in the world to stake our place in the restaurant, to make the profession respectable, and to make us what we are today. Thanks to him, chefs are now the stars. We are all indebted to him”.

Fraisier à la pistache


« Tout le monde connaît Dieu, cela n’empêche pas le curé de sonner les cloches tous les matins » Longtemps avant la starisation télévisuelle, l’éclosion des magazines culinaires et l’édition d’ustensiles et de produits portant le label de grands chefs, si le succès lui a donné le pupitre pour prêcher l’évangile de la cuisine française, ce faisant Paul Bocuse a su transformer sa célébrité en empire de la restauration, franchissant les bords de l’hexagone pour conquérir les Etats-Unis et le Japon. Il a longtemps été le président d’Euro-Toques, association de plus de 3000 chefs de cuisine qui se pose en défenseur de la qualité française gastronomique et de l’héritage qu’elle représente. En 1969, Bocuse conçoit le menu du vol inaugural du Concorde, peut-être le premier repas à être adoubé du label « nouvelle cuisine ». Par la suite, ses livres de cuisine deviennent des bestsellers et il fait son apparition sur les écrans de télé. En 1987, il crée le concours mondial de la cuisine, le Bocuse d’Or – un vrai master chef avant master chef – à Lyon, son premier Institut Culinaire à Ecully, et en association avec ses amis Roger Vergé et Gaston Lenôtre, il signe un contrat pour l'exploitation de restaurants à Disney World en Floride. Il ouvre ses premiers corners au Japon dans les magasins Daimaru, puis des boulangeries-pâtisseries et des épiceries fines portant son label. Ces « distractions » l’obligeaient à quitter son piano trop souvent au goût de certains critiques culinaires, dont Gault & Millau, ses promoteurs de la première heure. Réponse cinglante de l’intéressé : « Christian Millau non seulement ne comprend pas grand-chose à la cuisine, mais ses jugements s’inspirent des mouvements de queue de son terrier Jack Russell », qui l’accompagnait au restaurant. Incident enterré dans l’amitié quelque temps plus tard. Bocuse a surfé sur le succès comme sur les vicissitudes avec son aplomb admirable. Bien sûr qu’il a apprécié l’excitation générée par sa célébrité – plus d’un politicien a raconté comment il fut victime de la question « Qui est l’homme à côté de Bocuse ? » – mais il n’était motivé ni par l’argent, ni par le pouvoir. C’était un homme aux goûts simples, aimé pour sa générosité, farceur, jouant à l’homme grenouille dans sa Saône bien aimée, mais souvent sans le temps d’en profiter. Monsieur Paul mettait sa vie au service de la primauté de la cuisine française, avec générosité, vigueur et courage.

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“The whole world knows about God, but it doesn’t stop the priest from ringing the bells each morning” Long before the hype of television, the flourishing of culinary magazines and the emergence of utensils and products bearing the name of top chefs, success gave Paul Bocuse the pulpit from which to preach the gospel of French cuisine. And this success equally allowed him to transform his celebrity into a restaurant empire that extended beyond the borders of France, conquering the United States and Japan. For many years, he was the president of ‘Euro-Toques’, an association of more than 3,000 chefs de cuisine that championed the gastronomic quality of France and the legacy that it represents. In 1969, Bocuse created the menu for Concorde’s inaugural flight – perhaps the first meal to be given the Nouvelle Cuisine label. Subsequently, his cook books became bestsellers and he appeared on our television screens. In 1987, he founded the international cuisine competition, the Bocuse d’Or – a true master chef before ‘Master Chef’ – held annually in Lyon. He later established his very first Culinary Institute, in Ecully. And in association with his friends, Roger Vergé and Gaston Lenôtre, he signed a contract for the operation of Disney World restaurants in Florida. He opened his first ‘corners’ in Japan, in the store Daimaru; followed by bakerypatisseries and fine delicatessens bearing his label. These ‘distractions’ forced him to leave his kitchen all too often for the likes of certain culinary critics – namely Gault & Millau, his first promoters. But Bocuse sharply responded saying “Christian Millau not only doesn’t understand much about cooking, but his judgements are inspired by the tail movements of his Jack Russell Terrier”, who would accompany Millau to restaurants. This incident was later buried in their friendship. Bocuse surfed on the wave of success as he did life’s challenges, with admirable aplomb. Of course he enjoyed the excitement generated by his celebrity – more than one politician recalled being subjected to the question, “Who is that man next to Bocuse?” – but he was never motivated by money or power. He was a man of simple taste, loved for his generosity and joviality, and enjoyed playing the frogman in his beloved River Saône, but often with little time to enjoy it. Monsieur Paul dedicated his life to the promotion of French cuisine, with generosity, vigor and courage.


Hommage à Saint-Barthélemy

du 10 janvier au 10 février 2019 From 10th January to 10th February 2019

uelques chefs de l’île s’associent pour cet hommage à Paul Bocuse et durant un mois, vous proposent, chacun dans son restaurant, une recette à la façon de «Monsieur Paul».

Q

Certains de ces chefs l’ont connu, ou côtoyé, mais tous ont gardé de lui, l’image du plus grand ambassadeur de la cuisine française ; celui qui a conservé ses trois étoiles, pendant plus de cinquante ans et qui aura porté la gastronomie française au patrimoine mondial de l’Unesco.

Vous pouvez retrouver ces recettes et 150 autres, dans ce qui aura été «Les inspirations d’un chef au retour du marché» (Réf. Livre de Paul Bocuse, La Cuisine du marché - Flammarion), une façon de concevoir la cuisine au rythme des saisons ; une cuisine simple, faîte de bons produits, savamment combinés entre eux, pour en exhaler tout le goût et les saveurs.

Le magazine Tropical tient à remercier pour sa coopération, Vincent Leroux, directeur du restaurant Paul Bocuse à Collonges, ainsi que les restaurants et les chefs de l’île, présents et participant à cet hommage : Maya, du restaurant Maya ; Eddy, du Grain de Sel ; Adam Maksalon, du Repaire ; Emmanuel Motte, de François Plantation ; Pascal Giglio, du Ti St-Barth ; et Alex Simone, du Sereno.

Photo Stéphane de Bourgies

Chaque recette de plat proposé est adaptée pour être servie pour une, ou pour plusieurs personnes.

S

ome of the chefs on the island are taking part in this homage to Paul Bocuse. For a whole month, each chef’s restaurant will offer a recipe in the style of ‘Monsieur Paul’.

A few of these chefs may have had the pleasure of knowing or rubbing shoulders with Paul Bocuse, but they all equally remember him as the greatest ambassador of French cuisine – who held three stars for more than fifty years and made French gastronomy a UNESCO World Heritage. You can find these recipes, and 150 others, in Paul Bocuse’s book on market cuisine – ‘La Cuisine du marché’ published by Flammarion – based on the inspirations of a chef returning from the market. It promotes the idea of cooking in harmony with the changing seasons – simple cuisine, made with good ingredients, skillfully combined to exude all the taste and flavors. Tropical Magazine would like to thank Vincent Leroux (head of Paul Bocuse’s restaurant in Collonges), as well as the restaurants and chefs on the island participating in this homage: Maya of Maya’s Restaurant; Eddy of Le Grain de Sel; Adam Maksalon of Le Repaire; Emmanuel Motte of François Plantation; Pascal Giglio of Le Ti St-Barth; and Alex Simone of Le Sereno. Each dish offered by the individual restaurants can be made just for one person or more. www.tropical-mag.com

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Cabillaud à la ménagère 4 personnes / Serves 4 Préparation / Preparation time: 20 min. Cuisson / Cooking time: 40 min.

4 personnes / Serves 4 Préparation / Preparation time: 20 min. Cuisson / Cooking time: 2 hrs 30 min.

1 beau cabillaud 400 grs de pommes de terre nouvelles Quelques petits oignons nouveaux 1 cuillérées à soupe d’huile d’olive 50 g de beurre 1 pincée de persil 1 citron Sel, poivre

1 large piece of cod 14oz (400g) new potatoes 1 bunch of spring onions 1 tablespoon of olive oil 3 tablespoons (50g) of butter 1 pinch of parsley 1 lemon Salt and pepper

Couper en plein corps du poisson (préalablement gratté et lavé) un tronçon de 30 à 35 centimètres. Beurrer grassement un plat en terre à rôtir, de dimension suffisante pour contenir le tronçon et sa garniture. Y placer le poisson bien assaisonné de sel et de poivre de toutes parts, l’entourer de petites pommes de terre nouvelles et de petits oignons blancs nouveaux ; si ces légumes ne sont pas nouveaux, les ébouillanter, les égoutter et les assaisonner de sel fin. Arroser le tout de beurre fondu et cuire au four, en pratiquant de fréquents arrosages, avec le beurre de cuisson qui peut être allongé sans inconvénient, bien au contraire, d’une bonne cuillérée à soupe d’huile d’olive. Les oignons doivent représenter le quart de la totalité de la garniture et celle-ci, disposée autour du poisson, doit reposer entièrement sur le fond du plat, afin que l’ensemble se trouve constamment dans le beurre de cuisson et dore régulièrement.

Cut a 12 to 14-inch piece of cod (scaled and washed) from the middle part of the fish. Generously butter an earthenware dish, large enough to hold the fish and vegetables. Season the fish well with salt and pepper. Place it into the dish and surround it with the new potatoes and the bulbs of the spring onions. (If these vegetables are not available, use regular potatoes and onions; parboil and drain them, then season with table salt). Drizzle the fish and vegetables with melted butter and bake in the oven, frequently basting with the cooking juices – this can be thinned with an extra tablespoon of olive oil (which enhances, rather than hinders, the flavor). The onions should comprise a quarter of the total vegetables, which need to be placed at the base of the dish around the fish, so that they are completely immersed in the cooking juices and brown evenly.

Au moment de servir dans le plat de cuisson, parsemer sur le tout, une pincée de persil frais haché et, à part, un citron divisé en quartiers qui seront pressés sur le poisson, quand celui-ci sera réparti dans les assiettes chaudes des convives. Le cabillaud s’accommode poché ou grillé, coupé en tranches de 2 centimètres d’épaisseur, et servi avec l’une des sauces conseillées pour tous les poissons auxquels ces modes de cuisson sont appliqués.

Jarret de veau à la ménagère

Just before serving in the cooking dish, garnish it with the freshly chopped parsley. Slice the lemon into quarters, to be squeezed onto the fish when served to your guests on warm plates.

1 jarret de veau de lait de 1,5 kg environ 80 g de beurre 1 gros oignon taillé en gros dés 250 g de carottes nouvelles coupées en rondelles 2 tomates mûres, mondées et concassées 10 cl de vin blanc sec 2 dl de fond de veau 1 petit bouquet garni Sel, poivre Assaisonner le jarret de veau avec sel et poivre. Dans une cocotte, de préférence ovale, le colorer au beurre sur toutes ses faces. Ensuite, ajouter successivement l’oignon en dés, les carottes en rondelles et, après un léger rissolage, faire fondre les tomates concassées. Mouiller avec le vin blanc sec et le fond de veau. Incorporer le bouquet garni et laisser cuire à couvert, à four ou à feu doux, durant 2 heures environ, selon la quantité de veau. Le jarret de veau est servi dans un plat creux, entouré de ses légumes, nappé de son jus ; seul le bouquet garni est éliminé. On peut accompagner cet excellent plat familial, de nouilles fraîches au beurre.

1 milk-fed veal shank, approx. 3½lbs (1½kg) 5½ tablespoons (80g) of butter 1 large onion, diced into large pieces 9oz (250g) baby carrots, sliced into rounds 2 ripe tomatoes, peeled and chopped Scant ½ cup (100ml) of dry white wine ¾ cup (200ml) of veal stock 1 small bouquet garni Salt and pepper Season the veal shank with salt and pepper. In a casserole dish (preferably oval), brown the veal on all sides with butter. Add the diced onion followed by the carrots; once these are lightly browned, add the chopped tomatoes and cook until soft. Pour in the dry white wine and veal stock, then add the bouquet garni. Cover with the lid and leave to cook on a low heat (either on the stove or in the oven) for about 2 hours, depending on the size of the veal. Serve the veal shank in a deep dish, drizzled with the cooking juices and surrounded by the vegetables (not forgetting to remove the bouquet garni). This great family meal can also be accompanied by fresh pasta tossed in butter.

Another way to prepare cod is to poach or grill it, cut into 1-inch thick slices, and served with one of the sauces recommended for fish cooked in this way.

Cette recette, à la façon Paul Bocuse, vous est proposée du 10 janvier au 10 février 2019, par : This recipe, in the style of Paul Bocuse, is offered to you by:

Cette recette, à la façon Paul Bocuse, vous est proposée du 10 janvier au 10 février 2019, par : This recipe, in the style of Paul Bocuse, is offered to you by:

Le Chef de cuisine, Adam Maksalon du restaurant Le Repaire

Le Chef Eddy Coquin, dans son restaurant Le Grain de Sel

Gustavia - Tél : (+59) 0590 27 72 48 - ceric3@wanadoo.fr

Saline - Tél : (+59) 0590 52 46 05 - legraindeselsaintbarth@hotmail.fr

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Côte de bœuf à la moëlle au vin de Brouilly Sole Meunière 2 personnes / Serves 2 Préparation / Preparation time: 20 min. Cuisson / Cooking time: 20 min.

2 personnes / Serves 2 Préparation / Preparation time: 10 min. Cuisson / Cooking time: 10 min.

1 côte de bœuf de 1 kg 100 g de beurre fin 30 g d’échalote 1 bouteille de vin de Brouilly 1 cuillerée à soupe de beurre manié 100 g de moelle Sel, poivre du moulin

1 prime rib of beef (2.2lbs/1kg) 4oz (100g) fine butter 1oz (30g) shallots, chopped 1 bottle of Brouilly wine 1 tablespoon of beurre manié 4oz (100g) bone marrow Salt and freshly ground pepper

500 g de sole 2 cuillérées à soupe d’huile d’olive 4 cuillérées à soupe de farine 80 g de beurre ½ citron 1 cuillerée à café de persil Sel, poivre

18oz (500g) sole 2 tablespoons of extra virgin olive oil 4 tablespoons of flour 5½ tablespoons (80g) of butter ½ lemon 1 teaspoon of parsley Salt and pepper

Saler et poivrer la côte de bœuf, dans une casserole basse à fond épais, la cuire au beurre mousseux, en lui faisant prendre couleur. On compte, si on la désire saignante, 5 minutes de chaque côté, pour la cuire et la dorer.

After seasoning with salt and pepper, in a shallow heavy-bottomed saucepan, cook the rib of beef in foaming butter until brown. If you like your beef rare, cook and brown it for 5 minutes on each side.

Ensuite la retirer sur un plat de service et la maintenir au chaud. Dans le beurre de cuisson, faire revenir les échalotes hachées, sans les colorer. Pour déglacer et faire la sauce, ajouter le vin de Brouilly, le laisser réduire par ébullition, de moitié. Établir la liaison avec le beurre manié et en dernier lieu, en rectifiant l’assaisonnement, incorporer à la sauce le restant de beurre, pour la rendre onctueuse. La côte de bœuf se sert recouverte de lames de moelle ayant été dégorgées et pochées à l’eau légèrement salée.

Then place the beef on a serving platter and keep it warm. Fry the chopped shallots in the cooking butter, until translucent. To deglaze the pan and make the sauce, add the Brouilly wine and leave it to simmer until reduced by half. Gradually whisk in the beurre manié; and lastly, after checking the seasoning, add the rest of the butter to the sauce to make it creamy. Cover the prime rib in slices of marrow, which have been removed from the bone and poached in lightly salted water.

On peut à volonté présenter la côte de bœuf, nappée de la sauce, ou servir celle-ci en saucière

The prime rib can be served with the sauce on top or on the side in a gravy boat.

L’habillage ne varie pas et la peau blanche, bien grattée, est laissée adhérente. Assaisonner la sole de sel et poivre mélangés à quelques gouttes d‘huile d’olive, puis fariner. La mettre en cuisson, la peau blanche en dessous, dans une poêle, (ovale de préférence, ce qui évite une consommation de beurre inutile et qui souvent brûle, la poêle pouvant être presque de la dimension du poisson), où fume 30g de beurre additionné d’une cuillérée à soupe d’huile d’olive. Cuire assez vivement ; au contact du beurre très chaud, la sole est suffisamment saisie pour éviter qu’elle n’attache à la poêle. A aucun moment, le beurre de cuisson ne doit bouillir. Au bout de 5 à 6 minutes, retourner la sole avec une spatule et poursuivre jusqu’à cuisson complète. Dresser sur un plat de service, très chaud, dont la bordure peut être ornée d’une rangée de tranches minces, coupées dans un demi citron, divisées dans le sens de la longueur et dans la peau duquel, des incisions en dents de loup ont été pratiquées. Presser sur la sole quelques gouttes de jus de citron ; parsemer dessus le persil haché et échaudé au dernier moment, par conséquent, encore humide ; ajouter 50g de beurre à celui de la cuisson, le chauffer jusqu’à couleur noisette et en arroser la sole. Le contact du beurre très chaud et du persil humide, provoque une mousse abondante qui recouvre encore la sole, quand elle est immédiatement mise sur la table, devant les convives.

Prepare the sole in the traditional way, leaving just the white skin of the underside in place (scaled and washed). Season the fish with salt and pepper mixed with a few drops of olive oil, then coat both sides with flour. If possible, use an oval skillet approximately the same size as the fish (this avoids wasting excess butter, which often burns). Heat 2 tablespoons of butter and 1 tablespoon of olive oil until very hot. Cook the fish fairly quickly with the white skin side down; the hot butter will sear the sole sufficiently, preventing it from sticking to the skillet. On no account should the butter boil. After 5 to 6 minutes, turn the sole over with a spatula, and continue cooking until it is cooked through. Place the fish on a very hot serving platter. The edge can be decorated with a row of thin lemon slices, halved, with their skins cut into zig-zags. Squeeze a few drops of lemon juice onto the sole and sprinkle with chopped parsley, warmed at the last minute so still moist. Add 3½ tablespoons of butter to the cooking butter remaining in the skillet; warm it through until it turns light brown and then pour it over the sole. The hot butter mixed with the moist parsley produces a rich foam covering the sole, and still frothy when served immediately to your guests at the table.

Cette recette, à la façon Paul Bocuse, vous est proposée du 10 janvier au 10 février 2019, par : This recipe, in the style of Paul Bocuse, is offered to you by:

Cette recette, à la façon Paul Bocuse, vous est proposée du 10 janvier au 10 février 2019, par : This recipe, in the style of Paul Bocuse, is offered to you by:

Le Chef de cuisine Pascal Giglio du restaurant le Ti St-Barth

Maya Gurley, responsable de cuisine, au Maya’s Restaurant

Pointe Milou - Tél : (+59) 0590 51 15 80 / 0590 27 97 71 - info@caroleplaces.com

Public – Tél : (+59) 0590 27 75 73 – contact@mayas-stbarth.com www.tropical-mag.com

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Volaille de Bresse truffée rôtie 6 personnes / Serves 6 Préparation / Preparation time: 45 min. Cuisson / Cooking time: 1 hr. 20 min. 1 poularde de 1,6 kg environ, vidée 1,3 kg 50 g de truffe melanosporum 25 ml de cognac 50 ml de madère 50 ml d’huile de maïs 3 brins de thym 1 feuille de laurier 1 g de sel fin 3 grains de poivre 2 g de 4 épices 500 g de panne fraîche 125 g de foie gras (à défaut mettre 625 g de panne au lieu de 500 g)

Trois ou quatre jours avant de cuire la poularde, la farcir. Les truffes ayant été brossées et lavées avec le plus grand soin, les peler très finement et recueillir les pelures et tailler 6 belles lamelles épaisses. Macérer les lamelles de truffes avec une cuillère à soupe de madère. Macérer également les pelures de truffe concassées, avec le reste du madère, le cognac, l’huile de maïs, le thym, le laurier, une pincée de sel, quelques tours de moulin à poivre et les quatre épices. Diviser la panne en parcelles, enlever les petites membranes qui l’enveloppent et la piler au mortier. Quand elle est totalement broyée, ajouter le foie gras et transformer le tout en une pâte fine. La déposer dans une terrine et placer celle-ci dans un endroit modérément chaud, pour amollir la panne, afin de la passer plus facilement au tamis fin. Cette dernière opération accomplie, réunir dans la terrine, les pelures de truffe finement hachées

et le reste de l’assaisonnement de macération. Enlever le thym et le laurier et malaxer le tout pour obtenir un mélange homogène. La volaille doit être, pour cet apprêt, vidée entièrement par la gorge. Soulever la peau de l’estomac et glisser entre la peau et la chair, les lamelles des truffes réservées. Introduire la farce dans la volaille, rabattre la peau du cou sur l’orifice, la brider. La tenir dans un endroit froid, jusqu’à la mise en cuisson. Pour rôtir la volaille, la rouler dans un papier cuisson beurré, pour la protéger. La placer sur un plat à rôtir, surélevée sur une grille, pour qu’elle ne repose pas dans la panne fondue. Mettre la volaille au four, à chaleur moyenne. La cuisson doit être lente, rigoureusement égale et sans arroser la volaille qu’il faut retourner de temps en temps. Temps de cuisson 1 heure 20 (il s’agit d’une volaille dont l’intérieur est bourré d’une farce crue). 10 minutes avant le terme de la cuisson, enlever le papier et laisser prendre une jolie couleur doré clair, mais sans rissolage et cette fois en arrosant avec la panne fondue, provenant de la farce. Contrôler l’à-point de la cuisson, en piquant, avec une aiguille à brider, le pilon à l’endroit le plus épais. Si le jus apparaît blanc et clair, la cuisson est parfaite ; si le jus est rosé, laisser reposer quelques instants à chaleur douce. Servir avec le jus de la volaille, dégraissé en partie.

1 Bresse chicken, approx. 3½lbs (1.6kg) (3lbs/1.3kg boned) 1¾oz (50g) Périgord black truffles 1fl oz (25ml) Cognac 2fl oz (50ml) Madeira 2fl oz (50ml) corn oil 3 sprigs of thyme 1 bay leaf ¼ teaspoon of fine salt 3 peppercorns (coarsely ground) ¾ teaspoon of allspice 17½oz (500g) fresh lard 4¼oz (125g) foie gras (if not available, increase lard to 21¾oz/625g)

Prepare and stuff the chicken, as detailed below, 3 or 4 days before cooking. Carefully brush and wash the truffles, then peel them thinly (saving the peel) and cut into 6 thick round slices. Soften the truffle slices by steeping them in a tablespoon of Madeira. Equally steep the truffle peel (chopped and crushed) in the rest of the Madeira, adding the Cognac, corn oil, thyme, bay leaf, pinch of salt, black pepper and the allspice. Divide the lard into small pieces (after removing the fine membranes) and pound it with a mortar until completely softened. Add the foie gras and beat the mixture into a smooth paste. Transfer it into a terrine and place it somewhere relatively warm, to soften the lard so it easily passes through a fine sieve. Once this last step is complete, add the macerated truffle peel and seasonings to the mixture in the terrine (after removing the thyme and bay leaf). Beat this all together until smooth, to form the stuffing.

For this particular recipe, the chicken should be completely gutted via the throat. Lift the skin on the underside of the chicken and place the truffle slices between the skin and the meat. Fill the cavity of the chicken with the stuffing, then fold the skin of the neck flap over the opening before trussing it. Keep the chicken in a cool place for a few days before cooking. To roast the chicken, wrap it in greased baking parchment to retain moisture and flavor. Place it on the rack of a baking tray (to avoid it sitting in the melted lard when roasting), and cook it in the oven at a medium temperature. The chicken should be cooked slowly and turned regularly (without further basting) to ensure that it is cooked perfectly evenly. The cooking time is 1 hour and 20 minutes, to completely cook the chicken and its raw stuffing. Approximately 10 minutes before the end of the cooking time, remove the baking parchment to allow the skin of the chicken to turn a nice light golden color, without browning. This time, baste the skin with the melted lard from the stuffing. To ensure that it is well cooked, stick a trussing needle into the thickest part of a chicken thigh. If the juice appears white and clear, the chicken is perfectly cooked; if the juice is pink, let it cook for a few more minutes at a very low heat. Serve with the cooking juices, having partly skimmed off the fat.

Cette recette, à la façon Paul Bocuse, vous est proposée du 10 janvier au 10 février 2019, par : This recipe, in the style of Paul Bocuse, is offered to you by:

Le Chef de cuisine Emmanuel Motte du restaurant François Plantation de la « Villa Marie Saint Barth » Colombier - Tél : (+59) 0590 77 52 52 - contact@vm-saintbarth.com

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4 personnes / Serves 4 Préparation / Preparation time: 40 min. Cuisson / Cooking time: 20 min. 2 carottes 4 champignons 2 oignons 50 g de beurre Sel et Poivre 300 g de foie gras 4 cuillères à soupe de Noilly Prat blanc 6 truffes Farine 1 pâte feuilletée 1 œuf ½ céleri boule 1½ l de bouillon de volaille Commencez par tailler vos légumes en dés, puis faites-les revenir dans le beurre. Ajoutez du sel et du poivre et réservez. Dans des bols « tête de lion » ajoutez vos légumes, environ 2 cuillères à soupe par bol. Versez une cuillère de Noilly Prat dans chaque bol. Coupez les truffes à la mandoline et ajoutezles à vos bols de légumes, suivies par les dés de foie gras. Versez environ 350 ml de bouillon dans vos bols de légumes. Mettez au frais pendant 20 minutes. Farinez votre plan de travail. Étalez la pâte et puis, à l'aide d'un emporte-pièce, coupez des ronds un

© Emily Labourie

© Frédéric Durantet

© Frédéric Durantet - Photo non contractuelle - archive plat d’origine

Soupe aux truffes VGE

Chef Alex Simone

tout petit plus gros que le diamètre de vos bols. À l’aide d'un pinceau, mouillez la pâte. Posez la pâte sur le dessus de votre bol pour le recouvrir entièrement puis laissez reposer 10 minutes. Battez le jaune d'œuf, avec une cuillère à café d’eau et une pincée de sel, puis badigeonnez le feuilletage avec ce jaune d'œuf battu. Enfournez vos bols à 220°C pendant 20 minutes. Découpez la croûte des soupes avec la pointe d’un couteau et servez sans attendre.

Ce plat fût créé en 1975 par Paul Bocuse, à l’occasion d’un déjeuner donné à l’Élysée par Valéry Giscard d’Estaing, alors président de la République, et son épouse. De nombreux Chefs étoilés accompagnaient Paul Bocuse qui reçut ce jour-là la Légion d’honneur.

2 carrots 4 mushrooms ½ celeriac 2 onions 3½ tablespoons (50g) of butter Salt and pepper 12oz (300g) foie gras, diced 6 truffles 4 tablespoons of white Noilly Prat 50fl oz (1½L) chicken stock 1 sheet (8oz/200g) of ready-made puff pastry 1 egg yolk Start by dicing the vegetables, then brown them gently in the butter. Add salt and pepper. Add 2 tablespoons of the vegetables, plus 1 tablespoon of Noilly Prat, to each of 4 ovenproof soup bowls. Finely slice the truffles with a mandoline; add them to each soup bowl, followed by the diced foie gras. Pour approximately 12fl oz (350ml) of stock into each bowl. Place in the fridge for 20 minutes. Dust your work surface with flour, then roll out the pastry. Using a round saucer or plate, slightly bigger than the diameter of the soup bowl, cut 4 rounds of pastry.

Brush the edges with water, and place each round on top of a bowl (wet side down) to cover it completely; press the edges lightly to seal it. Leave the pastry to rest for 10 minutes. Beat the egg yolk together with a teaspoon of water and a pinch of salt, then brush the pastry with this mixture. Place the bowls in the oven for 20 minutes at 425°F (220°C). Using the tip of a knife, cut off the top of each pastry crust and serve immediately.

This dish was created by Paul Bocuse, in 1975, for a celebratory luncheon at the Elysée Palace, hosted by President Valéry Giscard d’Estaing (VGE) and his wife. Several Michelin-star chefs were also present at this special occasion, in honor of Paul Bocuse being awarded his ‘Légion d’Honneur’.

Cette recette, à la façon Paul Bocuse, vous est proposée du 10 janvier au 10 février 2019, par : This recipe, in the style of Paul Bocuse, is offered to you by:

Le Chef de cuisine Alex Simone du restaurant Le Sereno Lagon de grand Cul-de-Sac - Tél : (+590) 590 298 300 - info@lesereno.com www.tropical-mag.com

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SHELLONA De galets, de sable et de coquillages

De galets, de sable et de coquillages From Pebbles, Sand and Shells

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Il est des endroits qui présentent de réels avantages pour l’homme et parfois, lui procurent aussi de grands plaisirs. La petite anse de mer, en plein cœur de Gustavia, fait partie de ces endroits exceptionnels.

There are some places that have a lot to offer, whilst equally providing great pleasure. The little cove in the heart of Gustavia is one of those exceptional places.

A l’origine appelée l’anse de Grand Galet, elle fût, à la suite du dragage du port de Gustavia, dans les années 60 et 70, abondée en sable et en coquillages de toutes sortes, d’où son nom plus récent de Shell Beach. Arlette Magras, dans un ouvrage, nous raconte qu’en 1943, une chaloupe ayant à son bord une dizaine de naufragés américains, s’échoua sur la plage de Grand Galet, leur navire avait sans doute été coulé par les forces ennemies, dans la mer des Antilles et ils avaient dérivé jusqu’à Saint-Barth… Ils étaient épuisés et mal en point, mais grâce à la rapidité des secours et la bienveillance de quelques habitants de l’île, ils furent vite remis sur pied. Quelques jours après, deux hydravions américains venaient les rapatrier aux États-Unis. Quelques années plus tard, cette même petite plage de Shell Beach était aussi le lieu de rendez-vous des élèves du collège de Gustavia qui venaient y faire leurs exercices d’éducation physique, sous la direction de leur professeur de l’époque. Durant le week-end, nombreux étaient les habitants de l’île, parents et

Originally called ‘Anse de Grand Galet’ (Big Pebble Cove), it became known as Shell Beach after the dredging of the port in Gustavia, in the 60s and 70s, when an abundance of sand and all kinds of shells were deposited there. In one of her books, Arlette Magras recounts how a life raft ran aground on Grand Galet beach in 1943, with about ten shipwrecked Americans on board. Their ship had probably been sunk by enemy forces in the Caribbean Sea, and they had drifted to St Barts. They were exhausted and in poor health, but thanks to the swift assistance and kindness of the some of the island residents, they were quickly back on their feet. Not long after, two American seaplanes came to take them back to the United States. A few years later, this same little beach was where Gustavia’s high school students had their sports lessons, supervised by their teacher. During the weekends, many of the island residents, mostly parents and children, would enjoy picnicking on Shell

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Photos Michael Gramm

enfants, qui venaient y pique-niquer et dont un des loisirs favoris était de trouver sur la plage, le coquillage rare de par sa forme et sa beauté, ce coquillage qui serait montré avec fierté, le lundi matin, dans la cours de récréation. Puis, au fil du temps, les évènements ne manquèrent point et bien d’autres anecdotes seraient à raconter ; mais toujours, cette petite plage abritée, au charme particulier, a su conserver son caractère à la fois paisible et convivial ; l’endroit où il fait bon se retrouver en famille ou entre amis. Une nouvelle étape dans son histoire, avec cette fois, un parfum de Cyclades et de mer Égée : Shellona, un mot qui mêle à la fois coquillage et tortue de mer, rassemble dans cet endroit mythique de l’île, une combinaison des plus harmonieuses de ce qui fait l’ambiance caribéenne et la culture méditerranéenne, principalement culinaire. Ce restaurant arrive à point nommé, à l’heure où la cuisine du bassin de la méditerranée est reconnue unanimement, comme l’une des plus légères et des plus diététiques. Il y a quelques années déjà, la longévité des habitants

Beach. One of their favorite activities was finding unusual shells, unique in shape and beauty. Such shells would be proudly shown in the playground on Monday morning. Over the years, Shell Beach has been the venue for countless events, and many more stories could be told … Yet this little sheltered beach, with a particular charm, has always managed to keep its character, which is both peaceful and convivial, making it an ideal place for getting together with family or friends. A new chapter has begun in the history of Shell Beach, this time with a fragrance of the Cyclades and the Aegean Sea – ‘Shellona’, a name that combines sea shells and sea turtles (‘chelona’ means turtle in Greek). In this mythical corner of the island, Shellona brings together a harmonious fusion of the qualities that give the Caribbean its ambiance and the Mediterranean its culture – qualities that are essentially culinary. This restaurant has arrived just at the right moment, when Mediterranean cuisine is generally recognized as one of the lightest and healthiest. In fact, a few years ago, the longevity of the inhabitants www.tropical-mag.com

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Yiannis Kioroglou, le Chef

de l’île de Crète, avait été clairement attribuée au mode de nutrition de ces mêmes habitants et avait même donné naissance à ce que l’on a appelé « le régime crétois ». La Grèce, berceau de la philosophie et de la démocratie, est sans doute aussi, l’initiatrice d’une cuisine plus saine pour l’individu. Le Chef exécutif du restaurant Shellona, se devait bien évidemment, comme toute son équipe d’ailleurs, d’être grec ; Yiannis Kioroglou est à même de vous proposer tout un ensemble de plats savoureux qui vous feront entrevoir toute une culture culinaire nouvelle ; des recettes simples et légères à base de produits naturels. Des plats aux couleurs et saveurs attrayantes qui vous parleront et vous donneront envie de partager, et comme chacun sait : partager c’est aimer ! Le matin, à partir de 10H30, vous pourrez réserver un transat et bénéficier d’un service plage très agréable ; vous aurez peut-être aussi l’occasion de voir le bateau du pêcheur, mouiller devant la plage, pour livrer la pêche du jour. Et au soir, jusqu’à 20H, vous pourrez déguster un cocktail au coucher du soleil. Le restaurant Shellona lui, étant ouvert de 12H à 17H, vous proposera une carte variée, véritable découverte pour vous et en parfaite adéquation avec ce lieu qui, de galets en sable et coquillages, est devenu Shellona : une nouvelle histoire pour les habitants et les visiteurs de l’île.

of Crete was found to be directly linked to their dietary habits; and this even gave rise to what is known as the ‘Cretan Diet’. Greece, the birthplace of philosophy and democracy, has undoubtedly also introduced a healthier cuisine for the individual. The Executive Chef of Shellona restaurant, Yiannis Kioroglou, obviously had to be Greek, just like the rest of his team. Yiannis offers a wide range of appetizing dishes, allowing you to experience a whole new culinary culture – simple and light recipes based on natural ingredients. These creations, with attractive colors and flavors, will awaken your taste buds and make you feel like sharing with others – as everyone knows, to share is to love! From 10.30am in the morning, you can reserve a sun lounger and enjoy a most agreeable beach service. You might also have the chance to see the catch of the day being delivered by the fishing boat, anchored off the beach. And in the evening until 8pm, you can savor a cocktail watching the sunset. Shellona’s restaurant, open from 12pm to 5pm, offers a varied menu that is a veritable discovery perfectly attuned with this setting … which, from pebbles, sand and shells, has become Shellona – a new story for the inhabitants and visitors to the island. Shellona also has its own DJ playing a great repertoire of music every day; and it is equally a marvelous location for your private parties and events … providing endless pleasure no matter what the occasion!

Shellona est aussi un endroit où la musique est tous les jours assurée par un DJ ; endroit merveilleux que vous pouvez également privatiser, pour vos évènements ou manifestations ; à consommer sans modération ! Shell Beach, Gustavia - 97133 Saint-Barthélemy Phone: +590 590 290 666 - email: info@shellonabeach.com Website : http://shellonabeach.com - Facebook : Shellona - St Barth - Instagram : @shellona_sbh

Shellona, la vie heureuse au cœur de Gustavia, the good life in the heart of Gustavia.

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De haut en bas et de gauche à droite : Top to bottom, left to right: Salade exotique de langouste pays, vinaigrette aux agrumes / Exotic salad with local lobster, served with a citrus vinaigrette. Foie gras de canard maison au naturel et ses toasts de pain aux céréales, chutney de griottes / Home-cooked duck foie gras ‘au naturel’, served with granary toast and Morello cherry chutney. Filet de vivaneau poêlé, légumes niçoise et pointes d’asperges, jus de crustacés / Pan-fried fillet of red snapper with a shellfish jus, served with Niçoise vegetables and asparagus tips. Tataki de thon au guacamole, salade de roquette et piment végétarien / Tuna tataki with guacamole, served with a salad of arugula and local chili peppers. Filet de bœuf aux poivres concassés, timbale de pommes de terre frites maison / Fillet of beef with crushed black peppercorns, served with a timbale of homemade French fries. Tarte Tatin aux pommes, façon Bocuse et sa glace vanille de Madagascar / Apple tarte tatin in the style of Paul Bocuse, served with Madagascan vanilla ice cream.

Adam Maksalon, Chef de cuisine

Quai de la République, GUSTAVIA - T. (+590) 590 27 72 48 - Email : ceric3@wanadoo.fr


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LE TI St-Barth, Pointe Milou 97133 St Barthélemy


publi rédactionnel

Ce qui fait la qualité d’un service The Key to a Quality Service

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La notion de service est bien trop souvent une considération assez subjective de la part de l’entreprise qui s’en réclame ; et le seul critère d’appréciation qui permette une évaluation la plus juste et objective possible, reste le niveau de satisfaction exprimé par les clients ou usagers qui font appel à la société de service en question.

The notion of service is all too often a rather subjective opinion of the company proclaiming it. The only criteria to determine a precise and objective evaluation is the level of satisfaction expressed by the clients or users calling upon the service provider in question.

Easy Way SBH a développé, depuis sa création en 2007, une véritable philosophie d’entreprise, tournée exclusivement sur la notion d’un service d’exception à la clientèle, et son développement remarquable, ainsi que la fidélisation de ses clientèles, en sont les marqueurs incontestables. Pour Easy Way SBH, cette notion de service se veut la plus complète possible, afin de pouvoir répondre à toutes les demandes les plus exigeantes, mais aussi d’être en mesure de proposer des services spécifiques et exclusifs ; ainsi Easy Way SBH est seule, dans cette catégorie de « VIP Services » à mettre à disposition un service réellement complet à ses clients, allant de la billetterie à l’hébergement, puis aux activités nautiques ou terrestres en tous genres, quel que en soit l’endroit et ce à partir de charters privés inter-îles, qu’ils soient : avion, bateau et même hélicoptère.

Since its creation in 2007, Easy Way SBH has developed a genuine business philosophy focused exclusively on providing exceptional customer service, which is clearly illustrated by its remarkable success and client loyalty. Easy Way SBH strives to provide the most comprehensive service possible, to be able to meet the highest of demands, but also to be in a position to offer specific and exclusive services. Thus, for this type of ‘VIP Service’, Easy Way SBH is the sole provider of a truly comprehensive service to its clients, ranging from ticketing to accommodation, as well as all kinds of nautical and land-based activities, no matter where, via inter-island private charter – be it by boat, plane or even helicopter.

Le label Easy Way SBH est devenu aujourd’hui une référence dans la profession et le renforcement de son équipe est aussi la marque d’une philosophie de service qui ne demande qu’à s’exprimer, se développer et vous convaincre.

The name Easy Way SBH has now become a benchmark in the profession; and the strengthening of its team equally reflects a service philosophy that simply aims to fulfill, to flourish and meet your expectations.

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Reservations Airport Tel: 0590 27 66 30 - St Jean Office Tel: 0590 29 62 40 - Fax: 0590 29 12 29 Email: reservation@budgetstbarth.com www.budgetstbarth.com


Photo Michale Gramm

Make it a pleasure trip!


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Iguane des Petites Antilles (Iguana delicatissima) :

symbole d’une biodiversité extrêmement riche de

Photo Gérald Tessier

l’île, cette espèce endémique a fait l’objet d’études importantes, menées conjointement par

l’Agence Territoriale de l’Environnement et des

scientifiques, membres du Museum d’Histoire Naturelle de Paris.

Iguana delicatissima est protégé à St-Barth et sous haute surveillance ; il est l’expression d’une nature

vivante authentique, précieuse valeur que Le Village St-Barth Hôtel a toujours respectée.

The Lesser Antillean Iguana (Iguana delicatissima): a symbol of the island’s very rich biodiversity.

This endemic species has been the subject of important studies, carried out by the local Territorial

Environmental Agency in collaboration with scientists from the National Museum of Natural History in Paris. The Iguana delicatissima is a protected species on St Barts, which is being very closely monitored.

It represents authentic living nature, something which is highly valued and consistently respected by the

Hotel Le Village St-Barth.

L ’expérience de l ’authentique

Colline de Saint-Jean - 97133 Saint-Barthélemy Tel. +590(0) 590 27 61 39 - reservations@levillagestbarth.com - www.levillagestbarth.com


VILLAGE SAINT BARTH noces d’or entre l’île et le village, cela se fête aussi à New-York ! Golden Wedding Anniversary for the Island and the Village – Celebrated as Far as New York! Interview : Magazine Tropical - Illustration Alain BOULDOUYRE - Photos Michael Gramm

Ian Keown

A l’occasion du 50ème anniversaire de l’Hôtel Le Village St. Barth, qui sera une date fêtée du calendrier 2019, nous avons pensé que cela intéresserait nos lecteurs de raconter l’histoire de ce projet de pionnier d’un point de vue inédit, à travers le regard d’Ian Keown, spécialiste reconnu de la Caraïbe, auteur de 14 livres et guides et de douzaines d’articles dans de nombreux magazines et journaux américains T. Quand avez-vous visité pour la première fois l’Hôtel Le Village Saint Barth ? En 1972, alors que je travaillais à la réalisation d’une série de Guides sur les petits Hôtels et Villages de vacances romantiques, le guide notamment intitulé «Caribbean Hideaways». Dans cette série je présentais de petits établissements qui avaient en commun une touche romantique et un charme auxquels les couples en voyage de noce, pouvaient être très sensibles. « Caribbean Hideaways » a été le guide le plus populaire de la série, avec treize rééditions durant 26 ans. T. Quels ont été vos critères de choix ? Tout d’abord, il fallait qu’ils soient plus romantiques que ne le sont en général les hôtels de chaines, j’ai développé mon propre questionnaire comme un manuel en 1500 points, couvrant toutes les questions relatives à la vie d’un hôtel : la maintenance, le service, l’emplacement, l’environnement, la qualité de la nourriture et les produits d’accueil. Ces établissements avaient en commun une personnalité affirmée et accueillante ; ceci s’explique beaucoup par le fait que, comme le Village St. Jean à l’époque, toutes ces petites structures appartenaient à des propriétaires qui géraient eux-mêmes leurs établissements. T. Comment le Village St. Barth a-t-il tenu son rang, dans ce palmarès ? Le Village St. Jean comme il se nommait à l’époque,

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With the 50th Anniversary of Hotel Le Village St. Barth likely to be a highlight of the island’s 2018 calendar, we thought it would be enlightening for our readers to get a fresh perspective of this pioneering resort through the eyes of a longtime authority on the Caribbean, Ian Keown, author of 14 guidebooks and scores of articles for magazines and newspapers. When did you first visit Hotel Le Village St. Barth? In 1972 or 1973, when I was working on my series of guidebooks on romantic inns, hotels and resorts, which included Caribbean Hideaways (originally Lovers’ Guide to the Caribbean). They featured mostly small properties, mostly privately owned but all with the kind of extra dash of romance and charm that would be especially appealing to couples and honeymooners. Caribbean Hideaways proved to be the most popular of the series and ran for 26 years, with new editions every other year, a total of 13 editions. What were your benchmarks for including the hotels that made it into the guidebooks? First off, they had to be more romantic than the average cookie-cutter chain hotel (although a few chain hotels were included because of their special locations or distinct features); they had to be quiet (no loud “background” music – a pet peeve of mine); and they had to have the kind of inviting, seductive ambiance that has ardent lovers kicking off their shoes before they even leave the Reception. I compiled my own questionnaire, which eventually ran to a 1,500-point manual covering everything from basics like maintenance and service to location, dining and amenities. Very comprehensive – even to nitpicky points like how long it took the hot water to come out of the tap (in those distant days, many of these small hotels had water systems that harnessed the sunlight to heat the water pipes). Basically, they had to have an individual, distinct, inviting personality, which is why so many of them were, like Le Village, family-owned and family-operated.


était tout neuf et toujours en pleine évolution. Il avait déjà sa propre personnalité, rien à voir avec un hôtel de Floride par exemple. Au Village St. Jean, vous saviez que vous étiez aux Antilles Françaises ; Il y a 40 ans il était déjà conçu ‘simplement’ pour un séjour de qualité ; La terrasse généreuse, la cuisine d’appoint étaient des ‘hits’ à l’époque, il ne faut pas oublier qu’il y avait pas de restaurants en ce temps là. Les clients américains arrivaient avec des glacières pleines de nourriture ! La cuisine était alors indispensable. Le personnel parlait déjà anglais avec un accent charmant et était aux petits soins pour vous. Au cours de ses 50 ans, l’hôtel n’a cessé de s’améliorer et détient aujourd’hui 4 étoiles, bien méritées et renouvelées récemment. T. Comment expliquez-vous ce statut particulier ? La réponse est simple, les parents d’abord, puis à la suite depuis environ 40 ans, Catherine et son frère Bertrand l’ont fait évoluer. Année après année, tout en modernisant les chambres, Catherine et Bertrand Charneau se sont assurés que Le Village ne perde rien de son charme. J’admire que ce lieu ait réussi à intégrer l’esprit du vieux St. Barth et le côté pratique, moderne d’aujourd’hui. Arriver à ne pas changer le caractère profond d’un lieu au cours d’un demi-siècle d’existence, est une forme d’Art. Madame Charneau est une directrice qui s’implique qui met la main à la pâte; vous en connaissez beaucoup des directrices d’hôtels qui se baladent avec les ciseaux de jardin à la main, pendant leur tour quotidien de la propriété? Si mon guide avait établi un palmarès d’hôteliers plutôt que d’hôtels, Catherine aurait fait partie du Top10 de la Caraïbe. T. Pourriez vous nous dire ce que vous pensez de l’emplacement du Village St Barth ? Emplacement absolument parfait ! J’avoue adorer marcher sur la plage, mais la vue des cottages du Village m’a plus que séduite. La plage n’étant qu’à cinq minutes à pied, j’ai en définitif TOUT : une vue magnifique et la proximité de la plage ! De plus, on jouit d’une merveilleuse brise constante et d’un calme précieux. Les commerces et restaurants sont proches et accessibles à pied.

How did Le Village measure up among that roster of hotels? Le Village (at that time it was still known as Hotel Village St. Jean) was quite new, still a work in progress. But it had charm, warmth and its own endearing personality and it was definitely not one of those generic places where guests wake up thinking they’re in Florida or California. No, when you stay at Le Village you know you’re in the French Caribbean; your suite, with its spacious terrace and kitchenette, is designed for an easy outdoor/indoor lifestyle, you have views, you have flowers, you have privacy, you have tasteful décor, you have helpful staff who speak English with a lilting accent. And, perhaps most important of all in these days of starry super-luxe resorts, you enjoy exceptional value. Over the years, of course, the hotel just got better and better to the point where it now rates four stars from the official government authorities, the island’s only four-star gem holding its own against an array of five-star resorts. Why do you think that is? The devotion of the family, the owners. Catherine Charneau and her brother Bertrand have been there since the hotel was a mere hole in the ground 50 years ago so it’s natural that Le Village is an object of love and devotion rather than a handy cash machine. They cherish the place, they invest in it year after year and over the decades they have very skillfully edged Le Village into the 21st century without losing any of its original charm and appeal. It still captures the spirit of the old St. Barth, which is one of the things I admire immensely. Upgrading without changing the character of a place over a half-a-century span is an art form. Madame Charneau is very much a hands-on innkeeper – how many hoteliers do you know who carry their plant clippers in their hands when they’re doing their daily rounds of the property? She is always there for her guests, which is, I’m sure, one reason why so many of her guests have been coming regularly year after year for so many years. If my guidebook had rated hoteliers rather the hotels, she would have rated among the top ten in the Caribbean.

T. Depuis cinq ans, vous avez créé votre société de relations publiques « Very Special Places » qui représente notamment Le Village St. Barth. Pourquoi avezvous passé de la rédaction aux Relations Publiques, en abandonnant ce qui doit paraître à beaucoup comme une carrière de rêve ? Bonne question ; avant d’être un journaliste de voyage, j’étais concepteur-rédacteur, dans des agences de publicité en Ecosse, Londres, Amsterdam et New-York. Pendant huit ans j’ai travaillé avec David Ogilvy, une des légendes de Madison Avenue, dans les années 1960 et 1970. J’avais donc déjà une bonne expérience des RP et de la publicité. Le moment était venu de changer de parcours. J’ai décidé qu’il était temps d’apporter une aide à ces merveilleux hôteliers que j’avais appris à respecter et aimer. Peut-être pouvais-je les aider à trouver une plus grande audience tout en incitant mes lecteurs à tenter www.tropical-mag.com

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une toute nouvelle expérience, dans l’intimité des petits hôtels, plein d’un charme caribéen et plein d’histoire. Je sais aujourd’hui que cette option a eu du succès ; quand vous mentionnez le nom du Village St. Barth, l’interlocuteur vous dira combien de fois il y a séjourné et je ne suis jamais surpris quand la fidélité au lieu se mesure en dizaines d’années. Malgré le nombre important d’hôtels cinq étoiles, de renommée internationale qui semblent submerger l’île, d’évidence Catherine et Bertrand n’ont pas perdu confiance dans l’avenir de St. Barth. Juste à l’heure pour l’anniversaire des 50 ANS, ils prévoient de dévoiler leurs projets d’extensions ! Pour les Charneau, ce 50ème Anniversaire est juste une nouvelle étape, une belle histoire de réussite familiale dans la Caraïbe, tout simplement.

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What do you think of the hotel’s location? Perfect. I’m an eager beach walker but there’s a lot to be said for the views from “up the hill” – especially the privacy of my terrace and the wonderful view of the bay at sunset. And I have everything I need five minutes away in the other village, St. Jean. Boutiques, bars, cafés, restaurants, hotels I have to check out -- they’re all right there. Also, it’s a quieter location -- less traffic noise, obviously. For the past five years, your company, Very Special Places, has been the public relations representative for Le Village: why did you switch to public relations from what many people would believe to be an ideal career – travel writing? Good question. Before I was a travel writer, I was a copywriter in advertising agencies in Scotland, London, Amsterdam and New York. I worked for eight years with David Ogilvy, one of the Madison Avenue legends of the Sixties and Seventies. So I was already well-versed in P.R. as well as advertising and marketing. When, one day, my publisher told me I didn’t need more money to cover my travel expenses because all I had to do was call the manager for updates (sort of, “Good morning, manager, is the service at your hotel still quote ‘lethargic and befuddled’ unquote?”) I knew it was time for a new career. Since I had heard so many complaints over the years from the owners of small hotels who felt their voices were being overwhelmed by the megabudget ad campaigns of five-star resorts with corporate backers rather than hands-on owners, I decided maybe it was time to help some of the wonderful hoteliers I’d come to respect and admire. Maybe I could help them reach a wider audience – and conversely introduce my readers to a whole new romantic experience at the small, charming, historic hotels of the Caribbean. The plan seems to be working; one of the hazards of writing guides is that you are often confronted, in hotels and bars and airports, by people who actually buy and read and rely on your books, and they’re not shy about letting you know what they think of your opinions. Mention the name Hotel Le Village St. Barth and the conversation soon gets around to how many times the guests have stayed -- and I’m no longer surprised when the stays are measured in decades rather than years. Despite the influx of acclaimed five-star resorts on the island, Catherine and Bertrand obviously have a lot of faith in the future of St. Barth. In time for the Golden Anniversary, they plan to unveil the latest projected additions to their enchanted gardens (four more basic, but tastefully designed and furnished, Hotel Rooms to introduce new visitors to the island’s charms). For Catherine and Bertrand, a 50th Anniversary is just another step in the evolution of one of St. Barth’s great success stories. Actually, one of the Caribbean’s great success stories.


LE NID D’AIGLE Comme son nom l’indique, cette habitation qui propose deux chambres d’hôtes et un studio entièrement équipé, est située sur les hauteurs de l’anse des Cayes et jouit d’une magnifique vue panoramique sur toute le baie. Au soleil levant, la lumière éclaire progressivement un environnement végétal, aux couleurs et nuances variées et des rochers basaltiques, si caractéristiques de cette petite île volcanique ; puis au soir le soleil embrase toute la baie et les collines qui l’enserrent ; alors de votre « nid d’aigle », vous profiterez d’un spectacle grandiose, vous disant que cette vision du monde caribéen, a quelque chose d’étrange, comme la découverte d’un nouveau monde. L’accueil y est chaleureux et attentif et Jean-Louis saura vous renseigner sur tous les endroits intéressants à visiter, les ballades à faire et aussi les bonnes adresses et les restaurants où vous pourrez apprécier tous les styles de cuisine, selon vos envies et possibilités. Cet endroit de l’île, particulièrement calme est aussi à proximité de Gustavia et de Saint-Jean, les deux localités importantes de l’île. « Le Nid d’Aigle » est sans aucun doute, une formule originale, simple et économique, pour séjourner et découvrir l’île, dans de très bonnes conditions.

As its name suggests (The Eagle’s Nest), this small Bed and Breakfast offering two rooms and a fullyequipped studio, is located in the heights of Anse des Cayes and enjoys a magnificent panoramic view over the bay. At sunrise, the light gradually illuminates the natural flora, revealing a varied palette of colors and shades, together with the grey hues of the basalt rocks, most characteristic of this small volcanic island. Then in the evening, the whole bay and surrounding hillside are aglow with the setting sunlight. This ‘eyrie’ truly offers you a grand spectacle, giving you a rather unique impression of the Caribbean – like the discovery of a new world. You will receive a warm attentive welcome from your host, Jean-Louis, who will be able to recommend all the interesting sites to see and visit, and where to go hiking. He can equally advise you on the top spots, namely the island restaurants where you will be able to enjoy different styles of cuisine to suit your taste and mood. This area is a particularly tranquil part of St Barts, and yet within close proximity to Gustavia and St Jean – two key locations on the island. Le Nid d'Aigle is undoubtedly an original, simple and economical way to visit and discover St Barts – in a very comfortable setting.

Le Nid d’Aigle - Anse des Cayes - 97133 Saint-Barthélemy FWI Email : lenidaigle@wanadoo.fr - Tél : (+59) 0690 55 90 09 - Facebook : le nid d’aigle st-barth Vue de la terrasse


I

l y a bien longtemps, bien avant que Saint-Barthélemy ne devienne un haut lieu touristique, le grandpère Philippe, à l’endroit même où se situe l’hôtel «Les Mouettes», récoltait des feuilles de latanier, pour fabriquer de la tresse et des tapis. Au début des années 80, Martin et Alice décidèrent d’y construire un petit ensemble de 7 bungalows. Situé au cœur du village de Lorient, en bordure de plage, l’hôtel «Les Mouettes» propose des bungalows confortables et climatisés, avec kitchenette sur la terrasse. Un confort simple et agréable, à la mesure de l’île ; un endroit où beaucoup d’habitués reviennent chaque année. La fille et la petite-fille des fondateurs, gèrent maintenant ce petit établissement, faisant face aussi, avec courage et ténacité, aux derniers évènements climatiques. Elles vous y accueilleront chaleureusement et vous indiqueront également, toutes les possibilités de commerces à proximité immédiate : épiceries, boulangerie, mais aussi les pêcheurs qui vendent chaque matin, le produit de leur pêche au casier ; c’est toute l’ambiance et le charme d’un petit village marin à la française. L’hôtel les Mouettes, une adresse à retenir, pour la douce simplicité d’un accueil familial et d’un séjour plein de charme.

Many years ago, long before St Barts became a tourist landmark, grandfather Philippe used to gather latanier palm leaves for braiding and matting, in the very same grounds where the hotel ‘Les Mouettes’ stands today. In the early 80s, Martin and Alice decided to build a small collection of seven bungalows. Located in the heart of the village of Lorient, right on the edge of the beach, Les Mouettes offers comfortable air conditioned bungalows, each with a kitchenette on a private terrace. Providing comfort with charm and simplicity, in-keeping with the island, this little hotel attracts regular guests who return year after year. The hotel is now run by the daughter and granddaughter of its original founders, who maintain their strength and courage despite recent weather challenges. You will be greeted by a warm welcome and graciously informed of all the amenities nearby; notably grocery stores and bakeries; as well as fish, freshly caught and sold by the local fishermen each morning – it has all the appeal and ambiance of a small French fishing village. Les Mouettes is a place to remember for its sweet simplicity and family welcome – perfect for a vacation full of charm. Hôtel Les Mouettes Plage de Lorient - 97133 Saint-Barthélemy - lesmouettes.sbh@gmail.com - T. (+59) 0590 277 791


DEUX SIÈCLES D’UNE HISTOIRE DE SAINT-BARTHÉLEMY

Two Centuries of St Barts’ History Rédaction : Arlette et Alain Magras Photos : archives confiées par les auteurs et actuelles : Jean-Jacques Rigaud Traduction : Rachel Barrett-Trangmar

En empruntant la route en lacets de Public entre La tourmente et le croisement de Corossol/ Public, combien d’entre vous se sont interrogés sur ce qui se passait sur la propriété en contrebas ?

When driving along the zig-zag road in Public, between the ‘Tourmente’ roundabout and the turning to Corossol, how many of you are curious to know what is happening on the property below?

En effet, depuis plus d’un an, après avoir débroussaillé, sont apparus au fil du temps de beaux murets et des allées empierrées agrémentées de plantations. Un ensemble de cases restaurées aux couleurs d’époque et même une de l’époque suédoise qui a été transférée en 2017 sur le site, ce qui attise encore davantage la curiosité.

In fact, over the past year or so, after the clearing of the land, we have seen a gradual emergence of beautiful walls and stone paths bedecked with flower beds.

Avant d’apprendre ce qui se joue là, remontons un peu le temps pour découvrir dans les archives, une histoire peu banale. Les premières archives de la période suédoise (1784-1878) nous confirment que plusieurs propriétaires se partageaient les terrains de Public, mais très peu de documents nous permettent de raconter la suite de cette histoire. Mr Johan Norderling (1760-1828) arrive à Saint-Barthélemy, en 1788 en tant que notaire et juge de paix, il sera nommé gouverneur de Saint-Barthélemy de 1819 à 1826. Charmé par le site de Public, il achete plusieurs parcelles et construit une maison vers 1820 selon Goés (1835-1897) , il y a de cela deux siècles ! Est-ce lui, sous l’influence de sa femme, Jeanne Madeleine de Mont d’OR (1772-1832) originaire de la Guadeloupe qui l’aurait baptisée «Habitation Félicité » ? Il y construit une première maison qui selon ses dires « serait partie au diable » lors du cyclone de 1821.

A group of traditional island houses (known as ‘cases’) provoke even more curiosity – all beautifully restored and painted in period colors. There is even one from the Swedish era, which was moved to the site in 2017. Before finding out what this is all about, let us go back a little in time to unveil a rather unusual history from the archives. The earliest public records of the Swedish era (1784-1878) confirm that the land in Public was divided between several property owners; however, there are very few documents to recount the rest of this story. We do know that a Mr Johan Norderling (1760-1828) first arrived on St Barts in 1788, as notary and justice of the peace. He was subsequently nominated governor of the island from 1819 to 1826. Charmed by the area of Public, he bought several parcels of land around 1820 (two centuries ago!), according to Goës (1835-1897). So, can we assume that it was Governor Norderling who, influenced by his wife, Jeanne Madeleine de Mont d’Or (1772-1832) from Guadeloupe, named this property ‘Habitation Félicité’? www.tropical-mag.com

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On peut penser qu’il l’a fait reconstruire plus solidement, vues les fondations que l’on retrouve encore de nos jours. Il y ajoutera également une citerne. En 1822, le Chevalier de Fréminville (1787-1848) de passage à St Barth vient saluer le gouverneur Norderling « dans sa demeure située à la campagne ». Juge de paix, Gouverneur très apprécié et surtout soucieux de maintenir une économie dans l’Ile, il multiplie les tentatives, entre autres, la plantation de ceps de vigne à Public venus de Madère, essaie non concluant. Il demeure avec sa famille sur cette propriété jusqu’à sa mort accidentelle survenue en 1828 suite à une chute de cheval, sur la route dite « sous le Fort ». Après sa mort ses deux gendres se partageront la gouvernance de l’île : Haasum James Harlef (17911871) seul gouverneur né à Saint-Barthélemy, qui a épousé Anne Louise Norderling en 1820 et Morsing James Gustaf (1794-1860), qui a épousé Jeannette Carolina Norderling en 1823. C’est une aquarelle d’Edla Ulrich (1816-1897) de Public, sœur des deux derniers gouverneurs suédois, qui nous en dira un peu plus : «Maison Curet… ou a habité Mr Plagemann et «Fritz» au début de son mariage». En effet en 1854, Mr Jean Curet a acheté l’habitation Félicité à un héritier Plagemann, issu d’une famille de 14 enfants, dont une des filles Louisa Albertina (18151899) a épousé « Fritz » en 1832 qui n’est autre que le futur gouverneur Carl Ulrich (1808-1868). Force est de constater que pas moins de 4 gouverneurs ont fréquenté cette habitation. Cette grande habitation a appartenu successivement selon les actes notariés de 1854 à Mr Curet Jean qui l’a légué à son fils Jean Pierre Curet (1848-1894) en 1889. Puis a été vendue à Mr Foudin Ernest Charles Occuli, juge de paix en 1902 qui la revend à Mr Louis Deravin en 1912, futur maire de St Barth (de 1913 à 1919). Après la mort de son mari, Mme Veuve Elisabeth Curet (1849-1933) vend en 1895 une petite parcelle en bordure de l’étang aux époux Vantre sur laquelle se trouve une maison en essentes (bardeaux). Selon les anciens elle a été construite à Gustavia, démontée, transportée par la mer et par l’étang puis remontée à Public. Après avoir été la propriété de Mr Jean-François

Public et son étang

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The first house that he built on this property, to quote him, “went to the devil” during the hurricane of 1821. We can thus infer that he rebuilt more solidly, given the foundations of his second house that still exist today; and he also added a water cistern. Records show that the renowned French naval officer, historian and archeologist, known as the ‘Chevalier de Fréminville’ (1787-1848), passed through St Barts in 1822 and visited Governor Norderling at his ‘house in the countryside’. A popular governor and justice of the peace, particularly keen on maintaining a strong economy on the island, Norderling made several attempts at planting different species in Public; notably vines from Madeira – the results of which are not known. Governor Norderling lived with his family on this property until his death in 1828, following a riding accident on the road known as ‘Sous le Fort’ (Under the Fort). After his death, his two sons-in-law shared the governance of the island: Haasum James Harlef (1791-1871), married to Anne Louise Norderling in 1820, and the only governor born on St Barts; and Morsing James Gustaf (1794-1860), married to Jeannette Carolina Norderling in 1823. There is more information to be found from a watercolor of Public by Edla Ulrich (1816-1897) – sister of the last two Swedish governors – namely, ‘Maison Curet … home of Mr Plagemann and “Fritz” at the beginning of his marriage’. In fact, in 1854, Mr Jean Curet bought ‘Habitation Félicité’ from an heir of Mr Plagemann, who came from a family of fourteen children, of which one of the daughters, Louisa Albertina (1815-1899), married ‘Fritz’ in 1832 – who was none other than the future governor, Carl Ulrich (1808-1868). We thus know that at least four governors lived on this property. According to notarial deeds from 1854, this great property belonged successively to Mr Jean Curet, who, in 1889, bequeathed it to his son, Jean-Pierre Curet (18481894). In 1902, it was then sold to the justice of the peace, Mr Ernest Charles Occuli Foudin, who resold it to Mr Louis Deravin in 1912 – the future mayor of St Barts from 1913 to 1919. In 1895, after the death of her husband, the widow Mrs


Turbé (1857-1908) en 1899 puis de son fils héritier, Mr Joseph Alexis Magras (1894-1970), notre grand père l’acquiert en 1914 et s’y installe en février 1916 avec son épouse Anastasie Magras (1893-1974). Six de ses 7 enfants y verront le jour. Notre grand père Joseph Alexis Magras décide d’acheter en 1918, il y a juste un siècle, des mains de Mr Louis Deravin, le reste de la grande « Habitation Félicité » qui s’étend sur plus de 28 ha depuis la crête des collines parsemées de magnifiques rochers entourées de différents enclos et savanes verdoyantes, incluant l’ancien petit étang. Son objectif est d’y faire de l’élevage de bovins et caprins et des plantations d’ananas, de bananes et autres cultures. Sur ce site Il y a une grande et une petite maison, ainsi qu’une citerne. Sur cette citerne suédoise se trouvait une case en bois que Joseph Alexis a fait transférer en 1922, à travers champs, à mains d’hommes, à proximité du dispensaire actuel. Elle permettra à sa mère Zulma (1860-1944) de poursuivre son commerce qui devient le « BAZAR VIDE POCHE » ; elle y associe ses deux fils Joseph Alexis et Louis Hippolyte, puis, des 1927, ses petits-fils Alexandre (11 ans) et Georges (9 ans). En 1932, sa première case étant trop petite, Joseph Alexis fait construire une nouvelle demeure sur les hauteurs de l’habitation Félicité, où naitra son septième enfant. Cette ancienne case deviendra « La case de Bas ». C’est celle-ci qui sera transférée à nouveau en 2017 par ses petits enfants à côté de la citerne suédoise. En 1939, sur une parcelle léguée par son père, Georges construit une première maison en bois, sur les fondations de la maison du gouverneur Norderling ainsi qu’une petite cuisine en béton pour résister aux feux de bois et de charbon. En 1943 la famille s’agrandissant, il y ajoute une chambre et une salle de bain. En 1949, Melle Henriette Malespine (1883-1967), notre grande tante, ayant quittée l’école Sancta Maria, notre père lui fera construire une petite maison à proximité. En 1959, une cuisine et salle à manger plus modernes sont rajoutées ainsi qu’un bac à charges, au-dessus, afin de bénéficier de l’eau courante par gravité. L’électricité fera son apparition en 1960, grâce à un groupe électrogène familial, puis sera desservi par la SPEDEG

Elisabeth Curet (1849-1933) sold a small parcel of land, on the edge of the pond that existed in Public, to Mr and Mrs Vantre, upon which stood a shingle house. According to our forefathers, the house had been built in Gustavia, then later dismantled and transported by sea and across the pond, to be reassembled in Public. After being bought by Mr Jean François Turbé (1857-1908) in 1899, and passed onto his son and heir, ‘Habitation Félicité’ was then acquired by our grandfather, Mr Joseph Alexis Magras (1894-1970), in 1914. He then moved to the property in February 1916 with his wife, Anastasie Magras (1893-1974); and six of his seven children were subsequently born there. In 1918, just a century ago, Joseph Alexis Magras decided to buy the rest of this great ‘Habitation Félicité’ from Mr Louis Deravin. The property extended over more than seventy acres from the crest of the hillside, strewn with magnificent rocks, and was adorned with various enclosures and verdant flora, as well as the bygone pond. Joseph Alexis was keen to raise cattle and goats on the property, and also to plant pineapples, bananas and other crops. The dwellings on the site consisted of a large and a small house, together with a Swedish water collection cistern. On top of this cistern was a wooden house which, in 1922, Joseph Alexis had transported, by hand and across fields, near to where the current Clinic www.tropical-mag.com

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en 1964. L’ancienne cuisine deviendra la «garçonnière». A la mort de ses parents notre père héritera des terrains entourant la maison. Georges et Raphaëlla, nos parents, vivrons sur cet ensemble jusqu’à leur mort (2004 et 2015) entourés de leurs 7 enfants, 18 petits enfants et arrières petits-enfants, au nombre de 29 actuellement. Que faire alors de cette propriété que nous ont légué nos parents, chargée d’histoire et où tant de souvenirs partagés resurgissent ? Comment cette grande famille peut-elle continuer à se ressourcer et faire partager toute l’émotion qui s’en dégage ? C’est pourquoi, un siècle après avoir été acquis par notre grand père, nous avons préféré créer ce lieu de témoignage et de détente, que nous souhaitons transmettre et faire découvrir à tous : le nouveau « DOMAINE FELICITE ». Une promenade dans un jardin d’agrément vous conduira à la découverte d’une partie de la faune et de la flore de Saint-Barthélemy, vous retrouverez des espèces qui ont jalonné l’économie de l’île, des plantes aromatiques, médicinales, ornementales, décoratives, anciennes ou plus récentes. Une pose vous invitera à la rêverie près des petites cascades, au milieu d’un cirque de rochers impressionnants et de ruines de notre époque suédoise. En déambulant dans les différentes salles des maisons et dépendances, vous pourrez revivre, grâce à une exposition familiale, deux siècles d’une riche Histoire, mêlée de traditions ancestrales et d’éléments tangibles de notre patrimoine. Et bien d’autres surprises vous y attendent…

(‘Dispensaire’) is located. This allowed his mother, Zulma (1860-1944), to continue her business, which later became known as ‘Le Bazar Vide Poche’ (Bric-a-Brac Bazaar). Her two sons, Joseph Alexis and Louis Hippolyte, became involved in the business; followed, in 1927, by her grandsons, eleven-year-old Alexandre and nine-year-old Georges – our father. In 1932, having decided that his first house was too small, Joseph Alexis had a new one built in the heights of ‘Habitation Félicité’, where his seventh child was born. The original house became known as ‘La case de Bas’ (The House in the Valley), which his grandchildren later moved next to the Swedish cistern in 2017. In 1939, after inheriting a piece of land from his father, Georges built his very first wooden house, which was erected on top of the foundations of the former residence of Governor Norderling. Georges equally built a small kitchen made of concrete to be resistant to the hearth fire, fueled by wood and charcoal. In 1943, as a result of his expanding family, Georges added another bedroom and bathroom. In 1949, when our great aunt, Miss Henriette Malespine (1883-1967), finished her teaching career at ‘Sancta Maria’ school, our father built her a small house nearby. In 1959, a more modern kitchen and dining room were added to Georges’ house, as well as a raised water tank to create a gravity water flow system. In 1960, they had an electricity supply for the very first time, thanks to a family generator. Then, in 1964, the company SPEDEG began supplying electricity on the island. The former kitchen subsequently became a ‘bachelor pad’. Upon the death of his parents, our father inherited the land around his house. Our parents, Georges and Raphaëlla, lived in this residence until their deaths (in 2004 and 2015, respectively), surrounded by their seven children, eighteen grandchildren and a total of twentynine great grandchildren. Subsequently, we wondered what we should do with this property that we inherited from our parents – so full of history and many fond memories …? And how could we, as part of this great family, continue to revive and share all the emotions associated with this special place? Hence, we finally decided, a century after it was acquired by our grandfather, to create this charming testament to history, with the desire to share it with others, allowing them to discover the new ‘Domaine Félicité’. A stroll in the ornamental gardens will lead you to discover some of the flora and fauna of St Barts. This includes species that characterized the economy of the island, notably a variety of aromatic, medicinal, ornamental and decorative plants, some of which are old and others relatively new. Take time to enjoy the small waterfalls, which will entice you to daydream, in the midst of a vale of impressive rocks and the ruins from our Swedish era. As you walk through the different rooms of the houses and outbuildings, the family exhibits will allow you to re-live two centuries of rich history, combined with ageold traditions and tangible elements of our heritage. And there are many more surprises awaiting your visit … Sources / Bibliography: Les actes notariés des archives départementales de Basse-Terre. Saint-Barthélemy à l’époque suédoise de Per Tingbrand. A pied autour de Saint-Barthélemy en compagnie d’Axel Theodor GOËS (C’est un chapitre du livre précédent). Who Was Who in St Barthélemy de Per Tingbrand. Mémoires du Chevalier de Fréminville (1787-1848) d’Eugène Herpin. www.memoirestbarth.com Archives du Musée Maritime de Stockholm.

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Spotlight on a Little Bay

Une sorte de SPA, où les produits de beauté et de bien-être, sont tous, dans la nature.

A Unique Kind of Spa, Where Beauty and Well-Being Are Provided by Mother Nature

L’Auberge de la Petite Anse est sans aucun doute, une oasis de calme et de nature sauvage ; tous les ingrédients sont là, à votre portée ; les habitués le savent et c’est aussi pour cela qu’ils reviennent régulièrement, pour y faire un plein de repos et de nature, pour y vivre à leur rythme, habiter pleinement un petit bungalow confortable, avec comme seul vis à vis, la mer caraïbe. Un endroit très privilégié, où calme et nature rivalisent de beauté. Le confort y est agréable et fonctionnel ; les bungalows entièrement rénovés, s’harmonisent sur une palette de couleurs pastel, immergée dans le vert puissant d’une végétation tropicale.

The Auberge de la Petite Anse truly is a tranquil oasis in the heart of unspoiled nature, surrounded by all the ingredients for a perfect stay. It is a well-kept secret amongst regular guests, who return year after year for a restorative natural retreat; where they can live at their own pace, with all the comforts of home offered by their little bungalow – overlooking nothing but the Caribbean sea. This is an exceptional location, where nature’s beauty is rivalled by serenity alone. All the appropriate amenities are thoughtfully provided by the fully renovated bungalows – this harmonized palette of pastel hues, immersed in lush green tropical flora.

Un instant de plaisirs simples, à organiser selon l’humeur de chacun. Résidence hôtelière de charme, dans une petite anse et, pour un immense plaisir.

This is a time to enjoy the simple pleasures of life, according to your mood and desires. This charming residential hotel, nestled in a little bay, offers nothing less than pure contentment.

AUBERGE DE LA PETITE ANSE I Anse des Flamands, St Barts Tel: (+590) 590 276 489 I Fax: (+590) 590 278 309 I Email: apa@wanadoo.fr I www.auberge-petite-anse.com www.tropical-mag.com 127


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NATURE, CALME ET SIMPLICITÉ Une trilogie qui convient à ceux qui recherchent dans l’hôtellerie à Saint-Barthélemy, l’authenticité d’un véritable art de vivre.

Nature, Tranquility and Simplicity Blotti au creux de la baie de Saint-Jean et bordant une des plus belles plages de l’île, «Les Îlets de la Plage», regroupent un petit ensemble de 11 villas, en bordure même de la plage ou légèrement en retrait, immergées dans un jardin de plantes tropicales, de fleurs et de cocotiers. Chacune des villas possède une terrasse couverte, ouvrant sur un coin de jardin, tournée vers la plage. Ces petites villas, construites dans la plus pure tradition antillaise, sont agréablement décorées et possèdent tout le confort et l’équipement nécessaire, pour que vous puissiez gérer votre séjour, à votre guise. Au matin, vous aurez devant votre porte une corbeille de pain et de viennoiserie, vous aurez alors le choix de prendre votre petit-déjeuner, sur votre terrasse, au lever du soleil, ou bien encore, dans le jardin, sous une paillote confortable, au bord de la piscine, là, vous pourrez choisir café et boissons chaudes et goûter pleinement au début d’une belle journée qui s’annonce. Cet endroit discret, et tellement privilégié, pour ceux qui le connaissent, est en fait, et c’est aussi l’originalité du lieu, à proximité de tous les commerces ; la petite ville charmante de Gustavia, connue en particulier pour la qualité de son shopping, est à 5 minutes en voiture. De votre villa, vous avez également accès à toutes les activités nautiques et de loisirs et à la réception, l’équipe se fera un plaisir de vous renseigner sur tout ce qui fait le charme de cette île et notamment, vous indiquer quelques bonnes tables, selon la cuisine que vous appréciez. Cet endroit si particulier et tellement convivial, fait que chaque année, les habitués reviennent, se retrouvent autour d’un café, ou le soir, au bord de la piscine, tout en appréciant un verre de rosé, ou une coupe de Champagne. Puis au soir, après une belle journée de plage, de bateau, de plongée, ou simplement de farniente, bercé par le bruissement de l’alizé dans les palmes de cocotiers, vous imaginerez votre nouveau lendemain de plaisir.

A perfect trilogy for those seeking a hotel on St Barts with a truly authentic style of living. Nestled at the end of St Jean bay, bordering one of the most beautiful beaches on the island, you will find ‘Les Îlets de la Plage’ – a small collection of eleven villas, along the edge of the beach or slightly set back, immersed in a garden of tropical plants, flowers and coconut palms. Each villa has a covered terrace, opening onto the garden and facing the beach. The villas, built in the true traditional style of the Caribbean, are attractively decorated and have all the comfort and necessary amenities for you to appreciate your vacation at leisure. In the morning, you will find a basket of fresh bread and pastries delivered to your door, allowing you to enjoy breakfast on your terrace, watching the sunrise; or perhaps in the garden, in the comfort of a cabana by the side of the swimming pool, where you have a choice of coffee and other hot drinks – to fully savor the dawning of another beautiful day. This discreet and truly magical place, relished by its clients, is in fact located in proximity to all the commercial areas – another unique attribute of this location. It is just a five minute drive away from the charming little town of Gustavia, particularly renowned for its quality shopping. Your villa is equally accessible to all kinds of water sports and leisure activities. At the reception, the staff will be happy to tell you about the island’s attractions; notably its fine restaurants, which they can recommend according to the type of food you enjoy. This charming residence is a hidden gem, it combines the privacy and independence of a villa with hotel services - the best of both worlds. Regular guests return year after year; meet up over coffee or in the evening by the pool, to sip a glass of rosé or flute of champagne. Then as night falls – after a beautiful day spent on the beach, on a boat or diving trip, or simply relaxing – you can plan yet another day of pure pleasure, whilst being gently lulled by the whispering trade winds through the coconut palms.

Les Îlets de la Plage Plage de Saint-Jean - 97133 Saint-Barthélemy - French West Indies Email : info@lesilets.com - T. : +(59) 0590 27 88 57 - www.lesilets.com www.tropical-mag.com

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VIADIM

VIADIM

VIADIM est une société indépendante VIADIM is an independent property de conseil immobilier et de gestion imconsulting and property management R e a l t y Ad v i s o r s o f S t - B a r t h mobilière, spécialiste du marché immobilier company, specializing in the real estate market of de Saint-Barthélemy. Depuis de nombreuses St Barts. For many years now, Viadim has been années, elle propose des services sur-mesure, conseille et providing a customized service, advising and accompanying accompagne les investisseurs et les propriétaires dans leur investors and owners in their real estate projects, as well as the management of their real estate assets. projet immobilier et la gestion de leurs actifs immobiliers.

NOS METIERS, NOS SERVICES :

OUR WORK, OUR SERVICES:

Conseil immobilier :

Real estate advice:

- Définition et analyse du projet d’acquisition immobilière (financier / urbanisme / juridique / fiscalité). - Prospection / recherche d’opportunités d’investissement. - Assistance et accompagnement jusqu’à la signature chez le notaire. - Conseil en valorisation d’actifs immobiliers (vente et location saisonnière).

- Description and analysis of a real estate purchasing project (financial/urban planning/legal/taxation). - Investigation/research of investment opportunities. - Assistance and accompaniment until the signing of the contract with a notary. - Advice on the valuation of real estate assets (sales and seasonal rentals).

Développement immobilier, conseil et assistance à maîtrise d’ouvrage :

Real estate development advice and project management assistance:

- Ingénierie immobilière (construction neuve ou rénovation immobilière). - Définition du projet immobilier, élaboration du cahier des charges et du budget de l’opération. - Gestion opérationnelle et suivis administratif et financier du projet immobilier. - Assistance et contrôle de l’opération immobilière jusqu’à la réception de l’ouvrage. - Gestion des réserves et des retenues de garantie.

- Property engineering (new construction or renovation of real estate). - Description of the real estate project; drafting the specifications and budget for the operation. - Operational management and administrative and financial monitoring of the real estate project. - Assistance and control of the real estate project through to completion. - Management of reserves and retention guarantees.

Gestion immobilière, administration de biens :

Property management, property administration:

(tout type : appartements, villas, bureaux, boutiques, restaurants, locaux de stockage) - Gestion de biens immobiliers destinées à la location saisonnière ou à la location à l'année. - Services de gestion : administrative, financière* et commerciale. - Maintenance des actifs en gestion et réalisation de travaux d’entretien. - Gardiennage. - Services dédiés aux clients propriétaires (services de Family Office).

(all types: apartments, villas, offices, shops, restaurants and storage units) - Management of real estate for seasonal renting or year-round leasing. - Management services: administrative, financial* and commercial. - Maintenance of assets under management and implementation of maintenance. - Supervision of property. - Services dedicated to property owning clients (Family Office services).

* Pursuant to the provisions of Law No. 70-9 of January 2nd 1970 and Decree No. 72-678 of July 20th 1972, as amended by Decree 201-1707 of December 30th 2010, the company VIADIM has a financial guarantee allowing it to manage real estate and to hold and manage funds on behalf of its clients.

* Conformément à la Loi n° 70-9 du 2 janvier 1970 et Décret n°72-678 du 20 juillet 1972 modifié par Décret 201-1707 du 30 décembre 2010, la société VIADIM possède une garantie financière lui permettant de gérer des biens immobiliers et de détenir et manier des fonds pour le compte de ses clients.

VIADIM Maintenance

Société VIADIM - Vincent Allioux-Le Bourvelec 13, rue de la République - Gustavia - 97133 Saint-Barthélemy - T. +590 590 275 583 - Email : contact@viadim.com

www.viadim.com SARL au capital de 120 000 Euros. R.C.S. BASSE-TERRE TMC 428 676 639 - N° de Gestion 1999 B325 détentrice d’une carte professionnelle N° CPI 9771 2018 000 028 618 délivrée par la CCI de Saint-Barthélemy. Assurance au titre de la Responsabilité Civile Professionnelle et garantie financière avec détention et paiement de fonds pour l’activité de gestion (police n° 113 516 405) - MMA IARD Assurances Mutuelles – Le Mans (72).


SAINTBARTH pour nourrir

Imagination et création

Feeding the Imagination and Creativity Interview de Fabienne Miot, présidente et Emmanuel Leprince, directeur de l’association : “Artists of Saint Barth” An Interview with Fabienne Miot, President, and Emmanuel Leprince, Director of the Association: ‘Artists of Saint Barth’

Jean Martin (Villa Neo)


Tropical: When did you establish your Association? Emmanuel Leprince: The ‘Artists of Saint Barth’ Association was created at the end of 2015, for two reasons: firstly, there is a distinct presence of quality artwork produced here on the island; and secondly, the existing galleries tend to only promote internationally recognized artists, thereby leaving few opportunities for local artists. The conditions were thus ripe for developing a new initiative to promote these local artists. Tropical: What was your first event? Emmanuel Leprince: The initial spark was an evening organized in September 2015 at what was formerly The Strand, where the exhibited works by five local artists immediately caught the public eye. The artists and organizer (who was managing the venue on a short term basis, ending that month) thus decided to repeat the event. The real estate agency, Marla Villas, equally welcomed the artists for another art show, this time exhibiting the works of nine artists. Subsequently, after yet another successful show, the Association ‘Artists of Saint Barth’ was born.

ARTISTS OF SAINT BARTH

Jean Verrechia (Villa Neo)

Tropical : A quand remonte la création de votre association ? Emmanuel Leprince : L’association des artistes de Saint-Barthélemy a été créée fin 2015, sur la base d’un double constat : l’existence dans l’île d’une création artistique fournie et de qualité d’une part et, d’autre part, la tendance des galeries existantes à promouvoir des artistes reconnus internationalement et de ce fait, laissant peu de possibilités aux artistes locaux. Les conditions étaient donc réunies, pour qu’une nouvelle initiative éclose et permette à ces artistes locaux, d’être mis en avant. Tropical : Quelle a été la première manifestation ? Emmanuel Leprince : L’étincelle fut une soirée organisée en septembre 2015 à l’ancien Strand et au cours de laquelle 5 artistes locaux présentèrent leurs œuvres à un public immédiatement séduit. Les artistes et l’organisateur, qui gérait ce lieu en mode éphémère jusqu’à la fin du même mois, décidèrent de renouveler l’expérience. L’agence Marla Villas accepta de les accueillir pour une nouvelle soirée, cette fois-ci en présence de 9 artistes. Ce fut un nouveau succès, l’association des Artistes de St Barth était née. Tropical : Quel était votre objectif de départ et comment vous êtes-vous développés ? Fabienne Miot : L’objectif de cette association à but non lucratif est de promouvoir les artistes de l’île, qu’ils soient peintres, photographes, sculpteurs, ou encore céramistes. Et ce auprès des deux principales populations concernées, les habitants et les touristes.

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Tropical: What was your initial objective and how has the Association developed? Fabienne Miot: The aim of this non-profit Association is to promote the artists on the island, regardless of genre – painters, photographers, sculptors and even ceramists – to a target audience of residents and tourists alike. The Association began by organizing one-night events, entitled ‘Art Party’, bringing together several artists. The first Art Parties took place at two of the island hotels, The Christopher and The Guanahani. Over the months, these evenings have attracted a regular and progressively larger audience (equally creating inevitable parking problems!) … There has been a total of twenty Art Parties, which have become, to quote our regular followers, “the most popular evenings on St Barts”. We have planned something different for this year; namely, to reduce the number of Art Parties, but increase their quality – with several new ideas, soon to be revealed. Tropical: The year 2016 was, I believe, an important landmark for your Association? Emmanuel Leprince: Yes, at the end of 2016, a year after our very first art shows, the Association reached an important milestone by establishing permanent exhibition sites for the works of our member artists. Firstly, we set up a gallery located in the former ‘Pati de St Barth’ boutique in Villa Créole, St Jean. This was then followed by a virtual gallery on the Association’s very own website (www.artistsofstbarth.org), showcasing approximately 300 works of art. This soon showed good results, with an average of five works of art sold per month during the first year, which is predicted to double in 2018. Consequently, some of


L’association a commencé par organiser des événements d’un soir rassemblant plusieurs artistes, intitulés “Art Party”. Les premières eurent lieu au Christopher et au Guanahani. Au fil des mois, ces soirées rassemblèrent un public de fidèles de plus en plus nombreux, créant d’ailleurs au passage quelques difficultés de parking… Au total, 20 “Art Parties” ont été organisées et sont devenues, comme en témoignent nos confrères, “les soirées les plus courues de St Barth”. Une évolution est prévue cette année, qui est de diminuer le nombre d’“Art Parties” et d’en augmenter leur qualité, avec plusieurs innovations qui pourront être découvertes prochainement. Tropical : L’année 2016 a été, je crois, une étape importante pour votre association ? Emmanuel Leprince : Effectivement un an plus tard fin 2016, l’association a franchi une nouvelle étape en se dotant de lieux permanents d’exposition des œuvres des artistes. Avec une galerie tout d’abord, située dans l’ancienne boutique de Pati de St Barth à la villa créole. Puis une vitrine virtuelle avec un site internet, www.artistsofstbarth.org, rassemblant près de 300 œuvres. Le résultat ne s’est pas fait attendre, avec une moyenne de 5 œuvres d’art vendues tous les mois pour la première année et le double prévu, pour 2018. Certains artistes ont pu ainsi arrêter leur travail précédent pour se consacrer exclusivement à leur art. Tropical : Quelles sont les évolutions prévues pour le futur proche ? Emmanuel Leprince : Tout d’abord, une adaptation des services proposés selon la maturité et les attentes des artistes participants ; avec par exemple des expositions dédiées à certains d’entre eux et retraçant l’évolution de leurs créations artistiques, tout au long de leurs parcours. Egalement une “Art School” lancée avec le support de la Collectivité et permettant aux habitants de participer à des ateliers pilotés par des artistes sur des thèmes aussi variés que la création de bijoux, la peinture intuitive ou encore la photographie de paysages.

the artists have been able to give up their previous jobs, in order to devote their time exclusively to their artwork. Tropical: What other developments have you got planned for the near future? Emmanuel Leprince: First of all, we plan to adapt the services we offer, according to the experience and aspirations of the member artists. For example, this includes exhibitions dedicated to certain members, tracing the evolution of their artistic creativity over the course of their career. In addition, we have recently launched an ‘Art School’, with the support of the Collectivity. This allows residents to take part in workshops run by the artists, covering a variety of themes such as jewelry design, intuitive painting and landscape photography. Tropical: How many member artists have successfully developed and progressed within the Association? Fabienne Miot: Without doubt, the artists are the most important focus of the Association. A total of sixty currently participate in the Association’s events and activities. There are certain artistic trends that are particularly well-represented; notably, the metalwork sculptures of artists Jean Martin, Dvis Dformes and Michael Doudeau. There is also portrait painting by artists such as Christian Charrière, Eric Demarchelier and Pablo Casado; and photographic art by Antoine Verglas, Philippe Savary and Pierre Carreau … And we hope that many more artists will join the Association, especially as St Barts has true dynamic energy for all things artistic.

Tropical : Combien d’artistes évoluent au sein de votre association ? Fabienne Miot : Effectivement, le plus important, sont les artistes eux-mêmes ; à ce jour 60 d’entre eux participent aux activités de l’association. Certains courants artistiques sont particulièrement bien représentés. Citons la soudure, avec Jean Martin, Dvis Dformes et Michael Doudeau. Egalement la peinture de portraits, par Christian Charrière, Eric Demarchelier et Pablo Casado. Ou encore la photographie d’art, avec Antoine Verglas, Philippe Savary et Pierre Carreau. Et puis, nous l’espérons, bien d’autres artistes à venir ; car l’île de Saint-Barthélemy connaît une vraie énergie dynamique, pour l’art.

Gabriela Berrutti (Villa Neo)

Email: artistsofstbarth@gmail.com – Tel: (+590) 690 73 45 73

www.artistsofstbarth.org www.tropical-mag.com

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TOURISME What's up?

Après de longs mois de travail, le Comité du Tourisme de Saint-Barthélemy, accompagné de Data Moove, annonce la mise en place d’une application inédite ultra complète aux voyageurs et aux habitants de l’île. Cette application mobile (disponible sur iOS et Android), véritable concentré d’innovations, permet de centraliser et de répercuter de manière quasi-automatique toutes les dernières informations touristiques concernant St. Barth. En temps réel, l’application procure à ses utilisateurs la possibilité de découvrir notre île sous ses multiples facettes, ainsi que l’ensemble les temps forts, évènements, et découvertes possibles. Une borne de démonstration utilisant cette même technologie est également installée à l’aéroport de Saint Barthélemy. Notre île est la deuxième destination à se doter d’un tel outil, après le Comité Régional du Tourisme «Côte d’Azur France».

After many months of hard work, the St Barts Tourism Committee, in association with Data Moove, has announced the launch of a new highly comprehensive application (App) for visitors to the island, as well as residents. This mobile App (available for iOS and Android), the very essence of innovation, allows the latest tourist information for St Barts to be centralized and quasiautomatically transmitted. In real time, the App provides users with the opportunity to discover the many facets of the island, as well as all the highlights, events and places of interest on offer. A demonstration terminal, using this same technology, has been installed at St Barts airport. St Barts is the second destination to use such a tool, after the Regional Tourism Committee of the Côte d’Azur in France.

Concrètement, comment ça marche ? Data Moove développe depuis plus de 4 ans la plateforme «City Moove» dans le cadre d’un projet européen porté par l’EIT Digital, en partenariat avec EURECOM (école d’ingénieurs et centre de recherche dans le domaine des sciences du numérique sur Sophia Antipolis). Cette plateforme utilise une technique d’intelligence artificiel pour examiner de manière autonome les contenus publics issus de Facebook, Google Places, Open Agenda, Foursquare, Yelp etc. Ces flux de données sont automatiquement analysés selon leurs degrés de pertinence puis ensuite classés et dé-doublonnés. L’information utile est préservée et rediffusée à l’ensemble des utilisateurs de l’application – localement et à travers le monde. Les associations ou socio pro qui souhaitent que leurs évènements puissent être automatiquement au sein de l’application et du futur nouveau site web de Saint Barth, ont deux solutions : • Publier ces évènements sur leurs pages Facebook, dans la rubrique événement et non pas un simple post. Communiquez au Comité du Tourisme leurs noms de page Facebook, afin que nous puissions nous y connecter. • Générer un flux de type XML de leurs évènements, émanant de leurs sites web, le communiqué au Comité du Tourisme afin que nous le connections également. La seconde solution est plus technique, mais plus efficace car elle évite de passer par un tiers. Nils Dufau. Comité du Tourisme de Saint-Barthélemy

How does this work in practice? Data Moove has been developing the platform ‘City Moove’ for over four years, as part of a European project supported by EIT Digital, in partnership with EURECOM (the French graduate school and research center in digital sciences, based in the international science park of Sophia Antipolis, France). This platform uses an artificial intelligence technique to independently examine public content from Facebook, Google Places, Open Agenda, Foursquare, Yelp etc. These data streams are automatically analyzed according to their degree of relevance, and then categorized and deduplicated. The useful information is saved and rebroadcast to all users of the App, both locally and around the world. Associations and socio-professionals, who wish to have their events automatically included on the App and on St Barts’ forthcoming new website, have two possible options: • Publish these events on their Facebook page, under ‘Events’ versus a simple post. Communicate the name of this Facebook page to the Tourism Committee, so they can connect to it. • Generate an XML stream of relevant events on their website. Communicate the name of this website to the Tourism Committee, so they can equally connect to it. The second solution is more technical, but more efficient as it avoids using a third party. Nils Dufau. St Barts Tourism Committee.

L’application est accessible sur iOS et Android sur les smartphones depuis mars 2018. Nous invitons les nombreux lecteurs du Tropical Magazine à télécharger l’application et à visionner le tuto que vous trouverez sous ce lien : https://youtu.be/ S2VdMQhwQ3o pour vous familiariser avec ce nouvel outil. This App has been available on smartphones (Android and iOS) since March 2018. We invite the many readers of Tropical Magazine to download the App and to watch the tutorial, via the following link, to become familiar with this new tool: https://youtu.be/ S2VdMQhwQ3o

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4 au 13 AVRIL 2019

Soirée jazz au Sélect

L’association SAINT-B’ART a été créé en 2002 avec pour objet le développement culturel sous toutes ses formes à Saint-Barthélemy. Nos actions en cours sont : Le Concours de nouvelles adultes, Le Concours jeunes plumes, Le Festival du livre, Le Festival du JAZZ, Les ateliers de lecture et d’écriture, L’invitation d’écrivains et d’auteurs dans les écoles et collège, Les cours de Français gratuits aux étrangers. Nous partageons également Le Printemps de La Culture avec le Festival du Film Caribéen et le Festival de Théâtre.

The Saint-B'Art association was established in 2002, with the aim of developing the culture of St Barts in all its forms. Our current projects include: a short story contest for adults, a young writers contest, a book festival, a jazz festival, reading and writing workshops, guest author presentations at local schools, and free French lessons for foreigners. We equally take part in the Springtime Culture event, in collaboration with The Caribbean Film Festival and The Theater Festival.

Notre devise est “Ceux qui imaginent des actions, qu’ils mettent en pratique, afin d’aller vers un monde meilleur, savent qu’ils peuvent perdre. Mais ceux qui ne font rien ont déjà perdu ! La Culture est ce qui reste quand on a tout perdu.”

Our motto is, ‘Those who put creative ideas into practice, to make the world a better place, are willing to risk losing. But those who do nothing have already lost! Culture is what remains when all else is lost.’

Le Jazz, de par ses racines multiculturelles est un pont formidable pour rapprocher les gens de tous bords dans le plaisir de la musique, c’est pourquoi en 2018 nous avons imaginé le Premier SAINT-B’ART LIVRE & JAZZ FESTIVAL. Les étoiles dans vos yeux lors des concerts et vos nombreux remerciements sont autant de messages qui ouvrent la voie du SAINT-B’ART LIVRE & JAZZ FESTIVAL 2019 qui aura lieu du 4 au 13 avril avec des musiciens venus de tous les horizons, de Paris à New York, de New Orléans aux Antilles en passant par la Suède ! Pendant 9 jours, des concerts dans les lieux les plus sublimes et les plus divers dans des ambiances différentes afin de se retrouver simplement pour écouter, partager, échanger, dans la simplicité, voire parfois la complicité.

Jazz, with its multicultural roots, is a great way to bring people together from all walks of life, to share the pure pleasure of music. This is why we created the very first Saint-B’Art Book and Jazz Festival, in 2018. The enthusiasm and gratitude for these concerts paved the way for the Saint-B’Art Book and Jazz Festival 2019. This will take place from 4th to 13th April, with musicians coming from all horizons – Paris, New York, New Orleans and even Sweden … all the way to the French Caribbean! There will be nine days of concerts in the most sublime and diverse of venues, each with a different ambiance, where you can get together with friends to simply enjoy listening, sharing, conversing and maybe even participating. Christian Hardelay For the Association Saint-B'Art

Pour L’association SAINT-B’ART Christian Hardelay

BP 477 - 97133 Saint- Barthélemy Email : christianhardelay@wanadoo.fr

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Une planète de bien-être, Venus, en plein cœur de Gustavia ; c’est un lieu exceptionnel de beauté et de sérénité qui regroupe tout un ensemble de soins de très haute qualité, pour le corps, des soins amincissants et raffermissants et toute une sélection de massages; des soins également pour le visage, les yeux, les mains et les pieds. Vénus, c’est aussi l’utilisation des produits les plus performants que le marché connaisse actuellement. Toute l’équipe du salon Venus Beauty SPA, animée par Anne Picard, saura répondre à vos attentes les plus exigeantes. Vénus, c’est une approche globale du corps et de l’esprit qui vous est proposé, ainsi que des cours de Yoga et de Feldenkrais.

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Venus, this planet of well-being in the heart of Gustavia, is an exceptional haven of beauty and serenity, where you will find a comprehensive selection of high quality treatments for the body, notably for firming and slimming, with a wide range of massages; as well as treatments for the face, eyes, hands and feet. Venus uses only the very best and most up-to-date products available. The whole team at Venus Beauty Spa, managed by Anne Picard, will efficiently meet your highest expectations. In line with its holistic approach to the mind and body, Venus also offers Yoga and Feldenkrais classes.

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Bien-être / Well-Being

Si le Territoire du Bien-être est, pour chacun de nous, un espace à conquérir, encore faut-il avoir un guide qui connaisse le chemin pour nous y conduire. We Could All Benefit from Exploring the Territory of Well-Being, but We Still Need an Expert Guide to Show Us the Way Rédaction : Jean-Jacques Rigaud – Traduction : Rachel Barrett-Trangmar – Photos : Laurent Benoît

Dans le numéro précédent (Tropical n°27, page 97), sous le titre « Le Bien-Être passe d’abord par un Mieux-Être », nous présentions Nicolas Gurley, son parcours universitaire, son cursus professionnel et les différentes approches qu’il peut proposer pour combattre certains phénomènes de consommation et de conduites à risque. Deux guides qui coopèrent pour une approche globale de l'individu

In the previous issue of Tropical Magazine (N°27, page 97), under the heading ‘Well-Being Starts with a Change for the Better’, we featured Nicolas Gurley, recounting his academic background and professional experience, including his role in helping those wishing to overcome addiction disorders and high-risk behavior. Two Guides Working Together to Offer a Holistic Approach for the Individual

Alexandra Albanell croise un jour le chemin de Nicolas et, outre une sympathie réciproque, ils se retrouvent également, dans ce qui est une vocation commune : apporter de l’aide et un mieux-être, aux personnes qui en ont besoin.

It was quite by chance that Nicolas happened to cross paths with Alexandra Albanell; not only do they have a great rapport, but they also share the same vocation – offering help and a better quality of life to those in need.

Le parcours d’Alexandra est tout aussi riche d’études et d’expériences professionnelles ; très jeune attirée par la danse classique et le yoga, elle voyage beaucoup en Europe et au Japon, reviens à St-Barth, puis quelques années plus tard, s’installe en Californie et ouvre son studio de Pilates et Health Coaching ; puis elle revient sur son île de cœur et met en pratique la méthode Pilates, elle développe et perfectionne la technique du

Alexandra’s career path is equally punctuated by a wealth of academic and professional experiences. At a very young age, she developed an interest in ballet and yoga. Subsequently, after traveling extensively in Europe and Japan, and returning to St Barts for a while, she moved to California where she opened her own ‘Pilates and Health Coaching’ studio. She then went back to the island close to her heart, where she taught Pilates, www.tropical-mag.com

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mouvement ; quelques années plus tard, elle se spécialise, à New-York et en France dans la méthode Gyrotonic. Elle utilise la pratique posturale, inspirée du Gyrotonic et du Yoga, les techniques respiratoires et la relaxation profonde, permettant d’harmoniser le corps et le mental. En 2015, afin d’apporter une offre plus complète à ses clients, elle poursuit des études de nutrition, au sein de «The Institute for Integrative Nutrition», l’objectif étant d’établir un équilibre physique, nutritionnel et émotionnel. Dans son approche de Health Coach, par exemple, elle propose une méthode pour gérer le stress professionnel et personnel, appelé aussi le Burn Out. Elle travaille également avec des clients pour les aider à vivre en harmonie avec leur eczéma, par le biais de changements alimentaires, d’exercices et de mode de vie durable ; le but, dans un premier temps, étant de comprendre comment se développe cette maladie aux multiples facteurs. Alexandra enseigne en français et en anglais, et avec une attention toute particulière, elle vous permettra de retrouver cette intelligence innée du corps qui est en chacun de nous et qui apporte sérénité et énergie. Alexandra et Nicolas, joignent leurs compétences et leur désir d’apporter aide aux personnes qui le souhaitent, ils proposent, gratuitement, un premier entretien d’évaluation qui a également pour but d’identifier l’origine d’un mal-être et de le décrire. Cette coopération originale et ce travail en commun, permet de mieux comprendre un individu, de mettre à jour certaines problématiques et d'y remédier. Alexandra et Nicolas interviennent séparément, mais leurs compétences respectives, sont de ce fait alliées, dans une approche holistique de l’être humain.

developing and perfecting the art of controlled movements. A few years later, in both New York and France, she studied the Gyrotonic method, which is based on yoga, dance, tai chi, and swimming, with an emphasis on rotation and spiraling. Inspired by the Gyrotonic method and yoga, her teaching is based on the practice of postures (asanas), together with breathing techniques and deep relaxation, which help to harmonize the mind and body. In 2015, in order to provide a more comprehensive service to her clients, she embarked upon the study of nutrition with ‘The Institute for Integrative Nutrition’ – the aim being to achieve physical, nutritional and emotional equilibrium. In her role as a Health Coach, she offers a method to manage professional and personal stress, commonly known as ‘burn out’. She equally works with clients suffering from eczema, helping them to live in harmony with this skin disorder by changing dietary habits, exercising and adopting a sustainable lifestyle; the primary goal is to understand how this complex malady develops. Alexandra speaks both French and English, and shows particular care and attention in helping clients discover the innate intelligence of the body – something which is in every one of us, providing serenity and energy. 8,56 ptAlexandra and Nicolas harmoniously combine their skills and desire to help others. They offer an initial evaluation, free of charge, which aims to identify the origin and details of the patient’s health condition. This unique collaboration and teamwork facilitate a better understanding of an individual, in order to recognize and resolve specific problems. Alexandra and Nicolas work separately, but their respective expertise is combined in a holistic approach to human health.

Alexandra Albanell - T. 0690 33 48 48 - alexandra@alexandralbanell.com www.alexandraalbanell.com Nicolas Gurley - T. 0690 55 08 86 - stbarth_therapy@mac.com www.stbarth-therapy.com

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La mer pour apaiser une mémoire traumatique Turning the Tide of Trauma Rédaction : Vincent Meurice – Photos d’archives – Traduction : Rachel Barrett-Trangmar Et le concours du Lions Club « Île de Saint-Barthélemy »

Une nouvelle vie, mais pas nécessairement celle que vous souhaitiez. Angoisse, insomnies, cauchemars, flashbacks anxiogènes, évitement situationnel, perte de motivation … Voici ce que peut vivre une personne souffrant du syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Ce traumatisme psychique, plus connu aux Etats-Unis sous le pseudonyme de PTSD (Post Traumatique Stress Disorder) est devenu en quelques années une pathologie à laquelle s’intéressent nombre de scientifiques et chercheurs. En effet, la recrudescence des attentats en France comme à l’étranger a propulsé la maladie sur le devant de la scène médiatique. Le SSPT est le plus souvent déclenché par un événement « violent », « soudain », « inattendu » et « exceptionnel ». Mais c’est surtout un moment où la personne concernée se retrouve face « au réel de la mort », que ce soit pour lui-même ou pour une autre personne et même pour un bref instant. Les derniers événements climatiques qui ont frappé la Caraïbe en 2017, et particulièrement le cyclone Irma sur St Barth et St Martin, représente un événement suffisamment traumatogène pour voir apparaître chez une partie de la population concernée, un choc émotionnel pouvant dériver vers un SSPT chronique. Bien que le SSPT soit connu depuis l’antiquité, c’est seulement à l’issue de la guerre du Vietnam que les autorités de santé découvrent l’ampleur que peut avoir un tel phénomène. Sur les 3 millions d’américains envoyés, 700.000 présentent des séquelles psychiques et en 2005, ils étaient encore 300.000. Aujourd’hui, on sait que l’évolution de la maladie est favorable dans 50% des cas sur 3 mois, 30% sur 12 mois, mais durable sur plusieurs années pour 20% de la population générale. Le caractère traumatique dépend pour une grande part du sujet (de son état psychique du moment notamment). Si les symptômes provoqués par l’événement ne sont que transitoires, alors on parle de « choc-émotionnel » et s’ils deviennent chronique, on pourra évoquer un SSPT.

A new life, but not necessarily the one you had wished for … anxiety, insomnia, nightmares, anxietyinducing flashbacks, situational avoidance, and loss of motivation. This is what someone suffering from post-traumatic stress disorder (PTSD) experiences. In just a few years, this psychic trauma has become a subject of great interest to many scientists and researchers. In fact, the recurrence of terrorist attacks, in France and abroad, has propelled this syndrome to the forefront of the media scene. Post-traumatic stress disorder is most often caused by a sudden, violent, unexpected and exceptional event. Moreover, it primarily occurs when the person concerned faces the ‘reality of death’, be it their own or someone else’s, even if it is just for a brief instant. The most recent climatic events that hit the Caribbean in 2017, particularly Hurricane Irma on St Barts and St Martin, were sufficiently traumatic to induce emotional shock for a number of the population concerned, possibly leading to PTSD. Although PTSD has been recognized for a great many years, it was only after the Vietnam War that the health authorities discovered the true extent of this phenomenon. Out of the 3 million Americans sent to Vietnam, 700,000 presented with psychological sequelae; and in 2005, 300,000 of these patients were still suffering. We currently know that there is a positive outcome for 50% of PTSD cases over the first three months; and 30% recover after twelve months, but the disorder can last for several years for the remaining 20% of sufferers. The nature of the trauma depends to a large extent on the individual, notably their mental state when the incident occurs. If the symptoms caused by the event are only transient, the condition is known as ‘emotional shock’; and if they become chronic, it is categorized as PTSD. Despite the efficacy of advanced drug therapies and the range of diverse psychotherapies available, relapses are still common amongst those suffering from posttraumatic stress. However, new treatment approaches have emerged over the last two decades. Cognitive www.tropical-mag.com

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Bien que l’avancée des thérapies médicamenteuses et du panel des diverses psychothérapies ont été plutôt efficaces, les rechutes sont encore fréquentes chez les personnes souffrant de stress post-traumatique. Cependant, lors des deux dernières décennies, des nouvelles approchent de traitement ont vu le jour ; Les TCC (Thérapies Cognitivo-Comportementales) et l’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing, c'est-à-dire désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires), qui restent à ce jour les thérapies les plus usitées dans le domaine). En 2017, une approche innovante a vu le jour en Guadeloupe. L’objectif de la méthode : Améliorer la qualité de vie des personnes souffrant de SSPT par la pratique d’une nouvelle forme de plongée subaquatique. Nommé BATHYSMED Protocole (BTY Protocole), cette nouvelle forme de plongée consiste à utiliser, en immersion, un mélange de plongée classique, de sophrologie, de méditation de pleine conscience, de technique de préparation mentale sportive et de PNL (programmation neurolinguistique). Les créateurs de cette méthode, Vincent Meurice (Instructeur de plongée BEES 2, sophrologue, préparateur mental de sportif de haut niveau, technicien PNL) et Frédéric Beneton (ex-CEO d’une société de Biotech et consultant dans le domaine des sciences de la vie, Master 2 en physiologie des conditions extrêmes et initiateur du projet DivStress qui avait déjà montré scientifiquement les bienfaits de la pratique de la plongée sur la résistance au stress). Pour tester la méthode, V. Meurice et F. Beneton se rapprochèrent de l’association « Life For Paris », association de victime des attentats du 13 novembre 2015, ainsi que de Marion Trousselard (médecin en chef à l’Institut de Recherche Biomédical des Armées, IRBA) et de Mathieu Coulange (MD, PhD Médecine Hyperbare, Subaquatique et Maritime, Chef de service à Marseille).

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Behavioral Therapy (CBT) and Eye Movement Desensitization and Reprocessing (EMDR) are currently the most commonly used therapies in this field. In 2017, an innovative approach was developed in Guadeloupe. The aim of this method is to improve the quality of life of the people suffering from PTSD, through a new form of underwater diving. Known as the BATHYSMED Protocol (BTY Protocol), this new form of diving therapy consists of using a combination of practices; namely traditional diving, sophrology, mindful meditation, mental preparation techniques for sports, and Neuro-Linguistic Programming (NLP). The two people who invented this method are Vincent Meurice and Frédéric Beneton. Vincent is a certified diving instructor, a sophrologist, a sports psychology coach for high-performance athletes, and an NLP technician. Frédéric is an ex-CEO of a Biotech company and a consultant in the field of life sciences; he has a Master’s degree in the physiology of extreme conditions, and is the initiator of the project DivStress, which has already shown scientifically the benefits of diving for resistance to stress. To test this method, Vincent and Frédéric approached ‘Life for Paris’, which is an association for the victims of the terrorist attacks that occurred in Paris on November 13th 2015. They equally contacted Marion Trousselard (Chief Medical Officer at the Armed Forces Biomedical Research Institute) and Dr Mathieu Coulange (MD, PhD, Head of the Hyperbaric, Subaquatic and Maritime Medicine Department of Marseille Hospital). Together they created Project DivHope (Dive of Hope), a medical study that took place in Guadeloupe in November 2017.

The DivHope Study From 18th to 30th November 2017, thirty-four survivors of the Paris attacks, all suffering from PTSD, took part in the project in Guadeloupe.


Ensemble, ils créèrent le Projet DivHope (plongée de l’espoir), étude médicale qui se déroula en Guadeloupe en novembre 2017.

L’Etude DivHope Du 18 au 30 novembre 2017, 34 rescapés des attentats de Paris, tous souffrant de SSPT, débarquèrent en Guadeloupe pour le projet. 2 groupes furent constitués (un groupe faisant une dizaine de plongées du protocole BTY à raison d’une plongée par jour sur 2 fois 5 jours consécutifs et un groupe faisant du sport et des excursions divers). Pour mesurer l’impact du protocole et l’évolution des 2 groupes, plusieurs paramètres furent enregistrés au jour le jour : niveau de stress, qualité du sommeil, rythme cardiaque, etc. Les résultats immédiats et le maintien des effets à un mois montrent une nette amélioration du groupe plongée comparé au groupe contrôle. Il semblerait donc que les plongées du protocole améliorent clairement la qualité de vie des victimes. Le maintien de ces effets sur 3 mois et plus est encore à l’étude et le groupe contrôle a d’ailleurs pu tester le même protocole (DivHope2) au mois de Juin 2018 à Marseille avec la même équipe de plongeur et de scientifique. Pour ces deux études, 150.000 € furent donné par la FAVT (Fondation d’Aide aux Victimes du Terrorisme) et plusieurs mécènes aidèrent à l’organisation et au déroulement du projet (l’équipementier Beuchat, le centre de plongée Atlantis Guadeloupe, l’hôtel Fort Royal de Guadeloupe, les hôpitaux de Marseille et de Paris, l’institut de Recherche Biomédical des armées, Auto Discount Location).

Débouché et perspectives Au vu des résultats de ces 2 études, d’autres viendront prochainement compléter les données (étude CogniDiv avec les militaires de retour de zone de guerre et MedicDiv avec les services de soignant souffrant de Burn-out). De plus, les concepteurs du protocole prévoient prochainement une formation spécifique pour les moniteurs de plongée afin que cette approche innovante puisse être diffusée et utilisée à bon escient. Le 15 juin dernier, le Lions Club « Île de SaintBarthélemy» avait organisé une conférence, en invitant Vincent Meurice à présenter cette nouvelle approche thérapeutique ; plongeurs de l’île et participants se sont montrés vivement intéressés, ce qui a justifié d’avoir sur place, un professionnel de la plongée, pouvant canaliser les demandes, donner de l’information et mettre en place, avec le concours de Vincent Meurice, des sessions adaptées aux besoins exprimés à Saint-Barthélemy.

There were two groups: one group performed ten BTY Protocol dives, at a rate of one dive per day over two cycles of five consecutive days; and the other control group did sporting activities and various excursions. To measure the impact of the BTY Protocol and the progress of the two groups, several parameters were recorded each day: level of stress, quality of sleep, heart rate etc. The immediate results, and the sustained effects after a month, showed a clear improvement for the dive group compared to the control group. It would thus seem that the BTY Protocol dives have clearly improved the quality of life for these sufferers. The continuation of these positive effects over three months, and longer, is still being monitored. Nevertheless, in Vincent Meurice June 2018, the control group were equally able to trial the same Protocol (DivHope2) with the same team of divers and scientists, this time in Marseille. For these two studies, approximately $170,000 was donated by the Foundation for Assistance to Victims of Terrorism, in addition to the support from several sponsors in the organization and implementation of the project; namely the equipment supplier, Beuchat; the dive center, Atlantis Guadeloupe; the Fort Royal Hotel in Guadeloupe; the hospitals of Marseille and Paris; the Armed Forces Biomedical Research Institute; and the Auto Discount car hire company.

Opportunities and Prospects In view of the results of these two studies, there will soon be others to supplement the data. For example, CogniDiv study of soldiers returning from war zones, and MedicDiv for care workers suffering from burn out. Furthermore, the initiators of this Protocol are planning specific training for diving instructors, for this innovative approach to be shared and used appropriately. On June 15th 2018, the St Barts Lions Club organized a presentation, inviting Vincent Meurice to discuss this new therapeutic approach. This met with favorable response from island divers and participants alike, who displayed a keen interest. It was thus opportune that a local dive professional, invited to the event, was able to channel enquiries and provide information. In addition, he will be able to organize sessions, with the help of Vincent Meurice, which will be adapted to meet the needs identified on St Barts.

Centre de Plongée Big Blue Dive Center Guy Blateau - T. 0690 358 635 guy@stbarthbigblue.fr - vmeurice@hotmail.com

Autres sources d’informations / Other sources of information: https://www.atlantisformation-guadeloupe.com/La-plongee-comme-therapie-sur-le-Stress-Post-TraumatiqueProjet-DIVHOPE_a140.html DU BATACLAN À LA GUADELOUPE, LA PLONGÉE POUR SOIGNER… https://www.franceinter.fr/emissions/le-5-7/le-5-7-17-novembre-2017 Autres liens en tapant juste “stress post-traumatique plongée” dans votre moteur de recherche. www.tropical-mag.com

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SCHEDULED SERVICE PRIVATE CHARTER FLIGHTS Your local airline is still available and operational for you! Choose the option you prefer: • Our scheduled service between St Barts and St Martin (both sides) and Antigua. • Our charter flight service throughout the Caribbean, if you need more flexibility.

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Le succès de NECTAR

The Success of Nectar

Les clients et les distributeurs ne s’y trompent pas, l’engagement de Nectar est sans équivoque : « nous proposons des produits 100% naturels pour le réel bien-être de nos clients ». C’est aussi pour cette raison que les produits Nectar ne sont diffusés qu’en pharmacies, parapharmacies et quelques boutiques sélectionnées pour la qualité de leur commerce. Nalia Muriel, créatrice de la marque Nectar, se fait un point d’honneur à ne jamais déroger à cet engagement de qualité et de totale naturalité des produits qu’elle compose, fabrique et diffuse. Tout est dans la nature, nous explique Nalia, les composants naturels, issus de végétaux et utilisés avec expertise, comme la pression à froid ou la macération, développent toutes leurs propriétés et peuvent être des plus bénéfiques pour la peau, en la protégeant des agressions climatiques, des insectes, ou en la nourrissant. Les huiles végétales ou les essences naturelles sont extrêmement bénéfiques et selon les plantes retenues, peuvent être très salutaires pour la peau, les cheveux, les ongles ou même le tonus musculaire.

The clients and distributors are not mistaken, Nectar’s commitment is unequivocal: ‘We offer 100% natural products for the genuine well-being of our clients’. This is also the reason why Nectar’s products are only available in pharmacies, health and beauty stores, and a few other select retail outlets. Nalia Muriel, founder of the Nectar brand, takes pride in consistently adhering to this commitment to quality in creating, manufacturing and distributing her all-natural products. Everything can be found in nature, explained Nalia; the natural ingredients, derived from plants, are used with expertise to enhance their properties (via cold pressing or maceration, for example). They can be of great benefit for the skin by protecting it from climatic stress or insects, and by nourishing it. Plant oils and natural essences are extremely beneficial and, depending on the type of plants selected, can be very good for the skin, hair, nails and even muscle tone.

De bons produits pour une entreprise de bien-être. Quality products

The leading product of this range is the all-natural mosquito repellant Bug O%, which also soothes the skin, and acts as a moisturizing body oil. There is also Baby Bug O%, especially for children. This product has been remarkably successful, particularly as the prevention of mosquito bites is a highly newsworthy subject in many countries.

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Nicole AUSSEDAT Hommage écrit par Michel MAGRAS Traduction : Rachel Barrett-Trangmar

De Nicole Aussedat, je retiens aussi bien sa passion pour la protection et la défense de l’environnement que sa belle personnalité. Elle a milité avec conviction mais sans sectarisme. Son âme positive et généreuse la conduisait à faire passer ses idées en tenant compte du point de vue de l’autre et malgré un caractère rebelle, elle était à l’écoute des autres et toujours souriante.

HOMMAGE

C’est avec la campagne présidentielle de Brice Lalonde en 1981 qu’elle a débuté son engagement actif avant de rejoindre « Les Amis de la Terre ». Et c’est en faisant le tour du monde qu’elle a accosté un jour à Gustavia où elle s’est installée quelques années et investie. Avec Nicole, Jean Aubin et Patrice Gouard, nous avons ainsi créé la première association de protection de la nature et de l’environnement à Saint-Barth, l’APNSB et multiplié les actions de sensibilisation de la population à la protection de l’environnement. Du fait de son expertise reconnue, plusieurs études ont été confiées à Nicole, comme le plan municipal de l’environnement ou encore sur le transport public terrestre. Saint-Barth lui doit ainsi une large contribution à notre réglementation environnementale telle que la constitution de la réserve naturelle marine, des trois arrêtés biotope de protection des étangs et Nicole sur la Goelette PATRIAC'H l’élaboration du règlement local de publicité. Puis, Nicole est repartie s’installer à Paris où elle a poursuivi son engagement au sein de « Océans 2012 », dénonçant notamment la pêche au thon rouge. Contre la pêche électrique, aussi, cette hérésie qu’il fallait interdire tant elle y voyait une pratique honteuse en plus de constituer une concurrence déloyale, elle s’est engagée et contre la pêche illégale en générale. C’est entre autres raisons pour cela qu’elle défendait l’idée d’un traité international sur la haute mer et la nécessité d’une sorte de Légion d’honneur mondiale, fidèle à son rôle de « fan des océans et à leur service » comme elle aimait à se présenter. Malgré son départ, je sais que Saint-Barth n’a pas quitté le cœur de Nicole. Souvenons-nous de son engagement pour préserver l’île.

When thinking about Nicole Aussedat, I recall her passion for the protection and conservation of the environment, as well as her beautiful personality. She campaigned with conviction, but without partiality. Her positive and generous soul allowed her to share her ideas, whilst taking into account other points of view. Despite her rebelliousness, she would listen to others – and always with a smile. It was during the presidential campaign for Brice Lalonde, in 1981, that Nicole began her active campaigning, before joining ‘Les Amis de la Terre’ (Friends of the Earth). And it was during a world tour that Nicole came across Gustavia, St Barts, where she decided to settle for a few years, and subsequently became actively involved on the island. Together with Jean Aubin and Patrice Gouard, Nicole established the first association for the protection of the nature of St Barts (APNSB), and also launched many public awareness campaigns to protect the environment. Nicole’s renowned expertise led to her being assigned many research projects, such as the municipal plan for the environment, and a policy for public transport on the island. St Barts is thus indebted to Nicole for her great contribution to the regulation of the island’s environment, namely: the creation of the Marine Nature Reserve; three bylaws for the protection of pond habitats; and drafting the regulation of local advertising. Nicole later moved to Paris where she continued her activism with ‘Oceans 2012’, notably opposing the fishing of bluefin tuna. She equally campaigned against electric pulse fishing – an immoral practice that should be banned, which she considered shameful and economically unjust. Nicole worked tirelessly against illegal fishing in general. This is one of the many reasons why Nicole promoted the idea of an international treaty for the high seas, and the need for a type of ‘World Légion d’Honneur’. This was very much in-keeping with her role as a ‘fan and loyal supporter of the oceans’, as she liked to present herself. Despite her passing, I know that St Barts will always have a place in Nicole’s heart. We should never forget her commitment to the preservation of the island.

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La goélette/ The Schooner

ALEXANDER HAMILTON Texte: Ray Linnington - Photos: Jean-jacques Rigaud

Un nom qui fascine, même aujourd’hui : Alexander Hamilton. Il figure à l’affiche comme titre d’un nouveau musical à succès, salles pleines à New York et Londres, Paris attend sa venue. Son portrait orne le dos du billet américain de 10$. Et ce même nom décore fièrement la proue de la seule goélette parmi les sloops qui courent la 10e édition de la West Indies Regatta de Saint-Barth.

Alexander Hamilton, now that’s a name to conjure with today. The new musical of the same name is a smash hit in New York and London, Paris beckons. The man’s portrait also decorates the back of the US $10 bill. Furthermore, the very same name graced the stern of the lone schooner amongst sloops, at the 10th annual West Indies Regatta, in glorious Gustavia here in St Barts.

Aussi bien l’homme que le bateau sont nés sur la petite île de Nevis dans la Federation de St Kitts and Nevis, tout juste séparés de 45 miles de Saint-Barth, mais avec plus de 200 ans d’écart. Après un bref séjour à SaintCroix, le jeune Hamilton fraie son chemin dans les colonies américaines pour devenir, en 1776, un des Pères Fondateurs d’une grande nation. C’est donc tout naturellement que lorsqu’on entreprit de construire la première goélette à glisser de la cale dans les eaux de Nevis, presque 100 ans après la dernière, pas loin de la maison natale du héros local à Charlestown, il fallait absolument que ce bateau porte le nom d’Alexander Hamilton. Commencée en 1981, la construction prit plus de trois ans et exigea un investissement total de la part du charpentier de marine Ralph Harris. Il était le dernier artisan sur Nevis à savoir construire un tel bateau. Taillée et assemblée patiemment, pièce par pièce, 20 tonnes de goélette faite à la main au bord de Gallows Bay. Un pur produit des West Indies.

They were both, the man and the boat, born on the small island of Nevis, part of the Federation of St Kitts and Nevis, just 45 miles from St Barts, but more than 200 years apart. After a brief stay in St Croix, the young Hamilton made his way to the American Colonies, going on to become one of the Founding Fathers of that great nation. So when the first schooner for perhaps almost 100 years was built in Nevis, not far from the birthplace of the local hero in the capital Charlestown, it just had to bear his name. Laid down in 1981, it took more than three years to build, taxing the resources of the local shipwright Ralph Harris. He was the last of the West Indian boat builders in Nevis. She was hand-built on Gallows Bay the West Indian way, all 20 tons of her. The ribs and frames were cut from the forest cloaking the slopes of the dormant volcano that dominates Nevis. The greenheart keel came from Guyana, whilst the two masts were towed from St Thomas's Utility Company. www.tropical-mag.com

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Les cotes, nervures et cadres furent taillés dans des arbres poussant sur les pentes boisées du volcan inactif qui domine Nevis. La poutre de quille est en greenheart ou demerara du Guyana, tandis que les deux mâts ont été livrés par la St Thomas Utility Company. L’étrave et l’étambot en acajou proviennent d’un arbre qui poussait dans un jardin derrière une maison proche. La population tout entière de cette petite ville a participé aux festivités de lancement du bateau. Si jadis les goélettes de ce type transportaient sucre, rhum et bétail et faisaient accessoirement office de car scolaire, l’Alexander Hamilton a été construit pour le compte du Capitaine Neil Lewis de St Thomas et le nouveau marché day charter. Malheureusement, entre cyclones et tragédies personnelles les premiers chapitres de cette aventure romantique ont été si mouvementés que la goélette naufragée a fini par être abandonnée à Antigua. Quand nous l’avons achetée en 1999, ce fut pour une nouvelle aventure, la tâche redoutable de restaurer ce qui avait été un bijou de petit bateau et de le remettre en état de navigabilité. A Antigua nous avons eu la bonne fortune de rencontrer notre sauveur en la personne d’Alford Cochrane. Dernier représentant d’une lignée de charpentiers de marine, il était de la trempe de ses collègues antillais de Nevis. Grâce à son engagement décidé et rassurant, il a permis à l’Alexander Hamilton de voir ses plaies pansées et retrouver la santé pendant ces vingt dernières années. Et il a permis au bateau de rester entre les mains de propriétaires privés. Tandis que les travaux continuent, nous nous faisons une joie de participer aux moments forts comme la visite annuelle à Gustavia pour la West Indies Regatta, une célébration des bons vieux jours du commerce libre, de la fraternité entre marins et des amitiés transfrontalières, du mélange des langues parlées et de la majesté d’un océan parfois indocile. Assurant le lien entre les îles, les goélettes d’antan faisaient œuvre de camions et autobus sur l’autoroute caribéenne. Même des sloops plus petits bouclaient souvent 600 ou 700 miles pour ramener des « biens et fournitures essentiels » en passant par l’escale obligée du quai de Wall House. N’oublions pas qu’il fut un temps où Saint-Barth pouvait se prévaloir d’une des plus grandes flottes de goélettes de la région, et incontestablement la bienvenue qui nous est offerte est aussi chaleureuse que jadis. A Saint-Barth, le patrimoine marin est un héritage précieux, vital, et nous sommes heureux et plein de gratitude que l’on invite nos vieilles embarcations créoles à la fête … Au cours des siècles cet héritage a été acquis à grande lutte, nous nous devons de le faire vivre.

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The mahogany stem and sternpost were fashioned from a tree donated from a local backyard. This project would have dominated the small town with all involved in the launching and celebrations. Unlike her predecessors carrying sugar, rum, livestock and children to schools, the Alexander Hamilton was commissioned by Captain Neil Lewis from St Thomas for the burgeoning day charter business. Sadly, hurricanes and personal tragedy colored the early history of this exciting venture, finally leaving the schooner all but abandoned as a hurricane wreck in Antigua. The purchase in 1999 marked the beginning of our adventure to undertake the daunting task of restoring this once fine little ship to seaworthy condition. Luckily for us the Antiguan shipwright, Alford Cochrane, came to the rescue. Last in the family line, he shared the skills of his fellow West Indians in Nevis. With his strong and reassuring commitment he has enabled Alexander Hamilton to have nearly 20 years of improving health. And remain in private ownership. The work goes on of course, with highlights like the annual visit to Gustavia for our West Indies Regatta, celebrating the old days of free trade, sailoring and friendship across borders and languages, but not always a placid ocean. Connecting the islands, schooners were once the buses of this Caribbean waterway, with even small sloops navigating a 600- to 700-mile roundtrip for "essential supplies" from the warehouses of Wall House Quay. Not to be forgotten, St Barts once boasted one of the largest schooner fleets around, and the welcome in Gustavia seems not to have altered with the passage of time. Heritage feels vital in St Barts – great thanks for letting our old West Indian boats share in that ... Our heritage is hard won, but so easily lost.


Photo Jp Piter

Verbatim

LA NUIT N’EST JAMAIS AUSSI NOIRE QU’AVANT L’AUBE

PARFUMS D’ANTAN Arlette Magras Berry Arlette Magras Berry est bien connue des habitants de Saint-Barthélemy ; issue d’une grande famille de l’île, elle retrace dans cet ouvrage, au travers d’anecdotes et avec une exactitude rigoureuse, un style de vie tellement particulier à cette île. C’est un ouvrage qui est très documenté et qui donne au lecteur, une vision plus réaliste et respectueuse de cette île des Antilles françaises qui seule, a gardé aussi longtemps la langue de ses ancêtres, malgré près d’un siècle d’occupation suédoise. A lire absolument, si vous souhaitez une meilleure connaissance de Saint-Barthélemy.

FRAGRANCES OF YESTERYEAR Arlette Magras Berry Arlette Magras Berry, well-known amongst the people of St Barts, comes from a large family on the island. In her book, she recounts, through anecdotes and with rigorous accuracy, a style of life unique to the island. Her writing is well-researched, giving the reader a more realistic and reverent view of this island in the French Caribbean – which alone has managed to keep the language of its ancestors throughout the years, despite almost a century of Swedish occupation. This book is definitely worth reading, particularly if you are keen to know more about the history of St Barts.

Je cherchais un nouveau départ…

Géraldine Danon Actrice et réalisatrice, elle est également la femme du navigateur Philippe Poupon. Depuis 2009, avec leurs enfants, ils sillonnent les océans d’un pôle à l’autre, à bord de leur voilier Fleur Australe. « La nuit n’est jamais aussi noire qu’avant l’aube» est son dernier ouvrage et Géraldine nous en donne quelques indications : « La mer est arrivée pour moi à un moment où rien d’autre ne pouvait me satisfaire. J’en avais soupé des paillettes, des belles robes, des beaux acteurs, des belles paroles et des nuits blanches passées à refaire le monde pour tout oublier au réveil. Il me fallait du vrai, du dur, du concret. Une violence plus généreuse, plus spirituelle, plus sauvage. J’avais quitté Paris et j’essayais de me reconstruire, maman célibataire d’un petit garçon âgé de trois ans, après avoir brûlé beaucoup de moi dans des histoires d’amour passionnelles. Je cherchais un nouveau départ et c’est avec Philou et sur les flots que je l’ai trouvé ».

THE DARKEST HOUR IS BEFORE DAWN Géraldine Danon

Actress and moviemaker, Géraldine Danon is also the wife of renowned French yachtsman, Philippe Poupon. Since 2009, together with their children, they have been crossing the oceans from pole to pole on board their sailing yacht, Fleur Australe. Géraldine has given us a sneak preview of her latest book, ‘The Darkest Hour is Before Dawn’: ‘Like a true watershed, I encountered the oceans at a time in my life when I had lost interest in everything else. I had had my fill of sequins and pearls, glamorous gowns, attractive actors and empty words; along with sleepless nights putting the world to right, only to forget it all the next day. I needed something meaningful, stimulating, concrete … A cruelty that was more forgiving, more spiritual, more savage. I had left Paris and was trying to rebuild my life … a single mother with a 3-year-old son, brokenhearted after many a failed love story. I was looking for a fresh start, and it was with Philou and on the ocean waves where I found it’. Published by Michel Lafon www.tropical-mag.com

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Ve r b a t i m

Something has happened…

IL DEVAIT RÉFLÉCHIR* Extrait de « The Lord God Bird » (L’oiseau Seigneur Dieu) par Tom Gallant L’oiseau se posa et fit tout de suite manger sa fille vorace. Sa compagne sentit son agitation et pensa, « Quelque chose s’est produit ». « Je crois qu’un homme m’a vu ». Les oiseaux se parlent en partageant leurs pensées. Quand elle ressentit ces pensées, la peur l’envahit, et l’oiseau entendit immédiatement sa peur. Il tenta de la rassurer. « C’est un homme que nous avons connu et il nous inspire un bon sentiment. Il n’est pas comme ceux à la peau pâle ». « Si nous l’avons connu, il doit être très âgé ». « Nous avons connu ses ancêtres. Le souvenir est très vieux, peut-être du temps de mon grand-père. L’homme n’est pas si âgé, mais il est comme les anciens. Je l’ai observé. Son canoë est vieux ». « Mais il est humain. Les hommes ne sont pas une bénédiction pour notre monde ». L’oiseau savait que sa bien-aimée avait raison. Les hommes bons étaient une exception, et il craignait que l’homme partage avec d’autres ce qu’il avait vu, et que s’il le faisait... les pensées de sa compagne... « Nous sommes restés cachés avec raison, et maintenant tu as été vu, et il te connaîtra si tu le connais. Il saura ce qu’il a vu ». « Chut ma chère, nous avons une petite. Nous ne devrions pas l’emplir si tôt de nos peurs ». Elle secoua sa fine tête. «Trop tôt, est-ce possible en ces temps ? ». Ils regardèrent leur progéniture dégingandée,

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encore ignorante de la plupart de leurs pensées, encore presque entièrement faite d’appétit et d’affection, et ils ressentirent les peurs que ressentent tous les parents qui contemplent de leurs yeux la vie qui vient de naître. L’homme pagayait, s’enfonçant dans les bois, se demandant ce qu’il allait faire de sa découverte. Il devait réfléchir. Il devait faire un camp pour une nuit de plus, faire un feu de plus, pêcher un poisson de plus. Il avait observé un miracle. Il avait vu l’Oiseau du Seigneur Dieu. Traduit de l’américain par Vladimir Klein. *Les titres de l’extrait et de l’ouvrage non encore publié en français sont des propositions du traducteur.

HE NEEDED TO THINK An excerpt from ‘The Lord God Bird’ by Tom Gallant. (The title of this excerpt is the editor’s proposal.) The bird landed and quickly fed his voracious daughter. His mate sensed his agitation and thought, “Something has happened”. “I think a man saw me”. Birds speak to one another by sharing their thoughts. When she felt these thoughts, fear filled her, and the bird knew her fear instantly. He tried to reassure her. “He is a man we’ve known and we feel good about him. He is not like the pale ones”.


VERBATIM HOMO DEUS Yuval Noah Harari Une brève histoire de l’avenir

Édit. Albin Michel

HOMO DEUS “If we’ve known him, he must be very old”. “We’ve known his forebears. The memory is very old, perhaps from my great-grandfather. The man is not so old, but he is like the old ones. I watched him. He has an old canoe”. “But he is human. They bring no blessings to our world”. The bird knew his beloved was right. Good humans were the exception, and he worried that the man might tell others what he’d seen, and if he did … her thoughts … “We’ve stayed hidden for good reason, and now you’ve been seen, and he’ll know you if you know him. He’ll know what he’s seen”. Hush dear, we have a little one. We shouldn’t fill her with our fears too soon”. She shook her fine head. “Can it ever be too soon in these times?” They looked at their gangly offspring, still oblivious to most of their thoughts, still mostly appetite and affection, and knew the fears of every parent that gazes at a new life. The man paddled deeper into the woods, unsure what he should do with his discovery. He needed to think. He needed to make camp for another night, build another fire, catch another fish. He had seen a miracle. He had seen the Lord God Bird.

Yuval Noah Harari A Brief History of Tomorrow

Une brève histoire de l’avenir…

« Sapiens » retraçait l’histoire de l’humanité, « Homo deus » interroge l’avenir. Homo deus nous dévoile ce que sera le monde demain, lorsque à nos mythes collectifs, tels que les dieux, l’argent, l’égalité et la liberté, s’allieront de nouvelles technologies démiurgiques. Et que les algorithmes, de plus en plus intelligents, pourront se passer de notre pouvoir de décision. Car tandis que l’Homo sapiens devient un Homo deus, nous nous forgeons un nouveau destin. Sapiens interrogeait l’histoire de l’humanité, de l’âge de la pierre à l’ère de la Silicon Valley, le nouveau livre de Yuval Noah Harari offre un aperçu vertigineux des rêves et des cauchemars qui façonneront le 21ème siècle.

Whilst its predecessor, ‘Sapiens’, recounted the history of humanity, ‘Homo Deus’ investigates the future. Homo Deus reveals what the world will be like tomorrow, when our collective myths – such as gods, money, equality and freedom – will merge with demiurgeous modern technology … And when algorithms, of increasing intelligence, will dispense with our powers of decision-making. As Homo sapiens become Homo deus, we are forging a new destiny for ourselves. Sapiens investigated the history of humanity – from the Stone Age to the Silicon Valley era – whereas Yuval Noah Harari’s new book gives us a breathtaking glimpse of the dreams and nightmares that will shape the twentyfirst century. Published by Albin Michel

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VERBATIM

LA CUISINE DU MARCHÉ

14 JUILLET HIBISCUS Nouvelles et récits Bruno Didier

La célèbre soupe aux truffes Élysée !

Paul Bocuse Découvrez près de 150 recettes proposées par le Chef Paul Bocuse et cuisinez au rythme des saisons grâce à cet ouvrage indispensable à tout amateur de gastronomie. La gratinée lyonnaise, la poularde de Bresse en soupière, les morilles à la crème, le pot-au-feu ou encore la célèbre soupe aux truffes Élysée, n’auront plus de secrets pour vous. Édit. Flammarion

MARKET CUISINE Paul Bocuse Discover nearly 150 recipes by the French Master Chef, Paul Bocuse, and cook according to the season, thanks to this great culinary tome – a vital ingredient for all those with a passion for cuisine. Recipes such as Lyon-style French onion soup, Bresse chicken in a soup terrine, morels with cream, French pot roast, and even the famous truffle soup … will all be revealed to you. Published by Flammarion

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Pourquoi intégrer dans un même recueil : un conte pour enfants, une histoire érotique, un texte imaginaire sur l’accès au bonheur, la vision révélatrice d’un être humain se trouvant face au tribunal de sa conscience, le récit d’une relation sentimentale utopique entre deux personnes, un appel à fêter la vie, la chronologie d’une ambition volontairement détournée, une bouffée délirante, une aventure humoristique dont les héros sont des chiens, le constat d’une amitié s’effritant avec le temps, une nouvelle sur la fraternité, une mésaventure, un écrit sur le désir, une fiction construite autour d’une offense faite à l’art ? Et bien tout simplement réunir ces textes dans un même ouvrage ? Car, chacun de nous au cours de son existence, sera vraisemblablement appelé à vivre ce qu’ils relatent : des sentiments relevant de l’émotion, du rêve, de la tristesse ou de la joie, de l’amour ou du phantasme, de la créativité ou du déchirement... notions dont notre esprit se nourrit, afin de nous permettre d’être.

JULY 14TH HIBISCUS Tales and Short Stories Bruno Didier In the same collection, why would you combine: a children’s story, a romantic tale, an imaginary text on the secret to happiness, a revelatory vision of someone facing the court of their own conscience, an account of a utopian sentimental relationship between two people, a call to celebrate life, a diary of an ambition deliberately thwarted, a momentary delusion, a humorous adventure of heroic dogs, the acknowledgement of a friendship waning over time, a story about fraternity, a misadventure, writings on desire, and a fictional tale built around an insult to art? And why simply group these texts together in the same book? For the very reason that every one of us, during the course of our lives, will most probably experience what these stories and tales recount: feelings of emotion, dreams, sadness or joy, love or fantasy, creativity or destruction … notions that feed our Bruno Didier minds, allowing us to simply be.


Ve r b a t i m

Jean Belotti La sortie de ce livre est l’occasion pour moi de présenter une personne que j’estime beaucoup et qui a de réelles attaches à St-Barth, où il fait «escale » régulièrement, pour le plus grand bonheur de ses amis. Fondateur du Club Aéronautique de Saint-Barthélemy, il en est aujourd’hui, avec Bruno Magras, président d’honneur. Très souvent j’ai eu l’occasion de le côtoyer, notamment à l’occasion de la « Bucket Airshow St Barth » et chaque fois ce fût un réel plaisir de parler avec lui et d’apprécier son immense connaissance de l’aviation qu’il nous fait partager avec beaucoup d’humilité et de gentillese, comme savent le faire , quelques brillantes et rares personnalités de ce monde. Merci à toi Jean, en particulier pour la très aimable dédicace de ton livre « Une Vie » lequel, comme le dit Bernard Almori, est un livre qui fait voyager et prendre de la hauteur. Jean-Jacques Rigaud.

Voici un livre-monde, un livre-siècle, un livre-fleuve, comme la vie de l’auteur, Jean Belotti, fils d’un maçon italien immigré pour fuir le fascisme mussolinien. En 1944, armé d’un CAP d’ajusteur, il s’engage à 17 ans dans l’Armée française et se retrouve en Indochine. L’expérience de la guerre – terrible – lui apprend l’esprit de corps, la solidarité, le sens du devoir et le partage. Elle le fait également entrer dans le monde des aviateurs. Il en sortira commandant de bord à Air France. Tout en exerçant son métier de pilote, il devient Jean Belotti à son bureau

Un livre de foi en la vie…

UNE VIE

président du Syndicat National des Pilotes de Ligne, il reprend des études à 35 ans et devient docteur d’Etat ès sciences économiques, chargé d’enseignement à l’Université de Paris 1. Cela ne suffit pas à étancher une soif insatiable de connaissances et d’engagement social, il devient expert judiciaire, spécialisé dans la sécurité aérienne et consultant international. Pas mal pour un ajusteur qui a commencé dans un atelier de montage de bicyclettes ! L’homme est polyphonique, encyclopédique, passionné et infatigable : il est aussi musicien, interprète et compositeur, écrivain d’une bonne vingtaine de livres sur le monde l’aéronautique, concepteur en informatique, gérant de SARL, organisateur de manifestations culturelles et auteur toujours très suivi de chroniques aéronautiques… Mais si l’expert nous ouvre les portes de la très complexe organisation du monde de l’aviation, s’il nous emmène avec un regard d’observateur informé, lucide et enthousiaste, explorer le monde, que ce soit en biplan de voltige, DC3, Super Constellation, Caravelle, ou Boeing 747, avec « Une Vie » Jean Belotti écrit un livre de vie, dans la lignée de Montaigne et la Bruyère, une vie où aimer, apprendre, comprendre, progresser, persévérer, transmettre et aider sont des valeurs essentielles, pour soi et pour la société des hommes. Un livre de vie qui fait rêver et méditer, un livre de foi en la vie, un livre qui fait voyager et prendre de la hauteur, encore plus que ne l’a fait ce grand pilote et ce n’est pas peu dire !

Bernard Almori, Écrivain – biographe.

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VERBATIM

Bucket Airshow 2011 à St Barth

A LIFE

A book about faith in life…

Jean Belotti

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The publication of this book is an ideal opportunity for me to speak about someone whom I greatly admire, who has a real attachment to the island of St Barts, where he regularly visits – much to the delight of his friends. Founder of the Aeronautical Club of St Barts, Jean Belotti is currently the honorary president, alongside Bruno Magras. I have frequently had the honor of spending time with him, notably at the St Barts Bucket Airshow. It is always a real pleasure to talk with him, and to appreciate his vast knowledge of aviation, which he shares with great humility and kindness, characteristic of such brilliant and rare personalities of this world. Thank you Jean, particularly for the very kind dedication of your book, ‘Une Vie’ (A Life), which, to quote Bernard Almori, is a book that takes you to other places as well as great heights.

commitment, Jean Belotti later became a legal expert and international consultant specializing in air safety. Not bad for a fitter who started his career in a bicycle assembly workshop! Passionate and indefatigable, this man has an encyclopedic knowledge and is polyphonic, expressing himself in many different ways; namely as a musician, composer and performer; a writer of twenty or so books on the world of aeronautics; as well as a computer programmer, a manager of a company, an organizer of cultural events and a popular aeronautical columnist ... This expert opens the doors to the very complex world of aviation, allowing us – with his well-informed, eloquent and enthusiastic insight – to explore the world, be it in an aerobatic bi-plane, a DC3, a Super Constellation, a Caravelle, or a Boeing 747. In ‘Une Vie’, Jean Belotti equally writes about life (in the style of the French philosophers, Montaigne and La Bruyère) – a life where loving, learning, understanding, progressing, persevering, communicating and helping are essential values for oneself and for human society. This is a book about life, inspiring you to dream and contemplate; a book about faith in life; a book that takes you to other places as well as great heights, even higher than this eminent pilot – and that is saying something! Bernard Almori, Author and Biographer.

Jean-Jacques Rigaud. This book is an epic, a saga and a chronicle of events, epitomizing the life of the author, Jean Belotti – son of an Italian builder, an immigrant who fled Mussolini's fascism. In 1944, after qualifying as a fitter, he joined the French army at the age of seventeen, which took him to Indochina. The terrible experience of war taught him the importance of camaraderie and solidarity, as well as a sense duty and sharing. It also introduced him to the world of aviation, leading to his future role as captain for Air France; during which time, he equally became president of the National Union of Airline Pilots. He resumed his studies at the age of thirty-five, culminating in a doctorate in economics and subsequently appointed lecturer at Panthéon-Sorbonne University. With an insatiable thirst for knowledge and social

Aux commandes d’un Boeing 747 Aux commandes d’un Boeing 747

Saint-Yan 1953 Saint-Yan 1953

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Propriété d’exception dans An Exceptional Property le Golfe de Saint-Tropez in the Gulf of Saint-Tropez (Ste Maxime) (Sainte-Maxime)

Qui, mieux que Marcel Pagnol, a décrit la Provence ? Cette nature provençale, racines de son identité. C’est aussi dans cette pleine nature, aux parfums multiples et aux accents chantants, qu’il a puisé dans sa campagne la respiration d’une certaine liberté, et qu’il nous fait vivre dans ses romans. Mais mieux qu’un roman, cette nature est là, avec ses odeurs de lavande, de thym et de romarin, de pins maritimes et le chant des cigales qui ponctue cette symphonie provençale.

Has anyone ever described Provence better than Marcel Pagnol? This Provençal countryside, the roots of his identity. It was this rural environment, the terrain of his childhood, with its multiple fragrances and melodic accents, that gave Pagnol a breath of freedom, and which we relive in his novels. But what better way to experience Marcel Pagnol’s landscape than in reality, with its aromas of lavender, rosemary, thyme and maritime pine, together with the song of the cicadas that punctuates this Provençal symphony.

La Provence, telle qu’on en rêve, se trouve toute sur ce domaine.

The Provence of your dreams can all be found on this estate.

Sur 16 hectares d’une terre agricole, anciennement vignoble, avec la possibilité de recréer une exploitation viticole, ou autre. Ce domaine bénéficie d’un environnement remarquable, avec une vue magnifique sur la mer et son golfe qui réunit chaque année, les passionnés de régates, avec les Voiles de Saint-Tropez.

Located on 40 acres of farmland, this former vineyard has the potential to be re-cultivated for winegrowing, or for other use. This estate is set in impressive surroundings with a magnificent view over the sea and gulf, which attracts sailing enthusiasts every year for the ‘Voiles de Saint-Tropez’ regatta.

• Propriété en indépendance énergétique : eau et électricité, avec une grosse capacité journalière • Piscine miroir, 12 m x 8 m • Terrain paysagé, avec végétation exotique • Ancienne Bergerie en pierre, restaurée et bénéficiant d’un grand confort • Terrain clos, en grande partie, et deux entrées • Accès à la propriété par piste forestière • Piste hélicoptère et possibilité petit avion Stol

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An energy independent property: water and electricity, with a large daily capacity Mirror swimming pool, 40ft x 25ft Landscaped lot with tropical vegetation Former shepherd’s cottage in stone, restored with all modern conveniences Enclosed lot (for the most part) with two entrances Access to the property via a forest track Landing strip for helicopters and STOL aircraft

Prix de vente / Sale price: 3,5 millions € Contact par mail / Please contact via email : 2vodkaorange@orange.fr www.tropical-mag.com 155 ou/or tél : (+33) 06 19 12 37 64


Brûlé Vaval

Fête de la Saint-Barthélemy

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Transat AG2R


SAISON SEASON

2018 2019 NOVEMBRE 2018

Ce programme est sujet à modification sans préavis / All schedules subject to change without prior notice. - Photos CTTSB, Michael Gramm et Guirec Pouliquen.

01 > 04 St Barth Gourmet Festival Festival international de cuisine dans les caraïbes. International festival of cuisine in the Caribbean.

10 > 11 Piteå Day Fête du jumelage St Barth/Suède. Au programme : village artisanal, course des Ti Moun et Gustavialoppet. Commemoration of the twin cities of St Barts and Piteå (in Sweden). Program includes: artisanal village, annual marathon race (Gustavialoppet) and a children’s race.

11 Cérémonie de Commémoration au Monument aux Morts Commémoration armistice guerre 14/18. Commemoration of the armistice of 1918.

14 > 18 St Barth Cata Cup Régate de catamaran sur la plage de StJean. Catamaran regatta off St Jean beach.

31 New Year’s Eve Regatta

AVRIL 2019

Régate amicale autour de l’île, ouverte aux grands yachts présents au Port pour le nouvel an. Friendly sailing contest around the island, open to all yachts spending New Year in St Barts.

04 > 13 Festival du Livre et du Jazz

31 New Year’s Eve Animations musicales sur le quai du Général de Gaulle et feux d’artifices à minuit. Music and dancing on the Gustavia quayside, and fireworks at midnight. Parties in various restaurants.

04 > 05 Ballet

Grand tournois de tennis pour les jeunes inters caraïbes. Major tennis tournament between children of the Caribbean islands.

Prestation de Ballets sur le quai Général de Gaulle, avec des danseurs de l’Opéra de Paris. Ballet on the Gustavia quayside, with dancers from the Paris Opera.

12 > 20 Festival de Musique Classique ST BARTH MUSIC FESTIVAL Concert de jazz et musique de chambre dans les Eglises de Gustavia et Lorient avec des artistes de renommée internationale. Jazz and classical music concerts in the churches of Gustavia and Lorient, with artists of international renown.

FEVRIER 2019

01 Fête des Pompiers

Parade de carnaval pour les écoliers. Costume parade for children in the streets of Gustavia.

Journée nationale d’hommage aux Morts. National memorial day to honor the dead.

13 > 23 Village de Noël Marché d’artisans locaux, animations diverses sur le quai Général-de-Gaulle. Christmas market and festivities on the Gustavia quayside.

6 jours de régates avec les plus beaux voiliers du monde, des yachts classiques aux maxi yachts. 6 days of racing with the top sailing boats of the world, from classic yachts to maxi yachts.

22 > 01/05 Kids Trophée

07 Carnaval des écoles

05 Cérémonie de Commémoration au Monument aux Morts

14 > 20 Voiles de St Barth

JANVIER 2019

DECEMBRE 2018

Grande parade des engins de secours dans les rues de Gustavia avec séance photo pour tous, et bal organisé. Parade of fire engines in the streets of Gustavia, with photo opportunities for all; music and dancing.

Intervention d’auteurs dans les écoles, lectures de textes et poésies, atelier divers, dédicaces et bourses aux livres. School visits by authors; reading of stories and poems; miscellaneous workshops; book signings and second-hand book exchange.

MARS 2019 05 Mardi Gras Parade ouverte à tous dans les rues de Gustavia. Costume parade open to all in the streets of Gustavia.

21 > 24 Bucket Regatta 3 jours de régates amicales autour de St-Barth et regroupant certaines des plus grandes et prestigieuses unités au monde. 3 days of friendly sailing races around St Barts, with some of the largest and most prestigious yachts in the world.

26 > 28 West Indies Regatta 3 jours de fête autour de la voile traditionnelle Caribéenne. Cette manifestation est plus un festival de vieux bateaux en bois qu'une compétition, le but étant de promouvoir et encourager leurs constructions dans la Caraïbe. 3-day annual event celebrating traditional West Indian sailing boats. More of a wooden boat festival than a competitive regatta, to promote and encourage traditional boatbuilding in the Caribbean.

28 > 05/05 Festival du Film Caraïbe 5 jours de présentation de divers films sur le bassin et la culture caraïbe. 5 days of films centered on the Caribbean and its culture.

MAI 2019 01 Le Tour de St Barth Week-end de voile sur la plage de St Jean. Weekend of racing around the island for windsurfers and catamarans; off St Jean beach.

03 > 26 Festival de Théâtre Une semaine de théâtre organisée par SB Artists, accueillant des artistes et des Cies professionnels de métropole. One week of performances by the local company, SB Artists, together with actors from France.

Championnat d’échecs Concours organisé par Saint-Barth Echecs. Chess competition organized by the St Barts Chess Association. www.tropical-mag.com

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JUIN 2019

24 Fête de Saint-Barthélemy

21 Fête de la Musique

Commémoration du Saint Patron de l’île. Cérémonies officielles, régates, jeux et animations diverses, bal sur le Quai Général de Gaulle. In honor of the island’s patron saint: official ceremonies; boat races; as well as various games, activities, music and dancing, on the Gustavia quayside.

Animation sur le quai Général de Gaulle. Concerts on the Gustavia quayside.

JUILLET 2019

25 Fête de la St-Louis

14 Fête nationale Feux d’artifices et bal sur le Quai Général de Gaulle à Gustavia. Bastille Day: fireworks and dancing on the Gustavia quayside.

St. Barth Summer Camp Programme de yoga qui a pour but d’optimiser votre potentiel personnel. A yoga and fitness challenge.

27 > 28 Fête des quartiers du Nord Jeux, animations diverses et bal organisés par l’ASCCO sur la plage de Flamands. Various games and activities; music and dancing on Flamands beach.

Jeux, animations diverses sur la plage de Corossol organisés par l’ALC et bal sur le Pont de la Jeunesse à Corossol. Various games and activities on Corossol beach; music and dancing.

OCTOBRE 2019 31 > 04/11 St Barth Gourmet Festival Festival international de gastronomie dans les Caraïbes. International festival of cuisine in the Caribbean.

AOUT 2019

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01 > 14 Open de Tennis de St Barth L’événement sportif de l’été. Le plus grand tournoi de tennis Homologué, où peuvent participer hommes, femmes et enfants, à la Plaine des jeux à St-Jean. Considered the event of the summer, this is the largest official tennis tournament on the island. For men, women and children, at St Jean sports center.

03 > 04 Fête des quartiers du vent Jeux, animations diverses sur la plage de Lorient organisés par l’AJOE et bal sur le plateau de l’AJOE. Various games and activities on Lorient beach; music and dancing at AJOE, Lorient.

13 Fête de Gustavia Jeux, animations diverses et bal sur le quai Général de Gaulle. Various games, activities, music and dancing, on the Gustavia quayside.

St Barth Catacup

Comité Territorial du Tourisme Quai du G. de Gaulle, Gustavia - 97133 Saint-Barthélemy T. +590 (0)590 27 87 27 - info@saintbarth-tourisme.com

www.saintbarth-tourisme.com

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St Barth Gourmet Festival


Tropical Saint-Barth Saison 2018 / 2019 - n°28

tropical S A I N T- B A R T H LIFESTYLE AND DESTINATION MAGAZINE

Saint Barth la Magnifique, serait-ce un petit bout de Terre préservée ? dans une Biosphère qui se meurt !

Magnificent St Barts Can this small corner of the Earth be preserved … in a dying biosphere?

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Tropical Magazine - 2019 - St Barth - N° 28  

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