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toute la douleur du monde. Pour mieux l’intérioriser et la transcender.

Une géographie spirituelle

Ses classes artistiques, André Raboud les a accomplies seul au fil de ses voyages au long cours. Et moins dans les livres et les musées qu’au contact des populations et des cultures lointaines, dans le temps comme dans la géographie, vers lesquelles l’aimantent sa quête métaphysique et son besoin d’absolu. D’abord la Crête. Même si l’artiste invoque une destination qui était alors bien plus le fruit du hasard ou d’une opportunité que d’un choix réfléchi, la révélation qu’il y ressent montre une attirance moins forte vers les grandes époques classiques que vers les périodes archaïques : celles de la mystérieuse genèse des formes, celles des commencements qui portent en germe les sommets d’accomplissement et de perfection à venir. Les révélations et les enseignements féconds des voyages qui suivront seront tous marqués au sceau de ce désir éperdu de retourner aux origines des mythes et des cosmogonies que l’homme s’est inventés pour s’expliquer le monde, la vie et la mort : les Celtes, les Indiens d’Amazonie, les Mayas, l’Inde, le Japon. Le sculpteur cultive une passion ardente pour les décentrements tant culturels que spirituels. Parce que ces décentrements-là, il les ressent précisément comme allant droit à l’essentiel, au cœur des questions fondamentales, au centre du grand mystère. Au fil de ses pérégrinations lointaines, en assimilant toutes ces inspirations métissées, il se fabrique – instinctivement toujours – un syncrétisme tout personnel. Pourtant, si les influences sont parfois perceptibles, elles ne donnent jamais dans le mimétisme, l’exotisme d’emprunt ni la veine ethno. Tout au plus peut-on voir quelques plumes ou ligatures « celtiques » ici ou là, quelques A.R.

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Prix Culturels de l'Etat du Valais 2011  

Catalogue: Prix Culturels de l'Etat du Valais 2011 / Katalog: Kulturpreise des Staates Wallis 2011 Prix Culturel / Kulturpreis: André Raboud...

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