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TOUT SUR LE CACAO EQUITABLE

Sommaire Le marché du cacao 1. Ghana: Impact dans le cas d’un très petit pourcentage du chiffre d’affaires réalisé en Fairtrade (3%) - Kuapa Kokoo 2. République Dominicaine : Impact dans le cas d’un faible pourcentage du chiffre d’affaires réalisé en Fairtrade- (10%) - Conacado 3. Bolivie : Impact dans le cas de 50% du chiffre d’affaires réalisé en Fairtrade - El Ceibo 4. Belize : Impact dans le cas de 100% du chiffre d’affaires réalisé en Fairtrade - Toledo Cocoa Growers Association __________

LE MARCHE DU CACAO Les petits cultivateurs qui commercialisent sur le marché mondial des matières premières telles que le cacao, par exemple, ont toujours été fragilisés par la chute des cours. N’étant pas en mesure d’exercer la moindre influence sur les prix, ces cultivateurs et leurs familles deviennent de plus en plus pauvres. Cette situation lamentable résulte de la crise continue qui affecte le secteur du cacao. Selon la Commission européenne, la suppression de la politique d’intervention internationale à la fin des années 80 et les modifications de marché des années 90 dans les pays en développement ont littéralement laissé tomber les petits cultivateurs. Aujourd’hui, les paysans vivent toujours dans l’insécurité. Bien que le cours du cacao soit actuellement favorable, il est susceptible de rechuter demain. Durant la dernière décennie, le prix du cacao a baissé jusqu’à atteindre $714 dollars la tonne. Ce cours mondial ne permettait même pas aux cultivateurs de cacao de couvrir leurs frais de production, avec toutes les conséquences que l’on imagine !

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Max Havelaar/Fairtrade contribue à diminuer les risques liés aux fluctuations des cours du marché en proposant un filet de sécurité. Les coopératives de cultivateurs certifiées Fairtrade reçoivent pour leur production un prix équitable qui doit toujours au moins couvrir les frais de production. Par ailleurs, l’établissement d’une relation commerciale à long terme avec des entreprises et consommateurs du Nord leur assure une plus grande sécurité de revenus. Selon les normes internationales du commerce équitable pour le cacao, le client paie à la coopérative un minimum de $ 1.600 la tonne de fèves de cacao certifiées Fairtrade. De plus, ce client paie également une Prime Fairtrade. Cette prime, d’un montant de $ 150 la tonne, est destinée à les aider à rattraper leur retard. Si le cours mondial du marché grimpe au dessus de $1.600 la tonne (= prix minimum du Fairtrade), ce prix mondial est alors adopté et complété par la prime de $150 la tonne.

Le système du Fairtrade constitue donc une alternative équitable aux prix (généralement) très bas du marché en offrant aux coopératives de cultivateurs et à leurs membres des conditions commerciales et un prix équitables, quel que soit le niveau d’équité du marché conventionnel au même moment. Malgré la croissance rapide du marché du commerce équitable, beaucoup de coopératives de cultivateurs certifiées Fairtrade ne sont pas en mesure de vendre l’entièreté de leur production aux conditions du Fairtrade. Vous découvrirez ci-dessous plus de détails sur l’apport du commerce équitable. Nous vous présentons les cas de quatre associations de cultivateurs, dont le pourcentage du chiffre d’affaires réalisé en Fairtrade varie de 3 à 100%.

1. KUAPA KOKOO (GHANA)

Cacao d’Afrique de l’Est

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Une bonne partie de tout le chocolat provient d’Afrique de l’Est. La production de fèves de cacao y constitue une des principales sources de revenus. Au Ghana, la vente du cacao représente 40% des exportations. Malheureusement, seule une faible partie de ces revenus revient aux cultivateurs. Comme la vie est très dure pour les cultivateurs de cacao, le travail des enfants, voire l’esclavage, sont pratiqués dans plusieurs pays voisins tels que le Mali, le Burkina Faso, le Bénin et le Togo. En 2001, l’Organisation Internationale du Commerce a publié, avec d’autres, un rapport sur l’esclavage des enfants dans un grand nombre de plantations de cacao en Côte d’Ivoire (43% de tout le cacao provient de Côte d’Ivoire). Une enquête complémentaire réalisée par l’Institut International d’Agriculture Tropicale a révélé que 284.000 enfants âgés de 9 à 12 ans étaient contraints de travailler dans des conditions dangereuses sur des plantations de cacao d’Afrique de l’Est. 12.000 de ces enfants sont présumés avoir été amenés là par des filières de commerce d’enfants.

A propos de la coopérative Kuapa Kokoo Kuapa Kokoo (qui signifie ‘cultivateur de bon cacao’) a été créée en 1993. L’objectif de Kuapa Kokoo était de renforcer la position des petits cultivateurs de cacao en obtenant ensemble de meilleures conditions pour leur production. La coopérative s’est, depuis, élargie à 48.000 membres, dispersés dans 1124 villages répartis dans 24 régions du Ghana. Kuapa Kokoo est la plus grande coopérative de cultivateurs du Ghana et cette initiative émane des paysans eux-mêmes. Elle couvre le Sud du Ghana ainsi que les districts d’Ashanti, Brong Ahafo, Western Central et des régions de l’Ouest.

Kuapa Kokoo et le Fairtrade Kuapa Kokoo a été certifiée Fairtrade en 1995, deux ans après son démarrage. Vu son énorme ampleur (plus de 48.000 membres dans 1124 villages) Kuapa Kokoo ne vend que 3% de ses fèves de cacao aux conditions du commerce équitable. Le Fairtrade ne collabore qu’avec des coopératives de cultivateurs, jamais avec des cultivateurs individuels. Tous les revenus de la Prime du Fairtrade alimentent directement le fonds du syndicat des cultivateurs (Kuapa Kokoo Farmers Trust Fund (KKFTF)). Ce fonds est géré par un ‘board of trustees’ composé notamment de cultivateurs. Ces derniers sont élus démocratiquement. Les paysans déterminent en commun l’affectation de l’argent du Fairtrade. Malgré le faible pourcentage vendu aux conditions du Fairtrade (3%), le commerce équitable a déjà fourni un apport significatif à l’amélioration du bien-être des cultivateurs et de leurs communautés. Les paysans choisissent d’investir la plus grande partie de l’argent du Fairtrade dans des projets communautaires et seule une petite partie fait l’objet d’un partage entre tous les cultivateurs. L’impact sur les revenus individuels est dès lors négligeable. Mais les progrès acquis par les communautés sont, pour une grande part, dus au Fairtrade bien que, en raison du faible chiffre d’affaires réalisé en commerce équitable, ces progrès ne soient pas visibles dans chacun des 1124 villages.

Exemples de réalisations illustrant l’impact du Fairtrade sur Kuapa Kokoo : • • • •

la construction d’écoles capables d’accueillir les enfants dès qu’ils ont l’âge de la scolarité ; l’aménagement de puits assurant l’approvisionnement en eau potable fraîche; l’amélioration d’infrastructures permettant un transport plus rapide et meilleur marché; des projets d’émancipation des femmes et des formations offrant aux femmes la possibilité d’occuper une place importante comme représentantes des cultivateurs ;

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des moulins à maïs dans le cadre de la diversification des revenus; des possibilités de bénéficier de crédits et services bancaires; un nouvel outillage réduisant la dépendance à l’égard des intermédiaires; une unité de soins de santé mobile pour les membres et leurs villages l’information sur les prix du marché à l’échelle mondiale assurant une meilleure capacité défensive à l’encontre des commerçants malhonnêtes.

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2. CONACADO (République Dominicaine) A propos de CONACADO CONACADO (National Confederation of Dominican Cocoa Producers) a été créée en 1988. Cette association de cultivateurs regroupe quelque 9.000 petits cultivateurs de cacao. 90% des revenus des membres de CONACADO proviennent du cacao. CONACADO a pour objectif de diminuer la dépendance à l’égard des intermédiaires et commerçants en exportant directement vers les marchés de consommation. CONACADO et le Fairtrade CONACADO a reçu la certification Fairtrade en 1995. Grâce aux livraisons réalisées aux conditions du commerce équitable (10% de son chiffre d’affaires total en cacao), CONACADO a pu créer une entreprise horticole pour la fourniture de plants aux cultivateurs de façon à ce que ceux-ci puissent produire leur propre nourriture. Inspirées par le succès de CONACADO, plusieurs épouses de cultivateurs ont lancé de petites entreprises qui produisent du vin, de la liqueur, du jambon, du chocolat et des engrais biologiques. CONACADO soutient ses membres de plusieurs façons : • Soutien financier : la coopérative offre des prêts sans intérêt et des possibilités de crédit. • Aide à l’exportation : stockage des récoltes et transport à destination du marché. CONACADO aide, par ailleurs, ses membres à obtenir de meilleurs prix pour le cacao. • Infrastructure locale : CONACADO contribue à l’entretien des routes et ponts de la région et veille à améliorer l’accès à l’eau potable. • Soins de santé : la coopérative investit dans l’amélioration des soins cliniques locaux. Elle assure aussi un accompagnement médical gratuit et des sessions d’information. • Formation/enseignement : CONACADO soutient la construction d’une nouvelle école et a contribué à la construction d’écoles dans 5 régions. Des bourses d’étude sont également prévues pour les étudiants qui n’ont pas les moyens de se payer des études. • Amélioration de la qualité : CONACADO a récemment construit 5 nouveaux centres de fermentation, 8 nouveaux centres d’assèchement et deux entrepôts centraux.

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3. EL CEIBO (BOLIVIE) A propos d’El Ceibo El Ceibo est une coopérative certifiée Fairtrade de Bolivie. El Ceibo est implantée dans le Nord-Ouest de la Bolivie, dans la zone d’altitude la plus élevée de la région d’El Beni,Alto Beni/Yungas ; soit la zone subtropicale de Bolivie. El Ceibo est constituée de 38 coopératives regroupant près de 800 familles. Tous les cultivateurs, propriétaires chacun d’un terrain de 3,14 hectares en moyenne, sont membres d’une de ces 38 coopératives, elles-mêmes placées sous la coordination de la coopérative centrale. El Ceibo traite et commercialise le cacao tout en fournissant un soutien technique aux cultivateurs.

El Ceibo et le Fairtrade Dans les années 60, Alto Beni était une colonie. Les colons recevaient une petite ferme du gouvernement et devaient s’affilier à la coopérative publique. Suite à la faillite des pouvoirs publics, les cultivateurs de cacao se sont retrouvés privés de soutien au niveau de la vente et de la distribution. Ils ont alors dû se tourner vers des intermédiaires qui achetaient leur production à La Paz. Les paysans recevaient un prix ridiculement bas pour leur cacao car ils n’avaient aucune connaissance des cours du marché. De plus, les intermédiaires ‘payaient’ souvent le cacao au moyen d’autres marchandises plutôt qu’en argent. Au début des années septante, les cultivateurs, réalisant que ce système ne pouvait continuer, ont commencé à créer des coopératives. El Ceibo a été certifiée Fairtrade en 1997. Les ventes aux conditions du commerce équitable jouent un rôle important dans le développement d’El Ceibo. Près de 50% de sa production totale est vendu au réseau du Fairtrade. Exemples de réalisations illustrant l’impact du Fairtrade • Soutien à l’enseignement : la coopérative contribue au paiement des études des enfants de ses membres. • Sécurité médicale : tous les membres de la coopératives ont droit à une assurances frais de maladie et accidents. De plus, le ‘Safety Fund’ intervient en cas d’urgence médicale. • Amélioration de l’infrastructure : les membres d’El Ceibo ont investi dans l’achat de camions et dans l’amélioration de leur usine de traitement. • Amélioration de techniques agraires durables: la coopérative a investi dans une ferme productrice de plants de cacao, a mené des recherches relatives à des productions alternatives et encouragé la production biologique. • Développement de programmes ‘Food Security’ : la coopérative a développé plusieurs programmes visant à réduire la dépendance à l’égard des exportations de cacao.

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4. TOLEDO CACAO GROWERS ASSOCIATION (BELIZE) A propos de la TCGA La Toledo Cacao Growers Association (TCGA) a été créé en 1986, dans le cadre d’un projet de développement de l’USAID. Les cultivateurs produisaient à l’origine du cacao destiné au "chocolatl", une boisson au cacao d’un goût relevé, consommée lors de rites religieux. La collaboration fut fructueuse jusqu’en 1991, lorsque le cours du cacao chuta à la moitié de sa valeur antérieure. Beaucoup de paysans n’eurent alors d’autre choix que de vendre leur ferme et de partir chercher du travail dans des villes lointaines ou sur des plantations de citrons. TCGA et le Fairtrade In 1993, le Fairtrade retourna la situation. Les gens retrouvèrent une raison de revenir et de recommencer. Progressivement, la confiance dans le marché s’accrut et les cultivateurs, encouragés à produire plus, retrouvèrent les plaisirs de la vie au village. Ces dix dernières années virent une augmentation considérable de leur vente de cacao aux conditions du commerce équitable. Les résultats en sont tangibles, notamment au niveau de l’amélioration des conditions d’habitat et des maisons dans les villages les plus retirés. Beaucoup de familles peuvent à présent se permettre d’envoyer leurs enfants à l’école. Et en cas de maladie, elles peuvent se payer des médecins et des soins de santé. « Depuis que je suis certain d’obtenir un prix équitable grâce au Fairtrade, j’ose investir davantage dans de nouveaux plants, de meilleure qualité. Ce qui augmente la rentabilité de ma production. J’ai deux filles qui vont à l’école. C’est grâce aux revenus des investissements réalisés il y a quatre ans que je peux aujourd’hui leur payer des études. » Ignacio Ash, membre de la TCGA La TCGA est une coopérative certifiée Fairtrade qui vend l’entièreté de sa récolte de cacao à un acheteur, aux conditions du Fairtrade. Mais les cultivateurs affiliés à la TCGA bénéficient d’une très grande sécurité car la barre de chocolat ‘Maya Gold’ est commercialisée sur base de leur histoire. Leur dépendance totale à l’égard d’un seul acheteur peut être considérée comme dangereuse. Tous leur revenus sont en fin de compte dépendants de ce seul interlocuteur. Les conditions du commerce équitable veillent au bon paiement des sommes dues et à ce que les contrats soient de toutes façons valides pour au moins un an de récolte. Ainsi les cultivateurs peuvent mieux planifier leur avenir. Quoique le Fairtrade contribue à l’établissement de relations commerciales durables, celles-ci, tout comme sur le marché conventionnel, ne constituent naturellement pas une obligation. Les cultivateurs affiliés à la TCGA tirent grand profit de leur relation personnelle avec l’acheteur. Ils jouissent actuellement de la sécurité d’un contrat qui leur garantit l’achat de leur récolte durant 5 ans minimum. De plus, la TCGA constitue l’un des éléments de la stratégie à long terme de l’acheteur. Ce dernier est lui-même un fabricant certifié Max Havelaar/Fairtrade : il paie toujours au moins le prix minimum du commerce équitable ainsi que la Prime du Fairtrade. Ce montant garantit la couverture des frais de production même si les prix du marché tombent très bas et laisse encore une marge pour des investissements. De nombreuses coopératives de cultivateurs utilisent la Prime du Fairtrade pour financer des projets communautaires. Comme il est d’usage dans le système du Fairtrade, les cultivateurs décident euxmêmes de l’affectation de la Prime, le principe étant qu’il s’agit de leur argent et qu’ils l’utilisent comme bon leur semble. Les cultivateurs de la TCGA ont choisi de partager ce revenu supplémentaire entre tous les cultivateurs affiliés.

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/Impact_4_org_de_cacao_FR  

http://www.maxhavelaar.be/files/u2/Impact_4_org_de_cacao_FR.pdf

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