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REVUE DE PRESSE

QUICHOTTE D’après Miguel de Cervantes Mise en scène Isabelle Starkier Avec Eva Castro

Star Théâtre / Compagnie Isabelle Starkier 63 place du Docteur Félix Lobligeois, 75017 Paris Résidence : L’Avant-Seine - Théâtre de Colombes 01 56 05 32 04 / star.theatre@wanadoo.fr www.startheatre.fr


Un plaisir de Quichotte L’épopée de Cervantès en petit format mais avec une grande efficacité aux théâtres de l’Opprimé et de Mouffetard.

Les grandes œuvres se moquent du temps. Lorsqu’il fut écrit par Cervantès, Don Quichotte était déjà anachronique. Son personnage s’y débattait avec les armes d’un passé révolu. Mais il s’agissait du pays de l’imaginaire, hors de toute chronologie. Et le chevalier à la triste figure s’en est affranchi doublement, ses aventures parlant autant aux enfants qu’aux vieillards. L’évocation poétique de sa folle épopée cultive les rêves des premiers, les souvenirs et la philosophie des secondes. C’est ce récit que propose la metteure en scène Isabelle Starkier dans une petite forme extrêmement dynamique et efficace. Il tient sur la performance de son unique comédienne, Eva Castro, entourée d’excellentes marionnettes qu’elle anime avec adresse. Elle surgit d’un drap à la fois sol et tenture, en habit de nuit, comme ses poupées de chiffon. D’abord Quichotte, elle manipule Sancho, puis jouant le valet, elle manœuvre son maître. Comme si, aux rêves de l’un répondait les songes de l’autre. Réalité et imaginaire s’entremêlent dans ce jeu de miroirs, faisant un bout de chemin ensemble avant de se séparer puis de se réaccorder. D’une énergie communicative et d’une grande fidélité à l’esprit du texte, à voir entre grands, entre petits ou en famille. Théâtre de l’Opprimé, jusqu’au 23 décembre. Du mardi au samedi pendant les vacances à 14h30 au Théâtre Mouffetard Jean-Luc Bertet mardi 20 décembre 2011


Novembre 2011


Quichotte Du 30 novembre 2011 au 7 janvier 2012 Note de la rédaction : Bien L’œuvre de Cervantès est dense et l’adaptation de "Don Quichotte" à la scène pour un jeune public ressemble à une gageure. La mise en scène d’Isabelle Starkier la relève en partie : le seul en scène d’Eva Castro est une performance. Pour raconter ces merveilleuses aventures, elle est le chevalier errant ou son fidèle Sancho Pança et tous les autres rôles, alternant le jeu et la manipulation des marionnettes. Toutes les belles idées “marionnettiques” et scénographiques fonctionnent. En revanche, le texte, le plus souvent sous la forme dialoguée, est trop abondant ; les changements de rythmes et de personnages sont alors bienvenus. Un spectacle pour entrer dans l’univers attachant du fou et de ses chimères. Françoise Sabatier-Morel


Sortir

L’actualité culturelle de la quinzaine 2 décembre 2011

THÉÂTRE L’HOMME DE LA MANCHA Entre voiles et costumes bigarrés, l’homme s’avance, prêt à affronter tous les moulins à vent ! L’objectif de Don Quichotte : terrasser le mal et libérer les opprimés de leurs servitudes… Un saint ou un illuminé, ce chevalier en croisade qui caracole par monts et par vaux en quête de justice et de liberté ? Un homme surtout qui ose vivre debout, sans crainte des quolibets et railleries. Pourtant seule en scène, la comédienne Eva Castro, émouvante et convaincante de vérité, se fait multiple derrière ses masques et pantins pour offrir au final, grandeur nature, la véridique et féerique épopée de la gente humaine. Isabelle Starkier réussit une superbe adaptation du roman de Cervantes, invitant petits et grands à ne jamais renoncer à se battre jusqu’au bout pour qu’adviennent leurs projets fous. « Mourir, dormir, rêver peut-être », clame encore Quichotte ! Y.L. Jusqu’au 23/12 au Théâtre de l’Opprimé (Tél: 01 43 40 44 44), les mercredis et samedis à 14 h 30 jusqu’au 7/01/12 au Théâtre Mouffetard (Tél. : 01 43 31 11 99).


INTERNET

Blog Terres Nykthes 31 juillet 2010

Doña Eva Castro de la Mancha L’Ingénieux

Hidalgo Don Quichotte de la Manche, titre français du monument littéraire écrit par Miguel Cervantès au début du XVIIe siècle est, encore aujourd’hui, l’un des textes les plus lus au monde, de ceux que l’on connaît sans en avoir lu le moindre mot tant ils sont inscrits dans la culture collective, jusque dans les expressions les plus courantes – qui n’a jamais combattu des moulins à vent, ou offert des fleurs à sa dulcinée? D’une grande nouveauté lors de sa parution par la rupture qu’il représente par rapport à la littérature médiévale – notamment dans ses structures narratives, ou par les diverses interventions de l’auteur dans son récit – le roman de Cervantès est considéré par nombre d’érudits actuels comme "le premier roman moderne". L’on comprend aisément qu’en quatre siècles il ait inspiré quantité d’artistes en tous domaines, de la musique aux arts plastiques en passant par le théâtre, sans oublier le cinéma – dès 1903, Ferdinand Zecca et Lucien Nonguet réalisaient Les Aventures de Don Quichotte de la Manche (source: article "Don Quichotte" de l’encyclopédie libre Wikipedia).

La

version théâtrale qu’en offre la compagnie d’Isabelle Starkier est une adaptation au sens fort du terme, qui va au-delà des modifications qu’impose à elle seule la transposition scénique d’une œuvre romanesque. Le texte d’origine a bien sûr dû être traduit et le récit élagué – cette vaste fresque comique, initiatique et édifiante de plus de mille pages écrite en espagnol ancien est devenue un spectacle francophone d’une heure… De la longue suite d’aventures traversées par Sancho, Don Quichotte et Rossinante n’ont été gardées que les plus emblématiques; de petites allusions ont été ajoutées qui fonctionnent à merveille sans heurter la cohérence du texte. Et quand Eva Castro, la comédienne sévillane qui interprète la pièce seule sur scène, dit en espagnol les quelques phrases issues du texte d’origine avant de les répéter en français, cela pose dans son énonciation de délicates touches mélodiques résonant agréablement avec les infimes traces musicales que sa langue maternelle a laissées dans son français, par ailleurs parfait. Quant à la scénographie, elle n’est que luxuriance – mais une luxuriance parfaitement maîtrisée malgré la profusion d’éléments signifiants, qui émerveille sans induire en confusions.


Métaphore des apparitions et de tous les Débuts, le blanc est omniprésent dans le décor – un drap blanc est posé au sol d’où va émerger la comédienne comme les fantasmagories de l’esprit de Don Quichotte; le justaucorps d’Eva Castro par-dessus lequel vont se succéder les costumes est blanc comme sont vierges les pages d’un livre avant que le romancier commence d’écrire son histoire. Et en fond de scène est tendue une toile blanche où sont tracés des mots en désordre, évoquant le chaos mental qu’a provoqué dans l’esprit d’Alonso Quichano la lecture des innombrables romans de chevalerie contenus dans sa vaste bibliothèque…

Une fois jouées les émergences et lancée la machine à rêve, il n’y a plus de temps mort:

superbement mis en valeur par de belles lumières et une bande sonore des mieux choisies, les événements scéniques s’enchaînent, portés par une fascinante comédienne aux talents multiples. La souplesse fluide de ses mouvements ne peut être que d’une danseuse. Elle exprime avec son visage et son regard une gamme d’émotions aussi large que nuancée, et semble pouvoir plier sa voix à toutes ses intentions – tantôt grave et profonde, tantôt rauque et peu après fluette, parfois chevrotante, ou imitant celle du ventriloque… sa voix reste juste, et convaincante. Jamais le texte, dont on entend chaque mot et qu’elle infléchit avec infiniment de subtilité, ne pâtit de ces modulations extrêmes. Eva Castro joue de sa voix comme des costumes qu’elle endosse et quitte les uns après les autres et dont chacun est en soi un dispositif théâtral, avec poches et replis d’où va sortir une marionnette, un accessoire, un masque… La comédienne se mue elle-même en castelet, image vivante du théâtre à l’intérieur du théâtre et figure magnifique des mascarades et jeux de dupe qui se croisent, s’accumulent et s’annulent tout au long du roman dans une joyeuse complexité.


Fête

visuelle où la musique est harmonieusement invitée, cette adaptation du roman de Cervantès, servie par une interprète exceptionnelle, est d’une richesse qui répond fort bien, me semble-t-il, à celle de l’œuvre originale et à ses nombreux niveaux de lecture. Tout en étant sensible aux qualités d’ensemble du spectacle l’on pourra apprécier plutôt, selon sa sensibilité, le jeu d’Eva Castro, la manière dont le texte a été adapté, l’esthétique du décor et des accessoires, l’inventivité de la mise en scène, etc. Quant aux enfants, ils seront à coup sûr pris très vite dans la dynamique de la pièce et enclins à rire de l’aspect des marionnettes, de la gestuelle et des changements de voix de la comédienne autant que de ses tenues à malice… dussent-ils ne pas très bien "comprendre l’histoire", à l’instar de ce jeune spectateur qui, en quittant le jardin de l’abbaye Sainte-Claire, disait à sa mère qu’il n’avait pas compris ce qui se passait – mais saisir l’incroyable enchaînement d’aventures et la démultiplication des feintes qui soustendent la fable, sans parler des significations profondes de celle-ci, n’est-il pas difficile pour tous, à moins de bien connaître le roman?

Spectacle tout public par excellence, le Quichotte de la compagnie d’Isabelle Starkier est une formidable féerie, drôle et luxuriante, à voir et à revoir – que l’on soit ou non familier des aventures de L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche. Publié par Yza Dans le cadre du Festival des Jeux du Théâtre de Sarlat 2010


Avignon Off 2011 – Enfants d’aujourd’hui, spectateurs de demain Delphine Kilhoffer 17/07/2011 Avec une centaine de spectacles officiellement répertoriés « pour enfants » et plusieurs dizaines d’autres classés « tout public », mais tentant clairement de séduire les jeunes spectateurs, le Off peut se vivre à un rythme familial. Pour les plus petits, nous vous recommandions Rumba sur la lune et Histoires de chaperons. Et les autres ? Pas d’inquiétude, les pré-ados trouveront aussi leur bonheur dans l’offre festivalière – voici quelques suggestions pour un parcours alliant pédagogie et divertissement.

esprit à l’image de son armure dorée yeux. Le sourire et le rire affleurent projection sonorisée en direct par tendresse, nous laissant repartir avec

Entre rêve et réalité Après un classique du théâtre avec Molière, pourquoi ne pas se lancer dans un chef-d’œuvre de la littérature ? Isabelle Starkier met en scène une très jolie relecture de la célébrissime histoire du chevalier de la Mancha. Dans Quichotte, seule en scène avec des marionnettes et quelques accessoires, l’étonnante comédienne Eva Castro donne vie au mythe tout entier. Une vision poétique et touchante qui permet d’entrer dans l’esprit délirant de Don Quichotte. Un et craquelée : il brille et à la fois s’effrite sous nos aussi, avec notamment une scène très réussie de Castro. Quichotte se termine sur une note de des bribes de rêves dans le cœur.


Un Quichotte plein de surprises 27 JUILLET 2011 Une forme s’agite sous des draps. C’est Eva Castro, la comédienne. Elle nous embarque seule pendant une heure dans l’univers de Cervantès. Isabelle Starkier a adapté ce célèbre roman. Ce n’est pas une mince affaire de résumer toutes les aventures de Don Quichotte en si peu de temps. Elle a délibérément pris le choix de nous faire rêver en sélectionnant certains passages (les moulins, les forçats ou encore le règne éphémère de Sancho sur l’île du Baratin). Et le pari est gagné avec cette actrice qui est une véritable magicienne. Eva Castro interprète tous les rôles de Don Quichotte à Sancho en passant par la Duchesse d’Alice avec une facilité déconcertante et une concentration qui force l’admiration, tant elle a de choses à faire sur le plateau : changements de costumes, manipulation de marionnettes… La mise en scène d’Isabelle Starkier recèle plein de petites surprises et de trouvailles. Elle a travaillé avec la scénographe Anne Bothuon et le peintre Jean-Pierre Benzekri qui a calligraphié sur des draps des morceaux de textes de l’œuvre de Cervantès. L’ensemble illumine le visage expressionniste d’Eva Castro. Stéphane CAPRON Avignon Off 2011


QUICHOTTE Cie Isabelle Starkier/ Star Théâtre Adapté du roman de M Cervantès Avec Eva Castro. Tout public à partir de 8 ans. 1 h A la Condition des Soies jusqu'au 31 juillet à 16h35. Par Cathy de Toledo Vendredi 15 juillet 2011 Magnifique décor tout en ocre et beige que la salle ronde aux murs de pierres met encore plus en valeur. D’abord, la voix, en préambule, avant que la comédienne ne se dresse… Eva Castro, qui va très vite endosser le rôle de ce pauvre gentilhomme que la lecture assidue des livres de chevalerie a rendu un peu fou. Au point qu’il veut ressusciter la tradition du chevalier errant, s’autoproclame justicier, prend les armes, se choisit une « dame de cœur », Dulcinée, et un écuyer, Sancho Pansa, transforme son vieux cheval amaigri en un fougueux destrier, Rossinante. Il est fin prêt pour combattre le mal et défendre les opprimés ! Dans un premier temps, Eva Castro incarne don Quichotte tout en manipulant et prêtant sa voix à la marionnette de Sancho Pansa. Les rôles seront ensuite inversés, et ce à plusieurs reprises, avec une extraordinaire fluidité, Don Quichotte devenant marionnette… Très fidèle au texte de Cervantès, ce magnifique spectacle est mené de mains (et de voix !) de maître par une comédienne qui rend les deux personnages attachants, pas si fou que çà pour l’un et pas si bête pour l’autre … Un beau spectacle à voir en famille pour le plus grand bonheur de tous.


20 juillet 2011

Statue de gloire du chevalier C’est un simple drap en forme de sac qui se déplie en livre de toile et devient une scène fragile et protectrice d’où surgit bondissant et dansant un personnage lumineux et mystérieux, tendre et fort. Quichotte (Eva Castro) conteur inspiré, porteur de ses rêves de chevalier, épris de justice, victime confiante de la farce des autres, trop lunaire de son rêve éveillé pour ne pas être réprouvé, inadapté et mélancolique, Quichotte, donc, se raconte. Se démultiplie par le verbe. Objet de lui-même. Et le geste devenant marionnette envoûte le spectateur. La petite forme proposée, si simple en apparence, emporte l’adhésion. Isabelle Starkier l’air de ne pas y toucher conduit le spectateur de l’autre côté du miroir. Là où la vie nous est un songe. Seule vérité mais essentielle portée par ce nouvel Arlequin blanc qu’est Eva Castro : sa dans(e)sité, sa voix, sa main élevant son corps si tonique et altier… Statue de gloire du chevalier. Olé ! Jean Grapin


La Revue marseillaise du théâtre 29 juillet 2011

Don Quichotte : l’extraordinaire derrière l’ordinaire Avignon Off c’est aussi de formidables spectacles au service de grands textes. Cervantès et son grand enfant de 50 ans Don Quichotte de la Mancha sont mis en scène par la talentueuse Isabelle Starkier dans un spectacle d’une heure porté par l’incroyable prestation d’Eva Castro. Un texte principalement axé sur trois grands axes : l’apprentissage de l’échec, l’humiliation et la sagesse des fous, où se côtoient grand nombre de personnages, tous interprétés par la comédienne dans une mise en scène où l’on croise marionnettes, ombres chinoises, et duchesse en carton. A voir. Mise en scène et décor Isabelle Starkier a fait le choix d’une mise en scène aussi efficace qu’esthétique. Grâce au talent d’Anne Bothuon (pantin, costume et décor), de Jean-Pierre Benzekri (dessins et peintures), et de Bertrand Llorca (lumière) la mise en scène sonne juste. Pour le décor, un grand drap blanc parsemé d’écritures représente le lit/livre de Quichotte dans lequel il puisera toutes ses formidables aventures. Un écran blanc où sont projetés des images, des dessins, des peintures et des phrases, nous fait nous évader dans ce qui pourrait être un film où les scènes se déroulent devant nos yeux comme dans la vie. La musique nous emmène en Espagne par ses sonorités mais aussi grâce, bien sûr, à l’accent d’Eva Castro. Pas de doute le décor est pertinent et enchanteur. On imagine sans difficultés les paysages et les campagnes qu’a traversées Quichotte, tout comme on l’imagine vivant les plus extraordinaires aventures sans quitter son lit, comme un enfant qui se raconte une histoire en jouant avec tout ce qui lui tombe sous la main. Les marionnettes, masques et autres accessoires utilisés pour rendre les personnages bien vivants sont absolument remarquables. Sancho en marionnette au bras de Quichotte, Quichotte à son tour au bras de Sancho, les paysannes sur leur beaux chevaux, la duchesse en carton, tous les personnages se croisent et se décroisent devant nous superbement interprétés par la comédienne à l’incontestable talent. Quant à la mise en scène, le parti pris d’Isabelle Starkier est une lecture du texte selon trois axes principaux. Pour représenter et interpréter au mieux le texte de Cervantès, Isabelle Starkier voulait une actrice qui jouerait tous les personnages. Et pour rendre un spectacle vrai et proche du texte il a fallu faire des choix, se concentrer sur des thématiques précises et représentatives de ce Don Quichotte. Parce que Quichotte est un homme-enfant qui à travers sa vision de la réalité, aide les enfants à « décoder le monde, à décrypter les signes et à savoir regarder derrière le miroir comme Alice » mais aussi à « réinventer les signes cachés, le non-dit, le jeu des mots, les métaphores – tout ce qui appartient au pouvoir du Livre et de son interprétation ». Pour rendre tout ça dans son spectacle, la metteure en scène a donc développé trois axes importants à ses yeux. L’apprentissage de l’échec, que Quichotte fait au travers ses premières aventures mais surtout l’apprentissage de son libre arbitre, la force de se relever et de s’accrocher à ses rêves lorsqu’ils sont beaux, lorsqu’ils sont vrais malgré le jugement d’autrui. L’humiliation est incarnée par le personnage de la Duchesse, et sa cruauté envers Sancho l’obligeant à se donner des coups de fouet pour obtenir son île, renvoient à ce sentiment horrible que l’on ressent dès l’enfance à cause des autres qui, parfois, détruisent toute estime de soi. Finalement, la sagesse des fous est incarnée par le personnage de Sancho qui, une fois roi de l’île du Baratin, se rendra sa liberté en renonçant à son île parce que « le pouvoir détruit ceux qu’il touche ». Aujourd’hui encore cette approche du pouvoir reste d’actualité renvoyant à une incroyable modernité des pensées chez Cervantès, déjà à son époque.


La comédienne Eva Castro n’en n’est pas à son premier coup d’essai. Artiste confirmée elle a d’ores et déjà joué dans plusieurs spectacles comme dans La ville parjure d’Ariane Mnouchkine, Noces de sang de Lorca d’Omar Porras, dans une adaptation du Roi Lear en Espagnole. Dans Monsieur de Pourceaugnac de Molière, la comédienne travaillait déjà avec Isabelle Starkier qu’elle retrouve pour le formidable Don Quichotte. Pour ce rôle la comédienne ne joue pas seulement Quichotte mais aussi Sancho, la duchesse, des paysans et autres personnages. A elle seule, Eva Castro réussit l’exploit de faire vivre l’œuvre de Cervantès sous nos yeux ébahis pendant près d’une heure de jeu. Son talent est incontestable. Elle saute du coq à l’âne, ou plutôt d’un personnage à l’autre, avec leur caractère toujours différent, avec une agilité qui dépasse l’entendement. On assiste, concentré, à la performance d’une comédienne tout aussi extraordinaire que son personnage phare : Quichotte. Energique et chevaleresque pour Quichotte, apeurée et drôle pour Sancho, manipulatrice et cruelle pour la Duchesse, Eva Castro incarne chaque personnage avec une authenticité et une justesse surprenante. On imagine le temps et le travail accompli pour maîtriser tous ces personnages et leur subtilité et on ne peut qu’en saluer le résultat. Eva Castro est une formidable comédienne qui mérite que toute la lumière soit portée sur elle. C’est donc un spectacle enchanteur porté par une superbe actrice qui nous donne l’envie de découvrir ou redécouvrir l’œuvre de Cervantès dans son intégralité, et qui nous laisse songeur et rêveur en proie à de nouvelles aventures que l’on saura vivre si nous aussi on laisse une place à notre âme d’enfant endormi. Comme Quichotte qui va « mourir, dormir, rêver peut-être… », On se surprend à penser « Yo soy quien soy », je suis qui je suis… Clémence Borodine


« Quichotte » d’après Cervantès au Théâtre Mouffetard, mise en scène Isabelle Starkier 19 octobre 2011 Critique de Rachelle Dhéry « On pourra dire que moi je suis qui je suis. Yo soy quien yo soy. » Alanso Quichano de La Manche (en Espagne) est obsédé par les romans de chevalerie. Atteint de folie, il décrète un jour être le chevalier Don Quichotte (« le porteur de vérité » en araméen) et affirme devoir parcourir l’Espagne pour voler au secours des opprimés, combattre le mal et retrouver sa dulcinée Dulcinée, parce qu’après tout, un chevalier a toujours une dulcinée quelque part. Suivi par un paysan pas si sot, Sancho, à qui il promet de lui offrir une île un jour, il traverse de nombreuses épreuves sur son fidèle destrier. Les moutons deviennent une redoutable armée, les moulins, des géants, les prisonniers, des âmes en détresse, les auberges, des châteaux, les personnages de théâtre, des êtres réels et les paysannes, des princesses. Convaincu de son état, il ne perçoit pas les regards moqueurs sur son passage et ne saisit pas l’hypocrisie cynique et perfide de la duchesse, n’évalue pas ses échecs ni ne réalise tout le ridicule de son personnage fantaisiste et inadapté à sa société. Puis, lassé de ses folles aventures, il décide de rentrer chez lui pour « mourir, dormir, rêver peut-être… ». « Car je crois que ce que je dis est comme je le dis, ni plus, ni moins » Pour comprendre l’adaptation de cette célèbre histoire, par Isabelle Starkier, il faut être capable de rêver, de flotter vers ses souvenirs d’enfant, là où les frontières entre le réel et l’imaginaire ont été abolies, là où les personnages des livres prennent vie sous nos yeux avides, où la chambre d’un enfant peut devenir le monde, alors vous pourrez peutêtre comprendre sa mise en scène. Comme dans un livre ouvert ou une chambre d’enfant, l’odyssée fantastique du chevalier Quichotte et de son fidèle écuyer Sancho peut maintenant devenir réalité. « Qui se frotte à l’ail ne peut pas sentir la rose » Quichotte est avant tout une très belle performance scénique et scénographique. Après « Scrooge », d’après Dickens, Isabelle Starkier a voulu revenir aux spectacles pour enfants, en adaptant ce grand monument de la littérature espagnole. Fidèle à ses équipes, elle a choisi Eva Castro, qui avait déjà joué pour elle dans « Monsieur de Pourceaugnac » en 2008, pour interpréter les différents personnages de la pièce. A Anne Bothuon, une plasticienne avec qui elle travaille depuis 2004, elle a confié la création des pantins, des costumes et des décors. Les dessins et peintures ont été réalisés par JeanPierre Benzekri, qui collabore à presque tous ses projets artistiques. Le résultat est magnifique. La comédienne Eva Castro offre une performance remarquable, de comédienne et de marionnettiste, dans une course effrénée à la frontière de la schizophrénie. Quichotte manipule Sancho, comme un prolongement de sa personne. Puis Sancho manipule Quichotte. Et lorsque la duchesse les manipule tous les deux, c’est la surenchère de la folie. Des marionnettes de toutes tailles, des personnages hauts en couleurs, aux costumes soigneusement travaillés, un décor mi-lit, mi-livre en drap peint, des musiques hispanisantes entrainantes, parfois du glauque et de l’effrayant, parfois du rire et de l’étonnement, parfois juste, malgré tous ces pantins, une humanité bouleversante. Bref, un vrai régal pour les yeux. Toutefois, pour le rendre encore plus « adaptable » au jeune public, le spectacle gagnerait sans doute en force, en gardant les mêmes ingrédients, mais en réduisant la vitesse de jeu. La comédienne, aux prises de ses émotions, passe parfois tellement vite


d’un personnage à un autre que les spectateurs peuvent avoir du mal à suivre. Et malgré son très bel accent espagnol, il serait bénéfique de ralentir le flot de paroles, pour rendre ce merveilleux texte plus fluide. Pour finir, les voix des différents personnages sont parfaitement maitrisées et soulignent une nouvelle fois l’incroyable talent de cette comédienne. La seule voix, me semble-t-il, qui pourrait être retravaillée, est celle de Don Quichotte, qui tire un peu trop dans les aigus et décrédibilise le personnage, qui s’efface un peu trop sous les traits de la comédienne. Quichotte D’après : Cervantès Mise en scène : Isabelle Starkier Avec : Eva Castro Lumières : Bertrand Llorca Dessins et peintures : Jean-pierre Benzekri Costume, décor, masques et accessoires : Anne Bothuon Du 8 octobre 2011 au 7 janvier 2012 Mercredi et samedi à 14h30, vacances scolaires du mardi au samedi à 14h30, matinées scolaires les 20 oct., 25 nov., 2, 9 et 15 dec. (relâches les 1er, 9 et 16 nov., 25 déc. et 1er jan.) Théâtre Mouffetard


Sapho chante Léo Ferré QUICHOTTE Théâtre Mouffetard (Paris) novembre 2011 Spectacle jeune public d’après Cervantès interprété par Eva Castro dans une mise en scène de Isabelle Starkier. Un drap remue au centre de la scène. Et là apparaît, tel sorti des montagnes, Don Quichotte de la Manche, bientôt rejoint par son fidèle écuyer Sancho Panza. L’histoire qui nous est racontée est donc bien celle du célèbre chevalier errant en quête d’exploits (et de sa "Dulcinée") qui, sur Rossinante son vieux cheval, s’en va défier les géants (à moins que ce ne soient des moulins…). L’adaptation efficace d’Isabelle Starkier respecte l’œuvre originale de Miguel de Cervantès et met l’accent sur les épisodes spectaculaires (et charnières) du chef d’œuvre de l’auteur espagnol. Seule sur scène, la comédienne Eva Castro, avec une vivacité permanente, captive par sa gestuelle et ses mimiques. Et interprétant tous les personnages tantôt en français, tantôt en espagnol, parvient à nous transporter dans ce splendide univers onirique résultant de la belle scénographie et des superbes pantins d’Anne Bothuon, dans lequel "Quichotte" s’invente des adversaires imaginaires pour son seul spectateur qui, après un bref exercice du pouvoir sur l’île du Baratin, reprendra sa liberté et partira retrouver son maître, lié à lui par une indéfectible amitié. Malgré des rencontres pittoresques, dont celle de l’effrayante duchesse, qui voudront le désenchanter, le chevalier continuera coûte que coûte son impossible quête, fidèle à ses convictions jusqu’au bout, justicier grotesque et touchant, idéaliste et fou. Isabelle Starkier, comme elle l’avait fait pour "Scrooge" de Dickens, son précédent spectacle jeune public tout aussi réussi, dirige avec précision et inventivité ce beau travail qui utilise le conte et les marionnettes mais y rajoute ici projections et ombres chinoises pour une heure d’enchantement. Nicolas Arnstam


Samedi 19 novembre 2011 « Quichotte », d’après Cervantès (critique de Cédric Enjalbert), Théâtre Mouffetard et Théâtre de l’Opprimé à Paris

Gloire au rêve de l’inadapté ! Isabelle Starkier est une professionnelle perfectionniste. Après « le Bal de Kafka » et « Richard III ou presque », elle monte cette année un « Quichotte » parfaitement ficelé, tout en poésie et en beauté. Dans ce monde de pantins et de masques, de moulins à vent et de tigres de papier, enfants et adultes se délectent de la sagesse des fous. Aristocratie, détermination, rêverie. On passera pour vieille France, mais qu’importe. J’aime la morale de ce Quichotte frondeur des moulins, qui rêve les moutons en armée et s’invente prince de l’île du Baratin. Elle est bonne pour les enfants. Édifiant, le rêveur, lui qui envoie : « La liberté est un des biens les plus précieux de l’homme ». Et comment ne pas glapir de joie quand Isabelle Starkier, avec sa finesse et son savoir-faire, s’attelle aux deux tomes de cette somme offerte par Cervantès qu’elle compresse en une heure, sans fautes. Tout y est. Sur les tréteaux d’el Mundo, une jeune femme talentueuse : Ève Castro. Elle investit l’espace de la conscience, représenté par une immense feuille de papier calligraphiée, qui marque le chemin du rêve. Scénographie et calligraphie raffinées d’Anne Bothuron et Jean-Pierre Benzekri, deux fidèles du Star Théâtre, à qui l’on doit aussi la réussite de Kafka et de Richard III, enveloppent toutes les trouvailles de mise en scène d’un surcroît de beauté. Ève Castro manie les marionnettes et les accents avec brio Ève Castro, parcourant ce manuel à l’usage des apprenants, tout à la fois placenta et feuille vierge, île de fiction et espace de la conscience, change de voix, de visage et de peau au long de la représentation. Tantôt Quichotte, tantôt Sancho Pança ou Dulcinée, à la quête du rêve, elle manie les marionnettes et les accents avec brio. Des paroles de vérité puisqu’elles louent le rêve de l’inadapté. Du fou, disait Michel Foucault, « entendu non pas comme malade, mais comme déviance constituée et entretenue, comme fonction culturelle indispensable ». Outre la beauté du spectacle, parfaitement conçu pour les enfants et pour nous tous, sont à retenir les multiples petites morales et devises pour le quotidien. Les comiques : Qui se frotte à l’ail ne peut pas sentir la rose. Les philosophiques : Les chagrins ne sont pas faits pour les bêtes, mais pour les hommes. Cependant, si les hommes s’y laissent un peu trop aller, ils deviennent bêtes. Et les grandioses, ravigotantes et dignes du chevalier frondeur des moulins : La richesse s’hérite mais la noblesse s’acquiert.


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Quichotte 5 décembre 2011 On a aimé ! Le théâtre de l’Opprimé présente, en alternance avec le théâtre Mouffetard, un Don Quichotte inédit. Dans une mise en scène inspirée d’Isabelle Starkier, Eva Castro incarne le célèbre chevalier errant avec à-propos et talent dans un « seul en scène » qui ravira les fervents admirateurs de Cervantès. La mise en scène d’Isabelle Starkier constitue un petit bijou de recherches et de trouvailles. L’œuvre de Don Quichotte, pensée comme un livre ouvert où l’on feuillette les pages une à une constitue une idée plaisante et originale. La projection de pages écrites à l’encre sépia sur un drap blanc dressé en fond de scène nous plonge d’entrée dans cette l’Espagne de la fin du XVIe et du début du XVIIe. La lumière projetée sur ce drapé concourt à un jeu d’ombres qui profite pleinement au récit de cette pièce. Don Quichotte nous apparaît avec toute sa folie et sa naïveté. Une candeur qui compense la dureté du monde qui l’entoure. Il n’hésitera pas à questionner son fidèle serviteur Sancho Panza pour comprendre pourquoi certains hommes sont des esclaves. Ce questionnement met en exergue une société espagnole qui a reconquis tout son territoire et chassé les maures. Une Espagne qui entretient le paradoxe de créer l’inquisition chez elle et dans les nouvelles contrées les plus reculées. Mais Don Quichotte est plus que cela. A travers son délire, il nous offre une somme de situations burlesques et complètement farfelues. C’est le cas, notamment des troupeaux de brebis et de moutons dans un champ sont identifiés comme des armées à combattre. Il prend constamment au dépourvu ses interlocuteurs en leur assénant une vérité qui ne correspond pas à la réalité. Inversement lorsque Sancho essaye de s’amuser à ses dépens, Don Quichotte, pleinement lucide, crée un décalage qui force le rire. Représenter Sancho ou Don Quichotte en une marionnette molle est proprement astucieux. Les échanges entre les deux compères assurent une dynamique constante au spectacle. Eva Castro incarne tour à tour Don Quichotte et Sancho en complétant à chaque fois le duo de la marionnette adéquate. Isabelle Starkier n’a rien laissé au hasard et sa pièce fourmille de détails esthétiques qui ravissent l’œil du public. Eva Castro interprète à merveille tous les personnages de cette épopée poétique et historique. Elle assure une performance dans un jeu ou la mise en scène est très précise, exigeante et esthétique. Ce spectacle revisite le mythe de Don Quichotte avec bonheur pour le plus grand plaisir des petits et des grands. Laurent Schteiner


Une équipée initiatique... comme une page blanche ouverte à l'imaginaire "Quichotte", Théâtre de l’Opprimé, Théâtre Mouffetard, Paris Jean Grapin. Vendredi 2 Décembre 2011 Lorsque Eva Castro évoque, seule sur scène, le chevalier à la triste figure créé par Cervantès, c’est toute la matière espagnole qui prend son habit de lumière. Un drap blanc comme une plage d’indécision, comme un tréteau au vent, comme une page blanche qui s’ouvre à l’imaginaire : comme le ferait un livre maquette. D’où s’échapperaient tourbillonnant portés par un génie malicieux et gracieux tous les personnages et tous les épisodes. L’histoire du chevalier à la triste figure s’offre, dans la mise en scène d’Isabelle Starkier, comme un carnet de croquis vifs, précis. Succession de portraits d’un revenant bienfaisant avec ses marottes, ses errances imaginaires. Comme par le biais du jeu, le dit et la danse respectent la prouesse littéraire de Cervantès, son récit et sa poésie, le spectateur aime cette forme minimale qui relie les mondes, en réinventant une forme de théâtre impromptu. Visible par tous les publics "Quichotte" renvoie à un monde de l’enfance du monde. Olé ! Jusqu’au 23 décembre. Du mercredi au samedi à 20 h 30 et le dimanche à 17h. Théâtre de l’Opprimé, Paris 12e, 01 43 40 44 44. Jusqu’au 7 janvier Mercredi et samedi à 14 h 30. Vacances scolaires : du mardi au samedi à 14 h 30, relâches les 25 décembre 2011 et 1er janvier 2012. Matinées scolaires les 2, 9 et 15 décembre 2011. Théâtre Mouffetard, Paris 5e, 01 43 31 11 99.

*Eva Castro, comédienne danseuse, a fait ses débuts au Teatro Estable de Granada et a notamment travaillé avec Ariane Mnouchkine.


QUICHOTTE Théâtre de l’Opprimé 78/80 rue du Charolais 75012 PARIS 01 43 40 44 44 Jusqu'au 23 décembre 2011 Du mercredi au samedi à 20h30 et le dimanche à 17h Le « don Quichotte » de Cervantès est une œuvre tout à la fois épique et drôle, c’est aussi une méditation sur la vie et un immense clin d’œil littéraire. Il fallait oser s’y confronter, monter un spectacle à une interprète tirée de ce monument. Isabelle Starkier à la mise en scène et Eva Castro, comédienne l’ont fait. Et réussi. Bien sûr, on pourrait chipoter et dire que ce qu’on nous propose est une suite de scènes et qu’il manque un certain nombre de dimensions au spectacle que l’on nous propose. Il y en a, en tout cas, une qui compte et qui nous touche, la dimension théâtrale : elle a le mérite de mettre en scène le chevalier à la triste figure et son fidèle écuyer. Depuis ses débuts au Teatro Estable de Granada, en passant par des spectacles d’Ariane Mnouchkine, Eva Castro a prouvé son talent. Le fait est qu’elle est très douée : elle change de jeu et de mimiques (son masque, tragique, évoquant parfois un personnage de Goya). Elle transforme sa voix également. Elle évoque, sans forcer, les personnages et les situations. Elle est à la fois conteuse et comédienne et la mise en scène est fertile en inventions et trouvailles. Dans un décor de toile et une aire de jeu dépouillée, à la Peter Brook, voici que vont de dérouler devant nos yeux d’enfant, la geste du Quichotte. On le verra trouver son nom et celui de ses proches (Sancho et Dulcinée, l’idéale fiancée) partir à l’assaut des moulins, libérer des forçats, revenir, à la fin, dans son village natal,… Pour Isabelle Starkier, metteur(e) en scène, nous avons un Sancho imaginé par Quichotte et un Quichotte, créé par son écuyer/barbier. On ne saurait mieux dire et la mise en scène illustre parfaitement cette approche. Chacun est, en quelque sorte, le rêve de l’autre et les deux avancent cahin-caha, …comme deux pôles éternels de la nature humaine Au départ, dans la lumière crue, il y a les murs en parpaings du théâtre, quelques projecteurs, les bancs sur lesquels prend place le public : rapidement, par la magie des lumières (de Bertrand Llorca), et du jeu, nous errons dans la Mancha, prenons pied dans un château somptueux ou sur l’île du Baratin que gouverne Sancho. L’autre grande force du spectacle, c’est l’utilisation des marionnettes. Nous n’en dirons pas trop pour ne pas déflorer le spectacle, mais sachez que ces poupées de chiffon, créées par Anne Bothuon, trouvent vie, grâce au brio de l’interprète. Qu’il s’agisse de Sancho ou Quichotte, d’un vieux sage, voire de paysans lors d’un procès burlesque, nous y sommes, nous y croyons, …tellement que, vers la fin du spectacle, Eva Castro peut en faire l’économie.


« Rêver, à l’impossible rêve, … » ainsi chantait Jacques Brel dans la version musicale de l’œuvre. Ici, ces mots sont à prendre au pied de la lettre. Au pied de la scène. Dans cet espace magique où naissent et se développent des songes animés, pour le plus grand bonheur des spectateurs. Gérard NOEL


Blog « Des pièces et des billets »

Quichotte au théâtre Mouffetard «Mieux vaut la honte sur le visage que la tache dans le coeur.» du 08/10/2011 au 07/01/2012 – d’après Cervantès par Isabelle Starkier avec Eva Castro. Enfin, ça y est ! J’ai pu y aller… Je ne sais pas exactement pourquoi j’aime à ce point l’histoire de Don Quichotte. Mais c’est une des histoires qui me touchent le plus. Et cette très belle interprétation lui rend un bien bel hommage. Ce que je préfère dans ce conte, c’est le personnage de Sancho Panza. Depuis petit je me l’imagine un peu comme Dilath Larath, le serviteur d’Iznogood. Moins fou que son maître (même si la question se pose « Qui est le plus fou des deux, le fou ou alors le fou qui le suit ? » – je ne sais pas si cette citation vient vraiment de Sancho ou d’Obi-Wan Kenobi) et certainement plus intelligent, il le suit par amour et sans vraiment savoir pourquoi. Bref, je digresse, mais c’est mon blog (un peu, quand même).

Bon, je ne vais pas vous parler de l’œuvre, j’espère que vous la connaissez. Sinon, bein il faut la connaître. C’est juste trop bien. L’homme seul face au monde et à son esprit qui va au bout de sa quête. Même si au fond, sa quête, tout le monde s’en fiche… Bref, l’important, c’est de vivre selon son cœur. Et c’est une belle morale. Je trouve. « Moi, je construis, des marionnettes… » Une femme seule est sur scène. Elle apparait sous un drap recouvert d’écritures, comme la folie de Quichotte qui lui vient d’avoir trop lu. Très vite, elle enfile une armure avec une tête de cheval et c’est Quichotte dans son armure et jonché sur sa vieille jument qui nous parle. Enfin, arrive Sancho Panza… et c’est là que la magie commence vraiment. C’est un spectacle de marionnettes. Un vrai. Pas un faux guignol avec des marionnettes à ficelles ! Non, de vrais marionnettes à main, qui obligent l’actrice à endosser tous les rôles les uns après les autres, de changer de voix, d’être extrêmement clair dans quel personnage parle … d’un point de vue technique, c’est génialissime. Vraiment. Bluffant.


Par exemple, l’actrice jouant Don Quichotte, doit aussi gérer la marionnette de Sancho Panza en même temps, tout en faisant comprendre que Quichotte est sûr de lui alors et que Sancho à peur. Avec un bras par personnage. Chaque mouvement est millimétré et le tout reste très naturel. C’est beau. « … Avec de la ficelle et du papier…« Décidément, dans toutes les pièces que je vois pour ce blog, je me rends compte à quel point le peu de moyens amène à des solutions ultra-ingénieuses pour faire naître les paysages et les décors. Encore une fois, on ne peut que être impressionné par le nombre de lieux, de personnages et de situations qui nous sont montrés. De plus, le théâtre Mouffetard n’est pas très grand, mignon dans sa petite cour intérieure et familiale. Les séances sont à 14h30, donc forcement, un samedi il y avait beaucoup d’enfants. Je dois dire qu’au début je pensais que les enfants ne comprendraient pas grand chose à cette pièce, aux différents personnages et n’auraient pas beaucoup de sympathie pour les marionnettes qui se rapprochent plus de bouts de chiffons rembourrés que d’autres choses. Pourtant j’ai eu l’impression que ça marchait bien pour eux aussi. Ils riaient et semblaient assez captivés par le tout. Donc, à savoir si vous voulez faire un peu de culture à vos enfants … (si ils ont aimé, en attendant que ré-ouvre les portes du musée Picasso, montrez leur quand même quelques images du Don Quichotte de l’artiste… moi, petit, ça m’avait énormément marqué ces grandes silhouettes). Bon, je m’arrête là. Une très belle pièce, étrange, mais à voir. http://blogs.paris.fr/despiecesetdesbillets/2011/12/16/quichotte-theatre-mouffetard/


PRESSE REGIONALE

Nîmes. Théâtre : Don Quichotte l'utopiste revisité à l'ATP Édition du lundi 22 novembre 2010 En un mois, Isabelle Starkier aura proposé à l'ATP deux spectacles au style radicalement différent. Il y a peu, elle présentait avec sa compagnie Star Théâtre Résister c'est exister, pièce écrite par Alain Guyard réunissant des textes de résistants pendant la Deuxième Guerre mondiale. Mercredi, c'est à un public familial qu'elle s'adresse avec Quichotte, l'adaptation du célébrissime roman Don Quichotte de La Manche de l'auteur espagnol Cervantès, également à l'affiche, l'an dernier, du Off d'Avignon. Héros mythique ancré dans l'imaginaire collectif, Don Quichotte n'est pas le premier personnage littéraire auquel s'attaque le metteur en scène. En 2005, Isabelle Starkier avait livré sa vision de Scrooge, protagoniste des Contes de Noël de Charles Dickens. Pour rendre en une heure ce magistral roman aux nombreux personnages, Isabelle Starkier a choisi une mise en espace atypique, en plaçant une seule comédienne sur scène, Eva Castro. Tour à tour Don Quichotte ou Sancho Panza, elle est uniquement accompagnée de marionnettes, et se fait et se défait d'un drap-livre sur lequel est imprimé le texte de Cervantès. Sur scène, le rêve, l'illusion et l'opposition entre réalisme et idéalisme sont abordés. « Don Quichotte permet de réinventer les signes cachés, le non-dit, le jeu des mots, les métaphores... », explique Isabelle Starkier. Eva Castro incarne un Don Quichotte qui se bat par souci de la justice et contre les pièges du pouvoir, bien loin du personnage fou qu'on imagine parfois aujourd'hui. À l'ATP, 4, place de La Placette, mercredi 24 novembre à 20 h 30 et jeudi 25 à 19 heures.


Quichotte 21 Juillet 2011 Des marionnettes pour une grande épopée La comédienne du spectacle « Quichotte », Eva Castro, est espagnole. Voulant faire découvrir sa langue à tous les spectateurs, elle a choisi de jouer son spectacle en deux langues. Elle est accompagnée de six marionnettes très jolies et elle change de costumes plusieurs fois. Il y a un jeu d'ombre très surprenant et un décor qui permet à la comédienne de pouvoir changer de costumes sans qu'on le remarque. Tout ça grâce à Anne Bothuon. Contrairement à « Comment je suis devenue Don Quichotte » d'Aurélie Leconte qui est une adaptation de l'oeuvre de Cervantès, au théâtre de l'Esperluette, la pièce jouée par Eva Castro reprend vraiment l'histoire de Don Quichotte. C'est mis en scène par Isabelle Starkier dans le très beau lieu de la Condition des soies. Vraiment, allez-y vite. ça finit le 31 juillet ! Marie HURAULT 27 Juillet 2011 Spectacle mis en scène par Isabelle Starkier et conçu pour le jeune public, mais où le tout public y trouvera aussi son intérêt pour entendre ou ré-entendre ce fameux texte de la littérature espagnol. "Don Quichotte de la Mancha", écrit par Cervantes en 1605, est un personnage qui s'est créé un monde fictif et imaginaire. Il se fait appeler "l'agité du bocal" et se fait moquer de lui. Son ami Sancho tente de le raisonner puis abandonne cette idée, peu à peu il se prend lui-même au jeu de l'imaginaire et suit son maître Don Quichotte qui se donne pour but de rétablir la justice. Munie de marionnettes et pantins, entourée d'un beau décor de textes et images de chevalerie, Eva Castro interprète tous les personnages de cette épopée et nous emporte pour nous faire vivre les aventures de Don Qyuichotte à travers l'Espagne. Florence BAUCHE


Quichotte, à La Condition des soies Deux chevaliers errants, boîteux, qui décident de traverser la Mancha à la rencontre d’aventures. Ils croisent leurs rêves et illusions, des injustices et une abominable Duchesse, accompagnés de Rossinante et portés par l’amour de Dulcinée. Mettre en scène un tel morceau de littérature demande de procéder à des choix. Ici sont mis en avant trois grands thèmes. D’abord l’apprentissage de l’échec, de l’illusion, puis celui de l’humiliation avec la féroce Duchesse que les deux aventuriers rencontrent et, finalement, la sagesse des fous grâce à la présidence de Sancho Panza sur l’île du Baratin. L’utilisation de marionnettes se révèle d’une pertinence flagrante. Tantôt c’est Don Quichotte qui manipule Sancho, puis l’inverse, d’autres fois encore ce sont eux qui se font manipuler, montrant comment tous deux agissent l’un sur l’autre et comment Sancho se révèle. L’utilisation d’un écran vidéo par moments et du théâtre d’ombres entre parfaitement en écho avec la thématique de l’illusion. L’interprète, aux accents espagnols bien réels, se donne entière dans cette aventure, avec dynamisme et sensibilité. Gestes et mimiques savent transmettre rire, émotion et portent courageusement le texte… Une adaptation et une mise en scène intelligentes qui savent parler aussi bien aux lecteurs avertis, aux non lecteurs, aux grands et aux petits. Sophie Puig Le 19/07/2011

Revue de presse Quichotte  

Revue de presse de Quichotte à jour du 22/12/2011

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