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MADAME DE GRAFFIGNY DANS LES COLLECTIONS DE LA BIBLIOTHÈQUE STANISLAS DE NANCY / MIREILLE FRANÇOIS COLLOQUE. LUNÉVILLE. CHATEAU DE LUNÉVILLE. 3-5 juillet 2014

Introduction La collection offerte par Pierre Mouriau de Meulenacker au musée du Château de Lunéville permet de souligner une chose essentielle : de façon générale, et cela se vérifie ici, une collection, née de la quête et de la passion d’un homme, ne prend pas toute sa dimension ou ses dimensions- si elle demeure confinée à l’espace privé. Les institutions publiques qui se voient remettre de telles collections le savent bien et, au-delà de la gratitude, doivent donner une réponse à la mesure des enjeux historiques et scientifiques inhérents au don. C’est donc une forme d’hommage aux donateurs qu’il m’est ici donné de faire, à ceux d’aujourd’hui, bien entendu, mais aussi à ceux d’hier. La préparation du colloque consacré à Madame de Graffigny1 a fourni l’occasion d’enrichir les notices du catalogue en ligne des Bibliothèques de Nancy afin de mieux décrire les exemplaires de la collection nancéienne des œuvres de Madame de Graffigny. Les éditions sont donc décrites d’un point de vue bibliographique mais ce sont les particularités d’exemplaire auxquelles nous nous sommes attachés. Cette approche retient aujourd’hui l’attention des historiens, chercheurs et professionnels des bibliothèques et permet souvent d’enrichir nos connaissances quant à la circulation des documents mais aussi quant à la généalogie des collections. Les particularités d’exemplaire décrites concernent les imprimés pour lesquels on évoquera reliures et ex-libris, manuscrits ou en vignette. Ce sera l’objet de la première partie. La deuxième partie aura trait à la collection des autographes et des manuscrits et la troisième s’attachera à quelques portraits du fonds iconographique.

1. Collection des imprimés Lorsqu'on interroge le catalogue de la Bibliothèque-médiathèque de Nancy, sur le réseau Co-libris2, la base fournit trente-cinq réponses pour l'auteur Françoise de Graffigny. L'affichage des réponses s'établit dans l'ordre alphabétique des titres. De façon synthétique, la liste des éditions conservées à Nancy peut se présenter ainsi, sachant que les éditions s’échelonnent entre 1751 et 2014, le tout comprenant une quinzaine d’éditions « anciennes », celles qui retiendront notre attention : Cénie, piéce en cinq actes… Paris : Cailleau, 1751 [cote 311 349] Cénie, piece en cinq actes… Paris : Cailleau, 1751 [éd. illustrée, cotes 275 123 ; 275 123 bis ; 312 278 (b)] Choix de lettres. Oxford : Voltaire foundation, 2001 [cote 11 372] Correspondance de Madame de Graffigny. Tomes 1-14. Oxford : Voltaire foundation, 1985-2013 [cote 7991 (1-14)] 1

Château de Lunéville, 3-5 juillet 2014. Réseau Co-libris : ensemble des services des bibliothèques médiathèques de l’agglomération nancéienne (Grand Nancy Laxou - Maxéville - Nancy - Saint-Max - Vandœuvre-Lès-Nancy). http://www.reseau-colibris.fr/iguana/www.main.cls?sUrl=colibris 2

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Lettere d'una Peruviana. Avignon, Frères Seguin, 1807 [cote 3684 (2)] Léttere d'una Peruviana. Paris : Duchesne, 1777 [cote 2171] Lettres d’une Peruvienne. A Peine, s.d. [cote 1660] Lettres d'une Péruvienne. Paris : Duchesne, 1752 [cote 1661 (1-2)] Lettres d'une Péruvienne. Paris : Duchesne, 1753 [cote Rés. 10 609 (1-2)] Lettres d’une Péruvienne. Lyon : Bruyset Freres, 1787 [cote Rés. 10 629] Lettres d’une Péruvienne… Paris : Chez l’éditeur, 1797 [cote Rés. 10 443] Lettres d’une Péruvienne. Paris : Dauthereau, 1827 [cote 311 301 (11)] Lettres d’une Péruvienne : 1747. Paris : Côté femmes, 1990 [cote 458 947] Lettres d'une Péruvienne. Paris : Classiques Garnier, 2014 [cote 11 842] Lettres… suivies de celles de Mmes de Staal, d’Epinay… Genève : Slatkine, 1972 [cote 12 022] Œuvres choisies… Londres, 1783 [cote 1741 (1-2)] Œuvres complètes… Paris : Briant, 1821 [cote 1023] Œuvres complettes… Londres, 1788 [cote 313 833 (1-4)] Œuvres de théatre… Paris : Veuve Duchesne, 1766 [Recueil comprenant aussi Les œuvres posthumes…, 1770] Vie privée de Voltaire et de Mme du Chatelet, pendant un séjour de six mois à Cirey. Paris : Treuttel et Wurtz ; Pelicier ; Delaunay ; Mongie, 1820 [cotes 1025 et 1025 bis] Les particularités d’exemplaires auxquelles je me suis surtout attachée sont les « anciens possesseurs » ou « possesseurs précédents » ainsi qu’on les désigne dans les bases de données, on va le voir, mais, avant cela, on pouvait tout de même se poser la question suivante : Que peut bien avoir de particulier la collection nancéienne ? Les reliures ? Probablement pas. On ne trouvera ni audace, ni fantaisie dans les reliures recouvrant les œuvres de Madame de Graffigny. Le luxe n’y trouve pas davantage place. Cependant, le traitement des cuirs peut être, ici ou là, d’un bel effet. C’est ici un veau blond avec filet doré et roulette ornée sur les plats, dos lisse orné, toutes tranches dorées1, ou une basane, dos long avec pièce de titre et pièce de tomaison2, ou bien encore un veau blond raciné, roulette dentée à chaud en encadrement sur les plats, pièce de titre en rouge, pièce de tomaison en vert3. Parlons plutôt des provenances. Il n’est pas toujours aisé de dater l’entrée d’un titre ou d’un exemplaire dans une collection publique aussi vaste que celle de Nancy (les registres ne sont pas toujours très parlants à cet égard) ni d’établir la généalogie des possesseurs pour un exemplaire. Heureusement, quelques-uns ont eu soin d’apposer leur marque personnelle, exlibris manuscrit ou ex-libris étiquette, ce qui est toujours précieux aux yeux du bibliothécaire ou du bibliophile4. Sept propriétaires différents ont laissé leur marque sur les exemplaires nancéiens ici évoqués : la Bibliothèque publique de Nancy, une certaine Mademoiselle Facq, HenriGeorges Boulay de La Meurthe, le Cabinet littéraire de Veret, Jean-Baptiste Thiéry-Solet, 1

Lettres d'une Péruvienne, par Madame de Graffigny. A Lyon, Chez Bruyset Freres M.DCC.LXXXVII. [1787]. Cote Rés. 10 629 2 Œuvres complettes de Madame de Grafigny. Tome premier [- Tome quatrieme]. A Londres. 1788. Cote 313 833 (1-4) 3 Œuvres choisies de Mme de Grafigny, augmentées des Lettres d'Aza. Tome premier [-Tome second]. A Londres. M.DCC.LXXXIII. [1783]. Cote 1741 (1-2) 4 La base Provenance de la Bibliothèque-médiathèque de Nancy signale, au fur et à mesure des découvertes, des possesseurs, particuliers ou institutions, ayant laissé trace de leur identité dans les livres qui nous sont parvenus. Données biographiques et références bibliographiques accompagnent l’image des marques de possession décrites. http://bmnnancyprovenance.omeka.net

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Jean de Maupassant, et Henri Carret. Enfin, une note manuscrite de Madame de Graffigny, en forme d’ex-dono, conclura la série. 1. La Bibliothèque publique de Nancy À tout seigneur, tout honneur, commençons par l’ex-libris gravé sur bois « Livre de la Bibliothéque1 publique fondée par le roi de Pologne, duc de Lorraine, en MDCCL. » Quatre modèles différents ont été gravés par Jean-Michel Papillon (1698-1776), à choisir en fonction du format des livres. Les ex-libris de moyen et de grand format ne pourraient être apposés sur les ouvrages de Madame de Graffigny qui sont, comme on le sait, de petit format, in-18 la plupart du temps. C’est une vignette de petit format qui a donc été collée sur la contre-garde, ici reproduite, des : Lettres d'une Péruvienne. Nouvelle edition augmentée de plusieurs lettres et d'une introduction à l'histoire. Premiere [-Seconde] partie. A Paris, Chez Duchesne Libraire rue S. Jacques au dessus des Mathurins au Temple du Gout. Avec approbation et privilege du roy. M.DCC.LII. [1752]. Cote 1661 (2).

Ex-libris gravé sur bois de la Bibliothèque publique de Nancy

Il est nécessaire de décrire le grand modèle (230 x 242 mm.) d’ex-libris héraldique gravé par Papillon afin de mieux lire l’image ci-dessus, masquée en grande partie par l’étiquette d’inventaire de la bibliothèque. La composition figure les armes de Stanislas, soutenues par deux aigles portant les armes de Lorraine à dextre et celles de Bar à senestre. Dans le bas de la composition en trophées d'armes, une allégorie de la Renommée. Le graveur a signé à dextre, 1

« Bibliothéque » avec e accent aigu, on trouve aussi quelquefois « Bibliotèque ».

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sur le canon. Le petit ex-libris, ici figuré, est donc une représentation simplifiée du grand modèle. Notons qu’il faut effectuer une distinction entre les ouvrages qui sont venu composer la bibliothèque publique et ceux ayant appartenu en propre au roi Stanislas, même si ces derniers ont fini par la rejoindre. Il faut donc rendre hommage aux premiers bibliothécaires qui ont fait entrer très tôt cet exemplaire des Lettres d’une Péruvienne dans la Bibliothèque publique puisqu’on le trouve inscrit au tout premier catalogue imprimé, sous la rubrique « Poésie prosaïque, ou Nouvelles & Romans »1. 2. Ex-libris manuscrit « Mlle Facq » Au XIXe siècle, on ne saurait préciser davantage, cette demoiselle non identifiée a inscrit son ex-libris à l’encre noire sur la page de titre des : Œuvres de théatre de Madame de Grafigny. A Paris, Chez la Veuve Duchesne, Libraire, rue S. Jacques, au-dessous de la Fontaine S. Benoît, au Temple du Goût. M.DCC.LXVI. [1766] Les deux premiers titres, Cénie et La fille d'Aristide, ont conservé chacun leur page de titre propre, avec les années d'édition 1764 et 1759, mais ont été réédités ensemble en 1766. Le recueil contient : • Cénie, piece dramatique en cinq actes et en prose ; Par Madame de Grafigny : Réprésentée pour la premiere fois, par les comédiens françois ordinaires du roi, le 25 juin 1750. Troisieme édition A Paris, Chez Duchesne, Libraire, rue S. Jacques, au-dessous de la Fontaine S. Benoît, au Temple du Goût, M.DCC.LXIV. [1764] • La fille d'Aristide, comédie en cinq actes ; Représentée pour la premiere fois par les comédiens françois, ordinaires du roi, le 29 avril 1758. A Paris, Chez N.B. Duchesne, Libraire, rue S. Jacques, au-dessous de la Fontaine S. Benoît, au Temple du Goût, M.DCC.LIX. [1759] • Œuvres posthumes de Madame de Grafigny ; contenant Ziman & Zenise, suivi de Phaza, comédies en un acte en prose A Amsterdam, Et se trouve à Paris, Chez les libraires qui vendent les nouveautés, M.DC.LXX. [1770] Cote 310 819 a(1-2)-b Le recueil, relié en veau avec tranches marbrées, ne nous apprend rien de sa propriétaire. A-t-elle acquis elle-même l’ouvrage ou se l’est-elle vu offrir ? On ne sait. Aucune autre occurrence de cet ex-libris n’a été repérée dans les collections de la Bibliothèque Stanislas. 3. Timbre humide paraphe « H. Boulay de La Meurthe »

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Catalogue des livres de la Bibliothèque royale de Nancy.- A Nancy : chez J.-Jacques Haener, Imprimeur Ordinaire du Roi, & de la Société Royale, sur la Place de La Ville Neuve, M. DCCLVI. [1756], p. 56.

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Ce timbre est apposé sur les : Lettres d'une Péruvienne ; Précédées d'une introduction historique. A Paris, Chez Dauthereau, Libraire, Grande cour du Palais-Royal, côté du ThéâtreFrançais. 1827. L’exemplaire est couvert d’une demi-reliure en veau violet. Cote 303 311 (11)

Timbre humide « H. Boulay de La Meurthe »

Le comte Henri-Georges Boulay de La Meurthe (1797-1858), avocat et député, fidèle de Louis-Napoléon Bonaparte, fut vice-président de la IIe République (1848-1852). Président de la « Société pour l'instruction élémentaire », il développa des activités en faveur de l'enseignement primaire. Sa bibliothèque, composée de plus de 7 800 volumes, fut léguée à la Ville de Nancy par sa veuve, Madame Gervais, en 1862. Elle est principalement composée de documents de jurisprudence et de livres intéressant les questions sociales et éducatives en France au XIXe siècle. L’histoire, les récits de voyages et la littérature y sont aussi représentés. Cette collection est conservée dans la salle éponyme où se trouve également le buste en marbre du comte1. Baptiser la salle du nom de son donateur était l’une des conditions du legs. Soucieux de la préservation de sa collection, le comte a aussi exigé qu’elle ne soit point dispersée et demeure à jamais telle qu’il l’avait constituée. Ce vœu, parfaitement légitime, a été respecté, et, en dépit des difficultés, la collection a pu être répartie sur deux étages jouxtant la salle Stanislas, salle aujourd’hui réservée aux consultations patrimoniales. Si la bibliothèque « Boulay de La Meurthe » n’est pas visible par le public, pour des raisons de sécurité, les livres qui la composent sont consultables sur place. Pour s’en faire une idée, on 1

Buste en marbre blanc par François-Gaspard-Aimé Lanno (1800-1871) 1er Prix de Rome en 1827.

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se représentera un cabinet de lecture de son temps, quelque peu austère, aux murs entièrement tapissés d’étagères en bois. 4. Timbre humide « Cabinet littéraire de Veret » Ce timbre est apposé sur les : Lettres d'une Péruvienne Nouvelle édition augmentée de plusieurs lettres et d'une introduction à l'histoire. Premiere partie [- Seconde partie. A Paris, Chez Duchesne ruë st Jacques au dessus des Mathurins, au Temple du Gout. Avec approbation et privilege du roy. M.DCC.LIII. [1753] Titres et frontispices gravés, 2 vignettes gravées. L’exemplaire est renfermé dans une demi-reliure en veau brun glacé. Cote Rés. 10 609 (1-2) Une seule occurrence est repérée dans les collections de la Bibliothèque Stanislas. En 1822, la Bibliographie de la France signale la parution d’un Catalogue des livres composant le cabinet littéraire de Veret, libraire, rue des Francs-Bourgeois-Saint-Michel, n°3. L’inoctavo de deux feuillets ¼ est sorti des presses de Chaigneau Jeune, à Paris. Ce modeste cabinet est certainement le lieu où s’est fourni le propriétaire suivant, JeanBaptiste Thiéry-Solet, puisque son timbre figure également sur notre exemplaire des Lettres d’une Péruvienne. 5. Timbre humide Fonds Thiéry-Solet Jean-Baptiste-Félix Thiéry, dit Thiéry-Solet, est sans aucun doute l’un des plus importants bibliophiles et collectionneurs lorrains du XIXe siècle. Son timbre est apposé à quatre reprises dans la « collection Graffigny » de Nancy. On le trouve sur : •

Cenie, piece en cinq actes. Représentée pour la premiére fois par les comédiens françois ordinaires du roi, le 25 juin 1750. A Paris Chez Cailleau, Libraire, ruë St. Jacques, au dessus de la rue des mathurins, à St. André. M.DCC.LI. Avec approbation et privilège du roi. [1751] IV-133-[11] p. Frontispice et titre gravés par Étienne Fessard d'après les dessins de Joseph-Louis Le Lorrain. Signature de l'auteur à la fin de l'épître "La très humble & très-obeissante servante. D'Happoncourt de Grafigny". Contient une épître dédicatoire "A Monseigneur le Comte de Clermont, Prince du sang" et le Catalogue des livres qui se vendent à Paris, chez Cailleau... 1751. A la p. 10, réplique de Lisette, le mot "amoureux" figure bien, dans les deux exemplaires conservés par la Bibliothèque Stanislas. Il s'agit donc de deux exemplaires corrigés, de ceux envoyés en Lorraine le 28 décembre 17501. Demi-reliure veau vert à coins. Exemplaire acéphale et dépourvu du frontispice. Cote 275 123 bis Demi-reliure maroquin rouge à coins.

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SMITH, David, « Deux siècles d'édition », in Françoise de Graffingy rentre à Lunéville. Musée du Château de Lunéville, 2012, p. 41.

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Cote 275 123 •

Lettres d'une Péruvienne Nouvelle édition augmentée de plusieurs lettres et d'une introduction à l'histoire. Premiere partie [- Seconde partie] A Paris, Chez Duchesne ruë st Jacques au dessus des Mathurins, au Temple du Gout. Avec approbation et privilege du roy. M.DCC.LIII. [1753] 2 vol. (284, 258 p.) ; in-16 Titres et frontispices gravés, 2 vignettes gravées Demi-reliure veau brun glacé. Cote Rés. 10 609 (1-2)

Lettres d'une Péruvienne, par Madame de Graffigny A Lyon, Chez Bruyset Freres M.DCC.LXXXVII. [1787] 356-[2] p. Reliure veau blond jaspé, filet doré et roulette ornée sur les plats, dos lisse orné, toutes tranches dorées Cote Rés. 10 629

Au nombre des fonds particuliers, le fonds Thiéry-Solet (T.S.) est certainement le plus considérable qui soit venu enrichir les collections de la Bibliothèque Stanislas, en quantité et en qualité. Par acte notarial en date du 19 août 1921, ses héritiers ont fait don, à titre irrévocable, à la Ville de Nancy « d’une collection importante de choses mobilières lorraines ou se rattachant à la Lorraine, laquelle est constituée d’une bibliothèque d’ouvrages imprimés avec des exemplaires remarquables rares et des manuscrits, estampes et dessins originaux de maîtres lorrains, planches gravées en cuivre de certains de ces maîtres, spécialement de Jacques Callot, autographes, plans, vues de localités, cartes, monnaies, médailles, jetons, tableaux, objets de curiosité, statuettes et objets de vitrine ». Le tout fut estimé à 22 489 francs. Les conditions de la donation prévoyaient que les collections pourraient être réparties entre la Bibliothèque, le Musée de la Ville et le Musée Lorrain, et, en effet, un choix de médailles, d’objets d’art, de tableaux et de miniatures peintes sur ivoire fut déposé au Musée Lorrain où ces pièces trouvaient naturellement place. Jean-Baptiste-Félix Thiéry, né à Nancy le 30 août 1803, est mort le 13 juillet 1889, dans sa 85ème année. Lui et sa femme, née Solet, appartenaient à d’anciennes familles de la corporation des maîtres maçons de Nancy. Entre 1825 et 1849, il fut lui-même entrepreneur de bâtiments et, après avoir acquis une fort belle aisance, il cessa cette activité pour se livrer à sa passion : les livres et les objets d’art lorrains. Il avait commencé modestement sa collection aux étalages des bouquinistes de la Place Mengin1 et avait finalement réunit, en quelques années, une des plus complètes collections d’ouvrages sur la Lorraine et de cuivres originaux gravés par Callot. C’est en autodidacte qu'il a abordé le continent bibliophilique mais son érudition convainquit nombre des savants et collectionneurs de son temps et il fut reconnu dans le cercle des lotharingistes2.

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Aujourd’hui Place Charles III à Nancy. Il est cité dans le Catalogue raisonné des collections lorraines de M. Noël, 1851, et dans Recherches sur la vie et les ouvrages de Jacques Callot / M. Meaume, 1860. En 1857, il entrait à la Société d’Archéologie Lorraine. 2

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Le tableau suivant donnera une idée des centres d’intérêt multiples de J.-B. Thiéry. On pourrait parler d’une « collection de collections » :

Nature des pièces

Nombre de pièces

Manuscrits Imprimés Thèses de Nancy 1715-1888 Monnaies et assignats Almanachs Annuaires Affiches de Lorraine [placards] Arrêts et ordonnances Catalogues de vente et de libraires Coutumiers généraux & particuliers Mandements & lettres pastorales (1666-1896) Mémoires, factums (1612-1906) Archives Directoire de Meurthe & Moselle et Conseil Général de Nancy Archives famille Thiéry

près de 500 3246 29 ? 81 68 + 18 342 1 recueil + 3 custodes 87 + les cat. particuliers 45 21 vol. 54 14 8 cartonniers

On peut déplorer qu’il n’ait produit aucun ouvrage mais, le choix, l’entretien et la jouissance de son ample collection devait l’accaparer entièrement. Quelques privilégiés ont pu approcher cette collection qu’il ne faisait voir qu’avec parcimonie. La devise qu’il avait inscrite au fronton de sa bibliothèque devait en dissuader plus d’un : « JE NE PRÊTE NI NE CÈDE RIEN »

Dans le même esprit, une vignette gravée par Claude-Émile Thiéry1 pour servir de marque aux cartons de son père rappelle le soin jaloux qu'il apportait à leur conservation. Il s’agit d’une gravure sur zinc, réminiscence de Callot, en manière de charge, signée TE inv. et fec, 1848. Un personnage, dans un costume qui rappelle celui de Pierrot, est appuyé contre un grand carton d'estampes posé sur un X et n'ose y toucher. Un autre personnage le menace en brandissant une batte sur laquelle est écrit : « SI TU TOUCHES JE TOUCHE ».

La petite histoire nous dit que Jean-Baptiste Thiéry avait menacé son fils, lorsqu'il était plus jeune, de le frapper s'il touchait à ses estampes. Lorsqu'il comprit le sens de la caricature, il renonça à la coller sur ses cartons.

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Peintre, dessinateur et aquafortiste (Nancy, 1828 - Maxéville, 1895).

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Fonds iconographique. Cote T.S. 17 Émile Thiéry. Boîte 2 Notre Pierrot a bien l’air d’avoir déjà goûté du bâton…

Le vénérable bibliophile confinait probablement à la bibliolâtrie, on pourrait même le qualifier de bibliotaphe, mais, cette qualité nous assurait de recevoir en don une collection splendide dont les historiens et les amateurs peuvent apprécier, aujourd’hui encore, la tenue.

6. Ex-libris manuscrit « Jean de Maupassant » Jean de Maupassant (1882-1932), cousin du célèbre écrivain Guy de Maupassant, bibliothécaire de la ville de Bordeaux de 1916 à 1927 est l’auteur d’ouvrages régionalistes. On trouvera un lien entre Jean de Maupassant, le collectionneur qui nous intéresse pour l’heure, et un ancien bibliothécaire de la Bibliothèque municipale de Nancy, René Cuénot. Le père de ce dernier, le célèbre scientifique Lucien Cuénot, avait épousé Geneviève de Maupassant, la sœur de Jean de Maupassant. Voilà pourquoi on a trouvé dans la succession de René Cuénot1 nombre d’ouvrages provenant de Jean de Maupassant. Les exemplaires trouvés dans la collection Graffigny porteurs de l’ex-libris de Jean de Maupassant ne sont pas entrés à la Bibliothèque Stanislas en 2011. Ils ont certainement été donnés par René Cuénot alors qu’il était en exercice à la bibliothèque ; il en fût le Conservateur de 1946 à 1983. On trouvera l’ex-libris manuscrit « Jean de Maupassant » sur les : Œuvres complettes de Madame de Grafigny. Tome premier [- Tome quatrieme] A Londres. 1788 4 vol. (XL-224, 288, 260, 333-[1] p.) 1

Vente Didier Vedrenne, Nancy, 16 fév. 2011.

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Portrait gravé sur cuivre en frontispice, bandeaux et culs de lampe gravés sur bois. Tables propre à chaque volume. Fausse adresse. En tête du premier volume, portrait de Madame de Graffigny gravé par N. Ransonnet, graveur ordinaire de Monsieur. Reliure basane à dos long. Cote 313 833 (1-4) Notre ex-libris se double du chiffre « JM » sur la page 44 de chaque tome, une pratique de bibliothécaire. Sur le même ouvrage, on trouve une seconde marque de possession, celle d’Henri Carret.

7. Ex-libris « Henri Carret » à la devise « loin du monde… » Henri Carret (18..- après 1926), se présente à nous comme un ours solitaire1. Bibliophile typiquement XIXe siècle, toqué d’éditions bibliophiliques et de livres portant sur la bibliophilie, il n’est pas sans rappeler le profil de collectionneur d’Octave Uzanne, auteur dont, par ailleurs, il possède des éditions. Quelques curiosa émaillent sa bibliothèque essentiellement composée d’ouvrages littéraires contemporains ou quasi-contemporains (œuvres de Béranger, de Jules Janin, des frères Goncourt, de Louis Reybaud…) et d’éditions du XVIIIe siècle (Fanny Burney, Furetière, Jean-Jacques Rousseau... et Madame de Graffigny). À ce jour, vingt-six occurrences ont été repérées dans les collections de la Bibliothèque Stanislas pour le nom d’Henri Carret2.

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Henri Carret a aussi adopté comme ex-libris une vignette figurant les libraires parisiens des quais de la Seine. Par ailleurs, la Bodleian Library renferme dans ses collections un autre titre de Madame de Graffigny ayant appartenu à notre bibliophile farouche, les Œuvres choisies de Mme de Grafigny : augmentées des Lettres d'Aza. A Londres, 1783. L’ouvrage est accessible en ligne : http://dbooks.bodleian.ox.ac.uk/books/PDFs/400167790.pdf 2

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Ex-libris lithographié Henri Carret

8. Ex-dono autographe de Madame de Graffigny « A Monsieur l'abbe de Voisnon de la part de sa tres humble et tres obeissante servante. L'auteur » Ce rare ex-dono a été inscrit sur la page de garde de : Cenie, piece en cinq actes. Représentée pour la premiére fois par les comédiens françois ordinaires du roi, le 25 juin 1750. A Paris, Chez Cailleau, 1751. Cenie comporte un frontispice et une page de titre dessinés par Le Lorrain et gravés sur cuivre par Étienne Fessard. Le recueil contient le Catalogue des livres qui se vendent à Paris, chez Cailleau, Libraire, rue S. Jacques, au-dessus de la rue des Mathurins, à S. André. 1751. Reliure veau moucheté, 1 filet d'encadrement à froid, dos à nerfs orné à chaud, pièce de titre maroquin rouge, tranches rouges, signet de tissu vert. Cote 312 278 (b)

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Ex-dono autographe de Madame de Graffigny à l’abbé de Voisenon

On le voit, le livre a été rogné à la reliure, et même fortement rogné. Madame de Graffigny en voudrait-elle au possesseur de ce recueil1 où sa Cénie se trouve à jamais enserrée entre Marmontel et Voltaire ? On ouvre ainsi le recueil sur : Denis le tyran, tragedie par M. Marmontel. Représentée par les comédiens ordinaires du roy aux mois de février & mars 1748. & remise au théâtre aux mois de novembre & décembre de la même année. A Paris, Chez Sebastien Jorry, 1749. On poursuit la lecture avec Cénie et on referme le volume sur le : Recueil de pièces en vers et en prose, par l'auteur de la tragédie de Sémiramis. A Amsterdam, 1750. Bibliothèque, cabinet littéraire, collectionneurs bibliophiles ou possesseur de fortune, on le voit à travers les exemples évoqués ci-dessus, les ouvrages de Madame de Graffigny sont passés en des mains fort différentes au cours des siècles. 1

Claude-Henri de Fusée de Voisenon (1708-1775). Il est impossible de dire si l’abbé de Voisenon fit réaliser la reliure en question avant ou après l’incident qui l’opposa à Madame de Graffigny. A propos de la Jeune Grecque, comédie en trois actes, en vers libres, par l’Abbé de Voisenon donnée au théâtre Italien en 1756, Joseph de La Porte rapporte « Madame de Graffigny, qui avoit, quelques tems avant la Jeune Grecque, donné au Théâtre François La Fille d’Aristide, prétendit que c’étoit le sujet de sa pièce qu’on lui avoit volé. L’affaire & les deux manuscrits furent portés chez M. le Maréchal Duc de Richelieu, Gentilhomme de la Chambre, qui décida que le sujet étoit le même ; mais que les deux pieces ne se ressembloient pas. Cette dispute ayant fait du bruit dans le public, les comédiens le haranguerent avant la premiere représentation, pour se disculper de cette fausse imputation, & assurer les spectateurs qu’ils avoient en probité ce qui leur manquoit en talent. Madame de Graffigny qui étoit présente, s’enivra à longs-traits de la louange outrée dont ce compliment étoit rempli. » Anecdotes dramatiques… Paris : Veuve Duchesne, 1775.

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2. Collection des autographes et collection des manuscrits •

La collection des autographes compte trois pièces de la main de Françoise de Graffigny : Lettre autographe signée adressée à son père, s.d. [1717 ou 1718 ?]1 : Il est question d'éloigner Monsieur de Graffigny et d'obtenir de lui une procuration pour la vente d'un bien. « Mon cher pere, Permeté moy s'il vous plaît de vous ouvrir mon cœur sur les embaras dont ma vie et continuellement traversée... » Lettre autographe à François-Antoine Devaux, dimanche 27 mars [1740]2 : Lettre relative à L'Oracle, comédie en 1 acte et en prose de Germain François Poullain De Sainte Foix : « Bonjour mon ami : je m'éveille et comme je prends mon parti de ne point aller à la messe aujourd'huy à cause d'une petite incommodité… » Billet autographe à « M. De Vaux, chez Mde la marquise de Boufflers, Grande rue du Faubourg St Honnoré »3 : « Puisque les dames ne partent que l'apres diner je m'imagine que je ne te verai pas et que tu retiendra aussi le chien. Comment te va donne-moi de tes nouvelles. Adore la belle dame pour moi remercie la d'avoir arreté une brouillerie qui commençoit avec la duchesse. Ah ! Comme je sens ses bontes. Si tu viens l'apres-midi tant mieux […] Si tu viens demain, tache que ce soit avant midi. Tu trouveras encore Thieri chez moi et nous raisonnerons de ta santé qu'il faut retablir absolument et je ne crois pas la choses dificile. J'espere meme que la santé du corps guerira l'esprit qui me paroit bien malade, sans etre désespéré. Bonjour, je t'embrasse de tout mon cœur. Vendredi matin. »

En suivant le fil des amitiés littéraires, on pourra encore trouver d’autres correspondants dans la collection des autographes. Par exemple Anne Charlotte de Lorraine, qui, nous dit M. de Guerle4 dans son discours de réception à l’Académie de Stanislas en 1882, n’appelait pas Madame de Graffigny autrement que « sa chère grosse ». • La collection des manuscrits, quant à elle, recèle une lettre dont Madame de Graffigny est destinataire : Lettre autographe de Valentin Jamerey Duval « a Madame La comtesse de Graffigny &tc. A Paris ». Vienne le 17 juin 17515. Jameray-Duval y compare les mœurs de Vienne et celles de France et de Lorraine.

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Correspondance de Mme de Graffigny ([1717 ou 1718] ; lettre 2 ; vol. I, 1-3). Correspondance de Mme de Graffigny (27 mars 1740 ; lettre 264 ; vol. II, 378-381). 3 Ce billet provient de la collection Thiéry-Solet. 4 Héguin de Guerle, Edmond-Gabriel 5 4 p. in-4°, cote ms. 1776 [b] 2

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« Madame, Je n'avois point de breviaire, mais vous m'en avés envoyé un, et je vous en suis, ma fois, trés obligé… » Il y est question de M. Duclos, du persiflage et du langage de la cour où certains mots comme « aimable » signifient précisément le contraire de leur sens ordinaire. « …quel geometre en fait de morale ! je le regarde vrayment comme comme l'anatomiste de l'esprit français… » La très récente Académie royale des Sciences, Arts & Belles Lettres de Nancy1 est évoquée : « Si le sublime Montesquieu est membre de l'Académie de Lorraine, grand bien luy fasse, pour moi je ne veux point me cantonner… je voudrois qu'il y en eut cent, quand ce ne seroit que pour y introduire la politesse et la resignation dont on y a besoin… » Il s'excuse auprès de Madame de Graffigny car ignorant « les loix drammatiques » il a attribué « à votre Bibi des défauts dont elle est exemte ». Il est encore question de la fortune de Madame de Ligniville, de Monsieur de La Garde mais aussi de philosophie.

3. Collection des portraits On recense douze portraits gravés de Madame de Graffigny dans le fonds iconographique de la Bibliothèque Stanislas. Datés des XVIIIe et XIXe siècles, ils sont de provenances diverses et ont intégré la collection des portraits du fonds général2. Tous ces portraits, à l’exception d’un seul3, sont copiés ou inspirés du même portraittype. Les détails, comme la coiffe de dentelle au petit nœud en haut du front, le manteau à bord de fourrure, le col en dentelle prolongé sur la gorge nue et noué de façon caractéristique, en torsade, inscrivent ces gravures dans la même filiation. On a longtemps pensé que le tableau peint par de Latour4 avait servi de premier modèle5. Il n’en est rien. Le pastel de Jean-Baptiste Garand6 (17..-1780), exécuté vers 17507, pouvait, plus vraisemblablement, avoir fourni le modèle initial de la composition du grand nombre de gravures diffusées par la suite, comme celle réalisée en 1763 par Louis-Jacques Cathelin (1739-1804) ou celle de Gautier-Dagoty en 1770 (cf. image 7 ci-après).

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L’académie est créée, en même temps que la bibliothèque publique, par un édit du roi Stanislas du 28 décembre 1750. Cotes FG 3 GRAFFIGNY 1-12 3 Lithographie d’après le tableau de Louis Tocqué conservé au Musée du Louvre. Cote FG 3 GRAFFIGNY 3 4 LA TOUR, Maurice-Quentin de (1704-1788) 5 MANGEOT, Georges, Une biographie de Madame de Graffigny, Édition de la Revue « Le Pays Lorrain », 1913, p. 22. 6 JEFFARES, Neil, Dictionary of pastellists before 1800, Online edition, http://www.pastellists.com/Articles/Garand.pdf (p. consultée le 22 mars 2015) 7 1750 d’après Neil Jeffares, i.e. en 1755, ou après, si l’on tient compte de la réapparition, en 2011, du tableau de P. Clavareau évoqué ci-après. 2

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Cependant, le tableau de Pierre-Augustin Clavareau1 acquis par le musée du Château de Lunéville en 2011, a offert de nouvelles perspectives. Cette huile sur toile, de forme ovale, figure madame de Graffigny, plume à la main, à sa table de travail. La toile porte en ellemême l’identification du modèle. En effet, on peut lire, en tête du feuillet en cours d’écriture « Cénie », titre de la pièce rédigée en 1750 par Madame de Graffigny2. Le tableau est réalisé en 1755, pendant le séjour parisien du peintre. Madame de Graffigny en promet une copie à Devaux3 : « Assurément que tu auras une copie de mon portrait, mais il n’avance guere, quoique l’on me mange des matinées qui me feroient plus de plaisir a mon ecritoire ». En dépit de la lenteur ressentie par Madame de Graffigny, le tableau fut achevé. Il sera, sans conteste, le modèle qui donna naissance à tant d’estampes aux XVIIIe et XIXe siècles, pas moins de vingt-six, d’après Lieutaud.4 Au nombre des gravures conservées dans les collections de la Bibliothèque Stanislas, trois planches ont retenu notre attention, trois procédés différents, pour trois rendus différents de ce portrait : • Mme de Grafigni Lévêque sculp. Portrait gravé en taille douce, frontispice par Pierre-Charles Levêque pour la Biographie de Madame de Graffigny de J.-B. Collet de Messine. Galerie française de Jean-Bernard Restout. Paris, 1771. Cotes FG 3 GRAFFIGNY 2 et 99 951 (5)

1 CLAVAREAU (CLAVARO) DE ROCHEBELLE, Pierre-Augustin (1721-1805), acteur au Théâtre Français, protégé de Madame de Graffigny qui le voit débuter le 28 avril 1755, il est également peintre. Correspondance de Mme de Graffigny (29 avril 1755 ; lettre 2221 ; vol. XIV, 252, 253, 254). 2 Dans la vente du 29 juin 2011 à l’Hôtel Drouot, n°72 du catalogue, l’étude Jean-Marc Delvaux présentait ce portrait comme un « portrait présumé de la comtesse de Rouvres ». Dim. De la toile (H. : 81 cm ; l. : 65 cm). 3 Correspondance de Mme de Graffigny (25 [=26] octobre 1755 ; lettre 2284 ; vol. XIV, 369, 371n) 4 LIEUTAUD, Solimand. Liste alphabétique de portraits dessinés, gravés et lithographiés de personnages nés en Lorraine, pays messin, et de ceux qui appartiennent à l'histoire de ces deux provinces... Paris, Rapilly, 1862, p.87.

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• Françoise de Grafigny Garand pinx. / Ga. Dagoty. Sculp. Dimensions à la cuvette : H. 255 x L. 208 mm Manière noire gravée par Jean-Baptiste-André Gautier-Dagoty (1740 ? -1786) d’après un dessin de Jean-Baptiste Garand (? - 1780) pour la Galerie françoise, ou Portraits des hommes et des femmes célèbres qui ont paru en France par M. Gautier Dagoty le Fils. On y a joint un Abrégé de leur Vie, puisé aux meilleures Sources. - A Paris, gravé par M. Gautier Dagoty le Fils, rue Ste Barbe, près Bonne-Nouvelle. Et se trouve chez Herissant le Fils, Libraire, rue Saint-Jacques, 17701. Cote FG 3 GRAFFIGNY 3

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Une autre épreuve de cette estampe est conservée au Musée des Beaux-Arts de Nancy.

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• Françoise de Grafigni, Née à Nancy, en 1694, morte en 1758. N.H. Jacob del. / lith. de Constans Lithographie de C. Constant (17..- 18..) d’après un dessin de Nicolas-Henri Jacob (1782-1871) Cote FG 3 GRAFFIGNY 12

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Madame de Graffigny dans les collections de la Bibliothèque Stanislas  

Colloque, Lunéville, 3-5 juillet 2014 Mireille François Preprint

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