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ÉDITO

Bleu. Comme la mer. Comme le ciel. C’était facile. Bleu. C’est avant tout un parti pris. Sans donner dans la naïveté ou dans l’hypocrisie, mais avec toute la lucidité du monde en mouvement, complexe et difficile dont nous faisons partie, nous choisissons délibérément de n’ouvrir que les portes du bon, du beau et du positif. Du déferlement d’informations et de propositions qui nous assaille au quotidien, que retenonsnous ? Des nombreuses activités que nous menons, auxquelles tenons-nous vraiment ? Nous en sommes tous au même point : nous aimerions nous poser et retrouver le confort facile et bienfaisant nous autorisant à reprendre nos esprits, le contrôle de nous-même. Alors un ange Bleu passe et fait souffler un vent de sérénité. Seules quelques perles rares seront déposées à vos pieds, comme des offrandes. Bleu vous suggère des récréations en harmonie avec les propositions fascinantes de notre Région. C’est véritablement un art de vivre, où luxe et simplicité se donnent la main. Plus la peine d’attendre fébrilement quelques jours de vacances et courir à l’autre bout du monde pour y chercher l’excentricité ou l’exotisme, le Languedoc-Roussillon et toute notre équipe vous promettent de somptueuses surprises. Bleu tient à poser un regard à la fois altruiste et sensible à l’esthétique, sur chacun des sujets qu’il aborde. De la même manière que nos journalistes ont été attirés par l’aspect humain des reportages qui leur ont été confiés, laissez-vous happer par ces parcours originaux où la ténacité de l’homme produit des merveilles. Prendre le temps de connaître l’histoire de ces artisans qui vont jusqu’au bout de leurs rêves. Garder du temps pour soi, pour réchauffer son corps et apaiser son esprit. Dynamiser son couple, sa famille, en découvrant des lieux envoûtants qui aident à l’épanouissement de l’âme. Aller à la découverte des senteurs, saveurs et couleurs des plats concoctés par ces magiciens de la cuisine. S’interroger sur l’habitat qui nous convient. Participer à la vie culturelle d’évènements choisis pour leur splendeur ou leur originalité. Voilà un programme vivifiant… tout en douceur. Nos yeux sont gourmands, curieux, avides de spectacles instantanés. C’est pourquoi Bleu est LE magazine farouchement visuel ! Chaque rubrique porte un nom maternellement choisi, pour résonner avec le plaisir qu’on y puise. Faiseurs d’univers, Magie de l’eau, Trésors dans notre assiette, Bon lit bon vin, Attractions terrestres, Archidesign… Les portes s’entrouvrent. Je vous en prie, entrez… Laissez-vous guider par votre curiosité. Et, dans la lignée de Marc de Smedt *, j’ai envie de dire : «Ouvrons les yeux autour de nous, sachons voir ce que la vie nous offre et n’omettons pas de remercier pour cette existence donnée».

Isabelle Osterstock Rédactrice en chef

(*) Marc de Smedt : éditeur, écrivain et spécialiste de la méditation et des sagesses du monde, “passeur d’essentiel”.

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BLEU MAGAZINE SOMMAIRE

Longue vie à Bleu Magazine !

BLEU MAGAZINE www.bleumagazine.fr N°1 - Décembre 2011/janvier/février 2012

À portée de main

Directeur de la publication Cédric MIRALLES

42 I LES FAISEURS D’UNIVERS

Directeur artistique Marc TOURNAIRE

• La créatrice Laurène Hombek au Grau-du-Roi (30). Mobilier design en béton coloré : le BOBUN design. • Les pianos de prestige «Gary Pons» à Montpellier (34), ou comment faire du piano une oeuvre majeure de design. • Fabien Cardona à Narbonne (11). Un artisan joaillier consacré Meilleur Ouvrier de France. • Philippe Montels à Agde (34) et ses Luminaires en cotte de mailles

Rédactrice en chef Isabelle OSTERSTOCK redaction@bleumagazine.fr Photographes Paul DELGADO, Luc FORTANIER, Pep IMAGIRA, Judy JANUARIUS, Vincent LHERMET, Steven MORLIER, Tim SOMERSET, Sylvain THOMAS Infographie CATAPAC Comité de rédaction Cédric MIRALLES, Isabelle OSTERSTOCK, Marc TOURNAIRE Impression ROXYPRINT (66) Ont collaboré à ce numéro : Lylian ALBA, Stéphanie AUGE, Aurélie BERNEOUD, Gwenael CADORET, Marie CAMUS, Aurélia DUBUC, Caroline FERNANDEZ, Jean-Louis FERRER, Virginie GALLIGANI, Liliane LAFAZ, Sophy MONFORT, Olga O., Hadrien VOLLE PUBLICITÉ Directeur commercial Stéphane MALLET - 06 79 99 75 12 stephanemallet@bleumagazine.fr Diffusion : MLP ISSN : en cours CPPAP : en cours Prix de vente : 7,50 € Bleu Magazine est édité par Les éditions en couleur SARL au capital de 999 euros 7, Rue Aristide Bergès - 66330 Cabestany Gérant : Marc Tournaire Mail : redaction@bleumagazine.fr Dépôt légal à parution. Toute reproduction du titre, des textes, des articles ou photographies, totale ou partielle publiés dans Bleu Magazine est interdite sans accord préalable. La rédaction n’est pas responsable des textes, illustrations et contenu des publicités qui lui sont communiqués par les auteurs.

Parenthèses

52 I PROVOCATIONS

• Château de Valloubière à Saint-Jean de Fos (34) • Domaine Grand Guilhem dans le Haut Fitou (11)

• Esthétique, plaisir des yeux et changements, telle a été la quête de nos têtes chercheuses. De préférence, créations en Languedoc-Roussillon, mais sans fermer aucune porte.

16 I MAGIE DE L’EAU

56 I ARCHIDESIGN

6 I BON LIT BON VIN

• Spa de l’Hôtel Disini à Castries (34) : style éthnic-chic, soins à base de soja, caviar, riz, bambou et pierres • Les Flamants roses à Canet-Plage (66) : une thalasso face à la mer.

24 I TRÉSORS DANS NOTRE ASSIETTE • Le Parc à Carcassonne (11). Le chef Franck Putelat signe des assiettes dignes des Beaux-arts • Le vertige des senteurs à Alès (30). Le chef Stéphane Delsuc et son pigeon à la croûte d’argile.

32 I ATTRACTIONS TERRESTRES ou une nature 4 étoiles • Le bassin de Thau (34): l’une des plus belles lagunes d’eau salée de la région. • Le mont Lozère (48), montagne aux formes arrondies, sculptée par les vents et la neige : spectacle féerique et stupéfiant en plein coeur du Parc national des Cévennes.

• Ergonomie et plaisir des yeux, un challenge souvent réussi des nouveaux bâtiments publics. Pour notre confort de vie... Un bel exemple novateur à Montpellier.

Art et culture 60 I ÉVÉNEMENTS

• Scène nationale en préfiguration à Perpignan (66) : le Théâtre de l’Archipel. • Deux rendez-vous de l’hiver à l’Opéra de Montpellier (34) : une première mondiale très attendue unique en France.

66 I LES MILLE ET UNE FEUILLES de J-L. Ferrer •Des livres, des éditeurs, des sujets de chez nous.

40 I PENSÉES IINFINIMENT BLEUES • Citations si vraies, si bleues !

Prochain numéro le 15 mars 2012 5

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Château

de Valloubière

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Tout près de chez nous, deux endroits magnifiques nous permettent, avec bonheur, d’allier découvertes de vins de caractère et rencontres passionnantes. Deux vignerons, qui ne sont pas dans la lignée classique “de père en fils”, ont choisi de changer radicalement leur vie, par passion pour un terroir. Deux combats par volonté de produire un nectar digne des Hommes et de la Nature. Deux lieux où il fait bon s’accorder une parenthèse où confort et dépaysement nous attendent avec deux approches bien différentes…

L

e petit domaine viticole du Château de Valloubière est une perle rare posée sur la campagne du village de Saint-Jean-de-Fos.

Accueillant village méridional, Saint-Jean-de-Fos est situé à 35 km seulement de Montpellier, sur la route de Saint-Guilhem-le-Désert, juste avant le fameux Pont du Diable. Aux beaux jours, on profitera du séjour pour une baignade vivifiante dans les splendides gorges de l’Hérault, d’une visite de la cité médiévale pittoresque de Saint-Guilhem ou de la grotte de Clamouse, en ce moment. TEXTE OLGA O. PHOTOS PEP IMAGIRA

Félicité d’une pause contemplative : confortablement installés sur la terrasse panoramique, nous nous sommes délectés d’un verre de vin.

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De la colline située en arrière-plan de la cave, le regard est accroché par l’imposant bâtiment blanc isolé, agrémenté d’oliviers ancestraux.

Saint-Jean-de-Fos est aussi reconnu comme étant le creuset de l’artisanat local : la poterie en terre vernissée. De nombreux artisans y ont ouvert boutique, nous invitant à une virée curieuse. C’est donc au cœur d’un paysage exceptionnel de garrigues, de gorges et de grottes, que l’on découvre, bordé d’oliveraies, ce modeste domaine du Château de Valloubière et son imposante bâtisse. Le bâtiment blanc allie d’emblée modernité et tradition, judicieusement agencé pour accueillir le touriste de passage et remplir sa fonction de cave viticole. Quatre luxueuses chambres accueillent, tout au long de l’année, le visiteur, où confort et calme sauront l’apaiser. Que l’on soit amateur de VTT ou randonneur, on pourra, dès les premiers rayons du soleil, gravir la route forestière des Plos qui surplombe le domaine et, ainsi, découvrir la plaine calme, inondée de soleil. La visite du chai est instructive et la dégustation des crus d’une grande convivialité. Le dîner préparé par nos hôtes est servi face au reposant panorama des vignes et des plaines alentour. Nos hôtes tiennent à nous tenir compagnie et le repas prend alors une dimension inoubliable.

Un repos assuré dans les chambres spacieuses (25 m2 pour les plus petites), modernes et confortables, souvent décorées des acryliques du maître des lieux.

Certaines, ouvertes sur les vignes, donnent un accès direct au spa chauffé et ouvert toute l’année.

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Gil, Joss et Nicolas, des “winners” qui ont du goût et aiment le partager. Rien de surfait dans l’accueil de Gilbert et Josette Greaux (appelons-les, à leur demande, Gil et Joss) et de leur fils Nicolas, sûrs d’eux et visiblement heureux de leurs choix. Chaleureux et sincères, ils nous parlent simplement, et leur passion est communicative. Ils se racontent avec humilité et une certaine philosophie : c’est récemment – en 2006 – qu’ils abordent la viticulture. Leur recherche de l’excellence est réelle, les moyens mis en œuvre réfléchis afin de s’adapter au terroir et aux cépages, et les investissements considérables si judicieusement réalisés que les résultats sont rapides et concrets. Ils décident alors de continuer l’aventure. Gil et Joss se connaissent depuis l’âge de treize ans, et ne se sont jamais lâché la main, soudés par les épreuves de la vie et l’enthousiasme de

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leur succès. Ils ont un parcours hétéroclite qui illustre bien le potentiel, l’énergie et la lumière qui existent chez ces gens d’exception… Agent immobilier à Saint-Barth pour des investisseurs américains, peintre de renommée exposé sur cette île des Caraïbes et vendu à New York, Gilbert rentre en France pour passer son équivalence de Brevet de pilotage d’hélicoptère. Il découvre, vue du ciel, la région et a un coup de foudre. Un coup de cœur. Il associe alors son fils Nicolas à son rêve qui deviendra réalité grâce à leur complicité performante. Ils achètent la vigne et font construire la belle bâtisse à partir des plans dessinés par Gil.

Les clés d’une réussite éclair.

Un trio dynamique, une équipe soudée et volontaire prête à vous accueillir avec le sourire.

Leur challenge : redorer le blason des vins d’appellation Terrasse du Larzac avec une médaille d’or en 2010 (Paris, Mâcon, Hérault) pour la Cuvée Grande réserve 2007, classé Grand cru du Languedoc. Leur secret : une culture biodynamique dans le respect de chaque pied, chaque grappe ; un matériel digne des dernières technologies (tables de tri automatique haute performance, pressoirs pneumatiques programmables, pigeage pneumatique, une chaîne d’étiquetage et encapsulage sur mesure) permettant de répondre à la demande et la maîtrise constante de la température au cours du procédé de vinification. Le parc de fûts de chêne, issu de la forêt de Tronçay, est d’une propreté époustouflante. Leur marché : ils fréquentent peu les salons, car pour leur petite production, le bouche à oreille leur semble suffisant : des restaurateurs de choix, des clients connaisseurs et aussi… l’export. Oui, le modeste domaine Château de Valloubière a su conquérir les marchés chinois (Shanghaï), luxembourgeois et québécois… Une belle reconnaissance de toute cette énergie fournie et de ces investissements réalisés.

Au-delà de la robe et des saveurs des crus, l’élégance du contenant et le design des étiquettes achèveront de convaincre les amoureux du bon vin.

Culture en biodynamie Superficie du domaine : 9,5 ha Appellation : Terrasses du Larzac Cépages : Carignan (30%) ; Cinsault (20%) ; Syrah (25%) ; Grenache (25%) Produits : 1 rosé 3 rouges (dont un Grand cru, médaille d’or et le N°1, médaille de bonze) 1 blanc très gouleyant Production : 25 hl/ ha Un œnologue de qualité : Jean-Philippe ESCORNE

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Domaine de

Grand Guilhem

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mprunter la route modérément sinueuse qui conduit à Cascatel et pénétrer dans un univers silencieux au caractère bien trempé. Ce jour-là, une brume moite enveloppait les collines du Haut Fitou, accentuant ainsi l’aspect sauvage et hors du temps de la région. Arrivé face à la maison de maître, située en haut de cet authentique village des Corbières, on ne se doute pas qu’en y pénétrant, les murs participent eux aussi à nous accueillir comme gorgés de joie par notre présence. Pas de luxe ostentatoire ici mais le luxe du bien-être, une profonde sensation d’apaisement. Des tons ocre pour les chambres spacieuses, des bleus pour les salles de bains, le tout orné de frises au charme naïf qui vous enveloppent comme un cocon, la déco des années 30 et les nombreuses cheminées style bourgeois (à la fin du XIXe siècle, la tendance était d’effacer ses origines campagnardes) nous immergent quelque part, ailleurs… Seul le clocher qui ponctue le temps nous rappelle à l’ordre.

TEXTE OLGA O. PHOTOS PEP IMAGIRA

La maison de maître, en pierre du pays, a su garder son âme après la sérieuse remise en état et les réaménagements engagés par ses nouveaux propriétaires.

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La rencontre Nous sommes prêts pour la rencontre : Séverine et Gilles Contrepois se sont répartis les rôles et chacun le tient parfaitement. Séverine, au sourire frais, s’occupe de notre confort et saura, par quelques paroles simples, effacer nos soucis emportés de la ville. Gilles, l’enchanteur, nous contera ses vins et son vignoble. Il nous entraîne dans la plus vieille parcelle – ceps de plus de 130 ans – et nous parle de sa vigne, de ses choix, de sa passion. Puis vient la dégustation où l’on prend le temps de suivre chaque étape comme un parcours de découverte des sens. Gilles considère son vin avec plaisir, émotion, sensualité et curiosité et on le suit avec délectation. Il est à la fois un poète et un technicien du vin. Pour preuve, le type de soirée qu’il programme « Les accords parfaits », où il s’agit d’harmoniser une musique à un type de vin. Est-ce un hasard si l’on parle dans ces deux domaines de belle attaque, d’harmonie, équilibre, élégance ou profondeur ? Ici, le vin devient prétexte artistique.

Confitures artisanales, fromage local, fruits du verger… Le tout dans un cadre confortablement rustique : une fabuleuse manière de démarrer la journée.

Les choix de Séverine et Gilles C’est d’abord un choix de changement radical du cadre de vie. C’est aussi le choix de s’investir dans le délicat travail des vignes en osant être les précurseurs de l’agriculture biologique dès 1997 dans le Fitou. Le couple travaillant à Paris décide d’en finir avec le stress de la métropole. Elle, dans le commerce de l’art, lui, informaticien, ils élaborent leur projet et obtiennent tardivement leurs diplômes de viticulture, œnologie… Envoûtés par le cadre sauvage du Haut Fitou, ils achètent un ancien domaine où les nombreuses parcelles sont dispersées sur les coteaux ensoleillés. L’une d’elles, qui porte le nom de Grand Guilhem, fait de l’œil au Canigou par beau temps. Ils décident de baptiser leur domaine : Grand Guilhem. La maison de maître, elle, est abandonnée depuis plus de 100 ans et considérablement délabrée. Retirés de tout, avec deux enfants en bas âge, ils se jettent à corps perdu dans le pari de redonner à la maison ses lettres de noblesse, et d’amener la vigne à offrir ce qu’elle a de meilleur en appliquant la dure discipline de l’agriculture naturelle.

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Se détendre dans cette salle de bain-salon avec vue sur le clocher, pendant qu’un bain chaud se prépare. Etonnant et très agréable.

Bon lit : oui ! Le calme et les murs épais contribuent aussi à un repos de qualité.

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Un travail acharné et… un résultat : la matière dense dans un gant de velours.

Gilles Contrepois, au cours de la mémorable séance de dégustation.

Agriculture biologique depuis 2004 Certification Ecocert Superficie du domaine : 12,7 ha Appellation : AOC Fitou Cépages : Carignan, Grenache, Syrah et Mourvèdre. Grand Guilhem, c’est aussi : AOC Muscat de Rivesaltes, AOC Rivesaltes, AOC Corbières Rosé et Blanc Production : 18 hl/ha soit 31 000 bouchons. 50% des vignes ont plus de 60 ans Un œnologue de qualité : Jérôme Hourdel

Le sol schisteux, très filtrant, aéré et maigre, offre finesse et minéralité au nectar lorsqu’on en prend soin. Ici, c’est le cas : labours au chenillard pour ne pas tasser les sols, amendement organique, vendanges manuelles et sélectives. Une culture bio certifiée Ecocert. Les rendements infimes (18hl/ha) sont un gage de qualité. En cave, le travail de précision (éraflage partiel, température contrôlée, etc.) donne des vins très appréciés et reconnus par les professionnels comme le guide Bio Carité 2012 qui lui accorde 3 étoiles. Ou encore, le guide Dussert-Gerbet qui le désigne lauréat des 1ers Grands Vins du Languedoc 2011 et 2012, sur l’ensemble de sa gamme Fitou. La note de 89/100 accordée par le grand jury de Décanter est encore une belle récompense. Mais Gilles ne cherche pas les médailles, ne se rend pas aux salons de spécialistes : il a déjà tellement à faire ! Il serait trop réducteur de décrire les vins du

Domaine Grand Guilhem comme « puissants et élégants » et « tanniques et frais ». Nous vous invitons plutôt à aller les goûter, la gamme des alliances gastronomiques étant très étendue. Nous soulignerons son Muscat de Rivesaltes, qui est une pure merveille ! S’il est enjôleur et frais au nez, sa note d’agrumes doux lui donne un équilibre parfait entre fraîcheur et liqueur.

Un détour à Cascastel s’impose aux amoureux d’authenticité.

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Une invitation

au voyage intérieur 14 bleu N°1 PAO.indd 14

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Soins du corps et de l’esprit. Telle est la volonté du spa. Mais pas uniquement. En effet, grâce aux moments zen ou exotiques que nous proposent ces deux structures hôtelières haut de gamme, nos corps sont choyés tout comme nos papilles. Sans parler de la beauté des paysages qui nous entourent. Partons nous relaxer et découvrir.

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ux portes de Castries, au cœur d’une forêt de chênes verts classée, un établissement hôtelier haut de gamme abrite un spa où il fait bon s’évader le temps d’un après-midi ou d’un week-end.

TEXTE AURELIA DUBUC PHOTOS SYLVAIN THOMAS

Un petit luxe bienvenu...

Souvenir de Bali, Tampons du Tibet, Silhouette crétoise… À eux seuls, les noms des soins Corps et Esprit proposés au Disini Spa vous emmènent loin, très loin de votre quotidien. C’est toute la magie de ce lieu. Le moindre détail semble avoir été pensé pour votre bienêtre. Fatigué par l’hiver qui s’est installé, il suffit de longer un couloir éclairé à la seule lumière des petites bougies posées ici et là au sol pour déjà sentir la tension diminuer d’un cran. Une pause dans le salon relaxation où l’on prend le temps de déguster un thé et de grignoter quelques gourmandises, comme un palier de

Comme le hammam, le salon de relaxation est privatisé.

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Le must alors que le froid agresse votre peau et que la nuit tombe tôt ? Le Moment en Nouvelle-Zélande. Pendant 30 minutes, un gommage énergisant aux éclats de mangue adapté aux peaux les plus sensibles les nourrit en profondeur et leur redonne tout leur éclat et leur souplesse. Une parfaite mise en beauté et en condition avant une demi-heure de modelage des pieds, des jambes, du dos, du cou et du cuir chevelu à l’huile de Monoï chaude. Les gestes sont lents, enveloppants. La température de la pièce est parfaite, tout comme celle de la douche prévue entre le gommage et le massage, la jeune fille présente a pris soin de s’en assurer. On vous le disait, tout, jusque dans le moindre détail, est pensé pour votre bien-être.

L’influence balinaise est présente jusque dans les moindres détails.

décompression supplémentaire pour profiter encore plus pleinement du hammam privatisé. Chic et sobre, il a été pensé pour accueillir jusqu’à 30 personnes, idéal pour un anniversaire qui sort de l’ordinaire. Mais que vous veniez seule, en couple ou simplement avec deux ou trois amies, c’est une certitude : cet espace sera tout à vous. Un petit luxe bienvenu quand on rêve de silence ou, au contraire, de bavardages sans crainte d’importuner son voisin. Peignoir, linge et gant exfoliant sont, bien entendu, mis à votre disposition.

Des soins du bout du monde Autour du hammam trois cabines, dont une équipée pour y recevoir des soins en duo. Souad, Alexia et Amandine y proposent les mêmes prestations qu’en institut. Epilation, maquillage, manucure, pédicure, soins du visage, c’est classique mais redoutablement efficace, avec toujours ce petit supplément d’âme qui fait toute la différence. Mais la véritable richesse du Disini Spa, c’est son incroyable carte de soins Corps et Esprit, inspirée des traditions du monde entier et renouvelée régulièrement.

Informations pratiques Où ? Disini Spa 1, rue Carrière 34160 Castries Tél. : 04 67 03 32 70 www.disinispa.fr Quand ? Ouvert du mardi au samedi de 10h à 19h sur rendez-vous. Quelques tarifs ? Privatisation du hammam et de la salle de relaxation pour une personne pendant 1 heure : 30 €. Un Moment en Nouvelle-Zélande : 70 €. Day Spa : privatisation du hammam et de la salle de relaxation (1 heure), massage aux huiles essentielles du corps, de la tête et du cuir chevelu (1 heure), déjeuner entrée/plat ou plat/ dessert, verre de vin et café compris : 115 € pour une personne, 224 € pour deux.

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Détente marine

La déco entièrement repensée, à la fois orientale et épurée, contribue elle aussi à la détente.

au pied des Pyrénées 18 bleu N°1 PAO.indd 18

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quelques pas d’une réserve naturelle accueillant la migration des flamants roses, naviguez à travers un espace thalasso/spa de 1200 m2 pour retrouver vitalité et sérénité, le tout en douceur. TEXTE AURELIA DUBUC PHOTOS LUC FORTANIER

Faire rimer récupération mentale et physique avec plaisir

«Faire rimer récupération mentale et physique avec plaisir»

Oubliez ce que vous saviez ou imaginiez des centres marins de remise en forme. Au coeur du pays Catalan, à Canet-en-Roussillon, l’hôtel quatre étoiles thalasso/spa Les Flamants Roses appartient à une nouvelle génération d’établissements, davantage axés cocooning que santé. Derrière sa grande façade, face au spectacle de la Méditerranée, ses trois étages baignés dans la lumière du soleil du Roussillon sont consacrés au plaisir et à la remise en forme. Même si le médecin référent de l’institut se tient à votre disposition, les cures Anti-stress, Minceur et gastronomie ou Tout en beauté programmées sur six jours, à raison de quatre soins par jour, visent, avant tout, à faire rimer récupération physique et mentale avec félicité. Pour preuve, le centre est l’un des seuls, dans cette catégorie de prix, à proposer un massage chaque journée de cure, contrairement aux

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63 chambres et suites tournées vers la Méditerranée ou les jardins.

autres lieux où ils sont généralement programmés 1 jour sur 2. Répartis sur trois niveaux, l’espace marin et l’espace zen, à la fois vastes et intimistes, ont été pensés pour vous faire oublier qu’ils sont en mesure d’accueillir jusqu’à 120 personnes. Et c’est en dégustant une tisane ou en profitant du hammam que vous attendrez d’être appelé pour votre prochain soin. Un modelage californien pour oublier l’hiver. Vous voulez garder la forme et entretenir votre silhouette sans souffrir, malgré le ciel gris et les bons petits plats que vous affectionnez tant, pas toujours “diététiquement corrects” mais si réconfortants quand les températures baissent ? Les esthéticiennes, les chargés de soin de la thalasso et les coachs sportifs vont vous y aider. Enveloppements d’algues, douches à jets, cours d’aquagym dans l’un des trois bassins d’eau de mer chauffée avec des panneaux solaires vont

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vous faire fondre et gagner en tonicité, tout comme la salle de fitness avec vue sur la mer, le large choix de gommages, les séances de Cellu M6 et de Power Plate. Vous vous sentez un peu fatigué et avez envie de faire une vraie pause pour recharger les batteries ? Plongez dans un bain d’eau de mer chaude où des hydrojets, vous massant des pieds à la nuque, et un ballet de couleurs apaisantes vous feront oublier les frimas. Pour laisser l’hiver bel et bien derrière vous, montez à l’espace zen et faites confiance aux gestes enveloppants et relaxants du modelage détente californien. Ensuite, il ne vous restera plus qu’à vous étendre sur l’une des méridiennes de la salle de relaxation à la décoration délicieusement orientale pour sortir de la douce torpeur dans laquelle ce soin aux huiles essentielles vous aura plongé.

Informations pratiques Où ? Les Flamants Roses 1, voie des Flamants Roses 66140 Canet-en-Roussillon Tél. : 04 68 51 60 65 www.hotel-flamants-roses.com Quand ? Du lundi au samedi de 9h à 13h et de 14h30 à 18h30 Le dimanche de 9h à 13h Quelques tarifs ? Modelage détente californien : 90 € les 55 minutes. Bain multijets chromothérapie : 30 € les 11 minutes. Accès sur une demi-journée à l’espace marin, aux jacuzzi intérieurs et extérieurs, au hammam oriental, au sauna, à la salle de fitness et à la tisanerie : 32 €. Accès à 12 € pour tout soin esthétique, spa ou modelage associé.

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TRESORS D A N S N OT R E A S S IET T E

Le Parc...

Thomas Brieu, sommelier, veille sur les 500 références de la cave.

Sauce Soubise sur bar, oursin, pamplemousse.

À l’ombre de la Cité, ou au pied des Cévennes, deux chefs explorent amoureusement leurs produits locaux. Franck Putelat et Stéphane Delsuc usent de créativité avec les dernières techniques. De l’émotion et de la séduction pour notre plus grand plaisir…

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«Travailler, observer, regarder, comprendre... car un plat n’est jamais abouti, au final»

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rêves étoilés La maison de maître, en pierre du pays a su garder son âme après la sérieuse remise en état et les réaménagements engagés par ses nouveaux propriétaires.

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es précelles de dentiste doublées d’un scalpel dépassent de la veste de Franck Putelat. Armé de cette pince de son invention, il dépose, avec délicatesse, de translucides lamelles de poitrine de veau et de sombres feuilles de tétragone sur du cochon croustillant, son entrée du menu déjeuner. «Respect de la marchandise, respect du client, c’est la marque de fabrique de ce que l’on essaie de faire», glisse le chef. TEXTE MARIE CAMUS PHOTOS PAUL DELGADO

Franck Putelat met sa dernière touche au dressage.

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TRESORS D A N S N OT R E A S S IET T E

Le Parc côté jardin.

Modernité dans la cité Ouvert en 2006 par Céline et Franck Putelat, le restaurant le Parc gagne une étoile dès 2007. La cité de Carcassonne l’a inspiré. Une meurtrière cadre la cuisine rutilante. Une cotte de mailles argentée voile trois flammes épurées et dévoile une salle lumineuse. La terrasse s’inscrit dans le verger devenu parc. De la tradition à l’émotion «Travailler, observer, regarder, comprendre... car un plat n’est jamais abouti, au final.» Perfectionniste et passionné, ce lauréat Bocuse d’argent 2003 « ne vit que pour la cuisine depuis l’âge de 14 ans ». Il revendique son apprentissage de tradition française auprès de Georges Blanc à Vonnas et Taillevent à Paris. Les titres de ses menus, Emotion, Action/Réaction et Classique/Fiction illustrent sa façon très personnelle de revisiter la tradition. Sauces essentielles La sauce Albufera enveloppe de douceur la poularde de pays cathare. Cuisse et suprême fondants, cuits à basse température,

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contrastent avec la peau dorée et croustillante. Copeaux odorants de truffe, farce d’abats et foie gras donnent un accord long en bouche, en équilibre et rondeur. La sauce Soubise lie une étonnante union entre bar poêlé marin, cèpe terrien et langue d’oursin iodée, titillée par l’acidité de grains de pamplemousse et l’amertume croquante de minuscules têtes de crevettes frites. L’équilibre subtil de l’acide et de l’amer signe cette carte d’une haute précision gastronomique. Tout près des producteurs La cave à vin est à l’échelle des cinq cents références de la carte. Mais les chambres froides sont toutes petites. Pas de stockage, tout est acheté au jour le jour, après l’inventaire quotidien. «Il vaut mieux que la pomme de terre soit dans la terre que dans la cagette», affirme Franck Putelat. Il n’a qu’une rue à traverser pour choisir ses légumes, cultivés sur mesure par la maraîchère installée en même temps que lui. Petit-fils de paysan du Jura, il s’enrichit avec ces producteurs audois aussi exigeants que lui. Il va les voir sur leurs terres et raconte ce qu’il

fait de leurs produits. «Ce contact, c’est ce qui permet d’avancer.» Son sommelier entretient le même lien avec les vignerons. Le chef en cuisine avec sa brigade, midi et soir, charge son équipe en salle de transmettre ses histoires culinaires. Dîner, puis rêver au Parc Pour faire toujours plus, toujours mieux, «sans se prendre la tête», il bouillonne d’idées. Les meilleures surgissent en passant la tondeuse dans son jardin. Demain, une recette innovante revisite les haricots du cassoulet avec les huiles de Bio Planète. Au printemps, un hôtel “boutique” prolongera le séjour au Parc en rêves étoilés.

Restaurant Le Parc Chemin des Anglais 11000 Carcassonne Tél. : 04 68 71 80 80 www.restaurantleparcfranckputelat.fr Menu à partir de 31 € BLEU MAGAZINE

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TRESORS D A N S N OT R E A S S IET T E

Le suc

des Cévennes Filet de sanglier en croûte verte, butternut, genévrier et châtaignes.

«La gastronomie, c’est un grain de folie !»

O

liviers et cyprès ombragent l’entrée de ce mas de pierre sur les hauteurs d’Alès. Une fois le seuil franchi, Le Vertige des Senteurs dévoile les Cévennes. Le chef, Stéphane Delsuc, les raconte dans l’assiette, histoires de producteurs, pêcheurs ou chasseurs.

TEXTE MARIE CAMUS PHOTOS JUDY JANUARIUS

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Le pigeon est servi à table dans sa chemise d’argile et l’on brise sous vos yeux la croûte chaude : il révèle alors tous ses arômes.

Matières naturelles et minérales pour le décor de la salle.

Stéphane Delsuc, chef du restaurant Le Vertige des Senteurs, à Saint-Privat-des-Vieux.

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TRESORS D A N S N OT R E A S S IET T E

L’éphémère safran des Cévennes fleurit sur la coquille Saint-Jacques

Stéphane et Janine Delsuc

Une double toque «Depuis l’âge de 9 ans, je veux être cuisinier. Je ne lisais pas de BD mais des livres de recettes ! ». Il apprendra la cuisine et la pâtisserie, deux plaisirs qu’il ne peut séparer. Pour les réunir à sa façon, il s’installe à son compte à 25 ans, au centre d’Alès. Il ouvre avec Janine, rencontrée au lycée hôtelier, le premier Vertige des Senteurs, puis le transplante tout près, à Saint-Privatdes-Vieux. Dans ce cadre épuré et simple, ils tiennent, depuis dix ans, à rester conviviaux et abordables. En sortant de la «gastronomie réservée à l’élite», ils se réjouissent de toucher une clientèle jeune. Si Stéphane «sort très peu de la cuisine», Janine «dernier maillon de la chaîne en salle» se plaît au contact des consommateurs.

Il vient d’inscrire à la carte un plat qui dure ce que dure un crocus cévenol. Il imprègne de safran des pommes de terre des sables, mêle ces disques dorés aux fondantes lamelles de coquille SaintJacques, ajoute une touche d’écume parfumée et safranée jaune poussin. Il se passionne pour le polypode, une fougère qu’il transforme déjà en tuile diaphane. Il expérimente la lavande ramassée et distillée le soir même, à quelques kilomètres du Vertige.

Donner du temps aux idées Perfectionniste, ce chef prend le temps de mettre au point ses recettes, s’accorde la liberté de faire son cheminement personnel : «je ne veux pas être le meilleur, je veux juste avoir mon identité». Depuis toujours, il dessine au stylo ses schémas dans de grands cahiers

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noirs «des idées mises en œuvre, ou pas, ou des années après...». Déjà, certains de ses plats ne peuvent plus quitter la carte. Le pigeon, niché dans le foin de Crau, bio et AOC enfermé dans l’argile des vases d’Anduze, délivre une odeur terrienne quand sa croûte éclate sous le marteau. Les bonbons de foie gras, au puissant cœur liquide, deviennent des mises en bouche miniatures. Sa cuisine “cousue main” exige concentration, maîtrise et minutie. Le credo du produit «Comme le paysan, je vis au fil des saisons.» En hiver, il détourne châtaigne, cèpe ou sanglier de leurs emblématiques recettes. Son “bouletieiro” : quatre ans de réflexion et dix versions avant d’arriver à traduire dans l’assiette l’émerveillement d’un “coin à champignons” en patois cévenol. Un paysage miniature s’esquisse en glace turbinée au cèpe frais, chips de cèpe sec, meringue châtaigne et sablé morille, parfum de pin en écume : «Il y a longtemps que je voulais retranscrire l’odeur d’une balade en forêt».

De la cueillette des végétaux sauvages à la cuisine, le chemin semble tout naturel à Stéphane Delsuc. Cette identité culinaire liée au pays est la révélation du restaurant Noma à Copenhague, sacré meilleur du monde cette année. Ce chef l’offre aux portes des Cévennes. «La gastronomie, c’est un grain de folie !» Restaurant Le Vertige des Senteurs 35 Chemin Usclade 30340 Saint-Privat-des-Vieux Tél. : 04 66 91 08 84 www.vertige-des-senteurs.fr Menu à partir de 19 € BLEU MAGAZINE

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ATTRACTION S T ER R ES TRES

4 4 ° 2 5 ’ 1 8 N / 3 °4 4 ’2 0 E

L’aventure polaire

au cœur du mont Lozère

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On glisse. On décolle. On survole. On atterrit… Ouf ! Le choc.

Grandiose et pourtant à côté de chez nous. Atmosphère magique du mont Lozère. Étendue insondable de l’étang de Thau. Revisitons ou découvrons ensemble ces lieux sublimes classés quatre étoiles.

S

ymbole d’authenticité et de nature préservée, le mont Lozère niché au cœur des Causses et des Cévennes, est un joyau naturel désormais classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Une escapade sur ces terres uniques est un voyage vers la pureté des paysages, la chaleur des hommes qui y vivent et l’amour des grands espaces.

TEXTE STEPHANIE AUGE PHOTOS VINCENT LHERMET

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ATTRACTION S T ER R ES TRES

Sculpture de neige, artiste : le vent.

S’offrir une escapade au mont Lozère est une aventure dépaysante et vivifiante, accessible en un peu plus de trois heures de route de Perpignan et deux heures et demie de Montpellier. Sur ces terres préservées, l’authenticité et le respect de la nature encore sauvage sont les maîtres mots. Arrivé à la station du mont Lozère, qui culmine à 1702 mètres, l’atmosphère authentique des lieux séduit dans l’instant. Ici, perdue au cœur des sapins enneigés et des pistes ouvertes sur des espaces infinis, la montagne apparaît tel un paradis pour les inconditionnels de nature préservée, de convivialité et de douceur de vivre au grand air. Ski, raquettes, luge, les plaisirs de la glisse y sont accessibles à tous, même les rêves les plus fous comme celui de se laisser emmener dans ces forêts majestueuses par des chiens de traîneau. Un rêve d’aventure gardé

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en mémoire depuis les récits de Jack London. Sensation de vitesse et de liberté, le traîneau glisse dans la poudreuse, se faufile entre les sapins, et franchit les vallons avec une énergie folle. L’appel de la forêt résonne plus que jamais en ces instants, inoubliables.

épicurienne et gourmande s’impose à La Remise, le restaurant gastronomique du Bleymard. On y déguste au coin de la cheminée, les meilleurs truites, viandes et fromages du pays lozérien sans oublier ses savoureuses châtaignes.

C’est aussi de la douceur. Nichée tel un jardin secret à la cime d’une vallée cévenole dessinée par les rivières, l’Oustaou de Joséphine est un havre de paix enchanteur où passer la nuit. Cette ancienne magnanerie du XVIIIe siècle, aujourd’hui transformée en safranière, offre de belles chambres à l’atmosphère sereine et chaleureuse, habillées de charpentes en châtaignier. Côté gastronomie, la Lozère séduit aussi par la qualité de ses produits. Et pour prendre la mesure des délices cévenols, une escale

Contacts : Station du mont Lozère, Le Bleymard. Tél : 04 66 48 66 48 www.lemontlozere.com L’Oustaou de Joséphine, Pénens-haut, Saint-Frézal-de-Ventalon. Tél : 06 77 79 34 22www.oustaou.net Hôtel-Restaurant La Remise, Le Bleymard. Tél : 04 66 48 65 80 www.hotel-laremise.com

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ATTRACTION S T ER R ES TRES

Thau,

un petit coin de paradis

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out près de Sète, l’étang de Thau est l’un des plus beaux sites naturels de la région. Paradis des amateurs d’huîtres et de nature, ce lieu magique a tout pour séduire. TEXTE GWENAËL CADORET PHOTOS TIM SOMERSET

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ATTRACTION S T ER R ES TRES

Thau, synonyme de dégustation d’huîtres chez le producteur.

Non, l’étang de Thau n’est pas un plan d’eau comme les autres. 7 500 hectares, 19 kilomètres de long, c’est l’une des plus belles lagunes d’eau salée de la région, avec sa nature protégée et sa vue imprenable sur Sète et le Mont Saint-Clair. Véritable carrefour entre le Canal du Midi, la Méditerranée, le volcan d’Agde et la ville de Sète, cette “mer intérieure” est, bien sûr, célèbre pour les huîtres de Bouzigues. Près de 600 tables sont implantées dans les eaux, dont l’alignement offre un panorama surréaliste, presque lunaire. 12 000 tonnes du précieux coquillage sont produites chaque année, soit la moitié de la production française. Généreuses, légèrement salées, leur goût crémeux est inimitable. Le musée de l’étang de 36 bleu N°1 PAO.indd 36

Thau, à Bouzigues, témoigne de la riche histoire des conchyliculteurs. Avec cinq ports de plaisance, les navigateurs sont gâtés. En voici la raison : c’est un rendezvous privilégié des amoureux de la nature. Qu’ils restent sur l’eau, à observer les treize espèces d’oiseaux présentes. Ou qu’ils plongent, à la recherche d’hippocampes et de poissons tout droit sortis d’une peinture de Dali. Pour s’y déplacer, l’idéal est de louer un bateau. À Bouzigues, on pourra jeter l’ancre à La Palourdière. Ce restaurant, spécialisé dans les produits de la mer – le gratin de Saint-Jacques aux cèpes est un régal - offre un panorama unique sur les tables de l’étang. Et pour dormir, rien de plus magique que de se rendre

à Marseillan, à la résidence Port Rive Gauche. Chaque suite au luxe raffiné possède sa propre terrasse, offrant l’immensité bleue comme compagne au petit déjeuner. C’est promis : votre séjour à l’étang de Thau demeurera inoubliable.

La Palourdière, Lieu-dit La Font, BP 12, 34140 - Bouzigues Tél. : 04.67.43.80.19 www.lapalourdiere.com Résidence Port Rive Gauche Rue des pêcheurs, 34340 Marseillan Tél. : 04 67 11 87 15 www.garrigae-resorts.com/Port-Rive-Gauche BLEU MAGAZINE

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FAISEURS D ’U N IVERS

Bobun, ,

quand le beton se fait sensuel Ce sont tous des magiciens ! Leurs rêves deviennent notre réalité. Fruits d’un parcours unique et fascinant, ce sont des personnages attachants qui méritent toute notre attention. Rencontre avec leur histoire, leur combat, leur travail.

Laurène Hombek a cultivé sa passion pour le béton et les matières moulées.

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assionnée de béton, Laurène Hombek a su faire de ce matériau, a priori brutal, un objet d’art. Créant sous la marque Bobun des meubles sobres et élégants, elle est en train de se faire un nom dans le monde du design. TEXTE GWENAËL CADORET PHOTOS SYLVAIN THOMAS

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Selon la créatrice, le béton peut être «velouté, sensuel et noble». Sa marque, Bobun, allie ce matériau avec le bois, pour proposer des créations uniques. Des meubles légers et singuliers, épurés, héritiers de l’esprit zen.

«Entre béton et cocoon !»

Bobun ZA Montplaisir 3 impasse Morillons 30240 Grau du Roi Tél. : 06 30 56 53 82 contact@bobun-creation.fr www.bobun-creation.fr

Des meubles en béton ? C’est l’idée étonnante développée par Laurène Hombek. Depuis quatre ans, cette femme souriante de 30 ans, aux yeux taquins et au caractère bien trempé, dompte les matières et les formes. Et ses créations enrobées de béton commencent à faire fureur. Passionnée par le béton et «les matières coulées» depuis ses études aux Beaux-Arts de Montpellier, c’est à l’occasion d’une expérience au sein de l’entreprise allemande PLP design (aujourd’hui disparue), qu’elle va découvrir le monde des objets d’art. Un travail millimétré Après s’être testée, fin 2007, au sein d’espaces pour jeunes créateurs, comme le Free Market à Montpellier, elle bascule pour de bon, rejoignant la couveuse d’activités artistiques Context’art, à Montpellier. L’occasion de structurer son projet : elle ouvre une première boutiqueatelier à Aigues-Mortes, avant de s’installer, en mars 2010, dans un petit atelier du quartier Montplaisir, sur la rive gauche du Grau du Roi. Un lieu où elle peut à la fois travailler et accueillir sa clientèle. «Tout est une histoire d’échange et de partage.» Chaque projet commence ainsi par un vrai temps de dialogue avec le client. L’été 2010, elle lance sa marque : Bobun (prononcez Boboune). Une sonorité originale, «entre béton et cocoon», clé de voûte d’un projet au marketing bien ficelé. «Une marque, cela impose une discipline.» De la table basse à la bibliothèque, en passant par le meuble à casiers, (presque) tout est possible. Le bouche à oreille se met en marche. Minéral et élégant Aujourd’hui, Bobun «prend de l’ampleur». L’objectif : «intégrer le prestigieux salon parisien Maison&Objet, en 2013». Du coup, son travail est devenu millimétré. «Pour faire un cube, je me donne 3 heures !» Chaque projet est dessiné sous de nombreux angles. Puis elle assemble les pièces de bois, qu’elle fait découper par des spécialistes. Au bois massif, «qui se dilate trop»

elle préfère le contreplaqué et l’aggloméré, «qui sont plus stables et permettent un résultat de qualité». Une fois posé un enduit spécial, elle étale généreusement le béton, lui imprimant des formes aléatoires, au fil de son inspiration. Surprise : c’est très léger. «Ce qui est lourd dans le béton, c’est le gravier ou le sable.» La jeune femme les remplace donc par la silice fine ou la poudre de marbre. «La qualité mécanique est la même. Pas le poids !» Du béton, l’artiste n’en parle comme personne. Lui trouvant un côté «sensuel et velouté», elle assure qu’il «peut être noble, avec un mat incroyable, minéral et élégant.» Très sobres, ses créations rappellent l’esprit asiatique, d’une élégante simplicité. Si les commandes à la carte sont possibles, Laurène Hombek travaille par collections thématiques. Avec une préférence pour les tons de gris, les rayures, et aussi parfois des couleurs vives, comme le rouge ou le bleu canard. Pour des prix restant très abordables, de 250 euros le tabouret à 1 000 euros la console. Mais face aux demandes croissantes, les choses seront amenées à évoluer. «Je ne suis pas encore débordée», plaisante-t-elle. Profitez-en, cela risque de ne pas durer !

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Les pianos ne broient plus du noir

D Philippe Pons, Créateur des pianos d’exception Gary Pons, à Montpellier.

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epuis six ans, les pianos Gary Pons révolutionnent le monde de la musique. Modernes, design, ils plaisent à la fois pour leur son et leur style. Quand l’instrument de musique devient objet d’art… TEXTE GWENAËL CADORET PHOTOS SYLVAIN THOMAS

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A la fois objets de design, créations originales et instruments de musique, les pianos Gary Pons prennent tout autant place dans les hôtels particuliers les plus chics que dans les salles de concert les plus exigeantes.

Gary Pons 75 rue du Latium 34070 Montpellier Tél. : 04 67 82 56 05 contact@garypons.com www.garypons.com

«Si Dieu jouait du piano, ce serait sur un Gary Pons.» Cette formule du journaliste italien, Simone Cavallin, résume l’émotion provoquée par les pianos Gary Pons. Créée il y a vingt ans par Philippe Pons, la société est devenue l’une des références mondiales du piano haut de gamme. Tout commence par un désir : réinventer le piano. Après une formation de facteur de pianos, Philippe Pons s’est d’abord intéressé aux pianos d’art du XIXe siècle. Voyant l’instrument comme un objet d’art, l’entrepreneur a décidé, en 2005, d’écouter son cœur. «Cet objet est souvent triste. C’est soit blanc, soit noir. Cela manque de charme.» Philippe Pons a donc innové. En priorité pour se faire plaisir, en créant quelques prototypes. Puis, voyant le succès arriver, il s’est attelé, en 2008, à développer une gamme : Plexart. «Dès qu’on apporte un plus esthétique, on se rend compte qu’il y a une demande. Les gens en ont marre du conformisme.» Robustesse et design audacieux Son idée : remplacer le bois par l’aluminium, l’Inox et l’Altuglas. Pour créer des objets singuliers, où lumières et transparences ouvrent de nouvelles dimensions. « On a un style unique au monde. Un mélange entre sculpture sur piano et travail manuel. » Et même si le bois est considéré par les puristes comme le seul matériau capable de restituer parfaitement les sons, les Plexart sont très appréciés par les pianistes de jazz, notamment. Entièrement montés et décorés dans des ateliers aux secrets bien gardés, à deux pas du RondPoint du Grand M, à Montpellier, ces pianos sont dotés d’harmonies issues des meilleurs fabricants allemands. Nécessitant deux à six mois de travail, chaque instrument est une pièce unique, dont les finitions sont personnalisées pour le client. Respectés pour leur robustesse et leur durabilité, métal oblige, ils sont plébiscités pour leur design audacieux : hublots permettant de jouer le piano fermé, pieds originaux, gravures, LED de couleur...

Dans la cour des grands «Ce que je préfère, c’est quand ils sont en pleine lumière. Ils scintillent !» Entre les modèles droits et à queue (de 10 000 € à 220 000 €), une soixantaine de pièces numérotées s’écoulent chaque année. Les grands magasins de musique parisiens les classent, d’ailleurs, parmi les grandes marques du piano. «On a été invités au salon Luxuria à Monaco, qui réunit les 50 meilleurs créateurs de la planète.

«On a un style unique au monde… Quand ils sont en pleine lumière, ils scintillent !» On était à côté d’entreprises qui font rêver !» Ce n’est pas un hasard si Philippe Pons a intégré, cette année, le prestigieux guide Who’s Who. Du Moyen-Orient, d’Asie ou d’Amérique du Nord, les acheteurs s’étonnent que cette «révolution du piano» provienne d’une «petite ville» du Sud de la France. Des produits qui prennent place «aussi bien dans un château que dans une maison moderne». Et qui séduisent un public varié, entre pianistes, people (Les Enfoirés, PPDA…) ou amateurs de design. Etonné par ce succès soudain, Philippe Pons envisage bien sûr de développer de nouvelles gammes. Mais pas tout de suite. «J’ai d’autres coups de crayons dans la tête. Il y a le temps…»

On n’est pas au bout de nos surprises.

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Ce pommeau de canne a permis à Fabien Cardona d’obtenir le titre de Meilleur Ouvrier de France en 2007.

Pendentif améthyste et tourmalines jaunes.

Le vieux mentor et ) le magicien d or I

l était une fois une histoire de bijoux, de passion et de rencontre. Il était une fois une histoire d’hommes, celle qui fit se croiser le chemin d’un jeune joaillier préparant le concours du Meilleur Ouvrier de France et d’un ancien Meilleur Ouvrier au cœur de l’Aveyron.

TEXTE VIRGINIE GALLIGANI PHOTOS STEVEN MORLIER

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Alliance pavage grenats tsavorites.

Bague turban diamants et perle noire.

Bague résille or blanc et diamants.

Bague or blanc tourmaline baguette et diamants.

Bijouterie Cardona 34 rue droite, Narbonne Tél. : 04 68 33 54 12

Fabien Cardona a 32 ans en 2005, lorsqu’il prépare le concours de Meilleur Ouvrier de France en bijouterie. Il a deux ans pour réaliser une pièce sur le thème du pommeau de canne : «En province, il est parfois difficile de faire connaître la qualité de son travail et j’avais envie d’un challenge. Ce titre de Meilleur Ouvrier de France, c’est le Saint Graal pour un artisan et une référence pour les gens». Formé au lycée Amblard de Valence, c’est auprès des sous-traitants en haute joaillerie des bijoutiers de la place Vendôme, à Paris, que Fabien apprend la nécessité de qualité de son métier. Auprès d’eux, il réalise des pièces de plusieurs millions d’euros et se révèle un professionnel exigeant.

«Cela n’arrive qu’une fois dans sa vie une chance comme ça» Un pommeau obsessionnel Une fois diplômé, il passe quelque temps à Paris puis à Montpellier avant de s’installer dans l’Aude. D’abord «en chambre», à la maison, où l’essentiel de sa production est destiné aux professionnels. C’est à cette époque qu’il commence son pommeau : «Je travaillais sur mon pommeau tout mon temps libre. Je ne pensais et ne parlais que de ça. C’était une obsession. C’est plus de 1000 heures de travail.» Afin de vérifier la précision de son ouvrage, Fabien rencontre Paul Finet, un ancien Meilleur Ouvrier âgé de 83 ans, qui vit dans l’Aveyron. En découvrant le travail du jeune Audois, le vieil artisan lui propose de l’épauler : «Pendant deux ans, toutes les trois semaines, je suis allé le voir. Il avait un caractère fort mais une grande générosité et un esprit technique affûté.

J’y passais la journée, on parlait de la pièce, on mangeait. Cela n’arrive qu’une fois dans sa vie une chance comme ça. C’est la personne qui m’a le plus apporté professionnellement». Un vainqueur orphelin Une transmission formidable pour Fabien et une histoire d’hommes et d’amitié. Entre les deux artisans, la passion, l’art et la générosité tissent des liens indéfectibles. En juin 2007, trois mois avant les résultats du concours, Paul Finet est mort. Il n’a jamais su que son protégé avait reçu le titre de Meilleur Ouvrier de France, face à 22 postulants. Depuis, Fabien a ouvert sa joaillerie à Narbonne. Il transforme ou crée selon les demandes, il développe aussi une petite collection personnelle : «C’est un travail solitaire, mais si on veut avancer, il faut échanger, savoir piocher dans d’autres métiers. On apprend tous les jours, cela rend humble». La relation qui s’établit avec l’objet est quasiment charnelle : «Je suis capable de passer beaucoup de temps à regarder la pièce achevée avant de pouvoir m’en séparer». Et puis, il y a celle dont il ne se séparera jamais. Si vous passez devant la vitrine de sa joaillerie, juste à côté du pommeau primé, vous découvrirez un petit couteau écru… Celui de Paul Finet. Aujourd’hui, une boutique, des trésors Dans sa petite boutique particulièrement chaleureuse, Fabien prépare en ce moment une sélection pour les fêtes, comprenant des solitaires (diamants), des pendentifs en saphir, des bagues perles ou rubis. Sans thématique précise, fonctionnant comme toujours aux coups de cœur ! L’or blanc est très tendance, il l’utilise donc beaucoup. Mais ce qu’il préfère travailler, c’est le platine qui est, avec l’or, le plus précieux des métaux. Ses pierres préférées sont l’émeraude et le diamant, mais il vient d’acquérir un «grenat tsavorite» de un carat et demi, petit mais éclatant qui l’a inspiré par sa fraîcheur. 45

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Plafonnier en plaques de métal réalisé pour la décoration de l’hôtel Oz’Inn (4 étoiles) au Cap d’Adge.

Metal Addict O

n vous dit : «cotte de mailles». Vous répondez certainement : «armure souple ou tablier de boucher»…

C’est sans compter sur Philippe Montels qui, en détournant la matière de son usage classique, imagine une toute autre fonction et crée d’étonnants luminaires en cotte de mailles. Philippe Montels n’a pas seulement réinventé une matière, il est devenu un décorateur de talent. Fabriquées à Agde, ses pièces uniques ornent des lieux de prestige dans le monde entier. TEXTE ET PHOTOS CAROLINE FERNANDEZ

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Rideau en plaques de métal offrant une séparation ajourée entre deux espaces.

Itinéraire d’un autodidacte du design. Derrière la façade d’un entrepôt de zone industrielle, s’ouvre un hangar banalement encombré. Nous sommes à Agde, loin du faste des Champs-Elysées ou du Pékin branché. Sous son bonnet de laine à larges côtes, l’homme a l’accueil chaleureux. Le regard nous sourit. La voix chante, mais on l’entend peu. Philippe Montels est peu disert à propos de son aventure pourtant atypique. Ancien réalisateur de films institutionnels, il devient artisan d’art autodidacte. Mais l’homme a la réussite

Lustre Galahad. Semblable au lustre montgolfière dans la boutique Guerlain des Champs-Elysées, il mesure 2,35 mètres de haut pour 1,20 mètre de diamètre. Il peut être réalisé sur mesure.

lui, veut en détourner l’usage. Il en achète d’abord un échantillon. Depuis, parmi les clients décorateurs, il en est devenu le plus important. «J’ai commencé avec une pince et une tenaille chez moi», se souvient-il. Il fabrique d’abord des bijoux, puis un abatjour. «J’aimais bien le rapport de la matière avec la lumière. Son aspect industriel devenait étincelant.» Il crée sa société PM67 en 1999, mais les démarches effectuées pour commercialiser ses créations sont vaines. Il quitte alors Paris pour retrouver sa ville natale, Agde, et continue à fabriquer, notamment des lustres. Cinq ans plus tard, il décide de franchir la frontière, direction l’Italie. A Milan, au détour d’une rue, il entre dans une boutique. Son travail est dans la tendance d’une nouvelle collection.

«Vous arrivez au bon endroit, au bon moment et les choses se font.» modeste. Il suffit de l’observer, le regard fixé sur un de ses prototypes, pour comprendre qu’il préfère chercher de nouvelles idées plutôt que de parler de celles qu’il a déjà eues. C’est en flânant dans son ancien quartier parisien du Marais que lui vient celle d’utiliser la cotte de mailles. L’art et la matière. Dans la vitrine de la boutique d’un fabricant de cotte de mailles, il observe des tabliers en plaques de métal reliées les unes aux autres par des anneaux soudés en Inox. Autrefois utilisée pour fabriquer des armures souples, la cotte de mailles sert à protéger les mains et le corps, celui des bouchers, des plongeurs équipés de combinaisons anti-requins et des policiers portant des gilets pare-lames. Philippe Montels,

C’est à ce moment-là que Philippe Montels trouve un distributeur : la société IPE Cavalli. Il suscite alors l’intérêt des décorateurs. En France, il ne rencontre pas d’opportunité similaire. Et c’est en démarchant seul des agences, qu’il vend son premier lustre montgolfière à celle d’Andrée Putman. «Mon lustre correspondait exactement à ce qu’il leur fallait pour habiller l’orgue à parfums conçu pour la nouvelle boutique Guerlain des Champs-Elysées», explique-t-il. Il s’agit d’une sculpture lumineuse entièrement conçue en cotte de mailles. À la fois filtre et reflet, les plaques de métal chaînées sur une hauteur de deux mètres vingt et d’un mètre vingt de diamètre, révèlent un subtil jeu d’ombre et de lumière, apportant la magie nécessaire au tableau.

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FAISEURS D ’U N IVERS Un produit artisanal devenu création de luxe Aujourd’hui, Philippe Montels est associé à de grands noms du design comme celui de Philippe Starck, qui lui a commandé un lustre pour la décoration du très luxueux restaurant The Lan, à Pékin.

Plaques de métal reliées manuellement les unes aux autres par des anneaux soudés en Inox.

Lustre Saturnia.

Pendentifs en perlines de cristal Swarovski disposés autour des gaines en cotte de mailles.

Mannequins lumineux high-tech en cotte de mailles.

Philippe Montels Chemin des dunes 34 300 Agde www.pm67.fr 48 bleu N°1 PAO.indd 48

Pourtant, il tient à préserver son fonctionnement artisanal. Dans l’atelier à Agde, Hélène et Florian, les deux salariés de l’agence PM67 réalisent des prototypes. «Nous travaillons pièce par pièce, à la demande, pour une production globale annuelle de 300 à 400 pièces maximum», expliquent-ils. En pleine conquête du monde de la décoration, l’artisan autodidacte ne s’interdit pas une percée dans celui de la mode. Il a astucieusement associé les perles de cristal au tissu métallique, apportant la touche de fragilité qui donne de la sensibilité à ses nouvelles créations. La matière brute contraste avec le raffinement du cristal. «Mes premières créations ne portaient pas de cristaux. En les ajoutant, une deuxième lecture est possible. On passe d’un produit artisanal à une création de luxe. Des pièces dont le coût peut être élevé : de 100 jusqu’à 50 000 euros. Loin des armures moyenâgeuses, Philippe Montels travaille également sur de nouvelles pièces, comme des coussins en cotte de mailles ou encore des sacs à main constitués d’anneaux en Inox, s’attaquant ainsi à la mode. À l’image des robes de Paco Rabanne, dans les années 60, les créations de Philippe Montels ont l’étoffe de futurs classiques. Sur le point d’être commercialisées chez Colette à Paris, haut lieu de la “branchitude”, nul doute qu’elles seront au cœur de la tendance de demain. À suivre de près. BLEU MAGAZINE

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P ROVOCATION S

Provocations.

TEXTE AURELIE BARNEOU ET SOPHY MONFORT

Ces objets qui nous attirent. Innovations, esthétique, plaisir des yeux et changements, telle a été la quête de nos têtes chercheuses. De préférence création en Languedoc-Roussillon, mais sans fermer aucune porte. Des jouets de grands ARTOYZ Visible Gid 89 € Chez Totalement Invendable Passage Doisneau à Perpignan

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Le téléphone vert Coque en bambou pour iPhone 3G et 3GS 24,95 € Nature & découvertes www.natureetdecouvertes.com

Des haut-parleurs qui ont du chien Petits haut-parleurs en bois pour lecteurs Mp3 100% Handicraft Par Motz www.pyramidistribution.com

Juste équilibre Chaise longue 522 TOKYO 1940 par Cassina I Maestri 3615 € www.cassina.com

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Pour glisser dans le vent... Mini luge siège en lattis 93 € www.filedanstachambre.com

Une montre légendaire Montre Cadenas nommée Kelly, inspirée du fameux sac Kelly, en hommage à la princesse Grace de Monaco. Mouvement suisse à quartz, boîtier plaqué or (20x20 mm) et cadran blanc, bracelet double tour Veau Barénia naturel. 2000 € Boutique Hermès à Montpellier Tél. : 04 67 60 51 61 www.hermes.fr

Un fauteuil culte

Table fleur à l’heure du thé T-table par Patricia Urquiola pour Kartell En PMMA couleur noisette Hauteur : 50cm 162 € www.kartell.it

Réédition 2011 du célébrissime fauteuil Egg créé en 1958 par le designer danois, Arne Jacobsen pour le Radisson SAS Royal Hôtel. Structure en métal et fibre de verre, mousse polyuréthane traitée contre le feu et recouverte de cuir ou de tissu. Egg finition tissu Frame 4417 € RBC Structures, 13 rue Foch à Montpellier. Tél. : 04 67 60 75 06 www.rbcmobilier.com

Pour déboucher de Grands Crus Dernier-né des ateliers aveyronnais de Layole, un tire-bouchon haut de gamme, seul modèle existant avec une abeille forgée massive. Manche disponible en pointe de corne, olivier, bois de rose, bois de cerf, ébène, noyer, chêne... 181 € La coutellerie de Laguiole, Espace Les Cayres, Laguiole Tél. : 05 65 51 50 14 www.layole.com

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PROVOCATION S Un univers en boîte Cube translucide par Isabel Mencion 9 x 9 cm prix : consulter l’artiste www.mencionisabel.free.fr

Quand la nature tombe amoureuse du design Table basse plateau Splay-leg Par George Nakashima (1948) www.knoll-int.com/fr/

Paillasson en bois

Un bijou de princesse Modernité, féminité et élégance pour la bague Le Premier Jour de Mauboussin, qui allie sur trois rangs d’or 18 carats un pavage de diamants. Existe en or jaune, blanc ou rose. 725 € Espace Mauboussin, Galeries Lafayette www.mauboussin.fr

WOOD 70 € Maison Quinta Perpignan www.maisonquinta.com

Entre porcelaine et papier Service en porcelaine Maison Quinta Perpignan www.maison-quinta.com

Des lignes pures Table en béton ciré (mortier fin lissé) couleur lin Par Olivia Duhesme 200 x100 x 75 1500€ www.olivia-duhesme.com

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Un stylo mythique

Lampadaire SALTO

Le légendaire stylo plume signé Montblanc réinventé. Édition version platine et résine pour le sublime modèle Meisterstück . 840 € et version Or rouge, 750 € Boutique Montblanc à Montpellier Tél. : 04 67 66 62 73 www.montblanc.fr

signé François Liguori alias Pescatore, designer sétois. Structure en métal, finitions poudrage Epoxy couleur rouille (dimensions : 750x630, hauteur 2,10 m). Trois abat-jour, 17 couleurs différentes, en papier froissé ou en papier gaufré cabossé. 470 € Pescatore à Sète. www.pescatore.fr

Un saladier éco-chic Ekobo conçoit des objets contemporains en bambou, fabriqués à la main. Saladier Globo Pop, peinture laquée. 60 € grand modèle, 40 € petit modèle. Boutique De La Luce, 2 rue Saint-Côme à Montpellier Tél. : 04 67 06 90 75 www.ekobohome.com

Sur un p’tit nuage Tabourets Nuages « Cloud Stool » par JOON & JUNG www.joonjung.com

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PROVOCATION S Un fauteuil haut en couleur Le Huggy de chez Lago Made in Italie en exclu chez inoui 1320 € www.in-oui.fr

Des bougies haute couture Collection Week-end, Inès de la Fressange. Elaborée avec le célèbre nez, Julien Rasquinet. Verrine en céramique. Cire naturelle végétale. Un temps de brûlage exceptionnel : 43 h. 45 € Collection Gourmande, Inès de la Fressange. Parfum violette. Temps de brûlage 40 h. 38 € Boutique Annie Pistre à Nîmes. Tél. : 04 66 21 26 20 www.inesdelafressange.fr

Cocktail explosif de saveurs colorées Un parfum d’exception Nouvelle création de Serge Lutens, Vitriol d’œillet, une eau de parfum de la Collection Noire, envoûtante et mystérieuse. 95 € Il était un parfum, Place du Forum, La Grande Motte. Tél. : 04 67 55 63 45 www.il-etait-un-parfum.com

Boîte en métal façon biberon à remplir de thé 12,80 € Chez Betjeman and Barton à Montpellier

Un canapé signé Jean Paul Gaultier Canapé MAH JONG Couture, design Hans Hopfer habillé par Jean Paul Gaultier pour Roche Bobois. Canapé composable à partir de coussins matelassés et capitonnés avec finitions mains, de dossiers et d’angles. Tissu motif Matelot ou Couture. Coussin d’assise. 810 € Roche Bobois, Lattes (34), Cabestany (66) www.roche-bobois.com

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Une cheminée œuvre d’art Créateur de Focus, Dominique Imbert est aujourd’hui internationalement reconnu pour son travail qui bouscule les règles techniques et les codes. Modèle Gyrofocus, élu en 2009 Le plus bel objet du monde au concours italien Pulchra. Prix sur demande. Focus, 2 rue Henri Guinier à Montpellier Tél. : 04 67 92 50 50 www.focus-creation.com

Un coffret collector Le coffret Kusmi Tea la Collection, les meilleures créations de thés réunies : 15 boîtes métal et 1 boîte de 100 filtres à thé en papier. 69 € Si le thé m’était conté, 12 rue Saint Firmin à Montpellier Tél. : 04 67 02 81 57 www.kusmitea.com

Un petit air de Manga Canapé My Beautiful Backside par Nipa Doshi Jonathan Levien pour Moroso 11 720 € www.moroso.it

Un univers végétal unique La GreenCube, pensée, imaginée et créée par le chercheur du CIRAD de Montpellier, Jean-Christophe Breitler, est un “univers” végétal unique, innovant et naturellement design. Sans eau, ni engrais, les plantes s’épanouissent au fil des mois. Trois ambiances végétales au choix. À partir de 300 € Tél. : 07 60 52 96 69 www.greenfeel.eu.

Une commode “preppy flashy” Commode de la gamme Haute couture chez Maisons du Monde qui revisite le mobilier style Louis XV avec ses couleurs originales et pimpantes. Composée d’un plateau en chêne naturel vieilli qui accentue l’aspect authentique de ce meuble patiné à la main. 590 € Maisons du Monde, 8 boutiques en Languedoc-Roussillon www.maisonsdumonde.com

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ARCHIDESIGN

Les stars de l’architecture

habillent la région 56 bleu N°1 PAO.indd 56

Une œuvre de l’artiste, écrivain et plasticien Alain Fleischer représentant des centaines de registres d’état civil comme tombés du ciel, orne les 680 m2 du plafond de la salle des Rencontres. Le thème de la liberté est décliné sur le plafond de la salle du conseil municipal et celui des paysages montpelliérains sur le plafond du hall d’accueil.

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À l’heure où nous sommes de plus en plus nombreux à vivre la cité, les constructions contemporaines, qu’elles soient publiques ou privées, prennent une place prépondérante dans notre paysage quotidien. Elles nous interpellent, nous interrogent ou nous réjouissent… Fonctionnalité et esthétisme s’unissent alors pour le plaisir des yeux. Chaque trimestre, vous retrouverez dans cette rubrique, de nouveaux projets architecturaux qui transforment les villes de la région. Dans ce premier numéro, ce sont deux projets héraultais que nous vous présentons. Deux bâtiments, deux univers différents, mais un point commun : ces deux ouvrages sont destinés à accueillir de nombreux usagers : la nouvelle mairie de Montpellier et la Cité des savoirs et du sport pour tous du Conseil Général de l’Hérault. TEXTE VIRGINIE GALLIGANI PHOTOS VILLE DE MONTPELLIER

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L

e 14 novembre dernier, les Montpelliérains ont inauguré leur nouvel hôtel de ville. Conçu par deux architectes, Jean Nouvel et le Montpelliérain François Fontès, cet élégant parallélépipède argenté, de 90 m de long et 41 m de haut, se dresse fièrement sur les rives du Lez, entre géométrie et poésie.

Résolument contemporain, l’hôtel de ville, bien qu’imposant reste aérien par le traitement de ses façades et sa conception en partie surélevée.

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ARCHIDESIGN

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n imposant vaisseau. Imaginez un bâtiment monolithe de 195 m de long, traversé par de grands éléments verriers. TEXTE VIRGINIE GALLIGANI ILLUSTRATIONS ZAHA HADID

Le ciel s’ouvre en bleu pour se réfléchir dans la façade de l’hôtel de ville.

Géométrie, car les concepteurs jouent avec les lignes parallèles, horizontales et verticales. Les façades sont tissées de tasseaux métalliques, de persiennes ou de brise-soleil, et toutes sont liées par le même rythme et le même matériau. Au centre de l’édifice se déploient, ici ou là, de grands vides, des puits de lumière, des patios ouverts, laissant pénétrer l’éclairage naturel dans tous les espaces. Poésie aussi, car les façades du bâtiment sont en aluminium bleuté. Une “peau” qui permet

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de jouer avec les reflets du ciel et de l’eau, donnant à l’ensemble une dimension onirique. Le plan d’eau qui pénètre au cœur de l’hôtel de ville apporte fraîcheur et douceur. Il est prétexte à des reflets changeants, magnifiés par les éclairages nocturnes. Enfin, la poésie est aussi suspendue au-dessus de nos têtes. Alain Fleischer, artiste, écrivain, cinéaste et plasticien, a réalisé des œuvres photographiques habillant les plafonds de certaines salles. Un clin d’œil aux plafonds décorés des palais d’autrefois.

C’est le projet hors norme, réalisé à la demande du Conseil Général de l’Hérault, par l’architecte Zaha Hadid, pour accueillir la Cité des savoirs et du sport pour tous. Destiné à abriter les Archives et la Médiathèque départementale, l’office des sports, mais aussi un amphithéâtre et des salles d’exposition, cet étrange ouvrage interpelle par son envergure massive. Pourtant, les lignes tendues, les formes ondulées, les arêtes vives, les transparences et les nervures de la façade, contredisent cette idée en donnant à l’ensemble une dynamique inattendue. Il semble que ce vaisseau spatial s’apprête à décoller. Sans être spécialiste, on est admiratif devant les prouesses architecturales ayant conduit à sa réalisation : 1 000 panneaux de béton préfabriqués et plus de 3000 m2 de surface vitrée habillent la Cité. À l’intérieur, le hall d’accueil et la salle d’exposition forment un même volume non cloisonné de 2 000 m². Dès l’entrée, un étonnant porte-à-faux de 10 m supporte l’auditorium et abaisse la hauteur sous-plafond (3 m seulement). Une impression (souhaitée par l’architecte) de compression, d’écrasement pour le visiteur. Puis soudain, la décompression lorsqu’on accède au reste de ce volume où les hauteurs sous-plafond peuvent atteindre jusqu’à 20 m. Côté esthétique, le parti pris extérieur se prolonge au cœur du bâtiment et la complexité architecturale y trouve son prolongement. Les arrondis des façades se font traversant : cloisons, couloirs, angles, cages d’escaliers, tout n’est que courbe et contrecourbe et les parois ne font souvent qu’un avec les sols et les plafonds. Bref, un étonnement de tous les instants.

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Ce bâtiment, repère symbolique, s’insère au cœur d’un tout nouvel écoquartier. Tout autour, émergeront bientôt une grande place de 9000 m², plus de 800 logements, des commerces et des espaces de vie dans une logique L’architecte irako-britannique, Zaha Hadid, a conçu le bâtiment Pierresvives 195 m de long, 46 m de large et 24 m de hauteur qui s’inscrit dans un ensemble s’étendant sur plus de 10 ha. À suivre…

Tous les sols sont composés d’une résine gris/noir, brillante, coulée sur place. Celle-ci remonte à la verticale sur le début des cloisons.

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L’Archipel,

un joyau catalan 60 bleu N°1 PAO.indd 60

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I

mmanquable lorsque l’on arrive à Perpignan par la route. À l’entrée de la ville, trône le Théâtre de l’Archipel. Sublime bâtiment d’acier et de verre, rehaussé de pourpre et de doré que l’on doit à Jean Nouvel et Brigitte Metra et qui peut être comparé au magnifique Musée du quai Branly, à Paris, initié par Jacques Chirac et inauguré en 2006. TEXTE HADRIEN VOLLE PHOTOS LUC FORTANIER

Véritable hymne au patrimoine local Chaque entité a été visuellement ancrée dans les souvenirs du patrimoine local. Pour exemple, la salle centrale, Le Grenat, tient son nom de la pierre précieuse, dont les montagnes catalanes sont riches, et qui orne les traditionnelles croix badines. Le donjon, qui accueille la cage de scène, domine l’ensemble de la structure. Celle-ci, de par sa forme et sa taille, fait écho aux tours à signaux qui jalonnent le département depuis la fin du XIIIe siècle. Le Carré, nom donné à la petite salle, est recouvert d’acier Corten qui se patinera avec le temps, un clin d’œil aux mines de fer du Canigou. À l’opposé, le bâtiment administratif est déjà tout d’or vêtu, en souvenir des rivières aurifères telles la Têt et le Tech. Allié au Grenat, il n’est pas sans rappeler le Sang et Or, blason catalan. Enfin, un lien avec l’ancien théâtre a été créé : l’atelier des décors est recouvert d’affiches des trois dernières saisons.

Le Grenat, salle principale de l’Archipel, est agencé de façon à ce que le public se sente toujours proche de la scène. Ici, point de places aveugles. Ce joyau est bordé de larges galeries ouvertes sur la ville, accueillant bar et vestiaires.

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Questions à Domènec Reixach, directeur de l’Archipel Quel parcours avez-vous suivi avant d’arriver à la tête de l’Archipel ? Je suis né et j’ai grandi à Blanes, dans la province de Gérone. J’ai pris la décision de par tir et de me fixer à Barcelone à 26 ans pour y faire du théâtre professionnel. Avec ma troupe, j’ai fondé le Teatre Lliure qui est devenu un des théâtres les plus prestigieux de la Catalogne et de l’Espagne. J’y ai joué comme acteur, et j’ai commencé à y faire mes premiers pas en tant que metteur en scène. Par la suite, j’ai été nommé directeur du Centre Dramatique de la Generalitat de Catalunya, basé au Teatre Romea de Barcelone, durant dix ans. Après un travail de fusion, j’ai été nommé Directeur du Teatre Nacional de

D’allure somptueuse, ce bâtiment est un véritable monument dédié aux Catalans. De par sa forme minérale mais aussi grâce à sa politique artistique, l’Archipel est le prolongement du projet de la Scène Catalane Transfrontalière, un travail mené depuis deux ans en partenariat avec El Canal, le Centre d’Art Scénique de Salt-Girona. Cet échange est basé sur trois types d’action : la mise en place d’activités pluridisciplinaires dans les trois langues usitées sur le territoire (avec traductions et surtitres), la coproduction de spectacles et enfin, la création d’un festival d’automne, baptisé Argos. Une programmation riche et équilibrée, faisant la part belle aux arts vivants dans leur ensemble... Il y en a pour tous les goûts : régionalistes ou internationaux, musicaux ou expérimentaux. L’équipe a concocté une saison riche et équilibrée, faisant la part belle aux arts vivants dans leur ensemble... Les 20 et 21 mars, le brillant «Suicidé», de Erdman, mis en scène par Patrick Pineau sera donné dans la grande salle, Le Grenat. Interprété à l’ouverture du Festival d’Avignon 2011, ce drame mêlant humour noir et sujets graves dans une ambiance tchekhovienne, est un véritable bijou. Le 10 janvier, Maguy Marin projettera ses «Salves» de danseurs sur les planches catalanes. Ce spectacle, créé à la Biennale de Lyon en 2010, puis repris au théâtre de la Ville de Paris a été unanimement applaudi. Le 28 janvier, c’est Ibrahim Maalouf, le génie franco-libannais de la trompette à quart de ton, qui fera “jazzer” le public. Sans oublier le festival de musique sacrée qui se déroulera en avril, «La Flûte Enchantée» au mois de juin, les spectacles de cirque et la belle saison jeune public. Plus aucune excuse pour ne pas aller à l’Archipel, un lieu véritablement ouvert à tous les publics.

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Catalunya jusqu’en 2006, avant d’être recruté par la plus grosse entreprise de théâtre privé de Barcelone. C’est à ce moment-là que Perpignan m’a appelé pour la coordination de l’Archipel, puis me demander de diriger la Scène Catalane Transfrontalière. Existe-t-il une culture proprement catalane ? La culture catalane pour nous du sud, c’est un thème plus identitaire que culturel à proprement parler. Notre culture, c’est notre langue. C’est la seule chose qui nous lie. En quoi est-ce vraiment important de l’intégrer au projet culturel de l’Archipel ? Parce que notre langue est celle d’une nation, une nation sans Etat, parce que nous avons perdu une guerre. Il y a un peu plus de 6 millions de personnes qui la parlent, c’est comme le flamand ou le danois.

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Dates de prestige

pour une saison de transition

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eux concerts exceptionnels vont avoir lieu à l’Opéra de Montpellier en 2012 : le célèbre chef d’orchestre Riccardo Muti viendra en janvier et Philip Glass et Bob Wilson seront invités au mois de mars.

TEXTE HADRIEN VOLLE PHOTOS JAVIER DEL REAL

La saison est essentiellement concentrée au Corum, jusqu’à la réouverture, au printemps 2012, de l’Opéra Comédie actuellement en travaux.

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«Nabucco» a été vu par plus de 800 000 personnes sur Arte Le nouveau directeur et celui qu’il qualifie comme «le plus grand chef d’orchestre contemporain» partagent déjà une histoire commune avec le compositeur italien du XIXe siècle, puisque c’est Jean-Paul Scarpitta qui a mis en scène «Nabucco» à l’Opéra de Rome en mars 2010, alors que Riccardo Muti dirigeait l’orchestre. Cet événement, commandé à l’occasion du 150e anniversaire de l’Unité Italienne, a été vu par 800 000 spectateurs en France sur la chaîne Arte. Bien que diffusé en seconde partie de soirée, ce score en souligne l’énorme succès.

Après Londres, Philadelphie ou encore la Scala de Milan, le chef d’orchestre italien, Riccardo Muti, dirige aujourd’hui l’Orchestre symphonique de Chicago. Grand spécialiste de Verdi, il est aussi l’un des chefs les plus sollicités dans le monde.

L’Opéra et l’Orchestre national de Montpellier changent de mains. René Koering, qui était jusque-là le dirigeant de l’institution, vient de laisser sa place à Jean-Paul Scarpitta, grand metteur en scène et ami de Carla Bruni. Conformément à l’accord qui était prévu avec l’Agglomération de Montpellier, le premier s’est chargé de la programmation de septembre à décembre, et les choix du second seront visibles à partir du mois de janvier. Le public assiste donc à une saison de transition. Malgré ce changement, celle-ci comporte des moments exceptionnels. Le premier événement réside en la venue de Riccardo Muti. Il viendra diriger l’Orchestre les 14 et 15 janvier. C’est «l’événement le plus important de la saison», affirme Jean-Paul Scarpitta. Le maestro, qui a notamment été le directeur de la Scala de Milan de 1986 à 2005, est aujourd’hui à la tête de l’Orchestre symphonique de Chicago. À l’occasion de sa venue dans la capitale languedocienne, il a choisi de présenter le «Requiem» de Verdi.

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Première mondiale L’autre immense événement de la saison, c’est la reprise de l’opéra «Einstein on the Beach», l’œuvre qui a lancé la carrière du musicien américain Philip Glass et du metteur en scène Robert Wilson. Il a été joué pour la première fois à Avignon en 1976. «À l’époque, il avait été vécu comme un moment aussi important que la création du Berliner Ensemble de Brecht, en 1949», affirme Scarpitta. Cette composition n’a pas été jouée depuis vingt ans. C’est donc l’occasion pour une nouvelle génération de découvrir ce qui est encore considéré aujourd’hui comme le chef-d’œuvre des deux hommes. Montpellier les accueillera à l’occasion de la première mondiale, le 16 mars prochain, avant les représentations de Londres, Amsterdam et New York. Le public est encouragé à entrer et sortir pendant la représentation L’œuvre, en elle-même, rompt complètement avec la construction d’un opéra comme on l’imagine. La partition a été composée pour synthétiseurs, bois et ensemble vocal. De plus, le livret se compose d’images récurrentes qui se juxtaposent à des séquences de danses abstraites, ne se contentant pas du schéma narratif classique. Afin d’ajouter encore un peu plus à la déroute du spectateur, la pièce dure cinq heures, sans entracte. Par contre, le public est encouragé à entrer et sortir librement de la salle tout au long de la représentation. «C’est un moment qui nous ramènera dans le passé mais qui s’inscrit aussi dans un certain futur, en cultivant le public sur ce qui s’est fait avant», conclut Jean-Paul Scarpitta. Ces deux moments rares laisseront sûrement les spectateurs admiratifs, voire envoûtés.

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IBRAHIM MAALOUF Théâtre de l’Archipel Perpignan Musique du Monde Le 28/01 20h30 Révélé il y a deux ans par son premier album « Diasporas », son talent se confirme en 2009 avec le superbe «Diachronism». LA BELLE HÉLÈNE Jacques Offenbach Opéra Berlioz / Le Corum Montpellier Les 28/12 - 03/01 - 05/01 à 20h Opéra bouffe en tois actes Livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy Créé à Paris le 17 décembre 1864

HAMLET De Shakespeare Théâtre de l’Archipel Perpignan Théâtre Le 02/02 20h30 Un spectacle très visuel, porté par la nouvelle traduction nerveuse de Pascal Collin.

LES SUJETS DE L’ABSTRACTION Musée Fabre Montpellier Exposition du 08/12 au 25/03 101 Chefs-d’œuvre de la Fondation Gandur pour l’Art

LECTURES MUSICALES DE BRIGITTE FONTAINE Théâtre Jean Vilar Montpellier Le 07/02 à 20h Brigitte Fontaine propose un spectacle de lectures musicales, retraçant 40 ans d’écriture

LA PROMESSE DE L’AUBE Théâtre de Narbonne Le 05/01 à 20h45 Romain Gary raconte son enfance, le luxe et la pauvreté qu’il a connus tour à tour, son dur apprentissage d’aviateur, ses aventures de guerre…

CALI EN ACOUSTIQUE ZingaZanga Bézier Le 08/02 à 20h30 Cali revient à la rencontre du public dans un cadre acoustique pour un spectacle sobre et dépouillé...

1,2,3 POMME Cie Daraomaï Théâtre de Narbonne Arts du cirque / + de 4 ans Le 06/01 à 18h30 Le fruit défendu est un thème qui fait appel à notre inconscient collectif, son caractère universel est unificateur... SALVES Théâtre de l’Archipel Perpignan Danse Le 10/01 à 20h30 Une image, un geste, un mouvement, une pensée. Toute l’œuvre de Maguy Marin prend appui sur une pulsation vitale. SPIDER GALAXIES Danse Gilles Jobin Théâtre de la Vignette Montpellier Le 26/01 à 19h15 Dans cette nouvelle pièce, Gilles Jobin se concentre essentiellement sur le mouvement, sans structure narrative, ouvrant ainsi d’autres territoires à la pensée.

ELEKTRA Richard Strauss Opéra Berlioz / Le Corum Montpellier Le 02/03 à 20h et 04/03 à15h Tragédie en un acte Livret de Hugo von Hofmannsthal Créé à Dresde le 25 janvier 1909 COMPAY SEGUNDO Théâtre de l’Archipel Perpignan Musique du Monde Le 08/03 à 20h30 Le retour en France des Héritiers du «Buena Vista Social Club» ambassadeurs de la musique Cubaine dans le monde

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CULTURE

Les 1000 et une feuilles De Jean-Louis Ferrer

Alternatives au gazon O. Filippi Actes Sud (39 €) Olivier Filippi, pépiniériste spécialiste des plantes de terrain sec, installé à Mèze (Hérault), s’adresse à ceux qui en ont assez d’arroser un gazon qui refuse de verdir... Dans ce livre, il propose de nombreuses alternatives au gazon “anglais”, en fonction de la région, de la surface du jardin et de son usage. Les solutions sont toutes naturelles : graminées, moquettes végétales, pelouse mixte, steppe fleurie, jardin sur gravier, massifs couvre-sol, jardins sauvages ou prairies fleuries. Olivier Filippi donne aussi de précieux conseils pour réussir la plantation, réduire l’entretien et décrit en détail près de 200 plantes couvre-sol.

Ferran Adrià, l’art des mets J.-P. Jouary et F. Guillamet (photos) Impressions Nouvelles (32 €) Ferran Adrià est l’un des cuisiniers les plus médiatisés de la planète. El Bulli, son restaurant près de Figueras (Catalogne), ouvert six mois par an, est classé Meilleur restaurant du monde et reçoit, chaque année, près de 2,5 millions de demandes de réservation. Pourtant, ce véritable artiste décide de fermer provisoirement son établissement. Objectif : faire une pose afin de révolutionner, une fois de plus, sa cuisine et approcher l’art au plus près... Dans ce livre, JeanPaul Jouary décrypte l’œuvre de Ferran Adrià et lui laisse la parole.

Les nouveaux contes catalans Tomes I et II avec CD audio I. Osterstock-Tournaire Éditions Catapac (19,80€) www.catapac.com Superbe livre objet original délicieusement illustré. Des contes qui redonnent souffle à des petits villages des P.O. Histoires sensibles et poétiques, peuplées de fées, dieux, ou simiots, au cœur de l’Histoire du département. Merveilleux moments à partager entre grands et plus jeunes. Petits clins d’œil aux légendes traditionnelles, mais l’imaginaire de l’auteure nous entraîne plus loin et sa voix nous enchante. Parfait pour un cadeau intelligent de Noël. Tome 1

Collection d’ici ISABELLE OSTERSTOCK-TOURNA

IRE

Tome 1

À savourer à la veillée ou seul, égoïstement… en famille, Voici des contes qui nous donnent envie de découvrir ou fabuleux endroits, revisiter quelques magiques et intemporels de notre beau pays catala Des lieux que les n. légendes passées ont peuplé de fantôm es attachants. Prétextes à de jolies le chagrin des fées, leçons de vie, les ou encore les caprice colères des démons vous enchanteront. s d’un dragon

19,80 Є TTC

Eyne AmélieLes-Bains Latour de Carol Villefranche de Conflent Ceret Casteil

Tome 1

19,80  TTC

9 782909 524146

Les nouveaux cont

Tome 2 r un conte et pénétre s. Ouvrir le livre, choisir de sensations raffinée dans un monde plein part de fantastique sa Chaque conte apporte blement décors sont admira et de morale. Les avec ne imprèg s’en retranscrits et l’on de Canet, baie de étangs : tion délecta Casa d’Argelès, ou encore Port-Vendres, place Castelnou. an ou Château de Xanxo de Perpign z la peau d’un oiseau Dans l’un vous endosse vous pouvez phe, dans l’autre migrateur philoso Ou bien Vénus, la déesse. d’eau prendre le rôle de porteur ux courage ce encore, vous devenez ... qui sert au château les ailes ation s’envoler sur Laissez votre imagin l’auteure sement choisis par des mots délicieu temps. le dans voyage pour vous offrir un ils sont humains, quand Ici, les sentiments pouce de grâce au coup de nobles, l’emportent ts. de dieux exigean fées adorables ou ses rêves invite à partager La conteuse nous bles, en , tous sens disponi reposée tête à , éveillés Sa voix tation enregistrée. e écoutant son interpré aventur une une porte sur nous ouvre alors en redemande. merveilleuse... On Bon voyage !

es catalans

Tome 2

tion d’ici

Collec Dans ce premier tome, admirables ont inspiré six lieux ISABELLE l’imagination de notre conteuse OURNAIRE qui OSTERS queTOCK-T commencer son périplene fait … Laissons nous porter charmante qui sait par sa voix donner vie à ses histoires et accédons avec elle à cet espace-temps merveilleux. Il n’y a pas d’âge pour aimer voyage r… Bon voyage !

tes catalans

Baroque catalan D. Fernandez, J.-L. Antoniazzi, F. Ferranti Ed. Herscher – Col. Belin Beaux Livres (39 €) De 1650 à 1750, le Roussillon se “couvre” de retables baroques en bois doré rehaussés de tableaux peints. Aujourd’hui, la région en compte encore près de quatre cents, pour la plupart ignorés, y compris d’un public averti. Nombre de ces joyaux se cachent derrière les murs de petites églises souvent fermées aux visiteurs. Dans ce livre, l’académicien et romancier Dominique Fernandez s’est associé au photographe Ferrante Ferranti et au spécialiste de l’art baroque catalan, Jean-Luc Antoniazzi. Les trois auteurs mettent en pleine lumière ces chefsd’œuvre endormis. Un témoignage d’autant plus précieux que les retables ont été, pour la plupart, détruits de l’autre côté des Pyrénées catalanes pendant la guerre civile espagnole.

Le canal royal du Languedoc Collectif Ed. Francis Loubatières (39 €) Depuis le milieu des années 1990, ce livre était introuvable. La réédition 2011 reprend l’essentiel du contenu qui a fait son succès en 1992 : de Toulouse à Agde, l’ensemble des cartes, plans, gravures et aquarelles contemporaines à la construction du canal. On y retrouve aussi des articles de fond de spécialistes. Cette édition est augmentée d’une présentation des archives du Canal du Midi.

Les nouveaux con

Georges Brassens intime P. Cordier Textuel (29 €) À 19 ans, Pierre Cordier rencontre Brassens qui en a 31. Il l’introduit dans son cercle rapproché d’amis : Pierre Nicolas, René Fallet ou Jean-Pierre Chabrol. Fasciné, Pierre Cordier photographie tout de Brassens et ses copains. Certains de ces portraits restés longtemps cachés dans des boîtes d’archives sont enfin publiés dans ce livre. Ces clichés laissent entrevoir un Brassens intime et complice, taquinant enfants, chiens et chats, bien loin des projecteurs. Pierre Cordier offre aussi des textes savoureux qui ajoutent au plaisir de découvrir la face cachée de cet immense artiste.

Tome 2 Canet Argelès-sur -mer Perpignan PortVendres Castelnou

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Bleu Magazine n°1  

Le magazine de l'Art de Vivre au Sud