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L'ENCYCLO-CONSO

4ème édition

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Avril 2007

www.encyclo-conso.org


Présentation

L'Encyclo-Conso est un guide à l'usage de tous ceux qui souhaitent prendre conscience des enjeux fondamentaux liés à leur consommation quotidienne.

Ces enjeux correspondent au coût écologique et humain de nos achats ; il s'agit donc ici de regrouper des informations sur différents choix de consommation qui s'offrent à nous : ceux qui sont basés sur le respect de l'homme et de la nature, et ceux qui ne le sont pas, engendrant la dégradation de l'environnement et l'exploitation de l'homme par l'homme sous de multiples formes. Libre ensuite à chacun d'en tirer les conséquences sur sa propre manière de consommer, et sur la façon dont elle pourrait évoluer vers plus d' « éthique ».

L'élaboration de l'Encyclo-Conso, par l'association du même nom, se fait selon certains principes qui ont pour but d'assurer un maximum d'objectivité et de rigueur dans le choix des informations citées : ➢ L'association est indépendante, sur le plan financier et à tout autre point de vue, par rapport à toute philosophie, idéologie, religion, doctrine socio-économique ; par rapport à toute formation politique ou syndicale ; par rapport enfin à toute organisation économique : entreprise, marque, label, groupement professionnel, etc. ➢ L'association est dotée d'un conseil scientifique chargé de valider l'ensemble des informations diffusées, après examen de leur pertinence et de leur objectivité. Chaque donnée référencée dans l'Encyclo-Conso doit avoir une source clairement identifiée : étude, article, ... Nous n'utilisons pas certaines sources considérées comme potentiellement douteuses, en particulier les informations fournies par une entreprise à propos d'elle-même, celles en provenance de réseaux trop 'militants', ou celles diffusées sur l'internet sans engagement de leurs auteurs. ➢ L'Encyclo-Conso se limite volontairement, dans le cadre de la consommation responsable, à la mise en valeur de produits, modes de production et services qui respectent l'homme et la nature là où d'autres adoptent une attitude nettement irresponsable. Nous n'englobons pas certaines initiatives dites alternatives, concernant par exemple la médecine, l'alimentation, l'éducation, etc, qui relèvent quant à elles de choix plutôt individuels basés sur l'expérience de la vie et la philosophie de chacun. Néanmoins, nous respectons bien entendu ces alternatives – qui peuvent par ailleurs se trouver étayées par certains éléments cités dans l'Encyclo-Conso. ➢ La majorité des marques et entreprises citées ne le sont qu'à titre d'exemples illustrant des faits de portée beaucoup plus générale. Il ne s'agit pas pour nous ici de stigmatiser quelques acteurs particuliers ayant une influence néfaste sur la condition humaine ou sur l'environnement, car nombreux sont leurs homologues qui agissent de manière aussi néfaste, et notre objet n'est pas de tous les recenser. De même, les initiatives positives citées sont également des exemples jugés significatifs, mais il n'y a là non plus aucune recherche d'exhaustivité en ce qui concerne les différents acteurs existants.

L'Encyclo-Conso peut être copiée et diffusée librement ; son contenu ne doit pas être altéré. L'Encyclo-Conso est également disponible sous forme électronique et dans son intégralité, pour téléchargement et / ou consultation en ligne, à l'adresse internet : www.encyclo-conso.org

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Agriculture biologique  Labels L'agriculture biologique se caractérise d'abord par son rejet des engrais, herbicides et pesticides de synthèse, pour les productions végétales. Elle inclut également l'élevage, avec des contraintes sur les conditions de vie des animaux, leur alimentation (provenance locale et biologique) et les traitements vétérinaires[B090]. Ces particularités sont formalisées dans des cahiers des charges, au niveau national ou européen, et font l'objet de contrôles par des certificateurs agréés en vue de l'attribution de labels[B091]. Le plus répandu est le label « AB », propriété de l'Etat français, mais il en existe d'autres. Fin 2002, en France, les cultures biologiques s'étendaient sur 509 000 hectares (+ 21 % en un an), soit 1,7 % de la surface agricole utile, et concernaient 10 400 exploitations (+ 8 % en un an)[B089]. En 2001, les agriculteurs labellisés AB ne représentaient que 1,36 % des agriculteurs. Le numéro un européen en la matière est l'Autriche, avec 7 % des agriculteurs et 8 % de la surface agricole en bio[B102]. Fin 2002, les produits biologiques ne représentaient que 1,1 % du panier des ménages, malgré une augmentation de 15 % par an des surfaces exploitées en bio[B101]. En 2002, les français ont dépensé en moyenne 25 € par habitant en achats de produits biologiques, ce qui les place au 7ème rang européen. Les belges se situent au 6ème rang (29 €) et les suisses en première position (98 €)[C002]. Agriculture conventionnelle  Pesticides,  Nitrates,  OGM,  Travail des enfants,  Travail clandestin Une population mondiale de 5 milliards d'individus nourrie comme les nord-américains et utilisant leur technologie agricole, aurait déjà (en 1996) épuisé les réserves totales de pétrole[B017]. La production de chaque tonne de céréales ou de légumes issus de l'agriculture intensive consomme de 3000 à 10000 mégajoules, alors que dans une agriculture durable, seulement 500 à 1000 mégajoules sont consommés pour la production de la même tonne[B015]. Si l'on se base sur le travail humain comme seul critère de productivité, l'agriculture industrielle est 500 fois plus productive que l'agriculture traditionnelle. Mais si au lieu du travail humain, on prend en compte l'énergie, les ressources naturelles et les intrants chimiques, les monocultures industrielles sont 66 fois moins productives que les polycultures traditionnelles[B020]. En 1999, les pays de l'OCDE ont subventionné leur agriculture à hauteur de 361 milliards de dollars (soit 1,4 % du PNB total) ; ce montant est à comparer aux 7,4 milliards de dollars d'aide officielle accordée à l'agriculture des pays pauvres en 1998[A018]. Les conséquences humaines du productivisme agricole se traduisent, dans les pays défavorisés, par une exclusion des paysans expropriés de leurs terres (exemple du Brésil où 1 % de grands exploitants détiennent 50 % des terres, alors qu'on estime à 70 millions de personnes, soit plus d'un habitant sur trois, le nombre des sous-alimentés), privés de travail suite à la mécanisation agricole, ou concurrencés sur les marchés par des productions européennes importées[B007]. Le productivisme agricole entraîne de fortes pertes d'emploi : en France, dans les dernières décennies, à une croissance de 30 % tous les dix ans du produit agricole a correspondu une diminution de l'emploi agricole de 30 % également tous les dix ans[B008]. Ampoules Les ampoules fluo-compactes consomment 5 fois moins que les ampoules à filaments, et durent 5 à 6 fois plus longtemps. Mais elles contiennent entre 3 (modèles récents) et 25 milligrammes de mercure par ampoule, ce qui en fait, une fois hors d'usage, des déchets dangereux (et classés comme tels par le Ministère de l'industrie) pour la santé et l'environnement. Sur 70 millions de ces ampoules produites chaque année, seules 15 % d'entre elles

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sont recyclées, principalement par les industriels en l'absence d'information destinée aux particuliers[C019]. Ananas Aux Philippines, les cultures d'exportation d'ananas et d'asperges se font au détriment des populations locales : déplacement d'agriculteurs et de peuples indigènes, baisse des cultures vivrières devant désormais être importées en grandes quantités (riz, maïs)[B023]. Animaux (et produits dérivés) Deuxième source de revenus, après le narcotrafic, pour le crime organisé dans le monde, le commerce illicite d'animaux vivants et des produits dérivés de leurs carcasses a déjà conduit des espèces telles que les rhinocéros et les tigres au bord de l'extinction[B028]. Appareils électroniques et informatiques  Conditions de travail,  Ordinateurs L'industrie des composants électroniques, largement délocalisée dans les pays asiatiques, est lourde de conséquences pour ceux qui y travaillent : décès par empoisonnement au benzène et au plomb, absence de protection sanitaire des travailleurs, entrave aux enquêtes après accidents [A043], conditions de travail éreintantes et répression de l'activité syndicale[A044]. En fin de parcours, ces appareils se retrouvent à nouveau souvent dans des pays pauvres, où leur élimination non contrôlée provoque des pollutions graves de l'eau, de l'air et du sol (dioxines, mercure, plomb, cadmium, ...)[C001]. Dans l'industrie thaïlandaise des semi-conducteurs, empoisonnements au benzène et au plomb chez Seagate ; accès interdit à une usine de composants électroniques pour un médecin mandaté par le gouvernement suite à une dizaine de décès chez les ouvriers ; pas de protection chez Namiki contre les projections de gouttes de solvants[A043]. Argent sale  Paradis fiscal La City de Londres, et plus généralement l'establishment bancaire mondial, font preuve de complaisance à l'égard de l'argent sale, comme en témoigne un procès récent sur le détournement de l'argent d'un ancien dictateur du Nigéria, avec comme banques impliquées : Deutsche Bank, Crédit Suisse First Boston, HSBC, Natwest, Goldman Sachs, Merrill Lynch, Citibank, BNP Paribas, Crédit Agricole Indosuez... D'après le juge Jean de Maillard, « l'économie criminelle représente aujourd'hui une part considérable de l'économie globale. Elle fait vivre aussi l'économie légale. Quoi qu'on prétende, il est indispensable de la ménager si l'on veut éviter que tout l'édifice ne s'écroule »[A013].

 Banane La banane sud-américaine (Equateur, Costa-Rica) est produite par des ouvriers fréquemment intoxiqués à cause des épandages de pesticides[A031], ou même par des enfants [A005], et sa culture engendre pollution des sols et déforestation[A029]. Face à cela existe une offre de banane bio ou équitable[A030]. Bioclimatique Une maison bioclimatique est une construction adaptée au climat local afin d'optimiser le confort thermique intérieur. Cela repose sur les principes suivants : utilisation du relief et de la végétation pour se protéger des vents froids l'hiver, bâtiment semi-enterré au nord, forme compacte, façade principale et pièces de vie au sud, importante surface vitrée avec serre ou véranda, protection du soleil durant l'été, isolation renforcée et sans pont thermique, matériaux de construction à forte inertie thermique, etc. Le surcoût, de 10 à 15 % par rapport à une maison ordinaire, est

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compensée à moyen terme par une réduction de 30 à 50 % des dépenses d'energie[D002]. Blé En 2000, la France produisait 34 000 tonnes de blé bio et en importait 52 000 tonnes (la production de blé en agriculture conventionnelle était de 37 millions de tonnes en 2002). Le blé bio est livré pour 50 % aux artisans boulangers ; les boulangeries industrielles en consomment 10 % et les grandes surfaces 20 % [B066] . Boeuf  Viande Bois En Afrique, des sociétés aux capitaux français (SFID, groupe Rougier ; SIBAF et HFC, groupe Bolloré), bénéficiant d'aides publiques par le biais de l'Agence française de développement, ont été condamnées pour exportation illégale d'une espèce de bois protégée (assamela) ou pour exploitation forestière en zone protégée[B035]. La vente de bois tropical est utilisée comme moyen de financement de groupes armés dans la région de la Côte d'Ivoire et du Libéria. Des réseaux d'affaire ou politiques, et autres confréries occultes, sont impliqués dans ce système [B064]. Bricolage Des outils provenant de camps de travaux forcés en Chine ont été retrouvés dans la grande distribution française. Vendues sous les marques Diamond et Elephant, il s'agissait de scies chez Gifi, de haches chez Leclerc et de pinces-étaux chez Castorama et Super-U[A040].

 Cacahouète L'expansion de la culture de cacahouète au Sahel, destinée à l'exportation en France et accaparant les rares ressources en eau, a obligé les peuples nomades à s'installer sur des terres périphériques, provoquant surpâturage et désertification[B009]. Café  Libéralisme économique Produit emblématique du commerce équitable, le café représente près de la moitié du chiffre d'affaire réalisé au niveau européen par ces filières[A009]. Le café équitable permet de protéger les producteurs des chutes importantes du cours mondial du café, pouvant être divisé par deux en un an[A033], lesquelles ne profitent guère qu'aux transnationales, comme le groupe Altria (ex-Philip Morris), habitué des réductions massives d'effectifs, implanté dans 17 paradis fiscaux, et qui possède les marques Carte noire, Grand-Mère, Jacques Vabre, Maxwell House et Velours noir[B116]. Carburants fossiles  Pétrole,  Changement climatique Les moyens de transport individuels reposent aujourd'hui presqu'exclusivement sur le pétrole, dont nous avons vu les effets très négatifs tant sur l'environnement (déforestation[B050], marées noires[B051], menaces sur la survie d'espèces animales[B003]) que sur l'être humain (contamination de la périphérie des lieux d'extraction[B050], calculs géostratégiques[B048]). Entre 1980 et 2000, la consommation de carburants automobiles a augmenté de 50 % en France (contre une progression de 25 % de la consommation totale d'énergie, tous secteurs confondus)[B001]. Carburants alternatifs Les alternatives existantes restent liées aux carburants fossiles. Le gaz de pétrole liquéfié (GPL) est un mélange de butane et de propane issu du raffinage du pétrole, et sa combustion ne rejette ni benzène, ni particules, et libère moins de CO2 qu'un carburant

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classique ; une solution apparentée est le gaz naturel pour véhicules (GNV), qui exige cependant une motorisation spéciale et reste donc pour l'instant réservé aux véhicules d'entreprises ou de collectivités (un nouveau bus sur trois en France roule au GNV)[B087]. Les biocarburants sont quant à eux issus de végétaux (betterave, colza, soja) et utilisés comme additifs aux carburants usuels. Ils permettent de réduire les émissions de particules des moteurs diesel et diminuent la contribution du carburant à l'effet de serre[B088]. Changement climatique Une équipe britannico-norvégienne a montré en 2001 que le débit du Gulf Stream a diminué d'au moins 20 % depuis 1950. En 2002, un fragment de la banquise antarctique plus vaste que le grand-duché du Luxembourg se fracturait en milliers d'icebergs représentant au total 720 milliards de tonnes de glace[B029]. La végétation et les océans ne peuvent absorber que 2 à 3 milliards de tonnes de gaz carbonique par an, alors que la production humaine approche les 7 milliards de tonnes[B063]. Chauffage écologique  Bioclimatique La fourniture d'eau chaude domestique peut provenir d'un chauffe-eau solaire. Le capteur est ici un serpentin de cuivre noir exposé au soleil (surface typique de 3 à 5 m²), dans lequel une pompe fait circuler de l'eau pouvant chauffer jusqu'à 60 °C. Cette tuyauterie est ensuite reliée au ballon d'eau chaude, l'ensemble étant complété par un chauffage d'appoint en cas d'ensoleillement insuffisant[B069]. Le dimensionnement d'un chauffe-eau solaire dépend de la situation géographique de la maison. Pour une famille de 3 à 4 personnes avec un ballon de 300 litres, 4 m² de capteurs couvriront environ 75 % des besoins d'eau chaude dans le sud de la France, alors que dans le nord une couverture de 6 m² correspond à 50 % des besoins[D004]. Le chauffage de la maison peut aussi être assuré par une chaudière à bois, les meilleurs modèles atteignant un rendement de 85 % pour une autonomie de trois jours [B070]. Une dernière source de chaleur naturelle est la pompe à chaleur géothermique. Il s'agit d'une tuyauterie plongeant dans le sol pour en capter la chaleur, laquelle est ensuite transmise dans la maison par l'intermédiaire de radiateurs ou d'un plancher chauffant. Les performances actuelles sont de 1 kWh d'électricité consommée (pompe et autres appareillages) pour 4 kWh de chaleur produite[B071]. Chauffage électrique Le chauffage électrique, peu performant avec un rendement énergétique de 45 % au mieux, s'accompagne d'un coût social important, car de nombreux ménages aux revenus faibles se privent de chauffage pour ne pas devoir assumer des factures EDF très élevées (ce lien entre revenus et chauffage est moins patent dans le cas du gaz) : malgré cela, des dizaines de millions d'euros (35 millions en 1999) sont dépensés par les collectivités pour couvrir les impayés, ce qui peut ponctionner dans certains départements jusqu'à 50 % des budgets d'aide sociale[C009]. Sur le plan écologique, l'aspect saisonnier du chauffage et son usage de pointe (tout le monde allume ses convecteurs au même moment) entraînent l'utilisation de centrales thermiques (charbon) en renfort des centrales nucléaires pour satisfaire la demande. Au total, le chauffage électrique entraîne la production de 64,5 tonnes/an de déchets radioactifs, et 4,9 millions de tonnes par an de gaz carbonique. Il a aussi pour conséquence le maintien d'un parc de production électrique en surcapacité pour seulement quelques mois par an[C009]. Chaussures En Indonésie, grève des ouvriers d'une usine de chaussures Nike pour le respect du droit au salaire minimum légal, soit un passage d'environ 20 centimes d'euro à 1 euro quotidien (ce qui

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correspond à un tiers des besoins d'une famille moyenne)[A039].

 Meubles

Colles Peintures,  Formaldéhyde

En 2003, l'OIT estimait que chaque année, plus de 2 millions de travailleurs décèdent dans l'exercice de leur métier, soit 5 000 par jour. En France, la CNAM indique que 780 salariés meurent annuellement au travail (plus de 2 par jour), et 3 700 personnes sont victimes chaque jour d'un accident du travail[B043].

Commerce équitable Labels, Tourisme Pour établir de nouveaux rapports avec les pays pauvres, il faut commencer par garantir un revenu correct et stable aux producteurs locaux dont nous consommons les denrées exportées. C'est le principe du commerce équitable. Pour cela, les productions sont achetées à un prix stable et indépendant des fluctuations des cours mondiaux[A008]. D'autres facteurs stabilisants peuvent être mis en oeuvre : engagement à long terme sur les quantités commandées, préfinancement des récoltes, ... Le café est le produit phare du commerce équitable, et représente près de la moitié du chiffre d'affaire réalisé par les filières équitables en Europe. On trouve aussi du thé, du sucre, du chocolat, du riz, des bananes ou encore des jus de fruit équitables. Des importateurs et des boutiques vendent des vêtements et des produits artisanaux achetés selon les mêmes principes dans des pays du Sud[A009]. La nature équitable d'un produit importé est souvent signalée par un label, dont le plus connu est la marque « Max Havelaar ». Cette marque est cependant de plus en plus décriée, car dans le but de toucher un maximum de consommateurs, elle mène une politique d'alliances contestable. Après le choix des grandes surfaces comme débouché principal pour ses produits, puis le partenariat avec Mac Donald's Suisse, Max Havelaar est devenu le partenaire de Dagris pour promouvoir un coton équitable. Mais Dagris est un géant français de l'agro-bussiness, spécialiste du coton, connu pour avoir soutenu en leur temps maints dictateurs africains (Mali, Sénégal, Cameroun, Niger) et actuellement engagé dans des recherches sur le coton transgénique[C016]. Une autre conception du commerce équitable, qui se préoccupe de l'équité des modes de distribution dans les pays du Nord en plus des thèmes usuels du commerce équitable, se développe au sein du réseau Minga, qui regroupe aujourd'hui plus de 80 magasins ou associations de ce secteur[C017]. Le concept du commerce équitable s'est étendu au domaine du tourisme. Des voyagistes spécialisés proposent des voyages dans les pays du Sud, co-organisés par les habitants des communautés d'accueil et permettant de découvrir ces sociétés dans le respect de leur mode de vie[B098]. Le commerce équitable connaît une progression similaire au bio : à la fois une croissance importante (2 200 tonnes de produits équitables vendus en France en 2002, soit le double de 2001) pour un marché encore très restreint : 0,40 € d'achats équitables par français et par an[B097]. Le marché équitable européen, plus développé en Allemagne, aux Pays-Bas ou en Suisse que dans l'Hexagone, plafonne à 0,5 % de parts de marché pour la banane[A030], ou encore 3 % pour le café équitable suisse [A034]. Néanmoins, on estimait en 2001 que 800 000 producteurs d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine bénéficiaient de ce système[A010]. Composés organiques volatils (COV)  Pollution domestique Les composés organiques volatils (COV) regroupent les composés chlorés et les hydrocarbures aromatiques (benzène, toluène, éthers de glycol, ...) Certains sont seulement irritants, d'autres s'accumulent dans l'organisme (benzène)[D005]. Les éthers de glycol sont des solvants très pratiques, solubles à la fois dans l'eau et dans l'huile. Mais des études sur les femmes enceintes exposées à ces produits ont montré qu'ils pouvaient être à l'origine d'avortements, de malformations ou de retards mentaux. Certains ont donc été interdits mais d'autres sont encore employés, malgré un avis du CSHP du 7 novembre 2002 demandant l'extension de l'interdiction[B082]. Conditions de travail  Maquiladoras,  Tourisme de masse,  Travail clandestin,  Jouets,  Vêtements, Label social, L'Encyclo-Conso n°4

Un rapport de la CISL recense en 2000 dans le monde : 209 syndicalistes tués ou portés disparus, 8 500 arrêtés, 3 000 blessés. Des obstacles légaux à la création d'un syndicat subsistent dans 108 pays, et ils sont interdits au Bhoutan, en Birmanie, en Guinée Equatoriale, en Arabie Saoudite et dans les pays du Golfe[A004]. General Electric, Sanyo et General Motors ont obtenu auprès de certains gouvernements du Tiers-Monde le droit de passer aux rayons X des candidates au recrutement pour vérifier qu'elles n'étaient pas enceintes, afin de ne pas avoir à payer de congés maternité [B013]. Dans une filiale de Hyundaï au Mexique, un ouvrier placé sur une machine qu'il ne connaissait pas a eu les doigts sectionnés ; un syndicat a montré que ce type d'accidents avait lieu suite à la déconnexion des systèmes de sécurité par guidage laser afin d'accroître les cadences[A042]. Cosmétiques  Formaldéhyde Certaines marques de cosmétiques fournissent des produits respectueux de l'environnement, et des cahiers des charges sont proposés par Ecocert et Nature & Progrès. Les principaux critères sont le pourcentage de substances naturelles utilisées dans le produit fini, les procédés de production qui doivent être peu polluants, et la proscription des tests sur les animaux[B106]. Coton La culture du coton est l'une des plus polluantes qui soit : 25 % des pesticides utilisés dans le monde sont employés dans les champs de coton, qui ne représentent que 2,5 % des terres cultivées. La conversion en bio est difficile pour les producteurs, mais peut être soutenue par les mécanismes de base du commerce équitable (prix adaptés, préfinancements, appui technique)[B119]. La production d'1 kg de coton consomme deux fois moins d'énergie que la production d'1 kg de polyester, la fibre synthétique la plus utilisée, et dérivée du pétrole. Mais la culture du coton consomme beaucoup d'eau (7000 litres par kg de coton), de pesticides (75 g par kg de coton) et d'engrais chimiques (2 kg par kg de coton)[C003].

 Déchets  Réparation,  Recyclage La production industrielle aboutit à la création de grandes quantités de déchets (380 kilogrammes par français et par an, + 2 % par an) dont la gestion est problématique, en particulier à cause des dioxines cancérigènes émises par les incinérateurs[B083]. En 2002, la consommation de matières premières est estimée, dans l'Union Européenne, à 52 tonnes par personne et par an (« besoin total de matières »). Il s'ensuit une importante production de déchets : de construction, industriels, miniers, ... parmi lesquels les déchets urbains ne représentent que 14 % du total. Par ailleurs, les emballages constituent un tiers des déchets urbains[C001]. L'incinération des déchets présente deux défauts majeurs : d'une part l'émission de molécules polluantes cancérigènes (dioxines), avec plusieurs cas de forts dépassements de la norme admise (par exemple : 770 fois la norme à Gilly-sur-Isère en Savoie), et d'autre part la création d'une surcapacité qui nuit aux efforts de réduction des déchets à la source[C007]. -5-


Il n'y a pas que les incinérateurs qui brûlent les déchets : les cimenteries en font de même, les déchets y étant utilisés comme combustibles de substitution. Mais les cimenteries n'ont pas été conçues pour cela, et leur combustion laisse s'échapper dans l'environnement 6 à 10 fois plus de substances toxiques que les incinérateurs. De fait, de nombreux problèmes de santé publique sont relevés dans le voisinage de cimenteries : bronchites chroniques, asthme ou conjonctivites (vallée du Paillon, près de Nice) ; taux de cancers élevés, en particulier chez les enfants (Tournai en Belgique ; nord du Pays de Galles)[C013]. Déforestation  Bois Distribution  Grande distribution,  Economie solidaire

 Eau  Economiseur d'eau,  Récupération de l'eau de pluie,  Pesticides,  Nitrates La consommation humaine en eau se situe dans les 150 à 200 l / jour / personne, dont[D001] : - 39 % pour la toilette (en moyenne : 5 l au lavabo, 70 l pour une douche et 150 l pour un bain) - 20 % pour les sanitaires (une chasse d'eau classique consomme 10 l) - 12 % pour le lavage du linge (un lave-linge consomme 80 l / lavage) - 10 % pour le lavage de la vaisselle (un lave-vaisselle consomme 40 l / lavage) - 6 % pour la préparation de la nourriture - 6 % pour les usages domestiques divers (ménage, ...) - 1 % pour la boisson Éclairage  Ampoules Économie solidaire À l'échelle locale ou nationale, des pratiques économiques, fondées sur des modes d'organisation en réseau, montrent qu'il est possible de se dégager des ornières tracées par l'économie libérale. Ces initiatives, qui prennent progressivement de l'ampleur, constituent les premières réalisations d'une économie solidaire aux contours encore flous. La coopération entre acteurs économiques peut se cantonner au niveau de la production, avec par exemple à la clef des économies de matières premières ou une réduction globale des déchets[A019], mais la possibilité d'une plus-value éthique véritable n'apparaît que lorsque les associations économiques intègrent les trois volets : production, distribution et consommation. Les exemples suivants illustrent ce principe :

les Jardins de Cocagne : des consommateurs-adhérents s'abonnent à un système de 'paniers' de légumes biologiques, livrés régulièrement. De plus, la production est assurée par des personnes en réinsertion, encadrées par des maraîchers professionnels[A016].

Les AMAP (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne) sont des groupes de consommateurs qui s'engagent pour une saison à acheter à un paysan une partie de sa prodution, définie d'un commun accord en termes de quantité et de diversité (fruits et légumes, oeufs, fromage, miel, viande, ...) La fourniture est pré-payée, et l'accord porte également sur les prix, fixés pour couvrir les frais de production et assurer un revenu décent au producteur[C004].

le réseau Biocoop : il regroupe plus de 200 magasins de produits biologiques et d'écoproduits en France, et garantit la présence d'un minimum de 20 à 30 % de produits locaux[B093] afin de favoriser l'économie locale. Un partenariat actif entre producteurs, transformateurs et distributeurs est mis en place, à travers une labellisation interne « Ensemble pour plus de sens »[B117].

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la Fleur Bleue : ce magasin de produits biologiques a mis en place un mode de fonctionnement original basé sur une communication permanente avec le consommateur : approvisionnement lié à la demande réelle, choix des assortiments, et même revenu des gérants du magasin ! Des relations durables sont également recherchées du côté des fournisseurs[A055].

Les outils permettant la mise en place de ce type d'initiatives évoluent également. C'est ainsi qu'un nouveau statut juridique a vu le jour dans le cadre de l'économie sociale : les SCIC, sociétés coopératives d'intérêt collectif [B030], qui ont pour but de formaliser la participation de producteurs, consommateurs, collectivités, etc, autour d'un projet commun. Économiseur d'eau Petite pièce métallique comportant un joint torique, qui s'adapte sur tous les robinets et réduit le débit à 8 litres par minute (voire 6 l / min), au lieu de 12 l /min et ce, quelle que soit la presion de départ. Des systèmes identiques existent pour la douche (ils s'installent entre le mitigeur et le flexible), permettant de passer d'un débit classique de 18 l / min, à 10 l / min[D001]. Écoproduits  Labels,  Lessives,  Peintures Les écoproduits restent très marginaux, avec de 1 à 3 % de parts de marché, excepté pour certains cas particuliers : par exemple, 25 % des peintures vendues en France possèdent un écolabel[B107]. Électricité (production)  Nucléaire L'électricité est omniprésente dans la maison. En France, sa production est assurée à 80 % par l'énergie nucléaire, suivie par l'hydraulique (près de 15 %) et les combustibles fossiles (moins de 10 %)[B068]. Des choix de consommation peuvent faire évoluer la situation vers une production d'électricité écologique et décentralisée. Les deux principales pistes pour cela sont l'énergie éolienne, qui fournit aujourd'hui par exemple 10 % de l'électricité au Danemark[B067], et l'énergie solaire photovoltaïque. Disponible partout en France, cette dernière peut faire l'objet d'une installation domestique, composée de 10 à 20 m² de capteurs et qui permet de couvrir les besoins des appareils exclusivement électriques (réfrigérateur, éclairage, hi-fi) s'ils sont de catégorie basse consommation[B072]. Électricité (consommation)  Chauffage électrique Des économies substantielles peuvent être faites sur la consommation des appareils électriques. Si l'on exclut le chauffage et la cuisson (pas nécessairement électriques), la principale dépense en électricité du foyer provient du réfrigérateur et du congélateur[B073], suivis par les appareils de lavage[B074]. Pour ces appareils électroménagers, on peut choisir des modèles économes, de classe A ou A+, voire ceux qui comportent l'écolabel européen lorsqu'il est attribué. L'utilisation a aussi son importance : La consommation électrique d'un lave-linge de conception récente (standard 1996) est de 2,32 kWh par cycle pour 90 °C, 1,45 kWh pour 60 °C, 0,76 kWh pour 40 °C et 0,44 kWh pour 30 °C[C002]. Le poste suivant est l'éclairage (14 % de la consommation d'électricité) ; il peut être réduit de moitié par l'utilisation de lampes fluocompactes [B075](attention cependant au problème du recyclage,  Ampoules), les lampes halogènes étant à proscrire. Enfin, les appareils électriques en veille consomment de plus en plus d'énergie, et ne doivent pas être négligés[B076]. En outre, il ne faut pas perdre de vue que l'énergie la plus écologique est celle que l'on ne consomme pas. Des économies d'électricité conséquentes peuvent être faites par un choix approprié du réfrigérateur[B073] ou des appareils de lavage[B074]. Les lampes fluocompactes permettent de réduire de moitié la facture d'éclairage[B075], et même la consommation des appareils électriques en veille n'est pas insignifiante[B076]. -6-


Essence  Carburants

 Finance éthique  Labels Les particuliers peuvent déposer leur épargne dans des organismes financiers qui mettent en place une gestion plus éthique de l'argent, en finançant les entreprises de l'économie sociale (Crédit Coopératif) ou des projets à plus-value sociale ou environnementale avérée (La NEF)[B060]. Ceux qui le souhaitent peuvent aussi investir directement dans des entreprises locales ou créées par des personnes en difficulté[A012] par le biais d'associations spécialisées dans l'investissement solidaire (les Cigales par exemple)[A050].

était bien connu dans les années 1930, et des preuves irréfutables sur le rôle de l'amiante dans l'apparition des cancers cités, furent établies par des pneumologues au début des années 1960. Pourtant, il aura fallu attendre 2005 pour qu'une interdiction totale entre en vigueur dans l'Union européenne. Cela est dû principalement aux pratiques de lobbying exercées par les anciens géants de l'amiante-ciment : dénigrement des scientifiques 'dérangeants', investissements conséquents en communication externe, influence sur l'élaboration de la réglementation, pressions sur les parlementaires possédant une usine d'amiante dans leur cironscription électorale. Suite à l'interdiction européenne, l'industrie occidentale de l'amiante s'est réorientée vers les pays en développement (vente de machines, accord de licences), perpétuant ainsi son business là où la protection des travailleurs et des populations n'existe pas[D006].



Formaldéhyde  Pollution domestique Le formaldéhyde, gaz très volatil qui émane des peintures, vitrificateurs, lasures, panneaux de bois aggloméré, revêtements stratifiés, tissus d'ameublement, colles, cosmétiques, produits d'entretien, est l'un des polluants majeurs de l'habitat. Irritant pour la peau, les yeux et les muqueuses, allergisant et pouvant provoquer des crises d'asthme, il est classé cancérigène certain par le Centre international de la recherche sur le cancer[D005].

Isolation thermique  Bioclimatique Les isolants thermiques classiques, laine de verre et laine de roche, renferment des microfibrilles qui peuvent provoquer des maladies des voies respiratoires[B080]. De plus, le coût énergétique de leur fabrication est important. Il existe des isolants performants à base de matières renouvelables, telles que le lin, la laine de cellulose, le liège ou le chanvre[B110].

Fruits  Pesticides,  Travail des enfants,  Travail clandestin,  Ananas,  Banane,  Pomme

 Grande distribution La grande distribution gère 90 % du marché alimentaire français à travers seulement 5 centrales d'achat[B026]. Profitant de leur position dominante, les centrales d'achat de la grande distribution française ont mis en place un système de racket consistant à réclamer tous les ans de 1 à 2 % de remise supplémentaire à leurs fournisseurs. Unique au monde, cette taxation, appelée 'marge arrière' et constituée essentiellement de prestations fictives ou survalorisées, dépasse largement la barre des 50 % du prix du produit. Le superbénéfice ainsi obtenu permet de servir de substantiels dividendes aux actionnaires du système. Il sert aussi à financer la corruption du pouvoir politique, habitué à monnayer sa signature pour les autorisations d'ouverture. Le montant de l'enveloppe pour un hypermarché est de l'ordre de 3 millions d'euros. M. Michel-Edouard Leclerc a reconnu l'application de ce procédé pour « près de la moitié des grands ensembles commerciaux »[B027]. La grande distribution, par la pression qu'elle impose à ses fournisseurs, les pousse à recourir au travail clandestin, comme l'illustre le cas des producteurs de salades, qui peuvent recevoir à toute heure de la journée des commandes importantes mais ponctuelles[B039]. Un emploi créé en grande surface correspond à 3 à 5 emplois détruits ailleurs. Les caissières, qui constituent la majorité des effectifs de la grande distribution, sont globalement précarisées et sous-payées, et subissent des contraintes horaires très difficiles [C029]. Une étude de la médecine du travail, menée sur 10 % des salariés de la grande distribution du département du Rhône, a montré qu'une proportion importante des employés souffrait d'affections telles qu'anxiété, dépression, douleurs articulaires et thoraciques, gastralgies, hémorroïdes, boulimie, surcharge pondérale (étude Epigrandis, 1999)[B059]. Groupes de pression  Nucléaire,  Pétrole,  Volaille En 2029, l'Europe occidentale comptera un demi-million de décès dûs à l'amiante, par asbestose, cancers du poumon et de la plèvre. Sur la plan médical, le péril avait été identifié dès 1906,

L'Encyclo-Conso n°4

 Jardinage  Pesticides En France, les jardiniers amateurs consomment annuellement 2 000 tonnes de pesticides, substances dont l'utilisation a des conséquences très lourdes pour la santé et l'environnement[B024]. Jouets  Conditions de travail,  Travail des enfants Premier producteur mondial de jouets avec 50 % de la production mondiale en volume, la Chine est le principal fournisseur de jouets de l'Union européenne (65 % des importations)[A045]. Or les jouets chinois sont fabriqués dans des conditions sociales désastreuses : travail d'enfants, ateliers surchauffés, non ventilés et emplis de substances volatiles toxiques [A047], cadences infernales et discipline de fer[A048], etc. Constat dans des usines chinoises de fabrication de jouets, soustraitantes de Walmart et de Hasbro : températures de 33 à 38 degrés dans les ateliers, absence générale de visites médicales, absence de ventilation dans les ateliers de peinture et d'assemblage (rapport d'une délégation d'ONG, 2001)[A047]. Dans une usine de jouets aux Philippines, les ouvriers doivent venir nettoyer les locaux et ramasser les ordures avant d'entamer leur travail rémunéré. Une usine chinoise travaillant pour Disney a instauré des amendes pour les ouvriers surpris en train de fumer, de parler, ou encore d'aller aux toilettes sans permission[A048]. En 2000, le HKCIC a révélé que City Toys, sous-traitant chinois de Mac Donald's chargé de fabriquer des jouets, employait 400 enfants de moins de 14 ans travaillant 16 heures par jour, sept jours sur sept, avec seulement deux jours de repos par mois. Ces enfants, faute de transport, ne peuvent quitter les abords de l'usine, et sont logés à quinze par dortoir, sans sanitaires ni matelas[B065].

 Labels Lorsqu'ils ne sont pas vendus à travers des circuits spécialisés, les biens de consommation issus de pratiques « progressistes » se signalent fréquemment par un label. Nous listons ci-dessous les principaux d'entre eux :

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• le label AB : il est attribué sur demande aux produits alimentaires qui respectent le cahier des charges de l'agriculture biologique correspondant à leur catégorie (fruits, légumes, lait, viande, poisson, etc), ainsi qu'aux préparations alimentaires utilisant ces produits. Le label AB est propriété du Ministère de l'agriculture français, et les producteurs labellisés sont régulièrement contrôlés par des certificateurs indépendants agréés par l'Etat[B100].

• Nature & Progrès : ce label concerne également les productions animales ou végétales, et comporte des critères plus poussés que ceux du cahier des charges AB, tels que la diversification des productions, la labellisation d'une exploitation entière et non de produits, l'exclusion de tous les produits chimiques sans exception, etc. Nature & Progrès labellise aussi des engrais ou des cosmétiques ; la certification est établie par les mêmes organismes indépendants que pour le label AB[B104].

• Demeter : il s'agit d'un organisme international qui labellise les productions agricoles respectant les règles de la biodynamie. Antithèse de l'exploitation intensive, l'agriculture biodynamique est fondée sur la connaissance et le respect des rythmes et conditions de développement propres aux espèces animales et végétales[B105].

• NF-Environnement : c'est l'écolabel officiel français. Il est attribué sur demande par l'AFNOR aux produits conformes à une liste de critères environnementaux prenant en compte leur cycle de vie complet, de la fabrication jusqu'aux déchets. Ces critères sont révisés tous les trois ans et vérifiés par un contrôle indépendant[B099].

• l'écolabel européen : au début des années 90, l'Union européenne a créé son écolabel, qui est toujours utilisé et coexiste donc en France avec le label NF-Environnement[B107].

• Apur : ce logo, créé par les industriels papetiers, indique le taux de fibre cellulosique recyclée qui entre dans la composition des papiers recyclés. Ce taux doit être de 50 % au minimum pour que le label soit attribué, et la fibre recyclée provient de papiers récupérés après usage (déchet ménager ou industriel). À noter que le label est décerné sur la base des déclarations des industriels, sans contrôle indépendant, et n'intègre pas l'absence de chlore pour le blanchissement du papier[B108]. L'Encyclo-Conso n°4

• le label FSC : le « Forest Stewardship Council » est un organisme oeuvrant pour la pérennité des forêts tropicales. Il impose aux exploitants plusieurs contraintes : respect des populations autochtones, préservation de la biodiversité, régénération des forêts, et un contrôle multipartite de l'activité des forestiers (commissions incluant des représentants des peuples locaux ou d'associations environnementales)[B095].

• Max Havelaar : principal vecteur du commerce équitable français, cette association met en contact des entreprises importatrices avec des coopératives du Sud, et contrôle que les échanges commerciaux ainsi établis respectent les critères du commerce équitable. Le label est attribué à quelques 220 références, que l'on trouve principalement dans la grande distribution[B096].  Commerce équitable

• Finansol : c'est un label décerné aux produits d'épargne contribuant au financement d'activités d'utilité sociale, et ayant fait preuve de leur transparence. Il est attribué par un comité composé de représentants des milieux bancaire, syndical, journalistique, et de l'économie sociale[A011]. Pour clore cette liste, signalons l'existence de pseudo-labels qui ne correspondent pas à la prise en compte volontariste de critères sociaux ou environnementaux, mais relèvent généralement du simple respect d'obligations légales (du style : « Préserve la couche d'ozone »). Ces labels auto-attribués ne font l'objet d'aucun contrôle indépendant et restent sujets à caution[B109]. Label social Pour juguler les dérives de la production industrielle dans les pays du Tiers-Monde destinée à l'exportation, certains proposent la création d'un label social, qui devrait être adopté par les entreprises concernées (producteurs et distributeurs) et garantirait le respect de droits sociaux fondamentaux, inspirés des principales conventions de l'OIT, et portant sur[A001] :

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l'interdiction du travail forcé et de l'exploitation des enfants, le respect de la liberté syndicale et la non-discrimination, des conditions de travail et de rémunération décentes.

Un premier essai a vu le jour outre-atlantique : la norme sociale SA 8000[A002]. Mais ce type d'approche se heurte au problème du contrôle sur le terrain. Ainsi des certifications SA 8000 ont-elles dû être retirées en catastrophe lorsqu'il s'avéra que les auditeurs s'étaient faits berner dans une usine chinoise : fausses feuilles de paie, doubles cartes de pointage (week-end et semaine) masquant un travail sept jours sur sept, repos forcé des jeunes de moins de 16 ans le jour de l'inspection[A003]. Enfin, il s'avère que les entreprises importatrices rompent purement et simplement les relations commerciales avec leurs fournisseurs lorsque les conditions de travail chez ces derniers se trouvent dénoncées ; ceci ne constitue pas vraiment une solution pour les travailleurs concernés[A002]... Légumes  Pesticides,  OGM,  Travail clandestin -8-


Lessives Les produits courants sont nocifs pour l'environnement : chlore et agents lavants d'origine pétrochimique pour les produits de nettoyage[B111], tensioactifs, phosphates et métaux lourds pour les lessives[B112]. De nombreuses marques proposent des écoproduits, sans solvants ni phosphates ni chlore, fortement biodégradables et sans tensioactifs chimiques[B078]. Libéralisme économique  Groupes de pression,  Publicité Les pays de l'OCDE subventionnent chaque année leur agriculture et leur industrie à hauteur de plusieurs centaines de milliards de dollars (respectivement 360 et 450 milliards, chiffres 1999)[A017]. Le cours mondial du café a été divisé par deux en un an (1,3 $ la livre en décembre 1999 et 0,65 $ en décembre 2000)[A033]. Entre 1970 et 2001 en Côte d'Ivoire, le cacao est passé de 2,40 € le kilo à 1,11 €, le café arabica de 4,09 € à 1,42 €, le café robusta de 3,30 € à 0,63 €, le coton de 2,25 € à 0,1 € (chiffres BM à prix constants)[B049]. La rémunération des dirigeants des grandes entreprises atteint des (dis)proportions obscènes : 2,07 millions d'euros / an en moyenne pour les patrons des entreprises du CAC40 – plus les compléments : indemnités de départ et autres options sur titres ('stock-options') se déclinent également en millions d'euros. Ces chiffres ne correspondent pas à des talents exceptionnels mis au service des entreprises concernées, car comme l'ont montré les cas Vivendi, Alcatel ou Alstom, c'est plutôt l'inverse qui est vrai : les gains astronomiques des 'grands' patrons se doublent souvent d'une incompétence avérée. Et c'est ainsi qu'en 2002, les dirigeants des entreprises du CAC40 augmentaient leurs salaires de 11 %, alors que ces mêmes entreprises accumulaient une perte totale de 20,1 milliards d'euros...[C027] Lobbies  Groupes de pression

 Maisons en bois La construction en bois peut être écologique, à condition d'utiliser des essences de bois locales, ainsi que des traitements du bois sains. Les principaux avantages d'une maison en bois sont sa très bonne résistance mécanique pour une masse volumique relativement faible, sa durabilité dans le temps et ses qualités d'isolation thermique et de régulation de l'hygrométrie. Les nombreuses techniques de construction peuvent être classées en deux grandes familles : l'ossature bois et le bois massif[C021]. Maquiladoras Les maquiladoras (du verbe maquilar, assembler), sont des usines d'assemblage appartenant à des filiales de multinationales et installées au Mexique le long de la frontière avec les USA. Plus d'un million de personnes travaillent dans quelques quatre mille usines de ce type, pour un salaire moyen de 3,25 $ la journée (contre 5,25 $ de l'heure côté américain)[A006]. La main d'oeuvre des maquiladoras est à 80 % féminine. L'humiliation et le désoeuvrement des hommes connaissant un chômage chronique, débouchent sur l'alcoolisme et les violences familiales[A007]. Meubles et aménagements en bois  Labels Les objets ou aménagements en bois (parquets, étagères, mobilier...) posent problème s'ils utilisent du bois tropical : il peut s'agir d'espèces protégées exploitées illégalement [B035], et l'on sait par ailleurs que le commerce de ce bois alimente de nombreux trafics[B064]. Le mieux est de s'en tenir aux essences locales, ou au pire de se restreindre aux produits en bois tropical labellisés FSC[B095]. Le fabriquant de meubles Ikea, qui délocalise progressivement L'Encyclo-Conso n°4

sa production vers les pays en développement (48 % en 2001), communique sur un code de bonne conduite ("IWAY") en matière d'environnement et de conditions de travail. Ce code fait suite à des accusations d'emploi d'enfants dans des conditions dégradantes (Pakistan, Inde, Viêtnam, Philippines, 1994 à 1997) et de conditions de travail déplorables en Roumanie (1998). Cependant, l'IWAY tolère l'emploi d'enfants à partir de 12 ans, si celui-ci est intégré dans la législation nationale du pays concerné. Quant aux conditions de travail dans les usines des fournisseurs, elles restent inacceptables : transgressions multiples du IWAY (par ex. : absence de syndicats, travail sept jours sur sept, salaire minimum non versé, etc) sur l'ensemble d'un échantillon de dix fournisseurs audités (Inde, Bulgarie, Viêtnam, 2003) ; rejet des syndicats, salaires frôlant le seuil de l'extrême pauvreté (30 à 40 €/mois), journées de 12 à 15 heures hors temps de trajet (Inde, 2006)... Enfin, les fournisseurs d'Ikea font eux aussi appel à des sous-traitants, totalement hors de contrôle[D007].

 Nitrates La croissance des teneurs en nitrate dans les principales nappes des régions agricoles oblige à fermer chaque année de nombreux captages pour l'eau potable (55 dans le bassin Loire-Bretagne en 1997). On estime que 400 000 tonnes d'excédents azotés se transformant en nitrates rejoignent chaque année rivières et nappes de France[B077]. 310 millions d'euros ont été dépensés pour la mise en place de processus de nettoyage de l'eau en Bretagne entre 1993 et 2000, sans que la situation ne s'améliore. La Cour des comptes a dénoncé ces investissements payés par le contribuable et le consommateur au bénéfice des éleveurs hors-sol, principaux pollueurs[B036]. Nucléaire Aucune compagnie d'assurance ne veut prendre le risque d'assurer le nucléaire[B005] ! En matière de sûreté, la production d'énergie nucléaire a déjà engendré de nombreux accidents (dont en France : SaintLaurent-des-Eaux en 1980), et les risques demeurent élevés : défaillances matérielles et erreurs humaines (Flammanville, 21 janvier 2002), risques naturels (Le Blayais, 1999), accidentels ou liés à la malveillance[B004]. La maintenance des centrales nucléaires est assurée à plus de 80 % par des salariés d'entreprises extérieures, pour l'entretien, le nettoyage et les réparations. L'accumulation de l'expérience est dans ce cas impossible, et la pression émanant des donneurs d'ordre est très forte. Les travailleurs sont parfois forcés, sous peine de perdre leur emploi, à mettre leur santé en péril (exposition sans protection adéquate aux rayonnements ionisants)[B053]. L'AIEA a poussé à minimiser le bilan sanitaire de Tchernobyl, afin de réduire à 2 000 les 40 000 décès (sous-)évalués initialement par les Soviétiques ; moyennant quoi le directeur de cette agence a pu déclarer : « Même s'il y avait un accident de ce type tous les ans, je considèrerais l'énergie nucléaire comme une source d'énergie intéressante. »[B006]. Un scientifique biélorusse indépendant, le professeur Youri Bandajevsky, a publié des travaux allant à l'encontre des thèses officielles sur l'état sanitaire des populations vivant dans les territoires contaminés par Tchernobyl : effets du Césium 137 sur 4 000 enfants malades, troubles endocriniens chez les femmes enceintes (fausses couches, malformations...). Il a été réduit au silence par une condamnation en juin 2001 à 8 ans d'emprisonnement pour 'corruption' ; Amnesty International l'a adopté comme « Prisonnier de Conscience »[B052]. L'exploitation des mines d'Arlit, au Niger, qui assurent l'essentiel de l'approvisionnement français en uranium, a de graves conséquences sur la santé des personnes qui y ont travaillé (pas

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de protection réelle avant la fin des années 90), sur la santé des populations environnantes à cause du recyclage de ferrailles porteuses de particules radioactives, et sur l'environnement par la contamination de la nappe phréatique, comme l'ont montré différentes mesures (Algade 2004, IRSN 2005)[C014].

 Ordinateurs  Appareils électroniques et informatiques L'industrie des ordinateurs est l'une des plus polluantes qui soit : la fabrication d'un ordinateur fixe requiert 290 kg d'énergie fossile, 22 kg de produits chimiques et 1500 litres d'eau[C006]. Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) • Etendue des cultures OGM La quasi-totalité des OGM cultivés ont été modifiés génétiquement dans le but de tolérer un herbicide (variétés « Roundup-ready », « Liberty link »), ou de sécréter un insecticide[C011]. 45 millions d'hectares d'OGM plantés dans le monde en 2000 (68 % aux USA, puis Argentine 23 %, Canada 7 %, Chine 1 %) ; le maïs et le soja couvrent 4/5 de ces surfaces, le colza, le coton et les pommes de terre venant assez loin derrière[B037]. En 2002, cette superficie passe à 58,7 millions d'hectares dans le monde (la répartition entre les pays ci-dessus reste à peu près identique)[C011]. En 2002, 51 % du soja, 20 % du coton, 12 % du colza et 9 % du maïs cultivés dans le monde étaient génétiquement modifiés[C011]. Cinq firmes multinationales (Monsanto principalement, puis Aventis, Syngenta, DuPont et Dow) contrôlent les neuf dixièmes des semences OGM, ainsi que les pesticides et herbicides qui leurs sont associés[C011]. • Impact environnemental Après 6 années de culture de soja, maïs et colza transgéniques en Amérique du Nord, le bilan est négatif : baisse des rendements, accroissement massif de l'usage des herbicides (jusqu'à 34 fois plus pour les sojas ''Round Up Ready''), apparition de plantes mutantes résistantes aux herbicides ; la facture pour ces trois filières OGM (subventions et déboires commerciaux) depuis 1999 est estimée à 12 milliards de dollars[B033]. En Grande-Bretagne, des experts indépendants ont comparé à grande échelle les impacts sur la biodiversité des cultures OGM et conventionnelles de colza, de betterave et de maïs. Résultat en fin de saison : de 3 à 6 fois moins d'insectes et d'espèces végétales dans les champs OGM de colza et de betterave (les résultats du maïs prêtent à controverse) que dans les autres[C030]. • Impact sur les autres types d'agriculture Un ancien cultivateur de soja bio du Gers a dû se reconvertir suite à la pollution génétique de ses cultures par un soja OGM de Monsanto, identifié par la Répression des fraudes. En 2002, sa plainte était toujours en attente au tribunal d'Auch, depuis 1996[B032]. Au Canada, 6 ans après le début de la production commerciale du colza OGM, le Centre de recherche du Ministère de l'agriculture affirme que « le pollen et les semences se sont tellement éparpillés qu'il est désormais difficile de cultiver des variétés traditionnelles ou biologiques de colza sans qu'elles soient contaminées »[B038]. Au Canada, un agriculteur pollué par le colza OGM de Monsanto a été attaqué en justice par la firme voulant faire valoir son droit au brevet ; en mars 2001, la justice canadienne donne raison au détenteur du brevet, estimant que l'agriculteur aurait dû abandonner ses cultures lorsqu'il a su qu'il y avait du colza

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transgénique sur ses terres[B057]. Au Kenya, des méthodes efficaces de lutte biologique (de type 'push-pull') ont été mises en place pour lutter contre un parasite du maïs. Suite au succès de cette approche, son instigateur (l'ICIPE) a été accusé de vouloir priver l'Afrique des technologies « high-tech » ; cette campagne de dénigrement a réussi et a débouché sur l'adoption des OGM par le Kenya[B018]. • Impact sanitaire En 1998, des recherches sont menées sur la valeur nutritionnelle de pommes de terre transgéniques ; or les 125 rats ainsi nourris présentaient une stimulation anormale du pancréas, des intestins, de la prostate et des testicules, une atrophie du foie et un retard dans le développement du cerveau. Après avoir fait état de ces résultats dans une interview télévisée, le responsable des recherches a été mis à la retraite avec ordre de se taire[A032]. La tomate transgénique FLAVR SAVRTM a fait l'objet de la seule et unique évaluation officielle d'un produit transgénique par la FDA américaine. Les expériences ont montré que cette tomate provoquait une augmentation de l'érosion / nécrose des glandes de l'estomac pour la population de rats testée. Malgré ces résultats, la FDA n'a pas poursuivi l'étude, ne l'a pas publiée (elle est devenue accessible suite à un procès), et n'a plus requis depuis d'évaluation nutritionnelle et toxicologique pour aucun autre aliment transgénique[C012].

 Papier  Labels Le recyclage du papier présente des avantages économiques, tels que la réduction des coûts d'élimination des déchets, un coût d'investissement deux fois plus faible pour produire du papier à partir de papiers récupérés qu'à partir du bois, et des unités de production de plus petite taille pouvant être mieux réparties sur le territoire[C010]. Les avantages écologiques (outre la réduction des déchets) se situent au niveau de la réduction des prélèvements sur la ressource naturelle en bois, et des économies d'énergie (de l'ordre de 60 %), d'eau et de produits chimiques[C010]. Le papier recyclé est parfois signalé par le label Apur[B108], qui indique la proportion de fibres de récupération incorporées. L'industrie papetière est l'une des plus grosses consommatrices d'eau : il faut 300 litres d'eau pour produire 1 kg de papier[D001]. Paradis fiscal  Argent sale Un 'paradis fiscal' est un territoire souverain caractérisé par un régime fiscal présentant une imposition faible voire nulle, le secret bancaire, une coopération difficile sur le plan juridique, l'opacité des circuits et la fiction de la domiciliation. Ils occupent une place de choix au niveau de l'économie mondiale : leur poids estimé représente plus de la moitié des capitaux détenus horsfrontières en 2001, soit plus de 5 000 milliards de dollars. Quelques 4 000 banques off-shore et plus de 2,4 millions de sociétés écrans y étaient alors recensées. Les paradis fiscaux constituent ainsi un maillon essentiel pour le recyclage des fonds provenant des trafics, corruption, fraudes et autres mafias[C031]. Pays du Sud  Conditions de travail,  Travail des enfants,  Ananas,  Banane,  Sucre,  Tabac,  Cacahouète,  Café,  Viande,  Coton,  Riz Pêche industrielle  Thon La pêche industrielle en zone côtière conduit au pillage des ressources naturelles et menace la pêche artisanale. En février 2005, au large de Concarneau en Bretagne, un navire bolincheur (du nom du filet employé) a ramené en une nuit 23 tonnes de bar, soit la pêche de 3 bateaux classiques en un an. De plus, ce

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massacre a eu lieu lors de la période de frai des femelles, le tout dans un contexte de déréglementation favorable à ce type de pêche massive[C020]. Peintures  Formaldéhyde,  COV Ces produits contiennent des substances chimiques dont la toxicité est avérée : effet cancérigène, troubles du développement embryonnaire. Il s'agit en particulier des éthers de glycol, dont certains ont été interdits alors que d'autres restent employés malgré une toxicité prouvée[B082], de matières actives utilisées également dans les pesticides[B081], de métaux lourds et autres substances toxiques utilisées dans les pigments des peintures[B079], et de composés organiques volatils, qui se répandent ensuite dans l'air des maisons, à des concentrations potentiellement dangereuses[A041]. Il est là encore possible de s'orienter vers des variantes plus écologiques de ces produits, à travers des marques spécialisées ou en se basant sur les écolabels[B079]. Les peintures, colles et solvants contiennent différentes substances dangereuses[B079] : éthers de glycol, métaux lourds, dérivés azoïques cancérigènes, COV. Ceci vaut également pour les produits de traitement du bois[B081].

substances pesticides habitant[B024].

actives

autorisées,

soit 2 kg

par

Dispersion par le vent au moment de l'épandage, sous forme de nuages d'aérosols très concentrés en pesticides et pouvant franchir des dizaines de kilomètres[B024]. Concentrations de pesticides dans les brouillards et l'eau de pluie, de 10 à 140 fois plus importantes que le seuil défini pour l'eau potable (études INRA et IFARE, 2000)[A024]. Contamination avérée de tous les cours d'eau faisant l'objet d'un suivi en France, soit 1 500 stations de mesure (rapport IFEN, 2003)[B077]. Pour les nappes phréatiques (60 % de l'eau consommée), 75 % des points surveillés sont pollués (le plus fréquemment par des herbicides de la famille des triazines) ; cette pollution peut être considérée comme irréversible, les nappes phréatiques mettant des milliers d'années à se renouveller (rapport IFEN, 2003)[B077].

Pesticides  Coton,  Riz,  Raisin

Mise en évidence de la pollution des eaux souterraines danoises par le glyphosate (principe actif du RoundUp ou du TouchDown, censé être dégradé par les bactéries du sol) jusqu'à 5 fois la concentration maximale admissible (étude de l'Institut de Recherche Géographique du Danemark, 2003)[B056].

• Impact sanitaire (agriculteurs et riverains)

• Impact environnemental (faune)

Les pesticides provoquent, selon l'OMS, 220 000 morts et 25 millions de cas d'empoisonnement par an dans les seuls pays du Tiers-Monde[B017].

Décimation des essaims d'abeilles (plus de 350 000 colonies anéanties chaque année) à cause de l'utilisation des produits phytosanitaires dits systémiques (Gaucho/Bayer, Régent, Schuss...) pour la culture intensive du tournesol et du maïs, ces neurotoxiques faisant perdre aux abeilles le sens de l'orientation[B054].

L'exposition aux pesticides entraîne un risque accru de cancer, troubles neurologiques (maladie de Parkinson), stérilité masculine, et mortalité foetale pour les femmes enceintes[B025]. Les agriculteurs connaissent un accroissement du risque de certains types de cancer, pouvant atteindre un facteur 7 : cerveau, leucémie, estomac, prostate, ovaires, sein[B025]. Les substances dont la toxicité est avérée et la carrière commerciale terminée en Occident sont écoulées vers les pays du Tiers-Monde[B017]. Au Costa-Rica, le pesticide Némagon de Dow Chemical a été utilisé pour la culture de la banane, par injection dans le sol, entre 1968 et 1979. Aujourd'hui, 30 000 travailleurs des bananeraies et leurs familles en subissent toujours les effets : stérilité, cancers de l'estomac ou des testicules, perte de la vue ou des dents, tumeurs, fausses couches. Certains effets de ce pesticide étaient connus de Dow Chemical dès 1958. La Standard Fruit Company, principal client de Dow, a été prévenue des risque liés au Némagon en 1975, mais a poursuivi son utilisation sans prévenir les milliers de travailleurs agricoles concernés. Le Honduras et le Guatemala pourraient connaître une situation similaire à celle du Costa-Rica, mais non encore chiffrée[C026][A031]. • Impact sanitaire (consommateurs) Selon la Commission européenne (Direction de la santé et de la protection des consommateurs), 38 % des fruits, légumes et céréales consommés en Europe en 2002 contenaient des résidus de pesticides. En France, ce chiffre s'élève à 46 %, en constante augmentation depuis l'an 2000[C018]. Une étude menée en 1998 aux États-Unis sur 4 000 femmes souffrant de cancer du sein a montré que leur sang contenait en moyenne quatre fois la dose de DDT trouvée chez des femmes saines, alors que ce produit, très stable, y est interdit depuis près de 20 ans[B025]. • Impact environnemental (eau et sol) La France, second consommateur de pesticides au monde et premier pour la quantité de pesticides épandus par hectare cultivable, utilise annuellement autour de 120 000 tonnes des 800 L'Encyclo-Conso n°4

10 à 52 millions d'oiseaux sont victimes annuellement des pesticides épandus sur les champs de maïs aux États-Unis (étude Environnement Canada, 2003)[B055]. La résistance à un insecticide repose sur une évolution génétique des populations, ainsi certaines souches de la mouche domestique présentent-elles un taux de résistance au DDT de 50 000 (i.e. il faut 50 000 fois plus de DDT pour tuer un pourcentage donné d'individus résistants qu'il n'en faut pour tuer le même pourcentage d'individus 'normaux') ; l'augmentation de la résistance a un coût (dû à l'accroissement des ravages causés aux récoltes) : en 1980 déjà, il était estimé à 133 millions de dollars aux États-Unis[A026]. L'augmentation des dosages ou la mise au point de nouveaux pesticides deviennent alors nécessaires, les industriels concernés allant jusqu'à tester leurs produits sur des cobayes humains[A025]. • Conséquences sociales Les multinationales (exemple de Dole) quittent une région lorsqu'augmentent les parasites et la résistance aux pesticides. Ces délocalisations ruinent les partenaires locaux, faisant chuter le prix de la terre et les salaires, ce qui crée les conditions « idéales » pour un futur investissement dans un autre type de culture intensive (exemple de l'alternance melon, coton, bétail, sucre au Honduras)[B014]. Pétrole  Pollution industrielle En Equateur, dans la province amazonienne de Sucumbios, la nature est dévastée par la prospection et l'exploitation pétrolières : déforestation sur des dizaines de milliers d'hectares, rejet dans le sol des résidus de produits chimiques employés pour le forage des puits, contamination de l'air, fuites d'hydrocarbures issus de l'oléoduc le long des routes, puits de pétrole et énormes piscines rassemblant les déchets toxiques du brut[B050]. Aux confins orientaux de la Russie, la compagnie Exxon-Mobil (« Esso ») mène des prospections pétrolières sous-marines dans - 11 -


l'aire de nourrissage des dernières baleines grises (moins d'une centaine d'individus), menaçant de disparition cette espèce pourtant protégée. Shell et British Petroleum (BP) envisagent des projets similaires dans la même région[B003]. En Angola, où 75 % de la production pétrolière est gérée par Chevron, plus de 30 % des profits sont accaparés par une clique proche du pouvoir (données FMI 2001) ; en Guinée Equatoriale, suite aux estimations de réserves pétrolières, les Etats-Unis s'apprêtent à rouvrir un consulat et à fermer les yeux sur les violations locales des droits de l'homme [B048]. Poisson  Thon,  Pêche industrielle Les poissons bio (label AB) sont distribués depuis septembre 2002. Le cahier des charges est proche de celui concernant la viande : origine des animaux, conditions d'élevage (espace, température...), alimentation d'origine biologique, soins vétérinaires privilégiant l'homéopathie et la phytothérapie[B103]. Pollution agricole  Pesticides,  Nitrates,  OGM Pollution domestique  Lessives,  Jardinage,  Peintures,  Formaldéhyde,  COV Sur un échantillon de 100 produits chimiques massivement utilisés aux Etats-Unis (HPV), les études existantes portant sur leur carcinogénicité, neurotoxicité et immunotoxicité ne concernent respectivement que 37, 33 et 14 d'entre eux. Plus globalement, d'après l'EPA, qui dépend du gouvernement américain, aucune donnée toxicologique publique n'existe pour 71 % des substances HPV (hors pesticides)[A022]. L'air de nos maisons contient plusieurs composés chimiques volatils, dont trois sont cancérigènes (benzène, trichloréthylène, tétrachloréthylène). 30 % des chambres et cuisines dépassent le seuil de 2 microgrammes par mètre cube d'air, fixé par le CSHP pour ces substances[A041]. Pollution industrielle  Changement climatique,  Risque industriel Les effets sur la santé et l'environnement des quelques 70 000 composés (et de leurs mélanges) en usage dans les pays industrialisés sont majoritairement inconnus[A022]. L'analyse d'images satellitaires a montré que les aérosols industriels ne font pas que détruire la couche d'ozone : ils bloquent également les précipitations de pluie et de neige. Ceci est dû au grand nombre de poussières présentes dans les nuages de pollution, qui empêchent la formation de gouttelettes suffisamment grandes pour donner des précipitations[A020]. Les fiouls lourds de l'Erika et du Prestige renferment des substances (HAP) fortement cancérigènes, non volatiles et très peu biodégradables ; forte mortalité chez les embryons de saumon pour des concentrations de HAP aussi infimes que celle de la partie par milliard (naufrage de l'Exxon Valdez) ; mort de 75 000 à 250 000 oiseaux marins suite au naufrage de l'Erika[B051]. Selon une étude effectuée dans 9 villes françaises, l'exposition aux polluants de l'air provoque 2 800 décès anticipés par an, concernant surtout des personnes déjà malades ou à risques (étude IVS, 2002)[B084]. Pomme L'exploitation humaine existe aussi en France : dans un secteur du sud-est s'est développée une quasi-monoculture intensive de la pomme basée sur une main-d'oeuvre clandestine abondante, sous-payée et souvent maltraitée[B041]. Poulet  Volaille Produits bancaires  Produits pseudo-éthiques,  Finance éthique Produits d'entretien  Lessives,  Formaldéhyde L'Encyclo-Conso n°4

Produits pseudo-éthiques La prise de conscience progressive des conséquences de nos modes de consommation, a engendré l'apparition sur le marché de divers produits faussement éthiques, proposés par des entreprises qui s'accomodent très bien du système économique existant et contribuent largement à ses dérives. Dans le meilleur des cas, il s'agit d'un vernis caritatif ou écologique apposé sur des produits par ailleurs totalement conformes aux standards du marché ; en règle générale, ces démarches sont l'aboutissement des stratégies de communication des grandes entreprises qui, par le truchement de « chartes éthiques » et autres « codes de bonne conduite » peu crédibles[B094], cherchent à calmer à moindres frais les velléités du consommateur en quête de bonne conscience. Pour commencer avec les services bancaires, on trouve par exemple les placements éthiques, dont le principe est d'investir dans des sociétés désignées par des agences de notation comme observant un minimum de règles en matière sociale ou environnementale. Or les heureux élus sont de grosses sociétés (Carrefour, l'Oréal, Vivendi, Axa...), ce qui exclut d'emblée toute véritable visée 'éthique' et aboutit à des situations grotesques, comme la présence de TotalFinaElf dans le fonds Hymnos du Crédit Lyonnais[A014], et plus généralement à la distinction d'entreprises aux pratiques pourtant répréhensibles[B061]. Lorsqu'ils sont proposés par des banques classiques, les fonds de partage, qui consistent pour l'épargnant à renoncer à une partie de ses intérêts au profit d'une association humanitaire ou caritative, sont eux aussi investis dans les valeurs des grosses entreprises françaises[A015]. Dans un autre registre, l'agriculture intensive débouche aujourd'hui sur l'agriculture raisonnée qui prétend que moyennant la correction de quelques abus, les méthodes conventionnelles respectent l'environnement. Bien entendu, l'agriculture raisonnée n'exclut ni les produits chimiques, ni les OGM. Ses promoteurs sont regroupés dans l'association FARRE, où l'on retrouve le syndicat productiviste FNSEA et des industriels de l'agrochimie tels que Monsanto[B092]. Enfin, le tourisme de masse cherche, sans réformer ses pratiques illustrées plus haut, à redorer son blason via la formule « TFD » qui consiste, pour les voyages estampillés, à reverser 1 $ par nuit à un projet de développement local mené à proximité de l'infrastructure touristique[B113]. Publicité Augmentant plus vite que la croissance économique, les dépenses mondiales en publicité ont été multipliées par 9 depuis 1950, pour atteindre 446 milliards de dollars en 2002[C001].

 Raisin Alors qu'elle n'occupe que 10 % des surfaces cultivées, la vigne utilise 80 % de tous les fongicides et 45 % de tous les insecticides vendus en France[A035]. Récupération de l'eau de pluie En France, on estime qu'il est possible de récupérer 600 l / m2 de toiture / an, quelle que soit la région[D001]. Les systèmes de récupération les plus simples, dits 'extérieurs', se composent d'un collecteur filtrant à adapter sur gouttière, et d'une cuve extérieure en polyéthylène, d'une capacité variant de 300 à 1300 litres. L'eau ainsi récupérée sera destinée à un usage extérieur (jardin)[D001]. Des installations plus complexes, dites 'enterrées', sont constituées de cuves de grande capacité en polyéthylène (1 à 10 m3), béton ou acier (13 à 100 m3) et d'un système de tuyauterie,

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filtres, pompe, coffret d'alimentation et de commande électrique. L'eau récupérée peut servir au jardin, mais aussi dans la maison pour alimenter les sanitaires et le lave-linge[D001].

population[B011].

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Réparation  Déchets La réparation des biens durables a fortement chuté lors des dernières décennies : dans les années 1960, les ménages consacraient en frais de réparation 50 % de leurs dépenses liées aux appareils ménagers, contre moins de 10 % en 2003. Le facteur principal de la baisse des réparations au profit du neuf, est la disponibilité massive de produits bon marché, souvent importés. Suivent l'attrait pour la nouveauté lié aux effets de mode, et l'absence de pièces de rechange[C005]. Pourtant, la réparation peut entraîner d'importants bénéfices écologiques (par exemple : doublement de la durée de vie des machines à laver), économiques et sociaux (emplois locaux qualifiés)[C005]. Recyclage  Déchets Le recyclage est devenu incontournable pour certains produits, comme le montre le cas du papier recyclé[B108]. En France, le taux d'utilisation de papiers récupérés, dans la production de pâte à papier, dépasse aujourd'hui les 50 % (soit 5 millions de tonnes de papiers récupérés)[C010]. Les déchets électroniques et informatiques sont gérés en Suisse par un système reposant sur une taxe obligatoire à l'achat de ce type d'appareils. Il comprend la collecte, le transport, le recyclage par des entreprises agréées, et des audits indépendants. En 2003, 68 000 tonnes de déchets ont ainsi été recyclées, et 75 % des matières ont pu réintégrer le cycle des matières premières[C006]. Restauration

Tabac Des dizaines de milliers d'enfants sont exploités pour la récolte et le séchage des feuilles dans l'industrie du tabac au Malawi[A005]. Téléphonie mobile Les antennes-relais nécessaires au fonctionnement des téléphones portables provoquent selon toute vraisemblance des effets néfastes sur la santé des riverains. Des témoignages accablants s'accumulent et décrivent tous les mêmes symptômes : maux de tête, insomnies, vertiges, fausses couches, enfants atteints de cancers très rares, etc [B045]. Les antennes-relais implantées dans la nature perturbent aussi l'environnement, les effets étant visibles dans les élevages installés à proximité (avortements, malformations et troubles du comportement chez les animaux)[B046]. Ces constatations sont étayées par des études scientifiques récentes sur les conséquences biologiques de l'exposition à des champs électromagnétiques semblables à ceux des mobiles et des antennes-relais[B047]. Terre cuite Les carreaux de terre cuite résultent d'une cuisson à plus de 1100 °C d'une pâte composée de terres argileuses. Ce matériau naturel présente d'excellentes propriétés d'isolation thermique et acoustique, ainsi que de régulation hygrométrique[D003]. Thon

Les enseignes de la restauration rapide ne s'encombrent pas de considérations éthiques. Épinglées de longue date pour le développement dévastateur du bétail à hamburger en Amérique centrale[B010], elles peuvent s'illustrer aussi par d'autres pratiques, comme le montre l'emblématique Mac Donald's : attitudes antisyndicales en France[B065], sous-traitants chinois utilisant des travailleurs-esclaves, parmi lesquels des enfants, pour produire de petites figurines accompagnant les repas[A046, B065].

La pêche industrielle menace gravement les espèces naturelles, comme le montre l'exemple de l'industrie du thon qui s'est délocalisée dans l'océan Indien suite à l'épuisement des ressources dans l'Atlantique[A028]. Cette délocalisation permet en outre d'exploiter la main-d'oeuvre locale pour le conditionnement du thon : travail debout sous 30 à 35 degrés, 14 heures par jour, 6 jours sur 7, pour 900 travailleurs immigrés, dans l'usine Indian Ocean Tuna, conserverie de thon Heinz aux Seychelles (fournisseur des marques StarKist, Mare blue, Petit Navire, John West, Seychelles, etc)[A027].

Risque industriel

Tiers-Monde  Pays du Sud

L'industrie chimique française compte de nombreux établissements à risques : 1250 classés Seveso II, dont la moitié en zone urbaine, et environ 65 000 installations classées polluantes et dangereuses[A021]. Riz La culture intensive du riz en Inde a provoqué la destruction de dizaines de milliers de variétés de riz traditionnelles et a donné naissance à quelques quarante nouveaux insectes parasites et douze nouvelles maladies contre lesquels les paysans doivent lutter [B016].

 Salade Les producteurs de salades sont poussés par la grande distribution à recourir au travail clandestin, car ils doivent pouvoir faire face, à toute heure de la journée, à des commandes ponctuelles importantes [B039]. Soja  Viande Sucre Terres arables transformées en culture d'exportation (principalement canne à sucre) en République Dominicaine, alors que les paysans affamés ou sans terres représentent 75 % de la

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Tourisme de masse L'industrie du tourisme de masse donne lieu à de multiples conséquences négatives, telles que la déportation de minorités ethniques vivant dans des sites propices aux affaires touristiques[B034], le bétonnage des côtes et l'accumulation de déchets[B044], la régression d'espèces animales[B062]. Une écotaxe de 1 € par nuit d'hôtel, instituée aux Baléares en mai 2002 pour faire face aux conséquences de l'hébergement des 10 millions d'estivants annuels dans l'archipel (pénurie d'eau, montagnes de déchets, bétonnage anarchique), a été annulée à partir d'octobre 2003 par le nouveau gouverneur, soutenu durant sa campagne électorale par le lobby hôtelier local[B044]. Les Bushmen, peuple vivant au Botswana dans la réserve de Kalahari, sont progressivement chassés de leurs terres ancestrales par le gouvernement, qui veut transformer ce lieu en centre touristique[B034]. En Tunisie, l'oasis de Tozeur est devenue dans les années 1990 un haut lieu du tourisme international de grand standing. Ce faisant, l'harmonie qui existait entre les habitants sédentaires et leur biotope (production alimentaire autosuffisante, plan d'irrigation donnant un accès équilibré et gratuit à l'eau) a cédé la place à différents déséquilibres sociaux et écologiques : taux de chômage de 40 %, dépendance totale vis-à-vis de l'extérieur, perte des repères culturels, accaparement des ressources en eau pour les infrastructures touristiques (parmi les plus - 13 -


aberrantes : un golf en plein désert...), irrigation payante dans la palmeraie et hors de portée de nombreux (ex-)agriculteurs (150 €/hectare/an), destruction de nombreux palmiers et avancée du désert[C022].

indignes : enfermement, exploitation, violences, chantage à l'expulsion, logements insalubres, travail sous serres emplies de pesticides... Le racisme est devenu l'un des pilliers de ce système de production agricole[B042].

Lors de la construction du paquebot Queen Mary II à St-Nazaire, les Chantiers de l'Atlantique (Alstom) ont eu recours à des soustraitants employant des travailleurs étrangers (roumains, grecs, portugais, indiens) dans des conditions scandaleuses, parmi lesquelles : salaire de 3 €/heure pour 55 heures de travail hebdomadaires, versé en liquide et sans contrat de travail ni couverture sociale ; caution de 600 € non remboursée ; plusieurs mois d'arriérés de salaire ; menaces de représailles visant les travailleurs (ou leurs familles au pays) en cas de grève ; confiscation de passeport[C008].

Travail des enfants  Vêtements,  Jouets,  Meubles

Tourisme équitable Pour faire face aux dérives du tourisme de masse, se met en place un tourisme équitable proposant des voyages dans les pays du Sud, qui permettent de découvrir les sociétés locales dans le respect de leur mode de vie. Ces séjours sont coorganisés par les habitants des communautés d'accueil, qui, regroupés en associations ou en coopératives, gèrent euxmêmes l'hébergement et les activités des visiteurs, et décident de l'affectation des bénéfices[B098].

D'après les estimations de l'OIT, 250 millions d'enfants de 5 à 14 ans travaillent pour gagner leur vie, dont 70 % dans un environnement dangereux[B002]. Enfants exploités pour la récolte et le séchage des feuilles de tabac au Malawi, dans les champs de banane douze heures par jour en Equateur, sur les plantations de cacao en Côte d'Ivoire ; cela pour le compte de multinationales (Philip Morris, Altadis, Chiquita, Del Monte, Cargill)[A005]. De 1949 à 1987, le travail des enfants était interdit en Indonésie. Aujourd'hui, en partie suite à l'ouverture au commerce international, quelques 2,7 millions d'enfants de 10 à 14 ans travaillent, principalement dans l'industrie textile[A038].

 Vernis  Peintures,  Formaldéhyde

Tourisme écologique

Vêtements

Du côté environnement se développe en France un tourisme vert, concrétisé par exemple par des gîtes que labellise le WWF pour leur situation dans un parc naturel, l'utilisation d'écoproduits ou de matériaux écologiques de construction[B114], ou encore par l'hébergement dans des fermes bio proposé par la fédération Accueil Paysan[B115].

Quality Garments, entreprise d'assemblage de vêtements en Haïti, confectionnent des vêtements pour Disney et la chaîne de distribution Kmart. Les ateliers densément occupés sont chauds, mal éclairés, pas ventilés ; l'air y est chargé de poussières. Les employés travaillent de 8 à 10 heures par jour, du lundi au samedi, et aussi le dimanche en période de pointe (témoignages sur une période de travail de 50 jours d'affilée avec des semaines allant jusqu'à 70 heures). Les travailleurs sont payés à la pièce, généralement pour un résultat de l'ordre de 1$ par jour, ce qui est inférieur au salaire minimum légal et insuffisant pour couvrir les besoins d'une famille [A037].

Transports  Carburants La circulation automobile urbaine, qui représente environ la moitié des kilomètres parcourus en France, est l'une des composantes importantes des émissions de gaz à effet de serre[B001]. Lors des pics de pollution automobile, on constate une augmentation des admissions hospitalières pour crises d'asthme, pathologies respiratoires et cardio-vasculaires[B084]. Pour ces déplacements urbains, les transports en commun, le vélo, voire la trotinette ou la marche à pied, constituent des solutions tout à fait viables, dans la mesure où un trajet urbain sur deux fait moins de 3 kilomètres, et un sur quatre est inférieur à 1 kilomètre[B085]. Pour des trajets plus longs, il est possible de pratiquer le covoiturage et l'autopartage[B086]. En 2004, l'ensemble des produits alimentaires (des animaux sur pied aux produits transformés) représentait 30 % des transports de marchandises dans l'Union Européenne[C001]. Travail clandestin  Salade,  Pomme La présence massive et les conditions de vie misérables d'immigrés clandestins travaillant dans l'agriculture en Espagne (estimés à 150 000 personnes), ont été mises en lumière par les émeutes racistes d'El Ejido (février 2000) ; aux Pays-Bas, l'un des premiers pays au monde à avoir intensifié son agriculture, un tiers des travailleurs clandestins, estimés à 100 000, se trouvent dans la production de fleurs et de légumes[B040]. Les étrangers « sans-papiers », ainsi que les demandeurs d'asile, représentent des proies faciles pour les entreprises en quête de main d'oeuvre illégale. Les secteurs concernés sont principalement le bâtiment, l'hôtellerie-restauration (cas d'une employée clandestine payée 150 € pour un mois de travail dans un restaurant chic, huit heures par jour week-end compris), la confection (exemple du prêt-à-porter féminin en région parisienne), les services aux personnes (emplois domestiques) et l'agriculture[C025]. Les clandestins maghrébins employés dans l'agriculture intensive au sud de la France connaissent souvent des conditions de vie L'Encyclo-Conso n°4

Fin 2003, à l'usine Shah Makhum au Bengladesh, qui produit des vêtements pour Disney, les ouvrières sont payées 0,34 € de l'heure pour un travail de 80 heures hebdomadaires effectué 6 jours sur 7. Bien que déplorables, ces conditions de travail ont pourtant été obtenues de haute lutte, suite aux revendications des ouvrières et à la pression de nombreuses ONG !... Auparavant, les conditions étaient en effet bien pires encore : plus de 100 heures hebdomadaires, pas de jour de repos, violences physiques et morales, ateliers surchauffés et mal entretenus, ...[C015]. L'industrie du vêtement de Tirupur, en Inde, emploie des milliers d'enfants âgés de moins de 14 ans (de 8 000 à 35 000 selon les sources) sur un total de 300 000 travailleurs. Elle fournit d'importantes enseignes européennes telles que C&A, Otto, Quelle, Karstadt, H&M, Woolworth, Kaufhalle. La production est conçue de telle sorte que certaines tâches soient réalisables par des enfants de 5 ans. En ville, les écoles primaires manquent d'instituteurs et des équipements requis[A036]. Cette logique peut être contrebalancée en s'approvisionnant auprès de filières locales (vêtements en laine, lin, chanvre). Récemment, des importateurs de vêtements équitables, à base de coton bio, sont apparus sur le marché et proposent des gammes complètes[B120]. Certaines marques ont pour objectif d'englober un maximum de critères 'éthiques'. Par exemple, « Les racines du ciel » crée des vêtements en textiles écologiques (coton, soie, chanvre, lin), les importations passant par des filières de commerce équitable. Des teintures végétales sont utilisées pour les couleurs, et la confection se fait en France[C024]. De même, la marque de pullovers « Seyes » possède la maîtrise de toutes les étapes de production : coton biologique, teintures certifiées sans substances nocives, respect des droits sociaux élémentaires à l'étranger, pôle de production limitant les émissions de gaz à effet de serre, fabrication française[C028].

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Viande  Nitrates,  Volaille Les déjections provenant des élevages intensifs sont l'une des principales causes de la saturation des eaux françaises en nitrates[B077] et entraînent des coûts élevés de nettoyage de l'eau, à la charge du contribuable, et sans résultats probants à ce jour[B036]. La production de masse de viande dans les pays riches a des conséquences dramatiques pour les habitants des pays pauvres, car de nombreuses terres agricoles y sont exploitées afin d'exporter des aliments destinés au bétail du Nord. C'est notamment le cas du Brésil, l'un des principaux exportateurs de soja[B019], et de l'Afrique, alors même que les populations locales souffrent régulièrement de la famine[B022]. Triplement de la population de boeuf à l'exportation au CostaRica (années 1960-70) parallèlement à l'effondrement de la consommation locale[B010]. Au Brésil, le soja, destiné à alimenter le bétail européen et japonais, a vu s'accroître de 37 % sa surface cultivée entre 1980 et 1995, alors que la production de riz par habitant diminuait de 18 % ; cette évolution s'est accompagnée d'une déforestation massive et d'une expulsion des petits paysans de leurs terres ; les grands propriétaires terriens maintiennent leur statut par la violence et en toute impunité : de 1985 à 1996, on compte plus de 900 assassinats de travailleurs agricoles et de militants du MST pour cinq condamnations seulement[B019]. En Ethiopie, durant la famine des années 1970 (un million de victimes), une partie des terres agricoles était détournée pour l'exportation de tourteaux de lin, de coton et de colza, destinés au bétail européen[B022].

animaux sont exportées par les pays en développement vers les pays riches principalement[B022]. Vin  Raisin Voiture  Transports,  Carburants Volaille La Thaïlande, l'un des principaux foyers de grippe aviaire en 2004, est également le 4ème exportateur de volailles au monde, principalement vers le Japon et l'Union Européenne. L'épidémie y a été reconnue officiellement fin janvier 2004, mais de nombreuses sources confirment que l'industrie du poulet et les autorités savaient que la grippe aviaire sévissait depuis plusieurs mois. Durant ce laps de temps, les sociétés d'exportation de volailles ont pu accroître sensiblement les cadences afin d'écouler un maximum d'animaux, beaucoup étant visiblement malades avant leur conditionnement. Par la suite, l'élevage industriel a encore tiré parti de cette crise, car l'évolution des normes sanitaires (poulaillers fermés obligatoires) provoque une restructuration du secteur qui a déjà éliminé des milliers de petits aviculteurs, incapables d'effectuer les investissements requis[C023]. Les morceaux de poulet boudés par le consommateur européen sont exportés vers l'Afrique par les compagnies productrices de volaille, allant concurrencer directement les productions locales. Ainsi au Cameroun, les pilons importés sont vendus 1,37 €/kg, contre 1,98 €/kg pour la production locale. De plus, les risques sanitaires sont importants, car les produits importés d'Europe sont souvent décongelés et recongelés plusieurs fois[D008].

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En l'an 2000, près de 38 millions de tonnes d'aliments pour

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Liste des abbréviations AFNOR : Agence Française de Normalisation AIEA : Agence Internationale pour l'Energie Atomique BM : Banque Mondiale CISL : Confédération Internationale des Syndicats Libres COV : Composés Organiques Volatils CSHP : Conseil Supérieur d'Hygiène Publique EPA : Agence de Protection de l'Environnement FARRE : Forum de l'Agriculture Raisonnée Respectueuse de l'Environnement FDA : Food and Drug Administration FMI : Fonds Monétaire International FNSEA : Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles HKCIC : Hong Kong Christian Industrial Committee HPV : High Volume, high Production chemicals

ICIPE : Centre International de recherche sur la Physiologie des Insectes et l'Ecologie IFARE : Institut Français d'Agronomie et de Recherche sur l'Environnement IFEN : Institut Français de l'Environnement INRA : Institut National de Recherche Agronomique IVS : Institut de Veille Sanitaire MST : Mouvement des paysans Sans Terres OCDE : Organisation de Coopération et de Développement Economique OGM : Organismes Génétiquement Modifiés OIT : Organisation Internationale du Travail OMS : Organisation Mondiale de la Santé TFD : Tourism For Development WWF : World Wildlife Fund, Fonds mondial pour la nature

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