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Une nouvelle génération d’artistes

indian spring Lochan Upadhyay Chandramohan Shantamani


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Couverture : «Chaises de mariés» oeuvre de Lochan Upadhyay

indian spring Expositions du 28 avril au 30 juin 2011 à la Galerie Albert Benamou et Albert Koski Commissariat : Anne Maniglier et Dominique Frétard


Baroda – Bangalore Lochan Upadhyay, 27 ans, natif du Rajasthan, et Chandramohan, 29 ans, de l’Andra Pradesh, ont fait leurs études à l’Université des Beaux-Arts de Baroda et depuis ils habitent dans cette ville. Shantamani, leur aînée, est également venue étudier à Baroda, mais est retournée vivre à Bangalore. L’Ecole des Beaux-Arts, réputée dans tout le subcontinent, est une escale incontournable. On y vient de partout.

Trois jeunes artistes dans l’Inde du XXIème siècle 4

Mais qu’est-ce que Baroda ? Une ville de maharadjahs ? Oui, mais ça, c’est de l’histoire ancienne. Avec ses 2,2 millions d’habitants, Baroda n’est pas non plus une très grosse ville pour l’Inde, mais c’est une ville du Far West. Située dans le Gujarat, l’Etat le plus à l’ouest de l’Inde, elle subit les secousses d’une croissance économique de 11%. Il faut y aller pour le croire. Des immeubles à peine terminés sont pris d’assaut par des hommes et des femmes et leurs ordinateurs, les architectes n’ont même pas le temps d’habiller les façades. Tout est brut de béton. L’impression d’un gros bourg qui aurait muté dans la nuit. Les bas-côtés des routes sont en terre battue, défoncés. Partout des rickshaws et des scooters foncent ouvrant leur chemin au klaxon. Les sociétés Areva, Alsthom et Siemens y ont élu domicile. La pollution dépasse tous les seuils autorisés – pétrochimie, pharmacie et textiles.


Ici, l’homme est un cobaye. Ici, l’Inde fait la course avec la Chine. La « Chindia », comme disent les journaux. Comment être artiste dans cette Inde-là aujourd’hui ? Comment survivre ? Quelles bourses, quelles institutions, quelles galeries pour soutenir la création ?

Saris, plastiques et objets transformés Lochan Upadhyay, lui, a vite compris où se situer. Pour nourrir son travail, il lui faut retourner régulièrement à Partapur. Il a besoin de son village natal et de ses habitants. Parce qu’il sait que, là aussi, dans ce village au fin fond de nulle part, il est au centre du monde. C’est ça la nouvelle modernité : sortir sans crainte des circuits balisés. Inventer ses propres réseaux. Etre de plain pied avec la mondialisation. Avoir intégré toutes les questions esthétiques de l’Occident et les coups du marché international de l’art, et désormais vivre en regardant la Chine, la Corée, Bangkok. Là où ça bouge tout autant. Les très jeunes artistes indiens sont déjà ailleurs. Dans un ailleurs dont l’Occident n’a pas encore mesuré l’ampleur. Si Lochan éprouve l’urgence d‘être habité, porté par les traditions qui fondent encore solidement la société rurale, il laisse son travail être envahi par l’âcreté de la pollution, la laideur des déchets et le fol optimisme économique qui gagne même les campagnes. Il est l’enfant de cette Inde à l’économie furieuse. Il n’en a pas peur. Dans sa tête, ça mixe, ça recycle, et quand sa pensée se transforme en objets, tout un monde ludique, familier, parfois atteint de gigantisme, se met à vivre. Ses œuvres, des quasi ready-made, vont droit au but. Minimalistes et incarnées, voire réincarnées. Elles forment une sorte d’inventaire surréaliste, poétique, et en même temps, elles parlent à tous. Et en priorité aux habitants de Partapur. C’est ce que veut Lochan. Il ne saurait imaginer

un travail qui ne mettrait pas à contribution les habitants. Qui ne questionnerait pas l’espace public, les hiérarchies sociales. Les Chaises de Mariés, premières sculptures qui l’ont fait connaître, ont été conçues avec des chutes de saris apportées par les femmes de son village. Chacune d’entre elles sait combien ces Chaises font aussi référence à la « dowry », la dot que leurs familles ont du payer à celle du futur mari, règle coercitive et ancestrale pour lesquelles des familles se ruinent. Et qui expliquent en partie la suppression des filles à la naissance… La même démarche artistique et participative préside à la série des Mobile Home. Tressés avec des fils de plastique recyclé, ils sont construits en collaboration avec de jeunes artisans. Tout comme la série des Plastic Men, créatures futuristes, imaginées pour une performance au milieu d’une rivière polluée, débordante de mousse jaunâtre.

Bois, huile, sexe et censure Pour Chandramohan, tout a commencé par un scandale. Ses travaux de fin d’études sont brutalement trainés en justice pour blasphème et obscénité par des hindouistes intégristes, associés à des catholiques. L’Etat du Gujarat, modèle « exemplaire » de l’Inde, est dirigé par le BJP -bharatiya Janata party- parti nationaliste hindouiste, tendance ultra, comme en témoignèrent les émeutes anti musulmans de 2002. C’est, selon Narendra Modi, qui dirige l’Etat, « un laboratoire ». Les woodcuts de Chandramohan (gravures sur bois), centrés sur le désir et la sexualité, vibrent tel un hommage mélancolique et bourré d’hormones envers la statuaire érotique traditionnelle des temples. En attaquant ce travail, les militants nationalistes du BJP nient et renient l’énergie vitale, constitutive d’une pensée et d’une philosophie 5


fondatrices de la civilisation de leur pays. Le 9 mai 2007, le jeune artiste est emprisonné cinq jours. Le tout-Baroda artistique se mobilise, brandit le symbole splendide du Khajurao, des manifestations ont lieu dans toutes les grandes villes. L’affaire fait du bruit. Même le New York Times en parle. Chandramohan sort de cet épisode en état de choc. Les toiles qu’il se met à peindre sont d’une violence extrême, égale à celle qu’il a subie : homosexuels pendus en Iran, soldats humiliés en Irak, tortures. « Mes peintures sont le reflet de mon propre tourment qui résonne avec toutes les injustices où les plus faibles sont victimes de situations hégémoniques », dit-il. Cette exposition à la Galerie Benamou s’attache à montrer cette rupture. Cette tentative politicoreligieuse d’abattre un artiste en plein vol. La démocratie indienne est une vertu à géométrie variable, contradictoire. La tolérance aussi. Chandramohan ne peut pas sortir de son pays. Son procès est toujours en cours d’instruction à Ahmedabad. Cas unique que celui de Chandramohan ? Le très célèbre M.F. Husain, 95 ans, lassé des attaques régulières des intégristes religieux contre la nudité dans sa peinture et des menaces proférées à l’encontre de sa personne, s’est exilé, en 2006, au Quatar, pays d’accueil dont il a pris la nationalité, début 2011.

Baroda, Bangalore, Bombay Une des premières, Anne Maniglier*, photographe, qui vit en Inde depuis 2003, alerte les medias français sur le « cas Chandra ». Consciente que l’Inde de demain se joue là, enserrée dans la contradiction d’un conservatisme rétrograde et d’une économie qui avance au galop, elle décide de poser son sac à Baroda; tout en gardant un camp de base à Bombay, là où se trouvent les galeries, souvent très design 6

et chics, débouchés géographiques naturels pour les artistes de Baroda, Bombay, la mégapole de 18 millions d’habitants, étant située à 500 kms au sud. Baroda est un vivier. Quelques galeristes pressés viennent parfois y faire leur « shopping », quelques organisateurs d’expositions, plus rarement, mais ce n’est pas en un jour ou deux que les ateliers livrent leurs secrets. Il faut y rester longtemps. Anne Maniglier prend son temps, explore et découvre des travaux d’artistes affranchis des conventions et des modes, souvent originaux, mais aussi elle discute et réfléchit avec eux sur la manière de les faire connaître. Elle fait sienne cette règle d’or de l’historien d’art Daniel Arasse* qui oblige à « un engagement à regarder par nous-mêmes, à ne pas se soumettre aux discours savants, ou dominants ». Défricheuse, accompagnatrice de jeunes talents, elle se fraie rapidement un chemin dans le milieu de l’art indien émergent et commence à organiser des expositions remarquées à la Galerie Strand Art Room, à Bombay. « Il y a quinze bonnes galeries en Inde, dit-elle, alors qu’il en faudrait 200 à 300 pour répondre au nombre d’artistes qui tournent vite en rond, faute d’être exposés. Leur nombre est proportionnel au 1,2 milliard d’Indiens. Il y a bien quelques bourses, quelques fondations. Mais cette situation de l’entonnoir est inquiétante, d’autant qu’après la crise, toutes les galeries se sont tournées vers les valeurs sûres. Soit vers les artistes modernes, issus des mouvements artistiques de l’Indépendance, tel le Progressive Artists Group, dont le peintre S.H. Raza fut un des fondateurs, en 1947, à L’Indépendance du pays ; soit vers les trente noms des deux générations suivantes qui, à la suite d’Anish Kapoor, puis de Subodh Gupta, ont réussi pour certains à s’imposer sur le marché international, souvent de très bons artistes. » Anne Maniglier cite, entre autres noms, Tallur L N, Sudarshan Shetty et constate que « les galeries ne prennent plus de risque, d’où la nécessité qu’ont les jeunes créateurs de se


développer en Europe, aux Etats-Unis, et de plus en plus en Asie. Leur sort est entre les mains des collectionneurs. Quand Chandramohan a été censuré, les collectionneurs, dit-on, l’ont beaucoup acheté».

Charbon de bois, calcinations et genres mutants Shantamani est une lutteuse, pas du genre à baisser les bras. Mais comment voir quelque chose de la réalité quand on vit à Bangalore, plateforme de lancement planétaire de tout ce qui s’invente, capitale du virtuel en tous genres ? Il y a trois ans, la jeune femme, avec courage, opère sa mue. Elle change de support et, poussée par cette force stupéfiante qui la caractérise, elle « kidnappe » le charbon de bois avec lequel elle se met à sculpter sans relâche. Le choix de ce matériau attire l’attention sur elle et place soudain son œuvre au cœur des débats : le charbon de bois incarne l’Inde traditionnelle, le feu, le fourneau, la vie, et sa combustion ultra-rapide dit la métamorphose accélérée de tout un pays, en moins de vingt ans. Mais aussi la destruction, les cendres, la mort… Comme chez Lochan Upadhyay, il y a de l’ethnologue chez Shantamani. L’artiste teste tout ce qui résiste, interroge les grands mythes de l’univers, à l’aune des cultures qui s’entrechoquent. Elle réinterprète le masculin et le féminin. L’homme devient celui qui désire porter l’enfant, tandis que la femme se projette dans un idéal de Beauté parfaite et… parfaitement stérile. Ces sculptures noires, poreuses, qui se dressent comme des remparts, témoignent d’un temps passé et en devenir. Résister et vivre, se consumer et disparaitre. La calcination à l’œuvre. Aucun exotisme dans les travaux de Upadhyay, de Chandramohan, de Shantamani -pas de slums, de tigres

blancs, d’éléphants gris, de Krishna bleu, de taxis Fiat jaunes, de palmiers verts- et pourtant leur « indianité » est là, palpable, terrienne, onirique, fantaisiste, spirituelle, violente. Des fragments suffisent : bouts de saris, morceaux de charbon de bois. Et couleurs éclaboussées de colère de Chandramohan. Ils échappent à toutes modes. Ils sont en pleine évolution. Mieux que tout : par leur démarche même, ils sont nos contemporains. Comme l’écrit le philosophe italien Giorgio Agamben* : « La contemporanéité s’inscrit, en fait, dans le monde présent en le signalant avant tout comme archaïque, et seul celui qui perçoit dans les choses les plus modernes et les plus récentes les indices ou la signature de l’archaïsme peut être un contemporain. »  Upadhyay, Shantamani et Chandramohan, trois jeunes contemporains dont les œuvres parlent du monde et au monde entier. Ils nous éclairent. Dominique Frétard

Journaliste culturel et essayiste

* Anne Maniglier, vit en Inde, est commissaire de l’exposition Indian Spring avec Dominique Frétard * Daniel Arasse, in Le Détail. Pour une histoire rapprochée de la peinture, Flammarion, 1996. * Giorgio Agamben, in Nudités : « Qu’est-ce que le contemporain ? », Editions Payot/Rivages, 2009 7


Lochan Upadhyay 1983 : naissance à Partapur, dans le Rajasthan. 27 ans. Vit à Baroda, mais crée le plus souvent dans son village natal. 2007 : diplômé de l’Université des Beaux-Arts de Baroda (section peinture), la plus renommée du subcontinent indien. 2008 : son travail de fin d’études est repéré par la puissante Fica (Foundation for Indian Contemporary Art, basée à New‐Delhi) qui, au vu de la création d’une première Chaise de Mariés, lui alloue une bourse pour mener à bien son projet intitulé « The Power of Cloth ». Réalisé à partir de chutes de tissus de saris apportées par toutes les femmes du village. Les habitants, petits et grands, ont tous défilé pour se faire photographier sur ces chaises, en forme de trônes. 2009/2010 : les Chaises de Mariés sont exposées à la Tamarind Gallery, à New York, au cours d’une installation-performance avec vidéos et photos.

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2009/2011 : débute la série, toujours en cours, des Mobile Home qui recycle les matières plastiques transformées en fils multicolores torsadés. Ainsi que la série des Plastic Men, créatures futuristes, nées à l’issue d’une performance jouée dans la campagne polluée des environs du village de Partapur. 2011 : première exposition solo et première exposition en Europe, à Paris, à la Galerie Albert Benamou et Albert Koski.

Partapur et la planète A Partapur, l’association Sandbardh, créée, en 2003, à l’initiative de Chintan Upadhyay, peintre reconnu et cousin de Lochan, organise, avec la participation des habitants, des résidences ouvertes aux créateurs du monde entier. Par ailleurs, l’association mène tout au long de l’année des actions éducatives et sociales avec les femmes et les enfants. Lochan Upadhyay, et son frère Yatin, jouent un rôle prépondérant dans Sandbardh

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«Power of cloth». Fabriqué en fer, bois , coussins, morceaux de tissus recyclés. 2009 120x120x240 cms chaque chaise.

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Sans titre. tirage lambda satinĂŠ collĂŠ sur Dibond 3 mn 203 X 127 1/8

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Dans sa tête, ça mixe, ça recycle et quand sa pensée se transforme en objets, tout un monde ludique, familier, parfois atteint de gigantisme, se met à vivre.

«Plastic men « fibre entouré de plastique coloré, 2010 argenté : 180x40x65 rouge : 135x64x75 vert : 105x85x75 16


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mobiles homes 2010 armatures en fer entourĂŠes de cordes en plastiques colorĂŠes. gauche 165x75x123 ci-dessus : 150x70x110

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Chandramohan 1981 : naissance à Madanapally, village de l’Andra Pradesh, état du sud de l’Inde dont Hyderabad est la capitale. Vit à Baroda. Diplômé de la Nehru technological University - section Beaux-Arts-, à Hyderabad. Egalement diplômé de l’Université de Baroda. 2006 : lauréat de la Lalit Kala Academy avec le woodcut « Remorse I». 2007 : est la victime d’un scandale politicoreligieux. Chandramohan est attaqué en justice par des intégristes hindouistes et catholiques. En cause : ses œuvres de fin d’études accusées de « blasphème » et d’ «obscénité ». 9 mai 2007 : l’artiste est arrêté et emprisonné cinq jours. Son professeur est suspendu de l’Université. L’affaire fait les gros titres des journaux, y compris du New York Times. N’ayant pas encore été jugé depuis bientôt quatre ans, Chandramohan ne peut quitter son pays.

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2009 : Premier Prix de la Biennale de Bhopal, en 2009, avec « Remorse VI » 2010 : Chandramohan est invité à la Galerie Serindia à Bangkok (Thaïlande), une manifestation qui a un grand retentissement, y compris dans la presse Indienne qui revient sur le scandale dont il a été l’objet. Toutes les toiles de l’exposition ont été vendues. Depuis cet épisode traumatisant, un réseau important de collectionneurs s’est tissé autour de l’artiste. 2011 : première exposition en Europe, à Paris, à la Galerie Albert Benamou et Albert Koski.

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Pour Chandramohan, tout a commencĂŠ par un scandale et une censure.

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«The beautiful vexation» 180x120 cms, 2009, woodcut (gravure sur bois)

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«An expression of grief» 360x 240 cms, 2007 woodcut (gravure sur bois)

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«Mes peintures sont le reflet de mon propre tourment qui résonne avec toutes les situations où les plus faibles sont victimes.»

«Heartland» 180x180 cms 2008, huile sur toile. 26


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« Desolation» 240x 120 cms woodcut (gravure sur bois) 28


à gauche :

Remorse V 180 x 75 cms woodcut (gravure sur bois)

à droite :

Remorse VI 180 x 75 cms : woodcut (gravure sur bois) 29


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«Heartland 1» 150x 120 cms, huile sur toile. 2008.

«Sans titre 5» 150x150 cms, huile sur toile. 2008. 31


Shantamani 1967 : naissance à Mysore, dans le Karnataka (Etat du sud de l’Inde). Vit et crée à Bangalore. 1987 : diplômée des Beaux-Arts de Mysore, l’artiste est, elle aussi, issue de l’Université de Baroda - section peinture. Elle a également étudié à Glasgow (Ecosse). 1988-2005 : elle expose dans les meilleures galeries indiennes, soit en expositions de groupe, soit en solo shows. Bombay, New-Delhi, Cochin, Madras, Bangalore… 2007 : «Painting and Body Cast», exposition solo à la Chemould Gallery, à Bombay. Face aux métamorphoses et aux transformations de l’Inde, l’artiste décidait, en 2007, de sculpter avec du charbon de bois. Ce matériau lui sert de Carbone 14 pour déchiffrer l’histoire de l’art et des hommes à laquelle se mêle sa propre histoire, dans une ville, Bangalore, en perpétuelle métamorphose, passée en dix ans au rang de mégapole internationale au bord de l’implosion.

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2008 : « Frozen Phoenix », à la Galerie Sumukha, à Bangalore. 2009 : exposition collective, Galerie H. Lamarque, à Paris 2010 : exposition solo, Galerie H. Lamarque, en décembre, à Miami. 2011 : exposition en duo à la Galerie Albert Benamou et Albert Koski, à Paris

Collections publiques: National Lalit Kala Academy, New-Delhi. Indian Petro Chemical Ldt. Oracle Software, Bangalore. Collections privées : Abhishek Poddar, Bangalore. Anupam Poddar, New Delhi. Biocon, Bangalore. Mr Koelnsperger, Munich. C-Collection, Liechtenstein. Hyatt, Chennai.

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L’homme devient celui qui désire porter l’enfant, tandis que la femme se projette dans un idéal de Beauté parfaite et... parfaitement stérile.

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Le buste 102x178x60 cms 2010 Charbon de bois et pulpe de chiffon en coton , fixateur en polyrethane.

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L’homme foetus 163x53x53 cms 2010 Charbon de bois et pulpe de chiffon en coton, fixateur en polyrethane. 37


Commissariat : Anne Maniglier et Dominique Frétard Anne Maniglier est photographe. Récente exposition (août 2010) : Public Housing, chez Matthieu Foss à Bombay. Vit entre Paris et l’Inde depuis 2003, pays où elle a également exposé dans différentes villes sa série sur la danse, Danscapes, a work in progress. En 2007, elle découvre l’Université des Beaux-Arts de Baroda, pépinière de jeunes artistes, et décide de travailler avec certains d’entre eux. A commissionné différentes expositions à Bombay, Paris et Miami. Collabore pour l’art indien à l’émission d’Elisabeth Lebovici Les fraises sont dans leur jus. En quelques années a acquis la réputation de tête chercheuse dans un marché indien en pleine expansion. Vient de créer, à Baroda, la société Art Wise, avec Ilesh Vyas.

Réalisation : workdivison.net 38

Dominique Frétard, journaliste et essayiste (Service culturel du Monde, co-rédaction en chef du Monde Magazine), directrice de collection aux Editions du Cercle d’art, a créé en 2009 DF Conseil, société spécialisée dans le conseil culturel et artistique. A rencontré Anne Maniglier au journal Le Monde et travaille avec elle depuis 2010 dans le but de développer des projets artistiques entre l’Inde et l’Europe. Vit également une partie de l’année en Inde (Bombay, Baroda, Ahmedabad). A publié sur les arts visuels et la danse. Dernier ouvrage : Danse et non-danse, un essai. A écrit le script de Guillem sur le fil, réalisé par Françoise Ha Van et sorti en 2009.


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