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Un nouveau logo pour un rayonnement international / p 4

Villages de joie juin 2011 / n° 217 / 2 €

LA REVUE DES DONATEURS

DOSSIER

L’arrivée au village d’enfants SOS : un moment clé Comment les enfants vivent-ils leur arrivée dans un village d’enfants SOS ? Entre appréhension et excitation. Témoignages et retour d’expériences de deux mères SOS. novembre 2010, 10 h 00, au village d’enfants SOS de Persan, dans le Val-d’Oise. En cette matinée d’automne, deux fratries composées de quatre filles (deux de 7 ans et de 9 ans) et d’un garçon (12 ans) sont accueillies par Isabelle Sergeant, leur mère SOS. Pour tous, c’est une nouvelle étape de leur vie

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qui commence. « On a posé les valises dans l’entrée et on s’est dit bonjour. Nous sommes ensuite montés dans les chambres pour ranger les vêtements. Les enfants étaient contents de la décoration toute neuve réalisée selon leurs goûts. Et le garçon ravi d’avoir sa chambre à lui tout seul ! Une fois chacun installé, nous avons

partagé un premier repas ensemble. Un moment d’échanges et de convivialité important et, en même temps, un peu délicat car je ne connaissais pas encore bien leurs goûts alimentaires. Pour être certaine de leur faire plaisir, j’avais préparé un gâteau ! », raconte Isabelle Sergeant. Entre inquiétude et excitation Ces premiers instants vécus à l’arrivée dans un village d’enfants SOS sont déterminants pour la suite du placement.

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Le mot du président

DOSSIER

Le Défenseur des enfants La France donnait au monde l’exemple d’une attention particulière à la cause des enfants, notamment par l’existence d’une autorité indépendante de tout pouvoir, avec vocation à interpeller les services publics et le gouvernement quand ils étaient défaillants ou seulement non voyants. Les personnalités éminentes ayant assumé cette responsabilité, Mme Claire Brisset puis Mme Dominique Versini – qui ont porté un vif intérêt à notre démarche et ont été accueillies dans nos villages, l’une à Digne-les-Bains, l’autre à Plaisir – étaient respectées et souvent admirées pour leurs interventions courageuses, libres de toute influence, pour le seul bénéfice de la cause des enfants. Nous ne doutons pas que celui – ou celle – qui sera appelé à prendre le relais ne soit inspiré d’une réelle volonté d’assurer la défense et la promotion de l’enfant mais il ne pourra désormais le faire qu’en position seconde par rapport à un Défenseur des droits dont il relèvera et qui sera investi au moins de trois autres missions différentes. Cette subordination – qui a curieusement été épargnée au contrôleur des prisons ! – ne nous paraît pas compatible avec l’autorité qu’exige l’exemplarité éminente de la fonction. L’enfant est notre combat. Dans un monde de plus en plus violent, il est important que sa cause soit reconnue prioritaire. La France s’y est d’ailleurs engagée quand elle a ratifié la Convention internationale des droits de l’enfant. PIERRE PASCAL

Villages de joie. Magazine édité par SOS Villages d’Enfants / 6, cité Monthiers - 75009 Paris / Tél : 01 55 07 25 25 / Président : Pierre Pascal / Viceprésidents : Jean-Pierre Rousselot, Michel Rémond / Directeur général et directeur de la publication : Gilles Paillard / Rédacteur en chef : François-Xavier Deler / Impression sur papier recyclé : Imprimerie SIEP / Photos : Florin Valdescu, Rossen Kolarov, Alexander Gabriel, Christian Martinelli, Fred Einkemmer, Gettyimages, DR / Publication trimestrielle éditée par SOS Villages d’Enfants / Abonnement annuel : 8 €. Prix au numéro : 2 € / Commission paritaire : N° 0112 H 81095 – ISSN : 0243.6949 – Dépôt légal à parution / Cette revue est accompagnée d’un encart d’appel à dons (enveloppe, lettre et bulletins d’abonnement/don). 2 / Villages de joie / JUIN 2011 / N° 217 / www.sosve.org

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Certains ont quitté récemment goissait. Comme les deux fratries leurs parents. D’autres arrivent d’un sont scolarisées au même endroit, foyer au sein duquel ils s’étaient j’ai pu rencontrer la directrice et construit des repères. Tous sont en les maîtresses avant leur intégrasouffrance, plus ou moins impor- tion. Les enfants ont tous été ainsi tante. L’inquiétude légitime de s’ins- chaleureusement accueillis et j’ai taller dans un nouveau lieu de vie, pu les rassurer avant le jour de la avec ses frères et sœurs mais aussi rentrée. » avec des enfants que l’on connaît à Catherine Gandou, mère SOS du village peine, le dispute à l’excitation de la d’enfants SOS de Marange, témoigne découverte. Délicats et complexes à également d’une arrivée en douceur gérer d’un point de vue émotionnel, des trois garçons de 5, 9 et 11 ans les premiers jours imLes premiers jours impliquent pliquent une prise en compte à la fois indiviune prise en compte à la fois duelle et collective pour individuelle et collective pour impulser une nouvelle impulser une nouvelle dynamique dynamique de vie. Car de vie. dans cet univers familial reconstitué où la mère SOS est un ré- et de la fille de 10 ans dont elle a la férent affectif dans la continuité, les responsabilité : « L’accueil s’est déenfants vont peu à peu s’approprier roulé pendant les vacances de la « leur » maison, véritable protection Toussaint. La première fratrie est physique et psychique qu’ils conser- arrivée le 25 octobre 2010 dans veront tout au long de leur place- la matinée et la seconde le lendement. « Je n’ai pas eu de pleurs ni main. Les enfants se sont tout de de regards inquiets à gérer. Il y a suite sentis à l’aise ensemble et eu quelques rivalités au tout début cela perdure aujourd’hui, en déentre les filles. Mais très rapide- pit de quelques tensions normales ment, le groupe est devenu homo- entre eux de temps en temps. Dès gène, constate Isabelle Sergeant. À leur première journée en comvrai dire, c’était surtout l’arrivée mun, nous sommes allés ensemble dans une nouvelle école qui les an- voir les écoles où ils allaient être


scolarisés et faire les inscriptions pour les activités de loisirs. Ils étaient très excités par tous ces changements. » Un accueil structuré et anticipé Ces arrivées réussies ne doivent rien au hasard. Le processus d’accueil et de prise en charge de la fratrie et de l’enfant mis en œuvre par SOS Villages d’Enfants s’attache en effet à les préparer le mieux possible à leur future intégration au sein du village. Pour Isabelle Sergeant comme pour Catherine Gandou, une réunion a ainsi été organisée entre chacune d’elles et la personne « référente » des enfants à l’Aide sociale à l’enfance, afin de connaître l’histoire de chaque enfant, ses antécédents de santé et les causes du placement. Ensuite, une première rencontre s’est déroulée entre la mère SOS et chaque fratrie, dans le village SOS, en présence d’un éducateur et du directeur du village SOS. L’occasion de questionner chaque jeune sur ses envies de loisirs, de décoration pour sa future chambre, etc. Vient alors le jour où les deux fratries font connaissance, en présence de la mère SOS et de l’aide familiale, sur une ou deux demi-journées puis pendant une journée complète. Et enfin, c’est le Jour J, l’installation dans la maison familiale et la mise en place des règles de vie en commun. « Je n’ai pu que constater que les enfants avaient été bien préparés par leurs éducateurs référents, avec lesquels ils gardent d’ailleurs un contact régulier. Bien sûr, au moment de leur installation, ils ont tous connu une appréhension. Mais, au fil des jours, nous avons appris à mieux nous connaître. Et aujourd’hui, chacun a trouvé sa place ». Un avis positif que partage Catherine Gandou. • Isabelle Sergeant •

3 questions à… Marceline Gabel, assistante

sociale de formation, a consacré sa vie professionnelle à la protection de l’enfance. Auteur de nombreux ouvrages sur la maltraitance, elle est aujourd’hui chargée de cours en sciences de l’éducation à Paris X Nanterre.

« Il est nécessaire que les professionnels soient davantage formés sur le lien d’attachement » Qu’est-ce qui se joue pour l’enfant placé au moment de son arrivée dans une structure accueillante, dans sa relation aux adultes ? Il faut avoir à l’esprit que tout enfant a besoin de s’attacher à la personne qui prend soin de lui. Aussi, en cas de placement, l’enfant se trouve d’emblée pris dans un conflit de loyauté entre sa famille et la famille d’accueil (ou les éducateurs), ce qui est terrible pour lui. En effet, « les parents restent les parents ». Il peut alors adopter vis-à-vis de la personne à laquelle il est confié soit une attitude de rejet, soit un comportement de séduction, pour s’en faire aimer. Quelles précautions faut-il prendre pour que la relation aux nouveaux adultes s’amorce bien ? Sur le plan psychologique, il est important de mener un travail autour de la séparation, avant même l’arrivée de l’enfant : lui parler de cette séparation, ses raisons, sa durée, mais aussi des conditions de visite de ses parents et du travail que l’on va faire avec eux. Sur le plan matériel, l’enfant a besoin de visualiser son futur environnement et les conditions matérielles de sa nouvelle vie pour pouvoir s’y projeter : prendre le temps de visiter avec lui le lieu où il va vivre, son école, le quartier, la ville et lui laisser le temps de poser des questions sont des étapes cruciales qu’il faut travailler avant son arrivée. Du côté des adultes « accueillants », il est important de ne pas être dans l’attente d’une relation exclusive avec l’enfant « pour réparer » ou « faire mieux que le parent » : ce type de posture place le professionnel en situation de rivalité avec les parents, ce qui vient renforcer d’une certaine manière le conflit de loyauté dans lequel se trouve l’enfant placé. Pensez-vous que les professionnels de l’enfance soient suffisamment préparés à gérer ce moment sensible dans la vie d’un enfant ? Je pense qu’il est nécessaire que les professionnels soient davantage formés sur le lien d’attachement et qu’ils soient au clair sur leurs motivations et l’origine de leur choix professionnel. Cela nécessite un accompagnement car les professionnels sont aussi des personnes qui ont un inconscient. « Il faut rechercher l’enfant en soi » pour éviter une identification par rapport aux parents maltraitants ou négligents, ou aux enfants victimes. Il est important que les professionnels développent leurs capacités à travailler en partenariat avec les parents, les services de l’Aide sociale à l’enfance et l’école.

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En direct

Tunisie et Togo : une enfance à deux visages En Tunisie comme au Togo, la situation des enfants s’améliore mais reste très contrastée. Explications. Tunisie : 130 000 orphelins En ce début d’année, la Tunisie a été sous les feux de l’actualité et la « Révolution du jasmin » est une heureuse nouvelle pour ses habitants. La situation des enfants y est, par ailleurs, l’une des meilleures en Afrique. La Tunisie a, en effet, été l’un des premiers pays à ratifier la Convention internationale des droits de l’enfant, lors de son adoption en 1989. Le pays dispose de structures de protection et de suivi dédiées : délégués à la protection de l’enfance, Comité des droits de l’enfant, rapport annuel sur la situation de l’enfance... Le taux de scolarisation en primaire est excellent, proche de 98 %. Enfin, la situation sanitaire est plutôt bonne. La mortalité infantile avant l’âge de 5 ans est de 21 pour 1 000, soit cinq fois inférieure à celle du Togo. 95 % des enfants sont vaccinés et 94 % de la population bénéficie d’un accès à l’eau potable. Et pourtant… les laissés-pour-compte sont nombreux. Le pays compte 130 000 orphelins. Malgré les efforts d’éducation, 10 % des filles sont mariées avant l’âge de 18 ans. Et bien que l’école soit obligatoire jusqu’à 16 ans, la pauvreté pousse de nombreux enfants à abandonner l’école : selon l’Unicef, 69 000 enfants tunisiens auraient ainsi quitté l’école en 2009. Togo : les enfants souffrent Le Togo, petit pays de 5,8 millions d’habitants, fait face depuis près de vingt ans à de nombreux fléaux. Entre 1990 et 1993, le pays a traversé une profonde crise politique et éco-

nomique, suivie d’une quinzaine d’années d’embargo, qui a détérioré la situation de sa population et des enfants. 69 % des habitants du pays vivent en dessous du seuil de pauvreté, soit avec moins de 2 dollars par jour. C’est une population très jeune, la moitié des Togolais ayant moins de 18 ans. 27 % des enfants souffrent de malnutrition, sévère pour un tiers d’entre eux. Sur 1 000 naissances, près d’une centaine d’enfants n’atteindra ainsi pas l’âge de 5 ans. Le taux de scolarisation est insuffisant : au total, 30 % des enfants âgés de 5 à 14 ans travaillent à des activités économiques ou effectuent des tâches domestiques afin de subvenir à leurs besoins. Enfin, plus du quart des filles sont mariées avant l’âge de 18 ans. Toutefois, la situation s’améliore lentement depuis quelques années. Un Code de l’Enfant a été promulgué en 2007, afin de mieux protéger les enfants dans tous les domaines : éducation, santé, mariage, lutte contre l’exploitation…

A C T U A L I T Éen bref… • Le logo passe au bleu

> Avec une présence dans 132 pays, il devenait important pour SOS Villages d’Enfants d’avoir une identité visuelle commune. Ainsi SOS Villages d’Enfants France a adopté le logo de couleur bleue – au lieu de l’orange – préconisé par SOS Villages d’Enfants International dans le cadre d’une harmonisation autour d’une marque unique.

• Côte d’Ivoire : évacuation des villages d’enfants SOS > Face à l’aggravation des troubles politiques et des violences, les enfants et jeunes du village d’enfants SOS d’Abobo Gare ont été évacués, en mars, vers le village d’enfants SOS d’Aboisso. • Japon : accueil d’enfants isolés > En lien avec SOS Villages d’Enfants International et à la demande des autorités japonaises de protection de l’enfance, le village d’enfants SOS situé à Fukuoka sur l’île de Kyushu, au sud-ouest du pays, s’apprête

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à accueillir des enfants isolés, privés de tout soutien familial après la catastrophe. Une attention particulière est accordée au soutien psychologique des enfants traumatisés. • Journée de la famille > À l’occasion de la Journée internationale de la famille, Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, a accueilli, le dimanche 15 mai, une trentaine d’enfants des villages d’enfants SOS de Plaisir (78) et Persan (95) dans les jardins du ministère à Paris.


G A M M A R T H , LO M É , D A PA O N G

SOS Villages d’Enfants France renforce son action Face au nombre croissant d’enfants sans soutien parental en Tunisie et au Togo, SOS Villages d’Enfants France accentue son soutien dans ces deux pays. Depuis début 2011, SOS Villages d’Enfants France assure le financement des villages d’enfants SOS de Gammarth en Tunisie, et de Lomé et Dapaong au Togo. Avec les foyers de jeunes et les programmes de renforcement de la famille attenants aux villages SOS, 1 258 enfants et adolescents sans soutien familial ou en risque de le perdre grandissent dans un environnement protégé. Gammarth en Tunisie Ouvert en 1983 au nord de Tunis, le village d’enfants SOS de Gammarth comprend 13 maisons familiales accueillant aujourd’hui 91 enfants, ainsi qu’un jardin d’enfants de 63 élèves. Il accompagne également 32 jeunes hébergés au foyer SOS ou dans des « habitations encadrées », sous la responsabilité d’un éducateur. Le programme de renforcement de la famille (PRF) apporte une aide directe à 285 enfants, en coopération avec les autorités locales et les partenaires sociaux.

Dapaong et Lomé au Togo Au Togo, le village de Dapaong, au nord du pays, a été ouvert en 2007 et compte 120 enfants. Son jardin d’enfants accueille actuellement 62 élèves. Ils sont 200 à bénéficier des cours de l’école SOS. Enfin, le PRF accompagne 400 enfants, également suivis par le centre médico-social SOS. La région, isolée, est touchée par de nombreux maux : manque d’infrastructures sanitaires et médicales, pandémie du VIH, forte désertification. Au sud, le village d’enfants SOS de Lomé, ouvert en 1979, ne peut plus assurer aux 77 enfants et 53 jeunes accueillis un cadre de vie de qualité. SOS Villages d’Enfants France a décidé de financer l’ensemble des travaux de reconstruction des dix maisons et du nouveau jardin d’enfants de 75 places (1,5 million d’euros), ainsi que le PRF dont 200 enfants bénéficient aujourd’hui.

Soyez le bienfaiteur d’un village d’enfants SOS : parrainez ! 565 enfants ont retrouvé très récemment une maison, une famille, des repères pour grandir, grâce à 6 villages d’enfants SOS désormais soutenus par SOS Villages d’Enfants France : Akouda (Tunisie), Gammarth (Tunisie), Kita (Mali), Idjevan (Arménie), Lomé (Togo), Dapaong (Togo). e choix, En versant 20 € ou plus par mois au village de votre vous participerez ainsi au financement du village dans sa globalité : prise en charge complète et quotidienne des enfants accueillis, rémunération des équipes et des mères SOS, entretien des maisons. Seules ressources pour nos actions dans les pays en développement, les parrainages assurent également la création des structures de santé et d’éducation ouvertes aux familles

vivant à proximité des villages (jardins d’enfants, écoles, dispensaires…), le développement de programmes de prévention de l’abandon et l’aide d’urgence. Pensez-y, 565 enfants comptent sur le soutien de nouveaux p parrains et marraines ! Pour parrainer un village d’enfants SOS, remplissez sans attendre votre « bulletin de parrainage », joint à ce courrier. D’avance, au nom des enfants, un grand merci.

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ZOOM

Carrefour s’engage auprès de SOS Villages d’Enfants Le 22 mai dernier, les magasins Carrefour ont organisé au profit de SOS Villages d’Enfants « Les Boucles du Cœur », des parcours de course à pied ouverts à tous, parents et enfants, sportifs ou non. es magasins Carrefour ont souhaité s’engager en faveur de l’enfance en danger en organisant, pour la première fois en France, un événement sportif, familial et caritatif, « Les Boucles du Cœur ». Ainsi, le 22 mai dernier, plus de 300 boucles, dont 14 grandes courses, ont été organisées partout en France et plusieurs dizaines de milliers de personnes ont marqué leur engagement en faveur de l’enfance en marchant, en courant et en faisant un don à SOS Villages d’Enfants. Pour y participer, il suffisait de faire un don de 2 € minimum, soit sur le site internet dédié à l’opération, soit dans les magasins Carrefour, Carrefour Market, Carrefour City ou Carrefour Contact. Ce don-inscription permettait d’obtenir un T-Shirt collector pour participer à une Boucle du Cœur. L’intégralité des sommes recueillies est destinée à SOS Villages d’Enfants*.

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Une mobilisation de tous les acteurs Les Boucles du Cœur ont aussi apporté un soutien de taille à SOS Villages d’Enfants grâce à la communication faite dans tous les magasins du réseau Carrefour. La notoriété d’une enseigne comme Carrefour, avec l’appui de son large réseau de magasins, représente en effet un formidable levier pour mobiliser le grand public. « Nous avons été impressionnés par la mobilisation des équipes Carrefour pour organiser les Boucles du Cœur, et par l’adhésion du grand public », confie Clémence Beck, responsable des partenariats avec les entreprises chez SOS Villages d’Enfants. Les équipes de SOS Villages d’Enfants se sont aussi mobilisées pour représenter l’association le jour J. Certains ont également chaussé leurs baskets pour marcher ou courir aux côtés de ceux qui participaient à cette belle initiative solidaire. « Cet événement était en parfaite cohérence avec les valeurs

Nous avons été impressionnés par la mobilisation des équipes Carrefour pour organiser les Boucles du Cœur, et par l’adhésion du grand public. – C LÉMENC E B EC K

familiales et de solidarité de notre association, souligne Clémence Beck. Nous sommes vraiment reconnaissants de cette opération de collecte et heureux qu’elle ait permis à un large public de connaître la mission de SOS Villages d’Enfants. » La rénovation de 11 maisons familliales Les sommes collectées serviront à la rénovation des 11 maisons familiales du village d’enfants SOS de Marly-lezValenciennes (Nord), qui accueille des

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fratries depuis près de 50 ans. « C’est un beau projet, poursuit Clémence Beck, car la maison familiale est au cœur du dispositif d’accueil des enfants qui nous sont confiés. » Elle leur permet de se poser, de se reconstruire, d’autant plus que, le plus souvent, les enfants y vivent pendant plusieurs années. Dans ce lieu protecteur, frères et sœurs tissent des liens, pour la vie. * Au moment de l’impression, le montant de la collecte n’est pas encore connu. Il sera communiqué dans le prochain numéro.


Info

Entretien

Info partenaires

partenaires Louis Vuitton

« Plusieurs dizaines de milliers de cœurs ont battu d’un même élan » Alexandre Falck, 44 ans, est directeur exécutif des Supermarchés France et pilote, à ce titre, le réseau des magasins Carrefour Market en France (1 000 points de vente). En mai dernier, l’ensemble du groupe Carrefour s’est mobilisé pour les Boucles du Cœur, soit 200 hypers, 663 Carrefour Market, 116 Carrefour City et 22 Carrefour Contact. Pourquoi avez-vous organisé les Boucles du Cœur ? Carrefour est le premier distributeur et le premier employeur privé en France. Cela nous confère un rôle sociétal particulier. C’est pourquoi, de longue date, nous menons des initiatives solidaires. Les Boucles du Cœur marquent une nouvelle étape dans notre action, car c’est la première fois que nous mobilisons la grande majorité du parc de magasins autour d’une même cause. Tous nos collaborateurs et clients ont été appelés à participer ensemble à une même action solidaire. Je peux vous assurer que ce qui s’est passé chez Carrefour est unique : partout en France, plusieurs dizaines de milliers de cœurs de la maison Carrefour ont battu d’un même élan au rythme des Boucles, en participant à la plus grande course de France ! Les clés de la réussite ont été l’implication et l’enthousiasme du plus grand nombre. L’idée des Boucles du Cœur est née de mon engagement personnel. Chacun a sa propre histoire et ses propres rencontres, à l’origine de son engagement. Ce qui compte aujourd’hui, c’est que ma volonté se soit transformée en un engagement collectif de toute une entreprise autour de ses valeurs : Engagé, Attentionné, Positif. Qu’est-ce qui vous a conduit à choisir SOS Villages d’Enfants ? Les actions de solidarité de Carrefour sont généralement orientées vers la protection de l’enfance et l’accès à la nutrition pour tous. Le choix de l’association SOS Villages d’Enfants est lié à une rencontre entre des hommes et des femmes qui partagent les mêmes valeurs et qui ont envie d’agir ensemble. Nous étions également très sensibles à l’idée de pouvoir lier les collectes de dons à un projet concret en faveur des enfants. La rénovation du village SOS de Marly-lez-Valenciennes, que j’ai eu le bonheur de visiter avec Gilles Paillard, directeur général de SOS Villages d’Enfants, et Didier Wulfranck, directeur du village SOS de Marly, est en cours et a besoin de financement. Les Boucles du Cœur vont contribuer à la réalisation de ces travaux. Cela a beaucoup de sens pour nous. Il suffit de voir la générosité des équipes de l’association, leur implication et enthousiasme, et la joie de vivre des enfants accueillis pour être convaincu que la maison est un des piliers de leur reconstruction. C’est pourquoi il est important qu’elle soit un lieu de vie agréable. Il s’agit donc véritablement d’une grande cause à défendre. Je me souviendrai longtemps de cette journée, croyez-moi !

Un espace rénové pour les enfants La Maison Louis Vuitton soutient les actions de SOS Villages d’Enfants à travers le monde. Son engagement a permis cette année d’aménager le sous-sol d’une maison familiale du village d’enfants SOS de Plaisir, pour créer une salle de jeux pour les enfants. www.louisvuitton.com •

Fondation SFR

Des ordinateurs au service des enfants En mars dernier, SFR a proposé à ses clients de convertir leurs points fidélité « bonus » en don à SOS Villages d’Enfants. La Fondation SFR a accompagné les clients et, pour chaque don réalisé, fait un don du même montant. 18 000 € ont ainsi été collectés au profit de notre association pour équiper les maisons familiales du nouveau village d’enfants SOS de Persan en matériel informatique. www.fondationsfr.com •

Schmidt

Des cuisines généreuses… Le réseau Schmidt renouvelle son engagement en faveur de SOS Villages d’Enfants. Depuis 2009, ce sont plus de 112 000 euros qui ont été reversés à notre association à travers une opération de produit-partage pour chaque cuisine vendue de plus de six éléments. Cette année, les fonds collectés contribuent au programme de rénovation des 11 maisons familiales du village d’enfants SOS de Marly (Nord). www.cuisines-schmidt.com •

Avis-Immobilier

Quand immobilier rime avec solidarité Les 162 agences du réseau d’agences immobilières AVIS-Immobilier sont engagées aux côtés de SOS Villages d’Enfants depuis 2006. Chaque année, elles reversent 5 € à notre association pour chaque compromis de vente réalisé. Après avoir largement contribué au projet de construction du village d’enfants SOS de Persan, c’est désormais le programme de rénovation du village d’enfants SOS de Marly qui bénéficie de leur soutien. www.avis-immobilier.fr •

Négobois

Des « bâtisseurs d’avenir » pour les enfants Le club Négobois, partenaire de SOS Villages d’Enfants depuis 10 ans, a renouvelé son engagement en faveur de l’enfance en danger. Le 9 mars 2011, notre association a reçu un chèque de 66 000 € pour finaliser la construction et l’aménagement de la maison commune du village d’enfants SOS de Persan (Val-d’Oise). Un grand merci aux industriels Bostik, Margaritelli, Isover, Premdor, Finsa, Unilin Systems, Velux, Akzo Nobel, Pergo, FR cis. www.sosve.org rubrique Nous soutenir

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Enquête

PSYCHOLOGIE

La théorie de l’attachement : quel rôle dans la protection de l’enfance ? La théorie de l’attachement est aujourd’hui essentielle en psychologie et en psychopathologie. Elle offre des perspectives très importantes dans le champ de la protection de l’enfance mais reste insuffisamment connue des professionnels.

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La relation mèreenfant est aussi vitale pour le développement général du bébé que les vitamines ou les protéines pour le développement physique », exposait en 1959 John Bowlby (1) après avoir observé des jeunes délinquants et des enfants hospitalisés. Des études qui, en complément des travaux de René A. Spitz dans les années 40, ont posé les bases de la théorie de l’attachement. « Cette théorie met en évidence un besoin vital du tout petit enfant, lié à son état de dépendance, celui de pouvoir être en relation avec un petit nombre d’adultes, toujours les mêmes, qui répondent de manière fiable et prévisible à ses besoins corporels et psychoaffectifs. C’est à partir de cette expérience de satisfaction de ses besoins qu’il construit sa sécurité interne mais également son mode de relation aux autres », explique Anne Oui, chargée de mission auprès de l’Oned (cf. interview). « Les comportements d’attachement sont caractérisés par l’ensemble des comportements auxquels l’enfant a recours lorsqu’il se trouve en situation de danger, qu’il est angoissé ou se sent menacé, afin de maintenir la proximité de la figure d’attachement. Il peut s’agir par exemple des sourires, des pleurs, du fait de suivre, de s’agripper, etc. » (Bowlby, 1978) Si la figure d’attachement la plus 8 / Villages de joie / JUIN 2011 / N° 217 / www.sosve.org

fréquente est la mère, elle peut être représentée par une autre personne qui s’occupe de l’enfant durant ses premières années, voire par plusieurs personnes. Comment mieux accompagner l’enfant accueilli en protection de l’enfance Sans ce lien construit dès le plus jeune âge, on constate chez l’enfant des troubles de l’attachement, les manifestations les plus graves se repérant chez les enfants victimes d’abus ou de négligences sévères, de maltraitance, de rupture, chez les enfants placés dans de multiples foyers nourriciers, ou qui vivent dans la rue (2). La conséquence en sera une personnalité sans confiance de base, associée à des troubles réactionnels de l’attachement. L’en-

fant est alors soit dans l’incapacité d’engager des interactions ou d’y répondre de manière appropriée, soit dans l’incapacité de construire des attachements sélectifs. Or, il est établi que l’enfant peut développer des relations d’attachement avec plusieurs adultes différents. Ainsi,

L’enfant qui dispose de figures d’attachement de substitution peut y trouver des tuteurs de résilience. pour le psychiatre Boris Cyrulnik, même lorsqu’une première relation est un échec, l’enfant qui dispose de figures d’attachement de substitution (grands-parents, instituteurs, assistants familliaux…) peut y trouver des


« tuteurs de résilience ». Les professionnels de l’enfance, au travers de leur rôle d’accompagnement, en font partie et peuvent devenir des caregivers (3) alternatifs. Leur engagement, la qualité des soins apportés et le contexte d’accueil auront alors une incidence significative dans le développement de l’enfant accueilli. Selon le récent rapport de l’Oned (1), une aide à destination de ces professionnels est aussi indispensable pour leur permettre de comprendre les troubles manifestés par les enfants, d’être attentifs à la multiplicité des figures d’attachement et ainsi d’aider l’enfant à « s’autoriser » à s’attacher. La réussite de l’accueil et le développement le plus harmonieux possible de l’enfant en dépendent. (1) Rapport de l’Oned, 2010, La théorie de l’attachement, une approche conceptuelle au service de la protection de l’enfance. (2) Jean Labbé, MD, FRCPC, professeur titulaire, département de pédiatrie, université Laval, Québec. (3) Les caregivers se définissent comme les personnes donnant des soins.

3 questions à… Anne Oui, attachée principale et chargée de mission auprès de l’Oned, a participé

à l’élaboration des réformes du statut des assistants familiaux (1992, 2005) au ministère des Affaires sociales (DGAS). Elle est l’auteur du Guide de l’assistant familial.

« La théorie de l’attachement doit permettre d’évaluer avec une plus grande rigueur les difficultés de liens de l’enfant » Quels sont les apports de la théorie de l’attachement en protection de l’enfance? Avec d’autres approches, la théorie de l’attachement offre une approche conceptuelle utile pour les préoccupations des intervenants en protection de l’enfance. C’est pourquoi l’Oned a souhaité mettre à disposition un dossier thématique rassemblant des contributions sur la théorie de l’attachement. Appréhender la façon dont l’enfant a pu se construire dans ses premiers modes relationnels peut aider à comprendre ses difficultés de lien. La théorie de l’attachement, parce qu’elle porte sur ces questions de liens interpersonnels, intéresse la protection de l’enfance qui a à faire face à des problématiques d’accompagnement de parents en difficulté dans la prise en charge de leur enfant, de séparation et, notamment, de prise en charge d’enfants séparés de leurs parents. Cette théorie doit permettre d’appréhender et d’évaluer avec une plus grande rigueur les difficultés de liens qui entravent le développement de l’enfant. Et aider à identifier le type d’aide le plus adapté pour l’enfant et ses parents. Cette approche théorique soutient également des interventions thérapeutiques précoces qui visent à favoriser une meilleure sécurité du lien d’attachement parent-enfant, notamment dans le cas de parents connaissant eux-mêmes des troubles de l’attachement. Quel est le rôle que peuvent jouer les professionnels de l’enfance pour pallier les troubles de l’attachement d’un enfant ? Il semble que cette théorie procure deux types d’apports aux professionnels – famille d’accueil, éducateurs familiaux, éducateurs des maisons d’enfants, auxiliaires de puériculture… – chargés d’accueillir et de prendre en charge au quotidien des enfants séparés de leurs parents. Elle insiste, d’une part, sur l’importance de répondre de façon adaptée aux besoins de l’enfant en matière de soins, d’environnement de vie et de liens stables, fiables et prévisibles. Elle contribue, d’autre part, à aider les intervenants professionnels à comprendre les difficultés relationnelles de l’enfant qui, en quelque sorte, rejoue avec eux le mode relationnel avec lequel il s’est construit. Les professionnels sont-ils aujourd’hui suffisamment conscients et formés aux conséquences de la théorie de l’attachement ? Plus largement, ce sont les services d’accueil eux-mêmes qui doivent être formés à ces approches. Ils seront ainsi mieux à même de soutenir leurs professionnels dans leur engagement relationnel auprès des enfants et dans le maintien, dans la durée, d’un mode de réponses adapté à leurs besoins.

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Parcours

Arrivée la veille de ses quatre ans au village d’enfants SOS de Marly, dans le Nord, Tiphanie suivra ensuite sa mère SOS à Digne-les-Bains. Aujourd’hui âgée de 21 ans, elle porte un regard positif sur son parcours et s’apprête à prendre son autonomie.

ans les prochaines semaines, son « bac pro » commerce en poche, Tiphanie, 21 ans, prendra définitivement son envol. Son objectif ? Trouver un bas de villa dans les environs de Digneles-Bains. « Avec un jardin pour mon chien », sourit-elle. Et continuer à travailler dans la boulangerie où elle a exercé en apprentissage. « Il y a une excellente ambiance, mes patrons sont adorables et l’esprit est très familial. » Depuis son arrivée au village d’enfants SOS de Marly, dans le Nord, la veille de ses quatre ans, le chemin parcouru a été considérable, parfois chaotique mais souvent peuplé de rires et de bonheurs. « J’ai rejoint Sylviane, ma mère SOS, trois jours avant l’anniversaire de mes quatre ans, raconte-t-elle. J’avais été victime de graves maltraitances et mes deux sœurs, mon frère et moi-même avons été confiés à SOS Villages d’Enfants. » En août 2000,

D « SOS Villages d’Enfants m’a aidée à me construire » 10 / Villages de joie / JUIN 2011 / N° 217 / www.sosve.org


• Son bac pro commerce en poche, Tiphanie espère continuer à travailler dans la boulangerie où elle fait son apprentissage. •

Sylviane choisit de rejoindre le village d’enfants SOS de Digne-les-Bains. « Une de mes sœurs et moi avons décidé de la suivre, poursuit Tiphanie. Deux ans plus tard, ma sœur a choisi de retourner dans le Nord. Moi, j’ai préféré rester et je ne le regrette pas. J’ai toujours bien vécu mon placement et été proche de

rester en place, j’insultais les profs, bref je ne me sentais pas bien en cours. » Son certificat de formation générale en poche, elle démarre un apprentissage en pâtisserie. « Au bout de quelques mois, j’ai arrêté, le patron était vraiment trop déplaisant », souligne-t-elle. Elle entame alors une troisième classique

Le village d’enfants SOS, c’est ma famille. Si je n’avais pas grandi dans ce contexte, je ne serais pas ce que je suis aujourd’hui. Sylviane. Les enfants dont elle s’occupe aujourd’hui sont comme mes frères et sœurs. Je suis très proche des garçons, dont je partage la vie depuis dix ans, mais aussi de la “petite”, arrivée il y a sept ans. » Un formation qualifiante Mais si Tiphanie trouve son équilibre affectif auprès de Sylviane, son parcours scolaire est plus agité. De la sixième à la troisième, elle suit l’enseignement d’une section « enseignements généraux et professionnels adaptés » en collège. « C’est un enseignement destiné à des enfants qui ont du mal à s’intégrer dans une classe ou éprouvent beaucoup de difficultés scolaires, explique Tiphanie. Pour ma part, je n’avais pas de difficultés scolaires mais je ne parvenais pas à m’intégrer dans le groupe, je ne pouvais pas

dans l’internat d’une Maison familiale rurale (MFR) située entre Gap et Sisteron. « À l’époque, je souhaitais être interne, explique-t-elle. En un an, j’ai rattrapé tout mon retard scolaire et obtenu mon brevet des collèges. » Elle poursuit ensuite un BEP agricole vente, toujours à la MFR. L’internat est strict, avec des horaires très précis et des activités incessantes, mais elle avoue cependant l’avoir bien vécu, le mode de vie lui convenant, ponctué de retours au village le week end et pour les vacances. Elle ne retrouvera vraiment le village d’enfants SOS que trois ans plus tard, moment où elle entreprend de passer un bac professionnel option commerce. Un cursus où les cours théoriques alternent avec la pratique. Dans la boulangerie où elle effectue son apprentissage, elle partage son temps entre les clients

et le laboratoire où, le matin, elle fait un peu de pâtisserie, mettant à profit ses quelques mois de formation dans le domaine. « C’est ma famille » Aujourd’hui logée dans un appartement du village d’enfants SOS de Digne-les-Bains, Tiphanie envisage l’avenir avec enthousiasme. Et ne regrette en rien son parcours. « Le village d’enfants SOS, c’est ma famille, explique-t-elle. J’y ai grandi et je ne pourrais pas couper les ponts du jour au lendemain. Si je n’avais pas grandi dans ce contexte, je ne serais pas ce que je suis aujourd’hui. Et même si, au passage de l’adolescence, j’étais comme tous les jeunes de cet âge, un peu en rébellion contre tout le monde, je dois dire que je ne regrette en rien mon placement. SOS Villages d’Enfants m’a vraiment aidée à me construire et je lui en suis très reconnaissante. » Aujourd’hui bien enracinée à Digneles-Bains, « loin des problèmes », Tiphanie se sent armée pour se confronter à sa famille biologique. Si elle a définitivement rompu avec sa mère à quatorze ans, « de mon propre chef », précise-t-elle, elle a repris contact il y a quelques semaines avec son père, une rencontre « qui s’est bien passée » et elle est toujours en lien avec son frère et l’une de ses sœurs.

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… Au Burkina Faso, au village d’enfants SOS de Ouagadougou • Prévention de l’abandon autour du village SOS, pour permettre aux enfants de grandir dans leur propre famille : un programme de renforcement de la famille, lancé en 2010, vient déjà en aide à 150 enfants issus de 44 familles. … En Inde, au village d’enfants SOS de Raipur

• La santé et l’éducation pour favoriser la scolarisation, la formation ou l’apprentissage : créé en 2010, un centre de formation professionnelle bénéficie déjà à 32 jeunes sans qualification issus de familles très défavorisées.

Villages de Joie numéro 217 Juin 2011  

La revue des donateurs de SOS Villages d'Enfants. Juin 2011

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