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En direct / p 4

Enquête / p 8

Quatre nouveaux villages d’enfants SOS

« Frères et sœurs en danger, unis pour se reconstruire »

Villages de joie décembre 2010 / n° 215 / 2 €

LA REVUE DES DONATEURS

Pour que frères et sœurs partagent la même enfance

DOSSIER

La vie familiale, une nécessité pour grandir Plus que jamais, la famille est reconnue comme essentielle au développement de l’enfant. Mais qu’en est-il des enfants qui ne peuvent pas grandir au sein de leur famille et sont confiés à la Protection de l’enfance ? Traditionnellement tournée vers des structures collectives, la prise en charge évolue actuellement vers une recherche de la dimension familiale, sous l’appellation « dés-institutionnalisation ». Explications.

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Lorsque l’éloignement d’un enfant de sa famille d’origine ne peut être évité, les solutions alternatives de placement devraient toujours respecter l’intérêt supérieur de l’enfant et privilégier celles qui se rapprochent

le plus possible du cadre familial, comme le placement dans une famille d’accueil. » 1 Extrait du rapport du 15 juillet 2010 du Conseil de l’Europe, ce passage pourrait résumer, en une phrase, la tendance actuelle relative aux droits de l’enfant et son placement : la famille

occupe une place centrale. Des études révèlent en effet les conséquences néfastes du placement en institution sur la santé et le développement de l’enfant, sans parler des problèmes de violence ou même de maltraitance. « Dès les années 2000, on voit émerger l’idée que lorsque le

lire p 2, 3 »


Le mot du président

DOSSIER

Privilégier le cadre familial Le cadre familial est le fondement même de SOS Villages d’Enfants. Aujourd’hui, la valeur « famille » est clairement énoncée par la Convention des droits de l’enfant, l’Onu, le Conseil de l’Europe : « Lorsque l’éloignement d’un enfant de sa famille d’origine ne peut être évité, les solutions alternatives de placement devraient toujours (…) privilégier celles qui se rappochent le plus possible du cadre familial (…). »1 La protection de l’enfance de nombreux pays va également dans ce sens, pour sortir d’un mode de vie collectif et favoriser une prise en charge de type familial (cf. Dossier). La vie de famille, c’est aussi le lien fraternel. SOS Villages d’Enfants, qui milite en faveur du maintien de ce lien dans le cadre du placement, a organisé, cette année encore, une opération destinée à sensibiliser l’opinion : « Frères et sœurs en danger, unis pour se reconstruire ». Des parcours de fratries illustrent cette réalité (cf. Enquête). Le manque de soutien familial est une difficulté majeure à laquelle sont confrontés les jeunes lors de leur accès à l’autonomie. Les 5es Cahiers de SOS Villages d’Enfants, qui viennent de paraître, dressent un état des lieux des situations rencontrées (cf. Zoom). Des messages d’espoir existent : de nouveaux villages d’enfants SOS ont ouvert leurs portes cette année, en France et dans le monde (cf. En direct). Et de nouvelles vies se dessinent, ainsi qu’en témoigne Linda, aujourd’hui étudiante (cf. Entretien). Grâce à votre soutien, Noël a du sens pour les enfants accueillis en village SOS, merci à vous. Bonnes fêtes de fin d’année, PIERRE PASCAL

Villages de joie. Magazine édité par SOS Villages d’Enfants / 6, cité Monthiers - 75009 Paris / Tél : 01 55 07 25 25 / Président : Pierre Pascal / Viceprésidents : Jean-Pierre Rousselot, Michel Rémond / Directeur général et directeur de la publication : Gilles Paillard / Rédactrice en chef : Frédérique ClénetLécuyer / Impression sur papier recyclé : Groupe Maury imprimeur / Photos : Richard Kolker/Getty, Philippe Jacob, Robert Fleischander, Katerina Ilievska, Dominic Sansoni, Toni Silberberger, SOS Villages d’Enfants, DR / Publication trimestrielle éditée par SOS Villages d’Enfants / Abonnement annuel : 8 €. Prix au numéro : 2 € / Commission paritaire : N° 0112 H 81095 – ISSN : 0243.6949 – Dépôt légal à parution / Cette revue est accompagnée d’un encart d’appel à dons (enveloppe, lettre et bulletins d’abonnement/don).

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placement est inévitable, les États doivent garantir aux enfants le droit de grandir dans un milieu sécurisant et à échelle humaine, rappelle Sylvie Delcroix, conseillère technique à SOS Villages d’Enfants. Les recommandations européennes posent peu à peu le cadre destiné à garantir et promouvoir le bien-être de l’enfant. » C’est « l’intérêt supérieur de l’enfant » qui prévaut. II s’agit d’éviter dans la mesure du possible de « séparer les enfants de leur famille d’origine », et de veiller à les « retirer des établissements spécialisés » et à « développer le placement familial et des structures de type familial au sein des systèmes institutionnels existants ». L’Assemblée générale des Nations unies qui s’est tenue, à New York, le 20 novembre 2009, avait également proposé des lignes directrices pour la protection de remplacement pour les enfants. Un accueil de type familial, des repères stables Ces cinq dernières années, SOS Villages d’Enfants International a été l’une des principales organisations à contribuer au développement de ces lignes directrices (cf. interview page 3). Si l’association est une institution sur le plan juridique, elle présente néanmoins tous les avantages du placement familial recommandé par l’Organisation

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C’est « l’intérêt supérieur de l’enfant » qui prévaut.

des Nations unies. Avec, tout d’abord, une figure de référence et d’attachement stable, la mère SOS. Et un lieu de vie permanent, la maison : les enfants restent dans la même maison pendant toute la durée de leur placement. C’est « leur maison ». L’équipe pluridisciplinaire qui accompagne les enfants travaille en lien étroit avec les mères SOS et organise, par ailleurs, les liens avec la famille d’origine. Autre élément d’importance : la prise en compte de la fratrie. Tandis que des études sur le suivi de placement en Europe relèvent que seulement 38 % 2 des enfants avec des frères et sœurs sont placés avec leur fratrie, SOS Villages d’Enfants en a, depuis toujours, fait le cœur de son engagement. Une institution donc, mais offrant toutes les garanties d’un accueil familial classique y compris pour des grandes fratries. 1) « Enfants privés de soins parentaux : nécessité d’agir d’urgence », 15 juillet 2010, rapport de la Commission des questions sociales, de la santé et de la famille du Conseil de l’Europe. http://assembly.coe.int/Mainf.asp?link=/ Documents/WorkingDocs/Doc10/FDOC12345.htm 2) Identifying best practice in deinstitutionalisation of children under five from European institutions, Programme Daphné de l’Union européenne, rapport final n°2003/046/C.


Un lien affectif « pour la vie » 3 questions à Véronique Lerch, du bureau de plaidoyer de SOS Villages d’Enfants International

En matière de droits de l’enfant, quels sont les changements fondamentaux qu’apportent les dernières lignes directrices adoptées par les Nations unies ? Quel a été le rôle de SOS Villages d’Enfants International dans leur élaboration ? SOS Villages d’Enfants fait partie des organisations qui ont favorisé et participé à l’élaboration des nouvelles lignes directrices sur la protection de remplacement. Depuis leur adoption, nous avons également un rôle d’information, de suivi et de vérification de leur bonne application. On peut retenir trois aspects que SOS Villages d’Enfants souhaitait voir pris en compte : le respect de la fratrie, l’accompagnement des jeunes à la sortie du placement et, enfin, la prévention au sein même des familles d’origine. La prise en charge familiale est également mise en avant. Quelles sont les approches de SOS Villages d’Enfants qui vous semblent le mieux s’inscrire dans ces recommandations ? Le respect de la fratrie, au cœur du travail de SOS Villages d’Enfants, me paraît un élément essentiel en adéquation avec ces lignes directrices. Le travail de prévention et de soutien dans les familles l’est également et ce, dans de nombreux pays. C’est un vrai travail d’accompagnement social qui va de l’aide financière à la formation professionnelle ou à la garde d’enfants. Enfin, l’accompagnement à la sortie du placement est un élément important sur lequel nous travaillons. Nous nous assurons que les jeunes qui sortent du placement reçoivent la préparation nécessaire pour être indépendants et puissent encore bénéficier d’aides après leur sortie, s’ils en ont besoin et le souhaitent. Qu’est-ce qui pourrait garantir davantage la qualité de la prise en charge et le respect des droits de l’enfant ? Je pense qu’il faudrait impliquer davantage les enfants et les jeunes dans les processus de décision qui les concernent. Leur participation est fondamentale. C’est une garantie pour élaborer des bases de travail dans le respect et au plus près des réalités de ces jeunes.

Entre les enfants et leur mère SOS, les liens sont forts. Et ils sont durables. Longtemps après leur majorité, les enfants reviennent souvent passer les fêtes de fin d’année dans leur « deuxième famille ». • Brigitte et sa grande famille à Noël. •

«

Ici, quand on s’engage, c’est pour longtemps », explique Brigitte Rambaud, mère SOS à Calais. Son métier, elle l’exerce depuis 21 ans avec la même ferveur et le même investissement affectif. Les enfants qu’elle élève sont tous un peu les siens. Certains ont été placés très jeunes – le plus jeune à 13 mois – et sont restés à ses côtés jusqu’à leurs 18 ans. Là, sous le toit de leur maison SOS, ils grandissent jusqu’à leur majorité. Frères et sœurs sont élevés ensemble. Parfois différentes fratries sont accueillies sous le même toit et tissent des liens. « Lorsque

Pour l’enfant, la maison SOS est un pilier de sa reconstruction, sécurisant et solide, qui participe à son équilibre.

deux fratries vivent ensemble, les enfants finissent toujours par s’attacher. Ils restent en contact même après avoir quitté la maison et prennent des nouvelles les uns des autres. Pour leurs enfants, plus tard, même s’ils ne sont pas « frères et sœurs », ils seront « les tontons et les tatas. » Cette maison qui les abrite est d’ailleurs bien plus qu’un toit pour les enfants. Elle est « leur maison », souligne Brigitte Rambaud. Pour l’enfant, « c’est un repère supplémentaire », un pilier de sa reconstruction, sécurisant et solide, qui participe à son équilibre. Les enfants devenus adultes reviennent souvent au village d’enfants SOS avec leurs propres enfants pour leur montrer la maison où ils ont grandi. Brigitte Rambaud, elle, est un peu devenue leur grand-mère.

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En direct

P R O T E C T I O N D E L’ E N FA N C E

Quatre nouveaux villages d’enfants SOS En 2010, quatre nouveaux villages d’enfants SOS ont ouvert leurs portes grâce au soutien des donateurs et partenaires français : en France, à Persan, à la demande du conseil général du Val-d’Oise, en Arménie, au Mali et en Tunisie. Progressivement, des dizaines d’enfants s’y sont installés pour y vivre avec leurs frères et sœurs.

Arménie : un deuxième village d’enfants SOS À Idjevan, en Arménie, les premiers enfants ont été accueillis à partir de février 2010. L’inauguration de ce nouveau village a eu lieu le 4 juillet dernier en présence de JeanPierre Legrand, trésorier de SOS Villages d’Enfants France. Helmut Kutin, président de SOS Villages d’Enfants International, participait aux célébrations, ainsi que de hautes personnalités arméniennes. Le village d’enfants SOS d’Idjevan accueille aujourd’hui 33 enfants, pour une capacité à terme de 91 enfants.

Le village d’enfants SOS d’Idjevan pourra accueillir à terme 91 enfants.

L’ensemble que forment le village d’enfants SOS, l’école SOS et le programme de renforcement de la famille constitue un pôle d’importance à Kita, ville située à 180 km de la capitale Bamako. Les 15 maisons familiales du village d’enfants SOS permettent l’accueil de 150 enfants, orphelins, abandonnés ou que les parents, malades ou invalides, ne peuvent prendre en charge. L’école SOS comprend 18 classes pour une capacité d’accueil de 810 élèves. Enfin, le programme de renforcement de la famille accompagne 41 familles – 186 enfants et 80 adultes –, soit 266 personnes au total. Convaincu de la qualité de l’action de SOS Villages d’Enfants, le Premier ministre a invité les départements en charge de l’enfant et de la solidarité à engager une réflexion sur une expérimentation de l’approche de SOS Villages d’Enfants. L’objectif serait de mettre en place un programme concerté de renforcement des familles dont pourraient bénéficier 1 000 enfants dès 2011. • Modibo Sidibé, Premier ministre du Mali, coupe le ruban lors de l’inauguration du village d’enfants SOS de Kita, le 23 octobre dernier. •

• Inauguration officielle, le 4 juillet 2010, du village d’enfants SOS d’Idjevan en Arménie. •

Mali : un troisième village d’enfants SOS Le 23 octobre dernier, l’inauguration du 3e village d’enfants SOS du Mali, à Kita, était célébrée en présence du Premier ministre du Mali, Modibo Sidibé, accompagné des ministres de l’Éducation, du Développement social, de la Promotion de la famille et de l’Administration territoriale, ainsi que de partenaires. SOS Villages d’Enfants France était représentée par deux administratrices, Marie-Claude Hamon et Françoise Rouch. 4 / Villages de joie / DÉCEMBRE 2010 / N° 215 / www.sosve.org

Le village d’enfants SOS de Kita, l’école SOS et le programme de renforcement de la famille constituent un pôle d’importance.


Tunisie : un quatrième village d’enfants SOS

Persan : les premiers enfants ont été accueillis !

• Premier jour d’école pour les enfants. •

Les quatre premières fratries ont été accueillies début novembre dans les maisons familiales du nouveau village d’enfants SOS de Persan (Val-d’Oise). Les suivantes les ont rejointes courant décembre. Le village d’enfants SOS de Persan, dont la fin de la construction est prévue pour avril 2011, comporte dix maisons familiales, une maison commune et la maison du directeur, intégrées dans un quartier d’habitation de 90 logements. Les tests réalisés sur la maison du directeur attestent des caractéristiques BBC « bâtiment basse consommation » et, par conséquent, de la conformité aux exigences de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Le village d’enfants SOS d’Akouda est le premier soutenu par SOS Villages d’Enfants France en Tunisie.

Le village d’enfants SOS d’Akouda est le quatrième en Tunisie mais le premier soutenu par SOS Villages d’Enfants France. Il a accueilli les premiers enfants en février 2010. 71 enfants y vivent aujourd’hui – 24 filles et 37 garçons de moins de huit ans. 70 % d’entre eux, originaires des zones rurales de l’Ouest de la Tunisie, avaient été placés auparavant dans des structures d’accueil temporaires. Tous sont sans soutien familial ou parental : un tiers sont orphelins, les autres sont abandonnés, nés hors mariage ou en risque de maltraitance dans leur milieu familial… À pleine capacité, ce sont 112 enfants qui trouveront un nouveau foyer au village d’enfants SOS d’Akouda. L’inauguration a eu lieu le dimanche 28 novembre dernier. SOS Villages d’Enfants France était représentée par Gilles Paillard, directeur général, et Philippe Barbieux, administrateur.

Les quatre premières fratries ont été accueillies début novembre.

A C T U A L I T Éen bref... • Choléra à Haïti > Des mesures préventives ont été prises par SOS Villages d’Enfants Haïti afin de garantir la sécurité des enfants accueillis : hygiène, sensibilisation, information… • Légion d’honneur > Maître Maria Raharinarivonirina, présidente de SOS Villages d’Enfants Madagascar, a été nommée chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’honneur, sur décision personnelle du président de la République française, au titre de l’ensemble de ses responsabilités associatives et de son engagement pour les droits

de l’Homme. Cette distinction lui a été remise, le 19 octobre dernier, par l’ambassadeur de France à Madagascar.

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Nations unies, le 6 septembre dernier, en Autriche. Ban Ki-moon a renouvelé son soutien à SOS Villages d’Enfants à travers le monde.

• Urgence Pakistan > SOS Villages d’Enfants International a fourni plus de 5 millions de repas aux enfants et aux familles de quatre provinces, du matériel médical et 1 500 tentes. L’association française contribue au programme d’aide à hauteur de 50 000 euros. • Rencontre avec Ban Ki-moon > Helmut Kutin, président de SOS Villages d’Enfants International, a rencontré le secrétaire général des

• Ban Ki-moon et Helmut Kutin. •

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ZOOM

Quel horizon au sortir de la protection de l’enfance ? Dans un contexte économique et social difficile, les jeunes adultes issus de la protection de l’enfance connaissent des difficultés majeures lorsqu’ils accèdent à l’autonomie. Le dernier numéro des Cahiers de SOS Villages d’Enfants dresse un état des lieux des situations rencontrées par les jeunes, des recherches et fait aussi des préconisations en la matière. Il est consultable dans la rubrique « Publications » du site internet de l’association. a double peine. C’est peu ou prou ce que vivent les jeunes majeurs lorsqu’ils sortent des dispositifs de la protection de l’enfance. D’abord en tant que jeunes puisque, les chiffres récents en témoignent, ce sont eux qui paient le plus lourd tribut à la crise. Ensuite, parce qu’au plus tard à 21 ans, ils doivent voler de leurs propres ailes. Et ce sans pouvoir compter sur l’appui de leur famille. « Ce passage rapide et souvent brutal à l’autonomie mérite une attention particulière. Les pouvoirs publics et les structures d’accueil, dont SOS Villages d’Enfants, ont à cet égard une responsabilité. Car nous ne pouvons pas leur demander de s’insérer plus vite que les autres alors qu’ils ont déjà connu un parcours complexe et disposent de moins de ressources », explique Sylvie Delcroix, conseillère technique à SOS Villages d’Enfants et corédactrice des 5es Cahiers de SOS Villages d’Enfants, intitulés « Quel horizon pour

L

les jeunes majeurs sortant de la protection de l’enfance ? L’urgence d’un vrai débat ». Les jeunes, acteurs de leur projet de vie À l’origine de cette publication, une étude sur le devenir des anciens du village d’enfants SOS de Marseille, dont les résultats ont été publiés en 20081 par l’association. Parmi les constats forts : tous les adultes ont déclaré avoir vécu une période délicate après leur départ du village d’enfants SOS et soulignent l’importance de l’aide reçue à ce moment-là, notamment par le village d’enfants SOS. Afin d’améliorer ses pratiques et de contribuer à un vrai débat public sur l’accompagnement de fin de mesure de protection, SOS Villages d’Enfants France a intégré en 2009 la campagne Leaving Care 2 initiée par SOS Villages d’Enfants International et a participé au groupe de travail pluridisciplinaire réuni par l’Observatoire national de l’enfance en danger (ONED). « Ces 5es Cahiers

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proposent un regard croisé sur les différentes approches et recherches menées en France et dans le monde. Ils montrent notamment qu’il existe des convergences de questionnements et d’initiatives autour de la question de la prise d’autonomie de ces jeunes majeurs et que la précarité n’est pas une fatalité », précise Sylvie Delcroix. La publication analyse, dans un contexte de crise économique, des modèles différenciés d’accès des jeunes à l’autonomie en Europe. Elle expose aussi une synthèse des constats faits pour les jeunes en fin de mesure de protection, issus des recherches mais aussi des débats publics récents. Elle présente enfin les pratiques des villages d’enfants SOS. En effet, la préparation à l’autonomie y constitue un axe central de l’accompagnement des jeunes, dès leur admission. Pour SOS Villages d’Enfants, « il apparaît impératif que ces jeunes soient associés aux décisions qui les concernent et puissent être acteurs de leur projet. » 1) Les cahiers de SOS Villages d’Enfants n° 3 : « Parcours et devenir de fratries accueillies au village d’enfants SOS de Marseille », avril 2008. 2) Impliquant des jeunes et des responsables de quinze pays d’Europe et d’Asie. + sur

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« Ma motivation m’accompagne au quotidien pour réussir ma vie » Linda M., accueillie à l’âge de 2 ans au village d’enfants SOS de Carros, est aujourd’hui une dynamique jeune femme de 27 ans, étudiante en troisième année de sciences du langage à l’université de Nanterre (92). Son parcours témoigne de l’importance de l’accompagnement pendant et après la sortie du dispositif de protection de l’enfance pour un accès réussi à l’autonomie. Rencontre. Vous avez quitté le village d’enfants SOS à l’âge de 18 ans, après l’obtention de votre bac. Que s’est-il passé depuis ? J’ai démarré un cycle de formation en psychologie à l’université de Nice. Après deux premières années, j’ai compris que je faisais fausse route ! J’ai alors travaillé pendant deux ans à temps plein dans un magasin de sport puis je suis « montée » à Paris. Après avoir été vendeuse dans un magasin de vêtements pendant huit mois, j’ai décidé de reprendre mes études supérieures en 2008. Mais cette fois-ci en sciences du langage, un cursus qui me passionne et devrait me permettre de travailler dans la communication ou la formation. Je rentre cette année en troisième année et j’envisage d’aller jusqu’au Master 2. Quelles difficultés avez-vous rencontrées au cours de votre prise d’autonomie ? Vous êtes-vous sentie seule ? Pas du tout. Je me suis créé mon réseau d’amis pendant mon cursus scolaire et mes activités sportives, puis j’ai fait mon petit bonhomme de chemin. Quand j’ai quitté le village SOS, j’avais besoin de liberté et d’autonomie. J’ai loué un appartement seule. J’ai bénéficié d’un contrat Jeune majeur qui m’a aidée à financer mon logement et mes études. Pour compléter ces revenus, j’ai travaillé pendant deux ans comme surveillante de cantine, pendant mes heures de pause à la fac. Depuis deux ans, je loue un appartement à Courbevoie. Je travaille comme serveuse après mes cours et bénéficie d’une bourse et d’une aide financière de SOS Villages d’Enfants. Pensez-vous avoir bénéficié d’une bonne préparation à l’autonomie ? Oui, je le pense. Ma mère SOS m’a toujours poussée à entreprendre les démarches par moi-même, tout en m’épaulant. Elle n’a jamais remis en cause mes décisions même si elle savait que, quelquefois, ce n’était peut-être pas les meilleures. Nous avons toujours conservé un lien très fort. Le directeur du village d’enfants SOS de Carros m’a toujours dit que je pouvais compter sur lui si je souhaitais reprendre mes études. Avec le recul, je me suis rendu compte qu’en dépit d’une histoire familiale difficile, j’ai eu une enfance heureuse. Je n’ai manqué de rien et j’ai reçu beaucoup d’amour. Le village d’enfants SOS a été une chance pour moi. Ma motivation m’accompagne au quotidien pour réussir ma vie !

Eveil & jeux • Charly l’ourson À l’occasion des fêtes de Noël, éveil & jeux renouvelle son soutien à SOS Villages d’Enfants. Après Gaspard en 2008 et Basile en 2009, Charly l’ourson est vendu au profit de SOS Villages d’Enfants : 3 € sont reversés pour chaque peluche achetée. Rendez-vous dans les magasins éveil & jeux ou sur le site internet www.eveiletjeux.com • • La grande tribu de Noël Un bonhomme décoré et reçu par éveil & jeux = 1 € reversé à SOS Villages d’Enfants. Les bonshommes recueillis formeront la grande tribu de Noël sur la page Facebook d’éveil & jeux. • • ERGObaby Concepteur de porte-bébé ergonomique, ERGObaby a choisi de soutenir le village d’enfants SOS de Raipur, en Inde. Pour chaque PorteBébé ERGObaby acheté entre le 1er octobre et le 31 décembre, 4 € seront reversés à SOS Villages d’Enfants. www.ergobaby.eu •

Ils nous ont fait confiance Laboratoires Juva Santé À l’occasion de la journée de solidarité du samedi 18 septembre, 120 volontaires du siège parisien des laboratoires Juva Santé et de l’usine de Forbach ont travaillé pendant 8 heures au centre logistique de Gevrey-Chambertin. 20 121 € ont été reversés à notre association pour le village d’enfants SOS de Marange-Silvange. www.juva.com •

Grosset Janin La société des Chalets Grosset Janin a organisé, le 25 septembre dernier, pour son 60e anniversaire, une vente aux enchères d’objets de personnalités du monde culinaire, sportif, culturel… qui a permis de faire connaître SOS Villages d’Enfants en HauteSavoie et de collecter plus de 18 000 €. www.grossetjanin.com •

Chevrolet Lors de la célébration des 100 ans de la société, le 29 septembre dernier à Paris, Chevrolet a annoncé un partenariat européen avec SOS Villages d’Enfants International en 2011. Il est destiné à favoriser les déplacements des enfants et de ceux qui s’en occupent. Chevrolet Europe fera une dotation de cent Chevrolet à SOS Villages d’Enfants International. www.chevrolet.fr • www.sosve.org rubrique Nous soutenir

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Enquête

« Frères et sœurs en danger, unis pour se reconstruire » Le 19 novembre dernier, 200 enfants ont lancé un appel sur le Champ-de-Mars, à Paris, pour souligner l’importance de vivre avec ses frères et sœurs dans le cadre du placement, pour mieux se reconstruire. Le parcours de deux fratries, l’une avant l’arrivée au village SOS, l’autre depuis son accueil en village SOS, en témoigne. • Avec une vie familiale, les enfants retrouvent le sourire. •

l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant, SOS Villages d’Enfants a renouvelé son action militante en faveur du droit des frères et sœurs à grandir ensemble dans le cadre du placement, autour d’un message fort : « Frères et sœurs en danger, unis pour se reconstruire ». Ainsi, à Paris, 200 enfants ont lancé un appel, sous forme d’un SOS géant sur le Champde-Mars, le vendredi 19 novembre. La chorégraphie des enfants évoquait la possibilité de reconstruction offerte aux enfants blessés par la vie, lorsque frères et sœurs partagent la même enfance, dans une maison, au sein d’un village d’enfants SOS. SOS Villages d’Enfants est convaincue que le lien fraternel est essentiel pour les enfants privés de soutien parental,

À

pendant leur enfance mais bien audelà également. À l’âge de l’autonomie en effet, le jeune adulte n’a souvent pas d’autre soutien familial que celui d’un « grand frère » ou d’une « grande sœur ». C’est pourquoi, forte de plus de 50 ans d’expertise dans l’accueil des fratries, SOS Villages d’Enfants se mobilise. Une nécessité et une expertise reconnues par le conseil général du Val-d’Oise qui a fait de l’accompagnement des fratries une priorité et a permis la construction d’un nouveau village d’enfants SOS à Persan (cf. page 5). Aujourd’hui, malheureusement, faute bien souvent de structures d’accueil, de nombreux frères et sœurs sont encore séparés dans le cadre du placement. Et pourtant, au quotidien, l’histoire des fratries accueillies par SOS Villages d’Enfants illustre le bien-fondé de son action.

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Enzo, Maud, Noé, Maxime et Léa : une fratrie réunie Ils s’appellent Enzo, Maud, Noé, Maxime et Léa. Ils ont la même maman, qui n’a pas 30 ans et n’a jamais su s’occuper de ses nombreux bébés : négligences, violences, carences éducatives, absence de soins, manque d’affection… Les assistantes maternelles, comme les éducateurs, ont beau aider et soutenir, rien n’y fait. Finalement, les enfants sont placés. Grâce à SOS Villages d’Enfants, les enfants ne seront pas séparés : Maud et Enzo sont accueillis chez une mère SOS du village d’enfants SOS de Marange (Moselle) en 2007. Ils avaient alors 6 et 5 ans et découvrent la chaleur d’une vie familiale. Ne restait plus qu’à accueillir leurs trois frères et sœur. Noé, alors en pouponnière, venait régulièrement à Marange visiter ses aînés. Jusqu’à les rejoindre

Ils avaient alors 6 et 5 ans et découvrent la chaleur d’une vie familiale.

enfin, à l’âge de 4 ans, tout comme les jumeaux Maxime et Léa, nés en 2006, et qui complèteront la fratrie au village SOS en août 2009. Depuis, la vie a repris ses droits. Le bonheur des enfants aussi. Même si les espoirs de recoudre le tissu familial biologique sont minces… Le papa des enfants n’a pas tenu longtemps les engagements qu’il avait pris pour les voir l’été dernier. Et la maman ne se présente pas aux rendez-vous avec ses enfants. Depuis deux ans, elle n’a plus donné signe de vie. Mais Enzo, du haut de ses 9 ans, prend son rôle de grand frère très au sérieux.


Nicolas, Clara et Bruno : la découverte de la vie de famille Nicolas, 2 ans, Clara et Bruno, jumeaux de 3 ans, ne comptaient plus. La fratrie était victime d’une grave « carence éducative » de la part d’une mère en détresse psychologique et d’un père désinvesti. Conséquence, les enfants ont été placés. En juin 2009, l’Aide sociale à l’enfance demande au village d’enfants SOS de Neuville d’accueillir Nicolas, Clara et Bruno. Leur future mère SOS, Ghislaine, 54 ans, leur ouvre les bras. Dans un premier temps, elle est venue les rencontrer régulièrement sur leur lieu d’accueil. Puis, elle les a emmenés découvrir le village d’enfants SOS et un joli pavillon. Avant de leur dire que ce serait leur maison. En avril 2010, elle a tenu sa promesse. Une nouvelle vie commençait. « Comme les enfants avaient d’abord vécu en pouponnière, une structure pour tout-petits avec des espaces clos, on a commencé par installer leur espace de jeu dans la salle à manger, avec vue sur le jardin, raconte Ghislaine. Ainsi, ils n’étaient pas perdus. Ils ont pu faire en douceur l’apprentissage de leur nouvel environnement. » Ghislaine suit le projet établi pour chaque enfant : halte-garderie pour l’un, invitations chez des amis pour l’autre, courses au marché pour le troisième et, bien sûr, les tablées

Nicolas, Clara et Bruno rient, apprennent et s’accrochent à Ghislaine, manifestant leur besoin d’affection.

autour du petit-déjeuner tous ensemble, sans oublier les câlins et les histoires du soir… Bref, la vie de famille ! Première grande victoire : les enfants se lient avec d’autres du village d’enfants SOS. Le rythme de cette existence s’installe. L’automne approche, le temps de l’école aussi. Clara est propre. Quinze jours après, son frère l’est aussi. Tous deux sont ainsi prêts à faire leur première rentrée, main dans la main ! Un cap si bien négocié qu’aujourd’hui ils partent chaque matin à la maternelle avec un plaisir non dissimulé.

Frères et sœurs reverront tous les deux ans un juge pour enfants même si les chances de rejoindre leurs parents biologiques sont encore de lointaines perspectives… Malgré tout, l’essentiel est là : Nicolas, Clara et Bruno rient, apprennent et s’accrochent à Ghislaine, manifestant leur besoin d’affection. Cependant, tout en les aimant, elle garde à l’esprit qu’elle n’est pas leur maman. Un jour, ces trois enfants poseront des questions. Ghislaine y répondra. Prête à s’effacer pour qu’ils puissent prendre leur envol.

T É M O I G N Atémoignage GE

+ sur

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« Mes sœurs, elles sont sacrées » L’anthropologue Catherine Enel a animé en 2006* un espace d’échanges entre jeunes adultes et anciens de villages d’enfants SOS, afin de les faire s’exprimer sur le thème de la fratrie dans le placement : « C’est très important de garder des frères et sœurs ensemble, dans un cocon qui permet de reconstruire une famille et d’avancer ensemble. Sans éluder les difficultés qu’ils ont eues, pendant le

placement ou à la sortie du village SOS, les anciens font la part des choses. Tous sont reconnaissants à l’association d’avoir permis le maintien du lien fraternel pendant l’enfance, lequel leur a permis d’échapper à la dislocation totale de leur famille. Ils estiment aussi que le placement en fratrie est fondamental pour maintenir la notion de famille et favoriser la construction de l’individu : « Mes sœurs, elles sont sacrées !

Sans elles, je ne sais pas comment j’aurais tenu. C’était les seuls liens familiaux. Si je n’avais pas eu mes sœurs, je ne connaîtrais même pas le mot famille. » « Au village d’enfants SOS, j’avais mes deux piliers qui étaient là, mes deux sœurs. » * Les cahiers de SOS Villages d’Enfants n° 1 : « 50 ans d’accueil de fratries en villages d’enfants SOS », novembre 2007.

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Parcours

• Patricia Arnold entourée de cinq des six enfants de la fratrie qu’elle a accueillie, ainsi qu’un petit-fils. •

Pendant 19 ans, Patricia Arnold, mère SOS au village d’enfants SOS de Marseille, a élevé une fratrie de six enfants. Depuis peu à la retraite, elle garde des liens très forts avec ces enfants, aujourd’hui adultes, qui l’appellent maman.

« Une fois les enfants élevés, les liens restent très forts » est à 38 ans que Patricia Arnold franchit le pas. Alors célibataire et sans enfant, infirmière à Bordeaux depuis 18 ans, elle a toujours rêvé de fonder une famille et se sent prête à veiller sur une fratrie accueillie dans un village d’enfants SOS. « Lorsque j’ai vu l’annonce proposant de devenir mère SOS, j’ai écrit et me suis rendue à la journée

C’

d’information, explique-t-elle. Le plus curieux, c’est que quinze ans auparavant, j’avais vu la même annonce et pensé que ce n’était pas pour moi. Là, c’était le bon moment et je ne le regrette pas. Si c’était à refaire, je recommencerais. » Après avoir passé les tests, fait deux stages, elle prend le temps de la réflexion avant de s’engager. Un an plus tard, elle rejoint le village d’enfants SOS de Marseille. « J’avais fait mon

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premier stage là-bas et beaucoup apprécié cette ville qui me rappelait mon Sud-Ouest natal, souligne-t-elle. Au bout de trois ou quatre mois, j’ai accueilli, dans une grande maison, la fratrie que j’accompagne depuis 19 ans et que je considère désormais comme mes propres enfants. » Kevin, Glwadys, Ludovic, Alexandra et Pamela, alors âgés de 2 à 9 ans, emplissent la maison de bruits enfantins. « J’ai eu


• Ci-dessous, quelques images de l’album souvenir des enfants. • Ludovic, surpris pendant une partie de fléchettes.

un véritable coup de foudre pour eux, poursuit Patricia. Et trois ans plus tard, Michaël, un petit frère qui ne connaissait pas ses frères et sœurs, est venu les rejoindre. Au fil du temps, nous nous sommes fortement attachés les uns aux autres. Je les ai fait participer totalement à ma vie. Ils connaissent mes amis, ma famille. J’ai même acheté un appartement au bord de l’océan pour être plus proche de ma famille, mais aussi pour que les enfants puissent participer à la vie familiale. » Noël et vacances en famille Leur premier Noël ? Patricia s’en souvient comme si c’était hier. « Je leur avais acheté des vélos, se rappelle-telle, la voix pleine d’émotion. Cela reste mon plus beau Noël. Chaque année, les enfants décoraient le sapin, mettaient chacun leurs boules et leurs guirlandes. Puis venait le temps de la fête, nous dînions d’un bon repas et célébrions l’anniversaire de Ludovic, né un 24 décembre. Les enfants mettaient alors leurs pantoufles sous le sapin et allaient se coucher. Le lendemain, ils trouvaient les cadeaux déposés par le père Noël. Lors de notre premier Noël, Ludovic m’avait demandé de garder une part de gâteau et un bonbon pour le père Noël. Bien sûr, je les ai mangés et ai déposé l’assiette vide à la cuisine. À son réveil, Ludovic est allé voir si le père Noël était passé. Il est revenu et m’a dit « Tu as vu, il est bien élevé quand même, il a débarrassé son assiette ! » J’avais trouvé ça vraiment adorable. »

Après avoir beaucoup joué, Kevin se repose.

Les vacances sont également des moments magiques. Ski, natation, les enfants pratiquent ces deux sports que Patricia juge importants pour leur équilibre. L’hiver à la montagne, l’été au bord de l’océan, elle passe toutes les vacances scolaires avec eux. Mais dans les moments difficiles, elle n’hésite pas à passer le relais si nécessaire. « J’ai travaillé toutes ces années avec une aide familiale, Annie, qui m’a été d’une aide précieuse. Elle savait prendre du recul quand j’étais absorbée par le quotidien et n’avais plus suffisamment de distance pour gérer au mieux les difficultés. Elle était très proche des enfants et Michaël l’a d’ailleurs choisie comme marraine lorsqu’il a été baptisé. Tout comme Glwadys pour l’enfant qu’elle va avoir. » Les années

Glwadys et Kevin, chez eux, font une partie de baby-foot.

Au fil du temps, nous nous sommes fortement attachés les uns aux autres. Je les ai fait participer totalement à ma vie. Les enfants savent qu’ils peuvent compter sur moi. -PATRICIA ARNOLD

se succèdent, les joies et les pleurs aussi, avec les difficultés scolaires qui s’accumulent, les souffrances psychiques d’une des aînées, aujourd’hui hospitalisée, mais aussi le bonheur d’une fratrie réunie, soudée, qui avance dans la vie. L’été dernier, Patricia Arnold a pris sa retraite. À 57 ans, les enfants élevés, elle n’imaginait pas s’investir avec une nouvelle fratrie. Et si elle est repartie dans le Sud-Ouest, la page n’est pas tournée. « Avec les enfants, cela ne s’arrête jamais, souligne-t-elle. Je les ai régulièrement au téléphone, ils

viennent me voir et savent qu’ils peuvent compter sur moi. » Et Patricia sera bientôt « mamie » pour la seconde fois. Après Pamela, qui a eu un petit garçon, Glwadys s’apprête elle aussi à devenir maman. « Elle a attendu que je sois sous ma douche pour me l’annoncer et a déposé sur mon lit une échographie et une sucette sur laquelle était écrit « J’aime ma mamie », se souvient Patricia. Cela a été un moment très émouvant pour moi et je sais que j’apporterai à cet enfant tout l’amour d’une grand-mère. »

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OPTEZ POUR LE PRÉLÈVEMENT AUTOMATIQUE • Vous répartissez votre générosité sur 12 mois • Vous pouvez interrompre les versements à tout moment • Vous recevez moins de sollicitations de notre part • Vous nous aidez à faire baisser nos frais de gestion • Et surtout vous donnez aux enfants le temps de se construire un nouvel avenir

fants et les modalités d’actions, un point d’excellence est à relever : votre souci pédagogique de présentation des comptes et de l’affectation des ressources et des réserves (signes de bonne gestion). Félicitations ! »

FAITES VOS DONS ! PENSEZ À VOS RÉDUCTIONS D’IMPÔTS AVANT LE 31 DECEMBRE 2010 Pour tout don par chèque ou en ligne, votre reçu fiscal vous parviendra dans les 15 jours après enregistrement. Il vous suffira alors de le joindre à votre prochaine déclaration de revenus (printemps 2011). Nous vous rappelons que, si vous êtes imposable, tous vos versements à SOS Villages d’Enfants bénéficient de 75 % de réduction d’impôt, à hauteur de 513 €. Au-delà, la réduction est de 66 % dans la limite de 20 % de votre revenu net imposable, avec possibilité de report de l’excédent sur un total de 5 ans.

SOS Villages d’Enfants : « Nous tenons à cette démarche de transparence et sommes heureux que des donateurs, comme vous, y trouvent les informations qu’ils souhaitent. Merci de votre intérêt, de votre soutien et de votre confiance. »

Missions accomplies… … En Inde, au village d’enfants SOS de Choglamsar (Ladakh) • Accueil pour sauver des enfants sans appui familial, exposés à tous les dangers : près de 700 enfants sont pris en charge dans les 28 maisons familiales.

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… et au village d’enfants SOS de Raipur • Prévention de l’abandon autour du village SOS, pour permettre aux enfants de grandir dans leur propre famille : le programme de renforcement de la famille vient en aide à 150 enfants issus de 58 familles particulièrement vulnérables.

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Village de Joie - decembre 2010 - numéro 215  

Villages de Joie est la magazine de SOS Villages d'Enfants traduisant de 1956 à 2010 plus de cinquante ans d'actions et d'engagement

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