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l 1 a r Enquête / p 12 t 01 En n ce 2 Village d’enfants SOS r de Marseille : 40 ans déjà ! ie IEL h a T c N septembre 2012 / n° 222 / 2 € n E E

Parcours / p 14

Un nouveau président pour SOS Villages d’Enfants International

Vil Villages de joie

S S L’E

LA REVUE DES DONATEURS

DOSSIER

Quand la culture enrichit l’estime de soi Dans certains villages d’enfants SOS, c’est en poussant la porte des musées qu’on s’ouvre à la culture. Et cela marche aussi pour faire grandir l’estime de soi. u village d’enfants SOS de Calais, Cézanne, Matisse, Magritte ou Picasso ne sont plus des inconnus pour les enfants… Bien au contraire. Depuis un an, ils ont eu l’opportunité d’aborder l’œuvre de ces artistes majeurs de l’art moderne. C’est ainsi qu’à Paris, en décembre dernier, ils ont

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découvert l’exposition Matisse, Cézanne, Picasso… L’aventure des Stein au Grand Palais. Couleurs, formes, courants artistiques… non seulement les enfants se familiarisent avec de nouvelles connaissances, mais la démarche leur permet également une tout autre approche de leurs propres créations. « Certains enfants, parce qu’ils n’ont pas confiance en eux, dénigrent

leurs productions, explique Caroline Desfossez, psychologue au village d’enfants SOS de Calais. Ils ont tendance à dévaloriser leurs dessins. » Partant de ce constat, elle décide d’initier une démarche régulière de familiarisation avec le monde de l’art. Des visites sont organisées au musée Matisse du Cateau-Cambrésis, puis au musée Magritte, à Bruxelles.

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Le mot du président

DOSSIER • Les enfants captivés lors des projections des Villages Enchantés. •

De la protection de l’enfance à l’accompagnement Dans un contexte de crise mondiale, les enfants sont malheureusement les premiers à souffrir de la dégradation de leurs conditions de vie, non seulement économiques mais aussi familiales. Sans un soutien parental fort, ils se trouvent livrés à eux-mêmes et constituent des proies faciles pour toutes sortes d’exploitations. Les services de la protection de l’enfance sont naturellement sollicités pour mettre ces enfants à l’abri du danger et limiter ainsi leur vulnérabilité. Mais il faut aller plus loin et dépasser la notion de protection de l’enfance définie par les codes. C’est ce vers quoi nous tendons. Lorsque les enfants sont confiés à notre association, nous nous efforçons de les accompagner, individuellement, pour favoriser leur épanouissement et les préparer pleinement à leur vie d’adulte. Nos équipes sont en permanence mobilisées pour aider les enfants et les jeunes à développer leurs qualités et leurs centres d’intérêt, et freiner aussi, si nécessaire, certains comportements. C’est à ce prix qu’ils peuvent grandir et s’épanouir, développer leur personnalité, s’enrichir au contact des autres, guidés et soutenus par des professionnels attentifs et expérimentés. Nous souhaitons que cette approche soit largement partagée, dans une dynamique volontaire, par tous les acteurs qui interviennent dans cette mission si délicate. PIERRE PASCAL

Villages de joie. Magazine édité par SOS Villages d’Enfants / 6, cité Monthiers - 75009 Paris / Tél : 01 55 07 25 25 / Président : Pierre Pascal / Viceprésidents : Jean-Pierre Rousselot, Michel Rémond / Directeur général et directeur de la publication : Gilles Paillard / Rédacteur en chef : François-Xavier Deler / Impression sur papier recyclé : Imprimerie SIEP / Photos : Pavel Losevsky, Katerina Ilievska, Gottfried Schmelzer, Alexander Gabriel, SOS Villages d’Enfants, droits réservés / Publication trimestrielle éditée par SOS Villages d’Enfants / Abonnement annuel : 8 €. Prix au numéro : 2 € / Commission paritaire : N° 0112 H 81095 – ISSN : 0243.6949 – Dépôt légal à parution / Cette revue est accompagnée d’un encart d’appel à dons (enveloppe, lettre et bulletins d’abonnement/don).

» On ne peut pas plaire

à tout le monde ! « Face aux tableaux, les enfants sont souvent surpris, poursuit la psychologue. Ils réalisent que, même en étant Picasso, on ne peut pas plaire à tout le monde ! Et c’est là tout le sens de notre démarche. » Sur place, les enfants produisent aussi leurs propres créations. « Au CateauCambrésis par exemple, des visiteurs, découvrant par hasard les dessins des enfants, se sont extasiés. Ils en étaient très fiers. Ils se sentent valorisés », souligne-t-elle. Au musée Magritte, les enfants expérimentent des expériences surréalistes, comme la création de poèmes à partir de lettres… « Ils ont pris beaucoup de plaisir à faire des jeux d’écriture », commente Caroline Desfossez. D’autant que le surréalisme, avec ses règles ludiques, est un bon tremplin pour créer…

Au Cateau-Cambrésis, des visiteurs, découvrant par hasard les dessins des enfants, se sont extasiés. Ils en étaient très fiers. Pour Valérie Bonazzi, directrice du village d’enfants SOS de MarangeSilvange, la culture est aussi une priorité : « Nous les emmenons régulièrement au théâtre, au concert, voir des expositions. Nous avons créé un ciné club et notre bibliothèque vient d’être rénovée ». Un partenariat a d’ailleurs été institué avec le musée Pompidou de la ville voisine de Metz, qui propose de nombreux

Les Villages Enchantés à Madagascar Le village d’enfants SOS d’Antsirabe et les centres d’accueil de jour de Tulear à Madagascar ont reçu, en juin dernier, l’équipe des Villages Enchantés. Au programme, d’inoubliables journées d’animations, de jeux, d’acrobaties aériennes sur tissu et de projections cinématographiques en plein air – dont un « Charlot » qui a connu un grand succès –, le tout porté par un professionnalisme exemplaire et une énergie inépuisable. Difficile de dire qui était le plus enchanté, des enfants, des équipes de SOS Villages d’Enfants Madagascar ou de celle des Villages Enchantés, émue par l’enthousiasme et la générosité de ses hôtes. • ateliers jeunesse. « Depuis le mois d’octobre dernier, nous avons programmé des visites régulières pour les enfants, en dehors de l’ouverture du musée. Ils peuvent ainsi déambuler avec un animateur, en dehors des heures d’affluence. Sur place, ils participent à des ateliers créatifs dans lesquels ils créent des dessins librement, ou bien des masques en papier, des collages… Ils repartent ensuite avec leurs créations », explique Séverine Sciancalepore, animatrice au village SOS. L’âge des enfants s’échelonne de six à dix ans. Et chacun a sa façon d’aborder les œuvres : « Certains sont très curieux, comprennent rapidement le parcours de l’artiste, d’autres s’imprègnent du lieu. » Tous, en tout cas, ont gagné l’envie de revenir !

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La culture, un luxe indispensable ? La culture est essentielle à l’éducation et à l’ouverture d’esprit, des grands comme des petits. Comment la transmet-on aux enfants ? Comment les conduit-on à elle ? Enquête.

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n pourrait croire qu’en temps de crise, la culture passe au second plan des préoccupations. Il n’en est rien. Selon les derniers chiffres publiés, les Français vont davantage au cinéma, au musée et au théâtre, malgré la situation économique morose. En 2009, on a enregistré 200,9 millions d’entrées au cinéma, soit le score le plus haut depuis 1997 (1), et le Salon du livre a connu une hausse de fréquentation de 20 % par rapport à 2008 (2). « La culture occupe une place très importante, souligne Sylvie Octobre, sociologue, spécialiste des pratiques culturelles des enfants et adolescents, chargée d’études au ministère de la Culture. Tout le monde regarde la télévision, écoute de la musique ou feuillette régulièrement un magazine. » Aujourd’hui, la culture s’étend, en effet, au-delà des frontières traditionnelles « littérature, musique, peinture ». Elle contribue à ouvrir l’esprit et donne aux enfants les clés pour comprendre le monde et ses bouleversements. Le goût de la culture Or, les parents peuvent s’en réjouir, l’accès à la culture n’est plus aujourd’hui une question d’argent. « De nombreuses structures associatives proposent des initiations, des spectacles de musique, de théâtre, par exemple… Et des efforts significatifs ont été faits, ces trente dernières années, par le ministère de l’Éducation nationale en matière d’éducation artistique », ajoute la sociologue. Ainsi, en France, 50 musées et 100 monuments nationaux sont ouverts gratuitement aux moins de 26 ans depuis le 4 avril 2009. Les bibliothèques, les médiathèques et même la télévision ou internet offrent autant de fonds accessibles à peu de frais. Reste à donner envie aux enfants… Comment le goût de la culture leur vient-il ? Le phénomène d’imprégnation est déterminant. « L’imprégnation est sensible à l’homogénéité des choix parentaux dans leurs pratiques : un enfant dont les deux parents lisent

La culture, c’est aussi l’occasion d’aborder la notion d’ouverture au monde et aux autres. souvent a deux fois plus de chances de lire souvent lui-même qu’un enfant dont un seul des deux parents lit souvent. Le même phénomène prévaut pour l’engagement sportif, la consommation télévisuelle et la pratique informatique de loisirs. Ce qui n’est, par contre, pas le cas des consommations de musique ou de jeux vidéo », explique le rapport issu d’une enquête longitudinale de grande ampleur qui a suivi près de 4 000 enfants depuis l’âge de 11 ans jusqu’à 17 ans (3). Comment le fait de regarder la télévision, écouter la radio ou de la musique, lire des livres, jouer à des jeux vidéo, naviguer sur internet… s’inscrit-il dans le quotidien des jeunes générations et dans quelle mesure cela contribue-t-il à leur construction identitaire ? Face

à l’influence des parents, de la fratrie, de l’école, des copains, les enfants font des choix, qu’ils métissent, combinent ou mettent à distance afin de construire leurs propres répertoires culturels. « La culture, c’est avant tout le théâtre de l’expérimentation identitaire car on se construit avec le goût et le dégoût, souligne Sylvie Octobre. C’est aussi l’occasion d’établir des liens avec ses semblables et d’aborder la notion d’humanité et d’ouverture au monde et aux autres ». Essentielle en d’autres termes… 1) Ministère de la Culture, statistiques 2011. 2) Fédération nationale des cinémas français, Syndicat national de l’édition, ministère de la Culture. (3) L’enfance des loisirs, Éléments de synthèse, Sylvie Octobre et Nathalie Berthomier, 2010.

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En direct

Un toit pour bien grandir La France a changé, les conditions de vie des ménages aussi. Quels sont, aujourd’hui, les critères essentiels qui définissent un habitat décent ? État des lieux en France et dans le monde. n 2012, avoir un espace de vie propre, sain, avec une salle de bains, n’est plus une exception. Le parc de logements des Français a doublé en cinquante ans et la notion de confort n’est plus la même. Vétuste au sortir de la guerre, le parc s’est métamorphosé, les logements sont devenus plus grands, avec des normes de confort minimales. « Le logement “moyen” comporte aujourd’hui quatre pièces d’habitation, soit une de plus qu’en 1954 », relève Alain Jacquot, chef de la division logement à l’Insee dans une de ses études (1). La quasitotalité des logements dispose des trois éléments traditionnels de confort sanitaire : eau courante, W.-C. intérieur, baignoire ou douche, alors qu’ils étaient seulement 10 % en 1954.

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Seule la moitié de la population des pays en développement a accès à des équipements sanitaires comme les toilettes et les latrines. Les normes, évidemment, ont changé. Depuis 1970, l’Insee utilise des critères plus stricts : « Pour s’en tenir aux cas les plus courants, on considère que chaque ménage d’au moins deux personnes a besoin de deux pièces – séjour et chambre – pour le ou les deux adultes du ménage, plus une pièce pour deux enfants s’ils sont du même sexe ou ont moins de sept ans, et une pièce par enfant dans le cas contraire. » Depuis le décret 2002-120 du 30 janvier 2002 pris en application de la loi SRU relative à la solidarité et au renouvellement urbains, un logement décent ne doit pas seulement être pourvu d’un minimum de confort sanitaire, il doit aussi ne pas présenter de danger pour la santé et la sécurité de ses occupants.

« D’après l’enquête logement de 2002, les problèmes d’humidité et d’infiltration d’eau ponctuels ou persistants concernent un quart des logements. Exposition médiocre, installation électrique déficiente, absence d’installation de chauffage sont bien moins fréquentes (moins de 5 % des logements concernés) », souligne Alain Jacquot dans la même étude. Dans le monde, 810 millions de personnes vivent dans des bidonvilles À l’échelle mondiale, la donne n’est pas la même. Selon un rapport des Nations unies publié en 2010 (2), seule la moitié de la population des pays en développement a accès à des équipements sanitaires comme les toilettes et les latrines. Un tiers de la population des pays pauvres vit dans des bidonvilles ou des taudis, ce qui représente, selon les Nations Unies plus de 800 millions de personnes (3). Et n’est prise en compte que la population urbaine vivant dans des conditions les plus difficiles, des bidonvilles aux baraques insalubres, sans eau courante. Dans les campagnes, si la plupart des logements ne sont pas considérés comme des taudis, les conditions de vie n’en sont pas moins extrêmement précaires parfois, dans tous les cas très éloignées des normes définies dans les pays riches… 500 millions de personnes au total vivent dans les grandes villes d’Asie, notamment en Inde, mais aussi en Afrique subsaharienne où la concentration de taudis est la plus forte. Un état des lieux préoccupant… (1) Cinquante ans d’évolution des conditions de logement des ménages, Données sociales, La société française, Insee, Alain Jacquot, 2006. (2) Rapport des Nations unies A Brief for Policymakers on the Green Economy and the Millennium Development Goals faisant le point sur les progrès pour remplir les objectifs du Millénaire pour le développement, juin 2010. (3) Rapport des Nations unies sur l’état des villes dans le monde, 2008.

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• Une chambre rénovée au village SOS de Marly. •

Des rénovations indispensables Chaque année, en France et dans le monde, des villages SOS doivent être rénovés. Une nécessité d’entretien, voire de reconstruction, incontournable pour préserver le patrimoine immobilier et le confort des enfants. Exemples au Togo et en France.

Au Togo

En France

Au Togo, le village SOS de Lomé, créé en 1979, vient d’achever sa reconstruction. Après plus de 30 ans de fonctionnement, l’ensemble des bâtiments souffrait d’importantes dégradations et nécessitait de vastes travaux de remise à neuf. C’est désormais chose faite après une année de chantier, financé par SOS Villages d’Enfants France. Des maisons propres, désormais isolées de la chaleur et du bruit, une nouvelle maison familiale… le village SOS a aujourd’hui fière allure, pour le plus grand bonheur de ses habitants. Sur place, leur achèvement est salué par une grande liesse : « Le nouveau village d’enfants SOS de Lomé, comme les plus belles cathédrales, est vraiment une grande œuvre », a déclaré Pierre Pascal, président de SOS Villages d’Enfants France, lors de l’inauguration.

Dans le Nord de la France, on ne redoute pas la mousson mais davantage le climat, ajouté au vieillissement des habitations qui imposait de moderniser les maisons. Au village d’enfants SOS de Neuville-Saint-Rémy, les maisons construites dans les années 60 ont déjà fait l’objet de petits travaux. Mais en 2012, c’est un véritable coup de neuf : fenêtres en PVC, isolation sous les toitures, peintures des chambres, sanitaires… « Ce n’est pas un luxe mais la réponse à un réel besoin de confort et d’économies d’énergie », explique Dominique Cokelaer, le directeur. À Marly-les-Valenciennes, la rénovation du village SOS a suivi les mêmes directives et l’isolation de la véranda a permis de gagner un espace considérable. « Les enfants ont été associés au choix des couleurs, ils étaient très heureux de récupérer une “nouvelle” maison. L’attrait du neuf ! », souligne Didier Wulfranck, le directeur. À Marseille, le village SOS fera également l’objet, dès la fin de l’année, d’aménagements axés sur les performances énergétiques. « L’objectif est d’avoir davantage de confort et de faire la chasse au gaspillage. Notre partenariat avec le Fonds d’action Négobois, Négobois étant un club d’industriels du bois, nous permettra de financer les travaux, grâce à son mécénat financier, de compétences et ses dons en nature », explique Charline Bergeron, responsable des partenariats chez SOS Villages d’Enfants.

• Le village SOS de Lomé reconstruit. •

A C T U A L I T Éen bref… • Protection de remplacement des enfants > Le 6 juin, SOS Villages d’Enfants International est intervenue en faveur de la protection de remplacement des enfants lors de la session annuelle du conseil d’administration de l’Unicef. • À la télévision > Du 9 septembre au 23 décembre, SOS Villages d’Enfants parraine Vivement Dimanche (14 h 15) et Vivement Dimanche Prochain (18 h 50), diffusées sur France 2 et TV5 Monde. • SOS Villages d’Enfants Madagascar reconnue d’utilité publique > La cérémonie officielle a eu lieu le 19 juillet au village SOS de Vontovorona (Antananarivo), en présence de Mme la ministre de la Population et des Affaires sociales.

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RENDEZ-VOUS LE 17 NOVEMBRE : soyez nombreux à nos côtés ! > À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant, SOS Villages d’Enfants appelle à se mobiliser en faveur du lien fraternel dans le cadre du placement, le samedi 17 novembre à 14 h 30, sur le parvis des Droits de l’homme, place du Trocadéro à Paris. Un clip vidéo est relayé sur le web, les réseaux sociaux et auprès de partenaires pour réunir le plus grand nombre de participants autour de la chanson « Tout le bonheur du monde ». L’objectif de cet événement est de déposer à l’ONU un projet d’article rédigé par des jeunes de villages SOS de France sur l’importance des liens de la fratrie comme ressource essentielle pour l’enfant.

La Fédération ivoirienne d’athlétisme ayant réduit son équipe, Adeline n’a pas pu participer aux Jeux olympiques de Londres.

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ZOOM

Un tour de France solidaire en solitaire Ancien sportif de haut niveau, Stéphane Viseux vient de relever un incroyable défi : parcourir à vélo plus de 4 000 km en 20 jours, dans une démarche solidaire. Retour sur un parcours exceptionnel.

téphane Viseux a toujours aimé les challenges. Ancien footballeur du club de Vitré, formé au RC Lens et sélectionné en équipe de France cadets, il a aujourd’hui rangé ses crampons pour une carrière en entreprise. Mais le goût du dépassement de soi ne l’a jamais quitté. L’an dernier, il avait déjà réalisé un exploit sportif pour le compte de SOS Villages d’Enfants, en ralliant à vélo Calais à Marseille en cinq jours. Un simple tour de chauffe au regard du défi qu’il s’est fixé en 2012 : réaliser, seul, un véritable tour de France à vélo. Du 17 mai au 5 juin dernier, Stéphane a ainsi parcouru 4 031 km en 20 jours. En comparaison, les coureurs du Tour de France 2012 auront parcouru 3 497 km en 23 jours, avec le soutien d’une équipe et l’effet d’entraînement du peloton ! Le défi avait été minutieusement préparé, pendant près d’un an, du choix de l’itinéraire à la recherche de relais techniques et de partenaires privés.

S

Repousser ses limites « J’ai bien sûr effectué une préparation physique intensive, explique Stéphane Viseux. Mais pour un tel défi, la forme physique ne suffit pas : le plus important est d’avoir un véritable but pour trouver la force mentale de se dépasser. La détermination permet de repousser ses limites. Je savais que j’avais de bonnes capacités physiques, notamment de récupération, mais j’ai moi-même été étonné de ce que j’ai pu réaliser. Le corps humain est une machine incroyable. » L’exploit est d’autant plus impressionnant que Stéphane a dû composer avec des conditions météo souvent difficiles.

Je n’ai pas de fierté particulière. Le plus important, pour moi, était de ne pas décevoir les enfants. – S TÉP HANE V ISEUX

Beaucoup de pluie, des orages, des vents violents, mais aussi de la neige et du gel au sommet de plusieurs des 15 cols inscrits à son programme, contrastant avec des journées de canicule. « Une telle expérience permet d’apprendre beaucoup sur soi-même. Je suis toujours resté concentré sur mon objectif et

j’ai réussi, souvent, à occulter complètement les conditions météo ou la fatigue. Je n’ai pas de fierté particulière. Le plus important, pour moi, était de ne pas décevoir les enfants », conclut Stéphane Viseux. + d’infos sur www.defisv-sosve.blogspot.fr

Une mobilisation en faveur de SOS Villages d’Enfants Stéphane Viseux n’aurait pas relevé un tel défi sans un objectif précis. « Le véritable but était de pouvoir récolter des dons. Lorsque j’ai découvert SOS Villages d’Enfants, j’ai été très touché par sa vocation d’accueillir des enfants en difficulté, sans séparer les fratries. Je le comprends d’autant mieux que j’ai deux garçons de 3 et 5 ans, Clarence et Mylan. » De Carros à Sainte-Luce-sur-Loire, en passant par Obernai, Marly-les-Valenciennes, Calais, et bien sûr Marseille, l’ultime étape, le passage de Stéphane Viseux dans les villages d’enfants SOS au cours de son Tour de France a donné lieu à de vrais moments de joie et de fête. « J’ai souvent eu l’impression d’être Superman pour les enfants ! Je pouvais lire sur leurs visages le bonheur qu’ils avaient à m’accueillir. » Un défi qui aura permis de récolter près de 5 000 euros au bénéfice de SOS Villages d’Enfants. •

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L’ESSENTIEL 2011

La solitude est souvent un sentiment. Pour les jeunes issus de la protection de l’enfance, elle est aussi une réalité : les carences familiales les privent du soutien dont tout jeune a besoin pour se construire. C’est pourquoi il était naturel que SOS Villages d’Enfants s’engage, en 2011, aux côtés de 25 autres associations, au sein du collectif dédié à la Grande Cause Nationale contre la solitude. Nous croyons que la réparation des blessures de l’enfance ne peut se faire que si, dans le cadre du placement, l’enfant a la possibilité de tisser des liens affectifs. SOS Villages d’Enfants apporte un accompagnement personnalisé à « ses » jeunes, afin de les aider à trouver des points d’appui, à se créer un réseau d’adultes susceptibles de les soutenir et de les guider. Nous croyons aussi à la force du lien fraternel. Ces valeurs ont été réaffirmées à l’occasion de plusieurs temps forts pendant l’année 2011. Notre action ne pourrait se faire sans le soutien de nos amis et partenaires. Qu’ils en soient chaleureusement remerciés. Pierre PASCAL Président

Gilles PAILLARD Directeur général

PS : L’intégralité du rapport annuel et du rapport financier est disponible sur demande et consultable sur notre site internet : www.sosve.org

CONTRÔLE ET TRANSPARENCE FINANCIÈRE

Pour que frères et sœurs partagent la même enfance - www.sosve.org

Chaque enfant a sa place dans une famille et doit grandir dans un climat d’affection, de respect et de sécurité. Projet associatif de SOS Villages d’Enfants France

Notre mission SOS Villages d’Enfants a pour mission la prise en charge des enfants sans soutien parental ou en risque de le perdre, en France et dans le monde. L’affection est le socle de son action.

220 000 donateurs actifs 23,5 M€ collectés 18 % frais d’appel à don En France

• 14 villages d’enfants SOS • 201 fratries accueillies

• SOS Villages d’Enfants est soumise à des contrôles internes et externes destinés à garantir le bon usage des fonds qui lui sont confiés. Les comptes présentés sont certifiés sans réserve par le cabinet PricewaterhouseCoopers Entreprises. • SOS Villages d’Enfants est également membre du Comité de la charte du don en confiance dont elle a signé la charte de déontologie en 1992. Gilles Paillard, directeur général, en est administrateur et anime le comité de déontologie. • Les produits et dépenses en cours concernant l’urgence liée au tremblement de terre à Haïti en 2010 ont fait l’objet d’une première transmission en juin 2011 à la Cour des comptes. • Les donateurs ont le choix de l’affectation de leurs dons et parrainages, en France ou dans le monde. À l’international, les parrains peuvent choisir le pays et le village qui bénéficieront de leur soutien.

À l’international

• 21 pays • 38 villages d’enfants SOS SOS Villages d’Enfants International

• 133 pays • 1 million de bénéficiaires (ensemble des actions)

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L’ESSENTIEL 2011

En France : une année de rayonnement SOS Villages d’Enfants m’a vraiment aidée à me construire. Et je lui en suis très reconnaissante. Tiphanie, 21 ans

Les bénéficiaires • 723 enfants et jeunes • 248 jeunes accompagnés vers l’insertion

(1)

• 109 nouveaux enfants accueillis dont 41 à Persan • 39 % des enfants ont été accueillis avec au moins 3 frères et sœurs • 80 % de réussite aux diplômes présentés (2)

• 6 à 7 ans = durée moyenne d’un placement

(4)

COMMENT NOUS AGISSONS • Notre action est menée en partenariat avec les conseils généraux qui ont compétence en matière de protection de l’enfance. Les services de l’Aide sociale à l’enfance soumettent à SOS Villages d’Enfants la situation de fratries dont le placement est envisagé sur la durée. Le conseil général prend en charge les frais de fonctionnement liés à l’accueil des enfants confiés à SOS Villages d’Enfants. Ainsi, le financement des actions de SOS Villages d’Enfants en France est couvert à 90 % par les fonds publics. • Les appels à don pour l’action en France servent à la construction, aux travaux d’extension ou de rénovation des villages SOS, aux compléments de charges salariales, au soutien scolaire, à l’aide aux jeunes majeurs et à des projets éducatifs à forte valeur ajoutée (séjours à l’étranger, vacances…).

(3)

FAITS MARQUANTS • Inauguration du village d’enfants SOS à Persan (95) le 8 octobre. Il accueille 51 enfants de 18 fratries (photo 1). • Grande Cause Nationale contre la solitude : SOS Villages d’Enfants s’est engagée au sein du collectif. Les enfants et jeunes se sont mobilisés sur ce thème : contes, spectacle L’Envol (photo 2). • Appel militant autour du lien fraternel, sur le parvis des Droits de l’homme à Paris, à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant (photo 3).

• Partenariat avec les professionnels : SOS Villages d’Enfants est partenaire du Bulletin de la protection de l’enfance et a présenté sa démarche aux Assises nationales de la protection de l’enfance. • Musiques d’enfance : 18 personnalités ont participé à ces chroniques créées par SOS Villages d’Enfants, en partenariat avec Radio Classique. • Boucles du Cœur : SOS Villages d’Enfants a bénéficié de la 1re édition d’un grand événement solidaire organisé par Carrefour (photo 4).

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L’ESSENTIEL 2011

À l’international : de nouveaux engagements À l’international, l’action de SOS Villages d’Enfants France s’élargit au-delà de l’accueil en village SOS, avec des programmes en faveur de la prévention de l’abandon, de l’éducation et de la santé. Investissements en milliers d’euros et nombre de programmes Madagascar

1 968

3

11

3

5

8

Arménie

1 180

2

1

1

4

Mali

1 766

3

6

1

3

3

Vietnam

397

3

7

3

1

2

Togo

1 413

3

6

2

2

3

Inde

241

2

12

2

1

1

Burkina Faso

893

2

5

1

2

2

Népal

109

1

4

1

1

Cameroun

460

1

2

1

1

Laos

39

2

6

2

1

Tunisie

335

2

2

1

2

Haïti

248

1

4

1

1

Maroc

Équateur

161

2

2

2

Honduras

85

1

1

SOS Orphelins d’Asie (Tsunami : Inde et Indonésie)

155

2

2

Urgence Corne de l’Afrique

50

174

2

2

2

Côte d’Ivoire

40

1

2

1

1

Somalie

20

1

4

1

1

Rwanda

16

1

3

1

1

Roumanie

74

2

2

2

2

Bosnie

31

1

1

1

1

village d’enfants SOS

école

1

structure pour jeunes

santé

2

Réponse aux besoins de première nécessité

programme de renforcement de la famille

Ma plus grande satisfaction est la réussite d’un jeune qui entre dans la vie active et devient indépendant.

Les bénéficiaires • 6 431 enfants et jeunes dans 38 villages SOS

Edwige, mère SOS au Togo

• 12 000 enfants pris en charge dans 39 programmes de renforcement de la famille

COMMENT NOUS AGISSONS

(1)

• 19 000 élèves dans 82 structures scolaires

1

1

(2)

• 19 structures médicales

• 17 € = 2 mois de repas pour 1 enfant en centre d’accueil de jour SOS (2 repas/jour) • 24 € = 1 mois de consommation d’eau pour 1 maison familiale (10 enfants) • 43 € = vêtements pour 1 enfant élevé en village SOS pendant 1 an • 58 € = 1 semaine de budget alimentaire pour 1 maison familiale de 10 enfants À titre d’exemple (coûts indicatifs moyens enregistrés à Madagascar en 2010 - taux de change 2010 moyen : 2 776 ariary - Source Banque Centrale de Madagascar)

FAITS MARQUANTS • De nouveaux engagements SOS Villages d’Enfants France a fait le choix de trois nouveaux engagements, dans des pays où elle était déjà active, en finançant l’intégralité du fonctionnement des villages d’enfants SOS de Gammarth (Tunisie) et de Lomé (photo 1) et Dapaong (Togo). • Une réponse à l’urgence SOS Villages d’Enfants France a financé le plan d’urgence initié et mis en œuvre par SOS Villages d’Enfants Madagascar en faveur du Grand Sud livré à la famine, le « kéré » (photo 2). Les deux premières phases ont été réalisées en 2011 : distribution de produits de première nécessité, accès à l’éducation et accompagnement des familles vers l’autonomie.

• L’activité repose sur le financement privé. Les appels à don servent à la construction de nouvelles structures, à la prise en charge de leur fonctionnement et aux situations d’urgence. • Les projets de construction de villages d’enfants SOS présentés par les associations nationales sont étudiés par les services techniques de SOS Villages d’Enfants International puis soumis à la décision de financement du conseil d’administration de SOS Villages d’Enfants France. La mise en œuvre est assurée par l’association SOS Villages d’Enfants nationale agréée formellement par les autorités du pays avec lesquelles elle travaille dans le cadre d’un partenariat. • Tous les collaborateurs sont des nationaux du pays. Cette implantation locale est un gage d’efficacité dans la durée et dans l’urgence. • Les enfants sont confiés aux villages d’enfants SOS par les services sociaux après enquête. Ils sont accueillis et élevés dans leur culture et leurs croyances.

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L’ESSENTIEL 2011

SOS Villages d’Enfants : une gestion rigoureuse L’intégralité du rapport financier est disponible sur demande et consultable sur notre site internet : www.sosve.org

Compte d’emploi 2011 des ressources (version simplifiée) Affectation Emplois 2011 = par emplois des ressources Compte collectées auprès de résultat du public en 2011

EMPLOIS 2011 (en milliers d’euros) 1 - Missions sociales - réalisées en France (cf. page 8) - réalisées à l’étranger via SOS Villages d’Enfants International (cf. page 9) 2 - Frais de recherche de fonds 3 - Frais de fonctionnement Sous-total I - Total des emplois de l’exercice inscrits au compte de résultat II - Dotations aux provisions III - Engagements à réaliser sur ressources affectées

2011 28 053

57 751

1 - Ressources collectées auprès du public

23 503

4 289 1 613

4 289 1 498 21 485

2 - Autres fonds privés 3 - Subventions et autres concours publics 4 - Autres produits I - Total des ressources de l'exercice inscrites au compte de résultat II - Reprises de provisions III - Report des ressources affectées non utilisées des exercices antérieurs IV - Variation des fonds dédiés collectés auprès du public V - Insuffisance de ressources de l'exercice VI - TOTAL GÉNÉRAL Total des emplois financés par les ressources collectées auprès du public

0 31 600 2 437 57 540

228

Travaux en cours (village au Burkina Faso) TOTAL PASSIF (en K€)

27 253

63 019

Dettes

ORIGINE DES RESSOURCES PRIVÉES Partenariats entreprises (1,9 M€) 8 %

Legs et 22 % donations (5,1 M€)

Travaux en cours (village au Burkina Faso) TOTAL

23 195 21 546 27 167

321

POLITIQUE DE RÉSERVE ET AFFECTATION PRÉVISIONNELLE DES RESSOURCES

506

1 469

1 469

87 715

92 247

40 %

2011

2010

54 %

64 735

59 396

• Engagée sur la durée dans ses actions, SOS Villages d’Enfants a constitué une réserve prudentielle d’une année de fonctionnement sur fonds privés (11,9 M€) pour faire face aux imprévus économiques.

13 % Souscriptions

Soutiens réguliers (3,6 M€)

442

Dons (9,8 M€)

42 %

23,5 M€ parrainages (3,1 M€)

ORIGINE DES RESSOURCES

• Des ressources sont réservées pour la réalisation des nombreux projets (constructions, extensions, rénovations…) prévus en France et dans le monde (environ 12 M€). AFFECTATION DES RESSOURCES

Fonds privés Fonds publics

Sur 100 € reçus de la générosité du public et des subventions des conseils généraux

6 % Autres

8 159

7 616

13 332

23 716

20

50

1 469

1 469

87 715

92 247

Sur 100 € reçus de la seule générosité du public 67,94 €

FINANCEMENT DE NOS MISSIONS SOCIALES (en millions d’euros = M€) Fonds privés Fonds publics

Comptes de régularisation Produits constatés d’avance

0 58 413

Évaluation des contributions volontaires en nature

15 %

Provisions Pour risques et charges

- 309

2010

Fonds associatifs Apports, provisions réglementées, réserves

439 434

Solde des ressources collectées auprès du public non affectées et non utilisées en fin d’exercice

321

Comptes de régularisation Charges constatées d’avance

23 503

21 546

Actif circulant Valeurs réalisables (créances) et disponibles (trésorerie)

10 873

289

Actif immobilisé Immobilisations corporelles, incorporelles et financières

25 518

10 885

5 102 58 413

Bilan simplifié au 31 décembre 2011 ACTIF (en K€)

Report des ressources collectées auprès du public non affectées et non utilisées en début d’exercice

4 824

672 742

Total des emplois financés par les ressources collectées auprès du public Évaluation des contributions volontaires en nature

Suivi des ressources collectées auprès du public et utilisées en 2011

35 109

51 897

IV - Excédent de ressources de l’exercice V - TOTAL GÉNÉRAL Part des acquisitions d’immobilisations brutes de l’exercice financées par les ressources collectées auprès du public Neutralisation des dotations aux amortissements des immobilisations financées à compter de la première application du règlement par les ressources collectées auprès du public

Ressources collectées 2011 = Compte de résultat

RESSOURCES 2011 (en milliers d’euros)

En France 86,3 % 100 % Dans le monde 35,1 M€ 10,9 M€

13,7 %

87,48 €

7,34 € 5,18 €

75,05 €

18,49 €

6,46 € 7,11 €

Missions sociales en France et dans le monde en 2011 Ressources disponibles affectées à des projets associatifs Frais de recherche de fonds Frais de fonctionnement et provisions Source : Compte d’emploi des ressources 2011.

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Info

Entretien

Info partenaires

partenaires

« Concrétiser l’engagement solidaire de Carrefour »

Louis Vuitton

Le cirque s’invite dans les villages SOS

Depuis plus de dix ans la Fondation Carrefour appuie l’action d’associations dans les domaines de l’alimentation, de l’insertion et de l’aide d’urgence, en France et dans le monde. Entretien avec Annick Vergne, déléguée générale de la Fondation Carrefour. Quels sont les objectifs de la Fondation Carrefour ? La Fondation Carrefour a été créée en 2000 par Carrefour afin de concrétiser l’engagement solidaire du groupe. L’engagement est, en effet, une de ses valeurs fondamentales. Si Carrefour n’a jamais beaucoup communiqué en la matière, ses actions solidaires sont multiples. L’an dernier, par exemple, nous avons distribué 84 millions de repas en France. L’action de la Fondation s’articule autour de trois domaines : l’alimentation, l’insertion et l’aide d’urgence. Elle se déploie en France, bien sûr, mais aussi à l’international, dans tous les pays où Carrefour opère. Comment intervenez-vous en matière d’alimentation ? Nous intervenons principalement de trois manières. Tout d’abord, au travers des dons de produits effectués directement par les magasins auprès d’associations. Nous attribuons également des aides financières directes pour l’achat de camions et de chambres froides, afin que les produits soient acheminés et conservés dans de bonnes conditions. Enfin, nous travaillons avec des associations de différents pays sur des programmes de nutrition, notamment en direction des enfants. C’est le cas, par exemple, en Argentine, en Pologne ou en Colombie.

Et au niveau de l’insertion et de l’aide d’urgence ? Dans le domaine de l’insertion, nous travaillons essentiellement autour des métiers de l’alimentation car c’est là que nous apportons le plus de valeur ajoutée. En Chine, nous avons un programme qui permet à des jeunes de devenir boulanger, par exemple. En Argentine ou en Chine, nous intervenons également pour permettre le maintien des populations dans leurs régions, en les aidant à développer ou professionnaliser des filières agricoles. En France, nous sommes notamment partenaires d’Emmaüs et des Jardins de Cocagne. Pour ce qui concerne l’aide d’urgence, nous intervenons lors de catastrophes naturelles ou technologiques. L’objectif est alors de se mobiliser pour sensibiliser les clients des magasins du groupe par des appels aux dons, contribuer à l’aide humanitaire ou répondre aux besoins par le don de produits matériels.

La Fondation Carrefour a organisé les Boucles du Cœur en juin 2012 : 210 boucles ont été réalisées dans toute la France et 720 000 euros collectés au profit de SOS Villages d’Enfants et de l’association Fête le Mur. + d’infos sur www.lesbouclesducoeur.fr

Depuis 2010, la Maison Louis Vuitton est engagée aux côtés de SOS Villages d’Enfants à l’échelle internationale. Ce partenariat porte prioritairement sur le développement de programmes éducatifs, de projets de constructions et de réhabilitations de lieux d’étude et de loisirs. En France, Louis Vuitton a financé cette année l’organisation de deux semaines d’ateliers de cirques en avril et en juillet. Deux cents enfants des villages SOS ont ainsi pu révéler leurs talents à travers l’art de la jonglerie, de l’acrobatie et prendre confiance en eux tout en s’amusant. www.louisvuitton.com •

Schmidt

La rénovation au cœur de la mission Le réseau Schmidt est engagé durablement aux côtés de SOS Villages d’Enfants depuis 2009 à travers une opération de produit-partage pour chaque cuisine vendue de plus de six éléments. Cette année, les sommes reversées contribueront au vaste programme de rénovation des dix maisons familiales du village SOS de Neuville (Nord) qui fêtera aussi ses 50 ans. www.cuisines-schmidt.com •

Samsung

Samsung Hope Relay Cet été, à l’occasion des Jeux olympiques de Londres 2012, chacun était invité à participer au Samsung Hope Relay en téléchargeant l’application du même nom sur son smartphone. Pour chaque km parcouru, 1 euro était reversé à SOS Villages d’Enfants. L’objectif en France était de parcourir 100 000 km. L’opération solidaire a été relayée dans de nombreux pays européens. www.samsung.com/fr/ RELAY™ london2012/samsung-hope-relay •

HOPE

www.sosve.org

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Enquête

Village d’enfants SOS de Marseille :

40 ans déjà ! Depuis 40 ans, de nombreuses fratries ont été accueillies au village d’enfants SOS, en bénéficiant d’un accompagnement affectif dans la durée. La célébration de cet anniversaire a été l’occasion de rencontres émouvantes entre les « anciens », les mères SOS, l’équipe éducative et les donateurs, et aussi d’une table ronde sur l’évolution de la prise en charge des enfants. epuis l’ouverture du village d’enfants SOS de Marseille, en 1972, plus de 350 enfants ont été accueillis et ont pu grandir dans un cadre éducatif et familial stable et rassurant. « Nous souhaitions célébrer dignement ces 40 ans, explique Roselyne Stella, secrétaire de direction du village d’enfants SOS de Marseille. Nous voulions aussi témoigner de l’évolution de la prise en charge des fratries pendant ces quatre décennies. » Le 8 juin dernier, l’histoire

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de ces 40 ans de prise en charge a ainsi été retracée lors d’une table ronde sur la protection de l’enfance, animée par Alain Grevot, spécialiste de la protection de l’enfance (voir interview). L’occasion d’échanges entre professionnels et « anciens » du village SOS. De grandes évolutions Ces échanges ont permis de distinguer trois grandes périodes. Dans les années 70, les enfants accueillis étaient généralement orphelins ou abandonnés. « En septembre 1972, j’ai accueilli une fratrie de sept enfants orphelins, de 5 à 16 ans, se souvient Thérèse, ancienne mère SOS. À l’époque, la mère SOS était pratiquement seule auprès des enfants. Je vous laisse imaginer la charge de travail que cela représentait, avec en priorité le suivi des devoirs, les thérapies, l’organisation des loisirs, mais aussi toutes les tâches ménagères. »

À mon tour, je veux essayer de transmettre des valeurs, partager des moments de vie et relever des défis. À partir des années 80, l’accueil d’orphelins est devenu plus rare, laissant la place aux missions d’assistance éducative. C’est à cette époque-là que l’équipe pluridisciplinaire s’est constituée. « Mon rôle, évoque Mireille, première éducatrice femme au village SOS de Marseille en 1987, consistait à être un tiers entre la mère SOS et les adolescentes qui étaient en conflit avec elle. Le but étant de rétablir la confiance et de renouer le dialogue avec l’ado. » Depuis les années 90, un référent ASE (Aide sociale à l’enfance) est nommé pour l’enfant et sa famille. La place des parents est désormais restaurée dans la vie des enfants placés : à l’entrée du village SOS, un espace de rencontre a ainsi été créé en 2005. Les parents peuvent y partager un goûter ou un repas et passer quelques heures avec leurs enfants. Une constante au-delà de ces évolutions : la prise en charge dans la durée par SOS Villages d’Enfants. « Mon passage au village d’enfants SOS de Marseille s’est déroulé pendant 12 / Villages de joie / SEPTEMBRE 2012 / N° 222 / www.sosve.org

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3 questions à… Alain Grevot, conseiller auprès de l’Odas en matière de protection de l’enfance, spécialiste des comparaisons internationales.

« La législation française néglige encore la notion de fratrie »

la période de mon enfance et s’est terminé en partie à mon adolescence, a rappelé Medhi (1), accueilli au village SOS de Marseille de 1984 à 1999, lors de la table ronde. Ce parcours a suscité en moi l’envie, à l’âge adulte, de me diriger vers une formation d’éducateur spécialisé. À mon tour, je veux essayer de transmettre des valeurs, partager des moments de vie et relever des défis. » Place à la fête Le lendemain, samedi 9 juin, 350 personnes ont participé à la célébration des 40 ans du village SOS, avec Pierre Pascal, président de SOS Villages d’Enfants, les « anciens », les salariés des villages SOS de Marseille, Digne-les-Bains et Carros, ainsi qu’une centaine de donateurs de la région et des partenaires locaux. « Les yeux des enfants pétillaient autant que les flammes des bougies devant les six magnifiques gâteaux de 50 parts chacun !, raconte Roselyne Stella. Les donateurs ont apprécié leurs échanges avec les équipes de l’association, la visite des maisons où vivent les enfants. Enfin, cet anniversaire n’aurait pas été le même sans la présence des « anciens ». Les plus jeunes sont toujours très friands d’entendre ce que « les grands » ont vécu, avant eux. Et nous, nous sommes fiers et heureux de les retrouver, accompagnés de leur conjoint, leurs enfants et leurs petits-enfants. »

Comment nos voisins européens envisagent-ils la protection de l’enfance ? Les différences d’approche sont importantes. Elles sont liées à la culture de chaque pays, sa conception de la famille, du rôle de l’État… Les pays anglo-saxons ont privilégié le développement des familles d’accueil (foster families) et la recherche de la préservation de solidarités naturelles au sein de la société. La question de « professionnaliser » ces familles d’accueil divise. D’autres pays comme l’Allemagne, la Belgique ou l’Espagne développent une approche plus institutionnelle, qui repose davantage sur les structures collectives de petite taille, issues de la transformation des grands établissements d’accueil et des orphelinats du passé. En quoi l’approche française se distingue-t-elle ? L’approche française est plus pragmatique. Notre constitution légitime le principe de « co-éducation » des enfants par leurs parents et les pouvoirs publics. L’intervention publique dans la sphère privée peut donc être assez large. Les familles d’accueil sont très professionnalisées et les services d’aide sociale sont très sélectifs. Les candidats passent parfois jusqu’à huit entretiens de sélection ! Certains se découragent et préfèrent renoncer plutôt que d’accepter un encadrement aussi strict. Il leur est demandé d’être très attentifs à ne pas prendre la place des parents. Certes, ce n’est pas non plus la vocation des mères SOS mais la différence est que ces dernières peuvent toutefois tisser davantage de liens affectifs. Enfin, le juge doit renouveler la décision de placement tous les deux ans, ce qui peut entraîner des parcours heurtés et une insécurité affective.

« Être ensemble nous a rassurés » Séverine (1), 25 ans, accueillie au village d’enfants SOS de 4 ans à 20 ans « Je vis en couple et je suis maman d’un petit garçon de 15 mois. J’ai un CDI et je travaille comme aide soignante dans un service de dialyse. Au début de notre placement en foyer, mes frères et sœurs et moi-même avons souffert car nous n’étions pas ensemble. L’arrivée au village d’enfants SOS de Marseille n’a fait que renforcer l’affection que nous avions les uns pour les autres. Le fait d’être ensemble nous a rassurés. » • (1) Le prénom a été changé.

L’importance donnée aux liens affectifs est-elle la principale différence entre le placement classique en famille d’accueil et l’accueil en village d’enfants SOS ? Oui, dans les villages d’enfants SOS, ce lien affectif tissé avec les mères SOS est fort dans l’enfance. Pendant l’adolescence, ce sont les liens avec la communauté éducative qui se renforcent. De plus, si la législation française tend à préserver le lien avec les parents, elle néglige encore la notion de fratrie, qui est pourtant essentielle dans la vie des enfants et la construction de leur personnalité. De ce fait, lorsqu’un placement de longue durée est envisagé, l’orientation des enfants vers un village d’enfants SOS est privilégiée.

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Parcours • La rencontre, à l’âge de 10 ans de Siddhartha Kaul avec Hermann Gmeiner, fondateur du premier village SOS, a déterminé son engagement auprès de l’association depuis près d’un demi-siècle. •

Depuis le 23 juin 2012, Siddhartha Kaul préside SOS Villages d’Enfants International. Une distinction aussi logique que méritée pour cet Indien polyglotte, imprégné des valeurs de l’association depuis son plus jeune âge.

Siddhartha Kaul, nouveau président de SOS Villages d’Enfants International

n accédant en juin dernier à la présidence de SOS Villages d’Enfants International, Siddhartha Kaul met un point d’orgue à son parcours exemplaire au sein de l’association depuis bientôt… un demi-siècle. Car cet Indien de 68 ans, natif du Rajasthan, est engagé depuis l’âge de dix ans aux côtés des enfants ne pouvant plus grandir dans leur famille biologique. Comme il l’a rappelé dans son discours d’investiture à Innsbruck en Autriche – au siège de SOS Villages d’Enfants International –, sa rencontre en 1964 avec Hermann Gmeiner (1), venu dîner chez ses parents, « a façonné sa vie et lui a donné un but ». Impressionné par l’engagement sans faille de cet homme affable, « affichant un sourire permanent », le jeune Siddhartha Kaul décide d’épauler son père dans l’implantation de SOS Villages d’Enfants en Inde au cours des années 60 et 70.

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• Helmut Kutin, président de SOS Villages d’Enfants International de 1985 à aujourd’hui, félicite Siddhartha Kaul lors de son investiture, le 23 juin dernier. •

Il devient pour tous le « Bhaiya » Installé avec sa famille dans le premier village SOS créé en Inde, à Greenfields, il tisse très vite des liens forts avec les enfants et les mères SOS. Il devient pour tous le « Bhaiya », le grand frère. Un surnom qu’il porte encore aujourd’hui. Cette première expérience fondatrice forge sa conviction jamais démentie depuis : considérer chaque enfant comme une personne à part entière. Ses études d’architecture et d’art n’affectent pas son dévouement. Siddhartha Kaul reste en contact permanent avec sa grande famille du village SOS de Greenfields. Et consacre son temps libre à l’animation de camps de vacances, à l’enseignement des langues étrangères et des mathématiques aux jeunes. C’est donc en toute logique que SOS Villages d’Enfants Inde lui propose, en 1978, de créer le premier village SOS dans le Sud, à Chennai. En mars 1981, il rejoint SOS Villages d’Enfants International. Envoyé au Sri Lanka pour y établir l’organisation, il collabore alors étroitement avec Helmut Kutin (2), à l’époque secrétaire général adjoint pour l’Asie. « Au cours de ces années, j’ai appris ce que cela signifie réellement de proposer un foyer et une famille à des enfants démunis ou abîmés par la vie. C’est une tâche difficile, parfois âpre. Mais pour rien au monde, je n’échangerais la joie intense et profonde que cela me procure », a déclaré Siddhartha Kaul à Innsbruck en juin dernier.

En 1986, il retourne en Inde pour occuper le poste de directeur régional. Un tournant décisif dans son parcours au sein de l’association. En 1988, il redynamise l’organisation au Vietnam. Puis dirige l’implantation de villages SOS au Cambodge. En 2001, il est nommé secrétaire général adjoint pour l’Asie. Membre actif de SOS Villages d’Enfants International, il

ressent pour les enfants, les jeunes et les mères des villages SOS », corrobore Helmut Kutin, son prédécesseur. Distingué à plusieurs reprises en Inde, au Vietnam et au Cambodge pour ses actions remarquables, Siddhartha Kaul incarne une nouvelle génération, à la fois volontaire et réaliste, qui préside désormais aux destinées de SOS Villages d’Enfants

Ce que j’apprécie le plus chez Siddhartha Kaul, ce sont ses qualités humaines et la profonde affection qu’il ressent pour les enfants, les jeunes et les mères des villages SOS. – HELMUT KUTIN participe à l’élaboration des stratégies de développement. Lorsque le tsunami de décembre 2004 ravage une partie des côtes d’Asie du Sud-Est, Siddhartha Kaul supervise pour SOS Villages d’Enfants un vaste programme d’aide d’urgence et de reconstruction. Son objectif d’ici 2020 : un foyer protecteur pour 1 million d’enfants Son élection à la présidence de SOS Villages d’Enfants International résonne comme l’aboutissement d’une vie consacrée aux autres. Depuis près de cinq décennies, sa priorité et sa force résident dans son interaction continuelle avec les enfants et les mères SOS. « Ce que j’apprécie le plus chez Siddhartha Kaul, en dehors de ses compétences en organisation et de sa vision réaliste des questions économiques, ce sont ses qualités humaines et la profonde affection qu’il

International. « La crise qui frappe le monde affecte en priorité les familles en grande précarité. Pourtant, en dépit de ce contexte économique défavorable, les donateurs ont renouvelé leur formidable confiance à SOS Villages d’Enfants. Nous sommes sur la bonne voie. Restons fidèles à notre mission originelle et ayons foi en ce que nous faisons », a-t-il souligné avec force lors de son investiture. En ligne de mire : relever le défi, pour 2020, de prendre en charge ou d’accompagner un million d’enfants. « Le futur dépend de ce que nous en faisons aujourd’hui », affirmait Mahatma Gandhi. Un postulat que Siddhartha Kaul reprend volontiers à son compte. (1) Fondateur du premier village d’enfants SOS en Autriche en 1949. (2) Il deviendra président de SOS Villages d’Enfants International en 1985.

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Villages de Joie - Septembre 2012 - numéro 222  

Villages de Joie, le revue des donateurs de SOS Villages d'Enfants