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Sortir du n c’est p


Réseau “sortir du nucléaire”

u nucléaire, t possible !


Réseau “Sortir du nucléaire” 9 rue Dumenge, 69317 Lyon Cedex 04 04 78 28 29 22 contact@sortirdunucleaire.fr www.sortirdunucleaire.org

Livre du Réseau “Sortir du nucléaire” réalisé en partenariat avec Agir pour l’environnement www.agirpourlenvironnement.org Rédacteurs : Stéphen Kerckhove, Xavier Rabilloud Coordination du projet : Xavier Rabilloud Les rédacteurs remercient toutes les personnes qui, d’une façon ou d’une autre, les ont aidés au cours de la rédaction de ce livre par leurs remarques, suggestions ou corrections, plus particulièrement JeanLuc Thierry, Antoine Bonduelle, Nadine Schneider et Marc Grinsztajn.

Illustration de couverture : © Réseau “Sortir du nucléaire”/Laurent Vanhelle

© 2011, Nova Éditions


Sommaire

AVANT-PROPOS

Sortir du nuclÉaire, un impÉratif ................ 11 L’IMPASSE NUCLÉAIRE Marginal dans le monde, omniprésent en France : le nucléaire ........................................................................ Quelques-unes de ces vérités qu’on nous cache… ......................................................... Le nucléaire est un choix non démocratique imposé aux citoyens ................................................. Il n’y a aucune solution pour « gérer » les déchets nucléaires ............................................... On gaspille l’électricité pour justifier la surproduction atomique ...................................... Le chauffage électrique est un désastre écologique et économique ...................................... Les lignes THT quadrillent le territoire… et menacent notre santé ..........................................

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Quelques-uns de ces mensonges qu’on nous rabâche… ...................................................... « Le nucléaire garantit l’indépendance énergétique de la France » ...................................... « Grâce au nucléaire, notre électricité est bon marché » .......................... « Le nucléaire permet de lutter contre le changement climatique » ........................ « Le nucléaire n’a jamais fait beaucoup de victimes » .............................................................. « Le nucléaire est une technologie sûre » ............. « Le nucléaire civil n’a rien à voir avec la bombe atomique » ....................................... « Sortir du nucléaire, c’est revenir à la bougie » .... PAR ICI LA SORTIE… Faire mieux… avec moins d’énergie ! ........................... Des gisements d’économies à exploiter ................. Limiter les besoins liés à de nouveaux usages ....... Les trois « i » : informer, inciter, interdire ............. Tant de façons de produire l’énergie autrement… ...... L’hydroélectricité, une valeur sûre sans perspective majeure ......................................... L’éolien, une énergie dans le vent… sauf en France ? ........................................................ Le chauffage au bois, une solution performante et neutre en CO2 ............................... Le solaire, un potentiel important pour produire chaleur et électricité .....................

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La géothermie, un trésor encore inexploité ....... 103 Les scénarios du possible .............................................. 104 Quelques études à l’échelle internationale ......... 105 Et la France ? ........................................................... 107 Les scénarios institutionnels : des exercices à l’intérêt limité ............................... 109 négaWatt, le scénario de transition énergétique . 112 Sortir du nucléaire en cinq ou dix ans ................. 118 Global Chance : un programme de sortie en vingt ans .................. 123 Des scénarios en attente de réalisation… ............ 126 EN 2012, TOUT DEVIENT POSSIBLE… ...même la sortie du nucléaire ! .................................... Discours de politique générale [extrait] ...................... Nos revendications adressées aux candidats à la présidentielle ........................................................... À vous d’agir ! .................................................................

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AVANT-PROPOS

Sortir du nuclÉaire, un impÉratif Le 11 mars 2011 débutait la catastrophe nucléaire de Fukushima, au Japon. Située au nord-est de l’archipel frappé par un séisme de magnitude 9, la centrale de Fukushima Daiichi devenait, comme Tchernobyl, le symbole des dangers extrêmes de la technologie nucléaire. En quelques jours, ce sont pas moins de trois réacteurs qui ont subi une fusion du cœur et se sont mis à rejeter dans l’atmosphère et l’océan des quantités massives de radioactivité. Des millions de Japonais y seront exposés pendant de longues années. Deux mois plus tard, le Premier ministre japonais Naoto Kan présentait ses excuses, son gouvernement portant la « responsabilité majeure » d’avoir promu


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le nucléaire comme orientation de la politique énergétique du pays1. Un plan prévoyant la construction d’au moins quatorze nouveaux réacteurs d’ici 2030 avait en effet été approuvé au sommet de l’État un an avant la catastrophe… Désormais, 82 % des Japonais souhaitent que leur pays sorte du nucléaire2 et l’exécutif nippon compte remettre à plat la politique énergétique du pays pour en « réduire la dépendance » à l’atome. Selon une étude prospective parue en septembre 2011, une politique énergétique ambitieuse permettrait au Japon d’arrêter la totalité de ses réacteurs en 2012, tout en développant fortement les énergies renouvelables et en réduisant d’un quart ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 20203. Force est de constater que, dans les faits, cette sortie du nucléaire est déjà en partie une réalité. Au même moment, quarante-deux des cinquante-quatre réacteurs nucléaires japonais4 étaient en effet arrêtés, 1. « Kan Slams Nuclear Energy, Goes Green », Asahi, 12 mai 2011. 2. Sondage du journal nippon Tokyo Shimbun, 19 juin 2011. 3. « The Advanced Energy [R]evolution – A Sustainable Energy Outlook for Japan », Greenpeace Japan/Institute for Sustainable Energy Policy, septembre 2011. 4. Les cinquante-quatre réacteurs produisaient 29,2 % de l’électricité consommée dans le pays, contre 74,1 % d’électricité issue du nucléaire en France.


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notamment dans l’attente des résultats des tests de sûreté. Les autorisations de redémarrage ne seront pas facilement accordées, plusieurs refus des administrations locales en témoignent déjà. D’autant moins que la NISA, l’autorité de sûreté nucléaire nippone chargée de mener les tests, est profondément discréditée par des révélations sur ses collusions avec l’industrie nucléaire et ses manipulations de l’opinion publique. En France, c’est aussi à force de mensonges et de manipulations que le lobby nucléaire a façonné un solide consensus dans la majeure partie de la classe politique. Il aura fallu cette nouvelle catastrophe nucléaire pour le fissurer. Depuis des décennies, conduits par une foi inébranlable en la toute-puissance de l’Homme, des générations d’ingénieurs et de technocrates ont arrimé la politique énergétique hexagonale à l’énergie la plus complexe et la plus dangereuse à manier qui soit : celle de l’atome. Au prix de la démocratie, sacrifiée sur l’autel de la « grandeur » de la France et d’une illusoire « indépendance énergétique ». Et pourtant ! De tout temps dépossédés de la politique énergétique de leur pays, les Français sont depuis de longues années majoritairement favorables à la sortie du nucléaire. Depuis Fukushima,


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plus de 70 % de nos concitoyens y aspirent1. C’est qu’aujourd’hui, nous le savons tous : une catastrophe nucléaire peut se produire n’importe quand. Y compris en France. Surtout en France, le pays le plus nucléarisé de la planète, proportionnellement à sa population. Sortir du nucléaire, c’est aujourd’hui un impératif démocratique et c’est ce que nous dicte la raison. C’est aussi une perspective qui ouvre le champ des possibles pour une autre approche de l’énergie, plus sobre, plus efficace, plus respectueuse de l’humain et de la planète. Et ce livre le démontre : sortir du nucléaire, c’est possible ! En termes d’économie comme d’écologie, l’avenir appartient à ceux qui utiliseront moins d’énergie et qui la produiront avec des sources renouvelables. L’Allemagne, l’Espagne, la Suisse, l’Italie… nos voisins européens prennent de l’avance dans cette nouvelle voie. Il ne tient qu’à nous de ne pas rater le train de la révolution énergétique.

1. 77 % selon un sondage IFOP/Le JDD.fr, réalisé du 1er au 3 juin 2011 ; 70 % selon un sondage IFOP/Europe-Écologie Les Verts, réalisé du 15 au 17 mars 2011 et 70 % également selon un sondage Opinion Way/Alliance écologiste indépendante, réalisé les 16 et 17 mars 2011.


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d’une nouvelle ligne THT pour évacuer l’électricité que produira (peut-être !) le futur réacteur EPR de Flamanville.

Quelques-uns de ces mensonges qu’on nous rabâche… Le nucléaire imprègne en profondeur la société française et notre système énergétique. Pour faire accepter cette technologie dépassée et à hauts risques, le lobby nucléaire assène depuis des décennies de multiples contre-vérités. En voici quelques-unes…

« Le nucléaire garantit l’indépendance énergétique de la France » La France est certes exportatrice nette d’électricité du fait de sa surproduction chronique. Néanmoins, selon RTE, elle a été importatrice nette d’électricité pendant environ soixante-dix journées complètes en 2010. Lors des pointes de consom­ mation, notamment hivernales, nous sommes obligés d’importer massivement de l’électricité en provenance de nos voisins européens. Sans les apports de pays frontaliers, la France nucléarisée aurait de grandes difficultés à se chauffer en hiver. Ainsi, en 2010, la France a importé 16,1 TWh depuis l’Allemagne, à qui elle n’a vendu que 9,4 TWh. L’arrêt


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définitif de huit réacteurs dans le cadre du plan de sortie du nucléaire allemand réduit les capacités d’exportation de notre voisin, et soulève des inquiétudes quant à l’approvisionnement électrique de la France lors des prochains hivers. Pour entretenir l’illusion de son indépendance énergétique, la France a largement surestimé la part du nucléaire au sein de son « mix énergétique ». On l’a dit, deux tiers de l’énergie « primaire » produite par les réacteurs sont perdus par dissipation dans l’environnement. Seul un tiers – l’énergie « finale » – est injecté dans le réseau sous forme d’électricité. Or, les autorités comptabilisent les deux tiers d’énergie perdue comme si celle-ci était utilisable ! De surcroît, toute l’électricité est comptabilisée, même celle qui est exportée, alors qu’elle ne contribue évidemment pas à répondre à nos besoins. Enfin, l’uranium est compté comme une ressource nationale alors que les dernières mines situées sur le territoire français ont fermé en 2001, et que « notre » uranium est importé en totalité, principalement du Canada et du Niger. Le taux officiel d’indépendance énergétique, de 50 % environ, est donc obtenu grâce à un calcul entaché de grossières incohérences. Remettons les chiffres à l’endroit : selon l’association de scientifiques et experts en énergie Global


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Chance, « un calcul en énergie finale, déduction faite des exportations d’électricité et de l’uranium importé, conduit à une indépendance énergétique inférieure à 10 % en 2009, contre 30 % selon le même mode de calcul en 19731 ». Notre fameuse « indépendance énergétique » est donc une vue de l’esprit qui ne repose sur aucune réalité objective. Aveuglée par cette illusion, la France a laissé croître continuellement sa consommation d’énergies fossiles importées. Mi-2011, notre « facture énergétique » s’élevait à plus de 55 milliards d’euros en un an, soit plus de 82 % du déficit du commerce extérieur hexagonal2 ! Et un Allemand ou un Britannique consomme moins de pétrole qu’un Français…

« Grâce au nucléaire, notre électricité est bon marché » Alors que les autorités affirment depuis des décennies que le nucléaire permet de produire de l’électricité à bon marché, la saisine de la Cour des comptes par le Premier ministre François Fillon en mai 2011 1. « Nucléaire : le déclin de l’empire français », Les Cahiers de Global Chance, n°29, avril 2011. 2. La facture énergétique a baissé d’un tiers entre 2008 et 2009, en raison des impacts de la crise économique. En 2008, elle se montait à 58 milliards d’euros. Elle est repartie à la hausse en 2010.


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Faire mieux… avec moins d’énergie ! Toute politique de sortie du nucléaire s’articule autour de trois axes principaux : la sobriété énergétique, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. La sobriété, c’est éliminer les gaspillages d’énergie et les consommations superflues (les veilles permanentes, le suréclairage urbain, les publicités lumineuses animées…), c’est reconsidérer nos besoins et utiliser l’énergie de façon intelligente et raisonnée. L’efficacité, c’est utiliser les appareils et les techniques disponibles les plus économes en énergie pour répondre à un même besoin (typiquement, utiliser des appareils électroménagers de classe A++ et des ampoules basse consommation, au lieu d’appareils plus énergivores et d’ampoules à incandescence). La sobriété et l’efficacité permettent de réduire fortement les besoins en énergie. En parallèle, il faut développer les énergies renouvelables afin de répondre à la demande sans plus faire appel au nucléaire et en utilisant le moins possible d’énergies fossiles. En combinant les énergies renouvelables avec la sobriété et l’efficacité énergétiques, nous pouvons simultanément sortir du nucléaire et réduire drastiquement nos émis-


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sions de gaz à effet de serre, à qualité de vie équivalente ou améliorée (réduction de nos factures énergétiques, élimination de nuisances et de pollutions avec toutes leurs conséquences sanitaires, réduction progressive du risque de catastrophe nucléaire, etc.). La règle d’or de toute politique d’avenir en matière d’énergie est la suivante : l’énergie qui coûte le moins cher et qui pollue le moins est celle qui, pour un service rendu équivalent, n’est ni consommée ni produite. Nous ne devons plus bêtement faire tourner des installations toujours plus nombreuses pour obtenir toujours plus de mégawatts ; au contraire, nous devons exploiter de toute urgence les énormes gisements de « négawatts », ces watts qu’on ne produit pas, tout en répondant à nos besoins – d’une autre façon. Sortir du nucléaire, c’est prendre nos distances avec l’idée centrale du productivisme, selon laquelle « plus » égale « mieux ». C’est comprendre que l’accroissement indéfini de notre consommation d’énergie n’est pas synonyme d’un mieux-vivre ; et que cet accroissement indéfini n’est pas possible dans un monde doté de limites physiques. Prendre conscience de la finitude des ressources énergétiques non renouvelables (pétrole, gaz, uranium, charbon)


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Nos revendications adressées aux candidats à la présidentielle Le Réseau “Sortir du nucléaire” a fait connaître ces revendications à tous les candidats. Elles sont un complément à sa charte fondatrice consultable sur Internet à l’adresse : www.sortirdunucleaire.org/charte Tout prétendant à la présidence de la République doit prendre conscience de sa responsabilité future. Pour assurer la protection des citoyens et préserver un avenir non contaminé pour les générations futures, un programme de sortie du nucléaire ambitieux est incontournable et doit être adopté au plus vite. Nous demandons ainsi la mise en place d’une loi de sortie du nucléaire, à valider par les représentants des citoyens, qui se traduise par les éléments suivants : 1. Préalable indispensable : une décision contraignante et engageante de sortie du nucléaire, qui ne laisse aucun retour en arrière possible. Celle-ci se traduira par l’adoption de mesures immédiates, notamment : – l’arrêt définitif du programme EPR en France (Flamanville et Penly) et à l’étranger (Olkiluoto, Taishan), ainsi que de tout projet d’exportation de technologie nucléaire ;


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– l’abandon des projets de réacteurs dits de quatrième génération ; – le gel de tous les projets d’enfouissement de déchets radioactifs, ainsi que de toute nouvelle installation de stockage de déchets nucléaires ; – l’arrêt du retraitement à La Hague et de l’utilisation du combustible MOX ; – l’abandon immédiat du projet ITER ; – l’arrêt immédiat de plusieurs réacteurs parmi les plus dangereux, à commencer par Fessenheim (Haut-Rhin), Le Tricastin (Drôme) et Le Bugey (Ain). Pour mettre en œuvre cette décision, seront nécessaires : – la mise en place au plus vite d’un programme de travail transversal et opérationnel afin de préparer la réorientation énergétique de la France. Celui-ci devra produire un calendrier de sortie, en accordant une large place aux contributions d’experts indépendants, et prendre en compte les travaux déjà existants sur le sujet. En outre, ce programme se devra également d’aborder la reconversion des travailleurs de l’industrie nucléaire ; – le retour de l’énergie au sein d’un grand ministère de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire.


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2. Un calendrier de sortie le plus rapide possible du nucléaire. Celui-ci prévoira différents points d’étapes à moyen terme, ainsi que les premières fermetures dès la première année. Les installations à fermer en priorité seront déterminées sur la base d’une analyse multirisque. Celle-ci prendra en compte, entre autres : – l’âge des réacteurs (fermeture souhaitée audelà d’une trentaine d’années) (cas de Fessenheim, Le Tricastin, Le Bugey…) ; – le passif existant en termes d’incidents (Chinon, Cattenom, Fessenheim…) ; – la situation en zone sismique (Fessenheim, réacteurs de la vallée du Rhône…) ou inondable (Le Blayais) ; – le risque lié à la présence d’autres activités industrielles dangereuses dans le voisinage immédiat (Gravelines, entourée de treize sites Seveso seuil haut) ; – la densité de la population alentour, qui aggraverait significativement les conséquences d’un accident (Nogent, Cattenom, Le Bugey, Gravelines…). 3. Un véritable audit sur le démantèlement des centrales avec lancement d’une large réflexion sur le sort des déchets nucléaires intégrant tous les acteurs et les composantes de la collectivité.


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4. Des mesures impactantes et un soutien fort aux alternatives énergétiques : – réorientation massive des financements de recherche et développement du nucléaire vers la maîtrise de l’énergie et les énergies renouvelables ; – soutien massif aux filières : aides financières, aide à la structuration des filières et soutien à la mise en place de formations professionnalisantes dans les métiers clés (rénovation écologique, audit énergétique, énergies renouvelables…), suppression des barrières légales telles que le classement de l’éolien en ICPE ; – des mesures phares à adopter au plus vite : un plan de rénovation du bâti ancien, interdiction autant que possible du chauffage électrique, mise en place de standards exigeants de performance énergétique pour les bâtiments neufs et les équipements électriques ; – la mise en place généralisée d’informations et de formations à destination de divers acteurs (scolaires, entreprises, administrations…) afin de permettre le développement d’une culture de la sobriété énergétique. 5. Plus de moyens localement pour assurer la transition énergétique :


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– la mise en place d’une gouvernance permettant une véritable politique énergétique décentralisée et une relocalisation de la production d’énergie, où les citoyens disposent d’un vrai pouvoir de décision ; – un transfert de compétences et de moyens afin que les collectivités locales puissent mener des politiques énergétiques ambitieuses permettant de tendre vers l’autonomie énergétique ; – des moyens alloués aux collectivités pour mener des politiques locales de lutte contre la précarité énergétique, afin de compenser le renchérissement du prix de l’électricité ; – un soutien massif à la création d’agences locales de l’énergie. 6. Des mécanismes financiers pour accompagner et accélérer la transition énergétique : – mise en place progressive de taxes sur l’électricité et/ou d’une tarification progressive de l’énergie, accompagnées de mesures de lutte contre la précarité énergétique pour ne pas pénaliser les ménages les plus défavorisés. Les ressources collectées seront affectées à des programmes de maîtrise de l’énergie. 7. La mise en place d’un véritable service public de l’énergie, caractérisé par une gouvernance


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publique des enjeux énergétiques en fonction de l’intérêt général et par un contrôle citoyen sur les entreprises de production énergétique, quelles que soient leurs formes. 8. Enfin, nous demandons à la France de s’engager fermement dans la voie du désarmement nucléaire, en renonçant au renouvellement de son arsenal nucléaire et en mettant hors d’état de nuire les armements existants (sous-marins, têtes nucléaires…). En matière de politique internationale, nous demandons à la France de prendre parti pour l’abolition des armes nucléaires, en soutenant la réalisation d’une Convention pour l’élimination totale des armes nucléaires.


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À vous d’agir ! Tchernobyl et Fukushima nous le rappellent : un accident nucléaire majeur peut se produire n’importe où, n’importe quand. Même en France. Surtout en France, le pays le plus nucléarisé au monde. Plus de 70 % des Français sont favorables à la sortie du nucléaire, selon des sondages répétés. C’est en nous mobilisant, toujours plus nombreux, partout en France, que nous ferons entendre cette majorité et que nous obtiendrons une décision de sortie du nucléaire. L’implication de chacun-e compte. N’attendez plus pour vous joindre à notre combat en faveur d’un monde sans nucléaire ! Comme déjà plusieurs dizaines de milliers de personnes, devenez membre du Réseau “Sortir du nucléaire” en signant notre charte sur Internet (rendez-vous sur www.sortirdunucleaire.org/charte) et, pour vous tenir informé-e, abonnez-vous à notre lettre d’information électronique mensuelle. De nombreux bénévoles sont actifs sur le terrain partout en France. Vous pouvez rejoindre l’un des groupes membres du Réseau, dont vous trouverez la liste complète sur notre site web. Vous pouvez aussi vous faire le porte-parole de notre message et de nos propositions, près de chez vous, en diffusant nos informations et nos documents.


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Si vous le souhaitez, vous pouvez également nous soutenir financièrement. Votre don, même modeste, est essentiel et nous permettra de renforcer nos actions. Si vous êtes imposable, il est déductible de vos impôts à 66 %. Participez au financement de notre action directement sur www.sortirdunucleaire.org ou en envoyant un chèque à : Réseau “Sortir du nucléaire”, 9 rue Dumenge, 69317 Lyon Cedex 04. Mille mercis !

Sortir du nucléaire chez soi… Quittez EDF, le premier opérateur nucléaire du monde, et sortez de l’atome en vous fournissant en électricité à 100 % d’origine renouvelable auprès d’Enercoop, entreprise coopérative et solidaire reconnue d’intérêt collectif. Enercoop est en France le seul fournisseur d’électricité à s’approvisionner directement et exclusivement auprès de producteurs d’énergie renouvelable. Le Réseau “Sortir du nucléaire” est sociétaire de la coopérative Enercoop. Pour en savoir plus : www.enercoop.fr

Informez-vous ! Nous mettons à votre disposition des brochures à télécharger librement sur www.sortirdunucleaire.org ou à commander en version imprimée.


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À voir également : Scénarios de sortie du nucléaire : www.sortirdunucleaire.org/scenarios Association Global Chance : www.global-chance.org et le livre En finir avec le nucléaire, pourquoi et comment, de Benjamin Dessus et Bernard Laponche, Éditions du Seuil, 2011. Association négaWatt : www.negawatt.org Carte des installations nucléaires en France (également disponible au format poster 50 x 70 cm) : www.sortirdunucleaire.org/carte Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité : www.criirad.org Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest : www.acro.eu.org Collectif pour l’indépendance de l’OMS : www.independentwho.info Association Enfants de Tchernobyl Bélarus : http://enfants-tchernobyl-belarus.org Observatoire des armements : www.obsarm.org Comité de liaison Énergies renouvelables : www.cler.org Énertech, le site des bâtiments à basse consommation : www.enertech.fr



Extraits du Livre