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25 septembre 2010, Caen accueille le drapeau des Villes Médaillées de la Résistance.

Béthincourt (Meuse) - Brest (Finistère) Caen (Calvados) - Caniac du Causse (Lot) La Chapelle-en-Vercors (Drôme) - Lyon (Rhône) Marsoulas (Haute-Garonne) - Meximieux (Ain) Monceau-les-Mines (Saône et Loire) - Nantua (Ain) Nouvelle-Calédonie - Oyonnax (Ain) - Plougasnou (Finistère) - Saint-Nizier-du-Moucherotte (Isère) Ile de Sein (Finistère) - Tavaux (Aisne) - Terrou (Lot) Thônes (Haute-Savoie).


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LE HÉROS DE BIR HAKEIM

Le Général Pierre Koenig remit, le 18 juillet 1945, la médaille de la Résistance à Caen, sa ville natale. La cérémonie eut lieu au monument aux morts, place Foch, en présence du maire Yves Guillou.

PIERRE KOENIG Né à Caen le 10 octobre 1898, Pierre Koenig fait sa scolarité au collège Sainte Marie et au lycée Malherbe. Au Maroc au moment de la déclaration de guerre, il décide de partir dès février 1940. Après avoir pris part à la bataille de Narvik en avril 1940, il embarque en juin pour l’Angleterre et se met aux ordres du général de Gaulle. Il participe activement au ralliement à la France Libre du 2e bataillon de Légion. En novembre 1940, il

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prend part à l’expédition « Menace ». En juin 1944, il est promu général de corps d’armée, puis gouverneur militaire de Paris le 25 août. En 1950, il devient membre de l’Académie des sciences morales et politiques. Il est élu député en 1951. Maréchal de France à titre posthume, Grand Croix de la Légion d'Honneur, Compagnon de la Libération, il décède le 2 septembre 1970.

Réalisation : Ville de Caen, avec le concours de l'atelier Résistants de Caen du collège d'Evrecy - Conception et mise en page : Hervé Chéri Photos : Archives municipales, François Decaëns, Marie-Christine Chantrait, Sylvain Guichard, Michèle Langeois, extrait des ouvrages De Caen à Auschwitz, La Résistance au féminin (éditions Les Cahiers du temps), Livre mémorial des victimes du nazisme, direction Jean Quellien (éditions Conseil général du Calvados, Direction des Archives départementales). Imprimerie : Corlet

Du 27 mai au 10 juin 1942, à la tête de la 1e brigade française libre, le général Koenig repousse les assauts de l'armée de Rommel allié des brigades fascistes italiennes en Lybie, dans le fort de Bir Hakeim. Face aux assauts répétés de l'Afrika Korps, il refuse toute offre de reddition : « Nous ne sommes pas ici pour nous rendre ». Cette résistance héroïque va permettre à l'armée britannique du général Montgomery de se regrouper et de gagner la bataille décisive d'El Alamein, le 23 octobre 1942.

Nous ne sommes pas ici pour nous rendre.


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LA MÉDAILLE DE LA RÉSISTANCE

La Médaille de la Résistance française a été instituée à Londres par le général De Gaulle, « chef de la France combattante », par ordonnance du 9 février 1943. Elle a été conférée à environ 62 000 personnes, Français libres ou membres de la Résistance intérieure. Elle a été également attribuée à 18 collectivités territoriales (17 villes et le Territoire de la Nouvelle Calédonie), et 15 autres collectivités (lycées, hôpitaux, couvents…).

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a Médaille de la Résistance est bien plus qu'une décoration, elle représente une haute et rare distinction. Créée en 1943 par le général de Gaulle, elle honore ceux qui se sont engagés et illustrés dans le combat pour la Liberté. Caen est fière de partager cet honneur avec 17 autres villes qu'elle accueille aujourd'hui. A Caen, l'histoire a laissé des marques profondes dans la physionomie de notre cité, dans la mémoire et dans les consciences des habitants. Entre le 6 juin 1944 et la libération des deux rives de la ville, les 9 et 19 juillet, un déluge de feu a détruit la ville aux trois quarts, tué près de 3 000 personnes et laissé les survivants dans une profonde détresse. Nous n'oublierons jamais le courage des populations civiles dans ces épreuves.

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SOMMAIRE 5-7 Itinéraire de la mémoire 8-12 Patriotes et figures de la Résistance à Caen 13-17 Itinéraire de la mémoire, suite 18-19 Les relais de la mémoire Remerciements

De gauche à droite : Philippe Duron, Pascal Blanchetier et Jacques Vico.

Mais Caen n'est pas seulement une ville martyre. C'est aussi une ville résistante. Des femmes et des hommes ont trouvé, en dépit d'une répression impitoyable, la force d'agir et ils ont ainsi contribué à infléchir le cours de l'histoire. Au premier rang de ces personnages remarquables, Pierre Koenig, qui remit lui-même la médaille de la Résistance à sa ville natale en juillet 1945, qui s'illustra dans les Français Libres et fut fait Maréchal de France. Aujourd'hui nombre de nos rues et de nos places portent le nom des patriotes et des résistants. Ne laissons jamais personne oublier ces vies exemplaires, vouées à l'héroïsme et trop souvent sacrifiées. Leur récit est pour les jeunes générations, au-delà du devoir de connaissance et de reconnaissance, une vraie source d'espoir : quoi de plus exaltant, quoi de plus puissant que ce tournant de l'histoire du monde où la liberté, finalement, triomphe ! Mais cette victoire reste fragile et chaque citoyen doit rester en éveil : c'est la philosophie du Mémorial de Caen, haut lieu de réflexion sur la Paix et les Droits de L'Homme, dont nous devons l'existence à Jean-Marie Girault. En souhaitant la bienvenue à tous nos hôtes, je voudrais rappeler notre héritage commun : la force de résistance, l'énergie pour reconstruire et la renaissance après l'épreuve. C'est aujourd'hui comme hier des valeurs qu'il nous faut ardemment préserver et cultiver. Philippe Duron, Député-maire de Caen 3


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Rendons justice aux « héros inconnus », aux « sans grade », à tous ceux qui n’ont pas eu la chance de connaître un destin glorieux, mais qui, chacun selon sa conscience et ses moyens, ont permis à la France de redevenir une terre de liberté. Jacques VICO

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Rappelons les mérites et les sacrifices de la Ville de Caen et de sa population. Le texte de sa citation pour la promotion dans l’Ordre de la Légion d’Honneur en établit la meilleure synthèse : « Caen Ville patriote qui paya pendant l’occupation son hostilité à l’ennemi par des amendes et la

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Ce drapeau chaque année est confié à la garde de l’une des villes médaillées de la Résistance. Après la Ville de Brest, promue par décret le 31 mars 1947, la Ville de Caen reçoit, à nouveau, ce 25 septembre 2010, l’honneur d’assurer la garde de ce drapeau pour un an.

En cet instant solennel de transfert de la garde de ce drapeau, nous nous recueillons en nous souvenant : - du sacrifice des combattants héroïques des premiers combats de 1940 et des victimes civiles, - des femmes et des hommes combattants de la Résistance victimes de la répression nazie, - de ceux et celles qui périrent dans les camps de concentration ou les prisons nazies, - de ceux et celles fusillés par l’ennemi, - des victimes civiles de ce long combat de la Libération, - des combattants de la France Libre sur tous les continents.

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déportation des meilleurs de ses fils dont beaucoup moururent dans les camps de concentration. Fut détruite aux trois quarts par des bombardements en juin et juillet 1944, alors que la partie de la population restée sous les bombes et les obus faisait preuve d’un rare courage et d’un magnifique esprit d’entraide. Apporta aux alliés au cours de la bataille, l’aide précieuse de ses Résistants, dont plusieurs tombèrent pour la cause de la Liberté. Entend relever ses ruines comme elle l’a fait deux fois au cours de son histoire. Restera par son ardeur et sa volonté, digne de son glorieux passé. »

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a médaille de la Résistance Française a été instituée à Londres par ordonnance du 9 février 1943 du Général de Gaulle, « Chef de la France Combattante ». Son objet était de « reconnaître les actes remarquables de foi et de courage qui, en France, dans l’Empire et à l’Etranger, auront contribué à la Résistance du peuple français contre l’ennemi et contre ses complices depuis le 18 juin 1940 ». Par décret du 24 avril 1946, la Médaille de la Résistance, avec rosette, à été attribuée à la Ville de Caen. Par décret du 2 juin 1948, la Ville de Caen a été nommée dans l’Ordre National de la Légion d’Honneur, au grade de Chevalier. Ce même décret comportait l’attribution de la Croix de Guerre avec palme. Dix huit collectivités nationales ont reçu la Médaille de la Résistance. Un drapeau honore ces dix huit collectivités attributaires, à titre exceptionnel, de la Médaille de la Résistance.

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itinéraire

MAISON D'ARRÊT DE CAEN

Le 6 Juin 1944 au moment où les Alliés débarquent sur nos côtes, les nazis fusillent au moins 87 prisonniers qu'ils détenaient à la Maison d'arrêt de Caen. En majorité, ils étaient des Résistants arrêtés par des agents français de la « Bande à Hervé » ou la Gestapo. Les nazis ont tenté de cacher leur crime en faisant disparaître toute trace. Depuis, tous les 6 juin, les familles de fusillés et les associations se regroupent à la Maison d'arrêt pour rendre hommage à la Résistance et à ces victimes de la barbarie nazie.

PLAQUE DE LA MAISON D’ARRÊT Cette plaque est posée à l’intérieur de la prison en l’honneur de près de 80 Résistants fusillés par la Gestapo. Elle fut inaugurée le 6 juin 1945.

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Le 6 juin 1944, quatre agents de la Gestapo commandés par Von Bartholdi se présentent à la prison avec une liste de prisonniers à exécuter. Les prisonniers sont fusillés par groupe de 5 à 6. Parmi eux, se trouvaient les frères Joseph et Bernard Picquenot et l’abbé Victor Bousso. Caen le 6 juin 2009. 6


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CIMETIÈRE SAINT-NICOLAS ROBERT DOUIN

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ssu de plusieurs générations de sculpteurs, Robert Douin est directeur de l’école des Beauxarts de Caen depuis 1930. Dès 1940, il adhère au mouvement de Résistance l’Armée des Volontaires aux côtés de Léonard Gille et René Duchez. Il intègre ensuite le réseau Alliance en 1942 et en devient chef départemental. En déplacement sur les côtes du Calvados pour restaurer des œuvres, il dessine les plans des fortifications allemandes et les transmet aux Alliés. La Gestapo l’arrête le 17 mars 1944 et le transfère à la maison d’arrêt de Caen où il est fusillé le jour du Débarquement.

Le 9 juillet 1944, lever des couleurs place Monseigneur-des-Hameaux, pour la libération de Caen rive gauche.

9 juillet. A la fin de l'après-midi, première cérémonie patriotique. On hisse le drapeau tricolore au grand mât du Lycée Malherbe, en face de la basilique Saint-Étienne. Les troupes anglaises et F.F.I. présentent les armes, que de gens pleurent d'émotion devant le symbole de la Patrie mutilée, mais renaissante. Une Marseillaise frénétique éclate. Le capitaine G. fait acclamer de Gaulle et les Alliés, et d'une seule voix, d'un seul cœur, la foule crie « Vive la France ». Jamais depuis le 11 novembre 1918, je n'avais vécu minute semblable.

mémoire

Extrait de Témoignages – Récits de la vie caennaise 6 Juin – 19 Juillet 1944

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CAMILLE BLAISOT, 1881-1945

PATRIOTES ET FIGURES DE LA RÉSISTANCE À CAEN

vocat, il est élu député du Calvados en 1914 et constamment réélu en 1919 (tête de liste Union nationale républicaine), en 1924, en 1928, en 1932 et en 1936. Il est également élu conseiller général de Caen Ouest en 1931. Ami de Pierre Laval, il est à trois reprises son ministre de la Santé publique en 1931-1932 et son soussecrétaire d’Etat à la Présidence du conseil en 1935-1936. Il ne prend pas

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part au vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Engagé volontaire en 1914 et hostile au régime de Vichy, il est arrêté à Caen le 2 mars 1944 et déporté au camp de concentration de Dachau où il meurt le 24 janvier 1945 du typhus. Sans avoir jamais appartenu à un mouvement de Résistance, il s’affiche comme patriote aux sentiments anglophiles et germanophobes. Il paie de sa vie cet engagement.

MICHEL DE BOÜARD, 1909-1989 près avoir été professeur d’histoire du Moyen Âge à l’université du Caire, il est nommé à Caen en 1940. Il s’y engage dans la Résistance et prend la tête du Front national, mouvement proche du parti communiste. Responsable du journal clandestin Le Calvados libre, il devient membre du Comité de libération du Calvados. Arrêté le 13 décembre 1943 par la Gestapo, il est déporté au camp de concentration de Mauthausen. Après

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Car ces hommes qui haïssaient la guerre se battaient pour la liberté.

Robert Desnos, L’Honneur des poètes, 1946

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son retour en 1945, il est élu conseiller municipal de Caen en 1946. La même année, il crée le musée de Normandie, puis en 1951 les Annales de Normandie. Il sera doyen de la faculté des lettres de 1954 à 1967. Il a publié de nombreuses études sous formes d’ouvrages ou d’articles dont en 1975 un Manuel d’archéologie médiévale et en 1984 Guillaume le conquérant.

PIERRE BOUCHARD, 1901-1944 nspecteur de l’enregistrement, Pierre Bouchard participe à la guerre en tant que capitaine au 208e régiment d’infanterie. Il entre dans la Résistance et dans le réseau Hector en 1941. Jusqu’en 1943, il multiplie les actions de propagande, diffuse le journal Les Petites Ailes de France, recrute et forme des Résistants, recueille et transmet des informations sur les

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Allemands et exfiltre des agents anglais. Il est arrêté le 16 décembre 1943 par la Gestapo et envoyé au camp de Buse en Autriche où il meurt le 14 juillet 1944.


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HENRI BRUNET, 1902-1943

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riginaire de Caen, capitaine de réserve, il dirige une petite entreprise de tirage de plans. En 1941, il rentre dans la Résistance au sein du réseau « S. R. Air ». Sollicité par les Allemands pour réaliser des copies, il en garde un exemplaire qu’il transmet en Grande-Bretagne : ce sont les plans des infrastructures des fortifications allemandes sur la côte de la mer de la Manche de Dunkerque à Cherbourg. Démasqué, il est arrêté le 11 novembre 1942. Jugé, il est condamné à mort et fusillé au Mont Valérien le 20 septembre 1943.

ROBERT LE COUTOUR, 1894-1944

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e Commandant Le Coutour est officier de carrière. Chef de division à la préfecture, directeur du centre de libération des prisonniers, il est aussi responsable du service des gardes des voies ferrées. Chef du réseau Centurie, il recrute activement des hommes et les entraîne au combat. En 1944, il est promu commandant des FFI (Forces Françaises de l'Intérieur) de l'arrondissement de Caen. Le 6 juin, alors qu'il regagne Caen pour rencontrer un de ses lieutenants, il est tué d'une balle dans la tête rue des Jacobins.

ODETTE ET RENÉ DUCHEZ ené Duchez (1903-1948) et sa femme Odette (1906-2005) appartenaient au réseau Centurie. René, peintre en bâtiment, s’occupait du renseignement au sein du groupe composé de 40 personnes. Il réussit notamment, dans le cadre de sa profession, l'exploit de voler des plans du mur de l’Atlantique. Arrivés entre les mains de lord Mountbatten, ces plans servent à la préparation du débarquement du 6 juin 1944. Membre de la compagnie Fred Scamaroni, René participe aux combats de la libération de Caen. Il est nommé président local du comité de libération.

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Odette, qui avait été jusqu'en 1940 employée à la Préfecture, fabriquait de faux papiers qui permettaient aux Résistants de s’approcher des chantiers allemands. Elle secourait également les parachutistes anglais. Elle est arrêtée sur dénonciation en novembre 1943 à Alençon et déportée à Ravensbrück, tandis que son mari entre dans la clandestinité. Elle est libérée en mai 1945.

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MAURICE FOUQUE, 1889-1944

PATRIOTES ET FIGURES DE LA RÉSISTANCE À CAEN

ontrôleur des PTT, Maurice Fouque est secrétaire fédéral de la SFIO en 1930 et conseiller général en 1937. Pendant l’occupation, il intègre le mouvement Libération Nord dont il devient responsable régional. A ce titre, il siège également au Comité de Libération clandestin constitué à

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l’automne 1943. En décembre 1943, il est arrêté et déporté à Mauthausen. Il meurt à Hartheim le 11 septembre 1944.

JANINE BOITARD, 1907-2001 ngagée dans la Résistance dès 1940, Janine Boitard déploie une grande activité dans le domaine du renseignement, mais également pour faire passer la ligne de démarcation à des réfractaires ou comme agent de liaison entre mouvements de résistance. En 1943, elle arrache deux petites filles juives de Caen des mains allemandes et les cache dans une ferme du Pays

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À tous les repas pris en commun, nous invitons la liberté à s’asseoir. La place demeure vide mais le couvert reste mis.

René Char, « Feuilles d’Hypnos », Fureur et Mystères, 1962

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d’Auge. Elle reçoit en juin 2002, à titre posthume, la médaille des Justes de Yad Vashem. A la libération, elle épouse Léonard Gille qu’elle a rencontré dans la Résistance. Elle lui succède à son décès comme conseillère générale du canton de Bourguébus : elle est la première femme élue à ce mandat dans le Calvados.

LÉONARD GILLE, 1904-1971 vocat, homme politique du parti radical, après la défaite, il intègre la Résistance et l’Organisation Civile et Militaire. Avec sa femme, Janine Boitard, il s’occupe surtout de l’aide aux aviateurs alliés. Lors du débarquement, il organise la compagnie Scamaroni qui combat aux côtés des alliés au cours de la libération de Caen. Il est également chef du Comité départemental de Libération du Calvados.

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Avec Pierre Daure, il hisse le drapeau tricolore sur la place Mgr des Hameaux le 9 juillet 1944. Après la Libération, il fait paraître avec un groupe d’amis Liberté de Normandie, le premier quotidien de la France libérée. Conseiller général du canton de Bourguébus sous l’étiquette radical-socialiste, il est vice-président du conseil général du Calvados.


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ROBERT KASKOREFF, 1908-1989

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e pépiniériste caennais s’engage dans la Résistance et, sous le pseudonyme de Jean Birien ou de Belair, devient le chef départemental de l’Organisation Civile et Militaire (OCM) dans le Calvados. Il est également à partir de 1942 agent de renseignement pour le réseau Centurie. En 1943, il est nommé adjoint du chef du 3e bureau de la subdivision regroupant la Manche, le Calvados et l’Eure. Dénoncé, il échappe à la Gestapo et

se cache dans l’Orne, puis à Paris où il reprend ses activités. En janvier 1944, il prend la direction du 3e bureau. À la Libération, adjoint du général commandant la 4e région militaire, il est fait compagnon de la Libération. En novembre, il est nommé délégué de l’Assemblée consultative comme représentant des groupes de Résistance de l’Ouest. En août 1945, il part au Maroc comme exploitant minier.

HENRI LE VEILLÉ, 1907-1997 PAULETTE LECONTE épouse HÉRON rofondément choquée par l'arrivée des Allemands, elle s'engage dans la Résistance par l'intermédiaire d’une amie, sœur du docteur Pecker. Jean Héron la met en contact avec le réseau Arc-en-Ciel. Travaillant à la Préfecture de Caen, elle vole des cartes d'identité vierges et des tampons.

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Elle prévient juifs et réfractaires. Elle devient agent de liaison P2 dans les « Free french » et fait du renseignement. Le réseau Arc-en-Ciel élimine le collaborateur Lucien Brière. Son père Paul est fusillé à la prison de Caen le 6 juin 1944.

JEAN LETELLIER, 1898-1945 vant la guerre, Jean Letellier est surtout connu pour ses chroniques sportives dans la presse caennaise, ses vaudevilles et ses revues montés par le théâtre municipal. Il était « Le Flâneur » de l’hebdomadaire le Bonhomme Normand. Entré dans la

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Résistance au sein du réseau Centurie, il est arrêté le 9 octobre 1943. Déporté à Buchenwald, il meurt deux jours après la libération du camp par l’armée américaine.

l entre aux PTT à Alençon et il devient secrétaire de l’unique syndicat. Mobilisé en 1939, mais signalé comme dangereux syndicaliste, il est envoyé en Tunisie dans une unité disciplinaire. Il combat les Italiens sur la frontière libyenne. De retour en France, il reprend ses fonctions à Caen. Responsable de Résistance PTT pour la Normandie, il coordonne la mise en œuvre du plan violet dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, visant à couper le maximum de communications téléphoniques aux Allemands. Le 15 juillet, il est nommé capitaine par le général Chaban-Delmas. Le 1er novembre, il est nommé adjoint au commandant de la 3e région militaire de Rouen. En février 1945, il est envoyé en mission à Londres, puis en Allemagne jusqu’en mars 1946. Il reprend ensuite ses fonctions aux PTT et anime pendant de nombreuses années la section calvadosienne des Anciens Combattants des PTT.

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EUGÈNE MAËS, 1890-1945 ootballeur, joueur au Red Star, puis au Stade Malherbe Caennais, il est sélectionné 11 fois en équipe de France entre 1911 et 1913. À sa retraite, il crée une école de natation sur les bords de l’Orne, le Lido. Connu pour son franc-parler, il reproche à Marie-Clotilde de Combiens de se compromettre avec des membres de la Gestapo. Dénoncé

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par celle-ci, il est arrêté le 21 juin 1943 avant d’être déporté au camp de concentration d’Ellrich. Il meurt dans le camp de concentration de Dora le 30 mars 1945.

Marthe et Madeleine Thomas

LA FAMILLE THOMAS Une famille engagée dans la Résistance !

EUGÈNE MESLIN, 1890-1946 ngénieur des Ponts et Chaussées, en charge du port de Caen, Eugène Meslin , alias Morvan, devient très vite chef d’état-major de l’OCM pour la Normandie. A l’automne 1943, il est promu chef de la région M1

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(14 départements de l’Ouest) au sein de l’Armée secrète. Après la guerre, il poursuit ses activités à la tête du port de Caen et meurt en 1946.

PAULETTE RENAULT épouse VALLERIE. lle s'engage au Front national et plus particulièrement dans le FPJ (Front Patriotique de la Jeunesse). Elle fournit des faux papiers aux réfractaires du STO, des caches et du ravitaillement. Elle recueille des renseignements. Elle est arrêtée le 11 novembre 1943 en même temps que le responsable du groupe Michel

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de Bouärd. Le réseau est démantelé. Partie pour Romainville le 29 février 1944, elle arrive au camp de Ravensbrück le 3 mai 1944 puis est ensuite transférée au camp de Mauthausen le 2 mars 1945.

e père, Louis, les enfants, Robert, Madeleine, Marthe, Louise et Jeanne, travaillent pour l'OCM et le Réseau Centurie. Ils réalisent ensemble des cartes, des plans des systèmes de défense allemands, ainsi que de fausses cartes d'identité. Le 2 octobre 1943, Marthe, Madeleine et Jeanne sont toutes les trois arrêtées en même temps par la Gestapo avec leur père, et internés successivement à Caen, puis à Lisieux. La maman n'est pas inquiétée, le fils part pour le maquis au Vercors. Elles sont condamnées par le Tribunal de la Feldkommandantur 723 de Caen pour falsification de papiers mais pas pour le travail cartographique. Jeanne est condamnée à trois mois de prison, Marthe à cinq, Madeleine à sept, Louise et son père sont libérés.

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itinéraire André Montagne, dernier survivant calvadosien du convoi des 45 000

Membre des Jeunesses communistes clandestines, il est arrêté le 28 Janvier 1941 « pour reconstitution de ligue dissoute », condamné à huit mois de prison et incarcéré à la prison de Caen. Il est arrêté de nouveau le 1er Mai 1942 comme otage à la suite du déraillement du train MaastrichtCherbourg à Airan. Déporté à Auschwitz dans le convoi des 45 000, il est en contact avec la Résistance à l'intérieur du camp. Transféré à Mauthausen, il est libéré le 5 Mai 1945 par l’armée américaine. Depuis son retour, il multiplie les activités au service de la Mémoire et de la Déportation et des familles de ses camarades disparus. Il est à l'origine, avec David Badache, de la première stèle rendant hommage aux otages de 1942. Il a été fait chevalier de la Légion d’honneur en 2004.

EN MÉMOIRE DE 120 OTAGES

de la mémoire

André Montagne, janvier 2010

Après les arrestations du 1er et 2 Mai 1942 à la suite du déraillement d'Airan, les otages sont incarcérés pour certains à la Maison d'arrêt de la Maladrerie puis regroupés au petit Lycée de Caen. Ensuite, ils sont emmenés sous forte escorte à la gare, côté marchandises. De là, ils partent pour le camp de Compiègne où ils sont internés. Le 6 Juillet 1942 pour la majorité d'entre d'eux, c'est le départ pour Auschwitz dans le convoi des 45 000. Seuls 8 des 80 déportés calvadosiens en reviendront. Deux stèles leurs rendent hommage. Elles ont été réalisées à la demande de l'association Mémoire Vive, de la Mairie de Caen et de l'atelier patrimoine du Collège d'Evrecy.

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Chargé d’une mission de négociation auprès du Général Boisson à Dakar, il est arrêté avec Hettier de Boislambert le 23 septembre 1940. Ils sont internés d’abord à Bamako, puis à Alger et ramenés en France pour être jugés.

FRED SCAMARONI

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red Scamaroni est né à Ajaccio le 24 octobre 1914. Fils de préfet, chef de cabinet du Préfet du Calvados en 1939, à la déclaration de guerre, il demande son affectation dans l’armée de l’Air. Le 19 mai 1940, il est blessé au cours d’un vol. Replié à SaintJean-de-Luz, il embarque sur un croiseur polonais pour rejoindre le Général de Gaulle à Londres. Il signe le 26 juin 1940 son engagement dans les Forces Françaises Libres.

Après son internement, il prendra un emploi à Vichy et va créer un réseau militaire : le Réseau Copernic. Il rejoint à nouveau Londres et est affecté au BCRA. Il sera chargé d’une mission importante en Corse le 7 janvier 1943 pour créer un réseau des Forces Françaises Libres et unifier la Résistance. Il est arrêté par l’OVRA. Incarcéré à Ajaccio, il est torturé. Le 20 Mars 1943, il écrit avec son sang sur le mur de sa cellule : « Je n’ai pas parlé, Vive la France, Vive De Gaulle », et il se suicide. En hommage à ce héros exemplaire, la Compagnie de Résistants et de FFI créée par Léonard Gille à Caen en Juin 1944, prendra le nom de « compagnie Scamaroni ».

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POSTE GAMBETTA C’est depuis Caen Gambetta où il travaille au central téléphonique qu’Henri Le Veillé structure le réseau Résistance PTT pour la Normandie. Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, les résistants PTT participent activement au plan violet visant à neutraliser les communications allemandes. Ce bâtiment est également le siège de la direction départementale des PTT du Calvados. Dans la salle des guichets, est établie en 1946 une plaque rendant hommage aux agents des PTT victimes de la Seconde Guerre mondiale : 9 fusillés ou morts en déportation et 57 victimes des bombardements. Tous les 8 mai et 11 novembre, une cérémonie du souvenir leur rend hommage.

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C'est le siège de la Gestapo où l'on interroge et torture après les arrestations. C'était avant la guerre, un cabinet de radiologie qui appartenait au docteur Pecker.

HÔTEL MALHERBE

RAYMOND CHÂTELAIN

Il a servi de siège à la Feldkommandantur de l'armée allemande pendant l'occupation. Jusqu'en juillet 1942, c'est sous son autorité que s'opère la répression nazie à Caen. À partir de cette date, le relais est pris par l'Auskommando sur SIPO – SD à Caen. Le 11 novembre 1941, un dépôt de gerbes est fait par des jeunes Caennais au monument Place Foch. Certains sont arrêtés, fichés, et seront déportés avec les otages de 1942.

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Lucien Colin, déporté, décédé à Birkenau le 16 janvier 1943.

LE DOCTEUR PECKER

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aphaël Pecker naît le 22 novembre 1891 à Paris où il fait se études de médecine. Il sert dans l’armée comme médecin de bataillon durant quatre ans. En 1937, il ouvre son cabinet médical au 44 rue des Jacobins. Au cours de la guerre, il intègre le réseau de Résistance « Arc-enciel » mais est arrêté comme juif le 1er mai 1942. Il est conduit à la prison de Caen puis au camp de Drancy, et enfin à Auschwitz où il meurt suite à de mauvais traitements le 1er août 1942.

Avant la guerre.

embre de la compagnie de FFI de Caen Fred Scamaroni, il défend, au début du mois de juillet 1944, l’îlot de réfugiés des Petites sœurs des Pauvres contre les ordres d’évacuation des Allemands. Pour la Résistance, il effectue des missions de renseignement sur l’évolution de la présence allemande à Caen. Le 15 juillet, accompagné de Gilbert Detolle, il réussit à franchir l’Orne et à établir le contact avec les Canadiens installés rue SaintLouis. À plusieurs reprises, ces jeunes Résistants franchissent les lignes pour apporter de précieux renseignements aux Canadiens. Le 18 juillet, accompagné d’une patrouille canadienne, Gilbert Detolle découvre près du pont de Vaucelles le cadavre de son camarade Raymond Châtelain, tué pendant la nuit par un éclat d’obus. a p

Marcel Colin, déporté, décédé à Birkenau le 4 novembre 1942.

Après les bombardements de juin 1944.

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PLACE DE LA GARE

LA RÉSISTANCE FER MAURICE ARROT heminot au dépôt de la SNCF de Caen, il est fait prisonnier par les Allemands en 1940, mais est libéré pour raisons de santé. Il reprend son travail. En 1943, il entre dans la Résistance, rejoignant le groupe du Front National de la gare de Caen. Pris dans une rafle lancée par la Gestapo au printemps 1944, il est arrêté le 16 mai à Cagny où il se cachait dans sa famille. Enfermé à la maison d’arrêt de Caen, il y est fusillé le 6 juin 1944 par les nazis comme près de 80 autres Résistants.

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Tout en étant très utilisé par l’occupant, le chemin de fer l’est également par la Résistance. Le mouvement Résistance Fer s’en sert pour convoyer des hommes, des armes, des tracts et divers matériels. Dès l’été 1940, deux cheminots syndicalistes, Armand Huet et Camille Bourdais, s’engagent dans la Résistance. Dans le Calvados, un réseau se structure en 1942, regroupant Gustave Noël, les trois frères Boutrois, Georges Corbey, Jean Desvouges, Maurice Arrot ou Roger Leduc… Jean Le Moal organise une section clandestine de la CGT et déclenche le 30 novembre 1943 un arrêt de travail pour protester contre des salaires insuffisants bien que la grève soit interdite par le régime du maréchal Pétain. Les cheminots sabotent les trains : par exemple des pièces à première vue invisibles sont enlevées. Ceux qui n’ont pas été arrêtés par la Gestapo participent au plan vert lors du Débarquement. L’engagement des cheminots, mais aussi leur exposition aux mitraillages et aux bombardements leur firent payer un lourd tribut. Le bilan de l’arrondissement de Caen en témoigne : 54 agents tués, plus de 250 blessés dont 176 agents de traction sur un total de 500.

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BERNARD ET JOSEPH PICQUENOT e père et le fils, tous deux employés à la SNCF, s’engagent dans le groupe du Front National de la gare de Caen. Bernard avait participé à la campagne de France ; fait prisonnier, il est libéré en 1942. Arrêtés le 1er juin 1944, ils sont fusillés cinq jours plus tard à la maison d’arrêt de Caen.

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LOUIS BOUILLARD é à Ussy en 1899, mineur à Potigny, il a participé en 1919 à la mutinerie de la flotte française envoyée en mer Noire pour lutter contre la révolution russe. Ce militant communiste est arrêté le 21 mars 1942 et incarcéré à Caen. Il est exécuté le 30 avril 1942 à la caserne du 43e régiment d'artillerie.

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LUCIEN SAMPAIX

MICHEL FARRÉ é à Mondeville en 1921, il a à peine plus de 20 ans quand il est fusillé comme otage le 15 décembre 1941 à la caserne du 43e régiment d'artillerie, avec notamment Gisèle Guillemot. Il était membre d'un petit groupe de Résistance affilié au Parti communiste clandestin et distribuait des tracts lors de son arrestation le 26 septembre 1941.

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LA STÈLE DU 43e RÉGIMENT D’ARTILLERIE

ncien ouvrier ajusteur, secrétaire général du journal L'Humanité, Lucien Sampaix est arrêté à Paris dès le 19 décembre 1939. Après une première évasion, il est de nouveau incarcéré à La Santé en 1941. Condamné aux travaux forcés à perpétuité, il est transféré à Caen où il est fusillé le 15 décembre 1941 à la caserne du 43e régiment d'artillerie avec douze autres otages, en représailles d'attentats commis contre des soldats de la Wehrmacht.

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mémoire

Cette stèle rend hommage à 62 Résistants ou otages fusillés par les Allemands dans l’enceinte de la caserne au cours de l’occupation. Certains des fusillés appartenaient au réseau Hector et ont été accusés d’avoir distribué des tracts antiallemands ou mené des actions de Résistance. Parmi eux figurent Michel André et Jacques Dugardin qui ont distribué un journal clandestin « Les Petites Ailes de France ».

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TRANSMETTRE LA MÉMOIRE SANS RELÂCHE ! Ce travail collectif est le résultat d'une démarche pédagogique de plusieurs années. Marion a écrit : « Nous avons la chance d'être la dernière génération d'élèves à pouvoir rencontrer des témoins directs de la Résistance et de la Déportation ». Les échanges ont été systématiquement organisés et favorisés par des enseignants avec le concours d'associations comme Mémoire Vive, la FNDIRP, la Fondation pour la Mémoire de la Résistance et de la Déportation. Il ne s'agit pas seulement de reconstituer le passé, de recueillir de précieux témoignages, mais aussi de transmettre des valeurs d'humanisme, de tolérance et de solidarité. Jacques Vico, ancien Résistant : « Les valeurs de la Résistance sont à la fois éternelles et universelles ». Cette démarche a été le fil rouge de nos actions. Les élèves ont réalisé depuis plusieurs années des parcours de Mémoire dans la ville de Caen. Cela nous a permis de faire aboutir, avec l'association Mémoire Vive, la démarche auprès de la Mairie de Caen afin d'ériger une stèle avec le nom des otages de mai 1942 au cœur de notre ville.

Elèves et professeurs ayant participé à l'atelier « Résistants à Caen » Elsa Draï Valentin Dieudonné Hugoline Fouques Chloé Bellou Morgane Gaulier Jasmin Lemonnier Léonie Blanchard Alexandre Nowicki Marie Piccoli Audrey Samson François Le Gros (Professeur d'Histoire Géographie)

Quatre ouvrages ont été produits par les élèves d'Evrecy sur la Résistance et la Déportation : - Résistance entre Laize et Odon - Bayeux et le Bessin 1940-1944 (avec le Collège Alain Chartier) - De Caen à Auschwitz (avec le Lycée Malherbe) - Résistance au Féminin. Des voyages de Mémoire ont été organisés à Auschwitz et au camp de Natzweiler-Struthof avec à chaque fois d'anciens Déportés. Les élèves ont échangé avec les Déportés sur les lieux-mêmes où les nazis voulaient les faire disparaitre à jamais. Ils ont reçu leur leçon de courage et de Résistance face à la barbarie nazie. Remerciements à Roger Hommet, Claude Doktor, Jean Frémont, Alain Geslin, Nicole Bouet, Jean-Pierre Richard, Anne Sablery (Les Cahiers du Temps).

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Brahim Miftahi (Professeur de Lettres classiques)

Avec la participation d'Yves Lecouturier, historien


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L’ITINÉRAIRE DE LA MÉMOIRE Cet itinéraire dans Caen et cette publication donnent du sens à tous ces lieux de Mémoire de notre ville. Il s’agit de montrer que la Résistance bas-normande a payé un lourd tribut pour notre liberté d'aujourd'hui. Le fait que cette publication ait été réalisée avec le concours de la nouvelle génération est un gage important pour l'avenir, au moment où, profitant de la crise, les vieux démons du racisme et de l'antisémitisme refont surface. Comme l'a écrit le philosophe Georges Santayana « Ceux qui ne veulent pas connaitre leur passé sont condamnés à le revivre ». Nous remercions la Ville de Caen et son maire, Philippe Duron qui ont permis cette publication. Elle sera utile non seulement aux Caennais mais également à nos amis visiteurs d'autres régions. Merci également aux associations et aux historiens. Remercions enfin nos élèves qui ont donné de leur temps libre, de leur énergie, de leur soif d'apprendre pour la réussite de ce projet. François Le Gros, professeur d'Histoire Géographie Brahim Miftahi, professeur de Français.

Je suis né pour te connaître Pour te nommer Liberté

Paul Eluard, Poésie et vérité, dans Rendez-vous allemand, 1945

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LE MÉMORIAL DE CAEN, CITÉ DE L’HISTOIRE POUR LA PAIX Caen, bombardée lors de l’été 1944, ville martyre de la libération, méritait qu’un hommage à la mesure de ses souffrances lui soit rendu. Ce fut fait mais dans un esprit qui reste le fil conducteur de l’action du Mémorial, celui de la réconciliation. Cet esprit, propre au Mémorial de Caen, guide les pas de ses visiteurs à travers les différentes étapes du musée qui les plongent au cœur de l’Histoire du XXe siècle. Durant ce siècle, près de 60 millions d’hommes vont disparaître ; les régimes politiques les plus hostiles aux principes essentiels du respect de la vie entraîneront le monde dans le chaos et la brutalité. Nous sommes toutes et tous héritiers de ce siècle dont on doit, à tout prix, conserver la mémoire intacte et sans cesse écrire l’Histoire. Mémoire des martyrs, mémoire des idées, mémoire des sacrifices pour sauver l’homme de « l’inhumanité de l’homme pour l’homme ».

Itinéraire de la mémoire  

Livret édité à l'occasion de l'accueil à Caen du drapeau des Villes Médaillées de la Résistance, le 25 septembre 2010.

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