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un livre-dvd Un ouvrage rare et précieux, un objet luxueux présenté dans un coffret créé par le plasticien japonais Aki Kuroda, composé de cahiers de différents formats et couleurs, et accompagné d’un DVD : autant d’entrées dans l’univers riche et exigeant du chorégraphe. Pour explorer cet univers, l’auteur s’appuie sur trois chorégraphies, réunies sur le DVD, dont elle raconte la genèse : Annonciation, ballet créé à partir du célèbre épisode biblique, Les Raboteurs, création inspirée par le tableau de Gustave Caillebotte, Un trait d’union, chorégraphie pour deux hommes inspirée par une nouvelle de Sartre.

ontact diteur Pascale de Mezamat naïve livres 9, rue Victor Massé 75009 Paris t : 01 56 02 20 00 f : 01 56 02 20 20 naivelivres@naive.fr

Création graphique © Agnès Dahan - Hors Commerce

ontact libraires salons /presse Laurence Patrice naïve livres 9, rue Victor Massé 75009 Paris t : 01 56 02 20 46 f : 01 56 02 20 20 lpatrice@naive.fr

Ce livre rassemble de nombreuses archives, des documents personnels de l’artiste : photos, notes, partitions, croquis préparatoires… Il s’intéresse aux influences picturales, littéraires et musicales du chorégraphe, et réunit des témoignages et des inédits d’artistes ayant un jour collaboré avec lui : Enki Bilal, Fabrice Hyber, l’écrivain Pascal Quignard, le compositeur Goran Vejvoda, le musicien de groupe Air Jean-Benoit Dunckel, le danseur étoile Wilfried Romoli, ou la réalisatrice Valérie Müller… Pour la première fois dans ce livre, l’activité de peintre d’Angelin Preljocaj, confidentielle jusqu’alors, est dévoilée, avec la reproduction de plusieurs de ses œuvres.

ctualit du allet reljocaj  La Première mondiale du ballet Blanche Neige aura lieu à la Biennale de la Danse à Lyon en septembre 2008. Il sera repris en octobre à Paris au Théâtre national de Chaillot.

Format : 24 x 32 cm PPV : 120 euros 184 pages, 130 documents iconographiques 1 DVD de 3 films inséré dans la 2e de couverture Durée totale : 50 mn Ensemble sous coffret En librairie le 1er octobre 2008 ISBN : 978-2-35021-152-7

9782350211633

angelin prel joca j topologie de l’invisible Françoise Cruz


Cet ouvrage se décompose par strates, multipliant les perspectives d’approche de l’univers du chorégraphe. Il contient trois formats de cahiers différents : 22 x 30 cm, 18 x 26 cm et 16 x 24 cm. Un regard distancié et analytique dans les grands cahiers 22 x 30 cm, puis une immersion sensuelle dans l’univers des trois chorégraphies du DVD. à chacun des films correspond un cahier images 18 x 26 cm dans lequel est enchassé un cahier texte plus petit (16 x 24 cm), où l’auteur Françoise Cruz nous fait plonger au cœur de la planète Preljocaj.

ANNONCIATION

2003

« Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole elle fut toute troublée, et elle se demandait ce que signifiait cette salutation. Et l’Ange lui dit : « Sois sans crainte, Marie ; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus. » Mais Marie dit à l’Ange : « Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d’homme ? » L’Ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; car rien ne sera impossible à Dieu qui est tout Verbe. » Marie dit alors : « Je suis la servante du Seigneur ; qu’il m’advienne selon ton Verbe ! » Et l’Ange la quitta. (Luc, 1, 26-38)

L’Annonciation, la scène la plus énigmatique de tous les temps, ouvre une ère nouvelle dans l’histoire de l’humanité. Cet événement n’a cessé d’inspirer les plus éminents peintres, historiens, visionnaires, romanciers, analystes, cinéastes, chorégraphes… Domenico Veneziano, Fra Angelico, Piero della Francesca, Giotto, Léonard de Vinci, Titien, Michel-Ange, Andy Warhol, Gérard Richter, Angelin Preljocaj, tous ont succombé au mystère de l’Annonciation. Ce texte fondateur n’apparaît que dans l’Évangile de saint Luc. Au cours des siècles, les écrits ont brodé et nourri le texte original. L’Annonciation est fêtée par l’Église à partir du VIe siècle. Dans l’iconographie traditionnelle, l’archange a l’aspect d’un jeune homme et se tient debout devant la Vierge. Ensuite, l’archange va apparaître muni d’un lys. Dans la basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome, la mosaïque de l’Annonciation est enrichie de la présence d’anges qui veillent autour du trône de la Vierge. Progressivement, des modifications apparaissent : l’archange vient de la gauche, et Marie, quant à elle, est représentée dans une attitude passive et majestueuse. Elle tient en général un livre, qui, lorsqu’il est ouvert, permet de distinguer la prédication d’Isaïe : «Voici que la Vierge aura un enfant » (Es. 7, 14).

UN TRAIT D’UNION

2005

« Lorsque j’ai lu cette nouvelle de Jean-Paul Sartre, “La chambre”, se souvient Angelin Preljocaj, j’ai ressenti la nécessité de créer une histoire parallèle, presque comme un écho. Je l’ai lue et relue. Quelque chose s’imprimait en moi. Deux êtres enfermés, refusant les faux-semblants, une liberté sous conditions. J’ai écrit Un trait d’union. Ensuite, la création a été beaucoup dansée dans le monde entier, et j’ai oublié la genèse de cette histoire. J’ignore pourquoi, elle me revient aujourd’hui, avec une force obsédante. Je mesure l’ampleur de l’influence de l’existentialisme sur moi, à l’époque où j’ai créé ce ballet. » Un léger voile faisant office de rideau se soulève, sa lumière verte et fraîche se distille dans la pièce, elle tamise les bruits de la rue. Deux pensées s’entrecroisent, s’enchevêtrent, s’entrechoquent. Si l’un est l’autre, que se veulent-ils ? À partir de ce point, ils vont s’entraimer, s’entredévorer. Je suis ta victime idéale. Tu es mon tortionnaire préféré. Si tu tombes à terre, je te relève. Si tu me relèves, je te ferai tomber. Si tu me relèves, c’est que tu me vois, si tu me vois, c’est donc que j’existe ? Mouvements de balancier. J’ai tant besoin de toi qu’il me faut te détruire et je t’aime si follement, si violemment, qu’il me sera aisé de te faire du mal. Ta douceur aiguise mon appétit et je m’apprête à te manger, mais si tu disparais, je me dissous aussi, alors je t’en implore, sois fort, car c’est ma faiblesse qui sera cause de ta chute, sois fort comme moi, est-ce que l’on est bien vivants ? Oui, car il y a l’heure, des aiguilles qui tournent, presque au rythme de la musique, oui, car il y a le souffle du rideau qui se soulève et les bruits extérieurs qui nous prouvent bien que nous, nous sommes à l’intérieur. Les mains d’Ève glissèrent le long du fauteuil, et elle se tourna vers la fenêtre. Elle était éblouie. La pièce était remplie de soleil, il y en avait partout : sur le tapis en ronds pâles ; dans l’air, comme une poussière aveuglante. Ève avait perdu l’habitude de cette lumière indiscrète et diligente, qui furetait partout, récurait tous les coins, qui frottait les meubles et les faisait reluire comme une bonne ménagère. Elle s’avança pourtant jusqu’à la


ANGELIN PRELJOCAJ, TOPOLOGIE DE L'INVISIBLE