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novembre 2016 - JANVIER 2017 I numéro 5 I 12€

la nouvelle vague


I édito I

novembre 2016 - JANVIER 2017 I numéro 5 I 12€ www.sonovision.com

Éditeur et Directeur de la publication Stéphan Faudeux stephan@mediakwest.com

Rédactrice en chef Nathalie Klimberg nathalie@mediakwest.com

Équipe de rédacteurs

Au cœur de la vague

S.P. Cholifex, Emma Mahoudeau-Deleva, Stéphan Faudeux, Antoine Gruber, Annik Hémery, Pierre-Antoine Taufour

Direction Artistique

Voilà un an, nous relancions la nouvelle formule de Sonovision. Un pari, puisque nombre de nos lecteurs connaissaient l’ancienne formule et n’attendaient pas forcément la nouvelle.

Tania Decousser

Relecture Christian Bisanti

Sonovision, pour vous qui ne le connaissez pas encore, est le magazine dédié aux images, non celles des salles de cinéma ou des téléviseurs dans les foyers, mais toutes les autres !

Régie publicitaire

Les images diffusées sur les écrans, dans les boutiques, dans les lieux accueillant divers

Sébastien Brulier

publics... Les images géantes, colorées qui habillent les édifices publics en mapping 3D, les

sebastien@genum.fr

Société éditrice

images 360 de réalité virtuelle qui vous transportent au cœur de l’action, celles qui vous racontent des histoires dans les scénographies dynamiques des musées. Il y a aussi les images

Sonovision est édité par Génération Numérique

des productions corporate, celles des cérémonies d’ouverture ou de lancement de produits.

Siège social : 55 rue Henri Barbusse, 92190 Meudon

Toutes ces formes de communication, toute cette créativité, ces innovations qui placent

RCS Nanterre B 802 762 054 N° Siret : 80276205400012 CPPAP : 0117 K 79737

l’expérience au cœur des préoccupations nous passionnent. Nous avons faim d’images, mais avouez-le : vous aussi, vous avez faim d’images !

Dépôt légal : novembre 2016

Nous sommes le seul média francophone à présenter les univers de la communication et de

ISSN : 2490-6697

l’intégration audiovisuelle sous l’angle de l’innovation technologique, des talents créatifs et

Service abonnement Georges Coste : 01 77 45 24 00

Flashage et Impression Imprimerie Corlet (181 753) Z.I. Maximilien Vox

nous revendiquons notre orientation éditoriale. Dans un monde où les écrans sont rois, où le smartphone guide nos vies, l’image se pense aujourd’hui avec de l’interactivité, du tactile, de l’immersion ; elle est immense, elle vibre, palpite, elle est hybride et se marie avec du son et de la lumière.

BP 86, 14110 Condé-sur-Noireau

Nous avons rencontré Superbien, une agence dans l’air du temps qui, pour chacun de ses

Routage CEVA (399 530 831)

projets, cherche à faire rêver, émouvoir en s’appuyant sur les évolutions technologiques. Cette agence rend le spectateur acteur en lui donnant les moyens d’interagir en direct avec le contenu. Les défis sont nombreux, mais excitants car lorsque l’on repousse ses limites

Pour contacter la rédaction

l’adrénaline est plus forte !

contact@sonovision.com / 01 77 62 75 00

Cette montée en puissance de l’immersion et de l’interaction que nous vivons aujourd’hui à Les indications de marques et adresses qui figurent dans les pages rédactionnelles sont fournies à titre informatif, sans aucun but publicitaire. Toute

la télévision, au cinéma, dans l’audiovisuel au sens large, est exaltante car elle fait de nous des pionniers en puissance. Cependant, pour tenir ses promesses, elle doit s’appuyer sur des moteurs 3D, de la puissance graphique, des matériels performants et des talents. Nous sommes

reproduction de textes, photos, logos publiés dans ce

là pour vous les présenter. À vous de les découvrir pour créer et nous emmener au cœur de la

numéro est rigoureusement interdite sans l’accord

vague !

express de l’éditeur. Crédits photos © DR sauf : - Couverture : © Superbien - Page 12 © Seppia, Holo3 et Inventive Studio © JF Badias - Page 13 © Seppia, Holo3 et Inventive Studio © Iconem / DGAM - Page 14 © Art Graphique & Patrimoine - Pages 16 - 17 : © François Confino - Page 18 © Charles Fortin © Superbien - Page 19 © HUB Institute / Emmanuel Vivier © Superbien - Pages 22 - 24 : © StarLeaf - Page 32 © iStock - Page 40 © PA Taufour - Page 42 © PA Taufour © Olympique lyonnais Groupe - Pages 44 - 45 : © Gefen

Stephan Faudeux Directeur de la publication

www.sonovision.com Sonovision sonovisionmag www.sonovision.com

SONOVISION I novembre 2016 - janvier 2017 I numéro 5

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I sommaire I

SOMMAIRE Les news

16 CHARLY’S WORLD Charlot fringant dans son musée

4 Les brèves 10  Daniel Lamarre prononcera la keynote de clôture du salon ISE 2017

UNIVERS

12 Réalité Virtuelle au musée, premières expériences 16 Charlot fringant dans son musée 18 Superbien, l’émotion immersive

services

18 ÉMOTION

Superbien, l’émotion immersive

20 22 26 30

Asobo met la réalité augmentée à portée des entreprises StarLeaf étend les services de visioconférence dans le cloud DynaScan, des écrans hautes performances ! Bubblz Workflow : un assistant de production 2.0

DOSSIER

32 Processeurs audio, nouvelle génération

TEST

36 TeamConnect Wireless, l’audioconférence simplifiée 38 Matrox Monarch LCS, encodage multiflux pratique et polyvalent

TECHNIQUE

20 RÉALITÉ AUGMENTÉE

Asobo met la réalité augmentée à portée des entreprises

40 Le nouveau stade de l’Olympique lyonnais, un concentré de technologies 44 Gefen développe Syner-G pour gérer les multiples réseaux de distribution des images 46 Perfect World Entertainment « booste » la qualité de ses contenus live 48 L’Eikos² se prend au jeu de la Japan Expo

36 RÉUNIONS

TeamConnect Wireless, l’audioconférence simplifiée

48 CULTURE JAPONAISE

L’Eikos² se prend au jeu de la Japan Expo

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32 DOSSIER

Processeurs audio, nouvelle génération


De quoi avez-vous besoin pour enregistrer et streamer vos présentations vidéo/ graphiques professionnelles ?

Prix compétitif Simple d’utilisation Facile à intégrer

té Nouveau

Matrox Monarch LCS

Le système idéal pour enregistrer et faire du streaming de vos vidéo et présentation graphiques.

Grace à la simplicité et la fiabilité du Monarch LCS, votre administrateur système pourra facilement intégrer ce boitier réseau dans tout type de VMS (Video Management System). Vous pouvez facilement définir des profils mixant camera Video et présentations graphiques d’un ordinateur, en utilisant les entrées SDI et HDMI, faire du streaming live de ces présentations, et aussi les enregistrer. Une fois configuré, le Monarch LCS avec son moteur d’encodage H264, peut être utilisé par n’importe qui, juste en appuyant sur un bouton, et sans faire exploser votre budget !

Venez nous voir au SATIS – Stand B03 www.matrox.com/monarchlcs/Sonovision Matrox est une marque déposée et Matrox Monarch LCS est une marque commerciale de Matrox Electronic Systems Ltd. Toutes les autres sociétés et produits sont des marques commerciales ou marques déposées de leurs détenteurs respectifs.


LES news

nouvelles expériences

4

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LES news 15, 16, 17 novembre pavillon 4 - Paris expo Porte de Versailles

Le monde de l’événementiel se donne rendez-vous à la Porte de Versailles

2 016 s da n e g a ABLES À vos URN

ONTO NC I ES L POUR 016 ! De fin 2

15, 16, 17 novembre pavillon 3 - Paris expo Porte de Versailles

La place de marché de référence de l’audiovisuel francophone

Heavent Paris représente plus grand salon événementiel européen. Depuis 16 ans, il s’impose comme un rendez-vous de référence pour les prescripteurs et décisionnaires en matière d’événements. Qu’ils soient issus des secteurs Corporate, associatifs, d’agences, professionnels de l’événement, de l’exposition ou des congrès, ces professionnels se donnent rendez-vous sur un espace scénographié qui regroupe plus de 450 exposants et propose deux zones thématiques : une zone lieux événementiels & traiteurs et une zone Digital et Nouvelles Technologies (où tous les exposants présentant des solutions numériques pour les congrès/centres d’exposition seront regroupés). Heavent propose aussi huit conférences et trois ateliers. Ce grand rendez-vous (qui comptait plus de 13 000 visiteurs accrédités en 2015) permet à l’ensemble des acteurs du secteur de se retrouver dans un cadre professionnel, mais aussi festif… Tous les ans, des Heavent Awards récompensent notamment les plus beaux stands dans quatre catégories : - Prix du meilleur stand technique et technologie, - Prix du meilleur stand création et décoration, - Prix du meilleur stand accueil et réception, - Prix du meilleur stand de l’année. … Et cette année, Sonovision participe au jury ! Le salon propose aussi la quatrième édition des Vénus de l’Innovation. Conçus par Tarsus France et Manifestory, ces Vénus récompensent les offres innovantes des entreprises événementielles… Parmi les conférences et ateliers d’Heavent 2016, on peut noter la table ronde « Les coulisses de trois des événements les plus marquants de 2016, par ceux qui les ont organisés », mardi 15 novembre. Celle-ci propose de découvrir la Convention Citroën Wordwilde, l’exposition Schneider Electric « Vivre et travailler en 2030 » et le programme musical de la Caisse d’Épargne « Esprit Musique ».

Pour sa 34a édition, le Salon des technologies de l’image et du son, événement de référence de la communauté audiovisuelle francophone, accueille 140 exposants. Aux côtés du Village « Réalité Virtuelle », créé l’année dernière, les visiteurs peuvent découvrir deux nouveaux espaces thématiques : le Village TV3.0 et le Village des Écoles d’Audiovisuel. Sur le salon, plusieurs produits et services sont présentés en première exclusivité sur le territoire français, c’est notamment le cas de l’analyseur audio Clarity M, du Connect-one d’EXALUX, de la nouvelle console Intellimix II de Yellowtec, de la caméra 4K PXW-Z450 de Sony ou encore de l’offre Videocloud de JVC… Vitrine des solutions et outils qui répondent aux problématiques liées à la création, la production, l’exploitation et la valorisation des médias, le Satis accompagne ses visiteurs en leur proposant 35 conférences et 3 masterclasses en accès gratuit. Ce cycle sans équivalent propose des thématiques d’une grande diversité, en voici quelques exemples : « Héberger et monétiser ses vidéos de manière autonome », « Le tournage multicaméra en 4K », « La projection mapping » ou encore « La VR pour la communication et le marketing ». En bref, un environnement favorable pour découvrir les dernières solutions de tournage, de postproduction et de diffusion, avec des conseils et des retours avisés d’experts et de belles rencontres ! Retrouvez la rédaction de Sonovision sur le Stand B06 ! www.satis-expo.com

www.heavent-expo.com

29, 30 novembre Docks de Paris, Plaine Saint-Denis

Les JTSE fêtent leur 20e édition !

Les Journées techniques du spectacle et de l’événement accueillent plus de 140 sociétés françaises et étrangères. Vitrine des univers techniques du spectacle, le rendez-vous propose un panorama unique de la machinerie, de l’éclairage, de l’audio, du scénique, des tribunes, ainsi que de la sécurité et de la formation. Nouveauté cette année : les JTSE donnent carte blanche au Laboratoire Arts & Technologies de Stereolux. Celui-ci, en partenariat avec les Éditions AS, propose des conférences thématiques dont certaines d’entre elles sont particulièrement dans l’air du temps pour les lecteurs de Sonovision, ainsi : « Créer avec la réalité virtuelle », « Installations artistiques et outils numériques : histoire d’une relation croisée » ou encore « Interfaces tangibles, fluides et dynamiques : quand la matière prend le contrôle »… www.jtse.fr

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LES news 360 Film Festival : 80 programmes VR au rendez-vous ! La 3 édition de Screen4All, Forum des technologies innovantes pour le film, la télévision et les nouveaux médias, qui se déroulait en octobre dernier à l’Usine de La Plaine SaintDenis, accueillait la première édition du 360 Film Festival. Ce festival, qui se veut la vitrine de la production d’expériences de réalité virtuelle dans tous les domaines, a reçu plus de 80 programmes en provenance de 18 pays. Un jury, présidé par la comédienne et productrice Julie Gayet, a attribué cinq prix et un coup de cœur parmi les 48 expériences VR en sélection finale. L’ Atelier d’Utrillo du Musée de Montmartre de Frédéric Purgal (produit par Art of Corner) a été récompensé dans la catégorie ART (il s’agit d’un programme VR qui s’expérimente avec un casque HTC Vive) et le trailer VR Assassin’s Creed – Jack the Ripper de Nicolas Bouchet (Ubisoft Montpellier) / Adrian Lacey (Unit Image) a reçu le prix de la catégorie Film de Commande. e

lumineux

Un Projecteur laser 8 000 lumen chez Hitachi

Conçu pour fonctionner jusqu’à 20 000 heures sans entretien, le LP-WU9750B, premier projecteur DLP Laser 8 000 lumen mono-puce DLP d’Hitachi Digital Media Group a été conçu pour offrir la fiabilité et la stabilité attendues des projecteurs d’installation. Outre sa belle luminosité de 8 000 lumens, le LP-WU9750B propose un rapport de contraste de 20 000: 1. « Afin d’assurer 20 000 heures de fonctionnement sans entretien dans des environnements exigeants, ce projecteur intègre un laser quad-entraînement, un moteur étanche à la poussière, une nouvelle roue de phosphore et un système de refroidissement », précise Axel Kutschke, senior manager, présentation produits pour Hitachi Digital Media Group. Le LP-WU9750B propose cinq connexions numériques : SDI, HDBaseT, DVI et deux ports HDMI. Avec ses sept objectifs interchangeables en option, dont le Throw UltraShort FL-920, il pourra répondre aux exigences d’un grand nombre d’environnements. Ce projecteur peut être installé à 360 degrés ou en mode portrait et ses réglages intègrent un mode fusion de bordures. Il pèse 28 kg pour une taille de 500 x 216 x 576 cm.

anniversaire

Christie : 15 ans en France ! Le 13 octobre dernier, Christie France célébrait ses 15 ans. Un anniversaire fêté comme il se doit par plus de 100 partenaires de la première heure, qu’ils soient issus du monde du cinéma, de la visualisation, de l’intégration ou de la prestation audiovisuelle. À cette occasion, le constructeur présentait ses derniers développements et nouveautés. Leader mondial en termes de technologies visuelles et audio dans les univers de l’affichage, du cinéma et de la communication, Christie propose, entre autres, 15 projecteurs laser (dont les Boxers, projecteurs 4K/120 Hz largement présents sur le marché) ; la série AP avec ses projecteurs LCD 5 000 lumens ; ses derniers écrans Led et l’offre de média-serveurs Pandoras. Les partenaires ont également pu découvrir le SAV de Christie France, qui représente le seul centre de maintenance tri-DLP en France. « Notre centre s’est renforcé année après année. Nous y avons acquis et développé des compétences techniques qui nous permettent une réactivité unique», rappelle Pascal Gervais, directeur et fondateur de Christie France. Fort de ses équipes, de ses services et de ses solutions innovantes, Christie France se projette sur le long terme et continue d’élargir une offre au plus près des utilisateurs.

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partage

Plate-forme cloud modulaire chez JVC

Sur IBC 2016, JVC a dévoilé JVC Videocloud. Il s’agit d’une plateforme web de gestion et de partage vidéo, plutôt intelligente, dont les déclinaisons permettent d’évoluer à son rythme avec, pour démarrer, une souscription gratuite. Le package de base Videocloud offre un outil simple et puissant pour gérer de la vidéo en streaming live ou de la VoD. Ces flux seront déclinés en adaptative streaming. L’accueil de l’interface est personnalisable, une monétisation de contenus et des inserts publicité sont prévus en option. La plateforme bénéficie aussi d’outils d’analyses de performances… Cette possibilité d’un site web en marque blanche pour diffuser des images de n’importe quel coin du globe ou pour développer une offre VoD est idéale pour les structures de petites tailles qui n’intègrent pas de webmaster (organisations, fédérations, entreprises, bloggers…) ou pour les opérations événementielles qui nécessitent une grande réactivité. Trois formules : gratuit pour 5 GB de stockage et moins de 50 vues/ heure, ou Formule Plus (49 $ - 20 GB de stockage + 200 vues/heure) ou Premium (99 $/mois – 100 GB de stockage +1 000 vues/heure).

CN-E18-80 mm: le zoom qui change la prise de vues 4K

Le CN-E18-80 mm T/4,4 L IS KAS S est un nouvel objectif EOS Cinéma Canon doté de l’ergonomie et de la fonctionnalité Ciné-Servo. Développée pour les vidéastes professionnels et amateurs experts qui travaillent avec des caméras à grand capteur, cette optique rejoint les CN7x17 et CN20x50 dans la gamme des objectifs Canon CinéServo. Elle se distingue par son incroyable niveau de performance, lié à l’intégration du servo-moteur dans le barillet de l’objectif, ce qui permet la commande numérique des opérations de zooming. Cet objectif offre une résolution 4K, pour des images d’une qualité exceptionnelle. Les trois modes de stabilisation exclusifs dont il est équipé assurent une stabilité parfaite, même à main levée. Il est actuellement l’objectif Canon Ciné-Servo le plus petit et le plus léger (1,2 kg) de la gamme. Particulièrement facile à utiliser, il évite les changements d’objectifs, offrant ainsi aux opérateurs travaillant en individuel une grande souplesse de tournage. Prix : 5 200 € HT

quadricoptère

Janus 360

Le leader français du drone professionnel Drone Volt a souhaité répondre à la demande croissante de prise de vues drones pour les visites virtuelles 3D et vidéos 360 ° avec le drone Janus 360. Ce drone est un quadricoptère équipé de dix caméras 4K réparties sur deux têtes. « Le Janus 360 est le premier drone dédié à la réalité virtuelle équipé de deux têtes, chaque caméra permettant un rendu 360 °. L’un de ses atouts est de pouvoir filmer en l’air à 360 ° sans qu’aucun élément du drone comme les hélices ou les trains d’atterrissage n’apparaisse à l’image », souligne Dimitri Batsis, président de Drone Volt. Caractéristiques techniques : - Dix caméras 4K. - Autonomie en vol de 15 minutes. - 150 Go d’images par vol environ. - Homologué S1, S2, S3. - 360 ° sans coupure d’image. - Double tête stabilisée.


LES news

La Blackmagic URSA Mini et le URSA Studio Viewfinder, la solution haut de gamme pour vos productions en direct ! En combinant la URSA Mini et le URSA Studio Viewfinder, vous disposez d'une solution complète permettant de capturer des images Ultra HD incroyables. Ces deux outils offrent toutes les fonctionnalités que proposent les caméras de studio broadcast. Vous disposez du réseau d'ordres, d'un voyant tally, de l'étalonnage et du contrôle caméra à distance grâce au mélangeur ATEM. C'est une solution de production en direct haut de gamme qui fournit des résultats professionnels pour vos projets HD et Ultra HD à un prix inférieur aux autres caméras de studio HD.

Viseur de studio professionnel

Solution parfaite en studio ou sur le terrain !

Une qualité broadcast exceptionnelle

Opérer une caméra pendant des concerts et des événements sportifs peut s’avérer laborieux si vous utilisez un œilleton standard peu adapté à ce genre d’utilisation. Le URSA Studio Viewfinder possède un grand écran muni d'un pare-soleil qui vous permet de rester derrière la caméra et de suivre l'action pendant de longues heures ! La URSA Mini est ergonomique et légère. Elle peut facilement être équipée d’un kit crosse épaule pour passer d’une utilisation sur trépied à une utilisation à l'épaule en quelques instants.

La URSA Mini est une véritable caméra numérique professionnelle qui capture des images HD et Ultra HD exceptionnelles ! Le capteur Super 35 offre une très large latitude permettant de filmer à l’intérieur, d’exposer correctement l'image et de conserver les détails visibles à travers une fenêtre sans qu'ils soient surexposés. Avec la URSA Mini, vous verrez à la fois les détails des zones d'ombre et des hautes lumières !

Le URSA Studio Viewfinder est doté d'un écran de 7”, de poignées et d'un voyant tally permettant d'afficher le numéro des caméras. Ce viseur est équipé de boutons, de molettes et de boutons de fonction personnalisables, tous à portée de main ! Vous pouvez donc très facilement régler la luminosité, le zébra et le focus peaking. Il est également doté d'un bras articulé qui permet de bouger la caméra sans jamais perdre l'image des yeux.

Les fonctionnalités d'une caméra de studio La URSA Mini comprend l'outil d'étalonnage primaire de DaVinci Resolve qui peut être contrôlé via la connexion SDI. Cet outil permet de calibrer toutes les caméras à distance à partir d'un mélangeur ATEM. Vous disposez également des fonctionnalités habituellement trouvées sur les caméras broadcast, notamment le voyant tally, le réseau d'ordres, le réglage de la mise au point à distance et bien plus encore. En outre, elle fonctionne via SDI, vous n'avez donc pas besoin d'acheter d'équipement ou de câbles supplémentaires.

www.blackmagicdesign.com/fr

Blackmagic URSA Mini À partir de 2859€* Blackmagic URSA Studio Viewfinder 1645€* *Le prix de vente conseillé est hors taxes. Le Viewfinder, la URSA Mini, l'objectif et les accessoires sont vendus séparément.

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LES news L’Extron Quantum Ultra : conçu pour gérer les murs d’images 4K et plus encore…

Depuis cet été, Extron Electronics a ajouté à sa gamme de produits le Quantum Ultra, un processeur modulaire 4K dédié aux murs d’images. Concentrant des technologies de pointe, ce boîtier a été conçu pour calculer des mises à l’échelle d’images 4K. Il intègre un moteur de calcul Vector 4K 4:4:4 Extron et un bus vidéo 400 Gbps HyperLane qui offre la possibilité de transporter une multitude de sources de haute résolution en temps réel. Le système, modulable, peut accepter une personnalisation de son panneau de sorties, ce qui le rend compatible avec pratiquement toutes les solutions d’affichage du marché. Il sera contrôlé via ses interfaces RS-232 et Ethernet. Un seul processeur gérera plusieurs murs d’images avec des résolutions plurielles et diverses orientations d’écrans, une flexibilité qui facilite la gestion des murs. mais en diminue aussi le coût. Prêt pour le futur, il offre des performances en temps réel inaccessibles par d’autres processeurs de mur d’images, puisque son bus vidéo 400 Gbps est suffisamment puissant pour gérer simultanément plus de vingt sources 4K/60 i avec un échantillonnage couleur 4:4:4… En fait, il possède déjà suffisamment de bande passante pour supporter une évolution vers le 8K et le HDR…

Enregistrement & streaming H.264 dans la poche avec Helo

Produit grand par sa philosophie mais petit par sa taille, Helo est un boîtier de streaming autonome proposé par Aja Video Systems. Doté d’entrées et sorties 3G-SDI et HDMI, Helo diffuse et enregistre des flux H.264 dans une résolution allant jusqu’à 1080p. Ses utilisateurs peuvent envoyer des signaux vidéo live vers des CDN et les enregistrer en simultané sur une carte SD, des clés USB ou un stockage en réseau, avec des boutons et flux dédiés pour faciliter la gestion des tâches. Helo a été conçu pour répondre aux besoins des professionnels qui ont besoin d’un enregistrement séparé de la source, en vue d’un archivage client ou d’une exploitation éditoriale ultérieure. Une demande assez fréquente lors de captations d’événements en direct. Caractéristiques techniques : • Enregistrement et streaming HD/SD H.264 autonomes. • Enregistrement et streaming H.264 jusqu’à 20 Mbps, configurables indépendamment. • Résolution et cadence optimale 1080p60. • Entrées 3G-SDI and HDMI. • Support audio intégré et deux prises RCA Jack pour le monitoring audio. • USB, SD Card ou enregistrement en réseau. • Un second port USB pour configurer les adresses IP et pour la transmission des upgrades firmware ultérieurs. Prix public 1 555 € HT Ce produit est présenté en pré-version sur le Satis (Stand : 3B03)

PentaHotel Paris, une expérience hôtelière réinventée Pour faire face à la concurrence des sites de location comme Airbnb, Les hôtels doivent se réinventer – créer de nouvelles expériences pour les clients… La chaîne 4 étoiles Pentahotels a compris l’enjeu et a ouvert son premier hôtel en France, à Roissy, en s’appuyant sur le concept « Être à l’hôtel, mais se sentir chez soi, une ambiance décontractée. » Avec 27 hôtels répartis sur sept pays et deux continents, Pentahotels propose aux voyageurs d’affaires et aux particuliers du confort et du style dans une atmosphère de détente. Marque de fabrique de la chaîne, le pentalounge associe quatre espaces : un salon, un bar, un café et une réception qui se démarquent par leur atmosphère « trendy ». Pour tous les hôtes qui aiment passer du temps dans leur chambre, il devient impossible de s’ennuyer ; équipées d’un baby-foot, d’une PlayStation 4 ou de flippers, les chambres d’hôtels Penta sont un peu le paradis des joueurs ! En termes de moyens audiovisuels, les chambres disposent d’un écran, ou deux, lorsqu’elles sont équipées d’une console de jeux. Le pentahotel de Paris, qui possède 186 chambres et huit salles de conférences intégrant toutes les installations technologiques pour des événements ou conférences, est situé à proximité de l’aéroport de Roissy.

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Carbonite Black Solo : le mélangeur vidéo pour tous !

Le Carbonite Black Solo est un mélangeur SD/HD/3G-SDI proposé par Ross Video qui propose neuf entrées (dont trois HDMI) avec synchroniseurs et up/down converters et six sorties (dont une HDMI). Ce châssis 1ME (4 keys + 1 key de transition) et deux Mini-ME, avec chacun deux keys, a été créé pour répondre aux attentes des Web TV, des prestations sportives légères et des institutions, comme les mairies ou parlements. Prix : à partir de 4 995 €

La magie au bout des doigts avec la console audio Intellimix II

La première console Intellimix de Yellowtec, lancée en 1999, a connu une carrière exceptionnelle dans l’audio professionnel. Présentée pour la première fois en France au Satis (15-17 novembre, Pavillon 3 - Porte de Versailles), la nouvelle Intellimix II représente une révolution dans le monde des consoles numériques. Les quatre « faders » sont en fait tactiles (brevet G-touch) : un appui du doigt permet d’avoir accès au réglage de chaque potentiomètre affiché ou au choix de l’entrée. Un rack 19” 1U regroupe le traitement et les entrées/sorties : micro, ligne analogique, AES, Madi, Dante. Cette nouvelle console, au look ultra moderne et à l’ergonomie révolutionnaire, fera le bonheur des petits studios radio, TV ou car SNG, par exemple. Prix : 6 970 € HT

SONY dévoile un caméscope d’épaule 4K

Sony introduira sur le marché, en décembre 2016, le PXW-Z450, le premier caméscope d’épaule 4K au monde. Ce caméscope 2/3” prend en charge une grande variété de formats, de la HD au QFHD 4K, et présente un confort amélioré pour les opérateurs grâce à un équilibre optimal à l’épaule. Il offre également toutes les fonctionnalités réseau et sans fil permettant un workflow facilité et plus rapide, de l’acquisition à la postproduction. Prix : 25 500 € (en vente directe).


LES news

Solutions facilitées pour problèmes complexes Simplicité du HDBaseT, accessibilité du H.264

AJA s’est spécialisé dans le développement de solutions pour faire évoluer les besoins des environnements de l’audiovisuel professionnel. Chacun de nos produits est conçu pour offrir une exceptionnelle polyvalence, une fiabilité inébranlable, privilégiant la rentabilité et la facilité d’installation et d’utilisation. Nous avons présenté au NAB quatre nouvelles solutions couvrant les technologies qui vont du HDBaseT au H.264 :

RovoCam

RovoRx-HDMI

U-TAP SDI ou HDMI

Splendides captures HD et UltraHD au travers de la supériorité des optiques Sony® et transport des images assuré par l’intégration intelligente du HDBaseT par AJA.

Le RovoRx-HDMI libère le monitoring HD/UltraHD au travers d’un simple câble Cat 5e/6.

U-TAP est la nouvelle famille d’outils de capture en USB 3.0, indépendants du système d’exploitation. Ils se présentent sous la forme de petits boitiers portatifs, faciles à transporter dans la poche, ils sont aussi petits que bon marché.

La RovoCam associe la qualité AJA à la simplicité et la souplesse du HDBaseT qui véhicule les belles images vidéo non-compressées HD et Ultra HD, l’audio, la télécommande VISCA de la caméra et son alimentation au travers d’un simple câble Cat 5e/6 qui peut courir jusqu’à 100 m.

En solution autonome ou comme le parfait compagnon de la RovoCam, le RovoRx-HDMI est un récepteur HDBaseT qui fournit des sorties AV en HDMI, des audios auxiliaires en RCA, l’alimentation, le contrôle RS-232 et un port USB pour les mises à jour et des contrôles additionnels.

U-TAP est disponible en SDI ou en HDMI, pour capturer les images vidéo et audio directement avec un vaste éventail de logiciels incluant le streaming et les conférences.

HELO Streaming et enregistrement H.264 simultanés via un outil dédié simplissime. HELO résout les besoins de streamer la vidéo de sources HDMI ou SDI tout en enregistrant sur un disque USB, une carte SD ou un stockage réseau. Obtenez une qualité d’encodage exceptionnelle pour la livraison de contenus par le réseau internet ou pour des enregistrements compacts sur le terrain.

Pour en savoir plus visitez www.aja.com SONOVISION I novembre 2016 - janvier 2017 I numéro 5

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cirque du solEIl et ise

Daniel Lamarre prononcera la keynote de clôture du salon ISE 2017 L’Integrated Systems Europe, le plus grand salon européen consacré à l’audiovisuel et à l’intégration de systèmes, a confirmé que Daniel Lamarre, PDG du Cirque du Soleil, présentera la keynote de clôture de l’événement le vendredi 10 février 2017. Par Stéphan Faudeux Depuis plus de 30 ans, le Cirque du Soleil est à la pointe de la création et de la production de spectacles, proposant des œuvres comme Varekai, Amaluna, Toruk - Le Premier Envol (inspiré par le film Avatar de James Cameron), The Beatles LOVE et Michael Jackson ONE, combinant acrobaties époustouflantes, théâtre, effets visuels et musique. Le Cirque du Soleil a sans cesse montré comment les dernières technologies audiovisuelles peuvent être mises au service de l’expression créative, en mettant en valeur les éléments clés d’une histoire. La compagnie se produit actuellement sur cinq continents et elle est devenue la compagnie de production théâtrale la plus importante au monde. Avant de prendre ses fonctions à la tête du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre a eu une longue et illustre carrière dans le développement commercial du secteur créatif, en travaillant notamment chez TVA Group, National Public Relations et Burson-Marsteller.

Daniel Lamarre, PDG du Cirque du Soleil.

Les nouveautés 2017

Il est actuellement responsable de la stratégie commerciale et de la croissance financière du Cirque du Soleil, tâche dont il s’acquitte en veillant à maintenir l’intégrité, la culture et les valeurs de la compagnie tout en supervisant son département créatif et la conception de tous ses nouveaux spectacles. Selon Daniel Lamarre, la créativité est la clé de la réussite commerciale ; l’une de ses principales qualités est sa capacité à apaiser les craintes des acteurs du monde des affaires qui cherchent à se développer à l’échelle mondiale. Deux de ses plus grands succès commerciaux sont consacrés à la musique légendaire de Michael Jackson et des Beatles. La production LOVE du Cirque du Soleil, basée sur la musique des Beatles, est le seul spectacle vivant que le groupe ait jamais autorisé. Quant à la production ONE, créée en hommage à l’œuvre de Michael Jackson, elle est le résultat d’une vive compétition entre plusieurs géants du divertissement qui négociaient avec les ayants droit du roi de la pop. Ces deux productions sont le fruit du sens aigu des affaires de Daniel Lamarre, ainsi que de sa capacité à tisser des liens étroits avec les grands noms de la communauté créative. En 2012, il a contribué au lancement de la conférence C2MTL, un évènement unique qui réunit d’éminents professionnels des milieux de la création et des affaires. Comme l’explique Daniel Lamarre : « Alors

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que les technologies émergentes ont de plus en plus d’influence sur le secteur des spectacles vivants, le moment est particulièrement bien choisi pour ma participation au salon ISE 2017. J’aurai ainsi l’occasion de partager ma vision de l’impact que les nouvelles technologies pourront avoir sur les contenus artistiques. » Mike Blackman, directeur général d’Integrated Systems Events, indique quant à lui : « ISE et ses cofondateurs CEDIA et InfoComm International sont honorés d’accueillir Daniel Lamarre pour la keynote de clôture du salon ISE 2017. Nous sommes impatients de découvrir les coulisses du Cirque du Soleil, présentées par un expert reconnu du développement commercial. » Le salon ISE 2017 se tiendra au centre RAI d’Amsterdam du 7 au 10 février 2017.

D’après les premiers chiffres, l’ISE 2017 devrait une nouvelle fois battre des records avec, notamment, 135 nouveaux exposants. Au total, l’ISE 2017 comprendra plus de 3 000 mètres carrés d’espace supplémentaire d’exposition par rapport à l’ISE 2016. Pour aider à faire face à la poursuite, d’année en année, de la croissance de l’ISE, le centre d’exposition RAI Amsterdam introduira un hall supplémentaire et un nouveau pavillon. La numérotation des halls sera revue et il y aura de nouvelles places de parking. Le nouveau hall, nommé Hall 9, sera en mesure d’être accessible via les Halls 8, 10 et 11. Un nouveau pavillon sera érigé à la place du Congrès, fournissant 1 500 mètres carrés nets supplémentaires de surface d’exposition. Il se connecte avec le Foyer Diamond Lounge et Auditorium. Le pavillon extérieur sera maintenant connu comme le Hall 14. Les inscriptions à l’événement sont ouvertes.


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I UN I VE R S I MU S ÉE I

Réalité Virtuelle au musée, premières expériences Après la réalité augmentée, la réalité virtuelle questionne les sites patrimoniaux. En septembre dernier, Cap Digital et CLIC (Club Innovation Culture) ont dressé un état de l’offre numérique innovante dans le cadre de Futur#Patrimoine. Par Annik Hémery

Seppia et Holo3 immergent le patrimoine

Produite par Seppia et réalisée par Holo3, l’application en réalité virtuelle sur casque Oculus Rift permet de survoler la flèche de la cathédrale de Strasbourg. © Seppia, Holo3 et Inventive Studio

En juin 2016, au musée des Arts et Métiers, Cap Digital et CLIC ont convié le public à expérimenter et évaluer plusieurs outils innovants autour de la réalité virtuelle patrimoniale (et augmentée). Cette présentation suivie par quelque 1 000 personnes n’a fait qu’entériner un engouement et une attente bien réels. Les gestionnaires de sites patrimoniaux par contre restent plus prudents devant cette innovation technologique reposant sur un outil de visualisation à l’offre non encore stabilisée et aux usages non identifiés. « Le secteur sent le potentiel de ces techniques, mais les projets restent souvent au stade de l’expérimentation » note Pierre-Yves Lochon, fondateur de CLIC qui tient néanmoins à souligner le déploiement très dynamique, particulièrement en France, d’installations pérennes en réalité augmentée. « Deux

contraintes majeures affectent le secteur : la raréfaction des ressources des institutions publiques et les limites du droit public des marchés qui rendent difficiles les partenariats entre une institution et une start-up. Or les start-up ont besoin de trouver des terrains d’expérimentation. Ces contraintes bien réelles imposent de trouver des solutions adaptées. » Faire se rencontrer ces professionnels du patrimoine (institutions culturelles, futurs partenaires ou investisseurs) et les start-up du numérique constitue l’une des premières étapes. Avec Cap Digital, CLIC a donc exposé en septembre dernier des projets de visite immersive de patrimoine éprouvés ou en voie de déploiement en même temps que d’autres outils numériques à même d’enrichir l’expérience du visiteur pendant ou après la visite du musée*.

Scénarisé par Seppia avec un nombre restreint de degrés de liberté (avancer, se pencher, faire des actions) pour un contexte muséal, le parcours suit un chemin prédéfini. © JF Badias

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Visible au musée d’Art de l’Œuvre NotreDame de Strasbourg qui lui a réservé une salle dotée de trois postes Oculus Rift, l’application en réalité virtuelle sur la cathédrale est l’une des rares aujourd’hui à être proposée au public. Produite par la société de production audiovisuelle Seppia (Cédric Bonnin) et développée par Holo3, un centre régional de transfert de technologies en imageries et techniques optiques (dont en réalité virtuelle depuis une dizaine d’années), cette visite immersive en 3D relief invite à un survol vertigineux de la flèche de l’édifice. Elle a été remarquée, entre autre, en raison de l’exceptionnelle qualité de la maquette en images de synthèse (30 millions de polygones) réalisée sur 3DS Max par l’architecte Stéphane Potier (Inventive Studio), et du niveau d’exigence de Holo3. Lequel a procédé à de nombreux tests auprès du public afin de garantir un confort maximal lors de la visite (4 % du public est sujet à la cinétose) : « En fonction de ces tests, nous avons adapté, dans Unity, les paramètres dont la vitesse de déplacement, précise Silvère Besse, responsable du développement chez Holo3. L’application s’adressant au grand public, nous utilisons une manette de jeux aux interactions simplifiées. Et pour faciliter les déplacements, nous avons tracé le cheminement au sol. Ce qui nous permet aussi de mieux maîtriser la durée de la visite (ici d’environ 12 minutes). » Le choix de l’Oculus Rift, autorisant une position assise (à l’inverse d’un HTC Vive par exemple), découle également de cette préoccupation : « L’Oculus Rift dispose, avec son ordinateur, d’une puissance de calcul nécessaire pour traiter une maquette 3D complexe. Bien que celle-ci ait déjà été simplifiée, nous avons appliqué un ensemble de scripts dans Unity afin d’optimiser le rendu en temps réel. » Holo3, qui a pu ainsi valider, avec le projet de Strasbourg, la faisabilité d’une visite virtuelle d’un site historique complexe, possède dans les tuyaux d’autres projets de visite de bâtiments en réalité virtuelle, à l’ambition similaire. Et ce, toujours en association avec la maison de production strasbourgeoise. Forte déjà d’une application en réalité augmentée sur mobile pour l’intérieur de la cathédrale de Strasbourg en accompagnement du documentaire 3D Le Défi des bâtisseurs (Arte), Seppia s’est engagée pour 2018, toujours avec Arte,


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Réalisé sur 3Ds Max, le modèle 3D de la flèche a dû être simplifié lors de son intégration sous Unity. © Seppia, Holo3 et Inventive Studio

dans la production de Art Stories, une série documentaire immersive sur le patrimoine européen artistique ou architectural (5 fois 43 minutes). Filmés avec des rigs customisés de GoPro, en drone et avec la caméra à 360 ° Ozo (Nokia), certains documentaires (en cours de tournage) sur des édifices remarquables feront l’objet d’une application en réalité virtuelle disponible sur Arte360.

Archéologies en péril sauvées par l’immersion Tout aussi spectaculaire que la précédente, l’application proposée par Iconem, spécialisée dans la numérisation en 3D de sites archéologiques en danger (car situés dans des zones de conflit), invite à (re)visiter en 3D relief les temples de Palmyre, la mosquée des Omeyyades à Damas... Pour Yves Ubelman, qui a cofondé Iconem à Paris en 2013 avec Philippe Barthelémy, la réalité virtuelle est devenue un outil incontournable de visualisation 3D: « Nous sommes sortis de l’expérimentation, confirme Yves Ubelman. Nous disposons de produits sur le marché capables de visualiser aujourd’hui de manière intuitive et confortable un environnement virtuel comme les nouvelles générations d’Oculus ou les lunettes HTC Vive. » C’est cette dernière solution de visualisation qui a été retenue pour valoriser ces précieux relevés 3D acquis

sur le terrain en photogrammétrie (ou via des drones), puis transformés en nuage de points avant de devenir des modèles facettés sous Blender. Particulièrement complexes, les maquettes sont intégrées sous Engine UnReal via des scripts propriétaires leur permettant d’être exploitables pour le temps réel : « Mais sans jamais transiger sur la définition de leur texture, une donnée essentielle en archéologie. » Qu’ils se présentent sous forme individuelle (via des casques) ou collective (au travers d’un 360 °), les dispositifs numériques proposés par Iconem sont prioritairement destinés aux musées : « Ceux-ci ont besoin de contenus pour contextualiser leurs collections et faire voyager leurs visiteurs en immersion. » Première sortie : l’exposition Sites du patrimoine universel, de Bâmiyân à Palmyre au Grand Palais (ouverture décembre 2016) où seront présentés au grand public les sites emblématiques de Palmyre, le Krack des Chevaliers (Syrie), la ville de Khorsabad, etc. Via une projection à 360 ° (scénographie Sylvain Roca et Nicolas Groult), les visiteurs revisiteront alors ces sites mis sous les feux de l’actualité, lesquels se reconstruiront en 3D et en temps réel, tout en intégrant des images d’archives. La société, qui a plusieurs projets en cours avec des institutions parisiennes, prévoit également la création d’une plate-forme Internet

Par le biais des technologies numériques dont la réalité virtuelle, Iconem vise à redonner accès à des sites inaccessibles. Ici, la mosquée des Omeyyades à Damas reconstituée en 3D. © Iconem / DGAM

permettant de rassembler des données sur des sites archéologiques menacés ou en voie de disparition (à ne pas confondre avec le projet The Million Images Database). À partir de ces matériaux apportés directement par les internautes, elle envisage de modéliser en 3D les sites correspondants, puis de les porter en réalité virtuelle comme alternative à l’oubli.

Premier musée en réalité virtuelle par AGP et Arforia

Bien connue pour ses visites de ville en réalité augmentée (Perpignan, Poitiers, Avignon) et ses applications in situ sur tablette tactile (Jumièges, Dôme des Invalides), Art Graphique et Patrimoine (AGP) aborde la réalité virtuelle avec un prototype de musée virtuel. Réalisé en partenariat avec la start-up parisienne Arforia (voir encadré), ce parcours immersif d’environ quinze minutes fait découvrir les œuvres des musées du Louvre et du Louvre Lens numérisées par AGP comme la Victoire de Samothrace ou le Discophore (dans le cadre d’un projet de restauration), et permet d’interagir avec l’environnement 3D. Scénarisée pour le casque HTC Vive, la visite comprend plusieurs « remontées » dans le temps. L’utilisateur peut en effet assister à la construction des sculptures à différentes époques tout en tournant autour d’elles. Réalisé et intégré sous Unity par Arforia, le dispositif en réalité virtuelle a valeur de démonstration : « Le but est de montrer le potentiel ainsi que la qualité et le réalisme de cette expérience », remarque Chiara Cristarella (AGP). Pour la société AGP, spécialisée depuis 2009 dans la médiation culturelle à partir de contenus 3D, la réalité virtuelle n’est qu’un nouvel outil de visualisation à proposer en fonction du contexte et, éventuellement, en complément de la réalité augmentée. Ces deux technologies peuvent en effet s’articuler au sein d’un même parcours de visite numérique : l’une en venant enrichir la visite, l’autre en proposant un voyage immersif. En partenariat avec GMT Editions, AGP donne une approche de ces visites numériques « hybrides » avec celle conçue à l’été 2016 pour l’abri sous-roche préhistorique de Laugerie Basse (Les Eyzies). Amorçant le parcours, la salle d’immersion permet aux visiteurs munis de lunettes 3D et tablette tactile de découvrir +++ SONOVISION I novembre 2016 - janvier 2017 I numéro 5

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Arforia s’est fait remarquer en 2015 avec l’opération événementielle réalisée en réalité virtuelle pour la Samaritaine sur Oculus Rift. Rencontre avec Guillaume Gourier, président et cofondateur de Arforia.

Proposée par AGP et Arforia, la visite du musée virtuel avec le casque HTC Vive fait découvrir de manière inédite plusieurs œuvres d’art de la « collection » numérique d’Art Graphique & Patrimoine. © Art Graphique & Patrimoine

l’environnement de l’abri reconstitué en 3D en accompagnement d’un médiateur. Équipé lui aussi d’une tablette tactile, celui-ci se déplace en temps réel dans la simulation en fonction des requêtes des visiteurs. Sur le site par contre, ceux-ci ont toute latitude pour retrouver en réalité augmentée (toujours au moyen de la tablette tactile) les objets découverts lors des fouilles, ainsi que l’aspect du site à différentes époques, et ce à 360 °. Dans les deux cas, l’immersion (même partielle) se trouve au cœur de la scénographie.

* Guide de visite sur mobile par smartApps, livre d’Or numérique par Guestviews, plate-forme de mécénat participatif par Culture Time, « Entrez dans l’atelier » en réalité augmentée par Orange, solutions de mise en valeur des sites culturels par Histovery...

Développé avec GMT, le dispositif de médiation à Laugerie Basse comporte une reconstitution 3D immersive de l’environnement préhistorique pilotée par une tablette tactile ainsi qu’une application en réalité augmentée ©Art Graphique & Patrimoine

Sonovision : Le casque de réalité virtuelle influe-t-il sur le storytelling de l’application ? Guillaume Gourier : Les casques impliquent des modes de déplacement et d’interaction différents. Le storytelling doit donc se montrer pertinent avec le dispositif de visualisation. Le casque HTC Vive, qui retranscrit directement les mouvements physiques de l’utilisateur dans l’espace virtuel, ajoute ainsi à la sensation d’immersion. Si l’espace de représentation virtuelle est plus grand que l’espace réel, des systèmes de téléportation sont ajoutés. Les manettes ne servent ici qu’aux interactions à la différence d’un Oculus Rift. Pour l’application avec AGP, nous avons cherché à rendre l’expérience ludique en introduisant une boule à remonter le temps, laquelle autorise des interactions. Cela nous permet de maîtriser la durée de la visite sans imposer de parcours. S : Comment le temps réel peut-il s’accommoder de la complexité des modèles 3D propres au patrimoine ? G. G. : Depuis la création d’Arforia en 2014, nous traitons des bases de données 3D de très grande taille (pour l’immobilier ou l’industrie). Nous avons donc très tôt cherché à alléger le poids des fichiers sans nuire à la fluidité des mouvements ni à la qualité des images. Nous avons développé pour cela des algorithmes pour optimiser les modélisations 3D et mis au point des processus de travail en associant différents logiciels ou platesformes comme Unity ou Engine Real. Le fait de travailler avec AGP nous permet de valider ces algorithmes sur des maquettes très sophistiquées. Mais si nous sommes capables aujourd’hui de manipuler ces modèles avec une grande qualité dans les interactions et les rendus, nous dépendons encore de la résolution des lentilles 3D des casques et des flux vidéo. S : La technologie du cloud computing peutelle participer au déploiement de la réalité virtuelle ? G. G. : La réalité virtuelle exige une très grande qualité du signal vidéo transmis par le serveur et des puissances de calcul importantes. En externalisant les calculs sur des serveurs, le cloud computing va permettre de visionner des modèles 3D très complexes sans nécessiter de gros processeurs. Et à terme de démocratiser l’usage de la 3D temps réel sur smartphones et casques 3D. Via des partenariats avec des sociétés informatiques et de réseau, nous testons actuellement un dispositif en réalité virtuelle utilisable par 50 personnes en simultané. Propos recueillis par Annik Hémery

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I UN I VE R S I cha r l o t I

Charlot fringant dans son musée Ni mausolée ni parc d’attraction, le Charly’s World à Vevey (Suisse) fait revivre l’esprit et l’œuvre de Charlie Chaplin grâce à la scénographie immersive de François Confino. Par Annik Hémery C’est en franchissant les portes de la salle de cinéma du Studio, construit à l’écart du Manoir où vécut Charlie Chaplin, que le visiteur de Charly’s World pénètre dans le monde magique de Charlot. À peine projeté le dernier plan noir et blanc du film retraçant sa vie que l’écran se lève sur une reconstitution parfaite, mais légèrement colorée, de l’image projetée. Invité aussitôt à monter sur scène, le visiteur découvre la célèbre rue d’Easy Street, un décor souvent utilisé par Chaplin, reconstruite à l’identique. Si cette « traversée du décor » rappelle l’entrée de l’exposition culte Cités-Cinés à la Villette, première scénographie à introduire le principe d’immersion, François Confino joue ici, de manière encore plus théâtrale, des images noir et blanc des films de Chaplin et des décors réels du Manoir ainsi que des reconstitutions du Studio (comme le studio d’Hollywood...). L’immersion mise en scène par le scénographe du musée du Cinéma et de l’Automobile à Turin parvient même à intégrer les personnages de cire (Charlot, Einstein, le Kid, Mickael Jackson...) imposés par le gestionnaire des lieux, le groupe Grévin, filiale de la Compagnie des Alpes (Futuroscope, Parc Astérix).

La figure en cire de Charlot surgit à l’entrée du Manoir. © François Confino

Images, lumières...

Restituer au plus juste l’œuvre de Chaplin en faisant revivre l’esprit de Charlot : les objectifs fixés par la famille, la fondation Chaplin et le scénographe excluaient le recours à des dispositifs immersifs de type 360 °, peu cohérents avec la cinématographie de Chaplin. Chaque projection de films (dont 35 extraits de films de Chaplin) est par contre contextualisée. Au détour d’Easy Street, le visiteur peut ainsi tomber nez à nez sur une scène mythique de The Kid. Un peu plus loin, sur Hollywood Boulevard, il pénétrera dans d’autres décors du monde muet de Charlot : le salon du barbier, le poste de police, la prison... La scène de la Pantomime décompose, quant à elle, sur sept écrans verticaux de deux mètres de haut, le fameux jeu de canne de Charlot tandis que celle, circulaire, du Cirque le montre faisant le pitre dans un lancer de tarte à la crème inédit, rebondissant d’écran en écran : un montage désynchronisé réalisé avec la complicité de Serge Bromberg (Lobster Films) qui a fourni, par ailleurs, la quasi totalité des copies restaurées des courts et longs métrages présentés. « Où que le regard se pose, les décors fourmillent de détails », admire Michel Helson (Culturetech), qui a collaboré étroitement avec François Confino dans l’élaboration de la scénographie audiovisuelle. Plus de 80 écrans LCD et Led, sur une centaine de points de projection vidéo, ont été répartis sur tout le parcours (1 850 mètres carrés pour le Studio et le Manoir). Pour arriver à projeter au format 4/3 (voire 5/4) les films en 2K de Chaplin, les moniteurs (la

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Le parcours immersif de François Confino mêle des projections grand format aux décors. Ici, le salon de barbier du Dictateur refait à l’identique. La projection est intégrée au miroir © François Confino

plupart sont au format 16/9) ont été incrustés dans les décors ou mobiliers qui leur composent ainsi un cache sur mesure. Seuls les écrans 82 pouces (format 16/9) de la Pantomime et du Cirque sont placés verticalement. Pour perdre le minimum de pixels, il a été fait usage de vidéoprojecteurs Panasonic PT-EX à la matrice au format 4/3 natif (salle de cinéma). Dans certaines configurations offrant peu de recul (comme dans Easy Street), ce sont des projecteurs Nec dotés de focales ultra courtes qui ont été utilisés. Pour le reste, les projecteurs Led laser Barco (pour le Cirque, la Pantomime...) ont été généralisés.

Composants indissociables de l’immersion, plus de 2 000 points lumineux (dont 800 projecteurs Erco) ont été mis en place. Récupérés, les luminaires d’origine du Manoir ont tous été remis aux conditions d’exploitation actuelle et dotés d’ampoules Led, dont certaines noircies au feutre afin d’obtenir la colorimétrie souhaitée. Cette attention portée à la lumière vaut aussi – et surtout – pour la trentaine de figures de cire éclairées par Michel Helson en contrejour et par deux points frontaux, lesquelles se répartissent entre le Manoir et le Studio et empruntent des attitudes comiquement inattendues : Charlot


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Les films sont projetés sur des écrans incrustés dans le décor au format 4/3. Ici, Les Temps modernes. La jeune fille aveugle des Lumières de la ville se fond dans la scène. © François Confino

entrant tout habillé dans la baignoire d’Un Roi à New York ou Albert Einstein, un familier du Manoir, tirant la langue devant un « miroir » de salle de bain...

… et autres effets immersifs

Dans ce miroir, le visiteur ne se verra pas : son reflet ayant été tout simplement escamoté. Un effet qui ne doit rien à la vidéoprojection mais reprend le vieux principe de la vitre transparente placée devant un décor construit à l’identique mais à l’envers. À dessein, François Confino a multiplié ces « effets spéciaux » qui n’auraient pas manqué d’intéresser le génial pantomime et artiste de théâtre. L’écran géant de la salle de cinéma World, qui s’enroule par le bas à une vitesse d’un mètre par seconde, embarque ainsi un système de levée dérivé d’une scie à ruban (celui de Cités-Cinés était un rideau de lamelles s’écartant mécaniquement). Il a été mis au point par le fabricant d’écrans Gerriets International. La cabane de La Ruée vers l’or est montée sur vérins et tangue comme celle du film. Par contre, la machine des Temps modernes, faute d’avoir pu être reconstituée mécaniquement avec tous ses engrenages, a été « remotorisée » pour des raisons de sécurité au moyen d’un vidéomapping 3D projeté sur un décor en bois construit en relief (deux projecteurs Panasonic PT-EX). Musicien hors pair, Chaplin, qui avait l’habitude de composer la musique de ses films, n’aurait pas désavoué non plus les arrangements musicaux de Patrick Abrial qui a réalisé les bandes d’amorce et sonorisé de nombreux extraits. Si Manoir et Studio recourent à des enceintes directives, ce sont bien souvent des astuces de composition qui évitent la pollution sonore : l’ambiance sonore d’Easy Street reprenant ainsi les mêmes tempos et le final du film projeté dans la salle de cinéma (enceintes L-Acoustic 5X T, JBL 23).

Manoir et Studio reliés en fibre optique

Le Manoir, qui évoque la vie en Suisse de Chaplin (sa famille, ses amis...), ne pouvait être dissocié du Studio qui se consacre à son œuvre. Pour ne pas scinder les installations techniques, Culturetech et la société belge Inytium (Bruxelles) qui a remporté l’appel d’offre pour la fourniture, l’installation et la programmation des automatisations (éclairage, sonorisation, vidéo), en accord avec

En poussant la porte d’une salle de bains, le visiteur surprend Einstein tirant la langue devant un miroir mais ne voit pas son reflet. © François Confino

le bureau d’études d’ingénierie Amstein + Walthert (Lausanne), ont choisi de relier les deux lieux en fibre optique et de centraliser, dans une baie technique commune installée dans le Studio, le système de visualisation, de diagnostic et de contrôle de l’ensemble des équipements. Raccordés sur ce réseau, ceux-ci sont pilotés par le show controler Medialon Manager V6 (lecteurs vidéo BrightSign). « Au moment où nous avons conçu le système d’automation, nous avons fait en sorte que le Manoir puisse avoir le contrôle de l’allumage et l’extinction de sa scénographie indépendamment de celle du Studio, précise Thierry Renard (Inytium). Nous avons branché pour cela sur le réseau un automate programmable industriel Schneider qui permet, via une interface utilisateur très simple, de venir commuter

en parallèle les équipements du Manoir. » Cette infrastructure permet également à l’exploitant de rendre polyvalentes certaines salles emblématiques du Studio (salle de cinéma, plateau de tournage, Hollywood Boulevard, Easy Street...) : Charly’s World ayant été conçu non seulement à des fins muséographiques, mais aussi pour répondre à des demandes d’exploitation événementielle (conventions d’entreprises, etc.). Dans cette optique, les installations scénographiques – la salle de cinéma a été dotée d’enceintes L-Acoustic – peuvent modifier leur sonorisation, éclairage et projection via un panneau tactile ou depuis le PC du guide. Depuis son ouverture, Charly’s World ne désemplit pas, et a reçu près de 40 000 visiteurs depuis juin dernier.

La cabane en bois de La Ruée vers l’or se dérobe sous les pieds tandis que Paulette Goddard attend les visiteurs devant la machine animée des Temps modernes. © François Confino

Le Manoir évoque, avec force détails, des moments forts de la vie de Chaplin, dont son bannissement loin des États-Unis. © François Confino

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Superbien, l’émotion immersive Superbien est une agence de création visuelle dont le savoir-faire principal est la mise en mouvement, le motion design ; sa connaissance aiguë de la technologie la porte au service du message de ses clients. Superbien repousse en permanence les frontières de la technologie avec une vision originale qui séduit les grandes agences de communication. Depuis quelques mois, Superbien a ouvert son propre labo de R&D pour aller encore plus loin dans les espaces immersifs et interactifs. Par Stéphan Faudeux Superbien a été fondé il y a 8 ans par Alex Mestrot et Thomas Chosson, mais les deux fondateurs se connaissent depuis plus de 10 ans. Ils ont commencé comme duo de motion designer, et Tom Scalabre le troisième associé les a rejoints il y a 5 ans. Le trio a fait bouger le marché de l’événementiel avec une approche créative et contemporaine. La société comprend 15 personnes en fixe et double ses effectifs selon les périodes. Superbien a plusieurs chefs de projets, des réalisateurs maison, des motions designers et des directeurs artistiques. Le motion design est le point de départ de l’entreprise, avec l’envie de sortir des formats traditionnels, des écrans 16/9 et de se diriger vers le mapping, la projection monumentale. Même si Superbien n’est pas l’inventeur du mapping, la société a réussi à développer une « nouvelle patte », une vision moderne, dynamique et a donné au mapping ses lettres de noblesse. Au fil du temps la société a enrichi ses savoir-faire et elle est désormais consultée pour des expériences complètes et non pas pour une intervention partielle dans une scénographie existante. Superbien travaille à 90 % pour l’événementiel, que ce soit pour du corporate, des événements grand public, du brand expérience, des cérémonies d’ouverture et de l’accompagnement d’artistes musicaux. Au fil du temps, sa palette de prestations s’est étendue, de la création vidéo pure et dure à de la scénographie d’images, « Nous sommes parfois les mieux placés pour prendre en charge une scénographie complète, car nous connaissons les complexités techniques qu’il peut y avoir avec des images. Nous connaissons les contraintes, mais aussi les points forts, ce qui nous permet d’obtenir des résultats toujours innovants », souligne Tom Scalabre. Ce qui compte, c’est l’histoire, « De plus en plus, nous proposons un story-telling pour créer des univers, de la mise en scène basée sur l’image, la lumière, le son. C’est par l’image que nous faisons de la mise en scène dans une mise en scène plus globale. La passion de la mise en mouvement des formes, des couleurs pour dire une histoire… un concept est au cœur de notre démarche », précise Alex Mestrot. En janvier dernier, la société a lancé une cellule baptisée Superturfu, orientée R&D vers les nouvelles technologies avec un focus important vers l’interactivité, la réalité virtuelle. « Nous pensons avoir une connaissance et une maîtrise sur des événements de grande ampleur, mais jusqu’à présent les spectateurs restaient passifs. Maintenant nous voulons

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L’agence Superbien s’exporte et réalise de nombreux projets pour les agences de communication implantées à l’international. © Charles Fortin

L’univers du luxe, une source d’inspiration pour Superbien, ici pour Dior. © Superbien

donner la possibilité aux gens d’interagir pour jouer avec les outils audiovisuels », insiste Tom Scalabre. Superturfu a déjà réalisé huit projets de ce genre, et pour absorber ce flux de travail la société embauche régulièrement de nouveaux talents. Trouver de nouveaux langages, de nouveaux matériels est dans l’ADN de Superbien et désormais Superturfu en est l’éminence grise et technologique. La société ne possède aucun matériel en propre et collabore avec des loueurs, ce qui lui permet de choisir la meilleure technologie, le meilleur produit pour tel ou tel projet. D’ailleurs, Tom répète régulièrement « Nous ne rentrons pas

par la technique, nous rentrons par la création. La plupart du temps nos clients, ce sont des agences. Nos dispositifs viennent se greffer sur des événements de plus grande ampleur. Nous aimons cette place, car travailler avec les agences nous offre plus de libertés par rapport au client final. Nous ne travaillons pas de manière cachée, les agences nous citent, nous présentent au client, car nous avons une notoriété ». Superbien a une grosse part de marché sur l’événementiel en France, avec une envie de se développer à l’international. Pour le moment, la société réalise des shows à l’étranger, mais via les bureaux étrangers d’agence


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Superbien collabore depuis le début aux Shows Hello d’Orange. © HUB Institute / Emmanuel Vivier

des moteurs 3D comme Unity et UnReal. « De plus en plus, nous présentons aux clients nos réalisations en VR. S’ils acceptent de mettre un casque, ils peuvent comprendre un projet très rapidement », poursuit Alex Mestrot.

Videlio Events

Superbien, outre son travail sur des projets évènementiels, est très présent sur la musique électronique. © Superbien

comme Auditoire et Havas en Chine, ou dans les pays du Golfe. Elle envisage peut-être un jour d’ouvrir des bureaux à l’étranger si les conditions s’y prêtent. Tant par les agences avec qui la société collabore qu’avec les prestataires/loueurs avec qui elle entretient des relations intelligentes et non exclusives, Superbien apporte de la valeur ajoutée sur chacun des projets auxquels elle participe. Chaque événement est un nouveau territoire de création, un champ d’expérimentation et, pour cela, la société s’entoure de partenaires solides, « Nous sommes garants de la qualité de ce qui sort, et nous essayons de choisir nos partenaires techniques. Il est nécessaire d’avoir une relation de confiance avec ces derniers, car la société teste beaucoup de choses, et challenge la technique. Le partenaire doit être fiable et nous conseiller sur tel ou tel produit. Nous faisons, depuis plusieurs années, la scénographie d’un festival de musique électronique : Le Peacock Society. Nous avions décidé d’utiliser des écrans Led inclinés à 45 °, mais on s’est rendu compte que pour l’électronique et les accroches cela posait des problèmes : il nous fallait donc un partenaire qui sache nous conseiller et avec l’envie de prendre ce genre de risques avec nous », insiste Tom Scalabre. La société réalise, selon les années, de 50 à 60 événements par an. Parmi les événements les plus emblématiques réalisées par Superbien, les shows Hello pour Orange sont importants en termes de déploiements technologiques. Il faut remettre la barre haute à chaque fois. L’agence est Havas. À l’opposé du show Hello, le show Superclub au Cinéma Paradiso l’année dernière ou bien le show pour le Cognac Martell (Agence K2) en Chine, une boîte abstraite avec un show impactant de six minutes sans images ! C’était du motion

design volumétrique, avec de la lumière dans une boîte dont les faces étaient des miroirs, des tubes Led, des projecteurs sharpys et des lasers. Des formes, des couleurs pour sculpter des volumes graphiques… Ce n’est pas le point d’impact qui compte pour nous, mais les faisceaux et les formes. En septembre dernier, Superbien s’est impliqué dans un projet original : l’événement Tech Off avec Vidélio Events qui voulait montrer des nouvelles technologies avec des contenus originaux. « Nous avons décidé de faire un show artistique et de trouver les outils en phase avec les idées que nous développions. Vidélio Events voulant passer de prestataire technique à créatif nous étions en phase ».

Le Futur

« Dans le futur, nous voulons faire des expériences interactives à grande échelle, en travaillant sur du temps réel car cela permet une interactivité plus poussée. Pour le moment l’interactivité sur le mapping par exemple consiste à lancer des séquences vidéo selon tel ou tel geste. Le but est que le spectateur soit amené à créer de l’image, sa propre image, et la difficulté est de la faire à grande échelle. Il faut pour cela aller sur des cartes graphiques très puissantes, et capables d’encaisser du temps réel. On est donc en veille permanente. Autres sujets, comment faire de la réalité virtuelle en groupe, dans un décor réel sans que cela soit clivant. Travailler sur les passerelles image, lumière et son. Nous pensons que la vidéo et la lumière seront globales et tout sera piloté par une seule source », indique Tom. En termes d’outils pour ces projets interactifs et immersifs, Superbien utilise principalement le logiciel Vvvv sur lequel se greffent

En septembre dernier, Videlio Events a demandé à Superbien de collaborer sur un événement unique, les journées Tech Off. « Nous sommes face à un tournant, nous voulons ne plus simplement être un loueur, mais devenir un véritable partenaire technologique. Il faut être proactif dans le conseil et ne pas être une société qui se contente de faire des devis. Le but est que les clients viennent nous chercher pour des réflexions, des concepts d’innovation », insiste Laetitia Bondi, directrice générale de Videlio Events. Il est vrai que Videlio Events est plutôt bien placé, car l’entreprise connaît bien le matériel, les constructeurs, les innovations. Dans cet état d’esprit, la société a collaboré avec Superbien autour d’un événement Tech Off, « Nous nous sommes associés à une équipe de créatifs, ce qui a permis de mettre en scène les nouveautés de demain sous forme d’usage et de ne pas les présenter simplement dans un show-room. Nous avons présenté des technologies, pour certaines, en avantpremière ». Cet événement est un nouveau format de rencontres qui a accueilli 300 personnes sur deux jours (une soirée et une matinée). Un public très qualifié d’agences, d’annonceurs, de directeurs techniques, directeurs artistiques, directeurs photos, metteurs en scènes, producteurs. Les activités de Videlio Events sont nombreuses ; cela passe par le corporate, la création de plateaux TV, la muséographie, les festivals, les événements, les défilés de mode, le sport, les manifestations à l’initiative des mairies ou des départements… Videlio Events compte 220 collaborateurs et dispose de 14 agences en Province.

Les journées Tech’Off organisées par Videlio Events avec le concours de Superbien. © Superbien

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I S E R V I C E S I e n t r e p r is e s I

Asobo met la réalité augmentée à portée des entreprises À un jet de pierres de la Garonne, au cœur de la cité bordelaise, le studio de développement de jeux vidéo Asobo a relevé un sacré défi : être le premier choisi par Microsoft pour développer des applications adaptées à sa technologie de réalité augmentée, le casque HoloLens. Lancé en avril dernier, cet appareil a été dans un premier temps uniquement accessible aux développeurs, puis aux sociétés américaines et canadiennes, avant d’être lancé le 12 octobre sur le marché européen pour un prix encore très élevé (3 200 €), toujours pour les développeurs et les grandes entreprises. Par Emma Mahoudeau-Deleva

Martial Bossard, un des fondateurs de Asobo, en charge notamment du développement du jeu Fragments et de la section corportate.

Après le jeu vidéo qu’il développe avec succès depuis 2002, le studio français Asobo s’attèle maintenant à convaincre les entreprises du « champ infini des possibles de la réalité augmentée », comme l’explique Martial Bossard, un des fondateurs d’Asobo, en charge notamment du développement du jeu d’enquête Fragments, responsable du développement corporate sur le projet HoloLens. « Avec HoloLens, le défi technologique a été immense. Pour la première fois, nous avons eu la chance d’être un partenaire privilégié de Microsoft. Cela nous a permis de réellement faire de la R&D à partir de leur matériel et ce, dès le début du processus », indique Martial Bossard. Asobo n’a pas tout de suite développé des logiciels pour le casque de réalité augmentée. Pendant les premiers mois, le studio s’est surtout consacré, via des ateliers thématiques, à l’étude de la reconnaissance des objets, des matières, des mots, afin de déterminer comment bien utiliser et apprivoiser cette nouvelle technologie pour intégrer ces données dans le futur SDK du casque. « Le SDK est la suite de logiciels fournie habituellement dans un périphérique, un ordinateur ou une console, qui permet de traduire le programme. Cette recherche et développement a duré plusieurs mois. Nous avons réalisé de petites applications afin de mettre en évidence les technologies les plus adaptées à HoloLens », précise Martial Bossard, soulignant par exemple le travail réalisé autour des applications liées à la reconnaissance de la main. Avec des capteurs de profondeur, ces mouvements ont été traduits en signaux qui, une fois récupérés, ont permis de calculer le position-

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Fragments, jeu d’enquête et d’investigation, développé par Asobo pour Microsoft HoloLens.

nement de la main du joueur et ses mouvements dans un jeu tel que Fragments, l’une des trois applications finales développées par Asobo pour HoloLens. « Au bout de ces mois de développement, nous avions une base de petits logiciels qui nous ont permis de passer à l’étape suivante : imaginer de petits jeux avec des contraintes qui ont aussi évolué au fil du matériel, et avec les caractéristiques d’un vrai jeu vidéo : une narration, un gameplay, etc. », poursuit-il. Une fois le matériel stabilisé, les capteurs bien définis, le studio s’est lancé dans la création des trois jeux : HoloTour, Fragments et Young Conquer, sortis en avril 2016. Il a fallu compter plusieurs années entre les premiers essais et ces applications finalisées. Ce n’était pas la première collaboration d’Asobo et de Microsoft, puisque le studio avait déjà développé des jeux pour la Kinect. « Travailler sur HoloLens a été un défi similaire pour les inputs, mais il a fallu aussi s’adapter aux contraintes d’un matériel embarqué avec un périphérique dont on doit prendre en compte les limites dues notamment aux batteries. L’autre aspect a été de totalement repenser l’écriture du jeu vidéo qui habituellement se bâtit par niveaux. Là, le jeu devait pouvoir fonctionner dans tous les environnements », souligne Martial Bossard.

Pour chaque objet utilisé dans le jeu, le studio a dû imaginer des sections de codes optimisées pour simplement faire en sorte que cet objet puisse s’intégrer dans n’importe quel lieu, mais aussi que l’interaction avec l’environnement soit possible. « Nous avons ainsi développé tout un tas de morceaux de codes correspondant à une table basse, un canapé, une bibliothèque, etc. travaillés sous forme de modules, ainsi que le code devant répondre aux contraintes du lieu où le jeu est lancé. Cela nous a demandé énormément d’essais car l’HoloLens ne fournit que l’input, soit la forme de la pièce. Avec nos applications, nous prenons la main sur le reste (décors, mobiliers, objets) ». À ces contraintes technologiques se sont ajoutées celles de l’ergonomie du jeu totalement différente d’un jeu vidéo « classique » tout comme celles liées à la psychologie et à la compréhension du joueur. Typiquement, jouer avec HoloLens implique tout le corps du joueur et pas uniquement la tête casquée et les mains. Pour que le joueur suive bien le gameplay, des stimuli de sons, de lumière, doivent être envoyés afin qu’il suive l’action. « Le joueur n’est pas habitué à ce type de pratique et au début il faut vraiment le mettre en situation, d’où l’utilisation d’un hologramme, un avatar représentant l’aide dans le jeu Fragments », souligne-t-il.


I e n t r e p r is e s I S E R V I C E S I

Afin de mettre au point des applications telles que Fragments, les développeurs d’Asobo ont Pour placer le joueur au centre de l’expérience HoloLens, il est nécessaire de scanner et de numériser son corps et ses mouvements. dû décomposer les mouvements, tels ceux de la main.

Martial Brossard (Studio Asobo) : « Convaincre les entreprises du champ infini des possibles de la réalité augmentée » Après avoir essuyé les plâtres, Asobo suit actuellement la stratégie dessinée par Microsoft, à savoir : faire découvrir cette nouvelle technologie aux grandes entreprises, que ce soit sur des projets de formation interne, de maintenance à distance, d’interprétation

des datas, d’événementiel à destination des consommateurs… Le studio a d’ailleurs lancé le 12 octobre sa division B2B nommée Holoforge (https://www.facebook.com/HoloForgeInteractive).

« La réalité augmentée et l’HoloLens sont pour moi la nouvelle technologie disruptive, c’est une révolution proche de celle qu’a été celle du smartphone », conclut Mathieu Brossard.

Avec HoloLens, le futur est à portée de la main !

Changer un siphon ou réparer une fuite, rien de plus simple via les conseils d’un spécialiste et équipé d’un casque HoloLens ! La formation est à portée de chacun

HoloLens, le casque à technologie intégrée de réalité mixte, développé par Microsoft est actuellement le seul appareil à portée du consommateur. Pourtant, après l’échec des Google Glass, le géant de l’informatique a préféré faire tester cette technologie par les développeurs et les grandes entreprises pour un prix de 3000 $. S’il n’a pas encore conquis le marché des gamers, ce casque est sans nul doute le plus abouti face à ses concurrents qui n’en sont qu’aux balbutiements (Magic Leap, Meta). Cet appareil de réalité augmentée, que Microsoft préfère nommer mixte, a été produit en partenariat avec la NASA. Dévoilé pour la première fois, le 21 janvier 2015 lors de la conférence Windows 10: The Next Chapter, il n’est que la partie visible de l’iceberg du projet Windows Holographic, la future plateforme entièrement dédiée à la réalité augmentée intégrée à Windows 10. La stratégie de Microsoft ne porte pas uniquement sur ce casque capable de plonger son utilisateur dans un monde d’hologrammes, mais elle est d’intégrer ce device dans le plan global de Windows 10.

Et avant de conquérir le grand public, Microsoft préfère miser sur le monde professionnel, un pari plutôt malin, car les développements sont infinis : de la réunion avec des collaborateurs sous forme d’hologrammes comme dans le film Kingsman, à la nouvelle décoration d’une boutique présentée par un architecte d’intérieur au client via HoloLens, en passant par des formations ou du SAV sur des produits techniquement fragiles, etc. Techniquement, ce casque est autonome grâce à une batterie (chargée, elle permet une utilisation d’environ 3 heures et se charge sur le secteur), ne nécessite pas de connexion internet et contrairement aux appareils de réalité virtuelle n’est pas relié à une console, ni à un ordinateur. Avec un design très fin, toute en transparence, pesant moins d’une livre, une fois les arceaux adaptés à sa tête et la mise au point réalisée, l’utilisateur bénéficie d’un son spatialisé et peut alors commencer l’expérience : jouer par exemple à un des trois jeux développés par Asobo (HoloTour, Fragments ou Young Conquer) ou à RoboRaid, un jeu de tir à la première personne (FPS) contre des hologrammes de robots, utiliser les applications telles que Skype, construire via HoloStudio des outils en 3D… L’utilisateur peut se déplacer sans entrave, le casque recalculant l’environnement en temps réel. Plus besoin de manettes, les interactions passent par le corps selon les stimuli pensés par les développeurs pour faire avancer le jeu ou l’application. Techniquement, le casque HoloLens embarque une unité centrale Intel (Atom x5-Z8100) à 1,04 GHz, soutenu par un processeur graphique (8086h) doté de 114 Mo de mémoire dédiée, fourni par Intel et par 2 Go de mémoire vive. Ce device est équipé de 64 Go de stockage, avec 54 Go disponibles pour les fichiers et les applications de l’utilisateur. Le système prend 10 Go et est livré avec Windows 10. Microsoft fournit aux développeurs sa technologie, le SDK, et se garantit par là-même une exclusivité toute en diffusant sa technologie. Le nombre d’applications encore réduit devrait s’étoffer à l’approche de l’ouverture au grand public, qui n’est pas encore annoncée. Depuis le 12 octobre, HoloLens est accessible pour les développeurs en France.

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I S E R V I C E S I V I S I O C ON F ÉREN C E I

StarLeaf étend les services de visioconférence dans le cloud StarLeaf est un constructeur d’équipements de visioconférence et propose toute une gamme de matériels, avec des ensembles à double écran pour les salles de réunion, des terminaux individuels, des codecs et un logiciel pour micro-ordinateur. Pour les visioconférences multisites, il s’appuie sur des services hébergés dans le cloud, ce dernier facilitant l’interopérabilité entre systèmes hétérogènes. Par Pierre-Antoine Taufour

Un équipement de visioconférence convertit et transmet de multiples signaux : le son aller et retour, les images vidéo et informatiques, des commandes de signalisation pour établir la communication, parfois la télécommande de la caméra distante, des échanges de fichiers… Très vite les organismes de normalisation, en particulier l’ITU à Genève, sont intervenus pour définir des normes afin de garantir l’interopérabilité entre des matériels de constructeurs différents. Avec toute la série des sigles des H.320, H.261, H.263, H.281, G.711, G.728… Mais chaque industriel souhaite se démarquer de son voisin, en apportant régulièrement des améliorations dans les algorithmes de compression des images et des sons et en ajoutant de nouvelles fonctionnalités. Ce qui, du coup, contrecarre la simplicité apportée par les normes et complique l’établissement de liaisons performantes entre des équipements de marques concurrentes. Dans les grandes sociétés, la direction technique en charge de la visioconférence prescrit une marque et des références uniques de matériels pour faciliter l’usage de l’outil entre tous les services et les correspondants habituels.

StarLeaf propose son service de cloud comme plateforme d’échange universelle pour tous les outils de visioconférence. © StarLeaf

Le système de visioconférence StarLeaf conçu pour les petites salles de réunion. © StarLeaf

Retrouver la simplicité et l’universalité du téléphone

StarLeaf estime qu’il faut revenir à un modèle de fonctionnement plus efficace et plus universel offrant une vraie interopérabilité entre tous les systèmes de visioconférence. Pour cela, elle fait une analogie avec la téléphonie d’antan exploitée manuellement par des opératrices. L’utilisateur demande un numéro à l’opératrice, et c’est elle qui assure les manipulations techniques servant à établir la communication. Il n’a pas à connaître ce processus et l’acheminement de son appel est entièrement pris en charge par l’opératrice. La téléphonie mobile offre une qualité de service avec un mode d’organisation similaire. Lorsqu’un client appelle avec son tout nouvel iPhone un correspondant qui a conservé son vieux Nokia, il n’a aucune difficulté. Ce sont les équipements de l’opérateur qui établissent la liaison en prenant à sa charge les conversions de signaux, de fréquences et le passage d’un opérateur à l’autre. Avec le développement du cloud, l’amélioration des réseaux IP et la montée en puissance des datacenters, StarLeaf estime que la technologie est mature pour faire basculer la visioconférence dans un modèle identique, basé sur le cloud, en particulier lorsque la

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visioconférence relie plusieurs sites. Pour permettre les échanges simultanés entre plusieurs terminaux, les constructeurs proposent à leurs clients des unités MCU (Multipoint Control Unit), une plate-forme d’échange entre plusieurs liaisons fonctionnant un peu à la manière d’un central téléphonique. Cet équipement fonctionne correctement lorsqu’il dialogue avec des terminaux de visioconférence de la même marque, mais lorsqu’on y raccorde des équipements de marques différentes ou même de générations différentes du même constructeur, il fonctionne en mode dégradé avec les spécifications de l’équipement le moins performant. D’autre part le MCU est défini avec un nombre maximal de port et donc de liaisons simultanées. Si, pour un événement spécifique, le nombre de sites dialoguant est supérieur, se pose la question de son extension.

Transférer le MCU dans le cloud

StarLeaf propose de transférer intégralement les fonctions du MCU dans le cloud sous

forme d’un abonnement à son service StarLeaf Cloud. L’extension de ses capacités, pour ajouter un ou plusieurs participants, exige simplement une extension de l’abonnement. La dématérialisation du MCU dans le cloud offre bien d’autres avantages. StarLeaf propose d’y intégrer des fonctions de conversion de standards et de protocoles et de rendre son service universel en l’ouvrant aux protocoles et terminaux de ses concurrents. Ainsi, via un boîtier interface installé chez le client, le service StarLeaf Cloud est compatible avec les terminaux de Cisco, Lifesize, Polycom, Skype Entreprise de Microsoft, les protocoles H.323 et SIP. Il permet d’organiser des visioconférences dans un cadre de parc hétérogène, sans se préoccuper des problèmes d’interopérabilité. À l’instar de l’opératrice d’antan évoquée plus haut, c’est le service de StarLeaf qui prend en charge la problématique de la compatibilité des systèmes entre eux. StarLeaf met aussi en avant cet avantage pour les organisations qui ont déployé un parc de terminaux basés sur l’outil Skype Entreprise +++


I mot clé I SERVICES I

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I S E R V I C E S I V I S I O C ON F ÉREN C E I

(ex Lync) de Microsoft. En quelques années, cet outil s’est généralisé dans les entreprises grâce à sa distribution en lien avec le déploiement d’Office et à l’usage très souple de la messagerie instantanée. Mais les diverses versions de Skype Entreprise sont conçues en priorité pour les postes individuels de bureautique ou les terminaux mobiles. L’organisation d’une visioconférence répartie entre des salles de réunion équipées de systèmes traditionnels (la caméra sur tourelle, les deux écrans et le codec) et ces postes individuels exige la mise en place d’équipements spécifiques de conversion, car Microsoft a basé son système sur une version spécifique du SIP et l’usage du protocole RDP au lieu du traditionnel H.239. Face au succès de Skype Entreprise, les constructeurs d’équipements de visioconférence ont réagi en intégrant les protocoles nécessaires dans leurs codecs, mais cet ajout peut conduire à des difficultés lors de l’évolution des outils chez Microsoft et devra tenir compte des particularités hardware des codecs, source de complications dans la gestion d’un parc. StarLeaf explique qu’une intégration centralisée dans sa plate-forme de cloud est beaucoup plus transparente pour ses clients. Ils peuvent ainsi associer plus facilement dans une visioconférence les salles traditionnelles avec les outils individuels de

Skype Entreprise. Elle propose d’ailleurs plusieurs stratégies à ses clients confrontés à la gestion des deux catégories de système de visioconférence en fonction des parcs existants, de leur taille et de leur vétusté.

Dépasser les inconvénients du cloud

Le transfert d’activités dans le cloud est sujet à de multiples interrogations dans tous les secteurs du numérique. Les questions inévitables concernent le coût des services, la sécurisation des données, la gestion à distance ou la perte de sa souveraineté sur ses équipements. Face à ces questions, ses responsables affirment que les avantages concernant la gestion d’équipements complexes de visioconférence l’emportent dans tous les cas. La gestion des ponts MCU reste toujours complexe. Les mises à jour logicielles et leur compatibilité avec un hardware, qui lui n’évolue plus, constituent un vrai cassetête. Il est plus facile et plus économique de confier ces tâches aux équipes techniques très spécialisées qui gèrent la plate-forme centrale et dont c’est l’unique activité, contrairement à une équipe interne accaparée par d’autres activités. Même si celle-ci maîtrise l’installation en exploitation, forcément elle devra faire face à des évolutions techniques. Si le terminal est raccordé et exploité de manière fiable avec la plate-forme du cloud, cette liaison ne

StarLeaf a unifié l’interface de commande pour tous ses outils de visioconférence. © StarLeaf

StarLeaf a déployé sa plate-forme de services dans le cloud dans dix data centers. © StarLeaf

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bougera pas dans le temps, les évolutions et améliorations étant apportées au niveau de la plate-forme. Concernant la sécurité, StarLeaf met en place une liaison cryptée entre les terminaux et la plate-forme. Celle-ci nécessite l’ouverture d’un port unique sur le firewall du site, contrairement à l’ouverture de ports multiples exigés par la multiplication des protocoles. Le service StarLeaf Cloud est basé sur des infrastructures installées dans dix data centers répartis autour du monde, dont l’un est installé en France. Cela permet de conserver les données et les échanges dans une zone conforme à la législation des clients. Dans le cas d’un parc hétérogène d’équipements reliés à la plate-forme StarLeaf, leur gestion et leur supervision se fait à travers une interface web unique, identique quelle que soit la marque ou le modèle des terminaux de visioconférence, studios, codecs dédiés ou postes individuels. Un annuaire universel est mis en place pour gérer les appels. StarLeaf a unifié les interfaces de commande de ses équipements (via une dalle tactile) et propose en téléchargement une application dédiée à la visioconférence pour la connexion des micro-ordinateurs. Ainsi, tous les utilisateurs nomades retrouvent les mêmes commandes dans une présentation unique, quel que soit le terminal employé. StarLeaf propose en option « Encore », un service d’enregistrement du contenu de la visioconférence. StarLeaf présente sa stratégie du déploiement dans le cloud au cours de trois webinars, en français, consultables depuis son site web. L’entreprise a mis en place une direction opérationnelle en France et distribue ses produits et ses services par l’intermédiaire d’un réseau de revendeurs.


I mot clé I SERVICES I

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I SERVICES I performances I

DynaScan, des écrans hautes performances ! DynaScan a su se différencier de la concurrence en produisant une gamme d’écrans haute luminosité sans égale grâce à un savoir-faire technologique dans les domaines de la Led et du Lcd. La gamme d’écrans DynaScan, positionnée sur un segment haut de gamme, est élaborée avec une qualité de fabrication sans concession pour des performances inégalées, permettant ainsi de se différencier autrement que par le prix, mais plutôt à l’aide d’arguments recherchés sur le marché : haute luminosité, haute colorimétrie, grande fiabilité, faible consommation électrique. DynaScan répond ainsi aux nombreuses problématiques d’affichage numérique intensif en milieu difficile, tels que les vitrines, affichage extérieur ou dans tout environnement ou la qualité d’image doit répondre aux contraintes lumineuses les plus exigeantes… Un marché porteur et en croissance sur lequel DynaScan souhaite se positionner en leadership. Par Stéphan Faudeux

La société DynaScan a été créée en 1998 ; filiale du groupe taïwanais Chroma, la société s’est fait connaître par sa gamme d’écrans cylindriques 360 ° à Led. DynaScan s’implante aux États-Unis et y établit son siège administratif et ventes mondiales en 2003. Le bureau européen suit un an plus tard aux Pays-Bas. DynaScan fabrique son premier écran Lcd haute luminosité en 2009. En avril 2016, une antenne commerciale ouvre en France sous la direction de Jérôme Adolphe. DynaScan, à la différence d’autres marques, produit ses écrans exclusivement en interne dans les usines du groupe à Taïwan. Cela lui permet de maîtriser la fabrication des composants aux écrans finaux. « Nous avons une expérience de plus 18 ans dans les solutions visuelles avec une gamme étendue, des milliers d’écrans installés en milieu difficile. La France est stratégique, avec une part de marché importante, une avance, en termes de déploiement, de deux ans par rapport au marché américain et une vision artistique et créative. Nous avons voulu soutenir ce marché en y ouvrant un bureau au plus près de nos clients », souligne Alan Kaufman, président de DynaScan.

Les points forts

La gamme d’écrans DynaScan s’agrandit tous les ans et est composée actuellement par des tailles allant de 32 à 84 pouces 4K et des luminosités allant de 1 500 à 7 000 nits, de murs d’image en 55 pouces bords ultras fins en 1500 et 3000 nits. Les écrans sont calibrés au standard D65 lumière du jour pour une parfaite reproduction des couleurs (les écrans sont livrés avec un logiciel de calibration, ce qui permet de les re-calibrer directement le lieu de l’installation). Les produits de la marque proposent donc des hautes performances en terme de luminosité, de véritables blancs et une parfaite reproduction des couleurs, jusqu’à même reproduire fidèlement la peau humaine ! La marque DynaScan est très présente dans tous les segments du « retail », dans les secteurs bancaires, assurances, automobiles, le voyage, dans la mode et la cosmétique, des clients +++

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Les écrans de mur d’images à bords fins de DynaScan séduisent de nombreuses boutiques, ici placées derrière les vitrines


I mot clé I SERVICES I

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NOVEMBER

19.EAusgabe 20 

FREE On-line RegistRATION aT www.jtse.fr SONOVISION I novembre 2016 - janvier 2017 I numéro 5

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I SERVICES I performances I

Les écrans sont calibrés et testés en sortie de chaîne de fabrication et calibrés ensuite sur site. La mode, la beauté et les constructeurs automobiles apprécient le rendu colorimétrique fidèle.

pour qui il est essentiel que les images diffusées sur les écrans respectent parfaitement l’image des produits en terme de couleurs, de texture et de profondeur d’image. Les dalles des écrans utilisent la technologie IPS pour un meilleur rendement des couleurs quel que soit l’angle de vision. Par le passé, les écrans haute-luminosité avaient une mauvaise image car ils étaient bruyants, chauffaient et consommaient énormément d’énergie. DynaScan a résolu tous ces problèmes avec des produits ultra silencieux, peu énergivore avec d’excellents coefficients de watt par nit et un réglage de la luminosité en fonction de la lumière ambiante. « Nous fabriquons tout dans nos propres usines. Le groupe Chroma est leader mondial dans les systèmes de tests et de mesures pour l’industrie électronique, les panneaux LCD, et même les panneaux solaires. Les écrans haute luminosité ont été conçus pour les environnements à fortes contraintes de chaleur et de rayonnement. Là où les autres s’arrêtent, en termes de luminosité, là commencent nos gammes. Nous allons jusqu’à 7 000 cd pour une utilisation, par exemple, des écrans en montagne. Il faut des écrans très lumineux qui absorbent les reflets », précise Alan Kaufman.

Le service avant tout

« Chaque écran en sortie de chaîne est calibré, et testé pendant deux heures. Nous avons un stock européen aux Pays-Bas avec plus de 600 pièces et deux distributeurs sur la France qui sont A2L et Ingram. Nous faisons de nombreuses présentations à nos principaux intégrateurs. Pour la maintenance, nous faisons principalement un échange sur site, car lorsque nous sommes dans des magasins, principalement dans le luxe, il est difficile de réparer sur place. Toutefois les pannes sont rares, les produits sont fiables », poursuit Jérôme Adolphe, responsable commercial pour la France.

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Les écrans sont garantis trois ans sur site. Tout écran livré est assuré d’avoir des pièces de rechange ou un écran d’échange durant au moins les cinq années qui suivent la cessation du produit. En ce qui concerne ses marchés, DynaScan affiche une présence de 70 % dans le retail, avec vitrine sur rue, et le reste du marché se compose d’écrans en extérieur dans des caissons et d’écrans haute luminosité en intérieurs fortement éclairés, des halls très éclairés de lieux publics et privés tels les show rooms, les aéroports ou sous des verrières dans certaines gares par exemples. « Le Digital Signage se différentie de la technologie d’affichage des écrans de TV domestiques. Les clients veulent des produits performants qui durent dans le temps et qui ne nécessitent pas de maintenance. Nous garantissons nos écrans, avec une perte maximum de la luminosité de 10 % sur 5 ans pour une utilisation 24/7 », précise Jérôme Adolphe.

Avenir

DynaScan dispose d’une quinzaine de références, en termes d’écrans, mais propose aussi des murs d’image et des références en UHD. L’Ultra Haute Définition se développe sur les grands modèles, mais il y a une résistance dans l’affichage dynamique en UHD, car les réseaux ne sont pas encore suffisamment performants pour envoyer des fichiers UHD vers les écrans. Les écrans commencent à intégrer un player Android. Durant l’ISE qui se déroule à Amsterdam du 7 au 10 février, DynaScan va encore lancer de nombreuses nouveautés sur un stand de plus de 170 mètres carrés. Le rendez-vous est pris !


I mot clé I SERVICES I

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I S E R V I C E S I assista n t I

Bubblz Workflow : un assistant de production 2.0 Avec son drôle de nom en forme d’onomatopée – qui n’annonce pas vraiment le programme – Bubblz est avant tout une start-up française qui s’est créée en 2013, à l’initiative de trois jeunes diplômés inspirés, prêts à se lancer dans l’entreprenariat dans le domaine des nouveaux services numériques. Par S.P. Cholifex

Bubblz édite aujourd’hui une solution logicielle innovante pour le secteur de la production de contenus audiovisuels ; c’est Bubblz Workflow, qui permet de gérer les étapes d’un processus de fabrication de contenu audiovisuel tout en y associant les échanges des fichiers-médias nécessaires aux travaux à réaliser. Cette solution est commercialisée sous la forme d’un service logiciel en ligne (ou SaaS pour Software as a Service) proposé en location par abonnement mensuel.

Quand tout est fichier…

Depuis quelques années, il est donné à tous de constater, au quotidien, que la révolution numérique des pratiques audiovisuelles a entraîné dans son sillage une indescriptible prolifération de fichiers-médias ; des fichiers qui se caractérisent par une très grande diversité, de type comme de taille, à la différence de ceux qui sont pratiqués dans d’autres secteurs d’activités industrielles. Ces fichiers sont les éléments tangibles qui concrétisent le mieux la notion de dématérialisation des médias pour les utilisateurs ; et plus encore à l’occasion des échanges opérés en fonction de la nature des contenus qu’ils véhiculent. C’est ce constat qui a conduit en 2013 Sébastien Bencherqui, alors étudiant à l’Essec (École supérieure des sciences économiques et sociales), à imaginer un système pratique et fiable pour échanger des fichiers entre les particuliers. Un défi à la hauteur de la renommée des plates-formes de référence que sont DropBox, Google-Drive ou WeTransfer pour les besoins du grand-public, et parfois des professionnels. Avec ses acolytes Antoine Bianconi, développeur diplômé de Supinfo, et Arthur Froger, concepteur web formé à l’IIM (Institut de l’internet et du multimédia), il constitue le trio fondateur de la société Bubblz. La start-up sera incubée par l’Essec, avec un soutien financier de la région Ilede-France, et grâce à une première levée de fonds fructueuse, réalisée notamment grâce à l’initiative « 101 Projets » et le parrainage de trois patrons d’entreprises renommées du web (parmi lesquels Xavier Niel de Free). Après huit mois de recherches et de développements, Bubblz lance en 2015 la nouvelle solution web d’échange de fichiers du même nom, reconnaissable à son interface graphique simplifiée. Alors que les utilisateurs de ce service s’avèrent être plus massivement des entreprises que des particuliers, Sébastien B. explique comment les choses se sont passées : « Nous avons constaté que la problématique du partage de fichiers était plus grande chez les pro que chez les particuliers, et en

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SONOVISION I novembre 2016 - janvier 2017 I numéro 5

L’équipe Bubblz.

particulier dans le domaine des médias ; alors nous avons choisi de recentrer nos objectifs sur des besoins plus professionnels. Dans cette réorientation du B2C au B2B, évoluant des services au grand public vers des services aux entreprises, nous avons compris que l’organisation du projet et la planification des étapes de production étaient un besoin important et dépendant de la gestion des médias. » L’équipe décide donc de proposer une nouvelle offre de service à une clientèle professionnelle spécialisée dans le domaine de la fabrication de contenus vidéo ; en prenant en compte cette fois les besoins induits par des processus de travail dématérialisés, souvent récurrents, collaboratifs, qui doivent être personnalisés dans un contexte identifié, et impliquent des accès fréquents à des espaces de stockage pour des fichiers-médias volumineux devant être protégés et sécurisés.

… et que le reste est procédure

Pour un processus de travail collaboratif, l’efficacité des interactions entre les membres d’une équipe est un facteur déterminant de succès, de rapidité, de réactivité… et de satisfaction professionnelle. La simplification des transactions, en améliorant la fluidité des échanges, donne à tous le sentiment de bien travailler ensemble. C’est donc un facteur qui mérite une attention très particulière ; au même titre que l’efficacité des échanges de fichiers médias entre les protagonistes.

C’est donc ces deux principes qui guideront la conception de Bubblz, avec deux axes fonctionnels d’une grande complémentarité : modéliser et guider les étapes de travail des contributeurs, en distribuant les fichiers-médias impliqués dans leurs phases d’activité respectives… « Bubblz est la seule solution qui associe une gestion automatisée des processus métiers avec un stockage des fichiers médias dans le cloud, permettant des transferts rapides et sécurisés » déclare Sébastien B., aujourd’hui jeune président-co-fondateur, âgé de 26 ans, le même âge que ses associés, Antoine B. qui assure la direction technique et Arthur F. à la direction artistique. Cette réorientation du produit a été salutaire pour Bubblz qui a intégré en 2016 le programme d’accélération « Innov&Connect » de Paribas, en obtenant dans le même temps une seconde levée de fonds à hauteur de 160 k€ ; dès l’année prochaine, une nouvelle levée de fonds pourrait permettre à la société – qui se compose aujourd’hui d’une équipe réduite de sept permanents – de multiplier ses effectifs pour assurer un service amélioré. Une perspective qui lui donnerait les moyens de concrétiser ses ambitions futures.

La modélisation d’un workflow

Après une phase d’analyse détaillée du modèle de fonctionnement de l’entreprise cliente, effectuée en étroite collaboration avec des collaborateurs chargés de la supervision


I assista n t I S E R V I C E S I

L’interface graphique est simple et ludique de Bubblz Workflow.

de la production, la modélisation du processus cible est réalisée par l’équipe de Bubblz. C’est cette modélisation qui donnera au système la description chronologique des étapes de fabrication et de validation du programme, indiquant la nature des travaux à réaliser aux acteurs concernés, assurant les notifications et envois de mails, et mettant à leur disposition les fichiers médias nécessaires à la réalisation de leurs tâches respectives. Cette phase de travail méthodique est aujourd’hui assurée par l’équipe experte de Bubblz. Les développements logiciels de la plate-forme de service en ligne sont réalisés sur la base de la solution « Ruby On Rails », un outil web transactionnel reconnu dans le domaine du logiciel OpenSource. Mais l’objectif futur de la plate-forme est de proposer aux utilisateurs un mode de mise en œuvre plus direct. Si à ce jour, la modélisation d’un processus, pour une entreprise cliente, est un travail qui doit être réalisé dans un délai imparti par l’équipe Bubblz, il est envisageable à l’avenir que le système puisse disposer, par défaut, d’un catalogue de processus-types disponibles pour l’utilisateur. Selon une offre commerciale adaptée, le modèle de base pourrait être exploité en l’état, ou modifiable pour être personnalisé et répondre plus précisément au schéma de travail du client. Une option pourrait aussi être proposée aux utilisateurs pour leur permettre de modifier le modèle standard, grâce à l’interface graphique d’édition d’une console d’administration, pour en faire un module personnalisé plus finement adapté aux spécificités du contexte, le processus de travail pouvant encore être construit ou adapté par l’équipe spécialisée de Bubblz comme c’est le cas aujourd’hui. Thomas Gerbier, qui pilote le développement commercial de la société, décrit l’offre actuellement proposée : - pour deux procédures (Workflow) distribuées sur dix collaborateurs, avec cinquante projets orchestrés, 500 Gigaoctets de stockage média, sur des écrans Bubblz standards au tarif de 250 €/mois ; - pour cinq procédures distribuées sur trente collaborateurs, avec deux cents projets orchestrés, 1 Teraoctet de stockage, sur des

écrans personnalisables selon la charte graphique de l’entreprise utilisatrice, au tarif de 500 €/mois ; - pour le développement du modèle de procédure : durée de deux à cinq jours (au tarif de 650 €/jour/homme). Pour garantir la continuité de son développement dans un environnement hautement sécurisé avec une haute exigence de ses conditions de services, la plate-forme est hébergée dans le cloud d’Amazon ; un cloud qui pourrait prochainement reposer sur des infrastructures relocalisées sur le territoire français compte-tenu des annonces faites par le géant américain de l’hébergement sur Internet. Bubblz revendique actuellement près de 3 000 utilisateurs. Parmi ceux-ci, le pôle « Social TV » de FranceTV Editions Numériques expérimente le système depuis plusieurs mois pour récupérer des contenus vidéo frais et ciblés auprès des différentes chaînes du groupe, et les reformater pour les publier sur les réseaux sociaux. Le système permet de gérer de manière centralisée et unifiée ce type de processus récurrent, avec de la gestion d’équipes, de l’assignation de tâche, du suivi de réalisation, du commentaire et de la validation. Il remplace à lui seul des logiciels divers (Excel pour la planification en tableaux, WeTransfer avec le risque de liens de téléchargement périmés…) et des espaces de partage qui ne sont pas toujours bien adaptés. Et il assure en complément le suivi des versions qui est à lui seul générateur de nombreuses pertes de temps… Toutes ces tâches chronophages assurées par des services automatisés de la plate-forme libèrent du temps pour les collaborateurs qui peuvent le consacrer à la réflexion, à la création et à d’autres activités productives. Ce qui fait dire que le système permet d’améliorer la productivité des équipes, tout en les soulageant de nombreuses préoccupations quotidiennes, comme celle consistant à rechercher l’information auprès de celui qui la détient, lorsque celui-ci est connu… ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas. Deux niveaux de collaboration permettent d’échanger des messages et commentaires : d’une part sur le projet lui-même, permettant de partager des

informations sur le déroulement du projet, et d’autre part, plus finement, sur le média luimême, avec la possibilité de placer une annotation pour caractériser l’image ou le son à un instant précis. Les annotations des différents contributeurs s’affichent chronologiquement sur une ligne de temps verticale à l’écran. Dans un autre contexte d’utilisation avec la mairie de Paris, c’est l’envoi automatique des emails qui permet au chef de projet digital de gérer en parallèle une centaine de dossiers en réponse à un appel à candidatures et de récupérer autant de fichiers applicatifs livrés, selon une procédure unifiée, directement sur les serveurs de la plate-forme. En donnant de la lisibilité aux processus de travail et en encadrant les échanges de fichiers-médias, la plateforme Bubblz se positionne comme une nouvelle ressource connectée qui peut se mettre rapidement au service de l’organisation des productions audiovisuelles collaboratives dématérialisées. Elle apporte à tous ses utilisateurs, quelle que soit la taille de leur organisation, où qu’ils se trouvent, et à n’importe quel moment, une version numérique combinant « pense-bête » et Todo list… Sur n’importe quel équipement connecté à Internet (PC ou Mac, smartphone et tablettes), capable de lancer un navigateur web, l’utilisateur accède à son catalogue de projets, s’informe de leur progression, et interagit avec l’équipe en apportant sa contribution dans sa spécialité. Bubblz a l’ambition de devenir le back-office numérique des industries audiovisuelles (elle existe en français et en anglais...) en permettant aux professionnels d’automatiser leur gestion de projets et leurs échanges de fichiers. Ce nom fera mouche à votre première recherche sur le web, pour en savoir plus… https://bubblz.net

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I DOSSIER I processeurs audio nouvelle génération I

Processeurs audio Nouvelle génération

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I processeurs audio nouvelle génération I DOSSIER I

Avec des processeurs de plus en plus puissants et des interfaces numériques qui ouvrent des possibilités d’interconnexion très larges entre constructeurs, les processeurs audio sont devenus indispensables pour toutes les applications. Nouvelle génération de processeurs audio, les constructeurs se défoncent pour intégrer de nouvelles puces plus puissantes et surtout les nouveaux formats numériques. Sans avoir la prétention d’être exhaustif sur tous les produits disponibles, nous allons tenter de faire le point sur les tendances et les nouveautés de ces technologies. Par Antoine Gruber

Les tout nouveaux processeurs audio de Crestron, qui font une entrée en force sur ce marché.

Les processeurs audio-numériques existent depuis qu’existe l’audio-numérique ; cependant ils ont largement évolué en 25 ans et continuent à évoluer avec des puces électroniques toujours plus puissantes. Conçu pour des applications où l’interface utilisateur est minimum, le processeur audio revêt des applications en sonorisation d’espaces tels que magasins, restaurants, mais aussi dans le milieu corporate pour des salles de conférence sans régisseur, des salles de réunion ou de formation. Le processeur permet d’écarter les utilisateurs qui pourraient trop facilement mettre les mains sur une console audio et rapidement déconfigurer leur propre installation. Cette analyse se concentre sur les produits de milieu de gamme, les plus nombreux. Le point commun de ces processeurs, c’est d’être une boîte, sans interface utilisateur, ou à tout le moins avec une interface minimum, en opposition avec les consoles de mixage audio, qui sont construites autour d’une interface utilisateur complète. Cependant, il existe une interface de configuration, utilisée à l’installation. Cette interface se présente sous forme d’un logiciel spécifique. Cette phase est primordiale pour obtenir le fonctionnement souhaité en autonomie. On peut catégoriser les processeurs en deux groupes d’après l’interface logiciel qu’ils proposent : ceux qui sont préconfigurés et dont le logiciel se présente un peu comme

une console de mixage plus ou moins classique, tels que les MTX deYamaha, les DMP d’Extron, les Avia de Crestron, les Converge de ClearOne et ceux qui ouvrent leur logiciel sur une page blanche, où l’on a, à gauche les entrées physiques et à droite les sorties, pour que l’utilisateur définisse totalement le cheminement et le traitement à appliquer aux signaux audio. Dans certains cas le constructeur propose une ou plusieurs configurations types à partir desquelles il est possible de décliner plus facilement sa propre configuration. L’avantage des systèmes préconfigurés, c’est que le délai de traitement est fixe, et donc prévisible. Ils sont aussi plus faciles à mettre en œuvre par un technicien du son, qui retrouve un environnement assez classique. L’avantage des systèmes libres c’est que l’on peut construire l’architecture la plus complexe, ou la plus originale dans la seule limite des capacités de puissance du processeur, limite qui est toujours indiquée dans la fenêtre de l’interface logiciel. Il est à noter que tous les processeurs ne sont pas égaux de ce point de vue ; certains sont capables de traiter des dizaines de correcteurs paramétriques en parallèle, là où d’autres sont limités à une ou deux dizaines de correcteurs. Il faut donc choisir son appareil en fonction de la complexité des canaux à gérer, du nombre de circuits anti-écho, du nombre de correcteurs paramétriques, etc. Il n’y a pas de règle absolue. Il faut se rapprocher des constructeurs

en fonction de ses projets. Il est à noter que ce n’est pas toujours le produit le plus cher qui a le plus de puissance de traitement. Un des points communs des nouveaux processeurs audio est leur évolution sur les interfaces audio numériques. À la base, tous ces appareils proposent un jeu d’entrées et de sorties analogiques, dans une proportion de 8 à 12 I/O. Mais il faut y ajouter les canaux numériques. Les anciens formats tels que le CobraNet, ne sont plus d’actualité. C’est là que l’on voit le rapide développement des interfaces Dante, parfois AVB, ou encore propriétaires, et aussi certains qui peuvent proposer un mélange d’interface propriétaire et Dante tel BSS. La partie numérique peut apporter quelques canaux sur les Extron, Bose ou Crestron, jusqu’à un grand nombre sur Biamp avec 128 canaux et BSS avec 64 Dante et 256 propriétaires ; là aussi on observera de larges différences d’un appareil à l’autre. Les interfaces numériques ouvrent la possibilité d’interconnecter les processeurs dans une architecture avec des zones déportées, cela permet aussi d’avoir une liaison directe avec des récepteurs de micro HF ou, en sortie, des liaisons directes avec des amplis équipés d’entrées numériques. L’offre, de ce point de vue, se développe rapidement chez de nombreux constructeurs. Si l’on choisit un processeur en fonction des applications, pour la sonorisation d’un restaurant, les besoins sont principalement +++ SONOVISION I novembre 2016 - janvier 2017 I numéro 5

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I DOSSIER I processeurs audio nouvelle génération I

de pouvoir choisir une entrée pour changer de source, avoir des égaliseurs pour ajuster la réponse dans l’espace et disposer d’un accessoire de contrôle comme un clavier 4 boutons plus volume, pour gérer la diffusion. Un petit processeur préconfiguré, de type Zone Pro de DBX, ESP de Bose, MTX-3 de Yamaha ou ZoneMix de Symetrix peut couvrir les besoins de base. Dans une salle de conseil ou un auditorium configuré pour des visioconférences et/ou équipé d’un insert téléphonique, il faut impérativement disposer d’un système d’anti-écho AEC (Automatic Echo Canceller) et des entrées Dante. Les produits MRX de Yamaha, Tesira de Biamp, DMP d’Extron ou Avia de Crestron sont les produits adaptés. Pour des applications de site où l’audio est distribué entre plusieurs zones, les Qsys Core 110F de QSC ou le Blu de BSS offriront des avantages technologiques pour la gestion globale du site. Mais ces indications ne sont pas définitives. Tous ces processeurs peuvent prendre presque toutes les positions. Dans tous les cas, les processeurs proposent des mémoires de configuration. Ces mémoires permettent de passer d’une situation à une autre de façon dynamique. Par exemple, avec deux salles de réunion pouvant être réunies par une cloison mobile, un processeur permet de faire fonctionner chaque salle indépendamment sur le plan audio et de rappeler un plan de diffusion qui va couvrir les deux salles globalement, comme une seule salle quand on ouvre la cloison. Il y a quelques années, les processeurs avaient des mémoires qui étaient souvent uniquement globales. Aujourd’hui, tous les produits proposent de faire des rappels de mémoires partiels ou spécifiques à une zone du processeur, sans perturber la partie déjà en fonctionnement. Si l’on regarde les particularités de certains processeurs, il existe des fonctions plus ou moins uniques qui peuvent être la clef pour une application particulière. ClearOne propose, avec les processeurs Converge, un micro de plafond à réponse d’angle dynamique, qui permet de couvrir la prise de son pour l’ensemble d’une table de salle de conseil, par exemple. Ce micro ne fonctionne qu’associé au processeur de la marque. Yamaha propose, dans le processeur MRX-7, une fonction Dugan, qui est un outil de gestion automatique des niveaux et d’anti-larsen pour un jeu de micros. Il compense automatiquement les variations de niveau de la prise de son et assure un rejet des larsens. Le Dugan, ici sous licence, est un processus développé initialement par Dan Dugan. C’est un outil exceptionnel en traitement automatique de prise de son. Pas assez connu, il mérite d’être beaucoup plus répandu. BSS et la gamme des Blu permet, sur son bus numérique propriétaire, d’échanger jusqu’à 256 canaux audio entre de multiples processeurs, c’est une clef importante pour créer de gros systèmes décentralisés.

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L’interface logiciel de composition pour les processeurs QSC, ici pour une application d’insert téléphonique du QSYS Core110F.

Les processeurs préconfigurés de Yamaha, les MTX-3 et MTX-5.

Le processeur de QSC, QSYS Core110F, un logiciel puissant qui couvre toute la gamme des produits QSYS.

Le processeur Bose ESP-880 qui peut recevoir une carte Dante en option.

QSC avec QSYS Core110F et Crestron avec les Avia, offrent une interface USB audio pour connecter un ordinateur, comme une carteson, pour des fonctions de communication telles que Webex, Skype ou Lync. Ces outils de communication sont prévus à la base pour être des interfaces individuelles à partir d’un ordinateur ; cette connexion USB permet de faire entrer facilement ces outils dans un environnement de salle de conférence à prise de son multiple et avec une diffusion large du site distant. Avantage de catalogue pour Extron et Crestron, avec leurs automates de contrôle. Ces deux constructeurs proposent une intégration et un niveau d’interface élevé entre leurs processeurs audio et leurs programmes d’automates, ce qui peut faciliter les mises en œuvre d’une installation.

Particularité disponible sur tous les processeurs Yamaha, le Tesira de Biamp et le QSYS core110F de QCS, la possibilité de stocker des fichiers audio dans différents formats dont le MP3 et de lire ces fichiers à la demande. Le processeur devient émetteur de jingle, serveur de musique de fond, etc. Toutes sortes d’applications s’ouvrent ici pour ces appareils. Autre interface des processeurs audio, en particulier de ceux qui ont une programmation libre, ils proposent des contacts d’entrée et de sortie, permettant de gérer des événements par l’action d’un contact ou le déclenchement d’un affichage par voyant ou autre en fermant un relai. Cette logique permet toutes sortes de solutions sur mesure. La plupart des constructeurs proposent en option de leur processeur des accessoires de


I processeurs audio nouvelle génération I DOSSIER I

Le logiciel de configuration libre de Yamaha pour le MRX-7. Ici le cas particulier du Module Dugan.

Quant aux processeurs à configuration libre, ils ont tous leurs particularités. Cependant, le tronc absolument commun des logiciels est qu’ils présentent une surface illustrant le processeur. Sur cette surface l’utilisateur pose, à partir d’une librairie d’éléments, des boîtes représentant chacune une fonction. Puis il faut tirer des cables virtuels entre les entrées et les sorties des modules de fonction pour créer une continuité de circulation du son. Ex : module d’entrée, puis module de gate, module d’anti-écho, module d’égalisation, matrice de routage, etc. vers les modules de sorties numériques ou analogiques.

L’interface logiciel du Tesira, ici dans sa template pour une configuration d’insert téléphonique : interface typique d’un processeur à configuration libre, où chaque fonction est représentée par une boîte logique avec entrées et sorties.

Le conseil est de prendre le temps d’une formation, assurée par les contructeurs et distributeurs, pour pouvoir appréhender correctement un nouveau logiciel de ce type.

Conclusion

commande, clavier à bouton, interface sur tablette, principalement iPad, et pour QSC un écran tactile propriétaire, qui permettent une bonne intégration pour l’utilisateur final. Point important de tous ces processeurs, le logiciel de configuration. Les préconfigurés, comme décrits précédemment, se présentent

Marque

Modèle

I/O analogique

Lecteur fichier

un peu comme une console audio classique disposant de voies d’entrée, avec gain, égalisation, et routage vers des sorties stéréo, principales et auxiliaires. Les voies de sorties comportent elles aussi une égalisation, parfois des délais ajustables et bien sûr des gains de sortie.

AEC

Numérique

Téléphone

Clavier

Avec des processeurs de plus en plus puissants et des interfaces numériques qui ouvrent des possibilités d’interconnexion très larges entre constructeurs, les processeurs audio sont devenus indispensables pour toutes les applications. Il est à noter que souvent, par manque de formation ou manque de budget/temps, les réglages sont réduits au minimum sur certaines installations, ce qui revient à sous-exploiter ces appareils qui pourraient rendre de biens meilleurs services aux utilisateurs finaux.

In/Out Ext (hors Dante)

Logiciel

Distributeur

Prix

Yamaha

MTX-3

12 in x 8 out

SD

Non

NON

Non

Oui

Oui

Preconfig

Yamaha

1560 €

Yamaha

MTX-5

12 in x 8 out

SD

Non

Dante 16

Non

Oui

Oui

Preconfig

Yamaha

2702 €

Yamaha

MTX-7

SD

Oui

Dante 64

Non

Oui

Oui

Libre

Yamaha

3396 €

Perfect Sound

3945 €

BIAMP

Tesira Forte

12 in x 8 out

USB

Oui

AVB 128

A/Voip

Oui

Oui

Libre (Template)

BSS

Blu-806

16 configurables

Non

Option

Dante 64 + Propriétaire

A

Non

Non

Libre

Freevox

6537 €

QSC

QSYS Core 110F

8 X 8 + 8 Flex (in ou out)

Interne

Oui

Propriétaire

A/Voip

Oui

Oui

Libre (Template)

Algam

3540 €

DBX

Zone Pro

12 in x 6 out

Non

Non

Non

Non

Oui

Preconfig

Freevox

1049 €

Clearone

Converge Pro-840T

8 in x 8 out

Non

Oui

Propriétaire

A

Tel

Oui Input

Preconfig

Audiopole

6170 €

Clearone

Converge Pro-880T

12 in x 12 out

Non

Oui

Propriétaire

A

Tel

Oui Input

Preconfig

Audiopole

8265 €

Extron

DMP128

12 in x 8 out

Non

Option

Dante 54

A

Non

Oui

Preconfig

Extron

2190 € à 4390 €

Creston

Avia DSP-128x

12 in x 8 out

Non

Option

Dante 32

A/Voip

Non

Non

Preconfig

Creston

2100 € à 4200 €

Symetrix

Zonemix 761

12 in x 6 out

Non

Non

Non

Non

Oui

Non

Preconfig

Axente

1500 € environ

Bose

ESP 880

8 in x 8 out

Non

Non

Dante 32

Non

Oui

Oui

Libre

Bose

3135 €

Ce tableau regroupe une sélection de processeurs audio. Les informations sont comparées par nombre d’entrées/sorties analogiques, capacité à lire des fichiers audio sur un support amovible ou non, capacité à traiter des sources micro en anti-écho, type de format numérique et nombre de canaux disponibles, fonction insert téléphonique, en analogique et/ou VOIP, possibilié d’ajouter des entrées/sorties en plus du bus Dante, type de logiciel de configuration, soit à architecture préconfigurée, soit en composition totalement libre du traitement, avec parfois des configurations types proposées par le constructeur, et pour finir est mentionné le nom du distributeur et le prix catalogue HT.

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I T E S T I a u di o c o n f é r e n c e I

TeamConnect Wireless, l’audioconférence simplifiée Qu’elles soient présentielles ou hybrides, les réunions avec une liaison vidéo sur Internet demandent, pour être efficaces, une qualité audio de la voix, vecteur principal d’une interaction et des prises de décision qui s’ensuivent. Fort de son expertise, Sennheiser a développé une solution polyvalente et sans fil d’audioconférence : TeamConnect Wireless. Par Stéphan Faudeux

TeamConnect Wireless de Sennheiser permet d’augmenter la qualité audio des réunions.

Pour les réunions en audioconférence, il existe des dispositifs plus ou moins complexes avec des microphones de table, filaires ou non. Toutefois leur utilisation nécessite une salle dédiée, parfois de la maintenance et la prise en main n’est pas toujours aisée. Aujourd’hui les collaborateurs sont mobiles, les salles de réunion doivent servir à plusieurs usages et il n’y a plus de technicien audiovisuel dédié. Pour résoudre cette équation, Sennheiser a développé TeamConnect Wireless. Pour les équipes présentes sur plusieurs sites dans un même pays et/ou à l’étranger, l’audioconférence est le moyen indispensable pour partager des idées, avancer ensemble sur des projets. Pour cela, la qualité audio est cruciale, le son doit être clair et fluide. TeamConnect Wireless satisfait ces attentes, permettant de réunir 24 personnes très rapidement grâce à son format portable. Le dispositif se compose de quatre unités (une unité centrale et trois satellite). Le module-maître peut se connecter à la source sonore en Bluetooth, jack et USB. L’appairage est automatique avec les modules-satellites, une fois sortis de leur mallette de transport. Il suffit de les placer sur la table et de commencer sa réunion. Chaque module sert à la fois de microphone et de haut-parleur. Comme les

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trois connexions du module de base peuvent être utilisées simultanément, il est possible d’ajouter une personne en cours de route qui intervient par exemple par Skype via la prise USB d’un ordinateur, depuis un téléphone fixe ou en Bluetooth depuis un téléphone. Il y a également une compatibilité NFC pour appairer directement le téléphone en Bluetooth.

Prise en main

TeamConnect Wireless simplifie les réunions et s’adapte à de nombreuses salles de réunion et différentes tailles d’entreprises. Il est possible de faire participer 24 personnes avec TeamConnect. Le mode d’emploi est enfantin, et il n’y a pas de besoin de technicien pour s’en servir. Les satellites ont une durée de charge de 8 heures (temps de recharge 10 h) et la mallette de transport sert de chargeur ; il suffit de connecter la prise d’alimentation au secteur. Même lorsque la valise est fermée, il est possible de connaître l’état de la charge, un bouton est présent à proximité de la poignée. Une fois la valise ouverte, il suffit de poser les quatre modules sur la table, une lumière bleue apparaît à la base du module le temps que les satellites se synchronisent avec l’unité centrale. La liaison entre les modules est en DECT, ce qui permet une distance de 20

mètres entre le module-maître et les modules-esclaves (cela laisse du potentiel en termes de taille de salle de réunion). Les pavés tactiles des unités-satellites, en verre traité contre les traces de doigts, permettent de régler le volume audio en toute simplicité et affichent le niveau de batterie de chaque unité. Celui de l’unité principale permet également d’activer/désactiver le Bluetooth et la mise en sourdine. La plupart des fonctions sont automatisées, si bien que les unités-satellites sont pour ainsi dire dépourvues de boutons, à l’exception du bouton d’affichage du niveau de charge de la batterie, à la base de l’unité principale. TeamConnect Wireless se distingue également par son support de plusieurs canaux audio en simultané qui permet aux participants de rejoindre une conférence en cours par simple connexion de leur terminal.

Autre point important : le design

Le système d’audioconférence portable arbore un look résolument moderne, en parfait accord avec les espaces de travail contemporains. Pour créer un système élégant, capable de se fondre dans le décor des salles de réunion les plus design, Sennheiser a fait appel à la fameuse agence Lunar, qui a su s’écarter des codes classiques du design de microphones et d’enceintes. L’agence a conçu quatre unités-satellites associant technologies de communication et de restitution dans un même boîtier circulaire en aluminium anthracite, aux lignes quasi futuristes. Ces unités tiennent dans la paume d’une main et ne pèsent que 470 grammes. Protégées par un vernis anti-rayures et anti-humidité (pour la transpiration des mains, notamment), elles résistent aussi durablement que les microphones portatifs professionnels de Sennheiser aux assauts du temps, même après plusieurs années d’utilisation intensive.


I a u di o c o n f é r e n c e I T E S T I

Acoustique améliorée

TeamConnect Wireless améliore également l’acoustique des systèmes de visioconférence existants, afin que leur qualité audio soit à la hauteur de leur qualité vidéo. La plupart des systèmes de visioconférence, même haut de gamme, sont équipés de microphones directement intégrés aux caméras, qui n’offrent pas les mêmes performances que des microphones indépendants. TeamConnect Wireless propose des options de configuration flexibles pour compenser intégralement les insuffisances acoustiques de ces systèmes. La solution se connecte aux systèmes de visioconférence existants via le port USB de son unité principale. TeamConnect est disponible depuis le mois de février pour un tarif de 3 500 € HT. Un produit simple à forte valeur ajoutée revendue par les intégrateurs et revendeurs.

Tout est dans la valise qui sert de base de recharge.

Rapport d’étude Le rapport de l’étude de Sennheiser et Millward Brown, publié en janvier 2016, souligne en effet que plus les réunions sont fréquentes au sein des entreprises, plus ces dernières tendent à être performantes. Il précise également que les entreprises dotées de systèmes de conférence complexes et de piètre qualité audio sont aussi celles qui organisent le moins de réunions, d’où les exigences croissantes des dirigeants en matières de fiabilité, de qualité audio et d’intuitivité des systèmes de conférence. Les conséquences de ces dysfonctionnements sont loin d’être négligeables, d’après le rapport d’une étude réalisée début 2016 par le cabinet Millward Brown auprès de 155 hauts dirigeants américains, britanniques, allemands et singapouriens. Plus de deux tiers (69 %) des personnes interrogées estiment que la qualité audio prime sur la qualité vidéo dans l’efficacité d’une réunion. À l’occasion de cette étude, commandée par Sennheiser, l’équipe de recherche s’est également penchée sur la place actuelle des téléconférences dans le monde du travail et sur l’efficacité des technologies disponibles, aptes à satisfaire les attentes des utilisateurs. Les participants à l’étude ont unanimement confirmé l’importance croissante de l’audioconférence. 83 % ont déclaré que la possibilité de faire collaborer différents experts à distance était un vrai plus pour leur entreprise, en termes de gain de temps notamment. La technologie gagne même les hautes sphères de la direction, puisque près de la moitié (48 %) des cadres supérieurs consacrent déjà trois heures par semaine minimum à des audioconférences intersites.

Un design soigné, une valise qui s’emporte facilement d’une salle à l’autre.

L’unité principale sert de hub pour y brancher les appareils et prend la main sur les trois autres unités.

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I T E S T I MU L T I F L UX I

Matrox Monarch LCS, encodage multiflux pratique et polyvalent Matrox, autour de la famille Monarch, commercialise, depuis le mois de juillet 2016, le Monarch LCS, la version la plus versatile de la gamme qui reste toujours très simple à utiliser. Les secteurs de l’éducation, de la formation, de la production de MOOC trouveront en ce produit une solution performante et simple d’usage. Par Stéphan Faudeux

Le Monarch LCS reprend le design du Monarch, un produit robuste, fiable, facile à transporter ou à placer dans un rack. Il intègre un minimum de boutons, et tout est accessible simplement. Le Matrox Monarch LCS dispose de plusieurs entrées, une entrée sélective 3G-SDI ou HDMI pour une caméra vidéo et une entrée dédiée HDMI qui peut servir à lire des contenus depuis un micro-ordinateur. Les entrées vidéo sont synchronisées, ce qui permet de garantir une qualité parfaite de streaming et d’enregistrement, et sans perte de synchro A/V. Cette fonction est primordiale, notamment lorsqu’il s’agit d’associer des sources vidéo (caméra) et informatiques qui ne sont pas sur les mêmes fréquences d’image. La synchronisation va également protéger la continuité de l’encodage, même si le switcher en amont du Monarch subit des pertes de signaux. Concernant l’audio, il peut être multiplexé avec la vidéo numérique, ou importer via les entrées analogiques, et peut être coupé ou non sans affecter l’encodage. Que ce soit en HDMI, SDI ou sur les entrées analogiques, toutes les sorties vidéo et audio sont live et les huit canaux audio passent de l’entrée sélectionnée à la sortie HDMI. La sortie HDMI peut servir de preview avant encodage. Grâce à la prise en charge des signaux vidéo SDI ou HDMI, l’utilisateur peut choisir ce qui convient le mieux à une installation donnée (l’enregistrement d’un cours magistral par exemple). Il est possible de transmettre les signaux SDI jusqu’à 100 mètres à travers un câble coaxial, ce qui convient parfaitement aux situations où la caméra est éloignée de l’encodeur. Le Monarch LCS propose cinq modes d’utilisation qui vont répondre à de nombreuses utilisations (PIP, Side by Side, Switch). Dans le cas de l’utilisation du mode Picture in Picture, l’entrée B va servir d’image de fond et l’entrée A sera l’image en incrustation. Il est possible de choisir la position sur l’un des quatre côtés de l’image de fond. Ce paramétrage se fait via le Command Center. Vous pouvez à tout moment supprimer le PIP directement en cliquant sur le bouton Switch en face avant de l’appareil ou via l’application Command Center. Toujours via le Command Center, vous pouvez cropper l’image en entrée A au format 8/9, un format idéal pour les conférenciers. Le Monarch LCS Commande Center est une application web qui fonctionne sur un ordinateur, une tablette ou un smartphone, ce qui facilite l’utilisation sur une opération

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Matrox Monarch LCS, une solution simple, robuste qui est doté de plusieurs entrées et de deux encodeurs.

de captation. En gros, avec une tablette et un Monarch LCS vous pouvez prendre en charge un direct très facilement. Le mode Side by Side va mettre les deux images d’entrée l’une à côté de l’autre et vous pouvez choisir de mettre à gauche ou à droite votre image d’entrée A. L’entrée A pourra être croppée en 8/9 (au choix là aussi de la disposer à gauche ou droite de l’écran). Le mode Switch va faire passer en « live » alternativement l’entrée, A ou B, sélectionnée. Pour commuter, cela se fait par le bouton Switch en façade ou par le Command Center. Le mode Duo est la fonction la plus puissante, elle consiste à encoder séparement les deux fichiers vidéo et à les synchroniser avec l’audio associée. Les deux fichiers ou flux peuvent être lus via un player multi-stream compatible comme celui de Kaltura ou un player en open source comme Paella Player. Cette fonction Duo est intéressante car c’est lors de la lecture que l’utilisateur détermine quel élément est le plus important à mettre en avant (la vidéo ou le PowerPoint par exemple). L’encodage se fait en H/264 jusqu’à 20 Mbps. Le traitement de l’image signé Matrox est très performant, que ce soit pour synchroniser,

désentrelacer, cropper, scaler ou appliquer une réduction de bruit les images. Disposer de deux encodeurs multiplie le champ des possibles. Les deux encodeurs peuvent streamer ou enregistrer, l’opérateur peut choisir des préréglages différents pour l’un ou l’autre des encodeurs, des destinations différentes de streaming. Les flux seront encodés avec les protocoles RTMP ou RTSP ; ils seront délivrés via un serveur local ou via un CDN. En mode double encodage, les fichiers auront un débit maximum de 8 Mbps (pour des destinations différentes) et 16 Mpbs pour une destination unique. Le technicien pourra enregistrer dans une très bonne qualité et diffuser avec une qualité moindre. Les fichiers enregistrés seront en MP4 ou MOV, directement sur une carte SD (lecteur de carte) intégrée ou sur une clef USB.

Pour aller un peu plus loin

Pour ceux qui veulent utiliser le Monarch LCS dans un environnement unifié, les outils de développement LCS Dev Tools permettent d’intégrer le produit dans une configuration existante, d’être piloté par exemple par un produit Crestron. L’interface de programmation (API) de commande du Monarch LCS est un moyen idéal pour intégrer le Monarch LCS dans une salle de cours, une salle de réunion ou tout autre local équipé d’un système de


I MU L T I F L UX I T E S T I

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Entrée vidéo HDMI 1 : signaux pris en charge (sources vidéo) Entrée vidéo HDMI 2 : signaux pris en charge (sources provenant d’un ordinateur)

Progressif

1  920x1080 à 60/59.94/50/30/29.97/25 images par seconde 1280x720 à 60/59.94/50 images par seconde

Entrelacé

1920x1080i 29.97/25 images par seconde

Progressif

1  920x1080 à 60/59.94/50/30/29.97/25 images par seconde 1280x720 à 60/50 images par seconde

Sortie vidéo HDMI

Entrelacé 1920x1080i 29.97/25 images par seconde Sortie de prévisualisation des signaux d’entrée vidéo. La sortie de prévisualisation peut être mappée à partir de sources d’entrée SDI ou HDMI.

Entrée vidéo SDI compatible

Progressif

1  920x1080 à 60/59.94/50/30/29.97/25 images par seconde 1280x720 à 60/59.94/50 images par seconde

Entrelacé

1  920x1080i à 29.97/25 images par seconde 720x486i à 29.97 images par seconde 720x576i à 25 images par seconde

Compatible avec SMPTE 259M/292M/424M (niveau A)/425M Sortie vidéo SDI

Sortie de prévisualisation des signaux d’entrée vidéo. La sortie de prévisualisation peut être mappée à partir de sources d’entrée SDI ou HDMI.

Entrée audio

Traitement des deux premières pistes audio intégrées dans les signaux d’entrée HDMI ou SDI Entrée stéréo analogique asymétrique via un connecteur jack 1/8’’ (3,5 mm) Niveau ligne

Sortie audio

8 pistes audio intégrées dans les signaux HDMI et SDI Sortie stéréo analogique asymétrique via un connecteur jack 1/8’’ (3,5 mm) – passage de l’entrée Niveau ligne Remarque : toutes les sorties sont actives, peu importe le choix des entrées audio et vidéo

Fonctions supplémentaires

Source d’entrée vidéo SDI ou HDMI détectée automatiquement Toutes les sorties sont actives, peu importe le choix des entrées audio et vidéo

contrôle Crestron. Les utilisateurs du Monarch LCS inscrits peuvent télécharger un exemple de module SIMPL conçu pour les appareils Crestron type 2-Series et 3-Series. Tous les réglages et paramètres de LCS Commande Center peuvent être exportés en fichier XML. Le logiciel utilitaire Matrox permet à l’utilisateur de rechercher et de trouver tous les Monarch LCS installés sur son réseau. Il permet également de déterminer si la version du progiciel installée dans les différents Monarch LCS est la dernière en date. Il met à jour automatiquement les appareils pour que la version la plus récente soit installée. L’utilitaire Matrox peut aussi servir à démarrer les appareils Monarch LCS accessibles depuis le réseau. La durée maximale des fichiers est de 300 minutes, quel que soit le type de support d’enregistrement. La fonction de fractionnement des fichiers permet à l’utilisateur d’enregistrer en continu pendant des durées plus longues grâce au paramétrage de la longueur des segments de fichiers. Le Monarch LCS génère ces segments de fichiers séquentiels pendant l’opération d’enregistrement sans perte d’image. La durée d’un segment de fichier peut aller de 1 à 300 minutes. Le Matrox Monarch LCS est la solution idéale pour le secteur éducatif, la formation, les entreprises qui veulent produire des contenus interactifs. Une solution qui ne nécessite pas de connaissances en informatique, un investissement raisonnable et pérenne.

La face avant, ultra simplifiée avec 3 boutons poussoirs et les ports USB, SD Card pour y placer les unités de stockage (clef Usb, Disque dur, Carte SD)

La face arrière comprend les entrées/sorties : Hdmi, SDI, Réseau, Audio

Tarif : 2 495 $ US

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I T E C H N I QUE I stad e I

Le nouveau stade de l’Olympique lyonnais, un concentré de technologies L’Olympique lyonnais a pris possession, en janvier dernier, de son nouveau stade à Décines. Ce nouvel équipement est d’abord destiné à accueillir les matchs de football du club. Mais pour rentabiliser un tel investissement (le nouveau stade appartient au club), ses responsables ont pour ambition de transformer un simple match en événement festif et d’accueillir de multiples activités : concerts, événements, congrès… Entre les soirées de football. Par Pierre-Antoine Taufour

bution vidéo en IPTV. Ce réseau dessert 350 écrans et il est géré grâce au système StadiumVision de Cisco, déployé en collaboration avec Orange Business Services. Ses capacités permettent dans l’absolu d’adresser une source d’image spécifique à chaque couple d’écran. Selon les activités, il sert à diffuser les images produites au sein de la régie de production d’OLTV, installée à l’intérieur du Parc olympique lyonnais, ou des contenus apportés par les clients lors de réunions privées. Une salle de conférences d’une capacité de 300 places est destinée à l’organisation des conférences de presse avant et après un match. Elle accueille également des petits congrès ou des conventions d’entreprise. Elle est équipée de tous les outils de diffusion audiovisuelle, de sonorisation, de traduction simultanée, de vidéoprojection et de caméras vidéo. Grâce au réseau MediorNet en fibre optique qui dessert tout le stade (voir Mediakwest n° 19 de novembre 2016), elle est reliée directement à la régie de production et au nodal, eux-mêmes desservis par des réseaux audio et vidéo externes en fibres optiques.

Le Club des Cent est l’un des huit salons de réception du Parc olympique lyonnais. © PA Taufour

De nombreux outils de communication ont été déployés dans la nouvelle enceinte afin de dynamiser les activités qui s’y déroulent et de faire entrer l’ambiance du stade dans le XXIe siècle. Les volumes situés sous les 59 000 places des gradins ont été aménagés en salons d’accueil, restaurants et salles de conférences. Ils sont destinés à créer des événements lors de matchs, mais aussi d’accueillir en cours de semaine des clients qui y organisent des réunions de travail, des assemblées, des déjeuners ou des cocktails. Ces sa-

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lons de réception et les espaces d’accueil sont chacun équipés d’un système de sonorisation pour une ambiance musicale ou la diffusion de la sonorisation du stade. Un équipement de mixage mobile prévu pour tout événement privatif vient le compléter via une platine de raccordement équipée d’un accès au réseau général Dante.

Un réseau IPTV de 350 écrans

Tous ces locaux et espaces de circulation sont équipés d’écrans LCD raccordés à une distri-

Un réseau wi-fi avec une capacité de 20 000 connexions

Que ce soit dans le cadre professionnel ou de loisirs, la connexion à Internet devient une requête incontournable pour tous les publics. Il apparaissait indispensable aux responsables de l’OL d’offrir également une très bonne couverture wi-fi sur l’ensemble des gradins, mais aussi dans les salons et espaces d’accueil. Un réseau wi-fi a été déployé sur l’ensemble du bâtiment grâce à 700 bornes. Il a été dimensionné pour permettre la connexion simultanée de 20 000 utilisateurs. Le premier objectif est de permettre aux spectateurs de rester connectés avec « leurs tribus » via les réseaux sociaux et d’échanger des messages au cours du match. Mais cela reste accessoire, car le


I stad e I T E C H N I QUE I

Parmi de nombreux services, l’application mobile Parc OL aide les spectateurs à se repérer dans le stade. © Olympique lyonnais Groupe

Le réseau de diffusion vidéo en IPTV comprend 350 écrans LCD.© PA Taufour

public vient d’abord voir un match. L’objectif principal est d’offrir un service numérique performant via l’application Parc OL développée sur mesure par le club.

Une application mobile dédiée

Cette application disponible sur iOS, Android et Windows 10 Mobile, offre toute une gamme de services innovants pour améliorer et enrichir l’expérience vécue par les spectateurs au cours d’un match. Parmi ceux-ci, il y a un guide interactif destiné à faciliter l’accès au stade, des plans pour s’orienter à l’intérieur. Le spectateur régulier accède au calendrier des rencontres, commande ses billets et les transfère dans son smartphone, et par exemple commande aussi ses boissons depuis son siège pour éviter les files d’attente.

L’une des 700 bornes wi-fi installées dans les gradins au plus près du public. © PA Taufour

Dernière fonction innovante, le Fancast sert à la réception de quatre flux vidéo transmis en streaming. Ils sont préparés au niveau de la régie de production via un système C-Cast d’EVS et mis en forme via le système StadiumVision de Cisco. Pour des raisons de droit de diffusion, ils ne sont distribués qu’en wi-fi et uniquement dans l’enceinte du stade. Ces quatre flux comprennent le direct d’OLTV, les contenus affichés sur les grands écrans du stade, des résumés diffusés en boucle et une caméra bonus (paluche, spidercam…) mise en place selon les matchs.

cours des matchs. Ils prévoient de les adapter sur demande avec des fonctionnalités spécifiques pour des événements particuliers, publics ou privatifs.

À travers cette application et les multiples services qu’elle propose, les responsables de l’Olympique lyonnais souhaitent élargir la palette de services offerts aux spectateurs au

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I T E C H N I QUE I c o n c e n t r é I

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I mot clé I TECHNIQUE I

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I T E C H N I QUE I dist r i b u ti o n I

Gefen développe Syner-G pour gérer les multiples réseaux de distribution des images Gefen fabrique une gamme complète de sélecteurs, distributeurs, transmetteurs et convertisseurs pour la diffusion d’images vidéo et informatiques. Ses produits sont conçus à la fois pour le marché résidentiel du home cinéma et pour l’entreprise. Toujours à la pointe de l’innovation, le constructeur américain fait évoluer ses produits vers les nouveaux standards audiovisuels, HDMI 2.0, DisplayPort, 4K à 60 Hz et utilise de nouveaux modes de distribution des images avec le sans-fil, la fibre optique et les réseaux IP. Par Pierre-Antoine Taufour

Gefen appartient au groupe américain Nortek, holding qui regroupe une vingtaine de sociétés spécialisées dans l’énergie, la climatisation, l’automation et la sécurité. Au fil des années, il a acquis des constructeurs intervenant dans l’univers de l’audiovisuel : Proficient, SpeakerCraft ou Sunfire qui fabriquent des haut-parleurs et des amplificateurs audio, principalement sur le marché domestique, BlueBOLT et Furman, spécialisés dans la distribution électrique, Elan et Xantech pour la distribution audiovisuelle et le pilotage. Cet ensemble, avec Gefen, représente environ 20 % du chiffre d’affaires de Nortek. Afin de simplifier les services commerciaux et la logistique, Nortek regroupe petit à petit toutes ces marques sous un nom unique : Core Brands. Pour l’instant les produits Gefen conservent leur nom mais évolueront sans doute vers cette nouvelle appellation. Le catalogue de Gefen comprend plus de 200 produits car le constructeur décline les fonctions de traitement et de distribution de signal vers tous les supports existants : câbles à paires torsadées CatX, la fibre optique, le sans-fil et l’IP. Tout ceci devant se combiner aux types de signaux images : VGA, DVI, HDMI et DisplayPort. Le nombre de combinaisons croît régulièrement avec l’amélioration des performances, HD vers la 4K, la 4K 30 images vers la 4K à 60 images, HDMI 1.4 vers HDMI 2.0, etc. Outre les classiques extenders de signaux avec ou sans fonction KVM, les distributeurs, les sélecteurs, on découvre au fil des pages quelques fonctions originales. Ainsi la distribution en daisy-chain, qui allonge la zone de desserte d’un câblage HDBaseT depuis son origine. L’entrée cat6 du module récepteur est reprise et amplifiée pour un nouveau départ RJ-45. Ainsi il est possible de cascader dix récepteurs et couvrir ainsi une distance de 1 000 mètres, une longueur habituelle dans les centres commerciaux ou les vastes bâtiments publics.

Des modules de transmission sans-fil à 60 GHz

Comme beaucoup de constructeurs, Gefen a inscrit à son catalogue des modules de transmission HDMI sans fil fonctionnant dans

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Extender DVI pour fibre optique. © Gefen

Les modules émetteur et récepteur pour la transmission HDMI sur réseau IP. Le module récepteur fait aussi fonction de mini switch réseau. © Gefen

la gamme des 5 GHz. Il existe une seconde gamme travaillant en 60 GHz avec des caractéristiques particulières. Cette fréquence transporte les images sans compression. Par contre les signaux ne traversent pas les murs et la portée de 10 mètres reste limitée à la pièce où se trouve l’émetteur. Selon les circonstances et les modes de travail, cela se révèle comme un avantage ou un inconvénient. Au client de choisir la gamme de produits adaptée à ses besoins. Dans la gamme des extendeurs à fibres optiques pour signaux DVI, il existe une large gamme de combinaisons selon la connectique optique, la distance, les résolutions et le type de fibre monomode ou multimode. Toujours dans la fibre optique, à noter un extendeur USB 2.0 avec module SFP. Comme ses concurrents, Gefen propose aussi une architecture de transport vidéo sur IP. Avec le développement des infrastructures réseau dans les entreprises, elle offre beau-

coup plus de souplesse pour la mise en place d’une distribution d’images vidéo et informatiques par rapport aux systèmes HDBaseT ou cat6 qui fonctionnent eux en mode point à point avec des équipements dédiés. Avec un transport en IP, le switch réseau devient le cœur du système et remplit à la fois les fonctions de distribution et de sélection pour se transformer en matrice virtuelle. Comme pour les réseaux classiques, la distance maximale entre le switch et les terminaux est limitée à 100 mètres, ce qui offre une desserte de 2 x 100 mètres entre la source des images et l’affichage, avec le switch en position intermédiaire. En HDBaseT, la distance maximale reste limitée à 100 mètres.

Le transport des images sur réseau IP

Pour raccorder la source d’images sur le réseau IP, Gefen a conçu des boîtiers émetteurs qui assurent à la fois la conversion des signaux et leur compression afin de rester dans un débit raisonnable. L’algorithme de com-


I dist r i b u ti o n I T E C H N I QUE I

Le Matrix Controller possède deux prises RJ-45 qui permettent de séparer le réseau dédié au transport des images de celui réservé au pilotage et à la bureautique. © Gefen

Le pupitre Matrix Controller pilote la matrice virtuelle pour les signaux transmis en IP. © Gefen

pression choisi est propriétaire basé sur Jpeg 2000 de manière à offrir une latence réduite. Le réseau IP utilisé devra offrir un débit d’un gigabit/s par port et la transmission d’une image 1080p60 occupera environ 150 Mb/s. Cinq modules d’émission sont inscrits au catalogue Gefen. Une première série de quatre, avec une entrée au choix VGA, HDMI, DVI-I ou DVI-I avec sortie locale, selon la version, sont équipés de ports RS-232, USB, signaux IR et des entrées/sorties audio afin d’offrir une liaison audio bidirectionnelle et des fonctions de type KVM. Le dernier modèle, de taille plus réduite, se limite au HDMI, au RS-232 et au port IR avec un boîtier permettant de le fixer sous une table. Côté boîtiers de réception, on retrouve la même répartition avec un switch réseau à trois ports pour les quatre plus gros modèles. Le switch réseau servant à établir les échanges entre les terminaux sera équipé de port Gigabit Ethernet et devra être « manageable » de niveau 3 compatible IGMP Snoopy ou de niveau 2 avec gestion de VLAN. Il doit également supporter la fonction « Jumbo Frames ». De nombreux modèles correspondant à ces spécifications sont disponibles sur le marché à des prix raisonnables. Gefen recommande en particulier les Netgear GS724T ou Prosafe GS728TX qui reçoit des modules SFP pour transmission par fibres optiques, ou bien les modèles Cisco SG300 ou SG500X et enfin les Juniper EX-2200.

La mise en place et l’exploitation d’un système de transmission/distribution en IP doit pouvoir être assurée par du personnel non spécialiste en réseau. Les ingénieurs de Gefen ont mis au point des procédures simplifiées. Pour piloter la grille virtuelle, on peut utiliser un pupitre de télécommande dédié, le Matrix Controller. Il ressemble beaucoup à ceux conçus pour les grilles vidéo traditionnelles, avec une série de touches, un afficheur LCD et la sélection des cross points en choisissant les sources et les destinations. Un mécanisme interne permet d’identifier automatiquement les boîtiers émetteurs et récepteurs, sans même leur fixer d’adresse IP. Ce boîtier est muni d’un serveur web intégré facilitant son pilotage à distance via un navigateur. Par ailleurs Gefen propose le logiciel Syner-G (voir plus loin) qui sert à piloter de nombreux équipements de son catalogue.

Le logiciel de contrôle et de supervision Syner-G

Le logiciel Syner-G (version Windows uniquement) est l’outil de configuration et de management des matériels Gefen. Il fonctionne avec tous les produits assurant un transport IP des images et certains éléments de la gamme via le port USB. Le logiciel prend tout son intérêt avec les produits IP car installé sur un PC raccordé au même réseau que les équipements, il permet de gérer tous les extenders et récepteurs IP depuis un poste unique. Ils sont reconnus via une procédure automatique, soit en mode DHCP ou en IP

statique dans le cas d’un plan d’adressage préconfiguré. Une fois les machines détectées, il est possible de les renommer en clair (nom de salle, emplacement, sources ou destinations…). Une fonction Show Me fait clignoter une diode sur l’appareil pour le repérer rapidement dans un rack. La première fonction du logiciel Syner-G est d’assurer la mise à jour à distance des firmwares. Il sert à configurer tous les paramètres des interfaces, les résolutions, les réglages image, les adresses réseau, les espaces colorimétriques et ceux de l’interface web. Il affiche toutes ces informations selon une présentation identique à la fenêtre OSD de l’appareil ou à son interface web. Il permet aussi d’afficher les EDID, de les éditer, de les mémoriser ou de charger des versions spécifiques. Une dernière série de page-écran affiche la qualité des liaisons et les taux d’erreur des signaux. Malgré la quantité d’informations disponibles et accessibles grâce à Syner-G, tous les éléments sont agencés dans des pages claires et logiques. Pour les matériels accessibles uniquement en USB, ce paramétrage se fait alors machine par machine et non de manière centralisée. Il existe une version simplifiée de Syner-G dédiée au paramétrage réseau des équipements, disponible sur iOS et Android. Les produits Gefen sont distribués en France par EAVS Groupe.

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I T E C H N I QUE I q u alit é I

Perfect World Entertainment « booste » la qualité de ses contenus live Perfect World Entertainment, un développeur de jeux en ligne multi-joueurs, a modernisé sa solution de production en direct en intégrant les solutions de Blackmagic Design, dont une Blackmagic Micro Studio Camera 4K, un Atem Production Studio 4K et un HyperDeck Studio 12G. Par Stéphan Faudeux Installée à Amsterdam, aux Pays-Bas, la branche européenne de Perfect World a modernisé son installation de diffusion de « live ». Norman Krüger de Perfect World Online explique, « Avec l’aide de Blackmagic, nous avons pu améliorer et optimiser notre installation. Elle nous offre davantage de flexibilité et nous permettra d’enrichir nos solutions de diffusion en live. Cette nouvelle installation est beaucoup plus robuste. Elle offre aussi une meilleure performance, une meilleure stabilité et ne doit pas constamment être reconfigurée ». Grâce à la modernisation complète du studio, Perfect World utilise désormais une Micro Studio Camera 4K dans son studio équipé d’un fond vert et une autre dans l’espace salon. Cela permet à l’équipe de production d’enregistrer des entretiens dans une ambiance décontractée. Les signaux provenant de ces deux studios, les parties de jeux vidéo en direct et les graphiques sont acheminés via SDI au mélangeur Atem Production Studio 4K. « Pouvoir combiner six sources sur un seul écran de prévisualisation multi-écran permet d’effectuer des transitions homogènes entre les scènes. Le travail des producteurs est grandement facilité car ils peuvent désormais visualiser les différentes sources à l’écran », explique Norman Krüger. L’ajout de l’enregistreur HyperDeck Studio 12G permet à Perfect World d’enregistrer un programme en direct et de diffuser du contenu en live simultanément, à l’aide d’un logiciel tiers. « Nous pouvons désormais capturer et conserver tous nos flux en direct pour effectuer des montages et des travaux de postproduction encore plus poussés », poursuit Norman Krüger. De plus, deux stations de jeux ont été équipées de cartes de capture et de lecture Intensity Pro 4K de Blackmagic. « Nous pouvons ainsi capturer les parties de jeux plutôt que d’utiliser un logiciel tiers qui consomme beaucoup. » « Notre installation est non seulement robuste, mais en plus, tous les éléments fonctionnent parfaitement ensemble. De plus, leur interface, leurs menus et leurs commandes sont très intuitifs, même pour des gens inexpérimentés », conclut Krüger.

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Perfect World a optimisé ses équipements et a gagné en qualité grâce au passage à l’UHD.

« Notre installation est non seulement robuste, mais en plus, tous les éléments fonctionnent parfaitement ensemble. » Norman Krüeger

Avant, il fallait des jours pour préparer une émission, dont plusieurs heures pour tester et optimiser les appareils. Désormais, les équipes peuvent se concentrer sur ce qui est vraiment important, le contenu !


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I T E C H N I QUE I japa n e x p o I

L’Eikos² se prend au jeu de la Japan Expo Le parc des Expositions de Paris accueillait, en juillet dernier, la Japan Expo. Ce salon, qui attire chaque année plus de 200 000 visiteurs, est consacré à la culture japonaise et représente un espace de jeux vidéo grandeur nature. Parmi les nombreux exposants se trouvait Square Enix, une société japonaise principalement connue pour ses jeux vidéo de rôle, notamment pour les séries Final Fantasy. Par Stéphan Faudeux

NEXXT France a exploité quatre entrées de l’Eikos2 : les images live provenaient de deux consoles PlayStation 4 de Sony et deux ordinateurs envoyaient les vidéos sur les écrans latéraux.

Pour la conception audiovisuelle de son stand, Square Enix a fait appel à NEXXT France, une jeune entreprise française spécialisée dans l’audiovisuel qui propose des systèmes de diffusion innovants. Sur son stand de 550 mètres carrés, NEXXT France a installé un mur à Led de 30 mètres carrés entouré de deux écrans LCD surplombant la scène centrale destinée à accueillir des conférences, dédicaces, etc. Marc Gloria, directeur général de NEXXT France, revient sur le concept du stand : « L’écran Led était l’élément clef du stand, c’était un point de passage inévitable. Notre client souhaitait que les visiteurs puissent tester les jeux et suivre les démonstrations live sur un support grand format. » Pour alimenter le mur à Led central ainsi que les écrans latéraux, Marc Gloria a utilisé l’Eikos², un mélangeur multi-couches et switcher seamless issu de la gamme Midra d’Analog Way. Pour cette prestation, NEXXT France avait besoin d’un mélangeur fiable et performant qui offre une rapidité de traitement de l’image. En effet, l’Eikos² s’est démarqué par sa très faible latence vidéo et a relevé le défi

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de diffuser instantanément les images live qui provenaient des consoles, garantissant ainsi aux visiteurs une expérience de jeu optimale. Plusieurs fonctionnalités proposées par l’Eikos² ont également été déterminantes dans le choix du produit. D’une part, étant donné la résolution spécifique de l’écran Led de 2 016 x 1 152 pixels, les équipes de NEXXT France ont pu configurer la résolution de sortie grâce à la fonction « Custom format ». « Contrairement à d’autres mélangeurs, l’Eikos² supporte une résolution de sortie supérieure à 1 920 x 1 080, ce dont nous avions absolument besoin », précise-t-il. D’autre part, il était essentiel que le mélangeur soit compatible avec la protection HDCP afin que les contenus des consoles de jeux puissent être retransmis correctement. NEXXT France a exploité quatre entrées de l’Eikos² : les images live provenaient de deux consoles PlayStation 4 de Sony et deux ordinateurs envoyaient les vidéos sur les écrans latéraux. Avec deux sorties, l’Eikos² a été utilisé en mode matriciel : le contenu des consoles de jeux était acheminé jusqu’à l’écran Led et les

vidéos étaient routées vers les écrans latéraux grâce à un splitter. Pour le contrôler, Marc Gloria a choisi la RCS², un logiciel intuitif pour piloter depuis un ordinateur l’ensemble des mélangeurs de présentation basés sur la plate-forme MidraTM. « Toutes les manipulations et les commutations ont été effectuées via l’interface. Elle nous a permis d’être réactifs et de changer très rapidement de configuration quand cela était nécessaire pendant les live. » explique-t-il.

NEXXT France propose des prestations dans la vidéo, la lumière et le son. Qu’il s’agisse de salons professionnels, d’événements corporate, de concerts, de festivals ou encore de défilés de mode, NEXXT France offre à ses clients une expertise pointue et un accompagnement sur mesure. Pour les équipes de NEXXT France, dotées d’une forte expérience dans l’audiovisuel, chaque projet est un défi à relever qui nécessite un véritable savoir-faire.


I mot clé I TECHNIQUE I

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présente

Salon international des musées,

des lieux de culture et de tourisme : équipements & valorisation

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