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NumĂŠro Quinze / drops & wallrides


Chris Pfanner forJohnCardiel

Estilo Quattro


skate.vans.com

- Š2009 vans, Inc


Directeur de la publication Fred Demard Rédaction en chef David Turakiewicz [tura@somaskate.com] / Fred Demard [fred@somaskate.com] Publicité David Turakiewicz [tura@somaskate.com] Rédacteurs Scott Bourne / Jelle Keppens / Sébastien Carayol Illustrations David Lanaspa (Da) Graphisme Nicolas Malinowsky p.52 à 61 / Jad Hussein p.36 à 45 / le reste par Tura Photographes Loïc Benoît / Scott Bourne / Vincent Coupeau / David Manaud / Grégoire Grange / Kévin Métallier / Marc Gérard / Iseki Nobuo / Lars Greiwe / Nicolas Schneider / Pierre Dutilleux / Roberto Alegría / Adam Sello / Jean Feil / Jelle Keppens / Fred Ferand / Roger Ferrero / Roche D’or/ Heverton Ribeiro / Matus Rendek / Davide Biondani

W W W. S O M A S K AT E

COM

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soma

Soma est édité par Les éditions du garage SARL au capital de 8000 euros ISSN : 1959-2450 info@somaskate.com

Impression Tuerlinckx, Belgique, sur papier recyclé.

Toute reproduction partielle ou intégrale est interdite. On vous envoie une équipe !


f é v r i e r

&

m a r s

2010

12 LE JEUNE

Exclusif, un jeune 100% pas de Montpellier !

14 LE VIEUX

Lui, il est de Montpeul mais c’est l’meilleur, alors ça va.

16 ORGY PORGY

Scott est toujours aussi obsédé par les filles. Tout va bien.

20 SHUT UP AND SKATE I 50% de wallrides.

26 Julian Dykmans

Il sait pleurer, faire des FS ollies et des 3-6 flips sur commande. Quel acteur !

36 Rock the casbah

Une tournée Doble qu’on a piqué à Maelström !

46 les triplettes de belleville

#15 Ici

La p’tite Vanessa Toledano est secrétaire au bureau Carhartt à Barcelone. Sur cette page, son patron, l’infâme Lars Greiwe, l’a forcé à grimper sur un toit pour la prendre en photo. C’est dégueulasse ! À mort les patrons.

Couverture

À défaut d’homme oiseau sur la cover, indisponible pour cause de mégalo-show au Grand-Palais, c’est Alain Saavedra qui s’y colle. Alain est Basque, et il est super balèze, quoiqu’un peu sucidaire peut-être. Le drop sur cette église abandonnée a failli très mal tourner... ça allait plus vite que ce qu’il pensait et même avec les deux goals, il s’est arrêté tout au bord. Et il a même pas fait de 900°. Photo : Roberto Alegría

Une semaine à La Mecque avec Pfanner, Furones et Jussi Toropainen.

52 Volcom au portugal

Protection UV maximale, même sous la pluie.

62 deep end et viticulture

Un « vrai » pool à la campagne, fait main et avec amour. D’où l’expression « se sortir les doigts… »

66 Evento/La friche

Customisations urbaines éphemères et définitives.

70 SHUT UP AND SKATE II Scott sur un skateboard !

76 Antony Lopez

Un peu de tech, ça nous change des wallrides.

86 L’matos

Le retour du matos de l’espace !

88 le vrac

Qui risque de plaire aux vieux plus qu’aux jeunes. soma 

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INTRO Photo Matus Rendek Texte Tura

Peter Molec, quelque part en Slovaquie.

« Tout drop droppable doit être droppé ! » D’après Jon Monié, nous devons ce dicton débile à Jo Chaboud (le frère de Max). On l’a un peu perdu de vue, Joe, mais son dicton est resté et on s’efforce de l’appliquer le plus souvent possible. Ce qu’il y a de bien, avec les drops, c’est qu’on peut facilement faire des analogies avec la vie en général. C’est toujours bien pour un édito, les analogies. Et puis un drop, après tout, c’est juste un truc qu’on a envie d’essayer parce que dans le fond, on sait que c’est possible. Et bien souvent, dans la vie, c’est pareil (c’est ça, l’analogie). Souvent, ça ne passe pas du premier coup, et parfois, on finit le menton dans le caniveau. Mais ce qui compte, c’est d’avoir essayé, comme dans la vie, donc. Sauf que bon, quand même, celui de la couv’, il est vraiment débile. Ca tue un peu mon édito mais l’analogie est à peu près sauve. Disons que tout ça s’applique plutôt à celui-là (au-dessus). Il ne faudrait pas qu’on m’accuse non-plus d’en avoir poussé au suicide. Bref, droppons ensemble dans cette année 2010, espèrons qu’on arrive au bout sans égratinure. Ca doit être possible...

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Photos par Loïc BENOÎT

LEJEUNE FLORIAN PLACIDE

Date de naissance

12 mai 1992

Lieu de naissance

Sainte Adresse

Lieu de résidence actuel

Le Havre

Première board

Une Real...

Années de Skate

Cinq

Skateurs de référence

Ernie Torres et Chris Cole

Vidéo de référence

Zero « New Blood »

Où te vois-tu et que feras-tu dans 15 ans ?

Voyager, pour rider divers spots...

BS 180 to fakie nose grind, Le Havre

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LEVIEUX CHARLY MELLEC

Hurricane, Montpellier / © Marc GERARD Date de naissance

25 septembre 1974 à Lorient

Nicolas Rouquette, Bastien Pinet et Grilladin

Lieu de résidence actuel

Vidéos de référence

Montpellier

Première board

Une Vision Ken Park achetée dans un shop à Saint Cyr l’Ecole qui s’appelait « Comptoir Pacifique », ça fait rêver ! Mais le mec était cool. Années de Skate

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Skateurs de référence 15 

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Dans l’ordre chronologique : Hokus Pokus, Eastern Exposure, Tilt Mode Army, Strongest of the strange, Happy Medium, Fun Où étais-tu et que faisais-tu il y a 15 ans ?

Je devais être à la fac à me demander ce que je faisais làbas et qui étaient ces gens autour de moi...


COTT BOURNE S E D E U Q I N O R LA CH page 94) (Traduction en

French Twist Saturday night I find myself at home in the company of three beautiful women as they ready themselves for Halloween, an event which is not typically French, however these ladies are more than French, and have decided to throw their own sexy spin on the American holiday. Caroline has purchased a 10 Euro dress from one of those sidewalk discount stores. Around the neck is a bejeweled serpent of which holds up this polyester masterpiece by biting the garment. It’s sleek and tight, falling in a sexy sinful way as it slithers down her body towards the floor. I am watching her put make-up on in the bathroom mirror when Katia arrives with a tiara and places it on her head. A royal Eve happily evicted from Eden. Katia is dressed like a soft sensual Pocahontas. Her long dark hair braided in two separate pieces that lay over her shoulders as they frame her neck and face. Tall brown boots and a short skirt make one acutely aware of her elegance and shape. Tiffany is sitting on the edge of the tub struggling with her garter belts, at first I am unsure if she is a chef or a maid, it’s not until I notice a wooden spoon tucked into her breast that I decide she is nothing less than a character out of a Mirbeau book. As I stare into the bathroom I cannot help but admire all three of these ladies, but at the same time I must laugh for these costumes serve quite the opposite of their intended purpose. It is certain they will be scaring away very few evil spirits as we hit the streets of Paris. It isn’t until my good friend Mr. Marc Mewes arrives that for a moment I am allowed to share my luck with another man, for who could believe such a wonderfully backwards Halloween. As the two of us stare in on them I cannot help but think, after nearly ten years with Europe, I have never once heard a single ghost story. Her war torn streets, vast cemeteries, gardens, museums and ancient buildings seem to be the perfect place for any specter to haunt, and yet I know not of one single account. And as I look at these ladies before me, I have the realization that there is nothing more American than Demons and Ghost, our past as it haunts us, and I am happy to celebrate Halloween with a French twist.

November, 2nd, 2009 Paris S.H.Bourne

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gravisskateboarding.com

landing february 2010

the new arto series


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Numéro QUINZE Eric Mertz BS wallride, Strasbourg © Nicolas Schneider

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Guillaume Caraccioli FS nosegrind, Amiens © Vincent Coupeau 23 

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Samu Karvonen FS 5-0, Vicenza © Davide BIONDANI

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Mehdi Salah FS grind / Marseille Š Tura

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www.wesc.com

Contact: WeSC@templar.fr


PHOTOS Adam Sello (sauf indiqué) TEXTES Fredd

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TRÉ-FLIP TO FAKIE BARCELONE SÉQUENCE JEAN FEIL

En voilà un qui n’en est pas à sa première interview. On se demande même ce qu’on peut bien encore avoir à apprendre de lui. Surtout qu’à trente-trois ans, il vient d’atteindre l’âge légal de la retraite du skateboarder « pro ». Sa liste de sponsors commence « logiquement » à maigrir, le nombre de marches qu’il survole au quotidien réduit à vue d’oeil, il quitte La Mecque du skateboard pour l’Allemagne... Arrêtezmoi si je me trompe, mais ça sent sévèrement le sapin... Pourtant, Julian Dykmans est toujours là, juste différemment, et il n’a pas dit son dernier mot. Allez Julian, à poil !

Comment vis-tu le choc thermique entre Barcelone et Berlin ? La semaine passée je t’aurais dit « franchement ça va... » mais maintenant que je reviens d’une semaine à Barcelone, soleil et 25 degrés tous les jours en plein mois de décembre et bien je dirais : « bof, c’est un peu dur là... ». Pour le choc des cultures, pour l’instant je préfère l’Allemand qui est en général assez calme, respectueux mais qui ronchonne, plutôt que l’Espagnol qui me bouscule et me crie « me cago tu puta madre » ... (ce qui veut quand même dire : je chie sur ta mère qui est une péripatéticienne...). Je stéréotype à peine. Par rapport au choc d’avoir l’âge du Christ, oui, ça c’est dur. Mon beau-père m’a envoyé une carte d’anniversaire disant : « Porter sa croix c’est bien, avec dignité c’est mieux ». Je crois que le message c’est que je dois être plus digne. Peut-être lever le menton plus haut... Va savoir. Qu’est ce qui a motivé ta décision de venir t’installer à Berlin ? C’est Lou, ma fiancée, qui a lancé l’amorce. En gros, on en avait marre de Barcelone. Surtout en tant que nouveaux parents et du coup on convoitait Berlin. Tout d’un coup, Lou a une offre de travail là-bas et bref, on a sauté sur l’occasion pour y déménager. Les six premiers mois étaient durs. Tout organiser administrativement, trouver une crèche pour Eamon, les rentrées d’argent instables… Maintenant on prend assez bien le rythme et l’on commence tout doucement à se débrouiller en Allemand. Bien que pour moi c’n’est pas terrible… Le pire et le meilleur de Berlin ? Le pire, c’est le froid de novembre à avril. Le meilleur, c’est l’espace quasi infini de cette ville, ce qui implique des tonnes de spots, des appartements spacieux, plein d’espaces artistiques... Et puis les gens font ce qu’ils disent ici. Il y a vraiment une bonne énergie. Sinon, rouler à vélo, baby friendly, la nourriture cosmopolite et des restaurants pas chers… J’ai quelques-uns de tes potes de skate à Berlin sur Skype là, ils ont des questions pour toi. On commence par Sylvain « Poulain » Tognelli : « Steve a changé la couche d’Eamon [le fils de Julian - ndlr] il y a quelques jours pour la première fois, dans quelle poubelle doit-on jeter les couches ? » Un peu n’importe laquelle, faut juste bien la cacher...

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FLIP TO FAKIE BERLIN

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Steve a vraiment changé la couche d’Eamon ? Eh oui. On est allé voir « Where the Wild things are » l’autre jour et donc ça commençait tôt alors pour la première fois, un baby sitter a couché Eamon, et c’était Steve. Ça s’est super bien passé, ils s’entendent vachement bien. Il lui a juste mis sa couche à l’envers. Il pensait que les scratchs se mettaient derrière… Ha ha. Non mais sérieusement ? On parle bien de Steve ? Steve Forstner ? Steve c’est notre baby sitter numéro un. Il le garde une fois par semaine. En général, il chille juste à la maison pendant qu’Eamon dort. C’est lui le parrain (ndlr. Là, l’interviewer est mort de rire) ça lui tient à cœur, il fait ça super bien. Autre question de Sylvain : « Était-ce nécessaire de nourrir Eamon avec des curry-wurst et de la bière pendant un an au nom de l’intégration et de l’identité nationale ? » Absolument. Il doit s’intégrer. Et oui, il aime les « wurst », mais la bière… Il n’en a pas encore bu. Désolé, pas de scoop. Ah, Antoine Bellini a une bonne question pour toi : « Qu’est ce que tu caches dans tes mains quand tu skates ? » Ha ha, c’est que la main droite ! La main gauche est tout le temps ouverte. J’ai une théorie, la main ouverte c’est pour amortir quand je tombe et le poing fermé c’est la tension, genre « arrrghhh ! » tu vois  ? J’ai une bonne anecdote là-dessus. C’est Hans Claessens qui se foutait de ma gueule par rapport à ça et un jour, je faisais des dossiers pour Carhartt, c’était quand il skatait pour eux, je triais des photos, et sur toutes ses photos, je me suis rendu compte qu’il faisait la même chose, mais à l’inverse. Lui c’est le poing gauche qui est fermé et la main droite ouverte. Quand je lui ai fait remarquer, il était dégoûté  ! Comme quoi, il faut faire attention avant de l’ouvrir… Une question de ta nounou, Steve Forstner : «  Quand vastu finalement accepter de te retirer du monde du skate et mettre un terme à ta carrière pro  ?  » Ouch  ! Il est dur Steve... J’attends que Steve Caballero prenne sa retraite, non, Duane Peters, j’attends que Duane Peters arrête. Skate or die ! Tu as l’intention de quitter le monde du skate un jour  ? Parfois j’aimerais bien m’échapper de tout ça, du business, mais en même temps, ça fait 22 ans que je skate et dix ans que j’évolue dans le monde du skate européen, que je connais tout le monde, alors je crois qu’il faut se faire une raison : c’est bien ça que je connais et que je sais le mieux faire. 31 

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LIEN MELON BERLIN

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BACKSIDE TAILSLIDE BERLIN

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Tu en es où dans ta «  carrière » de skateboarder ? J’ai toujours travaillé dans le skate et fais du skate en même temps. Donc je suis un peu entre les deux, j’ai du mal à me dire « je suis pro skateur », parce que faire du skate a toujours été pour moi quelque chose de « gai à faire », comme on dit en Belgique. J’ai jamais eu l’impression de travailler parce que j’aime faire des photos et filmer, ce sont des trucs qui m’intéressent et je le ferais que je sois sponso ou pas. Les choses ont évolué au fur et à mesure, c’était une board gratuite, puis un billet de train par-ci par-là, et puis au final tu « gagnes ta vie » grâce au skate, et c’est vraiment génial. Enfin, « c’était » vraiment génial… Parce qu’aujourd’hui ça a un peu changé… Tu sens que tu arrives un peu en bout de course, ou tu penses au contraire que tu as encore de la ressource ? Disons qu’au niveau personnel, je suis satisfait. J’apprends des tricks, tout va bien, mais c’est sûr que c’est le moment de « passer le flambeau ». Notamment au niveau des salaires, pour que les jeunes qui tuent aujourd’hui puissent profiter de cette vie que j’ai eu, de pouvoir voyager, de ne pas être obligé de faire un « vrai » travail, etc. Donc voilà, ça passe plus ou moins difficilement pour moi notamment parce que je pense qu’il y a une différence entre les States et l’Europe. Aux States, il y a ces pros qui pour moi sont les meilleurs, les Koston, etc. Et en Europe on ne peut pas se comparer à ça forcément, mais il y a un groupe de skateurs européens de la même génération que tous ces gars-là, mais ici, passé trente ans, c’est juste : « passe le relais », quoi. C’est pas grave si tu skates toujours aussi bien ou même si tu as plus de parutions que n’importe qui d’autres, c’est juste qu’il n’y a pas les mêmes budgets que là-bas, c’est plus petit en Europe tout simplement, alors il faut laisser sa place… Il faut s’y résoudre, l’accepter et puis ça va mieux. Parce que concrètement, pour que les gens comprennent bien. L’an dernier, on t’a supprimé tes salaires un peu de partout ? Non, non, pas de partout, chez Carhartt et Eastpak c’est toujours super bien. Je suis team manager pour l’Europe chez Eastpak, par contre pour Carhartt, je ne suis plus team manager, juste rider. Ils ont moins de budget alors ils vont le faire eux-mêmes. Du coup, je me suis dit qu’il fallait que je me trouve un truc pour compenser, pour ne pas devoir aller bosser n’importe où… Parce que, comment ça marche ? Pour arriver à « vivre du skate » il faut essayer de multiplier des petits salaires, et donc, au final, j’ai aussi perdu Emerica et Nixon ... Puis aussi, les salaires, ils diminuent en général d’année en année… Du coup, en tant que père de famille, c’est un peu juste… soma 

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Tu as tout perdu d’un seul coup, c’est ça ? Oui, le plus dur c’était Emerica, mais bon, finalement je reçois toujours des chaussures, donc c’est cool. J’ai quand même de la chance, parce que je n’ai jamais été le meilleur skateur, je suis juste un gars qui skate à fond, bien motivé, qui aime voyager et puis communicatif aussi. Bref, je ne suis pas mon « number one fan », mais j’essaye de me motiver. On est toujours un peu critique avec soi-même.

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Et comment tu vois la suite alors ? Bein la suite c’est maintenant. La suite c’est Antiz skateboards, continuer à skater pour Carhartt, faire le TM Eastpak. On fait une vidéo Antiz pour 2010, on en est un peu plus loin qu’à la moitié au niveau des footages, en gros, et on a plein de projets par rapport à cette vidéo. J’ai un peu l’impression que c’est ma dernière part (rires)… Mais bon, on dit toujours que c’est la dernière part, la dernière interview… Il y a deux ans, mon interview dans Sugar, ils l’avaient appelée « l’ultime interview ». Alors bon… je vais continuer à faire ce que je sais faire et puis si des gens veulent des trucs de moi je serais hyper content, et s’ils ne veulent pas, c’est bon aussi.


LIEN DISASTER LOUVAIN LA NEUVE SÉQUENCE JELLE KEPPENS

Faut que tu te construises un pool dans ton jardin, tu t’habilles pareil pendant un an et tu filmes toute ta part là-dedans, comme Lance… C’est sûr que skater de la transition, maintenant ça m’est beaucoup plus facile que faire du street. Genre maintenant quand je saute des marches ça me tue, j’ai plus l’habitude. Quand je pense que j’aimais bien les rails avant… Mais bon, pour terminer sur ce sujet, sur l’âge, tant que tu skates beaucoup, il y a aucun problème. À trente-trois ans, tu n’es pas encore mort… Exactement ! Peut-être que tu sautes un peu moins, mais bon, le skate de performance, je laisse ça aux gars de Plan B… On est quand même d’accords que cette interview est la dernière, la vraie « ultime interview » ? Non, parce que j’en ai une qui va sortir dans Monster bientôt. Désolé. En Allemagne c’est cool, ils ne me connaissent pas encore, ils ne connaissent pas tous mes frontside ollies et mes nocomplies… Et après l’Allemagne tu fais quoi ? Là t’as déjà ratissé la Belgique, la France, l’Espagne, bientôt l’Allemagne… Oui, il faudra bien que j’aille dans un autre pays où ils n’en ont pas encore marre de voir ma gueule. Il reste l’Angleterre, la Scandinavie… C’est pas fini… Tout le monde à poil !

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Quand Denis Noël (le fou qui hurle partout et à qui l’on doit « Doble skateboards ») me confirma la réservation des billets d'avion, je lui ai quand même demandé si nous devions prendre un duvet au cas où... Il me répondit : "Noooon, t'inquiètes pas, j'ai tout prévu, les appart' et tout. M'enfin je serais toi, je le prendrais quand même... " Mesdames et messieurs, j'ai l'honneur de vous présenter quelques tranches de la tournée la plus mal organisée de l'histoire du Skateboard : le tour Doble au Maroc. * texte par

Bastien Duverdier photographies par Kévin Métallier Illustrations par Da

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Bastien Duverdier, rock to fakie

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Dès notre premier pas sur le sol Marocain, Kèv, le photographe, nous prévient : "Ici la spécialité locale est de tout compliquer pour revenir au plan de départ". A peine cinq minutes plus tard, démonstration éloquente avec un embouteillage créé par Ali, notre guide local, à l'intérieur du parking. Dix kilomètres suffiront à nous faire comprendre qu'Ali a probablement échangé ses chameaux contre un faux permis tout neuf. Premier jour. L'appartement où l'on doit dormir n’étant plus vraiment disponible, nous contactons Moss, un pote qui vit dans le coin qui nous sauve la mise en nous dégottant des chambres d'ouvriers. Une bonne douche chaude, un passage aux toilettes toutes propres avant de dormir dans un bon lit ferme mais pas trop, tout ça, c'est dans tes rêves ! Chiottes à la turc, douche froide et tu fermes les yeux sur un pouf dans une chambre en carrelage, tu t'es cru où là ? Chez Quiksilver ? L'OMMD (l'Organisation Marketing Marocaine Doble) nous annonce un réveil à six heures du matin. Techniquement impossible, nous émergeons tranquillement avant de nous taper une heure d'organisation pour aller boire un café. En route, une voiture RedBull sortie de nulle part, commence à nous suivre. Denis ouvre la fenêtre et leur demande une canette, l'une des deux filles lui répond : "Va d'abord jouer avec ton skate et je te donnerai une canette !"

Notre voiture de location est une Clio Symbole,

inconnue en France. Moustafa, le loueur, nous certifie qu'elle est neuve. Pas de problème jusqu'au moment où les phares s’éteignent tout seuls sur l'autoroute, avec un brouillard à couper au couteau. "Y'a pas d'proublème !"

Première expérience dans le trafic de Casablanca. Un beau bordel à prendre à la rigolade, sinon t’es mort. Plus drôles que la Playstation, des camions guirlandes, des taxis Fiat Uno avec dix personnes dedans, des brèles portant des femmes sur le côté comme sur les chevaux, le tout klaxonnant sans arrêt, mais toujours avec le sourire ! On a même croisé une maman qui promenait son bébé au milieu du pire carrefour de la ville. Où t'as vu di proublèmes ?

Nous sommes bien accueillis par M. le Directeur ainsi que son fils qui s'est présenté comme « le fils du Directeur » (c'est dire la fierté de posséder ce petit bout de paradis où les jeunes expatriés ont chacun un prof de tennis particulier, où les Marocains n'ont pas le droit de venir au skatepark, et tout cela en plein milieu de la ville, comme un bunker...) Le DJ s'est cru dans une boîte de nuit du Périgord. Il nous balance de la techno « début des années 90 », qui nous fait bien marrer. Le gardien de la piscine est furieux quand Mick et Adrien plongent tout nus, mais la démo plaît aux dix petits bourgeois qui roulent dans le park.

La route est dangereuse, mais cela n'empêche pas Ali de s'arrêter sur la bande d'arrêt d'urgence pour faire sa prière pendant trente minutes et de lire ensuite un morceau de journal trouvé par terre, « y'a

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vriment pa d'proublème ! » Huit heures que nous sommes en voiture, nous avons perdu Ali. Le groupe traverse une petite crise de folie. Kèv gueule dans la rue des appels à la prière, je fais n'importe quoi au volant, les filles de RedBull ramassent des claques, non ça c'est pas vrai, toujours est-il qu'on a très faim, mais que l'on fait overdose de l'espèce de viande avariée cuite sur des grillages de camion. On finit par trouver un petit bouiboui à côté du fameux souk qui fait honneur à sa réputation avec sa fameuse force de vente : "Ji t'échange 100 000$", "Viens, ici c'est du vrai faux", "100 dirhams les RayBan Sarkozy", "Achète-moi si t'es pas radin"… Il leur faudrait quelques cours de soutien en technique de vente... Ils n'ont toujours pas compris que l'on ne croit plus aux lunettes de l'Amérique et au tapis 100% pur soie à 3 dirhams.

Du grand sport mécanique, trois heures de route sur une portion qui alterne entre autoroute et piste du désert, sans transition, très ludique aussi puisque rien n’est éclairé ! Nous avons tenté de décrypter le langage codé des chauffeurs, cela consiste à dégainer les pleins phares le plus de fois possible en face à face, un peu à la manière des cowboys dans les westerns, pour finir avec un plein phare final, histoire d'être sûr de ne plus rien voir. Nous en avons simplement déduit qu'ils devaient être un peu con au niveau conduite ! Quelques frayeurs tout de même, à cause de dépassements mal calculés ou encore de piétons se déplaçant dans le noir complet, au milieu de nulle part, en direction de nulle part. La fatigue se traduit par des pleurs de rires et des prières pour ne pas se faire surprendre par les quelques dos d'âne éparpillés sur l'autoroute. Arrivés à Essaouira, exténués, nous sommes contents de trouver un bel appart'. Adrien s'empresse de remplir les toilettes d’une diarrhée fraîche avant de voir qu'il n'y a pas de papier hygiénique. Il se contente d'une vulgaire éponge trouvée par terre et qui a sûrement récuré le fond du trône des centaines de fois.

Lendemain matin, bonne surprise, Essaouira est un magnifique port de pêche, bien préservé des attaques du monde moderne. Des milliers de mouettes, des bateaux en bois qui se bousculent et les chats qui dégustent leurs crustacés, allongés au soleil. Joli spectacle agrémenté d'un jus de clémentine pressées qui vous donnerait envie de rester plus longtemps. Mais pas de répit possible pour l'équipe, la première session se déroule dans un quartier populaire, une foule s'attroupe autour de nous, ma planche fonce dans la cheville d'une dame, elle aura droit à un bon gros bleu. Plus de peur que de mal... Par contre Joaquim n’aura même pas eu le temps de se faire peur avant

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Adrien Coillard, 5-0 to switch crooked grind shove it out

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Mathien Dupuis, FS nose grind

Joachim Fromant, BS tailslide

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d’avoir vraiment mal : il s'écrase violemment sur un énorme set de marches. Son kiné ne devrait pas connaître la crise. Nous avons rencontré d’autres skateurs très sympathiques qui nous donneront une leçon d'accueil et de générosité. Ils resteront nos potes pour le reste du trip. Encore une démo en fin de journée, Matthieu tente un BS flip sur les blocs, jusqu'à ce que RedBull débarque. Distribution de boissons. La place se remplit de canettes vides et la session est définitivement sabotée. Mathieu qui est furieux leur en touche d’ailleurs deux mots...

Rien de tel qu'un petit tour à la plage pour se réveiller. À défaut d'avoir pu aller aux toilettes auparavant, j’ai fait mes besoins dans l’eau. Joaquim a très vite arrêté de ramasser des coquillages quand il a croisé mon magnifique cigare cubain échoué sur le rivage ! Il est 14h, Adrien est sur le point de grinder un long rail, mais sa concentration sera perturbée par les tentatives de suicide de deux skateurs débutant sautant par-dessus le rail de 16 marches, sans maîtrise apparente. Petite cerise sur le gâteau, l'oncle d'Ali décède. Ali est attristé, mais ne laisse rien paraître et assume jusqu'au bout le « bon » déroulement du voyage. Chapeau Ali ! Notre planning serré nous contraint à rejoindre le contest organisé par Ali également, après des heures de négociation avec un tocard fini, vexé de ne pas être de la partie (nous l'appellerons M. Tocard) (important pour la suite du texte). Finalement, l'évènement peut commencer une heure avant la nuit et l'ambiance est au rendez-vous. Tout le monde skate à fond quand soudain, tout s'arrête

(musique, skateurs, speaker) pour laisser place à une bonne vieille prière sortie tout droit du méga mégaphone de la mosquée du coin. Dix minutes plus tard, la vie reprend son cours normal. Monsieur le Maire distribue les trophées aux champions, tel un seigneur des Dieux, puis il finit par un discours sur la jeunesse d'Agadir, légèrement hypocrite.

Après la tombée de la nuit, nous avons discuté religion autour d'un thé à la menthe. On m’explique la raison de l'interdiction de l'alcool. Pour eux, le produit reste quarante jours dans le sang, durant ce temps-là, leurs prières ne sont pas acceptables, donc ils ne peuvent pas se faire pardonner devant Dieu. Si jamais ils mouraient durant cette période, la dernière image d'eux-mêmes serait celle d'un alcoolo bourré avec une bière à la main, ce qui diminue fortement les chances de retourner au paradis. Je dis bien « retourner », car selon eux, la vie n'est qu'un petit test imposé par Dieu pour voir si l'âme est pure. Ce n'est finalement qu'un court lapse de temps avant d'accéder au paradis éternel... ou à l'enfer ! Apparemment, la meilleure mort possible serait de mourir à genoux face à La Mecque. Bon après... ça ne les a pas vraiment empêchés de picoler !

Nous avons fait une erreur de frappe sur le moteur de recherche d'Ali et nous sommes tombés sur ceci : femme nue au lit, femme fontaine, sex big ass, sex tape alexandra secret story, facial flex, soumise, porno xxx. Quand on a fait la remarque à Ali, il venait de finir sa prière, alors il s'en est offert une deuxième juste derrière !

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Mathieu Duponloup, flip BS lipslide

La soirée a lieu chez un expatrié français. Sa maison est plus grande et plus haute que dans Scarface, le jardin est magnifique et la piscine rétro éclairée. Un DJ anime la soirée, notre hôte semble fier de nous montrer le palace de ses parents. Nous engageons quelques mots avec l'un de ses potes. A peine deux phrases plus tard, nous apprenons que Biarritz se trouve dans le Nord-Pas-de-Calais... Denis a donné le ton, il s'est tout de suite mis à poil pour un plongeon dans la piscine, les filles Red Bull sont parties en courant croyant qu'il voulait faire du sexe avec elles ! (Ce n'était pas tout à fait faux.) Mais qui va là ? Monsieur Tocard ! Vous vous rappelez ? Il est là, à se dandiner dans sa tenue hyper classe rose bonbon. Denis, déchaîné comme un taureau, tente de l'attirer vers le bord de la piscine. Après quelques tentatives, Mathieu le pousse par derrière, ce qui le fait basculer dans l'eau. Tout le monde se lève et crie plus fort que pour un but du Maroc en finale de coupe du monde. Il remonte, humilié, devant toute la scène skate marocaine, énervé de voir son portable et son portefeuille hors service. Pour bien enfoncer le clou, Denis le fait plonger deux fois de plus. Il quitte la fête en caleçon, coursé par un Denis qui hurle son fameux cri de guerre : "Trash ta liiiiife !". Amis de la poésie, bonsoir.

Gueule de bois pour tout le monde, Adrien trouve un petit cadeau au fond de son sac de couchage : une belle diarrhée qu'il s'est lui même offerte gracieusement, avec l'aide de la vodka de la veille. Comme tous les jours, le soleil est au rendez-vous, on loue des planches de surf. Kèv utilise à tort et à travers les mots "swell", "short", "pic", "shore break", et "reef" pour nous faire part de son expérience en la matière. Pendant ce temps, Mathieu qui se vante d'être en pleine forme, apte à manger n'importe quoi, est lui aussi puni par un sévère coup de fatigue. Joachim et moi-même sommes les deux seuls rescapés de la diarrhée maudite.

Après toutes ces barres de rire, rien ne vaut un bon hammam. Les habitués du lieu font une de ces têtes à notre arrivée ! Ils ont l’air intrigué de voir des blancs à poil. Le mec nous brosse, savonne, shampooine dans tous les sens et nous offre même une petite séance d'ostéopathie marocaine qui a bien failli me briser la colonne vertébrale. Nous sommes fin prêts pour rentrer à la maison manger du riz, des carottes et du lait fermenté pour nous refaire une bonne flore intestinale…

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Chris Pfanner

Ollie into bank

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Par Tura

Jussi Toropainen Julian Furones

TRIPLETTE CATALANE En vérité, le seul truc Catalan dans cette histoire, c’est les spots. Mais il me fallait un titre, et je tenais absolument à utiliser “triplette”, en référence aux “Triplettes de Belleville” (un dessin animé sorti ien 2003). Sauf que “les triplettes de Barcelone”, c’était un peu foireux. J’ai bien failli opter pour “les triplettes de Barceville”, mais finalement, ce sera “Triplette catalane”, au singulier, parce que ça sonne vachement mieux.

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FS wallie

Julian Furones

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Kickflip into bank

Jussi Toropainen TRIPLETTE CATALANE

Pourtant personne n’est catalan ici, pas même Julian Furones qui vient du Pays Basque

espagnol, qui est sponsorisé par une marque française de planches en bois canadien, et qui fricote avec une fille allemande. Jussi Toropainen, lui vient de Finlande, et possède des sponsors finlandais et américains, Quant à Chris Pfanner, il est autrichien né en Afrique, et il voyage souvent aux Etats-Unis pour des raisons professionnelles. Moi, je suis français d’origine polonaise, mon matériel photo est japonais et j’adore la bouffe italienne. Et si vous vous demandez comment on communique ensemble, eh bien c’est en anglais (celui des clips de rap) ou avec des grands gestes (aussi comme dans les clips de rap). On a tous un peu des notions d’espagnol, mais bon, à part pour commander des bocadillos de tortilla de patatas, ça ne va pas bien loin... Notre petite troupe est également composée d’un autre élément franchouillard nommé Paul Labadie (www.somaskate.com/videos.html), rouennais trilingue, basé à Barcelone, équipé soma 

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japonais lui aussi, en ménage avec une fille croate et pas le dernier à siroter des bouchons d’alcool russe, avec qui nous avons arpenté les rues barcelonaises dans le but de faire du skate et des images. Et c’est précisément ce que nous avons fait, comme vous l’aurez constaté. Du travail d’équipe efficace, qui une fois retouché et mis en page, est imprimé en Belgique avant d’être acheminé jusqu’aux skate-shops français en camion de marque allemande alimentés par du pértrole rafiné en provenance d’Arabie Saoudite extrait du sous-sol par des pakistanais amateurs de bière belge payés au lance-pierre fabriqué en Chine avec du caoutchouc brésilien. CQFD. Et qu’ils arrêtent de nous emmerder avec leurs histoires d’identité nationale !


Chris, flip to fakie Julian, wallride BS air Jussi, FS big spin

TRIPLETTE CATALANE


To

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Po


ourisme anti UV au ortugal

Si vous êtes allés sur les contests européens cet été, vous avez sûrement remarqué ces lunettes « du futur » griffées « Volcom high wear ». Elles ont eu un certain succès dans notre communauté. Peter Molec les arborait même lors de son run de final au « Amsterdamn Am ». S’il y a un truc que Volcom sait très bien faire, c’est ce genre d’accessoires à la con. Ils savent faire d’autres trucs bien sûr, mais pour ça, ils sont vraiment fort. Les gens qui bossent dans l’industrie du surf/skate/snow et qui vont donc régulièrement se faire chier sur les salons professionnels de types Ispo et ASR le savent bien. Le stand Volcom est souvent le seul truc drôle de tout le salon. Les Volcomistes sont tous déguisés de la même façon et ils passent leur temps à faire le plus de bordel possible pour faire craquer leurs voisins de stands. Ils organisent aussi leur fameux contest de mini rampe et bref, ces gars-là sont des marrants, et ils sont balaises en « lunettes à la con ». Pourquoi vous parle-je de tout cela ? Pour m’assurer que la marque au diamant reprendra une campagne de pub chez nous en 2010 ? Même pas. Enfin, pas uniquement. Je vous parle de ça, parce que ces lunettes ont tenu un rôle primordial dans le Tour portugais dont il est question ici. Peter Molec, Simo Makela, Eniz Fazliov, Charles Collet, Rob Maatman, leur team manager Hans Claessens et le photographe sataniste Jelle Keppens constituaient l’équipe et les lunettes étaient là pour la joie, la bonne humeur, le voyage spatio-temporel et la protection aux ultraviolets. texte & photos Jelle Keppens (Texte fortement customisé par fredd, notamment au niveau du « coming out »)

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Le point de départ du trip était Porto. C’est là qu’Helder, le distributeur portugais, a ses bureaux. En parallèle à son boulot de distribution, il nous a appris qu’il venait juste de créer une agence de booking pour des groupes de Metal. Helder est donc un type bien et je tenais donc à lui rendre hommage ici. Comme la quasi-totalité de l’équipe, à part Charles qui vit à Barcelone, vient du nord de l’Europe, tout le monde était content de fuir les premières fraîcheurs automnales pour aller se dorer la pilule au soleil portugais. Coïncidence ou pas (mauvais karma ?), alors qu’il n’avait pas plu depuis trois mois à Porto, la veille de notre arrivée, le ciel s’est fait « Mordor » et on a eu un temps de merde. Du coup, les lunettes de soleil, toutes « de l’espace » qu’elles étaient, n’ont pas servi à grand chose. Par contre on a vu Sauron, en train de nourrir ses Orques dans le port de Porto. Non, ce n’est pas des conneries. Les vents violents et les nombreuses averses

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ne nous ont pas permis de faire beaucoup de skateboard non plus. Je me souviens que Simo s’est fait arracher sa board des mains par le vent et qu’elle a fini sous une voiture. C’est ce qu’on appelle avoir la super poisse. Les éléments étant contre nous, on a décidé de devenir de parfaits touristes et donc de tout faire comme des gens « normaux » en vacances. Des gens « normaux » qui auraient des lunettes de l’espace peut-être, mais des gens « normaux » quand même… Un touriste teste la gastronomie locale. Nous avons suivi Helder dans un restaurant dont la spécialité est un plat typique, mais dont j’ai oublié le nom (désolé). Tout avait bien commencé, mais au dernier moment, personne n’a osé le commander. Pas même Helder, ce qui nous a fait déculpabiliser d’être les seuls dans tout le restaurant à ne pas manger cette fameuse spécialité portugaise (dont j’ai toujours oublié le nom).


Charles Collet, wall ride backside grab.

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Eniz Fazliov, bluntslide flip out ci-dessus, et overcrooked sur la double page d’ouverture de l’article. 57 

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Simo Makela, switch tre flip.

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Un touriste visite des monuments anciens. Nous sommes allés dans une ville du nom de Leiria, où nous avons même été accueillis par un rayon de soleil. Un détail qui a son importance quand on a des lunettes de soleil sur les yeux. C’est donc totalement « UV protected » que nous avons commencé notre ascension vers le château qui domine la ville. Je me souviens que ma sœur et moi détestions visiter les églises avec mes parents quand on était jeunes. Je pensais qu’il n’y avait rien de plus ennuyeux et inutile au monde. Mais depuis un récent séjour en Roumanie (presque avec la même équipe) où nous sommes allés visiter le château de Dracula, j’ai commencé à développer un intérêt pour ces constructions moyenâgeuses. Et puis les châteaux ont un côté nettement plus démoniaque que les églises donc c’est assez cool à voir finalement. La vue plongeante sur la ville nous a permis de repérer un spot qu’on est allé skater plus tard. La culture peut donc s’avérer utile.

Peter Molec, frontside boardslide

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Un touriste visite la capitale. Cela tient même la meilleure place dans l’agenda du vrai, bon, touriste. Consciencieusement donc, nous sommes restés quelques jours dans le centre de Lisbonne pour tester la résistance à la fête de nos lunettes. L’invasion du Barrio Alto (le quartier festif de la ville) fut un succès. Un matin, avec Molec, on a essayé de réveiller les autres en mettant du Heavy Metal à fond (sur 11) et en jouant de la « air guitar » en sautant sur leurs lits.


Hans Claessens, frontside noseslide

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Rob Maatman, Tre flip.

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Aucune réaction… Un peu vexés, on a volé des chaussures à Simo, une board à Charles, et on est parti. Ils auraient dû fermer leur porte à clef. Plus tard dans la journée, on a appris qu’ils nous avaient vu petit déjeuner quand ils sont rentrés à 8h30…Pas si étonnant finalement qu’ils n’aient pas réussi à sortir du coma quand on est allé les voir vers 10 heures… Un touriste va à la plage. Et oui ! C’est un point essentiel que nous ne pouvions nous permettre de négliger. Quand nous sommes retournés à Porto à la fin du séjour, nous avons donc moulés nos corps dans des combinaisons néoprènes et avons emprunté des planches à l’école de surf locale. Nous sommes ensuite parti à l’assaut des vagues. C’était une première pour presque tout le monde, sauf pour Hans et moi qui sommes homosexuels et avons donc déjà succombé aux joies du surf. Je dois reconnaître que les débutants se sont très bien débrouillés et se sont vaillamment battus au milieu des tubes déferlants, et ce, jusqu’au coucher du soleil. Comme toutes les bonnes choses, les vacances ont une fin. Mais nous nous sommes quittés heureux car ce test de lunettes fut une réussite sur toute la ligne. Nous vous recommandons d’ailleurs vivement de vous équiper de « lunettes à la con » pour avoir l’air aussi cool que nous en vacances. Et n’ayez pas peur de visiter les châteaux, ce n’est pas si inutile que ça finalement.

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Deep end &

viticulture

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Gauthier Lavernhe, FS grind avec attitude !

Dans les vignes bordelaises, tout le monde ne vendange pas. Pendant que le skatepark des quais est blindé de monde sous le soleil d'octobre, à la campagne, les perceuses grillent les unes après les autres, les meuleuses puent le cramé, les skaters ont les mains sales, mais ça commence surtout à sentir la fin... des travaux.

* texte et photographie Fred Ferand

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& d n e p e e D

viticulture

Greg Poissonnier, BS 50-50 par dessus la boîte de la mort

Tout a commencé au comptoir du shop Transfert, à Bordeaux, après un week-end à Algorta. La décision de construire la piscine rapidement prise, il a fallu suivre. Et quand ils sont partis ceux-là, faut s'accrocher... Il est vrai que quand on veut du gros, de la verticale, du coping de pool ; soit on prend un abonnement TGV vers la Belgique ou le pays basque, soit on se construit son propre truc. Faut pas compter sur nos belles et prudes mairies françaises pour accepter les projets disons... engagés. C'est donc sur un terrain privé que notre trentaine de lascars a monté son puzzle géant et passé tous les week-ends depuis avril (2009), le tout autofinancé (chacun a participé et le shop a mis ce qu'il restait). Grâce aux plans de Peter, l'Allemand coupable des factory bowls, et à une énergie de malade, le pool a commencé à sortir de terre. Construit en bois pour pouvoir être démonté (je l'ai dit c'est sur un terrain privé, on n’est pas chez mémé, il faut pouvoir réagir vite) les sourires des sceptiques du début se sont vite

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transformé en gros yeux tout ronds. Ça commençait à ressembler a quelque chose ! Certains se sont montrés aussi à l’aise outils en main qu'avec une board sous les pieds, et les réunions de chantier ont toujours été productives, personne n'essayant de gueuler plus fort que les autres pour expliquer comment il fallait faire... Ce qui, vu l’ampleur du projet, n’était pas gagné d’avance. « Un pour tous et tous pour un » telle était la devise du groupe et il est vrai que de se retrouver face à un tel défit, n’a fait que resserrer des liens déjà forts. Faire partie d'une telle aventure, parce que c’est bien une aventure, est une expérience géniale. Je n'aurais jamais pensé vivre un truc comme ça à quarante balais, et l'énergie du groupe est un moteur fabuleux. Il y a des shops qui se contentent de coller le plus possible à la scène et à en tirer des marrons biens chauds, et d’autres, comme Transfert, qui réinjectent tout dedans, au moins ils savent de quoi ils parlent quand ils vendent un set up et je pense que c'est pour ça que ce style de shop tient dans la durée.


pu attendre Julien Chavineau n'a même pasng pour faire qu'on ait posé le copi des FS airs...

Rico est tellement grand et pas assez souple qu'il a besoin d'un longboard pour faire des nosegrabs...

Bref, sept mois de travaux plus tard, en octobre donc, pouvait se dérouler l'ouverture officielle, la première vraie journée de skate ! Les punks à roulettes ont pu virer les outils du coffre pour enfin les remplacer par leur planche. Le barbecue, fidèle compagnon de chantier, tournait déjà à plein régime dès le début de l’aprèsmidi, et un deuxième frigo est arrivé en renfort pour pouvoir rafraîchir les bières arrivant en surnombre. Une journée magique avec de la « musique douce », un bar construit avec les chutes de bois et son comptoir en margelle, et le pool bien sûr, qui en a calmé plus d'un.

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EVENTO

Texte par TURA

Avant de nous embarquer dans cette histoire, mettons les choses au point : le skate est un art uniquement quand il est associé à Mark Gonzales. L’art, d’ailleurs est une notion subjective, qu’est-ce qui en est, qu’est-ce qui n’en est pas ? Ce qui est sûr c’est que bien souvent, c’est un truc incompréhensible et qui ne sert à rien. Un peu comme le skate, quoi. Et ça, les gens de Evento l’ont bien compris !

« le plus dingue, dans cette histoire, c’est que trois coups de truelle plus tard c’est vraiment arrivé ! » Evento, c’est une grosse réunion d’artistes dont le “concept nous invite à considérer la ville comme un territoire mental qui réunit la somme des expériences et trajectoires vécues constituant notre ville intime”. Si vous n’avez pas tout compris, je vous rassure, moi non-plus. Mais peu importe parce qu’au final, un jour ils ont eu l’idée d’intégrer

du skate là-dedans. Ils se sont donc rapprochés de Raphaël Zarka, auteur de La Conjonction Interdite et de la Chronologie Lacunaire du skateboard, et lui ont demandé comment s’y prendre. Comme Raphaël est lui aussi un artiste, il les comprend et sait comment leur parler. Et franchement, y’a vraiment que les artistes qui peuvent être capable d’aller

Michael Mackrodt, FS ollie © / David Manaud

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Le rendez-vous artistique et urbain de Bordeaux proposer à une mairie de bétonner des spots en ville sans risquer de se faire virer à coup de chaussures cirées dans le cul. Mais le plus dingue, dans cette histoire, c’est que trois coups de truelle plus tard c’est vraiment arrivé. Sept spots disséminés à travers toute la ville ont donc été bétonnés pour la durée de l’évènement, faisait de Bordeaux le plus grand skatepark “naturel” et ephémère du monde pendant une dizaine de jours. Dix jours de

www.evento2009.org

Disneyland, en gros, pour les skateurs et amateurs d'art moderne. Au final, il semblerait que l’expèrience ait été concluante autant auprès de la mairie, des artistes et des skateurs. On peut donc rêver que cela se reproduise dans deux ans, comme le prévoit Evento. D’ici là, ça pourrait leur laisser le temps d’exporter la formule dans d’autres villes... Enfin j’dis ça, j’dis rien… Julien Mérour, encore lui ! Kickflip crooked grind © / Grégoire Grange

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Texte FREDD Photos TURA

LA FRICHE

Il fut un temps où Marseille était une sorte de Mecque pour les skateurs de courbe. À cette époque-là, le skatepark du Prado était un des meilleurs. Les pros le citaient régulièrement dans la liste de leurs spots favoris. Des gars venaient de Bruxelles en skateboard pour aller faire des ollies sur le hip (Ian Dykmans et son pote Ignace, en un mois). Oui, bon, c’était des Belges, mais ça compte quand même. Bref, c’était vraiment un des hauts lieux du skateboard en Europe et même, allez, dans le monde. Puis il y a eu l’explosion des skateparks aux U.S. orchestrée par Dreamland et Grindline (et d’autres maintenant), puis ce fut le tour de l’Europe, puis il y a eu ce truc gigantissime en Chine et il y a même un bowl plus que valable à Crolles en Isère. Alors au final, Marseille, tout le monde s’en branle. J’exagère un peu, bien sûr, mais c’est juste pour taquiner les marseillais qui, c’est bien connu, adorent ça.

« Laurent 'Momo" Molinier est à Marseille ce que José Bové est au Larzac » Laurent « Momo » Molinier qui est à Marseille ce que José Bové est au Larzac, nous a convié à assister à l’inauguration de « son » streetpark à « la Friche de la Belle de Mai » en plein centre de Marseille. C’était en novembre, et rien que pour la visite du spot menée par Momo, ça valait le déplacement. Mais ça valait aussi le coup parce que le park n’est pas loin d’être parfait. Tout est à la bonne taille, il ne manque presque rien, jamais de problème d’élan, des spots originaux, gratuit, pas de protec, roller et BMX interdits, un peu d’humour, d’espièglerie… À croire que le fait qu’il ait été conçu par des skateurs, contrairement à la piste en métal au bout de ma rue, fait toute la différence… Bravo donc à Constructo qui continue de faire de l’excellent boulot. Pour l’inauguration, il y avait des petitsfours et un gâteau avec des skateurs en pâte d’amande dessus. Il y avait aussi des gars de chez Antiz et presque tout DC France, donc il y a eu du très bon skate et on a bien mangé. Les Antiz ont fait du Antiz et les DC du DC, chacun de leur côté, c’était très chouette (aucune ironie ici, c’était vraiment bien). Mais comme l’a certainement dit le journal du lendemain, les locaux n’étaient pas en reste. Guillaume Mocquin, Julien Bénoliel, et même Yaser et des plus jeunes bien balèzes avaient l’air contents. On a même vu de nos yeux vus, un certain Alex Giraud faire switch heelflip sur des marches… Et ça aussi, ça justifiait complètement le déplacement. On n’est pas resté bien longtemps à Marseille, mais on a eu le temps de se rendre compte qu’il y avait des tonnes de nouveaux spots Laurent "Momo" Molinier, BS smith BS 180° out

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& CO en ville, et je ne parle même pas du délirant « Palais de la glisse », skatepark géant de 3500m2 avec une vert’ démesurée et une aire de street absolument folle (couvert, payant, casque obligatoire, géré par l’UCPA, mais bon conçu par Constructo encore alors ça va…). Et j’allais presque oublier la Caverne, le spot en béton fait main par les locaux. Je crois qu’on peut commencer à dire qu’après un petit passage à vide, Marseille est en passe de redevenir « une sorte de Mecque », et plus seulement pour les skateurs de courbes en béton. Ian Dykmans et Ignace vont devoir ressortir leur long boards et leurs mollets de sportifs pour le coup.

Jonathan Jean Philippe, big spin boardslide

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Numéro QUINZE Kim Ottermo late shove it, Lyon © Loïc BEnoît

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Scott Bourne Alley oop FS wallride / Weil am Rhein © Lars Greiwe

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Sébastien Simon Switch FS heelfip / Lyon © Pierre Dutilleux

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BS tail slide, L.A. / Š Heverton Ribeiro 77 

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mais Antony est bel et On aurait tendance à l'oublier, biter à Barcelone, il d'ha t van qu'a e bien français. Mêm mag bien français... un avait fait la couv' de Freestyler, de lui un "ancien", faire que pres s leur Ca pourrait d'ail s années devant lui. Et la trentaine. Il a encore de belle dre tein d'at sauf qu'il est encore loin - DT pages d'Antony devant vous. vous, ami lecteur, vous avez 6

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re le nom d’un spot, et "Je lui ai dit de prend " t, j’étais à Lockwood… justemen

Nollie BS tail slide, Atlanta / © Hevert

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Comment s’est faite la connection avec Josh Kalis ?

Il est venu souvent à la maison il y a quelques années, et c’est un pote de Ruben [Garcia, team-manager DC Europe] qui était mon colloc’ donc on est vite devenu proches. D’où mon départ chez Alien Workshop et mon orientation vers DC Shoes. Le team Europe est vraiment lié avec les US, on fait pas mal de tournées ensemble, donc avec Kalis comme avec les autres on est tous assez proches… Ensuite c’est toi qui es allé chez lui ?

Oui, je suis allé chez lui à Chicago. Dès qu’on peut se voir, on se voit, mais c’est vrai qu’il est pas mal occupé de son côté, donc on se voit de moins en moins. Parfois à Los Angeles, ou sinon en tournée. On skate beaucoup quand il vient à Barça… Il aime bien venir ici, la dernière fois il est reparti avec un bout de marbre des tables de Sants ! C’est comment au quotidien, la vie aux US ?

C’est le mode de vie à l’Américaine, pas mal d’heures perdues en voiture mais vité récupérées dans les skateparks ou les écoles le week-end… C’est clair qu’on est plus motivé quand on est aux States, on s’habitue a des spots pas parfaits du tout qui font que tu as l’impression d avoir progréssé le double quand tu reviens en Europe ! Sinon le rhythme de vie est différent en général, c est quand même un autre monde ! Moi

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Ribeiro

j aime bien, surtout du côté de south LA, San Diego...

A quand remonte ton dernier voyage là-bas ?

C’était il y a six mois. J’essaye d’y aller deux fois par an. Mais en ce moment c’est un peu plus compliqué, avec la crise de l’année dernière, les sponsors ont plus envie qu’on fasse des choses ici, surtout que quand j’y vais, en général c’est pour 3 mois… Vous préparez un truc ici ?

Oui, on travaille sur le projet d’une vidéo DC Europe, ça devrait bientôt arriver… Mais avant ça, il y a une vidéo avec tous les amateurs sur Dcskateboarding TV qui vient de commencer, sous forme de chapître, d’abord avec les américains, et ça va finir avec nous, les européens. Tous les jours tu es en contact avec les US ?

Plus ou moins, ils sont en train de nous introduire dans la page internet officielle, donc on est vraiment “avec eux”. Et puis il va y avoir des shoes qui vont sortir, des vrais “colorways” ! Là j’attends qu’ils m’envoient ma chaussure… Ca aura pris du temps, mais les choses commencent à se faire. Avec Alien c’est un peu plus compliqué, mais je passe aussi beaucoup de temps au téléphone ou par e-mail à essayer de faire avancer les choses avec eux. Et ils sont un peu isolés, dans l’Ohio…


C’est vrai qu’ils sont dans un coin perdu, mais ça n’empêche pas que c’est une grosse compagnie. Ca a été compliqué récemment, ils ont dû trouver des fonds et ils se sont fait racheter deux fois, mais ça va se stabiliser. Sinon tout va bien avec eux, j’ai toujours adoré les boards, et ça commence à bouger en Europe, les choses avancent petit à petit… J’ai vu que Habitat avait fait un pro-model pour Manuel Margreiter et un autre pour Günes Ozdogan…

Oui, ils ont lancé la sauce chez Habitat, Manuel et Günes méritent. Des boards avec des noms européens, ça commence à être sérieux. On aimerait bien que ça déteigne sur Alien… Qu’est-ce qu’il s’est passé entre Alien et Kalis ?

Ca faisait longtemps qu’il voyait les choses changer légèrement au niveau du team et de l’image très underground qu’Alien avait depuis le début. Il voulait changer d’air et plus ou moins faire un coup de marketing. Il a été déçu de Mind Field, certains détails, les musiques de la vidéo… il s’est dit que ce n’était plus ce que c’était donc il a décidé de partir. Je pense qu’avec Stevie ils va plus pouvoir faire son truc. Et puis il faut savoir que Kayo marche bien en ce moment… C’est vrai qu’on avait un peu tendance à trouver qu’il s’endormait un peu… Ca a relancé son actualité.

Oui, personne ne s’y attendait, mais je pense qu’il a bien fait et presonnellement je pense qu'il est loin de dormir…

Switch BS nose grind BS 180° / ©

Et Stevie, tu l’as rencontré ?

Oui, il était ici il y a deux semaines avec DGK. Ils sont vraiment super cools, c’est un truc à part… Ils jouent à fond leur rôle de Dirty Gettho Kids ?

Sans parler de ça, ils n’ont juste pas besoin d’aller en tour pour être ensemble, c’est vraiment des potes. Après le côté hip-hop c’est leur image… Ils font partie des seuls à avoir une vraie image en tant que compagnie. Enfin moi j’aime bien. Je suis aussi pote avec Jack Curtin, donc je suis allé squatter un peu avec eux… Bon, sinon, les projets en cours ?

On a une part’ avec Raùl Navarro qui devrait sortir dans une vidéo américaine, enfin, c’est encore un peu en suspend. Et puis il y a beaucoup de choses à faire avec DC, des tournées et des évènements en Europe…. Et passer du temps en France pour changer, et puis sûrement bouger à L.A..

D’ailleurs, DC, ils sont sur la côté ouest, à l’opposé de Chicago…

Oui, ils sont entre San Diego et LA, en Californie, je passe d’ailleurs plus de temps là-bas que sur la côte est ! T’es allé au Berrics ?

Quelques fois, avec Josh justement, il y a deux ou trois ans… C’est un peu l’endroit ultime où aller skater quand tu es là-bas…

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FS nollie to fakie nose grind revert / © Roger Ferrero

Oui, mais c’est super privé, personne ne peut vraiment y aller… J’aime bien y skater le soir, mais je ne suis pas fan de leur truc d’éteindre toutes les lumières pour n’éclairer qu’un seul spot… Après, là-bas [en Californie], il y a de quoi faire, il y a beaucoup de skateparks, les trucs de Dyrdek, P-Rod… Et puis il y a toujours les écoles le weekend. Tu n’entends pas vraiment parler de Berrics quand tu es là-bas, faut pas croire ! Depuis combien de temps tu vis à Barcelone ?

Sept ans, mais entre les voyages et tout, ça ne doit faire que quatre ans et demi cummulé ! Comment ça se passe ?

Ca va, la vie ici ne se dégrade pas trop, par rapport à tout ce qu’on entend. C’est toujours aussi bien même si pas mal de

gens reprochent beaucoup de choses à la ville… Avec mon expérience de voyages dans des endroits qui ne sont pas toujours très gais, je me rends compte qu’on a beaucoup de chance et que ça reste le paradis européen. Quand je vais aux States, mes potes me demandent toujours : “Qu’est-ce que tu fous là ? Tu habites à Barcelone !”.

Et la France, dans tout ça ?

J’essaye d’y aller un plus régulièrement. J’ai acheté une voiture pour aller voir la famille plus souvent… Il y a aussi la connection avec le shop, Lockwwod. C’est un bon pote qui le tient, c’est lui qui m’a aidé à mes débuts, donc j’ai voulu lui renvoyer la balle en aidant pour le team et donner des footages quand c’est possible. C’est devenu un point d’attache en France, pour moi. Je reste pas mal dans le


sud en général, sinon Bordeaux pour mon père mais j’ai souvent tendance à l’oublier, la France…

C’est marrant, tu parlais de skater des écoles, tu as déjà skaté Lockwood ?

Oui, justement, mon pote allait ouvrir le magasin, il cherchait une figure de skate pour le nom et je trouvais ça un peu… banal. Je lui ai dit de prendre le nom d’un spot, et justement, j’étais à Lockwood… C’est assez mythique comme spot pour une certaine génération de skateurs.

Oui, et quand tu le skates tu te rends compte que les spots américains, c’est pas les spots Barcelonais, même s’ils rendent bien en vidéo, ils sont souvent plus durs à skater qu’ils n’en ont l’air. Mais c’est clair que c’est mythique ! En parlant de spot mythique, tu as dû skater aussi

Love Park, alors !

ANTONY LOPEZ

Non, j’ai raté Love Park ! J’ai connu Josh un peu trop tard… J’avais bien aimé le reportage que On Video avait fait dessus, toute l’histoire… J’ai entendu que ça allait peut-être re-skatable, mais entre ce qu’il se dit et ce qu’il se passe… Tu retournes quand aux Etats-Unis ?

En janvier je pense. On a plein de projets, donc c’est possible que je m’avance un peu là-bas. J’aime bien aussi aller voir mes potes brésiliens là-bas, les Rodrigo, tout ça… Les Rodrigo ?

Les Rodrigo Petersen, Lima, TX… J’aime bien passer du temps avec eux, on délire bien. Mais bon, avec Barcelone, les potes ricains ou les photographes viennent aussi beaucoup, donc ça va, ça avance !

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[ L IFE A F TER SKATE]


2010

We Act ivist s JASON LEE & PETER STORMARE SHOT BY CH ERYL DUNN www.we sc.com

Contact: WeSC@templar.fr


L’MATOS 1 la nouvelle Vans Anthony Van Engelen (nom de code AV6) / 2 un plateau Traffic Bobby Puleo en 7,5 pouces / 3 un t-shirt Volcom “Slash dog” poilu / 4 un jean en toile japonaise de chez Kr3w / 5 une chaussure gauche “Bullet” de chez Supra (le modèle de Lizard King) / 6 un t-shirt Element d’une couleur bizarre / 7 un bonnet d’été DVS / 8 une ceinture Volcom en peau d’animal / 9 un planchon Dan Pensyl de chez 5Boro / 10 une chaussure verte Blazer de chez Nike SB / 11 un t-shirt Kr3w dégoulinant / 12 le cinquième pro-model de Marc Johnson chez Lakai / 13 un jean Vans Johnny Layton / 14 un zipper DVS en taille L.

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L ’ interview inattendue avec la poupée ?

Vendues ? Oh, beaucoup ! J’avais reçu des bons chèques de royalties ! Mais je ne sais pas du tout, ils ne nous disaient pas précisément, mais j’imagine qu’il y en a eu des milliers et des milliers… Est-ce qu’il y avait une certaine compétition avec Frankie Hill ?

Non, je ne l’ai jamais vécu comme ça et je pense que lui non plus. On était juste des gamins, on était à bloc, on faisait juste du skate… Tu crois qu’il a vendu plus de boards que toi ?

J’espère pour lui… Enfin, je m’en fous…

Je veux dire, vous étiez les deux meilleurs streeters de chez Powell à l’époque…

Ray Barbee Qui a eu l’idée du joker ?

En fait, ce n’est pas un joker, c’est une poupée de chiffon.

Ah oui… j’ai toujours pris ça pour un joker, les cartes, tout ça…

Moi, je suis heureux d’avoir fait partie d’un truc que j’aime faire, d’avoir eu cette expérience à cette époque, c’était nouveau, il n’y avait pas de liste de tricks à apprendre, c’était ouvert, tu pouvais faire à peu près ce que tu voulais… Donc je ne m’occupais pas du tout de ce que faisaient les autres, je voulais juste aller faire du skate et m’amuser. On voyageait, on gagnait notre vie à faire ce qu’on adorait, je ne m’occupais vraiment pas de savoir qui se faisait plus d’argent que moi… Je sais juste que j’étais très content de ce que je recevais, et je recevais beaucoup ! Désolé, je suis juste attiré par les chiffres en ce moment…

Ah ah, je comprends, c’est vrai qu’à une époque Powell était tellement gros qu’il n’y avait pratiquement plus qu’eux ! Quel est ton meilleur souvenir de la Bones Brigade ?

Hmmm… c’est une bonne question… Les tournées était Ah ah ! Cette poupée c’est à cause d’une de mes plus géniales… Peut-être juste le fait de faire partie d’un grandes influences dans le skate, Randy Smith. Il était team qui m’avait fait rêver seulement quelques années sponsorisé par Alva, et à cause de lui, moi aussi je voulais auparavant. J’étais un grand fan, à fond de Animal Chin rider pour Alva ! Pour moi, il était super en avance sur son et Future Primitive ; Tony, McGill, Lance, c’était comme époque, je veux dire, en 84 ou 85 il skatait avec des petites des stars de cinéma pour moi ! Et être dans un van en roues, et c’était la seule personne que je connaissais qui tournée avec ces gars-là, je pense que c’est ça mon meilleur avait besoin d’une nouvelle board souvenir. Qu’ils me parlent, skater chaque semaine. Il recevait 4 eux ou les voir essayer des « j’étais très content avec boards par mois, en 84 ! C’était tricks que je faisais… Je me fou, nous on n’utilisait jamais plus de ce que je recevais, souviens quand Lance essayait d’une board par mois… Mais il d’apprendre le step hop… C’était et je recevais était tellement bon qu’il pouvait se irréel ! J’étais avec mes héros… permettre… Il était en avance et Combien de temps pensais-tu beaucoup ! » sa façon de skater faisait penser à que ta carrière durerait ? une poupée de chiffon, un style décontracté, coulé, sans Un an peut-être ! Ah ah ! Je suis passé pro juste après effort. C’est donc lui qui m’a inspiré pour la poupée. avoir eu mon bac, au moment où on te met la pression Combien il y a eu de boards avec la poupée ? pour aller à l’université, il y a même les Marines qui Quatre. La troisième est celle que j’ai le moins aimé, celle essayent de te recruter quand tu es en encore au lycée ! Il avec les cartes, et la quatrième est celle où la poupée va y a la famille, les amis, tout le monde te demande ce que au paradis. Elle était noir et argentée, la poupée avait des tu comptes faire une fois que tu auras ton diplôme, et moi ailes, une sorte de fantôme… On s’était dit qu’il fallait je leur disais que j’avais envie de tenter ma chance en tant que ce soit la dernière de la série, pour enfin faire quelque que pro et que j’irai à l’université l’année d’après ! Ah ah ! chose de nouveau avec Powell. Mais entre temps je suis C’est vraiment ce que je pensais ! Jamais je n’aurais pensé allé avec Lance [Mountain] faire partie de The Firm. tard, j’en serais encore là ! Tu as une idée du nombre de board vendues, celles 89 

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[suite page 90]


nozbone.com martin keller //// switch backside noseblunt slide //// Photo david manaud

jo chaboud / lionel dominoni / lisa jacob / martin keller / mathieu le bail / jon moniĂŠ / samuel Partaix / kevin rodriguez / jj rousseau n o z b o n e s k at e s h o P / / / / 2 9 5 , r u e d u fa u b o u r g s t a n to i n e 7 5 0 1 1 Pa r i s m e t r o n at i o n - 0 1 4 3 6 7 5 9 6 7 - n o z b o n e . c o m


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[Ray Barbee- suite] Aujourd’hui c’est plutôt l’inverse, beaucoup de kids veulent arrêter l’école et se lancer tout de suite dans une carrière…

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Entre autre, oui… mais je skate encore, d’ailleurs je prépare une interview pour The Skateboard Mag, et un petit truc pour Transworld. Sinon Sean Cliver vient de dessiner une nouvelle board avec la poupée pour Element, une version moderne qui devrait sortir avant la fin de l’année et Vans m’offre 3 shoes pour mes 20 ans chez eux.

Oui… moi je suis juste content que ça se soit passé comme ça pour moi, je n’ai jamais rien planifié, j’ai juste voulu faire des choses, et j’ai tenté ma chance. Et avec le plaisir et l’énergie que j’ai eu à skater ou faire de la musique, des gens ont fini par me donner l’opportunité A quand remonte ta dernière session ? d’en vivre. Mais même avec la musique, je n’ai jamais voulu Hmmm… Juste avant de venir ici, avec mon fils ! Il être une rock-star ou faire de l’argent… Mais qu’on se commence à s’y mettre, il a sept ans, il apprend le ollie. comprenne bien, ce n’est pas que C’est fou parce qu’il n’a jamais je n’ai pas de buts, je pensais que vraiment été intéressé jusqu’à ce « C’est Neil Blender ça pourrait être génial de vivre de qu’il reçoive le jeu EA Skate ! Et tout ça, mais je n’ai jamais été le maintenant il est à fond ! Alors qui a le premier fait genre de type à dire “je vais être je l’ai emmené à ce skatepark et des no complies » skateur pro ou faire des albums”. il a skaté toute la journée ! J’ai eu une approche différente, Il faut que tu lui apprennes le et des opportunités… J’ai découvert la photo récemment, no comply ! bien-sûr, ce serait génial de vendre des tirages, mais c’est Ah ah ah ! Là il veut surtout apprendre le ollie, et comme pour le skate, ça reste un rêve, c’est une nouvelle d’ailleurs, je ne crois pas qu’on peut faire des step hops passion. Je suis ouvert si on me propose quelque chose dans le jeu vidéo, peut-être dans EA Skate2… Moi mais peu importe si on ne me propose rien, je continuerai j’appelle ça step hop. à mettre des films dans mon appareil ! Ah oui ? Tu tires toi-même tes photos ? C’est Neil Blender qui a le premier fait des no complies, Oui. Mais je voudrais déjà être capable de développer lui il utilisait un “block” pour le popper. Nous on le faisait correctement mes films ! sur le flat, avec Randy Smith, c’est lui qui appelait ça Quand sort le prochain album ? step hop. Il le faisait droit, en 180… Et c’est à partir de Tommy et moi avons fait un album sous le titre “blacktop là qu’on a trouvé des variations, en shifty, en backside... project”, avec Matt Rodriguez et Chuck Treece, qui vient Enfin, qu’on appelle ça step hop ou no comply, ça ne de sortir. En ce moment j’écris pour mon album solo… change pas grand-chose, c’est juste plus naturel pour moi J’en suis vraiment au tout début mais le projet est lancé ! de dire step hop ! J’espère que ça ne prendra pas trop de temps. C’est donc comme ça que tu remplis tes journées en ce moment…

Photographie et propos recueillis par Tura

OURNE DE SCOTT B E U Q I N O R H LA C

ia Ruetsch Traduction : Aurél gmail.com fairplay.translation@

À la sauce française Samedi soir, je suis à la maison en compagnie de trois femmes sublimes qui se préparent pour Halloween, un événement loin d’être typiquement français. Mais ces femmes, Françaises à l’extrême, ont décidé de donner à la fête américaine un ton plus sexy. Caroline a acheté une robe à 10 euros dans un de ces magasins à prix réduits que l’on trouve sur le bord du trottoir. Autour de son cou, un serpent paré de bijoux retient ce chef-d’œuvre de polyester par la bouche. Il est lisse et brillant et tombe d’un air sexy sans aucun scrupule. Il semble glisser le long de son corps jusque par terre. Je la regarde se maquiller dans le miroir de la salle de bain quand Katia arrive avec un diadème et le pose sur sa tête. La majestueuse Ève s’est joyeusement fait virer du jardin d’Éden. Katia est habillée en Pocahontas version tendre et sensuelle. Ses longs cheveux foncés forment deux tresses qui reposent sur ses épaules et entourent son cou et son visage. Ses bottes brunes montantes et sa jupe courte attirent l’attention sur son élégance et ses formes. Tiffany est assise sur le rebord de la baignoire et se débat avec son porte-jarretelles. Au début, je n’arrive pas à dire si elle est habillée en chef ou en soubrette. Et puis j’aperçois une cuiller en bois calée entre ses deux seins ; je décide alors qu’elle n’est ni plus ni moins qu’un personnage d’un livre de Mirbeau. 91 

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Alors que je regarde la scène dans la salle de bain, je ne peux m’empêcher d’admirer ces trois femmes, et en même temps je ris parce que ces costumes ont l’effet opposé de celui qu’ils sont sensés produire. Nul doute qu’ils n’effrayeront que très peu d’esprits malins dans les rues de Paris. Ce n’est que lorsque mon bon ami M. Marc Mues arrive que pendant quelques instants je peux partager ma joie avec un autre homme qui n’arrive pas à croire à quelque point cet Halloween est délicieusement contradictoire. Alors que nous observons les filles, je ne peux m’empêcher de penser qu’après près de dix ans en Europe, je n’ai jamais entendu une seule histoire de fantôme. Malgré les rues détruites par la guerre, les grands cimetières, les jardins, les musées et les anciens édifices qui constitueraient un cadre idéal pour l’apparition de spectres, je n’ai jamais entendu un seul récit de ce genre. Et alors que je regarde ces femmes qui j’ai devant les yeux, je me rends compte qu’il n’y a rien de plus américain que les démons et les fantômes. Notre passé nous hante et je suis heureux de fêter Halloween à la sauce française. Paris, le 2 nov. 2009 S.H.Bourne


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L e pav É hollandais Marcel Veldman est le créateur de Fluff, le magazine hollandais qui sort à peu près une fois par an sous un format toujours différent. Chaque numéro est la démonstration que même dans la presse, la créativité n’est pas morte... Enfin, bref, il se trouve que le QG européen de Nike SB se trouve aussi en Hollande et que cette marque n’a jamais peur de faire les choses en grand, alors quand Marcel leur a proposé de faire le plus gros livre de skate jamais réalisé, ils lui ont probablement répondu « juste fais-le »... - DT

Le bouquin Fluff/Nike SB

5 copies à gagner Les 5 premiers à nous envoyer un bouquin

Photos : Tura

(un truc cool, hein)

_Nombre de pages : 622 _Copies : 5000 _Poids : 4490 grammes _Temps passé à travailler dessus : 18

mois

_Riders impliqués :

117

_Pays visités : 19 _Billets d’avion :

44

_Billets de train :

7 (sans compter les aller/retour depuis les aèroports) _Chambres d’hôtel : 30

(plus une nuit dans une caravane et une semaine dans un bateau)

_Hamburgers avalés pendant ces 18 mois :

aucun, je suis végétarien. Mais j’ai dû manger des frites et des salades au moins 100 fois

La

r è gle

de

3 marques pas françaises

Crème skateboards (UK/Aut.) Salut skateboards (All.) Merde skateboards (USA)

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Envoyez ça à : Soma - concours Fluff/NikeSB, 13 rue de l’Isère, 38000 Grenoble

_Nombre de films photo utilisés : J’ai bien essayé de compter, mais c’est impossible. Beaucoup ! _Poids du fichier sur ton ordinateur : 252,91GB si l’on compte tout. Le bouquin lui-même fait 6,8GB

_Combien de fois tu t’es dit que tu n’y arriverais pas ?

Une seule fois, quand j’ai failli me noyer dans un lac

_Combien de fois a-t’il fallu appeler Ben Thé ?

12 fois

_Combien de tricks d’Adrien Bulard ? 1 seul _Nuits blanches : 8 _Nombre de litres de bière avalés pendant ces 18 mois ? J’espère ne jamais savoir ! _Nombre d’aspirines avalés ? Deux boîtes, mais la

plupart ont été pour les riders

_Nombre de chaussures NikeSB/Fluff : pas beaucoup. _A combien penses-tu que ça puisse finir sur Ebay ?

J’ai vu une paire partir à 501$ la semaine dernière

_Combien de paires ont été volées à la soirée de lancement du bouquin, à Barcelone ? Une, génial ! _Combien de personnes sont venues ? 200 ou 300 _Combien y avait-il de photos encadrées ? 96 _Quel âge as-tu ? 6x6…

www.fluff-sb.com

trois 3 (x 2) skateurs-photographes

Loïc Benoît Eric Antoine Marc Gérard

3 anciens pros de chez Adrenalin skateboards reconvertis en caméraman ou photographe

John Miner Jaya Bonderov Mike Manzoori

recevront en échange le pavé dont on vous parle sur cette page.

3 minutes (2’58 exactement)

Jo Chaboud en wheeling à fond les ballons, au milieu des voitures, dans la vidéo Nozbone

3 skateurs pro ayant eu un pro-model de snowboard

Danny Way John Cardiel Rob « Sluggo » Boyce


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déco

Quels sont les objets tendance du moment pour la maison? Eclairage dans chaque Soma avec tes skaters pros favoris, qui présentent leurs objets coups de coeur pour une déco 100% X-Treme !

La maison en clair obscur de Steve Olson Où d’autre pouvait-il habiter ? Mâchoire carrée, un univers oniriques dont seuls les Hollywoodiens ont le mèche poivre et sel qui ne s’excuse pas, fumant clope sur secret : là-haut, un missile évidé proclame « Ride This » clope dans son blouson de cuir noir, pionnier du street, tandis qu’en contrebas, trônant sur un piédestal fait de acteur, artiste, Steve Olson représente la quintessence du carton naturel, triomphe une superbe paire de botillons de skateur hollywoodien, ou du Hollywoodien tout court, à un cuir blanc, cadeau du maitre-chausseur français et grand point tel que Lance Mountain le compare souvent au cow- zélateur de la pointance, Nicolas Marredevivre. Nous boy des pubs Marlboro. Un personnage tel qu’il ne s’en sommes ici dans un écrin d’expérimentation éclectique déniche plus aujourd’hui que sur Melrose. Ce qui est le sur les couleurs et les textures : ainsi, les tableaux du cas de Steve, mais avec une petite fantaisie : son adresse maître ou s’entrechoquent les invitations au voyage (« renvoie dans une de ces insupportables boutiques fashion Fag it », « Loser  », « Serious Wipeout  ») croisent sur de l’avenue. L’irréductible punk se serait-il lui aussi vendu ses cimaises les projets en cours, notamment une série à la mode ? Aurait-il renié les convictions nihilistes qui de bombes de peintures éventrées, le tout sur fond d’une montagnes de cartons et de le poussèrent à claquer la porte skateboards de tailles diverses de Santa Cruz au milieu des « toujours ce désir de -toujours ce désir de générer la années 80 ? La réponse arrive surprise, l’incongru. vite. Car le père d’Alex Olson générer la surprise, Mais tout n’est pas que habite bien à cette adresse, mais l’incongru. » féérie décorative et artistique derrière, dans la contre-allée. chez Steve, comme le rappellent Dans un superbement cosy… garage à voitures. Ou plutôt, car c’est de déco que nous certains classiques objets du quotidien, eux aussi passés allons parler aujourd’hui, dans « un lieu intimiste en clair- au prisme de l’inattendu : son lit et le seul placard de obscur  », voire en obscur-obscur puisqu’il n’y a aucune rangement contenant sa collection de boards ont ainsi été fenêtre dans cet espace d’une trentaine de mètres carrés judicieusement ancrés à environ 3,50 m du sol et ne sont traité façon friche industrielle de poche. Pour que la accessibles que grâce à une longue échelle amovible. Le lumière inonde ce capharnaum d’artiste bohème en diable, réfrigérateur, lui, a su rester classique quoique vaguement l’équipe d’architectes d’intérieur personnels de Steve lui vide, simplement réhaussé d’une photo familiale -avec a par ailleurs conseillé de laisser en état la poulie et la Alex en période adolescente- et d’adorables magnets chaîne rouillée permettant de faire basculer le rideau humoristiques, parmi lesquels celui exhibant une metallique dudit garage dans un tonnerre de grincements sympathique octogénaire donneuse de leçons (« Quand j’avais ton âge, je devais faire 10 km à pied pour baiser vintage. Soucieux donc de préserver l’authenticité du et trouver de quoi fumer »), toujours dans l’ambiance lieu, Steve a même eu l’idée de garer sa Harley -ainsi mousse et pampre aristocratique chère au propriétaire que les restes d’un Vespa- à l’intérieur de cette astucieuse des lieux. Qui conclut la visite de ce petit paradis a ciel demeure multifonctions tour à tour atelier de réparation fermé d’un coup de mâchoire stellaire en direction d’un mécanique, cuisine, fumoir, bureau, cendrier géant, ami qui vient de débarquer en Harley, tout en nuance et chambre à coucher, salon, salle a manger, galerie, musée pastel : « Hey fucking faggot, viens, on va se bourrer la du skateboard pointu, dressing. gueule au bar ». Autre idée maline, le bleu d’eau soyeux des murs met en valeur la disproportion entre objets déco pour créer Texte et photos par Sébastien Carayol 95 

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« Tout drop droppable doit être droppé. » Devise de la Confrèrie du Drop fondée par Joël Chaboud, Jon Monié et David Martelleur

SOMA #15  

Février - Mars 2010

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