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Numéro treNte / Nouveau quiNqueNNat


GAP TO B.SMITH SKATE.VANS.COM WORLD’S #1 SKATEBOARD SHOE BRAND PROUDLY INTRODUCES THE

©2012 Vans, Inc.

DESIGNED BY ANTHONY VAN ENGELEN


COPENHAGEN DENMARK 24TH JULY | 30TH JULY

BARCELONA SPAIN 30TH JULY | 3RD AUGUST

PARIS FRANCE

3 AUGUST | 6TH AUGUST RD

BUDAPEST HUNGARY 6TH AUGUST | 9TH AUGUST

FOR MORE INFO ABOUT SIGNINGS & DEMOS CHECK DCSHOES.COM / FACEBOOK.COM/DCSHOES.EUROPE


SUMMER TOUR 2012 EUROPE JULY 24 TH - AUGUST 9 TH WES KREMER | MADARS APSE | MATT MILLER JOSEF SCOTT | NYJAH HUSTON | ANTONY LOPEZ CHRIS COLE | JAVIER PAREDES | MIKEY TAYLOR THAYNAN COSTA | EVAN SMITH

DCSHOES.COM/SKATEBOARDING


SKULLCANDY SKATE

SEAN MALTO WEARING HESH


Julien Morin BS smithgrind. Photo : Râm Legrand

NUMÉRO 30

Directeur de la publication David Turakiewicz [tura@somaskate.com] Rédaction en chef Fred Demard [fred@somaskate.com] Publicité David Turakiewicz assisté de Thomas « Zeb » Busuttil [thomas@somaskate.com] Mise en page Tura Secrétaire de rédaction Valéry Blin Photographes Pierre Dutilleux / Kévin Métallier / Loïc Benoît / Nikwen / Fabien Ponséro / Vincent Coupeau / Nicolas Schneider / Sebastiano Bartoloni / Cédric Crouzy / Max Verret Râm Legrand / Sam partaix

Soma est édité par Les éditions du garage SARL 13, rue de l’Isère 38000 Grenoble info@somaskate.com

ISSN : 1959-2450

Imprimé en France. Toute reproduction, même partielle, publication, édition, ou sous n’importe quelle autre forme est interdite. Au 11ème étage du building des Editions du Garage, on a tout une batterie d’avocats prêts à en découdre, et au sous-sol une équipe de gros bras qui attendent juste qu’on leur donne votre adresse... Liste de diffusion, informations, anciens numéros, vidéos, commentaires désabusés, publicités et autres blogueries... Tout est sur

www.somaskate.com

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soma


Julian Furones BS disaster Photo : Loïc Benoît

SOMMAIRE 18 Cinq choses

Que vous ne saviez (peut-être) pas à propos de Soma

20 Cinq ans plus tard

Les Chérif et Léo Valls repassent dire bonjour.

36 Paris Flared

Les Européens de Lakai (et deux Américains) en promenade romantique le long de la Seine.

48 Ladies & gentlemen

22 Fish-eye ou pas ?

Ras le bol de la vision poissonnesque…

Bastien Duverdier et Alex Richard en visite chez Joseph Biais à Cracovie. Extermination massive de spots et glaces à 50 centimes.

24 Le Jeune

56 Opération Marketing

Link, comme le gars qui sauve la princesse dans « la légende de Zelda ».

L équipe commerciale de la maison Antiz en tournée à travers la France. Une belle leçon de marketing.

26 Le Vieux

68 Quiksilver sur la route

Le seul, l’unique, DJ Torsenu !

Dix jours de zoom zoom zang sous la pluie.

28 Matos

76 Le QCM de Rémy Taveira

Les boards, c’est pas aussi utile qu’un bon deep V-neck, un paire de Wayfarer et un p’tit bonnet d’été, mais ça peut servir quand même.

30 Marlin le Bricoleur

Des pieuvres dans une écluse à la campagne.

Chelles en force !

84 Far’n’High

Le plus gros contest français et pas le plus petit en Europe.

88 World Cup of Skateboarding Dave Duncan VS Seb Daurel

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soma


ŠTim Abshire

GREYSON FLETCHER Pro Skater 2011/12 San Clemente, California

moskova.com


« Il faut savoir se donner les moyens parfois ! Surtout quand on est un magazine influent... »

L’INTRO Pour notre trentième numéro, on s’est dit qu’il fallait marquer le coup. On a eu tout un tas d’idées plus ou moins bonnes et plus ou moins inédites, comme celle d’un magazine plus grand, vendu 5 euros et livré dans une boite de céréales remplies de petits cadeaux. Puis on a pensé qu’il serait plus judicieux de contacter celui qu’on considère comme le skateboardeur le plus influent et le plus important de l’histoire, à savoir Mark Gonzales, et le mettre sur notre couverture. Tout simplement. On lui a donc envoyé deux billets en première à destination de Lyon pour lui et sa compagne et on lui a ordonné de faire un sweeper sur un plan incliné, pendant que Nikwen, le photographe de Kingpin que nous avions spécialement débauché pour l’occasion, immortalisait la scène. Il faut savoir se donner les moyens parfois ! Surtout quand on est un magazine influent et important comme le nôtre…

Oui bon, ça se saurait si ça se passait comme ça… Gonz était juste de passage à Lyon, il était venu voir son pote Jérémie, Nikwen était dans le coin aussi et Kingpin n’avait pas besoin de la photo… Au final, on est complètement à bloc avec Gonz sur la couverture de notre 30ème numéro alors qu’il y a cinq ans, quand on a sorti le premier, on doutait fortement qu’on irait aussi loin… Du coup, on repart pour cinq ans. D’ailleurs, on met qui en couv pour le numéro 60 ? Busenitz ? Oscar et Remy ? Tura ? - Fredd

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soma

Fredd, Tura et Tony Hawk. Photo : Nikwen


– eRIK eLLIngTon

/

SPenCeR hAMILTon – KR3WDENIM.COM

LIzARd KIng /

/

TeRRy Kennedy

Boo JohnSon

/

/

KevIn RoMAR

ToM Penny /

/

WIndSoR JAMeS

dAne vAughn

/

CheWy CAnnon


– WINDSOR JAMES – K-SLIM denIM LeTTeRMAn CReW BReW SnAP –


5 CHOSES

que vous ne saviez (peut-être) pas, à propos de Soma S’il y a une chose qu’on aime vraiment chez Soma, c’est parler de nous. Notre vie, notre oeuvre, tout ça... Pourquoi croyez-vous qu’on a créé ce magazine sinon ? Pour récolter les témoignages trépidants du merveilleux quotidien des skateboarders professionnels ? Non, ras l’bol des champions qui n’ont rien à dire ou qui feraient mieux de se taire, maintenant c’est notre tour. On a juste laissé cinq petites années s’écouler pour ne pas donner l’impression de trop se la raconter, mais là c’est parti, on ne parle plus que de nous... - FD

machine à café et boards au mur (le jour où on en a un, de bureau, ce seront les 3 premières choses qu’on installera). Pour être honnête, j’en ai quand-même un, de bureau, à Paris, que je loue dans un open-space avec 5 autres personnes (3 graphistes et 2 photographes). Deux mètres carrés avec un ordinateur et des piles de magazines… Quant à Fred, il travaille toujours depuis son garage, voire de sa cuisine, à Grenoble. Zeb, qui bosse à mi-temps avec nous, travaille de chez lui, à 500 mètres de chez moi, dans le 11ème arrondissement.

LE GARAGE

LA PUB

Si le mag vous intéresse assez pour aller jusqu’à lire l’ours (la page juste avant le sommaire - de l’anglais ours «les nôtres»), alors vous aurez remarqué que Soma est édité par les Editions du Garage. Le garage en question n’étant autre que celui de Fred, ce qui pourrait ressembler à une vraie grosse maison d’édition n’est que la société sous laquelle nous publions nous-mêmes Soma. Et comme si ça ne représentait pas assez de boulot, on s’est aussi mis, depuis 2010, à éditer un magazine annuel de snowboard judicieusement appelé Opium (même format, et aussi gratuit), ainsi qu’un petit zine parisien nommé «À Propos» (petit format, tiré à 2000 exemplaires et distribué uniquement en région parisienne). On a bien eu, à un moment, l’idée de faire aussi un magazine de photo, mais on a fini par abandonner l’idée parce qu’en fait, la photo, c’est trop compliqué. Par contre, même si on n’a jamais posé les pieds sur un surf, on essaye, en ce moment-même, de monter un mag de surf (avec une vraie équipe de surfeurs), qui, s’il sort un jour, s’appelera Eldorado (www.wesurfeldorado.com).

Soma (et toutes les publications des Editions du Garage jusqu’ici) ne vit que grâce aux pages de publicité qu’il contient. Donc en gros, plus y’a de pub, plus on gagne d’argent, et inversement.

LES ABONNEMENTS

A part les types haut placés dans «l’industrie» (du skate) qui signent ces fameux juteux contrats publicitaires qui nous permettent de payer l’imprimeur, le distributeur et les photographes (nous on ramasse ce qu’il reste), personne n’est abonné. Ceci pour deux raisons. La première étant qu’on n’a ni le temps, ni l’envie d’avoir à gérer ça (chèques, factures, relances, envois), ni l’énergie (on préfère garder ça pour aller rouler). La seconde est qu’on préfère que vous alliez chercher votre copie au shop local, parce que bon, vu que c’est gratuit, faut bien faire un petit effort et surtout parce que les shops, sans eux, on ne serait pas grand chose… - DT

LES MECS

Entre le bouclage et la sortie de ce numéro, Fred aura eu 40 ans. Et j’en aurai eu 36 la veille. Pour faire court, Fred a commencé au milieu des années 80 et s’est retrouvé plus ou moins malgré lui rédacteur en chef de Freestyler magazine en 1994. Quant à moi j’ai monté mon premier trottoir en 1990 et avant de raconter ma vie dans ce mag, je l’ai fait pendant 4 ans chez Sugar, après avoir édité 2D Magazine (6 numéros avec mon pote Da) et Focus (14 numéros à la photocopieuse). Zeb (Thomas Busuttil), lui, a 27 ans, et à part passer son temps à Jemmapes (un minuscule skatepark à Paris), bosse aussi régulièrement dans un studio photo. Valéry, notre secrétaire de rédaction vit et skate à Amiens et cherche un vrai boulot dans l’édition, en attendant qu’on puisse l’embaucher ! Paul Labadie, qui s’occupe de la partie vidéo sur somaskate. com, doit avoir entre 16 et 49 ans, habite à Barcelone depuis un bon moment, et sera marié en août (au passage, on le félicite pour cette manoeuvre engagée) !

LE BUREAU

On a beau se la raconter avec nos Editions du Garage, même après cinq ans, on n’a toujours pas de building climatisé, ni même de bureau officiel avec un canapé, 18 

soma

Comme on n’a pas trouvé de photo de nous à vous montrer, on s’est dit que celle-ci de Paul en plein schuss pourrait faire l’affaire. Photo : Pierre Dutilleux


2012

WeA c t i vi s t J A S O N L EE S HO T B Y A N T O N R E N B O RG www. wes c . c om


5 ANS PLUS TARD Il y a cinq ans, Léo Valls était « on fire », il skatait pour Metropolitan, une petite marque qui allait tout défoncer et il avait douze pages dans le premier numéro d’un magazine de skate à un euro, disponible en skateshop… Aujourd’hui, Léo Valls est « on fire », skate pour une petite marque française qui défonce tout et il répond à quelques questions pour le 30ème numéro de Soma. - FD En relisant ton interview dans le premier numéro, je me suis rendu compte que c’est Tura le premier qui a qualifié ton style de «félin», tu veux que je lui casse la gueule ou tu t’en occupes ?

Quand le mag est sorti, est-ce que ça correspondait à ce que vous attendiez ?

Karim : Je pense qu’il ne faut pas avoir d’attente particulière sur ce qu’il devrait y avoir dans un magazine… C’est juste bien quand un mag est complet, qu’on voit un peu de tout. Akim : Je ne m’attendais pas du tout à ça, mais j’avais trouvé ça cool.

Quelles retombées vous aviez eues sur votre interview ? Akim : Mes sponsors étaient contents ! Et la plupart des

gens avaient trouvé cool qu’on ait une interview ensemble.

Karim : On m’avait dit que les gens avaient apprécié le côté

créatif des figures qu’on avait trouvé à faire, notre manière d’aborder chaque spot d’une façon plus ou moins originale… C’était une époque où on se tirait un peu la bourre avec Akim, dans le bon sens du terme, alors on essayait de trouver les bons tricks à faire, c’était une approche plus personnelle…

Comment ça a évolué depuis 5 ans, pour vous ? Karim : À l’époque j’étais à Lyon et je ne faisais plus ou

moins que du skate, aujourd’hui je travaille… Akim : En 5 ans j’ai beaucoup voyagé, je suis revenu sur Paris, j’ai travaillé 2 ans non-stop et là je me fais une année sabbatique ! Et dans 5 ans, vous serez où ? Akim : Toujours sur notre planche à roulettes, après où, ça

je ne sais pas… Karim : J’espère qu’on sera au chaud ! On se revoit dans 5 ans, alors !

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soma

Comment avais-tu vécu cette interview ?

C’était sympa. J’étais excité à l’idée de faire partie du lancement d’un nouveau projet de mag français. Curieux de voir ce que ça allait donner. Quand on t’a demandé de faire u n e i n t er v i ew pour le premier numéro, tu pensais qu’on serait encore là cinq ans plus tard à te demander ce que tu deviens ?

Oui et non, j’espérais surtout que Soma devienne un magazine de skate de rue et non pas un mag de bowl et de ditch !

© Taillandier

Depuis leur interview croisée dans le premier numéro, les frères Chérif n’ont pas changé. Toujours à se chamailler gentiment, Karim (34 ans) et Akim (33 ans) skatent toujours à bloc, l’un à Gardanne, l’autre à Paris, ce qui ne les empèche pas de faire leur petite marque (Treize skateboards) ensemble. Cinq ans qu’on ne les avait pas croisés tous les deux ! - DT

Non, pas du tout. C’était d’ailleurs plutôt bien trouvé. En fait, j’ai toujours adoré comparer le style des gens avec celui d’animaux depuis bien longtemps... Et puis, entre nous, je préfère être comparé à un félin qu’à une vieille bique !

Ah ah ah ! Sinon, qu’est-ce que tu deviens ? Qu’estce qui a changé en cinq ans chez toi ?

Tout va pour le mieux. Je suis marié, je vie entre Bordeaux et San Francisco et je fais du skate chaque jour exactement comme j’en ai envie pour la meilleure marque de skate au monde ! Tran-qui-loss !


DESHI - NOSEBASH • PHOTO: NOBUO ISEKI


La minute photographique

FISH-EYE OU PAS ?

par Tura

Fish-eye Objectif photo (ou vidéo) à très grand angle (<15mm)

Matt Berger, overcrook, Paris

En matière de photo (ou de vidéo) de skate, les trois-quarts du temps se pose la question du fish-eye. Et autant, en 1992, celui-ci pouvait donner l’illusion qu’un trottoir mesurait un mètre, autant aujourd’hui que tout le monde skate des trucs énormes, le fish-eye a tendance à avoir l’effet inverse.

Depuis la fin des années 80, les photos au fish-eye occupent une grande place dans les magazines de skate, si bien que c’en est devenu un standard et que l’oeil de tous les skateurs du monde s’y est habitué (contrairement à tous les autres sports où l’utilisation du fish-eye est très limitée, voire inexistante). L’avantage du fish-eye est qu’il permet d’inclure tout un tas d’éléments dans le cadre en étant très près du sujet. En contrepartie, les lignes droites se courbent et les proportions se faussent. 22 

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Tous les photographes de skate possèdent un fish-eye. La décision de son utilisation est parfois très discutée et discutable. Prenez ces deux photos. Vous aurez reconnu celle au fish-eye qui donne l’impression d’un rail interminable mais pas si haut. Celle au téléobjectif est plus claire. On comprend le trick instantanément mais le rail paraît très court et le skateur semble peut-être un peu statique… Cependant, le flou de la plante verte et rouge en premier plan donne de la profondeur à l’image (le skateur se situant au milieu de deux zones de flou), alors que sur celle au fish-eye, tout est net, donc plus plat… Au final, on ne sait pas trop laquelle on préfère, alors on vous a mis les deux. On vous laisse choisir. C’est pas à tous les numéros qu’on vous laissera faire le boulot à notre place, profitez-en !


Red Bull France, SASU, RCS Paris 502914658

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BS tailslide transfer to FS boardslide. Photos : Potatoes

LE JEUNE Age : 15 ans Lieu de naissance : Nîmes Lieu de résidence actuel : Caveirac Années de skate : 6 Vidéos de réference : Non Skateurs de référence : Charles de Roy (skateur nîmois) était le premier et maintenant on essaye de prendre exemple (sur le plan skateboardistique) sur Victor Pellegrin ! 24 

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ROMUALD LINK Première board : une Unlimited (le skateshop nîmois) ! Où seras-tu et que feras-tu dans 15 ans ? Je serai là où le skate me fera partir et j’irai skater tous les jours avec mes potes (Lucas, Flo…) et on continuera de faire des grosses sessions comme aujourd’hui ! Sponsors : Unlimited skateshop, Jart, Volcom


INTRODUCING THE

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Crooked grind. Photos : Sebastiano Bartoloni

LE VIEUX

FRANCK SORGUES AKA DJ TORSENU

Age : 36 printemps Lieu de naissance : Annemasse Lieu de résidence actuel : Annecy Années de skate : 2 ou 3 ans entre 1987 et 1990 et j ai dû reprendre il y a trois ou quatre ans.. Donc à peu près 6 ou 7 ans en tout. Vidéos de réference : Avec mes presque 19 ans sans skate, j’ai forcément des manques dans ma vidéothèque, mais je me rattrappe ! Je dirais la Hocus Pocus avec Hensley quand j’étais minot et sinon maintenant je dirais la part’ de Lucas pour Transworld, Kevin Romar dans la dernière Blind, Boo Jonshon dans la Element. Et j’attends avec impatience la vidéo Anagram car j’ai bien ri avec leurs teasers ! Skateurs de référence : Sans hésiter mon trio de choc (Julien) Morin, Nabil (Slimani) et Werner (Sandoz) avec qui 26 

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j’ai partagé trois superbes années a redécouvrir le skate et voyager (merci les copains !) et l’Italien le plus cool de la Haute-Savoie : Sebastiano Bartoloni. Sinon, chez les Francais : Lucas Puig, Hugo Maillard, Adrien Coillard ; chez les autres : Westgate, Oliviera, et Carlin pour faire chier les copains (hein Arno !). Première board : Vision Street Wear logo. J’avais mis le grip en mosaïque ! C’était laid mais cool à la fois ! Où étais-tu et que faisais-tu il y a 15 ans ? Je rentrais d’une année à Londres, j’étais à fond de musique donc j’étais allé à la source. Sponsors : Ha ha, c’est quoi un sponsor ? Juste coucou à ABS et sa bande, Steph Za, ma princesse Céline et ma p’tite Yoko. Et allez voir ma vidéo bande de bâtards ! («Youpi» : http://vimeo.com/39633767)


lucas

puig

backside smith 360 kickflip out

lucas pro

www.adidas.com/skateboarding

Š 2012 adidas america, inc. adidas, the trefoil logo and the 3-stripes mark are registered trademarks of the adidas group.


L’MATOS Dans les années 80, c’était facile, les boards étaient toutes radicalement différentes, elles avaient des shapes plus hurluberluesques les unes que les autres et chacun pouvait trouver son bonheur dans le mur de boards. En tout cas, n’importe quel gars rentrant dans un skateshop pouvait faire la différence entre la Hosoï « Hammerhead » et la Corey O’Brien, et s’il avait bon goût, il prenait celle qui avait la tête de mort et la boule de feu… Aujourd’hui, le novice qui rentre dans un skateshop ne peut pas comprendre quelle différence il y a entre une Lucas Puig et une Stu Graham et il ne va pas comprendre non plus les trente euros de différence entre la board au nom du shop et celle d’à côté qui pourtant a exactement la même forme, et semble être taillée dans le même arbre. Heureusement que nous, les skateboarders, on sait. Enfin, on croit savoir, parfois… - FD

Baadbeez Largeur 21 cm (8,26’’) Longueur 81,5 cm (32,08’’) Entraxe 42 cm ( Poids 1,200 kg 28 

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Polar Pontus Alv Largeur 20,5 cm (8,07’’) Longueur 81 cm (31,88’’) Entraxe 40,7 cm Poids 1,150 kg

Treize Karim Cherif Largeur 20,9 cm (8,22’) Longueur 80,6 cm (31,73’’) Entraxe 41,3 cm Poids 1,200 kg

2XC Ekilibre Filmance Largeur 19,7 cm (7,75’’) Longueur 78,7 cm (30,98’’) Entraxe 41 cm Poids 1,100 kg

Doble Alexis Greusard Largeur 20,5 cm (8,07’) Longueur 80 cm (31,49’’) Entraxe 40,7 cm Poids 1,150 kg

Stacks Largeur 20,7 cm (8,14’’) Longueur 80,9 cm (31,85’’) Entraxe 41,3 cm Poids 1,100 kg

Girl Sean Malto Largeur 20,6 cm (8,11’’) Longueur 80,5 cm (31,69’’) Entraxe 41 cm Poids 1,180 kg

Cliché Lucas Puig Largeur 19,6 cm (7,71’’) Longueur 79,1 cm (31,14’’) Entraxe 40,6 cm Poids 1,100 kg


NICK TRAPASSO

ALL STAR TRACTION RUBBER

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THE TRAPASSO PRO II ENGINEERED FOR

DESTRUCTION


X

quarters aws/ black-silver/ gravisskateboarding.com


MARLIN LE BRICOLEUR Bastien Marlin et l’ecluse 1927

Bastien Marlin n’en est pas à son premier spot construit à l’huile de coude et à la truelle, mais ce dernier en date est nettement au dessus du lot. Pour y aller, c’est très simple, trouvez Bastien et faites-le parler, ou explorez l’Hérault avec Google Earth… Bonne chance et bonne session. - FD par Kévin Métallier

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Parle-nous un peu de ton amour pour le béton. D’où te vient cette passion pour les constructions en tous genres ? Je n’ai pas vraiment d’explication à ça. J’ai toujours fait du DIY. En plus j’aime vraiment skater ce genre de spot en général. Je ressens un truc en plus quand je skate un spot fait maison. Peu importe qui l’a fait. L’autre aspect intéressant avec les « homemade spots » c’est que l’on donne souvent vie à un endroit qui n’en avait pas ou plus. Je vais passer pour un poète là… Où et quand t’es-tu pour la première fois retrouvé avec un sac de ciment et une truelle dans les mains ? C’était dans le village où vivent mes parents et je devais avoir 14/15 ans. Il y avait un beau plan incliné avec une cassure en bas de la hauteur d’un trottoir. Du coup, impossible à rider ! Je me suis donc réveillé un beau matin en me disant que j’allais régler ce problème une fois pour toutes. Je suis donc parti avec mon vélo, un gros sac de ciment et ma truelle sous le bras, pour bricoler le plan incliné en plein milieu du village. Par la suite j’ai un peu approfondi la chose et j’ai commencé à construire des spots intégralement, et c’est vrai qu’avec le temps la liste commence à s’allonger : 34 

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le spot de la Caravane à Labenne, une jersey barrière à Bayonne, Montpellier sur les quais du Verdanson, Loupian dans un vieux ditch ou encore au dessus de Bédarieux perdu dans la montagne. C’était vraiment passionnant à chaque fois mais pour la plupart, ils ont déjà été détruit par les services municipaux, par les inondations ou n’ont simplement pas résisté à l’usure du temps. Du coup ça me motive toujours pour en faire de nouveaux. Quelles ont été tes influences en la matière ? Je n’ai pas vraiment eu de déclic précis et je ne me suis pas vraiment mis à faire des spots DIY du jour au lendemain. C’est vraiment venu petit à petit. Les influences me viennent un peu de tout et n’importe quoi : d’un spot vu en vidéo sur le web, ou d’un spot déjà existant. Je dois aussi reconnaître que l’originalité et la motivation de mecs comme Pontus en matière de construction de spot est aussi une source d’inspiration, même si je m’inspire davantage de tout ce qu’il y a autour de moi plutôt que d’une personne en particulier. Combien de temps a nécessité la construction de ce nouveau spot ? La construction du spot nous a pris cinq mois. On y a vraiment passé beaucoup temps et des journées entières,

Fakie nose pick (switch pivot)

sous le soleil et sous la pluie, dans la boue et le froid… Ça fait rêver, hein ? Le plus dur aura été d’amener la matière première nécessaire à la construction du spot (sable, ciment, gravats) sur place, car l’accès à ce spot est plutôt du genre pas facile. Heureusement, aujourd’hui quand je vois le résultat, je me dis que ça valait bien toutes ces ampoules et ces galères ! C’est vrai que ce spot est complètement paumé. Comment t’es venu l’idée de faire ça à cet endroit précis ? À la base, on n’avait pas prévu de construire le spot à cet emplacement. On avait même déjà commencé un gros projet sous un pont au bord de cette même rivière quelques kilomètres plus au sud. Seulement, au bout de quelques semaines à peine, tout a été détruit par les gars de la DDE. Ils devaient probablement avoir pour mission de nettoyer les amas de bois que les inondations avaient traînés sous le pont. Pour le coup, ils n’ont pas fait semblant, ils


Wallride

« JE VAIS PASSER POUR UN POÊTE, là... »

n’ont pas cherché à comprendre, ils ont tout viré ! Bref, malgré tout, motivé et déterminé à construire un bon spot avec différents types de modules, je me suis finalement souvenu que l’Ecluse serait peut-être l’endroit idéal, et que là-bas au moins personne ne viendrait nous faire chier. Quelles sont les particularités de cet endroit ? L’Ecluse est un endroit tranquille qui se trouve au beau milieu de la campagne, entouré de champs. L’originalité du spot est qu’il est encaissé entre deux grandes parois en béton. Le spot ne fait pas plus de deux mètres cinquante de large sur une vingtaine de mètres de long. Le gros désavantage de cet emplacement réside dans le fait qu’il se trouve sur une des rives de l’Hérault et que du coup il est régulièrement inondé. Pourquoi l’avoir appelé l’Ecluse 1927 ? C’est une écluse qui a été construite en 1927… Maintenant que tu as pu enfin skater ton spot, y’a t’il des changements que tu aimerais y apporter ? Au départ, l’idée était de construire un spot à base de courbe. Après pour le choix des modules et la disposition, soma 

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rien n’était vraiment prémédité, tout s’est fait au fil de l’avancé des travaux, et s’est improvisé sur le tas. Pour le moment je n’ai pas de changement particulier à apporter au spot, mais il est fort possible qu’après l’hiver des modifications voient le jour. Le trick que tu aimerais faire et le skateur que tu aimerais voir sur ce spot ? Il n’y a pas de trick en particulier que j’aimerais faire. Juste le fait de le rider me rend heureux. C’est mon petit coin de paradis ! Pour ce qui est du skateur que j’aimerais voir sur le spot, je dirais Kévin Besset (il m’a vraiment impressionné récemment lors de la Delect Party à Toulouse) et sinon d’un niveau plus international, je dirai Daewon Song.

« RIEN N’éTAIT prémédité ! »

Quels sont tes projets en terme de construction ? J’ai déjà un nouveau projet en tête mais je préfère ne pas trop m’avancer car je change d’idée comme de chemise. Mais avant de me lancer dans quelque chose de nouveau, j’aimerais inviter les skateurs des shops de la région et aussi tous ceux qui auraient envie de rider le spot. Je bosse aussi sur une série limitée de boards à l’effigie du spot. Des remerciements ? Je tiens à remercier Sophie ma copine qui m’a soutenu et aidé tout au long du projet, Gérald pour avoir décoré le spot, Valentin et Poulet pour les coups de main, le fleuve pour avoir fourni l’eau et le sable nécessaire à la construction. Je remercie aussi mes sponsors, et toi aussi, pour être venu me rendre cette petite visite et immortaliser tout ça.

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PARIS FLARED

Une tournée des spots parisiens avec Lakai Depuis des années, voire peut-être même des siècles, Paris voit défiler ce qu’on appelle des ‘skate tours’. Une destination française incontournable pour toute marque désirant faire quelques images, dans le but, justement, de se construire ou d’entretenir leur image (le marketing, que ça s’appelle, toutes les explications sont dans l’article Antiz, un peu plus loin...). Les Parisiens comme moi ont donc vu défiler des pros, des moins pros, des inconnus et des anonymes, et chacun y allant de son trick, les spots deviennent de plus en plus difficiles à skater, si l’on souhaite s’en tenir à la fameuse règle des ABD’s (les tricks ‘already been done’, ‘déjà faits et parus’ en bon français). C’est là que les esprits les plus créatifs tirent leur épingle du jeu, ou que les plus forts enfoncent les clous à coups de hammers. Avec Lakai, en mai dernier, c’était un peu des deux, hammers et tricks originaux... Voici Daniel Espinoza, Karsten Kleppan, Sylvain Tognelli, Max Frion, Sebo Walker, Nick Jensen, Niklas Speer von Cappeln et Gauthier Rouger en visite à la capitale. par Tura

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Sylvain Tognelli - wallride transfer, passerelle Simone de Beauvoir Ça ne se voit pas vraiment sur la photo et il faudra me croire sur parole : Poulain pose vraiment ses quatre roues sur le pilier de droite (après les avoir posées sur celui de gauche). Bon, ça passe très vite, mais c’est pourtant aussi vrai que Sarkozy portait des talonnettes quand il était président. Si si, souvenez-vous, un petit teigneux, là, qui s’agitait tout le temps… Vous avez déjà oublié ou quoi ?

Sebo Walker - switch heelflip manual, Ivry-sur-Seine (séquence par Vincent Coupeau) Sebo a débarqué quelques jours après les autres. C’était sa première fois en Europe et rien ne semblait le perturber, ni le décalage horaire, ni la langue, ni les euros... ‘Same shit, different day’, quoi. Si bien que dès la première session, Sebo s’était naturellement intégré au groupe. Et puis quand le lendemain sa petite vidéo introductive chez Lakai est sortie, on s’est tous rappelé que notre nouveau pote américain ne jouait pas dans la même division... C’était d’ailleurs assez étrange de le voir galérer sur ce trick, quand on voit le genre de hammer dont il est capable ! Mais en bon américain, professionnel ou presque, ça a fini par rentrer, impeccablement.

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Daniel Espinoza - BS tailslide 270° shove it, gare d’Austerlitz Ça ne vous intéressera peut-être pas, mais en shootant cette séquence, mon boîtier a rendu l’âme. Imaginez la scène : on vous a confié la lourde tâche de prendre en photo les 9 riders de la tournée Lakai parisienne et au deuxième jour de votre mission, votre appareil tombe en rade, en plein milieu de la session. Autant passer pour un blaireau m’est encore acceptable quand justement, je joue au con, autant quand c’est le matos qui lâche… Enfin bref, la séquence que vous voyez ici a été prise quelques minutes avant le drame, mais avait été jugée ‘pas assez parfaite’ : Daniel se trouvait un peu trop accroupi à la replaque. Ah, ces Américains...

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Max Frion - BS nosegrind pop out, Créteil Imaginez : vous êtes Max Frion et vous avez décidé d’essayer de faire BS nose grind sur ce ledge, ma foi bien long. Vous sollicitez le photographe pour avoir son avis sur la question d’une éventuelle photo, celui-ci est emballé par l’idée, alors vous vous lancez. Le grind n’est pas facile à tenir, il fait très chaud, vous suez à grosse goutte. Et puis un certain Chris Roberts (qui traîne avec votre équipe depuis une semaine) arrive, et se met à waxer le ledge sans rien demander à personne. Vous, vous êtes Max Frion, alors vous n’osez rien dire à Chris qui est vachement plus connu que vous. Mais comme personne ne lui dit rien, ce dernier en remet une couche toutes les 2 minutes, transformant ledit ledge en véritable savonnette. Ça devient un peu dangereux pour vous, mais maintenant que le photographe est en place, que la caméra tourne, vous ne pouvez plus reculer… Au final, votre humilité aura joué en votre faveur : vous avez rentré votre trick, et l’Américain, non.

Karsten Kleppan - 50-50, Créteil Le parvis de la préfecture est l’un des spots parisiens les plus connus au monde, probablement juste après le Dôme et Bercy. Tout ou presque y a été fait et le moindre recoin a été skaté. En arrivant sur le spot, j’avais donc bon espoir d’avoir le temps d’avaler mon sandwich avant que quelque chose d’assez intéressant s’y passe pour que je doive déballer mon matériel. C’était sans compter sur Karsten qui venait de faire le tour de la place et avait trouvé ce rail aventureux pour s’y jeter en grind, après avoir waxé le mur…

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Nick Jensen - kickflip, Créteil Le fameux spot des briques rouges est un spot incontournable pour qui visite la capitale. Afin de le garder skatable le plus longtemps possible, il est donc conseillé de s’y rendre uniquement en semaine, avant la sortie des écoles quand les enfants envahissent le territoire (avant 16:30). Il faudra quand-même faire avec les oeufs qu’on vous balancera depuis les tours, mais c’est quand même moins gênant que des dizaines de gamins courant dans tous les sens… Nick essayait une ligne qui se terminait par ce flip. Et petit à petit, l’endroit s’est transformé en cour de récréation, lui compliquant la tâche. Chacun s’est alors mobilisé : pendant que l’un gardait le banc, un autre veillait sur les sacs, un autre faisait la circulation, et encore un autre tentait de rassurer les parents… En bon professionnel, Nick a gardé son calme, évité les mini-quads electriques, les chiens, les oeufs, les ballons, les vélos, les trottinettes, les cadavres de pigeons, et a rentré son trick avec la classe et le flegme qu’on lui connaît.

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Karsten Kleppan - halfcab crooked grind revert, Gare de Lyon Avant de rencontrer Karsten, la veille, je n’avais jamais entendu parler de lui. Pourtant, c’est un peu mon boulot de savoir qui fait quoi, dans ce microcosme qu’est le skateboard… A l’évidence, j’étais passé à côté de quelque chose. Ce jeune Norvégien serait capable de filmer un «Bangin’» en 10 minutes (si ce n’est pas déjà fait) après avoir donné une leçon de courbe aux trois-quarts des pros sévissant sur cette planète (sans rire). C’est pas pour rien qu’il a fini deuxième au Far’n High non-plus, tiens...

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Niklas Speer von Cappeln - FS nollie, Ivry-sur-Seine Je me souvenais d’une photo de Soy Panday en ollie dans un vieux Sugar, mais je n’étais jamais parti à la recherche de ce spot. Nick et Sylvain, eux, l’avaient skaté quelques années auparavant et avaient une vague idée d’où il se trouvait. Alors on a un peu tourné, appelé des gens susceptibles de nous indiquer l’adresse, et puis grâce au miracle Google Earth sur un smartphone, on a trouvé. Un spot tordu, difficile à prendre en photo et bien casse-gueule. Et franchement, quand Niklas a commencé à essayer ce FS nollie, personne n’y croyait. C’était sous-estimer les capacités du ‘hamburger’ (il vient de Hambourg) qui l’a rentré calmement, après que Karsten ait goûté au béton en switch ollie…

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Gauthier Rouger - BS 360, Créteil Gauthier est un spécimen rare. Un style complètement dingue, un niveau incroyable, et un personnage qui se fout complètement de tout ça. Gauthier est là pour le skate, juste pour s’amuser. Un casse-tête pour ses sponsors qui ne savent pas trop comment le rendre ‘marketable’, un plaisir pour les autres. Prenez ce BS 360. Nous sommes le dernier jour de la tournée, Gauthier n’a aucune image et on lui fait bien comprendre que ce serait pas mal qu’il en ait une. Alors il monte sur sa board, fait un ollie sur le 3-plat-3, puis un flip pour se chauffer, et un deuxième flip ou il fissure sa planche. Qu’à cela ne tienne, il remonte et fait ce 360, ‘first try’, et retourne s’asseoir à l’ombre. Un génie, j’vous dis !

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LADIES AND GENTLEMEN Une petite équipe Vans en Pologne

Allez hop, on prend les mêmes (Joseph Biais, Alex Richard et Bastien Duverdier... et maître Grilladin en filmeur) et on recommence. Mais ce coup-ci on a fait les dingues, un truc jamais vu, un concept totalement novateur : on prend un vol lowcost, on va dans un pays en voie de développement, on s’entasse à cinq dans la chambre d’un pote, et on cherche des spots en vue de les skater : fou, non ? Mesdames (si peu qu’elles soient), Messieurs, bienvenu dans un article totalement inédit parlant d’un skate-tour dans notre bonne vieille Europe !

par Loïc Benoît

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Joseph Biais FS five-o

Comme énoncé plus tôt dans le truc qui sert d’intro, pour un bon « skate tour » en 2012, en plein milieu des « années crise », le mot d’ordre est simple : faire des économies. En ce qui nous concerne, la question du logement fut vite rêglée dans la mesure où nous disposions d’un Joseph sur place. Figurez-vous que notre fanfaron de service s’est exilé pour six mois de sa vie d’étudiant à Cracovie. Il loue une super grande chambre, donc le problème du squat n’en était plus un. 160 euros le billet le plus polluant en poche, nous voilà à Beauvais, en route par la voie des airs pour visiter notre Jojo. Pour une fois je ne m’étais pas du tout renseigné sur cette nouvelle destination, rien, même pas un coup de « wikipédia », l’aventure… Et quelle surprise ! On s’est retrouvés dans une superbe ville médiévale, entourée par un parc immense, super touristique et à la fois étudiante, et puis surtout, il y avait les glaces à 50 cents de Zloty, la monnaie locale. Les Polonais doivent être les plus grands mangeurs de glace de la planète. Jojo réside à 200 mètres du meilleur glacier de la ville et certains jours la file d’attente dépassait largement sa porte !

Je vois d’ailleurs qu’il est l’heure du petit point météo. Sachez que nous avons eu droit à un temps exceptionnel sur l’ensemble du pays, des températures bien au dessus de la normale saisonnière. Une ambiance quasi caniculaire de bon aloi, après un épisode pluvieux qui aura duré trois semaines. Joseph était ravi et les filles se promenaient en tenues légères pour le plaisir de tout le monde. Je me permet d’ailleurs de m’attarder sur ce dernier point. Whaou ! Même si j’en avais entendu parler, j’ai pu constater au travers de mes yeux « d’expert en gent féminine haut perchée » que la Pologne était très bien placée dans le domaine. Quel plaisir des yeux mes amis ! Disons que ça change du Maroc et des meufs voilées ! Après, chacun voit midi à sa porte et place le statut de la femme où il veut, sachez que pour 52 

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Bastien Duverdier et Joseph Biais FS et BS noseblunt slide

notre petit groupe, ce fut agréable de croiser de belles demoiselles tout au long de nos journées d’escapades skateboardistiques. Les filles sont jolies, elles se mettent en valeur et personne pour les traiter de putes ou pour les reluquer de travers. Agréable donc… Mais, car oui il y a un « mais », les gamines sont superbes, les ados sont enjouées, mais plus on approche la trentaine, plus ça se dégrade (désolé, mesdames pour mon franc-parler) et donc si tout comme moi, votre petit péché mignon c’est la MILF entre 38 et 42 ans (notez le soucis de l’âge, les experts apprécieront !), disons que votre choix sera super réduit, voire nul. Hallucinant ! Par contre pour ce qui est des petites midinettes tout droit sorties des agences Elite, aux bras de gonzes aux oreilles décollés (signe typique du Polac, relevé par notre équipe), fagotés en pantacourt, chemisette blanche « VRP de terrain » et tatanes « Arena de maître nageur », comme si Paris Hilton déboulait au Fise de Palavas-les-Flots aux bras de Cauet… ça, il y avait du stock.

« comme si Paris Hilton déboulait a Palavas-les-Flots aux bras de Cauet » soma 

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Bastien Duverdier Hand plant

Comme je le disais quelque lignes plus tôt, il faisait donc extrèmement chaud, et nous sommes tombés en pleine période de jours fériés, du coup, et pardonnez moi d’y revenir, c’était ambiance « bikinis » en plein centre-ville, au bord de la rivière dont j’ai déjà oublié le nom. Quel naze ! Enfin bon, le naze était ravi en train de shooter avec son gros objectif le Jojo galérant à remonter un ledge en five-0, le tout au milieu de meufs en maillots de bain. Je me serais cru en plein casting pour un bon vieux « boulard », le rêve. Autre surprise, le coût de la vie. Ceci incluant : clopes, alcool, taxis, trains, auberge de jeunesse (oui nous avons quand même payé des lits à Varsovie), la bouffe, les glaces, les strip clubs… Mais stoooop ! Au sujet de ce dernier point, ce qui se passe en tour, reste en tour. Désolé, c’est la règle. Sachez juste qu’Alex n’a même pas eu besoin de payer…

Alex Richard FS hurricane 54 

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Joseph Biais FS nosegrind

Passons maintenant au registre des surprises un peu moins fun : Le conformisme visuel et économique de nos pays industrialisés et en développement ! Boom, tout de suite je plombe l’ambiance, moins glamour, mais la Pologne n’est pas épargnée, loin de là. La « croissance » amène des spots, mais pas uniquement ! Donc, comme partout, on s’est bouffé du centre commercial, du « logo à gogo », des sacs H&M plein la vue, du Starbucks et j’en passe… Le tout saupoudré à la sauce bien ricaine, avec toute sa horde d’agents de sécurité tout droit sortis de grandes écoles… Je vous épargne les détails… Retenez juste que nous nous sommes fait virer de la plupart des spots et ce, de façon très agressive, les Polonais ne rigolent pas, qu’ils aient les oreilles décollées ou non ! Les flics peuvent aussi être dans la lignée de leurs confrères de la sécurité, Jojo a fait les frais de flics corrompus demandant de l’argent pour « fermer les yeux » lors d’une session en ville. Le « grand et beau Jojo » a très vite adopté une chouette technique avec la police, celle du touriste français ne parlant pas un mot d’anglais (ni de polonais, cela coule de source, mais je précise), du coup, ils abandonnent ! Cette technique s’est avérée payante quand deux flics n’ont rien trouvé de mieux que de vouloir nous verbaliser pour avoir traversé alors que le petit bonhomme était rouge... Un classique apparemment, les Polonais tout comme beaucoup de leurs amis nordistes respectent les feux pour piétons. Encore une surprise pour nous autres latins !

« les polonais ne rigolent pas, qu’ils aient les oreilles décollées ou non ! »

Toujours dans le registre des surprises un peu moins fun, voire carrément pas fun du tout, nous avons décidé de passer une journée à Auschwitz. C’était après un mini voyage de trois jours à Varsovie et nous avons voulu terminer notre voyage en Pologne par une visite des fameux camps. Comme par magie, soma 

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après huit jours de canicule, il s’est mis à pleuvoir. Autant vous dire que le temps était propice à ce genre de visite ! Pour faire bref, sachez que je suis doté d’une assez grande gueule et que je peux avoir un humour gras… Sur le trajet aller, j’y allais de mes blagues pourries, comme la bouteille de gaz de type porte clés souvenir… Bon bref, j’étais gras, et bien con, comme à mon habitude. Arrivés sur place, nous découvrons qu’il est déjà tard et que le site regroupe deux camps : Auschwitz et Birkenau, nous optons pour la visite low-cost, donc gratuite mais sans guide. Nous nous séparons, il pleut des cordes et j’avance avec mon appareil en main, je cherche des angles vides de touristes et riches en barbelés… Ici tout est gris, sauf les K-Way des touristes.

Joseph Biais ollie to drop

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Les beaux lilas plantés dans l’allée du camp, lui donnant une petit coté Disneyland, sont déplacés à mon goût. J’entre quasi seul dans la « petite » chambre à gaz d’Auschwitz, « seulement » 80m2, et deux fours à humains. La claque ! On se prend la connerie humaine en pleine poire. Un son de flûte se fait entendre, je le suis, j’arrive dehors, contourne la « chambre » et me voilà face à l’énorme cheminée en briques. Au pied de celle-ci, une vingtaine d’ados juifs en pèlerinage, en rond, chantant en hébreu,


Bastien Duverdier five-o grind to fakie

« On se prend la connerie humaine en pleine poire. »

pleurant... Seconde claque ! Je vois des photos potentielles de partout mais la faiblesse s’empare de moi, impossible de voler ce moment à ces gens… Une vision gravée à jamais dans ma mémoire, toujours mieux que sur un capteur numérique made in Japan. Le groupe se reforme, et nous prenons la navette pour Birkenau... Je ne dirai qu’une chose, allez-y  ! Cette journée nous aura tous marqués à vie. On ne sort pas indemne d’une telle expérience. Sur le trajet du retour, ma grande gueule est définitivement clouée, je suis vidé. Je ne sais plus quoi penser... Au final, on a regretté de ne pas avoir pris la visite guidée. Un vrai motif pour retourner dans ce pays. La Pologne aura donc été une chouette découverte pour nous tous, riche en surprises et en enseignements. Ce que je retiens pour ma part, si Alex a eu plus de chance que nous au niveau de certaines prestations tarifées, c’est qu’il faudra mieux négocier la prochaine fois !

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Je sais ce que vous pensez. Enfin non, je ne sais pas, je ne suis pas dans votre tête, mais j’imagine, enfin… Peut-être que je me trompe aussi, mais bref, il est fort probable que vous pensiez que le marketing c’est de la merde. Que ça pourrit tout, que c’est inutile, que ça pousse à consommer des choses dont on n’a pas besoin, que c’est en grande partie responsable de l’augmentation de l’obésité… Et si c’est effectivement ce que vous pensez, vous n’avez pas forcément tort. Pourtant, sans marketing, il n’y aurait aucune différence entre Anti-Hero et DGK, aucune différence non plus entre Nike SB et Fallen, entre Quiksilver et Dumb Clothing… Et sans marketing, les gars d’Antiz n’auraient pas besoin de partir deux mois sur les routes de France dans leur van tout pourri pour rendre visite aux skateshops et aux skateurs locaux. Sans marketing, on aurait même pas pu faire cet article… - FD

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SOCIAL TOUR Le marketing selon Antiz

Photos par Loïc Benoît, Fabien Ponséro, Pierre Dutilleux

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Julien Bachelier BS tailslide, La Rochelle Photo : Pierre Dutilleux

C’est quoi le marketing, selon toi ?

Dallas Rockvam : Du lavage de cerveau. Samu Karvonen : Le marketing c’est la représentation d’une marque sous la forme d’une communication active avec les clients, anciens, nouveaux et potentiels. Version courte: être gentil avec tout le monde et montrer comment ils ne peuvent vraiment pas vivre sans Antiz. Julien Bachelier : Être proche de la scène locale, souligner l’importance du team à travers la marque. Montrer que les «pros» sont comme tout le monde, ils ratent leurs tricks et peuvent puer de la gueule. Hugo Liard : Montrer nos tronches en faisant croire qu’on est une multinationale tout en cachant notre van rouillé derrière l’église. Michel Mahringer : Essayer de faire comprendre aux gens que nos boards sont les meilleures et qu’elles leur permettront de faire tous leurs tricks.

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© Partaix

Dominik Dietrich Wallride, Mâcon Photo : Fabien Ponsero

« Du lavage de cerveau »

Dallas Rockvam No comply 180°, La Rochelle Photo : Pierre Dutilleux

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Gabriel Engelke Ollie, Strasbourg Photo : Fabien Ponsero

Est-ce que le fait d’être toi-même sur le tour va faire augmenter les ventes de ton pro-model ? Et est-ce que tu penses qu’une tournée comme ça fait augmenter les ventes en général ? Dallas : Quand j’étais gamin et que j’ai vu des pros, et dans notre cas j’utilise le terme “pros” à la légère parce qu’on est tous nuls, mais bref, quand j’étais gamin, j’étais à fond de les voir. Alors bien-sûr on est là pour se marrer mais pour se vendre en même temps, et … Julian : J’imagine que si tu as réussi à motiver un gamin qui t’as regardé skater ou qui a skaté avec toi, la prochaine fois qu’il va aller s’acheter une board au skateshop il va prendre la Julian Dykmans plutôt que la Tony Hawk… Tout le monde s’en fout des 900 ! Samu : Bien-sûr qu’il a un effet positif sur les ventes (si vous vous êtes bien comporté, bien sûr). C’est toujours bon pour les shops de rencontrer les gens à qui ils achètent les boards, de pouvoir mettre un visage sur ceux avec qui ils discutent par email ou au téléphone et qui remplissent leurs colis tout au long de l’année. Ils s’en souviendront au moment de passer commande. Ce sont les propriétaires de magasins qui décident des boards que skateront les skateurs locaux. Les gamins skatent ce qui est disponible en boutique. Hugo : Moi c’est bien simple, quand on est rentrés du tour, les gens s’arrachaient ma board, le secteur commercial d’Antiz ne savait plus comment faire. Alors on a recommandé un container entier de Liard juste pour le Nord-Est. Pour ne pas trop vendre de mon pro model je mettais un chapeau, sinon on avait plus rien en stock au bout de trois jours…

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« si tu prends tout ça trop au sérieux c’est que tu ne bois pas assez vite »

Samu Karvonen Ollie, La-Roche-sur-Yon Séquence : Pierre Dutilleux

Hugo Liard Blunt fakie, Belfort Photo : Fabien Ponsero

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Teemu ‘Poju’ Pirinen Crooked grind, Rouen Photo : Loïc Benoît

Le meilleur moment de la tournée ? Samu  : Toutes les démos qui se sont transformées en session avec les skateurs locaux. Hugo : Quand on s’allonge dans la tente dans une forêt au coin d’un feu, après une bonne session. Gabriel Engelke : Quand on a pris un bain “scandinave” avec Samu dans la rivière près d’une grange avec une mini dedans. L’eau était à 8 ou 9 degrés, elle venait directement des montagnes. Sam Partaix : Le retour dans la ville où j’ai commencé le skate à Valenciennes avec mon poto d’enfance Cyprien, plein d’émotion et de souvenirs... Michel : C’était assez impressionnant de se retrouver à St Malo, une ville pirate ! Julian Furones : Chez Wilfried Agnès, la session sur sa mini rampe, le barbecue, les gens rencontrés, les bières, l’ambiance… Merci Will !

Michel Mahringer FS ollie, Photo : Fabien Ponsero 64 

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« Quand on est le seul conducteur de la tournée, parfois, on se sent un peu seul »

© Partaix

Sam Partaix FS grind, Epernay Photo : Loïc Benoît

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« au bout de trois jours tout le monde pue des pieds »

Dallas Rockvam Fastplant, Tours Photo : Pierre Dutilleux

Le pire moment de la tournée ?

Julian : Quand tu es fatigué et que tu n’a pas envie de skater. Tu te sens comme un débutant sur ta board et tous les kids te suivent partout en ville en attendant que tu fasses des exploits… Samu : Ne pas pouvoir dormir à cause de longboarders, stresser pour rien et s’en prendre à quelqu’un sans raison puis se calmer et réaliser à quel point on a été con… Julien : Quand on est le seul conducteur de la tournée, parfois, on se sent un peu seul. Surtout le lendemain d’une soirée à Rennes... Hugo : Quand au bout de trois jours tout le monde pue des pieds, pète, et étend ses fringues pleines de transpiration dans trois mètres carrés à neuf personnes. Dallas : Quand Michel a failli se briser le dos en backside disaster, c’était à La Rochelle je crois. On a vraiment eu peur. Oh et j’ai gagné le contest à Royan et je n’ai toujours pas reçu mon argent, what the fuck ? Sam : Les cinq premiers jours sous la pluie, bourré... Michel : Des BMX nous ont dit qu’on pouvait venir squatter chez eux. Ils nous ont conduit au milieu d’une forêt, avec une mini rampe et un terrain de dirt, puis ils sont partis… C’était vers Belfort, il faisait super froid, j’ai essayé de dormir à l’avant du van sans couverture, sans rien. Je me suis gelé toute la nuit et j’ai pas réussi à dormir. Il y a des gens qui ne valent pas la peine qu’on s’intéresse à eux… Dominik Dietrich : Honnêtement aucun. Je tiens juste à dire que le longboard c’est vraiment de la merde…

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Julian Furones Ollie up to BS disaster, Boulogne-sur-Mer Photo : Loïc Benoît

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Hugo Liard fakie wallride, Berlfort Photo : Fabien Ponsero

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Sam Partaix Ollie up to FS nose grind, La Rochelle Photo : Pierre Dutilleux

« Je tiens juste à dire que le longboard c’est vraiment de la merde »

La ville qui vous a le mieux accueillis ?

Dominik : On a rencontré un tas de gens vraiment cool dans plein d’endroits différents, c’est donc impossible d’en choisir juste une. Merci à tout le monde ! Samu : Toutes les villes nous ont accueillis plus ou moins chaleureusement et je suis sûr que chacun d’entre nous en est grandement reconnaissant. Pour les shops, c’est une journée spéciale parce qu’il y a des visiteurs étrangers (étrangers à la ville) qui viennent skater leurs spots. Pour nous, il se peut que ce soit notre quinzième « journée spéciale » d’affilée et il se peut que la bière, le barbecue et la nuit blanche n’aient plus le même goût que dix nuits plus tôt… Mais tu ne peux pas refuser l’hospitalité et c’est là que la bonne communication, Houdini et tes capacités à trouver de bonnes excuses entrent en jeu… Hugo : C’est dur de répondre parce que partout les gens ont été incroyables. Certains reçoivent avec de la nourriture, un toit, des bières, des bons spots, un skatepark qui tue ou une grange avec un bowl. Donc voilà, je ne veux pas faire de jaloux, ça c’est aussi du marketing. Partout où ça skate à fond, c’est le meilleur accueil ! Dallas : Être un américain en France sans parler français, c’est toujours un peu compliqué… Mais au final, les villes qu’on a visitées étaient cool et les gens nous ont très bien acceuillis. Mais bon, ça reste la France… Ha ha !

Samu Karvonen 180 fakie nosegrind revert, Besançon. Séquence : Fabien Ponsero

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Zoom zoom Zang Un tour Quik en Benz

Même si, comme il aime à le rappeler parfois, Camilo Reyes a été le premier skateboarder sponsorisé par Quiksilver en France, ce n’est plus le cas aujourd’hui, et il n’a donc pas eu la chance de faire le tour des skateshops avec Marc Haziza et sa bande, dans leurs Benz benz benz gracieusement prêtées par la firme allemande. Oui, ça facilite parfois les rapports quand on se présente en tant que team Quiksilver Skateboarding… À l’époque de Cartel, je ne me souviens pas que Marc ait réussi à se faire prêter autre chose qu’un briquet. Les temps changent donc, et les mentalités avec. Mais tel n’est pas notre propos, ce qui nous intéresse ici, c’est cette tournée dont le casting nous reservait quelques surprises, et pas des moindres, du coup, on aurait presque trouvé normal d’y voir un Camilo perdu au milieu… C’était le mois d’avril dernier, et il pleuvait tous les jours, presque sans discontinuer. Adrien Bulard était du voyage avec les jeunes Vincent Matheron et Joseph Garbaccio mais aussi Daniel Cardone ce qui n’est déjà pas très banal, mais il y avait surtout, attention, Bruno Rouland et Willy Santos… Une drôle d’équipe donc, qui était bien contente de ne pas avoir choisi les décapotables chez le concessionnaire…

Photos par Kévin Métallier Légendes par Marc Haziza Intro par Fredd

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Daniel Cardone - Lien judo, Gujan-Mestras Daniel est celui qu’on ne présente plus et avec qui on adore partager un session de Bowl. Sa manière nonchalante de rider et de communiquer avec le monde est toujours autant appréciée... Plutôt en forme, toujours surprenant, et toujours prêt à prendre le volant après des sessions fracassantes... à le voir skater en ce moment, on a du mal à imaginer qu’il sort de plusieurs mois d’arrêt suite à une cheville cassée… Quel talent !

Quand Marc nous a appelés pour nous

dire qu’il partait en tour avec Willy Santos et Bruno Rouland on a d’abord cru à une blague, puis venant de lui on s’est dit que c’était possible, et que c’était franchement génial. On a donc dit au photographe de se concentrer sur ces deux-là, chose qu’il a promis de faire. Des photos de Bulard et Cardone, ça, on était plutôt confiants, on savait qu’on en aurait à la pelle, les deux petits on s’en doutait aussi, à cet âge-là, ça saute sur tout ce qui bouge, mais les deux vieux, c’était moins sûr… Et au final, on a une seule photo de Bruno (même spot, même angle que Cardone qui va environ trois fois plus haut…) et une de Willy Santos en nose grind sur un module de skatepark en metal… Alors bien-sûr, c’est la faute de la météo, mais bon, on vous avoue être un peu déçus quand même. C’est pas tous les jours qu’on nous propose de mettre des vraies vedettes dans le mag… Ah, et on a aussi demandé à Willy Santos de faire un petit texte pour nous faire part de ses impressions sur la France et les Français, une mission qu’il a tellement prise à cœur qu’il nous a livré un journal complet de ses journées pendant toute la durée du Tour… C’était tellement passionnant et croustillant qu’on a préféré vous épargner ça et on est plutôt allés demander au capitaine, Marc Haziza donc, de légender les photos de ces dix jours de déluge. Tadaaaam, c’est parti. - FD

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Vincent Matheron - crail slide, la Roche-sur-Yon Le minot de Marseille a faim de skate et il a du mal à se raisonner quand son corps lui dit d’arrêter. Il avait le genoux en vrac pendant ce tour, j’ai même dû le sortir d’un bowl en le portant et jouer au papa qui lui interdit de skater ! Ce jour-là, à la Roche-sur-Yon, il a fait ce Crailslide dans « la tasse à café » comme si de rien n’était ; ceux qui connaissent cette pool se rendent compte de la difficulté de la chose… Les autres, allez-y !


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Bruno Rouland - BS air, Gujan-Mestras Bruno est une authentique légende du skate français. Il a commencé le skate dans les années soixante dix, sur des rampes sans plat, parfois en Plexiglas, de trois mètres de large pour deux ou trois mètres de haut, avec de l’oververt... Il a connu Béton Hurlant, eu un pro model chez Death-Box (l’ancêtre de Flip) (avec Astérix en déco), il a eu sa marque de skate (Logo), ouvert plusieurs skateshops, puis il a eu des petits soucis de santé, alors il s’est calmé un peu (juste un peu) et il est aujourd’hui gérant du shop Select à Aix-en-Provence et surtout, il skate toujours à bloc. Il a sa vert ramp dans le jardin et il la skate avec la motivation d’un minot qui débute, mais avec trente ans de savoir faire dans les pattes… Bruno fait partie de ces skateurs pour qui le skate est aussi vital que de respirer. Qu’on s’intéresse à lui, ou pas, vous pouvez lui faire confiance, il fera toujours du skateboard. Et vous, vous faisiez quoi en 1978 ?

Joseph Garbaccio - five-0 3-6 flip out, Pas très bavard mais toujours partant pour apprendre des tricks. A base de nollie late flip rentrés devant un Willy nostalgique… La pluie récurrente n’a jamais réussi à mettre à mal sa motivation. Voilà un jeune qui fait plaisir.

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Willy Santos - FS nosegrind, Bordeaux L’Américain a besoin de sommeil, de beaucoup de sommeil... Une sorte de Jet Lag permanent... il a aussi énormément besoin de son smartphone pour pouvoir twitter plus vite que son ombre... Adepte d’Instagram et autres réseaux sociaux, Willy a une capacité à poster des infos sur la toile de manière instantanée, parfois même avant que vous ayez eu le temps de comprendre ce qu’il se passait, ça y est, avec Willy c’est déjà sur Facebook ! Ils sont forts ces Américains ! Sinon, il déteste conduire en France, les routes sont trop sinueuses à son goût, et les autres conducteurs tournent trop, aussi !

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Adrien Bulard - BS tailslide big spin out, La Rochelle Le type qui skate en dormant, comme un certain Anglais bien connu... Capable de se jeter en BS noseblunt direct sur une extension bien rad après s’être enfilé un sandwich poulet/crudités et sans avoir posé un pied sur sa board de la journée... Celui qui fait du pool et des half-cab five-O revert avec une board de filming en mode détente... Il aime aussi conduire les voitures de luxe sans permis et sans rien dire à personne. Notamment pendant que tout le monde skate le bowl à Gujan…

Marc Haziza - crooked grind pop over, Nantes Ça c’est moi. J’étais là en tant que team manager. Ma mission était donc d’organiser cette tournée, de conduire, de filmer, de me prendre la tête avec les gérants des hôtels B&B, mais aussi de skater lorsque plus personne ne proposait de trick au photographe. C’est donc moi qui tiens aujourd’hui à remercier tout un tas de gens qui ont contribué à ce que cette tournée se passe au mieux : tout d’abord les skateshops qui nous ont accueillis : Hawaii-Surf à Ivry-sur-Seine, Can’t Stop à Bussy Saint Georges, Cream à Fontainebleau, Click store à Nantes et Sirocco à la Rochelle. Un grand merci aussi à tous les skateurs qui ont vraiment assuré tout au long de la tournée, malgrè des conditions parfois difficiles. Merci aussi à Laurent Raphose, Thibaud Fradin pour avoir pris le temps de nous montrer les spots (et de les tuer en mode first try). Merci à Pierro, Yohann et toute l’équipe du Ricrac skate park pour le bbq organisé avec les gars d’Antiz qui étaient aussi de passage. Et bien sûr merci à Quiksilver Skateboarding sans qui on serait tout simplement restés chez nous… Bon Ride et à la prochaine !

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LE QCM : Rémy TAV’ Elevé à la Chelloise

Trop de Rémy dans Soma ? Peut-être pour vous, sauf que pour nous, du Taveira, on n’en a jamais assez. Comme les patrons, ici, c’est nous, et qu’on avait quelques photos en rab, on s’est dit qu’on allait lui faire le coup du QCM...

Portrait par Loïc Benoît Texte et photos par Tura

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FS wallride

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smith grind

Si tu n’avais jamais posé le pied sur une board, tu serais…   X  

Maçon, comme mon père Etudiant en psychologie ou un autre truc qui mène nulle part Artiste, comme mon frère Mort

Au sujet du Cosanostra skatepark…

J’y suis trop allé, je connais tout par coeur, même les chiottes Je ne connais pas d’autre park où la trottinette est interdite J’ai dormi là-bas, une fois ou deux… Faudrait juste qu’ils fassent un effort sur la qualité du café Autre : J’ai commencé le skate dans la rue puis j’ai découvert qu’il y avait ce skatepark pas très loin... Et puis je suis resté super copain avec tous les gars !

  X  

Les tournées Antiz, c’est comment ?  X X   

A l’arrache, mais qu’est-ce qu’on s’marre ! Vraiment super à l’arrache, et qu’est-ce qu’on picole ! C’est du marketing, mon pote, du business ! C’est un Gitan Tour ‘fois mille’ !

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BS 50-50

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Converse ?

 X   

Ok, c’est ‘corporate’, mais avec Antiz de l’autre côté, ça équilibre All Star ça parle aux filles… Avec ça, mes parents croient que je suis un vrai sportif J’attends encore que Nike et Adidas me fassent une proposition Autre : ....................................................................................

Le mecs qu’on voit trop dans Soma ?

Sylvain Tognelli et Michael Mackrodt Oscar et moi Sam Partaix et Phil Zwijsen Joseph Biais et Adrien Bulard Autres : ....................................................................................

  X  X 

L’Amérique ? X    

Dès que l’occasion se présente, je fonce Bof, juste l’Oregon, alors J’irais bien à New-York, un de ces jours Pas avant d’en avoir fini avec l’Europe Autre : Je suis vraiment curieux de voir comment ça se passe là-bas, la mentalité des Ricains en général.

On te propose plusieurs voyages aux mêmes dates en février, tu choisis quoi ?  X L’Autriche avec Antiz dans un van sans chauffage  X Un Tour Sans Fin et sans van avec Oscar Candon dans l’Nord d’la

France (OK mais pas le Nord de la France !)  Barcelone aux frais d’une boisson énergisante avec démo tous les matins au centre commercial  Avoriaz, forfait compris, tout seul

Qu’est-ce qui t’empêche d’être un Bloby’s ? J’crois qu’j’suis trop chellois, trop banlieusard J’en sais rien, pourtant je parle Bloby’s aussi C’est moi qui refuse, trop arty’s, les Bloby’s ! J’dois faire trop de courbe Autre : Non, les Bloby’s cest trop centré Paris… mais ils sont au top !

   X 

T’aimes plus les pantalons ? ���   X 

Si, mais coupés au niveau du genou Si, mais j’en ai plus, si une marque de fringues cherche un rider… Un short et des grandes chaussettes, c’est pareil, non ? C’est mon style pour l’été, le short !

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Nose pick Photo : Vincent Coupeau

Si tu pouvais changer un truc chez toi, ce serait quoi ?

X Les poils que j’ai sur le bide, je me les collerais au menton   Je changerais rien, t’es ouf, j’suis impec’ !  Mes pieds, histoire de pouvoir enlever mes pompes en rentrant de la session sans pourrir la soirée

X Je me ferais des dread-locks comme Ludo Azemar !  Autre : Ah ah ah !

On te paie cher pour que tu sautes les 5 blocs de Bercy, tu choisis quel trick ? X    X 

Tucknee Firecracker BS 360 (la somme est multipliée par 2) Nose manual sur le dernier bloc (la somme est multipliée par 10) Autre : Ollie ?… tu me files combien ?

Le travail, la vraie vie, tout ça...  X  X  X 

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C’est pour bientôt, j’essaye juste de faire durer le plaisir Entre deux voyages, il m’arrive d’aller faire des chantiers Le plus tard possible, et pourquoi pas dans le skate Un de ces jours je serai maçon, comme tout le monde !


Leticia Bufoni - FS nosegrind Autant les juges ont dû s’arracher des cheveux pour trouver un vainqueur chez les mecs, autant chez les filles, c’était vite vu…

FAR ‘N HIGH Villiers-sur-Orge, 25-26-27 mai 2012 J’aurais bien aimé vous raconter tout ce qu’il a pu se passer lors de cette nouvelle édition de ce qui est devenu le plus gros contest français, mais j’ai bien peur qu’internet m’ait devancé de quelques semaines (voire quelques mois). Cela dit, nous avons tout de même décidé qu’il était de notre devoir de publier ces quelques images, au moins pour la postérité. Quand une attaque magnétique terroriste aura détruit tous les disques-durs du monde, il restera au moins ça !

par Tura (sauf la séquence)

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Tyson Bowerbank - BS 270 lipslide (to fakie) A moins de se tordre un truc, ce trick est impossible. Sauf pour Tyson, qui a dû le rentrer 50 fois pendant les trainings… Séquence par Max Verret

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Aurélien Giraud - tré flip Même s’il a encore l’air d’en avoir 10, Aurélien a aujourd’hui 14 ans. Et quand mère nature aura décidé de lui donner les 20 centimètres qui lui sont encore dûs, ça va faire vraiment mal…

Boys

1 Tyson Bowerbank (US) 2 Karsten Kleppan (NO) 3 Kelvin Hoefler (BR) 4 Kilian Zehnder (CH) 5 Axel Cruysberghs (BE) 6 Maxim Habanec (CZ) 7 Ryo Sejiri (JP) 8 Nassim Guammaz (NL) 9 Aurelien Giraud (FR) 10 Matt Berger (CA) 11 Stene Hermann (NO) 12 Leonardo Spanghero (BR)

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Girls

1 Leticia Bufoni (BR) 2 Aura Bredart (BE) 3 Candy Jacobs (AT) 4 Emma Fastesson (SE) 5 Julia Bruckler (AT) 6 Kate Shengeliya (RU) 7 Anita Arvelo Almonte (IT) 8 Tonje Pedersen (NO)

www.farnhigh.com


n e t ro sy w du & lva rid cin w ne in er g w w to w .n we gn oz bs el bo it li ne e .c om

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sylvain tognelli - frontside lipslide up / photo : david t. mus bennacer × akim cherif × gregoire cuadrado × lionel dominoni lisa jacob × martin keller × mathieu lebail × jon monié samuel partaix × kevin rodrigues × rémy taveira × sylvain tognelli nozbone skateshop, 295 rue du faubourg st antoine 75011 paris - metro nation - 01 43 67 59 67 la boutique en ligne nozbone.com / le blog nozbone-skateshop.com


LA COUPE DU MONDE (de Marseille), 22-23-24 juin 2012 En tant que nouvel habitant de Marseille et amateur de courbes, il m’était difficile d’ignorer les championnats du monde de skate, au bowl du Prado. Pourtant, comme tout être sensible et sensé, j’étais un peu sceptique au début. D’habitude, les contests « multiglisse » sponsorisés par des marques de téléphonie mobile pour jeunes avides de fun, ça ne m’attire pas trop… Mais là, avec Dave Duncan et Seb Daurel aux micros, ça promettait au moins d’être divertissant.

par Nicolas Schneider 90 

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Charlie Blair Stalefish de champion du monde.

Julien Bénoliel en BS nosegrind, pour changer (du même en front) !

Pros

1 Charlie Blair (US) 2 Julien Benoliel 3 Nolan Monroe (US) 4 Jake Collins (UK) 5 Alain Goikoetxea (ES) 6 Vincent Matheron Masters

1 Sean Goff (UK) 2 Paul Atkins (UK) 3 Jean Terrisse (Marseille)

Certes, les puristes diront que ce n’est plus aussi déluré qu’à l’époque des Bowlriders (Livewebcast oblige), que certains graffitis sont d’un goût douteux, que les banderoles sont franchement dégueulasses, mais le soleil et le très bon skate sont toujours au rendez-vous. Les Ricains de chez Dogtown n’étaient pas venus pour trier les galets et les Marseillais n’étaient pas en reste, notamment un Julien Bénoliel qui faisait plaisir à voir. C’est le jeune Charlie Blair qui l’emporte cette année, avec au passage un blunt flip fakie first try sur la grosse extension (1,50m de vert quand même)... J’ai même pas eu le temps de sortir l’appareil en bon professionnel que je suis. Chez les vieux, c’était nettement moins tech, mais ça n’a pas démérité non plus, ils nous avaient même ressorti une vieille légende anglaise, Sean Goff, qui n’est pas encore totalement rouillée. Rendez-vous l’année prochaine sous le cagnard fosséen pour parfaire votre bronzage de cycliste et voir du très bon skate grâce au soutien de partenaires spécialisés dans le caleçon en Lycra, l’eau minérale, les téléphones intelligents et les lunettes de soleil… soma 

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Saturday 4 August 2012 Westergasfabriek, Amsterdam NL Event starts 12 Noon Free Entry Live Webcast â&#x201A;Ź50,000 Prize Money www.vans.com www.facebook.com/vanseurope


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« Mê m - Fra e les plu nçois Cavan s cons ont leur jo na ur de glo ire : leur anniversaire.

»

MArk GonzAleS - SWeePer, lyon Photo : nikWen


SOMA #30