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NumĂŠro dix-neuf / Des filles & des vieux


P: Daniel Sturt

Geoff Rowley, leader of those devoted, a Vans skateboarder since 1999.


Š 2010 Vans, Inc.


JOSH KALIS

INTRODUCING THE JK8

dcskateboarding.tv

BS NOSEBLUNT. BLABAC PHOTO.


SOmmaire Intro 10

Mimi deuxième à la Kookaburra !

Le Jeune 14

Pierre-Jean Chapuis. En même temps, c’est toujours mieux que Jean-Pierre…

Le Vieux 16

Jim -Bad Red- Lalondrelle. Punk’s not dead.

Orgy Porgy 24

Du cul et des Arabes !

Hobo Erectus 26

La recette du poulet à la bière !

SUAS 28

Un switch wallride de malade, et de la nouveauté au Dôme.

Les Filles à BCN 34

Lisa et ses copines à la plage.

Greg Poissonnier 44

Premier sponsor skate à 37 ans !

52 Geting Busy in Porto

Element Europe en plein filming de LA vidéo.

64 Philipp Schuster

On a pris le taureau par les cornes, et on l’a fait cracher.

70 Nike

Juste on l’a fait.

80 10 ans d’ESC

Toutes les bonnes choses ont une fin. Merci Oli ! 82 FOSSJ « Les vieux, faudrait les tuer à la naissance ».

84 DTSD

Des skateurs avec de l’argent plein les poches, lâchés dans le red light district de Hambourg.

88 « In Search of the Miraculous » L’interview exclusive du réalisateur.

96 Le Vrac

Des livres, une bonne vidéo, des chiffres et Mike V. ! Casey Rigney, slappy up and wet © TURA

Directeur de la publication David Turakiewicz Rédaction en chef Fred Demard [fred@somaskate.com] & Tura [tura@somaskate.com] Publicité David Turakiewicz [tura@somaskate.com] Rédacteurs Scott Bourne / Davy van Laere / Paul Labadie / Yoann Kim / Bertrand Trichet / Lisa Jacob / Claude Queyrel Illustrations David Lanaspa (Da) Graphisme Nicolas Malinowsky p.34 à 43 et p.52 à 63 / le reste par Tura Photographes Scott Bourne / Paul Labadie / Loïc Benoît / Kévin Métallier / Rémy Barreyat / Fred Ferand / Babas Jean Dolhats / Pierre Dutilleux / Nils Svensson / Jon Humphries / Jelle Keppens / Yoann Kim Soma est édité par Les éditions du garage, SARL au capital de 8000 euros 13, rue de l’Isère 38000 Grenoble info@somaskate.com

Impression Tuerlinckx, Belgique. Toute reproduction partielle ou intégrale est interdite. Et puis quoi encore. ISSN : 1959-2450 9 

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Texte et photo par Fredd

Chasseurs de primes Ça y est, l’été est derrière nous, et avec lui, les contests. Pour gagner de l’argent, les champions vont enfin pouvoir ranger le skateboard au garage pour s’investir pleinement dans le poker en ligne. Quelle merveilleuse époque vivons-nous là... De notre temps, en 1850, nos préoccupations n’étaient pas tout à fait les mêmes. Déjà, y’avait pas d’internet et quand tu gagnais un contest, t’étais content de repartir avec une board et des stickers. Du coup, les contests, on savait tous pourquoi on y allait : pour faire les cons ! Mon pote Mimi par exemple, c’était notre champion local et accessoirement un des meilleurs skateurs français. Il en a bouffé du contest ! Et même s’il se souvient avoir gagné 1000 francs à la Kookaburra à Hossegor en 1989 (pour sa deuxième place derrière le déjà beau Olivier St Jour, qui avait gagné 3000 F), on ne peut pas vraiment dire qu’il s’en soit mis plein les fouilles à écumer tous les contests des années 90, mais au moins, il a bien fait le con. Aujourd’hui c’est un peu plus compliqué, il y a toujours ceux qui y vont pour faire les zozos, mais il y a aussi ceux qui viennent se remplir les poches. On appelle cette dernière catégorie « les chasseurs de primes » et ils s’en prennent régulièrement plein la gueule. Personnellement j’ai du mal à leur en vouloir. À mon goût, ils auraient tort de se priver et puis s’ils veulent faire les cons, ils peuvent faire ça en dehors des contests. Je ne vois pas comment on pourrait reprocher à un Nassim Guammaz d’avoir fait de son mieux à Bâle pour empocher le gros lot (allez voir le petit documentaire sur Nassim, « Plank » sur l’internet)… Mais bon, le plus heureux aujourd’hui, c’est bien Mimi. Regardez le en mute to fakie sur la terrasse de la maison qu’il s’est payée avec son prize money de la Kookaburra !

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GUILLAUME MOCQUIN stalefish | photo by Jelle Keppens | elementeurope.com


lejeune P ierre - J ean C hap u is

Date de naissance : 16 décembre 1991 Lieu de naissance : Annecy Lieu de résidence actuel : Bordeaux Années de skate : 9 Vidéos de référence : la Baker 3 m’avait marqué... mais la

dernière Zero Strange World est bien aussi... Première board : une board Décathlon...

Où seras-tu et que feras-tu dans 15 ans : chiller et ska-

ter avec les potes un peu de partout.

Sponsors : Jump skateshop à Pau, Anagram FS 50-50, Pau © Rémy Barreyat 13 

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leVieux

J im « B ad red » L al o ndrelle

Nationalité : terrien, Français. Date de naissance : tigre horoscope chinois ou 47 ans. Lieu de naissance : RCI ou orange/blanc/vert. Lieu de résidence actuel : Bordeaux Années de skate : depuis 1978 donc 32ans. Vidéos de référence : pas fan de vidéos... Les premières Powell-Peralta

par défaut.

Skateur de référence : plusieurs : Shogo Kubo, Duane Peters, Chris

Miller et tous les vert’ riders.

Où étais-tu et que faisais-tu il y a 15 ans : à Bordeaux, j’étais direc-

teur régional d’un réseau de magasins.

Où seras-tu et que feras-tu dans 15 ans : encore sur terre et dans une

maison écolo-skate au milieu de mon potager ! FS smith grind, Bordeaux © Fred Ferand

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Illustrations : Da

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1 un zipper à capuche de chez Emerica, pour rester or / 2 la nouvelle Daren Navarette de chez Vox / 3 un planchon Lucas Puis fabrication ‘keystone’ de chez Cliché en 8 pouces de large / 4 un sweat à col rond gris avec écrit Supra dessus / 5 un vrai Zippo avec un logo Santa Cruz / 6 la Michael Mackrodt de chez Element en 8,125 pouces / 7 une chaussure violette de chez Nike nommé Bruin / 8 une paire de mitaines-mouffles bien pratiques de chez Kr3w / 9 un pull over rayé de la nouvelle collection Volcom / 10 une casquette Nike SB ecossaise / 11 un t-shirt Kr3w avec une croix à l’envers / 12 une chaussure gauche Converse, pro model Nick Trapasso / 13 un pull over avec encore plus de rayures, de chez Element cette fois / 14 un jeu de quatre roues Gamble en 54 mm. 17 

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1 un plateau 5Boro suggestif / 2 un chaussure Vans Era-Spitfire tout ce qu’il y a de skatable / 3 un t-shirt OJII que les plus anciens apprécieront / 4 le jean Leo Romero de chez RVCA / 5 un caleçon Cleptomanicx dessiné par Stefan Marx / 6 un t-shirt Mabasi comme vous l’aurez constaté / 7 une chaussure Supra Antwuan Dixon marron et orange / 8 une veste mi-saison très bien coupée de chez Nike SB / 9 un plateau Gamble existant en plusieurs tailles / 10 une des chaussures avec le nom de Reynolds de chez Emerica / 11 un t-shirt Vans dessiné par Michael Sieben / 12 un bonnet Volcom / 13 la nouvelle Terry Kennedy de chez Supra / 14 un t-shirt Emerica tricolore en taille L, mais qui, rassurez-vous, existe en toutes les tailles.

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Illustrations : Da

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WeA c t ivis t B EN N Y FA IR FA X , S TA S H , C LIN T P ETER S O N, N I C O L E L E M O I N E & VA N E S S A PR A GE R SHOT BY C H ERY L D U N N w w w. w es c . c om


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SCOTT BOURNE E D E U Q I N O R H LA C page 90) (traduction

Ancient Criminals Out before me the Aqua-blue-green eye of the Mediterranean Sea as she stares out from the Earth and up into the cosmos, while I stare out over her from a friend’s house along the Tunis coast. The water is gentle and flat as sparrows dip down across it sailing on a soft breeze. Caroline is in the kitchen making lunch after a short walk through town to gather fresh vegetables where we had watched the trains pass and the young boys riding in between the cars like ancient criminals. They hang from the bodies of these steel beasts as they race along their tracks headed from one city to the next. Caroline having never placed a coin on the tracks was excited when I placed two single 100 Denar coins on the rail. She was like a child as we waited for the next train and after it passed, eagerly ran in search of the results, then smiles largely as she holds them up in the sunlight. One shall be a necklace for her, the other will be sent to my good friend Brent Hobby back in North Carolina, a memory from our youth, a message from our past! At the edge of the garden there is a wall of about 12 feet in height that falls directly to the Sea below. On the lawn there is a rusted old wrought iron gate that surrounds a set of steps that lead down to the Sea like a Metro entrance. They descend into a tiny room with a sand floor and a gated door. From there the Mediterranean itself looks locked behind a prison gate. Earlier today I had watched as Caroline made her way down them, disrobed and flirted with the ocean and me as I shot pictures of the two of them. Once again I find myself in the imperceptible clutches of a dream. As I sit and write she has sprawled out naked in the sunshine. In the distance mountains rise up and clouds dot the tiny ocean with shadows as they gently drift over. When she calls me to come eat, I put down my pen and go to join her.

May, 17th, 2010 S.H.Bourne


La rubrique indispensable de Paul Labadie www.somaskate.com/videos

Muki Rüstig est mon compagnon de tournée favori. Muki, c’est juste le type parfait : intelligent, cultivé, généreux, toujours de bonne humeur, toujours prêt à rendre service, toujours à l’heure, debout le premier, couché le dernier, il ne se plaint jamais, et en plus de ça, du haut de ses 33 printemps, il a 100 fois plus de motivation que le plus jeune kid du team. Un mec en or. Mais, unique ombre au tableau, Mukunda (c’est son vrai nom) a une petite faiblesse : un très sérieux penchant pour la bière, du genre c’est l’amour de sa vie. Il en écluse chaque jour un nombre incalculable, à une vitesse hors du commun. Je crois que j’exagère à peine en disant que la bière est sa principale préoccupation. Tout commence par là. Toujours s’assurer qu’on n’en manquera pas, et seulement à partir de là, le reste est envisageable. D’ailleurs, je ne crois pas que cela lui soit déjà arrivé de tomber en rade, il en a toujours une petite réserve pas loin, mais il est toujours prêt à partager. Si Muki n’a pas une canette à la main, c’est qu’il est en train de skater. En dehors de ça, l’orge et le houblon accompagnent Muki tout au long de la journée, dans toutes ses activités. Je ne suis jamais rentré dans la douche avec lui, Dieu m’en garde, mais je serais prêt à parier gros qu’il en a toujours une là, sur le petit rebord, là où normalement tu mets ton savon et ton shampoing. Remarque, il paraît que c’est bon pour les cheveux. Cet été, j’étais de passage à Vienne pour rendre visite à ma copine, une personne qui, pour des raisons que je n’exposerai point, ne partage pas du tout mon affection envers M. Rüstig. Malgré tout, il était hors de question

Muki, bluntslide flou !

que je manque cette occasion de retrouver mon ami, qui vit dans la capitale Autrichienne depuis plusieurs années. Muki était bien conscient qu’il était loin d’occuper une place de choix dans le coeur de ma bien aimée. Mais, attristé par le fait qu’elle ait pu se faire une fausse idée de sa personne, et bien décidé à lui prouver qu’elle s’était méprise à son égard, il décida de nous inviter à dîner, espérant ainsi parvenir à lui faire réviser son jugement. Quand je lui ai demandé ce qu’il comptait cuisiner pour cette occasion si particulière, il n’a pas été long à répondre : « un poulet à la bière ! » A la fin de la soirée, ma copine avait totalement changé son opinion sur Muki, et je n’ai aucun doute sur le fait que ce plat étonnant y ait été pour quelque chose. Voici donc pour vous, une vraie recette de hobo, qui fait des miracles... Prenez un poulet entier, coupez la tête et videz-le si ça n’est pas déjà fait. Badigeonnez-le d’huile puis de sel et poivre. Ouvrez une canette de 33cl de la bière de votre choix, buvez-en la moitié. Puis placez la canette debout sur une surface plane et empalez le poulet dessus afin qu’il tienne debout sur ses deux pattes, le tout formant un trépied. Faite préchauffer le four à 180° puis enfournez la statue et laissez cuir au moins une heure et demi. Sortez du four puis laissez reposer quelques minutes avant de découper. Servez avec des légumes et de la salade. Bon appétit !


Photo : Mathieu Claudon

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Thomas Leclere No comply revert / Paris © TURA

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Jeremy Hugues Wallride to boardslide / Hambourg © Loïc Benoît


Photo : Guillaume Anselin / Conception : tmn

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Texte par Lisa Jacob & photos par Babas

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En somme, c’était un tour de skate mais avec des filles. Finalement ça ne change pas grand chose, sauf que la conversation ne glisse pas toutes les dix minutes sur la paire de nichons de la dame qui passe... Normal, nous on s’en fout des meufs ! Ah si, autre différence, on ne se balargue pas sur des handrails ou des triple sets de marches ; bah ouais ça serait dommage, on risquerait d’avoir des bleus. Il n’y a eu que Didi qui s’est plainte du choix des spots, en ayant tout de même la décence d’attendre le quatrième jour pour se lamenter : « no bank spots anymore please... » A part ça, elle n’est pas du genre compliquée à vivre : elle suit le mouvement sans se poser de questions, tête baissée, cheveux dans les yeux, en riant niaisement à tout et n’importe quoi. Très gratifiant d’ailleurs, avec elle j’ai enfin l’impression d’être drôle. Eh oui, elle rigole même à mes blagues, c’est pour dire ! Ou alors c’est juste parce qu’elle est défoncée la moitié du temps. Soit, la journée type se résumait à : skate toute la journée et sortie le soir. Excepté pour Samantha qui a confondu les spots et le dancefloor. Comment voulez-vous faire du skate tranquillement pendant qu’il y en a une qui, Ipod dans les oreilles, se déhanche sans vergogne à la replaque... Ce qui lui a valu d’être renommée par Babas, Sam-neverstophavingfun-Bruce. Heureusement que son englishmate Helena skatait pour deux ! Anna nous a rejoint au milieu de la semaine, nous fûmes alors six dans une chambre de quatre mais, heureusement pour moi qui n’avais guère envie de tester la rigidité du carrelage, Anna a opté pour une nuit à la belle étoile sur le balcon. Je l’aurais bien enfermé dehors d’ailleurs parce qu’à cause d’elle j’ai chopé la crève. J’ai eu beau

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crier « Anna close the window », mes suppliques n’eurent de réponses que les rires du reste de la chambrée car Anna avait déjà été expédiée au pays des rêves par les litres d’alcool qu’elle s’était enfilé un peu plus tôt. Qui plus est ça a failli lui jouer des tours puisque le lendemain des policiers ont voulu l’embarquer menotée pour avoir bu une bière sur la voie publique. Heureusement ils finirent par abdiquer une demi-heure plus tard face à son sourire d’ange qui fait chavirer le coeur de tous les hommes (ceux qui ont croisé son chemin savent de quoi je parle). Faut bien que ça serve à quelque chose d’être une fille ! Il faut noter qu’en Allemagne ils ont un sérieux problème avec la bière. Le soir j’veux bien, mais toute la journée sur les spots ça m’est inconcevable... Malgré les arguments en béton de Sabrina : «it’s life energy» et compagnie, je suis plus pour le café le matin. D’ailleurs, elle a bien failli se suicider dès le premier jour après avoir acheté, à son insu, trois packs de bières non alcoolisées. Moi ça m’a bien fait rire jusqu’à ce que je remarque les éclairs de haine dans ses yeux. Outre son addiction pour la bière, Sabrina est quelqu’un de très sincère : aimable avec les gens sympas et horrible avec les imbéciles. Avec son piercing et ses multiples tatouages elle fait fuir la ménagère de plus de quarante ans, surtout si elle se met à jurer en allemand ou à chanter GG Allin les poings levés. Mais si on prend le temps de lui parler, on découvre alors qu’elle est tendre comme un bisounours ! Enfin, façon de parler, de toutes manières l’on sait bien que les punks c’était une belle utopie qui a avorté il y a quelques décennies. Ah ah ! Désolée Sabrina et encore merci pour cette semaine à Barça !


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J’ai commencé à entendre parler de Grego à l’époque où l’on faisait tous les deux beaucoup de snowboard, je sais que ce n’est pas le genre de chose à avouer dans un mag de Skate, mais on vient de régions montagneuses, alors hein… Et bref, il était de la troupe d’Avoriaz, qui ne se trouve pas du tout dans mon secteur. Je me souviens qu’on me le décrivait toujours comme un bon skateur, ce qui en général, est mauvais signe, ça veut dire que le gars galère un peu sur la neige. Quand au skatepark on dit de vous que vous faites beaucoup de snowboard, c’est pas vraiment un compliment si vous voyez ce que je veux dire (oui, je fais beaucoup de snowboard…). Sauf que Grego était effectivement aussi balaise sur neige que sur bitume. En fait il est balaise aussi sur l’eau, avec un surf sous les pieds, et même avec un Bmx dans les mains, il te traverse un champ de fougères les doigts dans le nez, le gars ! En fait, il est bon de partout, il semblerait même qu’il se débrouille même très bien dans la vraie vie, celle où on travaille dans un bureau, où on discute avec les collègues à la machine à café et où on se dépêche pour aller chercher les enfants à l’école…

Quel est ton poste exactement chez Gravis/Analog ? Team manager c’est ça ?

C’est « marketing manager ».

Ah pardon, quels sont les avantages et les inconvénients de faire ce genre de job plutôt que charpentier ou comptable ?

L’avantage, indéniablement, c’est que tu travailles dans un milieu qui te passionne, et l’inconvénient majeur c’est que tu peux y perdre du plaisir. Comment dire ? En fait, la réalité du business peut parfois te gâcher le plaisir. Parce que ça reste du business au bout du compte. Et parfois, des relations que tu as mises en place avec des riders doivent s’arrêter parce que les réalités budgétaires, ou autres, font que t’es obligé de mettre fin à une relation que t’aimais bien… Ça t’es beaucoup arrivé de devoir te séparer de riders ?

Ca m’est arrivé oui. Notamment à l’époque où je bossais pour Globe, on a eu des grosses coupures de budget et il a fallu virer tout le monde. Avant que je me fasse virer moi même [rires]… En même temps, comme ça, les riders ne l’ont pas trop mal pris… Il y en a qui t’ont fait la gueule après que tu les aies virés ?

Non, pas que je sache en tout cas. De manière générale, ça se passe bien. Et heureusement c’est pas tous les jours que t’es amené à faire ce genre de choses, mais je m’en sors assez bien dans l’ensemble, ou alors c’est juste que j’ai eu la chance de virer surtout des gens que je ne connaissais pas trop [rires]… Le problème, c’est qu’on a une relation amicale avec les riders : on skate en-

semble, on est potes etc, mais on est le maillon entre eux et les businessmen en quelque sorte. Et quand ton patron te dit « on n’a plus d’argent, faut faire ci, faut faire ça », c’est à toi d’annoncer les mauvaises nouvelles. Donc c’est vrai que par moment on est obligé de parler travail avec les riders alors que ce n’est pas forcément ce dont on discute d’habitude… C’est pas la partie la plus drôle du job.

Du tout !

Quel âge as-tu ?

J’ai trente-sept ans. Je te demande ça parce que j’ai l’impression que tu skates plus maintenant que disons, dix ans plus tôt par exemple. Ce qui n’est pas banal je trouve.

Mais c’est quelque part assez vrai. Je skate plus maintenant. En fait, avec toutes mes années de snow [Greg était pro en snowboard], je passais déjà cinq mois à la montagne donc forcément je skatais moins, mais bizarrement le fait de vivre du snow me permettait de skater plus, et c’est ce qui me plaisait vraiment dans le job. Le fait de bouger à droite à gauche me donnait l’occasion de skater tous les skateparks de fou qu’il n’y avait pas chez moi à l’époque, quand je vivais à Pau ou même plus tard sur Hossegor où il n’y avait pas de skatepark nonplus. Mais donc le snow m’a vachement rapproché du skate, et au bout

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du compte avec le skatepark à Hossegor, maintenant j’ai délaissé le surf aussi et je ne fais plus que du skate. Ah bon ? Tu ne surfes plus ?

J’en fais un peu quand je vais à la plage avec ma femme et mon fils, en touriste. Je prend toujours une planche au cas où, mais ça n’a rien à voir avec l’époque où j’étais à fond. Et avec le snow c’est un peu pareil, je suis amené à aller à la montagne avec mon job, mais l’an dernier j’ai dû en faire quatre fois donc tu vois… C’est clair que je suis plus passionné par le skate aujourd’hui que par le reste. C’est marrant, parce que c’est pas dans cet ordre que ça marche normalement. Le surf, c’est le truc qu’on se garde pour la fin, quand on est un peu plus vieux, après le skate justement… Et puis à vrai dire, après le BMX, le snow et le skate, je te voyais bien faire une nouvelle carrière dans le surf…

Ha ha. Non, mais en plus, d’une manière générale, l’ambiance est bien meilleure au skatepark que dans l’eau.

En parlant de surf, explique un peu ce que c’est que ce pool en pente dans lequel tu fais ce BS boneless ?

C’est à Biarritz, c’est sur le toit d’un bâtiment en construction qui sera « la citée du Surf et de l’océan », et qui d’après ce que j’ai compris, est un musée créé pour célébrer les cinquante ans du surf à Biarritz. Et donc, j’imagine que les deux énormes courbes sur le toit sont là pour évoquer les vagues, maintenant le pool, je sais pas ! Je pense que l’architecte a vu ça comme un clin d’œil au skate, qui est un peu le surf des jours sans vagues… Mais du coup, le pool, on est d’accord, il est en pente et pas vraiment skatable, c’est ça ?

Voilà, c’est pas prévu pour être skaté à la base. Et ce qui n’arrange pas les choses c’est que la pente envoie vers le petit côté… Mais ceci dit c’est quand même super drôle à skater. C’est la première fois que j’avais l’impression de skater un vrai pool… Et il est toujours skatable ?

Béh apparemment oui. Mais je ne sais pas du tout à quoi ça va ressembler quand ce sera terminé, s’ils vont le remplir de quelque chose, si le revêtement va rester le même… J’espère qu’il sera toujours skatable. Pour l’instant, il y a un vigile avec un chien… Mais je suis quand même surpris que si peu de monde se soit manifesté pour aller le skater, parce que c’est quand même vraiment bien. Les seuls qui ont tout de suite réagi c’est les anciens, les Christian Vankelst etc, qui ont tout de suite voulu y aller, mais sinon,

très peu de monde y est allé à priori. Curieux. Tu skates depuis combien de temps ?

Depuis 87 je crois. Mais en fait, jusqu’à mes 20, 22 ans, j’étais assez moyen en skateboard, voire moyen moins… Mais je skatais avec mes potes à Pau, on n’avait pas vraiment de gars super forts dans notre entourage, nos « champions » c’était Olivier Simondon, Manu Bretagne et Manu Sanz, on skatait en bas de chez nous, ou au centre ville de Pau, et on bougeait très peu pour le skate. Donc on a eu une évolution beaucoup plus lente que celui qui allait bouger à droite à gauche pour les contests ou autre. Mais ça nous allait comme ça, hein. On s’éclatait. En fait, c’est ce que je te disais tout à l’heure, ce qui m’a permis de progresser c’est de faire du snowboard et donc de côtoyer les Droz, Lochon, Haziza, Larance, St Jours… J’ai eu de bons profs quoi ! Sur le tard… Mais au moins, tu progresses toujours, t’apprends encore des tricks…

Carrément !

Par contre, à l’époque, tu ne devais pas vraiment t’attendre à avoir un jour ton nom sur une planche ?

Pas vraiment non ! (rires) C’est vrai que c’est la blague de l’année. À vrai dire, ça me gênait un peu quand même au début, mais Mike de la Old Man Army n’appelle pas ça un pro model non plus, c’est un « guest model », c’est juste histoire de marquer le coup, de faire un cadeau à quelqu’un qui continue de skater à 37 ans passés et qui est toujours aussi motivé qu’au départ. Ça fera un chouette souvenir à accrocher au mur… Ce qui est rigolo, c’est que c’est Fred Ferand (« vieux » skateur de bordeaux) qui m’a appelé un jour et qui m’a dit que « Old Man Army » voulait se développer un peu en France et qu’il fallait que j’appelle Mike parce qu’il aimerait bien me sponsoriser… Je connaissais la marque depuis un petit moment, mais pour moi c’était lié à des gens de Bordeaux, donc a Fred Ferand, ou a Bert qui ride pour eux aussi et donc pour moi c’était une marque Bordelaise (rires). Alors voilà, il me disait d’appeler Mike, j’ai dit OK, je vais l’appeler tout de suite ce Mickaël, « ah bein non, avec le décalage, tu l’auras pas », comment ça avec le décalage, il est ou ton gars ? « Bein à Phoenix, en Arizona »… C’était marrant quoi.

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Et comment ça se passe au niveau du physique ? Tu as encore la patate ou est-ce que ça commence à être difficile…

Ça va encore, mais c’est sur la durée que c’est difficile. Je ne peux plus me faire de session de trois heures par exemple. Je sais pas toi, mais moi, c’est plus possible… Moi je peux ! Mais après je peux plus marcher pendant une semaine…

Oui voilà. Quand j’ai la caisse, je fais la session à fond pendant deux heures et c’est réglé. Au-delà, je prend des risques… Finalement t’es qu’un être humain…

Bein ouais, je pense que c’est juste ça.

y Gregor

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N O D O G E R , AKA

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Texte & photos : Davy van Laere

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L’enfant sauvage ! Mais je l’aime bien. Peut-être pas le plus facile à gérer (mais il paraît qu’il s’est calmé un peu…), en tous cas, dès qu’il pose ses pieds sur une board tout devient presque surnaturel. Dommage que ce trip se soit terminé pour lui au bout de deux jours. Juste avant de quitter Marseille, il s’est ouvert le dos en glissant d’une rampe en bois, lui laissant un longue écharde qui a fini par s’infecter. C’était tellement dégueulasse qu’il a dû rentrer après deux jours. Je n’avais jamais vu autant de pus sortir d’une plaie... Il paraît qu’il a dû passer quelques jours à l’hôpital après ça… En général, on ne préfère pas qu’une écharde se transforme en hémorragie.

Petit anglais, mais gros tricks. Ross ne blague pas dès qu’il s’agit de faire du skate. Ca fait un moment qu’il parcourt le monde et ça se reflète dans son caractère : Ross est un sage. Je pense que les voyages sont la meilleure école car Ross a toujours un avis sur tous les sujets. Tranquille est son deuxième prénom, il est toujours “zen”, et son amour pour le skate est visible…

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Lui aussi fait partie de mes flamands préférés. Ma copine me dit d’ailleurs toujours qu’on forme un joli couple, lui et moi. Parfois, quand on va faire des photos ensemble, on peut s’engueuler violement et tout oublier 30 secondes plus tard. Et à la fin, on repart toujours avec un grand sourire parce qu’on a une bonne photo. Comme l’a dit Alex Irvine (le mec de Kingpin) une fois, Phil est sûrement celui qui a le plus travaillé pour en arriver là. Et je pense que c’est vrai. Phil a une façon saine de mener sa barque, ceci incluant le fait d’avoir les pieds sur terre, pas un gros ego, et une passion démesurée pour le skate. J’ai vu des gens emprunter le même chemin et perdre cette passion (je suis passsé par là, moi-même)… Pendant cette tournée, Phil et moi avons repris nos missions nocturnes à la recherche de spots pendant que les autres traînaient à l’hôtel. On explorait la ville en écoutant “Sugarman” de Sixto Rodriguez, et c’est exactement ce que Phil est : un “Sugarman”, plein de sucre qui explique son inépuisable energie…

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Pas facile d’écrire quoi que ce soit au sujet de Pirkka (à part le fait qu’il est assez balaise sur un skateboard). Il vient de Finlande, et ça en dit déjà beaucoup. Qu’on ne se méprenne pas : je n’ai absolument rien contre les finlandais, mais il doit y avoir un truc dans l’air là-bas… Ou alors, c’est le fait qu’il n’y a pratiquement pas de jour en hiver et inversement en été. Tout ce que je sais, c’est qu’il y a des tas de skateurs incroyables en Finlande et qu’ils ne sont pas si facile à capturer. Cela dit, Pirkka est un bon gars, discret et efficace.

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Je connais Jarne depuis qu’il a 12 ans, à peu près. Et je crois bien que c’est le compatriote flamand que je préfère. Il skate comme il veut et n’en a rien à foutre des différentes modes. Sa façon de skater est tellement naturelle qu’il et sûrement né pour faire du skate. Ceci combiné à un bon caractère, ça vous fait un bon petit gars. Facile à vivre, jamais à se plaindre (sauf quand il a faim, c’est dingue comme il adore bouffer, d’ailleurs…), j’avais pris l’habitude de l’appeler “le petit merdeux” mais depuis qu’il a décidé de se laisser pousser la moustache, il semblerait qu’il ait grandi un peu…

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Ruben aussi fait partie des gens que j’ai rencontré quelques fois mais que je ne connais pas vraiment. Et je dois dire que ce tour ne m’a pas avancé. Peut-être est-ce dû à la barrière de langage. Ce portugais calme parle anglais mais pas aussi bien que les autres. Mais cela ne l’empèche pas d’être sympa. Souvent caricaturé comme un skateur de contest, on oublie trop souvent sa faculté à détruire les spots de street. Pour moi, c’est lui qui a fait le trick le plus dingue de la tournée, le problème étant, après avoir passé la journée sur le spot, que la lumière baissait et que ça devenait trop sombre pour le filmer ou en faire une séquence vraiment utilisable (un cab flip au dessus d’une sorte de plan-incliné/gap, replaqué en bas… Si je ne me trompe, c’est dans le générique de fin de la vidéo.)


FS k-grind © Loïc Benoît

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Intro et interview par Tura

Il y a une chance que vous détestiez Philipp Schuster. Trop tech, trop blond, trop Redbull, trop ce que vous voulez... J’avoue que les bandeaux promotionnels de la marque au taureau rouge me fatiguent un peu, mais à part ça, moi, j’ai toujours aimé le personnage, un peu hors-norme. Philipp a toujours fait son truc, sans prétention. Pourtant, vu la maîtrise qu’il a sur un skate, il aurait pu... Avant de vous embarquer dans cette petite interview, il faut juste savoir qu’il est autrichien (pas allemand), qu’il publie depuis un petit moment son propre zine (« Trottoir »), qu’il a passé quelques semaines récemment à Lyon et qu’il a fait l’effort de répondre à toutes les questions en français.

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Qu’est-ce qui t’as amené à Lyon ?

Eh bien c’est ma copine qui a dû faire un trimestre à l’étranger pour l’université. On a donc cherché une ville où on pouvait aller tous les deux, où moi je pourrais skater et elle poursuivre ses études… Moi j’étais venu à Lyon plusieurs fois quand je skatais pour Cliché, alors on a décidé d’y louer un petit appartement. Et ça t’a plu ?

Oui, moi j’adore la France, et à Lyon il y a des bons spots, c’est une belle ville, les gens sont bien tranquilles… La bouffe, aussi. Aprés mon retour en Autriche j‘avais 5 kilos de plus ! Comment ça se fait que tu parles aussi bien français ?

J’étais dans une école maternelle et primaire française en Autriche, c’est là que j’ai appris. Mais quand je suis arrivé dans un lycée autrichien, j’ai presque tout perdu mon français, et puis après le BAC, je suis allé souvent voir Jérémie Daclin. J’étais chez Cliché, j’allais en tournée avec eux, et il y avait aussi mon team manager chez Globe, Ben Derenne, avec qui je parlais français aussi. En général je parlais plus français qu‘anglais... Alors mon français est revenu ! Je ne connais pas bien Lyon, mais j’ai cette impression qu’il y a plusieurs clans, Cliché, Antiz, des petits groupes comme ça…

Oui, un peu, mais moi je suis autant allé skater avec Antiz qu’avec Jérémie et les autres. Et puis des potes de Vienne sont venus, on a skaté entre nous, donc je n’ai pas trop vu tout ça, j’étais juste concentré sur le skate… Qu’est-ce qui t’a motivé à faire ton propre ‘zine (Trottoir) ?

Gap to FS tailslide 270° shove it out. © TURA 67 

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Un jour, j’étais à Vienne, et personne n’était motivé pour faire des photos. Alors j’ai décidé de m’y mettre. Ca m’a amusé, j’ai commencé à apprendre, et un jour, il n’y avait même plus vraiment de magazine pour Vienne, ma scène locale. Alors j’ai essayé de faire un petit truc pour montrer mes photos, et pouvoir dire ce que j’avais à dire. Voilà comment ça a commencé. Le premier numéro a bien marché, ça m’a motivé à continuer, à apprendre encore. Maintenant ça a grossi un peu, j’arrive au point où je pense que je peux aller plus loin. J’ai vraiment l’impression que je peux aider ma scène, à Vienne. Comment est la presse en Autriche, aujourd’hui ? Last Try est mort ?

Non, c’est encore la, mais c’est situé à Linz, c’est plus loin, moi je me concentre plus sur la scène de Vienne, même si je distribue le magazine dans les autres villes aussi. Dans l’idéal, je me dis qu’il faudrait un zine comme ça dans toutes les villes, comme Anzeigeberlin, ou Grey à Londres…

Oui, surtout que c’est assez facile. Moi je peux me concentrer sur le contenu de ma scène, alors que quand tu fais un magazine sur tout un pays ou même toute l’Europe, c’est un peu dur de satisfaire tout le monde. On verra comment ça évoluera, mais pour le moment, je suis content de comment ça marche. Enfin bon, ton activité principale, c’est quand même de faire du skate.

Oui, bien-sûr ! Je ne fais que quatre numéros par année, bien-sûr c’est du boulot, mais ça me laisse largement le temps de voyager. En plus je voyage souvent avec mes potes, donc ça me fait aussi du contenu pur Trottoir…


« Je ne suis pas là pour faire plaisir à tout le monde ! »

FS flip / © Pierre Dutilleux

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Tu passes combien de temps à voyager, chaque année ?

Ouh… c’est dur à dire. Je n’ai pas voyagé autant cette année que l’année passée, mais je dirais environ 5 mois. Ce qui est dur, c’est quand tu reviens d’un tour, et que tu dois tout de suite repartir. Tu n’as pas le temps de te reposer ou de voir les copains… En plus, je suis quelqu’un qui aime bien être à la maison, donc parfois c’est un peu dur, mais c’est quand-même génial d’avoir cette possibilité de voir le monde, bien-sûr. Quel âge as-tu ?

J’aurais 26 ans en septembre. Mais je veux faire ça le plus longtemps possible ! C’est une bonne vie, tu voyages, tu rencontres des gens, tu agrandis ton horizon. J’en profite ! On a beaucoup parlé de toi et de Red Bull récemment, certains disent que tu en fais un peu trop. Comment vis-tu ça ?

Bien-sûr que c’est une marque qui ne vient pas du skate, mais j’ai fait l’expérience que ça peut marcher quand-même. J’ai la possibilité de leur dire ce qui se passe, et ils m’écoutent. Il y a une bonne communication… Sans eux, je n’aurais pas la possibilité de vivre du skate. Il y a des skateurs qui refusent de voir ça, mais je pense que le skate ne se limite plus aujourd’hui aux marques “core”, et si tu veux skater professionnellement, c’est presqu’impossible de faire sans ce genre de marque - spécialement en Autriche ! À part ça ils sont vraiment professionnels et me permettent de faire des choses qu‘aucune autre marque aurait les moyens. C’est dur à expliquer, je comprends qu’on pense que ce n’est pas cool, mais ça me donne la possibilité de voyager, et je ne suis pas là pour faire plaisir à tout le monde. Les gens qui me sont plus proches comprennent plus facilement que ceux qui ne m‘ont jamais rencontré. Il faut évaluer : d‘un côté il y a le skate et de l‘autre côté il y a le business. Dès que tu signes un contrat avec une marque core ou pas core - le business commence. Sans RedBull je n’aurais pas la possibilité de skater comme je l’ai déjà fait pendant toute ma vie. Le skate est devenu un businesss et c‘est à toi d’évaluer jusqu’où tu ceux aller : les uns se jetent des marches, les autres s’habillent différemment, juste pour faire plaisir aux autres… Moi j‘ai la possibilité de skater comme toujours, sans simulation. Il faut juste être capable de faire la part des choses, entre ça et le skate que tu fais pour toi-même. Je peux dire que je skate pour moi-même, mais pour avoir ce mode de vie, j’ai besoin du soutien de mes sponsors. Après, je vis du skate aujourd’hui, mais ce n’est pas comme si je pouvais mettre de l’argent de côté… Je compte plus sur mon petit magazine et mes photos pour le futur ! C’est ça que tu voudrais faire ?

Pourquoi pas, tu sais même si j‘essaye de skater le plus longtemps possible on ne peut pas skater pendant 1000 ans ! C’est pas mal de voir comment ça marche, de progresser tout en s’amusant, de recevoir des conseils et de les appliquer, d’apprendre… En plus j’ai des bons retours de la scène, les gens sont à fond, c’est vraiment bien, ça communique dans toute la scène… Mais on verra ce qui vient, il ne faut pas forcer les choses, ça peut avoir l’effet inverse !

Pole jam 180° / © Loïc Benoît 69 

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Fakie tail grab / © Loïc Benoît

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Pour ceux qui n’étaient pas au courant ou qui possèdent encore un minitel à la place d’un ordinateur, les zaméricains de chez Nike Skateboarding étaient à Paris début juillet pour une étape de leur tour européen savamment intitulé « The Bird Is The Word » (« L’oiseau est le mot », pour ceux qui sèchent les cours d’anglais). Et grâce à mes relations dans le milieu, j’ai été convié pour faire quelques photos. Enfin, quand je dis faire des photos, c’est faire le deuxième angle quoi, mes relations ont leurs limites. Texte et photos par Yoann Kim (sauf indiqué)

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L’oiseau est le mot

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Cory Kennedy FS feeble flip out


Après quelques recherches sur la toile (oui, parce que ce titre m’intriguait qu’ils aient donné ce nom à cette tournée) et grâce à mon ordinateur de merde, « The Bird Is The Word » est une référence à une chanson des sixties interprétée par les Rivingtons, un groupe de doo-wop (une variante du rythm and blues). Ils y traitent principalement d’oiseau et de mot. Remerciez moi, vous serez un peu moins con demain matin en vous réveillant. Etaient donc présents: Lance Mountain, Eric Koston, Paul Rodriguez, Brian Anderson, Omar Salazar, Daryl Angel, Wieger Van Wageningen (qui n’est pas américain, comme son nom l’indique), Cory Kennedy, Shane O’Neill (le gars à 3 dollars la part), Ishod Wair et Youness Amrani (qui n’est pas américain non plus). Du beau monde donc.


Vu que ce sont des professionnels, ils avaient déjà prévu les spots qu’ils voulaient rouler. Et vu qu’ils sont américains et originaux, on s’est donc retrouvé à faire la tournée des grands ducs à savoir, le premier jour, Créteil, et, suspens… le Dôme, le second jour. Apothéose finale pour le troisième jour : une démo au CosaNostra de Chelles. Le 2 juillet 2010, Créteil a donc vu une énième fois débarquer les zaméricains. Warm up aux plans inclinés en briques rouges, ça skate tranquille le temps qu’Ishod Wair paye sa line puis direction les blocs de l’hôtel de ville. Paul Roriguez, Shane O’Neill et Cory Kennedy prennent les choses en main et nous gratifient d’un beau spectacle à base d’opposite et autre flippy tricks, j’ai l’impression d’être devant mon ordi en train de faire du Youtube (et non du Youporn, bande de petits coquins).

DARYl Angel FS Half cab 50-50

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est Le lendemain, direction le Dôme. On est samedi et il y a pas mal de monde qui roule. S’en suit donc une mini démo sur le 3 plat 3. Nollie heel flip et switch tré flip pour Paul Rodriguez, switch bigspin heel flip pour Ishod Wair et nollie caballerial flip pour Cory Kennedy (que j’ai honteusement loupé, on est professionnel ou on ne l’est pas). Tout le monde à son compte, et Youness Amrani, qui n’a pas encore beaucoup skaté, veut aller faire un tour au ledge de Montgallet juste pour voir. Après quelques tentatives, il replaque bs smith grind en mode easy baby.

PauL RODRIGuez switch heel flip

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Photo : Jon Humphries 77 

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youness Amrani BS smith grind

Dimanche, démo au skatepark de Chelles, c’est blindé, l’affiche est alléchante. Ca envoie dans tous les sens, les gars font le boulot et on s’en prend plein la tronche. Lance Mountain paye son invert et les vieux dans le public sont aux anges. Par contre, il ne mettra pas les roues dans le bowl, au grand regret de certains. Omar Salazar, Monsieur 100 mille volts, fera quelques tentatives de bs grab tail smash sur la courbe de 20m de haut. C’est con, il l’avait presque et ça aurait fait une chouette séquence que j’aurais pu vendre des milliers d’euros. Signatures d’autographes, distribution de t-shirts, les kids sont contents. C’est déjà l’heure du départ pour les zaméricains, direction Eindhoven aux Pays-Bas. soma 

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Wieger van vangeningen BS 180 nosegrind 180 out


Et sinon, pour vous, lecteurs assidus de Closer, Fan2 ou encore Gala, je peux aussi vous dire que Paul Rodriguez enlève sa casquette et la remet systématiquement avant chaque trick (quand il en porte pas, il fait pareil avec sa perruque), et qu’il remercie un certain «Dieu» avant chaque repas. Brian Anderson ne semble pas en être, il était derrière moi dans le van et j’en suis revenu sain et sauf (à moins que je sois pas son genre), mais par contre je crois qu’il est alcoolique au niveau de la bière. Wieger Van Wageningen a acheté des Air Max pour son frère au Nike Store des Champs-Elysées et était au taquet (mais quand je dis au taquet, c’est vraiment au taquet) pour l’équipe des Pays-Bas (oui c’était la coupe du monde de foot au mois de juillet, pour ceux qui étaient dans le coma…). Omar Salazar imite vachement bien le chien aboyant à la fenêtre d’une voiture et est l’heureux propriétaire d’un Iphone 4 doté d’une application photo à faire arrêter le métier au plus artiste des photographes. Eric Koston a visité la capitale en famille et n’était donc présent que pour la démo à Chelles. Voilà, en vous remerciant, à bientôt, ou pas… soma 

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10ans d ’ ESC

European Skateboarding

Toutes les bonnes choses ont une fin. Il semblerait que cette dixième édition ait sonné le glas du rendezvous européen incontournable de l’été. Oli Buergin, qui chapeautait le tout depuis le début a décidé de tourner la page. Mais pas de panique, Etnies, Carhartt et les autres n’ont pas dit leur dernier mot...

Vous n’allez pas me croire, mais je suis allé à toutes les éditions. Les dix, oui. Et chaque fois, j’ai rapporté mon lot de photos et raconté tout un tas de choses plus ou moins intéressantes qui étaient ensuite publiées dans Sugar, Freestyler ou ailleurs. Il y a même une année où j’ai fait deux articles. Tout ça sans compter les ‘reports’ sur internet... En gros, sans moi, ESC n’aurait jamais eu de visibilité en France. Je suis ce qu’on appelle un VIP, et ils me doivent tout, ou presque. (Bien entendu, au cas où mon arrogance vous aurait donné envie de m’en coller une, je plaisante.) Il y a même une année où je m’étais foutu d’eux (les gens d’ESC), quand ils avaient fait parvenir un courrier à tous les pensionnaires de l’hôtel (4 étoiles) qu’ils avaient réservé pour certains riders et autres VIP de mon envergure. La lettre disait que si on tenait à

rester dormir là, il fallait éviter de pisser dans les pots de fleur, et donnait une leçon de savoir vivre suisse à tout le monde. Moi ça m’avait fait marrer, et on avait publié la lettre dans Sugar. Ca ne les avait pas trop fait rigoler, eux, et ils s’étaient mis à m’appeler Turd, au lieu de Tura. « Turd », en anglais, ça veut dire « étron »... Mais je suis quand-même revenu l’année suivante. Honnêtement, un des facteurs de ma visite annuelle était le luxe incroyable dans lequel nous étions logés, nous autres fouilles-merde de la presse. Au départ, on descendait au Radisson, celui avec la piscine Pantone au premier étage et nos noms affichés sur les écrans de télévision dans la chambre. C’était assez dingue et tellement en décalage avec le skate qu’on était obligés de venir en profiter. Jusqu’au jour où les sièges à 3000 euros ont fini dans la piscine... Les petits-déjeuners aussi

Dommage qu’ils se tapent sur la gueule, ces cons de belges, de l’extérieur, c’est vraiment les meilleurs ! Axel Cruysberghs, FS flip.


Championships, Bâle, 6-7-8 août 2010 Park 1_Nassim Guammaz 2_Kilian Heuberger 3_Axel Cruysberghs

Mini 1_Phil Zwijsen rampe 2_Freddy Austbo 3_Symon Stachon

valaient leur pesant d’or, et le dimanche matin, il y avait même parfois de l’aspirine à côté des oranges... Mais il fallait ruser ou se lever le premier pour en profiter, vu qu’on était toujours au moins quatre, voire sept, dans une chambre double... Et puis Pontus a construit le Black Cross Bowl (en deux semaines), et il faut bien avouer que ça a changé pas mal les choses. En plus du contest dans la journée, il y avait désormais les sessions au bowl avant d’enchaîner directement sur les soirées bien arrosées, au Sommer Casino ou à La Coupole. Depuis quelques années, il y avait même une nouvelle « boîte » à ciel ouvert, à environ 30 mètres du bowl... Je me souviens aussi de l’année où Steve Forstner a gagné. La première chose qu’il nous avait dit, en bon Hobo, c’était qu’il allait enfin pouvoir aller chez Ikea

Par Tura Filles 1_Ianire Elorriaga 2_Aura Brédart 3_Candy Jacobs

s’acheter un matelas... Pour la petite histoire c’est précisément là qu’on a planté la petite graine de Soma, avec Fred, un après-midi de 2006. On était encore jeunes et naïfs. Je venais d’apprendre la fin de Freestyler et de Chill, et on avait parlé d’avenir. Un an plus tard, au même endroit, on déposait les cartons du premier numéro... Par définition, ESC interdisait les américains, et c’est ça qui faisait la différence avec tous les autres contests européens comme Münster, le Grand Prix de Lausanne, Attitude à Montpellier, la Mystic Cup à Prague, où les pros ne laissaient que des miettes aux skateurs locaux. A Bâle, on était ‘entre nous’. Et qu’estce qu’on a pu rigoler...

Un an après son sâcre en « street », Phil Zwijsen remporte cette fois la mini-rampe. Enfin, s’il n’avait pas fait n’importe quoi dans son run de finale, il aurait pu faire le doublé... Ollie. Photo : Jelle Keppens


FOSSJ2010

“Les vieux, faudrait les tuer (Attribué successivement à Boris Vian, Coluche, Robert Guediguian, etc.) à la naissance.“ par Claude Queyrel (www.endlesslines.free.fr)

Le plan quinquennal Comme le rappelait ce bon vieux Joseph Staline, il faut toujours se remettre en question, surtout après le succès d’un premier plan quinquennal. À l’heure des bilans, nous voilà donc sommé de nous projeter vers de nouvelles conquêtes sur la base de ce constat implacable : le pouvoir appartient aux vieux qui se couchent tard et complètement à l’ouest. En Vendée, terre souverainiste, nous n’avons pas dérogé à cette règle. On a commencé doucement, sous un soleil de plomb, chauffé par les imprécations au mégaphone de l’immense Homer, pour finir lessivés, mais heureux sous les étoiles. Le sentiment du devoir enfin accompli. Le banked Slalom Au fil des ans, le banked slalom est la seule épreuve qui a survécu à toutes les éditions grâce à la simplicité de sa formule : un terrain avec des courbes, des cônes scotchés en hauteur, un chronomètre plus ou moins fiable et pour finir, un skater dans le rôle de la boule de flipper ! Cet archétype est devenu l’étalon qui permet à chacun,

quel que soit son niveau, de se jauger, mais surtout de repousser ses propres limites. Pour beaucoup, la victoire aura été d’avoir bouclé le parcours alors que le challenge paraissait impossible quelques minutes auparavant ! Au final, le classement n’est finalement qu’une formalité administrative. C’est ce bon vieux Pierre de Coubertin qui peut être fier de nous ! Les échanges culturels Une fois l’épreuve de banked slalom derrière nous, toutes sortes de remontants font leur apparition pour un moment d’intense découverte culturelle : du rhum de Guadeloupe, de la liqueur des Alpes, de la bière Ch’ti, des plantes arômatiques du sud de la France, des produits importés d’Afrique du nord, sans oublier le fameux breuvage amoureusement préparé chaque année par Christophe Malinowski… La soirée est lancée et c’est Mimo qui entre en scène. Tel un DJ survolté, il balance sa sauce sur les merguez, les saucisses et autres côtes de bœuf ! Cette année, il a encore décroché haut la main, ses quatre étoiles au Michelin et déjoué tous les contrôles sanitaires.

Remerciements : Element, Etnies, Matix, Artprint, Overlord, Old Man Army, Constructo, Khiro, Buddy Carr Skateboards, Tailtap. com, Concrete Wave, Juice Magazine, Thrasher, Endlesslines. Criminal, Sk8.net, Sakaroulé, etc.


French Old School Skate Jam, La Roche sur Yon, 10 & 11 juillet Le 17 ne répond pas La nuit a été mémorable avec des sessions dans le pool éclairé par les lampes à alcool des cataphiles sur le coping, le half-pipe crachant son nuage de poussière (le ciment prompt qui se désagrégeait) à chaque passage de roues… Du grand, du beau n’importe quoi ! Le miracle, reste que les forces de l’ordre ne se soient pas invitées à la fête. Skater ou pas skater, n’importe qui, avec un tel boucan dans le voisinage, aurait appelé le 17. De Gaulle disait, “les Français sont des veaux“, mais peut-être fallait-il comprendre, comme Hosoï, dévots. Et les riverains du park, reconnaissants du culte que nous venions célébrer sur leur terre sainte, ont pieusement respectés les quelques contraintes inhérentes à nos cérémonies païennes. Alleluia. Le cas Jérôme Chevallier Ceux qui n’étaient pas présents pourront toujours se consoler en regardant les photos de ses prouesses, ici ou là. Quant aux témoins de la scène, tous se sont demandés à un moment ou un autre, si finalement ce n’était pas lui qui avait raison avec son régime alimentaire au-dessus de tout soupçon. L’année prochaine, on vire bio ? Le park de la Généraudière Construit en 1979, par des Anglais sur le modèle d’Harrow, ce skatepark a curieusement connu ses plus belles

heures en plein creux de la vague, au début des années 80, lorsque les autres parks français avaient été détruits. Des stages, des tournées, un championnat d’Europe en 1982 (gagné par José de Matos !), le passage de Natas immortalisé dans les pubs Etnies puis… Un long déclin. Les streeters auront même été jusqu’à l’amputer des trois-quarts de son half-pipe, jugé trop difficile pour l’époque. Honte à vous, salaud de jeunes ! Les ingrédients d’une bonne confiture Assez tourné autour du pot, la recette de cette confiture, on peut la connaître ? Nous demande-t-on chaque année. Tout ce qu’on peut répondre c’est que le succès est au rendez-vous précisément parce qu’il n’y a pas de recette ! La formule est aléatoire, elle tient à ce que chacun vient à la FOSSJ avec ses propres ingrédients. La gageure consiste ensuite à maintenir l’improvisation à tous les niveaux pour créer cet espace qu’on pourra investir et partager. Il paraît que ça devient rare dans le skate, pour nous, c’est juste naturel ! Staline, le retour de manivelle Le goulag a beau être pavé de telles bonnes intentions, nous essayerons quand même de maintenir ce souffle d’indépendance dans les années à venir.


DOWNTOWN showdown

Les skateurs sont souvent comparés à des marins. Infatigables voyageurs tatoués, couverts de cicatrices, à moitié alcoliques et jamais les derniers à courir après les courbes plus ou moins elyptiques des autochtones féminins. Enfin, moi, j’ai lu ça quelque part. Probablement dans un texte de Scott Bourne...

En plus d’être la seconde plus grande ville d’Allemagne, Hambourg est aussi un immense port. Et qui dit port, dit marins. Donc, par extension, ditesle moi si j’exagère, prostituées. Car outre le port, Hambourg est connue pour deux choses : son club de foot dont l’emblème est un drapeau pirate (St Pauli) et la Reeperbahn, une grande avenue parsemée de sex-shops où débouche une petite rue mais non moins célèbre (dont j’ai oublié le nom cependant) pour ses deux entrées interdites au public féminin. Un endroit assez surréaliste, où des femmes sont exposées à des néons rouges et habillées de petites ficelles. Enfin, moi je trouve ça surréaliste mais j’en connais qui trouvent ça normal... Bref, tout ça pour dire que cette année, les gens de chez Vans

avaient choisi cet endroit comme décor pour la seconde version européenne du célèbre contest californien où les ‘obstacles’ sont conçus par les teams participants. A la différence de l’année dernière où seulement 4 teams étaient invités (sur 3 modules), une dizaine de marques avaient été conviées, et 4 obstacles imaginés (par Element, vainqueur en 2009, Cliché, Death et Antiz, choisis pour l’originalité de leur module) : Jart, Blind Europe, Zero Europe, Titus (une marque allemande), et Trap. Du beau monde, donc. Un peu trop d’Allemands quand même, on aurait très bien pu se passer de Titus, ça aurait fait un peu de place pour les autres. Parce que chaque module équivalait à une session de 45 minutes,

© Loïc Benoît

En bas, Ross McGouran, FS tweaked par-dessus le canyon... Et à droite, Rob Maatman, BS 270° FS tail slide.


Reeperbahn, Hambourg, 14 ao没t 2010 Meilleur TEAM 1_Element 2_Antiz 3_Blind Europe

Meilleur pro Sam Partaix Meilleur Amateur Phil Zwijsen Monster pirate Guillaume Mocquin


DOWNTOWN showdown


Par Tura

précédée d’un ‘training’ d’une grosse demi-heure. Deux riders par team, ça faisait quand même 18 personnes au même moment au même endroit. Je vais éviter de vous faire la liste des tricks replaqués sur chaque module, hein, c’est pas comme si c’était intéressant à lire. Je sais très bien de quoi vous voulez qu’on parle, bande de petits salopards, du quartier rouge et de ses habitantes dénudées, c’est ça, hein ? Eh bien d’accord, parlons-en. Parlons surtout de ceux qui y ont laissé du prize-money... Roooh, je plaisante, d’ailleurs je connais plus de team-managers que de riders à s’y être aventuré... Côté journalistes, je n’ai eu aucun écho par-contre. Prenez moi, par exemple. J’avoue, j’y suis pas allé. Enfin, si, pour voir, mais je n’ai pas été jusqu’à

y dépenser de l’argent. Pourtant la petite asiatique bien équipée, là, j’aurais bien eu deux mots à lui dire, mais bon, mon allemand se limitant à un seul (« Bitte »), j’ai préféré m’abstenir. C’est sûr, j’aurais eu plus de choses intéressantes à raconter, mais on s’égare, n’essayez pas de me faire dire des choses inavouables. Bref, Antiz et Element ont tout raflé ou presque, Sam Partaix s’en fait environ 10 000 euros en un jour, Phil Zwijsen à peu près autant, ça faisait presque mal au coeur pour certains comme Julien Béchet qui a été impeccable toute la journée (qui repart juste avec 200 euros offerts par Guilaume Mocquin !). Bravo et merci à Vans qui s’en sort bien après le flop de la vidéo...

© Loïc Benoît

A ma gauche monsieur Phil Zwijsen en feeble tout du long et à ma droite ce vieux roublard de Hugo Liard en FS tail slide pop over to fakie. En face, Samu Karvonen, tré flip dans les pattes de Ross McGouran !


Etrangement miraculeux Après avoir fait pousser de lourdes brouettes de béton toute la journée à un pauvre Français perdu à Malmö, Pontus Alv a bien voulu lui parler de son deuxième film « In Search of the Miraculous ». La discussion a lieu sur son balcon-véranda autour d’un bon demi-litre de café chacun. Que signifie le point d’interrogation à la fin de la part de Daniel Hakansson (suivi de « thanks for all the good times ») ?

Pontus Alv : Pfffff, c’est une histoire longue et compliquée… (pause) Je connais Daniel depuis environ douze ans, et depuis huit ou neuf ans on skatait quasi tous les jours ensemble, on voyageait ensemble, c’était un très bon ami. Il a joué un grand rôle dans « Stronguest of the Strange », le premier film. Il était toujours motivé pour skater, pour faire évoluer les choses. Et pour le deuxième film c’était la même chose, il skatait à fond, et tout allait bien jusqu’à un jour de l’été 2009 où on est parti en mission pour skater et filmer, et où rien ne se passait comme prévu. C’était vraiment une journée de merde, on n’avait pas d’idée, personne n’avait vraiment envie de skater et il a craqué. Il faut savoir que c’est quelqu’un de très réservé, un peu spécial, qui vit dans son propre monde. Et bref, il a dit qu’il en avait vraiment marre de tout ce cirque, des missions pour filmer, etc. Ce que je peux très bien comprendre, si tu n’as pas envie de faire d’image ne te force pas, j’ai aucun problème avec ça. Mais là, en l’espace d’une session il a complètement pété les plombs et il a disparu. Depuis il ne m’a plus jamais appelé, on ne se voit plus, il a décidé de tirer un trait sur notre amitié et nous ne nous sommes pas reparlés depuis. En fait, c’est quelqu’un qui ne sait pas mettre de mots sur ses émotions, il ne parle pas beaucoup… J’ai essayé de l’appeler des dizaines de fois pour tenter de mettre cette situation au clair, lui dire que je respectais son choix et juste qu’on puisse parler, être potes à nouveau… Mais il ne s’est jamais manifesté. Il skate toujours ?

Oui, il bosse pour cette boîte de construction qui fait des parks en béton partout en Suède. Mais personne ne le voit jamais, il ne traîne avec personne, il ne vient jamais skater les spots où il pourrait me croiser ou croiser quelqu’un de notre bande… Il fait absolument tout pour m’éviter. C’est dur, parce que c’était vraiment un de mes meilleurs potes et d’un seul coup, il en a eu marre de moi, marre des missions filming et il a juste disparu… Ça a été super dur au moment de monter sa part, de devoir passer des heures à le voir à l’écran. Mais il fallait que je fasse cette part, on avait filmé des super trucs, j’avais besoin de raconter l’histoire des spots, etc. Au début j’avais décider de zapper ces images, puis finalement, je me suis dit qu’il fallait que je fasse cette part. Il est venu à la première de la vidéo. Il se cachait dans un coin. 89 

soma

Et vous ne vous êtes pas parlé ?

On s’est fait un signe de la tête, genre « hé ». Mais c’est tout… Enfin, bref, j’ai tout essayé pour arranger les choses mais bon… Question suivante ! Oui, Kamikaze ! Ce gars qui fait un hang up géant en droppant dans le bowl de Christiania, est-ce que c’est bien le même Kamikaze que celui qui se met la même tarte à Algorta dans « Strongest of the Strange » ?

Kamikaze ! Oui, son vrai nom est Patrick. C’est une très longue histoire… Encore ?

Il fait partie de la scène skate depuis toujours. Je le connais depuis 87, 89 environ. C’est un bon gars, juste un peu… Non, c’est un bon gars, il est cool, mais il est cassé de partout, il s’est pris un bus de face à Copenhague, et il a aussi eu un gros accident en moto, et bref, il aurait dû être mort au moins deux fois déjà. Et quand il skate… Il skate pas mal hein, il a quelques tricks qu’il peut faire de partout, mais quand il skate, ça se termine toujours par une boîte effroyable… Et donc, il avait cette boîte dans la première vidéo qui avait fait marrer tout le monde, et pour le deuxième film, j’avais exactement la même, mais ailleurs… Je trouvais que ça faisait un bon lien entre les deux films. Je lui ai demandé ce qu’il en pensait et ça ne le gênait pas. Il y a-t-il quelque chose que tu aurais aimé faire différemment, d’autres gens que tu aurais aimé avoir dans la vidéo, des regrets ?

Je ne planifie rien quand je fais un film. Je rencontre des gens, et quand ils me plaisent, j’essaye d’en tirer le meilleur. En fait, j’avais beaucoup trop de footage pour ce film, il s’est passé tellement de chose ici à Malmö entre 2005 et 2010, il y a eu tous les tours que j’ai fait aussi, alors peut-être que j’aurais aimé avoir un peu plus de ceci, ou de cela, mais au final, je pense avoir tiré le meilleur de ce que j’avais. Peut-être que j’aurais aimé avoir plus de trucs de Love (Eneroth) par exemple, mais voilà, ce n’était pas le cas. J’ai fait du mieux que je pouvais, avec ce que j’avais. Et tu es satisfait ?

Mmmoui, je suis satisfait, même si on ne peut jamais l’être à 100%. Mon but est d’être pleinement satisfait bien sûr, mais je dirais que je le suis à 95%… Disons 93%. Le plus difficile pour moi c’est de trouver la musique. C’est la chose sur laquelle je passe la plus de


Propos recueillis par Fredd, photographie par Nils Svensson

“Mon but est d’être pleinement satisfait bien sûr, mais je dirais que je le suis à 95%… Disons 93% !“ temps. Je monte rapidement. Quand j’ai trouvé la bonne musique, je peux monter une part en une journée, mais je peux passer quatre ou cinq jours à chercher la bonne musique pour une part, à raison de dix heures par jour. Dans ce film, je voulais vraiment faire quelque chose de spécial avec la musique. Je ne voulais pas n’utiliser que du « skate-rock » classique. Enfin, il y en a aussi… Les Minutemen !

Exact. Mais presque toutes les musiques utilisées ont été remixées. Le morceau des Minutemen sur la part de Daniel par exemple, dans sa version originale, il ne

fait que 45 secondes et, dans le film, il fait une minute et demie. J’ai mis des passages en boucle, rallongés d’autres… Je ne pense pas qu’un seul morceau soit intact en fait. On a aussi fait notre propre musique avec un pote. Comme pour ma part, j’ai utilisé un morceau de Joy Division qu’on a mixé avec une musique qu’il a faite. Il a fait trois morceaux, celui de la part de Günes (Özdogan) notamment. La musique est ce qui donne tout le rythme à la vidéo, toute l’énergie. Tu peux jouer sur les variations d’intensité, tu fais monter la sauce crescendo puis tu casses le rythme d’un coup, puis ça remonte à nouveau… Pour moi la musique est vraiment

soma 

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Etrangement miraculeux Enis Fazliov, FS feeble to fakie © Nils Svensson

le truc le plus difficile à gérer dans un film et aussi le plus important. Même si tu aimes vraiment une musique, il faut qu’elle colle avec les autres morceaux que tu utilises. J’ai vraiment passé un temps fou sur la musique… Les DVD se vendent bien ?

Oui, ça va. Surtout en France et Finlande d’ailleurs. Et tu fais toujours un petit dessin sur la jaquette ?

Oui, quand quelqu’un me commande un DVD je griffonne toujours un mot à son attention ainsi qu’un petit dessin. Ça s’est un peu calmé là, mais j’ai encore cinq à quinze commandes par jour environ. C’est la première fois que je vends quelque chose. La première vidéo était gratuite, c’était cool de la distribuer avec tous les magazines comme on l’a fait. Ça a permis de bien diffuser le film, de le faire connaître. Pour « In Search of the Miraculous », j’ai donné cinq ans de ma vie, à filmer, construire, skater, puis sept mois à monter le film, dix heures par jour, cinq jours par semaine, puis tous les jours sur la fin. J’ai dépensé près de vingt mille euros de ma poche, en matériel, en essence, en voyages, 91 

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etc. Donc c’est cool aujourd’hui d’avoir tous ces retours positifs, tous ces messages d’encouragements et de pouvoir gagner un peu d’argent aussi… Est-ce que tu penses faire un nouveau film bientôt ?

Pour l’instant je fais une pause. Je n’ai pratiquement pas filmé de skate cette année, juste documenté quelques trucs çà et là. Il y aura quelque chose plus tard, c’est sûr, mais si je dois faire un autre film, je veux mieux planifier les choses. Faire quelque chose plus proche du documentaire peut être ? Je suis aussi en train de me demander si je dois passer en HD ou pas. Je sais que le HD c’est le futur, mais… Je ne sais pas. Je verrai.

Si ce n’est pas encore fait, commandez immédiatement et pour 10 euros seulement In Search of the Miraculous sur son site : www.insearchofthemiraculous.se


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EnVRAC

L a c o mp è te de piscine s u è d o ise Mike V. n’était pas venu spécialement pour le contest. Il était venu faire une démo dans le cadre du festival de musique qui se déroulait en même temps à Malmö et bref, comme il était dans le coin, il est passé voir. Alors biensûr il ne skatait pas aussi bien que les autres, les poolriders, et selon toute logique, ce n’est pas lui qui devrait se retrouver en photo ici, mais merde, c’est Mike V. quand même, et le BS boneless là, il est vraiment très balèze. Photo : Nils Svensson

L’Ultra Bowl de Malmö est un contest de Pool comme son nom ne l’indique pas. On pourrait s’en foutre, comme tout le monde, mais on est quand même allé y faire un tour cette année, pour voir, et c’était franchement fou. Les gars sont tellement balèzes et pourtant presque totalement inconnus pour certains : Josh ‘Screetch’ Sandoval, Josh Mattson, Ben Rayborne, Kevin Kowalski, Zarosh, Benji Galloway, Steven Reeves, Pär Magnusson, Mike Vallely… Y’avait aussi des « vieux» comme Lester Kasaï, Jason Parkes, Nicky Guerrero, des Français mêmes, Mocquin, Benoliel et Alex Giraud et bref, ils te skatent le pool comme une mini rampe, c’est complètement dingue. Je me rends compte là que c’est assez difficile à expliquer avec des mots, il faut juste le voir pour le croire. L’an prochain, allez donc en vacances à Malmö avec vos potes pendant le contest, vous ne le regretterez pas. Y’a deux ou trois trucs à skater dans le coin... J’en connais qui ont essayé cette année, ils ont pas eu d’problème. Enfin, c’est vous qui voyez ! - FD

L e c o pinage vide o Berlin est the nouvelle place to be. Mon collègue l’a bien compris d’ailleurs. Fini Barcelone et ses spots parfaits, son soleil permanent et ses putes entreprenantes. Pour être dans le coup aujourd’hui, faut vivre à Berlin mon pote ! Là où qu’il fait très froid l’hiver, où les spots sont loin d’être tous parfaits, et où il flotte un certain parfum de « East Coast » des années « Eastern Exposure  », tout du moins dans la vidéo dont il est question ici. Journey to the center of the Earth est le nouveau film, très réussi, de not’ collègue Jo Peters, Berlinois d’adoption, qui ne filme que ses potes, parce que hé, il est pas là pour se faire emmerder. Vous allez donc bouffer du Valeri Rosomako, Maxim Rosenbauer, Sylvain Tognelli, Lennie Burmeister, Denis Laas, Mickaël Mackrodt, Manuel Bodgner et une poignée d’autres, et à la fin, vous en voudrez encore. Une vidéo à conseiller aux amateurs de skate original, aux lecteurs de Soma, et aux amoureux de würst und Berliner Kindl. - FD Journey to the center of the earth de Jonathan Peters, distribué par Iron Distribution (Antiz) et dispo via www.jonathan-peters.com 97 

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EnVRAC

L es b o u q u ins des c o ll è g u es En 2007, le poète en verve et à la toisure grisonnante Scott Bourne, embarque pour les Balkans en compagnie des photographes Bertrand Trichet et Sergej Vutuc ainsi qu’une troupe de skateboarders de chez Carhartt. Un (presque) banal tour de skate, pendant lequel Scott a tenu un journal sur leur expérience dans le Sud-Est de l’Europe, sans vraiment s’attarder sur le skateboard. Vraiment pas en fait. « East of the Adriatic » compile donc ce journal, ainsi que les photos « d’ambiance » c’est à dire sans skateboard, de Bertrand et Sergej. De quoi prouver, s’il le fallait encore, que même quand on enlève tout le skateboard à un tour de skateboard, il reste toujours de quoi remplir un beau livre de 200 pages. Alors bien sûr, Scott collabore à Soma depuis le début, Bertrand est notre associé, Sergej, un pote et les éditions 19/80 qui éditent ce livre appartiennent à 50 % à Jad, notre graphiste et à 50% à Steph not’ pote… On pourrait donc, avec l’esprit un peu mal placé, penser qu’on fait là du copinage, mais au delà de tout ça, ce bouquin est un vrai bel objet que vous ne regretterez pas d’avoir acheté. Promis. - FD

East of the Adriatic de Scott H. Bourne, éditions 19/80 ISBN 978-2-919159-00-0

Eric Mirbach est un photographe allemand. Un photographe de skate, je précise. Un détail qui a son importance car si vous n’avez aucune idée de ce à quoi ressemble la scène allemande, vous risquerez de ne reconnaître personne sur les photos qu’il a décidé de présenter dans ce bouquin. Des photos de skate, mais pas vraiment d’action. Eric propose ici une longue série de photos en noir et blanc sur les àcôtés des sessions et autres tournées qu’il partage tout au long de l’année avec les skateurs d’outre-Rhin. On notera l’effort apporté à la réalisation : que des tirages (que de l’argentique, donc), une mise page sans chichi et une bonne impression (pas facile, le noir et blanc, on en sait quelque chose...). - DT Incidentals de Eric Mirbach , 25 euros, dispo sur www.ericmirbach.com

Vous allez dire qu’on en fait un peu trop avec Scott Bourne, et vous avez probablement raison. Mais bon, mine de rien, il nous donne une certaine crédibilité, surtout auprès des américains, qui n’ont d’ailleurs toujours pas compris pourquoi il avait décidé de venir vivre au tiers-monde (en Europe, quoi). Et sa chronique « orgy porgy » (expression qu’il a tiré de la version anglaise du Meilleur des mondes, d’Aldous Huxley) est bien le seul truc que ma mère comprenne dans tout le mag. Rien que pour ça, on est obligé de le garder, le Bourne. En dehors de faire des photos de ses copines en petites tenues voire complètement nues, Scott tape des poèmes à la machine. Eclipse est la suite de Cheating on the metronome publié en 2008, et si vous avez quelques notions d’anglais, c’est assez amusant de voir ce qui lui passe par la tête... - DT Eclipse de Scott Bourne, 19,90 euros edité par Carhartt

LEs CHIFFREs

208 76 428 172 Le nombre de pages de Transworld en juin 1989

99 

soma

Le nombre de pages de Transworld en juin 1992

Le nombre de pages de Transworld en novembre 2001

Le nombre de pages de Transworld en août 2010


Le top 3 3 tricks que tu ne sais pas faire

Nollie inward heelflip. Underflip. Switch FS stalefish.

Pour tant, switch stale fish, c’est un peu comme un melon grab !

J’y arrive, parfois ! 3 endroits où tu rêves d’aller

Vincent Alvarez 3 choses que tu aimes en Europe

En premier, l’Australie, ensuite l’Egypte et l’Alaska.

Tu peux boire une bière à peu près n’importe où. Les gens ont tous des voitures de taille raisonnable, sans accessoires inutiles, tout le monde a une voiture basique… Et les spots, les skateurs. Les spots sont beaucoup plus beaux qu’aux Etats-Unis. 3 personnes qui pourraient avoir la dernière part’ dans la vidéo Chocolate

Marc Johnson, tu sais pourquoi… Peut-être Kenny Anderson, ce serait cool, ou Chris Roberts, il est vraiment chaud en ce moment… 3 personnes avec qui faire la fête

Federico [le filmeur italien de chez Lakai – NDLR], Kenny Anderson et Mike Carroll. 3 vidéos récentes

Krooked Kronicles, la première Beauty & the Beast, et Fully Flared. 3 tricks de chauffe

Half cap bonk, heelflip et switch FS pop shove it. 3 prochains achats

Un ordinateur portable, un cadeau pour ma mère, et un nouveau chien. Un labrador, j’en ai déjà un, mais j’en voudrais bien un deuxième…

3 choses à emporter impérativement en voyage

Le passeport ! J’ai oublié le mien l’autre jour, et j’ai raté mon avion. Celui pour venir ici, d’ailleurs… Des chaussettes, et un skateboard. 3 choses à faire quand il pleut, en tournée

Aller à un concert, essayer de visiter un peu la ville autrement qu’en skate… et aller au cinéma. 3 choses que tu aimes lire dans les magazines

J’aime bien la rubrique “That’s my shit” dans Thrasher, ou “Last words” dans Transworld. Et j’aime bien les interviews de types qu’on a un peu perdu de vue…

Photo et propos recueillis par Tura


EnVRAC

le q u esti o nnaire al é at o ire Dernière gueule de bois ?

FG : Ce matin ! KR : Pareil…

Fred Gall & Kenny Reed

Quel plat es-tu capable de cuisiner ?

KR : je sais faire les curry. FG : du poulet avec des légumes…

Quelle est la rumeur la plus folle à ton sujet qui soit parvenue jusqu’à toi ?

FG : que j’avais baisé avec un mec en Thaïlande, pendant que d’autres types regardaient ! KR : je ne sais pas trop… FG : attends, tu veux une bonne rumeur sur moi ? Ok. J’ai 31 ans. Tu vois Hubba Hideout ? J’avais fait switch crooked, et il y avait une rumeur qui disait que j’avais fumé du crack ce jour-là. J’avais 15 ans ! Ca, c’était une putain de rumeur !

Qu’est-ce qu’il faudrait pour que tu sautes la mega-ramp ?

FG : rien, je vais le faire bientôt ! KR : pas moi ! FG: je vais appeler Bob Burnquist pour savoir si je peux le skater… J’aimerais bien le faire en early grab ! Où étais-tu il y a un an ?

FG : j’étais en prison ! KR : en Afghanistan, je crois bien.

Quelle est la mode la plus stupide dans le skate ces temps-ci ?

FG : les jeans moulants ! KR : laisse-moi réflechir… les émissions de télé avec des skateurs. Un livre à lire.

FG : l’autobiographie de Rodney Dangerfield, le livre de Motley Crüe (“the dirt”), et aussi “Diary of a madman” (Nikolai Gogol). KR : “Guns, germs and steel” de Jared Diamond. Le dernier contest auquel tu as participé ?

Première photo parue dans un magazine ?

FG : c’était à Atlanta, en 1992, je faisais un melon grab sur un hip. Dans Transworld. Il y a 19 ans ! KR : probalement un Slap, vers 98, un ollie par Lance Dawes. FG : je peux te poser une question, Kenny ? Combien tu as eu de couvertures ? KR : 5 ou 6… Peut-être 7. Est-ce qu’on t’a déjà pris pour quelqu’un d’autre ?

FG : Steve Durante et moi, on se ressemble tellement que ça arrive, parfois. Un jour, on m’a même pris pour Mike McGill ! Ah ah ah ! KR : un jour quelqu’un est venu me parler en me prenant pour quelqu’un d’autre, mais rien d’incroyable. Combien d’aller-retours transatlantiques tu as fait ?

FG : j’ai arrêté de compter ! KR : environ 50 fois.

KR : Rotterdam 2008. C’était un contest photo, et j’avais gagné. FG : Enfoiré ! Un contest photo ! KR : C’est quoi le problème ? FG : Rien, je suis jaloux ! Moi, je suis arrivé dernier à Tampa Pro, et j’ai gagné 250 dollars ! J’étais super content !

Qui aura la dernière part’ dans la vidéo Habitat ?

FG : 15 ans ! J’avais 16 ans ! Ryan Lay : tu as été pro plus longtemps que tu ne l’as pas été ! KR : depuis que j’ai 23 ans. 10 ans, donc.

KR : ne plus avoir de caleçons propres ! FG : le pire, c’est quand il n’y a plus de bière !

Depuis combien de temps es-tu pro ?

Combien de temps tu voyages, en moyenne, chaque année ?

KR : … tout le temps… FG : Beaucoup de temps ! Disons 85%, le reste en prison ! Non, je déconne, je ne veux pas me griller… 101 

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FG : bonne question ! Pas moi, ça c’est sûr ! Probablement Silas… ou Steve Durante. La chose la pire, sur un Gipsy Tour, Fred ?

FG : rien ! Tout était génial ! J’adore le Gypsy Tour, et Lucas, Al Boglio, Jeremy Daclin, JB, toute la French Connection ! Le pire, quand tu es toujours sur la route, Kenny ? Où seras-tu, dans un an ?

FG : à faire le con, quelque part, riche, entouré de plein de filles ! Ah ah ah ! Ou en France, avec un peu de chance ! KR : dans un pays que je n’ai pas encore visité… Propos recueillis par Tura, photographie par Michel Martin.


samuel Partaix / Frontside pivot / photo : David t

akIm cheRIF × GReGoIRe cUaDRaDo × lIoNel DomINoNI × lIsa jacob maRtIN kelleR × mathIeU lebaIl × joN moNIé samUel PaRtaIx × kevIN RoDRIGUez × jj RoUsseaU ♠ ♦ ♣ ♥ Nozbone skateshop 295, rue du faubourg st antoine 75011 Paris metro nation - 01 43 67 59 67 le shop en ligne NozboNe.com / le blog NozboNe-skateshoP.com


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L es b o u q u ins h o rs - s u jet Un sujet facile et de saison que ce livre de football, sauf que là, on est loin de la rediffusion télévisée et des enjeux financiers délirants. C’est même l’inverse : des terrains de foot des plus basses divisions aux quatre coins des campagnes européennes. Les images, plus des paysages contemporains que des plans serrés d’action, ont un côté esthétique indéniable. Mais c’est avant tout par les détails cocasses et les scènes curieuses photographiés qu’elles sortent de l’ordinaire et des clichés du foot. Le recul de Hans van der Meer donne une note d’humour très appréciable dans l’univers du Ballon Rond. Pour ceux qui en douteraient, je n’aime pas le foot. Mais j’aime la photo, et ce livre est suffisamment exceptionnel pour que je dépasse mon aversion et vous le conseille. - BT

European Fields de Han van der Meer, éditions SteidlMack, 2006 Isbn 3-86521-238-7 www.hansvandermeer.nl

Explosions, fires, and public order de Sarah Pickering, éditions Aperture, 2010 Isbn 978-159711-123-2 www.sarahpickering.co.uk

Bien, la coupe du monde vous a fait oublier de regarder le reste de la planète pendant au moins un mois, très bien. Grâce au football, à la télévision, et à l’alcool, la population reste sous contrôle. Sarah Pickering a photographié des lieux d’entraînement des forces de sécurité en Angleterre. Des genres de practices pour policiers, pompiers et autres. Ces lieux semblent aussi étranges lorsqu’ils sont vides que nos skateparks ou « street plazza » ; ils ont ça en commun qu’ils sont censés émuler une certaine réalité de la ville. Pour nous, c’est pour s’entraîner au skate de rue, pour eux, c’est pour maintenir l’ordre et la sécurité dans la société. Le but étant, dans les deux cas, de garder les rues sous contrôle… Les quatre séries composant le livre offrent des images inhabituelles : incendies, explosions, accidents domestiques, et, avec la série « Public Order  », une ville factice désertée ; où, sans nul doute, les spots sont anti-skatés… - BT

BOURNE E DE SCOTT U Q I N O R H C A L Ancient Criminals Face à moi, les yeux aigue-marine de la mer Méditerranée qui fixent le cosmos depuis la Terre. Je l’admire depuis la maison d’un ami, sur la côte de Tunis. L’eau est calme, il n’y a aucune vague. Les moineaux plongent vers la mer et flottent dans la douce brise. Caroline est dans la cuisine et prépare le déjeuner après une courte promenade en ville où nous avons acheté des légumes frais et regardé les trains passer avec de jeunes garçons installés entre les wagons. Ils étaient suspendus à ces monstres d’acier qui se précipitent sur les rails ralliant une ville à l’autre. N’ayant jamais déposé une pièce de monnaie sur des rails, Caroline ne tenait plus en place quand j’ai déposé deux pièces de 100 dinars sur la voie ferrée. Elle attendait le prochain train avec l’impatience d’un enfant et dès que l’un d’entre eux est passé, elle s’est précipitée pour voir le résultat. Un grand sourire a illuminé son visage et elle a brandi les deux pièces dans la lumière du soleil. L’une serait intégrée dans un collier, l’autre serait expédiée en Caroline du Nord, à l’intention 103 

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ia Ruetsch Traduction : Aurél gmail.com fairplay.translation@

de mon bon ami Brent Hobby, en souvenir de notre jeunesse, tel un message de notre passé commun ! Au bout du jardin se dresse un mur d’environ 3,5 m qui plonge directement dans la mer en contrebas. Sur la pelouse, une ancienne barrière en fer forgé rouillé entoure une série de marches qui descendent vers la mer, comme à l’entrée d’une bouche de métro. Les marches mènent à une toute petite salle avec du sable par terre et une grille. Depuis cet endroit, on a l’impression que la Méditerranée est enfermée derrière une porte de prison. Plus tôt aujourd’hui, j’avais regardé Caroline passer par là, sans vêtements, et flirter avec la mer et moi alors que je prenais des photos d’elles. Mais une fois de plus, j’étais dans l’étreinte imperceptible d’un rêve. Pendant que j’écrivais, assis, elle s’est étendue nue sous le soleil. Au loin, des montagnes s’élevaient et des nuages tâchaient l’océan alors que leurs ombres dérivaient lentement. Quand elle m’appelle pour manger, je pose mon stylo et je pars la rejoindre. S.H. Bourne Le 17 mai 2010


pontus alv - frontside 5-0 & boardslide • photo: nils svensson


WELCOME TO THE TEAM

LIGHT BRITISH TAN/BLACK

PETER HEWITT ZOOM OMAR SALAZAR SB


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Samu Karvonen, FS ollie. Photo : Loïc Benoît « On ne meurt pas de se casser la figure. On ne meurt pas d’humiliation. On meurt d’un coup de couteau dans le dos. » - Jacques Brel


SOMA #19