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NumĂŠro Treize / Mauvais

prĂŠsage

?


BASTIEN DUVERDIER

©2009 VANS, INC. PHOTO: LOïC BENOIT

SKATE.VANS.COM


octobre

&

novembre

2009

10 LE JEUNE

Bon trick de jeune, le jeune !

14 LE VIEUX

« Tout drop droppable doit être droppé. »

20 ORGY PORGY He’s back !

22 SHUT UP AND SKATE I

Dernière tendance : la coupe pas très catholique.

28 Pontus Alv

« Out of the Blue and into the Black » disait la chanson de Neil Young. Elle disait aussi « It’s better to burn out than it is to rust », je vous laisse méditer là-dessus.

40 BASEL ESC 2009

Spéciale cacedédi à Marc Haziza, qu’on aime bien !

46 L’oregon

Duverdier balance ses dossiers.

54 SHUT UP AND SKATe II

Du curb qui tourne, du combo de wheeling, du saut de marches et même du curb dans des marches.

60 Colin fiske’S wonderfull horrible life

Tant qu’à tomber, autant que ce soit spectaculaire, et David Martelleur connaît bien la recette. Comme vous le découvrirez plus loin dans ce magazine, il sait aussi tomber bêtement dans un bateau, sans skater, juste en marchant et ça lui permet encore de gagner des trucs ! Il est bon ce Martelleur. Photo : Davy Van Laere

Il a commencé au même endroit, mais il n’ a pas vraiment pris la même direction que PJ Ladd et Jereme Rodgers.

68 The King of wood 2009 Kikoo LOL. P’tit Ludo au stylo.

70 The french old schoolskate jam 2009 Cure de jouvence. Part II.

80 Le bateau pirate (de ouf) Vous voulez pas qu’on vous fasse un dessin, non-plus ?

88 le fameux vrac

Un horoscope ? N’importe quoi !

Couverture

Bien sûr, on avait une super photo de Tony Hawk, mais… Le Finlandais Simo Mäkelä nous a conquis avec ce très beau kickflip drop in. Ce qu’on ne voit pas sur la photo, c’est que la surface de ce toit, d’un des plus vieux bâtiments du port de Rotterdam, est un revêtement un peu mou, qui ne roule donc pas très bien, et qui surtout, rend les replaquages périlleux. Si vous êtes un peu trop en avant, vous bloquez direct et vous allez vous écraser en bas du plan incliné… Encore une photo de Davy Van Laere (quatrième cover de Soma !).

#13

Directeur de la publication Fred Demard Rédaction en chef David Turakiewicz [tura@somaskate.com] / Fred Demard [fred@somaskate.com] Publicité David Turakiewicz [tura@somaskate.com] Rédacteurs Vivien Feil / Scott Bourne / Ludovic N’Guyen Illustrations David Lanaspa (Da) / Soy Panday / Pontus Alv Graphisme David Lanaspa (Da) p.30 à 41 et P.78-79/ Jad Hussein p.48 à 61 / le reste par Tura Photographes Loïc Benoît / Scott Bourne / Jean Feil / Lars Greiwe / Vincent Coupeau / Périg Morisse / Jonathan Peters Davy Van Laere / Nils Svensson / Eric Antoine / Fred Ferand / Cédric Crouzy / Fred www.sk8.net / Alberto Polo / Marc Gérard Kévin Métallier / Bertrand Trichet Soma est édité par Les éditions du garage SARL au capital de 8000 euros ISSN : 1959-2450

WWW . S O M A S K AT E

COM

.

info@somaskate.com

Impression Tuerlinckx, Belgique, sur papier recyclé.

Toute reproduction partielle ou intégrale est interdite, faudrait voir à pas déconner non-plus. Oh !


Texte Tura

TEAM

INTRO

Résistance . Design . Technologie . Histoire

« on ne remplit pas un magazine uniquement de hippie jumps et de wallrides sur des spots improbables... »

Julien Béchet, flip to fakie sur un spot improbable... / © Kevin METALLIER

Outre le côté artistique d’une photo de skate, celle-ci montre un trick (une figure, en français), et pour qu’elle paraîsse dans un magazine, il faut qu’elle soit un tant soit peu difficile à faire, non ? Ou alors, que l’angle soit différent, le spot original, le cadrage surprenant, la lumière parfaite. C’est donc là toute la difficulté du choix des photos qui paraissent dans les magazines : parfois le côté artistique prime sur le trick, et parfois l’inverse. Ceci impose donc au photographe d’être aussi bon que le skateur qu’il photographie s’il veut avoir un maximum de photos publiées. (Le style joue aussi, prenez un tré-flip de Jason Lee, même pas besoin qu’il soit sur des marches, rien qu’en flat, ça rendra toujours bien en photo…) Chaque nouveau magazine relève ainsi le niveau et voilà aujourd’hui où nous en sommes : pour se faire une place au soleil, la jeune génération est obligée, en plus d’avoir du talent, de se balarguer plus haut que les autres, de prendre plus de risques, juste pour une photo, une parution. Ou alors d’être très créatif, mais depuis “Fully Flared”, là aussi, la barre est encore plus haute… Quant à nous, on essaye de ne pas trop rentrer là-dedans, mais que voulez-vous, c’est inévitable, on ne remplit pas un magazine uniquement de hippie jumps et de wallrides sur des spots improbables…

Pierre DELACROSE dans le Team G-Shock

“ La résistance de ma G-Shock me permet de skater sans me soucier de ma montre,

une autre finirait en miette. Le design et les modèles sont variés et me permettent de passer du look « classe » au look « sportif » tout en correspondant parfaitement à mon style. Ma montre évoque un phénomène, une histoire… qui ne fait que commencer. ”

Mise à l’heure exacte et automatique

Économique et écologique

GW-M5600-1ER

Arc’ad+ • 01 30 21 50 50

Si l’on regarde les photos parues dans les magazines d’il y a dix ans, cinq ans ou même trois ans, on se rend compte que le niveau général a tellement augmenté qu’on n’oserait plus en publier les trois-quarts. La barre est devenue si haute qu’un flip BS tail slide sur un petit ledge ne suffit plus, même avec un shove-it à la fin. Avec un big spin à la limite, mais je doute que c’est ce que vous ayiez envie de voir dans un magazine de skate aujourd’hui.

G-9100R-4ER

G-7800-7ER

Galeries Lafayette, Louis Pion, Europa Quartz, Goldy, Piery, Marc Orian, Cléor, Heures & Montres, Horlogers bijoutiers, Citadium, Hawai Surf, Wallkicks, Black Rainbow, Lukalimiti, Chez Maman, Kiliwatch, Colette…

www.g-shock.fr


LEJEUNE VINCENT TOUZERY

Date de naissance

Vidéos de référence

29 octobre1993

« Back in black », « And now », « Time to shine ».

Lieu de naissance

Paris

Où seras-tu et que feras-tu dans 15 ans ?

Paris

Je ferai du skate, ailleurs qu’à Paris. Je serai partout !

Première board

Sponsors

Lieu de résidence actuel

© V. COUPEAU

Une World Industries, avec la goutte d’eau.

Non

Années de Skate

6

Skateurs de référence

TH E S KYTOP IN BLACK TAPE SUPRATUF®

Chris Troy, Dylan Reider...

LI ZAR D K I N G S U P R AFO OTWEAR.C O M

Gap to BS lip shove it, Paris / © Loïc BENOÎT 11 

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FRANÇOIS MACQUIN

Date de naissance

28 novembre1975

comme ça ! Partaix aussi... et puis les gars avec qui je skate.

Lieu de naissance

Vidéos de référence

Dunkerque

Lieu de résidence actuel

Cambrai

Première board

Une board de chez Auchan, sinon une Alva Bill Danforth Années de Skate

A peu près 20 ans, 1988, quoi... Skateurs de référence

gsm europe: +33 (0)5 58 700 700 - V7 distribution: +33(0)1 56 739 777

LEVIEUX

Levi brown

« Useless Wooden toys », « Video Days », les videos Alien et Habitat Où étais-tu et que faisais-tu il y a 15 ans ?

Rien de spécial, j’étais au lycée à Dunkerque, en première ou en terminale, je faisais du skate avec les potes. Sponsors

Non

Arto Saari, Busenitz, des gars Drop in, Dunkerque / © TURA 13 

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FLatLight is a premium seven pLy construction pressed with Lower nose and taiL angLes and more FLat behind the trucks For quicker response. For more about FLatLight construction visit elementskateboards.com/proformance


" L’art et la manière "

ABC

Le ROCK’N ROLL

par Bertrand « Bébert » Soubrier et Kévin « K-Rod » Rodriguez

Le rock ‘n roll, à part un truc de cinquantenaires en Santiag qui tentent, non sans difficulté, de faire tenir leur banane avec le peu de cheveux qu’il leur reste, c’est aussi un trick de skate qui existait bien avant l’invention du ollie. Ne me demandez donc pas pourquoi ça s’appelle comme ça, je n’en ai pas la moindre idée, je dois encore être trop jeune. Ce qui est sûr, c’est que c’est un trick qui plaît aussi bien aux « vieux » comme Bébert, qui a dépassé la trentaine il y a un petit moment, ou aux p’tits jeunes comme Kévin, qui sort tout juste de cette période ingrate qu’on appelle la puberté. Enfin, au moins, lui, il n’a pas connu Les Forbans, un groupe qui prétendait jouer du « Rock’n roll ». Non seulement à leur époque ils étaient déjà ringards, mais en plus, Lemmy Kilmister commençait déjà ses concerts par « Hi, we’re Motörhead, and we play rock’n roll ! ». Lui, il pouvait se permettre et il peut toujours d’ailleurs. Oui bon, tout le monde s’en fout. Voyons plutôt comment qu’on fait un rock’n roll, en skate. 15 

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Alors voilà, ça se joue en 5 étapes : 1 vous trouvez un spot super rad, limite inskatable, genre la jersey barrier à Austerlitz. 2 vous montez dessus coûte que coûte, je ne veux pas entendre pleurnicher parce qu’il y a le nose qui racle à cause de l’absence de transition. 3 vous vous calez là-haut en tendant bien la jambe avant, vous tournez bien les épaules dans le sens du retour et vous tordez un peu ce pied arrière pour avoir la Classe (ne cherchez pas sur cette page, ils galèrent un peu les deux…) 4 finalement vous feriez mieux de commencer par une petite courbe de skatepark ou une mini, même en métal. 5 maintenant vous faites pareil en arrivant à fond et de travers et vous vous prenez pour Jeff Grosso en rockslide dans le combi pool. - DT


JANI TRIBE S

COLORWAYS BY JANI LAITIALA VISIT: DCSKATEBOARDING.TV


TT BOURNE O C S E D E U Q I N LA CHRO page 94) (Traduction en

The Beauty of the Bikini Marc and I are in a car headed to the beach with a young woman by the name of Aurelie, that I have only just met. It is the first time we have found a moment with one another since his return this morning. Immediately the two of us fall into an English conversation that Aurelie can only partially follow. Marc has just finished reading Lolita and goes on to tell me how it has completely freed him of any guilty feelings he has harbored for the beautiful young model he has been seeing, whom is more than 10 years younger than he. My head bobs up and down as I lift my eyebrows and look over at him. Aurelie, who is our age, smiles and gently laughs at the two of us, but we are unashamed. There are few men that share my love for women; Marc is one of these men and we speak openly on the subject under any circumstance but I am unsure if she is amused, flattered or her English is like my French, which leaves much to the imagination. We arrive at the beach before the others and immediately the three of us find ourselves in the water bobbing up and down in the cool refreshing movements of the Atlantic. Marc swims ashore to grab diving mask for the three of us. When he returns I quickly place the mask over my face and dive under the ocean in exploration. It is impossible to focus on the sea when diving in the same waters as a beautiful woman in a bikini. I take great pleasure in this distraction watching the movements of Aurelie’s ass as she dives just beneath me. Her movements are ones that no young woman in her 20’s could possibly make with her body. It shakes and shimmers as she dives beneath the water; a thin piece of material strapped securely over her vagina keeps the tiny beast from escaping back into the sea from which it first came. It is beautiful to admire these movements that one cannot see on the shore, 19 

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nor the form of young flesh. Marc can keep his Lolita, my body calls to Aurelie. Back at the house I watch the women as they prepare a meal for the men. All of us are in our 30’s and single except for my ex, Laure, whose new boyfriend is a young 21. I watch myself and the other men, our way with the world and how the women of our small group worry slightly at the things we embrace. They watch us watch other women as they watch us. In these days not only do I watch other women, but I watch children and mothers with their children. I am amazed, often confused by how women can incite me to such vastly different emotions. One demands sex and war. Her simple presence makes me desirous of pussy, pussy I will fight and die to lie inside...to wallow in! Another makes me want to bare children, build a home and family...to lay safe inside her womb and make love. They are magical, mystical beast whose secrets lay far beyond my reach. In this time I have a deep desire to father a child, to watch it grow in its mothers body where I have left the building blocks of my genetic mess, my problems, my addictions, my passions, my knuckles bruised and broke from where I left the womb to grant my father his wish of parent ! There is MAGIC in the Bathing Suit, that small piece of material that covers this tiny TABOO. Never before has man been allowed so many quick and tender flashes of this piece of a woman... this wet wall that holds back the babies. Through the miracle of this tiny piece of material I have had a glance at all these young ladies ports of pleasure of which is even more splendid when seen out of context. When a woman’s panties are simply re named “bikini” they seem miraculously freed of their sexuality. No longer beast but works of beauty, ease and femininity. They sit with their legs uncrossed, they wear tiny, tiny mini skirts, they will sit easily as well as joyfully upon ones knee as the cloth brushes back and forth upon thy flesh, a closely cut beast just beneath its surface !

It was just last night that I noticed Laure laying on the couch with a book. Her wonderful crotch revealed beneath her dress. Upon closer inspection I realized that this was not her bikini at all but in fact the soft cotton coils of her panties! She had obviously forgotten that she was no longer in her bikini but merely in its habit. It was then that I lay close to her and slipped my fingers around the edge of its seam and petted the tiny beast as she continued to read. Finally, in an agitated smile she reached over and with a moan, reluctantly pushed my hand away saying; “Scott I can’t, I have a boyfriend!” Then later, at the dinner table, I watched Elisa in a short shirt lift her leg over the bench to take her seat. As she did so I was allowed a rather long, sensual shot of her crotch. She smiles at me as I admire the little monster, its lips pressed up against her bikini’s surface smile back at me! She even laughs as she leans forward allowing me a quick glimpse of her breast buried shallow beneath her loose fitting shirt. Aurelie sits smoking after dinner in a pair of short shorts, her legs uncrossed reveal her crotch in the shadow and shade of the short pant leg...it creates a mystery and I remember how I watched her body move earlier as she dove in the sea.

What a wonderful thing to admire in this time of my life, and how grand that one can easily have the pleasure of seeing a woman’s crotch merely by taking her to the beach and renaming the garments that cover her body.

August, 14th, Ahetze, France 2007 Copyright S.H.Bourne

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jake johnson


Numéro Treize José Noro FS rock’n roll Maroc © Lars Greiwe

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Bram De Cleen Blunt to fakie / Barcelona © Bertrand Trichet 25 

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Tom Derichs FS nose grind / Barcelona © Bertrand Trichet

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Lennie Burmeister FS ollie / Berlin © Jonathan peters 27 

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Samy Idri FS crail grab / Miramas © Cédric Crouzy

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Jarne Verbruggen BS nose blunt / Veldhoven, Pays Bas © Davy Van Laere

Oscar Candon switch 180° / Paris © TURA 29 

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Julien Morin BS wallride / Annecy © Stéphane ZAnette

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Quand on a commencé à réfléchir à l’idée d’un nouveau mag avec Tura, il était très clair que Pontus, d’une manière ou d’une autre, devait faire partie du projet. L’idéal eut été qu’il nous fournisse deux pages à chaque numéro, comme le fait Scott Bourne (oui, oh, ce mois-ci il remonte la pente, ça parle de cul au moins). Deux pages pour tenter de canaliser le trop plein d’énergie créatrice accumulé en deux mois par Pontus, ça ne devait être qu’une formalité. Mais pour diverses raisons, ça n’a pas pu se faire, et à vrai dire, on n’a pas eu beaucoup de nouvelles de Pontus pendant nos deux premières années d’activité. Jusqu’à un e-mail au début de l’été, intitulé “Out of the blue” dans lequel Pontus expliquait que, quand même, il fallait qu’on arrive à faire quelque chose ensemble, même avec deux ans de retard…

Pontus est donc parti en mission photo dans les rues de Malmö avec son pote Nils et en quelques semaines, l’article était bouclé. Pour le texte, au lieu de faire parler Pontus, et donc pour éviter que « Out Of The Blue » ne se transforme en « Into The Black », on a demandé à d’autres gens de nous parler du phénomène. Un Malmösien : son pote et photographe Nils Svensson, un ex-employeur : Jérémie Daclin chez Cliché, un employeur actuel : Oli Buergin chez Emerica et un poête américaino-parisien également compagnon de team chez Carhartt, vous l’avez reconnu : Scott Bourne. En espérant que ces quelques pages vous motivent tout autant que nous, je vous souhaite de passer un bon moment en compagnie de monsieur Pontus Alv. - FD Photos Nils Svensson Illustrations Pontus

FS wallride

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Nils Svensson

« Selon toute logique, la ville de Malmö devrait verser un salaire à Pontus Alv pour l’ensemble de son travail au service de la cité. Il est un peu à Malmö ce que la tour Eiffel est à Paris : un véritable aimant à touristes. Une sorte de statue monumentale au cœur de la ville qu’ont vient visiter des quatres coins du globe. Des « skate tourists » réservent leurs billets au moment où j’écris ceci. Ils veulent tous voir les fameuses œuvres de Pontus Alv : les vestiges de Steppeside ou le plus récent « TBS » (Train Bank Spot). Je les vois débouler tout au long de l’été, avec leurs sacs à dos et leurs sacs de couchage, grimpant sur les ruines de Steppeside, se prenant en photo au milieu des décombres avant de poursuivre

BS crailslide

leur visite vers un autre site rendu fameux par la main de Pontus. Les plus chanceux auront droit à une apparition du maître sur le site mais la plupart rentreront chez eux avec de simples souvenirs de vieilles briques et de béton mixé à la pelle. Et avec un peu de chance, ils se lanceront ensuite dans la construction de leur propre « Pontus Land ». Oui bon, soyons sérieux deux minutes : Pontus et son dévouement inconditionnel au Skateboard ont réussi à rendre Malmö intéressante sur le plan skateboardistique. En dix ans la ville est passée du statut de médiocre à l’une des villes Européennes dont on parle le plus et tout cela est dû, en grande partie, à la capacité qu’a Pontus à faire avancer les choses. »

BS bluntslide


FS five-0

Jérémie Daclin

Pourquoi est-ce que tu as pris Pontus chez Cliché, et pourquoi t’en es-tu séparé ? Je le connaissais un peu parce qu’il était venu à Lyon filmer pour Mad Circle, non, pas Mad Circle, le truc d’après, avec Jason Rogers en Team manager. Tu trouveras.. . (C’était Arcade skateboards, et c’est Gégé qui a trouvé plus tard, moi j’avais zappé- ndf). Puis une autre fois à Paris, quand j’avais fait le boardslide à Bercy, il était là, et bref, on se connaissait un peu. Il avait eu cette histoire aux U.S. où il s’était un peu embrouillé avec tout le monde puis il avait disparu, et c’est là qu’il nous avait envoyé un courrier. Et voilà, c’était un super bon gars, et donc on a fait des efforts financiers, c’est le premier gars qu’on a payé. Ah oui, donc vous le vouliez vraiment… Non, c’est pas ça. C’est lui qui le voulait aussi. Il avait un discours cohérent sur l’Europe, il revenait des États-Unis, il avait fait son truc là-bas et ça ne lui convenait pas et donc ça collait bien avec Cliché. Et puis on filmait la vidéo « Europa » à l’époque et c’est vrai que c’est un « gros nom » et ça a fait un bon boost au niveau de Cliché… Il est donc venu s’installer chez moi et on a eu des super moments. Des moments super créatifs où on s’est bien bougés, ça filmait 35 

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à fond, parce qu’il est débordant d’énergie. Donc ça a été super bien pendant un moment, mais le problème c’est qu’il est égocentrique à fond et qu’au bout d’un moment, quand c’était plus lui le centre du monde, quand il y a commencé à y avoir Lucas et tout ça qui sont arrivés, il s’est mis à faire des petites « scènes », pour capter l’attention et puis petit à petit, c’était plus ça… Et puis il est plein de contradictions, il se plaignait de trucs, alors que deux jours avant il faisait le contraire, et du coup c’est vrai que c’était compliqué… Toi qui a bossé avec lui, tu sais l’enfer que ça peut être alors que tu lui laisses carte blanche, et c’est vraiment ce qu’il avait pour la vidéo, on voulait le laisser faire son truc, mais il en veut toujours plus, et quand tu lui donnes tout, il se plaint… et bref, lui comme nous, on a décidé que c’était fini. Donc vous vous êtes séparés d’un commun accord. Oui, plus ou moins. En fait, il est parti d’un Tour parce qu’il n’arrêtait pas de faire des scènes et de toute façon il a toujours été « boarderline », à toujours pousser les gens à bout, etc. Et donc voilà, on lui a filé tous ses footages, ce qui lui a fait une bonne grosse base pour sa vidéo. C’est dommage, d’autant que la boîte avait quand même « investit » sur lui, tous les voyages, lui payer sa bouffe tous les jours etc. Une vidéo c’est un sacré investissement pour une marque… soma 

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FS boardslide to fakie

C’est sûr que c’est dommage parce que c’est surtout un super gars. Oui bien-sûr, mais c’est l’éternelle complexité de Pontus. C’est quelqu’un de super bien, il amène quelque chose d’autre mais malheureusement son ego le rend incompatible avec une marque de skate, avec le travail en équipe… On a besoin de gars comme lui dans le skate, c’est sûr, mais il faut juste ne pas avoir à bosser avec lui… Je peux te dire que j’ai vu le couple Scott Bourne – Pontus, ensemble, c’est complètement fou (rires) ! C’est vrai que les deux ensemble ça doit être pas mal… Oui c’est grave… mais en même temps c’est des super gars, Il faut qu’ils restent des électrons libres c’est tout. Et c’est tant mieux parce que c’est comme ça qu’ils deviennent respectables aussi... c’est quand tu es hors du système que tu peux te permettre de le critiquer et de le remuer, quoi… Mais encore une fois, Pontus c’est un super gars. 37 

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Oli Buergin

Jérémie dit que Pontus est difficilement gérable, notamment en Tour. Toi qui a survécu à un bon paquet de voyages avec lui, quel est ton point de vue sur la question ? Au début j’avais du mal avec Pontus, il me semblait difficile et compliqué. Maintenant on a établi une sorte de respect mutuel qui rend les choses plus faciles. Ce qui est sûr, c’est que les tournées avec lui n’ont jamais été ennuyantes. On a eu « Hip Hop Pontus » avec nous au Portugal, « Dieu Pontus » qui a essayé de nous pisser dessus à Malaga et c’est vrai qu’on a parfois un Pontus qui peut être assez négatif si par malheur les choses ne se passent pas selon ses goûts. Il a déjà plus ou moins essayé de détourner le voyage pour qu’on fasse les choses comme il l’entendait. Ce qui est bien avec

lui, c’est que quand les spots lui plaisent, il est vraiment très motivé pour skater. Comment est venue l’idée de lui offrir un « colorway » ? C’est pour le remercier pour l’étendue de son oeuvre ? C’est pour relancer sa carrière ? L’ idée est née en 2007 pour plusieurs raisons. Tout d’abord, Pontus a vu qu’Emerica avait fait un colorway pour Vaughan Baker (avec Blueprint) pour l’aider avec son opération des ligaments croisés. Pontus trouvait qu’il méritait aussi un colorway. Mais on a aussi lancé le projet parce que Pontus skate pour Emerica depuis un bon moment et qu’à l’époque, il venait juste de sortir sa vidéo « Strongest of the Strange » que tout le monde aimait vraiment bien. En gros, c’était pour lui montrer qu’on apprécie ce qu’il fait.

Nollie BS flip


Wallride

Scott Bourne (traduit par Aurélia Ruetsch)

« Dès l’instant où j’ai fait la connaissance d’Alv, il m’était absolument impossible de le considérer comme un skateur. C’était un artiste doté d’une intransigeance qui confinait souvent à la violence. Contrairement aux skaters qui nous entourent aujourd’hui, Alv savait très bien qui il était. Il avait une grande vision des choses, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de lui ; et il reste un individu passionné dont le skate n’exprime qu’une petite facette de sa personnalité. Passer du temps seul avec lui, devant un verre, à discuter de la vie, des femmes, de la politique ou sous l’examen approfondi de son objectif, est un plaisir que peu d’hommes me procurent. J’ai entendu Alv se faire traiter de tous les noms, de génie à trou du cul. Qu’on l’apprécie ou pas, on peut avoir l’assurance que lorsqu’il colle son nom à quelque chose, c’est un gage d’intégrité ; et si ce n’était pas le cas auparavant, cela n’a jamais été aussi vrai aujourd’hui. »

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!

Photos Tura Texte Fredd

L’ a v a n t - d e r n i è r e fois que j’ai vu Marc Haziza, c’était il y a plus d’un an, et j’étais bien content, parce que, d’une, je l’avais pas vu depuis longtemps, et de deux, je l’aime bien. Il me fait marrer. Sauf que pour le coup, il n’a même pas pris le temps de me dire bonjour, il m’a directement pris la tête parce qu’il comprenait pas qu’il n’y ait pas de photos de lui dans Soma, et pourquoi est-ce qu’on le boycottait etc, etc. « Oui, heu… Bonjour Marc, ça fait longtemps… » Je lui ai expliqué que si on ne mettait pas de photos de lui dans le mag, c’est parce qu’on en avait pas, et que le jour où on aurait des bonnes photos de lui on les publierait avec

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BASEL ESC ’09 plaisir. Fin de l’acte un. L’autre jour, à Bâle, devinez sur qui je tombe en arrivant… Ce coupci, j’étais confiant, on venait juste de publier une photo de lui, un chouette stalefish en Vert’, donc il allait sûrement prendre le temps de me dire bonjour, avant de trouver un bon sujet pour me prendre la tête avec. En effet, il était d’humeur joviale et nous nous sommes cordialement salués. Ma joie fut d’assez courte durée puisque le jour d’après, il a commencé à me parler d’un article que mon collègue, David Turakiewicz, avait écrit dans Freestyler à propos d’un vieux Teenage Tour. Il n’avait pas du tout aimé le texte parce que Tura parlait de ce qui se passait dans le public

plutôt que des tricks… Selon Marc, ce que veulent « les jeunes » (souriez, c’est de vous qu’on parle), c’est du skate, des tricks, et basta. Notre point de vue sur la question c’est que les listes de tricks, ça nous passionne autant qu’un contrat d’opérateur de téléphonie mobile. Et donc malgré tout le respect que j’ai pour Marc Haziza, je vais raconter ça à notre manière, la seule qui nous intéresse, la seule qui nous permette de nous faire casser la gueule de temps en temps par un lecteur excédé (personne ne l’a encore fait d’ailleurs, des menaces, ça on en a eu, mais y’en a pas un qui serait foutu de passer à l’acte…).

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Rob Maatman, feeble BS revert

Bram De Cleen, BS lipslide to drop

Axel Cruysberghs, nose blunt slide

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De toute façon, zapper les tricks ça m’arrange bien, par ce qu’honnêtement, je n’ai pas vu grand chose. Le premier jour, j’ai regardé vite fait les modules, colorés et plutôt vachement bien, puis avec les copains, on est allés au petit skatepark tout pourri vers la gare. Les copains, ce sont les collègues : Tura, Bertrand Trichet ainsi que deux Alsaciens : Eric Antoine et Nicolas Schneider, une bonne équipe quoi. Tiens, je vais faire plaisir à Marco, c’est cadeau : Tura et BT ont défoncé le curb en FS et BS nose grind, et même en FS bluntslide pour Tura. BT a aussi fait des 360 shove-it de malade, mais il appelle ça des « pâte à pizzas ». Les Alsaciens ont tué la mini à grands coups de BS smiths, BS tailslides et je crois me rappeler d’une tentative de FS feeble grind revert d’Éric, du lourd quoi. Moi j’ai pas réussi à faire FS 360 sur l’euro-gap de vingt centimètres de haut (dix ?). On s’est bien marrés et on est ensuite retournés au contest voir les champions sur la mini-rampe. C’était chouette à voir, mais on a quand même filé au Black Cross Bowl pour avoir une chance de le skater avant la foule (et les champions…). Bertrand a tué le spot, ce coup-ci c’est vrai, il l’a vraiment bien dans les pattes ce con. Moi j’ai préféré faire semblant de dormir sur un banc, mais hé, j’étais complètement mort. Je voulais juste rentrer me coucher à l’hôtel. Mais à 22 heures, il y avait

un concert du groupe de Christian Vanklest, légende du skateboard belge et actuel TM Element Europe, et j’ai bien fait d’attendre parce qu’ils étaient super bons. Du « stoner rock », genre Kyuss, mais en mieux parce que là, on connaît le bassiste et ça impressionne toujours les meufs quand le gars vient vous taper dans le dos après le concert. Pendant que tout le monde continuait lamentablement de se bourrer la gueule, je suis vite rentré à l’hôtel me coucher, sans finir ma seule bière du jour, parce que je suis responsable et que je voulais skater le lendemain. Et encore une fois, j’ai sacrément bien fait parce qu’il y a eu deux très bons documentaires d’affilée à la télé : un sur Polnareff, l’autre sur Jean-Luc Lahaye. Vlam ! Quand je pense à ces cons qui faisaient la fête… Sur le coup des 3h du mat’, les filles sont arrivées, et attention, pas n’importe qui : Lisa Jacob, Claire Alleaume et David Tura, l’élite du skate français féminin, qui s’avérait être mes compagnes de chambrée. Elles m’ont bien fait marrer, elles étaient « pompettes » alors elles riaient bêtement en disant « chuuuuut ». À leur place, je serais rentré en beuglant du Renaud et j’aurais essayé de me bastonner avec quelqu’un, mais bon, c’est des filles aussi, faut pas trop leur en demander.

BASEL ESC ’09

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Adrien Bulard, BS flip Le deuxième jour, j’avais la patate ! Et… Il pleuvait. J’aurais dû en profiter pour regarder le contest de street, mais avec ce temps c’était vraiment trop « cafardisant ». J’ai passé la journée avec Lisa et Claire, mes deux nouvelles copines. On a un peu regardé le spectacle, mais pas trop, on a surtout talkshitté. J’ai aussi revu un vieux pote et deux heures plus tard j’étais complètement saoul. Merci FX. Le soir, la pluie s’est arrêtée et c’était encore la fête au « Bol de la croix noire ». Julien Bénoliel a super bien skaté, il a notamment fait une sorte de fastplant to noseblunt d’un bowl à l’autre, chouette à voir. Et puis bien sûr, Oli Buergin qui est le meilleur a assuré le spectacle. Moi aussi, d’après ce qu’on m’a raconté, j’ai pas mal assuré le spectacle, à côté du bowl... Heureusement que je ne me souviens de rien. Je ne suis pas sûr d’avoir chanté du Renaud en rentrant, mais je suis sûr de m’être « frité » avec David Martelleur et Boulbi, son fils, qui ont bien abusé de moi... Juergen Horrwarth, FS air from over-vert

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Le troisième et dernier jour, je me suis donc réveillé dans les bras de Martelleur et plus tard, avec Lisa et Claire ont est allés regarder

les finales. Comme ça commençait à 16h et que j’avais mon train à 17h, je n’ai pas vu grandchose. Ce que je retiendrai c’est qu’Adrien Bullard est complètement incroyable, vraiment, c’en est choquant. Lui aussi il est bon en « pate à pizzas »... Je retiens aussi que Phil Zwijsen a toujours autant la classe, pareil pour Rob Maatman qu’on ne connaît pas assez en France. Quant à la polémique sur Axel Cruysberghs, qui selon certains n’aurait gagné que parce qu’il s’est enfin coupé les cheveux, c’est sûr qu’en mini, ils ont plané, mais en park, il est vraiment incroyable, y’a pas à dire. La canette de jus de couille de taureau pour monter sur le podium, par contre, c’était pas obligé. Voilà, on va se quitter là, ne pleurez pas. L’an prochain c’est les dix ans de l’ESC, donc ça risque d’être encore mieux que d’hab’… Alors bien sûr, Bâle est un peu hors de prix, mais en faisant des réserves et en dormant au camping, vous pouvez éviter la banqueroute. Vous y verrez du bon skate, vous pourrez en faire aussi, et le Black Cross Bowl, c’est un truc à voir au moins une fois dans sa vie. Y’a un gros Zoo aussi, pour les amateurs.

BASEL ESC ’09 Park 1 Axel Cruysberghs 2 Phil Zwijsen 3 Sven Kilchenmann 4 Adrien Bulard 5 Simon Stricker Mini rampe 1 Axel Cruysberghs 2 Micky Iglesias 3 Julian Dykmans 4 Juergen Horrwarth 5 Jarne Verbruggen Filles 1 Candy Jacobs 2 Sabrina Göggel 3 Ianire Elorriaga 4 Aura Bredart 5 Marta Nery

P.S. : Marc, fais pas la gueule, c’est juste pour rire.

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Bastien Duverdier, BS smith grind, Lincoln City

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SAFE WAY

UN VOYAGE EN OREGON PLUS OU MOINS ORGANISÉ PAR VANS Texte par BASTIEN DUVERDIER Photos par LOÏC BENOÎT 49 

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Hugo Liard, FS tailslide, Burnside.

LES ATHLÈTES

_Joseph Biais, véritable sex-symbol au début des années

2000, il a depuis sombré dans la pervertion. _Aaron Sweeney, dont le régime se compose de quatre litres de Dr Pepper par jour. Molaires et canines ont pris un sérieux coup de vieux. _Hugo Liard, qui nous rappelle à chaque fois qu’on regarde un film avec Marion Cotillard qu’il sortait avec elle quand il était jeune. Aujourd’hui elle vit à Hollywood et lui dans une cabane construite dans un entrepôt abandonné. _Samuel Partaix, vraie légende vivante. Un livre sur sa vie palpitante devrait sortir d’ici peu, je le conseille d’ors et déjà à ceux qui ont une table bancale. _Jérôme Chevallier, babylone dans l’âme, il a pourtant un groupe de Punk/Metal où il a presque l’air méchant, mais en vérité, il broute de l’herbe. _David Martelleur. Ses chevilles ne sont plus trés souples, alors tous les soirs, il entretient son fond de commerce de fétard infatigable. _Moi-même, rien à dire, irréprochable. _Loïc Benoit. Il arbore un tatouage sur son bras avec sa date de naissance et plus loin : “soon”, pour nous rappeller qu’il va passer l’arme à gauche un de ces quatre… comme tout le monde. _Paul Labadie, il est passionné par sa caméra et il a toujours des bonbons dans sa poche, au cas ou quelqu’un 51 

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se ferait une triple fracture du genoux, histoire de le consoler. _Alex Deron, (à lire avec l’accent anglais) qui fait du “team rider managing” comme on dit dans le métier, un “talkie walkie” toujours à portée de main, il “kick out” la police du spot avec son “manager gominé”. Il balance aussi les pires vannes cyniques pour que les “team riders” soient plus “smooth” dans la “street”. L’un des meilleurs “team manager” du “show business”, comme on dit dans le millieu.

PORTLAND

Nous voilà donc arrivés à Portland. Le voyage s’est bien passé malgré l’aèrophagie de tout le monde. La passagère de derrière a mème demandé à Jérôme de se calmer, à tort, puisque le fautif, c’était moi. On file directement à Burnside. Ambiance chaleureuse, cocktails et petits fours, nous rencontrons Choppy Omega qui nous invite, après quelques bières, à dormir chez lui (à 11). Chouette appart’. On se lave dans le jacuzzi de la résidence... Le lendemain matin, un livreur dépose une nouvelle télé pour Choppy. Tout content il la déballe et la branche. Vingt minutes plus tard, Jojo fait basculer un gros sac qui vient éclater l’écran. 400 dollars en moins sur le compte en banque de Joseph.

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LINCOLN CITY

Lincoln City est la ville où réside Mark “Red” Scott, à qui l’on doit la plupart des skateparks en Oregon, dont Burnside. Il a chez lui une piste de motocross, une forêt, un jacuzzi, un terrain de foot, une énorme maison et enfin un bowl, profond de 4m avec un trou en forme de chatte grindable. Le rêve américain ! Le matin, sa femme nous offre un énorme petit déjeuner, peut être le plus copieux de ma vie, avant d’enfourcher les petites motos et d’aller skater le gros bowl pour une session suicide à onze heures du matin. L’aprés-midi, nous rejoignons le skatepark démesuré de Lincoln. Dès que Paulo sort sa caméra, des fermiers-skateurs viennent nous montrer qu’ils sont les plus forts. Le maïs transgénique les a rendus plus bourrins que prévu.

SEASIDE CITY

Un village comme un autre aux Etats-Unis. Les gamins apprécient quelques tricks. L’Europe les intrigue et ils nous posent des tas de questions. Le soir, nous allons à la plage, squatter le feu de camp de trois prépubères qui fument leurs premiers joints, avant de rejoindre le van pour aller dans la montagne, camper sur le bord d’une route. Mauvaise idée : le matin un type nous reveille en nous pourrissant les narines avec son gros 4x4.

SAFEWAY

Safeway porte bien son nom, c’est le supermarché ouvert 24h/24, 7j/7, dans toutes les villes. Lieu de culte pour les américains, il y a un parking pour les voitures “normales”, et un pour les voiturettes pour les gros lards qui ne peuvent plus marcher. Les gens sont honnêtes et respectent aveuglement leur société de super-consommation. Si bien qu’il n’y a pas de surveillance… Il est donc possible de ressortir le caddie plein sans passer par la case « caisse »... C’est d’ailleurs ce qu’il se passe tous les jours.

Joseph Biais, FS Boneless chez Mark "Red" Scott.

“L’ORGANISATION EST PLUTÔT SIMPLE : IL N’Y EN A PAS.”

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ORCAS ISLAND

Comme son nom l’indique, Orcas Island est une île, accessible uniquement par ferry. Nous y rencontrons une espèce de « babylone » qui nous refile son numéro en indiquant un endroit sympa pour planter les tentes. En arrivant, il se trouve que c’est une sorte de communauté bio où il est interdit de boire, fumer, crier... Une obèse nous accueille gentiment et finit par nous dire que ça ne va pas être possible. Tant pis. On rejoint quand-même la babylone dans un bar, elle est venue avec toutes ses copines les moins jolies. La troupe fait grise mine, mais on rigole bien quand même !

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SEATTLE

Seattle est la ville de Kurt Cobain et Jimi Hendrix. Bon prétexte pour aller boire JUSTE un petit verre. À minuit, tout le monde est déja torchon, chiffon, carpette. On rencontre alors une nana qui a l'air sympa et on lui demande donc s’il est possible de dormir chez elle, tout simplement. À 4h02 du matin, elle accepte ! Le chemin est jonché de conneries en tout genre, entre Loïc qui agite le drapeau américain par la fenêtre de la voiture en braillant du Renaud, ou Sam qui pète un plomb à cause de Marto qui lui roule des patins en même temps qu’il lui met des claques. Arrivés à son appartement, on réalise qu’il n’y a qu’une pièce, Pour en remettre une couche, elle bosse le « lendemain » matin à 8h. Ce doit être la fille la plus généreuse (ou la plus naïve) que j’ai rencontrée sur cette planète (de cons).

Aaron Sweeney & Jérôme Chevallier,

Nollie 360° & Caballerial, Dept of Skateboarding, Portland.

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Aaron Sweeney, Lien Judo, West Linn.

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“MARTO LUI ROULE DES PATINS EN MÊME TEMPS QU’IL LUI MET DES CLAQUES”

Samuel Partaix, FS stalefish, Orcas Island. soma 

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HOOTERS

Purement Américain, la spécialité de ces restaurants sont les serveuses aux gros nibards qui viennent s’asseoir à votre table pour prendre la commande. Un pur chef-d’oeuvre de la gastronomie américaine qui méritait bien un petit paragraphe.

FLORENCE

Cette ville possède l’un des plus incroyables skateparks, que nous ne pouvons pas vraiment skater à cause d’un vent de force 5, au moins. Aaron a malgré tout, tenté McTwist ! Le soir nous tournons en bagnole pour trouver un bon emplacement où poser les tentes, mais avec une équipe à fond de pétards et de bière, le temps passe vite... Et puis l’organisation est plutôt simple : il n’y en a pas. D’ailleurs l’hygiène n’est plus d’actualité. On dirait que j’ai fait une vidange avec mes pieds et tous les zizis sont entourés de St Vergou. La crasse est donc à l’honneur. On finit par dormir dans le bowl. La pire nuit du voyage. Béton glacé + vent – matelas = cafard !

DONALD

Avec ses 1025 habitants, ce village nous donne une idée de la vie à la campagne en Amérique. Les gamins s’ennuient à mourir, ils parlent tout seul, et les adolescentes fument des cigarettes en attendant de se faire déflorer. Une fois sortis de la coopérative agricole, les hommes se rabattent au bar du village. Quant à leurs épouses, elles grossissent à vue d’oeil, en sirotant des litres de soda en attendant que leur enfant ait fini de jouer au basket.

David Martelleur,

FS tailslide, Tyggard.

Bastien Duverdier, BS wallride, Seattle. 59 

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Jérôme Chevallier, BS melon, Burnside.

Hugo Liard, Florence.

LE BILAN

• Loïc est allé dix fois au Safeway. Il n’est passé à la caisse qu’une fois, pour le geste. • Aaron a donc bu 60 litres de Dr Pepper (4 litres par jour sur 15 jours…) • Joseph a acheté une télé. • Le team manager a traîté plus de 200 américains de « gros tas d’merde ». • Hugo a pris une douche le 5 juillet. • Choppy Omega n’arrive à se concentrer que 30 minutes par jour. • Plus de 300$ de weed sont partis en fumée. • Et Jérôme Chevallier ne s’est toujours pas rasé (de toute sa vie).

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LE PARAGRAPHE DU PHOTOGRAPHE

”Ce n’est plus vraiment un secret pour personne, les Américains ont une fâcheuse tendance à être un peu « faux cul ». Pour ceux qui ne sont jamais allés à leur rencontre, sachez que les Etats-Uniens sont toujours dans l’extase et en pleine admiration de tout et à tout moment. C’est assez cool, oui, mais à la longue, l’alignement systématique des termes “Noway ! Crazy ! Awesome ! Sick dude !” à la fin de chacune de vos phrases, peut s’avérer pénible. Quand ils t‘emmènent sur leurs spots, c’est forcément pour faire « la meilleure session de leur vie », et si tu as le malheur de les prendre en photos, alors là tu deviens carrément le nouveau messie de la photographie, grâce à ton « meilleur appareil photo » qu’ils n’avaient jamais vu, et du coup, je te le donne dans le mille, c’est la plus belle photo qu’ils n’ont jamais eu sous leurs yeux… Après quelques jours de cohabitation, tu ne fais plus vraiment attention, et tu rentres dans leur jeu. C’est un peu comme Facebook et compagnie, tout le monde est le MEILLEUR copain de tout le monde, mais juste sous forme virtuelle…”

“AWESOME !”

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Numéro Treize Martin Keller fakie nose grind switch FS big spin out Paris © Tura

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Grégoire Couger uadrado Wallieto/fakie Parismanual © Loïc/Benoit authier R Manual Bordeaux © Eric Antoine


Willow Nollie BS flip / Barcelona Š Alberto Polo


Joachin Froment tailslide big spin out / Montpellier Š Marc GÊrard


COLINFISKE'S WONDERFULL HORRIBLELIFE

Texte et photos Tura

Qu’est-ce qu’il s’est passé ensuite ?

Fiske : Oh… Les gars du shop [Coliseum - ndlr] ont pu faire entrer PJ chez Flip et ont pu faire que je reçoive des boards Krooked et Anti Hero. J’ai même reçu quelques paires de Thunder. Ça a duré 2 ans je crois… Pas mal !

Fiske : Hell yeah ! Et j’ai touché 1000 dollars. On m’a dit que ça a été la vidéo la plus vendue de tous les temps…

1000 dollars sur les ventes, c’est pas mal non plus…

Fiske : Ouais, j’étais content ! Dave “king of freestyle” Vey a touché autant, sauf que ses parents l’ont appris tout de suite et l’ont obligé à aller chez le dentiste pour se faire poser un appareil… A peine il avait touché l’argent qu’on l’a vu arriver avec ça sur les dents ! Fucked up, right ?

Il a gagné des sérieux sponsors !

Fiske : Oui, et il a tellement d’argent aujourd’hui qu’il ne doit même plus savoir quoi en faire…

Fiske : Fos m’a pris parce que j’ai utilisé Tom Waits pour ma part’ ! [Fos est un inconditionnel de Tom Waits - ndlr]

FTC, Pit Crew ? Ils ont tous ces trucs super fresh comme des Nike, alors que chez Coliseum, il n’y a rien de tout ça, c’est un vrai skate-shop avec uniquement des trucs de skate qu’ils aiment. Le fait qu’il soit situé en banlieue fait que les loyers sont moins chers et attire les kids de banlieue, c’est une ambiance différente… Pour moi c’est le plus authentique des skate shops. On y a passé des journées entières… Fiske : on se faisait des batailles de shoes dans le shop !

Comment ça s’est passé ?

« Le soir de la première, tout le monde est devenu fou.» C’est là qu’on a su qu’on avait fait un truc cool ! Fiske : La vidéo… Hmmm… Personne n’était sponsorisé, et moi [pour ma part’] je faisais n’importe quoi. Je savais juste que je voulais faire plein de FS flips et des gros ollies. Et le soir de la première, tout le monde est devenu fou. C’est là qu’on a su qu’on avait fait un truc cool. Seulement à ce moment-là.

Marty : je ne sais pas…

C’est fou comme une simple vidéo de shop a pu changer de choses... Vous ne seriez pas là, Fos [de Heroin Skateboards] ne t’aurait pas connu…

La première fois que Colin Fiske est apparu c'était dans "PJ Ladd's wonder full, écrans, les sur horrible life", la vidéo du petit shop Coliseum qui avait bien foutu la pression aux pros de l'époque. Depuis, The Fiske, comme il aime s'appeler lui-même, surfe sur les dernières vaguelettes du tsunami qu'avait provoqué la vidéo. Il fait son truc, chez lui à Boston, loin du grand cirque médiatique californien. Cela dit, il est quand-même un peu dingue, mais dans le bon sens du terme. Remarquez, être dingue, quand on est américain, c'est plutôt normal, alors disons plutôt qu'il est assez différent de l'américain moyen. Il est passé par Paris, cet été, avec son pote Marty, c'était l'occasion de discuter un peu...

Quel impact a eu la vidéo “PJ Ladd” sur ta vie ?

« Il [PJ Ladd] a tellement d'argent aujourd'hui qu'il ne doit plus savoir quoi en faire... »

Tu as une idée de combien de vidéos ont été vendues ?

Marty : Il paraît qu’on en a vendues plus que “In bloom” [la vidéo TWS sortie au même moment - ndlr]. Ce qui est dingue si on regarde les coûts de productions, proches de zéro ! Ah ah ah ! […] Ça a eu un gros impact sur les kids de Boston, surtout parce qu’ils savaient que PJ était comme eux, un gamin qui ne vivait que pour le skate. D’ailleurs en voyant des vidéos aujourd’hui de lui, j’ai l’impression que cette passion a disparu… Fiske : je crois que son métabolisme s’est ralenti, son cerveau maîtrise encore toute la technique mais son corps le bloque ! Et puis il est parti en Californie et vous ne l’avez plus jamais revu.

Fiske : Oui. Marty : je crois qu’il a été un peu fâché qu’on utilise le footage qu’il restait pour “Chainsaw massacre”. Mais en même temps, pourquoi est-ce qu’il l’aurait été ? C’est juste du footage… Ou peut-être qu’il pense qu’il n’a pas reçu assez d’argent des ventes de la vidéo… Combien il a pris ?

Marty McCue, fakie hippie jump to regular to... (suite page 72 !)

Fiske : En fait j’ai habité pendant deux mois chez Tony Vitello en Californie, et Alex Klein était venu me voir en me disant que j’irais bien dans le team de la marque de ses potes à Londres. Il m’avait donné l’adresse du site internet et j’avais envoyé un e-mail à Fos. Il m’avait répondu qu’il aimait bien ma façon de skater et qu’il allait m’envoyer des boards.

Parce qu’il avait vu ta part’.

Fiske : Oui, ça et la musique de Tom Waits ! Comment est le shop Coliseum ?

Fiske : Le shop est en banlieue [de Bostonndlr], là où il y a le plus de kids. C’est différent dans les shops en centre-ville où il y a plus d’anciens qui viennent traîner… Enfin bref, les kids chez Coliseum n’ont jamais plus de vingt ans… Marty : Tu vois ces shops comme Supreme,

The Fiske, kickflip. soma 

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« On se faisait des batailles de shoes, imagine si on avait lancé des Nike, on se serait fait tuer ! » Imagine si on avait lancé des Nike Dunk, on se serait fait tuer ! Une fois il y a même une chaussure qui est passé à travers la vitrine ! Marty : on a filmé plein de trucs dans le shop aussi, le sol est en carrelage… Fiske : une fois Marty a fait un switch front foot impossible late shove-it ! Marty : Ah ah ah, je me souviens, mais je crois bien que c’était un accident ! […] Le gars du shop avait créé un forum sur internet où il se lâchait complètement, si bien qu’un jour les Mike Carroll et compagnie ont débarqué, ils étaient super énervés, je ne sais plus à quel sujet d’ailleurs… ah oui, il s’était bien foutu de “Chomp on this” !

COLINFISKE'S WONDERFULL HORRIBLELIFE

Fiske : voilà l’ordre : d’abord le HJ [handjob, travail manuel, quoi - ndlr], ensuite la pénétration, et enfin le BJ [blowjob, travail de soufflage… - ndlr]. Marty : je ne me souviens plus de l’ordre, moi… je crois bien que j’ai eu droit au BJ avant la pénétration… Fiske : de toute façon c’est dégueulasse !

Bon, je crois que j’ai ce qu’il me faut là, on a un petit format, je n’ai pas besoin de vous faire parler pendant des heures.

Fiske : Attends, il faut que je te donne mes “stats” ! Taille : 6,3 pieds, poids : 156 livres, pointure : 10,5, board : 8,25 par 33, trucks 8, roues : 55 mm ! L’âge où tu as perdu ta virginité ?

Fiske : ah oui, l’âge où j’ai perdu ma virginité : 17 ans. Marty : moi j’étais un peu en retard, j’avais 20 ans. J’étais super nerveux…

...hippie jump to kickflip. 73 

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KINGOF WOOD'09

10/11 et 12 juillet, Rouen

« Voici venu le temps des cathédrales ! » Kikoo. Le week-end dernier j'étais juge au King of Wood et ils m'ont bien mis la fièvre pendant des heures. Pour ne pas perdre de temps et être "circoncis" je vais vous dire que tout s'est bien passé malgré la pluie, puisque le park est couvert. Attention, ça va aller très vite.

Comme tous les ans, Wolnei Dos Santos etait là avec son sourire, ses runs bien ficelés de contest-boy de 1998. A noter un switch FS flip sur le “plusieursmarches-plat-plusieurs-marches" pendant le best trick. Impressionnant pour ce concurrent brésilien des années 90 qui avoisine les 90 kilos. On enchaine et voici donc venu le temps des cathédrales et de la finale, avec de la fraîcheur dans les runs de Phil Zwijsen. C’est fluide et sympa comme tout : FS wallride tirette 180° replaqué dans un plan incliné, wallie je-replaque-dans-un-plan-incliné-decalé, switch flip sur la moyenne table et autres aerials qui font crier "whhoooo" et qui finissent par le faire gagner le King of Wood édition illimitée 2009. En ce qui concerne le deuxième c'est super aussi mais il est roux, donc la sanction tombe tout de suite. Pourtant dans son style de skate "à la

detendue", il fait vite oublier son handicap capillaire. 3-6 flip partout et où tu veux, FS feeble to fakie sur le rail comme de la merde, il a l'aisance et la facilité d'un mec qui n’habite pas à Rouen mais aux USA. Par contre pas assez consistant pendant ses runs. Il paraîtrait aussi qu'il n'aurait inventé le fil à couper le beurre et tant mieux car c'est une compet' de skate donc on s'en branle, on n’est pas là non-plus pour beurrer le barbu ! bref... Donc 2é Adrien Bulard. Le 3é c'est le jeune Axel Cruysberghs qui skate bien et puis voilà. Allez hop, le bowl : deux poules de trois skateurs (run de presentation + jam à trois), donc 6 riders en tout. Première poule avec Marc Haziza, Axel Cruysberghs et Julien Bénoliel. Ce dernier à le mieux utilisé le bowl, style et vitesse étaient au rendez-vous, il finit 4é. Seconde poule avec Alain Goikoetxea, Octavio Netto et Sébastien

Ici Axel Cruysberghs, FS feeble grind © Périg MORisse En face, en haut Adrien Bulard, tré-flip © Jean Feil En face, en bas Phil Zwijsen, wallride tirette to fakie © Jean Feil. Toujours les mêmes ! 75 

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Daurel. "Ca envoie du lourd" comme dirait le mec qui distribue les flyers pour la soirée Von Zipper. Y’a de l'énergie dans le skate de chacun et notamment celui de Seb Daurel qui est bien "à bloc". Il skate vite, se donne à fond mais pour autant les lignes se ressemblent et les deux autres ont des manoeuvres aussi renversantes. Octavio va haut, vite et prend des risques mais il ne rentre pas tout, Alain est moins présent mais remarquable dans ses lignes, il enchaîne avec brio et gagne devant Netto et Daurel qui conteste la décision des juges car il se voyait bien gagner et s'acheter une Audi à crédit comme son copain Alain qui lui va pouvoir changer ses pneus et aller faire la chouille. Le concours de la meilleure manoeuvre est remporté par Kevin Vu en BSNBS sur le hubba "Metroplitan trademark". Voilà, j'en peux plus, il fait trop chaud pour tapoter sur mon clavier, je vais aller me beurrer le barbu avec les copains dans les cascades près de chez moi. Je vous souhaite tout le bonheur du monde ! - Ludo N'Guyen

Park 1 Phil Zwijsen / 2 Adrien Bulard / 3 Axel Cruysberghs Bowl 1 Alain Goikotxea / 2 Octavio Netto / 3 Seb Daurel Best trick Kevin Vu BS nose blunt slide. soma 

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4-5 Juillet - Crolles

THEFRENCH OLDSCHOOL SKATEJAM’09 Réunion annuelle des rouloplanchistes vétérans Plus de 40 ans Plus de 50 ans La 4ème année Pas la dernière 2006 Blaye-les-Mines 2007 Nantes 2008 Marseille 2009 Crolles 2010 ? Les légendes On est tous des légendes De tout et de rien Plein d’histoires Sans histoires Champions du monde de la Fossj Skate Rencontre Merguez

© Fred Ferand

Des grosses boards Des grosses roues Des gros bides Des grandes gueules … de bois ! Des barbes Des cheveux longs Des calvities surtout Des dreads aussi, un peu Des grosses teufs jour et nuit Un soleil de plomb Des jambes de plomb Un poste à cassettes Iron Maiden Un porte-voix Un chrono Des plots de slalom Un park flambant neuf avec du pool coping Le décor bucolique Plus de 30 ans

A bientôt ! - Bad Professor Kiki, ancien de Ste-Geneviève-des-Bois, FS air dans le grand bassin © 2-Fre (www.sk8.net)

Julio le Trucker, FS ollie jasonjesseesque © Fred Ferand

Merci à Vans, Thrasher fr., Soma, tailtap.com, Bennett, Alligator, Overlord, Kulte, Khiro, Concrete wave…

Bande de vieux cons ! © Fred Ferand


Illustrations Da

Vous vous souvenez peut-être de l’improbable bateau pirate skatable que Carhartt avait construit pour le HellFest (festival de Heavy Metal) l’an dernier ? Vous vous souvenez peut-être aussi, que quand les hard-rockeux sont rentrés chez eux, le bateau avait été démonté, puis entièrement remonté à l’arrière du Carhartt Shop à Hossegor ? Eh bien cette année, s’il n’y a pas eu de skateboard au HellFest, il y a quand même eu la fête au bateau pirate, et même du Heavy Metal aussi, un peu. C’était fin juin et c’est un week-end qui aura été complètement fou à bien des égards : au niveau du skate déjà, Daurel, Goikoetxea, Ivan Rivado, Ferit Batir, Damien Marzocca, Julien Bachelier, Bram De Cleen, Martelleur, Julien Bechet, etc. j’en passe et pas des branquignoles. Le bateau, tout aussi difficile à skater qu’il est, en a pris plein la gueule… Mais c’est surtout au niveau de la fête que ce week-end reste mémorable. Pour le coup, c’était très « pirate » comme ambiance. De la piraterie belge surtout, si je puis me permettre de dénoncer un peu… C’était assez dingue, tellement dingue qu’il ne reste rien de vraiment racontable dans un magazine. Disons juste qu’une biche aura terminé

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décapitée à grands coups de pelle, mais que je ne rentrerai pas dans les détails pour laisser planer un peu le mystère. En tout cas l’an prochain, si Carhartt a le courage de remettre ça, je planterai ma tente un peu plus loin… Dix kilomètres plus loin ! _Best « overall » : Alain Goikoetxea. Il a skaté à fond et il a

encore été incroyable. Il a gagné un billet pour San Fransisco.

_Best line : Sébastien Daurel. Très très en forme

Daurel en ce moment. C’est chouette à voir. Il a gagné un vélo de zazou, un Schwinn/Vans, genre lowrider de chicanos avec des suspattes, guidon torsadé et tout le tintouin. Juste parfait pour lui. On l’a croisé le lendemain à la plage, il présentait son vélo à tous les touristes, ils avaient l’air ravis… _Best trick : FS feeble grind dans l’oververt du craddle le plus rad au monde. Julien Bechet : Bravo. Il a gagné une planche de surf « Al Merrick » avec une déco Elzo (www.elzo.be). _Best Slam : David Matelleur. Il est tombé de la plateforme en marchant, comme ça, naturellement. Du coup il a gagné une série de boards Yama qu’il a instantanément redistribué à la foule. Quel talent ! - FD

soma  soma 8080


Nixon & Crew

1 une « Girl » pour Brian Anderson qui n’est pourtant pas très efféminé / 2 un Tish Element ambiance « nature et découverte » / 3 une Joey Brezinski de chez Cliché-Dwindle qui brille dans la nuit / 4 un T-shirt Volcom avec un collage très… Volcomiste / 5 un logo Wesc sur un T-shirt jaune pâle / 6 quatre roues de type vertes, rondes et translucides de chez Chaka Wheels / 7 une Gravis « Filter » en matière bizarre traitée à l’huile d’olive, c’est assez difficile à décrire mais ça semble tout aussi efficace qu’élégant / 8 un lot de roues « Chaka X Soma » pour les blaireaux que nous sommes ! 55mm et 98A dans toutes les bonnes boutiques / 9 une authentique chemise de bûcheron pour aller couper des arbres dans la forêt. Merci Analog / 10 des rails H-Street pour se prendre pour Lance Mountain en cover de Skateboarder à 45 ans / 11 une DC « True S » basique, fonctionnelle, vulcanisée, verte et jaune / 12 un Souèt’cheurte équipé de fines rayures, de poches zippées, d’une capuche et d’un logo Analog 13 un blue jean Element, coupe droite, pas délavé, pas « abîmé exprès », pas de chichis… Parfait / 14 une Supra « sport » qui n’est pas montante et qui ne fait pas mal aux yeux / 15 une Gravis « Viking Hi », le modèle de Arto, montante et grisonnante / 16 un Tisheurte Ambiguous « London Calling », sans les Clash / 17 une Chemise à damier noir et blanc de chez Ambiguous / 18 une casquette de la marque Suèdoise « Bellows », pour réveiller la

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69 av. Danielle Casanova 94200 1vry sur Seine

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1 un pantalon beige coupe “chino” de chez KR3W / 2 un t-shirt Element cintré et bariolé 3 une board ZooYork Aaron Suski en 8,25 / 4 un t-shirt Mabasi “j’suis un outil” / 5 un bonnet Ambiguous qui tient tout seul / 6 une chaussure droite Old Skool “San Francisco” de chez Vans / 7 une casquette ZooYork sans sticker (c’est important de le préciser) / 8 une veste coupe-vent “Versus” de chez Carhartt / 9 un blue-jean Element en taille 32 / 10 un t-shirt avec écrit ZooYork en gros dessus / 11 la même chaussure Vans que le #6 mais quelques tailles en dessous, et en velcro / 12 un plateau Western Edition pr Yoshiaki Toeda en hommage à Paul Chambers du quintet formé par Miles Davis en 1959 / 13 un t-shirt Vans simple mais efficace 14 une chaussure gauche Supra Vaider fluo mais pas trop / 15 une chemise à capuche de chez Element / 16 un t-shirt Carhartt mieux rayé qu’un pull Marc Johnson / 17 le 3è épisode de la chaussure Paul Rodriguez Jr de chez Nike / 18 l’outil indispensable Mabasi pour aller avec le t-shirt / 19 le t-shirt Nike pour faire du sport !

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Zoo York infos: 01 56 55 53 60 85 

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Disposable (tome 2) Sean Cliver a commencé sa carrière d’illustrateur dans le skateboard chez PowellPeralta, puis chez Steve Rocco (World Industries, 101, Blind, etc.) où, avec Marc McKee, il a totalement redéfini les règles du jeu en matière de déco de board. En 2007, il sortait « Disposable », un bouquin archi-complet et absolument génial sur les décos de skateboards. Aujourd’hui, après deux années de boulot, il remet ça avec « The Disposable Skateboard Bible » et à vrai dire je n’ai pas tout de suite compris pourquoi le monde avait besoin d’une deuxième version de Disposable. La première me satisfaisant déjà pleinement. Mais après tout, pourquoi pas ? J’avais juste un peu peur, en ouvrant cette deuxième version pour la première fois, qu’elle ne soit pas à la hauteur… Crainte vite balayée par les 368 pages de boards des années 60 à aujourd’hui, des milliers de boards donc, de témoignages de pros (dont plusieurs de Mark « Gator » Rogowski !), d’illustrateurs, de collectionneurs, de patrons de marque de skate, etc. Eh oui, cette seconde « Bible jetable du skateboard » est encore mieux que la première. Encore plus complète, encore plus captivante, encore plus débilisante… Vous allez pouvoir passer des heures et des heures, à regarder des vieilles boards que vous avez eu ou rêvées d’avoir. Vous allez surtout pouvoir apprendre des milliers de choses toutes aussi indispensables que l’histoire de Blockhead, l’influence de Neil Blender sur les décos des Gator, les malheurs des frères Godoy, l’histoire de V.C. Johnson, etc. Cette « Bible » est absolument indispensable à tous ceux qui sont capables de passer des heures sur Ebay à traquer leur première planche et à tous ceux pour qui le skateboard est important tout simplement. Que les autres aillent brûler en enfer. - FD

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jeu - concours

1 Qui est le personnage représenté sur la planche ?

Capricorne

Pontus Alv Sébastien Daurel Jesus Christ

3 Dans la vraie bible (pas « Disposable ») qui est le fils de Dieu ?

Christ-ian Hosoi Jesus Christ Chris Taïg

Adressez vos réponses avant le 31 nov. 2009 à : Soma - Concours Cliché, 13 rue de l’Isère, 38000 Grenoble.

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Par Mme Baisamour (AKA V. Feil)

Verseau

2 Lequel de ces riders n’a jamais skaté pour Cliché ?

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Réussite : 10/20. Doit fournir plus d’efforts. Tirs brouillons. Santé : 8/20. Vous mangez n’importe quoi et donc hygiène dentaire carrément répugnante. Reprenez-vous ! Amour : 17/20. Bravo ! Superbe travail sur la petite blonde du stand à sandwichs. Vous l'avez touchée en plein coeur. Continuez dans ce sens.

Cliché s’est adjoint les services de sean cliver, l’auteur du gros bouquin d’au-dessus, le temps d’une board ultra limitée, et donc ultra collector. À raison de 300 boards pressées et sérigraphiées, dont seulement 90 pour l’europe, ça va pas être facile d’en chopper une, à moins de la gagner ici, en répondant correctement aux questions ci-dessous. Ne tardez pas, il n’y a qu’une planche à gagner, ce serait dommage de la laisser filer, et puis elle ira bien sur votre mur à côté de la gabriel rodriguez…

Chris Haslam Jesus Christ Ricardo Fonseca

le scoop de ouf Ce n’est pas vraiment dans nos habitudes d’annoncer un évènement dans ces colonnes de “Vrac”, mais une fois n’est pas coutume… Alors attention au scoop : le grand, l’unique Tony Hawk, mesdames et messieurs, le seul, le vrai sera à Paris les 20 et 21 novembre pour un grand show à l’américaine sous la grande verrière du Grand Palais, à Paris. A 40 berges, “l’omme oiseau” n’a pas fini de déplacer les foules, alors avant qu’il ne devienne grabataire, mesdames et messieurs, si vous n’avez jamais eu l’occasion de le voir en live et d’aller récolter un autographe du plus grand showman du skate toutes générations confondues (bon, y’avait bien Bill Weiss à un moment mais c’était un autre style…), eh bien ce sera le moment. Nous en tous cas, on ne manquerait ça pour rien au monde ! - DT

Illustrations Soy Panday

de Sean Cliver

R. : Vénus entrera en collision avec Neptune le 17. Les experts s’accordent à dire que la déflagration résultante mettra fin à la civilisation brutalement dans un délai de 4 à 6 heures après l’impact, alors vos petits soucis de kickflips, on s’en fout pas mal. S. : Evitez de vous ruiner en consultation chez l’urologue en début de mois. Serrez les dents, après le 17, vos hémorroïdes ne vous empêcheront plus jamais de dormir, c’est garanti sur facture. A. : Bien que ça m’étonnerait beaucoup de vous, si amour il y a, mettez-en un bon coup tant qu’il est encore temps. R. : Vous battrez votre record personnel en complétant un Rubik’s Cube en 5 minutes. Par contre sur une planche de skate, vous êtes toujours aussi nul. C’est déprimant. S. : À part une petite attaque cardiaque le soir du 23 qui vous laissera paralysé à vie du côté droit, tout ira bien. A. : Un capricorne, ça ressemble à un bouc. C’est peut-être pour ça que vous êtes monté comme un cheval. Dame Nature vous a ainsi mis à l’abri des turpitudes sentimentales du commun des mortels. Les astres sont formels dans les cas similaires : protégez vous ! Balance

R. : Le 10 à 16h38, en route pour aller vous faire rembourser votre pompe agrandisseuse défectueuse, au coin de la rue Biconde et du passage Dutrou, vous trouverez un billet de 5 euros. Pas mal ! S. : Vous étiez déjà une épave, votre membre sectionné à la base par l’engin censé l’allonger fait de vous un déchet. A. : Voilà un souci de moins à gérer pour vous. Gémeaux

R. : Le matin du 4, vous vous réveillerez dans la peau de Ryan Sheckler. Votre réussite est totale. S. : Le corps de Ryan Sheckler. Dois-je rajouter quelque-chose ? A. : RYAN SHECKLER on vous a dit : des TONNES de gonzesses, bordel !

Scorpion

R. : Non. S. : Médiocre. A. : Négatif.

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Bélier

R. : Ce mois-ci, vos kickflips seront salement dégueulasses, genre fusée. Vous devriez avoir honte. S. : Vos poils tomberont à partir du 13. A. : Vous ferez une rencontre à la fin du premier cycle lunaire (autour du 9). Vous vivrez une intense passion érotique. Le 26, vous découvrirez que Mona s’appelle en fait Patrick. Soudain, on entendra moins votre grande gueule.

Taureau

R. : Le 6, vous rentrerez enfin 3-6 flip sur le gap du parking de Carrefour. S. : Le 19, vous vous tuerez en trébuchant dans les escalators du Monoprix. A. : Votre mère ira régulièrement acheter de quoi fleurir votre pierre tombale chez Auchan (les fleurs, pas la tombe).

Vierge

Cancer

R. : Vos efforts porteront leurs fruits le week-end du 6 au 12. S. : Comme vos efforts portent visiblement plus sur la masturbation que sur le skateboard, vos fruits abondants vous vaudront le sobriquet de « Fontaine Champenoise » ou de « Geyser du Limousin » selon votre terroir d’origine. Profitez bien de votre gloriole car dès le 27, vos frasques vous vaudront de perdre totalement l’ouïe. A. : Ce mois-ci encore, vous resterez puceau.

R. : Mercure vous sourit dans la première quinzaine ! On se demande pourquoi vu les immondes slappys noseslides que vous infligez sans relâche au ledge de la mairie depuis 2 mois. S. : La foule n’en pourra plus de vos snakages permanents pour assouvir votre soif de slappys et vous lynchera en beauté le 17 à 16h18 GMT. A. : Sans dents, vous perdrez de votre superbe le samedi soir au Super Macumba. Poissons

Lion

R. : Vous perdrez vos FS flips en même temps que vos clefs de bagnole à une partie de poker. S. : Le 14, vous vous surprendrez en train d’enregistrer un épisode de "Plus belle la vie". La médecine traditionnelle ne peut officiellement plus rien pour vous. A. : Votre femme, cette salope, vous lâchera pour un homme plus jeune qui danse la tecktonik comme un dieu.

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bouquin

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Stories of sole from Vans originals de Doug Paladini

Vans et le skateboard ont une histoire commune qui remonte à l’époque où Stacy Peralta, Jay Adams, Tony Alva etc. ont décidé que ces chaussures en toile, pas chères, pas forcément indestructibles mais avec une semelle qui accroche étaient parfaites pour surfer le bitume. C’était au tout début des années 70 et depuis, Vans a toujours fait des chaussures de skate. Comme dans toute bonne histoire, il y a eu des moments difficiles, d’autres sombres et d’autres carrément honteux, mais au final, ce qu’on retient c’est une vraie belle épopée, un peu comme dans « Autant en emporte le vent », et… Mais en fait non, ça n’a rien à voir.

Pourquoi ce bouquin retraçant l’histoire de Vans vaut-il le détour ? Parce que Chris Miller (qui n’a jamais skaté pour Vans) et Salba nous y parlent du Combi Pool première version et de sa réplique, que John Cardiel nous donne une nouvelle leçon de vie, que Cab nous raconte une belle histoire, que les photos de Rowley, tout gamin (avec des Vision aux pieds…), nous fait bien marrer, même Tony Alva m’a intéressé dans ce bouquin alors qu’en général, il m’agace un peu. Alors bien sûr, il n’y a pas que du skateboard dans ce bouquin, ça parle aussi de surf, de musique, de snowboard et de chaussures, tout simplement, mais les parties qui parlent de skateboard sont vraiment intéressantes. Moi, je vous le conseille, après, vous faites comme vous le sentez. - FD

R. : Aucune amélioration à attendre de vos boneless avant le dernier cycle solaire qui démarre le 19. S. : Tout ira bien si vous évitez de manger du chou. A. : Regardez-vous dans une glace. Ne rêvez pas.

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contest

1. Benji Galloway USA 2. Steven Reeves USA 3. Stu Graham SCO 4. Johnny Turgesen USA 5. Kevin Wenzke GER 6. Tim Johnson USA 89 

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scandinave

Depuis que le skatepark de Malmö existe (2006), le Bowlriders y avait posé ses valises. Mais cette année, c’est la crise mes enfants, Quiksilver n’a plus les moyens de partir en vacances en Suède, ni même à Marseille comme avant. Du coup, les Malmösiens ont décidé de se débrouiller tout seuls et ils ont organisé l’un des plus gros contest de Pool qu’on puisse imaginer : le « Malmö Ultra bowl contest ». La liste des skateurs invités et présents était tout simplement folle. Il y avait même Bill Danforth aka Nomad, une putain de légende des 80’s, qui poussait, et pousse toujours, en mongo. Bref, ce n’est pas vraiment le type d’événement dont vous entendrez parler dans les autres mags français… Heureusement que « El Gato » (celui de Bordeaux, pas l’autre) était sur place pour nous ramener cette photo de Stu Graham, qui n’a pas gagné, il a fait troisième, mais hé, c’est quand même lui le plus beau non ? -FD

Stu Graham, FS air straight legs © Fred Ferand soma 

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L e questionnair E A léatoire A quand remonte ta dernière gueule de bois ? Hmmm, je ne sais plus vraiment, ça fait longtemps que je n’ai pas été bourré, j’ai préféré me concentrer sur le skate… Donc ça remonte à un moment. Quel plat es-tu capable de cuisiner ? Du riz frit, c’est ma mère qui m’a appris !

Jerry Hsu

Quelle est la rumeur la plus folle à ton sujet qui soit remontée jusqu’à toi ? J’en ai entendu beaucoup, toutes

aussi incroyables les unes que les autres, mais le plus souvent, c’est que je suis gay ! Ah ah ah ! Dans combien d’accident de voiture as-tu été impliqué ? Juste des petits accidents, quand j’apprenais à conduire… Le dernier CD que tu as acheté ? Je crois bien que c’était un CD de Animal Collective. Qu’est-ce qu’il faudrait pour que tu sautes la mega-rampe ? Hmmm, je ne crois pas que j’essayerais. Mais il me faudrait beaucoup de protections, et beaucoup d’encouragements ! Et que tous mes potes soient là ! Les endroits les plus dingues où tu aies dû signer des autographes ? Il y a quelques semaines, j’ai signé sur le ventre d’une fille enceinte, elle devait en être à 8 mois ! J’ai aussi signé sur des voitures, et même sur un petit chien, un chihuahua ! Nomme 3 riders qui figurent

dans la première vidéo Emerica et qui ne sont plus sponsorisés par Emerica aujourd’hui. Tu veux dire dans la vidéo “Yellow” ? Oui. Tim Brauch, Phil Shao, Marc Johnson. Quel livre tu conseillerais de lire ? Il

faut lire “The Wisdom of Insecurity” d’Allan Watts. Ou “Tropic of cancer” de Henry Miller. Où étais-tu il y a un an ? Laisse-moi réfléchir… L’été dernier… Je crois que j’étais sur le “Wild ride”, une tournée en moto qu’on a fait sur la Côte Est des Etats-Unis. On devait être en Caroline du Nord, là ! Quel cliché tu avais sur les français et qui s’est par la suite avéré totalement faux ? Avant, on me disait que les français étaient “rudes”, alors qu’en fait, tout le monde est sympa… même au restaurant, la plupart du temps, les gens sont cools avec moi. J’aime

le

les français ! J’aime la France ! Quelle est la mode la plus stupide dans le skate actuellement  ? Les willygrinds. Les kids commencent à tous le faire alors que c’est l’un des tricks les plus moches… Ou le fait d’acheter des trucs plus gros que les autres, en fait, toute la frime que certains font actuellement. Certains croient qu’ils sont des stars de cinéma... Certains le sont ! Ah ah, c’est vrai !

Quelle question tu me poserais, à moi ou à un autre skateur français ? Hmmm… Est-ce que c’est bien la Corse où Napoléon a dû s’exiler ? Oui, en fait, non, il est né en Corse, mais il est mort dans une petit île à l’est, entre la Corse et l’Italie je crois, et dont j’ai oublié le nom… [l’île s’appelle Ste Héléne, et elle se situe dans l’Atlantique sud, en fait… j’ai confondu avec l’île d’Elbe, faudra que je lui dise la prochaine fois !] - DT

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« Y’a deux choses essentielles dans le skate : l’autocollant Spitfire et l’autocollant Indy. Tout le reste c’est du vent ! » - Hugo Liard (via MSN)

L’ I N T E R L U D E

FéDéRAL

Il y a un type dont je tairais le nom (parce que c’est toujours le même), qui voulait que l’on fasse un sujet sur la fédé ou les marques de modules en plastique vendus aux mairies, un article assassin rempli de mots comme “corrompus”, “qui servent à rien”, voire “fils de putes”… Je suis assez d’accord avec l’idée de dénoncer ces marques, c’est intolérable, mais je ne vois pas comment faire quelques colonnes là-dessus pourrait enrayer le problème. Tenez, à ce sujet, je suis allé à une réunion de la fédé, l’autre jour. Ils avaient réservé une salle à Paris et avaient convié tout un tas de “gens du skate” pour leur soumettre l’idée d’un guide comme il en existe un aux Etats-Unis, qui explique clairement aux municipalités les démarches à suivre et les erreurs à ne pas commettre lorsqu’elles se lançent dans un projet de skatepark. L’idée était ma foi plutôt bonne, restait à savoir si les mairies prendraient le temps de le lire avant qu’un fabriquant de “baliroad” ne leur tombe dessus. Personnellement, j’étais pour, si ça pouvait les occuper un moment et éviter de se pencher sur l’équipe de France de skate, c’était toujours ça de pris. Parce que la fédé, on ne sait pas trop comment elle est apparue, mais le fait est qu’elle existe, alors autant qu’elle nous soit utile, notamment sur des sujets comme ça. Leur tirer dessus c’est toujours drôle, facile aussi (on ne s’en prive pas), et ça nous fera toujours croire qu’en se foutant de leur gueule, le skate est encore un peu subversif… - DT 91 

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WeSC activists Ricky Sandström and Chris Pastras contributing to ”We are the Superlative Conspiracy” Pick up a copy at your nearest WeSC retailer. For more information visit www.wesc.com

Contact: WeSC@templar.fr


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la photo de derri è re les fagots cette photo de bien piètre qualité date du 12 juillet 1998. Arto n’était alors qu’un gamin de seize ans qui pour la première fois avait quitté sa Finlande sans ses parents, pour passer l’été en Europe avec deux potes plus âgés et pour participer aux contests de Copenhague, Lausanne et Montpellier. À l’époque je bossais pour le mag « Freestyler » et cet été là, Arnette, la marque de lunettes, nous avait prêté, à mon collègue et moi, leur camping-car, pour faire le tour du pays basque avec Marc Haziza, Alexis Jauzion et Kévin Besset. Nous avions aussi embarqué notre pote photographe Timo Hypponen, qui avait luimême embarqué deux skateurs Finlandais : Aki Karjä, légende locale et Arto Saari. À la base, Arto n’était même pas prévu, mais peu de temps avant le départ, Timo nous avait demandé s’il restait de la place pour un autre pote à lui, un petit jeune qui apparemment skatait super bien, mais qui était surtout très cool, « vous verrez, il prend pas de place, et il fera pas chier ». Il nous avait aussi envoyé sa « sponsor me video » pour qu’on la passe à Cliché, des fois que… Comme en plus, Jauzion nous faisait faux bond au dernier moment, finalement, ça tombait bien. Bien sûr, on avait tous halluciné sur Arto. Déjà, c’était le gamin le plus cool qu’on puisse imaginer, on l’appelait « sweet sixteen » et Kévin Besset et lui formait un couple assez improbable… Mais sur un skateboard, c’était vraiment fou. Je me rappelle l’avoir empêché de faire un rail, un truc El Toro-esque parce que ça me faisait trop peur, même à regarder… Il n’avait pas compris.

Ce 12 juillet donc, nous étions revenus du pays basque et Arto avait participé à la finale du Grand Prix de Lausanne, il avait terminé cinquième, mais il avait surtout fait trembler le monde du skateboard avec son aisance et son sac de tricks sans fond. Je me souviens que Kareem Campbell lui avait direct sauté dessus pour lui proposer de skater pour City Stars (avec d’autres jeunes : Paul Rodriguez, Mikey Taylor, etc.), que Rowley avait fait pareil pour Flip mais qu’en gros, tout le monde lui avait proposé de skater pour sa marque… Arto ne comprenait pas trop ce qui lui arrivait, d’autant plus que Cliché n’avait jamais donné de nouvelles (en fait, ils ont direct compris en regardant les images qu’il allait être débauché par une marque américaine une fois qu’il aurait participé aux contests de l’été). Arto était donc à bloc, Rowley, son héros, lui avait proposé de le sponsoriser… Bref, ce soir-là, les trois Finlandais, mon collègue et moi étions rentrés à Grenoble pendant qu’une équipe de France mettait trois buts à une équipe du Brésil en finale de la coupe du monde de Football. On a eu le temps d’arriver, de faire cette photo du champion posant avec tout ce qu’il avait ramené de son week-end en Suisse, puis on est allé prétendre qu’on se passionnait pour le foot au milieu de fous furieux qui hurlaient leur joie d’être champions du monde de foot (ou champions du monde de beauferie, comme vous voulez).

« Je me rappelle l’avoir empêché de faire un rail, un truc El Toro-esque parce que ça me faisait trop peur, même à regarder… »

Je me souviens que le week-end d’après, au contest de Montpellier, Moses Itkonen, Colin McKay et peut-être même Danny Way (pas sûr pour le dernier) lui étaient tombés dessus. Moses avait usé de ses origines finlandaises et de son parfait finnois pour l’enrôler plus ou moins de force chez Platinium. Arto n’avait pas réussi à refuser, et il ne savait pas trop s’il devait être content ou le contraire. Devoir dire non à Rowley l’avait un peu bouleversé, mais bon, à seize ans, t’envoie pas bouler les « Red Dragons »… Heureusement pour tout le monde, l’aventure Platinium n’a duré que quelques semaines, Arto a vite filé chez Flip et la suite de l’histoire, vous la connaissez aussi bien que moi. Aujourd’hui, il ne vient plus trop à Grenoble et je crois qu’il a arrêté de se faire prendre en photo chaque fois qu’on lui donne deux boards, des stickers et quelques centaines d’euros. 93 

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the w orld famous 3 ’ s 3 tricks que tu ne sais pas faire : switch BS tail slide, switch BS lipslide, varial kickflip. 3 tricks pour s’échauffer : FS grind, ollie et ollie 180. 3 objets indispensables à emporter en voyage : de la musique, un livre, des chaussettes. 3 skateurs français que tu aimes voir skater : JB, Jérémie Daclin, Lucas. 3 spots que tu voulais absolument skater à Paris : le grand quarter blanc, celui où Busenitz

Spanky

fait BS lipslide, mais comme ce n’est pas la première fois que je viens, j’ai à peu près skaté tous les spots que je voulais, comme les plan inclinés en brique [Créteil], ou Bercy… 3 choses à faire quand il pleut, en tournée : boire, se ballader dans la ville, aller au restau… 3 personnes qui pourraient avoir la dernière part’ dans “Staygold” : tout le monde pourrait… Andrew, Jerry, ou même Herman ! 3 pers. avec qui faire la fête : Ako et Atiba Jefferson, mon collocataire Steve, et Brian Anderson.

RNE DE SCOTT BOU E U Q I N O R H C A L Marc et moi sommes en voiture, en route pour la plage en compagnie d’Aurélie, dont je viens à peine de faire connaissance. Avec Marc, c’est la première fois que nous nous retrouvons tous les deux depuis son retour, ce matin. Presque aussitôt nous entamons une conversation en anglais qu’Aurélie n’arrive à suivre que partiellement. Marc, qui vient tout juste de finir de lire Lolita, m’explique à quel point ce livre l’a complètement libéré de tout sentiment de culpabilité qu’il éprouvait par rapport au ravissant jeune mannequin qu’il fréquente actuellement, de plus de 10 ans sa cadette. Je hoche la tête et je lève les sourcils en le regardant. Aurélie, qui a notre âge, sourit et se moque gentiment de nous, mais nous n’avons pas honte. Il y a peu d’hommes qui partagent mon amour pour les femmes et Marc en fait partie. Nous parlons ouvertement de ce sujet, dans n’importe quelles circonstances, mais je n’arrive pas déterminer si elle est amusée, flattée ou si son anglais est comme mon français et qu’il laisse une vaste place à l’imagination. Nous arrivons à la plage avant les autres et très vite nous nous retrouvons tous les trois dans l’eau à flotter parmi les courants rafraîchissants de l’Atlantique. Marc rejoint la plage pour aller nous chercher des masques. À son retour, j’en enfile un rapidement sur mon visage et je plonge dans l’océan explorer les fonds. Mais il est impossible de se concentrer sur l’environnement marin quand on plonge dans les mêmes eaux qu’une belle femme en bikini. J’éprouve un immense plaisir en me laissant distraire par les mouvements des fesses d’Aurélie alors qu’elle plonge juste en dessous de moi. Ses mouvements seraient inimitables par une jeune femme âgée de la vingtaine. Son corps tremble et brille alors qu’elle plonge sous la surface ; un petit morceau de tissu bien ficelé sur son pubis empêche la petite bête de s’échapper dans l’océan où elle est née. C’est un spectacle magnifique que d’admirer ces mouvements, invisibles depuis le rivage et impossibles dans un corps juvénile. Marc peut bien garder sa Lolita, mon corps est attiré par Aurélie. De retour à la maison, j’observe les femmes alors qu’elles préparent à manger pour les hommes. Nous avons tous la trentaine et sommes célibataires, à l’exception de mon ex, Laure, dont le nouveau copain est un jeunot de 21 ans. Je m’observe et j’observe les autres hommes, notre manière de percevoir le monde et celle des femmes de notre petit groupe qui s’inquiètent légèrement de notre penchant. Elles nous regardent observer d’autres femmes. Ces temps-ci, non seulement je regarde d’autres femmes, mais en plus je regarde des enfants et des mères avec leurs enfants. Je suis étonné et souvent confus par le vaste éventail d’émotions différentes que les femmes parviennent à éveiller en moi. L’une veut du sexe et la guerre. Sa simple présence me fait désirer sa chatte et pour cette chatte je me battrais en mourant d’envie de la pénétrer… et de me ballotter 95 

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etsch n : Aurélia Ru Traductio gmail.com fairplay.translation@

dedans ! Une autre me donne envie de porter un enfant, d’avoir une maison et de fonder une famille… de me reposer en toute sécurité dans son ventre et de faire l’amour. Ces femmes sont des créatures magiques et mystiques dont les secrets m’échappent complètement. En ce moment, j’ai une envie profonde de procréer, de voir un enfant grandir dans le corps de sa mère. Ce même corps où j’aurais déposé ma matière génétique tourmentée, mes problèmes, mes dépendances, mes passions, mes poings meurtris et brisés ; ce ventre que j’ai moimême quitté pour que mon paternel accède à la paternité ! Un maillot de bain est quelque chose de MAGIQUE, ce petit bout de tissu qui couvre le tout petit TABOU. Jamais auparavant l’homme n’a-t-il eu l’occasion d’apercevoir soudainement, de si nombreuses fois, cette partie d’une femme… Ce petit mur mouillé qui retient les bébés. Grâce à ce miraculeux petit morceau de tissu, j’ai pu apercevoir les portes du plaisir de toutes ces jeunes femmes qui sont d’autant plus splendides lorsqu’elles surgissent hors contexte. Quand les culottes des femmes sont tout simplement rebaptisées « bikini », elles semblent miraculeusement libérées de leur sexualité. La petite bête devient une œuvre de toute beauté, évoquant la facilité et la féminité. Les femmes décroisent les jambes quand elles sont assises, elles portent des mini-jupes riquiquis, elles s’installent tout aussi joyeusement sur les genoux d’autrui alors que le petit morceau de tissus se frotte, d’avant en arrière, sur votre peau, et que la petite bête bien taillée frôle la surface ! Hier soir encore j’ai remarqué Laure vautrée sur le canapé avec un livre. Son entrecuisse magnifique se dessinait sous sa jupe. Après une inspection plus minutieuse, je me suis rendu compte qu’en fait il ne s’agissait pas de son bikini mais des délicats plis en coton de sa culotte ! Elle avait évidemment oublié qu’elle n’était plus en bikini et qu’elle portait ses vêtements. C’est à que je me suis allongé à côté d’elle et que j’ai glissé mes doigts sous la couture et caressé ses petits seins alors qu’elle finissait sa lecture. Et puis, avec un sourire agité et dans un soupir elle a attrapé et rejeté ma main en disant : « Scott, je ne peux pas, j’ai un copain ! » Ensuite, à table, au dîner, j’ai regardé Elisa qui portait une chemisette enjamber le banc pour s’installer. Et pendant ce temps, j’ai pu admirer son long entrejambe sensuel. Elle m’a souri alors que j’admirais le petit monstre, ses lèvres pressées contre la surface de son bikini qui me renvoyaient mon sourire ! Ellemême rigolait alors qu’elle se penchait en avant pour me permettre d’avoir un aperçu rapide de sa poitrine qui frôlait la surface de son ample chemisette. Après le repas, Aurélie fumait vêtue d’un petit short. Ses jambes se décroisaient et révélaient son entrecuisse dans l’ombre de la jambe de son short… le mystère m’envahit et je me suis souvenu comment j’avais regardé son corps bougé plus tôt dans la journée, alors qu’elle plongeait dans la mer. Quelle merveilleuse chose de pouvoir admirer ce moment de ma vie et d’avoir le plaisir de facilement apercevoir l’entrejambe d’une femme rien qu’en l’emmenant à la plage et en donnant un autre nom à un vêtement qui recouvrent sa merveilleuse petite bête.


« Si vous vous êtes mal comporté, repentez-vous, faites amende honorable et promettez de mieux vous comporter la fois prochaine. Ne ressassez pas vos erreurs. Se traîner dans la boue n’a jamais été le meilleur moyen de se nettoyer. » Aldous Huxley - Le meilleur des mondes

SOMA #13  

Octobre - Novembre 2009