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Tome 1 2010–2011

uture F w o Sn


URL.COM C IP R T A E R O M SEE

LIVE THE SEARCH


©Jérome Tanon

Check in the latest Rip Curl movie

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x al Ou CH Ty r is CH PH OT O:

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CAPT. DAN BRISSE

K.I.A. 06|30|62 EXHUMED 01|28|24 STATUS: REACTIVATED COMMENTS: CHALLENGES THE LIMITATIONS OF TIME AND SPACE

THE BLACK SNOWBOARD OF DEATH DEPLOYMENT: REVOLUTIONARY ALL TERRAIN FREESTYLE SpecOps: ALL MOUNTAIN BAD ASS

USER DEFINED CONFIG: FREERIDE FK

TYPE: ADVANCED LASER GUIDED MISSLE CRUISER

CLASS: DIRECTIONAL ULTRA ANNIHILATOR

TEMPLAR SAS | DIVISION69@TEMPLAR.FR

T E N

Y E A R S

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D E S T R U C T I O N

www.capitasnowboarding.com


sport olympique en 1998. » Fin de la définition. Quand on s’ennuie Donc, si je comprends bien, depuis 1998 : Rien ! Le Snowboard est mort, tué par les vraiment au bureau J.O… Ha ha, j’aurais pas fait mieux ! C’est pas et qu’on essaye moi qui le dit hein, c’est la plus grosse encyclopédie au monde. vaguement de pondre Bref, ça m’a bien fait marrer et ça m’a permis une intro pour de me demander si réellement, c’était foutu pour le snowboard, ou s’il restait encore un un magazine peu d’espoir. Le fait qu’on se lance aujourd’hui 8 de snowboard, dans l’aventure de ce magazine, prouve qu’on y croit encore avec les collègues, mais force je ne sais pas comment est de constater qu’en terme de « coolitude », le ski Freestyle a largement pris le pied sur vous faites vous, mais le snowboard. Pourtant c’était pas gagné d’avance, des rollers à la neige, je ne pensais personnellement, pas que ça pourrait un jour, faire rêver la jeuje commence par aller nesse. Parce qu’il faut bien se rendre à l’évidence, les jeunes, ils veulent faire du ski, pas me faire un café, du snowboard. C’est d’ailleurs assez curieux, parce que quand on y pense, le ski Freestyle, puis je vais me perdre ça n’est pas une discipline Olympique. Wikipedia n’aurait donc pas complètement tort ? sur Internet. Possible, mais l’heure n’est pas aux pleurnicheries. Il y a Act qui déboule et qui vient C’est génial Internet, mettre un bon coup de fraîcheur dans la presse vous connaissez ? française. D’un autre côté, Snowsurf qui se remotive comme jamais et puis il y a nous, C’est simple, il y a petit magazine gratuit et annuel, le cul un peu entre deux chaises il est vrai, mais on est tout ce qu’on cherche. quand même contents d’être là, et n’en déplaise aux blancs à dreadlocks, aux amateurs Par exemple là, j’ai de séquences et à toute forme de fédération, tapé « snowboarding » il va falloir désormais compter avec nous… sur mon moteur CouvertureAu moins pour cette année. Fredd Lukas Goller fait du flat dans la peuf, de recherche, Valsenales Photo Matthieu Georges et PAF ! Mon intro était toute faite… Citons Wikipedia s’il vous plait : « Le snowboard est un sport qui consiste à descendre une pente recouverte de neige avec un snowboard attaché aux pieds à l'aide de bottes spéciales et de fixations. Le développement du snowboard a été inspiré par le skateboard, le surf et le ski. Il a été développé aux Etats-Unis dans les années 1960 et 1970 et est devenu un


12 Ours N’allez pas vous vexer, cette photo ne s’adresse qu’à nous et c’est du 100% « private joke ». Désolé, le reste du magazine devrait être un peu moins codé. 16 YoungBlood Il n’est pas « Young », ne fait que très rarement couler son « Blood », il n’est même pas bon en snowboard, mais c’est lui le vrai champion du monde. 20 Le chiffre magique de Chris Cunningham On aurait préféré que ses rouquins préférés soient Richie Cunningham, Ron Weasley et Chuck Norris, mais il se rattrape avec les trois meilleurs tricks de pipe. 24 Le Vrac Les F.A.Q., des fausses couvertures et des piommes. 26 La galerie Gabby, Danny, Valerian, Anne-Flore, Kalle et Jules par Matthieu, Pascal et Jérome. 36 Val d’Ese, Alaska Surf, Skate, Snowboard et caravaning au pays des cochons sauvages. 10 48 Igloo Trip Promiscuité, haute montagne, météo foireuse : la recette du bonheur. 56 Arlberg Blues Mathieu Schaer tente sa chance, mais devra revenir la saison prochaine. 68 « The Garden » Comme dans la vidéo, mais en fait pas vraiment. 74 Victor Daviet Que des hammers ! 86 Critical Conditions Attention, article sérieux, limite chiant. Il aurait presque pu finir dans Act… 98 Le Flare Une histoire d’aberration. 106 Éteignons la flamme Scalp a kiffé les X-games, pas nous. 110 Les Tests Rigueur, professionnalisme, impartialité : les tests parfaits ! 122 Ghost Rider C’est lui l’meilleur, mais faut surtout pas lui dire.


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Opium est édité par Les ÉDITIONS DU GARAGE SARL au capital de 8000 euros 13, rue de l’Isère 38000 Grenoble Toute reproduction, même partielle est interdite, sinon on lance encore un autre mag : « sNowAct beat » et on s’installe dans la cave de Nivéales.

Direction Artistique Jad Hussein – look specific Rédaction Fred(d) Demard (fred@somaskate.com) Publicité David Turakiewicz (tura@somaskate.com)

Rédacteurs Jérôme Tanon, Denis Bertrand, Sandra Stavo-Debauge, Stephane Gros, Rémi Petit, Arnaud De Grave. Photographes Jérome Tanon, Rémi Petit, Cyril Müller, Matthieu Georges, Scalp, Stéphanie Solinas, Keijo Leppala, Rémy Barreyat.

Impression Snel Grafics sa, Vottem, Belgique

Merci Tonton Yves. Le TSG et affiliés. Le chalet du grand père Chéruy. La Chose & le run du trois places. Mandar, Ouin, Jan, Loïc et même Fred (!). Jacques Gris. Pascal Juliard, Bob, Jean-Carl & l’Absinthe. La Laule. Grat pour les croissants et tout le reste. Denis Bertrand, Pascal Malhterre & Vianney chez sNowsurf. « The finnish family I never had » (Sa ou fé Mäyräs). Oliv’air Twist & Daz. Benny et les lyonnais. Tura. Mike Mailman, Sandra SD. L’Arrog, Djul. Stéphanie Protet. Stephane l’ours. Damien Giraud & Steph Morretti. Léo et Sonic Youth. Fab au 1900. « La baie des cochons crew ». Jad. Bertrand. Tchag, Brynild, Steph & co chez « Act ». J-Moonir. Arnaud DG, Jérome Tanon, Rémi Petit, Cyril Müller, Matthieu Georges, Scalp. Victor Daviet. l’Intercrew crew et Bruno Rivoire. Guillaume D. et les potes de sessions de Chamrousse et d’ailleurs.


Design a Snow Feature Contest Imagine l’obstacle de Jib de tes rêves. Dessines-le sur papier ou à l’aide de ton ordinateur, et envois-le à Analog. Lâches toi sur le module le plus fou, ou simplement la réplique d’un spot déjà existant ! Le vainqueur sera choisi en fonction de la créativité, des variations de tricks offertes par le module, les contraintes de réalisation seront également prises en compte. Si tu gagnes, le module de tes rêves sera construit et tu seras invité pour un week-end au Design Unlikely Features Contest. Avoriaz 1800 accueillera l’évènement où tu pourras participer au premier contest jamais organisé sur cet obstacle, ou tout simplement le rider à la cool avec le team, fraîchement habillé Analog de la tête aux pieds ! Pour lire le règlement et participer, connectes-toi sur www.analogclothing.com

an al ogcl ot hi ng.com

Design Unlikey Features contest will be sponsored by and held at Avoriaz 1800 Resort


Backside Air dans le Tyrol

Jari Salo 16

Photo Keke Leppälä

Peu de gens le savent, mais Jari Salo est le meilleur snowboarder au monde. Ça ne saute pas forcément aux yeux quand on le voit pour la première fois, la deuxième non plus, mais tous ceux qui le connaissent vraiment sont, j’en suis sûr, de mon avis. Évidemment, d’un point de vue purement fédéral, sa première place est assez discutable. En fait, Jari n’est pas particulièrement doué pour le snowboard, non, aucun talent particulier de ce côté là, rien d’alarmant non plus, le problème c’est surtout que c’est une putain de chochotte ! Depuis la quinzaine d’années que je le connais, je le vois perpétuellement ré-apprendre les deux mêmes tricks… Mais là où il marque des points, c’est que comme Jake Burton, il se fait un devoir de rider un minimum de 100 journées par an, et que, comme un gamin de six ans, il est toujours prêt le premier et toujours le dernier à vouloir rentrer à l’appart. Il se réveille avec le

sourire, fait de ta vie un enfer tant que tu n’es pas sur le télésiège avec lui, fera la gueule si tu as le malheur de vouloir faire une pause déjeuner et se couchera avec le sourire, content d’avoir ré-appris les 360 dans les deux sens… Il n’est donc pas pro, mais graphiste, bosse un peu dans le snowboard, mais pas que, et il claque tout son argent dans les voyages aux quatre coins du monde pour rider de la poudreuse toute l’année. Une fois, son pote Joni Mäkinen (alors qu’il était encore pro), a voulu lui prouver qu’il passait plus de temps sur la neige que lui, ils ont donc comptabilisées toutes leurs sorties sur une saison et Jari lui a mis une vingtaine de journées dans la vue (il avait poussé jusqu’à environ 140)… C’est donc un grand malade et le meilleur plus mauvais snowboarder au monde. Prosternez-vous ! Fredd


Tel: +39 0342 683494 www.a4distribution.info Mark Welsh photos. coalheadwear.com

Jon Kooley in the Team


17 DAYS OF RECOVERY TO GET TO THE SLOPES


TO GET THERE

RIDER: AYMERIC TONIN — PROTEST.EU


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Chris Cunninghan (is a magic number)

Photo RĂŠmy Barreyat


Soyons clairs, les rails, ça n’est pas notre truc ici. On n’a rien contre à priori, mais… Comment dire ? Personnellement, ça me fait à peu près le même effet que le reggae : à petite dose, je trouve ça sympa, franchement. Mais au bout du troisième morceau, je deviens agressif, ouais, c’est une musique qui me donne envie de cogner, j’y peux rien, c’est comme ça. Et donc, pour en revenir aux rails, parce que je ne sais pas pourquoi je vous parle de reggae, ça n’a absolument rien à voir, n’hésitez pas à me le dire si je divague, sinon on ne va jamais arriver au bout de cette intro, et puis c’est pas de moi dont il est question ici, c’est de Chris Cunningham et de sa passion pour les rails. Parce que même si on hallucine un peu, on trouve ça assez fascinant que des gars ne rident pratiquement que des rails. C’est vraiment une approche radicalement différente de notre vision du snowboard, mais pourquoi pas ? Les gens font ce qu’ils veulent après tout, s’ils veulent aller jusqu’à Helsinki pour faire du snowboard alors qu’ils habitent dans les Alpes Françaises (les Alpes Finlandaises sont nettement moins réputées), s’ils sautent de joie quand il y a de la neige à Paris et que les ledges de Bercy sont « ridables », pourquoi pas… Tout le monde est libre, de faire ce que bon lui semble… Bien sûr, je ne pense pas du tout ce que je dis là, je fais juste semblant d’être tolérant pour casser mon image de Nazi, qui disons-le, m’handicape un peu avec les filles. Les meufs, le nazisme, ça les fait plus rêver, la peur d’être tondues peut-être, je ne sais pas, tiens, je suis encore en train de raconter n’importe quoi… Revenons donc à ce Chris Cunningham, lui par exemple, il est complètement irrécupérable, mais ça ne l’empêche pas d’être très sympathique, super balèze (ses parts dans les Ero one sont folles quand même) et bref, voilà ses 3 vérités… Fredd Tes 3 Cunningham préférés ? Cate Cunningham, Amanda Cunningham et Bob Cunningham Tes 3 rouquins préférés ? Antoine Baduel, Cartman et encore Antoine Baduel. Les 3 tricks les plus moches : Les triples corks, les board slides « chaise »

et mon 360 Stale Fish dans la vidéo SKG. Les 3 meilleurs tricks de pipe : Air to fakie, gros air to fakie et énorme air to fakie. Les 3 meilleurs rails dans le monde : Celui que je mettais dans les escaliers devant chez moi pour m’entraîner, le down parfait et le kink parfait que j’espère encore trouver un jour. Les 3 meilleurs riders de rails : J.P Walker, L.N.P, Bitner, Grenier, Paxson, Jones et mille autres encore. Les 3 meilleures villes pour le « snowboard » : Helsinki, Québec et la ville imaginaire aux milliers de rails parfaits où je m’évade pendant mon sommeil. Les 3 meilleurs mags français de tous les temps : Heuuuu.... Les 3 meilleurs morceaux à écouter avant de se jeter sur un rail : Wu Tang « Protect Your Neck », Iron Maiden « Fear of the Dark » et bizarrement toute la discographie de Dylan. Les 3 meilleures vidéos parts : Joe Sexton dans la première vidéo Stepchild, Chris Grenier dans la Transworld de l’année dernière et Maiko Nicolet dans la « Voilà ». Les 3 meilleurs clips réalisés par Chris Cunningham : « Rubber Johnny », « Only You » et « Comme to Daddy ». Les 3 meilleurs groupes : Wu-Tang, Army of the Pharaohs et les Stones. Les 3 meilleurs groupes de Heavy Metal : Maiden, Coka Nostra et Fall of a Season... héhé, ça fait des années que je les ai pas entendus tient. Les 3 meilleures personnes au monde : Y’en a trop... Tout ceux qui se bougent pour que les choses changent et aillent dans le bon sens. 3 personnes à éliminer de cette planète : Dieu, Rupert Murdoch et tous extrémistes quels qu’ils soient… 3 anecdotes sur votre tournée d’avant-premières de la vidéo Ero One : Oh la la, juste trois ? Alors, en premier, je dirais le Fosbury de Julien par-dessus une haie qui m’a sauvé de tomber dans un coma profond et a relancé ma soirée par le rire. En deuxième, la course folle de Mathieu Shaer qui s’est pris pour Hussein Bolt en rattrapant un sale type qui venait de taper son pote avec un verre et la dernière ne vous regarde pas…

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3 kinks, 2 filmeurs, 1 Sam Cunnigham Front board, Thonon-les-Bains

3 avantages à avoir la double nationalité : Officiellement je n’ai pas la double nationalité... Sinon je dirais que faire semblant d’avoir un accent français à l’étranger ça aide avec les filles, voyager c’est encore plus facile avec un passeport Anglais et je ne peux pas perdre de points sur mon permis de conduire ! 3 bonnes raisons d’avoir Julien Haricot comme team manager : Avant, Julien c’était un mec bien avec une carte de crédit Bataleon en soirée… Mais maintenant il sert à rien hé hé… Et paf, mon budget qui part en fumée ! Les 3 meilleurs Freeriders : Heuuuu… Faute de savoir vraiment, je dirais : Jones, Delerue et mon père. 3 choses à faire avant de mourir : Scorer dans plus de 70 pays, vivre à fond, changer le monde et avoir le droit de recommencer à la fin.

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Le courrier du voisin (Merci patwon !) :

Aux piommes

bent sans qu’on les ramasse. Où est notre bon sens ? Pourquoi la piomme ne fait pas partie des fruits de fêtes ? Juste bon à donner aux cochons. Alors c’est vrai que lorsque

Zêtes qui dabor ? On est « les gars de Soma », le mag de skateboard. Dans le tas, il y en a même un qui faisait « Freestyler » quand il était jeune.

C’est un vrai trésor juste autour de nous

Fred m’a annoncé début janvier au pied

et nous ne nous en rendons pas compte.

du télécabine de Balme à la Clusaz qui bai-

En effet, quel village de France n’a pas des

gnait dans la poudreuse froide, « ah oui au

piommiers dans les jardins, les vergers, les

fait je lance un magazine : aux piommes »,

champs, les bords de route. Dans nos ré-

là je me suis dit : « enfin des vraies valeurs ».

gions tempérées, la piomme est le fruit de

Longue vie au magazine aux piommes !

pays par excellente. Elle est grosse, ronde,

Voisin Denis (Bertrand)

facilement sucrée sans trop de soleil, tardive pour ne pas craindre les gels de printemps, et elle se conserve tout l’hiver. Elle se décline

Les covers auxquelles vous avez échappées :

en des dizaines de variétés. Un connaisseur en piommes aura la même passion pour son fruit que celle des fins nez en vins. Trop environnante, elle semble pourtant

Koman vous vous payé si vous vendé pa votr catalog ? Les annonceurs, merci à eux, financent entièrement le magazine. Ils ne nous dictent pas nos articles pour autant. Ils nous font confiance, à leur risque et péril (les oufs !).

perdre les faveurs d’un public qui devrait la remercier tous les jours. La lassitude, les doigts plein de jus, le goût cartonné de sa peau, les labeurs de l’épluchage au couteau dans notre société du tout prêt, le conditionnement en sacs et non en boîte, tout cela pousse à préférer d’autres origines. Mandarines, bananes, mangues, ananas, confitures, nappages, gâteaux confits, barres aux fruits, salades sucrées, faux fruits en pate d’amande exitent les consommateurs des supermarchés. Des bateaux de ferraille traversent les tropiques pour nous les livrer. Savez-vous combien chaque occidental consomme indirectement d’acier dans sa vie, en particulier pour des bateaux comme ça, ou des trains, des avions pour les fruits fragiles, des engins militaires pour défendre ces grands flux commerciaux, des hangars, des commerces, des voitures pour aller aux commissions et des camions pour faire les routes d’accès ? Vous divi-

Sa dois bien l’faire nivau cayasse d’faire Soma et Opium ? (koman que vous devé vous gavé !) Hein ?

sez la consommation annuelle d’acier par le nombre d’habitants et vous multipliez le résultat par notre durée de vie moyenne. Vous, moi, arrivons au chiffre hallucinant de 400 tonnes ! Avec notre usage des téléskis et des handrails, on doit en plus être un peu au dessus. 400 tonnes ! À coté de ça, il y a des piommes dans les jardins qui tom-

Pourkoi vous avé choisi Opium et Soma comme nom, vous zète des gros défoncé, c’est sa ? Le but était de mettre l’accent sur le côté addictif du snowboard et du skateboard tout en essayant de ne pas trop passer pour des camés non plus. Le Soma est une référence directe au « Meilleur des Mondes » d’Aldous Huxley et l’Opium est la drogue des poètes, donc il y a une sorte de cohérence là-dessous…


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17/09/2010 10:50


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Gabby Bessi, FS Noseslide up nollie to FS noseslide down Chamrousse, Sunset Park Photo Matthieu Georges


Double-page précédente Danny Larsen, Method, Oslo Photo Jérome Tanon

Valérian Ducourtil, FS 360 Stalefish Photo Scalp


Anne-Flore Marxer, BS Fenceride, Valsenales Photo Matthieu Georges


Khalle Olson, Method, Avoriaz Photo Jérome Tanon

Double-page suivante Jules Reymond, SW BS 540, Courmayeur Photo Jérome Tanon


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Texte Fredd Photos Cyril M端ller


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Si pour vous le snowboard ne rime qu’avec barres de fer, ledges en béton, murs gelés et bon son brut pour les truands, il est possible que l’évocation de Valdez en Alaska ne vous fasse pas vraiment frémir. Si par contre vous pouvez regarder une part de Jeremy Jones (celui qui ne se prend pas pour Jason Jessee) sans vous endormir, il y a fort à parier que Valdez soit pour vous une sorte d’Eldorado. Un lieu magique où ont été écrites les plus belles pages de l’histoire du Freeride. Ou Axel Pauporte est devenu King of the Hill en manquant de se tuer et ou Terje et Johan Olofson notamment (bien d’autres aussi), y ont repoussé toutes les

limites et ont contribué à donner ses lettres de noblesse à cette région du monde qui pour nous autres européens, semble totalement inaccessible. Le genre d’endroit dont on se contente de rêver parce que c’est loin et puis de toute façon, on n’oserait pas s’y frotter. Tout y est vingt fois plus raide, vingt fois plus haut, vingt fois plus grand, vingt fois plus beau, vingt fois plus dangereux… Val d’Ese Corsica, par contre, je ne veux vexer personne bien sûr, mais ça ne m’a jamais vraiment fait rêver. À vrai dire, avant qu’une troupe composée de Jack Mitrani, Mikkel Bang, Garry Greenshields, Simon Gruber, Niels Schack, le photographe


Double-page précédente Gary Greenshields, BS Air

Gary Greenshields, Invert

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Cyril Mueller et un ou deux autres, soit allé y garer ses camping-cars l’hiver dernier, je ne savais même pas que ça existait. Alors bien sûr, la Corse, je connaissais, moi aussi j’ai lu Astérix, je ne suis pas complètement débile non-plus. Mais disons que l’île n’est pas vraiment réputée comme lieu de pèlerinage du snowboarder. Pas autant que l’Alaska quoi. Ne vous étonnez donc pas s’il n’est pas question dans ce texte de pilotes d’hélicoptères vétérans du Vietnam et complètement cinglés ou d’attaques de Grizzlies, mais plutôt de cochons sauvages, de fromages qui puent et d’indépendantistes complètement cinglés… Amis Corses, vos colis piégés sont à adresser directement aux Éditions du Garage, 13 rue de l’Isère, à Grenoble. Merci de ne pas mettre de trop grosses bombes sinon ça rentre pas dans la boîte aux lettres et faut que j’aille chercher le colis à la Poste, et bref, c’est galère quoi, merci de votre compréhension. Bon, je ne vais pas vous mentir, je ne suis pas allé en Corse avec tous les zozos cités plus haut. J’y suis allé avec ma meuf et les enfants au printemps dernier, mais le récit de nos vacances risque de ne pas vous passionner. Pourtant on a eu beau temps, et y’avait personne sur la plage. Si vous insistez, je raconte. Non ? ça n’intéresse personne ? Et bein ça fait plaisir… Donc, non, j’étais pas invité à partir avec les snowboarders là. Je le déplore d’ailleurs, parce que la Corse n’est pas surnommée « l’île de beauté » par unique fierté indépendantiste. Non, l’île est vraiment incroyable, trop belle, et trop sauvage pour être française, soit dit en passant. Savez-vous qu’il n’y a pas de MacDo en Corse ? C’est fou hein ? Oui, bon, on s’en fout un peu. Donc je ne suis pas allé faire le tour des stations (trois) et des spots de surf et de skate. C’est couillon, parce que si j’y avais été, j’aurais eu quelque chose à vous raconter, alors que là… En même temps, les photos parlent d’elles-

mêmes je trouve. Regardez bien, qu’est ce qu’on y voit ? Des conditions de neige un peu pourries, une météo dégueux, des gens qui se marrent quand même… Voilà en deux lignes le résumé du texte de trois pages qu’ils m’ont envoyé, plutôt bien écrit d’ailleurs mais qui ne m’a pas passionné outre mesure. Et puis oh, ça va hein, vous êtes quatre à lire ce texte, les autres vont juste regarder les photos, alors vous allez pas commencer à faire chier ! Comment ça je débloque ? C’est possible, veuillez m’excuser, vive la Corse libre, les cochons sauvages et les tenues militaires et passons à l’article suivant. Merci.


Niels Schack, Ollie

Niels Schack, BS Smith

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Jack Mitrani & Mikkel Bang, Stalefishs

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Simon Gruber, FS boarslide

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Col Agnel, 2744 m, Queyras, Hautes-Alpes, France. 10, 11 & 12 mai. Neige de printemps, manteau stable. Thomas Delfino & Victor Daviet. 700 mètres de dénivelé. Texte & Photos Rémi Petit


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Le premier réflexe avant de partir camper trois jours en montagne est de s’informer sur les conditions météo. Cela tombe sous le sens. Il faut être complètement inconscient pour partir dormir dans la neige sans s’être au préalable enquérit du temps que nous réserve Tania Young. Fort de ce constat, nous n’avons pas jugé bon de consulter le moindre bulletin météo et sommes partis avec nos duvets et nos soupes lyophilisées, la fleur au fusil… Nous bâtissons notre hôtel de fortune dans la tempête, tempête qui nous accompagnera jusqu’au matin du troisième jour, celui où Dieu créa la mer et la montagne. Cette dernière est belle et radieuse, contrairement à nous après deux jours passés quasi enfermés à jouer au Uno. Au matin du troisième jour donc, les boots ont engrangé tellement d’humi-

dité que même après une demi-heure de marche pour atteindre le spot du step-down, nos pieds sont trempés. L’équation néoprène + humidité – savon donnera un résultat pénible pour nos narines lors du retour en voiture. Un igloo protège du froid bien sûr, mais ne tient pas chaud. Lors de ce troisième jour, je joue le rôle du photographe qui met la pression aux riders pour ramener de l’image (aussi appelé « photographe chiant »). C’est vrai que j’aurais du mal à refourguer un reportage sur un trip Igloo avec pour seule photo d’action une partie de Uno sur fond de soupe lyophilisée et de chaussettes mouillées... En même temps, je suis plutôt bien entouré, puisque Victor et Thomas ne sont pas le genre de riders qui foutent la pression aux photographes chiants (aussi appelés « riders fainéants »). C’est donc avec entrain qu’ils acceptent de marcher jusqu’à une ligne sous le pain de sucre (le sommet en face de l’igloo), pendant que je reste tranquille à boire du thé à quelques mètres de l’igloo. Par pure coïncidence, le meilleur angle de vue se trouve à seulement quelques foulées du réchaud et des gâteaux (n’allez pas croire qu’un photographe peut lui aussi être fainéant). N’étant pas du genre crevard non plus, je leur prépare un thé en attendant qu’ils remontent. Le tout est de choisir de la neige assez loin de celle qui a servi de toilettes (très facile à reconnaître, même dans le blizzard). Ensuite, tasser la neige dans une casserole, la placer sur le réchaud de manière à ce qu’il ne tombe pas. Pendant que le kilo de neige se transforme en un dixième de litre d’eau, compter les moutons, et répéter l’opération jusqu’à obtenir suffisamment d’eau pour faire un thé digne de deux snowboarders assoiffés. Une autre technique consiste aussi à ne pas oublier de prendre des bières, plus lourdes dans le sac, mais plus rapide à préparer. Le deuxième jour, l’une des principales attractions hormis le Uno, a été de shapper le step down. Bernés par le jour blanc, on pensait que ça serait bien plus gros. Mais bon, avec la vue sur le Queyras italien qui n’était pas dégueux et quelques nuages menaçants venus mettre un peu d’ambiance dans le cadre, je n’ai pas (trop) râlé, je crois même avoir esquissé une once de satisfaction à un moment, que je me suis empressé de dissimuler pour ne pas que les deux jeunes loups prennent trop d’assurance. Ma


Page précédente Thomas Delfino & Victor Daviet

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Thomas & Victor en direction du col Agnel.

place de chef de meute était en jeu et je n’avais pas pissé autour de l’igloo pendant trois jours dans la tempête pour me faire piquer mon territoire à la première occasion. Ce genre d’expérience – sans parler de l’aspect photogénique – est très formateur, notamment sur l’importance de la qualité de l’eau que l’on boit. Nous avions une seule casserole dans laquelle nous préparions thé, soupes et pâtes. À la suite de je ne sais quel pari, forcément débile, que j’ai perdu, j’ai dû finir la bouteille d’eau à moitié pleine en arrivant à la voiture. Elle contenait l’eau obtenue dans la casserole après trois jour d’exil en montagne. L’eau était d’une couleur un peu bizarre et ça n’était rien à côté du goût. Une randonneuse qui passait par là m’a regardé bizarrement alors que je buvais le contenu de la bouteille d’un trait, comme

si j’étais scatophile ou quelque chose dans le genre... Le retour à la civilisation a toujours un petit je ne sais quoi de pénible !


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Pâtes lyophilisées, Uno et amitié virile


Thomas Delfino, SW BS 360

Double-page suivante Victor, triple cork

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Texte & Photos JĂŠrome Tanon

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Une mission « Absinthe » avec Mathieu Schaer, Sylvain Bourbousson et Dan Brisse.


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Il est 1h00 du matin dans la banlieue de Genève lorsque Matt Schaer monte à bord de ma vielle Skoda rouillée, parti pour faire la route jusqu’en Arlberg et rider direct en arrivant. On doit y rejoindre le crew Absinthe avec Vladyka le filmeur et Dan Brisse le déchirator ricain pour une mission backcountry de fin de saison. Matt a été invité par Vlad pour tester son potentiel, dans l’idée de, peut-être, l’intégrer au célèbre film la saison prochaine. Pour Matt, le petit suisse d’Eroone qui a tout juste son bac et qui voudrait bien vivre du snow en filmant aux quatre coins du monde, c’est maintenant ou jamais : pression !

Mais pour l’instant, le seul problème de pression qu’il connaisse c’est celui de la pompe à gasoil qui vient de mourir quelque part sous le capot, et qui nous laisse comme des guignols en panne sèche à la sortie de Genève. Dans notre malheur, on a eu « la chance » de tomber en rade juste devant un garage. On se gèle les c*** toute la nuit en attendant l’ouverture, lorsque le vieux mécano Suisse nous fait gentiment comprendre que pour cette semaine, c’est mort. On ne le sait pas encore, mais la pièce coûte 3500 euros et la bagnole finira à la casse, cool ! Notre sauveur sera le plus insolite de tous : Sylvain Bourbousson. Le chamois aux dents du bonheur nous prend au vol et on rejoint les autres au fin fond des vallées autrichiennes avec un jour de retard. Tout le monde est remonté à bloc, tellement remontés qu’on arrive au télésiège avant que ça ouvre : Dan s’allonge et s’endort. Le jour d’avant, il a shapé tout seul un kicker pour s’envoyer quinze mètres plus loin dans une pente de pow. On finit de construire la prise d’élan, et contre toute attente, Dan donne le first try à Bourbouss. « Bon esprit ! » dit Sylvain qui a compris qu’il n’avait pas le droit de foirer un tel cadeau, et nous pose un cab 5 de toute beauté : bang ! Après plusieurs jours d’attente, de voyage et de préparation, les voilà enfin en train de rider. Dan Brisse tente de compléter sa part’ de tueur avec un doublecork front, mais au bout de plusieurs essais infructueux, des rochers commencent à apparaître à la replaque. Pour Matt, ça commence à sentir le roussi. Même s’il n’a encore rien rentré, il préfère s’arrêter là. Dan est du même avis. Il reste une toute petite zone de poudre vierge de deux mètres de large entre deux rochers. Bourbouss’ avait tenté trois ou quatre cab 9, tous foirés aussi, et il remonte pour le dernier essai. Devant quatre paires d’yeux écarquillés, il pose son cab 9 tout smooth pile à l’endroit voulu. Incroyable ! Derrière un petit col, on atteint une autre zone complètement vierge, et tout en haut d’un bowl, comme souvent en Arlberg, on devine la forme d’un ancien kicker. On shape comme des fusées un nouveau kick qui pointe dans une meilleure direction, et c’est parti pour la deuxième session de la journée ! La récep est aussi longue qu’on veut, les trois riders sont comme des gamins devant leur premier kicker.


Double-page précédente Dan Brisse, FS 360 Stalefish

Ci-dessous Bourbouss’, les dents du bonheur

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Bon ! Ça ouvre ?


Dan et Mathieu connecting people

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Sylvain Bourbousson, Cab 540

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Mais le soleil se couche, alors ils remontent en courant et posent des tricks dans tous les sens. Délivré de la pression du début de journée, Matt fait éclater son talent avec le banger de la journée : un swich back 5 follement stylé, et posé plus loin que tout le monde. Après cette journée de mutants, le mauvais temps revient et nous replonge dans la vraie ambiance des trips snowboard. Ces trips où tu passes 1% du temps à rider, et 99% à marcher comme un sherpa, shaper comme un bagnard, et attendre comme... bah comme un con. Attendre que la pluie cesse, attendre que les remontées ouvrent, attendre qu’il y ait la bonne lumière sur tel ou tel spot... Les gars passent plus de temps à mater et s’échanger des films sur leurs ordis qu’à rider. Bourbouss tente de nous refourguer « Hancock », « Twilight » et « Sex and the City », pendant que Dan nous raconte comment il a décidé, il y a quelques années, de ne plus boire une seule goutte d’alcool. Les jours passent, alors on tue le temps en cuisinant des petits plats chacun son tour, en matant la télé... On est loin, très loin du stéréotype imaginaire où les riders sont des stars mondiales, rident chaque jour des kicks de 40 mètres et se bourrent la gueule tous les soirs, suivis partout par une dizaine de groupies. La saison est presque finie, il a plu quasiment partout, et Dan repart aux US vers de nouvelles aventures. Lorsque le beau temps revient, Matt et Bourbouss toujours aussi motivés suivent Vlad qui connaît le coin comme sa poche. Il nous amène à un endroit qu’il a déjà shooté il y a longtemps, la neige est un peu pourrie, mais ça a l’air cool : ça sera le spot de la dernière chance. On se met au boulot pour monter un kick de deux mètres de haut, bloc après bloc, et c’est parti. Matt est à deux doigts de replaquer un fs9 first try digne de Torstein Horgmo, qu’il posera quelques essais plus tard. Bourbouss en bs7 et sb9, mais ce dernier ne passe pas car la neige le fait rebondir. Le p’tit suisse profite de la vie et balance alors plusieurs doublecorks back 1080 encore plus beaux. La récep’ est maintenant blindée de trous, mais comme d’habitude Bourbouss refuse de lâcher l’affaire et remonte encore une fois, pendant que les nuages défilent à toute vitesse au dessus de l’arête. Il clôture le trip avec

un 180 back des grands-pères, posé comme en park. En une semaine, on a peut-être filmé trois images qui seront gardées dans le montage final, mais c’est déjà pas mal. Matt nous donne son regard tout juste sortit de l’œuf : « Ce qui m’a le plus impressionné, c’est leur motivation et leur détermination. Le premier jour, on a shapé et ridé deux kickers dans la même journée, j’avais jamais fait ça avant ! Ils n’hésitent pas à refaire encore et encore le même trick jusqu’à ce qu’il soit plaqué parfaitement et ils ne se découragent jamais (contrairement à moi). Mais grâce à eux, je progresse. En plus de ça, Bourbouss qui a un niveau de dingue, certainement l’un des meilleurs Français, reste le plus humble de tous. Il passe son temps à se plaindre que ses tricks étaient foireux et son style pourrave, alors qu’il défonce tout. Ils savent à l’avance où les conditions seront bonnes, en fonction du vent, des expositions, des risques d’avalanches, et surtout ils savent shaper un spot qui marche. Le backcountry, c’est un peu comme en surf, c’est l’expérience qui compte. Si je passais une saison complète avec eux, j’apprendrais énormément. » Au final, Mathieu n’apparaît pas dans la vidéo, pas assez d’images, mais cette première expérience avec l’équipe d’Absinthe aura été positive et il n’est pas exclu que cette saison, il passe un peu plus de temps avec eux… C’est tout le mal qu’on lui souhaite.


Matthieu Schaer, BS 1080

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Texte Fredd Photos David Tchag


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Ce qui suit est le simple récit d’un week-end sympa entre amis… Alors bien sûr, quand on parle de « week-end sympa entre amis », certains pensent à la baie des cochons au Cap d’Agde (je vous laisse googler la chose), nous, on a direct pensé à « The Garden », la vidéo Volcom de 1994 qui se termine par un montage avec des gars qui campent à la montagne, en fin de saison, et se construisent des spots sur des névés. Chacun son truc. En fait, quand on a commencé à réfléchir à ce qu’on allait bien pouvoir mettre dans ce magazine, il a très rapidement été clair que « the Garden » était une influence à suivre. The Garden,

les enfants, c’est la quintessence. C’est l’introduction du super 8, les intros en pâte à modeler, la vraie bonne musique (pas de Pennywise, Offspring et toutes ses conneries insupportables). « The Garden » c’est le « Video Days » du snowboard, la vidéo que tout le monde se doit de regarder une fois par an, en piqûre de rappel. Alors bien sûr, dans la version originale, dans la vidéo, il y avait Terje, Jamie Lynn, Igushi, Joël Mahafey, etc. et ils campaient à Mt Baker (je crois). Moi, j’ai simplement appelé mon pote Mandar (Nico N’Guyen, souvenez vous…), oublié d’en appeler un autre, et nous avons vite décidé d’aller camper aux Col des Aravis, derrière La Clusaz. C’est un peu moins glamour, mais ça marche aussi. Selon toute logique, on aurait dû n’inviter que des champions pour s’assurer des belles photos dans cet article. Mais c’est mal nous connaître. Nous étions dix, dont seulement deux véritables champions de snowboard, Bruno Rivoire et Gaby Bessy, et huit copains. Évidemment, un week-end pareil ne se prévoit pas à la légère. C’est pourquoi on a prévenu tout le monde deux jours avant le départ, voire même la veille pour certains. Quelques heures suffisant amplement pour trouver le matériel nécessaire pour passer deux jours et une nuit en pleine montagne. Un bon sac de couchage,


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Page précédente Bruno Rivoire, BS Air

 !

r nda

Ma


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une couverture de survie, une tente, un tapis de sol, un réchaud, des saucisses, un tube de lait concentré et une boîte de capotes. J’admets que pour les préservatifs, leur utilité dans ce genre d’escapade n’est pas tout à fait prouvée. Moins qu’au Cap d’Agde quoi… Encore que, figurez vous que le soir où nous campions il y avait justement un mariage au Col, avec des dizaines de filles pompettes, en robes et talons aiguilles, sautillant dans tous les sens à 1500 mètres d’altitude. De là ou nous étions, nous ne pouvions ni les voir, ni même les entendre, mais on l’a quand même su parce que figurezvous que l’un des nôtres a craqué ! Il mourrait de froid dans sa tente et il a décidé de rentrer dormir à la Clusaz, seul et saoul, dans la nuit, en snowboard avec tout son bardas sur le dos et une pauvre lampe sur le front. Les voitures étaient quand même à une bonne trotte... On a protesté. Mais quand on a affaire à une tête de mule, il n’y a pas grand-chose à faire… Je ne vous dirais pas de qui il s’agit, parce que malgré tout, ça reste un pote, et surtout parce qu’il nous a ramené des croissants le lendemain matin et que ça, c’est le genre de petite attention qui remet tous les cadrans à zéro. Et puis il faut reconnaître qu’on campait dans deux mètres de neige et qu’il faisait – 8°C quand on est allé se coucher. Mais je vais un peu vite en besogne. Commençons par le commencement. La marche d’approche : Les vrais montagnards qui nous ont croisés devaient être mort de rire. On avait tous, au moins trente kilos sur le dos et dans les bras, il faisait un cagnard pas croyable et bien sûr, on est parti suffisamment tard pour que la neige soit déjà molle… Des putains de winners ! On en a vraiment chié, mais ça valait le coup. On avait un bon emplacement, loin de tout danger avalancheux et riche en pentes, contre-pentes, dômes, wind-lips, spot à barbecue... Le premier jour, on a foiré un kicker. Il aurait pu être vachement bien, mais en fait non, personne n’arrivait vraiment à gérer la compression avant le jump et du coup, notre seule consolation aura été d’avoir eu la visite d’Aimé Jacquet, qui se promenait en raquette et qui nous a regardés nous mettre des tartes pendant un moment. Ça peut sembler un peu curieux de croiser un célèbre sélectionneur de football comme ça en pleine nature, mais

il semblerait que ces gens-là aient une vie privée et que dans le cas d’Aimé, il a surtout une maison dans le coin et qu’il n’est pas rare de le croiser raquettes aux pieds. Bruno a même tapé le bout de gras avec lui comme s’ils étaient potes de toujours. Puis il est parti en nous remerciant pour le spectacle et on a finalement abandonné le kicker pour se diriger vers le camp de base. Si ça avait été Raymond Domenech, j’aurais accouru pour lui demander de me signer le torse et le féliciter pour l’étendue de son œuvre. Je suis sérieux. Ensuite, on a construit tout un tas de spots, quarter de face, bosse à saut per, hip mais rien ne fonctionnait vraiment. Là où on a été bons par contre, c’est au niveau du barbecue ; là vraiment, rien à redire, je pense que même dans « the Garden » y’en a pas des comme le nôtre. Voilà, vous l’aurez compris, on n’était pas làhaut pour l’exploit sportif, encore que, la montée n’était vraiment pas de tout repos, mais ça aura été pour nous, deux des meilleures journées de la saison et vous-même savez à quel point la saison a été bonne l’an dernier… Donc n’hésitez pas vous aussi à rendre hommage au cinéma américain, en adaptant son plus grand classique dans vos montagnes. Oh, et si je puis me permettre un conseil, la petite bière d’après la session c’est bien, mais dans le sac, c’est lourd. Alors pensez à optimiser avec des bières de cailleras à haute teneur en alcool. J’avais envie de me rendre utile avec un vrai message positif pour la jeunesse, voilà qui est fait.


Philippe Bataille, Miller Flip

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Texte Fredd


Photo Matthieu Georges

« Con... mais en bien. »


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Le choix d’interviewer le jeune et « innocent » Victor Daviet ne s’est pas fait totalement par hasard. C’est le fruit d’une mûre réflexion. Sans blague. On ne fait qu’un numéro par an, peut-être même qu’un numéro tout court, alors on ne pouvait pas se permettre d’interviewer n’importe quel couillon prêt à sauter sur le premier matelas gonflable dans le but de rentrer un hypothétique double saut per’ vrillé et qui vendrait père, mère et toute dignité, pour se faire interviewer par Doriane Vidal en bas d’un pipe Olympique. Non, il nous fallait quelqu’un qui nous fasse rêver, pas un clone, ni une machine à résultat, il nous fallait quelqu’un qui véhicule des valeurs nobles, un adepte

du snowboard qui rigole, qui ne se prend pas au sérieux, sans être complètement débile, bref, quelqu’un qui fait des gratte-dos. C’était donc au cours d’une de ces réunions de rédaction que nous tenons chaque vendredi soir au country club du coin, que nous avons décidé que Victor Daviet était la victime idéale, celui qui correspondait le mieux à nos exigences. Nous avions fait un tableau Excel hiérarchisant les sommes que dépensaient les annonceurs dans Opium, et en cumulant les résultats les plus élevés, nous sommes tombés sur Victor. Bien sûr, c’est une blague, on ne sait même pas se servir d’Excel. Il se trouve en effet que la plupart des commanditaires de ce jeune homme sont annonceurs chez nous, mais il faudra vous faire à l’idée que ça n’est jamais venu peser dans la balance. Ce n’est pas parce qu’ils passent de la pub chez nous qu’ils n’ont pas aussi le droit de faire de bons choix… Non, ce qui nous a décidé à jeter notre dévolu sur ce pauvre Victor, qui n’a pourtant rien demandé à personne, c’est le nombre de photos de gratte-dos de lui qu’il nous a été donné de voir. Sérieusement. C’est la vraie raison qui nous a poussés à nous renseigner sur son compte. Nous avons même appelé ces traîtres de chez « Act » pour en savoir plus sur lui, et comme il nous en a été dit « qu’il était capable d’être très con… Mais en bien », on a fini par l’appeler. Bien sûr, si David Vincent avait accepté de faire cette interview avec lequel on le tâne depuis mille ans, on n’aurait pas hésité une seconde pour zapper Victor, mais bon, faut pas rêver… Finalement donc, Victor doit cette interview à ses gratte-dos et au droit à l’oubli que revendique David Vincent. Encore un qui doit beaucoup plus qu’il ne le croit à David… David comment déjà ? Bref, il est cool, il est jeune, il fait des grattedos et il a accepté de répondre à nos questions :


Double-page précédente Pillow line, Arêches Beaufort Photo Rémi Petit

Slash,Val-Cenis Photo Matthieu Georges

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Crail pas slide, Caviahue, Argentine Photo Rémi Petit

Double-page suivante BS Air, Col de l’Arlberg Photo Jérome Tanon


Première partie, à Grenoble, au « bureau » Opium. J’ai fait quelques recherches sur toi et si j’ai bien compris, tu viens de Gap, tu as 20 ans, tu fais l’IUT Tech de Co des sportifs de haut niveaux à Annecy et tu chausses du 42. Quelque chose à ajouter ou est ce qu’on peut mettre un terme à cette interview ? Ha ha, je chausse du 42 en effet… Alors qu’est-ce que je peux dire ? Je viens de Gap oui, j’ai passé pas mal de temps avec le crew Atmosphere (le shop à Gap) : Brynild (Vulin), Jean-Jacques (Roux), Bruno (Rivoire), Gabby (Bessy), Benoit (Thomas-Javid) à travers le projet de vidéo « Hara Kiri » et je suis en parallèle sur le projet « Welcome Home » pour Rip Curl… Je ride beaucoup avec Victor Delerue aussi. Quoi d’autre ? J’ai fait deux « sport-études » en fait. J’étais à Villard-deLans pendant quatre ans. Celui-là est un peu plus fédéral que celui d’Annecy, mais je m’en suis bien sorti, j’ai pas « fait trop de fédé », je me suis débrouillé pour rider comme je voulais. Et là j’ai attaqué Annecy en avril avec tous mes potes. On est dix dans une grande maison, au bord du lac, c’est trop bien. J’imagine que ça ne fait pas trop la fête là-dedans… Jamais ! Y’a qui dans la maison ? Victor Delerue, Johan Baisamy, Valérian Ducourtil, Sophie Rodriguez, Tony Ramoin. Avant y’avait Arthur Longo, mais il a arrêté, et puis deux ou trois autres qui font du ski alpin. On est une bonne brochette… J’ai lu aussi que ta station préférée était les 2 Alpes. N’en déplaise aux locaux, je ne comprends pas qu’on puisse préférer cette station aux autres. Expliquemoi ce que tu lui trouves s’il te plait. Où est-ce que tu as lu ça ? ça doit être dans une vieille interview… Non, ma station préférée, je dirais Abriès, dans le Queyras. J’ai un peu redécouvert le Queyras depuis deux ans, et on s’est vraiment gavé dans le coin d’Abriès. Sinon, il y a Vars où je passe pas mal de temps, y’a mes potes qui s’occupent du park et c est vraiment cool là-bas, etc… Et tu quittes le 05 parfois ? Oui, je voyage pas mal. Un peu avec Hara-kiri, mais surtout avec Rip Curl. L’été dernier on est allé en Argentine avec Victor (l’autre hein)

et Rémi Petit. On a filmé pas mal de trucs, on est allé dans des petites stations toutes moisies avec des volcans. C’était une super expérience. Et puis dans la saison, je voyage pas mal, mais surtout en Europe. Je suis notamment allé en Suède, à Riksgransen. T’as fait ton bs air sur le quarter ? Non, même pas vu le quarter. Bein alors ! C’est le pèlerinage là… Un peu de respect. Et cet été ? Tu vas où ? On va en Nouvelle-Zélande avec les amis : Victor, Benoît (Thomas Javid), Johan, Valérian. On va s’entraîner un peu, vu que dans la saison, on n’a pas trop le temps de rider du park… Et puis on va louer un Van pour voyager un peu, on va essayer de surfer aussi. Ce serait quoi ton meilleur trip jusqu’ici ? L’Argentine ? Le trip Igloo je pense (voir l’article, quelque part dans ce magazine). Ah bon ? Oui, c’était vraiment fantastique, même si niveau snowboard c’était pas fou, y’a eu de bien meilleurs trips cet hiver à ce niveau-là, mais ça changeait vraiment des habitudes. Je pense qu’on va continuer, avec Remi Petit, Thomas Delfino… En refaire d’autres comme ça. Et la plus mauvaise expérience de trip… Il n’y a pas de vraiment de mauvais trip. Mais les trips sans neige sont les moins fun. On est allé en Allemagne, on est tombés sur une mauvaise semaine, mais sinon, on trouve toujours des petits spots, y’a toujours moyen de rigoler. Y’a pas vraiment de mauvais trips, y’en a des moins bons que d’autres. On ne t’a pas vu aux J.O. T’es trop nul pour te qualifier ou tu n’as pas essayé ? Mon père m’a demandé aussi « tiens, y’a les Jeux Olympiques, pourquoi t’y va pas toi ? »… Mais ça m’est même pas venu à l’esprit. Ça m’intéresse pas de sacrifier mon plaisir à faire du pipe 24/24, à essayer de peut-être faire un double cork sur un mur gelé. Ça m’intéresse pas du tout. Après, le snowboard aux Jeux Olympiques, pourquoi pas hein, mais je préfère rider avec mes potes, tranquille. Je laisse ma place aux autres (rires). Grand prince !

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Je ne critique pas les J.O., mais je me vois mal dans ce type de contests. J’ai jamais vraiment eu de pression en contest et j’ai pas envie de commencer. Donc entre l’Intercrew et les J.O… Ha ha ! Y’a pas photo ! Y’a souvent Grandvalira en même temps, c’est un TTR important et parfois y’a des sponsors qui me demandent d’y aller, mais y’a pas moyen que je loupe l’Intercrew. C’est l’événement le plus drôle de la saison, y’a tout le monde, c’est impossible de ne pas y aller.

Deuxième partie, à son retour de Nouvelle-Zélande, par skype : Brynild m’a dit que tu étais capable d’être con, mais en bien. Que faut-il comprendre ? Donc déjà je dirais merci Brynild pour cette question. Ensuite, j’espère ne pas être trop con mais c’est vrai que j’aime bien la connerie. J’aime bien faire des petits coups de putes, titiller, ou faire des petites conneries comme en Argentine, on s’était coupé les cheveux sur le dessus de la tête, comme si on avait une grosse calvitie. Ou faire pousser une moustache que d’un côté, comme tu peux le voir ici… j’aime bien. Mais je rappelle à Brynild que c’est pas moi qui fait des « cap ou pas cap », à faire n’importe quoi, n’importe quand… Genre ? Balance… Genre « cap ou pas cap » de faire un double back flip sur un kicker pas du tout approprié. Ou alors, il joue au bowling et c’est cap ou pas cap de partir avec la boule… Une autre fois, il avait fait un run de pow en caleçon… Et bref, je me souviens plus de tout ce qu’il a pu faire mais tout ça pour dire que je n’ai pas de leçon à recevoir de lui… Il m’a aussi dit que tu voulais faire une marque de Neckwear ? Moi j’appelle ça être con tout court… Alors attend… Ma grand-mère est très une bonne couturière. Et donc je lui avais demandé de me faire un truc pour le cou, en polaire. Puis l’année d’après, je lui ai demandé de m’en faire un avec un bout de tissus par-dessus, un peu plus joli, puis petit à petit, je lui ai demandé d’en faire un peu plus, puis je me suis mis à coudre moi aussi, et maintenant je fais ça avec Benoît (TJ) et mon frère. On a fait des stic-

kers, on sponsorise nos potes et on commence petit à petit à les commercialiser... Vous en faites combien par an ? Là, on doit en être à 250. Alors on exploite un peu ma grand-mère c’est sûr (rires). C’est un peu notre Chinoise ! Ah bravo. Et ça s’appelle comment ? PAG, la signification des trois lettres est libre, tu en fais ce que tu veux. People Are Gay… Là j’ai quelques questions de Bruno (Rivoire) pour toi, prêt ? Prêt ! Bruno –Ta maman a longtemps géré le club de snowboard de Gap (’salut Sylvie). C’est elle qui te mettait la pression ? Alors je dirais pas du tout, du tout. Elle est rentrée dans le club pour nous aider mon frère et moi, mais elle ne m’a jamais poussé. Mon père non plus. Ils m’ont toujours aidé, énormément même, mais toujours avec du recul. Ils voyaient que j’aimais le snowboard alors ils allaient dans mon sens. Ils se sont beaucoup investis, mais ils ne m’ont jamais mis la moindre pression. Merci papa, maman. B –Tu as un titre de champion de France, ce qui fait de toi un demi-dieu dans ton pays. Quelle place occupent les contests dans ton ride? Premièrement, je tiens à dire que Bruno Rivoire est jaloux de mon titre de champion de France, parce qu’il m’en a beaucoup parlé et il n’a jamais été champion de France, alors je crois qu’il faudra que je lui offre ma médaille un de ces quatre. Après, les contests occupent une toute petite place dans mon snowboard. Mais j’aime faire un peu de compétition, je ne suis pas une bête de compète, mais j’aime bien aller voir ailleurs ce qu’il se passe, rencontrer d’autres riders, j’ai rencontré pas mal de Finlandais bien cools par exemple. B – Et sur un TTR au milieu des Finlandais, t’es dans les combien? Heu… un peu dans la masse disons. B –T’as déjà planifié ta fin de carrière ? La retraite à 62 ans t’en penses quoi ? La retraite à 62 ans ? Bien là, j’ai déjà fait quelques saisons de snowboard… Disons qui


s’ils pouvaient me mettre la retraite à 65 ans, ce serait parfait pour moi. Si je pouvais continuer à me faire des saisons avec mes potes jusqu’à 65 ans, je serais content. B : Le «À branler crew » c’est encore un coup marketing ? Je pense que c’est un coup psychologique et non marketing. La philosophie c’est qu’il faut « y aller ». Que ce soit dons le snowboard ou dans la vie, rien à branler, tu y vas ! Et ça marche ? Ça marche pas mal ouais ! Y’a qu’à voir Enzo Nilo, c’est l’exemple type. B – À ce propos, penses-tu qu’Enzo Nilo va devenir le nouveau Mathieu Crépel ou qu’il va s’aplatir comme une crêpe à force de rider en mode «À branler ». Alors… Il sera aussi fort que Mathieu Crépel, mais il sera bientôt comme une crêpe… Ah ah. Bon, on arrête sur Enzo Nilo ? Je retranscris tout ça, je t’envoie le texte et tu me dis si ça va ? Tu restes chez toi un moment, c’est bon ? Ouais, par contre je pars demain à Hossegor. Ah oui, c’est vrai que t’es un surfeur. J’ai vu la vidéo de vos vacances en Nouvelle-Zélande. (rires) Mouais, surfeur… Non. Mais c’est vrai que j’aime ça. Je sais me mettre debout, me faire croquer le cul par une otarie… Comment ça ? Béh, en Nouvelle-Zélande là. J’étais à l’eau et il a une otarie qui s’est approchée de moi, celle qu’on voit sur la vidéo justement (sur fluofun). J’ai complètement paniqué. Je lui ai mis un coup de pied, ça l’a énervé, elle est revenue sur moi, et elle m’a pincé la cuisse. J’ai jamais eu autant peur de ma vie. Y’avait Arthur, Valé et Benoît à l’eau avec moi, ils étaient morts de rire. Moi je gueulais dans tous les sens, les locaux ont dû halluciner. Ha ha, et bien on termine là-dessus alors, c’est parfait. Shaka !

Gratt-dos ! Photo Rémi Petit

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de Pe la ndo ne ige ns le ve s a rte ya ha toll ut ah et s co ur t!

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Helsinki Photo Matthieu Georges


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Par Arnaud De Grave

Il y a des trucs qui m’énervent, en pagaille, mais ce qui me met particulièrement en rogne c’est me faire donner des leçons par des gens qui devraient s’en passer et aller balayer devant leur palier de porte... Et en début de saison hivernale, à chaque fois c’est le même cirque : il y a toujours un ayatollah du hors piste qui va vous seriner avec l’évidente supériorité du ski de randonnée sur la pratique en station, quel que soit le type d’engin de glisse. Le mec (ou la gonzesse, je ne suis pas sexiste) aura un argumentaire bien rodé, en plusieurs points, souvent autour d’une boisson houblonnée quand ce

n’est pas en faisant tourner le sacro-saint joint, preuve s’il en est d’un attachement à Mère Nature. Parce que c’est évidemment là qu’on trouve la sus-citée supériorité, dans la proximité d’avec la Nature et, c’est d’actualité, sa préservation. À l’évidence aller faire du ski ou du snowboard en station équivaut à tuer un chaton ou bien à aller trancher la gorge au dernier panda en activité qui ne vous a rien demandé. Aller faire du snowboard en station, c’est devenir un assassin, un dangereux terroriste… C’est finir dans le même sac que les dirigeants mondiaux qui vont laisser les eaux manger le delta Camarguais, les salopards. J’en


visualise aisément au moins un ou deux, roulant d’un air appliqué une cigarette (on ne fume que des roulées, hein, pour l’environnement) ou un cône quelconque, déblatérant sur ces horribles taches cancéreuses, meurtrissures dans le paysage, que constituent les stations. Il sont intarissables sur les cicatrices atroces causées par les télésièges, et toute cette pollution… Il en viendra toujours un ou une qui va lâcher le mot qui (me) fâchera, juste après avoir léché sa feuille de papier à cigarette ou en fin de gorgée : « sans compter que le bilan carbone des stations, heu excusez du peu, mais c’est

quasiment un crime contre l’humanité. » Là, généralement, soit je me suis tiré dès le début soit j’ai attendu la fin (au cas où) et je suis en cuisine à la recherche d’un instrument coupant ou contondant, voire les deux à la fois. Que les choses soient bien claires dès le début : le bilan carbone d’une station de sport d’hiver est assez calamiteux, autant qu’un autre bilan carbone d’une autre activité humaine de masse à vocation « entertainment ». On ne va pas se voiler la face, on ne rend pas service à la Planète en allant passer sa ou ses semaines « à la neige » (quand on habite loin de ladite neige) ou en allant prendre ses RTT sur les pistes dès que le temps s’y prête mais pas pendant que les vacanciers sont là, ces oiseaux-là ne pratiquent pas comme il faut, c’est bien connu. Alors c’est bien joli de casser du sucre sur le dos du premier babos venu, il serait tout de même bon de ne pas faire ni de langue de bois, ni se perdre dans un argumentaire pseudoscientifique qui sert plutôt et plus souvent à vendre des nouveaux produits détergents dit « bio. » Dont acte : le développement durable des stations de sports d’hiver, ça veut dire quoi ? Et qu’en est-il de cette histoire de bilan carbone à la fin ? Alors dans toute étude type écologique, la première chose à faire, et c’est sans doute la plus difficile, est de définir proprement les limites du système qui va subir les affres de notre étude et ce qu’on appelle l’unité fonctionnelle. En gros, on s’occupe de quoi, où et pendant combien de temps. Parce que, à ces études sur les effets et méfaits de l’activité humaine sur la Nature, on peut leur faire dire ce qu’on veut et son contraire. Ici, je propose de nous intéresser à la pratique d’une activité « de neige »

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dans une station typique alpine et donc j’englobe ski, snowboard, raquettes, luge, batailles de boules de neige, fondue au fromage et vin chaud à la pause de 15 heures. Cette activité est pratiquée par la portion de la population qui s’y intéresse, donc pas uniquement Raymond Durant, parisien qui vient une semaine par an, mais aussi le babos qui va skier tout seul comme un grand en montant à la force du mollet et sans oublier Lars Jensen, Danois qui se dit que tiens finalement les Alpes c’est plus pentu que dans son pays ça doit être mieux, et Jean Paul Dahut qui habite en bas des pistes, un montagnard, un vrai… Maintenant que l’on a posé notre système (la station Trukmuche-en-Abrets) et notre unité fonctionnelle (une saison de pratique) regardons voir ce qui entre en jeu. 1— À la neige, sauf si vous habitez à l’année dans un igloo sur le glacier, il faut s’y rendre. Et ça vaut pour tout le monde, il en est pour qui c’est plus loin mais il en est aussi pour qui c’est plus souvent. 2 — Une fois qu’on est dans la station, eh bein c’est une « ville » (ou village ou ce que vous voulez) presque comme les autres, qui a donc les mêmes besoins/inconvénients que tout autre endroit où les gens habitent, mais plus parce qu’à la montagne... 3 — Et il y a la pratique de l’activité en ellemême. 4 — Sans doute aussi faudrait-il prendre en compte l’achat de matériel adapté, sauf si votre pratique s’arrête à descendre la piste verte du bas en sac poubelle bourré de papier journal, encore que là aussi il faudrait voir. Ceci dit là je suis un peu hors sujet, je ne suis pas là pour faire du publi-reportage ni vous apprendre les règles d’éco-conception. J’en toucherai deux mots tout de même plus loin. Pour pouvoir évaluer tout ça, faire des statistiques et faire de la publicité à base de bio, label vert et compagnie, il faut un indicateur comparatif. On vous a appris à l’école primaire que c’est mal, quasiment au sens biblique du terme, que de vouloir additionner des brocolis avec des agrafeuses. Ici, c’est la même chose, on peut difficilement comparer un trajet Brest/Trukmuche-les-Abrets avec les 22 degrés dans la chambre du petit dernier dans le chalet, ou avec les 7 heures de travail de la remontée mécanique de la Mort de l’Ours,

piste noire ultra technique mais fun. C’est là qu’intervient le bilan carbone. Le concept est simplissime : on transpose tout en un équivalent qui s’exprime en kilogrammes (en fait bien plus souvent en tonnes) de carbone (sous forme de dioxyde de carbone, pas du diam’s bling-bling) rejeté par les différentes activités de notre unité fonctionnelle. Alors là on dit banco, on a un indicateur tout prêt qui nous permet de faire des belles additions. Ensuite, on pourra aussi comparer Trukmuchesur-Abrets avec la station d’à coté et faire du chantage écologique, et si ça peut améliorer un peu deux ou trois trucs au passage c’est toujours ça de gagné. Le bilan carbone est un outil, il va fournir des chiffres et ensuite il s’en lave les mains, le boulot important est avant (définir système i tutti quanti) et après, faire l’évaluation et prendre les bonnes décisions. Pour donner une idée : — une tonne de CO2 peut représenter une dizaine de trajets aller et retour en avion entre Paris et Londres, ou bien la production de 60 kilos de bœuf. — 2000 Km en voiture c’est environ équivalent à 70 Kg de CO2 alors que la même chose en train et bus (il y a peu de stations à plus de 2000 m équipées d’une gare, curieusement) représente quant à elle 7 Kg de CO2. Tout ça peut se transformer en degré °C de réchauffement climatique, donc en mètres d’eau vers le haut, ou bien en mètres de neige en moins, ou en tonnes de glacier qui disparaissent. Et ce ne sont que des exemples. Il faut bien noter aussi que le bilan carbone n’est pas l’outil ultime et qu’il y a des tas d’impacts environnementaux qui ne sont pas pris en compte quand on balance le chiffre en fin d’étude. Ça reste du bilan énergétique, modulo effet de serre, autrement dit on additionne des brocolis et des mandarines, mais toujours pas d’agrafeuses. Les impacts sur la faune et la flore, sur la stabilité des sols, sur les nappes phréatiques, etc. doivent aussi faire l’objet d’études… Bon, on va tuer le suspens tout de suite, le point numéro 3, l’activité de pratique donc, c’est 2% du bilan. 2 misérables pour cent ! Ça englobe les remontées mécaniques, la production de neige artificielle et l’utilisation de ces machines du Diable qui refont les pistes tous les soirs. Sans vouloir jouer à l’alarmiste, en matière de neige naturelle, on a comme qui


Ski Dome, Dubaï Photo Stéphanie Solinas

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dirait mangé notre pain blanc… Ceci dit, des études outre-Atlantique ont montré que même avec un réchauffement de la Planète drastique comme prévu, on devrait encore avoir de l’enneigement en station grâce aux canons à neige et ce jusqu’au moins en 2020, et je ne vois pas trop pourquoi ce ne serait pas transposable chez nous. Sans doute aussi que tout ce qui tourne autour des activités professionnelles rentrent là dedans : logement des professionnels locaux, compétitions, jam et autres joyeusetés, mais attention, uniquement la compétition en elle même, pas la bamboula du soir ! Ça fait peu. Sans vouloir rentrer dans les détails, dans ces 2 %, les dameuses sont responsables d’environ 60% des émissions, principalement à cause de l’essence qu’on met dedans, les canons à neige près de 25% (électricité et traitement des eaux, oui oui la neige, c’est de l’eau…) et les remontées mécaniques le reste (aussi de l’électricité.) Pour la bamboula du soir, il faut se reporter au point numéro 2 : la vie en station. Il convient ici de faire un point sur le canon à neige. Dans ce que je viens de raconter, n’est pris en compte que la partie électrique de la formation de neige artificielle. Et en effet, ce n’est pas énorme. Mais, pour être vraiment propre il faut aller un peu plus loin que le bilan carbone sur cette affaire-ci. Le canon à neige a un impact environnemental proprement désastreux parce que l’eau il faut bien la prendre quelque part et aussi elle va bien finir quelque part mais ailleurs. Donc ce sont des retenues d’eau en montagne qui défigurent le paysage et mettent à mal la faune, ce sont des arrivées fortes d’eau à la fonte dans des endroits non adaptés, c’est parfois des ajouts de produits dans la neige pour pouvoir la produire à plus hautes températures, etc. Par exemple l’additif bactérien Snowmax semble être bénin pour l’homme mais qu’en est-il de la marmotte ou des plantes qui nous donnent la Chartreuse Verte ? Et si on arrivait à faire de la neige sous 25°C, que se passera-t-il ? Et, comme j’ai tenté de le dire plus avant, le bilan carbone ne nous dit pas tout ça. Bref, revenons à notre bilan carbone tout de même, je vais essayer de me calmer un peu là, j’ai tendance à m’énerver quand je me mets à réfléchir un peu et me rends compte de trop de nouvelles informations...

Le grand coupable dans l’histoire, c’est le transport. Selon les sources, sa contribution varie entre 55 et 75% du bilan carbone. Là, contrairement à l’impact précédent, c’est assez énorme. On pouvait s’y attendre ceci dit. Donc ce qui plombe les chiffres ce sont bien toutes les fois où l’on prend la voiture pour aller coller sa planche dans la blanche neige. Ainsi que le fait que finalement le ski se pratique à la montagne et que parmi tous les gens qui souhaitent s’y rendre, dans la montagne, bien peu y habitent. Ne jetons pas tout de suite la pierre au parisien qui a bon dos et qui doit traverser la France pour aller sur les pistes (20%), ni à l’étranger qui vient voler la neige fraîche sous les skis des français (45%). Le local aussi contribue largement à la Bérézina (35%). Par local, on n’entend pas uniquement le moniteur de ski tout de rouge vêtu, ni le patron de la boite de nuit mais aussi celui qui habite dans la vallée. Sans vouloir vexer personne (c’est ça oui...), on peut prendre comme exemple le Grenoblois, fort de ses 4 ou 5 stations à moins d’une heure de voiture. Et quand on dit voiture, c’est encore statistiquement le moyen le plus utilisé avec environ 60% des émissions (devant l’avion, bon second avec 35% et tous les autres qui n’apportent que quelques cacahouètes dans le bousin.) C’est donc là que le bât blesse. Le deuxième gros facteur est la vie en station, dans ses activités touristiques classiques : hôtelière, location d’appartements, restauration, loisirs (patinoires, piscine, etc.) À noter aussi qu’il faut maintenir au chaud tout ce beau monde. Rien qui ne change particulièrement la donne par rapport à une autre activité que la pratique des sports de neige, si ce n’est que les stations sont encore une fois la plupart du temps situées en altitude et au froid. Ça n’est pas avec cette remarque que je vais obtenir le prix Nobel mais elle a son importance, ainsi que le fait que c’est une activité saisonnière et que donc tout ce bazar est condensé sur quelques mois. De nombreuses stations n’ont pas forcément bien pensé aux problèmes climatiques dont on ne se souciait que peu il y a 30 ans. Donc on observe un énorme pic de consommation d’énergie (principalement électrique) et ça a un impact sur ce fameux bilan carbone. D’autant que peu de stations possèdent des infrastructures appropriées, par exemple en 2009 seulement 22 %


Gigi Ruf, Tail bonk, Cervinia Photo Matthieu Georges

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Christian Haller, Flachauwinkl Photo Cyril M端ller


des stations avaient des moyens de chauffage autres que les énergies à sources nonrenouvelables (parce que le terme « énergie renouvelable » est débile, l’énergie n’est pas renouvelable, ses sources peuvent l’être en revanche). À noter aussi que les routes, les parkings et compagnie doivent être entretenus et que les conditions climatiques en montagne ont plutôt tendance à être plus rudes qu’ailleurs… Il faut encore ajouter à tout ça le traitement des déchets, l’approvisionnement en nourriture (qui impacte finalement encore au niveau des transports et aussi à la production bien-sûr), les traitements des eaux, etc. Tout ceci est bien entendu un peu simplifié mais dans l’ensemble, à la louche, c’est encore et toujours la voiture qu’il faudrait laisser au garage. Je ne dis pas que c’est facile ! Aller skier en vélo n’est pas forcément une bonne idée... Alors bon, qu’est-ce qu’on peut faire nous autres snowboarders terroristes de l’environnement à part dézinguer un babos (ça ne sert pas à grand chose même si ça soulage) ou arrêter la pratique de « neige » ? Principalement essayer d’avoir un comportement en rapport avec les informations qu’on connait. Essayer de minimiser les transports aura à coup sûr un impact positif : co-voiturez donc à tout va. En plus, c’est sympa on peut chanter à l’aller et roupiller au retour (sauf le pauvre hère qui conduit.) Pour ceux qui sont en station ponctuellement pour une semaine ou deux, s’il est possible d’y venir en transport en commun c’est très bien, faites donc ça. Une fois sur place, il est peut-être pas trop stupide de ne pas chauffer à 35 degrés pour pouvoir prendre l’apéro en marcel sur le balcon. Réduire de 1°C c’est économiser environ 8% d’énergie, et je ne parle pas de la facture. Et puis les mangues fraîches pour le réveillon et le jour de l’an c’est peut-être cool mais il y a des chances que manger un produit plus local (comme une marmotte à la broche par exemple) soit plus bénéfique ou moins impactant. Pour sûr la plupart des dispositifs qui ont vraiment du poids ne sont pas totalement entre les mains du snowboarder Lambda. Ils sont aussi dans les papiers administratifs, légaux et économiques des élus locaux (voire nationaux) : proposer des solutions alternatives de transports (encore faut-il que ledit snowboarder Lambda ne les snobe pas sous

prétexte que les autres sentent des pieds ou bien que les horaires ne lui conviennent pas), privilégier des équipements et des infrastructures qui vont dans le bon sens, etc. En bref réfléchir un peu avant de mettre une centrale au fioul pour chauffer la toute nouvelle barre d’immeuble dernier cri qui va faire bondir le chiffre d’affaire en avant, essayer de faire en sorte aussi de limiter les transports pour la nourriture (c’est à dire essayer de faire dans la patate locale pour la tartiflette), etc. Ceci étant dit à l’heure actuelle de nombreuses choses sont faites ou en bonnes voies d’être faites : les chiffres que j’ai utilisés dans cette longue diatribe viennent d’études réalisées par et pour des stations, ce qui prouve que les élus sont très conscients du problème et recherchent a priori des solutions qui vont dans le bon sens et il faut bien avouer que dans bien des cas les nouveaux bâtiments construits sont bien pensés et aux normes, lesquelles normes valent ce qu’elles valent mais la fin justifie parfois les moyens. Un autre exemple de possibilité nous vient du Danemark (pour donc le précédemment cité Jens Larsen qui trouve son pays trop plat pour la pratique glissante) où des trains sont spécialement affrétés pour relier Copenhague et certaines stations italiennes. Ces trains sont directs, de nuit, et contiennent tout ce qu’il faut pour commencer ses vacances à la montée dans le train et pas à l’arrivée en station, éreinté par 20 heures de conduite. On y trouve des voitures bar, boite de nuit, etc. et le trajet est donc transformé en une activité agréable, de mise en condition, plutôt qu’une perte de temps et un piolet planté entre les omoplates de mère Nature à grand coup d’émission de gaz à effet de serre par le biais du pot d’échappement... Attention tout de même à la première descente après une nuit de beuverie. Je dis ça, je ne dis rien. Bon finissons rapidement en parlant matos. La planche à neige écologique n’existe pas. Du tout. Que dalle. C’est fait pour durer, et ça n’est pas super recyclable un ski. À noter que certaines compagnies se sont tout de même spécialisées dans ce type de recyclage et que donc vous pouvez y amener vos skis comme vous amenez vos bouteilles de champagne à la poubelle de tri du verre. Bientôt la poubelle à ski à côté des autres couleurs du tri sélectif ! Et ça part en combustible pour cimenterie par exemple. À part brûler les choses, le grand

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concept en matière d’éco-conception de produits manufacturés c’est l’ACV, l’analyse du cycle de vie, aussi appelé souvent « from cradle to grave », du berceau à la tombe. C’est à dire que l’on considère les impacts environnementaux (donc si ça vous amuse, on calcule un bilan carbone comme on sait bien faire…) non seulement de la production mais aussi de l’extraction des matières premières, de l’utilisation (vente et utilisation par le client final, entretien, lavage, etc.), de la partie transport (il y a pas mal de choses produites ailleurs que là où on les utilise, vous avez remarqué l’étiquette « made in China » non ?), de la fin de vie (à la benne, dans un four ou bien remis dans le gourin en recyclant.) Il faudrait un article complet pour débattre du problème mais disons que beaucoup de marques de vêtement et matériel de type montagne sont plus ou moins conscientes de comment faire pour ne pas avoir un impact trop important. Je vous renvoie à une référence en fin d’article pour suivre ça avec l’exemple d’un t-shirt et aussi pour une sorte de liste (non classée, c’est pas une course !) des marques vertes ou à tendance verdâtre. De votre coté vous pouvez toujours essayer de porter des trucs en fibres naturelles, faire en sorte d’y aller mollo avec les emballages, et supporter les marques qui font de l’éco-conception une de leurs priorités, il y en a. Et si vous ne faîtes pas de snowboard assez souvent, il n’est pas forcément stupide de louer votre matos (sous couvert que le loueur ne soit pas un terroriste de l’environnement qui fait n’importe quoi, en fait ça ne fait que repousser le problème d’un cran.) Car en effet il y a d’autres concepts, pour ceux que ça intéresse, comme l’approche produit-service où on achète une fonction et pas un objet (donc on se contrefiche de savoir si le produit est un vieux truc recyclé, c’est pas le nôtre, nous on achète ce qu’il nous apporte, par exemple les photocopies et pas le photocopieur, ou bien la semaine de glisse et pas le matériel de ski), ou bien l’approche « du berceau au berceau » pour ne rien mettre au rebut mais avoir un retour maximal (complet si possible) des matériaux. On en est assez loin mais bon, ça vaut le coup d’essayer d’y arriver... En conclusion, je dirai que l’on peut sereinement, mais gentiment parce qu’on est aussi coupable que lui, clouer son bec au babos de service lors de la soirée pre-saisonnière parce

que, sauf s’il utilise des skis en bois rabotés à la main, et s’il y va à pied depuis chez lui (et ce quel que soit l’endroit où est situé son chez lui), sa pratique de la montagne « à neige verte » c’est une sombre enfume. D’autant que si tout le monde faisait comme lui du horspiste en ski de randonnée, ce serait un fameux bazar la montagne…

Quelques références Dossier de Presse «Les stations de montagne présentent leur bilan carbone et les résultats de 2 ans de charte du développement durable» – 13.01.2010 ADOCOM www.adocom.fr « L’éco-guide des stations de montagne – le développement durable en montagne », 4e édition, 2009–2010 « L’éco-guide du matériel de montagne – choisissons responsable » 2e édition, 2009–2010 www.mountain-riders.org D. Scott et al.,“Climate Change and the Sustainability of Ski-based Tourism in Eastern North America: A Reassessment”, Journal of Sustainable Tourism, vol.14, No.4, 2006, pp376–398 www.tri-vallees.com/materiel-ski-usage-18.php www.courrierinternational.com/article/2010/02/11/ les-savoyards-inventent-le-recyclage-des-skis Perspectives in Plant Ecology, Evolution and Systematics, 1 May 2003, vol. 5, no. 4, pp. 219-230(12) Communiqué de presse « Réponse des associations à la campagne d’information du Syndicat National des Téléphériques de France (SNTF) au sujet de la neige artificielle. » Janvier 2009


Janne Lipsanen, FS 720 Indy, Col du Lautaret Photo RĂŠmi Petit

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Le « flare » qui se traduit en français par « halo » est le nom qu’on donne à ce phénomène de taches lumineuses qui apparaissent sur les photos lorsqu’une source de lumière pointe directement vers l’objectif. Tout le monde en a déjà expérimenté les méfaits, souvenez-vous de la dernière fois où vous avez sorti votre iPhone pour prendre votre copine à contre-jour devant la mer. Une tache de flare sur une photo de la mission Apollo 11, ressemblant étrangement à celui d’un projecteur de studio, a même lancé une des plus célèbre controverse du vingtième siècle. Considéré comme une aberration depuis toujours, on a essayé de réduire le flare au minimum avec des pare-soleils, photoshop et autres revêtements anti-reflets multicouche. En vain. Plutôt que de contourner le problème, des photographes ont choisi de l’exploiter à fond et de composer avec. Quand on a compris les règles du jeu – le flare est toujours sur un axe allant de la source lumineuse vers le centre de l’objectif, sa forme dépend du nombre de lamelles du diaphragme et sa taille est proportionnelle au zoom et à l’ouverture – tout devient alors possible. Jérome Tanon


Elias Elhardt, FS 540 Nosegrab Photo JĂŠrone Tanon


Double-page précédente Marc Salas, Nollie BS Tailslide to fakie, Åre Photo Matthieu Georges

Benoît Thomas-Javid, BS 720 Mute, Arêches Beaufort Photo Rémi Petit


Josh Wolf, Method, Sapporo Photo Matthieu Georges

Double-page suivante Dimitri Biau, BS Melon, La Mongie Photo JĂŠrome Tanon


Texte Fredd

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“We shall go on to the end. We shall fight in France, we shall fight over the seas and oceans. We shall fight with growing confidence and growing strength in the air. We shall defend our island, whatever the cost may be. We shall fight on beaches, we shall fight on the landing grounds, we shall fight in the fields and in the streets, we shall fight on the hills. We shall never surrender.” Ce petit paragraphe en langue étrangère n’est pas seulement l’intro de l’excellent « Aces High » d’Iron Maiden, c’est aussi un extrait d’un célèbre discours de Winston Churchill datant du 4 juin 1940, et appelant le peuple anglais à aller botter le cul au nazisme. Je ne me permettrais pas de comparer la vermine Olympique et X-Gamienne au fléau nazi, faut pas déconner, mais l’analogie me semble assez bonne quand même. Et même si la guerre semble perdue d’avance, il est

toujours temps de résister et de lutter contre ces deux monstruosités qui, au lieu de tirer le snowboard vers le haut, n’ont réussi qu’à l’engluer dans une mélasse de vulgarité patriotique, de Shawn White (power ?) dégueulasse, et de David Guetta en concert gratuit… We shall never surrender !

JJ Thomas Photo Scalp

PS. Scalp tient à rester neutre dans cette hsitoire


Double-page précédente Mathieu Crépel Photo Scalp

La tomate volante rugit de plaisir

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Toutes les boards 2011 ! (presque)


Toutes les planches présentées ici sont de bonnes boards. Toutes faites pour passer de partout et surtout idéales pour faire des gratte-dos en chantant du Daniel Guichard à tue-tête. Les tests ont été volés à Act parce qu’on n’aime pas tester les planches ici, on veut tout de suite la bonne sans s’emmerder à tout essayer. Alors bien sûr, ces tests ne sont ni exhaustifs, ni exogènes, ni même exotiques, mais ils ont été réalisés avec sérieux (malgré les apparences) et professionnalisme. En gros, en tapant là-dedans, vous ne pouvez pas vous tromper. Vous pouvez aussi taper ailleurs sans vous tromper

bien sûr, vous pouvez même taper votre femme ou vos gosses si vous en avez, mais là par contre, n’allez pas raconter qu’on a influencé votre choix. Pour des tests plus techniques et moins politiques, merci de consulter directement ceux des vrais magazines de snowboard (Act & Snowsurf ), c’est mieux. Tests et bla bla technique Steph Gros pour les garçons et Sandra Stavo-Debauge pour les filles. Bla bla pas technique du tout fredd

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Burton Love 152 — Celle-là est assez troublante. Une déco moitié rastafarienne, moitié pin-up sexy pour calendriers disponibles en station-service. On se demande un peu à qui elle s’adresse à vrai dire. Les camionneurs joueurs de Djumbé ? Peut-être qu’en alliant un sarouel et un T-shirt Johnny Hallyday ça passe mieux ? Je sais pas, je suis troublé là. Sinon, c’est une Freestyle All Mountain que rident Mikkel Bang et Keegan Valaika, deux des meilleurs riders et des plus polyvalents de chez Burton (rail, park, back country). On a affaire là à une twin à cambre classique, offrant beaucoup de pop et de soutien tout le long de la carre, ce qui lui donne de la sécurité et de la stabilité. La Love est donc une board solide et bien équilibrée pour faire du freestyle où que vous soyez... 2 Flow Era 155 — Personnellement, j’aurais préféré qu’il soit marqué « Iron Maiden » à la place de « Flow ». Je ne connais pas ce groupe, « Flow », ils sont même pas sur Deezer. Alors que tu tapes Iron Maiden sur Deezer, t’as 72 albums qui tombent, PAF ! Et même le tout dernier « The Final Frontier » qui est très bon (l’intro est un peu longue et chiante ceci dit). Ils sont bons les papys, heureusement que Bruce Dickinson est revenu d’ailleurs, parce que sans lui c’était juste pas possible. Sinon, c’est une Freestyle All Mountain, très complète, avec des appuis variés et beaucoup de pivotement en Freestyle. Elle flotte bien en poudreuse grâce à son cambre inversé. Bref, une board compacte idéale pour tous les fans de Maiden qui veulent du pop pour franchir tout type d’obstacles. 3 Burton Whammy Marley 153 —  J’ai vu un T-shirt une fois avec une grosse photo de Jimmy Hendrix à la guitare avec un joint aux lèvres (oui, la photo super connue là) au-dessus de laquelle il était simplement écrit « Bob Marley ». J’ai trouvé ça complètement génial. Cette board par contre… Comment dire, j’ai rien contre Bob Marley, bien au contraire, mais j’imagine tous les rastaquouères à deux balles qui vont se la faire payer par papa à Noël, tous ces blancs à dreadlocks engagés contre la fin dans le monde et la légalisation du canabis… Et du coup, béh, bof… Je suis nettement moins à donf là. Sinon, cette « Whammy Bar » est une board de Jib/park destinée à remplacer la « Condom » et la « Dominant » mais avec davantage de polyvalence. Elle utilise une nouvelle construction, elle est convexe (2 à 3 mm) entre les pieds pour les boardslides. Cette twin à cambre inversé peu marqué a un super pop en ollie et une très bonne stabilité en replaque. Elle fonctionne bien en poudreuse grâce au V-Rocker et les spatules sont bien dosées et précises. Tout ceci donne un super jouet de Freestyle qui marche sur tous les terrains, maaaan. 4 Salomon Salomonder 151 — C’est la nouvelle board « pure street park » de chez Salomon qu’utilisent les deux tueurs Chris Grenier et Jed Anderson. Ils ont dessiné eux-mêmes la déco et là je dois dire qu’ils feraient mieux de se concentrer sur leur ride, parce que mon fils de 6 ans les défonce déjà en crocodiles (Ah ? C’est une Salamandre ?). Bon, sinon, on a affaire là à un cambre plat qui apporte beaucoup de stabilité en réception et du pop en ollie. Salomon utilise une nouvelle construction affinant la board (sauf sous les pieds, pour la solidité), ce qui lui donne de la légèreté et un flex bien réparti pour le flat, les 5-0 et autres tricks sur les rails. On a donc une board super Jib/Freestyle, rapide en appuis, facile, un vrai p’tit skate des neiges… (avec une déco faite en cinq minutes sur « Paint » par deux mecs défoncés). 5 K2 Fastplant 154 — Don Pendleton est le graphiste « légendaire » de Alien Workshop et Habitat qui bosse aujourd’hui pour Element. Ce sont de marques de Skateboard dont il est question là. C’est lui qui signe la déco de cette « Fastplant », c’est donc génial parce que dans le snowboard, tout ce qui se rapporte de près ou de loin au skateboard est « génial ». Je trouve ça plutôt triste en fait, parce que dans le skateboard, au moins, les gens savent se tenir et tout ce qui se rapporte de près ou de loin au snowboard, c’est juste de la merde. Shawn White n’est qu’un exemple parmi tant d’autre. Ceci dit, la board a un noyau en bamboo, c’est donc écolo et beaucoup plus solide dans le temps (garantie 5 ans par K2). Le cambre est inversé, et la planche est typée Park tout en gardant de la polyvalence. Le bon soutien spatule ainsi qu’un bon pop lui donne de l’efficacité en Freestyle… Cette Fastplant est bien équilibrée et pivotante, digne d’une bonne board de park avec une déco de ouf ! 6 Forum Destroyer 152 —  Je ne sais plus trop quoi penser des têtes de morts. C’est un peu comme les chemises à carreaux : trop, c’est trop. Et bref, en 2010, je pense qu’il nous faut laisser passer une vingtaine d’années pour qu’on arrive à trouver ça à nouveau cool d’avoir des têtes de morts sous les pieds. Sinon, cette Destroyer utilise un cambre inversé (« Chilly dog ») pour une board Freestyle bien pivotante, joueuse en Flat et passe partout. Elle est compacte avec un flex consistant et un bon soutien, on est donc en sécurité pour replaquer. Elle a aussi énormément de pop. C’est une board pour bons riders, idéale en Park et gros kickers backcountry. 1

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Jones Mountain Twin 157 —  Jeremy Jones, le Freerider, pas celui qui est mormon, qui soutient Bush, la guerre en Irak et qui pense que tous les Arabes sont des terroristes potentiels, l’autre donc, vient de créer sa marque qu’il a intelligemment appelé « Jones Snowboard ». En parallèle, il sort un film sur le Freeride (« Deeper ») en harmonie avec la montagne et écologique (fini les 15 hélicos, c’est bivouac et raquettes en Alaska...). Bref, les Jones sont des boards finition bois sans vernis, utilisant des semelles recyclées, du bois issu de forêts labellisées FSC… De l’écologique quoi. La Mountain Twin, comme son nom l’indique, a un shape Twin et un flex directionnel, il y a du cambre entre les pieds pour une bonne accroche, renforcée par les carres ondulées, et du rocker en spatules pour faciliter la flottaison et le pivotement. Cette Mountain Twin est facile d’utilisation, et offre un bon contrôle permettant d’absorber tout types de terrains. Les courbes sont variées et faciles à trouver, on a de la précision pour un pilotage en douceur. 8 Nidecker PAM 157 — « The Dirt », l’autobiographie de Mötley Crüe, est le meilleur livre jamais écrit. Le plus drôle aussi. On en apprend de bonnes sur Pamela Anderson, qui fut la deuxième femme de Tommy Lee, le batteur. D’ailleurs, j’aurais préféré voir Heather Locklear, sa première femme, sur cette Nidecker. Elle est un peu moins vulgaire que Pam, je trouve, après, je ne sais pas si, comme Pam, elle aurait reversé le montant de ses royalties à une association de défense des animaux. Heather elle est pas dans le Brigitte Bardoïsme. Qu’est ce qu’elle en a fait baver à Tommy par contre ! Pauvre Tommy Lee, il aurait mieux fait d’être asexué comme Mickael Jackson, il aurait eu moins d’emmerdes… Sinon, cette Nidecker est une twin à cambre inversé « Camrock » (cambre plat entre les pieds, cambre sous les pieds, spatules avec du rocker) ce qui donne une board polyvalente Freestyle très agréable, assez douce et tolérante, un bon pivotement et du nerf dans les spatules, donc du pop en ollie. Les conduites de courbes sont fluides et faciles... La Pam est accessible (tu m’étonnes) et avec du pop qui peut convenir à un large public (tu m’étonnes aussi). 9 Step Child Walker 147 —  JP ! Je ne sais même pas par où commencer. Après avoir joué au, B-Boy, au gangster de pacotille, il sort maintenant une board pour rastaquouères. Je me permets de rappeler que John Paul est trentenaire, donc adulte, et qu’il en est toujours à se chercher une tribu. Je crois qu’on a affaire là à un sérieux cas de syndrome de Peter Pan. Où juste à un petit malin qui sait surfer sur les tendances pour vendre des boards… Allez savoir. Sinon, cette Stepchild est une petite bombe à ne pas mettre à des pieds endormis... C’est une twin à cambre plat, ce qui lui donne de la stabilité en réception, un pop explosif, énormément de réactivité en spatule et un gros soutien. Du coup, même courte cette board garde de la stabilité et encaisse le terrain. Les appuis brefs sont rapides et précis et la board pivote toute seule... Voilà donc un super jouet de Freestyle, compact et performant pour les riders de Park, Jib, kicker en tout genre et amoureux de plantes vertes. 10 Rossignol Expérience 163 — Pour les amoureux de marquetterie et de parquets anciens. Cette Freeride directionnelle en bois d’arbre « écologique » utilise le « Amp Teck asymétrique » (du cambre entre les pieds et un rocker beaucoup plus prononcé sur la spatule avant ; un peu comme sur les swallows) dont la principale qualité est d’absorber tous types de terrains. De plus, elle garde un super toucher de neige quelles que soient les qualités du manteau neigeux. La board se pilote facilement, on bénéficie d’une bonne accroche sans que la carre tranche et du pivotement dans le talon... Cette board s’adresse aux riders qui aiment dévaler les pentes à grande vitesse avec beaucoup de confort et de sécurité, ce qui est plutôt judicieux pour une board de Freeride. 11 YES « great dudes of history » 154 — Albert Einstein… Pourquoi pas oui, mais on s’en branle un peu du père de la bombe atomique, non ? Je pense que s’ils avaient vraiment voulu marquer le coup et créer un peu de buzz, les gars de chez YES aurait dû mettre quelqu’un comme Adolf Hitler ou Charles Manson sur leurs boards. Là, je peux vous dire que ça aurait jazzé. Parce que Malcom X, Abraham Lincoln, etc. Franchement, qui se souvient d’eux vraiment ? Oui, bon, sinon cette « Einstein » est une twin asymétrique (carre back plus courte que carre front pour faciliter les courbes et augmenter la réactivité) à cambre inversé. On retrouve le caractère des boards qu’utilisait Romain de Marchi chez Burton avec un talon très ferme pour un maximum de puissance (pour ceux qui ont la technique et le physique pour l’utiliser)… La board est compacte et solide avec de la déformation au centre permettant des conduites franches, ainsi que du pivotement et une légère tolérance. Voilà une All Mountain Freestyle avec un talon surpuissant pour vous envoler en back country comme savent si bien le faire tous les gars de chez YES (JFK, John Lennon, Haile Selassie, etc.) 7


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Nitro Addict 156 — La déco est signée Mark Welsh, photographe de Portland. Il nous a mis Eddy Vedder de Pearl Jam sur le nose, et d’autres trucs à connotation rock’n’rollesque, et je dois dire que c’est assez chouette. Par contre le gars qui montre ses seins là, je me vois pas dépenser de l’argent pour l’avoir constamment entre mes jambes. Question de goût, et d’orientation sexuelle. Sinon, la Addict est une directionnelle utilisant un cambre Gullwing (cambre inversé au milieu qui recambre sous les pieds et qui repart en rocker en spatules) un concept emprunté donc aux trucks Gullwing des années 80 qu’affectionnaient tant les ramp-riders et que détestaient absolument tous les gens normaux. Cela nous donne une board pivotant bien, mais qui garde de l’accroche et de la précision en courbe. Une planche très tolérante avec des prises de carres rapides, un ollie précis et équilibré… Une bonne All Mountain bien homogène et agréable à rider. 13 Capita Horrorscope 147 —  Je n’aime pas dire du bien, pas gratuitement en tout cas, mais force est de constater que Capita a les meilleures décos du marché, et une des meilleure image également. C’est le genre de marque qui me réconcilie avec l’industrie du Snowboard. Ça me rappelle quand j’étais jeune et beau et que des marques comme Joyride, Movement, Silence, Peach, Shorty’s, Lib & Gnu me faisaient rêver… Époque révolue, puisque (presque) toutes ces marques ont disparu, bouffé par les grosses et que de nos jours, on ne met plus de Neil Young et de super 8 N&B dans les vidéos. Sinon, c’est une twin à cambre inversé super joueuse et très pivotante. Les prises de carres sont rapides en appuis courts, tout en restant très tolérantes. Cette Horrorscope est assez compacte avec un bon soutien, du coup on garde une assez bonne stabilité malgré sa (très) petite taille et grâce au cambre inversé la board passe correctement en poudreuse. Comme sur la plupart des Capita, les spatules sont particulièrement efficaces, on a du pop en ollie et beaucoup de rebond en flat. C’est une board plutôt Park/Jib super joueuse, un vrai petit skate des neiges... 14 Bataleon Evil twin — Aie ! Je vais encore dire du bien, gratuitement. Pourtant, c’était plutôt mal parti Bataleon et moi. Je trouvais ça dégueulasse comme marque au début, à cause des Smileys, puis finalement, j’ai changé d’avis. Ils ne m’ont pas l’air méchants ces Bataléens, même plutôt bons en fait. Mais les Smileys là, faut vraiment qu’ils arrivent à nous les faire oublier, parce que j’en ai un peu marre de penser « aciiiiiiid » à chaque fois que je vois une Bataleon. Sinon, c’est une twin avec la construction triple base (plat au centre de la semelle et qui remonte de quelques millimètres de chaque coté) propre à Bataleon. Elle est très progressive et tolérante ce qui donne une board facile à utiliser. On a une grosse All mountain très complète dans les appuis avec du pivotement (grâce à la triple base) et un bon ollie. 12

Les meufs : 15 Rossignol Diva Magtek 148 — D’après le dossier de presse, la déco est signée par un certain André « DRE » Sidayan. Franchement, « Dre », comme le rappeur… Y’en a qui se sont fait refroidir pour moins que ça ! En tout cas, si ce Monsieur Dre est aussi responsable de la déco de la semelle, je propose de le butter moi-même… Sinon, cette « Diva » possède bien des atouts : carre ondulée « Magnetraction » qui tranche comme un couteau à pain, le Amptek qui, dans le jargon Rossignol, désigne un profil en aile de mouette : du cambre positif entre les pieds, qui s’inverse sous les pieds au point de contact pour se relever carrément jusqu’en spatule et en talon (ndlr : rassurezvous, j’ai rien compris non plus). Avantages : puissance et transmission des forces accrues sous les pieds aux points de contacts, longueur de carre réduite donc grande maniabilité. Pour celles qui n’ont pas suivi, la combinaison des deux concepts = Magtek. Voilà pour la partie technique. Quant aux sensations, elles sont incroyables : excellent toucher de neige, elle coupe, pivote, dérape selon vos désirs, est très précise dans ses conduites. Elle flotte en poudreuse grace au rocker. Tolérante, elle vous permet de toujours garder le contrôle tout en se faisant oublier. Le flex est réparti de manière homogène, la déformation est très saine, mais le talon manque de pop, seul petit bémol. Avec des performances pareilles, il se peut que vous laissiez les gars sur place (une fois n’est pas coutume)... Testée en 148, elle est aussi performante qu’une board garçon de 158cm. Programme : All mountain, pipe, backcountry, carve (et si), mais pas rail. Dispo en 44, 48, 52, 56. 16 Roxy Ali BTX 151 (modèle de Kjersti Buaas) — Elle est marrante la petite Kjersti Buaas. Avec son faux rap et ses petits clips là, elle me fait bien marrer. Pourtant, en général, les filles, ça m’énerve, surtout celles qui essayent d’être drôles. Je ne sais pas trop ce que ça veut dire sur moi, sur le plan psychanalytique, certainement rien de bon, alors je ne préfère pas savoir. Ce Freud là, il m’inspire pas confiance. Sinon, la board avec les pixels (quelle audace dans la déco, bravo Roxy) c’est du fun garanti. Cette board au cambre inversé est on ne peut plus joueuse avec une mise en pied instan-


tanée. Elle pivote quasi à l’arrêt et il est impossible de faire une faute de carre grâce au banana. Le magnetraction lui donne une très bonne accroche y compris sur neige dure. Contrairement à la Rossignol, elle se conduit plutôt des deux pieds en appuis brefs. Très saine, elle se déforme de manière homogène et offre un bon pop en ollie. Ultra tolérante et douce, elle rattrape les erreurs et les réceptions sketchy. On a vraiment envie de jouer sur les bords de pistes avec cette board. Évolutive, elle s’adresse aussi bien à celles qui veulent s’initier au Freestyle qu’à celles qui aspirent à rider comme Kjersti.

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© JEROME TANON


Urska Pribosic


Faire un magazine de snowboard en France sans y mettre ne serait-ce qu’une photo de David Vincent nous contrariait un peu. Seulement, le gars se fait tellement discret ces derniers temps qu’ils ne sont pas nombreux à pouvoir se vanter d’avoir une photo récente de l’animal en action. Alors que certains seraient prêts à n’importe quelle compromission pour qu’on ne les oublie pas, lui se cache et espère réussir à effacer son nom de notre mémoire collective. Il a complètement tourné la page du snowboard, et il aimerait bien qu’on tourne la page de David Vincent… Mais hé, il est con aussi, on ne disparaît comme ça, en claquant des doigts, surtout après toutes ces années à foutre « le merdier » dans le snowboard Français et Européen.

On l’a donc dérangé en plein bricolage (la mezzanine c’est fait, il lui reste la salle de bain et deux ou trois trucs à faire), pour qu’il nous dise quelle était sa photo de snowboard préférée. Photo de lui bien sûr. Sans trop de surprise, il a commencé par dire qu’il n’en avait aucune idée, et qu’on perdait notre temps, puis en insistant un peu il a fini par lâcher que cette photo d’invert à Prapoutel, en 2005, était quand même vachement « skate » et qu’il l’aimait bien. Alors voilà, c’est cadeau, la meilleure photo de David Vincent de tous les temps, pour vous, pour nous, ici, tout de suite. Maintenant répétez après moi : « David Vincent n’a jamais existé ! ». Merci pour lui. Fredd

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C’est bien connu, et n’importe quel skateur n’ayant jamais mis les pieds à la montagne vous le confirmera : 124 tomber dans la neige, ça ne fait pas mal. C’est même très drôle.

et ainsi, ils s’amusent sans jamais se blesser. Ce qui, convenons-en, est très pratique. Si on pouvait donc se permettre de vous donner un conseil, ce serait de ne jamais réfléchir. Quoi qu’il arrive, foncez, il ne peut rien vous arriver. Regardez, nous, on fait un mag de snowboard, vous pensez qu’on a beaucoup réfléchi avant de se lancer dans une aventure pareille ? Évidemment non, sinon… Bref, on est des dingues et on vous souhaite une bonne saison. N’oubliez pas de faire votre gratte-dos quotidien et on vous dit à l’année prochaine, même date, même endroit et toujours aussi gratuit.

Photo Rémy Barreyat

Julien Rochette s’éclate à Helsinki

Parce que, figurez vous que la neige, c’est mou, et donc, quand on tombe, on s’enfonce et non seulement ça n’est pas douloureux, mais c’est très agréable. Et c’est logique quand on y pense. C’est comme chez les bizounours, quand les oursons sautent de nuages en nuages, leur chute est amortie par le moelleux du nuage, qui n’est pas sans rappeler celui de la neige,


PEETU PIIROINEN IN THE

KAMPAI JACKET

NIKE 6.0 TEAM MASON AGUIRRE.GJERMUND BRAATEN.MIKKEL BANG -NEW ZEALAND

ACTION: FRODE


©Jérome Tanon

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« La sagesse est d’être fou lorsque les circonstances en valent la peine. » Jean Cocteau, extrait de Opium


OPIUM #1