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newSkills

JUILLET 2008

EDITO Sur la route d’EuroSkills, les choses se précisent. Les candidats ont désormais un visage. Ils ont été officiellement présentés au Ministre-Président du Gouvernement wallon et de la Communauté française, Rudy Demotte, à Marc Tarabella, Ministre de la Formation de la Région wallonne, à Christian Dupont, Ministre de la Communauté française en charge de l’Education, et à la presse en présence de Jos de Goey, le président d’EuroSkills. A cette occasion, ils ont, pour la première fois, pris toute la mesure de l’événement qui les attend en septembre. Dans cette édition, vous découvrirez l’interview de Georges Campioli, Directeur général d’Agoria. Vous ferez la connaissance des 4 candidats de l’Office IT Team : Bertrand, Frédéric, Nicolas et Pierre. Plus palpables mais tout aussi variés, les métiers de la pierre ont également retenu notre attention. A travers le descriptif des activités d’un site carrier, le témoignage de M. Abraham, Président des Carrières de la Pierre Bleue Belge et la visite d’une entreprise de transformation, vous découvrirez la richesse d’une vitrine de savoir-faire belge ! Pour commencer, découvrez les activités des startechs. Eric ROBERT, Président de skillsbelgium

LES STARTECHS, UNE PASSION POUR CHACUN ET UN AVENIR POUR TOUS ! Mise en ligne du portail Internet - www.startechs.be Dès ce jeudi 10 juillet, le site web des StarTechs fait peau neuve. Véritable portail pour les jeunes, vous y découvrirez une mine de contenus interactifs et multimédia. Sont au programme : blog, quiz, vidéos, interviews, jeux concours, portraits, fiches métiers,... Ne manquez surtout pas la mise en ligne du nouveau portail des StarTechs ! Les startechs vous saluent par un ‘Yellow !’ aux Ardentes, aux Francofolies et à Dour Les StarTechs seront présents aux festivals de Dour, des Ardentes à Liège et des Francofolies à Spa. Ces trois événements musicaux ont attiré ensemble plus de 350.000 visiteurs en 2007. Ouvrez l’oeil afin de ne pas rater nos équipes des StarTechs qui vous feront peut-être gagner un Ipod nano*...

10 au 13 juillet * concours réservé aux jeunes de 14 à 20 ans

17 au 21 juillet

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17 au 20 juillet


PRÉSENTATION DES CANDIDATS BELGES À L’ELYSETTE

Lundi 2 juin, 8h30’, jardins de l’Elysette. En ce début de journée printanière, les 11 candidats au concours EuroSkills, accompagnés de leurs formateurs respectifs, sont rassemblés au pied du perron. Ils sont conviés pour un petit-déjeuner informel, sous l’égide du Ministre-Président du Gouvernement wallon et de la Communauté française, Rudy Demotte, accompagné pour la circonstance des Ministres Marc Tarabella et Christian Dupont. Pour la majorité des candidats, il s’agit là de leur tout premier contact avec des responsables politiques et économiques. Ils sont soudain plongés dans une réalité dont ils n’avaient pas encore totalement conscience : celle des concours internationaux. Car devenir ambassadeur de son pays, c’est une vraie responsabilité nationale. Mais c’est aussi avoir l’immense honneur de démontrer les capacités et le savoir-faire de tout un secteur. Au début, le stress est un peu palpable. Le lieu est imposant, la presse est présente, et les ciseaux, marteaux, claviers, niveaux sont bien loin de là. Ils ont laissé leur place aux grands discours, et pour certains,

c’est un nouvel apprentissage. Mais le Ministre-Président les met d’emblée à l’aise : « Vous êtes ici chez vous ! » leur ditil. Et il poursuit son allocution d’accueil en 3 langues, avec quelques mots en anglais à l’attention du Président d’EuroSkills et d’autres en néerlandais pour le candidat d’origine anversoise. Le ton est donné, celui de l’unité et de la simplicité, qui vont régner pendant toute la rencontre. Au cours du petit déjeuner, les contacts se nouent, les langues se délient et la complicité de l’équipe s’installe. On répond aux questions des ‘officiels’ et des journalistes, on échange avec les professionnels, on explique son métier à ses nouveaux compagnons d’aventure. Et tout à coup, la passion surgit et, avec elle, le plaisir de parler de ses rêves, de ses choix et de ses aspirations. Car s’ils ont un point en commun tous ces jeunes, ce sont les étoiles qui pétillent dans leurs yeux lorsqu’ils expliquent leur métier. Et on perçoit très clairement leur fierté lorsque le Ministre wallon de la formation Marc Tarabella, le Ministre de l’Education, Christian Dupont, et toutes les autres personnalités leur prêtent oreille attentive.


FOCUS SUR L’OFFICE IT TEAM, COMPOSÉE DE QUATRE CANDIDATS A EuroSkills, Frédéric, Pierre, Nicolas et Bertrand défendront nos couleurs en équipe. Cette ‘Office IT Team’ affrontera des épreuves qui consistent à concevoir, développer, installer, tester, entretenir, réparer, optimiser, mettre à niveau et utiliser les réseaux informatiques, l’équipement et les logiciels.

FREDERIC MEREU LA PASSION D’UN TRAVAIL AMUSANT !

Frédéric a 20 ans. Comme Nicolas, il vient de terminer sa deuxième année de formation à la Haute Ecole de la Province de Liège, Rennequin Sualem. Il a été sélectionné pour EuroSkills via le pré-concours proposé par son professeur et une épreuve de sélection chez Technofutur à Gosselies.

d’une seule machine, un serveur. Ce serveur contient tous les identifiants/mots de passe des utilisateurs, s’occupe de leur distribuer des adresses IPs, etc. Mais pour être précis, il faudrait dire bien plus que cela, expliquer ce qu’est un serveur, une adresse IP. Et là, on va vers l’infini ! »

«  C’est la curiosité et la possibilité de me mesurer à d’autres participants qui m’a motivé  » explique-t-il. «  C’est une occasion de continuer à évoluer dans mon domaine, une occasion de prouver mes capacités, d’apprendre de nouvelles choses et de vivre une expérience différente. J’ai trouvé que l’opportunité était vraiment à saisir ! »

« En ce qui concerne mon avenir, je me vois plutôt dans le domaine des réseaux. Par exemple, installer des réseaux chez des clients. Le domaine de la VOIP (Voice Over Internet Protocol), la téléphonie par internet, m’intéresse aussi, vu que c’est une technologie qui commence à se répandre » précise Frédéric.

Frédéric décrit son métier comme passionnant et son domaine d’application est vaste. On peut parler ‘réseau, programmation, applications, communication,...’ Décrire chaque spécialisation prendrait des pages. Il explique  : «  Par exemple, si je vous parle de l’application Microsoft, en gros, ça consiste à centraliser les utilisateurs et les ressources d’un domaine au sein

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Et s’il devait parler à d’autres jeunes de son métier, il leur dirait que c’est un domaine où il y a énormément d’avenir en raison de l’utilisation accrue d’internet. C’est aussi un secteur où l’on peut s’amuser à concevoir des programmes en tout genre, des jeux, des applications très précises. Bref un métier qui n’a comme limites que celles de l’imagination !


PIERRE TIANGE L’INFORMATIQUE, UNE ÉVIDENCE !

Une chose est certaine : lorsque Pierre parle d’informatique, tout le monde comprend son langage. Ce jeune homme a un don pour expliquer simplement ce qui paraît si compliqué aux yeux de bien des gens. Et même s’il est clair qu’il s’agit de son domaine de prédilection, son aisance démontre une maîtrise réelle. Le jeune homme explique  : «  L’informatique est un nom générique qui cache des dizaines de métiers différents. Il y a toujours plus à apprendre, à connaître, à découvrir. Il y en a pour tous les goûts. On peut par exemple travailler seul dans son coin ou avoir beaucoup de contacts ». Pierre termine un stage dans une société qui développe des réseaux informatiques. Chargé de la conception et de la mise en place d’un système de surveillance destiné à contrôler l’intégralité des infrastructures réseaux de la clientèle, il a ainsi conçu un système de monitoring par internet. Ce dernier vérifie en permanence que tous les réseaux fonctionnent bien et avertit directement les techniciens de l’entreprise s’il y a un souci chez un client. «  Cette entreprise est un bon exemple de la diversité des fonctions possibles dans ce domaine » précise-t-il. «  Sur une petite équipe de 7 personnes ayant pratiquement la même formation, il y avait un développeur d’applications qui travaille seul, des formateurs qui donnent des cours, des consultants en clientèle et même un responsable commercial en charge de la préparation des offres de prix ». La preuve que les orientations sont variées. Ce qui séduit le plus notre informaticien dans sa profession  : la polyvalence. «  Les jeunes qui sont tentés par le métier d’informaticien doivent savoir qu’ils existe de multiples filières pour se former, de la plus basique à la plus

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performante, il y en a pour tous les goûts. De plus c’est un domaine où on peut vraiment trouver un emploi intéressant et bien payé. En 2007, sur 20.000 offres d’emplois dans le secteur, seulement 6.000 ont trouvé preneurs. C’est dire s’il y a de l’avenir ! » Son avenir, Pierre le voit encore avec un un point d’interrogation. Il y a tellement de voies qu’il a envie d’explorer. A ce jour, il a une décision à prendre  : sa candidature a été acceptée dans une grande école française où il peut poursuivre 2 ans d’études pour obtenir un «  Master en informatique  ». Lui qui rêve aussi d’ouvrir sa propre boîte, ce serait un énorme plus. Evidement, ce n’est pas gratuit. Mais comme il le dit : « Je préfère regretter de l’avoir fait plutôt que de garder le goût amer d’être passé à côté ». Mais avant tout cela, bien sûr, il y a sa participation à EuroSkills. Pour ce concours, Pierre est très motivé. Il faut dire qu’il a déjà expérimenté les concours internationaux comme candidat du Mondial des Métiers en 2005. « J’espère que mes 3 coéquipiers et moi ‘pèterons’ des flammes noires, jaunes et rouges  » dit-il avec humour. «  En tout cas, le fait de participer à 4 montre bien la diversité dont j’ai parlé. Aujourd’hui, dire ‘je suis informaticien’ ne veut plus rien dire de précis. C’est comme dire ‘je travaille dans l’automobile’… Oui, mais comme quoi  ? Vendeur, mécanicien, carrossier… » Pour le concours, notre candidat se verrait bien gérer l’équipe. L’Open Source est aussi une option qui pourrait lui convenir. «  Mais on va décider cela ensemble, avec l’expert. L’essentiel est de constituer une équipe performante, qui donne du ‘fil à retordre’ aux autres nations  ». Et pour cela, l’esprit de compétition de Pierre sera certainement un atout majeur !


NICOLAS ROLANS LE MONDE A PORTEE DE SOURIS !

Nicolas a découvert l’ordinateur à l’âge de 8 ans. Mais loin de se contenter d’observer l’écran, c’est avant tout l’envie de savoir ce qui se passait derrière l’écran qui le titillait. «  J’étais plutôt du style à démonter les appareils pour les comprendre  » explique-t-il. Fort heureusement, il arrivait aussi à les remonter. Le début d’une passion ? Certainement puisque Nicolas affirme que son métier en est une pour lui. « C’est une chance de pouvoir pratiquer sa passion au quotidien ! » Le jeune homme décrit son métier comme une ‘offre de services’ à des utilisateurs qui ont besoin d’applications diverses et de communication. La communication, c’est ce qui le branche le plus dans son domaine. Il précise : « On peut savoir via le PC tout ce qui se passe sur le réseau. Je me suis fait beaucoup d’amis avec lesquels je partage les mêmes centres d’intérêt dans différents pays du monde. Imaginez, quand on a un problème à résoudre, on peut recevoir une solution de quelqu’un qui a connu le même à des milliers de kilomètres ». Pour Nicolas, technicien en informatique est vraiment un métier d’avenir. La variété du travail fait qu’on est rarement occupé deux fois à la même chose. Ce que je trouve génial, c’est de faire partie d’une énorme communauté à travers le monde qui parle le même langage et se comprend ! » En tout cas, le jeune technicien ne se ménage pas. Il vient à peine de terminer ses examens qu’il enchaîne par 2 semaines de stage chez Technofutur à Gosselies en vue de la préparation à

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EuroSkills. Ensuite, après une petite semaine de congé, il démarre un stage de 2 mois chez Cisco Systems Belgium. Il s’agit d’une multinationale d’origine américaine, spécialisée dans la fabrication du matériel réseau pour toutes les applications possibles via le net. Cela tombe bien puisque ‘Cisco Systems’ est le domaine dans lequel Nicolas veut travailler. Et en attendant, il y a fort à parier qu’il sera en charge de cette spécialité pour le concours européen. « En tout cas mon stage sera utile pour les concours. Je travaillerai avec les employés du service après-vente. Nous devrions reproduire ce qui se passe chez le client qui renvoie une pièce, pour qu’ensuite l’ingénieur solutionne le problème. C’est une occasion d’être au contact de matériel qu’on ne touche pas suffisamment à l’école ». EuroSkills, c’est un prof qui m’en a parlé. Ils ont été une petite dizaine à participer aux épreuves de présélections. « L’aventure paraît exceptionnelle. Cela va me permettre d’apprendre beaucoup et je suis très fier de représenter mon pays à Rotterdam. Et puis cela va être intéressant de travailler en équipe. En tout cas, l’esprit est positif. Depuis qu’on s’est rencontré, on communique déjà beaucoup par email ». Et c’est certain, Nicolas va être comblé, lui qui aime tant cette sensation de faire partie d’un grand réseau international. Avec 30 pays participants, il va en rencontrer du monde. Il y a fort à parier que la confrontation de ses capacités sur le terrain avec d’autres passionnés, sera une expérience qu’il n’oubliera jamais !


BERTRAND DONEA SIMPLE ET COMPLEXE A LA FOIS !

Bertrand était en 2ème secondaire lorsqu’il a « découvert » l’informatique. Il a tout de suite été accroché par son côté simple et complexe à la fois. Il explique : « Il faut mettre en place quelque chose de très compliqué pour que les gens puisse se simplifier la vie. Les utilisateurs ne réalisent pas lorsqu’ils envoient un mail la technique nécessaire. Mais pour ceux qui apprennent cette profession et développent la logique nécessaire, cela devient simple ». Cela demande beaucoup de temps et d’énergie pour que tout ce système fonctionne sans faille. Aujourd’hui, ce service est indispensable. C’est dire si, quand il y a une panne, c’est un drame. En fait, le technicien est un super héros ! Après sa formation, Bertrand a trouvé du travail dans une grande entreprise spadoise de production d’eau minérale. Il s’occupe du réseau et des serveurs pour l’usine. « On ne réalise pas le système ultra complexe que nécessite une telle entreprise. Par exemple, il y a un programme particulier pour les échanges de commandes avec les magasins ou la traçabilité des produits. Ce sont des applications vraiment compliquées et précises qui sont développées spécialement pour ces usages ». Bertrand aime être sur le terrain, vivre la vie de l’usine. « A Spa, l’ambiance est agréable et c’est fondamental pour faire du bon travail. Il faut collaborer dans la confiance car lorsqu’il y a un

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problème urgent à résoudre, on doit pouvoir compter sur l’aide de quelqu’un d’autre. J’imaginais d’abord travailler dans une société d’informatique puis je me suis pris au jeu d’une entreprise moins spécialisée mais où le travail est vraiment diversifié ». Le calme, la patience, la persévérance sont des atouts pour EuroSkills. Et puis, c’est un ‘monde’ qu’il connait déjà car il a participé au Mondial des Métiers japonais en 2007. « Je suis content de participer à EuroSkills avec des coéquipiers de haut niveau. En travaillant, j’ai peu de temps pour la préparation. Il faut donc une équipe performante qui s’adapte très vite » explique-t-il. Bertrand est convaincu que la Belgique a vraiment de grandes chances de réussite. « Lorsqu’on participe au Mondial des Métiers, le concours est presqu’à deux vitesses. Il y a les asiatiques supers préparés et les autres. Ici c’est différent. On a vraiment des chances de bien se classer et franchement, ça serait une fierté pour la Belgique mais aussi pour montrer toute la richesse de mon métier ». Au sein de son entreprise, Bertrand utilise du matériel Cisco, des applications Microsoft tout comme de l’Open source. « C’est une entreprise à l’esprit très ouvert qui me donne la possibilité de développer mon savoir-faire. Cela sera très utile pour le concours ».


JEUNESSE ET METIERS CRITIQUES ! Interview de M. George CAMPIOLI, Directeur général d’Agoria, Président de Technifutur mais dans le même temps on évoque les  « pièges à l’emploi »  et on a l’impression que le travail devient finalement une option. On se tourne aussi vers le système éducatif, qui semble-t-il, ne fournit pas assez de capacité et d’efficacité.

Chaque période de tension économique relance le même débat. Or, l’histoire de l’industrie est émaillée de périodes de tensions, ce n’est pas la première fois. Pourtant, lorsque quelque chose va mal on a toujours cette impression que la période actuelle est pire qu’avant. La presse et les journaux donnent une impression de pénurie partout, d’un scénario noir du chômage soutenu. Mais c’est une vue un peu réductrice.

En fait, sous cette même étiquette de pénurie, se cachent sans doute de multiples préoccupations qui appellent diverses stratégies pour différents publics. Ainsi par exemple, pour les employeurs, la problématique de l’emploi ne se résume pas à trouver du personnel qualifié mais aussi à le conserver et à en assurer le perfectionnement. Par contre, si on faisait une étude sociologique, on réaliserait certainement que les attentes des jeunes sont toutes autres.

La pénurie des métiers techniques est souvent mise en lien avec les conditions de travail ; environnement sale, bruyant, contraintes physiques. Pourtant, on constate une grande carence d’informaticiens qui ne rentrent pas vraiment dans un tel contexte. L’explication ne se trouve sans doute pas non plus dans un problème de catégorie sociale puisque toutes sont touchées.

La jeunesse fait des efforts mais il faut que ceux-ci soient gratifiants, comme dans le sport, les jeux vidéos ou pour rencontrer leur star préférée. Pour qu’ils acceptent un emploi qui leur demande ces efforts, il faut qu’ils y rencontrent un certain nombre de critères. Au lieu de se lamenter sur leur démotivation envers les métiers critiques, il serait utile d’analyser ce qu’ils souhaitent.

On se retrouve donc devant un phénomène qui choque surtout parce qu’on ne le comprend pas. On entend alors parler de chômage trop facile, qui dure trop longtemps

Une clé fondamentale de la motivation des jeunes générations se trouve donc bien présente dans ces concours. C’est un support intéressant pour montrer que la passion et la performance sont dans les métiers tout autant que dans le sport, les jeux ou le star système.

Un facteur majeur de motivation est la recherche de « fun ». L’effort ne se justifie que s’il produit du plaisir, s’il y a une récompense à la clef. Ce qui conduit directement à la recherche de considération, de reconnaissance, de valorisation, allant jusqu’à rêver d’un statut de « star » qui flatte et apporte l’argent. La conséquence qui en découle est l’exigence de participation  : être écouté, compris, pouvoir s’exprimer est essentiel.

Cependant, réfléchir à ces aspirations et voir par quel biais on peut les rejoindre est certes une piste à approfondir. Il faut leur «  vendre  » nos entreprises en leur démontrant qu’elles ont ce qu’ils cherchent. Parler des métiers avec des mots du 21ème siècle, montrer la finesse des techniques, la responsabilité que les métiers engendrent (par ex. lorsqu’on manipule une machine qui vaut des millions).

Dans le même temps, la préoccupation du futur reste bien présente, à travers une recherche de stabilité dans le statut et le revenu. Une nécessité de garantie qui rentre en contradiction avec des attitudes de zapping très développées dans les générations actuelles. La jeunesse voit la routine comme un handicap. Un employeur à la marque valorisante, offrant des jobs ludiques, variés, bien payés, avec des horaires flexibles pour le travailleur, considérant et respectant son personnel, serait sans doute jugé digne d’effort, à condition que l’école pour y accéder soit du même style. On peut rêver…

Il est également nécessaire de redéfinir dans chaque entreprise ou de manière collective, des lieux où le savoir se transmet, où on peut évoluer, se perfectionner et s’inscrire ainsi dans une trajectoire de mouvement et de variété. Car si les aspirations se recoupent, les gens viennent de plus en plus d’horizons différents. Une question est donc, comment ajouter du savoir à des gens qui viennent d’origines variées, avec des rythmes divers.

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Par exemple, à Technifutur, les stagiaires sont des travailleurs qui se forment aux nouvelles techniques en un minimum de temps, des demandeurs d’emploi et des étudiants avec leurs profs. Mais la demande est telle qu’il faut envisager d’élargir en utilisant les locaux d’autres écoles.

cette logique du jeu et de la reconnaissance. Mais cela n’est pas innocent car les ressorts utilisés dans l’aspect amusement de ces challenges sont les mêmes qui soutendent tous les efforts de leur existence  : créer, bouger, se montrer le meilleur, avoir du fun, même dans le plaisir de se faire peur. Comme dans les jeux virtuels des consoles par exemple.

En réalité, la problématique de la pénurie des métiers s’inscrit dans une situation de guerre. «  La guerre des talents » qui sévit non seulement entre les grosses sociétés mais à d’autres échelles. Une entreprise qui investit pour former ses travailleurs court automatiquement le risque de se les voir « voler » du fait même de cette plus-value. Et pas seulement par des boîtes du même secteur. Elle doit donc aussi se battre pour fidéliser ces talents.

Une clé fondamentale de la motivation des jeunes générations se trouve donc bien présente dans ces concours. C’est un support intéressant pour montrer que la passion et la performance sont dans les métiers tout autant que dans le sport, les jeux ou le star système. Dans une société où la reconnaissance est devenue fondamentale, montrer la nécessité de se différencier dans une «  guerre des talents  », c’est un moyen de réenchanter les métiers ! 

Les jeunes qui participent à des concours rentrent dans

EXPO « SPORT EN TÊTE » POUR STIMULER LES CARRIÈRES SCIENTIFIQUES

Les sciences et les techniques ont profondément modifié le visage du sport, la pratique professionnelle comme le sport amateur. Grâce aux avancées scientifiques et technologiques le sport, et plus encore le sport des professionnels, a connu un essor fulgurant. Depuis les années 70, nouveaux matériaux, design assisté par ordinateur et autres technologies de pointe, ont transformé les accessoires du sport en produits hightech.

Le nombre de jeunes diplômés des filières techniques et scientifiques diminue d’année en année. Celui ou celle qui n’a pas attrapé le virus de la technologie dès son plus jeune âge se désintéresse souvent de ce type de formation. Agoria et le Pass, en partenariat avec l’Adeps et le Complexe sportif de Blocry, organisent pendant les vacances scolaires une exposition interactive à Louvainla-Neuve sur le thème Sport et Sciences. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme Experia (www.experia.be) destiné à sensibiliser les jeunes de 10 à 14 ans aux carrières scientifiques et technologiques.

L’exposition « Sport en tête », élaborée par le Pass, propose une vingtaine d’éléments (manipulations et objets, audiovisuels et bornes informatiques) pour jouer à faire du sport, pour comprendre comment ça marche et pour montrer la place occupée par les sciences et les technologies qui concourent pour une large part à l’exploit sportif.

La proximité des Jeux olympiques de Pékin et la forte mobilisation médiatique autour de cet événement sont l’occasion de montrer que les sciences et les technologies ont un impact formidable sur le développement de notre région et que de nombreuses carrières passionnantes sont ouvertes aux jeunes qui désirent y contribuer.

L’entrée est entièrement gratuite !

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GROS PLAN SUR LES MÉTIERS DE LA PIERRE

La carrière et ses multiples métiers Avec plus de 300 ans de présence dans les bâtiments en Belgique ou à l’étranger, la pierre bleue belge constitue un des meilleurs ambassadeurs de notre savoir-faire. Les Carrières de la Pierre Bleue Belge, située dans la région de Soignies, gère actuellement 2 des 3 plus grands sites carriers de Petit Granit-Pierre Bleue de Belgique. Elle fait partie des leaders européens de l’extraction, du sciage et du façonnage de cette noble matière. Environ 50.000 m³ de matière sortent chaque année de l’entreprise, dont un quart est destiné à l’exportation. Dans cette société, sur un peu moins de 250 travailleurs, environ 200 sont des ouvriers de terrain. L’extraction Ainsi, au 1er stade, l’extraction, il faut des opérateurs de machines, des conducteurs, des ouvriers habilités à manier les explosifs, des préparateurs de blocs qui pratiquent l’équarrissage des volumes extraits. Vient ensuite l’opération du sciage des blocs en tranches, poste très important car c’est majoritairement sous cette forme que la pierre est envoyée vers d’autres entreprises de transformation. A ce stade, il faut beaucoup de main d’œuvre pour la manutention, le chargement, le stockage, le triage. La transformation Les Carrières de la Pierre Bleue Belge possède aussi ses propres ateliers de transformation. C’est le 3ème stade et c’est là que se retrouve le métier le plus connu du secteur  : le tailleur de pierre. Les pierres issues de ce département sont principalement destinées à des marchés publics tels que voiries, aménagements urbains, bâtiments officiels. Les tailleurs de pierre interviennent de façon traditionnelle dans la réalisation de bon nombre de ces éléments, car seule la main de l’homme peut façonner avec suffisamment de finesse les pièces courbes et les éléments décoratifs. Cependant, avec la mécanisation, ils ne représentent en réalité que 5% du personnel de terrain. La 4ème étape, qui emploie aussi beaucoup de main d’œuvre, est la marbrerie où on traite la pierre à l’eau, on l’adoucit, on la polit pour lui donner sa patine de finition. Enfin, s’ajoute à tous ces métiers, une équipe d’entretien, mécaniciens, électriciens, soudeurs, qui ont en charge la maintenance et la réparation des machines sur le terrain. L’addition de tous ces talents permet de donner un résultat d’une qualité unique au monde !

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François Coutard, candidat tailleur de pierre au Mondial des Métiers 2007


M. Jean-Franz Abraham, président des Carrières de la Pierre Bleue Belge S.A parle des métiers de la pierre. «  Lorsque nous recrutons des jeunes photographié par Daniel Rys ouvriers pour le travail général de la pierre, ils passent par le programme de formation du CEFOMEPI. Le nombre de candidats à cette formation de base est important. Environ 15 jeunes y accèdent par année, qui se forment en alternance au centre et en entreprise. Ils ont une certitude d’emploi à la sortie. Par contre, il n’y a pratiquement plus personne dans les ateliers de formation pour les tailleurs de pierre. Il n’y a pas encore d’effort suffisant pour concerner les jeunes et généralement, les artisans ne veulent pas ou ne peuvent pas prendre le temps de les former. Ils ont besoin de gens opérationnels immédiatement. C’est pourquoi, avec d’autres acteurs de terrain, nous venons de créer un groupe de travail pour tenter d’enrayer cette situation. De gros moyens ont été investis dans le centre MBC de Braine-le-Comte pour proposer une formation encore plus performante aux tailleurs de pierre. Il faut maintenant motiver des jeunes à venir la

suivre car le savoir-faire manuel doit absolument se transmettre. Et il faut montrer sur le terrain comment utiliser les machines. Tailleur de pierre est un métier d’avenir, valorisant manuellement et intellectuellement, où il y a énormément de possibilités d’emploi. La réputation tenace d’un travail dur et salissant n’a plus vraiment lieu d’être, car grâce aux équipements qui captent la poussière et aux appareils de transport, les choses sont devenues plus faciles. Le jeune qui s’engage dans la taille de pierre à principalement 3 voies d’orientation. Soit il s’engage dans une carrière, pour un boulot à long terme, soit il a la perspective de s’installer comme indépendant. Bien sûr, cette option demande volonté, capacités intellectuelles et efforts d’apprentissage. Mais il y a vraiment du travail et beaucoup de tailleurs indépendants qui n’ont pas de succession rêvent de trouver un jeune pour reprendre le job. La 3ème voie est celle de la restauration du patrimoine, allant même parfois jusqu’à la sculpture des éléments décoratifs de nombre de bâtiments qui font partie de notre histoire. Ceux qui choisissent cette option sont des indépendants qui louent leurs services pour des chantiers spécifiques. C’est probablement par ce biais là qu’on peut montrer aux jeunes intéressés toute la richesse de cette profession. Il faut mettre l’accent sur le patrimoine car c’est l’image la plus représentative de ce qu’on peut arriver à faire avec de la pierre ! »

L’univers où la pierre se transforme A Havelange, dans la belle région Condruzienne, une entreprise travaille la pierre depuis 5 générations. C’est en 1830 que Jean-Pierre Hébette, le trisaïeul d’Alain, débute dans le métier. 178 ans plus tard, ce dernier gère avec son épouse une entreprise de 14 personnes parmi lesquelles Jérôme et Julien, respectivement fils et neveu du couple, qui assureront probablement la 6ème génération. Il y a 27 ans, Alain et Isabelle ont repris l’entreprise paternelle qui se constituait d’un atelier et d’une machine. Aujourd’hui, 8 énormes machines occupent un vaste hall, un atelier est réservé à la taille manuelle, un nouveau local est en construction et le tout se complète d’un show-room et de bureaux. «  L’adaptation aux nouvelles techniques s’est faite progressivement.  » explique Isabelle. «  Il faut constamment répondre à la sollicitation du marché. Par exemple, lorsque la demande est devenue plus pressante pour des éléments de décoration intérieure, nous avons dû acquérir une machine à commande numérique pour réaliser, notamment, de grands plans de travail pour cuisine. Elle nous a permis aussi de fabriquer plus rapidement toutes les pièces usinées du bâtiment. Nous avons eu une formation d’une semaine sur la machine. Après, il a fallu s’adapter, apprendre par soi-même, au prix de quelques casses bien sûr ! »

Dans les ateliers, on trouve aussi des tailleurs/marbriers qui travaillent la pierre à la main avec de plus petites machines, le marbrier en finition qui s’occupe du polissage, collage, assemblage des éléments, des débiteurs de petit granit qui font les coupes à mesure à partir de la tranche de matière brute. Enfin, Jérôme et Julien sont les placeurs sur le terrain. « Ils doivent savoir un peu tout faire » ajoute Isabelle. « Avoir des notions de maçonnerie, connaître les produits, savoir retravailler la pierre. Pour faire ces métiers, il faut avoir une attirance pour la matière et le travail fait de ses mains. C’est une satisfaction de voir ce qu’on arrive à réaliser à partir d’une matière brute extraite de la terre. Personnellement, nous n’avons pas encore eu de problème de recrutement, mais il est vrai que c’est un créneau ouvert où il y a beaucoup de travail ».

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LE THÉÂTRE DE NAMUR ACCUEILLE LE TECHNIOS TROPHY L’asbl TECHNIOS organise chaque année des épreuves sectorielles pour mettre en avant les meilleurs étudiants dans leur discipline. Mardi 3 juin, au théâtre de Namur, en présence du Ministre de l’emploi Jean-Claude MARCOURT, deux jeunes se sont vus particulièrement mis en avant. Sous des applaudissements nourris, Agathe LECARON, présentatrice de RTL-TVI, a proclamé le nom des grands gagnants du ‘Mécatrophy’ pour les métiers de l’usinage et ‘L’étincelle d’or’ pour le métallier-soudeur. 141 jeunes s’étaient inscrits pour les épreuves de soudure et 37 pour l’usinage, soit plus de la moitié des élèves inscrits en terminale de ces filières. En organisant ce test à grande échelle, le secteur de l’industrie technologique se donne l’opportunité de mesurer le niveau qualitatif à la sortie des études. Mais c’est aussi l’occasion de donner un coup de projecteur sur deux professions qui se situent malheureusement dans le top 3 des métiers en pénurie. Les épreuves sont préparées avec les secteurs professionnels et l’enseignement, pour coller au plus près aux normes établies par le CCPQ (Commission Communautaire des Professions et des Qualifications). Les candidats qui accèdent à la finale de ‘L’étincelle d’or’ sont d’abord passés par un premier test dans un Centre de Compétence (CPS, Technifutur à Liège, Technofutur Industries à Strepy, Iris Tech à Bruxelles) puis ont reçu accès à un stage de perfectionnement au CPS (Centre de Perfectionnement des Soudeurs). L’ultime finaliste participera par la suite à un concours national de soudure

qui devrait désigner le prochain candidat au Mondial des Métiers. Le ‘Mécatrophy’ est une organisation de Technifutur à Liège et Technofutur Industries à Gosselies. Les étudiants doivent d’abord réaliser dans chaque centre une pièce déterminée. Le meilleur de chaque centre se retrouve dans une grande finale en duo. Les résultats sont souvent extrêmement serrés mais de cette confrontation sort le champion incontestable.  Cette année, celui-ci représentera la Belgique à EuroSkills. Ce mardi à Namur, tous ceux qui avaient réussi ces épreuves sectorielles ont reçu de nombreux cadeaux, mais surtout un certificat de niveau qui leur donne un grand crédit auprès des entreprises. Certaines étaient d’ailleurs présentent pour une bourse à l’emploi, le premier pas de tous ces jeunes sur un marché du travail qui leur est grand ouvert !

MENUISERIE : PREMIÈRE ÉTAPE FRANCHIE POUR LES CANDIDATS AU « MONDIAL DES MÉTIERS 2009 » Les 06, 07 et 08 mai derniers, s’organisait au sein d’une trentaine d’écoles et de centres, l’épreuve de menuiserie Wallonie-Bruxelles, première étape de sélection avant le concours national. Pas moins de 277 jeunes ont pris part à cette expérience organisée par la Fédération Wallonne des Menuisiers Belges. Les candidats qui se sont distingués sont donc sélectionnés pour le concours « Rabot d’Or 2008 ». Ce dernier aura lieu les 24 et 25 octobre prochains au centre Construform à Liège et verra s’affronter 40 candidats (les 20 candidats wallons issus de l’épreuve de menuiserie Wallonie-Bruxelles et 20 candidats flamands issus de la sélection organisée en Flandre).

capacités des professionnels de demain. C’est pourquoi de nombreux menuisiers participent bénévolement à son bon déroulement. Et pour se préparer au mieux à l’épreuve nationale, les 20 jeunes wallons sélectionnés sont invités à réaliser deux pièces d’exercice. Rendez-vous est donc pris fin octobre, à Liège, pour découvrir le travail de ces jeunes talents parmi lesquels se trouve certainement le prochain représentant du secteur de la menuiserie au Mondial des Métiers. Alors qui succèdera à Rémy Troito ?

Ce test régional permet de mettre en avant le talent et les

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NEWSKILLS, juillet 2008