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s ĂŠ t i l a actu

RĂŠpondre aux besoins humains


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Soulager la famine

Contacts SIM France Quartier des Mians FR-84860 Caderousse CCP : SIM nº DIJ 201347U IBAN: FR22 2004 1010 0402 0134 7U02 508 Tél/ Fax ++33(0)4 90 51 00 69 sim.france@sim.org SIM Belgique Avenue de la Belle Voie 15 BE-1300 Wavre compte bancaire 979-2238252-79 Tél. ++32(0)10 22 50 98 sim.belgique@sim.org SIM Canada au Québec 17 rue Alfred-Laliberté Notre-Dame-de-l´Ile-Perrot, QC, J7V 7P2 Tél / Fax: 514 425 6611 Quebec.Selection@sim.org SIM Suisse 1, rue Weissenstein C.P. 4051 CH-2500 Bienne 4 Postfinance: SIM, 10-2323-9 IBAN CH49 0900 0000 1000 2323 9 BIC POFICHBEXXX Tél / Fax ++41(0)32 345 14 44/54 sim.suisse@sim.org SIM Italie Via Rana,386 IT-15122 CASCINAGROSSA (AL) CCP : SIM Società Internazionale Missionaria Onlus n° 66281957 IBAN : IT18 R07601 10400 000066281957 Tél. ++39 0131 61 09 79 sim.italia@sim.org Impressum Ce journal trimestriel paraît en allemand, anglais, français et italien. Tarifs de l’abonnement annuel: CHF 10.–; € 6.– ISSN 1962-3895 Rédaction : Waltraud et Günter Kunz Graphisme/Layout : FRANK.COMMUNICATION. Singen (D) www.frank-com.de Production : Jordi SA .le spécialiste média. Belp www.jordibelp.ch La SIM est membre de l’ et de la

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Combattre le fléau de la faim Par Tim Barrow

Des enfants orphelins qui s’écroulent à l’école pour ne pas avoir mangé pendant plusieurs jours. Des gens affamés qui s’alimentent de fruits sauvages ; dans un village, cinq orphelins sont morts pour avoir ingéré des fruits vénéneux. Des enfants, qui participent aux classes de prévention contre le Sida, luttent durement pour jouir des activités mais, manquant de forces, s’évanouissent fréquemment. Des patients qui reçoivent des soins à domicile et qui prennent leurs médicaments à jeun ce qui les rend encore plus malades. Les personnes âgées et les plus faibles meurent prématurément par manque de subsistance. Au milieu de l’année 2008, la nation du Zimbabwe ressentait sévèrement les effets d’une famine omniprésente. Des récoltes dévastées plusieurs fois, une inflation macro-économique galopante et d’autres facteurs ont rendu impossible la production de la nourriture nécessaire à l’alimentation de la population. Les champs des agriculteurs, les rayonnages des magasins et l’estomac des gens, tous étaient cruellement vides ! Le fléau de la famine n’a épargné personne, mais ce sont les vieux, les enfants et les malades qui en ont le plus pâti.

manière extraordinaire, nous n’y avons rien vu, à cette époque. Toutefois, le temps supplémentaire nous a permis de développer le projet initial en un ministère intégrant qui soit à même de prendre soin de la personne entière.

Les champs des agriculteurs, les rayonnages des magasins et l’estomac des gens … étaient tous vides ! L’obstacle majeur concernait l’importation de SEJO, un aliment constitué de céréales qui stimule le système immunitaire et qui est conditionné avec des vitamines et des sels minéraux indispensables. Facile à préparer et à digérer, c’est un aliment idéal pour les malades, les enfants et les personnes âgées. Cependant l’importation de grandes quantités de ce produit, fabriqué en Afrique du Sud, exigeait d’importants droits de douane. Pour obtenir une exonération partielle de ces droits, le Ministère de la Santé devait en approuver l’importation comme aliment destiné à la consommation humaine, ce qui exigeait de nombreux tests et une attente insupportable.

La stratégie politique d’alimentation, au Zimbabwe, est un sujet brûlant. Alors que les besoins désespérés nécessitaient une intervention d’urgence, la réalité montrait que l’aide alimentaire n’arrivait pas à destination. Dieu nous a montré, cependant, que la SIM pouvait jouer un rôle unique dans le soulagement de ces besoins. Par le biais de notre partenaire de longue date, l’Église Baptiste Unie du Zimbabwe (UBCZ), nous avions un accès immédiat à une structure éprouvée et la possibilité d’atteindre les zones les plus appauvries de l’est du Zimbabwe. Qui plus est, grâce à l’équipe motivée et bien organisée « Aide et Espoir au Zimbabwe », nous avions à disposition des listes de gens qui pourraient bénéficier de notre aide. Ainsi, grâce à la collaboration de Darlington Chikami, responsable du projet « Soulager la Famine » qui a coordonné des projets logistiques souvent difficiles et a surmonté les obstacles, l’action « Soulager la Famine au sein des groupes les plus vulnérables du Zimbabwe » a pu commencer. Un ministère intégrant Il avait été prévu de commencer la distribution de nourriture en septembre 2008. Mais cette échéance n’a pas pu être respectée. Bien que maintenant nous comprenions que Dieu était à l’œuvre de

Quatorze tonnes d’aliments à base de céréales qui renforcent le système immunitaire ont été distribuées.

Dans l’immédiat nous ne savions pas bien ce que les autorités réclamaient mais après de nombreuses réunions de prière, des négociations avec les fonctionnaires du Ministère de la Santé et quelques modifications relatives au contenu et à l’emballage du produit, l’autorisation d’importer du SEJO fut finalement accordée. Pendant ces tractations, Dieu a touché des cœurs et les ressources financières ont commencé à affluer au-delà de tout ce que nous avions pu imaginer. Conjointement, alors que le temps passait, Darlington et son équipe ont commencé à former des volontaires issus des églises locales pour devenir les pieds et les mains de ce projet. Ces volontaires étaient les mieux placés pour répertorier les gens nécessiteux dans leurs villages ; ils ont été capables


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Soulager la famine

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Pendant la première phase du projet de soulagement de la faim :

Le responsable de « Soulager la Famine », Darlington Chikami, a coordonné avec succès les délicats et nombreux problèmes logistiques.

de les atteindre sans éveiller de soupçons de la part de ceux qui utilisent la distribution de nourriture à des fins politiques. Au total, 171 volontaires (dont certains étaient aussi nécessiteux que les bénéficiaires) furent mobilisés dans les églises de cinq régions. Finalement à la fin du mois de février 2009, la distribution de nourriture a pu commencer. D’autres stratégies ont aussi été utilisées pour soulager les plus vulnérables ; c’est le cas de l’approvisionnement en Mahewu, une boisson énergétique indigène. Nous avons aussi distribué des semences et des engrais pour aider la reprise à plus long terme de l’approvisionnement en nourriture. Pour finir, nous avons distribué à tous les nécessiteux une Bible en Shona. La réponse à la prière d’une veuve Rita habite avec sa sœur dans un logement provisoire en périphérie de Mutare. En 2008 elles ont appris qu’elles étaient séropositives. Lorsque le mari de Rita est décédé elle est restée avec ses six enfants, en s’efforçant de gagner assez d’argent pour survivre avec des petits travaux qui se présentaient. Elle dit que le programme SIM pour soulager la famine a été une réponse à ses prières. Elle trouvait, en effet, difficile de prendre ses médicaments sans nourriture. A la fin de l’année 2009, Rita et sa sœur ont reçu un lopin de terre de la part d’amis compatissants et le projet « Soulager la Famine » les a aidées en leur donnant des graines et de l’engrais. Cependant la récolte a été anéantie par une grande sécheresse généralisée. Par le moyen d’une aide agricole, le projet a tenté de donner aux gens les instruments de leur survie, mais son accomplissement est difficile dans un pays qui est pratiquement privé des ressources qui lui permettraient de survivre. Le fléau de la famine semble s’être installé de manière durable.

t182 tonnes de SEJO ont été données à 2262 familles vulnérables. tLes familles suivies par le programme de Soins à Domicile (HBC) ainsi que celles dont s’occupe l’Organisation « Enfants démunis et Orphelins » (OVC) ont reçu des livraisons régulières de Mahewu. tLes enfants de 35 écoles et 47 églises locales ont reçu régulièrement du Mahewu lors de leurs rencontres de prévention contre le Sida. t14 tonnes de SEJO ont été distribuées conjointement à une présentation succincte de l’Evangile à des milliers de réfugiés Zimbabwe en Afrique du Sud. t 247 foyers OVC, 263 familles HBC et 179 anciens de village ont reçu 10 kg de semences de maïs (ou de sorgo dans les zones arides) ainsi que 50 kg d’engrais. tChaque session de distribution a commencé par des actions de grâce et la louange, et chaque volontaire s’est engagé à des visites hebdomadaires, à la lecture de la Bible et à la prière pour les bénéficiaires. t2000 Bibles en Shona ont été acquises et distribuées. Les dirigeants des villages ainsi que les bénéficiaires ont tous apprécié l’aspect global des soins comme étant à la fois authentique et unique. t153 personnes ont donné leur vie au Seigneur ; de nombreuses églises et lieux de prédication ont connu un réveil spirituel. tLes enseignants des écoles ont constaté une stabilisation dans la fréquentation des cours. Le Chef Shindi, un responsable local, a enregistré une diminution des actes crapuleux, ce qu’il attribue à la prise de conscience des collectivités sociales sensibilisées par la Parole de Dieu et son Amour.

Il n’a pas plu et dans les territoires de l’est, le maïs est desséché et fané, signe infaillible d’une récolte maigre. Une fois de plus les enfants, les vieillards et les malades en supporteront tout le poids. Actuellement, la première phase du projet « Soulager la Famine » au sein des groupes les plus vulnérables du Zimbabwe est terminée. Des milliers de personnes ont vu la qualité de leur vie s’améliorer de manière passagère. Ceux qui ont rencontré Jésus de manière personnelle possèdent maintenant la vie en abondance. Une seconde phase du projet continuera jusqu’à la moisson en mars 2011. Maintenant, nous connaissons bien les autorités gouvernementales et les services douaniers, si bien que la transition à la seconde phase promet de se dérouler sans heurts.

De la part des familles les plus démunies, des orphelins et des malades, l’équipe de la SIM Zimbabwe et l’Église Baptiste Unie du Zimbabwe (UBCZ) tiennent à remercier chaleureusement les donateurs du monde entier pour leur soutien en réponse à cette crise alimentaire. Il y aurait eu beaucoup plus de morts sans la prière et l’aide matérielle apportée au bon moment. Associés au travail héroïque des volontaires sur le terrain les dons se sont transformés en un message tangible de l’amour du Christ dans des milliers de foyers.

DONNER tProjet « Soulager la Famine » ZW 96388

Des enfants qui participent à un cours de prévention contre le Sida.


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ux a d n o p é r La SIM es plus profonds«SIM actualités» 3/2010 www.sim.ch / www.simorg.fr besoins l . s des gen

« Car j’ai eu faim … » Matthieu 25 :35-36

Des garçons et des fillettes prennent du plaisir autour d’un repas offert par le « Projet de Centre Alimentaire » en Afrique du Sud.(Photo de Juanita Manahan)

« La maille – La couture espoir pour la Bolivie » a offert des gains accessoires et la communion fraternelle à de nombreuses femmes à Cochabamba, en Bolivie, depuis 1991. (Photo de Joni Byker et Teresa Oordt)

A l’hôpital de Galmi (Niger), grâce au programme alimentaire (projet NE 97252), des mamans reçoivent une instruction sur la manière de prendre soin des besoins alimentaires de leurs enfants pour éviter maladies et mort. (Photo de Joni Byker)


aux d n o p é r M I La S es plus profonds «SIM actualités» 3/2010 ns l www.sim.ch / www.simorg.fr b e s o i des gens.

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Des gens rassemblés pour un culte d’inauguration qui révèle les progrès du projet Puits Creusés à la Main (projet GH 94204) de SIM/BCA. Plus de 140 puits ont été creusés dans la région septentrionale de Sandema, sur la route de Temale (Photo de Joni Byker)

Une fillette pompe l’eau d’un puits situé à côté des toilettes (à gauche) dans un village du Népal.

Allen George de la SIM construit des ponts avec les prisonniers détenus au Pérou, en jouant aux échecs.

Des villageois, au Niger, rassemblés pour faire la fête autour d’un nouveau puits.

Ce garçon de petite taille est représentatif des nombreux enfants que la SIM aide à sortir de la pauvreté par le Projet Enfants à Risque au Nord de l’Inde (projet IN 98561). (Photo de Peter Morris)


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tégra n i e r è t s i n Mi

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Compassion pour Hermelinda Par le Dr. Jeff McKissick, Paraguay

dominicale en confessant ses « pensées malsaines » et en implorant la prière du groupe. L’Eglise pria pour elle et l’accueillit avec amour. Au Paraguay, comme dans d’autres régions de la planète où la religion traditionnelle prospère, les gens font l’erreur de croire qu’alors que la foi chrétienne répond aux questions ultimes quant à l’univers ou à la mort, elle ne répond pas aux attentes les plus immédiates. Ainsi se détournent-ils de l’Eglise pour chercher un sens à leur présent et un moyen de contrôler de n’importe quelle manière les forces et êtres spirituels qui pourraient avoir un impact sur leur vie. Hermelinda (deuxième depuis la droite) avec sa famille et un stagiaire médical (troisième depuis la droite).

Hermelinda était déprimée, anxieuse et insomniaque alors qu’elle déambulait dans les rues de San Francisco, au Paraguay, dans la fraîcheur obscure de la nuit. Sa famille était inquiète. Quelque chose n’allait pas. Le premier anniversaire de la mort de sa maman approchait à grands pas et, selon la tradition culturelle, il fallait respecter la novena, une période de neuf jours de prières pour son âme tourmentée. Sa maman, une disciple de Jésus-Christ, se serait opposée à de telles prières, mais les voisins et la communauté villageoise réclamaient le respect des traditions. Hermelinda, qui se disait aussi disciple de Jésus, était tiraillée et ces tensions internes se manifestaient par des désordres psychiatriques et physiques. Cela la conduisit à consulter un curandero (un guérisseur traditionnel) pour obtenir de l’aide. Il lui fut expliqué que ses souffrances provenaient de l’âme de sa maman qui était revenue sur terre pour résider dans le corps d’Hermelinda. Mon épouse, une infirmière diplômée, et moi-même avons un ministère d’évangélisation médical et une mission de fondateurs d’églises dans ce coin perdu du Paraguay, en collaboration avec Tony et Jean Floyd de la SIM. Au moyen de notre clinique mobile, nous pouvons atteindre les villages environnants avec des chrétiens autochtones, pour y apporter l’amour du Christ et les soins médicaux nécessaires, là où il n’y a pas de docteurs ! Nous exprimons la compassion de Dieu pour les pauvres et les nécessiteux, alors que nous semons Sa Parole dans leur cœur pendant des rencontres d’évangélisation et de prédication. Nous recevons aussi des patients gratuitement deux jours par

semaine chez nous. Nous prions intentionnellement avec nos patients et partageons une réflexion autour de la Parole de Dieu, chaque jour de consultation. Hermelinda est une de mes patientes de longue date ; je l’ai souvent vue chez nous. Je l’ai aussi auscultée dans une clinique gouvernementale locale où je travaille comme volontaire deux autres jours par semaine. Son problème était bien plus sérieux que la pression sanguine élevée qui en résultait. Il réclamait une approche intégrante. Je lui prescrivis des médicaments contre sa dépression et ses angoisses, mais ce dont elle avait vraiment besoin, c’était d’une équipe spécialisée en relation d’aide. « Des pensées malsaines » Nous informâmes l’église et plusieurs visites à domicile furent effectuées par divers membres du groupe. Hermelinda fut canalisée vers la Parole de Dieu et avertie des dangers associés à la consultation des curanderos. Elle reçut la prière et des conseils spirituels. Cette semaine elle vint à l’église, pour la première fois depuis longtemps, et s’y fit accompagner par toute sa famille. Elle interrompit la réunion de prières

Lorsque Hermelinda s’adressa à l’Eglise en quête de réponses, elle trouva une communauté accueillante qui se mit à combattre dans la prière avec elle, en demandant à Dieu d’apporter sa paix et sa lumière au beau milieu de sa confusion. Elle trouva la guérison. Elle découvrit aussi que Dieu était avec elle, même au plus profond de son gouffre de désespoir. Cette expérience éprouvante rapprocha Hermelinda et toute sa famille de Dieu et de son Eglise. Au lieu des neufs jours traditionnels de la novena, les croyants de la famille se réunirent pour des nuits de prière, pour lire la Parole de Dieu et pour chanter. Quelle joie de voir cette jeune Eglise exprimer sa compassion et remplacer de vieilles traditions par de nouvelles pratiques qui ont un sens ! Dans son livre Prêcher et Guérir – un modèle biblique pour les missions, Charles Fieldings écrivait : « Fonder des églises sans soigner les plus démunis et prodiguer des soins sans planter de nouvelles églises représentent des fautes professionnelles ». C’est précisément ce genre d’erreur dont je ne veux pas me rendre coupable !...

Avec notre clinique mobile nous pouvons atteindre les villages environnants avec l’amour du Christ.


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tadin i c s e l e r d n ttei

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Dieu mettra un chemin Par Karis Busenitz, Nigeria

Pour la dernière fête de Noël, Dieu m’avait mis à cœur de chanter des chants de circonstance dans un bordel du coin. Mon amie Holly et moi-même avons préparé des dépliants pour inviter les gens à cette fête et j’ai pris ma guitare. Dieu a appelé une autre amie, Missy, à se joindre à nous pour ce qui allait être une expérience inoubliable. Nous avions prié que Dieu appelle une femme hors de ce bordel, à cette occasion. Holly et moi-même, ainsi qu’au moins une amie nigérienne, avions déjà pris l’habitude de nous rendre en visite dans ce lieu chaque mercredi. Notre travail était d’entrer dans l’établissement et d’établir des contacts individuels avec ces commerçantes du sexe. Nous les avons régulièrement invitées à nos études bibliques du vendredi, à notre centre évangélique. Les femmes apprécièrent la musique de Noël, ce jour-là, et certaines se joignirent à nous pour chanter aussi. Quelques hommes étaient assis au bar, mais mon attention demeura rivée sur les femmes, priant que les paroles des chants puissent parler à leur cœur. Mon amie me glissa à l’oreille: « La police est ici, continuons à chanter ! »

De retour au bordel, Joy communiqua sa décision à la femme responsable et fit sa valise.

Plusieurs hommes furent interpelés. Il semble qu’il s’agissait de voleurs qui s’étaient réfugiés là. Dieu enlevait des clients potentiels. Alors une femme se mit à chanter un chant émouvant. Je m’y associai et me mis aussi à chanter. D’autres femmes sortirent de leur chambre en chantant ce qui semblait être le cri de leur cœur : Dieu mettra un chemin là où il n’y a pas d’issue. Il travaille d’une manière invisible à nos yeux. Il ouvrira un chemin pour moi ….

Karis (à gauche) prie que Dieu “fraye un chemin” pour chacune des femmes qui travaillent au bordel.

A Dieu appartient la vie Le cri de mon cœur était que Dieu ouvre vraiment un chemin pour chacune de ces femmes. La rencontre se termina avec quelques chants d’adoration et des prières. Alors que je mettais ma guitare dans sa fourre, une jeune femme du nom de Joy s’approcha de moi. Je lui demandai si elle pouvait nous suivre au centre pour y parler. Chemin faisant, Joy nous confia qu’elle était enceinte. « L’ami » qui l’avait introduite au bordel l’enjoignait vigoureusement d’avorter ; mais elle ne voulait pas le faire. Nous demandâmes à Joy si elle désirait laisser son ancienne vie derrière elle et se rendre à un endroit où elle pourrait vivre et garder son bébé. Quand elle répondit affirmativement, nous appelâmes le bureau de « Oui à la vie », à l’hôpital évangélique. Joy nous confia que son vrai nom était Chiwendu, ce qui signifie : « À Dieu appartient la vie ». Après cela elle fit sa valise. C’était risqué mais nous avions confiance en Dieu. De retour au bordel, Joy communiqua sa décision à son employeur. Les autres femmes ne comprirent pas pourquoi elle partait. La profonde tristesse de leur regard me pourfendit l’âme.

commencer une nouvelle vie ». Jane fixa Joy qui s’éloignait et rétorqua : « C’est un bon choix ». Je lui dis que Dieu pouvait aussi ouvrir un chemin pour elle. Je ne pouvais pas m’imaginer que deux jours plus tard cette femme donnerait sa vie à Jésus et commencerait une nouvelle vie, elle aussi. Joy est encore en phase de recherche de Dieu, mais son cœur est bien disposé ; je pense qu’elle est sur le point de se convertir. Veuillez prier qu’elle puisse rapidement découvrir que Jésus est le chemin.

DONNER t« City ministries », Projet NG 85550

Nous nous éloignâmes dans l’étonnement de ce que Dieu était en train de faire cette nuit-là. Alors que nous passions devant une jeune femme, j’eus l’impression que Dieu me poussait à lui parler ; je revins sur mes pas. Elle avait attiré mon attention par la manière dont elle chantait « Dieu mettra un chemin ». Elle me demanda si Joy partait en voyage. Je lui répondis : « Non, elle a choisi de partir pour

Depuis février 2010, le couple suisse Christina et Stefan La Rosa travaille au projet « City ministries », à Jos, au Nigéria.


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de s e r i a n n o i s s Mi chez nous

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Donner un chez-soi à des enfants séropositifs plus à retenir ses larmes. Ici, on peut toujours rêver d’avoir un hôpital pédiatrique. Il n’y pas de jouets, pas de livres, car ils sont systématiquement volés. Lors de l’hospitalisation d’un enfant, il est nécessaire de ramener ses vêtements à la maison sinon ils disparaîtraient également. A l’hôpital, les enfants reçoivent un pyjama standard et un bracelet d’identification est fixé à leur poignet et à leur cheville.

A mi-février arriva enfin le moment tant attendu : après environ dix heures de vol, j’atteignis mon lieu de destination, à savoir Johannesburg, et me plongeai dans une réalité entièrement nouvelle pour moi. Tant de choses se déroulent ici de manière inhabituelle, ne serait-ce que le fait de conduire une voiture à gauche ! J’ai été cordialement accueillie au sein du projet Lambano. Lors de mon accueil j’ai été informée plus amplement au sujet des cinq maisons pour enfants séropositifs, dans un quartier du sud-est de la ville de Johannesburg. Ensuite, et pour la première fois, j’ai pu faire connaissance avec mon champ d’activité : avec d’autres collaboratrices, je vais être responsable de sept enfants dans l’une des cinq maisons. Ces jeunes gens ne disposent d’aucun réseau familial qui pourrait s’occuper d’eux. C’est la raison pour laquelle nous leur servons de foyer. J’ai rapidement constaté qu’ici, on ne peut pas travailler avec un plan précis et structuré. J’apprends donc à être flexible ! Le matin, les enfants vont à l’école et l’aprèsmidi je m’occupe d’eux pour leurs devoirs à domicile. Deux ou trois fois par jour il faut leur administrer leurs médicaments. En plus de cela, je donne un coup de main à la clinique palliative où nous disposons de 12 places pour des enfants qui ont besoin d’une prise en charge médicale ou d’un diagnostic ; il nous incombe d’accompagner certains d’entre eux jusqu’à la mort. Suite à une demande accrue, les 12 places existantes sont occupées par 16 enfants. Plusieurs enfants d’autres foyers ou institutions viennent aussi chez nous pour un diagnostic sur leur séropositivité ou pour se pourvoir en médicaments. Aussitôt que leur état général s’améliore et se stabilise, ils peuvent rentrer dans leur milieu d’origine.

Portrait: Sibylle Coradi

Sibylle avec des enfants à la fête de Pâques

Regginald, jeune homme de 14 ans, a été récemment admis à la clinique palliative.

Plusieurs fois par semaine je conduis des enfants de la clinique palliative à l’hôpital pour les faire ausculter, pour obtenir un diagnostic ou pour une thérapie. Il est instructif de découvrir comment les choses se déroulent ici. Pour un rendez-vous à l’hôpital, en général, on nous communique une date, mais pas d’heure précise. Les premiers arrivés sont aussi les premiers servis ! Cela signifie qu’il faut prendre sa place dans une longue file d’attente quand on ne peut arriver à l’hôpital qu’en milieu de matinée. Dès lors que l’on ne peut pas imposer à nos malades des heures d’attente interminables il nous faut partir à 6 heures déjà, pour nous assurer de trouver une place en tête de la file d’attente.

Sibylle avec Junior (4 ans) qui réside à la clinique palliative après une opération au cerveau.

Les nombreuses visites à l‘hôpital et le contact avec les médecins ne sont pas toujours bien vécus par les enfants. Depuis mon arrivée, nous avons dû hospitaliser un jeune déjà trois fois car ses poumons se remplissent continuellement de liquide. Jusqu’à présent les médecins ne sont pas parvenus à le guérir. Lors de la dernière auscultation, il n’arrivait

Durant ces deux premiers mois, j’ai dû, avant tout, m’adapter à une réalité entièrement nouvelle pour moi. L’histoire et la destinée des enfants me touchent profondément. Dans ces situations apparemment sans espoir, j’ai perçu sous un éclairage nouveau la Parole de 1Corinthiens 13:13 : « Maintenant, ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance et l’amour ». Avec l’aide de Dieu et grâce à votre intercession, je voudrais pouvoir communiquer aux enfants cette vérité : la foi dans le Seigneur ressuscité et vivant, l’espérance en Lui dans toutes nos faiblesses ou maladies ainsi que l’amour du Père, duquel rien ne peut séparer ses enfants.

Sibylle a vécu une enfance plutôt heureuse dans le canton de Zurich, pendant laquelle elle a offert sa vie à Jésus, toute jeune déjà. Le métier d’infirmière a été idéal pour exprimer sa joie, dans le contact avec les gens. Après quelques années d’expérience professionnelle elle changea d’activité pour s’occuper d’un foyer d’enfants et y reprendre la direction d’un groupe de résidents. Elle acquit sa première expérience missionnaire à l’étranger, à New York, lors d’un stage de 4 mois parmi les enfants des rues.

plus. Sa pensée se porta sur les répercussions de cette maladie, en particulier sur les générations suivantes. S’ajoutant à cela, le désir de consacrer sa vie d’une manière concrète à cette catégorie sociale grandit en elle. Dans cette recherche, l’attention de Sibylle fut attirée par le Projet Lambano, partenaire de la SIM en Afrique du Sud. L’accent mis sur les relations et la façon de travailler dans le secteur du sida furent les points qui l’interpelèrent fortement.

De retour en Suisse, cette impression marquante continua à la travailler. Le problème du Sida et de la séropositivité en Afrique du Sud l’émouvait de plus en

La paroisse de Sibylle, EGW à Waltrigen, l’accompagna, la soutint dans ses préparatifs et s’engagea à contribuer aux besoins financiers de son travail.


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