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Vivre avec le risque

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Éditorial

Contacts SIM France Quartier des Mians FR-84860 Caderousse CCP : SIM nº DIJ 201347U IBAN: FR22 2004 1010 0402 0134 7U02 508 Tél / Fax ++33(0)4 90 51 00 69 sim.france@sim.org SIM Belgique 38 rue Draily 6000 CHARLEROI Compte bancaire: 979-2238252-79 IBAN: BE58 9792 2382 5279 BIC: ARSPBE22 Tél. ++32 (0)485 562 936 sim.belgique@sim.org SIM Canada au Québec 17 rue Alfred-Laliberté Notre-Dame-de-l´Ile-Perrot, QC, J7V 7P2 Tél / Fax: 514 425 6611 Quebec.Selection@sim.org SIM Suisse 1, rue Weissenstein C.P. 4051 CH-2500 Bienne 4 Postfinance: SIM, 10-2323-9 IBAN CH49 0900 0000 1000 2323 9 BIC POFICHBEXXX Tél / Fax ++41(0)32 345 14 44/54 sim.suisse@sim.org SIM Italie Via Rana,386 IT-15122 CASCINAGROSSA (AL) CCP : SIM Società Internazionale Missionaria Onlus n° 66281957 IBAN : IT18 R07601 10400 000066281957 Tél. ++39 0131 61 09 79 sim.italia@sim.org Impressum Ce journal trimestriel paraît en allemand, anglais, français et italien. Tarifs de l’abonnement annuel: CHF 10.–; € 6.– ISSN 1962-3895 Rédaction : Waltraud et Günter Kunz Graphisme/Layout : FRANK.COMMUNICATION. Singen (D) www.frank-com.de Production : Jordi SA .le spécialiste média. Belp www.jordibelp.ch La SIM est membre de l’ et de la

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La croissance de l’Eglise et l’aventure de toute une vie Suzanne Green, Rédactrice en chef de SIM International

La croissance de l’Eglise chrétienne en Mongolie est vraiment surprenante. Lors d’un exposé dans mon Eglise en Angleterre, quelqu’un a mentionné que moins de cinq croyants y étaient dénombrés, en 1990. Aujourd’hui, quelque 20 ans plus tard, ce nombre atteint plus de 50´000 chrétiens. Dans d’autres coins de ce monde on observe la même courbe exponentielle de croissance de l’Eglise. Il est bon de se rappeler cette réalité plutôt que de s’arrêter à ce qui se passe dans les Eglises du monde occidental. Plus tard, dans notre groupe de maison, lors d’une discussion, quelqu’un s’est exclamé : « Oui, c’est génial, mais comment est-ce que cela va nous aider ici, où les statistiques ne sont pas si encourageantes ? ». Ma réponse à ce commentaire a été que je me fais une idée plus réaliste du christianisme, quand je regarde à ce qui se passe dans d’autres pays. Je suis heureuse que mon travail me donne l’occasion d’apprendre ce que Dieu accomplit dans ce monde. S’il n’en était pas ainsi, je tendrais facilement à me décourager. Dans ce numéro, nous découvrirons l’exercice de ministères contemporains à Erdenet, en Mongolie. Ce n’est pas le seul endroit où des choses surprenantes se produisent dans cette immense étendue. Cependant il ne s’agit que d’une image instantanée. Elle alimente notre prière et présente les besoins à ceux qui voudraient s’y rendre pour aider. Dans ce numéro, vous trouverez également un article sur les risques dans le monde missionnaire. Dans quelques localités de ce monde troublé, des missionnaires doivent être évacués à cause des combats. D’autres pays sont en paix, mais le risque de mourir d’infection y est plus élevé qu’à la maison. En plus, il y a d’autres risques associés au service missionnaire d’ou mp missionnaire ? ». Certains missionnaires répondront qu’ils ont trouvé l’âme sœur justement parce qu’ils ont suivi l’appel du Seigneur à se rendre au loin (c’est entre autres mon cas). La SIM travaille dur pour assurer la sécurité de son personnel. Cependant, suivre Jésus est l’aventure de toute une vie ! Pour mon compte, je pense que le « risque zéro » n’existe pas. Celui que nous suivons nous invite au risque de la foi.


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De vrais témoins

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Les adieux à un frère bien-aimé : Orou Ina Sidi Jean (1938-2011) par John Stuart

Pendant plus de sept décennies, Orou Ina Sidi Jean a offert sa vie comme un sacrifice vivant dans un service d’amour à l’égard des habitants du Bénin. Sidi Jean est né dans un village rural Baatonou en 1938. Il a donné son cœur à Jésus alors qu’il était encore adolescent. Formé par Jim et Teddy Cail, dans les années 50, il s’est rendu à l’École Biblique Bariba pour y enseigner et, ensuite, en prendre la direction. Il a aussi fondé plusieurs Eglises. Quand les communistes ont pris le pouvoir, dans les années 70, Sidi Jean a enduré un bref emprisonnement, mais il a fidèlement continué à proclamer l’Evangile. Il a vu son pays émerger d’une Afrique traditionnelle pour devenir un état colonial (Le Dahomey), puis un état marxiste et une république moderne libre. Au beau milieu de toute cette agitation, il est resté fermement attaché au désir de toujours mieux connaître Jésus et de le faire connaître. Plus qu’aucune personne de notre connaissance, Sidi Jean a conduit des gens à Christ, au Bénin. Il est au Nord-Bénin ce que Billy Graham est au monde : « la voix incessante d’un appel

Sidi Jean pendant l’enregistrement d’une émission radiophonique.

d’amour, invitant les gens au Seigneur JésusChrist », a écrit Ben Hegeman, missionnaire de la SIM au Bénin. Pendant au moins 20 ans, il a préparé des messages radiophoniques et a parlé régulièrement sur les

Sidi Jean (à droite) avec Jim Cail de la SIM, en 1969.

ondes de la station FM Bariba. Il a puissamment encouragé les jeunes pasteurs et les étudiants de l’école biblique. C’était un enseignant patient. Pour des milliers de gens, il était un frère bien-aimé.

« Il était un évangéliste de talent, animé d’un esprit de service ; il donnait plus de valeur aux autres qu’à lui-même », écrit la missionnaire SIM Martha Koetsier. « Il était capable de partager l’Evangile avec simplicité, comme nul autre. »

Sidi Jean a passé les 15 dernières années de sa vie comme pasteur à l’Hôpital de Bembéréké et, plus spécifiquement, il a consacré ses dernières années à atteindre les patients affectés du SIDA. Les souffrances qu’il a endurées à l’occasion de la maladie et du décès de son épouse, ainsi que de sa fille, l’ont amené à devenir encore plus compatissant dans son ministère. Il avait la capacité de gagner la confiance de ceux qui souffraient alors qu’il exerçait son ministère avec empathie et une foi solide comme le roc.

L’Eglise UEEB du Bénin a fait ses adieux à Sidi Jean le 27 mars 2011, alors qu’il était promu au ciel. La SIM a été profondément bénie d’avoir pu servir Dieu aux côtés de cet humble serviteur de Dieu et d’avoir été le témoin oculaire de sa joie, ainsi que de sa persévérance à vivre et prêcher l’Evangile.

Pour en savoir plus sur la vie de Sidi Jean et sa contribution à répandre l’Evangile au Bénin, veuillez consulter le site (en anglais) : www.sim.org

J`ai combattu le bon combat, je suis allé jusqu`au bout de la course, j`ai gardé la foi. Et maintenant, le prix de la victoire m`attend : c`est la couronne du salut que le Seigneur, le juste juge, me donnera au jour du Jugement. (2Timothée 4:7)


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ques s i r t e n o i s s Mi

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La Mission dans le monde et le facteur risque par Suzanne Green Hier, Dieu a de nouveau montré son grand amour et sa fi délité à l’égard de personnes comme mon épouse et moi. Dans la matinée, la nouvelle était arrivée de Karmuk qu’à la ville voisine de Yabus il y aurait un problème et qu’il faudrait évacuer les missionnaires. Notre cher ami Ryan Weeks s’était préparé à partir, mais tel n’était pas notre projet, car les bombardements étaient dirigés vers Karmuk, non vers Yabus. Cependant, à 9.40 du matin, une minute avant le décollage de notre avion sur la piste de Yabus, un autre avion s’est approché et a bombardé la piste à deux reprises. Les gens couraient dans tous les sens, comme des animaux effrayés, cherchant à se cacher dans les buissons avec leur bagage à main. Alors que je courais, ma prière s’est élevée à Dieu : Seigneur, abaisse ton regard vers nous et agis au mieux pour nous. Dieu ne nous a pas déçus. Il nous a protégés ; Il nous a portés sains et saufs à Nairobi. Je sais que tout cela a été rendu possible grâce à vos prières sincères et vos larmes. Un grand Merci ! Et que Dieu vous bénisse tous. Nous sollicitons encore votre intercession pour nos collaborateurs, les enseignants et le personnel administratif restés à Yabus. Veuillez prier Dieu pour qu’Il les protège et les aide. Il nous est douloureux de penser à eux. Nous vous en conjurons, priez pour leur sécurité.

Les paragraphes rapportés ci-dessus proviennent d’une alarme récente d’évacuation des missionnaires de la SIM, Hiakie et Rangteigong Hegui. Ils illustrent parfaitement bien le fait que la mission ne peut être dissociée du risque. Ce couple, qui vient de Nagaland, en Inde, se trouve actuellement au Soudan du Sud où il continue à travailler à l’école secondaire de Yabus et collabore à la formation des cadres. Il a été évacué de Yabus à cause d’un soulèvement généré par une contestation de la frontière entre le nord et le sud Soudan. Il est certain que les membres du personnel de la SIM qui servent Dieu aux quatre coins du monde se sont exposés à des risques qu’ils n’auraient pas connus s’ils étaient restés chez eux. Mais d’autres ont, en fait, diminué la probabilité d’atteintes corporelles en servant outre-mer. Par exemple, une famille occidentale peut déménager d’une ville à haute criminalité vers un village paisible situé dans un autre pays. Quiconque postule pour un service missionnaire doit s’interroger, un jour ou l’autre : « Serai-je à l’abri dans ma nouvelle demeure ? Ma famille sera-t-elle mise en danger si nous allons nous y établir? ». Il est normal de considérer ces points quand on envisage un déracinement et un déménagement vers une autre région du globe. Aujourd’hui il est probable, alors que la télévision nous fait parvenir, à répétition, des images de trou-

bles et de soulèvements en divers lieux de ce globe, que les candidats missionnaires réfléchissent à deux fois et redoublent de prières avant de postuler. Il est évident que comme chrétiens nous ne pouvons pas éliminer tous les risques. Nous essayons de prendre les meilleures décisions avec sagesse et prenons les précautions nécessaires pour nous protéger et protéger nos familles. Cependant, nous suivons Jésus qui nous conduit où Il veut. Je pense au personnage de C.S.Lewis, le lion Aslan. Nous devons nous rappeler que notre lion marche à nos côtés. Et il est puissant. De nombreuses fois, j’ai entendu parler de personnes qui décrivaient le courage qu’elles avaient trouvé pour affronter des situations de vie difficiles parce qu’elles savaient que Dieu était avec elles là où Il les voulait.

les affronter, avant de les envoyer sur le champ. Nous savons que, en règle générale, leurs ressources financières sont limitées (et souvent ils ne disposent pas d’assurance en cas d’évacuation). J’ai demandé à Steve Bryan, Directeur de la SIM en Éthiopie, pourquoi, à son avis, des gens désiraient servir Dieu dans des régions réputées peu sûres. Voici sa réponse : « Je pense que ceux qui choisissent de servir dans des zones à haut risque ne le font pas à cause d’un aveuglement obstiné, mais à cause d’une évaluation bien détaillée des risques. Le plus souvent, nous percevons le risque uniquement en termes de dangers physiques. En conséquence nous agissons comme si la maladie et la mort étaient les plus grandes menaces pour notre bien-être. … Mais il y a d’autres risques dans la vie. Par exemple, le risque de gaspiller sa vie en poursuivant des choses sans valeur. Quand le bonheur relationnel du couple et la sécurité des ses propres enfants deviennent le bien suprême. Alors, malheur aux couples qui finissent dans la tristesse conjugale et dont les enfants s’écartent spirituellement ! » Une affaire compliquée Gérer l’insécurité et s’occuper de situations de crise n’est jamais facile. Il faut tenir compte de plusieurs facteurs avant de prendre la décision d’une évacuation comme celle dans laquelle Hiakie et Rangteigong ont été impliqués. Nous avons confiance en Dieu, sachant qu’Il protège ses enfants et, en même temps, nous cherchons à être sages pour comprendre où et quand nous devons les envoyer. Quand les membres du personnel de la SIM doivent être évacués, ils savent que leurs collègues autochtones ne pourront pas partir. Cela signifie que leurs amis peuvent être exposés à des risques

Évaluer les risques La SIM prend très au sérieux la sécurité de son personnel. Il s’agit d’un thème régulièrement abordé lors des cours d’orientation pour les futurs missionnaires. La responsabilité de la SIM y est exprimée en détail. Où que ce soit dans le monde, les bureaux de la SIM ont leur propre plan d’urgence qui est mis à jour chaque année avec une évaluation des risques. Le bureau de SIM-International aide les nouveaux partenaires qui veulent envoyer des missionnaires à identifier les risques pour mieux

Missionnaire à Yabus avec collaborateurs locaux


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ues q s i r t e n o i s Mis

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auxquels ils sont eux-mêmes soustraits ; c’est un dilemme douloureux. Nous travaillons sérieusement pour assurer la sécurité de tous et de chacun au sein de notre personnel, mais nous sommes conscients qu’il y a des risques associés à une lutte croissante contre tout ce qui est occidental, chrétien et missionnaire. Finalement, notre sécurité ne repose pas sur nos procédures et nos polices d’assurance mais sur notre Dieu, souverain et surprenant. Jésus n’a pas reculé devant les risques et il n’a pas considéré sa sécurité personnelle comme étant au-dessus de tout. … Steve Bryan nous rappelle les mots de Jésus rapportés par Matthieu : « Ne craignez pas ceux qui peuvent tuer le corps, mais sont impuissants pour tuer l’âme. Craignez plutôt Celui qui peut détruire les deux, le corps et l’âme dans la Géhenne. » Matthieu 10:28

Entrée à la station SIM à Yabus

Les soucis de ceux qui restent au pays Pour des parents et des grands-parents, il faut du courage afin de laisser aller leurs enfants ou leurs petits-enfants sur le champ missionnaire quand la situation ne semble pas sûre. En 1994, Jimmy et RoxAnne Cox étaient au service de la SIM en Éthiopie avec leur famille. RoxAnne rapporte qu’un jour dont elle se souvient très bien, c’était le 29 novembre, elle redoutait de téléphoner à sa maman. « Il y a quelques semaines, nous avions enseveli mon père au Canada et je savais que quand elle apprendrait ce qui nous était arrivé en Éthiopie, elle voudrait que nous rentrions immédiatement. Je m’attendais à ce qu’elle dise quelque chose du genre: « Faites sortir mes petits-fils bien-aimés de cet environnement ! » Des bandits avaient attaqué notre maison pendant la nuit et avaient tiré sur nous avec leurs terribles mitrailleuses. Dieu avait accompli un miracle en notre faveur en épargnant nos vies. Je disais à maman que la SIM nous avait évacués de notre station missionnaire au milieu de la brousse. Silence pesant à l’autre bout du fil alors qu’elle intégrait cette nouvelle. Je suis restée ébahie en écoutant ses propos : « Je pense », dit-elle, « que si vous rentriez maintenant, le diable marquerait un point ! » Mais je voulais rentrer à la maison ! C’était presque Noël, la mort de mon père occupait encore nos pensées et nous souffrions encore du trauma causé par les tirs des bandits. Ma maman m’a confié, plus tard, que ces mots qu’elle avait prononcés, ce jour-là, venaient du Saint-Esprit, pas d’ellemême. Nous sommes restés en Éthiopie où nous avons été très bien conseillés par des compagnons missionnaires pour travailler ce trauma et le Seigneur a agi en faveur de nos parents en Amérique du Nord. Combien nous sommes reconnaissants pour ces 23 ans passés en Afrique. »

Les garçons Cox avec leur grand-mère

Leçons bibliques pour des chrétiens Gumuz, le peuple parmi lequel la famille Cox a travaillé.


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des Croissas necne Asie Église

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Erdenet : un trésor aux yeux de Dieu par Jane Smith

Pendant près d’une année j’ai résidé à Erdenet. Avec une population de 100’000 habitants, c’est la deuxième grande ville de Mongolie. Elle doit son nom aux mines de cuivre qui comptent parmi les 4 plus grandes du monde. Quand les géologues ont découvert ces énormes réserves de cuivre, en 1975, une ville a jailli du sol et ils l’ont appelée « Près du trésor », ce qui se traduit par Erdenet. La mine de cuivre proposait des salaires alléchants et Erdenet s’est rapidement développée. Les gens des environs ont joyeusement tourné la page d’une vie nomade pour se sédentariser. Ils ont vraiment trouvé leur trésor dans cette ville. Ils ne pouvaient pas imaginer qu’à Erdenet ils pourraient aussi trouver un trésor d’une bien plus grande valeur, une relation personnelle avec Dieu. Peu après, la Mongolie s’est ouverte au monde et, en 1990, les premiers missionnaires chrétiens y sont arrivés pour fonder des Eglises. Ils ont su discerner qu’Erdenet n’était pas seulement un trésor à cause de ses mines de cuivre, mais aussi à cause de ses habitants qui étaient précieux aux yeux de Dieu. Ils ont rêvé de ce que Dieu allait faire et de la conversion de nombreux Mongoliens.

Le besoin de guides spirituels 20 ans se sont écoulés et de nombreux habitants d’Erdenet ont découvert Dieu d’une manière personnelle. Il y a 17 Eglises dans la ville et bien d’autres dans les environs. Les pasteurs, principalement des Mongoliens, travaillent étroitement ensemble. Parmi les membres des Eglises, beaucoup fréquentent une école biblique et suivent avec zèle une formation complémentaire pour pouvoir conduire la louange, travailler parmi les enfants ou offrir de la relation d’aide. Cependant, tous les dirigeants sont des chrétiens de première génération. Il leur manque des modèles et des conseillers. Bien qu’il soit important que les nouveaux responsables apprennent à se débrouiller tout seuls, ils ont besoin de missionnaires pour les encourager et les soutenir. En juin dernier, Erdenet a eu sa toute première « Marche pour Jésus ». La joie et l’amour exprimés par quelque 300 Mongoliens chrétiens de différentes dénominations m’ont enthousiasmée. Ils voulaient apporter la Bonne Nouvelle de Jésus dans leur ville. Beaucoup de personnes sont venues à la rencontre qui a suivi sous une grande tente et les responsables d’Eglises se sont réjouis des rencontres d’évangélisation qui devaient

Source : Harpers‘ Global Roving

s’enchaîner les jours suivants. Leur confiance en eux-mêmes était mal placée. La majorité des visiteurs était composée de hordes d’enfants des bas-fonds accompagnés de quelques membres des Eglises. Qu’est-ce qui n’a pas marché ? Le chapiteau était grand et bien placé. On y a joué de la bonne musique tout au long des journées et le temps était splendide. Cependant les dirigeants d’Eglises avaient négligé d’informer, de motiver et de faire participer les membres de leurs propres communautés. Le programme de la soirée avait été improvisé sans grande préparation dans la prière et l’organisation. Tout semblait avoir été bricolé sur place. Peu de personnes avaient fait l’effort d’inviter des amis ou des connaissances. Ils n’avaient pas compris que c’était leur responsabilité. Ainsi les « jours du chapiteau » se sont écoulés et les organisateurs se sont sentis misérables. Je suis convaincue que Dieu est content de voir la croissance de l’Eglise et l’amour de ses enfants, ici à Erdenet, mais Il sait aussi qu’il y faut des missionnaires. Actuellement nous avons une collaboratrice qui a réussi à motiver des étudiants de l’École Biblique afin qu’ils dédient un aprèsmidi par semaine à l’aide pratique envers les gens pauvres des environs. À l’Eglise elle dispense une formation pour l’évangélisation et à l’école elle enseigne l’anglais.

Rassemblement sous tente à Erdenet


des Croissas necne Asie Eglise

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Un couple soutient les écoles des campagnes avoisinantes en y installant des bibliothèques et en fournissant des ordinateurs aux enseignants. Un autre couple visite et aide pratiquement ceux que la société oublie, à savoir les mères célibataires, les enfants à la garderie et les malades en phase terminale. De plus, d’autres ont ouvert un café-bar comme moyen d’évangélisation. Leur objectif est de soutenir localement le travail parmi les jeunes au moyen des bénéfices de leur entreprise. Le directeur de JEM, en Mongolie, accompagné de son épouse, enseigne dans les écoles bibliques, dans tout le pays et au-delà, en stimulant de jeunes dirigeants. Pour mon compte, je suis fascinée par la jeunesse et travaille maintenant à la traduction du matériel en relation avec les Cours Alpha pour les responsables et les participants. Je dispense aussi une formation aux collaborateurs de plusieurs Eglises en vue d’un travail parmi les adolescents - qu’ils soient convertis ou simplement sympathisants du christianisme. Un couple rêve de commencer une académie de football. Ce qui veut dire travailler avec « Football Plus » dans les écoles et, au moyen de l’entrainement au football, transmettre aux jeunes les valeurs chrétiennes comme base du développement de leur personnalité.

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DONNEZ » Si vous souhaitez soutenir nos ministères ou l’un de nos missionnaires en Mongolie, veuillez contacter le bureau SIM le plus proche.

ALLEZ » Ne vous viendrait-il pas à l’esprit de venir

collaborer avec la SIM à Erdenet ? Nous avons besoin d’enseignants pour des enfants physiquement et mentalement handicapés ; il nous faut aussi des thérapeutes.

Pour en savoir plus au sujet des possibilités de service en Mongolie, veuillez visiter notre site (en anglais) www.sim.ch/fr/mitarbeiter/gesucht.html

Pascal Zurbuchen

Il nous incombe à tous de vivre notre foi chaque jour, de parler de Jésus aux gens et d’aider les responsables à progresser, découvrir leurs talents et les mettre en œuvre. Sans aucun doute Erdenet est une ville précieuse aux yeux de Dieu et nous pourrions faire beaucoup plus pour aider à partager les trésors de son amour avec les gens qui vivent ici.

PRIEZ

» Priez avec nous pour que Dieu prépare le cœur de millions de Mongoliens qui n’ont pas encore entendu parler de Jésus; priez pour que plus de travailleurs viennent servir Dieu au sein du peuple mongole. Priez aussi pour des dirigeants consacrés et visionnaires.

Le feu détruit la station de Radio ELWA

Dans la soirée du 8 novembre, la station de Radio ELWA (Eternal Love Winning Africa), à Monrovia, au Libéria, a été totalement consumée par le feu. Sitôt que l’alarme a été donnée, des équipes de soldats des forces de maintien de la paix de l’ONU, trois équipes de police et même un tank blindé sont arrivés ainsi que les brigades libériennes de pompiers. Les employés de ELWA, assistés par des volontaires, ont concentré leurs efforts sur la lutte contre le feu. Mais seul un petit mixeur de sons et deux tiers des CD et bandes magnétiques ont pu être sauvés. Pour l’heure ELWA continue à émettre ses messages d’espérance et de salut depuis un petit site annexe. La SIM a débloqué des fonds pour installer la climatisation dans le studio et pour acheter quelques ordinateurs. Toutefois les besoins pour acheter un nouvel équipement sont encore grands. Les causes de l’incendie n’ont pas encore été clairement établies. Le feu s’est déclaré le même jour que les élections présidentielles au Libéria. La station radiophonique ELWA, fondée en 1954, avait dû fermer ses portes en 1990 pendant 18 mois à cause de la guerre civile au Libéria. L’émetteur FM et ondes courtes avait été déplacé dans le garage de l’ancien bâtiment ELWA qui a été saccagé en 1996. Depuis ces événements, la Station ELWA a grandi et s’est développée : elle émet dans 12 des 15 langues du Libéria, à l’heure actuelle.

Actuellement Pascal effectue son Service Civil dans la capitale de la Mongolie, Ulaanbataar. En collaboration avec la SIM, cet oculiste diplômé partage ses connaissances professionnelles et les met à disposition de la clinique ophtalmologique locale. Plus d’information (en allemand) sur: www.sim.org/index.php/opportunity/country/MN » Pascal Zurbuchen

Si vous souhaitez soutenir financièrement la reconstruction de la station radio ELWA, veuillez indiquer sur votre envoi : « Reconstruction de Radio ELWA, Libéria, Projet N° 95107 ».

Vous trouverez des détails (en anglais) sur www.sim.org/index.php/project/95107


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res de i a n n o i s s i M ez nous ch

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Un cœur pour les jeunes du Bénin Ayant grandi à la Vallée de Joux et suivi la formation de mécanicien et électricien sur voiture, Damien Golay voulait s’engager plus profondément avec Dieu. C’est la raison pour laquelle il est parti en Afrique de l’Ouest, au Bénin et au Togo, pour suivre une formation de disciple avec Jeunesse en Mission en 2005 et 2006. Dans ce cadre, Dieu lui a lancé le défi de le servir en mission avec ses dons et ses capacités. C’est pourquoi, Damien a poursuivi des études bibliques à l’Institut Biblique Emmaüs à St-Légier. Emmaüs invite régulièrement des représentants de missions diverses et Damien a fait la connaissance de Walter Diem, directeur de la SIM Suisse. Comme tous les deux connaissent bien le Bénin, ils ont vite trouvé des sujets de discussion communs. Walter a pu lui présenter le travail de la SIM Bénin un peu plus en détail. Cette rencontre n’est pas restée sans effet.

Damien et son épouse Lucie se sont adressés à leurs familles et aux responsables de leur Eglise pour partager avec eux ce que Dieu leur avait mis à cœur. Ils ont trouvé beaucoup d’encouragement et le Service Missionnaire Evangélique (SME) les a accompagnés et conseillés durant toutes leurs préparations. Entre autres, ils ont fait un stage pastoral au sein de l`Eglise FREE de Gland et suivi un cours : « Comment apprendre une langue locale », donné par Wycliffe. Avant leur départ, il a fallu encore présenter leur projet de mission à plusieurs communautés pour avoir l’appui nécessaire dans la prière ainsi que financièrement. Pour intéresser les gens à leur entreprise missionnaire, ils ont eu une idée extraordinaire : inviter les gens à faire monter leurs pneus de voiture chez eux pour soutenir leur projet.

Finalement, fin mai 2011, la famille Golay, avec leurs deux jeunes enfants Matheo et Joakim, s’est mise en route pour atterrir sur le continent africain. Petit à petit, ils se sont installés à Parakou, la capitale du Nord du Bénin. Damien écrit : « Arrivé sur place, il a fallu que chacun trouve ses repères et un nouveau rythme de vie (ministère, travail, famille, Eglise, etc.). Nos enfants s´adaptent très bien. Ils ont juste eu de la peine à devoir être dans les bras de tout le monde. » Ils ont choisi d’apprendre une langue locale, le Dendi, pour mieux s´intégrer et comprendre la culture.

jeunesse des Eglises. Nous voulons vraiment être au service des Eglises et de la mission ici au Bénin. »

Le ministère de Lucie est déjà bien défini : elle prend en charge la responsabilité de la maison de passage. Cela consiste à gérer une petite équipe de travail, s´occuper des achats, des réservations et de la comptabilité.

Pour plus d`info visiter leur blog: http://vied-uncombiercomble.hautetfort.com

Après avoir commencé sur la station par différents petits travaux de réparation qui ne manquent jamais, Damien a entamé début octobre l´enseignement de la pratique pour les mécaniciens en automobile dans un centre professionnel évangélique. Il commente ses premières expériences de la façon suivante : « Il y a beaucoup d’efforts à faire pour améliorer la formation. Le plus urgent est d´instaurer un programme plus structuré pour la pratique. Mais, c´est un excellent endroit pour des contacts et des relations avec des jeunes de différents milieux, religions et autres. » Nouer des contacts et entretenir des relations, c’est ce que Damien et Lucie voient comme étant primordial concernant leur présence en Afrique : « Nous avons aussi très à cœur la jeunesse, et nous sommes entrain de voir quels sont les domaines dans lesquels nous pouvons être un appui pour la

Leur désir est aussi de mieux connaître le rôle de la mission au Bénin avant de prendre un engagement à long terme. Ils sont reconnaissants pour tous ceux qui prient avec eux afin que, pendant leur séjour de deux ans, Dieu leur montre clairement la direction à suivre. La parole de Jésus dans Jean 4:34 les motive : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d´accomplir son œuvre. »

PRIERE

» » » »

Qu’ils restent à l’écoute de Dieu pour qu’IL puisse leur montrer la direction de leur ministère au Bénin dans l’avenir. Qu’ils soient des serviteurs et non des personnes qui imposent leurs idées aux autres. Que Dieu leur donne la santé, les forces, le discernement et la sagesse qu’il leur faut pour le ministère. Que Dieu protège et bénisse toute la famille.

SIM Actualités Nº 2 2012  

Ce journal d'informations trimestriel sur la SIM est édité pour la France, la Belgique, la Suisse, l'Italie. Il informe sur le travail de la...

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