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La clé du cœur des peuples

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Éditorial

Contacts SIM France Quartier des Mians FR-84860 Caderousse CCP : SIM nº DIJ 201347U IBAN: FR22 2004 1010 0402 0134 7U02 508 Tél/ Fax ++33(0)4 90 51 00 69 sim.france@sim.org SIM Belgique Avenue de la Belle Voie 15 BE-1300 Wavre compte bancaire 979-2238252-79 Tél. ++32(0)10 22 50 98 sim.belgique@sim.org SIM Canada au Québec 17 rue Alfred-Laliberté Notre-Dame-de-l´Ile-Perrot, QC, J7V 7P2 Tél / Fax: 514 425 6611 Quebec.Selection@sim.org SIM Suisse 1, rue Weissenstein C.P. 4051 CH-2500 Bienne 4 Postfinance: SIM, 10-2323-9 IBAN CH49 0900 0000 1000 2323 9 BIC POFICHBEXXX Tél / Fax ++41(0)32 345 14 44/54 sim.suisse@sim.org SIM Italie Via Rana,386 IT-15122 CASCINAGROSSA (AL) CCP : SIM Società Internazionale Missionaria Onlus n° 66281957 IBAN : IT18 R07601 10400 000066281957 Tél. ++39 0131 61 09 79 sim.italia@sim.org Impressum Ce journal trimestriel paraît en allemand, anglais, français et italien. Tarifs de l’abonnement annuel: CHF 10.–; € 6.– ISSN 1962-3895 Rédaction : Waltraud et Günter Kunz Graphisme/Layout : FRANK.COMMUNICATION. Singen (D) www.frank-com.de Production : Jordi SA .le spécialiste média. Belp www.jordibelp.ch La SIM est membre de l’ et de la

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Explorer de nouvelles voies Quiconque quitte son lieu de naissance pour s’établir dans un autre pays doit se préparer à une adaptation. Je le sais par expérience. J’ai déménagé au Royaume Uni pour travailler une année au sein d’une organisation missionnaire internationale. Maintenant que j’y suis établie depuis de nombreuses années, je me rappelle très clairement les étapes de mon adaptation d’alors. Ces étapes peuvent être résumées comme suit :

Suzanne Green, rédactrice en chef de SIM International

1. Oh, non, j’ai fait la plus grande erreur de ma vie ! 2. Tout compte fait, une année n’est pas si longue – j’ai confiance : je survivrai ! 3. J’aime cet endroit ! Comment pourrai-je le quitter et retourner dans ma patrie ? Je n’ai pas eu besoin d’apprendre une nouvelle langue quoique j’aie dû apprendre à dire les choses différemment. Ce qui m’a pris le plus de temps a été d’apprendre et comprendre ma nouvelle culture. Pourquoi donc les gens pensent-ils, agissent-ils, mangent-ils, travaillent-ils et se divertissent-ils de cette manière ? Comment dépasser la superficialité ? Et cette remarque que quelqu’un a faite, était-ce une plaisanterie ? En son temps, la Grande-Bretagne est devenue mon nouveau chez-moi. Mais j’ai dû y travailler à l’instar de quiconque s’engage dans une mission transculturelle. Quand les gens se sont rendu compte de ma bonne volonté pour parler et faire les choses autrement, la plupart d’entre eux a eu l’amabilité de me rencontrer à mi-chemin. Parmi les différents articles de ce numéro, il y a l’excellent article de Sherree Francis qui décrit son propre apprentissage de la langue et de la culture en Asie. À juste titre Sherree souligne que l’acquisition d’une partie importante de la langue requiert beaucoup d’humilité, un réel intérêt et de la ténacité pour apprendre de nouvelles manières de communiquer. Quand je parlerais les langues des humains et des anges, si je n‘ai pas l‘amour, je suis une pièce de bronze qui résonne ou une cymbale qui retentit. (1Cor 13:1).


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Au-delà de sawatdii … par Sheere Francis

C’est le matin et je pédale pour me rendre à mon cours de langue. Alors que je m’arrête au feu rouge en même temps que de nombreux pendulaires, je suis rapidement entourée d’une foule de motos avec trois et même quatre passagers et j’entends des bribes de conversations relatives à leur famille, à leurs projets pour la journée, ce que leurs amis leur ont dit …. Mon regard traverse la rue et je remarque un panneau d’affichage qui annonce l’ouverture prochaine d’un nouveau restaurant. Le feu passe au vert et les motos vrombissent en me dépassant, me laissant non seulement avec leurs gaz d’échappement, mais aussi avec la prise de conscience que, six mois plus tôt, ces conversations n’auraient été que des sons inintelligibles et des signes indéchiffrables pour moi. C’est un encouragement après de longs mois de travail soutenu. Mais il y a encore un long chemin à parcourir. J’arrive à l’école de langues et fais signe à mon mari qui vient de terminer sa leçon puis je pénètre dans la salle de classe où je trouve notre professeur riant sous cape.

bien plus loin que « sawatdii  », la salutation habituelle en Thaï. Plus nous réussirons à parler avec les gens à un niveau profond, plus nous serons capables de partager nos cœurs et leur démontrer un amour authentique et notre intérêt pour eux. Dans une société Bouddhiste, qui, en définitive, est égocentrique et orientée sur l’acquisition de mérites qui conduisent à une vie ultérieure meilleure, nous savons que cet intérêt authentique parlera bien mieux que notre Thaï balbutiant.

L’étude de la langue me donne la possibilité de bavarder et d’établir des relations avec des gens que je n’aurais probablement jamais rencontrés et avec qui je n’aurais jamais parlé. Nous continuons à prier pour des occasions de pratiquer la langue thaïe et la possibilité d’aller plus loin que sawatdii, dans nos conversations.

Je découvre un peu plus tard que, durant la leçon précédente, il avait demandé à Steve : « Qu’estce que les visiteurs apprécient à Chiang Mai ? » et qu’il avait répondu : « khii chang ». Il voulait dire  : «  Chevaucher des éléphants  », mais à cause de la mauvaise hauteur du ton, sa réponse avait été « Le fumier d’éléphant ! » Ah, les joies d’une langue tonale ! En dépit des gaffes, nous nous appliquons parce que nous sommes ici pour bien plus qu’apprendre une langue, à savoir construire des relations avec les Thaïlandais – des relations qui veulent aller

Nous avons eu un aperçu de ce qu’une meilleure compréhension de cette langue peut engendrer. Les gens nous demandent : « Qu’êtes-vous venus faire en Thaïlande ? ». Au lieu de répondre « je suis un missionnaire », je dis « j’étudie le Thaï ». Leur visage s’illumine et ils prononcent quelques phrases pour voir où j’en suis. C’est une porte ouverte pour des explications complémentaires sur qui nous sommes et ce que nous croyons. De cette manière, en commençant par leur faire comprendre que je suis ici premièrement pour découvrir leur culture et ce qui est important pour eux, l’occasion m’est donnée de partager avec eux la chose la plus importante de ma vie – une relation personnelle avec Christ.

PRIER Puissent les yeux, les oreilles et le cœur des Thaïlandais s’ouvrir à Christ. L’étude de la langue ressemble souvent à une escalade.


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hwork c t a P t e j o r P au Pérou

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Ensemble nous pouvons faire de belles choses par Chris Conti Le « Projet Patchwork » offre un revenu à des mamans

Elisabeth Walder

Sabina a été vendue comme esclave par sa propre mère alors qu’elle n’avait que sept ans. Elle n’a jamais pu apprendre à lire, a été maltraitée et abusée pendant la plus grande partie de sa vie. La spirale de la pauvreté continue : encore jeune, la fille de Sabina est, à son tour, devenue maman et a rapidement eu cinq enfants. Grand-maman avant l’âge, Sabina a dû se charger de l’une de ses petites-filles et l’élever. Elles habitaient dans un bidonville et Sabina travaillait dans un marché local. Avec sa petite-fille de cinq ans, elle devait rester éveillée toute la nuit pour surveiller que des voleurs ne viennent pas dérober la marchandise sur les étals ; c’était une activité plutôt risquée. Il n’y avait vraiment pas d’espoir pour Sabina d’échapper à la pauvreté jusqu’à ce qu’elle participe au projet patchwork. Maintenant elle gagne un salaire qui lui permet de demeurer à la maison pour prendre soin de sa petite-fille.

Une goutte dans un océan de détresse Elisabeth Walder, une missionnaire SIM originaire de Suisse, a lancé le projet patchwork à Lima, au Pérou. Ce projet donne du travail et un revenu à des mamans de telle manière qu’elles puissent rester à la maison avec leurs enfants. Les femmes des zones pauvres sont contraintes à de durs travaux tels que balayer les rues ou servir comme domestique 12 à 16 heures par jour. Les bidonvilles sont connus pour les viols et les abus de tout genre. Des enfants de cinq ans sont chargés de s’occuper d’autres enfants plus jeunes qu’eux. Cependant, Sabina et les autres mères du groupe Patchwork peuvent maintenant rester à la maison avec leurs enfants. Au début, Elisabeth enseignait la couture dans ses classes. Quand les femmes ont acquis de l’adresse, elles ont entrepris divers travaux de matelassage et d’artisanat. Aux dires d’Elisabeth, les Péruviennes apprennent rapidement les rudiments de la couture et du patchwork. Néanmoins, elles doivent apprendre à associer les couleurs et améliorer les travaux à l’aiguille. « Elles doivent apprendre à soigner les détails, non à prendre des raccourcis », ajoute-t-elle. Les femmes viennent dans l’atelier du sous-sol, chez Elisabeth, deux fois par semaine pour une demi-journée. Après cela elles emportent du

travail à la maison. S’il y a des commandes, elles travaillent environ 20 heures par semaine. En plus elles sont stimulées à développer des projets personnels. Le projet patchwork fournit les outils de base pour coudre à la main ; les travaux qui exigent une machine à coudre sont effectués quand elles sont ensemble. Lors de chaque rencontre de travail, un moment est consacré à l’annonce de l’Évangile. Elisabeth s’efforce d’apporter des messages correspondants aux besoins du groupe. Sachant que la culture péruvienne est basée sur les relations interpersonnelles, Elisabeth et son équipe investissent du temps dans chaque personne. Elle voit une grande différence, maintenant qu’un nouveau groupe de femmes s’intègre au groupe déjà établi. « Les femmes du groupe plus ancien ont développé de la confiance en elles-mêmes et sont plus sûres », dit Élisabeth. « Elles font plus confiance, ont établi et lié des amitiés. Elles sont aussi plus reconnaissantes et sont plus engagées envers l’Évangile ». Une des femmes du premier groupe nommée Rubina dit qu’elle a appris ce que travailler ensemble signifie  : «  Nous nous aidons mutuellement, discutons ensemble et avons besoin les unes des autres. Ensemble nous pouvons vraiment faire de belles et grandes choses ! ». Elisabeth reconnait que le projet l’a aussi fait évoluer, la rendant plus patiente alors qu’elle crée quelque chose de splendide. «  Avec ces travaux de matelassage, on ne peut pas travailler vite et cela est aussi valable quand on enseigne des femmes péruviennes ». L’un des objectifs du projet patchwork est de rendre ces femmes capables de développer leur projet et d’établir leur propre marché en travaillant à la maison. Pour l’heure, le groupe est encore petit (14 femmes) et ne constitue qu’une goutte dans un océan de détresse, selon Elisabeth. « Je pense que c’est une goutte précieuse, mais je voudrais qu’il y ait plus d’initiatives semblables pour offrir aux femmes pauvres de Lima l’occasion d’un vrai changement ».


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Elle souhaite former une équipe de Péruviennes qui pourraient travailler avec elle avec l’objectif qu’un jour elles prendront complètement la relève. Elle est passionnée par l’idée de pouvoir former des femmes de la classe moyenne et riche à s’occuper de celles qui sont moins bien loties. À Lima, la classe riche n’a aucune conscience sociale et méprise même les pauvres. Elisabeth dit qu’elle essaye de soulever ce sujet dans des études bibliques. Deux femmes péruviennes des classes aisées, Anita et Nelly, complètent l’équipe dirigeante du projet patchwork ; elles traitent les femmes du groupe avec dignité, ce qui est en soi déjà un témoignage. Anita et Nelly affirment que cela leur offre l’occasion

d’exercer un ministère, qu’elles ont du plaisir à aider les autres et que c’est une bénédiction de servir. Sécurité pour Sabina L’année dernière l’équipe patchwork, associée à d’autres donateurs, a aidé Sabina à construire sa propre maison. Ce chez-soi de sept sur trois mètres est l’endroit le plus sûr qu’elle a connu. Elisabeth rapporte que Sabina est avide de travailler et qu’elle est la plus active dans le groupe. Durant ces trois dernières années, Sabina a assisté aux rencontres de l’Eglise et y conduit sa petite-fille qui manifeste un grand enthousiasme pour le Seigneur. « Je suis très reconnaissante pour les revenus et heureuse d’apprendre à connaître la Parole de Dieu », dit-elle.

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Sabina a confié à l’équipe patchwork qu’elle ne savait pas comment exprimer son amour envers sa fille et sa petite-fille. Quand elle a commencé à mieux connaître Jésus, elle s’est mise à prier pour qu’Il l’aide à changer d’attitude envers ses bien-aimés. Aujourd’hui, Sabina est plus patiente et elle a appris à serrer sa petite-fille dans ses bras ainsi qu’à l’embrasser.

Si vous souhaitez passer une commande ou vous informer d’avantage sur ce projet, visitez le site : www.patchworkproject.org

DONNER Comment pouvez-vous aider ? Le projet patchwork a besoin de débouchés sur le marché. Il souhaite pouvoir vendre ses produits au Pérou et à l’étranger. Tout don est le bienvenu ; en particulier du matériel de couture que les femmes puissent prendre en prêt chez elles. « Le matériel et les étoffes doivent être importés car sur le marché local on n’en trouve pas de bonne qualité », commente Elisabeth.

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Quel est le meilleur moyen de disperser les graines ? par Tom Stout

Chaque fois que je présente le projet bible-audio « Transformer une nation » à un nouveau groupe de pasteurs, je m’assure qu’ils entendent ma version de la parabole du semeur. Cela donne quelque chose comme ça :

J’ai compris que les semeurs au Paraguay devaient se demander premièrement :

« Il y avait un semeur qui ne plantait qu’une graine à la fois. Il choisissait une graine dans son sac et la tenait soigneusement entre le pouce et l’index. Ensuite, théâtralement, tenant sa précieuse graine devant lui, il vagabondait çà et là en cherchant le meilleur endroit pour la planter. Quand il lui semblait avoir trouvé le sol adéquat, il faisait un petit trou dans la terre et y enfouissait la graine. Ensuite il la recouvrait de terre, l’arrosait et attendait. Si quelque chose germait, il en prenait soin jusqu’à maturité. Si rien ne germait, il retournait chez lui pour choisir une autre graine dans son sac. Et la quête du lieu approprié reprenait ».

Nous connaissions quelques aspects des gens dans les zones rurales du Paraguay dont ils sont le sol. En voici 3 exemples :

Manifestement, ce n’est pas du tout le récit dont Jésus a parlé. Le semeur, dans la parabole bien connue, éparpillait des graines un peu partout, apparemment au hasard. Qu’elles germent ou pas ne dépendait pas de lui, mais de la nature du sol dans lequel elles tombaient. J’ai semé « la graine  » pendant de nombreuses années au Paraguay, essentiellement par l’évangélisation personnelle. J’ai tenu la précieuse graine entre mes doigts en cherchant les meilleurs cœurs pour la planter. Par la grâce de Dieu et sous sa conduite, quelques-unes de ces graines ont grandi pour produire du fruit, mais beaucoup d’autres n’ont pas grandi. Je me suis demandé s’il y avait un moyen de ressembler plus au semeur de la parabole  ? Les missionnaires au Paraguay auraient-ils pu trouver un moyen d’éparpiller les graines un peu partout et laisser ensuite les chrétiens locaux cultiver le sol et, éventuellement, moissonner une récolte ?

1) À quel genre de sol avons-nous à faire ? 2) Quel est le meilleur moyen d’y semer les graines ?

• • •

95% de ces gens parlent Guarani – c’est la langue parlée dans 60% des familles La plupart d’entre eux apprend mieux en écoutant qu’en lisant Il n’y a que 3% qui fréquentent une Eglise évangélique

Qu’en est-il du meilleur moyen de planter les graines ? Se pourrait-il qu’au cours des années Dieu ait petit à petit conduit la SIM à trouver la réponse ? Lorsque, pour la première fois, nous avons envoyé des missionnaires au cœur du Paraguay, ils ont immédiatement commencé à lire la Bible en Guarani, à haute voix, à tous ceux qui manifestaient de l’intérêt. Du personnel domestique, des agriculteurs, des hommes d’affaire, des femmes au foyer, tous étaient avides d’entendre la Bible dans leur propre langue. Cependant ils ne pouvaient pas entendre le message à moins que quelqu’un ne le leur lise. Dès lors qu’il n’y a que peu de bons lecteurs en Guarani, au cœur du pays, nous savions que l’impact serait majeur si la semence était semée à grande échelle. Au début, nous avons distribué des cassettes audio avec le texte biblique enregistré sur la bande magnétique, mais tous n’avaient pas un lecteur de cassette. Ensuite nous avons essayé d’utiliser des disques compacts comme support de lecture, mais les conditions poussiéreuses du pays les détruisent rapidement. Pour finir nous avons développé une

technique qui semble bien fonctionner. Nous avons utilisé de petits lecteurs MP3 chinois pour y enregistrer les Écritures et les distribuer. Nous avons acquis le plus grand nombre possible de ces lecteurs MP3, les avons « chargés » de textes bibliques et les avons mis dans les mains de tous ceux qui avaient manifesté de l’intérêt pour l’écoute de la Bible. Des hommes qui n’avaient jamais eu l’occasion d’entendre la Bible portaient un lecteur MP3 autour du cou et écoutaient la Bible alors qu’ils labouraient leurs champs. Des femmes l’écoutaient alors qu’elles faisaient leur lessive à la rivière. Des gens peu enclins aux choses spirituelles ont saisi l’occasion d’écouter la Parole de Dieu dans leur propre langue. Il semble que nous ayons enfin trouvé la réponse à la question de savoir comment disséminer les graines. Cependant les lecteurs MP3 initiaux étaient de piètre qualité, relativement difficiles à manier et coûteux. Nous avons alors décidé de concevoir un appareil MP3 qui réponde aux besoins spécifiques du Paraguay. Après deux ans de travail avec un homme d’affaire chrétien en Chine, nous avons mis au point un lecteur MP3 peu coûteux, robuste et simple à utiliser. Il est devenu la pierre angulaire du ministère Bible-Audio dès lors qu’il nous permettra de disséminer 100‘000 bibles de porte en porte dans les zones rurales du Paraguay. Comme ce serait le cas pour n’importe quelle plantation, il y a une grande espérance tandis que nous attendons la récolte. Avec la promesse que la Parole de Dieu ne retournera pas à Lui à vide, nous savons que la récolte sera vraiment grande.


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tair i s r e v i n u s Étudianten Asie

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Des conversations simples, mais des résultats profonds par David et Hannah Tan

Conseiller des étudiants universitaires en Asie Coude à coude dans notre salon, un groupe d’étudiants universitaires parle de la vie. Notre rassemblement est discret et composé de mon épouse, de moi-même et de nos hôtes. Cependant, pour la plupart d’entre eux, de telles rencontres sont plutôt exceptionnelles. Beaucoup de ces étudiants asiatiques ont grandi dans une culture qui leur enseigne à tout intérioriser. Les émotions ne sont pas censées être exprimées, pensent-ils, et il faudrait éviter de montrer ses propres faiblesses. Je travaille avec ma femme, Hannah, dans un ministère qui est essentiellement orienté vers les étudiants. Cela fait déjà près de trois ans que nous sommes ici et, pendant cette période, nous avons mieux cerné le défi de notre ministère dans cette culture. Un tel défi est facilement visible. A bien des égards, l’environnement culturel est plus que discret et les gens ne font part de leurs luttes personnelles aux autres que très rarement. La défiance est de mise, même entre amis.

familiale pour un temps et trouver des réponses aux questions cruciales de la vie. Les thèmes que nous traitons sont terre à terre ; par exemple : « Se connaître soi-même », et chaque rencontre offre de nombreuses occasions de discussion et de réflexion. La culture locale ne favorise pas toujours de telles activités. Nous avons pour but de partager notre pensée chrétienne sans utiliser un jargon chrétien ; nous essayons de comprendre les luttes intérieures des étudiants. Nous ne prêchons que rarement l’Evangile ouvertement lors de nos rencontres, mais nous appliquons plutôt des principes chrétiens dans le cadre des conseils que nous prodiguons.

Utilisant une plateforme de consultants et d’encadrement à la vie, nous donnons des causeries chez nous et dans la ville sur des sujets tels que l’identité, les relations amoureuses, la résolution des conflits quotidiens. Nous avons une stratégie qui sous-tend toutes nos actions. C’est direct et ça marche. En bref, nous partageons ouvertement nos vies sans cacher quoi que ce soit à nos étudiants. Puis nous leur donnons l’occasion de partager les choses de leur vie. Le but est de les faire baisser la garde alors que nous cherchons à construire une amitié avec eux. Brisement intérieur Dans une ville qui héberge des milliers d’étudiants universitaires, la détresse peut être accablante. La plupart d’entre eux viennent des provinces avoisinantes ou plus lointaines et ils sont tous à un tournant de leur vie. À l’instar de nombreux étudiants universitaires du monde entier, ils se trouvent dans une situation d’ouverture et de réceptivité. Ici, ils peuvent échapper à la hiérarchie

De plus en plus, dans une société gouvernée par le succès et une compétition professionnelle féroce, les étudiants universitaires se sentent limités et éprouvent des tourmentes émotionnelles. Des sondages gouvernementaux récents montrent qu’une grande proportion des jeunes qui entrent à l’université se trouve en situation d’instabilité. Dépression, boulimie et incapacité à vivre en paix avec les autres sont une réalité pour beaucoup. De plus les étudiants entrent dans la vie adulte chargés d’un fardeau de complexes d’infériorité généré par la pression de leur famille. Un étudiant de 25 ans qui vient dans notre groupe se montre particulièrement hautain pour masquer de profonds sentiments d’infériorité. La première fois que

vous le rencontrez, il tente de prendre le dessus. De nombreux étudiants agissent avec fierté mais, en fait, se sentent extrêmement petits. Grâce guérissante Ce genre de rapport conflictuel a conduit de nombreuses universités à réclamer de la part de tous les étudiants de première année un test de psychologie avant l’inscription définitive. Cependant, alors que beaucoup d‘étudiants doivent affronter des difficultés d’ordre psychologique, ils craignent de les faire connaître aux conseillers pédagogiques officiels trop peu nombreux et mal formés. Ils ont peur que leur dossier en soit contaminé. Voilà le domaine dans lequel nous voulons exceller ! Dans les années à venir, nous espérons élargir notre service et en faire une activité reconnue de conseil et d’encadrement avec un bureau sur le site pour augmenter les possibilités de rencontrer les étudiants. Étant donné que nous sommes une tierce partie, un bureau neutre garantit la confidentialité des entretiens. Afin de nous aider dans cette entreprise, nous prions pour qu’un ou deux conseillers qualifiés et capables de communiquer dans la langue s’engagent pour un service de longue durée. Ce n’est qu’à cause de l’Evangile que nous pouvons être fondamentalement honnêtes avec nous-mêmes et avec les autres. Il n’y a que la grâce de Dieu qui permette d’exprimer les brisements intérieurs. Et quand nous nous ouvrons à cette grâce guérissante, la paix peut calmer les combats intérieurs. Veuillez vous associer à notre prière pour les étudiants universitaires d’Asie. Intercédez pour qu’ils puissent faire l’expérience d’une rédemption profonde par le moyen d’une conversion sincère.


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Le long chemin qui conduit à Grootfontein « Les gens de Grootfontein n’ont quasiment pas accès aux livres. Il y a juste une bibliothèque municipale. Les livres sont chers et leur importation de l’étranger implique un surcoût élevé ». C’est ce que rapporte le pasteur Boet qui dirige une communauté évangélique à Grootfontein, en Namibie. De telles déclarations motivent Peter et Elizabeth Weiersmüller pour installer, ensemble avec la communauté de Grootfontein, un centre de formation complémentaire. Les gens de Grootfontein doivent avoir accès à une littérature édifiante, à des cours d’informatique et à l’apprentissage d’aptitudes pratiques. Ainsi doit être annoncé aux gens intéressés l’Évangile de Jésus-Christ et son message rédempteur de paix. Le couple Weiersmüller s’est rencontré il y a 16 ans sur le bateau d’Opération Mobilisation « Doulos ». Peter est originaire da la région des lacs dans le canton de Berne ; il cherchait alors un nouveau défi pour sa vie. Elizabeth vient de Gambie, en Afrique de l’Ouest, où elle a rencontré Jésus-Christ par le travail de deux missionnaires WEC. Elle aussi s’était inscrite pour se faire enrôler sur le bateau d’Opération Mobilisation. Dans les divers ports où le bateau accostait pour des activités missionnaires, leurs yeux se sont ouverts sur la faim de bonne littérature chez les gens.

Mais comment êtes-vous tombés sur le projet de la SIM en Namibie ? « – Alors que je surfais sur le site internet de mission-net.org à la recherche des organisations qui travaillent en Afrique anglophone », rapporte Elizabeth. « Jusqu’alors, mon impression était que la SIM était active surtout dans les pays francophones. Par l’intermédiaire d’une présentation dans notre paroisse, nous connaissions déjà Walter Diem, directeur de SIM-Suisse. Lors d’une conversation avec lui, nous nous sommes rendu compte que la Namibie offrait les meilleures conditions pour nous ». Et Peter ajoute : « Nous étions très empreints de l’œuvre de distribution de livres sur le Doulos. Par cette expérience nous connaissions bien la situation de nombreux enfants africains qui n’ont quasiment pas accès à une bonne littérature. Nous savions dans notre cœur que c’était un objectif important pour un service ».

projet une bénédiction pour les gens de Grootfontein et des environs ? », la réponse qui s’impose à Peter est : « L’engagement dans la prière ! Par nos lettres circulaires nous communiquerons régulièrement ce qui nous met en mouvement et ce que nous vivons avec Dieu. Sur notre blog nous publierons des nouvelles spontanées et il sera possible de les commenter ». Elizabeth exprime un souhait supplémentaire  : «  Quelqu’un a peut-être sous la main de bons livres en anglais pour des enfants et des adultes. Ça serait encourageant qu’il se mette en rapport avec le bureau de la SIM à Bienne. Même des jeux éducatifs pour les enfants ou quelque matériel de formation que ce soit sont les bienvenus. Bien entendu notre priorité va vers la littérature chrétienne. »

Le fait que le Pasteur Boet, à Grootfontein, ait considéré leur requête d’un bon œil et soit disposé à travailler avec eux a apporté un élan complémentaire à leur motivation.

Après avoir scellé leur amour réciproque par les liens du mariage, et donné naissance à deux fils, Nathanael et Johnathan, ils ont déménagé en Hollande. Ils y ont fréquenté une école biblique pendant 2 ans pour se préparer à un service à plein temps. Ensuite ils sont à nouveau rentrés en Suisse. Une phase difficile, se souviennent Peter et Elizabeth : « Nous n’avions pas prévu une période d’attente aussi longue. » Il y a eu pendant ces années des frustrations et des larmes. Par contre ils expérimentaient la providence de Dieu au travers de l’obtention d’une bonne place de travail pour Peter. « Et pendant ce temps la compréhension et le soutien de notre paroisse ont grandi ». Pendant ce temps la famille s’est aussi élargie grâce à un troisième fils : Ethan-Samuel.

En été 2011, toute la famille Weiersmüller affrontera un changement de taille : apprendre une nouvelle langue, une nouvelle culture, relever un nouveau défi en se confiant en Dieu pour sa providence. L’aspect pratique de l’adaptation réclamera beaucoup de temps au début. Ensuite il faudra construire le projet depuis la case départ. Pour ce faire ils veulent se donner une marge de temps assez grande et, ensuite, comprendre les circonstances locales en les passant au peigne fin. Les enfants se font à l’idée d’un déménagement imminent. « Ils sont très motivés et posent de nombreuses questions », se réjouit Elizabeth. Pendant leur culte de famille, ils prient ensemble pour la Namibie et pour tous les préparatifs. « Nous voulons leur faire comprendre qu’ils sont une partie de notre équipe. Laisser derrière eux leurs amis sera difficile, mais les moyens de communication modernes viendront certainement à la rescousse ». A la question : « Comment les lecteurs de SIM-Actualités peuvent-ils collaborer concrètement pour faire de ce

Peter & Elizabeth Weiersmüller, Nathanael, Johnathan, Ethan-Samuel

AIDER Des missionnaires qui justement quittent la Namibie ces mois souhaitent vendre leur voiture, de préférence à d’autres missionnaires. La SIM accepte volontiers des dons à ce propos afin d’aider la famille Weiersmüller à profiter de cette occasion spéciale.

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